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Thermo 2

Le rayonnement thermique est un transfert d'énergie par ondes électromagnétiques, se produisant sans contact direct entre source et récepteur. Les flux incident, réfléchi, absorbé et transmis sont définis pour quantifier ce transfert, tandis que le flux radiatif décrit l'énergie quittant un corps. L'équilibre radiatif d'un corps opaque est atteint lorsque le flux radiatif est nul, indiquant que l'énergie absorbée est égale à l'énergie émise.

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Thermo 2

Le rayonnement thermique est un transfert d'énergie par ondes électromagnétiques, se produisant sans contact direct entre source et récepteur. Les flux incident, réfléchi, absorbé et transmis sont définis pour quantifier ce transfert, tandis que le flux radiatif décrit l'énergie quittant un corps. L'équilibre radiatif d'un corps opaque est atteint lorsque le flux radiatif est nul, indiquant que l'énergie absorbée est égale à l'énergie émise.

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RAYONNEMENT THERMIQUE

Il s’agit d’un transfert thermique qui se fait « à distance », sans contact entre la source et le récepteur, et sans échauffement
du milieu intermédiaire (qui peut être le vide) par l’intermédiaire d’OEM (donc à la vitesse de la lumière dans le vide, ce
qui explique le caractère quasi-instantané du transfert, contrairement à la diffusion ou convection).

Les ondes électromagnétiques transportent de l’énergie qu’elles peuvent céder à la matière : lorsqu’une onde « frappe » la
matière, le champ électrique de l’onde exerce une force sur les électrons de la matière et leur transmet de l’énergie. Les
ondes peuvent aussi être décrites comme un flux de photons possédant de l’énergie qu’ils cèdent à la matière lorsqu’ils
sont absorbés.

Exemples :
• un objet exposé au soleil s’échauffe alors que le vide spatial ne permet ni la conduction, ni la convection.
• des braises chaudes, ou un radiateur de type « infrarouge », chauffent directement un solide et non l’air ambiant (tout
près de la source, la sensation devient vite insupportable mais en interposant un écran opaque, elle cesse
immédiatement).

C’est l’étude du rayonnement qui a amené Planck, physicien allemand et prix Nobel en 1918 à formuler, le premier, une
hypothèse de quantification et qui est donc à l’origine du développement de la physique quantique.

I. Flux, flux surfaciques, flux surfaciques spectraux

1. Les différents flux arithmétiques

a) Flux incident : réception effective


Soit φi l’énergie des ondes électromagnétiques frappant par unité de temps la surface Σ d’un corps (puissance
électromagnétique) : on l’appelle flux incident.

b) Flux réfléchi, absorbé et transmis


Lorsqu’un flux incident φi arrive sur la surface Σ du corps :

 une partie est réfléchie. Notons φr le flux réfléchi.

La réflexion peut s’effectuer soit :


 en suivant les lois de Descartes. On parle alors de réflexion spéculaire. C’est quasiment le seul mode si la surface
du corps considéré est parfaitement polie.
 de manière totalement diffuse : même pour une direction incidente unique, il y a un renvoi étalé dans toutes les
directions. On parle alors de diffusion. La réflexion s’effectue principalement par diffusion si la surface considérée est
rugueuse (ou mate) : le verre dépoli, le papier, les tissus sont des substances diffusantes.

Réflexion spéculaire et diffusion coexistent souvent; elles s’effectuent sans changement de fréquence.

Remarque : souvent on nomme « réflexion » (tout court) le phénomène de réflexion spéculaire. On parle alors de
« réflexion et diffusion » au lieu de « réflexion spéculaire et diffusion ».

 une autre partie du flux incident peut être absorbée. Notons φa le flux absorbé. Cette puissance absorbée peut être
utilisée de différentes façons, par exemple, augmenter l’énergie interne, être convertie partiellement en puissance
électrique par des photopiles, exciter les atomes du corps qui émettent à leur tour un rayonnement.

 une dernière partie peut traverser le corps et être transmise si le corps n’est pas opaque. Notons φt le flux transmis.

