Traité CEMAC
Traité CEMAC
(CEMAC).
PRÉAMBULE
Prenant acte de l'approche d'intégration proposée en UDEAC telle qu'inspirée par les
Chefs d'Etat de l'OUA lors de la Conférence d'Abuja en juillet 1991 ;
Désireux de renforcer la solidarité entre leurs peuples dans le respect de leurs identités
nationales respectives ;
Article 1.-
Aux fins du présent Traité, les termes suivants sont définis comme suit :
Article 2.-
La mission essentielle de la Communauté est de promouvoir la paix et le développement
harmonieux des Etats membres, dans le cadre de l'institution de deux Unions : une Union
Economique et une Union Monétaire. Dans chacun de ces deux domaines, les Etats
membres entendent passer d'une situation de coopération, qui existe déjà entre eux, à
une situation d’Union susceptible de parachever le processus d'intégration économique et
monétaire.
Article 3.-
La Communauté a la Personnalité Juridique. Elle possède dans chaque Etat membre la
capacité juridique la plus large reconnue aux personnes morales par la législation
nationale. Elle est représentée, à l’égard des tiers et en justice par le Président de la
Commission, sans préjudice des dispositions des Conventions et Statuts particuliers. Sa
responsabilité contractuelle est régie par la loi applicable au contrat en cause et mise en
œuvre devant les juridictions nationales compétentes.
Article 4.-
Les Etats membres apportent leur concours à la réalisation des objectifs de la
Communauté en adoptant toutes mesures générales ou particuliers propres à assurer
l’exécution des obligations découlant du présent Traité. A cet effet, ils s’abstiennent de
prendre toute mesure susceptible de faire obstacle à l’application du présent Traité et des
Actes pris pour son application.
En cas de manquement par un Etat aux obligations qui lui incombent en vertu du droit
communautaire, la Cour de Justice peut être saisie en vue de prononcer les sanctions
dont le régime sera défini par des textes spécifiques.
Article 5.-
Les Etats membres se consultent en vue de prendre en commun les dispositions
nécessaires afin d’éviter que le fonctionnement de la Communauté ne soit affecté par les
mesures que l’un d’eux pourrait être amené à prendre en cas de troubles à l’ordre public,
de guerre ou de tension internationale constituant une menace de guerre.
Article 6.-
La Conférence des Chefs d’Etat arrête, par voie d’acte additionnel, le régime des droits,
immunités et privilèges accordés à la Communauté, aux membres de ses institutions et à
son personnel.
Article 7.-
Le statut du personnel de la Communauté est adopté par le Conseil des Ministres,
statuant à la majorité qualifiée de ses membres, sur proposition du Président de la
Commission.
Les fonctionnaires de la Communauté sont recrutés parmi les ressortissants des Etats
membres sur la base des critères de compétence et d’intégrité morale et en tenant compte
d’une répartition juste et équitable.
Article 8.-
La Communauté établit toutes coopérations utiles avec les organisations régionales ou
sous-régionales existantes.
Elle peut faire appel à l’aide technique ou financière de tout Etat qui l’accepte ou des
organisations internationales dans la mesure où cette aide est compatible avec les
objectifs définis par le présent Traité et les textes subséquents.
Des accords de coopération et d’assistance peuvent être signés avec les Etats tiers ou les
organisations internationales.
Les accords ci-dessus mentionnés sont conclus, selon les modalités prévues par la
Conférence des Chefs d’Etat.
Article 9.-
La Communauté participe aux efforts d’intégration dans le cadre de l’Union Africaine et, en
particulier, à ceux relatifs à la création d’organisations communes dotées de compétences
propres en vue d’actions coordonnées dans des domaines spécifiques.
Elle établit des consultations périodiques, notamment avec les institutions régionales
africaines.
Article 12.-
La Conférence des Chefs d’Etat détermine la politique de la Communauté et oriente
l’action du Conseil des Ministres de l’UEAC et du Comité Ministériel de l’UMAC.
Elle fixe le siège des Institutions, des Organes et des Institutions Spécialisées de la
Communauté. Elle nomme et révoque leurs dirigeants conformément aux dispositions
prévues par leurs textes constitutifs respectifs.
Article 13.-
La Conférence des Chefs d’Etat se réunit en session ordinaire au moins une fois par an
sur convocation de son Président. Toutefois, elle peut se réunir en session extraordinaire à
l’initiative de son Président ou à la demande d’au moins deux de ses membres.
Article 14.-
La présidence de la Conférence est assurée par chaque Etat membre, successivement et
selon l’ordre alphabétique des Etats, pour une année civile.
Article 15.-
Le Président de la Commission rapporte les affaires inscrites à l’ordre du jour des réunions
de la Conférence des Chefs d’Etat dont il assure le secrétariat.
Les premiers responsables des Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la
Communauté assistent à ces réunions.
Article 16.-
La Conférence des Chefs d’Etat adopte ses décisions par consensus.
Article 17.-
Le Conseil des Ministres assure la direction de l’Union Economique par l’exercice des
pouvoirs que la Convention de l’UEAC lui accorde.
Article 18.-
Le Conseil est composé des représentants des Etats membres, comprenant les Ministres
en charge des finances, de l’intégration et des affaires économiques.
Chaque délégation nationale ne peut comporter plus de trois Ministres et ne dispose que
d’une voix.
Article 19.-
Pour les questions ne portant pas principalement sur la politique économique et financière,
et par dérogation à l’article 18 du présent Traité, le Conseil peut réunir en formation ad hoc
les Ministres compétents.
Dans ce cas, les délibérations adoptées deviennent définitives après que le Conseil en a
constaté la compatibilité avec la politique économique et financière de l’Union
Economique.
Article 20.-
Le Conseil se réunit au moins deux fois par an et aussi souvent que les circonstances
l’exigent.
La présidence du Conseil est assurée, pour une année civile, par l’Etat membre exerçant
la présidence de la Conférence des Chefs d’Etat.
Le Conseil est convoqué par son Président, soit à son initiative, soit à la demande d’au
moins deux Etats membres, soit enfin à la demande du Président de la Commission.
Le Président de la Commission rapporte les affaires inscrites à l’ordre du jour. Le
Gouverneur de la BEAC ainsi que les premiers responsables des Institutions, des autres
Organes et des Institutions Spécialisées de la Communauté assistent aux réunions du
Conseil.
