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Pathologies Du Système Endocrinien

Le document traite des pathologies du système endocrinien, en se concentrant sur l'acromégalie, le nanisme, la maladie de Basedow et la thyroïdite d'Hashimoto. Chaque pathologie est décrite en termes de définition, diagnostic, symptômes, causes, conséquences, traitements et épidémiologie. Une prise en charge multidisciplinaire est souvent nécessaire pour ces conditions complexes.

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Pathologies Du Système Endocrinien

Le document traite des pathologies du système endocrinien, en se concentrant sur l'acromégalie, le nanisme, la maladie de Basedow et la thyroïdite d'Hashimoto. Chaque pathologie est décrite en termes de définition, diagnostic, symptômes, causes, conséquences, traitements et épidémiologie. Une prise en charge multidisciplinaire est souvent nécessaire pour ces conditions complexes.

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Pathologies du système endocrinien

L'acromégalie

Définition et description
L'acromégalie est une maladie endocrinienne rare caractérisée par une production excessive d'hormone
de croissance (GH) après la fin de la croissance osseuse normale. Dans la grande majorité des cas, elle
est causée par un adénome hypophysaire bénin (tumeur non cancéreuse de l'hypophyse) qui sécrète
trop d'hormone de croissance.

Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
 Dosage sanguin de l'hormone de croissance (GH)
 Dosage du facteur de croissance IGF-1 (Insulin-like Growth Factor 1), qui est généralement élevé
 Test de suppression de la GH par le glucose (absence de diminution normale)
 Imagerie médicale (IRM) pour visualiser la tumeur hypophysaire

Symptômes
Les manifestations cliniques se développent très progressivement, souvent sur plusieurs années:
 Élargissement des extrémités (mains, pieds)
 Modification des traits du visage: mâchoire proéminente, élargissement du nez, épaississement
des lèvres
 Augmentation du volume de la langue
 Espacement des dents
 Voix plus grave et rauque
 Hypertrophie des tissus mous
 Épaississement de la peau, transpiration excessive
 Fatigue chronique
 Douleurs articulaires

Causes
 Principales causes (95%): adénome hypophysaire bénin sécrétant de la GH
 Causes rares: tumeurs sécrétant de la GHRH (hormone de libération de l'hormone de croissance)
dans d'autres parties du corps
 Exceptionnellement: production ectopique de GH par des tumeurs non hypophysaires

Conséquences et complications éventuelles


 Cardiovasculaires: hypertension artérielle, cardiomyopathie, insuffisance cardiaque
 Métaboliques: diabète, intolérance au glucose, résistance à l'insuline
 Respiratoires: apnée du sommeil, déformation des voies aériennes supérieures
 Ostéo-articulaires: arthropathie, arthrose précoce, syndrome du canal carpien
 Risque accru de polypes coliques et de cancer colorectal
 Hyperhidrose (transpiration excessive)
 Troubles visuels (si compression du chiasma optique par la tumeur)
 Impact psychologique et social important

1
Traitements
Chirurgie
 Ablation de l'adénome hypophysaire par voie transsphénoïdale (par le nez)
 Traitement de première intention dans la plupart des cas
Traitements médicamenteux
 Analogues de la somatostatine (octréotide, lanréotide): inhibent la sécrétion de GH
 Antagonistes des récepteurs de la GH (pegvisomant)
 Agonistes dopaminergiques (cabergoline, bromocriptine): moins efficaces
Radiothérapie
 Utilisée en cas d'échec de la chirurgie ou d'impossibilité chirurgicale
 Effet retardé (plusieurs années)

Évolution et pronostic
 Sans traitement: réduction de l'espérance de vie (environ 10 ans)
 Avec traitement approprié et précoce: normalisation possible de l'espérance de vie
 Les déformations physiques déjà établies sont généralement irréversibles
 Nécessité d'un suivi médical à vie
 Le succès thérapeutique est mesuré par la normalisation des taux d'IGF-1
 Le pronostic dépend de l'âge au diagnostic, du délai avant traitement, de la taille de la tumeur et
des comorbidités

Épidémiologie
 Incidence: 3 à 4 nouveaux cas par million d'habitants par an
 Prévalence: 60 à 70 cas par million d'habitants
 Âge moyen au diagnostic: 40-45 ans
 Délai diagnostic moyen: 7 à 10 ans après l'apparition des premiers symptômes

Cette maladie nécessite une prise en charge multidisciplinaire impliquant endocrinologues,


neurochirurgiens, radiothérapeutes et autres spécialités selon les complications présentes.

