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A Es-10 PV.57-FR

La dixième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale des Nations Unies a été reprise pour discuter des mesures illégales prises par les autorités israéliennes dans le Territoire palestinien occupé, alors que la situation humanitaire à Gaza se détériore avec des milliers de victimes. Les intervenants ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la protection des droits des Palestiniens, tout en dénonçant les attaques contre l'UNRWA et les travailleurs humanitaires. La communauté internationale est exhortée à agir pour mettre fin à la violence et garantir la dignité et la sécurité des populations concernées.

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La dixième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale des Nations Unies a été reprise pour discuter des mesures illégales prises par les autorités israéliennes dans le Territoire palestinien occupé, alors que la situation humanitaire à Gaza se détériore avec des milliers de victimes. Les intervenants ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la protection des droits des Palestiniens, tout en dénonçant les attaques contre l'UNRWA et les travailleurs humanitaires. La communauté internationale est exhortée à agir pour mettre fin à la violence et garantir la dignité et la sécurité des populations concernées.

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Nations Unies A /ES-10/PV.

57
Assemblée générale Documents officiels
Dixième session extraordinaire d'urgence

57e séance plénière


Mercredi 4 décembre 2024, à 15 heures
New York

Président : M. Philémon Yang . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . (Cameroun)

La séance est ouverte à 15 h 5.


Reprise de la dixième session extraordinaire d’urgence
Le Président ( parle en anglais) : Je déclare ouverte la reprise de la dixième
session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale.
Les membres se souviendront que, au paragraphe 19 de sa résolution ES-10/24,
du 18 septembre 2024, l’Assemblée a décidé
« d’ajourner à titre provisoire la dixième session extraordinaire d’urgence et
d’autoriser le Président de sa session la plus récente à en prononcer la reprise à
la demande d’États Membres ».
À cet égard, je voudrais appeler l’attention des délégations sur le document
A/ES-10/1016, qui contient une lettre datée du 21 novembre 2024, adressée au
Président de l’Assemblée générale par les représentants du Liban, du Cameroun et
de l’Ouganda auprès de l’Organisation des Nations Unies, en leurs qualités, respec-
tivement, de Présidents du Groupe des États arabes, du Groupe de l’Organisation de
la coopération islamique et du Bureau de coordination du Mouvement des pays non
alignés, pour demander respectueusement la reprise rapide de la dixième session
extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale.
J’ai l’intention de conduire les débats de la présente session conformément au
Règlement intérieur de l’Assemblée générale et à la pratique établie de ses sessions
extraordinaires d’urgence.

Barème des quotes-parts pour la répartition des dépenses de l’Organisation


des Nations Unies
Lettre datée du 13 septembre 2024, adressée au Président de l’Assemblée
générale par le Secrétaire général (A/ES-10/1010)
Le Président ( parle en anglais) : Les membres se souviendront également
qu’à la 53ème séance plénière de la dixième session extraordinaire d’urgence,
le 17 septembre 2024, l’Assemblée générale a pris note des informations contenues

Ce procès-verbal contient le texte des déclarations prononcées en français et la traduction des


autres déclarations. Les rectifications éventuelles ne doivent porter que sur le texte original des
interventions. Elles doivent être indiquées sur un exemplaire du procès-verbal, porter la signature
d’un membre de la délégation intéressée et être adressées au Chef du Service de rédaction des
procès-verbaux de séance, bureau AB-0928 ([email protected]). Les procès-verbaux rectifiés
seront publiés sur le Système de diffusion électronique des documents de l'Organisation des
Nations Unies (http://documents.un.org).

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*2437817* Document adapté Merci de recycler
A/ES-10/PV.57 04/12/2024

dans le document A/ES-10/1010 concernant les États Membres qui sont actuellement
en retard dans le paiement de leurs contributions au sens de l’Article 19 de la Charte
des Nations Unies.
À cet égard, puis-je considérer que l’Assemblée générale décide d’appliquer les
dispositions de la résolution 79/3, du 9 octobre 2024, en vertu desquelles Sao Tomé-
et-Principe et la Somalie sont autorisées à participer à ses votes jusqu’à la fin de sa
soixante-dix-neuvième session, et d’autoriser ces États Membres à participer égale-
ment aux votes à sa dixième session extraordinaire d’urgence ?
Il en est ainsi décidé.

Point 5 de l’ordre du jour (suite)


Mesures illégales prises par les autorités israéliennes à Jérusalem-Est occupée
ainsi que dans le reste du Territoire palestinien occupé
Le Président ( parle en anglais) : Depuis plus d’un an, les habitants de Gaza et
d’Israël subissent un cycle implacable de mort, de destruction et de déplacement.
Plus de 43 000 Palestiniens ont été tués et plus de 100 000 blessés, pour la plupart
des civils, des femmes et des enfants. Une centaine d’otages sont encore détenus.
L’horreur à Gaza doit cesser.
Les exigences de la communauté internationale sont claires. Elles sont égale-
ment exprimées clairement dans le projet de résolution S/2024/835, dont le Conseil
de sécurité était saisi le 20 novembre, qui a reçu 14 votes pour, mais dont l’adoption
a finalement été bloquée par le veto d’un membre permanent (voir S/PV.9790). Une
fois de plus, le Conseil de sécurité est paralysé, incapable de s’acquitter de sa respon-
sabilité principale, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Une fois de plus, l’Assemblée générale est invitée à jouer un rôle de premier plan
s’agissant de la situation dans le Territoire palestinien occupé.
Le conflit israélo-palestinien ne peut être réglé par une guerre et une occupation
sans fin. Le conflit ne prendra fin que lorsque les Israéliens et les Palestiniens pourront
vivre côte à côte dans leurs propres États souverains et indépendants, dans la paix,
la sécurité et la dignité. Il est temps que la communauté internationale prenne des
mesures concrètes et constructives. Nous devons nous efforcer de trouver une solution
juste, globale et durable au conflit israélo-palestinien, une solution fondée sur le droit
international, la Charte des Nations Unies et les résolutions pertinentes de l’ONU.
Le droit international, la Charte des Nations Unies et les résolutions de l’ONU
doivent être respectés par tous les États Membres. C’est particulièrement vrai en ce
qui concerne l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de
Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui a été créé par l’Assemblée générale,
dont il a reçu son mandat. L’Office fournit une protection, un abri, de la nourri-
ture, de l’eau et des soins médicaux à des millions de Palestiniens en souffrance,
en particulier dans les circonstances les plus difficiles, à Gaza. Malgré les besoins
humanitaires, l’avenir de l’Office dans le Territoire palestinien occupé est menacé.
C’est pourquoi je dois à nouveau exprimer ma profonde inquiétude au sujet de
la récente décision du Parlement israélien d’adopter deux lois qui, si elles étaient
appliquées, empêcheraient l’Office de mener son action essentielle à Gaza et en
Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. La suppression des activités de
l’UNRWA dans le Territoire palestinien occupé à la suite de l’adoption de ces deux
lois exacerberait une situation humanitaire déjà catastrophique. La cessation des
activités de l’Office dans le Territoire palestinien occupé signifierait que les réfugiés
palestiniens ne recevraient plus l’assistance salvatrice dont ils ont désespérément
besoin. C’est inadmissible. J’appelle de toute urgence le Gouvernement israélien à
s’acquitter de ses obligations juridiques internationales et à permettre à l’Office de

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poursuivre ses activités vitales, comme l’a prescrit l’Assemblée générale, à Gaza et
en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.
En tant que représentants de la communauté internationale, il est de notre devoir
commun de défendre les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, à
savoir la justice, le respect du droit international et la foi dans la dignité et la valeur
de chaque être humain. Ces principes sont les fondements de la paix et de nos efforts
visant à garantir une sécurité durable aux peuples de Palestine et d’Israël.
Je donne maintenant la parole à l’Observateur permanent de l’État observateur
de Palestine auprès de l’Organisation des Nations Unies.
M. Mansour (État de Palestine) ( parle en anglais) : Alors que je me tiens ici pour
prendre la parole devant l’Assemblée générale, un nettoyage ethnique est perpétré au
vu et au su de tous à Beït Lahiya et dans tout le nord de Gaza. Alors que je me tiens
à cette tribune, des familles déplacées sont à nouveau bombardées dans des tentes
à Mawassi, brûlées vives sous les yeux du monde entier. Toutes les heures, tous
les jours, encore plus d'enfants, de femmes et d'hommes palestiniens sont victimes
de l’attaque israélienne immorale, avec pour conséquence des vies perdues, des
familles dévastées et un peuple entier maltraité, terrorisé et traumatisé, sans aucune
issue à l’horizon. Après 424 jours, le génocide se poursuit, avec des massacres, des
déplacements massifs, des détentions massives, la destruction massive de toutes les
conditions nécessaires à la vie et une famine généralisée. Les crimes les plus graves
sont perpétrés avec une sauvagerie inégalée depuis la Seconde Guerre mondiale. Il
s’agit d’une cruelle guerre d’atrocités contre une population civile tout entière, qui
viole toutes les règles et franchit toutes les lignes rouges.
Comment cela est-il possible ? Comment le monde peut-il permettre que cela
continue ? Les auteurs de ces crimes sont connus. On sait où ils se trouvent. Leurs
crimes sont diffusés en direct. Ils déclarent ouvertement leur intention de tuer, de
mutiler, de détruire, d’affamer la population et de procéder à un nettoyage ethnique.
Et pourtant, ils continuent à dormir confortablement dans leurs lits, tandis que leurs
victimes errent dans toute la région, confrontées en permanence à la mort. Aucun
endroit n'est sûr dans cette région qui est devenue la plus dangereuse du monde.
Les auteurs de ces crimes agissent en toute confiance, s’appuyant sur des décen-
nies d’impunité, persuadés qu’ils ne seront pas arrêtés et qu’ils ne devront jamais
payer pour leurs crimes. Il faut mettre fin à cette impunité. Les mandats d’arrêt déli-
vrés par la Cour pénale internationale doivent être un tournant, ils doivent marquer
le début de la fin de l’impunité et permettre de commencer enfin à demander des
comptes aux auteurs de crimes, à faire respecter l’état de droit, à protéger les civils,
à rendre justice aux victimes, à mettre un terme aux crimes en cours et à prévenir de
nouveaux crimes.
À l’attaque à grande échelle contre le peuple palestinien s’ajoute une attaque
en règle contre toutes les personnes qui tentent de sauver des vies humaines et de
défendre la vérité et le droit international, à savoir les travailleurs humanitaires, les
médecins, les infirmiers, les équipes de secours et les journalistes, qui sont tous pris
pour cible, tandis que des centaines parmi eux ont fait le sacrifice ultime en tentant
de sauver d’autres personnes. Et l’une des principales cibles des attaques israéliennes
n’est autre que l’ONU, son Secrétaire général, ses organismes, organes et forces de
maintien de la paix, sa Charte et ses résolutions. Et l’Office de secours et de travaux
des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA),
l’épine dorsale de l’action humanitaire à Gaza et la bouée de sauvetage des réfugiés
palestiniens, fait l’objet d’attaques constantes depuis le premier jour. L’objectif de
la Puissance occupante est clair : se débarrasser de l’UNRWA pour causer d'autres
préjudices aux réfugiés que l’Office est chargé d’aider et de protéger et pour que leur
existence et leurs droits ne soient pas reconnus.

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Le Gouvernement israélien n’a plus aucun scrupule. Il incite à des attaques contre
l’UNRWA au sein de l’ONU, dans les rues de New York et dans le monde entier, en
affichant des panneaux sur lesquels il présente les travailleurs de l’UNRWA comme
des combattants et colporte des discours mensongers afin de donner le feu vert à ses
forces d’occupation pour tuer, mutiler, arrêter et torturer le personnel de l’UNRWA,
attaquer les bâtiments et les abris de l’UNRWA et faire pression sur la communauté
internationale pour qu’elle abandonne l’UNRWA et les réfugiés palestiniens au sort
funeste qu’Israël a prévu pour eux. Ces images qui circulent, qui encouragent des
attaques contre l’UNRWA, devraient porter la mention « promues et financées par
le Gouvernement israélien ». Nous savons qui diffuse ces incitations et cette propa-
gande mensongère. L’agression contre un organisme des Nations Unies et le fait
qu’un État Membre de l’ONU se permette de tuer des membres du personnel des
Nations Unies ne sauraient être tolérés et doivent donner lieu à des conséquences,
notamment s’agissant de la capacité de cet État à jouir de ses droits et privilèges en
tant que Membre de l’ONU. Il faut mettre un terme à cette campagne violente et
ignoble de diffamation contre l’UNRWA et l’ONU dans son ensemble, et Israël doit
être amené à répondre de ses incitations et des crimes qu’il a commis contre l’ONU.
Israël a enfreint chacune des ordonnances en indication de mesures conser-
vatoires émises par la Cour internationale de Justice pour faire face au risque de
génocide. Il a au contraire persisté en commettant encore plus d’atrocités crimi-
nelles, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, à chaque seconde, chaque
jour. Nous appelons tous les États à utiliser tous les moyens de pression dont ils
disposent pour mettre fin aux massacres. Il faut mettre fin à ce génocide par tous
les moyens disponibles. Israël veut que l’Assemblée s’indigne de l’emploi du mot
« génocide ». Nous demandons à l’Assemblée de s’indigner de la commission d’actes
de génocide contre des enfants et des jeunes, contre des femmes et des hommes,
contre des personnes âgées et handicapées, de mettre fin aux atrocités commises
contre le peuple palestinien, et de mettre un terme à cette atteinte à notre humanité
collective. Nous savons tous que le seul moyen d’arrêter ce génocide, de sauver des
vies, de libérer les prisonniers et les otages et de préserver l’espoir d’un avenir diffé-
rent, c’est d’instaurer un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent. C’est
ce que nous demandons tous les jours depuis 14 mois. C’est ce que l’Assemblée géné-
rale, dans sa sagesse, a demandé il y a plus d’un an face à l’assaut, à la catastrophe
humanitaire et aux ravages qu’Israël infligeait déjà à Gaza.
Aujourd’hui, nous appelons à nouveau tous les États à soutenir et à exiger un
cessez-le-feu, et à faire le nécessaire pour instaurer un cessez-le-feu immédiat,
inconditionnel et permanent, pour faire taire les armes, pour mettre fin aux effu-
sions de sang et pour sauver des vies humaines. Tout est en jeu à Gaza. Ceux qui
croient en la liberté et en une paix et une sécurité partagées doivent agir maintenant.
Gaza est aujourd’hui le cœur de la Palestine qui se vide de son sang et une plaie
ouverte douloureuse pour la famille humaine. Il faut arrêter l’hémorragie et il faut
que la vie reprenne ses droits à Gaza afin qu’elle puisse redevenir le cœur battant
de la Palestine. Il faut arrêter l’hémorragie afin de restaurer la crédibilité de notre
système international et de le préserver pour les générations futures, afin que nos
peuples puissent vivre, que notre région puisse prospérer et que la paix et la sécurité
internationales puissent être préservées.
Hier, à une écrasante majorité, l’Assemblée générale a voté pour mettre fin à la
présence illicite d’Israël dans le Territoire palestinien occupé et pour la tenue d’une
conférence internationale de haut niveau visant à mettre en œuvre les résolutions des
organes de l’ONU relatives au règlement pacifique de la question de Palestine et à la
solution des deux États (résolution 79/81). Seul l’exercice par le peuple palestinien de
ses droits inaliénables, y compris le droit à l’autodétermination et au retour, et seule
la création d’un État palestinien indépendant et souverain sur la base des frontières
de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, pourront véritablement transformer notre
région, et la paix dans notre région peut contribuer à transformer le monde.

