MEMOIRE
MEMOIRE
MÉMOIRE DE MASTER
Sujet :
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SOMMAIRE
SOMMAIRE…………………………………………………………………………………..3
AVANT PROPOS …………………………………………………………………………….4
REMERCIEMENTS………………………………………………………………………….5
INTRODUCTION GÉNÉRALE…………………………………………………………...….6
PREMIERE PARTIE : ÉTAT DES LIEUX DE L’INSÉCURITÉ DANS LA VILLE DE
TIASSALÉ………………………………………………………………………………...…36
CHAPITRE1 : Présentation des structures de sécurité dans la ville de Tiassalé…………..….37
CHAPITRE2 : La persistance de l’insécurité dans la ville de Tiassalé …………………….…65
DEUXIEME PARTIE : LES FACTEURS EXPLICATFS DE L’INSECURITE DANS LA
VILLE DE TIASSALÉ …………………………………………………………………..80
CHAPITRE3 : La croissance démographique et une urbanisation mal contrôlée : des
déterminants d’insécurité dans la ville de Tiassalé ………………………………………… 81
CHAPITRE4 : Position géographique et les facteurs socio-économiques, des mobiles de la
persistance de l’insécurité dans la ville de Tiassalé………………………………………… 98
TROISIEME PARTIE : LES EFFETS INDUITS PAR L’INSECURITE DANS LA
VILLE DE TIASSALE….…………………………………………………………………109
CHAPITRE 5 : L’impact de l’insécurité sur les activités économiques et la population……..110
CHAPITRE 6 : Stratégie de lutte contre l’insécurité dans la ville de Tiassalé ………………117
CONCLUSION GENERALE ................................................................................................127
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................129
ANNEXE……………………………………………………………………………………133
TABLE DES ILLUSTRATIONS……………………………………………………...........135
TABLE DES MATIÈRES………………………………………………………………144.
1
DÉDICACE
2
Sigles et Acronymes
BM : Banque Mondiale
3
PUD : Plan Directeur d'Urbanisme
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AVANT- PROPOS ET REMERCIEMENTS
Ce mémoire est rédigé en année Master 2, au moment où les étudiants viennent de franchir le
cap de deux années de Master et aspirent par la même occasion frapper aux portes des années
de Doctorat. Sa rédaction vise à initier les étudiants, futurs chercheurs, à la méthodologie des
travaux scientifiques. Le sujet sur lequel a porté notre choix s’intitule : la dynamique de
l’insécurité dans la ville de Tiassalé Il est tiré de la problématique générale de la Géographie
et plus précisément de celle de la géographie sociale.
Ainsi, la présente étude, portant sur l’insécurité dans la ville de Tiassalé, elle vise à montrer, à
travers une analyse multidimensionnelle, s’il existe un lien entre la société et la dynamique de
l’insécurité dans la ville de Tiassalé.
Ce travail est le fruit d’une recherche bibliographique et du concours de plusieurs personnes et
personnalités, à qui nous voudrions exprimer nos reconnaissances et gratitudes.
Nos remerciements vont à l’endroit de l’ensemble du corps enseignant du Département de
Géographie de l’Université Alassane OUATTARA et plus précisément à l’endroit de notre
encadreur Docteur ASSUE Yao Jean Aimé, et de notre instructeur Professeur KOFFI Brou
Émile ; sans omettre ceux qui nous prodiguent de nombreux conseils notamment, le Professeur
DJAKO Arsène, Chef du Département de Géographie et le Professeur ASSI-KAUDJHIS
Joseph.
Nous disons également merci aux responsables des structures qui ont non seulement accepté de
bien nous recevoir, mais qui nous ont fourni les informations nécessaires à la réalisation de ce
travail. Il s’agit notamment de Monsieur le Maire de Tiassalé et ses collaborateurs ; Monsieur
le Directeur Régional du Ministère de la Construction et de l’Urbanisme (DR-MCU) et ses
collaborateurs ; Monsieur le Commissaire de Police de Tiassalé et ses collaborateurs ; le
Commandant de brigade de la Gendarmerie de Tiassalé, le Directeur de l’hôpital général de
Tiassalé et ses collaborateurs et enfin Madame la procureure de la justice de Tiassalé.
Nous exprimons nos remerciements ainsi que nos encouragements à l’endroit des membres de
notre groupe d’étude, notamment ; KOUAKOU Kikoun Prisca ; NEMAGHON Ange Mireille;
OUATTARA Ouassa Gnouma. ,Chibani Jean.
Nous ne saurions terminer, sans adresser nos remerciements et gratitudes aux personnes qui ont
contribué de près ou de loin à la réalisation de notre cursus scolaire et universitaire jusqu’à ce
jour.
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
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1. JUSTIFICATION DU SUJET ET DU CADRE SPATIAL
1.1Justification du sujet
Depuis quelques années, les débats autour de la montée de l'insécurité font la une des
manchettes un peu partout dans le monde. Il ne se passe pas une journée sans que les médias
accaparent des évènements dramatiques ou des incidents criminels pour en faire des nouvelles
sensationnalistes.
Les critères d’attractivité des espaces urbains deviennent nombreux et pointilleux. L’un de ces
critères et non les moindres est le niveau d’insécurité des villes. Le constat est que le monde
urbain devient le théâtre d’une insécurité qui croît de jour en jour (attentats, agressions, vols,
manifestations violentes, enlèvements et autres types de violence) sont les risques que les
citadins courent en permanence, et ce dans toutes les villes du monde (SCHERER, 2010).
Ce phénomène d’urbanisation, récent dans les pays en développement à longtemps caractériser
des pays d’Europe. « Au début du XIXe siècle, la population mondiale était majoritairement
rurale. En Europe, les villes n’abritaient que 12% de la population du continent≫
(Encyclopédie Larousse, 2000). Dans les pays du tiers monde notamment ceux de l’Afrique,
les fortes disparités régionales expliquent continuellement la ruée massive des populations vers
certains centres urbains rendus plus attractifs en matière d’infrastructures et d’activités
économiques. Ainsi, les fortes dynamiques économique et démographique ont des empreintes
spatiales dans les villes à travers le phénomène de l’étalement urbain.
Dans ces conditions, l’aménagement des villes par la mise en place accélérée des équipements
de base devient indispensable pour maintenir la qualité de vie qu’il convient de conférer à la
ville.
C’est pourquoi les gestionnaires publics, les chercheurs universitaires en passant par les groupes
de pression et les populations locales, l'enjeu « sécurité » occupe aujourd'hui une place
importante dans les préoccupations des citadins.
La Côte d’Ivoire faisant partie de l’Afrique est touchée pas ce phénomène. Nombreux
observateurs tendent à considérer cette sous-région Africaine comme étant au cœur des ténèbres
même si cette vision est réductrice elle n’en souligne pas moins l’acuité des problèmes de
sécurité et de stabilité en Afrique. Cependant, la Côte d’Ivoire a connu la crise militaro
politique depuis le 19 septembre 2002 et de 2011. Ces crises ont d’ailleurs accentué le
phénomène d’insécurité, la fermeture et la délocalisation des entreprises et par ricochet les
pertes de nombreuses pertes d’emploi dans le public et le privé, cela a augmenté le nombre des
chômeurs en Côte d’Ivoire. La ville de Tiassalé champ de notre étude n’est pas en marge de
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cette situation sécuritaire. Par ailleurs, compte tenu du contexte de développement durable dans
lequel s’inscrit la Côte d’Ivoire, il est important que tous types d’insécurité soient enrayés afin
de parvenir à un développement durable et paisible. En effet, voyant l’évolution de l’insécurité
dans la ville et son l’impact sur le cadre de vie de la population et celle des activités socio-
économiques, nous avons jugé utiles de jeter un regard sur cette situation préoccupante afin
d’appréhender les difficultés sécuritaires rencontrées par la localité. C’est dans cette optique
que nous avons choisi pour sujet : «La dynamique de l’insécurité dans la ville de Tiassalé».
Vouloir étudier le phénomène de l’insécurité dans la ville de Tiassalé, c’est se rendre compte
de la qualité de sécurité que connait cette ville. C’est aussi relever les facteurs qui constituent
une entrave au développement de la ville.
Notre champ d’études, Tiassalé ville ivoirienne se situe entre aux coordonnées 5°53 de la
latitude Nord et 4°49 de la longitude. Cette ville est limitée au Nord par la ville de Toumodi,
au Sud par la ville de Grand-Lahou, à l’Est par celles de Sikensi et Agboville et à l’Ouest par
celle de Divo. Tiassalé fait partie de la région de l’Agneby-Tiassa, elle compte une population
de 20057 habitants. Cette ville a été choisie comme cadre spatial pour mener notre travail de
recherche pour diverses raisons.
Au niveau géographique, la ville de Tiassalé est un carrefour d’échanges situé entre la zone
savanicole et la zone forestière. Elle est presque équidistance des deux capitales du pays,
notamment à 125 km de la capitale économique Abidjan et à 118 km de la capitale politique et
administratifs, Yamoussoukro. Cette situation géographique est un facteur prépondérant dans
le phénomène de l’insécurité.
Au niveau historique et sociodémographique, Tiassalé a été l’un des premiers points de
pénétration vers l’intérieur du pays à cause du fleuve Bandama sur lequel navigation était aisée.
Il a été l’objet de convoitise de plusieurs populations (les migrants ivoiriens qu’étrangers en
quête d’opportunités économiques) cela a entrainé une forte croissance démographique.
Après les crises qu’a connues la Côte d’Ivoire, le niveau d’insécurité s’est élevé. Ainsi, il nous
parait intéressant de lever le voile sur ce phénomène.
Cependant, en notre qualité d’apprenti géographe, nous chercherons les causes fondamentales
et proposerons des solutions afin de réduire le niveau d’insécurité dans la ville de Tiassalé et
d’avoir une ville d’eldorado. Pour mieux apprécier notre zone d’étude, la présentation d’une
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carte s’avère nécessaire. Ainsi, la figure 1 nous donne la localisation de la ville de Tiassalé par
rapport à la Côte d’Ivoire.
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2. REVUE DE LA LITTERATURE
Introduction
Les problèmes liés au développement des villes sont nombreux. Certains sont beaucoup plus
manifestes dans les pays en développement notamment ceux de l’Afrique subsaharienne.
L’insécurité, bien que présentée par de nombreux intellectuels comme un obstacle au
développement, fait cependant partir des problèmes des villes subsaharienne. La Côte d’Ivoire
fait-elle l’exception ? Assurément pas. Car, une observation de la dynamique des grandes villes
ivoiriennes permet de déceler un taux élevé du niveau de l’insécurité dans les villes ivoiriennes.
La présente revue de la littérature constitue un tour d’horizon fait sur la question de l’insécurité,
à travers les écrits des institutions internationales, des chercheurs, des organes de presse et
intellectuels Africains. Lesquels écrits nous permettent d’abord d’appréhender le phénomène
de l’insécurité, ensuite, le problème de la persistance de l’insécurité tout en nous imprégnant
des stratégies possibles pour l’Afrique.
Il existe une littérature abondante sur la question de l’insécurité, car pendant ces dernières
années elle polarise la tension de beaucoup de chercheurs.
Dans le cadre de notre recherche, la complicité et de l’aspect multidimensionnel de la question
sécuritaire , nous ont permis de présenter de façon thématique ,synthétique et analytique, une
sélection d’un certain nombre de livres, de revues, de rapport parmi une abondante littérature
consacré à ce sujet, mais compte tenu des directives que nous nous sommes données dans notre
problématique, la synthèse présentée ici concerne les thèmes suivants : la dynamique,
l’insécurité ,les causes de l’insécurité, les causes et les conséquences.
Comme il est dit communément, "le français est élastique". Les mots, les termes, et les
expressions peuvent avoir plusieurs sens selon le domaine dans lequel ils sont employés.
S’agissant de ceux utilisés dans notre sujet, ils ne font pas exception à cette latitude qu’offre la
langue de Molière. Il est important alors que nous arrivions à circonscrire le cadre sémantique
de l’utilisation que nous leur donnerons. Il s’agira de définir les notions clés la dynamique,
l’insécurité, le criminel, le crime, le délit, la violence. (TREMAGAN, 2016)
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2.1.1 Notion d’insécurité
Selon le dictionnaire le Petit Larousse illustre (2004), l’insécurité se définie comme le manque,
l’absence de tranquillité ou de sécurité .Ainsi, le concept de sécurité se trouvant opposé à celui
de l’insécurité qui se définit comme la confiance, la tranquillité d’esprit de celui qui se croit à
l’abri, mais aussi la situation sure à l’absence réelle de tout danger.
Par contre selon le dictionnaire encyclopédique(2002) l’insécurité reste précise donne un sens
scientifique de la sécurité .La sécurité selon ce dictionnaire est l’ensemble des mesures
matérielles, politiques, économiques et sociales destinées à assurer la protection des biens et
des personnes. Cependant cette insécurité peut être individuelle aux collectives, elle est
combinée de danger réel aux imaginaires et la perception de sa gravite.
CHENAIS (1981), définit l’insécurité comme le risque au même titre que les risques naturels
ou technologiques, les conflits armés sont source des dangers. Il peut donc susciter chez tout
individu la peur, la méfiance et même la haine.
Par contre GAROSCIO (2006), pour lui le sentiment d’insécurité est pris comme une angoisse
cristallisée sur la peur d’être victime.
Pour RIOUX l’insécurité « c’est l’ensemble des menaces politiques, économiques, sociales,
environnementales et culturelles qui confrontent les individus dans leur vie quotidienne »
Elle est constituée aussi bien du risque réel qu’encourent les individus que des perceptions
fondées ou non de danger réel ou pas.
Dans une vision large, elle est provoquée pas tous les phénomènes pouvant mettre en danger
l’intégrité physique, spirituelle et morale des personnes humaines.
Plusieurs études ont été menées sur l’insécurité, mais elles se distinguent de par leurs contenus.
Les études effectuées ont certes donné des résultats qui, pour nous, nécessitent d'être complétés
et mis à jour du fait des transformations quotidiennes que connaissent nos sociétés, mais aussi
à cause de l'évolution du phénomène de l’insécurité et des formes sous lesquelles elle se
présente aujourd'hui.
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La majeure partie des œuvres étudiées sur le phénomène de l’insécurité évoquent et expliquent
les facteurs liées à ce phénomène restent sensibles non seulement au problème d’évolution de
l’insécurité et aussi des politiques applicables en matière de lutte contre ce fléau.
Selon RENNER (1999), les facteurs explicatifs de l’insécurité résident dans l’évolution de la
société, de l’économie et de l’environnement de plus en plus marqué non seulement par la
fragmentation a la montée du Tribalisme, mais aussi par la mondialisation. Á ce propos,
PINTEL (1966), affirme « la criminalité de nos jours n’est plus un phénomène résiduel, mais
un phénomène caractéristique de notre société en mutation ». D’autres auteurs quant à eux
intéressés aux politiques et aux moyens applicables afin de venir à bout du phénomène. C’est
dans cette même logique que s’inscrit GASSIN (1994), propose la prévention comme une piste
pour lui prévenir l’insécurité consiste à faire une typologie de la prévention en fonction de la
nature de criminalité donnée. L'enquête réalisée par la Banque Mondiale dans 63 pays et auprès
de 30600 entreprises privées à travers le monde montre l'existence et la constance de la
criminalité d'autant plus que près de 80% des chefs d'entreprises interrogés affirment avoir été
victimes d'un acte criminel. Et cela pour la raison que certains pays, notamment de l'Afrique,
de l'Amérique Latine, de la Communauté des Etats Indépendants (C.E.I.) et des Pays d'Europe
et Orientale (P.E.C.O.) paraissent souffrir d'un vide institutionnel total propice à la criminalité
et à la violence et, d'une manière générale, à l'insécurité des biens et des personnes.
De ce qui précède, nous dirons que la sécurité reste une préoccupation majeure et une condition
nécessaires au maintien de l'État de droit. Dans le cadre du développement de « L'État social
actif », dont les pierres angulaires sont la croissance économique et la protection sociale, la
gestion de la sécurité par les autorités s'impose. La réalisation de tels objectifs concerne aussi
bien les pays développés que les pays en voie de développement.
2.1.2 Le crime
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l'on considère, mais ce phénomène a de tout temps existé et l'homme s'est aussi préoccupé de
rechercher ses causes et plus particulièrement de rechercher des moyens pour le combattre.
Malheureusement, les dispositions prises pour réduire ou même enrayer l'insécurité (dans les
grandes agglomérations et les villes satellites) ne pourront jamais être efficaces, d'une part à
cause de l'accroissement sans cesse de la population et de la dégradation de l'environnement
socio-économique et politique, et d'autre part à cause d'une politique de suivi des mesures
négligées.
Dans le Lexique des termes juridiques (2000), le crime est défini comme une infraction grave
jugée par les cours d'assises et passible d'une peine afflictive et infamante.
Pour la conduite de notre étude, nous nous servirons de l'approche d’ELLENBERGER qui est
plus criminologique. Mais nous tiendrons essentiellement compte des aspects juridiques,
sociologique et psychologique dans nos analyses, car n'ayant pas eu de cas lié au complexe
d'ordre biologique.
2.1.3 Le criminel
Le criminel est une personne qui est coupable d'une infraction grave à la morale ou d'une
infraction que les lois punissent d'une peine afflictive ou infamante selon le Dictionnaire
universel (1998).
Selon le Dictionnaire universel (1998), l’acte criminel est un acte qui est condamnable,
répréhensible du point de vue de la morale. Par ailleurs, le Dictionnaire encyclopédique dit
que la criminalité est l'ensemble des actes criminels commis dans un groupe social pendant une
période donnée. La criminalité est le caractère de ce qui est criminel, d'une personne ou accusé
d'une culpabilité.
2.2 Le délit
En Droit civil, le délit est une infraction à la loi entraînant un préjudice pour autrui ; alors qu'en
Droit pénal, le délit est une infraction punie d'une peine correctionnelle par opposition au crime
et la contravention.
2.2.1 L’infraction
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L'infraction est, quant à elle, définie comme une action ou omission déterminée par la loi pénale
et punie de certaines peines également fixées strictement par elle. Le Lexique des termes
juridiques qui nous octroie cette définition en donne une vingtaine de types telles l'infraction
complexe, l'infraction continue, l'infraction d'habitude...
2.2.2 Le délinquant
Selon le Dictionnaire encyclopédique, le délinquant est une personne qui a commis un délit, qui
commet régulièrement des délits. Le Petit Robert (2002), lui définit en conséquence, la
délinquance comme une conduite caractérisée par des délits répétés, considérés surtout sous
son aspect social. Elle est également l'acte du délinquant.
2.2.3 La violence
En définitive, le Dictionnaire universel définit la violence comme la force brutale exercée contre
quelqu'un ou encore une contrainte illégitime, physique ou morale. D'une façon générale, la
violence est l'illustration de la force brutale ou intimidation pour agir sur quelqu'un ou le faire
agir contre son gré, sa volonté. La violence est tout acte responsable qui porte atteinte à
l'homme.
Selon GRAVIER (2006), définit-il l'acte de violence comme l'impossibilité pour un individu de
mettre en mots, en images, en représentations des émotions qui pourraient dire la colère, le vide,
le traumatisme.
C’est dans cette veine que NEPOTE (1966), affirme il faut ne jamais oublier, en effet que la
criminalité, considérable le fais dans son importance et dans ses manifestations, est le produit
d’une certaine forme de la vie sociale
Par contre pour MICHAUD (1973), parlant de la violence, disait que « La violence : ce sont le
meurtre, la torture, les agressions, les massacres, les guerres, l’oppression, la criminalité, le
terrorisme, etc. Pourtant, une fois passées ces premières évidences, définir la violence n’est pas
facile et les difficultés rencontrées renvoient à des questions importantes »
Selon l’OMS, la « violence est l'utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à
l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou
risque fortement d'entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de
développement ou un décès » .
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KREGIEL (2003), pense, au contraire, que la violence est « la force qui porte atteinte à
l’intégrité physique ou psychique pour mettre en cause, dans un but de domination ou de
destruction, l’humanité de l’individu »
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peu plus clair, d'autant plus que, à l'issue du colloque, les organisateurs scientifiques sont
tombés d'accord sur la mise en place d'un réseau de recherche international sur ce thème.
Pour comprendre la survenue de l’insécurité, il nous faut en connaître les facteurs. Car notre
capacité à prévoir les problèmes de demain et a solutionné ceux d'aujourd'hui dépend largement
de notre aptitude à déceler et comprendre les facteurs qui les favorisent. L’étude des causes d'un
phénomène consiste en la recherche des facteurs qui peuvent le déclencher, le stimuler ou le
favoriser. Ces facteurs sont multiples.
2.3 La pauvreté
Selon SARAH (1999), il existe trois formes de pauvreté à savoir la pauvreté monétaire, la
pauvreté des conditions de vie ou d’existence et la pauvreté de potentialité ou de capacité. La
pauvreté monétaire exprime un aspect de vie résulte d’une insuffisance de ressources
engendrant une consommation insuffisance. La pauvreté des conditions de vie peut également
être conçue comme l’impossibilité de satisfaire aux besoins dans les domaines relatifs à
l’alimentation, à la santé à l’éducation ou au logement. La pauvreté de potentialité est le fait
que l’on n’ait pas pu disposer les moyens (différente forme de capitale) qui auraient permis de
vivre correctement et de mettre en valeur ses capacités individuelles.
DSRP-I (2002), va dans le même sens en disant que le concept de la pauvreté est
multidimensionnel et complexe. Sa définition revêt trois aspects notamment monétaires et
financiers, accessibilité et psychologique et collective .En effet, la pauvreté au plan monétaire
et financier est perçue comme l’état d’une personne qui ne dispose pas des ressources
suffisantes pour satisfaire ses besoins primaires et vitaux. En outre, au plan psychologique, la
pauvreté est un état d’esprit, un sentiment d’exclusion, de frustration par rapport à la famille et
la communauté.
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monétaire. Mais elle se traduit également par une précarité des conditions de vie par les risques
d’exclusion sociale et les facteurs d’ordre psychologique liez à la perception personnelle de la
pauvreté. La pauvreté désigne la situation d’un individu dont la dépense de consommation est
en dessous d’un montant , appelé seuil de pauvreté (PND ,2012-2014).il ajoute ainsi qu’ entre
1985-2008, la fraction de la population ayant un revenu en dessous du seuil de pauvreté de
75000 francs CFA par tête et par an .Du point de vue collectif, une communauté peut être
considérée comme pauvre parce que se sentant exclu. Le rapport de la banque mondiale rédige
par BENI COURT (2001), l’a amorcée par ses propos. Le pauvre est une personne ne disposant
pas de revenu nécessaire pour vivre dans les conditions décentes.
Dans cette même veine NINACES (1995), cite par HALIMATOU-BA (2006) définit la
pauvreté comme une situation qui mesurée à partir des indicateurs financiers et qui caractérise
par un manque d’argent pour se procurer la nécessite de base. Quant à WRESINSKI(1987), la
pauvreté est l’absence de sécurité, d’emploi permettant aux familles d’assurer leurs obligations
professionnelle, familles et sociales et pour leur droit fondamentaux.
