1 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Objectifs du cours d’analyse structurale
Ce cours vise à donner aux étudiants les méthodes d’analyse et d’interprétation
des données structurales. L’accent sera mis sur : 1. Déformation et contrainte :
La déformation est basée sur l’analyse de l’ellipsoïde de la déformation finie en
vue de la détermination de l’état et le régime de la déformation ainsi que sur
les notions de rhéologie. La contrainte sera analysée à travers l’ellipsoïde de
contraintes et les diagrammes de Mohr.
2. Déformation discontinue : L’accent sera mis sur la déformation expérimentale
(mode de fracturation et relation avec les contraintes), la fracturation assistée
par les fluides, la fracturation hydraulique et l’interprétation des structures
(joints et diaclases, fractures d’extension, joints stylolitiques et failles).
3. Empreintes de la déformation homogène dans les roches : Il s’agit de la
description et l’interprétation des structures planaires (schistosité ardoisière et
foliation, schistosité de crénulation, schistosité de fracture et litage tectonique)
et linéaires (linéation minérale, linéation d’aggrégat, linéation d’intersection et
linéation de gaufrage).
4. Structures typiques de la déformation continue hétérogène : L’accent sera mis
sur les microstructures dues aux cristallisations en zones abritées et ombres de
pressions, les minéraux à inclusions spirales et sigmoïdes, les zones de
cisaillement (analyse géométrique, mécanique et cinématique), les structures
d’étirement-boudinage et les plis (analyse géométrique, plis parasites ou plis
d’ordre n+1, plis d’ordre n, notion de vergence ou déversement, plissement
polyphasé).
5. Analyse des orientations et quantification de la déformation (méthode Rf/φ,
méthode centre à centre m/α) : Ces deux méthodes permettent de déterminer
l’orientation préférentielle des axes de l’ellipsoïde de la déformation qui
indiqueront la position des contraintes principales. En plus la méthode Rf/φ
appliquée sur les marqueurs elliptiques permettra de calculer le taux de la
déformation après la détermination des rapports axiaux de l’ellipsoïde initial
ainsi que ceux de l’ellipsoïde de la déformation.
Les applications permettent aux étudiants :
- d’identifier sur le terrain les marqueurs structuraux plano-linéaires ;
- de déterminer l’état de la déformation à partir des marqueurs ellipsoïdaux,
et de quantifier la déformation finie ;
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- de déterminer la vergence des structures à partir de l’analyse des microplis
d’ordre n+1 (plis parasites ou plis du second ordre) ;
- de résoudre les problèmes liés à la stabilité des massifs fracturés à partir
des méthodes structurales (détermination de l’angle de friction interne φ et
construction graphique du cône de stabilité) ;
- de déterminer la distribution spatiale des contraintes principales à l’aide
des canevas stéréographiques à partir des réseaux conjugués de la
fracturation.
- de déterminer par la méthode de rotation la position originelle des
structures géologiques avant qu’elles ne soient affectées par des accidents
tectoniques.
- d’orienter un forage pouvant recouper trois systèmes de discontinuités à
angle égal.
- d’analyser les plis cylindriques et les plis coniques pour déterminer
l’orientation de l’axe et du plan axial.
- de déterminer l’orientation des couches en profondeur dans des régions
dépourvues d’affleurement à partir de trois forages inclinés.
- d’établir les cartes de trajectoires des contraintes d’une région tectonisée
en vue d’en déterminer la cinématique (champs de contraintes à deux
dimensions).
- de déterminer la relation entre la tectonique et la minéralisation en vue de
comprendre le mode de mise en place des minéralisations.
- d’élaborer des cartes géologiques et structurales à l’aide des logiciels
appropriés à partir des coordonnées géographiques pour guider une exploration
minière (détermination de la position de petits puits, tranchées et forages).
CHAPITRE I : NOTIONS DE BASE
Introduction :
La structurologie est la science des structures, autrement dit de
l'arrangement des différentes parties constituant un ensemble. Les procédés
d'analyse qui s'y attachent sont naturellement utilisés dans un certain nombre
de disciplines (métallographie, biologie, par exemple), mais ils ne sont envisagés
ici que dans le cadre de la recherche géologique, dont ils forment une partie
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importante. La structurologie peut, en effet, être appliquée aux divers types de
roches, déformées ou non, constituant l'écorce terrestre sous forme d'objets
géologiques de tailles très différentes (allant de l'agrégat de quelques cristaux à
la zone orogénique) et dont les caractères géométriques sont en relation avec les
phénomènes dynamiques qui régissent leur formation. Les moyens d'étude de la
structurologie consistent, dans un premier temps, à découvrir l'architecture de
l'objet géologique considéré au moyen d'une analyse essentiellement
géométrique pratiquée sur tous les éléments structuraux mesurables.
La géologie structurale est l’étude des déformations subies par les roches. La
tectonique est l’étude de l’histoire des mouvements qui ont formé une région.
L’étude des structures tectoniques nécessite la description de leur nature (plis,
failles, foliations…), leur géométrie (orientation, répartition…), leur chronologie
au moins relative
NB : Ce qu’on observe sur le terrain, ce sont des roches déformées ; ce
n’est pas la déformation elle-même (cinématique) qui est finie depuis
longtemps ; encore moins les forces responsables.
La reconstitution des déformations et des forces est donc un modèle, basé sur
les observations. Notre but, en tant que géologues, est de construire un modèle
qui rende compte de toutes nos observations.
I.1. Aspect géométrique, cinématique et dynamique
Trois aspects peuvent être considérés en géologie structurale : - aspect
géométrique ou structural au sens strict, - aspect cinématique et - aspect
dynamique. Si l’on considère un objet naturellement déformé, on décrira d’abord
cet objet. Si on connaît ou si on peut reconstituer la forme de l’objet avant sa
déformation, on cherchera aussi à décrire et à quantifier cette déformation ;
c’est l’analyse de la déformation finie c'est-à-dire de la quantité de la
déformation totale de l’objet considéré. Ces études relèvent de l’analyse
géométrique. On peut chercher ensuite à connaître le cheminement des divers
points de l’objet considéré lors de son passage de l’état initial à l’état final ; c’est
l’analyse cinématique c’est-à-dire l’étude de la déformation progressive en
fonction du temps.
L’analyse dynamique permet de préciser les forces qui sont responsables
de la déformation observée.
Dans l’étude d’une déformation naturelle, les difficultés augmentent
lorsqu’on cherche à passer de l’aspect géométrique, puis cinématique et enfin
dynamique.
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I.2. Les plans principaux de la déformation
XY
Dans l’étude de la déformation, trois plans remarquables peuvent être
définis : Les plans XZ, YZ et XY.
Il faut noter que la quasi-totalité de la déformation est dans le plan XZ.
Un terrain qui masque ce plan rendrait une étude structurale presqu’impossible.
Ce plan XZ contient la linéation d’étirement.
Le plan XY permet de voir sur une surface d’anisotropie exemple S 1 une
linéation minérale marquée par les minéraux aciculaires comme les amphiboles.
Le plan YZ permet de voir le sens du pendage d’une surface d’anisotropie
c'est-à-dire de schistosité. Dans ce plan, les objets étirés sont observés en
coupe transversale et présentent des sections circulaires.
Pour observer la déformation au microscope, les lames minces doivent
être taillées perpendiculairement à la schistosité et \ ou à la foliation et
parallèlement à la linéation d’étirement.
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I.3. Mode de représentation des éléments structuraux
a) Carnet de terrain
Eléments planaires
I. Soit à représenter si possible les éléments planaires ci-après :
Question Réponse
1. N70°/0° Impossible parce qu’une couche
horizontale n’a pas de direction
2. N0°/45°E
3. N180°/verticale
4. couche horizontale
5. NS/45°NE Impossible car le pendage est toujours
perpendiculaire à la direction d’une
couche, ce qui n’est pas le cas ici.
Eléments linéaires
Représenter les éléments linéaires suivants
Questions Réponses
1. N180°/10S
10
2. N22°/0°
3. N30°/Verticale Impossible car une ligne verticale n’a
pas de direction.
b) Projection stéréographique
1. Introduction
La géologie structurale s’est longtemps satisfaite d’un mode de
représentation qui ne faisait appel qu’à la figuration de l’intersection entre les
structures tectoniques et un plan. Ainsi la carte géologique, intersection avec la
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surface du sol et la coupe, intersection de la même structure avec un plan
vertical sont encore très souvent les seuls modes utilisés dans l’étude d’un
édifice tectonique. Les tectoniciens ont donc été amenés à adopter les modes de
représentation dans l’espace vu l’importance d’informations qu’ils avaient à
manipuler.
La projection stéréographique a ainsi pris une place privilégiée dans
la géologie structurale, tant comme instrument de travail, de construction
géométrique que comme moyen de représentation de cette géométrie.
2. Principes de projection
La projection stéréographique est un mode de représentation et de
construction géométrique abstrait qui n’analyse que les rapports d’orientations
des éléments tectoniques dans l’espace indépendamment de leur position
géographique.
Le principe de la projection stéréographique consiste à translater
les éléments parallèlement à eux-mêmes pour les reporter à une demi-sphère de
référence et ils sont alors projetés sur un plan.
3. Type des canevas
1°) Canevas de WULFF
La projection de WULFF est conforme, c’est un canevas dit isogone qui a la
propriété de conserver les angles.
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Supposons une demi-sphère limitée par un plan horizontal. Par
convention, les auteurs français utilisent la demi-sphère supérieure, les anglo-
saxons, la demi-sphère inférieure.
Coupons cette demi-sphère par un plan passant par son diamètre NS
et incliné par rapport à l’horizontale. L’intersection du plan et de la demi-sphère
est un arc de cercle. Projetons maintenant chacun des points de cet arc sur un
plan horizontal. Cette projection sur le plan horizontal détermine un arc de
cercle. Si nous répétons l’opération avec une série des plans passant par le
diamètre NS et inclinés de 2° en 2°, nous obtiendrons toute une suite d’arc de
cercle. La projection du plan vertical coïncidera avec le diamètre NS ; la
projection du plan horizontal coïncidera avec le cercle extérieur de la figure. Ces
arcs de cercle sont dénommés sur la projection stéréographique les grands
cercles.
Reprenons notre demi-sphère et recoupons-la avec un plan vertical
parallèle au plan vertical EW son intersection avec la demi-sphère détermine un
arc de cercle analogue au précédent. Si nous effectuons la même construction
avec une succession des plans verticaux recoupant le méridien NS de notre demi-
sphère de 2° en 2°, nous obtiendrons un nouvel ensemble d’arcs de cercle ; ces
arcs sont désignés comme des petits cercles.
Les plans verticaux passant par le pôle nord et sud de la demi-
sphère se projetteront comme 2 points aux 2 pôles de la figure. Le canevas
stéréographique de WULFF est constitué d’un ensemble des grands cercles et de
petits cercles.
Le cercle extérieur du canevas est dénommé cercle fondamental.
Les 2 diamètres EW et NS sont appelés diamètres principaux. Il faut noter que
toutes les constructions faites sur ce canevas de WULFF considèrent chaque
élément structural comme significatif et analyse les relations entre ces
éléments individualisés.
2°) Canevas de SCHMIDT
La projection de Lambert (SCHMIDT) est une projection
équivalente. Une autre démarche est également possible qui étudie la répartition
des attitudes des éléments structuraux sous un angle statistique et traite des
populations d’éléments structuraux. En d’autre termes, il est possible de
considérer comme négligeables des variations d’attitude liées soit à des
phénomènes complexes accessoires soit à des erreurs des mesures et de
recherche dans un ensemble des mesures des moyennes statistiques sur
lesquelles porteront les analyses et les interprétations. Le canevas
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stéréographique de SCHMIDT dit aussi isoaire s’oppose au canevas
stéréographique de WULFF par un certain nombre des propriétés. La
propriété essentielle du canevas de SCHMIDT est d’être construit de telle
façon que les surfaces limitées par 2 méridiens et 2 parallèles soient égales
entre elles quelques soient leurs positions sur la projection.
Notons également que les petits cercles du canevas de WULFF
sont représentés sur la projection isoaire par des arcs d’ellipses qui
traduisent la déformation des valeurs angulaires sur le Canevas de
SCHMIDT.
Le stéréogramme de densité se prête particulièrement bien à
l’étude d’éléments structuraux dont l’orientation préférentielle est très
imparfaite. C’est ainsi qu’elle s’applique souvent aux études de pétrologie
structurale basée sur les orientations d’axes optiques de certains minéraux à
l’échelle de l’échantillon. Le diagramme de densité est également bien adapté en
raison de son caractère statistique et de l’analyse structurale. La projection
des éléments structuraux est facilitée à l’ordinateur par des logiciels
appropriés : Stem, Stereowin, Stereonet etc… mais la méthode manuelle
(canevas de Schmidt superposé au canevas de Kalsbeek, au canevas à cercles
etc…) doit être mieux comprise avant le traitement des données à
l’ordinateur.
4. Notion de niveau structural et du mécanisme de la déformation
Pour étudier les déformations, il faut étudier le comportement des
roches lorsqu’elles sont soumises à des conditions de pression et de température
croissante. Il est donc nécessaire de s’inspirer des renseignements fournis
par la mécanique des roches.
