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Concours Blanc

Le document présente un concours blanc en Physique 1, axé sur l'effet Casimir et ses implications théoriques et expérimentales. Il inclut des questions sur l'analyse dimensionnelle, le comportement électromagnétique des métaux, et des calculs numériques associés à la force de Casimir. Les élèves sont encouragés à signaler toute erreur d'énoncé durant l'épreuve.

Transféré par

Abdellatif Hmairrou
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Concours Blanc

Le document présente un concours blanc en Physique 1, axé sur l'effet Casimir et ses implications théoriques et expérimentales. Il inclut des questions sur l'analyse dimensionnelle, le comportement électromagnétique des métaux, et des calculs numériques associés à la force de Casimir. Les élèves sont encouragés à signaler toute erreur d'énoncé durant l'épreuve.

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Le 04/04/2025

Matière : Physique 1
Niveau : MP*
Enseignant : HMAIRROU

CONCOURS BLANC

on veillera à une présentation et une rédaction claires et soignées des copies. Il convient en particulier
de rappeler avec précision les références abordées.
Si, au cours de l’épreuve, un(e) élève repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il(elle) le (la)
signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant clairement les raisons des initiatives qu’il
est amené à prendre

Durée : 4 h

L’usage de la calculatrice est autorisé.


Physique 1

L’effet Casimir
L’effet Casimir, prédit théoriquement en 1948 par le physicien Hendrik Casimir, stipule l’existence d’une force
entre deux miroirs plans parallèles parfaitement réfléchissants placés dans le vide, non chargés et à température
nulle.
La force de Casimir provient des fluctuations de l’énergie du vide (encore appelée énergie du point zéro). Les
longueurs d’onde des fluctuations engendrées par l’énergie du point zéro n’ont pas les mêmes valeurs en l’absence
et en présence de la cavité. Cette différence des modes de fluctuations engendre une différence de densité volumique
d’énergie et donc une différence de pression de radiation à l’intérieur et à l’extérieur de la cavité à l’origine de la
force «issue du vide » entre les deux miroirs.
Le sujet ci-dessous traite de la force de Casimir, de l’obtention de son expression et de sa mise en évidence
expérimentale. Les différentes parties et sous-parties de ce sujet sont largement indépendantes.
Pour les applications numériques on prendra :

Constante de Planck h = 2πℏ = 6, 62607 × 10−34 J s


Constante de Bolztmann kB = 1, 38065 × 10−23 J K−1
Nombre d’Avogadro NA = 6, 02214 × 1023 mol−1
Célérité de la lumière dans le vide c = 299792458 m s−1
Charge élémentaire e = 1, 60218 × 10−19 C
Masse d’un électron me = 9, 1094 × 10−31 kg
Permittivité diélectrique du vide ε0 = 8, 85419 × 10−12 F m−1
Perméabilité magnétique du vide µ0 = 12, 57 × 10−7 Hm−1
Accélération de la pesanteur terrestre g = 9, 81 m s−2
Formulaire et notations :
▶ dans l’ensemble du sujet i ∈ C désigne le nombre complexe tel que i2 = −1, les grandeurs complexes autres
que i sont soulignées ;
´ +∞ x3 π4
▶ on donne le résultat de l’intégrale 0 = ;
ex − 1 15
▶ le développement limité de (1 + x)α à l’ordre 3 au voisinage de x = 0 est le suivant :

α(α − 1) 2 α(α − 1)(α − 2) 3  


(1 + x)α = 1 + αx + x + x + o x3
2 6
▶ dans l’ensemble du problème le point M représente la variable spatiale qui est repérée par rapport à un
repère d’espace d’origine O par ses coordonnées cartésiennes (x, y, z) : la base orthonormée directe associée
−−→
est notée (−
→, −
u → − → −
→ −
→ −

x uy , uz ) et le vecteur position s’écrit OM = xux + y uy + z uz ;

▶ dans la base cartésienne les opérateurs divergence div(A), ⃗ rotationnel − → ⃗


rot(A) ⃗ A)
et laplacien vectoriel ∆( ⃗
ont les expressions suivantes :

⃗ =∇
div(A) ⃗ = ∂Ax + ∂Ay + ∂Az
⃗ ·A
∂x ∂y ∂z

−→ ⃗ ∂Az ∂Ay ∂Ax ∂Az ∂Ay ∂Ax −


     
⃗ ∧A
rot(A) = ∇ ⃗= − −
→+
u − −
→+
u − →
u
x y z
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
⃗ = ∆ (Ax ) −
⃗ A) → + ∆ (A ) −
→ −

