Histoire Du Mausolee
Histoire Du Mausolee
VIRTUTI
MILITARI
Histoire du
Mémorial de CAMERONE
Général PÉNETTE
Sommaire
Page
1- Introduction 2
2- Texte 3
3- Notes 11
4- Annexes 15
Novembre 1976
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Histoire du Mémorial de CAMERONE
1 - INTRODUCTION
Pourquoi un monument important sur le lieu du combat de CAMERONE quí, dans le camp français,
ne mit en oeuvre qu´un effectif réduit? N´est-ce pas un affrontement comme tant d´autres dans
l´histoire militaire où le plus faible est finalement écrasé par le plus fort? Certes, mais de cette action
de guerre se dégagent trois caractéristiques marquantes:
Tant de valeur et tant de renommée méritaient bien qu´un monument insigne les concrétise,
rappelant la mémoire des 100 000 étrangers ayant combattu sous l´uniforme légionnaire et 35 000
qui ont perdu leur vie pour rester fidèles à la parole donnée, mais surtout magnifiant au-dessus de
tout particularisme de pays l´inscription «VIRTUTI MILITARI» qui ont le front du Mémorial. C´est bien
ainsi que l´ont compris les autorités mexicaines qui en autorisèrent l´érection, manifestant leur
sympathie dans des documents officiels dont copies figurent en annexe.
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2 -TEXTE
Les documents d´une exactitude contrôlable, trésor de l´historien, manquent pour établir sans
contestation possible les antécédents de l´actuel «Monument Légionnaires» de CAMARÓN (1). Sans
doute les archives de la compagnie britannique qui construisit le chemin de fer Veracruz-Mexico en
traversant moins d´une année après le combat, la hacienda désormais célèbre et qui exploita cette
ligne jusqu´en 1939 contiennent-elles des précisions propres à jeter quelque lumière sur cette partie
encore obscure de notre petite Histoire. Mais divers facteurs ont, jusqu´à aujourd´hui, empêché de
recourir à cette source d´information.
On sait que lorsque le colonel JEANNINGROS et ses légionnaires atteignirent le hameau de
CAMARÓN le 2 mai 1863 au lever du jour, ils découvrirent les cadavres de nos combattants
soigneusement dépouillés, dévorés par les coyotes et survolés dans une chaleur torride par des
nuées de vautours. Tandis que la main de bois du capitaine Danjou était recueillie et se transformait
dès lors en symbole de notre valeur guerrière, une fosse commune était creusée à l´extérieur de
l’hacienda, tout prés du coin sud-est, et les restes des héros furent enfouis. Une simple croix de bois,
placée sur le tertre, devint le premier témoignage, pour le passant, des sacrifices consentis dans la
lutte. Selon un officier belge qui fit rendre les honneurs et fleurit la tombe vers la fin de 1864 (2),
l´inscription était la suivante
CI-GIT
ème er
La 3 compagnie du 1 bataillon de la Légion Étrangère (3)
Avant que le Corps expéditionnaire ne réembarqua pour la France, mais à une date inconnue, un
monument fut substitué à la Croix de bois, peut-être parce qu´elle n´avait pas résisté à l´alternance
des pluies torrentielles et du soleil des tropiques, mais aussi sans doute parce que sa fragilité était
trop grande pour un hommage que l´on voulait durable (4). Ecoutons l´ex-caporal MAINE: «Non loin
de là, s´élève un tertre surmonté d´une colonne brisée qu´entoure, en serpentant, une guirlande de
lauriers; point d´inscription, leur gloire y supplée; c´est le Gouvernement mexicain qui fait les frais de
l´entretien» (5). Plusieurs auteurs signalent qu´une petite «barricade» ou «grille» en fer le
circonscrivait. S´il faut en croire le commandant mexicain Sebastian l. CAMPOS, «ce monument fut
détruit lors du rétablissement du régime républicain par une main sacrilège et anonyme, d´une
personne qui certainement comprenait le patriotisme en s´acharnant contre les cendres de héros qui
succombèrent et furent en loyal combat».
Un troisième monument, essentiellement oeuvre de M. Edouard SEMPÉ, Consul de France à
Veracruz, fut érigé – par souscription publique – avec le soutien de M. BLANCHARD DE FARGES,
Ministre de France à Mexico. Il fut achevé en 1892. Sa réalisation coûta environ 5 mille francs-or ; La
Somme réunie au moyen de dons privés étant complétée par le budjet du Ministère de la Guerre
(Service de Santé-Tombes). Le même chapitre couvrit pendant un certain temps les frais d´entretien
en allouant une rémunération mensuelle de 3 piastres, soit quelque 150 francs-or par an – à un
habitant du pays. II semble qu´ensuite ce furent les employés de la compagnie de chemins de fer
britannique qui s´en chargèrent jusqu´à ce que leur société soit rachetée par le Gouvernement
mexicain. L´emplacement choisi était à environ 5 mètres à l´est de la fosse commune primitive et à
quelque 6 mètres de la voie de desserte de la gare. II comportait une sorte de chambre funéraire en
murs de briques d´à peu près 2 m de long, 1,10 m de large, 0,80 m de haut et 0,35 m d´épaisseur, la
partie supérieure en étant très sensiblement voussée (8). C´est là que furent transférés les ossements
de la première tombe, fortement mélangés de terre d´ailleurs. Le tout était recouvert d´un rectangle
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de maçonnerie au centre duquel apparaissait la dalle de 1,70 x 0,70 m en marbre très dur, avec son
inscription aujourd´hui légendaire.
