A Es-10 PV.57-FR
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Assemblée générale Documents officiels
Dixième session extraordinaire d'urgence
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dans le document A/ES-10/1010 concernant les États Membres qui sont actuellement
en retard dans le paiement de leurs contributions au sens de l’Article 19 de la Charte
des Nations Unies.
À cet égard, puis-je considérer que l’Assemblée générale décide d’appliquer les
dispositions de la résolution 79/3, du 9 octobre 2024, en vertu desquelles Sao Tomé-
et-Principe et la Somalie sont autorisées à participer à ses votes jusqu’à la fin de sa
soixante-dix-neuvième session, et d’autoriser ces États Membres à participer égale-
ment aux votes à sa dixième session extraordinaire d’urgence ?
Il en est ainsi décidé.
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poursuivre ses activités vitales, comme l’a prescrit l’Assemblée générale, à Gaza et
en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.
En tant que représentants de la communauté internationale, il est de notre devoir
commun de défendre les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, à
savoir la justice, le respect du droit international et la foi dans la dignité et la valeur
de chaque être humain. Ces principes sont les fondements de la paix et de nos efforts
visant à garantir une sécurité durable aux peuples de Palestine et d’Israël.
Je donne maintenant la parole à l’Observateur permanent de l’État observateur
de Palestine auprès de l’Organisation des Nations Unies.
M. Mansour (État de Palestine) ( parle en anglais) : Alors que je me tiens ici pour
prendre la parole devant l’Assemblée générale, un nettoyage ethnique est perpétré au
vu et au su de tous à Beït Lahiya et dans tout le nord de Gaza. Alors que je me tiens
à cette tribune, des familles déplacées sont à nouveau bombardées dans des tentes
à Mawassi, brûlées vives sous les yeux du monde entier. Toutes les heures, tous
les jours, encore plus d'enfants, de femmes et d'hommes palestiniens sont victimes
de l’attaque israélienne immorale, avec pour conséquence des vies perdues, des
familles dévastées et un peuple entier maltraité, terrorisé et traumatisé, sans aucune
issue à l’horizon. Après 424 jours, le génocide se poursuit, avec des massacres, des
déplacements massifs, des détentions massives, la destruction massive de toutes les
conditions nécessaires à la vie et une famine généralisée. Les crimes les plus graves
sont perpétrés avec une sauvagerie inégalée depuis la Seconde Guerre mondiale. Il
s’agit d’une cruelle guerre d’atrocités contre une population civile tout entière, qui
viole toutes les règles et franchit toutes les lignes rouges.
Comment cela est-il possible ? Comment le monde peut-il permettre que cela
continue ? Les auteurs de ces crimes sont connus. On sait où ils se trouvent. Leurs
crimes sont diffusés en direct. Ils déclarent ouvertement leur intention de tuer, de
mutiler, de détruire, d’affamer la population et de procéder à un nettoyage ethnique.
Et pourtant, ils continuent à dormir confortablement dans leurs lits, tandis que leurs
victimes errent dans toute la région, confrontées en permanence à la mort. Aucun
endroit n'est sûr dans cette région qui est devenue la plus dangereuse du monde.
Les auteurs de ces crimes agissent en toute confiance, s’appuyant sur des décen-
nies d’impunité, persuadés qu’ils ne seront pas arrêtés et qu’ils ne devront jamais
payer pour leurs crimes. Il faut mettre fin à cette impunité. Les mandats d’arrêt déli-
vrés par la Cour pénale internationale doivent être un tournant, ils doivent marquer
le début de la fin de l’impunité et permettre de commencer enfin à demander des
comptes aux auteurs de crimes, à faire respecter l’état de droit, à protéger les civils,
à rendre justice aux victimes, à mettre un terme aux crimes en cours et à prévenir de
nouveaux crimes.
À l’attaque à grande échelle contre le peuple palestinien s’ajoute une attaque
en règle contre toutes les personnes qui tentent de sauver des vies humaines et de
défendre la vérité et le droit international, à savoir les travailleurs humanitaires, les
médecins, les infirmiers, les équipes de secours et les journalistes, qui sont tous pris
pour cible, tandis que des centaines parmi eux ont fait le sacrifice ultime en tentant
de sauver d’autres personnes. Et l’une des principales cibles des attaques israéliennes
n’est autre que l’ONU, son Secrétaire général, ses organismes, organes et forces de
maintien de la paix, sa Charte et ses résolutions. Et l’Office de secours et de travaux
des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA),
l’épine dorsale de l’action humanitaire à Gaza et la bouée de sauvetage des réfugiés
palestiniens, fait l’objet d’attaques constantes depuis le premier jour. L’objectif de
la Puissance occupante est clair : se débarrasser de l’UNRWA pour causer d'autres
préjudices aux réfugiés que l’Office est chargé d’aider et de protéger et pour que leur
existence et leurs droits ne soient pas reconnus.
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Le Gouvernement israélien n’a plus aucun scrupule. Il incite à des attaques contre
l’UNRWA au sein de l’ONU, dans les rues de New York et dans le monde entier, en
affichant des panneaux sur lesquels il présente les travailleurs de l’UNRWA comme
des combattants et colporte des discours mensongers afin de donner le feu vert à ses
forces d’occupation pour tuer, mutiler, arrêter et torturer le personnel de l’UNRWA,
attaquer les bâtiments et les abris de l’UNRWA et faire pression sur la communauté
internationale pour qu’elle abandonne l’UNRWA et les réfugiés palestiniens au sort
funeste qu’Israël a prévu pour eux. Ces images qui circulent, qui encouragent des
attaques contre l’UNRWA, devraient porter la mention « promues et financées par
le Gouvernement israélien ». Nous savons qui diffuse ces incitations et cette propa-
gande mensongère. L’agression contre un organisme des Nations Unies et le fait
qu’un État Membre de l’ONU se permette de tuer des membres du personnel des
Nations Unies ne sauraient être tolérés et doivent donner lieu à des conséquences,
notamment s’agissant de la capacité de cet État à jouir de ses droits et privilèges en
tant que Membre de l’ONU. Il faut mettre un terme à cette campagne violente et
ignoble de diffamation contre l’UNRWA et l’ONU dans son ensemble, et Israël doit
être amené à répondre de ses incitations et des crimes qu’il a commis contre l’ONU.
Israël a enfreint chacune des ordonnances en indication de mesures conser-
vatoires émises par la Cour internationale de Justice pour faire face au risque de
génocide. Il a au contraire persisté en commettant encore plus d’atrocités crimi-
nelles, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, à chaque seconde, chaque
jour. Nous appelons tous les États à utiliser tous les moyens de pression dont ils
disposent pour mettre fin aux massacres. Il faut mettre fin à ce génocide par tous
les moyens disponibles. Israël veut que l’Assemblée s’indigne de l’emploi du mot
« génocide ». Nous demandons à l’Assemblée de s’indigner de la commission d’actes
de génocide contre des enfants et des jeunes, contre des femmes et des hommes,
contre des personnes âgées et handicapées, de mettre fin aux atrocités commises
contre le peuple palestinien, et de mettre un terme à cette atteinte à notre humanité
collective. Nous savons tous que le seul moyen d’arrêter ce génocide, de sauver des
vies, de libérer les prisonniers et les otages et de préserver l’espoir d’un avenir diffé-
rent, c’est d’instaurer un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent. C’est
ce que nous demandons tous les jours depuis 14 mois. C’est ce que l’Assemblée géné-
rale, dans sa sagesse, a demandé il y a plus d’un an face à l’assaut, à la catastrophe
humanitaire et aux ravages qu’Israël infligeait déjà à Gaza.
Aujourd’hui, nous appelons à nouveau tous les États à soutenir et à exiger un
cessez-le-feu, et à faire le nécessaire pour instaurer un cessez-le-feu immédiat,
inconditionnel et permanent, pour faire taire les armes, pour mettre fin aux effu-
sions de sang et pour sauver des vies humaines. Tout est en jeu à Gaza. Ceux qui
croient en la liberté et en une paix et une sécurité partagées doivent agir maintenant.
