Cours OPTO
Cours OPTO
Cours d’Optoélectronique
composants photoniques et fibres optiques
Master
Systèmes de Télécommunication et Electronique embarquée
Semestre 2
2023-2024 Pr.N.AARICH
Sommaire
I - Interaction lumière-semi-conducteur
VI - Transmissions optiques
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
Ce sont donc des transducteurs électronique vers optique ou optique vers électrique.
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
Diodes Electroluminescentes
Photodiodes
L'électroluminescence (phénomène par lequel une excitation La technique des semi-conducteurs a permis de
électrique donne lieu à l'émission d'une radiation réaliser des photorécepteurs présentant des
électromagnétique) est expliquée par la théorie des semi- caractéristiques en parfaite concordance avec les
conducteurs et par la recombinaison radiative des porteurs émetteurs et de concevoir des associations
de charges injectés au voisinage d'une jonction PN. optoélectroniques de qualité.
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
optiques.
En raison de son débit et de sa portée bien supérieure aux autres types de câbles, la fibre optique est
principalement utilisée dans les réseaux numériques de communication longues distances, internationaux et
nationaux, terrestres, sous-marins ou aériens.
Elle est utilisée dans les liaisons informatiques de courtes distances ainsi que dans l’instrumentation optique
de mesure et de visualisation industrielles dans les domaines nucléaire, chimique ou alimentaire.
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
L'utilisation de la fibre optique, pour le transport du signal, impose une double transformation:
Au départ le signal électrique est converti en un signal lumineux à l’aide d’un composant photoémetteur. Les
deux catégories de sources les plus adaptées à ce genre de transmission sont les diodes électroluminescentes
et les diodes laser.
A l'arrivée, le signal optique est converti en un signal électrique à l’aide d’un composant photorécepteur. Sont,
surtout, utilisées dans ce genre de transmission les photodiodes pin et les photodiodes à avalanche.
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
La nature ondulatoire du rayonnement lumineux est d'origine électromagnétique et se caractérise par la longueur
d'onde l située dans le spectre.
La fréquence n , en Hz, et la longueur d'onde l , en mètres, sont liées dans le vide par la relation:
𝐜
𝛌=
𝛎
L'ordre de grandeur des fréquences indique le potentiel de l'optique en ce qui concerne la quantité d'information
pouvant être transportée si le spectre entier pouvait être utilisé.
Spectre électromagnétique 7
I - Interaction lumière-semi-conducteur
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I- Interaction lumière-semi-conducteur
a. Réflexion
- Le rayon lumineux qui arrive sur le miroir est L'angle d'incidence 𝜃i est l'angle entre le rayon lumineux
- Le rayon lumineux qui est renvoyé par le miroir est L'angle de réflexion 𝜃𝑟 est l'angle entre le rayon lumineux
Indice de réfraction:
L'indice de réfraction n d'un milieu est défini comme le quotient de la vitesse de la lumière C dans le vide par la vitesse de la
lumière v dans le milieu: n= C / v.
Loi de réfraction :
Les angles d’incidence i1 et de réfraction i2 sont liés par la loi de Snell-Descartes: n1 sin i1 = n2 sin i2
L'angle de réfraction i2 est l'angle entre le rayon lumineux réfracté et la normale.
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
C. Diffraction
La diffraction est une propriété des ondes qui se manifeste par un étalement des directions de propagation de l'onde lorsque
celle-ci rencontre une ouverture ou un obstacle.
L'observation du phénomène de diffraction est liée aux dimensions de l'ouverture (ou de l'obstacle) par rapport à la longueur
d'onde λ.
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
a. Photoconductivité
La photoconductivité survient chaque fois que la résistance électrique d'un corps varie
lorsqu'on l'éclaire avec un rayonnement électromagnétique appartenant à tous les
domaines du spectre lumineux (domaine visible, ultra-violet et infrarouge).
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
b. Photo-ionisation
L'ionisation est l'action qui consiste à enlever ou ajouter des charges à un atome ou une molécule. L'atome perdant ou
gagnant des charges n'est plus neutre électriquement. Il est alors appelé ion.
L'ionisation peut être réalisée par des rayonnements de longueur d'onde suffisante pour éjecter cet électron
périphérique. Lorsque le rayonnement ionisant est constitué de photons, on parle de photo-ionisation. C'est par
exemple ce qui se passe dans les nébuleuses planétaires.
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
c. Effet photoélectrique
L’effet photoélectrique désigne en premier lieu l'émission d'électrons par un matériau soumis à l'action de la lumière.
Lorsque l'effet photoélectrique se manifeste, toute l'énergie du photon incident se transmet à l'électron des couches
profondes. Une quantité d'énergie minimale est nécessaire pour extraire l'électron de l'atome, l'énergie excédentaire
est transmise à l'électron sous forme d'énergie cinétique.
L’effet photoélectron se provoque lorsqu’une onde électromagnétique (Lumière) incidente éjecte des électrons d’un
matériau donné.
possède l'énergie:hν
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
d. Effet photovoltaïque
L'effet photovoltaïque est mis en œuvre dans les cellules photovoltaïques pour produire de l'électricité à partir du rayonnement
solaire.
Il est obtenu par absorption des photons dans un matériau semi-conducteur qui génère alors des paires électrons-trous un
courant électrique. Plusieurs types de composants peuvent être créés à partir de ce principe. Ils sont appelés photodiodes,
phototransistors ou des photopiles. Cet effet photovoltaïque est notamment utilisé dans les panneaux solaires photovoltaïques.
Effet photovoltaïque
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
3. Unités photométriques
a. Flux lumineux
Cette grandeur se mesure en lumen (lm), Le flux est une grandeur intrinsèque, c’est donc une donnée
La puissance émise par une source dans toutes les directions. constructeur, vous retrouverez cette mesure sur tous les
emballages d’ampoule
Le flux lumineux est la grandeur photométrique qui
caractérise la puissance lumineuse d'une source, telle qu'elle
est perçue par l‘oeil humain.
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
3. Unités photométriques
b. Intensité lumineuse
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I - Interaction lumière-semi-conducteur
3. Unités photométriques
c. Éclairement
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
Ces deux types de composants sont élaborés à partir de matériaux semi-conducteurs et leurs principes de
fonctionnement sont basés sur les interactions rayonnement- semi-conducteur.
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
22
II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
Quand on éclaire un semi-conducteur à l’aide d’un faisceau lumineux tel que l’énergie du photon satisfait la condition
ℎ𝜈≥𝐸𝑔=𝐸𝐶-𝐸𝑉, on va exciter un électron de la bande de valence qui passe vers la bande de conduction.
On dit qu’il y a une génération d’une paire électron-trou : c’est l’effet photoélectrique.
Cette génération n’est possible que si : ℎ𝜈≥𝐸𝑔
Et comme : 𝐸𝑔=ℎ𝜈0=ℎ𝑐/𝜆0
Alors: ℎ𝑐 ℎ𝑐
≥
𝜆 𝜆0
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
Inversement, un électron de la bande de conduction (𝐵𝐶) peut retomber spontanément dans la bande de valence (𝐵𝑉)
(dans un état vide) en cédant un photon d’énergie ℎ𝜈 : C’est le phénomène de recombinaison. L’énergie libérée lors de la
recombinaison s’écrit :
ℎ𝜈=𝐸𝑔=𝐸𝐶−𝐸𝑉
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
Les phénomènes cohérents d'interaction entre atomes et photons sont à la base des processus d'émission et
d’absorption.
Les trois processus d’interaction entre le rayonnement et le semi-conducteur d’énergie de gap Eg (bande
interdite) étant :
Absorption,
émission spontanée,
émission stimulée
Lorsqu’une onde électromagnétique entre en itération avec un atome, celui-ci prélève une énergie 𝐸C−𝐸V à
l’onde, pour que l’un de ses électrons passe de niveau 1 (appelé fondamental) au niveau 2 appelé excité.
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
a. Absorption
L’absorption du photon par un électron de la bande de valence et son passage vers la bande de conduction, entrainant
l’apparition d’un trou dans la bande de valence.
E2 – E1 = hν
𝑑𝑛1=−𝐴𝑛1𝑈𝜈𝑑𝑡
b. Emission
Emission spontanée
L’émission spontanée d’un photon par retour de l’électron excité de la bande de conduction vers la bande de
valence et sa recombinaison avec le trou, dans le cas où l’énergie cédée par l’électron est de type radiatif.
Un élection du niveau du haut peut se désexciter spontanément vers le niveau du bas et engendrer l'émission d'un
photon (la lumière) . Ce photon a une direction et une phase aléatoire.
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
b. Emission
Emission stimulée
Le terme stimulé souligne le fait que ce type de rayonnement n'existe que si un photon incident est présent pour
désexciter, un élection du niveau du haut en émettant un photon dit "stimulé" dont les propriétés sont exactement les
mêmes (longueur d’onde, direction de la trajectoire et phase) que le photon incident.
L’émission stimulée d’un photon avec retour de l’électron excité vers la bande de valence et sa recombinaison avec un trou.
le photon émis est identique, en longueur d’onde et en phase, au photon incident, il est dans le même état de polarisation.
Ce processus constitue l’émission stimulée c’est la base du fonctionnement des Lasers.
dn2 = - B2 n2 Uν dt
Nous remarquons que les processus d’absorption et d’émission stimulée nécessitent un rayonnement extérieur,
alors que l’émission spontanée se fait de manière ‘naturelle’ une fois l’atome est dans un état excité.
La nature et l’énergie du gap Eg du semi-conducteur jouent un rôle déterminant dans le choix du matériau à utiliser pour la
fabrication du composant optoélectronique.
Les semi-conducteurs employés dans l’industrie des composants sont le silicium Si ou le germanium Ge (groupe IV), des
composés intermétalliques (groupe III-V) tels GaAs, AlAs, InSb, GaP et GaAlAs, ou des composés (II-VI) tels ZnO, CdTe et
ZnS.
L’énergie de gap des semi-conducteurs est comprise entre 0.5 et 4 eV, elle est surtout voisine de 1 eV. Le tableau ci-
dessous donne quelques exemples à 300 K.
