DISSERTATION S’APPUYANT SUR UN DOSSIER DOCUMENTAIRE
PROPOSITION DE CORRIGÉ
Sujet : Quelles sont les sources de la croissance économique ?
Programme officiel : Science économique
Questionnement Objectifs d’apprentissage
Quels sont les - Comprendre le processus de croissance économique et les
sources et les défis sources de la croissance : accumulation des facteurs et
de la croissance accroissement de la productivité globale des facteurs ;
économique ? comprendre le lien entre le progrès technique et l’accroissement
de la productivité globale des facteurs.
- Comprendre que le progrès technique est endogène et qu’il
résulte en particulier de l’innovation.
- Comprendre comment les institutions (notamment les droits de
propriété) influent sur la croissance en affectant l’incitation à
investir et à innover.
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Exploitation possible des documents :
Document 1 - Le document 1 mobilise des données OCDE et permet de
différencier les sources de la croissance du PIB selon les pays.
- Des pays comme le Japon ou encore la Corée du Sud sont des pays
qui se caractérisent par une croissance liée avant tout à la
Productivité Globale des Facteurs. En effet, en 2018, la PGF
contribue pour 2,3 points de pourcentage à la croissance du PIB, soit
plus de deux tiers des 2,9 % de hausse du PIB cette année-là.
- D’autres pays, comme la Suède ou encore la France voient leur
croissance expliquée avant tout par l’accumulation des facteurs de
production.
Document 2 - Le document 2 présente les dépenses intérieures de Recherche et
Développement (DIRD) rapportées au PIB du pays en pourcentage,
et le nombre de chercheurs rapporté à mille actifs pour le pays, en
2020. Il permet d’illustrer certaines dépenses et investissements
propres à augmenter le progrès technique et l’innovation dans un
pays.
- Le document montre des écarts importants entre pays dans les
dépenses de DIRD en pourcentage du PIB.
- La Corée du Sud est dans une situation particulière en étant le pays
qui dépense la plus grande part de son PIB dans les dépenses de
R&D des pays sélectionnés ici, mais aussi en étant le pays avec le
plus au taux de chercheurs pour mille actifs.
- Les candidats pourront faire le lien avec le document 1 et faire des
comparaisons.
Document 3 - Le document 3 se rapporte aux dépenses publiques d’éducation
(DPE) en pourcentage du PIB, comparé aux PIB par habitant en
volume de quelques pays. Il met en avant l’effet que peut avoir
l’investissement dans le capital humain, et l’influence des institutions,
sur le processus de croissance.
- Un net écart est notable en matière de DPE entre des pays comme
Haïti et le Tchad, comparé à des pays comme La France, les États-
Unis, ou encore Israël. En effet, les deux premiers pays dépensent
entre 1,5 et 2,5 % de leur PIB dans les DPE contre au moins 5,0 %
du PIB pour les autres pays.
- Les élèves devront faire un lien entre le niveau de dépense publique
dans l’éducation et le niveau de vie des pays.
- Les élèves pourront établir un lien entre le niveau de la DPE et
l’évolution du niveau de vie par habitant. Les deux pays qui se
distinguent par un niveau de vie faible et en baisse sont ceux qui
dépensent le moins dans l’éducation en pourcentage de leur PIB.
Document 4 Ce texte illustre l’intérêt des institutions (droits de propriété), plus
spécifiquement la mise en place de brevets protégeant l’innovation.
Le texte explique l’idée de monopole d’exploitation du brevet, et
illustre les différents types d’innovations pouvant faire l’objet d’un
brevet. Il doit être relié à l’idée d’incitation à innover que constitue ce
type d’institutions.
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Problématique possible :
Il s’agit de s’interroger ici sur les sources de la croissance économique et d’expliquer
les différents facteurs qui en sont à l’origine.
Proposition de plan détaillé : proposition de plan en deux parties
I) La croissance économique s’explique II) La croissance s’explique aussi
par l’accumulation des facteurs de par les institutions et le caractère
production et par la PGF. endogène du progrès technique.
A) La croissance économique peut être A) Les institutions contribuent à
due à l’accumulation de facteurs de l’investissement et à l’innovation,
production. ce qui favorise la croissance.
- L’accumulation de travail, par la hausse - Les institutions garantissent les
du nombre d’actifs ou encore la hausse droits de propriété, ce qui incite à
de la durée du travail, augmente les l’innovation et à l’investissement.
capacités de production disponibles et Les brevets confèrent à leur titulaire
donc contribue à la hausse de la un monopole temporaire, ce qui
production. favorise l’émergence d’innovations
- Un pays comme les États-Unis en 2018 et du progrès technique (document
est un pays dont la croissance 4).
s’explique d’abord par la contribution du - Les actions de l’État participent à la
facteur travail (document 1). mise en place d’institutions
- L’accumulation de capital, par les encourageant les comportements
investissements, permet d’augmenter le vertueux pour la croissance. Par
stock de capital fixe. Ces exemple l’État, en se chargeant de
investissements sont une source de la l’éducation (document 3) va
hausse de la production de richesses. contribuer à la hausse du niveau de
- En Suède, le capital contribue à la moitié formation et donc du niveau de
de la croissance du PIB, à égalité avec productivité des individus.
la contribution du facteur travail
(document 1).
