Université sidi Mohamed Ben Abdellah
Faculté des Sciences Juridiques
Economiques et Sociales
Fès
Master: Constitution et Gouvernance Financière
Module : Marchés publics
Exposé
Les marchés publics et les notions voisines
Encadré par :
Madame la Professeure
TAOUFIK Fadma
Préparé par :
EL ASRI Abdelghafour
SALIH Moussa
BELGHMI Mohammed
AMAHROUCH Kamal
AOUINE El Mostapha
Année universitaire
2022-2023
0
Introduction
Les marchés publics constituent la clé de voûte de la gouvernance
stratégique de l’Etat et le pilier fondamental des prestations1 de service pour les
pouvoirs et les politiques publics. Ce qui le prouve, c’est le pourcentage très
élevé qu’ils représentent au niveau des dépenses publiques. En effet, on compte
presque 12% du PIB pour les pays de l’OCDE2et entre 15 et 17% du PIB au Maroc3.
De surcroît, une meilleure gestion ne peut qu’avoir des retombées positives sur
le renforcement de l’efficience du secteur public et la confiance des citoyens. Par
conséquent, être en phase avec les recommandations des instances
internationales4.
Les marchés publics sont des contrats conclus entre une entité publique
(gouvernement, collectivité locale, etc.) et une entreprise ou un prestataire de
services pour l'achat de biens ou de services. Les marchés publics sont soumis à
des règles strictes visant à garantir une concurrence équitable et à assurer la
transparence, l'efficacité et l'équité dans les procédures d'appel d'offres et de
sélection des fournisseurs.
Partons de ce constat qui se pose et qui s’impose aussi, plusieurs mots clés
méritent d’être expliqués et explicités. Nous pouvons citer le contrat public,
l’appel d’offre et la concurrence. Evidemment, une telle approche n’est point
exhaustive mais sûrement qu’elle va être complétée et enrichie ultérieurement.
1 On désigne par le terme prestation, les travaux, les fournitures ou les services.
2L’OCDE est l’Organisation de Coopération et de Développement Economique. Sa mission est de promouvoir
les politiques qui améliorent le bien-être économique et social partout dans le monde.
3HOUFI Mohammed, Gouvernance des finances des collectivités territoriales au Maroc, 1 ère 2d. 2022, p.19.
4BENSOUDA Noureddine, Les finances publiques au Maroc : entre l’ambition, la prévision et l’exécution. In
La transparence des finances publiques : vers un nouveau modèle. Actes du 6ème colloque international des
finances publiques, organisé par le ministère des Finances du Maroc et FONDAFIP, les 7 et 8 Septembre
2012, LGDI 2013.
1
Les contrats publics sont des contrats conclus entre une entité publique et une
entreprise ou un prestataire de services pour la fourniture de biens ou de
services dans le cadre d'un marché public.
Les appels d'offres : il s'agit d'une procédure formelle pour inviter des
entreprises ou des prestataires de services à soumettre des offres pour un
marché public donné.
La concurrence : c’est l’élément clé des marchés publics. Les entreprises et les
prestataires de services sont sélectionnés sur la base de leurs compétences, de
leur expérience et de leur capacité à répondre aux besoins de l'entité publique.
Dans la même perspective, la notion des marchés publics peut se
considérer comme un terme mouvant. Dès la réglementation régie par le Dahir
du 6 Août 1958 et le décret du 20 Août 1958, cette conception a été revisitée par
le décret du 19 Mai 1965, nourrie et complétée par une décision ministérielle du
6 Juin 1965. Le but en était la recherche de l’achat aux meilleurs prix en
procédant à une concurrence basée sur la transparence. Le décret en question a
touché les collectivités locales et a été concrétisé par le décret royal du 13
Octobre 1967, exactement l’article 90 qui renforce davantage l’acception de
l’achat au meilleur prix.