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Mexico en 1958, il put orienter ses activités vers des buts plus précis: la recherche historique et la
réalisation d´un nouveau monument.
La première bénéficia de l´œuvre de détail du capitaine de réserve Jean CASTAINGT, infatigable
chercheur, aidé par ses amis mexicains: le lieutenant-colonel et avocat Daniel SOUSA et Don Carlos
LASCURAIN Y ZULUETA, Président de la Municipalité de Jalapa, capitale de l´État de Veracruz. Le
résultat fut une étude minutieuse des actions de la Légion Etrangère pendant la campagne du
Mexique – et en particulier de l´état-civil de ceux qui participèrent à la célèbre rencontre – publiée
en 1962 (12). L´exploration d´autres sources, essentiellement mexicaines fut conduite ultérieurement
par M. Louis SOL LA LANDE. Parallèlement, de nombreuses reconnaissances entreprises dans les
régions où l´on s´était battu permirent de retrouver la tombe du sous-lieutenant MAUDET dans le
soubassement d´une colonne de l´église de Huatusco et celle de notre adversaire du 30 avril, le
colonel Don Francisco DE PAULA MILÁN, dans la crypte n° 15 du cimetière ancien de Jalapa, II existe
un projet de transférer ses cendres à Camarón.
La seconde ne put s´effectuer qu´une fois prises quelques précautions préalables. D´abord, avant
toute action pratique, il s´imposait de vérifier que, du côté mexicain, la réalisation d´un nouveau
monument ne rencontrerait pas d´objection majeure; l´accueil fait à notre requête par Don Antonio
M. QUIRASCO, Gouverneur Constitutionnel de l´État libre et Souverain de Veracruz, nous procura
tous apaisements à ce sujet (13). II importait aussi d´être assuré qu´en France le projet serait
fortement soutenu. Une adhésion chaleureuse du général DE GAULLE, Président de la République,
des anciens légionnaires les plus éminents: S. A. R. le Comte de Paris, S. A. I. le Prince Napoléon, M.
Pierre MESSMER, Ministre des Armées, les généraux KOENIG, OLIE, MONCIAR, MIQUEL, PECHKOFF,
M. Hubert GERMAIN, etc…, du général GARDY, Inspecteur de la Légion Étrangère ainsi que du
Maréchal JUIN et du général WEYGAND confirma que l´on était dans la bonne voie. Ensuite, il fallait
obligatoirement s´appuyer sur une base légale: après des travaux préalables amorcés dès août 1959,
l´Association «CAMERONE, A.C.», société bénévole mais jouissant des personnalités juridique et
financière fut créée le 25 juillet 1960 par un groupe de vingt-sept Français, Mexicains et étrangers
acquis à l´idée (14). Dès lors il fut possible d´obtenir sous une forme officielle les autorisations
indispensables, c´est-à-dire de “Relaciones Exteriores”, du Gouvernement de l´État de Veracruz et de
la Municipalité de Villa Adalberto TEJADA, respectivement accordées les 26 avril, 6 novembre et 10
novembre 1961.
C´est à l´architecte D. P. L. G. Vladimir KASPÉ que fut confié soin de dresser les plans de l´œuvre
projetée, sans nul doute à cause de sa valeur professionnelle reconnue mais aussi parce que son
caractère international fui permettait de mieux comprendre la pensée des promoteurs (15). Ayant
parfaitement assimilé les “orientations” qui fui furent communiquées à l´époque, (16) il présenta ses
plans en mars 1962. Acceptés à l´unanimité par le Comité Directeur, ils furent approuvés par le
Ministre des Armées immédiatement après l´audience qu´il accorda le 5 juillet 1962 au Bureau de
l´Association “CAMERONE”(17). Une maquette réalisée à Mexico par le maître Horio TANASESCU vers
la mi-août servit de guide et soutient la propagande; elle est conservée au Musée de la Légion
Étrangère à Aubagne(18). L´entrepreneur sélectionné fut M. Faustino ORTIZ GARCIA, de Córdoba.
La détermination de l´emplacement présenta d´assez nombreuses difficultés d´autant plus que, selon
un désir unanime, l´endroit élu devait avoir une relation avec le lieu du combat. Les quelques terrains
que la Municipalité offrit dans l´agglomération étaient trop petits; d´autres qui auraient convenu se
trouvaient sous régime «ejidal», autrement dit, ils étaient inaliénables. Finalement le choix se porta,
au cours d´une ultime reconnaissance effectuée le 14 décembre 1961, sur une légère hauteur située
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au nord et à environ 200 m. des dernières maisons de la localité, entre celle-ci et son cimetière, bien
que certaines dénivellations dussent imposer des remblayages atteignant jusqu´a 7 m. en plusieurs
endroits. Ce site respecte la tradition puisqu´il est contigu au ruisseau auprès duquel les blessés
français furent soignés le soir du 30 avril et, afin qu´il soit à jamais garanti contre tentative de
modification ultérieure, l´Association «CAMERONE» acquit, de son propriétaire Don David ALARCON
BARRADAS, un terrain de 10 hectares au prix de 3 000 pesos l´un, soit environ 1 200 francs, qui fut
dûment piqueté le 18 février 1962 (19). Durant toutes ces recherches, reconnaissances et
transactions, si importantes pour le succès de l´œuvre entreprise, l´Association eut à se féliciter du
concours apporté par le colonel Pepin LEHALLEUR, Attaché Militaire prés l´Ambassade France au
Mexique, de Don Joaquin TALAVERA SÁNCHEZ, notaire et de Don Rafael MOLINA ENRIQUEZ,
Président de la Municipalité de Villa A. Tejeda.
