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Traité CEMAC

Le Traité révisé de la CEMAC vise à promouvoir la paix et le développement harmonieux des États membres à travers l'établissement d'une Union Économique et Monétaire. Il définit les institutions, organes et responsabilités nécessaires à la mise en œuvre des objectifs communautaires, tout en soulignant l'importance de la coopération et de l'intégration régionale. Les États membres s'engagent à respecter les principes de démocratie, de droits de l'homme et de bonne gouvernance dans le cadre de leurs interactions au sein de la communauté.

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Traité CEMAC

Le Traité révisé de la CEMAC vise à promouvoir la paix et le développement harmonieux des États membres à travers l'établissement d'une Union Économique et Monétaire. Il définit les institutions, organes et responsabilités nécessaires à la mise en œuvre des objectifs communautaires, tout en soulignant l'importance de la coopération et de l'intégration régionale. Les États membres s'engagent à respecter les principes de démocratie, de droits de l'homme et de bonne gouvernance dans le cadre de leurs interactions au sein de la communauté.

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TRAITE REVISE de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale

(CEMAC).

PRÉAMBULE

Le Gouvernement de la République du Cameroun ;


Le Gouvernement de la République Centrafricaine ;
Le Gouvernement de la République du Congo ;
Le Gouvernement de la République Gabonaise ;
Le Gouvernement de la République de Guinée Equatoriale ;

Le Gouvernement de la République du Tchad ;

Conscients de la nécessité de développer ensemble toutes les ressources humaines et


naturelles de leurs Etats membres et de mettre celles-ci au service du bien-être général de
leurs peuples dans tous les domaines ;

Résolus à donner une impulsion nouvelle et décisive au processus d'intégration en Afrique


Centrale par une harmonisation accrue des politiques et des législations de leurs Etats ;

Prenant acte de l'approche d'intégration proposée en UDEAC telle qu'inspirée par les
Chefs d'Etat de l'OUA lors de la Conférence d'Abuja en juillet 1991 ;

Considérant la nouvelle dynamique en cours dans la Zone Franc, au demeurant


nécessaire au regard des mutations et du recentrage des stratégies de coopération et de
développement observés en Afrique et sur d'autres continents dont l'Europe ;

Désireux de renforcer la solidarité entre leurs peuples dans le respect de leurs identités
nationales respectives ;

Réaffirmant leur attachement au respect des principes de démocratie, des droits de


l’Homme, de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance, du dialogue social et des questions
de genre ;

Soucieux d’assurer le bon fonctionnement des Institutions et Organes prévus dans le


présent Traité ;

Désireux d’établir à cet effet une organisation commune dotée de compétences et


d’organes propres agissant dans la limite des pouvoirs qui leurs sont conférés par le
présent Traité ;

Résolus à poursuivre l’œuvre accomplie dans le cadre du Traité du 16 mars 1994


instituant la CEMAC, en assurant la continuité de l’acquis communautaire ;
Sont convenus des dispositions ci- après :
TITRE I : DES DISPOSITIONS GÉNÉRALES

Article 1.-
Aux fins du présent Traité, les termes suivants sont définis comme suit :

BDEAC : Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale ;

BEAC : Banque des Etats de l’Afrique Centrale ;

CEMAC ou Communauté: Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique


Centrale ;

COBAC : Commission Bancaire de l’Afrique Centrale ;

Commission : Commission de la CEMAC;

Commission Interparlementaire : Commission Interparlementaire de la CEMAC ;

Comité Ministériel : Comité Ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale ;

Conférence : Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC ;

Conseil des Ministres : Conseil des Ministres de l’Union Economique de l’Afrique


Centrale ;

Cour de Justice : Cour de Justice de la CEMAC;

Cour des Comptes : Cour des Comptes de la CEMAC ;

Parlement Communautaire : Parlement de la CEMAC ;

Président de la Commission : Président de la Commission de la CEMAC ;

UDEAC : Union Douanière et Economique de l’Afrique Centrale ;

UEAC : Union Economique de l’Afrique Centrale ;


UMAC : Union Monétaire de l’Afrique Centrale.

Article 2.-
La mission essentielle de la Communauté est de promouvoir la paix et le développement
harmonieux des Etats membres, dans le cadre de l'institution de deux Unions : une Union
Economique et une Union Monétaire. Dans chacun de ces deux domaines, les Etats
membres entendent passer d'une situation de coopération, qui existe déjà entre eux, à
une situation d’Union susceptible de parachever le processus d'intégration économique et
monétaire.

Article 3.-
La Communauté a la Personnalité Juridique. Elle possède dans chaque Etat membre la
capacité juridique la plus large reconnue aux personnes morales par la législation
nationale. Elle est représentée, à l’égard des tiers et en justice par le Président de la
Commission, sans préjudice des dispositions des Conventions et Statuts particuliers. Sa
responsabilité contractuelle est régie par la loi applicable au contrat en cause et mise en
œuvre devant les juridictions nationales compétentes.

Article 4.-
Les Etats membres apportent leur concours à la réalisation des objectifs de la
Communauté en adoptant toutes mesures générales ou particuliers propres à assurer
l’exécution des obligations découlant du présent Traité. A cet effet, ils s’abstiennent de
prendre toute mesure susceptible de faire obstacle à l’application du présent Traité et des
Actes pris pour son application.

En cas de manquement par un Etat aux obligations qui lui incombent en vertu du droit
communautaire, la Cour de Justice peut être saisie en vue de prononcer les sanctions
dont le régime sera défini par des textes spécifiques.

Article 5.-
Les Etats membres se consultent en vue de prendre en commun les dispositions
nécessaires afin d’éviter que le fonctionnement de la Communauté ne soit affecté par les
mesures que l’un d’eux pourrait être amené à prendre en cas de troubles à l’ordre public,
de guerre ou de tension internationale constituant une menace de guerre.

Article 6.-
La Conférence des Chefs d’Etat arrête, par voie d’acte additionnel, le régime des droits,
immunités et privilèges accordés à la Communauté, aux membres de ses institutions et à
son personnel.

Article 7.-
Le statut du personnel de la Communauté est adopté par le Conseil des Ministres,
statuant à la majorité qualifiée de ses membres, sur proposition du Président de la
Commission.
Les fonctionnaires de la Communauté sont recrutés parmi les ressortissants des Etats
membres sur la base des critères de compétence et d’intégrité morale et en tenant compte
d’une répartition juste et équitable.

Le personnel au service de la Communauté est tenu au secret professionnel même après


la cessation de ses fonctions sous peine de sanctions prévues dans le statut du personnel
ou de poursuites judiciaires.

Article 8.-
La Communauté établit toutes coopérations utiles avec les organisations régionales ou
sous-régionales existantes.

Elle peut faire appel à l’aide technique ou financière de tout Etat qui l’accepte ou des
organisations internationales dans la mesure où cette aide est compatible avec les
objectifs définis par le présent Traité et les textes subséquents.

Des accords de coopération et d’assistance peuvent être signés avec les Etats tiers ou les
organisations internationales.
Les accords ci-dessus mentionnés sont conclus, selon les modalités prévues par la
Conférence des Chefs d’Etat.

Article 9.-
La Communauté participe aux efforts d’intégration dans le cadre de l’Union Africaine et, en
particulier, à ceux relatifs à la création d’organisations communes dotées de compétences
propres en vue d’actions coordonnées dans des domaines spécifiques.

Elle établit des consultations périodiques, notamment avec les institutions régionales
africaines.

TITRE II : DU SYSTEME INSTITUTIONNEL ET JURIDIQUE DE LA


COMMUNAUTÉ

CHAPITRE I : DU SYSTÈME INSTITUTIONNEL


Article 10.-
La Communauté est constituée de cinq (5) Institutions :
 L'Union Economique de l'Afrique Centrale;
 L'Union Monétaire de l'Afrique Centrale;
 Le Parlement Communautaire;
 La Cour de Justice;
 La Cour des Comptes.

Les Organes de la Communauté sont :


 La Conférence des Chefs d'Etat;
 Le Conseil des Ministres;
 Le Comité Ministériel;
 La Commission de la CEMAC;
 La Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) ;
 La Banque de Développement des Etats de l’Afrique
 Centrale (BDEAC) ;
 La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC).
Chacune des deux Unions dispose d’Institutions Spécialisées concourant à la réalisation
des objectifs de la Communauté.
Article 11.-
Les Institutions, les Organes et les Institutions Spécialisées de la Communauté agissent
dans la limite des attributions et selon les modalités prévues par le présent Traité, les
Conventions de l’UEAC et de l’UMAC et par les statuts et autres textes respectifs de ceux-
ci.
Les statuts des Institutions, Organes et Institutions Spécialisées qui existent déjà feront
l'objet, si nécessaire de modification par conventions séparées en vue de leur
harmonisation avec les dispositions des textes communautaires.

CHAPITRE II : DES ORGANES DE DÉCISION

Section 1 – De la Conférence des Chefs d’Etat

Article 12.-
La Conférence des Chefs d’Etat détermine la politique de la Communauté et oriente
l’action du Conseil des Ministres de l’UEAC et du Comité Ministériel de l’UMAC.

Elle fixe le siège des Institutions, des Organes et des Institutions Spécialisées de la
Communauté. Elle nomme et révoque leurs dirigeants conformément aux dispositions
prévues par leurs textes constitutifs respectifs.

Article 13.-
La Conférence des Chefs d’Etat se réunit en session ordinaire au moins une fois par an
sur convocation de son Président. Toutefois, elle peut se réunir en session extraordinaire à
l’initiative de son Président ou à la demande d’au moins deux de ses membres.

Article 14.-
La présidence de la Conférence est assurée par chaque Etat membre, successivement et
selon l’ordre alphabétique des Etats, pour une année civile.

Article 15.-
Le Président de la Commission rapporte les affaires inscrites à l’ordre du jour des réunions
de la Conférence des Chefs d’Etat dont il assure le secrétariat.
Les premiers responsables des Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la
Communauté assistent à ces réunions.

Article 16.-
La Conférence des Chefs d’Etat adopte ses décisions par consensus.

Section 2 – Du Conseil des Ministres de l’UEAC

Article 17.-
Le Conseil des Ministres assure la direction de l’Union Economique par l’exercice des
pouvoirs que la Convention de l’UEAC lui accorde.

Article 18.-
Le Conseil est composé des représentants des Etats membres, comprenant les Ministres
en charge des finances, de l’intégration et des affaires économiques.

Chaque délégation nationale ne peut comporter plus de trois Ministres et ne dispose que
d’une voix.

Les Membres du Comité Inter-Etats assistent aux travaux du Conseil.

Article 19.-
Pour les questions ne portant pas principalement sur la politique économique et financière,
et par dérogation à l’article 18 du présent Traité, le Conseil peut réunir en formation ad hoc
les Ministres compétents.

Dans ce cas, les délibérations adoptées deviennent définitives après que le Conseil en a
constaté la compatibilité avec la politique économique et financière de l’Union
Economique.

Article 20.-
Le Conseil se réunit au moins deux fois par an et aussi souvent que les circonstances
l’exigent.

La présidence du Conseil est assurée, pour une année civile, par l’Etat membre exerçant
la présidence de la Conférence des Chefs d’Etat.

