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Guide General EIES Final PDF

Le document présente un guide sur la réalisation d'études d'impact environnemental et social en République du Bénin, visant à intégrer les préoccupations environnementales et sociales dans le développement durable. Il décrit les procédures administratives, les étapes de l'évaluation, et l'importance de la consultation publique pour les projets classés en différentes catégories selon leur impact. L'objectif est d'assurer une prise de décision éclairée et une insertion harmonieuse des projets dans leur milieu.

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Le document présente un guide sur la réalisation d'études d'impact environnemental et social en République du Bénin, visant à intégrer les préoccupations environnementales et sociales dans le développement durable. Il décrit les procédures administratives, les étapes de l'évaluation, et l'importance de la consultation publique pour les projets classés en différentes catégories selon leur impact. L'objectif est d'assurer une prise de décision éclairée et une insertion harmonieuse des projets dans leur milieu.

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M I N I S T È R E DU CADRE DE VIE

ET DES TRANSPORTS

EN CHARGE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

R É P U B L I Q U E DU B É N I N

OCTOBRE 2023

9 Quartier Fidjrossè Fiyégnon, Cotonou

03 BP 4387

@ [email protected]
3
Table des matières
Introduction ................................................................................. 7
1. Procédure administrative ....................................................... 9
2. Étapes du processus de réalisation de l’étude
d’impact environnemental et social .......................... 15
3. Réalisation de l’étude d’impact environnemental et
social ............................................................................ 28
3.1 Contenu de l’étude d’impact ................................................28

3.2 Partie prospective : contexte du projet ................................32

3.2.1 Description du projet et de ses variantes .............................33

3.2.2 Description du milieu récepteur ...........................................42

3.2.3 Information et consultation publique ..................................52

3.3 Partie analytique : analyse des impacts et mesures


d’atténuation .........................................................................................60

3.3.1 Inventaire et caractérisation des impacts ............................64

3.3.2 Évaluation de l’importance des impacts directs ...................67

3.3.3 Impacts indirects et cumulatifs .............................................71

3.3.4 Enjeux environnementaux et sociaux ...................................75

3.3.5 Mesures d’atténuation..........................................................81

3.3.6 Impacts résiduels ...................................................................87

3.3.7 Synthèse du projet ................................................................88

4
3.3.8 Études de danger et mesures d’urgence ..............................88

3.4 Plan de gestion environnementale et sociale ......................91

3.4.1 Programme de surveillance environnementale et sociale ...95

3.4.2 Programme de suivi environnemental et social ...................95

4. Présentation de l’étude d’impact............................... 97


4.1 Considérations méthodologiques .........................................98

4.2 Renseignements confidentiels ..............................................99

4.3 Dépôt du rapport .................................................................100

5
Sigles et abréviations
ABE : Agence béninoise pour l’Environnement
CCES : Certificat de conformité environnementale et sociale
CGES : Cadre de gestion environnementale et sociale
CPRP : Cadre de politique de réinstallation des populations
DGEFC : Direction générale des Eaux, des Forêts et Chasse
EAS : Exploitation et Abus Sexuels
EIES : Étude d’impact environnemental et social
MGP : Mécanisme de Gestion des Plaintes
MST : Maladie sexuellement transmissible
NES : Norme Environnementale et Sociale
PAE : Plan d’action environnemental
PARC : Plan d’action de réinstallation et de compensation
PEES : Plan d’engagement environnemental et social
PEPP : Plan d’engagement des parties prenantes
PGES : Plan de gestion environnementale et sociale
PMPP : Plan de mobilisation des parties prenantes
REESS : Rapport d’Évaluation environnementale et sociale
stratégique
SIG : Système d’Information Géographique
SME : Système de Management Environnemental
TDR : Termes de Référence
TIC : Technologies de l’Information et de la
Communication
VIH : Virus de l'immunodéficience humaine

6
Introduction
Plusieurs actions ont contribué, depuis 1992, à la protection de
l’environnement et à la promotion du développement durable en
République du Bénin. Parmi celles-ci, on peut citer l’élaboration et
l’adoption d’un Plan d’Action Environnemental (PAE) et la création
de l’Agence béninoise pour l’Environnement (ABE). Cette dernière
est chargée de mettre en œuvre un cadre législatif et réglementaire
pour la gestion de l’environnement. À cette fin, une loi-cadre sur
l’environnement a été élaborée et a institué l’évaluation
environnementale dans une perspective systémique intégrée
comme un instrument privilégié du développement durable.
L’Évaluation environnementale permet de prendre en compte en
continu, idéalement dès l’idée de programme et pour tous les
projets, les préoccupations environnementales et sociales à toutes
ses phases de réalisation avec une participation accrue des parties
prenantes en vue de son insertion harmonieuse dans le milieu.

Le présent guide général de réalisation d’une étude d’impact


environnemental et social concerne spécifiquement
l’opérationnalisation de la procédure d’étude d’impact
environnemental et social prévue au titre V du chapitre 1, de la Loi
cadre sur l’environnement ainsi que des décrets d’application
correspondants. Il est destiné aux promoteurs et aux gestionnaires
responsables de la réalisation et de l’analyse des études d’impact
environnemental et social (EIES). L’évaluation environnementale et
sociale doit permettre au promoteur ainsi qu’aux autorités
responsables de prendre les décisions éclairées en matière de
protection de l’environnement et, d’insertion sociale harmonieuse
d’un projet qui est soumis.
7
À ces fins, l’Évaluation environnementale et sociale requiert pour la
plupart des projets ou des activités la préparation et la validation
d’Études d’impact environnemental et social (EIES). La liste des
activités soumises à étude d’impact environnemental et social se
trouve en Annexe au présent Guide sous forme de tableaux
élaborés par grands domaines de projet. Les types de projets par
secteur d’activités sont classées en fonction de seuils établis par
rapport au niveau actuel et aux perspectives de développement du
Bénin ainsi que par rapport aux risques environnementaux et
sociaux qu’ils présentent. Certains projets requièrent une Étude
d’impact environnemental et social détaillée ou approfondie
lorsqu’ils sont classés en catégorie A, ou une Étude simplifiée
lorsqu’ils sont classés en catégorie B ; d’autres font l’objet de
prescription environnementale et sociale ou Notice d’impact
environnemental et social lorsqu’ils sont classés en catégorie C. Les
projets ou les activités de catégorie D sont ceux dont les impacts
anticipés sont très insignifiants ou très faibles et conséquemment
une Étude ou une Notice d’impact n’est pas requise. Les projets
dont l’Étude d’impact environnemental et social validée est jugée
acceptable font l’objet de l’émission d’un Certificat de conformité
environnementale et sociale (CCES).

L’évaluation environnementale et sociale s’applique également, en


amont des projets, à toute politique publique, stratégie, plan et
programme de développement ou toutes autres initiatives
concernant différents secteurs d’activités ou de développement.
L’Évaluation environnementale et sociale stratégique est initiée
d’office par le ministre chargé de l’environnement sur requête de
l’Agence ou à la demande de l’organisme responsable de l’initiative
concernée. Elle consiste en la préparation d’un rapport
8
d’Évaluation environnementale et sociale stratégique qui après
validation, fait l’objet d’un Visa de faisabilité environnementale,
qui ne préjuge pas toutefois de la conformité environnementale
des projets qui découleront de l’initiative concernée.
Toutes les procédures d’évaluation environnementale et sociale
portent un volet concernant la participation et la consultation
publique, requise pour tous les projets de catégorie A et B, et pour
toutes les initiatives soumises à l’évaluation stratégique. Une partie
de ce guide porte sur l’Audience publique et présente les conditions
et ses phases de préparation et d’organisation.

Le présent guide porte essentiellement sur les procédures


administratives et la réalisation de l’Étude d’impact
environnemental et social approfondie et simplifiée des projets de
Catégorie A et B, incluant les modalités de la consultation publique.
Il précise également le contenu d’une Notice d’impact
environnemental et social requise pour les projets de Catégorie C.

Le Guide compte trois parties distinctes. La première partie insiste


sur la nature de l’étude d’impact en précisant succinctement ses
caractéristiques. La seconde partie décrit la démarche à suivre pour
réaliser une étude d’impact. Cette démarche comporte un certain
nombre d’étapes bien définies et permet aux promoteurs de
rassembler toute l’information nécessaire à l’analyse d’un projet
sur les plans environnemental et social. La troisième et dernière
partie porte sur les modalités de présentation de l’étude d’impact
à l’Agence. On y précise la forme du rapport, une mise en garde
relativement aux renseignements confidentiels et les exigences en
termes de nombre de copies que doit comporter le dossier pour les
fins de l’analyse.
9
1. Procédure administrative

La procédure administrative d’évaluation environnementale et


sociale a pour but de préciser les différentes étapes relatives à
l’application des articles 87 et suivants de la loi N° 98-030 du 12
février 1999, portant loi-cadre sur l’environnement en République
du Bénin, ainsi que du décret N°2022-390 du 13 juillet 2022 portant
organisation des procédures de l’évaluation environnementale et
sociale en République du Bénin.
La procédure d’évaluation d’impact environnemental et social est
sous la responsabilité du Ministre responsable de l’environnement
en République du Bénin. Cette procédure s’inscrit dans le cadre des
fonctions du Ministre qui consistent, entre autres, à protéger
l’environnement, restaurer les zones et sites dégradés et à assurer
l’équilibre entre l’environnement et le développement (art. 4 de la
Loi). Cette procédure s’adresse également à une multitude
d’intervenants notamment le personnel de l’Agence béninoise pour
l’Environnement (ABE) chargée d’aider le Ministre du Cadre de Vie
et des transports chargé du Développement durable dans la prise
de décision en matière d’impact environnemental et social sur un
projet qui lui est soumis, les membres des commissions d’audience
publique sur l’environnement responsables de la participation du
public, ainsi que toute personne travaillant dans un ministère ou un
organisme susceptible de participer à l’une ou l’autre des étapes de
la procédure. Cette procédure indique également au promoteur ou
au mandataire de son choix le cheminement administratif relatif à
une demande de certificat de conformité environnementale et
sociale et d’autorisation administrative d’une autorité compétente
pour un projet concerné.

10
Conformément aux articles 11 et 12 de la Loi, l’Agence béninoise
pour l’Environnement (ABE) a le mandat d’appuyer la réalisation
des différentes étapes de cette procédure. A cette fin, l’ABE assure
la conduite générale du processus, convient des termes de
référence (TDR) de l’Étude, aide le promoteur en le conseillant, si
requis, sur son étude d’impact, juge si le dossier est complet,
prépare l’avis technique destiné au Ministre et contribue à
l’élaboration de la décision sur l’acceptabilité environnementale et
sociale du projet. Les commissions d’audience publique
interviennent lorsque le Ministre initie la procédure d’audience
publique. Ces commissions ont pour mandat de conduire la
consultation publique en trois phases, soit la préparation de
l'audience, la tenue de la réunion d'audience et la rédaction du
rapport.
Au-delà et en amont des audiences publiques, la consultation des
parties prenantes et en général, la participation du public est
fortement encouragée tout au long du processus. Si l’étude
d’impact s’avère un outil indispensable dans l’identification et
l’évaluation des conséquences et des répercussions que peuvent
avoir certains projets sur les milieux naturel et humain, elle ne peut
cependant être exhaustive. Elle ne peut ni déterminer avec un
degré de précision suffisant ce qui est souhaitable ou prioritaire, ni
évaluer selon une échelle de valeurs ce qui est compatible avec la
qualité de vie des citoyens d’une région ou d’une localité donnée.
La participation du public doit permettre aux personnes, groupes
ou municipalités concernés par le projet d’avoir accès à
l’information technique, d’exprimer leurs opinions sur le projet et
de mettre en lumière, entre autres, les enjeux et les valeurs
collectives qui doivent être considérées dans la prise de décision,
ainsi que les composantes valorisées des écosystèmes.
11
La consultation publique permet de vérifier s’il n’y a pas de
conséquences inopinées à l’implantation d’un projet, et de ce fait,
elle peut éviter des dépenses futures qui seraient requises pour des
correctifs environnementaux et sociaux.

La procédure administrative d’étude d’impact environnemental et


social comporte six étapes :

a) La transmission, à l’Agence, des termes de référence


proposés pour l’étude d’impact environnemental et social du
projet de catégorie A, pour fins de validation. Lorsque la
procédure est faite par e-Service, cette première phase est
précédée de la transmission d’une description détaillée du
projet à l’Agence qui doit donner suite dans un court délai.
b) La réalisation de l’étude d’impact environnemental et social
par le promoteur et, le cas échéant, d’autres documents
annexes requis, tels qu’un Plan d’action de réinstallation et
de compensation des populations affectées et/ou un Plan de
restauration des sites, toujours suivant des termes de
référence validés par l’Agence. Lorsque réalisée, l’étude
d’impact est déposée officiellement auprès de l’Agence avec
tous les autres documents constituant le dossier de la
demande de certificat de conformité environnementale et
sociale.
c) La consultation publique, (encadré 1) amorcée en s’assurant
que le public est informé et que soit mis à sa disposition le
dossier de la demande de certificat de conformité, incluant
toute l’information adéquate concernant le contenu
technique des études. Elle est complétée par la tenue
d’audiences publiques si applicable.

12
d) L’analyse environnementale ou instruction, effectuée par
l’Agence. Cette phase d’analyse s’amorce dès la réception du
dossier jugé complet de l’étude d’impact environnemental
et social et se prolonge au-delà de la phase de participation
du public pour tenir compte des conclusions de l’audience
publique, si celle-ci est requise.
e) La décision par le Ministre quant à l’acceptabilité
environnementale et sociale du projet, et l’émission, le cas
échéant, d’un certificat de conformité environnementale et
sociale. Le dossier est par la suite transmis à l’autorité
compétente pour décision administrative finale. L’autorité
compétente est tout organisme public habilité à délivrer une
autorisation administrative pour la mise en œuvre d’un
projet.
f) La mise en place du Plan de gestion environnementale et
sociale (PGES) du projet approuvé, et amorce de la
surveillance et du suivi environnemental et social en
collaboration avec l’Agence. D’autres ministères ou
organismes peuvent également être appelés à assurer le
suivi de conditions établies selon leurs compétences
respectives. Le cas échéant, ils reçoivent les rapports,
certificats et autorisations pertinents leur permettant
d’assumer cette responsabilité.

Dans les paragraphes qui suivent, chacune des phases est décrite
plus en détail, en une série d’étapes administratives et analytiques.

13
Encadré 1 : La participation publique

Bien que la procédure prévoie un processus formel d’audience


publique, la participation des parties prenantes n’est pas une étape
du processus d’évaluation environnementale et sociale au Bénin.
L’implication des individus ou des groupes qui sont positivement ou
négativement affectés par une intervention planifiée (un projet, un
programme, un plan ou une politique) sujet à un processus de prise
de décision, ou encore qui sont intéressés à intervenir doit être
structurée, commencer tôt et être soutenue par l’établissement
d’une communication efficace tout au long du processus et du cycle
de vie du projet à toutes ses étapes clés (préparation, construction,
exploitation et fermeture). L'implication du public très tôt dans ce
processus de prise de décision permet surtout d’éviter d’éventuels
conflits, de faire émerger des solutions créatrices nouvelles et
d'accroître l’engagement communautaire vis-à-vis du projet.

Le promoteur doit à ces différentes fins utiliser les outils les plus
appropriés à l’ampleur de son projet et aux spécificités de son
milieu d’insertion. Toutes les parties prenantes devront être
consultées, aussi bien les parties directement touchées ou
affectées que les parties intéressées de même que les individus et
groupes vulnérables ou défavorisés. Dans tous les cas, les
démarches de consultations du promoteur ou de l’initiateur
doivent être continues et lui permettre, avant même le dépôt de
son avis de projet de jauger l’acceptabilité du projet, de mesurer les
oppositions et de modifier ou non le design du projet et décrire le
cas échéant les modifications apportées au projet au cours des
phases de planification et les mesures d’atténuation prévues en

14
réponse aux observations soulevées à cette étape (rencontres,
journées d’information, ateliers); avant l’ÉIES pour rendre compte
des préoccupations du public et s’assurer de leur prise en compte
dans les directives (assemblée communautaire, débat public).
Pendant la réalisation de l’ÉIES, la participation du public permet de
mobiliser les données socio-économiques de référence de la
communauté, de compléter les inventaires et valider les impacts et
mesures, (enquêtes, diverses études). Enfin, la participation du
public est essentielle pour déterminer l’acceptabilité et la
fonctionnalité du Plan de gestion environnementale et sociale
(PGES) (enquête publique, audience publique, etc.).

2. Étapes du processus de réalisation de l’étude


d’impact environnemental et social

Étape 1 : Transmission de guide et de tout autre


document d’orientation pertinent

Afin de préciser la nature, la portée et l’étendue de l’étude d’impact


environnemental et social, le Ministre chargé de l’environnement fait
parvenir au promoteur ou initiateur de tout projet assujetti à la procédure
(Loi, art. 89) et classé de Catégorie A, le guide général de réalisation
d’étude d’impact environnemental et social en lui demandant de
préparer des termes de référence pour l’étude environnementale et
sociale spécifique de son projet. Le Ministre oriente également le
promoteur dans le cheminement administratif de sa demande
d’autorisation.

Pour les projets de Catégorie B, pour lesquels seulement une étude


d’impact simplifiée est requise, la marche à suivre est similaire pour tous
les projets et est contenue dans le guide d’étude d’impact
15
environnemental et social simplifiée. Cependant pour compléter
adéquatement le guide d’étude simplifiée le promoteur est invité à
consulter le guide sectoriel du type de projet auquel appartient son projet
ou son activité. Dans ce cas, le promoteur n’a pas à préparer de termes
de référence.

Pour les projets de Catégorie C, pour lesquels une prescription


environnementale et sociale ou notice d’impact environnemental et
social est nécessaire, la directive du Ministre requiert au minimum, les
informations générales sur le projet, la description de ses activités et de
son milieu récepteur, ses impacts potentiels, la synthèse des mesures
d’atténuation ou de mitigation proposées ainsi que le plan de gestion
environnementale et sociale assorti d’un programme de mise en œuvre
des mesures d’atténuation, de compensation des impacts négatifs et de
bonification des impacts positifs (Décret n° 2022-390, art. 41).

Étape 2 : Préparation des termes de référence

Pour les projets de catégorie A, sur la base du guide général ainsi


que, le cas échéant, du guide sectoriel approprié, le promoteur
rédige les termes de référence de l’étude d’impact
environnemental et social approfondie de son projet. Les termes de
référence englobent les indications sur le contenu éventuel de
l’étude, conformément au contenu exigé par le Décret portant
organisation des procédures de l’évaluation environnementale et
sociale (Décret n° 2022-390, art. 40), précisent la portée du travail
à accomplir, et indiquent les principales tâches à réaliser durant
l’étude ainsi que le niveau d’effort requis pour la préparation de
l’EIES.