Article 21.-
Le Comité Ministériel examine les grandes orientations des politiques économiques
respectives des Etats membres de la Communauté et en assure la cohérence avec la
politique monétaire commune. Les attributions du Comité Ministériel sont précisées dans
la Convention régissant l’UMAC.
Article 22.-
Chaque Etat membre est représenté au Comité Ministériel par deux Ministres, dont le
Ministre chargé des finances, et ne dispose que d’une voix exprimée par ce dernier.
La Présidence du Comité Ministériel est tournante. Elle est assurée, pour une année civile
et par ordre alphabétique des Etats membres, par le Ministre des Finances.
Le Comité Ministériel se réunit sur convocation de son Président au moins deux fois par
an dont une pour la ratification des comptes de la BEAC. Il se réunit également à la
demande de la moitié de ses membres ou encore à la demande d’un Organe ou d’une
Institution Spécialisée de l’UMAC.
Article 23.-
Le Gouverneur de la B.E.A.C. et les premiers responsables des Institutions Spécialisées
de l’UMAC rapportent, chacun en ce qui le concerne, les affaires inscrites à l’ordre du jour
des réunions du Comité Ministériel. Le Président de la Commission assiste à ces
réunions.
Article 24.-
Les dispositions relatives à l’organisation, au fonctionnement et aux modalités de prise de
décisions sont prévues dans la Convention régissant l’UMAC.
Section 4 – De la Commission
Article 25.-
La Communauté, afin de réaliser ses objectifs, dispose d’une Commission.
Article 26.-
La Commission est composée des Commissaires désignés à raison d’un Commissaire par
Etat membre dont un Président et un Vice- Président.
Article 27.-
Le Président, le Vice-Président de la Commission et les Commissaires sont nommés par
la Conférence des Chefs d’Etat pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois. Ils
sont choisis sur la base des critères de compétence, d’objectivité et d’indépendance.
Article 28.-
La Commission est régie par le principe de la collégialité. Les modalités d’application de la
collégialité sont fixées par le Règlement intérieur de la Commission.
Ses décisions sont prises à la majorité de ses membres. En cas d’égalité, la voix du
Président est prépondérante.
Article 29.-
Durant leur mandat, les membres de la Commission sont irrévocables sauf en cas de
faute lourde ou d’incapacité constatée par la Cour de Justice sur saisine du Conseil des
Ministres.
Article 30.-
Le mandat des membres de la Commission peut être interrompu par décès, démission ou
révocation.
La révocation est prononcée par la Conférence des Chefs d’Etat pour sanctionner les
manquements aux devoirs liés à l’exercice des fonctions de membre de la Commission,
après avis de la Cour de Justice.
Article 31.-
Les membres de la Commission exercent leurs fonctions en toute indépendance, dans
l’intérêt général de la Communauté. Ils ne sollicitent ni n’acceptent d’instructions d’aucun
Gouvernement, ni d’aucune autre personne physique ou morale. Les Etats membres sont
tenus de respecter leur indépendance.
Pendant la durée de leur mandat, ils n’exercent aucune autre activité professionnelle
rémunérée ou non. Toutefois, ils peuvent mener des activités littéraires, artistiques et
scientifiques.
Article 32.-
Lors de leur entrée en fonction, les membres de la Commission s’engagent, devant la
Cour de Justice Communautaire, à observer les devoirs d’indépendance, d’impartialité, de
réserve, d’honnêteté et de délicatesse nécessaires à l’accomplissement de leur mission,
par le serment qui suit :
Article 33.-
Les droits et avantages des membres de la Commission sont fixés par la Conférence des
Chefs d’Etat, sur proposition du Conseil des Ministres.
Article 34.-
La Commission dispose du droit d’initiative en matière normative, ainsi que des pouvoirs
d’exécution et de mise en œuvre des politiques et programmes communautaires relevant
de l’UEAC. A cet effet et sauf dispositions contraires, le Conseil ne peut amender les
propositions de la Commission qu’à l’unanimité de ses membres.
Article 35.-
La Commission, sous l’autorité de son Président, exerce en vue du bon fonctionnement et
de l’intérêt général de la Communauté les pouvoirs propres que lui confère le présent
Traité. A cet effet, elle :
- attire l’attention des Etats sur les conséquences du non respect des politiques
communautaires. Elle établit dans ce sens un rapport au Conseil des Ministres.
En cas de silence du Conseil, le Président de la Commission saisit la Cour de
Justice aux fins de faire constater le manquement et de prononcer les
sanctions ;
- adopte son Règlement intérieur, après avis conforme du Conseil des Ministres.
Article 36.-
Le Président et les autres Membres de la Commission peuvent être auditionnés par le
Parlement Communautaire à la demande de celui-ci.
Article 37.-
Le Président exerce ses fonctions dans l’intérêt général de la Communauté. A cet effet,
sans préjudice des statuts particuliers :
- Il est le représentant légal de la Communauté ;
- Il est le Chef de l’Exécutif ;
- Il organise les services de la Commission ;
- Il est l’Ordonnateur du budget de la Communauté ;
- Il transmet à la Conférence des Chefs d’Etat les recommandations et les avis
nécessaires ou utiles à l’application du présent Traité et au fonctionnement de la
Communauté ;
- Il assiste aux réunions du Comité Ministériel de l’UMAC.
Article 38.-
Le Vice-Président seconde le Président de la Commission. Il le supplée en cas d’absence
ou d’empêchement.
Article 39.-
L’organisation, le fonctionnement et les attributions de la Commission ainsi que le statut et
les attributions du Président et des autres membres de la Commission sont précisés par le
Règlement intérieur de la Commission et par les autres textes communautaires
spécifiques.
Article 40.-
Pour l’application du présent Traité et sauf dérogations prévues par celui-ci ou par des
dispositions particulières contenues dans les Conventions de l’UEAC et de l’UMAC :
Article 41.-
Les actes additionnels sont annexés au Traité de la CEMAC et complètent celui-ci sans le
modifier. Leur respect s’impose aux Institutions, aux Organes et aux Institutions
Spécialisées de la Communauté ainsi qu’aux autorités des Etats membres.
Les règlements et les règlements cadres ont une portée générale. Les règlements sont
obligatoires dans tous leurs éléments et directement applicables dans tout Etat membre.