Les roches ont d’abord un comportement cassant mais avec
l’augmentation de la pression et de la température, le comportement devient
ductile. Lorsque les conditions atteignent le point de fusion, les roches se
comportent comme des liquides.
Les mécanismes de la déformation dépendent directement du
comportement des roches :
Lorsque les roches sont cassantes, la déformation va correspondre à des
plans de rupture, on dit que le mécanisme élémentaire c’est le
cisaillement ;
Lorsque les roches deviennent ductiles, elles peuvent se déformer sans se
casser, il y a donc formation du pli.
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Suivant le degré de ductilité, on distingue 3 types des plis :
- Dans un premier stade où la ductilité n’est pas encore importante, les
strates vont se plisser simplement en gardant leur épaisseur constante, la
déformation restant plus importante dans les charnières, il se forme les
plis isopaques et le mécanisme élémentaire est la flexion.
- Dans un stade plus évolué où la ductilité est devenue plus importante, les
roches se déforment très facilement, la déformation est aussi bien
intense que généralisée et tout élément de référence sphérique se
transforme en ellipsoïde aplati. Les roches subissent alors un
aplatissement généralisé et acquièrent alors une anisotropie d’origine
mécanique qui est la schistosité ; les plis formés sont devenus
anisopaques et on dira que dans ce cas le mécanisme élémentaire est
l’aplatissement.
- A une certaine profondeur où les roches sont portées à une température
proche ou supérieure à leur point de fusion, elles vont se comporter
comme des liquides plus ou moins visqueux et par conséquent s’écouler à
la façon des liquides. Les plis qui naissent sont différents des plis
précédents et le mécanisme élémentaire est l’écoulement.
Pour étudier les déformations apparaissant dans une chaîne, il faut
subdiviser celle-ci en une série des domaines où les lois de la déformation
restent analogues, d’où on peut comprendre et préciser les structures. On va
définir les niveaux structuraux comme les différents domaines de l’écorce
terrestre où les mécanismes dominants de la déformation restent les mêmes.
Les structuralistes utilisent le terme de niveau pour rappeler que les différents
domaines sont superposés les uns aux autres.
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On distingue trois niveaux structuraux :
- Niveau structural supérieur, le mécanisme dominant est le cisaillement.
C’est le domaine de failles.
- Niveau structural moyen, le mécanisme dominant est la flexion. C’est le
domaine du plissement isopaque.
- Le niveau structural inférieur, le mécanisme dominant est d’abord
l’aplatissement, puis l’écoulement. C’est le domaine des plis anisopaques.
Dans une tranche supérieure ces plis sont accompagnés par une schistosité
généralisée. Dans une tranche inférieure la schistosité disparaît et la
matière fond ou se comporte comme un fluide. Ce niveau est limité vers le
haut par le front supérieur de schistosité. Le niveau à schistosité peut
être subdivisé en sous-niveaux grâce aux différents types de schistosités
(de fracture, de flux, foliation). Le niveau inférieur est le domaine de
métamorphisme qui permet d’y faire toute une série de subdivisions.
Allure des niveaux structuraux
A l’échelle régionale on observe que dans une chaine, les limites de
niveaux structuraux ne sont ni horizontales, ni planes. Elles ont en moyenne, une
allure anticlinale très irrégulière. L’épaisseur de chaque niveau structural est
elle-même très variable. On peut donc en conclure que l’allure des niveaux
structuraux ne dépend pas uniquement de la profondeur et que d’autres facteurs
interviennent. A la suite d’observations faites dans une série des chaînes, on
peut montrer que les facteurs les plus importants sont :
a) Le gradient thermique
Dans les régions à gradient élevé la roche devient ductile et
atteint son point de fusion plus rapidement que dans le cas d’un gradient
faible. Les limites entre les différents niveaux structuraux se trouveront donc à
une profondeur plus faible ; le front supérieur de schistosité pourra par exemple
se trouver à 2000 m de profondeur alors qu’ailleurs il se trouvera à 10 000 m. Si
le gradient est élevé les propriétés mécaniques des roches varient aussi plus
vite ; par conséquent l’épaisseur des niveaux structuraux sera plus faible ; par
exemple l’épaisseur de la zone à schistosité sera de 1000 m, alors qu’ailleurs elle
est de 5000 m.
b) Le gradient tectonique
Il s’agit ici de dissocier la pression lithostatique due au poids des
roches contenues dans une colonne, de la pression tectonique qui, elle,
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correspond à la contrainte subie par une roche lors de la déformation. Lorsque la
contrainte tectonique varie elle provoque nécessairement une variation de
l’allure des niveaux structuraux ; d’une façon générale, si la pression
tectonique augmente, il en résulte une remontée des niveaux structuraux. On
peut expliquer par de tels gradients tectoniques l’existence de fronts de
schistosité redressés.
c) La lithologie :
Toutes les roches n’ont pas le même comportement vis-à-vis de la
même tectonique, exemple : un bloc de l’écorce terrestre d’une dizaine de Km
d’épaisseur pour une même tectonique, si celui-ci est entièrement marneux,
il sera d’autant plus facile à aplatir que s’il s’agit d’un granite.
A l’échelle de la chaîne, l’observation montre que dans les chaînes
récentes les niveaux structuraux sont symétriques ou dissymétriques, et très
généralement le niveau structural inférieur est le plus important alors que le
niveau moyen ne correspond qu’à un faible volume de la chaîne d’où l’intérêt
d’étudier la tectonique profonde dans la chaîne. C’est dans les chaînes
anciennes qui ont subi un réajustement que ces zones profondes affleurent le
plus largement.
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CHAPITRE II : DEFORMATION ET CONTRAINTE
II.1. DEFORMATION
II.1.1. Définition
En géologie, “déformation” est un terme qui décrit les changements de forme, de
position ou d’orientation d’un corps soumis a des contraintes. C’est le seul
élément que l’on peut décrire à partir d’objets géologiques.
La déformation peut se décrire comme une combinaison de 4 composants :
- Translation (= changement de position) ; les vecteurs déplacements sont tous
parallèles.
- Rotation (= changement d’orientation) ; surtout en association avec des failles
courbes.
- Distorsion (ou la déformation interne ou Strain chez les Anglo-saxons ; =
changement de forme). C’est le composant le plus important pour le géologue.
- Changements de volume ou dilatation : Si la dimension de l’objet augmente on
dira qu’il y a dilatation positive de l’objet et au contraire une dilatation négative
signifiera une diminution de la dimension de l’objet.
Exemples de translation : à différentes échelles (de l’affleurement au
continent), Les vecteurs déplacements sont tous parallèles, exemple faille
normale, faille inverse.
Exemples de rotation, à différentes échelles ; surtout en association avec des
failles courbes (failles listriques, failles panaméennes).
Faille listrique : faille dans l’ensemble proche de l’horizontale ayant une forme
de cuillère concave vers le haut.
Faille panaméenne : faille normale dont le pendage d’abord très fort s’affaiblit
vers le bas ; elle correspond à l’effondrement d’une partie d’un versant.
Le gain ou la perte de volume peut avoir lieu par différents mécanismes tels que :
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Compaction et fermeture de vides (porosités) entre les grains ;
Dissolution d’une partie de la roche ;
Fracturation de la roche (qui augmente le volume en créant des vides
entre les fragments) ;
Expansion/contraction due à des changements de pression ;
Réactions minérales et formation de nouveaux minéraux de volume
différent (blastèse dans le métamorphisme).
Les déformations par translation et par rotation sont dites rigides car le corps
déformé n’a pas subi de changement de forme.
Une déformation par distorsion sera caractérisée par un changement de forme
d’un objet accompagné ou non d’une variation de la localisation de cet objet dans
l’espace.
Les déformations par distorsion ou par dilatation sont des déformations dites
« internes » car la forme du corps déformé change de l’état initial à l’état final.
Sous l’effet des forces extérieures auxquelles il est soumis, l’objet
géologique peut se déformer et subir des déplacements, translation et rotation.
Il existe 3 modes de déformations :
Compression ;
Etirement ;
cisaillement.
La déformation au sens restreint traduit le changement de forme
subi par l’objet considéré tandis que dans la translation, les vecteurs
déplacements appliqués aux différentes parties de l’objet sont identiques ; dans
la déformation ils varient d’un point à l’autre et on dira qu’il existe des gradients
de déplacement au sein de l’objet. Mathématiquement on analyse la déformation
à l’aide de tenseur.
Un objectif géologique important demeure néanmoins la
détermination des translations et rotations subies par rapport au référentiel
géographique extérieur. Ainsi on peut vouloir mesurer le déplacement d’une
nappe de charriage dans une chaîne de montagne ou l’angle de rotation autour
d’un axe vertical d’une plaque par rapport à une autre. Deux méthodes
permettent dans le cas favorable d’y parvenir :
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L’une met en œuvre la comparaison entre l’état final et l’état initial quand
ce dernier est connu.
L’autre analyse des déformations observées dans les formations
considérées (plis, zone de cisaillement…)
Déformation homogène et hétérogène.
Une déformation homogène transforme toutes les droites que l’on peut
inscrire dans le solide en des nouvelles droites tandis qu’une déformation
hétérogène transforme au moins une partie de ces droites en courbes.
Déformation homogène (b) et hétérogène(c)
Si la déformation n’est pas homogène (ce qui est le cas dans la nature),
on ne sait pas décrire la déformation de façon simple. La solution est alors de
découper l’objet déformé en fragments assez petits pour que la déformation
dans chaque fragment soit à peu près homogène. Un objet déformé de façon
hétérogène peut se décrire en le subdivisant en domaines plus petits où la
déformation est à peu près homogène.
La déformation qui apparaît comme continue et homogène à l’échelle du
massif ou de l’affleurement se réduit parfois à l’échelle de l’échantillon ou de la
lame mince à une accumulation de déformations ou de déplacements produits sur
des discontinuités régulières. La déformation est dite pénétrative à l’échelle de
l’affleurement ou du massif et non pénétrative à l’échelle de l’échantillon ou de la
lame mince.
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Déformation pénétrative à l’échelle de l’affleurement (a) et non pénétrative à
l’échelle de l’échantillon (b)
L’objet déformé (ou la déformée) est défini par ses dimensions, ainsi la
déformation représente un changement de longueur des segments composant
l’objet initial et des angles entre ses lignes.
On peut définir l’extension « e » ou la déformation longitudinale ou
encore la déformation linéaire qui exprime le changement de la longueur. Si la
longueur après la déformation est L1 et avant la déformation L0, l’extension
(1). Ce rapport peut être positif, il s’agit d’un allongement ou
étirement ; il peut être négatif, il s’agit d’une contraction ou d’un aplatissement.
On utilise aussi le pourcentage d’extension (ex100) avec -1< e < +∞.
Le stretch (étirement) (2)
(1). eLo= L1- L0
e Lo+Lo =L1
Lo (e + 1) = L1
2
L’extension quadratique
√λ = l1/l0 = 1+ e
Si λ = 1 No change
λ > 1 : extension
λ ˂ 1 : contraction (shortning).
Angle de cisaillement 𝝍 (psi)
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La variation de l’angle entre 2 segments issus d’un même point (qui
étaient perpendiculaires entre eux avant la déformation) est définie par l’angle
de cisaillement 𝝍 (Psi). Il est préférable de dire l’angle de distorsion. Il s’agit
donc de la déformation angulaire (angular strain 𝝍 ). On utilise aussi la
déformation cisaillante (shear strain γ ) et les deux sont reliés par γ = aTg𝝍
II.1.2.Ellipsoïde de déformation
Si l’on considère un cercle (2D) à l’origine et qui est soumis à une déformation
homogène, il se transforme en une ellipse dite ellipse de la déformation, tandis
qu’une sphère (3D) se transforme en ellipsoïde. Dans le cas d’une déformation
homogène, on mesure la déformation sur une collection des marqueurs (filons,
galets, taches d’oxydation ou de réduction, …) par une estimation statistique de
longueurs des axes principaux de l’ellipsoïde de déformation dans les plans
remarquables (XZ, XY, YZ).
Ellipsoide de la déformation et axes principaux X≥ Y≥ Z
L’orientation et la taille de l’ellipse permet de décrire totalement la
distorsion subie par l’objet. Si le diamètre du cercle initial était de 1, la longueur
des deux axes principaux de l’ellipse vaut respectivement 1 + 1 et 1 + 3
( étant la quantité de déformation) pour respectivement le grand axe X et le
petit axe Z. On utilise souvent le rapport entre la taille des deux axes
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(rapport de forme) ou (aspect ratio) pour avoir une idée de l’intensité de la
déformation.
Dans le cas d’une déformation hétérogène, on découpe le domaine
étudié en sous domaines dans lesquels la déformation peut être considérée
comme homogène.
L’ellipsoïde de la déformation est l’un des concepts clés de la
visualisation des propriétés de la déformation homogène à trois dimensions qui
est donc l’ellipsoïde de la déformation à 3 axes orthogonaux principaux. Ce sont
les 3 axes principaux de la déformation finie de demi-longueur 1 + e1 ≥ 1 +e2 ≥ 1
+e3.