De façon claire, la pauvreté est celui ne dépense pas 370dollars par an (BM 1995) MARIKO et
CISSE (2002), cite par ASSUÉ (2013), le pauvre est celui qui présente un déficit alimentaire,
qui est mal loge, éduque (éducation scolaire) et qui est en mauvaise santé. Abordant dans le
même sens MIGIRO (2010), indique que la pauvreté signifie non seulement l’incapacité de se
nourrir de se loger et de se vêtir, mais aussi l’impossibilité d’avoir accès aux ressources sociales
et de participer à la vie communautaire.
La crise économique de 1980 a plongé la Côte d’Ivoire dans une phase de récession économique
persistante. Face à ce bouleversement, le pays opte pour les Programmes d’Ajustements
Structurels (PAS) dans l’espoir d’atténuer le choc. Ces PAS au lieu de résoudre le problème ont
plutôt eu des répercussions négatives et importantes sur les différents secteurs sociaux. On
assiste à l’augmentation du taux de pauvreté dû au chômage. Ainsi de 10% en 1985, il passe
progressivement à 36,8% en 1995, de 38,4 % en 2002 à 46,3% en 2015 (ENV, 2015). En plus,
le coup d’État de 1999 et la crise militaro-politique de 2002 qu’on connut le pays à envenimer
la situation de la pauvreté et de l’emploi formel dans les secteurs publics et privés. Elles ont eu
pour conséquence directe sur la fermeture des entreprises du pays réduisant ainsi le nombre
d’emplois.
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Selon OUATTARA (1999), cite par ASSUÉ, la pauvreté en milieu urbain ivoirien a progressé
de 13% en 1995 à 31%en 1998. En 1993 et1995 la pauvreté a respectivement progressé de 26,7.
DSRP(2009), va dans le même sens en disant qu’en 2008 environ 48 Ivoiriens sur 100 étaient
frappés par la pauvreté.
Le PNUD (2009- 2013), montre qu’en Côte d’Ivoire le taux de pauvreté qui était de 10% en
1985 est passe 32,3% en 1993, puis 33,6% en 1998 et 38,4% en 2002 pour atteindre 48,9% en
2008. Il poursuit pour dire que la pauvreté est fortement ancrée dans le milieu rural en Côte
d’Ivoire. En effet, le taux de pauvreté en rural est passe de 15,8% en 1985, 49% en 2002 pour
atteindre 62,5% en 2008.
La pauvreté touche indistinctement les deux sexes. Cependant, celle des femmes est plus élevée.
Elle se chiffre en 2008 à 48,4% chez les hommes et 49,5% chez les femmes contre
respectivement 38,1% et 38,7% en 2002 (PND, 2012-2015).
De façon générale, le mot échec signifie manque de réussite ou insuccès. Selon le dictionnaire
encyclopédique (2000), l’échec est le résultat négatif d’une tentative, d’une entreprise. Sur le
plan psychologique, l’échec est défini comme le contraire de la réussite. Selon le multi
dictionnaire des difficultés de la langue française (1996), l’échec scolaire est le fait de quitter
l’école avant la fin des études scolaires obligatoire sans avoir obtenu de diplôme d’études
secondaire.
En milieu scolaire, l’échec est une notion relativement récente et difficile à définir dans l’absolu
puisqu’elle est liée au contexte social et historique dans lequel la question est posée. Elle dépend
de l’objectif que la société s’est fixé à un moment donné, en termes de durée de scolarisation et
de niveau de diplôme. C’est cette phase conceptuelle qui a conduit certains auteurs à dire que
c’est une notion évolutive.
Pour LEGENDRE (1993), l’échec scolaire est la situation d’un élève qui n’atteint pas les
objectifs des programmes d’études fixés par le système scolaire dans lequel il évolue. Selon
LANSMAN et TOURNEUR (1985), « l’échec scolaire se définit comme l’écart entre le résultat
attendu et le résultat obtenu. Il se définit par rapport à un seuil en dessous duquel il y’a
frustration pour l’auteur (insatisfaction pour le formateur : le professeur, gestionnaire, parent)
et un manque à gagner pour le système (la société, l’école) ». C’est aussi la distance qui sépare
l’attente ou la demande d’une part et le résultat obtenu d’autre part.
20
Pour leur part, NOMAYE et GALI (2000) définissent l’échec scolaire en des termes étroits et
opérationnels comme : « la déperdition scolaire se rapportant à des élèves qui n’achèvent pas
leur scolarité dans les délais prescrits soit parce qu’ils abandonnent définitivement l’école soit
parce qu’ils redoublent : une ou plusieurs classes ». Cet apprentissage doit tenir compte de la
caractéristique des écoles qui réussissent à prévenir la délinquance et partant de l'insécurité
selon ce que RUTTER appelle «THE SCHOOL ETHOS - Le climat académique » qu'il décrit
comme suit: «Ce climat peut être décrit en quatre points les enseignants insistent fortement sur
le travail scolaire ; ils donnent régulièrement. Des devoirs et des leçons ; ils encouragent les
élèves et disposent d'un système de récompenses pour les motiver à travailler et bien se conduire
et ils ont recours à des mesures disciplinaires fermes et équitables. ». D'autre part, la
contribution de l'école à la prévention de la délinquance ne saurait être surestimée. L'enfant qui
est issu d'une famille criminogène peut devenir délinquant quelle que soit l'école où il sera
envoyé. Cependant, les risques qu'il le devienne baissent s'il se retrouve dans un milieu scolaire
dont l'atmosphère bénéficie de la présence d'une masse de critiques de bons élèves, et où les
enseignants ont une pédagogie valable.
Ces individus qui versent dans la criminalité après l'échec scolaire sont victimes le plus souvent
d'une absence de projet d'insertion.
GLASMAN (1992), pour lui c’est la cellule familiale qui est pour la plus grande part
responsable de la délinquance juvénile et par ricochet de l’insécurité de la société .En effet, la
négligence parentale qu’elle soit attribuée à des conditions de vie difficiles, au temps consacré
à gagner un revenu à des carences personnelles ou à l’extrême jeunesse des mères constitue un
facteur de risques très élevés LASMAND (1992), c’est pourquoi MALANDU (1991), dit « la
pauvreté un fléau voire la mère de nombre maux sociaux. »
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Selon KALDOR (2007), la criminalité chez un parent, l’alcoolisme ou la toxicomanie, la
présence de conflits conjugaux et le phénomène de famille reconstituée sont aussi des facteurs
associés très importants.
De l’analyse qui précède, nous pouvons dire que les difficultés familiales ont une incidence
négative capitale sur le devenir des enfants qui peuvent facilement basculer dans la délinquance,
source d’insécurité. En somme, nos connaissances actuelles sur les problèmes d’insécurité nous
indiquent que les facteurs les plus importants agissent dès l’enfance, qu’ils ont une influence
durable, qu’ils mettent en cause principalement la famille, l’école et le milieu de vie et qu’ils
se développent davantage dans un contexte de pauvreté relative.
Conclusion
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3- PROBLEMATIQUE
Tiassalé ville située dans la région de l’Agneby-Tiassa n’échappe pas à cette réalité, ville
ivoirienne située au carrefour des grands axes routiers de la Cote d’Ivoire, a été secouée par la
crise poste électorale. Il ne se passe pas de journée sans que la police et la gendarmerie ne soient
saisies d'un fait lié à l'insécurité. En 2015, le seul commissariat de Tiassalé a enregistré 1137
infractions ; soit 97 infractions en moyenne par mois. Nous ne saurions passer sous silence la
23
hausse constatée en 2016 avec 1250 infractions ; un taux de croissance de 7,48%. Ces chiffres
démontrent qu'à Tiassalé, l'insécurité a atteint une grande dimension.
C’est dans cette optique que les élus et cadres œuvrent pour l’instauration d’un climat de
sécurité à Tiassalé, en dépit des efforts consentis par les autorités ivoiriennes pour une
recrudescence des facteurs liés à l’insécurité, le problème de la persistance l’insécurité dans la
ville Tiassalé. Pourquoi malgré les efforts consentis, l’insécurité persiste-t-elle dans la ville de
Tiassalé ? De cette question centrale découlent les questions subsidiaires suivantes :
Quels sont les effets induits par l’insécurité dans la ville de Tiassalé ?
24
4-OBJECTIFS DE L’ETUDE
1. Objectif général
2. Objectifs spécifiques
5- HYPOTHÈSE
5.1Hypothèse générale
-Les quartiers éloignés de la brigade de gendarmerie sont plus exposés à l’insécurité du fait du
mauvais état des voies ;
25
6. MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Les méthodes utilisées pour la réalisation de cette étude ont été déterminées par rapport à nos
objectifs. Ainsi notre approche méthodologique nous a conduits à la démarche suivante :
L’approche théorique ;
L’identification des unités d’observation ;
Les variables d’analyse ;
Les méthodologies et techniques de collecte des données ;
Le traitement des informations
Pour comprendre le problème d’insécurité dans la ville de Tiassalé, nous avons élaboré une
démarche systémique qui part des faits historiques pour aboutir au contexte actuel. De ce fait,
cette approche se présente comme suit.
26
Figure 1 : modèle systémique du phénomène étudié
Pauvreté
Difficultés familiales
Problème d’insécurité
Cette approche laisse transparaître un certain nombre d’évènements qui interagissent dans
l’espace urbain pour aboutir au problème sécuritaire
. En effet, La crise militaro politique est liée à plusieurs facteurs qui interagissent entre eux pour
donner ce phénomène. La Côte d’Ivoire dans les années 1970 a connu une véritable croissance
27
économique appelée le miracle ivoirien. Ce miracle a été possible grâce au binôme café- cacao
sur lequel repose son économie. Cette période a permis la réalisation de grands projets qui ont
favorisé non seulement la création massive d’emploi formel pour la population active, mais
aussi une forte migration de la population de la sous-région en direction du pays. Mais cette
prospérité sera de courte durée à cause de la crise mondiale des années 1980 qui a induit la
chute des revenus d’exportation. Suite à l’effondrement des cours mondiaux de tous les produits
agricoles d’exportation, le pays se trouve dans un déséquilibre financier qui par conséquent a
été soumis à une succession de programme de stabilisation et d’ajustement structurel à partir
de1981 (BAMBA et al., 1992 cité par BEAUCHEMIN,2000. Les programmes d’ajustements
structurels (PAS) ont eu des répercussions négatives importantes sur les différents secteurs
sociaux. Ainsi, on assiste à une régression du nombre l’emploi de 42% dans le secteur
parapublic et dans le même temps, il a régressé de 36% dans le secteur privé TINH et
SCHINEIDER, 1991 cité par ESSI, 2016). Cette difficulté d’accès à un emploi formel va
engendrer le chômage grandissant et une croissance de la pauvreté urbaine qui serait passé de
3à 14% à Abidjan et de 24à 41% dans les villes de l’intérieur GROOTAERT, 1996.
L’engagement de l’État dans les programmes d’ajustement structurels et son essoufflement vont
entrainer des revendications sociales dans les années
1992. Ces revendications vont se poursuivre pour aboutir à la crise militaro-politique de 2002.
Cette instabilité aura pour corollaire la fermeture des unités industrielles de Tiassalé laissant
ainsi de nombreuses familles sans emploi. Cette situation a incité les populations s’adonne à
des stratégies de survie afin de s’assumer financièrement d’où le banditisme, coupeur de route
parmi lesquelles l’artisanat occupe une place non moins importante.
28
VILLE QUARTIERS
MENAGES
Il s’agit ici de l’espace urbain de Tiassalé. Cette échelle a permis de connaitre la ville,
d’identifier et de localiser les types d’insécurité de la ville. Elle a permis également
d’observer les systèmes d’assainissement et les infrastructures publiques. Elle a permis de
mieux appréhender l’impact de l’insécurité sur la vie de la population.
Les quartiers
La typologie des quartiers permet de cibler le niveau de vie des populations résidente. À ce
niveau les unités d’observation seront l’état de l’environnement, de la voirie et les
équipements. Cette échelle, a permis d’analyser l’état de l’environnement et les pratiques
environnementales dans les différents quartiers enquêtés.
Les ménages
Pour la vérification de nos hypothèses trois types de variables sont retenues en l’occurrence les
variables relatives ou problème de l’insécurité dans la ville de Tiassalé, les variables liées aux
facteurs explicatifs de l’insécurité dans la ville de Tiassalé et les variables relatives à lutter
contre l’insécurité dans la ville de Tiassalé.
29
7.1) Variables relatives au problème d’insécurité dans la ville de Tiassalé
Ces variables nous permettent de faire l’état des lieux de l’insécurité dans les différents quartiers
de la ville de Tiassalé
7.1.1) Variables liées aux facteurs explicatifs de l’insécurité dans la ville de Tiassalé
VARIABLES QUALITATIVES VARIABLES QUANTITATIVES
Effectif de la population par quartier
Les médias Densité de la population
Sexe Taux d’accroissement moyen annuel de la
Religion population
Ethnie Volume de la population
Type d’emploi Revenu
nationalité Âge
Niveau d’étude
Nature des activités
Profession
Niveau des agents de collectivité locale
La cruauté de la ville
30
Ces variables nous permettent de déterminer les facteurs explicatifs de l’insécurité dans la ville
de Tiassalé.
[Link] L’entretien
Pour collecter des informations nécessaires à notre étude, avons eu des entretiens. Il a été
conduit par un guide d’entretien. L’importance de ce guide est que nous avons discuté
directement avec des personnes sur les réponses à certaines questions qui peuvent susciter
d’autres questions. Ainsi, avons-nous pu nous rendre au commissariat ; à la gendarmerie ; à la
31
Mairie de Tiassalé ; à la de Justice de Tiassalé ; à l’hôpital général de Tiassalé et la clinique
IRIE Félix.
Dans le souci de traduire fidèlement les réalités liées aux difficultés qu’éprouvent les habitants
des quartiers de Tiassalé, nous avons établi une fiche d’enquête composée d’un questionnaire
en vue de mieux comprendre leur vécu quotidien.
Le nombre important des populations dans les quartiers de la ville de Tiassalé nous a conduits
à choisir la méthode de l’enquête par échantillonnage. Cette enquête a consisté à interroger une
fraction de la population étudiée et nous avons estimé que les résultats obtenus peuvent être
généralisés à l’ensemble de la population de Tiassalé. Pour ce faire, nous avons utilisé les
données de l’INS (RGPH, 2014) pour déterminer l’échantillon représentatif de la population de
la ville de Tiassalé.
Afin de bien mener notre étude, l’observation globale de la ville de Tiassalé, nous avons opté
pour les douze quartiers.
Cette étude repose sur trois techniques de collecte de données qui sont la recherche
documentaire, l’observation sur le terrain et l’enquête de terrain.
Pour conduire au mieux cette étude, la documentation a été une source d’inspiration. La lecture
des ouvrages traitant du phénomène d’insécurité et ceux abordant la criminalité surtout a servi
d’appui à la compréhension du sujet. Car cela a permis de savoir l’essentiel des informations à
recueillir et à traiter dans le cas de la ville de Tiassalé. Cette documentation se résume à travers
la revue de littérature. Á ces documents, il faut ajouter des données statistiques et la carte
d’occupation du sol de Tiassalé, acquises après maintes insistances auprès de l’INS. Ces
données nous ont renseignés sur les caractéristiques sociodémographiques (structure par âge,
sexe, la répartition et l’évolution de la population).
32
Aussi, faut-il signaler que les informations contenues dans la revue de la littérature sont tirées
des ouvrages acquis en librairie et principalement des articles et d’autres ouvrages en ligne via
internet.
Les ouvrages consultés sont des travaux de recherches (thèses, mémoires) et des documents
techniques des ministères(les rapports de synthèses, des articles et des données statistiques).
D’autres documents tels que les données statistiques et cartographiques ont été utiles. En plus
de ces documents textuels, des données statistiques et cartographiques ont été utilisées.
Les données statistiques ont été recueillies auprès de (l’INS, 2014), sur les données de
l’évolution de la population de la ville de Tiassalé. De 1965, 1975,1988 et 1998, auprès des
autorités sanitaires et sécuritaires.
En effet, l’exploitation de ces données de l’INS a permis d’analyser l’évolution de la population
dans la ville de Tiassalé.
Ces données concernent les caractéristiques sociodémographiques qui ont permis de dresser des
tableaux statistiques. Par ailleurs, auprès des autorités sanitaires nous avons eu des données
portant sur le profil sanitaire de la ville en rapport avec les impacts liés à l’insécurité dans la
ville de Tiassalé.
[Link] Les données cartographiques
Les données cartographiques ont été d’un apport considérable dans la réalisation de notre étude.
En effet, la carte permet d’avoir une vision globale de notre zone d’étude réalisée par l’Institut
National de la Statistique (INS, 2014). Cette carte permet d’élaborer de nouvelles cartes
présentant un ensemble de phénomènes bien précis relatifs à notre sujet. À savoir la
représentation des types d’insécurité dans les différents quartiers, la représentation des
différents types de quartiers et la position des structures sécuritaires par rapport aux quartiers.
33
[Link] L’enquête par interview
Elle a été effectuée auprès des personnes ressources notamment des responsables des structures
œuvrant dans le domaine de sécurité. Á ceux-ci s’ajoutent des chefs de quartiers ou de
communautés et des chefs de ménages. Dans l’optique de faire de façon précise des
recommandations pour dynamiser les politiques et stratégies visant à mieux concilier évolution
spatiale de la ville et couverture sécuritaire, nous avons demandé et obtenu des audiences à la
Mairie, la Gendarmerie, la Justice et à la police. Aussi, pour mieux appréhender la dimension
spatiale du phénomène de la dynamique de l’insécurité, ces interviews ont été focalisées sur
certains traits caractéristiques des différents quartiers.
La réalisation de l’échantillonnage a été faite dans des conditions difficiles à cause du manque
de bases de données sur la population étudiée (les ménages victimes d’insécurité) cela est dû à
l’inefficacité des structures sécuritaires. De plus, l’étendu de la ville, le nombre et la taille de la
localité ne nous permettent pas d’enquêter pratiquement tous les ménages de Tiassalé. Face à
cette situation, nous avons opté pour la méthode de choix raisonné.
Les critères de choix ont été possibles grâce aux informations recueillies auprès de la
Police, gendarmerie, justice et l’hôpital général. Partant de ces informations, les critères de
choix de la localité ont été établis en fonction de la présence de ressource sécuritaire, le statut
(urbain) de la localité.
Belleville constitue le quartier regroupant les structures de sécurité. Ici, nous voulons
comprendre est-ce la présence des ressources sécuritaires peuvent contribuer à la réduction du
niveau d’insécurité ?
[Link] Choix de l’espace enquêté
Le choix de l’espace comme unité spatiale se justifie par le fait qu’il apparait comme une forme
d’expression spatiale visible d’agression physique au même titre que d’autres indicateurs
sociaux comme richesse ou la pauvreté, le peuplement, le bien-être familial. Ainsi le ménage
apparait comme le lieu d’expression de l’inégalité sociale entre l’homme et la femme
(N’GUESSAN, 2017).
De ce fait, au niveau des ménages notre enquête consiste à un questionnaire semi-ouvert pour
laisser un plus grand choix de réponse aux enquêtés .Au niveau de l’espace d’étude et du choix
des quartiers, notre choix s’est basé sur les différents types d’habitats dont regorge la ville de
34
Tiassalé que sont les habitats résidentiels de haut standing le quartier comme Résidentiel et
Prof, ensuite les habitats de moyen standing Belleville, Francois kadjo, Tiassalékro et enfin
les quartiers précaires et évolutifs avec les quartiers et de Dafibougou et nouveau quartier. De
leur différence au niveau du type d’habitat et du nombre de ménages, ces quartiers nous ont
permettent de mettre en relation l’usage des agressions physiques dans les ménages dans la
ville, et aussi mettre en relation les types d’habitats avec le nombre de population ou de
ménages. Cela nous permet d’avoir une idée réelle de l’emploi d’agression physique dans la
ville de Tiassalé. En plus, le caractère sociodémographique des ménages, il est important pour
savoir si l’insécurité est plus répondue selon la situation matrimoniale, la nationalité et groupe
ethnique, la profession, le sexe selon le niveau d’instruction, la position géographique des
quartiers par rapport au structures sécuritaires.
35
Carte 2 : Localisation des quartiers à enquêtés et le volume des ménages enquêtés.
37
7.3.1 Choix des quartiers enquêtés
Le choix des quartiers c’est fait à partir de plusieurs critères, dont la situation géographique, les
pôles attractifs, aussi par la présence des marchés de nuit, des jeux de hasard ou non dans ces
quartiers pour comprendre s’ils impactent la vie.
Tableau 2 : Justification des quartiers enquêtés
QUARTIERS JUSTIFICATIONS
PROF -Situé au sud,
- N’abrite pas de marché ni d’Administration
BELLEVILLE -Situé au centre-est,
-Abrite les structures sécuritaires
MOSQUE -Situé au centre-ville,
-Abrite le marché et la gare routière
-Lieux de résidence des sans abris
DAFINDOUGOU -Situé au centre-nord
-Ce quartier abrite plusieurs ressortissants pour la plupart des
burkinabés
Manque d’éclairage dans les rues du quartier
BETE -Situé au sud
-Fait face à la voie principale de la ville et du marché
FRANCOIS KADJO -Situé au centre-ville
-Abrite un marché de nom de Tchègbanalogo (ce qui signifie garçon
célibataire)
TIASSALEKRO -Situé à l’est
-Il renferme tout le patrimoine tiassaléén
RESIDENTIEL -Situé au nord
-Abrite des administrations
PETEME -Situé au sud-est
-Ce quartier renferme assez de maison inachevée, pas semé de
plusieurs saltus
JERUSALEM -Situé à l’ouest
-Ce quartier n’abrite pas d’activité il a été choisie à cause de l’état
des voiries très mauvaise, sa positon aux structures sécuritaires im
38
Routes impraticables
COCODY 1 -Situé au centre
-La multitude présences des jeux de hasard, les vidéos clubs et
marché de nuit
COCODY 2 -Situé au centre
-la multitude présences des jeux de hasard et jeux vidéo
Voies dégradées
COCODY 3 -Situé au centre
-La multitude présences des jeux de hasard, les vidéos clubs et
marché de nuit
Présence des maisons inachevées
Les données recueillies sont traitées, organisées et présentées à travers des tableaux, des
graphiques, des statistiques et des représentations cartographiques. Cela vise une utilisation
aisée puis a apprécié rapidement les données. Pour ce faire, il a été impérieux de recourir au
traitement numérique de ces données à l’aide d’un ordinateur doté des logiciels comme EXCEL
pour les tableaux et graphiques, MICROSOFT OFFICE WORD pour des tableaux et les textes,
sans oublier ADOBE ILLUSTRATOR et QGIS 2.0.1 pour la réalisation des cartes. Mais, la
collecte des données et la phase d’expression des résultats ont été véritablement émaillées de
difficultés.
39
l’acquisition de ces données. Encore moins, les secteurs des quartiers où on perçoit mieux le
niveau d’insécurité des ménages, sont des sous-quartiers qui ne sont pas délimités sur une carte
de base (notamment le quartier Lisa). Par ailleurs, l’attitude méfiante ou parfois agressive de
certains chefs de ménages a freiné notre volonté de découvrir davantage les facteurs
d’insécurité. En outre, dans certains ménages des dommages liés à l’insécurité, a été à la base
du refus de certains mécontenté à répondre à notre interrogatoire qui est loin d’être une réponse
prompte à leurs déboires. Toutefois, nous sommes parvenus à avoir certaines données
secondaires (documentation) et principalement des données primaires afin de vérifier nos
hypothèses de recherche.