Rayonnement thermique (thermo 2) 1


Remarque : Par convention, ces quatre flux sont des flux arithmétiques (ce sont des quantités positives). Ils s’expriment en
Watt.

Conséquences de ces définitions :

Bilan énergétique pour un corps dont la surface Σ recevant le flux incident φi :

φi=φr+φa+φt flux arithmétiques, s’exprimant en watt

flux incident flux réfléchi

lame partiellement
flux absorbé réfléchissante et
partiellement
transparente

flux transmis

Cas particuliers

 corps parfaitement transparent : φr =φa=0 les flux absorbés et réfléchis sont nuls (d’où φi=φt). C’est avec une bonne
approximation le cas des gaz à température ordinaire (et en première approximation le cas d’une tranche
d’atmosphère, bien qu’en réalité, l’atmosphère réfléchit une partie du rayonnement incident et en absorbe aussi une
partie).

 corps parfaitement réfléchissant : φa =φt=0 les flux absorbés et transmis sont nuls (d’où φi=φr). Un métal en est une
bonne approche.

 corps opaque φt=0 le flux transmis est nul. On a donc, pour un corps opaque : φi=φa+φr

 corps noir φr =φt=0 (d’où φi=φa). Les flux transmis et réfléchis sont nuls. Un tel corps absorbe tout le rayonnement
qu’il reçoit, et ceci quelque soit la longueur d’onde et la direction du rayonnement incident.

Le corps noir est un modèle, bien utile : le rayonnement émis par un grand nombre d’objets a des propriétés voisines
de celles du corps noir même s’ils n’ont pas la couleur noire.
On peut réaliser de façon approximative un corps noir en recouvrant une surface d’une couche de noir de fumée (d’où
ce nom).
Pour des raisonnements théoriques, on peut représenter un corps noir par une petite ouverture pratiquée dans une
enceinte à parois absorbantes : si un rayonnement entre par cette ouverture, il subit un grand nombre de réflexions ou
de diffusions sur les parois intérieures, au cours desquelles il s’atténue sans pouvoir ressortir. Le trou se comporte
comme un corps noir presque parfait, comme un élément de surface d’un corps parfaitement absorbant φr =φt=0, φi=φa

c) Flux émis.
Tout corps à une température différente du zéro absolu émet des ondes électromagnétiques (soleil, filament d’une lampe,
main…) et rayonne donc de l’énergie. La répartition de toute l’énergie émise sur les différentes longueurs d’onde dépend à
priori de la nature du corps et de l’état du corps, de sa température.

Cette énergie émise résulte d’une transformation d’une autre forme d’énergie (énergie interne, énergie nucléaire, énergie
cinétique microscopique) en énergie électromagnétique.

Notons φe le flux émis par la surface Σ du corps considéré (énergie électromagnétique émise par unité de temps par la
surface Σ considérée). Il s’agit toujours d’un flux arithmétique (grandeur positive), il s’exprime en watt.

Rayonnement thermique (thermo 2) 2


d) Flux partant
φp : énergie partant réellement du corps par unité de temps.

D’après sa définition : φp=φr+φe

2. Flux radiatif d’un corps opaque (flux algébrique)


On s’intéresse maintenant uniquement aux corps opaques : φt=0, φi=φr+φa.

a) Définition
Contrairement aux flux précédemment définis, le flux radiatif est algébrique, il traduit un bilan entre ce qui arrive et ce qui
part :

flux radiatif φrad= φp-φi : énergie quittant algébriquement la surface Σ du corps par unité de temps (en watt)

=(énergie elm quittant effectivement Σ - énergie elm effectivement reçue par Σ) par unité de temps

=flux partant (arithmétique)-flux incident (arithmétique)

=flux algébrique partant

Puisque φi=φr+φa et φp=φr+φe, le flux radiatif s’exprime également par :

flux radiatif φrad= φe-φa : énergie émise par le corps - énergie absorbée par le corps par unité de temps (en watt)

Remarque : Dans l’expression du premier principe dU=δQr+δWr, la contribution δQr par rayonnement du rayonnement
thermique au « transfert thermique algébriquement reçu », δQr, est (-φ[Link]) :

