Ce Qui Est Naturel Est-Il Normal ?
Ce Qui Est Naturel Est-Il Normal ?
Introduction
1. Amorce : Depuis l’Antiquité, la nature a souvent été perçue comme un modèle d’ordre et
d’harmonie. Aristote, par exemple, voit dans la nature un principe organisateur finalisé,
tandis que Lucrèce y décèle plutôt un enchaînement aléatoire d’atomes sans but précis.
3. Définition des termes : - Naturel : ce qui est donné par la nature, ce qui existe
indépendamment de la volonté humaine.
• Normal : peut désigner ce qui est fréquent (sens statistique), ce qui est conforme à un idéal
(sens normatif) ou ce qui est socialement admis.
4. Problématisation : Peut-on alors affirmer que ce qui est naturel est nécessairement
normal ? Si certains considèrent que la nature définit ce qui est normal (biologique ou
moralement acceptable), d’autres rappellent que le normal est souvent une construction
humaine et sociale.
5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que la nature semble constituer une norme en
elle-même. Ensuite, nous montrerons que le normal est avant tout une construction culturelle
et sociale. Enfin, nous interrogerons la possibilité d’une rupture entre le naturel et le normal,
notamment dans le cadre du progrès technique et des transformations sociales.
• Illustration 1 : Aristote
• Présentation : Dans sa philosophie, Aristote considère que tout dans la nature a une finalité
(téléologie).
• Explication : Selon lui, le naturel est l’ordre véritable du monde, et donc ce qui est naturel
est aussi ce qui est conforme à cet ordre et donc normal.
• Exemple : La classification des êtres vivants selon leur fonction naturelle (homme = animal
rationnel).
• Illustration 2 : Gobineau
• Présentation : Théoricien du déterminisme racial, il considère que les différences entre races
sont naturelles et justifient des hiérarchies.
• Explication : Pour lui, la nature elle-même fixe des normes, et toute tentative de les remettre
en question serait contre-nature.
• Exemple : Justification des inégalités sociales et politiques par des différences biologiques
perçues comme naturelles.
• Illustration 1 : Laborit
• Explication : Ce qui est naturel chez l’homme (instinct de survie, agressivité, reproduction)
serait un fondement du normal.
• Illustration 2 : Rousseau
• Présentation : Philosophe du XVIIIe siècle, il défend l’idée que l’homme est naturellement
bon, mais corrompu par la société.
• Explication : Il oppose le naturel et le social, affirmant que la normalité ne devrait pas être
dictée par des conventions artificielles, mais par un retour à la nature.
• Exemple : L’éducation selon Rousseau doit respecter les tendances naturelles de l’enfant et
non les normes sociales imposées.
• Illustration 1 : Levi-Strauss
• Présentation : Anthropologue, il montre que les normes varient selon les cultures.
• Citation : « Ce qui est naturel pour nous ne l’est pas forcément pour les autres. »
• Explication : La normalité n’est pas définie par la nature mais par la culture et l’histoire
d’une société.
• Exemple : Les critères de beauté varient selon les époques et les civilisations.
• Illustration 2 : Durkheim
• Citation : « Est normal tout ce qui est universellement accepté dans une société donnée. »
• Explication : Ce qui est normal ne découle pas de la nature mais de règles implicites dictées
par le groupe.
• Illustration 1 : Descartes
• Présentation : Philosophe rationaliste, il défend l’idée que l’homme doit dominer la nature.
• Explication : L’homme ne doit pas se contenter de suivre la nature, mais créer ses propres
normes rationnelles.
• Exemple : La médecine moderne qui combat des phénomènes naturels comme la maladie
ou la vieillesse.
• Illustration 2 : Lucrèce
• Citation : « Il n’y a pas de finalité dans la nature, seulement des atomes en mouvement. »
• Explication : La nature n’impose pas de norme, c’est l’homme qui en invente pour donner
un sens au monde.
• Exemple : Les lois et les institutions humaines qui créent un ordre artificiel.
• Illustration 1 : Laborit
• Citation : « L’homme est un être de fuite qui ne cesse d’inventer des moyens d’échapper à
la nature. »
• Explication : Ce qui est normal aujourd’hui (technologies, urbanisation) n’a plus rien de
naturel.