Le nanisme

Définition et description
Le nanisme est un trouble de la croissance caractérisé par une taille adulte significativement inférieure à
la moyenne de la population générale (généralement inférieure à 147 cm). Il existe plus de 200 types de
nanisme, mais on distingue principalement le nanisme proportionné (où toutes les parties du corps sont
réduites proportionnellement) et le nanisme disproportionné (où certaines parties du corps sont plus
affectées que d'autres).

Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
 Mesure régulière de la taille et comparaison avec les courbes de croissance standard
 Examens sanguins pour évaluer les niveaux hormonaux (notamment hormone de croissance, IGF-
1)
 Tests génétiques pour identifier les mutations spécifiques
 Imagerie médicale (radiographies osseuses, IRM cérébrale)
 Évaluation de l'âge osseux par radiographie du poignet et de la main

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Symptômes
Les symptômes varient selon le type de nanisme:
 Petite taille (symptôme principal)
 Dans le nanisme disproportionné: membres courts par rapport au tronc, macrocéphalie relative
 Dans l'achondroplasie (forme la plus fréquente): front bombé, ensellure lombaire, membres
courts
 Dans le nanisme hypophysaire: proportions corporelles normales mais taille réduite
 Retard de croissance dès l'enfance ou parfois dès la naissance

Causes
 Génétiques: mutations affectant le développement osseux (achondroplasie, hypochondroplasie)
 Hormonales: déficit en hormone de croissance, hypothyroïdie congénitale
 Nutritionnelles: malnutrition chronique sévère pendant l'enfance
 Médicales: maladies chroniques (insuffisance rénale, cardiopathies graves)
 Syndromes génétiques: syndrome de Turner, syndrome de Noonan, syndrome de Prader-Willi
 Causes intra-utérines: retard de croissance intra-utérin sévère

Conséquences et complications éventuelles


 Complications orthopédiques: scoliose, lordose, compression médullaire (dans certains types)
 Problèmes respiratoires: apnée du sommeil, infections respiratoires récurrentes
 Complications neurologiques: hydrocéphalie, compression du tronc cérébral (dans
l'achondroplasie)
 Difficultés d'adaptation aux infrastructures conçues pour les personnes de taille moyenne
 Impact psychosocial: stigmatisation, difficultés d'intégration
 Problèmes dentaires et ORL fréquents
 Risques obstétricaux accrus chez les femmes atteintes

Traitements
Traitement hormonal
 Hormone de croissance recombinante (en cas de déficit en hormone de croissance)
 Doit être commencé tôt pour optimiser les résultats
 Suivi médical régulier et ajustement des doses
Traitements chirurgicaux
 Chirurgies orthopédiques correctrices
 Allongement des membres dans certains cas
 Interventions pour complications spécifiques (décompression médullaire, correction de
malformations)

Prise en charge multidisciplinaire


 Suivi endocrinologique régulier
 Suivi orthopédique
 Soutien psychologique
 Adaptation de l'environnement

Évolution et pronostic
 Variable selon la cause et le type de nanisme
 Dans le nanisme hypophysaire traité précocement: amélioration significative de la taille finale
 Dans l'achondroplasie: peu d'amélioration de la taille avec les traitements actuels

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 Espérance de vie généralement normale dans la plupart des formes, mais réduite dans certains
types
 Qualité de vie fortement influencée par la prise en charge précoce et le soutien psychosocial
 Avancées en thérapie génique offrant de nouvelles perspectives pour certaines formes
génétiques
Épidémiologie
 L'achondroplasie: environ 1 cas sur 25 000 naissances
 Déficit en hormone de croissance: 1 sur 4 000 à 10 000 enfants
 Syndrome de Turner: 1 sur 2 500 filles
 Prévalence globale de toutes les formes de nanisme: environ 1 sur 5 000 personnes

Cette condition nécessite une approche thérapeutique individualisée et multidisciplinaire, avec un suivi
médical continu tout au long de la vie pour prévenir et traiter les complications potentielles.

