Code Penel Comorien
Code Penel Comorien
L’assemblée Fédérale a délibéré et adopté en ses séances des 15 mai 1981 et 8 mai
1982 et 18/09/95.
DECRET N° 07-162/PR
Portant promulgation de la loi N° 07-014/AU
Du 30 Août 2007, portant loi remplaçant et
Modifiant certaines dispositions du Code Pénal
ARTICLE1
- L'infraction que les lois punissent des peines de police est une contravention.
- L'infraction que les lois punissent des peines correctionnelles est un délit.
- L'infraction que les lois punissent d'une peine afflictive et infamante est un crime.
ART.2
Toute tentative de crime qui aura été manifestée par un commencement d'exécution, si
elle n'a pas été suspendue ou si elle n'a manqué son effet que par des circonstances
indépendantes de la volonté de son auteur, est considérée comme le crime même.
ART.3
La tentative de délit n'est considérée comme le délit lui même que dans les cas
déterminés par une disposition spéciale de la Loi.
ART.4
Nulle contravention, nul délit, nul crime ne peuvent être punis de peines qui n'étaient pas
prévues par la Loi avant qu'ils fussent commis.
ART.5
En cas de conviction de plusieurs crimes ou délits, la peine la plus forte est seule
prononcée.
Lorsqu'une peine principale fait l'objet d'une remise gracieuse, il y a lieu de tenir compte, pour
l'application de la confusion des peines, de la peine résultant de la commutation et non de la
peine initialement prononcée.
LIVRE PREMIER
ART.6
Les peines en matière criminelle sont ou afflictives et infamantes, ou seulement infamantes.
ART.7
Les peines afflictives ou infamantes sont :
1) La mort.
4) La détention criminelle.
ART.8
La peine seulement infamante est la dégradation civique.
ART.9
Les peines en matière correctionnelle sont :
3) L'amende.
ART.10
La condamnation aux peines établies par la Loi est toujours prononcée sans préjudices
des restitutions et dommages intérêts qui peuvent être dus aux parties.
ART.11
L'interdiction de séjour, l'amende, la confiscation spéciale soit du corps du délit, quand la
propriété en appartient au condamné, soit des choses produites par le délit, soit de celles qui
ont servi ou qui ont été destinées à la commettre, sont des peines communes aux matières
criminelles et correctionnelles.
CHAPITRE PREMIER
ART.12
Tout condamné à mort sera fusillé.
ART.13
Les corps de suppliciés seront délivrés à leur famille si elles les réclament, à charge pour
elles de les faire inhumer sans aucun appareil.
Le procès-verbal d'exécution sera, sous peine d'une amende civile de 2000 à 10 000 francs,
dressé sur le champ par le greffier. Il sera signé par le Président des Assises ou son
remplaçant, le représentant du Ministère public et le greffier.
Immédiatement après l'exécution, copie de ce procès-verbal sera, sous la même peine, affichée
à la porte de l'établissement pénitentiaire où a eu lieu l'exécution et y demeurera apposée
pendant vingt quatre heures. Au cas où l'exécution aurait été faite hors de l'enceinte d'un
établissement pénitentiaire, procès-verbal en sera affiché à la porte de la mairie du lieu
d'exécution.
Aucune indication, aucun document relatif à l’exécution autre que le procès-verbal, ne pourront
être publiés par la voie de la presse, à peine d'une amende de 20 000 à 35 000 francs. Il est
interdit, sous la même peine, tant que le procès-verbal d'exécution n'a pas été affiché ou le
décret de grâce notifié au condamné ou mentionné à la minute de l'arrêt, de publier par la voie
de la presse, d'affiches, de tracts, ou par tout autre moyen de publicité, aucune information
relative aux avis émis par le Conseil supérieur de la magistrature, la décision prise par le
Président de la République
Le procès-verbal sera, sous la peine prévue par l'alinéa 1er, transcrit par le greffier dans les
vingt quatre heures au pied de la minute de l'arrêt. La transcription sera signée par lui et il fera
mention de tout sous la même peine, en marge du procès-verbal. Cette mention sera
également signée et la transcription fera preuve comme le procès-verbal lui-même.
Si la condamnation émane d'une juridiction autre que la cour d'assises, son Président exercera
les attributions appartenant au Président des assises, l'application du présent article.
ART.14
Si l'exécution doit se faire dans un établissement pénitentiaire, celui -ci doit être parmi les
établissements pénitentiaires figurant sur une liste dressée par arrêté du Ministre chargé de la
justice.
1) Le président de la Cour d'Assises ou à défaut, un magistrat désigné par président cour appel
4) Le greffier de la Cour d'assises ou, par défaut, un greffier du tribunal du lieu d'exécution.
6) Un ministre du culte.
8) Le Commissaire de police et s'il y a lieu, les agents de la force publique requis par le
procureur général ou par le procureur de la République
Aucune condamnation ne pourra être exécutée pendant les jours de fêtes Nationales ou
religieuses, ni les dimanche, ni les vendredi.
ART.15
Si une femme condamnée à mort déclare, et s'il est vérifié qu'elle est enceinte, elle ne
subira sa peine qu'après sa délivrance.
ART.16
La durée de la peine des travaux forcés à temps, sera selon les cas spécifiés par la Loi
soit de cinq à dix ans, soit de dix à vingt ans.
ART.17
La durée de la peine de détention criminelle sera, selon les cas spécifiés par la Loi, soit
de dix à vingt ans, soit de cinq à dix ans.
ART.18
Les hommes condamnés aux travaux forcés seront employés aux travaux d'intérêt public
les plus pénibles.
Les femmes condamnées aux travaux forcés ne seront employées que dans l'intérieur du camp
pénal.
ART.19
La détention criminelle sera exécutée dans le quartier spécial du camp pénal. Le
condamné communiquera avec les personnes placées dans l'intérieur du lieu de détention ou
avec celles du dehors, conformément aux règlements de l'administration pénitentiaire.
ART.20
La durée de toute peine privative de la liberté compte du jour où le condamné est détenu
en vertu de la condamnation, devenue irrévocable qui prononce la peine.
ART.21
Quant il y aura eu détention préventive, cette détention sera intégralement déduite de la
durée de la peine qu'aura prononcé le jugement ou l'arrêt de condamnation, à moins que le juge
n'ait ordonné, par disposition spéciale et motivée que cette imputation n'aura pas lieu ou qu'elle
n'aura lieu que pour partie.
En ce qui concerne la détention préventive comprise entre la date du jugement ou de l'arrêt et
le moment où la condamnation devient irrévocable, elle sera toujours imputée dans les deux
cas suivants :
ART.22
La condamnation à une peine criminelle emportera la dégradation civique. La
dégradation civique sera encourue du jour où la condamnation est devenue irrévocable et, en
cas de condamnation par contumace, du jour de l'accomplissement des mesures de publicité
prévues ci-après :
ART.23
Quiconque aura été condamné à une peine afflictive et infamante sera de plus, pendant
la durée de sa peine, en état d'interdiction légale, il lui sera nommé un tuteur et subrogé tuteur
pour gérer et administrer ses biens, dans les formes prescrites pour les nominations des tuteurs
et subrogés tuteurs aux interdits.
L'interdiction légale ne produira pas effet pendant la durée de la libération conditionnelle.
ART.24
Les biens du condamné lui seront remis après qu'il aura subi sa peine et le tuteur lui
rendra compte de son administration.
ART.25
Pendant la durée de sa peine, il ne pourra lui être remis aucune somme, aucune
provision, aucune portion de ses revenus
ART.26
La dégradation civique consiste:
2) Dans la privation du droit de vote, d'éligibilité et en général de tous les droits civiques et
politiques et du droit de porter aucune décoration.
3) Dans l'incapacité d'être juré, expert, d'être employé comme témoin dans des actes et de
déposer en justice autrement que pour y donner de simples renseignements.
4) Dans l'incapacité de faire partie d'aucun conseil de famille et d'être tuteur, curateur, subrogé
tuteur ou conseil judiciaire, si ce n'est de ses propres enfants, et sur l'avis conforme de la
famille.
ART.27
Toutes les fois que la dégradation sera prononcée comme peine principale, elle pourra
être accompagnée d'un emprisonnement dont la durée fixée par l'arrêt de condamnation,
n'excédera pas cinq ans.
Si le coupable est un étranger ou un comorien ayant perdu la qualité de citoyen, 1a peine de
l'emprisonnement devra toujours être prononcée.
ART.28
Le condamné aux travaux forcés à perpétuité ne peut disposer de ses biens, en tout ou
partie, soit par donation entre vifs, soit par testament, ni recevoir à ce titre, si ce n'est pour
cause d’aliment. Tout testament par lui fait antérieurement à sa condamnation contradictoire,
devenue définitive est nul. Les dispositions ci-dessus ne sont applicables aux condamnés par
contumace que cinq ans après l'accomplissement des mesures de publicité prévues au Code
de procédure pénale en vigueur.
La chambre d'accusation statuant sur requête peut relever le condamné de tout ou partie
des incapacités prononcées par l'alinéa précédent, Elle peut accorder l'exercice dans le lieu
d'exécution de la peine, des droits civils ou quelques uns de ces droits dont il a été privé par
son état d'interdiction légale les actes faits par le condamné dans le lieu d'exécution de la peine,
ne peuvent engager les biens qu'il possédait au jour de sa condamnation, ou qu'il lui sont échus
à titre gratuit depuis cette époque.
ART.29
Dans tous les cas où une condamnation est prononcée, pour une infraction prévue aux
articles 55, 56, 57, 58,78-79, 151, 152,157 et 160, les juridictions compétentes pourront
prononcer la confiscation au profit de la nation de tous les biens présents du condamné de
quelque nature qu'ils soient, meubles, immeubles, ou individu suivant les modalités ci-après.
ART.30
Si le condamné est marié, la confiscation ne portera que sur la moitié de ses biens.
S'il a des descendants ou des ascendants, la confiscation ne portera que sur le cinquième de
ses biens. Il sera, s'il y a lieu, procédé au partage ou à la licitation suivant les règles applicables
en matière de succession.
ART.31
L'aliénation des biens confisqués sera poursuivie par l'administration des domaines dans
les formes prescrites pour la vente des biens de l'Etat
Les biens dévolus à l'Etat par l'effet de la confiscation, demeureront grevés, jusqu'à
concurrence de leur valeur, des dettes légitimes antérieures à la condamnation.
Seront déclarés nul à la requête de l'administration des Domaines ou du Ministère public, tous
actes entre vifs ou testamentaires à titre onéreux ou gratuit, accomplis par le coupable depuis
moins de trois ans au moment des poursuites, soit directement, soit par personne interposée ou
par tout autre voie indirecte, s'ils ont été faits dans l'intention de dissimuler, détourner ou
diminuer tout ou partie de sa fortune.
Sauf preuve contraire qui peut être faite par tous moyens, tout acte de disposition ou
d'administration est présumé avoir été accompli dans cette intention s'il n'est pas établi qu'il est
antérieur au délai prévu par l'alinéa précédent.
Seront punis d'un emprisonnement de un à cinq ans et d'une amende de 20 000 à 200 000
francs, ou de l'une de ces deux peines seulement, ceux qui auront sciemment aidé directement,
soit indirectement ou par interposition de personnes, à la dissimulation des biens ou valeurs
appartenant au condamné.
CHAPITRE Il
ART.32
La durée des peines d'emprisonnement sera supérieure à un mois sans dépasser dix
ans, sauf les cas de récidive ou ceux pour lesquels la loi aura déterminé d'autres limites.
La peine à un jour d'emprisonnement est de vingt quatre heures. Celle à un mois est de trente
jours. L'amende est supérieure à 10 000 franc.
ART.33
Les tribunaux jugeant correctionnellement pourront, dans certains cas, interdire, en tout
ou partie, l'exercice des droits civiques, civils et de famille suivants :
1) De vote et d'élection.
2) D'éligibilité.
3) D'être appelé ou nommé aux fonctions de juré ou autres fonctions publiques aux emplois de
l'administration.
Lorsque la peine encourue sera supérieure à cinq ans, les tribunaux pourront prononcer pour
une durée de dix ans au plus, l'interdiction des droits énumérés ci-dessus
ART.34
Les tribunaux ne prononceront l'interdiction mentionnée dans l'article précédent que
lorsqu'elle aura été autorisée ou ordonnée par une disposition particulière de la Loi.
CHAPITRE 111
ART.35
L'interdiction de séjour consiste dans la défense faite aux condamnés de paraître dans
certains lieux, elle comporte en outre des mesures de surveillance et d'assistance.
1) En matière criminelle contre les condamnés aux travaux forcés à temps, à la détention
criminelle et à l'emprisonnement pour crime.
Tout condamné à une peine perpétuelle qui obtient commutation ou remise de sa peine est, s’il
n’en est autrement disposé par la décision gracieuse, soumis de plein droit à l’interdiction de
séjour pendant une durée de dix ans. Il en est de même pour tout condamné une peine
perpétuelle qui a prescrit sa peine.
La liste des lieux interdits, ainsi que les mesures de surveillance et d'assistance sont fixée par
le Ministre de l'intérieur par voie d'arrêté individuel pris sur proposition d'une commission
composée par :
La dite commission siégera valablement lorsque la moitié de ses membres seront présents.
Cet arrêté pourra en tant que de besoin être modifié dans les formes où il est intervenu.
En aucun cas, le ministre de l'intérieur ne pourra aggraver les propositions faites par la
commission susvisée.
ART.36
L'arrêté d'interdiction est notifié au condamné qui reçoit outre une copie du dit arrêté une
carte spéciale d'identité dont le modèle sera fixé par arrêté du Ministre de 1"intérieur et qui
devra être présentée lors des contrôles de police.
S'il n'a pas été prononcé de peine privative de liberté sans sursis, l'arrêté d'interdiction de séjour
pourra être notifié au condamné dès que le jugement de condamnation sera devenu définitif.
Sera puni d'un peine d'emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 15 000
francs à 1 00 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement, tout interdit de séjour qui
en violation de l'arrêté d'interdiction de séjour qui lui a été notifié, paraîtra dans un lieu interdit et
qui se sera soustrait aux mesures de surveillance et d'assistance.
La non présentation de la carte spéciale d'identité sera punie d'une peine de quinze jours à trois
mois d'emprisonnement et d'une amende de 15 000 francs à 50 000 francs.
En cas d'urgence, l'autorisation provisoire de séjourner dans une localité interdite peut être
accordée par le commissaire de la police fédérale.
ART.37
Quand il y aura lieu à restitution, le coupable pourra être condamné en outre, envers la
partie lésée, si elle le demande, à des indemnités dont la détermination est confiée à
l'appréciation de la Cour ou du tribunal, lorsque la loi ne les aura pas réglées, sans que la cour
ou le tribunal puisse du consentement même de la dite part, en prononcer l'application à une
œuvre quelconque.
ART.38
L'exécution des condamnations à l'amende, aux restitutions, aux dommages et intérêts
et aux frais, pourra être poursuivie par la vole de la contrainte par corps.
ART.39
En cas de concurrence de l'amende avec les restitutions et les dommages et intérêts, sur
les biens insuffisants du condamné, ces dernières condamnations obtiendront la préférence.
ART.40
Sous réserves des dispositions prévues au code de procédure pénale, tous les individus
condamnés pour une même infraction ou pour des infractions connexes, sont tenus
solidairement des amandes, des restitutions, des dommages et intérêts et des frais.
CHAPITRE 1 V
Des peines de la récidive pour crimes et délits
ART.41
Quiconque ayant été condamné à une peine afflictive et infamante, ou seulement
infamante, commettra un nouveau crime, sera passible du double de la peine encourue.
Toutefois, l'individu condamné par un tribunal statuant en matière de justice militaire, ne sera,
en cas de crime ou délit postérieurs, passibles des peines de la récidive, qu'autant que la
première condamnation aura été prononcée pour des crimes ou délits punissables d'après les
lois pénales ordinaires.
ART.42
Quiconque ayant été condamné pour crime, à une peine supérieure à une année
d'emprisonnement, aura, dans un délai de cinq ans, après l'expiration de cette peine ou sa
prescription, commis un délit ou un crime qui devra être puni d'emprisonnement, sera
condamné au maximum de la peine portée, par la loi et cette peine pourra être élevée au
double.
En outre, l'interdiction de séjour pourra être prononcée pour une durée de deux à dix ans.
ART.43
Il en sera de même pour les condamnés à un emprisonnement de plus d'une année pour
délit qui, dans le même délai de cinq ans, seraient reconnus coupables du même délit ou d'un
crime devant être puni de l'emprisonnement.
Ceux qui, ayant été antérieurement condamné à une peine d'emprisonnement de moindre
durée, commettraient le même délit dans les mêmes conditions de temps seront condamnés
une peine d'emprisonnement qui ne pourra être inférieure au double de celle précédemment
prononcée, sans toutefois qu'elle puisse dépasser le double du maximum de la peine encourue.
Les délits de vol, escroquerie, abus de confiance, corruption et tous actes de détournement de
crédits, des deniers publics seront condamnés comme étant au point de vu de la récidive, un
même délit.
LIVRE DEUXIEME
Des personnes punissables, excusables ou responsables pour crimes ou pour délit
ART.44
Les complices d'un crime ou d'un délit seront punis de la même peine que les auteurs de
ce crime ou de ce délit, sauf les cas où la loi en aurait disposé autrement.
ART.45
Seront punis comme complice d'une action qualifiée crime ou délit, ceux, qui par dons,
promesses, menaces, abus d'autorité ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables,
auront provoqué à cette action ou donné des instructions pour le commettre.
Ceux qui auront procuré des armes, des instruments ou tout autre moyen qui aura servi à
l’action, sachant qu’il devait y servir.
Ceux qui auront, avec connaissance, aidé ou assisté l'auteur ou les auteurs de l'action, dans les
faits qui, l'auront préparée, ou dans ceux qui, l'auront consommée, sans préjudice des peines
qui seront spécialement portées par le présent code contre les auteurs de complots ou de
provocations attentatoires à la Sûreté de l'Etat, même dans le cas ou le crime qui était l'objet
des conspirateurs ou des provocateurs n'aurait été commis.
ART.46
Ceux qui connaissant la conduite criminelle des malfaiteurs exerçant des brigandages ou
des violences contre la Sûreté de l'Etat, la paix publique, les propriétés, leur fournissent
habituellement logements, lieu de retraite ou de réunion, seront punis comme leurs complices.
Ceux qui en dehors de cas prévus ci-dessus, auront sciemment recélé une personne qu'ils
savaient avoir commis un crime ou qu'ils savaient recherchée de ce fait par la justice ou qui
auront soustrait ou tenté de soustraire le criminel à l'arrestation ou aux recherches, ou l'auront
aidé, à se cacher ou à prendre la fuite, seront punis d'un emprisonnement de deux mois à trois
ans et d'une amende de 12 000 à 300 000 francs ou l'une de ces deux peines seulement , le
tout sans préjudice des peines plus fortes qu’il y échet.
Sont exceptées les dispositions de l'alinéa précédent, les parents ou alliés du criminel jusqu'au
quatrième degré exclusivement.
ART.47
Sans préjudice de l'application des articles 87 et 88 du présent code, sera puni d'un
emprisonnement de deux mois à trois ans et d'une amende de 12 000 à 300 000 francs ou de
l'une de ces deux peines seulement, celui, qui ayant déjà eu connaissance d'un crime tenté ou
consommé, n'aura pas, alors qu'il était encore possible d'en prévenir ou d'en limiter les effets ou
qu'on pouvait penser que les coupables ou l'un d'eux commettraient de nouveaux crimes,
qu'une dénonciation pourrait prévenir, averti aussitôt les autorités administratives ou judiciaires.
Sont exceptées des dispositions du présent article les parents et alliés jusqu'au quatrième
degré inclusivement, des auteurs ou complices du crime ou de la tentative sauf en ce qui
concerne les crimes commis sur les mineurs de quinze ans.
ART.48
Sans préjudice de l’application, le cas échéant, des peines plus fortes prévues par le
présent code et les lois spéciales, sera puni d'un emprisonnement de trois mois à cinq ans et
d'une amende de 12 000 à 300 000 francs ou l'une de ces deux peines seulement, quiconque,
pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un fait
qualifié crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne, s'abstient volontairement
de le faire.
Sera puni des mêmes peines quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en
péril, l'assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pourrait lui prêter soit par son
action personnelle, soit en provoquant un secours.
Sera puni des mêmes peines celui qui, connaissant la preuve de l'innocence d'une personne
incarcérée préventivement ou jugée pour crime ou délit, s'abstient volontairement d'en apporter
aussitôt le témoignage aux autorités de justice ou de la police. Toutefois, aucune peine ne sera
prononcée contre celui qui apportera son témoignage tardivement, mais spontanément.
Sont exceptées des dispositions de l'alinéa précédent, le coupable du fait qui motivait sa
poursuite, ses co-auteurs, ses complices et les parents ou alliés de ces personnes. Jusqu'au
quatrième degré inclusivement.
ART.49
Il n'y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action,
ou lorsqu'il a été contraint par une force à laquelle il n'a pu résister.
ART.50
Nul crime, nul délit ne peut être excusé, ni la peine mitigée que dans les cas ou les
circonstances où la loi déclare le fait excusable ou permet de lui appliquer une peine moins
rigoureuse.
ART.51
Si en raison des circonstances de la personnalité du délinquant, il est décidé qu'un
mineur âgé de plus de treize ans doit faire l'objet d'une condamnation pénale, les peines seront
prononcées ainsi qu'il suit :
S'il a encouru la peine de mort, des travaux forcés à perpétuité, il sera condamné à une peine
de dix à vingt ans d'emprisonnement.
S'il a encouru la peine des travaux forcés à temps de dix à vingt ans, de la détention criminelle
de dix à vingt ans ou de cinq à dix ans, il sera condamné à l'emprisonnement pour un temps
égal à la moitié au plus de celui pour lequel il aurait pu être condamné à l'une de ces deux
peines.
ART.52
Si l'infraction commise par un mineur âgé de plus de treize ans est un délit ou une
contravention, la peine qui pourra être prononcée contre lui dans les conditions de l'article 51,
ne pourra, sous la même réserve, s'élever au dessus de la moitié de celle à laquelle il aurait été
condamné s'il avait eu dix huit ans.
ART.53
Les aubergistes et hôteliers convaincus d'avoir logé, plus de vingt quatre heures,
quelqu'un , qui, pendant son séjour, aurait commis un crime ou un délit, seront civilement
responsables des restitutions, des indemnités et des frais adjugés à ceux à qui ce crime ou ce
délit aurait causé quelques dommages par faute d'avoir- inscrit sur leur registre le nom, la
profession et le domicile du coupable, sans préjudice de leur responsabilité civile.
ART.54
Dans les autres cas de responsabilité civile qui pourront se présenter dans les affaires
criminelles, correctionnelles ou de police, les cours et tribunaux devant lesquels ces affaires
seront portées, se conformeront aux dispositions du code des obligations civiles et
commerciales.
LIVRE TROISIEME
TITRE 1er
Des crimes et délits contre la chose publique
CHAPITRE 1er
Crimes et délits contre la sûreté de l'Etat
Section 1
ART.55
Sera coupable de trahison et puni de mort, tout comorien, tout militaire, marin ou aviateur
au service des Comores qui :
3) Livrera à une puissance étrangère ou à des agents, des troupes comoriennes, soit des
territoires, villes, forteresses, ouvrages, postes, magasins, arsenaux, matériels, munitions,
vaisseaux, bâtiments ou appareils de navigation aérienne appartenant aux Comores et affectés
à sa défense,
ART.56
Sera coupable de trahison et puni de mort, tout comorien, tout militaire, marin ou aviateur au
service des Comores, qui, en temps de guerre :
1) Provoquera des militaires ou des marins à passer au service d'une puissance étrangère, leur
en facilitera les moyens ou fera des enrôlements pour une puissance en guerre avec les
Comoriens.
2) Entretiendra des intelligences avec une puissance étrangère ou avec ses agents en vue de
favoriser les entreprises de cette puissance contre les Comores.
ART.57
Sera coupable de trahison et puni de mort, tout Comorien qui :
1) Livrera à une puissance étrangère ou à ses agents, sous quelque forme que ce soit, et
quelque moyen que ce soit, un renseignement, objet, document ou procédé qui doit être tenu
secret dans l'intérêt de la défense nationale.
2) S'assurera Par quelque moyen que ce soit, la possession d'un tel renseignement, objet,
document ou procéder en vue de le livrer à une puissance étrangère ou à ses agents.
ART.58
Sera coupable d'espionnage et puni de mort, tout étranger qui commettra l'un des actes
visés à l'article 55-2, 53-3 et 55-4, à l'article 56 et 57.
La provocation à commettre ou l'offre de commettre un des crimes visés aux articles 55, 56 et
57 et au présent article sera puni comme le crime lui-même.
-Section 2 -
Des autres atteintes à la défense nationale
ART.59
Sera puni du maximum des travaux forcés à temps, tout Comorien ou tout étranger qui,
dans l'intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemblera des renseignements,
objets, documents ou procédés dont la réunion et l'exploitation sont de nature à nuire à la
défense nationale.
ART.60
Sera puni de la détention criminelle de dix à vingt ans, tout gardien, tout dépositaire par
fonction ou par qualité d'un renseignement, objet, document ou procédé qui doit être tenu au
secret dans l'intérêt de la défense nationale ou dont la connaissance pourrait conduire à la
découverte d'un secret de la défense nationale qui, sans l'intention de trahison ou
d'espionnage, l'aura :
La peine sera l'emprisonnement de six mois à cinq ans si le gardien ou le dépositaire a agi, soit
par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements
ART.61
Sera puni de la détention criminelle de cinq à dix ans, tout Comorien ou tout étranger
autres que ceux visés à l'article 60 qui, sans intention de trahison Ou d'espionnage
ART.62
Sera puni de la détention criminelle de dix à vingt ans, tout Comorien ou tout étranger
qui, sans autorisation préalable de l'autorité compétente, livrera ou communiquera a une
personne agissant pour le compte d'une puissance étrangère, soit une intervention intéressant
la défense nationale, soit des renseignements, études, procédés de fabrication se rapportant à
une invention de ce genre ou à une application industrielle intéressant la défense nationale.
