T Gilormini
T Gilormini
Composition du Jury :
Présidente : Nolwenn LE PIERRES Professeure des universités, Université Savoie Mont Blanc
Dir. de thèse : Pascal CHESSE Professeur des universités, Ecole Centrale de Nantes
Co-dir. de thèse : Xavier TAUZIA Professeur des universités, Ecole Centrale de Nantes
Invité :
Hervé COLIN Ingénieur, RENAULT SA, La Motte-Servolex
b
b
Remerciements
Après un peu plus de 3 ans, voilà enfin le moment tant attendu d’écrire mes remer-
ciements.
En premier lieu, je tiens à adresser mes remerciements à Guillaume Colin, Professeur
à l’Université d’Orléans, et Richard Burke, Professeur à l’Université de Bath, d’abord
pour avoir accepté d’être rapporteurs sur cette thèse, et ensuite pour leurs questions
et observations qui ont permis d’élargir la discussion lors de la soutenance, ainsi qu’à
Nolwenn LE PIERRES, Professeure à Polytech l’Université Savoie Mont Blanc, pour
avoir présidé le jury.
Ensuite, je tiens à remercier chaleureusement mes co-directeurs, Pascal Chessé et
Xavier Tauzia, Professeurs à l’Ecole Centrale de Nantes, pour leur aide précieuse tout
au long de cette thèse. Même si je n’ai pratiquement pas été à Nantes, nos points
hebdomadaires m’ont remonté le moral et m’ont permis de résoudre bien des problèmes.
C’est grâce à eux que j’ai pu maintenir le cap d’une démarche scientifique. Merci à mon
tuteur industriel Hervé Colin, qui a su intégrer cette thèse au contexte industriel, en
particulier en se battant pour de précieux créneaux de bancs d’essai.
Je tiens aussi à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé au cours de ces années,
en particulier Guillaume Perez, Jean-Marie Millon et toute l’équipe des opérateurs de
banc au PIM pour leur support sans faille, Fabien De Oliveira, Frédéric FACON et
Pascal LEMESLE pour leur aide et leur disponibilité, ainsi que les collègues de l’EAO
pour leur accueil chaleureux au sein du service. Je remercie aussi Nicolas PERROT du
LHEEA pour sa disponibilité et son intérêt pour ce sujet.
Enfin, cette thèse n’aurait sûrement pas vu le jour sans le précieux soutien de mes
proches qui m’ont supporté tout au long du parcours. Je remercie bien sûr mes parents
Pierre et Brigitte qui me soutiennent depuis 27 ans et sans qui rien n’aurait été possible,
mais aussi mon acolyte Cha, qui égaie mon quotidien depuis le début de cette thèse. Et
évidemment, je n’oublie pas tous les copains qui ont rendu ces années beaucoup plus
supportables !
Je dédie cet accomplissement à ma mamie Monique, qui nous a quitté trop tôt cette
année.
Table des matières
Remerciements i
1 Synthèse bibliographique 3
1.1 Contexte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Transition des procédures d’homologation . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Processus de développement des véhicules . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.3 Importance de la simulation dans les essais . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.1 Outils industriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.1.1 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.1.2 Calibration des modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.2 Forces appliquées sur le véhicule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.2.1 Approche générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2.2 Masse équivalente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2.3 Bilan des forces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.2.4 Résistance aérodynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.2.5 Résistance au roulement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.2.6 Tests de « coast down » . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.2.7 Résistance due à la pente . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.2.2.8 Force de freinage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.2.3 La transmission . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.2.3.1 Transmission manuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.2.3.2 Transmission automatique . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.2.4 Le conducteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.2.4.1 Types de modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.2.4.2 Approche générale pour l’application EiL . . . . . . . . 22
1.2.4.3 Profil de conducteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.2.4.4 Approche alternative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.2.5 Consommateurs auxiliaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.2.5.1 Principaux consommateurs . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.2.5.2 Impact sur la représentativité . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.2.6 Application à l’hybridation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
1.2.6.1 Approche virtuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
1.2.6.2 Modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1.2.6.3 Alternatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
1.3 Modes de contrôle du banc moteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Table des matières
iii
Table des matières
iv
Table des matières
v
Table des matières
Références 267
vi
Nomenclature
Acronymes
BM Banc moteur
EiL Engine-in-the-Loop
HiL Hardware-in-the-Loop
MiL Model-in-the-Loop
PEMS Portable Emission Measurement System (système portable de mesure des émis-
sions)
PMI, PME, PMF Pression moyenne indiquée, pression moyenne effective, pression moyenne
de frottement
RDE Real Driving Emissions (mesure des émissions en conditions de conduite réelles)
SiL Software-in-the-Loop
SSE, SST Sum of squared errors (somme des erreurs au carré), sum of squared total
(somme totale des carrés)
UE Union Europééenne
WLTC Worldwide harmonized Light vehicule Test Cycle (nouveau cycle d’homologation
européen)
WLTP Worldwide harmonized Light vehicule Test Procedure (nouvelle procédure d’ho-
mologation européenne)
Symboles
∆t Durée [s]
viii
Table des matières
Aair,RAS , Bair,RAS Coefficients du modèle de vitesse d’air en entrée du RAS [m/s], [-]
Aair , Bair Coefficients du modèle de débit d’air de circulation sous capot [kg/s], [(kg/s)/(m/s)]
Acc0 Valeur d’initialisation de la pédale d’accélérateur lors des décollages sur boîte
hybride [-]
E Energie [J]
ix
Table des matières
F Force [N]
F35 Fréquence sous laquelle est contenu 35% du spectre du signal de la pédale d’ac-
célérateur [Hz]
k Raideur [N.m/rad]
M Masse [kg]
R Rayon [m]
x
Table des matières
S Surface [m2 ]
tdev,M ax Durée de la plus longue déviation hors des tolérance WLTP [s]
V Vitesse [km/h]
CO Monoxyde de carbone
HC Hydrocarbures
PM Particules
Indices
adm Admission
aux Auxiliaires
AV Pertes à vide
aw Anti-windup
carb Carburant
xi
Table des matières
cyl Cylindre
e Entrée
eq Equivalent(e)
ext Extérieur(e)
f ric Friction
GB Boîte de vitesses
in Interne
loss Pertes
P dC Point de contact
xii
Table des matières
ref Référence
req Demandée
res Résistance
Rlx Rouleaux
rr Résistance au roulement
s Sortie
th Théorique
trac Traction
v Vent
x Projection longitudinale
xiii
xiv
xiv
Introduction
Du fait de sa dépendance aux énergies fossiles, le secteur des transports, notamment
l’automobile, a un impact majeur sur le dérèglement climatique ainsi que sur la santé
publique. Dans le but de limiter cet impact, les normes imposées par les institutions
internationales tendent à réduire progressivement les niveaux d’émissions polluantes des
véhicules neufs. Pour répondre à ces normes tout en satisfaisant les exigences sur la
consommation, la complexité des GMP (groupe moto propulseur) développés par les
constructeurs augmente. On remarque notamment le recours à la suralimentation, à la
recirculation des gaz d’échappement, à des systèmes de post-traitement avancés, ainsi
que l’introduction de l’hybridation électrique. Ces évolutions induisent inéluctablement
une augmentation du nombre d’actionneurs et de capteurs, et plus généralement du
temps de développement et de calibration du système.
Dans le même temps, le scandale du DieselGate a accéléré le durcissement des pro-
cédures d’homologation afin de réduire l’écart constaté entre les niveaux d’émissions en
conditions réelles et les seuils autorisés. La transition vers le cycle WLTC (Worldwide
harmonized Light vehicles Test Cycle) et l’introduction d’un test RDE sur route réelle
(Real Driving Emissions) conduisent à un élargissement significatif des conditions d’ho-
mologation. Le véhicule est ainsi testé sur un cycle plus dynamique, et la mesure sur
route implique l’utilisation libre des accessoires ainsi que l’impact aléatoire du trafic
routier et des conditions extérieures.
Face à ces défis, les méthodes de mise au point sont vouées à se virtualiser. En par-
ticulier, cette thèse porte sur la méthode d’essai Engine-in-the-Loop (EiL), qui s’appuie
sur un banc semi-virtuel composé d’un moteur thermique couplé à un banc haute dyna-
mique, lui-même contrôlé par un simulateur modélisant en temps réel la transmission, le
véhicule, le conducteur et la route. Une telle approche permet de tester le GMP entier et
ses différents sous-systèmes, tout en s’affranchissant des contraintes liées aux essais sur
véhicule. L’utilisation d’un environnement virtuel réduit les coûts et améliore la répéta-
bilité des essais ainsi que la flexibilité des composants périphériques, tandis que le banc
moteur permet l’automatisation des essais dans un environnement contrôlé. Par rapport
à une approche basée purement sur la simulation, l’utilisation du moteur thermique doit
en outre garantir une mesure fiable des émissions polluantes et de la consommation de
carburant.
L’approche EiL étant relativement récente, la problématique principale de cette thèse
réside dans l’établissement d’une méthode permettant d’assurer la bonne représentati-
vité de ce moyen d’essai par rapport aux essais sur véhicule. Dans cette perspective, le
Chapitre 1 commence par présenter une synthèse de la bibliographie disponible s’arti-
culant en trois axes : les différents modèles utilisés et leur niveau de précision ; le choix
du mode de contrôle de la machine de charge ; et la représentativité de l’environne-
ment, à la fois virtuel (les modèles et le contrôle) et physique (conditions ambiantes,
conditionnement thermique du moteur et de la ligne d’échappement).
Suite à cet état de l’art, les différents moyens d’essais utilisés dans cette thèse sont
Table des matières
synthétisés dans le Chapitre 2 ainsi que la démarche générale suivie. On détaille notam-
ment l’architecture du banc moteur ainsi que les indicateurs utilisés pour analyser la
représentativité des essais.
Le Chapitre 3 présente ensuite le travail réalisé sur l’environnement virtuel. On décrit
d’une part le fonctionnement du modèle véhicule, et plus particulièrement du modèle
d’embrayage. D’autre part, le modèle conducteur développé dans cette thèse est présenté
en détail, ainsi que la méthode de calibration associée. Les résultats expérimentaux
obtenus sur le banc EiL sont ensuite analysés.
Le Chapitre 4 est enfin axé sur la problématique de la corrélation thermique du banc
EiL. En particulier, on présente les manipulations expérimentales réalisées sur le banc
moteur pour améliorer la représentativité de la température d’air de suralimentation.
Suite aux résultats expérimentaux, on présente un modèle thermique simple de la ligne
d’air, prenant notamment en compte l’accumulation de chaleur sous-capot.
Les principales conclusions sont finalement résumées dans le dernier Chapitre, et des
perspectives à ces travaux sont proposées.
2
CHAPITRE 1
Synthèse bibliographique
Ce chapitre a pour objectif de détailler le contexte général et les avantages de la
méthode Engine-in-the-Loop. Ensuite, un état de l’art des méthodes utilisées est présenté
et organisé en trois axes majeurs. Tout d’abord, on synthétise les différents niveaux de
modélisation des éléments périphériques à la chaîne de traction utilisés dans l’approche
EiL. Ensuite, la liaison entre le banc physique et l’environnement virtuel est détaillée, en
particulier les différents modes de contrôle utilisés. Enfin, la dernière partie se concentre
sur la caractérisation de la représentativité des essais, y compris de l’environnement
moteur.
1.1 Contexte
1.1.1 Transition des procédures d’homologation
La prise de conscience quant à l’impact de la pollution atmosphérique sur le dérègle-
ment climatique et la santé publique en a fait un enjeu capital des années à venir. En
Europe, le secteur des transports représentait près d’un quart des émissions (24%) de
dioxyde de carbone (CO2 ) de 2016, dont près de 44% pour les véhicules particuliers [1].
Le transport routier représentait par ailleurs 39% des émissions d’oxydes d’azote (NOx )
en 2015 [2]. Dans la lignée d’autres mesures visant à répondre à l’urgence climatique,
les seuils d’émissions de polluants des nouveaux véhicules automobiles (définis en UE
par les normes Euro) se sont donc durcis au cours des dernières années. Ainsi, les émis-
sions de CO2 des véhicules neufs ne doivent pas dépasser 95 g/km en 2021 pour les pays
européens, contre plus de 160 g/km en 2000, comme représenté sur la Figure 1.1 [3].
Outre les émissions de CO2 , la sévérisation des normes concerne aussi les NOx , le
monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbyures (HC) et les particules (PM). En Europe,
jusqu’en 2018, l’homologation de chaque nouveau modèle, c’est à dire la certification du
respect de ces limites, se basait exclusivement sur le cycle NEDC (New European Driving
Cycle), élaboré en 1996.
Le cycle est défini par la trace de vitesse représentée en rouge sur la Figure 1.2. On
mesure les masses de polluants émis lors de la réalisation du NEDC par un pilote sur
banc à rouleaux (BàR), illustré Figure 1.3(a). L’utilisation d’un cycle commun, réalisé
dans des conditions de laboratoire contrôlées et répétables, permet une comparaison
systématique des émissions d’un véhicule donné aux seuils autorisés. Toutefois, en 2015,
l’affaire du « DieselGate » de Volkswagen marque un tournant pour le monde automobile.
Il est révélé que ces procédures d’homologation sont facilement détournées par certains
constructeurs [4]. En particulier, il apparaît que les niveaux d’émission de NOx mesurés
sur des véhicules en circulation sont de loin supérieurs aux seuils autorisés et observés sur
1 Synthèse bibliographique
NEDC. Les écarts entre les niveaux d’émission en laboratoire et sur route sont d’ailleurs
en augmentation, allant à contre-courant des normes.
Fig. 1.2 : Trace de vitesse des cycles d’homologation NEDC et WLTC en fonction du
temps.
Ce scandale accélère la transition du très décrié NEDC, jugé trop peu représentatif
des conditions réelles d’utilisation [5, 6] car faisant appel à une faible fraction de la plage
de fonctionnement du moteur, vers le cycle WLTC (Worldwide harmonized Light vehicles
Test Cycle), représenté en bleu sur la Figure 1.2. Celui-ci est plus long et basé sur des
données de conduite réelles, ce qui le rend plus dynamique dans les accélérations [7].
4
1.1 Contexte
((a)) Véhicule sur banc à rouleaux en laboratoire. ((b)) PEMS à l’arrière d’un véhicule.
Fig. 1.3 : Mesure des émissions de polluants.
Pour contraindre les constructeurs à assurer le respect des normes d’émissions durant
un usage réel, la procédure WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedure)
est en outre complétée par un test en fonctionnement normal sur la voie publique, appelé
RDE (Real Driving Emissions) [7]. Cet essai dépend de l’itinéraire choisi, du trafic et
du conducteur, et ne suit donc pas un cycle de vitesse donné. Il doit plutôt répondre
à certaines exigences, par exemple en ce qui concerne les durées de circulation urbaine,
péri-urbaine (ou rurale) et sur autoroute (Tableau 1.1).
Tableau 1.1 : Synthèse des critères de distance et vitesse pour un roulage RDE [8].
Phase Distance Proportion Vitesse Autre critère
[km] [%] [km/h]
Urbaine ≥ 16 29-44 ≤ 60 Moyenne : 15 - 40 km/h
Rurale ≥ 16 23-43 60 - 90
Autoroute ≥ 16 23 - 43 >90 >100 km/h au moins 5 minutes
5
1 Synthèse bibliographique
GMP (Groupe Moto Propulseur) se diversifient. Entre autres, on peut souligner l’es-
sor de la suralimentation, de la recirculation des gaz d’échappement, de l’hybridation
et de l’électrification, et le recours à des systèmes de post-traitement de plus en plus
élaborés. Toutes ces évolutions nécessitent naturellement l’ajout de nouveaux capteurs
et actionneurs dans le système.
Fig. 1.4 : Plage de fonctionnement du moteur (couple vs régime) pour le NEDC, WLTC,
et deux RDE (« tranquille » et « agressif ») [8].
Fig. 1.5 : Conditions limites d’un roulage RDE : style de conduite, température am-
biante, altitude [8].
6
1.1 Contexte
7
1 Synthèse bibliographique
et des essais sur véhicule sont généralement réalisés sur piste. Ici aussi, le but est de réa-
liser un balayage le plus complet possible des différents cas critiques envisageables, afin
de perfectionner la calibration. Naturellement, il ressort que plus un GMP est complexe,
plus la phase de validation et de calibration nécessite un nombre important de tests.
Face à ce défi, les moyens d’essais sont donc voués à se virtualiser. En particulier,
l’attention s’est récemment focalisée sur l’approche « Engine-in-the-Loop » (EiL), repré-
sentée sur la Figure 1.7. De manière similaire à l’approche HiL, l’idée est de réaliser les
essais sur un banc semi-virtuel, composé cette fois du moteur entier couplé à un banc
haute dynamique (aussi appelé machine de charge), lui-même associé à un simulateur en
temps réel modélisant la transmission, le véhicule, le conducteur et la route. Une telle ap-
proche permettrait ainsi de tester le GMP entier et ses différents sous-systèmes, tout en
s’affranchissant des contraintes liées aux essais sur route. Même s’il n’est pour l’instant
pas envisageable de remplacer totalement les essais de validation sur route, l’objectif
est de disposer d’un simulateur suffisamment représentatif de la réalité pour pouvoir
8
1.1 Contexte
réduire au maximum l’importance de cette étape. Les avantages d’une telle approche
sont nombreux [26] :
• Coûts et délais réduits par rapport aux essais véhicules : un banc EiL permet de
s’affranchir du besoin d’un conducteur et d’un véhicule en avance de phase de
production. En outre, l’environnement du banc moteur permet l’automatisation
des essais, pendant la nuit par exemple.
• Représentativité : l’environnement EiL représente un bon compromis en termes
d’efforts de simulation, puisque le composant le plus complexe, i.e. le moteur à
combustion, est présent physiquement. Plus particulièrement, un avantage majeur
du banc EiL est sa représentativité en termes d’émissions de polluants, car ce
phénomène reste un véritable défi à modéliser précisément [26].
• Répétabilité : l’environnement du banc est contrôlable et permet de s’affranchir de
la variabilité importante des conditions extérieures lors d’un essai sur véhicule, afin
de reproduire un même essai référence et de faciliter la démarche de comparaison
et d’analyse.
• Flexibilité : l’architecture du GMP virtuel peut être facilement modifiée, par
exemple pour tester plusieurs types de transmission ou une stratégie de loi de
gestion hybride. En outre, il est aussi plus facile de modifier un composant de la
ligne d’échappement sur un banc moteur que sur un véhicule.
• Exhaustivité : le banc peut être utilisé pour tester le moteur dans des conditions
extrêmes ou rares qui seraient difficiles, voire impossibles, à mettre en place sur
piste.
• RDE : un des défis posés par les essais RDE est la non garantie de conformité d’un
essai. Sur un trajet identifié comme correspondant aux critères d’homologation
RDE, un incident de trafic ou un style de conduite inapproprié peut rendre l’essai
non valide. Cette vérification n’est faite qu’à posteriori et représente donc une perte
de temps considérable. Le contrôle de la trace de vitesse ou de l’environnement
virtuel entier sur banc EiL permet d’assurer systématiquement la conformité RDE.
1.1.4 Applications
Même si l’intérêt porté à l’approche EiL est relativement récent, plusieurs applica-
tions ont déjà fait l’objet de publications :
• Analyse et optimisation de l’hybridation d’un GMP en termes de consommation
et d’émissions [27-41] : la flexibilité de l’approche EiL permet d’inclure les compo-
sants d’hybridation (moteur électrique, batterie, loi de gestion) dans le simulateur,
afin de comparer rapidement la performance du véhicule sur cycle pour différents
niveaux d’hybridation. L’environnement virtuel offre la possibilité de modifier cer-
tains composants ou la loi de gestion de l’énergie.
• Réduction des émissions polluantes sur cycle [12, 26, 42-49] : le moteur étant
présent physiquement au banc ainsi que sa ligne d’échappement, la représentativité
en termes d’émissions de polluants permet d’analyser la performance du véhicule
sur cycle d’homologation et de simuler des roulages RDE.
9
1 Synthèse bibliographique
10
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
11
1 Synthèse bibliographique
complexe. Les auteurs se basent donc sur un algorithme de réduction d’ordre de modèle
(MORA [60]) afin de développer un modèle dit « adapté » (« proper modeling »). A partir
d’un niveau de complexité élevé, le principe consiste à identifier l’activité de chaque
sous-élément, représentée par la quantité d’énergie le traversant au cours d’une période
donnée. Ensuite, l’algorithme cherche à éliminer les éléments ayant l’activité la plus
faible, tout en gardant le niveau de fidélité du modèle au-dessus du seuil acceptable. Un
algorithme (AVASim) permet de quantifier la fidélité du modèle en le comparant à une
référence (« benchmark »), qui peut venir de résultats expérimentaux ou d’un modèle
plus complexe. Les auteurs s’appuient par ailleurs sur la représentation en graphes de
liaisons, Figure 1.8.
Outre le fait que les modèles industriels comme InMotion ne sont pas disponibles
librement, leur degré élevé de précision induit inéluctablement des efforts de calibration
basés sur des essais et des mesures. Dans l’optique de placer l’approche EiL au plus tôt
possible de la phase de développement, des modèles simplifiés leur sont donc couramment
préférés.
12
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
Meq = δM · M (1.2)
Ce coefficient représente les inerties en rotation de la ligne de traction, des roues à l’arbre
moteur en passant par la boîte de vitesse. En connaissant les moments d’inertie des roues
Jw et de tous les autres Ne composants, il s’écrit :
P P P
Jw J1 j1 2 JNe jNe 2
δM =1+ + + ... + (1.3)
M · Rw 2 M · Rw 2 M · Rw 2
avec Rw le rayon des roues et j1 , ...jNe les rapports entre les vitesses de rotation des com-
posants 1 à Ne et la vitesse de rotation d’une roue. Toutefois, il est difficile de connaître
le moment d’inertie de chacun des composants en rotation. Ainsi, une formulation sim-
plifiée est généralement acceptée :
δM = 1 + δw + δp · ibv 2 (1.4)
avec δw le coefficient de masse associé à l’inertie des roues, et δp celui associé au GMP
entier, i.e. le moteur et la transmission, en considérant le rapport engagé de la boîte de
vitesse ibv . Ces coefficients peuvent être exprimés en fonction de l’inertie d’une roue Jw
et du GMP Jp [66, 68], ainsi que du rapport de transmission du différentiel iaxle :
4 · Jw
δw = (1.5)
M · Rw 2
13
1 Synthèse bibliographique
Jp · iaxle 2
δp = (1.6)
M · Rw 2
Bien que l’équation (1.4) soit simplifiée, elle nécessite tout de même de connaître le
moment d’inertie associé au moteur et à la transmission, pour chaque rapport. Une
expression empirique généralisée aux véhicules particuliers est ainsi souvent proposée
[67, 69] :
δM = 1 + 0.004 + 0.0025 · ibv 2 (1.7)
Cette expression ne dépend plus que du rapport de transmission engagé. Il est aussi
possible de considérer une valeur constante pour le facteur δM , par exemple δM = 1.03
[70].
La force résistante doit être appliquée au moteur par la machine de charge. Comme
représenté sur la Figure 1.9, les principales forces agissant sur le véhicule en opposition
à la force de traction sont la traînée aérodynamique Faero , la résistance au roulement Frr
et la force éventuelle due à la pente de la route Fpente (qui peut être positive ou négative
selon l’inclinaison). Lors d’un freinage, la force Ff rein s’ajoute à ce bilan :
14
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
Fig. 1.10 : Histogramme de l’aire aérodynamique pour les modèles américains de l’année
2011 [70].
En outre, il est important de préciser ici que la force aérodynamique n’est pas seule-
ment dépendante de la vitesse véhicule. En effet, la vitesse du vent Vv impacte la vi-
tesse relative du véhicule et, en supposant un vent longitudinal s’exerçant dans le sens
contraire au mouvement, la force aérodynamique s’exprime :
1
Faero = ρair · Sf · Caero · (V + Vv )2 (1.10)
2
Toutefois, en se plaçant dans le contexte de l’EiL et dans l’optique de rejouer un essai
réel au banc moteur ou même d’en générer un, la vitesse du vent sur le véhicule n’est
pas une information disponible : aucun capteur n’est installé à cet effet sur un véhicule
standard. Simuler la vitesse du vent lors d’un trajet donné demanderait un effort de
calcul supplémentaire ainsi que l’accès à des données pour l’instant peu disponibles.
C’est pourquoi il n’est pas fait mention dans la littérature d’environnement EiL prenant
en considération ce paramètre.
15
1 Synthèse bibliographique
Toutefois, l’impact de la vitesse sur Crr peut être considéré négligeable pour V <
120 km/h. Le coefficient de frottement est donc généralement considéré constant. Tout
comme le coefficient de traînée, il est estimé à partir de tests de « coast down ». Sa valeur
est communément comprise entre 0.004 et 0.015 [74-76], comme le confirme la distribu-
tion statistique représentée Figure 1.11 pour les modèles américains de 2011 [70].
Outre cette formulation simple à l’aide d’un coefficient de frottement, il est fait men-
tion dans la littérature d’un modèle pour représenter l’interaction pneu-route. Celui-ci
est basé sur une formule empirique qui permet un calcul en temps réel de la force lon-
gitudinale associée au frottement du pneu sur la route. Certaines références complètent
donc le modèle longitudinal du châssis par cette formule [72, 77, 78]. Il est à préciser ici
que la formule étant empirique, elle repose sur l’ajustement de quatre coefficients [69,
72, 79, 80] :
Fx = Dtire · sin(Ctire · arctan[Btire α̇slip − Etire (Btire α̇slip − arctan(Btire · αslip ))]) (1.13)
Les paramètres Btire , Ctire , Dtire , Etire correspondent respectivement au facteur de rai-
deur, au facteur de forme, à la valeur maximale et au coefficient de courbure. La force
longitudinale Fx dépend ainsi du pourcentage de patinage αslip :
ωw · Rw − V
αslip = (1.14)
V
avec ωw la vitesse de rotation de la roue, Rw son rayon effectif et V la vitesse du véhicule.
La détermination de ces paramètres se fait à partir de données expérimentales, Figure
16
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
1.12 [72].
Fig. 1.12 : Force longitudinale sur le pneu en fonction du glissement [72] ; comparaison
entre données expérimentales (rouge) et simulation (bleu).
dV
Meq = −Frr − Faero (1.15)
dt
ce qui donne :
dV 1
Meq = −Crr · M · g − ρair · Sf · Caero · V 2 (1.16)
dt 2
La démarche consiste ensuite à ajuster les coefficients afin de minimiser l’erreur entre
la trace de vitesse mesurée et celle obtenue avec le modèle Eq. (1.16). En pratique, un
17
1 Synthèse bibliographique
terme linéaire en V est ajouté pour mieux approcher la mesure [70, 76].
dV
Meq = −(A + B · V + C · V 2 ) (1.17)
dt
En comparant les Eq. (1.16) et (1.17), il vient naturellement que le coefficient C est
traditionnellement associé à la traînée aérodynamique, C = 21 ρair · Sf · Caero , A étant
relié à la résistance au roulement : A = Crr · M · g. Toutefois, le rôle du coefficient B
est plus difficilement justifiable en théorie, puisque la dépendance linéaire en V n’est
pas présente dans l’Eq. (1.16) ; Ligterink et al. [76] l’associent au coefficient A avec la
résistance au roulement, en précisant en outre que selon le véhicule, ce coefficient peut
être négatif. Les auteurs proposent aussi un lien avec la transition en régime turbulent.
Huertas et Coello [73] comparent les valeurs obtenues par les tests de décélération
pour 19 véhicules avec la référence constructeur pour Caero et des mesures réalisées en
laboratoire pour Crr . Les auteurs estiment la précision satisfaisante avec une erreur d’en-
viron 6%. Il est toutefois important de préciser que cette démarche génère des valeurs de
Caero qui regroupent toutes les forces résistives proportionnelles au carré de la vitesse du
véhicule, tandis que le coefficient Crr obtenu représente toutes les forces indépendantes
de la vitesse. En ce sens, même si les coefficients obtenus permettent de représenter de
manière précise le comportement du véhicule au point mort, ils peuvent ne pas seulement
représenter les forces de traînée, pour l’un, et de frottement, pour l’autre.
La pente doit donc être connue à chaque instant du trajet, comme la trace de vitesse,
et est une entrée supplémentaire du modèle. Quand il s’agit de générer un essai virtuel,
cette information peut être issue d’un profil de route extrait d’une carte altimétrique
précise du circuit.
Pour un trajet réel donné, cette information n’est pas toujours disponible avec une
précision satisfaisante. Dans l’optique de rejouer un essai enregistré sur route à des fins
de corrélation entre banc moteur et environnement véhicule, une mesure de l’inclinaison
de la route est donc nécessaire pour prendre en compte son influence sur la demande
de couple au moteur. Malheureusement, la plupart des véhicules série ne disposent pas
d’un inclinomètre. Sans outil supplémentaire, cette grandeur est donc estimée et non
mesurée. Deux méthodes d’estimations sont mentionnées [81-85].
Tout d’abord, une première estimation repose sur l’équation de la dynamique Eq.
(1.1). En effet, en mettant de côté la force due à la pente, on obtient :
dV
M · g · sin θ = Ftrac − Meq − Faero − Frr − Ff rein (1.19)
dt
Sur un véhicule série :
18
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
Cette estimation nécessite de connaître le coefficient de freinage Cf rein , qui peut être
obtenu par des tests de freinage, comme représenté sur la Figure 1.13.
1.2.3 La transmission
La transmission est le sous-système qui relie l’arbre des roues à l’arbre moteur. Selon
le mode de contrôle choisi, le rôle de ce sous-modèle est donc de convertir :
19
1 Synthèse bibliographique
20
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
21
1 Synthèse bibliographique
1.2.4 Le conducteur
Une des problématiques associées aux essais sur route est le manque de répétabilité
dû à l’influence de nombreux facteurs non maîtrisés. Ces facteurs peuvent être associés
à l’environnement, comme la température, le vent et l’état de la route, mais concernent
aussi le conducteur. En effet, même un conducteur entraîné ne peut garantir exactement
le même comportement entre deux roulages. C’est pourquoi l’apport d’un conducteur
virtuel est crucial pour l’approche EiL.
22
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
23
1 Synthèse bibliographique
Liu et al. [98] étudient le potentiel d’un système hybride 48V combinant « stop and
start », assistance électrique et freinage récupératif en se basant sur un modèle. A partir
de la base SCAG recensant plus de 1800 roulages réels (disponible via le laboratoire
national américain sur les énergies renouvelables (NREL) [99]), les auteurs conduisent
une étude statistique sur la fréquence de variation de la demande de puissance et plus
précisément de la dérivée de l’accélération, dite jerk. En filtrant les variations de basse
fréquence attribuées au trafic routier, les auteurs proposent une caractérisation du style
de conduite, i.e. l’agressivité du conducteur pour chaque roulage. La catégorisation entre
différents profils est ensuite basée sur la distribution cumulative de cette caractéristique
(Figure 1.18(a)). Toujours en se basant sur la base SCAG, les auteurs estiment ensuite
l’impact du profil conducteur : un conducteur agressif peut entraîner une hausse de
25% de la consommation sur un véhicule conventionnel. Il est par ailleurs souligné que
24
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
l’hybridation permet de réduire cet impact, bien que l’agressivité du conducteur accélère
par ailleurs le vieillissement de la batterie.
((a)) Distribution cumulative de l’agressivité ((b)) Impact du profil conducteur sur les
du conducteur sur la base SCAG [98]. émissions d’un moteur Diesel [59].
Fig. 1.18 : Profil du conducteur : distribution et influence.
25
1 Synthèse bibliographique
26
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
ou le pare-brise chauffant, par exemple. Sur banc moteur, il est bien présent et
connecté à la courroie accessoire, mais il n’est branché à aucun consommateur
électrique : par conséquent, il ne prélève qu’une quantité minime de couple moteur,
correspondant à sa traînée mécanique.
• Le compresseur de la climatisation a pour rôle de comprimer le gaz réfrigérant
avant la détente. Sur banc, il est lui aussi installé sur le moteur et entraîné par la
courroie. Toutefois, il n’est pas connecté au système de tuyaux contenant le gaz
réfrigérant et est généralement débrayé. La seule demande de couple provient donc
des frottements internes.
• La direction assistée peut être hydraulique ou électrique. Dans le cas d’une assis-
tance hydraulique, une pompe est connectée à la courroie accessoire pour gérer
la pression du système. Toutefois, c’est l’assistance électrique qui se généralise de
plus en plus. Dans ce cas, la consommation de la direction est indirecte puisqu’elle
utilise l’électricité fournie par l’alternateur.
Les pompes haute pression (HP) et à eau pourraient aussi être considérées comme des
consommateurs auxiliaires, leur rôle étant la pressurisation du carburant avant son injec-
tion et la circulation du liquide de refroidissement respectivement. Toutefois, ces pompes
sont inhérentes au fonctionnement du moteur et sont donc généralement présentes sur
le banc. Finalement, l’alternateur et la climatisation sont les deux éléments les plus pro-
blématiques, parce qu’ils sont les consommateurs auxiliaires les plus importants et que
leur consommation associée est différente sur banc moteur.
27
1 Synthèse bibliographique
les deux moteurs réalisent le même trajet, les auteurs ne cherchent pas à reproduire la
trace de vitesse réalisée sur route et l’impact du trafic génère donc deux roulages dif-
férents mais correspondant aux normes RDE. Toutefois, les auteurs soulignent qu’une
des principales causes de divergence des émissions mesurées sur banc et sur véhicule (Fi-
gure 1.21(a)) est justement la charge moteur additionnelle due aux accessoires comme
les phares et la climatisation. Peu d’études sont axées sur le couple additionnel dû aux
accessoires, la plupart se concentrant sur l’effet sur la consommation. Par exemple, Fon-
taras et al. [104] estiment que les équipements auxiliaires entraînent une consommation
supplémentaire de 3.2 % sur un cycle NEDC. Avec une démarche similaire à l’étude
de l’impact du profil conducteur, Badin et al. [97] s’appuient sur la corrélation entre
consommation et vitesse basée sur l’étude de plus de 40 roulages pour évaluer l’impact
des auxiliaires sur la consommation d’un véhicule électrique, Figure 1.21(b). Les auteurs
estiment qu’à basse vitesse, les auxiliaires représentent jusqu’à 40% de la consommation
pour une puissance électrique de 750 W, cet impact diminuant à 15% pour les hautes
vitesses. Il est important de préciser que cette étude concerne un véhicule purement élec-
trique, pour lequel le chauffage intérieur représente un défi différent du fait de l’absence
de moteur thermique.
((a)) Comparaison des émissions réelles et sur ((b)) Impact des auxiliaires sur la consomma-
banc [103]. tion [97].
Fig. 1.21 : Impact des auxiliaires : émissions et consommation.
28
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
En particulier, cette approche est appliquée sur le banc EiL de l’université du Michi-
gan [29, 36, 61] et représentée Figure 1.22. La batterie, la motorisation et le module de
gestion de l’énergie sont ajoutés à l’environnement virtuel. La demande d’accélération du
modèle conducteur est transmise au module de gestion, qui transmet ensuite au moteur
thermique et/ou au moteur électrique selon la distribution. Filipi et al. [29] s’appuient
sur cet environnement pour comparer la performance d’un véhicule donné et équipé
d’un GMP conventionnel, puis hybride. Les auteurs soulignent le fait que selon la loi
de gestion de l’énergie choisie, l’hybridation permet une diminution de la consommation
29
1 Synthèse bibliographique
1.2.6.2 Modèles
Représenter le fonctionnement d’un GMP hybride sur banc EiL implique de modéli-
ser deux types de composants supplémentaires : le(s) moteur(s) et la ou les batterie(s).
Comme pour les autres composants, plusieurs niveaux de modélisation sont possibles.
Toutefois, le moteur électrique est généralement représenté par un modèle quasi-statique
à l’aide d’une cartographie de son efficacité ηm en fonction du couple et du régime de-
mandés [36, 38, 77, 108-110]. Le moteur électrique étant hautement dynamique, la repré-
sentation des transitoires n’est pas nécessaire pour atteindre une précision satisfaisante.
Ainsi, en phase de déchargement de la batterie, en écrivant Pelec et Pm les puissances
électrique (prélevée à la batterie) et mécanique fournie par le moteur respectivement :
Pm = ηm · Pelec (1.24)
Kim et al. [36, 38] mentionnent en outre un facteur de chaleur γ, qui représente la
variation du couple maximal fourni par le moteur en fonction de sa température.
Une batterie est un assortiment de cellules, chacune caractérisée par de complexes
réactions électro-chimiques. Toutefois, les applications en temps réel négligent générale-
ment certains aspects, tels que le vieillissement de la batterie. La plupart des références
s’appuie sur un circuit équivalent pour représenter la batterie. Une approche quasi-
statique est parfois choisie, Figure 1.23(a) [108-111], tandis que certaines références pré-
fèrent un circuit plus complexe, Figure 1.23(b) [36, 77, 112, 113].