La maladie de Basedow

Définition et description
La maladie de Basedow (ou maladie de Graves dans les pays anglo-saxons) est une maladie auto-
immune caractérisée par une hyperthyroïdie, c'est-à-dire une production excessive d'hormones
thyroïdiennes. Elle représente la cause la plus fréquente d'hyperthyroïdie. Elle se manifeste par une
hypertrophie diffuse de la glande thyroïde (goitre) et parfois par des manifestations oculaires
(ophtalmopathie).

Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
 Dosages hormonaux: TSH basse ou effondrée, T3 et T4 libres élevées
 Présence d'anticorps anti-récepteurs de la TSH (TRAb) dans le sang
 Échographie thyroïdienne montrant une hypertrophie diffuse et une hypervascularisation
 Scintigraphie thyroïdienne révélant une fixation diffuse et homogène du traceur
 Examen clinique confirmant la présence d'un goitre et éventuellement de signes oculaires
Symptômes
 Nervosité, irritabilité, anxiété
 Tachycardie, palpitations
 Tremblements fins des extrémités
 Perte de poids malgré un appétit augmenté
 Hypersudation, intolérance à la chaleur
 Troubles du transit (diarrhée)
 Fatigue paradoxale et faiblesse musculaire
 Goitre (augmentation du volume de la thyroïde)
 Signes oculaires: exophtalmie (saillie anormale du globe oculaire), œdème des paupières,
irritation conjonctivale, diplopie
 Troubles du cycle menstruel chez la femme
 Troubles du sommeil

Causes
 Maladie auto-immune: production d'anticorps (TRAb) qui stimulent les récepteurs de la TSH
 Prédisposition génétique (association avec HLA-DR3)
 Facteurs environnementaux déclenchants: stress, infections, tabagisme (favorise
l'ophtalmopathie)
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 Plus fréquente chez les femmes (rapport femmes/hommes de 7/1)
 Association avec d'autres maladies auto-immunes (vitiligo, diabète de type 1, etc.)

Conséquences et complications éventuelles


 Cardiologiques: troubles du rythme, insuffisance cardiaque, cardiothyréose
 Ophtalmopathie basedowienne pouvant conduire à des troubles visuels graves
 Crise thyrotoxique (urgence médicale): fièvre, déshydratation, confusion, troubles du rythme
cardiaque
 Ostéoporose (en cas d'hyperthyroïdie prolongée)
 Myopathie thyroïdienne (faiblesse musculaire)
 Impact psychologique: anxiété, troubles de l'humeur
 Complications des traitements (notamment l'hypothyroïdie après traitement radical)

Traitements
Traitement médicamenteux
 Antithyroïdiens de synthèse (ATS): carbimazole, propylthiouracile
 Bêta-bloquants pour contrôler les symptômes cardiaques et nerveux
 Traitement symptomatique de l'ophtalmopathie: corticothérapie, collyres
Traitement radical
 Iode radioactif (iode 131): destruction progressive du tissu thyroïdien
 Chirurgie: thyroïdectomie totale ou subtotale
Traitement de l'ophtalmopathie
 Mesures locales: larmes artificielles, occlusion nocturne des paupières
 Corticothérapie par voie générale ou rétro-orbitaire
 Radiothérapie orbitaire dans les formes sévères
 Chirurgie de décompression orbitaire si nécessaire

Évolution et pronostic
 Évolution naturelle par poussées et rémissions
 Après traitement par ATS: rémission durable dans 40-50% des cas
 Après traitement radical: hypothyroïdie définitive nécessitant un traitement substitutif à vie
 L'ophtalmopathie peut évoluer indépendamment de l'hyperthyroïdie
 Nécessité d'un suivi prolongé, même après rémission
 Risque de récidive, surtout les 1-2 premières années après l'arrêt du traitement
 Bon pronostic global avec un traitement adapté, mais risque de complications cardiaques et
oculaires

