CHAPITRE 4.
Le théâtre
Les comédies de Molière (1622-1673)
Séance 1. Découvrir Molière à travers un spectacle
I. « Molière, le Best of », La Péniche théâtre, Rennes.
> voir les documents distribués (citations + présentation des pièces)
II. Le théâtre de Molière : des pièces à voir
« Les comédies ne sont faites que pour être jouées ; et je ne conseille de lire celles-ci qu’aux
personnes qui ont des yeux pour découvrir dans la lecture tout le jeu du théâtre ». Molière, « Au
lecteur », l’Amour médecin, 1666
Expérimentation : 1ère scène du Médecin malgré lui.
→ Comment mettre en scène un moment de violence conjugale, qui relève de la tradition de la
farce à l’époque de Molière, mais qui choque aujourd’hui.
Bilan : le théâtre est un art total.
« Découvrir le jeu du théâtre », c’est inventer à partir du texte une mise en scène qui concerne :
- les déplacements
- les gestes
- l’intonation
- le rythme
- la posture
+ le décor, la lumière, les sons : bruitage / musique, les costumes.
Le spectateur se trouve face à une multitude de signes à décrypter afin de bien comprendre une
mise en scène.
Séance 2. Découvrir Molière à partir de sa biographie
I. Les dates à retenir :
1622 : naissance de Molière
1662 : mariage avec Armande Béjart. // 1661 : début du règne personnel
→ Représentation de l’Ecole des Femmes de Louis XIV
1664 : Tartuffe, pièce qui dénonce l’hypocrisie religieuse utilisée pour tromper ceux qui souhaitent
assurer le salut de leur âme.
1665 : Dom Juan, pièce qui met en scène un libertin sur le plan moral (= séducteur de femmes) et
sur le plan intellectuel (= à travers une recherche plus rationnelle de la connaissance du monde en
dehors des théories de l’Église).
1666 : Le Misanthrope, représentation d’un homme qui refuse les compromissions de la vie sociale
( = celui « déteste l’humanité » en grec)
1672 : Mort de Madeleine Béjart – Les Femmes savantes
1673 : Représentation du Malade imaginaire – mort de Molière.
Séance 3. Les Précieuses ridicules : l’invention d’une nouvelle forme de comique
→ La pièce est représentée pour la première fois le 18 novembre 1659 et obtient un succès
immédiat.
I. Molière reprend les procédés comiques traditionnels
1. le comique de la farce
La farce = pièce comique qui se développe en France au Moyen-Age. La farce est représentée au
sein des Mystères qui étaient des spectacles organisés par l’Église.
Dans les farces :
- les personnages sont tirés du quotidien
- utilisation du comique de gestes : coups de bâton, gifles, bagarres, chutes
- comique de situation : querelles de couples, le naïf trompé
- « farcer » signifie « tromper » en ancien français
> Pour préparer la dissertation, trouvez les passages des Précieuses ridicules qui relèvent de la
farce. Retenez le numéro de la scène et les personnages impliqués.
2. la commedia dell’arte italienne
- Les personnages jouent masqués.
- Comique de situation avec des oppositions marquées entre les personnages : les serviteurs
s’opposent aux maîtres, les vieux s’opposent aux jeunes…
- La pièce est jouée à partir d’une improvisation autour d’un canevas ( = un résumé, une trame).
Elle repose sur le comique de gestes lié au jeu de l’acteur qui peut être acrobate, gymnaste...
> Trouvez les passages des Précieuses ridicules qui relèvent de la commedia dell’arte.
Retenez le numéro de la scène et les personnages impliqués + citation précise
II. Molière se nourrit de la réalité qui l’entoure et des mœurs de son époque :
Il s’inspire de la Préciosité, de la pratique des mariages arrangés, de l’importance donnée à la
préservation de l’ordre social.
1. La Préciosité, la galanterie, l’idéal de « l’honnêteté »
> voir votre prise de notes sur la Préciosité à partir du manuel
Informations complémentaires :
- Molière lui-même fréquente les salons des Précieuses dans lesquels il propose des lectures de ses
œuvres. Madeleine Béjart voit son talent d’actrice reconnu par Madeleine de Scudéry. Elle apparaît
dans un de ses ouvrages.
