LA VIE ET ŒUVRE DE BAYE NIASS
PLAN
I. Biographie d’El-Hâdj Ibrâhîma NIASS dit Bâye
II. VIE ET ŒUVRE DE BAYE NIASS
CONCLUSION
EXPOSANTS Professeur : MR NDIAYE
CODOU BADIANE
SOKHNA KHADY DIENG
MOUMY SYLLA FATOU MANGA
SIGA DIOP
BASSIROU KANTE IBRAHIMA CISSE
MOUHAMADOU FADILOU MBACKE CISSE
I. Biographie d’El-Hâdj Ibrâhîma NIASS dit Bâye
El-Hâdj Ibrâhîma NIASS dit Bâye ou Barham ou Cheikh al-islam a vu le jour le 15 du mois lunaire rajab 1318,
correspondant au jeudi 8 novembre 1900, à Taïba-niassène fondé en 1868 par son père El-Hâdj Abdallâh Tafsîr
Mouhammad NIASS.
Sa mère Saïdâ Aïcha DIANKHÂ dite Astou, décédée en 1938, était une femme très pieuse et vertueuse. Son époux
avait prédit : « Cette femme donnera naissance à mon héritier spirituel et il ne peut en être autrement. »
D’ailleurs, dans la préface qu’il a faite à Kâshifoul albas ou la levée des équivoques, traité fondamental du
soufisme et de la voie tidjâne écrit en 1931 par Bâye, Cheikh Alioune CISSE, disciple, gendre et premier imâm de
la mosquée de Madîna-Bâye, relate : « Tout au début de la grossesse d’Aïcha DIANKHÂ, celle-ci vit en songe
qu’elle se tenait sur quelque chose, qu’il y avait en-dessous d’elle un puits, quand soudain se fendit la lune venant
de l’est et tomba sur elle. Elle eut très peur à son réveil et se confia très tôt le matin à son mari, El-Hâdj Abdallâh
NIASS
A la naissance de Bâye, son père demanda à sa mère : « as-tu de l’espoir pour ton enfant? » Elle répondit : « oui,
j’espère beaucoup de biens en lui, qu’il soit vertueux, pieux, s’il plaît à Dieu. » El-Hâdj Abdallâh renforça : « oui,
je l’espère aussi si Allâh lui accorde une longue vie.»
El-Hâdj Abdallâh fut initié à la Tidjâniyya par Thierno Mamadou Ibrâhîma DIALLO, un disciple de Cheikh Omar
TÂL, tout comme le fut Seydi Alphâ Mâyoro WELE, oncle maternel et instructeur d’El-Hâdj Mâlick SY. La
première mouture de sa lignée omarienne est la suivante : El-Hâdj Abdallâh NIASS-Thierno Mamadou DIALLO-
Cheikh Omar TÂL-Seydî Abdoul Karîm Ahmed Nagguel ou Nadel DIALLO-Seydî Mawloûd FÂL (1773-1852)-
Cheikh Muhammad HAFIZ (1759-1830)-Cheikh Ahmed Tidjâny (1737-1815).
La seconde est : El-Hâdj Abdallâh NIASS-Thierno Mamadou DIALLO-Cheikh Omar TÂL-Seydî Mouhammad al
Qâli-Cheikh Ahmed Tidjâni.
El-Hâdj Abdallâh prit l’éducation de Bâye en main. Il lui enseigna le Coran et les hadiths que le surdoué mémorisa
très tôt, puis la târiqâ tidjâne et les autres sciences liées à la religion.
Tout au long de son éducation religieuse, Bâye aura étudié l’exégèse, le droit musulman, l’arabe, la métrique, la
rhétorique, la biographie du Prophète (psl) tout en cultivant un goût prononcé pour la mystique islamique ou
tasawouf qui, selon Aboûl Abbâs Tidjâni « est la pratique des préceptes divins et le renoncement aux intérêts
terrestres dans l’apparent comme dans le caché, comme Dieu le veut et non comme tu le veux. »
A l’âge de 21 ans, déjà devenu un érudit accompli à l’heure où ses homologues jouissaient encore de la plénitude
de leur jeunesse, Bâye publia Roûhoul Adab ou l’Esprit de la bonne conduite qu’il considère comme un conseil
fraternel destiné à ses lecteurs.
