Thesehabilitation
Thesehabilitation
par
Bruno BOUCHARD-DENIZE
Laboratoire de Probabilités et Modèles Aléatoires
tel-00116933, version 1 - 29 Nov 2006
Finance Mathématique
et
Probabilités Numériques
1
Document rédigé en mars 2006.
Introduction 2
Introduction
Ce document est une synthèse de travaux menés depuis 1998 en nance mathématique
et probabilité numérique.
Le chapitre I présente diérents résultats obtenus en nance théorique. Il peut être scindé
en deux parties.
La première concerne les marchés nanciers en temps discret avec frictions. On y étudie
trois extensions des modèles usuels : évaluation d'options américaines, modèles à rendements
non-linéaires, arbitrage en information incomplète. S'agissant de questions qui n'avaient jus-
qu'alors quasiment pas été abordées par la littérature, nous sommes amenés à proposer de
nouvelles modélisations.
Dans la seconde partie, on résume une série de résultats portant sur les problèmes d'exis-
tence et de dualité en gestion optimale de portefeuille en temps continu. Il s'agit essen-
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[4] Bouchard B. (2002). Utility Maximization on the Real Line under Proportional Transac-
tion Costs. Finance and Stochastics, 6 (4), 495-516.
[5] Bouchard B. et L. Mazliak (2003). A multidimensional bipolar theorem in L0 (Rd ; Ω, F, P).
Stochastic Processes and their Applications, 107 (2), 213-231.
[6] Bouchard B., N. Touzi et A. Zeghal (2004). Dual Formulation of the Utility Maximization
Problem : the case of Nonsmooth Utility. Annals of Applied Probability, 14 (2), 678-717.
[7] Bouchard B. (2004). No-arbitrage in discrete-time markets with proportional transaction
costs and general information structure. A paraître dans Finance and Stochastics.
[8] Bouchard B. et H. Pham (2004). Wealth-Path Dependent Utility Maximization in Incom-
plete Markets. Finance and Stochastics, 8 (4), 579-603.
[9] Bouchard B., I. Ekeland, et N. Touzi (2004). On the Malliavin approach to Monte Carlo
approximation of conditional expectations. Finance and Stochastics, 8 (1), 45-71.
[10] Bouchard B. et N. Touzi (2004). Discrete-Time Approximation and Monte-Carlo Simu-
lation of Backward Stochastic Dierential Equations. Stochastic Processes and their Appli-
cations, 111 (2), 175-206.
[11] Bouchard B. (2005). A version of the G -conditionial bipolar theorem in L0 (Rd ; Ω, F, P).
Journal of Theoretical Probability, 18 (2), 439 - 467 .
[12] Bouchard B. et H. Pham (2005). Optimal consumption in discrete time nancial models
with industrial investment opportunities and non-linear returns. Annals of Applied Proba-
bility, 15 (4), 2393-2421.
Articles soumis
[15] Bouchard B. et I. Bentahar (2005). Explicit characterization of the super-replication
strategy in nancial markets with partial transaction costs. Document de travail du LPMA.
[16] Bouchard B. et R. Elie (2005). Discrete time approximation of decoupled Forward-
Backward SDE with jumps. Document de travail du LPMA.
[17] Bouchard B. et I. Bentahar (2006). Barrier option hedging under constraints. Document
de travail du LPMA.
[18] Bouchard B. et J.-F. Chassagneux (2006). Discrete time approximation for continuously
and discretely reected BSDE's. Document de travail du LPMA.
Autres documents de travail
[19] Bouchard B. (1999). Option Pricing via Utility Maximization in the presence of Tran-
saction Costs : an Asymptotic Analysis. Document de travail du CEREMADE.
[20] Bouchard B. (2000). A Note on the Utility Based Option Pricing with Proportional
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Notations générales : An d'alléger au maximum la rédaction, nous listons ici un certain
nombres de notations qui seront utilisées tout au long de ce document. Tout élément x =
(xi )i≤d de Rd sera identié à un vecteur colonne de norme euclydienne |x|. On note Rd+ :=
[0, ∞)d , Md l'ensemble des matrices d × d et Md+ lorsque les composantes sont positives. La
matrice diag [x] est l'élément de Md dont la i-ème composante diagonale est xi . La trace
2
de M ∈ Md est noté Tr[M ], |M | désigne sa norme euclydienne comme élément de Rd et
M 0 sa transposée. Pour une fonction régulière ϕ : (t, x) ∈ [0, T ] × Rd 7→ ϕ(t, x), on note
Dϕ, ou ∇x ϕ, et D2 ϕ, ou ∇2x ϕ, sa jacobienne et sa hessienne par rapport à x. Pour un sous-
ensemble E ⊂ Rd , on note cl(E) ou Ē sa fermeture, int(E) son intérieur et ri(E) son intérieur
relatif. On travaillera toujours sur un espace de probabilité (Ω, F, P) muni d'une ltration
F = (Ft )t≤T satisfaisant les conditions habituelles avec F0 triviale. On désignera toujours par
W un mouvement brownien d-dimensionnel. Pour P̃ ∼ P, un sous-ensemble E de Rd ou Md
et G ⊂ F , on note Lp (E; Ω, G, P̃) l'espace des variables aléatoires G -mesurables, admettant
un moment d'ordre p ≥ 0 pour P̃, à valeurs dans E . La norme associée est notée k · kLp (P̃) . Le
cas p = ∞ correspond aux variables essentiellement bornées. Si G est une ltration, on note
de manière similaire Lp (E; Ω × [0, T ], G, P̃) pour désigner les processus ξ adaptés à G tels
RT 1
que kξkHp (P̃) := k( 0 |ξt |2 dt) 2 kLp (P̃) < ∞. On omettra l'un des arguments s'il est clairement
identié par le contexte. Toutes les inégalités entre variables aléatoires sont à prendre au
sens P-p.s.
Chapitre I
Arbitrage, couverture et gestion
optimale de portefeuille : quelques
apports à la théorie
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où (Kt )t∈T est une suite de cônes aléatoires, P − p.s. niment engendrés et dont l'intérieur
contient Rd+ \ {0}. On notera K l'ensemble de ces suites.
On note A l'ensemble des processus adaptés ξ vériant cette condition, A(x) := {V x,ξ : ξ ∈
A} et At (x) := {Vt : V ∈ A(x)}.
5
I.1 Modèles avec coûts de transaction... 6
Exemple 1.1 Si on suppose que le prix d'une unité d'actif j en unités d'actif i est πtij , on
peut écrire K comme
Kt (ω) = x ∈ Rd : ∃a ∈ Md+ t.q. xi + aji − aij πtij (ω) ≥ 0 ∀ i ≤ d .
X
j6=i≤d
Dire que ξt ∈ −Kt , signie que l'on peut trouver une matrice de transfert ηt = (ηtij )i,j≤d ∈
L0 (Md+ ; Ft ) telle que
i.e. le montant net transféré pour chaque actif est le résultat d'échanges simples ηtij entre
chaque couple d'actifs, après éventuellement avoir consommé une partie des avoirs.
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La principale question traitée dans les articles précédemment cités est celle de l'absence
d'opportunité d'arbitrage et de la sur-réplication d'actifs contingents de type européen.
Dans les articles [7], [12] et [13], on s'intéresse à trois nouveaux problèmes :
1. Comment évaluer une option américaine ?
2. Peut-on étendre ces modèles à des investissements non-nanciers générant des rende-
ments non-linéaires ?
3. Que peut-on dire sur l'absence d'opportunité d'arbitrage si l'agent ne possède pas toute
l'information sur les taux d'échange entre actifs ?
Une option européenne est représentée par une variable aléatoire G ∈ L0 (Rd ; F), chaque
composante Gi correspondant à une quantité d'actif i devant être livrée à échéance. Les tra-
vaux de [KaRaS02], [Sc04] et [KaRaS03] ont notamment permis de caractériser l'ensemble
Γ(G) des dotations initiales x ∈ Rd telles que G ∈ AT (x), i.e. qui permettent de couvrir
l'option sans risque. Formellement et sous certaines conditions d'absence d'opportunité d'ar-
bitrage que l'on explicitera par la suite, on a
n o
Γ(G) = x ∈ Rd : E ZT0 G − Z00 x ≤ 0, pour tout Z ∈ Z, (ZT0 G)− ∈ L1
Similairement, une option américaine est modélisée par un processus ϑ ∈ L0 (Rd ; F), ϑit
représentant la quantité d'actif i délivrée en cas d'exercice à la date t. Sur-répliquer ϑ signie
que le processus de portefeuille V x,ξ est tel que Vtx,ξ − ϑt ∈ −Kt pour tout t ∈ T, i.e. qu'à
I.1 Modèles avec coûts de transaction... 7
une transaction près V x,ξ permet d'obtenir ϑ à n'importe quelle date avant la maturité. Par
abus de notation, on note également Γ(ϑ) l'ensemble des x ∈ Rd tels qu'un tel ξ existe.
Par analogie avec la formulation duale obtenue pour ces produits dans les marchés sans
friction, on pourrait s'attendre à pouvoir identier Γ(ϑ) avec
( )
0 0 0 −
Θ(ϑ) = x ∈ R : sup E Zτ ϑτ − Z0 x ≤ 0 , pour tout Z ∈ Z, (Z ϑ) ∈ L (F)
d 1
,
τ ∈T (T)
où T (T) est l'ensemble des temps d'arrêt à valeurs dans T. On montre dans [13] que cette
formulation n'est en générale par correcte. Ce phénomène avait déjà été observé par [ChJh01]
dans des modèles d'arbres avec un seul actif risqué. On montre ensuite qu'une caractérisation
duale peut être obtenue si à chaque mesure P̃ ∼ P on associe l'ensemble D(P̃) des processus
Z ∈ L1 (Rd+ ; F, P̃) tels que
" T #
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X
Zt ∈ Kt et Z̄t := E
o P̃
Zs | Ft ∈ Kto ∀ t ∈ T .
s=t
Si l'on suppose que l'ensemble A(0) est fermé en mesure (quand on l'indentie à un sous-
ensemble de L0 (Rd×(T +1) )) et qu'il n'y pas d'arbitrage faible dans la terminologie de [KaSt01b]
on peut montrer par des arguments de séparation de type Hahn-Banach que D(P̃) 6= ∅.
On obtient ensuite un premier résultat qui caractérise l'ensemble des processus ϑ qui sont
sur-réplicables à partir d'une dotation initiale nulle.
Théorème 1.2 Si A(0) est fermé en mesure et NAw est satisfaite, alors on a équivalence
entre
(i) 0 ∈ hΓ(ϑ) i
(ii) EP̃ 0 Z ≤ 0 , ∀ P̃ ∼ P et Z ∈ D(P̃) tels que (ϑ0 Z)− ∈ L1 (R; F, P̃)
PT
ϑ
t=0 t t
hP i
(iii) ∃ P̃ ∼ P tel que EP̃ T 0
t=0 ϑt Zt ≤ 0 pour tout Z ∈ D(P̃) vériant (ϑ0 Z)− ∈ L1 (R; F, P̃).
On montre ensuite que cette représentation généralise celles proposées par [ChJh01]. La
première consiste à interpréter les éléments de D(P) comme des mesures sur un arbre (ici de
dimension innie) vériant un certain nombre de contraintes. L'autre revient essentiellement
à montrer que l'égalité Γ(ϑ) = Θ(ϑ) est vraie à condition de remplacer dans la dénition de
Θ(ϑ) l'ensemble des temps d'arrêt par un ensemble de temps d'arrêt aléatoires.
On montre ensuite que A(0) est fermé en mesure sous la condition suivante :
X
ξ ∈ A et ξt = 0 =⇒ ξt ∈ Nt pour tout t ∈ T
t∈T
I.1 Modèles avec coûts de transaction... 8
où Nt = Kt ∩ (−Kt ) désigne l'ensemble des échanges réversibles à la date t, i.e. les direc-
tions" dans lesquelles les coûts de transaction sont nuls. Cette hypothèse est vériée sous la
condition de non-arbitrage stricte introduite par [KaRaS02]
NAs : At (0) ∩ L0 (Kt ; Ft ) ⊂ L0 (Nt ; Ft ) pour tout t ∈ T ,
lorsque Nt = {0} pour tout t, i.e. lorsqu'il n'existe pas de couple d'actifs pouvant être échan-
gés librement. C'est également le cas sous la condition de non-arbitrage robuste introduite
par [Sc04] et ré-écrite sous la forme suivante par [KaRaS03]
NAr : NAw est vériée par un élément K̃ ∈ K qui domine K ,
au sens où Kt \ Kt0 ⊂ ri(K̃t ) ∀ t ∈ T , voir également [Pe01].