16
Pour les projets de catégorie B, le promoteur devra préparer l’Étude
d’impact conformément au contenu exigé par le Décret portant
organisation des procédures de l’évaluation environnementale et
sociale (Décret n° 2022-390, art. 40).

Étape 3 : Approbation des termes de référence


Pour les projets de catégorie A, les termes de référence sont soumis
à l’ABE qui, après analyse et, s’il y a lieu, corrections ou demande
de correction, les approuvent. Ils constituent alors la directive
officielle du Ministre pour le projet ou l’activité en question.

Étape 4 : Réalisation de l’étude d’impact


environnemental et social
Pour les projets de catégorie A et B, le promoteur réalise l’étude
d’impact conformément aux Termes de Référence et au contenu
exigé par le Décret portant Organisation des procédures de
l’évaluation environnementale et sociale (Décret n° 2022-390, art.
40). Le promoteur dépose ensuite officiellement son étude
d’impact auprès de l’Agence avec tous les autres documents
constituant le dossier de la demande d’autorisation pour étude et
avis.

La responsabilité de la réalisation de l’étude d’impact


environnemental et social incombe au promoteur ou à l’initiateur
du projet qui doit recourir soit à un bureau d'études agréé, soit à
une équipe d'experts dirigée obligatoirement par un expert agréé
(Décret n° 2022-390, art. 39). Le promoteur en demeure toutefois
le seul responsable.

17
Au cours de la réalisation de l’étude d’impact environnemental et
social, il peut s’avérer en effet que des éléments non identifiés au
préalable soient importants ou que des données ne soient plus
valides au moment de l’Étude. Il revient alors au promoteur ou à
l’initiateur du projet d’actualiser les données nécessaires et
d’inclure dans son étude, le cas échéant, tout nouvel enjeu ou
impact non anticipé au départ.

L’étude d’impact environnemental et social doit être conçue et


préparée selon une méthode scientifique, de façon à identifier et à
évaluer de manière rigoureuse les conséquences du projet sur la
qualité de l’environnement et la qualité de vie des populations.

Pour faciliter la consultation et l’information pour le public, un


résumé vulgarisé (encadré 7), des éléments essentiels, des enjeux
environnementaux et des conclusions de l’étude d’impact
environnemental et social doit accompagner l’étude.

En outre, considérant l’étude d’impact environnemental et social


comme un outil de planification et d’aide à la décision, elle doit être
structurée de manière à conduire à une décision ; les éléments ou
critères utilisés pour y parvenir doivent y être clairement énoncés,
les méthodes et outils utilisés à chacune des étapes de sa
réalisation doivent être explicitement indiqués et décrits.

18
Étape 5 : Dépôt de l’étude d’impact environnemental et
social et demande de certificat de conformité
environnementale et sociale

Le promoteur dépose auprès de l’Agence une demande de


certificat de conformité environnementale et sociale accompagnée
d’un document précisant le coût d’investissement du projet (Décret
n° 2022-390, art. 31 et 32). La réponse de l'Agence se fait par la
délivrance au promoteur d’une facture pro-forma avec indication
du montant de la redevance à payer dans un délai de soixante-
douze (72) heures à compter de la date de réception de
l’information concernant le coût d’investissement.

Il dépose ensuite pour fins d’instruction cinq (05) exemplaires


physiques du rapport d’étude d’impact environnemental et social
et autres rapports complémentaires ou annexes ainsi qu’un rapport
en format électronique auprès de l’Agence, accompagné de la
quittance du paiement de la redevance.

La version provisoire du rapport d'EIES et des autres rapports


complémentaires ou annexes le cas échéant peut faire l’objet
d’amendements demandés par l’Agence. Conformément à la
procédure, une visite des sites d’accueil est obligatoire pour les
projets de catégorie A et intervient dans un délai de cinq (05) jours
ouvrables à compter de la date de réception du dossier jugé
complet. Pour les projets de Catégorie A et B, un processus de
validation par des comités techniques s’enclenche et, le cas
échéant, des corrections, compléments ou amendements sont
demandés au promoteur.

19
Après prise en compte des amendements, une version finale de
l’ÉIES et autres documents accessoires requis est déposée auprès
de l’Agence en un exemplaire et en version électronique.

La transmission du projet de Certificat de conformité


environnementale et sociale par le Ministre se fait au plus tard cinq
(05) jours après acceptation de la version finale par l'Agence, Le
certificat de conformité environnementale et sociale est délivré
après réception du plan d’engagement environnemental et social
du promoteur (Décret n° 2022-390, art. 47).

Étape 6 : Étude d’impact rendue publique


Au-delà de la consultation publique ou de la participation des
parties prenantes initiées par le promoteur tout au long du projet,
l’article 91 de la loi cadre spécifie qu’après avoir reçu l’étude
d’impact environnemental et social, le Ministre doit la rendre
publique et créer selon les dispositions règlementaires une
commission d’audience publique. Le Décret n° 2022-390 du 13
juillet 2022 portant organisation des procédures de l’évaluation
environnementale et sociale en République du Bénin en ses articles
56 et 57 place la procédure d’audience publique sous la
responsabilité du Ministre qui l’initie lorsque, statuant sur un
dossier d'EIES, il juge nécessaire de recueillir l'avis des citoyens en
vue d'éclairer sa décision ou, sur requête adressée au Ministre dans
un délai de quinze (15) jours après avoir rendu publique la version
provisoire du rapport d'EIES.

20
Étape 7 : Requête d’audience publique
Conformément aux articles 100 et 101 de la loi, « toute personne
physique ou morale peut demander au Ministre de mettre en
œuvre la procédure d’audience publique sur l’environnement ».
Cette demande doit être accompagnée d’un dossier de justification
(Décret n° 2022-390, art. 58) précisant le nom et l’adresse du
requérant, les motifs de la demande et les intérêts du ou des
demandeurs par rapport au milieu touché par le projet, ainsi que
toutes pièces relatives au projet ou à ses impacts sur
l'environnement, le cas échéant.). Le Ministre, après avis technique
de l’Agence, peut accepter ou rejeter la demande en motivant son
refus.

Toute personne intéressée peut consulter le rapport d’étude


d’impact environnemental et social et la documentation du projet
pendant la période de 15 jours suivant la date à laquelle le Ministre
a rendu publique la version provisoire du rapport d’étude d’impact
environnemental et social et dans les cas où le projet est assujetti à
une étude d’impact approfondie, demander la tenue d’une
audience publique conformément aux dispositions de l’article 100
de la Loi précisées par le dernier alinéa de l’article 57 du décret
portant organisation des procédures de l’évaluation
environnementale et sociale.

Étape 8 : Nomination d’une Commission


Le Ministre autorise l’audience publique par arrêté qui précise
notamment les éléments suivants : l’objet de l’audience publique ;
la composition, l'organisation et les attributions de la commission

21
chargée de conduire l'audience ; les lieux et les horaires de
consultation du dossier du projet par le public ; les tâches de
l'audience publique ; la durée des travaux de la commission.

La Commission d’audience est composée de cinq (05) membres


nommés par le Ministre dont un expert reconnu dans le secteur
concerné et désigné par le Ministre, deux représentants de la
collectivité territoriale concernée par le projet et désignés par le
conseil communal, le Directeur général de l’Agence ou son
représentant et un représentant des organisations non
gouvernementales intervenant dans le domaine de
l'environnement. La Commission est présidée par l’expert désigné
par le Ministre et l’Agence assure le rapportage.

Étape 9 : Audiences publiques


La population est informée de la tenue d’une audience publique par
la publication de l’arrêté du Ministre prescrivant l’audience
publique. Cet avis spécifie, entre autres, les dates et les lieux où
toutes les personnes, tous les groupes et toutes les municipalités
intéressées peuvent se faire entendre. L’arrêté doit être publié au
Journal Officiel, par voie de presse et par affichage public dans les
structures territorialement concernées par le projet.

L’audience publique se déroule en trois (03) phases : la préparation


de l'audience, la tenue de la réunion d'audience et la rédaction du
rapport (art. 66 du décret). À la première phase, le calendrier
détaillé et les scénarii des réunions sont arrêtés, le requérant et le
promoteur rencontrés séparément, s’il y a lieu, pour expliquer les
scenarii retenus pour l’audience. Au cours de la deuxième phase de

22
l’audience a lieu la tenue de la réunion d’audience qui se tient en
deux séances obligatoirement en des lieux accessibles et ouverts au
public, une séance d'information et d'investigation et une séance
d'argumentation où le huis clos est proscrit. Au cours de la
troisième phase du déroulement de l’audience publique, la
commission rédige à l’issue de la réunion d’audience publique un
rapport qui fait la synthèse des débats et les recommandations.
Une copie dudit rapport est transmise à l’autorité communale
concernée pour avis.

Le rapport final de l’audience est transmis au Ministre dans un délai


de dix (10) jours après la tenue de la séance d'argumentation. Le
Ministre rend public le rapport final d'audience. Une copie dudit
rapport final est transmise au requérant, au promoteur et aux
structures concernées par le projet. Il constitue le cas échéant, une
pièce d'information dans la validation du rapport et la délivrance
du certificat de conformité environnementale et sociale.

Étape 10 : Analyse environnementale et sociale et


Examen par un comité technique
Une fois l’étude d’impact environnemental et social rendue
publique par le Ministre, et lorsque les dossiers sont jugés complets
et si l’audience publique n’est pas requise, l’ABE procède à l’analyse
environnementale et sociale du projet, en consultation avec les
ministères et autres organismes concernés selon leurs
compétences respectives. L’ABE dispose d’un délai de vingt-six (26)
jours ouvrables pour examiner le rapport d’étude d’impact
environnemental et social. Ce délai est de soixante-huit (68) jours

23
ouvrables lorsque la procédure requiert une audience publique.
L’analyse vise à produire une argumentation objective quant à
l’acceptabilité du projet au point de vue de la qualité de
l’environnement et de l’acceptabilité sociale, argumentation qui
fera ressortir d’une part les axes de force du projet et d’autre part,
les inconvénients majeurs afférents à sa réalisation.

Il s’agit d’une procédure d’analyse participative de la recevabilité et


de la qualité du contenu des rapports d’EIES par un examen
rigoureux en vue de faire des recommandations au ministre
responsable de l’environnement sur la conformité
environnementale et l’acceptabilité sociale du projet. Elle consiste
en une invitation à un atelier d’étude du rapport d’EIES assortie
d’une visite des sites d’accueil des projets de la catégorie A, en la
tenue dudit atelier en une ou plusieurs séances en vue de la
validation du rapport d’ÉIES et de l’approbation du rapport final, en
la vérification de la mise à jour du plan de gestion
environnementale et sociale par le promoteur et en la préparation
du certificat de conformité environnementale et sociale à la
signature du Ministre.

Pour procéder à l’analyse environnementale et sociale, l’ABE peut


solliciter la collaboration des divers ministères et organismes
intéressés ou impliqués dans le projet qui, constitués en comité
technique, examineront le rapport d’étude d’impact. L’ABE tient
compte également du rapport d’audience publique avant de
finaliser son avis technique. La décision d’émettre un certificat de
conformité environnementale et sociale appartient au Ministre
après avis technique motivé de l’ABE.

24
Pour fins de validation, l’ABE met en place un comité technique ad
hoc d’experts spécifiques à chaque projet, chargés de statuer sur la
qualité des rapports d’ÉIES, (Décret n° 2022-390, art. 33). Pour les
projets de Catégorie A, le comité technique regroupe un groupe
d'experts de haut niveau composé d'universitaires, de praticiens,
des représentants des ministères sectoriels et des collectivités
territoriales concernées. Pour les projets de Catégorie B, le comité
technique mis en place par l’ABE regroupe les praticiens, des
représentants des ministères sectoriels, des ONG intervenant dans
le secteur, des représentants des collectivités territoriales et des
services techniques déconcentrés concernés (Décret n° 2022-390,
art. 33).

Étape 12 : Notification d’irrecevabilité


Lorsque le rapport d'EIES est jugé irrecevable ou retourné pour
complément d'informations, une notification motivée en est faite
au promoteur. Cette notification suspend les délais prévus à
l'article 34, jusqu'à la satisfaction des exigences.

Étape 13 : Études complémentaires


Le promoteur soumet les renseignements requis ou corrige son
rapport et dépose le rapport d’ÉIES à l’ABE dans un intervalle
maximum de quatre-vingt-dix (90) jours. L'Agence dispose de cinq
(05) jours après le dépôt du rapport amendé pour convoquer à
nouveau le comité technique et procéder à une nouvelle validation
dudit rapport. Le délai de la délivrance du CCES recommence à
courir à compter du jour du dépôt, par le promoteur, de la nouvelle
version du rapport.

25
Étape 14 : Avis technique de l’ABE
Préparé par l’ABE, l’avis technique tient compte de l’importance
des impacts anticipés, des principes directeurs du ministère chargé
de l’Environnement et des préoccupations des citoyens touchés, à
l’égard des impacts et des options étudiées.

L’avis technique de l’ABE contient une recommandation au


Ministre chargé de l’environnement quant à la décision à rendre à
l’égard de la demande de certificat de conformité
environnementale et sociale. Cet avis technique est réalisé à l’aide,
entre autres, de l’étude d’impact, de l’analyse réalisée par l’ABE, du
rapport d’audience publique, s’il y a lieu, du rapport de l’un ou
l’autre des comités techniques ad hoc d’experts et de tous les
documents soumis à l’appui de la demande d’autorisation soit de
l’initiative du promoteur soit à la demande de l’ABE, de la
commission d’audience publique ou du Ministre.

Étape 15 : Décision du ministre de l’Environnement

Suite à l’avis technique de l’ABE, le ministre émet ou non le


certificat de conformité environnementale et sociale. Si le Ministre
juge satisfaisante l’étude d’impact environnemental et social, il
délivre le certificat de conformité environnementale et sociale. S’il
refuse, il en avise immédiatement le promoteur.

Outre l’obtention du certificat de conformité environnementale et


sociale du Ministre chargé de l’Environnement, l’initiateur du projet
doit aussi obtenir une autorisation de réalisation délivrée par
l’autorité compétente sectorielle ; conformément à l’article 89 de

26
la Loi, l’autorité compétente ou de tutelle ne peut autoriser un
projet soumis à la procédure sans que le certificat de conformité
environnementale et sociale n’ait été délivré.

Étape 16 : Mise en œuvre du projet


Il appartient au promoteur de réaliser son projet une fois les
autorisations nécessaires obtenues. Cependant le certificat de
conformité environnementale et sociale, et par voie de
conséquence l’autorisation délivrée par l’autorité compétente
cessent d’avoir effet si la réalisation physique de l’activité ou du
projet n’a pas commencée dans un délai de trois (03) ans après la
réception du certificat de conformité environnementale et sociale
par le requérant (Décret n° 2022-390, art. 47).

Étape 17 : Surveillance et Suivi environnemental et social


L’ensemble du projet sur tout son cycle de vie et durant ses
différentes phases (préparation, construction, exploitation,
fermeture, démantèlement ou remise en état du site) doit
demeurer sous observation afin que soit assuré le respect de la
décision prise par le Ministre et que des moyens soient disponibles
pour atténuer des risques et impacts environnementaux et sociaux
dont la nature ou l’ampleur aurait été inattendue.

La surveillance environnementale et sociale est réalisée par


l'Agence. Elle permet de vérifier le respect des conditions attachées
au Certificat de conformité environnementale et sociale et la mise
en place adéquate du Plan de gestion environnementale et sociale.
Le suivi environnemental et social est la responsabilité
essentiellement du promoteur du projet. Il permet de vérifier
27
durant une période adéquate, la suffisance et l'efficacité des
mesures d'atténuation sur la base des indicateurs d'impacts
environnementaux et sociaux. Il consiste à observer et à mesurer
sur une période déterminée, la nature, l’intensité et l’évolution de
certains impacts, notamment ceux qui dans l’étude présentaient
des aspects de risque et d’incertitude. Les modalités du programme
de suivi sont élaborées par le promoteur en collaboration avec
l’ABE et les autres ministères ou organismes concernés par la
réalisation du projet. Celles-ci sont contenues dans le plan de
gestion environnementale et sociale qui accompagne le certificat
de conformité environnementale et sociale délivré par le Ministre.

3. Réalisation de l’étude d’impact environnemental


et social

3.1 Contenu de l’étude d’impact environnemental


et social
L’Étude d’impact Environnemental et Social décrite ici s’applique
aux études requises par les projets de Catégorie A et B. Elle
comporte essentiellement quatre parties et peut se décliner en un
certain nombre de chapitres distincts.

a) La partie perspective de l’EIES inclut le contexte


réglementaire, d’autres éléments introductifs et
contextuels qui présentent de manière générale le
projet, son promoteur, la justification du projet comme
la justification du choix des technologies, si nécessaire.
b) Une deuxième partie de l’EIES est descriptive et doit
inclure la description du milieu récepteur, la description
28
plus précise du projet, de ses phases, de ses
composantes, et des alternatives de conception ou de
localisation qui ont été examinées.
c) Une troisième partie de l’EIES est analytique et inclut
l’inventaire et l’analyse de l’importance des impacts ainsi
que les mesures et les résultats des démarches de
consultation du public et des parties prenantes, sous
l’Initiative du promoteur, aux fins de jauger en partie
l’acceptabilité sociale du projet. L’analyse des impacts
inclut les méthodes de détermination ou d’évaluation
des impacts, l’analyse des impacts cumulatifs, l’analyse
des risques (technologiques, santé et sécurité), le
classement des impacts selon leur importance et selon
différents enjeux, et enfin, l’identification des mesures
d’atténuation pour chacun des impacts.

Encadré 2 : Principaux enjeux de l’analyse


L’analyse des impacts et leur hiérarchisation peut faire appel à la
notion d’enjeux précis, que la consultation publique entre autres
aura pu cerner, et doit inclure des considérations de conformité aux
principes de développement durable incluant celles de genre et de
générations, aux enjeux des changements climatiques et
d’émission des gaz à effet de serre, ainsi qu’à ceux de la
conservation de la diversité biologique et de la lutte contre la
désertification.

d) L’EIES doit conclure par une partie prospective incluant


l’élaboration d’un Plan de gestion environnementale et
sociale (PGES) présentant un programme de mise en

29
œuvre des mesures d’atténuation, un programme de
surveillance et un programme de suivi environnemental
et social ainsi qu’un programme de renforcement des
capacités si applicable. La figure 1 présente les principaux
éléments à couvrir à chacune des étapes.

e) Tout projet occasionnant le déplacement involontaire


physique ou économique d’au moins cent (100)
personnes fait l’objet d’un Plan d’action de réinstallation
et de compensation (PARC) (Décret n° 2022-390, art. 42).
Ce document est séparé mais joint à l’Étude d’impact
environnemental et social.

