LES CLASSES GRAMMATICALES
Le mot est un « élément sémantiquement codé ; son ou groupe de sons articulés, ou figurés graphiquement
(par idéogrammes ou par lettres), qui conserve une certaine unité formelle dans des emplois grammaticaux
déterminés et auquel est liée soit une fonction stable, soit la représentation d'une chose, d'une idée ou d'un
être ». (Le Robert) Il est donc un signe composé d’un signifiant (forme sonore et visible) et d’un signifié
(sens) que comprennent tous les utilisateurs d’une même langue. Cependant un mot ne correspond pas à
un seul signifié et un signifié ne se limite pas à un seul mot.
Les mots de la langue sont classés en neuf catégories. L’appartenance à l’une ou l’autre de ces catégories
définit la nature du mot.
1. Le nom
Il désigne un être ou une chose. Il est généralement précédé d’un déterminant et forme, avec ce dernier,
un groupe nominal. On distingue les noms communs qui désignent une catégorie de choses ou d’êtres et
les noms propres qui désignent des choses ou des êtres particuliers, et commencent par une lettre
majuscule. Le nom porte généralement les marques de genre et de nombre.
Ex : Une brise ; des hommes ; Abdou ; un Sénégalais.
2. Le déterminant
Il précède le nom et précise son genre, son nombre, sa quantité, son possesseur… On distingue les
déterminants définis, qui précisent l’être ou la chose désignés par le nom, et les déterminants
indéfinis qui ne donnent pas d’indication précise sur l’identité de l’être ou de la chose.
a. Les déterminants définis
L’article défini qui désigne un être ou une chose déjà connus. Il peut être contracté ou élidé : Les
enfants reviennent du stade par l’avenue Cheikh Anta.
L’adjectif possessif : il varie suivant le genre et le nombre de l’objet possédé et la personne du possesseur :
mon sac ; tes cahiers.
L’adjectif possessif peut renvoyer au respect : Son Excellence.
L’adjectif démonstratif : il présente des formes simples et composées.
Les formes simples servent :
- A localiser des êtres ou des choses dans un espace ou dans un temps proche : IL est arrivé cette nuit ;
prenez ce chemin.
- A déterminer des noms de choses ou d’êtres déjà cités ou connus : Au milieu de la cour, il y avait deux
arbres. Ces arbres ont été plantés par le directeur.
Les formes composées sont des formes d’insistance. Les formes composées avec –ci indiquent la
proximité, celles en –là l’éloignement.
Ces jours-ci il fait très chaud ; En ce temps-là, la vie était belle.
b. Les déterminants indéfinis
L’article indéfini caractérise un être ou une chose sans les différencier des autres de la même
espèce : Je voudrais une mangue et des pommes. (N’importe lesquelles)
L’article partitif détermine un nom désignant une chose indénombrable. On peut le remplacer par
un peu de : du sable ; de l’espoir.
L’adjectif indéfini peut exprimer :
- L’indétermination : quelque, quelconque, je ne sais quel, n’importe quel, quel (que), tel, certain.
- La quantité : aucun, nul, quelques, certains, divers, maint, tout, chaque.
- La ressemblance ou la différence : même, tel, autre, divers, différents.
L’adjectif numéral cardinal indique le nombre du nom qu’il détermine sans donner d’autres
précisions : J’ai acheté deux livres.
L’adjectif exclamatif s’emploie dans une phrase exclamative ou une proposition exclamative
indirecte: Quelle belle œuvre !
L’adjectif interrogatif s’emploie dans une phrase interrogative ou une proposition interrogative
indirecte : Quel modèle voudrais-tu?
Les adjectifs numéraux cardinaux sont invariables sauf un, vingt et cent dans certains cas. Vingt et
cent prennent la marque du pluriel quand ils sont multipliés et qu’ils ne sont pas suivis d’un autre
adjectif numéral.
NB : Les adjectifs numéraux ordinaux ne sont pas des déterminants mais sont l’équivalent d’adjectifs
qualificatifs. Je le croyais premier (attribut du COD).
3. L’adjectif qualificatif
Il dépend toujours d’un élément de la phrase, en général un nom, et exprime une propriété de la chose ou
de l’être désignés par le groupe nominal. Un tableau noir ; un grand homme.
4. Le pronom
Il est le plus souvent l’équivalent du groupe nominal (personnel, possessif, démonstratif, numéral
cardinal, numéral ordinal, interrogatif, relatif, indéfini, impersonnel, adverbial).
NB: Celui-ci / ceci désigne en principe ce qui est le plus rapproché ; ce dont il va être question;
celui-là / cela, ce qui est le plus éloigné; ce dont il a été question.
5. Le verbe
Le verbe est le pivot de la phrase et permet de dire quelque chose à propos du sujet : Les cours reprennent
le 2 juin.
6. L’adverbe
Il modifie le sens du mot sur lequel il porte (verbe, adverbe, adjectif) : Ils ont beaucoup profité de
leurs vacances ; il est très gentil
7. La préposition
C’est un mot de liaison qui relie deux éléments. Elle introduit en général un nom ou un groupe nominal et
le rattache à un élément de la phrase ou à la phrase entière : Des pains de mie ; je l’ai vu partir en courant.