Pour assurer le passage de l’électron de la bande de valence à la bande de conduction (absorption) ou la recombinaison de
la paire électron-trou (émission), le photon doit avoir une énergie égale à Eg:
E = Ec- Ev = Eg
E = h. v = hc/ λ
Avec :
h: constante de Planck = 4,136 10-15 eV.s
c: vitesse de la lumière dans le vide = 3 108 m/s 31
II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
La relation entre la longueur d’onde du photon et l’énergie de gap du semi-conducteur est alors :
Exemple :
Dans le cas d’un cristal d’arséniure de gallium (GaAs), la bande interdite Eg est de 1,43 eV.
Calculer la longueur d’onde du photon d’énergie.
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
Le choix du matériau utilisé pour la fabrication des composants optoélectroniques est basé sur certaines
propriétés suivant l’utilisation du composant :
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
Exercice 1
1/Calculez la longueur d'onde (en mm) d’un rayonnement qui possède une fréquence de 500000 GHz
2. Calculez la fréquence (en MHz) d’un rayonnement qui possède une longueur d'onde de 2,865 m.
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II - Propriétés électronique et optique des semi-conducteurs
Exercice 2
1. Il existe de multiples sources lumineuses. Comment les caractériser?
2. Quelle est la signification physique de ces indication:
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
1. Introduction
Les émetteurs de lumière transforment l'énergie électrique qu'ils reçoivent en radiation optique (UV - IR). La
lumière émise résulte de la recombinaison paire électron-trou. Ces composants sont utilisés dans les
télécommunications sous forme de diodes électroluminescentes LED, ou diodes Lasers.
Les émetteurs optiques à semi-conducteurs, utilisés dans les liaisons par fibres optiques, sont très utilisés
du fait de leur :
petite taille,
émission à des longueurs d’onde couvrant le visible et l’infrarouge et même l’ultraviolet,
Bon rendement,
Possibilité de modulation par le courant,
Intégration facile.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
1. Introduction
A cause de la structure de bande qui est une propriété interne des semi-conducteurs, tous les matériaux semi-
conducteurs ne sont pas adaptés pour des émetteurs optiques, en général la structure de bande doit être directe.
Les matériaux semi-conducteurs utilisés pour leur développement sont à gap direct, donc à transitions radiatives.
1. Introduction
i- les Diodes électroluminescentes (DEL) (ou « LED: Light emitting diode » en Anglais): qui constituent les
éléments les plus simples. Elles couvrent tous le spectre visible et peuvent être modulées par le courant jusqu’à
100 MHz. Les DEL produisent un rayonnement monochromatique incohérent de faible puissance.
ii- les diodes laser (laser à semi-conducteurs) qui sont les composants essentiels dans les transmissions par
fibres optiques. Elles présentent un rayonnement cohérent et une bande passante de modulation de plusieurs GHz,
avec une puissance optique émise pouvant atteindre quelques Watts.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
2.1. Electroluminescence
Un photon peut être émis dans un semi-conducteur si un électron transite de la bande de conduction à la bande de
valence, il s'agit d'une recombinaison électron-trou.
La différence d'énergie entre les deux bandes est l'énergie de gap Eg. Ce phénomène est appelé électroluminescence.
Le choix de la longueur d’onde émise dépend donc du matériau. La relation entre la longueur d’onde 𝛌𝟎 d’émission et
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Le dôme de la BV et la Vallée de la BC, sur le diagramme E(k), correspondent à la même valeur du vecteur d’onde 𝑘.
Le passage d’un électron de la BC vers la BV pourrait se faire pratiquement à la verticale et produire l’émission d’un
photon avec : une importante énergie hν = Eg, de l’ordre d’1 eV, soit 10-19 j.
Dans ce cas, le rendement interne sera très grand.
Diagramme E 𝑘 ;
structure à gap direct
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Diagramme E 𝑘 ;
Structure à gap indirect
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Les électrons en excès, créés dans le semi-conducteur par une excitation extérieure telle qu’une injection électronique
ou un faisceau de lumière, ont tendance à revenir à l’équilibre en traversant le gap avec une certaine cinétique : c’est le
processus de recombinaison de la paire électron-trou.
Ce mécanisme de recombinaison peut se faire de façons différentes. On distingue alors deux types de recombinaisons :
a. Recombinaisons radiatives
L’énergie de cette recombinaison est libérée sous forme de photon. Les plus importantes recombinaisons radiatives
sont :
a) la recombinaison bande à bande entre un électron de la bande de conduction et un trou de la bande de valence.
C’est la recombinaison radiative la plus dominante. Sa probabilité est proportionnelle à la concentration de dopants.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Le semi-conducteur doit vérifier une condition: il faut que la transition de l’entrer la bande de conduction et la bande
de valence soit directe, c’est à dire sans changement de vecteur d’onde, ou impulsion, de l’électron.
Ceci exclut un certain nombre de semi-conducteurs simples comme le Silicium Si, ou le Germanium Ge.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Le silicium (Si) et le germanium (Ge), matériaux à gap indirect, ne se prêtent pas à la réalisation de
photoémetteurs, par contre l’arséniure de gallium (GaAs), l’antimoniure de gallium (GaSb) et l’antimoniure d’indium
(InSb) sont à gap direct et à transitions radiatives et sont donc aptes pour la réalisation de dispositifs émetteurs de
lumière tels que les diodes lasers et les diodes électroluminescentes
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
rrad rrad
ⴄi = =
r rrad + rn−rad
Toutes ces recombinaisons peuvent se produire simultanément et indépendamment et l’ensemble des taux de
recombinaison est représenté par un taux total de recombinaisons r donné par :
r = rrad + rn-rad
Avec :
rrad le taux de recombinaisons radiatives et rn-rad le taux de recombinaisons non radiatives.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
2.4. Rendement interne d’électroluminescence (en fonction des durées de vies des porteurs minoritaires)
Dans un semi-conducteur de type P, par exemple, les électrons en excès vont se recombiner, certains de façon
radiative et d’autres de façon non radiative. Leur durée de vie τn va donc représenter la contribution des différentes
recombinaisons. C’est une durée de vie effective donnée par :
1 1 1
= +
τn τr τnr
Avec τr la durée de vie radiative des porteurs minoritaires en excès et τnr la durée de vie non radiative.
Ceci nous permet d’écrire : ∆𝑛 ∆𝑛
𝑟𝑛−𝑟𝑎𝑑 =− Δn : La densité de porteurs en excès
𝑟𝑟𝑎𝑑 = ; 𝜏𝑛𝑟
𝜏𝑟
Ainsi, en fonction des durées de vies des porteurs minoritaires, l’expression du rendement quantique interne
devient :
τnr
ⴄi =
τr + τnr
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
2.4. Rendement interne d’électroluminescence (en fonction des durées de vies des porteurs minoritaires)
Dans le cas des semi-conducteurs à énergie de gap directe, nous avons (τnr >> τr ) ce qui permet un rendement
quantique interne assez élevé :
τnr
ⴄi = ~1
τr + τnr
Exemple :
ⴄi est de l’ordre de 90 % pour le GaAs mais seulement de l’ordre de 10-4 pour le silicium qui est à gap indirect.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
3.1. Définition
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Principe de fonctionnement
d’une LED
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Avec:
Is, le courant de saturation de la diode, K ; la constante de Boltzmann, T ; la température et Vd ; la tension aux
bornes de la diode. 51
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Exemple :
Pour un courant nominal de 20 mA et une tension de seuil de 1.7 V, si la LED, à émission dans le rouge, est
alimentée par une tension de 9 V, il lui faut une résistance de protection de :
Valim − Vd 9 − 1.7
R= = = 365Ω
Id 0.02
Le choix d’une valeur de la résistance supérieure à celle calculée produira un courant plus faible et par
conséquence une lumière moins intense.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
ℎ𝜈𝑝𝑖𝑐 ≈ 𝐸𝑔 + 𝐾 𝑇Τ2
Spectre d’émission d’une diode
électroluminescente.
c 1.24
λpic μm = = (ev)
νpic hνpic
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
La largeur à mi-hauteur en énergie Δhν est de l’ordre de 1.8 KT, ce qui correspond à une largeur à mi-hauteur, sur la
caractéristique (Intensité-longueur d’onde) , de:
∆𝛌 = 𝟏. 𝟒𝟓𝛌𝟐𝐩𝐢𝐜 𝐊𝐓
La largeur à mi-hauteur du spectre est donc proportionnelle au carrée de la longueur d’onde centrale. Elle est
étroite pour les radiations du domaine de l’ultraviolet et s’élargie en allant vers le proche infrarouge.
Les photons générés au niveau de la jonction sont émis dans toutes les directions, mais seule une fraction peut
émerger en dehors de la surface et peut donc être utile. On définit alors le rendement de puissance de la LED par :
Le rendement global de la DEL est calculé à partir de ses différents rendements qui sont :
Le rendement optique ⴄo
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
rr rr τnr
ⴄi = = Soit ⴄi =
r rr + rnr τr + τnr
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Ce rendement permet de déterminer la puissance lumineuse interne Pint émise au niveau de la jonction :
Id
Pint = ⴄi . hν. (ν étant la fréquence de la radiation émise et Id le courant d’injection)
q
Exemple :
Soit une LED au GaAsP à émission dans le rouge avec λ=670 nm et un rendement quantique interne de 0.16.
Si le courant qui la traverse est de 20 mA, la puissance optique générée dans la zone active est :
Id Id
Pint = ⴄi . hν. = ⴄi . 1.24 ≈ 6𝑚𝑊
q λ(μmሻ
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
b. Le rendement optique ⴄo
ne sont pas tous les photons créés à la jonction qui sortent de la diode. Une partie de ces
photons qui atteint la surface du composant est réabsorbée par le matériau après réflexion à
l’interface matériau-air. Cette perte de photons est appelée perte de Fresnel.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
b. Le rendement optique ⴄo
Soit pour n1 =n (semi-conducteur) et n2 =1 (air), l’angle de réflexion totale θrt est donné par :
Réflexion de la lumière à
sin πΤ2 1 l’interface air-semi-conducteur
sin θrt = =
n n
Pour une valeur moyenne de l’indice n= 3.5, l’angle de réflexion totale vaut : θrt = 16°
Ainsi, tous les photons qui arrivent à la surface avec θ supérieur à θrt, = 16°, sont totalement réfléchis dans le matériau.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
b. Le rendement optique ⴄo
Seuls les photons émis au niveau de la jonction, dans un cône sous-tendu par l’angle θrt = 16°,
sortent de la diode.
