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Ce Qui Est Naturel Est-Il Normal ?

Le document explore la relation entre le naturel et le normal, en posant la question de savoir si ce qui est naturel est nécessairement normal. Il examine les perspectives philosophiques historiques et contemporaines, soulignant que la normalité est souvent une construction sociale plutôt qu'une simple réflexion de la nature. Enfin, il interroge la possibilité d'une rupture entre le naturel et le normal à travers le progrès technique et les valeurs humaines.

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Ce Qui Est Naturel Est-Il Normal ?

Le document explore la relation entre le naturel et le normal, en posant la question de savoir si ce qui est naturel est nécessairement normal. Il examine les perspectives philosophiques historiques et contemporaines, soulignant que la normalité est souvent une construction sociale plutôt qu'une simple réflexion de la nature. Enfin, il interroge la possibilité d'une rupture entre le naturel et le normal à travers le progrès technique et les valeurs humaines.

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Ce qui est naturel est-il normal ?

Introduction

1. Amorce : Depuis l’Antiquité, la nature a souvent été perçue comme un modèle d’ordre et
d’harmonie. Aristote, par exemple, voit dans la nature un principe organisateur finalisé,
tandis que Lucrèce y décèle plutôt un enchaînement aléatoire d’atomes sans but précis.

2. Contextualisation : Cette opposition entre un ordre naturel et une nature indifférente se


retrouve dans notre perception du normal. En effet, le terme « naturel » renvoie à ce qui
existe indépendamment de l’action humaine, tandis que « normal » peut désigner ce qui est
conforme à une norme, qu’elle soit statistique, sociale ou morale.

3. Définition des termes : - Naturel : ce qui est donné par la nature, ce qui existe
indépendamment de la volonté humaine.

• Normal : peut désigner ce qui est fréquent (sens statistique), ce qui est conforme à un idéal
(sens normatif) ou ce qui est socialement admis.

4. Problématisation : Peut-on alors affirmer que ce qui est naturel est nécessairement
normal ? Si certains considèrent que la nature définit ce qui est normal (biologique ou
moralement acceptable), d’autres rappellent que le normal est souvent une construction
humaine et sociale.

5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que la nature semble constituer une norme en
elle-même. Ensuite, nous montrerons que le normal est avant tout une construction culturelle
et sociale. Enfin, nous interrogerons la possibilité d’une rupture entre le naturel et le normal,
notamment dans le cadre du progrès technique et des transformations sociales.

I. La nature comme norme fondamentale

1. L’idée d’un ordre naturel régissant ce qui est normal

• Illustration 1 : Aristote

• Présentation : Dans sa philosophie, Aristote considère que tout dans la nature a une finalité
(téléologie).

• Citation : « La nature ne fait rien en vain. »

• Explication : Selon lui, le naturel est l’ordre véritable du monde, et donc ce qui est naturel
est aussi ce qui est conforme à cet ordre et donc normal.

• Exemple : La classification des êtres vivants selon leur fonction naturelle (homme = animal
rationnel).
• Illustration 2 : Gobineau

• Présentation : Théoricien du déterminisme racial, il considère que les différences entre races
sont naturelles et justifient des hiérarchies.

• Citation : « L’inégalité des races est le moteur de l’histoire. »

• Explication : Pour lui, la nature elle-même fixe des normes, et toute tentative de les remettre
en question serait contre-nature.

• Exemple : Justification des inégalités sociales et politiques par des différences biologiques
perçues comme naturelles.

2. La nature comme fondement biologique du normal

• Illustration 1 : Laborit

• Présentation : Neurobiologiste, il insiste sur l’influence des instincts naturels sur le


comportement humain.

• Citation : « L’homme n’est qu’un animal conditionné par sa biologie. »

• Explication : Ce qui est naturel chez l’homme (instinct de survie, agressivité, reproduction)
serait un fondement du normal.

• Exemple : La peur et l’agressivité comme réactions naturelles et donc normales face au


danger.

• Illustration 2 : Rousseau

• Présentation : Philosophe du XVIIIe siècle, il défend l’idée que l’homme est naturellement
bon, mais corrompu par la société.

• Citation : « L’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt. »

• Explication : Il oppose le naturel et le social, affirmant que la normalité ne devrait pas être
dictée par des conventions artificielles, mais par un retour à la nature.

• Exemple : L’éducation selon Rousseau doit respecter les tendances naturelles de l’enfant et
non les normes sociales imposées.

II. Le normal comme construction sociale et culturelle

1. Ce qui est normal dépend des normes sociales

• Illustration 1 : Levi-Strauss
• Présentation : Anthropologue, il montre que les normes varient selon les cultures.

• Citation : « Ce qui est naturel pour nous ne l’est pas forcément pour les autres. »

• Explication : La normalité n’est pas définie par la nature mais par la culture et l’histoire
d’une société.

• Exemple : Les critères de beauté varient selon les époques et les civilisations.

• Illustration 2 : Durkheim

• Présentation : Sociologue, il montre que le normal est une construction sociale.

• Citation : « Est normal tout ce qui est universellement accepté dans une société donnée. »

• Explication : Ce qui est normal ne découle pas de la nature mais de règles implicites dictées
par le groupe.

• Exemple : Les règles vestimentaires et morales varient selon les sociétés.

2. Le normal peut aller à l’encontre du naturel

• Illustration 1 : Descartes

• Présentation : Philosophe rationaliste, il défend l’idée que l’homme doit dominer la nature.

• Citation : « Nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

• Explication : L’homme ne doit pas se contenter de suivre la nature, mais créer ses propres
normes rationnelles.

• Exemple : La médecine moderne qui combat des phénomènes naturels comme la maladie
ou la vieillesse.

• Illustration 2 : Lucrèce

• Présentation : Philosophe épicurien, il rejette l’idée d’un ordre naturel absolu.

• Citation : « Il n’y a pas de finalité dans la nature, seulement des atomes en mouvement. »

• Explication : La nature n’impose pas de norme, c’est l’homme qui en invente pour donner
un sens au monde.

• Exemple : Les lois et les institutions humaines qui créent un ordre artificiel.