Bien qu’il ne tienne pas compte des phénomènes électro-chimiques se produisant au
sein de chaque cellule, ainsi que des éventuelles disparités entre les cellules composant
la batterie, le circuit Figure 1.23(b) permet une représentation dynamique du compor-
tement de la batterie avec une précision satisfaisante [113]. Toutefois, ce modèle est
30
1.2 Modélisation des éléments de la chaîne de traction
linéaire et ne prend pas en compte les non-linéarités dépendant de variables telles que
l’état de charge ou la température de la batterie. Cependant, Klein et al. [41] soulignent
que la représentation de ces phénomènes impliquerait d’importants efforts de mesures
et de calculs ; dans le cas d’une étude portant en particulier sur ces comportements, les
auteurs préconisent donc d’utiliser une batterie physiquement présente au banc.
1.2.6.3 Alternatives
Une telle approche « battery-in-the-loop » est mise en place par Kim et al. [38].
Au banc EiL hybride préalablement développé, les auteurs ajoutent donc une cellule de
batterie, physiquement située à plusieurs kilomètres du moteur thermique, les deux bancs
étant connectés par Internet. L’impact des conditions thermiques sur le vieillissement de
la batterie est important et la cellule est donc placée dans un caisson ventilé en fonction
de la vitesse du véhicule, sa température étant mesurée par deux thermocouples, Figure
1.24. L’installation physique du banc est donc plus complexe, mais permet d’évaluer
l’impact de la gestion de l’énergie sur l’état de la batterie.
31
1 Synthèse bibliographique
32
1.3 Modes de contrôle du banc moteur
de généraliser la mise en place de bancs HiL, les auteurs proposent donc une alternative
consistant à remplacer en laboratoire le moteur thermique par un moteur électrique,
Figure 1.27. Le banc est composé de deux couples de moteurs électriques ; le moteur
électrique du GMP à tester est présent physiquement et connecté à une génératrice dont
le rôle est de simuler les forces résistives agissant sur le véhicule, ou road load ; le moteur
électrique dont le rôle est de représenter le moteur thermique du GMP est connecté à un
générateur qui permet de simuler la recharge de la batterie, modélisée par un émulateur.
Bien que cette solution permette effectivement de s’affranchir du moteur thermique, elle
implique de calculer de manière précise la consommation et les émissions de polluants
du moteur thermique simulé, ce qui est loin d’être un point négligeable.
33
1 Synthèse bibliographique
Dans cette configuration, la principale entrée du modèle véhicule est le couple mo-
teur Tmes (t) mesuré physiquement au banc. En fonction du rapport de transmission et
des pertes éventuelles, ce couple est converti en force de traction Ftrac par le modèle
de transmission. En prenant en compte les forces appliquées sur le véhicule, le bilan
des forces Eq. (1.1) permet ensuite au modèle du châssis de calculer l’accélération et
donc la vitesse du véhicule au prochain pas de temps V (t + dt), qui servira d’entrée au
modèle conducteur, comme détaillé Section 1.2.4. D’autre part, l’Eq. (1.1) permet aussi
de calculer le régime de rotation des roues ωw (t + dt), ensuite converti par le modèle de
transmission en demande de régime moteur ωdem (t + dt), celle-ci étant enfin transmise à
la machine de charge connectée à l’arbre moteur. Ainsi, la génératrice est contrôlée par
le modèle véhicule à partir d’une demande de régime moteur ωdem (n dans l’expression
n − α), tandis que le modèle conducteur impose une position pédale α au moteur afin
de contrer la résistance de la machine de charge en assurant le suivi de vitesse : c’est le
contrôle en n − α.
34
1.3 Modes de contrôle du banc moteur
Le type de machine de charge le plus répandu est la machine électrique. Elle peut se
comporter comme un générateur et freiner le moteur, ou comme un moteur électrique
entraînant le moteur thermique. La machine peut fonctionner à courant alternatif (AC)
ou courant continu (DC), la première variante étant la plus répandue. Le banc EiL déve-
loppé à l’université du Michigan (UM) est équipé d’une machine AC de 330 kW contrôlée
en n − α. Il a été l’objet de nombreuses publications [26, 29, 36, 38, 44, 55, 57], orientées
sur les émissions d’un véhicule équipé d’un moteur Diesel ainsi que sur l’influence de plu-
sieurs systèmes d’hybridation électrique ou hydraulique, associés à différentes stratégies
de gestion. Un banc EiL développé à l’Institut Français du Pétrole (IFP) est aussi équipé
d’une machine AC de 250 kW, contrôlée en régime [30, 45]. D’autres études utilisent des
machines de charge à courant alternatif sans préciser le type de contrôle choisi [34, 54].
Jiang et al. [12] ont choisi le mode de contrôle T −α avec une machine similaire. Fleming
et al. [27] utilisent une machine de charge DC pour tester un système hybride, contrôlé
en régime. Enfin, le type de machine électrique n’est parfois pas précisé dans des études
EiL, comme par exemple à l’University of Aachen [41, 49, 56] contrôlée en régime, entre
autres [28, 58].
Enfin, de manière plus anecdotique, certaines publications se basent sur une machine
de charge hydraulique, dit « hydrostatic dynamometer ». Dans ce cas, le couple de frei-
nage est contrôlé en agissant sur la pression dans le système et le mode de contrôle de
prédilection semble donc être le mode T − α [31-33, 115].
35
1 Synthèse bibliographique
36
1.4 Représentativité des essais au banc moteur
• D’autre part, l’environnement réel du moteur au banc d’essai, i.e. les conditions
atmosphériques, thermiques et fluidiques autour du moteur et de la ligne d’échap-
pement, sont naturellement différentes de celles observées sur un véhicule, de par
le confinement sous le capot, les flux d’air qui traversent l’emplacement moteur,
etc. Même en supposant les modèles parfaitement représentatifs, c’est à dire même
si le régime et le couple moteur sont identiques au trajet réel, ces divergences d’en-
vironnement peuvent entraîner un comportement différent de certaines grandeurs
cruciales. Par exemple, les températures des fluides moteurs (eau et air) ont un
impact direct sur les émissions polluantes. De plus, la thermique du catalyseur
joue un rôle primordial dans sa capacité de traitement des polluants, et donc sur
les émissions à l’échappement.
Filipi et al. [29], ainsi que Liu et al. [61], valident ainsi que le contrôle, réalisé par
le modèle conducteur en fonction de la vitesse simulée par le modèle véhicule (en trait
plein), répond de manière fidèle à la demande de vitesse, en pointillés sur la Figure 1.30.
37
1 Synthèse bibliographique
L’étude portant sur un véhicule hybride à la phase de concept, il n’est pas possible pour
les auteurs de comparer les résultats du banc EiL avec des mesures sur un véhicule réel
inexistant.
Cette comparaison permet une vérification rapide du bon fonctionnement de l’envi-
ronnement virtuel et en particulier du modèle conducteur, et elle est donc généralement
réalisée en premier lieu [45, 48, 49, 51, 59]. Toutefois, une telle démarche ne suffit pas à
valider l’environnement virtuel dans son ensemble.
38
1.4 Représentativité des essais au banc moteur
Klein et al. [49] basent la validation du banc virtuel (en trait-point Figure 1.32) sur
la comparaison des traces de l’appui de la pédale d’accélérateur, du couple et du régime
39
1 Synthèse bibliographique
moteur par rapport à un cycle NEDC réalisé sur BàR, en trait plein Figure 1.32. Le
modèle véhicule est développé avec l’outil ASM Tool Suite de dSpace mentionné Section
1.2. La transmission automatique est modélisée grâce à SimulationX. Les résultats sont
aussi comparés avec ceux obtenus par une approche purement virtuelle de model-in-the-
loop (MiL, en pointillés), dans lequel la simulation du moteur se fait sur l’outil GTPower,
paramétré par des essais en régime stabilisé.
Pour atteindre la précision représentée sur la figure, le véhicule virtuel est préalable-
ment paramétré grâce à des mesures disponibles et des essais. En particulier, le modèle
véhicule est calibré par des essais de « coast down » à partir de 135 km/h, comme men-
tionné Section 1.2. Ces essais sont réalisés sur une piste de 2500 mètres de long, abritée
du vent et parfaitement plate. En outre, la masse de deux passagers est prise en compte et
la pression des pneus correspond à une valeur recommandée, tout comme les conditions
de température et pression atmosphériques, ainsi que la vitesse du vent. Naturellement,
de tels essais exigent de disposer non seulement du véhicule entier, mais aussi d’un en-
vironnement d’essai adéquat. Par ailleurs, pour minimiser les dispersions, les auteurs
répètent le test 16 fois. Ensuite, d’autres essais sont nécessaires pour calibrer le modèle
de transmission. En partant de l’arrêt véhicule, la loi de passage de la boîte automatique
est caractérisée en enfonçant la pédale d’accélérateur à une position constante jusqu’à
stabilisation de la vitesse. Ce type de test est réalisé pour plusieurs valeurs d’enfonce-
ment de la pédale d’accélérateur, cinq fois par position. Sur le cycle NEDC représenté,
l’erreur entre le couple mesuré sur véhicule est de 2.29 N.m en moyenne pour un écart
type de 14 N.m, tandis que l’erreur en vitesse véhicule est en moyenne de 0.15 km/h,
pour un écart type de 0.65 km/h. Les auteurs identifient cette divergence de couple
comme étant concentrée lors des changements de rapport et principalement due à la
différence de comportement entre les conducteurs réel et virtuel. Cette divergence est
toutefois considérée mineure et la précision de l’environnement EiL peut être validée
dans son ensemble. Par la suite, ce même banc peut être utilisé comme référence pour
étudier différents systèmes d’hybridation [41], ou une transmission innovante [56].
Fig. 1.33 : Régime moteur et pédale d’accélérateur - Comparaison entre banc EiL et
BàR [51].
40
1.4 Représentativité des essais au banc moteur
((a)) Essais de coast down avec et sans vent. ((b)) Phase d’accélération.
Fig. 1.34 : Essais de validation du modèle en environnement MiL vs sur véhicule réel
[56].
41
1 Synthèse bibliographique
paramètre donné, ou de faire varier les conditions d’essai, il est donc nécessaire de dé-
montrer la précision et la robustesse du banc. Cet aspect est d’autant plus primordial
que les émissions de polluants par le moteur, aussi bien que la conversion de ces gaz
par les systèmes de dépollution, sont des phénomènes complexes à modéliser de manière
fidèle : c’est donc un avantage majeur de l’approche EiL par rapport à un environnement
purement virtuel.
Fig. 1.35 : Analyse des polluants sur banc à rouleaux : méthode modale (gaz dilués)
et par sacs
Tout d’abord, sur banc moteur comme sur banc à rouleaux, plusieurs méthodes sont
disponibles pour mesurer les concentrations en polluants, comme représenté sur la Figure
1.35. La méthode sur laquelle s’appuie l’homologation est la mesure dite par « sacs ».
Les gaz d’échappement extraits sont dilués dans de l’air ambiant afin de les amener à
température ambiante et de placer les concentrations dans les plages de fonctionnement
des capteurs, puis sont stockés en partie dans des sacs. Cet échantillon représentatif est
ensuite analysé à la fin de l’essai ou de la phase concernée en vidant les sacs, ce qui
permet d’obtenir la quantité totale émise pour chaque polluant.
Cette approche est utilisée pour vérifier le bon respect des normes de pollution, en
g/km au total sur le cycle d’homologation WLTP [116-118]. Toutefois, pour des applica-
tions de développement et d’analyse, il est intéressant de disposer de l’évolution tempo-
relle des émissions de polluants. En effet, certains évènements dynamiques, comme les
changements de rapport ou les accélérations fortes, sont généralement associés à des pics
d’émissions. Il est donc courant de s’appuyer sur une analyse « modale » des polluants.
C’est par ailleurs généralement le cas sur les bancs moteur, pour lesquels l’utilisation
de sacs est marginale. La concentration de chaque polluant est obtenue en fonction du
42
1.4 Représentativité des essais au banc moteur
temps, et permet une analyse précise. En théorie, l’intégration des mesures modales de-
vrait correspondre à la mesure par sacs. Cependant, des incertitudes entourent la mesure
modale. En effet, les analyseurs permettent d’obtenir une concentration volumique de
chaque polluant. La valeur du débit de gaz à chaque instant est donc nécessaire pour
calculer la masse émise. L’estimation précise de ce débit est cruciale et la méthode du
traceur CO2 est la plus largement employée [116-118]. Elle repose sur deux mesures de
concentration de CO2 , dans les gaz non dilués (« bruts » sur la Figure 1.35) d’une part,
et dans les gaz dilués d’autre part. En considérant le débit de dilution Qdilu constant,
ainsi que la concentration de CO2 dans l’air ambiant [CO2,amb ], le débit d’échappement
Qech peut être obtenu :
[CO2,dilus ] − [CO2,amb ]
Qech = Qdilu · (1.25)
[CO2,bruts ] − [CO2,dilus ]
Le principal défi de cette méthode est l’alignement temporel entre la mesure de concen-
tration de polluants dans les gaz dilués d’une part, et le débit de gaz d’échappement
associé d’autre part. En particulier, le retard induit par le transport des gaz jusqu’au
point de mesure ainsi que par le temps de réponse de l’analyseur, peut être source d’er-
reur. Hawley et al. [117] estiment que même une seconde de décalage temporel peut
avoir un impact conséquent. Les auteurs analysent la sensibilité de la masse totale de
polluant mesurée à des variations du temps de transfert. Pour les émissions de NOx par
exemple, une augmentation de 1 s du temps de transfert conduit à une augmentation
de la masse totale de 3.3%. Par ailleurs, une diminution de 1 s de ce paramètre conduit
à une hausse de 9.2%.
Dans le cadre de la procédure RDE, il est nécessaire de disposer d’un équipement
de mesure pouvant être placé sur un véhicule roulant sur route. C’est pour répondre
à ce besoin que les Portable Emission Measurement System (PEMS) sont développés.
Comme représenté Figure 1.3(b), ce type d’équipement est portable et peut donc être
installé à l’échappement d’un véhicule classique. Outre un analyseur de gaz, un PEMS
comprend généralement un débitmètre et un GPS, et même une station météorologique.
L’appareil étant portable, il existe une incertitude sur la précision de l’analyseur de gaz,
ainsi que sur le débitmètre [118]. Varella et al. [118] comparent la mesure des émissions
polluantes par deux PEMS avec les valeurs obtenues par les appareils de laboratoire, i.e.
les mesures modale et par sacs. En premier lieu, l’analyse modale des gaz dilués présente
un écart de 2.5% avec la mesure par PEMS pour la concentration de CO2 et 5% pour
les NOx pour des valeurs supérieures à 20 ppm, l’écart augmentant à 15% pour 7 ppm
et 30% pour 1 ppm. Les auteurs concluent donc que la précision des analyseurs de gaz
des PEMS est satisfaisante, en soulignant que l’incertitude augmente pour les faibles
concentrations de NOx . Toutefois, l’incertitude liée à la mesure du débit entraîne que
les émissions de CO2 par unité de distance (en g/km) sont généralement surestimées
par mesure modale (intégration sur le cycle) par rapport à la mesure par sacs, l’écart
pouvant atteindre 10%. D’autre part, les PEMS les sous-estiment d’environ 10%. Des
résultats similaires sont obtenus pour les NOx . Les facteurs de conformité prennent en
compte cette incertitude pour l’homologation RDE. Verner et al. [116] présentent des
conclusions analogues. Sur 12 véhicules réalisant un WLTC sur BàR, les concentrations
de CO2 obtenus par PEMS correspondent globalement à la mesure modale. En outre,
l’écart entre la mesure par sacs de la masse de CO2 émise par unité de distance (g/km)
et l’intégration de la mesure par PEMS est de moins de 1.1 %.
43
1 Synthèse bibliographique
Fig. 1.36 : Emissions des polluants sur cycle NEDC - Intégration sur le cycle [45].
Il ressort que les émissions sur banc EiL sont proches du BàR, l’écart le plus important
étant de 2 grammes sur le cycle pour les NOx . Les barres d’incertitude représentent la
déviation obtenue en répétant plusieurs fois le même test. Il peut être souligné que le
BàR induit une incertitude plus importante, due au conducteur humain qui ne peut
garantir exactement le même comportement entre deux essais. Les auteurs vérifient en
outre que les mesures modales sont en accord, dans les tendances et les amplitudes. Les
écarts observés sont identifiés comme étant dus en partie aux différences de production
entre les deux moteurs et entre les comportements conducteur.
Gerstenberg et al. [59] comparent les émissions de NOx à l’échappement du moteur
Diesel (tailpipe, en aval du système de post-traitement) sur banc EiL avec la mesure réa-
lisée par PEMS sur un RDE, Figure 1.37. Les auteurs considèrent que la représentativité
est satisfaisante. Il est toutefois précisé qu’un contrôle du conditionnement thermique de
la ligne d’échappement pourrait être nécessaire pour assurer la bonne représentativité
du comportement du système de post-traitement. Aucune précision n’est donnée quand
à l’application de cette éventualité. Les auteurs soulignent en outre la bonne répétabi-
lité de la démarche EiL, en comparant les résultats obtenus en reproduisant deux fois
le même cycle. Les émissions de NOx coïncident. Les mêmes auteurs [48] soulignent par
ailleurs que l’installation d’un PEMS sur un véhicule influence le comportement du mo-
teur, notamment la pression à l’échappement. Même si l’impact sur les émissions semble
négligeable, il devrait être pris en compte.
Jung et al. [51] conduisent une étude poussée sur le banc EiL équipé d’un moteur Die-
sel. Les auteurs portent une attention particulière aux températures des fluides moteur,
44
1.4 Représentativité des essais au banc moteur
Fig. 1.37 : Vitesse [km/h], NOx [g/s] et NOx cumulés [g] sur un RDE - Comparaison
entre PEMS (rouge) et EiL (bleu) [59].
45
1 Synthèse bibliographique
D’autre part, Hochmann et al. [119] se penchent aussi sur le conditionnement ther-
mique du banc EiL. En effet, les mesures d’écoulement d’air autour du moteur, turbo-
compresseur, catalyseur et échappement montrent que la vitesse d’air évolue de manière
linéaire, Figure 1.42. Toutefois, les auteurs précisent que varier la température de l’air
autour de la ligne n’a aucun effet identifiable, à part sur le turbocompresseur pour lequel
la température influence le comportement moteur. Il est donc préconisé de concentrer
l’effort sur le contrôle de la température des fluides moteur plutôt que sur l’environne-
ment de la ligne d’échappement.
Guse et al. [56] choisissent une approche différente pour assurer la représentativité
thermique de l’environnement du banc EiL ; le moteur, à allumage commandé cette fois,
46
1.4 Représentativité des essais au banc moteur
est équipé du thermostat présent sur le véhicule de série. De plus, les auteurs précisent
que le volume d’eau du circuit de refroidissement est comparable au circuit réel, ce qui
permet un bon suivi de la température du liquide de refroidissement sur un cycle WLTC,
Figure 1.43.
En outre, la Figure 1.44 montre que les émissions de CO2 , analysées sur les gaz
d’échappement bruts sur le banc EiL et dilués sur le BàR, coïncident de manière sa-
tisfaisante. Toutefois, les auteurs insistent sur l’influence du conducteur virtuel sur les
émissions. En particulier, l’absence d’une capacité de prédiction de fortes demandes de
couple entraîne une dérive du nombre de particules, représenté en pourcentage de la
limite définie par la norme Euro6b en pointillés sur la Figure 1.45(a). En outre, une dé-
rive importante peut être observée en fin de cycle, due selon les auteurs aux fluctuations
brutes de la pédale d’accélérateur du pilote humain comparé au conducteur virtuel, plus
calme.
Outre la représentativité satisfaisante du banc EiL en termes d’émissions de pol-
luants, les auteurs soulignent sa répétabilité. Sur la Figure 1.45(b), un deuxième cycle
WLTC réalisé sur le BàR est représenté en noir. Il apparaît que les courbes d’émissions
cumulées de HC sont proches pour le cycle de référence sur BàR (bleu) et les deux
cycles réalisés sur banc EiL à partir de la trace de vitesse de référence (rouge et vert)
47
1 Synthèse bibliographique
Fig. 1.42 : Vitesse de l’écoulement autour des pièces majeures de la ligne en fonction
de la vitesse véhicule [119].
Fig. 1.43 : Comparaison entre EiL et BàR sur WLTC - Température du liquide de
refroidissement [56].
48
1.4 Représentativité des essais au banc moteur
sont proches sur le cycle. Cependant, le deuxième cycle sur BàR présente une dérive
importante par rapport à ces courbes. Les mêmes observations peuvent être faites pour
les CO et NOx , et montrent que l’approche EiL est bien plus répétable que l’approche
conventionnelle sur BàR, soumise aux fluctuations du comportement humain du pilote.
Des conclusions similaires quant à la répétabilité du banc BàR sont tirées par Roberts
et al. [8]. Les auteurs comparent les émissions de polluants en RDE réel (avec PEMS)
aux mesures réalisées sur BàR à partir des mêmes traces de vitesse. Il est souligné que
bien que les niveaux d’émissions totaux soient proches (2.1% d’écart pour le CO2 ), les
analyses modales révèlent des divergences dues au comportement du pilote du BàR,
qui suit la trace de vitesse de manière plus douce que l’essai de référence. Les auteurs
préconisent donc l’automatisation des pédales d’accélérateur et prévoient d’orienter les
travaux futurs sur l’approche EiL.
Fig. 1.44 : Comparaison entre EiL et BàR sur WLTC - Emissions de CO2 [56].
49
1 Synthèse bibliographique
1.5 Conclusions
Du fait du durcissement des méthodes d’homologation ainsi que de la complexité
croissante des GMP face aux nouvelles normes d’émissions de polluants, les construc-
teurs automobiles voient leurs besoins en essais augmenter de manière exponentielle. Les
méthodes actuelles reposent en grande partie sur des essais automobiles sur piste. En
plus d’être trop coûteux, ce type d’essai est trop peu répétable, flexible et maîtrisé pour
faire face à ces nouveaux besoins. Dans ce contexte, la méthode « engine-in-the-loop »
(EiL) présente un potentiel considérable.
Pour cette approche, le véhicule entier n’est pas nécessaire. Seul le principal compo-
sant - i.e. le moteur et son calculateur ainsi que sa ligne d’échappement - est présent au
banc et connecté à une machine de charge. Cette machine est contrôlée par un environ-
nement virtuel qui représente le véhicule et sa transmission, ainsi que la route est les
forces extérieures. D’autre part, le moteur est contrôlé par un modèle conducteur dont
le but est d’assurer que la vitesse du véhicule virtuel corresponde à la vitesse demandée
à chaque instant. L’objectif est que le moteur se comporte de la même manière, c’est-à-
dire passe par les mêmes points de fonctionnement que s’il était placé dans un véhicule
réel et conduit par un conducteur humain suivant le même profil de vitesse. Cette mé-
thode offre des avantages indéniables : les essais sont alors répétables et automatisés,
l’environnement extérieur est contrôlé, les composants virtuels peuvent être modifiés ins-
tantanément, et seul le moteur est nécessaire. En outre, contrairement à une méthode
purement virtuelle, la présence physique du moteur et de sa ligne d’échappement permet
la mesure des émissions de polluants. Même si cette approche est encore relativement
nouvelle, elle a déjà fait l’objet de publications. De l’étude de la bibliographie disponible,
plusieurs conclusions peuvent être tirées.
Tout d’abord, la modélisation des composants périphériques à la ligne de traction
est un aspect essentiel. Un point crucial est l’équilibre entre le niveau de précision et
les besoins en mesure et calibration associés. Bien que certains outils industriels offrent
un niveau de représentation élevé, la plupart des études s’appuient sur une modélisation
simpliste et unidirectionnelle du véhicule et des forces s’exerçant sur le moteur à partir
d’un bilan des forces sur l’axe longitudinal. La transmission est représentée par une
efficacité de transmission pour chaque rapport. Dans le cadre d’une étude portant sur un
système hybride, les composants d’hybridation (i.e. le moteur électrique et les batteries)
peuvent être modélisés et ajoutés à l’environnement virtuel. Le modèle conducteur est
lui généralement basé sur un correcteur proportionnel-intégral (PI) dont l’objectif est de
réduire l’erreur entre vitesse calculée et vitesse demandée.
L’action de la machine de charge sur le moteur peut être faite par un contrôle en
couple (T - α, pour couple - pédale d’accélérateur) ou en régime (n - α pour régime -
pédale d’accélérateur). Le second type de contrôle est le plus courant dans la littéra-
ture, car plus simple à mettre en place et plus stable, bien que peu de détails soient
généralement donnés sur le choix du contrôle. Toutefois, le contrôle en couple est aussi
utilisé, et permet notamment d’imposer un couple nul au moteur et de représenter un
fonctionnement hybride. Certaines études s’appuient donc sur l’alternance entre les deux
modes de contrôles selon le type de fonctionnement.
Enfin, la littérature ne se penche pas de manière approfondie sur la représentativité
de l’environnement du banc EiL et il ne semble pas exister de consensus quant à la
méthodologie exacte à appliquer pour garantir la fidélité des essais. Toutefois, l’étude de
50
1.5 Conclusions
la bibliographie révèle que cette approche peut atteindre une précision satisfaisante dans
la reproduction du comportement moteur en termes d’émissions polluantes. Plusieurs
sources d’écarts avec le véhicule réel sur BàR ou sur route sont identifiées :
Finalement, il est important de préciser que les résultats acquis sont teintés d’incertitudes
dues aux différentes techniques de mesures utilisées et aux écarts de production entre le
moteur au banc EiL et le moteur référence.
L’analyse de la bibliographie permet donc d’organiser le travail de cette thèse selon
deux axes principaux correspondant aux sources d’écart identifiées ci-dessus. Le Chapitre
3 porte sur le développement d’un environnement virtuel adapté aux essais EiL, en se
concentrant notamment sur la modélisation de la liaison embrayage et du conducteur.
Les résultats expérimentaux obtenus avec cet environnement virtuel sont aussi présentés
et analysés. D’autre part, le Chapitre 4 porte sur la représentativité thermique du banc
moteur, et en particulier de la température de l’air de suralimentation. On commence
tout d’abord par présenter la démarche de corrélation ainsi que les moyens d’essais
utilisés dans cette thèse dans le Chapitre 2.
51
52
52
CHAPITRE 2
Présentation de
l’environnement et des
moyens d’essais
L’étude de la littérature scientifique présentée dans le Chapitre 1 permet d’identifier
les principales sources d’écarts entre le comportement moteur sur le banc Engine-in-
the-Loop (EiL) et dans un véhicule réel : la précision de l’environnement virtuel, et le
conditionnement de la cabine d’essai. Les objectifs principaux de cette thèse sont d’ana-
lyser précisément les écarts de la méthode EiL par rapport aux essais conventionnels, et
de proposer des pistes d’amélioration. Dans ce cadre, on cherche donc à reproduire sur
le banc moteur des essais réalisés sur véhicule, qui serviront de référence.
équipé d’un moteur HR10DDT (référence H5D400) dont les caractéristiques sont ras-
semblées dans le Tableau 2.2.
Ce véhicule étant un prototype d’essai utilisé par Renault, il a déjà réalisé 351 essais
sur piste lors d’une campagne d’un mois en octobre 2018 sur le site d’essais de Renault
Aubevoye (notée Campagne V1 dans le Tableau 2.7). Ces essais varient par la piste
utilisée, leur durée, les conditions ambiantes et le conducteur. Ils sont caractérisés par
l’enregistrement d’un large nombre de voies du contrôle moteur. Par ailleurs, plusieurs
cycles WLTC ont aussi été réalisés sur BàR à la réception de ce véhicule (Campagne V2
dans le Tableau 2.7) ; pour ces essais, la mesure des polluants par analyse modale et par
sacs est disponible, en plus des voies du contrôle moteur (ECU).
54
2.1 Démarche et véhicule d’essai
thermocouples pendant la campagne d’essais sur piste (notée V1). La Figure 2.2 re-
présente l’emplacement des différents thermocouples sur le catalyseur. Le système de
post-traitement est composés de deux pains catalytiques :
• Le premier pain de faible volume (0.4 L) est un catalyseur trois voies dont le rôle
est de monter rapidement en température afin de traiter les HC, CO et NOx .
• Le second pain de volume plus important (1.2 L) est un catalyseur « quatre voies »,
c’est à dire qu’il filtre les particules (PM) en plus de traiter les HC, CO et NOx .
Ce pain monte plus lentement en température du fait de son volume important,
mais est capable de traiter de plus grands débits de gaz que le premier.
Les thermocouples DA1, DA2, DA7 et DA8 désignent les capteurs de température
de peau, et sont placés sur la surface extérieure du pain. Le thermocouple T24M est
placé au coeur du premier pain, et les thermocouples T34D, T34M et T34F sont placés
au coeur du second pain, en début, milieu et fin respectivement. Le capteur T34M est
indiqué en gris, car il a cessé de fonctionner dès les premiers essais véhicule. Le point
55
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
de mesure G04 correspond au point de prélèvement des gaz utilisé pour la mesure des
polluants en sortie moteur en amont du système de dépollution.
56
2.1 Démarche et véhicule d’essai
rouleaux, noté H5D470 3. En effet, il n’était pas possible d’extraire le moteur du véhicule
EKB118. Il s’agit donc de deux exemplaires du même modèle moteur.
De plus, le système de dépollution utilisé lors des essais du véhicule EKB118 n’a
pas pu être placé au banc moteur, car il était réservé pour un autre projet industriel.
Ainsi, il n’est pas possible de comparer les émissions à l’échappement entre le banc
EiL et le véhicule pour ces essais, contrairement à ce qui était prévu dans la démarche
initiale. Bien que les systèmes de post-traitement correspondent au même modèle, les
essais BàR ont été réalisés avec un catalyseur vieilli dans un four à 1000◦ C environ
afin de correspondre aux conditions d’homologation, qui exigent de tester un catalyseur
aillant réalisé l’équivalent de 160000 km dans des conditions d’utilisation « normales ».
En revanche, le catalyseur utilisé lors des essais au banc moteur est pratiquement neuf,
et donc significativement plus efficace. L’analyse des émissions en sortie moteur restera
néanmoins pertinente. Ce catalyseur est par ailleurs instrumenté avec un thermocouple
T24M (voir Figure 2.2).
57
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
58
2.2 Le banc d’essai
59
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
60
2.3 Synthèse des campagnes
les émissions à l’échappement ne pourront pas être comparées. le Tableau 2.7 résume les
différentes campagnes véhicule servant de référence de comparaison.
Comme précisé plus haut, le véhicule de référence initial EKE367 a réalisé une cam-
pagne d’essais sur piste en 2018, et plusieurs essais sur BàR en 2019. Pour ces deux
campagnes, le véhicule était équipé du moteur H5D400 (1), du calculateur ECU 1 et
du système de post-traitement 1. Suite à l’endommagement du moteur H5D400 (1), de
nouveaux essais BàR ont été réalisés avec un véhicule similaire immatriculé EKB118.
Ce véhicule est équipé d’un moteur H5D470 numéroté 3 qui n’est pas celui utilisé sur
les essais EiL. Le calculateur ECU (numéroté 2) est aussi différent, ainsi que le système
de post-traitement (3). La Figure 2.4 synthétise le déroulement des campagnes d’essai.
Fig. 2.4 : Synthèse des campagnes d’essai sur véhicule et sur banc EiL (PT = post-
traitement).
En conclusion, les campagne EiL numérotées 0 et 1 ont pour référence les campagnes
véhicule 1 et 2. Les campagnes EiL 2 et 4 ont pour référence la campagne véhicule 3,
mais les émissions à l’échappement ne pourront pas être comparées faute d’un système de
dépollution similaire. De plus, il est important de souligner que bien que la calibration
n’est pas censée différer entre les moteur H5D470 1 et 2, l’unité de contrôle utilisée
lors des campagnes EiL 2 et 4 n’est pas strictement la même que pour la campagne
véhicule 3. On peut finalement souligner que les essais BàR ont été réalisés sur 3 bancs
différents équipés de la machine de charge VULCAN HORIBA [122] et de la même
instrumentation.
61
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
Fig. 2.5 : Le véhicule d’essai Mégane utilisé lors des essais de meesure thermique sous-
capot.
La Figure 2.6 représente l’emplacement des différents capteurs utilisés lors des essais.
Le véhicule est équipé de nombreux thermocouples mesurant d’une part la température
ambiante sous-capot (« thermocouple ambiant », en bleu sur le schéma), et d’autre part la
température interne de la ligne d’air (« thermocouple intrusif », en rouge sur le schéma).
En plus des voies du contrôle moteur, on dispose donc de la température ambiante
sous-capot mesurée à 6 points (Tamb,cata , Tamb,turbo , Tamb,comp , Tamb,bouche , Tamb,adm et
Tamb,access ), ainsi que de 5 mesures de la température interne de la ligne d’air, représentée
en vert (Te,f iltre , Ts,f iltre , Ts,comp , Ts,RAS , Tadm ). En outre, on mesure aussi la température
du circuit de refroidissement représenté en bleu en deux points (Te,CO et Ts,CO ).
62
2.5 Moyens de mesure
Plusieurs types de roulages ont été effectués lors d’une campagne de deux semaines
effectuée en octobre 2019, dans différentes conditions de chauffe moteur, de température
ambiante et d’altitude. Parmi les 36 enregistrements, on dispose notamment d’essais
courts urbains et semi-urbains, ainsi que de longs roulages sur autoroute.
Pour le banc moteur, la force résistive sur le véhicule Fth est établie en fonction de la
vitesse véhicule V par le polynôme de la loi de route, déterminée par les coefficients de
« coastdown » (Chapitre 1) :
Fth (V ) = A + B · V + C · V 2 (2.2)
Tableau 2.9 : Caractéristiques des capteurs de couple et de force aux bancs moteur et
à rouleaux (VM : valeur mesurée) [123].
Précision
Banc Capteur Plage nominale
Plage Précision
BM HBM T12 [-2000 ; 2000] N.m [-2000 ; 2000] N.m 0.03 % VM
[-3000 ; 3000] N 10 N
BàR HBM U10M [-5400 ; 5400] N
|VM| > 3000 N 10 N + 0.5% VM
La puissance appliquée mesurée Pmes,BM peut donc être calculée de manière immé-
diate :
π
Pmes,BM = Tmes · ωeng · (2.5)
30
Cependant, cette mesure n’est pas réalisée sur le banc à rouleaux. Sur les bancs HORI-
BA VULCAN utilisés comme référence dans cette thèse, la force appliquée au rouleau
Fmes,P dC au point de contact entre la roue et le rouleau est toutefois mesurée par un cap-
teur placé sur l’arbre du moteur entraînant les rouleaux. Les caractéristiques du capteur
de force HBM U10M sont rassemblées dans le Tableau 2.9. La puissance au point de
contact Pmes,P dC peut ensuite être obtenue en considérant cette force ainsi que l’inertie
équivalente du rouleau Meq,Rlx renseignée par le fournisseur.
dV
Pmes,P dC = V · (Fmes,P dC + Meq,Rlx · ) (2.6)
dt
64
2.5 Moyens de mesure
Il est ensuite possible d’identifier un polynôme du second degré FAV (V ), comme re-
présenté Figure 2.7. A partir de la force mesurée au point de contact, on peut ensuite
calculer la puissance produite par le moteur en considérant l’inertie des rouleaux, les
pertes à vide et l’efficacité de la boîte de vitesse :
65
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
Pour les deux variables ECUEstiT qi et ECUEstiT qe , on peut donc calculer la puissance
fournie par le moteur (Ptqi et Ptqe respectivement) en utilisant la variable du régime
moteur ECUN .
π
Ptqi = ECUEstiT qi · ECUN · (2.12)
30
π
Ptqe = ECUEstiT qe · ECUN · (2.13)
30
Cette méthode de calcul est la même pour le banc moteur et le banc à rouleaux puisqu’elle
ne dépend que de variables ECU.
Pour chacune des puissances définies précédemment, l’énergie totale E peut être
calculée par intégration sur toute la durée du cycle tend . Par exemple, en utilisant la
puissance mesurée sur banc moteur Pmes,BM , on obtient l’énergie mesurée Emes,BM :
Z t=tend
Emes,BM = Pmes,BM (t) dt (2.14)
t=0
On peut ensuite comparer le bilan énergétique du banc moteur avec celui d’un essai
de référence ref, par exemple sur banc à rouleaux. On note ∆E l’écart relatif entre
l’énergie calculée entre l’essai considéré et l’essai de référence. Par exemple, pour l’énergie
mesurée :
Emes,BM (tend ) − Emes,ref (tend )
∆Emes = 100 · (2.15)
Emes,ref (tend )
Afin d’identifier certaines phases spécifiques pendant lesquelles l’écart se creuse par-
ticulièrement, on peut aussi tracer l’écart d’énergie au cours du temps. Pour faciliter
l’interprétation, on calcule cet écart δE relativement à l’énergie totale sur l’essai de
66
2.5 Moyens de mesure
Selon l’essai, il peut être intéressant de ramener l’énergie totale à la distance parcourue
Dtot , obtenue à partir de la vitesse véhicule V .
Z t=tend
Dtot = V (t) dt (2.17)
t=0
Emes,BM (tend )
Emes/km,BM = (2.18)
Dtot
On peut ensuite calculer ∆Emes/km de la même manière que ∆Emes , Eq. (2.15.) Cepen-
dant, il est important de préciser que la comparaison entre un essai réalisé au banc EiL
et un essai BàR est discutable du fait des différences entre les deux moyens d’essais.
