0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
18 vues6 pages

Temps (Kartable)

Le document explore la nature complexe du temps, en distinguant entre le temps objectif, mesurable, et le temps subjectif, vécu par la conscience humaine. Il aborde également l'irréversibilité du temps et son impact sur la conscience de la mort, soulignant que cette prise de conscience peut engendrer une angoisse existentielle. Des philosophes comme Saint Augustin, Bergson et Épicure sont cités pour illustrer ces concepts et leur rapport à l'existence humaine.

Transféré par

mahourthanina4
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
18 vues6 pages

Temps (Kartable)

Le document explore la nature complexe du temps, en distinguant entre le temps objectif, mesurable, et le temps subjectif, vécu par la conscience humaine. Il aborde également l'irréversibilité du temps et son impact sur la conscience de la mort, soulignant que cette prise de conscience peut engendrer une angoisse existentielle. Des philosophes comme Saint Augustin, Bergson et Épicure sont cités pour illustrer ces concepts et leur rapport à l'existence humaine.

Transféré par

mahourthanina4
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Terminale

Le temps Philosophie

RÉSUMÉ
L'existence de l'homme est marquée par un temps qui s'écoule sans cesse, mais saisir la nature
du temps et ses différentes représentations n'est pas aisé. Le rapport de l'homme au temps est
marqué par le passé, le présent et le futur. L'homme se situe à la fois dans le souvenir du passé,
dans l'instant présent et dans l'anticipation du futur. L'irréversibilité du temps traduit la condition
de l'être humain, dont l'existence est vouée à se nir avec la mort.

I
Le temps et ses représentations
L'essence du temps est dif cile à saisir. Le temps n'est pas un objet ou un être, pourtant c'est
une réalité. On pense le temps par rapport à l'espace, à sa mesure, à sa durée et à
son irréversibilité. Pour représenter le temps, il existe une multitude de représentations.
Le temps s'inscrit dans l'espace, on peut le voir passer en observant la lumière du soleil la journée.
Pourtant, contrairement à l'espace où l'on peut saisir des objets, toucher des objets, on ne peut pas
saisir ou toucher le temps. On peut toucher une horloge ou un sablier, qui servent à mesurer le
temps, mais on ne peut pas toucher le temps lui-même. Concevoir le temps est donc une tâche
compliquée.
Le temps est mesurable : on peut en effet mesurer le temps qui s'est écoulé entre deux états de
choses. Le changement (ou mouvement) permet de mesurer le temps.

EXEMPLE
À neuf heures du matin, il y a un cocon. À dix heures, il y a un papillon. Ce que l'homme mesure,
c'est le changement survenu en une heure, entre deux instants.

Le temps est également une durée, il est lié à l'état psychologique de l'être humain : c'est le temps
vécu par l'homme, le temps de l'attente, de l'ennui ou bien encore du souvenir.
Surtout, le temps est irréversible : on ne peut pas revenir en arrière. On parle de èche du temps en
physique pour caractériser le passage d'un état de l'univers à un autre état. On considère alors le
temps comme devenir, c'est-à-dire comme une succession d'états différents qui sont irréversibles.
Pour représenter le temps, on peut utiliser différentes représentations, qui servent notamment à
penser l'évolution de l'être humain et son histoire :
avec une droite qui va vers l'in ni : c'est une représentation occidentale optimiste, comme si
l'humanité allait vers le progrès.
avec une èche qui descend : c'est une vision pessimiste, on assiste à une chute perpétuelle.
avec des paraboles : il n'y a pas de trajectoire d'ensemble, chacun suit son chemin.
avec un cercle : les événements se répètent sans cesse à l'identique.
avec un arbre : le temps est multiple.

II
La nature du temps

[Link] 1/6 Chapitre 15 : Le temps


Terminale
Le temps Philosophie

La nature du temps questionne, on a vu que cette notion peut avoir plusieurs dé nitions en
fonction de l'angle sous lequel on l'étudie. Lorsqu'on s'intéresse à la mesure du temps, deux
représentations du temps s'opposent : le temps objectif et le temps subjectif. En philosophie, la
notion de durée a été étudiée notamment par Bergson. Il associe la durée au temps subjectif,
c'est le temps tel qu'il est vécu par une conscience humaine.

A Le temps objectif et le temps subjectif


Il existe deux grandes représentations du temps entre lesquelles se dessine une opposition : le
temps objectif (celui de la nature et de l'horloge) et le temps subjectif (vécu par une conscience
humaine).
En effet, on peut dire qu'il existe :
un temps objectif, que l'on peut constater dans le monde (celui de la nature et celui de l'horloge) ;
un temps subjectif, le temps psychologique tel qu'il est vécu par une conscience.

