Phase A Ind C
Phase A Ind C
setec tpi
Maître d’Ouvrage
Ministère de
l’Equipement et
des Transports Phase a : Recherche
Direction des
Routes et de la bibliographique et Analyse
circulation routiere maroc
setec
des guides et des
Maître d’Oeuvre
règlements disponibles
setec tpi
Tour Gamma D dans d’autres pays
58, quai de la Rapée
75583 Paris cedex 12
Tél : 01.40.04.6289
Télécopie : 01.40.04.8995
E-mail tpi@[Link]
Maroc Setec
7, Rue Jabir Ibn Hayane-Agdal Rapport définitif
10000 RABAT
MAROC
Tél : 212.3777.78.20
Télécopie : 212.3777.48.41
E-mail : ma-setec@[Link] Date :
13.11.2007
Référence : Indices :
Société : Affaire Emet. : Type : Phase : Numéro : Dif. : Rev. :
Référence : Indices :
Société : Affaire Emet. : Type : Phase : Numéro : Dif. : Rev. :
Redéfinir un zonage sismique moderne du Maroc en s’appuyant sur les données et les
méthodologies les plus récentes
Offrir l’usage aux concepteurs d’ouvrages d’art d’un guide de conception parasismique
appliqué et concret, basé sur une analyse des règlements internationaux modernes, les bases
théoriques du calcul sismique et l’expérience d’ingénieurs en conception parasismique
Le but est donc ici de rappeler les principales lignes guides pour la bonne conception parasismique
des ouvrages d’art. Pour l’étude dynamique des ouvrages et dimensionnement des structures,
l’ingénieur doit s’assurer une marge de résistance adéquate pour éviter les modes de ruine fragile et
une marge de déformation adéquate pour éviter les modes de rupture ductile.
Ce guide est principalement basé sur une recherche bibliographique internationale, une étude des
différents règlements parasismiques internationaux (Etats-Unis, Europe, Japon, Nouvelle Zélande…)
et sur le retour d’expérience d’ingénieurs experts ayant réalisé la conception d’ouvrages d’art situés en
zone sismique.
Le chapitre 1 est une introduction qui rappelle les problématiques principales qu’il est nécessaire
d’aborder avant de parler de conception parasismique. Ce chapitre présente les principes du calcul
sismique et sa philosophie générale.
Dans le chapitre 2 on effectue une analyse comparative des règlements parasismiques internationaux
qui ont été retenus comme les références de base de la recherche bibliographique sur laquelle ce guide
est fondé.
Le chapitre 3 présente un principe de classification des ouvrages d’art du royaume du Maroc vis-à-vis du séisme.
Ce principe définit les critères de classification, dont les facteurs socio-économiques, la particularité des différents
réseaux, la destination des ouvrages, les notions de risque toléré et de niveau de sécurité souhaité.
Le chapitre 4 concerne l’ensemble de règles de conception : les recommandations pour la conception des différents
éléments des ouvrages et parties d’ouvrages sous séisme ainsi que les règles relatives aux équipements et aux
dispositifs parasismiques.
Dans le chapitre 5 sont exposées les données nécessaires pour la détermination de l’action sismique. En
particulier on trouve les valeurs des accélérations nominales à adopter, qui sont le résultat d’une étude qui
traduit un compromis entre l’aléa sismique et le surcoût économique des mesures de protection, ainsi que les
autres paramètres nécessaires pour les différentes étapes du calcul (classification du sol, classes de ductilité,
spectres réglementaires).
Le chapitre 6 montre la méthodologie de calcul sismique des ouvrages d’art : les hypothèses de calcul, la
modélisation des différents éléments, les méthodes d’analyse.
Le chapitre 7 traite des effets qui peuvent être engendrés par le contenu fréquentiel d’un séisme. On considérera
deux type d’effets : de site (géométrie et géologie) et induit (liquéfaction, thixotropie, glissement du terrain).
Le chapitre 8 est une application des règles de conceptions explicitées dans les chapitres précédents. Les exemples
de calcul intègrent l’ensemble des aspects et des phénomènes relevant du calcul sismique.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
En annexe on trouve un rappel de dynamique des structures, qui est à la base du calcul sismique, et deux
glossaires qui explicitent la terminologie technique afin de clarifier les sujets abordés dans les différents
chapitres.
Phase a : Recherche bibliographique et Analyse des guides et des règlements disponibles dans d’autres pays -2-
Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Ces ondes de surface, dites de Rayleigh et de Love, se propagent parallèlement à la surface du sol, ne
se dispersant ainsi que dans deux directions. Elles deviennent de plus en plus prépondérantes à
mesure qu’on s’éloigne de l’épicentre, par rapport aux ondes de volume (qui se dispersent dans les
trois directions).
Soit un sol élastique, de module (dynamique) d’élasticité E, de coefficient de Poisson ν, et de masse volumique
3
Les célérités (ou vitesses de propagation) des ondes sont définies de la manière suivante:
VP≥2 VS
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
C’est l’enchevêtrement complexe de toutes ces ondes, encore compliqué par les réflexions et
réfractions qui les affectent à chaque discontinuité du sol que recueillent globalement nos
enregistreurs de surface sous la forme d’ « accélérogrammes » reproduisant les trois composantes
(deux horizontales et la troisième verticale) de l’accélération du sol.