La preuve de ce dernier résultat repose essentiellement sur des arguments initialement
proposés par [KaRaS02] et [KaRaS03] que l'on adapte à notre contexte.
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Dans [12], on considère une extension du modèle avec coûts de transaction proportionnels
étudié dans la sous-section 1.1 dans laquelle l'agent nancier peut également investir dans des
actifs productifs, ou actifs industriels, dont le rendement n'est pas nécessairement linéaire,
voir [KaKi03] et [DiPi94] pour des modèles similaires.
voir la section précédente. Ici la diculté est double. Tout d'abord les transactions sont
soumises à des coûts de transaction et la condition d'absence d'opportunité d'arbitrage faible
n'est pas assez forte en générale. Ensuite, la dynamique du portefeuille n'est pas linéaire
comme dans les modèles usuels de marché nancier.
Dans [12], nous proposons d'imposer une hypothèse d'absence d'opportunité d'arbitrage
robuste qui généralise celle dénie dans [Sc04]. On suppose qu'il existe un couple (K̃, R̃) ∈
K × R qui satisfait NAw et tel que, pour tout t ∈ T
Ici, K t (ω) = {x ∈ RdF : (x, 0RdI ) ∈ Kt (ω)} et N est déni similairement à partir de
N = K ∩ (−K). Dans [Sc04], l'hypothèse de non-arbitrage robuste signie qu'il existe un
modèle dans lequel les coûts de transaction sont plus faibles, strictement dans les directions
où ils ne sont pas déjà nuls, tel qu'il n'y a toujours pas d'arbitrage au sens de NAw (avec
dI = 0). C'est le sens de la condition (i) ci-dessus qui porte sur les transactions entre actifs
nanciers. Comme diminuer les coûts de transaction revient en quelque sorte à accroître
le rendement des investissements nanciers, notre idée est d'autoriser également une légère
augmentation du rendement des actifs industriels. C'est le sens de la condition (ii).
Pour obtenir le résultat de fermeture on a besoin de régularité et de concavité (au sens
de K) sur Rd+I : pour tout t ∈ T, on a P − p.s.
(R1) Rt (0) = 0 et Rt est continue.
I.1 Modèles avec coûts de transaction... 10
Théorème 1.3 Pour tout x ∈ RdF × Rd+I , AT (x) et CT (x) sont fermés en probabilité.
Ce résultat nous permet en outre de fournir une caractérisation duale de ces deux
ensembles. La démonstration est fortement inspirée par les techniques introduites dans
[KaRaS02] et [KaRaS03]. Toutefois, la présence de la non-linéarité due au processus de
rendement R complique signicativement la preuve.
An d'obtenir un résultat d'existence, il est nécessaire d'imposer également des condi-
tions sur la suite de fonctions d'utilité (Ut )t∈T . Tout d'abord, il est bien connu qu'il faut
des hypothèses de type Inada qui en dimension 1 s'écrivent U 0 (0+) = ∞ et U 0 (∞) = 0.
Dans notre cadre multivarié où Ut n'a pas de raison d'être régulière, nous ré-écrivons cette
hypothèse sous la forme int(Rd+F ) ⊂ dom(Ũt ) où Ũt est la tranformée de Fenchel associée à
U : Ũt (y) = supx∈Rd Ut (x) − x0 y . On suppose en outre que pour tout t ∈ T et λ ∈ (0, 1), il
+
existe Ctλ ∈ R+ tel que Ũt (λy) ≤ Ctλ (1 + Ũt (y)+ ) pour tout y ∈ dom(Ũt ). Il s'agit d'une ex-
tension naturelle au cadre multivarié de la condition d'Elasticité Asymptotique Raisonnable
de [KrSc99], les deux conditions étant équivalentes en dimension 1. C'est également une
hypothèse plus faible que celle retenue par [DePhT02] qui traite également d'un problème
d'optimisation d'utilité dans un cadre multivarié. Le résultat d'existence est le suivant.
Théorème 1.4 S'il existe x0 ∈ int(K0 ) tel que u(x0 ) < ∞,Palors quel que soit x ∈ RdF ×Rd+I
tel que CTU (x) 6= ∅, il existe c∗ ∈ CTU (x) vériant u(x) = E ∗ .
t∈T Ut (ct )
La preuve repose sur le résultat de fermeture déjà énoncé et sur une adaptation du schéma
de preuve d'existence directe utilisé dans [KrSc03]. Cependant cette approche nécessite de
montrer au préalable un résultat de dualité abstrait sur le problème d'optimisation dont la
preuve est très spécique au cadre univarié. Nous contournons cette diculté en introduisant
un problème de contrôle auxiliaire.
Dans [7], on étudie les conditions d'absence d'opportunité d'arbitrage NAw , NAs et NAr
décrites dans la sous-section 1.1 dans un modèle dans lequel l'agent nancier possède une
information diérente de celle générée par les processus de taux de change entre actifs. On
suppose que la ltration de l'agent H = (Ht )t∈T est quelconque et non plus nécessairement
égale à F comme dans les modèles habituellement considérés. Dans l'Exemple 1.1, cela revient
à ne plus supposer que la ltration de l'agent contient celle générée par le processus π . Une
telle situation est typiquement celle d'un petit investisseur qui n'a pas un accès direct à
l'information sur les prix. C'est aussi le cas lorsque les ordres sont exécutés avec un délai, et
I.1 Modèles avec coûts de transaction... 11
à un prix qui n'est pas nécessairement le même que celui observé au moment du passage de
l'ordre, voir par exemple [ChGa03].
En l'absence de friction, la caractérisation de l'absence d'opportunité d'arbitrage en temps
discret est facilement établie en suivant presque ligne par ligne la preuve de [KaSt01]. Dans
[KaSt03], il est montré que l'absence d'opportunité d'arbitrage est équivalente à l'existence
d'une mesure Q ∼ P telle que la (H, Q)-projection optionnelle des prix est une (H, Q)-
martingale. L'objectif de [7] est d'étendre ce résultat aux marchés avec coûts de transaction
proportionnels.
nancière à travers les quantités nettes achetées ou vendues et il faut revenir à la notion
d'ordres simples.
Etant donné un ensemble convexe fermé O de Md , on dit que η est processus d'ordre simple
s'il appartient à L0 (O; H). Typiquement η ij représente un ordre d'achat de |η ij | unités d'actif
j contre de l'actif i s'il est positif et un ordre de vente de |η ij | unités d'actif j contre de l'actif
i s'il est négatif. L'impact sur le portefeuille (en unités physiques) d'un ordre est mesuré par
un processus de conversion F = (Ft )t , i.e. une suite d'applications aléatoires de Md dans Rd
F -mesurable telle que, pour tout t, Ft est P − p.s. continue et vérie, P − p.s., les propriétés
d'homogénéité et de concavité suivantes
Ft (η), η ∈ L0 (O; Ht )
ξt ∈ −Kt := , t∈T.
Enn, on suppose que les ordres d'échange à l'achat et à la vente entre deux mêmes actifs
s'annulent dans le sens où
HO : 1. F (±eij ) = 0 si ±eij ∈
/ O, i, j ≤ d.
2. F (η) = i,j (η ) F (eij ) + (η ij )− F (−eij ) pour tout η dans L0 (Md ).
P ij +
Ici, eij est la matrice de Md+ dont la composante (k, l) vaut 1(i,j)=(k,l) .
NAw : AT (0) ∩ L0 (Rd+ ) = {0} et NAs : At (0) ∩ (Kt + L0 (Rd+ )) ⊂ Nt pour tout t ∈ T .
On dénit l'absence d'opportunité d'arbitrage robuste, NAr , comme l'existence d'un pro-
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1. Gt (ηt ) ≥ Ft (ηt )
h i
/ Nt ⇒ P ∃ k tel que Gkt (ηt ) > Ftk (ηt ) > 0
2. Ft (ηt ) ∈
3. NAw est vériée par G.
Théorème 1.5 Sous NAr , AT (0) est fermé en probabilité et ZH est non-vide. Si ZH est
non vide alors NAw , NAs et NAr sont vériées.
On montre en outre que la première assertion reste vraie si l'on remplace NAr par NAs
dès que l'on fait l'hypothèse de frictions eectives : N = {0}. On propose également une
représentation alternative de l'ensemble ZH en terme de cônes de solvabilité projetés qui
permet de faire le lien avec l'ensemble de variables duales Z introduit dans la sous-section
1.1. Enn, on étudie les implications de ce théorème dans diérents modèles spéciques. On
I.2 Relations de dualité en nance... 13
montre en particulier que notre condition d'absence d'opportunité d'arbitrage robuste est
équivalente à celle de [Sc04].
Note : Ce travail a été ré-écrit dans un cadre abstrait par [DeKaS06]. Leur approche consiste
à remplacer F par un opérateur linéaire qui s'avère un peu plus exible. Ils énoncent égale-
ment une formulation duale pour le problème de sur-réplication qui découle de la propriété de
fermeture de AT (0) et d'arguments similaires à ceux déjà employés pour obtenir le Théorème
1.5.
ment contribué à clarier la situation lorsque la fonction d'utilité est régulière, donnant des
conditions nécessaires et susantes pour l'existence d'une solution au problème dual et au
problème primal.
La série d'articles présentés ci-après s'intéresse à des extensions non-triviales de ces tra-
vaux lorsque :
1. on tient compte de la présence de coûts de transaction dans des marchés multivariés
([2], [4], [19], [20], [21]),
2. la fonction d'utilité n'est pas régulière, ce qui est le cas lorsque l'on considère des
critères de minimisation de l'erreur de couverture ([6]),
3. l'horizon de temps est aléatoire et/ou l'utilité dépend de la trajectoire de la richesse
et non plus seulement de sa valeur terminale ([8]).
Enn, on étudie une relation de polarité sur L0 qui permet de mieux comprendre la
nature des problèmes duaux apparaissant dans cette théorie ([5], [11]).
Existence et dualité
Dans [21] et [4], on considère un marché nancier avec coûts de transaction proportionnels
en temps continu. Les actifs risqués sont modélisés par une semi-martingale S = (S 1 , . . . , S d )
à composantes strictement positives. Ici S 1 est pris comme numéraire et est normalisé
S 1 ≡ 1. Les coûts de transactions sont représentés par une matrice à coecients positifs
Λ = (λij )i,j≤d : si on achète de l'actif j en échange de l'actif i, on paie un coût proportionnel
à la transaction de coecient λij en actif i. Une dotation initiale est un vecteur x ∈ Rd ,
chaque composante xi représentant un avoir en actif i, en terme de numéraire. Pour mo-
déliser la dynamique des portefeuilles nanciers, on suit l'approche introduite par [Ka99]
et [KaLa02]. Une stratégie nancière est décrite par un processus matriciel L = (Lij )i,j≤d
adapté à variation bornée, continu à droite, dont chaque composante est positive, croissante
et tel que L(0−) = 0. Le portefeuille X x,L induit par la dotation initiale x et la stratégie L
I.2 Relations de dualité en nance... 14
t i d
Xr−
Z
ji ij
X
Xti =x+ i
dS i
r + Lt − (1 + λ ij
)Lt , i≤d.
0 Sr− j=1
Xd
`(x) := sup w ∈ R : xi + (aji − (1 + λij )aij ) ≥ w1i=1 , i ≤ d .
j=1
Autrement dit, `(X −G) est la quantité maximale de numéraire que l'on peut obtenir à partir
de la richesse X après livraison de l'actif contingent G. Le cône convexe fermé polyèdral
n o
K := x ∈ Rd : `(x) ≥ 0 ,
correspond à l'ensemble des portefeuilles qui permettent d'obtenir une quantité d'actif 1
positive une fois soldées toutes les autres positions en actifs risqués. C'est ce que l'on appelle
la région de solvabilité.