Épidémiologie
 Prévalence: environ 1-2% de la population
 Incidence: 20 à 50 nouveaux cas par 100 000 habitants par an
 Âge de survenue: principalement entre 30 et 50 ans
 Forte prédominance féminine (7 femmes pour 1 homme)
 Facteurs de risque: antécédents familiaux de maladie auto-immune, tabagisme, stress

Cette maladie nécessite une prise en charge spécialisée par des endocrinologues, ainsi qu'un suivi
régulier et prolongé pour adapter les traitements et prévenir les complications.
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La thyroïdite d'Hashimoto

Définition et description
La thyroïdite d'Hashimoto (ou thyroïdite lymphocytaire chronique) est une maladie auto-immune
chronique caractérisée par une inflammation progressive de la glande thyroïde. Elle entraîne une
destruction lente du tissu thyroïdien par le système immunitaire, conduisant généralement à une
hypothyroïdie. Elle a été décrite pour la première fois par le médecin japonais Hakaru Hashimoto en
1912.

Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
 Dosage sanguin des anticorps anti-thyropéroxydase (anti-TPO) et anti-thyroglobuline (anti-Tg),
généralement élevés
 Bilan hormonal thyroïdien: TSH élevée, T4 libre basse ou normale (selon le stade)
 Échographie thyroïdienne montrant une hétérogénéité du parenchyme thyroïdien
 Parfois, ponction à l'aiguille fine révélant une infiltration lymphocytaire
 Présentation clinique compatible

Symptômes
 Initialement souvent asymptomatique
 Goitre (augmentation du volume de la thyroïde) de consistance ferme, parfois nodulaire
 À mesure que l'hypothyroïdie s'installe:
o Fatigue, somnolence
o Frilosité, intolérance au froid
o Prise de poids inexpliquée
o Constipation
o Peau sèche, cheveux cassants, chute de cheveux
o Ralentissement psychomoteur
o Voix rauque
o Bradycardie
o Troubles menstruels chez la femme
o Myalgies, crampes musculaires
o Œdèmes des paupières et du visage

Causes
 Prédisposition génétique (association avec HLA-DR3, HLA-DR5)
 Facteurs environnementaux (exposition excessive à l'iode, certains médicaments)
 Déséquilibre hormonal (plus fréquent chez les femmes)
 Facteurs de risque: antécédents personnels ou familiaux de maladies auto-immunes
 Association possible avec d'autres pathologies auto-immunes (diabète de type 1, maladie
cœliaque, vitiligo, etc.)

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Conséquences et complications éventuelles
 Hypothyroïdie permanente et progressive
 Augmentation du risque de lymphome thyroïdien (rare)
 Complications liées à l'hypothyroïdie non traitée:
o Troubles cardiovasculaires: athérosclérose, hypertension
o Troubles neurologiques: syndrome du canal carpien, neuropathies
o Myxœdème (forme sévère d'hypothyroïdie)
o Anémie
o Dépression
o Infertilité ou complications obstétricales
 Impact sur la qualité de vie
 Augmentation du risque de nodules thyroïdiens et de cancer thyroïdien (modéré)

Traitements
Traitement hormonal substitutif
 Lévothyroxine (L-thyroxine) par voie orale
 Dosage adapté individuellement et ajusté selon les résultats biologiques
 Traitement à vie dans la plupart des cas
 Suivi régulier des dosages de TSH pour ajuster le traitement
Autres mesures
 Pas de traitement spécifique pour l'auto-immunité elle-même
 Suivi régulier par échographie en cas de goitre nodulaire
 Dans de rares cas de goitre compressif: traitement chirurgical

Évolution et pronostic
 Évolution chronique et progressive de la destruction thyroïdienne
 Passage quasi inévitable à l'hypothyroïdie à long terme
 Phase initiale parfois marquée par une thyrotoxicose transitoire ("hashitoxicose")
 Réponse généralement bonne au traitement substitutif
 Normalisation des symptômes avec un traitement bien équilibré
 Nécessité d'un suivi à vie
 Pronostic excellent avec un traitement adapté et bien suivi
 Qualité de vie généralement normale sous traitement

Épidémiologie
 Maladie auto-immune thyroïdienne la plus fréquente
 Prévalence: 3 à 8% de la population générale
 Forte prédominance féminine (7 à 10 femmes pour 1 homme)
 Pic d'incidence entre 30 et 50 ans, mais peut survenir à tout âge
 Plus fréquente chez les personnes ayant des antécédents familiaux de maladies thyroïdiennes
 Prévalence augmentée chez les personnes atteintes d'autres maladies auto-immunes

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Cette pathologie nécessite un suivi médical régulier par un endocrinologue pour ajuster le traitement
substitutif et surveiller l'évolution de la maladie, ainsi que dépister d'éventuelles complications ou
associations auto-immunes.

