Fertilite Fertilisation
Fertilite Fertilisation
PLAN DU COURS
I. FERTILITE
II. FERTILISATION
III. LES MATIERES FERTILISANTES
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B- LES ROTATIONS CULTURALES
C. RES RESTITUTIONS ORGANIQUES
D- LUTTE ANTIEROSIVE
I. LES AMENDEMENTS
A- LES AMENDEMENTS MINERAUX
B. LES AMENDEMENTS ORGANIQUES
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PREMIERE PARTIE: NOTIONS GENERALES
I. FERTILITE
La fertilité d'un sol est sa capacité à produire des fruits c'est-à-dire à fournir des récoltes
ayant un rendement élevé et de bonne qualité. Cette capacité repose sur un ensemble de
propriétés du sol lui-même, telles la texture, la structure, la profondeur, la réaction du sol, sa
teneur en éléments nutritifs, en humus, ses propriétés de Sorption et ses teneurs éventuelles en
éléments toxiques.
II. FERTILISATION
La fertilisation est un ensemble de pratiques culturales coordonnées ayant pour objectif
d'assurer aux plantes cultivées une alimentation correcte dans l'ensemble des éléments nutritifs.
Par l'apport de matières fertilisantes (engrais et amendements), elle a pour buts :
- de créer, améliorer ou maintenir les caractéristiques biologiques et physico-chimiques du sol
aptes à optimaliser l'absorption par les plantes des éléments nécessaires à leur croissance et au
rendement ;
- d'assurer la complémentation des fournitures en provenance du sol.
Les amendements sont des substances destinées à améliorer l'ensemble des propriétés
des sols : propriétés physiques, chimiques et biologiques. Parmi les amendements, on
distingue d'une part les matières minérales, d'autre part les matières organiques.
Les engrais sont des substances destinées à fournir aux plantes, en général par
l'intermédiaire du sol, un ou plusieurs éléments destinés à compléter les fournitures en
provenance du sol lui-même. Parmi les engrais, on distingue les engrais minéraux
auxquels il convient d'ajouter des engrais organiques dits de synthèse.
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DEUXIEME PARTIE : FERTILITE DES SOLS
b) Texture
L'ensemble des propriétés résultant de la composition granulométrique du sol joue un roIe
important dans la fertilité. Chaque groupe de particules apporte des propriétés dépendant de sa
taille et de sa nature qui conditionnent en grande partie les autres facteurs (structure, eau
disponible, matières organiques, richesse en éléments minéraux).
Les textures très fines, riches en argile, correspondent à des sols lourds, compact,
difficilement pénétrable par les racines souvent engorgées et asphyxiants.
Les textures grossières, riche en sable donnent par contre des sols légers, peu cohérents
mais sujets à la sècheresse.
Les textures moyennes, donnent des sols assez variés quant à leurs propriétés physiques
A ce point de vue les sols de texture équilibrée (terres franches) se révèleront les plus fertiles
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b) Structure
Ce facteur physique apparait comme le plus important. Il conditionne en effet le
développement racinaire, la circulation de l'eau ainsi que les échanges gazeux indispensables
aux végétaux et à la microfaune du sol.
Développement racinaire
Une structure fine grenue ou grumeleuse donne une terre meuble et favorise une bonne
pénétration des racines qui peuvent alors prospecter un plus grand volume de sol (augmentation
du stock d'élément minéraux et d'eau à la disposition de la plante). Ce bon ameublissement du
sol favorise également le développement d'organes souterrains tels que les tubercules ou les
fruits.
Dans un sol à structure dégradée en surface (sol battant) la formation d'une croute superficielle
peut empêcher la levée des semis. La présence en profondeur d'horizon compact peut 1imiter
l'épaisseur utile de terre, les racines ne pénétrant pas cet horizon.
Circulation de l'eau
COMBEAU et MONNIER ont montré que la perméabilité d’un sol dépend bien plus
de la structure que de la texture. La présence d'horizon massif en profondeur, créant une barrière
imperméable peut induire un phénomène de nappe préjudiciable à certains végétaux craignant
l'engorgement.
Echanges gazeux
Dans les sols à mauvaise structure le drainage est déficient et il en résulte que l'aération
du sol est insuffisante pour permettre par diffusion l'évacuation du gaz carbonique provenant
des fermentations microbiennes. Cette accumulation de gaz carbonique liée à une diminution
du taux d'oxygène libre crée un milieu asphyxiant pour les végétaux.