III. La rupture entre le naturel et le normal dans le progrès humain


1. Le progrès technique modifie les normes naturelles

• Illustration 1 : Laborit

• Présentation : La technique permet de s’affranchir des contraintes naturelles.

• Citation : « L’homme est un être de fuite qui ne cesse d’inventer des moyens d’échapper à
la nature. »

• Explication : Ce qui est normal aujourd’hui (technologies, urbanisation) n’a plus rien de
naturel.

• Exemple : La contraception, l’intelligence artificielle.

• Illustration 2 : Kant

• Présentation : Il défend la morale rationnelle qui dépasse les lois naturelles.

• Citation : « Agis uniquement d’après la maxime qui peut être érigée en loi universelle. »

• Explication : La morale ne dépend pas de la nature mais d’un choix rationnel.

• Exemple : L’abolition de l’esclavage, qui était autrefois vu comme naturel.

2. Le dépassement du naturel dans les valeurs humaines

• Illustration 1 : Nietzsche

• Présentation : Il critique les normes morales qui se fondent sur la nature.

• Citation : « L’homme est un pont et non un but. »

• Explication : Nous devons dépasser la nature pour créer nos propres valeurs.

• Exemple : L’évolution des mœurs et des droits humains.

Conclusion

La nature a longtemps été vue comme une norme évidente, mais le développement des
sciences et des sociétés a montré que le normal est une construction humaine. Ainsi, ce qui
est naturel n’est pas nécessairement normal, et inversement. Cela pose la question de savoir si
nous devons encore nous référer à la nature pour définir nos normes.
Dire à quelqu’un « sois naturel », est-ce lui donner un bon conseil ?

Introduction

1. Amorce : Dans la vie quotidienne, il est fréquent d’entendre l’injonction « sois naturel »,
que ce soit dans le cadre d’une prise de parole, d’un comportement social ou d’une
expression personnelle. Mais cette recommandation semble paradoxale : peut-on être naturel
sur commande ?

2. Contextualisation : Cette injonction peut être comprise de différentes manières : comme un


appel à l’authenticité, un rejet de l’artifice ou encore une exigence sociale déguisée. Pourtant,
si le naturel s’oppose à l’artificiel, comment pourrait-il être un comportement à adopter
volontairement ?

3. Définition des termes :

• Naturel : Ce qui existe spontanément, sans transformation, ce qui est authentique et non
fabriqué.

• Conseil : Une recommandation visant le bien-être ou l’amélioration d’une personne.

4. Problématisation : L’injonction à être naturel est-elle réellement un bon conseil, ou bien


constitue-t-elle une contradiction ? Être naturel signifie-t-il être fidèle à soi-même ou se
conformer à une norme sociale ?

5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que l’injonction à être naturel peut être perçue
comme un appel à l’authenticité et donc un bon conseil. Ensuite, nous montrerons que cette
exigence peut être paradoxale, car elle impose une norme artificielle. Enfin, nous nous
demanderons si cette injonction ne révèle pas un idéal inatteignable.

I. Être naturel : un appel à l’authenticité et un bon conseil

1. Être naturel, c’est être authentique et sincère

• Illustration 1 : Rousseau

• Présentation : Pour Rousseau, l’homme est naturellement bon, mais la société le corrompt.

• Citation : « L’homme naît libre, et partout il est dans les fers. »

• Explication : L’injonction à être naturel pourrait alors être un conseil bénéfique visant à
retrouver notre véritable nature, sans être influencé par les attentes sociales.

• Exemple : Un enfant qui agit spontanément sans se soucier du regard des autres.
• Illustration 2 : Montaigne

• Présentation : Montaigne valorise la simplicité et la spontanéité dans l’expression de soi.

• Citation : « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine. »

• Explication : Être naturel, c’est éviter les artifices et exprimer ses idées avec sincérité plutôt
que de chercher à impressionner.

• Exemple : Une personne qui parle avec simplicité plutôt que d’utiliser un langage
sophistiqué pour se donner une contenance.

2. Être naturel, c’est éviter l’hypocrisie et la superficialité

• Illustration 1 : Pascal

• Présentation : Il critique les conventions sociales et l’hypocrisie des apparences.

• Citation : « Nous sommes plus occupés à paraître qu’à être. »

• Explication : Le naturel serait alors un moyen de se libérer des faux-semblants et d’adopter


un comportement plus authentique.

• Exemple : Une personne qui assume ses émotions plutôt que de jouer un rôle pour plaire
aux autres.

• Illustration 2 : Kierkegaard

• Présentation : Il critique le conformisme et l’aliénation de l’individu par les normes


sociales.

• Citation : « La foule est le mensonge. »

• Explication : Se montrer naturel serait une manière d’échapper à cette pression collective et
de se rapprocher de son identité propre.

• Exemple : Une personne qui refuse de se conformer à une mode qu’elle ne partage pas
réellement.

II. L’injonction à être naturel est paradoxale et peut être un mauvais conseil

1. Une injonction contradictoire : peut-on être naturel sur commande ?

• Illustration 1 : Descartes

• Présentation : Il valorise la raison et la maîtrise de soi comme fondements de la liberté.


• Citation : « Être libre, c’est être maître de soi. »

• Explication : Si être naturel signifie suivre spontanément ses instincts, alors une injonction à
l’être contredit la liberté de l’individu.

• Exemple : Un orateur à qui l’on dit « sois naturel » risque de se forcer à paraître détendu, ce
qui produit l’effet inverse.

• Illustration 2 : Sartre

• Présentation : Il critique l’idée d’une essence préexistante qui définirait ce qu’est être
naturel.

• Citation : « L’existence précède l’essence. »

• Explication : Il n’existe pas de nature humaine préétablie, et toute tentative d’être « naturel
» repose sur une construction sociale.

• Exemple : Ce qui est perçu comme naturel dans une culture peut sembler artificiel dans une
autre.

2. Être naturel peut être une norme sociale imposée

• Illustration 1 : Nietzsche

• Présentation : Il critique les valeurs morales imposées sous couvert de nature.