−−→  ∂ 2 Ax ∂ 2 Ax ∂ 2 Ax
∆( ux y uy + ∆ (Az ) uz avec ∆ (Ax ) = div grad (Ax ) = + + .
∂x2 ∂y 2 ∂z 2

1
Physique 1
−→ −→ ⃗ −−→ ⃗ A)
⃗ − ∆( ⃗ ;
▶ - on rappelle la formule d’analyse vectorielle rot(rot(A)) = grad(div(A))

▶ on rappelle les relations de passage qui donnent la discontinuité spatiale du champ électrique et du champ
magnétique au niveau d’une interface entre deux milieux sur laquelle existe une densité surfacique de charge,


notée σ, et une distribution de courant de surface, notée jS :


→ − → σ −−→ −
→ − → →

E2 − E1 = − n1→2 et B2 − B1 = µ0 jS ∧ −
n−1→2
−→
ε0

où − −→ est le vecteur unitaire normal à l’interface dirigé du côté 1 vers le côté 2.−
n−1→2
→ − →
E1 et B1 (respectivement

→ − →
E2 et B2 ) sont les champs au niveau de l’interface du côté 1 (respectivement du côté 2 ).

1. Ordre de grandeur
Pour commencer, nous allons obtenir l’expression de la force de Casimir par analyse dimensionnelle puis évaluer
son ordre de grandeur.
La force de Casimir exercée par le miroir M1 sur un élément de surface S = L2 du miroir M2 représentés sur le
schéma de la figure 1 est donnée par l’expression suivante :

→ π 2 ℏp cq ar S −

FC = − uz (1)
√ 240
où a ≪ S est la distance entre les deux miroirs. L’axe (Oz) est perpendiculaire aux deux miroirs, l’origine de
l’axe étant pris sur le miroir M1 .p, q et r sont des nombres entiers. Pour l’ensemble des calculs d’électromagnétisme
abordés dans la suite, les deux miroirs seront considérés infinis.

Figure 1 – Force de Casimir qui s’exerce entre deux plans parallèles parfaitement conducteurs (la figure n’est
pas à l’échelle).

Q-1. Obtenir par analyse dimensionnelle les valeurs numériques de p, q et r qui interviennent dans l’expression
−→
de la force Casimir FC .

Q-2. Calculer numériquement la force de Casimir qui s’exerce entre deux miroirs plans de surface S = 1, 0 cm2 ,
distants de a = 100 nm. La force de Casimir est-elle attractive ou répulsive ? Calculer numériquement la
différence de pression correspondante notée ∆Pcas qui s’exerce sur l’une des plaques.

Q-3. Quel est le rayon d’une gouttelette d’eau dont le poids a la même intensité que la force de Casimir calculée
dans la question précédente ?

2. Comportement électromagnétique des métaux et pression de radiation


Le calcul théorique de la force de Casimir fait intervenir les modes propres d’une cavité formée par deux plans
conducteurs parfaits parallèles. Les ondes électromagnétiques réfléchies sur un tel conducteur font apparaître une
force surfacique que l’on assimile à la pression de radiation.
Dans cette partie nous allons nous intéresser au comportement électromagnétique des métaux pour différents
modèles : modèle du conducteur parfait et modèle du conducteur de conductivité finie dans différents domaines
de longueurs d’onde et de pulsations. Les objectifs de cette partie sont multiples :

2
Physique 1
▶ obtenir l’expression de la pulsation plasma, qui est caractéristique du comportement électromagnétique du
métal et qui intervient dans les corrections pour la mesure de la force Casimir ;

▶ obtenir l’expression de la pression de radiation ;

▶ obtenir les modes propres d’une cavité formée par deux conducteurs plans parfaits parallèles ;

▶ comprendre le comportement des métaux dans différents domaines de pulsations (ou de longueurs d’onde).

2.1. La pulsation plasma des métaux : oscillations collectives des électrons libres
Pour déterminer l’expression de la pulsation plasma notée ωp on utilise le modèle simplifié suivant. Initialement
L0 L0
le métal est neutre, immobile et localisé entre les abscisses x = − et x = . On suppose que les dimensions
2 2
du métal sont illimitées dans les directions de l’axe ( Oy ) et (Oz) (on néglige les effets de bords).
On note ne la densité particulaire des électrons libres de masse me et de charge qe = −e. Suite à une perturbation,
les électrons libres se déplacent en un seul bloc centré sur l’abscisse Xe (t) comme schématisé sur la figure 2

Figure 2 – Représentation schématique du déplacement du nuage d’électrons libres.