- La Préciosité correspond à ce qu’on appelle au XVIIe siècle la galanterie.
Au départ, on appelait « Précieuses », les plus parfaites des femmes galantes.
- La galanterie permet aux hommes et aux femmes de vivre en bonne entente et de mettre en
place des rapports harmonieux, fondés sur le consentement, l’attention à l’autre.
C’est une manière de vivre en société fondée sur l’idéal de l’« honnêteté ».
→ L’« honnêteté » est la recherche du juste milieu et de la modération en toute chose.
→ L’« honnêteté » consiste à pratiquer la politesse, à être sociable :
- tenir compte des autres
- avoir une conversation agréable et pleine d’esprit, sans pour autant se mettre en avant, et sans
monopoliser la parole
- avoir un avis et une attitude mesurée sur le monde et sur les choses.
Ex : dans le Misanthrope, le personnage de Philinte est modéré et s’oppose à Alceste qui est
excessif dans sa misanthropie.
→ L’objectif est de trouver une forme de bonheur dans le milieu social qui est le nôtre
→ Pour cela, il faut éviter toute forme d’excès, qui pourrait empêcher de mener un mode de vie
harmonieux avec sa famille ou avec les autres.
= Les « précieuses ridicules » sont les jeunes femmes qui prétendent imiter les véritables
précieuses du milieu de la galanterie, alors qu’elles n’en ont pas les moyens intellectuels ou
financiers. Elles sont excessives dans leur désir de paraître ce qu’elles ne sont pas. Leur volonté
immodérée d’appartenir à un milieu qui n’est pas le leur, ne peut les conduire qu’à l’échec et au
malheur.
2. La pratique des mariages arrangés
Le thème du mariage est abordé dans les salons. Il est au cœur de la réflexion de Madeleine de
Scudéry. Ce thème va de pair avec la question de l’éducation des filles.
Le thème est abordé dans plusieurs comédies de Molière :
- Tartuffe
- L’Avare
3. L’importance donnée à la préservation de l’ordre social
La société du XVIIe siècle est très cloisonnée : les gens du peuple, la petite bourgeoisie, la haute
bourgeoisie, la noblesse ou aristocratie (baron, marquis, vicomte, duc, princes...)
Le thème est abordé dans plusieurs comédies :
- Georges Dandin
- Le Bourgeois gentilhomme
Séance 4. Découverte de la pièce
Les scènes 1 à 3 : les scènes d’exposition
Les jeunes filles ne sont pas présentes sur scène, mais elles sont au cœur de la conversation des
personnages.
- Dans la scène 1, les deux jeunes bourgeois, La Grange et du Croisy, qui sont venus rendre visite
aux Précieuses les présentent comme des jeunes filles impolies qui ne font « que bailler, se frotter
les yeux » et demander l’heure, sans même leur proposer de sièges pour s’asseoir. Elles sont
décrites comme des prétentieuses et des coquettes qui se croient distinguées alors qu’elles ne
connaissent pas les usages de Paris et ne savent pas comment on se comporte dans les salons
parisiens.
La Grange, un des jeunes gens, est tellement vexé qu’il décide de les punir en leur faisant « voir
leur sottise » au moyen d’une petite mise en scène.
(Lorsqu’un personnage décide de mettre en place les conditions d’une représentation théâtrale à
l’intérieur même d’une pièce, il s’agit d’une mise en abyme = théâtre dans le théâtre)
- Dans la scène 3, Gorgibus complète le portrait des jeunes filles en les présentant comme des
dépensières et en nous montrant les préparatifs de leur mise en beauté de manière triviale (= en
utilisant les mots concrets, sans idéalisation). C’est une manière burlesque de représenter les
choses.
Scènes 4 et 5 : la confrontation père / fille et nièce autour du thème du mariage
→ Comment Molière renouvelle-t-il le comique dans ce type de confrontation hérité de la
commedia dell’arte ?