Par double intégration on peut obtenir la vitesse et le déplacement du sol. Les accélérogrammes réels
peuvent avoir des formes très diverses, de durée, d’amplitude et de contenu fréquentiel.
Dans la grande majorité des cas, le dimensionnement parasismique ne se fait pas sur la base des
accélérogrammes complets (utilisés principalement en cas d’analyse dynamique non linéaire), mais à
partir des valeurs maximales temporelles et des « caractérisations spectrales », censées être
représentatives de leur nocivité pour les structures.
La valeur maximale de l’accélération (indiquée avec le sigle PGA, acronyme de « peak ground
acceleration ») est la quantité la plus directe et simple, immédiatement accessible mais il est
évident que cette valeur est très réductrice (elle ne donne, par exemple, aucune information
sur la durée de la sollicitation). On peut considérer sinon les valeurs maximales de la vitesse
(PGV) et du déplacement (PGD). Leur estimation est moins directe que celle du PGA, mais il
convient de noter que la connaissance des trois valeurs donne un bon aperçu du niveau et du
contenu fréquentiel d’un accélérogramme donné.
Les caractérisations spectrales donnent des informations plus riches que les valeurs
maximales temporelles. On parle de spectres de réponse, utilises par les ingénieurs de génie
civil, ou de spectres de Fourier, préférés par les sismologues4.
4 D’autres caractérisations spectrales et grandeurs représentatives sont utilisées en ingénierie sismique. L’intensité
spectrale (SI), l’accélération quadratique moyenne (arms), l’intensité d’Arias (IA), ont une plus grande signification
physique que les valeurs pics (PGA, pgv, pgd), mais sont en même temps plus simples que les représentations
spectrales. On renvoie à des textes spécialisés sur la sismologie pour une explication approfondie.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
[Link] Intensité
L’intensité I, ressentie en un point, représente l’incidence d’un séisme sur l’environnement, les
constructions, et l’homme (réveil, chute d’objets, fissures…). On parle alors d’effets macrosismiques.
Elle résulte de l’ampleur du séisme lui-même, mais aussi de la vulnérabilité des ouvrages. Elle décroît
généralement lorsqu’on s’éloigne de l’épicentre du séisme mais varie aussi selon la structure
géologique.
Les premières échelles de dommage ont été élaborées fin XIXème, début XXème siècle, après quelques
séismes particulièrement destructeurs en Italie, Californie et au Japon. Elles ont évolué dans le temps,
et les trois principales qui sont encore utilisées aujourd’hui sont les suivantes :
1. L’échelle EMS (European Macroseismic Scale), adaptation de l’échelle MSK aux constructions
modernes, utilisée principalement en Europe.
2. L’échelle MMI (Mercalli Modifiée), utilisée aux Etats-Unis, et plus généralement sur le continent
américain.
3. L’échelle JMA (Japan Meteorological Agency) utilisée au Japon.
Sur les échelles à douze degrés, on ne ressent vraiment le séisme qu’à partir du degré IV ; les
constructions subissent des dommages notables à partir du degré VII.
Figure 3 Comparaison entre différentes échelles d’intensité : Mercalli Modifiée (MMI), Rossi Forel (RF) ,
Japanese meteorological Agency (JMA) et Medvedev–Spoonheuer–Karnik (MSK)
Ces échelles sont la seule façon de caractériser la taille des événements historiques et, malgré leur
caractère rudimentaire, elles sont utilisées pour caractériser les effets, particulièrement dans la région
épicentrale.
[Link] Magnitude
La magnitude M est une valeur intrinsèque du séisme, fondée sur l’amplitude des vibrations
enregistrées par les sismographes. Comme cette amplitude dépend de la distance source/station
d’enregistrement et des caractéristiques du capteur, des facteurs correctifs ont du être introduits pour
« normaliser » la mesure : la magnitude de Richter, ou magnitude locale ML est le logarithme de
l’amplitude des vibrations maximales enregistrées à une distance de 100 km par un sismographe de
type « Wood Anderson ».
Il existe plusieurs échelles de magnitude qui mesurent l’énergie dans différentes bandes de
fréquences, se basant toutes sur une définition similaire à celle déjà énoncée.
Phase a : Recherche bibliographique et Analyse des guides et des règlements disponibles dans d’autres pays -5-
Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
La magnitude n'est pas une échelle en degré mais une fonction continue, qui peut être négative ou
positive et, en principe n'a pas de limites. En réalité, sa valeur minimale est liée à la sensibilité du
sismographe et sa valeur maximale est liée à la résistance de la lithosphère aux forces tectoniques et à
la longueur maximum de la faille susceptible de se fracturer d'un seul coup. Les séismes de magnitude
supérieure à 9 sont très rares et la magnitude 10
semble être une limite raisonnable compte tenu de la
solidité des roches et de la fragmentation des failles.
La magnitude n’est pas à elle seule indicative des
dégâts, qui dépendent également de la distance au
foyer des biens exposés. Un séisme modéré (M<6)
survenant à faible profondeur juste sous une ville peut
faire beaucoup plus de dégâts qu’un autre de
magnitude 7,5-8 à 70km de profondeur. Ce fut le cas
par exemple à Agadir (Maroc, 1960), où se produisit
un séisme de magnitude 5,8 (15000 victimes).