Le Conseil est convoqué par son Président, soit à son initiative, soit à la demande d’au
moins deux Etats membres, soit enfin à la demande du Président de la Commission.
Le Président de la Commission rapporte les affaires inscrites à l’ordre du jour. Le
Gouverneur de la BEAC ainsi que les premiers responsables des Institutions, des autres
Organes et des Institutions Spécialisées de la Communauté assistent aux réunions du
Conseil.

Section 3 – Du Comité Ministériel de l’UMAC

Article 21.-
Le Comité Ministériel examine les grandes orientations des politiques économiques
respectives des Etats membres de la Communauté et en assure la cohérence avec la
politique monétaire commune. Les attributions du Comité Ministériel sont précisées dans
la Convention régissant l’UMAC.

Article 22.-
Chaque Etat membre est représenté au Comité Ministériel par deux Ministres, dont le
Ministre chargé des finances, et ne dispose que d’une voix exprimée par ce dernier.

La Présidence du Comité Ministériel est tournante. Elle est assurée, pour une année civile
et par ordre alphabétique des Etats membres, par le Ministre des Finances.

Le Comité Ministériel se réunit sur convocation de son Président au moins deux fois par
an dont une pour la ratification des comptes de la BEAC. Il se réunit également à la
demande de la moitié de ses membres ou encore à la demande d’un Organe ou d’une
Institution Spécialisée de l’UMAC.

Article 23.-
Le Gouverneur de la B.E.A.C. et les premiers responsables des Institutions Spécialisées
de l’UMAC rapportent, chacun en ce qui le concerne, les affaires inscrites à l’ordre du jour
des réunions du Comité Ministériel. Le Président de la Commission assiste à ces
réunions.

Article 24.-
Les dispositions relatives à l’organisation, au fonctionnement et aux modalités de prise de
décisions sont prévues dans la Convention régissant l’UMAC.

Section 4 – De la Commission

Article 25.-
La Communauté, afin de réaliser ses objectifs, dispose d’une Commission.
Article 26.-
La Commission est composée des Commissaires désignés à raison d’un Commissaire par
Etat membre dont un Président et un Vice- Président.

Article 27.-
Le Président, le Vice-Président de la Commission et les Commissaires sont nommés par
la Conférence des Chefs d’Etat pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois. Ils
sont choisis sur la base des critères de compétence, d’objectivité et d’indépendance.

Article 28.-
La Commission est régie par le principe de la collégialité. Les modalités d’application de la
collégialité sont fixées par le Règlement intérieur de la Commission.

Ses décisions sont prises à la majorité de ses membres. En cas d’égalité, la voix du
Président est prépondérante.

Article 29.-
Durant leur mandat, les membres de la Commission sont irrévocables sauf en cas de
faute lourde ou d’incapacité constatée par la Cour de Justice sur saisine du Conseil des
Ministres.

Article 30.-
Le mandat des membres de la Commission peut être interrompu par décès, démission ou
révocation.

La révocation est prononcée par la Conférence des Chefs d’Etat pour sanctionner les
manquements aux devoirs liés à l’exercice des fonctions de membre de la Commission,
après avis de la Cour de Justice.

En cas d’interruption du mandat d’un membre de la Commission, l’intéressé est remplacé


pour la durée du mandat restant à courir.

Sauf décès, révocation ou démission, les membres de la Commission demeurent en


fonction jusqu’à leur remplacement.

Article 31.-
Les membres de la Commission exercent leurs fonctions en toute indépendance, dans
l’intérêt général de la Communauté. Ils ne sollicitent ni n’acceptent d’instructions d’aucun
Gouvernement, ni d’aucune autre personne physique ou morale. Les Etats membres sont
tenus de respecter leur indépendance.
Pendant la durée de leur mandat, ils n’exercent aucune autre activité professionnelle
rémunérée ou non. Toutefois, ils peuvent mener des activités littéraires, artistiques et
scientifiques.

Article 32.-
Lors de leur entrée en fonction, les membres de la Commission s’engagent, devant la
Cour de Justice Communautaire, à observer les devoirs d’indépendance, d’impartialité, de
réserve, d’honnêteté et de délicatesse nécessaires à l’accomplissement de leur mission,
par le serment qui suit :

« Je jure de remplir fidèlement et loyalement les charges de ma fonction. Je


m’engage, dans l’intérêt supérieur de la Communauté, à observer les devoirs
d’indépendance, d’impartialité, de réserve et d’honnêteté nécessaires à
l’accomplissement de ma mission ».

Article 33.-
Les droits et avantages des membres de la Commission sont fixés par la Conférence des
Chefs d’Etat, sur proposition du Conseil des Ministres.

Article 34.-
La Commission dispose du droit d’initiative en matière normative, ainsi que des pouvoirs
d’exécution et de mise en œuvre des politiques et programmes communautaires relevant
de l’UEAC. A cet effet et sauf dispositions contraires, le Conseil ne peut amender les
propositions de la Commission qu’à l’unanimité de ses membres.

La Commission assure la mission de gardienne des Traités de la CEMAC. Elle représente


la Communauté dans les négociations internationales dans les domaines relevant des
objectifs poursuivis par celle-ci.

Article 35.-
La Commission, sous l’autorité de son Président, exerce en vue du bon fonctionnement et
de l’intérêt général de la Communauté les pouvoirs propres que lui confère le présent
Traité. A cet effet, elle :

- recueille toutes les informations utiles à l’exécution de sa mission ;

- établit un rapport général annuel sur le fonctionnement et l’évolution de la


Communauté qui est communiqué par son Président au Parlement
Communautaire et aux Parlements nationaux ;

- fait à la Conférence des Chefs d’Etat et au Conseil des Ministres des


propositions qui leur permettent de se prononcer sur les grandes orientations
des politiques économiques des Etats membres de la Communauté ;
- œuvre à la promotion de l’intégration et du développement socio- économique
des Etats membres ;

- renforce la coopération entre les Etats membres et la coordination de leurs


activités dans les domaines d’intérêt commun. Elle est le moteur de la politique
communautaire ;

- veille au respect et à l’application, par les Etats membres ou leurs


ressortissants, des dispositions du présent Traité et des Actes pris par les
organes de la Communauté ;

- attire l’attention des Etats sur les conséquences du non respect des politiques
communautaires. Elle établit dans ce sens un rapport au Conseil des Ministres.
En cas de silence du Conseil, le Président de la Commission saisit la Cour de
Justice aux fins de faire constater le manquement et de prononcer les
sanctions ;

- exécute le budget de la Communauté et mobilise les ressources ;

- élabore des stratégies d’autofinancement ;

- recrute et nomme aux différents emplois relevant de sa compétence, dans la


limite des postes budgétaires ouverts, sur la base des critères de compétence et
d’intégrité morale et en tenant compte du principe de la répartition équilibrée des
postes entre les Etats membres ;

- veille à la mise en œuvre du présent Traité, des conventions et des décisions


de la Communauté. Elle veille également à la réalisation des objectifs en
matière d’intégration. Elle conclut, au nom de la Communauté, les accords de
coopération avec d’autres organisations ou Etats ;

- adopte son Règlement intérieur, après avis conforme du Conseil des Ministres.

Article 36.-
Le Président et les autres Membres de la Commission peuvent être auditionnés par le
Parlement Communautaire à la demande de celui-ci.

Article 37.-
Le Président exerce ses fonctions dans l’intérêt général de la Communauté. A cet effet,
sans préjudice des statuts particuliers :
- Il est le représentant légal de la Communauté ;
- Il est le Chef de l’Exécutif ;
- Il organise les services de la Commission ;
- Il est l’Ordonnateur du budget de la Communauté ;
- Il transmet à la Conférence des Chefs d’Etat les recommandations et les avis
nécessaires ou utiles à l’application du présent Traité et au fonctionnement de la
Communauté ;
- Il assiste aux réunions du Comité Ministériel de l’UMAC.

Article 38.-
Le Vice-Président seconde le Président de la Commission. Il le supplée en cas d’absence
ou d’empêchement.

Article 39.-
L’organisation, le fonctionnement et les attributions de la Commission ainsi que le statut et
les attributions du Président et des autres membres de la Commission sont précisés par le
Règlement intérieur de la Commission et par les autres textes communautaires
spécifiques.

CHAPITRE III : DES ACTES JURIDIQUES ET DU CONTROLE DES ACTIVITÉS DE LA


COMMUNAUTÉ

SECTION 1 - DES ACTES JURIDIQUES DE LA COMMUNAUTÉ

Article 40.-
Pour l’application du présent Traité et sauf dérogations prévues par celui-ci ou par des
dispositions particulières contenues dans les Conventions de l’UEAC et de l’UMAC :

- la Conférence des Chefs d’Etat adopte des actes additionnels au Traité et


prend des décisions ;

- le Conseil des Ministres et le Comité Ministériel adoptent des règlements,


règlements cadres, des directives, prennent des décisions et formulent des
recommandations ou des avis ;

- les premiers responsables des Institutions, Organes et Institutions


Spécialisées de la Communauté arrêtent des règlements d’application, prennent
des décisions et formulent des recommandations ou des avis.

Article 41.-
Les actes additionnels sont annexés au Traité de la CEMAC et complètent celui-ci sans le
modifier. Leur respect s’impose aux Institutions, aux Organes et aux Institutions
Spécialisées de la Communauté ainsi qu’aux autorités des Etats membres.

Les règlements et les règlements cadres ont une portée générale. Les règlements sont
obligatoires dans tous leurs éléments et directement applicables dans tout Etat membre.
Les règlements cadres ne sont directement applicables que pour certains de leurs
éléments.

Les directives lient tout Etat membre destinataire quant au résultat à atteindre tout en
laissant aux instances nationales leur compétence en ce qui concerne la forme et les
moyens.

Les décisions sont obligatoires dans tous leurs éléments pour les destinataires qu’elles
désignent.

Les recommandations et les avis ne lient pas.

Article 42.-
Les règlements, les règlements cadres, les directives et les décisions du Conseil des
Ministres, du Comité Ministériel, de la Commission et des autres Institutions, Organes et
Institutions Spécialisées de la Communauté sont motivées.

Article 43.-
Les actes additionnels, les règlements et les règlements cadres sont publiés au Bulletin
Officiel de la Communauté. Ils entrent en vigueur à la date qu’ils fixent ou, à défaut, le
vingtième jour suivant leur publication. Ils sont également publiés aux Journaux Officiels
des Etats membres.

Les directives et les décisions sont notifiées à leurs destinataires et prennent effet le
lendemain de cette notification.

Article 44.-
Sous réserve des dispositions de l’article 43 du présent traité, les actes adoptés par les
Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la Communauté pour la réalisation des
objectifs du présent Traité sont appliqués dans chaque Etat membre nonobstant toute
législation nationale contraire, antérieure ou postérieure.

Article 45.-
Les décisions qui comportent, à la charge des personnes autres que les Etats, une
obligation pécuniaire, forment titre exécutoire.

L’exécution forcée est régie par les règles de la procédure civile en vigueur dans l’Etat sur
le territoire duquel elle a lieu. La formule exécutoire est apposée, sans autre contrôle que
celui de la vérification de l’authenticité du titre, par l’autorité nationale que le
gouvernement de chacun des Etats membres désigne à cet effet et dont il donne
connaissance à la Commission et à la Cour de Justice Communautaire.

Après l’accomplissement de ces formalités, le Président de la Commission peut poursuivre


l’exécution forcée en saisissant directement l’organe compétent, suivant la législation
nationale.