1. Molière montre que les revendications des jeunes filles sont légitimes :
- elles refusent d’épouser un homme choisi par leur père qu’elles ne connaissent pas
- elles expriment des inquiétudes sur les relations physiques qu’implique le mariage : « je trouve le
mariage une chose tout à fait choquante »
- elles souhaitent construire leur propre histoire et choisir un homme qu’elles auront appris à
connaître. « Laissez-nous faire à loisir le tissu de notre roman ».
= Ces revendications font échos aux débats sur le mariage qui animaient les salons mondains à
l’époque. Le public se sent concerné par le sujet.
2. Il les ridiculise néanmoins en montrant qu’elles ont une conception caricaturale de l’amour.
→ Exemple de leur conception de l’amour :
- Elles confondent la fiction et la réalité.
- Elles imaginent l’amour d’après ce qu’elles ont lu dans les romans.
Leur conception de l’amour est donc très codifiée :
«
«
→ L’originalité de Molière est qu’il fait référence aux textes lus par le public à l’époque.
« La belle chose ce serait si d’abord Cyrus épousait Mandane »
fait allusion au roman le Grand Cyrus de Mademoiselle de Scudéry.
Les jeunes filles attendent de leur futur mari qu’il connaisse par exemple « la carte de Tendre »,
contenue dans le roman Clélie de Mademoiselle de Scudéry. Elles reprochent aux jeunes hommes
que leur a présenté leur père d’ignorer les règles de la galanterie. Elles sont persuadées que pour
eux « Billets-Doux, Petits-Soins, Billets-Galants et Jolis-Vers sont des terres inconnues ».
A RETENIR :
= Molière pratique l’art de la référence à des œuvres qui existent vraiment. Il met en place un
comique de connivence avec le public, ce qui assure son succès.
(connivence = entente implicite avec quelqu’un)
= L’opposition traditionnelle de la commedia dell’ arte entre le vieux père rétrograde et ses enfants
autour du mariage, est mise en lien avec les débats contemporains qui agitent les salons et trouve
ainsi une plus large portée.
Scène 7 : l’entrée en scène de Mascarille avec la chaise à porteur
Molière à propos de sa pièce : « Une grande partie des grâces qu’on y a trouvé dépend de l’action (= jeu
des acteurs) et du ton de voix »
→ scène qui s’inspire de la commedia dell’arte : l’acteur doit réaliser une performance physique
au moment où il descend de la chaise à porteur.
→ scène qui s’inspire de la farce : Mascarille gifle un des porteurs pour ne pas payer, mais reçoit
des coups de bâton de la part de l’autre = comique de geste
Scène 9 à 12 : Mascarille, Cathos et Magdelon : scène de la supercherie et de la mise
en abyme
1. La salutation de Mascarille
La scène de la salutation de Mascarille est elle aussi inspirée de la commedia dell’arte. Elle n’est
évoquée que par une didascalie (= indication scénique pour préciser ce que doit faire l’acteur),
mais elle peut durer plusieurs minutes. L’acteur a donc une liberté totale d’improvisation.
Molière s’inspire pour cette scène des conseils parodiques donnés dans « Les lois de la
galanterie », recueil paru pour ironiser sur le monde des salons.
2. La rencontre de Mascarille, Cathos et Magdelon : une petite « pièce » qui apparaît au
spectateur comme une parodie de salon mondain.
→ Utilisation du théâtre dans le théâtre.
Mascarille est l’acteur d’une pièce mise en scène par La Grange et du Croisy. Les jeunes filles
deviennent actrices malgré elles car elles n’ont pas su décoder les signes de la supercherie.
Elles jouent le rôle du « naïf trompé », traditionnel dans la farce.
= « farcer » signifie « tromper » en ancien français.
Molière utilise le procédé de la double énonciation dans cette scène.
- les paroles de Mascarille s’adressent aux jeunes filles qui admirent le bel esprit du prétendu
marquis, sans prendre aucun recul.
- les paroles de Mascarille s’adressent aussi au public. Pour le spectateur, le jeu consiste à repérer
tout ce qui ne correspond pas à ce que pourrait dire un véritable galant. Ce décalage est source de
comique pour le public de l’époque, il se fonde sur la connivence avec le public.
