Guide Attachement SIPPE
Guide Attachement SIPPE
périnatalité et pour la
petite enfance à
l’intention des familles
vivant en contexte de
vulnérabilité
Les services intégrés en
périnatalité et pour la
petite enfance à
l’intention des familles
vivant en contexte de
vulnérabilité
Guide pour souten i r l e d év e l o p p em e nt
de l’attachement sécurisant d e l a g r o s se s s e à a n
1
Ce document a été édité en quantité limitée et n’est maintenant disponible qu’en version électronique. Il peut être consulté à la section
documentation, sous la rubrique publications du site Web du ministère de la Santé et des Services sociaux dont l’adresse est :
www.msss.gouv.qc.ca
Dépôt légal
Bibliothèque nationale du Québec, 2005
Bibliothèque nationale du Canada, 2005
ISBN 2-550-45099-X (version imprimée)
ISBN 2-550-45100-7 (PDF)
Toute reproduction totale ou partielle de ce document est autorisée, à condition que la source soit mentionnée. ©
Gouvernement du Québec
Ce guide d’intervention s’inscrit dans la foulée des outils développés dans le cadre des Services intégrés
en périnatalité et pour la petite enfance à l’intention des familles vivant en contexte de vulnérabilité.
Auteures :
Et les conseils de :
Nous tenons à remercier les personnes qui ont contribué de façon particulière à structurer les Services
intégrés en périnatalité et pour la petite enfance à l’intention des familles vivant en contexte de vulnérabilité.
Nous remercions également les répondants régionaux des Services intégrés en périnatalité et pour la
petite enfance à l’intention des familles vivant en contexte de vulnérabilité et les professionnels des
agences de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux pour leurs
judicieux commentaires au moment de la consultation.
Nos remerciements vont aussi aux intervenants des CSSS et établissements suivants pour leurs commentaires
au moment de la consultation :
Réseau de santé et de services sociaux des Basques;
Centre Maria-Chapdelaine;
CSSS de Québec-Nord (Centre de santé Orléans, CLSC-CHSLD La source);
Centre de santé de Portneuf;
CSSS Rivière-du-Nord/ Nord de Mirabel (CLSC Arthur-Buies);
CSSS de Verdun/Côte Saint-Paul, Saint-Henri et Pointe Saint-Charles (CLSC Saint-Henri);
CSSS de la Petite-Patrie et Villeray (CLSC Villeray);
CSSS de la Côte-de-Gaspé (CLSC Mer et Montagnes);
CSSS du Vieux Longueuil et de Lajemmerais (CLSC des Seigneuries);
CSSS de Laval (CLSC Mille-Îles – CHSLD Laval, CLSC-CHSLD du Marigot, CLSC-CHSLD Sainte-Rose, CLSC-
CHSLD Ruisseau-Papineau);
Centre régional de santé et de services sociaux de Rimouski (CLSC-CHSLD Rimouski-Neigette);
Réseau de santé du Témiscouata;
CSSS de la Haute-Yamaska (CLSC-CHSLD de la Haute-Yamaska).
Enfin, nous remercions mesdames Isabelle Gignac et Manon Dussault pour leur travail de secrétariat tout au
long du processus de production de ce guide.
Introduction................................................................................................................................... 1
1- Le cadre conceptuel................................................................................................................. 3
1.1 Le modèle écologique ...................................................................................................... 3
1.2 Les notions de développement de l’enfant....................................................................... 4
1.2.1 Le développement du cerveau................................................................................ 5
1.2.2 Le développement physique et moteur................................................................... 6
1.2.3 Le développement cognitif ...................................................................................... 7
1.2.4 Le développement du langage................................................................................ 8
1.3 Les concepts relatifs à l’attachement ............................................................................... 9
1.3.1 Les notions de base de l’attachement..................................................................... 9
1.3.2 Les types d’attachement ....................................................................................... 11
1.3.3 Les conséquences du type d’attachement sur le développement de l’enfant....... 14
1.3.4 Les troubles de l’attachement ............................................................................... 16
1.3.5 Le rôle de la qualité des soins dans le développement de la sécurité
d’attachement........................................................................................................ 17
1.3.6 Les facteurs susceptibles d’influencer la qualité des soins................................... 23
1.3.7 Les stratégies efficaces favorisant l’attachement sécurisant ................................ 26
1.3.8 Les stratégies efficaces influençant la qualité des soins....................................... 29
2- Les caractéristiques de l’intervention..................................................................................... 31
2.1 Les axes d’intervention................................................................................................... 31
2.2 L’intensité ....................................................................................................................... 32
2.3 Modalités retenues et matériel utilisé............................................................................. 32
2.4 La stratégie d’intervention .............................................................................................. 32
2.4.1 Le soutien à la qualité des soins........................................................................... 32
2.4.2 L’accompagnement réalisé par l’intervenante privilégiée...................................... 35
2.5 Le déroulement de l’intervention .................................................................................... 38
2.5.1 L’observation......................................................................................................... 38
2.5.2 L’intervention......................................................................................................... 40
2.5.3 Les références vers les ressources....................................................................... 43
3- Les fiches............................................................................................................................... 45
3.1 Les principes directeurs guidant l’intervention................................................................ 45
3.2 Les fiches sur la qualité des soins.................................................................................. 48
3.2.1 Durant la période prénatale................................................................................... 49
3.2.2 Durant la période postnatale 0-3 mois .................................................................. 59 3.2.3
Durant la période postnatale 3-6 mois .................................................................. 75 3.2.4
Durant la période postnatale 6-9 mois .................................................................. 93
3.2.5 Durant la période postnatale 9-12 mois .............................................................. 129
3.3 Les fiches sur les facteurs influençant la qualité des soins.......................................... 157
3.3.1 L’influence du bien-être psychologique............................................................... 157
3.3.2 L’influence du réseau social................................................................................ 165
Bibliographie............................................................................................................................. 169
Annexe 1 Tableau des fiches d’activité............................................................................... 177
Introduction
Le Québec compte encore un trop grand nombre de familles vivant dans un contexte qui les rend
vulnérables. La pauvreté économique et sociale, ou encore le jeune âge des parents font que
ces familles risquent de connaître des problèmes de santé physique et psychosociale tels que
l’anémie diagnostiquée chez les femmes enceintes, la dépression pré et post natale, la
prématurité des bébés, le retard de croissance intra-utérine, l’isolement social, l’abus et la
négligence envers les enfants, des troubles d’adaptation et d’apprentissage chez l’enfant.
Compte tenu de ce contexte, les Services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance à
l’intention des familles vivant en contexte de vulnérabilité 1 ont été instaurés pour contribuer à
diminuer la transmission intergénérationnelle des problèmes de santé et des problèmes sociaux
dont l’abus et la négligence envers les enfants. Ils visent à :
maximiser le potentiel de santé et de bien-être des mères, des pères, des bébés à naître et
des enfants de 0-5 ans vivant en contexte de vulnérabilité;
inclure la naissance et le développement des enfants dans un projet de vie porteur de réussite
pour les parents, en renforçant le pouvoir d’agir des personnes et des communautés.
Plusieurs objectifs de santé et de bien-être s’y rattachent. L’un de ces objectifs est de favoriser
le développement optimal des enfants vivant en contexte de vulnérabilité, entre autres :
en développant et renforçant le lien d’attachement parent-enfant.
L’Institut national de santé publique du Québec a été mandaté par le ministère de la Santé et
des Services sociaux pour élaborer un guide d’intervention visant le développement d’un
attachement sécurisant.
L’attachement est un lien affectif durable que l’enfant développe envers un adulte qui en prend
soin et qui se manifeste par divers comportements. Ces comportements ont tous pour but de
susciter l’interaction avec l’adulte et d’assurer ainsi la survie de l’enfant, particulièrement
lorsqu’un danger se présente. L’attachement de l’enfant témoigne de son assurance ou de son
manque d’assurance vis-à-vis des capacités de son parent à le protéger, à le réconforter, à le
consoler ou à l’encourager. Selon le cas, l’enfant développe un attachement sécurisant ou
insécurisant. Un attachement sécurisant procure à l’enfant la confiance nécessaire pour explorer
son environnement immédiat et se rassurer rapidement dans les situations stressantes. Il trace
la voie à des relations positives avec ses parents, les autres enfants et adultes de même qu’avec
ses futurs enfants. Il soutient les apprentissages cognitifs et est relié à la réussite éducative.
1
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
2
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
1- Le cadre conceptuel
Cette dernière version reconnaît l’influence particulière des personnes et des processus sur le
développement humain. Les personnes en cause sont la mère, le père et leur enfant. Les parents
sont considérés comme des êtres en développement, capables de changement. Ils représentent
la principale cible de l’intervention. Sans minimiser l’influence des facteurs environnementaux,
ce modèle met l’accent sur les parents parce qu’il considère que leurs comportements ont une
influence puissante et modifiable sur le développement de leur enfant.
Cette influence des parents passe plus particulièrement par le pouvoir qu’ils exercent sur
l’environnement prénatal et familial de l’enfant ainsi que sur la qualité de leurs interactions avec
ce dernier. L’enfant est quant à lui considéré comme un être qui, dès la naissance, possède son
propre tempérament de même que des capacités pouvant susciter des réactions chez les adultes
de son entourage. C’est aussi un être en développement qui, en réalisant ses différentes tâches
développementales, fera les acquisitions nécessaires à l’actualisation de son potentiel.
Les processus en cause dans le modèle renvoient à l’interaction entre l’intervenante privilégiée
et les parents par l’entremise du développement du lien de confiance lors des visites à domicile;
au fonctionnement interne des parents, soit la façon dont leurs ressources psychologiques (leur
histoire de vie, leur santé mentale et leurs stratégies de résolution de problème) influent sur leurs
comportements d’adaptation; aux interactions entre les parents et leurs enfants, les autres
membres de la famille, leurs amis et les fournisseurs de services. Ces processus influencent tout
particulièrement les comportements des parents avec leurs enfants. Enfin, les contextes font
référence à l’environnement tant familial que social de l’enfant.
2 Bronfenbrenner, 1979.
3 Ministère de la Santé et des Services sociaux, 2004.
3
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Le nourrisson est quant à lui défini comme un être qui possède dès sa naissance, des
compétences pour jouer un rôle actif dans ses interactions avec les adultes et dans son propre
développement. Par exemple, l’inconsistance dans les soins parentaux peut entraîner des
difficultés chez le nourrisson, mais à l’inverse, l’enfant au tempérament difficile peut provoquer
l’inconsistance dans les soins que lui donnent ses parents. Ses structures et son système
biologique lui permettent d’interpréter le monde et d’être en relation avec celui-ci. Il recherche
activement les stimulations et démontre une remarquable habileté à détecter les aspects stables
des expériences et à s’en rappeler. Par ses contacts avec l’environnement, il apprend peu à peu
à réguler ses fonctions internes, ses comportements et ses émotions. Cet apprentissage dépend
en grande partie du degré de prévisibilité, de cohérence et de chaleur des adultes qui en
prennent soin.
Les changements prennent appui sur certains défis développementaux que doit relever l’enfant
avant de pouvoir passer au prochain. En fait, les moindres changements sont ordonnés et se
produisent selon une séquence logique qui fait que de la réorganisation des capacités acquises
4 Les notions présentées s’inspirent des auteurs suivants : Bee, 1997; Berk, 2003; Bredekamp & Copple, 1997; Carnegie task force
on meeting the needs of young children, 1994; DiPietro, 2000; Doherty, 1997; Ferland, 2002; Gormly & Brodzinsky, 1994; Krug &
Mikus, 1999; McCain & Mustard, 1999; Olds & Papalia, 1996; Shields et al., 2001; Shonkoff & Phillips, 2000; Zeanah, Boris &
Larrieu, 1997.
4
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
antérieurement émerge une nouvelle capacité. Ainsi, l’enfant ne peut se tenir debout avant de
pouvoir garder son équilibre sur place. Les changements sont également directionnels, puisque
les comportements simples évoluent vers les plus complexes. Par exemple, l’enfant apprend les
sons avant les mots, et les mots avant les phrases.
Les changements sont cumulatifs. L’acquisition d’une habileté ne fait pas disparaître la
précédente. Aux capacités sensorimotrices déjà acquises, l’enfant qui fait ses premiers pas
ajoute l’équilibre en position verticale et la capacité de se déplacer sans appui.
Enfin, les changements se produisent de manière globale, c’est-à-dire que les acquis relatifs au
développement physique, cognitif, social et affectif sont interreliés, et soutenus par le
développement neurobiologique. Toutefois, chaque enfant se développe à son propre rythme, et
les progrès ne sont pas forcément similaires dans chacune des sphères.
Tous les acquis du jeune enfant reposent sur un cerveau en développement. Plusieurs
recherches récentes en neurophysiologie soulignent l’importance des soins parentaux sur le
développement du cerveau de l’enfant au cours des premières années de vie. Le développement
du cerveau dépend des expériences socioaffectives précoces de l’enfant dans son
environnement familial, expériences qui joueront un rôle dans la formation et l’étayage des
synapses des cellules nerveuses. Selon Steinhauer (1997), rien n’influence davantage le
développement de l’enfant, après les composantes génétiques, que la qualité des soins
parentaux donnés durant les trois premières années de vie.
Phénomène commencé dès avant la naissance, les neurones forment entre eux des synapses,
et créent ainsi un réseau de circuits neuronaux qui permet de cumuler et de transmettre de
l’information. La prolifération remarquable des synapses durant les premières années produit
chez l’enfant une quantité de synapses bien plus grande qu’il en aura éventuellement besoin au
cours de sa vie. Ainsi, au fur et à mesure que l’enfant grandit, des circuits neuronaux seront
renforcés et d’autres seront éliminés, ce qui permet au cerveau de fonctionner efficacement. Ce
processus de peaufinage et de réorganisation s’effectue avec une grande rapidité dans la petite
enfance et se poursuit, quoique plus lentement, durant l’adolescence 5 . Les synapses sont
façonnées par les stimuli venant de l’environnement. Quand un stimulus quelconque (entendre
une chanson, jouer avec une poupée, voir un chat, etc.) active un circuit neuronal de façon
répétée, ce dernier est en quelque sorte renforcé et devient une partie intégrante du réseau
5 Ce processus de peaufinage se produit en réalité toute la vie, mais connaît des périodes plus intenses.
5
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
neurologique de l’enfant. En contrepartie, les circuits qui ne sont pas utilisés fréquemment, ou
de façon répétée, seront éliminés.
En ce sens, l’expérience – positive ou négative – joue donc un rôle crucial dans la formation des
réseaux neurologiques du cerveau qui soutiennent les acquis du jeune enfant. Ainsi, le langage
et les habiletés cognitives que l’enfant maîtrisera, de même que ses comportements, seront le
reflet de la configuration et du fonctionnement de son cerveau, lesquels sont grandement
influencés par l’environnement, d’où l’importance des expériences précoces.
Au cours des premières années, le corps de l’enfant croît à un rythme inégalé. Des changements
frappants se produisent, entre autres en ce qui concerne la coordination motrice, l’équilibre, la
dextérité, le sommeil et l’humeur.
Le développement physique et moteur
Les changements importants dans l’acuité sensorielle, spécialement de la vue et de l’audition, font
que l’enfant apprend rapidement à évaluer son champ visuel et à reconnaître les sons.
Les transformations corporelles et physiologiques entraînent une plus grande régularité dans les
cycles sommeil/éveil et une prépondérance des états de sommeil la nuit, une diminution des pleurs
ainsi qu’une plus grande prévisibilité de l’humeur.
Motricité globale
De la naissance à 1 an, le bébé exerce ses réflexes innés (ex. : réflexe de sursaut, réflexe de
succion, réflexe de préhension, etc.).
Vers 2 mois, il commence à maîtriser les mouvements de sa tête.
Vers 2-3 mois, il saisit, relâche, saisit de nouveau et relâche un même objet, et lève la tête lorsqu’il
est en position ventrale.
Vers 4 mois, il commence à s’intéresser aux objets qu’il considère comme attirants (ex. : il suit des
yeux ou se tourne la tête vers les objets colorés, brillants ou qui produisent des sons).
Entre 4 et 6 mois, il se tourne sur le dos lorsqu’il est en position ventrale, tient la position assise.
Entre 7 et 9 mois, il marche à quatre pattes.
Entre 10 et 12 mois, il se redresse pour se mettre debout en prenant appui sur les meubles, puis fait
ses premiers pas sans aide; il s’accroupit et se penche.
Motricité fine Dès l’âge de 1 mois, l’enfant suit des yeux un objet qui se
déplace lentement. Vers 4 mois, il porte sa main ou des objets volontairement
à sa bouche.
Entre 7 et 9 mois, il transfère les objets d’une main à l’autre. Entre 9 et 12 mois, il saisit de petits
objets entre son pouce et l’index.
Dès la naissance, l’enfant réagit aux situations nouvelles et est capable d’intégrer les
informations qui viennent de son environnement. Durant ses premières années, il fait des
acquisitions importantes en ce qui concerne le langage et les fonctions cognitives (concepts,
mémoire, liens de causalité, etc.) à la base de la pensée et des processus d’apprentissage. Dès
la naissance, il découvre et apprivoise le monde par ses activités sensorielles et motrices. C’est
là une « intelligence d’action »; pour lui, tous les événements se déroulent dans l’ici et le
6
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
maintenant. À cet égard, l’exploration active de l’environnement est essentielle à l’enfant; elle lui
permet de découvrir les choses et les êtres qui l’entourent, de développer ses fonctions
cognitives et de socialiser. Le développement de l’enfant s’actualise au moyen des nombreux
contacts qu’il établit avec les personnes et les objets de son entourage et les possibilités que lui
offre son environnement.
Le langage est un des éléments clés du développement de l’enfant. Dès la naissance, l’enfant
possède l’aptitude d’apprendre une langue mais cette capacité sera activée et développée par
l’apprentissage qui découle de l’expérience. Il ne suffit pas d’entendre parler (ex. : la télévision)
pour développer le langage, car le langage se développe en interaction avec autrui; en fait, il ne
s’acquiert que dans un contexte social.
7
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
langage); 3) un encouragement actif à utiliser le langage. L’intérêt que portent les adultes aux
premiers sons émis par l’enfant et le renforcement des sons, lorsque ceux-ci ressemblent à des
mots, encouragent l’exploration vocale de l’enfant et la reproduction intentionnelle de certains
sons. Plusieurs recherches démontrent que plus le parent parle et interagit avec l’enfant, plus ce
dernier développera un vocabulaire varié 6.
Le développement du langage
Dès la naissance, les pleurs constituent un moyen rudimentaire de communication avec l’entourage.
Au début, ils ne sont pas intentionnels; ils sont plutôt un réflexe généralement associé à des états
désagréables. Graduellement, les pleurs deviennent volontaires car l’enfant apprend qu’ils
déclenchent des réponses à ses protestations et à ses besoins. Différents types de pleurs sont
associés à des besoins différents (ex. : des pleurs liés à la fatigue, d’autres à la faim).
Les nouveau-nés ont la capacité naturelle d’apprendre n’importe quelle langue. Mais c’est seulement
au cours de la première année que leur perception de la parole devient propre aux sons de la langue
qu’ils entendent à la maison.
Dès les premiers mois, le nourrisson gazouille, vocalise, et progresse vers le babillage (« ga ga ga
»). Bien qu’il ne comprenne pas le sens des paroles de ses parents, il peut déduire les émotions
comme la joie, la colère ou la tendresse à partir des intonations de la voix.
La compréhension du langage apparaît toujours plus tôt que la production volontaire du langage.
L’enfant comprend plusieurs mots qui lui sont adressés dès l’âge de 8 ou 10 mois, même s’il n’est
pas encore capable de les dire.
Vers 7 mois apparaît la communication intentionnelle et même si elle est souvent gestuelle jusqu’à
18 mois, le tout-petit babille de plus en plus et imite les sons, puis les mots émis par ses parents. À la
fin de sa première année, l’enfant prononce ses premiers mots et comprend des consignes simples
comme « donne, attends ». Souvent, un mot a plusieurs significations et prend la valeur d’une
phrase complète.
L’établissement d’un attachement envers une personne qui en prend soin, constitue l’enjeu
crucial des premiers mois de vie de l’enfant et la pierre angulaire de la maîtrise de ses émotions,
de la perception de soi et de la compréhension du fonctionnement social.
Le développement socioaffectif
8
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Les émotions du nourrisson sont extrêmes et celui-ci ne les régule pas facilement, il a besoin de l’aide
de ses parents pour le faire.
Dès la fin de sa première année, l’enfant est très sensible aux indices émotionnels venant de ses
parents (ou des principaux pourvoyeurs de soins), et ce, particulièrement dans des circonstances
incertaines ou menaçantes. L’expression anxieuse ou confiante de ses parents est utilisée comme
référence sociale par l’enfant et influence sa conduite et son état émotif. Le développement des
émotions du jeune enfant est particulièrement sensible à la qualité du climat familial.
Ces premiers liens affectifs serviront de modèle à l’enfant, d’abord pour l’exploration de son
environnement, ensuite pour ses relations sociales futures. Ainsi l’attachement sécurisant, parce qu’il
procure un sentiment de sécurité, donne à l’enfant la confiance nécessaire pour explorer et le rassure
dans les situations stressantes, en plus de tracer la voie à des relations positives avec les autres
enfants, ses parents et les autres adultes.
Durant les premières années commence également à se construire la perception que l’enfant a de lui-
même. Pendant qu’il apprend graduellement la différence entre « moi » et « les autres », à se
reconnaître visuellement (dans un miroir) et à en référer verbalement à lui-même (ex. : « Charlotte
petite »), sa personne se définit de plus en plus à ses yeux.
Cette partie traite des notions de base de l’attachement, des facteurs qui influencent sa formation
et des stratégies efficaces favorisant l’attachement sécurisant.
Définition de l’attachement
Depuis les années 60, différents auteurs ont tenté de définir l’attachement, en l’associant
exclusivement soit à l’enfant, soit au parent. La définition retenue ici, et l’une des plus utilisées,
est celle de Bolwby (1969), un psychanalyste qui a influencé de façon marquante toutes les
recherches sur le sujet. Pour Bowlby, l’attachement est un lien affectif durable d’un enfant envers
un adulte qui en prend soin (généralement le parent) et qui se manifeste notamment par divers
comportements permettant à l’enfant, dans les moments de détresse surtout, d’interagir avec cet
adulte.