Les règlements cadres ne sont directement applicables que pour certains de leurs
éléments.
Les directives lient tout Etat membre destinataire quant au résultat à atteindre tout en
laissant aux instances nationales leur compétence en ce qui concerne la forme et les
moyens.
Les décisions sont obligatoires dans tous leurs éléments pour les destinataires qu’elles
désignent.
Article 42.-
Les règlements, les règlements cadres, les directives et les décisions du Conseil des
Ministres, du Comité Ministériel, de la Commission et des autres Institutions, Organes et
Institutions Spécialisées de la Communauté sont motivées.
Article 43.-
Les actes additionnels, les règlements et les règlements cadres sont publiés au Bulletin
Officiel de la Communauté. Ils entrent en vigueur à la date qu’ils fixent ou, à défaut, le
vingtième jour suivant leur publication. Ils sont également publiés aux Journaux Officiels
des Etats membres.
Les directives et les décisions sont notifiées à leurs destinataires et prennent effet le
lendemain de cette notification.
Article 44.-
Sous réserve des dispositions de l’article 43 du présent traité, les actes adoptés par les
Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la Communauté pour la réalisation des
objectifs du présent Traité sont appliqués dans chaque Etat membre nonobstant toute
législation nationale contraire, antérieure ou postérieure.
Article 45.-
Les décisions qui comportent, à la charge des personnes autres que les Etats, une
obligation pécuniaire, forment titre exécutoire.
L’exécution forcée est régie par les règles de la procédure civile en vigueur dans l’Etat sur
le territoire duquel elle a lieu. La formule exécutoire est apposée, sans autre contrôle que
celui de la vérification de l’authenticité du titre, par l’autorité nationale que le
gouvernement de chacun des Etats membres désigne à cet effet et dont il donne
connaissance à la Commission et à la Cour de Justice Communautaire.
L’exécution forcée ne peut être suspendue qu’en vertu d’une décision de la Cour de
Justice Communautaire. Toutefois, le contrôle de la régularité des mesures d’exécution
relève de la compétence des juridictions nationales.
Article 46.-
Le contrôle du fonctionnement et des activités de la Communauté comprend un contrôle
parlementaire assuré par le Parlement Communautaire, un contrôle juridictionnel, assuré
par la Cour de Justice et un contrôle budgétaire assuré par la Cour des Comptes.
Article 47.-
Le Parlement Communautaire est institué par une convention séparée. Il légifère par voie
de directives.
Article 48.-
La Cour de Justice assure le respect du droit dans l’interprétation et dans l’application du
présent Traité et des conventions subséquentes.
Article 49.-
Le Conseil des Ministres adopte, à la majorité qualifiée, le budget de la Communauté sur
proposition du Président de la Commission avant l’ouverture de l’exercice budgétaire.
Article 50.-
Les ressources de la Communauté proviennent essentiellement du produit de la Taxe
Communautaire d’Intégration (TCI). Elles sont collectées conformément aux dispositions
en vigueur.
Les contributions des Etats membres afférentes à la mise en œuvre des politiques
communes sont constituées des produits de la TCI, déduction faite des sommes affectées
au budget de fonctionnement de la Communauté.
Outre la TCI et les éventuelles contributions complémentaires des Trésors nationaux, les
ressources budgétaires de la Communauté peuvent également provenir :
Article 51.-
Les contributions financières des Etats membres font l’objet, en dernier recours, d’un
prélèvement automatique sur le compte ordinaire ouvert par chaque Trésor National
auprès de la B.E.A.C. Notification en est faite au Ministre des Finances de l’Etat concerné.
Le prélèvement est effectué de plein droit par la B.E.A.C. à l’initiative du Président de la
Commission dès lors qu’un Etat membre n’a pas effectué, dans le délai mentionné par les
règlements financiers prévus à l’article 52 ci-après, les versements auxquels il est astreint.
Article 52.-
Si un Etat ne s’est pas acquitté de ses contributions un an après l’expiration du délai fixé
par les règlements financiers, sauf cas de force majeure dûment constatée par le Conseil
des Ministres, le Gouvernement de cet Etat est privé du droit de prendre part aux votes
lors des assises des Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la Communauté.
Six (6) mois après la suspension du droit de vote, ledit Gouvernement est privé de prendre
part aux activités de la Communauté et cesse de bénéficier des avantages prévus au titre
du présent Traité et des Conventions de l’UEAC et de l’UMAC.
Ces diverses sanctions prennent fin de plein droit dès la régularisation totale de la
situation de cet Etat.
Article 53.-
Le Conseil des Ministres adopte, à l’unanimité et sur proposition du Président de la
Commission, après consultation de la Cour des Comptes, les règlements financiers
spécifiant notamment les modalités d’élaboration et d’exécution du budget ainsi que les
conditions de reddition et de vérification des comptes.
Article 54.-
Article 55.-
Tout autre Etat africain, partageant les mêmes idéaux que ceux auxquels les Etats
fondateurs se déclarent solennellement attachés, pourra solliciter son adhésion à la
Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale.
Cette adhésion ne pourra intervenir qu'après accord unanime des membres fondateurs.
Toute adhésion ultérieure d'un nouvel Etat sera subordonnée à l'accord unanime des Etats
membres de la Communauté.
Cette adhésion implique l’usage de la langue officielle du nouvel Etat membre au cours
des travaux de la Communauté, si cette langue ne figure pas parmi celles citées à l’article
59 du présent Traité.
Article 56.-
Tout Etat africain peut être associé à une ou plusieurs politiques de la Communauté.
Les conditions d’une telle association font l’objet d’un accord entre l’Etat demandeur et la
Communauté.
Article 57.-
Tout Etat membre peut soumettre à la Conférence des Chefs d’Etat des projets tendant à
la révision du présent Traité ou des Conventions de l’UEAC et de l’UMAC. Les
modifications sont adoptées à l’unanimité des Etats membres.
Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les Etats membres
en conformité avec leurs règles constitutionnelles respectives.
Article 58.-
Le Traité de la CEMAC peut être dénoncé par tout Etat membre. Il cesse d’avoir effet à
l’égard de celui-ci le dernier jour du sixième mois suivant la date de notification à la
Conférence des Chefs d’Etat. Ce délai peut cependant être abrégé d’un commun accord
entre les Etats signataires.