Concernant l’énergie demandée et l’énergie mesurée, par exemple, il est important de
souligner que dans le cas du banc à rouleaux il est nécessaire de supposer l’efficacité
de la boîte de vitesse ηgear . Toutefois, en l’exprimant de la même manière que dans
l’environnement virtuel du banc moteur, on peut considérer que la comparaison reste
pertinente. Il doit aussi être rappelé que l’inertie des rouleaux Meq,Rlx est nécessaire au
calcul de Pmes,BaR , et que la précision de cette « mesure » dépend donc de ce paramètre.
Enfin, la comparaison énergétique basée sur les variables du contrôle moteur peut
paraître la plus fiable, puisque la méthode de calcul est la même quel que soit le moyen
d’essai. Toutefois, il est nécessaire de souligner que les variables ECUEstiT qi et ECUEstiT qe
ne sont pas mesurées par le contrôle moteur, mais proviennent d’une estimation. Le calcul
de ces variables est susceptible d’être influencé par des facteurs extérieurs. De plus,
des différences de calibration moteur entre deux essais impacteront ce calcul. Enfin,
on dispose de peu de détails concernant l’estimation des pertes utilisée pour calculer
ECUEstiT qe . Cette estimation peut poser question, puisque certains accessoires comme
la climatisation ne sont pas présents au banc moteur.
67
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
puissance et énergie sont superposées tout au long du cycle. L’écart relatif final entre
l’énergie théorique et l’énergie calculée à partir de la mesure est inférieur à 0.3%. On
peut donc conclure que l’essai WLTC sur BàR est valide d’un point de vue énergétique
et constitue une référence fiable de comparaison.
Fig. 2.8 : Ecart entre force théorique et mesurée au BàR sur un WLTC.
68
2.5 Moyens de mesure
Fig. 2.9 : Comparaison du débit carburant ECU (rouge) et mesuré au banc moteur
(bleu) sur un WLTC.
Fig. 2.10 : Comparaison du débit carburant ECU (rouge) et mesuré au banc moteur
(bleu) sur un WLTC. Zoom sur une fraction du cycle
La Figure 2.10 représente un zoom sur une fraction du cycle et permet d’analyser
plus précisément les écarts entre les deux méthodes. Tout d’abord, on identifie un retard
conséquent de la variable mesurée, de l’ordre de 3 secondes. Comme détaillé sur la
Figure 2.3, la mesure du débit est enregistrée sous PUMA, tandis que la variable ECU
69
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
est enregistrée par le poste INCA. Toutefois, ce retard ne provient pas d’un déphasage
entre les deux fichiers d’enregistrement : on vérifie en parallèle la bonne synchronisation
entre le régime mesuré par le banc PUMA et le régime mesuré par l’ECU sous INCA. De
plus, on peut ajouter que la fréquence d’acquisition de la mesure du débit de carburant
est de l’ordre de 1 seconde, ce qui peut expliquer en partie l’écart avec la masse calculée
à partir de la variable ECU. La documentation du KMA4000 faisant référence à une
fréquence d’acquisition pouvant atteindre 5 Hz, il est possible que ce comportement soit
du à un mauvais réglage de l’appareil. Enfin, on observe que le débit mesuré chute à
0 g/s lors des lâchers de pieds, à t = 1380 s par exemple lorsque le couple ECUEstiT qi
est nul. Ce n’est pas le cas du débit estimé par l’ECU, qui ne chute pas en dessous de
0.16 g/s. Il existe donc un biais conséquent entre les méthodes de mesure. Dans le reste
de cette thèse, on choisit de minimiser les biais de comparaison entre le BàR et le banc
EiL. Par conséquent, on considère uniquement le débit de carburant calculé à partir de
la variable ECU commune aux deux bancs d’essai, Eq. (2.19).
Les baies d’analyse utilisées pour l’analyse modale (i.e. au cours du temps, Section
1.4.2.1) des polluants sur banc à rouleaux et sur banc moteur sont le modèle MEXA-ONE
développé par HORIBA [125]. Les méthodes de mesure sont renseignées pour chaque
gaz dans le Tableau 2.10. Le CO2 et le CO sont mesurés par absorption infrarouge non
dispersive (NDIR). Les HC sont détectés par ionisation de flamme (FID), et les NOx
par chimiluminescence (CLD).
70
2.5 Moyens de mesure
Avec ρpollu la densité du polluant considéré et ρgaz la densité des gaz d’échappement
que l’on considère égale à celle de l’air, ρgaz = ρair . La variable ECUrich correspond à la
richesse du mélange mesurée à l’aide de la sonde λ du contrôle moteur. Le coefficient KH
est utilisé pour les NOx afin de corriger l’humidité dans l’air comburant. Le facteur F est
un facteur de conversion variant si la concentration est en ppm ou %. Le coefficient KB
est utilisé pour les NOx et les HC, et permet de passer d’une mesure sur gaz « humides »
à une mesure en gaz « secs ».
200
KB =
200 + [CO2 ] · HCratio + [CO] · · (HCratio − 2B) + [HC] · 10−4 · (Y · HCratio − Z)
10−4
(2.21)
Avec HCratio le rapport moyen du nombre d’atomes d’hydrogène H sur le nombre
d’atomes de carbone C du carburant. Le coefficient B est défini par l’Eq. (2.22) :
Avec dcarb , ecarb des paramètres du carburant définis expérimentalement. Les coefficients
Y et Z représentent le nombre moyen d’atomes de carbone et d’hydrogène dans une
molécule de gaz imbrûlée respectivement. Le coefficient E est défini par l’Eq. (2.23) :
2 · OCratio − HCratio
E= (2.23)
19.04 · (1 + 0.25 · HCratio + 0.5 · OCratio )
Avec OCratio le rapport moyen du nombre d’atomes d’oxygène O sur le nombre d’atomes
de carbone C du carburant. Le Tableau 2.11 recense les valeurs des coefficients utilisés
dans cette thèse. A partir du calcul de débit massique en fonction du temps, on peut
enfin évaluer la masse totale Mpollu,mes au point de mesure mes en intégrant Qpollu,mes
sur le cycle complet : Z t=tend
Mpollu,mes = Qpollu,mes (t) dt (2.24)
t=0
Pour effectuer une comparaison avec un essai de référence noté « ref » (qui pourra
correspondre à un essai véhicule, ou à un essai au banc moteur selon le contexte), on
71
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
Mpollu,mes − Mrpollu,mes,ref
∆Mpollu,mes = 100 · (2.25)
Mpollu,mes,ref
Enfin, on peut aussi calculer la masse de polluant émise par kilomètre Mpollu/km,mes en
utilisant la distance parcoure Dtot :
Mpollu,mes
Mpollu/km,mes = (2.26)
Dtot
On note ∆Mpollu/km,mes l’écart relatif du cumul par kilomètre par rapport à la référence
ref :
Mpollu/km,mes − Mpollu/km,mes,ref
∆Mpollu/km,mes = 100 · (2.27)
Mref,pollu,mes
Tableau 2.11 : Coefficients utilisés pour le calcul des émissions polluantes. Tous les
coefficients sont sans unité.
Paramètre Valeur
HCratio 1.9222
OCratio 0.032
Y 6.22
Z 12.05
KH 0.89303
dcarb 0.3244
ecarb 0.08
72
2.5 Moyens de mesure
ECUF IM sur l’axe de droite. On identifie tout d’abord l’instant t1 = 965.2 s corres-
pondant au dernier lâcher de pied et à la chute du débit FIM. Ce lâcher de pied entraîne
une chute de la concentration en NOx , que l’on repère par l’instant t2 = 983.2 s. Sur cet
exemple, le temps de transfert estimé est donc de ∆tN Ox = t2 − t1 = 18.0 s.
73
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
Fig. 2.12 : Comparaison des émissions totales cumulées à partir de la mesure modale
aux émissions mesurées par sac sur 4 essais BàR.
74
2.6 Synthèse
X
N
ECUM AT,ref (i) − ECUM AT (i)
M AP DM AT = 100 · (2.30)
i=1 ECUM AT,ref (i)
Pour ce calcul, la température est exprimée en Kelvin (K). La somme des carrés des
erreurs d’estimation est notée SSE (sum squared error) et donne une mesure de la
divergence entre les données de référence et la mesure obtenue au banc moteur.
X
N
SSEM AT = (ECUM AT,ref − ECUM AT )2 (2.31)
i=1
X
N
SSTM AT = (ECUM AT,ref − ECUM AT,ref )2 (2.32)
i=1
2.6 Synthèse
Dans ce chapitre, la démarche générale de la thèse a été présentée, ainsi que les
différents moteurs et bancs d’essai utilisés. Comme synthétisé Figure 2.4, les campagnes
EiL 0 et 1 ont été réalisées avec le même moteur H5D400 numéroté 1, le même ECU et
le même système de post-traitement que les essais de référence des campagnes véhicule
1 et 2. Suite à l’endommagement du moteur, les campagnes EiL 2 et 4 ont été effectuées
avec un nouveau moteur H5D470 numéroté 2. Ces campagnes ont pour référence la
campagne véhicule n◦ 3, réalisée sur BàR avec un autre exemplaire du moteur H5D470
numéroté 3. Le système de post-traitement étant différent, les émissions à l’échappement
ne pourront cependant être comparées. La campagne EiL 3 a été réalisée dans le cadre
d’une architecture hybride électrique et l’on ne dispose pas de référence véhicule de
corrélation pour cette campagne. Enfin, on dispose d’une campagne annexe réalisée
sur route réelle sur un véhicule Mégane équipé de thermocouples sous-capot, qui sera
exploitée dans le Chapitre 4.
Ce chapitre décrit en outre les indicateurs de corrélation utilisés pour analyser la
représentativité des essais EiL du point de vue du bilan énergétique, de la consomma-
tion de carburant, des émissions gazeuses et de la thermique moteur. Dans le prochain
chapitre, on détaille le fonctionnement de l’environnement de simulation développé dans
cette thèse, en particulier les modèles de l’embrayage et du conducteur. Les résultats
75
2 Présentation de l’environnement et des moyens d’essais
d’essais EiL obtenus avec cet environnement sont ensuite analysés à l’aide des indicateurs
présentés ci-dessus.
76
CHAPITRE 3
Développement de
l’environnement de
simulation
La méthode Engine-in-the-Loop reposant sur l’association de modèles temps réel
et d’un banc dynamique, la simulation précise et fidèle des éléments de la chaîne de
traction en est un aspect crucial. Dans le cadre de cette thèse, on base les travaux sur
la plateforme de simulation GREEN développée par Renault. Conçue pour les analyses
de performance et consommation en simulation, elle permet de paramétrer rapidement
un modèle complet séparé en deux parties :
• Le modèle véhicule est développé à l’aide du logiciel AMESim [86], qui permet
la modélisation de systèmes multiphysiques (mécanique, thermique, hydraulique,
électrique) et inclut des bibliothèques composées de sous-modèles prédéfinis pou-
vant être reliés entre eux de manière à représenter des systèmes complexes.
• Le moteur thermique est représenté par une cartographie du couple moteur Teng
en fonction du régime ωeng et de l’appui pédale par le conducteur α, qui est une
entrée du modèle véhicule : Teng = f (α, ωeng ). A ce couple sont retranchées les
pertes moteur Tloss , représentées par une cartographie fonction de la température
moteur et du régime ωeng .
• Le volant moteur est représenté par une inertie, ce qui inverse la causalité. Contrai-
rement aux blocs précédents, ses deux entrées sont le couple provenant du moteur,
et le couple provenant de la boîte de transmission. La somme de ces couples génère
une variation du régime du volant d’inertie.
Par ailleurs, les blocs « boîte de transmission », « différentiel » et « véhicule » sont néces-
saires à l’environnement EiL et peuvent donc être conservés.
78
3.1 Simulation du véhicule
Tloss,GB pouvant être fonction du rapport engagé, mais aussi du point de fonctionne-
ment (Teng , ωeng ) et de la température. En première approche, cette efficacité est définie
comme constante pour tous les rapports. Le différentiel est lui aussi défini par un ratio
de transmission iaxle et une efficacité ηaxle équivalente à une perte de couple Tloss,axle .
Ainsi, en écrivant Tprim et ωprim le couple et le régime de l’arbre primaire, c’est à dire
entre l’embrayage et la boîte de vitesses, et Tw et ωw le couple et le régime à la roue, on
a:
Tprim − Tloss,GB − Tloss,axle ηgear · ηaxle
Tw = = · Tprim (3.1)
igear · iaxle igear · iaxle
ωw = igear · iaxle · ωprim (3.2)
D’autre part, l’embrayage est simulé par un bloc de la librairie Powertrain d’AMESim,
Figure 3.2 [86]. Il se caractérise par une inversion de la causalité du modèle, puisque
ses entrées sont le régime moteur, et le régime de l’arbre primaire (entrées 2 et 3).
En fonction de l’ouverture de l’embrayage (entrée 1 du modèle provenant du modèle
de conducteur), le bloc calcule le couple Tprim transmis par le moteur vers la boîte de
vitesse.
• Le modèle « tanh », qui représente le couple transmis par l’embrayage Tclutch par
une fonction tangente hyperbolique fonction de l’écart de régime entre le vilebre-
quin et l’arbre primaire, Figure 3.3(a).
∆ω
Tclutch = Tdyn · tanh 2 (3.3)
ω0
79
3 Développement de l’environnement de simulation
Avec ∆ω la différence de régime entre les deux arbres, et ω0 le paramètre qui définit
la variation du couple en fonction de ∆ω. Il est important de souligner que dans ce
modèle la transmission de couple se fait uniquement via une différence de régime,
c’est-à-dire que si les deux arbres sont synchronisés ∆ω = 0, le couple transmis
est nul Tclutch = 0. Augmenter la valeur de ω0 a pour effet d’étaler la courbe de
couple Figure 3.3(a), c’est-à-dire que le couple maximal est atteint pour une diffé-
rence de régime plus importante. On note Tdyn le couple de friction de Coulomb,
qui correspond au couple maximal transmissible Tmax modulé par l’ouverture de
l’embrayage αclutch :
Tdyn = (1 − αclutch ) · Tmax (3.4)
Avec αclutch = 0 pour un embrayage fermé, et αclutch = 1 pour un embrayage
ouvert.
Comme détaillé plus bas, on teste dans cette thèse les deux sous-modèles présentés ici,
avant de développer un modèle basé sur le modèle « reset integrator ».
Naturellement, à cette force s’ajoute aussi la force induite par l’angle de pente de la
route θ :
Fpente = M · g · sin θ (3.6)
La vitesse véhicule est ensuite calculée en appliquant le premier principe de la dyna-
mique :
dVact
Meq = Fw − Fres (Vact ) − Fpente − Ff rein (3.7)
dt
Avec Fw = Tw /Rw la force de traction qui provient de la transmission (avec Rw le rayon
de roue), et Ff rein la force de freinage calculée linéairement à partir du signal de frein
αbrk provenant du modèle de conducteur.
80
3.1 Simulation du véhicule
81
3 Développement de l’environnement de simulation
n’est pas compatible avec le modèle d’embrayage, qui nécessite deux régimes en entrées.
Pour connecter ce bloc « spring damper » au bloc d’embrayage et au reste du modèle
véhicule, il est donc nécessaire d’introduire un bloc intermédiaire qui inverse une nouvelle
fois la causalité. Un bloc d’inertie Jint peut jouer ce rôle, Figure 3.5(b). L’architecture
obtenue est donc composée de 3 inversions de causalité, comme représenté Figure 3.6.
A partir de la différence entre les régimes moteur ωeng (t) et de l’inertie ωint (t), le bloc
« raideur amortie » calcule le couple Tspring (t + dt) transmis d’une part au bloc inertie,
et d’autre part à la machine de charge comme demande Tdem . A partir de la différence
entre le couple transmis par la raideur Tspring (t) et le couple embrayage Tclutch (t), le bloc
« inertie » calcule le régime intermédiaire ωint (t + dt). Ce régime est utilisé comme entrée
du modèle véhicule et plus particulièrement du bloc « embrayage », qui calcule le couple
transmis au véhicule Tprim (t+dt) en fonction des régimes intermédiaire ωint (t) et primaire
ωprim (t). Le couple primaire Tprim (t) est utilisé par les blocs « boîte de transmission » et
« différentiel » afin d’obtenir le couple de propulsion transmis au roues Tw (t), Eq. (3.1).
Le bloc « véhicule » calcule ensuite l’accélération du véhicule à partir du bilan des forces
Eq. (3.7), puis la vitesse véhicule au prochain pas de temps Vact (t + dt). Cette vitesse est
transmise aux blocs « boîte de transmission » et « différentiel » pour calculer l’évolution
du régime primaire ωprim (t + dt) à l’aide des ratios de transmission Eq. (3.2). Une fois le
modèle connecté au banc moteur, les paramètres du bloc d’amortissement peuvent être
ajustés manuellement tout en minimisant la valeur de l’inertie intermédiaire Jint .
Plusieurs remarques peuvent être faites à propos de la configuration initiale Figure
3.6. En premier lieu, l’introduction d’un bloc d’inertie peut interroger. En effet, cette
82
3.1 Simulation du véhicule
Tableau 3.1 : Ecart énergétique entre BàR et banc EiL lors de la Campagne 1.
Indicateur Unité Ref. BàR EiL
Etqi [kWh] 3.98 4.47
∆Etqi [%] - 12.1
Etqe [kWh] 3.22 3.9
∆Etqe [%] - 21.1
Emes [kWh] 3.22 3.79
∆Emes [%] - 17.5
Ereq [kWh] 3.22 3.42
∆Ereq [%] - 6.32
Mcarb [g] 1048 1148
∆Mcarb [%] - 9.59
Dtot [km] 23.2 23.1
∆Dtot [%] - -0.39
Le Tableau 3.1 rassemble les valeurs d’énergie Etqi , Etqe , Emes et Ereq correspondant
aux méthodes de calcul via les couples estimés ECUEstiT qi et ECUEstiT qe , via le couple
mesuré Tmes et le couple demandé à la machine de charge Tdem respectivement, décrites
Section 2.5. De plus, l’écart relatif ∆E entre l’énergie totale sur banc EiL et sur BàR
est indiqué relativement à l’énergie totale sur BàR pour chaque méthode de calcul. On
précise aussi la masse totale de carburant injectée Mcarb ainsi que la distance totale Dtot ,
et l’écart entre banc EiL et BàR pour ces variables. Il apparaît immédiatement que le
banc EiL est en écart important par rapport à la référence véhicule en considérant les
83
3 Développement de l’environnement de simulation
variables ∆Etqi , ∆Etqe , ∆Emes et ∆Mcarb , comprises entre 9.6 % et 21.1 %. Ces écarts
suggèrent que le banc impose une énergie résistive trop importante au moteur au cours
du cycle, qui ne semble pas due à une distance parcourue trop importante, puisque la
distance parcourue par le véhicule virtuel du banc EiL est légèrement inférieure au cycle
de référence, ∆Dtot = −0.4%.
Cependant, il est intéressant de considérer l’écart d’énergie demandée entre le BàR
et le BM, ∆Ereq = 6.3%. Cet écart est d’un ordre de grandeur moindre par rapport aux
écarts d’énergie estimée et mesurée. A partir de cette observation, on peut supposer que
l’écart ne provient pas majoritairement du couple calculé par le modèle véhicule, mais
bien du couple appliqué par la machine de charge. L’analyse de la Figure 3.7 permet de
confirmer cette hypothèse. La Figure 3.7(a) représente la vitesse véhicule Vact en bleu,
et la vitesse demandée Vdem en trait plein rouge. Les tolérances WLTP Vtol (voir Section
3.2.4.2) sont indiquées en pointillés rouges. La Figure 3.7(b) représente le couple Tdem
demandé par le modèle véhicule en bleu, et le couple Tmes mesuré par le couplemètre
du banc EiL en rouge. L’écart de couple ∆T entre Tdem et Tmes est représenté Figure
3.7(c). Enfin, la Figure 3.7(d) représente l’écart relatif énergétique δE entre l’énergie
mesurée Emes,BM et l’énergie demandée Ereq,BM , ramené à l’énergie totale demandée
Ereq,BM (tend ) :
Emes,BM (t) − Ereq,BM (t)
δE(t) = 100 · (3.8)
Ereq,BM (tend )
En premier lieu, on remarque que sur la fraction du cycle WLTC représentée, le couple
mesuré est toujours supérieur au couple demandé par le modèle. L’écart moyen sur tout
le cycle est de ∆T = 6.31 N.m, l’écart moyen absolu étant de |∆T | = 6.52 N.m. Cette
observation suggère que l’écart énergétique provient bien de la machine de charge, qui
impose un couple supérieur au couple demandé. Au cours des 300 s de cycle représentées
Figure 3.7, l’écart relatif ∆E augmente de 6.1 % à 9.2% de manière monotone.
Fig. 3.7 : Ecart entre couple mesuré Tmes et demandé Tdem lors d’un essai au banc EiL
(Campagne 1).
84
3.1 Simulation du véhicule
est nommé CORRECTT et fonctionne sur le principe de la régulation PI, Figure 3.8.
Le régulateur utilise la mesure du couple par le couplemètre placé sur l’arbre moteur
Tmes afin de réguler le couple de commande Tcommand transmis à la machine de charge
en fonction du couple demandé par le modèle Tdem .
La Figure 3.9(a) représente les vitesses demandée et réalisée Vdem et Vact en rouge et
bleu respectivement. Sur l’axe de droite, la demande de rapport Geardem est tracée en
pointillés, et le rapport engagé Gear en trait plein. La Figure 3.9(b) représente les pédales
d’accélérateur et d’embrayage du modèle de conducteur en bleu et rouge respectivement.
Sur la Figure 3.9(c), le régime moteur ωeng est tracé en rouge et le régime primaire ωprim
(i.e. le régime de sortie de l’embrayage) en bleu. Enfin, la Figure 3.9(d) représente le
couple demandé par le modèle d’embrayage à la machine de charge Tdem en bleu, et le
couple estimé par le contrôle moteur ECUEstiT qi en rouge.
A l’instant t = 66.9 s, le conducteur reçoit une demande de changement du rapport
2 à 3. Il ouvre donc l’embrayage et change le rapport à t = 67.3 s, ce qui a pour effet
de faire chuter immédiatement le régime primaire ωprim . Ensuite, le conducteur relâche
l’embrayage en suivant une course linéaire (développée Section 3.2), afin de faire chuter
progressivement le régime moteur ωeng jusqu’à la synchronisation des deux arbres. Dans
le cas représenté Figure 3.9, le sous-modèle d’embrayage utilisé est le modèle « tanh »
(Section 3.1.1). Dans cette phase, le couple de l’embrayage dépend à la fois de la diffé-
rence de régime ∆ω et de la position de la pédale d’embrayage, qui influe sur le couple
85
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.9 : Exemple d’oscillations observées lors d’un changement de rapport sur le banc
EiL.
86
3.1 Simulation du véhicule
accepte une différence de régime de plus de 25 tr/min. Cet écart est constant entre
t = 65 s et t = 67 s, alors que l’embrayage est complètement fermé. A forte charge, en
rapport 6 par exemple, la différence de régime peut atteindre 50 tr/min. Ce compor-
tement ne correspond pas à la physique et n’est pas acceptable dans le cadre d’essais
EiL, puisqu’il implique un comportement moteur différent par rapport à la réalité du
véhicule.
En conclusion, le paramétrage manuel du modèle d’embrayage d’AMESim utilisé
dans la configuration initiale (représentée Figure 3.6) s’est avéré fastidieux et n’a pas
permis d’aboutir à un comportement satisfaisant. Les deux sous-modèles ont été testés,
ainsi qu’une architecture alternative n’utilisant pas le bloc « spring damper » et l’iner-
tie supplémentaire en connectant directement le modèle d’embrayage à la machine de
charge. Le régulateur de couple CORRECTT a par ailleurs été intégré pour certains
essais, sans amélioration notable. Outre un mauvais paramétrage des différents sous-
modèles, une explication probable pour ce phénomène d’oscillations réside dans l’inertie
de la réponse en couple de la machine de charge. Dans le cas d’une montée de rapport
par exemple, le régime primaire chute instantanément lors de l’engagement du nouveau
rapport. La fermeture de l’embrayage est ensuite censée synchroniser le régime moteur
au régime primaire. Le couple calculé par le bloc d’embrayage a donc pour effet de
faire chuter le régime moteur, et d’augmenter le régime primaire. Du fait de l’inertie
véhicule largement supérieure à l’inertie moteur, la variation de régime est par ailleurs
surtout visible du côté du moteur. Toutefois, si le couple résistif Tdem demandé par
le bloc d’embrayage n’est pas appliqué instantanément au moteur par la machine de
charge, le régime moteur ne chute pas autant qu’il le devrait en théorie. En revanche,
le couple Tdem est appliqué instantanément à la boîte de transmission dans le modèle
véhicule. Une nouvelle architecture a donc été mise en place en prenant en compte ce
comportement.
Fig. 3.10 : Exemple de changement de rapport au banc EiL avec le modèle d’embrayage
« tanh » AMESim.
87
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.11 : Fonctionnement du modèle « reset integrator » pour une position d’em-
brayage donné.
88
3.1 Simulation du véhicule
89
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.13 : Architecture finale de la liaison entre le banc EiL et le modèle véhicule.
90
3.2 Simulation du conducteur
91
3 Développement de l’environnement de simulation
A un instant donné, la marge de tolérance est définie comme suit [7], et représentée
sur la Figure 3.14 :
• La vitesse minimale autorisée Vtol,min (en vert) est obtenue en soustrayant 2 km/h
au point le plus bas de la demande de vitesse entre t − 1 s et t + 1 s.
A partir de cette définition, plusieurs indicateurs peuvent être calculés pour un cycle
donné : le nombre de déviations hors tolérance Ndev , et la durée maximale de déviation
tdev,M ax . Pour qu’un cycle soit valide, la vitesse du véhicule ne doit jamais être en dehors
des limites de tolérance pendant plus d’une seconde, tdev,M ax ≤ 1.0 s. De plus, il ne
devrait pas y avoir plus de 10 déviations sur un WLTC, c’est-à-dire Ndev ≤ 10.
92
3.2 Simulation du conducteur
la trace demandée ; d’autre part, il agit sur la pédale d’accélérateur pour maintenir
le régime constant à la valeur cible ωtkof et éviter le calage.
93
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.15 : Suivi de cycle du modèle de conducteur GREEN initial réglé manuellement
au banc EiL sur une fraction du WLTC lors de la Campagne 1.
3.2.3.1 Anti-windup
Du fait que le signal de sortie du régulateur PI est saturé aux positions minimale
et maximale de la pédale d’accélérateur, un phénomène indésirable peut se produire
dans une phase de pleine charge par exemple. Si la vitesse demandée n’est pas réalisable
par le véhicule, c’est à dire que la vitesse réalisée est inférieure à la vitesse deman-
dée Vact < Vdem alors que la pédale d’accélérateur est en butée α = 100%, le terme
intégral du PI augmentera tant que l’écart Vdem − Vact ne change pas de signe. Ce phéno-
mène, nommé « emballement de l’intégrateur » (ou « integrator windup »), peut causer
94
3.2 Simulation du conducteur
un dépassement important de la consigne lorsque l’écart Vdem − Vact devient nul : selon
l’amplitude du terme intégral, la sortie du régulateur peut rester en butée pendant un
certain temps alors même que la consigne est inférieure à la vitesse réalisée. Pour évi-
ter ce comportement indésirable, plusieurs structures anti-windup peuvent être utilisées,
comme mentionné dans certaines études EiL [36, 44, 55, 62]. La méthode la plus géné-
ralement utilisée et choisie dans cette thèse est l’antiwindup dit « tracking-back », i.e.
avec boucle linéaire directe. Comme représenté en bleu sur la Figure 3.16, cette méthode
consiste à retrancher au terme intégral la différence entre le signal de sortie brut et le
signal de sortie borné, multipliée par un gain KAW . Ce gain est généralement exprimé
comme un multiple de l’inverse du gain intégral, plus particulièrement KAW = K1I [95,
96]. Une valeur plus élevée du gain KAW diminuera la durée de remise à zéro de l’inté-
grateur, mais augmentera la sensibilité au bruit de mesure et pourrait causer des remise
à zéro indésirables. La Figure 3.17 illustre l’impact de l’antiwindup à l’aide d’un exemple
simple similaire à [96].
En partant d’une vitesse constante de 50 km/h, le véhicule rencontre une pente raide
à t = 25 s. La pente revient ensuite à sa valeur initiale nulle à t = 33 s. Deux cas
sont représentés : le cas standard sans antiwindup en vert, et le cas avec antiwindup
KAW = K1I en bleu. La Figure 3.17(a) représente la vitesse véhicule Vact pour les deux
cas, ainsi que la vitesse demandée Vdem constante en rouge. Les pédales d’accélérateur
et de frein sont représentées pour les deux cas Figure 3.17(b) en traits plein et pointillé
respectivement. Le signal de frein est représenté négatif pour des raisons de lisibilité.
Entre t = 25 s et t = 33 s, la pente rencontrée par le véhicule est tellement raide qu’il
n’est pas possible d’atteindre la vitesse demandée : la vitesse véhicule Vact chute sous
46 km/h à t = 32 s. Dans le cas sans anti-windup, on constate ensuite un dépassement
important de la consigne à t = 33 s, au moment où la pente repasse à zéro. La vitesse
réalisée Vact est au-dessus de la vitesse demandée Vdem pendant plus de 8 secondes, avec
un écart maximal de 8 km/h, et la pédale d’accélérateur reste bloquée à 100% jusqu’à
t = 34 s. L’antiwindup permet de diminuer l’amplitude du dépassement à seulement
0.6 km/h : le conducteur relâche la pédale immédiatement, tandis que le terme intégral
diminue lentement dans le cas standard. Bien que cet exemple corresponde à un cas
extrême, il permet d’illustrer la stabilité apportée par l’ajout de l’antiwindup.
95
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.17 : Illustration de l’impact de l’anti-windup (AW) : pente raide rencontrée entre
t = 25 s et t = 33 s. Comparaison entre le cas standard sans anti-windup (vert) vs avec
anti-windup (bleu).
X
i=4
Vtarget (t) = Ci · Vdem,i (t) (3.12)
i=0
P
Avec C0 , ... C4 les coefficients de pondération entre 0 et 1, 0 ≤ Ci ≤ 1 et i Ci = 1.
Le cas standard sans anticipation est obtenu avec C0 = 1 et Ci>0 = 0. Il faut souligner
qu’augmenter les autres coefficients Ci (et diminuer le coefficient C0 ), c’est-à-dire intro-
duire de l’anticipation de la consigne, peut avoir pour effet d’augmenter l’écart moyen
entre Vdem et Vact . En effet, le conducteur ne cherche plus à suivre la vitesse demandée
Vdem , mais bien la vitesse cible calculée Vtarget . Cependant, le but de cette prévisualisa-
tion est de lisser le comportement du conducteur, tout en améliorant la qualité de suivi
du point de vue des tolérances WLTP décrites Section 3.2.1.
La Figure 3.18 illustre l’impact de la prévisualisation pour trois réglages différents,
testés en simulation :
96
3.2 Simulation du conducteur
C0 = 0.6 et C2 = 0.4. Dans ce cas, la vitesse cible est une moyenne pondérée de la
vitesse demandée Vdem , ansi que cette vitesse anticipée de 2 secondes.
La vitesse véhicule Vact est représentée pour chaque cas en trait plein Figure 3.18(a),
ainsi que la vitesse cible Vtarget (qui dépend du degré d’anticipation) en pointillés. Les
vitesses minimale et maximale autorisées par la procédure WLTP sont représentées en
pointillés rouge. La position de la pédale d’accélérateur est représentée sur la Figure
3.18(b) pour chaque cas.
L’impact de la prévisualisation de la trace de consigne est visible sur cet exemple.
Dans le cas extrême, la vitesse cible est tellement anticipée que la vitesse véhicule sort
des tolérances, à t = 706 s par exemple. D’autre part, le cas intermédiaire réalise un
suivi similaire au cas standard puisque la vitesse véhicule ne sort jamais des tolérances.
En outre, le comportement du conducteur est plus doux par rapport au cas standard.
A t = 706 s par exemple, la vitesse demandée change de tendance et augmente de
manière brusque. La prévisualisation de la consigne permet au conducteur d’anticiper
cette augmentation plus tôt que le conducteur standard, et le pic de la position de la
pédale d’accélérateur constaté à t = 708 s est ainsi atténué.
L’anticipation devrait donc être paramétrée de manière à atteindre un équilibre entre
précision (i.e. l’erreur moyenne entre Vact et Vdem ), et lissage du comportement conduc-
teur. En se basant sur un balayage des différents réglages, les cas les plus prometteurs
peuvent être sélectionnés grâce aux indicateurs décrits à la fin de cette section.
97
3 Développement de l’environnement de simulation
l’embrayage ne correspond pas à la position exacte de la pédale car il s’agit d’un boo-
léen calculé par le contrôle moteur ECUclutch avec un retard, 100% correspondant à un
embrayage ouvert et 0% à un embrayage fermé.
• Lorsque l’embrayage est complètement ouvert, le rapport de vitesse peut être chan-
gé à t = X2 . Comme le signal de rapport ECUGear du contrôle moteur n’est pas
non plus fiable, cet événement ne peut pas être identifié précisément. Cependant,
il peut être caractérisé par l’action suivante du conducteur.
98
3.2 Simulation du conducteur
99
3 Développement de l’environnement de simulation
• Le conducteur « Lent » (« Slow »), correspondant aux essais dans le quartile supé-
rieur de tup .
100
3.2 Simulation du conducteur
Pour chacun de ces trois profils, on rassemble tous les essais véhicule correspondant
et on analyse l’ensemble des montées de rapport selon la définition présentée plus haut.
On obtient ainsi les valeurs de X1 , X3 , X4 et X5 pour chaque profil, représentées à l’aide
de diagrammes boîte Figure 3.21, respectivement en rouge, violet, vert et jaune.
Les tests sur banc à rouleaux (BàR) sont tous rassemblés dans le même profil de
conducteur « Banc » (« Bench » en légende). Pour chaque événement Xi , les barres d’in-
certitude représentent les valeurs extrêmes inférieures et supérieures obtenues sur l’en-
semble des essais correspondant au profil considéré. La boîte est définie par la valeur du
quartile inférieur à gauche, et du quartile supérieur à droite. La ligne noire représente
la médiane sur le profil considéré. Cette valeur est choisie comme la valeur caractéris-
tique pour un événement et un profil donnés, représentée par un marqueur triangulaire
de la même couleur. On peut noter que le profil de conducteur « Banc » est caractérisé
par une durée de montée de rapport tup = 0.9 s inférieure à celle des conducteurs sur
route, tup = 1.2 s pour le profil « Fast ». Bien que ce ne soit généralement pas le cas, il
convient aussi de souligner que la valeur de X3 est inférieure à celle de X4 pour plusieurs
montées de rapport sur BàR. Cela signifie que le conducteur commence à appuyer sur la
pédale d’accélérateur avant de fermer l’embrayage. Ce n’est pas le cas des conducteurs
sur piste, qui commencent toujours à fermer l’embrayage avant d’appuyer sur la pédale
d’accélérateur.
En conservant la même distribution des essais (Figure 3.20) entre les différents profils,
la phase de rétrogadage peut également être analysée sur l’ensemble des essais considérés,
comme représenté Figure 3.22. De manière similaire aux montées de rapport, le profil de
conducteur « Banc » est caractérisé par le rétrogradage le plus rapide, de tdwn = 0.82 s
contre tdwn = 1.4 s au minimum sur route. Il est important de souligner ici que les profils
de conducteurs ont été définis sur la base de l’analyse des montées de rapport. Cependant,
cette caractérisation reste pertinente pour la phase de rétrogradage : le profil « Rapide »
présente la valeur la plus faible pour tdwn . Bien que les profils « Lent » et « Normal »
partagent la même durée médiane de rétrogradage tdwn = 1.6 s, le conducteur « Lent »
est caractérisé par des valeurs extrêmes plus élevées indiquées par les barres d’incertitude.
Fig. 3.21 : Durées des événements de montée de rapport pour tous les profils de conduc-
teur.
101
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.22 : Durées des événements de rétrogradage pour tous les profils de conducteur.
Tableau 3.3 : Durées caractéristiques des changements de rapport pour les 4 pro-
fils de conducteur considérés. Les évènements Xi correspondent aux définitions établies
Paragraphes 3.2.3.3 et 3.2.3.3, et sont exprimés en secondes à partir de l’instant 0 cor-
respondant au début du changement de rapport.
Montée de rapport Rétrogradage
Profil
X1 X3 X4 X5 X1 X2
Banc 0.19 0.46 0.5 0.89 0.34 0.69
Slow 0.6 0.9 1.3 1.9 0.8 1.6
Normal 0.5 0.7 0.89 1.5 0.8 1.6
Fast 0.3 0.6 0.7 1.2 0.7 1.4
Lorsqu’une montée de rapport est imposée par les données d’entrée du cycle :
102
3.2 Simulation du conducteur
• Dès que l’embrayage est complètement ouvert, le rapport de vitesse est changé
à sa nouvelle valeur. L’embrayage est ensuite fermé linéairement de 100 à 0% en
X2 − X1 secondes. Le contrôle de la vitesse (et donc de la pédale d’accélérateur)
est réactivé à la fin du rétrogradage.