Sachant que le rayonnement est émis par la diode de façon isotrope, nous pouvons écrire le rendement optique de sortie
sous la forme:
Où 𝑇ത et 𝑅ത sont des valeurs moyennes des coefficients de transmission et réflexion, respectivement, pour les angles d’incidence
compris entre 0 et θrt .
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
b. Le rendement optique ⴄo
b. Le rendement optique ⴄo
Exemple :
Le taux de lumière transmise par une diode électroluminescente au GaP d’indice n=3.45, couverte d’un matériau transparent
d’indice np =1,5 est :
De plus, on peut limiter les pertes d’interface air- matériau plastique en donnant à ce dernier une forme de dôme
hémisphérique pour que le rayonnement sorte en incidence normale. Le rendement optique peut dans ce cas atteindre les 20%
suivant la valeur de l’indice du matériau transparent.
62
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Il est défini comme le rapport du nombre de photons émis par la diode au nombre d’électrons injectés dans la jonction.
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
d. Le rendement global ⴄ
Le rendement global est défini comme le rapport de la puissance lumineuse émise, à la puissance électrique absorbée :
Popt(W)=Nph. hν
• Et, la puissance électrique absorbée est donnée par le produit V.I où V est la tension appliquée à la diode et I le courant
débité. I représente la quantité de charges qui traversent la jonction par seconde, soit :
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
L'intensité lumineuse émise par une LED dépend directement du courant qui la traverse.
La caractéristique puissance émise-courant de polarisation montre une croissance linéaire sans la présence d’un courant seuil.
La puissance que peut dissiper une diode LED commune est de l'ordre de 20 à 100 mW.
Les puissances des diodes LED destinées aux applications d'éclairage de locaux ou des lieux publics sont de l'ordre du Watt.
La brillance de la LED est définie comme la puissance émise par unité de surface émettrice et unité d'angle solide. Elle
s’exprime en W/ (sr.m2),
La LED possède une surface émettrice plane. Elle n'émet de ce fait que dans un demi-plan, et de plus de manière non
isotrope.
La répartition de cette lumière émise est définie par le diagramme de rayonnement qui représente la répartition angulaire
de l'intensité relative émise.
Dans le cas de la LED sans optique, le diagramme de rayonnement est de type Lambertien.
Distribution spatiale du
rayonnement émis par une LED 66
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
L’ouverture angulaire à mi- intensité Δθ pour le diagramme de rayonnement qui dépend de la présence d'une lentille elle vaut
typiquement 20°. Une DEL émettant par la surface sans optique émet un diagramme de rayonnement Lambertien.
67
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
3.6. Applications
Les constructeurs proposent un choix important de LED émettant dans le visible: DEL de couleurs différentes, rouge,
jaune, verte, orange, bleue et même blanche. Les LED de couleur visible sont utilisées pour la visualisation, Les
grands domaines d'application des DEL sont l'affichage et l'éclairage dans le visible et la transmission d'information
dans le visible et le proche infrarouge.
Les LED IR sont utilisées dans les télécommandes, les barrières de comptage de personnes, dans certaines alarmes,
pour certaines transmissions d'informations dans l'air et dans la transmission d'informations par fibre optique. Les
télécommandes en espace libre utilisent surtout des DEL émettant dans le proche infrarouge autour de λ≈900 nm en
AsGa ou AlGaAs.
68
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
4.1. Définition
LASER est l'acronyme de l'expression anglaise Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation, qui signifie «
amplification de la lumière par émission stimulée de rayonnement ». Un laser est donc avant tout un amplificateur de lumière,
qui repose sur un principe physique découvert par Einstein : l’émission stimulée.
L’amplification de la lumière par émission stimulée de photons produit une lumière qui est monochromatique, directionnelle,
cohérente et de haute intensité.
Le principe utilisé dans le laser est l’émission stimulée, principe découvert par Einstein en 1917, ce principe correspond à un
électron déjà excité, qui reçoit un photon. Il est alors « bousculé », il va donc libérer un deuxième photon pour retomber dans
un état d’énergie inférieur.
70
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
4.1. Définition
Dans le cas d’une émission spontanée, un atome va forcément émettre un photon. Ce photon va ensuite entraîner une
cascade d’émissions stimulées qui vont le dupliquer un grand nombre de fois, jusqu’à atteindre une grande puissance.
Le faisceau laser est ainsi présent.
71
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Le principe physique du laser a été décrit en 1917 par Einstein, il repose sur trois phénomènes physiques qui décrivent
l'interaction d'un atome avec la lumière.
Absorption, Emission spontanée, Émission stimulée
L'émission de lumière dans un laser est la conséquence des transitions entre niveaux d'énergie dans le milieu considéré. La
transition se fait entre deux niveaux d'énergie E1 et E2 avec E2 > E1 , l'énergie du photon crée est alors : hν= E2 – E1
En général pour connaître si l'émission entre ces deux niveaux est possible il faut connaître les populations respectives des
niveaux 1 et 2, ceci est déterminé par la statistique régissant les populations.
Pour obtenir l'effet d'émission laser il faut créer une inversion de population de façon à obtenir la condition N2 > N1.
Pour obtenir l’effet laser, il est nécessaire de privilégier l’émission stimulée au détriment des deux autres processus. Deux
conditions doivent être réalisées pour favoriser cette émission stimulée et ainsi obtenir l’effet laser :
Inversion de population
La cavité optique 72
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Inversion de population
Il faut avoir suffisamment d’électron dans l’état d’énergie supérieure. Dans un semi-conducteur, ceci est réalisé par une
opération dite de pompage électrique qui consiste à promouvoir un maximum d’électrons dans la bande de conduction : c’est
ce qu’on appelle une inversion de population.
afin d’augmenter le nombre d’émissions stimulées et donc d'augmenter la puissance du faisceau LASER, il faut qu’il y est plus
d’atomes excités que d’atomes stables dans le milieu actif. Une source excitante va permettre d’élever ces électrons à un niveau
d’énergie supérieur. On appelle donc ce phénomène « inversion de population », qui sera réalisable grâce à des méthodes dites
de « pompage » qui apportent sans cesse de l’énergie et surpeuplent la population d’atomes dans l’état excité. Les sources
d'énergie extérieures peuvent être de différents types, par exemple un générateur électrique, ou un autre laser (pompage
optique).
73
Inversion de population
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
La cavité optique
Il faut favoriser l’émission stimulée : il faut donc avoir suffisamment de photons incidents (excitateurs). Pour cela, on enferme
le semi-conducteur dans une cavité.
Le milieu actif est inséré dans une cavité optique, constituée par deux miroirs: un totalement réfléchissant et un semi-
réfléchissant. Les photons émis selon l’axe de cette cavité rebondissent sur les miroirs, ce qui engendre, au cours d’allers-
retours, de plus en plus d’émissions stimulées, donc de plus en plus de photons : il y a amplification. Une part des photons
s’échappe par le miroir semi-réfléchissant, constituant le faisceau LASER.
74
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Le milieu amplificateur : il est composé des atomes que l'on va venir exciter. Ce milieu peut être solide, liquide ou
gazeux ou semi-conducteur (à base d’ Arséniure de gallium GaAs typiquement),
La source de pompage : elle permet d'exciter les atomes du milieu amplificateur (l’inversion de population) en
injectant de l'énergie. Cette source peut être d'origine électrique ou lumineuse (optique),
Le résonateur optique (cavité optique) : un miroir qui réfléchit tous les photons incidents et un miroir semi-
réfléchissant qui laisse passer entre 1% et 10% des photons incidents qui constitue le faisceau laser et réfléchit le reste
du rayonnement.
Principe du laser
75
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Si le laser a aujourd’hui tellement d’applications, c’est que la lumière qu’il émet est très particulière :
Le laser est monochromatique : (spectre très fin Δλ < 1 nm) il n’émet qu’une seule couleur (rouge, vert,
bleu, orange) ou encore une seule longueur d’onde.
Directionnelle et cohérence : il émet de la lumière selon un faisceau ayant une direction donnée et
cohérente (toutes les ondes émises sont « en phase » entre elles.) ne diverge qu’à très peu. En conséquence
il est possible de le focaliser très fortement, c’est-à-dire de concentrer son énergie sur une toute petite
surface (quelques microns carrés).
On peut obtenir avec un laser des impulsions de lumière très courtes, et extrêmement puissant jusqu'à
plusieurs dizaines de kW en fonctionnement continu.
76
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Lasers à solide : Les lasers à solide utilisent des cristaux, des céramiques ou des verres dopés avec différents
atomes comme milieu amplificateur de la lumière. Ce sont les lasers les plus puissants. , exemple : Lasers YAG
dopes au Néodyme,
Lasers à liquide : Dans les lasers à liquide, le milieu d'émission peut être un colorant organique,
Laser à gaz : Le milieu générateur de photons est ici un gaz contenu dans un tube isolant (verre, quartz ou
céramique). Exemples : laser Hélium – Néon et laser CO2,
Laser à semi-conducteurs : Ces lasers utilisent comme matériaux des semi-conducteurs (à base d’Arséniure de
gallium GaAs typiquement).
77
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
5.1. Définition
Une diode laser est un composant optoélectronique à base de matériaux semi-conducteurs. Elle émet de la lumière
monochromatique cohérente destinée, entre autres, à transporter un signal contenant des informations (dans le cas d'un
système de télécommunications) ou à apporter de l'énergie lumineuse pour le pompage de certains lasers (lasers à fibre) et
amplificateurs optiques.
