0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
41 vues47 pages

Cours REI Complet

Le document présente un cours sur les relations économiques internationales, abordant les théories du commerce international, les institutions, les politiques commerciales et la balance des paiements. Il détaille les théories classiques, telles que l'avantage absolu et l'avantage comparatif, ainsi que des théories modernes comme l'écart technologique et le cycle de vie des produits. Enfin, il discute des politiques commerciales, notamment le libre-échange, et de ses implications économiques et sociales.

Transféré par

tissasav124
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
41 vues47 pages

Cours REI Complet

Le document présente un cours sur les relations économiques internationales, abordant les théories du commerce international, les institutions, les politiques commerciales et la balance des paiements. Il détaille les théories classiques, telles que l'avantage absolu et l'avantage comparatif, ainsi que des théories modernes comme l'écart technologique et le cycle de vie des produits. Enfin, il discute des politiques commerciales, notamment le libre-échange, et de ses implications économiques et sociales.

Transféré par

tissasav124
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Université Sidi Mohamed Ben Abdellah

Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales


Fès

Cours : Relations Economiques Internationales

Semestre 6

Filière : Economie et Gestion

Professeur : Mohamed Reda ROUIJEL

Année Universitaire : 2022-2023


Introduction Générale

L’analyse des relations économiques internationales a toujours préoccupé les


économistes pour expliquer l’importance des échanges entre pays pour l’optimisation
des ressources mondiales d’une part et pour une répartition optimale des spécialités
entre les pays d’autre part. En effet, l’évolution de l’économie internationale continue
à soulever de nouvelles questions qui continuent à préoccuper les économistes.

Ainsi, la fin de la deuxième guerre mondiale a donné un élan aux relations


commerciales internationales, surtout après les efforts déployés pour la libéralisation
du commerce par le GATT (l’accord général sur le commerce des marchandises qui a
précédé la création de l’OMC).

Le graphique en infra montre l’importance du commerce international en volume et en


valeur de 1950 à 2021 :

Figure 1 : Commerce Internationale en volume et en valeur entre 1950 et 2021


Source : OMC

➢ Le volume du commerce mondial est aujourd'hui environ 43 fois supérieur à celui


enregistré aux premiers jours du GATT (soit une augmentation de 4 300% entre
1950 et 2021). Les graphiques ci-dessous montrent que le volume et la valeur du
commerce progressent rapidement depuis la création de l'OMC en 1995.

➢ En 2021, on constate que le volume et la valeur du commerce mondial ont


augmenté respectivement de 4% et 6% en moyenne depuis 1995, année de création
de l'OMC.

Dans ce de cours, nous allons chercher à analyser la théorie du commerce international


depuis les premiers essais d’Adam Smith en mettant l’accent sur les éléments
suivants : les théories du commerce international (Chapitre1), les institutions du
commerce international (chapitre2), Politiques commerciales (Chapitre3) et la balance
du payement (chapitre 4).
Chapitre 1 : Théories du commerce International
Les chercheurs dans le domaine du commerce international distinguent entre deux
grands courants théoriques : le premier qui s’intéresse aux premiers essais d’analyse
post-révolution industrielle, connu sous le nom des théories classiques ; le deuxième
qualifié de moderne et qui analyse les relations économiques internationales après la
fin de la deuxième guerre mondiale.

I- les théories classiques du Commerce International


Nous allons présenter les trois théories les plus connues dans le domaine du
commerce international à savoir : les théories de l’avantage absolu, de l’avantage
comparative et celle des dotations factorielles.

1- Théorie de l’Avantage Absolu


Cette théorie est avancée par le fondateur du courant libéral, Adam Smith (1723-1790)
pour démontrer l’importance des échanges commerciaux pour une optimisation des
ressources internationales. Il montre que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans les
produits pour lesquels il est le plus avantagé (ceux qui nécessitent le moins de travail
pour les produire) et à abandonner la production des autres produits en les important.
Autrement dit, il faut se spécialiser dans la production des biens pour lesquels ils sont
relativement plus efficaces et d'importer les biens pour lesquels ils sont relativement
moins efficaces.
Exemple :

Supposons que le pays A est mieux placé que le pays B pour produire des roses et le
pays B mieux placé que le pays A pour produire des ordinateurs car le pays A peut
produire plus de roses que le pays B avec le même nombre d'employés par heure et le
pays B plus d'ordinateurs que le pays A dans les mêmes conditions.
Adam Smith précise qu’il ne faut “jamais essayer de faire chez soi la chose qui
coûtera moins à acheter qu’à faire” (La richesse des nations, IV.3). Selon lui,
l’échange est mutuellement avantageux dès lors qu’un pays est plus productif dans la
production d’un bien tandis qu’un autre pays est meilleur dans la production d’un autre
bien. Le commerce international, pour lui, est un jeu à somme positive (un jeu où tout
le monde gagne), c’est à̀ dire une interaction à l’issue de laquelle les deux parties ont
toutes deux amélioré leur situation.

Limites de la théorie :

- Un pays peut posséder d’un avantage absolu dans chaque bien ;

- Un pays qui ne possède aucun avantage absolu.

2- Théorie de l’Avantage comparatif

Dans son article On the Principles of Political Economy and Taxation (1817, 1819,
1821) sur l’importance du libre-échange, David Ricardo a détaillé sa “théorie de
l’avantage comparatif” selon laquelle tous les pays, même les moins compétitifs, ont
un intérêt à participer à l’échange international, en se spécialisant dans la production
des biens pour lesquels ils détiennent un avantage productif relatif, et acheter les biens
qu’ils produisent avec un désavantage relatif. Autrement dit Pour Ricardo, il n’est pas
nécessaire que les pays disposent de tels avantages absolus. Même si un pays domine
strictement l’autre dans la production des deux types de biens, il reste mutuellement
avantageux pour lui de se spécialiser dans la production du bien pour lequel son
avantage est le plus prononcé et d’importer le bien qu’il produit avec une productivité
relativement plus faible.
Pour démontrer sa théorie, D. Ricardo a illustré sa théorie par l’exemple d’échange de
vin et de draps entre l’Angleterre et le Portugal en se basant sur les hypothèses ci infra:
- Économie mondiale : 2 pays, 2 biens;
- Marché des biens : concurrence parfaite;
- Travail (L) = seul facteur de production (facteur travail homogène au sein de chaque
pays et salaire identique pour toutes les firmes du pays);
- Plein-emploi dans les 2 pays;
- Rendements d’échelle constants.
- L’offre et la demande nationales sont en équilibre dans chaque pays ;
- Les facteurs de production sont parfaitement immobiles ;

Figure 2 : démonstration de la théorie de l’avantage comparatif

3- Théorie des dotations factorielles

En réalité, l'avantage comparatif ne s’explique pas par les différences de productivité,


mais par les différences de dotations en capital et en travail. Par exemple, le Canada
exporte des produits de la sylviculture aux États-Unis non pas parce que ses
travailleurs sont plus efficaces dans ce secteur mais parce que le Canada est mieux
doté en forêts. Pour expliquer l'importance des ressources dans le cadre du commerce,
deux économistes, Heckscher et Ohlin, ont développé une théorie appelée "théorie des
dotations factorielles", selon laquelle les pays exporteront les biens qui utilisent les
facteurs de production les plus abondants et peu coûteux et importeront les biens qui
utilisent leurs facteurs de production peu abondants.