Fig. 3.23 : Exemples de changement de rapport par le modèle de conducteur lors d’un
essai en simulation avec le profil « Banc »
103
3 Développement de l’environnement de simulation
104
3.2 Simulation du conducteur
Fig. 3.24 : Exemple de décollage par le modèle de conducteur sur transmission manuelle
lors d’un essai en simulation avec le profil « Banc »
jusqu’à ce que le signal d’entrée Vtarget commence à augmenter ; la sortie est alors égale
à 1 pendant un pas de temps, avant de revenir à zéro. Afin d’initialiser la sortie de
l’intégrateur à la valeur désirée de Acc0 , la sortie du bloc « Hit Crossing » est multipliée
par Acc0 , et divisée par le gain intégral KI et le pas de temps dt. Par exemple, avec Acc0
= 10%, le conducteur relâche instantanément la pédale de frein et commence à appuyer
sur la pédale d’accélérateur, comme représenté en bleu sur la Figure 3.26 (« TkOf » en
légende). Cette initialisation a pour effet de placer la vitesse du véhicule au-dessus de
la demande dès le début du décollage, tout en restant dans les tolérances WLTP. Le pic
de pédale d’accélérateur est également lissé et le comportement est proche de l’essai sur
véhicule. L’influence de l’initialisation Acc0 est suffisamment intuitive pour être réglée
manuellement sur le banc EiL : si le décollage est trop lent, alors la valeur doit être aug-
mentée d’une quantité raisonnable, par exemple 5%. En revanche, si la pédale diminue
rapidement après un premier pic lors du décollage, cela signifie que la valeur Acc0 a été
surestimée et que le régulateur PI tente de compenser. La valeur doit alors être abaissée
afin de lisser le comportement au décollage.
105
3 Développement de l’environnement de simulation
en particulier les gains KP et KI . Le temps sur banc d’essai étant généralement compté,
la méthode proposée ici a pour but de réaliser cette phase en amont de la mise au banc
moteur, c’est à dire en simulation pure (« offline »).
106
3.2 Simulation du conducteur
K
H(s) = e−ϵs (3.13)
1+τ ·s
Le gain K, la constante de temps τ et le retard ϵ sont des caractéristiques du moteur et
de son point de fonctionnement. Une fois ces paramètres établis en fonction du régime
107
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.28 : Schéma du modèle moteur utilisé pendant la phase de calibration du modèle
conducteur.
moteur, la fonction de transfert peut être introduite dans le modèle véhicule. Le moteur
thermique simulé est ainsi représenté Figure 3.28. Dans cette phase de calibration, on
suppose que la machine de charge compense sa propre inertie et on ne la prend donc
pas en compte pour calibrer le conducteur. A partir de la position pédale et du régime
moteur, la cartographie déjà présente dans le modèle GREEN permet de calculer le
couple demandé au moteur par le conducteur. Ensuite, la fonction de transfert FOPDT
calcule le couple réalisé par le moteur en prenant en compte la dynamique de sa réponse,
elle aussi fonction du régime moteur. Ce régime est calculé à partir de l’inertie moteur
Jeng et du couple résistif Tres provenant du modèle de véhicule.
108
3.2 Simulation du conducteur
ajustée aux premières 0,4s - c’est-à-dire à la phase de faible charge - pour lesquelles la
constante de temps τT urbo semble être surestimée. D’autre part, en ne considérant que
la phase atmosphérique, on obtient une constante de temps τAtmo sous-estimée, en vert
sur la Figure (« NA fitting » pour naturally aspirated). Pour la phase de calibration du
conducteur, un troisième jeu de paramètres intermédiaire est donc pris en compte, en
considérant la moyenne entre les deux valeurs de τT urbo et τAtmo , notée τM ean . Le Tableau
3.4 rassemble les valeurs de la constante de temps pour les valeurs de régime moteur
testées, correspondant aux trois jeux de paramètres. Il peut être remarqué que, comme
suggéré Figure 3.29(a), pour les faibles valeurs de régime moteur ωeng = 1000 tr/min et
ωeng = 1250 tr/min, la suralimentation n’intervient pas et n’impacte donc pas la réponse
moteur : τT urbo et τAtmo sont égaux. Les trois jeux de paramètres peuvent ainsi être utilisés
pour la phase de calibration du conducteur, afin de comparer les trois réglages du P I
obtenus au banc moteur.
Dans le cas de l’architecture hybride, on ne dispose pas d’essais de mise sous couple
pour l’identification de la fonction de transfert. Toutefois, le cahier des charges exprime
les valeurs maximales de la dynamique moteur grâce à la fonction de transfert FOPDT.
On considère la réponse du moteur thermique seul, la réponse des composants électriques
109
3 Développement de l’environnement de simulation
3.2.4.2 Représentativité
Une fois la dynamique du moteur implémentée, le conducteur virtuel doit être réglé
avec deux objectifs principaux :
En ce qui concerne la capacité de suivi de cycle, on utilise les indicateurs définis Section
3.2.1, i.e. l’écart moyen de vitesse µV dif f , le nombre de déviations Ndev , le temps cumulé
hors tolérance tOutT ol et la durée maximale de déviation tdev,M ax . En revanche, la repré-
sentativité du modèle de conducteur semble moins évidente à évaluer que la qualité de
suivi. Cependant, le réglage du régulateur PI avec pour seul objectif la performance de
suivi du cycle peut conduire à un comportement indésirable, comme illustré sur la Fi-
gure 3.30. La Figure 3.30(a) représente les vitesses réalisée et demandée en bleu et rouge
respectivement. La Figure 3.30(b) représente la position de la pédale d’accélérateur.
On peut noter que dans cet exemple réalisé en simulation, le conducteur est per-
formant en ce qui concerne le suivi du cycle : la vitesse ne sort jamais des limites de
tolérance, et l’écart moyen est inférieur à 0.1 km/h. Cependant, si l’on considère la po-
sition de la pédale d’accélérateur, on observe des oscillations de grande amplitude et de
fréquence élevée. Ce signal de pédale ne correspond pas à celui d’un conducteur humain.
110
3.2 Simulation du conducteur
Lors de la réalisation des essais sur le banc EiL, de telles variations de la demande de
couple moteur induiront inéluctablement des taux de consommation et d’émission dif-
férents par rapport aux essais sur banc à rouleaux. Il est donc crucial d’écarter ce type
de comportement lors du réglage du conducteur afin de préserver la représentativité des
tests.
Dans ce but, une analyse fréquentielle du signal de la pédale d’accélérateur peut être
effectuée. Plus précisément, en utilisant la transformation de Fourier rapide (FFT), la
densité spectrale de puissance (PSD) donne une mesure du contenu en puissance du
signal en fonction de la fréquence. En cumulant la PSD sur le spectre, on peut calculer
la fréquence contenant 35% du spectre, écrite F35 , comme illustré sur la Figure 3.31(a).
La densité spectrale cumulée est représentée pour plusieurs conducteurs avec une ligne
verticale indiquant la valeur de F35 .
La valeur de référence Fref pour F35 peut être estimée en considérant les tests ef-
fectués par des conducteurs humains sur un banc d’essai à rouleaux. Dans cette thèse,
on dispose de 11 cycles WLTC conduits avec un véhicule similaire et suivant la même
trace de vitesse demandée Vdem . Ces essais peuvent être utilisés afin d’évaluer la valeur
de référence maximale pour F35 , représentée par la ligne verticale rouge sur la Figure
3.31(a). Si un essai donné présente une valeur de F35 supérieure à cette référence, cela
signifie que la réponse du conducteur virtuel est trop instable par rapport à celle d’un
humain. C’est ce qu’illustre la Figure 3.31 : deux essais réalisés en simulation (« Sim.
n◦ 1 » et « Sim. n◦ 2 » en légende) sont représentés respectivement en bleu et en vert. À
titre de comparaison, deux des tests sur banc à rouleaux, (« Mesure n◦ 1 » et « Mesure
n◦ 2 » en légende), sont représentés en noir et bordeaux respectivement. La Figure 3.31(b)
représente la position de la pédale d’accélérateur pour une fraction du WLTC. On peut
noter que la position de la pédale dans la Sim. n◦ 1 présente des fluctuations importantes,
tant en amplitude qu’en fréquence, par rapport aux essais sur banc à rouleaux. En re-
vanche, la pédale dans la Sim. n◦ 2 est beaucoup plus lisse et proche des conducteurs de
référence. En analysant la Figure 3.31(a), cette tendance est également observable dans
la valeur de F35 : la valeur de la Sim. n◦ 1 est supérieure à 0.1 Hz, significativement plus
grande que pour les tests de référence autour de 0.03 Hz. En revanche, la valeur de F35
est plus proche de la référence pour la Sim. n◦ 2, autour de 0.04 Hz. Ainsi, l’indicateur
F35 permet de quantifier le niveau de stabilité du conducteur, et peut donc être utilisé
pour écarter les comportements irréalistes.
111
3 Développement de l’environnement de simulation
1. Tout d’abord, un balayage large sur KP et KI est effectué sur la première phase du
WLTC, c’est-à-dire les 120 premières secondes. Par exemple, on peut faire varier
KP et KI entre 0 et 10, avec un incrément de 0.1. Pour chaque couple (KP , KI ),
les indicateurs tDev,M ax , Ndev et F35 sont calculés.
2. Sur la base de cette première analyse, l’intervalle de validité peut être réduit en
éliminant les couples (KP , KI ) qui induisent des déviations de plus d’une seconde
hors tolérance tdev,M ax > 1s, plus de 5 déviations Ndev > 5 et/ou présentent une
valeur de F35 supérieure à la limite. Dans cet intervalle réduit, un balayage plus
précis de toutes les paires de valeurs peut être effectué, avec un incrément plus
petit de 0.025, et sur une plus grande fraction du WLTC (c’est-à-dire la première
phase lente, correspondant aux 500 premières secondes).
3. Parmi les paires obtenues satisfaisant les conditions de validité, les meilleures sont
choisies en fonction de l’erreur moyenne µV dif f , et testées sur un WLTC complet.
La priorité est donnée à celles qui impliquent le moins de temps hors tolérance. La
sélection finale est ensuite effectuée en tenant compte des paires présentant l’erreur
moyenne la plus faible. Parmi celles-ci, la valeur la plus faible de F35 est préférée
car elle correspond à un conducteur plus stable.
Une fois que le meilleur couple (KP , KI ) est déterminé, plusieurs réglages d’anticipation
peuvent être testés afin d’évaluer quel profil doit être testé sur le banc, comme indiqué
dans le Tableau 3.5. Pour chacun des profils d’anticipation sélectionnés, l’étape 3 peut
également être répétée avec des valeurs modifiées pour les coefficients Ci afin d’obtenir
les valeurs les plus adaptées pour KP et KI .
112
3.3 Résultats expérimentaux
113
3 Développement de l’environnement de simulation
De la même manière que le Tableau 3.1, le Tableau 3.6 rassemble les indicateurs éner-
gétiques Etqi , Etqe , Emes et Ereq ainsi que l’écart relatif entre l’énergie totale sur BM et
sur BàR ∆E pour chaque méthode de calcul, la masse totale de carburant injectée Mcarb
et la distance totale Dtot , et l’écart entre BM et BàR pour ces variables. Les résultats
de l’architecture initiale (Tableau 3.1) sont indiqués dans la colonne « EiL (Init.) », et
ceux obtenus avec l’architecture finale dans la colonne « EiL (Final) ». L’impact du ré-
gulateur sur la représentativité énergétique est clair : les indicateurs d’écart énergétique
sont compris entre 0.51% et 4.63% avec l’architecture finale, contre au moins 9.6% dans
la configuration initiale.
114
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.33 : Couple demandé et mesuré - Essai réalisé avec le régulateur CORRECTT.
Tableau 3.6 : Ecarts entre BàR et BM sur un cycle WLTC réalisé avec l’architecture
initiale (« Init. ») et l’architecture finale (« Final »)
Indicateur Unité Ref. BàR EiL (Init.) EiL (Final)
Etqi [kWh] 3.98 4.47 4.01
∆Etqi [%] - 12.1 0.51
Etqe [kWh] 3.22 3.9 3.37
∆Etqe [%] - 21.1 4.63
Emes [kWh] 3.22 3.79 3.28
∆Emes [%] - 17.5 1.81
Ereq [kWh] 3.22 3.42 3.3
∆Ereq [%] - 6.32 2.62
Mcarb [g] 1048 1148 1047
∆Mcarb [%] - 9.59 -0.14
Dtot [km] 23.2 23.1 22.9
∆Dtot [%] - -0.39 -1.04
115
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.34 : Comportement du modèle d’embrayage lors d’une montée de rapport puis
d’un rétrogradage sur le banc EiL.
3.3.2.2 Discussion
Premièrement, il peut être souligné qu’en position fermée, la valeur maximale de
l’élongation p0 vaut 10 rad, ce qui correspond à environ un tour et demi. Une telle va-
leur peut paraître discutable, puisqu’un embrayage physique ne se déforme pas autant en
réalité. Du fait de cette déformation, le régime moteur ωeng diminue jusqu’à 1170 tr/min,
soit près de 200 tr/min de moins que sur l’essai véhicule. La valeur de p0 dépend direc-
tement du couple maximal transmissible Tmax et de la raideur de l’embrayage kclutch :
Tmax
p0 = (3.16)
kclutch
116
3.3 Résultats expérimentaux
Pour une valeur de Tmax donnée, augmenter la raideur kclutch permettrait de diminuer la
valeur de p0 . Toutefois, ce réglage ne peut se faire que manuellement une fois sur le banc
EiL, le comportement du système dépendant des inerties de la transmission, du moteur
et de la machine de charge. Augmenter la valeur de la raideur a pour effet d’accentuer
la réponse en couple du modèle d’embrayage, et donc le risque d’oscillations. La valeur
de l’amortissement dclutch doit être ajustée afin d’obtenir un comportement satisfaisant.
Après de nombreuses tentatives, cette configuration s’est avérée la plus adaptée. En effet,
bien que peu réaliste, la déformation observée ne pose pas de problème de représentativité
d’un point de vue énergétique, les régimes étant correctement synchronisés en position
fermée.
En second lieu, on peut aussi noter l’importance de l’architecture finale de la Figure
3.13. En effet, le pic dans la demande de couple du à la fermeture de l’embrayage n’est
pas réalisé par la machine de charge. Le couple mesuré Tmes augmente lui aussi fortement,
mais atteint seulement 100 N.m au lieu de 242 N.m. Ce comportement rend nécessaire
l’utilisation du couple mesuré Tmes au lieu du couple demandé Tdem dans le modèle
véhicule. La machine de charge ne répond pas instantanément au couple demandé dans
les phases dynamiques des changements de rapport, et ce même en utilisant le régulateur
CORRECTT (Section 3.1.2.2).
3.3.2.3 Synthèse
Finalement, il est important de souligner que la liaison entre le banc moteur et
l’environnement de simulation par le modèle d’embrayage a représenté un aspect crucial
des essais EiL. La modélisation de l’embrayage par le modèle « reset integrator » ainsi
que l’utilisation du couple mesuré dans le modèle véhicule ont finalement permis de
résoudre le point bloquant des oscillations de couple d’abord observées au banc moteur.
Toutefois, le réglage des paramètres du modèle d’embrayage (la raideur et le coefficient
d’amortissement) a été réalisé manuellement une fois sur le banc moteur. Cette étape
s’est avérée fastidieuse, mais a abouti à un réglage permettant de réaliser des cycles sans
oscillations, et avec un comportement globalement représentatif. Cependant, la valeur
choisie pour la raideur paraît peu réaliste, puisqu’elle permet à l’embrayage fermé de se
déformer de plus d’un tour complet. Pour de futurs travaux, une méthode de réglage
du modèle d’embrayage devrait être élaborée afin de garantir un paramétrage à la fois
stable et représentatif en minimisant la durée de calibration. Une approche en simulation
semble complexe, puisqu’elle nécessiterait la modélisation précise de la liaison physique
entre le banc et le moteur, ainsi que de la réponse en couple de la machine de charge et
du moteur thermique. Par conséquent, on peut plutôt imaginer une solution combinant
à la fois des calculs préalables à la mise au banc et une démarche de réglage final sur le
banc.
117
3 Développement de l’environnement de simulation
Tableau 3.7 : Valeurs des gains KP , KI optimisés et des indicateurs de suivi pour les
trois approximations de la dynamique moteur.
KP KI µV dif f tOutT ol Ndev tdev,M ax F35
Réglage
[-] [-] [km/h] [s] [-] [s] [Hz]
Ref. BàR 0.41 0 0 0 0.13
PIT urbo 0.45 0.05 0.82 13.8 5 3.64 0.15
PIAtmo 0.55 0.15 0.55 7.5 5 2.41 0.15
PIM ean 0.625 0.175 0.49 3.6 3 1.62 0.15
Fig. 3.35 : Comparaison du suivi des 3 réglages de PI sur une fraction du WLTC.
118
3.3 Résultats expérimentaux
Il peut d’abord être souligné qu’aucun des trois réglages de PI ne permet un suivi
de cycle valide selon la tolérance WLTC : bien que le nombre de déviations soit compris
sous la limite de 10, le conducteur cause au moins une déviation de plus de 1 s pour
chaque réglage. Le PIM ean est celui qui permet le meilleur suivi de cycle, avec seulement
3 déviations contre 5 pour les autres réglages, et le temps cumulé hors tolérance le plus
faible, tOutT ol = 3.6 s. Seulement une des trois déviations est supérieure à une seconde,
à t = 1080 s, représentée Figure 3.35.
La référence BàR est représentée en noir, et les réglages PIT urbo , PIAtmo et PIM ean en
vert, magenta et bleu respectivement. La Figure 3.35(a) représente la vitesse véhicule
Vact pour chaque réglage, ainsi que les tolérances WLTC en pointillés. La Figure 3.35(b)
représente la position de la pédale d’accélérateur, et la Figure 3.35(c) le temps cumulé
hors tolérance tOutT ol au cours du cycle. Il peut être noté que les trois PI causent une
déviation au même moment t = 1080 s. Cette phase est caractérisée par trois montées de
rapport à t = 1071 s, t = 1076 s et t = 1078 s, qui peuvent être repérées par les lâchers
de pédale d’accélérateur. La perte de couple momentanée due au changement de rapport
impacte naturellement la vitesse véhicule, ce qui cause la déviation. Plus généralement,
on peut remarquer que le signal de pédale est proche pour les trois réglages, et similaire
à la référence humaine sur BàR. Pour la suite des résultats, le réglage choisi pour le PI
est le réglage PIM ean , sauf indication contraire.
3.3.3.2 Discussion
En premier lieu, il est important de souligner que la fonction de transfert FOPDT
est une estimation approximative de la dynamique d’un moteur à combustion interne.
Par conséquent, le comportement du conducteur optimisé en simulation ne correspondra
jamais exactement à ce qui est observé sur le banc. Il est certain qu’une représentation
plus précise de la dynamique de la réponse moteur lors de la phase de calibration (Sec-
tion 3.2.4.3) permettrait d’obtenir un réglage plus précis des gains KP et KI . Bien que
les cycles ne soient pas valides selon la tolérance WLTC, il peut toutefois être souli-
gné que la méthode de calibration détaillée Section 3.2.4.3 permet d’obtenir un réglage
satisfaisant du PI avant la mise au banc moteur, capable de réaliser un cycle WLTC
complet avec seulement 3 déviations sans nécessiter d’ajustement une fois au banc. De
plus, le comportement du conducteur semble réaliste, avec une position pédale proche
de la référence BàR et une valeur de F35 = 0.15 Hz du même ordre de grandeur que
la valeur de référence de 0.13 Hz. A titre de comparaison, on peut souligner une nette
amélioration de la performance du conducteur par rapport au PI réglé manuellement
lors de la Campagne 1, caractérisé par 11 déviations et un temps cumulé hors tolérance
de 44 s (Section 3.2.2).
Ensuite, un schéma d’optimisation plus complexe pourrait être mis en œuvre afin de
minimiser le temps de calcul et d’obtenir un réglage plus fin. Toutefois, on peut souligner
que la variation des paramètres du PI d’une résolution inférieure à 0.05 a peu d’impact
sur les performances du conducteur. L’approche discrète permet un réglage relativement
rapide dans cette résolution.
Pour finir, le modèle de conducteur développé dans cette thèse n’intègre pas la fonc-
tion de « feedfoward » que l’on trouve dans plusieurs références sur l’approche EiL.
Puisque la force résistive sur le véhicule est calculée par le modèle, elle peut être utili-
sée pour pré-positionner la pédale d’accélérateur en se basant sur une cartographie de
119
3 Développement de l’environnement de simulation
• n◦ 1 : C0 = 1, Ci>0 = 0
Les valeurs des indicateurs de performance sont rassemblés dans le Tableau 3.8. Tout
d’abord, les deux réglages d’anticipation permettent de réaliser un cycle valide et sans
aucune déviation, ceci pour les deux réglages de PI. De la même manière que la Figure
3.35, la Figure 3.36 illustre le suivi du PIM ean pour les trois réglages d’anticipation.
La référence BàR est représentée en noir ainsi que les essais EiL avec les réglages
d’anticipation n◦ 1 (i.e. pas d’anticipation, « No preview » en légende), 3 et 7 en bleu,
magenta et vert respectivement. La Figure 3.36(a) représente la vitesse réalisée pour
chaque essai ainsi que les tolérances WLTC en pointillés rouges. La Figure 3.36(b) re-
présente la position de la pédale d’accélérateur, et la Figure 3.36(c) le temps cumulé
hors tolérance tOutT ol au cours du cycle pour chaque essai. La phase d’accélération et
de montée de rapport entre t = 1071 et t = 1080 s est anticipée pour les réglages n◦ 3
et n◦ 7, et le conducteur reste dans les tolérances. De plus, le fort appui pédale constaté
pour le réglage n◦ 1 à t = 1080 s est adouci par l’introduction de l’anticipation. On peut
aussi remarquer dans le Tableau 3.8 que la valeur de l’écart moyen µV dif f diminue avec
l’anticipation pour le Profil n◦ 3, mais augmente avec le Profil n◦ 7.
120
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.36 : Comparaison du suivi des 3 réglages d’anticipation pour le PIM ean .
Tableau 3.8 : Valeurs des indicateurs de suivi pour trois profils d’anticipation et pour
deux réglages du PI.
µV dif f tOutT ol Ndev tdev,M ax F35
Preview PI
[km/h] [s] [-] [s] [Hz]
Ref. BàR 0.41 0 0 0 0.13
PIM ean 0.49 3.6 3 1.62 0.15
Profil n◦ 1
PIAtmo 0.55 7.5 5 2.41 0.15
PIM ean 0.35 0.0 0 0 0.15
Profil n◦ 3
PIAtmo 0.35 0.0 0 0 0.14
PIM ean 0.72 0.0 0 0 0.17
Profil n◦ 7
PIAtmo 0.69 0.0 0 0 0.17
Tout d’abord, il est important de souligner que la distance totale parcourue varie
entre 22.903 km et 22.930 km sur les essais considérés, pour 23.170 km pour l’essai
sur BàR. La variation de distance maximale entre les essais au BM étant de 27 m,
l’observation des écarts des cumuls ramenés à la distance totale ne présente donc pas
d’intérêt par rapport aux écarts des cumuls. Ensuite, plusieurs remarques peuvent être
faites à partir de la Figure 3.37(a). Premièrement, l’introduction de l’anticipation de la
vitesse demandée entraîne une réduction de l’énergie totale, quel que soit l’indicateur
121
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.37 : Impact du profil d’anticipation sur le bilan énergétique et les émissions
moteur pour les deux paramétrages de PI, par rapport au Profil n◦ 1 sans anticipation.
considéré. Cette observation peut être expliquée par le fait que l’anticipation a pour effet
d’adoucir les fortes variations de vitesse. L’écart relatif est toutefois faible, entre -0.4 et
-1.8% selon l’indicateur. La Figure 3.37(a) ne rend pas possible la comparaison entre
les deux PI pour un même profil d’anticipation. Toutefois, l’écart relatif maximal est de
0.6%, et il ne ressort pas de tendance de cette comparaison : selon l’indicateur choisi et
le profil considéré, le PIM ean peut présenter un bilan plus important ou plus faible que
le PIAtmo .
122
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.38 : Comparaison des émissions de HC en sortie moteur sur une fraction du
WLTC au banc EiL pour trois réglages d’anticipation avec le PIM ean .
en particulier avec le PIM ean pour lequel l’impact est de l’ordre de 11%. Avec le PIAtmo ,
l’anticipation induit une réduction des émissions de HC de 1.9% et 4.2% pour les Profils
n◦ 3 et n◦ 7 respectivement.
Afin d’analyser plus précisément l’impact de l’anticipation sur les émissions de HC,
la Figure 3.38(a) représente le débit massique de HC mesuré en sortie moteur au cours
du cycle pour le PIM ean et les trois profils d’anticipations n◦ 1, 3 et 7 en bleu, magenta
et vert respectivement. Le code couleur est le même sur les 4 sous-figures. Pour les
Profils n◦ 1 et 3, la Figure 3.38(b) représente l’écart δHC,mot,ref (t) (voir Section 2.5) de
la masse cumulée de HC par rapport à la masse de l’essai de référence sans anticipation
(Profil n◦ 1). L’écart est exprimé relativement à la masse totale de l’essai de référence
MHC,mot,ref (tend ). La Figure 3.38(c) représente la richesse du mélange mesurée par l’ECU
pour les 3 profils, et la Figure 3.38(d) la position de la pédale d’accélérateur.
Sur la période représentée, on peut noter trois évènements qui soulignent l’impact de
l’anticipation, à t1 = 282 s, t2 = 286 s et t3 = 288 s. Ces trois évènements sont caracté-
risés par un débit massique de HC émis supérieur pour le Profil n◦ 1. A t1 , le conducteur
de référence (sans anticipation) commence à appuyer sur la pédale d’accélérateur plus
tard que les réglages n◦ 3 et n◦ 7, ce qui impacte la richesse du mélange. Les évènements
t2 et t3 sont marqués par un appui pédale plus fort de la part du conducteur n◦ 1, le
Profil n◦ 7 étant généralement le plus faible. Cet appui pédale se traduit par un pic du
débit massique de HC. En plus d’améliorer le suivi du conducteur, l’anticipation a donc
pour effet de lisser sa gestion de la pédale d’accélérateur, ce qui impacte de manière
significative la gestion de la richesse et les émissions de HC en sortie moteur. On peut
faire une observation similaire en ce qui concerne les émissions de CO.
De manière similaire à la Figure 3.38, la Figure 3.39(a) représente le débit massique
de CO mesuré en sortie moteur au cours du cycle pour le PIM ean et les trois profils
d’anticipations n◦ 1, 3 et 7 en bleu, magenta et vert respectivement. Pour les Profils
n◦ 1 et 3, la Figure 3.39(b) représente l’écart δCO,mot,ref (t) entre les masses cumulées de
CO par rapport à la masse de l’essai de référence sans anticipation (Profil n◦ 1). L’écart
123
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.39 : Comparaison des émissions de CO en sortie moteur sur une fraction du
WLTC au banc EiL pour trois réglages d’anticipation avec le PIM ean .
124
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.40 : Impact du profil d’anticipation sur les émissions polluantes en sortie moteur
(EO) et à l’échappement (TP) au cours du WLTC par rapport au Profil n◦ 1. Essais
enchaînés à froid avec le PIM ean .
125
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.41 : Impact du profil d’anticipation sur les émissions de CO en sortie moteur
(EO) et à l’échappement (TP) au cours du WLTC par rapport au Profil n◦ 1. Essais
enchaînés à froid avec le PIM ean .
−5.2% et −5.0%, passant de −5.1% à −5.2%, i.e. le moteur émet très légèrement moins
de CO dans le cas du Profil n◦ 7. En revanche, l’écart massique relatif à l’échappement
augmente de 10% à 20%, ce qui signifie que ce profil génère des émissions de CO supé-
rieures en aval du post-traitement. Ces résultats suggèrent une efficacité de traitement
moindre dans le cas du Profil n◦ 7. Il semble peu probable que cet écart soit lié à une
température inférieure du catalyseur, la température interne étant de l’ordre de 700◦ C et
donc largement supérieure à sa température d’amorçage. La richesse du mélange est une
variable d’ordre 1 sur l’efficacité de traitement du catalyseur. Cependant, l’écart aug-
mente de manière monotone sur une longue période d’environ 50 s, et on ne distingue
pas d’écart significatif de la richesse pendant cette période. Ces résultats ne permettent
donc pas de conclure quant à la source de l’écart massique de CO généré à l’échappement
par l’introduction de l’anticipation de la vitesse de consigne.
3.3.4.4 Synthèse
L’anticipation de la vitesse demandée par le modèle de conducteur permet une amé-
lioration du suivi de cycle. Dans cette thèse, les profils d’anticipation jugés les plus
prometteurs vérifient tous Ci+1 ≤ Ci si Ci > 0. Cela correspond à ce que l’on pouvait
initialement prévoir, et à ce qui a été suggéré dans [62]. Enfin, les profils avec un aperçu
de plus de 3 s n’ont pas été sélectionnés : cela suggère que l’avantage de l’anticipation
126
3.3 Résultats expérimentaux
n’est pas pertinent au delà de 3 secondes d’anticipation, du moins pour le cycle WLTC
considéré ici.
L’introduction de l’anticipation a généralement peu d’impact sur le bilan énergétique,
la variation étant de l’ordre de 2% sur les essais réalisés. Cette observation peut être
étendue aux émissions de CO2 , qui sont directement liées à la consommation d’énergie.
En revanche, l’anticipation peut avoir un impact significatif sur les émissions polluantes.
Sur les essais réalisés, le moteur émet moins de NOx , de CO et surtout de HC en intégrant
l’anticipation. L’impact est compris entre 1% et 5% sur le WLTC pour les émissions de
NOx et de CO, et peut atteindre 11% pour les HC. Cet écart s’explique principalement
par le fait que l’anticipation a pour effet de lisser le comportement du conducteur, et
par conséquent les fluctuations de la richesse du mélange. Concernant les émissions
de HC et de NOx , on observe la même tendance sur les émissions à l’échappement,
l’écart relatif étant de l’ordre de 10% du fait du faible ordre de grandeur des masses
mesurées. A l’inverse, les émissions de CO mesurées à l’échappement augmentent avec
l’introduction de l’anticipation, avec un impact de l’ordre de 20%. Cet écart se creuse
principalement dans la dernière phase de haute vitesse du WLTC, et ne semble être
du ni à un écart de thermique du catalyseur, ni à des fluctuations de la richesse. Une
analyse approfondie basée sur un nombre plus important d’essais permettrait de mieux
comprendre ce phénomène.
127
3 Développement de l’environnement de simulation
128
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.42 : Dispersion relative à la valeur moyenne du bilan énergétique et des émissions
en sortie moteur sur 4 cycles WLTC réalisés à froid au banc moteur EiL.
Fig. 3.43 : Comparaison des émissions de HC en sortie moteur au cours du cycle WLTC
entre 4 essais EiL froids de paramétrage identique.
129
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.44 : Dispersion par rapport à la valeur moyenne du bilan énergétique et des
émissions en sortie moteur sur 7 cycles WLTC réalisés à chaud au banc moteur EiL.
130
3.3 Résultats expérimentaux
le bilan énergétique. L’écart ∆MN Ox ,mot varie entre −1.30% et 2.20%, l’écart ∆MCO,mot
entre −0.34% et 0.61%, et l’écart ∆MHC,mot entre −1.91% et 2.73%.
Fig. 3.45 : Dispersion par rapport à la valeur moyenne du bilan énergétique et des
émissions en sortie moteur sur 4 cycles WLTC réalisés à froid au banc à rouleaux.
Fig. 3.46 : Comparaison de l’écart-type relatif obtenu entre 4 essais BàR à froid, 4
essais EiL à froid et 7 essais EiL à chaud.
Pour donner une vision d’ensemble, la Figure 3.46(a) compare la dispersion entre
les essais considérés pour le BàR, le banc EiL à froid et le banc EiL à chaud pour les
variables du bilan énergétique Etqi , Etqe , Emes et Ereq . L’écart-type relatif obtenu sur
les essais BàR est représenté par une barre grise pour chaque indicateur, celui obtenu
sur les essais EiL à froid en bleu, et à chaud en rouge. De la même manière, la Figure
3.46(b) compare l’écart-type obtenu sur les deux moyens d’essai pour chaque polluant,
relativement à la valeur moyenne obtenue pour chaque moyen d’essai. Concernant le
131
3 Développement de l’environnement de simulation
bilan énergétique, les essais sur BàR sont significativement plus dispersés que les essais
EiL, bien que l’écart-type relatif soit compris entre 0.40% et 0.75%. Les essais réalisés
à chaud sur le banc EiL sont généralement plus dispersés que les essais à froid, mais
l’écart-type obtenu sur ces essais est plus faible que sur les essais BàR. Concernant les
émissions moteur, le banc EiL est aussi moins dispersé, en particulier pour les NOx . Les
essais à chaud sont caractérisés par un écart-type plus important que les essais à froid,
et même que les essais BàR pour le CO et le CO2 .
Fig. 3.47 : Comparaison de l’écart-type obtenu sur les émissions à l’échappement entre
4 essais BàR et 4 essais EiL à froid.
132
3.3 Résultats expérimentaux
CO, NOx sur le banc EiL représente respectivement 16.4%, 5.9% et 21.7% de la masse
mesurée au banc à rouleaux. Devant le faible ordre de grandeur des masses considérées,
il semble donc plus pertinent d’analyser l’écart-type absolu. La Figure 3.47(a) révèle que
la dispersion est plus faible sur le banc EiL par rapport au BàR, avec un écart-type de
20.2 mg, 128 mg et 5.5 mg pour les HC, NOx et CO respectivement, contre 56.2 mg, 783
mg et 85.6 mg. On peut donc en conclure que l’environnement EiL permet des essais
plus répétables que le BàR du point de vue des émissions à l’échappement.
3.3.5.3 Synthèse
Les résultats ci-dessus permettent de tirer plusieurs conclusions quant à la répétabi-
lité du banc EiL.
• Le comportement du conducteur virtuel varie très peu entre deux essais, avec un
écart-type pour l’écart de vitesse moyen µVdif f de 0.0012 km/h sur les 11 essais
considérés. L’écart-type obtenu avec le conducteur humain sur les 4 essais BàR est
de 0.044 km/h.
• Le bilan énergétique est lui aussi moins dispersé sur banc EiL que sur BàR. Sur
les 5 essais à froid au banc EiL, l’écart à la moyenne est compris entre -0.24% et
0.27% selon l’indicateur, contre -1.42% et 1.55% pour les essais BàR.
• Les résultats obtenus pour les émissions de CO2 sont légèrement moins dispersés
sur banc EiL que sur BàR. Sur les essais à froid, on constate un écart-type relatif
de 0.13% pour les émissions de CO2 au banbc EiL, contre 0.31% sur BàR. Cette
remarque peut être étendue aux émissions de CO en sortie moteur, avec un écart-
type de 0.27% contre 0.44%.
• Les essais enchaînés à chaud sur banc EiL affichent une dispersion significativement
plus importante que les essais à froid, avec un écart-type relatif de 0.40% pour les
émissions de CO2 par exemple. L’écart-type relatif obtenu sur les émissions de CO
en sortie moteur pour les 7 essais considérés est supérieur à l’écart-type obtenu
pour les 4 essais BàR à froid, valant 0.68% contre 0.44%. Cette dispersion est pro-
bablement due au fait qu’aucun conditionnement thermique n’est effectué entre
les cycles à chauds, qui peuvent être enchaînés automatiquement ou manuellement
selon le contexte. On observe donc une dispersion conséquente des conditions ther-
miques initiales, détaillée dans la Section 4.3.1.
• On constate une différence nette entre le banc EiL et le BàR dans la dispersion
des émissions de NOx en sortie moteur, avec un écart-type relatif de 0.1% et 0.6%
sur les essais EiL à froid et à chaud respectivement. Le BàR est caractérisé par
une dispersion plus importante, avec un écart-type relatif de 1.3%.
133
3 Développement de l’environnement de simulation
BàR, avec un écart-type relatif de 9.3% et 12.5% contre 4.2% et 4.5% respective-
ment. Cependant, l’efficacité supérieure du post-traitement utilisé lors des essais
EiL induit une réduction des masses mesurées par rapport au BàR d’un facteur
supérieur à 5. L’analyse de la dispersion absolue permet de conclure que les émis-
sions à l’échappement sont moins dispersées sur banc EiL que sur BàR, avec un
écart-type de 20.2 mg, 128 mg et 5.5 mg pour les HC, NOx et CO respectivement,
contre 56.2 mg, 783 mg et 85.6 mg sur BàR.
Fig. 3.48 : Comparaison du bilan énergétique entre 4 essais réalisés à froid au banc
EiL, et 4 essais réalisés à froid au BàR. Les barres d’erreur représentent l’écart-type sur
les essais considérés pour chaque indicateur.
134
3.3 Résultats expérimentaux
chaque moyen d’essai et pour chaque indicateur, on représente la valeur moyenne sur les
essais considérés par une barre. Une barre d’erreur tracée en noir représente l’écart-type
obtenu sur les essais considérés. Pour une meilleure lisibilité, la valeur minimale des axes
verticaux n’est pas nulle.