δQr par rayonnement = (-φ[Link])

b) Equilibre radiatif
Par définition, on dit qu’un corps opaque est en équilibre radiatif si le flux radiatif est nul :

équilibre radiatif d’un corps : φrad=0 ⇔ φp=φi ⇔ φa=φe ⇔ δQr par rayonnement = 0

cas particulier : pour le corps noir, on a déjà, par définition φp=φe et φi=φa; pour un corps noir en équilibre radiatif, on a
donc l’égalité entre les flux suivants :

équilibre radiatif du corps noir φp=φe=φi=φa

Remarque : En général, l’équilibre radiatif du corps n’implique pas son équilibre thermique (il y a d’autres contributions à
dU!)

3. Flux surfaciques (corps opaques)


Les différents flux définis ci-dessus ne sont pas forcément répartis uniformément sur toute la surface du corps. De ce fait,
pour caractériser chaque point M de la surface Σ d’un corps, on définit les flux surfaciques en ce point.

Considérons par exemple le flux incident φi sur la surface Σ d’un corps : c’est l’énergie élm arrivant sur Σ par unité de
temps. On peut le considérer comme la somme des flux élémentaires incidents sur les différents éléments de surfaces
constituant Σ :

φi = ∫
M∈Σ
dφ i (M ) où dφ i (M ) est le flux incident sur l’élément de surface dS(M) centré en M.

Rayonnement thermique (thermo 2) 3


Ce flux élémentaire dφ i (M ) est proportionnel à l’aire dS(M) considérée. On pose : dφ i (M ) = ϕ i (M )dS(M ) , soit :

dφ i ( M )
ϕ i (M ) = flux surfacique incident au point M ( en W.m − 2 )
dS(M )

φi = ∫ dφ i = ∫ ϕ i (M)dS(M)
M∈Σ M∈Σ

r
Remarque 1 : ϕ a la même dimension que la norme du vecteur courant de diffusion j du chapitre précédent, mais s’utilise
sur les surfaces réelles délimitant un corps réel, pour tous les échanges d’énergie, sommés sur toutes les directions du
r
demi-espace dont dS est la frontière, les surfaces considérées étant supposées convexes, alors que j décrit uniquement les
flux d’énergie thermique à travers des surfaces « imaginaires » dans le volume du corps considéré.

Remarque 2 : on définit de même les flux surfaciques réfléchi, absorbé, émis, partant, radiatif et on a, bien sûr, les relations
suivantes découlant des bilans pour la surface élémentaire dS(M) (après division par dS) :

ϕi=ϕr+ϕa , ϕp=ϕr+ϕe et ϕrad=ϕp-ϕi=ϕe-ϕa

4. Flux surfaciques spectraux


Continuons de raisonner sur le flux incident, mais on peut étendre le raisonnement et les définitions aux autres flux.

L’énergie électromagnétique ϕi arrivant en un point M de Σ par unité de temps et par unité de surface correspond à
plusieurs longueurs d’onde (sauf exception : modèle de l’onde incidente monochromatique).

On précise comment est répartie cette énergie incidente en fonction de la longueur d’onde ou de la fréquence par la
fonction « flux surfacique spectral incident ». L’énergie incidente arrivant en un point M de Σ par unité de temps et par
unité de surface, est la somme des énergies correspondant à toutes les longueurs d’onde constituant le spectre
électromagnétiques :

+∞
ϕi = ∫ dϕ i où dϕi est l’énergie incidente arrivant en M par unité de temps et par unité de surface par les OEM de
λ =0
longueur d’onde appartenant à l’intervalle [λ;λ+dλ] (on dit aussi « de longueur d’onde λ à dλ près »).

Ce flux surfacique élémentaire dϕi est proportionnel à la largeur dλ de l’intervalle élémentaire de longueur d’onde
considéré : on pose : dϕ i = Fiλ (λ).dλ soit :

dϕ i
Fiλ (λ) = flux surfacique incident spectral (en longueur d’onde) pour la longueur d’onde λ ( en W.m-3)

Fiλ(λ) : énergie électromagnétique arrivant en M par unité de temps et par unité de surface et par unité d’intervalle de
longueur d’onde au voisinage de la longueur d’onde λ

Cette fonction n’est en général pas une fonction constante : l’énergie n’est pas répartie uniformément sur tout le spectre.