L’exécution forcée ne peut être suspendue qu’en vertu d’une décision de la Cour de
Justice Communautaire. Toutefois, le contrôle de la régularité des mesures d’exécution
relève de la compétence des juridictions nationales.

SECTION 2 - DU CONTROLE DES ACTIVITÉS DE LA COMMUNAUTÉ

Article 46.-
Le contrôle du fonctionnement et des activités de la Communauté comprend un contrôle
parlementaire assuré par le Parlement Communautaire, un contrôle juridictionnel, assuré
par la Cour de Justice et un contrôle budgétaire assuré par la Cour des Comptes.

Article 47.-
Le Parlement Communautaire est institué par une convention séparée. Il légifère par voie
de directives.

Il est chargé du contrôle démocratique des Institutions, Organes et Institutions


Spécialisées participant au processus décisionnel de la Communauté. Ses prérogatives et
son fonctionnement sont définis par la Convention qui la régit et par son Règlement
intérieur.

Article 48.-
La Cour de Justice assure le respect du droit dans l’interprétation et dans l’application du
présent Traité et des conventions subséquentes.

La Cour de Comptes assure le contrôle des comptes des Institutions, Organes et


Institutions Spécialisées de la Communauté, à l’exception de ceux dont les conventions
spécifiques ou les statuts en disposent autrement.

Les compétences et le fonctionnement de la Cour de Justice et de la Cour des Comptes


sont définis par les Conventions qui les régissent, leurs statuts et par d’autres textes
communautaires spécifiques.
TITRE III : DES DISPOSITIONS FINANCIÈRES

Article 49.-
Le Conseil des Ministres adopte, à la majorité qualifiée, le budget de la Communauté sur
proposition du Président de la Commission avant l’ouverture de l’exercice budgétaire.

Le budget de la Communauté comprend, sauf dispositions particulières des Conventions


ou statuts spécifiques, toutes les dépenses des Institutions, Organes et Institutions
Spécialisées institués par le présent Traité, ainsi que celles afférentes à la mise en œuvre
des politiques communes.

Le budget de la Communauté est équilibré en recettes et en dépenses.

Article 50.-
Les ressources de la Communauté proviennent essentiellement du produit de la Taxe
Communautaire d’Intégration (TCI). Elles sont collectées conformément aux dispositions
en vigueur.

Les contributions des Etats membres au budget de fonctionnement de la CEMAC sont


calculées sur la base égalitaire. Ces contributions proviennent des produits de la TCI. En
cas d’insuffisance du produit de la TCI d’un Etat membre pour couvrir sa contribution au
budget de fonctionnement de la Communauté, le Trésor public de cet Etat effectue des
paiements directs complémentaires.

Les contributions des Etats membres afférentes à la mise en œuvre des politiques
communes sont constituées des produits de la TCI, déduction faite des sommes affectées
au budget de fonctionnement de la Communauté.

Outre la TCI et les éventuelles contributions complémentaires des Trésors nationaux, les
ressources budgétaires de la Communauté peuvent également provenir :

− des revenus de certaines prestations des Institutions, Organes et Institutions


Spécialisées de la Communauté ;
− du prélèvement sur la part revenant à chaque Etat sur les bénéfices distribués
par la BEAC ;
− des concours financiers versés par tout Etat tiers et toute organisation
nationale ou internationale, ainsi que les dons et legs.

Article 51.-
Les contributions financières des Etats membres font l’objet, en dernier recours, d’un
prélèvement automatique sur le compte ordinaire ouvert par chaque Trésor National
auprès de la B.E.A.C. Notification en est faite au Ministre des Finances de l’Etat concerné.
Le prélèvement est effectué de plein droit par la B.E.A.C. à l’initiative du Président de la
Commission dès lors qu’un Etat membre n’a pas effectué, dans le délai mentionné par les
règlements financiers prévus à l’article 52 ci-après, les versements auxquels il est astreint.

Article 52.-
Si un Etat ne s’est pas acquitté de ses contributions un an après l’expiration du délai fixé
par les règlements financiers, sauf cas de force majeure dûment constatée par le Conseil
des Ministres, le Gouvernement de cet Etat est privé du droit de prendre part aux votes
lors des assises des Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la Communauté.

Six (6) mois après la suspension du droit de vote, ledit Gouvernement est privé de prendre
part aux activités de la Communauté et cesse de bénéficier des avantages prévus au titre
du présent Traité et des Conventions de l’UEAC et de l’UMAC.

Ces diverses sanctions prennent fin de plein droit dès la régularisation totale de la
situation de cet Etat.

Article 53.-
Le Conseil des Ministres adopte, à l’unanimité et sur proposition du Président de la
Commission, après consultation de la Cour des Comptes, les règlements financiers
spécifiant notamment les modalités d’élaboration et d’exécution du budget ainsi que les
conditions de reddition et de vérification des comptes.

Les règlements financiers respectent le principe de la séparation des ordonnateurs et des


comptables et instituent un contrôle financier interne.

Article 54.-

L’exercice budgétaire de la Communauté débute le 1er janvier et s’achève le 31 décembre


de chaque année. Si le budget n’a pas été adopté au début d’un exercice budgétaire, les
dépenses peuvent être effectuées mensuellement dans la limite du douzième des crédits
ouverts au budget de l’exercice précédent.

TITRE IV : DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES ET FINALES

Section 1 - Dispositions diverses

Article 55.-
Tout autre Etat africain, partageant les mêmes idéaux que ceux auxquels les Etats
fondateurs se déclarent solennellement attachés, pourra solliciter son adhésion à la
Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale.
Cette adhésion ne pourra intervenir qu'après accord unanime des membres fondateurs.
Toute adhésion ultérieure d'un nouvel Etat sera subordonnée à l'accord unanime des Etats
membres de la Communauté.
Cette adhésion implique l’usage de la langue officielle du nouvel Etat membre au cours
des travaux de la Communauté, si cette langue ne figure pas parmi celles citées à l’article
59 du présent Traité.
Article 56.-
Tout Etat africain peut être associé à une ou plusieurs politiques de la Communauté.

Les conditions d’une telle association font l’objet d’un accord entre l’Etat demandeur et la
Communauté.

L’accord est conclu au nom de la Communauté par le Président de la Commission, sur


recommandation du Conseil des Ministres après avis de la Cour de Justice
Communautaire.

Article 57.-
Tout Etat membre peut soumettre à la Conférence des Chefs d’Etat des projets tendant à
la révision du présent Traité ou des Conventions de l’UEAC et de l’UMAC. Les
modifications sont adoptées à l’unanimité des Etats membres.

Sur proposition du Président de la Commission, des premiers responsables des


Institutions et Organes de la Communauté ou du premier responsable de toute Institution
Spécialisée de la Communauté, le Conseil des Ministres ou le Comité Ministériel, peuvent
également soumettre des projets de révision du présent Traité à la Conférence des Chefs
d’Etat.

Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les Etats membres
en conformité avec leurs règles constitutionnelles respectives.

Article 58.-
Le Traité de la CEMAC peut être dénoncé par tout Etat membre. Il cesse d’avoir effet à
l’égard de celui-ci le dernier jour du sixième mois suivant la date de notification à la
Conférence des Chefs d’Etat. Ce délai peut cependant être abrégé d’un commun accord
entre les Etats signataires.

Section 2 - Dispositions transitoires

Article 59.-
Les langues de travail de la Communauté sont le français, l’anglais, l’espagnol et l’arabe.
Article 60.-
En attendant la création du Parlement Communautaire, il est institué une Commission
Interparlementaire. Celle-ci est composée de cinq (5) membres par Etat désignés par
l’organe législatif de chaque Etat membre.

La Commission Interparlementaire contribue, par le dialogue et le débat, aux efforts


d’intégration de la Communauté dans les domaines couverts par le présent Traité et les
textes subséquents. Elle peut exprimer ses vues sous forme de résolutions ou de
rapports. Elle examine en particulier le rapport annuel que le Président de la Commission
lui soumet.

La Commission Interparlementaire peut solliciter l’audition des Présidents du Conseil des


Ministres, du Comité Ministériel, de la Commission de la CEMAC ou des premiers
responsables des Institutions, des autres Organes et des Institutions Spécialisées de la
Communauté.

Article 61.-
La Présidence de la Commission Interparlementaire est exercée par l’Etat membre qui
assure la présidence de la Conférence des Chefs d’Etat.

La Commission Interparlementaire se réunit au moins une fois par an sur convocation de


son Président.

La Commission Interparlementaire adopte son Règlement intérieur.

Article 62.-
Après adoption du présent Traité, il est procédé à la nomination des membres de la
Commission. Ceux-ci prêtent serment devant la Cour de Justice Communautaire.

Section 3 - Dispositions finales

Article 63.-
Les dispositions du présent Traité abrogent et remplacent celles du Traité du 16 mars
1994 instituant la CEMAC et celles de l’Additif au Traité relatif au système institutionnel et
juridique de la Communauté du 5 juillet 1996, ainsi que de tout autre texte contraire.

Article 64.-
Le présent Traité est rédigé en exemplaire unique en langues française, espagnole, arabe
et anglaise ; le texte en français faisant foi en cas de divergence d’interprétation.

Article 65.-
Le présent Traité entre en vigueur après sa signature par les Etats membres et sa
ratification.

Article 66.-
Le présent Traité sera ratifié à l’initiative des Hautes Parties Contractantes, en conformité
avec leurs règles constitutionnelles respectives. Les instruments de ratification seront
déposés auprès du gouvernement de la République du Tchad, qui en informera les autres
Etats membres et leur en délivrera copies certifiées conformes.

Article 67.-
Le présent Traité sera enregistré, après ratification, auprès de l’Organisation des Nations
Unies et de l’Union Africaine.

En foi de quoi, ont apposé leur signature au bas du présent Traité,

Fait à YAOUNDE, le 25 Juin 2008

Pour la République du Cameroun Pour la République Centrafricaine

S. E. Paul BIYA S. E. François BOZIZE

Président de la République Président de la République

Pour la République du Congo Pour la République Gabonaise

S. E Denis SASSOU NGUESSO S. E. El Hadj OMAR BONGO ONDIMBA

Président de la République Président de la République

Pour la République de Guinée Equatoriale Pour la République du Tchad

S. [Link] NGUEMEA MBASOG S. [Link] Saleh ABBAS

Président de la République Premier Ministre


WORLD TRADE WT/COMTD/24
29 September 2000
ORGANIZATION
(00-3958)

Committee on Trade and Development Original: French

ECONOMIC AND MONETARY COMMUNITY OF


CENTRAL AFRICA (CEMAC)

Communication from WTO Member Parties1

The texts of the Treaty* Establishing the Economic and Monetary Community of Central
Africa (CEMAC) and the Convention Governing the Economic Union of Central Africa (UEAC) are
reproduced hereunder.2

1
Cameroon, Central African Republic, Congo, Gabon and Chad.
2
The notification of this Treaty is contained in document WT/COMTD/N/13.
*
In French only.
WT/COMTD/24
Page 2

TRAITÉ INSTITUANT LA COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE ET MONÉTAIRE


DE L'AFRIQUE CENTRALE

Le Gouvernement de la République du Cameroun;


Le Gouvernement de la République Centrafricaine;
Le Gouvernement de la République du Congo;
Le Gouvernement de la République Gabonaise;
Le Gouvernement de la République de Guinée Équatoriale;
Le Gouvernement de la République du Tchad;

Conscients de la nécessité de développer ensemble toutes les ressources humaines et


naturelles de leurs États et de mettre celles-ci au service du bien-être général de leurs peuples dans
tous les domaines;

Résolus à donner une impulsion nouvelle et décisive au processus d'intégration en Afrique


Centrale par une harmonisation accrue des politiques et des législations de leurs États;

Prenant acte de l'approche d'intégration proposée en UDEAC telle qu'inspirée par les Chefs
d'Etat de l'OUA lors de la Conférence d'Abuja en juillet 1991;

Considérant la nouvelle dynamique en cours dans la Zone Franc, au demeurant nécessaire au


regard des mutations et du recentrage des stratégies de coopération et de développement observés en
Afrique et sur d'autres continents dont l'Europe;

Désireux de renforcer la solidarité entre leurs peuples dans le respect de leurs identités
nationales respectives;

Réaffirmant leur attachement aux principes de liberté, de démocratie et de respect des droits
fondamentaux des personnes et l'Etat de droit;

Décident de créer une "Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale", en


abréviation CEMAC.