• Illustration 2 : Kant
• Citation : « Agis uniquement d’après la maxime qui peut être érigée en loi universelle. »
• Illustration 1 : Nietzsche
• Explication : Nous devons dépasser la nature pour créer nos propres valeurs.
Conclusion
La nature a longtemps été vue comme une norme évidente, mais le développement des
sciences et des sociétés a montré que le normal est une construction humaine. Ainsi, ce qui
est naturel n’est pas nécessairement normal, et inversement. Cela pose la question de savoir si
nous devons encore nous référer à la nature pour définir nos normes.
Dire à quelqu’un « sois naturel », est-ce lui donner un bon conseil ?
Introduction
1. Amorce : Dans la vie quotidienne, il est fréquent d’entendre l’injonction « sois naturel »,
que ce soit dans le cadre d’une prise de parole, d’un comportement social ou d’une
expression personnelle. Mais cette recommandation semble paradoxale : peut-on être naturel
sur commande ?
• Naturel : Ce qui existe spontanément, sans transformation, ce qui est authentique et non
fabriqué.
5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que l’injonction à être naturel peut être perçue
comme un appel à l’authenticité et donc un bon conseil. Ensuite, nous montrerons que cette
exigence peut être paradoxale, car elle impose une norme artificielle. Enfin, nous nous
demanderons si cette injonction ne révèle pas un idéal inatteignable.
• Illustration 1 : Rousseau
• Présentation : Pour Rousseau, l’homme est naturellement bon, mais la société le corrompt.
• Explication : L’injonction à être naturel pourrait alors être un conseil bénéfique visant à
retrouver notre véritable nature, sans être influencé par les attentes sociales.
• Exemple : Un enfant qui agit spontanément sans se soucier du regard des autres.
• Illustration 2 : Montaigne
• Citation : « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine. »
• Explication : Être naturel, c’est éviter les artifices et exprimer ses idées avec sincérité plutôt
que de chercher à impressionner.
• Exemple : Une personne qui parle avec simplicité plutôt que d’utiliser un langage
sophistiqué pour se donner une contenance.
• Illustration 1 : Pascal
• Exemple : Une personne qui assume ses émotions plutôt que de jouer un rôle pour plaire
aux autres.
• Illustration 2 : Kierkegaard
• Explication : Se montrer naturel serait une manière d’échapper à cette pression collective et
de se rapprocher de son identité propre.
• Exemple : Une personne qui refuse de se conformer à une mode qu’elle ne partage pas
réellement.
II. L’injonction à être naturel est paradoxale et peut être un mauvais conseil
• Illustration 1 : Descartes
• Explication : Si être naturel signifie suivre spontanément ses instincts, alors une injonction à
l’être contredit la liberté de l’individu.
• Exemple : Un orateur à qui l’on dit « sois naturel » risque de se forcer à paraître détendu, ce
qui produit l’effet inverse.
• Illustration 2 : Sartre
• Présentation : Il critique l’idée d’une essence préexistante qui définirait ce qu’est être
naturel.
• Explication : Il n’existe pas de nature humaine préétablie, et toute tentative d’être « naturel
» repose sur une construction sociale.
• Exemple : Ce qui est perçu comme naturel dans une culture peut sembler artificiel dans une
autre.
• Illustration 1 : Nietzsche
• Explication : Ce qui est présenté comme naturel est souvent un idéal imposé par la société.
• Exemple : L’injonction à être « naturel » en matière de beauté cache souvent une norme
esthétique implicite.
• Illustration 2 : Bourdieu
• Présentation : Il montre que les comportements « naturels » sont souvent le fruit d’une
éducation et d’une socialisation.
• Explication : Ce qui semble naturel est souvent le résultat d’un apprentissage inconscient
des normes sociales.
• Exemple : Un sourire perçu comme spontané est souvent une habitude acquise pour
s’intégrer socialement.
• Illustration 1 : Levi-Strauss
• Présentation : Il distingue nature et culture et montre que l’homme est un être culturel.