ϕi est l’aire sous la courbe du graphe Fiλ(λ) pour λ de 0 à +l’infini; dϕi est l’aire élémentaire pour les longueurs d’onde de
l’intervalle [λ;λ+dλ].

+∞ +∞
ϕi = ∫λ =0
dϕ i ( λ ) = ∫
λ =0
Fiλ (λ)dλ

Remarque 1 : on définit de même les flux surfaciques spectraux réfléchi Frλ, absorbé Faλ, émis Feλ, partant Fpλ, radiatif
Fradλ.

Remarque 2 : on peut définir aussi les flux surfaciques spectraux en fréquence : incident Fiν, réfléchi Frν, absorbé Faν, émis
Feν, partant Fpν, radiatif Fradν. Par exemple, pour le flux incident, on pose :

Rayonnement thermique (thermo 2) 4


dϕ i = Fiλ (λ).dλ = − Fiν (ν )dν (signe « moins » pour avoir des fonctions positives)

c c λ2
Or λ = donc dλ = − 2 dν = − dν . On a donc la relation entre flux spectraux en longueur d’onde et en fréquence :
ν ν c

ν2 c
Fiλ = Fiν = Fiν 2
c λ
Remarque 3 : les relations écrites au 1. pour les flux, et au 4. pour les flux surfaciques, ne sont pas valables pour les flux surfaciques spectraux car si la
réflexion conserve la répartition spectrale (i.e. se fait sans changement de longueur d’onde), l’absorption et l’émission ne conservent pas la répartition
spectrale.

Remarque 4: En fait, on n’observe jamais une transparence ou une opacité totale sur l’ensemble du spectre électromagnétique. Pour un milieu donné, on
peut préciser des « fenêtres », intervalles de longueurs d’onde à l’intérieur desquelles on pourra considérer le milieu comme à peu près transparent ou
opaque. Le verre par exemple est considéré comme transparent dans la fenêtre [0,3µm;3µm] (incluant toute la fenêtre visible) mais il est opaque dans la
fenêtre [4µm;30µm] (infrarouge).
3µm 3µm
verre transparent dans la fenêtre [0,3µm;3µm] ⇔ ∫λ =0,3µm ϕ rλ (λ)dλ = 0 = ∫λ =0,3µm ϕ aλ (λ)dλ
30µm +∞
verre opaque dans la fenêtre [4µm;30µm] ⇔ ∫λ =4µm ϕ tλ (λ)dλ = 0 mais ∫λ =0 ϕ tλ (λ)dλ ≠ 0

II. Rayonnement d’équilibre thermique


L’année dernière, vous avez étudié l’équilibre thermodynamique d’un gaz parfait monoatomique. Cet équilibre se traduit
par une certaine répartition des vitesses et des énergies cinétiques : toutes les vitesses sont représentées, mais toutes ne sont
pas équiprobables : à T donnée la vitesse la plus probable, ainsi que la vitesse quadratique moyenne sont des fonctions de
T (en T ).

De la même façon, le rayonnement électromagnétique contenu dans une enceinte constitue un système thermodynamique
dont l’équilibre thermique est caractérisé par une certaine répartition des fréquences; toutes sont représentées, mais pas
avec la même importance (on dit « pas avec la même densité »).

1. énergie volumique spectrale


Considérons une enceinte en équilibre à la température T. Les ondes électromagnétiques régnant dans cette enceinte
constituent ce qu’on appelle un rayonnement d’équilibre radiatif et thermodynamique (rayonnement ERT).

Soit u l’énergie électromagnétique volumique en un point quelconque de cette enceinte, en J.m-3 (notée w en élm).
+∞
Toutes les longueurs d’onde étant à priori représentées, on peut décomposer cette énergie volumique : u = ∫λ =0
du (λ)

du(λ) est l’énergie électromagnétique volumique des ondes de longueurs d’onde comprises entre λ et λ+dλ.
du(λ) est proportionnelle à la largeur dλ de l’intervalle élémentaire de longueurs d’onde considéré.
On pose : du (λ) = u λ (λ)dλ , soit :

du
u λ (λ) = : énergie volumique spectrale (en longueur d’onde), (ou densité spectrale d’énergie volumique) du

rayonnement de longueur d’onde λ ( en J.m − 4 )

uλ représente l’énergie électromagnétique par unité de volume et par unité d’intervalle de longueur d’onde.

