CENTRE DE FORMATION DANS LES METIERS DE
BATIMENT MEKNES
Filière : technicien spécialisée géomètre topographe
Projet de fin de formation pour l’obtention de
diplôme TSGT OFPPT
Thème
BORNAGE D’IMMATRCULATION ET
MORCELLEMENT
Réalisée par : Encadrant :
LAAROUCI LATIFA Pr. QEBIBO CHAIMAE
ASMAE ABLAL
HIDAYA NAJIM
MOUNAIM RIFAI
1
Années de formation 2023/2025
Dédicace :
À ceux qui ont toujours été nos premiers soutiens,
à nos chers pères et mères,
nous dédions ce travail modeste en signe de profonde gratitude
pour tout le soutien que vous nous avez offert,
Pour tout l'amour, les encouragements et les prières sincères
dont vous nous avez entourés.
Vous avez été et restez la lumière qui guide nos pas,
Le pilier sur lequel nous nous appuyons à chaque étape de
notre vie.
Grâce à vos sacrifices et à votre foi en nous, nous avons pu
arriver à ce moment précieux.
Recevez de notre part toute notre reconnaissance et notre
gratitude,
Car cet accomplissement est autant le fruit de vos efforts que
du nôtre.
2
REMERCIEMENT :
Merci
Je voudrais commencer par exprimer ma profonde gratitude à
l’équipe pédagogique de l’OFPPT CFMBTP de Meknès, ainsi
qu’aux intervenants professionnels qui ont joué un rôle clé dans
notre formation TSGT. Leur engagement a été essentiel pour
assurer la qualité de l’enseignement théorique et pratique que
nous avons reçu.
Je voudrais également adresser un merci particulier à notre
professeur, Mme Qebibo Chaimae. Son soutien constant tout
au long de notre projet a été inestimable. Nous lui sommes
reconnaissants pour sa générosité en matière de formation et
de mentorat. Ses conseils ainsi que les judicieux conseils qu'elle
nous a prodigués lors du suivi ont grandement contribué à
notre réussite. Sa confiance en nos capacités était également
une source de mot…
3
SOMMAIRES
Introduction :.............................................................................................................................5
Chapitre 1 :................................................................................................................................6
La présentation de l’établissement et de la topographie :..........................................................6
1. Présentation de l’établissement :..................................................................................................6
1.1 Information générale sur l’établissement :...........................................................................6
2 Présentation de la topographie :.................................................................................................10
2.1 L’utilisation et la réalisation de la topographe dans plissure domine................................11
2.2 Levé topographique :...........................................................................................................12
Chapitres 2 :.............................................................................................................................13
Bornage : la définition et ses différents types et son historique et leurs avantages.....................13
3 Bornage :.....................................................................................................................................13
3.1 Définition :..........................................................................................................................13
3.2 Les types...............................................................................................................................14
3.3 Historique............................................................................................................................14
3.4 Les avantages d’immatriculation :....................................................................................16
Chapitres 3 :.............................................................................................................................18
Procédure ordinaire d’immatriculation...........................................................................................18
4 Procédure ordinaire d’immatriculation :.................................................................................18
4.1 Dépôt et enregistrement de la requête d’immatriculation Foncière :................................18
4.2 Publication et affichage de l'extrait de réquisition :......................................................19
4.3 Le Bornage...........................................................................................................................21
4.4 Les règles que le géomètre doit respecter :........................................................................22
4.5 Opération de levé et établissement du plan foncier...........................................................25
4.6 Publication et affichage de l’avis de clôture de bornage :..................................................26
4.7 Repérage définitif................................................................................................................26
4.8 Décision du conservateur : options possibles.....................................................................26
Chapitre 4 :...............................................................................................................................28
Procédures spéciales d’immatriculation :.......................................................................................28
5 Procédures spéciales d’immatriculation :................................................................................28
5.1 Procédures spéciales d'immatriculation sans publicité :....................................................28
5.2 Procédures particulières d’immatriculation avec publicité :.........................................29
5.3 Immatriculation foncière globale :...................................................................................30
5.4 Étapes préliminaires à l’immatriculation foncière collective........................................30
4
5.5 Remembrement Rural :......................................................................................................31
5
Introduction :
Le bornage constitue une étape fondamentale dans le
processus d’immatriculation foncière au Maroc. Il s’agit d’une
opération technique qui permet de fixer avec précision les
limites d’un bien foncier et de les matérialiser physiquement
sur le terrain à l’aide de repères appelés bornes. Cette
procédure joue un rôle crucial en assurant la sécurité juridique
des transactions immobilières, en évitant les conflits relatifs aux
délimitations des propriétés.