78
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
La diode laser est un composant similaire à la diode électroluminescente, car elle est constituée d'une jonction p-n réalisée sur
des matériaux à gap direct avec une région active où les porteurs injectés, par forte polarisation directe de la diode, se
recombinent de façon radiative, produisant une lumière cohérente issue d’émissions stimulées de photons.
Une telle diode laser s'appelle laser à homojonction, sa structure de base est représentée sur la figure au dessous. Son
faisceau lumineux de sortie est latéral. Il est très directif et de fréquence très précise.
La région active de la diode, comprise entre les régions N et P, est quasi neutre. Elle est équivalente à une cavité optique
résonnante (cavité Fabry- Pérot) qui consiste en un guide d’ondes délimité par deux faces clivées perpendiculairement au plan de
la jonction qui forment. Deux miroirs semi-transparents de facteurs de réflexion 𝑅1 et 𝑅2, le clivage consistant à réaliser une
cassure nette et parallèle à un plan réticulaire. Les autres côtés de la structure sont rugueux pour éviter des réflexions sur les
autres faces de la structure.
80
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
La longueur L de cette cavité résonante est un multiple entier de la demi-longueur d’onde des photons créés par émission
stimulée pour que les ondes stationnaires qui peuvent se former pour certaines longueurs d'onde discrètes subissent des
réflexions multiples par les miroirs et s’additionnent en phase pour former un signal de grande amplitude : La diode fonctionne
alors comme un amplificateur.
Avec m un entier égal à 1, 2, 3,4,… et 𝛌𝟎=𝒄/𝒗 est la longueur d’onde de la radiation dans le vide.
81
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Dans un premier temps le processus d’émission spontanée va prédominer. Les premiers photons créés dans la zone active sont
obtenus par émissions spontanées.
Ensuite les ondes qui se propagent vers les faces miroirs vont être amplifiées par stimulation d’autres photons. Dès que la
lumière induite dépasse la lumière absorbée dans le milieu amplificateur (absorption par porteurs libres (effet Auger) et par
défauts dans le matériau), l’oscillation LASER commence.
Si on désigne par αP(λ) le coefficient d’absorption par porteurs libres, qui est de l’ordre de 100 cm-1, et par g(λ) le gain de la
cavité par émission stimulée, pour que le LASER oscille et l’émission LASER apparaisse il faut que le gain compense les pertes
par absorption et que le coefficient net d’absorption soit positif :
82
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
La condition d'émission LASER s’obtient en écrivant les • Le champ électrique de l’onde dans la cavité:
conditions de résonance :
Le gain sur un aller-retour, dans la cavité doit être
supérieur aux pertes. Avec
Le déphasage sur un aller-retour doit être un multiple
On doit donc avoir :
de 2π.
Soit :
Avec
On a
Ce qui constitue la condition d’oscillation pour que le gain compense les pertes par absorption interne αP et les pertes par
transmission des miroirsR1 et R2.
gs est le gain seuil de la cavité. C’est le gain minimal que la région active doit fournir pour que l’effet laser se produise. Il
est déterminé par la géométrie et les caractéristiques de la cavité. L’expression montre, par exemple, que lorsque la
longueur de la cavité décroît, ce gain seuil augmente.
84
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Il y a 3 régimes de fonctionnement:
1. Dans le cas d’un niveau d’injection faible, l’émission spontanée domine l’émission stimulée: la diode laser fonctionne
comme une LED,
2. Dans le cas d’un niveau d’injection moyen, l’émission stimulée domine l’émission spontanée, mais les pertes de la cavité
sont supérieures au gain du milieu: la diode laser opère comme un amplificateur,
3. Dans le cas d’un niveau d’injection fort, on obtient alors le régime d’oscillation laser (gain > pertes)
Le nombre de photons créés par seconde dans la zone active est proportionnel au courant injecté.
85
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Exemple :
Pour αp =10 cm-1, une surface avec un coefficient de réflexion de 30% et l’autre totalement réfléchissante, déterminer le
gain seuil d’une diode laser au GaAs de 300μm de longueur.
Réponse :
86
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Les exigences des télécommunications optiques en ce qui concerne la longueur d'onde de la lumière laser (850 nm et
surtout 1330 nm et 1550nm) nécessitent l'utilisation de certains alliages de semi-conducteurs comme l'arséniure de
gallium (GaAs) ou l'arséniure de gallium-aluminium (Ga x Al 1-x As où : x est la proportion de gallium).
Pour réaliser l’inversion de population dans un laser à semi conducteur, on doit considérer une jonction PN où les régions p et n
sont dégénérées.
88
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
L’amplification de la lumière est obtenue par émissions stimulées. Dans un semi-conducteur, pour favoriser l'émission
stimulée, par rapport à l’émission spontanée, il faut avoir une région avec une forte concentration d’électrons dans la bande
de conduction et une forte concentration en trous dans la bande de valence. Cette situation représente une inversion de
population qu’on peut obtenir par l’injection d’une forte densité de courant à travers la jonction.
89
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Le courant injecté représente le mécanisme de pompage qui est nécessaire pour Création d’une zone active,
maintenir la condition d’inversion de population qui se traduit donc par avec inversion de population, par forte
polarisation de la jonction dégénérée
l’existence d’une région avec un pseudo niveau de Fermi EFn dans la bande de
conduction et un pseudo niveau EFP dans la bande de valence. Autrement dit, la
condition d’inversion de populations est :
90
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Caractéristique puissance-courant
de la diode laser
91
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
On définit le rendement différentiel ⴄd par la pente de la caractéristique P(I) dans la région de fonctionnement normal. Cette
pente est de l’ordre de 100 à 200 mW/A.
92
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Exemple :
Une diode laser au GaAlAs a un coefficient de température de T0 = 160 K. Lorsqu’elle est utilisée à 20° C la densité de
courant de seuil est de 2200 A/cm2. Quelle est la nouvelle valeur de la densité de courant de seuil si sa température passe à
80°C.
Réponse :
Nous avons : et
Ce qui donne :
93
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
La polarisation du rayonnement en sortie est le plus souvent rectiligne parallèle aux plans des jonctions.
La zone active du laser, limitée par L, l et d, joue le rôle d’un guide de lumière de
surface émettrice S= d.l de forme rectangulaire. Le faisceau lumineuse à sa
sortie, appelée champ proche présente une tache de surface S. Ce dernier se
dirige dans une direction unique avec une certaine divergence. Son ouverture est
limitée par le phénomène de diffraction au niveau de la fenêtre de sortie (≈fente)
diagramme de rayonnement
associé à la faible épaisseur de la zone active. astigmatique d’une diode laser
Par conséquent, dans une certaine distance de la zone émettrice (champ lointain),
le faisceau apparaîtra comme une tache elliptique. Elle est représentée par deux
angles d’ouverture :
94
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Pour chaque cavité résonnante, seules les ondes retrouvant leur phase après un aller
et retour dans la cavité sont susceptibles d’être amplifiées. Cette condition est à
l’origine d’un spectre optique, des cavités Fabry-Pérot et VCSEL, composé d’un
ensemble de raies spectrales individuelles avec un espacement régulier Δλ appelées
aussi modes longitudinaux.
La largeur spectrale de chaque raie dépend de nombreux facteurs, en particulier de
la puissance de la diode laser. Ces raies sont comprises à l’intérieur d’une enveloppe
Spectre d’émission d’une diode laser
plus large appelée courbe de gain.
L'espacement entre modes, la distance intermodale (l'intermode) , est fonction de la longueur de la cavité L et de l'indice du
matériau nsc :
Exemple :
Pour λ =0.85 μm, L =300 μm, n=3.6 on obtient : Δλ = 0.35 nm
Tandis que pour λ =1.3 μm, l’intervalle devient de : Δλ = 0.78 nm 95
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
La cavité de Fabry-Pérot est un guide d’ondes avec 2 faces ⊥ au plan de la jonction qui jouent le rôle de miroirs de
coefficients de réflexion R1 et R2,
La longueur de cette cavité satisfait la condition L =mλ/2 avec m entier et λ la longueur d’onde des photons
stimulés,
Cette condition sur L permet d’avoir plusieurs réflexions pour « amplifier » l’amplitude du signal par stimulations
répétées:
L = mλ/2 = m λ0/2n1
96
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
97
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Laser "amplification de lumière par émission stimulée" (Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation),
Un Laser est un oscillateur optique qui comporte 3 éléments:
1. Un milieu actif amplificateur (gaz, liquide ou solide),
2. Une cavité résonante ( de type Fabry-Perot),
3. Un système de pompage permettant de réaliser une inversion de population au sein du milieu actif
(excitation extérieure demandant beaucoup d'énergie: excitation électrique ou radiative).
Émission stimulée : par l'action d'un photon incident, un atome du niveau du haut peut également se désexciter en
émettant un photon dit "stimulé" dont les propriétés sont exactement les mêmes que le photon incident.
99
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
100
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Dans ce cas, N2 est toujours inférieure à N1. Il faut donc créer une situation hors équilibre en apportant de l'énergie au
système des atomes via un “pompage” dont l'objectif est d'amener suffisamment d'atomes sur le niveau du haut.
On parle alors d'inversion de population que l'on appelle ΔN=N2-N1. Il y aura amplification de lumière si l'inversion de
population est positive. Le pompage pourra se faire par voie électrique, optique ou chimique.
101
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
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III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Le premier laser qui ait jamais fonctionné dans le domaine optique était un laser de ce type : le laser à rubis met en effet en jeu 3 niveaux.
La formule du rubis est : Cr3+:Al2O3.
On y distingue la transition dite de pompage (entre E1 et E3) et la transition laser (entre E1 et E2).
Cette figure présente un cycle idéal pour un atome : il monte dans le niveau 3 par absorption d'un photon issu de la lumière de pompe. Il
descend ensuite dans le niveau 2 très rapidement. Il se désexcite enfin par émission stimulée vers le niveau 1.
107
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
108
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Le milieu actif est constitué d'un mélange des gaz hélium et néon , 85% de He et
15% de Ne , placé dans un tube en verre. Une anode et une cathode placés aux
extrémités du tube fournissent la décharge en continu le long du tube. Le pompage
se fait par une décharge électrique, les électrons et les ions sont accélérés dans le
gaz et par collision induisent des états excités.