Le décret du 14 Octobre 1976 et qui est réservé aux marchés des travaux,
fournitures et services a visé essentiellement la qualité. Une nouvelle réforme
de ce secteur n’a connu le jour qu’après presque 22 ans. Le décret du 30
Décembre 1998 et celui du 5 Février 2007 ont signalé des errements qu’il faut
éviter et ont opté pour une nouvelle démarche visant l’adaptation de l’outil à
l’objectif, la réhabilitation de la concurrence et la moralisation des procédures.
Hormis ces décisions qui ont touché les marchés publics, l’instauration de
la transparence reste bien présente. Ce qui a donné la légitimité à la réforme du
20 Mars 2013 qui a mis le doigt sur des dysfonctionnements du décret de 2007.
2
L’objectif en est l’unicité de la réglementation, l’amélioration du climat des
affaires, le renforcement de la protection de l’environnement et la réalisation
des objectifs5 inscrits au fronton du développement durable.
Pour plus de commodité, il est crucial de procéder à une approche
terminologique visant l’éclaircissement des concepts de base et des notions
avoisinantes afin d’assurer une appréhension du domaine d’investigation, étant
donné que les nuances de sens peuvent conduire à une ambigüité sémantique
de taille pouvant surgir des complexités au niveau administratif, juridique,
contentieux, etc.
Pour ce faire, une problématique mérite d’être posée : qu’est-ce qu’un
marché public et quels sont les concepts avoisinants utilisés ainsi que les
principes qui fondent ce contrat administratif ? Pour répondre à cette question
aussi normative que légitime, et afin de mieux cerner le sujet dans sa dimension
globale, d’autres interrogations auront l’occasion d’être cernées : Quels sont les
types de marchés ? Quelles est la procédure de passation des marchés publics ?
Et quelles sont les modes de passation des marchés publics ? Telle est l’ossature
de cet exposé.
Afin de mener à bien ce travail, la méthode ou les méthodes qui
permettront de tracer une approche aussi précise que concise varient entre la
méthode analytique-descriptive pour tracer les ressemblances et les différences
entre les différents termes ; la méthode fonctionnelle, quant à elle garantira une
meilleure identification des fonctions établies et régies par les différents
concepts cernés dans cet exposé, sans pour autant oublier ni omettre l’approche
terminologique qui se présente comme une approche qui abordera chaque
terme selon ses différentes acceptions.
5HARAKAT Mohamed, Finances publiques et droit budgétaire, Al Maarif Al Jadida, 3 ème éd. 2002, p.243.
3
I- Lesmarchés publics : Approche définitionnelle et termes
avoisinants
Avant d’entamer la discussion en relation avec les types et les modes de
passation des marchés publics, il importe de commencer par la définition de
cette notion pour tracer les différences de sens avec d’autres termes, surtout
ceux ayant une relation directe avec les autres contrats administratifs similaires.
Après cet éclaircissement terminologique, on tentera de cerner les différents
principes des marchés publics. Le dernier point qui aura la chance d’être discuté
est celui des termes avoisinants. Dix huit termes auront l’occasion de figurer
dans ce glossaire qui reste un parent pauvre et qu’il faut approfondir
ultérieurement.
1- Les marchés publics : Définition et principes
Le marché public se différentie de la subvention que l’administration signe
avec les partenaires, notamment les associations pour la réalisation d’un profit
général. La délégation de service public, quant à elle est un contrat par lequel
une personne de droit public confie la gestion d’un service public à un
délégataire public ou privé dont la rémunération est liée intimement au résultat
d’exploitation du service. L’administration a le pouvoir de signer aussi des
contrats et des conventions de droit commun pour la réalisation des prestations.
Le marché public comme il est défini au niveau de l’article4 alinéa 13 du
décret «est un contrat à titre onéreux conclu entre, d’une part un maître d’ouvrage, et d’autre
part, une personne physique ou morale appelée entrepreneur, fournisseur ou prestataire de
services »6.
Les marchés publics offrent aux entreprises l’opportunité de réaliser des
travaux ou de fournir des services et des biens et garantissent par ce fait, un
6Décret n° 2-12-349 du 8 Joumada I 1434relatif aux marchés publics. (B.O. n° 6140 du 4 Avril 2013), article
4, alinéa 3.