Dans le secteur de l’immobilier, le bornage dans le cadre de
l’immatriculation foncière revêt une grande importance pour
garantir la transparence et la sécurité des opérations foncières.
Il permet de définir clairement les contours des propriétés,
offrant ainsi une base juridique fiable pour les actes de vente,
de location ou de mise en valeur. Ce travail a pour objectif
d’étudier en profondeur le processus de bornage lié à
l’immatriculation, en mettant en lumière ses principes, ses
démarches ainsi que les implications juridiques qui en
découlent. Nous aborderons également les principales
difficultés rencontrées lors de l’exécution du bornage foncier et
proposerons des pistes d’amélioration pour rendre cette
opération plus efficace, contribuant ainsi à la consolidation de la
sécurité foncière et à la fiabilité du cadastre national.
Ainsi, nous tenterons de répondre aux questions suivantes :
✓ Quelles sont les étapes de l’immatriculation foncière ?
✓ Pourquoi le bornage est-il une étape indispensable ?
✓ Qui peut en faire la demande ?
✓ Comment le bornage est-il réalisé concrètement ?
6
Chapitre 1 :
La présentation de l’établissement
et de la topographie :
[Link]ésentation de l’établissement :
1.1 Information générale sur
l’établissement :
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8
Le Centre de Formation Professionnelle dans le Bâtiment et les
Travaux Publics (CFPBTP), situé à YENNAH 1, a ouvert ses portes en
2010. Cet établissement, sous la tutelle du Ministère de
l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de
l’Emploi, propose plusieurs filières dans le domaine du BTP.
Les filières proposées incluent notamment :
Technicien spécialisé en génie civil
Technicien Spécialisé Conducteur de Travaux
Travaux Publics
Technicien Spécialisé Gros Œuvres
Technicien Peintre Décorateur en Bâtiment
Chef de Chantier Travaux Publics
L’objectif du centre est de former des ouvriers et techniciens
hautement qualifiés dans les métiers du bâtiment et des travaux
publics. Grâce à des formateurs expérimentés et à une
infrastructure adaptée, les apprenants reçoivent une formation
aussi bien théorique que pratique, ce qui facilite leur insertion
professionnelle.
Le CFPBTP entretient également des liens solides avec les
entreprises, leur permettant de bénéficier de stages pratiques et
d’opportunités d’emploi. En fin de formation, les diplômés
disposent des compétences nécessaires pour intégrer rapidement
le marché du travail ou poursuivre des études spécialisées.
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CENTRE DE FORMATION DANS LES METIERS DU
BATIMENT MEKNES
Technicien spécialise en génie civil
Technicien spécialise gros œuvres
Technicien spécialise Géomètre
topographe
Technicien spécialise conducteur
De travaux : Travaux publics
Diplôme du baccalauréat Spécialisation
Spécialisation Scientifique
ou technique
Age limite : 30ans Menuiserie aluminium
Maçonnerie Polyvalente
Plomberie sanitaire
Technicien Électricité de Bâtiment
Plâtrier
Peintre décorateur en Bâtiment Niveau scolaire minimum requis
6éme année de l’enseignement
2éme année Baccalauréat scientifique, Fondamentale et plus.
Techniques ou littéraire ou diplôme du
Niveau Qualification dans le secteur BTP
(Age limite 30 ans
Chef de chantier travaux publics :
2éme année Baccalauréat scientifique ou
Techniques ou diplôme du niveau
Qualification dans le secteur BTP
(Age limite 30 ans)
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2 Présentation de la topographie :
La topographie est la discipline qui permet de représenter de
manière précise et détaillée la surface terrestre, en mettant en
évidence les formes naturelles (relief, cours d’eau, végétation) et
les éléments artificiels (routes, bâtiments, infrastructures). Elle
repose sur l’utilisation de mesures précises effectuées sur le
terrain ou obtenues par des outils technologiques comme les
satellites ou les drones.
Cette science s’appuie sur des méthodes rigoureuses et des
instruments de mesure (niveau, théodolite, station totale, GPS) pour
établir des cartes et des plans fidèles à la réalité du terrain. Elle joue
un rôle essentiel dans de nombreux domaines comme
l’aménagement du territoire, la construction, la géologie, l’agriculture
ou encore la gestion des ressources naturelles.
Grâce à l’évolution des technologies, la topographie moderne
permet aujourd’hui de collecter, analyser et représenter
spatialement des données géographiques avec une grande
précision, facilitant ainsi la prise de décision dans les projets de
développement.
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2.1 L’utilisation et la réalisation de la
topographe dans plissure domine.