ART.63
Sera puni d'un emprisonnement de un à cinq ans, tout Comorien ou étranger qui, sans
intention de trahison ou d'espionnage aura porté à la connaissance d'une personne non
qualifiée ou du public, une information militaire non rendue publique par l'autorité compétente et
dont la divulgation est manifestement de nature à nuire à la défense nationale.
ART.64
Sera puni de la détention criminelle de dix à vingt ans, tout Comorien ou étranger qui :
2) Même sans se déguiser, ou sans dissimuler son nom, sa qualité ou sa nationalité, aura
organisé d'une manière occulte un moyen quelconque, correspondance ou de transmission à
distance de nature à nuire à la défense nationale.
3) Survolera le territoire Comorien au moyen d'un aéronef étranger sans être autorisé par une
convention diplomatique ou une permission de l'autorité Comorienne,
4) Dans une zone d'interdiction fixée par l'autorité militaire ou maritime, exécutera sans
l'autorisation de celle-ci, des dessins, photographies, levées ou opérations photographiques à
l'intérieur et autour des places, ouvrages, postes ou établissements militaires et maritimes ou
intéressant la défense nationale.
5) Séjournera au mépris d'une interdiction édictée par décret dans un rayon déterminé autour
des ouvrages fortifiés ou des établissements militaires ou maritimes.
6) Communiquera à une personne non qualifiée ou rendra public des renseignements relatifs
soit aux mesures prises ou pour découvrir ou arrêter les auteurs et les complices des crimes et
délits définis aux sections 1 et 2 du présent chapitre, soit à la marche des poursuites et de
l'instruction, soit aux débats devant les juridictions du jugement.
Toutefois, en temps de paix, les auteurs des infractions prévues aux alinéas 3, 4, 5 et 6, seront
punis d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 1 000 000 à 2 000 000 francs.
ART.65
Sera puni de la détention criminelle de dix à vingt ans, quiconque :
1) Aura par des actes hostiles non approuvés par le gouvernement, expose les Comores à une
déclaration de guerre,
2) Aura par de actes non approuvés par le gouvernement, exposer des Comoriens à subir des
représailles
3) Entretiendra avec les agents d'une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à
la situation militaire ou diplomatique des Comores ou à ses intérêts économiques essentiels.
ART.66
Sera puni de la détention criminelle de dix à vingt ans, quiconque aura en temps de
guerre :
2) Fera directement ou par intermédiaire, des actes de commerce avec les sujets ou les agents
d'une puissance ennemie, au mépris des prohibitions édictées.
ART.67
Sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 100 000 à
1 000 000 francs, quiconque, en temps de guerre, accomplira sciemment un acte de nature à
nuire à la défense nationale non prévu et réprimé par un texte.
ART.68
Sera puni de la détention criminelle de cinq à dix ans, quiconque, en temps de paix, en
vue de nuire à la défense nationale, aura entravé la circulation militaire ou aura par quelque
moyen que ce soit , provoqué, facilité ou organisé une action violente ou concertée ayant ces
entraves pour but ou résultat.
ART.69
Sera puni de la détention criminelle de cinq à dix ans, quiconque, en temps de paix, aura
participé en connaissance de cause à une entreprise de démoralisation de l'armée, ayant pour
objet de nuire à la défense nationale.
ART.70
Sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 1 00 000 à 1 000
000 francs, quiconque, en temps de paix, enrôlera des soldats pour le compte d'une puissance
étrangère en territoire Comorien.
- Section 3 -
ART.71
L'attentat dont le but aura été, soit de détruire ou changer le régime constitutionnel, soit
de troubler par des moyens illégaux le fonctionnement régulier des autorités établies par la
Constitution, soit d'obtenir par des moyens illégaux, le remplacement desdites autorités, soit
d'exciter les citoyens ou habitants à s'armer contre l'autorité de l'Etat, soit de porter atteinte à
l'intégrité du territoire national, sera puni des travaux forcés à perpétuité.
ART.72
Le complot ayant pour but les crimes mentionnés à l'article 71, s'il a été suivi d'un acte
commis ou commencé pour en préparer l'exécution sera puni de la détention criminelle de dix à
vingt ans.
Si le complot n'a pas été suivi d'un acte commis ou commencé pour en préparer l'exécution, la
peine sera celle de la détention criminelle à temps de cinq à dix ans.
Il y a complot dès que la résolution d'agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs
personnes.
S'il y a eu proposition faite et non agrée de former un complot pour arriver aux crimes
mentionnés à l'article 71, celui qui aura fait une telle proposition sera puni d'un emprisonnement
d'un à cinq ans et d'une amende de 1 00 000 à 1 000 000 francs.
ART.73
Quiconque hors des cas prévus aux articles 71 et 72, aura entrepris par quelque moyen
que ce soit, de porter atteinte à l'intégrité du territoire national ou l'unité nationale, notamment
par des propos ou des faits discriminatoires ou de soustraire à l'autorité des Comores, une
partie des territoires sur lesquels cette autorité s'exerce, sera puni d'un emprisonnement d'un à
dix ans et d'une amende de 1 00 000 à 2 000 000 francs ou de l'une de ces deux peines
seulement.
ART.74
Ceux qui auront levé ou fait lever des troupes armées, engagés ou enrôlés, fait engager
ou enrôler des soldats ou leur auront fourni des armes ou munitions, sans ordre ou sans
autorisation du pouvoir légitime, seront punis des travaux forcés à perpétuité.
ART.75
Ceux, qui contre l'ordre du gouvernement, auront retenu un tel commandement.
Les commandants qui auront tenu leur armée ou troupe rassemblées, après que le licenciement
ou la séparation en aura été ordonné.
ART.76
Lorsque l'une de ces infractions prévues à l'article 71, 73, 74, et 75 aura été exécutée, ou
simplement tentée avec usage d'arme, la peine sera la mort.
ART.77
Toute personne qui, pouvant disposer de la force publique en aura requis ou ordonné,
fait requérir ou ordonner l'action ou l'emploi pour empêcher l'exécution des lois sur les
recrutements militaires ou sur la mobilisation, sera puni des travaux forcés à temps de dix à
vingt ans.
Si cette réquisition ou cet ordre ont été suivis de leur effet, le coupable sera puni de travaux
forcés à perpétuité
ART.78
L'attentat dont le but aura été soit, d'exciter à la guerre civile en armant ou en portant les
citoyens ou habitants à s'armer les uns contre les autres, soit de porter la dévastation, le
massacre ou le pillage sur le territoire, sera puni de mort.
ART.79
Les autres manœuvres ou actes de nature à compromettre la sécurité publique ou
occasionner des troubles politiques graves, à jeter le discrédit sur les institutions politiques ou
leur fonctionnement, à enfreindre les lois du pays, seront punis d'un emprisonnement de trois
ans au moins et de cinq ans au plus et d'une amende de 100 000 à 1 5 00 000 francs. Les
coupables pourront en outre être frappés d'interdiction de séjour.
Tout individu qui aura reçu, accepté, sollicité ou agréé des dons, présents, subsides, offres,
promesses, ou tous autres moyens en vue de se livrer à une propagande de nature à
compromettre la sécurité publique ou occasionner des troubles, à jeter le discrédit sur les
institutions politiques ou leurs fonctionnements, ou à inciter les citoyens à enfreindre les lois du
pays, sera puni d'un emprisonnement d'un an au moins et de cinq ans au plus et d'une amende
double de la valeur des promesses agrées ou des choses reçues ou demandées, sans que la
dite amende puisse être inférieure à 1 00 000 francs. Les coupables pourront en outre être
frappés d'interdiction de séjour.
Il ne sera jamais fait restitution des choses reçues ni de leur valeur, elles seront confisquées au
profit du trésor.
ART.80
Le complot ayant pour but le crime prévu à l'article 78, s'il a été suivi d'un acte commis
ou commencé pour en préparer l'exécution, sera puni du maximum de la détention criminelle.
Si le complot n'a pas été suivi d'un acte commis ou commencé pour en préparer l'exécution, la
peine sera celle de la détention criminelle à temps de dix à vingt ans.
Il y a un complot dès que la résolution d'agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs
personnes.
S'il y a eu proposition faite et non agrée de former un complot pour arriver au crime mentionnés
à l'article 78, celui qui aura fait une telle proposition sera puni de la détention criminelle de cinq
à dix ans.
ART.81
Sera puni de mort, quiconque en vue de troubler l'Etat par l'un des crimes prévus a
articles 71 et 78 ou par l'envahissement, le pillage ou le partage de propriétés publiques ou
privées ou encore en faisant attaque ou résistance envers la force publique agissant contre le
auteurs de ces crimes; se sera mis à la tête de bandes armées, ou y aura exercer une fonction
ou un commandement quelconque.
La même peine sera appliquée à ceux qui auront dirigé l'association, levé ou fait lever, organisé
ou fait organiser des bandes ou leur auront sciemment et volontairement fourni ou procuré des
subsides, des armes, munitions ou instruments de crime ou envoyé de subsistances ou qui
auront de tout autre manière, pratiquer des intelligences avec les directeurs ou les
commandants des bandes.
ART.82
Les individus faisant partis des bandes, sans y exercer aucun commandement ni emploi,
seront punis de la détention criminelle de dix à vingt ans.
ART.83
Tout individu qui aura incendié ou détruit, par l'explosion d'une mine, des édifices,
magasins, arsenaux, vaisseaux, ou ouvrages, aéronefs ou autres propriétés appartenant à
l'Etat ou aux autres collectivités publiques, sera puni de mort.
- Section 4 -
ART.84
Seront punis de la détention criminelle à temps de dix à vingt ans, les individus qui dans
un mouvement insurrectionnel :
1) Auront fait ou auront aidé à faire des barricades, des retranchements ou tous autres travaux
ayant pour objet d'entraver ou d'arrêter l'exercice de la fonction publique
3) Auront, pour faire attaque ou résistance envers la force publique, envahi ou occupés des
édifices, postes ou autres établissements publics, des maisons habitées, la peine sera la même
à l'égard du propriétaire ou du locataire qui connaissant le but des insurgés, leur aura procuré
sans contrainte, l'entrée des dites maisons.
ART.85
Seront punis de la détention criminelle de dix à vingt ans, les individus, qui, dans un
mouvement insurrectionnel :
2) Auront porté soit des armes apparentes ou cachées, ou des munitions, soit un uniforme ou
costume ou autres insignes civils ou militaires.
Si les individus porteurs d'armes apparentes ou cachées, ou de munitions, étaient revêtus d'un
uniforme, d'un costume ou autres insignes civils ou militaires, ils seront punis du maximum de la
détention criminelle.
Les individus qui auront fait usage de leurs armes seront punis des travaux forcés à perpétuité,
ART.86
Seront punis de mort, ceux qui auront dirigé ou organisé un mouvement insurrectionnel
ou qui auront sciemment et volontairement fourni ou procurer des armes, munitions ou
instruments de crime, ou envoyé des subsistances ou qui, auront de toute manière, pratiqué
des intelligences avec les directeurs ou commandants de mouvements.
- Section 5 -
Dispositions diverses
ART.87
Sous réserve des obligations résultant du secret professionnel, sera puni d'un
emprisonnement de un à cinq ans et d'une amende de 500 000 à 1 000 000 francs, toute
personne qui, ayant connaissance d'actes constituant des infractions contre la sûreté de l'Etat
visés au présent chapitre, n'en fera pas la révélation aux autorités administratives, judiciaires ou
militaires dès le moment ou il les aura connus.
Outre les personnes désignées à l'article 45, sera puni comme complice, quiconque, autre que
l'auteur ou le complice :
2) Portera sciemment la correspondance des auteurs de tels crimes ou délits, ou leur facilitera
sciemment, de quelques manières que ce soit, la recherche, le recel, le transport ou la
transmission de l'objet du crime ou du délit.
Outre les personnes désignées à l'article 427, sera puni comme receleur, quiconque, autre que
l'auteur ou le complice :
1) recèlera sciemment les objets ou instruments ayant servi ou devant servir à commettre le
crime ou le délit ou les objets, matériels ou documents obtenus par le crime ou le délit.
Dans les cas prévus au présent article, le tribunal pourra exempter de la peine encourue, les
parents ou alliés du criminel jusqu'au quatrième degré inclusivement.
ART.88
Seront exempts de la peine encourue celui qui avant toute exécution ou tentative de
crime ou délit contre la sûreté de l'Etat, en donnera la première connaissance aux autorités
administratives ou judiciaires.
La peine sera également rabaissée d'un degré à l'égard du coupable qui, avant l'ouverture des
poursuites, procurera l'arrestation des auteurs ou complices pour la même infraction ou d'autres
infractions de même nature ou d'égales gravités.
Sauf pour les crimes particuliers qu'ils auraient personnellement commis, il ne sera prononcé
aucune peine contre ceux qui, ayant fait partie d'une bande armée sans y exercer aucun
commandement et sans y remplir aucun emploi ni fonction, se feront retirés au premier
avertissement des autorités civiles ou militaires ou ce seront rendus à ces autorités.
ART.89
La rétribution reçue par le coupable, ou le montant de sa valeur lorsque la rétribution n'a
pas été saisie, seront déclarés acquis au Trésor par le jugement
Sont compris dans le mot armes, toutes machines, tous instruments ou ustensiles tranchants,
perçants ou contondants.
Les cannes simples et autres objets quelconques ne seront réputés armes qu'autant qu'il en
aura été fait usage pour tuer, blesser ou frapper.
ART.90
Le chef de l'Etat pourra, par décret après avis de la cour suprême, étendre soit pour le
temps de guerre, soit pour le temps de paix, tout ou partie des dispositions relatives aux crimes
et délits contre la sûreté de l'Etat aux actes concernant celle-ci qui seraient commis contre les
Etats ou puissances, alliés ou amis des Comores.
C H A P I T R E III
Des attroupements
ART.91
Est interdit sur la voie publique ou dans un lieu public :
L'attroupement est armé si l'un des individus qui le compose est porteur d'une arme apparente,
ou si plusieurs d'entre eux sont porteurs d'armes cachées, ou objets quelconques apparents ou
cachés, ayant servi d'armes ou apportés en vue de servir d'arme.
Dans les autres cas, l'attroupement est dissipé par la force après que le gouvernement, le
préfet, le maire ou l'un de ses adjoints, un commissaire de police ou tout autre officier de police
judiciaire porteur des insignes de sa fonction.
2) Aura sommé les personnes participant à l'attroupent de se disperser, à l'aide d'un haut
parleur ou en utilisant un signal sonore ou lumineux de nature également à avertir efficacement
les individus constituant l'attroupement,
3) Aura procédé de la même manière à une seconde sommation si la première est restée sans
résultat.
La nature des signaux dont il devra être fait usage sera déterminée par Décret.
ART.92
Sera puni d'un emprisonnement de deux mois à un an, toute personne non armée, qui
faisant partie d'un attroupement armé ou non armé, ne l'aura pas abandonné après la première
sommation.
L'emprisonnement sera de six mois à trois ans si la personne non armée a continué à faire
partie d'un attroupement armé ne s'étant dissipé que devant l'usage de la force.
Les personnes condamnées par application du présent article peuvent être privées pendant un
an au moins et cinq ans au plus, de tout ou partie des droits mentionnés à l'article 33.
ART.93
Sans préjudice, le cas échéant, de peines plus fortes, sera puni d'un emprisonnement de
six mois à trois ans, quiconque, dans un attroupement au cours d'une manifestation ou à
l'occasion d'une manifestation, au cours d'une réunion ou à l'occasion de cette réunion, aura été
trouvé porteur d'une arme apparente ou cachée ou d'objets quelconques apparents ou cachés,
ayant servi d'arme ou portés en vue de servir d'armes.
L'emprisonnement sera d'un à cinq ans dans le cas d'attroupement dissipé par la force
publique.
Les personnes condamnées en application du présent article peuvent être interdites de séjour
et privées pendant cinq ans au moins et dix ans au plus des droits mentionnés à l'article 33.
L'interdiction du territoire national pourra être prononcé contre tout étranger s'étant rendu
coupable de l'un des délits prévus au présent article.
ART.94
Toute provocation directe à un attroupement non armé soit, par discours proférés
publiquement, soit par écrits ou imprimés, affichés ou distribués sera punie d'un
emprisonnement d'un mois à un an, si elle a été suivie d'effet et dans le cas contraire, d'un
emprisonnement de deux mois à six mois et d'une amende de 15 000 à 75 000 francs ou de
l'une de ces deux peines seulement.
Toute provocation directe par les mêmes moyens à un attroupement armé est punie d'un
emprisonnement d'un à cinq ans, si elle a été suivie d'effet, dans le cas contraire, d'un
emprisonnement de trois mois à un an et d'une amende de 15 000 à 75 000 francs ou de l'un
de ces deux peines seulement.
ART.95
L'exercice des poursuites pour délit d'attroupement ne fait pas obstacle à la poursuite
pour crimes et délits particuliers qui auraient été commis au lieu des attroupements.
La procédure de flagrant délit est applicable aux délits prévus et punis par le présent chapitre
commis sur les lieux même de l'attroupement.
Toute personne qui aura continué à faire partie d'un attroupement après la deuxième
sommation, faite par un représentant de l'autorité publique pourra être condamnée à la
réparation pécuniaire des dommages causés par cet attroupement.
ART.96
Les réunions sur la voie publique sort interdites.
Toutefois, sont dispensés de cette déclaration, les sorties sur la voie publique conformes aux
usages locaux.
ART.97
La déclaration sera faite à l'autorité administrative chargée du maintien de l'ordre public
sur le territoire national duquel la manifestation doit avoir lieu, trois jours francs au moins et
quinze jours francs au plus, avant la date de la manifestation.
La déclaration fait connaître les noms, prénoms et domiciles des organisateurs et signée par
trois d'entre eux faisant élections de domicile dans le territoire où aura lieu la manifestation.
Elle indique le but de la manifestation, le lieu, la date et l'heure du rassemblement des
groupements invités à y prendre part et s'il y a lieu, l'itinéraire projeté.
ART.98
Si l'autorité investie des pouvoirs de police estime que la manifestation projetée e de
nature à troubler l'ordre public, elle l'interdit par un arrêté qu'elle notifie immédiatement a
signataires de la déclaration au domicile élu.
Cette autorité transmet dans les vingt quatre heures, la déclaration du ministre chargé
de l'intérieur et y joint, le cas échéant, une copie de sa décision d'interdiction.
Le ministre chargé de l’intérieur, peut soit prendre un arrêté d'interdiction, soit annuler la
décision qui a été prise.
ART.99
Seront punis d'un emprisonnement de six mois à un an et d'une amende de 75 00 500
000 francs, ceux qui auront fait une déclaration incomplète ou inexacte de nature à tromper sur
les conditions de la manifestation projetée, Ou qui, soit avant le dépôt de la déclaration présente
à l'article 97, soit après l'interdiction, auront adressé par un moyen quelconque, un convocation
pour y prendre part.
Seront punis d'un emprisonnement d'un an au moins et cinq ans au plus, et d'une amende de
100 000 à 1 000 000 francs ceux qui auront participé à l'organisation d'une manifestation non
déclarée ou qui aura été interdite.
Dans les cas prévus aux deux alinéas précédents, les coupables pourront être condamnés à
l'interdiction de séjour dans les conditions prévues à l'article 33.
CHAPITRE 1 1 1
Section1
ART.100
Lorsque par attroupement, voies de faits ou menaces, on aura empêché un ou plusieurs
citoyens d'exercer leurs droits civiques, chacun des coupables sera puni d'un emprisonnement
de six mois au moins et deux ans au plus et de l'interdiction du droit de voter et d'être éligible
pendant cinq ans au moins et dix ans au plus.
ART.101
Si cette infraction a été commise par suite d'un plan concerté pour être exécuté soit sur
toute l'étendue du territoire de la République, soit dans un ou plusieurs circonscriptions
administratives, la peine sera de deux à cinq ans d'emprisonnement.
ART.102
Tout citoyen qui, étant chargé, dans un scrutin, du dépouillement des billets contenant
les suffrages des citoyens, sera surpris falsifiant ces billets ou entrain d'en soustraire de la
masse, ou d'en ajouter, ou d'inscrire sur les bulletins des votants non lettrés des noms autres
que ceux qui lui auront été déclarés, sera puni de la peine de six mois à deux ans
d'emprisonnement, du droit de voter et d'être éligible pendant cinq ans au moins et dix ans au
plus.
ART.103
Toutes autres personnes coupables des faits énoncés dans l'article précédent seront
punies d'un emprisonnement de deux mois au moins et de six mois au plus, et de l'interdiction
du droit de voter et d'être éligible pendant deux ans au moins et cinq ans au plus.
ART.104
Ceux qui, d'une manière quelconque, auront porté atteinte ou tenté de porter atteinte à la
sincérité du scrutin, violé ou tenté de violer le secret du vote, empêché ou tenté d'empêcher les
opérations du scrutin, ou qui auront changé ou tenté de changer les résultats seront punis d'un
emprisonnement d'un mois au moins à un an et d'une amende de 15 000 à 75000 francs ou de
l'une de ces deux peines seulement.
Le délinquant pourra en outre, être privé de ses droits civiques pendant deux ans au moins et
cinq ans au plus.
Aucune poursuite relative à des faits réprimés par la présente section, contre un candidat, ne
pourra être exercée avant la proclamation du scrutin.
Section 2
Attentats à la liberté
ART.105
Lorsqu'un fonctionnaire public, un agent, un préposé ou un membre du gouvernement,
aura ordonné ou fait quelques actes arbitraires ou attentatoires, soit à la liberté individuelle, soit
aux droits civiques d'un ou plusieurs citoyens, soit à la Constitution, il sera condamné à la peine
de la dégradation civique.
Si néanmoins, il justifie qu'il a agi par ordres de ses supérieurs pour des objets du ressort de
ceux-ci, sur lesquels il leur était dû à l'obéissance hiérarchique, il sera exempt de 1a peine,
laquelle sera dans ce cas, appliquée seulement aux supérieurs qui auront donné l'ord re.
ART.106
Si les personnes prévenues d'avoir ordonné ou autorisé l'acte contraire à la Constitution
prétendent que la signature à elles, leur a été surprise, elles seront tenues, en faisant cesser
l'acte, de dénoncer celui qu'elles déclareront auteur de la surprise, si non elle seront poursuivies
personnellement.
ART.107
Les dommages et intérêts qui pourraient être prononcés à raison des attentats exprimés
dans l'article 105, seront demandés, soit sur la poursuite criminelle, soit par la voie civile et
seront réglés en égard aux personnes, soit l'individu lésé, les dits dommages et intérêt puissent
être au dessous de 20 000 francs pour chaque jour de détention illégale et arbitraire et pour
chaque individu.
ART.108
Si l'acte contraire à la Constitution a été fait d'après une fausse signature du nom du
ministre ou d'un fonctionnaire public, les auteurs du faux et ceux qui en auront fait sciemment
usage, seront punis de la peine des travaux forcés à temps de dix à vingt ans.
ART.109
Les fonctionnaires publics chargés de la police administrative ou judiciaire, qui auront
refusé ou négligé de déférer à une réclamation légale tendant à constater les détentions
illégales et arbitraires, soit dans les maisons destinées à la garde des détenus, soit partout
ailleurs et qui ne justifieront pas les avoir dénoncées à l'autorité supérieure, seront punis d'un
emprisonnement de cinq à dix ans et tenus des dommages et intérêts, lesquels seront réglés
comme il est dit dans l'article 107.
ART.110
Les gardiens et concierges des maisons de dépôt, d'arrêt, de justice ou de peine qui
auront reçu un prisonnier sans mandat ou jugement, ou quant il s'agira d'une expulsion d'une
extraction, sans ordre provisoire du chef de l'Etat, ceux qui l'auront retenu, ou auront refusé de
le représenter au magistrat, à l'officier de police judiciaire ou au porteur de ses ordres, sans
justifier de la défense du procureur de la République ou du juge, ceux qui auront refusé
d'exhiber leurs registres à l'officier de police, seront reconnus coupables de détention arbitraire,
punis de six mois à deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 15 000 à 7 000francs.
ART.111
Seront coupables de forfaiture et punis de la dégradation civique, tous officiers de police
judiciaire, tous procureurs généraux et procureurs de la République, tous substituts, tous juges ,
qui auront provoqué, donné, signé un jugement, une ordonnance ou un mandat tendant à la
poursuite personnelle ou l'accusation, soit d'un ministre, soit d'un membre de l'assemblée
nationale, soit de l'Etat, ou qui, hors les cas de flagrant délit auront sans les mêmes
autorisations, donné ou signé l'ordre ou le mandat de saisir ou arrêter un ou plusieurs ministres
ou membre de l'assemblée nationale.
ART.112
Sont également punis de la dégradation civique, tous procureurs généraux ou de la
République, substituts, juges, ou officiers publics qui auront retenu ou fait retenir un individu
hors des lieux déterminés par le gouvernement ou par l'administration publique ou qui auront
traduit un citoyen devant une Cour d'assises sans qu'il ait été préalablement mis légalement en
accusation.
Section 3
ART.113
Tout concert de mesures contraires aux lois, pratiqué soit par la réunion d'individus ou de
corps dépositaires de quelques parties de l'autorité publique, soit par députation ou
correspondance entre eux, sera puni d'un emprisonnement de six mois au moins et de deux
ans au plus contre chaque coupable, qui pourra de plus être condamné à l'interdiction des
droits civiques et de tout emploi public pendant dix au plus.
ART.114
Si, par l'un des moyens exprimés ci-dessus, il a été concerté des mesures contre
l'exécution des lois ou contre les ordres du gouvernement, la peine sera l'emprisonnement de
deux à cinq ans.
Si ce concert a eu lieu, entre les autorités civiles et les corps militaires ou leurs chefs, ceux qui
en seront les auteurs ou provocateurs seront punis de l'emprisonnement de cinq à dix ans. Les
autres coupables ou provocateurs seront punis à une peine d'emprisonnement de deux ans au
moins à cinq ans au plus.
