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Islam
Type de Monothéisme
L'islam accorde une grande importance à la Sunna de Mahomet,
croyance
dont la tradition musulmane a rapporté des paroles, faits et gestes.
Ces récits, appelés hadîths, auxquels se réfèrent la majorité des Croyance Divinité, Esprit, Création,
musulmans pour l'établissement de règles juridiques (fiqh), surnaturelle Djinn, Ange, Âme, Diable,
Paradis, Enfer, Révélation,
permettent de codifier la foi et la pratique musulmane. Les
Destin, Miracle, Rédemption,
différentes branches de l'islam ne s'accordent pas sur les
Jugement dernier
compilations de hadiths à retenir. Le Coran et les hadiths dits
« recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique (la Principales Dieu (Allah en arabe)
charia), les deux autres étant le consensus (ijmâ') et l'analogie divinités
Le mot « islam » avec une minuscule désigne la religion dont le prophète est Mahomet. Le terme d' « Islam » avec une
12 13
majuscule désigne la civilisation islamique dans son ensemble , « un ensemble de traits matériels, culturels et
14
sociaux durables et identifiables » . Il désigne, au-delà de la religion proprement dite avec sa foi et son culte, une
Note 3
puissance politique et un mouvement de civilisation général .
Le mot « Musulman » (avec une majuscule) désignait au sein de l'ex-Yougoslavie une des communautés nationales
15
(nationalité distincte depuis 1974) et la désigne encore dans certains des États qui en sont issus . Au temps du
Troisième Reich, dans les camps de concentration, le mot « musulman » ou « muselmann » est utilisé pour désigner
16, 17, 18
« les faibles, les inadaptés, ceux qui étaient voués à la sélection » .
Histoire
Pour l'historienne Jacqueline Chabbi, l'islam des origines souffre encore d'un déficit d'historicité. La lecture historico-
19
critique qui s'est appliquée pour « le judaïsme et le christianisme n'a guère touché l'islam jusqu'à présent ». L’étude
de cette période reste complexe, pour des raisons méthodologique et l’état des sources. « Ce passé primordial arabo-
musulman se donne, en effet, à lire comme un récit composé a posteriori et visant à légitimer un pouvoir musulman
confronté à ses propres divisions et à la splendeur des empires passés ». Cette histoire est une construction du ixe et
20
xe siècles .
Les chercheurs en histoire islamique ont étudié l'évolution de la qibla au fil du temps pour le berceau de l'islam.
Patricia Crone, Michael Cook et de nombreux autres chercheurs, basés sur des textes et des recherches
archéologiques, pensaient que le « Masjid al-Haram » (la mosquée abritant la Kaaba) était située dans le nord-ouest
21, 22, 23
de la péninsule arabique (pas à La Mecque comme exprimé dans les œuvres basées sur la culture narrative) .
Dan Gibson a déclaré que les premières orientations de la mosquée islamique et du cimetière ont montré
24
Pétra [pas clair], Muhammad a reçu ses premières révélations ici [Où ?] et l'Islam a été établi ici [Où ?] .
L'islam est apparu en Arabie au viie siècle sous l'impulsion de Mahomet (570 - 632). Un siècle après sa mort, l'empire
islamique s'étendait de l'océan Atlantique à l'ouest jusqu'à l'Asie centrale à l'est. L'islam naît dans un contexte de
« violence endémique ». De nombreuses batailles caractérisent cette période. Dès le premier calife, Abou Bakr, une
Note 4
guerre est menée par des Arabes qui défendaient leurs croyances ancestrales . La mort du troisième calife
25
entraîne une guerre civile parmi les musulmans .
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Bien qu'affectée par diverses idéologies telles que le communisme pendant une bonne partie du xxe siècle, l'identité
islamique et la prépondérance de l'islam sur des questions politiques augmentèrent au cours de la fin du xxe siècle et
le début du xxie siècle. La croissance rapide, les intérêts occidentaux dans des régions islamiques, les conflits
internationaux et la globalisation influencèrent l'importance de l'islam dans le moulage du monde du
xxie siècle [réf. nécessaire].
Démographie et géographie
36
En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24 % de la population mondiale . La
37
diffusion de l'islam, hors du monde arabe, s'explique par la préférence communautaire, les migrations et le
38 39
prosélytisme . L'islam est aujourd'hui la religion ayant la plus forte croissance démographique . D'après le Pew
Research Center, si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, l'islam pourrait dépasser le christianisme
40
et devenir la première religion au monde d'ici 2070 . Cette croissance rapide s'explique essentiellement par un taux
41
de fécondité plus élevé permettant un rajeunissement de la population .
L'islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États, sous la forme de
42
« République islamique ». Il s'agit alors officiellement de la religion d'État . Toutefois, ces républiques ne sont pas
les seuls pays musulmans ayant décrété l'islam religion d’État. Plusieurs pays allient le droit des anciens pays
colonisateurs au droit islamique. [réf. souhaitée]
Il peut se produire une confusion entre Arabes et musulmans, principalement à cause de deux facteurs : l'origine
arabe de l'islam et la place centrale qu'occupe la langue arabe dans cette religion. Il y a environ 422 millions
43 Note 6
d'Arabes , dont la grande majorité est musulmane . En réalité, seulement 20 % des musulmans vivent dans le
41
monde arabe . Un cinquième de ceux-ci est situé en Afrique subsaharienne, et la plus grande population musulmane
44
du monde est en Indonésie, suivie par le Pakistan . D'importantes communautés existent au Nigeria, au Bangladesh,
en Afghanistan, en Inde, en Iran, en Chine, en Europe, dans l'ex-Union soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a
36
3,3 millions de musulmans aux États-Unis (1 % de la population) et 2,1 millions de musulmans « déclarés » en
45
France (3,2 % de la population) selon l'INED et l'INSEE, principalement issus de l'immigration, auxquels il faut
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ajouter les conversions, dont le nombre est très difficile à déterminer d'autant qu'il y a des conversions en sens inverse
et des apostats. Toutefois, selon l'Ipsos, la perception du nombre de musulmans est globalement surévaluée dans
46
40 pays analysés .
Au début du xxie siècle, l'athéisme est, selon certains sociologues, en progression dans des pays traditionnellement
47 48
musulmans . Ce phénomène s'observe principalement au Maghreb, en Égypte et au Soudan .
Géographie de l'islam
L'origine de ces différents piliers interroge les chercheurs. Ainsi, pour Mohammad Ali Amir-Moezzi, « on n’a
d’ailleurs pas encore mesuré le poids de l’influence manichéenne en islam. J’ai l’habitude de rappeler que quatre des
cinq piliers de l’islam semblent avoir des antécédents chez les manichéens : la profession de foi, les cinq prières
quotidiennes, un mois de jeûne par an, l’aumône, tout cela fait partie des fondements du manichéisme et se retrouve
en islam. Le chiisme sert de catalyseur et de porte d’entrée à de multiples influences qui vont ensuite imprégner
53
l’islam parfois dans son intégralité » . Selon Joseph Chelhod, d'autres influences, chrétiennes, juives, polythéistes,
54
ont pu être repérées dans ses obligations ou dans leurs formes .
( الُّصْبُحAl-Sobh)
( الُّظ ْه ُرAl-Dohr)
Chahada gravée sur une
( اْل َع ْصُرAl-Asr) colonne dans la grande
( اْل َم ْغ ِرُبAl-Maghreb) mosquée de Kairouan,
( اْلِع َش اُءAl-Ichâa)
Tunisie.
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4. Zakat, l'aumône légale envers les nécessiteux si on est imposable : elle consiste en un prélèvement obligatoire
8
de 2,5 % dès un seuil d'imposition de 20 dinars (évalués à 84 grammes d'or de 18 carats) ;
5. Hajj, le pèlerinage : il consiste à se rendre à La Mecque au moins une fois dans sa vie, si on en a les moyens
matériels et physiques.
6. Djihad : « abnégation », « effort », « résistance », « lutte » ou « combat », parfois traduit par « guerre sainte ».
7. Khoms (« cinquième du butin ») : il a été étendu par la suite à tout revenu qui ne correspond pas à un travail ou à
un héritage (dons, offrandes, récompenses, primes, etc.) afin de rémunérer les savants considérés comme les héritiers
des prophètes ;
8. Al Wala' Wal Bara' (« la loyauté et le désaveu ») : elle régit les rapports de la Oumma avec le monde extérieur : elle
implique de reconnaître l'autorité des douze imams de la maison du prophète Mahomet (Ahl al-bayt) et de se
désavouer de leurs ennemis ;
9. Amr-Bil-Ma'rūf Wa Nahi-Anil-Munkar (« ordonnance du bien et interdiction du mal ») : elle régit les rapports
60
internes de la Oumma ;
61
10. Taqiya (« arcane du secret » ) : elle consiste initialement à dissimuler sa foi pour échapper aux persécutions
religieuses : par la suite, elle sera dévoyée pour cautionner des entreprises de subversion dans le cadre de l'activisme
61
politique : en tout état de cause, elle est volontairement passée sous silence .
Les ismaéliens (courant minoritaire) rajoutent aux six « piliers » (arkān) : (7°) la Wilayah (« amour et dévotion pour
62 61
Allah, les prophètes et l'imam ») ; (8°) la Tahara (« pureté rituelle ») ; et (9°) la Taqiya . Par contre, les druzes
59
(branche de l'ismaélisme) les rejettent en bloc .
Dans la jurisprudence religieuse, l'adhérent à l'islam est nommé mouslim (musulman, circoncis de la chair) et
l'adhérent à l'imane est nommé mou'min (croyant, circoncis du cœur), sans pour autant faire de dissociation entre les
64
deux car ces deux termes sont considérés par l'islam comme indissociables et complémentaires .
Dans l'islam, la croyance et la pratique, le fond et la forme, sont intimement liés. En effet, les versets coraniques
décrivent souvent le croyant mou'min comme étant « celui qui croit et pratique de bonnes œuvres ». Dans la pratique,
cela n'exclut pas la présence de croyants ne pratiquant pas (considérés comme « pécheurs »), ou des pratiquants ne
64
croyant pas (considérés comme « hypocrites » par l'islam) . Pour l'islam, les actes sont le reflet de la foi et ils ne
65
valent que selon leurs intentions. Autrement dit, les rites sont inutiles s'ils ne sont pas accomplis avec sincérité
[réf. incomplète].
Allah
Allah (avec l'article agglutiné) est le terme sans pluriel, ni genre, utilisé par les musulmans et par les arabophones
chrétiens et juifs en référence à Dieu, alors que 'ilāh (arabe : )ِإَلٌهest le terme générique utilisé pour une divinité, une
66 67
déesse ou un dieu . L’islam croit en un dieu unique, créateur de toute chose, maître du jour du Jugement Dernier ,
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Certains passages coraniques rappellent que le nom Allah désignait pour les
Note 9, 67, 71
Mecquois avant la période islamique le Dieu créateur . Le terme
Ilah apparaît, précédé de l’article, dans la poésie préislamique comme un nom
divin impersonnel et signifie le dieu évoqué dans le contexte (déjà mentionné,
Allah écrit en arabe.
par exemple…) [pas clair]. Cette littérature montre aussi que le nom Allâh est la
72
contraction de al-'ilâh . Le terme Allah est attesté dans des poèmes des
73, 74, 75
tribus arabes chrétiennes d'Arabie comme les Ghassanides et les Tanukhides . Une inscription du vie siècle
69, 76
trouvée à Umm al-Jimal atteste de l’usage de ce nom . Dans une inscription chrétienne datant de 512, les
références à Allah sont en arabe et en araméen, soit « Allah » et « Alaha » ; l'inscription commence par la
77, 78
déclaration : « Par le secours d'Allah » . Le nom Allah était donc utilisé par les chrétiens arabophones avant
79
l’islam .
Allah est présent dans le Coran mais ce texte n’a pas pour but d’exposer ses attributs. Le Coran est regardé par les
musulmans comme la parole de Dieu, qui demeure inaccessible, bien que ses « perfections transcendantes » soient
67
évoquées . Dans le Coran, certains versets donnent une image anthropomorphique d’Allah : il a une face, des mains,
67
des yeux… Ces descriptions ont fait l’objet de débats exégétiques et théologiques . S’appuyant sur les hadiths d’une
part et sur le tafsir de l’autre, la théologie (‘ilm al-kalam), principalement d’origine mutazilite, s’est penchée sur la
question du divin, de son unicité et de sa justice. La question du rapport entre l’essence divine et ses attributs est
67
particulièrement sensible, certains traditionalistes refusant toute recherche rationnelle .
Anges
Le Coran affirme l'existence des anges (arabe : َم َلٌك, malak), à laquelle tout musulman
80, 81
doit croire . Ils sont les ambassadeurs de Dieu (comme ses homologues en hébreu,
malakh, et en grec, angélos), dont ils exécutent ou transmettent les ordres.
Les musulmans croient que les anges sont faits de lumière. Ce verset coranique les décrit ainsi : "Louange à Allah,
Créateur des cieux et de la terre, qui a fait des Anges des messagers dotés de deux, trois, ou quatre ailes. Il ajoute à la
81, 87, 88, 89
création ce qu'Il veut, car Allah est Omnipotent" (Coran, sourate 35, verset 1) .
90
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90
Parmi les anges, Gabriel (Jibrîl), Michel (Mîkâ'îl) et Raphaël (Isrâfîl) jouent des rôles d'une importance
91
considérable. À leur tête, l'archange Gabriel est chargé de la révélation (coranique entre autres ), en laquelle il y a
« vie pour les âmes et les cœurs ». L'archange Michel est chargé de la pluie, en laquelle il y a « vie pour la terre, les
plantes et les animaux ». L'archange Raphaël est chargé de souffler dans la trompe, en laquelle il y a « vie des êtres
92
après leur mort » .