Ainsi certains comportements, comme les sourires et les vocalisations, sont des signaux par
lesquels l’enfant signifie son désir d’entrer en interaction. D’autres, comme les pleurs, sont
dérangeants, et ont pour but d’inciter le parent à trouver des moyens de mettre fin à une situation
donnée. Enfin, les comportements d’approche ou de poursuite (tendre les bras, ramper, etc.)
permettent à l’enfant de maintenir ou d’acquérir une certaine proximité avec l’adulte 7 . Ces
comportements ont tous pour but d’assurer la survie de l’enfant, particulièrement lorsqu’un
danger se présente. Dans cette perspective, l’attachement d’un enfant envers son parent
démontre son assurance que celui-ci peut le protéger, le réconforter ou le consoler. Si l’enfant
croit que son parent peut satisfaire ses besoins, il développera un attachement sécurisant.
L’attachement sera qualifié d’insécurisant si l’enfant n’a pas l’assurance que son parent sera
7 Cassidy, 1999.
9
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
présent et le protégera8. Selon la définition de Bolwby, l’attachement s’inscrit donc dans le cadre
de la relation parent-enfant et se construit grâce aux interactions entre les deux.
L’attachement est un lien affectif durable particulier et unique comparé aux autres liens qu’une
personne développe au cours de sa vie. Comme le rapporte Cassidy (1999), Ainsworth distingue
l’attachement de l’enfant âgé entre 0 et 1 an des autres types de liens par le fait : 1) de sa
persistance dans le temps; 2) qu’il implique une personne spécifique; 3) que cette relation est
émotivement significative; 4) que les contacts avec la personne significative soient maintenus;
5) qu’une détresse est ressentie par l’enfant lorsqu’il est involontairement séparé de la personne
significative; 6) qu’une sécurité et du réconfort avec la personne significative sont recherchés.
L’enfant peut développer un lien d’attachement avec plusieurs personnes significatives de son
entourage.
Bolwby ajoute que le rôle de la figure d’attachement ne devrait pas être confondue avec les
autres rôles parentaux, comme ceux définis par Lacharité (2003) : fournisseur de soins,
éducateur, socialisateur et partenaire de jeux. Tout en reconnaissant l’influence des différents
rôles parentaux sur le bien-être de l’enfant, il soutient que le rôle clé dans le développement de
l’attachement est celui de protecteur 9.
3. Vers 6 mois, l’enfant tente de maintenir une proximité à une figure ciblée au moyen de la
locomotion. Ces signaux se manifestent par des comportements d’approche, de poursuite
et d’exploration dirigés le plus souvent vers le principal fournisseur de soins. L’enfant
commence également à protester lorsqu’il est séparé de cette personne. Les étrangers
suscitent la prudence et le retrait. C’est un des signes d’un début d’attachement.
10
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Pendant plus de deux décennies, le type d’attachement que développe l’enfant a été défini en
fonction du comportement émis par l’enfant dans le cadre de la procédure expérimentale mise
au point par Ainsworth, la « situation étrangère ». À la suite d’expérimentations faites en
laboratoire auprès d’enfants de 12 à 18 mois, Ainsworth (1969) a défini trois types
d’attachement : 1) l’attachement sécurisant; 2) l’attachement insécurisant-ambivalent; 3)
l’attachement insécurisant-évitant. Plus tard, Main et Solomon (1990) ont relevé un autre type :
4) l’attachement insécurisant-désorganisé.
Une définition des types d’attachement est présentée ci-dessous. Les définitions sont
complétées d’encadrés qui résument, pour chacun des types d’attachement, les caractéristiques
du parent et de l’enfant de même que les croyances intériorisées par ce dernier. Ces catégories
d’attachement sont générales. Les chercheurs utilisent plusieurs sousgroupes pour classer les
enfants selon leurs comportements dans la situation étrangère 13. Les quatre types d’attachement
présentés ne constituent donc pas des catégories exclusives; ils se situent plutôt dans un
continuum allant des comportements confiants à des comportements d’insécurité qui peuvent
même devenir pathologiques, et il y a alors possibilité d’un trouble d’attachement.
L’attachement sécurisant
Selon la méta-analyse de Van Ijzendoorn et collaborateurs (1999), environ 60 % des enfants
développent un attachement sécurisant dans la population générale de classe moyenne. Ce
pourcentage tombe à 48 % pour les enfants économiquement défavorisés et à 40 % pour les
enfants de mère adolescente. Règle générale, l’enfant qui développe un attachement sécurisant
a des parents réceptifs et accessibles qui acceptent d’emblée le contact physique. Parce qu’il a
confiance en ses parents, il explore sans hésiter son environnement tout en faisant de
nombreuses vérifications auprès de ceux-ci en les regardant, en émettant des vocalisations à
leur intention ou en partageant ses découvertes avec eux.
11
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Il comprend les besoins II peut interagir avec son Mon environnement est
de son enfant. Il est parent même à distance par un endroit sécuritaire.
affectueux. le regard, l’échange de Je mérite de voir mes
sourire ou la parole. besoins comblés.
Il prend plaisir au contact
avec son enfant. Il se calme rapidement en
présence du parent et
Il répond rapidement et
reprend
adéquatement quand l’enfant
l’exploration de son
a besoin de protection ou de
environnement.
soutien.
Il fait preuve de sensibilité
envers l’enfant.
L’attachement insécurisant-ambivalent
La proportion d’enfants ayant des comportements insécurisants-ambivalents est de 8 % pour les
enfants dans la population générale, de 10 % pour les enfants issus de familles économiquement
défavorisées et de 4 % pour les enfants de mère adolescente 13. Ces enfants sont incertains
quant à la capacité des parents à répondre à leurs besoins. Les parents ont pour leur part
tendance à être inconsistants, parfois intrusifs, ou à offrir une réponse peu adaptée aux besoins
de l’enfant. Ils peuvent restreindre son comportement d’exploration. L’enfant devient alors
anxieux dans les situations d’exploration et recherche désespérément le contact avec son parent,
bien que ce contact ne semble pas le satisfaire 14.
Les caractéristiques Les comportements Les croyances de l’enfant
du parent intériorisées par l’enfant
Il a des réactions Il cherche le contact du parent Mon parent est imprévisible. Il
incohérentes et imprévisibles. mais essaie en même temps peut être affectueux ou hostile.
de l’éviter.
Il est parfois sensible, parfois Je ne sais jamais à quoi
insensible. Il devient extrêmement m’attendre. Ça me rend
Il se montre parfois réceptif perturbé s’il est séparé du anxieux et colérique.
aux besoins de l’enfant et à parent et se calme Je ne peux pas m’éloigner car
d’autres moments, il les difficilement au retour de celui- je risque de manquer un
ci. moment d’affection.
ignore.
Il a peur de s’éloigner du Si je découvre comment
parent pour explorer son amener mon parent à
environnement. s’occuper de moi, je pourrai
recevoir de l’affection.
12
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
L’attachement insécurisant-évitant
L’attachement insécurisant-évitant se retrouve chez environ 15 % des enfants dans la population
générale, chez 17 % des enfants de familles économiquement défavorisées et chez 33 % des
enfants de mère adolescente 15 . Ces enfants ont subi du rejet alors qu’ils souhaitaient du
réconfort. Les comportements du parent ont tendance à être intrusifs et aversifs 1617. Les contacts
physiques étroits sont généralement évités. L’enfant en vient à explorer son environnement sans
se soucier du parent.
Les caractéristiques du Les comportements de Les croyances
parent l’enfant intériorisées par
l’enfant
Il n’est pas disponible sur le Il a tendance à nier ses Mon parent adopte des
plan émotif. propres besoins. comportements punitifs et
Il adopte des Il évite les interactions avec le de rejet.
comportements de rejet vis- parent qui en prend soin. Je dois faire preuve de
à-vis de l’enfant. Il ne veut pas être aidé. vigilance afin de me
Il ignore les besoins de protéger constamment.
Il se sent forcé de parvenir
l’enfant ou y répond avec rapidement à l’autonomie. Si j’oublie mes besoins, je
indifférence ou de manière Il peut être plus sociable avec
ne serai pas blessé ni
intrusive. rejeté.
les étrangers qu’avec son
Il repousse les tentatives de parent. Si je satisfais les besoins
rapprochement de l’enfant de mon parent, je ne serai
Il s’attend à être repoussé ou
dans les moments de pas rejeté.
détresse rejeté de son parent. Dans les
Si j’oublie mes besoins et
qu’il estime injustifiés, mais moments de détresse, il tente
de vivre sans le soutien des prends soin de mon parent,
se comporte de manière je serai aimé.
sensible quand il considère autres.
que la détresse est
justifiée18.
L’attachement insécurisant-désorganisé
La proportion d’enfants ayant un attachement insécurisant-désorganisé est d’environ 15 % dans
la population générale, 25 % dans les familles économiquement défavorisées et 23 % dans les
familles dont la mère est adolescente. C’est en grande partie l’attitude hostile qui entraîne le
développement de ce type d’attachement. Si les comportements insensibles du parent ne
semblent pas suffisants pour conduire à un attachement désorganisé, les mauvais traitements y
sont cependant étroitement associés 18.
13
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
La littérature démontre que le type d’attachement de l’enfant influence son développement futur.
À cet égard, l’attachement sécurisant devient un facteur de protection alors que les attachements
insécurisants sont plutôt considérés comme des facteurs de risque. Le type d’attachement d’un
enfant n’explique pas tout de l’issue de son développement ultérieur mais en bas âge, il joue un
rôle central 19.
Durant l’enfance
L’enfant dont le parent a pris soin de façon relativement constante et prévisible acquiert une
confiance en ses capacités d’influence sur son environnement; il est plus susceptible d’exprimer
ses besoins d’amour et de se sentir en sécurité. Ce sentiment de sécurité fournit les bases à
l’établissement de relations positives avec les pairs 20 , les enseignants et les adultes de
l’entourage; il favorise la construction d’une image saine de soi et une meilleure compréhension
des enjeux moraux et émotifs 21. Pour certains chercheurs, la qualité de l’attachement influence
tout particulièrement les habiletés émotives et sociales de l’enfant 22.
Les enfants avec un attachement sécurisant seraient aussi plus compétents intellectuellement.
Selon les travaux de Tarabulsy24, le plus fort prédicteur du développement cognitif de l’enfant
serait la sensibilité dont aura fait preuve ses parents et l’attachement que l’enfant aura développé.
14
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Ces variables auraient une valeur prédictive plus grande que les indices de quotient intellectuel
ou de pauvreté.
Les effets de l’insécurité peuvent conduire à une image négative de soi et engendrer des
difficultés dans la maîtrise des émotions et la gestion des demandes venant de l’environnement 23.
Certains enfants insécurisés affichent peu d’émotion lorsqu’ils sont punis ou font réagir les
adultes par leur attitude inaccessible et invulnérable 24. Ils sont moins persistants dans les tâches
et moins compétents dans la résolution de problème; ils souffriraient plus souvent de malaises
de santé physique et mentale 25 . Selon Paquette, Saint-Antoine et Provost (2000), les types
d’attachement insécurisant sont plus souvent associés à des troubles externalisés à l’âge
préscolaire et à l’âge scolaire, à la dépendance aux adultes, au retrait social, à la passivité et à
la soumission aux pairs. Certains enfants ayant un attachement désorganisé sont isolés
socialement, ont davantage de comportements agressifs envers leurs pairs et entretiennent avec
leurs parents des relations souvent conflictuelles.
23 Thompson, 2001.
24 Thibeault, 2002.
25Niccols, 2003; Grossmann & Grossmann, 1998. 28
Kagan, 2000.
15
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Les enfants qui souffrent de non-attachement ne démontrent pas de préférence pour la personne
qui s’occupe d’eux. Ils ne recherchent pas de réconfort dans les moments de détresse. Les
enfants ayant un attachement désorganisé pathologique éprouvent quant à eux des difficultés à
trouver un équilibre entre la proximité avec le parent et l’exploration. Ils ont peur de leur mère ou
sont incertains de sa disponibilité en cas de détresse. Ce trouble se traduit chez l’enfant sous
plusieurs formes : une vigilance extrême à l’égard du parent, la recherche excessive de proximité,
l’adoption de comportements imprudents ou l’attribution de plusieurs fonctions au parent. Enfin,
les enfants souffrant d’attachement interrompu oscillent entre des moments de protestation, de
désespoir et de détachement. Ils ont tendance à pleurer, à chercher le parent absent et à refuser
le réconfort de l’adulte. En outre, ils sont peu intéressés par les activités de leur l’âge 31.
16
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Ne regarde pas dans les yeux, le sourire se fait Refuse que son parent lui donne le biberon, mais
rare ou absent. l’accepte d’une autre personne.
17
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
l’engagement; la réciprocité.
Développe un
L’enfant se attachement sécurisant
L’adulte qui prend soin Si oui Alors
sent aimé, et trouve un équilibre
de l’enfant fait preuve de en contrôle
sensibilité, de proximité, entre sa volonté
et en d’explorer et son besoin
d’engagement et suscite confiance
la réciprocité de proximité avec le
parent.
Si non
L’enfant Développe un
Alors attachement insécurisant
ressent qu’il
L’enfant émet des et se retrouve en
manque de
signaux et suscite déséquilibre entre sa
contrôle et
la réciprocité volonté d’explorer et son
de confiance
besoin de proximité avec
le parent.
La sensibilité
La sensibilité est le facteur dont le lien avec la sécurité d’attachement a été le plus démontré. La
littérature propose plusieurs définitions opérationnelles de la sensibilité parentale. Par souci de
clarté, nous adoptons la définition de Lacharité (2003), qui balise cette dimension en la
segmentant en quatre étapes :
1. la détection des signaux émis par l’enfant;
2. l’interprétation juste des signaux;
3. la sélection d’une réponse juste et appropriée aux signaux;
4. l’application rapide de la réponse sélectionnée.
28 Inspiré des travaux de Bowlby, 1969, Goulet et al., 1998, ainsi que de Sonkin & Dutton, 2003.
18
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
3- Le parent sélectionne une réponse juste et Taille limitée du répertoire de réponses du parent.
appropriée aux signaux. Processus de prise de décision inefficace.
19
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Lacharité insiste toutefois sur le fait qu’un enfant n’est pas d’une fragilité telle qu’il lui faille :
un taux de 100 % de sensibilité parentale pour pouvoir se développer adéquatement.
Les parents que l’on juge les plus sensibles ne le sont qu’environ 75-80 % du temps,
la majorité des parents n’arrive à être sensible que 60-75 % du temps. Ce n’est que
lorsque les interactions sensibles ne sont plus majoritaires dans l’ensemble des
échanges parent-bébé que celui-ci semble être affecté significativement 29.
La proximité
La qualité des soins parentaux implique une proximité physique et psychologique avec l’enfant.
Ainsworth soulignait déjà, en 1969, l’importance de la fréquence et de la durée des contacts
physiques entre la mère et l’enfant pour la sécurité d’attachement. L’habileté de la mère à calmer
la détresse de son enfant en le prenant dans ses bras s’avère un aspect central. Le contact
physique étroit a le pouvoir de sécuriser l’enfant ou de le calmer dans les moments de détresse,
de l’aider à réguler ses humeurs, et permet de répondre à ses besoins dès que celuici les
exprime.
Il démontre son aptitude à la proximité en répondant adéquatement aux besoins de son enfant
sans se laisser obnubiler par ses propres besoins.
L’engagement
Le développement de l’attachement signifie que le parent s’engage envers l’enfant. Selon Goulet
et collaborateurs (1998), s’engager auprès de l’enfant signifie se sentir responsable de sa
sécurité, de sa croissance et de son développement, et agir en conséquence. Concrètement, cet
20
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
engagement passe par une surveillance constante de l’enfant, le soutien à la régulation de ses
émotions et la connaissance des stades du développement de l’enfant 30 . La surveillance
constante de l’enfant permet au parent d’augmenter ses possibilités de percevoir les signaux de
l’enfant et d’y répondre promptement37. Elle implique que le parent sache en tout temps où est
son enfant, ce qu’il fait et s’il est en sécurité. Tout comme les contacts physiques, l’utilisation de
la discipline positive permet au parent d’aider l’enfant à réguler ses humeurs et émotions, celles-
ci risquant, dans le cas contraire, de se traduire par des comportements agressifs. La discipline
positive est l’ensemble des stratégies que le parent met en œuvre pour éduquer son enfant, lui
transmettre des valeurs et l’aider à être bien dans sa peau et ce, dans un climat affectueux et
respectueux. L’utilisation de la discipline positive requiert que le parent répète souvent les
mêmes consignes, qu’il fasse preuve de cohérence et de constance dans l’application des
conséquences aux comportements que l’enfant doit modifier, et qu’il applique ces conséquences
dans un climat de calme.
La discipline est nécessaire au bonheur des enfants. Elle leur permet de savoir où sont
leurs limites et celles de leurs parents, d’éviter les dangers, d’apprendre à faire plaisir aux
autres, de penser avant d’agir et de vivre dans un climat harmonieux 31.
Entre le 9e et le 12e mois de l’enfant, trois stratégies de la discipline positive sont plus
particulièrement utilisées. Ce sont : la déviation de l’attention de l’enfant; l’aménagement de
l’environnement de l’enfant et le modelage. Ces stratégies sont illustrées dans les fiches
d’activités reliées à la qualité des soins. Enfin, la connaissance des stades du développement
de l’enfant conduit les parents à des attentes plus réalistes quant à au comportement de ce
dernier et les amène à lui proposer des activités qui favorisent son évolution.
La réciprocité
Le caractère dynamique de la relation entre l’enfant qui émet des signaux pour susciter une
réponse du parent et la sensibilité du parent à y répondre s’appelle la réciprocité 32. La réciprocité
sous-tend que la relation ne repose pas uniquement sur les initiatives de l’enfant (manifestations
de besoins) et les réponses du parent, mais que chacun des deux amorce des interactions et
répond aux messages de l’autre. Pour créer une relation de réciprocité, le parent et l’enfant
interagissent, attribuent des significations à leurs perceptions, et s’ajustent mutuellement en
fonction de ces perceptions initiales 33 . La façon dont s’installent ces modèles d’interaction
détermine en quelque sorte le comportement parental et influera sur le style d’attachement.
30 Roberts et al. (1991) dans Culp, Culp, Blankemeyer & Passmark, 1998.
37 Raval et al., 2001.
31 Laporte, 1997.
32 Goulet et al., 1998.
33 Newcombs, (1961) dans Goulet et al., 1998.
41 Weinfield et al., 1999.
21
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Bowlby et Ainsworth41 démontrent que tous les enfants adaptent leurs comportements aux
comportements de soins de leurs parents. La réponse du parent aux signaux peut varier d’un
enfant à l’autre. Le parent doit en fait tenir compte du tempérament de l’enfant.
Le tempérament renvoie à des caractéristiques innées et diffère d’un enfant à l’autre ; il consiste
en une prédisposition à adopter un style de comportement, et ce, indépendamment de
l’expérience34. Cette prédisposition est relativement constante dans le temps et résistante aux
changements. Elle affecte les caractéristiques émotionnelles et la tolérance au stress. Thomass
et Chess (1977) décrivent le tempérament de l’enfant au moyen de neuf caractéristiques. Elles
sont présentées au tableau 3.
Pour les théoriciens de l’environnement, les comportements de l’enfant sont le reflet de ses
attentes vis-à-vis des réponses de ses parents dans les moments de détresse. Ainsi :
Les enfants avec un attachement sécurisant auraient appris, à travers une histoire
de réponses maternelles cohérentes face à leurs besoins de protection, qu’ils
peuvent compter sur leur mère pour du réconfort. Cette confiance leur permet
22
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Pour les théoriciens du tempérament, en revanche, c’est le tempérament de l’enfant, plutôt que
les réponses du parent, qui influence la latence, l’intensité et la modulation de l’expression de la
détresse de l’enfant.
Sans prendre position dans ce débat théorique et idéologique, nous sommes d’avis que le
tempérament de l’enfant joue un rôle dans le développement de la sécurité d’attachement et qu’il
influence les soins donnés par le parent.
Plusieurs chercheurs ont étudié les facteurs pouvant influer sur la qualité des soins. Ces travaux
ne concordent pas tous, particulièrement en ce qui a trait à l’association et à l’intensité de certains
facteurs, mais deux d’entre eux font consensus : le bien-être psychologique du parent, soit son
état émotif et ses représentations mentales; son réseau social, soit le soutien social dont il
bénéficie et la qualité de sa relation conjugale. La figure 2 montre les liens qui unissent ces
variables.
L’ÉTAT ÉMOTIF
23
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Selon Belsky (1999), les parents psychologiquement sains ont, de façon générale, davantage
de probabilités d’avoir des enfants qui développent un attachement sécurisant. Deux facteurs
majeurs reliés à l’état émotif du parent influenceraient la sécurité d’attachement de l’enfant : le
stress et une condition dépressive.
L’état dépressif influerait aussi sur la sécurité d’attachement. Dans une étude réalisée auprès de
mères souffrant de symptômes dépressifs, Belsky (1999) montre que les enfants de mère
dépressive courent nettement plus de risques de développer un attachement évitant ou
désorganisé que les autres enfants 40. Selon certains auteurs, l’interaction dans la dyade est alors
marquée par l’intolérance des mères aux mouvements de l’enfant. Celle-ci se manifeste par
divers patrons d’interaction qui vont de la tristesse au silence, en passant par le repli sur soi, le
peu d’expression affective, la colère, une expression de tension dans le visage, l’intrusion ou
encore l’hyperstimulation. Le manque de disponibilité physique et psychologique du parent
pendant les épisodes dépressifs peut influencer la perception de l’enfant quant à l’accessibilité
et à l’écoute du parent 41. Mais le plus inquiétant, dans le cas des mères dépressives, est sans
doute la discontinuité et la pauvreté des échanges avec l’enfant.
Des auteurs précisent que la durée de la dépression doit être prise en compte dans l’explication
du développement de l’attachement insécurisant. Une dépression n’excédant pas six mois
n’aurait que peu d’effets sur l’attachement 42. En revanche, une dépression associée à d’autres
troubles mentaux augmente le risque que l’enfant développe un attachement insécurisant 43. Bref,
l’état émotif du parent influence la disponibilité psychologique de celui-ci à l’égard de son enfant.