La maladie d'Addison

Définition et description
La maladie d'Addison, ou insuffisance surrénalienne primitive, est une pathologie endocrinienne
caractérisée par une destruction progressive des glandes surrénales. Elle entraîne un déficit en
hormones corticosurrénaliennes (cortisol et aldostérone principalement). Décrite pour la première fois
par le médecin anglais Thomas Addison en 1855, cette maladie rare mais potentiellement grave
nécessite un traitement substitutif à vie.

Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
 Dosages hormonaux: cortisol sanguin bas, ACTH élevée
 Test de stimulation à l'ACTH (test au Synacthène): absence d'élévation du cortisol
 Dosage de l'aldostérone (bas) et de la rénine (élevée)
 Dosage des anticorps anti-surrénaliens (dans les formes auto-immunes)
 Examens d'imagerie: scanner ou IRM des surrénales pour rechercher une cause
 Ionogramme sanguin: hyponatrémie, hyperkaliémie
 Glycémie souvent basse

Symptômes
 Installation progressive des symptômes sur plusieurs mois:
o Fatigue intense, aggravée par l'effort
o Hypotension artérielle, parfois orthostatique
o Mélanodermie (hyperpigmentation cutanée) des zones exposées au soleil, plis, cicatrices
o Amaigrissement
o Troubles digestifs: nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée
o Hypoglycémies
o Déshydratation
o Envies de sel (appétence pour les aliments salés)
o Dépression, irritabilité, troubles de l'humeur
o Aménorrhée chez la femme
o Hypotension orthostatique
o Perte de pilosité pubienne et axillaire chez la femme

Causes
 Auto-immune (70-90% des cas dans les pays développés): présence d'anticorps anti-surrénaliens
 Infectieuses: tuberculose (cause principale dans les pays en développement), infections
fongiques, CMV, VIH
 Infiltratives: hémochromatose, amylose, cancer métastatique
 Hémorragiques: syndrome de Waterhouse-Friderichsen, anticoagulants
 Médicamenteuses: anti-fongiques (kétoconazole), étomidate, mitotane
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 Génétiques: adrénoleucodystrophie, adréno-myéloneuropathie

Conséquences et complications éventuelles


 Crise addisonienne (urgence médicale): hypotension sévère, déshydratation, troubles ioniques
graves, troubles de la conscience
 Déséquilibres hydroélectrolytiques: déshydratation, hyponatrémie, hyperkaliémie
 Hypoglycémies récurrentes
 Diminution de la qualité de vie
 Complications liées aux traitements corticoïdes au long cours
 Association à d'autres maladies auto-immunes (syndrome de Schmidt): thyroïdite, diabète de
type 1, vitiligo
 Insuffisance surrénalienne aiguë lors de situations de stress (infection, chirurgie) si traitement
inadéquat

Traitements
Traitement substitutif
 Glucocorticoïdes: hydrocortisone (15-25 mg/jour) en 2-3 prises
 Minéralocorticoïdes: fludrocortisone (0,05-0,2 mg/jour)
 Parfois complémentation en androgènes surrénaliens (DHEA)
Mesures complémentaires
 Éducation du patient sur l'adaptation des doses en situation de stress
 Port d'une carte/bracelet d'identification médicale
 Kit d'urgence avec hydrocortisone injectable
 Suivi régulier clinique et biologique
 Régime normalement salé
 Adaptation du traitement pour les situations particulières (chirurgie, grossesse, maladies
intercurrentes)