L'émission privilégiée se situe dans le rouge à 632,8 nm , dans l'infrarouge il existe
plusieurs autres transitions par exemple à 1152,3 nm et à 3391,2 nm . Le tube
contenant le gaz est placé entre deux miroirs formant une cavité Fabry-Pérot. Les
miroirs semi-réflechissants sont réalisés par des traitements multicouches
diélectriques avec typiquement R » 99% .
109
III - Emetteurs optiques à semi-conducteurs
Sachant que les seuls modes susceptibles d’osciller sont ceux pour lesquels le gain laser est
gain supérieur aux pertes.
a. Expliquer brièvement l’origine du gain
pertes b. Expliquer brièvement l’origine des pertes
c. La courbe est-elle relative à un laser monomode ou multi-mode ?
d. Calculer le nombre n de modes de ce laser hélium-néon
e. Afin d’avoir un laser monomode il faut que l’intervalle spectral libre dn soit supérieur ou
égal à Dn/2, à partir de quelle longeur de cavité nous obtenons un laser monomode centré
sur n0 ?
1. Définition
Tout comme il existe plusieurs méthodes pour envoyer l’information sur le signal lumineux, il existe différentes techniques
pour la récupérer : les photo-détecteurs sont des composants susceptibles de convertir des signaux lumineux en signaux
électriques c’est l'effet photorécepteur.
Les semi-conducteurs peuvent également être utilisés pour détecter la lumière. Le principe en est très simple. Si le semi-
conducteur est éclairé avec une lumière dont la fréquence est supérieure à celle du gap (telle que l’énergie hν du photon est
suffisante pour faire passer l’électron de la bande de valence à la bande de conduction), il y aura création de paires électron-
trou, c’est l’effet photoélectrique
Les détecteurs optoélectroniques couvrent aujourd'hui un grand domaine d'applications, comme les transmissions par fibre
optique, les systèmes de prise de vue, la détection infrarouge ou les panneaux solaires.
En gros, on peut définir Les photorécepteurs comme étant des dispositifs photosensibles. Leur fonctionnement est basé sur
l’interaction photon–électron. Lorsque la radiation lumineuse est absorbée par le matériau photosensible, elle cède son
énergie aux électrons du matériau les faisant passer vers des niveaux énergétiques supérieurs.
111
IV - Détecteurs optiques à semi-conducteurs (Détecteurs de lumière: les photorécepteurs)
1. Définition
Pour avoir l’effet photoélectrique interne, il faut avoir hν ≥ hν0= Eg , soit λ ≤ λ0, λ0 est la longueur d’onde seuil de l’effet
photoélectrique, elle est telle que:
Dans l’hypothèse contraire λ ≥ λ0, le corps pourra être supposé comme transparent. Le photon traverse le matériau sans
être absorbé.
Les matériaux utilisés sont nombreux:
Le Silicium , Si, d ’énergie de gap Eg = 1.12 eV, est utilisé dans le domaine visible, 450 nm < λ < 750 nm , et le
proche infrarouge jusqu'à 1 μm,
Le Germanium ,Ge, d ’énergie de gap Eg = 0.67 eV , est utilisé dans le proche infrarouge, 900 nm < λ < 1700 nm .
Les transmission par fibre optique, dans l’infrarouge proche, utilisent trois fenêtres de transmission:
dans la première fenêtre à λI = 850 nm on dispose de photodiodes en Si , et dans la deuxième, à λII = 1300 nm , et la
troisième, à λIII = 1550 nm , en InGaAs et en Ge . On utilise surtout InGaAs qui présente moins de bruit que Ge .
Les photodiodes sont les éléments les plus sensibles et les plus rapides, elles peuvent être utilisées en mode
photoconducteur, par une jonction polarisée en inverse, par exemple dans les transmissions ou en mode photovoltaïque, à
l’aide d’une jonction non polarisée, par exemple dans les cellules solaires.
113
IV - Détecteurs optiques à semi-conducteurs (Détecteurs de lumière: les photorécepteurs)
Le phénomène important qui détermine le rendement d'une photodiode est l’absorption du matériau semi-conducteur,
caractérisée par le coefficient d'absorption α, qui est défini par unité de longueur habituellement en cm-1.
La majorité des matériaux semi-conducteurs est caractérisée par un indice de réfraction dont la valeur est comprise entre 3 et 4.
La réflexion de la lumière à la surface du semi-conducteur produit alors une perte de l’ordre de 30%.
A l’intérieur du matériau, le flux de lumière subit une perte en fonction de la profondeur x de pénétration, liée à l’effet
photoélectrique.
Admettant un taux relatif de pertes constant, correspondant à une loi normale d’un corps homogène, on aura :
1 dΦt ν, x
α ν, x = α ν = − [cm-1]
Φt ν, x dx
α(ν) ou α(λ) est le coefficient d’absorption de la lumière de fréquence ν Variation de Φ(x)/Φ0,
(longueur d’onde λ), par le semi-conducteur. En considérant une variation du pour différentes valeurs
de α : α1> α2> α3
coefficient d’absorption α(λ) en fonction de la longueur d’onde, on peut écrire :
Absorption
exponentielle de la Plus α est grand l’absorption se fait en surface
lumière par le semi- Plus α est faible l’absorption se fait en volume
conducteur.
115
IV - Détecteurs optiques à semi-conducteurs (Détecteurs de lumière: les photorécepteurs)
Les courbes de la figure ci-dessous donnent l’évolution du On peut distinguer plusieurs zones dans la variation de
coefficient d’absorption α(λ) pour certains matériaux l’absorption en fonction de la longueur d’onde :
Le rendement quantique (efficacité) d’un photodétecteur représente le rapport entre le nombre de paires électron-trou
collectées et le nombre de photons incidents. Il est donné par :
𝐼𝑝 Τ𝑞
ⴄ𝑒 =
𝛷𝑖 Τℎ 𝜈
117
IV - Détecteurs optiques à semi-conducteurs (Détecteurs de lumière: les photorécepteurs)
La sensibilité (réponse) spectrale du photodétecteur correspond au rapport entre le photocourant et la puissance optique
incidente pour chaque longueur d’onde :
Un exemple de sensibilité pour les trois semi-conducteurs les plus utilisés comme détecteurs dans les transmissions par fibre
optique en fonction de la longueur d'onde 𝜆.
118
IV - Détecteurs optiques à semi-conducteurs (Détecteurs de lumière: les photorécepteurs)
3. Photodiodes
3.1. Principe de fonctionnement
3. Photodiodes
3.1. Principe de fonctionnement
La lumière incidente (photons) crée de nouvelles paires électrons-trous (porteurs minoritaires) dans les 3 régions:
Les électrons minoritaires générés dans la région P diffusent vers la ZCE, tandis que les trous minoritaires générés dans la
région n diffusent dans le sens contraire mais eux aussi vers la ZCE. Ces porteurs minoritaires participent de ce fait au courant
total par ce qu’on appelle des photocourants de diffusion Ie,diff et Ip,diff,
Dans la ZCE, les paires électrons-trous générées sont dissociés et chaque type de porteur va dans un sens opposé de l’autre
(électrons minoritaires vers la région n, et trous minoritaires vers la région p). Ces porteurs minoritaires générés dans la ZCE
participent eux aussi au courant total par ce qu’on appelle un photocourant de génération Ig,
3. Photodiodes
3.2. Mode de fonctionnement
Une photodiode peut être utilisée suivant deux modes :
Mode photoconducteur : ici on applique une tension Mode photovoltaïque : qui correspond à une
inverse, c'est le mode le plus utilisé pour les longueurs diode non polarisée en circuit ouvert.
d'onde dans le visible et dans le proche infrarouge,
3. Photodiodes
3.2. Mode de fonctionnement
Mode photoconducteur: Mode de fonctionnement Mode photovoltaïque: Mode de fonctionnement
polarisation inverse (V0 <0) photovoltaïque (I=0)
Les photodiodes sont polarisées en inverse avec des tensions En circuit ouvert, dans la photodiode on a I=0,
de l'ordre de 5V et inférieures à la tension d'avalanche, afin
de réduire le temps de transit et la capacité de jonction. Donc 𝐼𝑆 𝑒
𝑉ൗ
𝑈𝑇 − 1 − 𝐼𝑝ℎ =0 avec V=VCO,
𝑉ൗ
On a 𝐼 = 𝐼𝑆 𝑒 𝑈𝑇
− 1 − 𝐼𝑝ℎ , et puisque V0 ≈ 5V ( plus que
𝐼𝑝ℎ
D’où: 𝑉𝐶𝑂 = 𝑈𝑇 ln +1
ça, on risque d’avoir l’effet avalanche), et dans le cas où: 𝐼𝑆
𝑉0 ≫ 𝑈𝑇 , avec V0 négatif, alors : VCO est donc proportionnelle au log népérien de Iph et donc
I = IS – Iph ≈ - Iph car IS est petit. aussi proportionnelle au log népérien du rayonnement.
Par conséquent, le photocourant total I est proportionnel à
l’intensité de la lumière incidente.
3. Photodiodes
3.3. Temps de réponse de la photodiode
C’est le temps qui s’écoule entre la réception du signal lumineux et la sortie d’un courant électrique,
Le temps de montée c’est le temps qu’il faut pour que le courant de sortie de diffusion passe de 10% à 90% de sa valeur
maximale,
La diffusion des porteurs minoritaires des régions p et n vers la ZCE prend un temps tdiff ≈ 10-9 à 10-8 s,
3. Photodiodes
3.4. Efficacité quantique de la photodiode
Pour un flux de lumière incidente Φi (W), le flux qui pénètre dans la diode, suite à la Photodiode idéale
discontinuité d’indices, est :
Cette quantité correspond aux photons qui sont à l’origine de la génération de paires électron-trou.