B- FACTEURS CHIMIQUES
Dans l'état actuel des recherches les auteurs considèrent que 13 éléments chimiques sont
indispensables à la croissance des végétaux: N - S - p - Cl - K - Ca - Mg - Mn - Cu - Fe - Zn -
Mo -B.
Tous ces éléments sont donc des facteurs de fertilité. Il nous faudra connaitre la quantité de ces
éléments du sol disponible pour la plante.
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Par contre de nombreux auteurs ont montré que la fertilité d'un sol donné augmente lorsque son
acidité diminue, à condition de' rester dans certaines limites (5 et 7).
1- La matière organique
La matière organique agit directement comme facteur de fertilité en tant que constituant
du complexe absorbant, agent de chélation, source d'azote, enfin, semble-t-il, source de
substances chimiques agissant sur le métabolisme de la plante.
L'humus stimule l'activité des végétaux par une action rhizogène, une action sur la respiration,
sur la teneur en glucides et sur l'absorption et l'utilisation des 'éléments minéraux
2 - Les microorganismes
Tous les sols renferment un très grand nombre de microorganismes divers
(Bactéries, champignons, algues, phages…) qui jouent un rôle important dans la transformation
des éléments organiques ou minéraux du sol. Leur action est tantôt favorable, tantôt défavorable
aux cultures •
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Des algues microscopiques sont capab1es d'effectuer la synthèse de matières organiques
a partir des éléments minéraux en utilisant comme source d'énergie les radiations
solaires.
Les bactériophages en lysant les bacilles responsables de la fixation symbiotique d'azote
chez les légumineuses peuvent créer une véritable "maladie du sol".
3- La faune du sol
a) Action physique
La faune agit d'abord directement sur la physique des sols par l'activité fouisseurs qui
se traduit dans les sols à la fois par la création de galeries et par des transports de matériaux.
Les galeries auront tendance à se remplir de terre humifère entrainée par les eaux et
constitueront des voies préférentielles de pénétration pour les, racines. De nombreux animaux
saprophages, s'attaquant aux racines plus ou moins décomposées, laissent dans le sol des
chenaux fertilisés par leurs déjections et là aussi d'autres racines pourront emprunter ces
chenaux.
b) Action chimique
La faune du fait même de son métabolisme, des transports de sols effectués et de son
action sur la dégradation des matières végétales constitue également une réserve d'azote
organique importante mobilisable à leur mort. La faune possède également des enzymes ou
diastases spécifiques.
Les termites poussent très loin la dégradation des matières organiques et les teneurs en C et N
sont généralement plus faibles dans les matériaux de termitières que dans les sols voisins
Les vers de terre, à l'inverse des termites favorisent les processus d'humification mélangeant
intimement la matière organique à la partie minérale du sol. Les rejets de ces organismes sont
de textures plus fine et de nature plus humique que le sol lui-même.
c) Action pathologiques
Certains organismes de la faune peuvent être nuisibles. En particulier de nombreuses "fatigues
du sol" sont souvent dues à l'action de certains nématodes. Ces derniers attaquent les racines
des plantes provoquant des phénomènes de pourriture entrainant la mort des racines. Ces·
nématodes peuvent encore agir comme introducteurs d'autres agents pathogènes (champignons,
bactéries et même virus).
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Au Cameroun certaines plantes sont indicatrices de bonnes terres à cacaoyer, leur présence
permettra de repérer les terrains convenables. Il s'agit notamment de Aframomum Danielli, de
Desmodium, des fromagers, de Fiens vogeliana.
Une jachère rapide à s'installer, où, dès la première ou seconde année, s'introduisent
Rottboellia exaltata, Panicum ou Penmiseturn, purpureum, indiquera un sol peu dégradé et
assez fertile. Une jachère qui débute sur un sol bien pourvu en azote est riche en Ageratum
conzoides
Imperata Cylindrica est une graminée des terres en cours de dégradation culturale excessive
convenant mal aux cultures annuelles et à peu de cultures arbustives
B. LE PROFIL CULTURAL
L'observation des phénomènes dynamiques, reflétant une partie de la fertilité du sol, qui
se déroulent au sein du profil, permet dans une certaine mesure d'apprécier l'action simultanée
de plusieurs facteurs. Le développement du système racinaire, par exemple, est sous la
dépendance de la texture, de la structure, de la quantité d'eau disponible, de la richesse minérale,
elle-même souvent liée à l'état de la matière organique. L'étude du comportement des racines
ou de la matière organique peut fournir de précieux renseignements.