ART.115
Dans ce cas où le concert aurait eu pour objet ou résultat un complot attentatoire à
la sûreté de l'Etat, les coupables seront punis des travaux forcés à perpétuité.
ART.116
Seront coupables de forfaiture et punis de la peine de la dégradation civique,
les fonctionnaires publics qui auront, par délibération, arrêté de donner des démissions dont
l'objet serait d'empêcher ou de suspendre soit l'administration de la justice, soit
l'accomplissement d'un service quelconque.
Section 4
Empiètement des autorités administratives et judiciaires
ART.117
Seront coupables de forfaiture et punis de la dégradation civique :
1) Les juges, procureurs généraux et de la République, leurs substituts, les officiers de police
judiciaire qui se seront immiscés dans l'exercice du pouvoir législatif, soit par des règlements
contenant des dispositions législatives, soit en arrêtant ou en suspendant l'exécution d'une ou
plusieurs lois promulguées.
3) Lorsque les autorités visées au paragraphe 2 ci-dessus, en dehors des cas prévus par la loi,
entreprendront sur les fonctions judiciaires en s'ingérant de connaître des droits et intérêts
privés du ressort des tribunaux et qu'après la réclamation des parties ou de l'une d'elles, elles
auront néanmoins décidées l'affaire avant que l'autorité judiciaire ait définitivement statué, elles
seront punies d'une amende de 500 000 francs au moins et 1 000 000 francs au plus.
CHAPITRE IV
Crimes et délits contre la paix publique
Section 1
Du faux
Paragraphe premier. Fausse monnaie
ART.118
Quiconque aura contrefait ou altéré les billets de banque ou les monnaies dite
métalliques ayant cours légal aux Comores, ou participé à l'émission ou l'exposition des
monnaies contrefaites ou altérées, ou leur introduction sur le territoire comorien, sera puni la
peine des travaux forcés à perpétuité.
ART.119
La contrefaçon ou altération de la monnaie étrangère, d'effets de trésors étrangers, de
billets de banque étrangers, l'émission, l'exposition, l'introduction dans un pays quelconque ou
l'usage de telles monnaies, de tels effets ou billets contrefaits ou falsifiés, seront punis comme
s'il s'agissait de monnaies comoriennes, d'effet de trésor ou de billets de banque comoriens,
selon les distinctions portées à la présente section.
Toutefois, ceux qui, a l'étranger, se seront rendus coupables comme auteurs ou complices de
tels crimes ou délits, ne pourront être poursuivis aux Comores que dans les conditions prévues
au code de procédure pénale dans le chapitre traitant des crimes et délits commis à l'étranger.
ART-120
Sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans, quiconque aura coloré ou tenter de
colorer les monnaies ayant cours légal aux Comores ou les monnaies étrangères dans le but de
tromper sur la nature du métal, ou les aura émises, introduites sur le territoire comorien.
Seront punis de la même peine ceux qui auront participé à l'émission ou à l'introduction des
monnaies ainsi colorées.
ART.121
La participation énoncée aux précédents articles ne s'applique point à ceux qui, ayant
reçu pour bons des billets de banque ou des pièces de monnaie contrefaits, altérés ou colorés,
les ont remis en circulation.
Toutefois, celui qui aura fait usage des dits billets ou pièces après en avoir vérifié ou fait vérifier
les vices, sera puni d'une amende triple au moins et sextuple au plus de la somme représentée
par les pièces qu'il aura rendues en circulation sans que cette amende puisse en aucun cas,
être inférieure à 50 000 francs.
Seront punis d'un emprisonnement d'un à cinq ans, ceux qui auront introduit, fabriqué, employé
ou détenu, sans autorisation des machines, appareils, instruments ou autres objets destinés par
leur mesure à la coloration, à l'altération de monnaies ou à la fabrication de fausses monnaies.
Les fausses monnaies ainsi que les instruments ou objets visés à l'alinéa précédent seront
saisis et confisqués.
ART.122
La souscription, l'émission ou la mise en circulation de moyens de paiement ayant pour
objet de suppléer ou de remplacer le signes monétaires ayant cours légal, sera puni d’un
emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 1 00 000 à 1 000 000 francs, ou de l’une
de ces deux peines seulement.
Les moyens de paiement souscrits, émis ou mis en circulation contrairement aux prohibitions du
présent article, seront saisis par les agents habilités à constater les infractions. Leur
confiscation devra être prononcée par le tribunal.
ART.123
Les personnes coupables des faits mentionnés en l'article 1 1 8, seront exemptées de
peine si, avant la consommation de ces faits et avant toutes poursuites, elles ont donné
connaissance et révélé les auteurs aux autorités constituées ou si même après les poursuites
commencées, elles ont procuré l'arrestation des autres coupables.
ART.124
Ceux qui auront contrefait le sceau de l'Etat ou fait usage du sceau contrefait.
Ceux qui auront contrefait ou falsifié soit des effets émis par le trésor public avec son timbre ou
marque, soit des billets de banque autorisés par la loi ou des billets de même nature émis par le
trésor ou qui auront fait usage de ces effets, billets contrefaits ou falsifiés ou qui les auront
introduits sur le territoire comorien.
Les sceaux contrefaits et les effets contrefaits ou falsifiés seront confiés et détruits. Les
dispositions de l'article précédent sont applicables aux faits mentionnés ci-dessus.
ART.125
Ceux qui auront contrefait ou falsifié soit un ou plusieurs timbres nationaux, soit les
marteaux de l'Etat servant aux marques forestières, soit le poinçon ou les poinçons servant à
marquer les matières d'or ou d'argent, ou qui auront fait usage des papiers, effets, timbres,
marteaux ou poinçons falsifiés ou contrefaits , seront punis des travaux forcés de cinq à dix ans.
ART.126
Seront punis d'un emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende de 25 000 à 2
500 000 francs:
1) Ceux qui auront contrefait les marques destinées à être apposées au nom du gouvernement
sur les diverses espèces de denrées ou de marchandises ou qui auront fait usage de ces
fausses marques,
2) Ceux qui auront contrefait les sceaux, timbres ou marques d'une autorité quelconque ou qui
auront fait usage du sceau, timbre ou marque contrefait,
3) Ceux qui auront contrefait les papiers à en-tête ou imprimés officiels en usage dans les
assemblées instituées par la Constitution, les administrations publiques ou les différentes
juridictions, qui les auront vendus, colportés ou distribués, ou qui auront fait usage des papiers
ou imprimés ainsi contrefaits,
4) Ceux qui auront contrefait ou falsifié les timbres poste, empreintes d'affranchissement ou
coupon-réponse émis par l'administration comorienne des postes et les timbres mobiles, ceux
qui auront vendu, colporté, distribué ou utilisé sciemment les dits timbres, empreintes ou
coupon-réponse, contrefaits ou falsifiés.
Les dispositions des articles 121 et 125 et celles du présent article seront applicables aux
tentatives de ces mêmes délits.
ART.127
Quiconque s'étant indûment procuré de vrais sceaux, marques, timbres ou imprimés
prévus à l'article précédent ou aura fait tenter d'en faire application ou un usage frauduleux,
sera puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 25 000 à 1 000 000
francs.
Les coupables pourront en outre être privés des droits mentionnés à l'article 33 du présent code
pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où ils auront subi leur peine.
Ils pourront aussi être interdits de séjour.
ART.128
Seront punis d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 15 000 à
50 000 francs :
1) Ceux qui auront fabriqué, vendu, colporté ou distribué tous objets, imprimés ou formules,
obtenus par un procédé quelconque qui, par leur forme extérieure présenteraient avec les
pièces de monnaies ou billets de banque ayant cours légal aux Comores ou à l'étranger, avec
les titres de vente, vignettes et timbres du service des postes et télécommunications ou des
régies de l'Etat actions , obligations, parts et intérêts, coupons de dividendes ou intérêts y
afférents, et généralement avec les valeurs fiduciaires émises par l'Etat ou toutes autres
collectivités publiques ou semi-publiques, ainsi que par des sociétés, compagnies ou
entreprises privées, une ressemblance de nature à faciliter l'acceptation des dits objets,
imprimés ou formules, aux lieux et place des valeurs imitées,
2) Ceux qui auront fabriqué, vendu, colporté, distribué ou utilisé des imprimés qui par leur
format, leur couleur, leur texte, leur disposition typographique ou tout autre caractère
présenteraient, avec les papiers à en-tête ou imprimés officiels en usage dans les assemblées
institutionnelles, les administrations publiques et les différentes juridictions, une ressemblance
de nature à causer une méprise dans l'esprit du public,
3) Ceux qui auront sciemment fait usage des timbres poste ou des timbres mobiles ayant déjà
été utilisés, ainsi que ceux qui auront par tous les moyens altéré des timbres dans le but de les
soustraire à l'oblitération et de permettre ainsi leur réutilisation ultérieure.
4) Ceux qui auront surchargé par impression, perforation ou tout autre moyen, 1es timbres
poste ou autres valeurs fiduciaires postales périmés ou non, à l'exception des opérations
prescrites par le ministère des postes, télégraphes et téléphones, ainsi que ceux qui auront
vendu, colporté, offert, distribué exporté des timbres poste ainsi surchargé,
5) Ceux qui auront contrefait, imité ou altéré les vignettes le, timbres, empreintes
d'affranchissement ou coupons réponse émis par le service des postes d'un pays étranger, qui
auront vendu, colporté ou distribué les dites vignettes, timbres, empreintes d'affranchissement
ou coupons réponse ou qui auront fait usage,
6) Ceux qui auront contrefait, imité ou altéré les cartes d'identité postales comoriennes ou
étrangères, les cartes d'abonnement à la poste restante, qui auront vendu, colporté ou distribué
les dites cartes ou en auront fait usage.
Dans tous les cas prévus au présent article, le corps du délit sera confisqué et détruit.
ART.129
Tout fonctionnaire ou officier public qui, dans l'exercice de ses fonctions, aura commis ou
tenté de commettre un faux,
- Soit par les écritures faites ou intercalées sur les registres, d'autres actes publics, depuis leur
confection ou clôture,
ART.130
Sera aussi puni de la même peine, tout fonctionnaire ou officier public qui, en rédigeant
des actes de son ministère, en aura frauduleusement dénaturé la substance ou les
circonstances, soit en écrivant des conventions autres que celles qui auraient été tracées ou
dictées par les parties, soit en constatant comme vrai des faits faux, ou comme avoués des faits
qui ne l'étaient pas.
ART.131
Seront punis des travaux forcés de cinq à dix ans, toutes autres personnes qui auront
commis ou tenté de commettre un faux en écriture authentique et publique,
- Soit par addition ou altération des clauses, de déclarations ou de faits que ces actes avaient
pour objet de recevoir et de constater,
Seront punis de la même peine, tous administrateurs ou comptables militaires qui portent
sciemment sur les rôles, les états de situation ou de revus, un nombre d'hommes, de matériels,
de chevaux ou de journées de présence au delà de l'effectif réel, qui exagèrent le montant des
consommations ou commettent tous autres faux dans leurs comptes.
ART.132
Dans tous les cas exprimés à l'article 129 à 131, celui qui aura fait usage ou tenté de
faire usage des actes faux, sera puni d'un emprisonnement de deux ans au moins et de dix ans
au plus.
ART.133
Sont exceptés des dispositions ci-dessus, les faux prévus aux articles 136 à 144 inclus
sur lesquels il est particulièrement statué ci-après -.
ART.134
Tout individu qui aura, de l'un des manières exprimées à l'article 131, commis ou tenté
de commettre un faux en écriture privée, de commerce ou de banque, sera puni d'un
emprisonnement de trois à sept ans et d'une amende de 30 000 à 1 500 000 francs.
Le coupable pourra en outre être condamné à l'interdiction de séjour pendant dix ans au plus.
ART.135
Sera puni des mêmes peines celui qui aura fait usage ou tenté de faire usage de la pièce
fausse.
Paragraphe 5 : Des faux commis dans certains documents administratifs, dans les
feuilles de route et certificats.
ART.136
Quiconque aura contrefait, falsifié ou altéré les permis, certificats, livrets, cartes,
bulletins, récépissés, passeports, laisser passer ou autres documents délivrés par les
administrations publiques en vue de constater un droit, une identité ou une qualité, ou
d'accorder une autorisation, sera puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une
amende de 15 000 à 300 000 francs.
Le coupable pourra en outre être privé des droits mentionnés à l'article 33 du présent code
pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où il aura subi sa peine.
1) Celui qui aura fait usage d'un des documents contrefaits, falsifiés ou altérés.
2) Celui qui aura fait usage d'un des documents visés à l'alinéa premier, lorsque les mentions
invoquées par l'intéressé sont devenues incomplètes ou inexactes.
ART.137
Quiconque se sera fait délivrer indûment ou tenté de se faire délivrer indûment un des
documents prévus à l'article précédent, soit en faisant de fausses déclarations, soit en prenant
un faux nom ou une fausse qualité, soit en fournissant de faux renseignements, certificats ou
attestations, sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une amende de 15
000 à 300 000 francs.
Les mêmes peines seront appliquées à celui qui fait usage d'un tel document, soit obtenu dans
les conditions susdites, soit établi sous un autre nom que le sien. Elles s'appliquent aussi aux
titulaires des documents qui les auront prêtés ou vendus.
Le fonctionnaire qui délivrera ou fera délivrer un document prévu à l'article précédent à une
personne qu'il savait n'y avoir pas droit, sera puni d'un emprisonnement d’un a cinq ans et d'une
amende de 15 000 à 300 000 francs, sans préjudice des peines plus graves qu'il pourrait
encourir par application des articles 158 et suivant du présent code. Le coupable pourra, en
outre, être privé des droits mentionnés à l'article 33 du présent code pendant cinq ans au moins
et dix ans au plus à compter du jour de sa condamnation définitive.
ART.138
Les logeurs et aubergistes qui, sciemment inscriront sur les registres sous des noms
faux ou supposés, les personnes logées, chez eux, ou que de convenance avec elles, auront
omis de les inscrire, seront punis d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende de 75
000 à 300 000 francs.
ART.139
Quiconque fabriquera une fausse feuille de route, ou falsifié une feuille de route
originairement véritable, ou fera usage d'une feuille de route fabriquée ou falsifiée, sera puni, à
savoir :
1) d'un emprisonnement de trois mois au moins à trois ans au plus si la feuille de route n’a eu
pour objet que de tromper la surveillance de l'autorité publique,
2) d'un emprisonnement d'une année au moins et de quatre ans au plus, si le trésor public a
payé au porteur de la fausse feuille de route, des frais de route qui ne lui étaient pas dus, ou qui
excédaient ceux auxquels il pouvait avoir droit, le tout néanmoins au dessous de 13 000 francs
et d'un emprisonnement de deux ans au moins et de cinq ans au plus, si les sommes indûment
perçues par le porteur de la feuille s'élèvent à 13 000 francs et au delà.
Dans ces deux derniers cas, les coupables pourront, en outre être privés des droits mentionnés
à l'article 33 du présent code, pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour
où ils auront subi leur peine.
ART.140
Les peines portées en l'article précédent seront appliquées selon les distinctions qui y
auront été établies, à toute personne qui se sont fait délivrer par l'officier public, une feuille de
route sous un nom supposé ou qui aura fait usage d'une feuille délivrée sous un autre nom que
le sien.
ART.141
Si l'officier public était instruit de la supposition de nom lorsqu'il a délivré la feuille de
route, il sera puni, à savoir :
- Dans le premier cas supposé par l'article 139, d'un emprisonnement d'une année au moins et
de cinq ans au plus,
- Dans le second cas du même article, d'un emprisonnement de deux ans au moins et de cinq
ans au plus.
Dans les deux premiers cas, il devra en outre, être privé des droits mentionnés à l'article 33 du
présent code pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où il aura subi sa
peine.
ART.142
Quiconque pour se rédiger lui même ou affranchir autrui d'un service public quelconque ,
fabriquera sous le nom d'un médecin, chirurgien ou tout autre personne exerçant une
profession médicale ou paramédicale, un certificat de maladie ou d'infirmité, sera puni d'un
emprisonnement d'une année au moins et de trois ans au plus.
ART.143
Hors le cas de corruption prévu à l'article 158 ci-après, tout médecin, chirurgien, dentiste
ou sage femme qui, dans l'exercice de ses fonctions et pour favoriser quelqu'un, certifiera
faussement ou dissimulera l'existence de maladies ou infirmités ou état de grossesse Ou
fournira des indications mensongères sur l'origine d'une maladie ou infirmité ou la cause d'un
décès, sera puni d'un emprisonnement d'un à trois ans.
Le coupable pourra en outre être privé des droits mentionnés à l'article 33 du présent code,
pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où il aura subi sa peine.
ART.144
Quiconque fabriquera, sous le nom d'un fonctionnaire ou officier public, un certificat de
bonne conduite, indigence ou autres circonstances propres à appeler la bienveillance du
gouvernement ou des particuliers sur la personne désignée et à lui procurer places, crédits ou
secours, sera puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans.
1) A celui qui falsifiera un certificat de cette espèce, originairement véritable, pour l'approprier à
une personne autre que celle à laquelle il a été primitivement délivré ;
2) A tout individu qui se sera servi du certificat ainsi fabriqué ou falsifié, si ce certificat est
fabriqué sous le nom d'un simple particulier, la fabrication et l'usage seront punis d'un mois à un
an d'emprisonnement.
Sera puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 10 000 à 150 000
francs ou de l'une de ces deux peines seulement, sans préjudice de l'application, le cas échéant
des peines plus fortes prévues par le présent code et des lois spéciales, quiconque :
1) Aura établi sciemment une attestation ou un certificat faisant état des faits matériellement
inexacts.
2) Aura modifié ou falsifié d'une façon quelconque une attestation ou un certificat inexact ou
falsifié.
ART.145
Les faux réprimés au présent paragraphe d'où il pourrait résulter soit lésion envers les
tiers, soit préjudice envers le trésor public seront punis d'une peine d'emprisonnement de deux
ans au moins et de dix ans au plus.
DISPOSITIONS COMMUNES
ART.146
L'usage de faux n'est punissable que lorsque son auteur a sciemment utilisé la chose
fausse.
ART.147
Il sera prononcée contre les coupables une amende de 15 000 à 400 000 francs,
l'amende pourra cependant être portée jusqu'au quart du bénéfice illégitime que le faux aura
procuré ou était destiné à procurer aux auteurs du délit, à leurs complices ou à ceux qui ont fait
usage de la pièce fausse.
Section2
ART.148
Tout crime commis par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions est une
forfaiture.
ART.149
Toute forfaiture pour laquelle la loi ne prononce pas de peines plus graves est punie de
la dégradation.
ART.150
Les simples délits ne constituent pas les fonctionnaires en forfaiture.
Paragraphe 1 : Des détournements et soustractions commis par les agents publics.
ART.151
Tout agent civil ou militaire de l'Etat ou d'une collectivité publique, qu'il soit ou non
comptable public, toute personne revêtue d'un mandat publie, tout autre dépositaire public et
tout officier public et ministériel qui aura détourné ou soustrait des dossiers publics ou privés ou
effets d'actifs en tenant lieu ou des pièces, titre de paiements, valeurs mobilières, contenant ou
opérations, obligations ou décharges, effets mobiliers, denrées ou objets quelconques à
l'occasion de l'exercice de ses fonctions, sera puni d'un emprisonnement de cinq à dix ans.
Sera puni des mêmes peines, toute personne désignée à l'alinéa précédent qui aura obtenu
frauduleusement de l'Etat ou d'une collectivité publique au moyen de pièces fausses ou de
manœuvres quelconques, des sommes d'argent ou des avantages matériels qu'elle savait ne
pas lui être dûs.
ART.152
Seront punis des mêmes peines, les dirigeants et agents de toute nature des
établissements publics, des ordres professionnels, des coopératives bénéficiant du soutien de
J'Etat ou d'une collectivité publique, des organismes privés chargés de l'exécution d'un service
public, des associations ou fondations reconnues d'utilité publique et des sociétés dont l'Etat ou
toute collectivité détient la moitié au moins du capital, qui auront détourné ou soustrait des
sommes d'argent, pièces, titres de paiement, effets mobiliers, denrées ou objets quelconques à
l'occasion de l'exercice de leurs fonctions.
Sera puni des mêmes peines toute personne désignée à l'alinéa précédent qui aura obtenu
frauduleusement de l'Etat ou d'une collectivité publique au moyen de pièces fausses ou de
manœuvres quelconques, des sommes d'argent ou des avantages matériels qu'elle savait ne
pas lui être dûs.
ART.153
Dans les cas exprimés aux deux articles précédents, il sera toujours prononcé contre le
condamné une amende de 50 000 à 5 000 000 francs.
La confiscation de tous les biens du condamné sera obligatoirement prononcée dans les
conditions prévues aux articles 29 à 31, lorsque les sommes ou objets détournés ou soustraits,
n'auront pas été remboursés ou restitués en totalité au moment du jugement.
ART.154
A l'égard des prévenus reconnus coupables des faits punis par les articles 151 à 153,
l'application des circonstances atténuantes sera subordonnée à la restitution ou au
remboursement, avant jugement, du tiers au moins de la valeur détournée ou soustraire.
L'acte administratif constatant le montant des sommes dûes à l'Etat par le prévenu n'est pas
préjudiciel au jugement des délits réprimés par les articles 151 à 153.
ART.155
Tous fonctionnaires ou officiers publics, tous percepteurs des contributions ou deniers
publics, leurs commis ou préposés qui auront reçu, exigé ou ordonné de percevoir pour droits,
taxes, contributions ou deniers ou pour salaires ou traitements ce qu'ils savaient n'être pas dûs
ou excéder ce qui était dû, seront punis, à savoir :
Les condamnés pourront être interdits pendant dix ans au plus, à partir de l'expiration de la
peine, les droits énumérés à l'article 33 du présent code. En outre, ils pourront être déclarés
incapables d’exercer aucun emploi public pendant 20 ans au plus.
Les dispositions qui précédent sont applicables aux greffiers et officiers ministériels lorsque le
fait a été commis à l'occasion des recettes dont ils sont chargés par la loi.
Seront punis de ces mêmes peines, tous détenteurs de l'autorité publique qui ordonneront des
contributions directes ou indirectes, autres que celles autorisées par la loi, tous fonctionnaires,
agents ou employés qui en établiront les rôles et feront le recouvrement.
Les mêmes peines seront applicables aux détenteurs de l'autorité publique, qui, sous une forme
quelconque et pour quel que motif que ce soit, auront sans autorisation de la loi, accordés des
exonérations ou franchises des droits, impôts ou taxes publiques ou auront effectué
gratuitement la délivrance de produits des établissements de l'Etat.
Dans tous les cas prévus au présent article, la tentative de délit sera punie comme le délit lui
même.
ART.156
Tout fonctionnaire, tout officier public, tout membre ou agent du gouvernement, soit
ouvertement, soit par actes simulés, soit par interpositions de personnes , aura pris ou reçu
quelque intérêt que ce soit dans les actes, adjudications entreprises dont il a ou avait, au temps
de l'action en tout ou partie l'administration ou la surveillance, sera puni d'un emprisonnement
d'un an au moins et cinq ans au plus et sera condamné à une amende qui ne pourra excéder le
quart des restitutions et des indemnités, ni être au dessous du deuxième.
La présente disposition est applicable à tout fonctionnaire ou agent du gouvernement qui aura
pris un intérêt quelconque dans une affaire dont il était chargé d'ordonnancer le paiement ou de
faire la liquidation.
Tout fonctionnaire public, tout agent ou préposé d'une administration, chargé à raison même de
sa fonction de la surveillance ou du contrôle direct d'une entreprise privée et qui, soit en
position de congé ou de disponibilité, soit après admission à la retraite, soit par démission,
destitution, révocation et pendant un délai de cinq ans à compter de la cessation de la fonction,
prendra ou recevra une participation par travail, conseil ou capitaux ( sauf par dévolution
héréditaire en ce qui concerne les capitaux), dans les concessions , entreprises ou régies qui
étaient directement soumises à sa surveillance ou à son contrôle, sera puni de la même peine
d'emprisonnement et de 1 00 000 à 500 000 francs d'amende.
Les dirigeants des concessions, entreprises ou régies, considérés comme complices, seront
frappés des mêmes peines.
ART.157
Tout fonctionnaire, tout agent de l'ordre administratif ou judiciaire, tout officier ou militaire
de carrière, qui, ouvertement ou par des actes simulés ou par interposition de personnes, aura
exercé une activité commerciale, sera puni d'une amende de 100 000 à 500 000 francs et de la
confiscation de tous biens faisant l'objet de cette activité ou en permettent l'exercice.
Le conjoint ne sera pas réputé comme personne interposée lorsque le fonctionnaire, l'agent de
l'ordre administratif ou judiciaire, l'officier ou le militaire de carrière aura accompli la formalité qui
consiste, lorsque le conjoint exerce une activité lucrative, d'en faire la déclaration du ministre
investi du pouvoir de nomination, lequel prend, s’il y a lieu, les mesures propres à sauvegarder
les intérêts de l'administration après avis du conseil supérieur de la fonction publique.
ART.158
Sera puni d'un emprisonnement de deux à dix ans et d'une amende double de la valeur
des promesses agrées ou des choses reçues ou demandées, sans que la dite amende puisse
être inférieure à 150 000 francs, quiconque aura sollicité, agréé des offres ou promesses.
sollicité ou reçu des dons OLI présents pour :
1) Etant investi d’un mandat électif, fonctionnaire public de l'ordre administratif ou judiciaire,
militaire ou assimilée agent ou préposé de l'administration publique, citoyen chargé d'un
ministère de service public, dirigeant ou agent de toute nature d'un établissement public, d'un
ordre professionnel, d'une coopérative bénéficiant du soutien de l'Etat ou d'une collectivité
publique, d'un organisme privé chargé d'une mission, d'un service d'une société dont une
collectivité publique détient la moitié au moins du capital, faire ou s'abstenir de faire un acte de
ses fonctions ou de son emploi, juste ou non, mais sujet à salaire ;
2) Etant arbitre ou expert nommé soit par le tribunal, soit par les parties, rendre une décision ou
donner une opinion favorable ou défavorable à une partie,
Sera puni d'un emprisonnement d'un à trois ans et d'une amende de 15 000 à 1 00 000 francs ,
ou de l'une de ces deux peines seulement, tout commis, employé, préposé, salarié ou
rémunéré sous une forme quelconque, qui, soit directement, soit par personne interposée, aura,
à l'insu et sans le consentement de son patron, soit sollicité ou agrée des offres ou promesses ,
soit sollicité ou reçu des dons, présents, commissions, escomptes ou primes pour faire ou
s'abstenir de faire un acte de son emploi.