Une question annexe avait dès le début retenu l´attention des promoteurs: un barrage avait été
établi sur la petite rivière lors de la construction du chemin de fer et avait autrefois assuré aux
habitants de Camarón un abondant ravitaillement en eau. Détruit en 1910, il n´avait pu être réparé
faute de fonds. Comme amabilité envers le village, il fut décidé de donner priorité à sa remise en état
en renforçant la digue de 90 mètres de longueur, en la débarrassant de la végétation qui s´y était
incrustée, en reconstruisant la partie éboulée et en la pourvoyant de deux vannes neuves. Entrepris
le 14 mai, ces travaux s´achevèrent fin septembre 1962. Le coût total de cette réfection fut d´environ
62 mille pesos, soit quelque 25 mille francs.
Le programme ambitieux mis au point par l´Association supposait d´importantes ressources
financières et l´approche du Centenaire exigeait que des fonds soient disponibles immédiatement.
Les réponses rapides de certains donateurs enthousiastes (20) et des avances considérables
consenties par un membre important du Comité Directeur permirent de ne pas être retardés par les
premiers débours, de faire face aux frais initiaux et ultérieurement d´étaler, ou presque, dans les
passes difficiles. En dehors des fonds que l´Association put ensuite recueillir directement et qui
provinrent de toutes les parties du monde- comme les Légionnaires eux-mêmes -, un soutien officiel
fut accordé par le Ministre des Armées, le Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre,
la Légion Étrangère, etc… le général KOENIG organisa à Paris un Comité de Patronage de trente-deux
personnalités, dont il assura la Présidence et qui réussit à rassembler progressivement des sommes
suffisantes pour que, ajoutées aux autres ressources, elles couvrissent l´ensemble des dépenses. II
faut signaler que ce grand effort financier demanda beaucoup de temps et que, à certains moments,
les travaux durent être ralentis voire interrompus en attendant l´arrivée des fonds, parfois retardée
par des causes diverses. Enfin, grâce à l´action efficace de l´amiral GALLERET, Commissaire Général
aux Monument des Guerres et de la Résistance, un dernier avantage fut obtenu lorsque le
Gouvernement prit à sa charge la construction d´une maison pour le gardien et fit inscrire au budjet
un crédit annuel assurant une partie de la rémunération de ce gardien et de l´entretien du
Monument.
Le premier coup de pioche symbolique – il faudrait écrire le premier coup de pelle des trois
bulldozers attachés par moment au nivellement - fut donné à la fin du mois de mai 1962. Les
tranchées pour les fondations s´ouvrirent en juillet et le gros oeuvre des murs de soutènement de la
plateforme put être entrepris dès l´approche de la fin de la saison des pluies le 20 août. À ce
moment, plusieurs facteurs laissaient prévoir un retard appréciable sur le programme primitivement
mis au point soit par suite de considérations techniques: obligation de porter la fondation des murs à
une profondeur supérieure à celle que l´étude géologique de surface avait indiquée, nécessité d´un
drainage jugé inutile de prime abord, retard dans les transports dû à la surchage du trafic ferroviaire
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au moment de la récolte de canne à sucre, etc…(21) soit comme conséquence de déroulements plus
généraux tels que l´affaire des Drapeaux (22) qui provoquèrent une gêne nette dans la souscription et
empêchèrent donc de disposer à temps des sommes nécessaires. Repris au début de janvier 1963 par
des effectifs qui atteignirent parfois jusqu´a 48 ouvriers, les travaux permettaient au Comité
Directeur d´espérer encore que le Mausolée serait très avancé au moment de la célébration di
Centenaire de Camerone par l´application du programme nouvellement arrêté:
FRANCISCO TALAVERA
MEDICO CIRUJANO
Y CORONEL
DEL EJERCITO REPULICANO
PUEBLA, 21 DE SEPTIEMBRE DE 1822
CORDOBA, 9 DE FEBRERO DE 1893
VIVIO
PARA SER EJEMPLO
DE
VIRTUDES.
Les 5 et 6 avril 1963, on dégagea de Dalle de 1892 avec la plus grande minutie, heureusement sans
aucun dommage. L´ancienne chambre funéraire fut ouverte en présence de personnalités, de
nombreux sympathisants et d´un Officier Ministériel, le Lic. Victor PÉREZ DURÁN, Etude de notaire
public No. 9 à Córdoba, qui dressa l´acte officiel d´exhumation dans lequel figurent, entre autres, la
description et l´inventaire détaillé des restes recueillis (25). Deux caisses en fer galvanisé d´environ
0,50 m x 0.40 m x 0,40 m avaient été préparées: les cendres préalablement entourées d´étoffe et
enfermées dans deux coffres d´acajou y furent déposées avec un soin religieux, M. Louis SOL LA
LANDE en assura lui-même le sertissage à la pince, puis le soudage. On procéda alors au transport à
leur nouvelle et définitive demeure. Là, au-dessous de l´endroit qui devait recevoir la Dalle et
reposant sur 1,50 m de pierres sèches, une chambre funéraire de 2,50 m de long, 2 m. de large et 2
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m. de haut, divisée en deux alvéoles, avait été ménagée avec des murs en béton de 0,15 m
d´épaisseur. Scellée avec précaution et recouverte elle-même d´une autre couche de béton, elle
garantit aux reliques qu´elle contient un abri sans limite de temps.
