Pathologies du système endocrinien
L'acromégalie
Définition et description
L'acromégalie est une maladie endocrinienne rare caractérisée par une production excessive d'hormone
de croissance (GH) après la fin de la croissance osseuse normale. Dans la grande majorité des cas, elle
est causée par un adénome hypophysaire bénin (tumeur non cancéreuse de l'hypophyse) qui sécrète
trop d'hormone de croissance.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
Dosage sanguin de l'hormone de croissance (GH)
Dosage du facteur de croissance IGF-1 (Insulin-like Growth Factor 1), qui est généralement élevé
Test de suppression de la GH par le glucose (absence de diminution normale)
Imagerie médicale (IRM) pour visualiser la tumeur hypophysaire
Symptômes
Les manifestations cliniques se développent très progressivement, souvent sur plusieurs années:
Élargissement des extrémités (mains, pieds)
Modification des traits du visage: mâchoire proéminente, élargissement du nez, épaississement
des lèvres
Augmentation du volume de la langue
Espacement des dents
Voix plus grave et rauque
Hypertrophie des tissus mous
Épaississement de la peau, transpiration excessive
Fatigue chronique
Douleurs articulaires
Causes
Principales causes (95%): adénome hypophysaire bénin sécrétant de la GH
Causes rares: tumeurs sécrétant de la GHRH (hormone de libération de l'hormone de croissance)
dans d'autres parties du corps
Exceptionnellement: production ectopique de GH par des tumeurs non hypophysaires
Conséquences et complications éventuelles
Cardiovasculaires: hypertension artérielle, cardiomyopathie, insuffisance cardiaque
Métaboliques: diabète, intolérance au glucose, résistance à l'insuline
Respiratoires: apnée du sommeil, déformation des voies aériennes supérieures
Ostéo-articulaires: arthropathie, arthrose précoce, syndrome du canal carpien
Risque accru de polypes coliques et de cancer colorectal
Hyperhidrose (transpiration excessive)
Troubles visuels (si compression du chiasma optique par la tumeur)
Impact psychologique et social important
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Traitements
Chirurgie
Ablation de l'adénome hypophysaire par voie transsphénoïdale (par le nez)
Traitement de première intention dans la plupart des cas
Traitements médicamenteux
Analogues de la somatostatine (octréotide, lanréotide): inhibent la sécrétion de GH
Antagonistes des récepteurs de la GH (pegvisomant)
Agonistes dopaminergiques (cabergoline, bromocriptine): moins efficaces
Radiothérapie
Utilisée en cas d'échec de la chirurgie ou d'impossibilité chirurgicale
Effet retardé (plusieurs années)
Évolution et pronostic
Sans traitement: réduction de l'espérance de vie (environ 10 ans)
Avec traitement approprié et précoce: normalisation possible de l'espérance de vie
Les déformations physiques déjà établies sont généralement irréversibles
Nécessité d'un suivi médical à vie
Le succès thérapeutique est mesuré par la normalisation des taux d'IGF-1
Le pronostic dépend de l'âge au diagnostic, du délai avant traitement, de la taille de la tumeur et
des comorbidités
Épidémiologie
Incidence: 3 à 4 nouveaux cas par million d'habitants par an
Prévalence: 60 à 70 cas par million d'habitants
Âge moyen au diagnostic: 40-45 ans
Délai diagnostic moyen: 7 à 10 ans après l'apparition des premiers symptômes
Cette maladie nécessite une prise en charge multidisciplinaire impliquant endocrinologues,
neurochirurgiens, radiothérapeutes et autres spécialités selon les complications présentes.
Le nanisme
Définition et description
Le nanisme est un trouble de la croissance caractérisé par une taille adulte significativement inférieure à
la moyenne de la population générale (généralement inférieure à 147 cm). Il existe plus de 200 types de
nanisme, mais on distingue principalement le nanisme proportionné (où toutes les parties du corps sont
réduites proportionnellement) et le nanisme disproportionné (où certaines parties du corps sont plus
affectées que d'autres).
Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
Mesure régulière de la taille et comparaison avec les courbes de croissance standard
Examens sanguins pour évaluer les niveaux hormonaux (notamment hormone de croissance, IGF-
1)
Tests génétiques pour identifier les mutations spécifiques
Imagerie médicale (radiographies osseuses, IRM cérébrale)
Évaluation de l'âge osseux par radiographie du poignet et de la main
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Symptômes
Les symptômes varient selon le type de nanisme:
Petite taille (symptôme principal)
Dans le nanisme disproportionné: membres courts par rapport au tronc, macrocéphalie relative
Dans l'achondroplasie (forme la plus fréquente): front bombé, ensellure lombaire, membres
courts
Dans le nanisme hypophysaire: proportions corporelles normales mais taille réduite
Retard de croissance dès l'enfance ou parfois dès la naissance
Causes
Génétiques: mutations affectant le développement osseux (achondroplasie, hypochondroplasie)
Hormonales: déficit en hormone de croissance, hypothyroïdie congénitale
Nutritionnelles: malnutrition chronique sévère pendant l'enfance
Médicales: maladies chroniques (insuffisance rénale, cardiopathies graves)
Syndromes génétiques: syndrome de Turner, syndrome de Noonan, syndrome de Prader-Willi
Causes intra-utérines: retard de croissance intra-utérin sévère
Conséquences et complications éventuelles
Complications orthopédiques: scoliose, lordose, compression médullaire (dans certains types)
Problèmes respiratoires: apnée du sommeil, infections respiratoires récurrentes
Complications neurologiques: hydrocéphalie, compression du tronc cérébral (dans
l'achondroplasie)
Difficultés d'adaptation aux infrastructures conçues pour les personnes de taille moyenne
Impact psychosocial: stigmatisation, difficultés d'intégration
Problèmes dentaires et ORL fréquents
Risques obstétricaux accrus chez les femmes atteintes
Traitements
Traitement hormonal
Hormone de croissance recombinante (en cas de déficit en hormone de croissance)
Doit être commencé tôt pour optimiser les résultats
Suivi médical régulier et ajustement des doses
Traitements chirurgicaux
Chirurgies orthopédiques correctrices
Allongement des membres dans certains cas
Interventions pour complications spécifiques (décompression médullaire, correction de
malformations)
Prise en charge multidisciplinaire
Suivi endocrinologique régulier
Suivi orthopédique
Soutien psychologique
Adaptation de l'environnement
Évolution et pronostic
Variable selon la cause et le type de nanisme
Dans le nanisme hypophysaire traité précocement: amélioration significative de la taille finale
Dans l'achondroplasie: peu d'amélioration de la taille avec les traitements actuels
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Espérance de vie généralement normale dans la plupart des formes, mais réduite dans certains
types
Qualité de vie fortement influencée par la prise en charge précoce et le soutien psychosocial
Avancées en thérapie génique offrant de nouvelles perspectives pour certaines formes
génétiques
Épidémiologie
L'achondroplasie: environ 1 cas sur 25 000 naissances
Déficit en hormone de croissance: 1 sur 4 000 à 10 000 enfants
Syndrome de Turner: 1 sur 2 500 filles
Prévalence globale de toutes les formes de nanisme: environ 1 sur 5 000 personnes
Cette condition nécessite une approche thérapeutique individualisée et multidisciplinaire, avec un suivi
médical continu tout au long de la vie pour prévenir et traiter les complications potentielles.
La maladie de Basedow
Définition et description
La maladie de Basedow (ou maladie de Graves dans les pays anglo-saxons) est une maladie auto-
immune caractérisée par une hyperthyroïdie, c'est-à-dire une production excessive d'hormones
thyroïdiennes. Elle représente la cause la plus fréquente d'hyperthyroïdie. Elle se manifeste par une
hypertrophie diffuse de la glande thyroïde (goitre) et parfois par des manifestations oculaires
(ophtalmopathie).
Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
Dosages hormonaux: TSH basse ou effondrée, T3 et T4 libres élevées
Présence d'anticorps anti-récepteurs de la TSH (TRAb) dans le sang
Échographie thyroïdienne montrant une hypertrophie diffuse et une hypervascularisation
Scintigraphie thyroïdienne révélant une fixation diffuse et homogène du traceur
Examen clinique confirmant la présence d'un goitre et éventuellement de signes oculaires
Symptômes
Nervosité, irritabilité, anxiété
Tachycardie, palpitations
Tremblements fins des extrémités
Perte de poids malgré un appétit augmenté
Hypersudation, intolérance à la chaleur
Troubles du transit (diarrhée)
Fatigue paradoxale et faiblesse musculaire
Goitre (augmentation du volume de la thyroïde)
Signes oculaires: exophtalmie (saillie anormale du globe oculaire), œdème des paupières,
irritation conjonctivale, diplopie
Troubles du cycle menstruel chez la femme
Troubles du sommeil
Causes
Maladie auto-immune: production d'anticorps (TRAb) qui stimulent les récepteurs de la TSH
Prédisposition génétique (association avec HLA-DR3)
Facteurs environnementaux déclenchants: stress, infections, tabagisme (favorise
l'ophtalmopathie)
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Plus fréquente chez les femmes (rapport femmes/hommes de 7/1)
Association avec d'autres maladies auto-immunes (vitiligo, diabète de type 1, etc.)
Conséquences et complications éventuelles
Cardiologiques: troubles du rythme, insuffisance cardiaque, cardiothyréose
Ophtalmopathie basedowienne pouvant conduire à des troubles visuels graves
Crise thyrotoxique (urgence médicale): fièvre, déshydratation, confusion, troubles du rythme
cardiaque
Ostéoporose (en cas d'hyperthyroïdie prolongée)
Myopathie thyroïdienne (faiblesse musculaire)
Impact psychologique: anxiété, troubles de l'humeur
Complications des traitements (notamment l'hypothyroïdie après traitement radical)
Traitements
Traitement médicamenteux
Antithyroïdiens de synthèse (ATS): carbimazole, propylthiouracile
Bêta-bloquants pour contrôler les symptômes cardiaques et nerveux
Traitement symptomatique de l'ophtalmopathie: corticothérapie, collyres
Traitement radical
Iode radioactif (iode 131): destruction progressive du tissu thyroïdien
Chirurgie: thyroïdectomie totale ou subtotale
Traitement de l'ophtalmopathie
Mesures locales: larmes artificielles, occlusion nocturne des paupières
Corticothérapie par voie générale ou rétro-orbitaire
Radiothérapie orbitaire dans les formes sévères
Chirurgie de décompression orbitaire si nécessaire
Évolution et pronostic
Évolution naturelle par poussées et rémissions
Après traitement par ATS: rémission durable dans 40-50% des cas
Après traitement radical: hypothyroïdie définitive nécessitant un traitement substitutif à vie
L'ophtalmopathie peut évoluer indépendamment de l'hyperthyroïdie
Nécessité d'un suivi prolongé, même après rémission
Risque de récidive, surtout les 1-2 premières années après l'arrêt du traitement
Bon pronostic global avec un traitement adapté, mais risque de complications cardiaques et
oculaires
Épidémiologie
Prévalence: environ 1-2% de la population
Incidence: 20 à 50 nouveaux cas par 100 000 habitants par an
Âge de survenue: principalement entre 30 et 50 ans
Forte prédominance féminine (7 femmes pour 1 homme)
Facteurs de risque: antécédents familiaux de maladie auto-immune, tabagisme, stress
Cette maladie nécessite une prise en charge spécialisée par des endocrinologues, ainsi qu'un suivi
régulier et prolongé pour adapter les traitements et prévenir les complications.
