LES ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES DE
LA FIEVRE TYPHOIDE A KINSHASA :
A propos de 208 observations.
* MBULA - W. ODIO - K. KASHONGWE - M. MIZERERO.
RÉSUMÉ Dans le tiers-monde, particulièrement en Afrique, cette
pathologie sévit encore de façon endémique (5, 6, 7, 8, 9,
La fièvre typhoïde a été étudiée dans ses aspects épidé- 10, 11, 12, 14, 15, 16, 18, 19, 20).
miologiques. Au Zaïre, elle constitue un problème de santé publique
Elle constitue 1 % des admissions en hospitalisation. mais l’on ne dispose pas de statistiques nationales.
Elle sévit toute l’année durant et frappe préférentielle- Très peu d’études sur la fièvre typhoïde y ont été réalisées.
ment les adolescents et les adultes jeunes. A titre d’exemple, nous citerons Parent (12) qui a étudié la
Le tableau clinique est dominé par la fièvre (97,1 %), les fièvre typhoïde à Lubumbashi (Est Zaïre). A Kinshasa, en
céphalées (67,3 %), l’asthénie (68,3 %), l’anorexie 1977, Omanga a réalisé une étude chez l’enfant (11). Les
(51,4 %), les douleurs abdominales (44,3 %) et la splé- aspects bactériologiques et épidémiologiques des salmo-
nomégalie (46,7 %). La dissociation du pouls et de la nelloses observées aux Cliniques Universitaires de Kinsha-
température n’est pas constante (27,9 %). sa ont été publiés en 1968 par Gatti (7).
Après Omanga, nous voulons faire le point sur la fièvre
Mots-clés : Epidémiologie - fièvre typhoïde - Kinshasa. typhoïde à Kinshasa, chez l’adulte. Cette première étude
couvre les 23 premières années de vie des Cliniques Uni-
SUMMARY versitaires de Kinshasa.
Epidemiological aspects of typhoïd fever at Kinshasa Elle a pour objectif de décrire les aspects épidémiologiques
(About 208 cases) de la fièvre typhoïde à Kinshasa : fréquence, mode de
transmission, facteurs éventuels responsables des épidé-
The epidemiological aspects of typhoïd fever were mies, répartition saisonnière et signes cliniques seront
carried out from a target population of 208 patients, passés en revue.
representing 1 % of the total patients.
The disease causes serious damages during all the years, 1 - MATÉRIEL ET MÉTHODE
mainly on adolescents and young adults.
Clinical main signs appear to be fever (97,1 %), Cette étude rétrospective porte sur 208 dossiers des patients
headaches (67,3 %), asthenia (68,3 %), anorexia (51,4 hospitalisés pour fièvre typhoïde dans le département de
%), abdominal pains (49 %), diarrhea (48,6 %), both médecine interne, aux cliniques universitaires de Kinshasa,
big liver and spleen (44,3 % and 46,7 %). Pulse and entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 1980.
temperature discordance is not constant (27,9 %). Pour être retenu, le dossier devait satisfaire à l’ensemble
des critères ci-après :
Key-words : Epidemiology - typhoid fever - Kinshasa. - être âgé de 12 ans ou plus,
- présenter les manifestations cliniques de l’affection telles
INTRODUCTION que : fièvre, céphalées, diarrhées, hépatosphénomégalie,
dissociation du pouls et de la température, etc...,
La fièvre typhoïde est une pathologie connue qui a déjà fait - porter le germe dans une des humeurs suivantes : selles,
l’objet de plusieurs études dans ses différents aspects. urines, sang, liquide céphalo-rachidien.
Dans les pays industrialisés elle ne constitue plus un pro-
blème de santé publique. Quelques rares cas, bien souvent Au total 1608 dossiers ont été étiquetés de fièvre typhoïde
importés, sont de temps à autre signalés (3, 17). pour la période concernée. Seuls 208 ont répondu aux
* Département de Médecine Interne des Cliniques Universitaires de
Kinshasa, B. P. 123 Kinshasa XI.
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critères fixés (12,9 %). Près de 21. 000 patients furent Figure 2 : Répartition mensuelle des cas
hospitalisés en médecine interne durant cette période.
Les données suivantes ont été relevées : âge, sexe, résiden- Nb de cas
35
ce, profession, motif et délai d’hospitalisation. Les septé-
naires ont été déterminés à partir de la date d’apparition 30
des premiers symptômes.
25
Le test de X2 de Pearson a été utilisé pour comparer les
différents groupes. 20
Les différences sont considérées comme significatives au
15
seuil de probabilité de 0,05.
10
2 - RÉSULTATS
5
2. 1. Fréquence 0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
La fièvre typhoïde représente 1 % des admissions dans le Mois
département de médecine interne aux clinique universitaires L’affection sévit durant toute l’année sans grande fluctua-
de Kinshasa. tion mensuelle.