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Il faut arrêter le génocide. Il faut mettre fin à ce régime d’occupation coloniale


illégale et d’apartheid qui tourmente le peuple palestinien. Il faut soutenir l’action huma-
nitaire, soutenir l’UNRWA et faire échec aux tentatives d’Israël d’éliminer l’Office et
l’aide vitale qu’il apporte à des millions de Palestiniens à Gaza et dans toute la région.
L’Assemblée générale doit s’acquitter de ses responsabilités en vertu du droit interna-
tional, y compris le droit international humanitaire et le droit des droits de l’homme, et
garantir le respect des ordonnances en indication de mesures conservatoires et des avis
consultatifs de la Cour internationale de Justice. Il faut préserver un monde où règne
l’état de droit. Il faut soutenir la liberté, qui est la clef de la paix. Nos souffrances ou nos
joies de demain dépendront des mesures que nous prenons aujourd’hui.
Les images de nos enfants brûlant dans des tentes, le ventre vide, sans espoir
ni perspective d’avenir, après avoir subi des souffrances et des pertes depuis plus
d’un an, devraient hanter la conscience du monde et l’inciter à agir rapidement pour
mettre fin à ce cauchemar et pour faire en sorte qu’il ne se reproduise plus jamais,
pour notre peuple ni pour aucun autre peuple. Nous demandons à toutes les nations
réunies ici d’éteindre le feu qui dévore nos enfants. Est-ce trop demander ? Nous
les appelons à soutenir les importantes résolutions dont elles sont saisies, et à agir
pour les mettre en œuvre, afin de créer une réalité différente du scénario horrible
qu’Israël s’obstine à imposer. Nous appelons l’Assemblée générale à se montrer à la
hauteur de sa responsabilité historique d’agir.
M. Danon (Israël) ( parle en anglais) : Chaque année, nous suivons la même
routine et examinons les mêmes résolutions usées qui diabolisent Israël, exposant
au grand jour les préjugés de l’ONU. Mais je voudrais rappeler à l’Assemblée géné-
rale comment tout cela a commencé. Il y a 77 ans, l’Assemblée votait sur le plan
de partage de l’ONU (résolution 181 (II)), un vote qui offrait aux Israéliens et aux
Palestiniens la possibilité de vivre côte à côte dans la paix. Israël l’a accepté, et le
monde arabe l’a refusé, rejetant la coexistence et choisissant au contraire de déclarer
la guerre à l’État juif qui venait de naître.
Depuis ce jour, l’Assemblée est obsédée par ce qu’elle appelle la question de
Palestine. Pendant des décennies, l’ONU et bon nombre de ses États Membres ont
encouragé et cultivé la politique de rejet, la violence, les incitations et le faux récit de
victimisation des Palestiniens. En 1947, les Palestiniens ont dit non. En 1967, ils ont
à nouveau dit non. En 2000, ils ont dit non. En 2008, ils ont dit non une fois de plus.
À chaque fois, les occasions de faire la paix ont été rejetées. Les prétendus dirigeants
palestiniens ont choisi le conflit à chaque fois, et l’Assemblée les a récompensés pour
cela. L’Assemblée a renforcé la conviction que la paix peut attendre et que la violence
est acceptable. Où était l’Assemblée en 2005, lorsqu’Israël a quitté Gaza, se retirant
entièrement et laissant les Palestiniens décider de leur
avenir ? Où était-elle en 2006, lorsque le Hamas a pris le contrôle de la bande de
Gaza par la violence, et a en a fait la plus grande base terroriste du monde ? Où était l’As-
semblée le 7 octobre 2023, lorsque le Hamas s’est mobilisé et a perpétré un massacre ? Et
où est-elle aujourd’hui, alors que 100 otages sont toujours détenus dans les conditions les
plus épouvantables que l’on puisse imaginer ? Le 7 octobre 2023 n’a pas seulement été un
jour d’horreur ; c'est un moment qui a révélé le vrai visage du Hamas et de ses alliés, dont
le seul objectif est l’extermination et la cruauté. Plus de 1 200 personnes assassinées, des
milliers de personnes blessées, des femmes violées, des enfants exécutés, des familles
brûlées vives dans leurs maisons : ces atrocités auraient dû choquer la conscience du
monde. Pourtant, à ce jour, l’Assemblée garde le silence. Au cours de la semaine écou-
lée, l’Assemblée a adopté d’innombrables résolutions visant Israël, mais pas une seule
résolution condamnant le Hamas ; elle n’a pas dit un seul mot pour dénoncer le massacre
du 7 octobre 2023 et n’a rien dit sur les otages qui souffrent encore dans des conditions
inimaginables. Honte à l’Assemblée. Au lieu de lutter contre ces crimes, l’ONU continue
d'encourager la politique palestinienne de rejet.

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Hélas, nous ne savons pas quand prendra fin cette trahison de la paix, mais nous
savons très bien où elle commence. Elle commence dans les salles de classe. S’il
existe un doute concernant l’endoctrinement systématique à la haine, qu’il me soit
permis de donner l’exemple d’un manuel scolaire palestinien de cinquième année. Il
a été publié par l’Autorité palestinienne et distribué aux écoles financées et appuyées
par l’ONU et ses États Membres. Les Membres de l’ONU, les nations vertueuses qui
pointent un doigt accusateur vers Israël, ont payé pour cette propagande.
Qu’il me soit permis de le citer : « Dalal Mughrabi, un nom gravé dans la gloire,
a dirigé avec une bravoure inégalée ». Les enjoignant de suivre son exemple, ce
manuel apprend aux enfants à aspirer à « l’héroïsme et au martyre ». Il y a une photo.
C’est ce que les Palestiniens enseignent aux enfants de 10 ans. L’on dit aux enfants
palestiniens de 10 ans que la voie de la grandeur passe par le meurtre, que la mort
est préférable à la vie et que le massacre de civils innocents est une source de fierté
nationale. Il s’agit de l’Autorité palestinienne, et non du Hamas, que l’Assemblée ne
s’y trompe pas. Ce même manuel leur enseigne expressément que mourir en tant que
terroriste est « bien mieux que de vivre une vie de confort et d’aisance ».
Je voudrais expliquer à l’Assemblée qui était cette tête pensante, qui était Dalal
Mughrabi. Elle a été le cerveau du massacre de la route côtière de 1978, un attentat
terroriste qui a fait 38 morts parmi des civils innocents, dont 13 enfants. Son groupe
a détourné un autobus et assassiné les passagers. Pourtant, dans les manuels scolaires
financés par l’ONU, et donc par de nombreux pays dans cette salle, elle est présentée
comme une héroïne nationale, un modèle, un symbole que les enfants doivent imiter.
Dalal fait partie des nombreux soi-disant héros cités dans ce manuel destiné aux enfants.
Parmi eux figurent de nombreux meurtriers et de nombreux terroristes du Hamas.
Ce n’est pas de l’éducation. C’est de l’endoctrinement. Il s’agit d’un vol délibéré
de l’avenir des enfants palestiniens, qui les prive d’espoir et les lie à un héritage de
haine et de désespoir. Pourtant, l’ONU et ses Membres continuent d’être obsédés par
Israël. Depuis près de 80 ans, mus par leur obsession illimitée, ils ne cessent d’accu-
ser Israël tout en finançant aveuglément la haine et la violence. Si l’Assemblée veut
d’autres exemples, elle n’a qu’à se tourner vers l’Office de secours et de travaux des
Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui
utilise ce manuel dans ses écoles.
L’UNRWA est un organisme unique en son genre, qui a été créé non pas pour
régler un problème mais pour préserver un problème. Au fil des ans, des milliards de
dollars ont été investis dans l’UNRWA. Avant même le 7 octobre 2023, l’UNRWA
avait échoué dans l'exercice de son mandat, tant sur le plan professionnel que sur le
plan moral. Alors qu’il était censé fournir des services sociaux et éducatifs, il est
devenu l’un des plus grands promoteurs de la violence et de la haine et l’un des plus
grands participants à la violence et à la haine. J’ai vu le tweet du porte-parole de
l’UNRWA il y a environ 10 minutes. Il s’inquiète pour sa réputation. Et bien, c’est
trop tard. L’échec de l’UNRWA s’étend à tous les aspects de ses activités. Ses écoles
sont utilisées comme des entrepôts d’armes, ses installations sont converties en aires
de lancement pour effectuer des tirs de roquettes, ses employés arrondissent leurs
fins de mois en tant que terroristes ; nous avons des vidéos montrant des employés
de l’UNRWA en train d'envahir Israël le 7 octobre 2023 et d'enlever des Israéliens.
Et qui a signé le chèque ? C’est l’Assemblée, c’est l’ONU.
À maintes reprises, nous avons présenté des éléments de preuve de ces exactions,
mais nous n’avons fait que nous heurter au silence de l’Assemblée. Ce n'est pas seulement
de la négligence, c'est de la complicité. Le rôle d’un organisme humantiaire est d’atténuer
les souffrances et de susciter l’espoir, mais l’UNRWA est devenu un bouclier pour le
terrorisme, prolongeant le conflit qu’il prétend vouloir régler. L’UNRWA travaille main
dans la main avec le Hamas et son mandataire diplomatique, l’Autorité palestinienne.
Ensemble, ils enracinent la haine, glorifient la violence et encouragent les conflits.

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Prenons l’exemple de l’Autorité palestinienne et des soi-disant dirigeants modé-


rés qui l’écoutent. Un véritable dirigeant établirait une distinction entre lui-même et
le Hamas. Il condamnerait les atrocités du 7 octobre 2023. J’ai écouté M. Mansour.
Je ne l’ai pas entendu mentionner le Hamas. Un véritable dirigeant jetterait les bases
de la paix par l’éducation. Au lieu de cela, l’Autorité palestinienne glorifie les terro-
ristes, donne à des écoles et à des rues des noms de meurtriers et applique une
politique du « payer pour tuer », qui transforme le sang en profit, en payant les terro-
ristes et leurs familles pour qu’ils commettent des meurtres. Plus les gens tuent, plus
ils reçoivent d’argent sur leur compte bancaire.
Imaginons simplement ce qui pourrait être réalisé si l’Assemblée choisissait une
autre voie. Imaginons ce qu’il se passerait si les milliards dépensés pour promouvoir
la haine et la violence étaient réorientés vers la construction d’écoles qui enseignent
la paix, d’hôpitaux qui soignent et d’infrastructures qui renforcent les liens au lieu
de diviser.
Il y a 77 ans, lorsque le plan de partage a été proposé, Israël a choisi la paix.
L’autre camp a choisi la guerre. Cette politique systématique de rejet se poursuit
encore aujourd’hui en raison de l’indulgence de l’ONU à l’égard de l’incitation et de
son refus d’exiger l’application du principe de responsabilité. Israël est une nation
éprise de paix. Nous prions trois fois par jour pour la paix. Nous avons démontré
notre attachement à la paix et notre capacité à cet égard dans le cadre des traités que
nous avons conclus avec six nations arabes. Par le passé, nous nous battions avec
elles. Et l’Assemblée a également vu les Accords d’Abraham. Nous espérons que de
nombreux autres pays, si Dieu le veut, be’ezrat hashem, inshallah, adhéreront très
bientôt aux Accords d’Abraham.
Mais si l’Assemblée veut vraiment la paix, elle doit commencer par démante-
ler cette infrastructure de haine et de glorification du terrorisme. L’Assemblée doit
cesser de récompenser les meurtres, démanteler l’UNRWA et demander des comptes
aux dirigeants palestiniens. Soixante-dix-sept ans, c’est plus qu’assez. Il est temps
que l’ONU et ses Membres se réveillent. Les Membres doivent cesser de collaborer
à la violence et commencer à être des partenaires de la paix. Israël restera toujours
attaché à la paix, mais que l’Assemblée ne s’y trompe pas, nous sommes résolument
déterminés à tenir bon, à protéger notre nation, à vaincre ceux qui cherchent à nous
détruire et à assurer la sécurité et l’avenir de notre peuple. Surtout, nous remuerons
ciel et terre et ne ménagerons aucun effort jusqu’à ce que tous nos otages soient libé-
rés et rendus à leurs familles. Telle est notre promesse.
M. Nasir (Indonésie) ( parle en anglais) : Dans la matinée du 20 novembre, avant
l’exercice du droit de veto au Conseil de sécurité (voir S/PV.9790), le nombre de
morts à Gaza était de 43 253. Ce matin, il s’élevait à 44 532. Cela signifie qu’une
seule main levée et l’incapacité de mettre fin à la guerre à Gaza ont coûté la vie
à 1 279 personnes. Chaque seconde que dure la guerre, des civils innocents meurent,
principalement des femmes et des enfants. À ce jour, le nombre total de morts à
Gaza dépasse la population d’au moins sept États Membres de l’ONU, tandis que le
nombre total de blessés dépasse la population d’au moins 17 États Membres. Si des
actes qui reviennent à anéantir toute la population d’un pays ne sont pas un génocide,
alors j’aimerais savoir ce qui l’est.
Rien ne justifie le meurtre de civils innocents. Si un groupe est désigné comme
organisation terroriste pour avoir tué environ 1 200 personnes en un jour, alors
comment doit-on désigner un pays qui a tué 44 532 personnes et qui continue de
tuer ? Depuis le début de la guerre à Gaza, huit projets de résolution du Conseil
de sécurité sur la Palestine ont fait l’objet d’un veto. Le Conseil a adopté quatre
résolutions, mais aucune d’entre elles n’a été mise en œuvre. Cela reflète clairement
l’impuissance du Conseil. En outre, depuis le début de la guerre contre les Palesti-
niens à Gaza, l’Assemblée générale s’est réunie en session extraordinaire d’urgence

24-378177/33
A/ES-10/PV.57 04/12/2024

à cinq reprises, la Cour internationale de Justice a rendu un avis consultatif (voir


A/78/968) et trois ordonnances en indication de mesures conservatoires, et la Cour
pénale internationale a délivré des mandats d’arrêt.
Pourtant, même si la grande majorité des nations ont bonne conscience, quelques
puissances ont fait le choix de continuer de faire fi de l’humanité, de la dignité de
la vie et de l’état de droit au niveau international. Le deux poids, deux mesures a
donné à Israël un permis de tuer. Le système multilatéral se délite sous l’effet du
deux poids, deux mesures. Nombreux sont ceux qui affirment aujourd’hui que nous
entrons dans l’ère de l’effondrement de l’état de droit international et de l’ordre inter-
national, l’ordre conçu par des pays puissants qui ne sont plus déterminés à le faire
respecter. Nous, la majorité des nations dotées d’une conscience, devons donc nous
mobiliser pour protéger l’humanité et la valeur de la vie, et pour mettre fin aux souf-
frances des civils innocents à Gaza.
Appeler à un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent pour mettre
fin aux atrocités dont sont victimes les Palestiniens de Gaza ne suffit plus. Les pays
qui ont une conscience et qui ont les moyens doivent agir et prendre des mesures
concrètes. Les pays qui ont une conscience et qui ont les moyens doivent mettre un
terme à tous les transferts d’armes à Israël. Nous devons utiliser tous les outils dispo-
nibles pour mettre fin à la guerre contre le peuple palestinien, y compris en mettant
en œuvre la résolution 2735 (2024) et les ordonnances en indication de mesures
conservatoires de la Cour internationale de Justice.
Les pays qui ont une conscience et qui ont les moyens doivent contribuer à enrayer
la détérioration des conditions humanitaires à Gaza. Nous devons continuer d’appuyer
l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le
Proche-Orient (UNRWA) et contribuer à mettre fin aux attaques qui le visent ainsi que
d’autres travailleurs humanitaires à Gaza. L’Indonésie rend hommage aux 333 travail-
leurs humanitaires qui ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions à Gaza, y compris
les 249 membres du personnel de l’UNRWA. Pour d’innombrables Palestiniens à Gaza,
l’UNRWA et tous les autres travailleurs humanitaires sont le fil fragile qui fait la diffé-
rence entre la vie et la mort. Les pays qui ont une conscience et qui ont les moyens
doivent également empêcher Israël de tenter de modifier la perception de la guerre à
Gaza. Les mesures prises par Israël pour éliminer l’UNRWA sont une tentative d’éli-
miner les réfugiés palestiniens et les Palestiniens. Ni plus ni moins.
La solution des deux États est le seul moyen de rétablir la paix en Israël et en
Palestine. Nous devons donc préserver la solution des deux États. Tous les États
qui ont une conscience doivent par conséquent reconnaître l’État de Palestine, sans
conditions. Nous devons également convoquer immédiatement une conférence inter-
nationale de paix, comme le prévoit la résolution ES-10/24. Ainsi, nous commencerons
à donner une impulsion à la concrétisation de la solution des deux États.
Face à l’échec et à la paralysie systématiques du Conseil de sécurité, l’Assem-
blée générale doit continuer de consolider son rôle en tant que voix de la conscience
mondiale. À cet égard, nous exhortons tous les États Membres à soutenir et à voter
pour les projets de résolution qui seront présentés lors de cette session extraordi-
naire. Il est temps de s’élever au-dessus des considérations politiques et de se ranger
du côté de la justice et de l’humanité.
M. Albanai (Koweït) ( parle en arabe) : Je fais la présente déclaration au nom
des États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), à savoir les Émirats
arabes unis, le Royaume de Bahreïn, le Royaume d’Arabie saoudite, le Sultanat
d’Oman, l’État du Qatar et mon pays, l’État du Koweït.
Qu’il me soit permis de vous remercier, Monsieur le Président, d’avoir convo-
qué la présente séance à la demande du Groupe des États arabes, de l’Organisation
de la coopération islamique et du Mouvement des pays non alignés, conformément