Au niveau des structures sécuritaires, nous avons eu des difficultés au niveau des données, des
informations qui n’étaient pas très précises. Nous n’avions pas pu avoir des données au niveau
du service financier de la mairie, car celui qui était chargé de nous les remettre venait tout juste
d’arriver et n’avait pas encore fait connaissance avec les informations. L’entretien avec le
directeur général de l’hôpital n’a pas été facile aussi à cause de son emploi du temps très chargé.
Une autre difficulté, tout aussi important est le coût élevé des informations provenant de
l’Institut National de la Statistique (INS).
40
TABLEAU SYNOPTIQUE
Questions de recherche Objectifs Hypothèses Echelles d’observation Variables Méthodologie Expression Plan de travail
des résultats
Comment comprendre la Apprehender L’insécurité persiste à La Côte d’Ivoire Synthèse
persistance de la persistance Tiassalé à cause de bibliographique
l’insécurité dans la ville l’insécurité l’insuffisance des
de Tiassalé. dans la ville de ressources sécuritaire
Tiassalé
Quel est l’état des lieux Faire l’état des Les quartiers éloignés Ville de Tiassalé Les variables relatives Recherche -Tableaux Première partie :
de l’insécurité dans la lieux de de la brigade de au problème documentaire - Cartes Faire l’état des
ville de Tiassalé ? l’insécurité gendarmerie sont plus d’insécurité dans la -enquête -Graphiques lieux de
dans la ville de exposés à l’insécurité ville de Tiassalé -questionnaire -photo l’insécurité dans
Tiassalé du fait du mauvais état -interview la ville de Tiassalé
des voies
Quels sont les facteurs Rechercher les L’insécurité s’agrandit Quartiers de Tiassalé Les variables liées aux Recherche -Tableaux Deuxième partie :
explicatifs de l’insécurité facteurs dans la ville de Tiassalé facteurs explicatifs de documentaire - Cartes Les facteurs
dans la ville de Tiassalé ? explicatifs de à cause de la croissance l’insécurité dans la ville enquête -Graphiques explicatifs de
l’insécurité démographique de Tiassalé -questionnaire -photo l’insécurité dans
dans la ville de -interview la ville de Tiassalé
Tiassalé
Quels sont les effets Analyser les Les investissements des Ménages Les variables relatives à Recherche -Tableaux Les effets induits
induits par l’insécurité effets induits opérateurs économiques la lutte contre documentaire - Cartes de l’insécurité sur
sur la population et leurs de ont ralenti à cause de la l’insécurité dans la ville enquête -Graphiques les activités socio-
activités économiques de d’insécurité persistance de de Tiassalé -questionnaire -photo économiques
la ville de Tiassalé ? sur les l’insécurité dans la ville -interview
activités socio-
économiques
de la ville de
Tiassalé
41
PREMIÈRE PARTIE : L’ÉTATS DES LIEUX DE
L’INSÉCURITÉ DANS LA VILLE
DE TIASSALÉ
42
CHAPITRE 1 : PRÉSENTATION DES STRUCTURES DE SECURITE DANS LA
VILLE DE TIASSALÉ
Introduction
43
commissaire ANÉ le licenciement du commissaire, au quartier François kadjo, vol à la mairie
en 2017 et vol à la justice en 2007,2010 et 2012 la justice serai devenue un jouer pour ces
malfaiteurs qui prennent plaisir à venir opérer quand ils veulent et comme ils veulent les dire
de Madame la procureure.
En effet cette situation sécuritaire dans la ville de Tiassalé est confronté à un véritable problème
d’insécurité, sa mission qui est de protéger les personnes et les biens, lutter contre les violences
urbaines délinquance et l’insécurité routière, lutter contre la drogue et maintenir l’ordre public
est en fallait. Lors de notre rencontre avec le Commissaire de Tiassalé, il ne fait pas la politique
de l'autruche il reconnaît que l'insécurité est une réalité à Tiassalé. Mais il souligne aussitôt
qu'on note une nette amélioration depuis le mois de juin 2018, date de l'arrivée de nouveaux
responsables chargés de la sécurité. Par ailleurs, alors qu'en janvier 2017, le nombre de vols à
main armée (Motos, domiciles et commerces) était de 35%, ce chiffre est passé à 32% en février,
pour chuter brutalement à 10% en juin, avant de remonter, mais faiblement, à 15% en aout. La
même tendance s'observe au niveau de la comparaison des six premiers mois des quatre
dernières années qui montre que le nombre des vols à main armée de motos est passé de 43%
en 2014. Si l'on compare maintenant les seuls mois de juin des quatre dernières années, on
constate, un recul de 28% du nombre de cas de vols à main armée, de motos, à domiciles.
Bien que ces statistiques soient extrêmement parcellaires et ne portent que sur les cas de vols à
main armée (notamment de motos), le Commissaire estime que la police a marqué des points
dans la répression de la violence et de la criminalité à Tiassalé, sous toutes leurs formes. Pour
lui, l'impression que la violence et la criminalité connaissent une recrudescence est entretenue
par les médias qui ne s'intéressent qu'à une catégorie de victimes : les hautes personnalités
(magistrat, trésorier-payeur). Le Commissaire reconnaît néanmoins que beaucoup reste à faire
notamment dans les domaines suivants. Le niveau d’encadrement des policiers, qui correspond
au taux de découverture par rapport à la population et qui s’est nettement accru, n’entraîne pas
une baisse significative des actes délictueux, ce qui confirme une double tendance locale. D’une
part, ce n’est pas tant le nombre de policiers qui est déterminant sinon la qualité des rapports
police-population. D’autre part, à partir d’un certain seuil de couverture policière, seules des
politiques de prévention peuvent être efficaces. Par ailleurs, le niveau d’élucidation des affaires
traitées reste faible. On sait que faute d’encadrement sur le terrain, l’agent de police dispose
d’un pouvoir de décision important et faiblement contrôlé ce qui multiplie les risques de dérives
et de comportements déviants ( la corruption, l’alcoolisme, l’absentéisme au lieu de travail).
40 éléments pour une population de 20057 habitants, ce qui reste insuffisant, aux yeux du
Commissaire. Concernant le taux d’élucidation, le nombre des affaires élucidées s’est en réalité
44
accru durant la période 2014 à 2017. Par ailleurs, il a été constaté que ce taux a légèrement
régressé en2016, passant de 43 % en 2017 à 23 %.
Le Commissariat de la ville de Tiassalé dispose de 40 éléments, de 2bureau respectifs pour les
commissaires, 5 bureaux respectifs pour les officiers et 4 bureaux pour les policiers. Bien que
la couverture policière dans la ville de Tiassalé s’améliore, il apparaît ici que durant la période
2011 à 2017, le taux de criminalité.
En fin de compte, pour le Commissaire, le degré zéro de l’insécurité ne peut pas exister malgré
les nombres opérations « Epervier1 » « Epervier2 » et « Epervier3 ».L’un des problèmes
majeurs de la police de Tiassalé c’est l’absence de numéro vert, pas assez de voitures de service
pour faire les opérations dans la ville.
Après les crises qu’a connues la cote d’Ivoire les bandits se sont de plus en plus équipés que les
forces régaliennes, c’est ce qui explique l’abandon de la police au profil de la population. Ce
qui devrait veiller sur leur sécurité est plus à mesure de le faire. Côte d’Ivoire un pays
intermédiaire entre les pays frontaliers de la vente de drogue, un pays comme la Cote d’Ivoire
ou les armes circule beaucoup est un facteur qui facilite l’insécurité. En 2009 l’insécurité é
était élevé et cela s’expliquait par la présence des plantations café-cacao sur l’axe n’douci-
Tiassalé. Tiassalé n’douci était difficile a pratiqué à partir de dix-huit heures. (Capitaine
YOBOUET)
Tiassalé en ce qui concerne le phénomène de la drogue, on rencontre plusieurs fumoirs au bord
du fleuve Bandama, vers le marché et au quartier cocody1. Dans cette ville l’urbanisation n’a
pas encore atteint son paroxysme, nous notons la présence de plusieurs maisons inachevées.
Avec tous ces réalité que rencontre la police de Tiassalé les agents de la police sont obligés de
faire des opérations motos, de raf systématique pour faire reculer le banditisme. Appréhender
les têtes de groupes, les chefs de groupes. Vue la persistance et l’ampleur de ce fléau le
commissaire qui gérait le commissariat a été limogé, le 2juin 2017 vers 23heure le préfet à faire
appel à la BAE, CRS2, GMI, CCDO et la DPSD afin mettre de l’ordre au niveau de la ville.
Les résultats de cette opération : Du mardi 18juillet au mercredi19 juillet 2017a eu lieu
l’opération « Epervier 2 » dans les périphéries d’Abidjan, précisément dans la localité de
Tiassalé-n douci .La compagnie républicaine de securité2(CRS2) 25 éléments.
La direction de la police des stupéfiants et de drogue (DPSD) 9 éléments. Point de la première
journée de l’opération épervier 2 du mardi 18 juillet 2017 à 10 heures a18 heur Tiassalé N’
douci.
45
1.1. Le résultat des opérations de la police
La première journée enregistre la blessure par balle du nommé Konaté moussa 22ans dans un
fumoir a Tiassalé entendu et déféré devant le parquet ce jour du 20juillet a 9heure sur
l’instruction de Madame la Procureure.
Nombres Quantités
Individus interpelles (47)
46
1.1.1 Le système de fonctionnement et stratégie de la police a Tiassalé
47
d’intervention de police, par une conception de l’accueil du public. Quant au niveau du corps
d’exécutant, elle se traduit par une étude des différentes infractions ainsi que les procédures à
suivre, pour le respect de la déontologie et de la discipline, par une formation spécifique
destinée à l’accueil du public au poste.
L’affirmation de la structure hiérarchique et l’application de la discipline générale. Des
fonctionnaires de police sans distinction de grade se sont vus infliger des peines allant
d’avertissements fermes, à des arrêts de rigueur et jusqu'à la traduction devant le Conseil de
discipline.
Le recours à l’expertise internationale : Le Commissaire a recours à l’expérience d’un assistant
technique en matière de sécurité publique du Service de Coopération Technique
International de Police français pour l’assister dans ses missions.
Une sensibilisation du grand public sur les activités et le rôle de la police à travers des émissions
radiophoniques.
Une amélioration de l’accueil dans les postes de police par l’installation de bancs et de chaises
dans les couloirs.
L’efficacité du Groupe d’Intervention Rapide (GIR) dans le domaine de l’[Link] l’on
analyse sommairement les rapports d’activités du Commissariat de la ville de Tiassalé, on
constate une augmentation du nombre de services et du nombre d’effectifs sans que cette
augmentation soit suffisamment justifiée par un accroissement des attributions ou par
l’importance du volume des affaires traitées et élucidées.
De plus, si l’on se rapporte aux conclusions générales de l’enquête effectuée auprès de la
population, on constate que la population n’éprouve que de l’amertume, de la méfiance voire
même de la résignation à l’égard de la police (voir en particulier plus loin, le point sur les
tentatives de collaboration des populations avec la police).
Depuis 2013, la police professionnelle a subi plusieurs critiques à cause de son incapacité à
combattre efficacement le crime, son manque d'imputabilité et son style d'intervention répressif
(Capitaine YOBOUET). Les autorités ont même constaté que certaines pratiques policières
avaient eu pour effet d'accroître l'insécurité urbaine de certains groupes sociaux et de réduire le
niveau de confiance des communautés en général.
La police Tiassalénne ne dispose pas des outils nécessaires pour exercer convenablement sa
mission.
48
En dépit de sa taille de la population, la police Tiassalénne est aux prises avec de sérieux
problèmes. Pour commencer, elle performe moins bien que ses vis-à-vis en matière de
résolution de conflits de gang.
De façon générale, deux catégories d’indicateurs méritent d’être abordés.
Bien que la couverture policière dans la ville de Tiassalé s’améliore, il apparaît ici que durant
la période 2011 à 2018, le taux de criminalité s’est accru, ce qui amène à revoir les stratégies
de la police en matière de la prévention d’insécurité.
Absence de stratégies et de priorités claires :
Une réelle solidarité existe entre les chefs de service du fait qu’ils sont issus d’un même corps
d’appartenance, mais le constat doit être nuancé si l’on tient compte des éléments suivants :
Quand on procède à l’interview individuelle de quelques chefs de service, on perçoit un déficit
de vision claire des priorités des missions non accomplie ce qui en découlent : préoccupant et
souvent submergés par leurs propres tâches, ils sont généralement peu conscients d’un travail
collectif à accomplir.
Les réunions du personnel sont multiples mais elles ne contribuent pas nécessairement à une
prise de conscience collective car il n’existe pas une coordination des actions à entreprendre et
les divergences éventuelles d’approche des problèmes subsistent, à titre d’exemple, la
prévention de la délinquance par la mise en œuvre du concept de la police de proximité est
différemment interprétée par les cadres de la police. En particulier, ces derniers ne sont pas
formés aux techniques de police de proximité. Ils continuent à travailler selon des schémas
traditionnels et empiriques et non pas en fonction d’obligation de résultat.
D’une manière globale, le bâtiment est inadéquat et non fonctionnel, les matériels de service
font défaut : une seule voiture servant de véhicule d’intervention du service général ; machines
à écrire avec des rubans dans un état lamentable rendant les écritures parfois illisibles ; les
usagers doivent se munir de feuilles blanches pour les éventuels papiers à leur procurer manque
d’organisation et de savoir-faire professionnels dans la police.
1.1.3 La gendarmerie, une unité performante dans la lutte contre l’insécurité à Tiassalé
La seconde structure sollicitée dans le cadre de cette présentation, c'est la gendarmerie. Elle est
représentée par le Commandant de Brigade. Il ressort de l'entretien (23 Avril 2018) avec ce haut
responsable que : Le rôle traditionnel de la gendarmerie, c'est la sécurisation des biens et des
personnes. La gendarmerie compte 28 membres reparties en différente hiérarchies. Pour lutter
contre l'insécurité à Tiassalé, plusieurs actions ont été menées dans le cadre tel que les
49
patrouilles et les rafs . Ces patrouilles ont permis de baisser le niveau d’insécurité dans la ville
de 53% en 2016 ce taux a baissé de 28 % en 2018 .Par ailleurs, au début de l'année 2012, il a
été créé une structure spéciale dénommée "Centre opérationnel de gendarmerie". C'est un centre
d'alerte mis à la disposition des citoyens qui, en cas d'agression ou de danger de quelque nature,
peuvent, à tout moment, de jour comme de nuit, interpelle la gendarmerie au secours. Toutes
les interventions effectuées dans le cadre de ce centre d'alerte font l'objet d'un rapport quotidien
précisant l'heure d'appel, l'identité de celui qui a recourt, le lieu et la nature de l'agression, la
suite réservée à l'interpellation de l'agresseur (garde à vue par exemple).
Lors de nos investigations, le commandant de brigade de Tiassalé estime que depuis sa mise
en place, le Centre Opérationnel a donné des résultats satisfaisants. Faisant la même analyse, et
parvenant aux mêmes conclusions que le Commissaire, il souligne que, sur le front de
l'insécurité, "il y a une accalmie depuis mai 2017, mais on sait que l'ennemi ne dort pas". Á son
avis, ces succès ont contribué à améliorer l'image de la gendarmerie auprès du public : "Je suis
fier de la gendarmerie, mais la sécurité, c'est l'affaire de tout le monde. D'ailleurs, nous nous
efforçons d'expliquer cela au public, et c'est pour cela que nous avons opté pour devancer la
rumeur en fournissant à temps l’information.
En ce qui concerne les effectifs affectés à la lutte contre l'insécurité, l’Adjudant ADOU ne
donne pas de chiffre, mais il les juge insuffisants, en souhaitant qu'ils soient renforcés. Ces
effectifs comprennent des hommes, certes, mais pour l’Adjudant, "la sécurité est avant tout une
affaire d'hommes". Optimiste, il conclut à un niveau " moins élevé" de la criminalité et de
l'insécurité à Tiassalé, non sans souligner qu'ailleurs, "la situation est parfois bien pire que dans
la capitale ivoirienne".
La gendarmerie est une force militaire instituée pour veiller à la sureté publique au maintien de
l’ordre et à l’exécution des lois, dans le but de protéger les institutions, les personnes et les
biens. Son rôle est à la fois préventif et répressif, son action s’exerce dans toute l’étendue du
territoire ainsi qu’aux armées. C’est pourquoi la devise de la gendarmerie « Pro lege patria »
qui veut dire pour la patrie et pour la loi. Elle fonctionne à partir de deux grandes subdivisions
.Il y a la gendarmerie territoriale, ayant pour composant les compagnies de 24 sur toute
l’étendue du territoire et 161brigardes, sur le commandement de 6 légions.
La 1ere légion territoriale Abidjan
La 2eme légion territoriale Daloa
50
La 3eme légion territoriale Bouaké
La 4eme légion territoriale Korhogo
La 5eme légion territoriale San-Pedro
La 6eme légion territoriale Yamoussoukro
La mission qui est confiée aux légions territoriales est de travailler avec courtoisie, rigueur et
professionnalisme, dans la cohésion et la discipline. La gendarmerie de Tiassalé compte 28
membres répartis en diverse hiérarchie.
Pendant la crise de 2002 la gendarmerie était en étroite collaboration avec les dozos, cette
collaboration était de mettre les idées ensemble afin d’assurer la sécurité des personnes et des
biens vue la situation que traversait le pays. La brigade est la plus petite unité dont la mission,
elle réside exclusivement dans la police judiciaire, la police administrative et la police militaire
La gendarmerie a pour mission la surveillance des troupes c'est-à-dire la brigade de gendarmerie
rend compte de tout mouvement des militaires qu’ils soient de la maison ou non, pour mieux
savoir sur le comportement des militaires. Il faut ouvrir les yeux de sorte que depuis Abidjan la
hiérarchie a des informations sur le comportement militaires parce que tout cela participe à la
réduction du niveau d’insécurité. Au regard de l’effectif de la gendarmerie il y a
complémentarité des différentes unités territoriale.
1.2.1 La justice, un soutien favorable aux structures sécuritaires dans la ville de Tiassalé
51
La justice fait remarquer que les rapports de procédure établis par la police et la gendarmerie
sont bien rédigés et complets.
On constate une communication entre la Justice représentée par le Procureur, ses substituts ou
les Juges d’instruction et les Officiers de Police. Cette situation crée un climat d’entente entre
les deux institutions. Pour les nécessités de l’enquête, les descentes sur le terrain du Procureur
de la République ou du Juge d’instruction pour appréhender la véracité des faits sont très rares
ce qui ne faciliterait pas le travail de la police (orientation des Officiers de police judiciaire
dans leurs investigations, qualification des faits).
52
Le Manque d’information pour les usagers on observe une absence d’organisation au niveau
des juridictions pour satisfaire les besoins de confidences et de conseils pour les usagers
concernant leurs affaires, la procédure à établir, les voies de recours, d’où des interprétations
négatives et des préjugés sur la justice.
Les affichages quant aux coûts des actes dans les greffes des tribunaux pour informer les
usagers font largement défaut et les magistrats sont réticents à prodiguer des conseils aux
usagers.
Les observations données ci-dessus montrent l’image de la justice au sein de l’opinion publique.
Malgré un processus de modernisation et de meilleure communication en cours, l’image de la
justice reste globalement négative, donnant l’impression de partialité, d’arbitraire favorisant les
possédants et les relations personnelles, incapable de communication, de confiance, ce qui
entraîne une incompréhension elle-même génératrice de résignation et d’hostilité. Cette
situation peut conduire à la justice populaire ou justice de la rue pour régler les problèmes.
La ville de Tiassalé est marquée par une inégale répartition des infrastructures sociales,
économiques et sécuritaires. En effet de nombreux quartiers de cette ville ne bénéficient pas de
la présence des forces de l’ordre, car les infrastructures sécuritaires sont regroupées dans une
seule entité spatiale (carte3)
53
Carte 3 : La position des structures sécuritaires à Tiassalé
La carte donne lieu à une interprétation à plusieurs dimensions. Nous pouvons constater que
tous les quartiers ne disposent pas d’infrastructure de sécurité. En effet, les 3 infrastructures
sont regroupées dans un quartier et cela traduit le manque criard d’infrastructures de sécurité
dans la ville de Tiassalé. En plus, l’on s’aperçoit aussi que, ces infrastructures sont concentrées
dans l’extrême est de la ville, tandis que les quartiers périphériques n’en disposent pas. Cela
s’explique par l’absence d’investissement en infrastructures de sécurité dans la ville. La ville
subit un étalement sans qu’en réalité les investissements en termes d’aménagement sécuritaire
ne soient effectifs. Pour pallier ces difficultés liées à leur éloignement des populations, les
forces de l’ordre patrouillent dans la ville aussi bien qu’elles le peuvent. Mais, cela reste
54
inefficace dans la lutte contre l’insécurité ; car sur les 58 cas de violences de 2013 à 2015 que
nous avons enregistrés lors de nos enquêtes, celles-ci ne sont intervenues que dans 13 cas, dont
6 cas, pendant l’acte de violence et 7 après. Le taux d’intervention qui est alors de l’ordre de
14% reste très faible. À cela s’ajoute un autre facteur très important qui ne milite pas en faveur
de la réduction des actes de violence. Il s’agit du manque de coopération des populations. En
effet, en plus du manque et de l’inégale répartition d’infrastructures à travers la ville, on note
le manque de coopération de la part des populations. Nous avons découvert à travers nos
enquêtes que la population fait rarement appel aux forces de l’ordre. Sur les 91 cas de violences,
les forces de l’ordre n’ont pas été averties dans 78 cas soit 85,7% (YOBOUET 2018).
Cela est dû au manque de numéro vert et a l’inefficacité des forces de l’ordre sur le terrain.
55
2. La typologie d’insécurité dans la ville de Tiassalé
Après nos enquêtes nous avons pu constater les différents types d’insécurité dans les quartiers
de la ville cela est perçu sur la carte suivante.
Carte 4 : Type d’insécurité par quartier
La carte 4 nous montre les différents types d’insécurité auxquels les quartiers de la ville de
Tiassalé sont confrontés à travers la carte nous constatons que certains ne se sentent pas en
sécurité dans plusieurs zones de la ville, notamment, au niveau des quartiers
Résidentiel,Bété,Cocody,Mosquée,Belleville,Dafibougou et Quartier baoulé. En effet, 42
personnes parmi les 156 enquêtées, ont fait savoir qu’elles ne se sentaient pas en sécurité la nuit
à différents endroits de la ville à cause du manque d’éclairage et l’absence patrouilles des
policières dans ces quartiers .En plus, même les forces de sécurité, en s’appuyant sur les plaintes
récurrentes, témoignent de la dangerosité de certaines zones dans la ville de Tiassalé. Les
raisons principales de ce sentiment d’insécurité sont entre autres la récurrence des agressions et
56
l’isolement à ces endroits. À travers le témoignage des parents d’une victime de coups et
blessures, nous comprenons comment fréquenter certaines zones peut comporter des risques.
2.1. Les agressions physiques
Les agressions physiques vont de la simple bousculade à l’homicide. Elles permettent à l’auteur
d’affirmer son pouvoir chez la victime qui sera contrainte d’adopter des attitudes de soumission.