5
L'énergie relâchée lors du séisme correspondant au travail des contraintes de cisaillement. Elle peut être
approchée par le travail de la contrainte moyenne E=S.[(σ0+σ1)/2].D0. On peut donc écrire E= M0[(σ0+σ1)/2µ] :
comme, en profondeur, la rigidité de cisaillement µ et la contrainte moyenne (σ0+σ1)/2 sont assez peu variables,
on voit que le moment sismique est un bon indicateur de l’énergie totale relâchée.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
k*
où ω = est la pulsation propre .
m*
Dans la réalité on remarque que le mouvement d'un oscillateur simple en oscillation libre est
caractérisé par une amplitude qui va en se réduisant progressivement, causée par une dissipation
d'énergie. Le phénomène dissipatif est schématisé en considérant les actions visqueuses,
proportionnelles à la variation de position dans le temps, ou bien à la vitesse.
Le coefficient de proportionnalité c est dit coefficient d'amortissement visqueux.
c
ξ=
2 km
L'équation d'équilibre est obtenue en identifiant les forces s'exerçant sur la masse : la force de rappel
élastique, la force de l’amortisseur et la force d’inertie.
Figure 6 La masse m repose sur un support soumis à une accélération fonction du temps (excitation sismique), et
est reliée à son support par un élément développant une force fonction du déplacement et de la vitesse relatifs de
la masse par rapport à celui ci. On considère que cette liaison est de type viscoélastique linéaire et s'écrit :
F = ku + cu& où u est le déplacement de la masse dans un référentiel lié au support.
7
L’expression de u (t ) est obtenue classiquement avec l’intégrale de Duhamel :
où ω 1 = ω 1 − ξ 2 est appelée pulsation propre amortie ; mais on peut également l’obtenir simplement par
passage dans le domaine de Fourier.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
En effet pour T=0 le système est infiniment rigide, et le mouvement relatif de la masse par rapport au
sol est rigoureusement nul; par conséquent la plus grande accélération absolue du système coïncide
avec celle du sol, et est indépendante de la valeur d’amortissement.
8 La pseudo-accélération est peu différente en valeur absolue de l’accélération absolue de la masse ; la différence
provient des forces d’amortissement. En fait en réécrivant l’équation d’équilibre de la façon suivante :
(u&& + &y&) = ω 2 u + 2ξωu&
On reconnaît l’accélération absolue (u
&& + y&&) de la masse et sa pseudo-accélération ω 2 u . Ces deux grandeurs ne
sont égales, et de signe opposé, que lorsque le pourcentage d’amortissement critique est nul.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
L'amortissement a une importance sur les accélérations induites; en effet à une structure qui possède
une grande capacité d'amortissement correspond une plus grande dissipation d'énergie avec une
importante atténuation des effets sismiques (voir figure 5).
Les spectres de réponse élastique sont également construits selon les déplacements9, dans lesquels on
trouve le déplacement relatif maximal en fonction de la période. Pour T=0 on trouve une valeur nul :
pour les systèmes infiniment rigides on a des déplacements relatifs nuls.
On remarque en outre que pour des grandes périodes le déplacement maximal tend à rester constant,
la masse reste pratiquement immobile et a donc un déplacement absolu nul par rapport au sol
considéré ; son déplacement relatif correspond au déplacement absolu du terrain.
La forme des spectres de réponse correspondants aux mouvements sismiques est très irrégulière et
leur utilisation en l’état peut entraîner une
variation très importante de la lecture
spectrale : il faut donc procéder au lissage du
spectre de telle sorte que les diverses régions
du spectre soient ramenées à des segments de
droite.
Lorsqu’il s’agit de déterminer le spectre de
réponse à prendre en compte pour le calcul des
ouvrages en un site donné, on ne peut pas se
contenter d’un seul accélérogramme, même si
par chance il a été enregistré au voisinage du
site
Il convient donc de déterminer un spectre de projet qui sera l’enveloppe d’un ensemble de spectres
correspondants à des
accélérogrammes convenablement
enregistrés dans des sites
comparables au site étudié. En
outre il faut les normaliser pour
qu’ils aient tous la même valeur
d’accélération maximale puisque les
accélérogrammes utilisés résultent
de séismes d’importances
différentes et les spectres de
réponse que l’on déduit ne sont pas
directement comparables. Ces
études conduisent à l’établissement
de spectres normalisés qui ont la
forme suivante :
9
On rappelle les relations qui lient les spectres de réponse en vitesse Sv et en déplacement Sd au spectre
de réponse en accélération Sa
Sv = Sa /ω
Sd = Sa /ω 2
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
III. La vitesse maximale reste constante, pendant que l’accélération est inversement
proportionnelle à la période (TC< T < TD),
IV. Le déplacement maximal reste constant et la pseudo-accélération est inversement
proportionnelle au carré de la période.