En cette deuxième quinzaine d´avril 1963, si l´ensemble du Mémorial n´est encore qu´un immense
chantier, la tombe elle-même présente son aspect définitif, c´est-à-dire un grand socle rectangulaire
fait de plaques de marbre blanc, d´une longueur de 7,50 m et d´une largeur de 5 m. très légèrement
incliné vers l´entrée du Monument. C´est là que put être célébrée, le 20 avril, la cérémonie officielle
du Centenaire de CAMERONE (27).
Présidée par M. Raymond OFFROY, Ambassadeur de France au Mexique, elle rassemble, outre une
délégation étoffée de la Légion (28), de nombreuses personnalités françaises, mexicaines et
étrangères venues de tous les pays. L´armée mexicaine y participe avec une Section en armes du 13e
Régiment d´Infanterie de Veracruz. Drapeaux mexicains et français flottent côte à côte.
La Délégation fleurit d´abord les stèles de JUÁREZ et de MORELOS, fierté du village. Puis l´émotion
gagne les présents lorsque la Dalle est transférée du Monument de 1892 à son emplacement
nouveau. Ont l´insigne honneur de la transporter: le général LEFORT, Inspecteur de la Légion
Étrangère, le général PÉNETTE, Président de l´Association «CAMERONE», les colonels ROMET et
VAILLANT, M M. GONZALEZ MONTESINOS et DANJOU, les adjudants-chefs EGEL et DELLA ROSA. Dès
qu´elle est mise en place, le capitaine CAMUS dépose devant elle le coffret contenant la main
articulée du capitaine DANJOU. Successivement le général PÉNETTE, exprimant les sentiments de
l´Association, le général OLIE, représentant le Ministre des Armées et parlant au nom de la Légion et
Don Rafael MOLINA ENRIQUEZ, Président de la Municipalité prononcent des discours. La salve de la
Section mexicaine déchire l´air; le sergent-chef clairon ESPEROU sonne “Aux Morts”. Le R. P. Bernault
DE SALAIGNAC (29) et le curé de la paroisse donnent l´absoute et prient en commun avec le pasteur
protestant. Le général LEFORT confère la Médaille Militaire aux adjudants-chefs EGEL et DELLA ROSA
puis remet les galons de légionnaire de 1ére clase honoraire aux capitaines de réserve Louis
HALLARD et Jean CASTAINGT dont l´inlassable et total dévouement à la cause de la Légion a été
déterminant dans l´érection du nouveau Monument.
L´assistance se dirige ensuite vers la tombe du commandant TALAVERA où les honneurs sont rendus
par une autre salve d´infanterie et par la sonnerie mexicaine “Aux Morts”. L´Ambassadeur de France
tire les leçons de cette journée de commémoration franco-mexicaine et la réconciliation définitive se
concrétise par le serrement de mains de MM. TALAVERA et DANJOU devant le monument à l´aïeul
(30).
Le reste de l´année 1963 fut marqué par de nombreuses interventions auprès du Gouverneur de
l´État de Veracruz en vue de lui faire mieux comprendre le caractère franco-mexicain que les
instigateurs voulaient donner à leur œuvre et d´infléchir sa position instransigeante. Finalement, au
cours d´une entrevue qu´il accorda à l Ambassadeur de France le 28 novembre 1963, non seulement
il se déclara en faveur de l´achèvement du projet, mais il exprima son désir que l´affaire soit menée à
son terme aussi vite que possible. En fait son approbation ne sera formulée que le 7 août 1964 dans
une lettre adressée à L’Ambassadeur de France.
Les travaux qui, en vérité, n´avaient jamais cessé totalement d´être poursuivis, mais à un rythme très
réduit, purent alors être conduits plus activement, ralentis cependant à certaines périodes par suite
de l´exiguïté des ressources financières. Le terre-plein fut achevé en février 1965 et le Mausolée prit
sa forme finale en juillet de la même année.
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C´est une œuvre architecturale orientée est-ouest, presque carrée – elle a 90 m. de long et 85 m. de
large -, précédée d´une avancée de 32 m. x 15 m. qui la relie à la route. Elle est entièrement
cimentée à l´exception de quatre jardinières en forme d´équerre, de chacune 25 m. de côté et 5 m.
de large, plantées de cyprès et de bougainvillées naines (31). Le bétonnage a été conduit de façon à
former des carrés couleur gris d´acier de 5 m. x 5 m. reliés entre eux par des interstices linéaires
parsemés de petites pierres dites de San Miguel. Une facture plus recherchée de certains de ces
carrés dessine dans le dallage une croix géante – elle a près de 100 m. de long -, très visible d´avion, à
peine discernable à terre et qui est la seule évocation religieuse du lieu. Deux bosquets de
«tabachines» l´entourent sur ses faces nord et sud (32).
