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Phase A Ind C

Le document présente un guide de conception parasismique pour les ponts au Maroc, visant à améliorer la sécurité des infrastructures face aux séismes. Il inclut une analyse des règlements internationaux, une classification des ouvrages d'art et des recommandations de conception basées sur des données sismiques modernes. Ce guide est le résultat d'une recherche bibliographique approfondie et d'une collaboration avec des ingénieurs experts en conception parasismique.

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Le document présente un guide de conception parasismique pour les ponts au Maroc, visant à améliorer la sécurité des infrastructures face aux séismes. Il inclut une analyse des règlements internationaux, une classification des ouvrages d'art et des recommandations de conception basées sur des données sismiques modernes. Ce guide est le résultat d'une recherche bibliographique approfondie et d'une collaboration avec des ingénieurs experts en conception parasismique.

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MISSION 2 : ELABORATION D’UN GUIDE DE

CONCEPTION PARASISMIQUE DES PONTS

setec tpi

Maître d’Ouvrage

Ministère de
l’Equipement et
des Transports Phase a : Recherche
Direction des
Routes et de la bibliographique et Analyse
circulation routiere maroc
setec
des guides et des
Maître d’Oeuvre
règlements disponibles
setec tpi
Tour Gamma D dans d’autres pays
58, quai de la Rapée
75583 Paris cedex 12
Tél : 01.40.04.6289
Télécopie : 01.40.04.8995
E-mail tpi@[Link]

Maroc Setec
7, Rue Jabir Ibn Hayane-Agdal Rapport définitif
10000 RABAT
MAROC
Tél : 212.3777.78.20
Télécopie : 212.3777.48.41
E-mail : ma-setec@[Link] Date :

13.11.2007
Référence : Indices :
Société : Affaire Emet. : Type : Phase : Numéro : Dif. : Rev. :

003 21535 S T GUI 0002 1 C


P. Mugnier M. Kahan
1 C 13.11.2007 A. Roani Reprises suite aux remarques du comité de suivi.
G. Viel J. Ryckaert
1 B 05.10.2007 A. Roani G. Viel J. Ryckaert Reprises suite aux remarques du comité de suivi.
1 A 04.07.2007 A. Roani G. Viel J. Ryckaert Première émission
Dif. Rev. Date Auteur Vérificateur Approbateur Modification

Référence : Indices :
Société : Affaire Emet. : Type : Phase : Numéro : Dif. : Rev. :

003 21535 S T GUI 0002 1 C


Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

1. Introduction finalité du guide


Le Maroc est une zone sujette à des phénomènes sismiques non négligeables. La conception des
ouvrages d’art en zone sismique, qu’ils soient routiers ou ferroviaires, nécessite une compréhension
précise des données de base, des effets du séisme, et de la réponse des structures. Ce guide répond à
un double objectif :

Redéfinir un zonage sismique moderne du Maroc en s’appuyant sur les données et les
méthodologies les plus récentes

Offrir l’usage aux concepteurs d’ouvrages d’art d’un guide de conception parasismique
appliqué et concret, basé sur une analyse des règlements internationaux modernes, les bases
théoriques du calcul sismique et l’expérience d’ingénieurs en conception parasismique

Le but est donc ici de rappeler les principales lignes guides pour la bonne conception parasismique
des ouvrages d’art. Pour l’étude dynamique des ouvrages et dimensionnement des structures,
l’ingénieur doit s’assurer une marge de résistance adéquate pour éviter les modes de ruine fragile et
une marge de déformation adéquate pour éviter les modes de rupture ductile.

Ce guide est principalement basé sur une recherche bibliographique internationale, une étude des
différents règlements parasismiques internationaux (Etats-Unis, Europe, Japon, Nouvelle Zélande…)
et sur le retour d’expérience d’ingénieurs experts ayant réalisé la conception d’ouvrages d’art situés en
zone sismique.

Le chapitre 1 est une introduction qui rappelle les problématiques principales qu’il est nécessaire
d’aborder avant de parler de conception parasismique. Ce chapitre présente les principes du calcul
sismique et sa philosophie générale.

Dans le chapitre 2 on effectue une analyse comparative des règlements parasismiques internationaux
qui ont été retenus comme les références de base de la recherche bibliographique sur laquelle ce guide
est fondé.

Le chapitre 3 présente un principe de classification des ouvrages d’art du royaume du Maroc vis-à-vis du séisme.
Ce principe définit les critères de classification, dont les facteurs socio-économiques, la particularité des différents
réseaux, la destination des ouvrages, les notions de risque toléré et de niveau de sécurité souhaité.

Le chapitre 4 concerne l’ensemble de règles de conception : les recommandations pour la conception des différents
éléments des ouvrages et parties d’ouvrages sous séisme ainsi que les règles relatives aux équipements et aux
dispositifs parasismiques.

Dans le chapitre 5 sont exposées les données nécessaires pour la détermination de l’action sismique. En
particulier on trouve les valeurs des accélérations nominales à adopter, qui sont le résultat d’une étude qui
traduit un compromis entre l’aléa sismique et le surcoût économique des mesures de protection, ainsi que les
autres paramètres nécessaires pour les différentes étapes du calcul (classification du sol, classes de ductilité,
spectres réglementaires).

Le chapitre 6 montre la méthodologie de calcul sismique des ouvrages d’art : les hypothèses de calcul, la
modélisation des différents éléments, les méthodes d’analyse.

Le chapitre 7 traite des effets qui peuvent être engendrés par le contenu fréquentiel d’un séisme. On considérera
deux type d’effets : de site (géométrie et géologie) et induit (liquéfaction, thixotropie, glissement du terrain).

Le chapitre 8 est une application des règles de conceptions explicitées dans les chapitres précédents. Les exemples
de calcul intègrent l’ensemble des aspects et des phénomènes relevant du calcul sismique.

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

En annexe on trouve un rappel de dynamique des structures, qui est à la base du calcul sismique, et deux
glossaires qui explicitent la terminologie technique afin de clarifier les sujets abordés dans les différents
chapitres.

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

1.1 Généralités sur les problèmes sismiques


1.1.1 Mesure et caractérisation
Un séisme est dû à la brutale libération d’une très faible partie de l’énergie mécano thermique du
centre de la terre, noyau visqueux
recouvert d’une croûte solide d’une
trentaine de km d’épaisseur moyenne.
Cette croûte est divisée en plaques qui,
le long des failles qui les séparent
s’affrontent progressivement jusqu’à
rupture, en glissant ou plongeant
mutuellement parfois de façon
saccadée. Une partie de l’énergie alors
libérée est émise, à partir du « foyer »
sous forme « d’ondes de volume », de
compression, les plus rapides3, et de
cisaillement, qui parviennent à la
surface de la terre engendrant des
« ondes de surface ».
Figure 1 Ondes de volume

Ces ondes de surface, dites de Rayleigh et de Love, se propagent parallèlement à la surface du sol, ne
se dispersant ainsi que dans deux directions. Elles deviennent de plus en plus prépondérantes à
mesure qu’on s’éloigne de l’épicentre, par rapport aux ondes de volume (qui se dispersent dans les
trois directions).

Soit un sol élastique, de module (dynamique) d’élasticité E, de coefficient de Poisson ν, et de masse volumique
3

ρ. Son module de distorsion vaut donc :


G=E/2(1+ ν)

Les célérités (ou vitesses de propagation) des ondes sont définies de la manière suivante:

VS= (G/ ρ)1/2 ondes de cisaillement

VP= VS [(1- ν) / (0,5−ν)]1/2 ondes de compression

VP≥2 VS

La célérité des ondes de Rayleigh est un peu inférieure à VS

Figure 2 Vitesse des ondes sismiques dans l’intérieur du globe


terrestre

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

C’est l’enchevêtrement complexe de toutes ces ondes, encore compliqué par les réflexions et
réfractions qui les affectent à chaque discontinuité du sol que recueillent globalement nos
enregistreurs de surface sous la forme d’ « accélérogrammes » reproduisant les trois composantes
(deux horizontales et la troisième verticale) de l’accélération du sol.
Par double intégration on peut obtenir la vitesse et le déplacement du sol. Les accélérogrammes réels
peuvent avoir des formes très diverses, de durée, d’amplitude et de contenu fréquentiel.

Figure 2 Accélérogramme du séisme dans le ouest de l’Iran, du 31/3/2006, de magnitude 5,7

Dans la grande majorité des cas, le dimensionnement parasismique ne se fait pas sur la base des
accélérogrammes complets (utilisés principalement en cas d’analyse dynamique non linéaire), mais à
partir des valeurs maximales temporelles et des « caractérisations spectrales », censées être
représentatives de leur nocivité pour les structures.

La valeur maximale de l’accélération (indiquée avec le sigle PGA, acronyme de « peak ground
acceleration ») est la quantité la plus directe et simple, immédiatement accessible mais il est
évident que cette valeur est très réductrice (elle ne donne, par exemple, aucune information
sur la durée de la sollicitation). On peut considérer sinon les valeurs maximales de la vitesse
(PGV) et du déplacement (PGD). Leur estimation est moins directe que celle du PGA, mais il
convient de noter que la connaissance des trois valeurs donne un bon aperçu du niveau et du
contenu fréquentiel d’un accélérogramme donné.