Q-4. Obtenir l’expression de la densité volumique de charge ρ(x) à un instant de date t.

Q-5. Déterminer les variables et la direction du champ électrique E⃗ p engendré par la distribution de charge
précédente. Obtenir l’expression du champ électrique en tout point de l’espace et tracer l’évolution de sa
composante non nulle en fonction de x.

Q-6. Écrire l’équation du mouvement du bloc d’électrons libres déplacés en négligeant les forces autres que la
force de Lorentz électrique et en supposant |Xe | ≪ L0 . En déduire l’expression de la pulsation propre ωp
de ces oscillations collectives.

Q-7. Calculer numériquement la pulsation plasma ωp avec une densité particulaire en électrons libres ne =
1, 81 × 1029 m−3 puis la longueur d’onde correspondante λp dans le cas de l’aluminium. À quel domaine
du spectre des ondes électromagnétiques appartient λp ?

2.2. Modèle du conducteur parfait


Le modèle de Drüde nous donne l’expression du vecteur densité de courant électrique complexe ⃗j dans un métal
conducteur soumis à un champ électrique sinusoïdal de pulsation ω noté E ⃗ :
⃗j = γ 0 →

E (2)
1 + iωτ
2
ne e τ
où γ0 = est la conductivité électrique du métal et τ ≃ 10−14 s est la durée moyenne entre deux chocs
me
successifs des électrons libres sur les cations du réseau dans le modèle de Drüde.
Pour des conditions d’excitation non résonnantes (ω ̸= ωp ), la densité volumique de charges est nulle dans le
métal : ρ = 0. Par ailleurs la permittivité diélectrique relative et la perméabilité magnétique relative du métal
sont supposées unitaires : µr = εr = 1.

Q-8. Écrire les équations de Maxwell vérifiée par le champ électromagnétique dans le métal conducteur.

Q-9. Simplifier l’expression du vecteur densité de courant électrique dans le cas du domaine ohmique où ωτ ≪ 1.

3
Physique 1
Q-10. Rappeler l’ordre de grandeur de la conductivité γ0 d’un métal. Simplifier l’écriture de l’équation de Maxwell-
Ampère dans le domaine ohmique en comparant le vecteur densité de courant électrique et le vecteur densité
de courant de déplacement. On considère la propagation d’une onde électromagnétique plane progressive
harmonique dont le champ électrique complexe a l’expression suivante :

⃗ =−
E

E0 expi(ωt−kz)

Q-11. Obtenir la relation de dispersion : relation entre k et ω dans le domaine ohmique. En déduire que dans
ce domaine une onde électromagnétique se propage avec une longueur caractéristique d’atténuation notée
δ(ω) appelée épaisseur de peau. Préciser l’expression de δ(ω). Dans le modèle du conducteur parfait, on
suppose que la conductivité électrique γ0 du métal tend vers l’infini.

Q-12. Justifier que le champ électrique et le champ magnétique sont nuls dans un milieu conducteur parfait.

2.3. Réflexion sur un milieu conducteur parfait : pression de radiation


On envisage une onde électromagnétique incidente se propageant dans le vide (milieu situé du côté z < 0 ) et
qui arrive en incidence normale sur une interface avec un milieu conducteur parfait située en z = 0 ; le champ
électrique associé à cette onde est le suivant :


Ei = E0 cos(ωt − kz)−

ux

Q-13. Quel est l’état de polarisation de l’onde incidente ? Obtenir l’expression du champ magnétique incident

→ ⃗ i associé à l’onde électromagnétique
Bi associé à l’onde incidente, ainsi que le vecteur de Poynting noté Π
incidente.


Q-14. Proposer, en justifiant, une expression du champ électrique réfléchi noté E⃗ r . En déduire les expressions du
−→ −

champ magnétique réfléchi Br et du vecteur de Poynting Πr associé à l’onde électromagnétique réfléchie.

Q-15. Définir et calculer le coefficient de réflexion en puissance sur un milieu conducteur parfait.


Q-16. Calculer le vecteur densité de courant surfacique jS qui apparaît au niveau du plan conducteur parfait
situé en z = 0. En déduire l’expression de la force de Laplace surfacique :

δ F⃗Lap − −
→ →
= jS ∧ Bi (z = 0, t)
dS
qui s’exerce sur le plan conducteur puis la valeur moyenne temporelle ⟨Prad ⟩ de la pression, appelée pression
de radiation, qui s’exerce sur le plan conducteur.