• Citation : « Il n’y a pas de faits, seulement des interprétations. »

• Explication : Ce qui est présenté comme naturel est souvent un idéal imposé par la société.

• Exemple : L’injonction à être « naturel » en matière de beauté cache souvent une norme
esthétique implicite.

• Illustration 2 : Bourdieu

• Présentation : Il montre que les comportements « naturels » sont souvent le fruit d’une
éducation et d’une socialisation.

• Citation : « La culture naturalise ce qu’elle impose. »

• Explication : Ce qui semble naturel est souvent le résultat d’un apprentissage inconscient
des normes sociales.

• Exemple : Un sourire perçu comme spontané est souvent une habitude acquise pour
s’intégrer socialement.

III. L’idéal du naturel est-il un mythe ?


1. L’homme est-il un être artificiel par nature ?

• Illustration 1 : Levi-Strauss

• Présentation : Il distingue nature et culture et montre que l’homme est un être culturel.

• Citation : « La culture, c’est ce qui fait de l’homme autre chose qu’un simple être naturel. »

• Explication : L’idée de nature est elle-même une construction culturelle.

• Exemple : Le langage, qui est souvent vu comme naturel, est en réalité un produit culturel.

• Illustration 2 : Freud

• Présentation : Il montre que nos désirs sont refoulés par la civilisation.

• Citation : « Le moi n’est pas maître dans sa propre maison. »

• Explication : Nos comportements sont le fruit d’un conflit entre pulsions et interdits
sociaux.

• Exemple : Une personne qui se dit naturelle peut en réalité obéir à des désirs inconscients
refoulés.

2. Peut-on atteindre un naturel absolu ?

• Illustration 1 : Bergson

• Présentation : Il oppose l’intuition à l’intellect et montre que le naturel est difficile à


atteindre consciemment.

• Citation : « L’intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie. »

• Explication : Vouloir être naturel de manière réfléchie risque de créer un comportement


artificiel.

• Exemple : Un acteur qui veut paraître spontané doit en réalité beaucoup s’exercer.

Conclusion

L’injonction à être naturel peut sembler être un bon conseil si elle est comprise comme un
appel à l’authenticité et à la sincérité. Cependant, elle est paradoxale car elle impose une
norme et peut donc être une contrainte. Enfin, l’idée même du naturel est discutable, car l’être
humain est avant tout un être culturel et social. Cela nous amène à nous interroger : peut-on
réellement se débarrasser de toute influence sociale pour atteindre une pure spontanéité ?

L’art transforme-t-il la nature ou la dévoile-t-il ?

Introduction

1. Amorce : Depuis l’Antiquité, l’art entretient une relation ambivalente avec la nature.
Platon accusait l’art d’être une imitation trompeuse du réel, tandis qu’Aristote lui
reconnaissait une fonction de révélation.

2. Contextualisation : L’art peut être perçu comme une activité qui transforme la nature en la
modifiant, ou bien comme un moyen d’en révéler des aspects invisibles à l’œil nu. Les
courants artistiques eux-mêmes oscillent entre ces deux visions : certains artistes cherchent à
représenter fidèlement la nature, tandis que d’autres la métamorphosent pour exprimer une
vision personnelle.

3. Définition des termes :

• Art : Activité humaine visant à produire une œuvre esthétique, porteuse de sens.

• Nature : Ce qui existe indépendamment de l’intervention humaine, le monde physique et


vivant.

• Transformer : Modifier, altérer, donner une nouvelle forme.

• Dévoiler : Révéler ce qui était caché, rendre visible une vérité dissimulée.

4. Problématisation : L’art agit-il sur la nature en la modifiant, ou bien se contente-t-il de la


mettre en lumière sous un jour nouveau ? En d’autres termes, l’artiste est-il un créateur ou un
révélateur ?

5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que l’art transforme la nature en l’adaptant à ses
propres exigences. Ensuite, nous montrerons qu’il peut également en dévoiler la profondeur
et la vérité cachée. Enfin, nous nous demanderons si l’art ne fait pas les deux à la fois.

I. L’art transforme la nature en lui imposant une forme nouvelle

1. L’art modifie la nature en la recréant


• Illustration 1 : Platon

• Présentation : Pour Platon, l’art est une imitation qui éloigne de la vérité.

• Citation : « Le peintre, le sculpteur et tous les autres artistes sont de simples imitateurs. »

• Explication : L’art ne dévoile pas la nature, il la déforme et produit une illusion.

• Exemple : Une peinture qui représente un paysage n’est pas la nature elle-même, mais une
interprétation qui peut en trahir la réalité.

• Illustration 2 : Francis Bacon

• Présentation : L’art ne se contente pas d’imiter la nature, il la transforme pour exprimer une
vision subjective.

• Citation : « L’art est une manière de donner forme à ce que la nature laisse en désordre. »

• Explication : L’artiste impose une nouvelle structure au monde naturel en lui donnant une
signification inédite.

• Exemple : L’art abstrait ne représente pas fidèlement la nature, mais la réinvente à travers
des formes et des couleurs inédites.

2. L’art sublime la nature en la dépassant

• Illustration 1 : Kant

• Présentation : Pour Kant, l’art ne se contente pas d’imiter la nature, il crée une beauté
supérieure.

• Citation : « L’art est une finalité sans fin. »

• Explication : L’œuvre d’art, bien qu’inspirée par la nature, transcende cette dernière en lui
donnant une forme idéalisée.

• Exemple : Les statues grecques idéalisent le corps humain au-delà de la nature réelle.

• Illustration 2 : Hegel

• Présentation : L’art est une expression de l’esprit humain qui s’élève au-dessus de la nature
brute.

• Citation : « L’art est le premier moment où l’Esprit absolu se manifeste. »

• Explication : L’art ne se contente pas de copier la nature, il la spiritualise en y ajoutant une


signification.
• Exemple : Un poème sur un paysage ne se limite pas à le décrire, il lui donne une dimension
émotionnelle et symbolique.