• Citation : « La culture, c’est ce qui fait de l’homme autre chose qu’un simple être naturel. »
• Exemple : Le langage, qui est souvent vu comme naturel, est en réalité un produit culturel.
• Illustration 2 : Freud
• Explication : Nos comportements sont le fruit d’un conflit entre pulsions et interdits
sociaux.
• Exemple : Une personne qui se dit naturelle peut en réalité obéir à des désirs inconscients
refoulés.
• Illustration 1 : Bergson
• Exemple : Un acteur qui veut paraître spontané doit en réalité beaucoup s’exercer.
Conclusion
L’injonction à être naturel peut sembler être un bon conseil si elle est comprise comme un
appel à l’authenticité et à la sincérité. Cependant, elle est paradoxale car elle impose une
norme et peut donc être une contrainte. Enfin, l’idée même du naturel est discutable, car l’être
humain est avant tout un être culturel et social. Cela nous amène à nous interroger : peut-on
réellement se débarrasser de toute influence sociale pour atteindre une pure spontanéité ?
Introduction
1. Amorce : Depuis l’Antiquité, l’art entretient une relation ambivalente avec la nature.
Platon accusait l’art d’être une imitation trompeuse du réel, tandis qu’Aristote lui
reconnaissait une fonction de révélation.
2. Contextualisation : L’art peut être perçu comme une activité qui transforme la nature en la
modifiant, ou bien comme un moyen d’en révéler des aspects invisibles à l’œil nu. Les
courants artistiques eux-mêmes oscillent entre ces deux visions : certains artistes cherchent à
représenter fidèlement la nature, tandis que d’autres la métamorphosent pour exprimer une
vision personnelle.
• Art : Activité humaine visant à produire une œuvre esthétique, porteuse de sens.
• Dévoiler : Révéler ce qui était caché, rendre visible une vérité dissimulée.
5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que l’art transforme la nature en l’adaptant à ses
propres exigences. Ensuite, nous montrerons qu’il peut également en dévoiler la profondeur
et la vérité cachée. Enfin, nous nous demanderons si l’art ne fait pas les deux à la fois.
• Présentation : Pour Platon, l’art est une imitation qui éloigne de la vérité.
• Citation : « Le peintre, le sculpteur et tous les autres artistes sont de simples imitateurs. »
• Exemple : Une peinture qui représente un paysage n’est pas la nature elle-même, mais une
interprétation qui peut en trahir la réalité.
• Présentation : L’art ne se contente pas d’imiter la nature, il la transforme pour exprimer une
vision subjective.
• Citation : « L’art est une manière de donner forme à ce que la nature laisse en désordre. »
• Explication : L’artiste impose une nouvelle structure au monde naturel en lui donnant une
signification inédite.
• Exemple : L’art abstrait ne représente pas fidèlement la nature, mais la réinvente à travers
des formes et des couleurs inédites.
• Illustration 1 : Kant
• Présentation : Pour Kant, l’art ne se contente pas d’imiter la nature, il crée une beauté
supérieure.
• Explication : L’œuvre d’art, bien qu’inspirée par la nature, transcende cette dernière en lui
donnant une forme idéalisée.
• Exemple : Les statues grecques idéalisent le corps humain au-delà de la nature réelle.
• Illustration 2 : Hegel
• Présentation : L’art est une expression de l’esprit humain qui s’élève au-dessus de la nature
brute.
• Illustration 1 : Heidegger
• Présentation : L’art est une révélation de l’être, il met en lumière des vérités cachées.
• Exemple : Les impressionnistes comme Monet dévoilent la lumière et les nuances invisibles
du monde naturel.
• Illustration 2 : Merleau-Ponty
• Présentation : La perception artistique révèle des structures de la réalité que nous ne voyons
pas directement.
• Explication : L’art permet de percevoir la nature sous un angle nouveau, au-delà de notre
expérience habituelle.
• Illustration 1 : Nietzsche
• Présentation : L’art permet de saisir la vérité de la nature d’une manière plus profonde que
la science.
• Explication : L’art ne transforme pas la nature, il nous en fait découvrir la puissance vitale.
• Exemple : Les peintures de Van Gogh ne modifient pas la nature mais révèlent son énergie
intérieure.