Q-17. Faire le lien entre la pression de radiation moyenne ⟨Prad ⟩ et la densité volumique moyenne d’énergie
électromagnétique en z = 0− notée ⟨uem ⟩.
La quantification du rayonnement permet d’interpréter la pression de radiation en termes de photons.

Q-18. Donner l’expression de la quantité de mouvement notée p⃗ associée à un photon du rayonnement électro-
magnétique incident.

Q-19. On note n⋆ la densité particulaire en photons. Quel est le lien entre n⋆ et la densité volumique d’énergie
électromagnétique moyenne ⟨uem ⟩ ?

Q-20. En faisant un bilan de quantité de mouvement sur un ensemble de photons à préciser, retrouver l’expression
de la pression de radiation ⟨Prad ⟩ exercée par les photons incidents sur l’interface avec le milieu conducteur
parfait.

4
Physique 1
2.4. Champ électromagnétique dans une cavité formée par deux milieux conducteurs par-
faits
Pour obtenir l’expression de la force de Casimir il faut connaître les modes propres d’une cavité. Pour cela on
considère une onde électromagnétique dans une cavité formée par deux milieux conducteurs parfaits distants de
a formant des plans supposés infinis perpendiculaires à l’axe ( Oz ) comme représentés sur la figure 1 (on néglige
les effets de bords en supposant L ≫ a ).


Q-21. Quelle est l’équation vérifiée par le champ électrique E(M, t) au sein de la cavité vide de charge et de
courant ? Quelle est le nom de cette équation ? Donner un exemple issu d’un autre domaine de la physique
où cette équation est vérifiée. On cherche des solutions dans la cavité avec un champ électrique de la
forme :


E(M, t) = E0 cos (kz z + φz ) cos (ωt − kx x) −

uy

Q-22. Quelles sont les conditions aux limites imposées sur le champ électrique par la présence des milieux
conducteurs parfaits ? Obtenir les expressions de kz et φz qui vérifient ces conditions aux limites.
⃗ proposé est-il bien une solution de l’équation de la question 21 ?
Q-23. À quelle condition le champ électrique E

Q-24. La relation de dispersion fait apparaître une pulsation de coupure dépendant d’un nombre entier. Calculer
numériquement la fréquence de coupure correspondant au mode fondamental (lorsque l’entier est égal à 1)
pour a = 100 nm. À quel domaine du spectre des ondes électromagnétiques correspond cette fréquence ?

2.5. Réflexion sur un milieu conducteur dans le domaine optique


Q-25. Dans le domaine optique on suppose τ ω ≫ 1 (on rappelle que τ ≃ 10−14 s est la durée moyenne entre
deux chocs successifs des électrons libres sur les cations du réseau). Que devient l’expression du vecteur
densité de courant électrique (2) dans le domaine optique ? En déduire la relation de dispersion dans ce
domaine et montrer qu’elle fait intervenir la pulsation plasma ωp du milieu conducteur.

Q-26. Une onde électromagnétique de pulsation ω correspondant au domaine optique se propage dans le vide
et arrive en incidence normale sur un milieu conducteur. Décrire en quelques lignes le comportement au
niveau de l’interface en fonction de la relation d’ordre qui existe entre ω et ωp .

3. La force de Casimir : une conséquence des fluctuations de l’énergie de point


zéro
Dans cette partie, nous allons aborder quelques aspects quantiques de la force de Casimir.
3.1. L’oscillateur harmonique et l’énergie de point zéro
Le modèle de l’oscillateur harmonique a de nombreuses applications :

▶ Classiquement, le mouvement conservatif d’un point au voisinage d’une position d’équilibre stable est du
type harmonique.

▶ Au niveau microscopique, les interactions entre les atomes d’une molécule, proches de l’équilibre, sont
modélisées par des forces élastiques. On peut se ramener au modèle de l’oscillateur harmonique pour
étudier les vibrations des molécules et aussi les états vibratoires du vide.

Dans un premier temps, nous allons revoir l’oscillateur harmonique classique. Dans un second temps, l’étude
quantitative des états vibratoires nécessitant un traitement quantique, nous trouverons l’expression de l’énergie
de point zéro à partir de l’inégalité de Heisenberg.
On considère une particule de masse m astreinte à se déplacer sur un axe (Ox), l’écart par rapport à sa position
d’équilibre est notée x. Dans la description classique la particule oscille autour de cette position d’équilibre avec
une pulsation propre notée ω0 . Elle évolue dans un potentiel harmonique dont l’énergie potentielle est de la forme
1
Vp (x) = mω02 x2 . Le système est conservatif.
2

5
Physique 1
Q-27. Écrire l’énergie mécanique Em de la particule dans la description classique et en déduire l’équation diffé-
rentielle vérifiée par x(t).