II. L’art dévoile la nature en en révélant des aspects cachés

1. L’art rend visible ce que l’on ne perçoit pas immédiatement

• Illustration 1 : Heidegger

• Présentation : L’art est une révélation de l’être, il met en lumière des vérités cachées.

• Citation : « L’œuvre d’art ouvre un monde. »

• Explication : Un tableau ou une sculpture peut révéler des dimensions insoupçonnées de la


réalité.

• Exemple : Les impressionnistes comme Monet dévoilent la lumière et les nuances invisibles
du monde naturel.

• Illustration 2 : Merleau-Ponty

• Présentation : La perception artistique révèle des structures de la réalité que nous ne voyons
pas directement.

• Citation : « L’artiste est celui qui rend visible. »

• Explication : L’art permet de percevoir la nature sous un angle nouveau, au-delà de notre
expérience habituelle.

• Exemple : Un film documentaire peut révéler la beauté et la complexité du monde animal.

2. L’art révèle la signification cachée de la nature

• Illustration 1 : Nietzsche

• Présentation : L’art permet de saisir la vérité de la nature d’une manière plus profonde que
la science.

• Citation : « L’art est la grande stimulatrice de la vie. »

• Explication : L’art ne transforme pas la nature, il nous en fait découvrir la puissance vitale.

• Exemple : Les peintures de Van Gogh ne modifient pas la nature mais révèlent son énergie
intérieure.

• Illustration 2 : Bergson
• Présentation : L’intuition artistique nous permet d’accéder à une réalité plus authentique que
l’intellect.

• Citation : « L’art vise à retrouver la durée véritable. »

• Explication : L’artiste dévoile la nature non pas en la modifiant, mais en la révélant sous
son aspect le plus pur.

• Exemple : Un poète peut exprimer la profondeur d’un paysage que l’on ne perçoit pas
simplement en le regardant.

III. L’art est à la fois transformation et dévoilement de la nature

1. L’art transforme pour mieux dévoiler

• Illustration 1 : Cézanne

• Présentation : Il déforme la nature pour en révéler les structures essentielles.

• Citation : « Peindre, c’est révéler. »

• Explication : L’art transforme la nature, mais c’est pour mieux en extraire l’essence.

• Exemple : Les paysages de Cézanne ne sont pas réalistes, mais ils font apparaître une vérité
profonde sur la nature.

2. L’art nous apprend à voir la nature différemment

• Illustration 1 : Marcel Duchamp

• Présentation : L’art modifie notre perception du réel.

• Citation : « C’est le regardeur qui fait l’œuvre. »

• Explication : En transformant la nature, l’art nous oblige à la voir autrement.

• Exemple : Le ready-made (ex. : Fontaine) fait voir un objet banal sous un nouvel angle.

Conclusion

L’art entretient un rapport complexe avec la nature : il la transforme en lui imposant une
forme nouvelle, mais il peut aussi la dévoiler en révélant ses aspects cachés. Plutôt que de
choisir entre ces deux fonctions, il semble que l’art conjugue les deux : il modifie la nature
pour mieux en faire apparaître la vérité profonde. Ainsi, l’art ne se limite pas à représenter le
monde, il nous apprend aussi à le voir autrement. Dès lors, l’art est-il un simple reflet du réel,
ou bien un acte de création autonome ?

Peut-on dire de la nature qu’elle est injuste ?

Introduction

1. Amorce : L’idée d’injustice est généralement associée aux actions humaines. Pourtant, on
parle souvent d’une « nature injuste » lorsque des catastrophes frappent sans distinction ou
lorsque des inégalités biologiques existent dès la naissance.

2. Contextualisation : Cette question oppose deux visions : d’un côté, une approche
anthropocentrique qui projette des valeurs humaines sur la nature ; de l’autre, une approche
naturaliste qui considère la nature comme indifférente aux notions de justice et d’injustice.

3. Définition des termes :

• Nature : L’ensemble du monde physique et biologique, indépendant des constructions


humaines.

• Injustice : Déséquilibre dans la répartition des biens, des droits ou des conditions de vie, en
contradiction avec un idéal de justice.

4. Problématisation : Peut-on réellement attribuer à la nature un jugement moral, ou est-ce


une projection de notre pensée humaine ?

5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que la nature semble pouvoir être qualifiée
d’injuste en raison des inégalités et des souffrances qu’elle engendre. Ensuite, nous
montrerons qu’elle est en réalité amorale, indifférente aux notions humaines de justice. Enfin,
nous nous demanderons si ce n’est pas l’homme qui, en interprétant la nature, lui confère une
dimension injuste.

I. La nature semble pouvoir être qualifiée d’injuste

1. La nature engendre des inégalités biologiques et des souffrances

• Illustration 1 : Lucrèce

• Présentation : Dans De la nature des choses, Lucrèce décrit une nature indifférente, où les
hommes sont soumis à des lois physiques impitoyables.

• Citation : « La nature ne fait rien en vain. »


• Explication : La nature n’a pas d’intention morale, mais elle produit des inégalités
biologiques qui peuvent être perçues comme injustes.

• Exemple : Certains naissent en bonne santé, d’autres avec des maladies congénitales.

• Illustration 2 : Darwin

• Présentation : La théorie de l’évolution repose sur la sélection naturelle, qui favorise


certains individus au détriment d’autres.

• Citation : « La nature ne sélectionne pas avec justice, mais avec efficacité. »

• Explication : La nature ne cherche pas à être équitable ; elle favorise les plus adaptés à la
survie.

• Exemple : Dans le règne animal, les plus faibles meurent, ce qui pourrait être vu comme une
« injustice ».

2. Les catastrophes naturelles et la souffrance aveugle

• Illustration 1 : Leibniz

• Présentation : Dans Théodicée, Leibniz tente de justifier la présence du mal dans un monde
voulu par Dieu.

• Citation : « Nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. »

• Explication : Les catastrophes naturelles, bien qu’elles paraissent injustes, participeraient à


un équilibre global.

• Exemple : Un tremblement de terre détruit des villes entières, sans distinction entre
innocents et coupables.

• Illustration 2 : Camus

• Présentation : Dans L’Homme révolté, Camus souligne l’absurdité du monde, où les


événements n’ont pas de justification morale.