Article premier

La mission essentielle de la Communauté est de promouvoir un développement harmonieux


des États membres dans le cadre de l'institution de deux Unions: une Union Économique et une Union
Monétaire. Dans chacun de ces deux domaines, les États membres entendent passer d'une situation de
coopération, qui existe déjà entre eux, à une situation d'union, susceptible de parachever le processus
d'intégration économique et monétaire.

Article 2

Les parties signataires décident du principe de création de quatre institutions rattachées à la


Communauté et constituant celle-ci:

- l'Union Économique de l'Afrique Centrale;


- l'Union Monétaire de l'Afrique Centrale;
- le Parlement Communautaire;
- la Cour de Justice Communautaire, comprenant une Chambre Judiciaire et une
Chambre des Comptes.
WT/COMTD/24
Page 3

Les principaux organes de la Communauté sont:

- la Conférence des Chefs d'Etat;


- le Conseil des Ministres;
- le Comité Ministériel;
- le Secrétariat Exécutif;
- le Comité Inter-États;
- la Banque des États de l'Afrique Centrale;
- la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale;
- l'Institution de Financement du Développement.

Article 3

Les quatre Institutions citées à l'article 2 ci-dessus feront l'objet de Conventions séparées, à
annexer respectivement au présent Traité et dont elles feront intégralement partie.3

Le statut des organes cités ci-dessus et existant déjà feront l'objet, si nécessaire de
modifications par conventions séparées en vue de leur harmonisation avec les dispositions des Actes
régissant la Communauté.

Article 4

Le Parlement Communautaire, qui serra créé ultérieurement par une Convention séparée aura
pour rôle essentiel de légiférer par voie de directives.

Article 5

La Cour de justice Communautaire comporte deux Chambres: Une Chambre Judiciaire et une
Chambre des Comptes.

La Chambre Judiciaire assure le respect du droit dans l'interprétation et dans l'application du


présent Traité et des Conventions subséquentes.

La Chambre des Comptes assure le contrôle des comptes de l'Union.

La composition, le fonctionnement et le champ de compétence de chacune des deux


Chambres sont contenus dans la Convention instituant l'Union Économique de l'Afrique Centrale.

Article 6

Tout autre État africain, partageant les mêmes idéaux que ceux auxquels les États fondateurs
se déclarent solennellement attachés, pourra solliciter son adhésion à la Communauté Économique et
Monétaire de l'Afrique Centrale.

Cette adhésion ne pourra intervenir qu'après accord unanime des membres fondateurs.

Toute adhésion ultérieure d'un nouvel État sera subordonnée à l'accord unanime des membres
de la Communauté.

3
Le texte de la Convention régissant l'Union Économique de l'Afrique Centrale est annexé à ce
document.
WT/COMTD/24
Page 4

Article 7

Le présent Traité rédigé en un exemplaire unique en langues française, espagnole et anglaise,


le texte français faisant foi en cas de divergence d'interprétation, entrera en vigueur dès sa ratification
par tous les Etats signataires auprès de la République du Tchad, désignée comme État dépositaire de
tous les Actes afférents à la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale.

Fait à N'Djaména, le 16 Mars 1994


WT/COMTD/24
Page 5

ANNEXE

CONVENTION RÉGISSANT L'UNION ÉCONOMIQUE


DE L'AFRIQUE CENTRALE (UEAC)

PRÉAMBULE

Le Gouvernement de la République du Cameroun;


Le Gouvernement de la République Centrafricaine;
Le Gouvernement de la République du Congo;
Le Gouvernement de la République Gabonaise;
Le Gouvernement de la République de Guinée Équatoriale;
Le Gouvernement de la République du Tchad;

- vu le Traité instituant la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale;

- conscients des avantages que les États membres tirent de leur appartenance à la même
communauté monétaire et de la nécessité de la compléter par une Union Économique;

- conscients des handicaps résultant de l'enclavement et de l'insularité de certains États


membres et de la nécessité d'appuyer, dans un esprit de solidarité, les efforts de ces États
visant à réduire leurs handicaps en vue d'un développement harmonieux de la Communauté;

- affirmant la nécessité de favoriser le développement économique des États membres grâce à


l'harmonisation de leurs législations, à l'unification de leurs marchés intérieurs et à la mise en
oeuvre de politiques communes dans les secteurs essentiels de leur économie;

- affirmant leur volonté de se conformer aux principes d'une économie de marché ouverte,
concurrentielle et favorisant l'allocation optimale des ressources;

- prenant en compte les acquis obtenus dans le cadre des organisations régionales africaines
auxquelles participent les États membres;

conviennent de ce qui suit;

TITRE I: LES FONDEMENTS DE L'UNION ÉCONOMIQUE

CHAPITRE I: LES OBJECTIFS

Article premier

Par la présente Convention, les Hautes Parties Contractantes créent entre elles l'Union
Économique de l'Afrique Centrale, ci-après dénommée l'Union Économique, afin d'établir en commun
les conditions d'un développement économique et social harmonieux dans le cadre d'un marché ouvert
et d'un environnement juridique approprié.
WT/COMTD/24
Page 6

Article 2

Aux fins énoncées à l'article premier et dans les conditions prévues par la présente
Convention, l'Union Économique entend réaliser les objectifs suivants:

(a) renforcer la compétitivité des activités économiques et financières en harmonisant les


règles qui régissent leur fonctionnement;

(b) assurer la convergence vers des performances soutenables par la coordination des
politiques économiques et la mise en cohérence des politiques budgétaires nationales
avec la politique monétaire commune;

(c) créer un marché commun fondé sur la libre circulation des biens, des services, des
capitaux et des personnes;

(d) instituer une coordination des politiques sectorielles nationales, mettre en oeuvre des
actions communes et adopter des politiques communes, notamment dans les
domaines suivants: l'agriculture, l'élevage, la pêche, l'industrie, le commerce, le
tourisme, les transports, les télécommunications, l'énergie, l'environnement, la
recherche, l'enseignement et la formation professionnelle.

Article 3

La réalisation des objectifs de l'Union Économique prendra en compte les acquis de l'Union
Douanière et Économique de l'Afrique Centrale (UDEAC) et sera entreprise au cours d'un processus
en trois étapes.

Article 4

Au cours de la première étape, d'une durée de cinq ans à compter de l'entrée en vigueur de la
présente Convention et dans les conditions prévues par celle-ci, l'Union Économique:

a) harmonise, dans la mesure nécessaire au fonctionnement du marché commun, les


règles qui régissent les activités économiques et financières et élabore à cet effet des
réglementations communes;

b) engage un processus de coordination des politiques nationales, dans les secteurs


suivants: l'agriculture, l'élevage, la pêche, l'industrie, le commerce, le tourisme, les
transports et les télécommunications;

c) initie le processus de mise en place des instruments de libre circulation des biens, des
services, des capitaux et des personnes, notamment par une harmonisation de la
fiscalité des activités productives et de la fiscalité de l'épargne;

d) développe la coordination des politiques commerciales et des relations économiques


avec les autres régions;

e) prépare des actions communes dans les domaines de l'enseignement, de la formation


professionnelle et de la recherche.
WT/COMTD/24
Page 7

Article 5

Au cours de la deuxième étape, d'une durée de cinq ans à compter de la fin de la première
étape, et dans les conditions prévues par la présente Convention, l'Union Économique:

f) établit, entre ses États membres, la libre circulation des biens, des services, des
capitaux et des personnes;

g) met en oeuvre des actions communes dans les domaines cités à l'article 4 alinéa b) de
la présente Convention;

h) engage un processus de coordination des politiques sectorielles nationales en matière


d'environnement et d'énergie;

i) renforce et améliore, en vue de leur interconnexion, les infrastructures de transport et


de télécommunications des États membres.

Article 6

Au début de la troisième étape, la Conférence des Chefs d'Etat constate, au vu du rapport du


Secrétaire Exécutif, et sur proposition du Conseil des Ministres prévu au Titre IV de la présente
Convention, l'état d'avancement du processus d'intégration économique et décide, le cas échéant, des
actions à mener en vue de l'achèvement du programme des deux première étapes. Les mesures
correspondantes sont mises en oeuvre en tant que de besoin par voie d'actes additionnels à la
Convention.

Au cours de la troisième étape, la Conférence des Chefs d'Etat décide par ailleurs, au vu du
rapport du Secrétariat Exécutif et sur proposition du Conseil des Ministres, de l'instauration des
politiques communes dans les domaines énumérés à l'article 2d) de la présente Convention. Dans ce
cas, la Conférence des Chefs d'Etat fixe, par voie d'acte additionnel à la Convention, les objectifs et
les lignes directrices de ces politiques ainsi que les pouvoirs d'action conférés au Conseil et au
Secrétariat Exécutif pour leur mise on oeuvre.

Article 7

La Conférence des Chefs d'Etat établit, à intervalles réguliers et en toute hypothèse au début
de chacune des deux premières étapes de la construction de l'Union Économique, le programme de
travail des institutions, en tenant compte des priorités et des modalités de l'action de l'Union
Economique. Au cours de chacune de ces étapes, elle peut fixer, le cas échéant, au vu d'un rapport
d'exécution présente par le Secrétariat Exécutif, la date du passage anticipé à l'étape suivante.

CHAPITRE II: LES PRINCIPES

Article 8

L'Union Économique agit dans la limite des objectifs que le Traité de la CEMAC et la
présente Convention lui assignent. Elle respecte l'identité nationale de ses État membres.

Les organes de l'Union Économique et les institutions spécialisées de celle-ci édictent, dans
l'exercice des pouvoirs normatifs que la présente Convention leur attribue, des prescriptions
minimales et de réglementations cadres, qu'il appartient aux États membres de compléter en tant que
de besoin, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.
WT/COMTD/24
Page 8

Article 9

Les actes juridiques pris par les organes de l'Union Économique et les institutions spécialisées
de celle-ci pour la réalisation des objectifs de la présente Convention, conformément aux règles et
procédures instituées par cette même Convention, sont appliqués dans chaque État membre.

Article 10

Les Etats membres apportent leur concours à la réalisation des objectifs de l'Union
Economique en adoptant toutes mesures internes propres à assurer l'exécution des obligations
découlant de la présente Convention. Ils s'abstiennent de toute mesure susceptible de faire obstacle à
l'application de la présente Convention et des actes juridiques pris pour sa mise en oeuvre.

