Concours Blanc
Concours Blanc
Matière : Physique 1
Niveau : MP*
Enseignant : HMAIRROU
CONCOURS BLANC
on veillera à une présentation et une rédaction claires et soignées des copies. Il convient en particulier
de rappeler avec précision les références abordées.
Si, au cours de l’épreuve, un(e) élève repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il(elle) le (la)
signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant clairement les raisons des initiatives qu’il
est amené à prendre
Durée : 4 h
L’effet Casimir
L’effet Casimir, prédit théoriquement en 1948 par le physicien Hendrik Casimir, stipule l’existence d’une force
entre deux miroirs plans parallèles parfaitement réfléchissants placés dans le vide, non chargés et à température
nulle.
La force de Casimir provient des fluctuations de l’énergie du vide (encore appelée énergie du point zéro). Les
longueurs d’onde des fluctuations engendrées par l’énergie du point zéro n’ont pas les mêmes valeurs en l’absence
et en présence de la cavité. Cette différence des modes de fluctuations engendre une différence de densité volumique
d’énergie et donc une différence de pression de radiation à l’intérieur et à l’extérieur de la cavité à l’origine de la
force «issue du vide » entre les deux miroirs.
Le sujet ci-dessous traite de la force de Casimir, de l’obtention de son expression et de sa mise en évidence
expérimentale. Les différentes parties et sous-parties de ce sujet sont largement indépendantes.
Pour les applications numériques on prendra :
⃗ =∇
div(A) ⃗ = ∂Ax + ∂Ay + ∂Az
⃗ ·A
∂x ∂y ∂z
1
Physique 1
−→ −→ ⃗ −−→ ⃗ A)
⃗ − ∆( ⃗ ;
▶ - on rappelle la formule d’analyse vectorielle rot(rot(A)) = grad(div(A))
▶ on rappelle les relations de passage qui donnent la discontinuité spatiale du champ électrique et du champ
magnétique au niveau d’une interface entre deux milieux sur laquelle existe une densité surfacique de charge,
→
−
notée σ, et une distribution de courant de surface, notée jS :
−
→ − → σ −−→ −
→ − → →
−
E2 − E1 = − n1→2 et B2 − B1 = µ0 jS ∧ −
n−1→2
−→
ε0
où − −→ est le vecteur unitaire normal à l’interface dirigé du côté 1 vers le côté 2.−
n−1→2
→ − →
E1 et B1 (respectivement
−
→ − →
E2 et B2 ) sont les champs au niveau de l’interface du côté 1 (respectivement du côté 2 ).
1. Ordre de grandeur
Pour commencer, nous allons obtenir l’expression de la force de Casimir par analyse dimensionnelle puis évaluer
son ordre de grandeur.
La force de Casimir exercée par le miroir M1 sur un élément de surface S = L2 du miroir M2 représentés sur le
schéma de la figure 1 est donnée par l’expression suivante :
−
→ π 2 ℏp cq ar S −
→
FC = − uz (1)
√ 240
où a ≪ S est la distance entre les deux miroirs. L’axe (Oz) est perpendiculaire aux deux miroirs, l’origine de
l’axe étant pris sur le miroir M1 .p, q et r sont des nombres entiers. Pour l’ensemble des calculs d’électromagnétisme
abordés dans la suite, les deux miroirs seront considérés infinis.
Figure 1 – Force de Casimir qui s’exerce entre deux plans parallèles parfaitement conducteurs (la figure n’est
pas à l’échelle).
Q-1. Obtenir par analyse dimensionnelle les valeurs numériques de p, q et r qui interviennent dans l’expression
−→
de la force Casimir FC .
Q-2. Calculer numériquement la force de Casimir qui s’exerce entre deux miroirs plans de surface S = 1, 0 cm2 ,
distants de a = 100 nm. La force de Casimir est-elle attractive ou répulsive ? Calculer numériquement la
différence de pression correspondante notée ∆Pcas qui s’exerce sur l’une des plaques.
Q-3. Quel est le rayon d’une gouttelette d’eau dont le poids a la même intensité que la force de Casimir calculée
dans la question précédente ?