Les caractérisations spectrales donnent des informations plus riches que les valeurs
maximales temporelles. On parle de spectres de réponse, utilises par les ingénieurs de génie
civil, ou de spectres de Fourier, préférés par les sismologues4.

1.1.2 Données quantifiant le mouvement sismique


La quantification de la taille des séismes a évolué, depuis des analyses au départ fondées uniquement
sur l’observation des dommages (intensité macrosismique), jusqu’à des mesures instrumentales
quantifiant l’énergie libérée à la source (magnitude).

4 D’autres caractérisations spectrales et grandeurs représentatives sont utilisées en ingénierie sismique. L’intensité

spectrale (SI), l’accélération quadratique moyenne (arms), l’intensité d’Arias (IA), ont une plus grande signification
physique que les valeurs pics (PGA, pgv, pgd), mais sont en même temps plus simples que les représentations
spectrales. On renvoie à des textes spécialisés sur la sismologie pour une explication approfondie.

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

[Link] Intensité
L’intensité I, ressentie en un point, représente l’incidence d’un séisme sur l’environnement, les
constructions, et l’homme (réveil, chute d’objets, fissures…). On parle alors d’effets macrosismiques.
Elle résulte de l’ampleur du séisme lui-même, mais aussi de la vulnérabilité des ouvrages. Elle décroît
généralement lorsqu’on s’éloigne de l’épicentre du séisme mais varie aussi selon la structure
géologique.
Les premières échelles de dommage ont été élaborées fin XIXème, début XXème siècle, après quelques
séismes particulièrement destructeurs en Italie, Californie et au Japon. Elles ont évolué dans le temps,
et les trois principales qui sont encore utilisées aujourd’hui sont les suivantes :

1. L’échelle EMS (European Macroseismic Scale), adaptation de l’échelle MSK aux constructions
modernes, utilisée principalement en Europe.
2. L’échelle MMI (Mercalli Modifiée), utilisée aux Etats-Unis, et plus généralement sur le continent
américain.
3. L’échelle JMA (Japan Meteorological Agency) utilisée au Japon.

Sur les échelles à douze degrés, on ne ressent vraiment le séisme qu’à partir du degré IV ; les
constructions subissent des dommages notables à partir du degré VII.

Figure 3 Comparaison entre différentes échelles d’intensité : Mercalli Modifiée (MMI), Rossi Forel (RF) ,
Japanese meteorological Agency (JMA) et Medvedev–Spoonheuer–Karnik (MSK)

Ces échelles sont la seule façon de caractériser la taille des événements historiques et, malgré leur
caractère rudimentaire, elles sont utilisées pour caractériser les effets, particulièrement dans la région
épicentrale.

[Link] Magnitude
La magnitude M est une valeur intrinsèque du séisme, fondée sur l’amplitude des vibrations
enregistrées par les sismographes. Comme cette amplitude dépend de la distance source/station
d’enregistrement et des caractéristiques du capteur, des facteurs correctifs ont du être introduits pour
« normaliser » la mesure : la magnitude de Richter, ou magnitude locale ML est le logarithme de
l’amplitude des vibrations maximales enregistrées à une distance de 100 km par un sismographe de
type « Wood Anderson ».
Il existe plusieurs échelles de magnitude qui mesurent l’énergie dans différentes bandes de
fréquences, se basant toutes sur une définition similaire à celle déjà énoncée.

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

La magnitude n'est pas une échelle en degré mais une fonction continue, qui peut être négative ou
positive et, en principe n'a pas de limites. En réalité, sa valeur minimale est liée à la sensibilité du
sismographe et sa valeur maximale est liée à la résistance de la lithosphère aux forces tectoniques et à
la longueur maximum de la faille susceptible de se fracturer d'un seul coup. Les séismes de magnitude
supérieure à 9 sont très rares et la magnitude 10
semble être une limite raisonnable compte tenu de la
solidité des roches et de la fragmentation des failles.
La magnitude n’est pas à elle seule indicative des
dégâts, qui dépendent également de la distance au
foyer des biens exposés. Un séisme modéré (M<6)
survenant à faible profondeur juste sous une ville peut
faire beaucoup plus de dégâts qu’un autre de
magnitude 7,5-8 à 70km de profondeur. Ce fut le cas
par exemple à Agadir (Maroc, 1960), où se produisit
un séisme de magnitude 5,8 (15000 victimes).

Figure 4 Agadir 1960

[Link] Moment sismique


5
Une quantité fondamentale décrivant la taille du séisme, et donc son énergie , est le moment sismique
M0 défini par la relation :
M 0 = µ ⋅ S ⋅ D0

Où µ est la rigidité en cisaillement de la croûte terrestre au niveau de la faille, S la surface de la zone


de rupture et D0 le glissement moyen. Cette quantité contrôle le niveau basse fréquence des ondes
émises et est exprimée en N.m.

1.2 Principes de calcul sismique


1.2.1 Modélisation
Le calcul sismique a pour objectif la détermination de la réponse d’un ouvrage à un mouvement
tellurique sollicitant ses fondations. Ce calcul, qui relève du domaine de la dynamique des structures6,
nécessite toujours initialement la création d’un modèle de l’ouvrage d’art.
L’analyse dynamique en champ linéaire peut être ramenée à celle d’une console dotée d’une masse
propre µ plus une masse concentrée au sommet m correspondant au tablier. Dans ce cas, il est
possible de calculer de manière simple et suffisamment précise la réponse élastique de la pile à la
sollicitation sismique. L’ouvrage est donc assimilé à un oscillateur simple constitué d’un ressort de
masse et de raideur fictives, m* et K*, opportunément choisies. Connaissant ces deux valeurs, on peut
calculer la période propre de vibration de la structure :
2π m*
T= = 2π
ω k*

5
L'énergie relâchée lors du séisme correspondant au travail des contraintes de cisaillement. Elle peut être
approchée par le travail de la contrainte moyenne E=S.[(σ0+σ1)/2].D0. On peut donc écrire E= M0[(σ0+σ1)/2µ] :
comme, en profondeur, la rigidité de cisaillement µ et la contrainte moyenne (σ0+σ1)/2 sont assez peu variables,
on voit que le moment sismique est un bon indicateur de l’énergie totale relâchée.

6 On renvoie à l’annexe A pour un rappel un peu plus détaillé sur ce sujet

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

k*
où ω = est la pulsation propre .
m*
Dans la réalité on remarque que le mouvement d'un oscillateur simple en oscillation libre est
caractérisé par une amplitude qui va en se réduisant progressivement, causée par une dissipation
d'énergie. Le phénomène dissipatif est schématisé en considérant les actions visqueuses,
proportionnelles à la variation de position dans le temps, ou bien à la vitesse.
Le coefficient de proportionnalité c est dit coefficient d'amortissement visqueux.

c
ξ=
2 km

Où le paramètre ξ représente le taux d'amortissement critique et est exprimé en pourcentage.


L’équation d’équilibre pour l’oscillateur à 1 degré de
liberté prend la forme suivante :

&& + 2ξωu& + ω 2 u = − y&&(t )


u
Où :

&y&(t ) est l’excitation sismique à laquelle le


système est soumis (une accélération en fonction
du temps),
u est le mouvement relatif de la masse dans le
référentiel lié au sol se déplaçant sous l’effet du
séisme.
Figure 5 Modélisation :(a) Pile réelle de raideur K
(b) Pile idéale de raideur K*

L'équation d'équilibre est obtenue en identifiant les forces s'exerçant sur la masse : la force de rappel
élastique, la force de l’amortisseur et la force d’inertie.

Une solution exacte de la déformation du pont, c’est-à-


dire le mouvement relatif de la masse dans le référentiel
lié au sol se déplaçant sous l’effet du séisme, est connue
sous la forme d’une intégrale prenant en compte les
caractéristiques du système7. De toute façon, un
ingénieur s’intéresse essentiellement à la réponse
maximale et cette déformation, qui dépend de sa
fréquence propre, est déterminée par les spectres de
réponse.

Figure 6 La masse m repose sur un support soumis à une accélération fonction du temps (excitation sismique), et
est reliée à son support par un élément développant une force fonction du déplacement et de la vitesse relatifs de
la masse par rapport à celui ci. On considère que cette liaison est de type viscoélastique linéaire et s'écrit :
F = ku + cu& où u est le déplacement de la masse dans un référentiel lié au support.

7
L’expression de u (t ) est obtenue classiquement avec l’intégrale de Duhamel :

∫ y&&(τ ) exp[− ξω (t − τ )]sin[ω


t
u(t ) = −
1
(t − τ )]dτ
ω1
1
0

où ω 1 = ω 1 − ξ 2 est appelée pulsation propre amortie ; mais on peut également l’obtenir simplement par
passage dans le domaine de Fourier.