; ;
Les extensions e1, e2, e3 sont connues comme les déformations
longitudinales principales ; les rapports axiaux :
; . ; sont les 3 rapports principaux de
la déformation et sont reliés par la formule
Le rapport entre les axes d’allongement maximal et minimal fournit un indice
du taux de la déformation appelé « Ellipticité », référence faite à la forme
plus ou moins elliptique du cercle initial déformé. Ellipticité R = (1+e1) / (1+e3).
18 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Ellipsoide de la déformation et notation pour les déformations principales 1+e1,
1+e2, 1+e3. Directions principales X, Y, Z et plans principaux XY, YZ et XZ.
La dilatation volumique est désignée par ΔV et le volume de l’ellipsoïde de la
déformation est donné par /3 qui est dérivée
du volume de la sphère /3.
II.1.3. Etats de la déformation
L’état de la déformation s’exprime par la forme de l’ellipsoïde de la
déformation par exemple les ellipsoïdes de la déformation allongés et aplatis
correspondent à des états différents.
Lorsque l’axe Y de l’ellipsoïde est invariant, la déformation est
dite plane. Dans ce cas particulier, tous les déplacements peuvent être
quantitativement décrits dans un plan et les lignes perpendiculaires à ce plan
ne changent pas de longueur ou d’orientation pendant la déformation.
Les différents états de la déformation sont représentés par le
diagramme de FLINN.
ou K = (a-1) / (b-1) ; avec a=x/y et b=y/z
19 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Diagramme de Flinn représentant la forme d’un ellipsoide
quelconque de la déformation. Un ellipsoide situé au point P a la
valeur de K = Tgα
Le nombre K est la pente d’une droite passant par le point
représentatif de l’ellipsoïde et le point (1,1).
La valeur de K détermine sur la figure un certain nombre des domaines.
Pour K = ∞, l’ellipsoïde de déformation est de révolution (avec l’axe
X qui est l’axe de révolution) et allongé (en forme de cigare (prolate shape).
Cette situation correspond à un étirement selon X (constriction ; avec X > Y = Z).
Pour K = 0, l’ellipsoïde de déformation est de révolution (avec Z
comme axe de révolution) et aplati (en forme d’une galette (pancake) ou d’une
crêpe (oblate shape). C’est un écrasement selon Z (aplatissement, flattening ;
avec X = Y > Z).
Pour 0<K<1, l’ellipsoïde de déformation est encore aplati et la
déformation est du type aplatissement triaxial.
Pour K = 1, la déformation est plane et Y est invariant.
Pour 1<K<∞, l’ellipsoïde est allongé et la déformation est du type
constrictif (constriction triaxiale).
20 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
II.1.4. Déformation progressive
Dans la déformation pure en déformation plane, il existe 2 plans
invariants définis par les intersections de la sphère et de l’ellipsoïde de la
déformation finie. Ces plans pivotent lors d’une déformation progressive. La
déformation pure et le cisaillement simple sont les 2 principaux régimes de
la déformation. En tectonique, ils peuvent intervenir seuls on associés.
Cisaillement (aplatissement) pur et cisaillement simple :
Pour un cisaillement pur progressif, sous l'effet de la déformation, le carré
initial devient un rectangle. Les axes principaux de la déformation ex. S1 et S3
de l'ellipse de la déformation, ne subissent aucune rotation d'un état de
déformation à l'autre. On parle ainsi de déformation non rotationnelle.
Dans ce cas, pour chacune des déformations infinitésimales, les axes principaux
de la déformation auront la même orientation et on dira que l'accumulation de la
déformation se fera de façon coaxiale. Un cas particulier de déformation par
cisaillement pur est la déformation pure plane, où l'axe intermédiaire Y de la
déformation reste inchangé d'un état de déformation à l'autre.
Cisaillement pur (déformation coaxiale)
Pour une déformation en cisaillement simple, puisque la contrainte principale est
oblique aux côtés du carré, le carré initial se déforme en un parallélogramme
dont les côtés s'allongent progressivement pour une déformation croissante mais
dont les surfaces inférieures et supérieures ne se déforment pas, bien que la
surface supérieure change de position dans l'espace. L'accumulation de la
déformation se fait de façon non coaxiale car les axes principaux de la
déformation changent d'orientation d'un état de déformation à l'autre. Aussi,
deux droites originalement perpendiculaires avant la déformation, ne resteront
pas perpendiculaires dans l'état déformé. On dira alors que la déformation est
rotationnelle.
21 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Déformation par cisaillement simple
Lorsqu'on superpose l'état initial d'un cercle non déformé à son état final
déformé, soit l'ellipse de la déformation, il est possible de tracer deux lignes de
longueur unitaire, et dont leur longueur initiale est égale à leur longueur finale,
passant par le centre du cercle et de l'ellipse.
Ces lignes correspondent à des lignes sans déformation finie (Lsdf) qui ne
subissent pas d'allongement ni de raccourcissement, ce sont des lignes neutres
qui sont situées à 45° des axes d’allongement et de raccourcissement de
l’ellipsoïde de déformation. Ces lignes séparent deux champs de déformation de
l'ellipse soit le champ de raccourcissement R et le champ d'allongement A
(figure ci-après).
Lignes sans déformation finie (lsdf) et champs d'allongement (A) et de
raccourcissement (R).
II.2. Eléments de Rhéologie
II.2.1. Déformation expérimentale
Il existe deux approches en déformation expérimentale : La déformation par
simulation analogique et les essais mécaniques.
La déformation par simulation analogique tente de reproduire au laboratoire des
situations naturelles complexes comme le diapirisme, la convection, les plis.
22 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
L’autre approche est basée sur les essais mécaniques dans lequels on s’efforce
d’obtenir une déformation aussi homogène que possible, par exemple un prisme
droit à section carrée est transformé en prisme oblique à section carrée ; ou un
cylindre en un nouveau cylindre de diamètre et de hauteur différents. Ces essais
sont destinés à connaître en terme de vitesse de déformation la réponse d’un
échantillon soumis à un régime de force simple ; les différents paramètres
susceptibles de modifier cette réponse (pression totale, pression partielle) sont
contrôlés de façon aussi précise que possible.
Outre la réponse des matériaux appelée sa rhéologie, on peut s’intéresser aux
modifications de forme et à la structure interne de l’échantillon et rechercher
ainsi la signature structurale d’une déformation bien caractérisée
II.2.2. Déformation élastique, plastique et visqueuse.
Une éprouvette taillée dans un monocristal ou dans un échantillon
de roche est déformée en compression aura un comportement rhéologique
caractéristique.
23 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Plastique Rupture
Elastique
Fluage
Durcissement
Rupture
Plastique
Rupture Plastique
Elastique
Elastique
Visqueux
Déformation ε d’une roche en fonction de la contrainte σ. Sur la figure a, le segment
épais correspond au domaine élastique. Sur la figure b on représente un cycle avec
déformation plastique εp. Au-delà de la limite plastique (σM, εM) la figure
représente la déformation plastique en fonction de la contrainte, d’abord avec
durcissement, puis en fluage. Les figures d et e traduisent un comportement
elastique, plastique, visqueux et fragile (rupture).
Sur ces figures, on porte pour chaque valeur de la pression
appliquée encore appelée contrainte normale σ la valeur de la déformation totale
correspondante exprimé par l’élongation qui est une déformation
longitudinale avec L0, la longueur initiale et L1, la longueur finale.
Cette déformation que l’on appelle déformation finie par
opposition à déformation infinitésimale qui serait dL et qui n’est pas une
mesure physiquement significative de la déformation. ; 𝜀L
est dite déformation naturelle.
24 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Pour des faibles déformations que l’on effectue généralement dans
ce type d’essais on peut confondre ces deux notions. La réponse du matériau sur
la figure a se présente d’abord par une droite de pente forte puis par une courbe
de pente plus faible. La première partie correspond à des déformations de
l’ordre de 0,1%. Cette relation entre la contrainte exercée et la déformation
s’exprime par la relation , avec module de Young
Ce comportement linéaire correspondant au domaine élastique est
réversible c’est à dire que l’échantillon reprend sa forme initiale si la contrainte
est supprimée. La transition entre cette portion linéaire à forte pente et la
portion à pente plus faible s’appelle la limite élastique qui a pour cordonnées
et elle correspond à la contrainte maximum que l’échantillon peut endurer
sans subir de déformation permanente.
Au delà on entre dans le domaine plastique c.à.d. que si la
contrainte est relâchée, l’échantillon ne restitue que la part de la déformation
élastique. La déformation plastique mesurée par 𝜀p sur la Fig.b est donc une
transformation irréversible. La courbe correspondante n’est pas nécessairement
une droite.
Sur la Fig.b sa pente est positive signifiant qu’il faut constamment
augmenter la contrainte pour accroitre la déformation. On dit le matériau fait
preuve de durcissement. La pente de cette courbe peut être nulle c.à.d.
constante. On appelle fluage à contrainte constante l’écoulement plastique
produit dans ces conditions.
Si la vitesse de déformation , est aussi constante, on
parlera de fluage stationnaire. C’est dans ces conditions qu’on mesure la loi
rhéologique du matériau souvent exprimé par l’équation de la vitesse de
déformation à t et p constante. 𝜀 est une constante et n est un
exposant de la contrainte qui dépend du mécanisme d’écoulement mis en œuvre.
Les liquides et certains solides peuvent se déformer de façon visqueuse. Ce mode
peut s’exprimer par l’existence d’une relation linéaire entre la vitesse de
déformation et la contrainte (Fluide Newtonien). , avec 𝜼, coefficient de
viscosité.
La rhéologie des corps visqueux est fréquemment marquée par
l’absence d’un seuil équivalent à la limite élastique associée à la déformation
plastique Fig.d.
Fréquemment, le durcissement accompagnant la déformation
plastique annonce l’étape suivante qui est la rupture ou la fracturation.
25 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
En tectonique où l’on s’intéresse aux déformations permanentes, on
opposera la déformation continue (plastique ou visqueuse, comportement ductile)
à la déformation discontinue ou cassante (comportement fragile).
II.2.3. Seuil de la percolation : transition visqueux-plastique
Certains processus conduisent à s’intéresser à la relation solide-liquide et à la
transition entre comportement visqueux et plastique.
On peut citer la compaction et les réactions de déshydratation dans une roche
sédimentaire ou faiblement métamorphique ; la fusion progressive d’une roche
fortement métamorphique ou la cristallisation d’un magma. Analysons le
phénomène dans le cas de fusion partielle. Les poches de liquide qui se forment
dans un solide en cours de fusion sont d’abord isolées. Pour un pourcentage de
liquide par rapport aux cristaux mal déterminé et probablement variable, les
poches des liquides tendent à communiquer entre elles pour former un milieu
continu. Cette transition de la porosité sans perméabilité à la porosité avec
perméabilité s’appelle le premier seuil de percolation.
Si la fusion se poursuit, le liquide isole progressivement les parties
cristallines. Au moment où s’établit une perte totale de communication dans le
réseau solide, on franchit le second seuil de la percolation qui est atteint pour
un pourcentage de liquide par rapport aux cristaux variable mais probablement
situé au tour de 35%. Au-delà de ce nouveau seuil, le milieu est un magma. C’est
dire, une suspension de cristaux ou des pelottes dans un liquide.
Vitesse de la
déformation
1er seuil de la
percolation
2ème seuil de la
percolation
% du liquide
Evolution de la vitesse de déformation en fonction du % du
liquide dans un melange solide-liquide.
Du point de vue rhéologique, la présence de quantités limitées de
liquide dans le solide tend à l’affaiblir mais le changement le plus spectaculaire
intervient lors du franchissement du second seuil (35%) car on passe alors d’un
26 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
comportement généralement plastique (continuité d’une charpente solide) à un
comportement visqueux (suspension des cristaux dans le liquide). Cette
transition joue un rôle considérable dans le dynamisme des magmas en cours de
cristallisation. On peut donc admettre que la mise en place d’un magma granitique
s’achève lorsque la cristallisation franchit ce seuil.
II.3. Contrainte
Ellipsoïde de contrainte
Dans l’expérience de la figure ci-après une éprouvette cylindrique
est soumise à deux forces opposées correspondant à F appliquées
perpendiculairement aux surfaces opposées (S) ; chaque force crée une pression
appelée contrainte normale σ1. Dans cette situation, on dira que la
contrainte est uniaxiale.
Déformation d’une éprouvette cylindrique en régime de contrainte
normale normale uniaxiale (a) et triaxiale (b)
Une expérience plus complexe consisterait à soumettre l’éprouvette
à des contraintes distinctes σ1 perpendiculairement aux sections circulaires et
puis σn perpendiculairement aux génératrices du cylindre. En mécanique on dit
que la contrainte est triaxiale.
Dans cette expérience, on peut imaginer que tout élément de
surface de l’éprouvette est soumis uniformément à une contrainte normale σ n,
tandis qu’une contrainte excédentaire σ = σ1 - σn s’exerce sur les sections
circulaires. Cette contrainte excédentaire est responsable d’éventuelles
déformations et s’appelle la contrainte différentielle ou Déviatorique ou encore
le déviateur.
