Université IBN TOFAIL
Faculté des sciences - kénitra -
Département de mathématique
Master modelisation stochastique
et statistique
Exposé
Sur :
Mesure de lebesgue sur Rd
Présenté par :
Imane El-Bouhali
Nouhayla El Haj-Benali
Année universitaire : 2024
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table des matières
1 Mesure extérieur 3
1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Remarque: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Proposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 La Mesure de Lebesgue 6
2.1 Rappel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.3 Théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.4 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2
1 Mesure extérieur
1.1 Définition
Soit X un ensemble quelconque. On appelle mesure extérieure sur X une application µ∗ :
P(X) −→ [0, +∞] telle que:
i) µ∗ (∅) = 0
ii) µ∗ est croissante :
µ∗ (A) ⩽ µ∗ (B) si A ⊂ B
iii) µ∗ est sous-additive : si {An }n∈N est une famille de parties de X, alors
µ∗ µ∗ (An )
[ X
An ⩽
n∈N n∈N
Les propriétés d’une mesure extérieure sont moins contraignantes que celles d’une mesure. EN
particulier, une mesure extérieure est définie sur toutes les parties de l’ensemble X alors que
les mesures sont définies sur des tribus.
Dans cette partie, nous allons voir comment à partir d’une mesure extérieure µ∗ on construit
une mesure sur une tribu qui dépend de µ∗ .
Et c’est ainsi qu’on construira la mesure de Lebesgue.
1.2 Définition
Soit X un ensemble muni d’une mesure extérieure µ∗ . On dit qu’une partie B ⊂ X est µ∗ -
régulière si, pour toute partie A de X, on a
µ∗ (A) = µ∗ (A ∩ B) + µ∗ A ∩ B ∁
On note M (µ∗ ) l’ensemble des parties µ∗ -régulières de X.
1.3 Remarque:
L’inégalité µ∗ (A) ⩽ µ∗ (A ∩ B) + µ∗ A ∩ B ∁ provient trivialement de la sous-additivité de la
mesure extérieure. Pour vérifier que B est µ∗ -régulière, c’est l’inégalité inverse qu’il importe
de vérifier.
1.4 Proposition
M (µ∗ ) est une tribu sur X contenant toutes les parties B ⊂ X telles que µ∗ (B) = 0, et la
restriction de µ∗ à M (µ∗ ) est une mesure.
Démonstration:
On notera M = M (µ∗ ) pour simplifier.
- Soit B ⊂ X telle que µ∗ (B) = 0. Alors, pour toute partie A de X,
µ∗ (A ∩ B) ⩽ µ∗ (B) = 0 par croissance
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Donc
µ∗ (A) ⩾ µ∗ A ∩ B ∁ = µ∗ (A ∩ B) + µ∗ A ∩ B ∁
- Il est clair que ∅ ∈ M et que B ∈ M si et seulement si B ∁ ∈ M. Pour montrer que M est
une tribu, il reste donc à voir que M est stable par réunion dénombrable. Commençons par
l’établir pour une réunion finie. Soient B1 , B2 ∈ M. Soit A une partie de X. Comme B1 ∈ M,
µ∗ (A ∩ (B1 ∪ B2 )) = µ∗ (A ∩ (B1 ∪ B2 ) ∩ B1 ) + µ∗ A ∩ (B1 ∪ B2 ) ∩ B1∁
= µ∗ (A ∩ B1 ) + µ∗ A ∩ B2 ∩ B1∁
Donc, comme B1 , B2 ∈ M,
µ∗ (A ∩ (B1 ∪ B2 )) + µ∗ A ∩ (B1 ∪ B2 )∁
=µ∗ (A ∩ B1 ) + µ∗ A ∩ B1∁ ∩ B2 + µ∗ A ∩ B1∁ ∩ B2∁
=µ∗ (A ∩ B1 ) + µ∗ A ∩ B1∁
=µ∗ (A)
On en déduit que B1 ∪ B2 ∈ M. Pour terminer la preuve, considérons une famille {Bn }n∈N
d’éléments de M deux à deux disjoints 1 . On veut montrer que
µ∗ (B) = µ∗ (Bn )
[ X
B= Bn ∈M et
n∈N n∈N
Sn
Notons En = k=0 Bk . Pour toute partie A ⊂ X et tout n ∈ N, on prétend que
n
µ∗ (A ∩ En ) = µ∗ (A ∩ Bk )
X
k=0
Par récurrence, (3.1) est vraie au rang n = 0 et si l’on suppose la propriété vraie au rang
n − 1, on a
µ∗ (A ∩ En ) = µ∗ (A ∩ En {z
∩ Bn}) + µ∗ (A ∩ En ∩ Bn∁ )
| | {z }
=Bn =En−1
= µ∗ (A ∩ Bn ) + µ∗ (A ∩ En−1 )
En prenant la limite lorsque n tend vers +∞, et en se souvenant que En ⊂ B, on trouve
∞
lim µ∗ (A ∩ En ) = µ∗ (A ∩ Bk ) ⩽ µ∗ (A ∩ B)
X
n→∞
k=0
Par ailleurs, par sous-additivité,
µ∗ (A ∩ B) = µ∗ µ∗ (A ∩ Bn )
[ X
(A ∩ Bn ) ⩽
n∈N n∈N
Ainsi, on a montré que
∞
lim µ∗ (A ∩ En ) = µ∗ (A ∩ Bn ) = µ∗ (A ∩ B)
X
n→∞
n=0
En particulier, si A = X,
µ∗ (B) = µ∗ (Bn )
X
n∈N
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Enfin, comme M ∋ En ⊂ B, on a pour tout n ∈ N et pour toute partie A ⊂ X,
µ∗ (A) = µ∗ (A ∩ En ) + µ∗ A ∩ En∁ ⩾ µ∗ (A ∩ En ) + µ∗ A ∩ B ∁
En prenant la limite quand n tend vers +∞, on obtient
µ∗ (A) ⩾ µ∗ (A ∩ B) + µ∗ A ∩ B ∁
donc B ∈ M.