8/33 24-37817
04/12/2024 A/ES-10/PV.57

à la résolution 377 (V), intitulée « L’union pour le maintien de la paix », à la suite


de l’exercice du droit de veto au Conseil de sécurité contre un projet de résolution
(S/2024/835) sur la question palestinienne (voir S/PV.9790), qui fait l’objet de cette
session extraordinaire d’urgence. Nous réaffirmons la responsabilité qui incombe à
l’Assemblée générale à l’égard de la question palestinienne, en vertu de la Charte des
Nations Unies et des résolutions pertinentes de l’Assemblée, jusqu’à elle soit réglée
un moyen d’une solution juste, globale et durable.
Depuis la dernière reprise de la dixième session extraordinaire d’urgence, l’es-
calade qui sape la paix et la sécurité dans la région s’est poursuivie. Les pays du
Conseil de coopération du Golfe ont condamné l’escalade dans les territoires libanais
et palestiniens, mettant en garde contre ses graves répercussions et la menace qu’elle
fait peser sur la paix et la sécurité internationales. Nous avons souligné la néces-
sité de maintenir la sécurité dans la région et d’empêcher la guerre de se propager.
Nous avons appelé les parties concernées à faire preuve de retenue, à mettre fin à la
violence et à privilégier le dialogue.
Après des semaines d’escalade de l’agression israélienne contre le Liban, pays
frère, qui a fait des milliers de morts et de blessés, un accord a été conclu la semaine
dernière en vue d’un cessez-le-feu immédiat. Les pays du Conseil de coopération
du Golfe se félicitent de cet accord et remercient les États-Unis d’Amérique et la
République française des efforts qu’ils ont déployés afin d’y parvenir. Nous espérons
que l’accord sera mis en œuvre afin de mettre fin à l’effusion de sang et d'instaurer
la paix et la sécurité, dans le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de
l’intégrité du Liban, et dans le cadre de l’application de la résolution 1701 (2006)
du Conseil de sécurité. Nous espérons également que l’accord sera suivi d’un autre
accord qui mettra fin à la guerre dans la bande de Gaza et aux attaques en Cisjorda-
nie, et qui mettra un terme aux souffrances humaines.
Les souffrances humaines dans la bande de Gaza ont atteint un niveau sans
précédent, comme en témoignent le nombre de victimes et de déplacés, la destruc-
tion totale de bâtiments et d'infrastructures de base, ainsi que les niveaux de faim et
d’insécurité alimentaire, en particulier dans le nord de la bande de Gaza.
Tous les points de passage de la frontière doivent être ouverts immédiatement et
sans condition, et l’acheminement de toute l’aide humanitaire, des fournitures médi-
cales et des produits de première nécessité à la population de la bande de Gaza doit
être garanti, conformément aux obligations qui incombent à la Puissance occupante
en vertu du droit international et du droit international humanitaire.
Les États du Conseil de coopération du Golfe affirment leur appui au peuple pales-
tinien frère et condamnent une nouvelle dois l’agression israélienne contre la bande
de Gaza et la Cisjordanie. Nous exigeons l’application des résolutions 2712 (2023),
2720 (2023) et 2735 (2024) du Conseil de sécurité, qui demandent un cessez-le-feu
dans la bande de Gaza, la libération des otages, un échange de prisonniers, le retour
des civils dans leurs foyers, la distribution sûre et effective d’une aide humanitaire en
quantité suffisante et le retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza. À cet égard,
nous exprimons notre appui aux efforts en faveur de la réalisation de ces objectifs,
ainsi que notre reconnaissance à la République arabe d’Égypte, à l’État du Qatar et aux
États-Unis pour les efforts inlassables qu’ils entreprennent pour parvenir à un accord.
Les États du Conseil de coopération du Golfe expriment leur solidarité avec l’Office
de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-
Orient et rendent hommage aux grands sacrifices consentis par l’Office, qui constitue
l’épine dorsale de l’action humanitaire face à la situation actuelle dans la bande de Gaza.
Des millions de réfugiés palestiniens dépendent des services de base fournis par l’Office,
qui a été créé par l’Assemblée générale dans le cadre de la responsabilité collective à
l'égard de la question des réfugiés jusqu’à son règlement équitable.

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A/ES-10/PV.57 04/12/2024

Dans la déclaration adoptée à la quarante-cinquième session du Conseil supérieur


du Conseil de coopération des États arabes du Golfe, tenue à Koweït le dimanche 1er
décembre, les États du Conseil de coopération du Golfe ont réaffirmé leur position ferme
à l’égard de la cause palestinienne. Il est grand temps de mettre fin à l’occupation, d’ap-
puyer la souveraineté du peuple palestinien sur tous les territoires palestiniens occupés
depuis juin 1967, de créer un État palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est pour
capitale, conformément à l’Initiative de paix arabe et aux résolutions de la légitimité
internationale, et de réaliser tous les droits légitimes du peuple palestinien frère. À cet
égard, nous appelons à l’application des deux résolutions les plus récentes adoptées par
l’Assemblée générale à sa dixième session extraordinaire d’urgence, à savoir la résolu-
tion ES-10/23, sur l’admissibilité de l’État de Palestine au statut de Membre à part entière
de l’Organisation des Nations Unies, et la résolution ES-10/24, sur l’avis consultatif de la
Cour internationale de Justice sur les conséquences juridiques découlant des politiques
et pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de
l’illicéité de la présence d’Israël dans le Territoire palestinien occupé.
Nous soulignons l’importance des efforts déployés par le comité ministériel
présidé par le Royaume d’Arabie saoudite, créé lors du Sommet arabo-islamique
conjoint extraordinaire sur l’agression israélienne contre le peuple palestinien, et des
efforts de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution des deux États en
faveur de la création de l’État de Palestine. Dans ce contexte, les pays du Conseil de
coopération du Golfe se félicitent de la résolution 79/81, adoptée hier, qui demande
que soit organisée une conférence internationale de haut niveau pour le règlement
pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux
États. La conférence se tiendra en juin prochain, et le Royaume d’Arabie saoudite et
la République française en seront les cofacilitateurs.
Pour terminer, je voudrais dire que les États membres du Conseil de coopération du
Golfe appuient le projet de résolution dont est saisie l’Assemblée générale à la présente
session extraordinaire d’urgence et appellent tous les autres États Membres à voter pour.
M. Tommo Monthe (Cameroun) ( parle en anglais) : J’ai l’honneur de faire la
présente déclaration au nom du groupe des États Membres appartenant à l’Organi-
sation de la coopération islamique (OCI), en ma qualité de Président de ce groupe.
Qu’il me soit tout d’abord permis de vous féliciter, Monsieur le Président, pour
la reprise de la dixième session extraordinaire d’urgence.
Les séances précédentes nous ont permis d’aborder la question de la situation
humanitaire désastreuse dans le Territoire palestinien occupé. Elles ont également
abouti à des résultats importants, comme en temoigne l’adoption de résolutions
historiques depuis octobre 2023. Ces résolutions qui, entre autres, appellent à
un cessez-le-feu immédiat à Gaza et dans tout le Territoire palestinien occupé,
appuient la demande d’admission de la Palestine comme Membre à part entière de
l’Organisation des Nations Unies et entérinent l’avis consultatif de la Cour inter-
nationale de Justice (CIJ) sur les conséquences juridiques découlant des politiques
et pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est
(voir A/78/968), et de l’illicéité de la présence d’Israël dans le Territoire palestinien
occupé, soulignent le rôle indispensable de l’Assemblée générale dans le maintien de
la paix et de la sécurité internationales.
Cependant, il est profondément regrettable que malgré l’espoir suscité par l’adop-
tion, le 25 mars, de la résolution 2728 (2024) du Conseil de sécurité, qui demandait
un cessez-le-feu à Gaza, la crise humanitaire dans le Territoire palestinien occupé
n’ait fait que s’intensifier. Hélas, le nombre de morts, principalement des femmes et
des enfants, s’élève désormais à plus de 44 000. En outre, plus de 105 000 personnes
ont été blessées, et 1,9 million de personnes ont été déplacées à la suite de la destruc-
tion massive de maisons, d’hôpitaux et de sites du patrimoine culturel.

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Outre les conséquences humanitaires désastreuses, nous continuons à être


témoins de l’escalade spectaculaire de la guerre à Gaza et en Palestine et de sa propa-
gation à d’autres parties de la région du Moyen-Orient. Israël a intensifié ses attaques
contre le Liban au cours du mois dernier, qui ont malheureusement coûté la vie à des
milliers de personnes et entraîné la destruction de logements, et continue de violer
la souveraineté d’autres pays de la région. Face à cette situation dangereuse, l’inca-
pacité persistante de la communauté internationale à mettre fin immédiatement à la
catastrophe humanitaire dans la région continue de choquer la conscience humaine
dans le monde entier.
À la lumière de ces évolutions et de la menace croissante que fait peser le conflit
prolongé au Moyen-Orient sur la paix et la sécurité mondiales, cette session nous
donne une nouvelle occasion de faire fond sur l’espoir suscité par les résolutions adop-
tées récemment par l’Assemblée générale. Le peuple palestinien, qui souffre depuis
longtemps de l’occupation illégale de sa patrie et qui a subi des déplacements et la
destruction de ses logements, de ses écoles et de ses sites religieux, a besoin que cet
organe prenne des mesures urgentes pour mettre fin au carnage en cours dans la région.
Dans le même ordre d’idées, la communauté internationale a également exprimé,
par l’intermédiaire de l’Assemblée, sa volonté politique de mettre un terme aux
combats et à l’agression au Moyen-Orient. Notre groupe, l’OCI, se félicite de l’accord
de cessation des hostilités qui est entré en vigueur le 27 novembre 2024, mettant fin
à l’agression israélienne contre le Liban. À cet égard, notre groupe demande à Israël
de se retirer de tous les territoires libanais occupés et appelle à l’application intégrale
de la résolution 1701 (2006) de manière à garantir une stabilité durable le long de la
frontière. Il appelle également au respect de la souveraineté et de l’intégrité territo-
riale du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues.
Face à l’incapacité d’instaurer un cessez-le-feu inconditionnel à Gaza, les événe-
ments récents, qui risquent de mettre en péril la présence de l’Office de secours et
de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient
(UNRWA) dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, sont très
préoccupants. Cette situation regrettable est susceptible d’entraver le bon fonction-
nement de l’ONU et de ses organismes conformément au mandat que leur confère la
Charte des Nations Unies.
À cet égard, il convient de rappeler les résolutions pertinentes des organes de
l’ONU et l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice du 19 juillet 2024 (voir
A/78/968), qui réaffirment le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et le
devoir d’Israël de cesser d’entraver ce droit. L’avis consultatif rappelle également les
obligations qui incombent à Israël au regard du droit international humanitaire et du
droit international relatif aux droits de l’homme. Il importe de noter que les mesures
prises par Israël, y compris la législation qui entrave les opérations de l’ONU dans la
région, en particulier celles de l’UNRWA, constituent une violation du droit interna-
tional. Notre groupe souligne que l’UNRWA joue un rôle capital dans la fourniture
de l’aide humanitaire aux réfugiés palestiniens et aux personnes déplacées, en parti-
culier à Gaza, dans le contexte de la catastrophe humanitaire actuelle, et réaffirme
que l’ONU et ses organismes doivent pouvoir mener leurs activités sans entrave.
Tout ce qui limite la capacité de l’UNRWA à fournir des services de base exacerbe
la crise humanitaire, en entraînant de nouveaux déplacements et de nouvelles pertes
en vies humaines.
Cette session doit s’appuyer sur la volonté politique exprimée par l’Assemblée,
dans ses résolutions passées, en vue d’adopter des mesures concrètes, de préser-
ver le mandat de l’UNRWA et d’apporter à l’Office le soutien nécessaire à toutes
ses opérations, y compris dans le Territoire palestinien occupé, tout en prenant des
mesures concrètes pour mettre fin à l’occupation illégale de la Palestine par Israël.
À cet égard, notre groupe demande la mise en œuvre immédiate des résolutions

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pertinentes de l’ONU sur la cessation des hostilités à Gaza, l’acheminement sans


entrave des fournitures humanitaires et l’exercice des droits inaliénables du peuple
palestinien. Il renouvelle également l’appel lancé par l’Organisation de la coopéra-
tion islamique aux États Membres pour qu’ils exercent des pressions diplomatiques,
politiques et juridiques, et qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires pour mettre
fin aux crimes contre l’humanité, aux crimes de guerre et aux actes de nettoyage
ethnique commis par Israël dans le Territoire palestinien occupé et à Gaza. Notre
groupe souligne l’urgence de continuer à fournir une aide humanitaire dans le Terri-
toire palestinien occupé et appelle Israël à respecter ses obligations internationales et
à s’abstenir de toute action qui entrave les opérations de l’ONU et des organisations
internationales, ainsi que l’urgence d’assurer la sûreté et la sécurité du personnel et
des installations des Nations Unies.
Par ailleurs, notre groupe rappelle la résolution adoptée par le sommet arabo-isla-
mique extraordinaire qui s’est tenu à Riyad le 11 novembre 2024, qui salue les États
ayant reconnu l’État de Palestine et appelle les autres États à suivre la même voie. La
résolution appelle également, entre autres, à mobiliser un appui international pour
suspendre la participation d’Israël à l’Assemblée générale. Il s’agit d’une proposition
plausible étant donné qu’Israël viole la Charte des Nations Unies, menace la paix
et la sécurité internationales, et ne respecte pas ses obligations en tant que Membre
de l’ONU, ainsi que sur la base de l’avis consultatif émis par la Cour internationale
de Justice le 19 juillet 2024. La résolution salue en outre l’Alliance mondiale pour
la mise en œuvre de la solution des deux États, créée en coordination avec les États
arabes et islamiques et en coopération avec l’Union européenne et le Royaume de
Norvège. À cet égard, notre groupe se félicite de la tenue, le 2 décembre, de la
Conférence ministérielle du Caire pour le renforcement de l’action humanitaire à
Gaza. Cette conférence s’inscrit également dans le cadre des efforts déployés pour
atténuer les souffrances du peuple palestinien dans la bande de Gaza et répondre à
ses besoins humanitaires.
Notre groupe appelle une nouvelle fois tous les États épris de paix à appuyer et
à rejoindre ce processus. Cela s’avère indispensable pour consolider les acquis de la
dixième session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale, en vue de la mise
en œuvre de l’avis consultatif historique de la Cour internationale de Justice sur le
caractère illégal de l’occupation par Israël du Territoire palestinien occupé.
Dans cette optique, notre groupe salue les deux projets de résolution qui seront
examinés lors de cette session, y compris le soutien écrasant qu’ils ont recueilli de la
part des membres de l’Assemblée. Il convient de souligner que l’action positive atten-
due de l’Assemblée viendra appuyer le consensus mondial sur la nécessité de protéger
les droits et le bien-être du peuple palestinien, ainsi que le rôle prépondérant joué par
l’ONU dans le maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans le monde.
Le Président ( parle en anglais) : Je donne maintenant la parole à la représen-
tante de l’Union européenne, en qualité d’observatrice.
M me Samson (Union européenne) ( parle en anglais) : J’ai l’honneur de prendre
la parole au nom de l’Union européenne et de ses États membres. La Macédoine du
Nord, le Monténégro, l’Albanie, la République de Moldova et la Bosnie-Herzégo-
vine, pays candidats, ainsi que Saint-Marin, s’associent à cette déclaration.
Nous vous remercions, Monsieur le Président, d’avoir organisé le présent débat
à la suite de l'exercice du droit de veto au Conseil de sécurité le 20 novembre (voir
S/PV.9790). Nous remercions également les 10 membres élus du Conseil de sécurité
des efforts qu’ils ont consentis pour déposer un projet de résolution qui a reçu le
soutien de 14 membres du Conseil (S/2024/835). Pour l’Union européenne, mettre
fin aux souffrances des civils et éviter de nouvelles pertes en vies humaines à Gaza
est une priorité absolue et relève de la responsabilité collective de la communauté