27 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
On peut imaginer une situation encore plus générale qui consiste à
appliquer 3 contraintes différentes σ1 ≥ σ2 ≥ σ3 sur le couple de force d’un
parallélépipède rectangle. on peut alors définir une pression isotrope Pi.
et des contraintes déviatoriques principales respectivement
σ1 – Pi ; σ2 – Pi ; σ3 – Pi. Au lieu de pression hydrostatique, on
emploie fréquemment le terme de pression lithostatique ou charge géostatique
pour designer la pression créée par le poids des roches, et en condition
expérimentale, fréquemment celui de pression de confinement.
Situation plus générale d’une éprouvette à trois contraintes normales à ses faces.
σ 1 ≥σ 2 ≥ σ 3 (a) et ellipsoide des contraintes correspondant (b)
L’état de contrainte en un point s’exprime mathématiquement par un
tenseur à six composantes indépendantes, et géométriquement par un ellipsoïde
dont les 3 axes représentent les 3 contraintes normales principales σ1, σ2, σ3.
A un point donné, P dans un corps, l’état de contrainte dépend de
l’intensité des forces internes agissant sur un ensemble des plans imaginaires
passant par le point P. Pour chaque plan considéré, il existe un vecteur-contrainte
correspondant représenté par une flèche.
Description de la contrainte en un point P
28 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Le vecteur contrainte S se décompose en une composante normale
et une composante tangentielle. Il est plus pratique d’examiner S en fonction de
2 composantes : la contrainte normale agissant dans la direction perpendiculaire
au plan (Normal stress) et la contrainte de cisaillement τ dirigée dans le plan lui-
même (shear stress).
Seulement dans des circonstances spéciales le vecteur-contrainte S
est perpendiculaire à son plan associé entrainant ainsi une contrainte de
cisaillement nulle sur le plan considéré.
La connaissance d’un seul vecteur est insuffisante pour caractériser
l’état de contrainte au point P.
Pour décrire la contrainte en un point, nous avons besoin de trouver
un moyen de résumer la configuration des différents vecteurs-contraintes
correspondant à tous les plans passant par P. il y a 2 moyens pour le faire :
1. Moyen géométrique ;
2. Moyen algébrique.
Moyen géométrique
Il consiste à dessiner tous les vecteurs-contraintes tels qu’ils se
recoupent sur le point P. les têtes des flèches définissent collectivement une
surface géométrique appelée ellipsoïde de contrainte.
Il faut noter que les axes principaux de l’ellipsoïde des contraintes
représentent les directions et les grandeurs des contraintes principales.
Les 3 vecteurs-contraintes qui forment les principaux rayons de
l’ellipsoïde sont spéciaux dans le sens que les plans sur lesquels ils agissent sont
orientés perpendiculairement à ces repères. Ceci implique que les vecteurs-
contraintes sur les plans respectifs ne donnent pas de contraintes de
cisaillement.
Ces vecteurs spéciaux qui correspondent aux principaux rayons de
l’ellipsoïde sont appelés les contraintes principales avec σ1 > σ2 > σ3.
Les 3 plans qui sont normaux à chacune des contraintes principales
sont appelés les plans principaux des contraintes.
29 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Moyen algébrique
Etat de contrainte décrit par rapport à un cube aligné suivant les axes de coordonnées X,
Y et Z. Les composantes normales et de cisaillement sur les plans parallèles à ces axes
sont un moyen de description de l’état de contraintes
Une autre manière de déterminer la contrainte principale est celle
qui permet de calculer le vecteur-contrainte pour un plan d’orientation désirée.
On définit d’abord les coordonnées cartésiennes X,Y,Z. Le vecteur-
contrainte S et un vecteur unitaire N normal au plan considéré peuvent être
spécifiés par leurs composantes le long de ces coordonnées.
Exemple : Sx, Sy, Sz et l, m, n respectivement les composantes de S
et N sont liées par les équations linéaires :
30 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
qui peuvent être écrites sous forme matricielle :
Cette matrice 3x3 est une entité fixée pour un état de contrainte
donné et sert de lier un plan donné à son vecteur correspondant, cette matrice
appelée tenseur des contraintes est un moyen solide pour décrire l’état de
contrainte en un point.
A propos de 9 termes du tenseur de contraintes, il s’agit simplement
d’une description de 3 vecteurs-contraintes agissant sur 3 plans orthogonaux qui
ont des normales parallèles à X, Y et Z respectivement nous référant à la figure
12 a et b, nous formons un très petit cube à partir de ces plans orthogonaux.
La contrainte σx équivaut à la contrainte normale sur la face de X,
la composante Sy sur la face X est dirigée le long du plan et est donc une
contrainte de cisaillement, on la note τxy, c’est la contrainte de cisaillement sur
la face X dans la direction Y. La contrainte Sz sur le même plan est appelée τ xz
c’est la contrainte de cisaillement sur la face X dans la direction Z.
Il est à noter que les composantes des contraintes sur la face X
forment la 1 rangée du tenseur des contraintes et que la 2ème et la 3ème rangée
ère
contiennent les contraintes sur la face Y et Z respectivement, les 9 termes qui
constituent le tenseur de contrainte décrivent complètement les forces agissant
en un point en relation avec des axes des coordonnées.
Pourquoi 9 termes alors qu’on a parlé de 6 composantes qui sont
suffisantes pour définir l’état de contrainte en utilisant la représentation de
l’ellipsoïde ? Cela est basé sur le fait que tous les 9 termes sont mutuellement
indépendants. Pour que le cube soit en état d’équilibre, la composante τxy qui
devrait induire la rotation autour de l’axe Z doit être contrebalancé par τyx
tel que τyx = τxy, en plus en considérant l’équilibre rotationnel autour des
axes X, Y, il peut être démontré que τzy = τyz et τzx = τxz respectivement, le
tenseur de contrainte peut être exprimé en fonction de 6 quantités
seulement.
31 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
L’apparence du tenseur est contrôlée par l’alignement des cubes qui,
en retour est fixé par notre choix de direction et des axes de coordonnées
X,Y,Z. Pour un choix judicieux de l’orientation de X,Y,Z, il est toujours possible
d’apporter une transformation au tenseur tel qu’il prenne la forme :
En examinant les rangées de cette matrice, ceci correspond à une
orientation des axes de coordonnées telle qu’aucune contrainte de cisaillement
n’agisse sur des faces X,Y,Z.
Cette situation est donc produite lorsque les faces du cube sont
parallèles aux plans principaux des contraintes de sorte que les axes de
coordonnées soient parallèles aux directions principales de contraintes et les
contraintes normales sur les faces X,Y,Z équivalentes aux grandeurs (magnitude)
des contraintes principales σ1, σ2 et σ3.
Quelques états particuliers de contrainte
Le tenseur de contrainte dans sa forme diagonalisée constitue la
base de la classification des états de contraintes :
Etat de contrainte hydrostatique : les contraintes principales sont égales
en magnitude (grandeur) σ1=σ2=σ3 sont représentées par un ellipsoïde de
contrainte du type sphérique ;
Tension uniaxiale : σ1>σ2=σ3 ;
Compression uniaxiale : σ1=σ2>σ3
Pour quelques états de contrainte appelés contraintes planes, il
existe un plan sur lequel ni la contrainte normale, ni la contrainte de cisaillement
ne s’exerce.
Trajectoires des contraintes
La variation des états de contrainte à travers un corps est décrite
comme un champ de contrainte lorsque l’état de contrainte aux points
environnants sont identiques en fonction de la taille des contraintes principales
32 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
et de leur direction ; nous avons un champ de contrainte homogène. De tels
simples modèles apparaissent dans la nature pour des raisons suivantes :
1°) Les forces de surface ou le déplacement appliqué sur les bordures d’un corps
ne se sont pas toujours uniformes
2°) Il existe une variation de forces dans un corps qui est due à la distribution
des masses (densité).
3°) Une variation interne peut exister dans les propriétés des contraintes –
déformation dans un corps.
Pour ces raisons, l’application des forces aux corps rocheux conduit
à la variation des contraintes connues comme champ des contraintes
hétérogènes. Pour le géologue la compréhension des tels champs est
fondamentale pour les raisons suivantes :
La grande majorité des structures rencontrées dans les roches
prennent leur origine dans ces champs
Les champs de déformation constituent le moteur pour relier la
variation des structures observées à petite échelle.
Description des champs des contraintes
Les champs de contraintes à 3 dimensions dans lesquelles 3
constantes principales varient en orientation à travers un volume rocheux
posent les problèmes significatifs en fonction de leur analyse et leur
visualisation. En se référant au cas où la contrainte principale est constante en
orientation, nous allons donc nous intéresser à des tels champs de contraintes à
2 dimensions.
L’exemple est celui d’une carte de trajectoire des contraintes
montrant les orientations locales des axes des contraintes. Il ya deux familles
de trajectoires l’une montrant les orientations locales des axes σ1 et l’autre
indiquant l’orientation de σ2 étant entendu que les 2 principaux axes de
contraintes sont mutuellement perpendiculaires. Les trajectoires de
contraintes sont courbes avec des tangentes parallèles aux axes de contraintes
principales.
33 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
CHAPITRE III : DEFORMATION DISCONTINUE
III.1. Mode de Fracturation et relation avec les contraintes
III.1.1. Déformation expérimentale
Dans un matériau isotrope suivant la valeur de la pression exercée
perpendiculairement à l’axe d’une éprouvette cylindrique, la fracturation adopte
des modes différents.
Déformation expérimentale dans un marbre pour des pressions de confinement σ n
croissantes. a- Fracturation en extention à pression atmosphérique (σ n = 0,1 MPa). b-
fracturation simple en cisaillement pour σ n = 3,5 MPa. C et d – fracturation conjuguée en
cisaillement pour σ n = 100 MPa
A pression ambiante (σn = 1bar = 0,1MPa) un échantillon déformé en
compression cède par des fractures qui sont grossièrement parallèles à l’axe du
cylindre c'est-à-dire à la direction de la contrainte maximum σ1. ce type de
fracture correspond à un écartement des lèvres perpendiculairement aux plans
de la fracture. On dira qu’il s’agit des fractures ou des fentes d’extension (fig a).
En essai triaxial si on augmente simultanément la pression de
confinement σn et la contrainte σ1 (σ1 > σn), la fracture s’incline par rapport à l’axe
du cylindre et le déplacement entre les 2 lèvres tend à devenir parallèle à la
surface de fracture (décrochement) : c’est une fracture de cisaillement (fig.b).
Pour une pression de confinement supérieure, de telles fractures se
multiplient et leur décrochement individuel diminue. Elles deviennent
symétriquement inclinées par rapport à l’axe du cylindre. (Fractures conjuguées).
Cet angle tend à croître sans dépasser 45° (fig.c).
Enfin, pour des pressions de confinement élevées, la déformation
devient pénétrative à notre échelle d’observation ; l’échantillon supportant alors
des déformations relativement importantes, son comportement macroscopique
34 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
peut être considéré comme ductile même si à l’échelle microscopique la
déformation se produit par l’effet conjugué des mouvements discontinus (fig.d).
Ces divers comportements sont enregistrés sur la courbe
contrainte/déformation où l’on peut voir qu’avec la pression de confinement,
le seuil élastique se relève tandis qu’augmente l’étendue du domaine ductile
avant rupture.
Diagramme montrant l’évolution de la contrainte et le taux de la
déformation
Ces résultats se généralisent aisément au cas où l’ellipsoïde de
contraintes possède 3 axes distincts σ1 ≥ σ2 ≥ σ3 : les fentes d’extension se
produisent dans le plan σ1- σ2. C’est-à-dire qu’elles sont perpendiculaires à la
direction σ3 tandis que les fractures de cisaillement contiennent la direction σ2
et sont inclinés par rapport à σ1 et σ3.
35 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Relation entre fractures et contraintes normales principales σ 1 ≥ σ 2 ≥ σ 3. Fracture
épaisse : Extension. Fractures striées : Cisaillement
III.1.2. Enveloppe de Mohr et Critère de COULOMB
À l’aide des diagrammes expérimentaux comme celui de la figure
contrainte/déformation et utilisant le diagramme de Mohr on peut calculer la
contrainte de cisaillement critique correspondant à la rupture d’un matériau aux
propriétés mécaniques isotropes pour des valeurs croissantes de la pression de
confinement. On définit ainsi une courbe expérimentale de rupture qui mesure la
résistance maximum τc du matériau au moment de la rupture pour différentes
pressions de confinement. On appelle encore cette courbe, enveloppe de Mohr
car le cercle de Mohr représentatif de toutes les situations possibles des
contraintes exercées sur le matériau viennent la tangenter au moment de la
rupture.
Les coordonnées du point de contact permettent de connaître les
contraintes maximales normale σc et cisaillante τc qui s’exercent pour des
conditions données de confinement sur le plan de fracture dont l’inclinaison α par
rapport à σ1 se déduit aussi du diagramme.