Nombre d’adultes qui ont développé un attachement insécurisant envers leurs parents rêvent de
vivre avec leur enfant la proximité et la réciprocité tant désirées 46. Toutefois, l’enfant vient souvent
38 Bronfenbrenner, 1979.
39 Atkinson et al., 2000.
40 Parent & Saucier, 1999; Grossmann et al., 1998.
41 Atkinson et al., 2000.
42 Campbell et al. (1992) dans Herring & Kaslow, 2000.
43
Carter, Garrity-Rokous, Chazan-Cohen & Briggs-Gowan, 2001.
44 Zeanah, 1996; Van Ijzendoorn, Juffer & Duyvesteyn, 1995.
45 Olds, Kitzman, Cole & Robinson, 1997a.
46 Crittenden, 1992.
24
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Le réseau social
Parmi les facteurs sociaux associés à la qualité des soins parentaux, deux d’entre eux
ressortent : la relation conjugale et le soutien social 48.
LA RELATION CONJUGALE
Les études qui relient relation conjugale et sécurité d’attachement sont peu nombreuses. Belsky
(1999) montre néanmoins que la qualité de la relation avec le conjoint a un effet médiateur sur
la relation mère-enfant. La qualité de cette relation est prédictive de la satisfaction à l’égard du
rôle parental qui est, elle, prédictive d’une plus grande sensibilité maternelle 49 . De plus,
l’existence de conflits parentaux durant la grossesse et à 3 mois post-partum serait prédictive de
davantage de désorganisation dans la relation mère-enfant à 12 mois 50.
LE SOUTIEN SOCIAL
L’influence du soutien social sur l’adaptation psychosociale des nouveaux parents n’est plus à
démontrer. Plusieurs auteurs 51 remarquent que la stratégie principale des jeunes mères qui
tentent de s’adapter au stress de la maternité consiste à développer et à utiliser leur réseau de
soutien.
D’ailleurs tous les parents, pour être confortés dans leur rôle et retrouver leur énergie, dépendent
de ceux qui les entourent : la famille, les amis et les professionnels. Ce soutien devient capital
quand les parents sont ambivalents face à la grossesse ou éprouvent des difficultés particulières
après la naissance du bébé52. Kissman et Shapiro (1990) démontrent, dans une étude réalisée
auprès de 118 mères adolescentes âgées de 13 à 18 ans et majoritairement noires (91 %), que
toutes les sources de soutien (famille, amis, partenaire) sont associées à un meilleur bien-être
psychologique.
De nombreuses études révèlent que le réseau peut avoir un effet positif sur la qualité de
l’interaction parent-enfant. De plus, le soutien de la famille apparaît, chez les jeunes parents,
comme un facteur favorisant l’adoption de conduites parentales adéquates53. Les jeunes mères,
quand elles sont soutenues par leur famille, deviennent plus actives et disponibles dans leur rôle
de parent et ont moins d’interactions négatives avec leur enfant. En outre, selon Thompson
(1986) et Unger et Cooley (1992), les jeunes mères vivant avec leurs parents ont plus de chances
que celles vivant seules ou avec leur partenaire de reprendre leurs études et d’obtenir un diplôme,
de recevoir de l’aide pour les soins à l’enfant et d’accéder à un niveau économique plus élevé.
50 Owen et Cox (1997) dans Belsky, 1999; George et al., 1999; Grossmann et al., 1998.
51
Mercer, 1995.
52 Massin, 2001.
Côté, 1996.
25
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
L’aide de la famille devient d’autant plus essentielle dans un contexte où le soutien du père est
habituellement inexistant62. Sommer et collaborateurs (2000) soulignent quant à eux que le
manque de compétences parentales des adolescentes et les retards de développement de leurs
enfants sont en partie dus à l’absence de soutien, ou à leurs capacités limitées à l’utiliser, et à
leur degré de satisfaction à l’égard de celui-ci.
Samuels (1994) estime que le soutien du père de l’enfant ou d’un autre partenaire est également
un bon prédicteur de l’adaptation de la mère. La relation d’intimité entretenue avec un homme
permet à l’adolescente de confirmer son identité de mère, de se sécuriser et d’exprimer son
affection pour l’enfant. En revanche, le fait d’habiter avec le père de l’enfant est associé à une
scolarisation écourtée, autant chez les mères adolescentes d’origine caucasienne que noire.
Enfin, plusieurs chercheurs ont démontré l’existence d’un lien entre le soutien social, la
sensibilité maternelle et la sécurité d’attachement. Parmi eux, Jacobson et Frye (1991), dans
une étude réalisée auprès de jeunes mères défavorisées, mettent en évidence le lien entre le
soutien social reçu de mères visiteuses durant la période allant de la grossesse au premier
anniversaire de l’enfant et le type d’attachement de ce dernier. Les visites généralement
mensuelles d’une mère visiteuse avaient pour but de fournir le soutien nécessaire pour répondre
aux besoins de la mère et de l’enfant. La mère visiteuse abordait des sujets comme la grossesse,
la préparation à la naissance de l’enfant, les étapes du développement de l’enfant et les activités
de stimulation appréciées par la dyade.
La présente section traite des stratégies efficaces qui favorisent la sécurité d’attachement. Sont
d’abord précisées les interventions visant l’amélioration de la qualité des soins (proximité,
engagement, sensibilité et réciprocité), puis les interventions ayant une influence sur le bienêtre
psychologique et le réseau social. Le contenu de cette section se fonde sur l’analyse des
pratiques efficaces présentées dans Invest in Kids 55, de méta-analyses surtout néerlandaises 56
et de recensions québécoises66. L’analyse des banques Sociofile, Psyclit et Pubmed a complété
cette recension. La méthodologie retenue pour effectuer le choix des stratégies efficaces
privilégiait l’essai clinique randomisé, sans cependant s’y limiter.
Durant la dernière décennie, plusieurs programmes ont évalué la possibilité d’améliorer les
comportements parentaux inadéquats. Leurs interventions, de type préventif ou de type clinique,
visent à améliorer la relation parent-enfant dans le but ultime d’obtenir un effet sur le
développement global de l’enfant. Les interventions préventives prennent place tôt dans la vie
26
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
de l’enfant et ont pour but de modifier l’interaction entre le parent et l’enfant avant que ce dernier
développe un attachement insécurisant. Les interventions de type clinique, quant à elles,
s’amorcent lorsque l’enfant manifeste déjà les comportements associés à un attachement
insécurisant. Dans une perspective de promotion de la santé et de prévention, nous ne retenons
dans notre analyse que les interventions préventives.
Tout comme Van den Boom, Krupka (1998) se sert du jeu parent-enfant au cours de visites à
domicile pour augmenter la sensibilité des jeunes mères. Son programme a pour objectifs de
soutenir les habiletés parentales déjà en place, de conscientiser la mère aux conséquences de
ses comportements sur ceux du bébé, d’augmenter son habileté à reconnaître les signaux et les
besoins de l’enfant et de susciter des interactions positives dans la dyade. L’intervention prévoit
12 à 16 rencontres, selon les besoins de la jeune mère. Les résultats montrent que 68 % des
enfants dont les mères avaient bénéficié des visites présentaient un attachement sécurisant,
contre 35 % des enfants du groupe contrôle. Moran et Pederson (2000) ont repris ce programme
d’intervention avec moins de visites (huit), et trouvent un effet notable uniquement pour les
jeunes mères sans histoire d’abus. L’intervention de Krupka serait donc efficace à condition que
l’intensité soit suffisante 57.
Au Québec, Noreau et Tarabulsy (2001) ont conçu un modèle de visites à domicile destinées
aux mères adolescentes durant la période postnatale. Ces visites sont inspirées des travaux de
Culp. Le jeu parent-enfant, les jeux de rôle et le partage de connaissances sont les stratégies
privilégiées. Dans le cadre d’une étude pilote réalisée auprès de quarante dyades dont les
enfants sont âgés entre 6 et 10 mois, huit visites à domicile ont été faites par une intervenante
formée pour ce type d’intervention. Le pourcentage d’enfants ayant un attachement sécurisant
s’est révélé substantiellement plus élevé dans le groupe expérimental que dans le groupe témoin,
et était semblable à celui constaté chez des mères adultes 58.
Dans l’ensemble, les interventions visant l’augmentation des attachements sécurisants par
l’amélioration de la sensibilité maternelle ont des effets intéressants. Les visites à domicile qui
27
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
utilisent une approche de jeu parent-enfant conduisent à des résultats positifs. Cependant,
l’intervention doit être adaptée aux caractéristiques de la clientèle 69.
La proximité
Anisfeld et collaborateurs (1990) ont conçu un programme qui vise à augmenter la proximité
physique entre le parent et l’enfant grâce à l’utilisation quotidienne d’un porte-bébé. Dans le
groupe des mères ayant expérimenté le porte-bébé, 83 % des enfants portés quotidiennement
pendant un an ont développé un attachement sécurisant, contre 38 % des enfants du groupe
contrôle placés dans un siège rigide. En plus de favoriser la réaction rapide aux signaux de
détresse de l’enfant, l’utilisation du porte-bébé comporte de nombreux avantages. Il favorise la
régulation des fonctions organiques, diminue les pleurs et les coliques, stimule le développement
du système nerveux et facilite l’allaitement maternel 59 . D’ailleurs, le processus même de
l’allaitement procure une proximité et une intimité entre la mère et le nourrisson qui améliorent
les liens entre eux71.
L’engagement
Le but du programme de Culp et collaborateurs (1998) est d’accroître le développement du
parent et de l’enfant tout en fortifiant la relation parent-enfant. Leur programme de visites à
domicile hebdomadaires par des intervenantes non professionnelles cible l’acquisition
d’habiletés parentales et de connaissances sur les grands paramètres du développement de
l’enfant, et propose des orientations vers les services de la communauté. Leur étude a été
réalisée auprès de 38 mères adolescentes et de 22 mères adultes après six mois d’intervention.
Pour les deux clientèles, le programme de Culp montre des résultats probants sur plusieurs
sous-dimensions reliées à l’engagement, notamment les connaissances sur le développement
de l’enfant, l’acceptation du rôle de parent et la sécurité (surveillance constante de l’enfant).
Même si l’attachement n’était pas une dimension mesurée par cette recherche, les résultats
obtenus portent à croire que la qualité de la relation parent-enfant s’améliore et que les stratégies
utilisées ont des effets positifs quant à l’engagement du parent vis-à-vis de son enfant.
28
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
L’état émotif
La méta-analyse de Stevens-Simon et Orléans (1999) 60 révèle que certains programmes
prénataux à composantes multiples destinés à des femmes enceintes ciblées uniquement en
fonction de leur statut socioéconomique ont un effet sur des variables intermédiaires comme la
dépression. Au Québec, l’évaluation des effets de la phase prénatale du programme NE-GS
montre que celui-ci permet des gains importants relativement à la santé mentale des mères
participantes au cours des premiers mois de vie de l’enfant. Ce résultat est particulièrement
intéressant étant donné le lien bien connu entre l’état de santé mentale de la mère, la qualité de
la relation mère-enfant et le développement de cette même relation 61.
Les conséquences des interventions sur les représentations mentales suscitent toutefois
certaines interrogations. En ce qui concerne les programmes visant chez le parent l’intégration
des émotions associées aux expériences négatives de l’enfance, Parent, Ménard et Pascal
(2000) ainsi que Bakermans-Kranenburg et collaborateurs (2003) rapportent l’absence de
résultats sans équivoque sur la sécurité d’attachement. Ils concluent que jusqu’à preuve du
contraire, l’intervention sur les représentations mentales présente peu d’avantages
comparativement à celle visant la sensibilité maternelle. Ce type d’intervention peut même avoir
des effets négatifs lorsqu’il est réalisé par des intervenantes non professionnelles, et non
formées au regard de ces objectifs. Par exemple, le programme STEEP 63 de visites à domicile
et de rencontres de groupe, qui combine de nombreuses stratégies éducatives, thérapeutiques
et de soutien, conduit à des résultats inquiétants.
29
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Cadre conceptuel
Il ne faut pas pour autant mettre de côté l’intervention sur les représentations mentales. C’est
plutôt le moyen employé qui doit être revu. À cet égard, le développement de la relation de
confiance entre la mère et l’intervenante privilégiée semble représenter une avenue prometteuse.
Même si les changements au niveau des représentations mentales restent à être démontrés
empiriquement, plusieurs études de cas révèlent que les représentations peuvent être modifiées
de cette façon. Ainsi, selon Olds et collaborateurs (1997b), entre autres, les intervenants
affirment que les mères qu’ils rencontrent disent n’avoir jamais reçu de soins ou de soutien aussi
constants que ceux offerts dans le cadre du programme hebdomadaire de visites à domicile. Ce
soutien aurait en fait une fonction d’enrichissement des représentations mentales pour ces
mères. À l’inverse, toujours selon Olds et son équipe, l’interruption de la relation avec
l’intervenante affecterait négativement la capacité de la mère à améliorer les soins à l’enfant, à
adopter une attitude moins punitive et plus empathique à l’égard de ce dernier 77.
Le soutien social
L’étude de Jacobson et collaborateurs (1991) relève l’effet d’une relation de confiance entre
l’intervenante et la mère sur la sécurité d’attachement. Pour sa part le programme de visites à
domicile conçu par Olds (2002), qui visait notamment à accroître pour la mère le soutien obtenu
de l’entourage et à l’orienter vers les ressources du milieu, a eu des effets positifs sur la qualité
des soins.
30
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
Toutes les variables relevées comme source d’influence pour le développement d’un
attachement sécurisant chez l’enfant sont retenues comme axes d’intervention. Elles répondent
à un des critères suivants :
1. les variables ont été la cible de programmes efficaces;
2. les variables ont été la cible de programmes prometteurs;
3. les variables ne sont pas la cible de programmes, mais leur influence est reconnue comme
suffisamment importante pour qu’on s’en préoccupe.
Le tableau 4 présente les axes d’intervention faisant l’objet d’une intervention dans le cadre des
visites à domicile pour les périodes prénatale et postnatale.
Détecter le signal
Interpréter correctement
Sensibilité
Sélectionner une réponse
Physique
Proximité
Réponse émotive positive
Discipline positive
État émotif
Bien-être psychologique
Représentations mentales
Soutien social
Réseau social
Qualité de la relation conjugale
31
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
2.2 L’INTENSITÉ
L’intensité recommandée pour favoriser l’attachement sécurisant est de vingt minutes par visite
à domicile.
Quatre facteurs ont influencé le choix de cette intensité. Ces facteurs sont : 1) les caractéristiques
de la clientèle ciblée par les Services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance; 2) le
nombre de clients par famille visés par les Services intégrés en périnatalité et pour la petite
enfance; 3) la pluralité possible des axes d’intervention; 4) le fait que l’intervention en matière
d’attachement soit intégrée à une intervention globale abordant de nombreuses autres facettes
de la santé et du bien-être des familles.
Les principales modalités retenues, soit le jeu et les mises en situation, sont celles qui font
l’unanimité pour ce type d’intervention. Le matériel proposé dans les fiches d’activités est inspiré
des contenus de programmes reconnus efficaces et accessibles, soit : le programme de visites
à domicile de Krupka (1998); le programme de visites à domicile de Olds (1997a); la stratégie
du porte-bébé de Anisfeld (1990) et le programme de visites à domicile de Noreau et Tarabulsy
(2001).
La période qui entoure la naissance d’un enfant représente une importante transition dans la vie
de la famille. À l’instar de toutes les périodes de transition, elle constitue un moment de
déséquilibre où, de façon générale, les personnes sont plus ouvertes aux changements et plus
réceptives à l’apprentissage de nouveaux comportements. Cette période apparaît donc
privilégiée pour l’enrichissement du répertoire des comportements parentaux, notamment pour
ceux reliés aux dimensions de la qualité de soins (sensibilité, proximité, engagement et
réciprocité).
Pour favoriser cet enrichissement, il est essentiel d’éviter de culpabiliser les parents ou de les
déposséder de leur pouvoir d’agir. L’expérience a clairement démontré qu’une approche centrée
sur le contrôle social ne réussit qu’à accentuer la méfiance des familles envers les ressources
et leur refus de les utiliser79.
32
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
Malgré le désir profond qu’ils ont que leurs enfants ne vivent pas les difficultés qu’ils ont
euxmêmes vécus durant leur propre enfance, les parents vivant en situation de grande pauvreté
craignent souvent perpétuer ces difficultés auprès de ceux-ci et de ne pas avoir le potentiel
nécessaire pour réaliser leur désir.
Dans une recension des écrits, Coleman et coll. (1997) rapportent qu’un sentiment d’efficacité
parental élevé est généralement associé à l’utilisation de conduites favorisant le développement
harmonieux de l’enfant, telles que des pratiques stimulantes et non punitives, une sensibilité plus
grande aux signaux de l’enfant et des réponses mieux adaptées à ses besoins. Plusieurs auteurs
rapportent aussi que le sentiment d’efficacité est associé au niveau d’engagement des parents
auprès de leur enfant, comme le nombre d’heures passées avec ce dernier à des activités
éducatives67.
Par ailleurs, plusieurs programmes d’intervention auprès de parents à risque ont montré que
l’enseignement de comportements de soin reconnus favorables au développement de l’enfant
est insuffisant pour qu'ils les utilisent, ceci exigeant qu'on arrive aussi à améliorer leur sentiment
d’auto-efficacité68. Ainsi, au-delà des croyances et des connaissances du parent, sa conviction
de posséder et de pouvoir utiliser ses compétences joue un rôle important dans le choix de ses
comportements.
Bandura, 1977.
33
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
L’expérience directe (ex. : le parent met en pratique un comportement ou exécute une activité),
serait la source d’information la plus influente sur le sentiment d’auto-efficacité d’un individu car
elle lui permet de tester in vivo sa capacité de réussir des tâches ou à adopter des
comportements. Ainsi, le succès consécutif à l’exécution d’une tâche ou à l’adoption d’un
comportement augmenterait la croyance du parent en son efficacité personnelle, et augmenterait
du même coup les chances qu’il se réinvestisse ultérieurement dans cette tâche ou ce
comportement. Au contraire, les échecs et encore plus les échecs répétés réduiraient cette
croyance et entraîneraient plutôt un évitement ou une aversion quant à la tâche ou au
comportement en question.
L’expérience indirecte (ex. : l’observation des comportements d’un autre parent) influencerait
aussi le sentiment d’auto-efficacité parental. Ainsi, le fait pour un parent de constater les succès
d’une tierce personne relativement à une tâche ou à un comportement, pourrait augmenter sa
croyance en sa compétence personnelle quant à cette tâche ou à ce comportement. L’effet de
cette influence indirecte serait d’autant plus probant si le modèle possède des caractéristiques
semblables à celles du parent.
Toutes ces sources d’information sont susceptibles d’être utilisées lorsque les circonstances
amènent les parents à changer leurs comportements ou à en adopter de nouveaux. Toutefois,
puisque l’expérience directe semble constituer la source d’information la plus influente sur la
croyance d’un individu en son efficacité personnelle, elle sera privilégiée pour augmenter les
comportements positifs des parents liés aux différentes dimensions de la qualité des soins à
l’enfant. Deux modalités d’expérience directe sont retenues : le jeu et la mise en situation.
L’intervention mettra l’accent sur la réussite du parent dans les activités reliées à chacune de
ces modalités. Le jeu et la mise en situation sont utilisés dans les fiches d’activités portant sur
les dimensions de la qualité des soins.
34
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
Les comportements qu’adoptent les parents pour éduquer et prendre soin de leur enfant résultent
en bonne partie du système de croyances qu’ils ont élaborés au cours de leur vie 69 . Ces
croyances peuvent porter sur de nombreuses dimensions : les croyances concernant les
punitions corporelles, la conception de leur rôle selon les diverses étapes du développement de
l’enfant, leur conception de la nature statique ou dynamique de l’intelligence, leurs valeurs, etc.
Le système de croyances du parent est influencé par différents facteurs tels que : l’expérience
d’attachement vécue au cours de l’enfance, les pratiques parentales apprises dans le milieu
d’origine, les normes culturelles et sociales d’éducation, le statut socio-économique, la religion
et l’évolution des mœurs.
Dans une synthèse de la littérature, Sigel et McGillicuddy-De Lisi (2002) rapportent que les
croyances parentales sont liées au développement de l’enfant par le biais de leur influence sur
les comportements parentaux.
Lors de l’expérimentation des activités et des mises en situation, l’intervenante tient compte du
système de croyances des parents afin d’ajuster son intervention.
L’accompagnement constitue une des deux composantes des Services intégrés en périnatalité
et pour la petite enfance. Celui-ci se concrétise par des rencontres menées par une intervenante
qui a un contact privilégié et continu avec la famille. L’accompagnement mise sur le
développement d’un lien de confiance avec les parents. Il requiert de la part de l’intervenante
une attitude de non jugement à l’égard des familles vulnérables, de l’empathie, afin de
comprendre la situation des familles et de bien saisir les émotions qu’elles ressentent, de la
considération, afin de reconnaître le potentiel de ressources des parents, leurs forces de même
que leur désir d’améliorer leur situation, une disponibilité chaleureuse et valorisante qui donne
la première place à la personne rencontrée et qui vise à ce qu’elle connaisse des réussites 70.
Ce lien de confiance se crée au fur et à mesure que se réalise le soutien à la réponse aux besoins
immédiats des familles. Il se consolide par la reconnaissance des efforts des membres de la
famille pour combler un besoin, résoudre une difficulté rencontrée, pour modifier un
comportement ou pour garder le moral, ou encore des démarches entreprises pour prendre
contact avec un organisme communautaire. Il s’agit de souligner le courage ou la force de
caractère dont elles font preuve pour surmonter un moment difficile, reconnaître comme légitime
les stratégies de survie qu’elles emploient, signaler leurs compétences pour régler un problème
ou pour s’occuper de leurs enfants. Tous ces comportements de l’intervenante favorisent une
meilleure connaissance des capacités propres à chacun des membres de la famille et
l’amélioration de leur estime de soi tout en consolidant le lien de confiance.
35
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
L’accompagnement peut améliorer l’état émotif des parents. En effet, dans leur évaluation, déjà
évoquée, de l’effet du volet prénatal du programme québécois de visites à domicile NE-GS,
Boyer et collaborateurs (2001) démontrent une amélioration de la santé mentale des mères qui
ont bénéficié de visites à domicile faites par une intervenante privilégiée. Plus précisément, le
programme a eu un effet positif notable sur le niveau moyen des symptômes dépressifs
postnataux des nouvelles mères, tant celles qui présentaient une symptomatologie dépressive
élevée en prénatal que celles dont le score était normal.