Article 59.-
Les langues de travail de la Communauté sont le français, l’anglais, l’espagnol et l’arabe.
Article 60.-
En attendant la création du Parlement Communautaire, il est institué une Commission
Interparlementaire. Celle-ci est composée de cinq (5) membres par Etat désignés par
l’organe législatif de chaque Etat membre.
Article 61.-
La Présidence de la Commission Interparlementaire est exercée par l’Etat membre qui
assure la présidence de la Conférence des Chefs d’Etat.
Article 62.-
Après adoption du présent Traité, il est procédé à la nomination des membres de la
Commission. Ceux-ci prêtent serment devant la Cour de Justice Communautaire.
Article 63.-
Les dispositions du présent Traité abrogent et remplacent celles du Traité du 16 mars
1994 instituant la CEMAC et celles de l’Additif au Traité relatif au système institutionnel et
juridique de la Communauté du 5 juillet 1996, ainsi que de tout autre texte contraire.
Article 64.-
Le présent Traité est rédigé en exemplaire unique en langues française, espagnole, arabe
et anglaise ; le texte en français faisant foi en cas de divergence d’interprétation.
Article 65.-
Le présent Traité entre en vigueur après sa signature par les Etats membres et sa
ratification.
Article 66.-
Le présent Traité sera ratifié à l’initiative des Hautes Parties Contractantes, en conformité
avec leurs règles constitutionnelles respectives. Les instruments de ratification seront
déposés auprès du gouvernement de la République du Tchad, qui en informera les autres
Etats membres et leur en délivrera copies certifiées conformes.
Article 67.-
Le présent Traité sera enregistré, après ratification, auprès de l’Organisation des Nations
Unies et de l’Union Africaine.
The texts of the Treaty* Establishing the Economic and Monetary Community of Central
Africa (CEMAC) and the Convention Governing the Economic Union of Central Africa (UEAC) are
reproduced hereunder.2
1
Cameroon, Central African Republic, Congo, Gabon and Chad.
2
The notification of this Treaty is contained in document WT/COMTD/N/13.
*
In French only.
WT/COMTD/24
Page 2
Prenant acte de l'approche d'intégration proposée en UDEAC telle qu'inspirée par les Chefs
d'Etat de l'OUA lors de la Conférence d'Abuja en juillet 1991;
Désireux de renforcer la solidarité entre leurs peuples dans le respect de leurs identités
nationales respectives;
Réaffirmant leur attachement aux principes de liberté, de démocratie et de respect des droits
fondamentaux des personnes et l'Etat de droit;
Article premier
Article 2
Article 3
Les quatre Institutions citées à l'article 2 ci-dessus feront l'objet de Conventions séparées, à
annexer respectivement au présent Traité et dont elles feront intégralement partie.3
Le statut des organes cités ci-dessus et existant déjà feront l'objet, si nécessaire de
modifications par conventions séparées en vue de leur harmonisation avec les dispositions des Actes
régissant la Communauté.
Article 4
Le Parlement Communautaire, qui serra créé ultérieurement par une Convention séparée aura
pour rôle essentiel de légiférer par voie de directives.
Article 5
La Cour de justice Communautaire comporte deux Chambres: Une Chambre Judiciaire et une
Chambre des Comptes.
Article 6
Tout autre État africain, partageant les mêmes idéaux que ceux auxquels les États fondateurs
se déclarent solennellement attachés, pourra solliciter son adhésion à la Communauté Économique et
Monétaire de l'Afrique Centrale.
Cette adhésion ne pourra intervenir qu'après accord unanime des membres fondateurs.
Toute adhésion ultérieure d'un nouvel État sera subordonnée à l'accord unanime des membres
de la Communauté.
3
Le texte de la Convention régissant l'Union Économique de l'Afrique Centrale est annexé à ce
document.
WT/COMTD/24
Page 4
Article 7
ANNEXE
PRÉAMBULE
- conscients des avantages que les États membres tirent de leur appartenance à la même
communauté monétaire et de la nécessité de la compléter par une Union Économique;
- affirmant leur volonté de se conformer aux principes d'une économie de marché ouverte,
concurrentielle et favorisant l'allocation optimale des ressources;
- prenant en compte les acquis obtenus dans le cadre des organisations régionales africaines
auxquelles participent les États membres;
Article premier
Par la présente Convention, les Hautes Parties Contractantes créent entre elles l'Union
Économique de l'Afrique Centrale, ci-après dénommée l'Union Économique, afin d'établir en commun
les conditions d'un développement économique et social harmonieux dans le cadre d'un marché ouvert
et d'un environnement juridique approprié.
WT/COMTD/24
Page 6
Article 2
Aux fins énoncées à l'article premier et dans les conditions prévues par la présente
Convention, l'Union Économique entend réaliser les objectifs suivants:
(b) assurer la convergence vers des performances soutenables par la coordination des
politiques économiques et la mise en cohérence des politiques budgétaires nationales
avec la politique monétaire commune;
(c) créer un marché commun fondé sur la libre circulation des biens, des services, des
capitaux et des personnes;
(d) instituer une coordination des politiques sectorielles nationales, mettre en oeuvre des
actions communes et adopter des politiques communes, notamment dans les
domaines suivants: l'agriculture, l'élevage, la pêche, l'industrie, le commerce, le
tourisme, les transports, les télécommunications, l'énergie, l'environnement, la
recherche, l'enseignement et la formation professionnelle.
Article 3
La réalisation des objectifs de l'Union Économique prendra en compte les acquis de l'Union
Douanière et Économique de l'Afrique Centrale (UDEAC) et sera entreprise au cours d'un processus
en trois étapes.