30
31
3.2 Partie prospective : contexte du projet

Cette partie de l’ÉIES doit permettre de comprendre et situer


géographiquement le projet et ses grandes caractéristiques
techniques, telles qu’elles apparaissent au stade initial de sa
planification. Elle expose aussi le contexte d’insertion du projet et
sa raison d’être. À cet égard, elle explique les problèmes ou besoins
motivant le projet, présente les contraintes ou exigences liées à sa
réalisation et fait état des principales préoccupations des parties
concernées.

Cet exposé doit permettre de dégager les enjeux


environnementaux, sociaux, économiques, sanitaires, sécuritaires
et techniques du projet, à l’échelle locale et régionale, ainsi que
nationale et internationale, s’il y a lieu, de même que les principales
contraintes écologiques, compte tenu, des valeurs intrinsèques ou
composants valorisés du milieu.

Des éléments de consultation du public à l’initiative du promoteur


doivent faire apparaître d’emblée les intérêts et les principales
préoccupations des diverses parties prenantes.
La partie perspective de l’EIES doit inclure au minimum six points :

1) une présentation du promoteur. Cette présentation inclut


des renseignements généraux sur ses antécédents en
relation avec le projet envisagé et les grands principes de la
politique de protection de l’environnement et de
développement durable de l’entreprise ou de l’organisme, le
cas échéant ;

32
2) le cadre juridique et institutionnel et le contexte
réglementaire auquel le projet est assujetti, incluant
l’autorité sectorielle compétente ou de tutelle et l’ensemble
des autorisations qui seront requises ;
3) la justification du projet, ses caractéristiques générales et
particularités technologiques s’il y a lieu ;
4) le site choisi, et le cas échéant, si approprié, la justification
de ce site et du choix de la variante retenue ;
5) La consultation publique préalable, s’il y a lieu, tenue à
l’initiative du promoteur et les conclusions qu’il en tire,
quant aux principales préoccupations des parties concernées
et des parties prenantes ;
6) des indications sur le déroulement de l’Étude d’impact
environnemental et social, et l’organisation du Rapport, sur
les ressources et l’expertise qui ont été requises, les données
disponibles et utilisées, et les méthodologies requises et
utilisées.

Partie descriptive, description du projet et du


milieu récepteur

3.2.1 Description du projet et de ses variantes

Les documents du projet constituent la première base


d’information pertinente. Il importe de veiller à ce que ces
documents fournissent des renseignements concrets, pouvant
servir à l’évaluation des aspects environnementaux et sociaux. Ceci
vaut en particulier pour les questions importantes tant sur le plan
technique et économique que sur le plan écologique et incluant en

33
particulier les points suivants : consommation de ressources
naturelles ; consommation de surfaces ; conditions de transport ;
assainissement ; consommation d’énergie ; contexte socio-
économique et culturel ; effets générés dans les secteurs situés en
amont et en aval. Des informations plus approfondies qui auraient
été recueillies dans le cadre d’une étude de faisabilité, incluant s’il
y a lieu les connaissances locales, peuvent être incluses dans l’Étude
d’Impact environnemental et social.

La description détaillée du projet inclut les alternatives ou variantes


retenues parmi quelques-unes qui auraient été possibles ou
envisagées, et peut inclure des plans, des cartes, des figures utiles,
ou tous autres renseignements pertinents pour la compréhension
des enjeux environnementaux du projet (Décret n° 2022-390, art.
40).

Si différentes options ou variantes étaient possibles, l’analyse


comparative des options (encadrés 3 et 4), alternatives ou variantes
pour l’atteinte des objectifs visés par la proposition de projet doit
être présentée ainsi que la justification de l’alternative ou de la
variante retenue, le projet (Décret n° 2022-390, art. 40). L’objectif
consiste alors à faire la démonstration que le projet du promoteur
constitue la meilleure solution sur les plans technique,
économique, social et environnemental. Pour des fins de
comparaison et quand le contexte s’y prête, l’étude peut ici
considérer la non-réalisation ou le report du projet comme
approche ou toute solution proposée lors de consultations
publiques organisées par le promoteur.

34
Une approche simple de l’analyse environnementale et sociale
comparative consiste, dans un premier temps, à examiner les effets
positifs et négatifs, sur l’environnement physique, biologique et
socio-économique, de chaque variante identifiée y compris l’option
« sans projet ». Des critères de comparaison sont d’abord définis
aux plans technique, économique, social et environnemental. Les
critères retenus doivent toujours permettre de discriminer les
variantes entre elles. Au plan environnemental, la comparaison
s’appuiera essentiellement sur les inconvénients (ou avantages)
environnementaux permanents les plus importants, ainsi que sur
les inconvénients temporaires les plus préoccupants. L’analyse
comparative contient généralement un tableau synthèse qui fait
ressortir les principaux éléments discriminants en faveur ou contre
l’une ou l’autre des variantes considérées. Il faut aussi prévoir la
préparation de cartes appropriées pour visualiser la localisation des
variantes dans la zone d’étude ainsi que les éléments significatifs
du milieu qui sont affectés. Comme pour le projet retenu, la
description des variantes doit permettre d’identifier toutes les
activités à réaliser lors des phases préparatoires, de construction et
d’exploitation du projet, préférablement décrites et localisées sur
une carte. Elle doit inclure les activités connexes, aménagements
et travaux, les infrastructures temporaires et permanentes, les
coûts estimatifs de chaque variante et leur échéancier. Dans cette
analyse, l’option zéro c’est à dire « statu quo, sans réalisation de
projet », est considéré comme une variante.

L’analyse des comptes multiples est l’un des outils de la


méthodologie d’analyse des variantes. Elle consiste à : (i) établir un
registre c’est-à-dire une liste explicite des comptes (et comptes
auxiliaires) des impacts appréhendés des différentes solutions ; (ii)
35
noter les indicateurs selon un système de pointage et les pondérer
d’une façon systématique et transparente, pour que les effets
ayant une incidence sur la valeur des indicateurs deviennent
évidents ; (iii) compléter le processus d’analyse par des
consultations publiques qui permettent l’acquisition de
connaissances locales à propos de l’emplacement physique des
variantes.

36
Encadré 3 : pourquoi des variantes ?
Des solutions de rechange à la proposition de projet, dites
alternatives ou variantes peuvent émaner des considérations
suivantes : un examen des autres éventualités en tenant compte
des effets environnementaux et sociaux de l’une et de l’autre, des
consultations publiques auprès des personnes intéressées,
notamment le public et les responsables communales (ce qui inclut
la capacité du public à inspecter le document de planification dans
sa totalité), une demande de la part d’un organisme de prise de
décision reconnu, d’une manière transparente, comme une
résolution d’une structure de décision technico-politique (Agence
béninoise pour l’Environnement).

Si d’autres éventualités sont envisagées à l’étape de l’évaluation


environnementale et sociale, on ne s’attend pas à ce qu’elles soient
mentionnées au même moment. Il faut d’abord déterminer les
« solutions de rechange ». Après une évaluation systématique des
solutions de rechange, on peut procéder à l’analyse des scénarios
de réalisation possibles avec une ou plusieurs de ces solutions. À
ce moment, les autres façons possibles de répondre aux problèmes
qui sont à l’origine de la proposition de projet devraient être
cernées.

Un premier choix parmi les différents types de solutions doit être


fait pour mieux formuler le projet, et lancer l’étude de faisabilité.
Cette dernière va définir ce qui est techniquement possible, et là
encore, il va falloir choisir les options techniques qui vont être
retenues pour la conception du projet.

Sur le plan méthodologique, les différents types de solution


peuvent être proposées lors des consultations effectuées par le
37
promoteur, à partir des connaissances acquises du diagnostic des
milieux biophysiques et humains, des données de référence qui se
trouvent souvent dans des sources d’information existantes,
comme les statistiques gouvernementales, des textes
règlementaires nationaux et/ou internationaux, des accords ou
conventions internationaux ou régionaux. De plus, les solutions de
rechange proposées doivent refléter les enjeux associés à la
réalisation du projet, y compris à ceux qui sont en lien avec les
préoccupations exprimées par les acteurs à l’égard du projet. Elles
doivent prendre en compte les besoins à combler et les objectifs
du développement durable. Enfin, le promoteur doit les analyser
en tenant compte du potentiel d’émission de GES, de l’impact que
pourraient avoir les changements climatiques sur le projet ou sur
le milieu et des stratégies d’adaptation aux changements
climatiques.

De plus, chaque solution de rechange et/ou variante


sélectionnée doit être réalisable à des coûts ne compromettant
pas la rentabilité économique du projet et répondre, en bonne
partie, aux problèmes ou besoins identifiés ainsi qu’être faisable
sur les plans juridique, légal, réglementaire et technique

38
Encadré 4 : Le choix des variantes

La proposition d’une variante doit être motivée, par le souci


d’éviter, de minimiser ou de réduire : l’empiètement du projet sur
les milieux humides et hydriques ou sur le milieu terrestre qui
pourrait limiter d’autres usages existants ou potentiels :

• la détérioration ou la perte d’habitats pouvant affecter la


biodiversité du milieu ;
• la détérioration ou la perte d’habitats pouvant affecter la
pratique d’activités traditionnelles ;
• la perte d’espèces menacées, vulnérables ou susceptibles
d’être ainsi désignées ;
• la perte de milieux d’intérêt pour les communautés
concernées ;
• la perte de milieux exceptionnels ;
• la détérioration ou la perte de territoires agricoles ;
• les contraintes propres aux activités agricoles ;
• les zones à risque de glissement de terrain, d’érosion des
berges, d’inondation et de submersion ;
• les îlots de chaleur urbains ;
• la détérioration de la qualité de vie des communautés
avoisinantes ;
• l’empreinte carbone du projet ;
• les émissions de contaminants, de GES ou autres rejets ;
• l’utilisation de l’eau ou la gestion de l’eau ;
• les coûts de construction et d’exploitation du projet ;
• la répartition inéquitable des impacts et des bénéfices du
projet pour la population.
39
La description du projet retenu après justification peut inclure
l’ensemble des éléments décrits dans l’encadré 5.

Encadré 5 : Description du projet

a) le plan d’ensemble des composantes du projet à une


échelle appropriée (incluant les voies de circulation, les
structures et les bâtiments), les plans spécifiques des
éléments de conception du projet et un plan en
perspective de l’intégration de l’ensemble des
composantes dans le paysage environnant ;
b) les activités d’aménagement et de construction
(déboisement, défrichage, brûlage, forage, excavation,
dynamitage, creusage, remblayage, franchissement de
cours d’eau, enlèvement du sol arable, utilisation de
machinerie lourde, utilisation d’herbicides et de
pesticides, démolition ou déplacement de bâtiments,
etc.) ;
c) les déblais et remblais (volume, lieux, collecte, transport,
entreposage et élimination) ;
d) les eaux de ruissellement et de drainage (collecte,
contrôle, dérivation, confinement) ;
e) les émissions atmosphériques (ponctuelles et diffuses) ;
f) les déchets (volume, lieux et modes d’élimination, etc.) ;
g) les modalités et les mesures de protection des sols, des
eaux de surface et souterraines, de l’atmosphère et de la
faune (abat-poussières, bassins de rétention,
40
confinement, etc.), incluant les mesures temporaires ;
h) les installations de chantier et autres infrastructures
temporaires (chemins d’accès, parcs pour la machinerie,
points de raccordement aux réseaux ou au milieu
récepteur, aires d’entreposage et d’expédition,
installations sanitaires, équipements de traitement des
eaux et des boues, hébergement du personnel, cantine,
bureaux administratifs, stationnements, etc.) ;
i) les bâtiments et autres structures permanents, ainsi que
les installations connexes (routières, ferroviaires,
portuaires et aéroportuaires, amenées d’énergie, prises
d’eau, aires de réception, de manipulation et
d’entreposage, etc.) ;
j) les modes d’exploitation, les procédés et équipements,
ainsi que les schémas de procédé et les bilans de masse
pour chacune des étapes de production et de gestion de
rejets, notamment les schémas de circulation des eaux
(de procédé, de refroidissement, sanitaires et pluviales)
en relation avec les activités génératrices de
contaminants ;
k) les matières premières et additives (provenance,
quantité, caractéristiques, entreposage, transport, etc.) ;
l) les rejets liquides, solides et gazeux (quantité et
caractéristiques physiques, chimiques et biologiques
détaillées, localisation précise de leurs points de rejet), le
bruit, les odeurs, les émissions diffuses et les autres types
de nuisance, ainsi que les équipements et installations qui
y sont associés (captage, épuration, traitement,
41
dispersion, diffusion, élimination, contrôle, réception,
entreposage, manipulation, etc.) ;
m) les mesures d’utilisation rationnelle et de conservation
des ressources (réduction à la source, amélioration de
l’efficacité d’utilisation et application des technologies de
valorisation : réemploi, recyclage, compostage, etc.) ;
n) la durée de vie du projet et l’engagement à préparer les
plans de fermeture des installations, quelques années
avant la cessation des activités ;
o) le calendrier de réalisation selon les différentes phases,
la main-d’œuvre requise, les horaires de travail et les
phases futures de développement ;
p) les coûts estimatifs.

3.2.2 Description du milieu récepteur


La description du milieu récepteur est essentielle à l’analyse
environnementale, afin d’obtenir une connaissance adéquate des
composantes qui risquent d’être affectées par le projet. Elle doit,
en outre, fournir le matériel de base (« baseline ») contre lequel les
impacts du projet seront évalués. Le premier élément de cette
étape consiste à :

(i) délimiter la zone d’influence du projet ;


(ii) en décrire les composantes pertinentes. Le cas échéant,
la production d’une ou plusieurs cartes, à des échelles
appropriées peut être utile à cette étape afin de
visualiser l’organisation générale du milieu.

42
3.2.2.1 Délimitation de la zone d’étude

Le promoteur doit définir la zone d’influence du projet et en


justifier les limites. Cette zone doit inclure toutes les portions du
territoire qui peuvent être touchées par le projet et ses activités ou
installations connexes (routes d’accès au site, sites
d’approvisionnement en matériaux et corridors de transport, etc.).

Il peut arriver qu’il soit nécessaire de définir différentes zones


d’étude selon les enjeux (zone d’étude restreinte, zone d’étude
élargie, zone d’étude régionale, etc.). Cette subdivision du territoire
étudiée permet de décrire les composantes environnementales et
sociales en utilisant le niveau de perception approprié dans chaque
enjeu.

3.2.2.2 Description des composantes pertinentes


du milieu

Base nécessaire à l’étude de l’impact d’un projet sur


l’environnement et la société, l'identification des récepteurs
d'impact nécessite la description détaillée de l'état initial du site
(baseline) et de son environnement portant notamment sur ses
ressources naturelles, sa biodiversité, ainsi que sur les espaces
terrestres, maritimes ou hydrauliques et la qualité de l'air
susceptibles d'être affectés par le projet accompagné d'un plan de
situation et d'un plan de masse aux échelles appropriées, et sur
lequel figure l'affectation des constructions et terrains avoisinant le
site du projet ainsi que toutes les servitudes. Cette description de
l’état initial concerne également le milieu humain. La description

43
du milieu pourrait se limiter à l’étude de certains problèmes
particulièrement difficiles ou atypiques.

L’étude d’impact environnemental et social doit s’appuyer sur une


description factuelle et pertinente des milieux naturel et humain
tels qu’ils se présentent avant la réalisation du projet. Cette
description doit également faire ressortir les tendances observées
en termes d’intégrité de ces milieux en l’absence du projet. Ainsi, la
description du milieu biologique, physique et humain en plus
d’englober la description de l’état initial de l’environnement à
l’intérieur du périmètre d’étude, doit également examiner le niveau
actuel de la pollution (état actuel) et la dynamique dans le temps et
l’espace des différents éléments décrits avant la mise en œuvre du
projet. Dans un premier temps, il est nécessaire de déterminer les
composantes environnementales qui peuvent être touchées par le
projet. Une liste de composantes environnementales est présentée
dans l’encadré 6.

44
Encadré 6 : Composantes du milieu récepteur
Milieu physique et biologique

• Caractéristiques de la/des région(s) concernée(s) par le


projet : climat et conditions météorologiques ; macroclimat
(rayonnement, température de l’air, pression atmosphérique,
humidité, pluviosité, évaporation, direction et vitesse des
vents) ; microclimat (inversions, fréquence du brouillard,
vents locaux) ; risques d’intempéries (ouragans, tempêtes de
sable et de poussière, chutes de grêle, pluies diluviennes,
crues, inondations) ; risques de catastrophes naturelles
(tremblements de terre, éruptions de volcans, cyclones),
risques sécuritaires (contexte sécuritaire des zones
d’intervention du projet, différents facteurs de risques en
termes de menaces, de vulnérabilités détectées, acteurs et
stratégies, modes opératoires incluant la nature,
l’organisation, les routes et les acteurs criminels impliqués si
applicables), etc.
• Sols et eaux souterraines : nature du terrain et type de sol ;
stabilité du sol (risques de glissements de terrain et
d’érosion) ; fertilité du sol ; ressources en eaux souterraines
et qualité de celles-ci ; formation des nappes d’eau
souterraine et exploitation ; structure géologique, nature des
roches, tectonique ; recharge naturelle des nappes d’eau
souterraine et exploitation.
• Cycle hydrologique : données sur l’écosystème aquatique ;
eaux courantes, débits au cours de l’année, qualité des eaux,
bassins versants ; eaux stagnantes ; lacs, rivières, lagunes ;
littoral et mers ; pêche ; obtention d’eau potable ; autres

45
utilisations.
• Végétation et occupation des sols : existence d’un plan
d’aménagement du territoire/d’aménagement régional ;
agriculture : production végétale, production animale,
irrigation, culture en terrasses (sur de grandes surfaces, avec
fertilisation, emploi de pesticides, etc.) ; foresterie : bois
d’œuvre, bois de chauffage, forêts naturelles, plantations ;
zones industrielles et commerciales ; voies de
communication; autres équipements d’infrastructure ; zones
touristiques/zones de détente ; fonctions du milieu naturel
(particulièrement sensibles sur le plan écologique) ; aires
protégées.
• Flore et faune en égard à la nécessité de les protéger : espèces
protégées et espèces menacées (présentation en tenant
compte de leur place dans l’écosystème) ; espèces utiles et
espèces nuisibles ; animaux et plantes en tant que sources
d’aliments.