→ Une scène qui propose une parodie de salon mondain tout en créant un effet de miroir avec la
scène évoquée par les deux jeunes bourgeois en ouverture de la pièce.
L’effet miroir : les jeunes filles ont le comportement inverse de celui qu’elles ont eu avec La
Grange et du Croisy d’après ce qu’ils disent dans la scène 1 : elles sont polies, répondent,
proposent des sièges.
La parodie des salons mondains :
- L’utilisation d’un langage que les personnages croient être celui des mondains
- flatterie, fausse modestie, langage extrêmement compliqué en signe de politesse et bel esprit.
- La parodie passe également par une invention langagière : Molière invente des expressions
comme « les commodités de la conversation » (= les fauteuils) pour se moquer de ce que les
fausses précieuses croient être le beau langage. Autre exemple : le « conseiller des grâces » (= le
miroir).
- Molière parodie aussi la poésie courtoise de la fin’amor employée de manière très maladroite par
Mascarille quand il compare les yeux de Cathos et Magdelon à de « forts mauvais garçons » qui
combattent aussi violemment que des Turcs contre les Maures.
- L’erreur et le contre-sens sur ce qu’est le véritable enjeu des salons.
Magdelon et sa cousine ne retiennent que le caractère anecdotique et superficiel des
conversations mondaines. Ce qui intéresse Magdelon par exemple, c’est de connaître le détail de
la vie des mondains : « Monsieur Untel écrivit hier au soir un sizain à Mademoiselle Unetelle » qui
lui répondit « ce matin sur les huit heures ». La répétition des mots « untel », « unetelle » montre
que Magdelon a une vision simplificatrice des salons, elle ne s’intéresse qu’à la célébrité des
personnes rencontrées.
On comprend que les deux jeunes filles s’intéressent à l’image qu’elles vont donner d’elles-mêmes
et au prestige social que peut conférer la fréquentation des salons. Elles n’envisagent pas les
apports intellectuels, à l’enrichissement de la réflexion qu’elles peuvent en tirer.
- Les exagérations de Mascarille
En quoi le comportement de Mascarille au moment où il récite son impromptu est contraire à
l’idéal de « l’honnête homme » ?
Après avoir récité son impromptu, Mascarille en parle pour s’en vanter pendant plusieurs minutes.
L’« honnête homme » au contraire reste modeste et ne cherche pas à monopoliser l’attention. Il
sait prendre en compte les autres et leur laisser la place dans la conversation.
Pour « l’honnête homme », il s’agit d’être modéré et de trouver le juste milieu dans le domaine de
la conversation comme dans toute interaction sociale.
Les scènes 13 à 17 : les scènes du dénouement
Scène 13 - le coup de théâtre
La scène 13 utilise les ressorts de la farce : La Grange et du Croisy entrent avec des bâtons pour
mettre fin à la pièce qu’ils ont imaginée.
→ Comique de geste, situation, répétition : Mascarille reçoit pour la deuxième fois des coups de
bâton, cette fois-ci en tant que valet, de la part de son maître.
La leçon de la pièce se dessine à travers les propos des maîtres :
→ La Grange « C’est bien à vous infâme que vous êtes, à vouloir faire les hommes d’importance »
→ Du Croisy « Voilà qui vous apprendra à mieux vous connaître ».
= Il est vain de vouloir chercher à s’affranchir de sa condition sociale.
= En imaginant la petite pièce qui vient de se jouer, les deux jeunes gens ont voulu remettre à leur
place les jeunes prétentieuses tout autant que Mascarille, ce valet «extravagant qui s’est mis dans
la tête de faire l’homme de condition (= le noble) », ainsi qu’il est décrit dans la scène 1.
= Les lignes de partage entre les classes sociales doivent rester infranchissables. C’est ce que se
chargent de rappeler très brutalement les deux jeunes bourgeois.
Scène 14 - ironie dramatique
Cathos et Magdelon continuent de s’aveugler et ne comprennent pas tout de suite l’ampleur du
désastre.
