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Borel Marius

Marius Ernest Borel, né en 1872, est un planteur et agriculteur influent au Tonkin, ayant établi d'importantes exploitations agricoles, notamment dans la culture du café et l'élevage de bétail. Il a été président de la chambre d'agriculture du Tonkin et a reçu plusieurs distinctions, dont la Légion d'honneur. Borel est reconnu pour ses contributions significatives à l'agriculture coloniale et pour avoir transformé la région par son travail acharné et son innovation.

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Borel Marius

Marius Ernest Borel, né en 1872, est un planteur et agriculteur influent au Tonkin, ayant établi d'importantes exploitations agricoles, notamment dans la culture du café et l'élevage de bétail. Il a été président de la chambre d'agriculture du Tonkin et a reçu plusieurs distinctions, dont la Légion d'honneur. Borel est reconnu pour ses contributions significatives à l'agriculture coloniale et pour avoir transformé la région par son travail acharné et son innovation.

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Publié le 19 janvier 2014.

Dernière modification : 24 décembre 2024.


www.entreprises-coloniales.fr

Marius Ernest BOREL, My-Khê

Marius BOREL

Né le 26 novembre 1872 à Saint-Julien-en-Beauchêne (Hautes-Alpes).


Père de six enfants dont :
Alice Borel (Mme Guigues),
Yvonne (Mme Raoul Bontoux),
et Germaine, mariée en 1941 avec Louis Manent, directeur de l'Omnium indochinois.

Services militaires
Incorporé le 20 juillet 1893 au détachement d'artillerie stationné au Tonkin. Mis en congé
renouvelable le 20 juillet 1894.

Services civils
Au Tonkin depuis le 16 juillet 1891.
Exploitations agricoles créées par M. Borel :
1° En collaboration avec MM. Guillaume frères et M. Borel (Joseph), son frère :
en 1891 : concession de Vu-Xa ;
en 1894 : des 99-Collines,
en 1897 : de Daï-Dong ;
2° Seul, pour son propre compte : en 1899, concession de Da-Han, café et élevage.
Introducteur de bestiaux et de volailles de race française. Da-Han et Dai-Dong, qui lui
appartiennent en propre aujourd’hui, comprennent 82 hectares de café, 1.000 têtes de
bétail, d'immenses prairies et pâturages améliorés. De nouvelles variétés de caféiers robusta,
chari, etc., y ont été introduites, sont l'objet d'une culture raisonnée et donnent les plus
belles espérances.
Avec ses frères Joseph et Ernest Borel, a constitué une société agricole pour l'exploitation
des établissements et plantations de Co-Nghia et de Nhung-Lao, province de Phuly, qui ne
comprennent pas moins de 130 hectares de café, des cultures indigènes, de grandes
étendues de pâturages très améliorés nourrissant plus de 1.600 têtes de bétail.
Directeur d'Ellies Mathée et Cie (1917-1925).
—————————
Grands prix et premiers prix à tous les concours agricoles de Hanoï.
Membre (1902), vice-président (1911), puis président (1920-1928) de la chambre
d'agriculture.
Chevalier (1913), puis officier (1928) de la Légion d’honneur.
Délégué du Tonkin au conseil supérieur des colonies (1928).
Décédé le 10 janvier 1962 à Six-Fours-les-Plages (Var).

1898 (décembre) : Ernest Borel s’installe à Co-Nghia


Les frères Louis, Joseph, Marius et Ernest Borel à Hanoï en 1902
(Marius Borel, Souvenirs d’un vieux colonialiste, compte d’auteur, Rodez, 1963).
—————————

HA-NAM
(L’Avenir du Tonkin, 20 mars 1911)

Concession. — M. Marius Borel, planteur à Dai-dong, province de Ninh-binh, est


substitué à M. Boyer, Jean-Jacques, planter à Vu-Xa, province de Ha-nam, dans tous les
droits de ce dernier sur Ia concession agricole qui lui a été accordée à titre provisoire
dans la province de Hà-nam par arrêté du 10 juillet 1908.
———————

Légion d'honneur
Ministère des colonies
(Journal officiel de la République française, 12 août 1913)

Chevalier
Borel (Marius), planteur en Indo-Chine ; 1 an de services militaires. Depuis 22 ans au
Tonkin. Titres exceptionnels : a créé de très importantes exploitations agricoles.
Membre, puis vice-président de la Chambre d'agriculture du Tonkin et du Nord-Annam.
——————————————

Les événements et les hommes.


(Les Annales coloniales, 8 novembre 1913)
La Chambre d'agriculture de Hanoï s'est réunie, le 19 octobre, après un banquet
amical au cours duquel M. Laumônier, président, a remis au nom de ses collègues à
M. Marius Borel, vice-président, les insignes de chevalier de la Légion d'honneur,
distinction qui lui fut récemment conférée.

———————————————

EXPLOITATION DES CHARBONNAGES DE CHI-HOA, à Chi-né


EN ASSOCIATION AVEC LES FRÈRES SCHALLER

———————————————

Nouvelles du Tonkin
(L'Écho annamite, 26 mai 1921)

M. LONG A SONTAY
(Information, transmises de Hanoï par T. S F )
M. le gouverneur général s'est rendu hier dans la province de Sontay pour visiter les
plantation de M. Borel, président de la chambre d'agriculture.
————————

Les Coloniaux et la France


(L'Éveil économique de l'Indochine, 15 octobre 1922)

Voici ce que, avec plaisir, nous extrayons du Bulletin de la Société nationale


d'acclimatation de France au sujet de M. Marius Borel et du Bulletin de la Société de
géographie commerciale au sujet de M. P. A. Lapicque*.

M. Marius Borel est le promoteur de la culture du caféier et de l'élevage rationnel du


bétail au Tonkin. Ayant quitté son village natal des Hautes-Alpes, vers 1892, il vint
s'établir dans notre colonie d'Extrême-Orient où ses deux frères, morts depuis, l'avaient
déjà précédé, et grâce à son activité et son intelligence, le travailleur opiniâtre qu'il est,
devint l'un des principaux planteurs et le président de la Chambre d'agriculture du
Tonkin. Aujourd'hui, la petite plantation de M. Borel est devenue un établissement
modèle considérable ; sur son domaine, 1.000 hectares sont consacrés à la culture du
caféier et son troupeau de bêtes à cornes, chèvres et vaches, comprend 2.500 têtes. Il a
acclimaté au Tonkin nos meilleures races françaises et a fait des croisements
intéressants avec celles du pays.
La vie de ce planteur au Tonkin est un exemple de ce que peut la ténacité française
lorsqu'elle s'allie à un grand bon sens, à la ferme volonté de réussir. Grâce à ces
qualités, M. Borel a fait de la belle colonisation, à l'exemple de ce que firent, jadis, les
Français au Canada. Nous nous en réjouissons et en témoignage de l'estime dans
laquelle nous tenons son œuvre, nous offrons à M. Borel notre grande médaille (hors
classe) à l'effigie d'Isidore Geoffroy Saint Hilaire. […]

Ces éloges adressés par ces grandes Associations métropolitaines à deux des plus
sympathiques Tonkinois sont trop mérités pour que nous ne nous empressions pas de
les reproduire, persuadés que leurs nombreux amis seront heureux d'en prendre
connaissance mais c'est un bon symptôme de voir en France rendre enfin justice à de
bons et loyaux coloniaux qui ont été assez souvent à la peine pour être enfin à
l'honneur.

————————————

ÉLEVEURS À MY-KHÊ
CRÉATEURS D’UNE LAITERIE

————————————

Visite du gouverneur général p. i. [Baudoin] à la concession Borel


(L’Écho annamite, 26 octobre 1922)

Dans la matinée du dimanche 22 courant, M. le gouverneur général a visité la


concession Borel aux environs de Sontay. Cette concession, située au pied du mont
Bavi, comporte une splendide plantation de café et une ferme d'élevage de bétail de
choix où figure un grand nombre de races bovines, ovines, porcines asiatiques et
européennes.
M. Borel entreprit la mise en valeur de sa concession en 1916 ; en 8 ans, il a créé un
véritable village et sa concession est certainement un établissement modèle. Il
importerait que les travaux de M. Borel fassent plus connus. Mieux que n'importe quels
livres, ils démontrent les immenses ressources qu'offre le Tonkin au point de vue de
l'agriculture et de l'élevage et les magnifiques résultats que l'on peut obtenir avec de
l'intelligence et un travail persévérant.
———————————

La province de Sontay au point de vue économique


par VERAX
(L'Éveil économique de l'Indochine, 5 novembre 1922)