L'étude de (2.1) pose plusieurs dicultés. Jusqu'alors les problèmes de gestion optimale
avec coût de transactions proportionnels n'avaient été étudiés que dans le cadre univarié ou
dans des modèles n'autorisant pas d'échanges directs entre les actifs risqués, voir [CvKa96],
[CvWa01] et [Gu02] pour des résultats d'existence généraux, et, [HoNe89], [DaPaZ93] et
[BaSo96] pour des approches par EDP.
Dans cet article, nous utilisons les théorèmes de sur-réplication obtenus par [Ka99] et [KaLa02]1
pour les marchés comprenant plusieurs actifs risqués qui peuvent être échangés directement
sans passer par un numéraire, voir [JoKa95] et [CvKa96] pour le cas univarié. En particulier,
on se restreint aux hypothèses faites dans le second papier : S est continue, il existe une me-
sure martingale équivalente pour S , K o (le polaire positif de K au sens de l'analyse convexe)
est d'intérieur non vide. Cette dernière condition est équivalente à : λij + λji > 0 pour tout
(i, j). Ceci implique qu'il n'existe pas de couple d'actifs pouvant être librement échangés.
Par ailleurs, le problème (2.1) est mal posé. En eet, il est bien connu en nance mathéma-
tique qu'il est nécessaire d'imposer une borne inférieure au processus de richesse de manière
à éviter les arbitrages obtenus en suivant des stratégies de type doubling strategies. Il est
donc nécessaire de restreindre le problème (2.1) à une sous-classe Xb (x) de X (x). De manière
1
Ces travaux ont été très récemment étendus aux processus non continus par [CaSc06].
I.2 Relations de dualité en nance... 15
naturelle, on pourrait imposer que la valeur liquidative d'un portefeuille soit uniformément
bornée inférieurement,
n o n o
Xb (x) := XTx,L , L ∈ Ab où Ab := L ∈ A : ∃ c > 0, `(Xt0,L ) ≥ −c ∀ t ≤ T .
Toutefois, la fonction d'utilité U étant nie sur R, il est clair que le problème
n'a aucune raison d'avoir une solution dans Xb (x). An de mieux poser le problème d'opti-
misation, on suit une approche similaire à celle de [Sc01]. On relaxe le problème en cherchant
une solution dans XU (x) déni comme l'ensemble des éléments X ∈ L0 (Rd ) tels qu'il existe
une suite (X n )n≥1 de Xb (x) vériant
Dans [21] et [4], on suit l'approche par dualité initialement introduite par [CoHu89] et
[KaLeSX91] pour les marchés nanciers sans friction. Cette approche permet de substi-
tuer au problème de contrôle (dynamique) initial un problème de contrôle (dual) statique.
En marchés complets, elle permet une résolution quasi-explicite (à un paramètre près, que
l'on peut en général au moins estimer par des techniques de type Monte-Carlo). En marchés
incomplets, elle peut également permettre de se ramener à un problème plus simple à traiter
numériquement (voir e.g. [Mn02]). D'une marnière générale, elle a été jusqu'à très récemment
utilisée pour obtenir des résultats d'existence généraux.
D'après [Ka99] et [KaLa02], il existe une dualité naturelle entre Xb (x) et l'ensemble Z des
processus Z à valeurs dans K o tels que (Z i S i )i≤d est une martingale. Leur résultat essentiel
implique que, sous certaines hypothèses,
L'ensemble Z est une extension naturelle de l'espace des densités de mesure martingale
(locale) qui apparaît dans les modèles sans friction. Etant donnée (2.4), il serait naturel de
considérer le problème dual
h i
ū(y; G) = inf E Ũ (ZT1 ) − ZT0 G . (2.5)
Z∈Z, Z0 =y
Y ∈ L0 (K o ) : E Y 0 X ≤ y 0 x ∀ X ∈ X (x) ∩ L0 (K)
Y(y) := .
I.2 Relations de dualité en nance... 16
Dans [21], on se concentre sur l'utilité exponentielle : U (z) = −e−ηz avec η > 0. Dans [4],
on considère le cas où U est une fonction strictement concave, C 1 , vériant les conditions
d'Inada : U 0 (−∞) = ∞ et U 0 (∞) = 0. On travaille sous les hypothèses d' élasticité asympto-
tique raisonnable introduites par [KrSc99] et [Sc01]. Celles-ci sont nécessaires pour obtenir
un résultat d'existence général, voir [GuSc04] pour les modèles avec coûts de transaction
lorsque U est dénie sur R+ . On montre que pour tout x ∈ Rd :
1. il existe une solution X∗ à (2.3),
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pG
η (x) := inf {p ∈ R : u(x + pe1 ; G) ≥ u(x; 0)} , e1 = (1, 0 . . . , 0) .
pG E Y 0 G − η −1 Y 1 ln(Y 1 ) − y 0 x + E η −1 Y 1 ln(Y 1 ) + y 0 x
η (x) = sup inf
(y,Y )∈Yη (y,Y )∈Yη
de sur-réplication lorsque la dotation initiale est nulle. Ce résultat avait été conjecturé dans
[BaSo96]. Dans le cas général, on obtient
où XS (x) est l'ensemble des valeurs terminales des portefeuilles X x,L tels qu'il existe cL ≥ 0
pour lequel X x,L − cL S ∈ K . Ce résultat requiert une hypothèse technique supplémentaire
qui nous assure que le théorème de sur-réplication de [Ka99] et [KaLa02], dont (2.4) est une
forme particulière, peut-être ré-écrit en terme de l'ensemble Yη .
Cette propriété avait déjà été établie dans le document de travail [19] dans un modèle de
diusion browienne markovien. L'approche était complètement diérente et reposait sur
la dérivation puis l'étude du comportement asymptotique d'équations d'Hamilton-Jacobi-
Bellman, prises au sens de la viscosité. Dans la note [20], le résultat précédent est étendu
à une plus large classe de fonctions d'utilité. Des résultats similaires ont été obtenus par
tel-00116933, version 1 - 29 Nov 2006
jectoire de la richesse
Dans [6] et [8], on considère un marché nancier sans friction. Les prix des actifs nanciers
sont modélisés par une semi-martingale localement bornée S à composantes strictement
positives. On suppose que le premier actif joue le rôle d'un numéraire, i.e. S 1 = 1. Un
Rt
processus de richesse s'écrit alors Xtx,θ := x + 0 θr0 dSr , où x ∈ R est la dotation initiale et
θ ∈ L(S), l'ensemble des processus prévisibles, S -intégrables. Par la suite on notera
n o
X (x) := XTx,θ , θ ∈ L(S) .
Utilités non-régulières
Il est généralement supposé que la fonction d'utilité est C 1 ce qui ne permet pas d'englober
les problèmes de minimisation de l'erreur de couverture du type
E V [G − X]+ , G ∈ L∞ (R) ,
inf
X∈X (x)
voir par exemple [Cv99], [FoLe00] et [Ph02]. L'objectif de [6] est d'étendre les résultats
généraux obtenus dans [KrSc99] et [KrSc03] au cas où U n'est pas C 1 mais simplement
croissante et concave.
Lorsque la fonction d'utilité U a un domaine borné inférieurement, on suit l'approche de
[DePhT02] qui consiste à approcher Ũ par une suite (Ũn )n construite par inf-convolution.
I.2 Relations de dualité en nance... 18
Ceci nous permet de montrer l'existence d'une solution au problème dual associé à chaque
Ũn . Lorsque la fonction U est nie sur R, on procède comme dans [Sc01] et [4], i.e. on
approche U par une suite de fonctions (non régulières) à domaines bornés inférieurement.
Comme dans [DePhT02], on écrit les conditions d'Inada et d'élasticité asymptotique raiso-
nable sur la transformée de Fenchel Ũ et non sur U directement.
On a déjà remarqué dans la partie précédente que l'utilisation de portefeuilles uniformément
bornés inférieurement ne permet pas d'obtenir un résultat d'existence lorsque U est nie sur
R. Dans [DeGrRSSS02] et [Sc03], les auteurs proposent diérentes classes de stratégies et
montrent qu'elles sont équivalentes dans le sens où les valeurs d'utilité espérée maximales
sont les mêmes. Dans [6], on étend également ce résultat au cas non-régulier.
forme
Z T
u(x) := sup E U (Xt )dFt , (2.7)
0
où U est C 1 dénie sur (0, ∞), vérie les conditions d'Inada, et F admet une décomposition
de la forme
Z t p
X
Ft = fu du + αi 1τi ≤t 1τi <T + hT 1t=T , 0 ≤ t ≤ T,
0 i=1
où f est adaptée, positive et continue à droite, les τi sont des temps d'arrêts, les αi des
coecients strictement positifs et hT est une variable aléatoire FT -mesurable, positive et
bornée.
La maximisation dans (2.7) se fait sur le sous-ensemble XU (x) de l'espace X+ (x) des processus
R·
positifs de la forme x + 0 θr0 dSr , θ ∈ L(S), qui vérient
Z T
−
E U (Xt ) dFt < ∞ .
0
On suppose comme dans [KrSc03] que le problème est ni pour tout y > 0. Ce qui est
impliqué par la condition d'élasticité asymptotique raisonnable de [KrSc99] et la nitude,
en au moins un point, de u. Sous ces conditions, on retrouve les résultats d'existence et de
dualité obtenus dans le cas usuel où Ft = 1t=T . Notre approche dière de celle retenue dans
[6] qui suit l'approche classique consistant à prouver l'existence dans le problème dual puis
à utiliser des techniques de type calcul des variations sur celui-ci pour dériver la solution du
problème primal, voir [KaLeSX91]. La raison est la suivante : on peut prouver l'existence
d'une solution Ŷ associée à ũ(ŷ) où ŷ vérie u(x) = ũ(ŷ) + ŷx. On peut également suivre
tel-00116933, version 1 - 29 Nov 2006
l'approche par calcul des variations usuelle et montrer que X̂ = −Ũ 0 (Ŷ ) vérie
Z T
E X̂t Yt dFt ≤ yx
0
pour tout Y ∈ Y(y) et y > 0. Si l'on pouvait montrer que X̂ est cadlag, il ne serait pas très
dicile d'en déduire que X̂ ∈ XU (x). Malheureusement, cela reviendrait à montrer que Ŷ
est cadlag. Or, même si l'on redénissait Y en se restreignant à des processus cadlag, il n'y
a aucune raison pour que l'argument minimum dans ũ soit aussi régulier. Autrement dit, on
n'arrive pas à en déduire que X̂ ∈ XU (x).
Pour contourner cette diculté, on commence par montrer la dualité entre u et ũ en
s'inspirant de techniques introduites par [KrSc03]. Puis on montre directement l'existence
d'une solution au problème primal. Ensuite, on utilise une approche par calcul des variations
mais cette fois-ci sur le problème primal. Ceci nous permet de montrer l'existence d'une
solution au dual et de retrouver la relation habituelle entre les deux solutions. On en déduit
en même temps que la solution du problème dual est bien cadlag.
On étudie un exemple correspondant à un marché nancier complet dans lequel la solution
peut-être explicitée. On prouve également un théorème de bipolarité qui permet d'étendre à
notre cas le résultat (iv) du Théorème 2.2 de [KrSc99], voir la section suivante.
C o := {X ∈ L0 (R+ ) : E [XY ] ≤ 1 ∀ Y ∈ C} .
La motivation initiale vient de la nance où il existe une dualité naturelle entre l'en-
semble des valeurs terminales de portefeuille et les densités de mesures martingales (locales)
équivalentes, voir [DeSc94]. En particulier, l'ensemble des variables duales qui apparaissent
dans les problèmes de maximisation d'utilité est une extension de l'ensemble de ces densités
qui correspond en fait exactement à son bipolaire. Un des objectifs de [BrSc99] est de clarier
la structure de ce bipolaire. Le résultat principal est qu'il coïncide avec l'enveloppe convexe
solide fermée de l'ensemble de départ.