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La thyroïdite d'Hashimoto
Définition et description
La thyroïdite d'Hashimoto (ou thyroïdite lymphocytaire chronique) est une maladie auto-immune
chronique caractérisée par une inflammation progressive de la glande thyroïde. Elle entraîne une
destruction lente du tissu thyroïdien par le système immunitaire, conduisant généralement à une
hypothyroïdie. Elle a été décrite pour la première fois par le médecin japonais Hakaru Hashimoto en
1912.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
Dosage sanguin des anticorps anti-thyropéroxydase (anti-TPO) et anti-thyroglobuline (anti-Tg),
généralement élevés
Bilan hormonal thyroïdien: TSH élevée, T4 libre basse ou normale (selon le stade)
Échographie thyroïdienne montrant une hétérogénéité du parenchyme thyroïdien
Parfois, ponction à l'aiguille fine révélant une infiltration lymphocytaire
Présentation clinique compatible
Symptômes
Initialement souvent asymptomatique
Goitre (augmentation du volume de la thyroïde) de consistance ferme, parfois nodulaire
À mesure que l'hypothyroïdie s'installe:
o Fatigue, somnolence
o Frilosité, intolérance au froid
o Prise de poids inexpliquée
o Constipation
o Peau sèche, cheveux cassants, chute de cheveux
o Ralentissement psychomoteur
o Voix rauque
o Bradycardie
o Troubles menstruels chez la femme
o Myalgies, crampes musculaires
o Œdèmes des paupières et du visage
Causes
Prédisposition génétique (association avec HLA-DR3, HLA-DR5)
Facteurs environnementaux (exposition excessive à l'iode, certains médicaments)
Déséquilibre hormonal (plus fréquent chez les femmes)
Facteurs de risque: antécédents personnels ou familiaux de maladies auto-immunes
Association possible avec d'autres pathologies auto-immunes (diabète de type 1, maladie
cœliaque, vitiligo, etc.)
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Conséquences et complications éventuelles
Hypothyroïdie permanente et progressive
Augmentation du risque de lymphome thyroïdien (rare)
Complications liées à l'hypothyroïdie non traitée:
o Troubles cardiovasculaires: athérosclérose, hypertension
o Troubles neurologiques: syndrome du canal carpien, neuropathies
o Myxœdème (forme sévère d'hypothyroïdie)
o Anémie
o Dépression
o Infertilité ou complications obstétricales
Impact sur la qualité de vie
Augmentation du risque de nodules thyroïdiens et de cancer thyroïdien (modéré)
Traitements
Traitement hormonal substitutif
Lévothyroxine (L-thyroxine) par voie orale
Dosage adapté individuellement et ajusté selon les résultats biologiques
Traitement à vie dans la plupart des cas
Suivi régulier des dosages de TSH pour ajuster le traitement
Autres mesures
Pas de traitement spécifique pour l'auto-immunité elle-même
Suivi régulier par échographie en cas de goitre nodulaire
Dans de rares cas de goitre compressif: traitement chirurgical
Évolution et pronostic
Évolution chronique et progressive de la destruction thyroïdienne
Passage quasi inévitable à l'hypothyroïdie à long terme
Phase initiale parfois marquée par une thyrotoxicose transitoire ("hashitoxicose")
Réponse généralement bonne au traitement substitutif
Normalisation des symptômes avec un traitement bien équilibré
Nécessité d'un suivi à vie
Pronostic excellent avec un traitement adapté et bien suivi
Qualité de vie généralement normale sous traitement
Épidémiologie
Maladie auto-immune thyroïdienne la plus fréquente
Prévalence: 3 à 8% de la population générale
Forte prédominance féminine (7 à 10 femmes pour 1 homme)
Pic d'incidence entre 30 et 50 ans, mais peut survenir à tout âge
Plus fréquente chez les personnes ayant des antécédents familiaux de maladies thyroïdiennes
Prévalence augmentée chez les personnes atteintes d'autres maladies auto-immunes
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Cette pathologie nécessite un suivi médical régulier par un endocrinologue pour ajuster le traitement
substitutif et surveiller l'évolution de la maladie, ainsi que dépister d'éventuelles complications ou
associations auto-immunes.