Article 4
Au cours de la première étape, d'une durée de cinq ans à compter de l'entrée en vigueur de la
présente Convention et dans les conditions prévues par celle-ci, l'Union Économique:
c) initie le processus de mise en place des instruments de libre circulation des biens, des
services, des capitaux et des personnes, notamment par une harmonisation de la
fiscalité des activités productives et de la fiscalité de l'épargne;
Article 5
Au cours de la deuxième étape, d'une durée de cinq ans à compter de la fin de la première
étape, et dans les conditions prévues par la présente Convention, l'Union Économique:
f) établit, entre ses États membres, la libre circulation des biens, des services, des
capitaux et des personnes;
g) met en oeuvre des actions communes dans les domaines cités à l'article 4 alinéa b) de
la présente Convention;
Article 6
Au cours de la troisième étape, la Conférence des Chefs d'Etat décide par ailleurs, au vu du
rapport du Secrétariat Exécutif et sur proposition du Conseil des Ministres, de l'instauration des
politiques communes dans les domaines énumérés à l'article 2d) de la présente Convention. Dans ce
cas, la Conférence des Chefs d'Etat fixe, par voie d'acte additionnel à la Convention, les objectifs et
les lignes directrices de ces politiques ainsi que les pouvoirs d'action conférés au Conseil et au
Secrétariat Exécutif pour leur mise on oeuvre.
Article 7
La Conférence des Chefs d'Etat établit, à intervalles réguliers et en toute hypothèse au début
de chacune des deux premières étapes de la construction de l'Union Économique, le programme de
travail des institutions, en tenant compte des priorités et des modalités de l'action de l'Union
Economique. Au cours de chacune de ces étapes, elle peut fixer, le cas échéant, au vu d'un rapport
d'exécution présente par le Secrétariat Exécutif, la date du passage anticipé à l'étape suivante.
Article 8
L'Union Économique agit dans la limite des objectifs que le Traité de la CEMAC et la
présente Convention lui assignent. Elle respecte l'identité nationale de ses État membres.
Les organes de l'Union Économique et les institutions spécialisées de celle-ci édictent, dans
l'exercice des pouvoirs normatifs que la présente Convention leur attribue, des prescriptions
minimales et de réglementations cadres, qu'il appartient aux États membres de compléter en tant que
de besoin, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.
WT/COMTD/24
Page 8
Article 9
Les actes juridiques pris par les organes de l'Union Économique et les institutions spécialisées
de celle-ci pour la réalisation des objectifs de la présente Convention, conformément aux règles et
procédures instituées par cette même Convention, sont appliqués dans chaque État membre.
Article 10
Les Etats membres apportent leur concours à la réalisation des objectifs de l'Union
Economique en adoptant toutes mesures internes propres à assurer l'exécution des obligations
découlant de la présente Convention. Ils s'abstiennent de toute mesure susceptible de faire obstacle à
l'application de la présente Convention et des actes juridiques pris pour sa mise en oeuvre.
Article 11
Les Etats membres considèrent leurs politiques économiques comme une question d'intérêt
commun et veillent à leur coordination au sein du Conseil en vue de la réalisation des objectifs définis
à l'article 2 paragraphe b) de la présente Convention.
Article 12
Article 13
La réalisation du marché commun sera parachevée au plus tard au terme de la deuxième étape
de la construction de l'Union Économique.
Article 14
En vue de la réalisation de l'objectif défini à l'article 13, paragraphe a), et tenant compte des
acquis en la matière, les États membres s'abstiennent, dès l'entrée en vigueur de la présente
Convention:
q) d'introduire toute disposition en faveur d'une entreprise située sur leur territoire visant
à des dérogations ou des exonérations susceptibles d'affecter la concurrence entre les
entreprises de l'Union Économique.
Article 15
Le Conseil des Ministres tient compte des effets que le démantèlement des protections
douanières pourrait avoir sur l'économie de certains États membres, et prend en tant que de besoin les
mesures appropriées.
Article 16
Sous réserve des mesures de rapprochement des législations mises en oeuvre par l'Union
Économique, les États membres peuvent interdire ou restreindre l'importation, l'exportation, ou le
transit des biens, lorsque ces interdictions ou restrictions sont justifiées par des raisons de moralité
publique, d'ordre public, de sécurité publique, de protection de la santé ou de la vie des personnes et
des animaux, de préservation des végétaux, de protection des patrimoines culturel, historique ou
archéologique, de protection de la propriété industrielle et commerciale.
WT/COMTD/24
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Article 17
Article 18
Article 19
Article 20
Si des accords avec des pays tiers doivent être conclus dans le cadre de la politique
commerciale commune, le Secrétaire Exécutif présente des recommandations au Conseil des
Ministres qui l'autorise, à la majorité qualifiée, à ouvrir les négociations nécessaires.
Le Secrétaire Exécutif conduit les négociations en consultation avec un comité désigné par le
Conseil des Ministres et dans le cadre des directives élaborées par celui-ci.
Les accords mentionnés à l'alinéa premier sont conclus par le Conseil des Ministres, statuant à
la majorité qualifiée de ses membres.
Article 21
Les États membres harmonisent leur position sur toutes les questions ayant une incidence sur
le fonctionnement du marché commun traitées dans le cadre d'organisations internationales à caractère
économique.
Article 22
A la demande d'un État membre, le Conseil des Ministres, statuant à la majorité qualifiée,
peut autoriser cet État, sur proposition du Secrétaire Exécutif, à prendre, pour une durée limitée et par
dérogation aux règles générales de l'Union Économique et de la politique commerciale commune, des
mesures de protection destinées à faire face à des difficultés graves dans un ou plusieurs secteurs
économiques.
En cas de crise économique soudaine affectant notamment la Balance des Paiements, l'Etat
membre peut prendre à titre conservatoire les mesures de sauvegarde indispensables. Les mesures de
sauvegarde ainsi adoptées ne doivent provoquer qu'un minimum de perturbations sur le
fonctionnement du marché commun. Elles ne peuvent excéder une durée de six mois, éventuellement
renouvelable. Elles doivent être entérinées, tant dans leur durée que dans leur contenu, par le Conseil
des Ministres statuant à la majorité qualifiée.
Le Conseil des Ministres, statuant des les mêmes conditions, peut décider que l'Etat concerné
doit modifier, suspendre ou supprimer lesdites mesures de sauvegarde et/ou de protection.
Article 23
Ces règlements précisent les interdictions et peuvent prévoir des exceptions limitées afin de
tenir compte des situations spécifiques.
Article 24
Article 25
Le Secrétaire Exécutif est chargé de l'application des règles de concurrence définies sur le
fondement des articles 23 et 24 de la présente Convention. Dans le cadre de cette mission, il peut
requérir l'avis de la Chambre Judiciaire.
WT/COMTD/24
Page 12
Article 26
Le Conseil des Ministres arrête à l'unanimité, sur proposition du Secrétariat Exécutif, les
règlements relatifs à la mise en oeuvre des objectifs définis à l'article 13 paragraphe d) de la présente
Convention.