4
respect aux principes définis par la constitution, surtout ceux ayant une relation
avec la transparence des choix, l’égalité d’accès aux commandes et l’efficacité
des dépenses. Au niveau du marché public, il existe trois types, à savoir : les
marchés de travaux, les marchés de fournitures et les marchés de services.
a. Les marchés de travaux : Il s’agit decontrats ayant pour objet
l’exécution de travauxrelatifs notamment à la construction, à la reconstruction,
à la démolition,à la réparation ou à la rénovation, à l’aménagement et à
l’entretien d’un bâtiment, d’un ouvrage ou d’une structure ainsi que les travaux
de reboisement. Ce type de marchés comprend aussi des prestations accessoires
aux travaux, en l’occurrence les forages, les levés topographiques, les sondages,
la prise de photographie et de film, les études sismiques ou études
géotechniques et les services similaires fournis dans le cadre du marché, si la
valeur de ces services ne dépasse pas celle de travaux eux-mêmes. Les
signataires de ce contratsont l’administrationet l’entrepreneur. Le marché de
travaux ne peut donc qu’être un contrat signé par une personne publique qui
charge un entrepreneur d’exécuter un travail d’ordre public.
b. Les marchés de fournitures :ce sont des contrats ayant pour objet l’achat ou
la locationavec option d’achat de produits ou de matériel. La notion de marchés
defournitures recouvre notammentLes marchés de fournitures courantes ayant
pour objet l’acquisition par le maître d’ouvrage de produits existant dans le
commerce et quine sont pas fabriqués sur spécifications techniques particulières
exigées par le maître d’ouvrage;les marchés de fournitures non courantes qui
ont pour objet principall’achat de produits qui ne se trouvent pas dans le
commerce et quele titulaire doit réaliser sur spécifications techniques propres
au maîtred’ouvrage ; les marchés de location avec option d’achat qui ont pour
objet lalocation de biens d’équipement, de matériel ou d’outillage qui, donneau
locataire la possibilité d’acquérir, à une date préalablement fixée,tout ou partie
5
des biens loués, moyennant un prix convenu.
c. Les marchés de services :ce sont des contrats ayant pour objet la réalisation
deprestations de services qui ne peuvent être qualifiées ni de travaux ni de
fournitures comme les marchés d’études, de formation, prestations de
laboratoires ou prestations [Link] marché des services
comprennent aussi les marchés de prestations d’études et de maîtrise d’œuvre
en relation avec la propriété intellectuelle ; les marchés de services courants
ayant pour objet la réalisation de services ayant une spécificité technique, et les
marchés de location comme la location d’équipement, de matériels, de logiciels
de mobiliers, de véhicules et d’engins.
Après cette définition qui entre en lice pour faire comprendre les
soubassements théoriques et pratiques de la notion des marchés publics, il est
important de discuter les différents principes qui fondent cette notion. Dans ce
cadre, on parlera succinctement et respectivement la transparence, l’égalité, le
recours à la concurrence et l’efficacité de la dépense.
Pourla transparence, le choix du maître d’ouvrage doit se faire sans
aucune discrimination. Aucune faveur ne devrait être donnée à un candidat par
rapport à un [Link] transparence doit couvrir toutes les phases du marché
public. En d’autres termes, depuis sa préparation jusqu’à son attribution et sa
mise en exécution, le marché public doit se baser sur ce principe. L’objectif
principal reste donc le renforcement de l’éthique au sein de l’administration et
la lutte contre la corruption. CE qui garantira une efficacité de rigueur et de
vigueur concernant les dépenses8.
7 ZOUBEIR (Abdelaziz), les imperfections du système de rémunération instauré par le contrat type
d’architecte, Revue Al khazina, n°4, p. 3-6.
8 RAGALA OUAZANI Abdallah, La transparence facteur primordial de moralisation de la chose publique : cas
des marchés publics, Revue marocaine d'administration locale et de développement, 2001, n° 37, p. 51-68.