Milieu Humain

• Population et habitat : nombre d’habitants, structure par âge


et par sexe ; densité de la population/pression
démographique et capacité d’accueil de la région ; sources de
revenu et taux d’activité (activités génératrices de revenus
exercées par les hommes et par les femmes) et conditions de
travail ; sécurité ; nutrition et état de santé des populations ;
niveau d’éducation, taux d’analphabétisme ; consommation
de combustibles et d’eau, production de déchets et d’eaux
usées ; modes de vie dépendant de la nature et des formes et

46
régimes d’exploitation des terres et des ressources naturelles;
conscience des problèmes environnementaux et sociaux,
attitude à l’égard de la nature ; lieux d'importance
socioéconomique, spirituelle, patrimoniale, historique,
culturelle et archéologique ; structures de prévention et de
maîtrise des catastrophes naturelles ; caractéristiques des
établissements humains au voisinage du site d’implantation
éventuelle du projet ; situation des individus et groupes
vulnérables ou défavorisés et de la violence sexiste ;
établissements humains (par exemple villages, routes,
services publics) ; aménagement et affectation du territoire,
par exemple à des fins agricoles ou industrielles ; activités
économiques et lieux de cueillette de ressources.

Milieu à caractère exceptionnel


• Parties de l’écosystème particulièrement dignes d’être
protégées et aspects divers : ressources naturelles : eaux
souterraines, eaux superficielles (p. ex. eaux poissonneuses),
sols (p. ex. sols cultivés), surfaces boisées, richesses du sous-
sol, écosystèmes dignes d’être protégés, espèces menacées
(conventions sur la protection des espèces, règlements
internationaux de protection, etc.), zones méritant d’être
protégées pour des raisons culturelles ; Biens matériels
(patrimoine culturel, monuments historiques) ; structures
sociales et formes d’habitats traditionnels ; physionomie
typique des agglomérations et du paysage ; éléments
présentant des risques de catastrophes naturelles; éléments
particulièrement vulnérables, sensibles ou d'importance du
point de vue écologique (par exemple diversité biologique et

47
culturelle, plans d'eau, fortes pentes, forêts de palétuviers,
zones RAMSAR).

La sélection des composantes pertinentes doit s’appuyer sur les


informations disponibles en tenant compte des impacts anticipés
du projet dans ses phases préparatoire, de construction,
d’exploitation et de démantèlement. Cette sélection doit
également s’appuyer sur la valeur intrinsèque ou l’importance pour
la population des composantes du milieu récepteur. Enfin, la
description du milieu doit permettre de saisir les interactions entre
les composantes du milieu physique et celles des milieux biologique
et humain. Par le biais d’une compréhension adéquate de ces
interactions, les écosystèmes qui seront influencés par le projet
seront mieux délimités et leur dynamique, mieux comprise. Une
recherche de l’information disponible doit être entreprise auprès
des organismes gouvernementaux, institutions, entreprises privées
ou organisations non gouvernementales.

Les données environnementales et sociales de base doivent être


pertinentes pour prendre les décisions relatives à la localisation, la
conception, l’exploitation ou les mesures d’atténuation du projet et
inclure une discussion sur la précision, la fiabilité, et les sources des
données ainsi que des informations sur les dates entourant
l’identification, la planification et la mise en œuvre du projet. La
portée et la qualité des données disponibles, les principales lacunes
des données et les incertitudes liées aux prévisions doivent
également être définies et estimées.

Si aucune donnée n’est disponible pour certaines composantes


pertinentes, il sera nécessaire de procéder à des inventaires de
48
terrain qui permettront de combler les lacunes dans les
connaissances. Les méthodes d’inventaire doivent faire appel à des
techniques ou approches reconnues dans les domaines concernés.
Les auteurs doivent être en mesure de démontrer l’adéquation des
techniques et des périodes d’inventaire retenues. Le promoteur est
ainsi fortement encouragé, pour la description du milieu, à utiliser
les méthodes et outils les plus pertinents et adaptés au
métabolisme de son projet et aux spécificités du milieu.

Cette section devrait décrire où et comment l'information a été


recueillie, présentée et interprétée pour la réalisation de
l'évaluation environnementale et sociale, c'est-à-dire :
• les sources d'information et les références (par exemple
documents et sites Web, organismes gouvernementaux,
universités, population locale, groupes consultés, expertise
des personnes fournissant des avis techniques);
• les méthodes de collecte d'information (comme les visites
sur place, les enquêtes, l'examen de la documentation, les
analyses techniques et les méthodes mobilisées pour
assurer la participation du public);
• les personnes qui ont mené l'évaluation et qui y ont pris
part ;
• Les outils d’appréciation de l’importance des éléments
décrits (inventaire, cartographie, perceptions des
populations locales et des autres acteurs – scientifiques,
administration locale, etc. – base de données et système
d’information géographique (SIG), etc.).

L’importance de la description du site et du périmètre d’étude


devra être comprise à sa juste mesure : l’analyse de l’état initial ne
49
doit pas déborder en une vaste opération de recherche
scientifique, ni, à l’opposé, rester une simple liste de quelques
éléments appartenant à l’environnement naturel, humain, socio-
économique, et susceptibles de subir des altérations du fait de
l’implantation d’un projet. Le niveau d’approfondissement
dépendra de la portée de l’EIES définie lors du cadrage et se
mesurera à la finalité : la prévision quantitative des conséquences
nuisibles du projet. Par conséquent, le réalisateur de l’EIES traitera
les divers sujets de façon exhaustive, sans omettre ni occulter
certains points, par négligence ou parce qu’il les jugerait délicats.
Cependant ces analyses seront présentées dans le rapport d’une
manière succincte et claire et toutes informations susceptibles
d’apporter des éclaircissements seront portées dans des annexes
appropriées.

En ce qui concerne le niveau de la pollution (état actuel), il est


important, pour la détermination de l’état actuel, de disposer aussi
bien de données relatives aux immiscions que des chiffres des
émissions, dans la mesure où cet ensemble de données permet de
vérifier l’exactitude des modèles mathématiques et d’en tirer, par
analogie, des conclusions quant au niveau de la pollution après la
construction et l’exploitation de l’installation.

Il faut accorder une attention toute particulière aux données ainsi


qu’aux méthodes. En ce qui concerne les premières, on veillera à ce
qu’elles soient d’actualité, quant aux secondes, on vérifiera qu’elles
sont comparables et valables. De préférence, les données
recueillies seront présentées sous forme graphique : cartes
d’émissions, cartes d’iso-concentrations, diagrammes de
fréquences, etc.
50
Les données sociales de référence permettant de traiter
adéquatement les questions sociales pertinentes basées sur des
enquêtes de terrain doivent être rapportées ainsi que des
indicateurs clés d’une qualité suffisamment bonne pour faciliter le
suivi et l’évaluation des effets environnementaux et sociaux. Ces
données touchent aux études socioéconomiques (y compris
ventilées par sexe), au patrimoine culturel (recensement des sites
culturels vivants), au régime d’exploitation des terres et des
ressources (incluant l’établissement d’une carte des ressources
pour chaque agglomération en délimitant les zones pour des
activités comme la chasse, la pêche, l’agriculture, la foresterie,
l’exploitation minière artisanale), à la santé et sécurité des
populations, à la circulation, à l’emploi et conditions de travail, au
conflit et sécurité, aux groupes vulnérables ou défavorisés et à la
violence sexiste/EAS (incluant les risques et résilience face aux
effets négatifs, accès aux retombées en termes de développement
et aux opportunités de développement à intégrer à la conception
du projet).

Lorsque des personnes ou des groupes spécifiques défavorisés ou


vulnérables sont identifiées, le promoteur devra proposer et
mettre en œuvre des mesures différenciées de sorte que les effets
négatifs ne soient pas disproportionnés pour les personnes
défavorisées ou vulnérables, et que celles-ci ne soient pas
défavorisées dans le partage des bénéfices du développement et
des possibilités découlant du projet.

51
3.2.3 Information et consultation publique
L’évaluation environnementale et sociale est un processus de
négociation entre des acteurs qui ont des valeurs, des intérêts, des
horizons spatiaux et temporels variés. L’information et la
consultation des parties prenantes ne doivent pas être noyées dans
le rapport d’étude d’impact mais être présentées dans une section
distincte par un plan d’engagement et de mobilisation des parties
prenantes (PEPP/PMPP) intégrant un mécanisme de gestion des
plaintes (MGP) qui présente notamment les démarches
d’information et de consultation que prévoit mettre en œuvre le
promoteur ou l’initiateur au cours des différentes phases de son
projet. Ledit plan devra minimalement couvrir les aspects ci-après.

3.2.3.1 Identification, cartographie et analyse


des parties prenantes

L’identification en amont des parties prenantes est une saine


pratique que le promoteur est invité à adopter. Il devrait de ce fait
reconnaître leur identité, leur culture et leurs intérêts, leur
accorder tout l’appui nécessaire et leur permettre de participer
efficacement à la réalisation d’un développement durable. Le
promoteur doit ainsi (i) dresser la liste des parties prenantes à son
projet en indiquant clairement qui sont les bénéficiaires potentiels
de son projet, qui peut être affecté défavorablement par le projet,
les groupes vulnérables identifiés, les différences existant ou non
liées au genre à l’intérieur ou entre les groupes, les partisans et les
opposants au projet identifiés et les relations entre les parties
prenantes ; (ii) organiser les parties prenantes identifiées en
catégories, par exemple, parties affectées, parties intéressées et

52
individus et groupes défavorisés ou vulnérables ; (iii) apprécier
l’intérêt des parties prenantes et des impacts potentiels du projet
sur ces intérêts en déterminant l’intérêt ou l’effet de l’enjeu sur les
parties prenantes identifiées et en mettant en évidence, leurs
attentes par rapport au projet, les bénéfices intéressants pour elles,
les ressources qu’elles sont disposées à mobiliser, les intérêts des
parties prenantes qui peuvent entrer en conflit avec les objectifs du
projet ; (iv) établir les positions, pour ou contre l’enjeu et
l’importance à lui accordée ; (v) apprécier l’influence et
l’importance des parties prenantes en analysant l’importance ou
l’influence des parties prenantes sur l’enjeu et le type de résistance
prévisible et en établissant les résultats ou compromis acceptables
permettant l’acceptation du projet.

3.2.3.2 Activités d’information et de consultation


déjà entreprises

L’étude d’impact environnemental et social doit décrire les


démarches mises en œuvre pour informer les parties prenantes
directement affectées comme intéressées ainsi que les individus et
groupes vulnérables ou défavorisés, et pour comprendre leurs
besoins, leurs points de vue et leurs préoccupations à l’égard du
projet. À cet effet, elle présente en détail toutes les démarches
d’information et de consultation réalisées (méthodes utilisées,
objectifs poursuivis, dates et lieux des activités d’information et de
consultation, liste des acteurs sollicités, nombre de participants et
milieux représentés, responsables de l’organisation et de
l’animation des activités, etc.) ainsi que les résultats obtenus
(questions reçues et réponses fournies, commentaires,

53
préoccupations, perceptions à l’égard du projet, etc.). L’étude
d’impact doit également faire état des observations sur les enjeux
soulevés par tous les acteurs consultés et indiquer, s’il y a lieu, les
questions et les préoccupations des acteurs consultés, dont les
communautés autochtones ou toute minorité ethnique ou de
genre, auxquelles l’initiateur n’a pas pu répondre et justifier pour
quelle raison ces éléments n’ont pas été traités. Dans tous les cas,
le résumé de la participation publique (consultations, audience
publique) visé à l’article 40 du Décret n° 2022-390 du 13 juillet 2022
portant organisation des procédures de l’évaluation
environnementale et sociale en République du Bénin doit
minimalement rendre compte des dates et lieux de tenue, des
enjeux soulevés et thématiques abordées, des personnes présentes
et des points de vue et opinions exprimées, des recommandations
faites et des modalités utilisées pour obtenir les points de vue ainsi
que des modalités pour la prise en compte des opinions et
recommandations sur tout le cycle de vie du projet.

Encadré 7 : Le résumé non technique de l’étude d’impact


environnemental et social

Le résumé non-technique est un document qui résume de


façon vulgarisée les éléments essentiels de l’étude d’impact
environnemental et social, des études connexes, documents
ou recherche. Idéalement, il est souhaitable que même
intégré à l’ÉIES il soit publié séparément. Il est essentiel à
l’étape d’information et de consultation du public et doit être
réalisé avec soins et rigueur. Dans ce sens, il présente de façon
aussi concise que complète, dans un format et langage

54
facilement accessibles la localisation géographique précise du
projet par une identification claire et précise du site du projet
et de la zone d’impact incluant les numéros de lots touchés. Il
contient des indications ou références relatives aux divers
éléments du dossier. Il doit éviter d’utiliser un vocabulaire
hermétique, dense, peu explicatif des concepts nécessaires à
la compréhension du projet et ses impacts et préférer un
langage qui fait appel à des mots concrets et communs, à des
exemples, parallèles, images et comparaisons. Par exemple, il
serait avantageux de définir ichtyofaune, répartiteur,
puissance de 250.5 MN, etc. L’utilisation judicieuse de
tableaux, schémas, cartes, photographies et autres
illustrations est un moyen de concilier concision et clarté.
Lorsqu’il est nécessaire de faire référence à des unités de
mesure ou à un vocabulaire technique, il doit élaborer un
glossaire qui les défini. Le résumé non technique n’est pas la
simple énumération des têtes de chapitre mais un document
complet et significatif.

Dans son contenu, le résumé non technique doit d’abord être


fidèle au contenu de l’ÉIES et des autres éléments du dossier
soumis par le promoteur en appui à son projet et toute étude
ou recherche effectuée à la demande du ministre. Dans le cas
où des questions additionnelles importantes seraient posées
au promoteur après un premier dépôt de l’ÉIES prenant en
compte le résumé, il y aurait lieu de mettre à jour le résumé,
tout comme l’étude d’impact. Quoique non exhaustif et
seulement à valeur indicative qui doit être pondérée
notamment par le souci de complétude de l’information sur le

55
projet, le résumé non technique doit contenir : (i)
l’identification du promoteur et de ses consultants ; (ii)
l’identification du besoin et justification ; (iii) la description des
milieux analysés, les critères de sélection, la pondération et le
choix de l’option retenue ; (iv) la description du projet pendant
et après la réalisation ; (v) la description du milieu naturel et
humain touché par le projet incluant les aspects culturels et
cultuels s’il y a lieu, sociaux et économiques. Cette description
comprendra une énumération des propriétés touchées avec
les noms des propriétaires et les numéros des lots) ; (vi)
l’identification de la méthodologie retenue pour évaluer les
risques et impacts environnementaux et sociaux ; (vii) les
effets directs et indirects, à court et à long termes ainsi que
cumulatifs évalués tant pour la phase de construction du
projet que pour la période qui suit la réalisation ; et (viii) la
description des mesures d’insertion et l’identification des
mécanismes propres à assurer le contrôle.

56
3.2.3.3 Activités d’information et de consultation
prévues

Le promoteur doit rechercher à maximiser l’adhésion des parties


prenantes grâce à une consultation, une participation éclairée de
manière proportionnelle aux risques et impacts sur les
communautés affectées et une responsabilisation accrue. Il doit
ainsi s’engager en amont auprès des parties prenantes, y compris
les communautés, les groupes ou les individus affectés par le projet
proposé et auprès des autres parties intéressées et faire
comprendre les préoccupations des populations affectées, et la
manière dont ces préoccupations seront traitées pour la
conception du projet et les mesures d’atténuation en conformité
avec les bonnes pratiques internationales. Dans la mesure du
possible, l’essor des technologies de l’information et de la
communication (TIC) devrait être mis à contribution pour répondre
aux importantes attentes des citoyens à l’égard de l’accès à
l’information et au pouvoir d’influencer la prise de décisions
publiques. Le promoteur devra donc soit s’adapter au contexte
évolutif des TIC, soit être capable d'atteindre des publics diversifiés
et créer des espaces accessibles, délibératifs, et d’apprentissage.
Par exemple, des maquettes virtuelles des activités projetées
peuvent être mises en ligne donnant accès à l’information
appropriée au citoyen qui peut la consulter en tout temps. L’usage
de maquettes 3D et de lunettes de réalité virtuelle permettant de
naviguer à l'intérieur du territoire pour appuyer les discussions sur
l'aménagement de secteurs ainsi que la présentation de données,
en format ouvert, facilitant l’accès à l’information et les échanges
sur des scénarios possibles est aussi une voie prometteuse à
explorer.
57
3.2.3.4 Stratégies d’engagement et de mobilisation

L’engagement et la mobilisation des parties prenantes sont une


partie intégrante de l’évaluation. Le promoteur est invité, par une
approche participative, à créer les conditions à l'engagement des
parties prenantes, celui-ci étant un état d’esprit et une attitude,
préalable à la mobilisation. Il est appelé à baser ses stratégies sur
un diagnostic situationnel solide, connaissance poussée des
réseaux et du système social, et une analyse approfondie servant à
déterminer les acteurs concernés, à étudier leur légitimité, à
comprendre leur comportement et à évaluer leur niveau de
participation attendu. La participation ne s’improvise pas, elle est
bien planifiée et requiert des dispositions de dialogue, d’ouverture
et de transparence entre les participants. Transparence du
processus d'évaluation qui fait obligation, au promoteur comme au
décideur, d'être redevable d'une décision au sens de l'article 6(9)
de la Convention d'Aarhus qui stipule que : « Chaque Partie veille
aussi à ce que, une fois que la décision a été prise par l'autorité
publique, le public en soit promptement informé suivant les
procédures appropriées. Chaque Partie communique au public le
texte de la décision assorti des motifs et considérations sur lesquels
ladite décision est fondée. » Pour le promoteur, il s’agirait, par
exemple, de (i) rendre l'information plus accessible aux néophytes
; de (ii) revenir dans les communautés concernées par un projet
pour faire état de leur analyse et de leurs recommandations.

58
3.2.3.5 Mécanisme de gestion des plaintes (MGP)

Le promoteur doit déterminer au cours de l’ÉIES des dispositions


relatives à la gestion des plaintes et à la redevabilité par la mise en
place d’un certain nombre de mécanismes visant à répondre aux
préoccupations et aux plaintes liées au projet et à donner accès aux
parties affectées par le projet, le cas échéant, à des mécanismes
locaux de gestion des plaintes. Ainsi, les catégories de plaintes, les
modes de saisine et la procédure de traitement des plaintes,
l’enregistrement et le suivi systématique du statut ou la résolution
des plaintes, les délais de réponse, la garantie de la participation
des plaignants sans crainte d’intimidation ou de représailles, la
structure de gouvernance, la production de rapports périodiques
sur des indicateurs de performance clés, les décideurs et les
processus d’appel ainsi que l’information et la publicité pour le
MGP doivent être clairement établis.