En premier lieu, on peut souligner que les conclusions établies plus haut quant à la
répétabilité des deux moyens d’essais sont illustrées sur la Figure 3.48(a) : la dispersion
représentée par les barres d’erreurs est généralement plus large pour les essais BàR que
pour les essais au banc EiL. Pour les mêmes indicateurs, la Figure 3.48 (b) représente
l’écart relatif entre les résultats obtenus sur banc EiL et sur BàR. La valeur moyenne
de l’écart est représentée par une barre, et son écart-type est représenté par une barre
d’incertitude qui représente la dispersion des deux moyens d’essai. Il est intéressant de
souligner que l’indicateur ∆Mcarb (« fuel » en légende) est le seul pour lequel le banc
EiL est inférieur au BàR, l’écart moyen étant de −1.08%. Cette observation signifie
que le moteur consomme légèrement moins de carburant sur le banc EiL. Toutefois, cet
indicateur est aussi caractérisé par l’écart-type entre les essais le plus important, avec
une valeur de 1.09%. La valeur moyenne des autres indicateurs ∆Etqi , ∆Etqe , ∆Emes
et ∆Ereq est positive, ce qui suggère que le banc EiL impose une production d’énergie
mécanique supérieure par rapport au banc à rouleaux sur le même cycle WLTC. L’écart
moyen est de 0.41%, 4.98%, 1.48% et 2.29% pour les indicateurs ∆Etqi , ∆Etqe , ∆Emes
et ∆Ereq respectivement, avec un écart-type de 0.77%, 0.65%, 0.64% et 0.42% sur les
essais considérés. Comme développé Section 2.5, il est important de rappeler que la
comparaison du bilan énergétique est basée sur des variables calculées par le contrôle
moteur (Etqi , Etqe et Mcarb ), ou estimées à partir de mesures d’origines différentes sur les
deux moyens d’essais (∆Etqe et ∆Emes ). La Figure 3.49 permet d’observer l’évolution de
l’écart entre banc EiL (essai 4601) et BàR (essai du 20/08/20) sur la deuxième moitié
du WLTC.
Fig. 3.49 : Comparaison entre BàR (essai 4601) et banc EiL (20/08/20) sur le cycle
WLTC.
135
3 Développement de l’environnement de simulation
rond et losange respectivement. Les résultats du BàR sont tracés en pointillés avec des
marqueurs de couleur, tandis que les résultats du banc EiL sont en trait plein avec
des marqueurs blancs. Avec le même système de notation, la Figure 3.49(b) représente
l’évolution des indicateurs Emes et Ereq en vert et magenta respectivement, avec les indi-
cateurs carré et étoile. En gardant le même code graphique, la Figure 3.49(c) représente
pour chaque indicateur l’évolution de l’écart énergétique δE entre banc EiL et référence
BàR relativement à l’énergie totale de l’essai BàR. Enfin, la Figure 3.49(d) représente
la vitesse véhicule. L’essai BàR est tracé en noir, et l’essai au banc EiL en rouge.
En premier lieu, on peut noter que les écarts δEmes et δEreq varient de manière quasi-
linéaire au long du cycle. Les écarts δEtqi et δEtqe suivent une augmentation similaire
jusqu’à t = 1500 s environ. Ensuite, l’évolution reste quasi-linéaire mais avec un coeffi-
cient plus important, passant de −0.43% à 1.62% et de 2.42% à 6.10% respectivement.
Cette dernière phase coïncide avec la période de haute vitesse du WLTC, la vitesse
véhicule étant supérieure à 100 km/h entre t = 1560 s et t = 1740 s.
De la même manière que la Figure 3.49, la Figure 3.50 représente la dernière phase
du WLTC. On ajoute en outre la vitesse demandée Vdem en bleu, et les tolérance de
vitesse WLTP en pointillés sur la Figure 3.50(d). On observe que pendant cette phase,
la vitesse véhicule calculée sur le banc EiL est légèrement supérieure à la vitesse véhicule
sur BàR. La vitesse réalisée par le modèle conducteur est pratiquement confondue avec
la vitesse demandée, tandis que le conducteur humain semble viser légèrement sous la
consigne, tout en restant dans les tolérances. L’écart moyen est de 0.31 km/h sur la
dernière phase, et peut expliquer l’excès de consommation d’énergie constaté.
Fig. 3.50 : Comparaison entre BàR (essai 4601) et banc EiL (20/08/20) sur la dernière
phase du WLTC.
136
3.3 Résultats expérimentaux
sur l’axe de droite. De manière similaire à la Figure 3.48, les essais réalisés au BàR sont
représentés en bleu, et les résultats obtenus sur le banc EiL en rouge. Pour chaque moyen
d’essai et pour chaque polluant, on représente la valeur moyenne sur les essais considérés
par une barre. La barre d’erreur tracée en noir représente l’écart-type entre les essais.
Pour une meilleure lisibilité, la valeur minimale des axes verticaux n’est pas nulle. La
Figure 3.51(b) représente l’écart relatif entre les masses totales mesurées sur banc EiL
et sur BàR pour chaque polluant. La valeur moyenne de l’écart est représentée par une
barre, et son écart-type est représenté par une barre d’incertitude.
Tout comme le bilan énergétique, les conclusions établies plus haut concernant la
répétabilité des deux moyens d’essais sont illustrées sur la Figure 3.48(a) : la dispersion
représentée par les barres d’erreurs est généralement plus large pour les essais BàR que
pour les essais au banc EiL. Ensuite, le CO est le polluant pour lequel l’écart par rapport
à la référence BàR est le plus faible. En effet, la masse totale moyenne émise en sortie
moteur est supérieure de 0.055% à la moyenne sur BàR, avec un écart-type de 0.52%.
La masse de NOx émise en sortie moteur est supérieure à la référence BàR, avec un
écart moyen de ∆MN Ox ,mot = 3.0%. On peut ajouter que l’écart-type de ∆MN Ox ,mot sur
les essais considérés est de 1.36%. En outre, le moteur émet légèrement moins de CO2
sur banc EiL que sur BàR, l’écart moyen étant de −1.46%. Cette observation semble
cohérente avec l’écart constaté pour la masse de carburant consommé Mcarb . L’écart-type
entre les essais est de 0.33%, ce qui en fait le gaz pour laquelle la dispersion est la plus
faible. L’écart le plus important par rapport à la référence BàR est obtenu pour les HC,
avec un écart moyen de −5.50%. On peut souligner que les HC sont aussi caractérisés
par la dispersion la plus importante, avec un écart-type pour ∆MHC,mot de 1.77%.
Fig. 3.51 : Comparaison des émissions en sortie moteur entre 4 essais réalisés à froid au
banc EiL, et 4 essais réalisés à froid au BàR. Les barres d’erreur indiquent l’écart-type
pour chaque polluant.
La Figure 3.52 représente l’évolution des émissions de polluants pour l’essai EiL
4601 et l’essai BàR du 20/08/20 au cours du cycle WLTC complet. La Figure 3.52(a)
représente les masses cumulées MHC,mot (t) et MCO,mot (t) en rouge et bleu, et avec les
marqueurs rond et losange respectivement. L’essai EiL est représenté en trait plein avec
137
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.52 : Evolution des émissions en sortie moteur au banc EiL (4601) et au BàR
(20/08/20) au cours du cycle WLTC complet.
les marqueurs blancs, tandis que l’essai BàR est représenté en pointillés noir avec les
marqueurs colorés. De la même manière, la Figure 3.52(b) représente l’évolution de la
masse cumulée MN Ox ,mot (t) sur l’axe de gauche et de la masse cumulée MCO2 ,mot (t)
sur l’axe de droite, en vert et magenta respectivement, et avec les marqueurs carré et
étoile respectivement. Avec le même code couleur pour les polluants, la Figure 3.52(c)
représente l’évolution de l’écart relatif δMpollu,mot entre les masses cumulées sur banc
EiL et sur BàR, ramené à la masse totale sur BàR. Enfin, la Figure 3.52(d) représente
la vitesse véhicule au cours du cycle en rouge pour l’essai EiL, et en noir pour l’essai
BàR. En premier lieu, on peut souligner que malgré les écarts constatés entre les masses
totales, l’évolution globale de la masse cumulée mesurée sur banc EiL est similaire à
celle mesurée sur BàR pour les 4 polluants considérés. En analysant la Figure 3.52(c),
on repère toutefois plusieurs phases pendant lesquelles l’écart se creuse particulièrement.
Tout d’abord, on peut remarquer que l’écart δMCO2,mot est négatif pendant la totalité
du cycle. L’écart augmente en valeur absolue tout au long du cycle, jusqu’à changer de
tendance à t = 1100 s environ, puis se rapproche de zéro à partir de t = 1500 s. Cette
observation suggère que le moteur émet moins de CO2 sur le banc EiL que sur le BàR
pendant tout le cycle, jusqu’à la dernière phase de haute vitesse pendant laquelle les
émissions au banc EiL sont supérieures. Afin d’analyser plus précisément cet écart, la
Figure 3.53 représente l’évolution des émissions de CO2 pour le BàR (essai du 20/08/20)
et le banc EiL (essai 4601) sur une fraction du WLTC.
La Figure 3.53(a) représente le débit massique de CO2 mesuré en sortie moteur
au cours du temps sur le banc EiL en rouge, et sur le BàR en noir. La Figure 3.53(b)
représente l’écart relatif entre la masse cumulée MCO2,mot (t) sur les deux moyens d’essais,
relativement à la masse totale MCO2,mot,BaR (tend ) mesurée au BàR. La Figure 3.53(c)
trace la puissance moteur indiquée Ptqi calculée avec la variable du contrôle moteur
ECUEstiT qi pour le banc EiL et le BàR en rouge et noir respectivement. Avec le même
code couleur, la Figure 3.53(d) représente la vitesse véhicule pour les deux moyens
d’essais, ainsi que les tolérances WLTP en vert. Sur la période de 85 s représentée, l’écart
138
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.53 : Comparaison des émissions de CO2 en sortie moteur sur banc EiL (essai
4601) et sur BàR (20/08/20) sur la deuxième moitié du WLTC.
Fig. 3.54 : Comparaison des émissions de HC en sortie moteur sur banc EiL (essai
4601) et sur BàR (20/08/20) sur la deuxième moitié du WLTC.
139
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.55 : Comparaison des émissions de NOx en sortie moteur sur banc EiL (essai
4601) et sur BàR (20/08/20) sur la deuxième moitié du WLTC.
La Figure 3.55 représente l’évolution des émissions de NOx en sortie moteur pour
le BàR (essai du 20/08/20) et le banc EiL (essai 4601) sur une fraction du WLTC. La
Figure 3.55(a) représente le débit massique de NOx mesuré en sortie moteur au cours du
temps sur le banc EiL en rouge, et sur le BàR en noir. La Figure 3.55(b) représente l’écart
relatif δMN Ox,mot (t) entre la masse cumulée MN Ox,mot (t) sur les deux moyens d’essais,
relativement à la masse totale MN Ox,mot,BaR (tend ) mesurée au BàR. La Figure 3.55(c)
trace la concentration en NOx mesurée en sortie moteur par la baie en trait plein sur l’axe
de gauche (« CONC »), ainsi que le débit d’air estimé par le contrôle moteur ECUM AF en
140
3.3 Résultats expérimentaux
pointillés sur l’axe de droite (« MAF »). L’essai EiL et le BàR sont représentés en rouge et
noir respectivement. Avec le même code couleur, la Figure 3.55(d) représente la position
de la pédale d’accélérateur sur l’axe de gauche, et le rapport engagé en pointillés sur l’axe
de droite pour les deux moyens d’essais. Comme souligné plus haut, la Figure 3.52 suggère
que l’écart relatif δMN Ox,mot (t) entre les deux moyens d’essais augmente principalement
lors de la dernière phase du WLTC, à partir de t = 1500 s. Au cours de la portion de 75 s
de cette phase représentée sur la Figure 3.55, l’écart augmente de manière continue de
3.1% à 4.4%. Les NOx se formant principalement pour une température de combustion
élevée, on pourrait s’attendre à ce que la température ECUM AT soit supérieure sur le
banc EiL par rapport au BàR. Au contraire, la température est inférieure d’environ 5◦ C
pendant la période représentée, et plus généralement pendant tout le cycle. Cependant,
on peut toutefois rappeler l’observation faite au sujet de la Figure 3.53 : la vitesse
véhicule calculée par le modèle est supérieure à la vitesse véhicule atteinte sur le BàR
au cours de la dernière phase du WLTC. Cet écart se traduit par un appui pédale plus
important, et peut donc expliquer l’excès de NOx émis au banc EiL.
Fig. 3.56 : Dispersion du temps de transfert estimé pour chaque polluant en sortie
moteur sur 4 cycles WLTC.
Dans cette thèse, le recalage est réalisé sur plusieurs cycles WLTC. Sur les différents
lâchers de pédale considérés, on observe une dispersion du temps de transfert pour chaque
polluant. En effet, l’identification des évènements « début du lâcher de pied » et « chute
ou augmentation de la concentration [pollu] » est laissée à l’appréciation humaine. De
plus, bien que le temps d’analyse de la baie puisse être considéré constant [117], le
temps de transfert entre le point de prélèvement en sortie moteur et la baie d’analyse
141
3 Développement de l’environnement de simulation
Emissions moteur : La Figure 3.56 représente pour chaque polluant les estimations
du temps de transfert pour le point de prélèvement en sortie moteur en considérant 4
cycles WLTC, et 4 évènements par cycle. La valeur moyenne est représentée par une
barre pour chaque polluant indiqué en abscisse, ainsi que l’écart-type par une barre
d’incertitude. Les valeurs obtenues sur les 4 cycles considérés sont représentés par les
marqueurs blancs. On obtient un temps de transfert de 2.6 s, 5.9 s, 18.3 s et 10.7 s pour
les HC, le CO, les NOx et le CO2 respectivement, avec un écart-type de 0.8 s, 0.5 s, 0.8 s
et 1.4 s. Exprimé par rapport au temps de transfert final, l’écart-type relatif est de 30%,
9.0%, 4.7% et 13.3% respectivement.
Afin d’illustrer l’impact du temps de transfert sur la représentativité du banc EiL,
la Figure 3.57(a) représente la masse totale de chaque polluant émise en sortie moteur
sur les essais BàR, et sur les essais EiL analysés avec trois valeurs différentes pour les
temps de transfert :
On indique l’écart relatif par une barre d’incertitude pour chaque polluant. Avec le
même code couleur, la Figure 3.57(b) représente l’écart relatif entre les masses totales
mesurées sur banc EiL et sur BàR pour chaque polluant et pour chaque valeur du temps
de transfert. La valeur moyenne de l’écart est représentée par une barre, et son écart-type
est représenté par une barre d’incertitude.
Une variation de 1 s du temps de transfert ∆tpollu peut impacter de manière si-
gnificative la comparaison avec le BàR. En effet, pour les émissions moteur de CO en
particulier, l’écart relatif passe de 0.05% dans le cas de référence à 1.4% avec un ∆tCO
réduit, et à −2.3% pour un ∆tCO augmenté. La masse totale de HC en sortie moteur
est aussi affectée, l’écart relatif passant de −5.5% dans le cas de référence à −3.05% et
−3.36% respectivement. Concernant les émissions moteur de NOx , l’écart varie de 3.0%
à 1.0% en réduisant le temps de transfert, et à 2.9% en l’augmentant. Enfin, l’écart rela-
tif de la masse de CO2 passe de −1.5% à −0.5% et −2.7% respectivement. De manière
similaire à la Figure 3.57(b), la Figure 3.58(a) représente la variation relative de la masse
totale en sortie moteur pour chaque polluant en augmentant et diminuant le temps de
transfert de 1 s en rouge et vert respectivement.
On observe que la variation du temps de transfert de 1 s peut causer une augmenta-
tion de la masse de HC en sortie moteur de 2.5% environ. Les masses de CO et de CO2
augmentent d’environ 1% avec un temps de transfert diminué, et diminuent de 2.4% et
1.2% respectivement pour un temps de transfert allongé. Enfin, la masse de NOx diminue
de 1.9% pour un temps de transfert raccourci de 1 s. Compte tenu de l’incertitude sur
142
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.57 : Impact de la variation de 1 s du temps de transfert sur le bilan des émissions
polluantes relativement aux essais BàR de référence.
le temps de transfert, il est donc important de considérer son impact sur les émissions
polluantes dans l’analyse de la représentativité.
143
3 Développement de l’environnement de simulation
3.3.6.4 Synthèse
Les essais réalisés permettent d’analyser la représentativité de l’environnement EiL
par rapport aux essais conventionnels sur BàR. Faute d’une méthode de mesure fiable
commune aux deux moyens d’essais, on base la comparaison du bilan énergétique sur
l’analyse de 5 indicateurs. L’analyse des résultats suggère que le banc EiL impose une
énergie mécanique au moteur supérieure aux essais BàR, l’écart constaté entre le banc
EiL et le BàR étant compris entre 0.41% et 4.98%. On estime en revanche une masse de
carburant consommée inférieure de 1.08% à la référence.
Bien qu’aucun de ces indicateurs ne soit totalement fiable, on peut conclure que
l’environnement EiL permet des essais représentatifs d’un point de vue énergétique,
quatre des indicateurs suggérant un écart relatif inférieur à 2.3%. On peut souligner que
le conducteur virtuel atteint une vitesse moyenne supérieure au conducteur humain qui
vise sous la vitesse cible, en particulier dans la dernière phase de haute vitesse du cycle
WLTC. Bien que l’écart de vitesse soit relativement faible, il peut expliquer en partie
l’excès énergétique. Enfin, il est important de rappeler que certains paramètres véhicule
ont été estimés pour obtenir ces résultats, en particulier la masse totale et l’efficacité de
la transmission. Une estimation plus précise de ces paramètres pourrait donc améliorer
la représentativité énergétique.
En outre, l’analyse de la représentativité du banc EiL a aussi été réalisée du point
de vue des émissions polluantes. Seules les émissions en sortie moteur ont finalement
pu être comparées, du fait des différences significatives de la ligne échappement utilisée
sur le banc EiL avec la référence véhicule. Les résultats obtenus sur le cycle WLTC
suggèrent que le moteur émet moins de CO2 et de HC comparé à la référence, avec
un écart d’environ 1.5% et 5.5% respectivement. De plus, le moteur émet environ 3%
de NOx et 0.05% de CO en plus que sur le BàR. Le constat sur les émissions de CO2
peut sembler contradictoire avec le bilan énergétique. Toutefois, le faible écart relatif
constaté est à mettre en perspective avec d’une part la dispersion du BàR de l’ordre de
0.5%, et d’autre part l’incertitude portée sur la mesure des émissions. En particulier, on
suppose dans cette thèse un temps de transfert constant pour chaque polluant entre le
point de prélèvement et la baie. Le temps de transfert est en outre estimé manuellement
sur plusieurs cycles WLTC, et est sujet à une dispersion importante, avec un écart-type
relatif de l’ordre de 1 s. Par exemple, une réduction de 1 s de ce temps de transfert a
pour effet de diminuer l’écart de la masse cumulée de CO2 entre EiL et BàR, qui passe
144
3.3 Résultats expérimentaux
de 1.5% à 0.5%. De la même manière, l’impact du temps de transfert sur les émissions de
NOx est significatif. L’excès d’émissions de NOx est en outre particulièrement creusé lors
de la dernière portion à haute vitesse du WLTC, pendant laquelle le conducteur virtuel
atteint une vitesse supérieure au conducteur humain. Enfin, la carence en émissions
de HC semble être due au comportement du conducteur virtuel, qui agit sur la pédale
d’accélérateur de manière plus douce que le conducteur humain de référence.
145
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.59 : Impact du profil de changement de rapport sur le bilan énergétique par
rapport au profil de référence « Banc ».
obtenu au banc à rouleaux et l’essai EiL de référence obtenu avec le profil « Banc »
est indiqué pour les deux réglages d’anticipation par une barre grise et les marqueurs
colorés (« Compar. BàR » en abscisse). La même notation est utilisée sur la Figure
3.59(b) pour les écarts relatifs des cumuls ramenés à la distance parcourue ∆Etqi/km ,
∆Etqe/km , ∆Emes/km , ∆Ereq/km et ∆Mcarb/km .
On peut noter que le profil « Slow » entraîne un bilan énergétique total plus faible
que le profil de référence pour la majorité des indicateurs, tandis que le bilan énergétique
par kilomètre est supérieur. Ceci est du au fait que le profil « Slow », puisqu’il est plus
lent dans ses changements de rapport, est généralement en retard par rapport au profil
de référence, et parcourt donc une distance plus faible. Toutefois, l’écart de distance
est de 159 m, ce qui paraît négligeable par rapport à la distance totale de 22.8 km.
On peut finalement souligner que l’augmentation de la durée du changement de rapport
entraîne une hausse de la production d’énergie mécanique de l’ordre de 1% pour les trois
profils analysés, tandis que l’indicateur ∆Mcarb suggère une hausse de la consommation
de carburant pouvant aller jusqu’à 2%. Ce résultat suggère l’importance de réduire la
durée du changement de rapport afin de minimiser la consommation, comme mentionné
dans la bibliographie [137-139].
146
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.60 : Impact du profil de changement de rapport sur les émissions en sortie moteur
par rapport au profil de référence « Banc ».
ramenée à la distance parcourue ∆Mpollu,mot/km . Il est important de préciser ici que les
essais avec le Profil n◦ 1 (i.e. sans anticipation) on été réalisé à froid, tandis que les es-
sais du profil d’anticipation n◦ 3 ont été enchaînés à chaud, sans conditionnement entre
chaque tir.
Premièrement, on peut noter que l’impact du profil de changement de rapport est
relativement faible sur la masse totale de CO2 émis, l’écart étant compris entre −1.48%
et 0.4%. Le profil « Slow » entraîne une légère baisse des émissions de CO2 par km,
avec un écart de 0.8% pour le Profil n◦ 3. Cette observation est en contradiction avec
l’analyse du bilan énergétique, qui suggère que l’allongement de la durée du changement
de rapport a pour effet d’augmenter l’énergie par km. Une partie de la surconsommation
de carburant pourrait toutefois être rejetée en HC et CO plutôt qu’en CO2 lors des
changements de rapport du fait d’une richesse inadaptée. On peut en outre souligner le
faible ordre de grandeur des écarts observés.
Ensuite, les résultats suggèrent que rallonger la durée de changement de rapport
augmente les émissions de CO en sortie moteur : le profil « Slow » engendre une aug-
mentation de 10.7% et 8.5%, et le profil « Fast » une augmentation de 3.5% et 3.0%
pour les réglages d’anticipation n◦ 1 et 3 respectivement. Au contraire, une plus longue
durée du changement de rapport entraîne une baisse des émissions de NOx . En effet, le
profil « Slow » engendre une diminution de 6.2% et 4.4%, et le profil « Fast » une baisse
de 2.8% et 0.5% pour les réglages d’anticipation n◦ 1 et 3 respectivement. Ces évolutions
opposées suggèrent un impact du profil de changement de rapport sur la richesse du
mélange. Une richesse excessive pourrait causer à la fois une hausse des émissions de
CO et une baisse des émissions de NOx . Enfin, l’impact du profil de changement de
rapport sur les HC n’est pas le même selon le profil d’anticipation et/ou les conditions
initiales. En effet, pour les essais réalisés à chaud avec le Profil n◦ 3, une augmentation
de la durée de changement de rapport a pour effet d’augmenter les émissions de HC,
avec une hausse entre 2.1% et 6.7% pour les profils « Fast » et « Slow » respectivement.
Cette observation n’est pas vérifiée dans le cas des essais réalisés à froid avec le Profil n◦ 1
147
3 Développement de l’environnement de simulation
(sans anticipation) : les trois réglages de changement de rapport induisent une baisse
des émissions de HC, comprise entre 1.3% et 4.0% pour le profil « Slow » et le profil
« Normal » respectivement. Par ailleurs, le profil « Normal » ne présente pas un bilan
intermédiaire entre les profils « Slow » et « Fast », contrairement aux autres polluants.
Afin d’analyser plus précisément l’impact du profil de changement de rapport sur les
émissions de CO, la Figure 3.61(a) représente le débit massique de CO en sortie moteur
sur une fraction du WLTC pour les profils « Banc » (« Ref BM » en légende), « Slow »,
« Normal » et « Fast » en noir, rouge, bleu et vert respectivement. On représente les essais
obtenus à froid avec le réglage d’anticipation n◦ 1. Avec le même code couleur, la Figure
3.61(b) représente l’écart relatif ramené à la masse totale δMCO,mot des émissions de CO
par rapport à l’essai de référence obtenu avec le profil « Banc ». Les Figures 3.61(c) et
(d) représentent la richesse mesurée par le contrôle moteur et la position de la pédale
d’accélérateur respectivement. En outre, le rapport demandé est indiqué en pointillés
sur l’axe de droite de la Figure 3.61(d).
En premier lieu, on remarque immédiatement l’impact du profil de changement de
rapport sur la position de la pédale d’accélérateur. En effet, la fraction du WLTC re-
présentée sur la Figure 3.61 est caractérisée par deux montées de rapport successives, à
t = 725 s et t = 729 s. L’augmentation de la durée du changement de rapport allonge la
perte de couple due au relâchement de la pédale. Cette perte de couple force le modèle
conducteur à compenser par un fort appui pédale après le changement de rapport, en
particulier pour le profil « Slow » pour lequel la pédale d’accélérateur est saturée pen-
dant plus d’une seconde. Ce comportement augmente le débit de CO émis en sortie du
moteur. De plus, la variation brusque de la pédale d’accélérateur affecte la richesse du
mélange qui chute dans le cas du conducteur « Slow » pendant le changement de rapport.
Cette chute est succédée par une phase de richesse supérieure à 1.05 pendant près d’une
seconde, la richesse dépassant 1.1 à t = 731.2 s.
Fig. 3.61 : Impact du profil de changement de rapport sur les émissions de CO en sortie
moteur au cours du WLTC par rapport au profil de référence « Banc ». Essais réalisés à
froid avec le profil d’anticipation n◦ 1.
148
3.3 Résultats expérimentaux
changement de rapport sur les émissions de NOx en sortie moteur. La Figure 3.62(a)
représente le débit massique de NOx en sortie moteur sur une fraction du WLTC pour
les profils « Banc », « Slow », « Normal » et « Fast » en noir, rouge, bleu et vert respec-
tivement. On représente les essais obtenus à froid avec le réglage d’anticipation n◦ 1.
Avec le même code couleur, la Figure 3.62(b) représente l’écart relatif ramené à la masse
totale δMN Ox ,mot des émissions de NOx par rapport à l’essai de référence obtenu avec le
profil « Banc ». Les Figures 3.62(c) et (d) représentent le débit d’air moteur estimé par
le contrôle moteur et la position de la pédale d’accélérateur respectivement. En outre,
le rapport demandé est indiqué en pointillés sur l’axe de droite de la Figure 3.62(d). La
Figure 3.62(e) représente la richesse du mélange mesurée par le contrôle moteur.
En premier lieu, la Figure 3.62 permet de souligner que l’écart en termes d’émissions
de NOx réside principalement dans les montées de rapport. En effet, l’écart massique
relatif δMN Ox ,mot est pratiquement constant pour les trois profils de changement de
rapport excepté pendant la période de t = 960 s à t = 969 s. Or, on observe que
le conducteur réalise trois rétrogradages pendant la période représentée, à t = 954 s,
t = 956.7 s et t = 974 s. La pédale d’accélérateur étant déjà complètement relâchée
avant le rétrogradage, le débit d’air moteur est faible et la durée de changement de
rapport a peu d’impact sur les émissions de NOx . En revanche, les montées de rapport
observées à t = 960 s et t = 962.5 s permettent de différencier les profils conducteur. De
manière similaire à la Figure 3.61, l’augmentation de la durée du changement de rapport
a deux effets : d’une part, la pédale d’accélérateur est relâchée plus longtemps, ce qui
a pour effet de faire chuter le débit d’air moteur ; d’autre part, le retard engendré par
cette perte de couple force le conducteur à presser fortement et plus longtemps la pédale
d’accélérateur à la suite du changement de rapport. Dans le cas du conducteur « Slow »,
le débit massique de NOx suit la même tendance que le débit d’air moteur et les deux
montées de rapport résultent en une augmentation en valeur absolue de l’écart δMN Ox ,
qui passe de −1.74% à −2.0%. De manière similaire aux observations faites à propos
de la Figure 3.61, les fortes fluctuations de la pédale d’accélérateur causent une richesse
supérieure à 1.1 suite au changement de rapport, en particulier pour le profil « Slow ».
Ensuite, la Figure 3.63 illustre l’impact de la durée du changement de rapport sur
les émissions de HC en sortie moteur. La Figure 3.63(a) représente le débit massique
de HC en sortie moteur sur une fraction du WLTC pour les profils « Banc », « Slow »,
« Normal » et « Fast » en noir, rouge, bleu et vert respectivement. Dans un premier
temps, on représente les essais obtenus à chaud avec le réglage d’anticipation n◦ 3. Avec
le même code couleur, la Figure 3.63(b) représente l’écart relatif ramené à la masse totale
δMHC,mot des émissions de HC par rapport à l’essai de référence obtenu avec le profil
« Banc ». Les Figures 3.63(c) et (d) représentent la richesse du mélange mesurée par le
contrôle moteur et la position de la pédale d’accélérateur respectivement. En outre, le
rapport demandé est indiqué en pointillés sur l’axe de droite de la Figure 3.63(d).
L’observation faite pour les émissions de CO sur la Figure 3.61 peut être étendue
aux émissions de HC sur la Figure 3.63. En effet, les montées de rapport successives à
t = 770 s, t = 773 s et t = 776 s forcent le conducteur à un fort appui sur la pédale d’ac-
célérateur, qui fait chuter la richesse du mélange, en particulier pour le profil « Slow ».
Cette chute de richesse est suivie d’une phase riche couplée à un fort débit d’air causé
par la saturation prolongée de la pédale d’accélérateur, entraînant une hausse de l’écart
δMHC,mot de 3.0% à 3.5%. Concernant les essais réalisés à froid avec le profil d’anticipa-
tion n◦ 1 (i.e. sans anticipation), le comportement semble proche de celui observé pour
les essais à chaud. De manière similaire à la Figure 3.63, la Figure 3.64 illustre l’impact
149
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.62 : Impact du profil de changement de rapport sur les émissions de NOx en
sortie moteur au cours du WLTC par rapport au profil de référence « Banc ». Essais
réalisés à froid avec le profil d’anticipation n◦ 1.
de la durée du changement de rapport sur les émissions de HC, cette fois en considérant
les essais obtenus à froid avec le réglage d’anticipation n◦ 1.
La Figure 3.64(a) représente le débit massique de HC en sortie moteur sur la même
fraction du WLTC pour les profils « Banc », « Slow », « Normal » et « Fast » en noir,
rouge, bleu et vert respectivement. Avec le même code couleur, la Figure 3.64(b) re-
présente l’écart relatif ramené à la masse totale δMHC,mot des émissions de HC par
rapport à l’essai de référence obtenu avec le profil « Banc ». La Figure 3.64(c) représente
la concentration en HC en trait plein sur l’axe de gauche et le débit d’air moteur (MAF)
en pointillés sur l’axe de droite. La Figure 3.64(d) représente la position de la pédale
d’accélérateur sur l’axe de gauche et le rapport demandé en pointillés sur l’axe de droite.
Enfin, la Figure 3.64(e) représente la pression de suralimentation mesurée par le contrôle
moteur ECUP boost .
En comparaison avec la Figure 3.63, il apparaît en premier lieu sur la Figure 3.64
que l’impact de la montée de rapport est similaire sur les essais à froid. En particulier, la
pédale d’accélérateur est saturée avec le profil « Slow » entre les changements de rapport,
et le débit massique de HC suit une évolution similaire à celle observée sur la Figure
3.63. Cependant, on observe aussi un pic du débit massique de HC à t = 773 s largement
plus important que dans le cas des essais avec le Profil n◦ 3, en particulier pour les profils
« Fast » et « Banc ». En analysant la Figure 3.64(c), il apparaît que ce pic n’est pas du
à une hausse de la concentration en HC, mais bien à un débit d’air moteur supérieur
150
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.63 : Impact du profil de changement de rapport sur les émissions de HC en sortie
moteur au cours du WLTC par rapport au profil de référence « Banc ». Essais enchaînés
à chaud avec le profil d’anticipation n◦ 3.
151
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.64 : Impact du profil de changement de rapport sur les émissions de HC en sortie
moteur au cours du WLTC par rapport au profil de référence « Banc ». Essais enchaînés
à froid avec le profil d’anticipation n◦ 1.
moteur pour les trois polluants représentés. Ensuite, la Figure 3.65(d) révèle que le profil
« Slow » induit une hausse significative des émissions à l’échappement par rapport au
profil « Normal », d’environ 19.0%, 10.2% et 66.6% pour les HC, CO et NOx respec-
tivement. Concernant les émissions de HC et de CO, le profil « Slow » est à l’origine
d’une hausse d’environ 2% des émissions moteur. L’écart relatif important à l’échappe-
ment est principalement du au faible ordre de grandeur de la masse totale émise. En
revanche, le profil « Slow » entraîne une baisse d’environ 2% des émissions moteur de
NOx , et on observe une tendance inverse sur les émissions à l’échappement. La Figure
3.66 permet d’analyser plus précisément l’impact du profil de changement de rapport
sur les émissions de NOx à l’échappement.
La Figure 3.66(a) représente le débit massique de NOx en sortie moteur pour les
profils « Normal » et « Slow » en bleu et rouge respectivement. On indique en outre en
vert sur l’axe de droite l’écart massique relatif généré par le profil « Slow » par rapport
au profil « Normal ». La Figure 3.66(b) utilise le même code couleur pour représenter les
émissions à l’échappement. Les Figures 3.66(c) et (d) représentent avec le même code
couleur pour les deux profils la position de la pédale d’accélérateur et la température
mesurée dans le catalyseur T24M respectivement. On indique en outre le rapport de-
mandé par le cycle en pointillés sur l’axe de droite de la Figure 3.66(c). Enfin, la Figure
3.66(e) représente la concentration de NOx mesurée à l’échappement sur l’axe de gauche,
et le débit d’air moteur ECUM AF en pointillés sur l’axe de droite. La Figure 3.66(f) re-
152
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.65 : Impact du profil de changement de rapport sur les émissions polluantes en
sortie moteur (EO) et à l’échappement (TP) au cours du WLTC par rapport au profil
« Normal ». Essais enchaînés à froid avec le profil d’anticipation n◦ 1.
présente la richesse du mélange ECUrich mesurée par le contrôle moteur pour les deux
essais.
Pendant la période de 50 s représentée, l’écart massique relatif en sortie moteur di-
minue de −1.8% à −1.91% de la masse totale, i.e. le moteur émet légèrement moins de
NOx dans le cas du profil « Slow ». En revanche, l’écart massique relatif à l’échappement
augmente de 44% à 54%, ce qui signifie que ce profil génère des émissions de NOx supé-
rieures en aval du post-traitement. Ces résultats suggèrent une efficacité de traitement
moindre dans le cas du profil « Slow ». Cet écart d’efficacité ne semble pas lié à un écart
de thermique du post-traitement, la température interne du catalyseur étant de l’ordre
de 600◦ C pendant cette période pour les deux profils, donc largement supérieure à sa
température d’amorçage. En revanche, l’efficacité de traitement est directement impac-
tée par la richesse du mélange, le contrôle moteur opérant généralement une alternance
entre phases légèrement riches et phases légèrement pauvres afin de maintenir une cer-
taine quantité d’oxygène stockée dans le catalyseur. Comme mentionné précédemment,
l’allongement de la durée du changement de rapport entraîne des fluctuations de la pé-
dale d’accélérateur qui affectent la maîtrise de la richesse par le contrôle moteur. Les
résultats suggèrent que l’impact sur la richesse se traduit par une baisse de l’efficacité
de traitement du catalyseur.
3.3.7.4 Synthèse
L’analyse des essais EiL permet de conclure que le fonctionnement du modèle de
conducteur lors des phases de changements de rapport est réaliste comparé à la référence
véhicule. De plus, l’impact de la durée de changement de rapport a pu être analysé à
l’aide des 4 profils de conducteur définis.
Les résultats suggèrent qu’augmenter la durée de changement de rapport a relative-
ment peu d’impact sur la production d’énergie mécanique et les émissions de CO2 , l’écart
153
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.66 : Impact du profil de changement de rapport sur les émissions de NOx en
sortie moteur (EO) et à l’échappement (TP) au cours du WLTC par rapport au profil
« Normal ». Essais enchaînés à froid avec le profil d’anticipation n◦ 1.
154
3.3 Résultats expérimentaux
Tableau 3.11 : Performance des deux réglages du P I pour différentes valeurs d’antici-
pation (« Preview ») et de masse véhicule.