La topographie joue un rôle essentiel dans de nombreux secteurs en
fournissant des données précises sur la forme, les dimensions et les
caractéristiques du terrain. Elle constitue un outil fondamental pour
la planification, la conception et la gestion de projets dans divers
domaines :
Cartographie : Grâce à la topographie, il est possible de produire des
cartes détaillées représentant fidèlement la surface terrestre. Ces
cartes sont indispensables pour la navigation, les études
géographiques, l’aménagement du territoire ou encore l’analyse
environnementale.
Génie civil : Les ingénieurs s’appuient sur les données
topographiques pour concevoir des infrastructures telles que des
routes, des ponts, des tunnels et des bâtiments. Ces informations
permettent d’évaluer la faisabilité des projets et de guider leur mise
en œuvre.
Construction : Avant de commencer un chantier, il est essentiel de
connaître le relief du terrain. La topographie permet de préparer les
sites de construction, de planifier les terrassements, d'installer les
réseaux d’assainissement et de contrôler l’alignement et les niveaux.
Arpentage : C’est une branche de la topographie spécialisée dans la
délimitation des propriétés foncières. Elle permet de fixer les limites
des terrains, d’établir des plans cadastraux et de résoudre les litiges
fonciers.
Géologie : En étudiant la surface terrestre, la topographie aide à
mieux comprendre la structure et la composition du sol, ce qui est
précieux pour les recherches géologiques et minières.
Hydrologie : La topographie influence les écoulements d’eau. Elle est
utilisée pour analyser les bassins versants, étudier le débit des cours
d’eau et prévoir les risques d’inondation ou d’érosion.
12
Sylviculture : La gestion des forêts repose aussi sur des levés
topographiques. Ils permettent de localiser les routes forestières, de
planifier les coupes de bois et de surveiller l’évolution des
peuplements.
Archéologie : La topographie aide à identifier et à cartographier les
sites archéologiques. Elle facilite également les fouilles en fournissant
une représentation précise du terrain avant l’excavation.
Méthodes de réalisation en topographie :
La topographie peut être effectuée par divers moyens, parmi
lesquels on retrouve :
L’arpentage : C’est la méthode classique qui repose sur l’utilisation
d’outils comme le théodolite et le niveau pour mesurer précisément
les distances, les angles et les altitudes.
Télédétection : Elle s’appuie sur des capteurs à distance, comme les
caméras ou les radars, pour obtenir des informations sur la surface
terrestre. Ces données permettent la création de cartes ou de
modèles numériques de terrain (MNT).
Les SIG (Systèmes d’Information Géographique) : Ce sont des outils
informatiques permettant de stocker, analyser et représenter des
données spatiales. Ils servent notamment à produire des cartes, des
animations et des modèles complexes.
2.2 Levé topographique :
Le levé topographique consiste à recueillir des informations précises
sur la configuration d’un terrain : formes, dimensions, et
caractéristiques. Ces données sont cruciales pour la réalisation de
plans, ou encore dans le cadre de projets d'ingénierie.
Parmi les instruments utilisés :
Le théodolite, pour mesurer les angles et les différences d’altitude ;
Le GPS, pour la localisation exacte ;
La station totale, qui mesure les distances et les angles ;
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Le scanner laser terrestre, qui génère des modèles 3D détaillés.
Grâce à ces outils, associés à des logiciels spécialisés, les topographes
peuvent collecter des données fiables, utiles pour la cartographie et
la gestion de projets
Chapitres 2 :
Bornage : la définition et ses différents
types et son historique et leurs
avantages.
3 Bornage :
3.1 Définition :
Le bornage est une procédure qui permet de tracer de manière
précise les limites d’un terrain ou d’une propriété. Cette démarche
est particulièrement utile lors d’une transaction immobilière, que ce
soit pour acheter ou vendre un terrain. Elle consiste à établir avec
exactitude la frontière entre deux propriétés, souvent entre celle
d’un particulier et celle d’un voisin.
Pour matérialiser cette limite, on utilise des repères visibles appelés «
bornes », qui peuvent être des piquets, des pierres, ou tout autre
élément durable. Le bornage garantit le respect des limites foncières,
notamment lorsqu’il s’agit d’aménager le terrain avec des plantations
ou des constructions (comme une piscine, un abri de jardin, ou un
mur).
Il est à noter que le bornage ne s’applique pas aux terrains situés en
bordure d’un espace public. Dans ce cas, des règles spécifiques
comme l’alignement individuel sont à suivre. Si aucune des parties
concernées ne réclame le bornage, il reste facultatif. Toutefois, dès
14
qu’une des parties en fait la demande — que ce soit vous ou votre
voisin — alors le bornage devient une obligation légale.
3.2 Les types
Les différentes formes de bornage
Le bornage d’un terrain peut prendre plusieurs formes, selon
l’objectif visé :
1. Bornage d’immatriculation (B.I) : réalisé lors de la première
demande de titre foncier.