Par exemple, dans un pays où le capital est abondant, le coût du capital sera
relativement faible. Par conséquent, le coût de production d'un produit à forte intensité
de capital et son prix seront relativement bas. Ce sera l'inverse dans un pays où la
main-d'œuvre est abondante : les salaires seront relativement peu élevés et le coût d'un
produit à forte intensité de main-d'œuvre sera relativement faible. Les différences dans
les prix relatifs des deux produits donneront lieu à un échange.

Encadré 1 : Limite de la théorie : Paradoxe de Leontief

Wassily Léontief (prix Nobel d’économie 1973) a essayer de tester la validation empirique du théorème de
HOS, il a calculé, pour l’année 1947, les valeurs moyennes de capital et de travail nécessaires pour
produire respectivement un million de dollars d'exportations et un millions de dollars d'importations
américaines.

Les résultats ont révélé que l'intensité en capital des exportations (14 010 dollars par travailleurs) était
inférieure à celle des importations (18 180 dollars par travailleurs). De ce fait, les exportations américaines
sont relativement moins intensives en capital que les importations.
II- Les théories modernes du commerce international

Par théories modernes du commerce international, nous désignons l’analyse


contemporaine des relations économiques internationales. Nous distinguons deux
types d’analyse :

1- Théorie de l’écart technologique

Cette théorie explique comment l’écart technologique explique le progrès


technologique permettant une supériorité technologique qui se manifeste dans
l’augmentation des volumes d’exportation.

Posner précise que l'innovation procure aux entreprises exportatrice un monopole


pendant une longue durée sur les marchés extérieur.

Cet avantage technologique peut résulter soit de l’innovation dans les procédés de
fabrication (processus innovation) soit de l’innovation de produit (Product innovation)

Schéma1 : représentation de la théorie des écarts technologiques

2- Théorie du cycle de vie de Vernon

Cette théorie trouve ses racines dans la théorie de l’écart technologique. Vernon
(1966) a essayé d’intégrer la théorie du cycle de vie du produit dans son analyse, en se
basant sur la notion de l’écart technologique. Cela implique que l’entreprise cherche
à s’internationaliser lorsque son produit commence à se banaliser sur le marché
local. Cette ouverture peut prendre plusieurs formes : l’exportation directe, la
fabrication dans le pays de destination….

La théorie de Vernon a été critiquée par les chercheurs, surtout pour les produits à
cycle de vie court. Dans l’ère actuelle plusieurs variables ont raccourci le cycle de vie
des produits comme : la technologie, l’innovation, les moyens de télécommunication,
le transport….

Tableau 1 : Les étapes du cycle de vie de Vernon (1966)

Etapes Commentaires

Première Le produit est nouveau, fabriqué en petites quantités, et vendu


exclusivement dans le pays d’origine à un prix élevé

Deuxième La standardisation contribue à la baisse du prix de vente. Les entreprises


commencent à exporter avec des quantités qui augmentent graduellement.

Troisième La concurrence conduit les entreprises à aller produire à l’étranger, en


substituant la production à l’étranger du bien devenu banalisé.

Quatrième Le déclin de la demande dans les pays d’origine conduit les firmes à arrêter
la production du bien sur le territoire. La demande résiduelle est satisfaite
par les importations en provenance des filiales à l’étranger.

3 – Paul Krugman : « la nouvelle théorie du commerce international »


a- le Commerce « Intra-branche »
Paul Krugman observe que le commerce se fait principalement entre pays similaires et
sur des produits similaires. On parle de « commerce intra-branche ». Ce type
d ’échange a progressé depuis la fin des années 80 dans de nombreux pays.

Par exemple, l’Europe vend des Airbus aux États-Unis mais achète des Boeing, ce qui
est en contradiction avec les prédictions du modèle HOS. De la critique du modèle
HOS est née la nouvelle théorie du commerce international, qui introduit des
explications fondées sur la concurrence imparfaite.

Schéma 2 : Commerce intra-branche

b- les rendements d’échelle ( les économies d’échelle)


Les économies d’échelle (rendements croissants) expriment une réduction du coût
moyen du produit lorsque la quantité fabriquée augmente surtout pour le commerce
international qui nécessite des dépenses supplémentaires (frais douane, transport,
logistique…). Plus un pays fabrique plus, plus il devient productif dans ce domaine car
il développe un savoir-faire et des économies d’échelle. Krugman distingue deux types
d’économie d’échelle :

➢ Rendements d’échelle internes qui sont liés directement à la taille de l’unité


de production (le coût unitaire de production diminue lorsque la taille de
l’entreprise augmente et la concurrence disparait)

➢ Rendements d’échelle externes : liés à la taille de l’industrie ou du pays (le


coût unitaire de production dépend alors de la taille du secteur).
c- les marchés oligopolistiques ou la théorie de différenciation

Il y a lieu de préciser que cette théorie trouve ses racines dans la théorie du
« commerce intrabranche ». Elle précise que les entreprises qui opèrent dans les
marchés oligopolistiques (capables de surmonter les obstacles sur les marchés
extérieurs) déploient des efforts pour différencier leurs produits afin de se transformer
en monopole. Krugman distingue entre deux types de différenciation :

➢ Horizontale : qui permet la proposition des produits de la même gamme que les
concurrents mais avec une différenciation au niveau de la taille, la forme, le goût,
le couleur, le design….

➢ Verticale : Les produits présentés sur les marchés sont similaires mais avec une
différenciation au niveau de la gamme. Autrement dit, les deux facteurs de
distinction sont : le prix et la qualité.

Encadré 2 : Vers une nouvelle théorie de l’Internationalisation rapide et précoce.

Le courant des entreprises à internationalisation rapide et précoce (EIRP) est marqué par la naissance d’une
nouvelle catégorie d’entreprises dynamiques, capable de s’aventurer sur les marchés étrangers dès leur
création ou peu de temps après. Cette typologie est connue sous plusieurs appellations : « Born-Globals »
(Rennie, Knight et Cavusgil), « international new ventures » (Oviatt et McDougall, 1994), « Entreprise à
internationalisation rapide et précoce » (Servantie)….
Cette rapidité d’internationalisation est marquée deux critères :

➢ L’immédiateté : c’est le laps de temps qui sépare la création de l’entreprise et son


internationalisation. Les chercheurs de ce courant n’ont pas trouvé un consensus par rapport à la
durée exacte. Par exemple : trois ans pour le courant de la « Born-Globals » ; 2 ans pour (Rennie et
Mckensey,1993).