36 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Conditions critiques pour la rupture dans le diagramme de Mohr
III.1.3. Fracturation assistée par la pression des fluides
Si une pression de fluide PF est créée dans le milieu, le centre du
cercle de Mohr représentatif de l’état de contrainte en l’absence de pression de
fluide est translatée vers la gauche d’une quantité PF le long de l’axe de
contrainte normale. Conséquence de cette translation, le cercle représentatif
de l’état des contraintes en présence de fluide vient tangenter l’enveloppe de
Mohr provoquant la rupture par fracturation assistée.
Effet d’une pression partielle de fluide Pf sur la fracturation. a- Etat de
contrainte élevé (rayon du cercle grand) et Pf faible : rupture en
cisaillement. b- Etat de contrainte faible (rayon du cercle petit) et Pf forte :
rupture en extention
37 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Si dans l’état initial, le déviateur (rayon du cercle sur le diagramme
de Mohr) est important, une faible montée de la pression de fluide suffit pour
provoquer la rupture conduisant le cercle de Mohr au contact avec la courbe
enveloppe dans un domaine de pente faible. L’angle α est alors grand et la
fracturation se produit en cisaillement ; au contraire si le déviateur initial est
faible, la pression de fluide doit être élevée et se rapprocher de la pression
hydrostatique pour qu’il y ait fracturation assistée.
La translation du cercle représentatif est importante. Le cercle
tangente la courbe enveloppe près de l’origine dans un domaine de forte pente.
L’angle α est faible et la fracturation se produit en extension
La fracturation ouvre temporellement un conduit permettant
l’expulsion du fluide. La pression PF baisse alors dans le milieu poreux et la
fracture se ferme. Une libération des fluides continue dans ce milieu peut
entraîner un fonctionnement cyclique des fractures. Ainsi une roche poreuse
dans laquelle des réactions de déshydratation ou de fusion partielle ont pu créer
une pression de fluide proche de la pression solide, peut céder par fracturation
assistée quelle que soit la profondeur. La fracturation n’est donc pas l’apanage
des zones superficielles dès lors qu’interviennent les fluides.
III.1.4. Fracturation hydraulique
Des formations imperméables soumises à une pression de fluide
peuvent céder à la fracturation hydraulique si une pression de fluide s’exerçant
sur elle excède leur résistance. Une telle situation peut apparaître lorsque les
formations imperméables considérées entourent ou surmontent un milieu où se
crée une pression de fluide supérieure à la pression solide.
Parmi les causes susceptibles d’engendrer de telles surpressions on
peut citer l’augmentation de volume accompagnant certaines réactions de
déshydratation ou de fusion partielle ou l’effet des forces gravitaires créées au
sommet d’une colonne de fluide (filon), moins dense que le milieu solide
environnant.
Un niveau impérméable peut aussi entraver le drainage des fluides
vers la surface permettant à la pression de fluide d’atteindre ou de surpasser la
pression solide. Le milieu sous-jacent peut se désagréger par fracturation et
si la teneur en fluide dépasse environ 35 %, tendre vers une suspension des
matériaux solides au sein d’un fluide. On dira que le milieu est sous
compacté. Ce milieu perd toute résistance mécanique, sa viscosité se
rapprochant de celle des fluides. Un tel milieu liquéfié peut servir de niveau
de décollement et de transport à une nappe de charriage.
38 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Après expulsion du fluide et la fin des mouvements, un tel niveau se
consolide sous forme d’une brèche tectonique.
Le principe de la fracturation hydraulique est mis à profit pour
fracturer les roches in situ dans un forage en injectant un fluide sous une
pression excédant la résistance du matériau en place. On améliore ou on crée
une perméabilité locale mise à profit en technique pétrolière pour améliorer la
récupération de l’huile et en géothermie pour créer ou augmenter la surface
d’échange calorifique entre le fluide et la roche.
III.2. Structure et interprétation
III.2.1. Joints et diaclases
Les joints et les diaclases sont des surfaces de débit des roches
n’impliquant ni déplacement ni remplissage (fracture sèche). Les diaclases sont
perpendiculaires aux plans des couches alors que les joints sont parallèles ou
obliques.
Ces surfaces de discontinuité s’associent en un réseau débitant la
roche en prismes grossiers. Elles se développent dans les roches compétentes
telles que les calcaires, les grès ou les roches éruptives.
La schistosité de fracture peut s’apparenter aux diaclases. Ces
surfaces de discontinuité sans déplacement relatif peuvent avoir diverses
origines. Le débit prismatique, plan ou conchoïdal des roches volcaniques est
attribué au retrait thermique pendant le refroidissement.
Les réseaux de joints et de diaclases ainsi que la schistosité de
fracture particulièrement développé dans les zones faillées ou plissées
témoignent d’une relation entre leur développement et l’exercice des contraintes
(relaxation fragile d’une déformation élastique).
Enfin dans les roches compétentes et massives comme les granites,
il apparaît souvent un réseau de joints parallèles à la surface et se resserrant
près de celle-ci appelé Ex-foliation et attribués à la relaxation de la contrainte
isotrope.
En effet lorsqu’un granite est progressivement exhumé par
l’érosion, la composante verticale de la contrainte diminue jusqu’à la pression
atmosphérique et la déformation élastique du granite conduit à une détente dans
la direction verticale qui crée l’ex-foliation.
39 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
III.2.2. Fractures d’extension
Les fractures d’extension, fentes et filons se distinguent des joints
et diaclases par un remplissage témoignant une certaine ouverture.
L’analyse des fibres que forment communément les minéraux de
remplissage montre que le déplacement s’effectue principalement suivant la
direction perpendiculaire à la fracture. Il peut toutefois apparaître une
composante de déplacement par cisaillement parallèle à la fracture. Cette
composante devient dominante dans le cas des failles où l’extension peut
néanmoins intervenir localement.
Sur le terrain, les fractures d’extension constituent des fentes et
des filons effilés et parallèles souvent associés suivant un système en échelon.
Un tel système s’inscrit parfois à l’intérieur d’une bande limitée par deux failles
ou couloirs de cisaillement parallèles. L’angle entre la direction de fente
individuelles et celles de la bande est de l’ordre de 45°.
Si la déformation fragile s’accompagne d’une certaine ductilité, les
fentes en échelon peuvent se déformer enregistrant l’histoire de la déformation.
L’étude dynamique des fractures d’extension montre qu’elles se
forment dans le plan des contraintes principales σ1-σ2.
Lorsque l’analyse des fibres indique une ouverture avec une
composante de cisaillement, l’analyse du cercle de Mohr prédit que le plan de la
fracturation devient oblique d’un angle α sur le plan (σ1-σ2).
Un autre apport expérimental aussi mis en lumière par l’analyse de
Mohr est qu’en absence du fluide susceptible de créer une pression partielle, la
fracturation d’extension ne peut se produire que près de la surface.
La présence des fluides peut au contraire induire la rupture à
n’importe quelle profondeur. Nous admettrons que les fractures d’extension sont
à l’exception des fractures les plus superficielles produites par fracturation
assistée ou hydraulique. Cette conclusion est confortée par le caractère
syncinématique (synchrone du mouvement) et non secondaire du remplissage
minéral de ces fractures. En métallogénie, la fracturation est donc à l’origine des
gisements filoniens qui, structuralement sont des remplissages des fractures
d’extension (stockwerk).
III.2.3. Joints stylolitiques
Les joints stylolitiques sont des surfaces irrégulières finement
hérissées des petits pics, les stylolites, dont le contour est souligné par une
40 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
concentration en minéraux phylliteux et opaques. Ces joints s’observent surtout
dans les calcaires où ils se forment par concentration résiduelle des minéraux
suite à la dissolution sous contrainte d’un niveau donné. Les pics résultent
probablement de variations dans la vitesse de dissolution, elle-même
subordonnée à une distribution irrégulière des impuretés insolubles. Ils sont
donc parallèles à la direction de raccourcissement. En raison de leur mode de
formation, les joints stylolitiques tendent à s’orienter perpendiculairement à la
contrainte σ1, les stylolites pointant dans cette direction. Les joints stylolitiques
sont donc perpendiculaires aux fentes d’extension, il faut noter qu’il n’en est pas
toujours ainsi en particulier dans le cas de stylolites développés le long des
failles, les pics pointent alors dans la direction du déplacement contribuant à la
striation des plans de failles.
Joints stylolitiques montrant des pics pointant dans la direction de σ 1
III.2.4. Failles
Les failles sont des surfaces de discontinuité affectées d’un
déplacement principal parallèle à leur surface. L’intensité du vecteur
déplacement ou jeu de la faille peut être déterminé si l’on dispose d’un nombre
suffisant des repères décalés par la faille. Les stries imprimées sur la surface
des failles précisent sa direction et son sens.
III.2.4.1. Analyse géométrique des failles et des systèmes de faille
Les principaux types de failles sont présentés sur la figure ci-après.
41 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Soit une faille dont le plan est incliné. Si l’on appelle respectivement mur et toit
les lèvres inférieure et supérieure, une faille normale abaisse le compartiment
situé au toit et une faille inverse l’élève.
Dans ces failles, la composante verticale ou déplacement (le rejet)
est dominante ; au contraire dans une faille de décrochement, ou décrochement
le déplacement est surtout horizontal.
La faille de décrochement est dextre si le compartiment le plus
éloigné de l’observateur se déplace vers la droite et senestre s’il se déplace vers
la gauche.
Une faille normale inclinée, outre son déplacement vertical, crée une extension
horizontale d’autant plus importante que le pendage de la faille est plus faible.
De même une faille inverse crée un raccourcissement horizontal.
42 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
a- Faille normale
b- Faille inverse
c- Décrochement senestre
d- Décrochement senestre normal
e- Décrochement senestre inverse
43 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
a- Failles normales conjuguées, Graben.
b- Failles inverses conjuguées, Horst.
c- Décrochement dextre et senestre conjugués, Poinçonnement
Les failles s’associent parfois en système conjugué ; on distingue
ainsi des systèmes en extension (a) ; en raccourcissement (b) et en
poinçonnement (c).
A l’échelle de la croûte terrestre les rifts sont des systèmes en
extension. Leur évolution en marge passive est l’expression d’un étirement
crustal considérable. L’analyse du système rift-marge passive suggère que les
failles normales se couchent progressivement avec la profondeur ; les couches
sédimentaires initialement horizontales basculent d’un angle correspondant. La
composante horizontale du déplacement devient progressivement supérieure à la
composante verticale. De discontinue en surface, la déformation semble
simultanément passer à une déformation continue répartie de façon homogène à
l’échelle de la croûte soumise à un tel régime d’étirement horizontal. Il existe
une transition comparable entre les failles inverses superficielles et les
charriages ductiles plus profonds.
III.2.4.2. Analyse dynamique
La relation générale entre le cisaillement le long d’une faille et
l’orientation des contraintes principales est connue dans le cas des roches
44 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
isotropes à partir des déformations expérimentales ou naturelles et elle est bien
décrite par l’analyse du diagramme de Mohr.
L’orientation des contraintes principales est définie si l’on dispose
des mesures effectuées sur 2 failles conjuguées : la direction de σ2 est parallèle
à l’intersection de 2 failles et celle de σ1 est contenue dans le plan bissecteur du
dièdre aigu formé par les failles.
La détermination de l’orientation de σ1 et σ3 est approximative et
sinon impossible si l’observation ne porte que sur une faille ; σ2 est
perpendiculaire à la direction du déplacement déterminé par exemple par des
stries.
σ1
σ2
σ3
Miroir de Faille
Strie
σ2
Plan de faille montrant des stries perpendiculaires à σ2
45 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
CHAPITRE IV. EMPREINTES DE LA DEFORMATION HOMOGENE DANS
LES ROCHES
V.1. Introduction
Nous étudierons dans ce chapitre la déformation homogène de grande
intensité ainsi que ses expressions structurales.
Le concept de la déformation homogène n’exclut pas que la
structure puisse être hétérogène à une échelle plus réduite que celle qui est
considérée.
La déformation plastique homogène dans un matériau cristallin
s’exprime généralement par l’apparition d’une anisotropie structurale planaire et
linéaire. La structure se renforce lors d’une déformation croissante. Les
structures plano-linéaires sont fondamentalement issues de l’aplatissement-
allongement progressif et de l’orientation concordante des principaux minéraux
constitutifs de la roche ; et elles sont souvent soulignées par un litage
tectonique.
IV.2. Structures planaires
Nous distinguerons d’abord les surfaces structurales pénétratives,
puis les surfaces non pénétratives, ces dernières étant généralement soulignées
par un litage ou un micro-litage.
Les roches à une structure planaire sont communément fissiles,
c'est-à-dire qu’elles possèdent la faculté de pouvoir se débiter en feuillets
parallèles à cette structure remarquable.
La fissilité résulte de l’anisotropie du milieu et s’exprime par une
schistosité fine et régulière dans le cas des ardoises et par un débit plus espacé
et irrégulier dans le cas des roches plus ou moins massives comme les calcaires
et les gneiss. Ces discontinuités structurales servent parfois ultérieurement
comme des plans de glissement.