En négligeant le courant de diffusion devant le photocourant de génération dans la zone de charge d’espace, le courant peut
avoir pour expression:
3. Photodiodes
3.4. Efficacité quantique de la photodiode
Par ailleurs, pour une longueur d’onde donnée, cette efficacité quantique est reliée à la réponse spectrale de la
photodiode par :
125
IV - Détecteurs optiques à semi-conducteurs (Détecteurs de lumière: les photorécepteurs)
3. Photodiodes
3.4. Bruits
Il représente les fluctuations de tension (et de courant) à l’équilibre thermodynamique suite aux mouvements aléatoires des
charges engendrées par la température,
La valeur quadratique moyenne du courant de bruit thermique est donnée par la formule de Johnson Nyquist:
2
4𝑘𝐵 𝑇
𝐼𝑡ℎ = ∆𝑓
𝑅
R: résistance équivalente du circuit, Δf: la bande passante.
126
IV - Détecteurs optiques à semi-conducteurs (Détecteurs de lumière: les photorécepteurs)
3. Photodiodes
3.4. Bruits
Même en l’absence de lumière, il y a quand même un courant sous l’effet de température. On l’appelle courant de l’obscurité
(il est du à l’agitation thermique),
Donc, le courant d’obscurité et le photocourant, tous les deux sont à l’origine du bruit de grenaille,
La formule de Schottky donne:
𝐼𝑆2 = 2𝑞 𝐼0 + 𝐼𝑝 ∆𝑓
Et aussi: 𝑖𝑆 = 𝐼𝑆2
3. Photodiodes
3.4. Bruits
Bruit total
La moyenne quadratique du bruit c’est la somme des moyennes quadratiques de tous les autres bruits.
2
𝐼𝐵2 = 𝐼𝑡ℎ + 𝐼𝑆2
Et: 𝑖𝐵 = 𝐼𝐵2
𝑆 𝐼𝑝2
Le rapport signal sur bruit en puissance est donné par: = 2
𝐵 𝐼𝑡ℎ + 𝐼𝑆2
En décibels: 𝑆 𝑆
= 10 log
𝐵 𝑑𝐵
𝐵
𝑆
=1
𝐵 𝑑𝐵
128
IV - Détecteurs optiques à semi-conducteurs (Détecteurs de lumière: les photorécepteurs)
3. Photodiodes
3.5. Détectivité et NEP (puissance équivalente de bruit)
Le « NEP » caractérise la puissance d’entrée ,minimale qu’on peut détecter pour discerner le signal du bruit. On a:
𝛷𝑜𝑏𝑠
𝑁𝐸𝑃 = 𝑒𝑛 𝑊 Τ 𝐻𝑧
∆𝑓
La détectivité réduite (spécifique) D* représente le rapport de détectivité à l’unité de surface A (elle permet de
comparer les photodétecteurs entre eux)
∆𝑓 𝐴
𝐷∗ = 𝑒𝑛 𝑊 −1 𝑐𝑚 𝐻𝑧
𝛷𝑜𝑏𝑠
Le NEP et la détectivité doivent être spécifiés par rapport aux conditions de détection suivantes:
1- La longueur d’onde, 2- La fréquence du signal, 3- La température, 4- La surface A du détecteur, 5- La bande passante Δf.
Exercice
On considère une photodiode d’efficacité quantique ⴄ = 85%. Elle reçoit un signal lumineux de 50 mW de puissance
dont la longueur d’onde est λ = 1.3 µm.
1) Que doit être la largeur de la bande interdite pour que la photodiode puisse fonctionner avec la longueur
d’onde utilisée.
2) Calculer le nombre des électrons crées.
3) Calculer la sensibilité spectrale et déduit l’intensité du photocourant générée par la photodiode.
4) On considère différents semi-conducteurs dont on rappelle les largeurs de bandes interdites exprimées en eV.
Quels seraient les matériaux appropriés pour réaliser une photodiode devant détecter une radiation lumineuse
de longueur d’onde égale à 1,55 µm, pourquoi ?
1. Introduction
Pour transmettre l'information émise par les sources optiques il faut disposer de milieux matériels ayant des faibles pertes et pouvant
guider la lumière. Le matériau privilégié est le verre de grande pureté, qui est la silice 𝑆𝑖𝑂2.
Si on veut transmettre un signal électrique, il sera converti, dans un premier lieu, en un signal lumineux proportionnel, grâce à un
ensemble de composants optoélectroniques appelé émetteur; qui assure également la modulation du signal. Ce signal est guidé par la
fibre optique, et aboutit finalement au récepteur dans lequel il développe un signal proportionnel au signal initial; et ce signal sera
démodulé avant de parvenir à l'usager.
1. Introduction
Une fibre optique est un fil en verre (ou en plastique) très fin (diamètre de quelques μm à une centaine de μm) qui nous permet de faire
circuler de la lumière transportant un grand débit d’informations (données informatiques, sons, images, téléphone, visioconférence…) qui
peut atteindre les Tbit/s.
Cette forte utilisation de la fibre optique est favorisée par le grand développement
que connaît l’industrie des composants optoélectroniques : les sources LASERs,
les LEDs, les photodiodes, les phototransistors.
Illustration schématique d'une ligne de
transmission de données à fibre optique
132
V - fibres optiques
Constitution d’une fibre optique Principe de la transmission de la lumière dans une fibre optique 133
V - fibres optiques
Il existe 2 grands types de fibres optiques, les fibres monomodes, où l'onde lumineuse circule dans le cœur de la
fibre, et les fibres multimodes (à saut ou à gradient d'indice), où l'onde se réfléchie sur les parois de la fibre.
La fibre multimode peut être classée en deux catégories : la fibre multimode à saut d’indice et la fibre multimode à
gradient d’indice.
L’allure de l’indice de réfraction nc du cœur joue un rôle important dans la propagation de la lumière dans la fibre.
La fibre optique à saut d'indice ‘SI’, où l’indice est constant dans le cœur et la fibre optique à gradient d'indice ‘GI’,
où le cœur possède un indice dépendant de la position, que l’on trouve dans les fibres optiques multi modes.
134
V - fibres optiques
135
V - fibres optiques
Dans le cas de la fibre multimode à gradient d'indice, la lumière se propage vers l'avant sous forme d'oscillation sinusoïdale.
Comme les fibres multimodes à saut d’indice, les différentes lumières d'une fibre multimode à gradient d'indice suivent des chemins
différents. Cependant, la vitesse de propagation de la lumière dans les fibres multimodes à gradient d'indice est différente car la vitesse de la
lumière guidée varie en fonction de l'indice de réfraction du cœur de la fibre. Plus la lumière s'éloigne du centre de la fibre, plus sa vitesse
est rapide.
136
V - fibres optiques
137
V - fibres optiques
La fibre monomode possède un cœur très fin. Le chemin de propagation est ainsi unique, direct et parallèle à l'axe de la
fibre.
La dispersion modale est alors quasi-nulle. L'impulsion d'entrée se retrouve en sortie non déformée. C'est le type de fibre
le plus performant de ce point de vue.
138
V - fibres optiques
b) Cependant, La fibre monomode a un diamètre de cœur plus petit par rapport au diamètre de la gaine. Il est
typiquement de 5 à 10 μm pour un diamètre de la région de gaine de 125 μm. Les rayons lumineux se déplacent donc
quasiment en ligne droite ce qui diminue alors considérablement l'atténuation.
On remarque que c'est la fibre monomode qui présente les meilleures performances : le signal est le moins atténué et le
moins déformé et sa bande passante est la plus grande.
Bien que son coût soit plus élevé que les autres types de fibres, elle peut ainsi être considérée comme un important
progrès dans le transport d'informations.
140
V - fibres optiques
L’indice de réfraction de la région du cœur (nc), dans une fibre optique, est généralement de l’ordre de 1.4 à 1.5, il
est légèrement supérieur à celui de la gaine (ng). L’écart relatif Δ donné par :
La différence relative d'indices, qui donne une mesure du saut d'indice entre le cœur et la gaine est de l’ordre de 0.001à
0.01,
141
V - fibres optiques
142
V - fibres optiques
𝑛𝑔
𝜃1 >𝜃𝑐 ≥ 𝑎𝑟𝑐𝑠𝑖𝑛
𝑛𝑐
143
V - fibres optiques
θmax est l’angle d’acceptance ou angle maximum du faisceau externe qui peut se propager dans la fibre.
L’ouverture numérique ON est alors donnée par: 𝑂𝑁 = sin 𝜃𝑚𝑎𝑥 = 𝑛𝑐2 − 𝑛𝑔2
Les fibres optiques ont une ouverture numérique qui peut varier de 0,16 à 0,66 et peut se situer même en dehors de ces
limites.
Plus ON est grande, plus l’énergie introduite dans la fibre est importante (moins de pertes),
Une petite ON ne permet l’injection que d’un faisceau issu d’une source de lumière très directive telle une diode laser.
144
V - fibres optiques
Une onde optique guidée par des réflexions totales internes successives peut être représentées par des faisceaux de rayons
appelés modes, on distingue:
a. La fibre optique monomode à saut d’indice
Où la région de cœur est très étroite (le diamètre du cœur est de quelques micromètres) et ne permet la propagation que du
mode axial (central). La fibre est monomode si, entre le rayon du cœur et la longueur d’onde de propagation, existe la
relation :
Ou bien :
145
V - fibres optiques
Chaque rayon lumineux qui se propage dans la fibre optique avec un angle différent correspond à un mode différent,
L’étude des conditions de propagation à partir des équations de Maxwell montre qu’un seul nombre limite de types
d’ondes est susceptible de s’y propager. Il correspond aux modes de propagation,
Lorsque le nombre de modes est important il est approché par la relation :
146
V - fibres optiques
Exemple :
Considérons une fibre optique avec un cœur d’indice de réfraction nc = 1.5, un écart relatif Δ = 0.003 et une ouverture
numérique ON = 0.116, dans le cas d’une onde monochromatique de λ0 = 850 nm et observons ses modes de propagation :
La fibre optique est monomode si elle présente un rayon de cœur :
147
V - fibres optiques
La longueur d’onde de coupure (λc) est celle au-dessus de laquelle une fibre optique, caractérisée par son ouverture
numérique et sa dimension de cœur, devient monomode. Elle est déduite des relations précédentes et s’exprime par:
En dessous de cette valeur (λc) le mode fondamental perd de l’énergie au profit des modes d’ordre supérieur.