12/33 24-37817
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internationale. Pour y parvenir, nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat à


Gaza, de la libération sans condition de tous les otages, de l’amélioration urgente
de l’accès et de la distribution pérenne de l’aide humanitaire à grande échelle dans
l’ensemble de Gaza et d’une cessation durable des hostilités, conformément à la réso-
lution 2735 (2024) du Conseil de sécurité. Tous ces éléments figurent dans le projet
de résolution qui a été déposé au Conseil de sécurité.
L’Union européenne condamne une nouvelle fois sans équivoque les attaques
terroristes barbares perpétrées par le Hamas le 7 octobre 2023. Elle déplore en outre
le nombre inacceptable de victimes civiles, en particulier parmi les femmes et les
enfants, à Gaza et en Cisjordanie, ainsi que les niveaux catastrophiques de la faim et
le risque imminent de famine causés par l’insuffisance de l’aide acheminée à Gaza
à la suite de la riposte d’Israël à ces attaques. Nous rappelons aussi que les déci-
sions rendues par la Cour internationale de Justice doivent être pleinement mises
en œuvre. Nous appelons toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue,
à mettre fin immédiatement à toutes les hostilités et à respecter pleinement le droit
international, y compris le droit international humanitaire.
Je tiens à rappeler le rôle capital de l’Office de secours et de travaux des Nations
Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui fournit des
services essentiels à des millions de personnes à Gaza et en Cisjordanie, y compris à
Jérusalem-Est, et dans toute la région, y compris au Liban, en Syrie et en Jordanie. Nous
condamnons toute tentative d’abroger l’accord conclu en 1967 entre Israël et l’UNRWA
ou d’entraver de quelque manière que ce soit sa capacité de s'acquitter de son mandat. Il
est primordial que l’UNRWA puisse continuer de mener ses activités cruciales, confor-
mément à son mandat adopté par l’Assemblée générale en 1949 et renouvelé depuis
lors. Avec ses États membres, l’Union européenne est le principal bailleur de fonds de
l’UNRWA et s’engage à poursuivre son soutien à l’Office sur les plans politique et finan-
cier. Nous suivons de près et évaluons la mise en œuvre des recommandations formulées
dans le rapport du Groupe chargé de l’examen indépendant. Aussi longtemps qu’il n'y
aura pas de solution durable au conflit, le mandat de l’UNRWA demeurera vital.
Enfin, l’Union européenne réaffirme son engagement sans faille en faveur d’une
paix juste, globale et durable fondée sur la solution des deux États, sur la base des
résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, sa détermination à mettre en œuvre
la résolution 2334 (2016) du Conseil de sécurité, et son soutien à l’Autorité pales-
tinienne pour l’aider à répondre à ses besoins les plus urgents et à promouvoir son
programme de réformes. L’Union européenne accompagnera activement les parte-
naires internationaux et collaborera avec eux pour prendre des mesures concrètes et
irréversibles en vue de concrétiser la solution des deux États, notamment par l’inter-
médiaire de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution des deux États
et grâce à l'organisation d'une conférence internationale de la paix dans les meilleurs
délais. L’Union européenne souligne que des efforts crédibles en vue de la création
d’un État palestinien consituent un élément essentiel de ce processus politique.
M. Kwoba (Ouganda) ( parle en anglais) : J’ai l’honneur de prononcer la présente
déclaration au nom des 121 États membres du Mouvement des pays non alignés.
Les membres de l’Assemblée générale se souviendront que la dixième session
extraordinaire d’urgence a été reprise le 12 décembre 2023 (voir A/ES-10/PV.45) et
que la résolution ES-10/22, intitulée « Protection des civils et respect des obligations
juridiques et humanitaires » a été adoptée par la suite. La situation grave qui règne à
Gaza n’a connu aucun répit et le conflit s’est intensifié, ce qui a conduit à la détério-
ration de la situation humanitaire non seulement à Gaza mais aussi dans l’ensemble
du territoire palestinien. Le Mouvement des pays non alignés réaffirme sa position
commune, adoptée de longue date et fondée sur les principes, au sujet de la ques-
tion de Palestine et exprime sa profonde préoccupation quant aux répercussions du
conflit à Gaza sur la région.

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A/ES-10/PV.57 04/12/2024

Des mesures doivent être prises immédiatement pour apaiser cette situa-
tion explosive. Il faut notamment qu’Israël, Puissance occupante, cesse toutes ses
mesures unilatérales et illégales dans le Territoire palestinien occupé, y compris
Jérusalem-Est. Les actes qui violent les résolutions du Conseil de sécurité, y compris
les violations du statu quo historique et juridique de Jérusalem et de ses lieux saints,
sont provocatrices et dangereuses, et elles anéantissent les perspectives de paix. Le
Mouvement des pays non alignés condamne dans les termes les plus fermes toutes
les formes de violence, en particulier les attaques militaires d’Israël contre le peuple
palestinien et le châtiment collectif qu’il lui inflige, qui constituent une violation
grave du droit international, y compris du droit humanitaire et du droit des droits
humains, et qui ont fait des dizaines de milliers de morts et de blessés parmi les
civils palestiniens, dont un grand nombre de femmes, d’enfants, de travailleurs
humanitaires et de journalistes.
Le Mouvement exige la cessation immédiate et complète de toutes les formes
d’hostilités, de la répression violente et des politiques et pratiques israéliennes illé-
gales qui visent le peuple palestinien et d’autres pays de la région. Le Mouvement
des pays non alignés exige un cessez-le-feu immédiat et permanent et exprime son
soutien à tous les efforts diplomatiques en cours pour parvenir à un accord de cessez-
le-feu immédiat et permanent. En conséquence, le Mouvement appelle à la libération
des otages, à l’échange de prisonniers palestiniens, au retour des civils palestiniens
dans leurs foyers et leurs quartiers dans tous les secteurs de Gaza, et à la distribution
sûre et effective d’une aide humanitaire en quantité suffisante dans toute la bande
de Gaza à tous les civils palestiniens qui en ont besoin, y compris ceux qui ont des
besoins médicaux. Les membres du Mouvement des pays non alignés expriment en
outre leur inquiétude face aux informations faisant état de famine et de déplacements
forcés de la population civile dans l’ensemble de Gaza.
Le Mouvement se félicite de l’accord de cessation des hostilités qui est entré en
vigueur le 27 novembre 2024, mettant fin à l’agression israélienne contre le Liban. À
cet égard, le Mouvement demande à Israël de se retirer de tous les territoires libanais
occupés et appelle à l’application intégrale de la résolution 1701 (2006) du Conseil de
sécurité de manière à garantir une stabilité durable le long de la frontière. Il appelle
également au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban à l’inté-
rieur de ses frontières internationalement reconnues.
Le Mouvement des pays non alignés appelle le Conseil de sécurité à recomman-
der d’urgence l’admission de la Palestine à l’ONU en tant que Membre à part entière
pour illustrer son engagement en faveur d’une paix durable au Moyen-Orient.
Les États membres du Mouvement renouvellent une fois de plus leur appel à
continuer de fournir l’aide humanitaire et socioéconomique dont a besoin le peuple
palestinien, y compris les réfugiés palestiniens. Le Mouvement réaffirme que l’Of-
fice de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans
le Proche-Orient (UNRWA) reste indispensable pour atténuer les souffrances des
Palestiniens, tout comme d’autres organismes des Nations Unies et organisations
internationales, et nous exhortons la communauté internationale à doter l’Office
d’un financement suffisant et prévisible. Le Mouvement des pays non alignés rejette
toute tentative d’Israël de légiférer contre la continuité des activités de l’UNRWA,
car cela menace sa capacité à contribuer de manière significative à la stabilité régio-
nale conformément au mandat qui lui a été confié par l’Assemblée générale.
Pour terminer, le Mouvement saisit cette occasion pour demander de nouveau à
la communauté internationale d’agir collectivement afin de faire respecter le droit
international et de mettre un terme à cette grave injustice historique. Les États
membres du Mouvement des pays non alignés réaffirment leur détermination à
promouvoir un règlement juste, durable, global et pacifique de la question de Pales-
tine sous tous ses aspects, y compris concernant le sort des réfugiés palestiniens, et

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redisent leur appui au peuple palestinien dans sa lutte pour obtenir justice, exercer
ses droits inaliénables et réaliser ses aspirations nationales légitimes, notamment à
l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance à l’intérieur d’un État de Pales-
tine souverain et indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale.
M me Frazier (Malte) ( parle en anglais) : J’ai l’honneur de prendre la parole au
nom des 10 membres élus du Conseil de sécurité, à savoir l’Algérie, l’Équateur, le
Guyana, le Japon, le Mozambique, la République de Corée, la Sierra Leone, la Slové-
nie, la Suisse et mon pays, Malte.
Je tiens en premier lieu à exprimer nos remerciements collectifs au Guyana
d’avoir coordonné nos efforts en vue de rédiger un projet de résolution visant à
mettre fin aux hostilités à Gaza.
La situation humanitaire catastrophique à Gaza, y compris l’absence de services
de santé adéquats et l’insécurité alimentaire qui crée un risque de famine, notamment
à Gaza-Nord, souligne la nécessité pour le Conseil de sécurité d'assumer ses respon-
sabilités et d'agir.
Le projet de résolution présenté par les 10 membres élus le 20 novembre (S/2024/835)
était le fruit de plusieurs semaines de consultations et de négociations intensives, et il a
été appuyé par 14 des membres du Conseil. S’il avait été adopté, le Conseil de sécurité
aurait exigé sans équivoque la cessation des hostilités par le biais d’un cessez-le-feu
immédiat, inconditionnel et permanent, bien que les résolutions précédentes, dont
trois avaient appelé à des pauses humanitaires et à des cessez-le-feu, n’aient pas été
pleinement mises en œuvre. Il aurait également exigé la libération immédiate et incon-
ditionnelle de tous les otages détenus par le Hamas et d’autres groupes armés depuis
les attaques du 7 octobre 2023. Il aurait en outre déploré tous les actes de terrorisme.
Nous regrettons donc vivement que ce texte ait fait l’objet d’un veto (voir S/PV.9790).
À cette occasion, les 10 membres élus appellent de nouveau toutes les parties
à s’acquitter des obligations que leur impose le droit international, notamment le
droit international humanitaire et le droit international des droits humains. Nous
soulignons une fois de plus la nécessité de garantir l’acheminement à grande échelle,
rapide, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire dans l’ensemble de la bande de Gaza,
notamment pour les civils qui se trouvent dans la partie nord de Gaza assiégée. Il est
impératif que la population civile ait accès à des produits alimentaires de base, à des
services de santé de base et à une aide vitale. Il s’agit d’une obligation en vertu du
droit international humanitaire.
En outre, nous soulignons l’importance de l’Office de secours et de travaux des
Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui
constitue l’épine dorsale de l’action humanitaire à Gaza. L’Office est indispensable
et irremplaçable et doit être autorisé à s’acquitter de son mandat critique.
Même si notre texte n’a pas été adopté, les 10 membres élus maintiendront leur
position et continueront de demander une cessation immédiate des hostilités, la libé-
ration immédiate et inconditionnelle de tous les otages et la fourniture d’une aide
humanitaire. C’est le seul moyen de mettre fin aux immenses souffrances et aux
pertes humaines dont nous sommes témoins à Gaza. C’est également le seul moyen
de créer des conditions propices à la mise en place d’un processus crédible et irré-
versible vers la solution des deux États, dans le cadre de laquelle la bande de Gaza
ferait partie de l’État palestinien, conformément aux résolutions du Conseil de sécu-
rité et aux paramètres convenus au niveau international. Nous ne pouvons pas nous
permettre d’échouer dans cette mission urgente et vitale.
M. Moncada (Venezuela) ( parle en espagnol) : La République bolivarienne du
Venezuela a l’honneur de prendre la parole au nom du Groupe des Amis pour la
défense de la Charte des Nations Unies.

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Nous participons au débat d’aujourd’hui qui se tient en raison du veto opposé par
les États-Unis d’Amérique au projet de résolution S/2024/835, présenté conjointement
au Conseil de sécurité par ses membres non permanents le 20 novembre 2024 (voir
S/PV.9790) dans le but d’exiger un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et perma-
nent, respecté par toutes les parties au conflit en cours dans la bande de Gaza.
Dans ce contexte, nous condamnons le veto du Gouvernement des États-Unis
d’Amérique, qui est une nouvelle preuve de sa complicité avec les politiques et les
pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est,
en faisant obstruction à plusieurs reprises aux efforts déployés par le Conseil pour
s'acquitter de ses responsabilités, compromettant gravement la paix, la sécurité et la
stabilité au Moyen-Orient.
Par conséquent, nous demandons instamment au Gouvernement des États-Unis
de mettre fin à sa complicité et à son indifférence face aux souffrances de la popula-
tion civile dans la bande de Gaza et de se rallier à l’écrasante majorité mondiale, qui
défend l’état de droit au niveau international et le respect de la Charte des Nations
Unies et soutient la juste cause du peuple palestinien.
Nous insistons sur le fait que le Conseil de sécurité doit assumer ses respon-
sabilités, notamment sur la base des dispositions pertinentes du Chapitre VII de la
Charte des Nations Unies, et veiller également à ce que ses résolutions sur la ques-
tion de Palestine soient pleinement respectées et appliquées. Le moment est venu
pour le Conseil de sécurité d'adopter une résolution exigeant un cessez-le-feu immé-
diat et permanent, qui soit respecté par toutes les parties et qui permette un accès
humanitaire sans entrave, de manière continue, sûre et à grande échelle, mais l’heure
est aussi venue pour que le Conseil prenne des mesures urgentes, dans le cadre des
pouvoirs qui lui sont conférés par la Charte des Nations Unies, pour mettre fin à
la fourniture ou au transfert d’armes, de munitions et de matériel connexe à Israël,
Puissance occupante, en ayant à l’esprit les dispositions pertinentes de la résolution
ES-10/24, adoptée par l’Assemblée générale le 18 septembre, dans tous les cas où il
y aurait des motifs raisonnables de soupçonner qu’ils pourraient être utilisés dans le
Territoire palestinien occupé, ce qui prolongerait incontestablement cette occupation
illégale et étendrait les agressions d’Israël dans toute la région.
Nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures efficaces
pour contraindre Israël, Puissance occupante, à se conformer au droit internatio-
nal, notamment en dénonçant systématiquement le deux poids, deux mesures et la
sélectivité qui dominent dans l’application de la Charte des Nations Unies et du droit
international, et en avertissant que ce deux poids, deux mesures sape la crédibilité
des États qui insistent pour protéger les agissements illégaux et criminels d’Israël et
affaiblit la légitimité des institutions multilatérales.
Nous restons résolus à redoubler d’efforts pour mettre fin à l’occupation illégale
israélienne et pour que l’État de Palestine parvienne à l’indépendance, avec Jérusa-
lem-Est/Al‑Qods al-Charif comme capitale, pour que les droits inaliénables du peuple
palestinien, notamment le droit à l’autodétermination et à la liberté, soient réalisés,
et pour trouver une solution juste, globale et durable à la question de Palestine sous
tous ses aspects, y compris en ce qui concerne le sort des réfugiés palestiniens et la
réalisation de leur droit au retour, conformément au droit international, aux résolu-
tions pertinentes des organes de l’Organisation des Nations Unies et à la Charte des
Nations Unies, et sur la base de la solution des deux États, qui permettrait la réali-
sation de l’indépendance d’un État palestinien souverain et viable, sur la base des
frontières antérieures à 1967.
Nous sommes déterminés à nous opposer à la normalisation des violences
commises par Israël, Puissance occupante, dans le Territoire palestinien occupé, et
plus particulièrement dans la bande de Gaza, ainsi qu’au Liban. Nous ne devons pas