IV.2.1. Schistosité ardoisière et foliation
Les principaux minéraux constitutifs de la roche sont disposés à
plat parallèlement à un même plan. Dans le cas de la schistosité ardoisière, la
taille des cristaux de quartz, de calcite et surtout de phyllites, principaux
responsables de l’anisotropie ne dépassent pas quelques dizaines de microns,
tandis que dans le cas de la foliation, les cristaux généralement visibles peuvent
atteindre plusieurs mm.
46 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Outre cette question de taille des minéraux, la schistosité
ardoisière ne s’exprime que dans les roches riches en phyllites ; ce qui explique
leur grande fissilité tandis que la foliation peut apparaître dans une grande
variété des roches : marbres, quartzites, micaschistes, gneiss, amphibolites,
péridotites….
Dans un métamorphisme croissant, il existe une transition continue
entre la schistosité ardoisière des ardoises et la foliation des micaschistes et
des gneiss.
IV.2.2. Schistosité de Crénulation
Elle correspond à une structure non pénétrative à l’échelle de
l’échantillon caractérisée par une division rythmique de la roche en domaines
planaires parallèles et espacés de quelques mm à quelques cm.
La roche est ainsi finement litée avec alternance des lits plus épais
et souvent plus clairs, plus riches en quartz et/ou calcite et de lits plus étroits,
plus sombres et enrichis en phyllites et minéraux opaques.
Les micro-lits plus riches en quartz ou calcite correspondent
souvent à des charnières des plis soulignés par quelques micas. La schistosité de
crénulation apparaît dans des schistes riches en quartz ou calcite et les
conditions d’un métamorphisme relativement léger favorisant dans des roches
plus riches en phyllites le développement de la schistosité ardoisière.
On observe fréquemment le passage continu entre ces 2 types de
schistosité (ardoisière et crénulation).
47 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Différents types de schistosité de crénulation a, b, c, d, schistosités marquées
par des plans de dissolution (ombrés). –a- absence de schistosité pénétrative,
schistosité de fracture ; -b- schistosité pénétrative parallèle au plan de
concentration des minéraux insolubles ; -c- et –d- schistosité oblique sur un plan
d’anisotropie antérieur avec développement des micro-plis symétrique (-c-) et
dissymétrique (-d-) ; -e- et –f- schistosité de crénulation due à des microplis
rythmiques avec ou sans dissolution.
IV.2.3. Schistosité de Fracture
Elle correspond à un débit relativement espacé et irrégulier,
portant souvent l’empreinte de dissolution. Elle débite préférentiellement les lits
compétents (c'est-à-dire rigides) alternant avec des lits incompétents (ductiles)
où se développe plutôt une schistosité ardoisière ou de crénulation.
La schistosité de fracture dessine dans la charnière des plis ouverts
un éventail convergent vers le cœur du pli. Les blocs débités par la schistosité de
fracture dans un niveau compétent s’appellent microlithons. On distinguera les
vrais glissements entre microlithons des glissements apparents liés à la
dissolution selon que le plan de discontinuité est marqué par une fracture
franche éventuellement tapissée par des minéraux de remplissage (quartz,
carbonate) ou par variation progressive de composition chimique par exemple un
enrichissement en minéraux phylliteux.
Contrairement aux domaines situés entre les plans de schistosité de
crénulation typique, les microlitons, plus rigide, ne sont pas affectés par des
microplis.
IV.2.4. Litage tectonique
La présence d’un litage s’exprimant à diverses échelles par des
lentilles ou des lits réguliers parallèles entre eux est la règle commune dans les
roches métamorphiques foliées.
La ressemblance avec le litage et la stratification des roches
sédimentaires peut donner l’illusion qu’il s’agit d’un simple litage. L’origine du
litage tectonique est cependant plus complexe. Nous distinguons 2 cas selon qu’il
est d’origine essentiellement chimique ou mécanique. Dans le premier cas, la
dissolution-cristallisation rythmique de la schistosité de crénulation crée au sein
d’une roche qui pouvait être homogène une différenciation chimique par exemple
en lits alternativement plus riche en quartz, feldspaths et ferromagnésiens
(minéraux opaques). Cette différenciation se conserve lors d’un métamorphisme
croissant donnant naissance au micro litage caractérisant les gneiss.
48 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Un autre cas de différenciation d’origine chimique est celui des
roches soumises à l’injection dans des fractures parallèles des fluides hydratés
ou magmatiques endogènes ou exogènes. Tous les autres litages résultent de la
transposition tectonique. Celle-ci intervient dans le cas de certains matériaux
présentant dans leur état initial des hétérogénéités de natures diverse (lits,
filons, inclusions) dont toutefois la nature et l’abondance ne sont pas
susceptibles de modifier de façon significative de rhéologie de l’ensemble ; ces
objets subissent des rotations et éventuellement des étirements qui les amènent
progressivement en coïncidence avec les structures de la déformation
homogène.
IV.3. Structures linéaires
On appelle linéation toute trace linéaire inscrite sur le plan de
schistosité ou de foliation.
Cette référence à la foliation ou la schistosité est indispensable car
une ligne inscrite sur un autre plan, à l’exception du litage dans certains cas
particuliers, n’a aucune signification. Pratiquement, ceci revient sur le terrain à
identifier le plan de schistosité ou de foliation avant de rechercher la trace
d’une linéation.
Il existe toutefois des tectonites dites L-tectonites par opposition
(à S-tectonites où seule la foliation est identifiable), dans lesquelles on ne peut
pas identifier de plan mais seulement une linéation en raison de symétrie axiale
de la déformation par rapport à cette linéation.
.3.1. Linéations Minérales
Elles sont caractérisées par une orientation parallèle des minéraux
présentant un habitus anisotrope. On peut distinguer des linéations liées à un
habitus prismatique ou aciculaire comme dans le cas des amphiboles, pyroxènes,
sillimanite, tourmaline et des linéations liées à des minéraux au faciès tabulaire
comme les phyllites, les chloritoïdes, certains feldspaths.
La linéation est alors due soit à un allongement préférentiel dans le
plan des tablettes soit à une disposition de ces minéraux en zone autour d’un axe
qui est la linéation.
Lors de déformations importantes, certains matériaux ou minéraux
moins ductiles que leur matrice se fragmentent perpendiculairement à la
direction d’étirement. La matrice s’injectant dans les fractures peut les diviser
en tablettes isolées. La normale aux tablettes coïncide alors avec la direction
49 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
d’étirement. Cette linéation de pull-appart est bien connue dans les orthogneiss
et dans les péridotites où elle affecte respectivement les gros feldspaths
alcalins et les cristaux d’orthopyroxène ou les amas de chromite massive. On
peut enfin assimiler à la catégorie des linéations minérales le remplissage
fibreux de certaines fractures ou de zones abritées.
IV.3.2. Linéation d’agrégat
C’est tout alignement au sein d’une schistosité ou foliation d’objets
allongés distincts de la matrice.
Lorsque le métamorphisme est faible ou absent, l’origine des objets
peut être précisée ; on définit par exemple des linéations dues à l’étirement des
fossiles, des galets, des phénocristaux etc.
Lorsque le métamorphisme est important, la recristallisation produit
des agrégats des cristaux dont on précisera la nature, exemple : agrégats
quartzo-feldspathiques.
Les baguettes (rodes) sont des linéations constituées d’agrégats
souvent riches en quartz et très allongés formant des faisceaux parallèles. La
structure en baguette est commune dans des faciès ou la foliation est difficile à
identifier.
Lors de glissement couche par couche, des objets durs peuvent
graver leurs empreintes dans ces couches sous forme des stries parallèles à la
direction du mouvement.
IV.3.3. Linéations d’intersection
Elles apparaissent chaque fois que la nouvelle schistosité ou la
foliation se superpose obliquement sur une surface plus ancienne, schistosité ou
litage. La linéation d’intersection s’observe indifféremment dans la schistosité
de plan axial ou sur la couche déformée. Dans le plan de schistosité, elle
s’exprime par des traces parallèles de nature distincte provenant de
l’intersection des couches déformées et du plan de schistosité.
Quand le litage est fin et plus ou moins lenticulaire, ce type de
linéation peut se confondre avec des rods. Un examen très attentif est alors
indispensable car la signification de ces deux linéations est généralement
différente.
La linéation d’intersection peut également s’observer dans la couche
déformée, elle apparaît alors comme la trace de la schistosité ou de la foliation
de plan axial.
50 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Lorsque la couche plissée était déjà schisteuse comme dans le cas
d’anciennes marnes ou pélites, l’interférence avec la nouvelle schistosité de plan
axial conduit au débit de la roche en petits prismes communément appelés débit
en crayon ou en frite.
IV.3.4. Linéation de Gaufrage
Ce type de linéation s’exprime par des petits plis serrés d’axes plus
ou moins parallèles. L’aspect général est celui d’une tôle ondulée. Les
microplissements responsables des linéations de gaufrage se produisent dans des
matériaux finement structurés et incompétents comme des pélites, marnes,
schistes, ou certaines micaschistes. Les roches compétentes au contact avec des
couches incompétentes développent parfois de meneaux (mullions) qui se
distinguent des gaufrages par une période sensiblement plus grande.
IV.3.5. Linéation et ellipsoïde de déformation
La question d’orientation des linéations par rapport aux axes
principaux X et Y de l’ellipsoïde de révolution n’admet qu’une réponse immédiate.
Nous pouvons citer quelques linéations qui s’orientent parallèlement à l’axe X de
l’ellipsoïde de révolution :
Les linéations minérales créées par des minéraux à faciès prismatique
(amphiboles) ou à faciès aplati mais présentant néanmoins un allongement
comme les feldspaths ;
Les linéations dues à des cristallisations en zones abritées et à des
ombres de pression ;
Les linéations d’agrégat chaque fois que l’on peut montrer qu’elles
proviennent de la réorientation d’objets préalablement allongés ou de
l’étirement d’objets initialement peu allongés.
Les linéations provenant de la rupture des couches par étirement,
tendent contrairement au cas précédent à coïncider avec la direction Y de
l’ellipsoïde de la déformation finie. C’est le cas pour la trace laissée dans le plan
structural par le boudinage des couches plus compétentes étirées et
fragmentées au sein d’une matrice moins compétente ou par une linéation
minérale de pull-apart.
IV.4. Interprétation des structures de la déformation continue homogène
IV.4.1.Mécanismes responsables du développement des structures.
IV.4.1.1. Dépôt et écoulement dans un fluide
51 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
La sédimentation des particules et des cristaux ou leur écoulement
au sein d’un milieu fluide (eau ou bain fondu) conduit au développement des
structures plano-linéaires. Ainsi, les caractères rythmés de la sédimentation
crée un litage auquel par compaction peut se superposer une schistosité.
Lorsque la sédimentation est dynamique (courant, glissement des
couches), le plan de dépôt porte souvent une linéation et se plisse comme une
roche déformée à l’état solide. La nature de la roche et le contexte géologique
permettent souvent de distinguer des structures créées en milieu liquide ou
solide. Ainsi, la structure fluidale d’une lave est attribuée sans équivoque à un
écoulement magmatique. De même dans un granite, la structure magmatique
marquée par l’alignement des feldspaths et des minéraux ferro-magnésiens se
distingue d’ordinaire aisément de la foliation produite par déformation plastique
à l’état solide.
IV.4.1.2. Interprétation des structures de l’écoulement visqueux
On considère ici, uniquement la situation d’un fluide s’écoulant de
façon laminaire c'est-à-dire telle que les couches du fluide glissent les unes sur
les autres de façon indépendante et suivant les trajectoires parallèles.
Dans un tel écoulement, les couches du fluide sont animées des
vitesses différentes (on dira qu’il existe un gradient de vitesse), ce qui crée des
cisaillements entre les couches.
En raison de la nature d’écoulements, on appelle le plan
correspondant, le plan de lamination. Le cas de l’écoulement turbulent donnant
lieu aux slumps et à des structures apparemment désordonnées relève de
l’analyse des plis. Nous allons examiner d’abord le cas de la réorientation des
objets déformables, puis des objets rigides.
Un massif éruptif contient fréquemment des enclaves déformées
qui peuvent provenir d’un autre magma imparfaitement mélangé avec le premier.
Si tel est le cas, le problème de la déformation et de la réorientation de ces
enclaves pendant l’écoulement magmatique peut être assimilé à celui de la
déformation des marqueurs passifs c'est-à-dire ayant une viscosité comparable
à celle du milieu environnant dont ils n’altèrent pas le comportement mécanique.
De tels marqueurs, s’allongent progressivement dans le plan XZ de la
déformation suivant la direction X et permettent une mesure d’autant plus
précise de la déformation finie que leur viscosité se rapproche de celle du milieu
ambiant.
52 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Si le rapport de viscosité augmente en faveur de l’enclave, ces
conclusions deviennent caduques. On passe à la situation maintenant décrite dans
le cas limite des particules rigides.
Les particules rigides vont acquérir une orientation préférentielle
dans la mesure où elles possèdent une anisotropie de forme (anisométrie).
En raison du couple qui existe entre deux couches adjacentes des
fluides, le plan d’anisométrie de ces objets rigides subit une rotation progressive
le conduisant à s’aligner parallèlement au plan d’écoulement.