6
Le principe de l’égalitédécoule directement du principe constitutionnel de
l’égalité devant la loi. Les prestataires des marchés publics sont égaux devant la
loi et personne n’a aucune faveur par rapport aux autres. C’est un principe
fondamental que la réglementation des marchés doit respecter. Il est ainsi
interdit de faire une discrimination entre soumissionnaires et de porter atteinte
à un traitement identique entre tous les candidats notamment au regard des
informations à fournir ou à donner.
La concurrence, quant à elle, est un principe auquel le marché public fait
appel. Ainsi, le recours à la concurrence doit favoriser le prestataire qui offre les
meilleures conditions. L’objectif est d’encourager l’administration à négocier
avec ses prestataires et choisir le meilleur. D’ailleurs dans les cas où la mise en
concurrence est limitée, des garde-fous ont été mis afin d’éviter les dérapages.
Ainsi, l’entité publique ne peut avoir recours à un appel d’offres restreint ou à
un marché négocié sans produire une justification suffisante ou en se cantonner
dans les cas prescrits par le décret (le cas du marché négocié par exemple).
Le dernier principe qui est l’efficacité de la dépense permet de doter les
gestionnaires des instruments susceptibles de les aider à réaliser leurs missions
dans les meilleures conditions et aux meilleurs résultats. Ainsi le choix se fait
suivant plusieurs critères. Le prix n’est plus le seul moyen pour juger les offres.
Ce jugement doit prendre en compte les capacités techniques et financières des
candidats et leur expérience dans un domaine donné. Pour ce faire,
l’administration doit définir l’objet du marché et préciser les spécifications
recherchées et les besoins à satisfaire. Le maître d’ouvrage doit déterminer
exactement ce qu’il veut acheter et arrêter ses spécifications techniques en
faisant référence à des normes marocaines homologuées ou à défaut à des
normes internationales.
7
2- Les marchés publics et les notions voisines9
Il est loisible de dire que la notion du marché public est entourée d’un
champ lexical et sémantique fort intéressants. Ceci dit, ce champ crée des
nuances de sens qui posent des problèmes au niveau définitionnel et conceptuel.
Ce qui permet de dire qu’un éclaircissement devrait se faire dans ce cadre. En
voici une liste qui permettrait de donner plus de perspicacité et de pertinence à
cette question.
1-Attributaire : concurrent dont l'offre a été retenue avant la notification de
l'approbation du marché ;
2 - Autorité compétente : l'ordonnateur ou la personne déléguée par lui pour
approuver le marché ou toute autre personne habilitée à cet effet par un texte
législatif ou réglementaire ;
3 - Bordereau des prix : document qui contient une décomposition par poste des
prestations à exécuter et indique, pour chacun des postes, le prix applicable ;
4 - Bordereau des prix des approvisionnements : document qui indique la liste
des matériaux à approvisionner sur le chantier et les prix unitaires
correspondants ;
5 - Bordereau du prix global : document qui, pour un marché à prix global,
indique la prestation à réaliser et le prix forfaitaire correspondant ;
6 - Concurrent : toute personne physique ou morale qui propose une offre en
vue de la conclusion d'un marché ;
7 - Conventions ou contrats de droit commun : sont des conventions ou des
contrats qui ont pour objet soit la réalisation de prestations déjà définies quant
aux conditions de leur fourniture et de leur prix et que le maître d'ouvrage ne
peut modifier ou qu'il n'a pas intérêt à modifier soit la réalisation de prestations
9Décret n° 2-12-349 du 8 Joumada I 1434 relatif aux marchés publics. (B.O. n° 6140 du 4 avril 2013), article
4.
8
qui en raison de leur nature particulière peuvent être passées selon les règles de
droit commun. La liste des prestations qui peuvent faire l'objet de contrats ou
de conventions de droit commun est prévue à l'annexe 1 du présent décret.
Cette liste peut être modifiée ou complétée par arrêté du ministre chargé des
finances sur proposition du ministre concerné et après avis de la commission des
marchés.