[…] Après les terrains de la plaine, commencent les contreforts de la chaîne du Ba-Vi.
C'est un pays de collines dénudées et peu peuplé. Le terrain est pauvre et les quelques
rizières qui se trouvent dans les bas-fonds sont peu fertiles à cause de l'acidité du sol et
du manque de soins. Sur les collines, on fait un peu de manioc où de riz de montagne,
mais la plus grande partie est couverte de fougères et d'herbe à paillote.
Cette région, si délaissée il y a quelques années, a maintenant changé d'aspect. Des
colons courageux et pleins d'initiative se sont mis à la besogne et sont en train de
transformer le pays. Leur principale culture est celle du café ; on a dû dépasser le million
de pieds de caféiers. Cette plante demande beaucoup de fumure, aussi chaque
concession doit-elle entretenir un troupeau important. Malgré cela, le fumier de ferme
étant loin de suffire, il faut y ajouter du phosphate ou de l'engrais chimique.
La plus importante concession est celle de la Société Ellies, Mathée et Cie* à Hoa-
Muc et Phu-Man, d'une superficie d'environ 4.000 hectares, dont 600 plantés en café,
le reste servant de pâturages. Cette concession, qui a pour directeur technique
M. Marius Borel, commence à donner des fruits et promet de merveilleux résultats.
Celle du mont Bavi, appartenant à M. Marius Borel, est aussi très importante et est
actuellement en plein rapport.
Voici les autres concessions de moindre envergure :
1° Celle de M. Morice maintenant entre les mains d'un indigène ; on y cultive le café
et l’ylang-ylang.
2° Thibaut à Hôa-Lac : café, thé et manioc.
3° Verneuil et Gravereaud [constructeurs de pousse-pousse à Hanoï] à La-Gian et
Liên-Son : café et riz.
4° Pasquet à Hoa-Lac : 30 hectares de café.
5° François Lautard à Yên-Khoai et Kim-Dai.
6° Clément Lautard à La-Gian : café et riz.
7° Veuve Robert à Hoa-Lac ; 10 hectares de café.
8° Léopold Robert, à Hoa-Lac : 25 hectares de café.
Toutes ces concessions occupent de nombreux coolies payés en moyenne par jour 20
cents pour les hommes et 15 cents pour les femmes. Ils viennent en majorité des
villages de la province.
À qui voudrait se rendre compte des efforts des colons de Sontay, nous conseillons le
voyage par la route dite des concessions. Départ de Hanoï par la route de Hoa-Binh.
Après le pont de Xuân-Mai, bifurcation à droite. La route traverse les concessions Ellies,
Mathée et Cie, Thibaut, Robert, Pasquet, Verneuil et Graveraud. Arrivé aux casernes de
Tong, prendre la route du Bavi pour visiter la concession Borel. Le voyage sera sûrement
intéressant et instructif. Les aspirants colons pourront même s'y choisir un domaine, car
le terrain ne manque pas, surtout dans les environs du poste de Cao-Linh, près de la
rivière Noire. Les chasseurs y trouveront des terrains de chasse splendides et, en cas de
malchance, ils pourront même se procurer du gibier.
Si le métier de colon a ses charmes et ses profits, il a aussi ses déboires et ses pertes.
Sans parler des typhons, du borer [insecte attaquant le caféier], de la sécheresse, etc. la
peste bovine fait souvent d'affreux ravages. […]
—————————
L'Indochine et la chambre de commerce internationale
(L’Écho annamite, 3 mars 1923)

Feront partie de la cour d'arbitrage MM. … Marius Borel, président de la chambre


d'agriculture du Tonkin…
————————————————
LES ÉNERGIES FRANÇAISES DANS NOS COLONIES
LES BOREL
par Pierre CREPIN
(Le Monde colonial illustré, octobre 1923)

PLANTATION DE CAFÉIERS AU MONT BAVI (Cliché Borel)


Le café est indigène au Libéria et appartient à l'espèce très estimée introduite avec tant de succès au
Brésil, aux Antilles, à Ceylan et en Océanie.

C'est à Sisteron, dans les Basses-Alpes, que se trouve le berceau de la famille Borel.
Le Borel qui vivait là dans le dernier quart du siècle dernier eut quatre fils. L'imprévu des
armes mena l'aîné, Louis, jusqu'au Tonkin, à l'époque de la conquête. Louis Borel ayant
fini son temps demeura au Tonkin et eut la gloire de monter, pour le compte de
M. Guillaume, la première scierie de marbre du Tonkin.
Le second des Borel, Joseph, vint rejoindre son frère en 1889, les deux frères
élevèrent des chèvres et fabriquèrent du fromage.
La petite industrie de Joseph Borel était en pleine prospérité mais le pratique
agriculteur qu'il était souffrait de voir sans emploi un important sous-produit de son
élevage le fumier de ses chèvres.
Joseph Borel se fit cette réflexion que son fumier de chèvre inutilisé pourrait fort bien
faire au pied des caféiers.
On le traita de fou, Tous les livres écrits jusqu'alors sur le café recommandaient de ne
jamais fumer les caféraies.
Joseph Borel désherba, bina et fuma 200 caféiers souffreteux.
En 1890, il avait 200 caféiers qui donnèrent quelques milliers de grains. Chaque
année la plantation s'agrandit.
Et voilà comment les chèvres furent la cause première des plantations de café en
Indochine.
La plantation des Borel prospérait. Alors, le troisième frère, Marius, arriva à son tour.
C'est lui l'actuel chef de la famille. Grâce à son énergie, ajoutée à celle de ses frères, il
est devenu propriétaire de la plus importante caféraie du Tonkin, celle du Mont Bavi,
près de Sontay. Président de la chambre d'agriculture du Tonkin et du Nord-Annam,
chevalier de la Légion d'honneur, il est secondé par son plus jeune frère, le quatrième
Borel, arrivé à son tour dans la Colonie. Tous les Français qui sont allés au Tonkin
connaissent les Borel, cette belle famille française transplantée toute entière maintenant
au Mont Bavi ; car Marius Borel, lors de son dernier voyage en France, pendant la
guerre, est venu prendre à Sisteron tout le reste de la famille ; des aïeuls de 70 ans
passés s'embarquèrent vaillamment pour le Tonkin où le foyer patriarcal était désormais
transporté.
Tout cela nous ramène bien loin en arrière au temps de nos braves colons de Québec
et de l'Ile de France ; tout cela nous prouve aussi que nous sommes toujours un peuple
colonisateur entre tous, comme à l'époque monarchique. Tout cela nous fait chaud au
cœur et nous est d'un grand exemple.
————————————————
MM. Borel et Leconte, devant un caféier
« Excelsa », variété importée du Chari, par
M. Auguste Chevalier, en 1905

Une partie des machines à trier et cataloguer le café.


FIANÇAILLES
(L’Avenir du Tonkin, 30 mars 1924)

C’est avec le plus vif plaisir que nous apprenons les fiançailles de M. Fidèle Arnaud 1,
gérant de la plantation Marius Borel, au Mont Bavi, avec Mlle Marguerite Huaux, la
gracieuse fille de M. et de Mme Huaux 2, directrice adjointe des G. M. R., si
sympathiquement connus au Tonkin.
Nous adressons aux jeunes fiancés nos meilleurs souhaits de bonheur, et nos
compliments à leur famille ainsi qu’à M. Marius Borel, président de la chambre
d’agriculture du Tonkin et du Nord-Annam, chevalier de la Légion d'honneur.
——————————

Hanoï
Un grand mariage
Fidèle Arnaud
Marguerite Huaux
(L’Avenir du Tonkin, 19 mai 1924)

………………………
Le R. P. Girod, missionnaire à Phu-Yen-Binh, était venu tout exprès pour bénir le
mariage. Il adressa aux jeunes époux l'allocution que voici :
………………………
Enfin, me voici à vous, mon cher monsieur Arnaud, qui, dès notre première
rencontre au Ba-Vi le 14 juillet de l'an dernier m'avez inspiré la plus sympathique
estime. Compatriote de monsieur Marius Borel, cet inlassable ouvrier de la grande
colonisation française au Tonkin, vous appartenez à une excellente famille chrétienne
des Hautes-Alpes. Honneur à vos dignes et vénérés parents ! Ils ont mérité de la Patrie !
Sept enfants — cinq fils et un gendre mobilisés, pendant la Grande Guerre. Un de vos
frères a été tué à la Fontenelle, en juillet 1915. La même semaine, votre beau-frère
tombait glorieusement pour la France au plateau de Lorette, au moment où il venait
d'être promu lieutenant.
Et vous même, mon cher ami, appelé seulement à la fin de la guerre, n'avez pas eu
l'honneur d’aller au feu, vous avez toujours eu une conduite exemplaire, et avez été
nommé sergent aux Tirailleurs algériens, après quinze mois de présence au corps. La
plus grande partie du temps de votre service militaire a été passée en Allemagne
occupée : vous avez monté la garde au Rhin.
Et maintenant, appelé par monsieur Borel, qui est vraiment pour vous, en cette
affaire, I'instrument de la Providence, comme il l'a déjà été pour plusieurs de ses
employés, vous voilà transporté comme par enchantement des bords du Rhin aux bords
du fleuve Rouge, des Alpes au Ba-Vi, pour aider votre bienfaisant patron dans la
gérance de ses magnifiques domaines. Comme colon, comme père de famille et
homme d'honneur, vous n'aurez qu’à marcher sur ses traces.
………………………
—————————

1 Fidèle Jules Arnaud : né le 15 septembre 1899 à Montmaur (Alpes de Haute-Provence). Il fait ensuite

carrière dans la Garde indigène.


2 Mme Henri Huaux, née Lucie Bouillon : ancienne directrice de la maison Demange, future transitaire à

Haïphong. Voir encadré.


Les plantations de café au Tonkin et dans le Nord-Annam
par H. C. [Henri CUCHEROUSSET]
(L’Éveil économique de l’Indochine, 30 novembre 1924)

Plusieurs années avant l'occupation française, des missionnaires avaient introduit au