Dans le cas du second alinéa, d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende
de 25 000 à 1 00 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
ART.159
Sera puni d'un emprisonnement d'un an au moins et de cinq ans au plus, et de amende
prévue par le premier alinéa de l'article 158, toute personne qui aura sollicité ou agrée des
offres ou promesses, sollicité ou reçu des dons ou présents pour obtenir ou tenter de faire
obtenir des décorations, médailles, distinctions ou récompenses, places, fonctions ou emplois
ou des faveurs quelconques accordés par l'autorité publique, des marchés, entreprises ou
autres bénéfices résultant de traités conclus avec l'autorité publique avec une administration
placée sous le contrôle de la puissance publique ou de façon générale une décision favorable
d'une telle autorité ou administration et aura ainsi abusé d'une influence réelle ou supposée.
Toutefois, lorsque le coupable est l'une des personnes visées au paragraphe 1er du présent
alinéa de l'article 158 et qu'il a abusé de l'influence réelle ou supposée que lui donne son
mandat ou sa qualité, la peine d'emprisonnement sera de deux ans au moins et de dix ans au
plus.
ART.160
Quiconque, pour obtenir. soit l'accomplissement ou l’abstention d'un acte, soit une des
faveurs ou avantages prévus aux articles 158 et 159, aura usé de voies de fait ou menaces,
promesses, offres , dons ou présents, ou cédé des sollicitations tendant à la corruption, même
s'il n'en a pas pris l'initiative, sera que la contrainte ou la corruption ait ou non produit son effet,
puni des mêmes peines que celles prévues aux dits articles contre la personne corrompue.
ART.161
Dans le cas de la corruption ou le trafic d'influence aurait pour objet un fait comportant
une peine plus forte, cette peine plus forte sera appliquée aux coupables.
Dans le cas prévu aux alinéas l° et 3° de l'article 158 et l'alinéa 2 de l'article 159, le coupable,
s'il est officier sera en outre puni de la destitution. Si le coupable est un militaire ou assimilé, il
sera fait application, en ce qui concerne la peine d'amende, des dispositions du code de justice
militaire.
Dans le cas prévu aux trois articles qui précédent, les coupables pourront en outre, être interdits
des droits mentionnés dans l'article 33, pendant cinq ans au moins et de dix ans au plus, à
compter du jour où ils auront subi leur peine.
Il ne sera jamais fait au corrupteur, restitutions des choses par lui livrées, ni de leur valeur, elles
seront confisquées au profit du trésor.
ART.162
Si c'est un juge, prononçant en matière correctionnelle, ou un juré qui s'est laissé
corrompre, soit en faveur, soit au profit de l'accusé, il sera puni d'un emprisonnement de cinq à
dix ans, outre l'amende ordonnée par l'article 158.
ART.163
Tout fonctionnaire de l'ordre administratif ou judiciaire, tout officier de justice ou de
police, tout commandant ou agent de la force publique, qui, agissant en sa dite qualité, se sera
introduit dans le domicile d'un citoyen contre le gré de celui-ci, hors les cas prévus par la loi, et
sans les formalités qu'elle a prescrites, sera puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans
et d'une amende de 15 000 à 150 000 francs, sans préjudice de l'application du second alinéa
de l'article 105.
Tout individu qui se sera introduit à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait, violence ou
contraintes dans le domicile d’un citoyen, en sera puni d'un emprisonnement de deux mois à un
an et d’une amende de 15 000 à 100 000 francs.
ART.164
Tout juge d'un tribunal, qui, sous quelque prétexte que ce soit, même du silence ou de
l'obscurité de la loi, aura dénié rendre justice qu'il doit aux parties, après en avoir requis et qui 1
aura persévéré dans son déni après avertissement ou injonction de ses supérieurs, pourra être
poursuivi et sera puni d'une amende de 15 000 à 150 000 francs et de l'interdiction de l'exercice
de fonctions publiques pendant cinq ans au moins et vingt ans au plus,
ART.165
Lorsqu'un fonctionnaire ou officier public, un administrateur ou agent préposé du
gouvernement ou de la police, un exécuteur des mandats de justice ou de jugements, un
commandant en chef ou un sous-ordre de la force publique, aura, sans motif légitime, usé ou
fait user de violences envers les personnes, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses
fonctions, il sera puni selon la nature et la gravité de ces violences et en élevant la peine
suivant la règle posée par l'article 177 ci-après.
ART.166
Toute suppression, toute ouverture de lettres confiées à la poste, commise ou facilité par
un fonctionnaire ou agent du gouvernement ou de l'administration des postes, sera punie d'une
amende de 15 000 à 150 000 francs et d'un emprisonnement de trois mois à cinq ans. Le
coupable, sera de plus interdit de toute fonction ou emploi public pendant cinq ans au moins et
dix ans au plus.
En dehors des cas prévus à l'alinéa précédent, toute suppression, toute ouverture de
correspondances adressées à des tiers, faite de mauvaise foi, sera punie d'un emprisonnement
de six jours à un an et d'une amende de 15 000 à 1 00 000 francs ou de l'une de ces deux
peines seulement.
Deuxième classe
ART.167
Tout fonctionnaire public, membre, agent ou préposé du gouvernement, tout gouverneur
ou agent du gouvernorat de quelque état et grade q(j'il soit, qui aura requis ou ordonné,, fait
requérir ou ordonner l'action ou l'emploi de la force publique contre l'exécution soit d'une
ordonnance ou mandat de justice, soit de tout autre ordre émanant de l'autorité légitime, sera
puni d'un emprisonnement de cinq à dix ans.
ART.168
Si cette réquisition ou cet ordre ont été suivis de leur effet, le maximum de la peine devra
être prononcé.
ART.169
Les peines prononcées aux articles 167 et 168 ne cesseront d'être applicables aux
fonctionnaires ou préposés qui auraient agi par ordre de leurs supérieurs, qu'autant que cet
ordre aura été donné par ceux-ci pour des objets de leur ressort et sur lesquels il leur était dû
obéissance hiérarchique, dans ce cas les peines portées ci-dessus ne seront appliquées qu'aux
supérieurs qui, les premiers, auront donné cet ordre.
ART.170
Si par suite des dits ordres ou réquisitions, il survient d'autres infractions punissables de
peines plus fortes que celles exprimées aux articles 167 et 168, ces peines plus fortes seront
appliquées aux fonctionnaires, agents ou préposés coupables d'avoir donné les dits ordres ou
fait les dites réquisitions.
ART.171
Sans préjudice des sanctions disciplinaires le cas échéant, l'officier de l'Etat civil qui aura
sciemment ou par négligence omis, de dresser des actes ou qui les aura, sans justification,
transcrits sur de simples feuilles volantes sera puni d'un emprisonnement de un mois à trois
mois et d’une amende de 15 000 à 50 000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
ART.172
Lorsque pour la validité d'un mariage, la loi prescrit le consentement du père ou de tout
autre personne habilitée à le donner, l'officier de l'Etat civil, le Cadi ou son remplaçant, qui ne
seront pas assurés de l'existence de ce consentement, seront punis d'un emprisonnement de
six mois au moins et de un an au plus et d'une amende de 15 000 à 150 000 francs.
ART.173
L'officier de l'Etat civil, le cadi ou son remplaçant qui ne se seront pas assurés
conformément à l'article 59 de la loi relative à l'Etat civil, que les conditions de forme et de fond,
civils et religieuses, autre que le consentement sont remplies, ou qui auront reçu avant le temps
prescrit l'acte d'une femme déjà liée par le mariage, ou celui d'un homme ayant quatre épouses,
seront punis d'un emprisonnement de un à six mois et d'une amende de 15 000 à 150 000
francs.
Les mêmes peines s'appliquent à la femme se remariant avant dissolution d'un précédent
mariage et à tout homme ayant plus de quatre épouses.
Les peines ci-dessus seront portées au double lorsque l'officier de l'Etat civil, le cadi ou
son remplaçant aura célébré le mariage en connaissant l'existence d'un empêchement au
mariage.
ART.174
Les peines portées aux articles précédents contre les officiers de l'Etat civil, les cadis ou
leurs remplaçants leur seront appliquées, lors même que la nullité de l'acte n'aurait pas été
demandée ou aurait été couverte, le tout sans préjudice des peines plus fortes pour les faux
qu'ils pourraient avoir commis.
ART.175
Tout fonctionnaire public qui sera entré en exercice de ses fonctions sans avoir prêté
serment pourra être poursuivi et sera puni d'une amende de 15 000 à 50 000 francs.
ART.176
Tout fonctionnaire public, révoqué, destitué, suspendu ou interdit légalement qui, après
en avoir eu connaissance , officiellement, aura continué l'exercice de ses fonctions, ou qui,
étant électif temporaire, les aura exercées après avoir été remplacé, sera puni d'un
emprisonnement de six mois au moins et de deux ans au plus, à compter du jour où il aura subi
sa peine, le tout sans préjudice des peines plus fortes contre les officiers ou les commandants
militaires par l'article 75 du présent code.
DISPOSITIONS PARTICULIERES
ART.177
Hors le cas où la loi règle spécialement les peines encourues pour crimes et délits
commis par les fonctionnaires ou officiers publics, ceux d'entre eux qui auront participé à
d'autres crimes et délits qu'ils étaient chargés de surveiller ou de réprimer seront punis comme
il suit :
- S'il s'agit d'un délit de police correctionnelle, la peine sera le double de celle attachée à
l'espèce de délit.
- Et s'il s'agit de crime. Ils seront condamnés au maximum de la peine prévue contre tout autre
coupable.
Section 3
Des troubles apportés à l'ordre public par les ministres des cultes et des autorités
religieuses dans l'exercice de leur ministère.
ART.178
Les ministres des cultes et les autorités religieuses qui prononcent dans l'exercice de
leur ministère et en assemblée publique, un discours qui contient une provocation directe à la
désobéissance aux lois ou autres actes de l'autorité publique ou s'il tend à soulever ou armer
une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte ou l'autorité religieuse qui l'aura
prononce sera puni d'un emprisonnement de deux a cinq ans, si la provocation n'a été suivie
d'aucun effet, et d'un emprisonnement de cinq à dix ans si elle a donné lieu à la désobéissance,
autre toutefois que celle qui aurait dégénéré en sédition ou révolte.
ART.179
Lorsque la provocation aura été suivie d'une sédition ou révolte dont la nature donnera
lieu contre l'un ou plusieurs coupables à une peine plus forte que celle d'un emprisonnement de
cinq à dix ans, cette peine, quelle qu'elle soit appliquée au ministre du culte ou à l'autorité
religieuse coupable de provocation.
ART.180
Tout écrit en quelque forme que ce soit, dans lequel un ministre du culte ou une autorité
religieuse, se sera ingéré de critiquer, de censurer, soit le gouvernement, soit tout autre acte de
l'autorité publique, emportera une peine d'emprisonnement de deux a cinq ans contre le
ministre du culte ou l'autorité religieuse qui l'aura publié.
ART.181
Si l'écrit mentionné à l'article précédent contient une provocation directe à la
désobéissance aux lois ou autres actes de l'autorité publique ou tend à soulever ou armer une
partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte ou l'autorité religieuse qui l'aura publié,
sera puni d'un emprisonnement de cinq à dix ans.
Lorsque la provocation contenue dans l'écrit aura été suivie d'une sédition ou révolte dont la
nature donnera contre l'un ou plusieurs des coupables à une peine plus forte que celle de
l'emprisonnement de cinq à dix ans, cette peine quelle qu'elle soit, sera appliquée au ministre
du culte ou à l'autorité religieuse, coupable de la provocation.
Section 4
ART.183
Toute attaque, toute résistance avec violences et voies de fait envers les officiers
ministériels, les gardes forestiers, la force publique, les préposés à la perception des taxes et
contributions, les porteurs de contrainte, les préposés des douanes, les séquestres, les officiers
ou agents de police administrative ou judiciaire, agissant pour l'exercice des lois, ordres,
ordonnances de l'autorité publique, des mandats de justice ou jugement est qualifié délit de
rébellion.
ART.184
Si la rébellion a été commise par plus de trois personnes, les coupables seront punis
d'un emprisonnement d'un à cinq ans.
Les coupables pourront en outre, être privés des droits mentionnés à l'article 33 pendant cinq
ans au moins et dix ans au plus.
ART.185
Si la rébellion a été commise par moins de trois personnes, les coupables seront punis
d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 15 000 à 45 000 francs ou de
l'une de ces deux peines seulement.
ART.186
Ceux qui seront trouvés porteur d'armes seront passibles du double des peines prévues
aux articles 184 et 185.
ART.187
En cas de rébellion avec bande et attroupement, l'article 88 du présent code sera
applicable aux rebellions sans fonctions, ni emplois dans la bande, qui se seront retirés au
premier avertissement de l'autorité publique, ou même depuis, s'ils n'ont été saisis que hors du
lieu de la rébellion et sans nouvelle résistance et sans armes.
ART.188
Les auteurs des crimes et délits commis pendant le cours et à l'occasion d'une rébellion,
seront punis des peines prononcées contre chacun de ces crimes; si elles sont plus fortes que
celles de la rébellion.
ART.189
Seront punis comme réunions de rebelles, celles qui auront été formées avec ou sans
armes et accompagnées de violences ou de menaces contre l'autorité administrative, les
officiers et les agents de police, ou contre la force publique :
ART.190
La peine appliquée pour rébellion à des prisonniers prévenus, accusés ou condamnés
relativement à d'autres crimes et délits, sera par eux subi, à savoir :
- Par ceux qui, à raison des crimes et délits qui ont causé leur détention, sont ou seraient
condamnés à une peine ni capitale ni à perpétuité, immédiatement après l'expiration de cette
peine,
- Et pour les autres, immédiatement après arrêt ou jugement en dernier ressort qui les aura
acquittés ou renvoyés absolus du fait pour lequel ils étaient détenus.
ART.191
Les chefs d'une rébellion et ceux qui l'auront provoquée pourront en outre être
condamnés à l'interdiction de séjour pendant une durée de deux à dix ans et à la privation des
droits mentionnés à l'article 33.
ART.192
Lorsqu'un ou plusieurs magistrats de l'ordre administratif ou judiciaire, lorsqu'un ou
plusieurs jurés, auront reçu dans l'exercice de leurs fonctions, ou à l'occasion de cet exercice
quelques outrages par paroles, par écrits, par dessins non rendus publics, tendant dans ces
divers cas, à inculper leur honneur ou leur délicatesse, celui qui, leur aura adressé cet outrage,
sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans.
Si l'outrage par paroles a eu lieu à l'audience d'une cours ou d'un tribunal, l'emprisonnement
sera de deux à cinq ans.
ART.193
L'outrage fait par gestes ou par menaces ou par envoi d'objets quelconques dans la
même intention, et visant un magistrat ou un juré dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice
de ses fonctions, sera puni d'un mois à six mois d'emprisonnement, et si l'outrage a eu lieu à
l'audience d'une cour ou d'un tribunal, il sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans.
ART.194
L'outrage fait par paroles, gestes, menaces, écrits ou dessins non rendus publics ou
encore par envoi d'objets quelconques dans la même intention, visant tout officier ministériel, ou
agent dépositaire de la force publique ou tout citoyen chargé d'un ministère du service public,
dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, sera puni d'un emprisonnement
de un à trois mois et d'une amende de 15 000 à 45 000 francs ou de l'une de ces deux peines
seulement.
ART.195
L'outrage mentionné dans l'article précédent lorsqu'il aura été dirigé contre un
commandant de la force publique, sera puni d'un emprisonnement d'un à six mois et pourra
l'être aussi d'une amende de 15 000 à 45 000 francs.
ART.196
Quiconque aura publiquement par acte, paroles ou écrits, cherché à jeter le discrédit sur
un acte ou une décision juridictionnelle, dans les conditions de nature à porter atteinte à
l'autorité de la justice ou son indépendance, sera puni d'un à six mois d'emprisonnement et de
15 000 à 45 000 francs d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement.
Les dispositions qui précédent ne peuvent en aucun cas, être appliquées aux commentaires
purement techniques, ni aux actes, paroles ou écrits tendant à la révision d'une condamnation.
Lorsque l'infraction aura été commise par tous moyens de diffusion publique, les dispositions de
l'article 268 du présent code seront applicables.
La résistance opposée de mauvaise foi à l'exécution des décisions définitives des juridictions
statuant en matière civile, commerciale, sociale et pénale ainsi que la distraction frauduleuse
des biens en vue d'échapper aux voies d'exécution, seront punies d'un emprisonnement de
trois mois à un an et d'une amende de 1 0 000 à 30 000 francs ou de l'une de ces deux peines
seulement.
ART.197
Sera puni des peines prévues à l'article 196, quiconque aura publié avant l'intervention
de la décision juridictionnelle définitive des commentaires tendant à exercer des pressions, sur
les déclarations des témoins ou sur la décision des juridictions d'instructions ou de jugements.
Les dispositions des trois derniers alinéas de l'article 196 sont en outre applicables.
ART.198
Tout individu qui, même sans arme et sans qu'il soit résulté des blessures, aura frappé
un magistrat dans l'exercice de ses fonctions ou à l'occasion de cet exercice, ou commis tout
autre violence ou voies de fait envers lui dans les mêmes circonstances sera puni d'un
emprisonnement de deux à cinq ans.
Le maximum de cette peine sera toujours prononcé si la voie de fait a eu lieu à l'audience d'une
cour ou tribunal.
Le coupable pourra en outre, dans les deux cas, être privés des droits mentionnés à l'article 33
du présent code, pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où il aura
subi sa peine et être interdît de séjour pendant une durée de deux à cinq ans.
ART.199
Les violences ou voies de fait de l'espèce, exprimées en l'article 198 dirigées contre un
officier ministériel, un agent de la force publique ou un citoyen chargé d'un ministère, d'un
service public, si elles ont eu lieu pendant qu'ils exerçaient leur ministère ou à cette occasion
seront punies d'un emprisonnement d'un mois au moins et trois ans au plus et d'une amende de
15 000 à 45 000 francs.
ART.200
Si les violences exercées contre les fonctionnaires et agents désignés aux articles 198 et
199 ont été la cause d'effusion de sang, blessures ou maladies, la peine sera l'emprisonnement
de trois à dix ans, si la mort s'en est suivie, le coupable sera puni des travaux forcés à
perpétuité.
ART.201
Dans le cas où ces violences n'auraient pas causé d'effusion de sang, blessures ou maladies,
les coups seront punis d'un emprisonnement de cinq à dix ans, s'ils ont été portés avec
préméditation et guet-apens.
ART.202
Si les coups ont été portés ou les blessures faites à un des fonctionnaires ou agents
désignés aux articles 198 et 199 dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions
avec intention de donner la mort, le coupable sera puni de mort.
ART.203
Tout commandant, tout officier ou sous-officier de la force publique qui, après en avoir
été légalement requis par l'autorité administrative ou judiciaire, aura refusé ou se sera abstenu
de faire agir la force sous ses ordres, sera puni de la destitution et d'un emprisonnement d'un à
deux ans ou de l'une de ces deux peines seulement.
ART.204
Les lois pénales et règlements relatifs à conscription militaire continueront à recevoir leur
exécution.
ART.205
Les témoins et jurés qui auront allégué une excuse reconnue fausse, seront condamnés,
outre les amendes prononcées pour la non comparution à un emprisonnement d'un mois à trois
mois.
ART.206
Toutes les fois qu'une évasion de détenus aura lieu, les huissiers, les commandants en
chef ou en sous ordre, soit de la gendarmerie, soit de la force armée , servant d'escorte ou
garnissant les postes, les concierges, gardiens, geôliers et tous autres préposés à la conduite,
au transport ou à la garde des détenus, seront punis ainsi qu'il est prévus aux articles suivants.
ART.207
Si l'évasion est due à la négligence des préposés à la garde ou à la conduite du détenu,
la peine encourue par ceux-ci sera de deux mois à six mois d'emprisonnement.
En cas de connivence, la peine encourue sera d'un an à cinq ans d'emprisonnement et d'une
amende de 75 000 à 900 000 francs, en outre, le coupable pourra être rivé des droits
mentionnés à l'article 33 pendant cinq ans au moins et dix ans au plus.
ART.208
Ceux qui, même n'étant pas chargés de la garde ou de la conduite du détenu, auront
procuré, facilité ou tenté de procurer ou faciliter son évasion ou sa fuite, une fois l'évasion
réalisée, seront punis d'un emprisonnement d'un mois à trois ans et d'une amende de 50 000 à
500 000 francs.
ART.209
Si l'évasion a eu lieu ou a été tentée avec violences ou bris de prison, ceux qui l'auront
favorisée en fournissant des instruments propres à l'opérer, seront punis d'un emprisonnement
de six mois à trois ans et d'une amende de 50 000 à 1 000 000 francs, le tout sans préjudice
des peines plus fortes prévues aux articles précédents.
Les coupables pourront, en outre, être privés des droits mentionnés à l'article 33 pendant cinq
ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où ils auront subi leur peine.
ART.210
Lorsque les tiers qui auront procuré ou facilité l'évasion y seront parvenus en corrompant
les gardiens ou geôliers ou de connivence avec eux, ils seront punis des mêmes peines que les
dits gardiens ou geôliers.
ART.211
Si l'évasion ave bris ou violences a été favorisée par transmission d'armes, les gardiens
et conducteurs qui y auront participé seront punis d'un emprisonnement de cinq à dix ans, les
autres personnes, d'un emprisonnement de deux à cinq ans et obligatoirement, de la privation
définitive de tous les droits mentionnés à l'article 33.
ART.212
Tous ceux qui auront connivé, aidé à l'évasion d'un détenu seront solidairement
condamnés, à titre de dommages et Intérêts, à tout ce que la partie civile du détenu, aurait droit
d'obtenir contre lui,
ART.213
Les détenus qui se seront évadés ou qui auront tenté de s'évader , par bris de prison ou
de violences seront pour ce seul fait, punis d'un emprisonnement de six mois au moins, lequel
pourra être élevé jusqu'à une peine égale à celle à raison de laquelle ils étaient détenus, ou s'ils
étaient détenus préventivement, à celle attachée par la loi, à l'inculpation qui motivait la
détention, sans qu'elle puisse, dans l'un ni l'autre cas, excéder dix ans d'emprisonnement, le
tout sans préjudice des plus fortes peines qu'ils auraient pu encourir pour d'autres crimes ou
délits qu'ils auraient commis dans leurs violences.
Ils subiront cette peine immédiatement après l'expiration de celle qu'ils auront encourue pour le
crime ou délit à raison duquel ils étaient détenus ou immédiatement après l'arrêt ou le jugement
qui les aura acquittés ou renvoyés absolus dudit crime ou délit.
Sera puni de la même peine, qui aura subie dans les mêmes conditions, tout détenu transféré
dans un établissement sanitaire ou hospitalier et qui, par un moyen quelconque, s'en sera
évadé ou aura tenté de s'en évader.
Sera puni de la même peine, qui aura subie dans les mêmes conditions tout condamné qui se
sera évadé ou aura tenté de s'évaser alors qu'il était employé à l'extérieur d'un établissement
pénitentiaire, ou qu'il était soumis au régime de la semi-liberté ou qu'il bénéficiait d'une
permission de sortie d'Lin établissement pénitentiaire.
ART.214
Les peines ci-dessus établies contre les conducteurs ou les gardiens, en cas de
négligence seulement, cesseront lorsque les évadés seront repris ou représentés, pourvu que
ce soit dans les quatre mois de l'évasion et qu'ils ne soient pas arrêtés pour d'autres crimes ou
délits commis postérieurement.
Aucune poursuite n'aura lieu contre ceux qui auront tenté de procurer ou de faciliter une
évasion, si avant que celle-ci ait été réalisée, ils ont donné connaissance du projet aux autorités
administratives ou judiciaires et leur ont révélé les auteurs.
ART.215
Sans préjudice de l'application, le cas échéant, des peines plus fortes portées aux
articles qui précédent, sera puni d'un emprisonnement d'un à six mois, quiconque aura dans
des conditions irrégulières, remis ou fait parvenir ou tenter de remettre ou de faire parvenir à un
détenu, en quelque lieu que ce soit, des sommes d'argent, correspondances ou objets
quelconques.
Les actes visés aux alinéas précédents seront considérés comme accomplis dans des
conditions irrégulières, s'ils ont été commis en violation d'un règlement émanant de la direction
de l'administration pénitentiaire ou approuvé par elle.
Si le coupable est l'une des personnes désignées en J'article 206 ou une personne habilitée par
sa fonction à approcher à quel titre que ce soit les détenus, la peine à son égard sera d'un
emprisonnement de six mois à deux ans.
ART.216
Lorsque les scellés apposés, soit par ordre du gouvernement, soit par suite d'une
ordonnance de justice, remis en quelque matière que ce soit, auront été brisés, les gardiens
seront punis, pour simple négligence, de un mois à six mois d'emprisonnement.
ART.217
Quiconque aura, à dessein, brisé ou tenté de briser des scellés apposés ou participé au
bris de scellés ou à la tentative des bris de scellés, sera puni d'un emprisonnement d'un à trois
mois,
Si c'est le gardien lui même qui a brisé les scellés ou participé au bris de scellés, il sera puni
d'un emprisonnement de deux à cinq ans.
Il pourra en outre, être privé des droits mentionnés à l'article 33, pendant cinq ans au moins et
dix ans au plus, à compter du jour où il aura subi sa peine.
ART.218
Dans les cas prévus à l'article précédent, le coupable sera condamné à une amende de
15 000 à 150 000 francs.