• Citation : « L’univers n’a pas de sens, il est étranger à la souffrance humaine. »

• Explication : Les catastrophes naturelles ne sont ni justes ni injustes, elles sont simplement
absurdes.

• Exemple : Une épidémie frappe sans discernement, tuant aussi bien les bons que les
méchants.

II. La nature est amorale et indifférente aux notions humaines de justice


1. La nature ne connaît ni morale ni intention

• Illustration 1 : Spinoza

• Présentation : Pour Spinoza, la nature suit un ordre nécessaire, sans intention de bien ou de
mal.

• Citation : « Dieu ou la Nature agit par la seule nécessité de sa nature. »

• Explication : La nature n’a pas de volonté morale, elle fonctionne selon ses propres lois.

• Exemple : Un lion qui tue une antilope ne commet pas une injustice, il suit simplement son
instinct.

• Illustration 2 : Nietzsche

• Présentation : Pour Nietzsche, la morale est une invention humaine qui ne s’applique pas à
la nature.

• Citation : « La vie est fondamentalement amorale. »

• Explication : La nature ne peut être qualifiée d’injuste, car elle ne se soucie pas de nos
valeurs.

• Exemple : Les catastrophes naturelles ne sont pas « injustes », elles sont simplement le fruit
de lois physiques.

2. La notion d’injustice suppose une intentionnalité absente dans la nature

• Illustration 1 : Descartes

• Présentation : La nature est un ensemble de mécanismes, dénué de conscience ou


d’intention.

• Citation : « La nature agit selon des lois fixes et immuables. »

• Explication : On ne peut pas parler d’injustice si aucun agent conscient n’est à l’origine
d’une action.

• Exemple : Un ouragan ne vise personne en particulier, il obéit à des lois climatiques.

• Illustration 2 : Kant

• Présentation : L’injustice ne peut exister que dans un cadre moral humain.

• Citation : « La justice est une exigence de la raison. »


• Explication : Seuls les êtres rationnels peuvent poser la question de la justice.

• Exemple : Un volcan en éruption n’a pas d’intention morale, il ne peut donc pas être
qualifié d’injuste.

III. L’homme projette son propre jugement moral sur la nature

1. L’homme interprète la nature à travers ses valeurs

• Illustration 1 : Rousseau

• Présentation : Pour Rousseau, la nature est fondamentalement bonne, c’est la société qui
introduit l’injustice.

• Citation : « L’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt. »

• Explication : Ce que nous appelons « injustice » dans la nature est souvent le reflet de nos
propres normes sociales.

• Exemple : Un handicap de naissance est perçu comme une injustice, mais cette idée vient
des attentes sociales.

• Illustration 2 : Lévi-Strauss

• Présentation : La distinction entre nature et culture est une construction humaine.

• Citation : « Rien n’est plus naturel à l’homme que l’artifice. »

• Explication : Nous projetons nos valeurs culturelles sur la nature, lui attribuant des qualités
qu’elle ne possède pas en elle-même.

• Exemple : Dire qu’une famine est une injustice implique une vision humanisée de la nature.

2. L’homme tente de corriger ce qu’il perçoit comme injuste dans la nature

• Illustration 1 : Laborit

• Présentation : L’homme utilise la science pour compenser les inégalités naturelles.

• Citation : « L’homme cherche à se libérer des déterminismes naturels. »

• Explication : La médecine ou la technologie visent à corriger ce que nous considérons


comme des injustices naturelles.

• Exemple : Les vaccins luttent contre des maladies qui autrefois décimaient l’humanité.
Conclusion

Dire que la nature est injuste semble être une projection humaine : bien qu’elle engendre des
inégalités et des souffrances, elle ne possède ni intention ni conscience morale. L’injustice
suppose un jugement de valeur, propre à l’homme. Plutôt que d’attendre de la nature qu’elle
soit juste, l’humanité cherche à corriger ce qu’elle perçoit comme des inégalités naturelles.
Mais alors, peut-on réellement échapper aux lois de la nature ?

L’homme est-il libre par nature ?

Introduction

1. Amorce : Depuis l’Antiquité, la question de la liberté humaine divise philosophes et


penseurs. Certains considèrent que l’homme naît libre, tandis que d’autres estiment qu’il est
conditionné dès sa naissance.

2. Contextualisation : La notion de liberté s’oppose souvent à celle de déterminisme. Si


l’homme est libre par nature, cela signifie qu’il possède une autonomie innée. En revanche, si
sa liberté dépend de conditions extérieures, elle est alors un acquis et non un état originel.

3. Définition des termes :

• Homme : L’être humain en tant qu’individu doté de raison et de conscience.

• Libre : Capacité d’agir sans contrainte et de déterminer ses propres choix.

• Par nature : Ce qui est inné, essentiel et non acquis par la culture ou la société.

4. Problématisation : L’homme possède-t-il une liberté intrinsèque dès la naissance ou est-il


soumis à des déterminismes qui le conditionnent ?

5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que l’homme peut être considéré comme libre par
nature. Ensuite, nous montrerons que son existence est marquée par de nombreux
déterminismes qui limitent sa liberté. Enfin, nous nous demanderons si la liberté ne serait pas
plutôt un idéal à conquérir qu’un état naturel.

I. L’homme est libre par nature


1. L’homme naît avec une autonomie et une volonté propre

• Illustration 1 : Rousseau

• Présentation : Dans Du contrat social, Rousseau affirme que l’homme est naturellement
libre mais que la société le contraint.

• Citation : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. »

• Explication : L’état de nature est un état de liberté totale, c’est l’organisation sociale qui
entrave cette liberté.

• Exemple : Un enfant qui grandit sans contrainte manifeste une spontanéité qui témoigne de
sa liberté naturelle.

• Illustration 2 : Sartre

• Présentation : Pour l’existentialisme, l’homme est condamné à être libre, car il doit choisir à
chaque instant de son existence.

• Citation : « L’existence précède l’essence. »

• Explication : L’homme ne possède pas d’essence prédéterminée, il se définit par ses choix.