La nature des djinns interroge les chercheurs. Pour Reynolds, djinns et démons appartiennent au même genre et sont
des anges déchus, les djinns pouvant cependant croire en Dieu. Crone considère que les djinns sont d’une espèce
différente des anges. Enfin, Dye, considère que les djinns ont été assimilés par le Coran aux démons, sans s’intéresser
à leur nature réelle, et que le Coran cherche à diaboliser les djinns et les présente comme des créatures à la fois
dangereuses et amorales, ce qui les rapproche des démons vus par le christianisme; la présentation coranique des
djinns s’insère, toujours selon Dye, dans le courant chrétien de diaboliser les êtres intermédiaires entre Dieu et les
95
hommes . Pour d'autres, ce sont simplement des éléments païens, intégrés dans une religion monothéiste et rendus
96
comparables à l'homme .
Satan
Il y a débat au sein de l'islam au sujet d'Iblis (Satan, le diable) : appartient-il au monde des djinns (abeings ardents et
97
aériens [pas clair]) , ou est-il un ange déchu (être de lumière, parfois considéré comme igné), le Coran étant
93
contradictoire sur ce point ? Les salafistes (tenants du dernier avis) fondent leur position sur la lecture de la sourate
Al-Baqara, alors que les soufis (tenants du premier avis) fondent la leur sur celle de la sourate Al-Kahf
Note 10, Note 11, Note 12 [réf. nécessaire]
notamment . Si Iblis est présenté par le texte coranique tantôt comme un ange
98 99
déchu , tantôt comme un djinn , la majorité des commentateurs du Coran (le jumhûr), le considère comme un
100
ange déchu devenu djinn . L'islam reconnaît l'existence de divers satans (sheitan) subordonnés. Ils causent du tort
101
et incitent les humains à pécher .
Écritures
L'islam reconnait plusieurs textes comme étant des textes révélés. Les plus connus sont le Coran (qour’ân) révélé à
Mahomet, la Torah (tawrât) révélée à Moïse, les Psaumes (zaboûr) révélés à David, les Évangiles (injîl) révélés à
102, 103 104
Jésus . Il y a aussi des références aux feuillets d'Abraham et de Moïse dans le Coran .Le Coran porte
néanmoins une accusation contre les juifs et les chrétiens d'avoir falsifié leurs Écritures. Elle s'inscrit dans le
prolongement du refus de ceux-ci de reconnaître Mahomet comme prophète et dans l'accusation portée contre ceux-ci
105
d'être de mauvaise foi . Cette accusation a une mise en place longue et la forme maximaliste d'Ibn Hazm, de
105
réfutation systématique, est celle aujourd'hui largement répandue dans le monde musulman . Jacques Jomier
106, 107
considère ces critiques comme « insoutenables scientifiquement » .
Selon les musulmans, le Coran est le dernier des livres révélés, car Mahomet est pour eux le dernier prophète et, de
toutes ces écritures révélées, seul le texte du Coran serait demeuré intact. Le texte des autres livres révélés aurait été
falsifiés sur Terre, mais préservés dans les cieux. [réf. nécessaire]
Révélation du Coran
Le Coran (en arabe : اْلُقْر آُن, al-Qor’ān, « la récitation ») est le principal texte sacré de l'islam. Il contient 114 sourates,
commençant par la sourate al-Fātiḥah (arabe : )ُّسوَر ُة ٱْلَفاِتَح ِة, aussi appelée al-Hamd (arabe : )ٱْلَحْم ِد, et se terminant par la
108
sourate al-Nās (arabe : )ُسوَر ُة ٱلَّناِس. Pour les sunnites, il reprend verbatim la parole du Dieu unique . Ce livre est le
Note 13 109, 110
plus ancien document arabe complet connu . La tradition musulmane le présente comme un ouvrage en
111 112
arabe « clair » ou « pur » , avec le caractère spécifique d'inimitabilité dans la forme comme dans le fond .
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Pour les musulmans, le Coran regroupe les paroles d'Allah, révélations (āyāt) faites au dernier
prophète et messager de Dieu Mahomet (ُمَحَّم ُد, Muhammad, « le loué ») à partir de 610–612
113
jusqu'à sa mort en 632 par l'archange Gabriel (ِج ْبِر يٌل, Jibrîl).
Note 14
Selon les traditions, Mahomet étant analphabète jusqu'à l'âge avancé de 40 ans , il n'est pas
celui qui a mis par écrit le Coran. Durant la vie de Mahomet, la transmission des textes se faisait
principalement de manière orale et se fondait sur cette « récitation » qu'évoque précisément le
terme qur'ān, même après l'établissement à Médine. Le terme « collecte » (jama'a) a été rendu
ambigu par les lexicographes musulmans pour y rajouter l'idée de mémorisation. Cette évolution
permet de résoudre des contradictions internes aux traditions et d'occulter les luttes entourant la
114
mise à l'écrit du Coran . Certains versets ou groupes de versets ont été occasionnellement écrits
sur des omoplates de chameaux ou des morceaux de cuir, par des croyants. Il s'agit de témoignages Calligraphie de
115, 116
fragmentaires et rudimentaires de la notation . la sourate Al-
Fatiha, sur une
Toujours selon ces traditions, peu après la mort de Mahomet (en 632), un premier recueil du omoplate de
Coran fut compilé sous l'autorité du premier calife et beau-père de Mahomet, Abou Bakr As- chameau,
117 xixe siècle.
Siddiq , qui, à la demande d'Omar ibn al-Khattâb, lorsqu'un grand nombre de compagnons
ayant mémorisé le Coran par cœur furent tués à la bataille d'Al-Yamama, met le scribe du
prophète Zayd ibn Thâbit à la tête d'une commission ayant pour mission de réunir tous les
passages récités de son vivant afin de les sauvegarder dans un écrit déposé entre les mains de sa fille Aïcha, veuve de
[Link] troisième calife, Othmân ibn Affân (644-656), à la suite de divergences de récitations survenues entre
Irakiens et Syriens, aurait demandé à Hafsa de lui prêter le manuscrit en sa possession afin de fixer un texte unique et
8, 118
officiel à partir de cette édition et d'expédier des copies reliées dans les différentes provinces musulmanes . Afin
d'éliminer tout risque d'erreur et de parer à toute éventuelle contestation, la commission n'accepta que les écrits qui
avaient été rédigés en présence de Mahomet et exigea deux témoins fiables à l'appui, qui avaient réellement entendu
119
Mahomet réciter les versets en question . Malgré ces efforts pour prévenir tout schisme à l'intérieur de l'islam, les
kharidjites, par puritanisme, ont rejeté notamment comme apocryphe la sourate Yusuf, en ce qu'elle évoquerait en
des termes scabreux la femme du Potiphar d'Égypte s'entichant du beau Joseph (Youssef dans le récit coranique) et
8
ce, en dépit du récit biblique convergent quant à cette affaire .
Aujourd'hui, de nouvelles approches réétudient les traditions musulmanes. Ainsi, toutes les traditions de compilation
sous Abu Bakr et celle d'Othman remontent à Ibn Shihāb al-Zuhrī, mais pour François Déroche, « il n’est pas
totalement certain que le récit d’al-Zuhrī ne soit pas le résultat sinon d’une falsification totale, du moins d’une
120 120
réécriture de l’histoire » . Les sources anciennes montrent, en réalité, une multiplicité de traditions . L'examen
de fragments, pourtant censés être postérieurs à Othman, montre que l'écriture manque encore de précision.
120
L'absence de diacritique sur toutes les lettres laisse « la porte ouverte aux divergences » . « La nature de
l’intervention du calife ‘Uthmān serait donc différente de celle que la tradition lui attribue. ». Pour Amir-Moezzi, la
plupart des traditions liées à la collecte du Coran naissent à l'époque omeyyade, quelques dizaines d'années après les
faits « quelques dizaines d'années qui comptent pour plusieurs siècles tant entre les deux époques, les énormes
conséquences des guerres civiles et des grandes et fulgurantes conquêtes ont bouleversé l'histoire et la mentalité des
121
premiers musulmans » . Pour Anne-Sylvie Boisliveau, « [Viviane Comerro] revient une dernière fois, et
magistralement, prouver qu’il y a eu « théologisation progressive de l’histoire du texte canonisé » : les informations
transmises en Islam à propos de la manière dont le Coran a été rassemblé et fixé ont été rendues conformes au dogme
122
définissant le Coran » .
Concernant ces questions de la rédaction du Coran, les chercheurs proposent différentes alternatives allant d’une
durée de mise à l'écrit courte à partir de l'œuvre d'un seul auteur jusqu’à un travail rédactionnel collectif et tardif.
Deux principaux modèles se dégagent : celui d’une « collecte » précoce du texte coranique sous le calife Othmân ibn
Affân, à côté de celui d’une « rédaction » collective et progressive tout au long du viie siècle ayant abouti à une forme
123
quasi-définitive sous le califat d'Abd Al-Malik . Pour François Déroche (du 1er modèle), « l’histoire de la vulgate
coranique est donc à reconsidérer sur une plus longue durée. Si les bases en ont été jetées assez tôt, avant
l’intervention du calife ʿUthmān, le rasm [litt. « tracé »] n’était pas encore stabilisé à l’époque où a été copié le
124
Parisino-petropolitanus et ne le sera sans doute pas avant le IIe /VIIIe siècle » . En effet, ce manuscrit contient
encore des variantes au niveau du rasm « qui ne sont ni conformes à celles que reconnaît la tradition, ni réductibles à
125
des particularités orthographiques » . Dye conclut que « si certains écrits coraniques datent de l’époque du
Prophète, il ne convient pas pour autant de se limiter au Ḥiǧāz du premier tiers du VIIe siècle pour comprendre
l’histoire du Coran. Il y a eu une activité compositionnelle et rédactionnelle après la mort de Muḥammad. Les
rédacteurs du Coran sont des auteurs (et non de simples compilateurs) qui ont pu réorganiser, réinterpréter et
126
réécrire des textes préexistants, voire ajouter des nouvelles péricopes […] » .
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Le Coran est composé de cent-quatorze chapitres nommés sourates, de longueurs variables. Chaque chapitre est
connu sous un ou plusieurs titres. Ces titres proviennent soit des premiers mots du chapitre, soit d'un épisode
considéré comme prégnant. Ils n'appartiennent pas à la révélation et ne figurent pas dans les premiers manuscrits
127
coraniques connus, mais furent rajoutés par des scribes pour distinguer les chapitres du Coran .
S'il n'y a aujourd'hui qu'un seul Coran, il existe sept lectures canoniques nommées Qirâ’at. En effet, après que le
Coran a été fixé par écrit, on en a précisé ultérieurement la vocalisation et établi les règles de la psalmodie. Seules
deux variantes de lectures du Coran (Qirâ’at) sont véritablement connues de la plupart des musulmans et ont fait
l'objet d’une réelle diffusion dans le monde arabe : la lecture occidentale (en Afrique) ou lecture de Médine est connue
sous le nom de « lecture de Warch » ; et la lecture orientale (en Asie) ou lecture de Koufa est connue, quant à elle,
sous le nom de « lecture de Hafs », chaque nom étant tiré du nom du spécialiste de cette science. La différence entre
les lectures tient avant tout à la psalmodie, la manière de lire, de prononcer. C’est d’ailleurs pour cela que l’on parle de
« lecture ». Mais il existe aussi et surtout des différences dans le découpage des sourates en versets, autrement dit
128
dans la « dimension » des versets, ce qui explique également les différentes modalités de psalmodie .
La plupart des musulmans ont un grand respect pour le Coran et font les ablutions, c'est-à-dire se lavent comme pour
129, Note 15
faire les prières, avant de le toucher et de le lire .
Dogme de l'arabité
Le dogme de l'arabité proclame que le Coran a été révélé à Mahomet dans sa langue : « en une langue arabe très
claire. » (Coran, sourate 26, verset 195). Le deuxième terme « n'a aucun sens linguistiquement et historiquement »
car « il n'y a aucune raison de penser que l'environnement dans lequel naît le Coran n'était pas, d'une façon ou d'une
autre, multilingue (l'ensemble du Proche-Orient l'était) — autrement dit, il convient de reconnaître la présence de
130
nombreuses traces de bilinguisme/multilinguisme dans la langue même du Coran » . S'appuyant sur une recherche
de Luxenberg, Gilliot traduit ce terme par « élucidé »/ « rendu clair ». Pour l'auteur, ce terme est lié au Coran qui
131
« explique/interprète/commente des passages d’un lectionnaire en langue étrangère » .
De nombreux emprunts à d'autres langues sont présents dans le Coran. Certains de ces mots étaient déjà considérés
132
comme obscurs au viie siècle . Elle englobe toutes les langues des pays limitrophes de l’Arabie, celles qui
appartiennent à la famille sémitique : l’akkadien, l’araméen, l’hébreu, le syriaque, l’éthiopien, le nabatéen, le
133
sudarabique, et les langues non sémitiques des Empires grec, romain et perse . Pour Alphonse Mingana, 70 % des
134
termes d’origine étrangère dans le Coran proviendraient du syriaque .
Selon le récit religieux musulman, la langue arabe aurait été révélée à Adam en 29 lettres de l'alphabet. Et Mahomet
de préciser que : « Lâ est une seule lettre » (c'est-à-dire la négation et non pas la hamza qui marque seulement un
135
coup de glotte) .
Bien que la traduction du Coran pose problème et soit rejetée par certains courants
conservateurs « littéralistes », le Coran fut tout de même traduit très tôt, du moins
partiellement. Ainsi, selon une tradition musulmane, la première sourate, la Fatiha est
traduite du vivant de Mahomet par Salman le Perse afin d'être récitée lors de la prière par
Note 16, 136
les Perses , tandis que Ja`far ibn Abî Talib, frère d'`Alî, a traduit quelques
versets parlant de Jésus et de Marie en langue guèze (éthiopien classique), lorsqu'il était
137
ambassadeur au nom de Mahomet auprès du souverain chrétien d'Éthiopie, le Négus .
Néanmoins, « certaines voix se sont rapidement élevées contre tout effort de traduction
138
coranique » . Parmi d'autres, une traduction complète en persan est, tout de même,
138
établie en 956 .