∆M µV dif f tOutT ol Ndev tdev,M ax F35
Driver Preview
[%] [km/h] [s] [-] [s] [Hz]
−25 0.38 0.0 0 0.0 0.18
−10 0.43 0.0 0 0.0 0.16
Profil n◦ 1 0 0.49 3.6 3 1.6 0.16
10 0.53 12.1 6 5.8 0.13
25 0.64 30.0 6 8.3 0.12
PIM ean
−25 0.34 0.0 0 0.0 0.18
−10 0.34 0.0 0 0.0 0.15
Profil n◦ 3 0 0.35 0.0 0 0.0 0.15
10 0.35 0.0 0 0.0 0.14
25 0.40 4.0 3 2.1 0.13
−25 0.43 0.0 0 0.0 0.18
−10 0.50 1.8 3 0.9 0.15
Profil n◦ 1 0 0.57 12.1 7 3.2 0.14
10 0.65 26.9 7 7.5 0.13
25 0.79 41.0 8 10.8 0.12
PIAtmo
−25 0.34 0.0 0 0.0 0.2
−10 0.35 0.0 0.0 0 0.16
Profil n◦ 3 0 0.36 0.0 0.0 0 0.14
10 0.39 0.28 1 0.28 0.13
25 0.49 24.8 7 7.4 0.12
155
3 Développement de l’environnement de simulation
véhicule augmentée par rapport à la masse de référence utilisée pour la calibration aura
pour effet de diminuer la sensibilité de la vitesse véhicule aux interventions du conduc-
teur. En second lieu, on peut souligner que pour les deux réglages de PI, l’introduction
de l’anticipation avec le Profil n◦ 3 améliore de manière significative les performances du
conducteur, en particulier pour les masses augmentées M10 et M25 . Par exemple, pour
le PIM ean , le temps hors tolérance du Profil n◦ 1 est de 12.1 s pour 6 déviations, tandis
que le Profil n◦ 3 réalise un cycle sans déviation. Par ailleurs, le PIAtmo induit plus de
déviations, ainsi qu’une valeur plus importante de tOutT ol . Toutefois, l’introduction du
profil d’anticipation n◦ 3 permet d’améliorer nettement ces résultats. Il reste important
de souligner que pour la masse maximale M25 , aucun des réglages ne permet un cycle
valide du point de vue des tolérances WLTC : bien que le Profil n◦ 3 permette de réaliser
moins de 10 déviations pour les deux réglages du PI, la déviation la plus longue est
au-dessus de la limite de 1 s.
Fig. 3.67 : Impact de la masse véhicule sur (a) le bilan énergétique et (b) les émissions
en sortie moteur avec le réglage PIAtmo et pour deux profils d’anticipation.
Comme attendu, la diminution de la masse se traduit par une baisse du bilan éner-
gétique, et l’augmentation de la masse par une hausse. Cette observation se vérifie pour
les deux profils d’anticipation, quel que soit l’indicateur énergétique choisi. On peut
souligner que la variation du bilan énergétique est comprise entre 5.7 et 8.5% pour une
156
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.68 : Impact de la masse véhicule sur l’énergie mécanique Etqi avec le réglage
PIAtmo et le profil d’anticipation n◦ 1.
157
3 Développement de l’environnement de simulation
entre les cycles. Par conséquent, on ne représente pas sur cette figure le tir BàR réalisé
à froid.
Tout d’abord, l’impact de la variation de la masse véhicule sur les émissions de CO2
est cohérent avec l’observation faite concernant le bilan énergétique. Une masse plus
importante augmente les émissions de CO2 , et cette augmentation n’est pas linéaire :
une hausse de 25% de la masse véhicule résulte en une hausse d’environ 7% des émissions
de CO2 , tandis qu’augmenter la masse de 10% résulte en une hausse des émissions
d’environ 3.5%. Ces valeurs sont comparables aux ordres de grandeur mentionnés dans
la bibliographie. Cecchel et al. [140] estiment qu’une réduction de 20% de la masse
véhicule entraîne une baisse d’environ 6.9% des émissions moyennes de CO2 . A partir
d’une étude bibliographique, Lutsey [141] calcule que cette réduction de la masse véhicule
résulterait plutôt en une diminution des émissions de CO2 comprise entre 12 et 16%.
Par ailleurs, Cheah [142] estime qu’une réduction de la masse de 10% peut réduire la
consommation de carburant d’environ 7%.
L’observation faite à propos des émissions de CO2 peut être étendue aux émissions de
CO, qui augmentent de 9.0% et 9.2% avec la masse M25 pour les profils d’anticipation
1 et 3 respectivement. L’impact de la masse est similaire sur les NOx , avec un écart
de l’ordre de 10% pour la masse M25 . Pour finir, les HC sont le polluant pour lequel
l’impact de la masse véhicule est le plus variable. En effet, la masse M25 résulte en une
augmentation des émissions de 2.2% pour le Profil n◦ 1, et de 9.9% avec le Profil n◦ 3. On
peut souligner qu’à l’inverse, la masse M−25 résulte en une diminution des émissions de
11.7% pour le Profil n◦ 1, et de 5.0% avec le Profil n◦ 3. En revanche, l’augmentation de
10% de la masse véhicule résulte en une diminution de 1.7% des émissions de HC avec le
Profil n◦ 1, contre une hausse de 2.0% avec le Profil n◦ 3. De manière similaire à la Figure
3.68, la Figure 3.69 illustre l’impact de la masse véhicule sur les émissions de CO2 sur
une fraction du WLTC.
Fig. 3.69 : Impact de la masse véhicule sur les émissions de CO2 en sortie moteur au
cours du cycle avec le réglage PIAtmo et le profil d’anticipation n◦ 1.
On représente les essais obtenus avec le PIAtmo et le Profil n◦ 1 (i.e. sans anticipation)
pour les masses Mref , M−25 , M−10 , M10 , et M25 en noir, rouge, vert, bleu et magenta
158
3.3 Résultats expérimentaux
3.3.8.3 Synthèse
Les résultats ci-dessus permettent de conclure que l’anticipation de la vitesse deman-
dée par le modèle de conducteur conduit à une nette amélioration de sa robustesse à
des modifications des paramètres véhicule. En outre, l’impact de la masse sur le bilan
énergétique a pu être évalué. Sur le cycle WLTC, une diminution de 25% de la masse
véhicule résulte en une baisse d’environ 8% de l’énergie consommée, et d’environ 7% des
émissions de CO2 .
159
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.70 : Impact de l’efficacité de transmission sur le bilan énergétique avec le réglage
PIM ean .
Fig. 3.71 : Impact de l’efficacité de transmission sur le bilan énergétique sur une fraction
du WLTC avec le réglage PIM ean .
La Figure 3.71(a) représente l’énergie cumulée Emes au cours d’une fraction du WLTC
pour les valeurs d’efficacité 75%, 90% et la valeur de référence 95% en vert, rouge, et
noir respectivement. La Figure 3.71(b) reprend le même code couleur et trace l’écart
énergétique δEmes par rapport à l’essai obtenu avec l’efficacité ηref = 95%. Enfin, les
Figures 3.71(c) et (d) représentent la vitesse véhicule et la position de la pédale d’accé-
lérateur. La demande de rapport est tracée en pointillés sur l’axe de gauche de la Figure
3.71(d). On observe que l’écart énergétique δEmes augmente tout au long de la période
160
3.3 Résultats expérimentaux
représentée, mise à part pendant les phases d’arrêt. On peut par ailleurs souligner que
l’écart s’accroît particulièrement pendant les phases d’accélération, puisque ces phases
impliquent une puissance moteur importante ; cependant, les phases de décélération sont
aussi source d’écart, le couple moteur n’étant généralement pas nul.
3.3.9.2 Synthèse
Dans cette thèse, on suppose une efficacité constante et identique pour chaque rap-
port. Les résultats ci-dessus suggèrent qu’une augmentation de l’efficacité de la transmis-
sion de 95% à 100% entraîne une baisse de l’énergie mécanique produite par le moteur
d’environ 4%. Une estimation plus précise de l’efficacité est donc susceptible d’améliorer
la représentativité du moyen d’essai, mais nécessite de disposer de données précises qui
n’étaient pas disponibles, et qui le sont rarement dans un contexte industriel.
Tableau 3.12 : Valeurs des indicateurs de suivi sur un cycle RDE et sur un roulage
piste (Aubevoye) pour différents réglages d’anticipation (« Preview »).
µV dif f tOutT ol Ndev tdev,M ax
Cycle Preview Gearshift
[km/h] [s] [-] [s]
RDE Profil n◦ 3 Banc 0.49 18.0 13 2.2
Banc 1.02 6.6 8 2.2
Slow 1.52 60.4 28 12.3
Profil n◦ 1
Normal 1.20 29.3 14 11.0
Fast 1.10 19.0 13 9.4
Aubevoye
Banc 0.72 0.0 0 0.0
Slow 1.11 31.9 11 8.2
Profil n◦ 3
Normal 0.82 5.8 3 3.2
Fast 0.75 1.7 2 0.9
161
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.72 : Portion du cycle RDE réalisé avec le réglage PIM ean et le profil d’anticipation
n◦ 3.
Les deux déviations constatées sur la Figure 3.72 sont donc principalement dues à
une trace de rapport inadaptée. Par ailleurs, ce motif se répète cinq fois au cours du
RDE, et représente 10 des 13 déviations, et 12.4 s de temps cumulé hors tolérance. On
peut supposer qu’avec une trace de rapport adaptée, le modèle conducteur réaliserait
donc le cycle RDE avec 3 déviations et 5.6 s de temps cumulé hors tolérance.
162
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.73 : Comparaison du bilan énergétique entre l’essai EiL et l’essai véhicule sur
piste.
Compte tenu des résultats obtenus sur cycle WLTC et détaillés plus haut, plusieurs
hypothèses peuvent expliquer cet écart énergétique significatif.
• En premier lieu, il convient de souligner ici que contrairement aux cycles WLTC
étudiés précédemment, ce roulage sur piste a été réalisé lors de la campagne vé-
hicule 1 avec le véhicule EKE367. Comme précisé en Section 2.3, ce véhicule est
équipé d’un moteur H5D400, tandis que le moteur utilisé lors de la campagne EiL
finale est un moteur H5D470. On ne dispose pas d’une liste exhaustive des écarts
entre les deux moteurs. Cependant, on peut rappeler que les principales différences
163
3 Développement de l’environnement de simulation
• Ensuite, cet essai véhicule n’a pas été réalisé dans les conditions d’homologation
définie par la procédure WLTP, contrairement aux essais BàR. En particulier, la
masse véhicule n’a pas été strictement contrôlée et ne correspond pas forcément à
la valeur référence choisie dans le modèle, du fait du nombre de passagers et du
chargement du coffre. De plus, l’utilisation des accessoires a été librement choisie
par le conducteur. La consommation de puissance par ces accessoires est susceptible
d’impacter le bilan énergétique, et n’est pas prise en compte par le modèle véhicule
actuel.
• Enfin, il est important de souligner que pour cet essai, on introduit une pente de la
route non nulle, contrairement au WLTC. Comme détaillé en Annexe A, ce signal
est recalculé à partir des variables du contrôle moteur par un filtre de Kalman.
Bien que ce filtre ait été validé sur des essais spécifiques, il s’agit d’une estimation
de la pente, et non d’une mesure.
La Figure 3.74(a) représente l’énergie cumulée au cours du temps sur le banc EiL pour
les indicateurs Etqi et Etqe en rouge et bleu respectivement, ainsi que pour la référence
véhicule en pointillés noirs avec les mêmes marqueurs rond et losange.
Fig. 3.74 : Ecart énergétique entre banc EiL et référence véhicule au cours d’un essai
piste.
164
3.3 Résultats expérimentaux
Cette observation peut suggérer que l’écart énergétique provient en partie d’une masse
véhicule différente, comme vu Section 3.3.8. On peut souligner que ces phases coïncident
aussi avec des fluctuations de la pente de la route. En effet, l’estimation de la pente est
basée sur le signal de l’accéléromètre du véhicule, et est susceptible d’être impactée par
de fortes fluctuations de la vitesse.
En second lieu, les 4 différents réglages de changement de rapport (« Banc », « Slow »,
« Normal » et « Fast ») sont testés sur ce roulage, ainsi que les Profils n◦ 1 (pas d’anti-
cipation) et 3. Les indicateurs de suivi de cycle sont rassemblés dans le Tableau 3.12.
Les résultats coïncident avec les observations Section 3.3.7 : l’augmentation de la durée
de changement de rapport entraîne une hausse du nombre de déviations et du temps
cumulé hors tolérance. L’anticipation de la demande de vitesse atténue cet impact et
améliore globalement le suivi de cycle.
La Figure 3.75 illustre l’impact du profil de changement de rapport sur le bilan
énergétique par rapport au profil de référence « Banc » au cours du cycle. Sur la Figure
3.75(a), les écarts relatifs par rapport à la référence ∆Etqi , ∆Etqe , ∆Emes , ∆Ereq et
∆Mcarb (Section 2.5) sont représentées par une barre, un rond, un losange, un carré
et une étoile respectivement. Les résultats du Profil n◦ 1 sont représentés en rouge, et
ceux du Profil n◦ 3 en bleu. Les profils de changement de rapport « Slow », « Normal »
et « Fast » sont précisés en abscisse. La même notation est utilisée sur la Figure 3.75(b)
pour les écarts relatifs des cumuls ramenés à la distance parcourue ∆Etqi/km , ∆Etqe/km ,
∆Emes/km , ∆Ereq/km et ∆Mcarb/km .
Fig. 3.75 : Impact du profil de changement de rapport sur le bilan énergétique - appli-
cation à un roulage sur piste.
165
3 Développement de l’environnement de simulation
profil de changement de rapport sur le bilan énergétique est relativement faible, l’écart
maximal constaté étant de l’ordre de 1%. On constate par ailleurs que l’écart est variable
selon l’indicateur et le profil : pour le réglage « Slow » sans anticipation (Profil n◦ 1), l’in-
dicateur ∆Emes/km suggère une hausse d’environ 0.3% de l’énergie mesurée, tandis que
les valeurs de ∆Etqe/km , ∆Etqi/km et ∆Ereq/km indiquent une baisse de l’énergie méca-
nique comprise entre 0.6% et 1.0%. Enfin, de manière similaire à la Section 3.3.7, les
résultats suggèrent que l’augmentation de la durée de changement de rapport conduit
à une hausse de la consommation de carburant, l’écart ∆Mcarb/km étant compris entre
0.4% et 2.6%.
166
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.76 : Vue d’ensemble du flux de signaux dans la configuration EiL hybride.
167
3 Développement de l’environnement de simulation
Fig. 3.77 : Fraction du WLTC pour le conducteur EiL Profil n◦ 3 (bleu) par rapport à
un conducteur humain sur banc à rouleaux (noir).
Il peut tout de même être souligné que le conducteur EiL atteint une performance
satisfaisante de suivi de cycle et reste dans les limites de tolérance. Le Tableau 3.13 ras-
semble les valeurs d’intérêt pour plusieurs profils d’anticipation du conducteur EiL ainsi
que l’essai sur banc à rouleaux de référence (« Ref. »). On peut tout d’abord souligner
que les trois paramètres d’anticipation conduisent à un cycle WLTC valide, avec une
seule déviation pour le Profil n◦ 7. De plus, la valeur de F35 est inférieure à la valeur
moyenne de référence de 0,048 Hz. Comme le Profil n◦ 1 présente déjà un cycle sans
déviation, l’impact de l’anticipation n’apparaît pas clairement dans le Tableau 3.13. Ces
168
3.3 Résultats expérimentaux
Fig. 3.78 : Déviation hors tolérance lors du décollage du à une anticipation excessive.
Comparaison de plusieurs réglages d’anticipation sur le banc EiL.
La Figure 3.78(a) représente la vitesse du véhicule en ligne continue pour les Profils
n◦ 1, 3, et 7 en rouge, bleu et vert respectivement. La vitesse cible Vtarget (qui est différente
pour chaque réglage d’anticipation) est tracée en pointillés de la même couleur pour
chaque réglage. Les limites de tolérance WLTP sont indiquées en noir. Avec le même
code couleur, la Figure 3.78(b) représente les positions de la pédale d’accélérateur et
de la pédale de frein en ligne pleine et en ligne pointillée respectivement pour chaque
profil conducteur, le signal du frein étant tracé en négatif pour plus de lisibilité. Enfin, la
Figure 3.78(c) représente l’évolution du temps cumulé hors tolérance tOutT ol en fonction
du temps.
On peut noter que jusqu’à t=169 s, la vitesse du véhicule Vact est inférieure à la
vitesse cible Vtarget pour les Profils n◦ 3 (vert) et 7 (bleu). Par conséquent, le conducteur
accélère, bien que la vitesse du véhicule soit supérieure à la vitesse de demande du cycle
169
3 Développement de l’environnement de simulation
Vdem . L’écart du Profil n◦ 7 est dû au fait que la vitesse cible est trop anticipée et est
proche de la limite supérieure de tolérance.
On peut tout d’abord noter que le réglage final PIbest est robuste aux changements
de masse du véhicule puisqu’il effectue toujours un cycle valide avec M33 . En revanche,
l’anticipation est nécessaire pour le réglage PItemp afin d’effectuer un cycle valide. Ces
résultats s’expliquent par le fait que ce modèle a été réglé en utilisant un modèle de
véhicule légèrement différent de celui utilisé dans la configuration EiL, et qu’il n’est
donc pas parfaitement adapté. L’introduction de l’anticipation permet d’améliorer les
performances de suivi du cycle du conducteur et de réaliser un cycle valide avec un réglage
non optimal du PI pour la masse de référence Mref . Cependant, même si l’anticipation
permet de réduire le nombre de déviations de 15 à seulement 5 avec M33 , elle ne permet
toujours pas de réaliser un cycle valide avec le conducteur PItemp , en raison d’une longue
déviation de 1.4 s.
170
3.4 Conclusions
Fig. 3.79 : Suivi du conducteur virtuel au banc EiL pendant une fraction de cycle RDE.
3.4 Conclusions
Ce chapitre présente en premier lieu les travaux réalisés sur l’environnement virtuel
du banc EiL. Tout d’abord, le modèle véhicule utilisé dans cette thèse s’appuie sur
un modèle AMESim issu de la plateforme de co-simulation GREEN. En particulier,
171
3 Développement de l’environnement de simulation
seuls les blocs « transmission », « différentiel » et « véhicule » ont été conservés, les autres
composants étant présents physiquement au banc moteur.
• La transmission et le différentiel sont représentés par des ratios de transmission
ainsi qu’une efficacité que l’on suppose constante pour chaque rapport. Le modèle
véhicule s’appuie sur une projection 1D du principe fondamental de la dynamique.
• Le bloc « embrayage » du modèle initial a été remplacé par un modèle développé
spécifiquement et basé sur le modèle « reset integrator ». L’embrayage est repré-
senté par une raideur amortie en phase de collage, c’est-à-dire quand l’élongation
de la raideur est inférieure à sa valeur maximale. Quand l’élongation atteint son
maximum, l’embrayage passe en glissement et le couple est constant à sa valeur
maximale jusqu’à ce que les régimes soient de nouveau synchronisés.
• L’extraction du bloc « embrayage » a permis de modifier la liaison entre l’envi-
ronnement virtuel et le banc moteur. Le couple calculé par ce bloc est transmis
comme demande à la machine de charge, tandis que le modèle véhicule reçoit le
couple effectivement appliqué et mesuré sur l’arbre moteur.
Ensuite, un modèle de conducteur a été développé sous Simulink, dont la principale
fonction est le suivi de la vitesse demandée via les pédales d’accélérateur et de frein.
Ce contrôle longitudinal de la vitesse véhicule s’appuie sur la structure de régulation
proportionnelle-intégrale (PI). A cette structure, on ajoute deux fonctions :
• L’anti-windup de type « tracking-back », qui consiste à retrancher au terme intégral
la différence entre le signal de sortie brut et le signal de sortie saturé, multipliée
par un gain KAW = 1/KI .
• L’anticipation de la vitesse de consigne via le calcul d’une vitesse cible Vtarget basée
sur une moyenne pondérée de la vitesse demandée Vdem et de cette vitesse anticipée
de 1, 2, et 3 secondes respectivement.
Dans le cas d’une transmission manuelle, le modèle de conducteur a aussi pour fonction
la gestion de la pédale d’embrayage lors des phases de changements de rapport et de
décollage.
• On base le fonctionnement du modèle sur le comportement humain observé lors
d’essais sur piste et BàR. Cette analyse permet de définir les différents évènements
caractéristiques d’une montée de rapport ou d’un rétrogradage et leurs durées
respectives, et a par ailleurs été étendue à 180 essais afin de définir différents
profils de conducteur.
• Lors d’un décollage, le modèle de conducteur agit sur la pédale d’accélérateur
via un régulateur PI similaire à celui utilisé pour le contrôle de vitesse afin de
réguler le régime moteur à un régime cible défini par l’analyse des essais véhicule.
En parallèle, le conducteur relâche progressivement l’embrayage afin de suivre la
vitesse demandée.
• Dans le cas d’une transmission hybride (automatique), il n’y a pas de pédale d’em-
brayage et le modèle de conducteur est donc plus simple. On ajoute cependant une
initialisation de l’intégrateur lors des décollages de manière à commencer le décol-
lage à une position non nulle de la pédale d’accélérateur.
172
3.4 Conclusions
173
3 Développement de l’environnement de simulation
nombre d’essais serait néanmoins nécessaire pour mieux comprendre les impacts
de l’anticipation sur les émissions à l’échappement.
• L’environnement EiL élaboré dans cette thèse est caractérisé par une dispersion
significativement plus faible que les essais BàR. Cette conclusion concerne non
seulement le suivi du modèle de conducteur, mais aussi le bilan énergétique qui
varie de moins de 0.3% sur 4 essais considérés, contre jusqu’à 1.8% sur BàR. Les
émissions de NOx , CO et CO2 varient de moins de 0.5% sur ces 4 essais. Les
émissions de HC sont caractérisées par la dispersion la plus élevée sur les deux
moyens d’essais, l’écart à la moyenne étant de l’ordre de 1% sur le banc EiL,
contre environ 2% sur BàR.
• L’analyse du bilan énergétique basée sur 5 indicateurs suggère que le banc EiL
impose une énergie mécanique au moteur supérieure par rapport aux essais BàR,
l’écart constaté étant compris entre 0.41% et 4.98%. On estime en revanche une
masse de carburant consommée inférieure de 1.08% à la référence. Bien qu’aucun de
ces indicateurs ne soit totalement fiable, on peut conclure que l’environnement EiL
permet des essais représentatifs d’un point de vue énergétique. On peut souligner
que le conducteur virtuel atteint une vitesse moyenne supérieure au conducteur
humain qui vise sous la vitesse cible, en particulier dans la dernière phase de haute
vitesse du cycle WLTC. Bien que l’écart de vitesse soit relativement faible, il peut
expliquer une partie de l’excès énergétique.
• Certains paramètres véhicule ont été estimés pour obtenir ces résultats, en parti-
culier la masse totale et l’efficacité de la transmission. Une estimation plus précise
de ces paramètres pourrait améliorer la représentativité énergétique. Par exemple,
une diminution de 10% de la masse véhicule résulte en une baisse d’environ 2.5%
de l’énergie mécanique sur le cycle WLTC. De la même manière, une augmentation
de l’efficacité de la transmission de 95% à 100% entraîne une baisse d’environ 4%.
174
3.4 Conclusions
• Le banc EiL a aussi pu être utilisé pour reproduire un essai véhicule réalisé sur
piste. Dans ce contexte, la pente de la route a été reconstituée à l’aide du signal
de l’accéléromètre du véhicule et d’un filtre de Kalman. On constate que l’énergie
mécanique produite sur le banc EiL est inférieure d’environ 15% par rapport à
la référence véhicule. Cet écart est probablement du à une sous-estimation de la
pente de la route.
Finalement, on peut conclure que le banc EiL développé dans ce chapitre permet des
essais plus répétables que le banc à rouleaux, qui sont représentatifs par rapport à la
référence BàR du point de vue du bilan énergétique et des émissions moteur. Il convient
ensuite d’évaluer la représentativité de l’environnement physique du banc EiL vis-à-vis
de la configuration véhicule, en particulier en ce qui concerne les conditions thermiques
du moteur et de la ligne d’échappement.
175
176
176
CHAPITRE 4
Etude de la représentativité
thermique
Comme déjà mentionné dans le Chapitre 1, la thermique du moteur ainsi que celle de
la ligne d’échappement jouent un rôle important dans la représentativité de l’environne-
ment EiL, puisqu’elles sont susceptibles d’impacter le bilan énergétique du moteur, ainsi
que ses émissions polluantes. Suite aux résultats d’essais présentés dans le chapitre pré-
cédent, la seconde partie de la campagne expérimentale 4 (Table 2.6) s’est concentrée sur
la représentativité thermique du banc EiL, en particulier le circuit de refroidissement
et l’air de suralimentation. Les résultats obtenus ont conduit au développement d’un
modèle thermique de la ligne d’air, présenté en second lieu.
pas dans la boucle représentée en rouge. A partir d’une certaine température générale-
ment proche de 85◦ C, le calorstat commence à s’ouvrir progressivement et une partie du
débit est donc dirigée vers le radiateur. Le radiateur est un échangeur à air qui refroidit
le liquide de refroidissement du moteur grâce à l’air extérieur entrant par la face avant
du véhicule. Un ventilateur entraîné électriquement peut en outre forcer la circulation
de l’air dans le cas où la circulation naturelle générée par la vitesse véhicule est insuf-
fisante. La boucle aérotherme a pour rôle de chauffer l’habitacle, selon la demande du
conducteur.
Sur le véhicule de référence, le RAS est un échangeur à air placé sur la face avant
du véhicule, à côté du radiateur. La Figure 4.2 représente les principaux composants
178
4.2 Configurations utilisées au banc moteur
Dans cette thèse, le choix a été fait de placer l’architecture du banc moteur au plus
proche de la configuration véhicule afin de minimiser les écarts thermiques. Le circuit
de refroidissement est représenté sur la Figure 4.3. Contrairement à la configuration
généralement utilisée sur banc moteur en contexte industriel, le calorstat de série est
179
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.4 : Schéma simplifié du circuit d’air de suralimentation sur banc moteur.
180
4.2 Configurations utilisées au banc moteur
avant d’être évacuée. Le débit d’eau est contrôlé par un correcteur PID agissant sur la
vanne pour réguler la température TAP E mesurée en sortie de RAS, ou de la température
en entrée du collecteur ECUM AT mesurée par le contrôle moteur. La température de
consigne provient généralement d’une cartographie basée sur des essais véhicule.
La Figure 4.6 représente les résultats obtenus au banc moteur lors de la Campagne
0 (Table 2.6) ainsi que la référence véhicule en noir.
181
4 Etude de la représentativité thermique
182
4.2 Configurations utilisées au banc moteur
Tout d’abord, afin de réduire le débit d’air froid entrant dans le RAS, un « écran »
a été placé sur la face avant de celui-ci à l’aide de ruban adhésif. Deux versions de cet
écran ont été testées, numérotées 1 et 2, représentées sur les Figures 4.9(a) et 4.9(b)
respectivement. On désigne par ailleurs la version initiale sans écran par le numéro 0.
La face avant du RAS fait 29 cm de haut pour 22 cm de large, soit une surface de
S0 = 0.0634 m2 . L’écran V1 réduit l’ouverture à 8 cm de haut pour 14 cm de large, soit
183
4 Etude de la représentativité thermique
une surface de S1 = 0.0112 m2 et une réduction de 82% par rapport à la surface initiale.
L’écran V2 réduit l’ouverture à 4.5 cm de haut pour 10 cm de large, soit une surface de
S2 = 0.0045 m2 et une réduction de 93% par rapport à la surface initiale, et de 60% par
rapport à la V1.
184
4.3 Résultats expérimentaux
Outre l’obturation partielle du RAS, un écran thermique a été placé sur le moteur
afin de reproduire l’environnement sous capot. Le « capot » est réalisé à l’aide d’un
matériau d’isolation de 3 cm d’épaisseur comportant une face réfléchissante. Le rôle de
ce capot est de conserver la chaleur émise par le moteur, plutôt qu’elle ne se dissipe du
fait de la ventilation de la cellule. De manière similaire à l’obturation du RAS, outre la
configuration initiale sans capot numérotée 0, deux versions ont été testées sur le banc
moteur, numérotées 1 et 2 et représentées Figures 4.10 et 4.11 respectivement.
185
4 Etude de la représentativité thermique
Tableau 4.1 : Nombre d’essais réalisés au banc moteur pour chaque configuration
d’écran et capot thermique.
Capot V0 Capot V1 Capot V2
Ecran V0 5 1 4
Ecran V1 1 1 3
Ecran V2 0 2 5
Fig. 4.12 : Dispersion des conditions initiales au démarrage moteur pour 7 essais de
répétabilité à chaud (Section 3.3.5).
On peut noter que pour 5 des 7 essais représentés, la température initiale du liquide de
refroidissement ECUT CO,init est comprise entre 73◦ C et 76◦ C, et la température initiale
d’air ECUM AT,init entre 35.5◦ C et 37.5◦ C. Plus généralement, la température du liquide
est comprise entre 60.7◦ C et 80◦ C, et la température d’air entre 35.5◦ C et 46.0◦ C. Afin
de minimiser la dispersion et de comparer les résultats aux essais BàR de référence,
on considère dans cette section uniquement des essais réalisés « à froid ». Deux lacunes
doivent cependant être prises en compte dans l’analyse de la représentativité thermique
du banc EiL. Le premier aspect est propre au banc utilisé lors de cette campagne, et plus
particulièrement à un dysfonctionnement de son système de conditionnement thermique.
En effet, avant le lancement d’un essai à froid, le banc opère une macération de la cellule
afin d’amener le moteur dans les conditions d’homologation. Cette macération se déroule
en deux étapes :
186
4.3 Résultats expérimentaux
Après un cycle WLTC, la macération dure approximativement deux heures. Suite à une
panne au début de la Campagne 4, la « batterie » d’eau chaude utilisée pour réchauffer
l’air extérieur n’a pas pu être utilisée pour les essais. Pour cette raison, le banc n’a pas
toujours pu assurer les conditions initiales demandées de manière précise, en particulier
dans les cas où la température extérieure était inférieure aux températures cibles.
187
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.14 : Procédure de lancement d’un essai EiL sous PUMA - ModelConnect.
188
4.3 Résultats expérimentaux
189
4 Etude de la représentativité thermique
Les essais débutent avec une température du liquide de refroidissement ECUT CO,init
supérieure aux essais BàR de plus de 10◦ C. Par ailleurs, 16 des 20 essais considérés
débutent avec une température d’air ECUM AT,init inférieure aux essais de référence,
l’écart étant compris entre 1.5 et 4◦ C.
La phase d’initialisation ∆tstart a en outre un impact significatif sur la température
interne du catalyseur au lancement de l’essai. Cette température étant enregistrée par
PUMA et non par le contrôle moteur, on dispose uniquement de sa valeur au lancement
de l’essai, et non de son évolution pendant la phase de lancement. La Figure 4.17 illustre
la température T24M au coeur du catalyseur (voir Figure 2.2) au lancement effectif du
cycle pour les essais considérés. Les trois niveaux de capot sont indiqués en abscisse. Les
résultats sont tracés en rouge pour le niveau 0 d’écran, et en bleu et vert pour les niveaux
1 et 2 respectivement. Pour chaque configuration, on représente la valeur moyenne par
une barre, et l’écart-type obtenu sur les essais considérés par une barre d’incertitude en
noir.
En premier lieu, on observe que du fait de la phase de MEA mentionnée plus haut, la
température interne du catalyseur est généralement autour de 115◦ C et donc largement
supérieure à la cible de macération. Ensuite, on note une dispersion importante de la
température initiale du catalyseur, la température étant comprise entre 103◦ C et 135◦ C,
avec un écart-type de 7.8◦ C dans la configuration initiale par exemple. Cette dispersion
pourrait être due d’une part à la variation de la durée ∆tstart , et d’autre part à la
dispersion initiale des températures ECUT CO et ECUM AT qui impacte le déroulement
de la MEA. Les émissions à l’échappement ne pourront donc pas être comparées entre
tous les essais, mais seulement ceux pour lesquels les conditions initiales coïncident.
En conclusion, les conditions thermiques initiales sont dispersées du fait du manque
de précision du système de conditionnement du banc moteur. De plus, la phase d’initia-
lisation du logiciel ModelConnect entraîne un écart des conditions initiales par rapport
190
4.3 Résultats expérimentaux
191
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.18 : Impact des différents niveau d’écran et capot sur les indicateurs de corréla-
tion thermique pour la température du liquide de refroidissement ECUT CO .
que la différence de température initiale est significative, avec un écart d’environ 12◦ C.
Du fait de cet écart initial, la montée en température du banc EiL est en avance par
rapport à la référence véhicule. La température ECUT CO est supérieure par rapport à la
référence d’environ 3.5◦ C pendant la montée en température. Par conséquent, le calorstat
s’ouvre à t = 784 s sur le banc EiL, et t = 807 s sur le BàR. Pendant la deuxième
moitié du cycle, la température ECUT CO est ensuite régulée autour de 90◦ C par une
succession d’ouvertures et de fermetures du calorstat. Sur cette phase, on observe que le
calorstat s’ouvre de manière plus fréquente sur le banc EiL, l’amplitude des oscillations
de température étant par ailleurs plus importante. Comme précisé plus haut, l’échangeur
à eau qui remplace le radiateur sur le banc moteur est régulé par le débit secondaire en
fonction de la température du liquide de refroidissement. La température ECUT CO est
donc régulée d’une part par cet échangeur, et d’autre part par le calorstat. Le calorsat
étant le même sur véhicule que sur le banc EiL, on peut donc supposer que l’écart
constaté dans la deuxième partie de cycle est du à la régulation de l’échangeur à eau.
L’amplitude des oscillations suggère une efficacité d’échange trop importante par rapport
à la configuration véhicule, causant une chute plus brusque de la température du circuit
192
4.3 Résultats expérimentaux
lorsque le calorstat s’ouvre. Toutefois, l’écart est compris entre −10◦ C et +10◦ C pendant
cette partie du cycle, ce qui ne paraît pas significatif relativement à l’ordre de grandeur
de la température ECUT CO .
Au vu de l’allure générale des deux courbes et du faible écart relatif constaté, on
concentre la suite des travaux de cette thèse sur la température du circuit d’air sur-
alimenté pour lequel l’écart est plus conséquent. On peut cependant souligner qu’une
amélioration de la procédure d’initialisation de l’essai permettrait de réduire l’écart ini-
tial et donc améliorer la représentativité de la montée en température.
Fig. 4.20 : Impact des différents niveau d’écran et capot sur les indicateurs de corréla-
tion thermique pour la température d’air ECUM AT .
Tout d’abord, la Figure 4.20 permet d’identifier une tendance générale : pour un
niveau d’écran donné, augmenter le niveau de capot améliore la représentativité ther-
mique. En analysant le niveau d’écran 0 par exemple, l’écart moyen ∆ passe de -4.2◦ C
avec le capot V0 à -3.1◦ C et -2.4◦ C pour les niveaux 1 et 2 respectivement. Cette ten-
dance se vérifie pour les trois niveaux d’écran, et pour les 4 indicateurs de corrélation
représentés : l’écart relatif moyen M AP D et la somme des carrés diminuent, et la valeur
de l’indicateur R2 se rapproche de 1.
Ensuite, on peut souligner que pour un niveau de capot donné, augmenter le niveau
d’obturation améliore la représentativité thermique. Par exemple, avec le capot V2,
l’indicateur R2 passe de 0.64 pour le niveau d’écran 0, à 0.84 et 0.88 pour les niveaux 1
193
4 Etude de la représentativité thermique
et 2 respectivement. Cette tendance se vérifie pour les 4 indicateurs et pour les niveaux
de capot 1 et 2. Toutefois, il est important de remarquer que la tendance ne se vérifie pas
pour le capot V0 (aucun capot sur le moteur). En effet, l’écart relatif moyen M AP DM AT
est de 1.3% pour le niveau 0 d’écran, contre 1.4% pour le niveau 1. On peut toutefois
souligner que seulement un essai a été réalisé avec le capot V0 et l’écran V1. La dispersion
des conditions initiales est susceptible d’affecter la valeur des indicateurs sur un cycle
WLTC.
Fig. 4.21 : Impact du niveau de capot sur les températures ECUM AT et TAP E pour le
niveau 1 d’écran - 1re partie du WLTC.
194
4.3 Résultats expérimentaux
l’écart ∆TM AT est de l’ordre de 0.5◦ C pour le niveau 2 d’écran, contre -1.6◦ C et -2.7◦ C
pour les niveaux 1 et 0 respectivement. Par ailleurs, le capot V2 induit une température
supérieure à la référence véhicule pendant la phase d’arrêt entre t = 985 s et t = 1025 s.
On peut souligner que l’amélioration de la représentativité de la température ECUM AT
semble être induite par une augmentation de la température TAP E en sortie du RAS : la
température augmente avec le niveau de capot, atteignant 25.5◦ C en fin de cycle pour le
capot 2, contre 24.1◦ C et 22.4◦ C pour les niveaux 1 et 0. Par ailleurs, l’augmentation de
température en sortie de RAS ne semble pas être impactée par le niveau de capot, les
courbes étant pratiquement confondues Figure 4.21(c). Cette observation suggère que
le niveau de capot n’impacte pas le transfert thermique entre le RAS et le collecteur,
mais plutôt la température de sortie du RAS. La température en sortie de compresseur
TAP C n’étant pas disponible pour ces essais, il n’est toutefois pas possible d’identifier si
l’augmentation de température se fait plutôt au niveau compresseur ou du RAS.
Fig. 4.22 : Impact du niveau de capot sur les températures ECUM AT et ECUT CO pour
le niveau 1 d’écran - 2nde partie du WLTC.