• Exemple : Même face aux contraintes, un individu conserve une liberté de pensée et de
décision.

2. La liberté est une caractéristique de la nature humaine

• Illustration 1 : Descartes

• Présentation : Pour Descartes, l’homme est libre car il possède une volonté infinie.

• Citation : « La liberté de notre volonté se connaît sans preuve par la seule expérience que
nous en avons. »

• Explication : L’homme a la capacité de choisir entre différentes options, ce qui témoigne de


sa liberté.

• Exemple : Un individu peut toujours dire « non », même sous la contrainte.

• Illustration 2 : Kant

• Présentation : Selon Kant, la liberté est une exigence de la raison morale.

• Citation : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps
qu’elle devienne une loi universelle. »
• Explication : La liberté se manifeste dans la capacité à suivre des principes moraux
librement choisis.

• Exemple : Un homme qui suit sa conscience plutôt que ses instincts prouve son autonomie.

II. L’homme est conditionné par de nombreux déterminismes

1. L’homme est soumis aux lois de la nature et de la biologie

• Illustration 1 : Spinoza

• Présentation : Pour Spinoza, la liberté est une illusion car l’homme est soumis aux lois de la
nature.

• Citation : « Les hommes se croient libres parce qu’ils ignorent les causes qui les
déterminent. »

• Explication : Ce que nous prenons pour des choix libres est en réalité dicté par des causes
extérieures.

• Exemple : Nos émotions, nos désirs et nos instincts influencent nos décisions.

• Illustration 2 : Laborit

• Présentation : Les recherches en neurobiologie montrent que nos comportements sont


largement influencés par notre cerveau.

• Citation : « L’homme n’est pas maître de ses choix, il est programmé par ses instincts. »

• Explication : Nos décisions sont influencées par des mécanismes biologiques inconscients.

• Exemple : Une personne souffrant d’une addiction ne peut pas simplement « choisir »
d’arrêter.

2. L’homme est déterminé par la société et son éducation

• Illustration 1 : Bourdieu

• Présentation : La liberté est limitée par l’habitus, c’est-à-dire les conditionnements sociaux
intériorisés dès l’enfance.

• Citation : « L’habitus est ce qui fait que nous agissons sans même y penser. »

• Explication : Nos choix sont influencés par notre culture, notre classe sociale et notre
éducation.
• Exemple : Un individu issu d’un milieu défavorisé aura moins de possibilités qu’un autre né
dans une famille aisée.

• Illustration 2 : Freud

• Présentation : Selon la psychanalyse, l’inconscient détermine une grande partie de nos actes.

• Citation : « Le moi n’est pas maître dans sa propre maison. »

• Explication : Nos désirs inconscients influencent nos comportements, limitant notre liberté.

• Exemple : Une personne peut reproduire inconsciemment des schémas familiaux sans s’en
rendre compte.

III. La liberté est une conquête plutôt qu’un état naturel

1. L’homme doit lutter contre les contraintes pour être libre

• Illustration 1 : Hegel

• Présentation : La liberté se construit dans l’histoire et le dépassement des contraintes.

• Citation : « L’histoire du monde est le progrès de la conscience de la liberté. »

• Explication : La liberté ne se donne pas, elle se conquiert à travers les luttes sociales et
politiques.

• Exemple : L’abolition de l’esclavage est un exemple de conquête de la liberté.

• Illustration 2 : Marx

• Présentation : L’homme doit s’affranchir des structures économiques qui l’aliènent.

• Citation : « Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas comme ils veulent.
»

• Explication : La liberté passe par la prise de conscience des mécanismes d’oppression.

• Exemple : La révolution industrielle a transformé les conditions de travail, mais a aussi créé
de nouvelles formes d’aliénation.

2. La liberté réside dans l’exercice de la raison et de la volonté

• Illustration 1 : Kant

• Présentation : L’homme devient libre en exerçant sa raison.


• Citation : « L’homme est libre lorsqu’il obéit à la loi qu’il se donne à lui-même. »

• Explication : La véritable liberté ne réside pas dans l’absence de contrainte, mais dans
l’autonomie morale.

• Exemple : Un citoyen qui respecte une loi juste agit librement.

• Illustration 2 : Sartre

• Présentation : La liberté est un engagement dans l’action.

• Citation : « L’homme est condamné à être libre. »

• Explication : Nous devons assumer notre liberté en prenant des décisions responsables.

• Exemple : Un résistant qui refuse d’obéir à un ordre injuste affirme sa liberté.

Conclusion

L’homme semble doté d’une liberté naturelle, mais il est également soumis à des contraintes
biologiques, sociales et psychologiques. Toutefois, la liberté n’est pas un simple état passif :
elle est une conquête qui exige un effort de réflexion et d’action. Dès lors, être libre ne
signifie-t-il pas apprendre à se libérer ?

Pourquoi l’homme transforme-t-il la nature ?

Introduction

1. Amorce : Depuis l’aube de l’humanité, l’homme n’a cessé de modifier son environnement,
que ce soit pour se nourrir, se protéger ou exprimer sa créativité. Des premières peintures
rupestres aux mégapoles modernes, cette transformation de la nature semble inhérente à son
existence.

2. Contextualisation : Contrairement aux autres espèces, l’homme ne se contente pas de


s’adapter à la nature : il cherche à la modifier pour répondre à ses besoins. Cette tendance
s’est intensifiée avec le développement des sciences et des techniques, posant ainsi la
question du rapport entre l’homme et son milieu naturel.
3. Définition des termes :

• Homme : Être doté de raison, de culture et de technique.

• Transformer : Modifier, adapter, voire dominer un élément pour l’ajuster à un objectif


précis.

• Nature : Ensemble des éléments qui existent indépendamment de l’intervention humaine


(paysages, ressources, lois naturelles).

4. Problématisation : L’homme transforme-t-il la nature pour survivre ou pour affirmer sa


puissance ? Cette transformation est-elle une nécessité ou un excès ?