3.2.3.6 Cadre de Procédure de Participation des


Populations (CPPP)

En vertu des articles 1, 21 et 24 du Décret n° 2022-390 du 13 juillet


2022 portant organisation des procédures de l’évaluation
environnementale et sociale en République du Bénin, le promoteur
élabore également un document pour encadrer en amont le
mécanisme de participation des populations en cas de restriction
d'accès aux aires protégées pour les besoins du projet. Ce
document complète, avec le cadre de politique de réinstallation des
populations (CPRP), le cadre de gestion environnementale et
sociale (CGES) et donne les lignes directrices du développement
d’un plan de Réinstallation, s’il y a lieu.
59
3.3 Partie analytique : analyse des impacts et
mesures d’atténuation

Cette section est au cœur des objectifs de l'évaluation


environnementale et sociale. Elle décrit les impacts de l'initiative
sur les éléments environnementaux et sociaux (pour toutes les
composantes, les activités et les phases de l'initiative) et en précise
l'importance, notamment :
• les impacts positifs et négatifs de l'initiative sur le milieu
biophysique et le milieu humain;
• les impacts de l'environnement sur l'initiative (par exemple
les phénomènes climatiques probables, entre autres
cyclones et autres tempêtes tropicales, tornades,
inondations, incendies d'origine naturelle et sécheresse,
ainsi que les phénomènes géologiques susceptibles de se
produire tels que séismes, activité volcanique et
glissements de terrain);
• les impacts cumulatifs (c'est-à-dire les effets que la
réalisation de l'initiative, combinée à l'existence d'autres
ouvrages ou à la réalisation d'autres initiatives ou activités,
est susceptible de causer dans la région);
• les impacts causés par des accidents potentiels (par
exemple des risques de pollution associés à un déversement
de produits chimiques) ou un mauvais fonctionnement (par
exemple des risques pour la santé et la sécurité des
travailleurs en cas de bris de machinerie).

L’ÉIES doit permettre de déterminer tous les impacts probables


associés à la réalisation du projet sur le milieu physique, les

60
ressources biologiques et les communautés humaines, ainsi que les
mesures à prendre pour les minimiser ou mieux, les prévenir. Le
promoteur doit proposer une méthode d’identification et
d’évaluation des impacts qui soit objective, concrète et
reproductible. Le raisonnement doit être clair et accessible pour le
lecteur. La littérature scientifique propose plusieurs méthodes et
outils (encadré 8), à utiliser seul ou en combinaison selon la
complexité des enjeux soulevés, que le promoteur doit mettre à
contribution et documenter dans son rapport dans les règles de
l’art. Ces méthodes et outils, lors de la réalisation de l’étude,
peuvent être mobilisés aux différentes phases de l’ÉIES, soit à la
description de l’environnement (listes, matrices, modèles et
réseaux, SIG, systèmes experts), la détermination des impacts
(listes, matrices, modèles et réseaux, SIG et systèmes experts), la
prévision des modifications (modèles et réseaux, SIG et systèmes
experts), l’évaluation des impacts (modèles et réseaux, SIG et
systèmes experts), la détermination des mesures d’atténuation
(listes, SIG et systèmes experts), l’évaluation des mesures
d’atténuation (modèles et réseaux, méthodes d’aide à la décision,
SIG et systèmes experts) et l’élaboration de la surveillance et du
suivi (listes, matrices, modèles et réseaux, méthodes d’aide à la
décision, SIG et systèmes experts).

Encadré 8 : Le coffre à outils de l’évaluateur

Le coffre à outils du professionnel de l’ÉIES est aujourd’hui


bien garni, en partant des méthodes les plus simples jusqu’aux
plus complexes que le professionnel est appelé à utiliser avec
discernement et dextérité aux phases appropriées à chaque
outil.
61
Les méthodes simples sont constituées des listes de contrôle
qui sont des énumérations de composantes de
l'environnement, de caractéristiques de projets ou de leurs
sources d'impacts potentiels, de mesures d'atténuation, etc.
On y compte les listes simples, les listes descriptives, les listes
avec seuils, les listes avec échelle et pondération (Système
d’évaluation environnementale de Battelle-Columbus
Laboratories) et les listes de type questionnaires. Elles sont
aussi constituées de matrices (Approche matricielle de
Léopold et de son équipe) dans lesquelles les actions d’un
projet sont portées en colonnes tandis que les éléments de
l’environnement pouvant être affectés sont portés en
rangées, où chacune des cellules représentant une interaction
possible entre une action et un élément de l’environnement
est cochée et l’impact ensuite évalué. On distingue dans la
pratique des matrices simples, des matrices descriptives,
numériques et des matrices à symboles.

Au nombre des méthodes et outils complexes on compte les


réseaux et modèles (Réseau de Sorensen), les méthodes de
superpositions cartographiques des couches d'informations
géoréférencées de diverses natures permettant de qualifier
un espace en fonction d'aptitudes ou de résistances
environnementales (Méthode de superposition de McHarg) et
les systèmes d’information géographique (SIG) qui sont quant
à eux un outil informatique conçu pour l'analyse et la
modélisation de la distribution spatiale des phénomènes. On
compte également les méthodes d’aide à la décision
(Méthode ordinale de Holmes, Méthodes des familles Électre,

62
Méthode de la somme pondérée, méthode d’agrégation
partielle, etc.), les systèmes experts (SE) qui permettent, de
façon non linéaire, de suivre des chaînes de raisonnement
logiques, d'analyser des données selon un ensemble de règles
prédéfinies et, par des déductions auxquelles sont associées
des probabilités, d'énoncer une conclusion (MYCIN). Pour une
connaissance approfondie des méthodes et outils
d’évaluation des impacts, consulter André et al. 2020.
L’Évaluation des impacts sur l’environnement. Processus,
acteurs et pratique pour un développement durable. 4è
Édition. Presses internationales Polytechnique. 605 pages.

L’analyse des impacts doit normalement comprendre les étapes


suivantes : 1 : inventaire et caractérisation des impacts potentiels
et probables ; 2 : évaluation et hiérarchisation des impacts ; et enfin
3 : gestion des impacts significatifs (majeur et moyen).

L’inventaire et la caractérisation des impacts probables


comprennent les éléments suivants : (i) l’identification des sources
d’impact et des récepteurs d’impact (ii) l’identification des
incidences du projet sur le milieu récepteur et la mesure de ces
effets sous forme d’impacts directs, cumulatifs et indirects.

La hiérarchisation (le classement par importance) des impacts


requière l’élaboration de grilles de critères compte tenu des enjeux
concernés et l’évaluation de l’importance des impacts.

La gestion des impacts significatifs implique la formulation d’un


Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) incluant les
63
mesures d’atténuation des impacts négatifs, les mesures de
surveillance environnementale et sociale et de suivi
environnemental et social.

3.3.1 Inventaire et caractérisation des impacts

L’identification des impacts s’appuie sur beaucoup de travail déjà


effectué en amont à l’aide du cadrage ou de la consultation
préalable, des Guides sectoriels de l’ABE, des listes de contrôle ou
des ÉIES de projets apparentés, des matrices d’interaction déjà
établies ou des expériences et des savoirs acquis par la firme ou
l’ingénieur de projet. Certains impacts préoccupants peuvent avoir
été définis déjà dans les termes de référence (TdR) pour les projets
de Catégorie A.

L’identification des impacts peut s’effectuer en suivant une


méthode qui met en relation les activités (ou sources d’impact)
prévues dans la cadre de la réalisation du projet et les composantes
pertinentes du milieu. Pour chacune des interrelations entre les
activités et les composantes pertinentes, il s’agit d’identifier la
probabilité d’un impact. On peut établir à ce niveau et pour cette
fin une matrice d’interactions potentielles pour toutes les phases
d’un projet, y compris, le cas échéant, son démantèlement et pour
toutes les composantes pertinentes du milieu biophysique et social.

Les impacts sur les composantes du milieu sont généralement


identifiés dans l’ordre suivant : ceux du milieu physique, puis du
milieu biologique et du milieu humain. De cette façon, il est possible
de mettre en évidence, d’une part, les sources d’impact directes du
projet sur le sol, l’air et l’eau et, d’autre part, les impacts indirects
64
sur les milieux biologique et humain qui découlent des
modifications appréhendées sur le milieu physique.

Une méthode alternative ou complémentaire réside dans


l’approche par enjeux (encadré 9), qui permet de cibler, non pas
des impacts spécifiques, un à un, mais plutôt des enjeux clairement
identifiés, qui peuvent être affectés par un ou plusieurs incidences
du projet à la fois.

Encadré 9 : Approche par enjeux

Depuis la mise en place du processus d'étude d’impacts sur


l’environnement (ÉIE) aux Etats-Unis en 1970, l’analyse des impacts
a connu beaucoup de développement en terme méthodologique.
Cependant, depuis les années 80, il y a une formalisation et une
institutionnalisation quasi mondiale du processus et des méthodes
d’analyse. En ce qui concerne l’analyse des impacts, la pratique a
adopté une approche qui se traduit par une description et une
analyse des impacts pour toutes les composantes du milieu,
qu’elles soient biophysiques ou humaines et on observe une
tendance au statu quo. Cependant, cette méthode, qui génère
habituellement des rapports d’études d’impact très volumineux,
fait en sorte qu’on perd de vue les enjeux du projet. Or, Il est
important de souligner qu’un impact sur l'environnement, réel ou
potentiel, ne se résume pas au changement d'un indicateur
environnemental du milieu biophysique ou humain. Il doit aussi
prendre en compte la signification qu'attribuent les différents
publics aux incidences réelles ou potentielles anticipées ainsi qu'à
l'évaluation scientifique de leurs conséquences.
Pour cette raison, l'évaluation des impacts relève du jugement des
65
individus et, de ce fait, est empreinte de subjectivité. Bien que les
fondements de cette méthode d’analyse d’impact dite classique
paraissent reconnus par tous, on constate dans la pratique que
l’approche des différents pays vis-à-vis l’analyse des impacts
commence à évoluer. Certaines littératures scientifiques parlent de
plus en plus de « la méthode d’analyse des impacts structurée par
enjeux ». S’il est à relever que la littérature scientifique sur la
méthode d’analyse des impacts structurée par enjeux n’est pas très
abondante, celle qui existe apporte un éclairage différent sur
l’évaluation environnementale et sociale, notamment certaines
lacunes de la méthode couramment employée, comme le fait
qu’elle ne permet pas de déterminer les enjeux les plus importants
des projets, mais axe plutôt l’analyse sur leurs impacts sur
l’environnement et le milieu humain. Ce qui dans certains cas, rend
ces préoccupations soulevées sous forme d’impacts, soit très
scientifiques, soit banales aux yeux des populations qui la vivent au
quotidien et même aux yeux des autorités de décision qui ne sont
pas formées sur ces questions.
Ces considérations limitent la capacité des autorités concernées
quant à leur participation effective au processus des études
d’impact environnemental et social et à prendre des décisions
éclairées quant à leur autorisation ou à leur refus. Cette méthode
d’analyse des impacts structurée par enjeux cherche donc à alléger
les études d’impact pour augmenter leur accessibilité pour le public
ainsi que pour faciliter la prise de décision. En vue d’atteindre ces
objectifs, il faut modifier la méthode habituelle de réalisation des
études d’impact environnemental et social en situant réellement
les enjeux d’un projet au cœur de la démarche.

66
Les deux méthodes, celle classique dite « analyse des impacts
structurée par impact sur chaque composante touchée du milieu »
et celle en émergence dite « analyse des impacts structurée par
enjeux » peuvent coexister. Le défi étant de rendre les deux (2)
méthodes d’analyse des impacts opérationnelles afin qu'elles
contribuent efficacement à la planification et de s'assurer de la
cohérence nationale et internationale de ces procédures.

3.3.2 Évaluation de l’importance des impacts


directs

L’évaluation des impacts environnementaux consiste à déterminer


l’importance de chaque impact probable identifié dans la matrice
d’interrelation. L’évaluation comporte parfois un jugement de
valeur, mais elle permet souvent d’établir des niveaux
d’acceptabilité et de définir les besoins en matière d’atténuation,
de compensation, de surveillance et de suivi des impacts.
L’importance d’un impact dépend toujours du degré de
perturbation anticipée pour une composante environnementale
donnée. Son évaluation peut se faire en utilisant différents critères
comme le caractère positif ou négatif d’un impact, son intensité ou
son ampleur, son étendue dans l’espace et sa durée. Ainsi pour
qualifier l'importance de chacun des impacts prévus :

• d'abord, il s'agit de déterminer si l'impact est négatif ou


positif ;
• Il faut ensuite qualifier la gravité de l'impact selon une
échelle d’appréciation ; par exemple un impact d'une
importance faible, moyenne ou élevée. Il n'est pas suffisant
d'énoncer simplement l'importance de l'impact. Cette
67
détermination doit être justifiée, cohérente et documentée,
notamment à l'aide d'une méthode qui doit être décrite
dans le rapport.

Plusieurs méthodologies reconnues permettent de déterminer


l'importance des impacts. L'encadré 10 offre un exemple d'une telle
méthodologie.

Encadré 10 : Exemple de méthodologie pour déterminer


l'importance des impacts identifiés

Une analyse comparative des critères liés à l’impact et/ou la


composante peut être utile pour déterminer la signification de
chacun des impacts identifiés.
Critères liés à l’impact
• Probabilité et risque : quel est le degré de probabilité
que l'impact se produise ?
• Intensité : quelle sera l'intensité du stress causé par
l'impact ? Dans quelle mesure les éléments
environnementaux et sociaux pourront-ils tolérer les
changements provoqués ? Quel sera le degré
d'altération de l'élément environnemental ou social,
par exemple faible, moyen ou fort ?
• Étendue géographique : sur quelle distance l'impact
pourrait-il se faire sentir, par exemple localement,
régionalement ou globalement ?
• Durée : Combien de temps l'impact pourrait-il se faire
sentir ? À court terme ou à long terme ? Sera-t-il
récurrent, persistant ou cumulatif ?

68
Critères liés aux composantes
• Valeur : l’impact influencera-t-il des éléments
environnementaux rares, d'importance sociétale et
d'importance pour l'équilibre écologique ?
• Lois et réglementation : la composante impactée est-
elle assujettie à une loi ou à une règlementation
nationale, régionale et internationale ?
Par exemple on peut considérer qu'une initiative peut avoir un
impact important si elle :
• détériore de façon permanente une ressource naturelle
peu abondante ou importante sur les plans écologique
ou socio-économique (comme l'eau, le sol, la forêt, la
pêche, un mode de vie traditionnel) ;
• se déroule dans un endroit particulièrement vulnérable
(par exemple près d'une source d'eau potable, d'une
aire protégée, ou sur des pentes abruptes sujettes à
l'érosion);
• affecte directement la santé de la population (par
exemple des produits toxiques déversés sur les sols ou
directement dans les cours d'eau).

Les notions d’intensité, de portée ou d’étendue ainsi que de durée


sont souvent utilisées.

L’intensité de l’impact consiste à juger le degré de perturbation du


milieu occasionné par le projet. On utilisera généralement
différents niveaux d’intensité qui correspondront à autant de degré
de perturbation.

69
L’étendue d’un impact réfère à son influence sur le territoire en
termes de superficie. Une étendue ponctuelle signifiera que
seulement les environs immédiats du milieu seront perturbés. Une
étendue locale référera à un territoire plus vaste, mais somme
toute, relativement limité dans l’espace comme par exemple, la
zone d’étude restreinte d’un projet. Une étendue régionale sera
considérée pour un impact dont la répercussion dépassera
largement les limites de la zone d’étude restreinte. Un impact peut
avoir une portée mondiale ou internationale s’il intéresse à des
enjeux tels que les changements climatiques, la conservation de la
diversité biologique ou la désertification.
La durée de l’impact probable réfère à sa portée dans le temps.
Il pourra être temporaire ou permanent, irréversible. Un impact
temporaire sera associé à la notion de réversibilité des conditions
observées avant la réalisation du projet, dans un laps de temps
déterminé, souvent immédiatement après la période de
construction. Un impact permanent pourra être associé à la notion
d’irréversibilité. Parfois, il sera aussi intéressant de spécifier le
caractère récurrent et la fréquence de certains impacts.

Un impact peut être qualifié en termes d’importance comme


majeur, moyen ou mineur, ou très important, ou peu important en
fonction de différentes conjonctions d’intensité d’étendue et de
durée. Ainsi, plus un impact négatif sera intense, étendu et
durable, plus il risquera d’être important, ou majeur. Toutefois, la
grandeur d’un impact ainsi déterminée peut encore être nuancée à
l’analyse par la mesure de la valeur accordée par les parties
prenantes à une composante valorisée de l’environnement
biophysique, social ou culturel. Ce dernier facteur pourra être un
déterminant plus juste de l’importance d’un impact, qui jugé peu
70
significatif sur la valeur intrinsèque d’une composante de
l’environnement pourra être qualifié de majeure, sur une
composante valorisée. Plus une composante de l’écosystème sera
valorisée, unique, rare ou sensible, plus l’intensité de l’impact sera
significative. Il n’existe pas une façon unique de combiner les
dimensions d’un impact. Dans tous les cas, l’EIES doit présenter une
grille qui permet de comprendre le sens des qualificatifs, important,
majeur, mineur, ou tout autre, utilisés dans les conclusions de
l’Étude quant à l’importance accordée à chacun des impacts
identifiés et qui intègre également dans son évaluation de l’impact
les valeurs du public, permettant ainsi de mieux prendre en compte
la signification des impacts selon les intérêts et les valeurs des
parties prenantes. En effet, toute interprétation systématique de
l’importance des impacts doit tenir compte des valeurs et des
perceptions des hommes et femmes qui devront vivre avec les
risques et impacts du projet.

3.3.3 Impacts indirects et cumulatifs

Par ailleurs, les impacts du projet pourront aussi s’ajouter aux


impacts déjà observés sur le milieu ou engendrés par d’autres
activités réalisées sur le territoire. Cet effet combiné ou cumulatif
de plusieurs projets ou activités doit faire l’objet d’une évaluation
complémentaire.

L’étude des impacts cumulatifs vise à analyser les effets possibles


du projet en conjonction avec les actions, les projets et les
événements passés ou appréhendés sur le territoire. À cet égard,
les limites temporelles et spatiales sont différentes de celles de
l’étude d’impact du projet, et sont adaptées de façon à bien
71
circonscrire tous les effets possibles. L’évaluation des impacts
cumulatifs permet une évaluation plus complète en intégrant
toutes les sources d’impacts et non pas uniquement celles
découlant du projet à l’étude. En résumé, les impacts cumulatifs
font référence aux interactions des effets produits par le présent
projet avec des projets ou activités actuels, prévus ou passés.
L’encadrée 11 présente les principales tâches de l'évaluation des
effets cumulatifs.

Encadré 11 : Les principales tâches de l'évaluation des


effets cumulatifs

Dans l'évaluation des effets cumulatifs, quelques tâches sont à


réaliser au cours des étapes de l'évaluation de l'impact
environnemental et social : la détermination de la portée, l'analyse,
les mesures d'atténuation, l'importance des impacts et le suivi
environnemental et social. Il s’agit d’un modèle qui énumère les
étapes que peuvent suivre les praticiens au cours de l'évaluation
de l'impact environnemental. Le tableau ci-inclus identifie les
tâches liées à chaque étape en matière d'évaluation des effets
cumulatifs.

