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AL3 Olympe de Gouges Cours 4

Le document analyse la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges, en se concentrant sur un extrait qui illustre son combat pour l'égalité des sexes à travers une anecdote personnelle. Cette anecdote, présentée comme un apologue, met en lumière les injustices subies par les femmes et la maîtrise de l'autrice sur les lois, tout en utilisant un ton à la fois sérieux et humoristique. L'étude souligne l'importance de son ethos et de son autoportrait en tant que femme de lettres engagée dans la lutte pour les droits des femmes.

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AL3 Olympe de Gouges Cours 4

Le document analyse la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges, en se concentrant sur un extrait qui illustre son combat pour l'égalité des sexes à travers une anecdote personnelle. Cette anecdote, présentée comme un apologue, met en lumière les injustices subies par les femmes et la maîtrise de l'autrice sur les lois, tout en utilisant un ton à la fois sérieux et humoristique. L'étude souligne l'importance de son ethos et de son autoportrait en tant que femme de lettres engagée dans la lutte pour les droits des femmes.

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Objet d’étude : littérature d’idées du XVI au XVII

Séquence 2 OI Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791 (du
préambule au postambule)/Parcours : écrire et combattre pour l’égalité

AL 3 de « Neuf heures sonnent et je continue mon chemin… » à « juger un peuple éclairé ! » (p 34)

Vocabulaire :
Guinguettes : auberge où on boit, chante et mange// voitures publiques qui transportaient les
voyageurs contre paiement.
Barrières : au XVIIIe siecle, Paris étaient entourée de barrières ponctuées de bâtiments d'octroi
où les marchands pouvaient s'arrêter et payer un impôt pour pénétrer dans la ville. Cet impôt,
comme d'autres mesures fiscales d'Ancien Régime devenues très impopulaires , venaient d'être
supprimé le er mai 1791.
Portes de clôture qui interdisaient l'accès d'une ville. Louis XVI avait fait ériger 57 barrières
autour de Paris où était perçu l'octroi, une taxe sur les marchandises entrant dans une ville.
sapin : véhicule tiré par un ou des chevaux pour le transport des voyageurs. Suggère que c'est
un véhiculé réservé aux nobles. terme familier pour désigner un fiacre (Voiture à cheval louée à
la course ou à l'heure). L'adj « aristocratique » désigne probablement de façon humoristique le
prix élevé des trajets dans ce genre de voiture.
Commis : employés subalternes qui accomplissaient pour leur maître ou pour leur
administrations certaines commissions.

Intro:les 4 étapes
1/ Autrice+oeuvre
2/ situation du Passage
3/ Projet de lecture
4/ Mouvements

1/ qq mots sur l'autrice + La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne réécrit la


Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 pour énoncer les principes de l’égalité
entre les sexes.
2/ situé à la fin du postambule : récit d'une anecdote personnelle de l'autrice. Apologue qui
délivre une moralité : Argumentation indirecte :
3/ quel enseignement nous délivre le récit de cette anecdote ? Une femme combattive qui
connait le droit…. Et s’oppose à l’injustice. C’est l’ethos de la femme de lettres qui est mis en
scène ; ses actes viennent donner du crédit à son discours. Cette anecdote vient aussi incarner
dans un exemple particulier la dénonciation plus générale et plus abstraite de la Déclaration.
Cette anecdote où ODG se présente comme « moitié furieuse, moitié riant » donne aussi des
indications sur la lecture à faire de la Déclaration comme pastiche de la DDH : le sérieux du
propos n’exclut pas l’humour…

4/mouvements :
l. 1 à 7 : le récit chronologique de l’emploi du temps de l’autrice
l. 7 à 11 : la dispute avec le cocher
l.11 à la fin : La dispute avec le juge

Comment l'autrice introduit l'anecdote. Que cherche-t-elle à illustrer ?