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1.2.2 Spectre de réponse élastique


Le concept du spectre de réponse a été introduit en 1932 par A. Biot comme moyen pratique pour
caractériser les mouvements du sol et leurs effets sur les structures. On peut le définir comme une
courbe qui donne en fonction de la fréquence, l’amplitude maximale du déplacement, de la vitesse ou
de l’accélération d’une série d’oscillateurs simples de fréquences propres différentes, soumis à un
mouvement sismique donné.
Le graphique de la figure 7, construit en rapportant en abscisse la période propre de l'oscillateur et en
ordonnée la pseudo-accélération maximale Sa (T)8 , montre un exemple de spectre de réponse en
terme d’accélération. On peut y introduire plusieurs courbes, chacune correspondant à une valeur
d’amortissement (voir figure 8).
Les principales réglementations
parasismiques actuellement en
vigueur dans le monde prescrivent
d'évaluer la plus grande action
d'inertie en multipliant la masse m
par la valeur lue dans le spectre de
réponse correspondant à la période
propre de la structure. Le spectre de
réponse élastique en terme
d'accélération part toujours, pour
T=0, d'une valeur qui est à la plus
grande accélération du sol ag (PGA).

Figure 7 Spectre de réponse en terme d’accélération

En effet pour T=0 le système est infiniment rigide, et le mouvement relatif de la masse par rapport au
sol est rigoureusement nul; par conséquent la plus grande accélération absolue du système coïncide
avec celle du sol, et est indépendante de la valeur d’amortissement.

L’allure typique du spectre présente une


première partie « en cloche », qui
correspond à une forte amplification de
l’accélération par rapport à celle du sol. Il
1% s’agit du phénomène mécanique de
résonance, qui se produit lorsque la
période de la sollicitation est proche de
celle du système structurel.
A la fin de la partie « en cloche » le spectre
10% décroît, jusqu'à tendre vers des valeurs
presque nulles de l'accélération pour des
20%
systèmes à période propre très élevée. Ceci
signifie que les systèmes dynamiquement
très déformables isolent la masse des
mouvements du sol.
Figure 8 Spectres de réponse en termes d'accélération pour
différentes valeurs d’amortissement (1%, 10%, 20%)

8 La pseudo-accélération est peu différente en valeur absolue de l’accélération absolue de la masse ; la différence

provient des forces d’amortissement. En fait en réécrivant l’équation d’équilibre de la façon suivante :
(u&& + &y&) = ω 2 u + 2ξωu&
On reconnaît l’accélération absolue (u
&& + y&&) de la masse et sa pseudo-accélération ω 2 u . Ces deux grandeurs ne
sont égales, et de signe opposé, que lorsque le pourcentage d’amortissement critique est nul.

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L'amortissement a une importance sur les accélérations induites; en effet à une structure qui possède
une grande capacité d'amortissement correspond une plus grande dissipation d'énergie avec une
importante atténuation des effets sismiques (voir figure 5).
Les spectres de réponse élastique sont également construits selon les déplacements9, dans lesquels on
trouve le déplacement relatif maximal en fonction de la période. Pour T=0 on trouve une valeur nul :
pour les systèmes infiniment rigides on a des déplacements relatifs nuls.

On remarque en outre que pour des grandes périodes le déplacement maximal tend à rester constant,
la masse reste pratiquement immobile et a donc un déplacement absolu nul par rapport au sol
considéré ; son déplacement relatif correspond au déplacement absolu du terrain.

La forme des spectres de réponse correspondants aux mouvements sismiques est très irrégulière et
leur utilisation en l’état peut entraîner une
variation très importante de la lecture
spectrale : il faut donc procéder au lissage du
spectre de telle sorte que les diverses régions
du spectre soient ramenées à des segments de
droite.
Lorsqu’il s’agit de déterminer le spectre de
réponse à prendre en compte pour le calcul des
ouvrages en un site donné, on ne peut pas se
contenter d’un seul accélérogramme, même si
par chance il a été enregistré au voisinage du
site

Figure 9 Spectre de réponse en déplacement

Il convient donc de déterminer un spectre de projet qui sera l’enveloppe d’un ensemble de spectres
correspondants à des
accélérogrammes convenablement
enregistrés dans des sites
comparables au site étudié. En
outre il faut les normaliser pour
qu’ils aient tous la même valeur
d’accélération maximale puisque les
accélérogrammes utilisés résultent
de séismes d’importances
différentes et les spectres de
réponse que l’on déduit ne sont pas
directement comparables. Ces
études conduisent à l’établissement
de spectres normalisés qui ont la
forme suivante :

Figure 10 Lissage du spectre


On note quatre niveaux de période :

I. L’accélération maximale croît avec la période (0 < T < TB),


II. L’accélération maximale est moyennement constante (TB < T < TC),

9
On rappelle les relations qui lient les spectres de réponse en vitesse Sv et en déplacement Sd au spectre
de réponse en accélération Sa
Sv = Sa /ω
Sd = Sa /ω 2

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III. La vitesse maximale reste constante, pendant que l’accélération est inversement
proportionnelle à la période (TC< T < TD),
IV. Le déplacement maximal reste constant et la pseudo-accélération est inversement
proportionnelle au carré de la période.
En fonction de la stratigraphie du terrain,
on a différents spectres de réponse. Dans
beaucoup de règlements parasismiques
actuellement en vigueur, le paramètre
mécanique qui caractérise principalement
le type de sol est la vitesse des ondes de
cisaillement (dans une épaisseur de 30 m
de profondeur au dessous de la face
inférieure des fondations), Vs30, valeur liée
à la cohésion du sol. On fait
alternativement référence à la résistance
donnée par le pénétromètre statique et au
nombre de coups de l’essai SPT.

Figure 11 Modèle de spectre de réponse en terme d’accélération

Un facteur qui entre dans les expressions pour le calcul de l'action sismique est la valeur de
l'accélération nominale, caractéristique de la zone, le territoire étant subdivisé en un certain nombre de
zones sur la base de l’intensité sismique maximale prévue.
En conclusion on peut dire que les spectres élastiques normalisés constituent seulement un moyen de
couvrir de façon rationnelle l’ensemble des éventualités défavorables dans lesquelles peut se trouver
placée une structure.

1.3 La philosophie générale de la conception parasismique des ponts


Effectuer un calcul sismique consiste à donner, sous couvert de l’ensemble des règles de construction,
une protection aux structures considérées contre les séismes, en les rendant capables de résister à leurs
effets les plus destructeurs. La conception parasismique ne se limite pas au seul dimensionnement,
mais met en jeu de nombreux
facteurs comme la rigidité, la
capacité de stockage ou de
dissipation d’énergie.
Son but est en premier lieu d’éviter
les pertes humaines mais aussi
d’éviter une catastrophe que des
dégâts incontrôlés risqueraient de
provoquer, en maintenant la
stabilité, l’intégrité et la
fonctionnalité des ouvrages et
d’installations sensibles, stratégiques
ou potentiellement dangereuses.

Figure 12 1995 Hyogoken-Nanbu (Kobe, Hanshin-Awaji) Earthquake, Japan

Dans tous les cas, la meilleure façon d’envisager la conception parasismique des constructions consiste
à formuler des critères à la fois économiquement justifiés et techniquement cohérents.

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La philosophie qui inspire la réglementation de nombreux pays est de définir plusieurs types de
tremblements de terre en diversifiant par rapport à ceux-ci le niveau de sûreté pour les ouvrages. On a
ainsi un séisme « fréquent », dont la probabilité d’occurrence pendant la durée de vie du pont est
importante et donc d’intensité relativement contenue (on peut penser à des évènements ayant une
période de retour d’environ 50 ans). Dans ce cas le pont doit rester parfaitement intègre, c’est-à-dire
que son comportement doit être parfaitement élastique. Ensuite vient le tremblement de terre
« violent », beaucoup plus fort que le précédent et donc plus rare; en termes de période de retour on
peut prendre environ 300-500 ans, et donc les probabilités que le pont doive le subir sont très faibles.
Les règlements parasismiques actuellement en vigueur dans les différentes régions sismiques du
monde (on peut citer par exemple ceux
des pays suivants : Etats-Unis, Japon,
Nouvelle-Zélande, Europe) proposent
généralement de choisir entre deux
comportements sous l’effet de l’action
sismique.
Le premier type de comportement, dit
élastique, particulièrement adapté dans
les zones de faible sismicité, permet de
dimensionner la structure de telle
manière que les matériaux qui la
constituent restent dans le domaine
élastique linéaire sous sollicitations
sismiques.
Figure 13 1995 Hyogoken-Nanbu (Kobe, Hanshin-Awaji)
Earthquake, Japan

Le deuxième type de comportement, dit ductile, conduit à dimensionner la structure de telle sorte que
les matériaux qui la constituent subissent des incursions répétées dans leur domaine non linéaire au
cours d’un séisme de référence. On engendre donc une dissipation importante d’énergie sismique qui
permet une réduction des efforts mis en jeu, mais également des déplacements plastiques
irréversibles, qui endommagent la structure.

