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Lecon 157

Le chapitre traite des matrices nilpotentes et trigonalisables, en se concentrant sur le théorème de Lie-Kolchin qui établit que tout sous-groupe résoluble connexe de GLn(C) est conjugué à un sous-groupe de matrices triangulaires. Il aborde également le cardinal du cône nilpotent sur un corps fini, démontrant que pour un corps fini Fq et un entier d, le nombre de matrices nilpotentes est donné par Nd(Fq) = q^(d(d-1)). Enfin, des propositions et des démonstrations sont fournies pour illustrer les propriétés des endomorphismes nilpotents et leur relation avec les bases de trigonalisation.

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Le chapitre traite des matrices nilpotentes et trigonalisables, en se concentrant sur le théorème de Lie-Kolchin qui établit que tout sous-groupe résoluble connexe de GLn(C) est conjugué à un sous-groupe de matrices triangulaires. Il aborde également le cardinal du cône nilpotent sur un corps fini, démontrant que pour un corps fini Fq et un entier d, le nombre de matrices nilpotentes est donné par Nd(Fq) = q^(d(d-1)). Enfin, des propositions et des démonstrations sont fournies pour illustrer les propriétés des endomorphismes nilpotents et leur relation avec les bases de trigonalisation.

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Chapitre I

Matrices nilpotentes, matrices


trigonalisables, Leçon 157

I.1 Théorème de Lie-Kolchin


[1, Exercice IV-B6]
On note D(K) le groupe dérivé d’un groupe K, c’est-à-dire le sous-groupe
engendré par les commutateurs [g, h] = ghg −1 h−1 , avec g, h ∈ K, de K. On
note D2 (K) le groupe dérivé de D(K) et Dk (K), par récurrence.
On rappelle qu’un groupe G est résoluble si D` = 1 pour un entier ` que
l’on choisira minimal dans la suite.

G = G0 ⊃ G1 ⊃ · · · ⊃ G` = {1}

telle que pour tout entier k compris entre 0 et ` − 1, le sous-groupe Gk+1


soit distingué dans Gk et le quotient Gk /Gk+1 soit abélien.
Théorème I.1.1 (Théorème de Lie-Kolchin).
Soit G est un sous-groupe résoluble connexe de GLn (C), alors G est
conjugué à un sous-groupe du groupe des matrices triangulaires de GLn (C).
On note donc Gk , k de 0 à `, les sous-groupes comme ci-dessus. On
supposera G non abélien ; si G est abélien, on sait déjà qu’une famille de
matrices qui commutent deux à deux sont simultanément trigonalisables sur
C.
1. Montrer que Dk (G) est un sous-groupe distingué, connexe, de G, et
que le groupe quotient Dk−1 (G)/Dk (G) est abélien, pour tout k.
2. On pose A = D`−1 (G). Montrer que A est abélien, non trivial, et en
déduire que l’ensemble

V := {v ∈ Cn , Av ∈ Cv}

est non trivial.

1
2CHAPITRE I. MATRICES NILPOTENTES, MATRICES TRIGONALISABLES, LEÇON 157

3. Soit v non nul dans V . Pour a dans A, on pose χv (a) le complexe tel
que a(v) = χv (a)v. Montrer que pour tout g de G, g(v) est encore dans
V , et que χg(v) (a) = χv (g −1 ag), pour tout a de A.
4. En déduire, en utilisant la connexité de G, que si v est un vecteur
propre de a, pour la valeur propre λ, alors g(v) est un vecteur propre
de a pour la même valeur propre λ.
5. Soit v non nul dans V , et W le sous-espace engendré par les g(v),
g ∈ G. Montrer que W est un sous-espace G-stable, de dimension
0 < dim W < n.
6. En déduire, en utilisant une récurrence sur n, qu’il existe une base de
trigonalisation commune à tous les g de G.
Soluce
1. En fait, tout groupe dérivé d’un groupe donné K est distingué : il
est stable par tout automorphisme de K, par construction, donc, en
particulier, stable par automorphisme intérieur.
Comme G est connexe, G × G est également connexe, et la partie
génératrice X := {[g, h], g, h ∈ G} de D(G), qui est l’image de G × G
par le commutateur, est également connexe. Par l’exercice [H2G2-t1,
II-F5], D(G) est connexe. Par récurrence, on en déduit que Dk (G) est
connexe.
Comme le groupe dérivé de Dk−1 (G) est Dk (G), on obtient par passage
au quotient que le groupe dérivé de Dk−1 (G)/Dk (G) est Dk (G)/Dk (G) =
{1}. Mais cela signifie que tous les commutateurs dans Dk−1 (G)/Dk (G)
sont triviaux, c’est-à-dire, que Dk−1 (G)/Dk (G) est abélien.
2. Par minimalité de `, A est non trivial. Comme le groupe dérivé de
A est trivial, on a que D`−1 (G) est abélien. On sait alors que sur
C, les matrices de D`−1 (G) sont simultanément trigonalisables. Soit
(e1 , · · · , en ) une base qui les trigonalise toutes. On a alors : e1 ∈ V .
3. On a

a g(v) = g (g −1 ag)(v) = g χv (gag −1 )v = χv (gag −1 )g(v).