Un effet de montée progressive vers le «cœur» du Mémorial a été obtenu par une très légère pente
et aussi par Deux escaliers de trois marches chacun donnant accès à une vaste plate-forme de 50 m.
x 15 m., tirant sur le crème, au centre et à l´arrière de l´ensemble. Cette plate-forme soutient le socle
de marbre déja mentionné, portant lui-même la Dalle sacrée entourée d´un listel de bronze. Le fond
du Mausolée est barré par un mur de 5 m. de haut en moellons du pays, laissant en son centre une
échancrure de 10 m.
C’est la partie plus spécialement consacrée à la commémoration franco-mexicaine: un autre mur, de
même hauteur que le premier mais recouvert de pierres lissées et en recul d´environ 1,30 m par
rapport à lui, soutient deux grands aigles de bronze, de 1,80 m chacun, reproduisant l´un celui qui de
face figurait à l´époque sur le blanc de l´emblême mexicain, l´autre celui qui servait de Bout de
hampe au drapeau de la Légion pendant cette campagne avec son cartouche «Régiment Étranger»
(33). Sur ce mur se lisent: la devise «Virtuti Militari», raison d´être de l´ensemble de l´œuvre, en
lettres de bronze, ainsi que les inscriptions «Hommage aux Combattants de Camerone» gravées en
espagnol et en français, Enfin les dates 30-IV-1863, 30-IV-1963 (34). Deux mats de 20 m. font flotter
haut les couleurs des deux pays.
On peut estimer que les frais totaux engagés pour la réalisation du Mémorial se sont élevés à 1
million trois cents mille pesos, soit approximativement un peu plus de cinq cents mille francs.
L´inauguration officielle en eut lieu le 15 décembre 1965 par le général KOENIG, représentant M.
MESSMER, Ministre des Armées, en présence de M. Jacques VIMONT, Ambassadeur de France au
Mexique, du colonel Miguel RODRIGUEZ ITURRALDE, Chef d´État-Major de la 26ème Zone militaire de
Veracruz, représentant l´armée mexicaine, d´une délégation venue de France (35), de nombreux
membres de l´Association «CAMERONE», de sympathisants et de la Municipalité de Villa A. Tejeda.
Après le rituel dépôt de couronnes au pied des stèles d’Hidalgo et de Morelos et au Monument
mexicain élevé dans le village (36) ce dernier hommage rendu par le général KOENIG -, le cortège se
porte au tombeau du commandant Talavera et ses cendres y sont déposées par son arrière-petit-fils,
Don Carlos Talavera, de Córdoba. La Délégation gagne ensuite le Mémorial où un détachement du
13ème Régiment d´Infanterie de Veracruz présente les armes. La couronne verte et rouge est placée
au pied de la Dalle. Des discours sont prononcés par Don Antonio COUTTOLENC ESPINOSA, Président
de la Municipalité, M. Louis HALLARD, Vice Président Exécutif de l´Association «CAMERONE», lisant le
texte préparé par le Dr. Efrén MARIN (37), M. VIMONT et le général KOENIG, parlant au nom du
Ministre des Armées. Tandis que les troupes rendent les honneurs, le général KOENIG, M. VIMONT et
le Dr. Efrén MARIN, arrivé entre-temps, dévoilent en premier l´aigle mexicain, puis l´aigle français.
Ces gestes achèvent de donner au Mémorial sa figure immuable.
Groupés alors sous une tente immense, tous les participants à cette inauguration entendent M.
HALLARD retracer les efforts ayant permis d´aboutir à la réalisation que l´on fête ce jour. Le silence
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de cathédrale dans lequel ses paroles sont écoutées prouve qu´il touche les cœurs les plus endurcis.
II est procédé ensuite à la remise de répliques en bronze de l´aigle ayant couronée la hampe du
Drapeau du Régiment Étranger que l´Association «CAMERONE», grâce à des dons de certains
membres de son Comité Directeur, a fait reproduire en un nombre d´exemplaires numérotés trés
réduit.
Le n°1 va à la Légion Etrangère, le n°2 à la Fédération des Amicales d´Anciens Légionnaires, le n°3 au
général KOENIG, les autres à des personnalités ayant collaboré d´une facón décisive aux activités qui
ont permis l´érection du Mémorial (38).
Onze ans se sont écoulés et le Monument commence à se teinter de la patine des jours. Sa solidité a
été mise à rude épreuve par le violent tremblement de terre qui ravagea la région en 1973, on ne
décela pas la moindre fissure. L´intérêt qu´il ne cesse de susciter chez les Légionnaires et parmi les
visiteurs et les touristes qui se détournent de leur itinéraire pour aller s´y recueillir prouve que le but
que s´étaient proposé ses promoteurs a été atteint. II durera dans la gloire, insensible aux atteintes
du temps, comme la Légion et sa Légende.
ANNEXES
PLAN DU MÉMORIAL.
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3- NOTES
(1) : CAMARÓN est situé à l’ouest de VERACRUZ, à 69 km par la route et la piste, à 64 km par la voie
ferrée de cette ville et à 336 m d’altitude. Depuis 1928 elle a pris le nom officiel de Villa
Adalberto TEJEDA, mais la station de chemin de fer n’a pas procédé à ce changement et a gardé
le vocable ancien.