➢ L’implication internationale : c’est le pourcentage du chiffre d’affaires réalisé à l’export et/ou le


nombre des marchés ciblés. Il y a aussi un désaccord entre les chercheurs par rapport au chiffre
d’affaires à l’export. Ce dernier va de 5% jusqu’à 75%. La même chose pour le nombre de marchés
ciblés, la majorité des chercheurs optent pour deux marchés et plus.
Chapitre 2 : Politiques commerciales
La politique commerciale d'un pays fait référence aux décisions prises par le
gouvernement pour réglementer les échanges commerciaux avec d'autres pays. Cette
politique peut être utilisée pour protéger les intérêts économiques et politiques du
pays, et pour favoriser la croissance économique à long terme.
La politique commerciale d'un pays peut avoir des effets positifs et négatifs sur
l'économie du pays et sur les relations commerciales avec d'autres pays. Les
gouvernements doivent donc faire des choix judicieux en matière de politique
commerciale afin de maximiser les avantages économiques pour leur pays tout en
minimisant les effets négatifs.
Figure 3 : les politiques commerciales

I- la politique du libre-échange

1. définition du concept

Le libre-échange est une politique commerciale qui favorise la libre circulation des
biens et des services entre les pays, sans barrières tarifaires ou non tarifaires telles que
les quotas d'importation ou les subventions à l'exportation. Cette politique est souvent
considérée comme un moyen d'encourager la croissance économique et d’améliorer le
niveau de vie des citoyens.

Le libre-échange a été promu par de nombreux économistes, notamment Adam Smith


et David Ricardo, qui ont soutenu que la spécialisation et le commerce international
peuvent permettre à chaque pays de se concentrer sur ses avantages comparatifs, ce qui
se traduirait par une croissance économique plus rapide et une allocation plus efficace.

2. les formes du libre-échange

Ci-dessous, les formes du libre-échange que les pays peuvent mobiliser en cas
d’adoption du cette politique :

Figure 4 : formes du libre-échange

3. Quelques critiques à la politique du Libre-échange….

Le libre-échange est critiqué sur le fait qu’il peut entraîner :

Des coûts sociaux et économiques pour certains secteurs ou régions ;


Les travailleurs de certains secteurs peuvent perdre leur emploi si des
entreprises étrangères peuvent produire les mêmes biens à moindre coûts ;
Conduire à des déséquilibres commerciaux et des déficits commerciaux.
Les normes environnementales et sociales peuvent également être abaissées
pour répondre à la concurrence internationale.
I- la politique du protectionnisme

1 définition du concept

Le protectionnisme est une politique économique qui cherche à protéger l'industrie


nationale en limitant les importations étrangères par le biais de barrières tarifaires
(droits de douane) ou non tarifaires (quotas, normes, subventions, etc.). Le but est de
favoriser la production locale et de protéger les emplois nationaux.

Le protectionnisme est souvent utilisé pour protéger les industries émergentes ou en


difficulté, comme l'industrie automobile ou sidérurgique. Les partisans du
protectionnisme soutiennent que cette politique protège les emplois nationaux et aide à
soutenir l'économie locale.

2- quelques arguments du protectionnisme

La question qui se pose à ce niveau, pour quelles raisons, des pays préfèrent opter pour
une politique protectionniste ? la figure ci- infra portes des réponses claires à la
question.

Figure 5 : arguments du protectionnisme

[Link] formes du protectionnisme

La majorité des chercheurs distinguent deux formes : tarifaire et non tarifaire. Le


tableau ci-dessous détaille les sous-formes du protectionnisme :
Tableau 2 : les formes du protectionnisme

Formes Commentaires

Elle se base essentiellement sur l’augmentation des droits d’importation ou des


taxes à effet équivalent (ex : taxes parafiscales sur le bois, sur les produits de la
Tarifaire
plasturgie.)

Contingents(quotas) Règlements techniques Paperasse contraignante


et Normes

Limitation des quantités Des règles qui peuvent Dans des cas, des pays
à importer par une être exigées sur les exigent des documents
décision administrative produit étrangers. Par contraignants pour les
Non
émanant du exemple, les normes de importateurs afin de les
tarifaire
département du sécurité alimentaire ou décourager à importer de
commerce extérieur en industrielle qui peuvent certaines destinations (Ex:
collaboration avec le être plus strictes pour les Demande de franchise en
département concerné produits étrangers. douane «DFD», exigée
(ex: blé lors d’une par le Maroc pour
bonne compagne quelques accords).
agricole).

III. les mesures de la défense commerciale

Les mesures de défense commerciale sont des mesures prises par les gouvernements
pour protéger les industries nationales contre les importations jugées déloyales ou
nuisibles.
1. Les mesures anti-dumping
a. Détermination de l’existence d’un dumping

Un produit fait l’objet d’un dumping si son prix à l’exportation vers le pays de
destination est inférieur à sa valeur normale, c’est à dire inférieur au prix de vente dans
le marché domestique du pays exportateur.

b. Conditions d’application des mesures antidumping

Pour appliquer une mesure antidumping il est nécessaire de déterminer sur la base
d’une enquête l’existence d’un dumping, d’un préjudice et d’un lien de causalité.

L’initiation d’une enquête se fait sur la base d’une requête à déposer auprès du
Ministère chargé du commerce extérieur par la branche de production nationale
alléguant l’existence du dumping, du préjudice et de lien de causalité.

c. Préjudice et lien de causalité

Le terme « préjudice » désigne :

✓ Une menace à une branche de production nationale ;

✓ Un retard important dans la création d’une branche de production nationale.

2- Mesures de sauvegarde

a. Conditions d’application des mesures de sauvegarde

Pour appliquer une mesure de sauvegarde à l’égard d’un produit, il faut déterminer sur
la base d’une enquête que :

✓ Ce produit est importé en quantités tellement accrues, dans l’absolu ou par


rapport à la production nationale ;
✓ Ces importations causent ou menacent de causer un préjudice grave à la
branche de production nationale de produits similaires ou directement
concurrents ;
✓ Un lien de causalité entre l’accroissement massif des importations du produit
considéré et le préjudice grave ou la menace de préjudice grave existe.
b. Détermination du préjudice

La détermination de l’existence d’un préjudice grave se fonde sur tous les facteurs
pertinents de nature objective et quantifiable qui influent sur la situation de la branche
de production nationale, en particulier :

✓ Le rythme d’accroissement des importations du produit en question aussi bien


en volume et en valeur qu’en termes absolus et relatifs ;

✓ La part du marché intérieur absorbée par les importations accrues et les


variations du niveau des ventes ;

✓ L’évolution de la production, de la productivité et de l’utilisation des capacités


de production ;

✓ La situation des profits et des pertes ; et

✓ L’évolution de l’emploi et des salaires.

3- Mesures Anti Subventions

a- Conditions d’application
Un droit compensateur s’applique aux importations d’un produit lorsque
ce produit bénéficie d’une subvention et un dommage important à la branche de
production nationale du produit similaire au produit objet de subvention a été
démontré avec un lien de causalité.

b. Détermination du préjudice

La détermination de l’existence d’un préjudice grave se fonde sur tous les facteurs
pertinents de nature objective et quantifiable qui influent sur la situation de la branche
de production nationale, en particulier :

✓ Le rythme d’accroissement des importations du produit en question aussi bien


en volume et en valeur qu’en termes absolus et relatifs ;

✓ La part du marché intérieur absorbée par les importations accrues et les


variations du niveau des ventes ;
✓ L’évolution de la production, de la productivité et de l’utilisation des capacités
de production ;

✓ La situation des profits et des pertes ; et

✓ L’évolution de l’emploi et des salaires.