71
Main, Kaplan & Cassidy, 1985.
72 Van Ijzendoorn, 1995.
73 Ministère de la Santé et des Services sociaux, 2004.
90 Egeland & Farber, 1984; Belsky, 1999.
36
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
L’accompagnement consiste ici à soutenir les parents dans la détermination des facteurs
susceptibles d’affecter leur état émotif et des stratégies qui les aideront à diminuer leur niveau
de stress. Selon la personne en cause, les sources et le niveau de stress, différentes stratégies
peuvent être envisagées, telles que : la distraction, la résolution de problème, l’exercice physique,
les activités plaisantes et les activités sociales, ou encore la médication et la psychothérapie 74.
Ces stratégies sont présentées plus en détail à la section 3.3.
L’accompagnement consiste ici, pour l’intervenante privilégiée, à guider les parents dans la
détermination de leurs besoins en soutien social, à leur offrir elle-même, le cas échéant, un
soutien ajusté à leurs besoins, et enfin à les orienter vers les ressources de soutien de leur
quartier. Des outils pour l’intervention sont présentés à la section 3.3.
74 Gauthier, 2002.
75 Jacobson & Frye, 1991.
37
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
de la femme qui peuvent la rendre à ses yeux plus ou moins désirable; l’anxiété suscitée par les
futurs rôles de mère et de père.
À l’arrivée de l’enfant, la relation conjugale risque d’être autant, sinon encore plus ébranlée. Les
nuits passées à bercer et à nourrir le bébé, les inquiétudes dues à ses comportements, la place
qu’il prend dans la famille, la fatigue provoquée par la grossesse et l’accouchement, le « baby
blues », la dépression pré et post natale, le manque de sommeil, l’adaptation au rôle de parent
ne sont que quelques-uns des facteurs susceptibles d’influencer négativement la relation entre
les conjoints. Ces derniers peuvent en outre avoir d’autres difficultés : carences ou immaturité
affectives, problèmes de communication, conditions de vie précaires, problèmes de
consommation de drogues ou d’alcool, troubles de santé mentale. On imagine bien les
dommages que ces éléments, pour peu qu’ils soient combinés, peuvent causer à la vie de couple.
La qualité de la relation entre les deux conjoints serait prédictive de la satisfaction des parents
quant à leur rôle parental, qui serait elle-même prédictive d’une plus grande sensibilité associée
à la sécurité d’attachement. Il importe donc que l’intervention contribue au soutien ou à
l’amélioration de la qualité de la relation conjugale.
L’accompagnement consiste ici, pour l’intervenante privilégiée, à guider les parents dans la
détermination des facteurs susceptibles d’influencer négativement leur relation conjugale et dans
la pratique d’exercices de résolution de problème adaptés à leur situation, de même qu’à les
accompagner vers les ressources adéquates.
2.5.1 L’observation
Noreau et Tarabulsy (2001) proposent une série de questions permettant de guider l’observation
de l’intervenante tout au long de la rencontre. Voici une adaptation des questions qu’ils
proposent :
à l’arrivée de l’intervenante au domicile : Où était l’enfant à l’arrivée? Quelle a été sa réaction?
A-t-il porté un regard vers son parent? S’est-il rapproché physiquement de son parent? S’en
est-t-il éloigné? Avait-il l’air inquiet, craintif ou en colère? Est-ce que le parent utilise les
principes de la surveillance constante? Est-ce que le parent répond ou tient compte des
signaux de son enfant? etc.
38
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
tout au long de la rencontre : Quels sont les signaux de l’enfant? Est-ce que l’enfant cherche
le contact visuel ou physique avec son parent? Comment son parent réagit-il? Estce que
l’enfant jette des regards à son parent? Est-ce que le parent suit les déplacements de son
enfant?
au cours de l’activité visant le soutien à la qualité des soins : Est-ce que le parent se sent
confortable dans l’activité? Si non, qu’est-ce qui peut causer son inconfort? Comment l’enfant
réagit-il? Est-ce que le parent et l’enfant éprouvent du plaisir à faire l’activité? Est-ce que le
parent fait preuve de sensibilité, de proximité, de réciprocité, et d’engagement? Quelles sont
les forces du parent sur lesquelles s’appuyer? Quelles sont les contraintes ou les limites à
tenir compte? etc.
1. Est-ce en raison d’un événement de vie (ex. : séparation, violence conjugale) ou du contexte
de vie des parents (ex. : pauvreté, épuisement)?
Les événements et le contexte de vie des parents exercent une influence sur la qualité des
soins offerts. Ne pas en tenir compte, risque de placer les familles face à un autre échec.
L’intervenante aura donc à considérer ces éléments dans son intervention et dans l’analyse
des perspectives de réussite de l’intervention qu’elle fera avec la famille. Un parent qui vit
une situation difficile sera moins patient, moins attentif, et moins sensible aux besoins de son
enfant.
Tout en soutenant le parent dans la recherche de solutions pour résoudre une situation
difficile, l’intervenante le sensibilise à ce que cette situation peut faire vivre à son enfant et
tente, avec lui, de trouver des solutions pour minimiser les répercussions de cette situation
auprès de son enfant.
En cas de difficultés affectives majeures d’un des parents, la possibilité pour l’enfant de
poursuivre ou d’amorcer une relation significative avec l’autre parent ou un autre adulte de
77 Perreault, 2004; Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal, 2004.
39
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
son entourage constituerait un facteur de protection pour son développement. Si vous croyez
qu’un soutien spécialisé est requis pour le parent, consultez l’équipe interdisciplinaire et
référez-le à un professionnel spécialisé.
3. Est-ce parce que les comportements de soins parentaux ne font tout simplement pas partie
de son répertoire de pratiques?
Des parcours de vie plus difficiles font en sorte que certains parents n’ont pas eu l’opportunité
d’acquérir des comportements favorables au développement optimal de l’enfant. Souvent,
ces parents ont des croyances et des connaissances erronées sur ce qui est favorable au
bien-être de leur enfant ou encore ils n’ont pas eu de modèles dans leur environnement pour
les leur apprendre. L’intervenante peut alors servir de modèle positif au parent. Les jeux
parent-enfant proposés, les mises en situation et le modelage par l’intervenante, peuvent
permettre au parent d’apprendre de nouvelles façons d’être et de se comporter avec son
enfant.
Certaines activités du guide peuvent rendre le parent inconfortable, ce qui fait en sorte qu’il hésite
à l’expérimenter ou encore qu’il l’exécute de façon tellement inappropriée que le résultat est
négatif (ex. : l’enfant se met à pleurer et le parent est stressé). Il peut alors être adéquat que
l’intervenante, dans un premier temps, réalise l’activité avec l’enfant et par la suite qu’elle
encourage le parent à l’essayer à son tour. Lors d’une activité, il est essentiel que le parent tout
comme l’enfant éprouvent du plaisir à exécuter l’activité. Si le plaisir est au rendez-vous, il est
plus probable que cette activité soit reprise par la suite par le parent.
2.5.2 L’intervention
L’intervenante propose des activités en fonction des besoins implicites et/ou explicites énoncés
par la famille. Pour avoir un impact sur les familles, l’intervention exige à la fois de la rigueur
(offrir un contenu structuré lors des rencontres) mais aussi une grande souplesse dans son
application afin de s’ajuster aux spécificités et aux besoins de chaque parent. Par conséquent,
le guide ne propose pas une série d’activités à faire dans un ordre précis. Toutefois, l’intervenante
doit avoir le souci de proposer des activités adaptées aux besoins de l’enfant et portant sur
l’ensemble des dimensions de la qualité des soins.
L’intervention auprès des clientèles vivant en contexte de vulnérabilité oblige souvent les
intervenantes à résoudre des situations d’urgence. Le défi pour celles-ci sera d’être sensibles
aux besoins des parents qu’entraînent ces situations d’urgence et de les aider à y répondre, tout
en étant préoccupées par les réactions de l’enfant à ces situations et des besoins qui en
découlent pour lui. Les besoins de l’enfant doivent toujours demeurer au coeur des
40
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
En sensibilisant le parent aux besoins de son enfant, il est possible de trouver avec lui des
solutions pour minimiser les répercussions négatives de situations de vie difficiles auprès de
l’enfant.
L’observation du comportement de l’enfant : cette étape permet de faire émerger, en lien avec
les axes et objectifs d’intervention, ce que le parent connaît ou a observé des compétences
ou des caractéristiques de son enfant. Est-ce que ton enfant réagit différemment aux
différentes intonations de ta voix?
Les croyances du parent : cette étape permet d’explorer les croyances et les valeurs du
parent par rapport aux axes et objectifs d’intervention identifiés. Est-ce que tu penses qu’il
comprend ce que tu lui dis?
Les compétences du parent : cette étape permet de connaître et de mettre en valeur les
compétences que le parent utilise déjà avec son enfant en lien avec l’axe d’intervention
choisie. Est-ce que tu parles à ton enfant? Qu’est-ce que tu lui dis? Comment lui dis-tu?
2) Phase de réalisation : Utiliser l’expérience concrète et informer le parent sur les connaissances
et les comportements de soins de qualité.
Proposer un jeu ou une mise en situation ajustée à l’objet d’intervention identifié. Les jeux ou les
mises en situation suggérés sont présentés à la section 3 sous forme de fiches d’activité.
Un comportement de soin avec lequel le parent est à l’aise est dans bien des cas, plus bénéfique
que l’appropriation de nouveaux comportements non porteurs de sens qui risquent d’être
déformés ou abandonnés rapidement. Ce principe d’authenticité n’interdit pas toutefois de fournir
des informations sur les différentes alternatives aux comportements adoptés par le parent 80. Une
79 Direction de santé publique de l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de
Montréal. Document à paraître.
80 Direction de santé publique de l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de
Montréal. Document à paraître.
41
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
formule gagnante est de lui offrir une alternative en utilisant son comportement ou une partie de
celui-ci comme point de départ.
42
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – L’intervention
D’autre part, certaines situations liées à des problèmes d’adaptation sociale majeurs, des
problèmes de santé importants ou des retards de développement nécessitent l’utilisation de
ressources spécialisées. En effet, l’observation du développement de l’enfant, des
comportements de soins et du déroulement des activités, peut mener l’intervenante au constat
qu’elle doit en discuter avec l’équipe interdisciplinaire afin de faire intervenir une ressource
spécialisée issue de l’équipe ou d’ailleurs. La figure 3 présente le schéma de déroulement de
l’intervention
Observation
Phase de préparation
Phase d’intégration
Références
43
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
3- Les fiches
La présente section traite du matériel à utiliser avec le parent et l’enfant au cours des visites à
domicile. Elle comprend trois parties. La première explique les principes directeurs qui guident
l’intervention. La deuxième présente les fiches sur la qualité des soins. La troisième contient le
matériel spécialement conçu pour agir sur les facteurs qui influencent la qualité des soins, soit le
bien-être psychologique et le soutien social.
L’intervention sur la qualité des soins se divise en cinq périodes allant de la phase prénatale à 12
mois après la naissance de l’enfant réparties ainsi : période prénatale, 0-3 mois, 3-6 mois, 6-9
mois et 9-12 mois. Chaque activité, d’environ vingt minutes, fait l’objet d’une fiche qui contient un
bref rappel des enjeux relatifs à chaque période, ainsi que des informations sur les objectifs visés,
le déroulement de l’activité et les stratégies pour l’intervention.
L’intervention auprès des clientèles vivant en contexte de vulnérabilité oblige souvent à résoudre
des situations d’urgence. Toutefois, celles-ci ne doivent pas prendre toute la place. Les activités
proposées devraient être intégrées à chacune des visites à domicile. Consacrer vingt minutes à
préparer la venue de l’enfant durant la grossesse, à jouer avec l’enfant, à observer et à commenter
l’interaction parent-enfant représente un investissement inestimable, surtout dans le cas de
parents qui éprouvent des difficultés dans leur interaction avec l’enfant. Pour quelques parents,
des activités peuvent se révéler plus difficiles. Fiez-vous à votre jugement clinique afin d’ajuster
l’intervention.
45
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Quels sont les besoins du parent? Quels sont les besoins de l’enfant? Certains parents qui vivent
en contexte de vulnérabilité sont peu enclins à exprimer leurs besoins par rapport à leur rôle de
parent. Il importe alors de détecter non seulement les besoins exprimés, mais également ceux qui
ne le sont pas. Comme le souligne Jean Bédard (2002), l’intervenante doit être habile à « expliciter
les difficultés exprimées implicitement » par les parents (p.103). Par exemple, lors de situations
de crise, il est plus difficile pour le parent de porter une attention particulière aux besoins de l’enfant,
de se montrer patient à son égard et il peut même se sentir dépassé par les comportements de
l’enfant. L’intervenante peut alors aider le parent en nommant cette réalité et en lui offrant son
aide :
C’est pas facile de vivre une situation de crise comme ça! C’est d’autant difficile à vivre quand
on a un enfant qui est là, qui est toujours en demande, qui a aussi besoin de toi! On peut ne
plus savoir quoi faire avec son enfant et être impatient vis-à-vis de lui. Toi, est-ce que ça
t’arrive de te sentir comme ça? Qu’est-ce que je pourrais faire pour t’aider?
La modification de comportements est un processus lent et complexe qui fait appel non seulement
à la motivation d’un individu mais aussi à l’influence qu’exercent sur lui ses conditions de vie et
son environnement familial, culturel et social. Les croyances et les comportements d’une famille
élargie ou d’une culture à l’égard des pratiques parentales ont un impact certain sur le parent et,
de fait, sur le rythme de ses apprentissages. Aussi, pour des personnes vivant en situation de
grande vulnérabilité, tout changement, quel qu’il soit, peut représenter une menace au fragile
équilibre que ces personnes tentent de maintenir dans leur vie afin de ne pas perdre le contrôle
et le moral82. Enfin, les changements se réalisent rarement spontanément, après une rencontre.
Ils se font au travers des étapes et des séquences définies, qui se déroulent de façon non linéaire 83.
La personne peut ne pas être intéressée à un changement et être fermée à en entendre parler, il
est alors difficile de s’attendre à un changement rapide. Amener la personne à tout simplement
réfléchir à la question sans insister peut s’avérer suffisant. Ou encore, elle peut accepter d’en
discuter mais elle ne pense pas apporter des modifications à son comportement dans un avenir
proche. Il s’agit alors de discuter avec elle des gains pour elle et son enfant, d’apporter des
changements afin qu’elle le planifie dans un avenir rapproché. D’autres personnes sont à une
étape où elles désirent changer des choses mais ne savent pas comment s’y prendre pour le faire.
Les aider à planifier le changement et à trouver des moyens concrets pour le réaliser sera très
pertinent. Enfin, d’autres personnes auront entrepris des changements et auront besoin d’être
soutenues pour les maintenir. Il peut arriver qu’une personne rechute, régresse à une étape
antérieure. On peut alors utiliser cette rechute pour souligner les pas franchis, les gains réalisés
et identifier les forces acquises ainsi que les pièges à éviter pour passer à la prochaine étape.
En fait, respecter le rythme du parent signifie pour l’intervenante d’être capable d’identifier la
situation d’ensemble du parent ainsi que l’étape de changement où il se situe. Elle verra par la
suite à ajuster son intervention en conséquence.
82 Tremblay, 2003.
83 Prochaska, Norcross & DiClemente, 1994.
46
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
gestes positifs de la mère et du père envers l’enfant constitue une intervention qui d’une part
renforce leur potentiel et leur sentiment d’auto-efficacité et qui, d’autre part, peut les amener à
confier leurs craintes et inquiétudes. De plus, le renforcement des comportements positifs des
parents est une façon d’amener ces derniers à abandonner certains comportements négatifs
envers l’enfant. Enfin, cette façon d’intervenir peut servir de modèle pour le parent dans sa relation
avec l’enfant et l’inciter lui aussi à souligner les efforts de son enfant.
84 Parke, 2002.
85 Lamb, 2002.
86 http://www.attachmentacrosscultues.org/français/about/index.html.
47
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Les valeurs teintent fortement les pratiques parentales. Il est donc important que l’intervenante en
tienne compte lors des interactions avec la famille et qu’elle aille chercher du soutien auprès de
son équipe quand celles-ci s’avèrent confrontantes.
Cette section présente un bref rappel des acquisitions de l’enfant pour cinq périodes d’âge, de la
grossesse à 1 an (période prénatale, 0-3 mois, 3-6 mois, 6-9 mois et 9-12 mois) de même que les
fiches d’activité associées 87 . Chaque fiche comprend les objectifs visés, le déroulement de
l’activité et les suggestions pour l’intervention. L’annexe 1 présente la liste complète des fiches
d’activités 0-12 mois.
L’intervenante choisie une fiche d’activité en fonction des besoins explicites ou implicites de la
famille et s’inspire de la démarche proposée à la section 2.5 pour le déroulement de l’activité
(préparation, réalisation et intégration).
Rappelons que pour avoir un impact sur les familles, l’intervention exige à la fois de la rigueur
(offrir un contenu structuré lors des rencontres), mais aussi une grande souplesse dans son
application afin de s’ajuster aux spécificités et aux besoins de chacune. Par conséquent, le guide
ne propose pas une série d’activités à faire dans un ordre précis. Toutefois, l’intervenante doit
avoir le souci de proposer des activités portant sur l’ensemble des défis développementaux de
l’enfant. Ces fiches peuvent être adaptées par les intervenantes (ex. : modifier le déroulement de
l’activité).
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement du fœtus
87 Cette section prend appui sur les travaux de Noreau et al., 2001; Krupka, 1998; Invest in Kids (www.investinkids.ca).
48
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
La proximité
En augmentant la réponse émotive positive face à la grossesse et à l’enfant à
venir
La présente partie rappelle d’abord les tâches du parent durant la période prénatale, puis décrit le
contenu de quatre fiches d’activités d’une durée de vingt minutes chacune.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement du fœtus
La connaissance des stades du développement du fœtus favorise l’engagement du parent à
l’égard de son enfant durant la période prénatale. Le rôle de l’intervenante privilégiée consiste ici
à suivre l’évolution de la grossesse et à aborder avec les parents les différentes étapes de la
croissance du fœtus.
La proximité
En augmentant la réponse émotive positive face à la grossesse et l’enfant à venir
Les jeunes femmes de moins de 20 ans qui envisagent de poursuivre leur grossesse le font
souvent en raison de leur désir d’enfant, ou parce qu’elles sont réfractaires à l’interruption
volontaire de grossesse. D’autres voient dans la grossesse des avantages non négligeables :
l’occasion de devenir adulte, de trouver un but dans la vie, de consolider la relation avec le
partenaire et d’avoir quelqu’un à aimer; le moyen de se libérer de l’emprise parentale, d’apaiser
les conflits avec leurs parents ou de modifier les rapports avec leur mère en devenant une égale;
la possibilité de se sortir du milieu scolaire, synonyme d’échec et de dévalorisation, ou la chance
d’accéder à un statut social.
Dans le cas des femmes qui traversent des difficultés financières, un enfant est souvent le seul «
luxe » qu’elles peuvent se permettre et cette grossesse devient leur seule richesse. Elles veulent
être de bonnes mères. Réussir leur maternité devient un objectif à atteindre, et les soutenir dans
ce but peut devenir, pour l’intervenante, une occasion de créer une relation de confiance bénéfique
pour la mère. Ces femmes nourrissent de grandes aspirations pour leur enfant et désirent pour lui
un avenir meilleur que le leur. Ces aspirations constituent un moteur autant pour leur
développement personnel que pour celui de leur enfant.
Afin d’accompagner le parent durant la période prénatale, les fiches d’activités suivantes sont
proposées. Vous pouvez les reprendre aussi souvent que vous le voulez au cours des visites à
domicile.
Fiche Titre Axes d’intervention
49
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
50
Fiche 1
Je
sais que tu es là!
Contenu
Cette fiche propose sept activités de jeu pour favoriser l’interaction du parent avec le fœtus. Ces
jeux peuvent être pratiqués tout au long de la période prénatale. Au cours d’une visite, un, deux ou
trois jeux peuvent être utilisés et répétés de façon intégrale ou avec des variantes, selon l’intérêt
de la mère et du père.
Imaginer le fœtus
Axes
d’intervention Demander à la mère et au père d’imaginer puis de décrire l’apparence, la
grosseur et la position du fœtus dans l’utérus de la mère.
Engagement et
proximité Dessiner le fœtus
Proposer à la mère ou au père qui aime dessiner de faire un croquis du
Objectifs fœtus puis de le décrire. Les deux parents peuvent aussi dessiner Augmenter la
chacun leur croquis et s’amuser à le comparer, ou encore le faire connaissance ensemble en le
commentant. des stades du
développement Prendre contact avec le fœtus
du fœtus Encourager la mère à poser les mains sur son ventre afin de prendre contact avec le
fœtus. Encourager le père à faire de même et à
Augmenter la caresser le ventre de sa conjointe afin qu’il puisse lui aussi prendre réponse
émotive contact avec le fœtus. Demander d’être attentif à tout mouvement et de positive face à
la le commenter. Échanger aussi sur les réactions de la mère lorsqu’elle a grossesse et senti le
fœtus bouger pour la première fois et sur la réaction des deux l’enfant à venir
parents au moment de l’échographie. Ce moment est habituellement très
riche en émotions, et particulièrement signifiant pour le père.
Encourager les parents à prendre quelques minutes par jour, par exemple avant de dormir, pour se
concentrer sur la présence de leur enfant. Cette période de temps réservée à l’enfant leur permettra
de commencer à lui faire une place dans leur vie.
Parler au fœtus
Dès la 24e semaine de grossesse, le fœtus peut entendre. Inviter la mère et le père à lui parler et
même, à lui raconter des histoires. Encourager les parents à chanter pour le fœtus ou à lui faire
écouter de la musique.
Informer les parents que dès les premiers temps après sa naissance, le nourrisson réagit à une
voix, à une chanson ou à une musique entendue fréquemment au cours de la grossesse. De plus,
certaines d’entre elles semblent le calmer.
L’attachement au cœur du développement du nourrisson, MSSS (2005).
Fiche 1
Écrire au fœtus
Certains parents sont gênés de parler à voix haute au foetus; leur proposer alors de lui écrire, si
cette forme est plus acceptable pour eux.
Éclairer le fœtus
Utiliser une lampe de poche pour susciter des réactions de la part du fœtus. Souligner la capacité
de ce dernier à réagir à la lumière tout comme aux sons. Demander aux parents d’observer les
réactions du fœtus et de les verbaliser. Leur demander s’ils reconnaissent sa position dans le ventre
de la mère.