• Illustration 2 : Bergson
• Présentation : L’intuition artistique nous permet d’accéder à une réalité plus authentique que
l’intellect.
• Explication : L’artiste dévoile la nature non pas en la modifiant, mais en la révélant sous
son aspect le plus pur.
• Exemple : Un poète peut exprimer la profondeur d’un paysage que l’on ne perçoit pas
simplement en le regardant.
• Illustration 1 : Cézanne
• Explication : L’art transforme la nature, mais c’est pour mieux en extraire l’essence.
• Exemple : Les paysages de Cézanne ne sont pas réalistes, mais ils font apparaître une vérité
profonde sur la nature.
• Exemple : Le ready-made (ex. : Fontaine) fait voir un objet banal sous un nouvel angle.
Conclusion
L’art entretient un rapport complexe avec la nature : il la transforme en lui imposant une
forme nouvelle, mais il peut aussi la dévoiler en révélant ses aspects cachés. Plutôt que de
choisir entre ces deux fonctions, il semble que l’art conjugue les deux : il modifie la nature
pour mieux en faire apparaître la vérité profonde. Ainsi, l’art ne se limite pas à représenter le
monde, il nous apprend aussi à le voir autrement. Dès lors, l’art est-il un simple reflet du réel,
ou bien un acte de création autonome ?
Introduction
1. Amorce : L’idée d’injustice est généralement associée aux actions humaines. Pourtant, on
parle souvent d’une « nature injuste » lorsque des catastrophes frappent sans distinction ou
lorsque des inégalités biologiques existent dès la naissance.
2. Contextualisation : Cette question oppose deux visions : d’un côté, une approche
anthropocentrique qui projette des valeurs humaines sur la nature ; de l’autre, une approche
naturaliste qui considère la nature comme indifférente aux notions de justice et d’injustice.
• Injustice : Déséquilibre dans la répartition des biens, des droits ou des conditions de vie, en
contradiction avec un idéal de justice.
5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que la nature semble pouvoir être qualifiée
d’injuste en raison des inégalités et des souffrances qu’elle engendre. Ensuite, nous
montrerons qu’elle est en réalité amorale, indifférente aux notions humaines de justice. Enfin,
nous nous demanderons si ce n’est pas l’homme qui, en interprétant la nature, lui confère une
dimension injuste.
• Illustration 1 : Lucrèce
• Présentation : Dans De la nature des choses, Lucrèce décrit une nature indifférente, où les
hommes sont soumis à des lois physiques impitoyables.
• Exemple : Certains naissent en bonne santé, d’autres avec des maladies congénitales.
• Illustration 2 : Darwin
• Explication : La nature ne cherche pas à être équitable ; elle favorise les plus adaptés à la
survie.
• Exemple : Dans le règne animal, les plus faibles meurent, ce qui pourrait être vu comme une
« injustice ».
• Illustration 1 : Leibniz
• Présentation : Dans Théodicée, Leibniz tente de justifier la présence du mal dans un monde
voulu par Dieu.
• Exemple : Un tremblement de terre détruit des villes entières, sans distinction entre
innocents et coupables.
• Illustration 2 : Camus
• Explication : Les catastrophes naturelles ne sont ni justes ni injustes, elles sont simplement
absurdes.
• Exemple : Une épidémie frappe sans discernement, tuant aussi bien les bons que les
méchants.
• Illustration 1 : Spinoza
• Présentation : Pour Spinoza, la nature suit un ordre nécessaire, sans intention de bien ou de
mal.
• Explication : La nature n’a pas de volonté morale, elle fonctionne selon ses propres lois.
• Exemple : Un lion qui tue une antilope ne commet pas une injustice, il suit simplement son
instinct.
• Illustration 2 : Nietzsche
• Présentation : Pour Nietzsche, la morale est une invention humaine qui ne s’applique pas à
la nature.
• Explication : La nature ne peut être qualifiée d’injuste, car elle ne se soucie pas de nos
valeurs.
• Exemple : Les catastrophes naturelles ne sont pas « injustes », elles sont simplement le fruit
de lois physiques.