Toutefois, après la mort de Mahomet, les courants les plus conservateurs de l'islam ont Une école coranique à
exprimé un refus catégorique de traduire le Coran considérant que la traduction n'est plus Touba (Sénégal).
139
la parole de Dieu . Le dogme du caractère inimitable du Coran, transcription écrite de la
parole divine, et du caractère sacré de la lettre a longtemps servi à s'opposer aux
140
traductions . La traduction de ce texte ancien peut être problématique par l'absence de « certitude [sur] le sens
qu'avaient bien des termes utilisés par le Coran, dans le milieu où il est apparu » ou par la polysémie de certains
termes. « Une des traductions modernes les plus scrupuleuses, celle de l'Allemand Rudi Paret, est parsemée de
140
parenthèses et de points d'interrogation » . Ainsi, Cuypers cite le premier verset de la sourate 96 : « Lis (ou
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« proclame ») au Nom de ton Seigneur ! », que la tradition associe à la lecture et à la proclamation du Coran. Des
recherches contemporaines permettent de le retraduire en « Appelle/Invoque le Nom de ton Seigneur »,
140
reconnaissant dans ce passage un appel à la prière et non un envoi en mission .
Dogme de l'inimitabilité
En réponse à ses contradicteurs, les musulmans proclament que le Coran est un miracle et qu'aucune parole humaine
ne saurait le surpasser en beauté. Son inimitabilité sert le double objectif de prouver l'authenticité de l'origine divine
141
du Coran et la prophétie de Mahomet à qui il a été révélé comme messager pour le genre humain . Depuis le
e 112
iii siècle de l'hégire ce concept est devenu un dogme . Le terme iʿjâz utilisé pour définir l'inimitabilité de celui-ci
142
n'est attesté qu'à partir du ixe siècle et aucun traité ne lui est consacré avant le xe siècle . Pour Liati, « on constate
que le dogme de l’inimitabilité formelle du coran est tardif et qu'il ne s'est imposé que contre des résistances très
81
vives » .
Les bases du dogme sont présentes dans le texte coranique où plusieurs versets évoquent l'incapacité des hommes à
141 Note 17
frustrer la volonté d'Allah . Plusieurs versets sont des défis à produire "quelque chose comme ce Coran" .
"L'idée, bien entendu, est que ce défi réduirait les adversaires au silence puisque la révélation ne peut venir que de
143 Note 18, 144
Dieu" . Gilliot voit dans cette défense de l'inimitabilité du Coran un raisonnement circulaire . D. et M.T
Urvoy cite une telle critique datant du ixe siècle : "l’argument du défi, qui doit justifier le caractère divin du Coran,
145
présuppose en fait l’acceptation de la validité de celui-ci et de son auto-qualification" .
Note 19, 145
Selon l'apologétique musulmane, ce défi serait resté sans réponse . Selon la tradition islamique, un certain
Musaylima al-kadhdhâb a tenté, en vain, de relever ce défi, déclarant à ses compatriotes du Nejd venus le trouver
146
pour contrer la prophétie de Mahomet : « À moi aussi, l'ange Gabriel m'a apporté une sourate pareille » . Par
Note 20
ailleurs, un certain nombre de poètes , ont écrit des textes dépassant, selon eux, le Coran en
147, Note 21
éloquence . Si les traditions évoquent plusieurs cas de personnes ayant tenté de relever le défi, les
« révélations » conservées sont « en leur quasi-totalité […] inventées par les musulmans eux-mêmes » pour critiquer
148
ou ridiculiser les auteurs attribués .
Pour Gilliot, « Le recours à la soi-disant « inimitabilité » linguistique ou thématique du Coran ne vaut que pour qui
149
adhère à ce theologumen. Aux yeux du linguiste ou du traducteur, d’inimitabilité, point n’est ! » . Pour Maxime
Rodinson, cette perfection serait culturellement ressentie par les musulmans, comme pour tout « texte dont on a été
bercé depuis l'enfance ». « La beauté du style coranique a été contestée par ceux qui, pour une raison ou une autre,
150 Note 22
échappaient à l'envoûtement collectif » . Pour D. et M.T. Urvoy , « il n’y a de miracle coranique que pour celui
qui y croit (déjà). Il s’agirait là, selon les auteurs, d’un cercle : Dieu dit que Sa parole est un miracle, le Coran est
parole de Dieu, alors le Coran est un miracle (…). Ainsi, « l’argument du défi (al-taḥaddī) ne prouve rien à un non
145
musulman s’il n’est pas déjà engagé dans la conversion à l’islam » (…) » .
Theodor Nöldeke a écrit un article sur ce qui lui paraissait être des défauts stylistiques (rimes, styles, composition…)
dans le Coran « dont sont exempts les poèmes et les récits de l'ancienne Arabie » ainsi que des irrégularités
151
grammaticales . Mais pour Jacques Berque, beaucoup de ce que Theodor Nöldeke impute à des vices rhétoriques
n'est en fait qu'une spécificité stylistique propre au discours coranique et non pas un défaut stylistique. Pour ce qui est
des irrégularités grammaticales ou ce que l'on pourrait prendre comme telles, il en admet quelques-unes comme
152
« incontestables » mais préfère plutôt les nommer « spécificités grammaticales » . Michel Cuypers récuse ainsi
l'affirmation de Nöldeke selon laquelle le fait de passer d'un sujet à un autre avant de revenir au premier sujet est une
153, 154
faiblesse. Il reconnait une structure non linéaire que l'on appelle la « rhétorique sémitique » .
Les prophètes
Les musulmans considèrent que les prophètes sont une part importante de leur foi. Pour l'islam, le prophète est à la
fois quelqu'un qui proclame un message divin (sens de « prophète », nabi, en arabe et en hébreu) et quelqu'un qui
155 Note 23
présente une législation (charia) . À la différence du prophète biblique, Mahomet ne prédit pas l'avenir ,à
l'exception d'un éventuel futur triomphe de l'islam. Selon Amir-Moezzi, la prophétologie musulmane est proche, par
certains aspects comme le concept de « sceau des prophètes », du manichéisme ; pour le mutazilisme, elle est une
155 156
grâce d'Allah pour ses créatures . La prophétie coranique est avant tout la transmission d'une révélation .
Pour l'islam contemporain majoritaire, tous les prophètes d'Allah ont fait valoir un bon comportement et une
157
conduite exemplaire . Ils seraient nécessairement immunisés contre la mécréance, les grands péchés et les petits
158
péchés. Cette croyance tardive ne provient pas du Coran et sa mention est rare dans la Sunna. Au contraire, le
159
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159
Coran rapporte des péchés et des fautes de plusieurs prophètes, dont Mahomet , mais
160
aussi Adam, Moïse et David . Le Coran ne défend donc pas le dogme de l'impeccabilité
160
des Prophètes. La Sunna, elle-même, n'en contient que quelques traces . Cette doctrine
161
est énoncée, pour la première fois clairement, par Ibn Hanbal (855) . Ce dogme
entraînera des conflits d’interprétation lorsque la vieille exégèse (y compris dans les écrits
162
attribués à Mahomet) heurtait ce principe d’impeccabilité . Cette notion aurait été
importée dans l'islam par le biais de l'islam chiite, à partir de l'influence des croyances
163
orientales et a connu dans la pensée sunnite des évolutions et une mise en place longue .
Les textes expliquent qu'Adam a inauguré la fonction prophétique, tandis que c’est par Mahomet, le dernier prophète,
qu’elle a été close. Quelques prophètes cités par le Coran : Noé (Noûh), Abraham (Ibrâhîm), Loth (Loût), Ismaël
(Ismâ'îl), Isaac (Ishâq), Jacob / Israël (Ya'qoûb / Isra'îl), Joseph (Yoûçouf), Job (Ayyoûb), Shelah (Sâlih), Eber (Âbir /
Hoûd), Aaron (Hâroûn), Moïse (Moûçâ), Jonas (Yoûnous), Jessé (Yâsa), David (Dâwoûd), Salomon (Soulaymân),
165
Zacharie (Zakariyyâ), Jean-Baptiste (Yahyâ), Jésus (Issa) . À l'inverse de la réserve biblique quant à l'usage de ce
terme, le mot « prophète » a tendance à être attribué par l'islam, selon Amir-Moezzi, à toute personne « ayant joué un
155
rôle dans l'histoire sacrée » . Ainsi, des auteurs attribuent un rôle prophétique à Alexandre le Grand (Dhû-l-
166
Qarnayn) .
Prophétie de Mahomet
Il est possible de faire une histoire des représentations de Mahomet, mais pas une biographie historique au sens
167
moderne du terme. L’ensemble des données non islamiques sur la vie de Mahomet ne dépassent pas une page .
Le chef religieux, politique et militaire arabe Mahomet ( محمدen arabe), dont le nom est parfois aussi transcrit par
168 Note 24
Mohammed, Muhammad, etc. en français est le fondateur de l'islam et de l'oumma, la « matrie » en quelque
sorte (sans aucune idée de communautarisme, mais au contraire d'universalisme). Il est considéré comme le dernier
prophète du monothéisme par les musulmans et il n'est reconnu comme prophète que par cette congrégation. Ils ne le
considèrent pas comme le fondateur d'une nouvelle religion, mais pensent qu'il est le dernier d'une lignée de
prophètes de Dieu et considèrent que sa mission est de restaurer la foi monothéiste originale d'Adam, Abraham et
169, 170
d'autres prophètes, foi qui avait été corrompue par l'homme au cours du temps .
Selon le Coran, pendant les 23 dernières années de sa vie, Mahomet dicte des versets, qu'il reçoit d'Allah par
l'intermédiaire de l'ange Gabriel (Jibril), à des fidèles de plus en plus nombreux convaincus par ce nouveau message.
Le contenu de ces révélations sera compilé après la mort de Mahomet en un ouvrage, le Coran, livre saint des
Note 25
musulmans . Néanmoins, « L'archéologie expose que le thème de la prophétie de Mahomet est apparu
155
relativement tard » .
Sunna et hadiths
Le Coran établit l'importance de la sunna (« voie », « chemin » ou « tradition ») de Mahomet qui est racontée par des
171, Note 26
transmissions de ses paroles, faits et gestes, approbations (y compris silencieuses) , récits appelés hadîths.
Les hadiths sont considérés comme des exemples à suivre par la majorité des musulmans. Les écoles de jurisprudence
madhhabs considèrent les recueils de hadiths comme des instruments importants permettant de déterminer la
sunna, la « tradition » musulmane. Le hadith était à l'origine une tradition orale qui rapportait les actions et
coutumes de Mahomet. Cependant, à partir de la première fitna, au viie siècle, ceux qui ont reçu les hadiths ont
172
commencé à questionner les sources des paroles . Pour les musulmans, leur crédibilité est généralement
proportionnelle au crédit des témoins qui les ont rapportés. Cette chaîne de témoins est appelée isnad. Ces recueils
sont, encore aujourd'hui, pris comme références dans les sujets en rapport avec le fiqh ou l'histoire de l'islam. Les
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Le jour du jugement : Il surviendra après la fin du monde dont seul Dieu connaît
175 Note 27
l'échéance . La durée sera de 50 000 ans . La terre sera une autre terre ainsi que
Note 28
les cieux . Allah jugera les gens sans intermédiaire, un par un.
Les étapes seront :
La résurrection physique : elle marque le début du jour du jugement. Les gens seront
Note 29
ressuscités par Allah, nus et incirconcis , afin d'être jugés,
Le rassemblement : tous les gens seront rassemblés en un lieu pour se faire juger,
L'exposition des actes : chacun verra exposés ses actes, bons ou mauvais,
La rétribution : en fonction de leurs actes, les gens seront récompensés ou châtiés, Prophètes lors du
Jugement Dernier,
La balance : les actes seront comparés, bons contre mauvais,
xixe siècle, Iran.
Le pont (al-sirat) : il relie la nouvelle Terre aux abords du paradis et il sera dressé au-
dessus de l'enfer dans lequel, selon l'interprétation majoritaire, les « infidèles »
176
chuteront (ceux qui n'acceptent pas le Coran) ,
Le bassin (al-kawthar) : chaque communauté aura son bassin dont boiront les musulmans pieux avant
d'entrer au paradis,
L'intercession : avec la permission d'Allah, ses prophètes, ainsi que d'autres pieuses personnes ou le
177
Coran, intercéderont pour les auteurs de grands péchés , qui méritent un châtiment (Tawassoul),
L'enfer (jahannama) : c'est un endroit dans lequel, selon l'interprétation majoritaire, seront châtiés les
176
« infidèles » . L'interprétation des versets coraniques relatifs à la « durée » du séjour infernal est l'objet
de développements théologiques,
Le paradis (al-janna) : c'est une demeure de félicité éternelle réservée aux personnes unifiant Dieu, ainsi
qu'aux personnes sincères,
La vision de Dieu : les croyants verront Allah, sans notion de distance et sans qu'il y ait un doute sur cette
vision.
La majorité des musulmans croient à la question, au supplice et à la félicité de la tombe. Ceci n'est pas mentionné
dans le Coran mais dans la Sunna. Selon cette dernière, après la mort, toute personne sera questionnée dans sa tombe
par deux anges du nom de Mounkar et Nakir : « Qui est ton Seigneur ? Qui est ton prophète ? Quelle est ta
178
religion ? » . Les musulmans pieux répondront correctement à ces questions et auront la félicité dans leur tombe,
tandis que les non-musulmans et certains musulmans désobéissants n'y répondront pas correctement et seront
châtiés [réf. nécessaire].
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Reynolds, Charfi, Amir-Moezzi…) estiment que le passage du Coran sur lequel se fonde l'affirmation des
182, 183, 184
commentateurs musulmans est ambigu et prête à discussion . Pour J. Chabbi, l'interprétation de la non-
185
mort de Jésus ne se trouve pas dans le Coran mais dans la tradition .