Au total, il laisse à la postérité plus vingt œuvres écrites d’une valeur philosophique, ésotérique et littéraire
indubitable dont un poème de 2972 vers intitulé : Taysîr el wousoul ilâ hadrati Rassoûl ou Moyen d’atteindre
facilement l’Apôtre.
Du 09 juillet 1922, date de disparition de son père, à fin 1929, point de départ officiel de sa mission, Bâye se mit à
l’ombre de son grand frère Cheikh Mouhamadou ben Abdallâh ben Mouhamadou al-Aamin NIASS dit
Mouhamadou Aminata, alias Khalifa—né à Sélik le 29 juillet 1881 et décédé à Kaolack le 1er mars 1959) en
dispensant des cours dans les écoles coraniques ouvertes par son père à Taïba, Kôssi et Kaolack. Déjà, son
érudition lui attira de nombreux adeptes mais aussi une foule d’ennemis.
II. Vie Et L’œuvre De Baye Niass
En fin 1929-début 1930, alors que la crise économique qui venait d’éclater aux Etats-Unis commençait à
embraser le reste de la planète, Bâye NIASS déclara à la face du monde qu’il était ce saint annoncé par
Mawlânâ Cheikh Ahmed Tidjâne comme son propre héritier et le seul habilité à propager la Faydâ décrite
par Aboûl Abbâs en ces termes : « l’effluve viendra avec un de mes disciples à tel point que les hommes
entrent dans notre voie (târiqâ) par groupes, par peuples. Cette Faydâ adviendra à un moment où le monde
éprouvera de grandes difficultés.
Selon Bâye, « la sagesse de l’apparition de cette Faydâ à cette époque pervertie s’explique par la faiblesse
de la foi dans le cœur des hommes et par la multitude des voies perverses et perdantes.
Or cette communauté (islamique) est une communauté vénérable (auprès de Dieu) et alors fut ouverte et
déversée, vers eux, l’effluve des connaissances gnostiques et des Vérités Essentielles pour qu’ils retournent
à la source de la foi naturelle. ».
Un vendredi, lendemain d’un mawlîd-an-nabî, ou commémoration de la naissance du Prophète
Mouhammad (psl), vers neuf heures, Ibrâhîma Abdallâh NIASS, alors connu sous le pseudonyme d’Ibrâ
Asta, déclara : «Que celui qui veut connaître Allâh et le çâhiboul (détenteur) faydou me suive, qu’il soit
homme ou femme, jeune ou vieux ! »
Les assistants étaient comme interdits. N’ont-ils pas été informés de la mission secrète de Cheikh Abdallâh
Oud Hâdj el Alawi, père de Mishri ? Après avoir testé le jeune Ibrâhîma, alors âgé de dix ans, le saint
homme dit à El-Hâdj Abdallâh : « Ton fils n’a nullement besoin d’être parrainé par une créature car Dieu le
très-Haut l’a élu ».
A Bâye, il confia : « Une Faydâ te viendra entre les mains en vérité et sans aucun doute ; et si un autre
prétend la détenir, ce ne sera là que mensonge ; mais tu verras à ton égard de la méchanceté telle qu’aucun
de tes prédécesseurs n’en a jamais vu…Tu es le plus grand homme de la voie tidjâne de tous les temps. »
Pour dire que le jeune garçon était celui annoncé par Cheikh Ahmed Tidjâne comme futur réformateur de
la Tidjâniyyâ.
« La Faydhâ (ou inondation en arabe) est une expression métaphorique qui traduit l’adhésion massive
d’hommes et de femmes à l’islam et à la Târiqâ tidjâne.
Véritable mosaïque des peuples, les fidèles, rassemblés autour de leur maître et nourris de la sève spirituelle,
constitueront une famille unie dans la foi en Allâh, toutes différences ethniques, culturelles ou sociales fondues
dans l’Unicité divine. » D’après Mouhammadou Mahdy NIASS in « Bâye NIASS le défenseur de l’islam », tome
1, Imprimerie Cheikh al-Islam El-Hâdj Ibrâhîm NIASS, Rappelons-nous, Cheikh Ibrâhîm a commencé sa mission
vers 1929, année marquant le début de la grande crise économique. Avant l’avènement de Cheikh Ibrâhîm, bien des
hommes s’étaient proclamés maîtres de la Faydhâ ; mais aucun d’entre eux ne répondait entièrement aux critères
autant que lui. En outre, ce point de vue a été corroboré par plusieurs leaders Tidjânes qui reconnaissent que
Cheikh Ibrâhîm était réellement le professeur de la Faydâ.