  

D’où l’assertion.
4. Tout d’abord, comme v est non nul, g(v) est également non nul. On a vu
que g(v) était vecteur propre pour tout élément a de A. L’application
de G dans C∗ qui envoie g sur χv (g −1 ag) est continue : effectivement,
elle est composée de g 7→ gag −1 qui est continue, avec l’application χv ,
qui est continue sur le stabilisateur de la droite Cv.
Donc, l’image de G est un connexe. Comme χg(v) (a) = χv (g −1 ag), cette
image est dans l’ensemble discret des valeurs propres de a. Conclusion,
χg(v) (a) n’a qu’une valeur quand g varie, celle atteinte pour g = e,
c’est-à-dire λ.
I.2. CARDINAL DU CÔNE NILPOTENT SUR UN CORPS FINI 3

5. Comme le sous-espace W est défini par un système de générateurs G-


stable, il est également G-stable. Comme il contient v qui est non nul,
W est non nul.
Reste à montrer que W 6= Cn . Soit a quelconque dans A. Alors, pour
tout g dans G g(v) est un vecteur propre pour a, pour la même valeur
propre. En conséquence, W est un sous-espace propre pour a. Si, par
l’absurde, W = Cn , alors a est une homothétie pour tout a, et A est
un sous-groupe constitué d’homothéties. Comme G est non abélien,
` > 1 et donc A est le groupe dérivé d’un groupe, en l’occurence, le
groupe dérivé de Dl−2 (G). Ainsi, le déterminant d’un élément de A est
1, et comme toutes les matrices de A sont scalaires, ces scalaires sont
forcément des racines de l’unité. Or, comme on a l’a vu, A est connexe.
Donc, A est le groupe trivial. Ce qui est absurde par minimalité de `.
6. On montre par récurrence sur n que G possède une base de trigona-
lisation simultanée. Pour n = 1, c’est clair. Pour n quelconque, on a
obtenu un sous-espace W de dimension k, 1 ≤ k ≤ n − 1. Soit W 0 un
supplémentaire de W dans Cn . En choisissant une base adaptée à la
n 0
décomposition C = W ⊕W  , on voit que g est semblable à une matrice
ρ(g) ζ(g)
de la forme . De plus, vue comme fonction, ρ, resp. ρ0 ,
0 ρ0 (g)
est un morphisme continu de G dans GL(W ), resp. GL(W 0 ). L’image
de G par ρ, resp. ρ0 , est un sous-groupe connexe résoluble de GL(W ),
resp. GL(W 0 ). Par récurrence, on trouve une base de W et une base
de W 0 qui trigonalisent simultanément respectivement les ρ(g) et ρ0 (g).
En concaténant les deux bases, on obtient une base qui trigonalise tous
les g de G.

Remarque. Si les groupes résolubles généralisent les groupes abéliens, alors


le théorème de Lie-Kolchin généralise le fait qu’une famille de matrices qui
commutent est simultanément trigonalisable. A la différence près que ce théo-
rème demande expressément d’avoir un groupe. Par extension, le théorème de
Lie-Kolchin concerne les représentations de groupes résolubles. Notons que
tout ici repose sur le fait qu’un sous-groupe résoluble connexe G de GLn (C)
possède une droite stable, donc un point fixe si l’on passe en projectif. En ce
sens, le théorème de Lie-Kolchin rejoint le théorème du point fixe de Borel
qui dit que si G est un groupe résoluble connexe agissant régulièrement sur
une variété projective, alors il possède un point fixe.

I.2 Cardinal du cône nilpotent sur un corps fini


Théorème I.2.1. [2, Théorème IV-4.1] Pour tout corps fini Fq de cardinal
q et tout entier d, on a :

Nd (Fq ) = q d(d−1) .
4CHAPITRE I. MATRICES NILPOTENTES, MATRICES TRIGONALISABLES, LEÇON 157

On fixe un espace vectoriel E de dimension d et l’on identifie Nd =


Nd (Fq ) aux endomorphismes nilpotents de E. Commençons par montrer la
proposition suivante.
Proposition. Soient N ∈ Nd et e un vecteur non nul dans E. On note r le
nombre maximal tel que e = (e, N e, N 2 e, . . . , N r−1 e) est une famille libre.
On a alors : N r e = 0.
Démonstration. Soit F le sous-espace de E engendré par e et N , c’est-à-
dire : F = hN s e, s ∈ Ni. Alors, on peut affirmer que e est une base de F . En
effet, elle est libre par construction. Montrons qu’elle est génératrice : pour
cela, il suffit de voir que pour tout s ≥ r, on a N s e ∈ F . Pour
Pr s = ir, c’est
r
encore vrai puisque par construction, on peut écrire N e = i=0 ai N e pour
des scalaires a0 , . . . , ar−1
Pdconvenables. C’est enfin vrai par récurrence pour
s
tout s ≥ r, car N e = i=0 ai N s−r+i e.
Par construction, N stabilise F , on note N 0 = NF l’endomorphisme
induit par la restriction de N à F . Sa matrice dans la base e est donc

0 · · · 0 a0

 . . .. .. 
1 . . . 
..  .
 