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Physique 1
▶ obtenir l’expression de la pulsation plasma, qui est caractéristique du comportement électromagnétique du
métal et qui intervient dans les corrections pour la mesure de la force Casimir ;
▶ obtenir les modes propres d’une cavité formée par deux conducteurs plans parfaits parallèles ;
▶ comprendre le comportement des métaux dans différents domaines de pulsations (ou de longueurs d’onde).
2.1. La pulsation plasma des métaux : oscillations collectives des électrons libres
Pour déterminer l’expression de la pulsation plasma notée ωp on utilise le modèle simplifié suivant. Initialement
L0 L0
le métal est neutre, immobile et localisé entre les abscisses x = − et x = . On suppose que les dimensions
2 2
du métal sont illimitées dans les directions de l’axe ( Oy ) et (Oz) (on néglige les effets de bords).
On note ne la densité particulaire des électrons libres de masse me et de charge qe = −e. Suite à une perturbation,
les électrons libres se déplacent en un seul bloc centré sur l’abscisse Xe (t) comme schématisé sur la figure 2
Q-5. Déterminer les variables et la direction du champ électrique E⃗ p engendré par la distribution de charge
précédente. Obtenir l’expression du champ électrique en tout point de l’espace et tracer l’évolution de sa
composante non nulle en fonction de x.
Q-6. Écrire l’équation du mouvement du bloc d’électrons libres déplacés en négligeant les forces autres que la
force de Lorentz électrique et en supposant |Xe | ≪ L0 . En déduire l’expression de la pulsation propre ωp
de ces oscillations collectives.
Q-7. Calculer numériquement la pulsation plasma ωp avec une densité particulaire en électrons libres ne =
1, 81 × 1029 m−3 puis la longueur d’onde correspondante λp dans le cas de l’aluminium. À quel domaine
du spectre des ondes électromagnétiques appartient λp ?
Q-8. Écrire les équations de Maxwell vérifiée par le champ électromagnétique dans le métal conducteur.
Q-9. Simplifier l’expression du vecteur densité de courant électrique dans le cas du domaine ohmique où ωτ ≪ 1.
3
Physique 1
Q-10. Rappeler l’ordre de grandeur de la conductivité γ0 d’un métal. Simplifier l’écriture de l’équation de Maxwell-
Ampère dans le domaine ohmique en comparant le vecteur densité de courant électrique et le vecteur densité
de courant de déplacement. On considère la propagation d’une onde électromagnétique plane progressive
harmonique dont le champ électrique complexe a l’expression suivante :
⃗ =−
E
→
E0 expi(ωt−kz)
Q-11. Obtenir la relation de dispersion : relation entre k et ω dans le domaine ohmique. En déduire que dans
ce domaine une onde électromagnétique se propage avec une longueur caractéristique d’atténuation notée
δ(ω) appelée épaisseur de peau. Préciser l’expression de δ(ω). Dans le modèle du conducteur parfait, on
suppose que la conductivité électrique γ0 du métal tend vers l’infini.
Q-12. Justifier que le champ électrique et le champ magnétique sont nuls dans un milieu conducteur parfait.
Q-13. Quel est l’état de polarisation de l’onde incidente ? Obtenir l’expression du champ magnétique incident
−
→ ⃗ i associé à l’onde électromagnétique
Bi associé à l’onde incidente, ainsi que le vecteur de Poynting noté Π
incidente.
−
→
Q-14. Proposer, en justifiant, une expression du champ électrique réfléchi noté E⃗ r . En déduire les expressions du
−→ −
→
champ magnétique réfléchi Br et du vecteur de Poynting Πr associé à l’onde électromagnétique réfléchie.
Q-15. Définir et calculer le coefficient de réflexion en puissance sur un milieu conducteur parfait.
→
−
Q-16. Calculer le vecteur densité de courant surfacique jS qui apparaît au niveau du plan conducteur parfait
situé en z = 0. En déduire l’expression de la force de Laplace surfacique :
δ F⃗Lap − −
→ →
= jS ∧ Bi (z = 0, t)
dS
qui s’exerce sur le plan conducteur puis la valeur moyenne temporelle ⟨Prad ⟩ de la pression, appelée pression
de radiation, qui s’exerce sur le plan conducteur.
Q-17. Faire le lien entre la pression de radiation moyenne ⟨Prad ⟩ et la densité volumique moyenne d’énergie
électromagnétique en z = 0− notée ⟨uem ⟩.