8 - Décomposition du montant global : document qui, pour un marché à prix
global, contient une répartition des prestations à exécuter par poste, effectuée
sur la base de la nature de ces prestations ; ce document peut indiquer les
quantités forfaitaires pour les différents postes ;
9 - Détail estimatif : document qui, pour un marché à prix unitaires, contient une
décomposition des prestations à exécuter par poste et indique, pour chaque
poste, la quantité présumée et le prix unitaire correspondant du bordereau des
prix ; le détail estimatif et le bordereau des prix peuvent constituer un document
unique dit " bordereau des prix-détail estimatif " ; (Copyright Artémis 2013 - tous
droits réservés)
10 - Groupement : deux ou plusieurs concurrents qui souscrivent un
engagement unique dans les conditions prévues à l'article 157 ci-dessous ;
11 - Maître d'ouvrage : autorité qui au nom de l'un des organismes publics visés
à l'article 2 ci-dessus passe le marché avec l'entrepreneur, le fournisseur ou le
prestataire de services.
12 - Maître d'ouvrage délégué : administration publique, établissement public,
société d'Etat ou filiale publique auxquels sont confiées certaines missions du
maître d'ouvrage dans les conditions prévues à l'article 161 ci-dessous ;
13 - Prestations: travaux, fournitures ou services ;
14 - Prestataire : entrepreneur, fournisseur ou prestataire de services ;
9
15 - Signataire au nom du maître d'ouvrage: l'ordonnateur, son délégué ou le
sous ordonnateur désigné conformément à la réglementation en vigueur ;
16 - Sous détail des prix : document qui fait apparaître, pour chacun des prix du
bordereau, ou seulement pour ceux d'entre eux désignés dans le cahier des
prescriptions spéciales, les quantités et le montant des matériaux et fournitures,
de la main-d’œuvre, des frais de fonctionnement du matériel, des frais généraux,
taxes et marges ; ce document n'a pas de valeur contractuelle sauf disposition
contraire prévue dans le cahier de prescriptions spéciales ;
17 - Titulaire : attributaire auquel l'approbation du marché a été notifiée.
Disons enfin et avant de passer à la deuxième partie en relation avec les
modes et les types de marchés publics, il importe de dire que la notion des
marchés publics reste par excellence un terme évolutif et mouvant ; un terme
qui ne cessera de connaître des changements et des mutations selon plusieurs
facteurs. Certes, les termes avoisinants permettent de faire comprendre
approximativement le concept, mais cela n’empêche de dire qu’il est question
d’une liste n’étant en aucun cas exhaustive et approfondie.
La deuxième partie ayant pour objectif majeur la discussion des modes et
types de passationcernera la question selon une approche plus au moins
poussée et qui entamera des distinctions de taille qui pourront répondre aux
attentes des récepteurs sans exception.
II- Les marchés publics : modes et types
L’investissement dans le sujet des marchés publics ne peut être qualifié de
réussi que si d’autres points suscitent une intention particulière. Parmi ces
points, on peut citer à titre d’exemple les modes de passation des marchés
publics et les types les plus fréquentés. Ce qui donnera l’opportunité de donner
10
plus de précision et de concision sur des zones d’ombre ayant une influence
extrême sur l’opération tout entière.
1- Les modes de passation des marchés publics
Les modes de passation normaux contiennent la passation suite à des
appels d’offres ouverts, restreints, après présélection ou concours. Les
modes exceptionnels sont constitués des marchés négociés et des bons de
commande.
A - Les marché passés par un appel d’offre
L’appel d’offre permet la mise en concurrence de plusieurs fournisseurs
ou prestataires de services pour l’exécution de travaux, la livraison de
fournitures ou la réalisation de services. Il peut prendre plusieurs formes :
- Appel d’offre ouvert : lorsque tout concurrent peut obtenir le dossier
de consultation et présenter sa candidature. Ce qui laisse deviner que tous les
concurrents ont la possibilité de postuler à un tel marché public sans que le
maître d’ouvrage puisse procéder à une telle ou telle discrimination.