Tonkin des plants de café. M. Marius Borel, dans son ouvrage malheureusement épuisé,
La culture du café au Tonkin, raconte qu'il en a vu en 1891, au village de Lan-Mat, près
de la mission de Kê-so, qui avaient alors plus de vingt ans d'existence.
C'étaient de beaux arbres mais dont les rares fruits étaient généralement vides, tels
certains hommes portant beau : « Belle tête dit-il, mais de cervelle point ».
En 1887, M. Voinier, vétérinaire militaire, sema dans un terrain de l'ancienne
citadelle des graines apportées de la Réunion par M. Salvan. L'année suivante, il donna
300 pieds provenant de ces semis à MM. Guillaume frères, de Phuly. Ceux-ci les
confièrent au directeur de leurs carrières de Kê-so, M. Louis Borel, pour les repiquer
dans le terrain dit « la Cressonnière » qu'ils venaient d'acquérir près de ces carrières.
Ces cafés, repiqués un peu au hasard, végétèrent tant bien que mal la première
année.
L'année suivante débarquait au Tonkin M. Joseph Borel, qui venait rejoindre son
frère. Cultivateur et éleveur en France, c'est comme cultivateur et éleveur qu'il venait
tenter sa chance à la colonie.
Après entente avec MM. Guillaume frères, il installa un troupeau de chèvres à « la
Cressonnière » et, dès le mois suivant, fabriqua des fromages qui furent bien accueillis
du public.
Ce succès ne s'est pas démenti depuis. Les petites fromages de Kê-so continuent, en
1924, trente-cinq ans après, à être le régal des Hanoïens.
Le nouveau colon s'occupa activement des caféiers. Il les avait trouvés presque
abandonnés parmi les mauvaises herbes et réduits à quelque 200 pieds. Il les fit
désherber, biner et fumer. Bientôt ils perdirent leur aspect souffreteux et produisirent
l'année suivante, en 1890, quelques milliers de graines que M. Borel sema et repiqua en
1891. Chaque année, les plantations purent ainsi être agrandies grâce aux récoltes de
ces deux cents caféiers.
Ce n'était guère que par les livres que les nouveaux planteurs pouvaient être guidés
ou par des personnes originaires de la Réunion, mais celles-ci n'avaient sur la culture du
café que des connaissances de seconde main.
Dans les deux cas, trouvés dans les livres ou recueillis par la tradition orale, ces
renseignements se rapportaient à des pays bien différents, par leur sol et leur climat, du
Tonkin.
Il en résulta de longs tâtonnements. Ce ne fut qu'après des essais de plusieurs
années que les premiers planteurs acquirent la conviction, pleinement corroborée
depuis, que sans ces engrais, que les livres disaient inutiles en pays neufs, il était inutile
de planter du café au Tonkin.
Le succès de son entreprise d'élevage détermina M. Joseph Borel à faire venir de
France ses plus jeunes frères, M. Marius Borel en août 1891 et M. Ernest Borel en
1895 ; tous les deux étaient de vrais paysans, aimant la terre, tenaces et infatigables.
Avant d'aller plus loin dans le récit de la conquête d'un coin de la terre tonkinoise
par ces trois pionniers, nous devons à nos lecteurs quelques lignes sur leur frère aîné.
S'il ne fut pas un colon lui-même, c'est lui qui provoqua l'établissement au Tonkin les
trois premiers colons planteurs de café et son nom restera attaché à cette nouvelle
richesse de la terre tonkinoise comme le nom de M. Salvan et celui du vétérinaire
militaire Voinier.
M. Louis Borel était maître ouvrier au 4e régiment de génie à Grenoble lorsqu'il fut
envoyé au Tonkin en février 1884. Ayant été blessé au combat de Chu, en octobre
1884, il reçut la médaille militaire pour sa brillante conduite. Libéré du service militaire
en mai 1885, il entra dans l'administration des Travaux publics et fut chargé de la
direction des carrières de Kê-so. En 1887, il quitta les Travaux publics pour entrer dans
l'entreprise de MM. Guillaume frères. C'est là qu'il dressa les premiers tailleurs de pierre
du Tonkin et créa la première scierie de marbre.
Après avoir repris du service aux T. P. où il continua sa laborieuse carrière jusqu'à
l'âge de la retraite, il s'est retiré en France dans son pays natal.
Revenons maintenant à nos planteurs.
Tandis qu'il continuait à s'occuper de la plantation de « la Cressonnière », dans un
vallon situé derrière les hauts rochers calcaires qui bordent le Day en aval de Kê-So,
M. Joseph Borel envoyait en 1894 son jeune frère Marius défricher des terres acquises
dans le pittoresque vallon des Quatre vingt dix-neuf Collines, à un kilomètre ou deux
plus à l'ouest.
C'était ici la forêt vierge et la brousse et le seigneur tigre y régnait en maître. Les
débuts furent pénibles dans ce coin sauvage et isolé où régnait la fièvre et où plus de
180 vaches, veaux, bœufs et chevaux périrent sous la dent du tigre en moins de deux
ans.
— Mais la fièvre et le tigre et la brousse furent vaincus et la plantation de Dahan finit
par prospérer malgré tout.
Puis ce fut un autre vallon, un peu plus élevé dans la haute vallée du Suoi Thep, que
les frères Borel conquirent sur la nature. Ils créèrent ensuite dans la vallée du sông Bôi,
en amont de Chinê, les plantations de Cô-Nghia, de Nhuong-Lao et de Ben-Bui, qui
sont actuellement la propriété de la Société Ernest Borel et Cie.
Après le partage avec ses frères et le retour en France de M. Joseph Borel, M. Marius
Borel s'occupa surtout de la mise en valeur d'un domaine qu'il commença à former à
partir de 1914 à My-Khê, au pied du mont Bavi, près de Sontây, par la réunion de
plusieurs propriétés et concessions. Lorsque la guerre [de 1914] éclata , M. Marius Borel
s'engagea : mais le Gouverneur général Sarraut, estimant la présence de ce pionnier
nécessaire en Indochine, le fit démobiliser et rapatrier à la colonie En peu d'années,
M. Borel fit si bien que cette plantation est considérée comme la plus belle du Tonkin.
Il devait faire mieux encore et pour le compte d'une puissante société en nom
collectif, au capital de 600.000 fr., la Société Ellies, Mathée et Cie : il mit
successivement sur pied trois plantations dont l’une, celle de Phu Man et Hoa-Muc, près
de Sontây, arrachait à un industriel américain, M. Milliard, d'Omaha, ce cri
d'admiration : « Vous aussi, Français, vous pouvez faire du colossal » ; et son
admiration devint de l'enthousiasme lorsqu'il apprit avec quel personnel européen
réduit de si grandes choses avaient été accomplies.
Les deux autres plantations créées de toutes pièces se trouvent l'une dans la province
de Ninh-Binh ; on la voit du train, près de la gare de Dông-Giao, en traversant les
collines qui séparent le Tonkin de l'Annam ; l'autre près de Baithuong, dans la province
de Thanh-Hoa. Moins grandes que la précédente, elles peuvent servir de modèles à de
petites exploitations, car elles ont profité dans leur organisation de toute l'expérience de
trente années.
Depuis longtemps, nous rêvions de faire la visite générale des plantations de café du
Tonkin et du Nord-Annam dont nous connaissions déjà quelques-unes, et de les faire
connaître dans une série d'articles à réunir en un opuscule.
C'est que, malgré leur petit nombre, ils ont accompli une œuvre remarquable dans
son ensemble, nos planteurs tonkinois. Ils ont littéralement transformé d'immenses
espaces jusque-là abandonnés à la forêt vierge impénétrable, à la triste brousse et aux
animaux sauvages : sangliers, cerfs et tigres. Ils ont fait de la géographie humaine, dirait
M. Jean Brunhes ; et ils ont beaucoup plus fait, proportionnellement à leurs faibles
moyens, pour transformer le Tonkin que l'Administration avec ses formidables
ressources en hommes et en argent et surtout en autorité.
Et peut-être est-ce pour cela que le Service du Tourisme organise loin de ces régions-
là ses fameux circuits touristiques ; peut-être est-ce pour cela que les Travaux publics ne
veulent rien faire pour construire ou améliorer les routes qui desservent ces régions,
pourtant si pittoresques par leur aspect et si riches par le miracle de la colonisation. Car
là, M. Régismanset, là il y a un miracle français !
L'occasion s'est présentée de commencer à mettre notre rêve à exécution. M. Marius
Borel a bien voulu nous inviter à l'accompagner dans son inspection mensuelle des
plantations qu'il dirige, tant pour son propre compte que pour la Société Ellies Mathée
et Cie et pour MM. Ernest Borel et Cie. Nous en avons vu d'autres au passage,
appartenant à MM. Lecomte [Leconte], Schaller, etc. […]
—————————————

Les plantations de café au Tonkin et dans le Nord-Annam


(suite)
Les Plantations Marius Borel et Ernest Borel et Cie
dans la province de Phuly
(L’Éveil économique de l’Indochine, 7 décembre 1924)

[…] Le dimanche suivant, nous repartons par Phuly, passons le bac du Day et
prenons la route de Chine. Cette route, construite jadis par un garde principal, M. X…,
qui y mit toute son âme et n'en eut comme remerciements que des moqueries, n'a
jamais été améliorée depuis. Tout au plus l'a-t-on vaguement empierrée ; on n'y
rencontre pas le moindre ouvrage d'art : pourtant, il y aurait peu à faire pour la rendre
bien roulante. Mais voilà, elle ne desservirait que des colons français ; et puis, elle
permettrait aux touristes d'admirer, dans un décor de baie d'Along, ce qu'il ne faut pas
qu'ils voient : l'effort français non officiel.
Au km. 22 environ, nous prenons un chemin où, s'ils le connaissaient, certains
garagistes de Hanoï organiseraient vite une course. C'est une piste sur un sol rocheux et
inégal ; bientôt, les cahots sont tels qu'il faut descendre, laissant la robuste auto
continuer son gymkana à quatre km. à l'heure. C'est la route de la Vallée des 99
Collines, dont nous avons parlé ci-dessus et qui coûterait au maximum 10.000 $ à
transformer en une belle roule de 18 km.
Nous arrivons tout de même à la ferme de Da-Han, l'une des deux fermes que
possède M. Marius Borel dans cette région et qui sont aussi les plus anciennes, les
premières acquisitions de terrain datant de 1894.
Les deux fermes ont une superficie totale de 1.500 hectares dont 1.200 en bois et
pâturages et 120 en caféiers en plein rapport. Les 110.000 caféiers sont des arabica,
sauf 4.000 excelsa. Les troupeaux comptent 500 bêtes à cornes.
Dans l'une et l'autre exploitation, les dépulpeuses mécaniques sont actionnées par
des manèges à bœufs, le séchage se fait au soleil sur aire en ciment et le décortiquage
au mortier.
La ferme de Han, que nous visitons d'abord, est tenue et fort bien tenue par un vieil
Annamite, au service de M. Borel depuis de longues années et par sa femme, une
maîtresse femme, qu'il serait injuste de ne pas mentionner. Malheureusement pour les
Annamites, on pourrait modifier un vieux proverbe et dire « à père actif fils amuseur ».
Et même sans çà, un fils de famille, où qui, de par l'argent dont il jouit, s'estime tel,
croirait se déshonorer d'être un fermier. Il sera noceur ou lettré. Souhaitons donc au
vieux gérant et à sa brave compagne longue vie et verte vieillesse.
L'autre ferme, celle de Dai-Dông, occupe un petit vallon voisin, entouré d'un
cirque de rochers et assez élevé. Le site est charmant ; la maison agréable, entourée
d'arbres fruitiers. Le gérant est un Français, M. Albert Raynaud, qui revient de France
nouvellement marié ; avec son âme de patriarche, M. Borel se préoccupe beaucoup du
confort du nouveau ménage.
Nous déjeunons ici .et y faisons la sieste et, vers trois heures, nous remontons en
automobile. Le chemin descend en pente rapide à travers la forêt vierge qui nous cache
les grands rochers ; mais bientôt, nous retrouvons la route de Chine, puis les terres
cultivées. Le contraste est frappant entre ce qu'était le pays il y a trente ans et ce que
l'énergie de nos colons en a fait. Non, il ne faut pas que les touristes voient cela !
C'était pourtant la grande joie de M. Sarraut d'y venir visiter sans façon les colons ;
depuis, aucun gouverneur n'a tenu à voir cette œuvre magnifique.
Nous traversons une plantation de M. Leconte, puis celle de M. Guyot de Salins, nous
laissons à gauche dans sa vallée, qu'un rocher géant domine de 480 mètres, la ferme
principale de M. Leconte, puis nous traversons le village de Chinê, puis de gros
pâturages et pénétrons enfin dans le magnifique domaine de MM. Ernest Borel et
Cie.
……………………………
Ce fleuve, accessible à des jonques d'assez fort tonnage, contribue à la richesse du
groupe des plantations de Chinê par les facilités qu'il donne de communiquer avec les
gares de Phuly, Namdinh et Ninh-Binh et avec le grand port fluvial de Namdinh.
Une route qui suit la même vallée relie Chinê à la route de Phu-Nho-Quan à Ninh-
Binh : elle forme un tronçon de la fameuse route des Plantations dont on parle depuis
bien des années, mais que l'administration a toujours quelque bonne excuse pour ne
pas achever. C'est qu'on a eu tort de parler de l’utilité qu'elle aurait pour une vingtaine
de plantations en valeur et pour permettre d'en créer autant de nouvelles. Il aurait bien
mieux valu en faire ressortir l'intérêt touristique, qui est d'ailleurs réel. […]