B) La croissance peut aussi provenir B) Le progrès technique qui résulte
des gains de productivité globale des de l’innovation est endogène au
facteurs de production. processus de croissance.
- La PGF mesure la contribution du - Le progrès technique est endogène au
progrès technique à la croissance. processus de croissance : il favorise
- Les gains de PGF améliorent l’efficacité la croissance qui, à son tour, le
des facteurs travail et capital et favorise.
permettent de produire plus, sans - Le progrès technique induit des
augmentation des quantités de travail et externalités positives qui
de capital. contribuent aussi à la croissance.
- Des pays comme le Japon ou la Corée - La croissance ainsi générée permet
du Sud sont des pays dont la croissance de financer des investissements en
s’explique avant tout par la PGF. R et D et en éducation, favorables à
l’innovation (documents 2 et 3).
Le corrigé proposé fournit des indications à destination des commissions académiques
d’entente et d’harmonisation, mais il ne doit pas être considéré comme une norme.
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ÉPREUVE COMPOSÉE
PROPOSITION DE CORRIGÉ
Première partie : Mobilisation des connaissances
Question : Vous présenterez le paradoxe de l’action collective.
(4 points)
Sociologie et science politique
Comment expliquer l’engagement politique dans les sociétés démocratiques
contemporaines ?
Réponse possible :
Le paradoxe de l’action collective, également appelé paradoxe d’Olson, vise à montrer
que le simple fait de partager une cause commune n’est pas suffisant pour se
mobiliser. En effet, si les individus ont collectivement un intérêt à se mobiliser pour une
action collective, ils n’ont généralement pas intérêt, individuellement, à y participer.
Cela peut s’expliquer par le fait que la participation à l’action collective a des coûts.
Par exemple, les individus mobilisés vont donner de leur temps et perdre des journées
de salaire en cas de grève. Par ailleurs, les gains de l’action collective ne sont
qu’hypothétiques puisqu’ils ne surviendront qu’en cas de succès de l’action collective
et de surcroît, ils seront aussi obtenus par les personnes n’y ayant pas participé. Tout
individu rationnel a alors intérêt à se comporter en passager clandestin afin de ne pas
supporter les coûts de l’engagement tout en profitant éventuellement des gains de
celui-ci, en cas de succès. Pourtant, ce paradoxe est démenti par les faits puisque de
nombreux individus se mobilisent.
Deuxième partie (6 points) : Étude d’un document
Science économique
Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la
production ?
Question 1 : À l’aide du document, vous décrirez l’évolution de la part du revenu
national détenu par les 10 % les plus riches en Russie depuis 1985. (2 points)
Réponse possible :
Depuis 1985, les inégalités internes de revenu se sont accentuées en Russie.
En 1985, les 10 % des Russes les plus riches recevaient 23 % du revenu national
distribué. En 1996, les 10 % des Russes les plus riches recevaient 48 % du revenu
distribué cette année-là dans le pays soit une part du revenu national environ deux fois
plus importante.
Depuis 1996 les inégalités internes de revenus se sont stabilisées en Russie.
La richesse est plus concentrée en 2015 en Russie qu’elle ne l’était en 1985.
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Question 2 : A l’aide de vos connaissances et du document vous montrerez que le
commerce international peut induire un accroissement des inégalités au sein des pays.
(4 points)
Réponse possible :
On constate que les inégalités internes de revenus ont augmenté dans tous les BRICS
entre 1985 et 2015, excepté au Brésil. C’est avéré en Chine : en 1985, les 10 % des
Chinois les plus riches recevaient 30 % du revenu national distribué alors qu’en 2015,
les 10 % des Chinois les plus riches s’approprient 41 % du revenu distribué cette
année-là, soit 11 points de pourcentage de plus. Même constat en Inde. La dynamique
inégalitaire n’est pas de la même ampleur dans les différents pays, mais elle est
partout présente. Au Brésil les inégalités de revenus ne se sont pas accentuées, mais
c’est l’un des pays les plus inégalitaire au monde.
L’insertion dans le commerce mondial peut être avancée comme l’une des explications
à cette tendance même si elle n’est pas la seule.
L’ouverture des frontières fait disparaître les emplois dans les secteurs peu
compétitifs. Les travailleurs perdent alors leurs revenus d’activité. Les détenteurs des
entreprises exportatrices compétitives voient quant à eux leurs revenus augmenter.