72
Modèle d'évaluation

Étapes liées à l'évaluation de Tâches liées à l'évaluation des


l'impact environnemental et impacts cumulatifs
social
1. Détermination de la portée Relever les préoccupations
régionales
Déterminer les composantes
pertinentes régionales
Établir les limites spatiales et
temporelles
Établir les autres actions qui
peuvent affecter les mêmes
Composantes pertinentes
Déterminer les impacts
potentiels causés par les
activités
2. Analyse des impacts Terminer la collecte des
données de base régionales
Évaluer les impacts de
l'activité proposée sur les
composantes pertinentes
sélectionnées
Évaluer les impacts de toutes
les activités sélectionnées sur
les composantes pertinentes
sélectionnées
3. Détermination des mesures Recommander des mesures
d'atténuation d'atténuation

73
4. Évaluation de l'importance Évaluer l'importance des
des impacts impacts résiduels
Comparer les résultats par
rapport aux seuils ou aux
objectifs et tendances de
l'aménagement régional du
territoire
5. Suivi Recommander un programme
de suivi et de gestion des
effets

Tous les aspects d'une évaluation des effets cumulatifs sont


idéalement évalués au moment de l'évaluation de l'impact
environnemental. Cette approche d'évaluation n'établit aucune
distinction explicite entre les deux "étapes". En pratique toutefois,
une évaluation des effets cumulatifs est souvent effectuée à la
suite d'une détermination préliminaire des impacts au cours d'une
évaluation de l'impact environnemental.

Pendant une évaluation des effets cumulatifs, les cinq étapes se


déroulent habituellement dans l'ordre. Cependant, il on peut
parfois revenir à des étapes antérieures si de nouveaux
renseignements permettent de croire que les hypothèses et les
conclusions déjà formulées sont inexactes. En outre, il est possible
que la surveillance des effets signale la nécessité d'une évaluation
plus poussée.

74
3.3.4 Enjeux environnementaux et sociaux

Comme mentionné précédemment, une approche alternative, ou


complémentaire, consiste à approcher l’évaluation de l’importance
des impacts identifiés en fonction de leur incidence sur des enjeux.
L’approche par enjeux suppose que l’on détermine d’abord quels
sont les principaux enjeux environnementaux et sociaux soulevés
par le projet. Ces enjeux peuvent être déterminés par a) les
expériences antérieures de projet apparentés, b) la consultation
des parties prenantes qui permet de cibler des composantes
valorisées des écosystèmes et des composantes sociales et
culturelles, c) les enjeux utilisés par les principaux bailleurs
multilatéraux, notamment à ceux de la Banque Africaine de
Développement, de la Banque Ouest Africaine de Développement,
de la Société Financière Internationale ou d’autres bailleurs. À titre
d’exemple, les Normes environnementales et sociales du secteur
public de la Banque mondiale (sont montrées dans l’Encadré 12).
Pour chacun de ces enjeux, ou d’autres, un cortège ou un faisceau
d’impacts caractérisés peut être identifié et soumis à l’analyse.

Encadré 12 : Normes environnementales et sociales de


la Banque mondiale
(La norme no 9 est non pertinente à l’échelle nationale)
La NES n°1, Évaluation et gestion des risques et effets
environnementaux et sociaux énonce les responsabilités …. pour
évaluer, gérer et surveiller les risques et les impacts
environnementaux et sociaux associés à chaque étape d'un projet
…. afin d'atteindre des résultats environnementaux et sociaux
compatibles avec les Normes environnementales et sociales (NES).

75
La NES n°2, Emploi et conditions de travail, reconnaît l'importance
de la création d'emplois et de la génération de revenus dans la
poursuite de la réduction de la pauvreté et de la croissance
économique inclusive. …. peuvent promouvoir des relations
constructives entre les travailleurs d'un projet et la
coordination/gestionnaire, et renforcer les bénéfices du
développement d'un projet en traitant les travailleurs de manière
équitable et en garantissant des conditions de travail sûres et
saines.

La NES n°3, Utilisation rationnelle des ressources et prévention et


gestion de la pollution, reconnaît que l’activité économique
et l’urbanisation génèrent souvent une augmentation des niveaux
de pollution de l'air, de l'eau et du sol, et consomment des
ressources limitées d'une manière qui peut menacer les
populations, les services des écosystèmes et l'environnement aux
niveaux local, régional et mondial. La NES décrit les exigences
nécessaires pour traiter l'utilisation rationnelle des ressources, la
prévention et la gestion de la pollution tout au long du cycle de vie
d'un projet.

La NES n°4, Santé et sécurité des populations, traite des risques et


des impacts sur la sécurité, la sûreté et la santé des communautés
affectées par le projet, ainsi que de la responsabilité, de réduire ou
atténuer ces risques et ces impacts, en portant une attention
particulière aux groupes qui, en raison de leur situation particulière,
peuvent être vulnérables.

La NES n°5, Acquisition des terres, restrictions à l'utilisation des


terres et réinstallation forcée, a pour principe de base que la
76
réinstallation involontaire doit être évitée. Lorsque la réinstallation
involontaire est inévitable, elle doit être limitée, et des mesures
appropriées pour minimiser les impacts négatifs sur les personnes
déplacées (et les communautés hôtes qui accueillent les personnes
déplacées), doivent être soigneusement planifiées et mises en
œuvre.

La NES n°6, Préservation de la biodiversité et gestion durable des


ressources naturelles biologiques, reconnaît que la protection et la
conservation de la biodiversité, et la gestion durable des ressources
naturelles vivantes, revêtent une importance capitale pour le
développement durable. Elle reconnaît également l'importance de
la conservation des fonctions écologiques clés des habitats,
notamment les forêts, et la biodiversité qu'ils abritent. …… se
penche également sur la gestion durable de la production primaire
et de l'exploitation des ressources naturelles, et reconnaît la
nécessité d'examiner les moyens de subsistance des parties
affectées par le projet, y compris les Peuples autochtones, dont
l'accès ou l'utilisation de la biodiversité ou des ressources
naturelles vivantes peuvent être affectés par un projet.

La NES n°7, Peuples autochtones / Communautés locales


traditionnelles d’Afrique subsaharienne historiquement
défavorisées, veille à ce que le processus de développement
favorise le plein respect des droits humains, de la dignité, des
aspirations, de l'identité, de la culture et des moyens de subsistance
fondés sur des ressources naturelles des Peuples autochtones /
Communautés locales traditionnelles d’Afrique subsaharienne
historiquement défavorisées…… a également pour objectif d'éviter
les impacts négatifs des projets sur les Peuples autochtones /
77
Communautés locales traditionnelles d’Afrique subsaharienne
historiquement défavorisées ou, si cela n’est pas possible, réduire,
atténuer et / ou compenser ces impacts.

La NES n°8, Patrimoine culturel, reconnaît que le patrimoine


culturel offre une continuité des formes matérielles et
immatérielles entre le passé, le présent et le futur…. fixe les
mesures conçues pour protéger le patrimoine culturel tout au long
de la durée de vie d'un projet.

La NES n°9, Intermédiaires financiers (IF), reconnaît que la solidité


des marchés intérieurs financiers et de capitaux et l'accès au
financement sont des facteurs importants pour le développement
économique, la croissance et la réduction de la pauvreté. Les IF sont
tenus de surveiller et de gérer les risques et les impacts
environnementaux et sociaux de leurs portefeuilles et les sous-
projets de l'IF, et de surveiller le risque du portefeuille en fonction
de la nature du financement convoyé/géré. La manière dont l'IF
gèrera son portefeuille pourra prendre différentes formes, en
fonction d'un certain nombre de considérations, y compris les
capacités de l'IF et la nature et la portée du financement qui sera
accordé par l'IF.

La NES n°10, Mobilisation des parties prenantes et information,


reconnaît l'importance de la consultation ouverte et transparente
entre l'Emprunteur et les parties prenantes d'un projet, comme un
élément essentiel de bonne pratique internationale. La
consultation efficace des parties prenantes peut améliorer la
durabilité environnementale et sociale des projets, améliorer

78
l'acceptation des projets, et contribuer de manière significative à la
conception et la mise en œuvre réussie des projets.

Une approche par enjeux permet la vérification de la conformité


des impacts du projet sous le seuil d’acceptabilité (encadré 13) ou
en regard des préoccupations environnementales et sociales déjà
engagées par la réglementation et les politiques nationales.

Encadré 13 : Quelques Enjeux d’acceptabilité


environnementale et sociale en République du Bénin

Loi n° 93 – 009 du 02 juillet 1993 portant régime des forêts en


République du Bénin ;
Loi n°2002 – 016 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune
en République du Bénin ;
Loi n° 2006 – 17 du 17 octobre 2006 portant Code minier et
fiscalité minière en République du Bénin ;
Loi n°2007-21 du 11 octobre 2007 portant protection du
consommateur en République du Bénin ;
Loi n°2007-03 du 16 octobre 2007 portant régime foncier rural ;
Loi n°2010 – 44 du 21 octobre 2010 portant gestion de l’eau en
République du Bénin ;
Loi cadre n°2014-19 du 07 Août 2014 relative à la pêche et à
l'aquaculture en République du Bénin ;
Loi n°2017-15 du 10 août 2017 modifiant et complétant la Loi n°
2013-01 du 14 août 2013 portant code foncier et domanial en
république du Bénin ;
Loi n°2017-05 du 29 août 2017 portant Embauche, placement de
main d’œuvre et résiliation du contrat de travail ;
79
Loi n°2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection,
aménagement et mise en valeur de la zone littorale en
République du Bénin ;
Loi n°2018-18 du 06 août 2018 sur les changements climatiques
en République du Bénin
Loi n° 2019-06 du 15 novembre 2019 portant code pétrolier en
République du Bénin ;
Loi N° 2020-37 du 03 févr. 2021 portant protection de la santé des
personnes en République du Bénin ;
La Loi N° 2020-05 du 01 avril 2020 portant Code de l’Electricité en
République du Bénin ;
Loi n° 2021-01 du 03 février 2021 sur la biosécurité en République
du Bénin ;
Loi n°2021-09 du 22 octobre 2021 portant protection du
patrimoine culturel en République du Bénin ;
Loi n° 2022-04 du 16 févr. 2022 sur l'hygiène publique en
République du Bénin ;
Décret n°2001-109 du 4 avril 2001, fixant les normes de qualité
des eaux résiduaires en République du Bénin ;
Décret n°2001-110 du 04 avril 2001 fixant les normes de qualité
de l’air en République du Bénin ;
Décret 2003-330 du 27 août 2003 portant gestion des huiles
usagées en République du Bénin.

Conformément aux objectifs poursuivis par le développement


durable, il est nécessaire de décrire sommairement les grandes
tendances observées en matière d’intégrité écologique du
territoire sur lequel se réalisera le projet du promoteur. Il peut
s’agir de faire le point sur quelques composantes clés d’intérêt pour
la population et la communauté scientifique comme la santé
80
publique, la qualité générale du milieu (air et eau), la disparition des
espèces ou l’épuisement des ressources renouvelables.
L’évaluation consiste dès lors à déterminer dans quelle mesure et
dans quel sens, la réalisation du projet risque de modifier les
tendances observées sur le territoire, en entraînant la saturation
pour certaines composantes environnementales clés ou l’atteinte
d’un seuil critique.

Cet état de saturation ou seuil critique doit faire référence à un


objectif précis et défini dans la réglementation en vigueur ou dans
un plan de gestion (objectifs de qualité de l’eau, conservation des
ressources renouvelables, etc.). Dans certains cas, des
modifications du projet ou son abandon devront être envisagés.

3.3.5 Mesures d’atténuation


L’atténuation des impacts vise à permettre la meilleure intégration
possible du projet dans le milieu récepteur. L’étude doit présenter
les mesures envisagées par le promoteur pour éviter, minimiser ou
réduire les risques et les impacts négatifs des différentes phases du
projet ou compenser les conséquences dommageables, ainsi que
les mesures destinées à maximiser les impacts positifs.

Plus spécifiquement, l’étude doit préciser les actions, ouvrages,


dispositifs et correctifs prévus aux différentes phases de
réalisation du projet. Enfin, l’étude doit présenter les impacts
résiduels qui subsistent après l’application des mesures
d’atténuation. L’étude doit comprendre une estimation des
dépenses engagées par les mesures d’atténuation. L’initiateur
évalue l’efficacité des mesures d’atténuation proposées en se

81
basant notamment sur l’expérience passée ou la littérature
pertinente.

La séquence « éviter, minimiser ou réduire, atténuer, compenser »


(article 1, point 52è du Décret n° 2022-390 du 13 juillet 2022) a pour
objectif d’établir des mesures visant à éviter les atteintes à
l’environnement, à réduire celles qui n’ont pu être suffisamment
évitées et, si possible, les atténuer et à compenser les effets
notables qui n’ont pu être ni évités, ni suffisamment réduits, ni
atténuer. Le respect de l’ordre de cette séquence constitue une
condition indispensable et nécessaire pour en permettre
l’effectivité et ainsi favoriser l’intégration de l’environnement dans
le projet.

Les moyens mobilisés pour mettre en œuvre ces mesures dans le


respect de la réglementation (obligations réelles
environnementales et sociales, opérateurs de compensation, etc.)
relèvent de choix du maître d’ouvrage qui doit permettre dans tous
les cas la bonne mise en œuvre de la mesure identifiée.

Les mesures d’évitement sont définies comme étant une mesure «


… qui modifie un projet ou une action d’un document de
planification afin de supprimer un impact négatif identifié que ce
projet ou cette action engendrerait » Les mesures d'évitement
(encadré 14) sont ainsi les seules mesures qui n’ont pas d’impact
sur les entités considérées, celles-ci étant laissées en l’état. Elles
peuvent néanmoins être complétées par des mesures
d’accompagnement qui, en préservant les caractéristiques du
milieu, s’assurent de l’évitement à long terme.

82
Encadré 14 : Mesures d’évitement

Le terme « évitement » recouvre généralement trois modalités :


l’évitement lors du choix d’opportunité, l’évitement géographique
et l’évitement technique.

Évitement lors du choix d'opportunité : cette modalité correspond


au moment où la décision définitive de faire ou de ne pas faire le
projet (ou une action dans le cadre d’un document de planification)
n’est pas encore prise. Elle intervient au plus tard lors des phases
de concertation et de consultation publique. L’analyse de
l’opportunité consiste à vérifier si un projet (ou une action) est
pertinent au vu des besoins/objectifs, des enjeux
environnementaux sociaux et paysagers et des solutions
alternatives au projet.

Évitement géographique : la localisation alternative d’un projet


permet d’éviter totalement certains impacts sur l’environnement
ou le paysage. L’évitement géographique peut consister à changer
le site d’implantation ou le tracé. Il peut aussi comporter des
mesures propres à la phase chantier.

Évitement technique : il s’agit de retenir la solution technique la


plus favorable pour l’environnement et la société en s’appuyant sur
les meilleures techniques disponibles, à un coût économiquement
acceptable.

Certaines mesures d’évitement technique peuvent également être


propres à la phase chantier. Si la première modalité (évitement lors

83
du choix d’opportunité) intervient forcément très en amont dans la
chronologie du projet, plan ou programme les deux autres
modalités (évitement technique et évitement géographique)
peuvent intervenir à différents moments et à des échelles
différentes. Par exemple, on parlera d’évitement géographique
aussi bien au moment de l’analyse des variantes pour faire passer
une infrastructure en dehors d’un site protégé que, une fois la
solution retenue, pour délimiter une zone d’accès au chantier
préservant une station d’espèce végétale protégée.

Les mesures de réduction sont celles « …définies après l’évitement


et visant à réduire les impacts négatifs permanents ou temporaires
d’un projet sur l’environnement et la population, en phase de
chantier ou en phase d’exploitation. » La mesure de réduction peut
avoir plusieurs effets sur l’impact identifié. Elle peut agir en
diminuant soit la durée de cet impact, soit son intensité, soit son
étendue, soit la combinaison de plusieurs de ces éléments, ceci en
mobilisant les meilleures techniques disponibles (moindre impact à
un coût raisonnable). Toutes les catégories d’impact sont
concernées : impacts direct, indirect, permanent, temporaire et
cumulé.

Dans le cadre de la réglementation et des documents


méthodologiques propres à certaines procédures spécifiques, les
expressions « mesures correctives » et « mesures d’atténuation »
sont régulièrement employées. Ces expressions sont plus
englobantes que l’expression « mesures de réduction » car elles
intègrent aussi parfois les mesures d’évitement.

84
Les mesures de réduction sont mises en place au niveau de
l’emprise du projet, ou à sa proximité immédiate. S’il s’agit de
mesures spécifiques à la phase travaux, elles sont mises en œuvre
au plus tard au démarrage de la phase travaux (à l’exception des
éventuelles mesures de repli du chantier).
S’il s’agit de mesures spécifiques à la phase exploitation, elles sont
mises en œuvre au plus tard à la mise en service ou au démarrage
de l’exploitation.

Les mesures compensatoires « … ont pour objet d’apporter une


contrepartie aux effets négatifs notables, directs ou indirects du
projet qui n’ont pu être évités ou suffisamment réduits ». Elles sont
mises en œuvre en priorité sur le site endommagé ou à proximité
de celui-ci afin de garantir sa fonctionnalité de manière pérenne.
Elles doivent permettre de conserver globalement et, si possible,
d’améliorer la qualité environnementale des milieux.

Comme pour les autres catégories de mesures, le corpus


réglementaire n’apporte pas d’indication sur la nature précise
d’une mesure compensatoire. Au préalable, il est nécessaire de
rappeler que chaque mesure compensatoire est conçue en réponse
à un impact résiduel notable (impact subsistant après application
des mesures d’évitement puis de réduction). Les mesures
compensatoires font appel à une ou plusieurs actions écologiques :
restauration ou réhabilitation, création de milieux et/ou, dans
certains cas, évolution des pratiques de gestion permettant un gain
substantiel des fonctionnalités du site de compensation. Ces
actions écologiques sont complétées par des mesures de gestion
afin d’assurer le maintien dans le temps de leurs effets. Une
mesure de gestion contribuant à : « définir les modalités et la durée
85
de gestion des mesures de réduction et de compensation » consiste
en une ou plusieurs actions prolongées visant à maintenir un milieu
dans un état favorable à la biodiversité. Une mesure peut être
qualifiée de compensatoire lorsqu’elle comprend ces trois
conditions nécessaires : disposer d’un site par la propriété ou par
contrat ; déployer des mesures techniques visant à l’amélioration
de la qualité écologique des milieux naturels (restauration ou
réhabilitation) ou visant la création de milieux ou modifier les
pratiques de gestion antérieures ; et enfin, déployer des mesures
de gestion pendant une durée adéquate.