Remarque : on peut définir aussi l’énergie électromagnétique volumique spectrale en fréquence : on pose :
du = u λ (λ).dλ = −u ν (ν )dν (signe « moins » pour avoir des fonctions positives).
ν2
Les énergies électromagnétiques volumiques spectrales en longueur d’onde et en fréquence sont liées par : u λ = u ν
c

Rayonnement thermique (thermo 2) 5


2. Loi de Planck
Elle donne l’expression de l’énergie volumique spectrale du rayonnement ERT à la température T.

L’énergie volumique spectrale en longueur d’onde (resp en fréquence) est une fonction de la longueur d’onde (resp de la
fréquence) paramétrée par la température d’équilibre.

8πhc 1 8πhν 3 1
u λ (λ ) = . u ν (ν) = .
λ5
 hc 1  c 3
 hν 
exp .  − 1 exp  − 1
 λ k BT   k BT 

h et kB sont deux constantes fondamentales de la physique, toutes deux introduites par Planck en 1900 appelées
respectivement constante de Planck et constante de Boltzmann (h se retrouve dans l’expression de toutes les grandeurs
quantifiées).

h=6,63.10-34J.s ; kB=1,38.10-23J/K

Cette loi fut proposée par Planck pour unifier deux lois valables chacune dans une seule gamme de fréquence (loi de Wien
pour les hautes fréquences, de Rayleigh pour les basses). Ne pouvant se satisfaire d’une simple hypothèse de
raccordement, Planck se mit en devoir d’expliquer physiquement la formule, c’est ce travail qui le conduisit à formuler la
célèbre hypothèse des quanta, à la base du développement de la physique quantique.

Ci-dessous, on a représenté les variations de uλ avec λ pour différentes températures (resp 300K, 400K, 450K).
• uλ tend vers zéro quand λ tend vers zéro ou +l’infini.
• uλ est toujours une fonction continue de λ
• à λ donnée, uλ croît lorsque la température augmente
• uλ(λ) admet un et un seul maximum pour chaque température, ce pour une longueur d’onde fonction de T, λm(T).

III. Etude d’un corps opaque en équilibre radiatif et thermodynamique


avec un rayonnement ERT
On étudie un corps opaque en équilibre thermodynamique à la température T, dans un milieu transparent, homogène,
isotrope, non dispersif, d’indice 1, siège d’un rayonnement ERT.

Remarque : L’équilibre thermodynamique du corps implique son équilibre radiatif pour toute longueur d’onde avec le
rayonnement qui l’entoure (la réciproque est fausse).

Sur un élément de surface du corps opaque ou de la paroi intérieure de l’enceinte, les flux surfaciques spectraux incident et
partant sont donc égaux (on parlera par la suite du flux surfacique spectral, sans préciser).

Fiλ(λ)= Fpλ(λ) noté Fλ(λ) pour toute longueur d’onde.

Rayonnement thermique (thermo 2) 6


1. Relation entre énergie volumique spectrale et flux surfacique spectral
Fλ flux surfacique spectral (relatif au corps opaque) et uλ énergie volumique spectrale (relative au milieu ambiant) sont très
simplement reliés; on peut démontrer :

c
Fλ (λ) = u λ (λ )
4

démo

En supposant que le rayonnement est isotrope, l’énergie des rayonnements de longueurs d’onde comprises entre λ et λ+dλ, arrivant sur dS autour d’un
r r
point I dans l’angle solide dΩ, c’est-à-dire avec l’incidence (θ,ϕ) à (dθ,dϕ) près, entre t et t+dt est celle contenue dans le cylindre de base dS = dSn et
r
de génératrice cdt :
dΩ
(u λ dλ).(cdtdS cos θ). avec dΩ = sin θdθdϕ
123 142 4 43 4 4π
{
du dτ
fraction pour
l'incidence
considérée

Le flux surfacique incident pour [λ;λ+dλ] et l’incidence (θ,ϕ) à (dθ,dϕ) près est l’énergie précédente divisée par [Link]

sin θdθdϕ
u λ dλ.c. cos θ.