• Illustration 1 : Descartes
• Explication : On ne peut pas parler d’injustice si aucun agent conscient n’est à l’origine
d’une action.
• Illustration 2 : Kant
• Exemple : Un volcan en éruption n’a pas d’intention morale, il ne peut donc pas être
qualifié d’injuste.
• Illustration 1 : Rousseau
• Présentation : Pour Rousseau, la nature est fondamentalement bonne, c’est la société qui
introduit l’injustice.
• Explication : Ce que nous appelons « injustice » dans la nature est souvent le reflet de nos
propres normes sociales.
• Exemple : Un handicap de naissance est perçu comme une injustice, mais cette idée vient
des attentes sociales.
• Illustration 2 : Lévi-Strauss
• Explication : Nous projetons nos valeurs culturelles sur la nature, lui attribuant des qualités
qu’elle ne possède pas en elle-même.
• Exemple : Dire qu’une famine est une injustice implique une vision humanisée de la nature.
• Illustration 1 : Laborit
• Exemple : Les vaccins luttent contre des maladies qui autrefois décimaient l’humanité.
Conclusion
Dire que la nature est injuste semble être une projection humaine : bien qu’elle engendre des
inégalités et des souffrances, elle ne possède ni intention ni conscience morale. L’injustice
suppose un jugement de valeur, propre à l’homme. Plutôt que d’attendre de la nature qu’elle
soit juste, l’humanité cherche à corriger ce qu’elle perçoit comme des inégalités naturelles.
Mais alors, peut-on réellement échapper aux lois de la nature ?
Introduction
• Par nature : Ce qui est inné, essentiel et non acquis par la culture ou la société.
5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que l’homme peut être considéré comme libre par
nature. Ensuite, nous montrerons que son existence est marquée par de nombreux
déterminismes qui limitent sa liberté. Enfin, nous nous demanderons si la liberté ne serait pas
plutôt un idéal à conquérir qu’un état naturel.
• Illustration 1 : Rousseau
• Présentation : Dans Du contrat social, Rousseau affirme que l’homme est naturellement
libre mais que la société le contraint.
• Explication : L’état de nature est un état de liberté totale, c’est l’organisation sociale qui
entrave cette liberté.
• Exemple : Un enfant qui grandit sans contrainte manifeste une spontanéité qui témoigne de
sa liberté naturelle.
• Illustration 2 : Sartre
• Présentation : Pour l’existentialisme, l’homme est condamné à être libre, car il doit choisir à
chaque instant de son existence.
• Explication : L’homme ne possède pas d’essence prédéterminée, il se définit par ses choix.
• Exemple : Même face aux contraintes, un individu conserve une liberté de pensée et de
décision.
• Illustration 1 : Descartes
• Présentation : Pour Descartes, l’homme est libre car il possède une volonté infinie.
• Citation : « La liberté de notre volonté se connaît sans preuve par la seule expérience que
nous en avons. »
• Illustration 2 : Kant
• Citation : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps
qu’elle devienne une loi universelle. »
• Explication : La liberté se manifeste dans la capacité à suivre des principes moraux
librement choisis.
• Exemple : Un homme qui suit sa conscience plutôt que ses instincts prouve son autonomie.
• Illustration 1 : Spinoza
• Présentation : Pour Spinoza, la liberté est une illusion car l’homme est soumis aux lois de la
nature.
• Citation : « Les hommes se croient libres parce qu’ils ignorent les causes qui les
déterminent. »
• Explication : Ce que nous prenons pour des choix libres est en réalité dicté par des causes
extérieures.
• Exemple : Nos émotions, nos désirs et nos instincts influencent nos décisions.
• Illustration 2 : Laborit
• Citation : « L’homme n’est pas maître de ses choix, il est programmé par ses instincts. »
• Explication : Nos décisions sont influencées par des mécanismes biologiques inconscients.
• Exemple : Une personne souffrant d’une addiction ne peut pas simplement « choisir »
d’arrêter.
• Illustration 1 : Bourdieu
• Présentation : La liberté est limitée par l’habitus, c’est-à-dire les conditionnements sociaux
intériorisés dès l’enfance.