2. Bornage complémentaire (B.C) : utilisé quand une partie du terrain
n’a pas été bornée précédemment.
3. Bornage de morcellement : appliqué pour diviser un terrain en
plusieurs lots.
4. Bornage de morcellement fusion : pour fusionner plusieurs
parcelles en une seule.
5. Bornage de mise en concordance (M.E.C) : pour aligner la réalité
physique avec les données du titre foncier.
6. Rétablissement des bornes : en cas de disparition ou dégradation
des bornes existantes.
7. Remembrement : réorganisation des terrains pour une meilleure
gestion.
8. IFE ( )التحديد الجماعي: procédure de bornage collectif, souvent
utilisée dans les zones rurales.
9. Recueillement de bornage : regroupement ou mise à jour de
plusieurs opérations de bornage antérieures.
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3.3 Historique
Avant l’instauration du régime du protectorat en 1912, la
propriété foncière privée appelée "Melk" était régie
uniquement par la loi islamique.
Les droits y afférents étaient prouvés par un acte adulaire,
rédigé par deux aouls (notaires religieux), qui consignaient des
témoignages individuels ou collectifs (LAFIF).
Cependant, ces actes n’offraient aucune garantie juridique, ni
en termes de publicité foncière ni de sécurité de propriété.
Ils reposaient uniquement sur la charia comme base juridique.
Naissance de l’immatriculation foncière
Origine de l’immatriculation foncière au Maroc
Durant la période du protectorat – qu’il soit français, espagnol ou
international (notamment à Tanger) – une réforme majeure a vu le
jour : la mise en place de l’immatriculation foncière. Cette réforme
s’inspire des pratiques internationales, notamment du système
australien connu sous le nom de "Torrents", du nom de son créateur,
Robert Torrents, ancien gouverneur général de l’Australie.
L’objectif principal de cette réforme était d’instaurer un registre
foncier au Maroc. Ce "livre foncier" devait jouer un rôle comparable à
celui de l’état civil, mais appliqué aux propriétés foncières, en
assurant une individualisation juridique et topographique des biens.
Pour concrétiser cette réforme, deux dahirs ont été promulgués (le
12 août 1913 et le 2 juin 1915), regroupés dans un texte divisé en 14
titres. Ces textes encadrent divers aspects du droit de propriété
(pleine propriété, usufruit, emphytéose, servitudes, etc.).
Les avantages de ce système sont nombreux :
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Il met en place une procédure claire et définitive pour établir la
situation juridique et topographique d’un bien, en éliminant les
anciens titres incertains ou historiques.
Les inscriptions faites sur le titre foncier ont une valeur juridique
forte, difficilement contestable.
Tous les droits enregistrés sur un bien sont publiques et accessibles.
Le système repose sur une individualisation par bien (et non par
personne), ce qui permet une meilleure lisibilité des droits et charges
attachés à chaque propriété.
Avant toute inscription, les documents sont soumis à un contrôle
rigoureux par le Conservateur, garantissant leur légalité.
Il facilite considérablement la transmission des biens et
l’enregistrement des hypothèques ou gages immobiliers
3.4 Les avantages d’immatriculation :
L’immatriculation foncière protège votre propriété contre toute
éventuelle revendication ou éviction. L’immatriculation vous donne
droit à un titre foncier définitif et inattaquable. Ce titre foncier
annule tous titres et purge tous droits antérieurs qui n’y seraient pas
mentionnés. Selon la loi, votre propriété vous appartiendra de
manière définitive.
L’immatriculation foncière vous permet de délimiter votre propriété.
Elle permet de déterminer les limites topographiques de votre
propriété, son emplacement géographique, sa superficie, ses charges
foncières et servitudes, sa consistance et ses coordonnées seront
déterminés au moyen de techniques modernes et fiables et reportés
sur un plan cadastral.
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L’immatriculation foncière augmente la valeur de votre propriété. La
valeur d’une propriété immatriculée est incontestablement plus
élevée que celle d’une propriété non immatriculée. En général,
l’immatriculation foncière octroie une plus-value additionnelle au
patrimoine foncier.
L’immatriculation foncière simplifie les transactions immobilières.
L’immatriculation vous permet d’identifier la juste valeur de votre
patrimoine. Que vous souhaitiez vendre votre propriété, la léguer en
héritage ou acheter une autre propriété. L’immatriculation permet
aux propriétaires de prendre des décisions financières plus éclairées
L'immatriculation foncière vous offre un meilleur accès au crédit. Le
titre foncier vous permet d'être reconnu officiellement comme
propriétaire et fixe la valeur de votre patrimoine. Si vous songez
apporter des améliorations à votre propriété, défricher une parcelle
de terrain ou y ajouter une annexe additionnelle, le titre foncier
servira de garantie aux institutions financières, favorisera
l'acceptation de vos demandes de crédit et vous permettra de
réaliser vos projets.
