2024/2025 Mathématiques
CPGE Réda Slaoui MPSI-1, 2, 3, 4
Correction du DS No 4
31-12-2024
Exercice 1
1. f est dérivable sur R∗ , et on a pour tout x ̸= 0 : f ′ (x) = −1
x2
exp( x1 ).
Le théorème des accroissements finis montre que, pour tout x > 0, il existe cx ∈]x, x + 1[ tel que :
−1 1
f (x + 1) − f (x) = (x + 1 − x)f ′ (cx ) = 2
exp( )
cx cx
1
D’où f (x) − f (x + 1) = c2x
exp( c1x ).
2. D’après la question précédente, pour tout x > 0 il existe cx ∈]x, x + 1[ tel que
1 1 1 1
exp( ) − exp( ) = 2 exp( )
x x+1 cx cx
En multipliant l’égalité par x2 , on obtient :
2
1 1 x 1
2
x exp( ) − exp( ) = exp( )
x x+1 cx cx
cx cx
Comme x < cx < x + 1, donc 1 < x
< 1 + x1 . D’où par théorème de gendarmes lim = 1 et
x→+∞ x
2
x
donc lim = 1. De plus, x < cx , alors lim cx = +∞. D’où
x→+∞ cx x→+∞
2
x 1
lim exp( )=1
x→+∞ cx cx
1 1
Conclusion : lim x2 exp( ) − exp( ) = 1.
x→+∞ x x+1
Problème
Partie I : Questions préliminaires
1. — Montrons que f (I) est un sous-groupe de (A′ , +).
On a f (0) = 0 (car f est un morphisme), donc 0 ∈ f (I). Si y1 , y2 ∈ f (I), il existe alors
x1 , x2 ∈ I tels que f (x1 ) = y1 et f (x2 ) = y2 . Donc y2 − y1 = f (x2 ) − f (x1 ) = f (x2 − x1 ).
Comme x2 − x1 ∈ I (car I est un sous-groupe de A), alors y2 − y1 ∈ f (I).
D’où f (I) est un sous-groupe de (A′ , +).
— Montrons que ∀y ∈ f (I) et ∀a′ ∈ A′ , on a a′ y, ya′ ∈ f (I).
Soient alors ∀y ∈ f (I) et ∀a′ ∈ A′ . Il existe alors x ∈ I tel que f (x) = y, et par la surjectivité
de f , il existe a ∈ A tel que f (a) = a′ . Ainsi a′ y = f (a)f (x) = f (ax) (car f est un morphisme
d’anneaux). Comme I est un idéal, alors ax ∈ I, d’où a′ y ∈ f (I). De même on montre que
ya′ ∈ f (I).
Conclusion : f (I) est un idéal de l’anneau A′ .
2. Il est évident que I ⊂ A. Soit a ∈ A. Comme 1 ∈ I et I est un idéal, alors a = a × 1 ∈ I. D’où
A ⊂ I. Par conséquent I = A.
3. Soit K un corps. Il est clair que {0} est un idéal de K. Soit I un idéal de K tel que I ̸= {0}. Il existe
−1
alors x ̸= 0 tel que x ∈ I. Comme K est un corps, alors x est inversible. Ainsi 1 = |{z} x ×x |{z} ∈ I
∈I ∈K
(car I est un idéal). D’après la question précédente, on en déduit que I = K.
Conclusion : les seuls idéaux de K sont {0} et K.