Il peut s’agir de pincement, de gifle, coup de poing et de pieds, tentative de strangulation,
agression avec une arme blanche ou une arme à feu. Cette violence survient généralement
lorsque l’individu résisté à la violence psychologique et verbale. Elle augmente dans le temps
en fréquence et en intensité et conduit suivant à un autre type de violence qui est la violence
sexuelle.
Le commissaire, continue et dit que la violence physique n’intervient que si l’individu résiste à
la violence psychologique. Mais parce qu’elle laisse des traces visibles, c’est l’agression
physique, et non l’abus psychologique antérieur, qui est considérée comme violente par
l’individu elle - même et par son entourage et en plus lorsqu’on appelle le plus souvent la police
ou les associations, c’est généralement à la suite d’une agression physique.
57
Le tableau ci-dessous nous présente le nombre de personnes et la proportion des types
d’agression dans la ville de Tiassalé.
Tableau5 : Les réponses des enquêtent sur les violences contre les personnes
type d'agression
Agression Nombre de personnes Proportion
Coup et 15 28,84%
blessure
Vol 20 35,25%
Agression 5 8,97%
sexuelle
Attaque à 7 23,71%
main armée
Viol et 2 3,20%
meurtres
Total 42 100%
Les résultats du tableau nous montrent que les cas les vols avec agressions sont les plus élevés
dans la ville de Tiassalé avec 20 cas soit 35,25% des réponses de nos enquêtes qui le considèrent
comme un faisant partie de leur quotient cela s’explique par l’absence des patrouilles régulières
dans les quartiers, concernant les coups et blessures ils représentent 28,84% ce phénomène est
persistant malgré les efforts des forces de sécurité ainsi pour ce qui est des attaques à main
armée 7 cas soit 23,71% cela est dus à la circulation d’arme massive pendant la crise post-
électorale, au niveau des agressions sexuelles 5 cas soit 8,97% cela des dû à la présence de
nombreuses maisons inachevées parsemées dans la ville et enfin pour les viols avec meurtres 2
cas soit 3,20% .Après enquête nous avons constaté que la plupart des malfaiteurs sont des
déscolarisés.
Nos investigations auprès de la police ont permis de constater que les criminels sont de
véritables tremplins pour les déscolarisés, les analphabètes et même pour les chômeurs à
Tiassalé. La figure suivante illustre nos propos.
58
Figure 2 : Niveau d’instruction des criminels dans la ville de Tiassalé
11%
23% 33%
Analphabète
Primaire
33% Secondaire
Supérieur
Cette figure 4 présente une inégale répartition du niveau d’instruction des criminels après
enquête. Cette catégorie est à la base de l’insécurité dans la ville,dans les différents quartiers
enquêtés le niveau primaire domine dans plusieurs quartiers à savoir N’da Ettien, Mosqué
Francois kadjo, Nouveau quartier, Jerusalem et Cocody 1 . Il est à égalité avec les analphabètes
qui coiffent dans les quartiers Prof et Résidentiel. Le niveau secondaire est perceptible dans
tous les quartiers investigués et dominant à Belleville. Quant au niveau supérieur, il est
représenté dans les quartiers Mosquée, Belleville et Résidentiel. Par ailleurs, les malfaiteurs
ayant fait des études sont représentatifs dans tous les quartiers avec un pourcentage de plus de
56% contre 44% d’analphabètes dans la ville. La forte présence de jeunes déscolarisés dans la
ville s’explique selon nos enquêtes par trois facteurs : un manque de moyen financier, un
manque d’emploi dans la ville et un accès facile à l’activité qui leur a permis de s’insérer dans
le tissu social. Sur cette figure on constate que l’insécurité implique tous les niveaux
d’instruction.
Selon Madame la Procureure, l’insécurité est de façon générale dominée par le sexe masculin.
Cette réalité est perceptible grâce aux résultats de nos investigations. Ces résultats présents la
59
participation des hommes ainsi que les femmes dans l’exercice de la violence contre autrui.
L’insécurité ne tient pas compte du genre contrairement à certaines activités qui privilégient le
genre masculin. La figure c ci-dessous présente la répartition de l’insécurité selon le sexe dans
la ville.
40%
60%
Hommes Femmes
La figure 3 révèle une prédominance des hommes dans les types d’insécurité avec 60%. En
effet, la part importante des hommes dans l’exercice des types d’insécurité s’explique par leur
condition de vie. Et d’autre part par leur situation matrimoniale. Par ailleurs, la participation
des femmes n’est pas aussi négligeable avec un pourcentage de 40%. Les femmes sont présentes
dans les activités comme les cambriolages, les vols, les attaques à main armée, le. Ce
pourcentage permet de montrer que l’insécurité ne tient pas compte du genre, elle emploie
toutes les composantes de la population.
L’insécurité est dominée par toutes les nationalités sans exception. Cela est perceptible dans la
ville de Tiassalé. Dans cette localité elles sont dominées par la nationalité ivoirienne et
60
comptent une part non négligeable chez les non nationaux. Cette importance des non- nationaux
permet de qualifier le niveau d’insécurité qui ne fait pas d’exception contrairement à certaines
La carte 5 laisse transparaitre une domination des nationaux dans le phénomène de l’insécurité.
À l’échelle de tous les quartiers enquêtés, la proportion des nationaux est au- delà des 50% sauf
les quartiers Dafibougou et nouveau quartier avec 43% (les registres de 2017). Viennent en
seconde position les étrangers de la CEDEAO et hors CEDEAO. Les premiers dominent dans
tous les quartiers enquêtés et sont presque à égalité avec les nationaux dans les
quartiersRésidentiel,Tiasalékro et Quartiers baoulé. Quant au deuxième la CEDEAO, elles sont
représentatives que dans tous les quartiers. La forte proportion des Ivoiriens est marquée par
une prédominance de la population baoulé qui est due au fait qu’on se trouve dans une ville
baoulé. La forte proportion des ressortissants de la CEDEAO dominée par le peuple burkinabé
s’explique par le fait que la Côte d’Ivoire est un pays hospitalier et aussi parce qu’elle est vue
comme un « eldorado » pour ces ressortissants. Enfin, la position géographie de la ville est une
61
entrée pour toutes les nationalités sans exception raison pour laquelle elles attirent un nombre
important de personnes.
Nous entendons par violences contre les personnes tous les crimes et délits portant atteinte à
l'intégrité physique et psychique des personnes allant jusqu'à la suppression de vie humaine.
Les résultats contenus dans ce tableau nous permettent de soutenir que les violences contre les
personnes sont en grande partie les violences et voies de fait selon les statistiques policières
avec 57,04 % (2013-2015) et les attaques à main armée ; 35,86 % (janvier-juillet 2018) aux
réponses de nos enquêtes.
Viennent ensuite les coups et blessures volontaires qui représentent selon les mêmes sources et
périodes 19,68 % et 17,39 % des infractions commises à Tiassalé.
62
Quant au viol, il occupe la quatrième place des faits marquant les violences contre les personnes
avec 21 cas soit 2,09 % et 15 cas soit 16,30 % selon nos enquêtes. Nous avons enfin le meurtre
avec 6 cas soit 0,59 % qui, au sens du Code pénal ivoirien et de la conscience, est très reprouvé
et révèle le degré de la cruauté humaine, cela est dû au manque d’emploi au niveau de la ville.
2.2 Les attaques à main armée, un type d’insécurité dominé dans les quartiers extrêmes
Les attaques à main armée constituant la deuxième grande catégorie des violences faites aux
personnes ont généralement lieu dans la soirée et sont perpétrées avec des armes à feu que sont
les kalachnikovs, les pistolets (PA MAB P15, PM MAT 49), fusil de chasse calibre 12 et armes
blanches (couteau, machettes et lames). Il s'agit des braquages de domiciles, de commerce, de
véhicules, d'hôtels, de régies financières, etc. Au cours des années 2016, 2017 et 2018, la police
de Tiassalé a respectivement enregistré sur plainte des populations 78, 74 et 54 cas d'agressions
à main armée. Selon nos enquêtes, 38,14 % des infractions commises à Tiassalé sont des
attaques à main armée et le fait d'individus dont l'âge oscille entre 18 et 35 ans
Faisant partie du quotidien des habitants de la ville Tiassalé, elles sont des actes des jeunes
déscolarisés de 3 à 5personnes pas groupes sur les élèves mineurs en majorité aux sorties des
classes entre midi et 17 heures, puis à partir de 21 heures et de certains parents sur leurs
protégés.
Lors de nos enquêtes Koné Patrick. déclarait ceci avec les larmes aux yeux : « j'ai quitté la
maison parce que la femme de mon grand-frère et ses filles me frappaient chaque fois que leurs
vêtements n'étaient pas lavés. Je suis donc allé me cacher dans une maison inachevée avant
qu’un monsieur ne partent me déposer à la police ».Selon nos investigations, les enfants sont
souvent abandonnés par leurs mères tandis que certains malades mentaux ne bénéficient
d'aucune assistance familiale ou même sociale.
[Link] Les viols et les meurtres, un phénomène fréquent dans les quartiers extrêmes
Classés dans la catégorie attentat aux mœurs et dans le Code pénal ivoirien qui le prévoit en
son article 354, le viol est un acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis
sur la personne d'autrui par violence, contrainte ou surprise 5 personnes soit 3,20 % de nos
63
enquêtés disent avoir des proches qui ont été victimes de viol. Quant aux statistiques policières,
elles évaluent 21 cas soit 2,09 % de la totalité des infractions. Le meurtre est l'une des infractions
les plus graves et elle est prévue à l'article 342 du Code pénal ivoirien qui le définit comme un
homicide commis volontairement. Or l'homicide supprime la vie d'une personne.
Dans cette deuxième catégorie, il s'agit des actes portant atteinte à toute chose, objet d'un droit
et de tout droit subjectif patrimonial.
Les résultats du tableau nous montrent que les cas de vols sont les plus élevés dans la ville de
Tiassalé vol simple 1098 cas soit 52,76 %, en ce qui concerne les vols avec effraction 435 cas
soit 20,90 les agents de police considèrent les types de vols comme faisant partie du quotidien
à cause du manque de véhicule et d’arme dans leur mission qui est d’assurer la sécurité des
biens et des personnes. Viennent ensuite les abus de confiance avec 303 cas soit 14,56 % aux
dires de nos enquêtés et enfin les cas d'escroquerie avec 245 soient 11,77 %.
Par définition, l'abus de confiance est le fait d'une personne de détourner, au préjudice d'autrui,
des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été remis et qu'elle a accepté à charge
de rendre, représenter ou d'en faire un usage déterminé. À Tiassalé, cette infraction selon les
réponses de nos enquêtés on rencontre plus les abus de confiance dans les quartiers précaires
64
selon nos investigations, à propos des infractions contre les biens : 13 soit 12,26 % d'entre eux,
soutiennent avoir été victimes une fois.
Quant aux archives policières, elles permettent de constater que 303 soit 14,56 % d'infractions
sur 2081 contre les biens sont dues à l'abus de confiance de 2015 à [Link] capitan de police
disait : « cette infraction ne doit pas être négligée. Elle doit être réprimée comme le vol, le viol
et autres délits.». Selon nos sources, cette infraction émane des individus travaillant dans le
secteur des métiers informels : menuiserie, réparateur d'appareils électroménagers (portable,
VCD, radio cassette, poste téléviseur), la couture, la maçonnerie, la mécanique.
C'est un délit réalisé soit par l'usage de faux noms ou de fausses qualités, soit par l'emploi de
manœuvres frauduleuses pour persuader de l'existence de fausses entreprises, d'un pouvoir, d'un
crédit imaginaire, ou pour faire naître l'espérance ou la crainte d'un succès, d'un accident ou de
tout autre événement chimérique, en vue de se faire remettre ou délivrer, ou tenter de se faire
remettre ou délivrer des fonds, des meubles ou des obligations, dispositions, billets, promesses,
quittances ou décharges, et de spolier ainsi autrui de la totalité ou d'une partie de sa fortune.
L'escroquerie est classée dernière des infractions contre les biens à Tiassalé avec 23 cas soit
11,77%. Les informations recueillies auprès du commissariat de police donnent de constater
que cette infraction est restée constante : 2015 ; 49 cas soit 51,21 %, 2016 et 50 cas soit 51,73%.
Il s'agit ici du vol simple et du vol par effraction. Les statistiques policières et les réponses de
nos enquêtés nous permettent ainsi de constater l'acuité des vols. Référence faite au tableau 2,
1098 cas soit 52,76 % des vols ont été enregistrés.
Pendant nos investigations Daouda Fofana vendeur de pièces détachées d'automobile disait
: « En 2015, mon magasin a été cambriolé trois fois dans le mois d'avril. Dans le même mois
en 2015, l'atelier de couture d'une dame et mon magasin furent cassés en même temps. Des
pagnes, des tenues appartenant aux clients, deux machines à coudre, des batteries de voiture et
plusieurs pièces ont été volés. C'est pourquoi j'ai enlevé la grande partie de mes marchandises
ici pour les envoyer dans un autre magasin à Tiassalé».
65
Enfin sur les 2081 infractions contre les biens de 2013à 2015, 1786 soit 74,31 % cas ont été
relevés ou signalés à la police de Tiassalé. La carte ci-dessous présente les types de vols dans
les quartiers de Tiassalé.
66
Carte 6 : Typologie de vol dans la ville de Tiassalé
Les quartiers éloignés des structures sécuritaires sont plus exposés au vol et agression par arme
blanche.
Tandis que les quartiers les plus rapprochés sont touché pas les vols sans agressions cette
stratégie des malfaiteurs est liée à la position des structures sécuritaires dans la ville.
67
Dans cette catégorie, nous avons une multitude d'infractions dont les plus récurrentes sont la
détention et la consommation de drogues (dures et moins dures), le trafic de fausses pièces
d'identité et de faux billets de banque. A celles-ci s'ajoutent l'ivresse publique et quelques cas
de recel.
Mais la consommation de drogue a connu une croissance ces dernières années (2011-2015) du
fait de la crise post-électorale selon 13 % nos enquêtés
L'analyse des tableaux 1 et 2 d'une part et 3 et 4 d'autre part nous a permis de constater qu'à
Tiassalé, l'insécurité connaît une évolution qu'il faut prendre au sérieux.
Le tableau ci-dessous donne une vue générale des types de délits et de crimes dans la ville.
Tableau8 récapitule les infractions commises dans la ville de Tiassalé, nous pensons qu'il est
judicieux de dire que l'insécurité a les mêmes causes chez les adultes comme chez les jeunes.
68
Aussi au cours de nos investigations sur le terrain d'enquête, nous avons remarqué que la
proximité, la surpopulation que connaît Tiassalé tous les week-ends et les nombreuses
activités socioculturelles favorisent la rencontre d'une multitude d'individus. Ce qui crée une
promiscuité, cadre idéal à la naissance et au développement de comportements antisociaux.
Á partir donc des statistiques policières et des données recueillies auprès de nos enquêtés, nous
avons pu regrouper les infractions commises dans la ville en catégories. Ainsi, nous avons les
violences contre les personnes, les violences contre les biens et les autres violences.
Les types d’insécurité commise dans les quartiers sont perpétrés dans différent endroit selon la
configuration du quartier, car ces quartiers ont en leur sein des habitations, des rues, des petits
marchés, des couloirs les marchés de nuit, au bord du fleuve, vers le lycée de Tiassalé et autres
qui sont susceptibles d’être des lieux où l’on peut exercer une violence envers les personnes.
Conclusion
Le nombre restreint des forces de l’ordre dans la ville de Tiassalé est à la base de la persistance
de l’insécurité. Cette insuffisance d’engins, de matériels et le manque d’outil à leur possession
les amènent à refuser d’intervenir dans certains quartiers en cas d’intervention.
69
CHAPITRE 2 : LA PERSISTANCE DE L’INSECURITE DANS LA VILLE DE
TIASSALE
Introduction
La persistance de l’insécurité de la ville de Tiassalé s’observe a plusieurs niveaux ville situe
entre deux capitales ivoiriennes connait des mutations tant au niveau de l’évolution de la
population démographique, le manque d’emploi, timide réaction des forces de l’ordre tous ces
facteurs nous permettrons de comprendre la persistance de l’insécurité à Tiassalé.
1. L’insécurité dans la ville de Tiassalé
Dans cette rubrique, nous aurons premièrement les victimes et les auteurs de l'insécurité,
deuxième les espaces et les périodes favorables à L’éclosion de l’insécurité dans la ville de
Tiassalé.
Concernant les victimes de l'insécurité dans la ville de Tiassalé, aucune catégorie sociale n'est
épargnée. En effet, les victimes des attaques à main armée et vols par effraction sont les
opérateurs économiques (propriétaires de grandes surfaces commerciales les Burkinabés, les
Ivoiriens, les Libanais, les Mauritaniens, les Maliens), les structures de micro finances
(COOPEC), les complexes hôteliers et les domiciles privés. En effet, même les édifices publics
tels que les églises, les mosquées, les écoles et les hôpitaux n'échappent à la furia des
délinquants. L'un des prêtres de l'évêché du quartier Tiassalékro disait : « Nous avons été
victimes de vol ici au sein de l'évêché. Nos aubes et certains éléments liturgiques ont été
emportés par les bandits. Ensuite à maintes reprises nos paroissiens qui viennent aux messes de
nuit furent aussi agressés par les jeunes. ». Quant à MORY, boutiquier mauritanien, il soutient
: « Cela fait plus de dix ans que je suis en Côte d'Ivoire. C'est à Treichville à Abidjan que j'ai
commencé à vendre. Là-bas, pendant trois ans, on ne m'a jamais volé. Mais depuis que je suis
arrivé ici à Tiassalé, on nous a agressés plus de trois fois en [Link] prennent notre argent et
des produits comme la cigarette, les thés, les boissons et les boîtes de sardines.».
Nous notons également des cas de viol et de consommation de drogue. Selon N’guessan
Albert. «Les jeunes filles sont la plupart du temps violées les week-ends ici vers le lycée. Ma
propre fille de 20 ans a été violée par deux jeunes. Pour éviter toute honte et les regards des
autres voisins, je l'ai fait partir dans une autre ville pour qu'elle continue ses études, car chaque
70
fois qu'elle voyait pendant les week-ends des jeunes filles en compagnie d'hommes, elle se
mettait à pleurer. »
Enfin selon nos sources d'information, la police arrête de façon plus ou moins constante des
jeunes et certains voyous consommant ou possédant de la drogue possédant de la drogue.
L'enquête que nous avons menée sur le terrain a permis de constater que 42,95 % de nos
enquêtés disent que les jeunes sont auteurs et responsables de toutes sortes de violences en
majorité ; 32,05 % des enquêtés affirment que les adultes (25 ans et plus) s'adonnent à des
activités délictuelles, quand 25 % des enquêtés soutiennent que l'insécurité à Tiassalé est le fait
des personnes non identifiées.
Selon les informations que nous avons recueillies sur le terrain, les infractions commises par
les jeunes de moins de 25 ans sont généralement les infractions contre les biens, certaines contre
les personnes (viols, violences et voies de fait) et la consommation de [Link] adultes sont
plus versés dans les attaques à main armée, le trafic de faux billets de banque, les fausses pièces
d'identité, l'ivresse publique, le recel.
Les non identifiés sont auteurs de l'ensemble des trois catégories des violences que nous avons
découvert. Mais ils sont généralement auteurs des cas de meurtre. Les auteurs des infractions à
71
Tiassalé ayant été déterminés, il nous paraît impérieux de déterminer leurs victimes dans le
temps et dans l’espace.
L’insécurité dans la ville de Tiassalé en plus d’être considérée comme un problème de société
est présentée aussi comme un problème relevant de la sécurité publique. Dans le cadre de nos
enquêtes, nous nous sommes rendu compte que les 91 cas de violences ont été enregistrés à
différents moments. Le développement incontrôlé de nombreuses villes africaines ainsi que les
mutations socio-économiques et politiques qui ont cours sur le continent offrent un milieu
favorable à la manifestation de l’insécurité sous toutes ses formes. Tiassalé ville située à la
proximité d’Abidjan n’échappe pas à cette situation.
Quartiers Prof Bét Cocody Cocody Mosqu Dafibou Belleville Francois Jerusalem Quartier Tiassalék Total
é 1 3 é gou kadjo baoulé ro
Années
2013 65 20 14 32 60 122 88 98 23 11 23 556
2014 104 30 27 44 87 71 76 74 21 35 34 603
2015 56 67 36 38 42 58 23 106 123 127 30 706
Il ressort que tous les quartiers de la ville de Tiassalé ont au moins connu la visite des hors-la-
loi ou des bandits. Cependant, l'insécurité n'est pas vécue au même rythme d'autant plus que
certains quartiers sont plus criminogènes. Tels sont les cas des quartiers Dafibougou, Belleville,
Jérusalem et François kadjo, qui, sur l'ensemble des années 2013, 2014 et 2015 totalisent
respectivement 966 infractions soit 26,68 % ; 641 infractions soit 17,70 % ; 443 infractions soit
12, 23 % et 383 infractions soit 10,58 % sur les 3620 infractions commises dans cette ville.
72
Dans la ville et plus particulièrement dans les quartiers les plus criminogènes, l'insécurité
résulte du manque réel d'éclairage public, mais aussi, et surtout de l'oisiveté, de la drogue qui
est consommée par les jeunes dans les nombreux endroits obscurs, isolés et les maisons
inachevées. Notre enquête nous a permis de découvrir que la promiscuité, facteur explicatif de
la pauvreté favorise aussi l'insécurité à Tiassalé. Yaro Kady disait : «Dans notre quartier
Belleville, les jeunes se retrouvent dans un endroit qui est « AU BORD DU FLEUVE» pour
se droguer. Quand ces individus sont pourchassés par la police, ils se jettent rapidement dans
le fleuve qu'ils savent nager.
L’insécurité dans la ville de Tiassalé en plus d’être considérée comme un problème de société
est présentée aussi comme un problème relevant de la sécurité publique. Dans le cadre de nos
enquêtes, nous nous sommes rendu compte que les 76 cas de violence ont été enregistrés à
différents moments.
Pour mieux cerner le phénomène de l'insécurité dans le temps à Tiassalé, nous nous sommes
basés sur les périodes du jour (la nuit et la journée) auxquelles nous avons ajouté les moments
de cérémonies qui ont lieu à ces deux périodes.
Ainsi, selon nos enquêtes, l'insécurité est plus ressentie dans la ville de Tiassalé pendant les
nuits soit 52,63 % le tableau 7 nous montre que le nombre de violences observée tard dans la
nuit est plus élevé que celui observé pendant les autres moments de la journée. Et cela laisse
73
transparaître que le moment le plus dangereux est la nuit. Ce tableau vient une fois de plus
étayer la dangerosité de nuit. Mais, il révèle un aspect assez important de la dynamique
temporelle des violences. Plus la nuit avance, plus le nombre de violences augmente. Cette
recrudescence des violences peut avoir plusieurs explications. D’abord la nuit, la circulation
des personnes s’intensifie de moins en moins au fur et à mesure que les heures passent. Ensuite,
plus la nuit avance, moins les endroits mal éclairés ou pas du tout éclairés deviennent des lieux
potentiellement dangereux où les agresseurs et malfrats y règnent. Enfin, le niveau de violence
élevé la nuit s’explique par le manque de patrouille des forces de l’ordre.
Nous disposons également de chiffres concernant les personnes ayant entendu ou été témoin
d’un acte de violence. Ces chiffres permettent d’appréhender le niveau de soumission de la
population aux actes de violence. En effet, 64 % des personnes enquêtés ont été témoins ou ont
eu écho d’un acte de violence ces deux dernières années.