1.3.1 Méthode de dimensionnement élastique


Un comportement est dit élastique lorsque la déformation subie est réversible, c'est à dire que le retour
à la position zéro, lorsque la sollicitation cesse, s'effectue en suivant le même chemin. La déformation
élastique intervient pour les faibles sollicitations, c’est-à-dire lorsque les contraintes restent inférieures
à la limite élastique.
Le calcul élastique se décompose en plusieurs points : on définit tout d’abord la masse de la structure
et les raideurs de ses appuis, on évalue ensuite la période propre de l’ouvrage, l’amortissement de la
structure, les forces statiques équivalentes grâce au spectre de réponse, et enfin on détermine les
sollicitations élastiques.
Mais la méthode de dimensionnement élastique présente les défauts suivants:
Pour des zones de sismicité modérée à forte, le choix de ce type de comportement peut
conduire à un surdimensionnement des ouvrages, en regard des exigences requises.
Dans le cas des structures en béton armé, les résultats sont généralement faussés car le
comportement non linéaire du béton (en particulier la fissuration) n’est pas pris en
compte (calculs réalisés en section brute).

1.3.2 La méthode de dimensionnement inélastique


Le problème qui se pose en génie parasismique est qu’il n’est pas réaliste de considérer que le
comportement des structures reste dans le domaine linéaire élastique pour des séismes de forte

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

intensité : il faut donc déterminer le niveau de déformation qui correspond à la réalité (comportement
non linéaire).
L’hypothèse retenue par les règlements parasismiques actuellement en vigueur dans les différentes
régions sismiques du monde est d’admettre que les déformations avec comportement non linéaire
sont égaux à ceux que l’on obtient sur un modèle linéaire élastique.
Cette option est vérifiée pour des oscillateurs simples de loi
élastique parfaitement plastique à condition que la période des
F oscillations élastiques soit supérieure à la période dominante
du signal sismique. Les efforts dans le modèle élastoplastique
Fel sont donc égaux aux efforts dans le modèle élastique divisés
par le coefficient de ductilité µ.

Fep

Figure 14 Iso déplacements


del dmax d

[Link] Ductilité de la structure


Dans le diagramme chargement-déformation relatif à une structure idéale à comportement
élastoplastique on définit la réserve de ductilité de la structure µ u de la manière suivante :

µu = ∆ u /∆ e

Où ∆ u est le déplacement ultime à rupture et ∆ e le


déplacement maximal en phase élastique.

Figure 15 (a) element "fragile" (b) element "ductile"

La ductilité demandée est définie par : µs = ∆ s /∆ e

Où ∆ s est le déplacement associé à la contrainte maximale en phase plastique.

Le rapport entre les deux ductilités indique combien la structure est proche de la ruine et constitue
donc une marge de sécurité.
En renvoyant à la littérature spécialisée pour une explication approfondie, on énonce seulement les
facteurs principaux qui influencent la ductilité dans une pile en béton armé :
La présence d’efforts normaux rend les sections fragiles au flambement notamment donc
il faut éviter de comprimer fortement les sections. Dans tout les cas il faut disposer des
cadres, ou cerces, avec un faible espacement pour confiner efficacement les armatures
longitudinales et leur éviter de flamber (cf. fig. 16).
Les ruptures causées par l’effort tranchant sont toujours de type fragile. Il faut donc
disposer des armatures transversales pour empêcher qu’une rupture fragile puisse
stopper prématurément la déformation plastique de la structure.
Dans le cas de sections soumises à une flexion composée, ce qui est le cas des piles, il faut
éviter les sections excessivement armées longitudinalement. Si on arrive à la rupture par

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écrasement du béton avant la plastification de l'acier, on n’exploite pas la ductilité de ce


dernier.
La présence d'armatures en compression augmente la ductilité des sections et donc il faut
en prévoir. Ce critère est presque toujours satisfait dans les piles des ponts qui en général
doivent avoir des armatures symétriques puisque les forces horizontales peuvent agir
dans n’importe quelle direction.

Figure 16 Éclatement du béton superficiel d'une


pile de pont et flambement des aciers. 1995
Hyogoken-Nanbu (Kobe, Hanshin-Awaji)
Earthquake, Japan

[Link] Coefficient de comportement et spectre de calcul


Dans un calcul sismique non élastique, on travaille sur le modèle élastique et on divise les résultats
obtenus en terme de force par un coefficient q diviseur dit «de comportement» ; ce coefficient, unique
pour l’ensemble de l’ouvrage et fixé par les règlements, exprime la quantification du caractère
dissipatif de la structure et dépend de sa géométrie (sa régularité) et du matériau constitutif.
En ce qui concerne les ouvrages à risque élevé, l’exigence de rester dans le domaine élastique, impose
un coefficient de comportement de q = 1 , tandis que dans la plupart des ouvrages à risque normal on
a des valeurs du coefficient de comportement q > 1 , qui ne peuvent être utilisées qu’associées à un
spectre de dimensionnement ou « spectre de calcul ». Ce spectre est obtenu en diminuant les
ordonnées du spectre élastique en fonction de la ductilité10.

[Link] La méthode de dimensionnement en capacité


Pour des raisons économiques il est admis que les structures puisent subir des déformations dans le
domaine post-élastique entraînant des détériorations et que certains équipements de l’ouvrage
puissent être endommagés; dans tous les cas ils doivent rester fonctionnels. Cette condition peut être
obtenue en choisissant une des deux conceptions suivantes :
Mise en œuvre de dispositifs antisismiques qui, dans le cas de séisme violents, altèrent la réponse
de la structure ou l’isolent à la base.
Application du principe de ductilité, à savoir la capacité d’une structure à se déformer de façon
inélastique sans perte significative de résistance, au cours de plusieurs cycles de déplacements.
On verra plus loin en détail ce qui concerne les dispositifs antisismiques ; le présent paragraphe
analyse le deuxième type de conception.

10 Il faut remarquer que dans les expressions qui définissent le spectre de calcul, on trouve le paramètre q et non

directement le paramètre µ (ductilité). Cela provient du fait que la réduction des forces de calcul pour des
schémas à plusieurs degrés de liberté est liée non seulement à la ductilité du matériel et des actions individuelles,
mais aussi au comportement global de la structure et donc à sa typologie. Cependant dans les expressions
l'amortissement visqueux n’apparaît pas, parce qu'on admet que dans le comportement élastoplastique du
système, son effet est négligeable.

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

Le principe de conception ductile est à la base de la méthode de dimensionnement en capacité


(« capacity design »), dont l’objectif est de faire travailler les structures dans le domaine post-élastique,
en maîtrisant la plastification de certains éléments et en prévenant la rupture fragile des autres.
Cette méthode vise à empêcher la formation de rotules plastiques ailleurs qu’aux endroits prévus et le
but recherché est obtenu en augmentant la résistance de toutes les zones hors rotules plastiques.
Les zones de positionnement des rotules plastiques, autrement dit les zones dissipatives, devront être
conçues pour utiliser pleinement leur ductilité.
Généralement on prévoit la formation des
rotules plastiques dans les fûts11 de piles, pour
des raisons d’efficacité, stabilité, économie et
fonctionnalité (accessibilité des zones
endommagées et maintenance de l’ouvrage), en
pied si celles-ci sont articulées en tête, en pied et
en tête si celles-ci sont encastrées. En revanche il
n’est ni pratique ni souhaitable de prévoir la
formation des rotules plastiques dans le tablier
qui supporte un grand nombre d’équipements et
qui nécessiteraient des réparations trop lourdes.
Par exemple il peut être préférable de ne pas
bloquer transversalement le tablier sur les culées
glissant (voir figure 18).

Figure 17 Position des rotules plastiques : dans les pieux l’apparition des rotules plastiques est bien souvent
inévitable, et des dispositions constructives particulières (renforcement des cadres ou cerces sur un certaine
longueur) doivent être adoptées pour limiter les dégâts éventuels.

1.3.3 Facteurs influençant la réponse de l’ouvrage


La détermination de la réponse (c’est à dire les sollicitations, les contraintes, les déplacements ainsi
que les déformations) d’un ouvrage à un mouvement tellurique sollicitant ses fondations, est l’objectif
du calcul sismique. Les effets de la nature du sol de fondation sur la réponse d’une structure peuvent
être résumé comme suit :
Les caractéristiques géotechniques et dynamiques des terrains superficiels peuvent
changer les caractéristiques des vibrations par rapport à la roche. Beaucoup de règles
tiennent compte de ce fait en fournissant des spectres de projet différents selon la nature
des terrains de fondation.
Si on fait une analyse dynamique approfondie en tenant compte de l’amortissement de la
structure, on voit qu’à des petits modules élastiques du terrain correspondent des
amortissements globaux plus grands. Donc pour des ouvrages importants sur des terrain
souples, il faudra prendre en compte l’interaction sol - structure.

11 Pour un même déplacement en tête une rotule située à la base subira une rotation moitié de celle d’une rotule
située à mi-hauteur et la pile sera moins proche de la ruine

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

Pendant un séisme les couches superficielles de quelques terrains peuvent perdre


complètement leur capacité portante (on parle du phénomène de la liquéfaction) et donc
devront être évitées dans les cas de fondations superficielles ou négligées dans le calcul si
on utilise des pieux.