De manière similaire à la Figure 4.21, la Figure 4.22 illustre l’impact des différents
niveaux de capot moteur sur la seconde moitié du cycle WLTC. On distingue clairement
les courbes correspondant aux trois niveaux de capot. Sur cette partie du cycle, le niveau
2 de capot induit un écart ∆TM AT compris entre -5.1◦ C et 2◦ C. Pour les niveaux 1 et
0, l’écart est compris entre -8◦ C et 0.5◦ C, et -11.3◦ C et-1.9◦ C respectivement. On peut
souligner que le niveau 2 de capot induit une température ECUM AT supérieure à la
référence véhicule entre t = 1680 et t = 1730 s. Par ailleurs, contrairement à la première
partie du cycle, on peut souligner ici que l’augmentation de température après le RAS
(Figure 4.22(c)) est bien impactée par le niveau de capot. A t = 1575 s par exemple,
l’augmentation de température est de 15.8◦ C pour le niveau 2 de capot, contre 13.8◦ C et
11.8◦ C pour les niveaux 1 et 0 respectivement. Ces résultats indiquent que le niveau de
capot, en plus d’augmenter la température de sortie du RAS, augmente aussi le transfert
thermique dans le conduit entre le RAS et le collecteur d’admission.
195
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.23 : Impact de l’obturation partielle du RAS sur les températures ECUM AT et
ECUT CO pour le niveau 2 de capot - 2nde partie du WLTC.
On représente un essai par niveau d’écran. Pour les essais représentés, la température
initiale d’air ECUM AT,init est comprise entre 22 et 23◦ C. La première moitié du WLTC ne
permet pas de distinguer de différence notable entre les trois niveaux d’écran. Cependant,
l’écart est plus net dans la deuxième partie du cycle, en particulier entre le niveau 0
et les deux autres niveaux. En effet, le niveau 0 est caractérisé par une température
ECUM AT nettement inférieure à la référence véhicule avec un écart de l’ordre de 5◦ C,
tandis que les niveaux 1 et 2 suivent la tendance de la courbe de référence. On peut
souligner que l’écart est faible entre les niveaux 1 et 2. Par exemple, la température
ECUM AT est supérieure avec l’écran V1 comparé à l’écran V2 pendant la phase d’arrêt
à t = 1000 s. Ces observations sont cohérentes avec l’analyse de la Figure 4.20. Par
ailleurs, l’augmentation de température entre le RAS et le collecteur d’admission est
quasiment la même pour les trois niveaux d’écran, Figure 4.23(c). Au contraire, l’impact
de l’écran est net sur la température en sortie de RAS TAP E : à t = 1600 s par exemple,
la température TAP E atteint 33.4◦ C dans le cas de l’écran 2, contre 28.0◦ C avec l’écran
V0. A cet instant, l’augmentation de température post-RAS est comprise entre 5.4◦ C et
6.4◦ C pour les trois configurations, alors qu’on constate un écart d’environ 5◦ C entre la
température ECUM AT obtenue avec l’écran V2 et l’écran V0. Cette observation suggère
que le niveau d’écran n’a pas d’impact sur le transfert thermique post-RAS. L’obturation
partielle permet bien d’approcher la température mesurée au banc moteur de la référence
véhicule, mais l’amélioration de la représentativité de la température ECUM AT est ici
principalement due à une augmentation de la température en sortie de RAS causée par
la réduction de débit d’air de refroidissement.
196
4.3 Résultats expérimentaux
4.3.3.3 Synthèse
Les résultats expérimentaux permettent de tirer plusieurs conclusions à propos de la
représentativité thermique du banc EiL.
• Tout d’abord, on peut conclure que la pose d’un capot sur le moteur permet
d’améliorer la représentativité thermique du circuit d’air. L’écart moyen de la
température ECUM AT passe d’environ −4◦ C dans la configuration initiale, à envi-
ron −2.5◦ C et −1.5◦ C avec les niveaux 1 et 2 de capot respectivement. Le dernier
niveau de capot permet d’obtenir la meilleure représentativité de la thermique du
circuit d’air.
• En outre, l’impact de l’obturation partielle du RAS est moins net pour un même
niveau de capot. En effet, l’écart observé entre deux niveau d’écran est du même
ordre de grandeur que la dispersion due aux conditions initiales. Cependant, les
résultats suggèrent tout de même que l’obturation partielle du RAS améliore la
représentativité de la température ECUM AT , particulièrement dans la deuxième
moitié du WLTC. Contrairement au capot, l’écran impacte seulement la tempéra-
ture en sortie d’échangeur TAP E , et n’influe pas sur l’augmentation de température
entre le RAS et l’admission. Ces résultats suggèrent que le RAS reçoit un débit
d’air trop important dans sa configuration initiale.
• Enfin, on peut ajouter que les deux niveaux d’écran V1 et V2 induisent des résultats
similaires. Cela pouvait être attendu, du fait des géométries proches de ces deux
configurations. On peut néanmoins souligner que le niveau 2 d’écran conduit à une
température supérieure à la référence lors de la phase de haute vitesse du cycle
WLTC, entre t = 1650 s et t = 1730 s.
197
4 Etude de la représentativité thermique
0 d’écran, et en bleu et vert pour les niveaux 1 et 2 respectivement. Pour chaque confi-
guration, on représente par une barre la moyenne de la masse totale émise de polluant
Mpollu,mot en sortie moteur (voir Section 2.5), et l’écart-type obtenu sur les essais consi-
dérés par une barre d’erreur en noir. Pour plus de lisibilité, le minimum de l’axe vertical
n’est pas nul.
Fig. 4.24 : Impact des différents niveau d’écran et capot sur les émissions moteur sur
le banc EiL
Les résultats suggèrent que les émissions de CO et CO2 ne sont pas impactées par
la configuration d’écran et de capot choisie sur le banc moteur. En effet, la masse totale
mesurée pour ces polluants ne varie significativement ni avec le niveau d’écran ni celui
de capot. Pour l’écran V0 par exemple, la valeur moyenne de la masse totale de CO est
de 109.9 g pour le capot V0, et de 109.9 g pour le capot V2, l’écart-type étant de 0.85
g et 1.16 g respectivement. On peut faire la même observation concernant les émissions
de CO2 .
Par ailleurs, les résultats suggèrent que le niveau de capot a une influence sur les
émissions de HC. En effet, pour l’écran V0 par exemple, la masse moyenne de HC est
de 20.3 g pour le capot V0, et de 21.0 g pour le capot V2. On peut toutefois souligner
la dispersion importante des résultats, avec un écart-type de 0.39 g pour le capot V0.
De plus, les résultats obtenus avec le niveau 1 de capot contredisent cette observation :
pour l’écran V0, la masse obtenue avec le capot 1 est supérieure à celle obtenue avec les
deux autres niveaux de capot. En outre, pour l’écran V1, la masse obtenue avec le capot
1 est inférieure au deux autres configuration. On peut toutefois rappeler que seulement
un essai a été réalisé avec le capot 1 et les niveaux d’écran 0 et 1 ; au vu de la dispersion
observée sur les autres configurations, ces résultats ne permettent pas d’interprétation
nette. En outre, la Figure 4.24 suggère que pour un niveau d’écran donné, la masse totale
de NOx émise en sortie moteur augmente avec le niveau de capot. Cette observation est
valide pour les niveaux 1 et 2 d’écran. Par exemple, avec l’écran V1, la masse totale
de NOx augmente de 44.9 g à 45.4 g entre les nivaux 0 et 1 de capot, puis à 46.2 g
avec le niveau 2. De la même manière que les émissions de HC, l’essai obtenu avec le
capot 1 et l’écran 1 contredit cette observation. Toutefois, on constate une dispersion
198
4.3 Résultats expérimentaux
importante ; un unique essai ne paraît pas suffisant pour identifier une tendance. Enfin,
on peut souligner que l’impact de l’écran sur les émissions de NOx et de HC n’est pas
clairement identifiable, l’écran V1 étant le plus émetteur pour les capots V0 et V2. La
Figure 4.25 illustre l’impact du niveau de capot sur les émissions de NOx au cours du
cycle WLTC, avec le niveau d’écran 1.
Fig. 4.25 : Impact du niveau de capot sur les émissions de NOx en sortie moteur au
cours du cycle WLTC au banc EiL.
On représente les essais obtenu avec les niveaux 0, 1, et 2 de capot en bleu, vert et
rouge respectivement. La Figure 4.25(a) représente le débit massique de NOx émis en
sortie moteur, et la Figure 4.25(b) l’écart relatif δMN Ox ,mot de la masse cumulée de NOx
par rapport à l’essai EiL obtenu avec le capot V0. La Figure 4.25(c) représente l’écart
de température ∆M AT par rapport à l’essai EiL obtenu avec le capot V0, et la Figure
4.25(d) la vitesse véhicule. Tout d’abord, on peut observer le débit massique de NOx est
proche pour les trois configurations. Cependant, il est intéressant de souligner que l’écart
relatif entre les masses cumulées augmente surtout dans la seconde partie du cycle. La
masse cumulée de NOx augmente avec le niveau de capot, et cette augmentation semble
être directement liée à la température d’air d’admission ECUM AT . En effet, au début de
la période représentée, la température ECUM AT est pratiquement la même pour les trois
configurations, l’écart étant de l’ordre de 0.5◦ C. A cet instant, l’écart massique relatif
est inférieur à 0.2%. Ensuite, l’écart de température se creuse, et augmente à t = 1200 s
à 2.5◦ C et 4.5◦ C pour les niveaux de capot 1 et 2 respectivement. A cet instant, l’écart
massique relatif est de 0.7% avec le capot 1 par rapport au capot 0, et de 2.0% avec
le capot 2. Ces observations suggèrent que les émissions de NOx augmentent avec la
température de l’air d’admission, ce qui pouvait être attendu. La Figure 4.26 illustre
l’impact du niveau de capot sur les émissions de HC au cours du cycle WLTC avec le
niveau d’écran 0.
On représente les essais obtenus avec les niveaux 0, 1, et 2 de capot en bleu, vert
et rouge respectivement. La Figure 4.26(a) représente le débit massique de HC émis
en sortie moteur, et la Figure 4.26(b) l’écart relatif δMHC,mot de la masse cumulée de
HC par rapport à l’essai EiL obtenu avec le capot V0. La Figure 4.26(c) représente la
199
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.26 : Impact du niveau de capot sur les émissions de HC en sortie moteur au
cours du cycle WLTC au banc EiL.
concentration en HC mesurée par la baie sur l’axe de gauche, et le débit d’air moteur
(« MAF ») en pointillés et marqueurs sur l’axe de droite. La Figure 4.26(d) représente la
température de l’air suralimenté ECUM AT . Il est important de souligner qu’avec l’écran
V0, la configuration avec le capot 1 induit le plus d’émissions de HC, puis le capot 2,
puis le capot 0. Sur la fraction de cycle représentée, on repère plusieurs évènements
pendant lesquels le débit massique de HC est supérieur avec les niveaux 1 et 2 de capot
par rapport à l’essai de référence, par exemple à t = 655 s, t = 680 s et t = 760 s. La
Figure 4.26(c) révèle que le débit d’air moteur est le même pour les trois configurations,
les courbes étant confondues. En revanche, on observe un écart net dans la concentration
de HC, qui est supérieure pour les configurations 1 et 2 : à t = 760 s par exemple, la
concentration en HC dépasse 10000 ppm et est similaire pour ces configurations, contre
environ 8000 ppm dans l’essai de référence. Cependant, en observant la température de
l’air de suralimentation ECUM AT , il apparaît que la configuration 1 est plus proche de
la configuration 0 de référence que de la configuration 2. Bien que les résultats suggèrent
qu’une augmentation de la température ECUM AT induit une hausse des émissions de HC,
la Figure 4.26 ne permet pas de confirmer cette observation. Enfin, on peut rappeler ici
que l’estimation manuelle du temps de transfert (Section 3.3.6.3) induit une incertitude
sur la mesure des émissions, les HC étant en outre le polluant pour lequel on observe la
dispersion la plus importante.
200
4.3 Résultats expérimentaux
Fig. 4.27 : Comparaison des émissions moteur entre 4 essais réalisés à froid au banc EiL
dans la configuration initiale, 5 essais réalisés à froid au banc EiL dans la configuration
finale, et 4 essais réalisés à froid au BàR. Les barres d’erreur indiquent l’écart-type pour
chaque polluant.
La Figure 4.27(a) représente la masse totale émise pour les polluants HC, CO, NOx
sur l’axe de gauche, et pour le CO2 sur l’axe de droite. Pour chaque configuration et pour
chaque polluant, on représente la valeur moyenne sur les essais considérés par une barre,
et l’écart-type par une barre d’erreur tracée en noir. Pour une meilleure lisibilité, la valeur
minimale des axes verticaux n’est pas nulle. La Figure 4.27(b) représente l’écart relatif
entre les masses totales mesurées sur les deux configuration du banc EiL par rapport à
la référence BàR pour chaque polluant. La valeur moyenne de l’écart est représentée par
une barre, et son écart-type est représenté par une barre d’incertitude.
Comme suggéré par la Figure 4.24, les émissions de CO et de CO2 de la configuration
finale du banc EiL sont similaires à celles de la configuration initiale. En effet, dans la
configuration initiale, l’écart massique relatif est de 0.05% et −1.5% pour le CO et le CO2
respectivement, contre −0.35% et −1.3% dans la configuration finale. L’écart-type est
similaire dans les deux configurations et est de l’ordre de 0.7% pour le CO, et 0.35% pour
le CO2 . Comme détaillé plus haut, la configuration finale augmente la masse de NOx
émis, et donc l’écart massique relatif pour ce polluant. L’écart augmente de 3.0% dans
la configuration initiale à 5.2% dans la configuration finale. Il est toutefois important de
préciser que la dispersion est plus importante pour les essais de la configuration finale,
de l’ordre de 1.8% contre 1.4%. Ces résultats suggèrent que le faible écart de la masse
émise de NOx par rapport à la référence véhicule constaté dans la configuration initiale
(Section 3.3.6.2) est du à un phénomène compensant l’écart significatif observé pour la
température d’air de suralimentation.
En revanche, la configuration finale est plus proche de la référence en termes d’émis-
sions de HC, l’écart passant de −5.5% dans la configuration initiale à −1.0% pour la
configuration finale. Comme déjà souligné, l’écart-type est néanmoins conséquent pour
ce polluant, de l’ordre de 1.8% et 2.5% respectivement.
201
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.28 : Impact des différents niveau d’écran et capot sur les émissions à l’échappe-
ment sur le banc EiL.
De manière similaire à la Figure 4.24, la Figure 4.28 illustre l’impact des différents
niveaux de capot et d’écran sur les émissions cumulées de HC, CO, et NOx Figures
4.28(a), (b), et (c) respectivement. La Figure 4.28(d) représente la durée d’amorçage
∆tLightOf f pour chaque configuration. Les résultats sont tracés en rouge pour le niveau
0 d’écran, et en bleu et vert pour les niveaux 1 et 2 respectivement. Pour chaque confi-
guration, on représente par une barre la moyenne de la masse totale émise de polluant
Mpollu,ech à l’échappement, et l’écart-type obtenu sur les essais considérés par une barre
d’erreur en noir.
En premier lieu, le post-traitement utilisé lors des essais EiL étant neuf et la phase
d’initialisation ∆tstart détaillée en Section 4.3.1 conduisant à une température supérieure
à 110◦ C dans le catalyseur au lancement du cycle, les émissions à l’échappement sont
d’un ordre de grandeur faible par rapport aux normes d’homologation. Ensuite, les ré-
sultats ne permettent pas d’identifier une relation entre la configuration du banc EiL et
la durée d’amorçage ∆tLightOf f . Pour le niveau 0 d’écran par exemple, la valeur moyenne
202
4.3 Résultats expérimentaux
est de 61.2 s pour le niveau 0 de capot, contre 66.2 s avec le niveau 2, pour un écart-type
significatif de 4.1 s et 2.3 s respectivement sur ces essais. Ces observations suggèrent que
ni le capot ni l’écran n’ont d’impact sur la montée en température du catalyseur. Ces
conclusions peuvent par ailleurs être étendues aux émissions de HC et NOx à l’échappe-
ment, qui ne montrent pas de corrélation avec la configuration du banc EiL, la dispersion
étant généralement plus importante que les écarts observés. Pour les émissions de HC
par exemple, la masse totale à l’échappement est de 0.218 g pour le niveau 0 d’écran et
de capot, contre 0.236 g avec le niveau 2 de capot, pour un écart-type de 0.018 g et 0.022
g respectivement. On observe donc un écart de 0.018 g entre les deux configurations,
pour un écart-type du même ordre. En revanche, les résultats suggèrent un impact du
niveau de capot sur les émissions de CO à l’échappement. Pour le niveau 0 d’obturation
du RAS par exemple, la masse émise est de 1.07 g pour le niveau 0 de capot, contre 1.55
g pour le niveau 2, avec un écart-type de 0.15 g et 0.18 g respectivement. Dans le cas
des niveaux 1 et 2 d’écran, on constate néanmoins que le niveau 1 de capot génère une
masse légèrement plus importante que le niveau 2.
Ces observations sont en opposition avec les résultats détaillés Section 4.3.4.1, qui
indiquent que la pose d’un capot et l’obturation partielle du RAS conduisent à une aug-
mentation des masses de HC et de NOx émises en sortie moteur. Ces tendances suggèrent
que l’augmentation en sortie moteur est compensée par une meilleure efficacité de trai-
tement du catalyseur, qui conduit finalement à une masse équivalente à l’échappement.
En outre, il semble qu’un niveau accru de capot conduit à une baisse de l’efficacité de
traitement du CO, la masse émise à l’échappement augmentant pour une masse en sor-
tie moteur équivalente. Pour chaque polluant pollu, on définit l’efficacité de traitement
globale du catalyseur, définie par le rapport des masses émises entre l’échappement la
sortie moteur, Eq. (4.1).
Mpollu,mot − Mpollu,ech
ηcata,pollu = 100 · (4.1)
Mpollu,mot
Les Figures 4.29(a), (b), et (c) représentent l’efficacité globale du catalyseur pour les
HC, le CO et les NOx respectivement. La Figure 4.29(d) représente la dispersion de la
température interne initiale du catalyseur T24M. Les résultats sont tracés en rouge pour
le niveau 0 d’écran, et en bleu et vert pour les niveaux 1 et 2 respectivement. Pour chaque
configuration, on représente par une barre la valeur moyenne, et l’écart-type obtenu sur
les essais considérés par une barre d’erreur en noir.
La Figure 4.29 ne permet pas de confirmer les observations faites plus haut concer-
nant les émissions de HC et de NOx . En effet, la dispersion observée est significative
par rapport aux écarts d’efficacité entre les différentes configurations. En revanche, l’ef-
ficacité de traitement des CO semblent diminuer en augmentant le niveau de capot.
Ces observations ne sont cependant pas vérifiées pour le niveau 1 de capot, et cette
étude devrait donc être approfondie par une nouvelle campagne d’essai en minimisant
les écarts de conditions initiales. L’utilisation d’un catalyseur vieilli permettrait en outre
d’obtenir des masses émises à l’échappement plus importantes, et de mieux distinguer
les différentes configurations.
203
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.29 : Impact des différents niveau d’écran et capot sur l’efficacité globale du
catalyseur sur le banc EiL.
4.3.5.2 Représentativité
Comme souligné dans l’étude bibliographique Section 1, la représentativité ther-
mique de la ligne d’échappement joue un rôle crucial dans la performance du système de
post-traitement des polluants. Par conséquent, des écarts de conditions ambiantes sont
susceptibles d’affecter la représentativité du banc EiL en termes d’émissions à l’échap-
pement. Afin de traiter cette problématique, la démarche initialement prévue dans cette
thèse (Section 2.1) consistait à la reproduction d’essais véhicule sur banc EiL avec le
même moteur, le même ECU et surtout le même système de post-traitement afin de
minimiser les biais dûs à un état de vieillissement différent du catalyseur. Cependant,
suite à l’endommagement du moteur H5D400 1 après la campagne EiL 1 (Table 2.6), le
système de post-traitement instrumenté en thermocouples (Figure 2.2) et utilisé lors des
campagnes EiL 2 et 4 ne correspond pas à la référence véhicule et ne permet donc pas une
comparaison pertinente des émissions mesurées à l’échappement. Les essais réalisés lors
de la Campagne 0 permettent tout de même une première analyse de la représentativité
thermique du banc EiL par rapport à la référence véhicule.
Comme détaillé Section 2.3, cette campagne est conduite dans le cadre du projet
Renault avec l’outil industriel SIMBOX au lieu de l’environnement virtuel développé au
cours de cette thèse. Les essais sont réalisés avec le moteur H5D400 initial, ainsi que
l’ECU et la ligne d’échappement d’origine. On dispose d’un essai véhicule de référence
réalisé à froid sur BàR juste avant l’extraction du moteur. Enfin, la ligne d’échappe-
ment est instrumentée en thermocouples comme détaillé Figure 2.2. En premier lieu,
il est important de souligner qu’une des principales lacunes de la Campagne 0 est la
représentativité du bilan énergétique, comme indiqué dans le Tableau 4.2.
On constate notamment un écart relatif important de l’énergie totale mesurée par
rapport à la référence BàR ∆Emes = 11.4%, ainsi que de l’énergie totale estimée à
partir du couple effectif ECUEstiT qe , ∆Etqe = 8.98%. On peut toutefois remarquer que
la variable Etqi suggère un écart significativement plus faible, ∆Emes = 0.62%. La Figure
4.30 compare le cycle WLTC réalisé sur le banc EiL SIMBOX avec l’essai de référence
204
4.3 Résultats expérimentaux
Tableau 4.2 : Ecarts entre BàR et BM sur un cycle WLTC réalisé avec l’outil SIMBOX
(Campagne 1).
Variable Unité Ref. BàR EiL
Etqi [kWh] 4.14 4.17
∆Etqi [%] - 0.62
Etqe [kWh] 3.31 3.61
∆Etqe [%] - 8.98
Emes [kWh] 3.27 3.64
∆Emes [%] - 11.4
Dtot [km] 23.0 23.3
∆Dtot [%] - 0.92
BàR.
205
4 Etude de la représentativité thermique
à l’essai véhicule. La Figure 4.31 représente les indicateurs de corrélation entre l’essai
EiL et l’essai BàR pour les températures considérées.
Fig. 4.31 : Valeur des indicateurs de corrélation thermique pour les températures du
système de post-traitement lors de l’essai SIMBOX (Campagne 1).
Pour chaque point de mesure indiqué en abscisse, on indique par une barre la moyenne
de l’écart de température ∆T , la moyenne de l’écart absolu de température |∆T |, l’écart
relatif moyen M AP D, et le coefficient de corrélation R2 en rouge, bleu, vert et ma-
genta respectivement. Les valeurs de R2 sont indiquées sur l’axe de droite. Pour les
températures internes T24M et T34F , l’écart moyen est environ de −11◦ C, pour un écart
absolu moyen de 15◦ C. Du fait des hautes températures en jeu, l’écart relatif moyen est
de l’ordre de 1.8% pour ces deux mesures. Le coefficient de corrélation est supérieur à
0.97, ce qui confirme l’observation basée sur la Figure 4.30. En revanche, les résultats
indiquent un écart significatif pour les températures DA1 et DA8 . L’écart moyen est de
l’ordre de 40◦ C. Par ailleurs, cette valeur correspond à l’opposée de l’écart absolu, la tem-
pérature étant inférieure à la référence pendant tout le cycle. Du fait des températures
plus faibles sur ces points de mesure, l’écart relatif moyen est d’autant plus important,
M AP D = 10% environ. Enfin, le coefficient de corrélation est inférieur à 0.65 pour ces
points de mesure. Ces résultats suggèrent que l’isolation du système de post-traitement
est suffisante pour garantir une température interne proche de la référence véhicule, bien
que la température ambiante soit en écart significatif.
Outre la représentativité globale de la température interne, il est important d’analy-
ser la montée en température au sein du système de post-traitement au banc EiL, puisque
cette phase correspond à une portion importante des émissions cumulées à l’échappe-
ment. La Figure 4.32 représente les deux premières minutes du cycle WLTC.
La Figure 4.32(a) représente les mesures sur banc EiL températures internes T24M
et T34F en rouge et vert, et les températures externes DA7 et DA8 en bleu et magenta
respectivement. Les valeurs des températures externes sont indiquées sur l’axe de droite.
Pour chaque température, la mesure de l’essai de référence sur BàR est indiquée par des
206
4.3 Résultats expérimentaux
207
4 Etude de la représentativité thermique
• Pour finir, les résultats suggèrent que ni le capot ni l’écran n’ont d’impact significa-
tif sur les émissions à l’échappement. La Campagne 0 réalisée avec l’outil SIMBOX
a en outre permis de révéler que la température ambiante a peu d’impact sur les
températures internes du système de post-traitement. Malgré une bonne corréla-
tion des températures internes, on constate un écart significatif lors de la phase de
chauffe, la température étant inférieure sur le banc EiL. Cet écart semble toutefois
être plutôt dû à un comportement moteur différent, et des essais de corrélation
supplémentaires seraient nécessaires pour approndir ces conclusions.
208
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
209
4 Etude de la représentativité thermique
Le modèle se base sur les deux composants principaux de la ligne d’air suralimenté :
le compresseur et le RAS. Dans le cas d’une compression isentropique, la température de
sortie du compresseur Tcomp,iso est obtenue à partir de la température d’entrée ambiante
Tamb et du taux de compression, correspondant au rapport entre la pression de sortie du
compresseur Pcomp et la pression de l’air ambiant Pamb , κComp = Pcomp /Pamb .
γ−1
TComp,iso − Tamb
ηcomp = (4.3)
TComp − Tamb
La température en sortie de compresseur est ensuite exprimée par l’Eq. (4.4) [143-145].
γ−1
κ γ −1
TComp = Tamb · (1 + Comp ) (4.4)
ηcomp
210
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
d’air Qair et du taux de compression ηcomp = f (Qair , κComp ). La cartographie utilisée ici
est représentée Figure 4.34. Les points bleus représentent les points de fonctionnement
renseignés dans la cartographie constructeur. Par interpolation, on obtient ensuite sous
Matlab une cartographie complète. Pour les points de fonctionnement se situant hors de
la plage définie par les spécifications, on considère la valeur de la cartographie la plus
proche.
Avec Tair,RAS la température de l’air ambiant qui entre en face avant du RAS. Si l’ef-
ficacité ηRAS est connue, l’Eq. (4.6) peut être utilisée pour calculer la température de
211
4 Etude de la représentativité thermique
sortie du RAS :
TRAS = TRAS,e − ηRAS · (TRAS,e − Tair,RAS ) (4.7)
Cette efficacité est définie par le constructeur en fonction du débit d’air Qair et de la
vitesse de l’air extérieur entrant par la face avant du RAS, notée Vair,RAS : ηRAS =
f (Qair , Vair,RAS ). Les points de fonctionnement renseignés par la cartographie sont re-
présentés en bleu Figure 4.35(b). On extrapole ensuite afin d’élargir la plage de fonc-
tionnement du modèle à des valeurs de faible débit d’air.
((a)) Pertes de charge ∆PRAS = ((b)) Efficacité ηRAS = f (Qair , Vair,RAS ). Points de
f (Qair ). fonctionnement (bleu) et extrapolation.
Fig. 4.35 : Spécifications du refroidisseur d’air suralimenté (RAS) de référence.
Comme suggéré par [144], on suppose une relation linéaire entre la vitesse véhicule
V et la vitesse de l’air Vair,RAS entrant en face avant du RAS.
212
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
Fig. 4.36 : Températures calculées par le modèle initial à partir de mesures véhicule
sur un WLTC.
213
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.38 : Mesure des températures de la ligne d’air sur banc moteur, comparaison
avec le banc à rouleaux. Les phases d’arrêt véhicule sont représentées en magenta.
contrôle moteur ECUM AT en rouge. Les phases d’arrêt véhicule et de ralenti moteur sont
indiquées par des marqueurs magenta. A titre de comparaison, la température ECUM AT
est représentée en noir pour l’essai BàR de référence. La température mesurée sur le banc
moteur ne correspond pas exactement à la référence véhicule. Toutefois, la corrélation
entre les deux essais paraît suffisante pour établir des observations pertinentes à partir
de l’essai sur banc moteur.
En premier lieu, l’observation de la Figure 4.38 permet de confirmer l’hypothèse
émise plus haut : la température de l’air de suralimentation ECUM AT est supérieure à
la température TAP E mesurée en sortie du RAS. Sur les points de ralenti, cet écart est de
214
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
l’ordre de 15◦ C en fin de cycle. Comme souligné dans la section précédente, l’air du circuit
subit donc bien un transfert thermique entre la sortie du RAS et le collecteur d’admission,
qui n’est pas représenté dans le modèle. En outre, la mesure de la température en sortie
du compresseur TAP C Figure 4.38 permet de révéler que le phénomène d’accumulation de
chaleur sous le capot influe aussi sur la température de sortie compresseur : sur le point de
fonctionnement du ralenti, la température TAP C augmente de 25◦ C à 52◦ C en fin de cycle.
Cette augmentation est en partie due à l’augmentation de la température d’admission
du compresseur TAV C au cours du cycle. Toutefois, en considérant uniquement les points
de ralenti, cette augmentation est peu significative, avec une température maximale de
24◦ C en fin de cycle, pour une température initiale de 21◦ C. Il semble donc crucial de
considérer l’augmentation de température entre le compresseur et le RAS, puis entre le
RAS et le collecteur, pour approcher le comportement observé sur véhicule. Le modèle
présenté Figure 4.33 doit donc être complété afin de prendre ce phénomène en compte.
KA
TComp,under = TComp + · (TU nder − TComp ) (4.11)
Qair · Cp
TComp,f ilt 1
HComp (s) = = (4.12)
TComp,under 1 + τComp · s
215
4 Etude de la représentativité thermique
L’air de sortie du RAS subit enfin un transfert thermique ΦC par l’ambiance sous-capot
représenté par le coefficient KC . De la même manière que pour la branche A, on considère
une température uniforme dans le conduit C égale à TRAS,f ilt .
KC
TP ipe = TRAS,f ilt + · (TU nder − TRAS,f ilt ) (4.15)
Qair · Cp
TP ipe,f ilt 1
HP ipe (s) = = (4.16)
TP ipe,under 1 + τP ipe · s
216
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
masse métallique, et l’air ambiant. Toutefois, dans le cadre de cette thèse, on dispose
déjà des variables mesurées par le contrôle moteur ECUT CO et ECUT oil , i.e. les tem-
pératures du circuit de refroidissement et du circuit d’huile respectivement. On utilise
ces variables pour calculer une température intermédiaire TBLOCK , correspondant à une
moyenne pondérée de ces deux températures, à l’aide du coefficient δBLOCK :
TU nder 1
HBLOCK (s) = = (4.18)
TBLOCK 1 + τBLOCK · s
217
4 Etude de la représentativité thermique
218
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
Text . De manière similaire à la vitesse d’air entrant dans le RAS Eq. (4.8), Le débit d’air
Qcircu est exprimé en fonction de la vitesse véhicule V et des coefficients Aair , Bair .
Ici, on considère que la majorité de l’air entrant sous le capot provient du radiateur. Du
fait du transfert thermique avec le circuit de refroidissement, l’air ambiant est réchauffé et
entre sous le capot à la température Tcircu . Pour représenter ce phénomène, on considère
le volume intermédiaire à la température uniforme Tcircu , en jaune sur la Figure 4.41.
On peut ainsi réaliser un bilan entre les flux entrant et sortant à l’aide de la puissance
échangée dans le radiateur Φradia .
La pompe étant entraînée par courroie, on peut exprimer le débit de liquide de refroi-
dissement dans le moteur QCO,eng à partir du régime moteur ωeng et d’un coefficient χ
obtenu dans les caractéristiques véhicule :
219
4 Etude de la représentativité thermique
Le débit de liquide dans le radiateur QCO est ensuite modulé par l’ouverture du calorstat
αcalor , que l’on suppose linéaire entre 0 et 1 pour les températures du circuit de refroidis-
sement T0% = 89◦ C et T100% = 99◦ C respectivement à partir de l’observation des essais
véhicule.
QCO = αcalor · χ · ωeng (4.26)
De manière à représenter l’inertie de la masse métallique du radiateur, on introduit en
outre la fonction de transfert du premier ordre Hradia (s) pour calculer la puissance Φradia .
Φradia 1
Hradia = = (4.27)
Φradia,int 1 + τradia · s
Après avoir traversé le radiateur, le flux d’air entre dans le volume sous-capot et reçoit
un flux de chaleur de la part du moteur et des pièces métalliques (noté Φinput ). En consi-
dérant une température TU nder uniforme dans le volume sous-capot, on peut effectuer
un bilan énergétique entre les flux entrant et sortant :
220
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
ralenti :
Φinput,int = Φ0 + β · Ptqe (4.30)
Enfin, on représente l’inertie thermique de la masse métallique du moteur par la fonction
de transfert du premier ordre Hinput (s).
Φinput 1
Hinput = = (4.31)
Φinput,int 1 + τinput · s
Finalement, la température sous-capot TU nder est obtenue en combinant les Eq. (4.23)
et (4.29).
Φradia Φinput
TU nder = Text + + (4.32)
Qcircu · Cp Qcircu · Cp
Il est intéressant de souligner que ce modèle reste valide dans le cas où une fraction
δ du flux d’air provient directement de l’extérieur sans passer par l’échangeur, comme
représenté Figure 4.42. On note Qradia le flux d’air traversant l’échangeur avant d’entrer
dans le volume sous-capot, et Qext le débit d’air provenant directement de l’extérieur.
La somme des deux débits correspond au flux d’air total Qcircu .
Finalement :
Φradia
Qcircu · Cp · TU nder =Qcircu · Cp · ((1 − δ) · (Text + ) + δ · Text )
(1 − δ) · Qcircu · Cp (4.38)
+ Φinput
Validation du modèle : Le modèle représenté Figure 4.42 peut être validé à partir
des essais réalisés sur le véhicule d’essai Mégane. Dans ce but, on considère la moyenne
221
4 Etude de la représentativité thermique
On a donc :
vcyl ωeng
Φcomb = P M I · · (4.42)
ηcomb · ηthermo 2 · 60
Pour calculer l’estimation de l’apport de chaleur sous-capot au ralenti Φ0,estim , on intro-
duit la fraction σ de la chaleur de combustion évacuée dans le volume sous-capot, tel
222
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
que :
Φ0,estim = σ · Φcomb (4.43)
Finalement :
vcyl ωeng
Φ0,estim = σ · P M I · · (4.44)
ηcomb · ηthermo 2 · 60
Au ralenti, on suppose P M I = P M F = 1 bar. Avec vcyl = 1198 cm3 et ωeng = 850
tr/min et en supposant le rendement de combustion ηcomb = 85%, le rendement ther-
modynamique ηthermo = 20% et la fraction de la chaleur étant évacuée dans le volume
sous-capot σ = 0.5, on obtient finalement Φ0,estim = 2.1 kW. Les valeurs initiales uti-
lisées pour l’optimisation sont rassemblées Table 4.3 ainsi que les limites pour chaque
paramètre, et les valeurs ajustées par l’outil d’optimisation.
223
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.43 : Exemple de comportement du modèle sur un essai véhicule Mégane - Essai
de calibration.
ne sont pas calibrés sur cet essai spécifiquement. Toutefois, la configuration véhicule
est la même que sur l’essai de calibration, et les paramètres ne devraient donc pas être
amenés à changer. On peut cependant souligner que la tendance des fortes fluctuations
observées dans la température mesurée est reproduite par le modèle, à t = 1175 s et
t = 1810 s par exemple. Ces instants correspondent à des arrêts véhicules, et l’impact de
la vitesse sur la circulation d’air est correctement pris en compte par le modèle. On peut
souligner que l’ouverture du calorstat ne dépasse pas 0.6, ce qui suggère que le débit de
liquide de refroidissement dans le radiateur est moindre par rapport au premier essai. Ce
faible débit entraîne une faible puissance échangée dans le radiateur, et pourrait donc
expliquer en partie la température largement inférieure à la mesure dans la deuxième
partie de l’essai. On peut rappeler ici que l’ouverture du calorstat a été définie de manière
linéaire en observant les essais véhicules, et pourrait ne pas être fidèle au comportement
du calorstat réel.
Les résultats présentés ci-dessus permettent de conclure que l’approche choisie pour
la modélisation de la température sous-capot est cohérente et représente la majorité des
phénomènes en jeu. L’hypothèse d’une température sous-capot uniforme constitue ce-
pendant une approximation importante. Dans ce contexte, malgré les écarts constatés
entre la température calculée et la moyenne mesurée, on peut considérer que la modéli-
sation est adaptée à l’utilisation dans le modèle de la ligne d’air.
224
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
Fig. 4.44 : Exemple de comportement du modèle sur un essai véhicule Mégane - Para-
mètres calibrés.
L’impact du RAS n’a pas été pris en compte dans le modèle présenté Figure 4.42.
Cependant, on ne dispose pas de la cartographie du RAS pour le véhicule Mégane, ni du
débit d’air dans la ligne de suralimentation, et il est par conséquent impossible de calculer
la puissance échangée dans le RAS pour ces essais. De plus, on peut souligner que la
puissance échangée avec l’eau dans le radiateur est d’un ordre de grandeur supérieur par
rapport à la puissance échangée dans le RAS, du fait de la capacité calorifique élevée de
l’eau. Au vu des résultats obtenus présentés Figure 4.43, on peut conclure que l’impact
du RAS peut être négligé dans le cas où le radiateur est présent.