Dans la croyance musulmane, Jésus reviendra à la fin des temps pour « tuer » l'Antéchrist [réf. nécessaire]. La seule
186
mention coranique d'un retour d'ʿĪsā se trouve dans la sourate XLIII qui fait l'objet de plusieurs lectures . Pour
Pons et Hilali, Jésus juge le monde à la fin des temps. Cette tradition est particulièrement présente dans le corpus des
187
hadiths . Pour Reynolds, selon une tradition du début de l'islam, Jésus remettra alors l'islam en place et luttera
188
contre les chrétiens et les juifs . Pour ces traditions, « il tuera les porcs, brisera la croix, détruira les synagogues et
186
les églises, et tuera les Chrétiens sauf ceux qui croiront en lui » . Son retour sur terre, en tant que Massih (Messie)
musulman, est le signe de la fin du monde et du Jugement dernier tandis que beaucoup de hadiths le présentent
Note 31
comme le principal compagnon du Mahdi, Sauveur de la fin des temps .
Mantran oppose la vision de Mahomet à la Mecque qui défend le libre-arbitre mais qui évolue lors de son
enseignement à Médine vers une prédestination. Dès le début de l'islam, en Syrie, des musulmans se sont opposés à
cette vision qui leur semble contraire au principe de jugement divin. Ils prennent le nom de qadarites. La
190
prédestination fut défendue par le pouvoir omeyyade qui légitimait ainsi ses actions . Le second courant s'opposant
à la prédestination est le mo'tazilimes, à partir de la fin du califat omeyyade. Ce courant a« estimé que l'homme
possède un libre arbitre illimité de ses actes, qu'il est le créateur de ses actes, sinon Dieu serait injuste de l'en rendre
190 191
responsable » . Ce mouvement disparaît au ixe siècle .
Du reste, il est à noter que cette question du destin est à ce point controversée au sein de la Oumma et en dehors,
qu'elle a conduit l'imam Abû Hanîfa (mort en 150H/767G) à mettre en garde contre l'écueil de la mécréance en
voulant aborder ce mystère : « Ne savez-vous pas que celui qui examine le libre-arbitre est comme celui qui examine
192
les rayons du soleil, plus il l'observe de près, plus il devient perplexe » . Pour Mantran, ce principe de la
prédestination « entraîne la négation de la liberté de l'homme », même si cela ne nie pas, pour les théologiens sa
193
responsabilité .
195
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195
les chiites, Ali aurait été explicitement désigné . Cette question de la succession
196
apparaît comme une "ligne de fracture majeure de la umma originelle" . La
197
première division est celle du kharijisme
Le sunnisme
Carte des pays où les musulmans
représentent plus de 10 % de la Le sunnisme (de sunna, « voie », « chemin » ou « tradition ») est le courant de
55
population. En vert, les pays à loin le plus répandu. 90 % des musulmans sont sunnites . Il est apparenté à une
198
majorité sunnite, en violet, ceux à vision orthodoxe de l'islam . Ces croyants se nomment eux-mêmes « gens de la
199
majorité chiite, et en noir, ceux à tradition et de l’assemblée » . Le sunnisme est un courant qui s'installe
majorité ibadite. 199
lentement, au cours des deux premiers siècles de l'islam . Le sunnisme se
199
renforce à partir du califat abbasside même s'il connait des oppositions .
Les madahib s'accordent sur quatre sources de droit : le Coran (parole verbatim de Dieu), la Sunna, (enseignements
oraux et actes du prophète de l'islam ou ahadith), le consensus juridique (ijmâ') et l'analogie juridique (qiyâs).
Ces écoles sont, dans l'ordre de leur apparition : le hanafisme (d'Abû Hanîfa, 700-767), le malikisme (de Mâlik ibn
Anas, 712-796), le chaféisme (d'Al-Chafi'i, 768-820), le hanbalisme (d'Ibn Hanbal, 781-856). Ces écoles s'acceptent les
unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière de solutions juridiques (fatwa).
Wahhabisme et salafisme
Entre la fin du XVIIIe et le début du xixe siècle, l'islam a vu l'apparition de nombreux réformateurs. L'un d'entre eux
est Mohammed ben Abdelwahhab, fondateur du wahhabisme. Le wahhabisme, courant né dans le Najd, a pour but de
"restaurer" l'islam selon une pureté originelle, à travers la vie des salafs. Le terme « Salafiyya » est appliqué à ces
200
courant piétistes inspirés par cet idéal d'un retour au source . Le salafisme est un courant prenant ses racines dans
le xviiie siècle et né véritablement au xixe siècle, hors de l'Arabie saoudite. D'abord marqué par un modernisme, " la
doctrine salafiste a mué vers un fondamentalisme puritain, se confondant avec le wahhabisme saoudien". Celle-ci est
201
ouverte aux quatre écoles du sunnisme .
En 2016, un congrès a eu lieu à Grozny en Tchétchénie, rassemblant 200 personnalités sunnites de nombreux
Note 33
pays . Organisé par le gouvernement tchétchène et inauguré par le grand imam de l'Azhar, Ahmed al-Tayeb, il
Note 34, 206
s'est réuni pour définir le sunnisme . À l'issue de leurs travaux, ces dignitaires sunnites sont convenus que
les gens du sunnisme sont les acharites et les maturidites, au niveau du credo, les hanafites, les malikites, les
chaféites, et les hanbalites, au niveau du droit et les soufis de l'imam Junaid al-Baghdadi, au niveau de la gnose, des
207 N t 35
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207, Note 35
manières et de la purification [spirituelle] . Ce congrès exclut le wahhabisme. Néanmoins, la marginalité de
certaines figures présentes et le rôle de la Russie semble que ce congrès avait davantage pour rôle "d’asseoir
206
l’influence de Vladimir Poutine en Asie Centrale et au Moyen-Orient", au détriment de l'Arabie Saoudite . Il est
208
controversé dans le monde arabe .
Le chiisme
La séparation du chiisme avec les autres courantes de l'islam date aussi des
premiers temps de l'islam et de la question de la succession de Mahomet. Les
chiites considèrent que le califat doit être réservé à Ali et à ses descendants,
209
héritier désigné, selon eux, par Mahomet avant sa mort .
Le chiisme est divisé en différentes branches, dont les principales sont le chiisme
210
duodécimain (branche la plus importante), le zaïdisme et l'ismaélisme . La
lignée d'Ali est composée de douze imams. Les chiites duodécimains ou
Mosquée de l'imam Husayn à
Kerbala, en Irak. On distingue aussi
"imamites" sont ceux qui ont accepté ces douze imams. Les autres courants se
deux longs minarets de la mosquée sont formés à la suite d'un imam, non légitimé par le précédent (Zaydite au 5e,
209
Al Abbas sur la photo. Ismaélien au 7e, Nousayri au 11e) .
Chiisme duodécimain
58
Les duodécimains sont « ceux qui croient en la venue de douze imams ». Ils représentent 80 % des chiites et sont
209
majoritaires depuis le xvie siècle. Les duodécimains sont nombreux en Iran, en Irak, au Liban .
Le douzième imam, Mohammed al-Kaym « al-Mahdi », un enfant, aurait été occulté. Imam caché, les chiites
duodécimains croient qu'il reviendra à la fin des temps. L'imam caché a un rôle central dans ce courant. Il sera, pour
209
ce chiisme celui qui révélera le sens caché de toutes les révélations prophétiques .
Les chiites croient que chaque grand prophète a été suivi par une succession de douze imams chargés de manifester le
sens de la révélation. Ainsi, les douze imams auraient été chargé d'expliquer le sens caché de la loi littérale transmise
par Mahomet. Ainsi, « la Révélation ne s’arrête pas à la Récitation du Verbe descendu sur Mohammed, elle continue à
209
travers les imams chargés de manifester les innombrables significations de ce Verbe » . Les duodécimains n'ont pas
attribué un rôle politique aux imams. « La seule chose clairement établie est que la souveraineté revient à l’« imam
209
caché » et que tous les gouvernements séculiers sont illégitimes » .
Les pratiques et rituels du chiisme sont proches de ceux du sunnisme. Une grande importance est donnée par la
sensibilité populaire à la souffrance des imams assassinés. Le chiisme se caractérise par des lieux saints,
209
principalement des mausolées consacrés au grandes figures de ce courant .
216
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216
Les adeptes de l'école juridique sont appelés zaydites et représentent environ 35-40 % des musulmans au Yémen .
En dehors de la question éminemment politique du califat, ils suivent un rite presque identique au rite hanafite pour
217
la jurisprudence islamique et sont en général mutazilites pour la théologie .
Pour ce courant, "un imam ou un grand personnage de l’histoire islamique [est] une émanation, une incarnation, une
transfiguration de Dieu". Ce courant rejette l'attachement traditionnel à la lettre du Coran pour mettre en avant le
209
sens caché et implicite transmis par les imams .
209
De l'ismaélisme dérivent d'autres courants comme les druzes, les nizarides ou les moustalides .
Le kharidjisme
Quelques mois après la bataille de Siffîn en 657, un arbitrage eut lieu entre Ali
et Mu’âwiya à propos de la mort d'Uthman. Ali, reconnu coupable, dut faire
face à une révolte de personnes refusant cet arbitrage humain. Ils reçurent, a
218
posteriori, le nom de kharidjites ("révoltés") et se retirèrent dans la région
d'al-Koufa. À partir de la mort du calife Yazîd (683), ce courant se divise en
plusieurs branches, dont la principale est celle des ibadites. Après s’être
219
soulevés contre les omeyyades, ils s'installèrent au Maghreb .
Le kharidjisme est multiple dans ses formes (sufrites, ibadites…). De nos jours la seule tendance kharidjite qui ne s'est
220
pas éteinte est l'ibadisme . Il se retrouve dans le sultanat d'Oman et dans quelques régions très localisées du
220
Maghreb, au nord du Sahara algérien ou en Tunisie (île de Djerba) .
Le soufisme
Au-delà des différents courants, les musulmans ont élaboré
des approches différentes du divin. Le soufisme est la voie
mystique de l'islam, fondée sur "recherche de l’union la plus
étroite avec le Divin, le plus souvent via l’ascèse, la prière et
221
la méditation" . Les soufis s'appuient sur des tendances
222
coraniques de piété, "étrangères à la plupart des juristes"
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eux : derviche (persan : [ درويشderwiš], « mendiant ») ou [faqīr] (en arabe : َفِقيٌر, « pauvre ») [réf. nécessaire]. Les soufis
se font connaître, quant à eux, comme Ahl al-soufa ( [ َأهُل ٱلُّص َّفِةahl aṣ-ṣuffa], « les gens du banc » en référence à ceux
qui vivaient dans la Mosquée du Prophète à Yathrib (Médine), et qui furent mentionnés dans le Coran comme « la
Note 37 [réf. nécessaire]
compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir désirant Sa face »
224
Le soufisme (en arabe : [ َتَصُّو ُفtaṣawwuf], « initiation » ) est un mouvement spirituel basé sur la recherche de Dieu
et la communion avec les autres. Pour atteindre le divin, le soufisme défend qu'il existe la voie large de la charia et la
voie étroite de l'union à Dieu. Le soufi adopte donc des pratiques spécifiques supplémentaires, comme l'examen de
conscience, l'ascèse… Deux pratiques caractérisent le soufisme, le Dikr (répétition ininterrompue du nom divin ;
pratique codifiée au xiie siècle) et le sama, « sorte de concert spirituel musical ou dansé ». Le soufisme met en avant
221
l'importance du maître, guide spirituel porteur d'une bénédiction (baraka) .
Les soufis considèrent généralement que suivre la loi (charia) ou la jurisprudence islamique (fiqh) n'est que le
premier pas sur le chemin de la soumission parfaite. Ils se concentrent sur des aspects internes ou plus spirituels de
l'islam, comme la perfectibilité de la foi ou la soumission de l'ego (nafs). Les soufis cherchent à atteindre le fana
(extinction du « moi » devant Dieu l'Unique) selon trois degrés ou étapes :
La plupart des ordres soufis (tariqas) se rapprochent, soit du sunnisme, soit du chiisme. On les rencontre dans tout le
monde islamique, du Sénégal jusqu'à l'Indonésie [réf. nécessaire].
Le coranisme
Le coranisme est un mouvement islamique dont les adeptes voient le Coran comme seule source de foi et rejettent les
hadiths comme source légale et théologique aux côtés du Coran. Cette interprétation particulière de la foi fait que
certaines de leurs compréhensions coraniques diffèrent considérablement des doctrines orthodoxes.
Au sein de la Muʿtazila, une école de théologie musulmane qui a prospéré entre le neuvième et le onzième siècle, il y
avait diverses positions critiques concernant les hadiths. L'un de leurs représentants, an-Nazzām, avait une attitude
très sceptique envers les hadiths. Il a examiné les traditions contradictoires concernant leurs différents contenus pour
226
défendre sa position .
En 1906, Muhammad Tawfīq Sidqī a publié un article critique dans le journal al-Manār par Rashīd Ridā avec le titre
« L'Islam n'est que le Coran seul » (al-Islām huwa al-Qurnān wa -da-hū). Il y critiquait la Sunna et estimait que les
musulmans concernant les différents contenus afin de défendre sa position devaient s'appuyer uniquement sur le
Coran, puisque les actions du Prophète n'étaient destinées qu'à servir de modèle pour les premières générations de
musulmans. L'article, qui était le résultat de discussions avec Rashīd Ridā au cours desquelles Sidqī a présenté ses
idées sur la limitation temporelle de la Sunna, a rencontré une forte opposition de la part des savants musulmans de
227
l'époque, et plusieurs d'entre eux l'ont réfuté .
Le coranisme a également pris une dimension politique au xxe siècle lorsque Mouammar al-Kadhafi a déclaré que le
228
Coran était la constitution de la Libye . À travers des érudits égyptiens tels que Rashad Khalifa, le découvreur du
code du Coran (Code 19), un code mathématique hypothétique du Coran, et Ahmad Subhy Mansour, érudit et militant
islamique, qui a émigré aux États-Unis, les idées coraniques se sont également propagées à de nombreux autres pays
229
de .