1
Gouges introduit son anecdote par une sorte de moralité, qui permet de rapprocher cet extrait
d’un apologue : « Il est vrai que nul individu ne peut échapper à son sort ». Son expérience
personnelle permet ainsi de démontrer ce qui est présenté comme une vérité générale : elle ne
peut pas échapper à sa condition de femme.
Juste avant le texte, l’autrice proposait une première moralité, formulée au présent de vérité
générale et utilisant la formulation neutre « individu » : « Il est donc vrai que nul individu ne
peut échapper à son sort ». La narratrice la lie immédiatement à son expérience personnelle, afin
d’introduire l'anecdote : « j’en fais l’expérience aujourd’hui » le je PP1 s’oppose aux
formulations générales au pluriel « les mères les filles.. » ou « femmes reveillez vous »

I/ Récit Chronologique

« Neuf heures », « neuf heures un quart » « vingt minutes » et « onze heures moins un quart »
→ précision des indications temporelles → reconstitue précisément la chronologie.
« sonnent » « à deux montres différentes », « à la pendule du bain » → indique la source de
l'information. Cet excès d’information est malicieux car on pense à une reconstitution de crime,
à un témoignage. Il s’agit d’apporter des preuves ? ODG s’amuse à créer du suspense.
« Pont-Royal » , « rue Christine » et « dans le quartier du Temple » → précisions spatiales
→ précisions spatio temporelles : elle est très factuelle, personne fiable qui dit la vérité.
Stylistiquement, cette anecdote est un texte narratif, inscrit dans un temps et un espace
précis, à l’inverse des articles qui se veulent universels. Il y a donc, en cette fin de la
Déclaration un passage de l’universel au particulier.

« [elle] ne peu[t] aller que là si matin » (chez son imprimeur)→ adverbe d'intensité « si » → une
lève-tôt, active :
« fatiguée de marche, de composition et d’impression » → énumération d'activités variées qui
prouvent qu'elle participe activement au processus d’impression de son ouvrage
« en corrigeant mes épreuves », « si les pages ne sont pas bien serrées et remplies » → elle se
présente comme une travailleuse sérieuse et acharnée, perfectionniste. Une professionnelle à
l’oeuvre
→ une personne travailleuse et cultivée.
Autoportrait en femme de lettres. Très intéressant car à rebours des caricatures des tricoteuses.
Recontextualiser le recul des droits des femmes pendant la Révolution : elles vont perdre le droit
de débattre et de s’assembler. Très grand contraste avec la compétence de ODG qu’elle met en
scène ici. Très important aussi ce portrait de la femme de lettres car DOG était presque illettrée.
Ni la lecture ni l’écriture n’étaient répandues, notamment chez les femmes.

justification de son parcours → Toutes ces informations créent une impression de logique et de
fiabilité, qui encouragent les lecteurs et les lectrices à prendre le parti de la narratrice dans le
cadre de la querelle qui l’oppose ensuite au cocher. C’est un autoportrait qui construit sa
crédibilité (ethos)
parataxe (Juxtaposition de propositions sans mot de liaison). → rythme vif et soutenu de
l’écriture : une anecdote faite pour plaire et amuser : l enjeu est d’ instruire en amusant.

Le rythme est vif, notamment dans la première partie du texte, qui présente la chronologie
détaillée de son parcours : l’autrice est ainsi présentée comme une femme sérieuse et occupée,
mais aussi fiable et précise. Ce premier mouvement du texte lui permet ainsi de gagner la
confiance de ses lecteurs et de ses lectrices afin de prouver sa bonne foi dans la querelle qui
l’oppose au cocher, puis au magistrat.
2
II/ Dispute avec le cocher

« pour ne pas avoir de dispute avec lui, je lui offre 48 sols* » → La tournure de la phrase laisse
ainsi entendre que la somme correspondant à une heure et demie aurait dû être moins élevée.
Anticipe la dispute
*(Sol (ou sou) : monnaie de l'Ancien Régime. Le salaire moyen d'un ouvrier en 1789 est de 25 à
30 sols par jour. )
« comme à l'ordinaire » → confirme que les disputes pas une surprise, fait récurrent.
« il exige », « il fait du bruit », « je m'obstine » → enchaînement d'actions, présent de
narration, rythme vif. → confrontation, ODG tient tête au cocher.
« Je le menace de la loi, il me dit qu'il s'en moque » → alternance des pronoms JE et IL +
rythme + discours indirect → vivacité du récit rend la scène vivante, mise en scène de la
confrontation, ODG maîtrise l'art du récit. Dialogue et conflit// théâtre
Hypotypose: une hypotypose est un tableau vivant, une description animée, expressive qui
donne l'impression à sa lecture d'assister à la scène, de l'avoir sous les yeux. Description animée
et frappante de la chose dont on veut donner l'idée.
Rappel de grammaire :
discours indirect au plus près des propos du cocher (consiste à rapporter les propos de
quelqu'un en d'autres mots (reformulation). Les propos ainsi rapportés ne se distinguent pas du
reste du texte, contrairement au discours direct dans lequel l'auteur doit employer les tirets et
les guillemets.
« je le menace de la loi » → connait la loi
« l’être équitable aime mieux être généreux que dupe »→ L’emploi du présent de vérité
générale et de l’expression neutre « l’être équitable », qui désigne implicitement la narratrice,
permet de lire cette phrase comme une sorte de leçon.