Au cours de la journée de 6 heures à 18 heures, 26,31 %. Quand les cérémonies favorisent 11,84
% des infractions commises. Les 9,21 % restants représentent les moments non précisés des
agressions.
Aussi, nous voudrions souligner qu'à chaque période du jour correspond un type d'infraction.
D'abord la nuit. Elle est la période pendant laquelle sont commis les vols par effraction, les
meurtres, les attaques à main armée et les viols.
Ensuite la journée étant le lieu de prédilection des coups et blessures volontaires, des violences
et voies de fait résultant de bagarres rangées et de mauvais traitements infligés aux mineurs.
Enfin les moments de cérémonies souffrent uniquement des cas de vol à un niveau moindre à
cause d'un système d'auto-défense important.
La figure ci-dessous montre la répartition des témoins des victimes d’insécurité dans la ville de
Tiassalé.
74
Figure 4 : Témoin de victimisation dans la ville de Tiassalé
36%
64%
La figure4 nous indique qu’en 2018, plus de la moitié de la population enquêtée a vu ou entendu
parler d’insécurité dans la ville de Tiassalé. Celle qui fait l’objet d’un témoignage a été observée
un peu plus la journée que la nuit. Cela s’explique en partie par la faible circulation des
populations la nuit dans la ville de Tiassalé. En réalité, 83 personnes parmi les 156 enquêtées,
ont fait savoir qu’elles ne se sentaient pas en sécurité la nuit. Et donc, nous comprenons la
prudence à cette période. En somme, de ces informations recueillies à partir de nos enquêtes,
nous constatons que les risques de violences sont plus élevés la nuit, mais, elles sont bien réelles
à tout moment.
Tableau 12: Récapitulatif des infractions dans le temps par mois (statistiques policières)
ANNE Janvi Févri Ma Av M Jui Juiel Ao Septem Octo Novem Decem TOT
ES er er rs ril ai n let ut bre bre bre bre AL
2013 32 54 50 120 12 10 54 13 80 81 118 134 1085
0 7 4
2014 116 82 103 130 15 98 107 14 54 111 103 111 1147
4 7
2015 99 121 111 93 80 80 96 11 79 99 91 87 1316
1
75
Par ailleurs, les résultats contenus dans le tableau nous permettent de voir la variation mensuelle
de l’insécurité. Il nous aide aussi à découvrir les mois et l'année qui ont connu un grand nombre
d'infractions. Sur la période (2013-2015) étudiée, nous constatons que les mois d'Avril, de Mai,
d'Août et de Décembre sont les plus criminogènes avec respectivement 343, 355, 392 et 332
infractions. Nous avons pu remarquer que ces mois sont des périodes de très grandes affluences
à Tiassalé avec par exemple les mois d'Août et de Décembre qui couvrent les vacances scolaires
et des fêtes de fin d'année.
76
Planche 1 dynamique de la ville de Tiassalé de 1979 à 2010
77
La carte 7 nous montre l’évolution spatiale de la ville de Tiassalé entre 1979 à 2010. Elle fait
observer, que chaque année, l’on assistait à la création d’au moins un quartier sinon plus. Par
ailleurs, elle révèle que la dynamique d’occupation s’est opérée en plusieurs phases.
La première phase part de 1979 à 1987. Durant cette période, chaque année on assistait à la
création de nouveaux quartiers par des lotissements. . C’est ainsi que nous avons eu la création
de Résidentiel, Tiassalékro, Cocody 1 et 2.
La deuxième phase part de 1988 à 2009. Durant cette période on constate une reprise des
lotissements mais avec un fait nouveau. En effet, les Autorités sont revenues sur certains
anciens quartiers pour procéder à de nouveaux lotissements. C’est ainsi que nous avons eu la
création de Dafibougou, Prof, François kadjo, Belleville et Mosquée
La dernière phase s’étale à 2010. Durant cette phase les lotissements continuent mais pas
chaque année. Les raisons sont, d’une part, que l’administration régionale en charge de
l’urbanisme affiche une volonté de règlementer les lotissements. En effet, La propriété des
parcelles doit être prouvée par une attestation de propriété signée par le chef de famille et un
procès-verbal de famille dûment contresigné par l’autorité villageoise. D’autre part, la situation
se modifie pendant la période de la crise (entre 2002 à 2011).
Villageois initiés avant la crise de 2002 connaissent des troubles pendant cette période (SDU,
2014). Durant cette période il y a eu la création de deux quartiers Jérusalem et Quartier Baoulé
À travers les différentes cartes nous constatons effectivement que le nombre des quartiers de la
ville n’a cessé de croître depuis sa création. L’explication de cette dynamique spatiale est
expression des besoins grandissants des populations pour se loger et pour exercer leurs activités.
C’est pourquoi, il importe d’analyser également la pression des hommes dans cette dynamique
spatiale et aussi la répartition de l’insécurité des années suivante :
[Link] Le niveau d’insécurité dans les différents quartiers dans la ville de Tiassalé
L’insécurité dans les quartiers de la ville sont reparties divers niveau, dans les quartiers externes
le niveau d’insécurité est plus élevé. Belleville malgré la présence des structures sécuritaires le
niveau d’insécurité est élevée cela s’explique pas la présence du fleuve Bandama qui est le
premier recourt des criminels, le fleuve est leur moyen d’évacuation rapide. Cette inégale
répartition est perçue sue la carte suivante.
78
Carte 8 : Niveau d’insécurité dans la ville de Tiassalé
La carte 8 nous montre le niveau d’insécurité dans les différents quartiers de la ville de Tiassalé,
malgré la présence des infrastructures sécurité dans le quartier le niveau d’insécurité est élevé.
L’insécurité est plus élevée dans les quartiers extrêmes à cause de l’absence des forces de
l’ordre dans ces quartiers, du mauvais état des voies.
Dans les quartiers et sur les lieux chauds, la sécurité des hommes et des biens est constamment
menacée. On peut identifier, à titre indicatif, comme quartiers d'abord François kadjo c’est le
plus vieux quartier de la ville. Très cosmopolite, il porte aussi toutes les tares de la ville
urbanisation anarchique, promiscuité. De nombreuses analyses montrent que c'est un haut lieu
de la prostitution et de trafic de toutes sortes. Certains secteurs (comme François kadjo
extension) s'apparentent à des zones de non- droit.
Belleville connu pour ses belles de nuit et ses bars dancings (Corridor Bar, Privilège Bar),
Belleville abrite aussi, dans ses bas-fonds, une zone de non droit où évoluent impunément des
bandes de jeunes dont le sport favori est la consommation de la drogue. Ensuite Dafidougou
79
cités dortoirs où on a déjà eu lieu de nombreuses agressions mortelles. Comme ailleurs, en
France notamment, ce genre de cité-dortoir est un secteur chaud par nature.
Bété quartier de ressassement qui a connu, ces dix derniers mois, les assassinats de deux enfants
d'une même famille et du Trésorier Payeur.
Résidentiel c'est un quartier jouxtant le lycée dont il est le prolongement, puisqu'il abrite de
nombreux établissements privés. C'est un haut lieu de la prostitution collégienne. On le
soupçonne aussi d'être une zone de circulation de stupéfiants. Enfin Jérusalem Quartier
totalement enclavé, c'est un des "chaos bornés" de la ville. M. ZINGUII (entretien du 14 juillet)
témoigne que Jérusalem est "un repère des bandits" puisqu'il a eu, en 2015, à la suite d'un vol
dont il a été victime aux abords de ce quartier, à y faire intervenir la police.
A ces quartiers chauds s'ajoutent des lieux particulièrement difficiles comme l'avenue notre
dame, lieu d'implantation des enfants de la rue, des jeunes désœuvrés et "débrouillards" derrière
le lycée (ou littéralement, la "place du sang"). Il s'y est déroulé plusieurs scènes de vol et de
braquage de commerces, voire d'agression physique.
Les marchés les différentes places de marché sont des points particulièrement chauds non
seulement à cause du désordre qui y règne (exemples des marchés de Tchègbanalogor) mais
aussi des voleurs de tout acabit qui y sévissent, en quête de proies. Les gares routières :
Elles sont à l'identique des marchés. La gare routière est le lieu d'élection des jeunes désœuvrés
qui viennent s'y "débrouiller" : disputes, bagarres, alcool etc. Rythment leur quotidien.
De ce qui précède, nous constatons que les diverses formes ou facettes que présente l'insécurité
dans la ville de Tiassalé ne sont pas différentes de celles observées ailleurs. Mais le cas de
Tiassalé qui est une ville influencée par sa position géographique, nous remarquons que la
montée de la violence est inquiétante. Alors cela nous amène à connaître le profil de l’insécurité
dans la ville.
80
[Link] Le profil de l’insécurité dans la ville de Tiassalé
1400
1200
1000
800
600
400
200
0
2013 2014 2015
Dynamique de l'insécurité
Après enquête nous avons contactés que l’évolution de l’insécurité dans la ville de Tiassalé est
liée à plusieurs facteurs. Nous avons d’abord la position géographique de ville, ensuite
l’évolution rapide de sa population depuis la création de la ville, elle comptait 4000habitant.
En 1975 elle est 11079 habitants, en 1988 ,14008 habitants en 1998 elle comptait 17823
habitants et en 2014 cette population est passée à 20057 habitants. Cette croissance rapide de
la population est un facteur explicatif de la dynamique de l’insécurité dans la ville de Tiassalé.
Et enfin le laxisme et la corruption des autorités de la ville.
81
ménagères entrainent l’érosion et les nids de poule sur les voies les rendant du coup
impraticables.
Photo1 : Route dégradée au quartier François kadjo
Sur la photo, par manque de bitume et de canalisation d’assainissement, nous pouvons voir que
l’action des eaux de ruissellement rend cette la voie impraticable. Les entretiens avec les forces
de l’ordre que sont la Gendarmerie et la police nous ont révélé que l’inaccessibilité de certains
quartiers rend difficiles leurs interventions dans ces zones. Cela est également soutenu par 82
des personnes enquêtés qui établissent un lien entre l’état de la route et les risques de violence.
L’explication de cette dégradation de la voirie de la ville de Tiassalé se situe à deux niveaux.
Premièrement, au niveau des investissements publics, le manque d’entretien de la voirie est
causé par l’insuffisance des dotations de la Mairie allouées à leur entretien. Deuxièmement, la
mauvaise conduite des populations participe à la dégradation des voies. En effet, certains
drainent leurs eaux usées sur les voies et d’autres y déversent leurs ordures.
82
basses besognes. C’est le cas d’une des personnes que nous avons enquêtées. Ce dernier, un
soir, lors d’une coupure d’électricité a été menacé sur la voie avec une arme et s’est vu retirer
sa moto par la suite.
Nous avons aussi pu nous rendre compte à travers les témoignages que certains s’adonnent au
sabotage de l’éclairage public. En effet, des individus cassent intentionnellement les ampoules
des lampadaires ou enlèvent carrément l’ensemble du globe pour ensuite les revendre sur les
marchés noirs.
83
Figure 6 : L’effet du défaut éclairage public sur le niveau d’insécurité selon les enquêtés
35%
Impact
Pas d'impact
65%
La figure, nous révèle que 63% des enquêtées indexent l’éclairage public comme un facteur
déterminant dans la recrudescence de l’insécurité. Même dans les administrations civiles et
sécuritaires, tous nos interlocuteurs étaient de cet avis. Le défaut d’entretien et le manque
d’éclairage public dans certains quartiers contribuent fortement à l’augmentation des risques de
violences. Nos enquêtes nous ont permis de savoir que, les endroits souffrant du manque
d’éclairage public sont les lieux où se postent les jeunes délinquants pour attendre ceux qui s’y
aventurent. Les exemples dont les témoignages ont fait cas sont entre autres : le secteur appelé
derrière le lycée à François kadjo ; au niveau du pont à Belleville et vers la radio au de la
maternelle.
Cette situation engendrée par le manque d’éclairage est relevée aussi par la dynamique
temporelle du nombre de violences lors de nos enquêtes
Conclusion
La ville de Tiassalé regorge des infrastructures. Mais, la position de ces structures face à
l’urbanisation accélérée de la ville et à la pression démographique que connaît la ville de
Tiassalé est un véritable problème pour les autorités de la ville. Cette situation en dépit des
désagréments perceptibles par tout ce qu’elle occasionne, constitue aussi un facteur de risque
84
pour la recrudescence de l’insécurité à l’échelle de la ville de Tiassalé. À travers nos enquêtes
nous avons pu établir une corrélation entre la position des structures sécuritaires et l’insécurité.
Nous pouvons donc affirmer que notre hypothèse 1 selon laquelle les quartiers éloignés,
brigade de gendarmerie sont plus exposés à l’insécurité du fait du mauvais état des voies
est confirmée.
85
DEUXIEME PARTIE : LES FACTEURS
EXPLICATIFS DE LA PERSISTANCE DE
L’INSÉCURITÉ DANS LA VILLE DE
TIASSALÉ
86
87
CHAPITRE 3 : CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ET URBANISATION MAL
CONTRÔLÉE : DES DÉTERMINANTS D’INSÉCURITÉ DANS LA VILLE DE
TIASSALÉ
Introduction
La dynamique démographique est l’évolution de la population dans le temps et dans un espace
donné. Elle se caractérise par l’accroissement naturel de la population mais aussi par l’arrivée
et l’installation des populations étrangères. Dans la ville de Tiassalé, la population est très
diversifiée et, elle est à l’image de l’histoire de peuplement très mouvementée de la région.
Tiassalé a accueille progressivement des populations. Depuis sa genèse jusqu’à nos jours, de
nombreuses vagues migratoires y sont arrivées. Les premières vagues de migrations sont des
populations africaines depuis la deuxième moitié du XVIIe siècle. Cette migration a accentué
le phénomène d’insécurité face au manque d’emploi dans la ville et cette forte croissance est à
la base d’une urbanisation mal contrôlée.
1.Évolution de la population urbaine, un facteur d’insécurité
La croissance démographique de Tiassalé s’est faire par étape comme la majorité des villes du
Pays .Débuté au XVIIème siècle par la naissance des premières vagues migratoires, qui se
Sont poursuivi du XVIIIème siècle, au XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui. L’objet de leur
arrivée dans cette localité s’explique par deux raisons. La première raison s’est que la ville
offrait une sécurité de par sa position du Bandama qui constituait une barrière pour
d’éventuelles attaques extérieures et le deuxième est que la ville représentait un grenier naturel
de par la richesse de ses terres (DIARRASSOUBA, 2013). Ces raisons ont poussé l’arrivée et
l’installation de plusieurs populations, notamment les Souamlin, les Abbey, les Baoulés, les
Agni . La croissance rapide de la population de cette période s’explique d’une part par les
migrants nationaux et internationaux et d’autre part par l’exode rural. En effet, à cette époque
la ville bénéficiait des structures industrielles de grande envergure comme la SAFCO (société
africaine de conserverie) crée en 1950 (qui a fait les beaux jours de la cité et de la population.
Mais cette arrivée des migrants a accentuée la dynamique de l’insécurité. Le tableau suivant
présente les étapes de la croissance démographique qui vont de 1965 à 1975 ;1975 à 1988 ;
1988 à 1998 ; 1998 à 2014.
88
Tableau 13: Evolution de la population de Tiassalé de1975- 2014
Le tableau 13 nous montre que la ville de Tiassalé a connu une forte croissance de population.
La croissance accélérée de 1975 à 2014 a une double explication. En effet, elles s’expliquent
d’une part par le fort taux de natalité durant cette période au plan national en général et plus
particulièrement pour la population de Tiassalé, et d’autre part, par une immigration massive
due à la forte croissance économique que connaît le pays à cette période. À ces deux facteurs,
s’ajoute un exode rural massif.
Entre 1988 et 1998 on observe une augmentation de la population de 14008 individus on passe
à 17823 individus avec un taux d’accroissement de 2,43%. Cette augmentation de la croissance
démographique s’explique par un taux d’accroissement élevé. De 1998 à 2014, la population
est passée de 17823 à 20057 habitants avec un taux d’accroissement de 0,74%. 2014. La
population n’a évolué que de 2234 individus soit une augmentation de 186 personnes par an.
Pendant cette période il faut noter qu’il n’y a pas eu d’activités nouvelles susceptibles d’attirer
des populations. Ce phénomène s’explique par la fermeture des différentes industries de la ville
qui faisait d’elle un pôle attractif car la croissance démographique de cette zone repose en
majorité sur les populations allogènes attirées par les activités locales.
Elle s’explique aussi par le retour des immigrés à la suite de la crise profonde qu’a traversée la
Côte d’Ivoire dont Tiassalé était l’une des villes d’accueil des déplacés de la crise de 2002.
La population de Tiassalé est inégalement répartie sur les 12 quartiers que compte la ville. Cette
inégale répartition est due à l’étalement urbain et à la qualité du site. En effet, la ville dispose
d’un nombre important d’atouts qui ont favorisé l’installation des populations bien qu’elle soit
89
drainée par endroit par des marécages. Ces zones marécageuses ne permettent pas à la
population de s’installer convenablement c’est le cas le quartier résidentiel et Belleville qui ont
respectivement (2188 et 2349, INS, 2014). Ces quartiers abritent assez de zones marécageuses
qui ne favorisent pas l’installation humaine. Elles servent à la riziculture pratiquée en pleine
ville. Contrairement au quartier Prof qui a la plus forte population avec 5693 sur une population
totale de 20057 habitants (INS, 2014). Tiassalé est une ville située dans une zone de bas-fonds
qui constitue un frein à l’installation humaine. Ces bas-fonds sont à l’origine de l’inégale
répartition de la population.
La volonté de contrôler la croissance spatiale de la ville de Tiassalé est née en 1893. Les
autorités publiques d’alors voulaient mettre un terme à l'extension anarchique de la ville. Le
quartier Jérusalem et le village ouvrier du quartier Prof ont été déguerpis et rasés. Au Nord de
la ville, François kadjo est créé pour accueillir les déguerpis de Belleville. Au sud, les premiers
lotissements de Tiassalekro est effectués. A l’est, le quartier Mosquée est aménagé comme
quartier évolutif. Ce réaménagement de ces quartiers ont permis aux criminels de s’insérer dans
le tissu sociétal, cette insertion a accentué le phénomène d’insécurité.
Avec une population qui n’a cessé de s’accroître, la ville de Tiassalé n’est pas restée en marge
de la dynamique spatiale qu’ont connue la plupart des villes ivoiriennes. La population qui était
de 4000 habitants en 1965 est passée à 20057 en [Link] figure14 suivante nous présente la
dynamique de la population de la ville de Tiassalé.
90
Figure7 : Evolution de la population de 1965 à 2014
20057
17823
14008
11079
Cette figure nous montre que la ville de Tiassalé a connu une forte croissance de sa densité de
1965 avant d’augmenter par la suite en 2014. La croissance accélérée de 1965 à 2014 a une
double explication. En effet, elles s’expliquent d’une part par le fort taux de natalité durant cette
période au plan national en général et plus particulièrement pour la population de Tiassalé, et
d’autre part, par une immigration massive due à la forte croissance économique que connaît le
pays à cette période. À ces deux facteurs, s’ajoute le phénomène d’insécurité.
Le taux élevé de la densité de la population urbaine de Tiassalé a une double explication. Elle
est due à l’étalement de l’espace urbain qui diminue la forte concentration humaine des quartiers
existants. En fait, comme la plupart des villes du Sud et contrairement à celles des pays
développés, l’étalement pour répondre à la forte demande d’espace est horizontal. Elle
s’explique aussi par le retour des immigrés à la suite de la crise post-électorale profonde qu’a
traversée la Côte d’Ivoire dont Tiassalé était l’une des villes les plus en proie au phénomène
d’insécurité.
91
Conclusion partielle
Nous retenons que la croissance démographique est l’un des facteurs explicatifs de l’insécurité
dans la ville de Tiassalé. Cette croissance démographique a entrainé une urbanisation mal
contrôlée dans la ville.
Un des instruments les plus marquants de la planification des villes Ivoiriennes est la loi n° 62-
253 du 31 juillet 1962 relative aux plans d'urbanisme. En effet, elle instaure trois niveaux de
planification urbaine, à savoir : le Schéma directeur d'Urbanisme (SDU) ; le Plan d'Urbanisme
Directeur (PUD) ; le Plan d'urbanisme de Détail (PD).
2.1.1 Le Schéma directeur d'Urbanisme (SDU)
Le Plan d'urbanisme de Détail (PD) reprend, à une plus grande échelle, les options
d’aménagement d’une zone des PUD et SDU. Les PD peuvent aussi s’appliquer à une partie de
l’agglomération non couverte par un PUD ou un SDU. Ils précisent, pour une zone donnée en
fonction de ses spécificités, le détail de l’organisation urbaine et les règles d’utilisation des sols.
Le PD, après son approbation, est également opposable aux tiers.
Un ensemble de dispositifs spécifiques est utilisé par les différents opérateurs urbains pour
l’aménagement de l’espace urbain :
93
[Link] Un lotissement mal structuré
C'est une opération ayant pour effet le morcèlement (avec ou sans équipement) en lots d’une
ou de plusieurs propriétés foncières pour la vente, la location ou la mutation à titre gratuit. Il
aboutit à la transformation d’un terrain donné en un terrain constructible. Les lotissements
peuvent être initiés par la puissance publique, les propriétaires privés ou les collectivités. Il est
alors appelé respectivement lotissement administratif, lotissement privé ou lotissement
villageois (SDU, 2014).
Elle a pour but de réorganiser le tissu urbain en aménageant les zones caractérisées par une
occupation anarchique de l’espace avec des parcelles enclavées ou mal desservies ou manquant
d’équipements collectifs ce système est confronté à des difficultés cela entraine la persistance
de l’insécurité dans la ville Tiassalé. L’objectif visé, à travers, cette opération est d’asseoir une
utilisation et une organisation plus rationnelle de l’espace, d’améliorer le cadre de vie et de
régulariser la situation foncière des occupants. Elle implique l'approbation d'un plan de
restructuration et sa mise en œuvre par un organisme public ou privé d’aménagement
(Urbaplan, 2014).
Elle consiste à entreprendre des travaux sur des immeubles vétustes ou insalubres sur
instruction de l’autorité publique, en vue d’assurer la bonne tenue de leurs sites et les ensembles
bâtis. Elle fait suite à un arrêté de prescription de travaux fixant le type de travaux, le périmètre,
la durée et la période si nécessaire des travaux.
[Link]. La concession d’aménagement foncier, un non suivi de cette politique dans la ville
de Tiassalé
C’est une convention par laquelle l’État ou la Collectivité territoriale confie à un organisme
l’aménagement de terrains urbains ou ruraux lui appartenant. La convention prévoit la
viabilisation et le lotissement du terrain ainsi que la commercialisation des lots par l’organisme
aménageur au profit de l’autorité publique, cette commercialisation est faite de façon
anarchique sans toutefois respecter les consignes. Ce non suivi est à la base des proliférations
94
des quartiers précaires un peu partout dans la ville favorise la naissance des fumoirs, des nids
pour les malfaiteurs.
La loi n° 62-253 du 31 juillet 1962 relative aux plans d'urbanisme définit clairement comment
les villes ivoiriennes devront être aménagées de sorte à éviter tout dysfonctionnement pouvant
compromettre le bien-être des populations. Mais en réalité, les services de l’État ont parfois du
mépris vis-à-vis des dispositifs réglementaires pour des raisons de laxisme ou de corruption.