(suite et fin)
(L’Éveil économique de l’Indochine, 14 décembre 1924)

Le centre de ces plantations se trouve au village de My-Khê, au pied du mont Bavi,


dans la province de Sontây, à 14 km. de ce chef-lieu.
C'est en 1914 que M. Marius Borel acquit un certain nombre de petites concessions
et propriétés et les réunit en une seule exploitation de 1.000 hectares, aujourd'hui
entièrement mise en valeur. Les pâturages couvrent 700 hectares, les rizières, 50 et les
caféiers en plein rapport 150.
Le reste est occupé par les bâtiments d'habitation, magasins, étables, aires de
séchage, cours, jardins, mares et chemins.
Les 150.000 pieds de cafés appartiennent à l'espèce arabica, sauf 2.000 excelsa et
quelques centaines de robusta.
La préparation du café se fait dans une usine très moderne actionnée par un moteur
à gaz pauvre de 40 CV et une machine à vapeur de 15 CV.
Le décorticage, qui se faisait jadis au mortier, se fait maintenant à la machine ainsi
que le triage par des appareils de fabrication anglaise les plus perfectionnés. Le séchage
se fait par un procédé nouveau, très ingénieux, plus expéditif et surtout plus régulier
que le séchage au soleil. Au lieu d'être répandu sur des aires de ciment, le café, une fois
dépulpé, est répandu sur des claies qui se placent en étages superposés sur des
wagonnets ; les wagonnets sont alors poussés dans un tunnel où circule un courant
d'air chaud arrivant dans le sens opposé. Ainsi les wagonnets se trouvent au début,
dans un air sec pas très chaud et avancent progressivement vers une température plus
élevée. Lorsqu'ils arrivent après un certain temps, au bout du tunnel, le café est
parfaitement et très régulièrement desséché. La porte est alors ouverte et le wagonnet
avec ses claies poussé vers les décortiqueuses. L'air chaud est obtenu par l'insufflation
par un ventilateur d'air extérieur réchauffé par les gaz d'échappement de la machine.
Une dynamo fournit le courant pour l'éclairage et la ventilation des habitations et
autres bâtiments et pour différents moteurs auxiliaires ; une batterie d'accumulateurs
fournit le courant pendant l'arrêt des machines. Une machine à glace produit toute la
glace nécessaire pour le personnel et la laiterie.
……………………………………
À côté de la plantation de My-Khê, M. Marius Borel en a créé deux autres dans le
voisinage, à Cô-Dang et à Mo-Chen, huyên de Tung-Thiên, province de Sontây.
Le domaine de Cô-Dang, acquis en 1917, s'étend sur 1.000 hectares dont 800 en
pâturages et 112 plantés de 112.000 caféiers arabica en plein rapport.
Le troupeau se compose de 600 bêtes à cornes.
Le travail de préparation se fait à l'usine de My-Khê où la récolte de chaque jour est
transportée partie par camions automobiles et partie par charrettes à bœufs.
Le domaine de Mo-Chen, acquis en 1922, s’étend sur 570 hectares, dont 350 en
pâturages. La caféière compte 10.000 pieds qui seront en plein rapport en 1925 ;
17.000 qui, le seront en 1926, et 80.000 nouvellement plantés. L'espèce est l’arabica,
avec quelques pieds d'excelsa.
Le troupeau compte 375 têtes ; la préparation est faite dans les mêmes conditions
qu'à Cô-Dang.
———————————————————
LA MISSION ÉCONOMIQUE JAPONAISE
Visite de Son Excellence le prince Yamagata au domaine du mont Bavi
(L'Avenir du Tonkin, 8 février 1925)

Vendredi soir, vers quatre heures, Son Excellence le prince Yamagata, sa suite, un
bon nombre de membres de la Mission japonaise, parmi lesquels nous avons eu plaisir à
saluer M. Matsouki, président des Amis de I'Indochine, se sont rendus sur la plantation
de cafés de M. Marius Borel, au mont Bavi.
Ces messieurs, accompagnés de M. le résident supérieur Krautheimer, de monsieur
Delamarre, inspecteur des Affaires politique au Tonkin, de M. Wintrebert, résident de
Sontay, et de M. Eckert, résident-maire de Hanoï, ainsi que de M. Émile Leconte,
président de la chambre d'agriculture, ont été reçus à leur arrivée sur le domaine par
M. Guidon-Lavallée 3, fondé de pouvoirs de M. Borel, M. Arnaud, directeur de
l'exploitation, et tout le personnel.
La visite des bâtiments agricoles eut lieu presque aussitôt ; étables, bergerie, où de
superbes animaux furent présentés, retinrent l'attention, puis Son Excellence, la Mission
et le cortège officiel admirèrent la très belle usine de préparation et de séchage du café,
ou tout est actionné à la vapeur avec production de l'énergie électrique nécessaire à
l'éclairage et à la ventilation.
Après une promenade de quelques instants dans la plantation, dont chacun admira
la parfaite tenue, tonte l'assistance se trouva réunie dans les vastes salles de l'habitation
de M. Borel où Mme Arnaud, avec une bonne grâce charmante, accueillit les visiteurs.
M. Guidon-Lavallée convia Son Excellence le prince Yamagata et les personnalités
présentes et les autorités annamites provinciales à vider une coupe de champagne et
salua Son Excellence dans les termes suivants que nous sommes heureux de pouvoir
retraduire ;

Excellence,
Messieurs les membres de la Mission,
Monsieur le résident supérieur,
Messieurs,
Je suis vraiment confus mais fort heureux en même temps de vous faire les honneurs
de ce beau domaine. Monsieur Marius Borel, qui l'a créé, est actuellement en France, et
regrettera vivement de n'avoir pas été là pour vous recevoir.
Cette plantation a été entreprise par lui en 1913 et l'on peut dire que déjà depuis de
longues années, M. Borel s'était fait l'éducateur des colons tonkinois en matière de
café. Si nous avions eu le plaisir de vous garder plus longtemps, il vous aurait été
possible de visiter, dans une autre région du Tonkin, les premières plantations créées
par le même propriétaire assisté de son frère aîné et de son cadet, qui possèdent un
domaine aussi beau que celui-ci avec des prairies comparables à celles de France.
Dans cette même région, d'autres plantations encore, celles de M. Leconte, de M. le
marquis de Salins, sont une véritable parure pour notre Colonie. Non loin d'ici, la
Société Ellies Mathée et Cie fait prospérer la culture de six cent mille pieds de caféiers et
nous avons, au Tonkin seulement, plus de deux millions d'arbustes en plein rapport.
Je tiens à vous signaler un détail qui retiendra, je crois, votre attention. M. Borel a sur
son domaine quelques employés de nationalité japonaise et je dois rendre justice à ces
messieurs en disant d'eux qu'ils donnent toute satisfaction par leu excellent esprit et
leur amour du travail. C'est dire que sur ce domaine agricole se pratique depuis

3 Richard Guidon-Lavallée : fondateur en octobre 1925 de la Société agricole et forestière de Yên-My.

Voir encadré.
longtemps, à la satisfaction commune, cette entente franco-japonaise qu'il y a lieu
d'espérer si féconde dans toutes les occasions où nous la verrons s'exercer.
Messieurs, je n'oserai vous retenir plus longtemps ; je lève donc mon verre en
l'honneur de Son Altesse impériale le prince Yamagata, en l’honneur de la famille
impériale et il m'est agréable particulièrement de porter la santé de son Excellence le
prince Yamagata, les vôtres, Messieurs les membres de la mission.
………………….
Un temps agréable, un peu frais, a favorisé la visite. […].
Des films nombreux ont été pris ; les opérateurs cinégraphistes opérèrent à loisir,
mais sans aucune gênante indiscrétion.
————————

La mission japonaise en Indochine


(L'Éveil économique de l'Indochine, 22 février 1925)