Fiche
2
Du fœtus au bébé à naître
Contenu
Cette fiche propose deux activités de jeu axées sur le développement du fœtus.
Cette fiche peut être reprise à différents moments de la phase prénatale.
Le fœtus en photo
Proposer aux parents de regarder une image de fœtus correspondant au
Axe stade d’évolution de la grossesse de la mère.
d’intervention
Discuter avec eux des stades du développement du fœtus et des habiletés
Engagement que celui-ci possède déjà. L’utilisation de photos aide les parents à se
représenter le bébé dans le ventre de la mère.
Cette activité est simple à réaliser et intéresse la plupart des parents, sans
Objectif être trop menaçante puisqu’elle consiste en une discussion autour d’une
photo.
Augmenter la
connaissance Le fœtus en trois dimensions
des stades du
Proposer aux parents de manipuler un fœtus en caoutchouc correspondant
développement
au stade d’évolution de la grossesse de la mère.
du fœtus
Discuter avec eux des stades du développement du fœtus et des habiletés
que celui-ci possède déjà. Le fœtus en trois dimensions est également un
outil qui aide les parents à se représenter le bébé dans le ventre de la mère.
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu et une activité de mise en situation
axées sur la personnalisation du fœtus.
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation et une activité de jeu axées sur l’utilisation
de jouets.
Proximité Échanger avec le parent sur ses motivations et les sentiments que
suscite chez lui cet objet.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement de l’enfant
En augmentant la préoccupation quant à la surveillance constante de l’enfant
La proximité
En augmentant la fréquence et la durée des contacts physiques chaleureux entre
le parent et son enfant
En augmentant la réponse émotive positive à l’enfant
La réciprocité
En augmentant la connaissance des caractéristiques individuelles de l’enfant
La sensibilité
En augmentant les habiletés à détecter les signaux émis par l’enfant
En augmentant les habiletés à interpréter correctement les signaux de l’enfant
En augmentant les habiletés à sélectionner et à appliquer rapidement une réponse
juste et appropriée aux signaux de l’enfant
La présente partie fait d’abord un bref rappel des tâches développementales et des acquisitions de
l’enfant au cours de la période de 0 à 3 mois, puis décrit le contenu de cinq fiches d’activités de
vingt minutes chacune. Les fiches comprennent les objectifs visés, le déroulement de l’activité et
les suggestions pour l’intervention.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement de l’enfant
Entre 0 et 3 mois, la principale tâche développementale de l’enfant est la régulation de ses états
physiologiques, afin d’éviter d’être submergé par des sensations corporelles intensément
déplaisantes, comme la faim et la soif. À cet âge, l’enfant explore avec sa bouche et y porte souvent
les mains. Vers 2-3 mois, il devient un partenaire de plus en plus réceptif et agréable pour les
personnes qui en prennent soin. C’est le début d’une communication différenciée avec l’entourage,
et ces interactions lui procurent une première impression de ce que peut être une relation avec une
autre personne. C’est la période des premiers sourires, qui récompensent le parent pour tous les
soins donnés depuis la naissance. À 3 mois, il commence à introduire les objets dans sa bouche
pour en connaître la forme, la texture et le goût.
Les signaux de l’enfant aux personnes avec qui il entre en interaction peuvent prendre les formes
suivantes : tourner la tête, suivre des yeux, agripper, sourire, attraper, arrêter de pleurer en voyant
un visage ou en entendant le son d’une voix.
59
Voici les principales acquisitions de l’enfant au terme de la période d’âge 0-3 mois.
Développement Développement physique Développement cognitif socioaffectif
et moteur et du langage
J’émets des sons (je gazouille, je
Je dors plus longtemps entre mes
fais des vocalisations et je
Je souris à un visage connu. boires. Je demeure éveillé deux heures
progresse vers le babillage)
d’affilée.
surtout quand on me parle.
Je réagis au son d’une voix Je tiens ma tête droite et je peux la Je pleure pour signaler ma peine
connue. tourner pour suivre un objet des yeux. ou ma détresse.
Je suis capable d’imiter des
Je distingue clairement ce
comportements simples tels que
qui se trouve à 30 cm et Je suis les objets des yeux.
sortir la langue et ouvrir la
moins de moi.
bouche.
Je m’intéresse aux couleurs Je soulève la tête et la poitrine, à plat
vives. ventre.
Je commence à réagir à Je suis capable de me tourner sur le
mon nom. dos, lorsque je suis couché sur le côté.
Je regarde inlassablement mes mains et
Je distingue la joie de la
mes pieds et étudie attentivement leurs
colère.
mouvements.
Je commence à saisir des objets.
La proximité
En augmentant la fréquence et la durée des contacts physiques chaleureux entre le
parent et son enfant
Les contacts privilégiés avec le parent contribuent au développement social et émotif du nouveau-
né. Il faut donc encourager le parent à avoir le plus d’interactions positives possible avec son
nouveau-né : parler tout au long des soins, le caresser en le langeant, s’allonger à ses côtés et lui
faire des câlins durant les périodes d’éveil. Après quelques semaines, les enfants reconnaissent le
visage, l’odeur et la voix des personnes familières. La seule arrivée du parent dans une pièce peut
faire sourire ou augmenter le niveau d’activité du bébé, lorsque les deux ont une interaction positive.
Plus fréquents sont les contacts physiques chaleureux entre un parent et son enfant, meilleures
sont les chances que le parent décode adéquatement les signaux émis par l’enfant et développe
avec lui un lien significatif.
60
La réciprocité
En augmentant la connaissance des caractéristiques individuelles de l’enfant
Il importe de soutenir le parent dans la découverte des capacités et du tempérament de son enfant
et de corriger, le cas échéant, certaines croyances erronées. Les caractéristiques particulières de
l’enfant (cycles de sommeil et d’éveil, alimentation, poussées de croissance, etc.) doivent être
connues et respectées.
La sensibilité
En augmentant les habiletés à détecter les signaux de l’enfant
Le nouveau-né émet constamment des signaux indiquant qu’il recherche l’interaction, qu’il
l’apprécie (ex. : suivre du regard), ou encore qu’il souhaite y mettre fin (ex. : détourner le regard).
Certains parents éprouvent de la difficulté à décoder ces signaux. Dans de tels cas, les interactions
peuvent provoquer un malaise chez l’enfant, voire le mener à un comportement d’évitement.
62
Fiche 5
Chuchote-moi des mots doux!
Contenu
Cette fiche propose cinq activités de jeu sur l’utilisation de la voix pour
faire réagir l’enfant ou lui répondre. Cette fiche peut être réalisée en deux ou trois visites.
Ici et là
Axes
d’intervention Proposer au parent de déposer l’enfant sur son lit, sur la table à langer ou encore
par terre. Demander au parent de se placer à la gauche de Réciprocité et l’enfant, de l’appeler
par son prénom puis d’amorcer un dialogue avec sensibilité lui. Demander alors au parent de
porter attention aux réactions de
l’enfant.
Objectifs
Refaire la même activité en demandant au parent de se placer à la
Augmenter la droite de l’enfant.
connaissance des Discuter ensuite avec le parent des réactions observées chez l’enfant.
caractéristiques Lui faire remarquer que lorsqu’un bébé entend la voix de sa mère, il individuelles
de tourne son visage vers elle. Ce comportement se manifeste dès la l’enfant première heure
après la naissance. Le bébé recherche le visage de son parent et si ce dernier maintient le
contact visuel avec lui, il fait l’effort Augmenter les de rester attentif à la conversation. Dès l’âge
de 1 mois, l’enfant peut habiletés à suivre le visage de sa mère et de son père. Très tôt, il
reconnaîtra les détecter les visages familiers, comme ceux de ses frères et sœurs.
signaux de
l’enfant Moduler sa voix
Demander au parent de prendre son enfant, de lui parler comme il le
fait habituellement, et de noter les réactions de l’enfant.
Demander ensuite au parent de changer le rythme des mots, de plus lent à plus rapide, et d’utiliser
une voix douce puis une voix forte, toujours en l’encourageant à verbaliser les réactions de son
bébé et ses préférences.
Des questions peuvent être utilisées pour aider le parent dans son observation.
Prendre le temps de compléter les observations du parent en s’appuyant sur les différentes
réactions de l’enfant.
As-tu remarqué qu’un ton doux attire l’attention de ton bébé alors qu’un ton brusque le dérange
et peut provoquer des clignements d’yeux?
Un changement du timbre de voix est un moyen d’attirer l’attention des bébés; le timbre aigu est
souvent utilisé pour interagir avec eux. Un débit plus lent est adopté pour favoriser l’interaction.
Cette modulation prend en compte les capacités de l’enfant et témoigne de celles du parent à
adapter sa façon de parler à l’enfant.
Une variante à cette activité consiste à demander au parent de chanter une chanson à l’enfant. Lui
demander ensuite de la chanter en introduisant des variantes : avec une voix douce, lentement,
rapidement, en regardant l’enfant et sans le regarder.
Je t’imite
Demander au parent de parler à son bébé, puis de s’arrêter en prêtant attention à ses vocalisations.
Suggérer au parent d’imiter les sons et les expressions de l’enfant et d’attendre sa réaction.
Discuter avec le parent des réactions de l’enfant.
Que fait-il?
Est-il content? surpris?
A-t-il interrompu ou recommencé ses vocalisations?
Dire au parent que la répétition des vocalisations et des expressions de l’enfant favorise la
communication entre eux. Ainsi, lorsque le parent reproduit les sons du bébé en ajoutant les
expressions correspondantes, et qu’il laisse à l’enfant le temps de réagir en émettant à son tour des
sons, celui-ci sera beaucoup plus motivé à poursuivre l’interaction.
Chuchoter un secret
Demander au parent de placer l’enfant dans sa petite chaise et de lui chuchoter quelques mots à
l’oreille. Attirer l’attention du parent sur les réactions de l’enfant.
L’enfant peut sourire ou pencher la tête car le chuchotement lui chatouille l’oreille.
Il peut arrêter momentanément de bouger, comme pour porter attention au contenu des paroles.
Je joue et tu souris!
Contenu
Cette fiche propose deux activités de mise en situation, servant à outiller les
parents afin qu’ils comprennent mieux les signaux du bébé.
Et si j’étais toi?
Axes
d’intervention : Profiter d’un moment où le parent interagit naturellement avec son Sensibilité et
enfant pour traduire en mots les signaux de l’enfant, soit en parlant à la engagement place de
l’enfant, soit en décrivant ses réactions.
Regarde maman, comme je suis bien dans cette position. Je te Objectifs
souris maintenant et je veux continuer à jouer avec toi!
Augmenter les Regarde comme il est bien dans cette position. Il te sourit. Il veut habiletés à
continuer à jouer avec toi.
détecter les Cette intervention permet au parent d’apprendre à décoder les signaux signaux de
de l’enfant. Verbaliser au parent tous les gestes, sourires, pleurs et l’enfant autres attitudes de
l’enfant, pendant deux ou trois minutes, en disant par exemple :
Augmenter les habiletés à Je t’écoute et j’aime quand tu me
parles.
interpréter Tiens bien mon hochet devant mes yeux, j’aime regarder ses correctement les
couleurs.
signaux de Ton bébé t’écoute et aime quand tu lui parles. Continue à bien tenir l’enfant son
hochet devant ses yeux, il aime ses couleurs.
Augmenter les Je parle pour toi! habiletés à sélectionner et à Dans cette deuxième activité,
inverser les rôles avec le parent. Pendant appliquer l’interaction de l’intervenante avec l’enfant,
le parent parle à la place de rapidement une l’enfant en traduisant en paroles ce qu’il semble
exprimer par son réponse juste et regard, ses gestes, etc. Par exemple, si l’activité semble
agréable pour appropriée aux l’enfant, le parent peut dire :
signaux de J’aime serrer ton doigt dans mon petit poing, laisse-le là encore un l’enfant
peu.
Augmenter la Si le parent se sent mal à l’aise de parler à la place de l’enfant, lui préoccupation
proposer de décrire ce que ressent l’enfant durant l’activité, ce que luiquant à la même comprend
de son sourire ou de ses pleurs, de ses réactions, de surveillance son attitude corporelle, etc.
Encourager le parent à poser des questions constante de sur les réactions de son enfant. l’enfant
Fiche 7
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation et une activité de jeu
axées sur les contacts physiques entre le parent et l’enfant.
Voici des indices pouvant signifier que le bébé a du plaisir et qu’il en redemande :
Voici des indices pouvant signifier que le bébé ressent du malaise et qu’il demande l’arrêt des
stimulations : il s’agite; il ferme les yeux; il détourne le visage; il pleure.
Fiche 8
Bébé kangourou88!
Contenu
Cette fiche propose une mise en situation axée sur l’utilisation du porte-
bébé ventral.
Proposer l’utilisation du porte-bébé jusqu’à la prochaine visite. Si le porte-bébé ne peut être laissé
aux parents, envisager avec eux les possibilités de s’en procurer un.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement de l’enfant
En augmentant la préoccupation quant à la surveillance constante de l’enfant
La proximité
En augmentant la fréquence et la durée des contacts physiques chaleureux entre le
parent et son enfant
En augmentant la réponse émotive positive à l’enfant
La réciprocité
En augmentant la connaissance des caractéristiques individuelles de l’enfant
La sensibilité
En augmentant les habiletés à détecter les signaux de l’enfant
En augmentant les habiletés à interpréter correctement les signaux de l’enfant
En augmentant les habiletés à sélectionner et à appliquer rapidement une réponse juste et
appropriée aux signaux de l’enfant
La présente partie fait d’abord un bref rappel des acquisitions de l’enfant durant la période 3-6 mois,
puis décrit le contenu de cinq fiches d’activités de vingt minutes chacune. Les fiches comprennent
les objectifs visés, le déroulement de l’activité et des suggestions pour l’intervention.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement de l’enfant
Entre 3 et 6 mois, l’enfant acquiert une certaine autonomie et gagne un peu d’initiative dans sa
manière d’entrer en relation avec le monde qui l’entoure. Il vocalise davantage et peut pleurer
différemment, selon ses besoins.
Voici les principales acquisitions de l’enfant au terme de cette période de son développement.
Développement Développement physique Développement cognitif
socioaffectif et moteur et du langage
J’exprime mon affection aux Je regarde la bouche, les yeux et
Je réagis à mon nom.
figures connues. les lèvres de celui qui me parle.
Je réagis à mon image Je vois clairement les objets Je vocalise en faisant différents sons
dans le miroir et souris. situés à moins d’un mètre. (ba, ma, pa, ta).
Je m’intéresse beaucoup J’aime manipuler un hochet pour le
Je pleure moins.
aux visages et aux objets. bruit qu’il fait.
J’apprends à prolonger les expériences
Je tourne la tête en intéressantes : par exemple lorsqu’on
Je reste réveillé plus longtemps.
direction du bruit. me parle, je gazouille pour que
l’interaction dure plus longtemps.
79
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Au cours de cette période, l’enfant a besoin d’une routine. Celle-ci n’a pas à être rigide. Il s’agit
plutôt d’assurer une certaine constance pour que le bébé ne soit pas inutilement stressé, fatigué,
en colère ou dans une position inconfortable. L’établissement d’une routine favorise aussi le
développement de la mémoire et de la capacité de prévoir les événements.
La proximité
En augmentant la fréquence et la durée des contacts physiques chaleureux entre le
parent et son enfant
Entre 3 et 6 mois, les enfants reconnaissent le visage, l’odeur et la voix des personnes familières.
Tout comme pour la période 0-3 mois, les contacts physiques chaleureux permettent à l’enfant de
se développer harmonieusement.
80
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
La réciprocité
En augmentant la connaissance des caractéristiques individuelles de l’enfant
Tout comme à la période d’âge 0-3 mois de l’enfant, il importe de soutenir le parent dans la
découverte des caractéristiques de son enfant (soit son tempérament, ses capacités et ses
acquisitions récentes) et, le cas échéant, de corriger des croyances erronées. À cette période,
l’instauration d’une routine joue un rôle clé; elle doit respecter les caractéristiques particulières de
l’enfant (ex. : son cycle de sommeil et d’éveil, ses poussées de croissance, son appétit, etc.).
La sensibilité
En augmentant les habiletés à détecter les signaux de l’enfant
Entre 3 et 6 mois, les signaux de l’enfant deviennent de plus en plus clairs. Il est alors plus facile
de détecter ses besoins de même que son intérêt ou son manque d’intérêt pour une activité. À cette
période, l’enfant apprécie particulièrement les interactions ludiques. Toutefois, sa capacité
d’attention est très courte. Il faut être attentif à ses signes de fatigue.
Gémir Grimacer
Protester Baver
Pleurnicher Plisser la figure
Pleurer Regarder au loin
Froncer les sourcils
Augmenter les mouvements des jambes
Donner des coups de pieds
Raidir les bras le long du corps
Tendre les jambes et les garder droites
Afficher une attitude sombre, terne
Écarter les doigts en extension
Courber le dos vers l’arrière
Repousser les objets
Hocher la tête
Sucer
S’étouffer
Vomir
81
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Règle générale, les parents réagissent de trois façons aux signaux de détresse émis par l’enfant 89.
Elles sont présentées ci-dessous. La première favorise le développement de la sécurité
d’attachement de l’enfant alors que les deux autres risquent d’entraîner un attachement insécurisant.
constate rapidement que le bébé est peut compter sur la présence du parent lorsqu’il a
bouleversé et repère ce qui le dérange; besoin de lui;
aide son bébé à se sentir mieux en le est aimé et se sent en sécurité;
prenant, en le berçant et en le consolant. peut émettre des signaux et que ceux-ci seront
captés et correctement interprétés.
Le parent ne répond pas de la même façon chaque fois que le bébé pleure
Un parent qui répond de façon incohérente aux signaux de son enfant provoquera chez ce dernier
de l’insécurité, des états émotionnels exacerbés et par la suite, de la dépendance affective. L’enfant
peut devenir inquiet et être facilement perturbé, capricieux, exigeant, pleurnicheur ou maussade.
82
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
est parfois aimable et sensible; est ne peut jamais être sûr de la réponse de son
parfois en colère; parent;
utilise son enfant pour se consoler doit manifester beaucoup de détresse pour
dans les situations difficiles. obtenir de son parent une réponse adéquate;
doit s’occuper de son parent pour obtenir de
l’attention de celui-ci.
Il peut arriver à un adulte de trouver réconfort auprès de son enfant. Toutefois, on ne saurait
s’attendre à ce qu’un nourrisson de 6 mois réconforte son parent. Il est alors possible que l’enfant
développe, au cours des deux premières années de vie, une hypersensibilité à l’égard des états
émotionnels de son parent et s’investisse dans un rôle parental vis-à-vis de ce dernier.
L’investissement dans un tel rôle nuit au développement du sentiment de sécurité de l’enfant.
Afin d’accompagner le parent dans les soins qu’il donne à son enfant, les fiches d’activités suivantes
sont proposées. Vous pouvez les reprendre aussi souvent que vous le voulez au cours des visites
à domicile.
83
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
12 et 14 11 et 14 10, 13 et 14 10 et 14 11 et 14
84
Fiche 10 Je
sais
qui tu es!
Contenu
Cette fiche propose deux activités de jeu et deux activités de mise en situation axées sur le
tempérament de l’enfant. Cette fiche peut être réalisée en deux visites.
Demander au parent de passer le rayon de lumière de la lampe de poche au niveau des yeux de
l’enfant et d’observer ses réactions.
L’enfant cligne-t-il ou ouvre-t-il les yeux, ou continue-t-il à dormir sans sembler être dérangé?
Si l’enfant se réveille, comment le fait-il : en douceur ou irrité?
À partir des questions suivantes, échanger avec le parent sur les comportements habituels de
l’enfant lorsqu’il se réveille.
Dès la naissance, certains enfants trouvent des moyens qui les aident à se calmer d’euxmêmes :
par exemple, sucer leur pouce ou leur poing.
D’autres ont besoin d’une source extérieure d’apaisement, comme des bras accueillants ou une
couverture. Les deux manières sont correctes.
Si la lumière de la lampe de poche n’a pas réveillé l’enfant, suggérer au parent de faire tinter
doucement la clochette près de ses oreilles et d’observer ses réactions.
Échanger avec le parent sur les réactions habituelles de son enfant quant à ces sources de
stimulation.
Une fois que l’enfant est bien réveillé et disposé, suggérer au parent de prendre la petite balle rouge
et de la bouger de gauche à droite, de haut en bas devant son enfant couché sur le dos.
Ton tempérament
Avec le parent, tenter d’apprécier les caractéristiques de l’enfant. Pour guider son observation,
s’appuyer sur les neuf caractéristiques généralement utilisées pour décrire le tempérament. Ces
caractéristiques sont :
1. le niveau d’activité : niveau et durée des périodes d’activité par rapport aux périodes
d’inactivité;
2. la régularité : niveau de prévisibilité des fonctions biologiques (appétit, sommeil, fonctions
intestinales);
3. les premières réactions : niveau d’adaptation à de nouvelles expériences (en rapport avec les
gens, les lieux, ou encore l’habillement);
4. l’adaptabilité : réactions à long terme de l’enfant aux situations nouvelles;
5. la sensibilité sensorielle : niveau de stimulation par le bruit, la lumière, la texture des objets;
6. l’intensité des réactions : niveau d’énergie exprimé dans une réaction à un événement positif
ou négatif;
7. l’humeur : la proportion de comportements joyeux par rapport aux pleurs ou aux
comportements hostiles;
8. la concentration : niveau d’influence de stimuli extérieurs sur la réalisation d’une activité;
9. la persévérance : durée consacrée à une activité malgré des interruptions ou obstacles.
Bon appétit!
Profiter de l’heure du repas du bébé pour échanger avec la mère ou le père sur l’appétit de son
enfant.
Échanger avec le parent sur les différentes habitudes de son enfant en ce qui a trait à l’alimentation.
Tous les enfants ont un tempérament distinct : certains bougent lentement, d’autres rapidement;
certains sont bruyants, d’autres sont plus silencieux. En découvrant le
rythme et la manière d’être de son enfant, le parent apprend à s’y ajuster.
Féliciter le parent qui reconnaît bien les caractéristiques de son enfant. Si sa connaissance est
incomplète, encourager l’observation du bébé au quotidien.
Si le parent dit connaître son enfant, manifester votre intérêt à partager ses connaissances à
l’occasion des jeux.