1.3.4 Conclusion
Les tremblements de terre révèlent les faiblesses structurales et concentrent des dommages à ces
endroits. Pour les systèmes structuraux de bâtiment, les conséquences peuvent ne pas être
nécessairement désastreuses, en raison du haut degré d’hyperstaticité. En revanche les ponts n’ont pas
beaucoup de redondance dans leurs systèmes structuraux et ainsi il est plus probable que la
défaillance d’un élément ou du raccordement structural entre des éléments puisse provoquer
l’effondrement.
Tandis que la simplicité structurale des ponts devrait mener à une plus grande confiance dans la
prévision de la réponse sismique, cette simplicité la rend aussi plus sensible aux erreurs de
conception.
Toutes les considérations faites
indiquent un besoin de soin spécial
dans la conception sismique des ponts.
Le but principal de ce guide est de
développer les stratégies de conception
qui rendent la structure moins sensible
aux caractéristiques inconnues de
l’excitation sismique initiale.

Figure 19 1999 Chi -Chi (Ji -Ji)


Tremblement de terre, Taiwan

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

2 Analyse comparative des règlements existants


Dans ce chapitre on se propose d'effectuer une comparaison entre différents facteurs qui expliquent et
différentient les principales réglementations parasismiques actuellement en vigueur dans le monde.
Le choix de la documentation étudiée s'est effectué en considérant les réglementations utilisées par les
régions du globe terrestre les plus frappées par des épisodes sismiques violents, mais aussi celles des
pays plus proches de la zone magrébine.

Pays Réglementation
AASHTO Standard Specification for Highway Bridges 17th Edition-2002
Etats-Unis
Californie SDC Caltrans Seismic Design Criteria (February 2004)
EC8 Eurocode 8: design of structures for earthquake resistance Part 2: Bridges
Europe (Mars 2005)

JSCE Design Specification for Highway Bridges in Japan and Design Earthquake
Japon Motions (March 2002)

Espagne NCSE-02 Norma de construcciòn sismorresistente (Octubre2002)


Nouvelle-Zélande NZ New Zealand Code
Italie Ordinanza 3274- Disposizioni relative ai Ponti (Marzo 2003)
France Guide AFPS 92 pour la protection parasismique des ponts
Inde Criteria for earthquake resistant design of structures (Fifth revision)
Tableau 1 Règles parasismiques internationales servant de références

S’il est intéressant de comparer ponctuellement les normes et règlements sismiques de différents pays
soumis à l’alea sismique, en ce qui concerne certains nombre d’items essentiels de la conception
parasismique, il est cependant important de bien garder en tête l’esprit d’un norme ou d’un
règlement.
Ces derniers sont écrits pour être cohérents et utilisés comme un tout. Il serait dangereux d’utiliser tel
chapitre d’un règlement avec tel autre d’un autre règlement.
Cependant, nous effectuons ici, conformément au CPS, une analyse critique des règlements
permettant d’appréhender le règlement le mieux adapté aux ouvrages d’art au Maroc, pour chacun
des chapitres suivants, qui sont pour nous des items essentiels de la conception parasismique dont le
caractéristiques évoluent sensiblement d’un règlement à l’autre :

Action sismique
Classification des ouvrages
Performances requises
Ductilité et coefficient de comportement
Disposition de ferraillage

2.1 Classification
Les ponts doivent être dotés d'un niveau de protection parasismique adapté à leur utilisation. Dans ce
cadre il existe différentes catégories ou classes d'importance.

Ce classement apparaît dans le tableau 2 dans lequel on mentionne également le coefficient γ I , dit
d’importance, relatif aux conséquences d’une défaillance structurelle, qui est présent seulement dans
l’EC8, dans les règlements italien et indien. Ce dernier permet d’utiliser un coefficient supérieur à 1,5
dans des cas particuliers et en fonction de l’économie et des considérations stratégiques. Dans

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

l'AASHTO le coefficient (IC) « Importance classification », est employé en même temps que le
coefficient d'accélération pour déterminer la classe de performance (SPC) « Seismic Performance
Category » pour des ponts avec un coefficient d'accélération supérieur à 0.29.

Dans le règlement français, tous les ponts ou presque sont en classe C, avec quelques exceptions en D.
L’Eurocode 8, en adoptant seulement trois catégories est beaucoup plus clair : exceptionnel, courant et
une classe inférieur avec un coefficient de 0.7 qui peut servir pour la qualification des ouvrages
existants ou la réhabilitation de ponts pour une durée de vie limitée.

La restriction à 3 catégories est bien suffisante, et à ce titre, en comparaison avec les autres règlements
et en particulier avec le règlement français, l’Eurocode apparaît bien adapté.

2.2 Niveaux de tremblement de terre et performance sismique demandée


En cas de tremblement de terre, les codes Japonais, Californien, Européen et Italien déclarent
clairement, comme objectifs de la conception parasismique, la protection des vies humaines, la
limitation des dommages dans les structures et le risque minimum de perte de leurs fonctionnalités.
Le premier objectif de la conception parasismique du code néo-zélandais est d’assurer que les
structures puissent remplir sans risque leur fonction après un événement sismique.
Il en résulte que les qualités de la performance sismique demandée (illustrée par le tableau 3) dans les
réglementations analysées sont très semblables. En ce qui concerne AASHTO, l'approche générale est
d'analyser le modèle du pont pour un tremblement de terre qui a une faible probabilité d'être
dépassée pendant la vie utile (probabilité de 10% d'être dépassé en 50 ans, Tretour=475 ans).
Dans l'AASHTO chaque pont sera assigné à une de ces quatre « seismic performance category » (SPC)
qui commandent le degré de complexité des conditions d'analyse et de conception, et qui dépendent
des facteurs (A) et (IC).
En Californie on trouve quatre niveaux de performance, mais la sismicité est forte, et pour des raisons
économiques il faut permettre une échelle plus graduée des dommages.
La norme française demande une garantie de non effondrement sous action violente (pas de risque de
rupture brutale). Cela garantie par simple conséquence une tenue en service sous séisme moins
intense.
L’Eurocode demande deux niveaux de performance : non effondrement (1) et minimisation des
dommages ELS (2). Les deux niveaux se basent selon l’Eurocode sur le même spectre, mais sur des
niveaux d’accélération maximale différents. Cependant il déclare au préalable qu’il ne décrit en tant
que norme que la démarche consistant à satisfaire à l’exigence de non effondrement. En d’autres
termes, l’Eurocode 8 permet l’utilisation d’autres approches, notamment pour les séisme plus
fréquents, pour lesquels il faudra se fixer une période de retour plus faible que les 475 ans
habituellement pris ou une probabilité d’occurrence dudit séisme pour la durée de vie restante de
l’ouvrage.

2.3 Représentation de base de l'action sismique


Des reconnaissances adaptées doivent être réalisées en vue de classer le sol et en particulier, dans le
code Japonais, on peut noter que la classification du sol est corrélée à la période. Le coefficient
topographique τ est une particularité des PS92 et de l’EC8, et il est utilisé pour prendre en compte
l’amplification observée au sommet des reliefs topographiques.
En général, il doit être considéré que les composantes horizontales de l’action sismique agissent
simultanément ; l’EC8 prescrit que si l’accélération est supérieure à 0,25g et si sont vérifiées certaines
conditions, il convient de prendre en compte aussi la composante verticale (Tableau 4).

On a cherché à approfondir la réflexion en comparant les accélérations maximales proposées dans


chaque règlement pour réfléchir à la corrélation entre le niveau sismique et la conception
parasismique.

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

Dans la mesure où il existe différentes façons de présenter les niveaux sismiques (accélération
maximales au sol, spectres de réponse dépendant du sol,…) et que ces définitions ne se recoupent pas
forcement entre les règlements, il est impossible de comparer directement les niveaux sismiques entre
les différents règlements.

Cependant, on note un écart important entre les pays à forte sismicité (Japon, Californie et Nouvelle-
Zélande) et ceux à sismicité modérée (Europe, Etats-Unis hors Californie, Inde).

En comparant avec le zonage sismique du Maroc et les accélérations maximales de chaque zone (voir
rapport de mission 1) on réalise que les règlements des pays à sismicité modérée sont ceux qui sont le
mieux adaptés au Maroc.