Le spectateur en sait plus qu’elles : il a conscience que la mascarade va prendre fin et que la
révélation de la vérité va être brutale. Leur apprentissage de la lucidité va être douloureux.
Scène 15 – fin de la mise en abyme. La pièce jouée à l’intérieur de la pièce prend fin.
Les « acteurs » sont démasqués : les prétendus marquis et vicomte redeviennent laquais.
→ Du Croisy « Comment Mesdames, nous endurerons que nos laquais soient mieux reçus que
nous ? » /Magdelon « Vos laquais ? / La Grange « Oui, nos laquais » (…)
→ « Si vous voulez les aimer, ce sera, ma foi, pour leurs beaux yeux. Vite qu’on les dépouille sur le
champ. » / Du Croisy « Vite, qu’on leur ôte jusqu’à la moindre chose / La Grange « Maintenant,
Mesdames, en l’état où ils sont, vous pouvez continuer vos amours avec eux tant qu’il vous plaira »
= insistance sur les habits qu’il faut enlever pour que la vérité apparaisse. Les acteurs sont mis à
nus, les masques tombent.
= Les habits pour Mascarille : le moyen de paraître ce qu’il voulait être.
= Les habits de Mascarille : un signe que Cathos et Magdelon ne savent pas décrypter. Elles ont cru
pouvoir reconnaître un homme de qualité (= noble) à la qualité de ses habits. Elles auraient su que
c’était faux, si elles avaient été elles-mêmes des femme de qualité (=noble). A poursuivre de faux
désirs et à vouloir qu’ils se réalisent, elle se sont aveuglées et ont été séduites par l’image du noble
que leur proposait Mascarille. A la mise à nu de Macarille, correspond la mise à nu de Cathos et
Magdelon. Elles se voulaient « précieuses », elles ne sont que ridicules.
Scène 16 - l’épreuve de la lucidité
Magdelon : « c’est une pièce sanglante qu’ils nous ont faite »
Magdelon chasse Mascarille qui répond :
« Allons, camarade, allons chercher fortune autre part : je vois bien qu’on aime ici que la vaine
apparence, et qu’on n’y considère point la vertu toute nue ».
Scène 17 – les invectives Gorgibus
comique de geste inspiré de la farce : coups de bâton donnés par Gorgibus aux violonistes.
Comique de caractère : Gorgibus reste figé dans son personnage de vieux père rétrograde.
→ « Allez vous cacher vilaines, allez vous cacher pour jamais »
→ Condamnation et malédiction lancée par Gorgibus sur les occupations galantes : « sottes
billevesées, pernicieux amusements des esprits oisifs, romans, vers, chansons, sonnets, sonnettes,
puissiez-vous être à tous les diables ! »
= en réalité, ce qui manque aux deux jeunes filles, c’est une éducation solide pour bien
comprendre la littérature et le monde. C’est finalement lui qui est en cause !
Bilan
La pièce Les Précieuses ridicules de Molière présente la « pièce » de La Grange et du Croisy avec
comme acteur central Mascarille destinée à faire tomber les masques et à remettre à leur place
aussi bien le valet que Cathos et Magdelon.
Sans cautionner cet ordre social figé, Molière montre les dangers qu’il y a à vouloir en franchir les
frontières. Des personnages brutaux sont là pour veiller à ce que rien ne change.
→ Thème abordé dans Le Bourgeois gentilhomme, Georges Dandin
→ Thème évoqué également par La Fontaine dans des fables comme « La grenouille qui veut se
faire aussi grosse que le bœuf »
Molière se fait l’écho de thématiques importantes sur les mariages arrangés et l’éducation des
femmes, thématiques qui étaient traitées dans les vrais salons mondains.
En utilisant la mise en abyme dans sa pièce, Molière nous amène à nous interroger sur nous-
mêmes. A la fin de la pièce de La Grange et du Croisy les masques tombent. A la fin de la véritable
pièce, quels masques voulons-nous faire tomber ? Le nôtre ? Celui que nous cherchons à ce que
les autres nous tendent ?