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e
des textes ont été redécouverts au xix siècle, connaît une petite résurgence depuis cette date chez certains
231
intellectuels, notamment en raison de ses conséquences politiques et de ses liens avec la démocratie . Cependant, le
mutazilisme a perdu tout crédit populaire à la suite de l'inquisition musulmane du calife Al-Ma’mūn pour imposer sa
230
doctrine et ne récolta plus en retour que haines et persécutions .
Au-delà de l'appartenance à l'un des grands courants de l'islam, on ne peut éluder les pratiques (cultes de "saints",
232
pratique d'intercession…) parfois dites "populaires" de l'islam . Elles sont souvent imprégnées de doctrines soufies
233
et, en particulier, d’Ibn ‘Arabî (XIIIe siècle) . L’existence de particularités populaires est attestée dans toutes les
sociétés du monde musulman. Cet islam « vit sa religion avec son cœur, son imagination » et intègre des éléments
locaux et folkloriques. « Les coutumes d'avant l'islamisation subsistent en Iran, en Afghanistan, en Indonésie aussi
234
bien qu'en Afrique noire ou dans les multiples groupes berbères d'Afrique du Nord » . Cette dichotomie interroge
235
l’islamologie .
Il faut également mentionner l'apparition, à la fin du xixe siècle, de la question d'un islam réformé qui vise à un
Note 38
aggiornamento général. L'origine de celle-ci semble la rencontre avec l'Occident . "Cette réflexion sur la
modernité se fera sous le mode non pas de la rupture mais du recours à la tradition non pas du progrès mais de la
renaissance.". Le premier courant réformiste fut celui de la salafiyya. Ce mouvement a privilégié l'islam "savant" et
"urbain", au détriment des pratiques dites "populaires". Néanmoins, cette islamisation de la modernité s'est
accompagnée, avec l'entrée de l'islam dans des espaces démocratiques, d'une modernisation de l'islam, via une
individualisation de la religion. Cet affaiblissement du groupe a mené à un besoin de réforme « soit [dans] un rapport
Note 39
sécularisé à l’islam qui tend à relativiser au maximum les injonctions de la tradition ou au contraire un
236
fondamentalisme qui s’inscrit dans un respect exigeant de la tradition dans sa globalité » . Plusieurs penseurs
comme Mohammed Arkoun ou Mohamed Abed Al-Jabri ont participé à ces débats. Les attentats de 2015 semblent
237
avoir été un accélérateur en France dans les débats sur la réforme de l'islam . « Même s’ils ne sont pas toujours
reconnus par de larges publics, les effets de compétition intellectuelle [que les penseurs] produisent à travers les idées
qu’ils mettent en circulation changent aujourd’hui profondément le paysage intellectuel et idéologique
238
musulman » .
Création
Le Coran ne se présente pas, comme la Genèse, mais plutôt comme un enseignement ayant pour but d'avertir les
239
hommes .
Création de l'homme
Organisation
Le califat
Les califes (arabe : خليفةsignifiant « lieutenant », « successeur » ou
« représentant ») désignent les successeurs de Mahomet. Le porteur du titre a
240
pour rôle de sauvegarder la religion et de gérer le monde d’ici-bas : c'est le
Note 24
dirigeant temporel et spirituel de l'Oumma, la « matrie », les
240
musulmans doivent lui obéir .
Le Coran fait la distinction entre les deux termes Imamat et Califat, le Dinar (en or estampé) du cinquième
premier ayant une fonction de direction, le second signifiant le successeur calife fatimide al-Aziz (r. 365-386 H / 975-
(dans un sens non-obligatoirement politique). La pensée politico-religieuse 996 J.-C.), frappée à Mahdia en 380 H /
musulmane ira vers une confusion des deux termes et l'usage du second pour 990 AD. Conservé au musée
241 archéologique d’Aqaba, Aqaba, Jordanie.
désigner celui qui dirige la communauté . Les penseurs musulmans des
Diamètre : 18 mm, poids : 4 g.
premiers siècles ont construit la figure du calife, comme pouvoir et autorité.
Ce statut conserve des traces des représentations moyen-orientales anciennes,
241
du souverain comme intermédiaire entre le ciel et la terre . La pensée du calife s'est développée primitivement dans
240
le monde chiite, et "la théorie sunnite n’a pas été précisée dans toute son ampleur avant le ive siècle / xe siècle" .
Note 40, 240
Elle se construit en réaction à ces autres théories . Le droit du califat se caractérise par une quasi-
240
inexistence de sources dans le Coran ou la Sunna .
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Mahomet est mort sans désigner de successeur. À sa mort, une grande violence a
éclaté entre les différents partis même si la tradition sunnite a cherché à l'atténuer.
Elle chercha à présenter les faits de manière consensuelle, tandis que la recherche
islamologique remet sérieusement en doute ce prétendu "consensus". Rapidement,
242
Abu Bakr prit le dessus sur Ali, l'autre concurrent . Le titre khalifat rasul Allah,
signifiant « successeur du messager de Dieu » est devenu le titre courant mais est
243
absent des premiers graffiti trouvés . De même, si la tradition fait d'Omar ibn al-
Khattâb le premier à porter ce titre, un graffito de 644-645 ne lui donne ni le titre de
244
calife (khalîfa), ni celui de Commandeur des croyants . Sur les monnaies, ce
dernier titre semble avoir été introduit par le calife Muʿāwiya et on la trouve, par
245
exemple, sur une monnaie de 674 .
En 1517, le califat passe aux
Ottomans. Un différend politique entre sunnites et chiites conduit le califat à se diviser en deux
visions très distinctes : l'une élective, l'autre héréditaire. Les premiers considèrent
que le calife doit être élu pour ses qualités morales et islamiques, mais appartenir à
246
la tribu de Quraych (tribu de Mahomet dont le monopole est récusé par les kharidjites) . Les seconds considèrent
Note 41, 240
que seul un membre de la tribu de Quraych et de la famille de ‘Alî peut prétendre à ce titre . Les sunnites ne
reconnaissent que les califes Abou Bakr As-Siddiq, Omar ibn al-Khattâb, Othmân ibn Affân, Ali ibn Abi Talib, Al-
247 248
Hassan ibn Ali et Omar ibn Abd-al-Aziz comme « bien guidés » ou « bien inspirés » par Dieu. Selon les
traditions musulmanes, la période préalable au califat Ommeyades est composée de la succession de plusieurs califes
surnommé "rachidoune". Ce récit se lit comme un édifice narratif et pour el-Hibry comme une parabole. Selon
249
Humphrey, ce récit datant du ixe – xe siècle est construit selon un principe de pacte-trahison-rédemption . Le
califat rachidoune est donc une construction abbasside permettant de rêver d'un âge d’or, bien que les recherches
permettent d’attester qu’un fond historique existe. La notion de rachidoune, de califes « bien guidés », date elle-
même du ixe siècle. Les premières listes califales, issues de textes syriaques de l’époque omeyyade, ne citent pas Ali
249
comme calife, en cohérence avec la pensée omeyyade .
Après les quatre premiers califes (Abou Bakr, Omar, Uthman et Ali ibn Abi Talib), le titre a été revendiqué de manière
controversée par les Omeyyades, les Abbassides et les Ottomans, ainsi que par d'autres lignées en Espagne, en Afrique
du Nord et en Égypte. La plupart des dirigeants musulmans portaient simplement le titre de sultan ou émir, et
allégeance à un calife qui avait souvent peu d'autorité. Le titre n'existe plus depuis que la république de Turquie a
250
aboli le califat ottoman en 1924 . Alors que le califat a été un sujet de discorde entre dirigeants musulmans, il a été
peu évoqué depuis 1924. "L'idéal musulman aujourd'hui ne semble pas être celui de former de nouveau une
communauté monolithique, fermée aux résonances extérieures, ayant à sa tête un chef spirituel et temporel qui
251
jouerait le rôle de calife comme aux plus belles heures du califat" .
La charia
252 253
La charia (littéralement, « le chemin vers une source » ou « le chemin menant à l'abreuvoir » ) est la loi
254
islamique comprenant l'ensemble des obligations procédant du Coran et de la Sunna . Dans le Coran, il existe
seulement trois occurrences de terme dérivés de la racine sh-r-'. Néanmoins, la prégnance des impératifs dans ce
texte et la position de soumission qu'il impose à ses destinataires explique l'importance de cet aspects, tant pour les
255
sunnites que pour les chiites . Il est à noter que le mot « charia » est employé à la même époque, en arabe, pour
désigner la Torah, appelée alors la « charia de Moïse ». Il est également employé par les Arabes chrétiens pour
256
désigner l'Évangile, appelée la « charia du Messie » .
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« L'idée s'est progressivement imposée que l'empire de la sharia était absolu : tout acte humain, du plus anodin au
plus lourd de conséquences, a une qualification sharaïque, et il appartient aux légiste de la communauté, les fuqahâ',
255
de la découvrir » . Cette vision qui s'est imposée n'a pas toujours fait l'unanimité et certaines sphères pouvaient,
pour certains penseurs, être hors du champ de la charia. « La représentation tellement répandue selon laquelle l'islam
ne distingue jamais le sharaïque du politique ni, plus généralement, le religieux du profane n'est pertinente que pour
255
un certain islam, historiquement assez tardif, devenu majoritaire de nos jours » .
Toutefois, depuis le xie siècle, la pensée juridique islamique s'est cristallisée avec la fermeture des « portes de
l'ijtihad » (c'est-à-dire « l’effort de réflexion ») par le calife abbasside Al-Qadir (craignant de voir son pouvoir menacé
par des juristes indépendants) en vertu d'une ordonnance intitulée : Le Message sur le Destin (Risâla al-
Note 42, 258
qâdiriya) . Eric Chaumont considère qu'il vaut mieux parler d'"étranglement de ses voies", l'itjihad n'étant
255
pas un instrument de mise à jour des statuts sharaïques . Si cette fermeture, qui n’était en rien une prescription
divine, fut toujours contestée par de nombreux oulémas tels qu’Ibn Hazm (994-1064) ou As-Suyuti (1445-1505), elle
259
perdure, de fait, par paresse intellectuelle ou par impéritie . Selon des recherches conduites par le Réseau
260
international de solidarité WMUML en 2011 sur les lois dites islamiques (dénommées à tort charia) , il s'avère
qu'en réalité, elles seraient basées sur la tradition et la coutume. Le terme charia est instrumentalisé par les autorités
religieuses ou gouvernementales du pays afin de leur donner une soi-disant légitimité religieuse, mais avant tout pour
261
établir, rétablir ou renforcer le patriarcat de la société .
Selon Alain Besançon, le musulman croit à la perfection de sa Loi. De son point de vue, elle est modérée et tient le
juste milieu, c'est-à-dire le chemin raisonnable de la vertu. Elle lui apparaît comme plus adaptée à la nature humaine
que la loi chrétienne (notamment en matière de sexualité) et comme marquant par rapport à la loi juive, dont elle
reprend bien des articles (cf. code deutéronomique), un adoucissement considérable (notamment en matière
alimentaire), l'interdiction du vin (à raison des troubles sociaux générés) étant l'un des rares points où elle se montre
164
plus sévère .
La question du djihad
266
Le mot « djihad » ( ِج َه اٌدen arabe) signifie en arabe « abnégation », « effort », « résistance », « lutte » ou
267
« combat ». Dans les langues européennes, il se traduit souvent par « guerre sainte » . Il désigne un devoir religieux
pour les musulmans. Marie-Thérèse Urvoy a réalisé une analyse détaillée de l'usage du mot jihâd dans le Coran. Elle
relève que 41 occurrences à la racine de ce mot s'y trouvent, dont 6 correspondant à des sens particuliers : « serment
solennels » (5 fois) et « trouver le nécessaire »). Dans 16 cas, « [l'occurrence] apparaît dans un sens vague et imprécis
268
de « mener combat pour Dieu », avec une unique référence explicitement non violente » . On peut admettre que
parmi les mentions coraniques vagues, certaines évoquerait un "grand djihad" intérieur, « mais il est illégitime
268
d'affirmer que le jihad coranique est uniquement spirituel » .
269 270
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e 269 270
Le djihad a été théorisé au viii siècle et a évolué tout au long de l'histoire . La notion de Djihad naît dans un
climat de conflit armé, en partie du vivant de Mahomet mais probablement aussi au cours des conquêtes
270
musulmanes . Elle s'accompagne de la division du monde entre un dār al-islām (territoire de l’islam) et dār al-
270
ḥarb (territoire de la guerre). Les Omeyyades possèdent une place particulière dans l'essor de la notion de djihad .
Le droit musulman définit le djihad et ses conditions. Il est principalement divisé en quatre ensembles, celui contre
268
les infidèles, celui contre les apostats, celui contre les rebelles et celui contre les brigands . Pour les chiites
57
(littéralement, les « partisans »), le djihad ne peut être décrété que par le Mahdi . Pour les kharidjites (littéralement,
57
les « sortants » ou « dissidents »), le djihad serait le « sixième » pilier de l'islam .
Sous sa forme offensive, elle vise à étendre le domaine de l'islam. Cette approche a été utilisée, par exemple, lors de
271
l'expansion de l'Empire ottoman. Elle est pensée comme une « obligation collective » . Sous sa forme défensive, il
consiste pour les musulmans à défendre leur religion, leurs personnes, leurs biens, leurs frontières, au besoin
272
jusqu'au sacrifice de leur vie . Il s'agit, pour chaque croyant, d'une « obligation individuelle », dont la prolifération
271
incontrôlée marque le monde musulman depuis la dernière décennie du xxe siècle .
273
Une distinction a été faite, au ixe siècle , entre deux djihad-s, l'un externe, guerrier (dit le petit djihad) et l'autre
270
interne, spirituel (dit le grand djihad). Pour Bonner, la seconde a longtemps été prédominante . Pour M.T. Urvoy,
la fin des conquêtes islamiques (ixe siècle) a été à l'origine de spéculations sur un "Grand djihad", effort intérieur, qui
268
n'a jamais supplanté l'aspect guerrier . Classiquement, on distingue quatre types de djihad : par le cœur, ou par la
274, 275
parole, ou par la plume, et par l'épée ; les trois premiers constituant une obligation individuelle (fard ayn), le
276
dernier constituant une obligation collective (fard kifaya) .
