Thème 2 : Récits fondateurs, croyance et citoyenneté
dans la méditerranée antique
Chapitre 4 : Le monde des cités grecques
Introduction :
Les premières civilisations, comme nous l’avons vu, se sont installées au niveau de la
méditerranée. C’est aussi bien le cas pour la Mésopotamie que pour la civilisation
égyptienne. Du côté nord de la méditerranée, d’autres civilisations voient le jour, dont la
civilisation grecque, somme de cités-état en rivalité et concurrence et partageant une
culture commune. De toutes les cités-Etats, Athènes reste jusqu’à aujourd’hui la plus
marquante de toutes, étant le berceau de la démocratie.
Problématique : Qu’est-ce qui fait l’unité des cités grecques ?
I- Les cités grecques durant l’antiquité.
A- La colonisation du bassin méditerranéen
Entre les VIIIème et VIème siècle avant J.-C, de nombreux grecs entreprennent d’établir des
comptoirs commerciaux sur les bords de la méditerranée, on les appelle des colonies et le
processus de conquête de ces villes porte le nom de colonisation.
Colonies : Cités créées par les grecs sur des territoires nouveaux
La colonisation est due à la pauvreté des cités colonisatrices, à l’exil de certains citoyens qui
cherchent à s’établir sur de nouvelles terres, ou alors à la volonté d’individus de partir en
quête de richesse et d’aventures par la voie du commerce.
B- L’organisation d’une cité grecque
Les cités grecques sont des cités indépendantes appelées des cités-Etats. La cité-Etat est
généralement composée d’une ville entourée de remparts, d’un port lui permettant de
commercer avec le reste des cités et des campagnes environnantes qui lui fournissent
l’essentiel de sa nourriture.
La ville grecque, nommée asty, se compose d’une agora, place publique où se réunissent les
citoyens pour discuter des affaires publiques mais aussi pour commercer, de l’acropole, lieu
en hauteur qui accueille les temples, lieux de prière des grecs polythéistes, de lieux culturels
et sportifs comme les théâtres et les stades et enfin des habitations où vivent les habitants.
C- Les cités grecques, états indépendants et rivaux
La Grèce est composée de cités-Etats indépendantes et rivales. Elles se distinguent les unes
des autres sur plusieurs points :
Systèmes politiques : Certaines cités adoptent la monarchie (gouvernement d’un seul
homme) comme régime politique, tandis que d’autres préfèrent l’oligarchie (Gouvernement
d’une minorité, généralement quelques familles). C’est enfin en Grèce que naît la
démocratie, plus précisément à Athènes.
Chaque cité grecque a aussi son armée, sa monnaie et même son propre calendrier. Les cités
grecques ne sont pas égales en puissance. Si la majorité ne gouvernaient qu’un petit
territoire, des cités comme Sparte et Athènes dominaient de vastes régions et parvenaient à
imposer leur volonté à d’autres cités-Etats.
II- L’unité du monde grec
Malgré leurs rivalités légendaires, les Grecs chantent les mêmes héros et partagent une
culture commune. Ils sont également unis par la religion : ils ont les mêmes croyances et les
mêmes dieux. Enfin, ils partagent les mêmes sanctuaires.
A- Une culture commune
Les Grecs découvrent la lecture à travers les poèmes d'Homère, tels que l'Iliade et l'Odyssée.
Ces œuvres véhiculent des valeurs et des modèles de conduite qui orientent les Grecs dans
leur vie quotidienne. Ces récits, qui relèvent de la légende, constituent un fondement
essentiel de l'éducation des jeunes Grecs.
Les grecs partagent également un amour pour les arts de la poterie et du théâtre, et une
agriculture aux produits communs tels le blé, la vigne et l’olivier.
B- Une religion commune
Les Grecs pratiquent le polythéisme et vénèrent un large panthéon divin, bien qu'ils attachent parfois
une attention particulière à certaines divinités. Ils ont des dieux pour chaque aspect de leur vie
quotidienne, comme Héra, déesse du mariage, ou Hermès, dieu du commerce.
Les Grecs croient que ces dieux influencent leur existence et cherchent à obtenir leur aide de
diverses manières : en offrant des sacrifices, en priant, en organisant des processions en leur
honneur ou en construisant des temples et des statues à leur image. Les dieux grecs ont toujours une
forme humaine, ce qui les rend proches des hommes. Dans les mythes, ils agissent souvent comme
des humains, exprimant des émotions telles que la colère, la jalousie, le mensonge ou l'amour.