L'immatriculation foncière protège les titulaires de droits réels ou de
servitudes. L'immatriculation foncière protège les droits des
personnes qui jouissent d'une propriété sans en être pleins
propriétaires. Les détenteurs de droits réels ou de servitudes liés à la
propriété ne peuvent protéger de façon probante leurs droits que si
la propriété elle-même est immatriculée et donc reconnue par la loi
de manière absolue.
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Chapitres 3 :
Procédure ordinaire
d’immatriculation
4 Procédure ordinaire
d’immatriculation :
4.1 Dépôt et enregistrement de la
requête d’immatriculation
Foncière :
La première étape du processus d’immatriculation consiste en la
présentation d’une requête par la personne concernée, laquelle peut
être :
Le propriétaire du bien immobilier ;
Le copropriétaire ;
Le titulaire de droits réels ou de droits de servitude ;
Le créancier dont la créance n’a pas été honorée à son
échéance, et qui, en vertu d’un jugement judiciaire contre son
débiteur, engage une procédure de saisie immobilière ;
Le tuteur ou représentant légal d’un mineur ou d’une personne
juridiquement incapable.
Le requérant est tenu de joindre à sa demande l’ensemble des pièces
justificatives requises.
Après examen de la requête et de ses pièces annexées par le service
public de la Conservation Foncière, le service du cadastre procède à
un repérage préliminaire du bien afin de le localiser sur la carte
cadastrale (plan topographique). Procédures ordinaires
d’immatriculation foncière
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4.2 Publication et affichage de
l'extrait de réquisition :
Dans un délai de dix (10) jours suivant le dépôt de la réquisition, le
conservateur établit un extrait correspondant. Ce document est
ensuite :
Publié dans le Bulletin officiel ;
Affiché avec l'avis de bornage :
⚫ Au siège du tribunal de première instance,
⚫ Auprès de l'autorité locale,
⚫ Et au conseil communal du lieu où se situe l'immeuble concerné.
Cette procédure vise à informer le public que l'immatriculation d'un
bien a été demandée et que toute personne s'estimant propriétaire
peut le faire savoir.
L'avis précise la date et l'heure du bornage, déterminées
conjointement par le CF et le service du cadastre.
20
21
4.3 Le Bornage
Le bornage est une procédure officielle qui vise à délimiter, de
manière contradictoire et sur le terrain, les limites d’une propriété
foncière. Cette délimitation se fait soit à l’aide de bornes
réglementaires (dans les terrains nus), soit par des marques de
peinture rouge (sur les constructions), ou encore par des croix
gravées (sur les rochers). Elle inclut également une investigation sur
le statut juridique du bien.
Le bornage combine plusieurs aspects :
Un aspect topographique : il permet de constater l’état
physique du bien, notamment sa superficie, sa consistance, sa
localisation et la nature de ses limites
Un aspect de publicité : c’est un événement local marquant,
visible à travers l’arrivée du géomètre, assisté de ses outils, et la
réunion des personnes concernées.
Un aspect juridique : le géomètre interroge les personnes
convoquées, constate la possession, l’état du bien, ainsi que les
éventuelles oppositions.
En pratique, le bornage d’immatriculation (BI) correspond à la
délimitation d’un bien foncier faisant l’objet d’une première
demande d’immatriculation. Il s’agit de matérialiser les limites du
bien à l’aide de bornes numérotées de manière sérielle. Cette
opération est accompagnée d’une enquête juridique et
d’interventions techniques sur la propriété à borner.
On distingue deux types de bornage d’immatriculation :
Le BI en milieu urbain ;
Le BI en milieu rural.
Le bornage est réalisé par un géomètre agréé, agissant en tant que
délégué du conservateur foncier. Les personnes convoquées lors d’un
bornage sont :
Le demandeur de l’immatriculation et ses copropriétaires ;
Les riverains mentionnés dans la réquisition d’immatriculation ;
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Les intervenants et les titulaires de droits réels ou de charges
foncières.
4.4 Les règles que le géomètre doit
respecter :
Avant de commencer les opérations de bornage, le géomètre doit
s'assurer de la présence du demandeur ou de son représentant. À
l'heure convenue, il se rend sur les lieux, accompagné de ses
assistants, au point de départ bien identifié du périmètre (que ce soit
au bord d'une route, d'une piste, d'un oued, ou d'une limite
naturelle). Il commence les opérations autant que possible à partir de
l'angle Nord-Ouest de la propriété, après avoir vérifié que les outils
nécessaires à l’implantation des bornes ainsi que la peinture rouge et
le pinceau sont bien disponibles.