Gaza est aujourd’hui le cœur de la Palestine qui se vide de son sang et une plaie
ouverte douloureuse pour la famille humaine. Il faut arrêter l’hémorragie et il faut
que la vie reprenne ses droits à Gaza afin qu’elle puisse redevenir le cœur battant
de la Palestine. Il faut arrêter l’hémorragie afin de restaurer la crédibilité de notre
système international et de le préserver pour les générations futures, afin que nos
peuples puissent vivre, que notre région puisse prospérer et que la paix et la sécurité
internationales puissent être préservées.
Hier, à une écrasante majorité, l’Assemblée générale a voté pour mettre fin à la
présence illicite d’Israël dans le Territoire palestinien occupé et pour la tenue d’une
conférence internationale de haut niveau visant à mettre en œuvre les résolutions des
organes de l’ONU relatives au règlement pacifique de la question de Palestine et à la
solution des deux États (résolution 79/81). Seul l’exercice par le peuple palestinien de
ses droits inaliénables, y compris le droit à l’autodétermination et au retour, et seule
la création d’un État palestinien indépendant et souverain sur la base des frontières
de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, pourront véritablement transformer notre
région, et la paix dans notre région peut contribuer à transformer le monde.
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Hélas, nous ne savons pas quand prendra fin cette trahison de la paix, mais nous
savons très bien où elle commence. Elle commence dans les salles de classe. S’il
existe un doute concernant l’endoctrinement systématique à la haine, qu’il me soit
permis de donner l’exemple d’un manuel scolaire palestinien de cinquième année. Il
a été publié par l’Autorité palestinienne et distribué aux écoles financées et appuyées
par l’ONU et ses États Membres. Les Membres de l’ONU, les nations vertueuses qui
pointent un doigt accusateur vers Israël, ont payé pour cette propagande.
Qu’il me soit permis de le citer : « Dalal Mughrabi, un nom gravé dans la gloire,
a dirigé avec une bravoure inégalée ». Les enjoignant de suivre son exemple, ce
manuel apprend aux enfants à aspirer à « l’héroïsme et au martyre ». Il y a une photo.
C’est ce que les Palestiniens enseignent aux enfants de 10 ans. L’on dit aux enfants
palestiniens de 10 ans que la voie de la grandeur passe par le meurtre, que la mort
est préférable à la vie et que le massacre de civils innocents est une source de fierté
nationale. Il s’agit de l’Autorité palestinienne, et non du Hamas, que l’Assemblée ne
s’y trompe pas. Ce même manuel leur enseigne expressément que mourir en tant que
terroriste est « bien mieux que de vivre une vie de confort et d’aisance ».
Je voudrais expliquer à l’Assemblée qui était cette tête pensante, qui était Dalal
Mughrabi. Elle a été le cerveau du massacre de la route côtière de 1978, un attentat
terroriste qui a fait 38 morts parmi des civils innocents, dont 13 enfants. Son groupe
a détourné un autobus et assassiné les passagers. Pourtant, dans les manuels scolaires
financés par l’ONU, et donc par de nombreux pays dans cette salle, elle est présentée
comme une héroïne nationale, un modèle, un symbole que les enfants doivent imiter.
Dalal fait partie des nombreux soi-disant héros cités dans ce manuel destiné aux enfants.
Parmi eux figurent de nombreux meurtriers et de nombreux terroristes du Hamas.
Ce n’est pas de l’éducation. C’est de l’endoctrinement. Il s’agit d’un vol délibéré
de l’avenir des enfants palestiniens, qui les prive d’espoir et les lie à un héritage de
haine et de désespoir. Pourtant, l’ONU et ses Membres continuent d’être obsédés par
Israël. Depuis près de 80 ans, mus par leur obsession illimitée, ils ne cessent d’accu-
ser Israël tout en finançant aveuglément la haine et la violence. Si l’Assemblée veut
d’autres exemples, elle n’a qu’à se tourner vers l’Office de secours et de travaux des
Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui
utilise ce manuel dans ses écoles.
L’UNRWA est un organisme unique en son genre, qui a été créé non pas pour
régler un problème mais pour préserver un problème. Au fil des ans, des milliards de
dollars ont été investis dans l’UNRWA. Avant même le 7 octobre 2023, l’UNRWA
avait échoué dans l'exercice de son mandat, tant sur le plan professionnel que sur le
plan moral. Alors qu’il était censé fournir des services sociaux et éducatifs, il est
devenu l’un des plus grands promoteurs de la violence et de la haine et l’un des plus
grands participants à la violence et à la haine. J’ai vu le tweet du porte-parole de
l’UNRWA il y a environ 10 minutes. Il s’inquiète pour sa réputation. Et bien, c’est
trop tard. L’échec de l’UNRWA s’étend à tous les aspects de ses activités. Ses écoles
sont utilisées comme des entrepôts d’armes, ses installations sont converties en aires
de lancement pour effectuer des tirs de roquettes, ses employés arrondissent leurs
fins de mois en tant que terroristes ; nous avons des vidéos montrant des employés
de l’UNRWA en train d'envahir Israël le 7 octobre 2023 et d'enlever des Israéliens.
Et qui a signé le chèque ? C’est l’Assemblée, c’est l’ONU.
À maintes reprises, nous avons présenté des éléments de preuve de ces exactions,
mais nous n’avons fait que nous heurter au silence de l’Assemblée. Ce n'est pas seulement
de la négligence, c'est de la complicité. Le rôle d’un organisme humantiaire est d’atténuer
les souffrances et de susciter l’espoir, mais l’UNRWA est devenu un bouclier pour le
terrorisme, prolongeant le conflit qu’il prétend vouloir régler. L’UNRWA travaille main
dans la main avec le Hamas et son mandataire diplomatique, l’Autorité palestinienne.
Ensemble, ils enracinent la haine, glorifient la violence et encouragent les conflits.
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Des mesures doivent être prises immédiatement pour apaiser cette situa-
tion explosive. Il faut notamment qu’Israël, Puissance occupante, cesse toutes ses
mesures unilatérales et illégales dans le Territoire palestinien occupé, y compris
Jérusalem-Est. Les actes qui violent les résolutions du Conseil de sécurité, y compris
les violations du statu quo historique et juridique de Jérusalem et de ses lieux saints,
sont provocatrices et dangereuses, et elles anéantissent les perspectives de paix. Le
Mouvement des pays non alignés condamne dans les termes les plus fermes toutes
les formes de violence, en particulier les attaques militaires d’Israël contre le peuple
palestinien et le châtiment collectif qu’il lui inflige, qui constituent une violation
grave du droit international, y compris du droit humanitaire et du droit des droits
humains, et qui ont fait des dizaines de milliers de morts et de blessés parmi les
civils palestiniens, dont un grand nombre de femmes, d’enfants, de travailleurs
humanitaires et de journalistes.
Le Mouvement exige la cessation immédiate et complète de toutes les formes
d’hostilités, de la répression violente et des politiques et pratiques israéliennes illé-
gales qui visent le peuple palestinien et d’autres pays de la région. Le Mouvement
des pays non alignés exige un cessez-le-feu immédiat et permanent et exprime son
soutien à tous les efforts diplomatiques en cours pour parvenir à un accord de cessez-
le-feu immédiat et permanent. En conséquence, le Mouvement appelle à la libération
des otages, à l’échange de prisonniers palestiniens, au retour des civils palestiniens
dans leurs foyers et leurs quartiers dans tous les secteurs de Gaza, et à la distribution
sûre et effective d’une aide humanitaire en quantité suffisante dans toute la bande
de Gaza à tous les civils palestiniens qui en ont besoin, y compris ceux qui ont des
besoins médicaux. Les membres du Mouvement des pays non alignés expriment en
outre leur inquiétude face aux informations faisant état de famine et de déplacements
forcés de la population civile dans l’ensemble de Gaza.