225
4 Etude de la représentativité thermique
226
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
SA = π · Dpipe · LA (4.54)
227
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.47 : Ajustement des paramètres τRAS , Aair,RAS et Bair,RAS sur un WLTC réalisé
à froid au banc moteur.
La Figure 4.47(a) représente la température d’entrée mesurée TAP C en bleu sur l’axe
de droite, ainsi que la température de sortie mesurée TAP E en noir sur l’axe de gauche.
On trace en outre sur l’axe de gauche la température TRAS en sortie du modèle de RAS
calibré en vert, puis la température en sortie de son inertie thermique TRAS,f ilt en rouge.
La Figure 4.47(b) représente l’efficacité du RAS ηRAS modélisée en rouge, et calculée à
partir des données expérimentales et de l’Eq. (4.6) en noir (« Measure » en légende). La
Figure 4.47(c) représente l’écart ∆TB = TAP E − TRAS,f ilt entre la température calculée
en sortie de la branche B par le modèle et la mesure, et la Figure 4.47(d) la vitesse
d’air en face avant du RAS Vair,RAS . Les valeurs ajustées τRAS , Aair,RAS et Bair,RAS sont
rassemblées dans le Tableau 4.4.
Tableau 4.4 : Valeurs ajustées des paramètres du modèle de RAS.
Paramètre Valeur Min. Max. Unité
Aair,RAS 1.29 0 5 [m/s]
Bair,RAS 0 0 1 [-]
τRAS 150 - - [s]
228
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
du RAS, i.e. Vair,RAS = Aair,RAS comme représenté sur la Figure 4.47(d). Ces valeurs
paraissent discutables, la soufflante du banc moteur étant asservie à la vitesse véhicule
(Section 4.2). De plus, comme mentionné plus haut, l’essai EiL considéré correspond
au niveau 0 d’écran sur le RAS, i.e. aucune obturation. Une explication possible réside
cependant dans la configuration spécifique utilisée lors de cette thèse. En effet, le RAS
ayant d’abord été refroidi par arrosage en début de campagne, il est placé dans un
caisson hermétique. Ce caisson a ensuite été ouvert afin de passer au refroidissement par
soufflante, comme illustré Figure 4.48(a).
Cependant, seule la face avant du caisson est amovible, et le RAS reste cloisonné, sur
les côtés, le dessous et en face arrière. Le flux d’air arrive donc bien en face avant du RAS,
mais ne peut ressortir que par le haut de l’échangeur, ou bien par la face avant, comme
schématisé Figure 4.48(b). Par conséquent, le flux d’air est inéluctablement réduit et on
peut imaginer que l’encastrement du RAS limite la vitesse d’air entrant à une valeur
maximale faible rapidement atteinte lors d’un cycle. Cette configuration ne représente
pas les phénomènes en jeu lors d’un essai sur véhicule. Bien que les modifications du
banc décrites Section 4.2 améliorent la représentativité de la température ECUM AT ,
elles devraient donc être reproduites lors d’une campagne similaire en laissant le RAS
libre. Le but ici étant de reproduire le comportement observé au banc EiL, on conserve
toutefois les valeurs ajustées pour les paramètres de la branche B dans la suite de cette
section.
229
4 Etude de la représentativité thermique
230
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
En appliquant l’Eq. (4.55) sur toutes les phases de ralenti de la deuxième moitié
du cycle chaud, on obtient une valeur moyenne pour le coefficient KC0,cal , comme
illustré Figure 4.50. Chaque point représente la valeur moyenne pendant une phase
d’arrêt, les valeurs étant majoritairement comprises entre 0.45 et 0.55 W/K. La
valeur finale de KCO est choisie comme la moyenne de tous les points, KC0,cal =
0.49 W/K représentée en rouge.
Fig. 4.50 : Estimation du paramètre KC0 sur les phases d’arrêt d’un cycle réalisé à
chaud au banc moteur.
Enfin, une fois les paramètres KC0 , τBLOCK et δBLOCK fixés, l’inertie τP ipe et le coeffi-
cient KC1 sont ajustés de manière à réduire l’écart entre la température de sortie du bloc
d’inertie du conduit TP ipe,f ilt et la température mesurée par le contrôle moteur ECUM AT
sur le cycle WLTC complet. La Figure 4.52(a) représente les températures mesurées en
entrée TAP E et en sortie ECUM AT en bleu et noir respectivement. Les températures
calculées en sortie du bloc de transfert sous-capot TP ipe,under puis du bloc d’inertie du
231
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.51 : Calibration des paramètres τBLOCK et δBLOCK sur les phases d’arrêt d’un
WLTC réalisé à froid au banc moteur.
conduit TP ipe,f ilt sont tracées en gris clair et rouge respectivement, ainsi que la tempé-
rature sous capot TU nder en vert sur l’axe de droite. Sur la Figure 4.52(b), on trace le
coefficient de transfert KC = KC0 + KC1 · V , et la Figure 4.52(c) représente l’écart de
température ∆TC = ECUM AT − TP ipe,f ilt au cours du cycle.
Fig. 4.52 : Calibration des paramètres τP ipe et KC1 sur un WLTC réalisé à froid au
banc moteur.
232
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
On observe une tendance proche entre les températures mesurée et modélisée. On peut
remarquer que la température sous-capot TU nder est inférieure à la température mesu-
rée ECUM AT pendant les premières 200 s du cycle. De ce fait, la température calculée
TP ipe,f ilt est inférieure d’environ 2◦ C à la mesure ECUM AT pendant cette phase, et jus-
qu’à 1000 s environ. Bien que les températures ECUM AT , ECUT CO et ECUT oil soient
initialisées à 21◦ C en début de cycle, la température d’air ECUM AT dépasse rapidement
25◦ C après 25 s. La température sous capot étant ici liée directement au circuit de refroi-
dissement, ce phénomène n’est pas reproduit par le modèle. Enfin, on peut remarquer
que l’écart se creuse particulièrement lors de la dernière phase du cycle, la température
TP ipe,f ilt étant supérieure à la mesure. Cette observation suggère que la température
sous-capot modélisée est surestimée lors de cette phase.
233
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.53 : Calibration des paramètres τComp , KA0 et KA1 sur le WLTC réalisé à froid
au banc moteur.
234
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
Fig. 4.55 : Ajustement des paramètres (LA , Dpipe , τComp ) et (Aair , Bair , Φ0 , β, τinput )
sur le WLTC réalisé à froid au banc moteur.
235
4 Etude de la représentativité thermique
236
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
Fig. 4.57 : Ajustement des paramètres (LC , τP ipe ) sur le WLTC réalisé à froid au banc
moteur.
237
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.58 : Comparaison des modèles simplifié (n◦ 1) et détaillé (n◦ 2) avec l’essai EiL
de référence (« Mes »).
238
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
239
4 Etude de la représentativité thermique
néglige donc l’impact de la vitesse véhicule sur la convection entre l’air sous-capot et la
paroi du conduit.
La Figure 4.60 permet une comparaison plus précise du comportement des modèles
sur une fraction du cycle WLTC. La Figure 4.60(a) représente en vert les tempéra-
tures mesurées TAP E et ECUM AT en aval du RAS et dans le collecteur d’admission en
traits pointillés et traits pleins respectivement. Les températures modélisées TRAS,f ilt et
TP ipe,f ilt en sortie des branches B et C sont représentées en traits pointillés et traits plein
respectivement, en bleu pour le modèle simplifié (« n◦ 1 » en légende) et en rouge pour le
modèle détaillé (« n◦ 2 »). Les Figures 4.60(b) et (c) représentent respectivement la tem-
pérature sous-capot TU nder et le coefficient de transfert KC pour les deux modèles avec
le même code couleur. Enfin, la Figure 4.60(d) trace en noir le débit d’air suralimenté
Qair sur l’axe de gauche, ainsi que la vitesse véhicule en magenta sur l’axe de droite.
Sur la fraction du cycle représentée, on peut tout d’abord distinguer deux phases
d’arrêt véhicule et de ralenti moteur notées ∆t1 et ∆t4 . Du fait de la vitesse nulle, le
coefficient de transfert KC modélisé par le modèle simplifié atteint sa valeur minimale
(KC = KC0 ) pendant ces phases. En parallèle, le coefficient de transfert du modèle
détaillé est lui aussi minimal du fait de la faible valeur du débit d’air au ralenti mo-
teur, de l’ordre de 0.0015 kg/s. Comme mentionné plus haut, cette valeur minimale est
par ailleurs similaire pour les deux modèles, valant 0.49 W/K pour le modèle simplifié
contre environ 0.45 W/K pour le modèle détaillé. Bien que le coefficient de transfert
soit minimal pendant ces périodes, la température TP ipe,f ilt augmente pour les deux mo-
dèles de manière similaire à la mesure, l’écart étant inférieur à 1◦ C. En reprenant l’Eq.
(4.15), on peut en conclure que la faible valeur du coefficient de transfert (au numérateur
dans l’équation) est prépondérante par rapport au faible débit d’air (au dénominateur)
pendant les phases d’arrêt.
Comme mentionné plus haut, le modèle simplifié reproduit de manière plus précise
les fluctuations de la température ECUM AT par rapport au modèle détaillé. On constate
néanmoins un écart de l’ordre de 3◦ C pendant la phase d’accélération lente notée ∆t2
240
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
Fig. 4.60 : Comparaison des modèles simplifié et détaillé sur une fraction du cycle
WLTC.
241
4 Etude de la représentativité thermique
242
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
Tableau 4.8 : Paramètres des modèles de la ligne d’air suralimenté : valeurs calibrées
sur l’essai de référence (« E0C2. »), puis ajustées sur l’essai EiL réalisé avec un niveau
de capot inférieur (« E0C0. »).
Modèle Paramètre E0C2 E0C0 Min. Max. Unité
KC0 0.49 0.4322 0 5 [W/K]
KC1 0.0239 0.0244 0 5 [(W/K)/(m/s)]
n◦ 1
τBLOCK 708 708 50 10000 [s]
Simplifié
KA0 0.86 0.3816 0 5 [W/K]
KA1 0.056 0.0122 0 5 [(W/K)/(m/s)]
n◦ 2 Aair 0.14 0.1788 0 5 [kg/s]
Détaillé Bair 0.0037 0.0051 0 5 [(kg/s)/(m/s)]
Du fait du niveau de capot inférieur sur l’essai « E0C0 », on observe naturellement des
températures mesurées ECUM AT et TAP E inférieures par rapport à l’essai de référence
« E0C2 ». En premier lieu, on observe que la température en sortie de la branche A
TComp,f ilt est supérieure pour le modèle détaillé comparé au modèle simplifié. Cet écart
se répercute dans la branche B (qui est identique pour les deux modèles, et inchangée par
rapport à l’essai de référence). En effet, le modèle simplifié représente avec une meilleure
précision la température TAP E mesurée en aval du RAS. L’écart absolu moyen est de
0.33◦ C, contre 0.91◦ C respectivement. On peut souligner ici que dans le cas du modèle
simplifié, les coefficients KA0 , KA1 ont été réajustés sur l’essai « E0C0 », tandis que pour
le modèle détaillé, l’ajustement des paramètres Aair et Bair est basé exclusivement sur la
branche C, la température TAP C n’étant pas disponible. La géométrie des conduits étant
fixe, on n’ajuste pas la longueur LA et la branche A est donc inchangée par rapport à
l’essai de référence, seule la température TU nder étant modifiée. Ensuite, les deux modèles
aboutissent à une valeur proche pour l’écart absolu moyen en sortie de la branche C,
avec 1.93◦ C et 1.97◦ C pour les modèles simplifié et détaillé respectivement. De manière
similaire aux observations faites sur l’essai EiL de référence, le modèle simplifié semble
cependant représenter de manière plus fidèle les fluctuations de la température mesurée,
en particulier à partir de t = 600 s.
Finalement, on peut faire plusieurs observations concernant la recalibration des mo-
dèles. Pour le modèle détaillé, seuls les paramètres de la circulation d’air sous capot ont
été ajustés. L’optimisation converge vers une valeur supérieure pour les coefficients Aair
et Bair , ce qui signifie un débit d’air de circulation plus important pour l’essai « E0C0 ».
Cet ajustement est cohérent, puisque le capot semble favoriser l’accumulation de cha-
leur à proximité du moteur en diminuant le débit de circulation. Concernant le modèle
simplifié, on observe que l’inertie thermique τBLOCK est inchangée par rapport à l’essai
de référence. Ce paramètre étant directement lié à la thermique moteur, il paraît logique
243
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.61 : Ajustement des modèles sur un essai EiL réalisé avec un niveau de capot
différent (« Mes »).
qu’il ne soit pas impacté par le niveau de capot. En effet, les résultats expérimentaux
présentés en Section 4.3 suggèrent que le niveau de capot n’a pas d’impact sur la tempé-
rature du circuit de refroidissement. En revanche, les paramètres KA0 , KA1 , KC0 et KC1
ont été ajustés et conduisent à un coefficient de transfert inférieur sur les branches A et
C. Ces coefficients ne sont pas liés à des grandeurs physiques, ce qui rend plus difficile
leur interprétation. Cependant, on peut retenir qu’un niveau inférieur de capot résulte
en une diminution des coefficients de transfert.
Tableau 4.9 : Indicateurs de corrélation entre les températures simulées et la mesure
sur l’essai EiL d’ajustement du niveau de capot « E0C0 ».
|∆T | M AP D R2 |∆T |max
Branche Modèle
[◦ C] [%] [-] [◦ C]
n◦ 1
0.33 0.11 0.92 1.49
B Simplifié
n◦ 2
0.91 0.31 0.61 1.63
Détaillé
n◦ 1
1.93 0.64 0.56 6.38
C Simplifié
n◦ 2
1.97 0.65 0.41 8.86
Détaillé
244
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
amont et aval du RAS, TAP C et TAP E respectivement. On peut attendre que le niveau
d’obturation du RAS impacte seulement les paramètres Aair,RAS et Bair,RAS qui régissent
la vitesse de l’air en face avant du RAS. La branche B du modèle peut donc être ajustée
séparément du reste du modèle en utilisant en entrée la température mesurée TAP C .
Comme mentionné plus haut, la méthode de calibration est la même pour les deux
versions du modèle. Tous les autres paramètres sont fixés à la valeur ajustée sur l’essai de
référence « E0C2 ». La Figure 4.62(a) représente la température TAP C mesurée en amont
du RAS en bleu sur l’axe de droite, ainsi que la température mesurée TAP E mesurée en
aval du RAS en vert sur l’axe de gauche et la température modélisée TRAS,f ilt en sortie de
la branche B. On indique en outre la température TAP E mesurée sur l’essai de référence
« E0C2 » en pointillés noir. Les Figures 4.62(b) et (c) représentent l’écart de température
en sortie de la branche ∆TB = TAP E − TRAS,f ilt et la vitesse d’air Vair en face avant du
RAS respectivement. Le Tableau 4.10 rassemble les valeurs des paramètres Aair et Bair
ajustés sur l’essai de référence « E0C2 », puis sur l’essai de recalibration « E2C2 ».
Fig. 4.62 : Ajustement du modèle de RAS sur un essai EiL réalisé avec un niveau
d’écran différent.
Tableau 4.10 : Paramètres des modèles de la ligne d’air suralimenté : valeurs calibrées
sur l’essai de référence (« E0C2. »), puis ajustées sur l’essai EiL réalisé avec un niveau
d’écran supérieur (« E2C2. »).
Paramètre E0C2 E2C2 Min. Max. Unité
Aair,RAS 1.29 0 0 5 [m/s]
Bair,RAS 0 0 0 5 [-]
En premier lieu, l’ajustement du modèle sur l’essai « E2C2 » converge vers une valeur
nulle pour les coefficients Aair,RAS et Bair,RAS , ce qui correspond à une vitesse d’air nulle
en face avant du RAS. La température modélisée est proche de la mesure pendant la
première moitié de cycle, avec un écart inférieur à 1◦ C jusqu’à t = 910 s. L’écart se creuse
ensuite, la température modélisée étant inférieure à la mesure, avec un écart maximal de
3.9◦ C. Les tendances sont globalement reproduites par le modèle, et l’écart absolu moyen
245
4 Etude de la représentativité thermique
entre la température modélisée TRAS,f ilt et la référence TAP E est de |∆TB | = 0.89◦ C, avec
un écart absolu relatif moyen de M AP D = 0.29% et un coefficient de détermination
R2 = 0.84. L’évolution du coefficient Aair est cohérente avec les observations expérimen-
tales, l’obturation partielle du RAS ayant pour but de réduire le débit d’air entrant en
face avant de l’échangeur. Cependant, bien que la vitesse d’air calculée par le modèle
soit nulle, la température en sortie du RAS est inférieure à la mesure. Cette observa-
tion suggère une efficacité de refroidissement du RAS trop importante par rapport à la
réalité. On peut néanmoins rappeler ici que la modélisation de la vitesse d’air en face
avant sur le banc EiL est discutable du fait de l’encastrement du RAS dans le boîtier,
en particulier la face arrière. De plus, on peut souligner que la cartographie d’efficacité
du RAS renseignée par le constructeur est valide pour une vitesse d’air supérieure à
2 m/s. L’efficacité du RAS dans les zones de faible vitesse d’air est donc estimée par
extrapolation, et les résultats obtenus suggèrent une surestimation à faible vitesse d’air.
Finalement, on pourrait aussi imaginer que l’obturation du RAS a pour effet de favoriser
l’accumulation de chaleur dans l’échangeur et donc augmenter la température de sortie
de la branche B, ce qui n’a pas été pris en compte dans le modèle.
4.4.5.7 Synthèse
Dans cette section, on évalue le modèle thermique de la ligne d’air pour le premier
cas d’application, qui vise à guider les manipulations au banc moteur par la simulation.
Les deux formulations de la modélisation de l’impact de l’accumulation de chaleur sous
capot sont comparées pour ce cas d’usage. La modélisation a été réalisée postérieurement
aux essais et la démarche n’a donc pas été testée dans son ensemble. Cependant, on peut
imaginer les étapes suivantes pour ce cas d’usage :
3. La variation des paramètres peut ensuite être interprétée de manière à guider les
modifications physiques (écran et/ou capot) du banc moteur.
246
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
247
4 Etude de la représentativité thermique
248
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
Finalement, la température TP ipe,f ilt calculée par le modèle simplifié est nettement
plus proche de la température mesurée ECUM AT que le modèle détaillé sur le cycle
complet. L’écart absolu moyen est de 0.78◦ C, contre 2.0◦ C pour le modèle détaillé. De
manière similaire aux observations faites sur l’essai EiL, le modèle simplifié reproduit en
outre mieux les fluctuations de la température mesurée. A titre de comparaison, les essais
EiL dans la configuraiton « E2C2 » conduisent à un écart absolu moyen de 1.69◦ C. La
température calculée par le modèle simplifié est donc plus proche de la référence véhicule
que la température obtenue par les modifications physiques du banc moteur, du point
de vue de l’écart absolu moyen mais aussi des indicateurs M AP D, R2 et |∆T |max . En
revanche, le modèle détaillé est moins représentatif.
Tableau 4.11 : Paramètres des modèles de la ligne d’air suralimenté : valeurs calibrées
sur l’essai EiL « E0C2 » de référence, et sur l’essai BàR.
Modèle Paramètre EiL BàR Min. Max. Unité
KC0 0.49 0.50 0 5 [W/K]
KC1 0.0239 0.0263 0 5 [(W/K)/(m/s)]
τBLOCK 708 1090 50 10000 [s]
n◦ 1
KA0 0.86 2.0642 0 5 [W/K]
Simplifié
KA1 0.056 0.2412 0 5 [(W/K)/(m/s)]
Aair,RAS 1.29 0 0 5 [m/s]
Bair,RAS 0 0.0876 0 5 [-]
Aair 0.139 0.234 0 5 [kg/s]
Bair 0.0037 0.0057 0 5 [(kg/s)/(m/s)]
n◦ 2 P0 2.65 1.22 1.22 2.65 [kW]
Détaillé β 0.85 1.5 0.85 1.5 [-]
Aair,RAS 1.29 0 0 5 [m/s]
Bair,RAS 0 0.2269 0 5 [-]
249
4 Etude de la représentativité thermique
250
4.4 Modélisation du circuit d’air de suralimentation
4.4.6.5 Synthèse
Ces résultats permettent de conclure que le modèle simplifié aboutit à une représen-
tation satisfaisante de la température de l’air de suralimentation mesurée sur véhicule.
Le réglage des paramètres sur un cycle WLTC semble pertinent et adapté à d’autres
roulages. L’écart est néanmoins plus important que sur l’essai de référence. Une partie
251
4 Etude de la représentativité thermique
Fig. 4.65 : Comportement des modèles ajustés sur le cycle BàR sur un essai piste réalisé
à froid.
Fig. 4.66 : Comportement des modèles ajustés sur le cycle BàR sur un essai piste réalisé
à chaud.
de cet écart pourrait s’expliquer par le fait que l’on calibre les paramètres du modèle sur
un essai réalisé au BàR, dont les conditions ne correspondent pas exactement à celles
d’un essai sur piste. Par exemple, le BàR ne tient pas compte du vent extérieur favorisant
plus ou moins la circulation d’air sous capot, ni de l’impact du virage sur le flux d’air.
En revanche, le modèle détaillé ne semble pas adapté en l’état à ce cas d’application.
On constate un écart important entre la température modélisée et la mesure véhicule.
Ces résultats pourraient toutefois être améliorés par la mesure sur l’essai véhicule des
températures intermédiaires TAP C et TAP E ainsi que des températures sous-capot, qui
permettrait une calibration plus précise des différentes branches du modèle et une com-
252
4.5 Conclusions & perspectives
• Le circuit de refroidissement n’a pas été l’objet principal des travaux expérimen-
taux. Toutefois, un comportement satisfaisant a été obtenu en plaçant le banc EiL
au plus proche de la configuration véhicule à travers un volume de liquide de re-
froidissement similaire et l’utilisation du calorstat de série. Dans de futurs travaux,
la phase d’initialisation de l’environnement de simulation devrait cependant être
réalisée avant le démarrage du moteur de manière à réduire les écarts de tempéra-
ture constatés au début du cycle. Ensuite, une attention particulière pourrait être
portée à la régulation de l’échangeur remplaçant le radiateur afin d’obtenir une
fréquence d’ouverture du calorstat similaire à la référence véhicule.
253
4 Etude de la représentativité thermique
• Le premier consiste à guider les manipulations au banc moteur (pose d’un capot,
obturation partielle du RAS) par la simulation. Bien que la démarche complète
n’ait pas pu être appliquée pour ce cas d’usage, le modèle détaillé semble le plus
adapté à cette application. L’instrumentation du banc moteur permet une cali-
bration précise des branches du modèle, et l’utilisation de grandeurs physiques
identifiables facilite l’interprétation des évolutions des paramètres pour approcher
le comportement véhicule. Le modèle simplifié permet une modélisation plus pré-
cise, mais l’interprétation de ses paramètres est moins aisée. La représentativité
du modèle détaillé pourrait donc être améliorée en s’inspirant du fonctionnement
du modèle simplifié, par exemple en considérant l’impact de la vitesse véhicule sur
le coefficient de transfert.
254
CHAPITRE 5
Conclusions & perspectives
Les travaux présentés dans cette thèse ont permis de synthétiser et d’approfondir les
connaissances sur l’approche Engine-in-the-Loop et de proposer des améliorations de la
méthode à plusieurs niveaux. La démarche générale s’est principalement concentrée sur
la reproduction sur le banc EiL d’essais réalisés sur BàR et sur piste par un véhicule à
essence suralimenté équipé d’une transmission manuelle.
• L’environnement EiL élaboré dans cette thèse présente une dispersion significati-
vement plus faible que les essais BàR, non seulement du point de vue du suivi du
modèle de conducteur, mais aussi du bilan énergétique et des émissions moteur.
Le banc EiL impose une énergie mécanique au moteur légèrement supérieure aux
essais BàR, pour une masse de carburant consommée légèrement inférieure. Bien
qu’aucun des indicateurs énergétiques ne soit totalement fiable du fait des diffé-
rences entre les deux moyens d’essais, l’analyse des écarts permet de conclure que
l’environnement EiL atteint un équilibre satisfaisant entre complexité et représen-
tativité énergétique. Du fait des différences significatives dans la ligne échappement
utilisée sur le banc EiL avec la référence, seules les émissions en sortie moteur ont
pu être comparées. Les résultats obtenus sur le cycle WLTC suggèrent que le mo-
teur émet légèrement moins de CO2 et plus de NOx et de CO, l’écart étant inférieur
à 3%. On constate en outre une carence des émissions de HC, probablement due au
256
5.2 Perspectives
• Bien que la démarche n’ait pas pu être appliquée dans son ensemble, le modèle
détaillé de la ligne d’air paraît adapté au guidage des manipulations au banc
moteur. L’instrumentation du banc permet une calibration précise du modèle,
et l’utilisation de grandeurs physiques facilite l’interprétation des paramètres par
rapport au modèle simplifié, pourtant plus précis. Le modèle simplifié semble le plus
adapté à la régulation du conditionnement thermique du banc, car sa calibration
sur un essai véhicule permet une représentation fidèle de la température de l’air
de suralimentation, qui paraît assez robuste pour être utilisée sur d’autres essais
sans réajustement.
5.2 Perspectives
Par manque de temps et de moyens, certains axes de travail abordés dans cette thèse
restent à approfondir :
257
5 Conclusions & perspectives
• Dans le cadre des essais RDE, considérer l’impact du virage et des auxiliaires sur
le couple résistif permettrait d’améliorer la précision du modèle véhicule et donc la
représentativité énergétique du banc. La comparaison des moyens d’essai devrait
par ailleurs être étendue à l’analyse des émissions à l’échappement pour un même
système de post-traitement. Dans ce cadre, il paraît important d’évaluer de manière
précise le temps de transfert des polluants afin de minimiser les écarts de compa-
raison. La démarche présentée devrait en outre être étendue au contexte d’une
architecture hybride, pour laquelle la thermique ambiante du post-traitement est
susceptible d’avoir un impact significatif du fait des phases de propulsion électrique
pendant lesquelles le moteur themrique est arrêté.
258
ANNEXE A
Préparation des essais
Dans le cadre de cette thèse, plusieurs essais véhicules sont reproduits sur le banc
EiL. On cherche à reproduire deux types d’essais, i.e. des cycles WLTC réalisés sur
banc à rouleaux (BàR) ainsi que plusieurs essais effectués sur piste (Aubevoye). Chaque
essai doit être défini par les données d’entrée principales de l’environnement virtuel. En
particulier, le modèle de conducteur détaillé Chapitre 3 reçoit en entrée une demande
de vitesse en fonction du temps Vdem (t), ainsi qu’une demande de rapport Geardem (t).
De plus, dans le cas d’un essai sur piste, on transmet au modèle de véhicule détaillé
Chapitre 3 le signal de pente de la route au cours du temps θ(t). Cette annexe détaille la
méthode utilisée pour générer les données nécessaires pour reproduire un essai véhicule
sur le banc EiL.
Il est important de souligner que l’intérêt de la méthode Engine-in-the-Loop est
précisément de minimiser les besoins en essais véhicule. Par conséquent, la reproduction
d’essais véhicule n’est pas l’objectif premier d’un banc EiL, qui sera principalement
utilisé pour réaliser des essais à partir de données virtuelles. Les essais peuvent être
définis manuellement dans le cas d’un essai simple comme un enchaînement de plateaux
de vitesse, par les méthodes d’homologation dans le cas du cycle WLTC, ou bien par
un outil permettant de générer un trajet réaliste en prenant en compte le trafic routier
et les feux rouges par exemple. Toutefois, afin d’étudier la représentativité de ce moyen
d’essai, on choisit dans cette thèse de reproduire plusieurs essais réalisés sur véhicule afin
de disposer d’une référence de comparaison. Il est donc crucial que les données d’entrée
(vitesse, rapport et pente) soient le plus proche possible de l’essai de référence afin de
minimiser les biais de comparaison.
vitesse imposée au conducteur humain par un écran. On peut donc utiliser directement
cette trace de vitesse, sans filtrage.
A.1.2.2 Rétrogradage
Dans le cas d’un rétrogradage, la pédale d’accélérateur est généralement relâchée bien
avant le changement de rapport, le conducteur cherchant à ralentir le véhicule. Par consé-
quent, on ne peut pas utiliser la pédale d’accélérateur pour repérer les rétrogradages.
On utilise plutôt le signal de la position de l’embrayage ECUClutch . Il est important de
souligner que ce signal ne provient pas directement de la position de la pédale. Il pro-
vient d’un calcul qui distingue deux positions : embrayage ouvert (ECUClutch = 1) ou
fermé (ECUClutch = 0). Cette détection s’appuie sur la désynchronisation entre le régime
moteur mesuré ECUN et le régime primaire lorsque l’embrayage est ouvert. Bien que
ce calcul détecte généralement la fermeture de l’embrayage avec un retard conséquent,
l’ouverture de l’embrayage est repérée de manière précise. A partir du changement de
rapport détecté par l’ECU à l’instant t0 , l’agorithme commence donc par vérifier si la
260
A.2 Pente de la route
position de l’embrayage est ouvert (ECUClutch = 1). Si ce n’est pas le cas, on recherche
entre t0 − 2s et t0 l’instant t1 le plus proche de t0 où la position embrayage est égale à
1. A partir de cet instant t1 , on détecte ensuite l’ouverture de l’embrayage.
Pour certains essais utilisés dans cette thèse, on ne dispose pas dans l’enregistrement
du signal de la position embrayage. Dans ce cas, on peut utiliser la même méthode
que le contrôle moteur pour détecter l’ouverture de l’embrayage. A l’aide des ratios
de transmission, on calcule le régime de l’arbre primaire ωP rim . Quand l’embrayage est
fermé, l’arbre primaire est synchronisé avec l’arbre moteur, ωP rim = ECUN . Du fait du
bruit de mesure, il est possible qu’un écart minime soit détecté entre les deux régimes. A
partir du changement de rapport détecté par l’ECU à l’instant t0 , l’algorithme commence
par établir la valeur initiale de l’écart de régime avant l’ouverture de l’embrayage, c’est-
à-dire à l’instant t1 = t0 − 1.5s. Une fois cet écart initial établi, on cherche à partir de
l’instant t1 le moment où la différence de régime augmente d’au moins 20 tr/min par
rapport à l’écart initial. Cet instant correspond à l’ouverture de l’embrayage.
261
A Préparation des essais
Comme illustré par le schéma Figure A.1, l’angle de la pente θ peut être calculé (en
262
A.2 Pente de la route
En utilisant les Eq. (A.3) et (A.4), on peut donc extraire l’angle de la pente θ du signal
de l’accéléromètre ECUGaccel :
!
ECUGaccel − dV
dt
θ = tan arcsin (A.5)
g
Comme mentionné par plusieurs références de calcul de la pente [82, 84, 156], on utilise
un filtre de Kalman afin d’éliminer le bruit de mesure provenant principalement de
l’accéléromètre. Tout d’abord, on définit un modèle discret du système de variables d’état
V̇ , V et gx à l’aide des matrices du système Φ et des entrées Ψ. Ce modèle s’appuie sur
l’approximation d’Euler pour obtenir la dérivée de la vitesse véhicule [82]. Les vecteurs
uk−1 et vk désignent le bruit de procédé et le bruit d’observation respectivement, et sont
représentés par un bruit blanc aléatoire. L’indice k représente le pas de temps.
X = Φ · Xk−1 + Ψ · uk−1
k
(A.6)
Yk = Hk · Xk + vk
Avec
v̇k
Xk =
vk
(A.7)
gx,k
et
" #
vk
Yk = (A.8)
ECUGaccel,k
263
A Préparation des essais
La matrice K est appelée la matrice des gains du filtre de Kalman. Les matrices Q et R
désignent les matrices de covariance du bruit du système et de mesure respectivement.
σv̇ 0 0 0.3 0 0
Q = 0 σv 0 = 0 0.005 0 (A.13)
0 0 σ gx 0 0 0.003
et " #
σ 0
R = ECUGaccel (A.14)
0 σv
De manière générale, le choix des matrice Q et R réside dans un compromis entre la rapi-
dité de la réponse du filtre et sa sensibilité au bruit. La matrice Q désigne l’amplitude de
variation autorisée pour la variable X au cours d’un pas de temps, tandis qu’augmenter
la matrice R revient à augmenter le temps de réponse du filtre. Dans cette thèse, on
choisit d’adopter les mêmes valeurs pour Q que [82], la matrice représentant la variance
des variables du sysème. La matrice R représente la variance des signaux d’entrée, et
est ajustée dans la phase de calibration décrite plus bas.
A chaque pas de temps k, deux étapes consécutives sont réalisées par le filtre de
Kalman. Tout d’abord, la phase d’actualisation (time update) consiste par établir une
pré-estimation Xk,k−1 de l’état X, à l’aide de l’estimation au pas de temps précédent
Xk−1,k−1 et de la valeur des signaux d’entrée au pas de temps k, uk . La matrice de
covariance des erreurs d’estimation P peut elle aussi être pré-estimée, Pk,k−1 . Ensuite,
la deuxième phase d’actualisation des mesures s’appuie sur le calcul de la matrice des
gains Kk , elle-même calculée à l’aide de la pré-estimation Pk,k−1 .
Afin d’adapter la réponse du filtre à de fortes variations des signaux d’entrée comme
un freinage brusque, la matrice de covariance Q peut être variée au cours du temps en
utilisant la matrice de correction Γ [82]. La nouvelle matrice de covariance Qcor s’écrit
alors :
Qcor = Γ · Q (A.15)
Avec
γ 0 0
Γ= 0 γ 0 (A.16)
0 0 1/γ
264
A.2 Pente de la route
Fig. A.2 : Calcul de la pente de la route à l’aide du filtre de Kalman - Essai de calibration
sur piste.
265
266
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RÉFÉRENCES
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Titre : Développement d’une méthodologie de tests de véhicules automobiles combinant modèles
numériques et banc d’essais moteur (approche HIL)
Mot clés : Engine-in-the-Loop, essais automobiles, représentativité, modélisation temps réel, mo-
teur thermique, transfert thermique
Résumé : La réduction des seuils autorisés ment de simulation adapté à l’approche EiL est
d’émissions polluantes contraint les motoristes à développé, incluant notamment un modèle d’em-
complexifier les architectures des groupes moto- brayage basé sur l’approche “reset integrator” et
propulseurs, rallongeant ainsi la phase de calibra- associé à la mesure du couple appliqué par la ma-
tion associée. Cette tendance couplée au durcis- chine de charge. On propose de plus un modèle de
sement des procédures d’homologation des vé- conducteur anticipatif basé sur une régulation PI
hicules étendant considérablement les conditions et dont les paramètres sont réglés avant la mise
de test, les moyens d’essais sont voués à se vir- au banc. Outre l’analyse de la représentativité du
tualiser. En particulier, cette thèse porte sur l’ap- banc EiL, l’environnement de simulation permet
proche Engine-in-the-Loop (EiL), qui s’appuie sur l’analyse de la sensibilité de plusieurs grandeurs
un banc semi-virtuel composé d’un moteur ther- d’intérêt. Le modèle de conducteur est par ailleurs
mique couplé à un banc haute dynamique, lui- testé dans le contexte d’une architecture hybride.
même contrôlé par un simulateur temps réel mo- Pour finir, la représentativité thermique du banc
délisant la transmission, le véhicule, le conduc- EiL est étudiée. En particulier, plusieurs modifi-
teur et la route. Afin d’analyser la représentati- cations du banc sont réalisées notamment via la
vité de cette méthode du point de vue du bilan pose d’un capot sur le moteur. Enfin, un modèle
énergétique et des émissions polluantes, on repro- thermique de la ligne d’air représentant l’impact
duit au banc EiL des essais de référence réalisés de la température sous-capot est proposé.
avec un véhicule réel. Dans ce but, un environne-
Title: Development of a automotive testing methodology combining real-time models and engine
testbench (HIL approach).
Keywords: Engine-in-the-Loop, automotive testing, representativity, real-time modeling
Abstract: The reduction of authorized pol- the fidelity of this testing method, with focus on
lutant emission thresholds compel automotive the energy balance and pollutant emissions. For
manufacturers to develop complex powertrains, this purpose, the EiL simulation environment is
thus lengthening their tuning process. This trend developed, including a clutch model based on the
coupled with the tightening of homologation “reset integrator” approach. A driver model with
procedures considerably extending the boundary preview and anti-windup is also proposed and
conditions, testing methods are bound to become tuned before bench testing. In addition to the
increasingly virtualized. This thesis focuses on comparison of EiL tests to the reference, a sensi-
the Engine-in-the-Loop approach, which relies on tity analysis is conducted for certain parameters.
a semi-virtual test bench composed of an inter- Finally, the thermal fidelity of the EiL bench is
nal combustion engine coupled to a high dynamic also assessed, with focus on the charge air tem-
test bench controlled by a real-time simulator perature. Several modifications of the bench are
modeling the vehicle, driver and road. In this carried out using a cover on the engine. A simple
thesis, reference tests performed on a vehicle are thermal model of the air line including underhood
reproduced on the EiL bench in order to assess temperature is also proposed.