Polycopié de Chimie Générale
Fiches de cours etTD
Pr :MOHAMMED CHERIF OUIZA
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Chapitre 2: Atomistique
Structure de l’atome
L’atome est formé par un noyau, chargé positivement, autour duquel gravite un
nuage d’électrons, chargés négativement. L’atome est donc une entité
globalement neutre car il y a autant de protons que d’électrons. Le noyau est
composé de deux types de nucléons : les protons, chargés positivement et qui
donnent sa charge positive au noyau, et les neutrons, de charge électrique
neutre.
Définitions
• Un nucléide est une espèce atomique caractérisée par son nombre de protons et de nucléons.
On le représente par avec A le nombre de nucléons (aussi appelé nombre de masse), et Z le nombre
de protons (ou numéro atomique). De ce fait, le nombre de neutrons vaut : N = A – Z.
• Un élément est défini par son nombre de protons (ou numéro atomique). Ainsi, des nucléides possédant
le même numéro atomique porteront le même nom.
• Des nucléides sont dits isotopes d’un élément s’ils possèdent le même nombre de protons, mais pas le
même nombre de nucléons (et donc pas le même nombre de neutrons). Même Z, A différents.
• La mole est une unité représentant une quantité de matière composées d’autant d’entités chimiques
qu’il y a d’atomes dans 12 g de carbone 12, ce qui correspond au nombre d’Avogadro NA qui vaut
6,02.1023 (obtenu en faisant le rapport 12 g / masse d’un atome de carbone 12 = 12 / 1,99625.10-23).
• La masse atomique moyenne d’un élément est la masse de l’élément en fonction de la répartition de
ses différents isotopes :
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𝑀 = ∑𝑟𝑖𝑀𝑖
𝑖
Avec : T = le taux d’abondance d’un isotope.
M = la masse atomique correspondant à cette atome.
• La masse molaire atomique M d’un nucléide est la masse d’une mole d’atomes de cet élément. Elle
s’exprime en g.mol-1. Elle correspond au nombre de masse A dans le tableau périodique des éléments.
• La masse molaire d’une molécule est la masse d’une mole de molécules de l’entité considérée. Elle se
calcule en faisant la somme des masses molaires atomiques des atomes qui constituent la molécule.
Transitions énergétiques
• Rayon de Bohr des orbites n (numéro de la couche quantique (cf supra)) : est la longueur caractéristique
séparant l'électron du proton. C'est donc un ordre de grandeur du rayon des atomes. Il vaut r=n2×0,53
(ÄNGSTROMS)
• Relation de Bohr : c’est le passage d’un niveau d’énergie à un autre accompagné de l’émission (niveau sup
vers niveau inf) ou de l’absorption (inf vers sup) d’un photon.
ℎ𝑐
|𝛥𝐸| = ℎ𝜈 =
𝜆
Avec :
- h = cste de Planck (donnée)
- ν = fréquence de résonance (donnée)
- λ = longueur d’onde (en m)
- c = célérité (vitesse de la lumière) = 3.108 m/s
Nombres quantiques
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On définit l’état d’un électron (son énergie, ses mouvements, la formes de l’orbitale) dans un
atome par 4 paramètres : les nombres quantiques.
• n est le nombre quantique principal. Il peut correspondre à l’ensemble des entiers naturels. Il
quantifie l’énergie de l’électron et définit la couche électronique ou orbite circulaire sur
laquelle gravite l’électron. On note K la couche la plus proche du noyau (n = 1) et les suivantes L
(n = 2), M (n = 3)…
• l est le nombre quantique secondaire. Il introduit l’association des orbites elliptiques,
correspondant à un nombre entier l tel que 0 ≤ l ≤ n - 1, à une orbite circulaire (c’est-à-dire une
valeur de n). Le nombre quantique secondaire caractérise la forme de l’orbitale et définit une
sous-couche électronique ou un sous-niveau électronique. On note s la sous-couche
correspondant à l = 0, p correspondant à l = 1, d à l = 2 et f à l = 3.