5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que l’homme transforme la nature par nécessité
pour assurer sa survie. Ensuite, nous montrerons que cette transformation est aussi une
manifestation de son pouvoir et de sa créativité. Enfin, nous nous interrogerons sur les
conséquences de cette transformation, qui peut aboutir à une destruction irréversible de la
nature.

I. L’homme transforme la nature pour répondre à ses besoins vitaux

1. La transformation de la nature est une nécessité pour la survie

• Illustration 1 : Aristote

• Présentation : Dans Les Politiques, Aristote explique que l’homme, étant un animal
politique, doit transformer son environnement pour vivre en société.

• Citation : « L’homme est un animal politique. »

• Explication : L’homme se distingue des autres êtres vivants par sa capacité à organiser son
espace pour y établir une vie collective.

• Exemple : L’agriculture, qui permet de s’affranchir de la cueillette et de garantir une


alimentation stable.

• Illustration 2 : Rousseau

• Présentation : Dans Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les
hommes, Rousseau évoque le passage de l’état de nature à la société.

• Citation : « L’homme naît libre, et partout il est dans les fers. »

• Explication : Pour survivre et éviter la précarité de l’état de nature, l’homme a dû organiser


son environnement et créer des structures sociales.

• Exemple : L’invention des habitations pour se protéger des intempéries et des prédateurs.
2. L’homme adapte la nature à ses besoins pour améliorer ses conditions de vie

• Illustration 1 : Bacon

• Présentation : Bacon, père de la méthode scientifique, soutient que la connaissance permet


de maîtriser la nature pour le progrès humain.

• Citation : « On ne commande à la nature qu’en lui obéissant. »

• Explication : L’homme doit comprendre les lois naturelles pour mieux les exploiter et les
adapter à son bénéfice.

• Exemple : La domestication des animaux et la sélection des plantes pour améliorer les
rendements agricoles.

• Illustration 2 : Marx

• Présentation : Pour Marx, le travail est ce qui définit l’homme et lui permet de transformer
la nature pour répondre à ses besoins.

• Citation : « Le travail est l’acte par lequel l’homme se distingue de l’animal. »

• Explication : En modifiant son environnement, l’homme affirme sa place dans le monde et


crée des conditions favorables à son développement.

• Exemple : L’industrialisation qui permet de produire des biens en grande quantité pour
répondre aux besoins croissants.

II. Transformer la nature : une volonté de puissance et de création

1. Transformer la nature, c’est affirmer une maîtrise sur le monde

• Illustration 1 : Descartes

• Présentation : Dans Discours de la méthode, Descartes affirme que l’homme doit devenir «
maître et possesseur de la nature ».

• Citation : « Nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

• Explication : Par la science et la technique, l’homme vise à dominer la nature et à la


soumettre à ses besoins.

• Exemple : Le contrôle des fleuves par les barrages pour produire de l’énergie et irriguer les
terres.

• Illustration 2 : Nietzsche
• Présentation : Pour Nietzsche, la transformation du monde reflète la volonté de puissance de
l’homme.

• Citation : « Tout ce qui est fait par amour l’est au-delà du bien et du mal. »

• Explication : L’homme transforme son environnement non seulement par nécessité, mais
aussi par désir de laisser son empreinte.

• Exemple : La construction des villes et des monuments comme symboles de puissance et de


civilisation.

2. L’art et la culture comme transformation esthétique de la nature

• Illustration 1 : Kant

• Présentation : Kant distingue le beau naturel du beau artistique, montrant que l’homme
transforme la nature pour en révéler une nouvelle dimension.

• Citation : « L’art est une finalité sans fin. »

• Explication : L’homme sublime la nature en la recréant à travers l’art.

• Exemple : La peinture, la sculpture ou encore l’aménagement des jardins.

• Illustration 2 : Heidegger

• Présentation : Heidegger critique la transformation excessive de la nature qui risque d’en


faire un simple objet d’exploitation.

• Citation : « L’essence de la technique n’est rien de technique. »

• Explication : L’homme doit respecter la nature au lieu de la réduire à un simple stock de


ressources.

• Exemple : Les débats contemporains sur l’écologie et la préservation des espaces naturels.

III. Une transformation qui comporte des dangers : entre progrès et destruction

1. La transformation de la nature engendre des conséquences négatives

• Illustration 1 : Hans Jonas

• Présentation : Dans Le Principe responsabilité, Jonas met en garde contre les dangers de la
technologie sur la nature.
• Citation : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la
permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. »

• Explication : L’homme doit transformer la nature avec prudence pour éviter des
conséquences irréversibles.

• Exemple : Le changement climatique causé par la pollution industrielle.

• Illustration 2 : Levi-Strauss

• Présentation : Levi-Strauss critique l’idée selon laquelle l’homme aurait un droit absolu sur
la nature.

• Citation : « Le monde a commencé sans l’homme et finira sans lui. »

• Explication : La nature a sa propre existence et ne devrait pas être uniquement exploitée par
l’homme.

• Exemple : La déforestation massive qui entraîne la perte de biodiversité.

2. Une nécessaire réflexion éthique sur la transformation de la nature

• Illustration 1 : Arendt

• Présentation : Arendt insiste sur la responsabilité de l’homme dans l’usage de la technique.

• Citation : « Ce que nous avons fabriqué peut nous détruire. »

• Explication : La technique ne doit pas être utilisée sans réflexion sur ses conséquences.

• Exemple : Le développement des OGM ou de l’intelligence artificielle.

Conclusion

L’homme transforme la nature d’abord par nécessité, puis par désir de puissance et de
création. Toutefois, cette transformation pose aujourd’hui des défis écologiques et éthiques
majeurs. Dès lors, comment concilier progrès et respect de la nature ?
Est-il naturel à l’homme de travailler ?

Introduction

1. Amorce : Depuis les premières civilisations, le travail structure la vie humaine. Il est perçu
tantôt comme une nécessité, tantôt comme une contrainte. Dans la Bible, il est présenté
comme une punition (Genèse : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front »), tandis que
les penseurs modernes y voient un vecteur d’épanouissement personnel.