Le professeur Ibrâhîm Mahmoûd Diop cite à cet effet une parabole qu’il a entendue de Cheikh Ibrâhîm : «
Imaginez cinq choses, avait-il dit : imaginez un puits sans fond, ce n’est donc pas un puits ordinaire, pensez-vous,
mais un puits insondable.
Imaginez ensuite un travailleur infatigable chargé d’en puiser continuellement de l’eau. A cet homme inlassable,
confectionnez un seau d’un cuir inaltérable. Et tout près du puits, supposez qu’il y ait un bassin qui, à la longue, va
être plein.
Imaginez enfin, une eau si précieuse qu’on ne peut ni verser par terre, ni remettre dans le puits déjà plein à
déborder. La question, est la suivante : Que faire de cette eau, lorsque le bassin sera rempli ? Une réponse :
Construire le plus de bassins possible autour du puits pour recueillir cette eau.
Dans cette parabole, le puits représente Allâh, l’Etre Suprême et Eternel. L’eau est la gnose divine et l’expérience.
Le seau en cuir est le Prophète (psl).
A ce sujet, un proverbe soufi révèle : « Sans intermédiaire, nul ne peut jamais atteindre un quelconque objectif »…
et le Prophète (psl) est le plus grand médiateur entre la création et Allâh.
Le travailleur, dans cette parabole, est Cheikh Ahmad at-Tidjâni.
Le bassin est un guide spirituel d’exception qui est tant et si bien versé dans la gnose divine qu’il doit transmettre
aux autres cette connaissance sublime sinon, elle débordera. Cheikh Ibrâhîm NIASS est le professeur de la Faydâ.»
D’après Cheikh Hassan CISSE in Cheikh Ibrâhîm NIASS, le vivificateur de la sunnah, New York Publication,
pages 16 et 17.
Cheikh Alioune CISSE, Serigne Mbaye NIASS, Cheikh Omar TOURE, Mâme Abdou NIANG, Cheikh Ibra FÂL,
Cheikh Mahmoud NIASS, Tafsîr Mahmoud DIOP, Serigne Ousmane NDIAYE, Cheikh Omar THIÂM dit Bâye
Mallé mais aussi Thierno Oumar KANE, Thierno Abdallâh SÂKHO, Thierno Yahyâ Oumar LY, Thierno Madâdo
DIATTARA et Thierno al-Hassane DEME ne se firent pas prier. Ils furent parmi les premiers à avoir répondu à
l’appel de Bâye qui dut quitter la concession paternelle sise à Léona au mois lunaire shawwal 1349 ou février 1931.
Selon Cheikh Alioune CISSE, Bâye transita par Kôssi avant de fonder, entre les lundi 12 et 19 zoulqâda 1349, plus
précisément le vendredi 03 avril 1931, la bourgade de Madîna où il y érigea une mosquée de 24 m de long sur 14 m
de large. En 1958, une première extension est opérée sur les flancs de ce lieu de culte. Une seconde est réalisée en
1981.
Inaugurée officiellement le vendredi 26 février 2010, la grande mosquée de Madîna-Bâye est haute de 65 mètres
correspondant aux neuf étages de son minaret. Ses dimensions actuelles sont de 56m de long et 47m de large. Au
centre, une coupole de 25m de long et de 15m de diamètre surplombe les fidèles.
Les disciples affluaient de tous les coins du Sénégal, mais c’est à partir de 1937 que le rythme des adhésions prit
une ampleur frénétique.