La maladie d'Addison
Définition et description
La maladie d'Addison, ou insuffisance surrénalienne primitive, est une pathologie endocrinienne
caractérisée par une destruction progressive des glandes surrénales. Elle entraîne un déficit en
hormones corticosurrénaliennes (cortisol et aldostérone principalement). Décrite pour la première fois
par le médecin anglais Thomas Addison en 1855, cette maladie rare mais potentiellement grave
nécessite un traitement substitutif à vie.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
Dosages hormonaux: cortisol sanguin bas, ACTH élevée
Test de stimulation à l'ACTH (test au Synacthène): absence d'élévation du cortisol
Dosage de l'aldostérone (bas) et de la rénine (élevée)
Dosage des anticorps anti-surrénaliens (dans les formes auto-immunes)
Examens d'imagerie: scanner ou IRM des surrénales pour rechercher une cause
Ionogramme sanguin: hyponatrémie, hyperkaliémie
Glycémie souvent basse
Symptômes
Installation progressive des symptômes sur plusieurs mois:
o Fatigue intense, aggravée par l'effort
o Hypotension artérielle, parfois orthostatique
o Mélanodermie (hyperpigmentation cutanée) des zones exposées au soleil, plis, cicatrices
o Amaigrissement
o Troubles digestifs: nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée
o Hypoglycémies
o Déshydratation
o Envies de sel (appétence pour les aliments salés)
o Dépression, irritabilité, troubles de l'humeur
o Aménorrhée chez la femme
o Hypotension orthostatique
o Perte de pilosité pubienne et axillaire chez la femme
Causes
Auto-immune (70-90% des cas dans les pays développés): présence d'anticorps anti-surrénaliens
Infectieuses: tuberculose (cause principale dans les pays en développement), infections
fongiques, CMV, VIH
Infiltratives: hémochromatose, amylose, cancer métastatique
Hémorragiques: syndrome de Waterhouse-Friderichsen, anticoagulants
Médicamenteuses: anti-fongiques (kétoconazole), étomidate, mitotane
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Génétiques: adrénoleucodystrophie, adréno-myéloneuropathie
Conséquences et complications éventuelles
Crise addisonienne (urgence médicale): hypotension sévère, déshydratation, troubles ioniques
graves, troubles de la conscience
Déséquilibres hydroélectrolytiques: déshydratation, hyponatrémie, hyperkaliémie
Hypoglycémies récurrentes
Diminution de la qualité de vie
Complications liées aux traitements corticoïdes au long cours
Association à d'autres maladies auto-immunes (syndrome de Schmidt): thyroïdite, diabète de
type 1, vitiligo
Insuffisance surrénalienne aiguë lors de situations de stress (infection, chirurgie) si traitement
inadéquat
Traitements
Traitement substitutif
Glucocorticoïdes: hydrocortisone (15-25 mg/jour) en 2-3 prises
Minéralocorticoïdes: fludrocortisone (0,05-0,2 mg/jour)
Parfois complémentation en androgènes surrénaliens (DHEA)
Mesures complémentaires
Éducation du patient sur l'adaptation des doses en situation de stress
Port d'une carte/bracelet d'identification médicale
Kit d'urgence avec hydrocortisone injectable
Suivi régulier clinique et biologique
Régime normalement salé
Adaptation du traitement pour les situations particulières (chirurgie, grossesse, maladies
intercurrentes)
Évolution et pronostic
Maladie chronique nécessitant un traitement à vie
Espérance de vie quasi normale avec un traitement bien conduit
Risque de crises addisoniennes lors de situations de stress si le traitement n'est pas adapté
Nécessité d'une surveillance régulière pour ajuster les doses
Qualité de vie généralement bonne sous traitement bien équilibré
Impact psychologique de la maladie chronique et de ses contraintes
Pronostic dépendant de la précocité du diagnostic et de l'observance thérapeutique
Épidémiologie
Maladie rare: prévalence de 100 à 140 cas par million d'habitants
Incidence annuelle: 4 à 6 nouveaux cas par million d'habitants
Âge moyen au diagnostic: 30-50 ans
Légère prédominance féminine (rapport F/H: 1,5-3/1)
Formes auto-immunes plus fréquentes chez les femmes
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Formes tuberculeuses plus fréquentes chez les hommes
Association possible à d'autres maladies auto-immunes dans les polyendocrinopathies auto-
immunes
Cette maladie nécessite une prise en charge spécialisée par un endocrinologue, une éducation
thérapeutique approfondie du patient, et un suivi médical régulier tout au long de la vie pour prévenir
les complications graves, notamment les crises addisoniennes.