86
3.3.6 Impacts résiduels
Une fois les mesures d’atténuation convenues, l’initiateur
détermine les impacts résiduels anticipés, pour les phases
d’aménagement, de construction et d’exploitation, le cas échéant,
de démantèlement. Il en évalue l’importance en utilisant une
méthode et des critères appropriés.

L’impact résiduel pourra être jugé important ou non important


selon la signification de l’impact potentiel et l’efficacité anticipée
des mesures d’atténuation qui seront mises en place lors de la
réalisation du projet. Par exemple, un impact potentiel dont la
signification aura été jugée majeure sur des critères objectifs mais
pour lequel des mesures d’atténuation éprouvées peuvent en
réduire l’ampleur, l’étendue ou la durée, peut dans certains cas être
considérée comme un impact résiduel mineur. Enfin, il évalue la
manière dont les impacts résiduels influencent les enjeux afin de
déterminer si ces impacts demeurent importants ou non.

L’impact résiduel est considéré « important » lorsque les impacts


potentiels sont considérés majeurs, qu’il n’y a aucune mesure
d’atténuation pouvant les réduire et qu’aucune modification
conceptuelle du projet n’est possible.

L’impact résiduel est considéré « non important » lorsque les effets


environnementaux et sociaux négatifs sont atténuables et que les
mesures d’atténuation sont efficaces et éprouvées et permettent
de respecter, notamment, les seuils quantitatifs établis dans les
règlements ainsi que les recommandations d’autorités
gouvernementales ou les normes convenues. Bien que les mesures

87
d’atténuation doivent permettre de réduire suffisamment les effets
négatifs, le ou les impacts doit tout de même faire l’objet d’un suivi
environnemental et social.

3.3.7 Synthèse du projet


Cette synthèse doit comprendre les modalités de réalisation du
projet, le mode d’exploitation prévu, les mesures d’atténuation
proposées, ainsi qu’un bilan de l’importance des impacts résiduels
du projet. Dans le cas d’impacts négatifs résiduels importants sur
l’environnement, l’étude devra indiquer des mesures de
compensation au profit des écosystèmes ou des communautés
affectées par le projet, en incluant une estimation de leur coût.

Le promoteur doit ici démontrer qu’il prend l’engagement


d’adopter un plan d’action préventive et de correction des atteintes
à l’environnement, en utilisant les meilleures techniques
disponibles à un coût économiquement raisonnable. Cet
engagement sera consigné dans le certificat de conformité
environnementale et sociale et prendra forme, lorsque les travaux
de mise en œuvre du projet seront initiés.

3.3.8 Études de danger et mesures d’urgence


Au-delà des risques environnementaux et sociaux qui font l’objet de
l’Étude d’impact, certains projets qui présentent des risques
d’accidents technologiques peuvent requérir des études
complémentaires, notamment (i) une étude de danger et l’analyse
des risques d’accident et (ii), un plan de mesures de sécurité et
d’urgence. Certains autres projets peuvent requérir une analyse de
risque sécuritaire, devant la possibilité de perturbations sociales ou
d’actions extrémistes.
88
3.3.8.1 Étude de Dangers

L’étude doit d’abord identifier les dangers associés au projet. Si


l’étude démontre que le projet n’est pas susceptible d’engendrer
d’accidents technologiques majeurs pouvant mettre en péril la
sécurité publique ou porter atteinte à l’environnement, les
informations recueillies lors de l’identification des dangers du projet
sont suffisantes et le promoteur doit les utiliser pour établir les
mesures de sécurité pertinentes à appliquer dans le cadre d’un plan
d’urgence.

Si le promoteur ne peut pas démontrer l’absence de possibilités


d’accidents technologiques majeurs, il poursuit la démarche
d’analyse de risques. En se basant sur une revue des accidents passés
survenus dans le cadre de projets similaires, l’étude doit établir les
dangers et les scénarios d’accidents majeurs potentiels, afin d’en
estimer les conséquences, les fréquences et le risque. L’analyse des
risques technologiques doit être effectuée en utilisant des données
et des hypothèses de calcul justifiées par des références appropriées.

Elle doit permettre de circonscrire les zones de danger sur le territoire


pour en tenir compte dans la planification des mesures d’urgence. Il
est aussi nécessaire de bien connaître toutes les composantes
menacées en cas d’accidents. Une discussion quant aux risques et aux
facteurs (inondation, séisme, actes criminels, etc.) qui pourraient
provoquer des accidents technologiques doit être présentée.

89
3.3.8.2 Mesures de sécurité et plan d’urgence

L’étude doit décrire les mesures de sécurité qui seront prises sur le
site du projet et le plan de mise en œuvre. Une liste non exhaustive
de mesures de sécurité qui peuvent être pertinentes pour différents
projets est présentée ci-après :

• les limitations d’accès au site ;


• les installations de sécurité (systèmes de surveillance, d’arrêt
d’urgence, de lutte contre les incendies, système de
communication, etc.) ;
• les moyens d’entreposage des produits toxiques et dangereux
;
• un programme de gestion des risques (protection du
personnel, formation des employés, simulation des situations
d’urgence, etc.) ;
• un programme de révision des mesures de sécurité établie au
besoin.

Sur la base de l’identification des dangers et accidents


technologiques, l’étude doit également présenter un plan de
mesures d’urgence à mettre en place en cas d’accident. Une liste non
exhaustive de mesures d’urgence est donnée ci- dessous :

• les scénarios d’accidents : conséquences et zones à risque ;


• les informations pertinentes en cas d’urgence ;
• la structure d’intervention en situation d’urgence ;
• les modes de communication ;
• les mesures d’intervention et les actions envisagées par
scénario d’accident ;

90
• les mesures de protection pour protéger les populations des
zones à risque ;
• les moyens prévus pour alerter les populations concernées ;
• un programme de révision des mesures d’urgence établie
selon les besoins.

3.3.8.3 Risques sécuritaires

L’analyse du risque sécuritaire dans l’ÉIES, si applicable, vise à


prendre en compte tous les risques de sécurité pour s’assurer non
seulement de la bonne exécution des activités du projet en vue de
l’atteinte des résultats escomptés mais aussi gérer ces risques
multiformes de manière à garantir la sécurité des personnels
déployés par ledit projet ainsi que celle des populations afin de
déboucher sur un plan de gestion des risques qui seront identifiés. Il
s’agira de faire une analyse des menaces, des vulnérabilités, des
impacts ainsi que des facteurs contextuels qui pourraient causer ou
exacerber les risques contre la sécurité humaine. L’analyse devrait
permettre de formuler des recommandations à prendre en compte
dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de gestion
environnementale et sociale.

3.4 Plan de gestion environnementale et sociale

Un plan de gestion environnementale et sociale (PGES) détaillé doit


être élaboré et accompagner l’étude d’impact environnemental et
social. Il peut s’agir d’un document séparé en appui à l’ÉIES, ou être
inclus dans cette dernière étude sous forme d’un ou plusieurs
chapitres, ou enfin être intégré dans un Plan d’engagement
environnemental et social (PEES). Le PGES doit inclure la liste des
91
mesures d’atténuation proposées en regard des impacts anticipées,
un programme de surveillance, un programme de suivi ainsi qu’un
cadre de mise en œuvre du PGES dans son ensemble et des mesures
et programmes proposés. Le contenu du PGES comprendra les
éléments suivants :
• atténuation incluant l’identification et la synthèse de tous les
impacts, la description de chaque mesure avec des détails
techniques, l’évaluation de l’impact potentiel de ces mesures
ainsi que la prise en compte des autres plans d’atténuation
nécessaires;
• suivi précisant ses objectifs, le type de contrôle, les liens avec
les impacts évalués et les mesures d’atténuation décrites dans
le PGES ainsi que des détails techniques comme les paramètres
à mesurer, les méthodes à utiliser, les lieux d’échantillonnage,
la fréquence des mesures, les limites de détection (le cas
échéant), et la définition des seuils qui signaleront la nécessité
de mesures correctives ; et les procédures de suivi et
d’élaboration de rapports, la fourniture des informations sur
l’état d’avancement et les résultats de l’atténuation.
• renforcement des capacités se fondant sur l’existence, le rôle
et les capacités des parties responsables sur le site ou au
niveau de l’agence et du ministère; et précisant les dispositions
institutionnelles, en identifiant la partie responsable de
l’exécution des mesures d’atténuation et de suivi, puis en
recommandant la création ou l’expansion des entités
responsables, la formation du personnel et toute mesure
supplémentaire nécessaire pour soutenir la mise en œuvre des
mesures d’atténuation.

92
• élaboration de calendrier de mise en œuvre et estimation des
coûts pour l’atténuation, le suivi et le renforcement des
capacités ainsi que les sources de financement pour la mise en
œuvre du PGES.
• intégration du PGES dans le projet par l’élaboration des clauses
environnementales et sociales en expliquant clairement
chacune des mesures et actions à mettre en œuvre, y compris
les mesures individuelles d’atténuation et de suivi, ainsi que les
responsabilités institutionnelles relatives à chacune.
• résumé des principales mesures et actions clés du Plan
d’engagement environnemental et social (PEES), ainsi que le
calendrier requis pour que le projet réponde, notamment, aux
exigences des normes environnementales et sociales
nationales en vigueur, et dans certains cas, lorsque
spécifiquement requis, les normes des partenaires techniques
et financiers impliqués dans le projet.
Le cas échéant, le promoteur pourra indiquer comment il entend, ou
peut, intégrer le PGES à un Système de Management
Environnemental (SME), certifié ou non, (par exemple ISO 14001) qui
introduit son projet dans le processus d’amélioration continue en
traduisant le PGES en un ensemble d’activités de gestion qui définit
la politique environnementale, les objectifs et les responsabilités et
qui met en œuvre ces activités par des moyens de planification,
d’évaluation des résultats et de maîtrise des aspects
environnementaux et sociaux.
Conformément à l’article 40 du Décret n° 2022-390 du 13 juillet 2022
portant organisation des procédures de l’évaluation

93
environnementale et sociale en République du Bénin, le PGES doit
comprendre :
- les mesures proposées pour éviter, atténuer, annuler,
compenser les impacts négatifs et les risques ;
- les mesures proposées pour maximiser ou bonifier les impacts
positifs et les opportunités offertes par le projet ;
- les clauses environnementales et sociales d'ordre général
applicables sur les chantiers, y compris les questions d'hygiène,
santé et sécurité au travail ;
- le programme de sensibilisation des employés et des
populations locales sur les MST, le VIH, la COVID-19 et autres
maladies transmissibles et sur les comportements
responsables ;
- le programme de prévention et de gestion des risques, le cas
échéant ;
- le programme de compensation de la biodiversité et de
restauration des habitats, le cas échéant ;
- le mécanisme de gestion des découvertes fortuites des
vestiges de patrimoine archéologique et culturel, et/ou le
programme de gestion des ressources de patrimoine culturel,
le cas échéant ;
- le budget global de mise en œuvre du PGES.

94
3.4.1 Programme de surveillance
environnementale et sociale
La surveillance environnementale et sociale est l’opération visant à
s’assurer durant les phases de construction et d’exploitation du
projet, du respect des mesures proposées dans l’étude d’impact
environnemental et social, y compris les mesures d’atténuation ou de
compensation, des conditions fixées dans le Certificat de conformité
environnementale et sociale, des engagements prévus dans les
autorisations ministérielles et des exigences relatives aux lois et
règlements pertinents. Elle vise également à surveiller toute autre
perturbation de l’environnement et du milieu humain durant la
réalisation du projet et qui n’aurait pas été appréhendée. Plus
spécifiquement, le programme de surveillance du promoteur doit
décrire les moyens et les mécanismes prévus pour prendre les
décisions et les mesures qui s’imposent en cas de problème durant la
phase de construction. Il doit contenir les modalités qui permettront
de réorienter la poursuite des travaux et d’améliorer le déroulement
des opérations en protégeant l’environnement et la population. Il
doit donc comprendre également le détail des engagements du
promoteur quant au dépôt des rapports de surveillance
environnementale.

3.4.2 Programme de suivi environnemental et


social
Le suivi environnemental et social est effectué par le promoteur. Il a
pour but de vérifier, par l’expérience sur le terrain, la justesse de
l’évaluation de certains impacts et l’efficacité de certaines mesures
d’atténuation ou de compensation prévues dans l’étude d’impact
environnemental et social et pour lesquelles subsiste une incertitude,
95
ou, dans le cas contraire, de permettre une amélioration de celles-ci
dans le but d’atteindre les objectifs d’atténuation des impacts prévus.
Le suivi environnemental et social peut porter autant sur le milieu
biophysique que sur le milieu humain, et doit être élaboré en lien
avec les enjeux du projet identifiés au cours du processus
d'évaluation environnementale et sociale.
Le promoteur présente un programme préliminaire de suivi
environnemental et social si nécessaire. Ledit programme peut
comprendre les renseignements suivants :
• objectifs du suivi
• liste des éléments nécessitant un suivi environnemental et
social
• durée minimale du programme de suivi et fréquence des
études prévues
• modalités concernant la production et la transmission des
rapports de suivi
• engagements de l’initiateur quant au dépôt du programme
final et des rapports de suivi environnemental et social
Ce programme préliminaire sera complété à la suite de l’autorisation
du projet par le ministre responsable de l’Environnement, le cas
échéant. Dans le cas où l’initiateur juge que la mise en œuvre d’un tel
programme n’est pas nécessaire, il doit le justifier dans l’étude
d’impact.
Le suivi environnemental et social est une opération à caractère
scientifique servant à mesurer les impacts réels de la réalisation d’un
projet et à évaluer la justesse des mesures d’atténuation proposées.
Il s’agit donc de l’examen et de l’observation continue d’une ou de
96
plusieurs composantes environnementales et sociales pertinentes
durant la période d’exploitation du projet.
Le programme de suivi portera souvent sur les impacts les plus
préoccupants d’un projet, dans le but de documenter les effets réels
sur une composante environnementale ou sociale et de valider les
appréhensions exposées dans l’étude d’impact environnemental et
social. Parfois, il s’agit aussi de préciser certains impacts
préoccupants, mais dont l’importance était difficile à établir au
moment de l’étude d’impact environnemental et social.
Le programme de suivi doit définir les activités et les moyens prévus
et les institutions sectorielles et/ou nationales impliquées pour suivre
les effets réels du projet sur certaines composantes
environnementales et sociales. Les méthodes d’échantillonnage et
d’analyse doivent y être précisées.
Enfin, le programme doit fournir les détails relativement aux moyens
que le promoteur privilégiera pour communiquer les résultats de ses
programmes de surveillance et de suivi environnemental et social,
notamment les rapports périodiques qui devront être soumis à
l’Agence et à l’autorité de tutelle ainsi qu’à tout autre partenaire
désigné.

4. Présentation de l’étude d’impact environnemental


et social
Cette partie du guide de réalisation d’une étude d’impact
environnemental et social précise les modalités de présentation d’un
rapport d’étude d’impact.

97
4.1 Considérations méthodologiques

L’étude d’impact environnemental et social doit être concise, claire


et comporter tous les éléments présentés dans la partie précédente,
en respectant l’ordre de présentation. L’équipe de réalisation doit
être identifiée et toutes les sources d’information, citées. Les
méthodes utilisées doivent être décrites.

L’Agence doit être en mesure de vérifier que l’étude a été réalisée


selon une méthode scientifique en respectant les règles de l’art pour
chaque élément couvert.

Le rapport doit être accompagné d’un résumé vulgarisé, notamment


pour les besoins d’une consultation publique, le cas échéant.
Conformément à l’article 40 du Décret n° 2022-390 du 13 juillet 2022
portant organisation des procédures de l’évaluation
environnementale en République du Bénin, le rapport d'EIES des
catégories A (détaillée ou approfondie) et B (simplifiée) comprend au
minimum les éléments suivants :

1) un résumé non technique ;


2) l’analyse comparative des options, alternatives ou
variantes pour l'atteinte des objectifs poursuivis par la
proposition de projet, et la justification de l'alternative ou
variante choisie (le projet) ;
3) la description détaillée du projet (alternative ou variante
retenue), incluant les plans, cartes et figures utiles et les
aspects environnementaux ;
4) l'analyse du cadre juridique et institutionnel du projet ;

98
5) la description et l'analyse de l'état initial du site, de son
environnement naturel et humain, portant notamment sur
les ressources naturelles, le milieu construit, la population
et les activités, les questions liées aux changements
climatiques, les droits humains, le genre, le patrimoine
culturel, susceptibles d'être affectées par le projet et l'usage
que l'on fait de ces ressources ;
6) l'analyse des impacts potentiels prévisibles, directs,
indirects, cumulatifs et résiduels du projet sur
l’environnement et la vie des populations ;
7) l'analyse des risques technologiques, le cas échéant ;
8) le résumé de la participation publique notamment les
consultations et audiences publiques ;
9) le Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES).

4.2 Renseignements confidentiels

Dans le cas d’un projet industriel, certains renseignements relatifs


aux procédés de fabrication peuvent être considérés confidentiels
par le promoteur. Comme l’étude d’impact environnemental et social
ne sera pas un document confidentiel et qu’elle pourra même être
consultée par le public, il est recommandé de placer dans un
document différent toute information confidentielle ou
préjudiciable. Le cas échéant, l’Agence et l’autorité de tutelle
pourront être en mesure de juger si certaines informations peuvent
être soustraites sans nuire à la procédure d’évaluation
environnementale et sociale du projet.

99
4.3 Dépôt du rapport

Lorsque le promoteur le juge opportun, il dépose officiellement le


dossier de son évaluation environnementale et sociale auprès de
l’Agence béninoise pour l’Environnement en 5 copies, ainsi qu’une
(01) copie en version numérique. Le dossier doit comprendre l’étude
d’impact, son résumé non technique et tout autre document connexe
(complément d’information, rapports sectoriels pertinents)
nécessaire à la bonne compréhension du projet et de ses
répercussions sur l’environnement.