Le Mouvement se félicite de l’accord de cessation des hostilités qui est entré en
vigueur le 27 novembre 2024, mettant fin à l’agression israélienne contre le Liban. À
cet égard, le Mouvement demande à Israël de se retirer de tous les territoires libanais
occupés et appelle à l’application intégrale de la résolution 1701 (2006) du Conseil de
sécurité de manière à garantir une stabilité durable le long de la frontière. Il appelle
également au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban à l’inté-
rieur de ses frontières internationalement reconnues.
Le Mouvement des pays non alignés appelle le Conseil de sécurité à recomman-
der d’urgence l’admission de la Palestine à l’ONU en tant que Membre à part entière
pour illustrer son engagement en faveur d’une paix durable au Moyen-Orient.
Les États membres du Mouvement renouvellent une fois de plus leur appel à
continuer de fournir l’aide humanitaire et socioéconomique dont a besoin le peuple
palestinien, y compris les réfugiés palestiniens. Le Mouvement réaffirme que l’Of-
fice de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans
le Proche-Orient (UNRWA) reste indispensable pour atténuer les souffrances des
Palestiniens, tout comme d’autres organismes des Nations Unies et organisations
internationales, et nous exhortons la communauté internationale à doter l’Office
d’un financement suffisant et prévisible. Le Mouvement des pays non alignés rejette
toute tentative d’Israël de légiférer contre la continuité des activités de l’UNRWA,
car cela menace sa capacité à contribuer de manière significative à la stabilité régio-
nale conformément au mandat qui lui a été confié par l’Assemblée générale.
Pour terminer, le Mouvement saisit cette occasion pour demander de nouveau à
la communauté internationale d’agir collectivement afin de faire respecter le droit
international et de mettre un terme à cette grave injustice historique. Les États
membres du Mouvement des pays non alignés réaffirment leur détermination à
promouvoir un règlement juste, durable, global et pacifique de la question de Pales-
tine sous tous ses aspects, y compris concernant le sort des réfugiés palestiniens, et
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redisent leur appui au peuple palestinien dans sa lutte pour obtenir justice, exercer
ses droits inaliénables et réaliser ses aspirations nationales légitimes, notamment à
l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance à l’intérieur d’un État de Pales-
tine souverain et indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale.
M me Frazier (Malte) ( parle en anglais) : J’ai l’honneur de prendre la parole au
nom des 10 membres élus du Conseil de sécurité, à savoir l’Algérie, l’Équateur, le
Guyana, le Japon, le Mozambique, la République de Corée, la Sierra Leone, la Slové-
nie, la Suisse et mon pays, Malte.
Je tiens en premier lieu à exprimer nos remerciements collectifs au Guyana
d’avoir coordonné nos efforts en vue de rédiger un projet de résolution visant à
mettre fin aux hostilités à Gaza.
La situation humanitaire catastrophique à Gaza, y compris l’absence de services
de santé adéquats et l’insécurité alimentaire qui crée un risque de famine, notamment
à Gaza-Nord, souligne la nécessité pour le Conseil de sécurité d'assumer ses respon-
sabilités et d'agir.
Le projet de résolution présenté par les 10 membres élus le 20 novembre (S/2024/835)
était le fruit de plusieurs semaines de consultations et de négociations intensives, et il a
été appuyé par 14 des membres du Conseil. S’il avait été adopté, le Conseil de sécurité
aurait exigé sans équivoque la cessation des hostilités par le biais d’un cessez-le-feu
immédiat, inconditionnel et permanent, bien que les résolutions précédentes, dont
trois avaient appelé à des pauses humanitaires et à des cessez-le-feu, n’aient pas été
pleinement mises en œuvre. Il aurait également exigé la libération immédiate et incon-
ditionnelle de tous les otages détenus par le Hamas et d’autres groupes armés depuis
les attaques du 7 octobre 2023. Il aurait en outre déploré tous les actes de terrorisme.
Nous regrettons donc vivement que ce texte ait fait l’objet d’un veto (voir S/PV.9790).
À cette occasion, les 10 membres élus appellent de nouveau toutes les parties
à s’acquitter des obligations que leur impose le droit international, notamment le
droit international humanitaire et le droit international des droits humains. Nous
soulignons une fois de plus la nécessité de garantir l’acheminement à grande échelle,
rapide, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire dans l’ensemble de la bande de Gaza,
notamment pour les civils qui se trouvent dans la partie nord de Gaza assiégée. Il est
impératif que la population civile ait accès à des produits alimentaires de base, à des
services de santé de base et à une aide vitale. Il s’agit d’une obligation en vertu du
droit international humanitaire.
En outre, nous soulignons l’importance de l’Office de secours et de travaux des
Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui
constitue l’épine dorsale de l’action humanitaire à Gaza. L’Office est indispensable
et irremplaçable et doit être autorisé à s’acquitter de son mandat critique.
Même si notre texte n’a pas été adopté, les 10 membres élus maintiendront leur
position et continueront de demander une cessation immédiate des hostilités, la libé-
ration immédiate et inconditionnelle de tous les otages et la fourniture d’une aide
humanitaire. C’est le seul moyen de mettre fin aux immenses souffrances et aux
pertes humaines dont nous sommes témoins à Gaza. C’est également le seul moyen
de créer des conditions propices à la mise en place d’un processus crédible et irré-
versible vers la solution des deux États, dans le cadre de laquelle la bande de Gaza
ferait partie de l’État palestinien, conformément aux résolutions du Conseil de sécu-
rité et aux paramètres convenus au niveau international. Nous ne pouvons pas nous
permettre d’échouer dans cette mission urgente et vitale.
M. Moncada (Venezuela) ( parle en espagnol) : La République bolivarienne du
Venezuela a l’honneur de prendre la parole au nom du Groupe des Amis pour la
défense de la Charte des Nations Unies.
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Nous participons au débat d’aujourd’hui qui se tient en raison du veto opposé par
les États-Unis d’Amérique au projet de résolution S/2024/835, présenté conjointement
au Conseil de sécurité par ses membres non permanents le 20 novembre 2024 (voir
S/PV.9790) dans le but d’exiger un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et perma-
nent, respecté par toutes les parties au conflit en cours dans la bande de Gaza.
Dans ce contexte, nous condamnons le veto du Gouvernement des États-Unis
d’Amérique, qui est une nouvelle preuve de sa complicité avec les politiques et les
pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est,
en faisant obstruction à plusieurs reprises aux efforts déployés par le Conseil pour
s'acquitter de ses responsabilités, compromettant gravement la paix, la sécurité et la
stabilité au Moyen-Orient.
Par conséquent, nous demandons instamment au Gouvernement des États-Unis
de mettre fin à sa complicité et à son indifférence face aux souffrances de la popula-
tion civile dans la bande de Gaza et de se rallier à l’écrasante majorité mondiale, qui
défend l’état de droit au niveau international et le respect de la Charte des Nations
Unies et soutient la juste cause du peuple palestinien.
Nous insistons sur le fait que le Conseil de sécurité doit assumer ses respon-
sabilités, notamment sur la base des dispositions pertinentes du Chapitre VII de la
Charte des Nations Unies, et veiller également à ce que ses résolutions sur la ques-
tion de Palestine soient pleinement respectées et appliquées. Le moment est venu
pour le Conseil de sécurité d'adopter une résolution exigeant un cessez-le-feu immé-
diat et permanent, qui soit respecté par toutes les parties et qui permette un accès
humanitaire sans entrave, de manière continue, sûre et à grande échelle, mais l’heure
est aussi venue pour que le Conseil prenne des mesures urgentes, dans le cadre des
pouvoirs qui lui sont conférés par la Charte des Nations Unies, pour mettre fin à
la fourniture ou au transfert d’armes, de munitions et de matériel connexe à Israël,
Puissance occupante, en ayant à l’esprit les dispositions pertinentes de la résolution
ES-10/24, adoptée par l’Assemblée générale le 18 septembre, dans tous les cas où il
y aurait des motifs raisonnables de soupçonner qu’ils pourraient être utilisés dans le
Territoire palestinien occupé, ce qui prolongerait incontestablement cette occupation
illégale et étendrait les agressions d’Israël dans toute la région.
Nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures efficaces
pour contraindre Israël, Puissance occupante, à se conformer au droit internatio-
nal, notamment en dénonçant systématiquement le deux poids, deux mesures et la
sélectivité qui dominent dans l’application de la Charte des Nations Unies et du droit
international, et en avertissant que ce deux poids, deux mesures sape la crédibilité
des États qui insistent pour protéger les agissements illégaux et criminels d’Israël et
affaiblit la légitimité des institutions multilatérales.
Nous restons résolus à redoubler d’efforts pour mettre fin à l’occupation illégale
israélienne et pour que l’État de Palestine parvienne à l’indépendance, avec Jérusa-
lem-Est/Al‑Qods al-Charif comme capitale, pour que les droits inaliénables du peuple
palestinien, notamment le droit à l’autodétermination et à la liberté, soient réalisés,
et pour trouver une solution juste, globale et durable à la question de Palestine sous
tous ses aspects, y compris en ce qui concerne le sort des réfugiés palestiniens et la
réalisation de leur droit au retour, conformément au droit international, aux résolu-
tions pertinentes des organes de l’Organisation des Nations Unies et à la Charte des
Nations Unies, et sur la base de la solution des deux États, qui permettrait la réali-
sation de l’indépendance d’un État palestinien souverain et viable, sur la base des
frontières antérieures à 1967.
Nous sommes déterminés à nous opposer à la normalisation des violences
commises par Israël, Puissance occupante, dans le Territoire palestinien occupé, et
plus particulièrement dans la bande de Gaza, ainsi qu’au Liban. Nous ne devons pas
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perdre notre capacité d’être choqués et encore moins cesser d’exiger que les organes
compétents du système multilatéral, en particulier le Conseil de sécurité, s'acquittent
de leurs mandats. Nous demandons au Gouvernement des États-Unis d’Amérique,
en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, de mettre de côté ses calculs
politiques, car c’est cela qui a fait de cet organe un otage d'une paralysie qui, entre
autres choses, a encouragé Israël à poursuivre ses politiques d’apartheid et d’exter-
mination contre le peuple palestinien.
Enfin, nous exprimons notre appui aux efforts responsables entrepris par l’As-
semblée générale dans le contexte de la tragédie qui continue d’être infligée au noble
peuple palestinien.
M. Hachem (Liban) ( parle en arabe) : J’ai l’honneur de faire la présente décla-
ration au nom du Groupe des États arabes.
Nous nous réunissons à nouveau à l’occasion de la reprise de la dixième session
extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale, alors que la situation catastro-
phique dans le Territoire palestinien occupé, et particulièrement à Gaza, continue de
se détériorer et que le Conseil de sécurité reste paralysé et incapable de s’acquitter de
sa responsabilité de maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le dernier
chapitre en date des échecs du Conseil a été son incapacité, le 20 novembre, à adopter
un projet de résolution (S/2024/835) exigeant un cessez-le-feu immédiat, déposé par
les 10 membres élus du Conseil de sécurité, que nous remercions à nouveau de leurs
efforts et de leur courage (voir S/PV.9790).
Cette reprise de la session intervient juste après l’adoption par la Knesset israé-
lienne de lois illégales interdisant les activités de l’Office de secours et de travaux
des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA)
dans le Territoire palestinien occupé et levant, en violation flagrante du droit interna-
tional, les privilèges et immunités diplomatiques de son personnel, qui sont accordés
aux organismes des Nations Unies travaillant dans le territoire palestinien. Nous
nous réunissons également aujourd’hui à l’heure où la situation humanitaire dans la
bande de Gaza est devenue catastrophique, où les civils palestiniens sont confrontés
à des épreuves et à des menaces indicibles à l’approche de l’hiver et où Israël poursuit
sa politique de génocide et de châtiment collectif contre des civils sans défense, asso-
ciée à un blocus asphyxiant et à l’utilisation de la famine comme arme de guerre. La
violence continue de s'intensifier en Cisjordanie occupée, y compris dans Jérusalem
occupée, et Israël continue de bombarder le territoire syrien.
Nous avons vu une ouverture diplomatique au Liban lorsque l’accord de cessa-
tion des hostilités est entré en vigueur le 27 novembre. Le Groupe des États arabes
se félicite des mesures pratiques prises actuellement pour appliquer la résolution
1701 (2006) du Conseil de sécurité, à commencer par le déploiement de l’Armée
libanaise dans le sud du pays. Il souligne la nécessité de respecter la souveraineté
et l’intégrité territoriale du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement
reconnues et la nécessité qu’Israël tienne ses engagements, notamment en se retirant
de tous les territoires libanais occupés. Tout en saluant cette évolution importante,
qui s’inscrit dans le cadre des efforts visant à désamorcer les tensions et à promou-
voir la stabilité régionale, et en saluant les efforts des États-Unis et de la France,
nous espérons que la cessation des hostilités au Liban servira de prélude à un cessez-
le-feu à Gaza.
Le Groupe des États arabes reprend à son compte le message issu du Sommet
arabo-islamique tenu à Riyad le 11 novembre, sous la présidence de S. A. R. le Prince
héritier Mohammed bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, sur la nécessité pour le Conseil
de sécurité d’assumer ses responsabilités et d’adopter une résolution contraignante au
titre du Chapitre VII, pour obliger Israël à respecter un cessez-le-feu à Gaza afin de
permettre l’acheminement sûr et sans entrave d’une aide humanitaire immédiate et
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souffrances. Nous avons été choqués par ces événements tragiques et les informa-
tions indiquant que plus de 44 000 personnes ont péri dans les attaques menées par
les forces israéliennes, 70 % des victimes de cette catastrophe étant des femmes et
des enfants innocents. Des milliers d’autres victimes sont toujours portées disparues,
soit parce qu’elles gisent sous les décombres ou ont été brûlées. La quasi-totalité
de la population de Gaza a été déplacée à plusieurs reprises. Les conditions sani-
taires sont déplorables et 660 000 enfants ne sont pas scolarisés. Les infrastructures
publiques et privées sont en grande partie détruites. Nous répétons une fois de plus
que la violence ne se règle pas par davantage de violence.
Nous appelons à une prise de conscience des dommages, peut-être irréparables,
que cette guerre cause aux générations présentes et futures.
Nous soulignons que la protection de la vie humaine doit être notre priorité absolue
et que la protection des civils est une obligation fondamentale. C’est pourquoi la Charte
des Nations Unies, le droit international et le droit international humanitaire doivent être
respectés. Il ne fait aucun doute que ce respect a été violé par les actes terroristes perpé-
trés par le Hamas le 7 octobre 2023 et par la riposte aveugle de l’État d’Israël contre la
population vivant dans la bande de Gaza, qui a également touché la Cisjordanie.
Le Chili a condamné sans réserve les agissements du Hamas, ainsi que tous les
actes terroristes et de violence et toutes les hostilités contre la population civile.
Par conséquent, nous exigeons la libération immédiate et sans condition de tous
les otages encore aux mains du Hamas. Il faut veiller à leur bien-être et à leur traite-
ment conformément au droit international.
Le Chili demande un cessez-le-feu immédiat et durable, une augmentation de
l’aide humanitaire à Gaza et des garanties pour un accès total, immédiat, sûr, sans
entrave et durable à l’aide humanitaire. En d’autres termes, nous demandons que
tous les obstacles à cette assistance soient levés et que toutes les voies terrestres
disponibles soient utilisées pour entrer dans la bande de Gaza et répondre ainsi aux
besoins fondamentaux de la population tels que la nourriture, l’eau, les médicaments
et le carburant, parmi beaucoup d’autres.
Nous nous faisons l’écho de l’appel du Secrétaire général lui-même et des chefs
d’autres organismes des Nations Unies en faveur d’un apaisement des tensions.
Nous encourageons toutes les parties concernées, de même que la communauté
internationale, à continuer d’œuvrer pour mettre fin à cette guerre. Cela ne peut se
faire que par la voie de la diplomatie et du dialogue. Nous saluons les efforts déployés
par les pays amis pour réduire les affrontements et les résultats qu’ils obtiennent en
la matière.