Les bornes à planter dans le sol doivent être en pierre taillée ou, à
défaut, en ciment de bonne qualité. Leur hauteur minimale doit être
de 0,50 mètre, et leur base suffisamment large pour garantir une
bonne stabilité dans le sol. La tête de la borne, en forme de
quadrilatère, doit mesurer au minimum 0,10 mètre de côté.
Il est strictement interdit d'utiliser comme bornes des piquets, des
pieux ou des palissades en bois ou en métal, sauf si ceux-ci sont
solidement ancrés au sol avec des blocs de maçonnerie.
Sur l’emplacement des bornes :
Une borne doit être posée à chaque changement de direction
d’une limite.
Lorsque la distance entre deux bornes dépasse 300 mètres, il
faut placer une ou plusieurs bornes intermédiaires, de manière
à ce que l’écart entre deux bornes successives ne dépasse
jamais 300 mètres. Cette disposition permet de mieux marquer
23
les limites et d’éviter tout conflit ou malentendu entre les
propriétaires voisins, ce qui pourrait compliquer la mise en
œuvre du plan.
Les bornes doivent être placées de manière à marquer
clairement les limites de la propriété, en tenant compte de la
topographie du terrain. Elles doivent être visibles et accessibles
pour permettre une vérification facile à tout moment.
Il est recommandé de ne pas les installer sur des terrains
instables ou sujets à l’érosion (comme des talus, des bords
d’oueds ou des zones inondables), afin de garantir leur
durabilité. Dans de tels cas, le géomètre peut légèrement
déplacer la borne tout en maintenant la précision du plan, à
condition d’en faire mention dans le procès-verbal de bornage.
Lorsque la limite passe par un mur ou une clôture, la borne peut
être scellée à la base du mur ou placée juste à côté, à condition
qu’elle ne gêne pas l’accès ou l’usage du terrain.
En zone urbaine, lorsque les espaces sont réduits, les bornes
peuvent être intégrées au revêtement du sol (trottoirs,
chaussées) sous forme de repères plats en métal ou en béton, à
condition qu’ils soient facilement identifiables.
Enfin, chaque borne posée doit être numérotée ou marquée
d’un signe distinctif, et reportée avec précision sur le croquis ou
le plan dressé par le géomètre.
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Bornage peut être :
1. Cas de bornage non réalisé (négatif) :
Le bornage ne peut pas être effectué si :
Le demandeur est absent.
Le demandeur ou son représentant ne dispose pas des bornes
ou ne respecte pas les règles en vigueur.
Le représentant n’a pas de procuration valable.
Le demandeur ou son représentant ne connaît pas les limites du
terrain.
Il existe des menaces ou un climat de tension avec le voisinage.
Le terrain en question appartient au domaine public.
Le terrain à borner est déjà incluse dans un titre ou une
réquisition déjà bornée dont les délais d’opposition sont
dépassés ou déjà homologués.
2. Cas de bornage reporté (renvoi) :
Le bornage est reporté en cas de :
Force majeure (ex. : urgence imprévisible)
Panne du véhicule
Conditions météorologiques défavorables
Date prévue tombant un jour férié
Manque de temps pour mener l’opération
3. Cas de bornage réussi (positif) :
25
Le bornage est considéré comme terminé avec succès lorsque :
Le chef du bureau d’immatriculation valide la conformité de
l’opération après exécution complète du bornage.
4.5 Opération de levé et établissement
du plan foncier
Réalisation du levé topographique et élaboration du plan
foncier
Documents requis (Input) :
Le dossier initial (bordereau) doit comprendre les pièces
suivantes :
Une copie de l’avis de bornage
Une copie du procès-verbal de bornage
Une copie des croquis provisoires du bornage
Résultat attendu (Output) :
Le produit final est le plan foncier définitif, obtenu à travers
plusieurs étapes :
Préparation de l’avant-projet :
L’IGT (Ingénieur Géomètre Topographe) reçoit du cadastre un
dossier contenant :
Le bordereau
L’avis de bornage
Le procès-verbal de bornage
Les croquis provisoires du bornage
Réalisation du levé sur terrain
Traitement des données et élaboration des plans
Cette opération aboutit à l’établissement du plan foncier
définitif, transmis ensuite au service de la conservation foncière
avec le bordereau foncier correspondant.
26
4.6 Publication et affichage de l’avis
de clôture de bornage :
Une fois le plan de bornage finalisé, le conservateur procède à
la publication de l’avis de clôture au Bulletin Officiel. Cet avis est
également affiché :
Au tribunal de première instance
Au siège de l’autorité locale
Au conseil communal compétent
Cela concerne la zone dans laquelle se situe le bien immobilier.
