Rapport Fred.. Modif
Rapport Fred.. Modif
Management
(AFRAM)
B.P : 3931 Libreville, Tel : +241 74 00 00 43
RAPPORT DE LICENCE
En vue de l’obtention de la Licence en science juridique
A mon père, ma mère, aux membres de ma famille, mes professeurs et camarades de classe et
tous ceux qui ont participé à ma réussite tout au long de mon parcours universitaire.
I
REMERCIEMENTS
Ma gratitude va également à l’endroit de tous les enseignants qui m’ont tenu depuis la classe
de première année à l’AFRAM pour leurs conseils qui m’ont été très bénéfique.
Je remercie de tout mon cœur les membres de ma famille, en particulier ma mère MENGWA
NTEME Didise, qui m’a soutenu à tous les niveaux, ne m’a jamais laissé tomber et qui a
toujours cru en moi. Ainsi que mon père EYEGHE MICHEL qui m’a toujours incité à la
Performance dans mes études et m’a soutenu moralement.
Enfin, je remercie mes camarades d’AFRAM pour les rapports fraternels que nous avons
noués.
Puisse Dieu tout puissant combler de Sa Grâce toutes les personnes bienveillantes sans
Lesquelles ce travail n’aurait pas été possible.
II
AVERTISSEMENT
III
SIGLES ET ABREVIATIONS
Art : Article
Al : Alinéa
IV
SOMMAIRE
DEDICACE ........................................................................................................I
REMERCIEMENTS ....................................................................................... II
AVERTISSEMENT ..................................................................................... III
SIGLES ET ABREVIATIONS .....................................................................IV
SOMMAIRE .................................................................................................... V
INTRODUCTION ............................................................................................ 1
PREMIERE PARTIE : LES EMPÊCHEMENTS A L’EXERCICE DE
L’ACTIVITE COMMERCIALE .............................................................. 4
CHAPITRE 1 : LES PERSONNES INTERDITES D’ACCES A
L’ACTIVITE COMMERCIALE ................................................................... 5
Section 1 : Les personnes frappées d’incompatibilité et d’incapacité ................ 5
Section 2 : Les personnes frappées de déchéance et d’interdiction .................... 8
CHAPITRE 2 : LES EFFETS RESULTANT DE L’EMPÊCHEMENT
DE L’EXERCICE DE L’ACTIVITE COMMERCIALE ........................... 12
Section 1 : L’interdiction d’accomplir des actes de commerce ......................... 12
Section 2 : La portée des actes passés auprès des tiers ...................................... 15
DEUXIEME PARTIE : LES SANCTIONS ET LES DEROGATIONS
AUX EMPECHEMENTS D’EXERCICE DE L’ACTIVITE
COMMERCIALE ..................................................................................... 18
CHAPITRE 1 : LES SANCTIONS A L’ACCOMPLISSEMENT D’ACTE
DE COMMERCE ........................................................................................... 19
Section 1 : Les sanctions internationales et nationales ...................................... 19
Section 2 : Les sanctions disciplinaires des professionnels interdits ................ 21
CHAPITRE 2 : LES DEROGATIONS AUX EMPÊCHEMENTS
D’EXERCICE ................................................................................................. 25
Section 1 : Les atténuations de l’incapacité ........................................................ 25
Section 2 : Les autres atténuations retrouvées en droit OHADA ..................... 28
CONCLUSION ............................................................................................... 32
BIBLIOGRAPHIE ......................................................................................... 33
TABLE DES MATIERES ............................................................................... 36
V
VI
INTRODUCTION
Le monde du commerce est un espace où la concurrence entre les commerçants fait naître de
multiples intentions néfastes pouvant déséquilibrer cette rude concurrence et où les plus forts
dominent les plus faibles. Selon un auteur du XIXe siècle, « le commerce est le droit des forts
» c’est-à-dire qu’il ne cherche pas à protéger les personnes mais à avoir un droit efficace.1 En
1973 en France, la loi ROYER était une loi adoptée dans l’intention de protéger les petits
commerçants contre les grands2. Cependant, dans les faits, cette loi se trouve limitée par les
textes, soit pour des raisons de police d’affaires ou des motifs d’équilibre économique qui
s’inspirent de deux grandes idées : protéger la personne qui veut entreprendre une activité
commerciale en exigent d’elle des capacités et de sauvegarder l’intérêt général en écartant des
personnes qui, pour des raisons diverses ne paraissent pas avoir leur place dans les professions
commerciales. Cette catégorie d’indésirables a été empêchée d’exercer le commerce dans le
code de commerce français qui a à son tour été une source d’inspiration pour le législateur
OHADA qui a institué en 1997 dans l’acte uniforme des dispositions visant à lutter contre la
concurrence loyale entre les commerçants3.