8. La conjonction
Les conjonctions sont des mots de liaison qui relient 2 éléments. Elles sont de deux natures :
Les conjonctions de coordination qui relient des éléments ou des propositions qui ont le même
statut ;
Les conjonctions de subordination qui relient et subordonnent 1 proposition à une autre dite
principale
9. L’interjection
Elle constitue à elle seule une phrase. Hélas ! Aïe !
NB : Catégories de mots variables : nom, déterminant, adjectif, pronom, verbe.
Catégories de mots invariables : adverbe, préposition, conjonction, interjection.
On appelle locution une suite de mots qui fonctionne en bloc comme un mot. Il existe autant de natures de
locutions que de catégories de mots.
EXERCICES
I. Relevez dans le passage suivant neuf classes grammaticales du lexique français.
Il ne faut pas trop demander à un peintre. Celui-ci s’escrime naïvement à reproduire votre tête sur son
papier. Dieu merci, plus il travaille, plus il s’éloigne de la nature. Si son dessin est beau, vous lui
ressemblerez dans six mois. L’art n’imite pas la nature. C’est la nature qui copie l’art.
- Ah ! voilà votre vieille théorie ! (…) Elle ne peut être vraie, après tout. Mais vous ne devriez pas la crier sur
les toits. Elle fait trop l’affaire des mauvais peintres.
Jean Dutourd, Mémoires de Mary Watson, Flammarion.
II. Donnez la nature des mots soulignés dans le texte.
Quand je me suis relevé, il était certainement plus de minuit. Je n’ai pas allumé la lampe de chevet. Je suis
allé à la cuisine et j’ai bu un verre d’eau. Il n’y avait pas de lune, mais le ciel n’était pas noir. (…)
C’est quelques secondes plus tard qu’un bruit léger m’a fait lever la tête. Une ombre se déplaçait lentement
contre l’arête du toit de l’immeuble d’en face, à la hauteur des mansardes qui découpaient leurs
silhouettes pointues de ruches de distance en distance.
Jean Hougron, Je reviendrai à Kandara, éd. Mondiales.
LE VERBE
Le verbe est le pivot autour duquel s’organise la phrase et il permet d’identifier les autres constituants
de la phrase. Il existe à la forme simple (radical + terminaison) et à la forme composée (radical +
désinences / auxiliaire + p. passé).
Les temps composés sont formés à l’aide de l’auxiliaire avoir (verbes transitifs, être et la plupart des
verbes intransitifs) et de l’auxiliaire être (verbes de mouvement ou de changement d’état, verbes
pronominaux et quelques verbes intransitifs perfectifs – qui expriment une action orientée vers un
terme final).
Par ailleurs, du point de vue de la construction, il y a :
les verbes intransitifs (qui n’ont ni complément d’objet, ni attribut) : Il chante bien ;
les transitifs directs (qui appellent un complément d'objet direct) : Elle apprend sa leçon ;
transitifs indirects (qui nécessitent un complément d'objet indirect) : Il succède à son père ;
les verbes doublement transitifs (avec 2 compléments d’objet – COD + COS / COI + COS) ; Elle
demande un cahier à sa mère ; Il parle de l’enfant à sa tante ;
les verbes attributifs (verbes d’état construits avec un attribut du sujet, verbes construits avec un
attribut du COD - verbes qui expriment un jugement [penser, croire, dire], une transformation [rendre,
faire], une dénomination [appeler, nommer]) : Son attitude me rend perplexe ;
Parallèlement, il y a les verbes pronominaux qui sont classés selon leur sens qui est déterminé par la
relation entre le sujet et le pronom réfléchi. Nous distinguons ainsi :
Les verbes pronominaux de sens réfléchi lorsque l’action exprimée est exercée par le sujet
sur lui-même : se reposer, s’installer…
Les pronominaux de sens réciproque quand les sujets exercent l’action les uns sur les
autres : se rencontrer, se battre…
Les pronominaux de sens passif qui équivalent à des verbes à la forme passive. Le pronom
réfléchi n’est pas analysable : la fête se prépare ; les moutons se vendent.
Les verbes exclusivement pronominaux n’existent qu’à la forme pronominale et leur
pronom réfléchi ne s’analyse pas : s’enfuir, s’empresser, se réfugier…
NB : Les verbes qui changent de sens en passant à la voix pronominale sont classés dans cette
catégorie : se douter (Se douter de qqch : Conjecturer, croire, deviner, pressentir, soupçonner ;
douter : considérer comme tout à fait probable), s’apercevoir (S'apercevoir de… : prendre
conscience, se rendre compte)
EXERCICES
I. Donnez la fonction des pronoms personnels réfléchis dans les phrases suivantes.
Ils se sont dirigés vers l’endroit où ils s’étaient donné rendez-vous. Je me demande ce que cela
signifie. Elles s’écrivent régulièrement. Ils se sont rencontrés et se sont parlé. Les orateurs se
sont succédé à la tribune. Ils leur téléphonent. On s’isole.
II. Relevez les COD, les COI, et les COS. Précisez leur nature.
Nous leur avons demandé leur adresse. Ils ont ri de moi quand je leur ai exposé mes projets. Ils
nous ont prévenus de leur départ. Le camarade à qui tu as confié des papiers ne me les a jamais
apportés, il en convient. Ils ont averti leurs amis de leur prochain mariage. Explique-moi la
raison de ta mauvaise humeur. Elle lui a fait des compliments.