Q-28. La particule est située à l’instant initial à l’abscisse x = 0 avec une vitesse ⃗v = v0 −
→. Obtenir l’expression
ux
de la solution de l’équation différentielle correspondant aux conditions initiales décrites.

Q-29. Présenter un système physique vérifiant une telle équation différentielle. Obtenir l’expression de ω0 pour
l’exemple proposé en fonction des paramètres physiques du système.

Q-30. En utilisant l’inégalité de Heisenberg ∆x∆px ≥ et les expressions que vous avez trouvées pour l’os-
2
cillateur classique dans les questions précédentes, montrer que l’énergie moyenne de l’oscillateur ⟨Em ⟩ est
bornée et a une valeur minimale.

3.2. Obtention de l’expression de la force de Casimir


Le calcul exact de l’expression de la force de Casimir a été fait par H. B. G. Casimir en 1948 1 . Il suppose que la
température est nulle ( T = 0 K ).
Considérons une cavité de largeur a, délimitée par des parois parfaitement conductrices composée de deux plaques
carrées de côtés L et parallèles au plan ( xOy ) (voir figure 1 pour les notations). Casimir a comparé la situation
dans laquelle les deux plaques sont fortement espacées (cas numéro 1 où a est de l’ordre de grandeur de L et
qui sera considéré plus tard comme l’infini) à celle où elles sont faiblement espacées (cas numéro 2 où a ≪ L ).
Dans les deux cas, nous allons donner une expression de l’énergie totale dans la cavité en écrivant la somme des
énergies de point zéro des modes du champ électromagnétique. Ces énergies seront notées respectivement Etot I
II .
et Etot
Les modes de vibrations possibles de la cavité définie par :

L L L L

≤x≤ , − ≤y≤ , 0≤z≤a
2 2 2 2
sont associés aux vecteurs d’onde dont les coordonnées sont de la forme :
nx π ny π nz π
kx = , ky = , kz =
L L a
où nx , ny et nz sont des entiers positifs et k = kx2 + ky2 + kz2 . Dans un premier temps on cherche à écrire
p

l’énergie totale correspondant à la somme des modes propres lorsqu’on fait varier kx uniquement. La longueur L
de la cavité dans la direction de l’axe (Ox) est suffisamment grande pour considérer que kx varie continûment
de 0 à +∞.
ℏkc
L’énergie de point zéro d’un mode est égale à E0 = .
2
Q-31. On fait varier kx d’une petite quantité dkx . Combien de modes (noté dnx ) a-t-on entre kx et kx + dkx ?
En déduire l’énergie δEx des modes compris entre kx et kx + dkx . Que dire de l’énergie totale Ex des
modes propres lorsque kx varie de 0 à +∞ ? On fait maintenant varier kx et ky continûment de 0 à +∞.

Q-32. Écrire l’énergie δEx,y obtenue lorsqu’on fait varier kx d’une petite quantité dkx puis ky d’une petite
quantité dky . En déduire l’expression de l’énergie totale Ex,y . On modifie l’expression précédente de Ex,y
I
en introduisant rk2 = kx2 + ky2 et on obtient l’expression de l’énergie totale Etot dans le cas d’une cavité de
grande longueur en sommant sur les modes propres correspondant à kz :
ˆ +∞ ˆ +∞ q
I ℏcL2 a
Etot = rk2 + kz2 rk drk dkz
2π π kz =0 rk =0

Dans le cas d’une petite cavité (cas numéro 2), il faut tenir compte de la quantification des modes propres
dans la direction de l’axe (Oz). On obtient alors pour l’expression de l’énergie totale :

ˆ ∞


s 
ℏcL2 π 1 X n2 π 2
II
Etot =  rk2 + z 2  rk drk
π2 2 0 2 nz =−∞ a

1. Calcul présenté par Casimir en 1948 « H.B.G. Casimir and D. Polder, Phys Rev 73,360 »

6
Physique 1
I
Ces deux énergies totales Etot II divergent car elles correspondent à la somme sur une infinité de
et Etot
modes propres, néanmoins la différence peut être calculée à l’aide de la formule d’Euler-Maclaurin, le résultat
donne :
II I ℏcπ 2 L2
EPP (a) = Etot − Etot =− (3)
24 × 30a3
Q-33. Retrouver à partir de l’expression (3) la force de Casimir.