IV. Les mesures d’accompagnement à l’export (subventions indirectes)

[Link]çu sur les mesures d’accompagnement à l’export

Dans tous les pays, les gouvernements déploient des efforts considérables pour
proposer des mesures d’accompagnement facilitant l’accès de leurs entreprises aux
marchés extérieurs. Ces mesures ont pour objectif, l’amélioration des performances de
la balance commerciale via l’augmentation des volumes des exportations et la
préparation d’une atmosphère propice pour les entreprises nationales, en diminuant les
barrières à l’entrée.
Root (1971) définit les mesures d’accompagnement comme : « l’ensemble des
mesures de politiques publiques visant à renforcer les activités d'exportation de
l’entreprise, de l'industrie ou de toute la nation ».

[Link] de mesures (ex : typologie de Catanzaro ; 2016)

✓ Informationnelles : englobe les services de formations sur les pratiques


d’affaires, les séminaires, les informations sur les pays ainsi que les études de
marché ;

✓ Opérationnelles : liée aux services liant les entreprises nationales avec les
partenaires étrangers, tels que les salons à l’étranger, les missions de
prospection ou les services de réseautage ;

✓ Financières : ayant trait aux subventions financières directes et indirectes,


comme les garanties les assurances, les prêts ....
Tableau 3 : exemple des mesures du département du commerce extérieur marocain

Source : ROUIJEL (2019)1

1
ROUIJEL, M. R. (2019). L’adaptabilité des mesures d’accompagnement public aux besoins des PME
exportatrices marocaines. Revue Internationale des Sciences de Gestion, 2(3).
Chapitre 3 : Cadre réglementaire du Commerce International
Le commerce international est soumis à un cadre réglementaire complexe qui évolue
constamment en fonction des changements économiques, politiques et sociaux dans le
monde. Ce cadre réglementaire est établi par des accords internationaux et des lois
nationales, qui définissent les règles et les normes qui régissent les échanges
commerciaux entre les pays.

Les principaux accords internationaux régissant le commerce international sont les


accords de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui établissent les règles
pour le commerce des biens, des services et de la propriété intellectuelle

I- l’Organisation Mondiale du Commerce


L'OMC est une organisation intergouvernementale qui vise à libéraliser
progressivement le commerce. La libéralisation du commerce est la principale
approche adoptée par les gouvernements Membres de l'OMC pour promouvoir la
croissance économique et le développement. L'OMC a une composition quasiment
mondiale, plus de 150 gouvernements en sont Membres.

Il y a plusieurs façons de considérer l'OMC. C'est une organisation où les


gouvernements négocient des accords commerciaux mondiaux. L'OMC administre un
système de règles commerciales qui s'appliquent à tous ses Membres. Elle sert de
cadre aux gouvernements Membres pour régler leurs différends commerciaux.

Tableau 4 : L’OMC en bref


Schéma 4 : Les instances de gouvernance de l’OMC

Source : OMC

1- Membres de l'OMC

Les pays Membres de l'OMC sont généralement classés comme "Membres


développés" ou "Membres en développement" en fonction de leur niveau de
développement. Plus des deux tiers des Membres de l'OMC sont des pays en
développement.

Il n'y a pas à l'OMC de définition convenue de ce qu'est un Membre "développé" ou


"en développement". Il appartient à chaque Membre de décider s'il doit être considéré
comme un "Membre en développement" (principe de l'autosélection). Les Membres en
développement jouissent de droits spéciaux à l'OMC.

NB: Certains pays en développement sont considérés comme des pays moins avancés
(PMA). Le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) tient la liste des
pays considérés comme des PMA.
2 - Rôles de l’OMC

➢ L'OMC sert de cadre pour les négociations commerciales


L'OMC offre aux gouvernements Membres un cadre pour négocier les règles du
commerce mondial. Quand les pays se heurtent à des obstacles au commerce et veulent
les réduire, les négociations leur permettent d'ouvrir les marchés. Les négociations à
l'OMC sont menées directement et exclusivement par les gouvernements Membres.
L'OMC est née de négociations et tout ce qu'elle fait est le résultat de négociations
entre ses Membres. L'objectif est de réduire les obstacles au commerce dans l'intérêt
des producteurs, des exportateurs, des importateurs et des consommateurs tout en
permettant aux gouvernements de réaliser leurs objectifs légitimes.

Tableau 5 : Les cycles de négociations de l’OMC

➢ L'OMC sert de cadre au règlement des différends commerciaux


L'OMC sert aussi de cadre au règlement des différends commerciaux entre les
gouvernements Membres. La procédure de règlement des différends de l'OMC est
essentielle pour assurer le respect des règles. En général, un différend survient quand
un Membre adopte une mesure commerciale qu'un ou plusieurs autres Membres jugent
contraire aux obligations découlant des Accords de l'OMC. Lorsqu'ils ne parviennent
pas à s'entendre sur une solution, les Membres peuvent demander l'établissement d'un
groupe spécial composé d'experts indépendants pour statuer sur le différend.

➢ L'OMC est un système de règles commerciales internationales


Il s'agit essentiellement de contrats qui obligent les gouvernements Membres à
maintenir leurs politiques commerciales dans les limites convenues. Les Accords de
l'OMC énoncent les règles mondiales régissant le commerce des marchandises et des
services et les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce.
Les Accords de l'OMC reconnaissent que, dans certaines circonstances, les Membres
peuvent avoir besoin d'appliquer des restrictions commerciales pour réaliser certains
objectifs comme la protection de la santé des personnes ou de l'environnement. Dans
ces cas, les Membres sont autorisés à déroger aux principes fondamentaux mais sous
réserve de certaines conditions.

➢ L'OMC aide à renforcer les capacités commerciales des pays en développement


L'assistance technique et le renforcement des capacités sont des éléments clés des
activités de l'OMC. Plus des deux tiers des Membres de l'OMC sont des pays en
développement. L'OMC aide ces Membres à tirer pleinement profit du système
commercial multilatéral (SCM), de diverses façons.

Les Accords de l'OMC contiennent des dispositions spéciales pour les pays en
développement, prévoyant notamment des périodes plus longues pour la mise en
œuvre de leurs obligations et des mesures destinées à accroître leurs possibilités
commerciales.

➢ L'OMC coopère avec les autres institutions internationales


L'OMC coopère avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pour
assurer plus de cohérence et de complémentarité entre les politiques économiques
internationales. L'OMC a aussi des relations institutionnelles avec d'autres
organisations pour diverses questions liées au commerce. L'ampleur de cette
coopération varie, mais la coordination entre les travaux de l'OMC et ceux des autres
organisations internationales continuent d'évoluer de façon à aider les Membres dans
l'application de leurs politiques économiques
3- les principes de l’OMC

Le tableau en infra resume les quatre principes de l’OMC :


Tableau 6 : les principes de l’OMC

3- Les Accords de l’OMC


Il y a lieu de distinguer 2 types d’accords de l’OMC :
A- Accords multilatéraux de l’OMC :

Accords sur le commerce des marchandises

- Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994.