Article 27
Dans l'exercice des pouvoirs définis à l'article 26 ci-dessus, le Conseil des Ministres veille au
respect des règles suivantes:
b) le droit d'établissement
− est appliquée par priorité aux services qui interviennent de façon directe dans
les coûts de production ou dont la libération contribue à faciliter les échanges
de marchandises;
Article 28
La liberté de circulation des capitaux est régie par les dispositions de la Convention relative à
l'Union Monétaire de l'Afrique Centrale et par les textes subséquents.
Article 29
b) l'ouverture aux mêmes conditions d'accès que les nationaux, des établissements
d'enseignement à tous les ressortissants de l'Union Économique;
Article 30
Le Conseil des Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif arrête, à la majorité qualifiée,
les règlements, directives ou recommandations nécessaires à la mise en oeuvre de l'article 29
ci-dessus.
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Article 31
Article 32
Les dispositions relatives à la libéralisation des prestations de services dans le domaine des
transports et des télécommunications sont prises en conformité avec les principes et les procédures
définis aux articles 13 d), 25 et 26 de la présente Convention, et en tenant compte des acquis en la
matière.
Article 33
b) définit par voie de recommandations les orientations que les États membres sont
invités à mettre en oeuvre simultanément en vue de l'amélioration de l'efficacité
économique et sociale des secteurs de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche;
c) a la faculté d'engager, par voie de règlements, des actions portant notamment sur
l'organisation commune de la recherche.
Article 34
Le Conseil des Ministres arrête, à la majorité simple et sur proposition du Secrétaire Exécutif,
les règlements et les recommandations mentionnés à l'article 33 ci-dessus. Il délègue au Secrétaire
Exécutif, dans les mêmes conditions de majorité, tout pouvoir d'exécution nécessaire à la coordination
des politiques agricoles, pastorales ou piscicoles des États membres.
Article 35
e) assurer des prix raisonnables dans les livraisons des produits aux consommateurs;
Article 36
b) définit par voie de recommandations les orientations que les États membres sont
invités à mettre en oeuvre simultanément en vue notamment de la sauvegarde et du
développement des ressources énergétiques.
Article 37
Le Conseil des Ministres arrête, à la majorité simple et sur proposition du Secrétaire Exécutif,
les règlements et les recommandations mentionnés à l'article 36 ci-dessus. Il délègue au Secrétaire
Exécutif, dans les mêmes conditions de majorité, tout pouvoir d'exécution nécessaire à la coordination
des politiques énergétiques des États membres.
Article 38
Article 39
b) définit par voie de recommandations les orientations que les États membres sont
invités à mettre en oeuvre, en vue de la préservation, de la protection, de la
restauration et de l'amélioration de la qualité de l'environnement;
c) a la faculté d'engager par voie de règlements des actions pilotes communes avec effet
d'entraînement dans ce domaine.
Article 40
Le Conseil des Ministres arrête, à la majorité simple et sur proposition du Secrétaire Exécutif,
les règlements et les recommandations mentionnés à l'article 39 ci-dessus. Il délègue au Secrétaire
Exécutif, dans les mêmes conditions de majorité, tout pouvoir d'exécution nécessaire à la coordination
des politiques des Etats membres en matière de protection de l'environnement.
Article 41
Article 42
a) les systèmes d'information mutuelle auxquelles participent les États membres en vue
de la coordination de leurs politiques industrielles;
b) les conditions dans lesquelles il pourra être dérogé, dans certains secteurs de
l'économie, au droit de la concurrence de l'Union Économique.
Le Conseil des Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif, fixe la durée des dispositions
dérogatoires prises en application du paragraphe b) du présent article. Les États membres sont tenus
d'informer le Secrétaire Exécutif des mesures d'exécution prises sur le plan national, en vue de
faciliter l'exercice de sa mission de veiller à l'application de la présente Convention.
Article 43
Article 44
b) définit pas voie de recommandations les orientations que les États membres sont
invités à mettre en oeuvre simultanément en vue du développement du tourisme;
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Article 45
Le Conseil des Ministres arrête, à la majorité simple et sur proposition du Secrétaire Exécutif,
les règlements ou recommandations mentionnés à l'article précédent. Il délègue au Secrétaire
Exécutif, dans les mêmes conditions de majorité, tout pouvoir d'exécution nécessaire à la coordination
des politiques des États membres en matière de tourisme.
Article 46
Article 47
Article 48
En tant que de besoin, le Conseil des Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif, adopte
à la majorité qualifiée, par voie de règlement ou de directive, les dispositions d'application
nécessaires.
Article 49
Les États membres s'accordent au sein du Conseil des Ministres sur les grandes orientations
de politique économique qu'ils s'engagent à respecter en harmonisant et en coordonnant leurs
politiques nationales.
L'exercice de surveillance par le Conseil des Ministres consiste à vérifier d'une part, la
conformité des politiques économiques à ces grandes orientations et, d'autre part, la cohérence des
politiques nationales avec la politique monétaire commune.
c) un Collège de surveillance;
Article 50
Article 51
Les cellules nationales sont chargées de rassembler et de mettre en cohérence les données
statistiques nationales à partir desquelles s'exerce la surveillance, de les transmettre à la cellule
régionale dans les formes et les fréquences fixées par le Collège de Surveillance, de vérifier leur
couverture et leur pertinence. Elles suivent l'évolution de l'économie et des politiques économiques.
Elles informent la cellule régionale de toute décision ou événement relatif à la politique économique
de leur État. Elles rédigent des rapports périodique d'analyses pour leurs autorités et la cellule
communautaire. Elles examinent pour leurs autorités le rapport périodique de la cellule
communautaire.
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Article 52
Le Collège de Surveillance se réunit au moins deux fois par an sur convocation du Secrétaire
Exécutif en vue de préparer les réunions du Conseil des Ministres relatives à l'exercice de la
surveillance multilatérale. Le Collège de Surveillance veille au bon fonctionnement de la cellule
communautaire et des cellules nationales.
Il est composé de deux représentants par cellule nationale désignés à titre personnel et deux
représentants de la cellule communautaire, dont un de la BEAC et un autre de l'UEAC. Il est présidé
par le Secrétaire Exécutif.