Nous sommes préoccupés par les conséquences et les répercussions de ce conflit
sur le reste de la région.
Nous attirons l’attention sur la campagne menée à Gaza pour vacciner les enfants
contre la poliomyélite, qui a profité à plus de 500 000 d’entre eux.
Nous mettons en exergue les quatre résolutions adoptées par le Conseil de
sécurité pour parvenir à un cessez-le-feu, réduire les tensions ou faciliter l’aide
humanitaire, les résolutions 2712 (2023) et 2720 (2023), adoptées l’année dernière, et
en particulier les résolutions 2728 (2024) et 2735 (2024), adoptées cette année.
Nous rappelons que toutes les résolutions du Conseil sont contraignantes et
doivent impérativement être respectées.
Nous partageons les inquiétudes exprimées par les hauts responsables de l’ONU
et de nombreux États Membres au sujet des lois adoptées par le Parlement israé-
lien qui restreindront et freineront les activités de coordination menées par l’Office
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de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le
Proche-Orient (UNRWA).
Nous sommes préoccupés par les conséquences humanitaires dévastatrices qui
pourraient découler de leur mise en œuvre. C’est pourquoi nous demandons que les
lois adoptées par le pouvoir législatif israélien n’entrent pas en vigueur.
Nous condamnons la décision du Parlement israélien et soulignons que l’UNRWA
tient son mandat de l’Assemblée générale des Nations Unies et qu’une telle législa-
tion représente un précédent majeur pour le système international.
Nous réaffirmons la détermination de notre pays à verser des contributions
volontaires à l’UNRWA et encourageons les autres États Membres à poursuivre leurs
contributions afin que l’Office puisse rester opérationnel.
Nous renouvelons notre plein soutien au travail dévoué et courageux accompli
sur le terrain par l’ONU et ses organismes, en particulier l’UNRWA. C’est avec
le cœur lourd que nous déplorons la mort de près de 250 membres du personnel
de cet organisme humanitaire dans cette guerre et le fait que plus de deux tiers de
ses installations ont été endommagées ou détruites, en plus d’être la cible d’une
campagne de désinformation féroce. Nous notons que la résolution 2730 (2024) du
Conseil de sécurité, adoptée le 24 mai dernier, exige de toutes les parties à un conflit
qu’elles s’acquittent des obligations que leur impose le droit international et exhorte
tous les États à mener immédiatement des enquêtes exhaustives et impartiales sur les
violations commises contre le personnel des Nations Unies et le personnel humani-
taire. À ce propos, nous avons suivi avec intérêt la séance d’information du Conseil
de sécurité sur la protection des civils en période de conflit armé, qui s’est tenue
mardi dernier (voir S/PV.9795), et nous avons été choqués d’apprendre que nous
avions atteint cette année un record de 282 travailleurs humanitaires tués, dont 178 à
Gaza, et que 333 avaient perdu la vie depuis le mois d’octobre 2023.
Le Chili et le Mexique ont saisi conjointement la Cour pénale internationale
au sujet de la situation en Palestine afin de renforcer l’enquête sur les crimes de
guerre et les crimes contre l’humanité présumés commis à Gaza, en Cisjordanie, à
Jérusalem-Est et en Israël. Le Chili considère que l’établissement des faits et l’appli-
cation du principe de responsabilité sont primordiaux pour mettre fin à l’impunité
et empêcher la commission de nouveaux crimes internationaux. De même, le Chili
a déposé une déclaration d’intervention auprès de la Cour internationale de Justice
dans le cadre de la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël concernant
l’Application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide
dans la bande de Gaza (Afrique du Sud c. Israël).
Nous soulignons que l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de
Justice le 19 juillet sur les Conséquences juridiques découlant des politiques et
pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est (voir
A/78/968), doit être respecté par toutes les parties.
Pour terminer, il est essentiel que tous les États Membres respectent les accords,
instaurent un climat de confiance et intensifient le dialogue afin d’apporter des
réponses efficaces et fermes aux conflits armés.
Nous jugeons qu’il est indispensable de promouvoir le principe de l’indivisibi-
lité de la sécurité internationale, c’est-à-dire que tous les États ont la responsabilité
partagée de contribuer à la consolidation d’un ordre international fondé sur la coopé-
ration et régi par des normes.
M. Mahmoud (Égypte) ( parle en arabe) : Nous nous réunissons aujourd’hui à
l’occasion de la dixième session d’urgence, après avoir épuisé tous les autres moyens
de parvenir à une solution. La guerre contre Gaza fait rage depuis plus d’un an
et aucune fin ne se profile à l’horizon. Les résolutions de l’Assemblée générale et
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Quatrièmement, nous réaffirmons devant l’Assemblée que les droits des Palesti-
niens à l’autodétermination, à la liberté et à vivre dans un État palestinien indépendant
sont des droits naturels fondés sur l’égalité de tous les êtres humains. Ils ne sont pas un
cadeau et ne sont pas tributaires du consentement d’autres pays. Nous appelons donc
une fois de plus l’Assemblée à soutenir l’adoption d’un projet de résolution qui accor-
derait à l’État de Palestine le statut mérité de Membre à part entière de l’ONU, une
résolution qui donnerait forme à ces droits plutôt que de les établir. L’Égypte déploie
des efforts sincères pour faire progresser le dialogue et proposer des solutions. C’est
pourquoi nous accueillons avec satisfaction l’annonce de l’entrée en vigueur de l’ac-
cord de cessez-le-feu au Liban, pays frère. Nous appelons toutes les parties à respecter
cette annonce afin d’établir un cessez-le-feu durable. Nous demandons le retrait d’Is-
raël de tous les territoires libanais et la pleine application de la résolution 1701 (2006).
Nous espérons que ces accords seront un premier pas en vue de mettre fin à l’agression
israélienne contre la bande de Gaza et aux violations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Nous soulignons que l’Égypte, en tant que pionnière de la paix, poursuivra ses
efforts pour parvenir à un cessez-le-feu et atténuer la tragédie humanitaire en cours
dans la bande de Gaza. Nous continuerons de fournir tout le soutien possible à nos
frères palestiniens jusqu’à ce que leur situation actuelle soit réglée et qu’ils puissent
créer un État indépendant. L’Égypte poursuit ses efforts de médiation, aux côtés
du Qatar et des États-Unis, pour mettre fin à cette guerre. Sur le plan humanitaire,
l’Égypte s’emploie à fournir une aide immédiate aux habitants de Gaza.
L'effort le plus récent a été la Conférence ministérielle du Caire pour le renforce-
ment de l’action humanitaire à Gaza, qui s’est tenue le 2 décembre sous les auspices
du Président de la République, M. Abdel Fattah Al Sisi, et du Secrétaire général
de l’ONU, M. António Guterres, avec la participation de plus de 100 États et orga-
nismes des Nations Unies. L’Égypte continuera également de promouvoir sans
relâche l’unité palestinienne et la reprise du processus politique une fois la guerre
terminée, afin de réaliser les aspirations du peuple palestinien à créer son propre État
indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Nous appelons tous ceux qui ont un sens de l’humanité et de la responsabilité à
sauver les civils innocents pris au piège à Gaza et à répondre à leurs cris et à leurs
appels sans aucune condition. Nous prions les membres de ne pas rester les bras
croisés comme s’ils étaient de simples spectateurs. Nous demandons au Conseil de
ne pas se laisser prendre au piège qui consiste à promouvoir de faux arguments
pour justifier les assassinats systématiques et délibérés par esprit de vengeance.
Nous leur demandons d’instaurer immédiatement un cessez-le-feu et de sauver le
peuple palestinien.
Toute guerre a une fin. Et cette guerre a franchi depuis longtemps la ligne d’arri-
vée. Aucune réserve de patience ne permettrait de supporter la poursuite de cette
guerre. C’est le message que l’Égypte adresse à tout le monde aujourd’hui.