Le flux surfacique incident pour [λ et λ+dλ] , toutes incidences confondues est donc :

π / 2 2π π/2
sin θdθdϕ 1 u λ dλ.c π / 2 c
dϕ i = ∫ ∫ u λ dλ.c. cos θ.

= ∫
2 θ =0
u λ d λ.c. cos θ. sin θdθ =
2 θ =0∫ cos θ. sin θdθ = u λ dλ
4
θ =0 ϕ=0 1442443
1/ 2
Le flux surfacique incident des rayonnements de longueurs d’onde comprises entre λ et λ+dλ est bien proportionnel à dλ. On en déduit le flux surfacique
c
spectral (par définition dϕi=Fλ(λ)dλ) Fλ (λ ) = u λ (λ )
4
c
Remarque : On a la même relation entre les grandeurs spectrales en fréquence : Fν (ν ) = u ν (ν )
4

2. Loi de Planck
La loi de Planck donne le flux surfacique spectral incident (ou partant) sur le corps opaque en équilibre thermique avec le
rayonnement ERT :

2πhc 2 1 2πhν 3 1
Fλ (λ) = . Fν (ν ) = .
λ 5
 hc 1  c 2
 hν 
exp .  − 1 exp  − 1
 λ k BT   k BT 

On pourra la retenir sous la forme pratique :


C1 1
Fλ (λ ) = .
λ
5
 C2 
exp  − 1
 λT 

hc
avec C1 = 2πhc 2 = 3,740.10 −16 W.m 2 et C2 = = 1,438.10 − 2 m.K
kB

Remarque : La loi de Planck concerne les flux surfaciques spectraux incident ou partant mais ne donne rien sur les flux
surfaciques spectraux absorbés ou émis. Ceux-ci dépendent des corps opaques considérés et sont en général inconnus (sauf
corps noir : cf ci-dessous).

Rayonnement thermique (thermo 2) 7


3. Loi du déplacement de Wien
La longueur d’onde pour laquelle à T donnée, le flux surfacique spectral incident (ou partant) est maximum, est
inversement proportionnelle à la température :

C
λm = avec C = 2897,8µm.K ≈ 3000µm.K
T
du λ cst
Elle découle directement de la loi de Planck : on montre que =0⇔λ=
dλ T
On l’énonce aussi : « le maximum du flux surfacique spectral se déplace vers les courtes longueurs d’onde quand la
température augmente ».
Exemples :
• T=300K (température ambiante)  λm=10µm (infrarouge)
• T=6000K (température superficielle du soleil)  λm = 0,5µm (jaune)

Ces ordres de grandeur sont à retenir (ils permettent de retrouver la constante C≈ 3000µm.K).

4. Loi de Stefan
Elle donne le flux surfacique incident sur le corps en équilibre avec le rayonnement (flux surfacique incident, prenant donc
en compte toutes les longueurs d’onde possibles).

2π5 k B 4
ϕi = ϕp = σT 4 avec σ= = 5,670.10−8 W.m − 2 .K − 4 constante de Stefan
15h 3c 2

Cette loi est fondamentale dans toutes les questions relatives au rayonnement thermique. Elle montre l’importance de la
température qui intervient à la puissance 4.

Elle fut découverte expérimentalement par Stefan en 1879 (avant l’établissement de la loi de Planck) à propos du
rayonnement du corps noir.