Exemple :
Pour les longueurs d’onde utilisées en télécommunication on a des fibres optiques monomodes pour des rayons de cœurs
suivants :
148
V - fibres optiques
La fibre optique à gradient d’indice permet de réduire les pertes qui peuvent survenir par pénétration des rayons dans la région
de gaine :
La variation graduelle de l’indice de réfraction du cœur mène à un changent moins brusque de la direction de propagation
des rayons,
Le gradient d’indice modifie aussi la vitesse de propagation ; Les faisceaux les plus éloignés de l’axe de la fibre sont les
plus rapides.
Dans le cas de fibres optiques à gradient d’indice, la variation de l’indice de réfraction est exprimée par :
et α est le paramètre du profil d’indice tel que ce profil est linéaire pour α =1 et parabolique pour α = 2 lorsque la valeur de α
tend vers l’infini, on retrouve le profil de la fibre à saut d’indice.
Pour le mode central ou axial, ON s'exprime de la même manière que dans la fibre à saut d'indice (L’ouverture
numérique est la même que celle d’une fibre à saut d’indice, pour les rayons qui pénètrent juste au milieu de la
fibre) :
Le nombre de modes qui se propagent dans la fibre à gradient d’indice est donné par :
151
V - fibres optiques
Exercice:
Soit une fibre optique à gradient d’indice a un cœur de diamètre 50𝜇𝑚 possède un profil d’indice de
réfraction parabolique, cette FO a une ouverture numérique égale 0.2. Estimer le nombre totale des modes
guidés qui propageant dans ce FO à 𝜆 = 1𝜇𝑚 ?
152
V - fibres optiques
Exercice:
Soit un câble du FO à silice avec un cœur de diamètre suffisamment large à l’analyse théorique du rayon et possède
ainsi un indice de réfraction du cœur 𝑛𝑐 = 1.50 et l’indice de réfraction de la gaine 𝑛𝑔 = 1.47. Déterminer : L’angle
critique du l’interface Cœur / Gaine ?
153
V - fibres optiques
Exercice:
1) Une fibre à saut d’indice de 100 μm de diamètre de cœur à la longueur d’onde de 1 μm et dont l’indice de cœur est 1.48
et la différence d’indice entre le cœur et la gaine de 2.10-2.
La fibre est-elle monomode ou multimode ?
Calculer le nombre de modes se propageant dans cette fibre.
154
V - fibres optiques
Exercice:
Multimode . Une fibre optique à saut d'indice possède un indice de cœur n1 = 1,48 , un indice de gaine n2 =
1,46 et un rayon de cœur a = 25mm .
1) Calculer l'ouverture numérique ON . Quel est l'angle maximum q0max du cône d'entrée pour un faisceau
injecté dans la fibre optique ?
2) Calculer pour cette fibre optique la fréquence normalisée V pour un rayonnement à lI = 850 nm et à lII =
1300 nm .
3) Combien de modes se propagent à lI = 850 nm et à lII = 1300 nm ?
Monomode . Soit une fibre optique monomode à saut d’indice de diamètre de cœur d = 8 mm avec un indice
de coeur n1 = 1,48 et un indice de gaine n2 = 1,475 .
1) Calculer l’ouverture numérique ON
2) Quel doit être le diamètre de cœur maximum pour cette fibre optique soit en fonctionnement monomode à
partir de l = 1200 nm ?
3) Pour lII = 1300 nm et lIII = 1550 nm calculer la fréquence normalisée V
155
VI - Transmissions optiques
La liaison par fibre optique permet la transmission de données numériques codées en binaire par deux états logiques 0 et 1.
Le signal injecté dans la fibre est alors composé d’impulsions qui doivent être récupérées à l’autre extrémité de la chaine de
transmission. Or, dans une fibre optique réelle on constate que toute l'énergie lumineuse entrante n'est pas entièrement
récupérée en sortie. Il y a des problèmes de dispersion et d’atténuation qui causent cette perte d’énergie et cet élargissement
de l’impulsion pouvant mener jusqu’à la déformation de l’information.
L’ensemble des pertes que subit le rayonnement par sa propagation dans la fibre est estimé par le coefficient d’atténuation
linéique A qui dépend de la nature du matériau de cœur et de la longueur d’onde de la lumière.
L'atténuation linéique se traduit alors par une décroissance exponentielle de la puissance en fonction de la longueur de la fibre.
La puissance à la sortie de la fibre est alors donnée par :
𝑃𝐿 = 𝑃0 . 𝑒 −𝐴𝐿
157
VI - Transmissions optiques
L’atténuation du signal dans une fibre de longueur 𝐿 par le coefficient A en dB/km. A est donné par :
Donc, c’est rien que le rapport entre la puissance d’entrée et la puissance de sortie. A est encore appelé coefficient
d’affaiblissement du signal.
Pertes par absorption moléculaire: elles sont causées par l’absorption des rayons optiques par la silice et les impuretés
contenus dans celle-ci,
Pertes par micro courbures: elles sont dues principalement aux techniques de fabrication, elles se traduisent par
l’irrégularité de l’interface cœur-gaine. Lorsqu’un faisceau de rayons optiques atteint l’interface cœur-gaine qui présente des
irrégularités, chaque rayon incident est caractérisée par sa trajectoire qui est imposée par le point de réflexion,
Pertes par courbures: lorsqu’on courbe une fibre, l’angle d’incidence diminue, ce qui a pour conséquence soit une conversion
de mode, soit un rayonnement dans la gaine,
Pertes par épissurage: elles sont dues au couplage des fibres.
158
VI - Transmissions optiques
L’atténuation de la lumière dans la fibre optique dépend fortement de la longueur d’onde λ, elle est maximale dans le domaine
des courtes longueurs l’onde (domaine du proche ultra-violet du visible), diminue progressivement dans le domaine 𝐼𝑅 et
présente des minimums autour des longueurs d’onde λ=1,30μm et λ=1,55μm .
La transmission optique du signal sur les câbles à fibres monomodes (en silice) utilise couramment les fenêtres optiques autour
des longueurs λ=1,30μm et λ=1,55μm pour récupérer les signaux avec le minimum de pertes.
Les défauts de connexion représentent l’une des sources les plus importantes des pertes d'une ligne de transmission par fibres
optiques. Seule la lumière qui est couplée dans le cœur de la fibre de réception se propage, tout le reste de la lumière est
perdu par connexion ou épissure.
Ces pertes sont minimes lorsque les deux cœurs de fibres sont identiques et parfaitement alignés, les connexions ou épissures
sont bien finies et aucune impureté n’est présente à l’interface.
160
VI - Transmissions optiques
L’autre paramètre qui perturbe la propagation d’un signal lumineux dans une fibre optique est sa dispersion.
Tout signal injecté dans une fibre optique de longueur L subit une déformation, c’est le phénomène de dispersion .
Le phénomène de dispersion se traduit par un élargissement des impulsions au cœur de leur propagation, cet élargissement
limite la bande passante du canal.
161
VI - Transmissions optiques
Une fibre optique multimode possède une dispersion intermodale , qui a comme origine les différentes vitesses de
propagation des modes. Celle-ci est nettement plus faible dans une fibre optique à gradient d’indice que dans une fibre
optique à saut d’indice pratiquement abandonnée en télécommunications (La dispersion intermodale calculée dans les fibres
à saut d’indice est beaucoup plus grande que celle relevée sur les fibres à gradient d’indice, ce qui limite leur utilisation dans
les grandes distantes, car on risque de perdre totalement l’information transmise).
Pour les liaisons à moyenne et longue distance, on utilise presque exclusivement le fibre monomode qui ne présente pas de
dispersion intermodale (Les fibres monomodes en silice offrent actuellement la meilleure fiabilité et la plus grande bande
passante que toute autre fibre, indispensables pour une propagation du signal sur de longues distances).
Il existe deux types de dispersion :
La dispersion modale ou intermodale: qui résulte de la différence de temps de propagation des différentes modes qui se
propage dans la fibre multimode,
- Prépondérante dans les fibres multimodes
- Nulle dans les fibres monomodes
La dispersion chromatique ou intramodale : qui résulte de la différence de vitesses de groupes des différentes
composantes spectrales du signal de transmission.
- Prépondérante dans la fibre monomode
- Faible par rapport à la dispersion modale dans les fibres multimodes
162
VI - Transmissions optiques
Dispersion intermodale: (dispersion intermodale pour une fibre à saut d'indice SI)
La dispersion intermodale dSI est obtenue en divisant dt par la longueur de la fibre optique L :
Dans le cas habituel où𝑛1 ≅ 𝑛2 , cette relation peut être écrite sous la forme :
163
VI - Transmissions optiques
Dispersion intermodale: (dispersion intermodale pour une fibre à gradient d'indice GI)
Les fibres GI ont été réalisées afin de diminuer la dispersion intermodale.
La dispersion théorique :
Pour Δ = 1,5% et n1 = 1,48 la dispersion théorique est dGI = 0,14 ns. Km-1 , mais en pratique à cause de l'imperfection des
interfaces on a plutôt dGI = 0,6 ns. Km-1 ,
164
VI - Transmissions optiques
L'effet de la dispersion chromatique résulte du fait que la vitesse de propagation du mode dépend de la longueur d'onde et de
la dispersion propre du matériau. Cette dernière est due à la variation du nombre 𝑛𝑐 en fonction de la longueur d'onde. Une
impulsion lumineuse est constituée d'un paquet d'ondes et la vitesse de déplacement de l'impulsion est appelée vitesse du
groupe.
A cause de la dispersion chromatique la vitesse de groupe vg à l'intérieur d'un mode de propagation varie en fonction de la
longueur d’onde λ . Le retard de groupe du signal après une longueur L sera alors :
Dans le cas d’un signal issu d’une source émettant sur une raie de largeur ∆λ, l’impulsion va subir au bout de la longueur L, à
cause de la dispersion chromatique, un élargissement 𝛿𝑡𝑔 :
𝛿𝑡𝑔 = 𝐷𝜆 . 𝐿. ∆𝜆
∆λ : largeur spectrale de la source émettrice
Dλ coefficient de dispersion chromatique, dépendant des paramètres de la fibre et de la longueur d’onde, qui peut être calculé par :
1 𝑑𝑡𝑔
𝐷𝜆 = (s’exprime en ps/nm.km) 165
𝐿 𝑑𝜆
VI - Transmissions optiques
La dispersion modale, dite parfois intermodale. Quand on utilise une fibre multi mode, la lumière peut prendre plusieurs chemins (modes).