Dès lors, comment comprendre l'articulation du temps objectif et le temps vécu subjectivement par
une conscience ?
C'est à cette dif cile question que s'est confronté le philosophe saint Augustin dans ses
Confessions. En effet, s'interrogeant sur la nature du temps, celui-ci se retrouve face à une
dif culté qu'il énonce de la façon suivante.

Saint Augustin
« Qu'est-ce donc que le temps ? Si
personne ne me le demande, je le
sais ; mais si je veux l'expliquer en
réponse à une demande, je ne le sais
plus. »

Les Confessions
397 apr. J.-C.−401 apr. J.-C.

D'un côté, le sens commun af rme l'existence du temps comme réalité évidente et objective, mais
d'un autre côté, le temps n'existe pas à proprement parler. En effet, saint Augustin fait le constat
suivant : le passé n'est plus, le futur n'est pas encore. Quant au présent, ce n'est qu'un instant, un
point de passage entre ce qui n'est pas encore (le futur) et ce qui n'est plus (le passé), que l'on peut
diviser indé niment.
La saisie de la nature du temps constitue donc une aporie, c'est-à-dire une dif culté que la pensée
n'arrive pas à résoudre.
La résolution de cette aporie passe par un changement de perspective sur le temps lui-même : il
apparaît en effet à saint Augustin que le temps mesuré ne correspond pas au mouvement des
choses mais se situe plutôt à l'intérieur de l'esprit de l'homme. Ainsi, ce n'est que pour un esprit
humain qu'il est possible de parler de temps.

[Link] 2/6 Chapitre 15 : Le temps


Terminale
Le temps Philosophie

Saint Augustin
« Ce n'est pas user de termes propres
que de dire : il y a trois temps, le
passé, le présent et l'avenir. […] Car
ces trois sortes de temps existent
dans notre esprit et je ne les vois pas
ailleurs. Le présent du passé, c'est la
mémoire ; le présent du présent, c'est
l'intuition directe ; le présent de
l'avenir, c'est l'attente. »

Les Confessions
397 apr. J.-C.−401 apr. J.-C.

B La notion de durée
Le temps objectif correspond à une mesure précise de l'espace. Henri Bergson, dans Essai sur
les données immédiates de la conscience, met en évidence cette distinction entre le temps
objectif, mesuré par les horloges, et le temps subjectif, vécu par une conscience, qu'il nomme
durée. La notion de durée se rapporte au temps tel qu'il est éprouvé par la conscience de l'être
humain.
Pour Bergson, le temps est lié à l'espace, c'est la mesure d'une répétition dans l'espace que l'on
peut faire avec un chronomètre, une montre ou encore un calendrier. En ce sens, le temps est donc
spatialisé.

Henri Bergson
« Quand je suis des yeux, sur le
cadran de l'horloge, le mouvement de
l'aiguille qui correspond aux
oscillations du pendule, je ne mesure
pas de la durée, comme on paraît le
croire ; je me borne à compter des
simultanéités (…) En dehors de moi,
dans l'espace, il n'y a jamais qu'une
position unique de l'aiguille et du
pendule, car des positions passées il
ne reste rien. »

Essai sur les données immédiates de la


conscience
1889

Bergson souligne que le


temps objectif de la
INTERPRÉTATION
science, quanti able et
mesurable, n'existe pour
personne.

En tant que sujet conscient, le temps est toujours vécu par l'homme sur le mode de la durée. Pour
Bergson, la durée désigne le temps psychologique qui est subjectif, la durée ne peut pas être
mesurée, elle est vécue par la conscience humaine. C'est pourquoi l'attente ou l'ennui rendent le
temps long, tandis que les moments de joie et de bonheur semblent toujours très courts.

[Link] 3/6 Chapitre 15 : Le temps


Terminale
Le temps Philosophie

« Si je veux me préparer un verre d'eau sucrée, j'ai beau faire,


je dois attendre que le sucre fonde. Ce petit fait est gros
d'enseignements. Car le temps que j'ai à attendre n'est plus ce
temps mathématique qui s'appliquerait aussi bien le long de
l'histoire entière du monde matériel, lors même qu'elle serait
étalée tout d'un coup dans l'espace. Il coïncide avec mon
impatience, c'est-à-dire avec une certaine portion de ma durée
à moi, qui n'est pas allongeable ni rétrécissable à volonté. Ce
n'est plus du pensé, c'est du vécu. »

Henri Bergson
Essai sur les données immédiates de la conscience - 1889

Ainsi, la durée éprouvée par la conscience est différente du temps des horloges parce qu'elle est
propre à l'individu, à un état d'esprit, à certaines circonstances, ou à une société. Elle est pour
Bergson le temps véritable, inaccessible pour la science.
Dans Physique, Aristote décrit le monde comme étant en devenir : puisque la nature est
constamment en mouvement, tout change perpétuellement. Le temps est donc le moteur de la vie.
Aristote écrit que le temps est « le nombre du mouvement selon l'avant et l'après ». Cela signi e
que le temps est ce qui est mesurable entre deux moments dans les changements observables
dans la nature.