1
https://www.etudier.com/dissertations/Droit-Des-Affaires/ EDMOND Thaller.
2
Loi N°73-1193 27 décembre 1993, ROYER.
3
J.O de l’OHADA N°1 du 01/10/1997 portant acte uniforme relatif au droit commercial général.
4
GUINCHARD (S) ; DEBARD (T), Lexique des termes juridiques, DALLOZ, 25eedition, 2017-2018, P.1107
5
www.africmemoire.com/part.3-chap-Iregime-a-lincompatibilité-en-droit-ohada-1089.html
6
GUINCHARD (S) ; DEBARD (T), Lexique des termes juridiques, DALLOZ, 25eedition, 2017-2018, P.1156
7
GUINCHARD (S); DEBARD (T), Ibidem, P.661
1
l’incapacité, quant à elle, est l’inaptitude d’une personne à faire valoir par elle-même ou à
exercer seule certains droits dont elle demeure titulaire8. Ou encore, elle est l’inaptitude
physique, morale, juridique qu’a une personne à poser des actes de commerce.
Ces empêchements ont vu le jours pour la première fois au début du XVIIIe siècle. C’est le cas
de l’incompatibilité d’exercice. Les activités commerciales furent considérées comme
dérogeant à l’honneur de la profession au même titre que certains emplois considérés comme «
subalterne » selon les critères de l’époque impliquant en quelque sorte la notion de dépendance9.
La finalité de ces empêchements est tantôt de protéger la personne qui veut entreprendre une
activité commerciale en exigeant d’elle des conditions de capacité, tantôt de sauvegarder
l’intérêt général en écartant du monde des affaires des personnes qui, pour diverses raisons, ne
paraissent pas y avoir leur place. Ces empêchements sanctionnent les comportements
malhonnêtes des dirigeants, elles sont destinées à écarter du monde des affaires ceux qui sont
jugés indignes de devenir ou de rester commerçant10. Ils ont aussi pour objectif de protéger ceux
qui ne sont pas en pleine possession de leurs facultés ou qui n’ont pas encore une certaine
maturité d’esprit ainsi que les ménages, pour prévenir les catastrophes qui pourraient y résulter.
Le droit OHADA a été inspiré du droit français dans l’adoption des empêchements
commerciaux dans l’acte uniforme. Ces empêchements ont fait leur apparition en France dans
le code de commerce de 1807 par la loi décrétée le 10 septembre 1807 en son article 2 sur
l’incapacité du mineur. Puis, il a été introduit d’autres empêchements par la loi N°2000-05
portant code de commerce les interdictions et incompatibilité à la profession commerciale11.