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur les comportements d’exploration.
Engagement Que fait l’enfant lorsque le parent lui présente l’objet : se détourne-
til ou s’anime-t-il?
Que fait-il avec l’objet : cherche-t-il à savoir, en le frappant sur sa
petite chaise, si celui-ci est dur ou mou, ou s’il produit des sons?
Objectif
Porte-t-il l’objet à sa bouche pour en connaître la forme et le goût?
Augmenter la
connaissance Suggérer au parent de verbaliser les comportements de son enfant par
des stades du des phrases telles que : Ah! Tu veux savoir si ton nouveau hochet fait
développement du bruit?
de l’enfant
Inviter le parent à présenter différents objets à son enfant afin de
diversifier les expériences tactiles de ce dernier; les objets peuvent être
rugueux ou doux, ronds ou carrés, et peuvent être touchés avec la
bouche, la main, la plante du pied, le dessus de la tête, etc.
Suggérer de changer l’enfant de position lorsqu’il procède à ses explorations (ex. : assis, sur le
ventre, sur le dos, debout, etc.).
Si l’enfant veut garder l’objet dans sa bouche, encourager le parent à le lui laisser et à prendre
son temps avant de lui en présenter un autre. Un enfant peut explorer le même objet pendant
plusieurs minutes.
Contenu
Cette fiche propose deux activités de jeu axées sur le contact physique entre le parent et son
enfant. Augmenter la réponse émotive positive à l’enfant
L’avion
Axes
d’intervention Demander au parent de prendre le bébé par la taille et de le soulever
doucement en regardant son visage et en lui souriant. Le parent peut
Sensibilité et
dire à l’enfant ce qu’il fait.
proximité
On monte, on descend, on vole, etc.
Objectifs
Évaluer avec le parent s’il est temps de cesser le jeu au moyen des
Augmenter les
habiletés à réactions de l’enfant : il ferme les yeux; il détourne le visage et met
détecter les ses mains devant son visage; il pleure ou émet de petits cris; il
signaux de
repousse le parent; il gigote ou se cabre.
l’enfant
Augmenter les La berçante
habiletés à
interpréter Demander au parent d’asseoir l’enfant sur ses cuisses face à lui en le
correctement les soutenant fermement sous les bras. Puis, lui suggérer de se balancer de
signaux de l’avant à l’arrière, doucement, puis de gauche à droite, tout en parlant.
l’enfant On se balance! Ouh! Ouh!
Augmenter les
habiletés à Évaluer avec le parent s’il est temps de cesser le jeu.
sélectionner et à
appliquer
rapidement une
réponse juste et
appropriée aux Suggestions et commentaires pour l’intervention
signaux de
l’enfant L’activité vise à ce que le parent et l’enfant prennent plaisir à ce
Augmenter la jeu de contact et de sensations. Le parent apprend ainsi à
fréquence et la
durée des reconnaître les signes indiquant que l’enfant ne veut plus jouer,
contacts qu’il est temps de changer de jeu, de calmer l’enfant, de
physiques le cajoler ou encore de lui laisser un temps de repos.
chaleureux entre
le parent et son
enfant
Contenu
Cette fiche propose deux activités de mise en situation axées sur les réactions de détresse de
l’enfant.
Augmenter les Si le parent estime avoir répondu à l’ensemble des besoins de son habiletés à
enfant, mais que celui-ci pleure toujours, suggérer au parent les sélectionner et à activités
suivantes (ou toute autre activité que l’enfant apprécie) : appliquer
rapidement une promener l’enfant dans ses bras, dans une poussette, dans un
réponse juste et porte-bébé ventral ou en auto; appropriée aux donner un bain à
l’enfant; signaux de bercer l’enfant; l’enfant faire un massage à
l’enfant.
Fiche 13
Le parent ne répond pas de la même façon chaque fois que le bébé pleure.
Attitudes et comportements du parent : L’enfant comprend qu’il :
est parfois aimable et sensible; est ne peut jamais être certain de la réponse de son
parfois en colère; parent;
utilise son enfant pour se consoler doit manifester des signaux de détresse pour
dans les situations difficiles. obtenir une réponse adéquate de son parent;
doit s’occuper de son parent pour obtenir de
l’attention de celui-ci.
gestes et de mots utilisés par le parent prend la forme de rituels faisant partie des
soins et du réconfort requis et attendus par l’enfant.
Fiche 14
Bébé kangourou!
Contenu
Cette fiche propose une mise en situation axée sur l’utilisation du porte-bébé ventral.
Proposer l’utilisation du porte-bébé jusqu’à la prochaine visite. Si le porte-bébé ne peut être laissé
aux parents, envisager avec eux les possibilités de s’en procurer un.
Fiche 14
Encourager l’utilisation du porte-bébé ventral aussi souvent que possible. Elle constitue un soutien
direct au développement de la sécurité d’attachement de
l’enfant. Avec le porte-bébé, le parent peut facilement offrir chaleur et réconfort
à son enfant. Ce dernier est paisible et confortable, le parent se sent donc confiant et
compétent. Toutefois, préciser aux parents qu’ils ne doivent pas porter l’enfant en manipulant
des breuvages ou des aliments chauds (thé, café, plats cuisinés, etc.). Dans le cas de bébés
qui dorment peu ou qui exigent beaucoup d’attention, le porte-bébé est une bonne solution.
Le mouvement apaise l’enfant et le parent peut se déplacer aisément et effectuer certaines tâches
tout en portant l’enfant.
Encourager les pères à utiliser le porte-bébé à la maison ou lors des promenades extérieures.
Ils peuvent ainsi savourer le plaisir du contact physique avec l’enfant, ressenti intensément
par la mère pendant la grossesse et l’allaitement. La constitution physique des hommes leur
permet d’utiliser le porte-bébé jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge de 12 mois.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement de l’enfant
En augmentant la préoccupation quant à la surveillance constante de l’enfant
La proximité
En augmentant la fréquence et la durée des contacts physiques chaleureux entre le parent
et son enfant
En augmentant la réponse émotive positive à l’enfant
La réciprocité
En augmentant la connaissance des caractéristiques individuelles de l’enfant
La sensibilité
En augmentant les habiletés à détecter les signaux de l’enfant
En augmentant les habiletés à interpréter correctement les signaux de l’enfant
En augmentant les habiletés à sélectionner et à appliquer rapidement une réponse
juste et appropriée aux signaux de l’enfant
La présente partie fait un bref rappel des tâches développementales et des acquisitions de l’enfant
durant la période postnatale 6-9 mois et décrit le contenu de quinze fiches d’activités de vingt
minutes chacune. Les fiches comprennent les objectifs visés, le déroulement de l’activité et les
suggestions pour l’intervention.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement de l’enfant
Entre 6 et 9 mois, le principal défi de l’enfant est l’établissement d’un lien d’attachement avec son
parent. Ce lien constitue la pierre angulaire sur laquelle s’érigera la maîtrise des émotions, la
perception de soi et la compréhension du fonctionnement social. C’est vers cette période que les
enfants commencent à acquérir la crainte de l’étranger. L’enfant qui, auparavant, allait facilement
dans les bras des uns et des autres, ne se laisse plus approcher si aisément. En fait l’enfant, parce
qu’il reconnaît bien ses parents, est maintenant en mesure de prendre conscience qu’il ne connaît
pas les traits de l’étranger qui s’approche; il est déstabilisé et se met à pleurer. C’est dans les bras
de ses parents, bien en sécurité, qu’il apprendra à apprivoiser les nouveaux visages et les
nouvelles voix.
C’est également au cours de cette période que l’enfant apprend à s’asseoir sans soutien et débute
la marche à quatre pattes. Dans cette nouvelle position, il peut plus facilement atteindre les objets
qu’il convoite. Quand il les laisse tomber en bas de sa chaise haute, il les suit maintenant des yeux.
Il apprend aussi que lorsque les objets changent de place, ils ne disparaissent pas de son univers.
Voici les principales acquisitions de l’enfant au terme de cette période de son développement.
Développement Développement physique Développement cognitif et
socioaffectif et moteur du langage
Je réagis avec anxiété en J’utilise des sons différents pour
J’atteins et je prends des objets.
présence d’étrangers. exprimer ma colère ou mon malaise.
La vue d’une figure connue me Je regarde vers l’endroit où Je suis capable d’être attentif plus
réconforte. j’échappe mes jouets. longtemps lorsqu’on me parle.
Je manipule de petits objets et
Lorsque je rencontre un autre
les passe d’une main à l’autre;
bébé, j’attire son attention en Je me pratique à parler en babillant.
j’aime frapper les objets l’un
babillant ou en lui souriant.
contre l’autre.
J’ai une forte préférence pour
les adultes qui s’occupent de J’adore remplir et vider.
moi quotidiennement.
J’essaie de me tenir debout (et y
parviens en me tenant avec les
deux mains).
Je marche à quatre pattes*.
* Certains enfants ne marchent jamais à quatre pattes. Ils passent plutôt de la position assise, dans laquelle ils parviennent à se
déplacer, à la position debout et à la marche.
La proximité
En augmentant la réponse émotive positive face à l’enfant
Plus l’enfant se développe, plus il aime jouer avec son parent et plus il répond positivement aux
stimulations de celui-ci. Le parent, lui, découvre le plaisir de jouer avec son enfant, de s’émerveiller
devant ses nouvelles habiletés et de se laisser toucher par toutes ses manifestations d’affection.
Certains parents ont de la difficulté à s’abandonner au plaisir avec leur enfant. Ils peuvent y arriver
peu à peu en y étant encouragés.
94
99
La réciprocité
En augmentant la connaissance des caractéristiques individuelles de l’enfant
À cet âge, nombre d’enfants ont déjà expérimenté la séparation d’avec le parent. Les réactions des
enfants peuvent varier; certains réagissent fortement, par des cris et des pleurs, tandis que d’autres
acceptent la situation assez facilement. Dans tous les cas, il est important de rassurer l’enfant, de
lui dire qu’on s’en va seulement pour quelque temps et qu’on va revenir le chercher.
La sensibilité
En augmentant les habiletés à détecter les signaux de l’enfant
La reconnaissance des signaux de l’enfant constitue la pierre angulaire du développement d’un
attachement sécurisant.
Voici les signaux qui nous informent sur les états de bien-être et de malaise des enfants au cours
des interactions parent-enfant.
Indices de bien-être Indices de malaise
Voici plusieurs comportements parentaux à renforcer afin de favoriser la sensibilité entre le parent
et son enfant.
Au cours des interactions, maintenir le contact visuel ou tenter de l’établir.
Prendre l’enfant de façon affectueuse.
Décrire les comportements de l’enfant et en déduire ses sentiments.
Décrire verbalement le contexte dans lequel l’enfant a des comportements donnés.
Jouer en face à face avec l’enfant.
Laisser l’enfant se réconforter seul par certains gestes (sucer son pouce, mettre son poing dans
la bouche, etc.).
Permettre à l’enfant de prendre l’initiative des interactions.
Moduler le niveau de stimulation.
Porter une attention constante aux comportements non verbaux de l’enfant.
Jouer à des jeux d’enfant (ex. : « l’araignée qui monte »).
Détecter les indices subtils de fatigue et y répondre adéquatement.
Répondre immédiatement aux signaux de détresse et aux signaux positifs de l’enfant.
Répondre à la sous-stimulation en variant les activités.
Attendre la réponse de l’enfant avant de poursuivre une interaction.
Afin d’accompagner le parent dans les soins de qualité qu’il donne à son enfant, les fiches d’activités
suivantes sont proposées. Vous pouvez les reprendre aussi souvent que vous le voulez au cours
de vos visites à domicile.
Fiche Titre Axes d’intervention
101
96
103
Fiche 15
Parle-parle, jase-jase!
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur la communication.
Expliquer que les gazouillis sont les premières tentatives de l’enfant pour communiquer dans notre
langage et que lorsqu’il gazouille, il se pratique pour ses futures conversations. Préciser que les
bébés jettent leurs jouets par terre pour voir l’effet que cela produit ou simplement, ils les échappent
car ils manquent encore de coordination.
Terminer l’activité en demandant au parent depuis quand, et en quelles circonstances, l’enfant a les
comportements qui viennent d’être observés. Puis, lui proposer de prêter attention au contexte de
leurs manifestations d’ici la prochaine visite.
Fiche 16
Je placote avec toi
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur la communication.
Augmenter les Suggérer au parent de faire des pauses fréquentes pendant sa habiletés à
conversation avec l’enfant afin d’encourager celui-ci à parler. Un regard sélectionner et à et un
ton interrogateur montrent à l’enfant qu’on attend sa réponse. appliquer L’enfant peut répondre
par des vocalisations ou des gestes des bras, rapidement une des jambes ou de tout le corps.
réponse
adéquate aux Suggérer au parent de reprendre ces exercices et de faire part de ses signaux de
observations et découvertes à la prochaine visite. Encourager l’enfant l’utilisation de différentes
tonalités vocales. Même si l’enfant ne comprend pas encore la signification de l’échange, il
détecte facilement les sentiments amicaux ou désapprobateurs derrière les messages et les
timbres de voix.
Fiche 16
L’attachement au cœur du développement du nourrisson, MSSS (2005).
Suggestions et commentaires pour l’intervention
Des parents peuvent résister à l’utilisation du « langage bébé » par peur de se ridiculiser.
Pour mieux les sensibiliser à sa pertinence, toujours l’utiliser dans les interactions avec
l’enfant. De plus, chaque fois que l’occasion se présente, souligner l’intérêt du bébé
lorsque l’on s’adresse à lui en prenant une voix aiguë. Souligner également, de façon
non culpabilisante, ses réactions de peur lorsque l’on s’adresse à lui avec une voix grave.
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur la communication.
Objectifs Rappeler au parent de laisser le temps à l’enfant de réagir avant Augmenter les
d’intervenir de nouveau.
habiletés à détecter les signaux de
Observer si le parent :
l’enfant est intéressé par la curiosité de son enfant;
Augmenter les montre du plaisir à voir les réactions de son enfant;
habiletés à félicite son enfant lorsque celui-ci réagit. interpréter
correctement les Ensuite, avec l’accord du parent, l’intervenante fera l’activité avec signaux de
l’enfant l’enfant en reprenant les mêmes consignes. Ainsi, le parent aura l’occasion d’observer la
façon dont un autre adulte mène le jeu.
Augmenter les habiletés à Enfin, demander au parent s’il veut refaire le jeu. L’inviter à sélectionner
et à réessayer d’ici la prochaine visite. appliquer
rapidement une réponse
adéquate
aux signaux de
l’enfant
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu papier-crayon axée sur l’interprétation des signaux de
l’enfant. correctement les signaux de l’enfant
Augmenter la connaissance des caractéristiques
Axes d’intervention individuelles de l’enfant À l’aide du tableau ci-dessous,
Sensibilité et réciprocité demander au parent de donner son interprétation des
signaux de l’enfant, et d’en préciser le contexte d’apparition
Objectifs et la fréquence. S’il éprouve des difficultés d’interprétation,
faire des suggestions.
Augmenter les habiletés
à détecter les signaux de À ton avis, lorsqu’il se frotte les yeux, c’est parce qu’il est
l’enfant fâché, qu’il s’endort ou qu’il n’a plus faim?
Fiche 18
Sourire
Gigoter
Jaser
Hocher la tête
Autres
Fiche 19
Caresse, caresse!
Contenu
Cette fiche propose deux activités de jeu axées sur le contact avec l’enfant.
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation et une activité de jeu axées sur le contact avec
l’enfant.
d’intervention Installer le bébé sur une surface confortable et sécuritaire dans une
Sensibilité et pièce bien chauffée. Proposer à la mère ou au père de rouler une proximité petite
auto ou une petite balle sur le corps du bébé. Encourager le parent à rouler les objets sur chacune
des parties du corps de son Objectifs enfant en observant, décrivant et interprétant ses réactions.
Augmenter les Il sourit quand je passe la petite auto sur son ventre, je pense habiletés à
détecter qu’il aime ça.
les signaux de Il gigote et se cabre quand je roule la balle sur sa jambe, je crois l’enfant qu’il
veut que j’arrête.
Augmenter les
Si le parent ne trouve pas d’interprétation aux réactions de son habiletés
à enfant, faire des suggestions. interpréter correctement les Il sourit, ça veut peut-être dire qu’il
est bien, qu’en penses-tu? signaux de l’enfant
La douceur de tes mains
Augmenter les
habiletés à Installer le bébé sur une surface confortable et sécuritaire, sélectionner et à
idéalement sur le sol, dans une pièce bien chauffée. Proposer à la mère ou au père de masser
leur enfant. Choisir un moment où le
appliquer
bébé est éveillé et réceptif, de préférence entre les boires. Utiliser
rapidement une une crème hydratante ou de l’huile pour bébé (conseiller les crèmes réponse
juste et et les huiles sans parfum afin de prévenir les réactions allergènes). appropriée aux
Encourager le parent à toucher doucement mais fermement, avec signaux de l’enfant une main
pleine, pour ne pas chatouiller l’enfant.
Augmenter la
Suggérer au parent de masser doucement chacune des parties du
fréquence et la corps de l’enfant en observant, décrivant et interprétant ses
durée des contacts
réactions.
physiques chaleureux entre le Il sourit quand je lui masse le pied, je pense qu’il
aime ça.
Conseiller au parent de conserver une attitude détendue, et attentive aux préférences de l’enfant.
Si le parent ne trouve pas d’interprétation aux réactions de son enfant, faire des suggestions.
Il jase, ça veut peut-être dire qu’il aime ce jeu, ne crois-tu pas?
situation de donner ce qu’ils n’ont pas reçu. Pour pouvoir toucher leur enfant, ces
parents devront être soutenus à apprivoiser les contacts physiques petit à petit. Les activités
de cette fiche de même que celles de la fiche précédente ont été conçues à cet effet.
Fiche 21
Grand galop, petit trot!
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur le contact avec l’enfant.
Axes Objectifs
d’intervention
Augmenter les habiletés à détecter les signaux de l’enfant
Sensibilité et
proximité Augmenter les habiletés à interpréter correctement les signaux de
l’enfant
Proposer à la
mère ou au père
de prendre Suggestions et commentaires pour l’intervention
l’enfant sur ses
Cette activité toute simple permet d’apprivoiser le contact
genoux, de le
physique et le plaisir de l’interaction parent-enfant. Cette activité
tenir solidement
est à privilégier avec les parents moins à l’aise avec une ou l’autre
par les mains et
de ces dimensions.
de commencer à
le faire rebondir
doucement, en
modulant
l’intensité selon
le plaisir
manifesté par
l’enfant.
Demander au
parent
d’observer, de
décrire et
d’interpréter les
réactions de son
enfant.
Oh! Il fronce
les sourcils,
je pense qu’il
a peur.
Il sourit et me
regarde, je
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur la notion de permanence de l’objet.
Axes
Demander au parent de cacher son visage avec ses mains ou avec un
d’intervention mouchoir et de dire « coucou! » en dégageant son visage. Ce jeu est axé sur le
plaisir qu’éprouve l’enfant à retrouver le visage aimé et
Proximité et souriant de son parent, et le plaisir du parent à jouer avec son enfant. sensibilité
Si l’enfant rit ou s’amuse, encourager le parent à poursuivre le jeu
Objectifs jusqu’à ce qu’il décèle des signes de fatigue ou de désintérêt chez
l’enfant.
Augmenter la réponse émotive Profiter de ce jeu pour attirer l’attention du parent sur les signaux
de positive à l’enfant et leur interprétation.
l’enfant Manuel s’amuse beaucoup, il rit, il aime jouer avec toi comme ça!
Manuel a le visage tout crispé, on dirait qu’il va pleurer, est-ce
Augmenter les possible qu’il ait peur?
habiletés à
détecter les Souligner aussi leur plaisir mutuel.
signaux de
l’enfant Oui, vous avez du plaisir tous les deux; vous vous amusez bien
ensemble!
Augmenter les habiletés à Renforcer le comportement du parent lorsqu’il utilise une voix douce,
interpréter qui n’effraie pas l’enfant.
correctement les Il fait des beaux coucous ton papa, il connaît ça lui les coucous qui
signaux de ne font pas peur et qui font rire! l’enfant
Suggérer des variantes, comme :
Augmenter les
habiletés à cacher un objet sous un bol; sélectionner et à
Lorsqu’il rit de bon cœur, l’enfant instaure un climat de plaisir et de bonne humeur
Toutes les activités comme celles-ci peuvent être reprises chaque jour car l’enfant ne s’en lasse
pas. Encourager les parents à les faire souvent en insistant sur le plaisir qu’elles procurent à
l’enfant et l’émotion positive que l’enfant ressent chaque fois que son parent partage avec lui une
activité ludique.
Fiche 23
Bébé s’amuse, maman et
papa ont du plaisir!
Contenu
Cette fiche propose trois activités de jeu axées sur le plaisir de jouer.
Lorsque l’enfant semble fatigué et que le parent poursuit le jeu sans en tenir compte, proposer un
arrêt en nommant les signaux de l’enfant et en avançant une interprétation.
Mathilde regarde ailleurs, peut-être qu’elle n’est plus intéressée et veut arrêter, qu’en penses-
tu?
Lorsque l’enfant semble fatigué et que le parent poursuit le jeu sans en tenir compte, proposer un
arrêt en nommant les signaux de l’enfant et en avançant une interprétation.
François est tout rouge et très excité, penses-tu qu’il a besoin de se reposer ou de faire un
jeu plus calme?
Encourager le parent à faire fonctionner le jouet et à attirer l’attention de l’enfant sur celui-ci. En
général, l’enfant tente d’attraper le jouet, en tendant les bras ou en rampant. Le parcours
imprévisible du jouet l’amuse et les réactions de l’enfant font rire le parent.
Fiche 24
Quand maman me répond rapidement
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation axée sur la détresse de l’enfant.
Au cours de la première année de vie, la façon dont une mère ou un père répond à son enfant en
situation de détresse apprend à ce dernier qu’il peut compter sur son parent. Lorsqu’un parent
répond la plupart du temps de façon rapide et adéquate aux pleurs de détresse de son enfant, il
favorise chez lui le développement d’un attachement sécurisant.
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation axée sur la réponse aux signaux de l’enfant.
Profiter d’une situation où le parent répond à l’enfant d’une façon juste
et appropriée pour renforcer son comportement en soulignant son
interprétation des signaux de l’enfant et la réponse qu’il a donnée : par
Axe exemple, l’enfant exprime son désaccord parce qu’on lui a retiré un jouet,
d’intervention et le parent lui en donne un autre.