On a également vu dans la section 2.1 que, dans les modèles avec coûts de transaction
proportionnels, la notion de densité de mesure martingale doit être remplacée par celle de
martingale d-dimensionnelle à valeurs dans un cône convexe fermé. La formulation duale
de l'ensemble des actifs contingents sur-réplicables faisant intervenir les valeurs initiales et
terminales de ces processus, voir (2.4). On retrouve ainsi, après normalisation, une relation
de polarité similaire à celle décrite ci-dessus à condition de considérer un espace du type
L0 (Γ) où Γ est un cône convexe fermé de Rd+ . Dans [5], on montre que les résultats obtenus
tel-00116933, version 1 - 29 Nov 2006
C (G, o) := X ∈ L0 (Γo ) : E X 0 Y | G ≤ 1 ∀ Y ∈ C
Ici Γo est le polaire positif de Γ au sens de l'analyse convexe et son bipolaire positif Γoo
coïncide simplement avec Γ, voir [Ro70].
Lorsque Γ = R+ , ce problème a été étudié par [Zi02] qui étend à ce cadre, mais sous
des hypothèses un peu fortes, le résultat de bipolarité de [BrSc99]. Il s'agit d'une étape vers
la démonstration d'une version dynamique du théorème de bipolarité appelé théorème de
bipolarité ltré. Une application de ce résultat dynamique en nance est décrite dans [Zi02].
Dans [11], nous étendons cette version conditionnelle au cadre multivarié et nous aaiblissons
les hypothèses de [Zi02].
Avant d'énoncer notre principal résultat, nous avons besoin d'introduire les dénitions
suivantes.
Dénition 2.6 Soit D ⊂ L0 (Γ). On dit que D est Γ-solide si pour tout Y ∈ D et Ỹ ∈ L0 (Γ) :
Y − Ỹ ∈ Γ P − p.s. ⇒ Ỹ ∈ D . On dit que D est G -convexe si : hY1 + (1 − h)Y2 ∈ D , ∀ h ∈
L0 ([0, 1]; G) et Y1 , Y2 ∈ D .
Dans la suite, on supposera que : ri(Γ) 6= ∅ et Γ ∩ ∂[0, ∞)d = {0}. Notre résultat principal
repose également sur l'une des deux hypothèses suivantes :
H1 : convG (C) ∩ L0 (ri(Γ)) 6= ∅ où convG (C) est l'enveloppe G -convexe de C .
ou
I.2 Relations de dualité en nance... 21
G G
H2 : {Y 1{Y ∈ri(Γ)}
/ , Y ∈ C } est borné en probabilité, où C est l'enveloppe fermée (en
probabilité), G -convexe et Γ-solide de C .
On peut remarquer que l'hypothèse H2 est toujours vériée lorsque Γ = R+ , cas étudié
par [BrSc99] et [Zi02], ce dernier supposant de surcroît que C est borné en probabilité.
S'appuyant sur des résultats déjà obtenus dans [5], on montre dans [11] le résultat suivant.
Dans ce chapitre, on étudie trois problèmes de cible stochastique. En nance, ils s'in-
terprètent comme des problèmes de sur-réplication sous contraintes de portefeuille ou en
présence de coûts de transaction proportionnels. Dans les deux premières sections ([3] et
[17]), l'objectif est de caractériser la fonction valeur comme solution discontinue de viscosité
d'une équation d'Hamilton-Jacobi-Bellman. Dans la dernière section ([1] et [15]), la dériva-
tion des équations ne sert que d'étape intermédiaire. Elles permettent d'établir un certain
nombre de propriétés vériées par la fonction valeur, et nalement d'en déduire une formu-
lation explicite.
22
II.1 Cibles stochastiques, diusions mixtes... 23
ν ν
ν
0
Yt,z (s) = r s, Zt,z (s), ν(s) ds + a s, Zt,z (s), ν(s) dW (s)
Z
ν
+ b s, Zt,z (s−), ν(s), e µ(de, ds) .
E
Ici, W est un mouvement brownien d-dimensionnel et µ est une mesure de Poisson associée à
l'espace de marques E ⊂ Rm . Les fonctions ρ, α, β , r, b et a sont continues, lipschitziennes à
croissance linéaire en leur seconde variable, uniformément par rapport aux autres, et bornées
en e ∈ E . Le problème consiste à caractériser l'ensemble
ν ν
Γ(t, x) := y ∈ R : ∃ ν ∈ U, Yt,x,y (T ) ≥ g Xt,x (T ) ,
En nance, l'étude de la fonction u repose généralement sur une formulation duale qui
permet de se ramener à un problème de contrôle écrit sous une forme standard. En utilisant
des techniques classiques de programmation dynamique, elle permet de caractériser u comme
solution d'une équation d'Hamilton-Jacobi-Bellman. Mais une telle formulation n'est pas
toujours disponible. C'est le cas en particulier pour les problèmes de couverture de grands
investisseurs dont la stratégie ν peut inuencer l'évolution du sous-jacent X . C'est également
le cas pour les problèmes de couverture sous contrainte gamma étudiés dans [SoTo00], voir
également [SoTo04] et [SoTo05]. C'est enn le cas pour une plus grande variété de questions
liées à la couverture de risques exogènes, comme celle de la gestion optimale de provisions
que nous étudions dans [3].
Pour caractériser u comme solution d'une équation d'Hamilton-Jacobi-Bellman, il faut
alors avoir recours à un principe de programmation dynamique directement écrit sur le
problème de cible. Dans notre cadre il s'énonce sous la forme suivante.
Une version générale de ce principe est démontrée dans [SoTo02]. Dans [3], on l'établit
sous l'hypothèse : pour tout (t, x, y, ỹ) ∈ [0, T ] × Rd × R × R,
ỹ ≥ y et y ∈ Γ(t, x) =⇒ ỹ ∈ Γ(t, x) .
ν ν
d Yt,x,y (t) − u(t, Xt,x (t) ) ≥ 0 ,
Il est également clair que la partie brownienne de la diérence doit absolument être nulle.
Autrement dit, si on suppose que l'application ν 7→ α−1 (t, x, ν)a(t, x, y, ν) est inversible
d'inverse ψ(t, x, y, ·) pour tout (t, x, y) ∈ [0, T ] × Rd × R, alors ν(t) doit coïncider avec
ψ(t, x, u(t, x), Du(t, x)). Si U est convexe et δ désigne sa fonction support :
δ(ζ) := sup ζ 0 ν̄ , ζ ∈ Rd ,
ν̄∈U
où Ũ1 est la restriction à la boule unité de Ũ := dom(δ) (ici il s'agit simplement de la boule
unité mais on se re-servira de cette notation dans la section suivante). Autrement dit, on
doit avoir Hu
b ≥ 0 avec
Hu(t,
b ν ν,e
x) := min L u(t, x) ; inf G u(t, x) ; χ(ν) pour ν = ψ(t, x, u(t, x), Du(t, x)) .
e∈E
Il est également clair que l'une de ces inégalités doit être saturée. Dans [3], on montre
que cette équation est vériée au sens de la viscosité.
1
Le cas général a été étudié sous ma direction par Nicolas Saintier qui vient de nir une thèse à l'Institut
de Mathématiques de Jussieu.
II.1 Cibles stochastiques, diusions mixtes... 25
Théorème 1.9 Si u est localement bornée, alors elle est solution de viscosité discontinue
sur (0, T ) × Rd de Hϕ = 0 .
b
où
Tb ϕ(x) := min inf G ν,e ϕ(T, x) ; χU (ν) pour ν = ψ(T, x, ϕ(x), Dϕ(x)) .
e∈E
tel-00116933, version 1 - 29 Nov 2006
Ici g∗ et g ∗ sont les enveloppes sci et scs de g . La diculté majeure par rapport au travail
de [SoTo02], qui considère le cas où b = β = 0, réside dans la preuve de la partie sous-solution
où il faut contrôler les trajectoires des processus, ici discontinues, au sens presque sur.
Lorsque a = α = 0, la contrainte sur le contrôle ν due à la présence du mouvement
brownien disparaît et on obtient un résultat plus simple.
Théorème 1.11 On suppose que a = α = 0. Si u est localement bornée, alors elle est
solution de viscosité discontinue sur (0, T ) × Rd de
ν ν,e
sup min L ϕ(t, x) ; inf G ϕ(t, x) = 0 .
ν∈U e∈E
On peut remarquer que les conditions au bord en T sont maintenant énoncées dans un sens
fort (et non au sens de la viscosité). Ceci est naturel puisque ces conditions ne font plus
intervenir de termes locaux de dérivée.
Moyennant certaines hypothèses supplémentaires, on montre dans [3] que, si g est conti-
nue et a = α = 0, alors G := G = Ḡ est la plus petite solution de l'équation H∗ = 0.
Enn, on étudie plus particulièrement deux exemples d'application. Le premier correspond au
problème de sur-réplication dans un modèle à volatilité stochastique, dirigée par un processus
de sauts, et dans lequel un dividende aléatoire, également dirigé par un processus de sauts, est
payé à une date xe. Le second correspond à un problème de gestion optimale de provisions
pour une entreprise industrielle qui peut se couvrir contre un risque (dont la réalisation est
modélisée par un processus de Poisson) soit en s'assurant soit en investissant de manière à
réduire ce risque.
II.2 Options à barrière et contraintes convexes 26
Ici, σ est supposée continue, bornée et d'inverse localement bornée, et (t, x) 7→ diag [x] σ(t, x)
est lipschitzienne.
Du point de vue nancier, X modélise le processus de prix de d actifs risqués sur un
marché où l'actif sans risque est pris comme numéraire, Yyν est le processus de richesse associé
à la dotation initial y ∈ R et à la stratégie ν appartenant à l'ensemble U des processus
prévisibles presque sûrement de carré intégrable tels que ν ∈ U dt × dP-p.p., où U est
maintenant un cône convexe fermé de Rd .
En nance, les contraintes de portefeuille apparaissent naturellement lorsque certains ac-
tifs ne peuvent être vendus à découvert. Elles peuvent également être imposées par l'agent
nancier lorsqu'il veut éviter d'investir une part trop importante de sa richesse dans cer-
tains actifs risqués. C'est typiquement le cas pour les options dont le prol de paiement est
discontinu ou pour les options barrière pour lesquelles suivre une stratégie de couverture
sans contrainte de type Black et Scholes peut conduire à acheter ou vendre une très grande
quantité de sous-jacents.
Lorsque O = Rd et σ est constante, le résultat remarquable de [BrCvS98] montre que
le problème de couverture sous contrainte est équivalent à un problème de couverture sans
contrainte dans lequel la fonction g est remplacée par une fonction ĝ qui la domine et qui
permet d'adopter une couverture satisfaisant automatiquement la contrainte. On parle de
face-lifting. Dans un modèle de diusion markovienne, [CvPhT99b] étend ce résultat et
donne une caractérisation en terme d'équations d'Hamilton-Jacobi-Bellman de la fonction
valeur associée, voir également le survey de [SoTo04].
L'objectif du papier [17] est de généraliser [CvPhT99b] au cas O = 6 Rd , ou encore O∗ :=
O ∩ (0, ∞)d 6= (0, ∞)d , puisque X est à composantes strictement positives. D'après les
II.2 Options à barrière et contraintes convexes 27
où
∂ 1
δ(ρ)ϕ(t, x) − ρ0 diag [x] Dϕ(t, x) , Lϕ(t, x) = ϕ(t, x) + Tr σσ 0 D2 ϕ(t, x) .
Hϕ(t, x) = inf
ρ∈Ũ1 ∂t 2
Par ailleurs, les résultats de [CvPhT99b] indiquent que la condition au bord en T devrait
s'écrire
donc à fournir une condition sur le bord du domaine en espace (0, T ) × ∂O∗ où ∂O∗ :=
∂O ∩ (0, ∞)d . Le résultat obtenu par [ShScW02] dans le modèle de Black et Scholes montre
que la condition naturelle au bord g(t, x) n'est en générale pas satisfaite de manière continue
à cause de la contrainte imposée sur le portefeuille. D'un point de vue mathématique, cela
s'exprime sous la forme d'une condition relaxée
Autrement dit, soit la condition naturelle au bord est satisfaite, soit la contrainte sur le
contrôle ν est saturée. Intuitivement, la contrainte Hu(t, x) ≥ 0 implique également un
lifting de g ce qui devrait permettre de ré-écrire cette condition sous la forme
où Ō∗ := Ō ∩ (0, ∞)d . Toutefois, il est assez facile de voir que B ne peut admettre de
sur-solution du fait de la condition sur ∂x D∗ qui est mal dénie. De manière à résoudre ce
problème, on introduit un autre opérateur
(
Bϕ on D ∪ ∂T D∗
Bd ϕ := ,
min {ϕ − ĝ , Hd ϕ} on ∂x D∗
avec
n o
Hd ϕ(t, x) = inf δ(ρ)ϕ(t, x) − ρ0 diag [x] Dϕ(t, x), ρ ∈ Ũ1 (x, Ō) ,
où
n o
Ũ1 (x, Ō) := ρ ∈ Ũ1 : ∃ λ0 > 0 t.q. λρ ∈ Ũ (x, Ō)∀λ ∈ [0, λ0 ] .