En fonction de la stratigraphie du terrain,
on a différents spectres de réponse. Dans
beaucoup de règlements parasismiques
actuellement en vigueur, le paramètre
mécanique qui caractérise principalement
le type de sol est la vitesse des ondes de
cisaillement (dans une épaisseur de 30 m
de profondeur au dessous de la face
inférieure des fondations), Vs30, valeur liée
à la cohésion du sol. On fait
alternativement référence à la résistance
donnée par le pénétromètre statique et au
nombre de coups de l’essai SPT.
Un facteur qui entre dans les expressions pour le calcul de l'action sismique est la valeur de
l'accélération nominale, caractéristique de la zone, le territoire étant subdivisé en un certain nombre de
zones sur la base de l’intensité sismique maximale prévue.
En conclusion on peut dire que les spectres élastiques normalisés constituent seulement un moyen de
couvrir de façon rationnelle l’ensemble des éventualités défavorables dans lesquelles peut se trouver
placée une structure.
Dans tous les cas, la meilleure façon d’envisager la conception parasismique des constructions consiste
à formuler des critères à la fois économiquement justifiés et techniquement cohérents.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
La philosophie qui inspire la réglementation de nombreux pays est de définir plusieurs types de
tremblements de terre en diversifiant par rapport à ceux-ci le niveau de sûreté pour les ouvrages. On a
ainsi un séisme « fréquent », dont la probabilité d’occurrence pendant la durée de vie du pont est
importante et donc d’intensité relativement contenue (on peut penser à des évènements ayant une
période de retour d’environ 50 ans). Dans ce cas le pont doit rester parfaitement intègre, c’est-à-dire
que son comportement doit être parfaitement élastique. Ensuite vient le tremblement de terre
« violent », beaucoup plus fort que le précédent et donc plus rare; en termes de période de retour on
peut prendre environ 300-500 ans, et donc les probabilités que le pont doive le subir sont très faibles.
Les règlements parasismiques actuellement en vigueur dans les différentes régions sismiques du
monde (on peut citer par exemple ceux
des pays suivants : Etats-Unis, Japon,
Nouvelle-Zélande, Europe) proposent
généralement de choisir entre deux
comportements sous l’effet de l’action
sismique.
Le premier type de comportement, dit
élastique, particulièrement adapté dans
les zones de faible sismicité, permet de
dimensionner la structure de telle
manière que les matériaux qui la
constituent restent dans le domaine
élastique linéaire sous sollicitations
sismiques.
Figure 13 1995 Hyogoken-Nanbu (Kobe, Hanshin-Awaji)
Earthquake, Japan
Le deuxième type de comportement, dit ductile, conduit à dimensionner la structure de telle sorte que
les matériaux qui la constituent subissent des incursions répétées dans leur domaine non linéaire au
cours d’un séisme de référence. On engendre donc une dissipation importante d’énergie sismique qui
permet une réduction des efforts mis en jeu, mais également des déplacements plastiques
irréversibles, qui endommagent la structure.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
intensité : il faut donc déterminer le niveau de déformation qui correspond à la réalité (comportement
non linéaire).
L’hypothèse retenue par les règlements parasismiques actuellement en vigueur dans les différentes
régions sismiques du monde est d’admettre que les déformations avec comportement non linéaire
sont égaux à ceux que l’on obtient sur un modèle linéaire élastique.
Cette option est vérifiée pour des oscillateurs simples de loi
élastique parfaitement plastique à condition que la période des
F oscillations élastiques soit supérieure à la période dominante
du signal sismique. Les efforts dans le modèle élastoplastique
Fel sont donc égaux aux efforts dans le modèle élastique divisés
par le coefficient de ductilité µ.
Fep
µu = ∆ u /∆ e
Le rapport entre les deux ductilités indique combien la structure est proche de la ruine et constitue
donc une marge de sécurité.
En renvoyant à la littérature spécialisée pour une explication approfondie, on énonce seulement les
facteurs principaux qui influencent la ductilité dans une pile en béton armé :
La présence d’efforts normaux rend les sections fragiles au flambement notamment donc
il faut éviter de comprimer fortement les sections. Dans tout les cas il faut disposer des
cadres, ou cerces, avec un faible espacement pour confiner efficacement les armatures
longitudinales et leur éviter de flamber (cf. fig. 16).
Les ruptures causées par l’effort tranchant sont toujours de type fragile. Il faut donc
disposer des armatures transversales pour empêcher qu’une rupture fragile puisse
stopper prématurément la déformation plastique de la structure.
Dans le cas de sections soumises à une flexion composée, ce qui est le cas des piles, il faut
éviter les sections excessivement armées longitudinalement. Si on arrive à la rupture par
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
10 Il faut remarquer que dans les expressions qui définissent le spectre de calcul, on trouve le paramètre q et non
directement le paramètre µ (ductilité). Cela provient du fait que la réduction des forces de calcul pour des
schémas à plusieurs degrés de liberté est liée non seulement à la ductilité du matériel et des actions individuelles,
mais aussi au comportement global de la structure et donc à sa typologie. Cependant dans les expressions
l'amortissement visqueux n’apparaît pas, parce qu'on admet que dans le comportement élastoplastique du
système, son effet est négligeable.