4. Soit H un sous-groupe de Z non nul (c’est-à-dire H ̸= {0}). On pose G = H ∩ N∗ . On a G ̸= ∅.
En effet, soit h ∈ H tel que h ̸= 0. Si h > 0, alors h ∈ G. Si h < 0, on a −h ∈ H (car H est un
sous-groupe) et −h > 0, donc −h ∈ G. D’où G ̸= ∅. Comme G ⊂ N∗ et est une partie non vide,
elle admet un plus petit élément n = min(G). En particulier n ∈ H et n ∈ N∗ . Comme H est un
sous-groupe, alors pour tout q ∈ Z, on a nq ∈ H, donc nZ ⊂ H. Inversement, soit h ∈ H. La
division euclidienne de h par n assure l’existence d’un couple (q, r) ∈ Z × N tel que h = nq + r
avec 0 ≤ r < n. De r = h − nq, on en déduit que r ∈ H ( car h ∈ H, nq ∈ nZ ⊂ H et H est
un sous-groupe). Si on suppose que r > 0, alors r ∈ H et r ∈ N∗ , donc r ∈ G et r < n ce qui
contredit la définition n. Donc nécessairement r = 0, et par suite h = nq ∈ nZ. Réciproquement
les nZ (n ∈ N) sont clairement des sous-groupes de Z.
Par conséquent, les sous-groupes de Z sont nZ où n ∈ N.
Montrons maintenant que Z est anneau principal.
On sait que Z est un anneau commutatif, unitaire et intègre. Soit I un idéal de Z. En particulier
I est un sous-groupe de Z, et d’après ce qui précède il existe n ∈ N tel que I = nZ, d’où Z est
principal.
Partie II : Radical d’un idéal
√
1. — Montrons que I est √ un sous-groupe de√(A, +). √
Il est clair que 0 ∈ I puisque 0 ∈ I ⊂ I. Par ailleurs,
√ N∗ tel
si x ∈ I, alors il existe n ∈ √
que xn ∈ I. Donc (−x)n = (−1)n xn ∈ I, d’où −x ∈ I. Prenons maintenant x, y ∈ I. Il
existe alors m, n ∈ N∗ tels que xm ∈ I et y n ∈ I. L’anneau A étant commutatif, la formule
du binôme de Newton entraı̂ne
m+n−1
(x + y)m+n−1 = k
xk y m+n−1−k
X
Cm+n−1
k=0
m−1 m+n−1
k
xk y m+n−1−k + k
xk y m+n−1−k
X X
= Cm+n−1 Cm+n−1
k=0 k=m
m−1 m+n−1
n k
xk y m−1−k + x m k
xk−m y m+n−1−k
X X
=y Cm+n−1 Cm+n−1
k=0 k=m
et puisque I est un idéal, ce terme appartient à I. Donc x + y ∈ I.
√
— Enfin, si a ∈ A et si x ∈ I, il existe n ∈ N∗ tel√que xn ∈ I et donc √ A étant commutatif,
n n n
(ax) = a x ∈ I (car I est un idéal). Donc ax ∈ I. Finalement, I est un idéal de A.
2. Soit I un idéal de Z. D’après la question I − (4), √ l’anneau Z est principal √ de sorte qu’il existe
n ∈ N tel que I = nZ. Si n = 0, on a clairement I = {0} et si n = 1, I = Z. Sinon n ≥ 2, et
on écrit la décomposition de n en produit des facteurs premiers n = pα1 1 × · · · × pαk k . Montrons que
√
I = p1 · · · pk Z.
√
— Soit x ∈ I. Il existe alors m ∈ N∗ tel que xm ∈ nZ, donc n divise xn , donc ∀i ∈ J1, kK pi
divise xm , ainsi pi divise x (car pi est premier), d’où p1 × · · · × pk divise x puisque les pi sont
√
premiers entre eux deux à deux (ils sont premiers et distincts). D’où I ⊂ p1 · · · pk Z .
— Soit x = p1 · · · pk Z. Il existe donc r ∈ Z tel que x = p1 · · · pk r. On prend m = max αi , on a
1≤i≤k
√
donc n = pα1 1 × · · · × pαk k divise xm = pm
1 · · · p m m
k r , alors x m
∈ nZ = I, ou encore x ∈ I.
√
D’où p1 · · · pk Z ⊂ I .
√
Par conséquent I = p1 · · · pk Z.