La moyenne annuelle est de 9 malades. On ne note pas de
2. 2. Répartition saisonnière (fig. 1 et 2). grandes variations annuelles lorsque l’on compare toutes
les années.
Le regroupement des cas suivants les mois de survenue Il n’y a pas non plus de variations saisonnières observées.
montre un pic au mois de mai, mais la différence avec les
autres mois n’est pas statistiquement significative 2. 3. Facteurs probables ayant favorisé la contamination.
(P > 0,05).
Figure 1 : Suivi des cas de fièvre typhoïde Il ressort de l’étude des dossiers (anamnèse et examens
aux CUK de 1958 à 1980 bac-tériologiques) que deux épidémies sont survenues dans
2 casernes (l’une à l’Equateur, l’autre au Bas-Zaïre) et dans
Nb de cas un collège situé à une centaine de kilomètres de Kinshasa
50
(Bas-Zaïre).
En 1964, une épidémie avait eu lieu à l’Université Lova-
nium. Après enquête, deux serveurs de restaurant estu-
40
diantin furent incriminés (7,21).
Trois infirmiers et un technicien de laboratoire ont présenté
la fièvre typhoïde.
30 Ces éléments anamnestiques et d’enquêtes épidémiologi-
ques suggèrent l’existence de défaillance tant dans l’hygiè-
ne individuelle que collective.
20
2.4. Répartition selon l’âge et le sexe.
Le tableau relatif à la répartition selon l’âge et le sexe des
10
patients montre la prédominance du sexe masculin (61,2
%). sur le sexe féminin (38,8 %) et la fréquence élevée
Années d’atteinte chez des patients âgés de moins de 30 ans. L’âge
0 moyen des patients est de 25 ans (extrêmes : 12 et 81 ans).
58/61 62/65 66/69 70/73 74/77 78/80 Au-delà de 40 ans l’affection est rare.
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Tableau 1 : Répartition selon l’âge (1) et le sexe : 4 cas l'affection est survenue chez des professionnels de
santé. Le mode de contamination dans les 131 premiers cas
étaient vraisememblablement indirect. Par contre, la pro-
Sexe
Age Masc. Fém. Total % babilité de contamination directe est plus vraisemblable
pour les professionnels de santé.
11 - 20 ans 50 29 79 38,3 2.7. Répartition selon la profession
La profession n'a pu être déterminée que dans 147 cas
21 -30 ans 53 31 84 40,8 (70,6 %). Les ménagères constituent 18,4 % de la popul-
ation étudiée, les élèves 12 % et les étudiants 10,6 %.
Toutes les autres catégories professionnelles représentent
31 - 40 ans 18 15 33 16 moins de 10 % chacune. Le personnel para-médical est
atteint dans 1,9 % des cas.
41 - 50 ans 4 3 7 3,4
2.8 Aspects cliniques
51 - 60 ans 1 1 2 1,0 Mode de début
Le début de la maladie est dans la moitié des cas brutal.
Dans 10 % des cas, le début est progressif. Dans 40 % des
> 60 ans 0 1 1 0,5 cas, aucune mention du mode de début n'a été faite.
Motifs et délais d’hospitalisation :
Total 126 80 206 100 Les motifs d’hospitalisation sont variés. Certains patients
ont été d’emblée admis dans un tableau évocateur de fièvre
typhoïde (20 %). D’autres l’ont été pour une fièvre ayant
% 61,2 38,8 résisté au traitement antimalarien ou à une antibiothérapie
souvent insuffisante (52 % des cas).
(1) Age non déterminé pour 2 patients.
Dans 22,4 % des cas l’admission avait été motivée soit par
le contexte épidémiologique de fièvre typhoïde soit encore
2.5. Répartition selon la résidence par l’isolement des germes dans les selles des patients
présentant des troubles digestifs. Dans 6 % des cas la
L'analyse de ce paramètre indique que 94,1 % des patients symptomatologie n’était pas évocatrice de fièvre typhoïde.
proviennent des milieux urbains dont 92,1 % de Kinshasa.
Seuls 4,4 % sont venus des milieux ruraux. A Kinshasa, Quant au délai séparant le début de la maladie et le jour
22,1 % des patients résident dans la commune de Lemba. d’hospitalisation, nous avons observé que dans 51, 6 % des
Pour les communes de Matete et de N'Djili, elles ont cas l’hospitalisation a eu lieu au premier septenaire . Dans 26
compté respectivement 14,9 % et 12 % des cas. % des cas elle a eu lieu au second septenaire et dans 9,4 %
des cas au troisième septenaire. Treize pour cent des patients
2.6. Mode probable de contamination ont été hospitalisés au-delà du troisième septenaire.
L'anamnèse a orienté vers un mode de contamination dans Signes cliniques proprement dits :
135 cas (64,9 %). Dans 131 cas, il y a eu notion d'entérite Ils sont repris dans le tableau 2. La fièvre (97,1 %),
fébrile avec douleurs abdominales après prise de repas l’asthénie (68,3 %), la céphalée (67,8 %) et l’anorexie
familiel ou après une fête et une épidémie chez des étu- (51,4 %) sont les signes les plus fréquents. La fréquence
diants à partir de 2 serveurs pourvoyeurs des germes. Dans des autres signes peut être consultée dans le tableau 2.