Il ne faut pas non plus confondre le « djihad » avec le « djihadisme », ce terme désignant une doctrine islamiste
273
encensant le djihad armé . Ce mouvement est très hétérogène mais est caractérisé par un "focus singulier" sur
277
l'aspect violent du djihad . Ces mouvement ont utilisé les attentats et les attentats-suicides, pourtant expressément
278
interdits par le Coran au titre du suicide . L'origine des attentats-suicides reste, à ce jour [Quand ?], incertaine. Selon
Ehud Sprinzak, les attentats-suicides seraient à mettre en relation avec les assassinats perpétrés par la secte chiite des
haschischins (littéralement, « mangeurs de haschich », afin de faire croire aux pressentis qu'ils sont d'ores et déjà au
Paradis ; à l'origine du mot « assassin » en français) au xie siècle. Au xviiie siècle, le suicide de l'« assassin », déjà
associé au martyr, est utilisé par des communautés musulmanes de la côte de Malabar en Inde en lutte contre les
279, Note 44 Note 45
Européens . Selon Noah Feldman et Denis MacEoin, depuis 1983 , l'attentat-suicide a « pénétré la
conscience culturelle islamique » (dit Feldman) sous couvert de djihad « musulman » et subséquemment, de culte des
martyrs (chahid), ce qui a permis sa banalisation malgré l'interdiction coranique du suicide, et autorisé par la suite
280, 281
des musulmans (sunnites ou chiites) à perpétrer des attentats-suicides .
Clergé
L'islam reconnaît divers niveaux de compétences religieuses et différentes
3:07
fonctions parmi ses fidèles. Il est possible de citer :
Lancement de l'Adhan à Médine.
Le muezzin fait l'appel à la prière ;
L'imam dirige la prière ;
Le recteur de la mosquée dirige la mosquée ; 0:42
Le cheikh est un chef de clan ou tribu ; Récitation de la Sourate Al-Fatiha à La
Le mufti (arabe : )ُم ْف ِتيest un jurisconsulte. Lorsque des musulmans Mecque.
sont divisés sur un sujet particulier, souvent face à des contradictions de
fatwas, ils peuvent solliciter son arbitrage pour obtenir des
éclaircissements sur l'interprétation de la charia ;
Le faqih (arabe : )فقيهest un maître en droit musulman ;
Le mouhaddith est un spécialiste du hadith ;
Le cadi est un juge dans un tribunal islamique ;
L'ouléma, 'âlim (arabe : )َع اِلٌم, est un docteur de l'islam, un enseignant-chercheur en droit musulman.
Le molla ou mollah (ayatollah ou hodjatoleslam) est un érudit musulman dans des pays dont le langage a une
influence perse (arabe : mawlān, َمْو ًلى, pl. mawâlin, َمَو اٍلaide ; défenseur ; seigneur). Il est la plus haute
autorité pour les chiites.
Jusqu'en 1055, le calife détenait le pouvoir temporel (politique et militaire) et spirituel (théologique et judiciaire).
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En Europe et dans certains pays musulmans, la question des formations se pose. En France, "aucune université ni
établissement scolaire reconnu ne propose à l'heure actuelle de former les candidats à la fonction religieuse."
Actuellement, les imams sont formés soit dans l'institut des « Musulmans de France », soit à l'institut Al-Ghazali de la
282
Grande Mosquée de Paris (GMP) .
Dans le sunnisme
Il n'existe pas « au moins dans l’islam sunnite, d’un véritable clergé comparable
au clergé catholique » et pas de « véritable séparation entre clercs et laïcs dans
284
l’islam sunnite » . Néanmoins, si « l’islam est une religion sans Église ni clergé.
[…] cela ne signifie pas qu’il soit pour autant une religion sans clercs ni
285
institutions » .
"L’idée que l’islam serait une « religion de laïcs » relève d’une vulgate du dogme
musulman selon laquelle l’autorité religieuse serait une capacité exclusivement
divine". L'islam sunnite possède une structure institutionnelle, autour de la place
Carte postale de 1900 montrant le
centrale occupée par l'imam. Ils assurent la direction de la prière et parfois aussi
286 minbar (chaire utilisée par l'imam
la prédication . Selon la canon islamique, la prière à la mosquée doit être dirigé pour son prêche) de la grande
par un imam. Celui-ci a, dans la mosquée, un véritable rôle de chef d'orchestre et mosquée de Kairouan. Cette chaire
possède une autorité rituelle. L'imam est distingué du fidèle par sa position et par du ixe siècle, toujours en place dans
le fait qu'il soit "seul habilité à prononcer à haute et intelligible voix l’ensemble des la mosquée, est le plus ancien
paroles rituelles constitutives de la salat." Il a aussi autorité pour légitimer la minbar encore intact du monde
286 283
validité d'une prière ou demander au fidèle de la refaire . En outre, ils ont musulman .
parfois, en France, des fonctions, qui, en pays musulman, seraient attribué aux
286
oulémas, au mufti ou au mourchid .
"Cette autorité passe néanmoins d’autant plus souvent inaperçue que le caractère basique des qualifications qu’elle
286
requiert permet aux fidèles de continuer à se représenter ce rôle comme « universellement » accessible" . Ce
principe est particulièrement répandue dans les mosquées française, ce qui a permis de se singulariser du
286
catholicisme .
Dans le chiisme
Le chiisme orthodoxe de la branche usuli (clergé des ayatollah) reconnaît (contrairement aux chiites akhbaris), a
287
contrario, un clergé à plusieurs niveaux hiérarchiques . Chez les chiites, le titre d'imam désigne le chef spirituel et
temporel de la communauté musulmane (calife pour les sunnites). Il est porté par les descendants d'Ali ibn Abi Talib
(premier imam) et de Fatima Zahra (fille de Mahomet) jusqu'au douzième imam (Mahdi). Les imams sont considérés
comme les dépositaires du sens secret de la révélation coranique et comme les seuls successeurs légitimes de
288
Mahomet .
Économie
Le prophète Mohammed est, bien avant Adam Smith, le tout premier homme à avoir mis en avant l'idée que les
marchés et la formation des prix étaient régulés par une main invisible (bien qu'il n'emploie pas le terme "main
289
invisible") : « Il n'y a personne d'autre qu'Allah qui rend les prix faibles ou élevés » ; certains estiment même que
290
ces paroles sont les premières fondations historiques du laissez-faire .
La fiscalité dans l'islam se dit solidaire par le zakât : les fidèles qui en ont les moyens doivent redistribuer une partie
291
de leurs richesses aux plus démunis ou à l'intérêt de la cité . Bien que le montant est réglé au cinquième des revenus
292
du musulman et au tiers de son héritage , le montant effectivement versé n'est jamais explicitement communiqué
291
car celui-ci doit faire l'objet d'un dialogue entre Dieu et le fidèle .
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La finance islamique est une finance réadaptée afin de convenir à la charia : il est interdit d'être rémunéré au seul
motif de l'écoulement du temps (c'est une version poussée de la critique de l'usure) ou au motif du hasard, la finance
islamique ne peut pas non plus financer les activités illicites à la charia, et les profits tout comme les pertes doivent
293, 294
être partagés au sein de la communauté musulmane .
Fêtes musulmanes
Le vendredi est, pour les musulmans, un jour consacré au culte, prenant place
à la mosquée à midi. Ce jour n'inclut pas, comme le sabbat ou le dimanche
chrétien, une dimension de repos. Cette prière du vendredi est évoquée dans
295
le Coran .
Dans l'islam, deux fêtes sont particulièrement sacrées : l'Aïd al-Adha et l'Aïd
el-Fitr.
296
L'Aïd al-Adha, ou Aïd el-Kebir (« la grande fête ») est célébré le
dixième jour du dernier mois du calendrier islamique, en
commémoration du sacrifice d'Abraham sur le Rocher de la Fondation, Célébration de l'Aïd el-Fitr au Maroc.
et coïncide avec le pèlerinage à La Mecque, le cinquième pilier de
297
l'islam. Cette fête correspond à un ancien usage préislamique .
L'Aïd el-Fitr « fête de la rupture du jeune » ou 'al-ʿīd al-ṣag̲ h̲ īr «la petite fête», qui tombe le premier du mois de
298
Chawwal célèbre la fin du jeûne du mois de Ramadan .
299
Achoura : le jeûne de Achoura est un temps de jeûne facultatif, emprunté au judaïsme . Pour les chiites, c'est
300
surtout la date anniversaire de la mort de l'imam Husayn, petit-fils de Mahomet .
301, Note 46
Ramadan : Seul mois dont le nom figure dans le Coran , ramadan est pour les musulmans le « mois saint
302 303
par excellence » car il constitue le mois du jeûne (ou sCaoum) et contient Laylat al-Qadr (la nuit du Destin) . En
français comme en anglais, on emploie indifféremment le mot « ramadan » pour désigner le mois saint pour les
304
musulmans et, par métonymie, le jeûne ou saoum . Laylat al-Qadr (Nuit du Destin), considérée comme la nuit la
plus sainte de l'année, est une commémoration observée au cours de l'un des dix derniers jours impairs du mois. C'est
305
au cours de cette nuit que le Coran aurait été révélé au prophète Mahomet par l'archange Gabriel .
Mawlid (Aïd Mawlid-ennabaoui) : Cette fête qui célèbre la naissance de Mahomet est généralement célébrée le 12
rabi-el-aouel dans les pays musulmans. Elle est aussi appelée maouloud, mouloud, mouled ou mevlid selon les pays.
Culture islamique
Ablations traditionnelles
Pour les musulmans, la nature
primitive (fitra) fixe aux hommes
musulmans, outre la coupe des
cheveux, cinq ablations
306
traditionnelles :
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Arabie préislamique. Selon les hadiths, c'est un usage qui serait resté courant dans les premières communautés
307
musulmanes . Ce rite de passage et de reconnaissance de la petite fille dans sa société perdure en dehors de l'islam
308
chez les coptes, les chrétiennes d’Égypte .
Selon le droit musulman, la circoncision est un acte sunna, recommandé, mais obligatoire (pour les deux sexes) dans
l'école shafi'ite. Un argument avancé est la circoncision d'Abraham. Néanmoins, pour les musulmans, elle est perçue
majoritairement comme "une obligation rigoureuse, au même titre, par exemple, que les piliers de l'islam". Elle a
307 309
acquis dans l'islam une fonction de rite de passage . C'est donc un acte plus culturel que cultuel .
L'excision du clitoris n'est pas davantage une pratique prescrite par le Coran. Les écoles juridiques la
Note 48
recommandent en se fondant sur des hadiths qui ne la prescrivent pas explicitement. Comme pour la
Note 49, 307
circoncision, le fiqh semble avoir entériné une pratique préislamique . Selon les sociologues congolais,
Régine Tchicaya-Oboa, Abel Kouvouama et Jean-Pierre Missie, l'excision fait débat entre les commentateurs
« sunnites » qui la défendent soit comme recommandation, soit comme obligation, soit « sous la pression de l'État »
310, Note 50, Note 51, 311, 312
comme un acte interdit .
Selon le sociologue ivoirien Marcel Kouassi, « certains adeptes d'un islam traditionaliste » s'appuient sur plusieurs
313
hadiths qu'ils considèrent comme « authentiques » pour défendre cette « tradition » . Le grand imam de l'Azhar au
Caire, l'une des plus grandes références du monde sunnite, a fermement condamné l'excision au motif que les textes
qui la recommandent sont totalement trafiqués par les salafistes pour habiller juridiquement ce qu'il considère
308
comme un syncrétisme .
Tabous alimentaires
La loi islamique fournit un ensemble de règles prescrivant ce que les musulmans doivent manger. Ces règles
spécifient ce qui est halal (halāl), c'est-à-dire légal. Ces règles se trouvent dans le Coran, qui décrit aussi ce qui est
haram (harām), c'est-à-dire illégal. Le Coran insiste sur cet aspect normatif, de la différence entre le licite et l'illicite.
314
Ainsi, certains versets prescrivent des interdits et d'autres abrogent les interdits juifs et arabes préislamiques . Le
Coran se présente comme moins contraignant que les interdits alimentaires juifs, qui sont, selon lui, des punitions
314
divines. Néanmoins, les lois alimentaires musulmanes sont moins le fait du Coran que de la Sunna .
315
Un des premiers interdits coraniques liés à la nourriture concerne les excès . Au-delà, d'autres interdits définissent
les aliments — principalement d'origine animale — et les boissons autorisés dans le cadre de la charia. Les critères
utilisés précisent à la fois quels sont les aliments autorisés et la manière dont ils doivent être préparés. Ces interdits
315
sont considérés comme une voie de Salut . Ces interdits sont levés en cas de contrainte de la faim, sans intention de
315
pécher .
Selon Florence Bergeaud-Blackler, « en Europe occidentale, jusqu'aux années 1980, la plupart des autorités
musulmanes considéraient les nourritures des gens du Livre (juifs, chrétiens, musulmans) comme halal, à l'exception
316
du porc ». Cette absence d'objection est confirmée dans une fatwa de Mohamed Abduh et s’appuie sur le texte
317
coranique (la sourate 5 et notamment son cinquième verset) . Jusque dans les années 1980, hormis quelques
juristes d'écoles rigoristes et des groupes islamistes originaires du sous-continent indien, les autorités religieuses, y
compris les plus radicales « considéraient que les musulmans pouvaient consommer la nourriture des pays de
318
tradition chrétienne et juive » .
Note 52
Florence Bergeaud-Blackler, rappelle que le "marché halal" est un marché mondialisé industriel né dans les
années 1980 d'une rencontre entre deux courants : l'idéologie libérale du libre-échange dans un marché mondial sans
318
frontières et le fondamentalisme islamique porté par deux tendances : les Frères musulmans et les salafistes . Cette
évolution permettait aux courants fondamentalistes d'« ériger des frontières symboliques entre les musulmans et les
316
non-musulmans » .