L’exemple palpable est la récurrence des conflits fonciers. En effet, il arrive des fois ou
plusieurs personnes morales ou physiques possèdent à la fois les titres de propriété d’une
parcelle ou que des domaines de l’état soient occupés inégalement sans aucune action des
autorités. Pour étayer cette affirmation, nous pouvons citer le quartier Jérusalem qui n’a plus
d’espace réservé comme domaine de l’État.
Une autre irrégularité vis-à-vis la réglementation est la discontinuité de l’habitat dans certains
quartiers. Dans pratiquement tous les quartiers de la ville de Tiassalé, il existe des lots non bâtis
ou souvent à moitié bâtis. Ces lieux sont pour certains des endroits transformés en fumoirs ou
encore ne permettent pas aux passants de maîtriser l’environnement dans lequel ils s’aventurent.
En occurrence, 75 % des personnes enquêtées sont de cet avis.
95
Sur cette image nous pouvons constater, une maison inachevée et en proie aux herbes
adventistes.
La population enquêtée, c’est-à-dire 145 personnes pensent que ces maisons inachevées
constituent des lieux où peuvent se cacher des délinquants. Ils sont donc considérés par ceux-
ci comme contribuant à augmenter les risques potentiels de violence. La figure ci-dessus illustre
mieux ces avis.
Figure 8: La contribution des maisons inachevées et inhabitées aux risques d’insécurité
25%
75%
Les personnes ayant indexé les maisons inachevées reprochent à ces endroits d’être des lieux
de cachette des malfaiteurs et de drogués. Et comme ces maisons sont aussi inaccessibles, les
malfrats ont le temps d’y opérer sans être dérangés.
L’un des vices de l’insécurité dans la ville Tiassalé est le manque de collaboration entre les
acteurs de l’aménagement et les services de sécurité.
Lors de nos enquêtes à la Direction Régionale de la Construction, de l’Assainissement et de
l’Urbanisme (DR-CAU), nous avons pu constater que pour l’aménagement d’un espace non
lotis, les structures associées sont : la Préfecture de Région, la Mairie, les Services du Cadastre
et un cabinet de géomètre expert. Nous avons eu la confirmation dans les services de sécurité
que sont la Police et la Gendarmerie qui nous ont fait savoir qu’elles n’étaient pas associées au
processus de lotissement. En fait, lors d’un lotissement, DR-CAU de Tiassalé prend le soin de
96
laisser des réserves administratives qu’elle n’attribue d’office à aucun service public. Et c’est
seulement à la suite d’une manifestation d’intérêt pour un espace que la réserve est déclassée et
attribuée au service public demandeur.
Ce manque de collaboration de la part du DR-CAU de Tiassalé et l’ignorance de cette procédure
par les services de sécurité constitue un véritable problème pour la ville car on pourrait éviter
de se retrouver avec des espaces "classés comme criminogènes" (GARNIER, 2012) et ou des
espaces difficilement accessible aux forces de l’ordre comme il en est le cas déjà pour certaines
zones des quartiers de Jerusalem, Dafibougou et Belleville.
Les grandes opérations de production d’habitat planifié datent de la période 1960-1980 et
traduisent l’ambition des pouvoirs publics d’insuffler une « modernité » dans le tissu urbain en
offrant des ensembles associant logements et aménagements et garantissant le « bien-être » des
populations. Ces quartiers sont plutôt centraux et destinés à des fonctionnaires de la classe
moyenne. La demande en logements est donc élevée. Il faut dire que la ville de Tiassalé ne
dispose pas de politique spécifique en faveur du logement, en ce sens que tous les programmes
de promotions immobilières sont initiés par l’Etat. Les logements produits à Tiassalé,
notamment ceux des lotissements villageois, sont d’une qualité très insuffisante et les zones qui
se développent ainsi sont notoirement sous-équipées favorisant la persistance de l’insécurité
dans la ville.
Le cadre institutionnel, juridique et financier actuel ne permet pas le développement d’une
promotion structurée techniquement et financièrement. De fait, les opérations de promotion
immobilière récentes, par des promoteurs publics (SICOGI) ou privés (SIPIM, BATIM-CI,
ABRI 2000, GFCI, SCI Les Rosiers, SCI Les Lauriers) ne concernent pas Tiassalé.
L'urbanisation est une des causes de l’insécurité.
La croissance de la population urbaine résultant de l'expansion démographique naturelle et des
migrations, va engendrer des problèmes de tout ordre. Le phénomène urbain est caractérisé par
la concentration hétérogène de populations. Cette hétérogénéité aura un impact sur les relations
sociales qui va affecter les rapports entre les personnes résidant dans la même communauté.
Et la promiscuité produit nécessairement un changement dans les rapports inter personnels.
Tout encombrement provoque naturellement de l’irritation. Ces phénomènes de densité existent
également à Tiassalé. En ce sens que les relations sociales ne peuvent être considérées en dehors
des réalités dans lesquelles les populations vivent.
L'agrandissement de la ville de Tiassalé va conduire les différents groupes d'individus à
observer une situation d'insécurité. Aussi, en raison de la mobilité et du brassage ethnique, les
rapports sociaux à Tiassalé ressentiront une influence négative.
97
Ainsi 1' existence des lieux de distraction tels que les boîtes de nuit, les dancings renforce la
criminalité. Car ils sont devenus de véritables virus pour les citadins (puisqu'ils sont nécessaires
pour l'équilibre psychique des individus). C'est ainsi qu'il convient de noter avec Albert
TEVOEDJIRE "reconnaissons que les villes sont devenues progressivement les foyers de toutes
sortes de comportements sociaux néfastes. La recherche acharnée de l'argent liée à l'entretien
des femmes est un cas épatant qu'il convient de souligner aussi avec amertume. C'est un
phénomène qui prend une ampleur démesurée en ce sens que beaucoup d'hommes tentent de
séduire les femmes en affichant un standing largement au-dessus de leurs possibilités
financières réelles.
Cet aspect des choses précise davantage les motivations des délinquants qui, pour paraître nantis
aux yeux de la gent féminine troublent la quiétude sociale en s'adonnant au crime.
98
2.3. La typologie des quartiers sources d’insécurité dans la ville de Tiassalé
Les quartiers de haut standing ont plus été le théâtre de l’insécurité. L’explication à ce constat
réside d’une part dans le faible peuplement de ces quartiers et d’autre part dans le fait que ces
quartiers sont supposés être les lieux d’habitat des plus nantis de la ville en conséquence, ils
constituent des potentielles victimes prisées des délinquants. Par ailleurs, il faut noter la
présence du fleuve et des bas-fonds dans ces 2 quartiers. Pour s’en tenir aux témoignages des
riverains ces lieux tout comme les maisons inachevées et les broussailles constituent les
échappatoires des agresseurs après leurs forfaits.
Quant aux quartiers précaires, l’insécurité qui nous a été rapportée constitue pour l’essentiel
des cas de coups et blessures. Cela s’explique par la forte densité des populations dans ces
quartiers qui entraine nécessairement des altercations de voisinage serré et de proximité. Aussi,
viennent les autres types de quartier avec sensiblement. Nous avons, les quartiers évolutifs et
les quartiers de moyen standing. Ces faibles taux d’insécurité ont une explication liée à la forte
densité des populations dans ces quartiers et le flux des déplacements intra-quartier. Comme le
démontrent nos enquêtes, pour les vols violents, les agresseurs préfèrent être seuls avec leurs
victimes dans 76% des cas de vols violents. Ne trouvant pas ces opportunités, cela pourrait
réduire leurs forfaits. La forte circulation des populations contribue à réduire les coûts et
blessures suite aux altercations.
Avant tout propos, il faut dire que les quartiers précaires ne sont pas un phénomène urbain
propre à la ville de Tiassalé. Toutes les villes, surtout celles du tiers-monde, sont confrontées
au problème de présence de quartiers précaires (ZANOU et KOSSONOU, 1999). Le mot
précaire est un adjectif qui définit une chose qui n'offre nulle garantie de durée, de stabilité, qui
peut toujours être remis en cause et qui est d'une sécurité douteuse. C’est aussi cette
appréhension qu’a la Géographie en analysant la précarité d’un quartier.
Aujourd’hui, la notion de quartier précaire ramène à plusieurs aspects de ces espaces ou de leurs
populations. Pour KOUAME (2010), le quartier se présente comme un quartier dont l'existence
n'est pas garantie dans le temps. Au-delà, on pourrait apprécier de la précarité d'un quartier à
partir de deux aspects distincts soit, du fait de l'absence ou de l'insuffisance des infrastructures
99
sociaux de base notamment d'établissement primaire et/ou secondaire, centre de santé, eau
potable, électricité, lotissement et/ou assainissement, voies de desserte,soit, du fait de la
pauvreté des populations qui y vit, de l'inaccessibilité aux services sociales de base, logements
construits avec des matériaux de récupération, des matériaux de type végétal ou de terre
(Dafibogou) avec armatures en bois. C’est cette définition du quartier précaire que nous
adopterons dans notre étude.
La ville de Tiassalé n’aurait pas de quartiers précaires selon le RGPH (2014). Même si cela
pourrait s’avérer, à l’échelle des sous-quartiers, on dénombre plusieurs zones abritant les
habitats précaires. Avec l’appui de la Mairie, nous avons pu les inventorier et les localiser dans
l’espace urbain de Tiassalé 2014.
La classification par type d’habitat a été faite sur la base des catégories retenues lors de l’étude
du PDU (Projet de Développement Urbain) Abidjan, (méthode de strate socio- économique).
Des regroupements de catégorie ont été effectués pour s’adapter au cas de Tiassalé (Schéma
directeur d’urbanisme de Tiassalé, 1983). Les quartiers centraux sont caractérisés par une forte
densité de population qui crée une forme de dynamique urbaine qui s’aperçoit par des
modifications dans l’habitat, par l’occupation des zones basses ou des bas-fonds qui sont en
général des zones à risque pour l’habitation. Cette dynamique est aussi marquée par des actes
illégaux de morcellement des réserves administratives pour des lots d’habitation.
La dynamique des quartiers périphériques est caractérisée par un étalement anarchique de ces
quartiers et surtout par la multiplication des quartiers précaires.
En fonction du type de quartier, nous avons fait des nuances selon qu’ils soient des quartiers
haut standings, moyen standings, évolutifs et précaires. Cette échelle a révélé les problèmes
d’insécurité que rencontrent les ménages dans leur cadre de vie, et celle des autorités, le niveau
de développement et la qualité des équipements de chaque quartier.
On distingue les types d’habitat suivants :
Les habitats résidentiels de standing ; cette catégorie regroupe le haut et le moyen standing. Ce
sont des constructions de 180 à 250 m², sur des lots de 1500 à 2000 m² avec jardin. Les quartiers
Résidentiel et Prof, en font partie. Cet habitat est alimenté par les réseaux.
Les habitats résidentiels économiques ; il s’agit des constructions individuelles au centre du lot,
d’après un plan type. L’alimentation en eau se fait en général par un puits, ce type se trouve
dans presque tous les quartiers de la ville.
100
L’habitat évolutif ; c’est l’habitat de plus grand nombre, ce sont des constructions sur les côtés
de la concession, cour centrale, avec ou sans évacuation des eaux pluviales. Il s’agit des
quartiers Jerusalem,Dfibougou et Bété .
L’habitat traditionnel ; c’est l’habitat des villages péri-urbains, ou des villages intra-urbains non
lotis.
L’habitat spontané ; c’est un habitat de type précaire et provisoire ; espace non loti, franges de
quartiers, flancs de thalweg (Schéma directeur de Tiassalé, 1983).
Actuellement, nous assistons à une modification et évolution de tous ces types d’habitats. Cela
se justifie par le vécu des populations à Abidjan depuis la crise de 2002.
Conclusion
L’étude menée dans cette partie nous fait retenir que la ville de Tiassalé regorge d’énormes
potentialités aussi bien naturelles qu’humaines. Cela a poussé d’abord les autorités coloniales
et par la suite les autorités après l’accession à l’indépendance, à planifier et adopter de multiples
politiques d’aménagement de la ville de Tiassalé. Ensuite, nous avons pu nous rendre compte
que la voie de son urbanisation, la politique d’aménagement de la ville de Tiassalé renferment
des limites en termes de lutte contre l’insécurité. Car la ville est en proie à la violence. Il ressort
donc que cela s’explique par le fait que les politiques d’urbanisation de Tiassalé ne prennent
pas en compte suffisamment la question d’insécurité.
101
CHAPITRE 4: LA POSITION GÉOGRAPHIQUE ET FACTEUR SOCIO-
ÉCONOMIQUE DES MOBILITÉS DE PERSISTANCE DE L’INSÉCURITÉ DANS LA
VILLE DE TIASSALÉ
Introduction
La ville de Tiassalé est un carrefour d’échange situé entre la zone savanicole et la zone
forestière. Elle est à équidistance des deux capitales du pays Yamoussoukro et Abidjan ce qui
fait d’elle une zone attractive. La ville doit cette position à un certain nombre de caractéristiques
physiques dont la végétation, le relief, l’hydrographie, le climat, les sols et sous-sol que nous
allons développer. Mais aussi, à sa situation géographique sur l’un des principaux axes routiers
du pays, un facteur phare dans la persistance de l’insécurité.
Lors de nos investigations auprès du 4ème adjoint au Maire DJÉ affirme que la localité de
Tiassalé crée dans les années 1760- 1770 a été le point de convergence des voies de
communication de terre et d’eau. C’est une ville carrefour située sur l’un des principaux axes
routiers du pays. En effet, son rôle de carrefour a fait d’elle un passage obligatoire pour atteindre
les régions de la Côte d’Ivoire et les pays limitrophes. Cet axe routier favorable à l’installation
des types d’insécurité dans la ville. En outre, les voies d’eau ont favorisé également les échanges
qui s’y déroulaient. Ces différents atouts font de Tiassalé un espace d’attraction, une zone
convoitée qui va très tôt voir sa population et son niveau d’insécurité évolué.
1.1.1La proximité Tiassalé-Abidjan
102
Les perpétuelles mutations que connaissent les villes africaines ne s'opèrent pas sans
conséquences dommageables pour les populations et leur bien et l'environnement.
L'urbanisation ayant atteint une vitesse de croisière sans pareille que certaines grandes villes se
sont rapprochée des villes secondaires qui en sont ou deviennent leurs banlieues ou mêmes
quartiers. On assiste alors à un transfert de toutes sortes de comportements, d'attitudes et de
pensées, bref de valeurs sociales des grandes agglomérations vers les villes secondaires. Tel est
le type de relations qui lie la ville de Tiassalé à Abidjan qui, nul ne l'ignore demeure très
criminogène.
3% Proximité d'Abidjan
18%
Tmide réaction des FDS
54%
Existence des maisons
25% inachévés
Autres
Les investigations menées sur notre terrain d'enquête nous ont permis de constater que 54 %
des personnes interrogées affirment que l'insécurité est liée à Tiassalé à la proximité de cette
ville avec celle d'Abidjan. 18 % d'entre eux soutiennent que l'insécurité est due à l'existence des
bidonvilles avec de nombreuses maisons inachevées, alors que 25et 3 % disent respectivement
que l'insécurité réside dans la timide réaction des FDS face aux appels de détresse et ailleurs.
De notre étude sur la ville de Tiassalé, il ressort des réponses de nos enquêtés, 54 %, que
l'insécurité dont souffre cette ville est due de façon spécifique à la proximité d'avec Abidjan.
Selon Camille Edou qui disait: « En provenance d'Abidjan, j'ai été dépassé par une voiture
Mercedes de couleur rouge aux environs de 17 heures au niveau du complexe et qui s'est arrêtée
103
au petit marché. À 18 H 14 min, le même véhicule se gare à la hauteur de mon domicile, des
individus en descendent puis se dirigent vers ma voisine qu'ils sûrement attendaient, car il venait
juste de rentrer. Quelque temps après la voiture démarre en trombe et reprend sa direction de
provenance. Et à mon voisin de crier en vain au secours. C'était incompréhensible et
insupportable d'être agressé à cette heure de la journée ». Ce témoignage de C.E. nous dit
combien de fois ce rapprochement spatial peut influencer la sécurité de Tiassalé.
Les informations recueillies auprès des autorités policières de la ville révèlent que Tiassalé non
seulement sert de base arrière aux criminels quand ils sont recherchés à Abidjan (qui viennent
s'y réfugier), mais une destination prisée. Les personnes interpellées disent profiter de la
proximité avec Abidjan, du facile accès étant donné la disponibilité de véhicules de transport à
toute heure, mais aussi à cause de la flexibilité des contrôles routiers des FDS les week-ends.
Les résultats ne se sont pas fait attendre, car en 2017, Tiassalé fut l’une des villes les plus
criminogènes du pays après Abidjan et Daloa avec 14,64 % des infractions commises. Ce qui
fît de Tiassalé plus dangereuse des banlieues abidjanaise.
En définitive, les témoignages pour établir la relation entre la proximité de Tiassalé avec
Abidjan et l'insécurité ne tarissent pas. Car les FDS sont souvent informés des destinations de
certains bandits.
[Link] La timide réaction des FDS face aux appels de détresse des populations
L'étude que nous avons menée sur l'insécurité dans la ville deTiassalé, nous a permis de
constater selon nos enquêtés, la passivité avec laquelle les FDS traitent les faits s'attachant à la
sécurité des biens et des personnes.
Kakou couturière, disait : « Je suis à quelques mètres du commissariat et puis mon atelier et
mon magasin ont été attaqués sans même que les policiers ne réagissent. Il arrive des fois ou
votre ami ou voisin de quartier est agressé, vous aurez téléphoné en vain car personne ne
décrochera. Si vous avez eu la chance d'avoir quelqu'un au bout du fil, c'est pour vous rabrouer
et vous aurez attendu pour rien. Avec de tels comportements où ira notre police et partant quelle
sécurité aurons-nous ? ».S'interroge-t-elle à la fin de la misère qu'elle a vécue.
Par notre tentative de vérification de tels propos, ce fut un débat bien plus un procès contre les
populations qui selon certains agents occupent les lignes téléphoniques pour raconter des
bêtises.
104
Sur ces principaux facteurs se greffent d'autres facteurs tels que la mauvaise qualité de la
voirie, l'évolution historique et culturelle et enfin la densité du trafic routier du fait de la voie
internationale qui traverse la ville.
Conclusion partielle
Tiassalé est une ville de fortes potentialités économiques. Les activités économiques y sont
regroupées en secteurs d’activités dans lesquels la population est repartie comme partout
ailleurs. Il s’agit notamment du secteur primaire, du secteur secondaire et du secteur tertiaire.
La figure ci-après présente la part de chaque secteur dans la ville.
50% 47%
50%
40%
30%
20%
10% 3%
0%
Secteur primaire secteur secondiare secteur tertiaire
La figure 10 présente les trois secteurs d’activité dans la ville. Il s’agit notamment du secteur
primaire, du secteur secondaire et du secteur tertiaire. Le secteur primaire occupe la première
place avec un pourcentage de 50%. Ce secteur regroupe l’agriculture, l’élevage et la pêche. Il
constitue le nerf de l’économie de la ville et est resté le plus important depuis 1960. Suivi par
105
le secteur tertiaire qui vient en deuxième position avec 47%. Ce secteur connait une forte
croissance à cause de la multitude des activités qui le compose. Il s’agit des services, le
transport, le commerce, les petits métiers. Ce secteur est dominé par les activités informelles
notamment l’artisanat. Il regroupe la majorité de la population de la ville. Quant au secteur
secondaire, il ne représente que 3% de la population. Ce faible taux s’explique par la fermeture
des unités industrielles de la ville. Il ne reste que l’usine de traitement de gingembre située
avant le pont venant de N’douci et la scierie située sur la route de Divo.
2.1.1 Prolifération des activités du secteur informel source d’insécurité dans la ville
Tiassalé à l’instar de certaines villes ivoiriennes connait une dynamique d’évolution très
impressionnante de ces activités due au secteur informel. Ce secteur occupe une part importante
de la population active de la ville.
106
Tableau 14 : Typologie des activités économiques et les différents opérateurs du secteur
à Tiassalé
Les différents types d’activités économiques présentent dans le tableau ci-dessus, dans leur
pratique utilisent une part importante de l’espace du fait de leurs installations sur toutes les
voies et rues de la ville. Cette occupation anarchique de l’espace par ces activités s’explique la
persistance de l’insécurité, certains métiers comme des garages mécaniques constituent des
endroits de dortoirs pour les malfaiteurs. La figure qui suit illustre la part des types d’artisanat
à Tiassalé.
107
Figure 11 : Répartition des acteurs par type d’activités dans la ville de Tiassalé
1%
Atisanat d'art
37%
Artisanat de production
Artisanat de service
62%
Il ressort de cette figure une prédominance de l’artisanat de production dans la ville avec un
pourcentage de 62% de la population exerçant dans ce secteur. Il est suivi de l’artisanat de
service avec un taux de 37%. L’artisanat d’art est moins représentatif avec un pourcentage de
1%. La forte proportion de l’artisanat de production s’explique par une importance des activités
artisanales qui se trouve dans la production. Il s’agit notamment de la restauration, les maquis,
les boulangeries, les menuiseries et des moulins. L’artisanat de service regorge également un
nombre important d’activités en leur sein dont la mécanique, la couture, la coiffure. Quant à
l’artisanat d’art, il est presque inexistant dans la ville.
La ville de Tiassalé a pendant longtemps été un pôle économique, ce jusqu’à la crise de 2002.
Après la crise politico-militaire qui a durement freiné et fragilisé son essor économique, elle
tente de se repositionné, mais difficilement (Le Monde, 2016). En effet, beaucoup d’usines et
entreprises ont fermé ou quand elles décident de revenir, elles fonctionnent avec un effectif
108
réduit. Comme exemples, nous avons l’usine SAFCO qui peine à se redresser. Ces facteurs
s’associent pour créer un climat de chômage et par la suite une pauvreté au niveau de la
population. En Côte d’Ivoire, le taux de pauvreté est de 46,3% (INS, 2014). Or, le manque
d’emploi et la pauvreté peuvent contribuer à accroître le niveau d’insécurité comme l’indique
la figure.
44%
56%
À travers nos enquêtes sur le terrain les tendances suivantes se sont dégagées. 56% des
personnes enquêtés établissent un lien sans équivoque entre le chômage et l’insécurité, puis
44% établissent le lien entre la pauvreté et l’insécurité. Cette figure est révélatrice de l’idée
que se fait une partie de la population sur les facteurs d’insécurité. L’insécurité ne serait pas un
comportement fortuit encore moins hasardeux. Il serait l’expression d’une lacune ou une des
conséquences du chômage dans la ville de Tiassalé.
Les fonctions urbaines sont l'ensemble de politiques, sociales et culturelles d'une ville. Pour la
ville de Tiassalé, nous avons constaté à travers nos enquêtes beaucoup de failles dans les
fonctions urbaines pouvant accroître le niveau d’insécurité à Tiassalé.Les personnes enquêtées
n’exerçant pas d’activité c’est-à-dire les sans activité (61) et les retraités (9) aussi partagent
109
également cet avis. Dans nos enquêtes, 56% de cette frange pense que le chômage peut
influencer le niveau d’insécurité et 44 % de la même frange le pensent pour la pauvreté.