Dénition 2.12 On dit qu'une fonction localement bornée w est solution de viscosité dis-
Remarque 2.13 Il serait naturel d'utiliser la notion usuelle de conditions au bord au sens
de la viscosité pour les solutions discontinues, voir par exemple la Dénition 7.4 de [CrIsL92].
Dans ce cas, il faudrait introduire les opérateurs
(Bd )+ ϕ(t, x) = max {Bd ϕ(t, x) , min {−Lϕ(t, x), Hϕ(t, x)} }
et
An d'obtenir une première caractérisation, nous avons besoin de conditions supplémentaires
sur l'espace des contraintes U que l'on écrit sur Ũ (x, O) :
HK̃ : (i) Pour tout x ∈ O, ρ ∈ Ũ (x, O) implique λρ ∈ Ũ (x, O) pour tout λ ∈ [0, 1).
(ii) Pour tout x ∈ O, la fermeture de Ũ (x, O) est égale à Ũ (x, Ō).
(iii) Si (xn )n est une suite de O convergeant vers x ∈ ∂O et ρ ∈ Ũ (x, Ō)
alors il existe une suite ρn → ρ telle que, à une sous-suite près,
ρn ∈ Ũ (xn , Ō) ∀ n ≥ 1.
II.2 Options à barrière et contraintes convexes 29
Ces hypothèses sont généralement vériées dans les applications nancières. On a également
besoin d'hypothèses de régularité et de croissance sur g :
(iii) ĝ est semi-continue supérieurement sur [0, T ] × (0, ∞)d et à une croissance linéaire.
On suppose en outre que g ≥ 0 sur O ∩ (0, ∞)d et que g = 0 sur [0, T ] × Ōc .
d
!
∃ C > 0 t.q. ∀ (t, x) ∈ D̄∗ : |w(t, x)| ≤ C
i
Y
1 + (xi )γ̄ . (2.2)
i=1
H0 : (i) Soit Ō est borné, soit ∃ % > 1 t.q. %γ̄ ∈ U ∩ (0, ∞)d ,
(ii) int(U ) 6= ∅, et, soit 0 ∈ int(U ), soit Ō ∩ ∂Rd+ = ∅,
0
(iii) ∀ x ∈ ∂O∗ ∃ ρ ∈ K̃1 t.q. Dd(x) diag [x] ρ > 0.
positifs, ce problème a largement été étudié depuis la fameuse conjecture de Davis et Clark
[DaCl94] selon laquelle la stratégie de couverture devrait consister à acheter immédiatement
une certaine quantité de sous-jacent puis à ne plus faire de transaction jusqu'à la maturité de
l'option. C'est ce que l'on appelle une stratégie buy-and-hold. Ce résultat a été démontré
à diérents niveaux de généralité par [SoShC95], [LeSk97] et [CvPhT99] dans des modèles
ne comportant qu'un actif risqué.
Notre contribution est double. Dans [1], on obtient une extension, non triviale, des résul-
tats de [CvPhT99] aux cas de plusieurs sous-jacents. Dans [15], on améliore ces résultats en
considérant un modèle dans lequel il n'y a pas de coûts de transaction entre certains actifs.
Il s'agit d'une situation qui, à notre connaissance, n'avait jamais été considérée jusqu'alors
dans la littérature sur les modèles en temps continu. Par la suite, on se place dans le cadre
de [15], le résultat obtenu dans [1] pouvant être considéré comme un cas particulier.
Marché nancier
On considère un marché constitué de trois types d'actif. On suppose tout d'abord qu'il
existe un actif sans risque Q0 que l'on prend comme numéraire : Q0 ≡ 1. On considère
ensuite un vecteur de m actifs risqués P = (P 1 , . . . , P m ) qui peuvent être négociés librement,
i.e. sans payer de coûts de transaction. Enn, on considère un vecteur de d actifs risqués
Q = (Q1 , . . . , Qd ) dont la négociation est soumise à des coûts de transaction proportionnels.
Suivant la modélisation proposée par [Ka99], on suppose que l'on peut faire des transactions
directes entre les actifs Qi . Typiquement, on peut voir P comme un vecteur d'actifs négociés
sur un marché domestique alors que les Qi correspondent à des devises étrangères.
La dynamique du vecteur des actifs risqués S = (P, Q) est de type Black-Scholes à
volatilité locale :
Z t
S(t) = S(0) + diag [S(t)] σ(t, S(t))dW (t) ,
0
Processus de richesse
Un portefeuille est un processus X = (X 0 , X 1 , . . . , X d ) à valeurs dans Rd+1 . Chaque
composante X i correspond au montant investi dans l'actif Qi correspondant. Si on modélise
la quantité d'actifs P détenue par un processus prévisible φ et si on suppose qu'il n'y a pas
d'échanges faisant intervenir les actifs non librement échangeables Q1 , . . . , Qd , la dynamique
de la richesse est donnée par
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Z t Z t i
0 X (r)
0 0
X (t) = X (0) + φ(r) dP (r) et X (t) = X (0) +
i i
i (r)
dQi (r) , i = 1, . . . , d .
0 0 Q
Pour modéliser les transactions faisant intervenir les actifs Q1 , . . . , Qd , on suit l'approche de
la section I.2.1., i.e. on modélise le montant cumulé transféré entre les actifs Qi et Qj par un
processus Lij croissant continu à droite de valeur initial Lij (0−) = 0. Ceci conduit à dénir
le processus de richesse comme solution de
Z t d
X
0 0 0
j0
L (t) − (1 + λ0j )L0j (t)
X (t) = X (0−) + φ(r) dP (r) +
0 j=1
t d
X i (r)
Z X
i i i
ji
L (t) − (1 + λij )Lij (t) , i = 1, . . . , d .
X (t) = X (0−) i
dQ (r) +
0 Q (r)
j=0
Encore une fois, il s'agit d'un problème de cible stochastique mais cette fois-ci les contrôles
sont mixtes. L'objectif de [1] et [15] est de prouver dans ce cadre multivarié la conjecture de
Davis et Clark émise pour le cas m = 0 et d = 1 :
tel-00116933, version 1 - 29 Nov 2006
où G est le payo d'une nouvelle option ne dépendant que de P (T ), ∆ ˆ est la quantité d'actif
Q correspondant à la stratégie buy-and-hold optimale et c(diag[∆]Q(0)) ˆ est le coût de
ˆ
constitution, en numéraire, du portefeuille diag[∆]Q(0) à la date initiale. La couverture se fait
donc en conservant en portefeuille ∆ ˆ i unité de Qi pour i ≥ 1 et en couvrant dynamiquement
l'option G(P (T )) avec les actifs P j qui peuvent être échangés librement.
Le résultat de [1] correspond au cas où m = 0, ce qui revient à ne pas faire dépendre g de
P (T ). Il est obtenu par des techniques de type viscosité. Dans un premier temps, on introduit
une famille contrôlée de marchés ctifs dans lesquels il n'y a pas de coût de transaction et
tels que les taux d'échange entre les actifs évoluent dans les intervalles de prix du modèle
avec coûts de transaction. On redénit les prix de sur-réplication associés à chaque marché
et on considère le sup de ces prix sur l'ensemble des marchés ctifs. Cela fournit une borne
inférieure naturelle pour p. On dérive ensuite l'équation d'Hamilton Jacobi Bellman associée
II.3 Sur-réplication et coûts de transaction proportionnels 33
à cette borne inférieure, en utilisant le principe de programmation dynamique pour les pro-
blèmes de cibles stochastiques de [SoTo02]. Dans [1], l'équation est susamment dégénérée
pour pouvoir conclure directement par des arguments de viscosité similaires à ceux utilisés
dans [CvPhT99].
Dans [15], l'équation ne permet pas de conclure directement. On est obligé d'introduire un
nouveau problème de contrôle qui peut s'interpréter comme un problème de couverture dans
un marché sans coût de transaction mais avec une matrice de volatilité stochastique (bornée)
dans les directions associées à la composante Q de S . En adaptant les techniques employées
dans [BaBiBL03] à notre problème, on arrive à montrer un théorème de comparaison pour
l'équation d'Hamilton Jacobi Bellman associée. On conclut en montrant que si la borne sur
la partie stochastique de la volatilité tend vers l'inni, on retrouve un montant permettant
de couvrir l'option g(S(T )) en suivant une stratégie dans ABH . Dans un certain sens, cela
conrme l'intuition selon laquelle les coûts de transaction proportionnels sont assimilables à
une volatilité stochastique non bornée.
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Chapitre III
Estimation d'espérances
conditionnelles et méthodes de
Monte-Carlo pour l'approximation
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d'EDSR
34
III.1 Estimation d'espérances conditionnelles et calcul de Malliavin 35
les intégrales étant prises au sens de Skorohod. On peut maintenant introduire l'ensemble
H(X) des processus h de L2 (Md ; Ω × [0, 2]) tels que
Z 2 Z 2
Dt X1 ht dt = Id et Dt X2 ht dt = 0
0 0
et
Ici, Jk est l'ensemble des sous-ensembles I = (i1 , . . . , ik ) de Nk tels que 1 ≤ i1 < . . . < ik ≤ d
(pour k = 0 on pose J0 := ∅), et L est l'ensemble des éléments (fonctions de localisation) ϕ
de Cb0 (Rd ; R) tels que
est de type exponentielle. Comme E Hx (X1 )f (X2 )S h (ϕ(X1 − x)) ne dépend pas de ϕ cela
revient à minimiser la variance intégrée de Hx (X1 )f (X2 )S h (ϕ(X1 − x)), critère usuel en
statistique non-paramétrique. Dans [9], on donne une justication de ce résultat que l'on
étend en dimension d ≥ 1 quelconque. On suppose que
d X
X h i
E f (X2 )2 SIh (1)2 < ∞ et E[|f (X2 )|] > 0
k=0 I∈Jk
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de manière à ce que le problème minϕ∈L I h [f ](ϕ) ait un sens. Notons que seul ϕ|Rd intervient
+
dans I h [f ](ϕ), on peut donc ne considérer que la restriction à Rd+ des fonctions de localisation.
et on montre qu'il existe une unique solution au problème de minimisation de I h [f ] dans cette
0
classe. La solution optimale s'écrit ϕ̂(x) = e−η̂ x sur Rd+ , où η̂ ∈ (0, ∞)d est l'unique solution
d'un système d'équations non-linéaires que l'on peut résoudre numériquement. Lorsque d = 1,
on retrouve le résultat intuité dans [KoPe02].
où Q est un élément de L2 (Rκ ), voir [9] pour une dénition exacte, et ∂ϕ est le vecteur
colonne ∂ϕ := ( ∂I ϕ )I∈Jk , k=0,...,d ∈ Rκ , la dénition de κ est implicite. Il faut remarquer
que le critère de minimisation ne fait intervenir que ϕ, ses dérivées premières puis uniquement
les dérivées croisées. Ceci conduit à construire un espace de Sobolev ne faisant intervenir que
ces dérivées. On dénit ainsi l'espace BCD0 (Rd+ ) des fonctions ϕ : Rd+ → R telles que les
dérivées ∂I ϕ, I ∈ Ik , k = 0, ..., d, existent, sont continues sur l'intérieur de Rd+ et peuvent
être étendues continuement sur le bord de Rd+ . On munit cet espace du produit scalaire
Z
< ϕ, ψ >BCD0 := ∂ϕ0 (x)∂ψ(x)dx
Rd+
III.2 Discrétisation et approximation numérique d'EDSR 37
puis on le complète pour la norme associée pour obtenir l'espace BCD(Rd+ ), bounded cross
derivatives, que l'on muni de la norme k·kBCD =< ·, · >1/2
BCD0 .