C’est effectivement en 1937 que Cheikh Ibrâhîm se rendit à La Mecque pour la première fois. De cette date à 1971,
il y retournera seize autres fois, soit un total de dix-sept pèlerinages hormis les « oumras » ou pèlerinages
surérogatoires. A l’étape de Fès, Chérif Mounîf lui offrit un chapelet et un tapis de prières personnels mais aussi
une touffe des cheveux du père de la Tidjâniyyâ et une fiole où ce dernier mettait du parfum qu’il utilisait au
moment de ses retraites dévotionnelles.
A Madîna-Mounnawara, Mawlânâ Cheikh Ibrâhîm NIASS rencontra Abdoullâhi Ibn Abbâs Bâyero (1881-1953),
Emir de Kano de 1926 à 1953 et son ministre Suleyman Ibn Ismaël qui renouvelèrent leur affiliation à la
Tidjâniyya auprès de lui. L’Emir l’invita chez lui à Kano.
Pour justifier son adhésion, l’Emir confia à Bâye : « Quand j’étais enfant, j’avais demandé à Dieu trois choses : être
l’Emir de Kano et je le suis ; avoir la possibilité d’accomplir le pèlerinage et je l’ai eue, et, enfin, rencontrer à La
Mecque le calife de Cheikh Tidjâni ou son fils pour renouveler mon wird et quand je suis arrivé à Madîna-al-
Mounnawara, je n’ai trouvé aucun chef de la târiqâ si ce n’est toi ».
C’est ainsi que l’Emir pria Cheikh Ibrâhîm de lui renouveler son wird près du mausolée du Prophète (psl) pour que
celui-ci en fût témoin. Sur le chemin de retour, plus précisément à Fès, Cheikh Ibrâhîm rendit une visite de
courtoisie à Seydî Ahmed El-Hâdj al-Ayyashi Soukayridji de Shattâti (1878-1944), le grand Pôle, de qui il tient sa
chaîne dorée ou silsil ahzahabiya, à savoir : Cheikh Ibrâhîma NIASS-Cheikh Ahmed Soukayridji-Cheikh Ahmed
Abdal Lawiy-Cheikh Aliyou Tamassinyou-Cheikh Ahmed Tidjâny.
Seydî Ahmed Ibrâhîm Sa’ihî lui fit don de la canne de Mawlânâ Cheikh Ahmed Tidjân. Par la suite, à Madîna-
Bâye, Cheikh Ibrâhîm obtint l’allégeance d’un grand nombre de disciples de qualité dont des shorfas ou oulémas
mauritaniens tels Cheikh Mouhammad Ould Nahwi, Cheikh Mana Abba Ould Tolba dit Cheikhâni (1908-1986),
Cheikh Mouhammad Mishriy Oud Hâdj (1917-1975) Cheikh Sidy Abdallâh Ibn Khaïry (1900- 1991), Cheikh
Mahmoûd Ould Tolba de la tribu Tandara, Cheikh Abdallâh el Djeydjibi, Cheikh Hâdi Ould Seyd, Cheikh
Mouhammadou Djakanni, Cheikh al-Oustâz Mouhammadou Ould Rabbâni… qu’il initia par le biais de la tarbiyya
en vue de parvenir à la mâ’rifa. Ce fut le début de son irréversible aura transnationale.
En 1946, Cheikh Ibrâhîma NIASS fit un bref séjour au Nigéria et y éleva au rang de muqaddam (préposé) l’Emir et
ses 40 ministres dont Malam Jibirma, Malam Atiku, Malam Tidjâni Uthman, Malam Sani Kafanga, Abdallâhi
Salga et Uthman Khalan Sawi. Ce geste galvanisa les disciples nigérians et le mouvement né en 1937 commença à
s’amplifier.
Bâye revint dans ce pays en 1951 et, sous sa bannière, des centaines d’oulémas adhérèrent à la Tidjâniyyâ. Ses
nouveaux et prestigieux disciples se lancèrent à l’expansion de la confrérie dans toute l’Afrique de l’Ouest.
Quand, en 1953, disparut l’Emir, son fils et successeur Muhammad Sanusi (1900-1963), devint le porte-flambeau
du mouvement qu’il renforça par le recrutement de milliers de disciples. Déjà en 1956, au Nigéria, 15 millions de
fidèles se réclamaient de l’obédience d’El-Hâdj Ibrâhîma NIASS. Aujourd’hui, de par le monde, ils sont quelque
100 millions, soit 7 % de la population musulmane mondiale estimée aujourd’hui à 1,4 milliard d’adeptes, toutes
écoles confondues.