- Accord sur les obstacles techniques au commerce Accord sur les mesures
concernant les investissements et liées au commerce ;
- Accord sur l'inspection avant expédition ;
- Accord sur les règles d’origine.
- Accord sur les procédures de licences d'importation ;
- Accord sur la facilitation des échanges.
Accord Général sur le Commerce des services
Tous les services sont visés. L’AGCS s’applique à tous les services entrant dans le
commerce international, par exemple les services bancaires, les télécommunications, le
tourisme, les services professionnels, etc. Il définit également quatre façons (ou
“modes”) d’échanger des services :

Tableau 7: les modes du commerce des services

Modes Commentaire
Mode 1 Fourniture de services d’un pays à un autre (par exemple les appels
téléphoniques internationaux), dénommée officiellement “fourniture
transfrontières” (ou “mode 1” dans le jargon de l'OMC).
Mode 2 Utilisation d’un service par des consommateurs ou entreprises dans
un autre pays (par exemple le tourisme), dénommée officiellement
“consommation à l’étranger”.
Mode 3 Établissement de filiales ou de succursales par une entreprise
étrangère en vue de la fourniture de services dans un autre pays (par
exemple les opérations de banques étrangères dans un pays),
dénommé officiellement “présence commerciale
Mode 4 Déplacement de particuliers quittant leur pays pour fournir des
services dans un autre (par exemple les mannequins ou les
consultants), dénommé officiellement “présence de personnes
physiques”.

Accord sur la propriété intellectuelle


Les idées et les connaissances représentent une part de plus en plus importante du
commerce. La valeur des médicaments nouveaux et d’autres produits de haute
technicité tient surtout aux efforts d’invention, d’innovation, de recherche, de
conception et d’essai nécessaires à leur fabrication. Les films, les enregistrements
musicaux, les livres, les logiciels informatiques et les services en ligne sont vendus et
achetés pour l’information et la créativité qui y sont incorporées, et non, en général,
pour les matières plastiques, les métaux ou le papier utilisés dans leur production.
B- Accords plurilatéraux
Ce sont des accords qui s’appliquaient à un groupe plus restreint de signataires et qui
sont connus sous le nom d’“accords plurilatéraux”. Tous les autres accords issus du
Tokyo Round sont devenus des instruments contraignants multilatéraux (c’est-à-dire
qui lient tous les membres de l’OMC) lorsque l’Organisation mondiale du commerce a
été créée en 1995ci après quelques exemples des accords plurilatéraux : commerce des
aéronefs civils, marchés publics….

II- l’Organisation Mondiale de la Douane

L’Organisation mondiale des douanes (OMD) est un organisme intergouvernemental


indépendant, son ancien nom est le Conseil de coopération douanière, ou CCD. Il
regroupe les douanes de nombreux pays et unions dans le monde. Son but est de
favoriser le commerce légal, assurer le paiement des recettes et protéger la société.
Afin d’atteindre ces objectifs, elle élabore des normes et donne les moyens aux
différentes douanes de les mettre en œuvre, grâce à des formations, des outils ou en
promouvant la transparence, son but est de :

❖ Faciliter le commerce légal

❖ Assurer le paiement des recettes

❖ Protéger la société.

1- Les objectifs de l’OMD


L’OMD s’est donné comme principal objectif stratégique d’assumer un rôle de chef de
file et de fournir des orientations et un appui à ses Membres. A cet effet, l’OMD se
focalisera sur les initiatives permettant de promouvoir la facilitation du commerce, une
collecte des recettes plus efficace et équitable, et une meilleure protection de la
société. L’OMD continuera de créer, de tenir à jour et de promouvoir ses outils et
instruments pour des régimes douaniers modernes. L’OMD continuera d’apporter une
assistance technique à ses Membres selon leurs besoins et de fournir des orientations et
des outils pour approfondir la coopération.
2- Les activités clés de l’OMD
A- Harmonisation et simplification
- Elaborer et promouvoir des procédures douanières harmonisées et simplifiées
visant à faciliter le commerce.
- Proposer des orientations stratégiques et des exemples de meilleures pratiques
afin de construire un environnement commercial uniforme favorisant prospérité
économique et développement social.
- Assurer l’interprétation et l’application uniforme de L’Accord de l’Organisation
Mondiale du commerce (OMC) sur l’évaluation en douane.
B- Sécurité et lutte contre la fraude

- Renforcer la sécurité de la chaîne logistique internationale à travers le Cadre de


normes SAFE qui énonce les normes minimales que douanes et opérateurs
économiques doivent appliquer pour prévenir toute tentative terroriste et autres
menaces criminelles.

- Consolider les efforts déployés pour combattre les activités frauduleuses et


criminelles en assurant une formation aux méthodes et pratiques de lutte contre la
fraude.

C- Modernisation et renforcement des capacités

- Développer des programmes de renforcement de capacités et encourager les projets


de modernisation douanière à travers des diagnostics

- Encourager synergie et coopération au niveau régional via son réseau de Bureaux


Régionaux de Renforcement des Capacités et de Centres Régionaux de Formation.

-Fournir conseils et assistance en matière d’utilisation de la technologie de


l’information et de la communication et d’outils technologiques.

D- Partenariat et coopération

Encourager la coopération, l’échange d’informations et de renseignement et


l’assistance mutuelle entre administrations douanières en mettant à disposition des
Membres différentes conventions et instruments internationaux.
- Stimuler la coopération entre administrations douanières et autres services.

- Promouvoir les partenariats douane-entreprises dans un environnement réglementaire


transparent où l’information est partagée.

- Développer une coopération étroite avec les organisations internationales œuvrant


dans des domaines de compétences partagées.

III- Chambre Internationale du Commerce

La chambre Internationale du Commerce est le représentant institutionnel des


d'entreprises avec pour mission de faire fonctionner les affaires pour tous, tous les
jours et partout. Plusieurs services sont fournis par la chambre :

- Promotion le commerce international ;


- Règlement des différends entre les entreprises dans le cadre du commerce
International (arbitrage institutionnel);
- Facilitation du commerce grâce à des règles (exemple : crédit documentaire,
Incoterms) ….
- Formation dans tous les domaines liés au Commerce International.
1- Le règlement des différends

Les entreprises du monde entier se tournent vers les services de l’ICC comme une
alternative attrayante aux litiges. Ses solutions permettent d'économiser du temps et
de l'argent, ainsi que flexibles pour répondre aux divers intérêts et besoins des parties
dans différentes parties du monde et différents secteurs de l'économie.

En plus de son service d’arbitrage l’ICC fournit la médiation et d'autres formes de


solutions alternatives de règlement de différents comme la médiation.