Évolution et pronostic
 Maladie chronique nécessitant un traitement à vie
 Espérance de vie quasi normale avec un traitement bien conduit
 Risque de crises addisoniennes lors de situations de stress si le traitement n'est pas adapté
 Nécessité d'une surveillance régulière pour ajuster les doses
 Qualité de vie généralement bonne sous traitement bien équilibré
 Impact psychologique de la maladie chronique et de ses contraintes
 Pronostic dépendant de la précocité du diagnostic et de l'observance thérapeutique

Épidémiologie
 Maladie rare: prévalence de 100 à 140 cas par million d'habitants
 Incidence annuelle: 4 à 6 nouveaux cas par million d'habitants
 Âge moyen au diagnostic: 30-50 ans
 Légère prédominance féminine (rapport F/H: 1,5-3/1)
 Formes auto-immunes plus fréquentes chez les femmes
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 Formes tuberculeuses plus fréquentes chez les hommes
 Association possible à d'autres maladies auto-immunes dans les polyendocrinopathies auto-
immunes

Cette maladie nécessite une prise en charge spécialisée par un endocrinologue, une éducation
thérapeutique approfondie du patient, et un suivi médical régulier tout au long de la vie pour prévenir
les complications graves, notamment les crises addisoniennes.

Le syndrome de Cushing

Définition et description
Le syndrome de Cushing est un ensemble de symptômes et signes cliniques résultant d'une exposition
prolongée à des taux élevés de cortisol (hypercortisolisme). La maladie de Cushing, quant à elle, désigne
spécifiquement la forme due à un adénome hypophysaire sécrétant de l'ACTH en excès. Ces pathologies
ont été décrites pour la première fois par le neurochirurgien américain Harvey Cushing en 1932.

Diagnostic
 Confirmation biologique de l'hypercortisolisme:
o Cortisol libre urinaire sur 24h augmenté
o Test de freinage à la dexaméthasone faible dose (absence de suppression du cortisol)
o Rythme nycthéméral du cortisol perturbé (pas de baisse nocturne)
o Cortisol salivaire nocturne élevé
 Détermination de la cause:
o Dosage d'ACTH plasmatique
o Test de freinage à la dexaméthasone forte dose
o IRM hypophysaire (dans la maladie de Cushing)
o Scanner des surrénales, thorax, abdomen et pelvis
o Cathétérisme des sinus pétreux (si suspicion de maladie de Cushing)

Symptômes
 Obésité facio-tronculaire avec membres grêles
 Visage arrondi ("faciès lunaire"), bosse de bison
 Vergetures pourpres larges (abdomen, racines des membres, seins)
 Troubles cutanés: peau fine et fragile, ecchymoses faciles, acné, hirsutisme
 Faiblesse musculaire proximale (difficulté à monter les escaliers)
 Troubles métaboliques: diabète ou intolérance au glucose, hyperlipidémie
 Hypertension artérielle
 Troubles psychiques: anxiété, dépression, troubles cognitifs, irritabilité
 Troubles sexuels et reproductifs: aménorrhée, impuissance, infertilité
 Ostéoporose et fractures pathologiques
 Infections récurrentes
 Œdèmes des membres inférieurs
 Hyperpigmentation cutanée (dans les formes ACTH-dépendantes)

Causes
1. Excès d'ACTH hypophysaire: maladie de Cushing (70% des cas endogènes)
o Adénome hypophysaire corticotrope
2. Excès d'ACTH extra-hypophysaire: syndrome de sécrétion ectopique d'ACTH (10-15%)
10
o Tumeurs carcinoïdes bronchiques
o Cancer bronchique à petites cellules
o Tumeurs neuroendocrines
o Tumeurs thymiques
3. Hypercortisolisme indépendant de l'ACTH (15-20%)
o Adénome surrénalien
o Carcinome surrénalien
o Hyperplasie surrénalienne bilatérale macro ou micronodulaire
4. Cause exogène (la plus fréquente):
o Traitement prolongé par corticoïdes (glucocorticoïdes)
Conséquences et complications éventuelles
 Cardiovasculaires: hypertension artérielle, athérosclérose précoce, thromboembolies
 Métaboliques: diabète, dyslipidémie, syndrome métabolique
 Osseuses: ostéoporose sévère, fractures vertébrales, ostéonécrose aseptique
 Musculaires: myopathie proximale, atrophie musculaire
 Infectieuses: immunodépression relative, infections opportunistes
 Neuropsychiatriques: dépression, psychose, troubles cognitifs
 Complications post-chirurgicales: insuffisance surrénalienne, diabète insipide transitoire
 Risque accru de mortalité cardiovasculaire et infectieuse si non traité