Outre le Nigéria, le Bénin, le Cameroun, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Libéria, la Mauritanie, le Niger, la
Sierra-Léone, le Soudan, le Togo et le Tchad, d’autres pays et régions du monde ouvrirent leurs portes à la Faydâ
et, ipso facto, de son temps, Bâye devint le chef spirituel musulman dont l’audience est la plus large et la plus
solide.
C’est la confirmation d’une prédication faite par son père qui, dans une parabole restée célèbre, à propos de l’enfant
prodige, avait soutenu: « C’est le devoir d’un fleuve que d’être plein à déborder. Si les vaches du voisinage ne
viennent pas s’y abreuver, celles venues d’ailleurs le feront.» Quelle clairvoyance ! Et le fruit a pu passer la
promesse de la fleur.
De nos jours, à l’occasion des grandes rencontres, plus d’une vingtaine de nationalités se côtoient à Madîna-Bâye.
Ce sont entre autres : Haoussa, Yorouba, Djerma, Bambara, Dogomba, Frafra, Malinké, Peul, Maure, Soninké,
Wolof, Sérer, Mossi, Arabe, Berbère, Soudanais, Soussou, Dogon, Diola, Dioula, mais aussi Américains, Chinois,
Japonais, Français, Anglais, Pakistanais et même des Russes. Ces bienheureux disciples de Bâye sont tous des «
récipients débordants des secrets des trois présences.»
Dans sa générosité incommensurable, Cheikh Ibrâhîm a prié le tout Miséricordieux de ne lui choisir comme
compagnons que les meilleurs des meilleurs musulmans possibles ; d’où cette supplique : «Mon Dieu, ne fais pas
de l’écorce de la religion la part de mes amis, mais plutôt le secret du secret, c’est-à-dire l’essentiel de Tes hauts
dons. »
Le culte de la perfection n’a jamais cessé d’être son credo : « khirlî sahbân foudala wa khirlî, min koulli seïn
khaïrahoû wakounlî » ; autrement dit, « choisis pour moi les meilleurs compagnons et, de toute chose, choisis pour
moi la meilleure et sois toujours pour moi ».
Par exemple, en 1953, Monseigneur Lefebvre (1905-1991) alors évêque de Dakar (1955-1962 et excommunié en
1988), dans un numéro d’Ecclésia, s’était permis de faire la leçon aux musulmans africains en écrivant : « Ou
l’Afrique suivra ses aspirations profondes de simplicité, d’honnêteté, de religion et elle se fera catholique ou sous
des dehors religieux, elle se confirmera dans ses vices de polygamie, de domination du faible, de superstitions et
elle s’abandonnera à l’islam… Seule la religion catholique prescrit aux inférieurs le respect de l’obéissance… »
Monseigneur Lefebvre récidiva le 18 décembre 1959 en s’épanchant dans La France Catholique : « … On a lancé
des phrases qui portent à la révolution : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit à l’indépendance (…)
la mainmise de la Russie et de la Chine sur l’Afrique devient de jour en jour une réalité ! Chose inattendue pour
ceux qui connaissent mal l’islam. Ce sont les pays en majorité musulmane qui se détachent le plus rapidement de
l’Occident et font appel aux méthodes communistes… ».
CONCLUSION
Cet homme multidimensionnel qui, depuis qu’il a atteint l’âge de trente ans, n’a plus dormi plus de quatre heures
par jour. De plus, il a participé à tous les débats relatifs à l’islam aussi bien au Sénégal, en Afrique, que partout
dans le monde.
Dès le 05 janvier 1960, Baye rétorqua à l’évêque ; « Ce vingtième siècle est parcouru par un courant de liberté et de
nationalisme que rien ne saurait arrêter, par conséquent, tous les pays seront gouvernés par leurs populations,
qu’elles soient musulmanes ou chrétiennes ou communistes, et les peuples sont plus forts que les gouvernements…
Quoi qu’il en soit, l’ère du gouvernement par des étrangers est à jamais révolue. Donc, l’Afrique aux Africains ! …