4. Mesure de la force de Casimir


Suite à la prédiction théorique faite en 1948, de nombreuses équipes de recherche se sont attelées à la mesure
de l’effet Casimir. Les premières mesures de précision ont été obtenues à la fin des années 1990. Pour éviter les
problèmes pratiques liés à l’alignement de deux surfaces planes distantes de moins de 1, 0µ m, dans les expériences
menées l’une des deux surfaces métalliques est souvent une sphère de rayon R, l’expression de la force de Casimir
est alors modifiée. Dans cette géométrie, utilisée dans toute la suite du sujet, l’expression de la force de Casimir
entre un plan métallique et une sphère métallique devient (lorsque les deux surfaces sont séparées par du vide et
que les deux métaux sont assimilés à des milieux conducteurs parfaits) :
−−→ 3
FC,s = FC,s −→ = − π ℏcR −
u →
u (4)
z z
360a3
avec a la plus petite distance entre la sphère et le plan métallique comme représenté sur la figure 3.

Figure 3 – Force Casimir qui s’exerce entre une surface plane et une sphère distante de a.

Les différentes expériences ont permis de mettre en évidence les principales corrections liées à la situation expé-
rimentale, et dont il faut tenir compte pour comparer la mesure à l’expression (4). Les corrections étudiées ici
sont liées :

▶ à la rugosité des surfaces ;

▶ aux éventuels effets de température.

4.1. Effet de la température


L’expression (4) est correcte à température nulle, lorsque seuls les modes propres liés à l’énergie du point zéro
exercent une pression de radiation sur les plaques. À température non nulle, il faut tenir compte de la pression
de radiation exercée par les photons d’origine thermique.
La densité volumique d’énergie des photons par mode à la température T est issue de la loi de Planck :

∂u ℏω 3 1
= 2 3 en Jm−3 s
∂ω π c ℏω
e kB T − 1

7
Physique 1
Q-34. Quel est l’ordre de grandeur typique de la longueur d’ondes pour les photons thermiques à température
ambiante ? En comparant à la taille a de la cavité, conclure sur la présence de photons thermiques au sein
de la cavité.

Q-35. Quel est l’ordre de grandeur de la pression de radiation liée aux photons thermiques à température
ambiante ? Comparer à ∆Pcas , la différence de pression calculée à la question 2 . Conclure sur l’effet de la
température dans les mesures de l’effet Casimir.

4.2. Correction liée à la rugosité


L’expression (4) de la force de Casimir entre un plan et une sphère distants de a est obtenue en considérant que
les deux surfaces n’ont pas de rugosité. Expérimentalement, ce n’est pas le cas.
Pour l’étude de la rugosité, on se ramène à l’étude de deux plans parallèles distants de a. En effet la force
−−→
FC,S donnée par la formule (4) s’écrit à l’aide de l’énergie d’interaction entre deux surfaces planes sous la forme
−−→
FC,S = KEPP (a)− → où E (a) est donnée par l’expression (3).
uz PP

Q-36. Donner l’expression de la constante multiplicative K en fonction des paramètres géométriques introduits.
On suppose que les deux miroirs ont des profils de rugosité définis par les fonctions algébriques h1 (⃗r) et
−−→
h2 (⃗r) où ⃗r = OM = x−
→ + y−
u x
→ est la position transverse dans la cavité orthogonale à la direction de l’axe
uy
(Oz) comme représenté sur le schéma de la figure 4.
La fonction h1 (⃗r) (de même pour h2 (⃗r) ) est positive lorsqu’elle augmente la distance entre les deux miroirs,
négative sinon.

Figure 4 – Schéma représentant les profils de rugosité sur les deux miroirs plans parallèles. Sur ce schéma
h1 (M ) > 0 car elle augmente la distance entre les miroirs et h2 (M ) < 0 car elle diminue la distance entre les
deux miroirs.

Pour tenir compte de cette rugosité, l’énergie d’interaction entre deux plaques rugueuses notée EPP (a) est
obtenue en moyennant les contributions des diverses distances effectives :

EPP (a) = ⟨EPP (a(⃗r))⟩

où a(⃗r) est la distance effective entre les deux points se faisant face correspondant à une position transverse
⃗r. C’est aussi la somme de la longueur moyenne a de la cavité et des profils décrivant la rugosité des surfaces
sur les deux miroirs h1 (⃗r) et h2 (⃗r). Son expression est la suivante :

a(⃗r) = a + h1 (⃗r) + h2 (⃗r)