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La Ḏabīḥah ( )َذِبْيَح ةest la méthode prescrite par la loi islamique concernant l'abattage de tous les animaux à l'exception
des animaux marins. Il doit être réalisé en invoquant le nom d'Allah, en disant : « Bismillah Allahi al-Rahman al-
319
Rahim » (Au nom de Dieu le très miséricordieux le tout miséricordieux) . Le sacrificateur doit appartenir à la
320
catégorie des "gens du Livre" . Mais les savants musulmans restent en désaccord sur la licéité de la viande cacher et
320
la conception souple du halal a tendance à être marginalisée .
Calendrier islamique
L'islam possède un calendrier propre. On indique qu’une date est donnée dans ce
calendrier en ajoutant la mention calendrier musulman, calendrier hégirien, ère
musulmane ou ère de l’Hégire ; ou en abrégé, (H) ou (AH) (du latin anno
321
Hegiræ) . Ce calendrier a été mis en place par le calife Umar, qui a fixé son
point de départ au premier jour du premier mois de l'année de l'Hégire, le 16
322
juillet 622. Il introduit alors une ère de l'Hégire .
Musique islamique
L'islam sunnite entretient une relation assez complexe avec la musique. Si la musique
comme fait religieux est attestée dans la religion musulmane, certains auteurs soulèvent la
difficulté de conceptualiser une « musique sacrée. » Dès ses origines et la vie de Mahomet,
certaines contradictions semblent exister et plusieurs courants de pensée -de l'interdiction
325
de la musique à son autorisation- s'opposent .Les musulmans défendant cette vision
s’appuient aussi bien sur le texte du Qorʾān que sur les hadîths. Pourtant, le terme
musique n'est pas utilisé explicitement dans le Coran et cette interprétation s'appuie sur
326
ce qui est perçu comme une allusion . Cet argumentaire s'est construit au fur et à
326
mesure de l'islam et suscite toujours le débat .
Dans les textes présentant la vie de Mahomet, en raison de certaines contradictions et/ou
divergences d'interprétations, différents courants de pensée allant de l'interdiction de la Chauffage de bendirs
327 (tambours sur cadre), Sidi
musique à son autorisation s'opposent . Bien que l'illicéité de la musique fasse
consensus au sein du sunnisme, une emphase particulière sur son interdiction existe chez Bou Said, Tunisie.
328
ses courants fondamentalistes : salafiste, wahhabite, etc. . Pour ce courant, la musique
329
peut manipuler l'esprit et empêcher la méditation du Coran .
La musique dans le monde sunnite est donc frappée d'interdits musicaux qui touchent aussi bien la musique
religieuse que la musique profane. Ces prescriptions interdisent tout particulièrement, la musique instrumentale qui
pourrait être considérée par l'Islam comme un art antireligieux. Pour cette raison et à la différence du soufisme, les
325
instruments ne sont pas utilisés dans le cadre de la musique religieuse sunnite .
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Dans le cadre du sunnisme, la majorité des musulmans exclut de cette interdiction certaines musiques religieuses en
raison de la place première du texte dans celle-ci. Ainsi, selon l’imam égyptien Mohamed Hassan, « le chant est une
329
parole tant qu’il n’est pas accompagné d’instruments de divertissement et de musique . » Pour eux, ces musiques
330
ne sont pas de la musique au sens occidental du terme mais un mode d'énonciation du mot .
En revanche, les chiites n'éprouvent pas de gêne à la reproduction de visages humains, comme ceux de personnalités
cultes telles Ali et Hussein. En effet, contrairement aux Arabes, les Perses, à l'époque médiévale, disposaient déjà
d'une longue tradition artistique (en matière de peinture et de sculpture) qui a perduré même après l'arabisation et
l'islamisation de la Perse.
Symboles
On associe souvent le symbole du croissant et de l'étoile à l'islam, bien qu'il lui
Note 54 331
soit antérieur . Selon Whitney Smith , le croissant est déjà utilisé sur
les emblèmes, artefacts religieux et bâtiments de la Carthage punique. On
332
retrouve aussi le symbole du croissant dans l'Empire byzantin . Il est ainsi
333
attesté sur des monnaies byzantines à partir du ive siècle . Il pourrait avoir
334
une origine sassanide. L'origine du symbole est donc obscure . À la chute de
l'empire byzantin, le symbole aurait pu avoir été conservé sur des drapeaux
335, Note 55
turcs . S'il est utilisé avant par des musulmans, il s'est répandu
334
comme symbole de l'islam qu'au XIV-xve siècle .
336
Un des symboles islamiques est la couleur verte . Le vert est la couleur de la
verdure et du paradis. Cette couleur est présente dans les descriptions Le croissant et l'étoile verts, symboles
337 graphiques et emblématiques de l'islam.
coraniques . Le paradis a été décrit comme verdoyant, où des sources d'eau
couleraient en abondance, où les fidèles porteront des habits de soie
Note 56
verts . La légende d'al-Khidr (celui qui est vert), témoigne de l'importance de cette couleur pour ce
338, 339, 340, 337 337
peuple . Elle aurait été la couleur préférée de Mahomet et deviendra la bannière des chiites . Cette
337
couleur deviendra, par la suite, mais dans des circonstances et à une date "assez floue", le symbole de l'islam . Selon
Michel Pastoureau, elle prend une valeur sacrée vers le xiie siècle. Après la chute des Fatimides, elle perd sa
dimension politique familiale pour devenir une couleur religieuse fédératrice. Cette mise en avant pourrait s'expliquer
dans le contexte des croisades et pourrait même être liée à une promotion du vert par les croisés eux-
Note 57, 341
mêmes .
Médine (Madīnatu an-Nabî), où immigra Mahomet après s'être enfui de La Mecque, est la deuxième ville sainte de
l'islam. Selon ses propres paroles, « pour qui me visite après ma mort, c'est comme s'il m'avait visité de son
254
vivant » .
343 344
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343 344
La ville de Jérusalem (al-Qods) est informellement acceptée par les
musulmans comme étant « le troisième lieu saint ». Cependant elle est
reconnue comme d'une importance moindre, et certains courants islamiques
345
identifient d'autres lieux saints plus importants . C'est l'endroit vers lequel
le prophète Mahomet aurait effectué le voyage nocturne et l'ascension (Isra et
Miraj). Pour autant, ce statut de sainteté de la ville de Jérusalem connaît une
346
mise en place longue puis « connut des hauts et des bas. » . Il se développe
346
principalement à partir de 1144, dans le cadre de la lutte contre les francs .
Les chiites reconnaissent deux autres lieux saints : Nadjaf, en Irak, et Kerbala,
lieu du martyre d'Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et fils d'Ali,
troisième imam, ainsi que ses compagnons, venus à Kerbala pour défendre Le mont Arafat, situé à La Mecque en
Arabie saoudite, est le point d'orgue du
l'imamat.
pèlerinage. Les musulmans du monde
entier affluent à cet endroit pour y être
Par piété filiale, les sunnites reconnaissent l'importance d'Hébron, lieu du
254 absous par Dieu.
tombeau d'Abraham, père d'Ismaël . Enfin selon l'UNESCO, la ville d'Harar
347, 348, 349
en Éthiopie, est la quatrième ville sainte de l'islam .
La mosquée
La mosquée (masjid, "lieu de prosternation") est un espace spécifique réservé à la prière
des musulmans" Il n'y a que peu d'éléments coraniques la concernant. La mise en place de
la mosquée date, en effet, principalement de la période d'expansion de l'islam à partir du
350
viie siècle. Le terme est principalement utilisé dans le Coran pour désigner la Kaaba .
À la mosquée, hommes et femmes sont séparés pour la prière. Cette séparation est liée au
principe que la mosquée doit rester "pure". Néanmoins, cette séparation est avant tout
Vue de la nef centrale de temporelle puisque les lieux peuvent, en dehors de la prière, être occupés par les deux
351
la salle de prière de la sexes .
grande mosquée de
Kairouan (en Tunisie) ; au
fond deux fidèles font la
prière face au mihrab
Rapport aux autres religions
(niche indiquant la qibla).
L'islam reconnaît tous les pères fondateurs du
judaïsme (Moïse, David, Salomon) et du
156
christianisme comme des prophètes, sans pour autant s'y limiter . De
nombreux récits bibliques sont présents dans le Coran et l'islam naissant est
352
marqué par des emprunts aux judaïsme . Vis-à-vis du judaïsme, le Coran
montre une attitude changeante, initialement bienveillante, avant une
rupture, date à laquelle "Le Livre" est distingué de la Torah et de l’Évangile.
Les rapports entre les musulmans et les juifs sont marqués par cette
352
ambivalence . Dans les hadiths, l'attitude principale de l'islam vis-à-vis du
Le dôme du Rocher à Jérusalem.
judaïsme et du christianisme est la méfiance. Cela s'inscrit dans une volonté
de distinguer clairement les institutions et les communautés. Un principe
largement adopté est "n'agissez pas comme le font les gens du Livre", ce qui ressemble à l'interdiction talmudique de
353
suivre les pratiques des Gentils . Cela n’empêche pas l'islam naissant d'utiliser les éléments du judaïsme, Yom
353
kippour devenant ainsi le jeûne d'Ashoura, puis du Ramadan .
L'apostasie dans l'islam vers une autre religion, quelle qu'elle soit, est fermement interdite par l'interprétation
354 Note 58
majoritaire du Coran . Le Coran condamne l'apostasie, sans y associer de peine terrestre , et encourage la
Note 59
conversion des non-musulmans. S'il est ambigu vis-à-vis des religions qu'il nomme « du Livre » , il ne l'est pas
pour les païens, "mécréants" (kouffar, au singulier kafir) et associationnistes qui n'ont le choix, parce qu'ils ont
355, 356
commis un crime exécrable en refusant d'adorer le seul vrai Dieu, qu'entre la conversion et la mort . Le droit
musulman a instauré un statut particulier pour les non-musulmans en pays d'islam, connus alors sous le nom de
dhimmi. L'islam leur garantit une protection contre l'acceptation de "la domination de l'islam et un certain nombre
[Link] 27/48
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d'obligations" (abstention d'ostentation religieuses, marques vestimentaires, impôt particulier…). L'histoire est
357
marquée par une variation dans l'application de ces règles . Pour ce qui est de la tolérance religieuse, la lettre de
Mahomet aux chrétiens najrânites où ils purent exercer librement leur culte en l'an 631 est souvent citée. Pour des
chercheurs, ces alliances ont été tardivement « forgées par des chrétiens qui voulaient prouver à leurs suzerains
358, 359, 360
musulmans que le Prophète lui-même avait garanti leur bien-être et la préservation de leurs biens » .
Des processus de dialogues inter-religieux sont engagés, comme avec le catholicisme qui possède un " Service national
361
pour les relations avec l’islam", dont l'origine remonte aux années 1970 . Il a connu néanmoins des "bourrasques",
comme après la conférence de Ratisbonne et pose la question de la réception des échanges (comme la "lettre des 138")
dans le monde musulman. "Il semble donc que l’islam de chaque pays entende gérer le dialogue à son compte, non
sans l’inscrire dans un contexte où les dimensions politiques l’emportent souvent sur celles de caractère culturel, voire
362
spirituel" . Pour Remi Brague, l'islam se considérant comme un post-christianisme, le dialogue islamo-chrétien
363
intéresse plus les chrétiens que les musulmans .
Critiques
Mosquée des Omeyades à Damas en
Les critiques négatives contemporaines, faites à l'islam par de nombreux Syrie.
auteurs de pays dont les systèmes politiques sont laïques ou séculiers, sont
pratiquement les mêmes que celles faites aux deux autres religions
monothéistes : obscurantisme, misogynie, phallocratie, homophobie, intolérance, éloge de certaines violences, etc, et
372
partage avec le christianisme l'antisémitisme .
373
Par exemple, parmi les auteurs anglo-saxons, l'éthologiste britannique Richard Dawkins estime que l'islam est
incompatible avec les avancées récentes de la science, et en particulier la théorie de l'évolution, et a même émis le
374
souhait personnel de « populariser l'évolution dans le monde islamique » . Pour l'historien tunisien Mohamed
375
Talbi l'évolutionnisme est une vieille tradition dans la pensée musulmane, il cite entre autres Ibn Khaldoun .
376
Le journaliste anglo-américain Christopher Hitchens , est encore plus virulent à l'égard de l'islam et des religions
en général : « Violente, irrationnelle, intolérante, alliée au racisme, au tribalisme et au sectarisme, revêtue
d'ignorance et hostile à l'investigation libre, dédaigneuse des femmes et coercitive envers les enfants : la religion
organisée doit avoir beaucoup sur la conscience ». Au sujet de l'islam, Hitchens soutient que cette religion est sexiste,
377
intolérante, et comprend de nombreuses « sectes guerrières et contradictoires entre elles » . Néanmoins,
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« l'affirmation fondamentale » de l'islamisme selon laquelle l'islam « ne peut s'améliorer et est définitif » est, selon
378
lui, « absurde » . Cependant, bien des critiques peuvent paraître infondées, comme l’accusation de racisme, de
tribalisme ou d'intolérance. En effet, lors de son discours d’adieu, Mahomet a déclaré au contraire qu'« aucun Arabe
379 380
n'a une supériorité sur un non-Arabe » . Prophétisant les foutoûhât (« ouvertures à l'islam » ) entre autres de
l'Égypte, il a recommandé de traiter ses habitants avec bienveillance : « Dieu vous recommande les gens de la
protection (Ahl al-dimmah), les gens de l'argile noire (limon du Nil, ndlr), qui sont de teinte noire et ont les cheveux
381
crépus car ils sont vos parents (par Agar, ndlr) et alliés (par Maria la Copte, ndlr) » . Et d'insister : « il faut obéir à
382, Note 61
l'autorité légale, même détenue par un Noir à nez coupé (adultère, ndlr) » . Aussi, bien que les actes de
Mahomet peuvent paraitre atroces et hypocrites, il convient cependant de prendre en compte les contraintes des
383
pratiques sociales rudes de son époque pour les juger . Dans sa biographie sur Mahomet, Maxime Rodinson fait
une analyse contextuelle des réformes législatives et sociales de Mahomet, et souligne que celui-ci a fait des réformes
384
concernant la condition féminine, l'esclavage, et la sécurité en général . Après une étude contextualisée de ses
réformes au regard de l'époque médiévale, Rodinson conclut : « Ainsi se constituait une législation qui, malgré ses
lacunes, ses obscurités, son caractère occasionnel, était à maints égards un progrès sur l'état antérieur. Elle répondait
bien aux nécessités particulières de la petite communauté médinoise en voie d'extension. Elle sauvegardait la sécurité
de l'individu et protégeait certaines catégories particulièrement exposées. En général, la tendance existante à
l'individualisme était encouragé, sans que le système tribal soit abandonné. Surtout au milieu de l'océan des coutumes
imposées par la tradition et l'opinion publique, apparaissaient des éléments d'un véritable droit des prescriptions, en
385
principe nettement formulées et valables pour tous » . Après la mort de Mahomet (en 632), le deuxième calife de
l'islam Omar ibn al-Khattâb (mort en 644) a poursuivi ces réformes sociétales en abolissant l'esclavage pourtant
386
traditionnellement ancré dans toute l'Arabie .