Sensibilité Il connaît bien ça les bébés ton papa, il a compris que tu protestais et
il t’a donné un autre jouet, c’est ce que tu voulais n’est-ce pas?
Objectif
Ou encore, le bébé touche les yeux et les lèvres de son parent qui parle,
Augmenter les et le parent le laisse faire.
habiletés à Tu es chanceux, toi, d’avoir une maman qui te laisse toucher à son
sélectionner et à visage pendant qu’elle parle. Elle comprend combien ça intéresse les
appliquer enfants qui vont apprendre à parler de toucher les yeux et les lèvres
rapidement une de quelqu’un qui parle, n’est-ce pas?
réponse juste et
appropriée aux Si le parent a de la difficulté à répondre de façon juste et appropriée,
signaux de souligner et interpréter les signaux de l’enfant, et proposer une réponse.
l’enfant Par exemple, le parent nourrit l’enfant et après quelque temps, celui-ci
détourne la tête, grimace ou même pleure, et le parent continue
néanmoins à le nourrir.
Il détourne la tête et grimace. Peut-être veut-il dire ainsi qu’il n’a plus
faim et qu’il préfère arrêter de manger, qu’en penses-tu?
Ou encore le bébé gazouille et le parent n’y porte pas attention et ne lui répond pas.
Il a de la jasette aujourd’hui Gabriel, a-t-il envie que quelqu’un lui parle? Hein! Gabriel, tu
veux parler, bien oui! Veux-tu parler avec moi? Non… tu veux parler avec maman? Où elle
est maman? Oui! Elle est là!
Contenu
Cette fiche propose trois activités de jeu axées sur le développement de la motricité.
Demander au parent de s’installer par terre avec son enfant. Avancer Axes
une auto ou un objet à roulettes vers l’enfant jusqu’à une distance de d’intervention 30 cm (1
pi) de lui, et lui demander d’aller vers l’objet. Cette activité encourage l’enfant à ramper. S’il a de
la difficulté à coordonner ses Engagement, membres, le parent peut placer le bras puis le genou
au bon endroit et sensibilité provoquer le mouvement.
Fiche 26
Fiche 27
Boum! Je suis tombé!
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation axée sur les indices de fatigue.
plaintes,
correctement les gémissements et cris, signaux
de
regard dans le vide,
l’enfant
froncement des sourcils,
Augmenter les grimaces, habiletés à
jambes et bras tendus,
sélectionner et à tortillements,
appliquer
rapidement une frottement des yeux,
réponse juste et refus de manger,
appropriée aux refus de sourire,
signaux de refus de dormir.
l’enfant
Amener le parent à décrire la routine utilisée pour favoriser la transition
entre la période d’éveil et celle du sommeil; lui proposer d’appliquer cette routine avec l’enfant qui
semble fatigué.
Féliciter le parent lorsqu’il prend le temps de s’assurer que l’enfant est au sec, qu’il n’a pas faim ou
soif, que l’ensemble de ses besoins sont satisfaits, lorsqu’il le cajole et lui dit qu’il doit se reposer
puisqu’il est fatigué.
Rémi, tu es bien chanceux! Ta maman sait comment t’aider à t’endormir!
Fiche 28
Discuter avec le parent des différentes étapes pour favoriser le sommeil : s’assurer que l’enfant
est au sec, qu’il n’a pas faim ou soif et que tous ses autres besoins sont comblés; cajoler l’enfant
en le berçant, en lui chantant une chanson douce, en lui racontant une histoire, en lui faisant un
massage ou en lui donnant sa doudou ou son toutou; dire à l’enfant qu’il doit se reposer puisqu’il
est fatigué.
Suggérer au parent une routine vers le sommeil qu’il pourra essayer d’ici la prochaine visite.
Contenu
Cette fiche propose une mise en situation axée sur l’utilisation du porte-bébé ventral.
Proposer l’utilisation du porte-bébé jusqu’à la prochaine visite. Si le porte-bébé ne peut être laissé
aux parents, envisager avec eux les possibilités de s’en procurer un.
Fiche 29
Encourager l’utilisation du porte-bébé ventral aussi souvent que possible. Elle constitue un
soutien direct au développement de la sécurité d’attachement de l’enfant. Avec le porte-bébé,
le parent peut facilement offrir chaleur et réconfort à son enfant. Ce dernier est paisible et
confortable, le parent se sent donc confiant et compétent. Toutefois, préciser aux parents qu’ils
ne doivent pas
porter l’enfant en manipulant des breuvages ou des aliments chauds (thé, café,
plats cuisinés, etc.). Dans le cas de bébés qui dorment peu ou qui exigent beaucoup d’attention,
le porte-bébé est une bonne solution.
et l’allaitement. La constitution physique des hommes leur permet d’utiliser le porte-bébé jusqu’à
ce que l’enfant atteigne l’âge de 12 mois.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement de l’enfant
En augmentant la connaissance et la mise en pratique des principes et des stratégies
de la discipline positive
En augmentant la préoccupation quant à la surveillance constante de l’enfant
La proximité
En augmentant la fréquence et la durée des contacts physiques chaleureux entre le
parent et son enfant
En augmentant la réponse émotive positive à l’enfant
La réciprocité
En augmentant la connaissance des caractéristiques individuelles de l’enfant
La sensibilité
En augmentant les habiletés à détecter les signaux de l’enfant
En augmentant les habiletés à interpréter correctement les signaux de l’enfant
En augmentant les habiletés à sélectionner et à appliquer rapidement une réponse
juste et appropriée aux signaux de l’enfant
La présente partie fait un bref rappel des acquisitions de l’enfant pendant la période postnatale 9-
12 mois et décrit le contenu de dix fiches d’activités d’une durée de vingt minutes chacune. Les
fiches comprennent les objectifs visés, le déroulement de l’activité et les suggestions pour
l’intervention.
L’engagement
En augmentant la connaissance des stades du développement de l’enfant
Sur le plan émotif, les enfants âgés entre 9 et 12 mois ont de vives réactions lorsqu’ils sont face à
des étrangers. Ils peuvent sourire puis, l’instant d’après, se mettre à pleurer lorsque des inconnus
les approchent. Des enfants se démarqueront par leur autonomie et leur indépendance à l’égard
des parents, et s’approcheront sans difficulté des inconnus. D’autres, sans être craintifs, se
montreront plus méfiants. Certains parents peuvent interpréter cette réaction comme de la timidité,
d’autres comme un caprice. Elle témoigne cependant d’un fait : à cet âge, l’enfant reconnaît ses
proches et peut s’inquiéter lorsque d’autres adultes s’introduisent dans son espace.
Sur le plan cognitif, les enfants de cet âge commencent à acquérir des habiletés de résolution de
problème et font l’apprentissage de certains liens de causalité. Le pantin qui sort de sa boîte après
qu’on ait tourné une manivelle, les jouets à tirer ou à pousser, ou encore les jouets animés captent
l’attention des enfants de cet âge.
Avec ces jouets, l’enfant devient celui qui provoque une réaction sur le monde extérieur : « Je
pousse le bouton et le clown sort de sa cachette. » Le jeune enfant aime reproduire l’effet maintes
135
et maintes fois, exerçant ainsi son pouvoir sur la réalité. Toutes ces manipulations lui permettent de
faire des apprentissages importants qu’il intègre à son expérience. Ces jeux modèlent peu à peu
son intelligence.
Sur le plan langagier, ces bambins possèdent leur propre jargon. La plupart du temps, vers la fin de
leur première année, ils prononcent leurs premiers mots et comprennent des consignes simples
comme « donne, attends ».
Un mot a souvent plusieurs significations et prend la valeur d’une phrase complète. Encourager leur
babillage et les engager personnellement dans les échanges sont des manières d’être qui stimulent
leur désir de communiquer et l’acquisition de leurs premières habiletés langagières.
Voici les principales acquisitions de l’enfant au terme de cette période de son développement.
Développement Développement physique Développement cognitif
socioaffectif et moteur et du langage
J’exprime une variété d’émotions :
Je roule sur moi-même, je
joie, colère, plaisir, tristesse, Je réponds à mon nom.
m’agrippe fermement aux objets.
anxiété.
Je bouge ma main pour dire « au
revoir », je tape dans mes mains
Je peux m’asseoir sans aide. J’adore jouer à « coucou ».
pour dire « bravo » et je peux
vous envoyer un baiser.
Je comprends les expressions «
Je commence à comprendre le
J’aime manger avec mes doigts. en dedans », en dehors », en «
sens du mot « non ».
haut », en « bas ».
J’aime tenir un crayon et
J’exprime mon désaccord J’utilise différents sons pour
commence à gribouiller, j’aime
lorsqu’un jouet m’est retiré. exprimer mes émotions.
aussi déchirer des magazines.
Je montre des signes d’inconfort Je regarde attentivement la
Je fais de nombreuses tentatives
lorsque je suis séparé de mon bouche, les yeux et les lèvres
pour me tenir debout.
parent. de celui qui me parle.
Je suis curieux à l’égard des Je comprends le nom des objets
Je peux saisir de très petits objets.
autres enfants. usuels.
Je répète une action qui vous fait
Je peux lancer une balle. Je dis mes premiers mots.
rire.
Je me réfère à mes parents dans
J’aime regarder la chute d’un
les situations incertaines ou
jouet par terre.
menaçantes.
Je coordonne mes actions pour
atteindre un but (ex. : traverser
la pièce à quatre pattes pour
aller chercher un objet).
COHÉRENCE
Il est primordial que l’enfant puisse faire le lien entre son comportement indésirable et la
conséquence de celui-ci. Ainsi, une conséquence devrait être appliquée immédiatement après le
comportement indésirable de l’enfant et non plusieurs minutes après. Par exemple, un enfant de 9
mois tire les cheveux de son frère de 3 ans et ne cesse pas malgré plusieurs avertissements. Le
parent peut alors retirer l’enfant de la situation et le mettre une minute dans son parc, tout en lui
expliquant qu’on ne tire pas les cheveux parce que ça fait mal.
CONSTANCE
La constance dans l’application des règles de discipline renvoie au fait de toujours appliquer une
conséquence, mais pas forcément la même, à une conduite donnée.
DURÉE
Chaque conséquence ne devrait pas excéder une minute par année d’âge de l’enfant.
CLIMAT
L’application des conséquences devrait se faire dans un climat de calme et d’affection, c’est-àdire
en évitant de crier ou d’apeurer l’enfant.
L’AMÉNAGEMENT DE L’ENVIRONNEMENT
Cette technique consiste à organiser l’environnement de l’enfant de telle sorte que les objets
interdits sont hors de sa portée.
LE MODELAGE
Cette technique consiste à présenter un modèle à l’enfant pour lui enseigner ce qu’on voudrait lui
voir faire.
137
La proximité
En augmentant la fréquence et la durée des contacts physiques chaleureux entre le
parent et son enfant
Maintenant que bébé rampe ou déambule de lui-même dans la maison, il est beaucoup moins
souvent dans les bras de ses parents. Toutefois, la tendresse et les contacts physiques lui sont
toujours aussi nécessaires, en particulier dans les moments de détresse. Dans ces moments,
l’enfant a besoin qu’on l’aide à exprimer ses émotions et à composer avec elles. Lorsque le parent
le prend chaleureusement dans ses bras, il le rassure et lui apprend peu à peu à réguler ses
émotions.
La réciprocité
En augmentant la connaissance des caractéristiques individuelles de l’enfant
Les enfants de cet âge commencent à développer leurs goûts personnels, que ce soit en matière
de jeux, de jouets ou d’aliments. La reconnaissance de ces goûts facilite la relation parent-enfant.
La sensibilité
En augmentant les habiletés à détecter les signaux de l’enfant
Entre 9 et 12 mois, l’enfant utilise toujours la communication gestuelle doublée maintenant du «
pointage ». Le pointage (c’est-à-dire pointer un objet du doigt en émettant une sorte de
marmonnement) constitue un signe avant-coureur du langage parlé.
132
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Afin d’accompagner le parent dans les soins de qualité qu’il offre à son enfant, les fiches d’activités
suivantes sont proposées. Vous pouvez les reprendre aussi souvent que vous le voulez au cours
des visites à domicile.
139
Fiches d’activités à prioriser
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation et une activité de jeu axées sur l’importance
du babillage pour l’acquisition du langage.
Expliquer au parent que les échanges qu’ont les adultes avec leurs enfants
permettent à ces derniers de passer d’un simple exercice de la voix à la
production de sons et syllabes signifiants.
Bientôt, les réponses que vous donnez à ses babillages lui permettront
de commencer à utiliser des sons qui veulent dire quelque chose. Par exemple, lorsque vous
êtes dans la cuisine, qu’il dit « u, u » et que vous lui demandez s’il veut du jus, il commencera
peutêtre à dire « u » pour « jus ».
Fiche 30
Encourager le parent par l’entremise de son enfant.
Oui, c’est beau Nathan, je pense que tu vas bientôt connaître tous les sons d’animaux.
Informer le parent sur les ressources de son quartier où il pourra trouver des livres et des jouets qui
permettent à l’enfant d’associer les animaux à leurs sons.
Contenu
Cette fiche propose trois activités de jeu axées sur les soins quotidiens.
Axes Profiter de l’heure du bain de l’enfant ou encore, proposer un jeu dans
d’intervention le bain (ou, l’été, dans une petite piscine).
Puis, suggérer au parent de donner la débarbouillette à l’enfant et de lui demander de laver une
partie de son corps.
Où est le nez d’Émilie? Oui, il est là le nez! Lave ton nez Émilie, lave ton petit nez!
À la sortie de l’eau, si le parent enroule son enfant dans une serviette et lui frotte le dos pour bien
le réchauffer, encourager son comportement en exprimant ce que l’enfant peut ressentir.
Fiche 31
Ah! oui, ça fait du bien se faire prendre comme ça par maman, ça réchauffe et ça donne plein
d’amour!
Si le parent se contente de donner une serviette à l’enfant, l’inciter à l’enrouler dedans pour le
réchauffer en invoquant un prétexte quelconque.
Tiens, veux-tu l’enrouler dans cette serviette et l’amener avec toi dans la cuisine. J’ai des
informations à te donner.
Après avoir habillé l’enfant, si le parent le serre dans ses bras, encourager son comportement en
exprimant ce que l’enfant peut ressentir.
Ah! oui, c’est agréable de se faire prendre comme ça par papa!
Si le parent se contente de déposer l’enfant par terre, l’inciter à prendre l’enfant en invoquant un
prétexte quelconque.
Veux-tu la prendre et l’amener avec toi dans le salon? J’aimerais lui apprendre un jeu.
Le bain et les changements de couche représentent des moments de contacts intimes. Ils peuvent
être menaçants pour les parents qui n’ont jamais expérimenté l’intimité avec leurs propres parents
ou encore pour ceux qui ont été victimes d’abus.
Mais ces moments qui reviennent quotidiennement constituent, s’ils sont exploités sans
appréhensions ni résistances, autant d’occasions où parents et enfants peuvent apprivoiser
l’intimité.
En plus de mettre en évidence les capacités d’apprentissage de l’enfant, le jeu incite le parent
à centrer son attention sur l’enfant pendant les activités quotidiennes de bain et de
changements de couche. C’est en quelque sorte une forme d’entraînement à la réponse
émotive positive à l’enfant.
Bien que ces périodes soient des occasions privilégiées de favoriser l’interaction parent-
enfant, celles-ci exigent une vigilance constante de la part du parent pour assurer la sécurité
de l’enfant, compte tenu que les habiletés de celui-ci évoluent rapidement au cours de cette
période de son développement.
Fiche 32
Non, non, non!
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation et une activité de jeu axées sur
l’aménagement de l’environnement. L’aménagement de l’environnement constitue une des trois
stratégies de la discipline positive.
Cherchons le danger!
Crayon et papier en mains, proposer à la mère ou au père une chasse
Axe aux trésors ayant comme objectif de repérer les objets du domicile qui
d’intervention représentent un danger pour la sécurité de l’enfant : une plante
toxique; le fil électrique de la bouilloire; les petits objets qui traînent
Engagement sur la table du salon; un escalier sans barrière; un tiroir ou une
armoire accessibles à l’enfant et contenant des couteaux ou des produits
toxiques; etc.
Fiche 32
Fiche 33
Petit ange ou petit diable?
Contenu
Cette fiche propose deux activités de mise en situation axées sur deux des trois stratégies de la
discipline positive : la déviation de l’attention de l’enfant et le modelage.
Par exemple, une journée où sa mère a très mal à la tête, Noah s’amuse
Objectif à frapper sur une casserole avec des baguettes. Sa mère veut la lui
enlever, mais Noah proteste à grands cris. Proposer alors au parent
Augmenter la d’offrir à l’enfant un objet similaire qui fait moins de bruit, comme un plat
connaissance et en plastique, ou carrément autre chose, comme une balle en mousse.
la mise en
On pourrait peut-être lui donner quelque chose à frapper qui fait moins
pratique des
de bruit, comme ce plat en plastique, qu’en penses-tu?
principes et des
stratégies de la Noah aimerait peut-être jouer avec quelque chose d’autre, comme
discipline cette balle en mousse, qu’en penses-tu?
positive
Si le parent accepte la suggestion, faire remarquer la réaction de l’enfant
en expliquant la pertinence et l’utilité de cette technique.
Tiens, il a déjà oublié son autre jeu, et maintenant il s’intéresse à celui-ci qui fait moins de
bruit. À cet âge, quand on échange un jeu pour un autre, les enfants oublient le premier et
se concentrent sur le nouveau. Leur mémoire est encore très courte. Comme ils ne
comprennent pas encore très bien ce qu’on attend d’eux, cela permet d’éviter bien des
crises et des pleurs inutiles.
Féliciter le parent pour sa réussite et encourager l’intérêt de l’enfant pour le nouveau jeu.
C’est un beau jeu ça Noah, aussi beau que l’autre, et ça ne donne pas mal à la tête à
maman.
Fiche 33
Si l’enfant imite le parent, les féliciter tous deux pour leur comportement et intégrer l’autre enfant.
Oui! Bravo! Regarde comme elle t’imite : elle veut vraiment faire comme toi! C’est beau
Karine, tu touches doucement les cheveux d’Émile. Tu es très gentille. Tu aimes ça, Émile,
quand Karine touche doucement tes cheveux? Toi est-ce que tu touches doucement les
cheveux de Karine? Montre-moi comment. Oui, c’est bien! Aimes-tu ça, Karine, quand
Émile touche doucement tes cheveux? C’est doux, doux, doux, Karine.
Si l’enfant n’imite pas spontanément le parent, tenter de mettre l’autre enfant à contribution en
lui suggérant les gestes et les paroles à employer, puis redemander au premier d’essayer.
Peut-être qu’Émile pourrait montrer à Karine la façon dont il aimerait que Karine touche à
ses cheveux? Qu’en penses-tu, Émile? Veux-tu montrer à Karine comment on touche
doucement avec la main, en disant « doux, doux, doux »? Oui, comme ça! C’est doux,
n’est-ce pas, Karine? Maintenant veux-tu toucher doucement les cheveux d’Émile?
Si les deux enfants adoptent le comportement souhaité, faire remarquer à la mère comme ils
sont mignons et lui proposer d’utiliser cette technique d’ici la prochaine visite.
Fiche 34
Maman ou Papa s’en va!
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation axée sur les situations de séparation.
Fiche 34
mesure de prendre conscience qu’il ne connaît pas les traits de l’étranger qui
s’approche. Il est déstabilisé et se met à pleurer. C’est bien en sécurité, dans les bras
de ses parents, qu’il apprendra à apprivoiser les nouveaux visages et les nouvelles voix.
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur le comportement de pointage de l’enfant.
Sensibilité Qu’est-ce qu’il fait Emmanuel? Il montre quelque chose et marmonne. On dirait
qu’il veut nous dire quelque chose. Qu’est-ce
Objectifs qu’il veut dire d’après toi? Qu’est-ce que tu fais Emmanuel? Que nous montres-
tu? Veux-tu nous dire quelque chose? Qu’est-ce que Augmenter les tu veux dire?
habiletés à
Féliciter le parent qui reconnaît le signal de son enfant, qui l’interprète
détecter les et qui y répond de façon adéquate, soit en identifiant l’objet désigné par
signaux de l’enfant :
l’enfant
Oui, un bateau, un beau bateau, il est beau le bateau, n’est-ce pas
Augmenter les Emmanuel?
habiletés interpréter Soit en répondant à sa
demande :
correctement les Un biscuit, tu veux un biscuit Emmanuel, viens, papa va te donner signaux
de un biscuit.
l’enfant
Soit en disant au parent :
Augmenter les habiletés à Tu le connais bien ton garçon, tu comprends bien ce qu’il essaie
de sélectionner et à te dire, n’est-ce pas? Emmanuel, papa te connaît bien. appliquer
Si le parent ne semble pas comprendre le signal de l’enfant, tenter de
rapidement une l’interpréter et d’y répondre en l’interpellant :
réponse juste et appropriée aux Oh! Est-ce que ça se peut qu’il veuille nous
montrer le bateau?
signaux de l’enfant Attendre la réponse du parent et
poursuivre :
Est-ce que c’est ça que tu veux nous montrer Emmanuel, le bateau?
Oui, le bateau, il est beau le bateau, Emmanuel!
Fiche 35
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur l’identification des jouets préférés de l’enfant.
Cette activité peut être réalisée au cours de plusieurs visites.
Axes
d’intervention Proposer au parent de présenter, un à la fois, des jouets appartenant à l’enfant,
et d’évaluer son intérêt à l’égard de ceux-ci. Suggérer Réciprocité et différentes façons
d’introduire chacun des objets, par exemple : sensibilité en le cachant sous une débarbouillette,
derrière son dos, sous un
bol;
Objectifs
en le plaçant sur la tête de l’enfant;
Intérêt de l’enfant
Objets et jouets
Faible Moyen Grand
Poupée
Toutou
Ballon
Livre plastifié
Cubes
Gros crayons
Chapeaux et foulards
appropriée aux
signaux de
l’enfant
Fiche 36
Demander au parent de veiller à ne pas surstimuler l’enfant et à lui laisser le temps d’explorer à
sa guise tous les objets présentés. Centrer l’observation du parent en lui demandant : si son
enfant est intéressé et comment il le manifeste; quel est l’objet préféré de son enfant.