C- Les sanctuaires panhelléniques
Les Grecs partagent des sanctuaires communs. Ceux-ci consacrent généralement un dieu en
particulier et sont des lieux de célébrations communes très importantes pour l'unité du
monde grec.
Définition :
Panhellénique : Qui est lié et commun à tous les grecs.
Dans le monde grec, plusieurs sanctuaires sont dédiés à des divinités majeures :
Le sanctuaire d'Olympie, consacré à Zeus,
Le sanctuaire de Paphos à Chypre, dédié à Aphrodite,
Le sanctuaire de Delphes, honorant Apollon,
Le sanctuaire de Corinthe, dédié à Déméter.
Ces sanctuaires attirent des Grecs de toute la Méditerranée, qui se rassemblent
régulièrement pour rendre hommage aux dieux. À cette occasion, divers concours sont
organisés, qu'ils soient musicaux, sportifs, etc. Tous ces événements ont une dimension
religieuse, à l'instar des Jeux olympiques qui se tiennent à Olympie en l'honneur de Zeus, le
roi des dieux. Les jeux olympiques débutent en l’an 776 avant J-C et sont considérés comme
la principale célébration panhellénique.
Les jeux olympiques se tenaient tous les quatre ans et gravitaient autour de plusieurs
épreuves sportives (course à pied, course de char, lancer de disque, lancer de javelot, lutte,
saut en longueur…)
À Delphes, d'autres jeux sont organisés pour célébrer Apollon, dieu des arts. Pour accueillir
les athlètes et les spectateurs, un théâtre de 5 000 places a été érigé à proximité du temple
d'Apollon, où des pièces tragiques ou comiques sont jouées.
De plus, lors de ces événements, une trêve est instaurée si les Grecs sont en guerre, afin de
permettre à tous de participer dans un esprit de paix.
III- Athènes, berceau de la démocratie
A- La naissance de la démocratie
Pendant des siècles, Athènes est dirigée par un petit nombre de riches familles. En 508 av. J.-
C., Clisthène fait adopter des réformes qui donnent un nouveau gouvernement à la cité.
C'est le début de la démocratie. La démocratie repose sur plusieurs principes, parmi lesquels
:
- Les citoyens élisent leurs magistrats, dont dix stratèges qui dirigent l'armée et
gouvernent la cité pour une année. Parmi les plus connus, Périclès a dirigé la cité
pendant quinze années consécutives entre 443 av J.-C et 429 av J.-C.
- Les juges et les conseillers qui préparent les lois sont tirés au sort parmi les citoyens,
quelle que soit leur richesse.
- Ce n'est donc pas un roi qui dirige mais l'ensemble des citoyens.
- Les citoyens votent les lois, votent l'ostracisme, votent la guerre et la paix à l'Ecclésia,
sur la colline de la Pnyx, face à l'Acropole.
Définitions :
Citoyen : Habitant disposant de droits politiques et ayant aussi des devoirs. A Athènes, un
citoyen doit être un homme d’au moins 20 ans, ayant effectué son éphébie (service
militaire), fils de père et de mère athéniens.
L’Ecclésia : Assemblée des citoyens athéniens, réunis sur la colline de la Pnyx.
Ostracisme : Bannissement d’un citoyen pendant dix ans, sur décision de l’Ecclésia
Démocratie : Forme de gouvernement où le pouvoir est détenu par les citoyens.
Panathénées : Fêtes religieuses organisées tous les quatre ans en l’honneur de la déesse
Athéna. Tous les habitants y participent.
B- Le rôle des citoyens athéniens
Seules les personnes nées de père et de mère athéniens peuvent être citoyens, ce qui limite déjà
fortement la possibilité d'obtenir la citoyenneté à Athènes. La majorité des habitants est donc exclue
de la citoyenneté :
Les étrangers, qui viennent d'autres cités grecques mais qui n'ont pas la citoyenneté athénienne.
Les femmes et les enfants de citoyens, qui ne participent pas à la vie politique ni aux devoirs civiques.
Les esclaves, qui n'ont aucun droit.
La démocratie athénienne est donc limitée par rapport à celle que nous connaissons aujourd'hui.
Seuls les citoyens prennent part aux décisions politiques, tandis que les plus pauvres n'ont pas le
temps de participer aux débats car ils travaillent.
- Les citoyens athéniens doivent aussi remplir des devoirs au nom de leur cité :
- Le citoyen doit combattre pour sa cité, il doit également acheter son matériel militaire et ses
propres armes.
- Il doit respecter les lois.
- Il participe aux fêtes religieuses et civiques de la cité, comme les fêtes des Panathénées.