Il faut noter que la formule du Théorème 1.16 reste valable si ϕ appartient à C 0 ∩ BCD
et vérie ϕ(0) = 1. Pour donner un sens à la condition ϕ(0) = 1 pour toute fonction de BCD,
on prouve un théorème d'injection continue de BCD vers Cb0 Rd+ . On peut ainsi étendre la
D'après (1.1), le problème de minimisation de I h [f ](ϕ) sur L̄BCD est un problème convexe.
Si on suppose également que E[QQ0 ] est dénie positive, ce problème est alors strictement
convexe et coercif. On montre en outre que L̄BCD est fermé pour k·kBCD , ce qui nous permet
de conclure à l'existence d'une solution au problème
inf I h [f ](ϕ) .
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ϕ∈L̄BCD
Dans [9], on explique comment obtenir une caractérisation de cette solution en terme de
systèmes d'EDP. Un exemple en dimension deux montre qu'en général la fonction optimale
dans L̄BCD n'est pas séparable.
−Lu(t, x) − h (x, u(t, x), σ(x)∇x u(t, x)) = 0 , u(1, x) = g(x) , (2.3)
où L désigne l'opérateur de Dynkin associé à X . Il est en eet connu, voir par exemple
[PaPe92] et [Pa98], que, sous certaines hypothèses techniques, on a Yt = u(t, Xt ) et Zt =
σ(Xt )∇x u(t, Xt ). Pour simuler (Y, Z), on peut donc commencer par estimer numériquement
u et ∇x u puis approcher X par son schéma d'Euler. On obtient ainsi une approximation
naturelle de (Y, Z). Toutefois, cette approche nécessite la résolution de (2.3) qui est toujours
extrêmement délicate en grande dimension.
III.2 Discrétisation et approximation numérique d'EDSR 38
Une autre approche consiste à approximer W par une suite de marches aléatoires sur un
espace de probabilité ni. Puis, on écrit l'équation rétrograde associée en temps discret.
C'est l'approche utilisée par [Ch97], [CoMaM98], [BrDeM01], [AnKo00] et [MaPrST02].
L'avantage de cette approche est qu'elle ne nécessite pas la résolution de l'EDP associée,
mais au contraire fournit une approximation de u à travers l'approximation de Y et le lien
u(t, Xt ) = Yt . Mais là encore se pose le problème de l'explosion rapide de la complexité de
l'algorithme quand la dimension augmente.
D'autres approches récemment développées évitent ce problème de complexité. C'est
le cas de l'algorithme de [BaPa02], voir aussi [BaPa03], qui repose sur les techniques de
quantication, ou de l'approche initiée par [Ca96] puis popularisée par [LoSc01] qui utilise des
techniques de Monte-Carlo combinées à des régressions non-paramétriques, voir également
[GoLeW05] pour des travaux plus récents.
C'est ce type d'approche que l'on utilise dans [10]. On commence par discrétiser (2.2).
Le schéma obtenu fait intervenir le calcul d'espérances conditionnelles, qu'il n'est évidem-
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ment pas possible de calculer explicitement en général. Ensuite, on regarde l'impact d'une
approximation de ces espérances conditionnelles. Enn, on utilise les résultats de [9] pour
proposer un estimateur particulier, voir la section précédente.
avec comme condition terminale Ytπn := g(Xtπn ). A ma connaissance, nous étions les premiers
à cette époque à considérer ce schéma lorsque h dépend de Z . La première étape consiste à
étudier l'erreur de discrétisation
1
2
X Z ti+1 2
π π
Errn := max sup kYt − Yt kL2 + i
Zt − Zt 2 dt . i L
i≤n−1 t∈[ti ,ti+1 ]
i≤n−1 ti
hR i1
1 2
où kV kH2 := E 2
0 |Vt | dt et Z̄ est déni pour t ∈ [ti , ti+1 ) par
Z ti+1
Z̄t = n E Zs ds | Fti .
ti
lim Errn = 0 ,
n→∞
i.e. que le schéma est convergent. Par ailleurs, il est montré dans [Zh01] que le terme kZ−Z̄kH2
1
est contrôlé en n− 2 . Ceci implique qu'il existe C > 0 indépendant de n tel que
1
Errn ≤ C n− 2 . (2.5)
Il sut donc de considèrer une approximation Êπi de l'opérateur Eπi := E · | Xtπi à laquelle
h i
Ẑtπi−1 = n Êπi−1 Ŷtπi (Wti+1 − Wti )
avec pour condition terminale Ŷ1π = Y1π = g (X1π ). Sans surprise, on montre que l'erreur
d'approximation globale est contrôlée par l'erreur eectuée sur l'approximation des opéra-
teurs de régression :
n h i h i o
kŶtπi −Ytπi kL2 ≤ C n max k(Êπj − Eπj ) Ŷtπj+1 kL2 + k(Êπj − Eπj ) Ŷtπj+1 (Wtj+1 − Wtj ) kL2 .
0≤j≤n−1
appartient bien à l'espace Hi (X π ) où Hi est déni comme H dans la section précédente avec
ti et ti+1 à la place de 1 et 2. Par une extension directe des résultats obtenus dans [9], on
montre que si % est une fonction réelle et ξ une variable aléatoire (vectorielle) indépendante
de σ(Xtπi , 1 ≤ i ≤ n) telles que R := %(Xtπi+1 , ξ)a Wti+1 − Wti ∈ L2 , pour une certaine
E QR [hi , ϕ] (x)
π
(2.6)
E R | Xti = x =
E [Q1 [hi , ψ] (x)]
où
(1)
donne une fonction de localisation ϕ ∈ L et considère nN copies indépendantes (X π , . . . ,
(nN ) (0)
Xπ ) de X π := X π sur la grille π . On pose
Ni := {(i − 1)N + 1, . . . , iN } , 1 ≤ i ≤ n .
avec, pour i ≥ 2,
h i (j)
Q̂Ri h(j) , ϕ Xtπi−1
π (j) i−1
Êi−1 [Ri ] := h i (2.7)
(j) (j)
Q̂1 hi−1 , ϕ Xtπi−1
h
(j)
i (j) 1 X (l) (l) (l)
h
(l) (l)
(l) (j)
i
Q̂Ri hi−1 , ϕ (Xtπi−1 ) := H π(j) (Xtπi−1 )Ŷtπi S hi a Wti − Wti−1 ϕ(Xtπi−1 − Xtπi−1 )
N Xt
i−1
l∈Ni
h
(j)
i (j) 1 X (l) (l)
h (l) (j)
i
Q̂1 hi−1 , ϕ (Xtπi−1 ) := H π(j) (Xtπi−1 )S hi ϕ(Xtπi−1 − Xtπi−1 ) .
N Xt
i−1
l∈Ni
h i
(0)
Pour i = 1, le conditionnement est dégénéré et on calcule une simple moyenne Êπ0 R1 :=
1 P (l)
N l∈N1 R1 .
Il s'agit d'un algorithme très naturel, cependant le numérateur de (2.7) n'a aucune raison
d'être uniformément strictement positif. Ceci implique que l'estimateur de l'espérance condi-
tionnelle peut ne pas être intégrable. De manière à corriger ce problème, on propose dans
[10] de tronquer ces estimateurs à partir de bornes polynomiales en X π vériées par Y π .
III.3 EDSR avec sauts... 41
Remarque 2.17 1. Etant donné la forme très simple de la suite (hi )i , les intégrales de
Skorohod intervenant dans les diérents estimateurs peuvent êtres calculées explicitement
en terme de sommes de Riemman.
2. L'indépendance entre les trajectoires de X π utilisées aux diérentes étapes est cruciale
pour pouvoir faire appel à la représentation (2.6).
Une étude de la fonction de localisation séparable optimale dans ce cas, montre que le
√
paramètre des fonctions exponentielles doit tendre vers l'inni en n de manière à contrôler
l'explosion de la variance des estimateurs apparaissant dans (2.7) lorsque n devient grand. Il
est donc nécessaire de faire évoluer la fonction de localisation en fonction du pas de temps.
Etant donné p > 1, on montre que si ϕ ∈ L vérie
d X Z
X
|u|4p+2 ∂I ϕ(u)2 du < ∞ ,
k=0 I∈Jk Rd
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et si le schéma précédent est construit avec la fonction de localisation ϕπ dénie par ϕπ (x)
= ϕ(n1/2 x), alors, pour tout p > 1, il existe C > 0 indépendant de n et N tel que
1
max kŶtπi − Ytπi kpLp ≤ C N − 2 np+d/4 . (2.8)
0≤i≤n
La diculté provient ici du fait que l'estimateur d'espérance conditionnelle est déni comme
1
un ratio. Cela explique une certaine perte de vitesse par rapport à la vitesse en N − 2 usuelle
des estimateurs de type Monte-Carlo.
1 1
En combinant ce résultat avec (2.5), on obtient une erreur globale en n− 2 + N − 4 n1+d/8 .
1
Pour s'assurer une vitesse de convergence en n− 2 , il faut donc prendre N ∼ n6+d/2 . Lorsque
h ne dépend pas de Z , (2.8) est encore vraie pour p = 1. On obtient ainsi une convergence
1
L1 en n− 2 en prenant simplement N ∼ n3+d/2 . Ceci est à comparer à l'ordre de grandeur
1
n3 qui correspondrait à une vitesse de convergence en N − 2 des estimateurs d'espérance
conditionnelle.
Remarque 2.18 On pourra consulter [GoLeW05] pour une comparaison de notre méthode
avec une méthode de type régression non paramétrique du point de vue de la complexité
des algorithmes. Toutefois, l'étude de notre algorithme repose sur le postulat selon lequel
la complexité globale de l'estimation des espérances conditionnelles à chaque étape est de
l'ordre de N 2 . Ceci n'est pas correct et on peut en fait construire un algorithme en N (ln(N ))d
en utilisant des idées proches de celles utilisées pour les méthodes de tri rapide. La complexité
de notre algorithme est en fait en n(14+d)/2 (ln(n))d pour une erreur en n−1/2 . Pour d ≥ 3,
notre algorithme a une complexité plus faible.
par la solution d'une EDS. Dans les deux dernières sections de ce chapitre, on se concentre
sur l'aspect discrétisation dans deux modèles plus généraux : l'un avec sauts, l'autre avec
réection.
Dans [16], on s'intéresse aux EDSR avec saut du type
( R1 R1 R1R
Yt = g(M1 , X1 ) + t h (Θr ) dr − t Zr0 dWr − t E Ur (e)µ̄(de, dr)
Rt Rt RtR (3.9)
Xt = X0 + 0 b(Mr , Xr )dr + 0 σ(Mr , Xr )dWr + 0 E β(Mr− , Xr− , e)µ̄(de, dr) ,
où W est mouvement brownien d-dimensionel, µ̄(de, dt) = µ(de, dt) − λ(de)dt est une me-
sure de Poisson compensée, indépendante de W , d'espace de marques E = Rκ , et Θ :=
(M, X, Y, Z, Γ) avec Γ déni par
Z
Γ := ρ(e)U (e)λ(de)
E
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où ρ ∈ L∞ (Rκ ; E, λ). On suppose que λ(E) < ∞, i.e. que la mesure de saut a une intensité
nie ce qui implique qu'il n'y a, presque sûrement, qu'un nombre ni de sauts sur [0, 1].
Enn, M est un processus adapté à la ltration Fµ engendrée par µ que l'on dénira par la
suite.
De telles équations apparaissent naturellement dans les problèmes de contrôle, voir [TaLi94],
dans les problèmes de couverture en nance, voir [Ey05], ou de gestion de portefeuille, voir
[Be05].