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perdre notre capacité d’être choqués et encore moins cesser d’exiger que les organes
compétents du système multilatéral, en particulier le Conseil de sécurité, s'acquittent
de leurs mandats. Nous demandons au Gouvernement des États-Unis d’Amérique,
en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, de mettre de côté ses calculs
politiques, car c’est cela qui a fait de cet organe un otage d'une paralysie qui, entre
autres choses, a encouragé Israël à poursuivre ses politiques d’apartheid et d’exter-
mination contre le peuple palestinien.
Enfin, nous exprimons notre appui aux efforts responsables entrepris par l’As-
semblée générale dans le contexte de la tragédie qui continue d’être infligée au noble
peuple palestinien.
M. Hachem (Liban) ( parle en arabe) : J’ai l’honneur de faire la présente décla-
ration au nom du Groupe des États arabes.
Nous nous réunissons à nouveau à l’occasion de la reprise de la dixième session
extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale, alors que la situation catastro-
phique dans le Territoire palestinien occupé, et particulièrement à Gaza, continue de
se détériorer et que le Conseil de sécurité reste paralysé et incapable de s’acquitter de
sa responsabilité de maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le dernier
chapitre en date des échecs du Conseil a été son incapacité, le 20 novembre, à adopter
un projet de résolution (S/2024/835) exigeant un cessez-le-feu immédiat, déposé par
les 10 membres élus du Conseil de sécurité, que nous remercions à nouveau de leurs
efforts et de leur courage (voir S/PV.9790).
Cette reprise de la session intervient juste après l’adoption par la Knesset israé-
lienne de lois illégales interdisant les activités de l’Office de secours et de travaux
des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA)
dans le Territoire palestinien occupé et levant, en violation flagrante du droit interna-
tional, les privilèges et immunités diplomatiques de son personnel, qui sont accordés
aux organismes des Nations Unies travaillant dans le territoire palestinien. Nous
nous réunissons également aujourd’hui à l’heure où la situation humanitaire dans la
bande de Gaza est devenue catastrophique, où les civils palestiniens sont confrontés
à des épreuves et à des menaces indicibles à l’approche de l’hiver et où Israël poursuit
sa politique de génocide et de châtiment collectif contre des civils sans défense, asso-
ciée à un blocus asphyxiant et à l’utilisation de la famine comme arme de guerre. La
violence continue de s'intensifier en Cisjordanie occupée, y compris dans Jérusalem
occupée, et Israël continue de bombarder le territoire syrien.
Nous avons vu une ouverture diplomatique au Liban lorsque l’accord de cessa-
tion des hostilités est entré en vigueur le 27 novembre. Le Groupe des États arabes
se félicite des mesures pratiques prises actuellement pour appliquer la résolution
1701 (2006) du Conseil de sécurité, à commencer par le déploiement de l’Armée
libanaise dans le sud du pays. Il souligne la nécessité de respecter la souveraineté
et l’intégrité territoriale du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement
reconnues et la nécessité qu’Israël tienne ses engagements, notamment en se retirant
de tous les territoires libanais occupés. Tout en saluant cette évolution importante,
qui s’inscrit dans le cadre des efforts visant à désamorcer les tensions et à promou-
voir la stabilité régionale, et en saluant les efforts des États-Unis et de la France,
nous espérons que la cessation des hostilités au Liban servira de prélude à un cessez-
le-feu à Gaza.
Le Groupe des États arabes reprend à son compte le message issu du Sommet
arabo-islamique tenu à Riyad le 11 novembre, sous la présidence de S. A. R. le Prince
héritier Mohammed bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, sur la nécessité pour le Conseil
de sécurité d’assumer ses responsabilités et d’adopter une résolution contraignante au
titre du Chapitre VII, pour obliger Israël à respecter un cessez-le-feu à Gaza afin de
permettre l’acheminement sûr et sans entrave d’une aide humanitaire immédiate et

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suffisante dans toute la bande de Gaza, pour s’opposer au déplacement de citoyens


palestiniens à l’intérieur ou à l’extérieur de Gaza, ainsi qu’à toute tentative de partition
des territoires palestiniens occupés, en particulier la bande de Gaza, ou de changement
démographique ou géographique dans ces territoires, et pour préserver le statu quo
juridique et historique des Lieux saints dans Jérusalem occupée.
Le Groupe des États arabes réaffirme sa ferme condamnation de l’adoption par la
Knesset d’un texte de loi visant l’UNRWA. Par cette mesure, Israël cherche à liquider
la question palestinienne, et avec elle la cause des réfugiés palestiniens, anéantissant
ainsi les perspectives de stabilité dans la région. Nous soulignons que le mandat de
l’UNRWA ne prendra fin qu’avec la concrétisation d’une solution juste et globale,
fondée sur la fin de l’occupation et la création d’un État palestinien indépendant, sur la
base des frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Il faut également
trouver une solution juste à la question des réfugiés, qui garantisse leur droit au retour
conformément aux résolutions de la légitimité internationale, y compris la résolution
194 (III) et l’Initiative de paix arabe adoptée lors de la Conférence au sommet des
pays arabes tenue à Beyrouth en 2002. Nous appelons les États à s’opposer à cette
démarche illégale et dangereuse, et nous soulignons la nécessité de continuer d’ap-
porter à l’UNRWA le soutien politique et financier nécessaire pour lui permettre de
s’acquitter du mandat qui lui a été confié en vertu de la résolution 302 (VI) de 1949.
Le Groupe des États arabes souligne en outre la nécessité de mettre un terme aux
mesures illégales d’escalade prises par Israël en Cisjordanie occupée, qui compro-
mettent la solution des deux États et anéantissent toute chance de parvenir à une paix
juste et globale dans la région. Nous condamnons les actes terroristes systématiques
que les colons israéliens continuent de commettre sans relâche contre les citoyens
palestiniens et leurs biens, avec l’appui et l’autorisation du Gouvernement d’occupa-
tion israélien et sous la protection de ses forces.
Nous condamnons également les mesures agressives d’Israël visant les lieux
saints musulmans et chrétiens de Jérusalem. Nous appelons la communauté inter-
nationale à faire pression sur Israël pour qu’il y mette fin. Nous mettons en garde
contre les violations continues de la mosquée Al‑Aqsa/Haram el-Charif, y compris
les tentatives de violer son statu quo juridique et historique existant et sa division,
dans le temps et l’espace.
Le Groupe des États arabes condamne l’intensification des actes d’agression
commis par Israël contre le territoire de la République arabe syrienne, y compris
la prise pour cible de civils, la destruction de bâtiments et d’infrastructures civils,
et la violation de la souveraineté syrienne. Il s’agit là de crimes graves au regard
du droit international et de violations des résolutions pertinentes des organes de
l’ONU. Nous soulignons qu’il faut mettre fin à l’occupation israélienne du Golan
arabe syrien occupé.
Le Groupe des États arabes souligne que la paix et de la stabilité dans la région du
Moyen-Orient reposent sur la mise en œuvre des résolutions de la légitimité interna-
tionale, le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, y compris
le droit international humanitaire et le droit international des droits humains, l’appui
à la justice internationale, ainsi que le respect et la mise en œuvre des décisions
rendues par les tribunaux internationaux.
Nous réaffirmons également que la question palestinienne est une question
centrale et qu’une paix juste, permanente et globale ne pourra pas être obtenue sans
un État de Palestine indépendant fondé sur les frontières de 1967, conformément aux
résolutions pertinentes des organes de l’ONU et à l’Initiative de paix arabe adoptée
lors de la Conférence au sommet des pays arabes tenue à Beyrouth en 2002, sans la
fin de l’occupation israélienne des territoires arabes occupés, et sans le règlement de
la question des réfugiés palestiniens sur la base de la résolution 194 (III).

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Pour terminer, le Groupe des États arabes se félicite de la Conférence minis-


térielle du Caire pour le renforcement de l’action humanitaire à Gaza, tenue
le 2 décembre sous les auspices de S. E. M. Abdel Fattah Al Sisi, Président de la
République arabe d’Égypte, et de S. E. M. António Guterres, Secrétaire général de
l’Organisation des Nations Unies. Cette conférence s’est inscrite dans le cadre des
efforts déployés pour alléger les souffrances du peuple palestinien dans la bande de
Gaza et répondre à ses besoins humanitaires. Le Groupe se félicite de la déclaration
faite par le Président à l’issue de la Conférence et réaffirme son appui aux efforts
déployés par la République arabe d’Égypte et l’État du Qatar, en coopération avec
les États-Unis d’Amérique, en vue d’obtenir un cessez-le-feu permanent et immédiat
dans la bande de Gaza, et la libération de tous les prisonniers et otages.
Le Groupe attend également avec intérêt la convocation, en juin 2025, d’une
conférence internationale sur la mise en œuvre des résolutions des organes de l’ONU
sur la question de Palestine et la solution des deux États sur la base des frontières de
1967, en vue de parvenir à une paix juste, permanente et globale au Moyen-Orient,
sous les auspices de l’Assemblée générale à sa soixante-dix-neuvième session. Le
Groupe espère que les deux projets de résolution qui seront présentés lors de cette
reprise de la session obtiendront l’appui des États Membres.
M me Narváez Ojeda (Chili) ( parle en espagnol) : Nous nous félicitons de la
convocation de la 57e séance plénière de la dixième session extraordinaire d’urgence.
Le Chili s’associe à la déclaration faite par le représentant de l’Ouganda au nom
du Mouvement des pays non alignés.
Nous regrettons vivement le nouveau veto opposé au Conseil de sécu-
rité, mercredi 20 novembre, à un projet de résolution (S/2024/835) présenté par
les 10 membres élus du Conseil de sécurité et qui appelait à un cessez-le-feu immé-
diat, inconditionnel et permanent à Gaza (voir S/PV.9790). Le texte n’a pas été
adopté bien que 14 membres aient voté pour, ce qui montre qu’il s’agit d’une question
urgente et sensible pour l’Organisation.
Nous félicitons à cet égard les 10 membres élus du Conseil pour leur capacité
à dialoguer, à trouver un accord, à faire preuve de volonté politique et à trouver
un consensus. Nous les remercions du temps qu’ils ont consacré aux négociations
pour tenter de parvenir à un texte répondant aux aspirations de la majorité des États
Membres de l’Organisation, à savoir un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
Le Chili a souligné la nécessité de respecter pleinement et sans délai les résolu-
tions pertinentes qui appuient le droit du peuple palestinien de créer un État souverain,
telles que la résolution 181 (1947) et la résolution 242 (1967) de l’Assemblée générale,
ainsi que les résolutions connexes, comme la résolution 2334 (2016) du Conseil de
sécurité, qui réaffirme que l’implantation par Israël de colonies dans le Territoire pales-
tinien occupé, y compris Jérusalem-Est, n’a aucun fondement en droit et constitue une
violation du droit international. Nous réaffirmons notre appui à l’admission de l’État de
Palestine à l’Organisation des Nations Unies en tant que Membre à part entière.
Le Chili plaide pour la solution des deux États et le droit d’Israël et de la Palestine
de vivre en harmonie, à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues,
dans le plein respect des droits humains de tous leurs habitants et conformément aux
résolutions de l’ONU. À cet égard, nous condamnons la politique d’expansion d’Israël
et la confiscation de terres en Cisjordanie occupée, car cela alimente les tensions, ne
bénéficie à aucune des parties et constitue un pas dans la mauvaise direction dans la
recherche d’une solution négociée, juste et durable prévoyant deux États.
Le Chili tient à présenter une nouvelle fois ses condoléances aux familles et aux
proches des victimes décédées dans le conflit qui fait rage dans la bande de Gaza
et qui ne cesse de s’intensifier au fil des jours. Nous sommes témoins de profondes

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souffrances. Nous avons été choqués par ces événements tragiques et les informa-
tions indiquant que plus de 44 000 personnes ont péri dans les attaques menées par
les forces israéliennes, 70 % des victimes de cette catastrophe étant des femmes et
des enfants innocents. Des milliers d’autres victimes sont toujours portées disparues,
soit parce qu’elles gisent sous les décombres ou ont été brûlées. La quasi-totalité
de la population de Gaza a été déplacée à plusieurs reprises. Les conditions sani-
taires sont déplorables et 660 000 enfants ne sont pas scolarisés. Les infrastructures
publiques et privées sont en grande partie détruites. Nous répétons une fois de plus
que la violence ne se règle pas par davantage de violence.
Nous appelons à une prise de conscience des dommages, peut-être irréparables,
que cette guerre cause aux générations présentes et futures.
Nous soulignons que la protection de la vie humaine doit être notre priorité absolue
et que la protection des civils est une obligation fondamentale. C’est pourquoi la Charte
des Nations Unies, le droit international et le droit international humanitaire doivent être
respectés. Il ne fait aucun doute que ce respect a été violé par les actes terroristes perpé-
trés par le Hamas le 7 octobre 2023 et par la riposte aveugle de l’État d’Israël contre la
population vivant dans la bande de Gaza, qui a également touché la Cisjordanie.
Le Chili a condamné sans réserve les agissements du Hamas, ainsi que tous les
actes terroristes et de violence et toutes les hostilités contre la population civile.
Par conséquent, nous exigeons la libération immédiate et sans condition de tous
les otages encore aux mains du Hamas. Il faut veiller à leur bien-être et à leur traite-
ment conformément au droit international.
Le Chili demande un cessez-le-feu immédiat et durable, une augmentation de
l’aide humanitaire à Gaza et des garanties pour un accès total, immédiat, sûr, sans
entrave et durable à l’aide humanitaire. En d’autres termes, nous demandons que
tous les obstacles à cette assistance soient levés et que toutes les voies terrestres
disponibles soient utilisées pour entrer dans la bande de Gaza et répondre ainsi aux
besoins fondamentaux de la population tels que la nourriture, l’eau, les médicaments
et le carburant, parmi beaucoup d’autres.
Nous nous faisons l’écho de l’appel du Secrétaire général lui-même et des chefs
d’autres organismes des Nations Unies en faveur d’un apaisement des tensions.
Nous encourageons toutes les parties concernées, de même que la communauté
internationale, à continuer d’œuvrer pour mettre fin à cette guerre. Cela ne peut se
faire que par la voie de la diplomatie et du dialogue. Nous saluons les efforts déployés
par les pays amis pour réduire les affrontements et les résultats qu’ils obtiennent en
la matière.
Nous sommes préoccupés par les conséquences et les répercussions de ce conflit
sur le reste de la région.
Nous attirons l’attention sur la campagne menée à Gaza pour vacciner les enfants
contre la poliomyélite, qui a profité à plus de 500 000 d’entre eux.
Nous mettons en exergue les quatre résolutions adoptées par le Conseil de
sécurité pour parvenir à un cessez-le-feu, réduire les tensions ou faciliter l’aide
humanitaire, les résolutions 2712 (2023) et 2720 (2023), adoptées l’année dernière, et
en particulier les résolutions 2728 (2024) et 2735 (2024), adoptées cette année.
Nous rappelons que toutes les résolutions du Conseil sont contraignantes et
doivent impérativement être respectées.
Nous partageons les inquiétudes exprimées par les hauts responsables de l’ONU
et de nombreux États Membres au sujet des lois adoptées par le Parlement israé-
lien qui restreindront et freineront les activités de coordination menées par l’Office