Phase a : Recherche bibliographique et Analyse des guides et des règlements disponibles dans d’autres pays -13-
Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Figure 17 Position des rotules plastiques : dans les pieux l’apparition des rotules plastiques est bien souvent
inévitable, et des dispositions constructives particulières (renforcement des cadres ou cerces sur un certaine
longueur) doivent être adoptées pour limiter les dégâts éventuels.
11 Pour un même déplacement en tête une rotule située à la base subira une rotation moitié de celle d’une rotule
située à mi-hauteur et la pile sera moins proche de la ruine
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
1.3.4 Conclusion
Les tremblements de terre révèlent les faiblesses structurales et concentrent des dommages à ces
endroits. Pour les systèmes structuraux de bâtiment, les conséquences peuvent ne pas être
nécessairement désastreuses, en raison du haut degré d’hyperstaticité. En revanche les ponts n’ont pas
beaucoup de redondance dans leurs systèmes structuraux et ainsi il est plus probable que la
défaillance d’un élément ou du raccordement structural entre des éléments puisse provoquer
l’effondrement.
Tandis que la simplicité structurale des ponts devrait mener à une plus grande confiance dans la
prévision de la réponse sismique, cette simplicité la rend aussi plus sensible aux erreurs de
conception.
Toutes les considérations faites
indiquent un besoin de soin spécial
dans la conception sismique des ponts.
Le but principal de ce guide est de
développer les stratégies de conception
qui rendent la structure moins sensible
aux caractéristiques inconnues de
l’excitation sismique initiale.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Pays Réglementation
AASHTO Standard Specification for Highway Bridges 17th Edition-2002
Etats-Unis
Californie SDC Caltrans Seismic Design Criteria (February 2004)
EC8 Eurocode 8: design of structures for earthquake resistance Part 2: Bridges
Europe (Mars 2005)
JSCE Design Specification for Highway Bridges in Japan and Design Earthquake
Japon Motions (March 2002)
S’il est intéressant de comparer ponctuellement les normes et règlements sismiques de différents pays
soumis à l’alea sismique, en ce qui concerne certains nombre d’items essentiels de la conception
parasismique, il est cependant important de bien garder en tête l’esprit d’un norme ou d’un
règlement.
Ces derniers sont écrits pour être cohérents et utilisés comme un tout. Il serait dangereux d’utiliser tel
chapitre d’un règlement avec tel autre d’un autre règlement.
Cependant, nous effectuons ici, conformément au CPS, une analyse critique des règlements
permettant d’appréhender le règlement le mieux adapté aux ouvrages d’art au Maroc, pour chacun
des chapitres suivants, qui sont pour nous des items essentiels de la conception parasismique dont le
caractéristiques évoluent sensiblement d’un règlement à l’autre :
Action sismique
Classification des ouvrages
Performances requises
Ductilité et coefficient de comportement
Disposition de ferraillage
2.1 Classification
Les ponts doivent être dotés d'un niveau de protection parasismique adapté à leur utilisation. Dans ce
cadre il existe différentes catégories ou classes d'importance.
Ce classement apparaît dans le tableau 2 dans lequel on mentionne également le coefficient γ I , dit
d’importance, relatif aux conséquences d’une défaillance structurelle, qui est présent seulement dans
l’EC8, dans les règlements italien et indien. Ce dernier permet d’utiliser un coefficient supérieur à 1,5
dans des cas particuliers et en fonction de l’économie et des considérations stratégiques. Dans
Phase a : Recherche bibliographique et Analyse des guides et des règlements disponibles dans d’autres pays -16-
Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
l'AASHTO le coefficient (IC) « Importance classification », est employé en même temps que le
coefficient d'accélération pour déterminer la classe de performance (SPC) « Seismic Performance
Category » pour des ponts avec un coefficient d'accélération supérieur à 0.29.
Dans le règlement français, tous les ponts ou presque sont en classe C, avec quelques exceptions en D.
L’Eurocode 8, en adoptant seulement trois catégories est beaucoup plus clair : exceptionnel, courant et
une classe inférieur avec un coefficient de 0.7 qui peut servir pour la qualification des ouvrages
existants ou la réhabilitation de ponts pour une durée de vie limitée.
La restriction à 3 catégories est bien suffisante, et à ce titre, en comparaison avec les autres règlements
et en particulier avec le règlement français, l’Eurocode apparaît bien adapté.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Dans la mesure où il existe différentes façons de présenter les niveaux sismiques (accélération
maximales au sol, spectres de réponse dépendant du sol,…) et que ces définitions ne se recoupent pas
forcement entre les règlements, il est impossible de comparer directement les niveaux sismiques entre
les différents règlements.
Cependant, on note un écart important entre les pays à forte sismicité (Japon, Californie et Nouvelle-
Zélande) et ceux à sismicité modérée (Europe, Etats-Unis hors Californie, Inde).