Toute opposition à cette clôture est recevable dans un délai de
deux mois suivant la publication de l’avis au Bulletin Officiel.
Confirmation définitive de l’assiette :
4.7 Repérage définitif
Avant toute décision finale, le conservateur doit s'assurer que la
portion de terrain à immatriculer ne chevauche pas une
propriété déjà immatriculée, ni ne fait double emploi avec un
terrain adjacent ou concerné par une procédure administrative
(purge, expropriation, domaine public, etc.). Cette étape
garantit la clarté du périmètre concerné par l’immatriculation.
4.8 Décision du conservateur :
options possibles
Après étude du dossier, le conservateur peut décider de :
Immatriculation :
Si toutes les conditions légales sont remplies, que la demande
est régulière, les documents complets, et qu’aucune opposition
n’est enregistrée, le conservateur valide l’immatriculation et
établit le titre foncier.
Annulation de la demande :
L’annulation peut intervenir dans les cas suivants :
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Le demandeur ou son représentant ne se présente pas lors des
opérations de bornage, ou ne réalise pas les actes requis pour
cette opération, sans fournir d’excuse valable dans le mois
suivant la sommation.
L’opération de bornage échoue à deux reprises à cause d’un
litige lié au bien immobilier.
Le demandeur ne poursuit pas la procédure dans un délai de
trois mois après notification de la sommation par le
conservateur.
Saisine du tribunal en cas d'opposition :
Lorsqu'une opposition est formulée, le Conservateur est tenu
de transmettre la demande d'immatriculation, accompagnée
des pièces justificatives, au Tribunal de Première Instance, afin
que ce dernier statue sur les oppositions affectant l’immeuble
concerné.
28
Chapitre 4 :
Procédures spéciales d’immatriculation
:
5 Procédures spéciales
d’immatriculation :
5.1 Procédures spéciales
d'immatriculation sans publicité :
Elles se présentent comme suit :
Immatriculation des biens de l’État (Domaine Public) et
des collectivités, dont les limites sont déterminées
conformément aux dispositions de l’article 7 du Dahir du
1er juillet 1914 sur le Domaine Public ;
Immatriculation des biens de l’État (Domaine Privé),
délimités conformément au Dahir du 3 janvier 1916, en
application des dispositions de l’article 3 du Dahir du 24
mai 1922 ;
Immatriculation des terres collectives délimitées
conformément aux dispositions de l’article 10 du Dahir du
18 février 1924 portant règlement spécial pour la
délimitation des terres collectives ;
Immatriculation d’un bien au nom de l’État (Domaine
Privé) provenant du déclassement du domaine public,
conformément au Dahir du 25 juin 1927 ;
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Immatriculation des biens confisqués en application des
décisions de la commission d’enquête instituée en vertu
du Dahir n° 1-58-103 du 6 ramadan 1377 (27 mars 1958),
et ce conformément à l’article 13 du Dahir n° 1.59.231
portant délimitation et immatriculation des biens
confisqués suite aux décisions de ladite commission
Immatriculation des biens expropriés conformément aux
dispositions de l'article 37 de la loi n° 7.81 relative à
l'expropriation pour cause d'utilité publique et à
l'occupation temporaire.
5.2 Procédures particulières
d’immatriculation avec publicité :
Il existe des procédures spécifiques d’immatriculation foncière
nécessitant la publication d’un extrait de réquisition au Bulletin
Officiel pendant une durée de quatre mois. Ces procédures
concernent notamment :
Les biens déclassés du domaine public vers le domaine
privé de l’État : Leur immatriculation est possible au nom
d’un bénéficiaire désigné par l’État ou ses ayants droit,
avec l’accord préalable de l’administration, conformément
à l’article 3 du Dahir du 25 juin 1927.
Les terrains situés dans des zones délimitées
administrativement : Ces terrains peuvent être
immatriculés au nom d’un cessionnaire de l’État ou de ses
ayants droit, avec autorisation administrative, selon les
dispositions de l’article 4 du Dahir du 24 mai 1922 et de la
procédure du Dahir du 3 janvier 1916.
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5.3 Immatriculation foncière globale :
Cette procédure spéciale, instaurée par le Dahir du 25 juillet
1969, concerne l’immatriculation groupée des propriétés
rurales. Elle est optionnelle et gratuite, sauf en cas
d’opposition, auquel cas l’opposant doit régler les frais
judiciaires et de plaidoirie.
5.4 Étapes préliminaires à
l’immatriculation foncière
collective
Adoption de la décision ministérielle définissant la zone
concernée par l’immatriculation foncière collective.