2- les Incoterms

Les règles Incoterms sont un ensemble de normes mondialement reconnues, utilisées


dans le monde entier dans les contrats internationaux pour la livraison de
marchandises.
Les règles ont été élaborées et maintenues par des experts et des praticiens réunis par
ICC. Elles sont devenues la norme dans l'établissement de règles commerciales
internationales. Les conditions commerciales aident les commerçants à éviter les
malentendus coûteux en clarifiant les tâches, les coûts et les risques liés à la livraison
des marchandises des vendeurs aux acheteurs.

3- La formation

L’ICC intervient pour assurer des formations pour les entreprises et les personnes
souhaitant approfondir leurs connaissances dans le domaine du Commerce
International. Elle intervient aussi pour former les formateurs dans ces domaines pour
assurer des formations pour les bénéficiaires dans de divers pays.

IV- les conventions internationales (quelques exemples)

Nous présentons ci-dessous quelques conventions à caractère douanier signés par le


Maroc :
Tableau 8: Conventions internationales signées par le Maroc

Nom Sujet Date d’adhésion


✓ Assurer aux régimes douaniers le plus haut degré d'harmonisation
et d'uniformité, et spécialement d'étudier les problèmes inhérents
au développement et au progrès de la technique douanière et la
Convention portant législation y afférente,
création d'un Conseil de 01.07.1968
coopération douanière ✓ Intérêt pour le commerce international à promouvoir entre les
Gouvernements la coopération en ces matières, compte tenu à la
fois des facteurs économiques et de la technique douanière qu'elle
comporte,

La Convention internationale sur le Système harmonisé de


désignation et de codification des marchandises (Convention sur le
SH) est entrée en vigueur le 1er janvier 1988.
Convention
internationale sur le Les objectifs de la Convention sur le SH sont
Système harmonisé de 1°) de faciliter le commerce international et le recueil, la comparaison 27.02.1992
désignation et de et l’analyse des statistiques en harmonisant la désignation, le
codification des classement et la codification des marchandises dans le commerce
marchandises international et
2°) de réduire les coûts du commerce et faciliter la normalisation de la
documentation commerciale et la transmission des données.

Convention douanière ✓ Accorder des facilités aux marchandises destinées à être 16.11.1962
relative aux facilités présentées à une exposition, foire, un congrès ou une
accordées pour manifestation similaire de caractère commercial, technique,
l’importation de religieux, éducatif, scientifique, culturel ou philanthropique.
marchandises destinées
✓ Apporter des avantages substantiels au commerce international
à être présentées ou
qui favoriseront l’échange, sur le plan international, des idées et
utilisées à une
des connaissances.
exposition, une foire, un
congrès ou une
manifestation similaire

L’adoption de facilités générales relatives à l’importation temporaire


Convention douanière
en franchise des droits et taxes du matériel destiné à la recherche
relative à l’importation
scientifique ou à l’enseignement contribue efficacement au 22.06.1978
temporaire de matériel
développement de la recherche scientifique et de l’enseignement qui
scientifique
constitue un facteur déterminant de progrès économique et social.

*Convention douanière
relative au transit L’adoption de mesures destinées à faciliter les opérations de transport
international des international direct contribue à favoriser, dans une large mesure, le 17.11.1977
marchandises commerce international.
(Convention ITI)

Convention douanière
L’objectif est de développer et de faciliter les transports
relative aux conteneurs, 14.08.1990
internationaux par conteneurs,
1972

V- Les Accords Commerciaux de libre-échange signés par le Maroc

Le Maroc a conclu, dans le cadre de sa politique d’ouverture, de nombreux accords de


libre-échange aussi bien avec des partenaires développés (Union Européenne, Etats-
Unis, Association Européenne de Libre Echange) qu’avec des pays en développement
ou émergents (accord d’Agadir et accord avec la Turquie), en vue notamment d’élargir
l’accès préférentiel aux marchés extérieurs. Actuellement, le Maroc est ouvert sur un
marché de 55 pays partenaires.

Ci-après un tableau résumant les accords de libre-échange conclus par le Maroc avec
les pays partenaires :
Accords Date de signature et objet Champ d’application
Accord Signé le 26 Février 1996 et entré en ▪ Aux produits industriels originaires de l'UE importés au Maroc, à l'exclusion d'une
d’Association vigueur le 1er mars 2000. L’accord liste de produits usagés qui demeurent soumis au paiement des droits et taxes prévus
Maroc-Union prévoit l’instauration progressive d’une dans le cadre du régime de droit commun ;
européenne zone de libre-échange industrielle à ▪ A certains produits agricoles transformés originaires de l'UE importés au Maroc ;
l’horizon 2012 et une libéralisation ▪ A certains produits agricoles originaires de l'UE importés au Maroc ;
progressive des échanges agricoles ▪ Aux produits industriels originaires du Maroc exportés vers l'UE ;
▪ A certains produits agricoles transformés originaires du Maroc exportés vers l'UE
▪ A certains produits agricoles et de la pêche originaires du Maroc exportés vers l'UE.
Accord de libre- Signé en 19/06/1997 et entré en vigueur ▪ Aux produits industriels originaires de (AELE) importés au Maroc, à l'exclusion
échange Maroc - le 01/03/2000. d'une liste de produits usagés qui demeurent soumis au paiement des droits et taxes
Etats de Les Parties contractantes sont : exigibles dans le cadre du régime de droit commun ;
l'Association - La Principauté du Liechtenstein. ▪ A certains produits agricoles transformés originaires de l'AELE importés au Maroc ;
Européenne de - La République d'Islande. ▪ A certains produits agricoles importés au Maroc dans le cadre de l'Arrangement
Libre Echange - Le Royaume de Norvège. bilatéral avec la Confédération suisse;
- La Confédération Suisse. ▪ Aux poissons et produits de la mer originaires de l'AELE importés au Maroc ;
▪ Aux produits industriels originaires du Maroc exportés vers l'AELE à l'exception de
quelques produits ;
▪ A certains produits agro-industriels originaires du Maroc exportés vers l'AELE ;
▪ A certains produits agricoles originaires du Maroc exportés vers l'AELE dans le
cadre des arrangements bilatéraux ;
▪ A certains poissons et produits de la mer originaires du Maroc exportés vers
l'AELE.
Maroc-Pays de Signé à Tunis le 27 février 1981. Le ▪ Tous les produits originaires et en provenance des pays arabes contractants à
la Ligue des programme vise la création d’une zone l'exception des produits prohibés exclus pour des raisons sanitaires, de moralité, de
Etats Arabes de libre-échange inter-arabe pendant une sécurité publique et de sauvegarde de l'environnement, (circulaire n ° 4933/223 du
durée transitoire de 10 ans à compter du 30/12/2004)
1er janvier 1998. ▪ Les produits agricoles concernés par la clause de préférence mentionnée sous le titre
II 2.3 paragraphe (b) de la circulaire n° 4977/222 du 30/12/2005 telle que modifiée.
Accord Signé à Rabat le 25 février 2004, entre le Les produits industriels, agricoles et agro-industriels, originaires et en provenance des
d’Agadir Maroc, l’Égypte, la Jordanie et la pays contractants, à l’exception :
Tunisie, est entré en vigueur le 6 juillet ▪ des produits prohibés pour des raisons sanitaires, de moralité, de sécurité publique
2007 et s’inscrit dans le cadre du et de sauvegarde de l’environnement ;
processus Euro-méditerranéen. ▪ des produits agricoles concernés par la clause de préférence mentionnée sous le titre
II 2.3 paragraphe (b) de la circulaire n° 4977/222 du 30/12/2005 telle que modifiée.
Accord de libre- Signé le 27 mars 1998 et ratifié le 03 Les produits originaires et en provenance des deux Pays figurant sur les listes 1, 2,7 et 8
échange Maroco février 1999 pour Création d’une zone ainsi que ceux objet du démantèlement tarifaire.
– Egyptien de libre échange sur une période de 12
ans
Accord de libre- Signé le 25 juin 2001 et entré en vigueur Tous les produits originaires et en provenance du territoire de chacun des deux pays à
échange Maroco le 9 juillet 2003. l'exception de :
- Emirati ▪ la liste des produits exclus des avantages préférentiels pour des raisons de santé, de
moralité, de sécurité ;
▪ les produits fabriqués dans les zones franches situées dans les deux pays ;
▪ Signé le 25 juin 2001 et entré en vigueur le 9 juillet 2003. les produits agricoles
concernés par la clause de préférence mentionnée sous le titre II 2.3 paragraphe (b)
de la circulaire n° 4977/222 du 30/12/2005 telle que modifiée.
Accord de Signé le 16 juin 1998 et entré en vigueur Produits originaires et en provenance des deux Pays figurant sur une liste commune ou
libre-échange le 21 octobre 1999, l’accord Maroc- ceux objet de démantèlement tarifaire.

