I. La religion nous rend-elle heureux ?
Vient du latin religerer qui veut dire accueillir et religare qui veut dire relier. Soit c’est une pratique
rituelle institutionnalisée, soit c’est l’acte de piété, de foi. Mais le plus souvent c’est les deux, il faut
une partie objective et une partie subjective. Elle permet de faire communauté (expliquer que la
commu à toujours besoin d’être fondée).
La religion (dont le terme nait pour désigner le christianisme) suppose une séparation du monde entre
profane et sacré. Cette séparation est une relation, c’est-à-dire que si l’un des deux termes disparaît,
l’autre aussi. Le sacré est ce qui est doté d’une signification supérieure, qui fait le lien avec la divinité.
C’est la rencontre avec le sacré qui produit le rapport à Dieu. Attention, sacré ne veut pas dire
religieux et profane non religieux. La distinction même est religieuse, ce qui veut dire que parler de
monde profane c’est supposer un monde sacré. Le sacré est le surnaturel, et le profane c’est le naturel
que le surnaturel laisse. Mais les deux sont le fruit du surnaturel.
La foi : fides qui veut dire confiance dans une ou des vérités d’un autre ordre, des vérités mystérieuses
qu’on ne connait pas (vérité révélée) qui ne se rationnalise pas, elle ne concerne pas la démonstration.
Une adhésion au mystère. Trois sens de croire pour Thomas d’Aquin :
Credere Deum : croire Dieu : obéir aveuglément
Credere Deo : croire à Dieu : adhérer au discours que l’on comprend
Credere in Deum : croire en Dieu : affirmer son existence et le lien que nous avons avec lui.
Idéologie : Système de représentation générale du monde selon quelques idées. Croyance dogmatique
appuyée sur des principes non conformes au réel. Chez Marx : ensemble de représentations collectives
(morales, philosophiques, religieuses) à travers lesquelles les hommes traduisent leurs conditions
réelles d’existences, et qui sont adoptées non en vertu de leur vraisemblance mais parce qu’elles
expriment les intérêts, réels ou imaginaires, d’une classe ou d’un groupe social.
La laïcisation : elle défend que les valeurs religieuses, de par leur diversité, ne peuvent être le
fondement de la vie en société, et d’autre valeurs doivent être instituées, afin notamment de rendre
possible la pratique ou la non pratique des religions.
Distinguer une secte d’une religion :
approche doctrinale : repose sur l’analyse du contenu du message, et le rapport avec les
religions instituées. Mais cela pose un triple problème. D’abord on risque de rejeter les
branches divergentes d’une religion (protestantisme, jésuites etc). Ensuite, on peut toujours
trouver un parallèle avec des propositions qui ont l’air bienveillantes. Et enfin, on fait un tri
ethno-centré, c’est-à-dire qu’on est perdu dès lors que la philosophie fondatrice est d’une
culture différente de la nôtre. (ethnocentrisme : tendance à penser que notre culture est la
bonne, celle depuis laquelle il faut juger les autres cultures).
approche comportementale : repose uniquement sur le critère de la nocivité qui généralement
se déploie en trois conditionnements des adeptes : mentale, par un bourrage de crâne,
soumission etc, par la destruction, d’eux, de leur famille, de la société, et enfin par la triple
escroquerie (intellectuelle morale ou financière). Les faits doivent être coercitifs et répétés.
I. Pascal et la vérité du cœur
L’homme est incapable de vivre au présent. Il utilise le temps de sa vie à penser au passé ou à
préparer son avenir. Il est incapable de vivre au présent car cela le ramène à sa peur de mourir. La
conscience actuelle de sa vie lui rappelle la mort et il essaie de s’en divertir. Ainsi, toutes les activités
que nous faisons sont des manières de nous éviter de penser à notre finitude. L’homme est donc
foncièrement malheureux et cherche à se dissimuler son propre malheur.
Pascal
« Nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais encore par le cœur, c’est de cette
dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c’est en vain que le raisonnement, qui
n’a point de part, essaye de les combattre. Les pyrrhoniens, qui n’ont que cela pour objet, travaillent
inutilement. Nous savon que nous ne rêvons point ; quelque impuissance où nous soyons de le prouver
par raison, cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non pas
l’incertitude de toutes nos connaissances, comme ils le prétendent. Car la connaissance des premiers
principes, comme qu’il y a espace, temps, mouvement, nombre, est aussi ferme qu’aucune de celles
que nos raisonnements nous donnent.
Et c’est sur ces connaissances du cœur et de l’instinct qu’il faut que la raison s’appuie, et
qu’elle y fonde son discours. (Le cœur sent qu’il y a trois dimensions dans l’espace, et que les
nombres sont infinis ; et la raison démontre ensuite qu’il n’y a point deux nombres carrés dont l’un
soit double de l’autre. Les principes se sentent, les propositions se concluent, et le tout avec certitude,
quoique par différentes voies). Et il est aussi inutile et aussi ridicule que la raison demande au cœur
des preuves de ses premiers principes, pour vouloir y consentir, qu’il serait ridicule que le cœur
demandât à la raison un sentiment de toutes les propositions qu’elles démontre, pour vouloir les
recevoir. »
Pascal, Pensées, edition Lafuma, Œuvres complètes, Seuil, p.512
Marx et la religion, l’opium du peuple
« Voici le fondement de la critique irreligieuse : c’est l’homme qui fait la religion et non la religion
qui fait l’homme. A la vérité, la religion est la conscience de soi et le sentiment de soi de l’homme qui,
ou bien ne s’est pas encore conquis, ou bien s’est déjà de nouveau perdu. Mais l’homme, ce n’est pas
un être abstrait recroquevillé hors du monde. L’homme, c’est le monde de l’homme, c’est l’Etat, c’est
la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, une conscience renversée du monde, parce
qu’ils sont eux-mêmes un monde renversé. La religion est la théorie générale de ce monde, son
compendium (abrégé, résumé) encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point
d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément cérémoniel, son
universel motif de consolation et de justification. Elle est la réalisation chimérique de l’essence
humaine, parce que l’essence humaine ne possède pas de réalité véritable. Lutter contre la religion,
c’est donc, indirectement lutter contre ce monde-là, dont la religion est l’arôme spirituel.
La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre
la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de
même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple.
Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il
abandonne toute illusion sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusions. La
critique de la religion contient en germe la critique de la vallée des larmes dont la religion est
l’auréole. La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en
critique du droit, la critique de théologique en critique de la politique. »
La religion naturelle : qui est un contact immédiat avec Dieu dans la compréhension du monde et des
lois de nature, plutôt que dans l’institution d’un rituel et d’un dogme autour des écritures (pour
poursuivre, vous pouvez vous tourner vers Kant et Spinoza).
Ressources à écouter
Pour une autre perspective ou pour réviser :
[Link]
Pour problématiser :
[Link]
comprendre-la-religion-contre-la-philosophie-9690366
Pour comprendre le Bouddhisme :
[Link]
bonheur-3217415
Trois philosophes, un musulman, un juif, un chrétien :
[Link]
[Link]
savoir-au-xiie-siecle-8584259
[Link]
Sur le bonheur :
[Link]