- Appel d’offre restreint : lorsque seuls peuvent remettre des offres, les
concurrents que le maître d’ouvrage10 a décidé de consulter. Il ne peut
être passé que pour les prestations qui ne peuvent être exécutées que
par un nombre limité d’entrepreneurs, fournisseurs ou prestataires de
services, en raison de leur nature, de leur particularité, de l’importance
des compétences et des ressources à mobiliser, des moyens et de
l’outillage à utiliser.
- Appel d’offres avec présélection : lorsque seuls sont autorisés à
présenter des offres, après avis d’une commission d’admission, les
10L’alinéa 11 de l’article 4 définit le maître d’ouvrage comme étant « l’autorité qui, au nom de l’une des
organismes publics visés à l’article 2, passe le marché avec l’entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire
de service ».
11
concurrents présentant les capacités suffisantes, notamment du point de
vue technique et financier.
B- Les marchés passés par concours
Le maître d’ouvrage peut recourir à ce mode lorsque la réalisation
d’uneprestation nécessite des recherches particulières d’ordre
technique,esthétique ou financier. Les prestations qui peuvent faire l’objet de
concoursconcernent notamment les domaines de l’aménagement du territoire,
del’urbanisme ou de l’ingénierie, et les prestations qui font l‘objet de marchéde
conception-réalisation.
Le concours porte soit sur la conception d’un projet ; soit à la fois sur la
conception d’un projet et la réalisation de l’étude y afférente ; soit à la
fois sur la conception d’un projet et la réalisation de l’étude y afférente et
le suivi et le contrôle de sa réalisation ; soit la conception et la réalisation
du projet lorsqu’il s’agit d’un marché de conception-réalisation.
C- Les marchés négociés
Le marché négocié s’inscrit dans le cadre des modes exceptionnels
depassation des marchés. Il permet au maitre d’ouvrage de négocier
lesconditions du marché avec un ou plusieurs candidats et ce pour les cas fixésde
manière limitative par le décret du 20 mars 2013. Le marché négocié
est passé avec publicité préalable et mise en concurrence ou sans publicité
préalable et sans mise en concurrence.
D-Les prestations passées par bon de commande
Il peut être procédé, par bons de commande, à l’acquisition de
fournitureset à la réalisation de travaux ou services, dans la limite de deux
centmille (200 000,00) dirhams toutes taxes comprises. La liste des
12
prestationspouvant faire l’objet de bons de commande figure à l’annexe 411 du
décretrelatif aux marchés publics. A titre exceptionnel et pour tenir compte
desspécificités de certains départements, le chef du gouvernement peut, par
décision prise après avis de la commission des marchés et visa du ministre
chargé des finances, autoriser, pour certaines prestations, le relèvement de
la limite de deux cent mille (200 000,00) dirhams toutes taxes comprises
prévue ci-dessus, sans toutefois dépasser cinq cent mille (500 000,00)
dirhams toutes taxes comprises.
2- Les types des marchés publics
Plusieurs types de marchés publics peuvent être pris en considération. On
peut discuter le marché-cadre, le marchéreconductible, le marché à tranches
conditionnelles, le marché alloti et le marché de conception-réalisation. Ces
types de marchés sont d’une importance capitale et les nuances de sens doivent
être éclaircis pour pouvoir mener à bien une discussion aussi précise que
concise.
A- Le marché-cadre12
On passe des « marchés-cadre » lorsque la quantification et le rythme
d’exécution d’une prestation, ayant un caractère prévisible et permanent,ne
peuvent être entièrement déterminés à l’[Link] passation d’un marché cadre
doit respecter certaines conditions de forme et de fond : Les marchés-cadre ne
portent que sur le minimum et le maximum des prestations ; le maximum des
prestations ne peut être supérieur à deux fois le minimum ; les clauses du
marché peuvent être révisées par avenant. En cas de
désaccord sur la révision, le marché peut être résilié, dans les conditions
11Laliste des prestations pouvant faire l’objet de bons de commande (article 6 du décret n° 2-12-349 du 8
Joumada I 1434 relatif aux marchés publics. (B.O. n° 6140 du 4 Avril 2013), annexe 4.