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de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le
Proche-Orient (UNRWA).
Nous sommes préoccupés par les conséquences humanitaires dévastatrices qui
pourraient découler de leur mise en œuvre. C’est pourquoi nous demandons que les
lois adoptées par le pouvoir législatif israélien n’entrent pas en vigueur.
Nous condamnons la décision du Parlement israélien et soulignons que l’UNRWA
tient son mandat de l’Assemblée générale des Nations Unies et qu’une telle législa-
tion représente un précédent majeur pour le système international.
Nous réaffirmons la détermination de notre pays à verser des contributions
volontaires à l’UNRWA et encourageons les autres États Membres à poursuivre leurs
contributions afin que l’Office puisse rester opérationnel.
Nous renouvelons notre plein soutien au travail dévoué et courageux accompli
sur le terrain par l’ONU et ses organismes, en particulier l’UNRWA. C’est avec
le cœur lourd que nous déplorons la mort de près de 250 membres du personnel
de cet organisme humanitaire dans cette guerre et le fait que plus de deux tiers de
ses installations ont été endommagées ou détruites, en plus d’être la cible d’une
campagne de désinformation féroce. Nous notons que la résolution 2730 (2024) du
Conseil de sécurité, adoptée le 24 mai dernier, exige de toutes les parties à un conflit
qu’elles s’acquittent des obligations que leur impose le droit international et exhorte
tous les États à mener immédiatement des enquêtes exhaustives et impartiales sur les
violations commises contre le personnel des Nations Unies et le personnel humani-
taire. À ce propos, nous avons suivi avec intérêt la séance d’information du Conseil
de sécurité sur la protection des civils en période de conflit armé, qui s’est tenue
mardi dernier (voir S/PV.9795), et nous avons été choqués d’apprendre que nous
avions atteint cette année un record de 282 travailleurs humanitaires tués, dont 178 à
Gaza, et que 333 avaient perdu la vie depuis le mois d’octobre 2023.
Le Chili et le Mexique ont saisi conjointement la Cour pénale internationale
au sujet de la situation en Palestine afin de renforcer l’enquête sur les crimes de
guerre et les crimes contre l’humanité présumés commis à Gaza, en Cisjordanie, à
Jérusalem-Est et en Israël. Le Chili considère que l’établissement des faits et l’appli-
cation du principe de responsabilité sont primordiaux pour mettre fin à l’impunité
et empêcher la commission de nouveaux crimes internationaux. De même, le Chili
a déposé une déclaration d’intervention auprès de la Cour internationale de Justice
dans le cadre de la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël concernant
l’Application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide
dans la bande de Gaza (Afrique du Sud c. Israël).
Nous soulignons que l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de
Justice le 19 juillet sur les Conséquences juridiques découlant des politiques et
pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est (voir
A/78/968), doit être respecté par toutes les parties.
Pour terminer, il est essentiel que tous les États Membres respectent les accords,
instaurent un climat de confiance et intensifient le dialogue afin d’apporter des
réponses efficaces et fermes aux conflits armés.
Nous jugeons qu’il est indispensable de promouvoir le principe de l’indivisibi-
lité de la sécurité internationale, c’est-à-dire que tous les États ont la responsabilité
partagée de contribuer à la consolidation d’un ordre international fondé sur la coopé-
ration et régi par des normes.
M. Mahmoud (Égypte) ( parle en arabe) : Nous nous réunissons aujourd’hui à
l’occasion de la dixième session d’urgence, après avoir épuisé tous les autres moyens
de parvenir à une solution. La guerre contre Gaza fait rage depuis plus d’un an
et aucune fin ne se profile à l’horizon. Les résolutions de l’Assemblée générale et

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du Conseil de sécurité, tout comme les ordonnances de la Cour internationale de


Justice, n’ont pas été mises en œuvre. La dernière tentative d’adoption d’un projet de
résolution du Conseil de sécurité, le 20 novembre, a été contrecarrée par le veto des
États-Unis (voir S/PV.9790). L’Assemblée générale doit donc assumer ses responsa-
bilités face à l’incapacité du Conseil de sécurité de maintenir la paix et la sécurité
internationales. Elle doit adopter deux projets de résolution sur l’instauration d’un
cessez-le-feu et l’appui au mandat de l’Office de secours et de travaux des Nations
Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).
À cet égard, nous voudrions insister sur les points suivants.
Premièrement, toutes les règles de la guerre établies par la communauté inter-
nationale ont été violées sous les yeux du monde entier. Oui, Israël a violé toutes ces
lois, en détruisant la bande de Gaza et en tuant plus de 44 000 personnes, dont 70 %
de femmes et d’enfants. A-t-on déjà vu une armée tuer des femmes et des enfants à
un tel rythme dans une autre guerre ? A-t-on déjà vu une armée imposer la famine à
une population civile assiégée lors d’un autre conflit, à l’exception de celui en cours
dans le nord de Gaza ?
L’armée israélienne lance malheureusement des attaques d’une barbarie inima-
ginable et construit des bases militaires dans la bande de Gaza depuis un certain
temps déjà. Malheureusement, le Conseil de sécurité, qui a pour mission de mettre
fin à la guerre et de protéger les civils, reste paralysé et incapable de remplir ses
fonctions, parce que les États-Unis ont continué de protéger Israël en opposant
plusieurs fois leur veto, croyant ainsi assurer la sécurité d’Israël. Or, la seule véri-
table façon de garantir la sécurité d’Israël est la coexistence pacifique entre les pays
du Moyen-Orient, y compris Israël. Il n’y a pas d’autre moyen. La principale priorité
est maintenant de mettre fin immédiatement et de manière contraignante à cette
guerre injuste, au châtiment collectif et aux tentatives de déplacer les populations de
force, pour des raisons humanitaires et pour donner une chance à des négociations
qui garantiraient le retour des otages dans leurs foyers et permettraient aux Pales-
tiniens de Gaza de retrouver ce qui leur reste de dignité et de panser leurs plaies.
Premièrement, l’arrêt de cette guerre sanglante est une étape nécessaire pour lancer
un processus politique qui devrait conduire à la création d’un État palestinien indé-
pendant à l’intérieur des frontières du 4 juin 1967.
Deuxièmement, l’appel à mettre fin immédiatement aux massacres de civils à
Gaza est fondé sur le noble objectif pour lequel toutes les lois et conventions interna-
tionales ont été élaborées, à savoir la protection du droit de chaque personne à la vie.
Il est impossible, juridiquement et moralement, de subordonner l’arrêt des massacres
de civils à des conditions préalables ou à une position politique quelconque. Il est
indispensable de faire cesser immédiatement ce massacre insensé, sans conditions
préalables. Nous mettons tout le monde en garde contre le fait que personne ne doit
avoir l'impression que son sang n’a pas de valeur.
Troisièmement, nous appelons l’Assemblée à adopter une position dissuasive face
aux calomnies israéliennes contre l’ONU, pour ne pas créer un précédent qui mènerait
inévitablement à l’effondrement du système international multilatéral. Israël a tué des
centaines de membres du personnel des Nations Unies. Il a détruit des installations
appartenant à l’Organisation et promulgué des lois visant à faire cesser les opérations
de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine
dans le Proche-Orient (UNRWA). Il a attaqué les soldats de la FINUL dans le sud
du Liban. Il a même déclaré le Secrétaire général persona non grata. Nous avons le
devoir collectif de lutter contre de tels comportements. Il s’agit d'un impératif moral
et politique. Nous devons empêcher Israël de continuer à se comporter de la sorte en
adoptant une position unie, en commençant par l’adoption du projet de résolution rela-
tif à l’UNRWA, qui sera présenté. Nous devons nous appuyer sur ce texte pour contrer
la mise en oeuvre de la législation adoptée par la Knesset israélienne et prévenir toute
violation future contre l’Organisation qui nous représente tous.

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Quatrièmement, nous réaffirmons devant l’Assemblée que les droits des Palesti-
niens à l’autodétermination, à la liberté et à vivre dans un État palestinien indépendant
sont des droits naturels fondés sur l’égalité de tous les êtres humains. Ils ne sont pas un
cadeau et ne sont pas tributaires du consentement d’autres pays. Nous appelons donc
une fois de plus l’Assemblée à soutenir l’adoption d’un projet de résolution qui accor-
derait à l’État de Palestine le statut mérité de Membre à part entière de l’ONU, une
résolution qui donnerait forme à ces droits plutôt que de les établir. L’Égypte déploie
des efforts sincères pour faire progresser le dialogue et proposer des solutions. C’est
pourquoi nous accueillons avec satisfaction l’annonce de l’entrée en vigueur de l’ac-
cord de cessez-le-feu au Liban, pays frère. Nous appelons toutes les parties à respecter
cette annonce afin d’établir un cessez-le-feu durable. Nous demandons le retrait d’Is-
raël de tous les territoires libanais et la pleine application de la résolution 1701 (2006).
Nous espérons que ces accords seront un premier pas en vue de mettre fin à l’agression
israélienne contre la bande de Gaza et aux violations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Nous soulignons que l’Égypte, en tant que pionnière de la paix, poursuivra ses
efforts pour parvenir à un cessez-le-feu et atténuer la tragédie humanitaire en cours
dans la bande de Gaza. Nous continuerons de fournir tout le soutien possible à nos
frères palestiniens jusqu’à ce que leur situation actuelle soit réglée et qu’ils puissent
créer un État indépendant. L’Égypte poursuit ses efforts de médiation, aux côtés
du Qatar et des États-Unis, pour mettre fin à cette guerre. Sur le plan humanitaire,
l’Égypte s’emploie à fournir une aide immédiate aux habitants de Gaza.
L'effort le plus récent a été la Conférence ministérielle du Caire pour le renforce-
ment de l’action humanitaire à Gaza, qui s’est tenue le 2 décembre sous les auspices
du Président de la République, M. Abdel Fattah Al Sisi, et du Secrétaire général
de l’ONU, M. António Guterres, avec la participation de plus de 100 États et orga-
nismes des Nations Unies. L’Égypte continuera également de promouvoir sans
relâche l’unité palestinienne et la reprise du processus politique une fois la guerre
terminée, afin de réaliser les aspirations du peuple palestinien à créer son propre État
indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Nous appelons tous ceux qui ont un sens de l’humanité et de la responsabilité à
sauver les civils innocents pris au piège à Gaza et à répondre à leurs cris et à leurs
appels sans aucune condition. Nous prions les membres de ne pas rester les bras
croisés comme s’ils étaient de simples spectateurs. Nous demandons au Conseil de
ne pas se laisser prendre au piège qui consiste à promouvoir de faux arguments
pour justifier les assassinats systématiques et délibérés par esprit de vengeance.
Nous leur demandons d’instaurer immédiatement un cessez-le-feu et de sauver le
peuple palestinien.
Toute guerre a une fin. Et cette guerre a franchi depuis longtemps la ligne d’arri-
vée. Aucune réserve de patience ne permettrait de supporter la poursuite de cette
guerre. C’est le message que l’Égypte adresse à tout le monde aujourd’hui.
M me Al‑Thani (Qatar) ( parle en arabe) : Je tiens tout d’abord à vous remercier,
Monsieur le Président, d’avoir convoqué la reprise de cette session extraordinaire
d’urgence. Nous nous associons aux déclarations faites au nom du Conseil de coopé-
ration des États arabes du Golfe, du Groupe des États arabes, de l’Organisation de la
coopération islamique et du Mouvement des pays non alignés.
Depuis la dernière séance organisée dans le cadre de la dixième session extraor-
dinaire d’urgence consacrée à la situation à Gaza (voir A/ES-10/PV.56), la crise
humanitaire n’a fait que s’aggraver d'une manière sans précédent, en raison de
l’agression israélienne, qui dure depuis plus d’un an et s’est étendue à la Cisjorda-
nie, y compris Jérusalem-Est. Les attaques israéliennes contre les Palestiniens se
sont intensifiées et ont entraîné la mort de plus de 44 000 personnes. En outre, les
violations se sont intensifiées dans le Territoire palestinien occupé, notamment les

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atteintes contre les lieux saints et l’expansion des colonies de peuplement, en viola-
tion flagrante des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité et au
mépris des mesures conservatoires ordonnées par la Cour internationale de Justice
et de l'avis consultatif qu’elle a rendu en juillet dernier.
Il est urgent de fournir une aide humanitaire à grande échelle dans toute la bande
de Gaza afin de faire face efficacement à cette catastrophe humanitaire. À cet égard,
l’État du Qatar salue les résultats obtenus à la Conférence ministérielle du Caire pour
le renforcement de l’action humanitaire à Gaza, qui s’est tenue le 2 décembre, et les
recommandations formulées en vue de conjuguer les efforts pour veiller à ce qu’une
aide humanitaire suffisante soit acheminée sans interruption à Gaza afin d’atténuer
les souffrances du peuple palestinien.
Depuis le début de l’agression israélienne contre Gaza, l’État du Qatar a entrepris
des efforts de médiation sincères, en partenariat avec les États-Unis et l’Égypte, afin
de mettre un terme à la violence et aux souffrances humanitaires de toutes les parties.
Ces efforts diplomatiques ont abouti à une pause humanitaire et à un cessez-le-feu en
novembre de l’année dernière, qui ont permis de procéder à des échanges d’otages et de
prisonniers et d'augmenter la quantité d’aide humanitaire acheminée. Ces bons offices
se sont poursuivis, malgré les obstacles.
Lors des dernières tentatives de parvenir à un accord, le mois dernier, l’État du
Qatar a informé les parties qu’il suspendrait ses efforts de médiation si Israël et le
Hamas ne parvenaient pas à se mettre d’accord au cours de ce cycle. Le Qatar reste
néanmoins disponible et soutient tous les efforts visant à instaurer la paix dans la
région. Nous continuons de dialoguer avec toutes les parties, pour voir si leurs posi-
tions évoluent et témoignent d'une réelle volonté de conclure un accord. En ce qui
concerne l’escalade au Liban, un pays frère, nous saluons l’accord de cessez-le-feu
et les efforts des États-Unis et de la France, qui ont contribué à la conclusion de cet
accord. Nous espérons qu’un accord similaire sera conclu afin de mettre un terme
à la guerre qui continue de faire rage à Gaza. Nous espérons que cet accord sera
respecté par toutes les parties, que les hostilités militaires cesseront immédiatement
et que la résolution 1701 (2006) sera pleinement mise en œuvre.
L’État du Qatar réaffirme la nécessité pour l’Assemblée générale d’assumer ses
responsabilités à l’égard de la cause palestinienne. Par conséquent, nous appelons
à appuyer les deux projets de résolution dont l’Assemblée générale est saisie, qui
reflètent nos valeurs et engagements humanitaires communs, et qui sont conformes
aux butes énoncés dans la Charte des Nations Unies et aux exigences du maintien
de la paix et de la sécurité internationales. Le premier projet de résolution demande
un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent, qui doit être respecté par
toutes les parties. Le deuxième projet de résolution appelle à appuyer le mandat de
l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine
dans le Proche-Orient (UNRWA). À cet égard, nous soulignons à nouveau l’im-
portance du mandat de l’UNRWA, conformément à la résolution 302 (IV). Nous
réaffirmons également le droit au retour des réfugiés palestiniens, garanti par la
résolution 194 (III) et par la résolution 237 (1967) du Conseil de sécurité. Nous souli-
gnons également la nécessité de mettre en œuvre toutes les résolutions du Conseil
de sécurité, en particulier la résolution 2735 (2024), qui demande un cessez-le-feu
à Gaza. En outre, nous appelons à la mise en œuvre des deux résolutions récem-
ment adoptées par l’Assemblée à sa dixième session extraordinaire d’urgence, sur
l’admissibilité de l’État de Palestine à l’Organisation des Nations Unies (résolution
ES-10/23) en tant que Membre à part entière, et sur l’avis consultatif de la Cour
internationale de Justice sur les conséquences juridiques découlant des politiques
et pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est
(voir A/78/968) (résolution ES-10/24).
M. Massari (Italie), Vice-Président, assume la présidence.

