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Cours Filtration

La filtration est un procédé de séparation essentiel qui permet d'éliminer les particules solides d'un liquide en utilisant un milieu poreux. Elle est classée selon différents critères, tels que le mode de fonctionnement et la taille des pores, et utilise divers matériaux filtrants adaptés aux besoins spécifiques de chaque application. Les contrôles de filtration sont cruciaux pour garantir l'efficacité du processus et la qualité du filtrat, avec des avancées récentes dans les matériaux et les technologies de surveillance.

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Cours Filtration

La filtration est un procédé de séparation essentiel qui permet d'éliminer les particules solides d'un liquide en utilisant un milieu poreux. Elle est classée selon différents critères, tels que le mode de fonctionnement et la taille des pores, et utilise divers matériaux filtrants adaptés aux besoins spécifiques de chaque application. Les contrôles de filtration sont cruciaux pour garantir l'efficacité du processus et la qualité du filtrat, avec des avancées récentes dans les matériaux et les technologies de surveillance.

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Cours sur la Filtration

I. Introduction
La filtration est un procédé de séparation qui permet de séparer les constituants d’un
mélange comportant une phase liquide et une phase solide en faisant passer le mélange à
travers un milieu poreux. Le filtre retient les particules solides plus grosses que ses pores,
tandis que le liquide purifié (le filtrat ou perméat) s’écoule à travers le support. Le résidu
solide accumulé, appelé le rétentat ou gâteau de filtration, peut ultérieurement être
récupéré. Cette technique est omniprésente dans l’industrie : agroalimentaire, chimie,
pharmacie, traitement des eaux…. Par exemple, la filtration est utilisée pour clarifier les
boissons (vin, bière, jus), pour purifier l’eau ou encore dans les laboratoires pour séparer un
solide d’un liquide. De nombreuses espèces aquatiques utilisent aussi la filtration (éponge,
lamellibranches) comme mode d’alimentation, et l’homme la retrouve dans l’organe rénal
qui filtre le sang

II. Généralités
La filtration, qu’elle soit naturelle (par exemple la percolation de l’eau à travers un sol) ou
artificielle (dispositifs industriels ou de laboratoire), repose sur des principes physiques et
mécaniques. Le paramètre le plus simple à mesurer pour évaluer l’efficacité d’un filtre est la
turbidité du filtrat, c’est-à-dire la concentration de particules en suspension. Dans les usines
de traitement d’eau, on surveille en continu la turbidité de l’eau brute et de l’eau filtrée pour
détecter tout problème. D’autres mesures complémentaires, telles que la pression avant et
après le filtre, le pH ou la conductivité, peuvent aussi servir à contrôler la qualité de
filtration. L’objectif est toujours d’obtenir un filtrat (perméat) clair et sans particules
indésirables, tout en contrôlant le colmatage du filtre et en permettant le nettoyage ou la
régénération du matériau filtrant lorsque cela est nécessaire.

III. Classification

Les méthodes de filtration peuvent être classées selon plusieurs critères:

- Selon le mode de fonctionnement: filtration frontale, filtration tangentielle


- Selon le type de filtration: filtration en surface, filtration en profondeur
- Selon le mode d’entraînement: gravitaire, sous vide, sous pression ou par centrifugation

On peut classer les procédés de filtration selon différents critères. D’un point de vue
opérationnel on distingue notamment :
• Filtration frontale (dead-end) : le fluide traverse le filtre perpendiculairement à sa
surface et toutes les particules sont déposées sur le filtre. Cette technique, très
connue (ex. : filtre à café, filtration sur Büchner), conduit au colmatage rapide du
filtre car les solides s’accumulent à sa surface.

• Filtration tangentielle (cross-flow) : le fluide s’écoule parallèlement à la surface


du filtre. La pression du fluide pousse une partie du liquide à travers le filtre tandis
que les particules restent en circulation. Le colmatage est alors beaucoup plus lent,
ce qui permet des filtrations en continu, notamment pour les particules de l’ordre du
nanomètre au micromètre. Cette méthode est courante en filtration sur membranes
(micro- ou ultrafiltration).

On classe aussi les filtres en fonction de la taille de leurs pores (ou diamètres de coupure) :

• Filtration clarifiante : diamètre de pore typique 10–450 µm (pour enlever les gros
sédiments).