Traitements
Traitement étiologique
 Maladie de Cushing: chirurgie transsphénoïdale de l'adénome hypophysaire
 Syndrome de sécrétion ectopique d'ACTH: exérèse de la tumeur responsable
 Tumeur surrénalienne: surrénalectomie (uni ou bilatérale)
Traitements médicamenteux
 Inhibiteurs de la stéroïdogenèse: kétoconazole, métyrapone, mitotane
 Inhibiteurs de la sécrétion d'ACTH: cabergoline, pasireotide
 Antagoniste des récepteurs aux glucocorticoïdes: mifépristone (RU-486)
Autres options thérapeutiques
 Radiothérapie hypophysaire (en cas d'échec chirurgical)
 Surrénalectomie bilatérale (traitement de dernier recours)
Prise en charge des complications
 Traitement de l'hypertension, du diabète, de l'ostéoporose
 Supplémentation hormonale post-chirurgicale si nécessaire
 Soutien psychologique

Évolution et pronostic
 Sans traitement: morbidité et mortalité importantes (x4-5)
 Après traitement chirurgical de la maladie de Cushing:
o Taux de guérison initial: 70-90%
o Risque de récidive: 10-25% à 10 ans
 Syndrome de Cushing d'origine ectopique: pronostic dépendant de la tumeur causale
 Carcinome corticosurrénalien: pronostic généralement défavorable
 Adénome surrénalien: excellent pronostic après chirurgie
 Persistance possible de certaines comorbidités même après guérison (hypertension, diabète)
 Nécessité d'un suivi au long cours
 Récupération progressive de l'axe corticotrope après chirurgie (6-18 mois)

Épidémiologie
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 Incidence du syndrome de Cushing endogène: 2-3 cas par million d'habitants par an
 Maladie de Cushing: 3-4 fois plus fréquente chez les femmes
 Âge moyen au diagnostic: 30-50 ans
 Adénomes surrénaliens: prédominance féminine (3:1)
 Carcinomes surrénaliens: rare (0,5-2 cas par million par an)
 Syndrome de Cushing iatrogène (corticothérapie): beaucoup plus fréquent que les formes
endogènes

Cette pathologie complexe nécessite une prise en charge multidisciplinaire (endocrinologie,


neurochirurgie, radiologie interventionnelle) et un suivi médical au long cours, même après traitement
curatif.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Définition et description
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), aussi appelé syndrome de Stein-Leventhal, est une
endocrinopathie complexe et fréquente chez les femmes en âge de procréer. Il s'agit d'un trouble
hormonal caractérisé par un déséquilibre des hormones sexuelles féminines, entraînant un
dysfonctionnement ovarien avec oligo-anovulation chronique et hyperandrogénie. Selon les critères de
Rotterdam (2003), le diagnostic est posé en présence d'au moins deux des trois critères suivants:
oligo/anovulation, hyperandrogénie clinique ou biologique, et ovaires polykystiques à l'échographie.

Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
 Critères cliniques: troubles du cycle menstruel, signes d'hyperandrogénie
 Examens biologiques:
o Dosages hormonaux: testostérone totale et libre, SHBG, LH/FSH (souvent ratio élevé)
o Exclusion d'autres causes d'hyperandrogénie (hyperprolactinémie, hyperplasie
congénitale des surrénales, syndrome de Cushing, tumeurs sécrétantes)
 Échographie pelvienne: ovaires de volume augmenté (>10 ml) et/ou présence de 12 ou plus
follicules de 2-9 mm de diamètre par ovaire
 Évaluation métabolique: glycémie à jeun, HGPO, bilan lipidique

Symptômes
 Troubles du cycle menstruel: oligoménorrhée, aménorrhée, spanioménorrhée
 Signes d'hyperandrogénie:
o Hirsutisme (pilosité excessive de type masculine)
o Acné persistante
o Alopécie androgénique
o Peau grasse
 Infertilité due à l'anovulation chronique
 Obésité ou surpoids (50-80% des cas)
 Acanthosis nigricans (hyperpigmentation cutanée dans les plis)
 Troubles psychologiques: anxiété, dépression, troubles de l'image corporelle
 Symptômes métaboliques: résistance à l'insuline, intolérance au glucose