(2) : «Souvenirs d’un officier belge 1864-1866» par Émile WALTON, lieutenant au 2ème Régiment de
Chasseurs à pied: pp. 14,25 et 31, Paris 1968 et «Le Mexique et la Légion belge 1864-1867» par
le capitaine LOISEAU, des Carabiniers, Bruxelles 1870.
(3) : Un autre libellé est rapporté par Jean BRUNON dans son livre «CAMERONE», Éditions France-
Empire 1963, p.201:
«Il semble que l’inscription fut la suivante: Á la mémoire de DANJOU, VILAIN et MAUDET et de la
3ème Cie du 1er Bataillon de la Légion Étrangère qui ont succombé le 30 avril 1863 après dix heures
de lutte devant 2 mille mexicains».
La rédaction consignée par l’officier belge paraît plus plausible.
(4) : Dans son journal, à la date de juillet 1863, le lieutenant DE DIESBRACH DE THORNY, du Régiment
Étranger, s’exprime ainsi: «En passant par CAMERONE, nous ne voyons plus la croix que nous
avions mise sur les corps de nos pauvres compagnons. Qui l’a jetée? Nous le saurons au retour,
je l’espère. En tous cas, nous en apporterons une autre».
(5) : Revue des Deux-Mondes de juillet 1878. «CAMARONE, épisode de la guerre du Mexique»,
retranscription du récit fait par l’ex-caporal MAINE, de la 3ème du 1er, alors capitaine en retraite.
«La présence de la colonne et des lauriers et l’absence d’inscription sont confirmées dans
l’ouvrage de l ‘abbé LANUSSE: «Les héros de CAMERONE», Flammarion, Paris».
(6) : «Operaciones militares del Estado de Veracruz y de la Costa de Stavento». publié en 1891 à
Mexico. Ce renseignement est confirmé par le Dr. Eusebio DÁVALOS HURTADO, Directeur de
l´lnstitut National d´Anthropologie et d´Histoire, s´appuyant sur les archives de l´lnstitut dans
une lettre du 10 avril 1958: «Ce monument fut détruit plus tard lorsque l´occupation militaire
cessa».
(7) : M. RIBOT était alors Ministre des Affaires Étrangères et M. DE FREYCINET, Ministre de la Guerre.
Le Ministre de France à Mexico rendit compte à son Ministre de l´achèvement des travaux par
une lettre en date de 11 juin 1892.
(8) : Ces renseignements furent contrôlés lors d´une exploration de la tombe effectuée le 23 mars
1962, préalablement à son transfert. Le procédé employé fut une excavation verticale de 0,70 m
sur le côté ouest, complétée par une perforation horizontale qui permit d´observer l´intérieur et
d´y vérifier entre autres l´existence d´ossements humains. Participèrent officiellement à cette
vérification: le colonel Pepin LEHALLEUR, le capitaine CASTAINGT, M. Louis SOL LA LANDE et
l´architecte ARALUCE.
(9) : Á gauche texte gravé en latin sur la dalle de marbre blanc . À
droite la traduction de ce texte en français
(10) : Le«nacastle», également appelé «guanacastle», est scientifiquement dénommé «enterolobium
cyclocarpum»; c’est un arbre des régions tropicales.
(11) : C´est á Sidi-bel-Abbès, en visitant la Salle d´Honneur du 1er R. E. I. pendant la Deuxième Guerre
Mondiale que M.M. Xavier et Louis SOL LA LANDE, fils d´un Français Agent consulaire à
Veracruz (et de ce fait en contact étroit avec la colonie française et les nombreux Français qui à
cette époque transitaient par ce port), et tous deux nés à Veracruz, apprirent que la Légion
Etrangère avait participé à l´expédition française au Mexique et qu´elle y avait livré un combat
mémorable à Camarón, à 60 km de leur lieu de naissance.
(12) : Général Marcel PÉNETTE et Capitaine Jean CASTAINGT: « la Legión extranjera en la
Intervención francesa ». Sociedad Mexicana de Geografía y Estadística.
(13) : Dans l´autorisation officielle qu´il accorda par la suite, il est dit : « Le Gouverneur de l´État vous
exprime qu´il voit cette idée avec sympathie et n’a aucune réserve à son encontre ».
(14) : Composition à l´origine:
Président : Général PÉNETTE ;
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Vice Président Exécutif : M. Louis HALLARD (fonction qu´il assume encore en 1976) ;
Secrétaire Général : M. Jean CASTAINGT ;
Secrétaire Général adjoint : M. Xavier SOL LA LANDE ;
Secrétaire : André KUHN (fonction qui´il assume encore en 1976).
Trésorier : M. André LESUR (fonction qui s´avéra vite très lourde et qu´il assume encore
en 1976).
Les présidents successifs furent :
de 1960 à 1963 : Général PÉNETTE
de 1963 à 1965 : Don Manuel GONZÁLEZ MONTESINOS, petit-fils du général GONZÁLEZ,
Président de la République Mexicaine de 1880 à 1884, et petit-fils par sa mère du
colonel MONTESINOS, notre adversaire dans la bataille de Puebla de 1862 et prisonnier
en France pendant deux ans. Pendant la Première Guerre Mondiale, M. GONZALEZ
MONTESINOS a été blessé trois fois dans les rangs du R. M. L. E. et fait Chevalier de la
Légion d´Honneur pour faits de guerre,
de 1965 à 1973 : Docteur Efrén MARIN ;
à partir de 1973 : Don Joaquin TALAVERA, Arrière-petit-fils du commandant et docteur
Don Francisco TALAVERA, qui commandait le Bataillon de Garde Nationale de Jalapa
opposé aux Légionnaires et qui ensuite les soigna le 30 avril 1863.