• Microfiltration : pores d’environ 20 nm à 10 µm (traitement des liquides


organiques, culture de bactéries).

• Ultrafiltration : pores d’environ 1–2 nm à 10–20 nm (rétention de protéines, virus).

• Osmose inverse : pores très fins, de l’ordre de 0,1–1 nm (production d’eau purifiée
par élimination des sels).

• Filtration stérilisante : pores inférieurs à 0,22 µm (220 nm) pour retenir les micro-
organismes (utilisée par exemple pour stériliser les solutions pharmaceutiques).

Les filtres mécaniques – tels que les filtres-presse, filtres à tambour, lits de sable, filtres
à manches – utilisent un milieu filtrant inerte (toile, plaque, lits de sable…) pour séparer les
solides. Par exemple, le filtre-presse à bande ci-dessus est utilisé dans le traitement des
boues d’épuration : la boue étalée est pressée entre deux toiles, laissant passer l’eau
clarifiée et formant un gâteau de solides sur la bande.
Élément cylindrique d’un filtre membrane (ici après filtration d’un moût de raisin en
vinification). Les fines rainures (rouges) sont le support filtrant en matériau synthétique. Les
membranes microporeuses retiennent les solides à l’entrée du filtre tout en laissant passer le
liquide, selon un principe de filtration tangentielle.

À côté, les filtres à membrane (en polymères comme le nylon, le PVDF, ou en céramique)
possèdent des pores uniformes très fins. Ils sont largement utilisés en microfiltration et
ultrafiltration : le liquide est poussé à travers la membrane, tandis que les particules sont
bloquées (et évacuées par un écoulement en flux tangentiel). Par exemple, l’élément
photographié ci-dessus illustre un module filtrant en laboratoire. Les membranes
permettent de réaliser des séparations très fines (par exemple en biotechnologie ou
traitement d’eau) et peuvent fonctionner en continu grâce à la configuration cross-flow qui
limite le colmatage.

IV. Mécanisme
Plusieurs mécanismes physiques entrent en jeu lors de la filtration. Le criblage (ou
tamisage) est un phénomène de filtration en surface : les particules plus grosses que les
pores du filtre sont retenues à la surface du média filtrantfr.wikipedia.org. Au début de la
filtration, un gâteau de particules (résidu) se forme à la surface du filtre, servant alors de
couche supplémentaire de filtration. Par exemple, la filtration sous vide sur un entonnoir
Büchner (image ci-dessous) illustre ce mode : le fluide est aspiré à travers le papier filtre, et
les solides restent en surface, formant progressivement le gâteau de filtration. Ce mode est
efficace pour les gros solides, mais l’accumulation en surface finit par colmater le filtre.

Filtration sous vide en laboratoire (entonnoir Büchner en Pyrex). Le liquide coloré est aspiré à
travers le papier filtre, et les particules (précipité) forment un gâteau sur la surface du filtre.
Ce procédé est un exemple de filtration en surface (criblage).

En revanche, la filtration en profondeur (ou absorption) retient les particules à l’intérieur


de l’épaisseur du média filtrant. Le liquide circule au travers d’un réseau poreux chargé (par
exemple un lit de fibres de cellulose ou de laine), et les impuretés sont capturées à
l’intérieur du lit plutôt qu’à la surface. Cette méthode est utilisée quand on veut retenir des
particules très fines (taille inférieure au diamètre nominal des pores). Le schéma ci-dessous
montre un filtre à sable biologique à lit fixe : l’eau traverse lentement le sable et une couche
biologique (schmutzdecke) en surface. Les particules en suspension sont piégées dans la
profondeur du filtre. L’avantage est une grande capacité de rétention de solides, bien que le
média filtrant puisse se saturer et nécessiter une régénération périodique (backwash).

Coupe schématique d’un filtre à sable (filtre biologique). L’eau passe à travers les couches de
sable et de gravier, où les impuretés sont retenues en profondeur dans le lit filtrant
(schmutzdecke). Ce mécanisme, appelé filtration en profondeur, permet de retenir des
particules de taille inférieure aux pores du sable

V. Matériaux filtrants
Les matériaux filtrants sont les supports à travers lesquels le fluide est filtré. Ils peuvent
être constitués de fibres naturelles (coton, cellulose), de fibres synthétiques (nylon,
polyester), de membranes polymères, de céramiques ou de métaux poreux. Le choix du
matériau dépend de la finesse de filtration requise, de la compatibilité chimique avec le
fluide, et de la résistance mécanique et thermique souhaitée.