Le système racinaire
Un chevelu abondant prospectant tous les éléments structuraux d'un sol indique des
conditions physiques (texture, structure, aération) favorables. Au contraire un système
contourné, évitant certains horizons ou certaines mottes, 1ocoalisé dans les fissures, indique la
présence d'éléments défavorables : structure massive (localisée ou continue), concrétions,
cuirasses, mauvaise aération, milieu engorgé. Egalement la forme des racines (aplatie, en arêtes
de poissons ou en fil de fer) peut être un indice d'un milieu physique plus ou moins favorable.
Matière Organique
Sous l'influence des facteurs biologiques la matière organique est plus ou moins détruite
et mélangée à la matière minérale du sol. L'évolution de la matière organique et son état sont
caractéristiques du milieu.
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CHAPITRE 2: DEGRADATION - RESTAURATION DE
LA FERTILITE NATURELLE
B. FACTEURS CHIMIQUES
Les apports d'éléments chimiques au sol peuvent dans certains cas être des facteurs de
dégradation de la fertilité naturelle en agissant sur la concentration en ions hydrogène r la
structure, le taux de matière organique ou en créant des phénomènes de déséquilibre, de carence
ou même de toxicité
C- FACTEURS BIOCHIMIQUES
Il s’agit ici des activités microbiennes et fauniques, et des excrétions racinaires.
Activité microbienne: La neutralisation de certaines bactéries par les Champignons par exemple
pourrait être une des causes du ralentissement de la décomposition des humus bruts
Excrétions racinaires : Certaines plantes excrètent par leurs racines des substances toriques
pour les microorganismes de la rhizosphère. Ces toxines sont spécifiques. Ce phénomène peut
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expliquer par exemple la disparition de certains rhizobiums dans un sol qui a porté plusieurs
fois une légumineuse déterminée.
A. LES FEUX
Les défrichements sont souvent, en pays tropicaux, accompagnés des feux qui
représentent un moyen à de nettoyage des terrains en vue des cultures.
L'élévation marquée de la température en surface du sol par les feux aboutit à la destruction
totale de l'humus de l'horizon A, surtout si celui-ci est de faible épaisseur et s'il est bien
desséché.
D'autre part l'incendie aboutit, dans les horizons de surface à un ralentissement considérable
de la vie microbienne caractérisé par :
une diminution de la densité des Bactéries fixatrices d'azote et plus particulièrement de
celles vivant en aérobiose
une diminution marquée du pouvoir ammonifiant
- une diminution importante de la densité des organismes cellulolytiques
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3- Action sur les propriétés biologiques
La mise en culture peut dans certains cas, créer un milieu favorable au développement
de certains parasites nuisibles à la répétition de cette même culture plusieurs années
consécutives
C. TRAVAUX CULTURAUX
Les travaux culturaux (enfouissement de matière organique, travail du sol, irrigation)
peuvent dans certaines conditions favoriser l'action des facteurs de dégradation (Cf cours de
mécanisation agricole).
A- LES JACHERES
L'action des jachères, variable suivant les espèces végétales colonisantes, améliorera de
façon plus ou moins marquée les propriétés physiques et chimiques d'un sol dégradé par la mise
en culture
Le système racinaire des plantes de jachères, va, par une action mécanique, ameublir le sol et
restaurer Sa structure
L'une des fonctions la plus importante de la jachère est d'accumuler des éléments minéraux dans
les parties aériennes de la végétation à partir desquelles ils seront libérés par brûlage ou
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minéralisation lors de la mise en culture. Ce rôle de la jachère revient à produire sur place par
extraction du sous-sol les éléments fertilisants qui devraient être importés en culture intensive.
C. RESTITUTIONS ORGANIQUES
Les apports de matière organique seront traités dans un chapitre ultérieur.
D- LUTTE ANTIEROSIVE
Tous les travaux culturaux (ombrage, plante de couverture etc…) contribuant à lutter contre
l'érosion déclenchée par la mise en culture contribueront à conserver la fertilité naturelle du sol.
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TROISIEME PARTIE: AMELIORATIONS DE LA FERTILITE
NATURELLE
I. LES AMENDEMENTS
Les amendements se différencient essentiellement des fumures en ce sens que, sauf cas
particulier, ils ne sont pas utilisés directement par les plantes. Ils sont destinés avant tout à
améliorer le potentiel de fertilité et par là même à accroître les rendements
A- LES AMENDEMENTS MINERAUX
Parmi les amendements minéraux, on trouve des matières qui ont pour effet essentiel de
modifier la texture: ce sont par exemple le sable, destiné à alléger la texture d'un sol trop
argileux, ou la marne argileuse, destinée à enrichir en fraction fine colloïdale les sols sableux
trop légers.