Le syndrome de Cushing
Définition et description
Le syndrome de Cushing est un ensemble de symptômes et signes cliniques résultant d'une exposition
prolongée à des taux élevés de cortisol (hypercortisolisme). La maladie de Cushing, quant à elle, désigne
spécifiquement la forme due à un adénome hypophysaire sécrétant de l'ACTH en excès. Ces pathologies
ont été décrites pour la première fois par le neurochirurgien américain Harvey Cushing en 1932.
Diagnostic
Confirmation biologique de l'hypercortisolisme:
o Cortisol libre urinaire sur 24h augmenté
o Test de freinage à la dexaméthasone faible dose (absence de suppression du cortisol)
o Rythme nycthéméral du cortisol perturbé (pas de baisse nocturne)
o Cortisol salivaire nocturne élevé
Détermination de la cause:
o Dosage d'ACTH plasmatique
o Test de freinage à la dexaméthasone forte dose
o IRM hypophysaire (dans la maladie de Cushing)
o Scanner des surrénales, thorax, abdomen et pelvis
o Cathétérisme des sinus pétreux (si suspicion de maladie de Cushing)
Symptômes
Obésité facio-tronculaire avec membres grêles
Visage arrondi ("faciès lunaire"), bosse de bison
Vergetures pourpres larges (abdomen, racines des membres, seins)
Troubles cutanés: peau fine et fragile, ecchymoses faciles, acné, hirsutisme
Faiblesse musculaire proximale (difficulté à monter les escaliers)
Troubles métaboliques: diabète ou intolérance au glucose, hyperlipidémie
Hypertension artérielle
Troubles psychiques: anxiété, dépression, troubles cognitifs, irritabilité
Troubles sexuels et reproductifs: aménorrhée, impuissance, infertilité
Ostéoporose et fractures pathologiques
Infections récurrentes
Œdèmes des membres inférieurs
Hyperpigmentation cutanée (dans les formes ACTH-dépendantes)
Causes
1. Excès d'ACTH hypophysaire: maladie de Cushing (70% des cas endogènes)
o Adénome hypophysaire corticotrope
2. Excès d'ACTH extra-hypophysaire: syndrome de sécrétion ectopique d'ACTH (10-15%)
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o Tumeurs carcinoïdes bronchiques
o Cancer bronchique à petites cellules
o Tumeurs neuroendocrines
o Tumeurs thymiques
3. Hypercortisolisme indépendant de l'ACTH (15-20%)
o Adénome surrénalien
o Carcinome surrénalien
o Hyperplasie surrénalienne bilatérale macro ou micronodulaire
4. Cause exogène (la plus fréquente):
o Traitement prolongé par corticoïdes (glucocorticoïdes)
Conséquences et complications éventuelles
Cardiovasculaires: hypertension artérielle, athérosclérose précoce, thromboembolies
Métaboliques: diabète, dyslipidémie, syndrome métabolique
Osseuses: ostéoporose sévère, fractures vertébrales, ostéonécrose aseptique
Musculaires: myopathie proximale, atrophie musculaire
Infectieuses: immunodépression relative, infections opportunistes
Neuropsychiatriques: dépression, psychose, troubles cognitifs
Complications post-chirurgicales: insuffisance surrénalienne, diabète insipide transitoire
Risque accru de mortalité cardiovasculaire et infectieuse si non traité
Traitements
Traitement étiologique
Maladie de Cushing: chirurgie transsphénoïdale de l'adénome hypophysaire
Syndrome de sécrétion ectopique d'ACTH: exérèse de la tumeur responsable
Tumeur surrénalienne: surrénalectomie (uni ou bilatérale)
Traitements médicamenteux
Inhibiteurs de la stéroïdogenèse: kétoconazole, métyrapone, mitotane
Inhibiteurs de la sécrétion d'ACTH: cabergoline, pasireotide
Antagoniste des récepteurs aux glucocorticoïdes: mifépristone (RU-486)
Autres options thérapeutiques
Radiothérapie hypophysaire (en cas d'échec chirurgical)