La quantification du rayonnement permet d’interpréter la pression de radiation en termes de photons.
Q-18. Donner l’expression de la quantité de mouvement notée p⃗ associée à un photon du rayonnement électro-
magnétique incident.
Q-19. On note n⋆ la densité particulaire en photons. Quel est le lien entre n⋆ et la densité volumique d’énergie
électromagnétique moyenne ⟨uem ⟩ ?
Q-20. En faisant un bilan de quantité de mouvement sur un ensemble de photons à préciser, retrouver l’expression
de la pression de radiation ⟨Prad ⟩ exercée par les photons incidents sur l’interface avec le milieu conducteur
parfait.
4
Physique 1
2.4. Champ électromagnétique dans une cavité formée par deux milieux conducteurs par-
faits
Pour obtenir l’expression de la force de Casimir il faut connaître les modes propres d’une cavité. Pour cela on
considère une onde électromagnétique dans une cavité formée par deux milieux conducteurs parfaits distants de
a formant des plans supposés infinis perpendiculaires à l’axe ( Oz ) comme représentés sur la figure 1 (on néglige
les effets de bords en supposant L ≫ a ).
⃗
Q-21. Quelle est l’équation vérifiée par le champ électrique E(M, t) au sein de la cavité vide de charge et de
courant ? Quelle est le nom de cette équation ? Donner un exemple issu d’un autre domaine de la physique
où cette équation est vérifiée. On cherche des solutions dans la cavité avec un champ électrique de la
forme :
⃗
E(M, t) = E0 cos (kz z + φz ) cos (ωt − kx x) −
→
uy
Q-22. Quelles sont les conditions aux limites imposées sur le champ électrique par la présence des milieux
conducteurs parfaits ? Obtenir les expressions de kz et φz qui vérifient ces conditions aux limites.
⃗ proposé est-il bien une solution de l’équation de la question 21 ?
Q-23. À quelle condition le champ électrique E
Q-24. La relation de dispersion fait apparaître une pulsation de coupure dépendant d’un nombre entier. Calculer
numériquement la fréquence de coupure correspondant au mode fondamental (lorsque l’entier est égal à 1)
pour a = 100 nm. À quel domaine du spectre des ondes électromagnétiques correspond cette fréquence ?
Q-26. Une onde électromagnétique de pulsation ω correspondant au domaine optique se propage dans le vide
et arrive en incidence normale sur un milieu conducteur. Décrire en quelques lignes le comportement au
niveau de l’interface en fonction de la relation d’ordre qui existe entre ω et ωp .
▶ Classiquement, le mouvement conservatif d’un point au voisinage d’une position d’équilibre stable est du
type harmonique.
▶ Au niveau microscopique, les interactions entre les atomes d’une molécule, proches de l’équilibre, sont
modélisées par des forces élastiques. On peut se ramener au modèle de l’oscillateur harmonique pour
étudier les vibrations des molécules et aussi les états vibratoires du vide.
Dans un premier temps, nous allons revoir l’oscillateur harmonique classique. Dans un second temps, l’étude
quantitative des états vibratoires nécessitant un traitement quantique, nous trouverons l’expression de l’énergie
de point zéro à partir de l’inégalité de Heisenberg.
On considère une particule de masse m astreinte à se déplacer sur un axe (Ox), l’écart par rapport à sa position
d’équilibre est notée x. Dans la description classique la particule oscille autour de cette position d’équilibre avec
une pulsation propre notée ω0 . Elle évolue dans un potentiel harmonique dont l’énergie potentielle est de la forme
1
Vp (x) = mω02 x2 . Le système est conservatif.
2
5
Physique 1
Q-27. Écrire l’énergie mécanique Em de la particule dans la description classique et en déduire l’équation diffé-
rentielle vérifiée par x(t).
Q-28. La particule est située à l’instant initial à l’abscisse x = 0 avec une vitesse ⃗v = v0 −
→. Obtenir l’expression
ux
de la solution de l’équation différentielle correspondant aux conditions initiales décrites.
Q-29. Présenter un système physique vérifiant une telle équation différentielle. Obtenir l’expression de ω0 pour
l’exemple proposé en fonction des paramètres physiques du système.