• m est le nombre quantique magnétique. Il quantifie l’orientation de l’orbitale par rapport à la
direction du champ magnétique tel que -l ≤ ml ≤ +l. Par exemple, pour l = 2, ml = -2 ; -1 ; 0 ; 1 ; 2
; ce qui correspond à 5 orientations, et donc à 5 orbitales d de même énergie, ou encore à 5 cases
quantiques.
• s est le nombre quantique de spin où s = +1/2 et correspond à la rotation de l’électron sur lui-
même. On peut alors décrire deux orientations : ms = +1/2 (↑) et ms = -1/2 (↓).
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Nombre quantique principal n :
n : nombre quantique principal (n = 1,2,3,…∞) qui définit la couche quantique (énergie de
l'électron). On appelle couche l'ensemble des orbitales qui possèdent la même valeur de n.
Nombre quantique secondaire (ou azimutal ou orbital) l :
l est le nombre quantique secondaire ou azimutal, il peut prendre toutes les valeurs comprises entre
0 et n-1 : 0 ≤ l ≤ n-1, l définit la notion de sous-couche et détermine les géométries des orbitales
atomiques. Dans la notation spectroscopique, à chaque valeur de l, on lui fait correspondre une
fonction d'onde que l'on désigne par une lettre :
Si l = 0, on dit qu'on a l'orbitale s
Si l = 1 → orbitale p
Si l = 2 → orbitale d
Si l = 3 → orbitale f
Nombre quantique tertiaire (ou magnétique) m :
m est le nombre quantique magnétique, il définit la case quantique. m peut prendre toutes les
valeurs comprises entre -l et +l : -l ≤ m ≤+l
Remarque : Il y a 2l+1 valeurs de m (2l+1 orbitales).
Nombre quantique de spin s :
Pour décrire totalement l'électron d'un atome, il faut lui attribuer un quatrième nombre quantique
(noté s ou ms) lié à la rotation autour de lui-même. Ce nombre ne peut prendre que deux valeurs : S
= 1/2 (↑) ou S = -1/2 (↓).
Remarque : Chaque orbitale atomique est donc caractérisée par une combinaison des trois nombres
quantiques n, l et m.
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D'une façon générale, pour une couche n donnée, on aura n sous-couches, n2 orbitales et 2n2
électrons au maximum.
Description des Orbitales :
Orbitale s :
Orbitale p :
Orbitale d :
Orbitale f :
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Exceptions à la règle de Klechkowski :
Exemples :
Le chrome : 24Cr : 1s2, 2s2, 2p6, 3s2, 3p6 / 3d5, 4s1 et non pas : 3d4, 4s2.
Le cuivre : 29Cu : 1s2, 2s2, 2p6, 3s2, 3p6 / 3d10, 4s1 et non pas : 3d9, 4s2
Principe d'exlusion de Pauli : Dans un atome, chaque électron doit posséder un jeu de
quatre nombres quantiques différents. En conséquence, une orbitale définie par les nombres
quantiques n, l, m ne peut contenir que deux électrons au maximum qui différent par leur
quatrième nombre quantique et s = + 1/2 ou s = - 1/2.
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Règle de Hund : quand on a plusieurs O.A de même énergie (p, d...), il faut occuper le
maximum d'OA avec des spins parallèles.
Exemple : cas du carbone Z=6
Configuration : 1s² 2s² 2p2
Remarque : Le remplissage des couches suit quelques règles. Ainsi, sur chaque couche
électronique, il ne peut pas y avoir plus d'un certain nombre d'électrons. D'une façon
générale, le nombre maximal d'électrons sur une couche correspond à, 2n2 où n est le
numéro de la couche étudiée.
Par exemple, la quatrième couche électronique d'un atome ne peut contenir plus de 2×4 2 électrons,
soit 32 électrons.