• Citation : « L’habitus est ce qui fait que nous agissons sans même y penser. »
• Explication : Nos choix sont influencés par notre culture, notre classe sociale et notre
éducation.
• Exemple : Un individu issu d’un milieu défavorisé aura moins de possibilités qu’un autre né
dans une famille aisée.
• Illustration 2 : Freud
• Présentation : Selon la psychanalyse, l’inconscient détermine une grande partie de nos actes.
• Explication : Nos désirs inconscients influencent nos comportements, limitant notre liberté.
• Exemple : Une personne peut reproduire inconsciemment des schémas familiaux sans s’en
rendre compte.
• Illustration 1 : Hegel
• Explication : La liberté ne se donne pas, elle se conquiert à travers les luttes sociales et
politiques.
• Illustration 2 : Marx
• Citation : « Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas comme ils veulent.
»
• Exemple : La révolution industrielle a transformé les conditions de travail, mais a aussi créé
de nouvelles formes d’aliénation.
• Illustration 1 : Kant
• Explication : La véritable liberté ne réside pas dans l’absence de contrainte, mais dans
l’autonomie morale.
• Illustration 2 : Sartre
• Explication : Nous devons assumer notre liberté en prenant des décisions responsables.
Conclusion
L’homme semble doté d’une liberté naturelle, mais il est également soumis à des contraintes
biologiques, sociales et psychologiques. Toutefois, la liberté n’est pas un simple état passif :
elle est une conquête qui exige un effort de réflexion et d’action. Dès lors, être libre ne
signifie-t-il pas apprendre à se libérer ?
Introduction
1. Amorce : Depuis l’aube de l’humanité, l’homme n’a cessé de modifier son environnement,
que ce soit pour se nourrir, se protéger ou exprimer sa créativité. Des premières peintures
rupestres aux mégapoles modernes, cette transformation de la nature semble inhérente à son
existence.
5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que l’homme transforme la nature par nécessité
pour assurer sa survie. Ensuite, nous montrerons que cette transformation est aussi une
manifestation de son pouvoir et de sa créativité. Enfin, nous nous interrogerons sur les
conséquences de cette transformation, qui peut aboutir à une destruction irréversible de la
nature.
• Illustration 1 : Aristote
• Présentation : Dans Les Politiques, Aristote explique que l’homme, étant un animal
politique, doit transformer son environnement pour vivre en société.
• Explication : L’homme se distingue des autres êtres vivants par sa capacité à organiser son
espace pour y établir une vie collective.
• Illustration 2 : Rousseau
• Présentation : Dans Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les
hommes, Rousseau évoque le passage de l’état de nature à la société.
• Exemple : L’invention des habitations pour se protéger des intempéries et des prédateurs.
2. L’homme adapte la nature à ses besoins pour améliorer ses conditions de vie
• Illustration 1 : Bacon
• Explication : L’homme doit comprendre les lois naturelles pour mieux les exploiter et les
adapter à son bénéfice.
• Exemple : La domestication des animaux et la sélection des plantes pour améliorer les
rendements agricoles.
• Illustration 2 : Marx
• Présentation : Pour Marx, le travail est ce qui définit l’homme et lui permet de transformer
la nature pour répondre à ses besoins.
• Exemple : L’industrialisation qui permet de produire des biens en grande quantité pour
répondre aux besoins croissants.
• Illustration 1 : Descartes
• Présentation : Dans Discours de la méthode, Descartes affirme que l’homme doit devenir «
maître et possesseur de la nature ».
• Exemple : Le contrôle des fleuves par les barrages pour produire de l’énergie et irriguer les
terres.
• Illustration 2 : Nietzsche
• Présentation : Pour Nietzsche, la transformation du monde reflète la volonté de puissance de
l’homme.
• Citation : « Tout ce qui est fait par amour l’est au-delà du bien et du mal. »
• Explication : L’homme transforme son environnement non seulement par nécessité, mais
aussi par désir de laisser son empreinte.
• Illustration 1 : Kant
• Présentation : Kant distingue le beau naturel du beau artistique, montrant que l’homme
transforme la nature pour en révéler une nouvelle dimension.
• Illustration 2 : Heidegger
• Exemple : Les débats contemporains sur l’écologie et la préservation des espaces naturels.