ℏ
Q-30. En utilisant l’inégalité de Heisenberg ∆x∆px ≥ et les expressions que vous avez trouvées pour l’os-
2
cillateur classique dans les questions précédentes, montrer que l’énergie moyenne de l’oscillateur ⟨Em ⟩ est
bornée et a une valeur minimale.
L L L L
−
≤x≤ , − ≤y≤ , 0≤z≤a
2 2 2 2
sont associés aux vecteurs d’onde dont les coordonnées sont de la forme :
nx π ny π nz π
kx = , ky = , kz =
L L a
où nx , ny et nz sont des entiers positifs et k = kx2 + ky2 + kz2 . Dans un premier temps on cherche à écrire
p
l’énergie totale correspondant à la somme des modes propres lorsqu’on fait varier kx uniquement. La longueur L
de la cavité dans la direction de l’axe (Ox) est suffisamment grande pour considérer que kx varie continûment
de 0 à +∞.
ℏkc
L’énergie de point zéro d’un mode est égale à E0 = .
2
Q-31. On fait varier kx d’une petite quantité dkx . Combien de modes (noté dnx ) a-t-on entre kx et kx + dkx ?
En déduire l’énergie δEx des modes compris entre kx et kx + dkx . Que dire de l’énergie totale Ex des
modes propres lorsque kx varie de 0 à +∞ ? On fait maintenant varier kx et ky continûment de 0 à +∞.
Q-32. Écrire l’énergie δEx,y obtenue lorsqu’on fait varier kx d’une petite quantité dkx puis ky d’une petite
quantité dky . En déduire l’expression de l’énergie totale Ex,y . On modifie l’expression précédente de Ex,y
I
en introduisant rk2 = kx2 + ky2 et on obtient l’expression de l’énergie totale Etot dans le cas d’une cavité de
grande longueur en sommant sur les modes propres correspondant à kz :
ˆ +∞ ˆ +∞ q
I ℏcL2 a
Etot = rk2 + kz2 rk drk dkz
2π π kz =0 rk =0
Dans le cas d’une petite cavité (cas numéro 2), il faut tenir compte de la quantification des modes propres
dans la direction de l’axe (Oz). On obtient alors pour l’expression de l’énergie totale :
ˆ ∞
∞
s
ℏcL2 π 1 X n2 π 2
II
Etot = rk2 + z 2 rk drk
π2 2 0 2 nz =−∞ a
1. Calcul présenté par Casimir en 1948 « H.B.G. Casimir and D. Polder, Phys Rev 73,360 »
6
Physique 1
I
Ces deux énergies totales Etot II divergent car elles correspondent à la somme sur une infinité de
et Etot
modes propres, néanmoins la différence peut être calculée à l’aide de la formule d’Euler-Maclaurin, le résultat
donne :
II I ℏcπ 2 L2
EPP (a) = Etot − Etot =− (3)
24 × 30a3
Q-33. Retrouver à partir de l’expression (3) la force de Casimir.
Figure 3 – Force Casimir qui s’exerce entre une surface plane et une sphère distante de a.
Les différentes expériences ont permis de mettre en évidence les principales corrections liées à la situation expé-
rimentale, et dont il faut tenir compte pour comparer la mesure à l’expression (4). Les corrections étudiées ici
sont liées :
∂u ℏω 3 1
= 2 3 en Jm−3 s
∂ω π c ℏω
e kB T − 1
7
Physique 1
Q-34. Quel est l’ordre de grandeur typique de la longueur d’ondes pour les photons thermiques à température
ambiante ? En comparant à la taille a de la cavité, conclure sur la présence de photons thermiques au sein
de la cavité.
Q-35. Quel est l’ordre de grandeur de la pression de radiation liée aux photons thermiques à température
ambiante ? Comparer à ∆Pcas , la différence de pression calculée à la question 2 . Conclure sur l’effet de la
température dans les mesures de l’effet Casimir.
Q-36. Donner l’expression de la constante multiplicative K en fonction des paramètres géométriques introduits.
On suppose que les deux miroirs ont des profils de rugosité définis par les fonctions algébriques h1 (⃗r) et
−−→
h2 (⃗r) où ⃗r = OM = x−
→ + y−
u x
→ est la position transverse dans la cavité orthogonale à la direction de l’axe
uy
(Oz) comme représenté sur le schéma de la figure 4.