Une fois acquise, cette orientation est stable si l’écoulement est
coaxial. Par contre dans le cas d’un écoulement non coaxial cette orientation
n’est généralement pas stable.
Marqueur passif ovoïde (enclave basique) marquant la schistosité
S dans un orthogneiss. Le grand axe λG de l’ellipsoide est parallèle
à la schistosité régionale. Thèse Kapajika (2003)
53 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Rotation d’une tablette rigide lors du cisaillement de sa matrice. La longueur de la flèche
est proportionnelle à la vitesse de rotation.
54 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
CHAPITRE V. DEFORMATION CONTINUE HETEROGENE : STRUCTURES
TYPIQUES
V.1. Introduction
Nous décrirons et analyserons d’abord quelques microstructures
hétérogènes créées par la présence au sein d’une matrice en écoulement d’un
objet rigide généralement un minéral peu déformable.
Nous considérerons en suite les structures les plus typiques de la
déformation hétérogène observable à toutes les échelles. Ce sont les zones de
cisaillement, les boudinages et les plis qui sont des instabilités correspondant
respectivement aux 3 modes de déformation : cisaillement, étirement et
raccourcissement.
V.2. Microstructures
Les structures les plus communes sont les cristallisations en zone
abritées ou encore ombres de pression, les cristallisations avec inclusion spirale
et les croissances fibreuses dans les micro-fractures. Dans ces 3 cas, la
croissance cristalline qui accompagne la déformation constitue un
enregistrement de la déformation progressive et pourra être utilisé à des fins
cinématiques.
La nature des minéraux qui cristallisent pendant cette déformation
peut être aussi symptomatique d’un métamorphisme déterminé. L’analyse de ce
métamorphisme et la datation des minéraux permettent de préciser les
conditions physiques et l’âge de la déformation considérée.
V.2.1. Cristallisation en zones abritées et ombres de pression
Des objets ou des cristaux durs (pyrite, grenats, feldspaths etc.)
pris dans une matrice plus déformable présentent fréquemment un double sillage
allongé suivant la direction X et éventuellement suivant Y.
La description portera sur 2 points :
La nature des minéraux présents dans ce sillage, structure interne et
relation de cette zone avec la schistosité encaissante. On parlera de zones
abritées lorsque les minéraux remplissant ce sillage ont une structure
55 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
fibreuse ou lamellaire indépendante de schistosité encaissante et d’ombre
de pression dans les autres cas. Dans les milieux où opère la dissolution-
cristallisation, les principaux minéraux qui se développent dans les zones
abritées sont :
Le quartz, la calcite et les minéraux phylliteux principalement la chlorite.
Le quartz et la calcite croissent en fibres perpendiculaires à la surface
libre et la chlorite en feuillets parallèle à cette surface. La surface libre
est engendrée au cours de la déformation par une microfracture
d’extension qui se localise généralement au contact du cristal dur, dans ce
cas, les cristallisations les plus récentes dans la zone abritée sont les
plus centrales.
La fracturation peut toutefois se produire à la limite extérieure de
la zone abritée.
Le caractère symétrique ou non symétrique du remplissage reflète
simplement l’orientation adoptée au départ par le cristal dur et par conséquent
n’a pas de signification particulière. Par contre, les remplissages sont
fréquemment courbes sans que le tissus schisteux environnant ne soit déformé
ce qui permet d’éliminer l’hypothèse d’une déformation consécutive à la
formation de la zone abritée.
Les zones abritées peuvent aider à déterminer le régime de la
déformation (coaxiale et non coaxiale) et dans le cas d’une déformation due
à un cisaillement à définir le sens de ce cisaillement et éventuellement son
intensité. Dans une déformation progressive, l’allongement instantané d’une
zone abritée s’effectue parallèlement à la direction X (et éventuellement Y)
de l’ellipsoïde de la déformation instantanée ; cette direction est elle-même
à 45° du plan de cisaillement dans un cisaillement simple dans le cas de
dissolution-cristallisation en principe perpendiculaire à la contrainte
principale σ1.
Les fibres et lamelles qui croissent lors de cet incrément de
déformation peuvent ne pas être parallèles à cette direction car leur direction
de croissance est réglée par celle de la fracturation.
56 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Queues de croissance autour d’un cristal d’amphibole indiquant un
cisaillement horaire. Les minéraux fibreux et lamellaires montrent qu’il
s’agit d’une zone abritée. Thèse Kapajika (2003)
V.2.2 Minéraux à inclusions spirales et sigmoïdes
Certains minéraux de grande taille des roches métamorphiques, les
porphyroblastes, contiennent des inclusions dont l’alignement dessine des micro-
plis ou des spirales. Le grenat, l’albite, l’andalousite, la staurotide sont des
porphyroblastes à inclusions les plus communs.
Les inclusions sont de natures variées : quartz, amphibole, micas,
graphite, magnétite etc.
On distingue 2 situations selon que le porphyroblaste s’est
développé pendant (croissance syncinématique) ou après la déformation
(croissance post-cinématique).
Les porphyroblastes dont la cristallisation est syntectonique
présentent des inclusions en double spirale.
Cette double spirale résulte d’une rotation du porphyroblaste au
cours de sa croissance. L’axe de rotation étant généralement Y de l’ellipsoïde de
la déformation, l’analyse de telles structures devra s’effectuer dans le plan XZ.
Lorsque la rotation des inclusions mesurée sur une des branches de
la spirale dépasse 90% on s’accorde à admettre qu’elle exprime un régime de
déformation par cisaillement. Le porphyroblaste est à la fois cause de
l’instabilité en raison de l’hétérogénéité qu’il constitue et par ailleurs
enregistreur de celle-ci. Le sens de sa rotation se relie au sens du cisaillement.
Il est horaire pour un cisaillement dextre et antihoraire pour un cisaillement
senestre.
57 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
V.2.3 Croissance minérale dans les fractures d’extension
En régime de fracturation hydraulique ou assisté par les fluides, les
fractures d’extension maintenues ouvertes par la pression des fluides ainsi que
les lentilles de décohésion dans les fractures de cisaillement tendent à se
tapisser des minéraux déposés par les fluides. Ces minéraux reflètent les
conditions physiques ambiantes par exemple quartz et/ou carbonate dans des
roches déformées à basse température, quartz + glaucophane – épidote dans des
schistes du faciès schistes bleus.
La croissance minérale opère habituellement en fibres ou en
feuillets parallèles. Cette croissance orientée crée des orientations
préférentielles de forme mais aussi de réseau si la vitesse de croissance est
anisotrope.
Dans le cas des fractures pénétratives, des telles orientations
contribuent au développement de la schistosité. L’orientation des fibres peut
représenter par ailleurs un enregistrement du déplacement relatif des lèvres
de la fracture et à ce titre constitue un moyen d’analyse de la déformation
progressive (chemin de la déformation).
V.3. Les zones de cisaillement
V.3.1. Etude géométrique et cinématique
La géométrie d’une zone de cisaillement indique que l’orientation de
la surface de cisaillement C est proche du plan de cisaillement général.
L’identification des zones de cisaillements constitue un bon critère cinématique.
Au cœur d’une zone de cisaillement où la déformation est
particulièrement forte, on observe fréquemment des plis présentant différents
stades d’évolution. Dans le stade précoce, le déversement est encore visible en
section perpendiculaire au plan du cisaillement et parallèle à la linéation. Il peut
être utilisé pour déterminer le sens du mouvement. La poursuite de la
déformation isole les charnières des plis au sein du tissus formé et entraîne une
rotation des axes suivant la direction de la linéation d’étirement. Les plis
acquièrent une structure en forme de fourreau (charnière courbe).
58 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
L’ampleur de déplacement relatif enregistré dans certaines zones
de cisaillement pose problème de leur terminaison aussi bien frontal que latéral.
Les parties frontales en avant et en arrière d’un compartiment en
mouvement de cisaillement s’amortit au sein des domaines relativement vastes
respectivement en compression et extension parallèlement à la direction du
mouvement. Ce schéma théorique semble confirmé par les observations
naturelles.
V.3.2. Etude mécanique
Les zones de cisaillement les plus caractéristiques s’observent dans
des matériaux homogènes qui évoluent tectoniquement dans des conditions
rétrogrades (c’est –à dire correspondant à des températures inférieure à celles
de leur formation et souvent anhydres ou peu hydratés. La déformation est alors
souvent plane (cisaillement simple), le mécanisme, du type plastique et la
transformation, isovolumique.
Certaines situations naturelles s’écartent de ce cas idéal par
exemple s’il intervient une composante d’aplatissement avec extension suivant la
direction Y, ou des variations de volume en liaison avec la circulation des fluides
et l’intervention des processus de dissolution-cristallisation.
Dans une zone de cisaillement, la concentration croissante de la
déformation ductile, de la bordure vers le centre de la zone s’exprime par un
allongement et une recristallisation croissants des porphyroblastes.
La zone centrale est généralement constituée de façon dominante
par des néoblastes de petite taille. Ces roches fortement déformées et à grains
fins (quelques dizaines de microns s’appellent des mylonites. Si la mobilité des
joints par diffusion est importante (température relativement élevée, présence
de fluide), la taille très petite des cristaux peut favoriser le passage du
mécanisme plastique au mécanisme superplastique.
L’adoucissement structural (réduction de la taille des grains,
développement d’orientation préférentielle…) qui intervient dans les parties
centrales des zones de cisaillement peut avoir pour effet d’y concentrer la
déformation au point de créer une limite parfois très tranchée entre cette zone
et l’environnement non déformée. La déformation au sein de telles bandes peut
être considérable, conduisant à des roches dont les grains se mesurent en micron
et qu’on appelle ultramylonites et le mécanisme de déformation serait
superplastique.
59 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Si la fusion est atteinte, elle s’exprime par des veines noirâtres et
bréchifiant le cœur des zones mylonitiques. Les roches correspondantes sont
appelées des pseudotachylites, qui présentent une structure comparable à celle
de certaines laves dévitrifiées avec un grain très fin.
V.4. Structures d’étirement-Boudinage
L’étude des failles normales a montré l’importance des structures
d’extension dans la déformation crustale soulignant aussi la relation entre
déformation superficielle fragile et déformation profonde ductile. Nous allons
mettre en évidence les principales manifestations de cette déformation ductile
par extension.
Dans des formations contenant des inclusions ou des niveaux plus
compétents que leurs matrices, l’étirement conduit au boudinage, c'est-à-dire à
la segmentation de l’objet plus compétent en fragments, les boudins, qui
s’allongent et s’alignent dans le plan XZ de la déformation à la façon d’un
chapelet de saucisses.
Boudinage des couches compétentes observé dans le plan
perpendiculaire à la foliation et parallèle à la linéation. Les boudins
s’allongent obliquement sur leur direction d’alignement
La zone étirée entre les boudins compétents est remplie par fluage
de la matrice mais aussi par dépôt des minéraux de remplissage témoignant du
passage par un stade précoce de la fracturation par extension. Ces fractures
s’initient soit directement soit après un stade d’étirement plastique.
La déformation ductile avant la segmentation responsable du
boudinage dépend du contraste de ductilité entre le boudin et sa matrice.
Lorsque ce contraste est faible, il n’y a pas de rupture mais simplement une
succession des nœuds et des ventres le long de la couche moins ductile.
V.5. LES PLIS.
Les plis s’expriment par le gauchissement d’une surface repère. Ils
appartiennent à la catégorie des déformations hétérogènes continues et sont en
fait les manifestations principales et les plus spectaculaires de ce type de
déformation. La référence à une surface est doublement motivée : c’est grâce à
la déformation des surfaces repères que l’on peut observer le plissement des
60 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
roches sédimentaires et métamorphiques ; par ailleurs le caractère
communément lité ou stratifié de ces roches favorise lors de la déformation
l’apparition des instabilités qui engendrent la plupart des plis. Il faut se garder
de croire que ce plissement n’affecte que ces formations. L’écoulement
magmatique et la déformation plastique de formations homogène peuvent aussi
s’accompagner des plis immédiatement visibles lorsque le milieu possède un
certain litage.
V.5.1. Analyse géométrique des plis, cas d’une surface isolée.
Avant d’examiner les structures propres au plissement d’une couche
ayant une épaisseur donnée, nous allons définir les propriétés géométriques
d’abord intrinsèques puis rapportées à un repère spatial dans le cas d’une surface
isolée. Cette situation théorique est approchée dans la nature quand une couche
mince et compétente comme un filon de quartz est noyée dans une matrice
incompétente, phylliteuse par exemple.
a. Morphologie des plis.
Les principales définitions géométriques et morphologiques ayant
trait aux plis se dégagent de la figure ci-après :
Définitions géométriques générales concernant les plis
- charnière : région du plus petit rayon de courbure.
- Flanc : région du plus grand rayon de courbure.
- Surface axiale ou plan axial : surface bissectrice du dièdre formé par les
flancs.
61 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
- Il faut noter que dans le cas d’un ensemble plissé, la surface axiale est
définie comme passant par les charnières consécutives.
- Axe : lieu des points de courbure maximal ou l’intersection de la couche
plissée et de la surface axiale.