Il existe une autre règle : la dernière couche électronique, où couche périphérique, ne peut
contenir plus de 8 électrons, c'est la règle de l'octet. Mais, évidement, s'il s'agit aussi de la
première couche, elle ne pourra comporter plus de 2 électrons, c'est la règle du duet.
Exception.
Représentation des cases :
On peut également, et cela est parfois plus intéressant, représenter les cases quantiques par
de petits carrés. Les électrons, lorsqu'ils sont présents, sont représentés par une flèche vers le haut
(spin up) ou vers le bas (spin down). On a ainsi quelque chose.
Les électrons
Remplissent les cases de gauche à droite, correspondant à des énergies
croissantes(d'après a) ;
Les électrons remplissent d'abord une sous-couche avant de s'apparier (d'après h)
etportent un spin up lorsqu'ils sont célibataires ;
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Il ne peut y avoir, dans une case, que deux électrons. Dans ce cas, ils ont un
spindifférent (d'après p).
On aura ainsi des configurations de la forme :
Mais pas de la forme suivante (car une case d'énergie haute est occupée alors que les cases
d'énergie plus basse ne le sont pas, ce qui viole le principe a) :
Couche de valence :
Electrons de valence : sont les électrons qui se trouvent sur la couche de valence et qui sont
susceptibles d'intervenir dans l'établissement des liaisons chimiques entre différents atomes pour
former une molécule.
Schéma de LEWIS
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Les propriétés chimiques d'un atome dépendent de sa couche électronique externe (couche de
valence). Le schéma de LEWIS d'un atome représente cette couche électronique:
Règle de l'octet
Règle empirique selon laquelle, dans une molécule organique, chaque atome doit etre
entouré de 8 électrons (en LEWIS). Cette règle est souvent prise en défaut. D'une facon plus
générale, les atomes ont tendance à acquérir la structure électronique du gaz rare le plus
proche en fixant ou cédant des électrons.
Sachez qu'il existe des exceptions à la règle de l'octet.
Certains atomes peuvent posséder PLUS de 8 électrons sur leur couche périphérique et d'autres
atomes MOINS de 8 électrons.
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2. Classification périodique des éléments :
On a vu qu'il existe de nombreux éléments chimiques différents. Afin de
s'y retrouver plus facilement, on les regroupe dans une classification périodique
en fonction de leurspropriétés.
Configuration électronique
Le principe d’exclusion de Pauli stipule que deux électrons d’un même atome ne
peuvent pas avoir leurs quatre nombres quantiques identiques.
Le principe de stabilité indique qu’à l’état fondamental, un atome se trouve
dans son état énergétique le plus stable, c’est-à-dire celui ayant l’énergie la plus
basse.
La règle de Klechkowski ou (n + l) minimal énonce que les sous-couches sont
remplies de sorte que n + l soit croissant et qu’en cas d'égalité, la sous-couche
ayant le plus petit n est remplie en premier.
Il existe toutefois des exceptions à la règle de Klechkowski car ces
configurations sont énergétiquement favorables :
- le chrome : 24Cr : 1s², 2s2, 2p6, 3s², 3p6 / 3d5, 4s1 et non …/ 3d4, 4s²
- le cuivre : 29Cu : 1s², 2s², 2p6, 3s², 3p6 / 3d10, 4s1 et non …/ 3d9, 4s².
La règle de Hund ou règle du spin maximal impose que les électrons se
répartissent avec un maximum de spins parallèles. Elle permet de remplir des
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cases quantiques représentant chacune une orbitale atomique. Ainsi, on remplit
d’abord les cases de gauche à droite avec des spins +1/2 (↑), puis lorsque toutes
les cases d’une sous-couche sont remplies, on complètera avec des spins -1/2 (↓)
jusqu’à épuiser le nombre d’électrons de la sous-couche.
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