La fonction h1 (⃗r) (de même pour h2 (⃗r) ) est positive lorsqu’elle augmente la distance entre les deux miroirs,
négative sinon.
Figure 4 – Schéma représentant les profils de rugosité sur les deux miroirs plans parallèles. Sur ce schéma
h1 (M ) > 0 car elle augmente la distance entre les miroirs et h2 (M ) < 0 car elle diminue la distance entre les
deux miroirs.
Pour tenir compte de cette rugosité, l’énergie d’interaction entre deux plaques rugueuses notée EPP (a) est
obtenue en moyennant les contributions des diverses distances effectives :
où a(⃗r) est la distance effective entre les deux points se faisant face correspondant à une position transverse
⃗r. C’est aussi la somme de la longueur moyenne a de la cavité et des profils décrivant la rugosité des surfaces
sur les deux miroirs h1 (⃗r) et h2 (⃗r). Son expression est la suivante :
8
Physique 1
et le symbole ⟨. . .⟩ représente la moyenne sur les positions transverses. La moyenne des distances effectives
notée ⟨a(⃗r)⟩ vérifie ⟨a(⃗r)⟩ = a car les déplacements respectifs moyens notés ⟨h1 ⟩ et ⟨h2 ⟩ sont par définition
nuls.
h1 h2
On suppose que l’amplitude de la rugosité est faible devant a : ≪ 1 et ≪ 1.
a a
h1 + h2
Q-37. Réaliser un développement limité de EPP (a) au deuxième ordre en , en déduire l’expression de
a
EPP (a) en fonction de EPP (a), sa dérivée seconde et h2 a
où h = h1 + h2 .
(1)
Q-38. Montrer alors que l’expression de la force de casimir entre une sphère et un plan notée FC,s tenant compte
de la rugosité peut s’écrire :
" #
(1) h2
FC,s = FC,s 1+6 2 .
a
p
Q-39. En prenant a = 150 nm et en considérant que ⟨h2 ⟩ = 35 nm, calculer l’erreur relative sur la force de
Casimir liée à la présence de la rugosité.
Q-40. Interpréter qualitativement que la rugosité entraîne une augmentation de la force de Casimir.
Figure 5 – Schéma de l’expérience réalisée par U. Mohideen et A. Roy. En appliquant une tension à l’élément
piézoélectrique, la plaque métallique peut être déplacée vers la sphère. L’expérience a été réalisée à température
ambiante et sous une pression de 50 mTorr .
Un extrait de l’article de U. Mohideen et A. Roy est donné ci-dessous, il précise l’exploitation de la courbe donnée
en figure 10 représentant l’évolution du signal issu du détecteur à photodiodes en fonction du déplacement de la
plaque métallique. L’extrait de l’article est le suivant :
«In the AFM, the force on a cantilever is measured by the deflection of its tip. A laser beam is reflected
off the cantilever tip to measure its deflection. A force on the sphere would result in a cantilever
deflection leading to a difference signal between photodiodes A and B (shown in figure 6). This force
and the corresponding cantilever deflection are related by Hooke’s law : F = kd, where k is the force
9
Physique 1
constant, and d is the cantilever deflection.[...] To measure the Casimir force between the sphere and
the plate they are grounded together with the AFM. The plate is then moved towards the sphere in 3.6
nm steps and the corresponding photodiode difference signal was measured (approach curve). The signal
obtained for a typical scan is shown in Fig. 10. Here «0» separation stands for contact of the sphere and
plate surfaces. [...] Region 1 shows that the force curve at large separations is dominated by a linear
signal. This is due to the increased coupling of scattered light into the diodes from the approaching flat
surface. Embedded in the signal is a long range electrostatic force from the contact potential difference
between the sphere and the plate and the Casimir force (small at such large distance).