TITRE II: LES ACTIONS DE L'UNION ÉCONOMIQUE

CHAPITRE I: LES POLITIQUES COMMUNES

Section I: La politique économique générale

Article 11

Les Etats membres considèrent leurs politiques économiques comme une question d'intérêt
commun et veillent à leur coordination au sein du Conseil en vue de la réalisation des objectifs définis
à l'article 2 paragraphe b) de la présente Convention.

La coordination des politiques économiques est assurée conformément aux dispositions


prévues au titre III de la présente Convention.

Section II: La fiscalité

Article 12

En vue de la mise en oeuvre de l'article 4 c) de la présente Convention, l'Union Économique


harmonise les législations fiscales qui régissent les activités économiques et financières.

Les réglementations nécessaires à l'élaboration de la législation fiscale commune sont


adoptées, sur proposition du Secrétariat Exécutif, par le Conseil statuant à l'unanimité.

Section III: Le marché commun

Article 13

Le marché commun de l'Union Économique, prévu à l'article 2 c) de la présente Convention


comporte, selon le rythme prévu par le programme mentionné à l'article 7, et sous réserve des
exceptions énoncées à l'article 16:

j) l'élimination des droits de douanes intérieurs, des restrictions quantitatives à l'entrée


et à la sortie des marchandises, des taxes d'effet équivalent, de toute autre mesure
d'effet équivalent susceptible d'affecter les transactions entre les États membres;
WT/COMTD/24
Page 9

k) l'établissement d'une politique commerciale commune envers les États tiers;

l) l'institution de règles communes de concurrence applicables aux entreprises et aux


aides d'État;

m) la mise en oeuvre du principe de liberté de circulation des travailleurs, de liberté


d'établissement, de liberté des prestations de services, de liberté d'investissement et de
mouvements des capitaux;

n) l'harmonisation et la reconnaissance mutuelle des normes techniques ainsi que des


procédures d'homologation et de certification.

La réalisation du marché commun sera parachevée au plus tard au terme de la deuxième étape
de la construction de l'Union Économique.

Article 14

En vue de la réalisation de l'objectif défini à l'article 13, paragraphe a), et tenant compte des
acquis en la matière, les États membres s'abstiennent, dès l'entrée en vigueur de la présente
Convention:

o) d'introduire entre eux tout nouveau droit de douane à l'importation et à l'exportation,


toute taxe d'effet équivalent, et d'augmenter ceux qu'ils appliquent dans leurs relations
commerciales mutuelles;

p) d'introduire entre eux de nouvelles restrictions quantitatives à l'exportation ou à


l'importation ou mesure d'effet équivalent, non justifiées par une exception prévue à
l'article 16, ainsi que de rendre plus restrictifs les contingentements et normes d'effet
équivalent existants;

q) d'introduire toute disposition en faveur d'une entreprise située sur leur territoire visant
à des dérogations ou des exonérations susceptibles d'affecter la concurrence entre les
entreprises de l'Union Économique.

Article 15

Le Conseil des Ministres statuant à la majorité qualifiée, détermine au vu du programme


mentionné à l'article 7 de la présente Convention et sur proposition du Secrétaire Exécutif, le rythme
et les modalités d'élimination des droits de douane et arrête les règlements nécessaires à cet effet.

Le Conseil des Ministres tient compte des effets que le démantèlement des protections
douanières pourrait avoir sur l'économie de certains États membres, et prend en tant que de besoin les
mesures appropriées.

Article 16

Sous réserve des mesures de rapprochement des législations mises en oeuvre par l'Union
Économique, les États membres peuvent interdire ou restreindre l'importation, l'exportation, ou le
transit des biens, lorsque ces interdictions ou restrictions sont justifiées par des raisons de moralité
publique, d'ordre public, de sécurité publique, de protection de la santé ou de la vie des personnes et
des animaux, de préservation des végétaux, de protection des patrimoines culturel, historique ou
archéologique, de protection de la propriété industrielle et commerciale.
WT/COMTD/24
Page 10

Les interdictions ou restrictions appliquées sur le fondement de l'alinéa précédent ne doivent


constituer ni un moyen de discrimination arbitraire ni une restriction déguisée au commerce entre les
États membres.

Article 17

Au cours de la première étape de la construction de l'Union Économique, le Conseil des


Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif, statue à la majorité simple sur l'harmonisation et la
reconnaissance mutuelle des normes techniques et sanitaires ainsi que sur les procédures
d'homologation et de certification à l'échelle de l'Union Économique.

Article 18

En vue de la réalisation des objectifs définis à l'article 13 paragraphe b) de la présente


Convention, le Conseil des Ministres adopte, à la majorité qualifiée, sur proposition du Secrétaire
Exécutif, les règlements fixant le régime des relations commerciales avec les États tiers.

Article 19

La réalisation des objectifs définis à l'article 13 paragraphe b) de la présente Convention tient


compte de la nécessité de contribuer au développement harmonieux du commerce régional et
mondial, de favoriser le développement des capacités productives à l'intérieur de l'Union Économique,
de défendre les productions de l'Union Économique contre les politiques de dumping et/ou de
subvention pratiquées dans les pays tiers.

Article 20

Si des accords avec des pays tiers doivent être conclus dans le cadre de la politique
commerciale commune, le Secrétaire Exécutif présente des recommandations au Conseil des
Ministres qui l'autorise, à la majorité qualifiée, à ouvrir les négociations nécessaires.

Le Secrétaire Exécutif conduit les négociations en consultation avec un comité désigné par le
Conseil des Ministres et dans le cadre des directives élaborées par celui-ci.

Les accords mentionnés à l'alinéa premier sont conclus par le Conseil des Ministres, statuant à
la majorité qualifiée de ses membres.

Article 21

Les États membres harmonisent leur position sur toutes les questions ayant une incidence sur
le fonctionnement du marché commun traitées dans le cadre d'organisations internationales à caractère
économique.

Si les questions mentionnées à l'alinéa précédent intéressent le fonctionnement de la politique


commerciale commune, les États membres rendent conforme leur position avec les orientations
définies par le Conseil des Ministres à la majorité qualifiée de ses membres, sur proposition du
Secrétaire Exécutif.
WT/COMTD/24
Page 11

Article 22

A la demande d'un État membre, le Conseil des Ministres, statuant à la majorité qualifiée,
peut autoriser cet État, sur proposition du Secrétaire Exécutif, à prendre, pour une durée limitée et par
dérogation aux règles générales de l'Union Économique et de la politique commerciale commune, des
mesures de protection destinées à faire face à des difficultés graves dans un ou plusieurs secteurs
économiques.

En cas de crise économique soudaine affectant notamment la Balance des Paiements, l'Etat
membre peut prendre à titre conservatoire les mesures de sauvegarde indispensables. Les mesures de
sauvegarde ainsi adoptées ne doivent provoquer qu'un minimum de perturbations sur le
fonctionnement du marché commun. Elles ne peuvent excéder une durée de six mois, éventuellement
renouvelable. Elles doivent être entérinées, tant dans leur durée que dans leur contenu, par le Conseil
des Ministres statuant à la majorité qualifiée.

Le Conseil des Ministres, statuant des les mêmes conditions, peut décider que l'Etat concerné
doit modifier, suspendre ou supprimer lesdites mesures de sauvegarde et/ou de protection.

Article 23

En vue de la réalisation des objectifs définis à l'article 13 paragraphe c) de la présente


Convention, le Conseil des Ministres arrête, dans un délai d'un an à compter de l'entrée en vigueur de
celle-ci, à la majorité qualifiée et sur proposition du Secrétaire Exécutif, les règlements relatifs à:

a) l'interdiction des accords, associations et pratiques concertées entre entreprises, ayant


pour objet ou pour effet de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à
l'intérieur de l'Union Économique;

b) l'interdiction de toute pratique d'une ou de plusieurs entreprises constituant un abus de


position dominante sur le marché commun ou dans une partie significative de
celui-ci;

c) l'interdiction des aides publiques susceptibles de fausser la concurrence en favorisant


certaines entreprises ou certaines productions.

Ces règlements précisent les interdictions et peuvent prévoir des exceptions limitées afin de
tenir compte des situations spécifiques.

A l'expiration du délai mentionné à l'alinéa premier, toute personne physique ou morale


intéressée peut se prévaloir des principes énumérés aux alinéas a, b et c, devant les juridictions
nationales compétentes et sous réserve des compétences de la Cour de Justice Communautaire.

Article 24

Les règlements mentionnés à l'article 23 ci-dessus instituent la procédure à suivre par le


Secrétaire Exécutif et fixent le régime des amendes et astreintes destinées à sanctionner les violations
et les interdictions contenues dans le même article.

Article 25

Le Secrétaire Exécutif est chargé de l'application des règles de concurrence définies sur le
fondement des articles 23 et 24 de la présente Convention. Dans le cadre de cette mission, il peut
requérir l'avis de la Chambre Judiciaire.
WT/COMTD/24
Page 12

Article 26

Le Conseil des Ministres arrête à l'unanimité, sur proposition du Secrétariat Exécutif, les
règlements relatifs à la mise en oeuvre des objectifs définis à l'article 13 paragraphe d) de la présente
Convention.

Article 27

Dans l'exercice des pouvoirs définis à l'article 26 ci-dessus, le Conseil des Ministres veille au
respect des règles suivantes:

a) La libre circulation des travailleurs ou de la main d'oeuvre;

− implique l'harmonisation préalable dans un délai maximum de cinq ans:

− des règles relatives à l'immigration dans chaque État membre;

− des dispositions pertinentes des codes de travail nationaux;

− des dispositions législatives et réglementaires applicables aux régimes


et organismes de protection sociale.

− implique l'abolition dans un délai maximum de cinq ans, de toute


discrimination fondée sur la nationalité, entre les travailleurs des États
membres, en ce qui concerne la recherche et l'exercice d'un emploi, à
l'exception des emplois dans les secteurs public, parapublic, stratégique;

− implique le droit d'entrée, de se déplacer et de séjourner sur le territoire des


États membres sous réserve des limitations pour des raisons d'ordre public, de
sécurité publique et de santé publique;

− implique le droit de demeurer établi sur le territoire d'un État membre, à la


condition soit d'y avoir exercé un ou plusieurs emplois pendant une période
d'au moins quinze ans, soir de pouvoir justifier de moyens de subsistance dont
la nature et la consistance seront déterminées par un règlement du Conseil des
Ministres;

b) le droit d'établissement

− comporte l'accès pour les investisseurs de la sous-région, aux activités non


salariées et à leur exercice ainsi que l'acquisition, la constitution et la gestion
d'entreprises, dans les conditions définies par la législation du pays
d'établissement;

− comporte l'harmonisation progressive des dispositions nationales


réglementant l'accès aux activités non salariées et l'exercice de celles-ci;
WT/COMTD/24
Page 13

c) la liberté des prestations de services

− est appliquée par priorité aux services qui interviennent de façon directe dans
les coûts de production ou dont la libération contribue à faciliter les échanges
de marchandises;

− bénéficie aux personnes physiques et morales visées au paragraphe b)


ci-dessus.

Article 28

La liberté de circulation des capitaux est régie par les dispositions de la Convention relative à
l'Union Monétaire de l'Afrique Centrale et par les textes subséquents.