Surrénalectomie bilatérale (traitement de dernier recours)
Prise en charge des complications
Traitement de l'hypertension, du diabète, de l'ostéoporose
Supplémentation hormonale post-chirurgicale si nécessaire
Soutien psychologique
Évolution et pronostic
Sans traitement: morbidité et mortalité importantes (x4-5)
Après traitement chirurgical de la maladie de Cushing:
o Taux de guérison initial: 70-90%
o Risque de récidive: 10-25% à 10 ans
Syndrome de Cushing d'origine ectopique: pronostic dépendant de la tumeur causale
Carcinome corticosurrénalien: pronostic généralement défavorable
Adénome surrénalien: excellent pronostic après chirurgie
Persistance possible de certaines comorbidités même après guérison (hypertension, diabète)
Nécessité d'un suivi au long cours
Récupération progressive de l'axe corticotrope après chirurgie (6-18 mois)
Épidémiologie
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Incidence du syndrome de Cushing endogène: 2-3 cas par million d'habitants par an
Maladie de Cushing: 3-4 fois plus fréquente chez les femmes
Âge moyen au diagnostic: 30-50 ans
Adénomes surrénaliens: prédominance féminine (3:1)
Carcinomes surrénaliens: rare (0,5-2 cas par million par an)
Syndrome de Cushing iatrogène (corticothérapie): beaucoup plus fréquent que les formes
endogènes
Cette pathologie complexe nécessite une prise en charge multidisciplinaire (endocrinologie,
neurochirurgie, radiologie interventionnelle) et un suivi médical au long cours, même après traitement
curatif.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
Définition et description
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), aussi appelé syndrome de Stein-Leventhal, est une
endocrinopathie complexe et fréquente chez les femmes en âge de procréer. Il s'agit d'un trouble
hormonal caractérisé par un déséquilibre des hormones sexuelles féminines, entraînant un
dysfonctionnement ovarien avec oligo-anovulation chronique et hyperandrogénie. Selon les critères de
Rotterdam (2003), le diagnostic est posé en présence d'au moins deux des trois critères suivants:
oligo/anovulation, hyperandrogénie clinique ou biologique, et ovaires polykystiques à l'échographie.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur:
Critères cliniques: troubles du cycle menstruel, signes d'hyperandrogénie
Examens biologiques:
o Dosages hormonaux: testostérone totale et libre, SHBG, LH/FSH (souvent ratio élevé)
o Exclusion d'autres causes d'hyperandrogénie (hyperprolactinémie, hyperplasie
congénitale des surrénales, syndrome de Cushing, tumeurs sécrétantes)
Échographie pelvienne: ovaires de volume augmenté (>10 ml) et/ou présence de 12 ou plus
follicules de 2-9 mm de diamètre par ovaire
Évaluation métabolique: glycémie à jeun, HGPO, bilan lipidique
Symptômes
Troubles du cycle menstruel: oligoménorrhée, aménorrhée, spanioménorrhée
Signes d'hyperandrogénie:
o Hirsutisme (pilosité excessive de type masculine)
o Acné persistante
o Alopécie androgénique
o Peau grasse
Infertilité due à l'anovulation chronique
Obésité ou surpoids (50-80% des cas)
Acanthosis nigricans (hyperpigmentation cutanée dans les plis)
Troubles psychologiques: anxiété, dépression, troubles de l'image corporelle
Symptômes métaboliques: résistance à l'insuline, intolérance au glucose
Causes
Origine multifactorielle, encore incomplètement élucidée:
o Prédisposition génétique (caractère familial fréquent)
o Résistance à l'insuline et hyperinsulinisme