(15) : Né à Karbin (Mandchourie ex-russe), naturalisé Français, élève à l´École Nationale Supérieure
des Beaux-Arts, Grande Médaille de la Société des Architectes D. P. L. G., résidant de longue
date à Mexico.
(16) : Le général PÉNETTE a consigné ces « orientations » dans ses notes personnelles : « Je pus
communiquer à l´architecte les desiderata suivants: Faire un monument:
aussi grand que l´idéal qu´il symbolise ;
défiant l´usure du temps ;
indifférent au manque de soins et à la rareté de l´eau, c´est-à-dire sans pelouses difficiles
à entretenir, avec le minimum de verdure et de fleurs ;
soustrait aux influences de temps, d´époque, d´école ou de pays et, pour ce faire, sans
vouloir influencer le choix des moyens, je ventais les mérites de la simplicité des factures
rectilignes et le danger des courbes, même à définition mathématique ».
(17) : Assistaient à cette audience: le général KOENIG, le général MOREL, Inspecteur de la Légion
Étrangère, et pour l´Association « Camerone » : le général PÉNETTE, M. André LESUR et M.
André KUHN.
(18) : Cette maquette a pu être vue à l´Exposition de la Légion Étrangère aux Invalides en 1963.
Réalisée à l´échelle du 1:200, elle comporte en dehors du Monument lui-même :
une rotonde extérieure, primitivement destinée à un musée de l´époque ;
de l´autre côté de la route, soit à l´ouest, une grande plateforme devant servir de
nécropole. M. TRIBOULET en 1962 et M. SAINTENY en 1963, Ministres des Anciens
Combattants et Victimes de Guerre, avaient en effet décidé de regrouper à Camarón les
restes des soldats français tombés dans la région est du Mexique.
Ces deux projets annexes ne purent être menés à bien faute de moyens financiers.
(19) : Le premier versement fut effectué le 14 mars 1962. Par suite d´atermoiements dûs à diverses
causes, en particulier à la fixation exacte des limites (qui porta la surface totale à un peu plus
des 10 hectares primitivement convenus), c’est le 18 juin 1962 que fut signé l’acte d’achat par
devant Maître Joaquin TALAVERA SÁNCHEZ, Étude de Notaire n° 50 à Mexico.
(20) : Le général KOENIG reçut en quarante-huit heures trois chèques de chacun un million de
francs anciens : le premier lui fut remis par M. Georges POMPIDOU, fondé de pouvoirs de la
Banque ROTSCHILD, le second par le Comte DE VOGUË, Président Directeur Général de Saint-
Gobain, le troisième par un ami qui demanda à garder l´anonymat ; M. Guy DE BERC, Directeur
de la Compagnie Générale Transatlantique de New-York, fit envoyer mille dollars au général
PÉNETTE, etc…
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(21) : Ne disposant d´aucune ressource sur place, tout – pierres de qualité, sable, ciment, eau –
devait être apporté par wagons de chemins de fer ou par camions-citerne.
(22) : A l´approche du Centenaire de la victoire mexicaine de Puebla, 5 mai 1862, une très forte
poussée de l´opinion publique demandait que la France rendit au Mexique certains drapeaux
figurant aux Invalides dans les trophées de guerre. L´Ambassadeur de France dut transmettre
au Gouvernement mexicain, en février 1962, une réponse négative. II en résulta un froid dans
les relations et une incertitude sur l´ampleur à donner aux cérémonies du Centenaire de
Camerone en avril 1963 qui entravèrent nettement l´action de l´Association à tous les points
de vue. Finalement, trois emblêmes furent restitués le 5 mars 1964, onze jours avant l´arrivée
du général DE GAULLE en visite officielle au Mexique.
(23) : Le Président LÓPEZ MATEOS était alors en visite officielle en France.
(24) : Une des conséquences de l´attitude du Gouverneur fut qu´à Paris, le général KOENIG différa le
lancement de la souscription publique jusqu´à ce que la situation soit clarifiée.
(25) : L´acte notarié indique comme témoins de l´exhumation: le capitaine CASTAINGT, représentant
M. DURIEUX, Consul de France à Mexico; le général PÉNETTE, Président de l´Association, M.
Raul SEMPÉ MONTALVO, petit-fils du constructeur du Monument de 1892 ; M. Paul SOUBIC,
Président de l’Association des Anciens Combattants, M. M. Jacques DE CHOULOT, Louis SOL LA
LANDE, Ángel BATIZ, David ALARCÓN BARRADAS, Ramón MOLINA ENRIQUEZ, Ignacio MOLINA
ENRIQUEZ.
(26) : Ce grand socle a 0,30 m de hauteur à l´avant et 0, 50 m à l´arrière. II repose lui-même sur un lit
de ciment gris foncé de 0,10 m d´épaisseur.
(27) : La date avait été fixée avec dix jours d´avance de façon à permettre à la délégation venue de
France de regagner la métropole á temps pour préparer les festivités qui se déroulèrent à
Aubagne les 29 et 30 avril 1963.