CHAPITRE II: LES POLITIQUES SECTORIELLES

Section I: L'enseignement, la recherche et la formation professionnelle

Article 29

Les actions communes à entreprendre en application de l'article 4 paragraphe e) de la présente


Convention ont pour but la rationalisation et l'amélioration des performances de l'enseignement
notamment supérieur, de la recherche et de la formation professionnelle; ces actions peuvent
comporter :

a) la création ou le développement d'institutions communes d'enseignement supérieur,


de recherche et de formation professionnelle permettant dans certains domaines le
rassemblement des moyens mis en oeuvre par les États membres;

b) l'ouverture aux mêmes conditions d'accès que les nationaux, des établissements
d'enseignement à tous les ressortissants de l'Union Économique;

c) la coordination des programmes d'enseignement, de recherche et de formation


professionnelle;

d) l'évaluation des résultats de l'enseignement supérieur et de la formation


professionnelle dispensée par les États membres;

e) la reconnaissance mutuelle des diplômes sanctionnant la formation dispensée dans


ces institutions;

f) l'harmonisation des conditions et des normes d'équivalences des diplômes obtenus


dans les pays tiers.

Article 30

Le Conseil des Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif arrête, à la majorité qualifiée,
les règlements, directives ou recommandations nécessaires à la mise en oeuvre de l'article 29
ci-dessus.
WT/COMTD/24
Page 14

Section II: Les transport et les télécommunications

Article 31

Dans le cadre du programme de travail mentionné à l'article 7 de la présente Convention, le


Conseil des Ministres arrête, à la majorité qualifiée et sur proposition du Secrétaire Exécutif, les
mesures visant à renforcer et à améliorer, en vue de leur interconnexion, les infrastructures de
transport et de télécommunication des États membres ainsi que les modalités de leur mise en oeuvre.

Article 32

Les dispositions relatives à la libéralisation des prestations de services dans le domaine des
transports et des télécommunications sont prises en conformité avec les principes et les procédures
définis aux articles 13 d), 25 et 26 de la présente Convention, et en tenant compte des acquis en la
matière.

Section III: L'agriculture, l'élevage et la pêche

Article 33

Dans le cadre du programme de travail mentionné à l'article 7 de la présente Convention, le


Conseil des Ministres:

a) définit par voie de règlements les systèmes d'information mutuelle auxquelles


participent les États membres en vue de la coordination de leurs politiques agricoles,
pastorales et piscicoles;

b) définit par voie de recommandations les orientations que les États membres sont
invités à mettre en oeuvre simultanément en vue de l'amélioration de l'efficacité
économique et sociale des secteurs de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche;

c) a la faculté d'engager, par voie de règlements, des actions portant notamment sur
l'organisation commune de la recherche.

Article 34

Le Conseil des Ministres arrête, à la majorité simple et sur proposition du Secrétaire Exécutif,
les règlements et les recommandations mentionnés à l'article 33 ci-dessus. Il délègue au Secrétaire
Exécutif, dans les mêmes conditions de majorité, tout pouvoir d'exécution nécessaire à la coordination
des politiques agricoles, pastorales ou piscicoles des États membres.

Article 35

1. Dans l'exercice du pouvoir défini à l'article 6 alinéa 2 de la présente Convention, la


Conférence des Chefs d'Etat veille, dans le respect des équilibres financiers de l'Union Économique et
de ses États membres, à la prise en compte des objectifs suivants:
WT/COMTD/24
Page 15

a) accroître la productivité de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche, en développant le


progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production et un
emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d'oeuvre, et ainsi
améliorer le niveau de vie des populations;

b) assurer la rentabilité des filières;

c) stabiliser les marchés;

d) garantir la sécurité des approvisionnements;

e) assurer des prix raisonnables dans les livraisons des produits aux consommateurs;

2. Dans l'élaboration des lignes directrices de la politique agricole, pastorale et piscicole


commune, la Conférence des Chefs d'Etat tient compte:

a) de l'importance de ces secteurs dans l'économie des États membres;

b) des disparités structurelles et naturelles entre les diverses régions;

c) de la nécessité d'opérer graduellement les ajustements opportuns.

Section IV: L'énergie

Article 36

Dans le cadre du programme de travail mentionné à l'article 7 de la présente Convention, le


Conseil des Ministres:

a) définit par voie de règlements les systèmes d'information mutuelle auxquelles


participent les États membres en vue de la coordination de leurs politiques
énergétiques;

b) définit par voie de recommandations les orientations que les États membres sont
invités à mettre en oeuvre simultanément en vue notamment de la sauvegarde et du
développement des ressources énergétiques.

Article 37

Le Conseil des Ministres arrête, à la majorité simple et sur proposition du Secrétaire Exécutif,
les règlements et les recommandations mentionnés à l'article 36 ci-dessus. Il délègue au Secrétaire
Exécutif, dans les mêmes conditions de majorité, tout pouvoir d'exécution nécessaire à la coordination
des politiques énergétiques des États membres.

Article 38

Dans l'exercice du pouvoir défini à l'article 6 alinéa 2 de la présente Convention, la


Conférence des Chefs d'Etat veille à la gestion optimale et au développement des ressources
énergétiques des États membres, ainsi qu'à la sécurité des approvisionnements énergétiques.
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Section V: La protection de l'environnement

Article 39

Dans le cadre du programme de travail mentionné à l'article 7 de la présente Convention, le


Conseil des Ministres:

a) définit par voie de règlements les systèmes d'information mutuelle auxquelles


participent les États membres en vue de la coordination de leurs politiques en matière
de protection de l'environnement;

b) définit par voie de recommandations les orientations que les États membres sont
invités à mettre en oeuvre, en vue de la préservation, de la protection, de la
restauration et de l'amélioration de la qualité de l'environnement;

c) a la faculté d'engager par voie de règlements des actions pilotes communes avec effet
d'entraînement dans ce domaine.

Article 40

Le Conseil des Ministres arrête, à la majorité simple et sur proposition du Secrétaire Exécutif,
les règlements et les recommandations mentionnés à l'article 39 ci-dessus. Il délègue au Secrétaire
Exécutif, dans les mêmes conditions de majorité, tout pouvoir d'exécution nécessaire à la coordination
des politiques des Etats membres en matière de protection de l'environnement.

Article 41

Dans l'exercice du pouvoir définit à l'article 6 alinéa 2 de la présente Convention, la


Conférence des Chefs d'Etat, dans le respect des missions imparties dans ce domaine aux
organisations régionales spécialisées, veille à la prise en compte des objectifs suivants:

a) la lutte contre la désertification, les inondations et les autres calamités naturelles;

b) la préservation de la qualité de l'environnement en milieu rural et urbain;

c) la protection de la diversité biologique;

d) l'exploitation écologiquement rationnelle des forêts et des ressources halieutiques;

e) la gestion écologiquement rationnelle des déchets dangereux et l'interdiction de


l'importation de ces déchets;

f) l'exploitation des énergies renouvelables et particulièrement de l'énergie solaire.

Section VI: L'industrie

Article 42

Dans le cadre du programme de travail mentionné à l'article 7 de la présente Convention, le


Conseil des Ministres définit par voie de règlements sur proposition du Secrétaire Exécutif et à la
majorité simple de ses membres:
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a) les systèmes d'information mutuelle auxquelles participent les États membres en vue
de la coordination de leurs politiques industrielles;

b) les conditions dans lesquelles il pourra être dérogé, dans certains secteurs de
l'économie, au droit de la concurrence de l'Union Économique.

Le Conseil des Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif, fixe la durée des dispositions
dérogatoires prises en application du paragraphe b) du présent article. Les États membres sont tenus
d'informer le Secrétaire Exécutif des mesures d'exécution prises sur le plan national, en vue de
faciliter l'exercice de sa mission de veiller à l'application de la présente Convention.

Article 43

Dans l'exercice du pouvoir défini aux articles 6 alinéa 2 et 42 de la présente Convention, la


Conférence des Chefs d'Etat et le Conseil des Ministres veillent à la compatibilité des objectifs et des
méthodes de la politique industrielle commune avec la construction progressive d'un marché ouvert et
concurrentiel. En particulier, les objectifs suivants seront pris en compte:

a) le renforcement institutionnel portant notamment sur les Chambres Consulaires, les


organismes de normalisation, de certification de la qualité, de protection de la
propriété industrielle;

b) l'accroissement de la valeur ajoutée intérieure et la promotion de l'utilisation et de


valorisation des ressources locales;

c) la recherche de la spécialisation et de la complémentarité par le renforcement des


relations inter et intra-sectorielles, la réhabilitation, la restructuration de certains
secteurs industriels;

d) le soutien des industries exportatrices et des sous-secteurs jugés prioritaires ou


stratégiques;

e) le développement et l'acquisition des technologies;

f) l'harmonisation des cadres réglementaires des activités industrielles et minières,


notamment l'élaboration d'un code communautaire des investissements.

Section VII: Le tourisme

Article 44

Dans le cadre du programme de travail mentionné à l'article 7 de la présente Convention, le


Conseil des Ministres:

a) définit par voie de règlement les systèmes d'information mutuelle auxquelles


participent les États membres en vue de la coordination de leurs politiques
touristiques;

b) définit pas voie de recommandations les orientations que les États membres sont
invités à mettre en oeuvre simultanément en vue du développement du tourisme;
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c) a la faculté d'engager, par voie de règlement, des actions communes comportant


notamment la promotion de circuits touristiques inter-États et l'allégement des
contrôles aux frontières.

Article 45

Le Conseil des Ministres arrête, à la majorité simple et sur proposition du Secrétaire Exécutif,
les règlements ou recommandations mentionnés à l'article précédent. Il délègue au Secrétaire
Exécutif, dans les mêmes conditions de majorité, tout pouvoir d'exécution nécessaire à la coordination
des politiques des États membres en matière de tourisme.

Article 46

Dans l'exercice du pouvoir défini à l'article 6 alinéa 2 de la présente Convention, la


Conférence des Chefs d'Etat et le Conseil des Ministres, dans le respect des missions imparties dans
ce domaine aux organisations régionales spécialisées, veillent à la prise en compte des objectifs
suivants:

a) la protection des valeurs culturelles nationales et du patrimoine artistique des États;

b) la protection de la qualité de l'environnement dans les sites touristiques;

c) la protection des populations contre la délinquance internationale.

CHAPITRE III: LES REGLES COMMUNES

Article 47

Dans le cadre du programme de travail mentionné à l'article 7 de la présente Convention, et


sans préjudice des attributions de compétence spécifiques prévues dans la présente Convention ou
celle instituant l'Union Monétaire de l'Afrique Central (UMAC), le Conseil des Ministres adopte, à
l'unanimité, et sur proposition du Secrétaire Exécutif, les réglementations communes mentionnées à
l'article 4 paragraphe a) de la présente Convention.

Ces réglementations peuvent prendre la forme de règlements, de règlements cadres ou de


directives. Dans ces deux derniers cas, les États membres complètent leurs dispositions et prennent
les actes d'application nécessaires, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.

Article 48

En tant que de besoin, le Conseil des Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif, adopte
à la majorité qualifiée, par voie de règlement ou de directive, les dispositions d'application
nécessaires.

TITRE III: LE DISPOSITIF DE SURVEILLANCE MULTILATERALE

Article 49

L'Union Économique assure la convergence des performances et des politiques économiques


en vue de la réalisation des objectifs définis à l'article 2 alinéa b) de la présente Convention au moyen
du dispositif de surveillance multilatérale dont les modalités sont fixées aux articles 55 et 61.
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Les États membres s'accordent au sein du Conseil des Ministres sur les grandes orientations
de politique économique qu'ils s'engagent à respecter en harmonisant et en coordonnant leurs
politiques nationales.