On obtient ce résultat en calculant la valeur du flux surfacique incident à la température T, toutes longueurs d’onde confondues (i.e. en sommant le flux
surfacique spectral sur la totalité du spectre) :
+∞ +∞
2πhc 2 1
ϕ i = ∫ dϕ i = ∫ Fλ (λ, T)dλ = ∫ . dλ
λ5
 hc 1 
0 0
exp .  − 1
 λ k BT 
hc 1 hν dx hc 1 λ2 kT
Posons x= . = variable sans dimension : =− 2 . : dλ = −dx
λ k BT k B T dλ λ k BT hc

0 +∞ +∞ 4
2πhc 2 1 k T 2πhc 2 k B T 1 3
k T 1
ϕi = ∫ (− B λ2 dx ) = ∫ dx = ∫ 2πhc x  B  .
2
. . . dx
λ5 exp(x ) − 1 hc λ3 hc exp(x ) − 1  hc  exp(x ) − 1
+∞ 0 0

+∞ +∞
2πk B 4 x3 x3 π4 2πk 4 π 4 2π 5 k B
4
= ∫e ∫e dx = d’où ϕ i = 3 B2 .T 4 . =
4
.T . dx . Or .T 4
h 3c 2 0
x
−1 0
x
−1 15 h c 15 15h 3 c 2

Remarque : l’essentiel du flux surfacique incident (plus précisément 98%) correspond aux rayonnements de l’intervalle
[λm/2;8λm].
8λ m 98 +∞ 98
∫ λm / 2
Fλ dλ =
100 0 ∫
Fλ dλ =
100
σT 4

Rayonnement thermique (thermo 2) 8


5. Rayonnement du corps noir

a) Corps noir en ERT (équilibre radiatif et thermodynamique)


On peut appliquer les résultats précédents au corps noir en ERT (par définition du corps noir, on a identité de tous les flux
surfaciques spectraux).

2πhc 2 1
Loi de Planck Fpλ=Feλ=Fiλ=Faλ= Fλ (λ ) = .
λ5  hc 1 
exp .  − 1
 λ k BT 

Remarque : Nous avons vu que pour un corps opaque quelconque, on ne pouvait rien dire sur les flux surfaciques
spectraux émis et absorbé. Pour le corps noir, ils sont égaux aux flux surfaciques spectraux incidents et partants et sont
donnés par la loi de Planck. Ils sont indépendants de la nature du corps d’où l’appellation « le corps noir ».

loi de Wien : Pour le corps noir en équilibre ERT, elle s’énonce : la longueur d’onde pour laquelle, à T donnée, le flux
surfacique spectral émis par le corps noir en ERT est maximum, est inversement proportionnelle à la température :

C
λm = avec C = 2897,8µm.K ≈ 3000µm.K
T

Loi de Stefan

2π 5 k B 4
ϕ i = ϕ e = ϕ a = ϕ p = σT 4 avec σ= = 5,670.10 −8 W.m − 2 .K − 4 constante de Stefan
15h 3 c 2

b) Corps noir en équilibre thermodynamique local (ETL)


On dira qu’un corps est en équilibre thermodynamique local si sa température superficielle est définie (soit T sa valeur).

Remarque : Les lois de Planck, de Wien et de Stefan ne s’appliquent rigoureusement qu’à un rayonnement d’équilibre ou
au rayonnement émis par un corps noir en ERT.

On admettra cependant qu’elles sont généralisables pour le flux surfacique émis par un corps noir seulement en ETL.

corps noir en équilibre thermodynamique local (ETL) de température superficielle T :

C
λm = avec C = 2897,8µm.K ≈ 3000µm.K et ϕ e = σT 4
T

En première approximation, on peut appliquer le modèle du corps noir en ETL au soleil, aux étoiles, au filament d’une
lampe à incandescence.

La loi de Wien donne l’ordre de grandeur de la température superficielle des étoiles (par l’observation du spectre et la
mesure de λm.

A la température ordinaire, un corps noir émet essentiellement dans l’infrarouge; pour l’œil, il apparaît donc noir, (d’où
son nom). Quand on le chauffe, λm correspond au rouge (vers 500°C), puis au jaune (vers 1000°C), puis au blanc (vers
1200°C) (la proportion de courtes longueurs d’onde est de plus en plus importante). On peut observer ce phénomène en
élevant progressivement la température d’un morceau de fer (ou du filament d’une lampe).

Dans les caméras de vision nocturne, des détecteurs sensibles aux IR analysent l’image optique IR obtenue à partir du
rayonnement thermique des personnes ou des véhicules.

Rayonnement thermique (thermo 2) 9

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