En comparant avec le zonage sismique du Maroc et les accélérations maximales de chaque zone (voir
rapport de mission 1) on réalise que les règlements des pays à sismicité modérée sont ceux qui sont le
mieux adaptés au Maroc.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Tableau 2 Classification
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Réglementation Classification du sol Spectre de réponse Coefficients de sécurité Combinaison d’action ELU
E + G + P + ΨEi ⋅ Q ik
E action sismique
4 groupes de sol en fonction γ m , applicable aux matériaux : 1,30 pour le béton G charges permanentes
de leurs propriétés
P force de précontrainte
1,00 pour l’acier
Q ik actions variables de charges d’exploitation
mécaniques: rocher sain, sols On calcule l’action sismique par le paramètre aN, un spectre γ R , pour empêcher des ruptures prématurées par
Française
de résistance bonne (a), de réponse horizontale valable pour les 2 composantes
fragilité : ΨEi coefficients de combinaison applicable aux
moyenne (b) et faible (c) et horizontales du mouvement et un spectre de réponse
1,40 élément, raccordement de type fragile, effort actions variables :
4type de sites (S0, S1, S2, S3) vertical pour la composante verticale du mouvement
tranchant dans les piles 0,2 si le pont est supposé chargé sur la totalité
fonction de l'épaisseur et des
1,00 tous les autres cas de sa longueur (charges d’exploitations
groupes mentionnés
routières)
0,3 charges d’exploitation ferroviaires des
lignes à fort trafic
0 pour toute autre action
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
γ I E + G k + Pk
Le modèle de référence pour la description du mouvement
γ m , applicable aux matériaux :
sismique est constitué par le spectre de réponse élastique
1,60 pour le béton armé
γ I E action sismique de l’état limite considéré
qui est décrit par des expressions dépendantes de
Italienne idem EC8 1,50 pour le béton armé précontraint G k charges permanentes avec leurs valeurs
l’accélération horizontale, l’amortissement et le profil
stratigraphique. En alternative on peut utiliser des 1,15 pour l’acier caractéristiques
accélérogrammes artificiels ou naturels. Pk valeur caractéristique de la précontrainte
4 type de sols et pour chacun Le spectre de réponse est défini par le coefficient CS qui ne
Américaine est associé un coefficient de doit pas dépasser la valeur 3,2A fonction du coefficient
site (S) d’accélération (A), et du sol (S).
Le spectre de réponse en accélération est donné pour Selon une conception inélastique de structure en acier : 1,7 (DL+IL)
chaque type de sol. En fonction de la période on trouve le 1,7 (DL±EL)
coefficient de réponse en accélération (Sa/g) avec lequel, 1,3 (DL+IL±EL)
3 catégories, de roche ou de Structure en béton armé et précontraint : 1,5 (DL+IL)
Indienne multiplié par le facteur de zone, d’importance et de
sol très raide au sol flexible 1,2 (DL+IL±EL)
réduction de réponse, on obtient le coefficient sismique
1,5 (DL±EL)
horizontal Ah. 0,9 DL±1,5 EL
DL dead load, IL imposed load, EL earthquake load.
Tableau 4 Représentation de base de l’action sismique
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Dans les règlements européen, californien et néo-zélandais les structures sont classées par catégorie
selon les actions structurales sous le chargement sismique horizontal. Le concept d’action structurale
est introduit pour faire des choix explicites concernant la performance structurale. Le règlement
japonais ne les décrit pas, mais il classifie les comportements des éléments en fonction de leur mode
de ruine. L’action structurale est corrélée au « coefficient de réduction de la force » ou « coefficient de
comportement » qui, dans Caltrans et EC8, se trouve divisé par l’action sismique pour une réponse
linéaire. Le règlement néo-zélandais propose la relation des valeurs maximum du facteur de ductilité
des types structuraux qui correspondent aux actions structurales.
Selon l’EC8 la zone de dissipation, de localisation des rotules plastiques, doit être située aux bases des
piles, toutes les autres composantes du pont doivent rester dans la domaine élastique.
Pour atteindre ce but, une bonne conception est le premier ingrédient, suivie par les dispositions du
dimensionnement en capacité, pour assurer la pleine exploitation des réseaux disponibles, en
contrôlant les déplacements.
Le concept de « capacity design » est aussi utilisé par la norme californienne, néo-zélandaise et
italienne. Afin d'éviter la rupture par cisaillement et fixer la rupture par flexion ductile de l’élément,
on considère une résistance en flexion, augmentée d’un coefficient de sur-résistance, pour calculer
l’effort tranchant. Ces coefficients sont différents dans chaque réglementation. Seule la norme
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japonaise n’utilise pas cette méthode ; en revanche elle ne réduit pas non plus l’effort de cisaillement
dans les zones où sont localisées les rotules plastiques.
L’Eurocode introduit le concept de ductilité limitée (q=1,5), où n’apparaît pas de plastification
significative sous le séisme de calcul. En terme de caractéristiques force - déplacement, la formation
d’un palier de la force n’est pas requise. Cependant, l’écart vis-à-vis du comportement idéal élastique
assure une certaine dissipation d’énergie hystérétique.
Cette classification donne une innovation intéressante par rapport au règlement français, moins
dispersive et simple en comparaison avec les méthodes adoptées par la Nouvelle Zélande.
Les dispositions liées à la quantité et à la disposition d’armatures dans les réglementations considérées
sont déterminées pour obtenir le comportement ductile d’une pile en béton armé. Même si dans
chaque pays sont stipulées des dispositions différentes, on retrouve des principes communs :
il est recommandé de ne pas assurer le recouvrement des barres longitudinales dans la zone
de localisation des rotules plastiques ;
les espacements vertical et horizontal maximum des armatures transversales sont imposés ;
la quantité exigée des armatures transversales est déterminée, pour empêcher le flambement
des barres longitudinales et assure le confinement du béton.