[…] L'après midi, le prince Yamagata et la plupart des membres de la mission se sont
rendus au mont Bavi pour y visiter les plantations de M. Marius Borel.
À leur arrivée dans la plantation, ils ont été reçus par MM. Guidon-Lavallée et
Dandolo [sic : Arnaud], représentant M. Borel absent, et par tout le personnel européen
de la plantation.
On a procédé d’abord à la visite des étables où les membres de la mission ont admiré
les aménagements et où des explications leur ont été données sur les sujets importés de
l’Inde et de France (buffles hindous, moutons mérinos, chèvres de France) sur les
croisements effectués avec les races locales, les résultats obtenus.
La mission a visité ensuite l'usine de séchage et de décorticage des pulpes de café,
dont l'installation moderne les a vivement frappés.
Elle a admiré ensuite, au passage, les moutons, les oies, les canards qui sont élevés
sur la concession. Enfin, elle a parcouru la concession de café elle-même. Le prince
Yamagata suivait avec le plus grand intérêt les explications données sur les variétés
cultivées, les résultats obtenus, s'enquérant des qualités du sol, des parasites de la
plante, du rendement des arbres.
La visite terminée, le prince et sa suite ont été conduits dans la maison du directeur
où M. Guidon-Lavallée a fait un intéressant exposé de l'effort fait par les colons du
Tonkin pour acclimater et développer la culture du café. Il a signalé que, dans le
personnel de la plantation, figuraient trois chefs de culture japonais, dont les services
étaient précieux, et il a souligné qu'en les employant, M. Borel avait déjà depuis
longtemps commencé la collaboration japonaise dont on parle aujourd'hui et que les
colons ne demandent qu'à développer.
Le prince Yamagata a répondu combien il avait été intéressé par là visite dé la belle
plantation parcourue, et, en félicitant les colons de leur effort, il leur a adressé ses
souhaits de prospérité. […]
———————————————————

Rentrée de congé
(L’Écho annamite, 18 février 1926)

Le président de la Chambre d'agriculture du Tonkin et du Nord Annam, M. Borel, est


rentré de congé ; il reprend la direction des plantations du mont Bavi.
—————————
SON-TAY
Vol de café chez M. Marius Borel
(L'Avenir du Tonkin, 13 mars 1926)

Plainte a été déposée par M. Marius Borel, planteur au Mont Bavi, contre des
malfaiteurs inconnus pour vol de deux sacs de café d’une valeur de 120 p. Ce vol n’est
pas si simple qu’on pourrait le supposer car il fut commis la nuit et il fallut aux auteurs
une véritable audace pour le commettre, les deux sacs de café ayant été enlevés dans
un magasin en maçonnerie muni de solides portes à glissières situe à l’intérieur de la
propriété, entourée d’un mur surmonté d'une barrière dont la porte d'entrée est elle
aussi munie de deux battants roulant sur rails. La propriété, se trouvant en bordure de
la route de Sontay au Mont Bavi. Les malfaiteurs avaient amené sur les lieux un léger
véhicule dont les traces de roues ont été relevées près de la porte, puis ayant pénétré a
l'intérieur de la propriété, ils ont réussi à ouvrir la fermeture des portes du magasin où
ils savaient trouver ce qu’ils avaient prémédité de voler. Le logement du surveillant
européen étant situé à une centaine de mètres du lieu du vol et I'habitation de
M. Marius Borel un peu plus loin, on peut en conclure que ce cambriolage a du être
commis par des individus employés de la concession, ou du moins y ayant travaillé.
La gendarmerie s est rendue sur les lieux et a procédé a une enquête qui laisse
espérer que les voleurs ne tarderont pas à être retrouvés car il existe à proximité de
toutes les plantations de café des individus qui se sont spécialisés dans ce genre de vol,
sachant d'avance où ils pourront en écouler le produit. Il y a peu de temps, plusieurs
indigènes de cette région, ainsi qu'un commerçant chinois de Sontay, étaient arrêtés
pour vol et recel de café, café qui avait sans doute la même origine.
———————————

Nouvelles sociétés
Société des Cafés de l’Indochine
(L'Éveil économique de l'Indochine, 24 octobre 1926)

N.D.L.R. — M. Borel apporte ses domaines de My-Khê avec plantations, usine et


centre d'élevage, laiterie, jardins, pépinières, etc. ; de Mochen, Daidong, Dalian, le
bénéfice d'une demande en concession de 12.000 hectares à Djiring, etc.
——————————————

DANS LA LÉGION D'HONNEUR


Ministère des colonies
(Journal officiel de la République française, 10 août 1927)

Par décret en date du 5 août 1927

Chevalier (au titre civil)


Borel (Joseph-Auguste), planteur au Tonkin où il séjourna de 1889 à 1920. Par ses
efforts soutenus pendant plus de trente ans, a contribué d'une façon efficace au
développement de la culture du caféier au Tonkin et dans le Nord-Annam.
——————————————

MARIAGE
(L’Avenir du Tonkin, 26 août 1927)
Le mercredi 3 août 1927, à 10 heures 30, en la cathédrale Saint-Sauveur à Aix, a été
célébré le mariage de M. Raoul Bontoux, croix de guerre, avec mademoiselle Yvonne
Borel, la gracieuse fille de madame et de monsieur Marius Borel, le sympathique
président de la chambre d'agriculture du Tonkin, chevalier de la Légion d'honneur.
—————————

Joseph-Auguste Borel

Né le 15 janvier 1861 à Saint-Julien-en-Beauchêne (Hautes-Alpes).


Dès son arrivée au Tonkin en 1889, s’est installé dans la province de Hanam comme
colon ; il s'est efforcé d’y introduire certaines cultures riches pouvant s’adapter au sol et au
climat et qu'il estimait susceptibles de favoriser l'essor de colonisation française.
À l’aide de semences alors difficilement obtenues, il fit les premiers essais de culture du
caféier. Grâce à des efforts et à une ténacité qui ne se laissèrent point vaincre par des débuts
fort longs et difficiles, il réussit à établir un premier champ d'expérience dans une région alors
d'accès ingrat et créer, au bout d’une vingtaine d’années d’un labeur persévérant, les
premières grandes plantations de caféiers.
Après plus de trente ans passés au Tonkin où il fit venir toute sa famille, constituant ainsi
un noyau d'agriculteurs et d'éleveurs émérites, il est rentré en France en 1920. Les
plantations qu'il a laissées sont maintenant dirigées par ses frères. Ceux-ci peuvent, avec lui,
revendiquer le titre de précurseurs en matière de culture du caféier au Tonkin.
Si, aujourd’hui, le Tonkin et le Nord-Annam comptent plus de six millions de pieds de
caféiers et de grandes plantations prospères et en voie d'accroissement, c'est à son initiative
et à ses efforts courageux qu'on le doit.

DÉLÉGATION DU TONKIN
ÉLECTION AU CONSEIL SUPÉRIEUR DES COLONIES
Scrutin du 25 mars 1928 .
Marius BOREL
Planteur au Bavi
Président de la chambre d’agriculture du Tonkin
Chevalier de la Légion d’honneur
Candidat Républicain indépendant
(L'Avenir du Tonkin, 15 février 1928)