Maroc- Jordanie vise la création d’une zone de


libre échange sur une période de 12 ans.
Jordanie
Accord de Signé le 16 mars 1999 et entré en ▪ Cet accord concerne les produits originaires et en provenance du territoire de
libre-échange vigueur la même date. chacun des deux pays, figurant sur les listes :

Maroc-Tunisie ▪ T1, MT, T2, T3 : Produits marocains exportés à destination de la Tunisie.


▪ M1, MT, M2 : Produits tunisiens importés au Maroc.
Accord de Signé le 7 avril 2004 et entré en vigueur Les dispositions de l'accord s'appliquent :
libre-échange le 1er janvier 2006, conclu dans le cadre ▪ à certains produits industriels originaires échangés entre les 2 pays ;

Maroc – du renforcement du processus Euro- ▪ à certains produits agricoles originaires échangés entre les 2 pays.
méditerranéen.
Turquie
Accord de Signé le 15 Juin 2004, l’Accord de libre- Cet Accord global porte sur tous les domaines ayant trait de près ou de loin au commerce.
libre-échange échange avec les États-Unis est entré en

Maroc-USA vigueur le 1er janvier 2006.

association Signature : 26/10/2019 ▪ 1. Pour les produits industriels : A l’instar des conditions prévues par
entre le UK et Entrée en vigueur : 01/01/2021 l’Accord d’Association Maroc-UE,
le Royaume ▪ 2. Les produits agricoles, produits agricoles transformés, poissons et
Maroc produits de la pêche.
Source : Administration des Douane2 / SECE

2
Site de l’Administration des Douane : [Link]
VI - La loi 91-14 relative au commerce extérieur au Maroc
La loi 91-14 relative au commerce extérieur a été promulguée le 2 mars 2016 par dahir
°1-16-25. Elle remplace la loi 13-89 du 9 novembre 1992 qui n’était plus adaptée aux
évolutions profondes du contexte économique national et international dans lequel le
Maroc évolue.

L’objectif de cette loi de trente-cinq articles, est de fixer clairement les conditions dans
lesquelles les opérations d’importation et d’exportation sont réalisées afin d’améliorer
la lisibilité du cadre juridique régissant le commerce extérieur et d’instaurer un cadre
légal propice au développement des affaires internationales. Le Maroc espère aussi que
cette loi renforcera le développement des exportations afin de faire face au déficit
commercial structurel de ses échanges extérieurs.

La présente loi fixe, dans le respect des engagements internationaux du Royaume du


Maroc, le régime général du commerce extérieur ainsi que les conditions dans
lesquelles les opérations d'importation et d'exportation sont réalisées. Elle fixe,
également, les mesures de protection de la production nationale. A cet effet, elle
prévoit :

- Le cadre général des importations et des exportations des marchandises/services ;


- Les formalités des opérations d'importation et d'exportation ;
- Les mécanismes de protection de la production nationale ;
- Les règles des négociations commerciales internationales.
Chapitre 4 : Les instruments de mesure du commerce extérieur
Pour mesurer les relations économiques entre un pays et le reste du monde, plusieurs
instruments sont à mobiliser et cela dépend de la nature des flux à étudier. Dans ce
chapitre nous allons nous intéresser à la balance des paiements d’une manière
succincte et nous allons focaliser l’attention sur la balance commerciale retraçant les
flux « visibles ».
[Link] balance des paiements.
1. Définition
La balance des paiements est un indicateur économique qui mesure les transactions
financières entre un pays et le reste du monde sur une période donnée, elle regroupe
l’ensemble des flux réels (marchandises et services) financiers (capitaux) et monétaires
avec le reste du monde.
2- les blocs de la balance des paiements
La Balance de paiement se compose essentiellement de 4 blocs : Balance courante,
Balance des capitaux, avoirs de devises et erreurs et Omissions.
Schéma 5 : Les blocs de Balance des paiements

a. La balance courante
Cette partie de la balance des paiements mesure les échanges commerciaux de biens et
de services, les revenus des investissements et les transferts courants.
Exportations et importations de biens : il s'agit des transactions commerciales de
biens entre le pays et les autres pays du monde.
Exportations et importations de services : il s'agit des transactions commerciales
de services entre le pays et les autres pays du monde, telles que les services de
transport, de tourisme, de communication, etc.
Revenus primaires et secondaires : il s'agit des revenus gagnés par les résidents
du pays en travaillant ou en investissant à l'étranger, ainsi que des revenus
perçus par les étrangers qui travaillent ou investissent dans le pays.
b. Balance des capitaux
Cette partie de la balance des paiements mesure les flux de capitaux entre le pays et le
reste du monde, tels que les investissements directs étrangers, les prêts et les emprunts
internationaux.
Investissements directs étrangers : il s'agit des investissements réalisés par des
entreprises étrangères dans le pays, ou par des entreprises nationales à
l'étranger.
Prêts et emprunts internationaux : il s'agit des flux de crédits et de dettes entre
le pays et les autres pays du monde.
c. Balance des réserves
Cette partie de la balance des paiements mesure les variations des réserves de
devises étrangères détenues par la banque centrale du pays.
d. Les omissions et erreurs
Le principe d’enregistrement en partie double fait que le total du Débit doit être
logiquement égal à celui du Crédit et le solde doit ainsi être nul ; mais en réalité, ce
solde n’est jamais nul. Ce bloc sert à équilibrer la balance.