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Pour terminer, l’État du Qatar réaffirme sa position ferme et historique en


soutien à la résilience du peuple palestinien frère et à sa juste cause, conformément
aux résolutions de la légitimité internationale et à l’Initiative de paix arabe, qui
garantit l’établissement d’un État palestinien indépendant sur la base des frontières
de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
M. Ladeb (Tunisie) ( parle en arabe) : Nous nous réunissons aujourd’hui à l’oc-
casion de la reprise de la dixième session extraordinaire d’urgence, à la lumière
de la poursuite de la catastrophe humanitaire sans précédent à laquelle le peuple
palestinien frère de la bande de Gaza est confronté du fait de la guerre génoci-
daire collective menée par les autorités d’occupation depuis plus d’un an. Il s’agit
du dernier épisode en date d’une longue série de massacres et de violations qui sont
commis depuis 76 ans.
La détérioration de la situation dans la bande de Gaza et dans le reste du Terri-
toire palestinien occupé est sans précédent. Les crimes honteux de l’occupation
s’intensifient, malgré toutes les résolutions et décisions adoptées par le Conseil de
sécurité, l’Assemblée générale et la Cour internationale de Justice. Dans ce contexte,
la communauté internationale se trouve aujourd’hui à un moment décisif pour sortir
du silence et de l’impuissance et pour reconsidérer son approche de la situation afin
de se montrer à la hauteur de sa responsabilité morale, juridique et historique de
sauver des vies et de mettre fin aux meurtres, aux exactions, à la famine et aux dépla-
cements, qui sont condamnés par tous les instruments humanitaires et juridiques.
Le nombre de martyrs et de blessés, qui dépasse les dizaines de milliers, ne
peut en aucun cas devenir une simple statistique. Le déplacement forcé de toute la
population de la bande de Gaza, les attaques contre les hôpitaux, les écoles, les lieux
de culte et les tentes pour les déplacés, l’assassinat de travailleurs humanitaires,
de membres du personnel médical et de journalistes, le refus d’une aide humani-
taire vitale et l’utilisation de la faim comme arme de guerre ne peuvent pas devenir
de simples faits divers ou des événements ordinaires simplement parce qu’ils se
répètent. Par ailleurs, il est inacceptable que le Conseil de sécurité demeure inca-
pable de remplir le rôle qu’il est censé jouer en raison de calculs politiques et d’une
politique de deux poids, deux mesures, et il est inacceptable que les résolutions de
l’ONU restent lettre morte.
Comme nous l’avons fait observer à plusieurs reprises, tout cela a encouragé
les autorités d’occupation à poursuivre leurs pratiques agressives, leurs projets de
colonisation et leurs crimes et à continuer de mépriser les résolutions de l’ONU
et le droit international humanitaire, en toute impunité, dans le but d’imposer une
politique du fait accompli et de perpétuer l’idée qu’elles sont au-dessus de la loi.
Aussi appelons-nous une nouvelle fois la communauté internationale et le Conseil de
sécurité à prendre des mesures efficaces et responsables afin d’imposer un cessez-
le-feu immédiat et de contraindre les autorités d’occupation à mettre fin à la guerre
génocidaire et à toutes les formes d’exactions et de violations contre le peuple pales-
tinien. Nous appelons à la mise en œuvre des résolutions de l’ONU et au respect de
la volonté internationale, et nous demandons que les autorités d’occupation soient
tenues responsables de tous leurs crimes. Nous demandons également qu’une protec-
tion internationale soit assurée au peuple palestinien, que le blocus qui lui est imposé
soit levé et que l’entrée sans entrave et sans délai de l’aide humanitaire soit autorisée.
Dans ce contexte, nous condamnons à nouveau les initiatives et les actions que les
forces d’occupation continuent d’entreprendre pour entraver les activités de l’Office de
secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-
Orient, perturber son fonctionnement et mettre fin à son rôle vital dans la fourniture
d’une assistance humanitaire à des millions de Palestiniens, dans le but d’exacerber les
souffrances du peuple palestinien et de porter atteinte à son droit à la vie.

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Pour terminer, la Tunisie réaffirme son ferme appui, fondé sur les principes,
au peuple palestinien dans sa lutte pour recouvrer ses droits légitimes et inalié-
nables, des droits imprescriptibles qui ne seront pas effacés par une agression, au
premier rang desquels son droit à l’autodétermination et à la création de son État
indépendant et souverain sur tout le territoire de la Palestine, avec Al‑Qods al-Charif
pour capitale.
M. Akram (Pakistan) ( parle en anglais) : Nous remercions la présidence de
l’Assemblée générale d’avoir convoqué cette reprise de la dixième session extraor-
dinaire d’urgence de l’Assemblée générale en réponse aux demandes du Groupe des
États arabes, du Groupe de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et du
Mouvement des pays non alignés.
Ma délégation s’associe aux déclarations faites au nom de l’OCI et du Mouve-
ment des pays non alignés.
Depuis plus de 400 jours, le monde est témoin du massacre aveugle de la popu-
lation palestinienne de Gaza. Quarante-quatre mille personnes, principalement des
femmes et des enfants, ont été tuées ; plus de 100 000 ont été blessées. Le Secrétaire
général a déclaré : « Les actes auxquels nous assistons pourraient bien être constitu-
tifs de crimes internationaux les plus graves ».
Les chefs de 15 organismes des Nations Unies et autres organisations humani-
taires ont déclaré :
« La situation dans le nord de Gaza est apocalyptique.
[...]
L’ensemble de la population palestinienne du nord de Gaza court le risque
imminent de succomber aux maladies, à la famine et à la violence » (A/ES-10/1015,
annexe, p. 5).
Le Pakistan se félicite du cessez-le-feu au Liban, bien qu’Israël continue de le
violer à tout va. Mais le massacre se poursuit à Gaza, tout comme les frappes en
Syrie, et le danger d’une guerre à plus grande échelle continue de planer sur tout le
Moyen-Orient.
Tout en saluant les efforts de médiation déployés par l’Égypte, le Qatar et les
États-Unis, nous devons exprimer notre profonde consternation face au fait que,
le 20 novembre, le projet de résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat et incon-
ditionnel, parrainé par les membres élus du Conseil et appuyé par 14 de ses membres,
n’a pu être adopté en raison du veto d'un membre permanent (voir S/PV.9790). Aucun
argument ne peut justifier de bloquer une décision visant à mettre fin au massacre de
populations civiles sans défense. L’Assemblée générale doit maintenant s’acquitter de
sa responsabilité, conformément à la Charte des Nations Unies, et exiger un cessez-le-
feu immédiat et inconditionnel à Gaza et la mise en œuvre des différentes résolutions
relatives à ce conflit adoptées par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, ainsi
que de la décision de la Cour internationale de Justice. Nous sommes également favo-
rables à la création d’un mécanisme international d’établissement des responsabilités
afin d’identifier et de punir les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité qui ont
été commis, et de décider des réparations appropriées pour ces crimes.
De même, nous devons faire respecter le mandat de l’Office de secours et de
travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient
(UNRWA), et condamner et rejeter les efforts déployés par Israël visant à mettre fin
à ses activités. L’UNRWA est la seule organisation capable de fournir une aide huma-
nitaire et des secours aux Palestiniens assiégés à Gaza, en Cisjordanie et ailleurs. Le
Pakistan se félicite donc des deux projets de résolution déposés par l’État de Pales-
tine pour adoption lors de cette session d’urgence.

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L’Assemblée et la communauté mondiale doivent également envisager l’avenir,


ainsi que les graves conséquences de cette guerre israélienne et les mesures néces-
saires pour y remédier. La guerre menée par Israël a démontré qu’il était possible de
commettre une agression et un génocide contre certains peuples en toute impunité,
et même avec la complicité de ceux qui défendent dans leurs déclarations l’état de
droit et les droits humains dans presque tous les autres contextes géographiques et
politiques. Cette impunité a contribué à détruire les fondements de l’ordre mondial
que nous avons créé il y a près de 80 ans. Le souvenir de ceux qui ont lutté contre le
fascisme et le racisme et des victimes de la Shoah est-il si éphémère qu’il soit mainte-
nant possible de justifier et de perpétrer ce massacre contre le peuple palestinien sans
défense au XXIe siècle ? Les actions génocidaires de la machine de guerre israélienne
devraient être inacceptables pour tout individu, toute société ou tout État qui attache
de l’importance aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, à la paix et
à la vie humaine, et qui ne peut tolérer le massacre d’enfants et de femmes innocents.
Nous devons nous demander quelle est la réalité que nous sommes en train de
créer et que nous allons laisser derrière nous au Moyen-Orient dans le sillage de cette
guerre. Les dirigeants israéliens actuels ont proclamé une vision sombre de pour-
suite des massacres à Gaza et de poursuite de l’occupation ; une vision d’expulsion
et d’extermination de la population de Gaza par la violence et la famine, d’annexion
de la Cisjordanie par des soldats israéliens agressifs qui, avec l’appui des colons, se
déchaînent contre une population palestinienne non armée ; une vision de rejet pur
et simple de la solution des deux États et d’extinction du droit à l’autodétermination
du peuple palestinien.
Cette vision sombre aura des répercussions, notamment dans le monde arabe et
musulman. Les peuples du monde islamique n’oublieront pas et ne pardonneront pas
les crimes commis par Israël. La résistance populaire à l’occupation israélienne ne
s’arrêtera pas, elle s’intensifiera. Il sera plus difficile de trouver une solution paci-
fique au conflit au Moyen-Orient.
Il est donc impératif que la communauté internationale et l’Assemblée générale
envisagent les mesures nécessaires pour empêcher que la vision sombre des extré-
mistes israéliens ne se réalise. Il faut leur faire comprendre que le génocide ne restera
pas impuni, qu’il y aura des conséquences pour l’agression et l’occupation. Les diri-
geants des pays arabes et islamiques ont proposé une série de mesures, allant de
l’arrêt des livraisons d’armes à Israël à la remise en cause de son statut de Membre de
l’ONU, en passant par la suspension des échanges commerciaux. Toutes ces options
méritent d’être examinées sérieusement par l’ONU et la communauté internationale.
Dans le même temps, nous devons prendre des mesures décisives pour mettre en
œuvre la solution des deux États, qui offre la seule voie mondialement acceptée vers
une paix et une sécurité durables au Moyen-Orient. En tant que membre du groupe
du Sommet arabo-islamique extraordinaire, le Pakistan se félicite du lancement
de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution des deux États. Dans
le cadre de ce processus et ici à l’ONU, nous devons créer des réalités politiques
permettant de garantir le caractère inéluctable de la solution des deux États. À cette
fin, nous appelons, premièrement, à une reconnaissance officielle de l’État de Pales-
tine la plus large possible, laquelle doit devenir universelle. Deuxièmement, il faut
que la Palestine soit admise le plus tôt possible à l’Organisation des Nations Unies
en tant que Membre à part entière. Troisièmement, il faut organiser une conférence
internationale pour prendre des mesures décisives en vue de la création d’un État
palestinien souverain, indépendant et d’un seul tenant, à l’intérieur des frontières
d’avant 1967, avec Al‑Qods al-Charif pour capitale.
M me Jaraud-Darnault (France) : La France remercie les membres élus du Conseil
de sécurité d’avoir préparé ce projet de résolution et regrette qu’il n’ait pas pu être
adopté le 20 novembre dernier. La situation humanitaire catastrophique dans la bande

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de Gaza nous rappelle chaque jour qu’il faut un cessez-le-feu immédiat et permanent
dans la bande de Gaza. L’acheminement de l’aide humanitaire doit être à la hauteur
des immenses besoins des civils palestiniens, en particulier dans le nord de l’enclave,
menacé de famine. Tous les otages détenus dans la bande de Gaza doivent être libérés
sans délai et sans conditions. Cette résolution exigeait de façon très ferme la libéra-
tion immédiate et inconditionnelle des otages. La France, qui compte encore deux
otages à Gaza, déplore que le Conseil de sécurité n’ait pu être en mesure de formuler
cette exigence. La France n’a cessé et ne cessera de condamner les attaques terroristes
barbares commises par le Hamas et d’autres groupes terroristes le 7 octobre 2023.
L’Assemblée générale doit faire de même, sans ambiguïté. Il est urgent d’œuvrer à la
mise en œuvre concrète de la solution des deux États. Il faut des garanties de sécurité
pour les Israéliens. Il faut aussi œuvrer à la création d’un État indépendant, viable et
d’un seul tenant pour les Palestiniens. L’Autorité palestinienne a un rôle central à jouer
dans ce processus, en Cisjordanie comme à Gaza, qui doit bien entendu faire partie de
ce futur État palestinien. La France continuera d’œuvrer en faveur de ces objectifs, en
lien avec ses partenaires, y compris au Conseil de sécurité.
M me Schwalger (Nouvelle-Zélande) ( parle en anglais) : Nous sommes une fois
de plus déçus qu’un veto ait bloqué un projet de résolution qui bénéficiait du soutien
quasi unanime du Conseil de sécurité. Nous saluons les efforts déployés pour parve-
nir à un consensus au sein du Conseil, mais nous devons tout simplement faire mieux.
La situation à Gaza reste insoutenable. Un cessez-le-feu immédiat doit être
instauré de toute urgence, notamment pour faciliter l’afflux d’une aide humanitaire
essentielle dans toute la bande de Gaza. En définitive, aucune solution militaire n’ap-
portera une paix juste et durable pour les Israéliens et les Palestiniens. Une solution
politique négociée est nécessaire pour parvenir à une paix et une sécurité durables
pour Israël et la Palestine. La diplomatie peut être efficace lorsqu'il y a de la volonté
politique.
La Nouvelle-Zélande se félicite de l’annonce récente d’un cessez-le-feu au Liban
et reconnaît les efforts de toutes les parties qui participent aux négociations. Cette
percée réalisée au Liban démontre l’importance de la diplomatie et des négociations.
À Gaza, cependant, le conflit se poursuit et les civils palestiniens continuent d’en
payer le prix. Ils méritent un cessez-le-feu immédiat, un accès sans entrave à l’aide
humanitaire et la fin de l’escalade des tensions.
Tout recours au droit de veto est extrêmement décevant. Nous soulignons qu’à
chaque fois que ce mécanisme dépassé et antidémocratique est invoqué, il érode
la capacité du Conseil à remplir son mandat de maintien de la paix et de la sécu-
rité internationales. La Nouvelle-Zélande s’oppose fermement et constamment au
droit de veto depuis 1945. Nous soutenons activement l’initiative relative au veto
(résolution 76/262) depuis le début et restons un fier partisan de cette résolution.
Le Conseil n’assume pas les responsabilités importantes qui lui incombent en vertu
de la Charte des Nations Unies. Il en va de sa crédibilité et de celle de l’Organisa-
tion des Nations Unies dans son ensemble. Nous invitons les membres permanents à
réfléchir à cette responsabilité.
Enfin, si la résolution 76/262 est réactivée à l’avenir, il incombera une fois de
plus aux membres de l’Assemblée générale de continuer à exercer la responsabilité
politique collective qui leur incombe en vertu de la Charte des Nations Unies pour
traiter les questions de paix et de sécurité internationales.
M. Van Schalkwyk (Afrique du Sud) ( parle en anglais) : Nous remercions le
Président d’avoir convoqué la reprise de la dixième session extraordinaire d’urgence
de l’Assemblée générale, en ce qui concerne la Palestine. Elle n’aurait pu intervernir
à un moment plus critique. Malgré les efforts déployés pour mettre fin au carnage,
la bande Gaza a fait l’objet de bombardements qui l’ont transformée en un champ de

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ruines et ses citoyens sont confrontés à une famine imminente. Ces circonstances à
elles seules devraient inciter jusqu’aux acteurs qui maintiennent les positions les plus
rigides à se mobiliser pour mener une intervention humanitaire immédiate.
Nous sommes réunis en ces lieux pour déplorer une fois de plus l’incapacité
du Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et à prendre des mesures
concrètes pour mettre fin aux effusions de sang à Gaza et aux souffrances du peuple
palestinien. La postérité jugera sévèrement l’humanité pour avoir permis de telles
souffrances alors que nous avions la possibilité de prendre des mesures pour mettre
fin au génocide en cours à Gaza. C’est particulièrement vrai pour nous, Membres de
l’Organisation, laquelle a été créée pour protéger les personnes et garantir la paix.
L’Afrique du Sud salue la décision de la Cour pénale internationale d’émettre des
mandats d’arrêt à l’encontre du Premier Ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, et
de son ancien ministre de la défense, Yoav Gallant, ainsi que de Mohamed Deif, du
Hamas. Nous appelons tous les membres de la communauté internationale à exécuter
ces mandats conformément aux principes du Statut de Rome, dans le cadre de notre
engagement collectif en faveur du droit international. Nous espérons que cette déci-
sion exercera en particulier une pression sur Israël, Puissance occupante, pour qu’il
mette fin à la destruction de Gaza.
C'est en raison du vote négatif d’un membre du Conseil de sécurité que ce débat
avec l’ensemble des Membres de l’ONU a été organisé. Ce sont de telles situations
qui font que l’Afrique du Sud soutient la suspension de l’utilisation du droit de veto
en cas d’atrocités criminelles. L’appel lancé dans le projet de résolution élaboré par
les 10 membres élus du Conseil de sécurité était simple : un cessez-le-feu immédiat
et inconditionnel et l’acheminement d’une aide humanitaire à grande échelle afin
d’éviter une nouvelle catastrophe. Le texte exigeait également la libération immé-
diate et inconditionnelle de tous les otages et demandait aux parties de traiter tous les
prisonniers et tous les otages dans le respect du droit international humanitaire. La
libération des otages et l’échange de prisonniers palestiniens pourraient permettre de
jeter les bases d’un règlement négocié débouchant sur la paix et de créer des condi-
tions propices à la création de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.
La récente loi adoptée par la Knesset israélienne pour mettre fin à la coopération
d’Israël avec l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de
Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) est une autre mesure qui ne fera que causer
davantage de tort au peuple palestinien et nous éloigner davantage de la paix. Nous appe-
lons Israël à reconsidérer cette décision et à continuer de coopérer avec l’UNRWA afin
d’avancer vers la paix dans la région. L’arrêt du soutien à l’UNRWA entraînerait la mort
et le déplacement d’un nombre incalculable de Palestiniens, compte tenu du nombre déjà
élevé de personnes déplacées et de l’état de dévastation dans lequel se trouve Gaza.
La reconnaissance de la Palestine en tant qu’État constituerait une étape cruciale
pour l’Assemblée générale. Nous avons récemment entendu tous les membres du
Conseil de sécurité professer leur soutien à la solution des deux États. Nous appelons
tous les États à transformer ces sentiments en réalité en acceptant la Palestine en tant
que 194 e Membre de l’ONU. Le statu quo et le refus d’admettre la Palestine en tant
que Membre à part entière ne feront que perpétuer le conflit et les souffrances de
son peuple. Lorsque la Palestine sera considérée comme égale au sein de la famille
internationale des nations, une coexistence pacifique deviendra possible.
Nous appelons toutes les parties à honorer leurs obligations en vertu du droit
international, notamment à respecter l’avis consultatif de la Cour internatio-
nale de Justice et les récentes résolutions du Conseil de sécurité sur Gaza. Cela
suppose notamment de mettre fin à l’occupation israélienne de la Palestine, de faci-
liter le retour des Palestiniens déplacés et de garantir le droit des Palestiniens à
l’autodétermination.