La distance parcourue par certains modes est donc différente de la distance parcourue par d’autres modes. Lorsqu’une impulsion est
envoyée dans la fibre optique, elle se décompose selon les différents modes, certaines composantes arrivent avant d’autres ce qui provoque
un étalement de l’impulsion. Les différents temps de propagation entrainent un étalement des impulsions émises dans la fibre optique.
Cette dispersion intermodale crée un élargissement d’impulsion
Dispersion chromatique
Comme une impulsion lumineuse issue de source optique est composée de plusieurs longueurs d’ondes, l’indice de réfraction étant
différent, selon la longueur d’onde de la lumière. Chaque longueur d’onde se propage dans la fibre optique avec une vitesse spécifique,
certaines longueurs d’ondes arrivent avant d’autres et l’impulsion s’étale (s’élargit).
Cette dispersion est due au fait que la lumière n’est pas strictement confinée dans le cœur.
Les longueurs d’ondes les plus petites auront tendance à se propager plus lentement que les longueurs d’ondes plus grandes, d’où un
élargissement de l’impulsion lumineuse.
166
VI - Transmissions optiques
Monomode. Soit une fibre optique monomode à saut d’indice de diamètre de cœur d = 8,34 μm avec un indice de cœur
n1 = 1,48 et un indice de gaine n2 = 1,475.
La dispersion chromatique dans les deux fenêtres de transmission de la fibre optique, λII = 1300 nm et λIII, = 1550 nm, est
D1300nm = 3 ps.km-1.nm-1 et D1550nm = 18 ps.km-1.nm-1 .
Si l'on considère une DEL émettant à λII = 1300 nm et ayant une largeur spectrale Δλ = 50 nm, déterminer l'étalement d'une
impulsion dt1300nm (en ns) sur une longueur de 10 km. Si l'on considère une diode laser émettant à λIII = 1550 nm et ayant un
spectre sous modulation de largeur Δν = 10 GHz (0,08 nm), quel est l'étalement dt1550nm (en ns) sur une longueur L = 100 km ?
167
VI - Transmissions optiques
Pour ne pas avoir un mélange d’informations et une perte, la fréquence d’émission est donc limitée ce qui a pour conséquence de
réduire la bande passante.
Pour déterminer la bande passante d’une fibre optique, il faut connaitre l’élargissement du signal (de l’impulsion) au cours de sa
propagation suite aux phénomènes de dispersions chromatique et/ou modale.
Le codage binaire de l'information consiste à envoyer des impulsions lumineuses " bits" avec une période T et la dispersion
provoque leur élargissement dans le temps.
Pour qu’il n’y ait pas de recouvrement entre les trois impulsions à la sortie de la fibre et que le signal soit déchiffrable, il faut
que la période considérée soit supérieure ou égale à la dispersion totale
La fibre optique se comporte alors comme un filtre passe bas avec une fréquence de coupure égale à :
On définit aussi la capacité de transmission d’une fibre optique. qui représente son débit d’information en bit/s par :
Comme la dispersion du signal évolue avec la longueur L de la fibre, on donne en générale la bande passante B de la fibre par
le produit :
De façon générale, la fréquence de coupure, donc la bande passante, d’une fibre optique est donnée par :
169
VI - Transmissions optiques
Les lacunes aux extrémités des fibres causent deux problèmes ; la perte d'insertion et la perte de réflexion.
Les ouvertures numériques et les diamètres de cœur sont aussi deux sources de pertes.
Le bilan d’énergie dans un système de transmission par fibre optique demande le calcul des pertes dans les composants du
système pour avoir à la réception une énergie au niveau de la sensibilité de la photodiode.
Le flux, à l’entrée du Photodétecteur doit être suffisant pour que le rapport signal sur bruit assure un taux d’erreur maximum.
Pour résoudre les problèmes de dispersion et d’atténuation on fait appel à certaines techniques qui permettent l’amélioration de
la forme du signal de sortie, l’amplification de son intensité et l’augmentation de la capacité de transmission.
Compenser la dispersion chromatique revient à compenser le retard dans la fenêtre de longueur d’onde utilisée.
Le but de l’amplification est de compenser les pertes en ligne de l’intensité du signal optique, essentiellement dues à
l’atténuation. On distingue :
L'amplification électrique
L’amplification optique
L’Erbium fait partie des terres rares (Terbium, Erbium, Ytterbium). Il possède des propriétés intéressantes au niveau de sa
structure électronique.
Les ions Erbium sont excités par les longueurs d'onde suivantes : 514, 532, 667, 800, 980 et 1480 nm.
172
VI - Transmissions optiques
3.3. Le Multiplexage
La technique du multiplexage est utilisée pour augmenter la capacité de transmission des fibres existantes tout en évitant de
poser de nouveaux câbles.
Le multiplexage représente la combinaison de signaux indépendants en un seul signal composite destiné à être transmis sur
une seule fibre optique afin de multiplier la bande passante de celle-ci. Le procédé nécessite l'utilisation en entrée d’un
multiplexeur, et en sortie d’un démultiplexeur
173
Exercice 1 :
Dans cette partie, les rayons lumineux sont supposés issus d’une radiation monochromatique de fréquence f, de pulsation ω
et de longueur d’onde λ dans le milieu constituent le cœur.
Les différents angles utiles sont représentés sur la figure 1.
1. A quelle condition sur i, angle d’incidence à l’interface cœur/gaine, le rayon reste-t-il confiné à l’intérieur du cœur ? On
note il l’angle d’incidence limite.
2. Montrer que la condition précédente est vérifiée si l’angle d’incidence θ est inférieur à un angle limite θl dont on
exprimera le sinus en fonction de n et il. En déduire l’expression de l’ouverture numérique ON=sinθl de la fibre en fonction
de n et n1 uniquement.
3. Donner la valeur numérique de ON pour n=1,50 et n1=1,47.
Figure 1: Fibre optique en coupe
On considère une fibre optique de longueur L. Le rayon entre dans la fibre avec un angle d’incidence θ variable compris entre
0 et θl. On note c la vitesse de la lumière dans le vide.
4. Pour quelle valeur de l’angle θ, le temps de parcours de la lumière dans la fibre est-il minimal ? maximal ? Exprimer alors
l’intervalle de temps δt entre le temps de parcours minimal et maximal en fonction de L, c, n et n1.
5. On pose 2Δ=1- (n1/n)2. On admet que pour les fibres optiques Δ<<1. Donner dans ce cas l’expression approchée de δt en
fonction L, c, n et Δ. On conservera cette expression de δt pour la suite du problème.
On injecte à l’entrée de la fibre une impulsion lumineuse d’une
durée caractéristique t0=t2-t1 formée par un faisceau de rayons
ayant un angle d’incidence compris entre 0 et θl. La figure 2 ci-
contre représente l’allure de l’amplitude A du signal lumineux
en fonction du temps t.
6. Reproduire la figure 2 en ajoutant à la suite l’allure du signal
lumineux à la sortie de la fibre.
Quelle est la durée caractéristique 𝑡0′ de l’impulsion lumineuse en Figure 2: Impulsion lumineuse
sortie de fibre ?
Le codage binaire de l’information consiste à envoyer des impulsions lumineuses (appelées « bits ») périodiquement avec
une fréquence d’émission F.
7. En supposant t0 négligeable devant δt, quelle condition portant sur la fréquence d’émission F exprime le non-
recouvrement des impulsions à la sortie de la fibre optique ?
Pour une fréquence F donnée, on définit la longueur maximale Lmax de la fibre optique permettant d’éviter le phénomène de
recouvrement des impulsions. On appelle bande passante de la fibre le produit B=Lmax. F.
8. Exprimer la bande passante B en fonction de c, n et Δ.
9. Calculer la valeur numérique de Δ et de la bande passante B (exprimée en MHz.km) avec les valeurs de n et n1 données
dans la question 3. Pour un débit d’information de F=100 Mbits.s-1= 100 MHz, quelle longueur maximale Lmax de fibre
optique peut-on utiliser pour transmettre le signal
Exercice 2 : La fibre optique à saut d’indice
Pour guider la lumière dans une direction donnée, on réalise des fibres optiques, longs fils cylindriques dont l’indice diminue
quand on s’éloigne de l’axe. La lumière suit la direction moyenne de l’axe grâce au phénomène de réflexion totale, à
condition que le faisceau incident ait une ouverture angulaire convenable.
Dans le modèle qui suit, on considère que la fibre est constituée d’un cœur cylindrique de rayon a, d’indice n1=1,510 et d’une
gaine de rayon extérieur b, d’indice n2=1,495.
1. Un rayon incident se propage dans l’air dans un plan axial de la fibre
et arrive en I, à une distance OI<a de l’axe, sur une extrémité de la fibre,
sous un angle d’incidence i0.
On note i1 l’angle que fait le rayon avec la normale séparant le gain du
cœur. Déterminer la condition sur i1 tel qu’il y a guidage dans la fibre.
2. Exprimer la relation entre i0 et i1.
3. En déduire la condition sur i0, de la forme i0<im, permettant le
confinement du rayon dans la fibre.
4. On appelle ouverture numérique ON la quantité sin(im). Exprimer ON en
fonction de n1 et n2.
5. Supposons que l’on envoie dans la fibre une impulsion lumineuse sous la
forme d’un faisceau conique convergente, de demi-angle au sommet is<im.
Calculer le temps t0 mis pour parcourir une distance L pour un rayon d’angle
i0 = 0, puis le temps t1 pour un rayon d’angle is. Que constate-t’on ?
6. Evaluer Δt=t1-t0 pour L=10m, is=8° et c=3x108 m.s-1.