« Le futur de l'islam se trouve dans le principe de l'accord des musulmans avec la conception de la [foi] universelle et
la capacité, à travers cette universalité, de faire et d'abroger des lois. À mesure que les musulmans avancent, leurs lois
peuvent, de même, avancer avec eux, et la prise de la mainmorte du droit canon peut se relâcher graduellement et
387
légalement » .
Dans son livre Violence et islam, le poète arabe Adonis considère que la violence est inhérente à l'islam et au Coran, la
Note 62 388
non-violence ne s'appliquant pas envers les kafirs et les apostats , ni envers les femmes , et constate que
389
l'islam, historiquement et idéologiquement, encourage le saby (la prise de captives) .
Pour Ali Mostfa et Michel Younès, « le débat aujourd'hui autour de l'islam en Occident se cristallise autour de
nouveaux repères, telles que les revendications qui accentuent une altérité centrée sur l'observance des normes et du
ritualisme en tant que variables permettant à l'individu de s'intégrer dans la collectivité. Un nouvel imaginaire se
trouve ainsi renforcé, celui du retour à un passé mythifié comme argument pour raffermir le phénomène
390
communautaire et densifier les références globales de l'appartenance » .
Notes et références
Notes
1. Hadith : le prophète a dit : « Le croyant mange à satisfaire la faim d'un seul intestin. Le mécréant mange pour en
remplir sept. », rapporté par Boukhari.
2. Le Coran est le reflet d'une telle distinction. Ainsi, par exemple, la sourate 49 oppose chez les bédouins, deux
états : celui de croyants (mu'min) et celui de soumis (muslim). Dans ce contexte, le muslim est quelqu’un qui s’est
converti superficiellement, sans avoir la foi.
3. Cette définition ressort de toutes les études générales d'histoire ou d'histoire de l'art sur l'islam, par exemple : G.
Ryckman (dir.), « L'Islam », dans Maxime Gorce et Raoul Mortier, Histoire générale des religions, vol. 3, Paris,
Quillet, 1948, 2e éd., p. 333. L'auteur précise dans l'introduction que le génie de Mahomet est d'avoir fait de l'islam
un patriotisme dont le fondement est religieux. Le Larousse du xxe siècle donne à l'Islam le sens second
d'ensemble des pays de religion islamique. Littré aussi, mais c'est au mot Islamisme, avec le « même sens que
celui de Chrétienté pour les pays chrétiens. »
4. Les auteurs parlent parfois des "guerres d'apostasie", terme "apologétique et anachronique", l'islam n'étant pas
encore une religion constituée.
5. À propos de l'histoire de la rédaction du Coran et des débats scientifiques sur le sujet, lire Coran et Recherches
sur la datation du Coran
6. Il y a environ 20 millions de chrétiens parmi les Arabes.
7. Ni le Coran, ni le propos attribué à Mahomet ne contiennent le mot « piliers ».
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35. « Islamic conference in Chechnya: Why Sunnis are disassociating themselves from Salafists » ([Link]
[Link]/world/[Link]
ml) Sep, 09 2016 : « He stated: “Ahluls Sunna wal Jama’ah are the Ash’arites or Muturidis (adherents of Abu
Mansur al-Maturidi's systematic theology which is also identical to Imam Abu Hasan al-Ash'ari’s school of logical
thought). In matters of belief, they are followers of any of the four schools of thought (Hanafi, Shaf’ai, Maliki or
Hanbali) and are also the followers of pure Sufism in doctrines, manners and [spiritual] purification. ».
36. Qui contiendrait donc des références claires à Ali ainsi que des noms d'adversaires de Mahomet
37. Le Coran, « La Caverne », XVIII ([Link] 28, (ar)
( الكهف[Link]
7%D9%81).
38. Soit à la suite de la campagne d'Égypte (Jocelyne Cesari), soit à la suite de la poussée du wahhabisme :
[[Link]/doc/tiers_0040-7356_1982_num_23_92_4176 Le réformisme musulman et son évolution
historique]
39. Concernant environ 80% des nouvelles générations en France, cet islam se veut un attachement traditionnel et à
des valeurs, sans, pour autant, une réelle pratique
40. Cette théorie est une construction qui, rejetant des hadiths chiites, va défendre la thèse du libre choix (ikhtiyâr)
aura pour conséquence de devoir valoriser les Compagnons de Mahomet."Elle s’interdit plus que les autres la
réflexion sur la vérité des faits advenus, ce qui ne sera pas sans engendrer une tendance permanente au refus de
la réalité et à l’idéalisation du passé, et cela jusqu’à nos jours." :
41. Cette condition n'est pas suffisante pour les chiites : « chaque imâm choisit son successeur parce qu’il reconnaît
en lui une dimension eschatologique, une sorte de préexistence métaphysique : l’imâm est dans l’ordre des faits
choisi par Dieu et seulement reconnu par l’imâm qui le précède. »
42. Arabe : risāla, رسالة, message ; lettre épître.
43. Ces quatre "écoles" portent le nom de quatre imams. "Plus personne toutefois ne eut aujourd'hui prétendre que
les imams éponymes furent les initiateurs de ces écoles". Ces écoles sont nées dans des cercles de savants dans
un processus impersonnel. (E.C, "Sharia", Dictionnaire du Coran.)
44. Selon Noah Feldman, les premiers attentats-suicides pourraient remonter aux anarchistes européens du
xxe siècle (Noah Feldman, « Islam, Terror and the Second Nuclear Age », The New York Times,29 octobre 2006
(ISSN 0362-4331 ([Link] lire en ligne ([Link]
0/29/magazine/[Link]), consulté le 12 mai 2016).). Toujours est-il que, selon Constance Sereni (à l'échelle
de masse) la stratégie militaire des attaques kamikazes (japonais : « vent divin ») serait plutôt une innovation du
vice-amiral japonais Ônishi Takijirô au xxe siècle (« La tactique kamikaze - une invention fondamentalement
japonaise ? ([Link]
onstance-sereni/) », sur GIS Asie / Réseau Asie & Pacifique (consulté le 12 mai 2016).)
45. Lorsque des militants chiites ont fait exploser la caserne des Marines américains au Liban
46. Coran, II, 185.
47. Les cinq ablations, cités ci-dessus, proviennent d'un hadith mais sont davantage une invitation qu'une norme
prescriptive.
48. "sous une forme bénigne"
49. L'excision du clitoris (ou clitéroctomie) est une pratique attestée en Égypte à l'époque ptolémaïque mais mal
connue : Ange-Pierre Leca, La médecine au temps des pharaons , Paris, Dacosta, 1992, chapitre « excision ».
50. En Guinée (pays à majorité sunnite), les musulmanes défendent l'excision comme une obligation religieuse. P.
Stanley Yoder, Papa Ousmane Camara, Baba Soumaoro, L'excision et la socialisation des adolescentes en
Guinée, Calverton, Maryland, U.S A . Macro International Inc et Université de Conakry, Conakry, Guinea, 1999,
57 p. (lire en ligne ([Link] chapitre 4.
51. Selon Habib Ellouze, l'excision dont il s'agit, serait seulement une nymphoplastie ou labiaplastie : « dans les
régions où il fait chaud, les gens sont contraints d'exciser les filles à titre de thérapie, car, dans ces régions, les
clitoris sont trop grands et gênent l'époux […] On excise ce qu'il y a en plus, mais ce n'est pas vrai que l'excision
supprime le plaisir chez les femmes, c'est l'Occident qui a exagéré le sujet. L'excision est une opération
esthétique pour la femme »
52. L'auteur étudie ici le "marché halal", pratique contemporaine particulière, et non l'existence de pratiques
normatives alimentaires.
53. Exemple : « Ceux qui subiront le chatiment le plus dur, le jour du jugement dernier, ce sont ceux qui dessinent les
images » (Boukhari 78/75).
54. Les croissants de lune utilisés dans l'antiquité peuvent avoir plusieurs directions. Le croissant vertical, tourné vers
la droite, s'est développé avec l'islam : G. Camps, « Croissant », Encyclopédie berbère, 14 | 1994, 2121-2125.
55. Il n’apparaît officiellement sur les drapeaux turc qu'en 1793, en association avec une étoile à huit branches L'étoile
a cinq branches n’apparaît qu'en 1844. : Marshall, Tim (2017-07-04), A Flag Worth Dying For: The Power and
Politics of National Symbols, Simon and Schuster (ISBN 978-1-5011-6833-8).
56. Par exemple, sourate 18 (Al-Kahf) : « Voilà ceux qui auront les jardins du séjour (éternel) sous lesquels coulent les
ruisseaux. Ils y seront parés de bracelets d'or et se vêtiront d'habits verts de soie fine et de brocart, accoudés sur
des divans (bien ornés). Quelle bonne récompense et quelle belle demeure ! ».
[Link] 31/48
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57. "De même que ce sont probablement les croisés qui ont sorti le croissant du vaste répertoire de figures
emblématiques utilisées par les musulmans et qui l'on promu pour en faire la seule figure s'opposant à la croix, de
même peut-être ont-ils contribué à la promotion du vert dans le camp d'en face : une seule couleur pour
emblématiser l'[Link] au long de l'Histoire, dans les guerres des emblèmes et des symboles, le regard
de l'autre a toujours été déterminant"
58. La sévérité du droit musulman vis-à-vis de l'apostasie, généralement punie de mort, découle davantage de
l'histoire que du Coran.
59. Des débats ont eu lieu entre les penseurs musulmans pour déterminer la légitimité du judaïsme et du
christianisme. En effet, plusieurs attitudes sont visibles dans le Coran, accompagnant la dégradation des relations
entre Mahomet et les juifs.
60. Cela est en partie lié à la vision de l'homme et de la femme comme complémentaire.
61. Boukhari, vol. 9, livre 89, no 256 avec cette différence : « Écoutez et obeissez, même si l'on vous a donné pour
chef un esclave éthiopien noir comme un raisin sec ».
62. « Il existe dans le texte une violence théorique et une violence pratique. La violence théorique a engendré la
violence pratique. Sur le plan pratique, par exemple, l'individu ne peut nullement se défaire de la croyance de ses
parents ou de sa communauté au profit d'une autre. Beaucoup de versets condamnent l'apostasie […]. « Ne
laisse sur la terre aucun habitant qui soit au nombre des incrédules. » (Coran 71:26) Le musulman qui lit ce verset
est invité à exercer le djihad pour réaliser ce souhait et à combattre la « mécréance » avec tous les moyens dont il
dispose. C'est une violence qui n'est pas vue comme telle car considérée comme un triomphe de l'islam et du
vouloir divin. On peut d'ores et déjà dire que la violence est intrinsèque à l'islam. On peut citer également : « Nous
nous sommes vengés d'eux ; nous les avons engloutis dans l'abîme » (Coran 7:135) ; « le jour où nous les
saisirons avec une très grande violence, nous nous vengerons » (Coran 44:16) ; « Le Jour de la Résurrection
nous les rassemblerons face à face ; aveugles, muets et sourds. Leur asile sera la Géhenne. Chaque fois que le
Feu s'éteindra, nous en ranimerons, pour eux, la flamme brûlante » (Coran 17:97). Dans cette même sourate, il
est dit : « Considère comment nous avons préféré quelques-uns d'entre eux aux autres » (Coran 17:21). C'est la
loi de l'arbitraire. […] Ceux qui osent désobéir « seront traînés avec des chaînes dans l'eau bouillante et précipités
ensuite dans le feu » (Coran 40:70-72) ». Violence et islam, Adonis, entretiens avec Houria Abdelouahed, éditions
Seuil (ISBN 978-2-02-128858-2), p. 51, 52 et 53.
Références
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235. « L’islamologie est encore tributaire de ce paradigme. Les études sur les doctrines de l’islam et celles sur les
pratiques des musulmans sont séparées par des cloisons disciplinaires. L’on se représente tantôt une étrangeté
mutuelle totale des deux sphères, tantôt une influence unilatérale des ‘ulamâ’ sur la masse » :
[Link] Trois approches peuvent avoir été utilisées. La première, essentialiste, appuie
sur cette différence au risque d’être péjoratif envers un islam « populaire », « périphérique » ou « ethnique ». La
seconde est de voir ces islams comme des entités déconnectées, au risque du relativisme. La troisième essaye
de trouver un équilibre, par l’abandon d’un universalisme dogmatique dans la recherche des diversités
musulmanes : [Link]
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« Mahomet » de la Grande encyclopédie Larousse que « certains de ces actes nous paraissent atroces, et
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pernicieuses, mais permanentes, de la raison d'Etat »
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Voir aussi
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Dictionnaire de théologie catholique sur
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