(28) : Cette délégation, arrivée à Mexico le 18 avril, était dirigée par le général d´Armée OLIÉ, Grand
Croix de la Légion d´Honneur. Elle comprenait les généraux LEFORT, inspecteur de la Légion
Étrangère et Compagnon, Attaché Militaire á Washington; M. DE LA FOURNIÈRE, Conseiller au
Cabinet du Ministre des Armées ; les colonels LAIMAY, THÉVENON, VAILLANT, NOUGUÉS,
ROMET, neuf autres officiers et douze sous-officiers des différents régiments de Légion; M.
René DANJOU, petit-neveu du capitaine DANJOU; MM. ARAKELIAN, secrétaire général de l’
Association des anciens officiers combattants de l´armée française à titre étranger ; MANUE,
écrivain ; le comandant DJIN-TCHARADZÉ, de New York ; MM. Léon NICOLAI, de San Francisco ;
François SLISTAN, de Chicago ; Lazlo PATAKY, de Nicaragua ; tous anciens légionnaires. S´y
étaient joints des journalistes de l´A. F. P., Le Figaro, France-Soir, Paris Match, Associated Press
et des envoyés du Service cinématographique de l´Armée. Le 19, la Délégation visita Puebla où
elle fut reçue par le Conseil Municipal en session extraordinaire. Plusieurs de ses membres et
des personnalités du Comité Directeur de l´Association «CAMERONE» furent faits citoyens
d´Honneur de la Ville. Le lieutenant-colonel Victor Manuel RUIZ, du 2e Bureau de l´Etat-Major
de l´Armée mexicaine a été attaché à la personne du général OLIÉ pendant tout son séjour au
Mexique.
(29) : Père mariste, curé de la paroisse française de Mexico.
(30) : Avant de repartir pour la France le 23 avril, la Délégation se rendit le lendemain à l´Ile des
Sacrifices, dans la baie de Veracruz, et déposa une couronne à la colonne élevée à la mémoire
des nombreux membres de l´expédition qui y furent inhumés.
Elle emporta une urne contenant des cendres des héros de Camerone qui lui fut remise le 22
avril par l´Association au cours d´une réception à l´Ambassade de France.
(31) : La partie décorative – arbres, plantes – a été assurée depuis la construction jusqu´à ce jour par
M. Jacques De CHOULOT, petit-fils du lieutenant DE CHOULOT, de la compagnie de voltigeurs
du 1er Régiment de la Légion Étrangère, deux fois blessé, cité, promu capitaine et fait chevalier
de la Légion d’Honneur pendant le siège de Sébastopol, auquel participait également le
capitaine DANJOU.
(32) : Le « tabachin » qui croît sous les tropiques est appelé « camarón » dans certaines régions et
« flamboyant » en français. Son nom scientifique est : « caesalpinia pulcgerrima ».
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(33) : Ces aigles portent la signature du maître Juan OLAGUIBEL, sculpteur mexicain réputé, auteur
entre autres de la Diane et de la Fontaine des Pétroles à Mexico. Ultérieurement, quand le
Gouvernement de l´Etat de Veracruz fit édifier, toujours dans un esprit de commémoration,
une école secondaire non loin du Monument des légionnaires, c´est aussi le maître OLAGUIBEL
qui réalisa la statue du colonel Milán ornant cette école.
La détermination du motif décoratif symbolisant l´amitié franco-mexicaine fut laborieuse. Trois
projets furent successivement rejetés :
un combattant et un légionnaire se serrant la main, pour être déjà traité au cimetière
français de Puebla ;
deux statues de combattants de l´époque, jugé trop peu allégorique ;
les statues du colonel MILAN et du capitaine DANJOU, estimé trop personnalisé.
Le projet des deux aigles rencontra par contre l´unanimité.
(34) : Ces lettres et chiffres, creusés dans la pierre, furent revêtus d´une peinture rappelant la
couleur du bronze spécialement élaborée par M. Louis SOL LA LANDE pour résister au climat
des tropiques et appliquée par les soins de MM. Jean LARDERET et René LARIVAIN.
(35) : Cette délégation comprenait : les généraux KOENIG, OLIÉ, MIQUEL, tous trois Grands-Croix de
la Légion d’Honneur ; l’Amiral GALLERET, représentant le Ministre des Anciens Combattants et
Victimes de Guerre ; le colonel VADOT, commandant le 1er R. E. I. et le capitaine GÓMEZ,
légionnaire le plus ancien.
(36) : La Municipalité avait entre-temps fait édifier dans l´allée principale du village un petit
monument commémoratif de forme pyramidale destiné en principe à recevoir les cendres du
colonel MILAN.
(37) : Le Dr. Efrén MARIN, Président de l´Association, retardé par des incidents de route, n´avait pas
pu assister au début de la cérémonie.
(38) : Le général KOENIG, dans une lettre de remerciements adressée à M. HALLARD le 20 décembre
1965, veut atténuer par une allusion plaisante l´émotion qui fut la sienne: « Et, avec une
économie de moyens remarquable, avec des mots simples mais avec un cœur que chacun
sentait battre, vous avez prononcé un « discours de distribution de prix » étonnant et
extrêmement émouvant. Allons, mon cher HALLARD, il faut s´y faire vous êtes un homme de
cœur –ce qui n´est pas bien fréquent ces temps-ci. Merci donc à vous et du fond de mon cœur
à moi.»
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