12La liste des prestations pouvant faire l’objet de bons de marchés-cadre (article 88 du décret n° 2-12-349
du 8 Joumada I 1434 relatif aux marchés publics. (B.O. n° 6140 du 4 Avril 2013), annexe 4.
13
prévues dans le contrat ; le minimum et le maximum des prestations à réaliser
peuvent êtreréajustés en diminution ou en augmentation. Ce réajustement ne
doit pasêtre supérieur à 10% du maximum des prestations en cas
d’augmentationde la quantité ou de la valeur desdites prestations, et à 25% en
cas dediminution de la valeur ou de la quantité des prestations. Les taux de
10% et de 25% sont à apprécier dans le cadre de la durée totale du
marché-cadre.
B- Le marché reconductible13
Il peut être passé des marchés dits « marchésreconductibles » lorsque
lesquantités peuvent être déterminées, aussi exactement que possible, à
l’avance, par le maître d’ouvrage et présentent un caractère prévisible,
répétitif et permanent. Les marchés reconductibles doivent déterminer
notamment les spécifications, la consistance, les modalités d’exécution et
le prix des prestations susceptibles d’être réalisées au cours d’une période
n’excédant pas l’année en cours de leur passation.L’annexe 3 du décret relatif
aux marchés publics détermine la liste desprestations qui peuvent faire l’objet
de reconduction pour trois (3) ou cinq (5) ans.
C- Le marché à tranches conditionnelles
Les marchés à tranches conditionnelles sont des marchés pour lesquels il
est prévu une tranche ferme couverte par les crédits disponibles et que le
titulaire est certain de réaliser, et une ou plusieurs tranches conditionnelles
dont l’exécution est subordonnée, d’une part, à la disponibilité des crédits
et, d’autre part, à la notification d’un ou plusieurs ordres de service
prescrivant son (ou leur) exécution, dans les délais prévus par le marché.
D –Le marché alloti
13La liste des prestations pouvant faire l’objet de marchés reconductibles (article 7 du décret n° 2-12-349 du
8 Joumada I 1434 relatif aux marchés publics. (B.O. n° 6140 du 4 Avril 2013), annexe 3.
14
L’allotissement est la décomposition d’un marché en plusieurs lots pour
des raisons économiques, financières ou techniques. Un lot est une unité
autonome qui est attribuée séparément. On entend par lot, pour ce qui
concerne les travaux et les services, la partie de la prestation à réaliser,
corps d’état ou groupe de prestations appartenant à un ensemble plus ou
moins homogène, présentant des caractéristiques techniques semblables
ou complémentaires. Pour les fournitures, un lot est un article, un ensemble
d’articles, d’objets ou de marchandises de même nature et présentant un
caractère homogène, semblable ou complémentaire.
E- Le marché de conception-réalisation
Le marché de conception-réalisation est un marché unique passé avec un
prestataire ou un groupement de prestataires et qui porte à la fois sur la
conception du projet et l’exécution des travaux, ou sur la conception, la
fourniture et la réalisation d’une installation complète. Ce retour est justifié
lorsque la réalisation de certains projets d’infrastructures spécifiques ou de
prestations particulières nécessitent des procédés spéciaux et des processus de
fabrication étroitement intégrés et exigeant dès le départ l’association du
concepteur et du réalisateur de la prestation.
En somme, il faut dire que les modes et les types des marchés publics
restent un domaine d’investigation qui nécessite des approches de plus en plus
précises. Cette approche doit se faire dans une vision qui marie le volet juridique,
économique et social pour arriver à mettre les finances publiques sur les rails
loin de tout abus de pouvoir pouvant introduire des résultats néfastes.
Conclusion
Disons enfinque le sujet des marchés publics reste par excellence un
domaine d’investigation qu’il faut maîtriser par tous les intervenants, toutes
15
disciplines confondues. Les marchés publics ont cette valeur importante car ils
manient la transparence dans la gestion, la concurrence dans l’attribution des
marchés, la préparation dans la préparation et l’exécution de ces marchés, la
garantie des droits des entreprises, etc.