Un autre groupe d'amendements minéraux, les amendements calcaires, a pour rôle d'améliorer
les propriétés physico-chimiques du sol, en particulier l'état ionique de la solution du sol et du
complexe argilo-humique. Il provoque comme modification principale l'augmentation du pH
ainsi que celle des teneurs en calcium et en magnésium des sols.
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c) Effets sur les propriétés biologiques
Le calcium et le magnésium rendent le milieu favorable aux micro-organismes du sol,
agents de la décomposition des matières organiques, de l'humification, de la minéralisation, de
la fixation symbiotique, etc.
Si le pH est nettement acide, les bactéries sont absentes tandis que se développent les
champignons peu actifs dans l'humification, avec pour résultat une accumulation de la matière
organique non décomposée.
D'autre part, si le milieu est asphyxiant, du fait de la mauvaise structure du sol par exemple, les
bactéries anaérobies se développent, avec pour résultats la formation de gleys et l'apparition
d'oxydes toxiques pour les plantes, ainsi qu'une tendance accélérée vers l'acidification.
Les plantes supérieures sont sensibles à l'acidité des sols et présentent une croissance optimale
dans certaines zones de pH.
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prairie = effet rapide et durable.
A - L'ANALYSE DE LA PLANTE
Pour connaitre les· besoins de la plante il est nécessaire d'en faire l'analyse afin d'estimer
les quantités d'éléments minéraux absorbés.
Pour les cultures annuelles il est possible d'effectuer des analyses globales. Pour les cultures
pérennes des analyses d'une partie du végétal ont été mise au point.
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Dans le plus grand nombre de cas l'analyse de la feuille (diagnostic foliaire) à son état de
développement complet mais ne montrant encore aucun signe de sénescence et prélevée dans
des conditions toujours identiques, donne les meilleurs résultats.
B- ANALYSE DU SOL
Le problème d'analyse des sols présente de multiples aspects d'ordre théorique ou
pratique.
Cette analyse a pour but de dose les différents constituants nécessaires à la bonne
croissance des plantes à partir des prélèvements du sol.
Le principe est de prélever tout l'horizon humifère (ou l'horizon de travail) du sol: celui-ci peut
avoir une épaisseur variable selon les régions.
Le mode de prélèvement le plus simple est d'utiliser un outil approprié (Plantoir, pèle…) et de
faire de petits trous de la profondeur voulue: prélever une tranche de terre d’épaisseur désirée.
1- Le fumier de ferme
Le fumier est constitué par un mélange de litière et de déjections animales ayant subi des
fermentations plus ou moins poussées.
2- Le purin
On appelle "purin" l'ensemble des liquides s'écoulant des litières ou des fumières.
C'est un produit très fermentescible, qui doit être rapidement mis à l'abri et conservé dans une
fosse étanche, à l'abri de l'air, sous peine de voir se perdre une partie de l'azote qu'il contient
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3- Le lisier
On appelle "lisier" le mélange de déjections liquides et solides et d'eau, avec un minimum de
litière.
6- La prairie
Une prairie est un terrain couvert d'herbe qui fournit du fourrage au bétail.
7- Les composts
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b) Les engrais ammoniacaux.
L'action de ces engrais est moins brutale et plus progressive. Retenus par le complexe
absorbant ils constituent une garantie plus grande contre le lessivage sous les climats pluvieux.
Parmi ceux-ci on distingue :
Le sulfate d'ammoniac
Le chlorhydrate d'ammoniaque
Le phosphate d'ammoniaque
Le nitrate d'ammoniaque
Les ammonitrates
d) L'urée CO(NH2)2
Sous l'action d'une diastase particulière, l'uréase, secrétée par certaines bactéries l'urée
s'hydrolyse dans le sol et passe à l'état d'azote ammoniacal qui nitrifie à son tour.
L'urée n'est pas fixée par le sol tant qu'elle n'est pas hydrolysée en NH4 et C02.
Parmi les fumures d’uree nous pouvons citer :
La cianamide de chaux
L'urée formol
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Le chlorure de potassium
Exemple : 20 -10 – 10
Exemple :
Soit un engrais fabriqué à partir des engrais suivants :
10.34.0
UAN (urée, ammonium, Nitrate) 32% de N
KCl (62% de K2O)
On se propose de connaitre la quantité nécessaire en chacun de ces composés pour produire la
formulation suivante : 16.16.0
On prend comme base de calcul la masse m=1T de 16.16.0
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