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Tableau 2 : Signes cliniques. Affections associées
Elles sont constituées essentiellement par les parasitoses
Nb de patients % intestinales (trichocaphalose 33,2 %), ankilostomiase
Signes cliniques n = 208 (29,8 %), ascaridiose (26 %), amibiase (13 %), trichomonase
1. Signes généraux (11,5 %), anguillulose (9,6 %), giardiase (5,2 %), shistoso-
- Fièvre 202 97,1 miase (5,2 %).
- Asthénie 142 68,3 L’anémie a été rencontrée dans 62 cas (29,8 %). Dans 17 cas
- Anorexie 107 51,4
(8,1 %) des infections urinaires ont été associées à la fièvre
- Dissociation du pouls et 58 27,9
de la température typhoï-de. Les salmonelloses mineures ont été retrouvées en
- Amaigrissement 51 24,5 asso-ciation avec la fièvre typhoïde dans 15 cas (7,2 %).
- Pâleur conjonctivale 46 22,1 La drépanocytose hétérozygote, la déficience en G 6 P D et
- Frissons 45 21,6 la dépranocytose homozygote représentent respectivement
- Myalgies et arthralgies 44 21,5 6,2 %, 5,2 % et 1 %. La malaria et les filiaroses ont été
2. Signes digestifs retrouvées dans 5,2 % et 2,8 %. Cinq patients (2,4 %) ont
- Douleurs abdominales 102 49 présenté une shigellose. Une septicémie à d’autres germes
- Diarrhées 101 48,6
que S.typhi a été retrouvée dans 3 cas (1,4 %).
- Nausées et vomissements 98 47,1
- Hépatomégalie 92 44,3
- Constipation 52 25 Le diagnostic microbiologique
-Langue suburrhale 45 21,6 Le diagnostic de fièvre typhoïde a été retenu sur la base des
- Ictère 42 20,2 examens microbiologiques (hémocultures, coprocultures,
- Gargouillement FID 41 19,7 urocultures et bilicultures).
- Alternance diarrhée et constipation 28 13,4
- Méaléna et rectoragie 11 5,3
Deux cent trente hémocultures ont été réalisées chez ces
- Dysphagie 5 2,4 208 patients. Dans 180 cas, le germe a été mis en évidence
(77,9 %). Seules 116 coprocultures étaient positives
3. Signes neurologiques
- Céphalées 141 67,8 (38,1 %). Sur 49 urocultures, une seule a permis d’isoler S.
- Vertiges 86 41,5 typhi. Treize bilicultures sur 64 étaient positives.
- Tuphos 52 25 S. typhi a été mis en évidence chez 207 patients. Dans un
- Insomnie 14 6,7 cas, on a isolé S. paratyphi.
- Agitation 5 2,4
- Raideur de la nuque 3 1,4
- Aphasie 2 1
Les aspects évolutifs :
- Coma 2 1 Sur 208 cas étudiés, 82 se sont compliqués (39,4 %).
- Tremblement digital 1 0,5 Dix patients sont décédés (4,8 %).
4. Signes respiratoires
- Toux 45 21,6 Les aspects thérapeutiques :
- Ronchi 11 5,5 Les malades n’ont pas été soignés selon un schéma unique.
- Dyspnée 10 4,8 Ce qui rend difficile l’analyse des données. Les antibioti-
- Râles crépitants 8 3,9 ques ont été administrés en monothérapie ou en association
5. Signes cardiovasculaires médicamenteuse.
- Tachycardie 72 37,5 Cent un patients ont reçu du Chloramphénicol en mono-
- Hypotension artérielle 20 9,6
thérapie (48,5 %).
- Précordialgie 11 5,3
- Assourdissement des bruits 6 3 La durée moyenne de traitement par le Chloramphénicol
cardiaques était de 14 jours.
- Extrasystoles 5 2,4 Différents schémas thérapeutiques ont été appliqués : utili-
- Galop 5 2,4 sation des doses de charge d’emblée et de doses progres-
6. Autres signes sives. Aucun effet lié à la lyse bactérienne n’a été observé.
- Splénomégalie 95 46,7 La dose totale moyenne de Chloramphénicol administrée
- Angine (de Duguet) 16 7,6 aux patients était de 25,5 g avec des extrêmes 16 et 57 g.