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o Dysfonctionnement neuroendocrinien avec altération de la sécrétion des
gonadotrophines (LH et FSH)
o Facteurs environnementaux: alimentation, mode de vie, perturbateurs endocriniens
o Inflammation chronique de bas grade
Interactions complexes entre ces différents facteurs créant un cercle vicieux hormonal
Conséquences et complications éventuelles
Complications métaboliques:
o Diabète de type 2 (risque x3-7)
o Syndrome métabolique
o Dyslipidémie
o Stéatose hépatique non alcoolique
Complications cardiovasculaires:
o Hypertension artérielle
o Risque accru de maladies cardiovasculaires
Complications reproductives:
o Infertilité
o Complications obstétricales (diabète gestationnel, prééclampsie)
o Fausses couches à répétition
Complications gynécologiques:
o Hyperplasie de l'endomètre
o Cancer de l'endomètre (risque x2-6)
Complications psychologiques:
o Dépression, anxiété
o Troubles alimentaires
o Altération de la qualité de vie et de l'image corporelle
Apnée du sommeil (risque augmenté)
Traitements
Mesures hygiéno-diététiques
Perte de poids (5-10% du poids initial) chez les patientes en surpoids ou obèses
Activité physique régulière
Alimentation équilibrée, à faible charge glycémique
Traitement des troubles du cycle
Contraceptifs oraux combinés (pour réguler les cycles et réduire l'hyperandrogénie)
Progestatifs cycliques
Traitement de l'hyperandrogénie
Contraceptifs oraux avec progestatifs anti-androgéniques
Anti-androgènes (acétate de cyprotérone, spironolactone)
Traitements cosmétiques de l'hirsutisme (épilation laser)
Traitement de l'infertilité
Inducteurs de l'ovulation:
o Citrate de clomifène (première intention)
o Létrozole (inhibiteur de l'aromatase)
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o Gonadotrophines (FSH recombinante)
Drilling ovarien par cœlioscopie
Procréation médicalement assistée
Traitement des troubles métaboliques
Metformine (améliore la sensibilité à l'insuline)
Inositols (myo-inositol et D-chiro-inositol)
Traitement des complications métaboliques associées
Évolution et pronostic
Évolution chronique nécessitant un suivi à long terme
Symptômes variables au cours de la vie:
o Accentuation possible des troubles métaboliques avec l'âge
o Amélioration relative des troubles du cycle avec l'âge
o Exacerbation possible pendant l'adolescence et la périménopause
Amélioration significative avec la perte de poids chez les patientes en surpoids
Fertilité spontanée possible avec le temps ou après perte de poids
Bon pronostic reproductif avec prise en charge adaptée (80% de grossesses)
Nécessité d'un dépistage régulier des complications métaboliques et cardiovasculaires
Évolution à la ménopause: atténuation des symptômes d'hyperandrogénie mais persistance du
risque métabolique et cardiovasculaire
Épidémiologie
Prévalence: 5-10% des femmes en âge de procréer
Première cause d'infertilité anovulatoire (75% des cas)
Variabilité ethnique: plus fréquent et plus sévère chez les femmes d'origine méditerranéenne et
du Moyen-Orient
Distribution bimodale selon l'IMC: phénotype "obèse" et phénotype "mince"
Age de début: généralement à la puberté, mais peut être diagnostiqué à tout âge de la période
reproductive
Environ 70% des cas restent non diagnostiqués
Cette pathologie complexe nécessite une prise en charge multidisciplinaire (gynécologie, endocrinologie,
nutrition, psychologie) et personnalisée selon les symptômes prédominants et les objectifs
thérapeutiques de chaque patiente.
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