M me Al‑Thani (Qatar) ( parle en arabe) : Je tiens tout d’abord à vous remercier,
Monsieur le Président, d’avoir convoqué la reprise de cette session extraordinaire
d’urgence. Nous nous associons aux déclarations faites au nom du Conseil de coopé-
ration des États arabes du Golfe, du Groupe des États arabes, de l’Organisation de la
coopération islamique et du Mouvement des pays non alignés.
Depuis la dernière séance organisée dans le cadre de la dixième session extraor-
dinaire d’urgence consacrée à la situation à Gaza (voir A/ES-10/PV.56), la crise
humanitaire n’a fait que s’aggraver d'une manière sans précédent, en raison de
l’agression israélienne, qui dure depuis plus d’un an et s’est étendue à la Cisjorda-
nie, y compris Jérusalem-Est. Les attaques israéliennes contre les Palestiniens se
sont intensifiées et ont entraîné la mort de plus de 44 000 personnes. En outre, les
violations se sont intensifiées dans le Territoire palestinien occupé, notamment les
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atteintes contre les lieux saints et l’expansion des colonies de peuplement, en viola-
tion flagrante des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité et au
mépris des mesures conservatoires ordonnées par la Cour internationale de Justice
et de l'avis consultatif qu’elle a rendu en juillet dernier.
Il est urgent de fournir une aide humanitaire à grande échelle dans toute la bande
de Gaza afin de faire face efficacement à cette catastrophe humanitaire. À cet égard,
l’État du Qatar salue les résultats obtenus à la Conférence ministérielle du Caire pour
le renforcement de l’action humanitaire à Gaza, qui s’est tenue le 2 décembre, et les
recommandations formulées en vue de conjuguer les efforts pour veiller à ce qu’une
aide humanitaire suffisante soit acheminée sans interruption à Gaza afin d’atténuer
les souffrances du peuple palestinien.
Depuis le début de l’agression israélienne contre Gaza, l’État du Qatar a entrepris
des efforts de médiation sincères, en partenariat avec les États-Unis et l’Égypte, afin
de mettre un terme à la violence et aux souffrances humanitaires de toutes les parties.
Ces efforts diplomatiques ont abouti à une pause humanitaire et à un cessez-le-feu en
novembre de l’année dernière, qui ont permis de procéder à des échanges d’otages et de
prisonniers et d'augmenter la quantité d’aide humanitaire acheminée. Ces bons offices
se sont poursuivis, malgré les obstacles.
Lors des dernières tentatives de parvenir à un accord, le mois dernier, l’État du
Qatar a informé les parties qu’il suspendrait ses efforts de médiation si Israël et le
Hamas ne parvenaient pas à se mettre d’accord au cours de ce cycle. Le Qatar reste
néanmoins disponible et soutient tous les efforts visant à instaurer la paix dans la
région. Nous continuons de dialoguer avec toutes les parties, pour voir si leurs posi-
tions évoluent et témoignent d'une réelle volonté de conclure un accord. En ce qui
concerne l’escalade au Liban, un pays frère, nous saluons l’accord de cessez-le-feu
et les efforts des États-Unis et de la France, qui ont contribué à la conclusion de cet
accord. Nous espérons qu’un accord similaire sera conclu afin de mettre un terme
à la guerre qui continue de faire rage à Gaza. Nous espérons que cet accord sera
respecté par toutes les parties, que les hostilités militaires cesseront immédiatement
et que la résolution 1701 (2006) sera pleinement mise en œuvre.
L’État du Qatar réaffirme la nécessité pour l’Assemblée générale d’assumer ses
responsabilités à l’égard de la cause palestinienne. Par conséquent, nous appelons
à appuyer les deux projets de résolution dont l’Assemblée générale est saisie, qui
reflètent nos valeurs et engagements humanitaires communs, et qui sont conformes
aux butes énoncés dans la Charte des Nations Unies et aux exigences du maintien
de la paix et de la sécurité internationales. Le premier projet de résolution demande
un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent, qui doit être respecté par
toutes les parties. Le deuxième projet de résolution appelle à appuyer le mandat de
l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine
dans le Proche-Orient (UNRWA). À cet égard, nous soulignons à nouveau l’im-
portance du mandat de l’UNRWA, conformément à la résolution 302 (IV). Nous
réaffirmons également le droit au retour des réfugiés palestiniens, garanti par la
résolution 194 (III) et par la résolution 237 (1967) du Conseil de sécurité. Nous souli-
gnons également la nécessité de mettre en œuvre toutes les résolutions du Conseil
de sécurité, en particulier la résolution 2735 (2024), qui demande un cessez-le-feu
à Gaza. En outre, nous appelons à la mise en œuvre des deux résolutions récem-
ment adoptées par l’Assemblée à sa dixième session extraordinaire d’urgence, sur
l’admissibilité de l’État de Palestine à l’Organisation des Nations Unies (résolution
ES-10/23) en tant que Membre à part entière, et sur l’avis consultatif de la Cour
internationale de Justice sur les conséquences juridiques découlant des politiques
et pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est
(voir A/78/968) (résolution ES-10/24).
M. Massari (Italie), Vice-Président, assume la présidence.
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Pour terminer, la Tunisie réaffirme son ferme appui, fondé sur les principes,
au peuple palestinien dans sa lutte pour recouvrer ses droits légitimes et inalié-
nables, des droits imprescriptibles qui ne seront pas effacés par une agression, au
premier rang desquels son droit à l’autodétermination et à la création de son État
indépendant et souverain sur tout le territoire de la Palestine, avec Al‑Qods al-Charif
pour capitale.
M. Akram (Pakistan) ( parle en anglais) : Nous remercions la présidence de
l’Assemblée générale d’avoir convoqué cette reprise de la dixième session extraor-
dinaire d’urgence de l’Assemblée générale en réponse aux demandes du Groupe des
États arabes, du Groupe de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et du
Mouvement des pays non alignés.
Ma délégation s’associe aux déclarations faites au nom de l’OCI et du Mouve-
ment des pays non alignés.
Depuis plus de 400 jours, le monde est témoin du massacre aveugle de la popu-
lation palestinienne de Gaza. Quarante-quatre mille personnes, principalement des
femmes et des enfants, ont été tuées ; plus de 100 000 ont été blessées. Le Secrétaire
général a déclaré : « Les actes auxquels nous assistons pourraient bien être constitu-
tifs de crimes internationaux les plus graves ».
Les chefs de 15 organismes des Nations Unies et autres organisations humani-
taires ont déclaré :
« La situation dans le nord de Gaza est apocalyptique.
[...]
L’ensemble de la population palestinienne du nord de Gaza court le risque
imminent de succomber aux maladies, à la famine et à la violence » (A/ES-10/1015,
annexe, p. 5).
Le Pakistan se félicite du cessez-le-feu au Liban, bien qu’Israël continue de le
violer à tout va. Mais le massacre se poursuit à Gaza, tout comme les frappes en
Syrie, et le danger d’une guerre à plus grande échelle continue de planer sur tout le
Moyen-Orient.
Tout en saluant les efforts de médiation déployés par l’Égypte, le Qatar et les
États-Unis, nous devons exprimer notre profonde consternation face au fait que,
le 20 novembre, le projet de résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat et incon-
ditionnel, parrainé par les membres élus du Conseil et appuyé par 14 de ses membres,
n’a pu être adopté en raison du veto d'un membre permanent (voir S/PV.9790). Aucun
argument ne peut justifier de bloquer une décision visant à mettre fin au massacre de
populations civiles sans défense. L’Assemblée générale doit maintenant s’acquitter de
sa responsabilité, conformément à la Charte des Nations Unies, et exiger un cessez-le-
feu immédiat et inconditionnel à Gaza et la mise en œuvre des différentes résolutions
relatives à ce conflit adoptées par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, ainsi
que de la décision de la Cour internationale de Justice. Nous sommes également favo-
rables à la création d’un mécanisme international d’établissement des responsabilités
afin d’identifier et de punir les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité qui ont
été commis, et de décider des réparations appropriées pour ces crimes.