2. Contextualisation : Le travail est omniprésent dans nos sociétés, constituant à la fois un


moyen de subsistance et un facteur d’intégration sociale. Mais est-il inhérent à la nature
humaine ou bien une construction imposée par l’histoire et la culture ?

3. Définition des termes :

• Naturel : Ce qui découle de l’essence d’un être, de son état originel.

• Homme : Être doué de raison, appartenant à une société et transformant son environnement.

• Travailler : Exercer une activité pour produire un bien ou un service, souvent en échange
d’une rémunération.

4. Problématisation : Le travail est-il inscrit dans la nature humaine ou résulte-t-il d’une


nécessité historique et sociale ?

5. Annonce du plan : Nous verrons d’abord que le travail semble être une exigence naturelle
pour l’homme, puis nous montrerons qu’il est en réalité une construction culturelle et sociale,
avant de nous interroger sur la place qu’il occupe dans l’épanouissement humain.

I. Le travail apparaît comme une nécessité naturelle de l’homme

1. L’homme doit travailler pour survivre

• Illustration 1 : Aristote

• Présentation : Aristote, dans Les Politiques, distingue les êtres destinés à commander et
ceux destinés à travailler pour assurer la vie de la cité.

• Citation : « Certains hommes sont faits pour commander, d’autres pour obéir. »

• Explication : Le travail est une nécessité pour la subsistance et l’organisation sociale,


justifiant ainsi l’existence de différentes classes de travailleurs.

• Exemple : L’agriculture et l’artisanat dans l’Antiquité, indispensables à la survie de la


communauté.

• Illustration 2 : Rousseau
• Présentation : Dans Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les
hommes, Rousseau montre que l’homme à l’état de nature ne travaille pas mais, en société, il
y est contraint.

• Citation : « Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva
des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. »

• Explication : L’apparition de la propriété privée a rendu le travail nécessaire pour


accumuler des richesses et survivre dans un monde social organisé.

• Exemple : Le passage des sociétés nomades à l’agriculture sédentaire a imposé une forme
de travail régulier.

2. Le travail permet à l’homme d’exercer sa raison et de se différencier de l’animal

• Illustration 1 : Hegel

• Présentation : Dans Phénoménologie de l’Esprit, Hegel montre que le travail est un vecteur
d’humanisation.

• Citation : « C’est par le travail que l’homme se libère et se réalise. »

• Explication : Contrairement à l’animal qui se contente d’instincts, l’homme transforme la


nature par l’effort et la technique.

• Exemple : Le travail artisanal, où l’homme modèle la matière et développe son intelligence.

• Illustration 2 : Marx

• Présentation : Marx, dans Le Capital, affirme que le travail est ce qui distingue l’homme des
autres êtres vivants.

• Citation : « Ce qui distingue le plus mauvais architecte de l’abeille la plus habile, c’est qu’il
a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. »

• Explication : L’homme planifie, réfléchit et innove à travers le travail, contrairement aux


animaux qui agissent par instinct.

• Exemple : La révolution industrielle, où l’innovation technique a permis d’augmenter la


productivité du travail humain.

II. Le travail n’est pas naturel mais imposé par la société

1. Le travail est une contrainte historique et sociale

• Illustration 1 : Descartes
• Présentation : Dans Discours de la méthode, Descartes affirme que l’homme cherche avant
tout à se rendre « maître et possesseur de la nature ».

• Citation : « Nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

• Explication : Le travail ne découle pas d’une nécessité naturelle, mais de la volonté de


dominer le monde.

• Exemple : L’automatisation moderne réduit la part du travail humain, prouvant qu’il n’est
pas une fin en soi.

• Illustration 2 : Nietzsche

• Présentation : Dans Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche critique la glorification du travail.

• Citation : « Le travail est la meilleure des polices. »

• Explication : Le travail est un outil de contrôle social qui empêche l’homme de penser
librement.

• Exemple : Les régimes totalitaires qui imposent le travail forcé pour soumettre les
individus.

2. Le travail aliène l’homme plus qu’il ne l’accomplit

• Illustration 1 : Marx

• Présentation : Marx analyse l’aliénation du travail dans le capitalisme.

• Citation : « Dans le travail salarié, l’ouvrier se trouve dépouillé de son travail, de son
produit et de son humanité. »

• Explication : Le travail, sous sa forme moderne, ne libère pas mais asservit.

• Exemple : Le taylorisme qui réduit l’ouvrier à un simple rouage d’une machine.

• Illustration 2 : Hannah Arendt

• Présentation : Dans La Condition de l’homme moderne, Arendt distingue le travail (survie)


de l’œuvre (création).

• Citation : « Le travail est aliénant s’il est réduit à une fonction de simple subsistance. »

• Explication : L’homme ne se réalise pas dans le travail purement utilitaire mais dans
l’activité créatrice.

• Exemple : La distinction entre le travail à la chaîne et l’artisanat, où l’homme exprime son


individualité.
III. Le travail : un moyen de réalisation ou une aliénation ?

1. Le travail peut être un facteur d’épanouissement

• Illustration 1 : Bergson

• Présentation : Bergson voit dans le travail une extension de l’intelligence humaine.

• Citation : « L’intelligence, caractéristique de l’homme, est tournée vers l’action. »

• Explication : L’homme trouve du sens dans la transformation du monde.

• Exemple : Les métiers de l’art et de la recherche, où l’homme dépasse la simple contrainte


économique.

2. Mais le travail peut aussi être un obstacle au bonheur

• Illustration 2 : Schopenhauer

• Présentation : Schopenhauer voit dans le travail une source de souffrance.

• Citation : « La vie oscille comme un pendule entre la souffrance et l’ennui. »

• Explication : Le travail empêche l’homme d’atteindre la sérénité.

• Exemple : Les burn-out et la pression du monde du travail moderne.

Conclusion

Le travail apparaît d’abord comme une nécessité biologique et sociale, mais il est en réalité
une construction culturelle et historique. Il peut être un moyen d’épanouissement ou
d’aliénation selon la manière dont il est organisé. Dès lors, pourrait-on envisager une société
où l’homme s’affranchirait du travail sans perdre son humanité ?

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