En Côte d’Ivoire, même si cette politique avait été annoncée par les autorités, fort est de
constater que les chômeurs (5,3%) et les pauvres (46,3%) ne bénéficient pas encore de
subvention. Ce qui fait de ces personnes, une tranche vulnérable et parfois prête à tout pour
subvenir à leurs besoins surtout au niveau des jeunes.
Les activités dominantes après les secteurs d’activités dans la ville c’est la restauration, les
maquis, les boulangeries- pâtisseries. Ces activités occupent aussi une place importante dans la
ville à cause de leurs nombres élevés elles contribuent à la persistance de l’insécurité. La photo
qui suit illustre bien.
La photo montre une importante de la ville dans l’artisanat de production. Cette surface est
presque présente dans tous les quartiers enquêtés de la ville. Il s’agit du maquis renommé du
Pour se faire plaisir dans les maquis les jeunes n’ayant pas de moyen de boulot afin de rehausser
leur image, ils s’adonnent au cambriolage, vols, et vol à main armée. Le maquis contribue
indirectement à l’insécurité.
:
M
110
Les activités sont importantes dans la ville de Tiassalé. Les opérateurs du secteur informel sont
installés de manière stratégique sur les voies. Selon ESSI (2016), la localisation des activités
est influencée par les caractéristiques des unités de production. Dans notre zone d’étude, les
opérateurs économiques s’installent de façon stratégique selon l’activité exercée de peur d’être
victime d’agression. Il ressort de nos enquêtes que la convoitise des voies par les opérateurs est
d’ordre stratégique. En effet, l’installation des activités en bordure de route principale ou
secondaire se fait de manière stratégique. Selon l’enquête, certains opérateurs se sont installés
en bordure de voie principale à cause de l’activité exercée comme c’est le cas des mécaniciens
moto, auto, soudure, ferronnerie, car dans l’exercice de leur métier, il est plus que nécessaire
d’être en bordure de route pour faire le dépannage pour ne pas être victime de vol. Ainsi la
figure ci-dessous illustre l’installation des activités dans la ville.
111
d’aucun disent s’installer dans le souci de ne pas être victime d’agression et de vol. D’autre par
contre ce sont installés à cause du métier exercé qui est inséparable à la convoitise des voies.
La forte installation des activités sur les différentes voies des quartiers centraux dans la ville
s’explique par le fait qu’à Tiassalé les différents quartiers connaissent un niveau d’insécurité
élevé.
Conclusion
112
TROIXIEME PARTIE :EFFETS INDUITS
PAR L’INSÉCURITÉ DANS LA VILLE DE
TIASSALÉ
113
CHAPITRE 5: L’IMPACT DE L’INSÉCURITÉ SUR LES ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUES ET LA POPULATION
Introduction
L’impact de l’insécurité dans la ville de Tiassalé sont multiples et de divers ordres. C’est ainsi
que l’on constate les impacts dans le domaine social et humain, sanitaire, et dans bien d’autre
domaines tels que le domaine économique.
1. Impact de l’insécurité sur les activités économiques
L’impact de l’insécurité dans ce secteur est important. La criminalité violente et non violente a
des incidences directes beaucoup plus importantes sur certains segments de la société. Cela se
manifeste essentiellement par la peur de la criminalité et le sentiment d’insécurité généralisé
ressenti. L’insécurité ressemble donc à une industrie dont la matière première est la menace que
la société sent peser sur son bien -être en absence de toute protection.(SIPA,2003)
1.1 La fermeture des unités industrielles dans la ville
Tiassalé par sa position de carrefour d’échange, ses facteurs historiques et sa forte croissance
urbaine connaissait déjà un développement impressionnant des activités économiques
informelles. Ce phénomène a pris une allure vertigineuse avec la crise militaro-politique de
2002 qui a paralysé tous les secteurs d’activités. En effet, la ville disposait dans le passé de
plusieurs unités industrielles dont la SAFCO qui a fait les beaux jours de la ville. Cette industrie
agro-alimentaire douée dans la transformation de jus de fruits employait dans ces moments de
gloire 1960-1970 environ 15000 personnes dans son usine et dans ses plantations
(DIARRASSOUBA, 2013). Cependant, avec la crise militaro-politique de 2002 en Côte
d’Ivoire, de nombreuses unités industrielles ont subi d’énormes pertes. Les industries de la ville
ne sont pas restées en marge de cette situation. Les activités ont pris un coup et la SAFCO finit
par fermer en 2005. Cette fermeture d’unité industrielle n’est sans conséquence, elle a accentuée
le phénomène d’insécurité. Elle a engendré un chômage grandissant et une croissance de la
pauvreté de nombreuses familles en particulier la population jeune qui a eu recours aux
différents types d’insécurité. . La photo ci-dessous présente l’industrie SAFCO COTIVANA
fermée dans le quartier Belle ville.
114
Photo 4 :L’industrie Safco Cotivana de Tiassalé
L’industrie de l’ananas fit la fierté de Tiassalé au lendemain des indépendances en 1960. C’est
une industrie mise en place et développée par la Société africaine de Conserverie (SAFCO).
Créée en 1949 et basée à Tiassalé, cette société a développé une stratégie d’exploitation visant
à maîtriser toute la filière de l’ananas. En plus de son usine de transformation, elle a créé de
grandes plantations d’ananas sur une superficie de plus de 2 000 hectares. La SAFCO a aussi
développé un réseau d’exportation de ses productions vers l’Europe. La SAFCO COTIVANA
est une entreprise productrice de boissons et d’ingrédients à base de fruits frais. Dans sa période
de gloire (1960-1970), elle avait une capacité de 30 000 tonnes et employait environ 1500
personnes dans son usine et dans ses plantations.
Mais, avec la crise politico-militaire de 2002 en Côte d’Ivoire, de nombreuses entreprises ont
subi d’énormes pertes. La SAFCO en a également fait les frais. Les activités ont pris un coup,
115
la société finit par fermer ses portes en 2005 du fait de la guerre car ses partenaires étant des
européens, toutes relations ont été rompues avec la crise. De nos jours, elle a rouvert mais ses
activités sont encore timides. Toutefois, la Nouvelle SAFCO COTIVANA opère dans l’agro-
alimentaire. Elle est spécialisée dans la production, la vente et l'exportation de jus de fruits et
d'ingrédients fonctionnels (pulpes et purées) à base de fruits frais (Ananas, Banane, Mangue,
Fruit de la passion, Coco, Papaye).
Ces facteurs s’associent pour créer un climat de chômage et par la suite une pauvreté au niveau
de la population. En Côte d’Ivoire, le taux de pauvreté est de 46,3% (INS, 2014). Or, le manque
d’emploi et la pauvreté peuvent contribuer à accroître de l’insécurité dans la ville de Tiassalé.
Tiassalé est une ville de fortes potentialités économiques. Les activités économiques y sont
regroupées en secteurs d’activités dans lesquels la population est repartie comme partout
ailleurs. Il s’agit notamment du secteur primaire, du secteur secondaire et du secteur tertiaire.
En effet, la ville de Tiassalé est une zone de forte activité agricole. La richesse des terres
agricoles a suscité de nombreux mouvements de populations. Ainsi en majorité masculine ces
populations sont venues travailler dans les nombreuses plantations industrielles de banane ou
d’ananas. Aussi, les nombreuses plantations de café et cacao ont également accueilli les
populations. C’est une population constituée en grande partie par les ressortissants du nord de
la Côte d’Ivoire ou des pays de la CEDEAO. Les migrants venaient s’installer dans leurs lieux
de travail sans leurs femmes dans un premier temps. Ensuite, lorsque leurs activités prospéraient
ils repartaient pour la plupart chercher leurs femmes et enfants. Toutefois, certains préféraient
laisser leur femme dans leur localité ou pays d’origine. Cet état des faits pourrait expliquer la
supériorité masculine dans la population locale et la persistance de l’insécurité dans la ville de
Tiassalé. La figure ci-dessous nous montre l’impact de l’insécurité sur les activités
économiques.
116
Figure 13 : Impact de l’insécurité sur les activités économiques à Tiassalé
95.39%
100.00%
90.00%
80.00%
70.00%
60.00%
50.00%
40.00%
30.00% 1.97% 2.63%
20.00%
10.00%
0.00%
Ralentissement Hausse des Aucun impact
des activités activités
Source : Nos enquêtes 2018 N’GUETTA Edwige 2018
Cette insécurité a entrainé la fermeture de plusieurs activités dans la ville telle est le cas du
maquis FIFA.
Conclusion partielle
L’insécurité constitue un problème de taille pour les entrepreneurs. Selon une étude de la
Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développements l, 67,0% des
117
entrepreneurs croient que le crime est un obstacle au bon déroulement des affaires versus 22,0%
pour les entrepreneurs des pays de l'OCDE (BRUNETTet al., 1997 ; GAVIRIA, 2002).
2. Au niveau de la population
2.1 L’insécurité représente un facteur négatif pour la population et cela est perçu dans
plusieurs domaines.
118
ont montré que celles qui consomment les drogues illicites risquent davantage d’être victimisées
au cours abusant des drogues sont particulièrement vulnérables aux agressions sexuelles
lorsqu’elles sont sous l’influence des drogues et qu’elles vivent dans des situations qui les
exposent a un risque accru de victimisation.
En somme, les conséquences sanitaires de l’insécurité et de la criminalité sont transversales,
car touchent non seulement les victimes et auteurs d’infractions posent directement des
problèmes de santé publique (par exemple les abattages clandestins indirectement et par
exemple, les délits comme l’abandon de famille commis le plus souvent par les hommes
exposent les femmes et les enfants abandonnés à la dé[Link] plus souvent, les femmes
s’adonnent à la prostitution par racolage, les enfants se retrouvent dans la rue commettent des
délits, commettent des délits, consomment et trafiquent les stupéfiants.
C’est pourquoi il convient de prendre des mesures appropriées à la hauteur du fléau afin de
lutter efficacement contre le mal qui sévit dans la ville de Tiassalé.
Les problèmes psychologiques liés à des facteurs innés ne sont pas moins fréquents. En ce sens
que de nos jours, dans la ville de Tiassalé, nous dénombrons beaucoup d'anomalies chez certains
êtres humains. Nous pouvons retenir le cas des encéphalopahites et autres déformations
psychiques. Cette méfiance que les uns ont vis-à-vis des autres va provoquer une diminution
des naissances. Du même coup ces dernières années, un vieillissement de la population de la
ville a été constaté.
Tous ces éléments ont une conséquence néfaste évidente.
C'est qu'il y a de plus en plus d'hommes invalides dans la cité donc moins d'acteurs ~u
développement.
Un enfant qui n'a pas subi une évolution normale prénatale sera exposé à un déséquilibre
physico-mental après sa naissance. Á Tiassalé, ce phénomène est démesurément grandissant.
En observant même dans la circulation, on peut constater qu'il y a beaucoup plus d'enfants
anormaux.
C'est une déformation purement morphologique prenant ses sources depuis le fœtus. C'est alors
un facteur relevant de l'héritage parental.
S'il est vrai que 1 'avenir d'un pays repose essentiellement sur sa jeunesse ; alors cette dernière
devrait être dans un minimum de conditions favorables à son épanouissement véritable. La
119
conséquence e bio- psychologique principale de la criminalité est sans conteste le nombre
considérable de débiles mentaux enregistrés à travers la ville de Tiassalé.
Si les répercussions bio-psychologiques influencent l'individu, les conséquences psycho-
sociales par contre peuvent constituer un frein à 1' épanouissement de la société toute entière.
La culture étant l'âme d'un groupe humain, il serait impensable que des hommes puissent vivre
hors d'un espace culturel.
Pour notre étude nous avons fait le constat amer que, l'acculturation et l'aliénation culturelles
se côtoient au quotidien dans la ville de Tiassalé. C'est une situation fâcheuse qui interpelle la
conscience nationale sur les dangers que cela représente pour la jeunesse.
120
La pratique criminelle n'était pas courante en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en
particulier. Mais aujourd'hui, il n'est pas rare de rencontrer dans la rue des actes qui sont la
manifestation délibérée de la dépravation de nos mœurs.
L'apparition de ce fléau a, à n'en pas douter, bouleversé l'histoire des autochtones de Tiassalé,
qui ont la réputation d'être de vaillants hommes intègres. Le passé lointain du pays peut
expliquer en partie une des multiples causes empêchant d'amorcer un épanouissement socio-
culturel réel et durable, gage essentiel et indispensable du développement en général. Les
l'urbanisation formes et de criminalité sont l'industrialisation des fonctions d’environnements
sociaux. Par conséquent, la ville de Tiassalé, à l'instar des autres centres urbains, présente ses
particularités en matière de criminalité.
Conclusion
En somme, il ressort de ce travail que l’insécurité a des effets néfastes sur la société et les
activités économiques. Elle nous a permis de montrer l’impact l’insécurité sur la santé,
socioculturelles, psycho-sociales et biopsychologiques et sur les activités économiques.
Pour endiguer ce fléau, des recommandations et solution ont toujours été préconisées à travers
des études, des conférences et des rencontres mais pour la lutte contre l’insécurité. Mais force
est de constater que l’insécurité influence négativement les opérateurs économiques.
121
CHAPITRE 6 : STRATEGIE DE LUTTE CONTRE L’INSECURITE DANS LA VILLE
DE TIASSALE
Introduction
L’insécurité dans la ville de Tiassalé a pris de l’ampleur des mesures idoines doivent être
prises afin de réduire le niveau d’insécurité dans la ville.
Sans véritablement le savoir, les personnes enquêtées ont relevé une défaillance dans
l’application des lois de l’urbanisme notamment la loi n° 62-253 du 31 juillet 1962 relative aux
plans d'urbanisme définit clairement comment les villes ivoiriennes devront être aménagées de
sorte à éviter tout dysfonctionnement pouvant compromettre le bien-être des populations. En
effet, on ne devrait pas rencontrer des maisons inachevées ou terrains nus sans argument valable
en pleine ville. Comme ces lieux créent un sentiment d’insécurité, les réattribués ou contraindre
leurs propriétaires à les entretenir contribuerait à réduire les fumoirs et cachettes de malfaiteurs.
122
Pour également prévenir les risques de tension foncière, la ville de Tiassalé devra se doter
d’outil moderne de gestion foncière de sorte à éviter les doublons de titres de propriété sur les
mêmes parcelles urbaines.
La ville est aujourd’hui considérée comme une entité complexe avec différentes fonctionnalités,
de telle sorte que, quand, une de ces fonctionnalités n’est pas assurée, elle pourrait se
déstabilisée et être en proie aux vices tels que la violence, la délinquance.
C’est pourquoi, il faudra pour assurer la fonction économique dans la ville de Tiassalé
encourager l’industrialisation, attirer les opérateurs économiques en vue de la création
d’emplois. Mais surtout, il faudra assurer l’éducation de la jeunesse et l’assister pour un auto-
emploi. À titre de rappel, 57% des personnes enquêtés établissent un lien sans équivoque entre
le chômage et les violences, puis 17% établissent le lien entre la pauvreté et les violences.
Comme la population de la ville de Tiassalé indexe le chômage comme problème, il va de soi
que la fonction sociale soit affectée. En fait, certains se sentent abandonnés par les autorités et
les nantis. Ce sentiment contribue à l’installation de la méfiance, voire de la haine entre
différentes classes sociales et cela affecte considérablement les risques de violences. La solution
à ce malaise, à l’échelle de la ville de Tiassalé, est de veiller à une meilleure redistribution des
richesses de la ville de sorte à soutenir la classe moyenne.
[Link] Les infrastructures socioculturelles et sportives
De plus en plus, les organismes internationaux plaident pour la culture des peuples pour
combattre l’insécurité. Car une personne cultivée a moins recours à la violence et sait que les
idées contradictoires sont constructives. C’est pourquoi, pour occuper sa population, la ville de
Tiassalé a besoin d’infrastructures socioculturelles en vue de pallier le manque actuel. Par
ailleurs, en vue de contenir l’énergie débordante de sa population, d’assurer son divertissement
et gérer les stresse quotidiens il faudra davantage d’infrastructures sportives.
123
[Link]. Les infrastructures routières
La réhabilitation des voies de communication contribuent à la réduction du niveau d’insécurité.
Ici, il importe de rappeler que 44% des enquêtés ayant été victimes d’actes violences les ont
subies sur les voies. Plus grave, c’est que généralement les forces de l’ordre n’interviennent pas
car elles ne sont pas appelées. Les problèmes d’insécurité sur les voies ont une double
dimension à savoir, celui de la prévention et celui de la circonscription des violences dans un.
Dans les deux cas, il faudra des moyens tels que des patrouilles fréquentes. Cet avis est partagé
par 152 personnes soit 34,47% des enquêtes.
Les violences dans les gares routières sont généralement dues aux agressions et aux bagarres.
Selon 6 personnes enquêtées, ces endroits constituent des lieux de virement des jeunes à la
délinquance et à la consommation de drogue. Pour résoudre ces problèmes, il faut une présence
accentuée des forces de l’ordre, mais aussi une sensibilisation et une assistance permanente aux
jeunes désœuvrés à travers des programmes d’encadrement et d’insertion socioprofessionnelle.
Pour réduire l’insécurité dans la ville de Tiassalé, il va falloir sélectionner et matérialiser les
endroits où la circulation est autorisée puis assurer davantage l’éclairage et la surveillance de
ces passages.
124
Le manque et la dégradation des installations d’assainissement, dans la ville de Tiassalé, ont
contribué énormément à rendre les voies impraticables à plusieurs endroits devenus par la suite
dangereux ou créant un sentiment d’insécurité des populations. Comme exemple, nous avons
la route de Belleville. De ce fait, investir dans l’amélioration de l’état des installations
d’assainissement contribuera non seulement à réduire ces points "stratégiques" des malfaiteurs,
mais également à atténuer le sentiment d’insécurité des populations. Quant aux installations de
fourniture d’électricité et d’éclairage public, les enquêtes nous ont révélé deux problèmes
relatifs à la fourniture d’électricité pouvant à accroître les risques de violences. Il s’agit de
l’absence de l’électricité dans certains quartiers et les délestages. Donc, pour pallier les risques
de violences liés à la fourniture d’électricité, il faudra assurer l’électricité dans toute la ville et
éviter les délestages. Par ailleurs, pour permettre la circulation des populations sans le risque
d’être agressé en tout lieu et à tout moment, l’éclairage public dans la ville doit devenir une
priorité.
Au niveau des équipements de surveillance (les caméras) notamment la ville de Tiassalé ne
dispose pas de systèmes de surveillance électronique ou de vidéosurveillance. Les
conséquences de cette lacune de l’aménagement résident dans le fait que cela permet aux
acteurs de violences d’agir et de récidiver en toute impunité pendant longtemps. Donc, couvrir
la ville de Tiassalé avec un système de vidéosurveillance facilitera la tâche aux forces de l’ordre.
Il ne faut pas oublier aussi la surveillance de proximité, qui consiste à matérialiser une présence
des forces de l’ordre de sorte à dissuader les acteurs de violence et dans le cas échéant
circonscrire les violences. Comme l’ont préconisé 152 personnes, nous pensons qu’à travers
des patrouilles, le niveau d’insécurité peut considérablement baisser dans la ville de Tiassalé.
125
S'agissant du volet de la sensibilisation, il doit être l'œuvre des médias dont l'évolution à
imprimer aux mentalités des populations des modèles plus ou moins parfaits. L'apport des
médias devrait consister en la diffusion d'images et d'informations dont le contenu serait capable
d'équilibrer tout individu, mais aussi de lui permettre de vivre en harmonie avec ses semblables
ou concitoyens. Ainsi, tout individu se verra dans l'obligation d'abandonner sa sous-culture et
intégrer la culture générale à laquelle il est appelé. Animées donc d'une volonté commune
contre la criminalité que dégageait leur ignorance, les populations pourront désormais associer
leurs compétences à celles des FDS.
Réunis à Paris pour partager leurs expériences et déterminer les moyens de mise en œuvre de
la déclaration de Montréal sur le programme « Pour des villes plus sûres », plus de 1600 maires,
conseils municipaux, responsables du développement social et représentants des pouvoirs
publics ont souligné la nécessité de développer des activités de prévention de la délinquance.
Ils ont mis en évidence le fait que la diminution des occasions de délinquance et le
développement social ont déjà donné des résultats probants qu'il faut sauvegarder et accroître.
C'est en nous fondant sur les expériences contenues dans cette conférence que nous faisons
deux propositions : l'une consiste pour la mairie à encourager la formation des jeunes aux
métiers qualifiants et l'autre à l'adoption d'une politique urbaine.
Constituant la force vive et l'avenir de toute société, la jeunesse est de plus en plus livrée à elle-
même sans formation et sans emploi. Or, nous savons que l'oisiveté qui résulte d'une telle
condition sociale est mère de vices tels que les vols, la consommation de drogue, les attaques à
main armée et toutes sortes d'autres violences. Ceux qui parmi les jeunes ont intégré le monde
professionnel exercent des métiers à rendement peu fiable. C'est pourquoi la mairie devrait
mettre en place un programme d'assistance et d'aide à la jeunesse de l'espace communal après
un recensement en tenant compte des acquis et aspirations de ceux-ci.
Sur cette base donc, la mairie procédera à l'encouragement des jeunes d'une part à s'intéresser
aux métiers qualifiants comme la maçonnerie, la menuiserie, la mécanique, la couture, la
coiffure en particulier pour les déscolariser et d'autre part au renforcement des capacités de ceux
qui ont déjà un emploi ou un métier. La réussite d'un tel objectif suppose un partenariat
126
conséquent entre la municipalité et les associations de jeunesse, mais également le soutien des
parents, des institutions de développement et l'État à qui incombe cette tâche en général.
Par ailleurs, la municipalité ne doit pas ignorer la condition sociale des familles démunies et
laisser pour compte les mères commerçantes ou vendeuses. Ces dernières pour notre part
doivent créer plusieurs coopératives gérées par elles-mêmes après avoir bénéficié d'une
formation préalable auprès des experts sous la houlette de la mairie.
Nous proposons aussi que ce programme prenne en compte tous les habitants de la ville, quelle
que soit leur appartenance politique, ethnique, religieuse et raciale.
Enfin, il faut une grande sensibilisation de toute la population pour qu'elle s'adonne à toutes
sortes d'activités économiques aussi bien dans la ville de Tiassalé qu'en dehors. D'où la nécessité
de conquérir d'autres marchés de travail hors de leurs lieux de résidence.
Cette réorganisation générale doit permettre aux différentes forces de sécurité d'occuper de
façon plus rationnelle le territoire national. Car présentement elles sont concentrées dans les
grandes zones urbaines et délaissent de ce fait les campagnes.
Cette nouvelle répartition, une fois faite, sera un moyen sûr de dissuasion des criminels. Elle
rendra les frontières du pays moins perméables par des patrouilles légères et des ratissages dans
des zones cibles pour extirper les mauvaises graines. Ainsi on empêchera le trafic d'armes de
se développer davantage. En un mot, il faut la création d'unités spécialisées et dotées de moyens
conséquents pour lutter contre la grande criminalité. Car l'organisation classique s'avère
inefficace.
Les effectifs des forces armées et de sécurité sont largement insuffisants car depuis plusieurs
années déjà, il n'y a plus de recrutement à cause dit-on des priorités définies par le pouvoir
127
public. Il faut ajouter aux faibles effectifs un manque de stimulant aux hommes travaillant au
niveau de la sécurité, conditions nécessaires pour maintenir leur moral haut.