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Pour terminer, nous devons refuser que le peuple palestinien ne soit décimé par
les bombes, la famine et les déplacements, alors que le monde est incapable d’agir et
semble ne pas vouloir le faire. Son droit à l’autodétermination ne peut être effacé, car
il est consacré par le droit international. Nous appelons tous les peuples et tous les
pays du monde à soutenir l’appel au cessez-le-feu et à l’adoption de mesures condui-
sant à une solution des deux États pour parvenir à une paix durable dans la région.
M. Hmoud (Jordanie) ( parle en arabe) : Tout d’abord, je voudrais remercier le
Président d’avoir convoqué la reprise de la dixième session extraordinaire d’urgence.
Ma délégation s’associe aux déclarations faites au nom du Groupe des États
arabes, de l’Organisation de la coopération islamique et du Mouvement des pays
non alignés.
Nous nous réunissons aujourd’hui pour la cinquième fois dans le cadre de cette
session extraordinaire d’urgence, depuis le début de l’agression brutale d’Israël contre
Gaza il y a plus d’un an, et ce, parce que le Conseil de sécurité a une fois de plus été
incapable d’adopter un projet de résolution pour mettre fin à la guerre d’Israël contre la
bande de Gaza, laquelle a entraîné la perte de plus de 44 000 vies palestiniennes, déplacé
plus de 90 % de la population et détruit environ 60 % des bâtiments et des infrastructures
de Gaza, y compris des écoles, des hôpitaux, des installations des Nations Unies, des
mosquées et des églises. Cette guerre a également déchiré le tissu social de Gaza. S’il ne
s’agit pas d’un génocide et d’un nettoyage ethnique, qu’est-ce que c’est ?
Nous réitérons notre appel au Conseil de sécurité pour qu’il assume ses respon-
sabilités et adopte un projet de résolution visant à mettre fin à l’attaque israélienne
contre Gaza en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, au massacre
aveugle de civils innocents, notamment des femmes, des enfants et des personnes
âgées, et au blocus israélien imposé à la bande de Gaza. Nous avons besoin d’un
projet de résolution qui contraindrait la Puissance occupante à ouvrir tous les points
de passage afin de garantir l’acheminement d’une aide humanitaire immédiate, suffi-
sante et durable à la population civile dans l’ensemble de la bande de Gaza.
Alors que nous nous réunissons aujourd’hui, la menace de la famine plane sur
Gaza, en particulier dans le nord de l’enclave. Le dernier rapport du Cadre intégré de
classification de la sécurité alimentaire indique que quelque 133 000 personnes à Gaza
sont confrontées à une insécurité alimentaire catastrophique, ce qui correspond à la
phase 5 du Cadre, et que le nombre de personnes se trouvant dans cette catégorie sera
multiplié par trois dans les mois à venir si aucune mesure n’est prise pour éviter que la
situation ne s’aggrave. Il est donc impératif que la communauté internationale prenne
des mesures immédiates pour garantir l’acheminement immédiat de l’aide humanitaire
dans la bande de Gaza et empêcher les mesures israéliennes visant à affamer le peuple
palestinien en utilisant la nourriture et l’eau comme une arme, ce qui constitue un
crime de guerre flagrant au regard du droit international humanitaire.
La Jordanie continuera de remplir son devoir humanitaire, que ce soit par le
biais des services fournis par les hôpitaux de campagne jordaniens dans le Territoire
palestinien occupé ou par l’envoi d’une aide humanitaire urgente. Nous avons effec-
tué notre premier pont aérien humanitaire vers Gaza le 20 novembre, au cours duquel
nous avons envoyé huit hélicoptères transportant plus de 7 tonnes de denrées alimen-
taires et de fournitures médicales, conformément à l’initiative « Gaza Humanitarian
Gateway » annoncée par S. M. le Roi Abdullah II ibn Al Hussein dans l’allocution
qu’il a prononcée au cours du débat général de l’Assemblée générale à sa soixante-
dix-neuvième session.
La Jordanie a également envoyé plus de 50 000 tonnes d’aide, transportées
par 115 convois humanitaires, via des points de passage terrestres, en plus d’effec-
tuer près de 390 largages aériens d’aide humanitaire depuis le début de la guerre dans
différentes zones de Gaza, en coopération et en coordination avec les partenaires

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internationaux et les organisations concernées. Nous appelons la communauté inter-


nationale à mettre en œuvre les résultats de la conférence sur la réponse humanitaire,
accueillie par la Jordanie et organisée conjointement avec l’Égypte et l’ONU.
En ce qui concerne l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les
réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), le Gouvernement israélien
extrémiste continue de le prendre systématiquement pour cible et de l’assassiner
politiquement. Plus récemment, la Knesset a adopté une loi illicite demandant
l’interdiction des activités de l’Office et la levée de son immunité et de celle de
son personnel dans le Territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est,
en violation des obligations d’Israël en vertu de la Charte des Nations Unies et de
la Convention de 1946 sur les privilèges et immunités des Nations Unies. En ce
moment même, le Gouvernement israélien diffuse des publicités payantes ici à New
York et dans de nombreux pays, accusant l’UNRWA de terrorisme, ce qui constitue
une incitation criminelle, non seulement contre l’UNRWA et son personnel, mais
aussi contre l’ensemble du système des Nations Unies.
L’Assemblée générale a le devoir de prendre les mesures appropriées pour proté-
ger le peuple palestinien de l’agression israélienne en cours et de guider les États, les
organisations et les autres membres de la communauté internationale vers des méca-
nismes d’action individuelle et collective permettant d’assurer cette protection – des
mesures pratiques qui doivent déboucher sur des résultats concrets sur le terrain.
L’Assemblée générale a également le devoir de soutenir les organismes, le personnel
et les collaborateurs des Nations Unies et de faire échec aux tentatives d’Israël de les
prendre pour cible ou d’affaiblir et de saper leurs mandats. Ce qui se passe actuelle-
ment avec l’UNRWA est un dangereux précédent qui encouragera d’autres violations
à l’avenir contre les organisations, les opérations et le personnel des Nations Unies
dans diverses zones de conflit.
Par conséquent, nous appelons les partenaires internationaux à continuer d’ap-
porter un soutien financier, politique et juridique à l’UNRWA afin qu’il puisse
poursuivre ses activités et fournir des services vitaux à plus de 6 millions de réfu-
giés palestiniens dans toutes ses zones d’opération, conformément au mandat qui lui
a été accordé à l’unanimité par l’Assemblée générale (résolution 302 (IV)) il y a des
dizaines d’années. Nous réaffirmons le caractère essentiel du droit au retour et aux
réparations des réfugiés palestiniens. L’UNRWA est indispensable et rien ne saurait
remplacer le rôle central qu’il joue.
Pour terminer, nous redisons notre rejet catégorique des efforts visant à liquider
la question palestinienne ou à déplacer les Palestiniens de leur terre et soulignons que
la création d’un État palestinien indépendant, le long des frontières du 4 juin 1967,
avec Jérusalem-Est pour capitale, est une condition préalable à la mise en œuvre de
la solution des deux États et au rétablissement de la stabilité et de la sécurité dans
la région. Nous appelons les États Membres à voter pour les deux projets de réso-
lution dont est saisie l’Assemblée générale afin d’instaurer un cessez-le-feu à Gaza,
de sauver la population de l’enclave de la destruction et du nettoyage ethnique, de
renforcer l’UNRWA et de protéger son mandat, de défendre les valeurs humanitaires
et d’appuyer les principes sur lesquels l’Organisation a été fondée.
M me Oehri (Liechtenstein) ( parle en anglais) : Le Liechtenstein se félicite de
l’occasion qui est donnée à l’Assemblée de se réunir aujourd’hui en session extraordi-
naire d’urgence, conformément à la résolution 76/262, pour débattre du veto opposé
au Conseil de sécurité le 20 novembre (voir S/PV.9790) et de la situation au Moyen-
Orient dans son ensemble.
Le Liechtenstein sait gré aux 10 membres élus du Conseil de sécurité de leurs
efforts continus en vue de trouver une solution au conflit à Gaza et les remercie
de la présentation du projet de résolution S/2024/835 exigeant une nouvelle fois un

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cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent devant être respecté par toutes


les parties, ainsi que la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages.
Alors que ce projet bénéficiait du ferme soutien de la majorité des membres du
Conseil, puisqu’il a recueilli l’appui de 14 d’entre eux, l’exercice du droit de veto
par les États-Unis a été particulièrement choquante. Nous nous félicitons du fait
que l’Assemblée générale intervient une nouvelle fois, comme elle l’a fait depuis
le 7 octobre 2023 et auparavant à plusieurs reprises sur cette situation, et qu’elle
examinera des projets de propositions pour faire face à la crise humanitaire dévasta-
trice à Gaza et dans la région.
À cet égard, nous réitérons notre appel à toutes les parties pour qu’elles respectent
pleinement leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment
les principes de nécessité militaire, de précaution et de proportionnalité, ainsi que
la protection des civils. Nous demandons instamment à Israël d’accorder l’accès aux
organisations humanitaires afin qu’elles puissent apporter l’aide d’urgence dont les
civils de Gaza ont besoin.
Tout auteur de violations de ces obligations en vertu du droit international doit
être poursuivi. À cet égard, le Liechtenstein a pris note de la décision de la Chambre
préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d’arrêt
à la demande du Procureur général, dans le cadre de l’enquête menée par la Cour en
Palestine. Le Liechtenstein appuie de longue date la CPI ainsi que l’indépendance et
l’intégrité de ses travaux et plaide vigoureusement en faveur d’une application systé-
matique du droit international. Il s’est engagé à remplir ses obligations en matière
de coopération au titre du Statut de Rome. Le Liechtenstein continuera de monter au
créneau, aux côtés des États attachés aux mêmes principes, pour défendre la Cour
contre les attaques politiques et les efforts visant à porter atteinte à son intégrité et
à son indépendance.
Comme il est souligné dans le projet de résolution du Conseil de sécurité
(S/2024/835) qui a fait l’objet d’un veto, l’Office de secours et de travaux des Nations
Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) reste le pilier
de l’action humanitaire à Gaza. Le Liechtenstein est extrêmement préoccupé par les
projets de loi adoptés par la Knesset qui interdisent la coopération avec l’UNRWA
et visent à fortement restreindre ses activités, y compris à Jérusalem-Est et dans la
bande de Gaza. Ces lois sont incompatibles avec les obligations d’Israël au titre du
droit international et constituent un précédent dangereux pour le système multila-
téral. Nous saluons la déclaration à la presse du 30 octobre du Conseil de sécurité
en appui à l’UNRWA (SC/15874). Nous devons faire en sorte que l’UNRWA puisse
continuer à s’acquitter de ses fonctions en garantissant à la fois son financement et
son accès aux personnes qu’elle est chargée de servir en vertu de son mandat. Le
Liechtenstein travaillera avec ses partenaires à cette fin. Le rôle de l’UNRWA dans
la région est indispensable.
M. Lagdameo (Philippines) ( parle en anglais) : Les Philippines se félicitent du
cessez-le-feu conclu le 26 novembre pour mettre fin à 13 mois de combats entre Israël
et le Hezbollah au Liban. Nous espérons que cet accord historique créera les condi-
tions nécessaires au rétablissement d’une paix durable et permettra aux habitants des
deux pays de rentrer chez eux en toute sécurité, de part et d’autre de la Ligne bleue. À
cet égard, nous prenons acte de l’action diplomatique menée par les États-Unis et la
France pour parvenir à cet accord, dont nous espérons qu’il sera pleinement appliqué
et respecté afin d’éviter que le conflit ne dégénère en un nouveau cycle de violence.
Toutefois, même si nous nous félicitons du cessez-le-feu entre Israël et le
Hezbollah au Liban, les Philippines restent gravement préoccupées par la situation
humanitaire catastrophique à Gaza et par les tensions croissantes au Moyen-Orient.
À cet égard, les Philippines souhaitent rappeler ce qui suit.

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Premièrement, nous nous associons aux appels lancés par la communauté inter-
nationale à toutes les parties concernées pour qu’elles s’abstiennent de toute escalade
de la violence. Nous condamnons toutes les attaques contre les civils et les structures
civiles, qui ont fait un nombre alarmant de victimes, en particulier parmi les femmes
et les enfants. Nous demandons donc instamment à toutes les parties de mettre fin à
ce cercle vicieux de la violence.
Deuxièmement, nous demandons un accès humanitaire rapide, sûr, sans entrave
et durable à toutes les personnes qui sont dans le besoin à Gaza. À cet égard, les
Philippines réaffirment leur soutien à l’application intégrale et immédiate de la réso-
lution 2735 (2024) du Conseil de sécurité et de toutes les autres résolutions pertinentes
du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale en vue d’un cessez-le-feu global et
de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Nous nous félicitons également de
l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice le 19 juillet.
Troisièmement, la diplomatie reste la pierre angulaire de l’instauration de la paix
au Moyen-Orient. Un véritable dialogue et des négociations sérieuses, fondés sur la
confiance mutuelle et conformes au droit international et à la Charte des Nations
Unies, seront essentiels pour parvenir à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient.
Quatrièmement, les Philippines réaffirment leur appui indéfectible à la solution
des deux États, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes
des organes de l’ONU. Les Israéliens comme les Palestiniens méritent de vivre
dans la paix, l’harmonie et la prospérité et de voir leurs droits, leurs aspirations et
leur sécurité reconnus et respectés. À cet égard, les Philippines appuient l’alliance
mondiale pour la création d’un État palestinien et la mise en œuvre de la solution
des deux États, une initiative novatrice menée par l’Arabie saoudite, la Norvège et
l’Union européenne.
Cinquièmement, nous redisons notre plein appui au Secrétaire général et à ses
travaux, et lui réaffirmons notre confiance. Nous sommes convaincus de son atta-
chement à la paix et à la sécurité internationales, et ses efforts inlassables sont à
la mesure de notre volonté commune de mettre fin à la violence et d’engager un
dialogue constructif pour instaurer une paix durable au Moyen-Orient.
Sixièmement, les Philippines appuient la création de l’État de Palestine et son
admission en tant que Membre à part entière de l’ONU dès que possible. La décision
prise en mai par l’Assemblée générale de renforcer les droits de la Palestine à l’ONU
en tant qu’État observateur (résolution ES-10/23) est une étape importante vers l’ad-
mission de la Palestine en tant que Membre à part entière de l’ONU.
Enfin, les Philippines réaffirment leur soutien total à tous les efforts et initia-
tives visant à mettre fin au conflit en cours, à élargir l’espace pour un véritable
dialogue et des négociations sérieuses, à renforcer la confiance et la compréhension
mutuelle et à promouvoir la coopération en vue d’une paix durable au Moyen-Orient.
Le Président par intérim ( parle en anglais) : Nous venons d’entendre le dernier
orateur dans le débat sur cette question pour la présente séance. Nous entendrons les
oratrices et les orateurs restants le mercredi 11 décembre à 10 heures dans cette salle.
La séance est levée à 18 heures.

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