Partie III : Anneaux euclidiens
1. Soit I un idéal de A. Si I = {0}, I est évidemment principal. Si I ̸= {0}, on considère l’ensemble
Γ = {f (x) | x ∈ I\{0}}. Γ est une partie non vide de N, donc Γ admet un plus petit élément
γ = min(Γ). Comme γ ∈ Γ, il existe alors a ∈ I\{0} tel que f (a) = γ. Prenons maintenant un
élément x ∈ I. D’après (ii),
∃(q, r) ∈ A2 , x = aq + r avec f (r) < f (a) ou r = 0
On remarque que r = a − aq ∈ I (car I est un idéal). Si r ̸= 0, alors f (r) < f (a) = γ ce qui
contredit la définition de γ. Donc nécessairement r = 0, ainsi x = aq ∈ aA. On vient de montrer
que I ⊂ aA. Réciproquement, comme a ∈ I, alors pour tout x ∈ A, ax ∈ I (car I est un idéal),
donc aA ⊂ I. Par conséquent I = aA et A principal.
2. Soit (a, b) ∈ A × A\{0}. Soient deux couples (q, r) et (q ′ , r′ ) vérifiant (ii) pour (a, b). L’égalité
bq + r = bq ′ + r′ s’écrit aussi b(q − q ′ ) = r′ − r. Si q ̸= q ′ , on a r′ − r ̸= 0 et f (b) ≤ f [b(q − q ′ )] =
f (r′ − r) (∗). Si r = 0 (le cas r′ = 0 se traite en échangeant les rôles de (q, r) et (q ′ , r′ )), (∗)
entraı̂ne f (b) ≤ f (r′ ) < f (b), ce qui est absurde. Si r ̸= 0 et r′ ̸= 0, alors (∗) entraı̂ne f (b) ≤
sup{f (r), f (r′ )} < f (b), ce qui également est absurde. On a donc forcément q = q ′ et donc r = r′ .
3. Soit α = min{f (x) | x ∈ A\{0}}. Si x ∈ A∗ est inversible, alors il existe y ∈ A∗ tel que xy = 1.
Donc pour tout z ∈ A∗ , f (z) = f [x(yz)] ≥ f (x) d’après (i), donc f (x) = α. Réciproquement, on
suppose que f (x) = α. En appliquant (ii) à (a, b) = (1, x), on voit qu’il existe (q, r) ∈ A2 tel que
1 = qx + r avec r = 0 ou f (r) < f (x). Mais f (r) < f (x) est impossible car f (x) = α, donc r = 0
et donc bx = 1. L’élément x est donc inversible (on a aussi xb = 1 car A est commutatif).
Conclusion : x ∈ A∗ est inversible si, et seulement si x = α.
4. (a) Soit z = x + iy ∈ C, (x, y) ∈ R2 . En désignant par x0 , y0 ∈ Z les entiers les plus proches de
x et y respectivement, on a |x − x0 | ≤ 21 et |y − y0 | ≤ 21 . On pose z0 = x0 + iy0 ∈ Z[i]. On a
donc 2 2
1 1 1
|z − z0 |2 = (x − x0 )2 + (y − y0 )2 ≤ + = <1
2 2 2
D’où |z − z0 | < 1.
(b) D’après le résultat de la question III − 1, il suffit de montrer que Z[i] est euclidien. Soit
(a, b) ∈ Z[i] × Z[i]∗ . On pose z = ab ∈ C. Il existe d’après la question précédente q ∈ Z[i] tel
que |z − q| < 1. En posant r = a − qb, on a donc a = qb + r avec |r| = |b||z − q| < |b|, ce qui
montre qu’en prenant f (z) = |z|2 = x2 + y 2 pour z = x + iy ∈ Z[i]∗ , (ii) est vérifie. Or pour
x ∈ Z[i]∗ , f (x) ≥ 1. Donc pour tout x, y ∈ Z[i]∗ , f (xy) = f (x)f (y) ≥ f (y). La condition (i)
est donc vérifiée. Finalement, Z[i] est euclidien.
(c) D’après III − 3, les inversibles de Z[i] sont les éléments z vérifiant f (z) = |z|2 = 1. Ce sont
donc 1, −1, i et −i.