Les matériaux utilisés comme filtre doivent présenter un réseau de pores stables et
résistants. Parmi les plus courants on trouve le papier filtre (cellulose) et les fibres
naturelles (coton, lin) qui constituent de bons filtres en profondeur. Par exemple, on plie
souvent une feuille de papier filtre pour former un chapeau filtrant dans un entonnoir,
comme illustré ci-dessous. Ce média retient les particules fines par adsorption et passage
tortueux dans les fibres.
Exemples de papier filtre plié. Le papier (cellulose) est un matériau filtrant courant pour les
filtrations fines en laboratoire. Les fibres entrelacées forment un réseau poreux qui retient les
solides tandis que le liquide s’écoule.

On utilise aussi des matériaux synthétiques : membranes en nylon, polypropylène, PVDF,


qui sont fabriquées avec des pores calibrés pour des micro- ou ultrafiltrations très précises.
Par exemple, les membranes en nylon sont fréquemment employées pour la stérilisation de
liquides ou la filtration de tampons en biotechnologie. De même, des tissus non-tissés ou
des granulés de charbon actif peuvent servir à filtrer par adsorption. Les matériaux
minéraux existent également : les filtres céramiques (photo ci-dessous) sont utilisés pour
des applications exigeant une grande résistance chimique et à haute température. Grâce à
leur structure microporeuse régulière, ils peuvent être stérilisés et réutilisés plusieurs fois.

Filtres en céramique empilés (bleu et blanc) dans une installation de purification d’eau. Les
céramiques filtrantes possèdent des pores très fins (ordres micrométriques à nanométriques)
et sont robustes à la chaleur et aux produits chimiques, contrairement aux filtres organiques à
usage unique.

VI. Substances filtrantes


Certaines substances sont utilisées comme aides à la filtration, notamment les terres de
diatomées, la perlite et le charbon actif. Ces substances augmentent l'efficacité de la
filtration, améliorent la clarté du filtrat et réduisent le colmatage du filtre.
VII. Contrôles
Le contrôle de la filtration porte sur l’efficacité du processus, la qualité du filtrat, et la durée
de vie du filtre. Les paramètres surveillés incluent la pression, le débit, la turbidité, et la
rétention des particules. Des tests de validation, comme les tests d’intégrité des filtres et les
analyses microbiologiques, sont réalisés pour garantir la conformité du procédé.

Pour garantir la qualité du filtrat et le bon fonctionnement du filtre, plusieurs contrôles sont
mis en place. Le principal instrument de mesure est le turbidimètre qui évalue la turbidité
de l’eau ou du liquide filtré (et permet ainsi de vérifier que les particules ont bien été
retenues). La figure en début d’article montre des turbidimètres industriels (capteurs Hach)
en station d’eau. On mesure aussi souvent la perte de charge du filtre (différence de
pression amont/aval) : une augmentation rapide signale un colmatage. D’autres capteurs
(pH-mètre, conductimètre) peuvent compléter le suivi lorsque la filtration s’accompagne
d’un changement chimique (par exemple dans une clarification). En laboratoire, on contrôle
régulièrement le bon colmatage et la propreté du filtre (ex. examen au microscope du
gâteau de filtration) pour optimiser les cycles de nettoyage. Tous ces contrôles assurent la
fiabilité du procédé, aussi bien lors de filtrations ponctuelles que continues.

Conclusion
La filtration est un procédé physique fondamental pour séparer des solides d’un liquide. Son
principe simple – faire passer un mélange à travers un média poreux – cache une grande
diversité de méthodes et d’applications. On a vu les grands types de filtration (frontale vs
tangentielle), les mécanismes (surface vs profondeur) et les matériaux (filtres solides et
adjuvants) utilisés. Chaque application (laboratoire, industrie chimique, traitement de l’eau,
agroalimentaire) choisit le type de filtre et les conditions optimales pour maximiser la
clarification et minimiser l’encrassement. Les avancées récentes portent sur de nouveaux
matériaux filtrants (membranes innovantes, fibres synthétiques) et des procédés
intelligents de surveillance (capteurs en ligne de turbidité, auto-nettoyage), qui renforcent
l’efficacité et la durabilité des systèmes de filtration, toujours indispensables dans le monde
scientifique et industriel.

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