8
Physique 1
et le symbole ⟨. . .⟩ représente la moyenne sur les positions transverses. La moyenne des distances effectives
notée ⟨a(⃗r)⟩ vérifie ⟨a(⃗r)⟩ = a car les déplacements respectifs moyens notés ⟨h1 ⟩ et ⟨h2 ⟩ sont par définition
nuls.
h1 h2
On suppose que l’amplitude de la rugosité est faible devant a : ≪ 1 et ≪ 1.
a a
h1 + h2
Q-37. Réaliser un développement limité de EPP (a) au deuxième ordre en , en déduire l’expression de
a
EPP (a) en fonction de EPP (a), sa dérivée seconde et h2 a
où h = h1 + h2 .
(1)
Q-38. Montrer alors que l’expression de la force de casimir entre une sphère et un plan notée FC,s tenant compte
de la rugosité peut s’écrire :
" #
(1) h2
FC,s = FC,s 1+6 2 .
a
p
Q-39. En prenant a = 150 nm et en considérant que ⟨h2 ⟩ = 35 nm, calculer l’erreur relative sur la force de
Casimir liée à la présence de la rugosité.

Q-40. Interpréter qualitativement que la rugosité entraîne une augmentation de la force de Casimir.

4.3. Mesure de la force de Casimir en utilisant un microscope à force atomique (AFM)


En 1998, U. Mohideen et A. Roy font des mesures de précision de la force de Casimir en utilisant un microscope
à force atomique. Le schéma de l’expérience est représenté sur la figure 5 . Dans cette partie plusieurs figures et
les courbes sont issues de l’article «U. Mohideen and A. Roy, Precision measurement of Casimir force from 0,1
to 0, 9µ m, PRL, volume 81, 4549 (1998). »

Figure 5 – Schéma de l’expérience réalisée par U. Mohideen et A. Roy. En appliquant une tension à l’élément
piézoélectrique, la plaque métallique peut être déplacée vers la sphère. L’expérience a été réalisée à température
ambiante et sous une pression de 50 mTorr .

Un extrait de l’article de U. Mohideen et A. Roy est donné ci-dessous, il précise l’exploitation de la courbe donnée
en figure 10 représentant l’évolution du signal issu du détecteur à photodiodes en fonction du déplacement de la
plaque métallique. L’extrait de l’article est le suivant :
«In the AFM, the force on a cantilever is measured by the deflection of its tip. A laser beam is reflected
off the cantilever tip to measure its deflection. A force on the sphere would result in a cantilever
deflection leading to a difference signal between photodiodes A and B (shown in figure 6). This force
and the corresponding cantilever deflection are related by Hooke’s law : F = kd, where k is the force

9
Physique 1
constant, and d is the cantilever deflection.[...] To measure the Casimir force between the sphere and
the plate they are grounded together with the AFM. The plate is then moved towards the sphere in 3.6
nm steps and the corresponding photodiode difference signal was measured (approach curve). The signal
obtained for a typical scan is shown in Fig. 10. Here «0» separation stands for contact of the sphere and
plate surfaces. [...] Region 1 shows that the force curve at large separations is dominated by a linear
signal. This is due to the increased coupling of scattered light into the diodes from the approaching flat
surface. Embedded in the signal is a long range electrostatic force from the contact potential difference
between the sphere and the plate and the Casimir force (small at such large distance).
In region 2 (absolute separations between contact and 250 nm ) the Casimir force is the dominant cha-
racteristic far exceeding all the systematic errors (the electrostatic force is less than 3% of the Casimir
force in this region). Region 3 is the flexing of the cantilever resulting from the continued extension of
the piezo after contact of the two surfaces. Given the distance moved by the flat plate ( x axis), the
difference signal of the photodiodes can be calibrated to a cantilever deflection in nanometers using the
slope of the curve in region 3. The deflection of the cantilever leads to a decrease in the sphere-plate
separation in regions 1 and 2 which can be corrected by use of the slope in region 3 . This cantilever
Spd
deflection correction to the surface separation is of the order of 1% and is given as a = apiezo − ,
m
where a is the corrected separation between the two surfaces, apiezo is the separation from the voltage
applied to the piezo, i.e., x axis of Fig. 10, m is the slope of the linear curve in region 3 , and Spd is
the photodiode difference signal shown along the y axis in Fig. 10. »
Nous allons étudier certains aspects de la photodiode à quadrant, avant de s’intéresser à l’extrait de l’article.