Equitable:qui agit selon l'équité. Equité : Vertu qui consiste à régler sa conduite sur le
sentiment naturel du juste et de l'injuste (s'oppose à iniquité).

III/ Dispute avec le commissaire de paix (magistrat)

« nous arrivons chez un commissaire de paix » → présent de narration → enchaînement des


actions , pas de pause narrative maintien d'un rythme soutenu et vivant.
« l'acte d'autorité....dénonciation formelle * » → connait bien la loi → sait précisément commet
réagir
*Dont la précision et la netteté excluent tout malentendu.
« Il ignorait » = Verbe « ignorer » en début de phrase mis en évidence → pointe de provocation.
« tant de bienfaisance et d'équité » → adv de quantité « tant de » → Portrait mélioratif d'elle
même et de ses actions
Equité : (Principe impliquant l') appréciation juste, (le) respect absolu de ce qui est dû à chacun
Qualité consistant à attribuer à chacun ce qui lui est dû par référence aux principes de la justice
naturelle ; impartialité : Manquer d'équité.
« que j’ai la générosité de ne pas nommer »« quoique l’acte d’autorité qu’il s’est permis envers
moi mérite une dénonciation formelle » → La narratrice épargne donc cet homme tout en
laissant entendre qu’elle devrait le dénoncer.

Rappel de grammaire : impitoyablement adverbe négation sémantique. : qui n’est pas


pitoyable cad qui n’éprouve pas de pitié. Préfixe négatif im - // indicible, impossible…
3
« Impitoyablement » = elle utilise l’adverbe « impitoyablement » → pour décrire sa conduite,
qui est ainsi présentée comme injuste.
« sans avoir égard à mes raisons », « vous n'êtes pas dans le principe de votre charge » → ne
fait pas son travail, manque de sérieux, surtout ne respecte pas la loi et condamne la narratrice
sans l'écouter.
« connaissant mieux la loi que lui » → connait la loi : renvoie à la supériorité des femmes. Le
sexe supérieur en beauté et en courage » renvoyait aux stéréotypes féminins de la femme
séductrice ou/et mère. Ici c’est dans le domaine du savoir légal que se construit la supériorité de
cette femme intelligente, confrontée à deux hommes stupides. Or c’est un domaine qui n’est pas
celui réservé traditionnellement aux femmes et c’est tous l’enjeu de la Déclaration : offrir une
existence légale aux femmes en faire des citoyennes Il faut se souvenir aussi de la question
initiale de la Déclaration : « Homme es tu capable d’être juste ? » Dans l’anecdote, il semble que
la réponse est non.
« Monsieur, … charge » → Discours direct : se positionne à égalité : ton ferme mais poli (« je
vous prie ») et lexique précis : ODG est du côté du discours raisonnable, loin de l’hystérie et de
l’émotion des stéréotypes féminins. Elle va à l’encontre des caricatures.
« forcené *» → * « qui perd la raison, la mesure, fou » lui ôte le titre d'humain, terme péjoratif
→ opposition « raison », « folie ». Souligne la contradiction : les hommes de loi ne l’appliquent
pas et ne sont pas raisonnables et se conduisent de manière totalement illégale.
« s'emporte », « menace » « rester toute la journée dans son bureau » → champ lexical de la
violence, comme le cocher cherche à l'impressionner : c’est la loi du plus fort que les hommes
cherchent à imposer, ce qui est à la fois injuste et illégal// Molière « dans la barbe est la toute
puissance » Voir l’apostrophe homme es tu capable d être juste… « ta force ? tes talents ? »
L’anecdote met en scène la violence banale et quotidienne, l’ « oppression » exercée sur les
femmes.
« je lui demande » → tient tête car connait ses droits
« coup d'autorité » (cf « acte d'autorité » plus haut) = dénonce l'injustice
portrait du magistrat= comparaison péjorative
adverbe « plaisamment »+ question ironique → met en évidence son manque de sérieux et de
rigueur, prend cela à la légère. Il méprise ODG et cette injustice.
« Moitié furieuse, moitié riant » → antithèse → souligne l'ambivalence de sa réaction. Permet
de caractériser les deux tonalités du texte, polémique et satirique. Le texte se veut drôle
« moderne Bride-oison » :Périphrase péjorative donc qui fait référence personnage de juge
ridicule et sot dans le Mariage de Figaro , célèbre pièce de Beaumarchais
nom du juge ridicule que Beaumarchais met en scène dans le Mariage de Figaro pour
symboliser l'iniquité du système judiciaire d'Ancien Régime. Un « oison-bridé » désigne au sens
propre un oison auquel on a glissé une plume dans les narines pour qu'il ne puisse sortir de sa
cage et au sens figuré une personne buté sans intelligence.