Réglementation Japonaise
Armatures longitudinales
Elles doivent être ancrées dans le béton qui n’est pas soumis à une contrainte de traction. Cependant quand il y
a dans la section critique une longueur développée suffisante, même si les armatures longitudinales ne sont
pas exigées dans le calcul, et si la résistance à la flexion et au cisaillement sont au-dessus des valeurs des forces
appliquées obtenues en considérant la sur résistance de l’élément, on peut ancrer les armatures longitudinales
dans le béton de la zone en tension. Il ne faut pas positionner les recouvrements dans la région des rotules
plastiques.
Armatures transversales
Normalement l’utilisation des cerces est recommandée pour les armatures transversales.
Dans une grande section, parmi les armatures mises en oeuvre dans la section transversale, les armatures qui
ont un ancrage avec des crochets à 135 degrés aux deux extrémités, crochetant (renfermant) les barres
longitudinales, sont définies comme des ligatures et peuvent être considérés comme faisant partie des
armatures transversales.
La quantité nécessaire d’armatures transversales, basée sur le calcul structural, a les effets suivants :
• Augmenter la résistance au cisaillement de la pile, pour empêcher l’extension des fissures diagonales
• Prévenir le flambement des armatures longitudinales en compression
• Confiner l’âme de béton de la pile.
Pour arriver à ces fins, il faut prêter attention à leur espacement, qui ne doit pas être inférieur à :
• 12 fois le diamètre des barres longitudinales
• la moitié de la plus petite longueur de la section transversale
L’écartement horizontal ne doit pas excéder 48 fois le diamètre de la barre transversale. S’il devient plus grand
que celui, il faudra disposer des ligatures intermédiaires.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Réglementation Américaine
Les dispositions constructives varient d'une région du pays à l'autre. En plus sont apparus récemment en
Californie des critères spécifiques de conception des ponts. Pour cette raison, il n’est pas possible de
récapituler en détail l’ensemble des caractéristiques des dispositions. Malgré cela, on a essayé de reprendre les
aspects principaux de la pratique constructive, développée actuellement aux Etats-Unis, que l’on retrouve
également dans la pratique Californienne.
Armatures longitudinales
Les dispositions pour la quantité et la longueur de développement, des armatures longitudinales dans les
éléments en compression sont traitées en détail. Pour le ratio d’armatures longitudinales la limite inférieure et
supérieure sont déterminées.
Pendant que la capacité de ductilité est diminuée dans les éléments fortement armés, la limite supérieure du
rapport d’armature est stipulée (pour empêcher la réduction de la ductilité). Les éléments comprimés doivent
contenir au moins 8 barres de renforcement longitudinales espacées uniformément autour du bord de la
section.
Armatures transversales
Elles sont constituées de cerces ou de spires, ou une combinaison de ligatures et traverses.
Pour obtenir la ductilité exigée des éléments comprimés, le flambement de l’armature longitudinale doit être
empêché ; par conséquent, l'espacement vertical maximum des armatures transversales est stipulé, et dans la
région des rotules plastiques il ne doit pas être inférieur à :
1
• de la dimension plus petite de la section de la pile
5
• 6 fois le diamètre de la barre longitudinal
• 8 pouces (1pouce=0,0254m)
Le ratio minimum d’armatures transversales est aussi fixé, obtenu à partir la résistance à la compression du
béton, la limite élastique, la force axiale appliquée, et le ratio des armatures longitudinales. Les longueurs des
recouvrements doivent être faites par soudure ou coupure mécanique, pour assurer la résistance ultime des
barres.
Réglementation Européenne
Armatures transversales
Pour définir le ratio des armatures transversales de confinement, le ratio des armatures mécaniques dépend des
paramètres conventionnels, et en plus de la limite d’élasticité des barres et de la résistance en compression du
béton. En plus des valeurs standard du ratio des armatures de confinement minimum, on donne aussi
l’équation pour le calculer, qui considère l’influence de la demande de ductilité en courbure, la force axiale
normalisée, et le rapport de la surface de béton confiné sur la surface brut.
Pour les piles avec une section rectangulaire, l’écartement vertical des cerces où des ligatures ne doit pas être
inférieur à :
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
1
La distance horizontale entre les montants des cerces ou ligatures supplémentaires ne doit pas dépasser bmin
3
et 350mm, mais ne doit pas être inférieure à 200 mm. On trouve les mêmes dispositions pour les sections
circulaires.
Autres règles
En raison de la perte potentielle de béton de recouvrement dans la zone des rotules plastiques, l’ancrage des
armatures de confinement doit être assuré dans le noyau de béton. Dans les zones où sont localisées les rotules
plastiques, les recouvrements des armatures longitudinales, ne sont pas permis.
Réglementation Néo-zélandaise
Armatures longitudinales
Pour le ratio d’armatures longitudinales les limites inférieure et supérieure sont données ainsi que l’écartement
horizontal maximum des barres longitudinales dans la zone plastique potentielle. Les dispositions pour l’ancrage
et la longueur de développement sont bien expliquées pour les cas des barres en tension et compression. Les
épissures des barres longitudinales, sont recommandées quelle que soit la zone.