Si le parent éprouve des difficultés à décoder les réactions de l’enfant, faire des suggestions sur
les réactions de ce dernier.
Peut-être qu’il aimerait garder le jouet plus longtemps et continuer à l’explorer, qu’en
penses-tu?
Fiche 37
Castafiore et petit ténor!
Contenu
Cette fiche propose une activité de jeu axée sur l’utilisation des comptines.
Axe
Demander au parent de choisir des comptines avec des gestes et des sons.
d’intervention
Il peut chanter et faire les gestes simultanément. Chacune des comptines,
Proximité d’une durée d’une à deux minutes, peut être répétée jusqu’à ce que
l’enfant démontre des signes de désintérêt. Elles peuvent être utilisées
Objectifs tout au long de la journée.
Augmenter la Demander au parent d’encourager son enfant à l’imiter en mimant les
réponse gestes de la comptine. Au début, c’est souvent le parent qui prend les bras
émotive de l’enfant et qui guide ses gestes. Mais le parent pourra constater que
positive à
peu à peu, l’enfant entame le mouvement des gestes, fait les gestes de
l’enfant
lui-même et enfin, associe les gestes aux mots.
Augmenter la
Reprendre différentes comptines connues. L’important est de choisir celles
fréquence et la
que le parent aura le goût de chanter souvent.
durée des
contacts Tête-épaules-genoux-orteils, genoux-orteils, genoux-orteils,
physiques têteépaules-genoux-orteils, yeux-nez-bouche-oreilles. Tape, tape,
chaleureux tape, pique, pique, pique, roule, roule, roule.
entre le parent J’ai un rat sous mon toit, j’entends le chat qui miaule, j’ai un rat sous
et son enfant mon toit, j’entends le chat miauler, j’entends boum, boum, j’entends
boum, boum, j’entends le chat miauler.
Contenu
Cette fiche propose une activité de mise en situation axée sur la crainte des étrangers.
Si l’enfant fait une crise à l’arrivée d’un étranger, le parent doit d’abord rassurer l’enfant en lui disant
qu’il demeure en sa présence et qu’il comprend sa peur. Le parent peut aussi préciser, si c’est le
cas, que cette personne n’est que de passage.
Je reste avec toi, Philippe. Je sais que tu as peur parce que tu n’as jamais vu le facteur, mais
il vient seulement porter un paquet pour maman. Ne t’inquiète pas, il partira dans quelques
minutes.
Enfin, le parent peut inviter l’enfant à faire un signe de la main à l’étranger au moment de son départ.
Fiche 38
Suggestions et commentaires pour
l’intervention
Rassurer l’enfant par des contacts physiques et des paroles
affectueuses est un bon moyen de parvenir à diminuer sa crainte
à l’endroit des étrangers.
Suggérer au parent d’éviter de forcer l’enfant à faire face à l’étranger ou de ridiculiser sa
peur, car elle est véritable, mais passagère à ce stade de son développement.
Les enfants qui fréquentent une garderie ou une halte garderie durant cette période
peuvent être particulièrement fragiles aux séparations et exiger plus de temps pour
accepter la transition d’une personne à l’autre ou d’un milieu à l’autre.
Contenu
Cette fiche propose une mise en situation axée sur l’utilisation du porte-bébé ventral.
Proposer l’utilisation du porte-bébé jusqu’à la prochaine visite. Si le porte-bébé ne peut être laissé
aux parents, envisager avec eux les possibilités de s’en procurer un.
Fiche 39
Suggestions et commentaires pour
l’intervention
porter l’enfant en manipulant des breuvages ou des aliments chauds (thé, café, plats
cuisinés, etc.). Dans le cas de bébés qui dorment peu ou qui exigent beaucoup d’attention, le
porte-bébé est une bonne solution.
Le mouvement apaise l’enfant et le parent peut se déplacer aisément et effectuer certaines tâches
tout en portant l’enfant.
Encourager les pères à utiliser le porte-bébé à la maison ou lors des promenades extérieures.
Ils peuvent ainsi savourer le plaisir du contact physique avec l’enfant, ressenti intensément
par la mère pendant la grossesse et l’allaitement. La constitution physique des hommes leur
permet d’utiliser le
porte-bébé jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge de 12 mois.
porte-bébé tous les jours pendant les premiers mois de la vie de l’enfant.* * Information
obtenue lors d’un échange avec le Dr Anisfeld.
3.3 LES FICHES SUR LES FACTEURS INFLUENÇANT LA QUALITÉ DES SOINS
La présente partie donne des informations et suggestions d’intervention reliées aux deux facteurs
qui influencent indirectement la qualité des soins à l’enfant, et dont le programme tient déjà
compte dans le cadre des visites à domicile, soit : le bien-être psychologique des parents et leur
réseau social. Ces facteurs sont abordés ici en raison de leur lien démontré avec le
développement d’un attachement sécurisant.
Pour chacune des dimensions des deux facteurs abordés, une explication de l’influence de cette
dimension de même que des interventions sont proposées. De plus, un « feu rouge » signale la
pertinence de consulter l’équipe interdisciplinaire du programme afin de valider les observations
faites au cours des visites et d’orienter au besoin vers un spécialiste qui établira le diagnostic et
le traitement requis. Dans ces cas, dans une perspective de services intégrés en périnatalité et
pour la petite enfance et selon les modalités prévues par son organisation, l’intervenante
s’engage à poursuivre l’accompagnement en collaboration avec le spécialiste.
Parce qu’elle constitue une période de transition importante, la grossesse représente un moment
où les parents s’avèrent particulièrement sensibles à diverses influences en général, et fort
165
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Feu rouge
166
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Si vous croyez qu’un soutien spécialisé est requis, ou lorsque les représentations mentales des
parents nuisent à l’exercice de leur rôle au point qu’elles puissent représenter un danger pour la
santé physique ou psychologique de leur enfant, consulter l’équipe interdisciplinaire.
L’état émotif
Au cours de la grossesse, plusieurs facteurs sont susceptibles d’accroître le niveau de stress de
la mère et du père et d’influencer leur état émotif. Par exemple, la seule perspective de l’annonce
de la grossesse à l’entourage peut causer nombre d’inquiétudes. Ainsi, plusieurs adolescentes
craignent d’annoncer la nouvelle à leur famille, au père ou à leurs amis par peur de
désapprobation. Dans le cas de la femme adulte tout comme dans celui de l’adolescente, des
conditions de vie difficiles, causées par le manque de soutien du conjoint ou une situation
financière précaire, freineront l’enthousiasme de l’annonce de la grossesse. En outre à la suite
de cette annonce, nombre de femmes, en particulier les adolescentes, se retrouvent seules. Cet
abandon peut entraîner un sentiment d’isolement à un moment de la vie où les relations avec
l’entourage et les pairs sont d’une importance primordiale. Pour les hommes, le fait d’être père
présente aussi de nombreux enjeux, tels que la reconnaissance de la paternité par la mère, les
tensions dans la relation conjugale, les conflits avec la belle-famille et la précarité économique 92.
Pour la mère et le père adolescents, tous les enjeux reliés à la grossesse sont exacerbés par le
fait qu’être parent à l’adolescence ne se situe pas dans la trajectoire habituelle de développement
d’un individu. Dans le cas des parents immigrants, plusieurs facteurs reliés au parcours migratoire
peuvent s’ajouter aux facteurs de vulnérabilité déjà évoqués. Ces facteurs, relevés par Gravel,
Battaglini, Riberdy et Guay (2000) et repris dans le guide Naître ici, Venir d’ailleurs 93, sont : la
catégorie d’admission; les motifs d’immigration; le fait d’avoir été témoin de violence organisée
ou d’avoir subi des menaces ou des sévices dans le pays d’origine; les séparations familiales; la
multiparité; la crainte de ne pas obtenir la citoyenneté canadienne; les pertes affectives;
l’ajustement des rôles au sein du couple; la reconstruction des réseaux; les difficultés
d’intégration; la déqualification professionnelle; la discrimination. Enfin, les problèmes de
consommation ou de santé mentale déjà présents avant la grossesse sont susceptibles de rendre
les parents encore plus vulnérables aux différents stress associés à cette période. Ces facteurs,
surtout lorsque plusieurs d’entre eux se trouvent combinés, peuvent accroître le niveau de stress
des parents et par le fait même, affecter leur état émotif qui à son tour risque d’affecter le type
d’attachement développé par l’enfant111.
Au cours des périodes pré et post natale, l’état émotif des mères peut être affecté par une
dépression majeure. De plus, après la naissance de leur enfant, les mères sont également
167
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Quant aux pères, ils peuvent éprouver des problèmes d’adaptation à la vie de couple et de famille,
ou encore des problèmes liés à la résistance de certaines mères face à l’engagement des pères
adolescents95, cette résistance se concrétisant notamment par le refus de reconnaître leur statut
de paternité. Ces problèmes se traduisent souvent par des comportements d’évitement,
d’éloignement, ou encore par l’abandon de responsabilités qui apparaissent trop lourdes ou
indésirables.
LA DÉPRESSION MAJEURE
La dépression majeure prénatale frappe 10 % des futures mères 96 . Son incidence et sa
prévalence seraient plus élevées chez les jeunes (12-24 ans) et tendraient à diminuer avec l’âge 97.
La dépression majeure postnatale frappe pour sa part 13 à 15 % des mères. Elle apparaît dans
les trois premiers mois suivant la naissance de l’enfant. Elle dure six mois ou plus chez la moitié
des femmes, et les risques de récurrence sont de l’ordre de 30 à 50 %. Le facteur le plus
déterminant sur sa durée serait le délai pour recevoir le traitement 98.
Toutes ces données sont d’autant plus importantes que la majorité de ces dépressions ne sont
pas diagnostiquées, donc non soignées 117. La dépression maternelle non traitée a de lourdes
conséquences, à la fois sur le développement de l’enfant et sur l’intervention. Une mère
dépressive non traitée risque d’être très peu réceptive à son enfant de même qu’à une
intervention visant à la sensibiliser aux signaux de celui-ci. Pour l’enfant, les répercussions
négatives de la dépression maternelle qui dure plus de six mois sont indéniables. Règle générale,
elle laisse des traces importantes sur sa sécurité d’attachement, et sur son développement émotif,
cognitif et social. De plus, elle augmente les risques que l’enfant soit victime de négligence ou
d’abus99. En cas de dépression de la mère, la possibilité pour l’enfant de poursuivre ou d’amorcer
une relation significative avec son père ou un autre adulte de son entourage constitue un facteur
de protection pour son développement.
Les facteurs associés à la dépression majeure pré et post natale sont : l’histoire de dépression,
l’isolement social, les mésententes conjugales et les séparations, le fait d’être mère pour une
première fois, des relations difficiles avec sa propre mère, des conflits avec la belle-famille, des
perceptions négatives de la grossesse et des événements négatifs récents 119.
94 Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal, 2004; Perreault, 2004.
95 Dubeau, 2004.
96 Perreault, 2004.
97 Patten, 2001.
98Beck 2002 dans Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal, 2004. 117
Perreault, 2004.
99 Perreault, 2004; Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal, 2004. 119
Perreault, 2004.
100 Ces indices sont ceux relevés par l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de
Montréal, 2004. Ils doivent être présents depuis au moins deux semaines.
168
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
LE « BLUES POST-PARTUM »
Le « blues post-partum » (syndrome du troisième jour) affecte de 50 à 80 % des nouvelles mères.
Ces symptômes apparaissent entre la troisième et la cinquième journée après l’accouchement et
disparaissent au bout de dix à quatorze jours. Les facteurs qui lui sont associés sont entre autres
les émotions et la fatigue liées à l’accouchement, le manque de sommeil, l’ajustement au rôle
parental et la chute des hormones.
fatigue;
tristesse;
sautes d’humeur;
insomnie;
tendance à pleurer;
difficulté de concentration.
LA PSYCHOSE POST-PARTUM
Entre 1 et 2 mères sur 1 000 souffrent de psychose après la naissance de leur enfant. La
psychose survient généralement entre les deuxième et troisième semaines après la naissance,
mais peut également apparaître dans les jours suivant la naissance. Sa probabilité de récurrence
est de 35 à 60 % pour les naissances subséquentes. Des chercheurs constatent un taux de
suicide de 5 % et un taux d’infanticide de 4 % dans les familles dont la mère souffre de psychose
post-partum 102.
101
Ces indices sont ceux relevés par l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de
Montréal, 2004.
102 Lowdermilk et al. (2002) dans Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal,
2004.
103 Ces indices sont ceux relevés par l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de
Montréal, 2004. Ils doivent être présents depuis au moins deux semaines.
169
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
insomnie;
agitation;
épisodes de pleurs;
instabilité émotionnelle;
confusion, incohérence;
préoccupation obsessive à l’égard du bébé, méfiance;
illusions (la mère peut penser que l’enfant est possédé du démon);
hallucinations auditives (des voix lui dictent des comportements); comportements
désorganisés dans les soins au bébé.
170
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Conseiller aux parents de se reposer quand ils le peuvent, par exemple pendant les périodes
de sommeil de l’enfant; leur suggérer aussi des techniques de relaxation.
Encourager les parents à communiquer leurs sentiments et leurs attentes, soit avec le conjoint,
soit avec une autre personne proche et soutenante.
Encourager les parents à se donner du temps pour s’adapter aux exigences de leur nouveau
rôle.
Encourager la mère et le père à prendre du temps chacun pour soi ou pour le couple : faire
une promenade, prendre un bain, visionner un bon film, par exemple.
Permettre aux parents d’exprimer et de partager leurs sentiments négatifs, en prenant soin de
ne pas vous engager dans une intervention de type psychothérapeutique, qui doit être faite
par un spécialiste.
Favoriser l’établissement de liens significatifs entre l’enfant et un autre adulte de l’entourage
familial.
Inciter et initier les parents à l’utilisation de différentes stratégies visant à prévenir ou à maîtriser
la dépression, telles que la distraction, la résolution de problème, l’exercice physique, les
activités plaisantes et les activités sociales 105.
Encourager les parents à se joindre à un groupe postnatal ou à un organisme communautaire
pour briser leur isolement, développer une pensée positive, apprendre à mieux communiquer
et à résoudre leurs conflits conjugaux.
Feu rouge
En cas de persistance et d’aggravation des symptômes liés aux indices de dépression, du « blues
post-partum », des conflits conjugaux, des problèmes de consommation et des problèmes de
santé mentale, consulter l’équipe interdisciplinaire.
En cas d’agitation, d’hyperactivité, de méfiance ou de confusion chez la mère, orienter
immédiatement vers l’urgence psychiatrique.
LA RÉSOLUTION DE PROBLÈME
171
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
La résolution de problème consiste à trouver une façon d’agir sur les principales situations qui ont
un lien avec la dépression (relations conjugales insatisfaisantes, difficultés financières, perte
d’emploi, difficultés au travail, etc.); elle comporte sept étapes (voir le tableau 5 ci-dessous). Il
n’est cependant pas toujours possible de repérer les événements en rapport avec la dépression.
Aussi l’intervention sera-t-elle plutôt axée sur la perception des événements de même que sur
l’apprentissage de différentes stratégies personnelles pour leur faire face. Dans ce dernier cas,
le recours à un spécialiste est recommandé.
L’EXERCICE PHYSIQUE
L’exercice physique est reconnu comme particulièrement efficace pour contrôler la dépression.
De plus, il n’a pas besoin d’être intense pour que la personne en retire des bénéfices
considérables. Lorsque la dépression est légère ou modérée, une simple marche permet d’en
réduire les symptômes. L’exercice physique agirait autant sur le plan physiologique que
psychologique.
172
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Du soutien social
En renforçant le soutien social de la famille
De la relation conjugale
En renforçant la qualité de la relation conjugale
Le soutien social
En renforçant le soutien social de la famille
Une grossesse transforme inévitablement les interactions entre la future mère et le futur père, et
celles qu’ils entretiennent avec leur réseau : famille, amis, connaissances, intervenants. Certaines
de ces transformations peuvent être favorables, d’autres moins. De plus, comme la grossesse
représente une période de transition importante au terme de laquelle les deux conjoints
acquerront le statut de parents, ils doivent alors pouvoir compter sur un réseau social diversifié
et soutenant.
Le soutien social peut provenir de la famille proche, des amis, des voisins ou de différents
intervenants engagés dans les ressources du quartier. Par ailleurs, l’intervenante privilégiée
apporte un soutien social soutenu et à long terme aux familles qui participent aux Services
intégrés en périnatalité et pour la petite enfance.
Après la naissance, le fait d’obtenir une aide concrète comme un soutien à l’entretien ménager,
à la préparation des repas et aux relevailles aide les nouveaux parents à répondre de façon
chaleureuse et constante aux besoins de leur enfant. De plus, les conseils judicieux d’une mère
ou d’un père expérimentés peuvent être rassurants. Quelques mois après la naissance, le fait de
rencontrer d’autres parents aux prises avec des situations similaires peut contribuer non
seulement à briser l’isolement, qui constitue trop souvent le lot des familles vivant en contexte de
vulnérabilité, mais aussi à améliorer l’estime de soi et la capacité de résolution de problèmes.
Enfin, le lien privilégié que l’intervenante développe avec chacun des membres de la famille
représente une importante source de soutien social 106.
173
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Feu rouge
Lorsque l’isolement est associé à un état émotif négatif consulter l’équipe interdisciplinaire.
LA RELATION CONJUGALE
La relation conjugale est très souvent ébranlée au cours de la grossesse. Plusieurs facteurs sont
en cause : les sentiments contradictoires des conjoints par rapport à la grossesse, leurs
inquiétudes, les changements hormonaux et physiques chez la femme, l’importance accrue que
prend pour l’homme le fait d’assurer la survie de sa famille, l’anxiété qu’engendre la perspective
du futur rôle de parent.
La plupart des conjoints réussissent cette traversée houleuse. Toutefois, lorsqu’ils échouent, le
voyage peut se solder soit par des problèmes d’ordre sexuel, soit par de la violence conjugale,
soit par une séparation. En fait, la grossesse constitue autant une période d’euphorie qu’une mise
à l’épreuve pour le couple.
L’arrivée de l’enfant peut avoir pour effet de fragiliser la relation entre les deux parents. Les mises
au point sont fréquentes et les attentes, souvent considérables. La répartition du temps consacré
à la famille, au ménage et aux soins à donner à l’enfant devient souvent une source de conflits.
Les convictions personnelles des deux parents quant à l’éducation des enfants peuvent accroître
ces tensions. Préserver un climat calme pour toute la famille fait partie des responsabilités
parentales et procure un milieu sain, propice aux interactions chaleureuses et au développement
des enfants.
Dans le cas des jeunes mères, seule une minorité entretient encore des liens avec le père de
l’enfant quelques mois après la naissance. Par conséquent, un ou d’autres hommes viendront
fort probablement vivre avec la mère et l’enfant. Tous ces conjoints ne pourront faire figure de
père aux yeux de l’enfant. L’enfant développera un attachement au conjoint de la mère si, et
seulement si, celui-ci lui procure des soins de façon stable et durable.
Enfin, la naissance d’un enfant éveille quantité d’émotions chez les parents et exige toujours des
ajustements entre les conjoints (ex. : la diminution temporaire de l’activité sexuelle, la diminution
des activités sociales, etc.).
174
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
Aborder avec eux la question du partage des tâches, de l’aide qui leur sera nécessaire et qui
leur permettra notamment de préserver leur intimité.
Tenter d’explorer avec le couple les conflits susceptibles de survenir après la naissance et les
moyens qu’ils prendront pour les résoudre en tenant compte des forces et des limites de
chacun.
Initier les parents à la stratégie de résolution de problème.
Initier les parents à des stratégies de communication pacifique ou non violente 107. Vous pouvez
vous inspirer du tableau 6 ci-dessous, qui présente un résumé des étapes d’une
communication pacifique.
Encourager la mère et le père à exprimer les attentes qu’ils ont l’un envers l’autre.
Permettre au parent qui vit une séparation conjugale de parler de son sentiment d’abandon;
ainsi, ses émotions risqueront moins de se répercuter sur l’enfant.
Suggérer aux parents, lorsqu’ils savent qu’ils devront régler une situation stressante, de le faire
lorsque le bébé est endormi, et de se réserver ultérieurement des moments plus calmes et
agréables avec lui.
Suggérer aux parents, si l’enfant est témoin de disputes ou de crises, de verbaliser doucement
à l’enfant qu’il n’est pas la source du conflit. Le message sera ressenti par l’enfant s’il est
sincère. La verbalisation n’efface pas la tempête précédente, mais oblige les parents à prendre
conscience des répercussions de leurs mésententes sur l’enfant, et peut entraîner chez eux
un véritable désir de changement de comportement en présence de leur enfant.
Aborder le thème des ajustements quotidiens avec les parents. Si l’un des deux est absent,
suggérer à l’autre d’en parler avec son conjoint.
Prévoir avec le couple des scénarios afin de trouver des solutions applicables à certaines
situations susceptibles de créer un conflit. Par exemple, si la mère prévoit avoir un grand
besoin de sommeil et que dans ces circonstances, elle devient agressive, examiner avec le
couple comment cette situation peut être prévenue ou comment ses effets négatifs peuvent
être minimisés.
Assurer les parents de votre accompagnement à long terme.
Feu rouge
En cas de constatation ou de doute de violence conjugale ou familiale, consulter l’équipe
interdisciplinaire.
175
L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Les fiches
3. Besoin
Constat : Nos sentiments nous renseignent sur Consigne : Reconnaître et exprimer le besoin (« Je
nos besoins. voudrais savoir si quelque chose te préoccupe »).
4. Demande concrète, réaliste, positive et négociable
Constat : Ayant pris conscience de nos Consigne : Formuler une demande concrète, réaliste,
besoins, nous pouvons formuler une demande. positive et négociable (« Est-ce que je peux t’aider? »).
En somme, on pourrait dire : « Tu ne dis rien, est-ce
que quelque chose ne va pas? » plutôt que « J’en ai
assez de ton air bête! », phrase qui aurait pour effet
d’agresser l’autre et de l’inciter lui aussi à l’agression et
à la fermeture à la communication.
176
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L’attachement au cœur du développement du nourrisson – Annexe 1
8 0-3 mois Quand je serai grand, quand je serai grande Engagement, réciprocité
23 6-9 mois Bébé s’amuse, maman et papa ont du plaisir! Sensibilité, proximité
185
30 9-12 mois Baragouine-moi un secret! Engagement
186