De même, nous devons faire respecter le mandat de l’Office de secours et de
travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient
(UNRWA), et condamner et rejeter les efforts déployés par Israël visant à mettre fin
à ses activités. L’UNRWA est la seule organisation capable de fournir une aide huma-
nitaire et des secours aux Palestiniens assiégés à Gaza, en Cisjordanie et ailleurs. Le
Pakistan se félicite donc des deux projets de résolution déposés par l’État de Pales-
tine pour adoption lors de cette session d’urgence.
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de Gaza nous rappelle chaque jour qu’il faut un cessez-le-feu immédiat et permanent
dans la bande de Gaza. L’acheminement de l’aide humanitaire doit être à la hauteur
des immenses besoins des civils palestiniens, en particulier dans le nord de l’enclave,
menacé de famine. Tous les otages détenus dans la bande de Gaza doivent être libérés
sans délai et sans conditions. Cette résolution exigeait de façon très ferme la libéra-
tion immédiate et inconditionnelle des otages. La France, qui compte encore deux
otages à Gaza, déplore que le Conseil de sécurité n’ait pu être en mesure de formuler
cette exigence. La France n’a cessé et ne cessera de condamner les attaques terroristes
barbares commises par le Hamas et d’autres groupes terroristes le 7 octobre 2023.
L’Assemblée générale doit faire de même, sans ambiguïté. Il est urgent d’œuvrer à la
mise en œuvre concrète de la solution des deux États. Il faut des garanties de sécurité
pour les Israéliens. Il faut aussi œuvrer à la création d’un État indépendant, viable et
d’un seul tenant pour les Palestiniens. L’Autorité palestinienne a un rôle central à jouer
dans ce processus, en Cisjordanie comme à Gaza, qui doit bien entendu faire partie de
ce futur État palestinien. La France continuera d’œuvrer en faveur de ces objectifs, en
lien avec ses partenaires, y compris au Conseil de sécurité.
M me Schwalger (Nouvelle-Zélande) ( parle en anglais) : Nous sommes une fois
de plus déçus qu’un veto ait bloqué un projet de résolution qui bénéficiait du soutien
quasi unanime du Conseil de sécurité. Nous saluons les efforts déployés pour parve-
nir à un consensus au sein du Conseil, mais nous devons tout simplement faire mieux.
La situation à Gaza reste insoutenable. Un cessez-le-feu immédiat doit être
instauré de toute urgence, notamment pour faciliter l’afflux d’une aide humanitaire
essentielle dans toute la bande de Gaza. En définitive, aucune solution militaire n’ap-
portera une paix juste et durable pour les Israéliens et les Palestiniens. Une solution
politique négociée est nécessaire pour parvenir à une paix et une sécurité durables
pour Israël et la Palestine. La diplomatie peut être efficace lorsqu'il y a de la volonté
politique.
La Nouvelle-Zélande se félicite de l’annonce récente d’un cessez-le-feu au Liban
et reconnaît les efforts de toutes les parties qui participent aux négociations. Cette
percée réalisée au Liban démontre l’importance de la diplomatie et des négociations.
À Gaza, cependant, le conflit se poursuit et les civils palestiniens continuent d’en
payer le prix. Ils méritent un cessez-le-feu immédiat, un accès sans entrave à l’aide
humanitaire et la fin de l’escalade des tensions.
Tout recours au droit de veto est extrêmement décevant. Nous soulignons qu’à
chaque fois que ce mécanisme dépassé et antidémocratique est invoqué, il érode
la capacité du Conseil à remplir son mandat de maintien de la paix et de la sécu-
rité internationales. La Nouvelle-Zélande s’oppose fermement et constamment au
droit de veto depuis 1945. Nous soutenons activement l’initiative relative au veto
(résolution 76/262) depuis le début et restons un fier partisan de cette résolution.
Le Conseil n’assume pas les responsabilités importantes qui lui incombent en vertu
de la Charte des Nations Unies. Il en va de sa crédibilité et de celle de l’Organisa-
tion des Nations Unies dans son ensemble. Nous invitons les membres permanents à
réfléchir à cette responsabilité.
Enfin, si la résolution 76/262 est réactivée à l’avenir, il incombera une fois de
plus aux membres de l’Assemblée générale de continuer à exercer la responsabilité
politique collective qui leur incombe en vertu de la Charte des Nations Unies pour
traiter les questions de paix et de sécurité internationales.
M. Van Schalkwyk (Afrique du Sud) ( parle en anglais) : Nous remercions le
Président d’avoir convoqué la reprise de la dixième session extraordinaire d’urgence
de l’Assemblée générale, en ce qui concerne la Palestine. Elle n’aurait pu intervernir
à un moment plus critique. Malgré les efforts déployés pour mettre fin au carnage,
la bande Gaza a fait l’objet de bombardements qui l’ont transformée en un champ de
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ruines et ses citoyens sont confrontés à une famine imminente. Ces circonstances à
elles seules devraient inciter jusqu’aux acteurs qui maintiennent les positions les plus
rigides à se mobiliser pour mener une intervention humanitaire immédiate.
Nous sommes réunis en ces lieux pour déplorer une fois de plus l’incapacité
du Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et à prendre des mesures
concrètes pour mettre fin aux effusions de sang à Gaza et aux souffrances du peuple
palestinien. La postérité jugera sévèrement l’humanité pour avoir permis de telles
souffrances alors que nous avions la possibilité de prendre des mesures pour mettre
fin au génocide en cours à Gaza. C’est particulièrement vrai pour nous, Membres de
l’Organisation, laquelle a été créée pour protéger les personnes et garantir la paix.
L’Afrique du Sud salue la décision de la Cour pénale internationale d’émettre des
mandats d’arrêt à l’encontre du Premier Ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, et
de son ancien ministre de la défense, Yoav Gallant, ainsi que de Mohamed Deif, du
Hamas. Nous appelons tous les membres de la communauté internationale à exécuter
ces mandats conformément aux principes du Statut de Rome, dans le cadre de notre
engagement collectif en faveur du droit international. Nous espérons que cette déci-
sion exercera en particulier une pression sur Israël, Puissance occupante, pour qu’il
mette fin à la destruction de Gaza.
C'est en raison du vote négatif d’un membre du Conseil de sécurité que ce débat
avec l’ensemble des Membres de l’ONU a été organisé. Ce sont de telles situations
qui font que l’Afrique du Sud soutient la suspension de l’utilisation du droit de veto
en cas d’atrocités criminelles. L’appel lancé dans le projet de résolution élaboré par
les 10 membres élus du Conseil de sécurité était simple : un cessez-le-feu immédiat
et inconditionnel et l’acheminement d’une aide humanitaire à grande échelle afin
d’éviter une nouvelle catastrophe. Le texte exigeait également la libération immé-
diate et inconditionnelle de tous les otages et demandait aux parties de traiter tous les
prisonniers et tous les otages dans le respect du droit international humanitaire. La
libération des otages et l’échange de prisonniers palestiniens pourraient permettre de
jeter les bases d’un règlement négocié débouchant sur la paix et de créer des condi-
tions propices à la création de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.
La récente loi adoptée par la Knesset israélienne pour mettre fin à la coopération
d’Israël avec l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de
Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) est une autre mesure qui ne fera que causer
davantage de tort au peuple palestinien et nous éloigner davantage de la paix. Nous appe-
lons Israël à reconsidérer cette décision et à continuer de coopérer avec l’UNRWA afin
d’avancer vers la paix dans la région. L’arrêt du soutien à l’UNRWA entraînerait la mort
et le déplacement d’un nombre incalculable de Palestiniens, compte tenu du nombre déjà
élevé de personnes déplacées et de l’état de dévastation dans lequel se trouve Gaza.
La reconnaissance de la Palestine en tant qu’État constituerait une étape cruciale
pour l’Assemblée générale. Nous avons récemment entendu tous les membres du
Conseil de sécurité professer leur soutien à la solution des deux États. Nous appelons
tous les États à transformer ces sentiments en réalité en acceptant la Palestine en tant
que 194 e Membre de l’ONU. Le statu quo et le refus d’admettre la Palestine en tant
que Membre à part entière ne feront que perpétuer le conflit et les souffrances de
son peuple. Lorsque la Palestine sera considérée comme égale au sein de la famille
internationale des nations, une coexistence pacifique deviendra possible.