Armatures transversales
Dans la zone où sont localisées les rotules plastiques, l’espacement vertical des armatures transversales ne doit
pas être inférieur à :
• 6 fois le diamètre de la barre longitudinal
1
• de la dimension plus petite de la section de la pile
4
Quant à l’écartement horizontal des armatures transversales on trouve aussi des dispositions très détaillées dans
le but de prévenir le flambement des armatures longitudinales, de confiner le béton comprimé et d’être efficace
comme armatures d’efforts tranchants.
Confinement du béton
Dans la zone où sont localisées les rotules plastiques il faut prévoir d’une quantité suffisante d’armatures
transversales de confinement et l’équation pour la calculer est donnée dans ces règles. Cette disposition a été
déterminée par l’analyse cyclique du moment- courbure.
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Réglementation Française
Armatures longitudinales
Le pourcentage géométrique des barres longitudinales doit respecter la condition de non fragilité en flexion
composée sans descendre au-dessous de 0,5%. L’espacement des barres longitudinales ne doit pas excéder
250 mm.
Zones critiques
La zone critique de longueur lc concerne les extrémités encastrées du fut. La valeur de lc est la plus grande
des deux dimensions :
• l c = λh où λ = (2 + l / h ) / 3 , avec l longueur de l’élément, h la hauteur de la section transversale
• la longueur sur laquelle le moment est compris entre 0,8 Mmax et Mmax
Armatures transversales
a) En section courante, la double condition à satisfaire est :
• Diamètre minimal : φt≥ 10mm
• Espacement maximal : Min (12 φl ,b, 200 mm), où b est le petit côté du rectangle circonscrit
b) En section critique (q>1), ces conditions deviennent :
• Diamètre minimal : φt≥ 10mm
• Espacement maximal : Min (8 φl , 0,5b, 200 mm)
En tout état de cause, la pourcentage de ces armatures ne doit pas descendre au-dessous de 0,5% par
direction.
Pour les fûts circulaires, l’emploi de spire hélicoïdale est interdit. L’emploi d’un chemisage métallique
extérieur pour le bon confinement du béton est recommandé.
Réglementation Italienne
Idem EC8
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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
Dans le présent paragraphe, on compare le ferraillage d‘une pile en béton armé d’un pont
autoroutier soumis à une excitation sismique, en utilisant les règlements néo – zélandais, japonais
et européen.
Cet exemple est extrait de [« Comparative performances of seismic design codes for concrete
structures »]
Pour rendre cette comparaison plus souple il a été adopté les suivantes hypothèses :
Zone hors
0,44
EC8 2,20 RP 2
Zone RP 0,88
On voit dans cet exemple des différences entre les ratios de ferraillage fonction des règlements utilisés.
La différence importante entre les valeurs des ratios d’armatures transversales japonaise et
européenne est liée à l’utilisation ou non de la méthode de dimensionnement en capacité.
Le règlement japonais n’envisage pas l’utilisation de la méthode de dimensionnement en capacité.
En revanche l’Eurocode, qui prévoit la formation de rotules plastiques, exige dans les zones critiques,
une multiplication de l’effort tranchant par un coefficient de sur-résistance γ0. En effet, il faut garantir
la plastification des aciers de la rotule avant rupture par effort tranchant. Ainsi, hors zone zones
critiques, les ratios d’armatures transversales sont équivalents (compris entre 0,38 et 0,44). En
revanche, dans les zones de rotule plastique, on retrouve un rapport de l’ordre de γ 0 = 0 ,7 + 0 ,2q avec
un coefficient de comportement q=3,5 qui par ailleurs permet de diminuer les ratios d’armatures
longitudinales.
On voit ici l’importance énoncée plus tôt de considérer un règlement comme un tout cohérent, le ratio
de ferraillage étant indissociable de la philosophie générale de conception et des niveaux sismiques de
la zone considérée.
Phase a : Recherche bibliographique et Analyse des guides et des règlements disponibles dans d’autres pays - 28 -
Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc
2.6 Conclusions
Le présent chapitre contient une étude comparative des principaux règlements et normes
parasismiques internationaux : USA, Californie, Japon, Nouvelle-Zélande, Inde, Italie, Espagne,
Eurocode, et bien sûr le règlement français actuellement utilisé au Maroc.
Une analyse critique de ces règlements permet d’appréhender les principales différences entre ceux-ci,
notamment en ce qui concerne les philosophies propres à la conception parasismique, les niveaux de
sismicité dimensionnant ou l’utilisation des coefficients de comportement.
Les limites de cette comparaison sont atteintes dès lors que l’on garde en tête que ces règlements ou
normes doivent être considérés comme un tout cohérent, adapté à un niveau de sismicité et à des
habitudes régionales (ou nationales).
Le Maroc est situé près de la zone de contact des plaques lithosphérique africaine et eurasienne. Sa
sismicité est en général modérée et l’ampleur de ses événements telluriques est proche de celle que
l’on trouve dans les régions européennes ; en revanche le Japon et la Californie sont soumis à des
secousses beaucoup plus sévères.
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