Passons enfin à la construction de la mesure de Lebesgue, en définissant une mesure
extérieure que l’on restreindra.
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2 La Mesure de Lebesgue
On suppose à présent que X = Rd .
2.1 Rappel
Un pavé P de Rd est un produit d’intervalles bornés
P = I1 × I2 × · · · × Id Ij ⊂ R intervalle borné
On note mes(P ) = ℓ (I1 ) · . . . · ℓ (Id ), où ℓ (Ij ) est la longueur du segment Ij , la mesure du pavé
P.
2.2 Définition
Pour toute partie A de Rd , on définit
X
λ∗ (A) = inf Pi , Pi pavé ouvert de Rd
[
mes (Pi ) | A ⊂
i∈N i∈N
L’infimum est pris sur tous les recouvrements dénombrables de A par des pavés ouverts
(évidemment, il existe toujours de tels recouvrements).
2.3 Théorème
On a les assertions suivantes:
i) λ∗ est une mesure extérieure sur Rd .
ii) La tribu M (λ∗ ) contient la tribu de Borel B Rd .
iii) λ∗ (P ) = mes(P ), pour tout pavé P ⊂ Rd .
2.4 Définition
On appelle
mesure de Lebesgue sur Rd la restriction, notée λ, de la mesure extérieure λ∗ à
B R ou à M (λ∗ ).
d
Démonstration:
i) λ∗ est une mesure extérieure.
Il est clair que λ∗ (∅) = 0 et que λ∗ est croissante.
Montrons la sous-additivité
soit {An }n∈N une famille de sous-ensembles de Rd . On peut supposer que
λ∗ (An ) < ∞, ∀n ∈ N (sans quoi il n’y a rien à montrer). Soit ε > 0. Pour tout n ∈ N, il existe
une famille {Pin }i∈N de pavés ouverts tels que
ε
Pin mes (Pin ) ⩽ λ∗ (An ) +
[ X
An ⊂ et
i∈N i∈N 2n
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Alors
Pin
[ [ [
An ⊂
n∈N n∈N i∈N
et
X ε
mes (Pin ) ⩽ λ∗ (An ) + λ∗ (An ) + 2ε
XX X
=
n∈N i∈N n∈N 2n n∈N
Comme ε > 0 était arbitraire, on conclut que
λ∗ λ∗ (An )
[ X
An ⩽
n∈N n∈N
ii) M (λ∗ ) est une tribu de Rd qui contient B Rd .
Soient j ∈ {1, . . . , d} et α ∈ R. On définit
Bj (α) = R × R × · · · × R × ]α, +∞[ × R × · · · × R
j-eme position
C’est un demi-espace ouvert. La famille {Bj (α)}j∈{1,...,d},α∈R engendre la tribu des boréliens
B Rd . Il suffit donc de vérifier que
Bj (α) ∈ M (λ∗ ) ∀j ∈ {1, . . . , d}, ∀α ∈ R
Soit A une partie de Rd et soit ε > 0. Il existe des pavés ouverts {Pi }i∈N tels que A ⊂
S
i∈N Pi
et i∈N mes (Pi ) ⩽ λ∗ (A) + ε. Alors,
P
[
A ∩ Bj (α) ⊂ (Pi ∩ Bj (α))
i∈N
où Pi ∩ Bj (α) est un pavé ouvert comme intersection d’un pavé ouvert et d’un demi-espace
ouvert, et [
A ∩ Bj (α)∁ ⊂ Pi ∩ Bj (α)∁
i∈N
où Pi ∩ Bj (α)∁ est un pavé quelconque. Or,
∀i ∈ N, mes (Pi ) = mes (Pi ∩ Bj (α)) + mes Pi ∩ Bj (α)C
Ainsi,
λ∗ (A ∩ Bj (α)) + λ∗ A ∩ Bj (α)C ⩽ mes Pi ∩ Bj (α)∁
X X
mes (Pi ∩ Bj (α)) +
i∈N i∈N
X
= mes (Pi )
i∈N
∗
⩽ λ (A) + ε
Et comme ε était arbitraire, on obtient
λ∗ (A ∩ Bj (α)) + λ∗ A ∩ Bj (α)C ⩽ λ∗ (A)
donc Bj (α) ∈ M (λ∗ ).
iii) Pour tout pavé P ⊂ Rd , on a évidemment
λ∗ (P ) ⩽ mes(P )
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Inversement, soit P ⊂ Rd un pavé fermé et soit {Pi }i∈N un recouvrement de P par des pavés
ouverts : [
P ⊂ Pi
i∈N
SN
Par compacité de P , il existe un entier N ∈ N tel que P ⊂ i=1 Pi .
Alors
[ ∞
X
mes(P ) ⩽ mes Pi ⩽ mes (Pi )
i∈N n=0
Ainsi,
mes(P ) ⩽ λ∗ (P ) + ϵ
ϵ est arbitraire alors : mes(P ) ⩽ λ∗ (P )
Parsuit : λ∗ (P ) = mes(P )