LA CANDIDATURE DE M. MARIUS BOREL


Voici la campagne électorale ouverte : un grand mois nous sépare encore du premier
tour de scrutin, fixé au 25 mars ; c’est plus de temps qu’il n'en faut, semble-t-il, aux
candidats pour mener leur campagne, d’autant que ceux ayant fait officiellement, à ce
jour, acte de candidature ne sont pas des nouveaux venus à la colonie.
Dans ces conditions, l'électeur aura vite discerné I'homme de son choix.
M. Marius Borel se présente cette année devant le collège électoral : il ne faut voir
dans cette démarche que le seul souci d’être utile à ses compatriotes.
Et si, parmi la jeune génération, plusieurs ont déjà entendu souvent parler de
M. Marius Borel, sans savoir par le détail ce que fut la rude vie de ce gros travailleur,
nous allons, remontant quelque peu dans le passé, retracer son existence laborieuse,
féconde, entièrement consacrée à ce pays que nous aimons tous.
Marius Borel est né le 27 novembre 1872 à Saint-Julien-en-Beauchêne dans les Alpes
Dauphinoises, à la limite de la Haute-Provence. Pays rude que ce pays des Hautes-
Alpes !
Comme beaucoup de ses compatriotes qui émigrèrent en nombre vers la Canada, le
Mexique, la République Argentine, l’Algérie, où partout ces montagnards continuent à
se faire remarquer pour leur sens des affaires, leur énergie et leur droiture, Marius
Borel, tout jeune, rêvait de ces pays lointains.
Une raison primordiale devait l’attirer vers le Tonkin où son frère aîné Louis avait
débarqué en 1884 et où il s’était fixé après sa libération. Son frère Joseph, le second
des Borel, était venu rejoindre l'aîné en 1889. Marius quitta la France en juin 1891. Dès
son arrivée, il seconda son frère Joseph qui s’était consacré à l’élevage et à la culture du
café, culture qui n'existait pas avant lui. Ne pouvant s'installer avant d’avoir accompli
son service militaire, Marius Borel fut employé à Hanoï à l'entreprise Guillaume Frères,
pour la construction de l'hôpital de Lanessan ; I'année qu’il passa à cette entreprise
devait lui être utile pendant toute sa vie de colon pour les constructions qu’il eut à
édifier par la suite.
Mais pressé d’employer son énergie à un travail correspondant mieux â ses goûts,
c’est-à-dire à la colonisation agricole, il devança l’appel et fut incorporé dans l’artillerie
de marine ; il accomplit son année de service, partie à Hanoi, partie à Dap-cau.
Envoyé en congé renouvelable le 20 juillet 1894, il alla de suite s’installer aux 99-
Collines, du côté de Chiné, comme associé de son frère et des frères Guillaume.
Ce n’était pas drôle alors, pas de routes, ni même de chemins, circulant avec peine à
cheval, une misérable paillote fut son premier logis, il construisit des étables, acheta du
bétail, il fut en lutte avec les tigres, qui, la première année, tuèrent plus de 150 bêtes.
Les voleurs de bestiaux, difficiles à surveiller, vu l’état des routes, prélevaient aussi une
rançon importante.
La maladie n’épargna pas le jeune colon, la fièvre, la dysenterie, tout s’en mêla. Les
Annamites, qui ont une crainte excessive de la montagne, n’allaient pas travailler
volontiers dans une région alors dépourvue de tout ; il fallait l’exemple du colon pour
leur donner du courage.
Dès son arrivée aux 99-Collines, parallèlement à l’aménagement des constructions
pour le cheptel, il planta 60.000 caféiers.
En 1895, il entreprit le défrichement de la concession de Dai-Dong à quelques
kilomètres des 99-Collines ; cette plantation, repiquée en 1896, existe encore.
En 1895, débarquait le quatrième Borel, Ernest. Il n’avait alors que 14 ans, il passa 3
années avec ses frères où il fit son apprentissage de planteur. Fin 1898, les frères Borel
créèrent l’exploitation agricole de Co Nghia, près de Chiné ; elle fut confiée au plus
jeune, qui, avec sa volonté et les conseils de ses aînés, arriva rapidement à créer une
exploitation modèle.
En 1902, Marius Borel fut élu membre de la chambre d’agriculture du Tonkin ;
toujours réélu depuis, il fut vice-président de cette assemblée pendant longtemps, il en
est le président depuis 1920.
En 1906, il rentra en France après un séjour ininterrompu de quinze années. Il passa
cinq mois, auprès de ses vieux parents.
En 1908, il créa la plantation de Da-Han pour son compte personnel.
En 1913, il reçut la croix de la Légion d’honneur. La même année, il publia un petit
ouvrage sur la Culture du café au Tonkin qui eut un plein succès.
Mais la région de Chiné ne suffisait mas à Marius Borel. Il avait remarqué, du côte de
Sontay, au pied du Mont-Bavi, des terrains qui lui paraissaient propres à la culture du
café. Ces terrains, quoiqu’incultes, appartenaient déjà en partie à d’autres
concessionnaires. Il les acheta en janvier 1924. Immédiatement, il se mit à l’œuvre, fit
faire des pépinières, entreprit le débroussaillement, fit creuser des trous pour les futurs
caféiers. Il établit sur remplacement de la future plantation 6 km. de routes, si bien que
fin mars, 150 ha étaient préparés. Il rentra en France avec sa famille, laissant les travaux
inachevés à un employé français, qui du reste, s'acquitta parfaitement de sa tâche. « Je
serai de retour en septembre, dit-il à son collaborateur et à mon arrivée, nous
entreprendrons le repiquage. »
Combien de projets, à cette époque, ne purent être réalisés !
La guerre arriva, Marius Borel, fut mobilisé comme R. A. T., le 3 août 1914 et envoyé
au 11e d’artillerie à Briançon, ensuite au 51e d’artillerie à Lyon ; au 10e d'Artillerie à
Lyon, où il resta jusqu’en janvier 1916, employé comme convoyeur pendant son séjour
au 10e d’Artillerie, il fut ainsi envoyé en Alsace, à Toul, Verdun, Dunkeurque, etc.
Il désirait être combattant, malgré l'avis contraire de ses amis. Ce n’était point
commode pour changer de corps. Il y réussit enfin, et le 10 janvier, il passa sur sa
demande au 3e d’Artillerie coloniale à Charenton pour être envoyé sur le front à l’A.D.
3.
Au moment, où il devait aller rejoindre l’A D 3, commandée par le colonel Peltier,
aujourd'hui général, il fut avisé qu’il était envoyé eu sursis d’appel de 6 mois comme
planteur au Tonkin. Des amis du Tonkin étalent intervenus à son insu auprès de M. le
gouverneur général Roume qui avait fait les démarches nécessaires au Ministère. De
retour à la Colonie, il fut classé comme père de six enfants avec la classe 1887.
En 1917, des amis vinrent le trouver : ils voulaient créer une plantation et lui
demandèrent sa collaboration. Après quelques pourparlers, l'accord fut fait ; une
société en commandite fut créée sous la raison sociale Ellies Mathée et Cie. Des terrains
libres furent cherchés et, rapidement, on se mit au travail. Deux superbes plantations
comprenant 600.000 pieds furent créées a Sontay, une troisième dans Ninh-Binh et une
quatrième dans le Thanh-Hoa.
Marius Borel en garda la direction jusqu’en 1925, époque où il rentra en France. Il
donna sa démission la même année, pensant qu'avec les employés qu’il avait formés,
tout marcherait parfaitement. Le cheptel était à peu près au complet, les bâtiments
d’habitation, les étables, magasins, séchoirs, usine, tout était terminé. Il pouvait se
retirer tranquille, comptant bien que sa tâche serait continuée.
Parallèlement, il créa, la plantation de Co-Dang (Sontay). En 1923, il racheta une
concession à Mo-Chen qui compte actuellement 300.000 caféiers repiqués.
En 1927, il passa ses plantations à une société. Il en est resté administrateur et
directeur général. Il racheta la même année une plantation à Xuan-Thuy qui est en voie
de réfection et d’agrandissement. Elle comporte aujourd'hui 300.000 caféiers repiqués.
En 1927, il coopéra à la création de la Compagnie agricole indochinoise dans le
Thanh-Hoa, qui comprend trois plantations à leurs débuts, mais pleines d’avenir.
Marius Borel est chevalier de la Légion d’honneur, officier du Mérite agricole, officier
du Dragon de l’Annam, titulaire du Kim-Khanh de première classe. La Société nationale
d’acclimatation de France lui a décerné sa plus haute distinction, sa grande médaille
hors classe, à l’effigie d’Isidore Geoffroy Saint Hilaire.
Marius Borel a contribué largement à l'amélioration du cheptel. Malgré de nombreux
déboires causés par les épidémies qui ont parfois anéanti le travail de plusieurs années,
il a toujours persévéré. II a fait venir de France, d’Angleterre d’Egypte, de l'Inde, de
nombreux reproducteurs de tous les animaux domestiques et cela sans aucune aide de
l’Administration.
Quelle belle leçon d’énergie, de persévérance ne donne pas ainsi à tous ce rude
travailleur.
Mais il ne faut pas croire que la terre a absorbé toutes ses pensées ; tout en menant
à bien ses entreprises agricoles, Marius Borel suivait attentivement le développement du
pays ; il s’intéressait a son organisation et nulle question n'échappait à son étude
approfondie, à ses investigations Se déplaçant très fréquemment, prenant part aux
travaux de maintes commissions, M. Marius Borel se tenait au courant de la vie
administrative, de la vie commerciale, de la vie industrielle, apprenant à connaître peu à
peu les besoins, les desiderata de chacun.
Aujourd’hui mûri par une longue expérience, il a pensé qu’il pouvait accroître la
somme déjà belle des services rendus, et qu’en se consacrant à la défense des intérêts
de ses compatriotes, il continuerait une existence qui fut toute de labeur et de
dévouement.
Voila la vie de M. Marius Borel. Elle est un grand exemple de droiture et d’énergie.
Dans sa proclamation, que nous publierons, très prochainement, M. Marius Borel
dira aux électeurs comment il comprend le rôle de délégué et quelles sont ses intentions
vis-à-vis du collège électoral.
L'A. du T.
————————

Visite instructive
(Les Annales coloniales, 28 février 1928)

Les élèves du cours normal de l'Institution de jeunes filles se sont rendues à la


concession de M. Borel au pied du mont Bavi.
Guidées par M. Borel lui-même, elles ont visité la superbe plantation de caféiers, la
ferme avec ses troupeaux de vaches, de chèvres, de moutons, l'étang où barbotent oies
et canards, le poulailler avec ses races soigneusement sélectionnées, la couveuse
artificielle où des canetons nouveau-nés achevaient de se sécher les plumes, et, enfin, la
laiterie.
———————————————

Les élections au Conseil supérieur des colonies


Ballotage au Tonkin
(L’Écho annamite, 26 mars 1928)

Hanoï, le 25 mars 1928. — Résultats des élections à la délégation du Tonkin au


Conseil supérieur des colonies :
Inscrits : 3 114, Votants 1 980.
M. Borel a obtenu 737 voix ; M. Forest 406 ; M. Tissot 291 ; M. Aubry 264 ;
M. Grawitz [Tanneries de l’Indochine] 145 ; M. Martin 40. Il y a ballottage. Les résultats
partiels sont les suivants:
Hanoï. — Inscrits 1.235. votant 720. M. Borel obtient 282 voix, M. Aubry 162,
M. Tissot 129, M. Grawitz 71, M. Forest 59, M. Martin 7. Il y a eu 8 bulletins blancs et 2
bulletins nuls.
Haïphong — Les inscrits étaient de 728. les votants 468, M. Forest a obtenu 210
voix, M. Aubry 85, M. Tissot 63, M. Borel 62, M. Grawitz 17, M. Martin 6, M. Vernet 3.
M. Saliby 1
Bulletins blancs 9 bulletins nuls 11.
—————————————

TONKIN
(L’Indochine : revue économique d’Extrême-Orient, 5 juin 1928)

À la suite de son élection à la délégation du Tonkin [au conseil supérieur des


colonies], M. Marius Borel a quitté la chambre d'agriculture où il siégeait depuis 26 ans.
M. É[mile] Leconte fut élu président de cette compagnie à sa place.
—————————
LÉGION D'HONNEUR
Ministère des colonies
(Journal officiel de la République française, 6 août 1928)
(Le Journal des débats, 7 août 1928)

Officiers
Borel (Marius), planteur en Indochine, président de la chambre d'agriculture du
Tonkin. Chevalier du 5 août 1913.

Une année de service militaire comme jeune soldat appelé à la Coloniale au 1er Régiment
d’artillerie de la marine (20 juillet 1893-20 juillet 1894).
Mobilisé en France le 3 août 1914. Renvoyé en sursis d’appel le 16 février 1916 comme
planteur au Tonkin et père de cinq enfants.
Au Tonkin depuis 1892. Y a créé de grandes plantations de caféiers dans les régions de
Phu-ly et Sontây. A été, avec ses deux frères, un des premiers planteurs de caféiers de la
colonie. A fait de grands efforts pour l’amélioration de l’élevage des bovins, des équidés, des
ovins, des caprins, des porcins et de la volaille au Tonkin. A importé à grands frais des
reproducteurs français et étrangers (indiens surtout) ; est arrivé à posséder des troupeaux
nombreux et remarquables qui lui ont valu le premières récompenses aux concours agricoles.
Membre de la chambre d’agriculture du Tonkin depuis le 27 juillet 1902, vice-président le
20 juin 1911 et président depuis le 17 novembre 1920.
Loin de se contenter des résultats acquis qui lui auraient permis une existence convenable
et un repos si bien gagné, M. Marius Borel a continué à se consacrer à la cause agricole de
l’Indochine. Il a récemment créé une exploitation très importante dans le Thanh-hoa et a
l’intention d’en créer une autre au Lang-biang.
La réussite de ce colon dans des conditions particulièrement ingrates et difficiles alors que
la culture du café au Tonkin n’avait pas encore fait ses preuves et que les méthodes
culturales appropriées étaient à déterminer est un bel exemple d’énergie tenace et de
volonté.