In region 2 (absolute separations between contact and 250 nm ) the Casimir force is the dominant cha-
racteristic far exceeding all the systematic errors (the electrostatic force is less than 3% of the Casimir
force in this region). Region 3 is the flexing of the cantilever resulting from the continued extension of
the piezo after contact of the two surfaces. Given the distance moved by the flat plate ( x axis), the
difference signal of the photodiodes can be calibrated to a cantilever deflection in nanometers using the
slope of the curve in region 3. The deflection of the cantilever leads to a decrease in the sphere-plate
separation in regions 1 and 2 which can be corrected by use of the slope in region 3 . This cantilever
Spd
deflection correction to the surface separation is of the order of 1% and is given as a = apiezo − ,
m
where a is the corrected separation between the two surfaces, apiezo is the separation from the voltage
applied to the piezo, i.e., x axis of Fig. 10, m is the slope of the linear curve in region 3 , and Spd is
the photodiode difference signal shown along the y axis in Fig. 10. »
Nous allons étudier certains aspects de la photodiode à quadrant, avant de s’intéresser à l’extrait de l’article.
Q-41. Dans le montage de la figure 6 , donner l’expression de la tension de sortie uA en fonction du photocourant
iA issu du quadrant A de la photodiode.
10
Physique 1
Les tensions uA et uB issues des deux quadrants A et B de la photodiode sont reliées au montage de la figure 7
contenant un amplificateur linéaire intégré supposé idéal et de gain infini.
Q-42. Dans le montage de la figure 7 , donner l’expression de la tension de sortie Spd en fonction des photocou-
rants iA et iB issus des deux quadrants de la photodiode. Justifier qu’une déflexion de la pointe donne une
tension de sortie Spd non nulle proportionnelle à la déviation du faisceau laser, pour de petits déplacements
du faisceau.
Le déplacement minimal mesurable du faisceau laser par la photodiode à quadrant est de l’ordre de 0, 75µ m.
4.4.1. Exploitation de l’extrait de l’article
Dans cette expérience le rayon R = 98, 0µ m de la sphère métallique a été mesuré par microscopie électronique à
balayage (figure 8). La plaque et la sphère
p sont en aluminium et l’amplitude quadratique moyenne de la rugosité
des surfaces a été mesurée par AFM : ⟨h2 ⟩ = 35 nm.
Figure 8 – Image de la sphère métallique montée sur la pointe de l’AFM obtenue par microscopie électronique
à balayage.
En mesurant le déplacement de l’extrémité de la pointe du microscope sur laquelle est fixée la sphère, on obtient
11
Physique 1
exp
après calculs l’évolution de la force de Casimir FC,s en fonction de la distance a entre la sphère et la plaque
métallique. Les résultats expérimentaux sont consignés sur la figure 10.
Figure 9 – Allure de l’évolution de la différence des signaux issus des photodiodes en fonction du déplacement
de la plaque.
Q-43. Cette question nécessite de l’initiative de la part du candidat : toute tentative de résolution sera valorisée.
En vous appuyant sur le schéma de la figure 5 , expliquer le principe de la mesure du déplacement de
l’extrémité la pointe dans un microscope à force atomique. Faire un schéma. Préciser la relation entre le
déplacement du faisceau laser dlaser et le déplacement vertical subi par l’extrémité de la poutre noté d
faisant intervenir D la distance entre la photodiode et la poutre et L la longueur de la poutre. Quel doit
être l’ordre de grandeur de D pour mesurer d ∼ 5, 0 nm ?
12
Physique 1
Q-44. Expliquer la signification de la phrase suivante de l’article : «To measure the Casimir force between the
sphere and plate they are grounded together with the AFM. » et expliquer pourquoi l’on prend cette
précaution.
Spd
Q-45. Dans la formule a = apiezo − issue de l’extrait de l’article, expliquer la différence entre a et apiezo et
m
la signification de ces deux termes. Quelle est l’erreur relative effectuée sur a si on l’assimile à apiezo ?
Q-46. Proposer une méthode permettant de déterminer la force de Casimir à partir de la mesure de d.
Q-47. Obtenir à partir de la figure 10, la valeur numérique de la force de Casimir mesurée à la distance a =
exp
150 nm notée FC,s (attention l’abscisse commence à une valeur a = 100 nm ) ainsi que son incertitude,
exp
notée u FC,s . Obtenir la valeur numérique de la force de Casimir théorique sans tenir compte des
corrections puis calculer l’écart normalisé. Obtenir la valeur numérique théorique de la force de Casimir
corr . Calculer l’écart normalisé avec cette nouvelle valeur théorique
tenant compte des corrections, notée FC,s
puis conclure.
Fin.
13