L'exercice de surveillance par le Conseil des Ministres consiste à vérifier d'une part, la
conformité des politiques économiques à ces grandes orientations et, d'autre part, la cohérence des
politiques nationales avec la politique monétaire commune.

Le dispositif de surveillance multilatérale s'articule autour des quatre organes suivants:

a) une cellule nationale par État membre;

b) une cellule communautaire;

c) un Collège de surveillance;

d) le Conseil des Ministres.

Article 50

Le Secrétaire Exécutif veille à la mise en oeuvre et au respect de la procédure de surveillance


multilatérale mentionnée à l'article 49 de la présente Convention. Il effectue cette tâche en
concertation régulière avec le Gouverneur de la Banque des États de l'Afrique Central (BEAC).

La documentation et les analyses destinées à l'exercice de la surveillance multilatérale par le


Conseil des Ministres, sont préparées par les cellules nationales et la cellule communautaire.

Chaque cellule nationale comprend au minimum un représentant de l'administration en charge


de la formulation de la politique macro-économique, un représentant de l'administration chargée de la
statistique et un représentant local de la BEAC. Les membres des cellules nationales sont désignés
par les États concernés et par la BEAC pour ce qui concerne son représentant. Leur mandat est de
trois ans renouvelable. Dans le cadre exclusif de leur mandat, ils sont autorisés à communiquer entre
eux, avec les membres des autres cellules nationales et de la cellule communautaire. Les États
membres s'engagent à leur assurer la stabilité et l'indépendance nécessaires au bon exercice de leur
mission.

La cellule communautaire est présidée par le Secrétaire Exécutif et comprend au minimum un


représentant de la BEAC, nommé par le Gouverneur et un macro-économiste de l'UEAC, nommé par
le Secrétaire Exécutif.

Article 51

Les cellules nationales sont chargées de rassembler et de mettre en cohérence les données
statistiques nationales à partir desquelles s'exerce la surveillance, de les transmettre à la cellule
régionale dans les formes et les fréquences fixées par le Collège de Surveillance, de vérifier leur
couverture et leur pertinence. Elles suivent l'évolution de l'économie et des politiques économiques.
Elles informent la cellule régionale de toute décision ou événement relatif à la politique économique
de leur État. Elles rédigent des rapports périodique d'analyses pour leurs autorités et la cellule
communautaire. Elles examinent pour leurs autorités le rapport périodique de la cellule
communautaire.
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La cellule communautaire est chargée de rassembler les données d'environnement


international et d'intérêt communautaire pertinentes pour l'exercice de la surveillance, de les
transmettre aux cellules nationales dans les formes et les fréquences fixées par le Collège de
Surveillance. Elle rédige périodiquement le rapport d'exécution de la surveillance sur l'état de la
convergence dans l'Union Économique. Ce rapport analyse les économies et les politiques des Etats
membres de l'Union Économique du point de vue de la convergence et de leur conformité aux grandes
orientations et à la discipline communautaire.

Il tient compte des programmes d'ajustement éventuellement en vigueur au niveau de l'Union


Économique et des États membres. Il est communiqué aux cellules nationales pour examen en
Collège de Surveillance et transmis au Conseil des Ministres.

Article 52

Le Collège de Surveillance se réunit au moins deux fois par an sur convocation du Secrétaire
Exécutif en vue de préparer les réunions du Conseil des Ministres relatives à l'exercice de la
surveillance multilatérale. Le Collège de Surveillance veille au bon fonctionnement de la cellule
communautaire et des cellules nationales.

Il est composé de deux représentants par cellule nationale désignés à titre personnel et deux
représentants de la cellule communautaire, dont un de la BEAC et un autre de l'UEAC. Il est présidé
par le Secrétaire Exécutif.

Article 53

Sur rapport du Secrétaire Exécutif le Conseil des Ministres, après avis du Collège de
Surveillance, se prononce au moins une fois par an sur les grandes orientations des politiques
économiques des États membres et de l'Union Économique. A cet effet il adresse, sur proposition du
Secrétaire Exécutif, des recommandations aux États membres.

Ces recommandations visent en particulier à assurer la compatibilité de ces politiques au


niveau de l'Union Économique avec les objectifs de croissance et d'emploi, de stabilité des prix et de
viabilité des balances des paiements des États membres.

Les gouvernements des États membres de l'Union Économique informent le Secrétaire


Exécutif de toute décision nationale susceptible de modifier les données fondamentales de leurs
économies ou de celles de l'Union Économique.

Article 54

Dans le cadre de l'Union Économique, et pour les besoins de la surveillance multilatérale, les
législations budgétaires des États membres sont harmonisées au cours de la première étape de la
construction de l'Union Économique.

Sont également harmonisées, les comptabilités nationales et les données macro-économiques


nécessaires à l'exercice de la surveillance multilatérale. A cet effet, une priorité particulière est
assignée à l'uniformisation du champ statistique du secteur public selon les méthodologies
internationalement acceptées dans ce domaine.

Le Conseil des Ministres, statuant à la majorité qualifiée et sur proposition du Secrétaire


Exécutif, adopte les règlements et les directives nécessaires à la mise en oeuvre des dispositions des
alinéas précédents. Il détermine un calendrier d'application.
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Article 55

Pour assurer la coordination des politiques économiques des États membres, la procédure de
surveillance multilatérale s'appuie sur des indicateurs de surveillance et sur un ensemble de variables
reprises dans un tableau de bord macro-économique pour suivre et interpréter les évolutions
économiques des États et de l'Union Économique.

Les États membres s'interdisent tout déficit public excessif. Ils s'astreignent dans ce domaine
à respecter une discipline budgétaire.

Un déficit budgétaire est qualifié d'excessif notamment lorsqu'il n'est pas compatible avec les
objectifs de la politique monétaire, en particulier en ce qui concerne son financement et le taux de
couverture extérieure de l'émission monétaire.

Le déficit peut aussi être qualifié d'excessif lorsque l'un des critères de surveillance suivants
n'est pas respecté:

- un solde primaire budgétaire positif;

- une variation négative ou nulle du stock des arriérés intérieurs et extérieurs;

- une variation annuelle en pourcentage de la masse salariale de la fonction publique


égale ou inférieure à la variation en pourcentage des recettes budgétaires.

Le Conseil des Ministres adopte, sur proposition du Secrétaire Exécutif et après consultation
du Collège de Surveillance, d'autres critères de surveillance qui traduisent le caractère excessif du
déficit pour renforcer la discipline budgétaire.

En vue de préciser la discipline communautaire et la convergence des politiques, le Conseil


des Ministres, sur proposition du Collège de Surveillance, peut assigner à certains indicateurs de
surveillance une valeur critique servant à déclencher les procédures spécifiques définies à l'article 59.

Le choix des indicateurs de surveillance et celui des variables qui constituent le tableau de
bord est opéré collégialement par les cellules nationales et la cellule communautaire, sous la
présidence du Secrétaire Exécutif.

Article 56

Les États membres limitent les disparités dans la structure de leurs prélèvements fiscaux. Le
Conseil des Ministres, statuant à la majorité simple, sur proposition du Secrétaire Exécutif, adopte des
recommandations à cet effet.

Les États membres veillent à la maîtrise de leur endettement intérieur et extérieur et notifient
à la BEAC et au Secrétaire Exécutif les informations relatives à leur dette intérieure et extérieure. La
BEAC prête son concours aux États membres, qui le souhaitent, dans la négociation ou pour la
gestion de leur dette.

Les États membres procèdent à l'examen de leurs politiques des prix et des revenus en vue de
les coordonner, les harmoniser et d'éviter qu'elles ne nuisent au développement de l'offre et à
l'environnement économique. Sur proposition du Secrétaire Exécutif, le Conseil des Ministres
examine notamment dans quelle mesure, à l'intérieur d'un ou plusieurs États membres, les actions de
groupes économiques, sociaux ou professionnels sont susceptibles de contrarier la réalisation des
WT/COMTD/24
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objectifs de politique économique de l'Union. Il adopte, statuant à la majorité simple, et sur


proposition du Secrétaire Exécutif, des recommandations et avis à cet effet.

Article 57

Afin d'accomplir leurs tâches, les cellules nationales sont dotées, sur les ressources
budgétaires de l'Union Économique, des moyens de communication leur permettant d'échanger
librement entre elles et avec la cellule communautaire leurs informations et analyses respectives.

Les données statistiques faisant foi pour l'exercice de surveillance multilatérale de l'Union
Économique sont celles retenues par le Collège de Surveillance.

Article 58

Lorsqu'un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés en
raison d'événements exceptionnels, le Conseil des Ministres, statuant à l'unanimité sur proposition du
Secrétaire Exécutif, peut exempter pour une durée maximum de six mois cet État membre du respect
de tout ou partie des prescriptions énoncées dans le cadre de la procédure de surveillance
multilatérale.

Le Conseil des Ministres peut adresser à l'Etat membre intéressé des directives portant sur les
mesures à mettre en oeuvre.

Avant l'issue de la période de six mois mentionnée à l'alinéa premier du présent article, le
Secrétaire Exécutif fait rapport au Conseil des Ministres sur l'évolution de la situation dans l'Etat
membre et sur la mise en oeuvre des directives qui lui sont adressées. Au vu de ce rapport, le Conseil
des Ministres peut décider à l'unanimité, sur proposition du Secrétaire Exécutif, de proroger la période
d'exemption en fixant une nouvelle échéance.

Article 59

Lorsqu'un État membre mène des politiques économiques qui ne respectent pas les grandes
orientations visées à l'article 49, ou qui ignorent les recommandations du Conseil des Ministres, ou
qui se traduisent par un dépassement des valeurs critiques des indicateurs de surveillance normés, ou
par un non respect des engagements pris au titre des programmes d'ajustement, le Conseil des
Ministres, sur proposition du Secrétaire Exécutif, adopte à la majorité qualifiée de ses membres une
directive à l'adresse de cet État membre.

Si le Conseil des Ministres n'a pas été en mesure de réunir les conditions de majorité
nécessaires à l'adoption d'une directive, le Secrétaire Exécutif rend sa proposition publique.

Article 60

L'Etat membre destinataire d'une directive du Conseil des Ministres élabore en concertation
avec le Secrétaire Exécutif et dans un délai de 45 jours un programme d'ajustement approprié.

Le Secrétaire Exécutif vérifie la conformité de ce programme avec la directive du Conseil des


Ministres ainsi qu'avec la politique économique de l'Union Économique et s'assure qu'il tient compte
d'autres programmes d'ajustement éventuellement en vigueur.

La mise en oeuvre effective d'un programme reconnu conforme ouvre à l'Etat membre
concerné le bénéfice de mesures positives. Celles-ci comprennent notamment:
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- la publication d'un communiqué du Secrétariat Exécutif;

- le soutien de l'Union Économique dans la mobilisation des ressources additionnelles


nécessaires au financement des mesures d'ajustement préconisées.

Pour mener à bien cette dernière tâche, le Secrétaire Exécutif met en place un cadre de
négociation avec la communauté financière internationale et utilise l'ensemble des moyens dont il
dispose pour appuyer l'Etat membre concerné dans les consultations et négociations qui sont
entreprises.