MINISTÈRE DES COLONIES


Légion d'honneur
(Journal officiel de la République française, 31 janvier 1929)

Au grade de chevalier
Borel (Charles-Ernest), planteur et éleveur au Tonkin. Un des pionniers de la
colonisation au Tonkin. Depuis plus de 25 ans, a témoigné dans la création et le
développement de son exploitation agricole des plus belles qualités d'énergie et
d'activité.
———————————

Journal officiel
DEMANDES DE CONCESSIONS
(L'Indochine : revue économique d’Extrême-Orient, 20 janvier 1930)

MM. Borel et Lasserre demandent concession provisoire de terrains domaniaux de


1.500 ha. pour élevage, plantations de caféiers et de quinquina, mise en valeur des
terrains qui pourraient être propres à la culture du riz (province de Dalat).
————————————
L’Indochine au Palais-Bourbon
(Journal officiel de la République française, 27 juin 1930)

SUITE DE LA DISCUSSION DE PLUSIEURS INTERPELLATIONS


SUR LES ÉVÉNEMENTS D'INDOCHINE

M. Édouard Daladier. — […] Après les massacres de Yen-Bay qui vous ont justement
indignés, le délégué élu des Français du Tonkin au conseil supérieur des colonies,
l'honorable M. Borel, a cru nécessaire de réunir tous les élus français et annamites du
Tonkin à la mairie de Hanoï afin de délibérer sur la situation.
Cette réunion a lieu quelques semaines après les événements de Yen-Bay, à une
époque où, dans la colonie tout entière, Français et Annamites sont bouleversés, à un
moment où tous les partis de l'Indochine sont d'accord pour souhaiter une répression
très dure.
Que se passe-t-il ? Il se passe alors ce fait inouï dans l'histoire de l'Indochine que,
sourds à toutes les promesses, indifférents à toutes les sollicitations, ces élus annamites
du Tonkin refusent de voter le moindre texte de sympathie ou de confiance à
l'administration indochinoise et qu'ils préfèrent rompre les pourparlers, ne plus prendre
part à cette sorte de congrès des élus du Tonkin, parce que, des déclarations qui leur
sont faites, ils tirent des arguments qui établissent tout de suite une sorte de solidarité
de race. […]
———————

Les stations d'altitude du Tonkin


(L'Éveil économique de l'Indochine, 1er mai 1932)

[…] Le succès du Tam-dao, qu’un règlement très aristocratique (car nous sommes en
république) réserve aux riches, fit rêver la résidence de Sontay d'une station au Mont
Bavi* plus accessible aux petites bourses.
Le grand planteur Marius Borel avait construit pour sa famille et ses employés deux
maisons en un endroit bien choisi ; la résidence suivit cet exemple mais on en est resté
là. Il faudrait en France un Louis XIV pour obliger les égoïstes bourgeois qui gouvernent
l'Indochine à s'intéresser aux petites gens. […]
———————————

HANOÏ
————
LE BULLETIN DE SANTÉ
DE M. MARIUS BOREL
DÉLÉGUÉ DU TONKIN
(L’Avenir du Tonkin, 27 octobre 1932)

Notre excellent ami M. Marius Borel, qui s’était dépensé sans compter pendant la
longue lutte électorale dont on sait I'heureuse fin, nous quittait vendredi dernier très
fatigué pour aller se reposer à My-Khié où il savait pouvoir compter sur I'affectueuse
sollicitude de son entourage. À peine arrivé, il s’alita ; dimanche, il eut le courage de se
lever pour remplir son devoir électoral, mais, dans I'après-midi, le maI le terrassait et
quand le messager que nous lui avons dépêché pour lui porter la bonne nouvelle de son
succès, arriva, l’état de santé de M. Marius Borel donnait de vives inquiétudes.
On manda en toute hâte le docteur Loubet : ce distingué praticien accourut aussitôt
et se mit en devoir de soigner vigoureusement le malade, ne le quittant pas un seul
instant, restant à son chevet une grande partie de la nuit.
Mardi, l'inquiétude persista et nous nous disposions à partir avec quelques amis pour
My-Khé, lorsque le docteur Loubet nous apporta un peu d'espoir, nous priant de
différer notre visite, le malade ayant besoin de repos absolu et de solitude.
Pendant ce temps en ville, les bruits les plus alarmants circulaient, semant la tristesse
parmi les très nombreux amis de M. Marius Borel.
À la tombée de la nuit, les nouvelles — ô joie — étaient un peu meilleures.
Le docteur Loubet, avec une science et un dévouement auxquels on ne rendra jamais
assez hommage, combattait minute par minute et avec succès, le mal.
Le matin, il nous-annonçait une légère amélioration qui permettait de transporter
M. Marius Borel, dans l'après-midi, à sa clinique du quai Clemenceau.
La population tonkinoise apprendra certainement avec un immense soulagement et
une très vive satisfaction que l'excellent homme qu'est M. Marius Borel peut être
considéré maintenant comme hors de danger.
Soigné à la clinique du docteur Loubet, il ne tardera pas, nous en sommes persuadé,
à recouvrer rapidement cette robuste santé qui ne l'abandonna pas un seul instant au
cours de sa rude et belle carrière.
Avec tous les amis de M. Marius Borel, de la famille Borel, nous faisons des vœux
ardents pour son prompt rétablissement.
H. de M.
———————————

HANOÏ
(L’Avenir du Tonkin, 3 novembre 1932)

L’état de santé de M. Marius Borel. — M Marius Borel, délégué de I'Annam,


continue à aller mieux, les nuits rendent encore agitées, mais l'état général demeure
satisfaisant
Un régime sévère est de rigueur ; des soins constants sont nécessaires, et la
convalescence apparaît comme devant être d'assez longue durée.
Faisons confiance au Docteur Loubet, pour nous rendre complètement guéri et le
plus vite possible notre excellent ami.
———————————

HANOÏ
(L’Avenir du Tonkin, 9 novembre 1932)

Le bulletin de santé de M. Marius Borel, délégué du Tonkin. — Notre ami M. Marius


Borel, le sympathique délégué du Tonkin est en bonne voie de rétablissement.
Admirablement traité par le distingué praticien qu’est le docteur Loubet ; soigné
avec un dévouement de tous les instants par madame Loubet, M. Marius Borel revient
peu à peu à cette belle et florissante santé que nous lui avons toujours connu.
Sous peu, il pourra quitter la clinique du quai Clemenceau, et rejoindra My-Khé où
ce sera fête pour le personne! français et indigène de la plantation que de revoir « le
patron » tant aimé.
Notre joie, quant à nous, sera grande de savoir notre ami rétabli et de penser qu’aux
Clos des Tilleuls après les jours d’angoisse, la douce quiétude habituelle des foyers
modèles est revenue.
——————————————
Prochain départ.
(L'Éveil économique de l'Indochine, 4 juin 1933)

M. Marius Borel, délégué du Tonkin, va nous quitter pour rentrer en France. Ah ! si


ce bon colon, si ce doux géant avait conscience de son écrasante supériorité morale sur
tous les comédiens auprès desquels il va encore une fois plaider la cause de
l'Indochine ! !
Quand on voit ces poings formidables et qu'on sait à quel homme sans reproche ils
appartiennent, comme on se prend à regretter qu'ils ne s'abattent pas de temps en
temps sur certains groins !
——————————————

1933 (novembre) :
SOCIÉTÉ EN COMMANDITE Marius BOREL & Cie

Ke-So,
un des berceaux de la colonisation française au Tonkin
(extrait de La Monographie de la province de Phuly, 1933)
(L'Éveil économique de l'Indochine, 4 février 1934)

On peut dire que Ke-so (Kécheu) fut le berceau de la colonisation dans la province de
Hanam comme il avait été antérieurement celui de la propagande catholique.
C'est là, en effet, que, la première fois, les frères Guillaume se rendirent acquéreurs
de carrières de pierre, vers 1883. Louis Borel, carrier de son métier, qui, venu à la
Colonie en 1889, exploitait une carrière à Quyên-Son, vint, en 1884 à Ke-So diriger
l'exploitation des carrières de pierres et de marbre des frères Guillaume.
Son frère, Joseph, agriculteur et berger, vint le rejoindre en 1889. Ce fut lui qui, à la
« Cressonnière », planta les premiers caféiers qu'il était allé chercher à la citadelle de
Hanoï. Les anciens Tonkinois se rappellent encore l'avoir vu trayant ses chèvres, tenant
le manche de la charrue et se livrant à la fabrication du fameux fromage de Ke-So. […]
Marius Borel, arrivé au Tonkin en 1891, rejoint ses frères à Kê-So vers 1894. Peu
après, il va s'installer aux « Quelques collines », puis dirige la plantation de Bai-Dông
En 1895, M. Ernest Borel arrive à Ké-So. En décembre 1898, il va se loger dans une
misérable paillote à Co-Nghia, où se trouvent actuellement les immenses bâtiments de
son exploitation principale.
Peu à peu, M. Marius Borel achète à M. Guillaume les propriétés de Bai-Dông, de
Dai-So, de la « plaine des Sangliers » et des « Quelques Collines ». Il acquiert de
M. Boyer la concession de Da-Hàn et de M. Pénigaud celle de Soui-Tep. L'immense
domaine constitué par M. Marius Borel a été acquis récemment par la Société des Cafés
de l'Indochine* avec des gérants indigènes à Bai-Dông et Da-Han. […]
À l'ouest de Chi-nê s'étend l'immense plantation de M. Borel Ernest à Co-nghia et
Nhuong-lao, soit 7.381 hectares.
Comme on l’a vu plus haut, M. Ernest Borel vint s'installer à Conghia en décembre
1898, Il acheta des terrains aux indigènes du pays et obtint une concession de 100
hectares au lieu-dit de Damda en 1907. […]
——————————————
Coll. Serge Volper
SOCIÉTÉ MARIUS BOREL & Cie
Société en commandite par actions au capital de 500.000 fr.
divisé en 5.000 actions de 100 fr. chacune, entièrement libérées
———————
Constituée suivant acte reçu par Me Goirand, notaire à Claix (Isère),
le 24 novembre 1933