ART.219
Tout vol commis à l'aide d'un bris de scellés sera puni comme le vol commis à l'aide
d'effraction.
ART.220
Quant aux soustractions, destructions et enlèvements de pièces ou de procédures
criminelles, ou d'autres papiers, registres, actes et effets, contenus dans les archives, greffes,
dépôts publics ou remis à un dépositaire public en cette qualité, les peines seront contre les
greffiers, archivistes, notaires ou autres dépositaires négligents, de trois mois à un an
d'emprisonnement et d'une amende de 15 000 à 140 000 francs.
ART.221
Quiconque se sera rendu coupable de soustractions, enlèvements ou destructions
mentionnés dans l'article précédent, sera puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans.
Si le délit est le fait du dépositaire lui même, il sera puni d'un emprisonnement de cinq à dix
ans.
ART.222
Si le bris de scellés, les destructions, enlèvements ou soustractions de pièces ont été
commis avec violences envers les personnes, la peine sera , contre toute personne, celle de
l'emprisonnement de cinq à dix ans, sans préjudice de peines plus fortes, s'il y a lieu d'après la
nature des autres crimes qui y seraient joints.
ART.223
Quiconque aura détruit, abattu, mutilé ou dégradé des monuments, statuts ou autres
objets destinés à l'utilité ou à la décoration publique et élevés par l'autorité publique avec ou
sans autorisation, sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 15
000 à 100 000 francs.
ART.224
Quiconque, sans titre, se sera immiscé dans des fonctions publiques, civiles ou
militaires, ou aura fait acte d'une de ces fonctions, sera puni d'un emprisonnement de deux à
cinq ans, sans préjudice de la peine de faux si l'acte porte le caractère de cette infraction.
ART.225
Toute personne qui aura publiquement porté un costume, un uniforme, une décoration
qui ne lui appartenait pas, sera puni d'un emprisonnement de un mois à deux ans et d'une
amende de 15 000 à 1 00 000 francs.
Sera puni des mêmes peines celui qui, sans remplir les conditions exigées pour le porter, aura
fait usage ou se sera réclamé d'un titre attaché à une profession légalement réglementée, d'un
diplôme officiel ou d'une qualité dont les conditions d'attribution ont été fixées par l'autorité
publique.
Sera puni d'une amende de 15 000 à 1 00 000 francs, quiconque, sans droit et en vue de
s'attribuer une distinction honorifique, aura publiquement pris, titre, chargé, altéré ou modifié le
nom qui lui assignent les actes de l'Etat civil.
Le tribunal ordonnera la mention du jugement en marge des actes authentiques ou des actes
de l'Etat civil dans lesquels le titre aura été pris indûment et le nom altéré.
Dans tous les cas prévus par le présent article, le tribunal pourra ordonner l'insertion intégrale
ou par extrait de jugement dans les journaux qu'il désignera, le tout aux frais du condamné.
ART.226
Sera puni d'une amende de 15 000 à 150 000 francs et pourra l'être d'un
emprisonnement d'un mois à un an, quiconque aura publiquement revêtu un costume
présentant une ressemblance de nature à causer une méprise dans l'esprit du public, avec
l'uniforme d'un corps de l'Etat, tel qu'il a été défini dans un texte réglementaire.
ART.227
Sans préjudice de l'application des peines plus graves s'il y échet, sera puni d'une
amende de 15 000 à 45 000 francs, toute personne qui dans un acte public ou authentique ou
dans un document administratif destiné à l'autorité publique, et hors le cas où la réglementation
en vigueur l'autorise à souscrire ces actes ou documents sous un Etat civil d'emprunt, n'aura
pas pris le patronymique qui est légalement le sien.
Le tribunal pourra ordonner que la décision Soit publiée intégralement ou par extrait dans les
journaux qu’elle désigne et affiche dans les lieux qu’elle indique, le taux aux frais du condamné.
ART.228
Tout particulier qui, par, des voies de fait ou des menaces aura contraint ou empêché
une ou plusieurs personnes d'exercer l'un des cultes autorisé, d'assister à l'exercice de ce culte,
de célébrer certaines fêtes, d'observer certains jours de repos, et , en conséquence d'ouvrir ou
de fermer, les ateliers, boutiques, magasins et de faire ou quitter- certains travaux, sera puni
pour ce seul fait d'une amende de 15 000 à 45 000 francs et d'un emprisonnement d'un à trois
mois.
ART.229
Ceux qui auront intentionnellement empêché, retardé ou interrompu les exercices d'un
culte par trouble ou désordre, cris ou bruits provenant de l'intérieur ou de l'extérieur d'une
mosquée ou autre lieu destiné à l'exercice d'un culte, seront punis d'un emprisonnement de
deux à six mois et d'une amende de 15 000 à 75 000 francs ou de l'une de ces deux peines
seulement.
Sera puni d'un emprisonnement de Lin à cinq ans et d'une amende de 100 000 à 1 000 000
francs, quiconque aura intentionnellement dégradé un immeuble destiné à la célébration d'un
culte ou détérioré un ouvrage et objet sacré quel que soit le lieu de conservation.
ART.229-l
Tout acte ostensible commis intentionnellement de nature à troubler l'ordre public et les
bonnes mœurs relatifs à la pratique du jeûne de ramadan sera puni d'un emprisonnement de un
à six mois et d'une amende de 15 000 à 25 000 francs.
ART.229-2
La fabrication de boissons alcoolisées est interdite.
Quiconque le fera sera puni d'un emprisonnement de deux mois à un an et d'une amende de
100 000 à 1 000 000 francs.
ART.229-3
Quiconque aura importé sans autorisation, des boissons alcoolisées, sera puni d'un
emprisonnement de deux mois à un an et d'une amende de 100 000 à 1 000 000 francs ou de
l'une de ces deux peines seulement.
En cas de récidive, les coupables pourront être privés pendant cinq ans au plus des droits
mentionnés à l'article 33 ci-dessus.
ART.229-4
Sera puni d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende de 20 000 à 150 000
francs ou l'une de ces deux peines seulement, quiconque sera trouvé en état d'ivresse
manifeste dans les rues, places, routes ou dans un lieu ouvert au public.
ART.229-5
Tout conducteur d'un véhicule à moteur trouvé en état d'ivresse manifeste ou sous
l'influence d'une substance classée parmi les stupéfiants sera puni d'un emprisonnement de
trois mois à un an et d'une amende de 50 000 à 500 000 francs.
ART.229-6
Tout restaurateur, tenancier de bar qui aura servi des boissons alcoolisées à des gens
manifestement ivres, sera puni d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 15
000 à 50 000 francs.
En cas de récidive, la fermeture de l'établissement pourra être prononcée pour une durée qui
n'excédera pas trois mois.
Sera puni du double de ces peines, tout restaurateur ou tenancier de bar qui aura servi de
l'alcool à un mineur.
ART.229-7
Tout musulman qui aura, ostensiblement consommé en connaissance de cause des
produits prohibés par les lois islamiques, sera puni d'un emprisonnement d'un à six mois et
d'une amende de 15 000 à 200 000 francs.
ART.229-8
Quiconque divulgue, propage, enseigne à des musulmans une religion autre que la
religion musulmane, sera puni d'un emprisonnement de trois mois et d'une amende de 50 000 à
500 000 francs.
Seront punies des mêmes peines, la vente, la mise en vente, la distribution même gratuite à
des musulmans, des livres, brochures, revues, disques et cassettes divulguant une religion
autre que l'islam.
ART.230
Toute personne qui aura d'une manière quelconque profané :
2) Les objets d'un culte dans les lieux ci-dessus indiqués, sera punie d'une amende de 15 000 à
1 00 000 francs et d'un emprisonnement de trois mois à un an.
ART.231
Quiconque aura outragé le ministre d'un culte, dans l'exercice de ses fonctions, sera puni
d'une amende de 15 000 à 45 000 francs et d'un emprisonnement de six mois à deux ans.
Celui qui aura frappé le ministre d'un culte dans l'exercice de ses fonctions, sera puni d'un
emprisonnement de deux à cinq ans.
ART.232
Sera puni de l'emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de 15 000 à
500 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement, Quiconque se sera livré à des
pratiques de sorcellerie, magie ou charlatanisme qui auront troublé l'ordre public ou porté
atteinte aux personnes ou aux biens.
ART.233
Seront punis d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 75 000 à 800 000
francs ou de l'une de ces deux peines seulement,, les fondateurs, les directeurs ou gérants de
sociétés ou d'établissements à objet commercial, industriel ou financier, qui auront fait ou
laisser figurer le nom d'un membre du gouvernement ou d'un parlementaire avec mention de sa
qualité dans toute publicité faite dans l'intérêt de l'entreprise qu'ils dirigent ou qu'ils se proposent
de fonder.
ART.234
Seront punis des peines prévues à l'article précédent, les fondateurs, les directeurs ou
gérants de sociétés ou d'établissements à objet commercial, industriel ou financier qui auront
fait ou laisser figurer le nom d'un ancien membre du gouvernement, d'un fonctionnaire, d'un
magistrat ou d'un membre de l'ordre national, avec mention de sa qualité, dans toute publicité
faite dans l'intérêt de l'entreprise qu'ils dirigent ou qu'ils se proposent de fonder.
Les mêmes seront applicables à tous banquiers, démarcheurs qui auront fait usage de
publicités prévues ci-dessus.
ART.235
Seront punis d'une amende de 15 000 à 800 000 francs, les personnes exerçant la
profession d'agent d'affaires ou de conseil juridique, qui auront fait ou laisser figurer leur qualité
de magistrat honoraire, d'ancien magistrat, d'avocat honoraire, d'ancien officier public ou
ministériel, d'anciens agrées sur tous prospectus, annonces, tracts, réclames, plaques, papier à
lettres, mandat et en général sur tous documents ou écrits quelconques utilisés dans le cadre
de leur activité.
Il est interdit dans les mêmes conditions et sous les mêmes peines de se prévaloir de diplôme
professionnel permettant l'accès aux fonctions d'avocat, d'officier public ou ministériel.
Section5
Association de malfaiteurs, vagabondage et mendicité
Paragraphe 1er : Association de malfaiteurs.
ART.236
Toute association formée quelque soit sa durée ou le nombre de ses membres, toute
entente établie dans le but de préparer ou de commettre un ou plusieurs crimes contre les
personnes ou les propriétés, constituent Lin crime contre la paix publique.
ART.237
Sera puni des peines de travaux forcés à temps de dix à vingt ans, quiconque se sera
affilié à une association formée ou aura participé à une entente établie dans le but spécifié à
l'article précédent.
Les personnes qui se seront rendues coupables du crime mentionné dans le présent article
seront exemptés des peines, si avant toute poursuite, elles ont révélé aux autorités constituées,
l'entente établie ou fait connaître l'existence de l'association.
ART.238
Sera puni des travaux forcés à temps de dix à vingt ans, quiconque aura sciemment et
volontairement favorisé les auteurs des crimes prévus à l'article 237 en leur fournissant des
instruments de crime, moyens de correspondance, logements ou lieux de réunion.
Le coupable pourra en outre, être frappé de l'interdiction de séjour pendant une durée de cinq à
dix ans.
Seront toutefois applicables au coupable des faits prévus par le présent article, les dispositions
contenues dans l'alinéa 2 de l'article 237.
Paragraphe 2 : Vagabondage.
ART.239
Le vagabondage est un délit.
ART.240
Les vagabonds ou gens sans aveux, sont ceux qui n'ont ni domicile certain, ni moyens
de subsistances, et qui n'exercent habituellement ni métier, ni profession.
ART.241
Les vagabonds ou gens sans aveux, qui auront été légalement déclarés tels, seront pour
ce seul fait, puni d'un à trois mois d'emprisonnement.
ART.242
Les individus déclarés vagabonds par jugement, pourront s'ils sont étrangers, être
conduits, sur ordres du gouvernement, hors du territoire de la République.
S'ils sont réclamés par le gouvernement, cette mesure pourra intervenir même avant l’expiration
de leur peine.
Paragraphe 3 - Mendicité.
ART.243
La mendicité est interdite. Le fait de solliciter l'aumône, aux jours, dans les lieux et dans
les conditions consacrées par les traditions religieuses ne constitue pas un acte de mendicité.
Tout acte de mendicité sera passible d'un emprisonnement d'un à six mois.
Seront punis de la même peine, ceux qui laisseront mendier les mineurs de vingt et un an
soumis à leur autorité.
Tous mendiants qui auront usé de menaces ou seront entrés, sans permission de l'occupant OU
des personnes de la maison, soit dans un enclos en dépendant,
Ou qui mendieront en réunion, à moins que ce soit le mari ou la femme, le père ou la mère et
leurs jeunes enfants, l'aveugle et son conducteur,
Ou muni de limes, crochets ou autres instruments propres soit à commettre des vols ou autres
délits, soit leur procurer les moyens de pénétrer dans les maisons, sera puni de deux à cinq ans
d'emprisonnement.
ART.245
Tout mendiant ou vagabond qui aura exercé ou tenté d'exercer quelque acte de violence que ce
soit envers les personnes, sera puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans, sans préjudice
des peines plus fortes; s'il y a lieu en raison du genre et de circonstances de la violence
Section 6 :
Infractions commises par tous moyens de diffusion publique.
ART.247
Sont considérés comme moyens de diffusion publique, la radiodiffusion, la télévision, le cinéma,
la presse, l'affichage, l'exposition, la distribution d'écrits ou d'images de toutes natures, les
discours, chants, cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions publiques et
généralement tous procédés techniques destinés à atteindre le public.
ART.248
Seront punis comme complice d'une action qualifiée crime ou délit, ceux, qui, par l'un des
moyens visés à l'article 247, auront directement provoqué l'auteur ou les auteurs à commettre
leur action, si la provocation a été suivie d'effet.
Cette disposition sera légalement applicable lorsque la provocation n'aura été suivie d'aucun
effet.
ART.249
Ceux qui par, l'un de moyens énoncés en l'article 247 auront directement provoqué, soit un
crime, soit un délit, seront punis dans le cas où cette provocation n'aura pas été suivie d'effet,
d'un an à cinq ans d'emprisonnement et de 15 000 à 300 000 francs d'amende.
ART.250
Toute provocation par l'un des moyens énoncés à l'article 247 adressée à des militaires,
gendarmes dans le but de les détourner de leurs devoirs militaire et de l'obéissance qu'ils
doivent à leurs chefs dans tout ce qu'ils leur commandent pour Inexécution des lois et
règlements militaires, sera punie d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de
15 000 à 200 000 francs.
ART.251
Seront punis d'un emprisonnement d'un à trois ails et d'une amende de 15 000 à 200
000 francs, ceux qui, par l'un des moyens énoncés en l'article 247, auront fait l'apologie d'un
crime ou d'un délit.
ART.252
Tous cris et chants séditieux proférés dans les lieux ou réunions publics, seront punis
d'un emprisonne ment de deux mois à six mois et d'une amende de 15 000 à 75 000 francs ou
de l'une de ces deux peines seulement.
ART.253
L'offense au président de la République par l'un des moyens énoncés en l'article 247 du
présent code est punie d'un emprisonnement de trois mois à un an et d'une amende de 15 000
à 75 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
Les peines prévues à l'alinéa précédent sont applicables à l'offense à la personne qui exerce
tout ou partie des prérogatives du président de la République.
ART.254
La publication, la diffusion. la divulgation ou la reproduction par quelques moyens que ce
soit des nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongères sont attribuées à
des tiers, sera punie d'un emprisonnement d'un à trois ans et dune amende de 75 000 à
750 000 francs, lorsque la publication, la diffusion, la divulgation, la reproduction, faite ou non
de mauvaise foi, aura entraîné, la désobéissance aux lois du pays ou porté atteinte au moral de
la population ou jeté le discrédit sur les institutions publiques ou leur fonctionnement.
Les mêmes peines seront égaiements encourus lorsque cette publication, diffusion, divulgation
ou reproduction auront été susceptibles d'entraîner les mêmes conséquences.
Dans tous les cas, les auteurs pourront être frappés d'interdiction de séjour pendant cinq ans au
plus.
La procédure de délit n'est pas applicable aux délits prévus au présent article et à l’article
précédent.
ART.255
Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 15 000 à 150
000 francs, quiconque aura :
- Fabriqué ou détenu en vue d'en faire commerce, distribution, location, affichage ou exposition,
- Importé ou fait importer, exporté ou fait exporter, transporté ou fait transporter sciemment aux
mêmes fins :
- Offert même à titre gratuit, même non publiquement sous quelque forme que ce soit,
directement ou par moyen détourné,
- Tous imprimés, tous écrits, dessins, affiches, gravures, peintures photographies, films ou
clichés, matrices ou reproductions photographiques, emblèmes, tous objets ou images
contraires aux bonnes mœurs.
Le condamné pourra en outre faire l'objet, pour une durée ne dépassant six mois, d'une
interdiction d'exercer, directement ou par une personne interposée, en droit ou en fait, des
fonctions de direction de toute entreprise d'impression, d'édition, de groupage et de distribution
de journaux et de publications périodiques. Quiconque contreviendra à l'interdiction visée ci-
dessus, sera puni des peines prévues au présent article.
ART.256.
Sera puni des mêmes peines :
- Quiconque aura fait entendre publiquement des chants, des cris ou des discours contraires
aux bonnes mœurs.
- Quiconque aura publiquement attiré l'attention sur une occasion de débauche ou aura publié
une annonce ou une correspondance de ce genre, quels qu'en soit les termes ;
- Quiconque aura projeté aux regards du public des films à caractère licencieux ou autre, en
violation du visa de censure caractéristique pour les âges déterminés;
ART.257
Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou la considération
de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation.
Lorsqu'elle a été faite par l'un des moyens visés en l'article 247, elle est punissable, même si
elle vise une personne ou un corps non expressément nommé, mais dont l'identification est
rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou
affiches incriminés.
ART.258
La diffamation commise par l'un des moyens énoncés en l'ancre 247, envers les cours,
tribunaux, l'armée et les administrations publiques, sera punie d'un emprisonnement de deux
mois à un an et d'une amende de 15 000 à 150 000 francs ou de l'une de ces deux peines
seulement.
ART.259
Sera punie de la même peine, la diffamation commises par les mêmes moyens, à raison
de leurs fonctions ou de leur qualité, envers un ou plusieurs fonctionnaire public, un dépositaire
ou agent de l’autorité publique, un citoyen chargé d'un service ou d'un mandat public,
temporaire ou permanent, un juré, un témoin, à raison de sa déposition.
La diffamation contre les mêmes personnes concernant la vie privée, relève de l'article suivant.
ART.260
La diffamation commise envers les particuliers par l'un des moyens énoncés en l'article
247, sera punie d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 15 000 à 75 000
francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
La diffamation commise par les mêmes moyens envers un groupe de personnes non désignées
par l'article précédent, mais qui appartiennent, par leur origine à une race ou à une religion
déterminée, sera punie d'un emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de 15
000 à 200 000 francs, lorsqu'elle aura eu pour but d'exciter la haine entre les citoyens et
habitants.
ART.261
L'injure commise par les mêmes moyens envers les corps ou les personnes désignés
par les articles 258 et 259, sera punie d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende
de 15 000 à 1 00 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
L'injure commise de la même manière envers les particuliers, lorsqu'elle n'aura pas été
précédée de provocation, sera punie d'un emprisonnement de deux mois au maximum et d'une
amende de 15 000 à 200 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement. Le maximum
de la peine d'emprisonnement sera de six mois et celui de l'amende de 200 000 francs, si
l'injure a été commise par un groupe de personnes qui appartiennent par leur origine, à une
race ou une religion déterminée, dans le but d'exciter la haine envers les citoyens et les
habitants.
ART.262
Les articles 259 - 260 et 261 ne seront applicables aux diffamations ou injures dirigées
contre la mémoire des morts que dans les cas où les auteurs de ces diffamations ou injures
auraient eu l'intention de porter atteinte à l'honneur ou la considération des héritiers, époux ou
légataires universels vivants.
Que les auteurs de diffamations ou injures aient ou non l'intention de porter atteinte à l'honneur
ou la considération des héritiers, époux, légataires universels vivants, ceux-ci pourront user,
dans les deux cas, du droit de réponse.
ART.263
Toute reproduction d'une imputation qui a été jugée diffamatoire sera réputée faite de
mauvaise foi, sauf preuve contraire par son auteur.
ART.264
L'offense commise publiquement envers les chefs d'Etat étrangers, les chefs de
gouvernement étrangers, et leurs ministres sera punie d'un emprisonnement de trois mois à un
an et d'une amende de 15000 à 400 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
ART.265
L'outrage commis publiquement à l'occasion de leurs fonctions, envers les
ambassadeurs et les ministres plénipotentiaires, envoyés, chargés d'affaires ou autres agents
diplomatiques accrédités près du gouvernement de la République, sera puni d'un
emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 15 000 à 300 000 ou de l'une de ces
deux peines seulement.
ART.266
Il est interdit de publier tous actes de procédure criminelle ou correctionnelle avant
qu’ils aient été lus en audience publique et ce, sous peine d’une amende de 15 000 à 50 000
francs.
ART.267
Il est interdit de rendre compte des débats de procès en diffamation ou injures lorsqu'ils
concernent la vie privée des personnes ou des faits remontant à plus de dix ans ou amnistiés,
ainsi que des procès en déclaration de paternité, divorce, en séparation de corps, en adultère et
avortement.
Cette interdiction ne s'applique pas aux jugements ou arrêts, qui pourront être publiés, les
parties étant désignées par leurs initiales.
De toutes les affaires civiles et commerciales, les cours et tribunaux pourront interdire le compte
rendu du procès.
Toutes infractions à ces dispositions sont punies d'une amende de 45 000 à 50 000 francs.
ART.268
Ne donneront ouverture à aucune action, les discours tenus dans le sein de l'assemblée
nationale et des conseils des îles ainsi que les rapports ou toute autre pièce imprimée par ordre
de l'une de ces assemblées.
Ne donnera lieu à aucune action, le compte rendu des séances des assemblées visées à
l'alinéa ci-dessus fait de bonne foi dans les journaux,
Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure, outrage, ni le compte rendu fidèle de
bonne foi des débats judiciaires, ou les discours prononcés ou les écrits produits devant les
tribunaux.
Les juges saisis de la cause et statuant sur le fond pourront néanmoins prononcer la
suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires, et condamner qui il
appartiendra à des dommages et intérêts. Les juges pourront aussi, dans le même cas, faire
des injonctions aux avocats, officiers ministériels.
Toutefois les faits diffamatoires étrangers à la cause pourront donner lieu à ouverture, soit à
l'action publique, soit à l'action civile des parties, lorsque ces actions leur auront été réservées
par les tribunaux, et, dans tous les cas, à l'action civile des tiers.
ART.269
Seront passibles, comme auteurs principaux, des peines qui constituent la répression
des infractions prévues à la présente section :
4) A défaut de ceux-ci, les vendeurs, afficheurs et distributeurs, quelque soit leur dénomination,
Les importateurs, exportateurs ou transitaires (lui auront participé sciemment aux dites
infractions pourront être poursuivis directement comme auteurs principaux.
ART.270
Lorsque les directeurs de publication, co-directeurs, producteurs, éditeurs ou gérant,
seront en cause, les auteurs seront poursuivis comme complice.
L'article 45 ne pourra s'appliquer aux directeurs d'entreprises poursuivis pour fait d'impression,
de reproduction ou de diffusion sauf dans les cas et conditions prévus par l'article 94 ou à
défaut de co-directeur de la publication, lorsque la nomination de celui-ci est obligatoire.
Toutefois, ils pourront être poursuivis comme complices si l'irresponsabilité pénale du directeur
ou du co-directeur de la publication était prononcée par les tribunaux.
ART.271
Les propriétaires de journaux, d'écrits périodiques et de toutes entreprises de diffusion
quelque soit leur dénomination, sont responsables des condamnations pécuniaires prononcées
au profit des tiers contre les auteurs, co-auteurs et complices des infractions prévues par la
présente section.
Dans tous les cas, le recouvrement des amendes et des dommages et intérêts pourra être
poursuivi sur l'actif de l'entreprise.
ART.272
L'action civile résultant des délits de diffamation prévus et punis par les articles 258 et
259 ne pourra, sauf dans le cas du décès de l'auteur du fait incriminé ou d'amnistie, être
poursuivie séparément de l'action publique.
ART.273
Les peines édictées ci-dessus pourront être prononcées alors que les divers actes qui
constituent les éléments des infractions, auraient été accomplis dans des pays différents.
ART.274
Le condamné pourra en outre faire l'objet d'une interdiction d'exercer, directement ou par
personne interposée en droit ou en fait, des fonctions de direction de toute entreprise
d'imprimerie, d'enregistrement, de reproduction, d'édition, de groupement, de distribution, de
publication ou de diffusion de quelques natures qu'elles soient, toutefois, le tribunal pourra
réduire cette interdiction à une durée qui ne devra pas être inférieure à six mois. Quiconque
contreviendra à l'interdiction visée sera puni des peines prévues à l'article 255.
ART.275
Lorsque le responsable de l'infraction est une personne morale, des poursuites seront
exercées à l'encontre du président directeur général ou du directeur, ou de l'administrateur
délégué ou du gérant.
ART.276
S'il y a condamnation, la décision pourra dans les cas prévus aux articles 249, 250, 255,
264 et 265, prononcer, en outre, la confiscation de tous supports de publication saisis et, dans
tous les cas, ordonner la saisie et suppression ou la destruction de tous les exemplaires édités.
ART.277
En cas de condamnation prononcée en application des articles 249,250, 251,254 et 255,
la suspension du journal ou du périodique, pourra être prononcée par la même décision de
justice pour une durée qui n'excédera pas trois mois. Cette suspension sera sans effet sur les
contrats de travail qui liaient l'exploitant, lequel reste tenu de toutes les obligations
contractuelles ou légales en résultant,
ART.278
L'aggravation des peines résultant de la récidive ne sera pas applicable aux infractions
prévues par la présente action.
TITRE 2ème
Crimes et délits contre les particuliers Crimes et délits contre les personnes
Section 1
Attentats et menaces d'attentats contre les personnes
Paragraphe l' : Meurtres, assassinats, parricides, infanticides, empoisonnements.