100
ANNEXE

101
Liste des activités soumises à étude d’impact environnemental et
social

I- AGRICULTURE ET AMÉNAGEMENT HYDRO-AGRICOLE


Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
I.1 Projet d’irrigation et de
<10 ha 10 à 50 ha >50 ha
drainage
Superficie de la Superficie de la
I.2 Barrage hydro-pastoral N/A
retenue <1 ha retenue > 1ha
I.3 Elevage intensif
N/A 1000 à 5000
I.3.1 Volailles >5000 têtes
têtes
I.3.2 Ovins, caprins N/A 200 à 1000 têtes ˃ 1000 têtes
I.3.3 Bovins N/A 100 à 500 têtes ˃ 500 têtes
I.3.4 Porcins N/A 100 à 200 têtes ˃ 200 têtes
I.4 Aquaculture/ Pisciculture
N/A N/A Obligatoire
/ Ecloserie
I.5 Héliciculture /
N/A 500 à 2000 têtes Plus de 2000
Achatiniculture
N/A 50 à 100 >100 colonies
I.6 Apiculture
colonies
I.7 Cuniculture N/A 200 à 1000 têtes >1000 têtes
I.8 Remembrement Rural N/A N/A Obligatoire
I .9 Défrichement N/A 10 à 500 ha >500 ha
I.10 Utilisation de pesticides
I.10.1 Pulvérisation
N/A 10 à 500 ha >500 ha
aérienne
I.10.2 Epandage au sol N/A 10 à 500 ha >500 ha
I.11 Aménagement d’aires
de pâturage et/ou de <10 ha 10 à 100 ha >100 ha
campement
I.12 Aménagement des N/A N/A Obligatoire
basfonds

102
II- AMÉNAGEMENT FORESTIER (FLORE ET FAUNE)
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
II.1 Opération de
reboisement et ou de 10 à 50 ha 50 à 1000 ha > de 1000 ha
traitements sylvicoles
II.2 Classement d’aires
N/A N/A Obligatoire
protégées
II.3 Création de parcs, aires
protégées ou jardins N/A N/A Obligatoire
zoologiques
II.4 Récolte de la matière
ligneuse incluant les
20 à 100 ha 100 à 1000 ha > de 1000 ha
routes, pistes et
campements

II.5 Exploitation de forêts N/A N/A Obligatoire


communautaires

103
III- INDUSTRIE EXTRACTIVE
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
III.1 Forages en profondeur
pour
N/A
approvisionnement Débit < 500 m3 /j Débit > 500 m3 /j
en eau
III.2 Forages géothermiques N/A
Obligatoire N/A

III.3 Extraction
souterraine ou de
carrière de
ressources minérales
III.3.1 Artisanales Obligatoire N/A N/A
III.3.2 Semi-industrielle (30 à
500t/j) N/A N/A Obligatoire

III.3.3 Industrie (>500t/j) N/A N/A Obligatoire


III.4 Mise en exploitation
de carrières et ˂0,5 ha 0,5 à 1 ha > 1ha
blancs d’emprunt

IV- CIMENTERIE, FABRICATION DE CHAUX ET DE PLATRE,


FABRICATION DE BRIQUES, DE PAVÉS ET DE BÉTON
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
IV.1 Usine de production de
ciment, plâtre ou de
N/A N/A Obligatoire
tout produit à base de
calcaire
IV.2 Industrie de
production de N/A N/A Obligatoire
Céramique

104
IV.3 Usine de fabrication de
briques et/ou N/A N/A Obligatoire
agglomérés
IV.4 Usine de fabrication de
N/A N/A Obligatoire
pavés
IV.5 Usine de fabrication de
N/A N/A Obligatoire
béton

V- TRAITEMENT DES EAUX ET AQUEDUC


Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
V.1 Usine de production
N/A N/A Obligatoire
d’eau lourde
V.2 Installation de site de
production d’eau N/A N/A Obligatoire
minérale
V.3 Prise d’eau et station de
de 100 à 500
traitement d’eau pour N/A >500 m3/j
m3/j
alimentation humaine
V.4 Station d’épuration des
N/A N/A Obligatoire
eaux usées
<30cm de >30cm de
V.5 Installation d’aqueduc diamètre et diamètre et
N/A
ou d’adduction d’eau <1km de >1km de
longueur longueur
V.6 Pompage de la nappe N/A <500 m3/j 500 m3/j

105
VI- INDUSTRIES CHIMIQUES
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
VI. 1 Installation et stockage
N/A N/A Obligatoire
de produits chimiques
VI.2 Installation de
fabrication d’engrais,
de détergents, de
savons, de produits
chimiques, de colle, de
colorant, de pesticides,
N/A N/A Obligatoire
de peintures, de vernis,
d’huile de lubrification,
d’huiles essentielles,
d’additifs pour ciment,
d’encre d’imprimerie
et de peroxyde
VI. 3 Installation de
fabrication de produits N/A N/A Obligatoire
pharmaceutiques
VI. 4 Fabrication
conditionnement
chargement ou
N/A N/A Obligatoire
encartouchage de
poudres et des
explosifs
VI. 5 Installation et stockage
des munitions et
N/A N/A Obligatoire
autres éléments
explosifs
VI. 6 Fabrication et/ou
reconditionnement
artisanal ou industriel
N/A N/A Obligatoire
des intrants agricoles,
d’élevage et de la
pêche
VI. 7 Unité de collecte, de
transport, de stockage N/A N/A Obligatoire
et de
106
reconditionnement
des huiles usagées

VII- INDUSTRIES DE L’ÉNERGIE


Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
VII.1 Programme
d’exploitation ou
N/A N/A Obligatoire
d’exportation de pétrole
et de gaz naturel
VII.2 Raffinerie de pétrole
brute, installation de
gazéification de N/A N/A Obligatoire
liquéfaction et usine
pétrochimique
VII.3 Centrale thermique,
groupes électrogènes et
autres installations de N/A <10 MW ˃ou = 10 MW
combustion destinées à
la production d’énergie
VII.4 Construction ou
agrandissement
d’établissement de
fission ou de fusion
nucléaire d’usine de
fabrication de
traitement ou de N/A N/A Obligatoire
retraitement de
combustion nucléaire
ou de lieu d’élimination
ou d’entreposage de
matières ou de déchets
radioactifs
VII.5 Installations destinées
à la production N/A <300 KW ˃ou = 300 KW
d’énergie solaire

107
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
VII.6 Installation destinée à
la production d’énergie N/A N/A Obligatoire
éolienne
VII.7 Autres installations
industrielles destinées à
N/A Obligatoire N/A
la production d’énergie
ou de vapeur
VII.8 Installation d’oléoduc,
de pipeline de gazoducs
ou de conduites
N/A N/A Obligatoire
destinés au transport de
vapeur et équipements
connexes
VII.9 Construction ou Transport et
Répartition
relocalisation d’une répartition
d’énergie
ligne de transport et de N/A d’énergie
électrique < 63
répartition d’énergie électrique > ou =
kV
électrique à 63 kV
VII.10 Construction ou
relocalisation d’un
poste de manœuvre ou N/A < 63 kV > ou = à 63kV
de transformation
d’énergie électrique
VII.11 Stockage aérien de
N/A N/A Obligatoire
gaz naturel
VII.12 Stockage de gaz
combustible en N/A N/A Obligatoire
réservoirs souterrains
VII.13 Stockage de
combustibles fossiles N/A N/A Obligatoire
liquides
VII.14 Installation de Pompe
N/A Obligatoire N/A
trottoir
VII.15 Barrage et centrales
N/A N/A Obligatoire
hydro-électriques
VII.16 Construction d’unités
N/A <50 KW ˃ou = 50 KW
de production d’énergie

108
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
électrique à base de
biomasse (biogaz)
VII.17 Dépôt de gaz
domestique de plus de Obligatoire N/A N/A
100 bouteilles.
VII.18 Unité de production
de gaz oxygène
N/A N/A Obligatoire
industriel et médical et
autres gaz

VIII- TRAVAIL DES METAUX ET INDUSTRIES DE


TRANSFORMATION
SEUILS
Types de Projets par
EIES
Secteur d’activités NIES EIES Simplifiée
Approfondie
VIII.1 Emboutissage,
découpage et
fabrication de grosses N/A Obligatoire N/A
pièces métalliques et
de tôles
VIII.2 Traitement de surface
de revêtement des N/A Obligatoire N/A
métaux
VIII.3 Unités industrielles de
chaudronnerie,
construction de Obligatoire
N/A N/A
réservoirs et autres
pièces diverses de
série
VIII.4 Unités artisanales de
chaudronnerie,
construction de
Obligatoire N/A N/A
réservoirs et autres
pièces diverses de
série

109
SEUILS
Types de Projets par
EIES
Secteur d’activités NIES EIES Simplifiée
Approfondie
VIII.5 Construction et
fabrication de pièces
N/A N/A Obligatoire
pour véhicules
automobiles
VIII.6 Assemblage
d’automobile ou de Obligatoire N/A N/A
pièces automobiles
VIII.7 Chantiers navals De 10 à 50
< 10 employés > 50 employés
employés
VIII.8 Installations pour la
construction N/A N/A
Obligatoire
d’aéronefs
VIII.9 Entretiens et
N/A Obligatoire N/A
réparations d’aéronefs
VIII.10 Construction,
réparation et
N/A N/A Obligatoire
entretien de
matériel ferroviaire
VIII11 Industrie de
N/A N/A Obligatoire
l’électronique
VIII.12 Installation de
calcination et de N/A N/A Obligatoire
minerais métalliques
VIII.13 Installations
sidérurgiques et
installations de N/A N/A Obligatoire
production de
métaux non ferreux
VIII.14 Construction d’usine
de traitement de N/A N/A Obligatoire
minerais
VIII.15 Fabrication de fibres
N/A N/A Obligatoire
minérales artificielles
VIII.16 Fonderies artisanales
N/A Obligatoire N/A
d’aluminium

110
IX- FABRIQUE DE VERRE
SEUILS
Types de Projets par
EIES
Secteur d’activités NIES EIES Simplifiée
Approfondie
IX.1 Installation à la
N/A N/A Obligatoire
fabrique de verre
IX.2 Unité de recyclage de la
N/A Obligatoire N/A
verrerie

X- INDUSTRIE TEXTILE, DU CUIR, DU BOIS, DU PAPIER


SEUILS
Types de Projets par
EIES
Secteur d’activités NIES EIES Simplifiée
Approfondie
X.1 Usine de sciage ou de
N/A N/A Obligatoire
transformation de bois
X.2 Fabrication de
panneaux de fibres de
N/A N/A Obligatoire
particuliers et de
contres plaqués
X.3 Unité de fabrication de
pâte à papier, de N/A N/A Obligatoire
papier et de carton
X.4 Usine d’égrenage de
N/A N/A Obligatoire
coton
X.5 Usine de
transformation de N/A N/A Obligatoire
coton
X.6 Unité de production et
de traitement de N/A N/A Obligatoire
cellulose
X.7 Unités de tannerie et
N/A N/A Obligatoire
de mégisserie
X.8 Industrie textiles et
N/A N/A Obligatoire
teintureries

111
XI- INDUSTRIE DE CAOUTCHOUC
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
XI.1 Installation de
fabrication N/A N/A Obligatoire
d’élastomère
XI.2 Transformation
d’élastomère et autres N/A N/A Obligatoire
matières plastiques

XII- INDUSTRIES DE PRODUITS ALIMENTAIRES


Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
XII.1 Sucrerie N/A N/A Obligatoire
XII.2 Industrie de corps gras
N/A N/A Obligatoire
végétaux et minéraux
XII.3 Conserves de produits
animaux, végétaux et N/A N/A Obligatoire
minéraux
XII.4 Transformation de
N/A N/A Obligatoire
produits laitiers
XII.5 Brasseries et maltières N/A N/A Obligatoire
XII.6 Confiseries et siroperie N/A N/A Obligatoire
XII.7 Installation destinées à
Nbres de têtes Nbres de têtes Nbres de têtes
l’abattage des
par jour par jour par jour
animaux
Volailles <200 200 à 1000 >1000
Ovins /caprins/lapins <50 50 à 200 >200
Porcins <50 50 à 200 >200
Bovins <10 10 à 50 >50
XII.8 Féculeries industrielles N/A N/A Obligatoire
XII.9 Usine de farine de
poisson et d’huile de N/A N/A Obligatoire
poisson
XII.10 Usine de fabrication
N/A N/A Obligatoire
de pâte alimentaire
112
XII.11 Boulangerie pâtisserie
N/A N/A Obligatoire
industrielle
XII.12 Boulangerie artisanale Obligatoire N/A N/A
XII.13 Production de
Yahourt non
Obligatoire N/A N/A
industrialisé/ jus de
fruits non industrialisé

XIII- PROJETS D’INFRASTRUCTURES


Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
XIII.1 Construction de routes emprise < ou = à emprise > 20 m
et infrastructures N/A 20 m et et longueur
connexes longueur ≤ 1km >1km
emprise ≤ 20 m emprise ≤ 20 m emprise ˃ 20 m
XIII.2 Ouverture de pistes et longueur ≤ et longueur ˃ et longueur ˃
1km 1km 1km
XIII.3 Réfection de routes
ayant déjà fait objet N/A Obligatoire N/A
d’EIES
XIII.4 Réfection de pistes emprise ≤ 20 m emprise ˃ 20 m
ayant déjà fait objet et longueur ≤ et longueur ˃ N/A
d’EIES 5km 5km
XIII.5 Programme de travaux
N/A Obligatoire N/A
d’entretien routier
XIII.6 Construction
d’aéroport,
d’aérodrome, N/A N/A Obligatoire
d’héliport ou de piste
d’atterrissage
XIII.7 Construction chemin
de fer et infrastructure N/A N/A Obligatoire
connexes
XIII.8 Construction de ponts <5m de 5 à 20 m >20 m
XIII.9 Portes de commerce,
≤ 50 >50
de pêche ou de N/A
embarcations embarcations
plaisance

113
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
XIII.10 Travaux
d’aménagement des N/A N/A Obligatoire
zones industrielles
XIII.11 Aménagements
N/A N/A Obligatoire
côtiers maritimes
XIII.12 Construction d’école,
de lycée et N/A N/A Obligatoire
d’université
XIII.13 Réhabilitation
d’école, de lycée et
N/A Obligatoire N/A
d’université ayant déjà
fait objet d’EIES
XIII.14 Construction de
boulodromes, de
N/A N/A Obligatoire
stades et autres aires
de jeux
XIII.15 Construction de
N/A N/A Obligatoire
marchés
XIII.16 Aménagement des
parcs de
N/A N/A Obligatoire
stationnement des
camions
XIII.17 Construction de N/A ≤ R+2 >R+2
bâtiments à usage
public
XIII.18 Construction de N/A N/A Obligatoire
Supermarché
/hypermarché (grande
surface)
XIII.19 Aménagement de
gares routières et
N/A N/A Obligatoire
pôles d’échanges
importants
XIII.20 Aménagement des
cimetières N/A N/A Obligatoire
communaux
XIII.21 Eglises/ Mosquées Obligatoire N/A N/A

114
XIV- AMÉNAGEMENTS DES COURS D’EAU
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
XIV.1 Travaux de
canalisation et de
N/A N/A Obligatoire
régulation de cours
d’eau
XIV.2 Détournement ou
déviation d’un cours N/A N/A Obligatoire
d’eau
XIV.3 Dragage, creusage,
remblayage ou N/A N/A Obligatoire
remplissage
XIV.4 Drainage d’une aire
N/A N/A Obligatoire
(marais ou marécage)
XIV.5 Aménagement des
zones deltaïque ou N/A N/A Obligatoire
lagunaires
XIV.6 Construction ou
réfection de barrages,
N/A N/A Obligatoire
digues et ouvrages de
régulation
XIV.7 Aménagement des
zones humides
N/A N/A Obligatoire
naturelles et/ou
artificielles

XV- AMÉNAGEMENTS URBAINS


SEUILS
Types de Projets par
EIES
Secteur d’activités NIES EIES Simplifiée
Approfondie
XV.1 Schéma directeur
d’aménagement ou
N/A Obligatoire N/A
plan de directeur
d’urbanisme
XV.2 Plan d’occupation des
N/A Obligatoire N/A
sols

115
XV.3 Zone d’aménagement
N/A Obligatoire N/A
concerté
XV.5 Travaux
d’aménagement N/A N/A Obligatoire
urbain
XV.6 Zone d’aménagement
N/A N/A Obligatoire
paysager

XVI- AMÉNAGEMENTS TOURISTIQUES


Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
XVI.1 Villages de vacances/
Aires de jeux/ Zones
≤ 1 ha de 1 à 5 ha > 5 ha
de récréation pour le
tourisme de masse
de 10 à 70
XVI.2 Hôtels < 10 chambres > 70 chambres
chambres
XVI.3 Restaurants, Bar,
Obligatoire N/A N/A
Discothèque
XVI.4 Salle de fête N/A ≤ 100 Places > 100 places

116
XVII- INFRASTRUCTURES DE SANTÉ
Seuils
Types de projets par
EIES
secteur d’activités NIES EIES simplifiée
approfondie
XVII.1 Construction et mise
en service
d’incinérateur (types N/A N/A Obligatoire
Montfort, semi-
électrique, électrique)
XVII.2 Construction et mise
en service d’un centre N/A N/A Obligatoire
de santé
XVII.3 Construction et mise
en service d’un hôpital
(Hôpital de Zone,
Centre Hospitalier N/A N/A Obligatoire
Universitaire, Centre
Hospitalier
Départemental…)
XVII.4 Installation d’officines
Obligatoire N/A N/A
et de pharmacie
XVII.5 Construction de
laboratoire chimique/
N/A N/A Obligatoire
d’analyses
biomédicales
XVII.6 Construction de
N/A N/A Obligatoire
morgues

XVIII- INFRASTRUCTURES DE TÉLÉCOMMUNICATIONS


SEUILS
Types de Projets par
EIES
Secteur d’activités NIES EIES Simplifiée
Approfondie
XVIII.1 Construction et mise N/A N/A Obligatoire
en service d’une
antenne GSM/antenne
relais

117
XIX- AUTRES TYPES DE PROJETS
SEUILS
Types de Projets par
EIES
Secteur d’activités NIES EIES Simplifiée
Approfondie
XIX.1 Autres établissements
dangereux, insalubres
ou incommodes et
installations
N/A N/A Obligatoire
industrielles de classes
1 de la nomenclature
des établissements
classées au Bénin
XIX.2 Construction des N/A N/A Obligatoire
centres de tri et de
regroupement de
déchets
XIX.3 Construction de
N/A Obligatoire N/A
latrines publiques
XIX.4 Installation de
plateforme de
stockage et de
N/A N/A Obligatoire
démantèlement des
batteries à plomb et
acide usagées
XIX.5 Installation de
plateforme de stockage de Obligatoire N/A N/A
pneus usagés
XIX.6 Installation de
plateforme de stockage et
N/A N/A Obligatoire
de démantèlement des
DEEE
XIX.7 Unité de gestion des
déchets d’Equipements N/A N/A Obligatoire
Electriques et Electroniques
XIX.8 Décharges et site
d’enfouissement
recevant ou non des
N/A N/A Obligatoire
déchets biomédicaux
et sites d’élimination
de déchets dangereux
118
SEUILS
Types de Projets par
EIES
Secteur d’activités NIES EIES Simplifiée
Approfondie
XIX.9 Usines d’équarrissage N/A N/A Obligatoire
XIX.10 Installation de
NA NA Obligatoire
chambre froide
XIX.11 Unité de production
NA Obligatoire NA
du charbon écologique
XIX.12 Exploitation d’un
Obligatoire NA NA
pressing
XIX.13 Exploitation de
garages auto avec /ou NA Obligatoire NA
sans unité de tôlerie.

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