Si la surface axiale est plane, le pli est dit plan; il est non plan dans les autres
cas.
Définitions ayant trait à la forme de la surface axiale :
a- Pli plan et cylindrique
b- Pli plan et conique
c- Pli non plan et cylindrique
d- Pli non plan et non cylindrique
Si l’axe est rectiligne et que l’on peut engendrer la surface du pli par le
déplacement de l’axe parallèlement à lui-même, le pli est « cylindrique », il est
non cylindrique dans les autres cas.
Le pli conique est un pli non cylindrique dont la surface peut être engendrée par
la rotation d’une ligne fixée en un point.
62 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Le pli en fourreau est un pli conique tel que la surface conique soit complètement
fermée au voisinage de l’apex (sommet) du cône. Ces plis sont caractérisés par la
courbure des charnières et sont typiques des régions ayant subi une tectonique
tangentielle. Ces diverses définitions ne s’appliquent que ponctuellement à un pli
donné en raison de ses variations longitudinales. Ainsi un pli cylindrique présente
des terminaisons longitudinales coniques appelées en cartographie : terminaisons
périclinales.
Ces considérations morphologiques doivent être complétées par des
mesures concernant la courbure dans les charnières : pli anguleux, arrondi,
coffré ou isoclinal si les deux flancs sont pratiquement parallèles.
b. orientation des plis.
Quelques définitions précisent l’orientation d’un pli par rapport au
plan horizontal, elles s’appuient sur l’orientation de la surface axiale et de l’axe :
- Pli droit ou normal : si le plan axial est vertical ;
- Pli déjeté : si le flanc le plus redressé (inverse) ne dépasse pas la
verticale ;
- Pli déversé : si le flanc le plus redressé (inverse) dépasse la verticale ;
- Pli couché : si le plan axial est horizontal.
Définitions ayant trait à l’orientation de la surface axiale des plis
63 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Définitions ayant trait à l’orientation de l’axe des plis
c. système des plis.
Un pli est exceptionnellement isolé et appartient d’ordinaire à un
système des plis plus ou moins identiques caractérisés par une période de
répétition des plis élémentaires et une certaine symétrie.
Lorsque les plis sont dissymétriques, on caractérise la dissymétrie
par le déversement ou la vergence.
Considérant les enveloppes des trains des plis élémentaires, on peut
souvent montrer que celles-ci sont également plissées suivant un mode
comparable. A l’aide des enveloppes on définit des plis d’ordre n tandis que les
plis élémentaires encore appelés plis parasites sont affectés de l’ordre n+1.
Cette notion d’ordre de plissement est fondamentale car c’est elle qui justifie
l’application de la microtectonique aux plis. Ainsi l’étude du style et du
déversement de petits plis visibles à l’échelle de l’affleurement peut
permettre de reconstituer la forme des plis beaucoup plus vastes.
V.5.2. Plis isopaques
Les plis isopaques sont tels que la couche conserve son épaisseur en tout
point. Le rayon de courbure décroit vers l’intrados et à l’inverse croît vers
l’extrados. Des cas particuliers correspondent aux plis concentriques tels que les
charnières aient un profil en arc de cercle, aux plis coffrés caractérisés par
deux surfaces axiales conjuguées et aux plis ptygmatiques résultant du
plissement d’un niveau à fort contraste de densité avec sa matrice, par exemple
une veine de pegmatite dans les micaschistes.
64 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Mécanismes de formation
Les plis isopaques se produisent par flexion de la couche considérée.
La déformation peut se localiser préférentiellement dans la zone charnière, c’est
le plissement à déformation de charnière ou le long des flancs, c’est le
plissement à déformation de flancs..
Un pli à déformation de charnière possède une surface neutre qui
n’est pas déformée. Elle limite un domaine externe en extension et un domaine
interne en compression. Extension et compression sont d’autant plus intenses que
la couche est plus épaisse et le pli plus serré. Dans un pli à déformation des
flancs, la déformation procède par cisaillement parallèlement à la surface des
couches. On précisera flexion-glissement si le cisaillement est discontinu et
localisé le long de failles ou dans les interlits plus ductiles entre des couches
compétentes et flexion-écoulement si le cisaillement est uniformément réparti à
travers les couches .Dans une déformation des flancs, la surface de la couche
étant un plan de cisaillement ne subit pas de déformation (surface invariante). Le
cisaillement auquel sont soumis les interlits ductiles peut y induire des plis
d’entrainement (plis d’ordre supérieur) dont la dissymétrie caractérise le sens du
déplacement.
V.5.3 Plis semblables
Les plis semblables sont tels que la distance entre les deux surfaces de la
couche considérée, mesurée parallèlement au plan axial, demeure constante en
tout point. En d’autres termes, une translation de cette distance amène en
coïncidence ces deux surfaces ; géométriquement, les plis affectant ces deux
surfaces sont donc bien semblables. La formation d’un pli semblable requiert une
migration de matière au sein de la couche depuis les flancs qui s’amincissent vers
les charnières qui gonflent. Cette migration est d’autant plus importante que le
pli est plus serré.
Dans le cas des plis semblables, l’écoulement interne à la couche est
supérieur à celui qui intervient dans le cas des plis isopaques. On explique ainsi
que dans un milieu stratifié, les couches compétentes puissent développer des
plis isopaques et les couches incompétentes, des plis semblables. Comme cas
particuliers de plis semblables on peut citer les plis en chevrons et les plis en
genou encore appelés kinks ou knicks ; ce sont des plis à charnières anguleuse,
respectivement symétriques et dissymétriques.
65 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Mécanismes de formation
Fondamentalement il n’existe que deux mécanismes de plissement : la
flexion et le cisaillement simple hétérogène. L’ensemble de la déformation d’un
jeu de cartes illustre ce point. On peut soit ployer celui-ci, mettant en œuvre la
flexion, avec déformation de flancs dans ce cas précis, soit faire glisser
certaines cartes par rapport à d’autres, c’est alors le cisaillement simple
hétérogène complexe.
Les plis naturels tirent leur complexité du fait qu’a ces deux modes de
formation, associés ou non, s’ajoute souvent une composante d’aplatissement
coaxiale perpendiculaire au plan axial des plis, aplatissement qui lui-même peut
être homogène ou non. Le cas des plis semblables constitue l’illustration de cette
complexité. Seul le cisaillement simple hétérogène est susceptible d’engendrer
des plis strictement semblables. Ce cisaillement opère parallèlement au plan axial
du pli. Le plan de cisaillement étant invariant, la longueur des segments contenus
dans ce plan se conserve au cours du plissement conformément à la définition
des plis semblables.
66 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
CHAPITRE VI : MESURE DE LA DEFORMATION FINIE
VI.1 Objets elliptiques déformés
Il existe dans les roches de nombreux objets dont la forme en section
plane est elliptique ou quasi elliptique. Ce sont par exemple les galets d’un
conglomérat, les tâches de réduction dans un schiste, les tâches de
métamorphisme de contact, les enclaves d’un granite, etc.…..Toute ellipse de
rapport axial initial Ri est transformé par la déformation homogène en une autre
ellipse de rapport final Rf. Si l’on dispose dans l’état initial d’objets elliptiques
dont les grands axes i possèdent des orientations variées par rapport à une
ligne de référence quelconque, il est possible connaissant un certain nombre de
couples de valeur Rff dans l’état final déformé de déterminer la forme et
l’orientation de l’ellipse de déformation, cette méthode dite méthode R f/φ de
RAMSAY (1967) est la plus utilisée dans la mesure de déformation finie.
Rf = λG / λP où λG est le grand axe de l’ellipsoïde et λP le petit axe de l’ellipsoïde.
φ = l’angle que fait le grand axe λG avec la direction de référence et il se mesure
à partir de λG vers la direction de référence. Si cet angle est compté dans le
sens anti-horlogique on le note + φ ; dans le cas contraire on le note – φ.
Considérons un groupe d’ellipses numérotées de 1 à 10 de rapport axial Ri
constant (Ri=2, 0) et d’orientation i allant de 90° à +90°, par rapport à une
ligne repère. Sur un diagramme R/, l’ensemble des points représentatifs de ce
groupe d’ellipses définit une droite passant par φ 2. On fait subir à ce groupe
d’ellipses une déformation caractérisée par une ellipse dont le grand axe est
parallèle à la ligne repère. Pour chaque étape représentée sur la figure ci-après
on a reporté les points correspondant à chaque ellipse sur le diagramme Rf / φ. Si
l’ellipse de déformation est caractérisée par un rapport axial Rd tel que Rd Ri
l’ensemble des points prend sur le diagramme Rf / une allure en cloche. Le
rapport axial de l’ellipse 10 dont le grand axe est parallèle à G augmente tandis
que celui de l’ellipse 1 dont le grand axe est parallèle à P diminue. Pour Rd=Ri,
l’ellipse 1 est ramené à un cercle Rf=1. Pour les valeurs de Rd telles que Rd > Ri, le
diagramme Rf/ φ prend une allure en poire de plus en plus allongée au fur et à
mesure que Rd augmente. Sur ces diagrammes en poire les valeurs Rf max et Rf
min permettent de calculer le rapport axial Rd de l’ellipse de déformation :
67 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
Rd Rf max Rf min
Et le rapport axial initial des ellipses :
Ri Rf max/Rf min
Lorsque Rd › Ri l’enveloppe de données est fermée et les points montrent un
intervalle limité définissant la fluctuation F. Cette fluctuation est uniquement
fonction de Ri et Rd.
F = Tan-1 Rd (Ri2 – 1) / ((Ri2 Rd2 – 1)(Rd2 – Ri2))1/2.
L’enveloppe de données est symétrique par rapport à l’orientation du long axe λG
de l’ellipsoïde de la déformation (Orn) et montre le maximum et le minimum des
valeurs de Rf. (Fig hors texte).
Déformation progressive (de a à e) d’objets elliptiques d’orientation initiale aléatoire
et courbes correspondantes Rf /φ de mesure de la déformation finie.
Il est cependant rare qu’on puisse disposer dans les roches déformées
d’objets elliptiques dont le rapport axial est constant. La construction des
diagrammes Rf / φ pour des cas réels donne généralement des nuages des points
et non des courbes simples et régulières. On pallie aisément cette difficulté en
cherchant le meilleur ajustement entre le nuage des points obtenus et des
courbes théoriques construites pour une gamme de rapport initiaux compris
68 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
entre 1,5 et 4,0. D’autres problèmes se posent dans l’application de cette
méthode à des cas concrets.
Les objets elliptiques présentent fréquemment une orientation
préférentielle initiale comme dans le cas de galets de conglomérats qui ont
tendance à se disposer « à plat » dans le plan de stratification. Pour obtenir une
valeur correcte de Rd, il faut prendre cet effet en compte.
Application de la méthode Rf /φ à un exemple naturel : nodules métamorphiques
des gneiss
Abaques Rf /φ correspondant à des rapports Ri allant de 5 à 5.
69 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
VI.2 Variation de distribution des marqueurs ponctuels
Si on applique une déformation homogène à un échantillon dans
lequel des objets, isodiamétrique ou ponctuels sont répartis de la façon
isotrope, la répartition de la distance minimale entre ces objets va
changer : cette distance va diminuer suivant P et augmenter suivant G .
Cette constatation est à la base de la méthode de centre à centre,
applicable par exemple à une roche sédimentaire contenant des oolithes ;
ces marqueurs initialement sphériques subissent souvent de la dissolution,
ce qui exclue toute mesure directe de la déformation.
Méthode de « centre à centre » de mesure de la déformation finie. Distribution
des oolithes et diagrammes m/ correspondant ; a. dans l’état non déformé et
b. dans l’état déformé.
Pratiquement, sur une surface ij, on mesure les distances m entre les
centres des objets considérés deux à deux et suivant des directions repérées
par rapport à une référence choisie dans le plan de mesure (angle ). Sur un
diagramme m / , on obtient une direction Pour laquelle, statiquement, les
distances entre centres sont maximum mx et une direction 2 pour laquelle les
distances sont minimum my ; 1 est l’angle entre G et la référence choisie ; 2
est l’angle entre P et cette référence ; le rapport mx / my, le rapport G/P.
70 Notes de cours d’Analyse structurale / BAC 3 / UNILU /2017-2018 / Prof Kapajika B.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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12ème édition, Paris, 746 p.
5. Ramsay, G.J. and Hubert, I.M. (2003). The techniques of modern structural geology:
strain analysis, Academic press, vol. 1, Oxford,307 p.
6. Ramsay, G.J. and Hubert, I.M. (2002). The techniques of modern structural geology:
folds and fractures, Academic press, vol. 2, London, 392 p.
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applications of continuum mechanics in structural geology,
Academic press, vol. 3, London, 360 p.
3. KAPAJIKA, B. (2003). Plutonisme calco-alcalin Néoprotérozoique syn-cisaillement de
la région de l’ouest Tibati dans la chaîne Panafricaine Nord-
Equatoriale au Cameroun. Pétrogenèse et structurogenèse.
Thèse de Doctorat (Ph-D), Université de Lubumbashi, 221 p.