Les travailleurs qualifiés embauchés dans les secteurs produisant pour les marchés
extérieurs sont aussi assurés de revenus élevés. On assiste donc à un accroissement
des inégalités de revenus au sein des pays qui participent au commerce mondial, entre
les ménages qui ont profité de l’ouverture internationale et des revenus des
exportations, et les autres ménages qui ont subi les effets d’une restructuration de
l’économie.
Troisième partie : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10
points)
Sujet : À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez
que les facteurs de structuration de l’espace social sont multiples.
Programme officiel :
Sociologie et science politique
Questionnement Objectifs d’apprentissage
Comment est Savoir identifier les multiples facteurs de structuration et de
structurée la hiérarchisation de l’espace social (catégorie socio-
société française professionnelle, revenu, diplôme, composition du ménage,
actuelle ? position dans le cycle de vie, sexe, lieu de résidence).
Exploitation possible des documents :
Document 1 Le document permet de mettre en lumière l’importance du lieu de
résidence sur les inégalités entre les enfants de milieux différents.
Tout d’abord le chômage, la pauvreté et les difficultés d’intégration
culturelle sont des situations fréquentes dans certains quartiers et
elles affectent la socialisation des enfants.
Ensuite les adolescents dont l’un des proches est sans diplôme
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vivent dans un environnement où l’échec scolaire est la norme et le
taux de retard à 15 ans de 56 %.
Enfin, ces adolescents vivent dans un contexte où la plupart des
jeunes de leur âge travaillent déjà.
Document 2 Le document permet de montrer comment différentes variables
influencent les salaires et contribuent à structurer l’espace social.
Le sexe est une variable déterminante pour le revenu salarial, les
femmes ont un salaire inférieur à 22,3% à celui des hommes et ces
inégalités de genre persistent quel que soit l’âge, le niveau de diplôme
ou la CSP.
L’âge influence plus nettement encore le revenu salarial : quel que
soit le sexe considéré, le revenu salarial des moins de 25 ans est
environ trois fois plus faible que celui des 40 ans et plus.
L’écart entre les non diplômés et les diplômés à partir de Bac + 3 est
de 18 340 euros chez les femmes et de 27 010 euros chez les
hommes. Cela recoupe les inégalités entre CSP.
Le secteur d’emploi est source d’inégalités plus marquées chez les
femmes que chez les hommes.
Raisonnement possible :
Les positions sociales qu’occupent les individus d’une société, distinctes les unes des
autres, constituent l’espace social. Cet espace social est structuré et hiérarchisé par
une multitude de facteurs qui interagissent entre eux.
Le revenu est le facteur le plus immédiatement sensible de la hiérarchisation de
l’espace social. Avec le patrimoine, il constitue le capital économique qui permet
d’accéder à une multitude de ressources. Sa place est assez centrale pour qu’il soit
l’instrument de mesure des hiérarchies sociales, comme c’est le cas dans le document
2 pour les salariés.
Le deuxième facteur de hiérarchisation de la société française est le dernier diplôme
obtenu. Le diplôme révèle des savoirs et des savoir-faire valorisés par une société, il
est une mesure du capital culturel dont est doté un individu. Cette deuxième dimension
fait déjà apparaître un espace social hiérarchisé selon la quantité de capitaux détenus
et structuré par leur composition.
Outre ces deux dimensions, les catégories socioprofessionnelles introduisent d’autres
clivages associés aux métiers et révélateurs de groupes sociaux : le statut
(indépendant ou salarié, public ou privé), la hiérarchie entre salariés et le secteur
d’activité. Ces catégories mettent aussi en valeur des différences de pratiques
culturelles.
L’âge et le sexe sont des facteurs structurant qui ont des effets sur toutes les
dimensions socioéconomiques abordées. En effet la position dans le cycle de vie a
des effets importants sur le métier exercé et sur les revenus détenus avant et après
40 ans (document 2). Les femmes ont des revenus inférieurs aux hommes quelle que
soit la position sociale observée et cet écart est croissant avec l’âge. En outre, à niveau
hiérarchique comparables, les emplois sont différents entre les hommes et les
femmes.
Il faut aussi prendre en compte la composition du ménage pour saisir le niveau de vie
de ses membres. La présence d’un seul adulte dans un ménage est un facteur de
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précarité voire de pauvreté, qu’il s’agisse d’une famille monoparentale ou d’une
personne isolée, en particulier d’une femme âgée.
Le lieu de résidence, enfin, n’est pas que le résultat d’autres facteurs de hiérarchisation
sociale comme le revenu. Il est surtout la source de réussite scolaire inégale,
d’homogamie et de reproduction sociale qui contribuent à peser sur les destins sociaux
(document 1).
Les facteurs de structuration de l’espace social sont donc si nombreux qu’ils peuvent
se renforcer mutuellement dans une logique d’assignation à la position sociale
d’origine tout comme s’opposer et permettre des trajectoires improbables.
Le corrigé proposé fournit des indications à destination des commissions académiques
d’entente et d’harmonisation, mais il ne doit pas être considéré comme une norme.
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