Par suite, la réglementation et l’adaptation des marchés publics devraient
avoir lieu car les mutations d’ordre économique et financier sont de plus en plus
grandioses. En plus, les exigences de l’environnement de l’administration et la
volonté des pouvoirs publics de moderniser la gestion des services publics
poussent aussi l’administration à agir dans le but d’assurer la gouvernance
financière et administrative de ces services.
Dans ce sens, l’Etat marocain a adopté en Conseil de gouvernement un
projet de décret n° 2.22.431 relatif aux marchés publicsafin de répondre aux
recommandations de la commission spéciale pour le Nouveau Modèle de
développement. Ce projet vise essentiellement le renforcement de la
transparence, l’amélioration du climat des affaires en donnant la priorité aux
petites entreprises et aux auto-entrepreneurs et en optant pour le principe de la
préférence nationale.
Le projet en question adopte un système unifié des marchés publics qui
s’applique à toutes les entités publiques, aux collectivités territoriales et aussi
aux établissements publics et autres personnes morales privés de droit public.
Toutes ces démarches visent essentiellement un saut vers l’avant en garantissant
un accompagnement efficace des évolutions et des ambitions du pays.
Bibliographie
1- Ouvrages cités
HARAKAT Mohamed, Finances publiques et droit budgétaire, Imprimerie El
Maarif Al Jadida, 3 ème éd. 2002, 269 p.
16
HOUFI Mohammed, Gouvernance des finances des collectivités territoriales
au Maroc, Imprimerie El Maarif Al Jadida, 1ère 2d. 2022, 566 p.
2- Articles des revues :
BENSOUDA Noureddine, Les finances publiques au Maroc : entre l’ambition,
la prévision et l’exécution. In La transparence des finances publiques : vers un
nouveau modèle. Actes du 6ème colloque international des finances publiques,
organisé par le ministère des Finances du Maroc et FONDAFIP, les 7 et 8
Septembre 2012, LGDI 2013.
RAGALA OUAZANI Abdallah, La transparence facteur primordial de
moralisation de la chose publique : cas des marchés publics, In Revue
marocaine d'administration locale et de développement, 2001, n° 37, p. 51-68.
ZOUBEIR Abdelaziz, les imperfections du système de rémunération instauré
par le contrat type d’architecte, Revue Al khazina, n°4, p. 3-6
3- Décrets :
- Décret n° 2-12-349 du 8 Joumada I 1434 relatif aux marchés publics.
(B.O. n° 6140 du 4 Avril 2013) ;
- Décret n° 2.98.482 du 11 Ramadan 1419 (30 Décembre 1998) fixant les
conditions et les formes de passation des marchés publics.
Glossaire
Français Arabe
Marché صفقة
Prestation أعمال
17
Autorité compétente سلطة مختصة
Maître d’ouvrage صاحب مشروع
Maître d’ouvrage délégué صاحب مشروع منتدب
Candidat مرشح
Concurrent متنافس
Attributaire نائل الصفقة
Titulaire صاحب الصفقة
Bordereau des prix جدول األثمان
Détail estimatif بيان تقديري مفصل
Sous-détail estimatif تفصيل فرعي لالثمان
Décomposition du montant تحليل المبلغ اإلجمالي
global
Groupement تجمع
Engagement conjoint التزام بالشراكة
Engagement solidaire التزام بالتضامن
Sommaire
Introduction………………………………………………………………………………1
I-Lesmarchés publics : Approche définitionnelle et termes
avoisinants………………………………………………………………………….…….4
18
1-Les marchés publics : Définition et principes………………………… .…..4
2-Les marchés publics et les notions voisines…………………………..…4
II-Les marchés publics : modes et types……………………..…………….11
1-Les modes de passation des marchés publics……………………………………..11
2-Les types des marchés publics…………………………………………………….………13
Conclusion……………………………………………………………………………….16
Bibliographie……………………………………………………………………………17
Glossaire……………………………………………………………………………......18
Sommaire………………………………………………………………………………..19
19