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Un cas d’hypoplasie médullaire réversible a été observé. deux sexes sont atteints dans des proportions égales.
Les données sur les associations médicamenteuses sont Dans ce travail comme dans bien d’autres, la fièvre typhoï-
diversifiées mais de caractère inexploitable. de est essentiellement une maladie de l’adolescent et de
Dans 74,5 % des cas le délai de la thermolyse a pu être l’adulte jeune.
déterminé. La thermolyse est survenue en moyenne en Chez Segueni (16) 80 % des sujets sont âgés de moins de
9 jours. Chez 47,5 % des patients elle a lieu entre le sixième 20 ans environ.
et le dixième jour alors que chez 14,8 % des cas elle est inter- Comme au Vietnam (5), l’origine urbaine prédomine dans
venue au-delà du dixième jour. cette étude. L’apparente prédominance des communes de
Lemba, Matete et N’djili pour la ville de Kinshasa tient
3. DISCUSSION probablement au mode de recrutement des malades à l’hô-
pital. Ces communes sont proches des cliniques univer-
La fréquence de la fièvre typhoïde dans cette étude est de sitaires de Kinshasa.
1 %. Ce taux est proche de celui de Itoua (cité par Senga) (17) Le mode de contamination direct est illustré par les cas de
chez qui elle est de 2 %, en médecine interne à Brazzaville. 3 infirmiers et un technicien de laboratoire qui se sont proba-
Il n’y a pas de fluctuation mensuelle, annuelle ni saison- blement contaminés à l'hôpital.
nière significatives. Le pic apparent qui apparaît au mois de Au cours de l’épidémie de l’université Lovanium en 1964
mai est dû à deux épidémies survenues au cours des mois le mode de contamination a été certainement indirect,
de mai, mais à des années différentes. comme rapporté dans les travaux de Gatti (5) où le rôle
Gallais (4) et Meyruey (8), tout comme nous, n’observent principal est assigné à 2 serveurs (porteurs sains) des res-
pas non plus de prédominance saisonnière, contrairement à taurants estudiantins (19).
Gendron et bien d’autres auteurs (6, 12, 15, 16, 17) qui Dans nos observations ce sont les ménagères, les élèves et
constatent des variations saisonnières. les étudiants qui sont les plus atteints. Le personnel para-
Cette absence de fluctuation est liée probablement à une médical est faiblement atteint.
hygiène défectueuse tant durant la saison des pluies qu’en Valmary a observé des atteintes chez le personnel para-
saison sèche. La moyenne annuelle des cas est de 9. médical dans 0,5 % des cas (18).
Dembele (cité par Sankale) (14) a observé une moyenne de Comme chez d’autres auteurs (1, 3) le mode de début ne
29 cas (1974). Cette dernière statistique est nettement présente pas de particularité.
supérieure à la nôtre. Dans ce travail comme dans bien d’autres (16, 18), la fièvre
Josserand (7), Pathania (11) et Ricosse (13) ont également qui ne répond pas aux antimalariens constitue habituelle-
observé comme nous une prédominance masculine. ment le motif d’hospitalisation.
Doury (3), Meyruey (8) et Segueni (16) observent plutôt Les symptômes observés dans cette étude ne diffèrent pas,
une prédominance du sexe féminin. Pour Ricand (12), les grosso modo, de ceux décrits dans la littérature.
Tableau 3 : Statistiques comparatives des symptômes cliniques selon les auteurs
Laroche Laverdant Meyruey Valmary Notre série
Symptômes (Bangui) (AFN) (Saïgon) Tananarive Kinshasa
100 cas 556 cas 189 cas 200 cas 208 cas
- Fièvre 100 92 100 89 89,9
- Céphalées 88 - 42 66 67,8
- Dissociation pouls-température 30 97 44 19,5 27,9
- Diarrhée 71 37 25 49 48,6
- Douleurs abdominales 62 76 23 59 49
- Vomissements 36 - - 56 34,1
- Tuphos 67 28 20 21,5 25
- Splénomégalie 35 91 17 20,5 46,7
- Constipation 03 - - 18 25
- Angine (de Duguet) - 17 15 15 - 7,6
- Tâches rosées 0 1 5 0 0
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4. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS Le tableau clinique est classique et ne diffère pas de celui
décrit dans la littérature.
Cette étude sur la fièvre typhoïde complète celles antérieu- La lutte contre cette affection passe par l’éducation de la
rement menées au Zaïre. Elle fait le point de l’affection. population en matières d’hygiène alimentaire et fécale, le
contrôle coprologique régulier des manipulateurs d’ali-
La fièvre typhoïde frappe les jeunes en âge scolaire et en ments et l’interdiction de la vente des aliments exposés à
âge d’activités productrices. l’air libre.
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