III. Une transformation qui comporte des dangers : entre progrès et destruction
• Présentation : Dans Le Principe responsabilité, Jonas met en garde contre les dangers de la
technologie sur la nature.
• Citation : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la
permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. »
• Explication : L’homme doit transformer la nature avec prudence pour éviter des
conséquences irréversibles.
• Illustration 2 : Levi-Strauss
• Présentation : Levi-Strauss critique l’idée selon laquelle l’homme aurait un droit absolu sur
la nature.
• Explication : La nature a sa propre existence et ne devrait pas être uniquement exploitée par
l’homme.
• Illustration 1 : Arendt
• Explication : La technique ne doit pas être utilisée sans réflexion sur ses conséquences.
Conclusion
L’homme transforme la nature d’abord par nécessité, puis par désir de puissance et de
création. Toutefois, cette transformation pose aujourd’hui des défis écologiques et éthiques
majeurs. Dès lors, comment concilier progrès et respect de la nature ?
Est-il naturel à l’homme de travailler ?
Introduction
1. Amorce : Depuis les premières civilisations, le travail structure la vie humaine. Il est perçu
tantôt comme une nécessité, tantôt comme une contrainte. Dans la Bible, il est présenté
comme une punition (Genèse : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front »), tandis que
les penseurs modernes y voient un vecteur d’épanouissement personnel.
• Homme : Être doué de raison, appartenant à une société et transformant son environnement.
• Travailler : Exercer une activité pour produire un bien ou un service, souvent en échange
d’une rémunération.
5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que le travail semble être une exigence naturelle
pour l’homme, puis nous montrerons qu’il est en réalité une construction culturelle et sociale,
avant de nous interroger sur la place qu’il occupe dans l’épanouissement humain.
• Illustration 1 : Aristote
• Présentation : Aristote, dans Les Politiques, distingue les êtres destinés à commander et
ceux destinés à travailler pour assurer la vie de la cité.
• Citation : « Certains hommes sont faits pour commander, d’autres pour obéir. »
• Illustration 2 : Rousseau
• Présentation : Dans Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les
hommes, Rousseau montre que l’homme à l’état de nature ne travaille pas mais, en société, il
y est contraint.
• Citation : « Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva
des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. »
• Exemple : Le passage des sociétés nomades à l’agriculture sédentaire a imposé une forme
de travail régulier.
• Illustration 1 : Hegel
• Présentation : Dans Phénoménologie de l’Esprit, Hegel montre que le travail est un vecteur
d’humanisation.
• Illustration 2 : Marx
• Présentation : Marx, dans Le Capital, affirme que le travail est ce qui distingue l’homme des
autres êtres vivants.
• Citation : « Ce qui distingue le plus mauvais architecte de l’abeille la plus habile, c’est qu’il
a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. »
• Illustration 1 : Descartes
• Présentation : Dans Discours de la méthode, Descartes affirme que l’homme cherche avant
tout à se rendre « maître et possesseur de la nature ».
• Exemple : L’automatisation moderne réduit la part du travail humain, prouvant qu’il n’est
pas une fin en soi.
• Illustration 2 : Nietzsche
• Explication : Le travail est un outil de contrôle social qui empêche l’homme de penser
librement.
• Exemple : Les régimes totalitaires qui imposent le travail forcé pour soumettre les
individus.
• Illustration 1 : Marx
• Citation : « Dans le travail salarié, l’ouvrier se trouve dépouillé de son travail, de son
produit et de son humanité. »
• Citation : « Le travail est aliénant s’il est réduit à une fonction de simple subsistance. »
• Explication : L’homme ne se réalise pas dans le travail purement utilitaire mais dans
l’activité créatrice.
• Illustration 1 : Bergson
• Illustration 2 : Schopenhauer
Conclusion
Le travail apparaît d’abord comme une nécessité biologique et sociale, mais il est en réalité
une construction culturelle et historique. Il peut être un moyen d’épanouissement ou
d’aliénation selon la manière dont il est organisé. Dès lors, pourrait-on envisager une société
où l’homme s’affranchirait du travail sans perdre son humanité ?