« c'est donc là l'espèce d'homme qui doit juger un peuple éclairé ! » phrase exclamative : la
narratrice dénonce l'incompétence du magistrat, qui méconnait la loi et agit de manière injuste,
sans écouter les arguments de la plaignante. Se rapproche de l aparté au théâtre : a pour but
d’émouvoir le public et le persuader.
L’œuvre s’achève donc sur une question civique et politique, celle de la compétence des
fonctionnaires du nouveau régime, fondamentale pour le maintien de l’ordre social. plus loin :

« Que font ces juges de paix ? Que font ces commissaires, ces inspecteurs du nouveau régime ?»
question directe avec point d’interrogation/ pronom interrogatif que (=qu’est ce que)/inversion
4
sujet verbe (question de grammaire). Interrogation partielle : réponse attendue : rien. Ces
multiples questions directes miment un dialogue avec le public. C’est là encore emprunté au
théâtre

Conclusion : Cette anecdote n’est donc pas si éloignée de la Déclaration en tant que telle : de
fait, elle reprend le thème thème et poursuit le même but mais de façon différente : L’anecdote
est comme un apologue qui dégage d’une petite histoire amusante une leçon , une vérité
générale : C’est de l’argumentation indirecte qui ne défend pas frontalement une thèse mais le
fait de façon implicite. En mettant en scène une anecdote qui montre la violence injuste des
hommes, ODG dénonce encore une fois le non-respect des hommes pour la loi. La narratrice se
présente elle-même comme une femme de loi et fait du respect de la loi une question civique et
sociale.

Pour l’introduction :
• Choisissez les mots-clés pertinents pour introduire l'extrait : autoportrait ; ethos* ; apologue
.
Rappel : ethos appartient au voc de la rhétorique. C’est l’attitude de l’orateur qui donne du crédit
à son discours
*L'éthos (ou ethos, du grec ancien ἦθος ễthos, « coutume ») est le caractère habituel,
la manière d'être, l'ensemble des habitudes d'une personne.

Voici un exemple de paragraphe rédigé :

Dans cet extrait, les tonalités polémique et satirique dominent: l’autrice retranscrit un
conflit d’idées entre la narratrice et les deux hommes. Son ton est virulent : elle utilise un
lexique péjoratif et affirme que le cocher se « moque » (l. 319) de la loi et que le juge condamne
la narratrice sans l’écouter (« sans avoir égard à mes raisons », l. 324). Le rythme est vif,
notamment dans la première partie du texte, qui présente la chronologie détaillée de son
parcours : l’autrice est ainsi présentée comme une femme sérieuse et occupée, mais aussi fiable
et précise. Ce premier mouvement du texte lui permet ainsi de gagner la confiance de ses
lecteurs et de ses lectrices afin de prouver sa bonne foi dans la querelle qui l’oppose au cocher,
puis au magistrat. Cet autoportrait de l’autrice en femme combative, qui se dresse contre les
injustices qu’elle subit, rappelle le personnage de Marceline dans Le Mariage de Figaro de
Beaumarchais : face à Bartholo, celle-ci refuse de prendre toute la responsabilité de sa relation
hors mariage, et dénonce l’injustice d’un système social qui punit les femmes pour les fautes des
hommes. Tant Marceline que la narratrice de l’anecdote finale tiennent ainsi un discours virulent
envers les hommes, afin de dénoncer des injustices.

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