 .
0 . . 0 . 
0 0 1 ar−1

On reconnaît alors la matrice compagnon du polynôme P = X r − di=0 ai X i ,


P
dont le polynôme caractéristique est justement le polynôme P (qui est égale-
ment minimal). Comme N 0 est nilpotente, tous les ai valent 0, ce qui termine
la preuve de la proposition.
Prouvons maintenant le théorème. Soit Lr,d l’ensemble des parties libres
dans E à r éléments. On dit que N respecte une famille e = (e1 , . . . , er ) de
Lr,d si, pour tout s entier entre 1 et r, on a : N es = es+1 — on convient
que er+1 est nul.
Posons maintenant nd = |Nd | et déterminons une formule de récurrence
pour nd . Pour cela, calculons de deux manières le cardinal de l’ensemble

Ñd = (N, e), N ∈ Nd , ∃r ∈ {1, . . . , d}, e ∈ Lr,d et N respecte e .
On note π1 (resp. π2 ), la projection sur la première (resp. seconde) compo-
sante.
Premier calcul. Un élément de π1−1 (N ) est entièrement déterminé par un
vecteur non nul e1 de E, puisqu’il s’écrira alors N, (e1 , N e1 , . . . , N r−1 e1 )
pour r convenable. On en déduit donc : |π1−1 (N )| = q d − 1, puis 1 :
X
|Ñd | = |π1−1 (N )| = nd (q d − 1).
N ∈Nd

1. Mais pourquoi tant de N ?


I.2. CARDINAL DU CÔNE NILPOTENT SUR UN CORPS FINI 5

Deuxième calcul. On a :

d
X X
|Ñd | = |π2−1 (e)|.
r=1 e∈Lr,d

Fixons r entre 1 et d et notons gr l’ordre du groupe GL(k r ). L’action naturelle


de GL(E) sur Lr,d est transitive d’après le théorème de la base incomplète.
Fixons e dans Lr,d et complétons-la en une base ẽ de E. Dans cette base, le
stabilisateur de e s’écrit sous la forme : I0r MB
, avec M dans Mr,d−r (Fq ),
B ∈ GLd−r (Fq ). Il vient donc :

gd
|Lr,d | = ·
gd−r q r(d−r)

Maintenant, une matrice nilpotente N respecte e si et seulement si la matrice


de l’application linéaire associée à N dans une base ẽ est de la forme :
 
Jr M
matẽ = ,
0 Nd−r

où M est une matrice quelconque de Mr,d−r , Nd−r une matrice nilpotente


de taille (d − r) × (d − r) et Jr est le bloc de Jordan de taille r × r. On obtient
alors :
d d
X
r(d−r)
X gd
|Ñd | = |Lr,d |q nd−r = nd−r .
gd−r
r=1 r=1

En comparant les deux calculs, on obtient la formule de récurrence :

d
nd 1 X nd−r
= d ·
gd q −1 gd−r
r=1

Pour r compris entre 1 et d, notons mr = nr /gr . Il vient :

d−1
X d−2
X
(q d −1)md = mr = md−1 + mr = md−1 +(q d−1 −1)md−1 = q d−1 md−1 .
r=0 r=0

On en tire aisément la relation :

q d(d−1)/2 q d(d−1)
md = Qd = ,
r
r=1 (q − 1)
gd

et finalement : nd = q d(d−1) .
6CHAPITRE I. MATRICES NILPOTENTES, MATRICES TRIGONALISABLES, LEÇON 157

I.3 Discussion jury

1. Comment montre-t-on qu’un polynôme caractéristique scindé implique


que la matrice est trigonalisable ?
2. Quel est le spectre de l’exponentielle de A en fonction de celui de A ?
3. Montrer que le coefficient en X n−2 dans le polynôme caractéristique
2 2)
de A est égal à tr(A) −tr(A
2 .
4. Montrer que l’adhérence de l’ensemble des matrices diagonalisables est
égal à l’ensemble des matrices trigonalisables.
5. Inverser In + N où N est nilpotente.
AA

6. A quelle condition sur la matrice A a-t-on 0 A nilpotente ?
7. Montrer que deux matrices nilpotentes proportionnelles sont semblables.
8. Trouver tous les sous-espaces stables d’un bloc de Jordan nilpotent
indécomposable Jn .
9. On considère l’application qui, à la matrice A, associe sa partie nilpo-
tente N dans la décomposition de Dunford. Est-elle continue ?
10. Montrer qu’une matrice est nilpotente si et seulement si la matrice
nulle est dans sa classe de conjugaison.
Bibliographie

[1] Philippe Caldero et Jérôme Germoni. Nouvelles Histoires Hédonistes de


Groupes et de Géométries. Calvage et Mounet, 2017.
[2] Philippe Caldero et Jérôme Germoni. Histoires Hédonistes de Groupes
et de Géométries-Tome 2. Calvage et Mounet, 2015.

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