Article 61

Si un État membre n'a pu élaborer un programme d'ajustement approprié dans le délai prescrit
à l'article 60 ci-dessus, si le Secrétaire Exécutif n'a pas reconnu la conformité du programme
d'ajustement avec la directive du Conseil des Ministres et avec la politique économique de l'Union, si
enfin le Secrétaire Exécutif constate l'inexécution insatisfaisante du programme rectificatif, il transmet
dans un délai maximum de 30 jours au Conseil des Ministres un rapport assorti éventuellement de
propositions de sanctions.

L'examen des propositions de sanctions mentionnées ci-après est inscrit de plein droit à
l'ordre du jour d'une session du Conseil des Ministres par le Secrétaire Exécutif.

Le principe et la nature des sanctions font l'objet de délibérations séparées. Les sanctions sont
prises et modifiées à la majorité simple des membre du Conseil des Ministres.

Les sanctions qui peuvent être adoptées comprennent notamment:

- la publication par le Conseil des Ministres d'un communiqué, éventuellement assorti


d'informations sur la situation de l'Etat membre concerné;

- le retrait annoncé publiquement du soutien dont bénéficiait éventuellement l'Etat


membre.

Le Conseil des Ministres, statuant à la majorité simple sur proposition du Secrétaire Exécutif,
peut compléter les sanctions positives ou négatives par des dispositions supplémentaires jugées
nécessaires au renforcement de l'efficacité du processus de surveillance.

TITRE IV: DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES DE L'UNION ECONOMIQE

CHAPITRE I: LES ORGANES DE DECISION

Section I: La conférence des chefs d'état

Article 62

La Conférence des Chefs d'Etat, instituée par le Traité de la CEMAC et régie par les articles 3
et suivants de l'Additif audit Traité relatif au système institutionnel et juridique de la Communauté,
adopte les actes dont la présente Convention lui confie la compétence.
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Section II: Le conseil des ministres de l'UEAC

Article 63

Le Conseil des Ministres de l'UEAC, institué par le Traité de la CEMAC et régi par les
articles 8 et suivants de l'Additif susvisé, assure la direction de l'Union Économique, par l'exercice des
pouvoirs que la présente Convention lui confère.

Article 64

A leur demande ou à l'initiative du président du Conseil des Ministres, des représentants


dûment accrédités des organisations internationales et des États avec lesquels les États membres ont
passé des accords de coopération ou des accords intéressant la gestion de leur politique économique et
financière, peuvent être entendus par le Conseil lors de l'examen des questions relatives aux mission
dévolues à l'Union Économique.

Article 65

Lors de chaque réunion du Conseil des Ministres, le Président s'efforce d'aboutir à un


consensus sur les décisions que le Conseil des Ministres est appelé à prendre.

Lorsque le Président constate qu'un consensus n'est pas réalisable, il décide de procéder à un
vote selon les règles applicables pour le sujet sur lequel porte la délibération. Dans ce cas, chaque
Etat membre peut demander que le vote soit reporté à la prochaine réunion du Conseil des Ministres.
Lors de cette deuxième réunion, le vote ne peut être reporté qu'à la majorité simple des États
membres.

Article 66

Lorsque la Convention prévoit que le Conseil des Ministres statue à la majorité simple, les
délibérations du Conseil sont acquises à la majorité des membres qui le composent, dans le respect
des dispositions de l'article 65 ci-dessus. Chaque État membre dispose d'une voix.

Lorsque la Convention prévoit que le Conseil des Ministres statue à la majorité qualifiée, les
délibérations du Conseil sont acquises à la majorité des cinq sixièmes de ses membres, dans le respect
des dispositions de l'article 65 ci-dessus. Chaque État membre dispose d'une voix.

Lorsque la Convention prévoit que le Conseil des Ministres statue à l'unanimité, les
abstentions des membres du Conseil présents ne sont pas prises en considération.

Article 67

Dans l'intervalle des réunions du Conseil des Ministres et en cas d'urgence, une procédure
écrite de consultation à domicile peut être mise en oeuvre par son Président.

Article 68

Pour les questions ne portant pas principalement sur la politique économique et financière, et
par dérogation à l'article 9 de l'Additif au Traité, le Conseil des Ministres peut réunir en formation
ad hoc les ministres compétents. Dans ce cas, les délibérations acquises deviennent définitives après
que le Conseil des Ministres en ait constaté la compatibilité avec la politique économique et financière
de l'Union Économique.
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Article 69

Le Conseil des Ministres peut déléguer une partie de ses pouvoirs à son Président ou au
Secrétaire Exécutif.

Section III: Le comité inter-états

Article 70

Les délibérations du Conseil des Ministres sont préparées par un comité Inter-États.

Le Comité Inter-États examine et donne des avis sur les propositions inscrites à l'ordre du jour
du Conseil des Ministres.

Le Comité Inter-États est composé d'un représentant titulaire et d'un suppléant désignés par
chaque État membre pour un mandat de trois ans. Les fonctionnaires du Secrétariat Exécutif et les
représentants des organismes spécialisés de la CEMAC peuvent assister aux réunions du Comité.

Le Comité Inter-États peut, en tant que de besoin, faire appel à des experts choisis en raison
de leur compétence.

Le Comité Inter-États est présidé par le représentant de l'Etat membre assurant la présidence
du Conseil des Ministres. Il ne peut délibérer valablement que si quatre États au moins sont
représentés. Le Secrétaire Exécutif et les représentants des organismes spécialisés ne prennent pas
part au vote.

Section IV: L'organe exécutif de l'UEAC

Article 71

Le fonctionnement de l'Union Économique est placé sous la responsabilité du Secrétaire


Exécutif conformément aux articles 16 à 19 de l'Additif au Traité de la CEMAC.

Le Secrétaire Exécutif:

- exerce, en vue du bon fonctionnement de l'Union Économique, les pouvoirs propres


que la présente Convention lui confère ;

- transmet à la Conférence des Chefs d'Etat et au Conseil des Ministres des


propositions, recommandations et avis nécessaires ou utiles à l'application de la
présente Convention et au fonctionnement de l'Union Économique;

- exerce, sous le contrôle du Conseil des Ministres, le pouvoir d'exécution des actes
adoptés par celui-ci;

- exécute le budget de l'Union Économique;

- veille à l'application par les États membres ou leurs ressortissants des dispositions de
la présente Convention et des actes pris par les organes de l'Union Économique en
vertu de celle-ci;

- représente l'Union Économique vis-à-vis des tiers;


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- établit un rapport sur le fonctionnement de l'Union Économique qu'il soumet, assorti


de l'avis du Conseil des Ministres, au Parlement communautaire;

- assure la publication du Bulletin Officiel de la Communauté.

Article 72

Le Secrétaire Exécutif propose à l'adoption du Conseil des Ministres l'organigramme des


Services de l'Union Économique. Il recrute et nomme aux différents emplois dans la limite des postes
budgétaires ouverts.

CHAPITRE II: LE CONTROLE DES ACTIVITES DE L'UNION ECONOMIQUE

Article 73

Le contrôle juridictionnel et budgétaire des activités relevant de l'Union Économique est


assuré par la Cour de Justice de la Communauté; celle-ci comprend une Chambre Judiciaire et une
Chambre des Comptes.

La Cour de Justice de la Communauté est régie par une Convention spécifique.

Article 74

La Chambre Judiciaire de la Communauté connaît des litiges liés à la mise en oeuvre de la


Convention régissant l'Union Économique de l'Afrique Centrale.

Article 75

La Chambre des Comptes de la Communauté examine les comptes de l'Union Économique,


selon les modalités prévues par son statut.

Article 76

Afin d'assurer la fiabilité des données budgétaires nécessaires à l'organisation de la


surveillance multilatérale des politiques budgétaires, chaque État membre prend au besoin les
dispositions nécessaires pour qu'au plus tard un an après l'entrée en vigueur de la présente
Convention, l'ensemble de ses comptes puisse être contrôlé selon des procédures offrant les garanties
de transparence et d'indépendance requises. Ces procédures doivent notamment permettre de vérifier
la fiabilité des données figurant dans les Lois de Finances initiales et rectificatives ainsi que dans les
Lois de Règlement.

Les procédures ouvertes à cet effet, au choix de chaque État membre, sont les suivantes:

- recourir au contrôle de la Chambre des Comptes de la Communauté;

- instituer une Cour des Comptes nationale qui pourra, le cas échéant, faire appel à un
système d'audit externe. Cette Cour transmettra ses observations à la Chambre des
Comptes de la Communauté.
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Les États membres tiennent la Conseil des Ministres et le Secrétariat Exécutif informés des
dispositions qu'ils ont prises pour se conformer sans délai à cette obligation. Le Secrétariat Exécutif
vérifie que les garanties d'efficacité des procédures choisies sont réunies.

Le Conseil des Ministres adopte à la majorité qualifiée, sur proposition du Secrétaire Exécutif
et après avis de la Chambre des Comptes, les règlements et directives nécessaires à la mise en oeuvre
de ces dispositions.

TITLE V: DISPOSITIONS SPECIALES ET FINALES

Section I: Dispositions spéciales

Article 77

En vue de promouvoir le développement harmonieux de tous les États membres, dans le cadre
des acquis de l'UDEAC, et pour surmonter les handicaps à l'intégration économique et sociale
régionale que constituent l'enclavement ou l'insularité, les États membres s'engagent à mettre en place
un fonds de développement.

Tous les pays de l'Union participent au financement du fonds de développement.

Le montant, les contributions ainsi que l'utilisation du fonds de développement sont


déterminés par la Conférence des Chefs d'Etat, sur proposition du Conseil des Ministres.

Article 78

Pour l'application de la présente Convention, le régime des actes juridiques est celui prévu
aux articles 20 et suivants de l'Additif au Traité de la CEMAC

Article 79

Le budget de l'Union Économique est intégré dans le budget de la Communauté; il est


élaboré, adopté et exécuté conformément aux dispositions des articles 27 et suivants de l'Additif au
Traité.

Article 80

Le statut des fonctionnaires de l'Union Économique et le régime applicable à ses autres agents
sont ceux définis à l'article 40 de l'Additif au Traité de la CEMAC

Article 81

Les dispositions de la présente Convention ne font pas obstacle aux mesures qu'un État peut
être amené à prendre en cas de troubles intérieurs graves affectant l'ordre public, ainsi qu'en cas de
guerre ou de tension internationale grave constituant une menace de guerre.

Dans ce cas les États membres se consultent d'urgence en vue de prendre en commun les
dispositions nécessaires pour éviter que le fonctionnement de l'Union Économique ne soit affecté par
de telles mesures.
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Section II: Dispositions finales

Article 82

La présente Convention sera ratifiée à l'initiative des Hautes Parties Contractantes, en


conformité avec leurs règles constitutionnelles respectives. Les instruments de ratification seront
déposés auprès du gouvernement de la République du Tchad qui en informera les autres États et leur
en délivrera copie certifiée conforme.

La présente Convention entre en vigueur et s'applique sur le territoire de chacun des États
signataires à compter du premier jour du mois suivant le dépôt de l'instrument de ratification de l'Etat
signataire qui procédera le dernier à cette formalité. Toutefois, si le dépôt a lieu moins de 15 jours
avant le début du mois suivant, l'entrée en vigueur de l'Additif sera reportée au premier jour du
deuxième mois suivant la date de ce dépôt.

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