ART.279
L'homicide commis volontairement est qualifié meurtre.
ART.280
Tout meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est qualifié assassinat.
ART.281
La préméditation consiste dans le dessein formé avec l'action, d'attenter à la personne
d'un individu déterminé, ou même de celui qui sera trouvé ou rencontré- quand même ce
dessein serait dépendant de quelques circonstances ou de quelques conditions.
ART.282
Le guet-apens consiste à attendre plus ou moins de temps dans un ou divers lieux, un
individu, soit pour lui donner la mort, soit pour exercer sur lui des actes de violence.
ART.283
Est qualifié parricide le meurtre des pères ou mères légitimes, naturels ou adoptifs, ou de
tout autre ascendant.
ART.284
L'infanticide est le meurtre ou l'assassinat d'un enfant nouveau-né.
ART.285
Est qualifié empoisonnement, tout attentat à la vie d'une personne par l'effet de
substances qui peuvent donner la mort plus ou moins promptement, de quelque manière que
ces substances aient été employées ou administrées et quelles aient été les suites.
ART.286
Tout coupable d'assassinat, de parricide ou d'empoisonnement sera puni de mort.
ART.287
Seront punis comme coupables d'assassinat, tous malfaiteurs, quelle que soit leur
dénomination; qui, pour l'exécution de leur crime, emploient des tortures ou commettent des
actes de barbarie.
ART.288
Le meurtre emportera la peine de mort, lorsqu'il aura précédé, accompagné ou suivi un
autre crime.
Le meurtre emportera également la peine de mort, lorsqu'il aura eu pour objet soit de préparer,
soit de faciliter ou exécuter un délit, soit de favoriser la fuite ou d'assurer l'impunité des auteurs
ou complices de ce délit.
En tout autre cas, le coupable de meurtre sera puni des travaux forcés à perpétuité.
Dans tous les cas prévus au présent paragraphe, la confiscation des armes, des objets et
instruments ayant servi à commettre le crime sera prononcée.
Paragraphe 2 : Menaces
ART.289
Quiconque aura menacé par écrit anonyme ou signé, image, symbole ou emblème,
d'assassinat, d'empoisonnement ou de tout autre attentat, contre les personnes, qui seraient
punissables d'une peine criminelle, sera dans le cas où la menace aurait été faite avec ordre de
déposer une somme d'argent dans un lieu indiqué ou de remplir toute autre condition, sera puni
d'un emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende de 15 000 à 200 000 francs.
Le coupable pourra en outre, être privé des droits mentionnés en l'article 33 du présent code
pénal pendant cinq ans au moins et dix ans au plus à compter du jour où il subira sa peine.
ART.290
Si cette menace n'a été accompagné d'aucun ordre ou condition, la peine sera d'un
emprisonnement d'une année au moins et de trois ans au plus et d'une amende de 15 000 à
1 00 000 francs.
ART.291
Si la menace a été faite avec ordre ou sous conditions, a été verbale, le coupable sera
puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 15 000 à 75 000 francs.
Dans ce cas comme dans celui des précédents articles, la peine de l'interdiction de séjour
pourra être prononcée contre le coupable.
ART.292
Quiconque aura par l'un des moyens prévus aux articles précédents, menacé de voies
de fait ou de violence non prévues par l'article 289, sera puni d'un emprisonnement de six jours
à trois mois et d'une amende de 15 000 à 50 000 francs ou de l'une de ces deux peines
seulement.
Si les menaces et voies de fait ou de violences prévues par l'article 209 et aux articles
précédents sont effectuées avec détournement d'un aéronef, de bateau, d'automobile ou de
tout autre engin destiné au transport public de personnes, le coupable sera puni des travaux
forcés à perpétuité.
Si les menaces ont été accomplies avec usage d'arme à feu, même factice, le coupable sera
puni de mort.
Section 2
ART.293
Tout individu qui, volontairement, aura fait des blessures ou porté des coups, ou commis
tout autre violence ou voies de fait, s'il est résulté de ces sortes de violences, une maladie ou
une incapacité totale de travail personnelle pendant plus de vingt jours, sera puni d'un
emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 25 000 à 250 000 francs.
Quand les violences ci-dessus exprimées auront été suivies de mort, mutilation, amputation,
privation de l'usage d'un membre, cécité, perte d'un œil ou autres infirmités permanentes, le
coupable sera puni d'un emprisonnement de cinq à dix ans et d'une amende de 25 000 à 500
000 francs.
Le coupable pourra en outre être privé des droits mentionnés à l'article 33 pendant cinq ans au
moins et dix ans au plus.
ART.294
Lorsqu'il y aura eu préméditation ou guet-apens, la peine sera, si la mort s'en est suivie
ou si les violences ont eu pour conséquence la mutilation, l'amputation ou la privation de l'usage
d'un membre, la cécité, la perte d'un œil ou autres infirmités permanentes, celle des travaux
forcés à temps de dix à vingt ans, dans les cas prévus au premier alinéa de l'article 293, la
peine d'emprisonnement sera de cinq à dix ans.
ART.295
Lorsque les blessures ou les coups ou autres violences ou voies de fait, n'auront pas
occasionné une maladie ou une incapacité de travail personnel mentionné en l'article 293, le
coupable sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 15 000 à
1 00 000 francs, ou de l'une de ces deux peines seulement.
ART.296
Celui qui aura fait volontairement des blessures ou porté des coups à ses père, mère
1égitimes, naturels ou adoptifs ou autres ascendants, sera puni du maximum de la peine
prévue aux articles précédents.
ART.297
Quiconque aura volontairement fait des blessures ou porté des coups à un enfant au
dessous de l'âge de quinze ans accomplie, ou qui l'aura volontairement privé d'aliments ou de
soins, au point de compromettre ou qui aura commis à son encontre toute autre violence ou
voie de fait, à l'exclusion des violences légères, sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans
et d'une amende de 15 000 à 200 000 francs.
Sil en résulte des différentes sortes de violences ou privations ci-dessus, une maladie ou une
incapacité totale de travail de plus de vingt jours ou s'il y a préméditation ou guet-apens, la
peine sera de trois à sept ans d'emprisonnement et de 20 000 à 200 000 francs d'amende.
Si les coupables sont les pères, mères et autres ascendants, ou toutes autres personnes ayant
autorité sur l'enfant ou ayant sa garde, la peine d'emprisonnement sera de cinq à dix ans.
Dans les cas prévus par le présent article, le coupable, pourra, en outre être privé des droits
mentionnés en l'article 33 pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où il
aura subi sa peine.
ART.298
Si les violences ou privations prévues à l'article précédent ont été suivies de mutilation,
d'amputation, ou de privation de l'usage d'un membre, de cécité, de perte d'un oeil ou autres
infirmités permanentes, ou s'ils ont occasionné la mort sans intention de la donner, la peine
sera celle des travaux forcés à temps de dix à vingt ans.
Si les coupables sont les pères et mères ou autres ascendants ou toutes autres personnes
ayant autorité sur l'enfant ou ayant sa garde, la peine sera celle des travaux forcés à perpétuité.
Si les violences ou privations ont été pratiquées avec l'intention de provoquer la mort, les
auteurs seront punis comme coupable d'assassinat.
Si les violences ou privations ont été pratiquées avec l’intention de provoquer la mort, les
auteurs seront punis comme coupable d’assassinat.
ART.299
Quiconque, lorsqu'il s'agit de la consommation d'un mariage célébré selon la loi
traditionnelle aura accompli ou tenté d'accomplir l'acte sexuel sur la personne d'une enfant au
dessous de 13 ans accomplis ou impubère sera puni de deux ans à cinq ans
d'emprisonnement.
S'il en résulte pour l'enfant des blessures graves, une infirmité même temporaire, ou si les
rapports on entraîné la mort de l'enfant ou s'ils ont été accompagnés de violences, le coupable
sera puni d'un emprisonnement de cinq à dix ans.
Dans le cas prévu au premier alinéa du présent article, le coupable pourra en outre être privé
des droits mentionnés en l'article 33 pendant cinq ans au moins et dix ans au plus à compter du
jour où il aura subi sa peine.
ART.300
Les crimes et délits prévus dans la présente section et dans la section précédente, s'ils
sont commis en réunion séditieuse, avec rébellion ou pillage, sont imputables aux chefs
auteurs, instigateurs et provocateurs de ces réunions, rebellions ou pillages qui seront punis
comme coupables de ces crimes ou de ces délits et condamnés aux mêmes peines que ceux
qui les auront personnellement commis.
ART.301
Tout individu qui aura fabriqué ou débité toutes armes de quelque pièce que ce soit,
prohibées par les lois et règlements, sera puni d'un emprisonnement de trois mois à un an et
d'une amende de 120 000 à 500 000 francs.
Celui qui sera trouvé porteur des dites armes sera puni d'un emprisonnement de trois mois à un
an et d'une amende de 150 000 à 500 000 francs.
Le tout sans préjudice de peines plus fortes, s'il y échet, en cas de complicité de crime ou de
délit.
ART.302
Outre les peines correctionnelles mentionnées dans les articles précédents, les tribunaux
pourront prononcer l'interdiction de séjour.
ART.303
Toute personne coupable de crime de castration subira la peine des travaux forcés à
temps de dix à vingt ans.
ART.304
Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou par tout
autre moyens aura procuré ou tenté de procurer l'avortement d'une femme enceinte, ou
supposée enceinte qu'elle y ait consenti ou non, sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans
et d'une amende de 15 000 à 1 00 000 francs.
L'emprisonnement sera de cinq ans et l'amende de 30 000 à 400 000 francs, s'il est établi que
le coupable s'est livré habituellement aux actes visés à l'alinéa précédent.
Sera puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 15000 à 1 00 000
francs, la femme qui ce sera procuré l'avortement à elle même ou aura tenté de se le procurer
ou qui aura consenti à faire usage des moyens à elle indiqués ou administrés à cet effet.
Les médecins, pharmaciens et toute autre personne exerçant une profession médicale,
paramédicale, ainsi que les étudiants en médecine, étudiants ou employés en pharmacie,
herboristes, marchands d'instruments de chirurgie qui auront indiqué, favorisé ou pratiqué les
moyens de pratiquer l'avortement, seront condamnés aux peines prévues aux alinéas 1 et 2 du
présent article.
Il pourra en outre, être prononcé le sursis à l'exécution de la peine lorsque le coupable sera
l'une des personnes énoncées à l'alinéa 4.
Toutefois, l'interruption de grossesse pourra être pratiquée pour des motifs médicaux très
graves constatés par écrit par deux médecins au moins.
ART.305
Celui qui aura occasionné à autrui une maladie ou incapacité de travail personnel en lui
administrant volontairement, de quelque manière que ce soit des substances qui, sans être de
nature à donner la mort, sont nuisibles à la santé, seront punis d'un emprisonnement d'un mois
à cinq ans et d'une amende de 15 000 à 75 000 francs, il pourra de plus être interdit de séjour.
Si la maladie ou incapacité de travail personnel a duré plus de vingt jours, la peine sera de cinq
à dix ans d'emprisonnement.
Si le coupable a commis le délit spécifié aux deux paragraphes ci-dessus, envers un de ses
ascendants ou descendants, il sera puni dans le premier cas de la détention criminelle de cinq
à dix ans, et au second cas des travaux forcés à temps de dix à vingt ans.
Section 3
ART.306
Quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des
règlements aura involontairement commis un homicide ou en aura été involontairement la
cause, sera puni d'un emprisonnement de trois mois à trois ans et d'une amende de 15 000 à
200 000 francs.
S'il est résulté du défaut d'adresse ou de précaution, des blessures, coups ou maladies
entraînant pour la victime une incapacité totale de travail d'un plus d'un mois, le coupable sera
puni d'un emprisonnement de quinze jours à dix huit mois et d'une amende de 15000 à 100 000
francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
DELIT DE FUITE :
Il y a délit de fuite, lorsque le conducteur, sachant que son véhicule vient de causer ou
d'occasionner un accident ne s'est pas arrêté et a ainsi tenté, de se soustraire à la
responsabilité civile ou, pénale qu'il peut avoir encourue, indépendamment, le cas échéant, des
peines prévues aux alinéas précédents.
L'auteur d'un tel délit est puni d'un emprisonnement d'un mois à un an ou d'une amende de 20
000 à 500 000 francs, sans qu'elle puisse être inférieure au montant du préjudice.
En cas de récidive ou lorsqu'il y aura délit de fuite ou défaut d'assurance, les peines prévues
par les alinéa précédents, seront portées au double et le tribunal pourra prononcer, à titre de
peines complémentaire, l'annulation ou la suspension du permis de conduire du coupable avec
interdiction d'en solliciter un nouveau pendant un délai qui ne pourra excéder trois ans.
Les peines prévues aux alinéas 1 et 2 seront également doublées, s'il s'agit d'un conducteur
non titulaire du permis.
ART.307
Si un incendie involontairement provoqué entraîne la mort ou provoque les blessures
d'une ou plusieurs personnes, il sera fait application des peines prévues pour l'homicide ou les
blessures par imprudence selon les distinctions prévues à l'article précédent.
Section 41
ART.308
Les meurtres ainsi que les blessures et les coups sont excusables, s'ils ont été
provoqués par des coups ou violences graves envers les personnes.
ART.309
Les crimes et délits mentionnés au précédent article sont également excusables, s'ils ont
été commis en repoussant, pendant l'escalade ou l'effraction des clôtures, murs ou entrées
d'une maison ou d'un appartement habité ou de leurs dépendances.
Si ce cas est arrivé pendant la nuit, ce cas est réglé par l'article 316 du présent code.
ART.310
Le parricide n'est jamais excusable.
ART.311
Le meurtre commis par l'époux sur l'épouse, ou par celle-ci sur son époux, n'est pas
excusable, si la vie de l'époux ou de l'épouse qui a commis le meurtre n'a pas été mise en péril
dans le moment où le meurtre a eu lieu.
Néanmoins, dans la cas d'adultère, prévu par l'article 330, le meurtre commis par l'un des
conjoints sur l'autre ainsi que sur le complice, à l'instant où il les surprend en flagrant délit est
excusable.
ART.312
Le crime de castration, s'il a été immédiatement provoqué par un outrage à la pudeur,
sera considéré comme meurtre ou blessures excusables.
ART.313
Lorsque le fait d'excuse sera prononcé,
S'il s'agit d'un crime important, la peine de mort ou celle des travaux forcés à perpétuité, la
peine sera réduite à un emprisonnement de deux ans à dix ans.
S'il s'agit de tout autre crime, elle sera réduite d'un emprisonnement de deux à cinq ans.
Dans ces deux premiers cas, les coupables pourront de plus être interdits de séjour par l'arrêt
ou le jugement pendant une durée de cinq à dix ans.
S'il s'agit d'un délit, la peine sera réduite à un emprisonnement d'un mois à un an.
ART.314
Il n'y a ni crime ni délit lorsque l'homicide, les blessures et les coups étaient ordonnés par
la loi et commandée par l'autorité légitime.
ART.315
Il n'y a ni crime ni délit lorsque l'homicide, les blessures et les coups étaient commandés
par la nécessité actuelle de la légitime défense se soi même ou d'autrui.
ART.316
Sont compris dans les cas de nécessité actuelle de défense, les deux cas suivants :
1) Si l'homicide a été commis et si des blessures ont été faites, ou si les coups ont été portés en
repoussant pendant la nuit, l'escalade ou l'effraction, des clôtures, murs ou entrées d'une
maison, d'un appartement habité ou de leurs dépendances,
2) Si le fait a eu lieu en se défendant contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec
violences.
Section5
DES AGRESSIONS SEXUELLES
ART.317
Toute personne qui aura commis un outrage public à la pudeur sera punie d'un
emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une amende de 15 000 à 150 000 francs.
ART.318
Tout attentat à la pudeur consommé ou tenté sur la personne d'un enfant de l'un ou
l'autre sexe âgé de moins de quinze ans, sera puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans.
Sera puni du maximum de la peine, l'attentat à la pudeur commis par tout ascendant ou toute
personne ayant autorité sur la victime mineure âgée de plus de quinze ans.
Sans préjudice des peines plus graves prévues par les alinéas qui précédent ou par les articles
320 et 321 du présent code, sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende
de 50 000 à 1 000 000 francs, quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature
avec un individu de son sexe. Si l'acte a été commis avec un mineur, le maximum de la peine
sera toujours prononcé.
ART.319
Quiconque aura commis ou tenté de commettre un viol sera puni d'un emprisonnement
de cinq à dix ans.
Si le délit a été commis ou simplement tenté sur la personne d'un enfant de moins de quinze
ans accomplis, le maximum de la peine sera porté à quinze ans d'emprisonnement.
Si le délit a été commis sur la personne d'un enfant au dessous de l'âge de quinze ans
accomplis, le maximum de la peine sera porté à quinze ans d'emprisonnement.
ART.320
Si les coupables sont les ascendants de la personne sur laquelle a été commis l'attentat,
s'ils sont de ceux qui ont autorité sur elle, s'ils sont de ceux qui sont chargés de son éducation
ou ses serviteurs à gages des personnes ci-dessous désignées, s'ils sont fonctionnaires ou
ministres d'un culte, ou si le coupable quel qu'il soit, a été aidé dans son délit par une ou
plusieurs personnes, la peine sera celle d'un emprisonnement de dix ans.
ART.321
Dans les cas prévus aux articles 318-319 et 320, il ne pourra être prononcé de sursis à
l'exécution de la peine.
ART.322
Sera considéré comme proxénète et puni d'un emprisonnement d'un à trois ans, et d'une
amende de 75 000 à 1 000 000 francs, sans préjudice des peines plus fortes S'il y échet, celui
ou celle :
1) Qui, d'une manière quelconque, aide, assiste ou protège sciemment la prostitution d'autrui ou
le racolage en vue de la prostitution.
2) Qui, sous une forme quelconque, partage les produits de la prostitution d'autrui ou reçoit des
subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution.
5) Qui embauche, entraîne ou entretient, même avec son consentement, une personne même
majeure en vue de la prostitution ou se livre à la prostitution ou à la débauche.
6) Qui fait office d’intermédiaire, à un titre quelconque, entre les personne se livrant à la
prostitution ou à la débauche et les individus qui exploitent ou rémunèrent la prostitution ou la
débauche d'autrui.
7) Qui, par menaces, pressions, manœuvre ou par tous autres moyens, entrave l'action de
prévention, de contrôle, d'assistance ou de rééducation entreprise par les organismes qualifiés
en faveur de personnes se livrant à la prostitution ou en danger de prostitution.
ART.323
La peine sera d'un emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende de 150 000 à
2 000 000 francs dans les cas où :
4) L'auteur du délit est époux, père, mère ou tuteur de la victime ou appartient à l'une des
catégories énumérées à l'article 321.
5) L'auteur du délit est appelé à participer, de par ses fonctions à la lutte contre la prostitution, à
la protection de la santé ou au maintien de l'ordre public.
7) Les victimes du délit ont été livrées ou incitées à se livrer à la prostitution hors du territoire
national.
8) Les victimes du délit ont été livrées ou incitées à se livrer à la prostitution à leur arrivée ou
dans un délai rapproché de leur arrivée, sur le territoire national.
Seront punis aux peines prévues au présent article, quiconque aura attenté aux mœurs en
excitant, favorisant ou facilitant habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse de
l'un ou l'autre sexe au dessous de l'âge de 21 ans, ou même occasionnellement, des mineurs
de 16 ans.
Les peines prévues à l'article 322 et au présent article seront prononcées alors même que les
divers actes qui sont les éléments constitutifs des infractions auraient été accomplis dans des
pays différents.
ART.324
Sera puni des peines prévues à l'article précédent, tout individu :
1) Qui détient directement ou par personne interposée, qui gère, dirige, fait fonctionner, finance,
contribue à financer un établissement de prostitution ;
2) Qui, détenant, gérant, faisant fonctionner, finançant, contribuant à financer un hôtel, maison
meublée, pension, débit de boissons, restaurant, club, cercle, dancing, lieu de spectacle ou
leurs annexes ou lieu quelconque ouvert au public ou utilisé par le public, accepte ou tolère
habituellement qu'une ou plusieurs personnes se livrent à la prostitution à l'intérieur de
l'établissement ou dans ses annexes ou y recherchent des clients en vue de la prostitution ;
En cas de nouvelle infraction dans un délai de 10 ans, les peines encourues seront portées au
double.
ART.325
Dans tous les cas où les faits incriminés se seront produits dans un établissement visé
au premièrement et deuxièmement de l'article 324 et dont le détenteur, le gérant ou le préposé
est condamné par application des articles 323 et 324, le jugement portera retrait de la licence
dont le condamné serait bénéficiaire et prononcera en outre la fermeture de l'établissement ou
des parties de l'établissement utilisées en vue de la prostitution pour une durée qui ne pourra
être inférieure à trois mois ni supérieure à cinq ans.
Dans tous les cas, l'arrêt ou le jugement pourra en outre, mettre les coupables en état
d'interdiction de séjour et prononcer le retrait du passeport ainsi que, pour une durée de trois
ans au plus la suspension du permis de conduire. Cette durée pourra être doublée en cas de
récidive. Les mobiliers ayant servi directement ou indirectement à commettre l'infraction seront
saisis et confisqués, à quelques personnes qu'ils appartiennent.
Les auteurs d'infractions prévues aux articles 322, 323 et 324 pourront être condamnés à
rembourser les frais éventuels de rapatriement de ceux ou celles dont ils ont exploité ou tenté
d'exploiter ou contribué à exploiter la prostitution. Lorsque ces frais auront été avancés par
l'administration, ils seront recouvrés comme frais de justice.
ART.326
La tentative des délits visés dans la présente section sera punie de peines prévues pour
ces délits.
Dans tous les cas les coupables pourront être en outre mis, par la décision de jugement, en état
d'interdiction de séjour pendant deux ans au moins et dix ans au plus à compter du jour où ils
auront subi leur peine, privés des droits énumérés en l'article 33 et interdits de toute tutelle.
ART.327
Tout mineur de 21 ans qui se livre, même occasionnellement à la prostitution, à la
requête de se parents, ou du ministère public, appelé à comparaître devant le tribunal des
enfants qui lui applique l'une des mesures de protection prévues au code de procédure pénale
au chapitre de l’enfance en danger.
A RT.328
Nonobstant les dispositions particulières portant règlement du commerce, de la détention
et de l'emploi des substances vénéneuses, seront punis d'un emprisonnement de un à dix ans
et d'une amende de 1 000 000 francs à 50 000 000 francs, ceux qui, sans autorisation auront
cultivé, acheté, importé, transformé, transporté, distribué même à titre gratuit, mis en vente, fait
acheter, importer, transporter, transformer, distribuer, mettre en vente tous produits qualifiés
stupéfiants et notamment le hachisch ou chanvre indien.
Les mêmes peines sont applicables à tous ceux qui ont facilité à autrui l'usage de ces
substances soit, en procurant dans ce but un local, soit par tout autre moyen.
Les tribunaux prononceront en outre :
- La confiscation des sommes d'argent provenant des transactions prohibées au profit du trésor
public.
ART.329
L'adultère est le rapport sexuel d'une personne mariée avec une personne du sexe
opposé autre que son conjoint.
ART.330
L'époux convaincu d'adultère sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et
d'une amende de 50 000 à 150 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
Le complice de l'adultère sera puni des mêmes peines.
L'autre époux restera maître d'arrêter les poursuites et l'effet de la condamnation.
Les seules preuves qui pourront être admises contre le prévenu et le complice, seront, outre le
flagrant délit celles résultant de l'aveu ou de lettres ou autres pièces écrites par le prévenu.
ART.331
La fornication ou zina est interdite.
La fornication résulte du flagrant délit, établi, selon la loi coranique par quatre témoins mâles,
pubères, sains d'esprit et dignes de confiance, qui attestent avoir vu l'accomplissement de
l'acte.
Les coupables de fornication seront punis d'une peine d'un mois à un an d'emprisonnement et
d'une amende de 20 000 à 150 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
La femme non mariée, enceinte qui porte plainte avoue de ce fait la fornication est passible des
mêmes peines.
Les pères et mères ou les personnes qui peuvent consentir au mariage d'une fille mineure de
vingt et un ans ont seul la possibilité de porter plainte.
ART.332
En cas de mariage célébré selon la coutume, le conjoint, qui sans motif grave ou hors
des cas prévus par la dite coutume, aura abandonné le domicile conjugal, sera puni d'un
amende de 15 000 à 50 000 francs.
Section6
Arrestations illégales ou séquestrations
ART.333
Seront punis de la peine des travaux forcés à temps de dix à vingt ans ceux qui, sans
ordres des autorités constituées et hors les cas où la loi ordonne de saisir des prévenus, auront
arrêté, détenu ou séquestré des personnes quelconques.
Quiconque aura prêté un lieu pour exécuter la détention ou séquestration subira la même
peine.
Sont également punis de la même peine, ceux qui auront conclu une convention ayant pour
objet d'aliéner, soit à titre gratuit, soit à titre onéreux, la qualité d'une tiers personne. La
confiscation de l'argent, des objets ou valeurs reçus en exécution de la dite convention sera
toujours prononcée. Le maximum de la peine sera toujours prononcé si la personne faisant
l'objet de la convention est âgée de moins de quinze ans.
Quiconque aura mis ou reçu une personne en gage, quel qu'en soit le motif, sera puni d'un
emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 15 000 à 150 000 francs ou de l'une
de ces deux peines seulement.
La peine d'emprisonnement pourra être portée à cinq ans si la personne mise ou reçue en gage
est âgée de moins de quinze ans.
Les coupables pourront en outre, dans tous les cas, être privés des droits mentionnés en
l'article 33 pendant cinq ans au moins et dix ans au plus.
ART.334
Si la détention ou séquestration a duré plus d'un mois, la peine sera celle des travaux
forcés à perpétuité.
ART.335
La peine sera réduite à l'emprisonnement d'un à cinq ans si le coupable des délits
mentionnés en l'article 333, non encore poursuivis, a rendu la liberté à la personne séquestrée,
arrêtée ou détenue, avant le dixième jour accompli depuis celui de l'arrestation, détention ou
séquestration.