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Réglementation Catégorie Description γI

Classe A Les ponts qui n’appartiennent pas à la classe B


Ponts sur le réseau autoroutier national, urbain et le pont de Shikoku
Japonaise
Classe B Ponts et viaducs qui sont importants en raison des plans d’empêchement de désastre,
du volume de la circulation etc…
Californienne Ponts standard ordinaires / Ponts importants
Ponts d’importance critique pour maintenir des communications, dont l’effondrement
Supérieur à la moyenne est associé à un grand nombre de morts probables, et ponts principaux pour lesquels 1,3
Européenne est exigée une conception plus attentive
Moyenne Ponts sur les autoroutes, routes nationales et chemins de fer 1
Inférieur à la moyenne Ponts qui n’ont pas une importance critique pour les communications 0,7
Les ponts qui n’appartiennent pas au domaine public et ne desservent pas
Classe A
d’établissement recevant du public
Les ponts qui n’appartiennent pas au domaine public mais qui desservent un
Classe B
établissement recevant du public
Française
Les ponts qui appartiennent au domaine public et qui portent, franchissent ou longent
Classe C
le type de voies citées dans [10]
Les ponts de pistes d’avions, les ponts dont l’utilisation est primordiale pour les
Classe D
besoins de la sécurité civile, de la défense nationale (voir [10])
Ponts d’importance critique pour l’entretien des voies de communication et ponts
I 1,3
Italienne dont le dégât pourrait provoquer un nombre élevé de victimes
II Ponts d’importance normale 1
Pont dont la destruction par un séisme a des effets négligeables en terme des victimes,
Importance modérée
d’interruption du service primaire, ou de dommages économiques significatifs
Ponts dont la destruction par le séisme, peut provoquer des victimes, interrompre un
service pour la collectivité, ou produire d’importantes pertes économiques, sans que
Importance normale
Espagnole dans aucun cas il s’agisse d’un service indispensable ni puisse donner lieu à des effets
catastrophiques
Ponts dont le service est indispensable et ne peut pas être interrompu. Ce groupe inclut
Importance spéciale les constructions qui sont ainsi considérées dans le plan d’aménagement urbain et les
documents publics analogues ainsi que dans les réglementations plus spécifiques [11]
Essentiel I Pont qui doit continuer à fonctionner après un tremblement de terre
Américaine
Autres II
Services et constructions importantes (hôpitaux, écoles, structures monumentales…),
i) 1,5
Indienne bâtiments d’émergence (Caserne des pompiers, gare, station de métro…)
ii) Tous les autres structures 1

Tableau 2 Classification

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Réglementation Mouvement sismique Condition de performance sismique (états limites)


Niveau 1 Performance sismique 1 La structure doit être entièrement fonctionnelle et doit être utilisable sans aucune réparation
Japonaise La fonction de la structure doit être reconstituée dans un court délai et des réparations provisoires
Performance sismique 2
Niveau 2 peuvent être exigées
Performance sismique 3 La structure ne doit pas s’effondrer
Immédiat : l’accès au trafic normal est disponible presque immédiatement
Ponts ordinaires
Etat de service après le tremblement de terre
Ponts importants Idem
Niveau 1 (functional-evaluation)
Dégâts réparables : dommage qui peut être réparé avec un risque minimum
Ponts ordinaires
Etat de dégât de perte de fonctionnalité
Ponts importants Dommages minimaux : performance essentiellement élastique
Accès limité dans un court délai alors que le service complet est reconstitué en
Californienne Ponts ordinaires
quelques mois
Etat de service
Immédiat : le plein accès au trafic normal est disponible presque
Ponts importants
immédiatement après le tremblement de terre
Niveau 2 (safety-evaluation)
Dommages significatifs : risque minimum d’effondrement, mais dommages
Ponts ordinaires
qui pour la réparation exigeraient la fermeture
Etat de dégât
Dommages qui peuvent être réparés avec un risque minimum de perte de la
Ponts importants
fonctionnalité
La structure doit être conçue pour résister à des actions sismiques présentant
Niveau 1 Etat limite de limitation des dommages une probabilité de se produire plus importante que les actions sismiques de
calcul sans qu’apparaissent des dommages et des limitations d’exploitation
Européenne
La structure doit être conçue pour résister à des actions sismiques de calcul
Niveau 2 Etat limite ultime sans effondrement local ou général, conservant ainsi son intégrité structurale
et une capacité portante résiduelle après l’événement sismique
Les dommages dans la structure devraient être mineurs et il ne devrait y avoir
Niveau 1 Etat limite de limitation des dommages
aucune rupture
La structure sera utilisable par le trafic de secours, bien que les dommages
aient pu s’être produits, et des réparations provisoires peuvent être exigées.
La réparation permanente pour rétablir les capacités de conception pour le
Néo-Zélandaise
Niveau 2 véhicule et le chargement sismique doit être faisable, la structure ne doit pas
Etat limite ultime
s’effondrer, bien que les dommages puissent être étendus. Elle doit être
utilisable par le trafic de secours après des réparations provisoires et la
réparation permanente doit être possible.
Niveau 3 La structure doit résister sans s’effondrer
Italienne Idem EC8
La structure doit résister sans dommage à des tremblements de terres plutôt fréquents de faible
< DBE (design basic earthquake)
entité
Indienne La structure doit résister sans dommages structurels (quelque dommage non- structurel peut se
DBE
produire) à des tremblements de terres moins fréquents d’entité modérée.
MCE (maximum considered earthquake) La structure doit résister sans s’effondrer à des tremblements de terres importants
Tableau3 Performance sismique

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Réglementation Classification du sol Spectre de réponse Coefficients de sécurité Combinaison d’action ELU

Groupe 1 – roche ou dépôt de


On a un type de spectre de réponse pour le niveau de 1.0 ⋅ D1 + 1.0 ⋅ D 2 + 1.0 ⋅ EQ
performance 1 et deux pour le 2. Tous les trois sont
sol
caractérisés par le facteur de zone cz, le facteur de Béton : γ c = 1,3 D1 Fixed dead load
Japonaise Groupe 2 – alluvions,
diluvions
modification cd qui est fonction de l’amortissement et enfin Acier : γ s = 1 ,0 D 2 Additional dead load
S0, SI, SII, spectres de réponse standards en accélération
Groupe 3 – alluvions mous EQ Seismic effect
pour les niveaux 1et 2.
Le spectre de réponse élastique en accélération est donné
le sol est classé en 6
pour chaque type de sol défini et pour magnitude
catégories A-E pour les sols
différentes. Le spectre s’appelle courbe ARS et il est
standard
Californienne déterminé en fonction des «Peak Rock Acceleration » A,
F est utilisé pour des sols qui
« Rock Spectra » R, et « site modification facteur S. La valeur
exigent une évaluation
maximale de la réponse élastique en accélération est de 1,8g
spécifique
pour R=0,7g.
Béton armé :
G k "+" Pk "+" A Ed "+" Ψ21 ⋅ Q 1 k
Béton : γ C = 1,3 armatures en acier : γ S = 1 ,0
le sol est classé en 5 Gk charges permanentes avec leurs valeurs
Acier de charpente : caractéristiques
catégories A-E, décrites par La valeur ag est donnée dans les Annexes nationales (doit
Résistance plastique des sections de classes 1, 2,3 Pk valeur caractéristique de la précontrainte
les profils stratigraphiques. être choisi comme valeur correspondant à une période de
Européenne Les sols qui exigent une retour de référence de 475 ans).On détermine le spectre de γ M 0 = 1 ,0 AEd est la combinaison la plus défavorable des
évaluation spécifique sont réponse élastique en accélération au moyen de ag et Résistance plastique des sections de classes 4 composantes de l'action sismique
contenus dans les classes S1et d’autres facteurs. γ M 0 = 1 ,1 Q1k est la valeur caractéristique de la charge due
S2 au trafic
Résistance des éléments en stabilité γ M 1 = 1,1 ψ21 est le coefficient de combinaison

On donne des spectres non linéaires (coeff. sismique Cm)


3 catégories, de roche ou de
Néo-zélandaise pour chaque catégorie de sol et pour le facteur de ductilité
sol très raide au sol flexible
de la structure (1< m < 6)

E + G + P + ΨEi ⋅ Q ik
E action sismique
4 groupes de sol en fonction γ m , applicable aux matériaux : 1,30 pour le béton G charges permanentes
de leurs propriétés
P force de précontrainte
1,00 pour l’acier
Q ik actions variables de charges d’exploitation
mécaniques: rocher sain, sols On calcule l’action sismique par le paramètre aN, un spectre γ R , pour empêcher des ruptures prématurées par
Française
de résistance bonne (a), de réponse horizontale valable pour les 2 composantes
fragilité : ΨEi coefficients de combinaison applicable aux
moyenne (b) et faible (c) et horizontales du mouvement et un spectre de réponse
1,40 élément, raccordement de type fragile, effort actions variables :
4type de sites (S0, S1, S2, S3) vertical pour la composante verticale du mouvement
tranchant dans les piles 0,2 si le pont est supposé chargé sur la totalité
fonction de l'épaisseur et des
1,00 tous les autres cas de sa longueur (charges d’exploitations
groupes mentionnés
routières)
0,3 charges d’exploitation ferroviaires des
lignes à fort trafic
0 pour toute autre action

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Elaboration d’un guide de conception parasismique du Maroc