3. exemple de la balance des paiements marocaine (2021)


Source : Office de change
II. la balance commerciale
1. Définition de la balance commerciale

Selon l’INSEE :la balance commerciale est le compte qui retrace la valeur des biens
exportés et la valeur des biens importés. Pour calculer la balance commerciale, la
comptabilité nationale procède à l'évaluation des importations et des exportations de
biens à partir des statistiques douanières de marchandises
NB : Pour des pays, la balance commerciale ne couvre que les biens. Les services sont

pris en compte dans la balance des biens et des services contrairement à d'autres pays
où la balance commerciale couvre les biens et les services.
2. Quelques indicateurs du commerce extérieur

a. Le solde commerciale

Le solde commercial se calcule par la différence des exportations et des importations


(exportations - importations) au cours d'une période déterminée, qui est le plus souvent
un mois, un trimestre ou une année.
Le solde Commercial= Exportations – Importations
✓ Si le solde est (+) cela signifie qu’il est excédentaire.
✓ Si le solde est (-) cela signifie qu’il est déficitaire.
Remarque : emploi des qualificatifs « positif » et « négatif » est purement numérique
et n’implique aucun jugement sur les performances d’une économie nationale. Ainsi,
un déficit commercial peut, par exemple, refléter une augmentation de la demande
intérieure pour certains biens de consommation et/ou de production.
b. Le taux de couverture

C'est un indicateur du commerce international qui mesure l'équilibre des échanges,


l'indépendance économique d'un pays par rapport au reste du monde ou bien par
rapport à un autre pays ou un groupement. Ainsi, il peut être global ou spécifique à un
type de produit.
Taux de couverture : (Exportations / Importations) X 100

✓ Lorsque le taux de couverture est inférieur à 100, la balance commerciale

est déficitaire.
✓ Lorsque le taux de couverture est supérieur à 100, la balance commerciale

est excédentaire.

✓ Lorsque le taux de couverture est égal à 100, la balance commerciale est

nulle.

c. Degré d’ouverture

C’est un indicateur de la mesure la part des échanges extérieurs d’un pays. Il indique la
dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur.
La formule de calcul est la suivante : [(Exportations + Importations) /2] / PIB) x 100.

2. La balance commerciale marocaine (globale)

Comme la figure ci- après montre, le Maroc a toujours souffert d’un déficit
commercial chronique depuis l’indépendance.
Figure5 : Evolution du solde commercial marocain (de 1960 à 2020)

Source : Base des données de la Banque mondiale

Tableau 9 : Balance commerciale (année 2022)


Source : Office de change

Tableau10 : Structure des importations et des exportation (année 2022)

Importations Valeur (Mds DH) Exportations Valeur ( Mds DH)


Energie 153 Phosphates 115,4
Produits alimentaires 86 Automobile 111,2
Demi-Produits 21,4 Industrie Agricole et 81,2
alimentaires
Aviation 43,9
Textile 43,9

Source : Office de change

Nous constatons que pour la balance commerciale connais un déficit chronique malgré
l’augmentation remarquable des exportations du phosphate et dérivés, ainsi que celles
du secteur automobile qui ne cesse pas de se développer. La première raison de ce
déficit revient à la facture énergétique élevée (surtout pour l’année 2022 avec le niveau
record des prix qu’a connu le monde à cause de la crise russo-ukrainienne).
Conclusion Générale
En guise de conclusion, le commerce international est un élément crucial de
l'économie mondiale moderne. Il permet aux pays de s'ouvrir à de nouveaux marchés,
d'élargir leur base de consommateurs et d'accéder à des biens et des services qu'ils ne
pourraient pas produire eux-mêmes. Les entreprises qui participent au commerce
international peuvent également profiter de nouveaux débouchés pour leurs produits et
services.

Cependant, le commerce international n'est pas sans défis. Les différences culturelles,
les barrières tarifaires et non tarifaires, et les variations des taux de change peuvent
compliquer les transactions commerciales internationales. Les entreprises doivent
également faire face à la concurrence d'autres acteurs internationaux sur les marchés
mondiaux.

Pour réussir dans le commerce international, les entreprises doivent être en mesure de
naviguer dans ce contexte complexe et de s'adapter aux besoins des différents marchés.
Ils doivent également être en mesure de gérer les risques associés aux transactions
commerciales internationales, tels que les fluctuations des taux de change et les
incertitudes politiques.

n plus des avantages et des défis mentionnés ci-dessus, le commerce international peut
également avoir des effets positifs sur les conditions de vie des populations. Par
exemple, le commerce international peut favoriser la croissance économique et la
création d'emplois dans les pays en développement, ce qui peut contribuer à réduire la
pauvreté et à améliorer les conditions de vie.

Cependant, il est important de noter que le commerce international peut également


avoir des effets négatifs sur certains groupes de population, notamment les travailleurs
peu qualifiés dont les emplois peuvent être déplacés vers des pays où la main-d'œuvre
est moins chère. Cela peut entraîner des pertes d'emplois et des inégalités économiques
accrues.

Pour atténuer les effets négatifs du commerce international, il est important que les
gouvernements et les entreprises mettent en place des politiques et des pratiques
commerciales responsables et durables. Cela peut inclure des accords commerciaux
équitables, des pratiques commerciales respectueuses de l'environnement, et des
efforts pour garantir le respect des droits des travailleurs et des normes sociales.
Bibliographie sélective

Geringer, J. M., Minor, M. S., & McNett, J. J. (2016). International business: The challenges
of globalization (8th ed.). McGraw-Hill Education.

Cavusgil, S. T., Knight, G., & Riesenberger, J. R. (2018). International business: The new
realities (5th ed.). Pearson.

Hill, C. W. L., & Cronk, T. (2019). Global business today: Asia-Pacific perspective (5th ed.).
McGraw-Hill Education.

Czinkota, M. R., Ronkainen, I. A., & Moffett, M. H. (2019). International business (10th ed.).
Wiley.

Hill, C. W. L., Hult, G. T. M., & McKaig, T. (2019). Global business today (11th ed.).
McGraw-Hill Education.

Rugman, A. M., & Collinson, S. (2019). International business (8th ed.). Pearson.

Daniels, J. D., Radebaugh, L. H., & Sullivan, D. P. (2018). International business:


Environments and operations (16th ed.). Pearson.

Wild, J. J., Wild, K. L., & Han, J. C. Y. (2018). International business: The challenges of
globalization (9th ed.). Pearson.

Peng, M. W. (2017). Global strategy (4th ed.). Cengage Learning.

Root, F. R., & Visudtibhan, K. (2016). Exporting: From start to finance. Routledge.

Carbaugh, R. J. (2018). International economics (17th ed.). Cengage Learning.

Deardorff, A. V., Stern, R. M., & Willem, T. A. (2019). International economics (2nd ed.).
Wiley.

Webographie
[Link]
[Link]/fr
[Link]
[Link]

Vous aimerez peut-être aussi