Dans ce cas, la solution de (3.9) peut être ré-interprétée en terme de solution de viscosité de
l'EDP parabolique semi-linéaire avec terme intégral
−Lu(t, m, x) − h (m, x, u(t, m, x), σ(m, x)∇x u(t, m, x), I[u](t, m, x)) = 0
u(1, m, x) = g(m, x) , (3.10)
où
∂u
Lu(t, m, x) := (t, m, x) + ∇x u(t, m, x)b(m, x) + ∇m u(t, m, x)bM (m)
∂t
d
1 X ∂2u
+ (σσ 0 (m, x))ij i j (t, m, x)
2 ∂x ∂x
i,j=1
Z
+ {u(t, m + β M (m, e), x + β(m, x, e)) − u(t, x) − ∇x u(t, x)β(m, x, e)} λ(de) ,
Z E
I[u](t, m, x) := {u(t, m + β M (m, e), x + β(m, x, e)) − u(t, m, x)} ρ(e) λ(de) .
E
III.3 EDSR avec sauts... 43
dans le sens où, sous certaines hypothèses techniques, Yt = u(t, Mt , Xt ), voir [BaBuP97].
Quand on parlera du cas 1 par la suite, on supposera toujours que les fonctions bM , β M (·, e),
b, σ, β(·, e), h et g sont lipschitziennes à croissance linéaire uniformément en e ∈ E .
qui implique que Γj = λU (j). Pour simplier on prend β ≡ 0. On se donne une famille
(b̃m , σ̃m , h̃m , g̃m )m≤κ de fonctions lipschitziennes à croissance linéaire, et on pose
(b(m, x), σ(m, x), g(m, x)) = (b̃m (x), σ̃m (x), g̃m (x))
κ
X
h(m, x, y, z, γ) = h̃m x, y + γ κ−m+1 , . . . , y + γ κ , y , y + γ 1 , . . . , z − γj .
|{z}
j=1
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où [κ] signie que l'on considère la somme modulo κ. Dans ce cas, on peut montrer, voir
les deux articles cités ci-dessus, que la solution de (3.9) vérie Yt = uMt (t, Xt ) où u =
(u1 , . . . , uκ ) est solution de viscosité du système
−Lm um (t, x) − hm (x, u(t, x), σm (x)∇x um (t, x)) = 0 , um (1, x) = gm (x) ,
avec
d
∂um 1 X ∂ 2 um
Lm um (t, x) := (t, x) + ∇x um (t, x)bm (x) + (σm (σm )0 (x))ij i j (t, x) .
∂t 2 ∂x ∂x
i,j=1
Schéma de discrétisation
On utilise un schéma similaire à celui étudié dans [10]. On se donne tout d'abord une ap-
proximation (M π , X π ) de (M, X) vériant
" #
max E sup (|Mt − Mtπi |2 + |Xt − Xtπi |2 ) ≤ C/n .
i≤n−1 t∈[ti ,ti+1 ]
Dans le cas 1, il sut de dénir (M π , X π ) comme le schéma d'Euler de (M, X) sur π . Dans
le cas 2, les fonctions b et σ ne sont pas lipschitziennes en m. Il n'est donc plus susant de
considérer le schéma d'Euler de (M, X). Par contre, la trajectoire de M est parfaitement si-
mulable et on peut prendre M π = M . En incluant les temps de saut de µ dans la dénition du
schéma d'Euler X π de X , on obtient une approximation de X vériant la condition ci-dessus.
III.3 EDSR avec sauts... 44
avec comme condition terminale Ytπn := g(Xtπn ). Il s'agit d'une extension directe du schéma
utilisé dans [10], voir la section précédente.
π π
Γti = n E Yti+1 E ρ(e)µ̄(de, (ti , ti+1 ]) | Fti
h i R h i
Ytπ = E Ytπ | Ft + ti+1 E h Ms , Xtπ , Ytπ , Ztπ , Γπt | Ft ds
i i+1 i ti i i+1 i i i
avec comme condition terminale Ytπn := g(Xtπn ). Là encore, on tient compte du fait que la
fonction h n'est pas lipschitzienne en m.
Convergence du schéma
Comme dans la section précédente, l'erreur d'approximation est dénie par la quantité
1
2
X Z ti+1 2
π π
Errn := max sup Yt − Yti L2 + Zt − Zti L2 dt
i≤n−1 t∈[ti ,ti+1 ]
i≤n−1 ti
1
2
X Z ti+1
2
+ Γt − Γπti L2 dt .
i≤n−1 ti
Comme dans [10], on énonce un premier résultat de convergence faisant intervenir les meilleurs
approximations (Z̄, Γ̄) de (Z, Γ) au sens L2 (Ω × [0, 1]) par des processus adaptés constants
par morceaux sur les intervalles [ti , ti+1 ). On dénit (Z̄, Γ̄) sur chaque [ti , ti+1 ) par
Z ti+1 Z ti+1
Z̄t := n E Zs ds | Fti et Γ̄t := n E Γs ds | Fti .
ti ti
Pour tenir compte du cas 2, on introduit de manière similaire le processus H̄ déni sur
[ti , ti+1 ) par
Z ti+1
avec Ht := h(Mt , Xti , Yti , Z̄ti , Γ̄ti ) .
H̄t := n E h Ms , Xti , Yti , Z̄ti , Γ̄ti ds | Fti
ti
et que Errn → 0. An d'obtenir une borne sur la vitesse de convergence du schéma, il reste
donc à étudier
Dans [16], on se concentre sur l'étude de kZ − Z̄kH2 +kΓ− Γ̄kH2 . Le terme en Γ est fortement
lié à Y puisque par construction E Ut (e)µ(de, {t}) = Yt − Yt− . Or il n'est pas dicile de
R
montrer que Y vérie E|Yt − Ys |2 ≤ C(t − s). On s'attend donc naturellement à obtenir sans
1
trop de dicultés la borne : kΓ − Γ̄kH2 ≤ Cn− 2 . On montre en fait qu'il existe C > 0
indépendant de n tel que pour tout i < n
" #
|Yt − Yti |2 + |Γt − Γ̄ti |2 + |Γt − Γti |2 ≤ Cn−1 .
E sup
t∈[ti ,ti+1 ]
Ce résultat est une conséquence de majorations standards et d'un résultat plus général qui
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montre que supt≤1 |Zt | est borné dans Lp . Cette borne est obtenue par des techniques clas-
siques de type calcul de Malliavin qui permettent, lorsque les coecients sont susamment
réguliers, de ré-écrire Z sous la forme :
Z T
(Zt )0 = E ΛT ∇g(XT )Dt XT + Λr (∇x h(Θr )Dt Xr + ∇γ h(Θr )Dt Γr ) dr | Ft Λ−1
t , (3.11)
t
où
Z t Z t
0 1 2
Λt := exp ∇z h(Θu ) dWu − |∇z h(Θu )| + ∇y h(Θu ) du .
0 0 2
On suppose dans un premier temps que toutes les fonctions sont Cb1 , puis on travaille par
approximation.
Le terme en Z est plus dicile à étudier. C'est le corps du papier [16]. On considère deux
jeux d'hypothèses diérents :
H1 : Pour tout (m, e) ∈ Rκ × E , l'application x ∈ Rd 7→ β(m, x, e) admet une Jacobienne
∇x β(m, x, e) telle que
H2 : b(m, ·), σ(m, ·), β(m, ·, e), h(m, ·) et g(m, ·) sont Cb1 à dérivées premières lipschitziennes
uniformément en e ∈ E et m ∈ Rκ .
Lorsque H1 est vériée, on reprend les idées de [Zh01]. On suppose que toutes les fonctions
sont Cb1 , un argument d'approximation permettant d'étendre ces résultats au cas général.
En utilisant le lien bien connu entre DX et le processus tangent ∇X de X , on déduit de
(3.11) que Z peut s'écrire sous la forme
(Zt )0 = E [G | Ft ] ηt + ϑt
h i
où G ∈ ∩p≥1 Lp , ϑ et η sont des processus vériant E supt∈[ti ,ti+1 ] (|ϑt − ϑti |p + |ηt − ηti |p )
p
≤ Cn− 2 , et la martingale Gt := E [G | Ft ] admet une représentation sous la forme
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Z t Z tZ
Gt = E [G1 ] + ξs dWs + Vs (e) µ̄(de, ds)
0 0 E
avec
Z
1
kξkHp + k( |V (e)|2 λ(de)) 2 kHp < ∞ .
E
où η ∗ := maxi≤n |ηti | ∈ L4 .
On déduit enn des résultats précédents que, si H1 ou H2 sont vériées, alors
Errn ≤ C n−1/2 + kH − H̄kH2 .
Remarque 3.20 1. Dans le cas où h ne dépend pas de Z , le résultat précédent reste vrai
sans H1 ni H2 . C'est le cas si σ = 0 puisqu'alors Z = 0.
1
2. Si h ne dépend pas de m alors la vitesse est en n− 2 .
3. Tous ces résultats s'étendent immédiatement au cas où les fonctions dépendent du temps
mais sont Hölder 1/2 en t et les autres hypothèses sont vériées uniformément en t.
III.4 EDSR rééchies 47
4 EDSR rééchies
Dans [18], on s'intéresse à la discrétisation des EDSR rééchies de la forme
Z 1 Z 1
Yt = g(X1 ) + h (Xs , Ys , Zs ) ds − (Zs )0 dWs + A1 − At (4.12)
t t
Yt ≥ f (Xt ) , 0 ≤ t ≤ 1 ,
i=0 ti
L'approche de [MaZh05] consiste à prouver dans un premier temps que Z admet une repré-
sentation du type
(Zt )0 = E Gt | Ft ηt . (4.14)
III.4 EDSR rééchies 48
Pκ−1 h i+
où Θb := (Xu , Yub , Zub ) et Abt := j=1 h(Xrj ) − Yrbj 1rj <t . Lorsque les coecients sont
Cb1 ,on montre que admet une version vériant
Zb
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Z τj
b 0
(Zt ) = E ∇g(X1 )η1 1τj =1 + ∇f (Xτj )ητj 1τj <1 + ∇x h(Θbu )ηu du | Ft ηt−1 σ(Xt ) ,
t
En jouant sur cette formulation, on montre ensuite qu'il existe C > 0 indépendant de π et
< tel que
n−1
X Z ti+1 h i
1
E |Ztb − Ztbi |2 dt ≤ C n−1 1 + βn 2 + α(κ) , (4.16)
i=0 ti
√
où α(κ) = κ et β = 1 sous l'hypothèse
H1 : h est Cb1 à dérivées premières lipschitziennes,
et α(κ) = 1 et β = 0 sous l'hypothèse
H2 : h est Cb2 à dérivées secondes lipschitziennes et σ est Cb1 à dérivée première Lipschitzienne.
Pour simplier, supposons que g = f et h = 0. L'idée générale de la preuve est de se ramener
à des termes de la forme
|E ∇f (Xτj ) | Fτj−1 − E ∇f (Xτj−1 ) | Fτj−1 |
1
que l'on contrôle par ΞE Ξ(τj − τj−1 ) | Fτj−1 2 , sous H1 , et par ΞE Ξ(τj − τj−1 ) | Fτj−1
sous une version un peu plus forte de H2 . Ici Ξ ∈ Lp (R+ ), pour tout p ≥ 1. On est ensuite
amené à sommer ces termes, ce qui conduit à une majoration du type (4.16).
En utilisant, des résultats standards de stabilité, on montre ensuite que le résultat reste vrai
si b, σ et g sont seulement lipschitziennes. Ceci nous permet d'obtenir les bornes suivantes
sur la vitesse de convergence de (Y π , Z π ) vers (Y b , Z b ).
III.4 EDSR rééchies 49
1
avec (αY (κ), αZ (κ)) = (κ 2 , κ) et β = 1 sous H1 , et (αY (κ), αZ (κ)) = (1, κ) et β = 0 sous
H2 .
1
On montre en outre que l'on a les mêmes bornes avec αZ (κ) = κ 2 sous H1 , et αZ (κ) = 1
sous H2 , si (Xtπi )i≤n est remplacé par (Xti )i≤n dans le schéma (4.13).
On passe ensuite au cas continument rééchi. On reprend le schéma de discrétisation précé-
dent avec < = π .
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i=0 ti
1
avec α(n) = n− 2 sous H1 et α(n) = n−1 sous H2 .