γ I E + G k + Pk
Le modèle de référence pour la description du mouvement
γ m , applicable aux matériaux :
sismique est constitué par le spectre de réponse élastique
1,60 pour le béton armé
γ I E action sismique de l’état limite considéré
qui est décrit par des expressions dépendantes de
Italienne idem EC8 1,50 pour le béton armé précontraint G k charges permanentes avec leurs valeurs
l’accélération horizontale, l’amortissement et le profil
stratigraphique. En alternative on peut utiliser des 1,15 pour l’acier caractéristiques
accélérogrammes artificiels ou naturels. Pk valeur caractéristique de la précontrainte
4 type de sols et pour chacun Le spectre de réponse est défini par le coefficient CS qui ne
Américaine est associé un coefficient de doit pas dépasser la valeur 3,2A fonction du coefficient
site (S) d’accélération (A), et du sol (S).
Le spectre de réponse en accélération est donné pour Selon une conception inélastique de structure en acier : 1,7 (DL+IL)
chaque type de sol. En fonction de la période on trouve le 1,7 (DL±EL)
coefficient de réponse en accélération (Sa/g) avec lequel, 1,3 (DL+IL±EL)
3 catégories, de roche ou de Structure en béton armé et précontraint : 1,5 (DL+IL)
Indienne multiplié par le facteur de zone, d’importance et de
sol très raide au sol flexible 1,2 (DL+IL±EL)
réduction de réponse, on obtient le coefficient sismique
1,5 (DL±EL)
horizontal Ah. 0,9 DL±1,5 EL
DL dead load, IL imposed load, EL earthquake load.
Tableau 4 Représentation de base de l’action sismique

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2.4 Ductilité et coefficient de comportement


La ductilité est généralement définie en utilisant la relation force–déplacement ou celle de moment–
courbure, qui sont issues des résultats des tests de chargement cyclique et des analyses non élastiques
de structures en béton armé faites dans chaque pays. Les règlements du Japon et de la Nouvelle
Zélande adoptent le facteur de ductilité en déplacement (µ), en Californie on choisit celui en courbure
(ψ) et dans l’Eurocode les deux.

Dans les règlements européen, californien et néo-zélandais les structures sont classées par catégorie
selon les actions structurales sous le chargement sismique horizontal. Le concept d’action structurale
est introduit pour faire des choix explicites concernant la performance structurale. Le règlement
japonais ne les décrit pas, mais il classifie les comportements des éléments en fonction de leur mode
de ruine. L’action structurale est corrélée au « coefficient de réduction de la force » ou « coefficient de
comportement » qui, dans Caltrans et EC8, se trouve divisé par l’action sismique pour une réponse
linéaire. Le règlement néo-zélandais propose la relation des valeurs maximum du facteur de ductilité
des types structuraux qui correspondent aux actions structurales.

REGLEMENTATION CATEGORIES INDICE


Japonaise rupture élément fléchi µ<10
rupture par cisaillement µ=1
1≤Z≤4
Californienne "full ductily"
ψ≥13
"limited-ductily" 1≤Z≤3
1,5< q ≤3,5
Ductile
ψ ≥13
Européenne q ≤1,5
ductilité limitée
ψ ≥7
Structure ductile µ=3~6
Néo-Zélandaise Partiellement ductile µ=3, 3~6
Ductilité limitée µ<6
Structure élastique µ=1
Française sont définies en fonction de la classe de régularité des structures et
pour chaque matériau
Piles à comportement flexionnel q=3,5
Italienne Piles trapues q=1
pour le calcul des culées q=1
Le coefficient dépend de l'organisation
Espagnole structurelle, des matériaux et des détails
constructifs 1< µ ≤4
Tableau 6 Catégories et indices décrivant la ductilité des structures

Selon l’EC8 la zone de dissipation, de localisation des rotules plastiques, doit être située aux bases des
piles, toutes les autres composantes du pont doivent rester dans la domaine élastique.
Pour atteindre ce but, une bonne conception est le premier ingrédient, suivie par les dispositions du
dimensionnement en capacité, pour assurer la pleine exploitation des réseaux disponibles, en
contrôlant les déplacements.
Le concept de « capacity design » est aussi utilisé par la norme californienne, néo-zélandaise et
italienne. Afin d'éviter la rupture par cisaillement et fixer la rupture par flexion ductile de l’élément,
on considère une résistance en flexion, augmentée d’un coefficient de sur-résistance, pour calculer
l’effort tranchant. Ces coefficients sont différents dans chaque réglementation. Seule la norme

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japonaise n’utilise pas cette méthode ; en revanche elle ne réduit pas non plus l’effort de cisaillement
dans les zones où sont localisées les rotules plastiques.
L’Eurocode introduit le concept de ductilité limitée (q=1,5), où n’apparaît pas de plastification
significative sous le séisme de calcul. En terme de caractéristiques force - déplacement, la formation
d’un palier de la force n’est pas requise. Cependant, l’écart vis-à-vis du comportement idéal élastique
assure une certaine dissipation d’énergie hystérétique.
Cette classification donne une innovation intéressante par rapport au règlement français, moins
dispersive et simple en comparaison avec les méthodes adoptées par la Nouvelle Zélande.

2.5 Dispositions de ferraillage


2.5.1 Comparaison principes

Les dispositions liées à la quantité et à la disposition d’armatures dans les réglementations considérées
sont déterminées pour obtenir le comportement ductile d’une pile en béton armé. Même si dans
chaque pays sont stipulées des dispositions différentes, on retrouve des principes communs :
il est recommandé de ne pas assurer le recouvrement des barres longitudinales dans la zone
de localisation des rotules plastiques ;
les espacements vertical et horizontal maximum des armatures transversales sont imposés ;
la quantité exigée des armatures transversales est déterminée, pour empêcher le flambement
des barres longitudinales et assure le confinement du béton.

Réglementation Japonaise

Armatures longitudinales
Elles doivent être ancrées dans le béton qui n’est pas soumis à une contrainte de traction. Cependant quand il y
a dans la section critique une longueur développée suffisante, même si les armatures longitudinales ne sont
pas exigées dans le calcul, et si la résistance à la flexion et au cisaillement sont au-dessus des valeurs des forces
appliquées obtenues en considérant la sur résistance de l’élément, on peut ancrer les armatures longitudinales
dans le béton de la zone en tension. Il ne faut pas positionner les recouvrements dans la région des rotules
plastiques.

Armatures transversales
Normalement l’utilisation des cerces est recommandée pour les armatures transversales.
Dans une grande section, parmi les armatures mises en oeuvre dans la section transversale, les armatures qui
ont un ancrage avec des crochets à 135 degrés aux deux extrémités, crochetant (renfermant) les barres
longitudinales, sont définies comme des ligatures et peuvent être considérés comme faisant partie des
armatures transversales.
La quantité nécessaire d’armatures transversales, basée sur le calcul structural, a les effets suivants :
• Augmenter la résistance au cisaillement de la pile, pour empêcher l’extension des fissures diagonales
• Prévenir le flambement des armatures longitudinales en compression
• Confiner l’âme de béton de la pile.
Pour arriver à ces fins, il faut prêter attention à leur espacement, qui ne doit pas être inférieur à :
• 12 fois le diamètre des barres longitudinales
• la moitié de la plus petite longueur de la section transversale

L’écartement horizontal ne doit pas excéder 48 fois le diamètre de la barre transversale. S’il devient plus grand
que celui, il faudra disposer des ligatures intermédiaires.

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Réglementation Américaine

Les dispositions constructives varient d'une région du pays à l'autre. En plus sont apparus récemment en
Californie des critères spécifiques de conception des ponts. Pour cette raison, il n’est pas possible de
récapituler en détail l’ensemble des caractéristiques des dispositions. Malgré cela, on a essayé de reprendre les
aspects principaux de la pratique constructive, développée actuellement aux Etats-Unis, que l’on retrouve
également dans la pratique Californienne.

Armatures longitudinales
Les dispositions pour la quantité et la longueur de développement, des armatures longitudinales dans les
éléments en compression sont traitées en détail. Pour le ratio d’armatures longitudinales la limite inférieure et
supérieure sont déterminées.
Pendant que la capacité de ductilité est diminuée dans les éléments fortement armés, la limite supérieure du
rapport d’armature est stipulée (pour empêcher la réduction de la ductilité). Les éléments comprimés doivent
contenir au moins 8 barres de renforcement longitudinales espacées uniformément autour du bord de la
section.

Armatures transversales
Elles sont constituées de cerces ou de spires, ou une combinaison de ligatures et traverses.
Pour obtenir la ductilité exigée des éléments comprimés, le flambement de l’armature longitudinale doit être
empêché ; par conséquent, l'espacement vertical maximum des armatures transversales est stipulé, et dans la
région des rotules plastiques il ne doit pas être inférieur à :
1
• de la dimension plus petite de la section de la pile
5
• 6 fois le diamètre de la barre longitudinal
• 8 pouces (1pouce=0,0254m)

Le ratio minimum d’armatures transversales est aussi fixé, obtenu à partir la résistance à la compression du
béton, la limite élastique, la force axiale appliquée, et le ratio des armatures longitudinales. Les longueurs des
recouvrements doivent être faites par soudure ou coupure mécanique, pour assurer la résistance ultime des
barres.

Longueur de la zone où sont localisée les rotules plastiques


On trouve cette zone dans une partie de longueur l0 de la section critique. Cette longueur doit être supérieure
à:

• la dimension de la section dans la direction considérée


• la portion de la pile au-dessus de laquelle le moment dépasse le 80% de moment critique de la
section.