ART.336
Dans chacun des deux cas suivants
1) Si l'arrestation a été exécutée avec un faux costume, sous un faux nom ou sous un faux
ordre d'e l'autorité publique,
Mais la peine sera celle de la mort, si les personnes arrêtées, détenues ou séquestrées ont été
soumises à des tortures corporelles
Section 7
ART.337
Les coupables d'enlèvement, de recel ou de suppression d'un enfant, de substitution
d'un enfant à un autre, ou de supposition d'un enfant à une femme qui ne sera pas accouchée
seront punis d'un emprisonnement de cinq à dix ans.
Seront punis de la même peine ceux qui, étant chargés d'un enfant, ne le représenteront point
aux personnes qui auront le droit de le réclamer.
ART.338
Toute personne qui ayant assisté à un accouchement, n'aura pas fait la déclaration à elle
prescrite par la réglementation de l'Etat civil, sera punie d'un emprisonnement d'un mois à six
mois et d'une amende de 15 000 à 75 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
ART.339
Toute personne qui ayant trouvé un enfant nouveau-né ne l'aura pas remis à l'officier de
l'Etat civil, sera punie des peines portées au précédent article.
La présente disposition n'est point applicable à celui qui aurait consenti à se charger de l'enfant
et qui aurait fait sa déclaration à cet égard devant l'autorité administrative du lieu où l'enfant a
été trouvé.
ART.340
Ceux qui auront exposer ou fait exposer, délaissé ou fait délaisser en un lieu solitaire, un
enfant ou un incapable, hors d'état de se protéger eux mêmes en raison de leur état physique
ou mental, seront pour ce seul fait condamnés à un emprisonnement d'un à trois ans et à une
mande de 15 000 à 150 000 francs.
ART.341
La peine portée au précédent article sera de deux à cinq ans et l'amende de 30 000 à
250 000 francs contre les ascendants ou toutes autres personnes ayant autorité sur l'enfant ou
l'incapable ou en ayant la garde.
ART.342
S'il est résulté de l'exposition ou du délaissement une maladie ou une incapacité totale
de plus de vingt jours, le maximum de la peine sera appliqué.
Si l'enfant ou l'incapable est demeuré mutilé ou estropié ou s'il est resté atteint d'une infirmité
permanente, les coupables subiront la peine d'emprisonnement de cinq à dix ans.
Si les coupables sont les personnes mentionnées à l'article 341, 1a peine sera de dix ans
d'emprisonnement.
Lorsque l'exposition ou le délaissement dans un lieu solitaire aura amené la mort, l'action sera
considérée comme un meurtre.
ART.343
Ceux qui auront exposer ou fait exposer, délaissé ou fait délaisser en un lieu solitaire, un
enfant ou un incapable hors d'état de se protéger eux mêmes en raison de leur état physique
ou mental, seront, pour ce seul fait, condamnés à un emprisonnement de trois mois à un an et
une amende de 15 000 à 150 000 francs.
Si les coupables sont les personnes mentionnées à l'article 341, les peines seront portées au
double.
ART.344
S'il est résulté de l'exposition ou du délaissement une maladie ou une incapacité totale
de vingt jours et plus, ou d'une des infirmités prévue à l'article 293 alinéa 2, le coupables
subiront un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 15 000 à 150 000 francs.
Si la mort a été occasionnée sans intention de la donner, la peine sera celle de la détention
criminelle de cinq à dix ans.
Si les coupables sont les personnes mentionnées à l'article 342, la peine sera dans le premier
cas, celle d'un emprisonnement de cinq à dix ans, et dans le second cas, des travaux forcés à
temps de dix à vingt ans.
ART.345
Quiconque aura par fraude ou violence, enlevé ou fait enlever des mineurs et les aura
entraînés, détournés ou déplacés ou les aura fait entraîner, détourner ou déplacer des lieux ou
ils étaient mis par ceux de l'autorité ou de la direction desquels ils étaient soumis ou confiés,
subira la peine des travaux forcés à temps de cinq à dix ans.
ART.346
Si le mineur ainsi enlevé ou détourné est âgé de moins de quinze ans, la peine sera celle
des travaux forcés à perpétuité.
La même peine sera appliquée, quel que soit l'âge du mineur si le coupable s'est fait payer une
rançon par les personnes sous l'autorité ou la surveillance des quelles le mineur était placé.
Toutefois, dans les cas prévus aux deux alinéas précédents, la peine sera celle des travaux
forcés de cinq à dix ans, si le mineur est retrouvé vivant qu'ai été rendu l'arrêt de condamnation.
ART.347
Celui qui, sans fraude ni violence, aura enlevé ou détourné ou tenté d'enlever ou de
détourner un mineur de dix huit ans, sera puni d'un emprisonnement de deux ans à cinq ans et
d'une amende de 15 000 à 200 000 francs.
Lorsqu'une mineure ainsi enlevée ou détournée aura épousé son ravisseur, celui-ci ne pourra
être poursuivi que sur la plainte des personnes qui ont qualité pour demander l'annulation du
mariage et ne pourra être condamné qu'après que cette annulation aura été prononcée.
ART.348
Quand il aura été statué sur la garde d'un mineur par décision de justice, provisoire ou
définitive, le père, la mère ou toute autre personne ne représentera pas ce mineur à ceux qui
ont le droit de le réclamer ou qui sans fraude ni violence, l'enlèvera ou le détournera ou le fera
enlever ou détourner des mains de ceux auxquels sa garde aura été confiée, ou des lieux
derniers l'auront placé, sera puni d'un emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une
amende de 15 000 à 200 000 francs.
ART.349
Sera puni d'une peine d'emprisonnement de trois mois à un an et d'une amende de 15
000 à 200 000 francs :
1) Le père ou la mère de famille qui abandonne sans motif grave pendant plus de deux mois, la
résidence familiale et se soustrait à tout ou partie des obligations d'ordre moral ou d'ordre
matériel résultant de la puissance paternelle ou de la tutelle légale, le délai de deux mois ne
pourra être interrompu que par un retour au foyer impliquant la volonté de reprendre
définitivement la vie familiale.
2) Le mari qui, sans motif grave, abandonne volontairement, pendant plus de deux mois, sa
femme la sachant enceinte.
3) Le père et mère, que la déchéance de la puissance paternelle soit ou non prononcée à leur
égard, qui compromettent gravement par le mauvais exemple notoire, par un défaut de soins ou
par un manque de direction nécessaire, soit la santé, soit la sécurité, soit la moralité de leurs
enfants ou d'un ou plusieurs de ces derniers.
Dans les mêmes cas, pendant le mariage, la poursuite ne sera exercée que sur la plainte de
l'époux resté au foyer.
La même peine sera appliquée à tout père ou mère qui aura abandonné ses enfants pendants
une durée de deux mois.
ART.350
Sera puni des mêmes peines, toute personne qui, au mépris d'un jugement exécutoire
ou d'une décision de justice, l'ayant condamné à verser une pension alimentaire à son conjoint,
à ses ascendants, à ses descendants, aura volontairement demeuré plus de deux mois sans
fournir la totalité des subsides déterminés par le jugement, ni acquitté le montant intégral de la
pension.
Le défaut de paiement sera présumé volontaire, sauf preuve contraire, l'insolvabilité qui résulte
de l'inconduite habituelle, de la paresse ou de l'ivrognerie, ne sera en aucun cas un motif
d'excuse valable pour le dénoncer.
Toute personne condamnée par l'un de ces délits prévus au présent article à l'article précédent
pourra en outre être frappée, pour cinq ans au moins et dix ans au plus de l'interdiction des
droits mentionné à l'article 33 du présent code.
Le tribunal compétent pour connaître les délits visés au présent article sera celui du domicile ou
de la résidence de la personne qui doit recevoir la pension ou bénéficier des subsides.
La même peine sera prononcée contre ceux qui auront contrevenu de quelque manière que ce
soit à la loi et aux règlements relatifs aux inhumations.
ART.352
Quiconque aura recélé ou caché le cadavre d’homicide ou mort des suites de coups et
blessures, sera puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans et une amende de 30 000 à
200 000 francs, sans préjudice de peines plus graves, s'il a participé au crime ou au délit.
ART.353
Sera puni d'un emprisonnement de trois mois à un an et de 30 000 à 200 000 francs
d'amende, quiconque se sera rendu coupable de violation de tombeau ou de sépulture, sans
préjudice des peines contre les crimes ou les délits qui se seraient joints à celui-ci.
Les mêmes peines seront applicables à quiconque aura profané ou mutilé un cadavre, même
non inhumé.
-Section 8
ART.354
Quiconque sera coupable de faux témoignage en matière criminelle, soit contre l'accusé,
soit en sa faveur, sera puni de la peine des travaux forcés à temps de cinq à dix ans.
Si néanmoins, l'accusé a été condamné à une plus forte peine que celle des travaux forcés à
temps de cinq à dix ans, le faux témoin qui aura déposé contre lui, subira la même peine.
ART.355
Quiconque sera coupable de faux témoignage en matière correctionnelle, soit contre le
prévenu, soit en sa faveur, sera puni d'un emprisonnement de deux ans au moins et de cinq
ans au plus, et d'une amende de 15 000 à 200 000 francs.
Si néanmoins, le prévenu a été condamné à plus de cinq ans d'emprisonnement, le faux témoin
qui a déposé contre lui, subira la même peine.
Quiconque sera coupable de faux témoignage en matière de peine de police, soit contre le
prévenu, soit en sa faveur, sera puni d'un emprisonnement de trois mois au moins et d'un an au
plus et d'une amende de 15 000 à 150 000 francs.
Dans le premier cas, les coupables pourront en outre, être privés des droits mentionnés en
l'article 33 du code pénal- pendant cinq ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où
ils auront subi leur peine et être interdits de séjour pendant la même durée.
ART.356
En tout autre matière, le coupable de faux témoignage sera puni d'un emprisonnement
d'un à trois ans et d'une amende de 50 000 à 300 000 francs. Il pourra l'être aussi des peines
accessoires mentionnées à l'article précédent.
ART.357
Le faux témoin en matière criminelle qui aura reçu de l'argent, une récompense
quelconque ou des promesses, sera puni des travaux forcés à temps de dix à vingt ans.
Le faux témoin en tout autre matière, qui aura reçu de l'argent, une récompense quelconque ou
des promesses, sera puni d'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 20 000 à 200
000 francs.
Il pourra l'être aussi des peines accessoires mentionnées en l'article 355.
Dans tous les cas, ce que le faux témoin aura reçu, sera confisqué.
ART.358
Quiconque, soit au cours d'une procédure et en tout état de cause, soit en toute matière
en vue d'une demande ou d'une défense en justice aura eus, de promesses, offres, présents,
de pressions, menaces, voies de faits, manœuvres ou artifices pour déterminer autrui à faire -
délivrer une déposition, une déclaration ou une attestation mensongère sera que cette
subordination, ait ou non produit son effet, puni d'un emprisonnement d'un à trois ans et d'une
amende de 30 000 à 350 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement, sans préjudice
des peines plus fortes prévues aux articles précédents, s'il est complice de faux témoignage
qualifié crime ou délit.
ART.359
Celui à qui le serment aura été déféré ou rédigé en matière civile, aura fait un faux
serment, sera puni d'un emprisonnement d'une année au moins et de cinq ans au plus et d'une
amende de 15 000 à 250 000 francs.
Il pourra en outre être privé des droits mentionnés en l'article 33 du présent code pendant cinq
ans au moins et dix ans au plus et être interdit de séjour pendant le même nombre d'années à
compter du jour où il aura subi sa peine.
ART.360
L’interprète, qui après avoir prêté serment, aura de mauvaise foi, dénaturé la substance
de paroles ou de documents oralement traduits, sera puni des peines de faux témoignage selon
les dispositions contenues dans les articles 354,355, 356 et 357.
La subornation d'interprète sera punie comme subornation de témoin selon les dispositions de
l'article 358.
ART.361
Quiconque aura par quelque moyen que ce soit fait une dénonciation calomnieuse
contre un ou plusieurs individus, aux officiers de police ou de justice administrative ou judiciaire,
ou tout autre autorité ayant le pouvoir d'y donner suite ou de saisir l'autorité compétente, ou
encore aux supérieurs hiérarchiques ou aux employeurs du dénoncé, sera puni d'un
emprisonnement de six mois à cinq ans et d'une amende de 30 000 à 200 000 francs.
Le tribunal pourra en outre ordonner l'insertion du jugement, intégralement ou par extraits, dans
un ou plusieurs journaux et aux frais du condamné.
Si le fait dénoncé est susceptible de sanctions disciplinaires ou pénales, les poursuites pourront
être engagées en vertu du présent article , soit après jugement ou arrêt d'acquittement ou de
relaxe, soit après ordonnance ou arrêt de non-lieu, soit après classement de la dénonciation par
le magistrat, fonctionnaire, autorité supérieure ou employeur compétent pour lui donner la suite
qu'elle était susceptible de comporter.
La juridiction saisie en vertu du présent article sera tenue de surseoir à statuer si des poursuites
concernant le fait dénoncé sont pendantes.
ART.362
Les médecins, chirurgiens, ainsi que les pharmaciens, les sages femmes et toutes autres
personnes dépositaires, par état ou par profession, ou par fonctions temporaires ou
permanentes des secrets qu'on leur confie, qui, hors cas où la loi les oblige ou les autorise à se
porter dénonciateurs, auront révélé ces secrets, seront punis d'un emprisonnement d'un à six
mois et d'une amende de 30 000 à 200 000 francs.
CHAPITRE Il
Crimes et délits contre les propriétés
Section 1
V0LS
ART.363
Quiconque soustrait frauduleusement une chose qui ne lui appartient pas est coupable
de vol.
ART.364
Ne pourront donner lieu qu'à des réparations civiles, les soustractions commises, par des
maris au préjudice de leurs femmes, par des femmes au préjudice de leur mari , par un veuf ou
une veuve quant aux choses qui avaient appartenues à l'époux décédé, par des pères et mères
ou autres ascendants au préjudice de leurs enfants ou autres ascendants.
La soustraction commise :
1) Par des enfants ou autres descendants au préjudice de leur père ou mère ou autres
ascendants,
2) Par des alliés aux mêmes degrés à conditions que les soustractions soient commises
pendant la durée du mariage et en dehors d'une période pendant laquelle les époux sont
autorisés à vivre séparément, ne pourront être poursuivies que sur plainte de la victime.
Le retrait de la plainte éteint l'action civile.
A l'égard de tous autres individus qui auraient recélé ou appliqué à leur profit tout ou partie des
objets volés, ils seront punis comme coupables de recel conformément aux articles 429 et 430.
ART.365
Seront punis des travaux forcés à temps de dix à vingt ans, les individus coupables de
vol commis avec deux des circonstances suivantes :
4) Si le ou les coupables se sont assuré la disposition d'Lin véhicule en vue de faciliter leur
entreprise ou de favoriser leur fuite.
ART.366
Même s'il n'a été fait usage que de violences et si ces violences ont entraîné une
incapacité de plus de 15 jours ou une infirmité permanente, les coupables seront passibles des
travaux forcés à perpétuité.
ART.367
Sera puni d'un emprisonnement de cinq à dix ans et d'une amende de 20 000 à 200 000 francs,
tout individu coupable de vol ou de tentative de vol; commis avec l'une des circonstances
prévues à l'article 365 et avec l'une des causes énoncées ci-après:
2) Si le vol a été commis sur les chemins publics ou dans un moyen de transport en commun.
5) Si le vol a été commis par un aubergiste, hôtelier, voiturier ou un de leurs préposés, lorsqu'ils
auront dérobé tout ou partie des choses qui leurs étaient confiées à ce titre.
7) Si le vol a été commis en prenant le titre d'un fonctionnaire public, d'un officier ou d'un
militaire, ou après s'être revêtu de l'uniforme ou costume de fonctionnaire ou de l'officier, ou en
alléguant un faux ordre de l'autorité civile ou militaire.
ART.368
Les vols ou tentative de vols de bœufs seront punis d'un emprisonnement de trois mois
au moins et de sept ans au plus et d'une amende de 50 000 à 500 000 francs.
Les vols ou tentatives de vol de vanille, girofle, café, seront punis d'un emprisonnement de deux
ans à cinq ans et d'une amende de 20 000 à 200 000 francs.
Les autres vols ou tentatives de vols non spécifiés dans la présente section, seront punis d'un
emprisonnement d'un an au moins et de cinq ans au plus et d'une amende de 15 000 à 150 000
francs.
ART.369
Quiconque aura contrefait ou altéré les clés, sera condamné à un emprisonnement de
trois mois à deux ans et d'une amende de 20 000 à 100 000 francs.
Si le coupable est serrurier de profession, il sera puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans
et d'une amende de 50 000 à 400 000 francs.
Le tout sans préjudice de peines plus fortes, s'il y échet, en cas de complicité de crime.
ART.370
Quiconque aura extorqué ou tenté d'extorquer par force, violence, contrainte, menace
écrite ou verbale de révélations ou d'imputations diffamatoires, soit la remise de fonds ou
valeurs, soit la signature ou la remise d'un écrit, d'un acte, d'un titre, d'une pièce quelconque
contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge, sera puni de cinq à dix ans
d'emprisonnement et d'une amende de 50 000 à 400 000 francs.
ART.371
Sera puni d'une peine d'un à cinq ans d'emprisonnement celui qui aura détruit, détourné
ou tenté de détruire, ou de détourner des objets saisis sur lui et confiés à sa garde ou à celle
d'un tiers.
La même peine sera applicable à tout débiteur, emprunteur ou tiers, donneur de gage qui aura
détruit, détourné ou tenté de détruire ou de détourner les objets par lui donnés à titre de gages.
Celui qui aura recélé sciemment les objets détournés, le conjoint, les ascendants, et
descendants du saisi, du débiteur, de l'emprunteur ou tiers donneur de gage qui l'auront aidé
dans la destruction, le détournement ou dans la tentative de destruction ou de détournement de
ces objets, seront punis d'une peine égale à celle qu'il aura encourue.
ART.372
Quiconque, sachant qu'il est dans l'impossibilité absolue de payer, aura pris en location
une voiture de place ou ce sera fait servir des boissons ou aliments qu'il aura consommés en
tout ou partie, dans des établissements à ce destinés, même s'il est logé dans les dits
établissements, sera puni d'un emprisonnement de deux mois au moins et de deux ans au plus
et d'une amende de 15 000 à 100 000 francs.
La même peine sera applicable à celui, qui sachant qu'il est dans l'impossibilité absolue de
payer, se sera fait attribuer une ou plusieurs chambres, dans un hôtel ou auberge et les aura
effectivement occupées.
Toutefois, dans les cas prévus à l'alinéa précédent, l'occupation du logement ne devra pas avoir
excédé, une durée de cinq jours.
ART.373
En cas d'infractions à l'un des articles 365, 368, 370 et 371, si le prévenu est en état de
récidive, l'application des dispositions de l'article 430 ne peut avoir pour effet de réduire
l'emprisonnement devenant obligatoire au dessous du minimum de la peine encourue à l'état
simple.
Dans tous les cas prévus à la présente section, hors ceux qui sont prévus par l'article 372, le
coupable est obligatoirement condamné à l'interdiction de séjour dans les conditions et sous les
réserves fixées par l'article 35. Il peut en outre être privé de tout ou partie des droits
mentionnés à l'article 33 pendant cinq ans au moins et dix ans au plus.
Section2
Banqueroutes, escroqueries et autres espèces de fraudes.
Paragraphe 1er : Banqueroutes et escroqueries.
ART.374
Ceux qui sont déclarés coupables de banqueroute, seront punis : les banqueroutes
simples d'un emprisonnement d'un mois à deux ans, les banqueroutes frauduleuses d'un
emprisonnement de cinq à dix ans.
ART.375
Les complices de banqueroute simple ou frauduleuse encourent les peines prévues à
l'article précédent, même s'ils n'ont pas la qualité, de commerçant.
ART.376
Ceux qui se livrent à des opérations de change, de courtage en valeurs mobilières ou
d'opérations bancaires, lorsqu'ils seront reconnus coupables de banqueroute, simple ou
frauduleuse, seront punis dans tous les cas des peines de banqueroute frauduleuse.
ART.377
Quiconque, soit en faisant usage de faux noms ou de fausses qualités, soit en employant
des manœuvres frauduleuses, pour persuader l'existence de fausses entreprises, d'un pouvoir
ou d'un crédit imaginaire ou pour faire naître l'espérance ou la crainte d'un succès, d'un
accident ou de tout autre événement chimérique, se sera fait remettre ou délivrer des fonds,
des meubles ou des obligations, dispositions, billets, promesses , quittances ou décharges et
qui aura par un de ces moyens, escroqué ou tenté d'escroquer la totalité ou partie de la fortune
d'autrui, sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans au plus et d'une amende de 20 000 à
500 000 francs.
Si le délit a été commis par une personne ayant fait appel au public, en vue de l'émission
d'actions, obligations, dons, parts, ou titres quelconques, soit d'une société, soit d'une
entreprise commerciale ou industrielle, les peines ci-dessus pourront être portées au double.
Dans tous les cas les coupables pourront être, en outre, frappés pour dix ans au plus de
l'interdiction des droits mentionnés en l'article 33 du présent code, ils pourront aussi être
frappés de l'interdiction de séjour pendant le même nombre d'années.
Les peines prévues au premier et troisième alinéa du présent article seront également
applicables à quiconque aura, dans le cas du mariage devant être célébré selon la coutume,
donné ou promis en mariage une fille dont, selon cette coutume, il ne pouvait pas ou plus être
disposé et perçu ou tenté de percevoir tout ou partie de la dot et des cadeaux fixés par l'usage.
ART.378
Est punissable des peines prévues à l'alinéa premier de l'article précédent, sans que
l'amende puisse être inférieure au montant du chèque ou de l'insuffisance.
Celui, qui de mauvaise foi, a soit émis un chèque sans provision préalable et disponible ou avec
une provision inférieure au montant du chèque, soit retiré après l'émission, tout ou partie de la
provision, soit fait défense au tiré de payer,
Celui, qui en connaissance de cause, a accepté de recevoir un chèque dans les conditions
visées à l'alinéa précédent.
Est passible des peines prévues à l'alinéa 2 du présent article sans que l'amende puisse être
inférieure au montant du chèque.
Dans tous les cas prévus ci-dessus, le tribunal pourra en outre faire application de l'alinéa 3 de
l'article précédent.
Toutefois, les infractions ci-dessus visées sont considérées comme étant au point de vue de la
récidive, un même délit.
ART.379
Quiconque aura abusé des besoins, des faiblesses ou des passions d'un mineur, pour lui
faire souscrire, des obligations, quittances ou décharges ainsi que prêt d'argent, ou de choses
mobilières ou d'effets de commerces ou tous autres effets obligatoires, sous quelque forme que
cette négociation ait été faite n étant déguisée, sera puni d'un emprisonnement de deux au plus
et d'une amende de 15 000 à 300 000 francs.
L'amende pourra toutefois être portée au quart des restitutions et des dommages et intérêts, s'il
est supérieur au maximum prévu à l'alinéa précédent.
Le coupable pourra en outre être frappé de l'interdiction des droits mentionnés en l'article 33
pendant dix ans, il pourra aussi être frappé d'interdiction de séjour pendant le même nombre
d’années.
ART.380
Quiconque abusant d'un blanc seing qui lui aura été confié, aura frauduleusement écrit
au dessus une obligation ou décharge ou tout autre acte pouvant compromettre la personne ou
la fortune du signataire, sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 15
000 à 300 000 francs.
Dans le cas ou le blanc-seing ne lui aurait pas été, confié, il sera poursuivi comme faussaire et
puni comme tel.
ART.381
Quiconque ayant reçu des propriétaires, possesseurs ou détenteurs des effets, deniers,
marchandises, billets, quittances ou écrits contenant ou opérant obligation ou décharge à titre
de louage, de dépôt, de mandat, de nantissement, de prêt à usage ou pour un travail salarié ou
non salarié, n'aura pas après simple mise en demeure, exécuté son engagement de les rendre
ou les représenter ou d'en faire un usage ou un emploi déterminés, sera puni d'un
emprisonnement de six mois au moins et quatre ans au plus et d'une amende de 20 000 au
moins et de 1 000 000 francs au plus.
Il n'y a pas de délit lorsque l'inexécution de l'engagement a pour cause la force majeure, le fait
du remettant ou d'un tiers ou la faute involontaire de l'auteur. Celui-ci peut établir le fait
justificatif par tous moyens.
Si l'abus de confiance a été commis par une personne faisant appel au public afin d'obtenir, soit
pour son propre compte, soit comme directeur administratif ou agent d'une société ou d'une
entreprise commerciale ou industrielle la remise de fonds ou valeurs à titre de dépôt, de
mandat, de nantissement, la durée de l'emprisonnement pourra être portée à dix ans et
l'amende à 500 000 francs.
Dans tous les cas le coupable pourra être en outre frappé pour dix ans au plus de l'interdiction
des droits mentionnés en l'article 33 du présent code. Il pourra aussi être frappé de l'interdiction
de séjour pendant le même nombre d'années.
ART.382
Quiconque après avoir produit, dans une contestation judiciaire, un titre, pièce, mémoire,
l'aura soustrait de quelque manière que ce soit, sera puni d'une amende de 20 000 à 100 000
francs. Cette peine sera prononcée par le tribunal saisi de la contestation.
ART.383
Quiconque aura bénéficié d'une avance, d'un prêt, d'un aval ou d'une garantie sous une
forme quelconque, soit de l'Etat, soit d'un organisme de crédit, d'un organisme de
commercialisation ou d'un fonds ayant la forme d'un établissement public ou fonctionnant sous
la tutelle de l'Etat, aura employé tout ou parties des sommes d'argent qui lui ont été prêtées ou
avancées à des fins ou dans des conditions autres que celles prévues au contrat de prêt ou
d'avance, sera puni d'un emprisonnement d'un an au moins et de cinq ans au plus, et d'une
amende de 50 000 à 1 000 000 francs.