Article 53
Sur rapport du Secrétaire Exécutif le Conseil des Ministres, après avis du Collège de
Surveillance, se prononce au moins une fois par an sur les grandes orientations des politiques
économiques des États membres et de l'Union Économique. A cet effet il adresse, sur proposition du
Secrétaire Exécutif, des recommandations aux États membres.
Article 54
Dans le cadre de l'Union Économique, et pour les besoins de la surveillance multilatérale, les
législations budgétaires des États membres sont harmonisées au cours de la première étape de la
construction de l'Union Économique.
Article 55
Pour assurer la coordination des politiques économiques des États membres, la procédure de
surveillance multilatérale s'appuie sur des indicateurs de surveillance et sur un ensemble de variables
reprises dans un tableau de bord macro-économique pour suivre et interpréter les évolutions
économiques des États et de l'Union Économique.
Les États membres s'interdisent tout déficit public excessif. Ils s'astreignent dans ce domaine
à respecter une discipline budgétaire.
Un déficit budgétaire est qualifié d'excessif notamment lorsqu'il n'est pas compatible avec les
objectifs de la politique monétaire, en particulier en ce qui concerne son financement et le taux de
couverture extérieure de l'émission monétaire.
Le déficit peut aussi être qualifié d'excessif lorsque l'un des critères de surveillance suivants
n'est pas respecté:
Le Conseil des Ministres adopte, sur proposition du Secrétaire Exécutif et après consultation
du Collège de Surveillance, d'autres critères de surveillance qui traduisent le caractère excessif du
déficit pour renforcer la discipline budgétaire.
Le choix des indicateurs de surveillance et celui des variables qui constituent le tableau de
bord est opéré collégialement par les cellules nationales et la cellule communautaire, sous la
présidence du Secrétaire Exécutif.
Article 56
Les États membres limitent les disparités dans la structure de leurs prélèvements fiscaux. Le
Conseil des Ministres, statuant à la majorité simple, sur proposition du Secrétaire Exécutif, adopte des
recommandations à cet effet.
Les États membres veillent à la maîtrise de leur endettement intérieur et extérieur et notifient
à la BEAC et au Secrétaire Exécutif les informations relatives à leur dette intérieure et extérieure. La
BEAC prête son concours aux États membres, qui le souhaitent, dans la négociation ou pour la
gestion de leur dette.
Les États membres procèdent à l'examen de leurs politiques des prix et des revenus en vue de
les coordonner, les harmoniser et d'éviter qu'elles ne nuisent au développement de l'offre et à
l'environnement économique. Sur proposition du Secrétaire Exécutif, le Conseil des Ministres
examine notamment dans quelle mesure, à l'intérieur d'un ou plusieurs États membres, les actions de
groupes économiques, sociaux ou professionnels sont susceptibles de contrarier la réalisation des
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Article 57
Afin d'accomplir leurs tâches, les cellules nationales sont dotées, sur les ressources
budgétaires de l'Union Économique, des moyens de communication leur permettant d'échanger
librement entre elles et avec la cellule communautaire leurs informations et analyses respectives.
Les données statistiques faisant foi pour l'exercice de surveillance multilatérale de l'Union
Économique sont celles retenues par le Collège de Surveillance.
Article 58
Lorsqu'un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés en
raison d'événements exceptionnels, le Conseil des Ministres, statuant à l'unanimité sur proposition du
Secrétaire Exécutif, peut exempter pour une durée maximum de six mois cet État membre du respect
de tout ou partie des prescriptions énoncées dans le cadre de la procédure de surveillance
multilatérale.
Le Conseil des Ministres peut adresser à l'Etat membre intéressé des directives portant sur les
mesures à mettre en oeuvre.
Avant l'issue de la période de six mois mentionnée à l'alinéa premier du présent article, le
Secrétaire Exécutif fait rapport au Conseil des Ministres sur l'évolution de la situation dans l'Etat
membre et sur la mise en oeuvre des directives qui lui sont adressées. Au vu de ce rapport, le Conseil
des Ministres peut décider à l'unanimité, sur proposition du Secrétaire Exécutif, de proroger la période
d'exemption en fixant une nouvelle échéance.
Article 59
Lorsqu'un État membre mène des politiques économiques qui ne respectent pas les grandes
orientations visées à l'article 49, ou qui ignorent les recommandations du Conseil des Ministres, ou
qui se traduisent par un dépassement des valeurs critiques des indicateurs de surveillance normés, ou
par un non respect des engagements pris au titre des programmes d'ajustement, le Conseil des
Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif, adopte à la majorité qualifiée de ses membres une
directive à l'adresse de cet État membre.
Si le Conseil des Ministres n'a pas été en mesure de réunir les conditions de majorité
nécessaires à l'adoption d'une directive, le Secrétaire Exécutif rend sa proposition publique.
Article 60
L'Etat membre destinataire d'une directive du Conseil des Ministres élabore en concertation
avec le Secrétaire Exécutif et dans un délai de 45 jours un programme d'ajustement approprié.
La mise en oeuvre effective d'un programme reconnu conforme ouvre à l'Etat membre
concerné le bénéfice de mesures positives. Celles-ci comprennent notamment:
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Pour mener à bien cette dernière tâche, le Secrétaire Exécutif met en place un cadre de
négociation avec la communauté financière internationale et utilise l'ensemble des moyens dont il
dispose pour appuyer l'Etat membre concerné dans les consultations et négociations qui sont
entreprises.
Article 61
Si un État membre n'a pu élaborer un programme d'ajustement approprié dans le délai prescrit
à l'article 60 ci-dessus, si le Secrétaire Exécutif n'a pas reconnu la conformité du programme
d'ajustement avec la directive du Conseil des Ministres et avec la politique économique de l'Union, si
enfin le Secrétaire Exécutif constate l'inexécution insatisfaisante du programme rectificatif, il transmet
dans un délai maximum de 30 jours au Conseil des Ministres un rapport assorti éventuellement de
propositions de sanctions.
L'examen des propositions de sanctions mentionnées ci-après est inscrit de plein droit à
l'ordre du jour d'une session du Conseil des Ministres par le Secrétaire Exécutif.
Le principe et la nature des sanctions font l'objet de délibérations séparées. Les sanctions sont
prises et modifiées à la majorité simple des membre du Conseil des Ministres.