4.4. Utilisation de la photodiode à quadrants


La déflexion de la pointe de l’AFM est mesurée à l’aide d’une photodiode à quadrant, en l’absence de déflexion les
deux quadrants A et B de la photodiode reçoivent une même intensité lumineuse, la différence entre les signaux
de sorties des deux quadrants est nulle.
La déflexion de la pointe entraine la déviation du faisceau laser et une modification de l’éclairement des deux
quadrants A et B de la photodiode.
Chaque quadrant de la photodiode est relié à un montage convertisseur courant-tension comme représenté sur la
figure 6 . Ce montage contient un amplificateur linéaire intégré supposé idéal et de gain infini.

Figure 6 – Montage convertisseur courant-tension.

Q-41. Dans le montage de la figure 6 , donner l’expression de la tension de sortie uA en fonction du photocourant
iA issu du quadrant A de la photodiode.

10
Physique 1

Figure 7 – Montage soustracteur

Les tensions uA et uB issues des deux quadrants A et B de la photodiode sont reliées au montage de la figure 7
contenant un amplificateur linéaire intégré supposé idéal et de gain infini.

Q-42. Dans le montage de la figure 7 , donner l’expression de la tension de sortie Spd en fonction des photocou-
rants iA et iB issus des deux quadrants de la photodiode. Justifier qu’une déflexion de la pointe donne une
tension de sortie Spd non nulle proportionnelle à la déviation du faisceau laser, pour de petits déplacements
du faisceau.

Le déplacement minimal mesurable du faisceau laser par la photodiode à quadrant est de l’ordre de 0, 75µ m.
4.4.1. Exploitation de l’extrait de l’article
Dans cette expérience le rayon R = 98, 0µ m de la sphère métallique a été mesuré par microscopie électronique à
balayage (figure 8). La plaque et la sphère
p sont en aluminium et l’amplitude quadratique moyenne de la rugosité
des surfaces a été mesurée par AFM : ⟨h2 ⟩ = 35 nm.

Figure 8 – Image de la sphère métallique montée sur la pointe de l’AFM obtenue par microscopie électronique
à balayage.

En mesurant le déplacement de l’extrémité de la pointe du microscope sur laquelle est fixée la sphère, on obtient

11
Physique 1
exp
après calculs l’évolution de la force de Casimir FC,s en fonction de la distance a entre la sphère et la plaque
métallique. Les résultats expérimentaux sont consignés sur la figure 10.

Figure 9 – Allure de l’évolution de la différence des signaux issus des photodiodes en fonction du déplacement
de la plaque.

Figure 10 – Résultats expérimentaux de la force de Casimir mesurée en fonction de la distance sphère-plaque.


La courbe en trait plein représente l’expression théorique de la force Casimir tenant compte des corrections de
conductivité et de rugosité. La courbe en trait pointillé correspond à la courbe théorique de la force de Casimir
sans correction. Les points de mesures sont représentés par des carrés dont la dimension permet d’estimer les
incertitudes de mesure.

Q-43. Cette question nécessite de l’initiative de la part du candidat : toute tentative de résolution sera valorisée.
En vous appuyant sur le schéma de la figure 5 , expliquer le principe de la mesure du déplacement de
l’extrémité la pointe dans un microscope à force atomique. Faire un schéma. Préciser la relation entre le
déplacement du faisceau laser dlaser et le déplacement vertical subi par l’extrémité de la poutre noté d
faisant intervenir D la distance entre la photodiode et la poutre et L la longueur de la poutre. Quel doit
être l’ordre de grandeur de D pour mesurer d ∼ 5, 0 nm ?

12
Physique 1
Q-44. Expliquer la signification de la phrase suivante de l’article : «To measure the Casimir force between the
sphere and plate they are grounded together with the AFM. » et expliquer pourquoi l’on prend cette
précaution.
Spd
Q-45. Dans la formule a = apiezo − issue de l’extrait de l’article, expliquer la différence entre a et apiezo et
m
la signification de ces deux termes. Quelle est l’erreur relative effectuée sur a si on l’assimile à apiezo ?

Q-46. Proposer une méthode permettant de déterminer la force de Casimir à partir de la mesure de d.

Q-47. Obtenir à partir de la figure 10, la valeur numérique de la force de Casimir mesurée à la distance a =
exp
150 nm notée FC,s (attention l’abscisse commence à une valeur a = 100 nm ) ainsi que son incertitude,
 
exp
notée u FC,s . Obtenir la valeur numérique de la force de Casimir théorique sans tenir compte des
corrections puis calculer l’écart normalisé. Obtenir la valeur numérique théorique de la force de Casimir
corr . Calculer l’écart normalisé avec cette nouvelle valeur théorique
tenant compte des corrections, notée FC,s
puis conclure.

Fin.

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