Le coupable pourra en outre, être frappé pour dix ans au plus de l'interdiction des droits
mentionnés en l'article 33 du présent code ainsi que de l'interdiction de séjour pendant le même
nombre d'années.
Sera puni des mêmes peines le bénéficiaire de l'un des opérateurs prévus ci-dessus qui
donnera tout ou partie des marchandises achetées, une destination autre que celle prévue au
contrat.
ART.384
Quiconque aura obtenu ou tenté d'obtenir un prêt, une avance, un aval ou une garantie
de l'Etat ou d'un des organismes visés à l'article précédent, soit en faisant une fausse
déclaration, soit en prenant une fausse identité ou une fausse qualité, soit en fournissant un
faux renseignement, un faux certificat, une fausse attestation, sera puni des peines prévues à
l'article 383 alinéa 1 et 2.
ART.385
Les dispositions des articles 383 et 384 sont applicables aux avances, crédits, prêts,
avals ou garanties accordés par les sociétés, consortiums ou organismes privés de
commercialisation agréés par l'Etat dans des conditions fixées par décret.
ART.386
La pratique des jeux de hasard est interdite. Sont considérés comme jeux de hasard,
tous jeux dans lesquels la chance, l'adresse et les combinaisons de l'intelligence lorsque le
mobile repose sur le gain.
Tout contrevenant sera puni d'une peine d'emprisonnement de 15 jours à six mois et d'une
amende de 50 000 à 500 000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.
ART.387
Ceux qui, sans autorisation donnée par Décret, auront tenu une maison de jeux, de
hasard, en auront été les banquiers et y auront admis le public, soit librement, soit sur la
présentation des intéressés ou affiliés, tous ceux qui auront établi ou tenu des loteries non
autorisées par la loi, tous administrateurs, préposés ou agents de ces établissements, seront
punis d'un emprisonnement de trois mois au moins et d'un an au plus, et d'une amende de
25 000 à 1 000 000 francs.
Les coupables pourront être de plus, à compter du jour où ils auront subi leur peine- interdits
pendant cinq ans au moins et dix ans au plus des droits mentionnés en l'article 33 du présent
code.
Dans tous les cas, seront confisqués tous les fonds ou effets qui seront trouvés, exposés au jeu
ou mis à la loterie, les meubles, instruments stencils , appareils employés ou destinés au
service des jeux ou des loteries, les meubles et les effets mobiliers dont les lieux auront garnis
ou décorés.
ART.388
Ceux qui auront établi ou tenu des maisons de prêt sur gage ou nantissement sans
autorisation légale, ou qui, ayant une autorisation, n'aura pas tenu le registre conforme aux
règlements contenant de suite, sans aucun blanc, ni interligne, les sommes ou les objets prêtés,
les noms, domicile et profession des emprunteurs, la nature, la qualité, la valeur des objets mis
en nantissement seront punis d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 15 000
à 100 000 francs.
ART.389
Ceux qui, dans les adjudications de la propriété, de l'usufruit, de la location des choses
mobilières ou immobilières d'une entreprise, de fournitures d'une exploitation ou d'un service
quelconque, auront entravé troublé, tenté d'entraver ou de troubler la liberté des enchères ou
des commissions par voies de fait, violences ou menaces, soit avant, soit pendant les enchères
ou soumissions, seront punis d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 30
000 à 500 000 francs.
La même peine sera prononcée contre ceux qui, par dons, promesses ou ententes
frauduleuses, auront écarté ou tenté d'écarter les enchérisseurs ou tenté de limiter les enchères
ou soumissions, ainsi que contre ceux qui auront reçu ces dons ou accepté des promesses.
Seront punis de la même peine, tous ceux qui, après une adjudication publique, procéderont ou
participeront à une remise aux enchères sans le concours d'un officier ministériel compétent.
ART.390
Toute violation des lois et règlements relatifs aux produits comoriens qui s'exposeront à
l'étranger, et qui ont pour objet de garantir la bonne qualité, les dimensions et la nature de la
fabrication, sera punie d'une amende de 20 000 à 300 000 francs et la confiscation des
marchandises. Ces deux peines pourront être prononcées cumulativement ou séparément
selon les circonstances.
ART.391
Sera puni d'un emprisonnement de trois mois à trois ans et d'une amende de 30 000 à
300 000 francs, ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque, à l'aide de violences,
envers les personnes ou envers les choses, voies de fait, menaces, manœuvres frauduleuses
ou propagation de fausses nouvelles, aura porté atteinte ou tenté de porter atteinte au libre
exercice de l'industrie ou du travail.
Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 15 000 à 100 000
francs, ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque par l'un des moyens visés à
l'alinéa précédent, dissuadera ou tentera de dissuader toute personne d'exercer ses droits ou
libertés en matière d'éducation ou de culture.
ART.392
Lorsque les faits punis par l'article précédent auront été, commis par suite d'un plan
concerté, les coupables pourront être interdits de séjour, par l'arrêt ou le jugement, pendant
deux ans au moins et cinq ans au plus.
ART.393
Tout directeur, tout commis, ouvrier de fabrique, qui aura communiqué ou tenté de
communiquer à des étrangers ou à des comoriens résidant en pays étranger, des secrets de la
fabrique où il est employé, sera puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende
de 30 000 à 500 000 francs.
Il pourra en outre être privé des droits mentionnés en l'article 33 du présent code, pendant cinq
ans au moins et dix ans au plus, à compter du jour où il aura subi sa peine, et frappé
d'interdiction de séjour, pendant le même nombre d'années.
Si ces secrets ont été communiqués à des comoriens vivant aux Comores, la peine sera d'un
emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une amende de 20 000 à 400 000 francs.
Le maximum de la peine prononcée par les paragraphes 1 et3 du présent article, sera
nécessairement appliqué s'il s'agit de secrets de fabrique d'armes et de munitions de guerre
appartenant à l’Etat
ART.394
Tous ceux :
1) Qui, par des faits faux ou calomnieux auront sciemment dans le public, par des offres jetées
sur le marché, à dessein de troubler les cours par des suroffres faites au prix que demandaient
les vendeurs eux-mêmes, par des voies ou moyens frauduleux quelconques,
2) Ou qui, exerçant ou tentant d'exercer, soit individuellement, soit par réunion ou coalition, une
action sur le marché dans le but de se procurer un gain qui ne serait pas le résultat du jeu
naturel de l'offre et de la demande,
Auront directement ou par personne interposée, opéré ou tenté d'opérer la hausse ou la baisse
artificielle des prix des denrées ou marchandises ou des effets publics ou privés, seront punis
d'un emprisonnement de deux mois a deux ans- et d'une amende de 30 000 à 400 000 francs.
Le tribunal pourra, de plus prononcer contre les coupables, la peine d'interdiction de séjour pour
deux ans au moins et cinq ans au plus.
ART.395
La peine pourra être portée à trois ans, si la hausse ou la baisse ont été opérées ou
tentées, sur des produits essentiels de l'agriculture des Comores, tels que la vanille, le clou de
girofle, l'ylang-ylang et le coprah.
L'emprisonnement pourra être porté à cinq ans s'il s'agit de denrées ou marchandises qui ne
rentrent pas dans l'exercice habituel de la profession du délinquant.
Dans le cas prévu au présent article, l'interdiction de séjour qui pourra être prononcée sera de
cinq ans au moins et de dix ans au plus.
ART.396
Toute édition d'écrits de composition musicale, de film , de dessin, de peinture, ou toute
autre production imprimée, enregistrée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et
règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un
délit.
La contrefaçon sur le territoire Comorien, d'ouvrages publics aux Comores ou à l'étranger, est
punie d'une amende de 30 000 à 300 000 francs.
Seront punis des mêmes peines de délit d'importation ou d'exportation des ouvrages
contrefaits.
ART.397
Est également un délit de contrefaçon, toute reproduction, représentation ou diffusion par
quelques moyens que ce soient, d'une œuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels
qu'ils sont définis et réglementés par la loi.
ART.398
La peine sera de deux mois à deux ans d'emprisonnement et de 50 000 à 500 000 francs
d'amende, s'il est établi que le coupable s'est livré habituellement aux actes visés aux deux
articles précédents,
Lorsque cette mesure de fermeture aura été prononcée, le personnel devra recevoir une
indemnité égale à son salaire, augmentée de tous les avantages en nature, pendant la durée
de la fermeture et au plus pendant six mois.
Toute infraction aux dispositions des deux alinéas qui précédent sera punie d'un
emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 20 000 à 100 000 francs.
ART.399
Dans tous les cas prévus aux articles 396, 397 et 398, les coupables seront, en outre,
condamnés à la confiscation des sommes égales au montant des parts des recettes produites
par la reproduction, la représentation ou la diffusion illicites ainsi qu’à la confiscation de tout
matériel spécialement installé en vue de la reproduction illicite et de tous les exemplaires ou
objets contrefaits
Lorsque l'affichage sera ordonné, le tribunal fixera les dimensions de l'affiche et les caractères
typographiques qui pourront être employés pour son impression.
Le tribunal devra fixer le temps pendant lequel cet affichage devra être maintenu, sans que la
durée puisse excéder quinze jours.
La suppression, la dissimulation ou la lacération totale ou partielle des affiches qui aura été
opérée volontairement par le condamné, à son instigation ou sur ses ordres, il sera procédé de
nouveau à l'exécution intégrale des dispositions du jugement relatives à l'affichage, aux frais du
condamné.
ART.400
Dans les cas prévus par les articles 396 à 399, le matériel ou les exemplaires contrefaits,
ainsi que les recettes ou parts de recettes ayant donné lieu à confiscation, seront remis à
l'auteur ou ses ayants droits pour les indemniser d'autant du préjudice qu'ils auront souffert, le
surplus de leurs indemnités s'il n'y a eu aucune confiscation de matériel, d'objets contrefaits ou
recettes, sera réglé par les voies ordinaires.
ART.401
Tous individus chargés, comme membre de compagnie ou individuellement de
fournitures d'entreprises ou régies pour le compte des forces armées, qui, sans y avoir été
contraints par une force majeure, auront fait manquer le service dont ils sont chargés, seront
punis d' un emprisonnement de deux à cinq ans, et d'une amende qui ne pourra excéder le
quart des dommages et intérêts, ni être au dessous de 100 000 francs, le tout, sans préjudice
des peines plus fortes en cas d'intelligence avec l'ennemi.
ART.402
Lorsque la cessation du service proviendra des agents des fournisseurs, les agents
seront condamnés aux peines portées par le présent article.
Les fournisseurs et leurs agents seront également condamnés, lorsque les uns et les autres
auront participé au délit.
ART.403
Si des fonctionnaires publics ou des agents préposés ou salariés du gouvernement, ont
aidé les coupables à faire manquer le service, ils seront punis d'un emprisonnement de cinq à
dix ans, sans préjudice des peines plus fortes en cas d'intelligence avec l'ennemi.
ART.404
Quoique le service n'ait pas manqué, si, par négligence, les liaisons et les travaux ont
été retardés ou s'il y a eu fraude sur la nature, la qualité des travaux ou main d’œuvre ou des
choses fournies, les coupables seront punis d'un emprisonnement de six mois au moins et de
cinq ans au plus et d'une amende qui ne pourra excéder le quart des dommages et intérêts ni
être moindre de 50 000 francs.
Dans les divers cas prévus par les articles composant le présent paragraphe, la poursuite ne
pourra être faite que sur la dénonciation du gouvernement.
Section 3.
ART.405
Quiconque aura volontairement mis le feu à des édifices, navires, aéronefs, bateaux,
magasins, chantiers, quant ils sont habités ou servant à l'habitation, et généralement aux lieux
habités ou servant à l'habitation, qu'ils appartiennent ou qu'ils n'appartiennent pas à l'auteur du
crime, sera puni de mort.
Sera puni de la même peine, quiconque aura volontairement mis le feu, soit à des voitures ou
maisons contenant des personnes, soit à des voitures ou des wagons ne contenant pas de
personnes, mais faisant partie d'un convoi qui en contient.
Quiconque aura volontairement mis le feu à des édifices, navires, aéronefs, bateaux, magasins,
chantiers, lorsqu'ils ne sont ni habités, ni servant à l'habitation, ou à des forêts, bois, taillis, ou
récoltes sur pied, lorsque ces objets ne lui appartiennent pas, sera puni des travaux forcés à
perpétuité.
Celui, qui en mettant ou en faisant mettre le feu à l'un des objets énumérés dans le paragraphe
précédent et à lui même appartenant, aura volontairement causé un préjudice à autrui, sera
puni des travaux forcés à temps de cinq à dix ans.
Sera puni de la même peine celui qui aura mis le feu sur l'ordre du propriétaire.
Quiconque, aura volontairement mis le feu ou tenté de le mettre, soit à des baraques ou
paillettes lorsqu'elles ne sont ni habitées, ni servant à l'habitation, soit à des pailles ou récoltes
en tas ou en meules, soit à des bois disposés en tas, ou en stères, soit à des voitures ou
wagons chargés ou non chargés de marchandises, ou autres objets mobiliers ne faisant point
partie d'un convoi contenant des personnes, si ces objets ne lui appartiennent pas, sera puni
d'un emprisonnement de cinq à dix ans.
Celui, qui en mettant ou en faisant mettre le feu à l'un des objets énumérés dans le paragraphe
précédent et à lui même appartenant, aura volontairement causé un préjudice quelconque à
autrui, sera puni de la même peine.
Sera puni de la même peine, celui qui aura mis ou tenté de mettre le feu sur ordre du
propriétaire.
Celui qui aura communiqué l'incendie à un des objets énumérés dans les précédents
paragraphes en mettant volontairement le feu à des objets quelconques, appartenant soit à lui,
soit à autrui, et placés de manière à communiquer l'incendie, sera puni de la même peine que
s’il avait directement mis le feu à ces dits objets.
Dans tous les cas, si l'incendie a occasionné la mort ou une infirmité permanente d'une ou
plusieurs personnes se trouvant sur les lieux incendiés, la peine sera celle de la mort.
ART.406
La peine sera la même, d'après les distinctions faites en l'article précédent contre ceux
qui, auront détruit volontairement en tout ou partie ou tenté de détruire par l'effet d'une mine ou
de toutes autres substances explosives, des édifices, des habitations, digues, chaussées,
navires, aéronefs, bateaux, véhicules de toutes sortes, magasins ou chantiers, ou leurs
dépendances, ponts, voies publiques ou privées et généralement tous objets mobiliers ou
immobiliers de quelque nature qu'ils soient.
Le dépôt, dans une intention criminelle, sur une voie publique ou privée d'un engin explosif,
sera assimilé à la tentative de meurtre prémédité.
Les personnes coupables des infractions mentionnées dans le présent article, seront exemptes
de peine, si avant la consommation des ces infractions et avant toute poursuite, elles en ont
donné connaissance et révélé les auteurs aux autorités constituées ou si, même après les
poursuites commencées, elles ont procuré l'arrestation des autres coupables.
ART.407
La menace d'incendie ou de détruire, par l'effet d'une mine ou de tout autre substance
explosive, les objets compris dans l'énumération de l'article précédent sera punie de la peine
portée contre la menace d'assassinat et d'autre part, les distinctions établies par les articles
289, 290 et 291.
ART.408
Quiconque, volontairement, aura détruit ou renversé, par quelque moyen que ce soit en
tout ou partie, des édifices, des ponts, digues ou chaussées, ou autres constructions qu'il savait
appartenir à autrui ou causé l'explosion de toute installation de production d'énergie, sera puni
d'un emprisonnement de cinq à dix ans et d'une amende qui ne pourra excéder le quart des
restitutions et indemnités, ni être au-dessous de 100 000 francs.
Toutefois, quiconque aura volontairement détruit ou incendié une cabane en paille ou en tôles
ou autres matériaux de récupération sera puni d'un emprisonnement qui n'excédera pas cinq
ans.
ART.409
Quiconque, par des voies de fait, se sera opposé à la confection de travaux autorisés par
le gouvernement ou à l'exécution d'une décision de justice rendue en matière foncière ou
immobilière, sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une amende qui ne
pourra excéder le quart des dommages et intérêts, ni être au dessous de 50 000 francs.
ART.410
Quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d'une manière quelconque des registres,
minutes ou actes originaux de l'autorité publique, des titres, billets, lettres de change, effets de
commerce ou de banque, contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge.
Quiconque aura sciemment détruit, soustrait, recélé, dissimulé ou altéré un document public, ou
privé de nature à faciliter la recherche des crimes ou délits, la découverte de preuves ou le
châtiment de leur auteur sera, sans préjudice des peines plus graves prévues par la loi, puni
ainsi qu'il suit :
Si les pièces détruites sont des actes de l'autorité publique ou des effets de commerce ou de
banque, la peine sera d'un emprisonnement de cinq à dix ans, et d'une amende de 100 000 à
250 000 francs.
S'il s'agit de toute autre pièce, le coupable sera puni d'un emprisonnement de un à trois ans et
d'une amende de 50 000 à 150 000 francs.
ART.41l
Tout pillage, tout dégât de denrées ou de marchandises, effets, propriétés mobilières,
commis en réunion ou en bande et à force ouverte, sera puni de travaux forcés à temps de dix
à vingt ans, chacun des coupables sera de plus condamné à une amende de 25 000 à 300 000
francs.
ART.412
Néanmoins, ceux qui prouveront avoir été entraînés par des provocations ou
sollicitations à prendre part à ces violences, pourront n'être punis qu'à la peine de détention
criminelle de cinq à dix ans.
ART.413
Si les denrées pillées ou détruites sont des vanilles, girofles, coprah, ylang-ylang, autres
produits agricoles, la peine que subiront leurs chefs instigateurs ou provocateurs seulement,
sera le maximum des travaux forcés à temps et celui de l'amende prononcée par l'article 411.
ART.414
Quiconque, à l'aide d'une liqueur corrosive ou par tout autre moyen aura volontairement
détérioré des marchandises, matières ou instruments quelconques servant à la fabrication, sera
puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende qui ne pourra excéder le
quart des dommages et intérêts, ni être moindre de 50 000 francs.
ART.415
Quiconque aura dévasté des récoltes sur pied ou des plantes venues naturellement ou
fait de main d'homme, sera puni d'un emprisonnement de deux ans au moins et cinq ans au
plus.
Les coupables pourront de plus, être frappés d'interdiction de séjour pendant une durée de cinq
à dix ans.
ART.416
Quiconque aura abattu un ou plusieurs arbres qu'il savait appartenir à autrui, sera puni
d'un emprisonnement qui ne sera pas au dessous d'un mois ni au dessus de six mois à raison
de chaque arbre, sans que la totalité puisse excéder cinq ans et d'une amende de 15 000 à 75
000 francs.
ART.417
Les peines seront les mêmes à raison de chaque arbre mutilé, coupé ou écorcé de
manière à le faire périr.
ART.418
S'il y a eu destruction d'une ou plusieurs greffes, l'emprisonnement sera d'un à trois mois
à raison de chaque greffe, sans que la totalité puisse excéder deux ans.
ART.419
Dans les cas prévus par les articles précédents, si le fait a été commis à l'encontre d'un
factionnaire public à raison de ses fonctions, le coupable sera puni du maximum de la peine
établie par l'article auquel le cas se référera.
ART.420
Toute rupture, toute destruction d'instruments d'agriculture, de parcs, de bestiaux, de
cabane de gardien sera puni d'un emprisonnement de deux mois à deux ans.
ART.421
Quiconque aura cultivé ou occupé d'une manière quelconque un terrain dont autrui
pouvait disposer, soit en vertu d'un titre foncier, soit en vertu d'une décision administrative ou
judiciaire, sera puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende qui ne
saurait être inférieure à 30 000 francs.
Sera puni des mêmes peines, quiconque aura occupé sans droit une terre immatriculée au nom
de l'Etat ou d'une collectivité publique, ou aura conclu ou tenté de conclure une convention
ayant pour objet une telle terre.
ART.422
Quiconque aura volontairement empoisonné un terrain d'autrui, des bœufs, des
moutons, ânes, porcs, chèvres, volailles ou autres animaux domestiques, des poissons dans
les étangs, viviers ou réservoirs, sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'un
amende de 15 000 à 50 000 francs.
Il pourra en outre, être interdît de séjour pendant une durée de deux ans au moins et cinq ans
au plus
ART.423
Ceux qui, sans nécessité auront tués ou mutilés l'un des animaux mentionnés au
précédent article, seront punis ainsi qu'il suit :
Si le délit a été commis dans les bâtiments, enclos et dépendances ou sur les terres dont le
maître de l'animal tué ou mutilé est propriétaire, locataire ou fermier, la peine sera d'un
emprisonnement d'un mois à un an. Le maximum de la peine sera prononcée en cas de
violation de clôture.
Si l'abattage ou la mutilation ont été commis par le propriétaire, locataire ou fermier du terrain
sur lequel ils ont été commis, la peine sera une amende de 10 000 à 25 000 francs, si les
animaux n'ont causé aucun dégât, si des dégâts ont été causés, les coupables seront
dispensés de la peine à la condition qu'ils ne se soient pas appropriés de l'animai tué.
Si l'abattage ou la mutilation ont été commis sur le terrain n'appartenant pas à l'auteur du délit,
la peine sera d'un à six mois d'emprisonnement.
Il n'y a pas de délit lorsque l'animal tué ou mutilé l'a été dans un cimetière, une mosquée ou
autre lieu saint.
ART.424
Dans les cas prévus par les articles 416 et suivants jusqu'à l'article 423 inclus, il sera
prononcé une amende qui ne pourra excéder le quart des restitutions et dommages et intérêts,
ni être au dessous de 15 000 francs.
ART.425
Tout individu qui aura enlevé une borne servant à la délimitation d'une propriété
immatriculée, ou qui se sera oppose par violences ou menaces à la pose d'une telle borne, sera
puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 10 000 à 200 000 francs.
Celui qui aura déplacé ou tenté de déplacer ou d'enlever des clôtures de quelque nature
qu'elles soient, sera puni d'un emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de
10 000 à 1 00 000 francs.
Quiconque aura en tout ou partie, comblé des fossés, détruit des clôtures, de quelque
matériaux qu'elles soient faites, coupé ou arraché des haies vives ou sèches, quiconque aura
supprimé des bornes ou arbres plantés ou reconnus pour établir des limites entre différents
héritages, sera puni d'un emprisonnement qui ne pourra être au dessous d'un mois et excéder
une année et d'une, amende égale au quart des restitutions et des dommages et intérêts qui
dans aucun cas ne pourra être au dessous de 15 000 francs.
ART.426
Si les délits de police correctionnelle dont il est parlé au présent chapitre ont été commis
par des gardes forestiers, ou des officiers de police à quelque titre que ce soit, la peine
d'emprisonnement sera d'un mois au moins d'un tiers au plus en dessus de la peine la plus
forte qui serait appliquée à un autre coupable du même délit.
Section 4
Du recel
ART.427
Ceux qui, sciemment, auront recélé en tout ou partie des choses enlevées, détournées
ou obtenues à l'aide d'un crime ou d'un délit, seront punis des peines prévues par l'article 368.
L'amende pourra être même élevée jusqu'au delà de 300 000 francs, jusqu'à la moitié de la
valeur des objets recelés.
Le tout sans préjudice des plus fortes peines, s'il y échet en cas de complicité.
ART.428
Dans le cas où une peine afflictive ou infamante est applicable au fait qui aura procuré
les choses recélées, le receleur sera puni de la peine attachée par la loi au crime et aux
circonstances du crime dont il aura eu connaissance au temps du recel. Néanmoins la peine de
mort sera remplacée à l'égard des receleurs par celle des travaux forcés à perpétuité.
DISPOSITIONS GENERALES
ART.429
Sauf dispositions contraires et expresses de la loi, les peines prononcées contre celui ou
ceux des accusés reconnus coupables en faveur de circonstances, la cour d'assises aura
déclaré les circonstances atténuantes seront modifiées ainsi qu'il suit :
- Si la peine est la mort, la cour appliquera la peine des travaux forcés à perpétuité ou celle des
travaux forcés à temps de dix à vingt ans.
- Si la peine est celle des travaux forcés à temps de dix à vingt ans, la cour appliquera la peine
des travaux forcés de cinq à dix ans.
- Si la peine est celle des travaux forcés de cinq à dix ans, la cour appliquera la peine de la
détention criminelle de cinq à dix ans ou celle de l'emprisonnement de deux à cinq ans.
Dans le cas où la loi prononce le maximum d'une, peine afflictive ou infamante et s'il existe des
circonstances atténuantes, la cour appliquera la peine des travaux forcés.
Dans le cas où la loi prononce le maximum d'une peine afflictive ou infamante et s'il existe des
circonstances atténuantes, la cour appliquera la peine immédiatement inférieure.
ART.430
Sauf dispositions contraires et expresses de la loi. les peines contre celui ou ceux des
prévenus reconnus coupables, en faveur de qui il a été déclaré exister des circonstances
atténuantes, seront modifiées ainsi qu'il suit :
Si la peine prévue est supérieure à cinq ans d'emprisonnement, le tribunal appliquera dans tous
les cas, l'emprisonnement de deux ans au moins.
Si la peine prévue est un emprisonnement égal ou inférieur à cinq ans, les juridictions
correctionnelles sont autorisées, même en cas de récidive, à déduire l'emprisonnement même
au dessous d'un mois et l'amende même de 12 000 francs ou une somme moindre. Elles
pourront aussi prononcer séparément l’une ou l'autre de ces peines et même substituer
l'amende à l'emprisonnement.
ART.431
Sont abrogés les articles premiers à 463 du code pénal précédemment en vigueur.
Sont abrogés toutes les dispositions contraires au présent code.
Sont également abrogés, à compter de la date d'entrée en vigueur du décret portant code des
contraventions, les articles 464 à 486 du code pénal précédemment en vigueur,
ART.432
Les dispositions législatives ou réglementaires visant les articles dudit code pénal visent
désormais les articles correspondants du présent code conformément au tableau y annexé
Continueront d'être appliquées par les cours et tribunaux, les dispositions pénales particulières
non incorporées dans ce code.
ART.433
Le présent code sera publié selon la procédure d'urgence.