Cet état d'esprit a été aiguisé par la recherche effrénée du gain facile constaté partout.
Les fonds consacrés à l'action psychologique sont dérisoires ; de ce fait les relations avec les
agents de renseignements sont mal entretenues. Et cela ne permet pas une action efficace auprès
de la population. La suppression de certains avantages financiers tels que l'indemnité de risques
et autres a rendu quasi inexistante la conscience professionnelle au sein des troupes.
Quant aux moyens matériels, les délinquants utilisent souvent des armes de poing et de guerre
tellement sophistiquées qu'il y a maintenant le phénomène de l'inégalité des forces de frappe
entre les services de police et les criminels.
Ces derniers ont des engins roulants plus performants que ceux en service dans nos armées.
De plus, il y a le manque de certains matériels tels que le gilet pare-balles et autres matériels de
haute protection, qui rend la lutte déloyale et dangereuse pour les agents de l’ordre public. Car
leur sécurité est aussi menacée.
Il faudra une adéquation entre les moyens humains, matériels et financiers et les spécificités de
la criminalité.
Le rôle que doit jouer la population en vue des résultats escomptés est primordial. Aussi, la
contribution des autorités judiciaires et de sécurité donnera plus d'envergure et de poigne la
lutte pour l'éradication véritable du mal.
« Le droit du citoyen à la sécurité impose aux pouvoirs publics de ne plus différer son
engagement dans la lutte contre l'insécurité ». De cette maxime découle l'urgence pour l'État de
répondre aux attentes des citoyens en ce qui concerne leur sécurité et celle de leurs biens.
Mais des agents de sécurité en nombre insuffisant et dépourvus de moyens conséquents pour
assurer cette tâche ne pourront réagir promptement face aux appels de détresse des populations.
En cela, l'État doit former en quantité qualitative des agents destinés au maintien de l'ordre
public (la police) et à la gestion quotidienne de la sécurité. NEPOTE renchérit en ces termes :
« La prévention et la répression de la criminalité ne pourront jamais être convenablement
assurées sans l'homme policier, riche d'intelligence, de technicité, de foi en son métier, pénétré
du sens de l'intérêt public tenace dans sa mission et présent au milieu des populations ». Il
s'agira de donner à ces agents tous les rudiments intellectuels (connaissances générales et
128
spécifiques en la matière) et techniques (usage des armes et du matériel de communication).
Cette politique devra se poursuivre en dotant de moyens modernes de pointe à toutes les unités
(spécialisées et ordinaires) chargées de lutter contre la criminalité sous toutes ses formes. La
police devra donc disposer d'engins roulants, de communication ultra sophistiquée et des armes
conventionnelles. L'action de l'Etat doit également se manifester par l'octroi de salaires et des
primes d'encouragement aux agents des FDS.
L'objectif que l'État doit viser, nous pensons se définit en trois points : La recherche et
l'amélioration de l'efficacité du dispositif de sécurité publique afin de répondre plus directement
aux attentes des citoyens ; Encourager la participation des citoyens et de la société civile
organisée à la gestion de la sécurité publique afin de résoudre l'inadéquation entre priorités
policières et priorités des citoyens en matière de sécurité et d'imposer un peu plus de
transparence dans la gestion d'un secteur d'action publique longtemps maintenu dans l'opacité ;
Renforcer le contrôle des activités policières, à la fois pour assurer leur efficacité et pour éviter
les pratiques déviantes et récurrentes des policiers dans l'exercice de leur service public
(privation, corruption, racket, abus d'autorité, usage abusif de la violence.
L'équipement des FDS devrait par ailleurs s'inscrire dans un plan à long terme de lutte contre
la criminalité donnant l'orientation générale de l'État dans ce secteur. Etant donné que nous
assistons à une floraison de sociétés privées de gardiennage et de sécurité, l'État envisagera des
dispositions organisant ce secteur et veillera à leur application effective.
De la recherche que nous avons conduit dans la ville de Tiassalé, il découle que la majeure
partie des auteurs des déviances sociales sont des déscolarisés. Ces jeunes ont été éjectés du
système sans avoir atteint la fin du cycle primaire. Ces résultats sont aussi constatés au plan
national. Il faut donc que l'État repense le système éducatif. C'est pourquoi nous croyons que
l'État devrait poursuivre tous les programmes et projets entamés depuis 1990 (Programme de
Valorisation des Ressources Humaines-PVRH période 1998- 2010 : phase 2), le Plan National
de Développement de l'Education et la Formation). Le succès de ce chantier capital implique
que l'Etat fasse des investissements pour résoudre le problème de l'insuffisance des
infrastructures et du personnel.
129
L'éducation étant l'action exercée par des générations adultes sur celles qui ne sont pas encore
mûres pour la vie sociale, l'État doit en conséquence aussi confier ce secteur à des personnes et
à des institutions sûres de susciter chez l'être (à lui confier) les états physiques, intellectuels et
moraux utiles à la société.
Les politiques d'éducation, d'alphabétisation et de formation ont certes permis d'avoir quelques
acquis. Mais il serait encore plus opportun pour les différents acteurs de travailler en synergie
afin de mieux cibler les programmes entamés.
Ainsi donc, certaines actions d'envergure restent à renforcer, notamment recycler les
enseignants afin d'améliorer la rentabilité interne du système éducatif, lutter contre les retards
de scolarisation et de redoublement, suivre le programme école obligatoire, mettre l'accent sur
le recrutement de nouveaux enseignants, et renforcer enfin la formation professionnelle.
C'est au prix d'un sacrifice qui tienne compte de ces données que le système pourra fournir à la
société ivoirienne des hommes et femmes pures et exemptes de tout reproche criminel.
Combattre l'insécurité sous toutes ses formes demande la prise d'une multitude de mesures
appropriées qui doivent être actualisées. Nous proposons que soit mise en place une nouvelle
politique d'identification aux fins de maîtriser les mouvements de tous les individus vivant sur
le sol ivoirien, car nous avons pu remarquer que la plupart des auteurs (actes déliquescents en
provenance d'ailleurs) lors de notre enquête n'avait aucun document administratif à partir
duquel on pouvait déterminer leurs nom et prénoms, leur présentation physique et leur lieu de
résidence. Il incombe donc à l'Etat de créer un nouveau type de pièce d'identité à puce
électronique à moindre cout pour que chaque citoyen puisse en disposer. Ce qui aura pour
conséquence la diminution de l'anonymat dans lequel évoluent les citoyens. Cette politique
devra être vulgarisée sur toute l'étendue du territoire et à tous les secteurs d'activités. VADIM, à
propos de l'identification, disait : « L'identification des membres d'une société humaine est le
moyen le plus sar pour décourager la naissance et l'évolution de l'activité délictuelle. ». Il
poursuit en ces termes : « Les violences observées dans les affaires économiques russes ont tiré
pour une bonne part leur source (origine) d'une absence d'un fichier d'identification des acteurs
du secteur.». Nous pensons que l'Etat en tirant les enseignements de ce constat se doit d'adopter
une méthodologie à laquelle tout citoyen adhérerait.
130
CONCLUSION GENERALE
Au terme de notre étude, il ressort que la ville de Tiassalé, au fil du temps, a connu une
dynamique remarquable tant démographique que spatiale. Cette dynamique a entrainé même si
elle est considérée comme capital pour le développement, de nombreux vices qui entachent son
appréciation, parmi lesquels on a l’insécurité. De plus en plus, l’un des critères d’attractivité de
la ville moderne est son aspect paisible et sa position géographique. C’est pourquoi nous avons
à travers cette étude essayé de montrer s’il existe un lien entre la position géographique et
l’évolution de l’insécurité à travers le sujet « La dynamique de l’insécurité dans la ville de
Tiassalé ».
Pour appréhender cette dimension de l’insécurité, nous avons émis d’abord l’hypothèse
suivante : « Les quartiers éloignés des brigades de gendarmerie sont plus exposés à
l’insécurité du fait des mauvais états des voies ». Elle nous a amenés à étudier « La
présentation des structures sécuritaire dans la ville de Tiassalé ».
Il a fallu mener des enquêtes de terrain afin de collecter les informations susceptibles de
confirmer ou infirmer notre hypothèse émise auparavant. À l’issue de notre travail de recherche,
nous avons pu découvrir que la position des structures sécuritaires comporte des failles pouvant
affecter sérieusement et de façon négative la persistance de l’insécurité. Ces lacunes sont entre
autres le manque, ou la dégradation de la voirie qui constitue un risque potentiel de l’insécurité;
Les gares routières ne sont pas adaptées à une bonne gestion des risques de violence car elles
sont des lieux de basculement des jeunes à la délinquance et à la consommation de drogue ;
Les délestages et le manque d’électricité, dans certains quartiers, qui représente 65% selon nos
enquêtes contribuent à accroître le niveau de l’insécurité;
131
Un aménagement urbain limité dans la prévision des risques d’un insécurité et la concentration
des infrastructures de sécurité et sentiment de sécurité à l’échelle de la ville de Tiassalé.
Au vu de tout ce qui précède, notre hypothèse selon laquelle «Les quartiers éloignés des brigade
gendarmerie sont plus exposés à l’insécurité du fait des mauvais état des voies » se trouve
confirmée.
Ensuite, pour approfondir cette étude sur la dynamique de l’insécurité l’échelle urbaine de
Tiassalé, nous avons également émis l’hypothèse selon laquelle : « l’insécurité s’agrandit
dans la ville de Tiassalé à cause de la croissance démographique.». La vérification de celle-
ci nous a permis d’analyser « Les facteurs explicatifs de l’insécurité dans la ville de
Tiassalé. »
Enfin, pour toujours réaliser à quel point l’insécurité influence la vie des populations et leurs
activités économiques, nous avons touché à l’un des problèmes épineux des villes des pays en
voie de développement à savoir la question des crises en Côte d’ivoire. Dans cette troisième et
ultime partie, il s’agissait de vérifier l’hypothèse selon laquelle, « les investissements des
opérateurs économiques ont ralenti à cause de la persistance de l’insécurité. ». Les résultats
de notre étude, sur le terrain, nous permis de démontrer d’une part que l’insécurité influence
négativement la population et leurs activités économiques et d’autre la fuite et la réticence des
opérateurs économiques dans la ville d’ où le faible niveau du secteur secondaire représentant
3% des secteurs d’activités dans la ville de Tiassalé.
C’est pourquoi nous avons, donc, juger contre toute attente que les résultats de cette partie
permettent de confirmer notre hypothèse 3.
Attendu que l’insécurité est au coeur des débats politiques,conférences et colloques, il est urgent
d’observer des dispositions visant à concilier la forte urbanisation et une meilleures conditions
des ménages. Des actions d’urbanisme axées sur un modèle d’habitat visant à absorber la forte
population et à ralentir l’étalement de la ville, doivent consister à observer un urbanisme
prévisionnel. L’adoption d’une telle stratégie nécessite sérieusement l’implication des acteurs
publics ayant en charge la gestion de l’espace urbain et le système de sécurité. Par ailleurs, la
mise en place d’un système de sécurité est nécessaire. Il s’agit de varier les stratégies
d’intervention, de sorte à couvrir efficacement le déficit criard dans les quartiers intermédiaires
et périphériques, sans oublier de les renforcer au centre-ville.
Au total, les pistes proposées dans le présent travail visent à réduire le niveau de l’insécurité et
surmonter les menaces qui handicapent la persistance de l’insécurité à Tiassalé A la fin de cette
étude, on s’aperçoit que l’insécurité est réel dans la ville de Tiassalé. La forte croissance
132
urbaine, sa position géographique contribuent à la persistance de l’insécurité de la ville. En
effet, le nombre insignifiant des forces de l’ordre limite la possibilité des populations à vivre
dans une sécurité totale. Aussi, la dynamique de l’insécurité influence-elle négativement la
sécurité et la vie socio-économique des ménages et celle des opérateurs économiques. Ces
différents aspects développés dans cette étude confirment donc les trois hypothèses de
recherche.
133
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138
LA LISTE DES ILLUSTRATIONS
139
LISTE DES CARTES
140
LISTE DES TABLEAUX
Tableau1: La population enquêtée des quartiers...................................................................... 35
Tableau 2 : La justification des quartiers enquêtés ............................................................ 3 8-39
Tableau 3: Le tableau synoptique....……………………………………................................. 41
Tableau 4 : Le tableau des résultats des opérations de la police.................................................46
Tableau 5 : Les types d’agression............................................................................................ 58
Tableau 6 : La violence contre les personnes statistiques policières ........................................ 62
Tableau 7 : Les statistiques policières sur les violences contre les biens ................................ 64
Tableau 8 : Tableau récapitulatif des infractions selon les statistiques policières ……........... 68
Tableau 9 : Répartition des auteurs des infractions selon nos enquêtes................................... 71
Tableau 12 : Récapitulatifs des infractions dans le temps par mois (statistiques policières)…75
141
LISTE DES PHOTOS ET DES FIGURES
Photo1 : Route dégradée au quartier François kadjo…………………………………………82
Figure11 : Répartition des acteurs par types d’activités dans la ville de Tiassalé…………..108
142
Guide d’entretien soumis à la Police
1) Disposez-vous d’une carte de la ville de Tiassalé ? si oui, laquelle ? elle date de quand ?
143
5) Disposez-vous du nombre de violences commises dans la ville de Tiassalé durant ces cinq
dernières années ?
8) Disposez-vous d’informations (âges, sexe et lieu d’habitation) sur les acteurs d’insécurité ?
9) Savez-vous que certains quartiers sont réputés pour des risques d’insécurité ?
13) Quelles recommandations faites-vous afin de parvenir à une baisse le niveau d’insécurité?
15) Si non, quels sont les endroits auxquels vous n’avez pas accès facilement ?
Merci pour cet entretien et surtout pour les informations dont nous avons bénéficiées.
Fait à Tiassalé, le ……/….../2018
144
4) Disposez-vous une carte des infrastructures (école, centre de santé, poste de police brigade
de gendarmerie) de la ville de Tiassalé ?
Si oui, pourquoi ?
Si non, pourquoi ?
7) Les infrastructures et les équipements sont-ils en nombre suffisant ?
Si oui, pourquoi ?
Si non, pourquoi ?
8) Savez-vous que certains quartiers sont réputés pour des risques d’insécurité ?
10) Quelles difficultés rencontrez-vous à les aménager selon les normes de l’urbanisme ?
11) Pensez-vous qu’ils pourraient constituent une source d’insécurité dans la ville ?
14) Quelles recommandations faites-vous afin de parvenir à une baisse le niveau d’insécurité?
Merci pour cet entretien et surtout pour les informations dont nous avons bénéficiées
1) Disposez-vous d’une carte de la ville de Tiassalé ? si oui, laquelle ? elle date de quand ?
145
4) Disposez-vous d’informations (âges, sexe et lieu d’habitation) sur les acteurs d’insécurité ?
5) Savez-vous que certains quartiers sont réputés pour des risques d’insécurité ?
Merci pour cet entretien et surtout pour les informations dont nous avons bénéficiées.
Fait à Tiassalé, le ……/….../2018
2) Pouvons-nous rentrer en possession des cartes d’occupation du sol des quartiers de Tiassalé
?
146
3) Que devrions-nous retenir du Schéma Directeur d’ Urbanisme de Tiassalé ?
4) Quels ont été les différents Schémas Directeurs d’Urbanisme (SDU) de la ville de Tiassalé ?
10) Cet aménagement urbain, a-t-il pris en compte le niveau d’insécurité ? Si non pourquoi ?
15) Savez-vous que certains endroits sont réputés à cause du niveau d’insécurité? Si oui, qu’en
pensez-vous ?
17) Qu’est ce qui explique selon vous, l’inadéquation entre le rythme d’urbanisation de la ville
de Tiassalé et le système sécuritaire?
19) Quelles recommandations faites-vous afin de parvenir à une occupation spatiale sans
violence dans la ville de Tiassalé ?
147
ANNEXES
148
149
150
151
152
153
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE ........................................................................................................ .1
DEDICACE ......................................................................................................... .3
Avant-propos ........................................................................................................ .5
Remerciements ...................................................................................................... .
INTRODUCTION GENERALE........................................................................... .6
I.1Justification du choix et du cadre spatial du sujet .............................................. .7
[Link] DE LA LITTERATURE ..................................................................... .11
2.1.Définitions des concepts ................................................................................ .11
[Link] d’insécurité .................................................................................... .11
2.1.1.1Crime ........................................................................................................ .13
[Link] Le criminel .............................................................................................. .14
[Link] L’acte criminel ......................................................................................... .14
[Link] Le délit. ....................................................................................................14
2.2 L’infraction.15 2.2.1. Le délinquant ............................................................... .14
[Link] La violence .............................................................................................. .15
[Link] Les facteurs d’insécurité.17
[Link] La pauvrété .............................................................................................. .17
[Link] Présentation de la pauvrété.17 ....................................................................
2.3Profil de la pauvrété ........................................................................................ .18
2.3.1 1’echec scolaire,un facteur d’insécrité ......................................................... .19
[Link] Les difficultés familiales .......................................................................... .20
3. PROBLEMATIQUE........................................................................................ .22
4. OBJECTIFS DE L’ETUDE ............................................................................. .24
4.1 Objectif général ............................................................................................. .24
4.2 Objectif spécifique ......................................................................................... .24
5. HYPOTHESE.................................................................................................. .24
6. MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ....................................................... .
6.1 L’approche théorique ....................................................................................... .
6.2 Approche systémique ....................................................................................... .
154
7. Les variables d’analyse ...................................................................................... .
7.1) Variables relatives au problème d’insécurité dans la ville de Tiassalé ............. .
7.1.1) Variables liées aux facteurs explicatifs de l’insécurité dans la ville de Tiassalé
.............................................................................................................................. .
[Link]) Variables relatives à la lutte contre l’insécurité dans la ville Tiassalé ........ .
[Link] Les méthodologies et techniques de collecte des données ........................... .
[Link] Les informations de sources primaires........................................................ .
[Link] L’observation ............................................................................................. .
[Link] L’entretien ................................................................................................. .
7.2 L’enquête par questionnaire ............................................................................. .
7.2.1 Méthodes de collecte des données ................................................................ .
[Link] Recherche documentaire ............................................................................ .
[Link] Les ouvrages généraux et spécifiques ......................................................... .
[Link] Les données statistiques ............................................................................. .
[Link] Les données cartographiques ...................................................................... .
7.2.2 Enquête de terrain ......................................................................................... .
[Link] L’enquête par interview ............................................................................. .
[Link] Choix de l’échantionnage [Link] Choix de l’espace enquêté ..................... .
[Link] Tableau 1 : Liste des quartiers enquêtés dans la ville de Tiassalé ................ .
7 .3 Le choix des ménages ..................................................................................... .
7.3.1 Choix des quartiers enquêtés ......................................................................... .
[Link] Traitement de l’information ....................................................................... .
[Link] Difficultés rencontrées ............................................................................... .
TABLEAU SYNOPTIQUE ................................................................................... .
PREMIERE PARTIE : ETAT DES LIEUX DE L’INSECURITE DANS LA VILLE DE
TIASSALE ............................................................................................................ .
Chapitre 1 : Présentation des structures de sécurité dans la ville de Tiassalé .......... .
1 .Le système de fonctionnement de la police de Tiassalé ...................................... .
1.1. Le résultat de ces opérations ........................................................................... .
1.1.1 Le système de fonctionnement et stratégie de la police a Tiassalé ................. .
1.1.2 Les difficultés rencontrées par la police dans la ville de Tiassalé ................... .
1.1.3 La gendarmerie, une unité performante dans la lutte contre l’insécurité a Tiassalé
.............................................................................................................................. .
1.1.4 Stratégie et fonctionnement de la gendarmerie dans la ville Tiassalé ............. .
155
1.2 Les problèmes rencontrés pas la gendarmerie dans leur mission ....................... .
1.2.1 La justice, un soutien favorable aux structures sécuritaires dans la ville de Tiassalé
.............................................................................................................................. .
1.2.2 Principe et l’organisation judiciaire à Tiassalé ............................................... .
1.2.3 Les difficultés aux quels la justice de Tiassalé est confrontées ...................... .
1.2.4 La concentration spatiale des infrastructures de sécurité ................................ .
2. La typologie d’insécurité dans la ville de Tiassalé .............................................. .
2.1. Les agressions physiques ................................................................................ .
2.1.1 L’insécurité, un fléau dominé par les déscolarisés ......................................... .
2.1.2 L’insécurité, un fléau dominé par le genre masculin ...................................... .
2.1.3 Dominance des nationaux dans l’insécurité ................................................... .
2.1.4 Les violences contre les personnes ................................................................ .
2.2 Les attaques à main armée, un type d’insécurité dominé dans les quartiers extrêmes
.............................................................................................................................. .
2.2.1 Les violences et voies de fait, un phénomène quotient a Tiassalé .................. .
[Link] Les viols et les meurtres, un phénomène fréquent dans les quartiers extrêmes.
[Link] Violence contre les biens............................................................................ .
[Link] Les abus de confiance un phénomène fréquent dans la ville de Tiassalé ..... .
[Link] L’escroquerie un système grandissant au centre-ville ................................. .
2.3 Les vols, un fléau grandissant dans la ville de Tiassalé..................................... .
2.3.1 Autres formes de violence.
[Link]. Environnement d’agressivité dans la ville de Tiassalé ............................... .
CHAPITRE 2 : LA PERSISTANCE DE L’INSECURITE DANS LA VILLE DE TIASSALE
.............................................................................................................................. .
1.L’insécurité dans la ville de Tiassalé ................................................................... .
[Link] victimes d’insécurité dans la ville de Tiassalé ............................................ .
1.1.1 Les auteurs d’infractions dans la ville de Tiassalé ......................................... .
1.1.2 Répartition infraction par âge ........................................................................ .
[Link] L’insécurité spatio-temporelle dans la ville de Tiassalé .............................. .
156
[Link] Les moments détaillés d’insécurité ....................................................... .
1.2.1. Répartition des infractions dans le temps dans la ville de Tiassalé ................ .
[Link] Le niveau d’insécurité dans les différents quartiers dans la ville de Tiassalé
.............................................................................................................................. .
.............................................................................................................................. .
157
2 .1. Les différents instruments de planification urbaine, une politique presque inexistante à
Tiassalé ................................................................................................................. .
[Link] La timide réaction des FDS face aux appels de détresse des populations .... .
.............................................................................................................................. .
158
2.1 Les activités économiques de la ville ................................................... .
2.1.1 Prolifération des activités du secteur informel source d’insécurité dans la ville
.............................................................................................................................. .
2.1 L’insécurité représente un facteur négatif pour la population et cela est perçu dans plusieurs
domaines ................................................................................................................
159
1.1.1. Le renforcement des fonctionnalités de la ville de Tiassalé........................... .
[Link] Les infrastructures socioculturelles et sportives .......................................... .
[Link]. Les infrastructures routières ...................................................................... .
[Link] Les voies .................................................................................................... .
[Link] Les gares routières ..................................................................................... .
1.2 Les infrastructures sécuritaires ......................................................................... .
1.2.1 Les équipements et la surveillance de proximité ............................................ .
1.2.2 Les quartiers précaires .................................................................................. .
[Link] La collaboration population-FDS ............................................................... .
.............................................................................................................................. .
160