Lancement des actions de sensibilisation auprès de la
population à travers des campagnes de communication,
affichage de messages et distribution de brochures
explicatives.
Réalisation d’un relevé parcellaire permettant d’identifier
les différentes parcelles sur le terrain.
Enquête juridique pour vérifier les droits de propriété
revendiqués sur chaque parcelle.
Réception des demandes d’immatriculation : dépôt des
documents par les intéressés auprès des autorités locales,
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publication de l’avis au Bulletin Officiel (BO) et affichage
au niveau communal.
Déroulement des opérations de bornage pour déterminer
les limites précises de chaque propriété.
Transmission des procès-verbaux de bornage et des plans
fonciers établis par le cadastre à la Conservation Foncière.
Publication de l’avis de clôture du bornage au BO et son
affichage par les autorités locales et judiciaires.
Identification définitive des propriétés situées dans la
zone ciblée par l’immatriculation collective.
Traitement administratif des demandes dans le cadre de
la procédure d’immatriculation foncière.
Décision finale du conservateur : immatriculation,
annulation, rejet ou transfert du dossier au tribunal
compétent.
5.5 Remembrement Rural :
Le remembrement rural est une démarche administrative,
obligatoire et gratuite, instituée par le Dahir du 30 juin
1962, modifié et complété par la suite. Son objectif
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principal est de réorganiser les propriétés agricoles
morcelées en les regroupant pour former des unités
foncières plus cohérentes. Cette opération vise à
améliorer la rentabilité agricole, faciliter l’accès aux
terrains, et optimiser les systèmes d’irrigation.
Les étapes du remembrement rural :
Délimitation du secteur concerné par le
remembrement.
Élaboration de l’état parcellaire selon le plan
directeur du secteur.
Réalisation d’enquêtes juridiques et foncières.
Collecte des demandes de titres fonciers
(immatriculation).
Dépôt de l’état parcellaire auprès de la collectivité
locale.
Publication de l’avis de dépôt dans le Bulletin Officiel
et affichage public.
Homologation officielle du projet de remembrement
par décret.
Bornage du terrain et création des plans cadastraux.
33
Décision finale du conservateur : soit
l’immatriculation, soit l’annulation, soit la
transmission à la justice.
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Chapitre :
6 Morcellement
6.1 Définition
Le morcellement est une opération topographique, juridique et
foncière qui consiste à diviser un terrain en plusieurs parcelles
indépendantes appelées lots. Chaque lot peut être affecté à un usage
spécifique (habitation, commerce, industrie, etc.) selon les règles
définies dans les documents d’urbanisme. Cette opération est
indispensable dans le cadre de l'aménagement urbain, de la
promotion immobilière, ou de la régularisation foncière.
6.2 Types de morcellement
Morcellement urbain : effectué dans une zone couverte par un plan
d’aménagement ou un plan de lotissement. Il est strictement
réglementé.
Morcellement rural : se fait dans les zones non couvertes par des
documents d’urbanisme. Il est soumis à des conditions particulières
(superficie minimale, accès...).
Morcellement administratif : pour régulariser des situations
existantes (par exemple, un terrain partagé entre héritiers).
Morcellement technique : pour des raisons de gestion cadastrale ou
d’urbanisme (alignement, restructuration foncière...).
6.3 Objectifs
Optimiser la gestion foncière.
35
Permettre la vente ou la location de parties distinctes d’un terrain.
Adapter le terrain à un plan d’aménagement ou à un projet de
construction.
Faciliter l’enregistrement au cadastre et à la conservation foncière.
6.4 . Cadre juridique
Au Maroc, le morcellement est encadré principalement par :
La loi 12-90 relative à l’urbanisme.
Le décret 2-92-832 fixant les conditions de délivrance des
autorisations.
Les circulaires des agences urbaines et directives locales. Le permis
de morceler est exigé dans la majorité des cas, délivré par l’autorité
locale après avis des services techniques compétents.
6.5 Conditions à respecter
Superficie minimale : chaque lot doit avoir une surface conforme à la
réglementation locale.
Accès à la voirie : chaque lot doit avoir un accès direct ou indirect à
une voie publique.
Respect des servitudes : telles que les servitudes de passage, de vue,
d’écoulement des eaux, etc.
Conformité urbanistique : le projet doit respecter le zonage, le COS,
le CES et d'autres paramètres définis par les plans en vigueur.
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6.6 Documents nécessaires
Titre foncier ou acte de propriété.
Note de renseignement urbanistique.
Plan cadastral.
Plan de situation.
Plan projeté de morcellement.
Note explicative du projet.
Fiches techniques des lots.
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Chapitre 6 :
Partie pratique :
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