L'erreur sur Y est une conséquence du théorème précédent et d'arguments standards permet-
1
tant de borner l'écart entre Y b et Y en n− 2 . L'erreur sur Z est plus compliquée à obtenir mais
découle essentiellement de (4.16) et d'un résultat similaire obtenu sur le processus (Y b,e , Z b,e )
déni comme (Y b , Z b ) mais en remplaçant X par son schéma d'Euler continu.
Lorsque (Xtπi )i≤n est remplacé par (Xti )i≤n dans le schéma (4.13), on obtient les mêmes
bornes sur Y π − Y mais on améliore celle sur Z π − Z sous H2 :
n−1
X Z ti+1
E |Ztπi − Zt | dt ≤ C n−1 .
2
i=0 ti
Chapitre IV
Randomisation de l'horizon de
temps pour les problèmes de contrôles
stochastiques
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où Tt (F) est l'ensemble des F-temps d'arrêt à valeurs dans [t, ∞),
σ2
S(t) = S(0) exp r − t + σW (t) , t ≥ 0,
2
et g(x) = [K − x]+ pour une constante K > 0 donnée. Ici, F est la ltration naturelle
complétée engendrée par W . En nance, Vt correspond au prix à la date t d'un put américain
de maturité T et de strike K dans le modèle de Black-Scholes, voir par exemple [KaSh98].
L'objectif de Carr est de se ramener à une suite de problèmes en horizon inni imbriqués
dont la résolution, à chaque étape, est explicite : il introduit tout d'abord une suite (ξ k )k≥0
de variables aléatoires i.i.d. indépendantes de F de loi exponentielle de paramètre 1, puis il
dénit la suite de fonctions valeurs (vnk )k≤n, n≥1 par
h k
i
vnk (x) := sup E e−r(τ ∧Tn ) g(S(τ ∧ Tnk )) S(0) = x ,
τ ∈T0 (F)
où
1
X T k
Tnk := ζnj avec ζnk := ξ pour k ≤ n .
n
j=k
50
IV Randomisation de l'horizon de temps... 51
Ici, les (Tnk )k≤n peuvent être vus comme des maturités (aléatoires) résiduelles. Comme Tnn →
1 quand n → ∞ presque sûrement, on peut vérier que vnn (S(0)) → V0 . Il reste donc à calculer
vnn (S(0)). Pour cela, il ré-écrit, en utilisant l'indépendance de (ξ k )k≥0 et W ,
h k
i
vnk (x) = sup E e−rτ g(S(τ ))Gkn (τ ) + e−r(τ ∧Tn ) g(S(τ ∧ Tnk ))1{τ >ζnk } | S(0) = x ,
τ ∈T0 (F)
où
h i
Gkn (t) := P ζnk ≥ t ,
Comme les ζnk ont une loi exponentielle et sont indépendants de S , on obtient alors
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n τ −rn t k−1
Z
vnk (x) = sup E e−rn τ g(S(τ )) + e vn (S(t))dt S(0) = x ,
τ ∈T0 (F) T 0
avec rn := r + n/T . Cela revient à considérer une suite de problèmes d'arrêt optimal en
horizon inni. L'avantage est qu'ils peuvent être résolus explicitement à chaque étape en
fonction de la fonction valeur calculée à l'étape précédente. Ceci procure une méthode d'ap-
proximation très rapide de V0 .
Malheureusement, l'égalité (0.1) n'a pas de raison d'être vériée. Pour cela, il faudrait dispo-
ser d'un principe de programmation dynamique valable à des dates aléatoires indépendantes
de la ltration F qui sert à dénir l'ensemble des temps d'arrêt.
L'objet de l'article [14] est de montrer que l'algorithme de Carr est néanmoins convergent et
de l'étendre à une plus large classe de problèmes de contrôle.
ν ∈ Ũ(F) 7−→ Y ν ,
Cette hypothèse est plus faible que celle de stabilité par bifurcation aux temps d'arrêt
usuelles, voir [Ka79]. Elle est également plus faible que l'hypothèse de stabilité par concaté-
nation :
(HU )' : Pour tout ν1 , ν2 ∈ U(F) et τ ∈ T0 (F), ν1 1[0,τ ) + ν2 1[τ,∞) ∈ U(F),
qui n'est pas satisfaite par les problèmes d'arrêt optimal. Plus loin on en utilisera une version
aaiblie :
00
(HU ) : Pour tout ν1 , ν2 ∈ U(F) et t ≥ 0, ν1 1[0,t) + ν2 1[t,∞) ∈ U(F).
On cherche à approcher
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sup E [Y ν (T )] .
ν∈U (F)
Pour cela, on utilise un algorithme inspiré de celui de [Ca98]. Pour n ≥ 1, on considère une
suite (ζnj )1≤j≤n de variables aléatoires positives indépendantes de F et on pose
k
X
Tnk := ζnj for 1 ≤ k ≤ n , Tn0 := 0 .
j=1
V0n,ν = Y ν , ν ∈ U(F)
et pour k = 0, . . . , n − 1
h i
n,ν
Vk+1 (t) = ess−sup E V̄kn,ν (t + ζnn−k ) Ft , t ≥ 0 ,
µ∈U (F;t,ν)
(HY) Il existe une martingale uniformément intégrable M Y telle que, pour tout ν ∈ U(F),
|Y ν (t)| ≤ M Y (t) pour tout t ≥ 0 P − p.s.
Remarque 0.23 Si on suppose, comme c'est le cas dans [Ca98], que les ζni sont de loi
exponentielle de paramètre λn > 0, on se ramène alors à une suite de problèmes de contrôle
standards par la relation
Z ∞
e−λn t Vk+1
ν
(t) = ess−sup E λn V̄kµ (u)e−λn u du Ft , t≥0,
µ∈U (F;t,ν) t
IV Randomisation de l'horizon de temps... 53
et l'hypothèse (HV) est automatiquement vériée si l'on suppose la stabilité par bifurcation
aux temps d'arrêt, voir [Ka79]. On montre que ce résultat reste valable sous (HY), (HU ) et
00
(HU ) à partir du moment où (Y ν )ν∈U (F) est une famille de processus cadlag vériant
Proposition 0.25 On suppose que (HY)-(HV)-(HU ) sont vériées, et que Tnn −→ T < ∞
en probabilité.
(i) Si t > 0 7−→ E [Y ν (t)] est continue en t = T pour tout ν ∈ U(F) , alors
lim inf n→∞ E [Y ν (Tnn )] ≥ E [Y ν (T )] pour tout ν ∈ U(F).
(ii) Si t > 0 7−→ supν∈U (F) E [Y ν (t)] est continue en t = T , alors
Z
sup E Y ν (z 1 + . . . + z n ) mn (dz) ≤ sup E [Y ν (T )].
lim supn→∞
ν∈U (F) ν∈U (F)
(iii) Si les deux conditions précédentes sont vériées, alors
On fait ensuite le lien entre ce cadre général et les problèmes d'arrêt optimal. On se donne
un processus Z adapté à F, à trajectoires cadlag et borné par une martingale uniformément
intégrable. On ré-écrit le problème d'arrêt
V0 := sup E [Z(τ ∧ T )] ,
τ ∈T0 (F)
sous la forme
Z t
V0 = sup E [Y ν (T )] avec Y ν (t) = Z(u)dν(u) + Z(t)1ν(t)=0 .
ν∈U (F) 0
Mes projets de recherche s'articulent autours de trois axes principaux qui sont succinte-
ment développés ci-dessous.
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1 Finance mathématique
Je compte tout d'abord poursuivre les travaux initiés dans [7] sur les modèles à infor-
mation incomplète. L'objectif nal est d'être capable de traiter le cas de modèles en temps
continu dans lesquels, même en l'absence de frition, les preuves du théorème fondamental
d'évaluation d'actifs (voir [DeSc94]et [DeSc98]) ne semblent pas adaptables au cas où la l-
tration de l'agent ne contient pas celle des prix (il en est de même lorsque le nombre de dates
est dénombrable, voir [Sc94]).
En particulier, la notion même de stratégie admissible pose certaines dicultés. Lorsque
le nombre de date n'est pas ni, il est nécessaire d'imposer des bornes inférieures au pro-
cessus de richesse an d'éviter les stragégies d'arbitrage du type doubling strategies, mais
cette contrainte paraît extrèmement forte lorsque les prix (et donc la richesse) ne sont pas
parfaitement observés. Des travaux en cours de Schachermayer et Guasoni sur les modèles
avec coûts de transaction (et information parfaite) reposent sur la notion suivante : une
stratégie est admissible si pour tout t il existe un temps d'arrêt plus grand que t tel qu'à
ce temps la richesse soit positive (ou bornée inférieurement par une constante ne dépendant
que de la stratégie). Avec cette dénition, on pourrait admettre que la richesse devienne for-
tement négative pendant une période à condition de savoir avec certitude qu'elle doit revenir
à terme dans la zone de solvabilité. On peut noter que de telles situations n'engendrent pas
nécessairement d'arbitrage du fait de l'imperfection de l'information.
Je pense qu'il est nécessaire d'adopter ce type de dénition lorsque l'information est
incomplète. Des travaux devraient être menés dans ce sens très prochainement. S'agissant
d'un sujet très dicile, je compte tout d'abord m'intéresser aux modèles à nombre de dates
dénombrable avant de passer au temps continu.
Je compte également poursuivre les travaux commencés dans [1] et [15] sur la sur-
réplication en présence de coût de transaction. L'objectif est d'être capable de traiter des
structures de coûts générales (certains pouvant en particulier être nuls). Des recherches sont
54
V Projets de recherche 55
actuellement en cours avec L. Campi et P. Guasoni sur ce thème. Dans un premier temps,
on compte s'intéresser à une généralisation de [15] dans laquelle les actifs sont regroupés
en classes d'équivalence : les coûts sont nuls à l'intérieur d'une classe, strictement positifs
entre les classes.
Je devrais ensuite m'intéresser à la couverture d'options américaines, les travaux menés
dans [13] ayant montré qu'il ne s'agit pas d'une extension triviale des résultats obtenus pour
les payos européens. Ce sujet est en outre fortement lié à la formulation d'un théorème de
bipolarité ltré multidimensionnel sur lequel j'ai déjà travaillé à l'occasion de la rédaction
de [11]. A l'époque, je n'avais pas su étendre les résultats de [Zi02] au cas multivarié. Les
résultats obtenus depuis dans [13] devraient contribuer à une meilleure compréhension du
problème.
Le travail réalisé avec I. Bentahar dans [17] a montré la diculté des problèmes de cibles
stochastiques lorsque la cible dépend du temps d'atteinte d'une frontière par un processus.
J'ai l'intention de poursuivre ce travail dans un cadre plus général (typiquement celui de [3])
et d'aner les hypothèses permettant d'obtenir des théorèmes de comparaison sur les EDP
associées. Un travail est actuellement en cours avec N. Saintier.
Il serait également intéressant de traiter des problèmes de cibles dans lesquels le processus
contrôlé doit rester dans un domaine jusqu'à un horizon donné (éventuellement un temps
d'arrêt). Ceci est lié à la couverture d'options américaines avec contraintes de portefeuille.
Pour mener à bien ce travail, il faudra tout d'abord étendre le principe de programmation
dynamique de Soner et Touzi.
3 Discrétisation d'EDSR
Dans le cadre de sa thèse, Jean-François Chassagneux poursuit sous ma direction des
travaux sur la discrétisation d'EDSR rééchies. Il travaille actuellement sur des modèles
vectoriels qui sont notamment liés aux problèmes de contrôle impulsionnel et de jeux sto-
chastiques. Il s'agit d'obtenir des résultats de régularités similaires à ceux déjà obtenus dans
[18] (qui permettent ensuite d'étudier les vitesses de convergence des méthodes de résolution
de type Monte-Carlo).
J'aimerais également travailler sur la discrétisation d'EDSR avec contraintes sur le
processus de gain, voir par exemple [CvKaS98], qui sont fortement liées aux problèmes de
couverture d'option sous contrainte du type de celui étudié dans [17].
Par ailleurs, jusqu'à présent, seul le cas de générateurs lipschitziens a été considéré alors
que de nombreux problèmes, notamment issus de la nance, sont quadratiques. Il s'agit là
d'un axe de recherche très important.
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