Le Conseil des Ministres, statuant à la majorité simple sur proposition du Secrétaire Exécutif,
peut compléter les sanctions positives ou négatives par des dispositions supplémentaires jugées
nécessaires au renforcement de l'efficacité du processus de surveillance.
Article 62
La Conférence des Chefs d'Etat, instituée par le Traité de la CEMAC et régie par les articles 3
et suivants de l'Additif audit Traité relatif au système institutionnel et juridique de la Communauté,
adopte les actes dont la présente Convention lui confie la compétence.
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Article 63
Le Conseil des Ministres de l'UEAC, institué par le Traité de la CEMAC et régi par les
articles 8 et suivants de l'Additif susvisé, assure la direction de l'Union Économique, par l'exercice des
pouvoirs que la présente Convention lui confère.
Article 64
Article 65
Lorsque le Président constate qu'un consensus n'est pas réalisable, il décide de procéder à un
vote selon les règles applicables pour le sujet sur lequel porte la délibération. Dans ce cas, chaque
Etat membre peut demander que le vote soit reporté à la prochaine réunion du Conseil des Ministres.
Lors de cette deuxième réunion, le vote ne peut être reporté qu'à la majorité simple des États
membres.
Article 66
Lorsque la Convention prévoit que le Conseil des Ministres statue à la majorité simple, les
délibérations du Conseil sont acquises à la majorité des membres qui le composent, dans le respect
des dispositions de l'article 65 ci-dessus. Chaque État membre dispose d'une voix.
Lorsque la Convention prévoit que le Conseil des Ministres statue à la majorité qualifiée, les
délibérations du Conseil sont acquises à la majorité des cinq sixièmes de ses membres, dans le respect
des dispositions de l'article 65 ci-dessus. Chaque État membre dispose d'une voix.
Lorsque la Convention prévoit que le Conseil des Ministres statue à l'unanimité, les
abstentions des membres du Conseil présents ne sont pas prises en considération.
Article 67
Dans l'intervalle des réunions du Conseil des Ministres et en cas d'urgence, une procédure
écrite de consultation à domicile peut être mise en oeuvre par son Président.
Article 68
Pour les questions ne portant pas principalement sur la politique économique et financière, et
par dérogation à l'article 9 de l'Additif au Traité, le Conseil des Ministres peut réunir en formation
ad hoc les ministres compétents. Dans ce cas, les délibérations acquises deviennent définitives après
que le Conseil des Ministres en ait constaté la compatibilité avec la politique économique et financière
de l'Union Économique.
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Article 69
Le Conseil des Ministres peut déléguer une partie de ses pouvoirs à son Président ou au
Secrétaire Exécutif.
Article 70
Les délibérations du Conseil des Ministres sont préparées par un comité Inter-États.
Le Comité Inter-États examine et donne des avis sur les propositions inscrites à l'ordre du jour
du Conseil des Ministres.
Le Comité Inter-États est composé d'un représentant titulaire et d'un suppléant désignés par
chaque État membre pour un mandat de trois ans. Les fonctionnaires du Secrétariat Exécutif et les
représentants des organismes spécialisés de la CEMAC peuvent assister aux réunions du Comité.
Le Comité Inter-États peut, en tant que de besoin, faire appel à des experts choisis en raison
de leur compétence.
Le Comité Inter-États est présidé par le représentant de l'Etat membre assurant la présidence
du Conseil des Ministres. Il ne peut délibérer valablement que si quatre États au moins sont
représentés. Le Secrétaire Exécutif et les représentants des organismes spécialisés ne prennent pas
part au vote.
Article 71
Le Secrétaire Exécutif:
- exerce, sous le contrôle du Conseil des Ministres, le pouvoir d'exécution des actes
adoptés par celui-ci;
- veille à l'application par les États membres ou leurs ressortissants des dispositions de
la présente Convention et des actes pris par les organes de l'Union Économique en
vertu de celle-ci;
Article 72
Article 73
Article 74
Article 75
Article 76
Les procédures ouvertes à cet effet, au choix de chaque État membre, sont les suivantes:
- instituer une Cour des Comptes nationale qui pourra, le cas échéant, faire appel à un
système d'audit externe. Cette Cour transmettra ses observations à la Chambre des
Comptes de la Communauté.
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Les États membres tiennent la Conseil des Ministres et le Secrétariat Exécutif informés des
dispositions qu'ils ont prises pour se conformer sans délai à cette obligation. Le Secrétariat Exécutif
vérifie que les garanties d'efficacité des procédures choisies sont réunies.
Le Conseil des Ministres adopte à la majorité qualifiée, sur proposition du Secrétaire Exécutif
et après avis de la Chambre des Comptes, les règlements et directives nécessaires à la mise en oeuvre
de ces dispositions.
Article 77
En vue de promouvoir le développement harmonieux de tous les États membres, dans le cadre
des acquis de l'UDEAC, et pour surmonter les handicaps à l'intégration économique et sociale
régionale que constituent l'enclavement ou l'insularité, les États membres s'engagent à mettre en place
un fonds de développement.
Article 78
Pour l'application de la présente Convention, le régime des actes juridiques est celui prévu
aux articles 20 et suivants de l'Additif au Traité de la CEMAC
Article 79
Article 80
Le statut des fonctionnaires de l'Union Économique et le régime applicable à ses autres agents
sont ceux définis à l'article 40 de l'Additif au Traité de la CEMAC
Article 81
Les dispositions de la présente Convention ne font pas obstacle aux mesures qu'un État peut
être amené à prendre en cas de troubles intérieurs graves affectant l'ordre public, ainsi qu'en cas de
guerre ou de tension internationale grave constituant une menace de guerre.
Dans ce cas les États membres se consultent d'urgence en vue de prendre en commun les
dispositions nécessaires pour éviter que le fonctionnement de l'Union Économique ne soit affecté par
de telles mesures.
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Article 82
La présente Convention entre en vigueur et s'applique sur le territoire de chacun des États
signataires à compter du premier jour du mois suivant le dépôt de l'instrument de ratification de l'Etat
signataire qui procédera le dernier à cette formalité. Toutefois, si le dépôt a lieu moins de 15 jours
avant le début du mois suivant, l'entrée en vigueur de l'Additif sera reportée au premier jour du
deuxième mois suivant la date de ce dépôt.
__________