Causes
 Origine multifactorielle, encore incomplètement élucidée:
o Prédisposition génétique (caractère familial fréquent)
o Résistance à l'insuline et hyperinsulinisme

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o Dysfonctionnement neuroendocrinien avec altération de la sécrétion des
gonadotrophines (LH et FSH)
o Facteurs environnementaux: alimentation, mode de vie, perturbateurs endocriniens
o Inflammation chronique de bas grade
 Interactions complexes entre ces différents facteurs créant un cercle vicieux hormonal

Conséquences et complications éventuelles


 Complications métaboliques:
o Diabète de type 2 (risque x3-7)
o Syndrome métabolique
o Dyslipidémie
o Stéatose hépatique non alcoolique
 Complications cardiovasculaires:
o Hypertension artérielle
o Risque accru de maladies cardiovasculaires
 Complications reproductives:
o Infertilité
o Complications obstétricales (diabète gestationnel, prééclampsie)
o Fausses couches à répétition
 Complications gynécologiques:
o Hyperplasie de l'endomètre
o Cancer de l'endomètre (risque x2-6)
 Complications psychologiques:
o Dépression, anxiété
o Troubles alimentaires
o Altération de la qualité de vie et de l'image corporelle
 Apnée du sommeil (risque augmenté)

Traitements
Mesures hygiéno-diététiques
 Perte de poids (5-10% du poids initial) chez les patientes en surpoids ou obèses
 Activité physique régulière
 Alimentation équilibrée, à faible charge glycémique
Traitement des troubles du cycle
 Contraceptifs oraux combinés (pour réguler les cycles et réduire l'hyperandrogénie)
 Progestatifs cycliques
Traitement de l'hyperandrogénie
 Contraceptifs oraux avec progestatifs anti-androgéniques
 Anti-androgènes (acétate de cyprotérone, spironolactone)
 Traitements cosmétiques de l'hirsutisme (épilation laser)
Traitement de l'infertilité
 Inducteurs de l'ovulation:
o Citrate de clomifène (première intention)
o Létrozole (inhibiteur de l'aromatase)
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o Gonadotrophines (FSH recombinante)
 Drilling ovarien par cœlioscopie
 Procréation médicalement assistée
Traitement des troubles métaboliques
 Metformine (améliore la sensibilité à l'insuline)
 Inositols (myo-inositol et D-chiro-inositol)
 Traitement des complications métaboliques associées

Évolution et pronostic
 Évolution chronique nécessitant un suivi à long terme
 Symptômes variables au cours de la vie:
o Accentuation possible des troubles métaboliques avec l'âge
o Amélioration relative des troubles du cycle avec l'âge
o Exacerbation possible pendant l'adolescence et la périménopause
 Amélioration significative avec la perte de poids chez les patientes en surpoids
 Fertilité spontanée possible avec le temps ou après perte de poids
 Bon pronostic reproductif avec prise en charge adaptée (80% de grossesses)
 Nécessité d'un dépistage régulier des complications métaboliques et cardiovasculaires
 Évolution à la ménopause: atténuation des symptômes d'hyperandrogénie mais persistance du
risque métabolique et cardiovasculaire

Épidémiologie
 Prévalence: 5-10% des femmes en âge de procréer
 Première cause d'infertilité anovulatoire (75% des cas)
 Variabilité ethnique: plus fréquent et plus sévère chez les femmes d'origine méditerranéenne et
du Moyen-Orient
 Distribution bimodale selon l'IMC: phénotype "obèse" et phénotype "mince"
 Age de début: généralement à la puberté, mais peut être diagnostiqué à tout âge de la période
reproductive
 Environ 70% des cas restent non diagnostiqués

Cette pathologie complexe nécessite une prise en charge multidisciplinaire (gynécologie, endocrinologie,
nutrition, psychologie) et personnalisée selon les symptômes prédominants et les objectifs
thérapeutiques de chaque patiente.

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