III
L'irréversibilité du temps comme rapport de l'homme à
son existence
L'homme pense son existence par rapport au temps. Exister, pour l'être humain, c'est avoir
conscience de vivre, c'est chercher un sens à sa vie par rapport au temps qui passe, à
son irréversible. L'homme ne peut pas remonter le temps, et il doit accepter qu'un jour, il va
mourir. Le temps qui passe rappelle sans cesse à l'être humain cette irréversibilité. Il a
conscience de sa mort et souvent il la craint.

A La conscience de la mort
Le fait que l'homme a conscience du temps qui passe inscrit d'emblée son existence dans une
temporalité marquée par la naissance et par la mort à venir.
En effet, savoir que le temps passe et qu'il est irréversible (on ne peut pas remonter le temps), fait
de la mort la destination de tout homme. Cette idée de la mort qui approche est à l'origine de
l'angoisse existentielle de l'homme. Prendre conscience de son existence, c'est prendre conscience
du caractère irréversible du temps et, par conséquent, du terme nécessaire de la vie qu'est la mort.

[Link] 4/6 Chapitre 15 : Le temps


Terminale
Le temps Philosophie

Louis Lavelle
« L'irréversibilité constitue pourtant le
caractère le plus essentiel du temps,
le plus émouvant, et celui qui donne à
notre vie tant de gravité et ce fond
tragique dont la découverte fait
naître en nous une angoisse que l'on
considère comme révélatrice de
l'existence elle-même. »

Du temps et de l'éternité
1945

Prendre conscience de
son existence, c'est
INTERPRÉTATION
prendre conscience du
caractère irréversible du
temps et, par
conséquent, du terme
nécessaire de la vie
qu'est la mort.

B La crainte de la mort
La conscience de la mort à venir est probablement la crainte la plus forte et la plus
universellement partagée.
Mais l'homme doit-il craindre sa propre mort ? Le philosophe Épicure, dans Lettre à Ménécée,
répond à cette question négativement : selon lui, la mort n'est rien pour l'homme. En effet, la mort
n'est pas à craindre car elle ne peut pas faire de mal à celui qui en fait l'expérience :
soit l'homme est vivant, et il ne connaît pas la mort ;
soit l'homme est mort, alors il n'est plus, et il ne connaît donc pas la mort.

Pour Épicure, qui est un philosophe matérialiste et atomiste, la mort n'est rien de plus qu'une
dispersion des atomes qui composent un être : il n'y a pas de vie après la mort. Épicure tente de
montrer que l'on peut vaincre la crainte de la mort en expliquant qu'au fond elle ne concerne pas
l'être humain car il ne connaîtra jamais sa propre mort : quand elle sera là, il ne sera plus là.

[Link] 5/6 Chapitre 15 : Le temps


Terminale
Le temps Philosophie

Épicure
« La mort, n'est rien pour nous : tant
que nous existons nous-mêmes, la
mort n'est pas ; quand la mort existe,
nous ne sommes plus. »

Lettre à Ménécée
IVe siècle av. J.-C.

Pour Épicure, la mort


relève donc de l'altérité
INTERPRÉTATION
absolue : une chose dont
on ne fait jamais
l'expérience. Il n'y a
aucun sens à craindre
quelque chose qui ne
sera jamais connu.

Savoir que le temps est irréversible (on ne peut pas remonter le temps) fait de la mort la
destination de tout être humain. Cette idée de la mort qui approche est à l'origine de son angoisse
existentielle.
Se libérer de la crainte de la mort possède une vertu éthique : cela permet d'apprécier pleinement
la vie. En effet, craindre la mort au cours de son existence, c'est aussi craindre constamment son
arrivée. Se libérer de cette crainte permet à l'homme d'apprécier pleinement la seule chose qu'il
possède vraiment : la vie.
Pour le philosophe du XXe siècle Martin Heidegger, l'homme est jeté dans le monde, il est livré à sa
mort prochaine. Il se sent abandonné, il vit une certaine solitude morale qui se traduit par
l'angoisse. Cette angoisse est une expérience du rien et du nulle part, l'homme angoissé pense que
l'existence est absurde. Heidegger pousse l'homme à surmonter cette angoisse, en rappelant que
la mort est ordinaire, qu'on ne peut rien contre elle. Il faut y penser car elle est le noyau de la vie,
mais il ne faut pas laisser l'idée de la mort empêcher l'homme de vivre.

[Link] 6/6 Chapitre 15 : Le temps

Vous aimerez peut-être aussi