Nous appelons toutes les parties à honorer leurs obligations en vertu du droit
international, notamment à respecter l’avis consultatif de la Cour internatio-
nale de Justice et les récentes résolutions du Conseil de sécurité sur Gaza. Cela
suppose notamment de mettre fin à l’occupation israélienne de la Palestine, de faci-
liter le retour des Palestiniens déplacés et de garantir le droit des Palestiniens à
l’autodétermination.
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Pour terminer, nous devons refuser que le peuple palestinien ne soit décimé par
les bombes, la famine et les déplacements, alors que le monde est incapable d’agir et
semble ne pas vouloir le faire. Son droit à l’autodétermination ne peut être effacé, car
il est consacré par le droit international. Nous appelons tous les peuples et tous les
pays du monde à soutenir l’appel au cessez-le-feu et à l’adoption de mesures condui-
sant à une solution des deux États pour parvenir à une paix durable dans la région.
M. Hmoud (Jordanie) ( parle en arabe) : Tout d’abord, je voudrais remercier le
Président d’avoir convoqué la reprise de la dixième session extraordinaire d’urgence.
Ma délégation s’associe aux déclarations faites au nom du Groupe des États
arabes, de l’Organisation de la coopération islamique et du Mouvement des pays
non alignés.
Nous nous réunissons aujourd’hui pour la cinquième fois dans le cadre de cette
session extraordinaire d’urgence, depuis le début de l’agression brutale d’Israël contre
Gaza il y a plus d’un an, et ce, parce que le Conseil de sécurité a une fois de plus été
incapable d’adopter un projet de résolution pour mettre fin à la guerre d’Israël contre la
bande de Gaza, laquelle a entraîné la perte de plus de 44 000 vies palestiniennes, déplacé
plus de 90 % de la population et détruit environ 60 % des bâtiments et des infrastructures
de Gaza, y compris des écoles, des hôpitaux, des installations des Nations Unies, des
mosquées et des églises. Cette guerre a également déchiré le tissu social de Gaza. S’il ne
s’agit pas d’un génocide et d’un nettoyage ethnique, qu’est-ce que c’est ?
Nous réitérons notre appel au Conseil de sécurité pour qu’il assume ses respon-
sabilités et adopte un projet de résolution visant à mettre fin à l’attaque israélienne
contre Gaza en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, au massacre
aveugle de civils innocents, notamment des femmes, des enfants et des personnes
âgées, et au blocus israélien imposé à la bande de Gaza. Nous avons besoin d’un
projet de résolution qui contraindrait la Puissance occupante à ouvrir tous les points
de passage afin de garantir l’acheminement d’une aide humanitaire immédiate, suffi-
sante et durable à la population civile dans l’ensemble de la bande de Gaza.
Alors que nous nous réunissons aujourd’hui, la menace de la famine plane sur
Gaza, en particulier dans le nord de l’enclave. Le dernier rapport du Cadre intégré de
classification de la sécurité alimentaire indique que quelque 133 000 personnes à Gaza
sont confrontées à une insécurité alimentaire catastrophique, ce qui correspond à la
phase 5 du Cadre, et que le nombre de personnes se trouvant dans cette catégorie sera
multiplié par trois dans les mois à venir si aucune mesure n’est prise pour éviter que la
situation ne s’aggrave. Il est donc impératif que la communauté internationale prenne
des mesures immédiates pour garantir l’acheminement immédiat de l’aide humanitaire
dans la bande de Gaza et empêcher les mesures israéliennes visant à affamer le peuple
palestinien en utilisant la nourriture et l’eau comme une arme, ce qui constitue un
crime de guerre flagrant au regard du droit international humanitaire.
La Jordanie continuera de remplir son devoir humanitaire, que ce soit par le
biais des services fournis par les hôpitaux de campagne jordaniens dans le Territoire
palestinien occupé ou par l’envoi d’une aide humanitaire urgente. Nous avons effec-
tué notre premier pont aérien humanitaire vers Gaza le 20 novembre, au cours duquel
nous avons envoyé huit hélicoptères transportant plus de 7 tonnes de denrées alimen-
taires et de fournitures médicales, conformément à l’initiative « Gaza Humanitarian
Gateway » annoncée par S. M. le Roi Abdullah II ibn Al Hussein dans l’allocution
qu’il a prononcée au cours du débat général de l’Assemblée générale à sa soixante-
dix-neuvième session.
La Jordanie a également envoyé plus de 50 000 tonnes d’aide, transportées
par 115 convois humanitaires, via des points de passage terrestres, en plus d’effec-
tuer près de 390 largages aériens d’aide humanitaire depuis le début de la guerre dans
différentes zones de Gaza, en coopération et en coordination avec les partenaires
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Premièrement, nous nous associons aux appels lancés par la communauté inter-
nationale à toutes les parties concernées pour qu’elles s’abstiennent de toute escalade
de la violence. Nous condamnons toutes les attaques contre les civils et les structures
civiles, qui ont fait un nombre alarmant de victimes, en particulier parmi les femmes
et les enfants. Nous demandons donc instamment à toutes les parties de mettre fin à
ce cercle vicieux de la violence.
Deuxièmement, nous demandons un accès humanitaire rapide, sûr, sans entrave
et durable à toutes les personnes qui sont dans le besoin à Gaza. À cet égard, les
Philippines réaffirment leur soutien à l’application intégrale et immédiate de la réso-
lution 2735 (2024) du Conseil de sécurité et de toutes les autres résolutions pertinentes
du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale en vue d’un cessez-le-feu global et
de l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Nous nous félicitons également de
l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice le 19 juillet.
Troisièmement, la diplomatie reste la pierre angulaire de l’instauration de la paix
au Moyen-Orient. Un véritable dialogue et des négociations sérieuses, fondés sur la
confiance mutuelle et conformes au droit international et à la Charte des Nations
Unies, seront essentiels pour parvenir à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient.
Quatrièmement, les Philippines réaffirment leur appui indéfectible à la solution
des deux États, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes
des organes de l’ONU. Les Israéliens comme les Palestiniens méritent de vivre
dans la paix, l’harmonie et la prospérité et de voir leurs droits, leurs aspirations et
leur sécurité reconnus et respectés. À cet égard, les Philippines appuient l’alliance
mondiale pour la création d’un État palestinien et la mise en œuvre de la solution
des deux États, une initiative novatrice menée par l’Arabie saoudite, la Norvège et
l’Union européenne.
Cinquièmement, nous redisons notre plein appui au Secrétaire général et à ses
travaux, et lui réaffirmons notre confiance. Nous sommes convaincus de son atta-
chement à la paix et à la sécurité internationales, et ses efforts inlassables sont à
la mesure de notre volonté commune de mettre fin à la violence et d’engager un
dialogue constructif pour instaurer une paix durable au Moyen-Orient.
Sixièmement, les Philippines appuient la création de l’État de Palestine et son
admission en tant que Membre à part entière de l’ONU dès que possible. La décision
prise en mai par l’Assemblée générale de renforcer les droits de la Palestine à l’ONU
en tant qu’État observateur (résolution ES-10/23) est une étape importante vers l’ad-
mission de la Palestine en tant que Membre à part entière de l’ONU.
Enfin, les Philippines réaffirment leur soutien total à tous les efforts et initia-
tives visant à mettre fin au conflit en cours, à élargir l’espace pour un véritable
dialogue et des négociations sérieuses, à renforcer la confiance et la compréhension
mutuelle et à promouvoir la coopération en vue d’une paix durable au Moyen-Orient.
Le Président par intérim ( parle en anglais) : Nous venons d’entendre le dernier
orateur dans le débat sur cette question pour la présente séance. Nous entendrons les
oratrices et les orateurs restants le mercredi 11 décembre à 10 heures dans cette salle.
La séance est levée à 18 heures.
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