TIMBRE ABONNEMENT TITRES


——
INDOCHINE

Siège social à My Khé, province de Son-Tay (Tonkin)


———————
ACTION DE CENT FRANCS
AU PORTEUR
entièrement libérée
Ky-Thé, le 30 janvier 1935
Un membre du conseil de surveillance : ?
Le gérant : Marius Borel
Imp. A. Rey, 4, rue Gentil, Lyon
——————
Coll. Serge Volper
www.entreprises-coloniales.fr/empire/Coll._Serge_Volper.pdf
SOCIÉTÉ MARIUS BOREL & Cie
Société en commandite par actions au capital de 500.000 fr.
divisé en 5.000 actions de 100 fr. chacune, entièrement libérées
———————
Constituée suivant acte reçu par Me Goirand, notaire à Claix (Isère),
le 24 novembre 1933

TIMBRE ABONNEMENT TITRES


——
INDOCHINE

Siège social à My Khé,province de Son-Tay (Tonkin)


———————
PART DE FONDATEUR AU PORTEUR
No 004 810

Il a été créé 5.000 parts de fondateur, au porteur, donnant droit chacune à une part
de la portion des bénéfices attribuée par les articles 45 et 48 des statuts (20 % de
bénéfices nets après prélèvement de 5 % pour la réserve légale et 20 % des bénéfices
de liquidation après remboursement du capital).
En cas d'augmentation de capital ou de réduction, les droits des parts de fondateur à
leur portion de bénéfices ne sont pas modifiés ; ils sont maintenus quel que soit le
chiffre du capital social.
Toutefois, il a été stipulé dans les statuts :
Qu'en cas d'augmentation du capital, les porteurs de parts de fondateur ne pourront
pas s’opposer au prélèvement d'un premier dividende de 5 % simple ou cumulatif, au
profit du nouveau capital, non plus qu'aux droits et avantages de toute nature qui
pourraient être attribués aux actions de priorité, s’il en était créé.
À toute époque et sans que l'Association des porteurs de parts puisse s’y opposer, le
conseil de surveillance pourra décider que les parts seront divisées en cinquième,
dixième ou centième, et que les titres originaires devront, dans un délai d'un mois à
compter de l'avis inséré dans un journal d'annonces légales du siège de la société, être
déposés au siège social pour échange contre les nouveaux titres, et encore que passé
ledit délai, les titres originaires cesseront d’être négociables et ne seront pas reconnus
valables par la société pour le paiement des coupons avant d’être fractionnés, le même
droit appartient à l'Association des porteurs de parts et sera exercé, s'il y a lieu, dans les
mêmes-conditions que ci-dessus.
Les parts pourront aussi être rachetées à toutes conditions qui seront arrêtées
d'accord entre le conseil d'administration et l'Association formée entre les porteurs de
parts.
Le rachat des parts pourra être effectué par le conseil de surveillance avec des fonds
faisant soit partie des bénéfices, soit des réserves disponibles, revenant aux actionnaires,
soit d'un fonds de réserve préalablement constitué à cet effet, soit du capital social,
sauf à la Société à se procurer les sommes nécessaires s'il y a lieu, par une
augmentation de capital souscrite par des tiers ou par les porteurs de parts-rachetées et
à l'aide du prix de rachat.
La conversion des parts en actions ne pourra avoir lieu, conformément aux
dispositions de l'article 8 de la loi du 23 janvier 1929, que par l'affectation des réserves
sociales d'un montant correspondant à l'augmentation de capital qui résulte de cette
opération ; cette conversion ne peut être décidée que deux ans après la création des
parts.
Il a été formé une Association des porteurs de parts dont les statuts sont reproduits
au dos du présent titre.
La propriété d*une part emporte de plein droit adhésion aux statuts de l'Association
et aux décisions de l'assemblée générale des porteurs de parts.

Ky-Thé, le 30 janvier 1935


Un membre du conseil de surveillance : ?
Le gérant : Marius Borel
Imp. A. Rey, 4, rue Gentil, Lyon
——————————————
Marius Borel (1935)

M. et Mme Marius Borel à My-Khê (1935)


Marius Borel et ses employés
—————————

Le Révérend Père Hue, de la mission catholique de Hung-Hoa, arrivé au Tonkin en 1895


(Marius Borel, Souvenirs d’un vieux colonialiste, compte d’auteur, Rodez, 1963).
Le café tonkinois
(Chantecler, 2 janvier 1936, p. 2)

…………………………………
Le gouverneur général [Robin] continua alors, en compagnie de M. Marius Borel qui
était venu le rejoindre à Co-Nghia vers le domaine que ce dernier possède à Mykhé, au
pied du Bavi.
Ayant parcouru les importantes installations que M. Marius Borel a édifié sur cette
concession et assisté à l'arrivée de la cueillette de la journée, après quelques instants de
repos, le chef de l'Union et le résident supérieur au Tonkin gagnèrent par Tong et
Sontay la route de Hanoï où ils parvenaient à 19 h. 15.
…………………………………
——————————————

Conseil provincial de Sontay


(Chantecler, 5 avril 1936, p. 6)

M. Marius Borel, gérant de la Société Marius Borel et Cie, est nommé membre du
conseil provincial de Sontay en remplacement de M. Rostain 4, parti en France.
——————————————

Conseil supérieur des colonies


(Chantecler, 26 avril 1936, p. 3)

Ernest Outrey candidat à la succession de Marius Borel au conseil supérieur des


colonies [Il se retirera, laissant le champ libre à l’ancien gouverneur Varenne qui
l’emportera au second tour sur le marchand de papiers Caffa.]
—————————

VISITE PAR M. LE GOUVERNEUR GÉNÉRAL BRÉVIÉ DES PRINCIPALES CONCESSIONS


EUROPÉENNES DE HANAM, HOABINH ET SONTAY
(L’Avenir du Tonkin, 1er juin 1937)

………………
Fut ensuite visitée la concession de M. Marius Borel à Son-tay. concession
complantée de caféiers et qui comprend 35 hectares (sur les 700 hectares qui
représentent l’ensemble des plantations de caféiers de ce colon). Cette concession
comprend deux fermes. À la seconde ferme, l’on remarqua un nombreux bétail où
figuraient plusieurs Indiens.
…………………
Nouveau départ presque aussitôt pour My-khê, huyên de Tung-thên (Sontay), où
l’on parvenait peu de temps après et où l’on gagnait la ferme de M. Marius Borel qui se
trouve sise au sein de ses concessions, tout près du mont Bavi.
…………………

4 Rostain : gérant de la concession Marius Borel, puis (octobre 1937) propriétaire de l’Hôtel Terminus à

Hanoï.
Enfin eut lieu la visite du séchoir concernant le café. Après la cueillette, a lieu la
pesée. Les femmes qui cueillent sont payées tous les soirs à la tâche. Puis l’on
emmagasine le produit de la cueillette et l’on procède aux diverses opérations. Le
séchage a lieu sur l’aire mais quand il fait mauvais temps, on se sert du séchoir qui
permet de traiter 1.000 kg par jour.
…………………
—————————————

Deuil
(Chantecler, 4 juillet 1938, p. 6)

Mort de Joseph Borel, frère de Marius.


—————————————

Mariage
(Chantecler, 31 juillet 1938, p. 6)

Mariage le 18 juillet, en l’église Saint-Jean-Baptiste d’Aix-en-Provence, de


M. Guigues, secrétaire principal du Haut-Commissariat français à Beyrouth, et de Alice
Borel, une des filles de Marius.
——————————————

Le Chef du Protectorat visite de nombreuses concessions à Sontay, Phuly et Hadong


(Chantecler, 18 décembre 1938, p. 3)

M. le résident supérieur Châtel, accompagné de M. Braemer, chef des Services


agricoles du Tonkin, et M. Daunic, chef du secrétariat particulier à la résidence
supérieure, a fait, samedi 10 décembre, une visite aux diverses concessions appartenant
à MM. Borel, Sharté [sic : Sarthé], Leconte, Guydon, Lavallée [sic : Guidon Lavallée] et
Chardin, à Sontay, Phuly et Hadong.
Parti de Hanoï à 5 h. 45, le Chef du Protectorat et sa suite arrivèrent à Sontay à 7
heures, M. Châtel visita immédiatement la concession de M. Marius Borel à My-Khê.
Le résident supérieur fut reçu à son arrivée par M. l'administrateur de Maynard,
résident de France à Sontay.
Sous la conduite de M. Borel et du gérant de la concession, le chef de
I’administration locale, le résident de Maynard, MM. Braemer et Daunic visitèrent les
plantations de café, la cour de séchage, la machine à décortiquer le café, les étables, les
ateliers où l’on prépare le la lait frais, etc. Partout il se montra visiblement satisfait de la
parfaite organisation du propriétaire de la concession.
La concession de My-Khê est située à quelques kilomètres de la pagode Thong
(Tong).
La superficie des plantations de café couvre 250 [hect]ares. L’an dernier, ces
plantations ont produit 60 tonnes de café arabica. Cette année, elles sont de 120
tonnes. On compte au moins 1.100 bœufs et buffles, parmi lesquels il y a 100 vaches à
lait.
Ordinairement, 400 coolies travaillent à la tâche dans cette concession. Le nombre
des coolies atteint quelquefois 700 ou 800.
Les dépenses s'élèvent chaque mois à 2.500 p.
Après avoir visité la concession de My-Khê, le chef du Protectorat et sa suite se
rendirent à celle de Xuan-Moi, dépendant de la province de Hadong et située entre
Sontay et Hoa-Binh.
Il fut reçu à son arrivée à 8 heures par M. le résident Haelewyn, S. E. Vi-van-Dinh et
le tri-huyen de Chuong-My, à,M. Ng.-uoc-Le.
Cette concession appartenait auparavant à S. E. le Vo-Hien Hoang-trong-Phu, qui
l'avait vendue ensuite à M. Borel.
………………………………………
———————————

Suite :
Compagnie agricole indochinoise
Société des cafés de l’Indochine (SCAFI).

• Bibliographie :
Marius Borel, Souvenirs d’un vieux colonialiste, compte d’auteur, Rodez, 1963.
Photos reproduits par Gérard O'Connell.

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