Réglementation Européenne

Armatures transversales
Pour définir le ratio des armatures transversales de confinement, le ratio des armatures mécaniques dépend des
paramètres conventionnels, et en plus de la limite d’élasticité des barres et de la résistance en compression du
béton. En plus des valeurs standard du ratio des armatures de confinement minimum, on donne aussi
l’équation pour le calculer, qui considère l’influence de la demande de ductilité en courbure, la force axiale
normalisée, et le rapport de la surface de béton confiné sur la surface brut.
Pour les piles avec une section rectangulaire, l’écartement vertical des cerces où des ligatures ne doit pas être
inférieur à :

• 6 fois le diamètre de la barre longitudinal


1
• de la dimension plus petite de l’âme de béton bmin
5

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1
La distance horizontale entre les montants des cerces ou ligatures supplémentaires ne doit pas dépasser bmin
3
et 350mm, mais ne doit pas être inférieure à 200 mm. On trouve les mêmes dispositions pour les sections
circulaires.

Longueur des rotules plastiques potentielles


Quand la force axiale normalisée est inférieure ou égale à 0,3, la longueur des rotules plastiques potentielles doit
être supérieure à :
• la profondeur de la section de la pile en direction perpendiculaire à l'axe de la rotule
• la distance du point de moment maximum au point où le moment est réduit de 20%

Anti flambement des armatures longitudinales de compression


Pour prévenir le flambement des armatures longitudinales comprimées dans la zone des rotules plastiques
d’une pile, il faut prévoir que toutes les principales barres longitudinales soient retenues par des armatures
transversales (cerces ou ligatures). La surface minimale des ligatures anti flambement doit être déterminée en
considérant la distance verticale entre les montants des ligatures, la somme des surfaces des barres
longitudinales retenue par la ligature et la limite d’élasticité de la ligature et des armatures longitudinales.

Autres règles
En raison de la perte potentielle de béton de recouvrement dans la zone des rotules plastiques, l’ancrage des
armatures de confinement doit être assuré dans le noyau de béton. Dans les zones où sont localisées les rotules
plastiques, les recouvrements des armatures longitudinales, ne sont pas permis.

Réglementation Néo-zélandaise

Armatures longitudinales
Pour le ratio d’armatures longitudinales les limites inférieure et supérieure sont données ainsi que l’écartement
horizontal maximum des barres longitudinales dans la zone plastique potentielle. Les dispositions pour l’ancrage
et la longueur de développement sont bien expliquées pour les cas des barres en tension et compression. Les
épissures des barres longitudinales, sont recommandées quelle que soit la zone.

Armatures transversales
Dans la zone où sont localisées les rotules plastiques, l’espacement vertical des armatures transversales ne doit
pas être inférieur à :
• 6 fois le diamètre de la barre longitudinal
1
• de la dimension plus petite de la section de la pile
4
Quant à l’écartement horizontal des armatures transversales on trouve aussi des dispositions très détaillées dans
le but de prévenir le flambement des armatures longitudinales, de confiner le béton comprimé et d’être efficace
comme armatures d’efforts tranchants.

Anti flambement des armatures longitudinales de compression


Pour prévenir le flambement prématuré des armatures longitudinales comprimées dans une pile, il faut assurer
un support latéral avec les armatures transversales. Si on considère une pile avec des cadres, dans la zone où
peuvent être localisées les rotules plastiques, la surface d’un montant de la barre transversale ne doit pas être
inférieure à la valeur critique. Cette valeur est déterminée en considérant : la somme des surfaces des barres
longitudinales soutenues par une ligature, l’écartement vertical des ligatures, le diamètre des armatures
longitudinales. On trouve cette même disposition dans l’EC8.

Confinement du béton
Dans la zone où sont localisées les rotules plastiques il faut prévoir d’une quantité suffisante d’armatures
transversales de confinement et l’équation pour la calculer est donnée dans ces règles. Cette disposition a été
déterminée par l’analyse cyclique du moment- courbure.

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Réglementation Française

Armatures longitudinales
Le pourcentage géométrique des barres longitudinales doit respecter la condition de non fragilité en flexion
composée sans descendre au-dessous de 0,5%. L’espacement des barres longitudinales ne doit pas excéder
250 mm.

Zones critiques
La zone critique de longueur lc concerne les extrémités encastrées du fut. La valeur de lc est la plus grande
des deux dimensions :
• l c = λh où λ = (2 + l / h ) / 3 , avec l longueur de l’élément, h la hauteur de la section transversale
• la longueur sur laquelle le moment est compris entre 0,8 Mmax et Mmax

Armatures transversales
a) En section courante, la double condition à satisfaire est :
• Diamètre minimal : φt≥ 10mm
• Espacement maximal : Min (12 φl ,b, 200 mm), où b est le petit côté du rectangle circonscrit
b) En section critique (q>1), ces conditions deviennent :
• Diamètre minimal : φt≥ 10mm
• Espacement maximal : Min (8 φl , 0,5b, 200 mm)
En tout état de cause, la pourcentage de ces armatures ne doit pas descendre au-dessous de 0,5% par
direction.
Pour les fûts circulaires, l’emploi de spire hélicoïdale est interdit. L’emploi d’un chemisage métallique
extérieur pour le bon confinement du béton est recommandé.

Ancrage et tenue des barres longitudinales


Les barres longitudinales respecteront les dispositions suivantes :
• Pas de recouvrement de barres dans la zone critique (q>1). Dans l’hypothèse d’impossibilité
pratique d’une telle disposition, les longueurs de recouvrement seront doublées, et les aciers
transversaux seront majorés afin d’assurer une couture totale dans la zone de recouvrement.
On évaluera en plus le moment résistant de la rotule plastique en prenant en compte la
contrainte règlementaire dans laquelle figure déjà un coefficient de sécurité.
• Chaque barre longitudinale est tendue par cadres ou étriers contre son flambement vers
l’extérieur sous l’effet du séisme.

Réglementation Italienne

Idem EC8

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2.5.2 Comparaison numérique sur un exemple

Dans le présent paragraphe, on compare le ferraillage d‘une pile en béton armé d’un pont
autoroutier soumis à une excitation sismique, en utilisant les règlements néo – zélandais, japonais
et européen.
Cet exemple est extrait de [« Comparative performances of seismic design codes for concrete
structures »]
Pour rendre cette comparaison plus souple il a été adopté les suivantes hypothèses :

La magnitude est supposée être la même pour chaque conception.


La même valeur d’accélération du sol (ag = 0,4 g) a été adoptée
Hauteur le la pile : 7m
Section : 2m x 2m
Poids de la superstructure : 7000 kN
Résistances des matériaux : fck=24 N/mm2 ; fyk=345 N/mm2

Ratios d’armatures Ratios d’armatures Longueur des rotules


Réglementation
longitudinales (%) transversales (%) plastiques (m)
Zone hors
0,38
Néo-Zélandaise 1,41 RP 1,5
Zone RP 0,51

Japonaise 2,50 0,42 -

Zone hors
0,44
EC8 2,20 RP 2
Zone RP 0,88

On voit dans cet exemple des différences entre les ratios de ferraillage fonction des règlements utilisés.

La différence importante entre les valeurs des ratios d’armatures transversales japonaise et
européenne est liée à l’utilisation ou non de la méthode de dimensionnement en capacité.
Le règlement japonais n’envisage pas l’utilisation de la méthode de dimensionnement en capacité.
En revanche l’Eurocode, qui prévoit la formation de rotules plastiques, exige dans les zones critiques,
une multiplication de l’effort tranchant par un coefficient de sur-résistance γ0. En effet, il faut garantir
la plastification des aciers de la rotule avant rupture par effort tranchant. Ainsi, hors zone zones
critiques, les ratios d’armatures transversales sont équivalents (compris entre 0,38 et 0,44). En
revanche, dans les zones de rotule plastique, on retrouve un rapport de l’ordre de γ 0 = 0 ,7 + 0 ,2q avec
un coefficient de comportement q=3,5 qui par ailleurs permet de diminuer les ratios d’armatures
longitudinales.

On voit ici l’importance énoncée plus tôt de considérer un règlement comme un tout cohérent, le ratio
de ferraillage étant indissociable de la philosophie générale de conception et des niveaux sismiques de
la zone considérée.

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2.6 Conclusions

Le présent chapitre contient une étude comparative des principaux règlements et normes
parasismiques internationaux : USA, Californie, Japon, Nouvelle-Zélande, Inde, Italie, Espagne,
Eurocode, et bien sûr le règlement français actuellement utilisé au Maroc.

Une analyse critique de ces règlements permet d’appréhender les principales différences entre ceux-ci,
notamment en ce qui concerne les philosophies propres à la conception parasismique, les niveaux de
sismicité dimensionnant ou l’utilisation des coefficients de comportement.

Les limites de cette comparaison sont atteintes dès lors que l’on garde en tête que ces règlements ou
normes doivent être considérés comme un tout cohérent, adapté à un niveau de sismicité et à des
habitudes régionales (ou nationales).

Le Maroc est situé près de la zone de contact des plaques lithosphérique africaine et eurasienne. Sa
sismicité est en général modérée et l’ampleur de ses événements telluriques est proche de celle que
l’on trouve dans les régions européennes ; en revanche le Japon et la Californie sont soumis à des
secousses beaucoup plus sévères.

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