L’acte uniforme OHADA a, quant à lui adopté ces empêchements en 1997 dans l’acte uniforme
relatif au droit commercial général. Il a été adopté à Cotonou (BENIN) le 17/04/1997 et publié
au journal officiel de l’OHADA N°1 du 01/10/1997 et aujourd’hui, abrogé par le code de 2010
en vigueur. De nos jours, ces empêchements font partie d’un système bien encadré par l’acte
uniforme. En Belgique, un arrêté consacre la déchéance commerciale suite à une condamnation,
c’est l’arrêté N°22 du 24 octobre 1934 dit arrêté Royal relatif à l’interdiction judiciaire fait à
certains condamnés et aux faillis d’exercer certaines fonctions professionnelles ou activités. En
France, la cour administrative d’appel de Lyon, 5ème chambre, 08 août 2022 annule un arrêté
dans lequel le maire de la commune d’Aurillac avait un permis de construire valant une
8
GUINCHARD (S); DEBARD (T), Ibidem, P.1103
9
Gérard cornu et Association Henri Capitant, vocabulaire juridique, Paris, presse universitaire de France, coll
« Quadridje », 2005, 7e édition, 1970, P.25
10
Michel PEDAMON et Hugues KENFACK, Droit commercial, Dalloz, 2011, 3e édition, P.140
11
Art 11, (…), 20 et 461, loi N°2000-05 portant code de commerce, (J.O 15-03-2000)
2
autorisation d’exploitation commerciale en vue de la réalisation d’un ensemble commerciale
d’une surface de plancher de 6 708 m2. Le droit OHADA inspiré de l’occident consacre ces
empêchements dans l’acte uniforme et dans les lois internes de chaque Etat parti, ces
empêchements font partie d’un système bien encadré par l’acte uniforme.
Plusieurs auteurs ont écrit sur des sujets similaires au nôtre, mais qui se différencient par leur
portée. Tout de même, ces écrits nous ont permis de mieux cerner les aspects de la thématique.
Un auteur dans son article porté sur « la capacité commerciale des incapables en droit
OHADA : cas du mineur »12. Dans cette article, l’auteur explique l’univers de la capacité
commerciale en démontrant qui en a la capacité ou pas et les sanctions liées à ceux qui
entravent les règles juridiques de cette capacité. Un auteur a soutenu son mémoire dont le
thème porte sur « le secteur informel à l'épreuve du droit des affaires OHADA ». Son travail
rejoint le nôtre dans la mesure où ils présentent tous deux les secteurs interdits par le droit des
affaires OHADA. Cependant, le sien se plonge plus dans un univers où il met à nu les secteurs
informels en évoquant les moyens utilisés par ces personnes pour perdurer dans le noir. Puis il
tente d'attirer l'attention du législateur OHADA sur ces pratiques13. Nous par contre nous
allons présenter les personnes qui n'ont pas accès au commerce en droit OHADA et analyser
l'univers de ces empêchements dont les effets, les sanctions et les dérogations descellées.
L’objectif de ce travail sera de passer en revue les fondements juridiques relatifs à notre thème
; les sanctions afférentes ; les effets et les exceptions prévus.
Cet intérêt nous pousse à se questionner sur le champ des empêchements en droit OHADA,
partant des différents empêchements mentionnés dans l’AU ; les effets de ces interdits ; les
sanctions prévues par les textes et les dérogations à ces règles.
Ce sujet sera analysé en deux grandes parties dans un premier temps, nous allons distinguer et
analyser les empêchements à l’activité commerciale (première partie), puis nous allons dans un
second temps étudier les sanctions et les dérogations aux empêchements commerciaux
(deuxième partie).
12
Edmond MBOKOLO (E), « la capacité commerciale des incapables en droit OHADA : cas du
mineur »
13
Thierry Noël KANCHOP « le secteur informel à l'épreuve du droit des affaires OHADA »
3
PREMIERE PARTIE : LES EMPÊCHEMENTS A L’EXERCICE DE
L’ACTIVITE COMMERCIALE
L’acte uniforme et le droit interne des pays membres de l’OHADA ont prévu les différents
empêchements à l’exercice du commerce. C’est pourquoi dans cette première partie nous
verrons dans un premier temps les personnes interdites d’accès à l’activité commerciale
(Chapitre 1) puis, dans un second temps, nous allons étudier les effets résultant de
l’empêchement commercial (Chapitre 2).
4
CHAPITRE 1 : LES PERSONNES INTERDITES D’ACCES A
L’ACTIVITE COMMERCIALE
Le présent chapitre nous montrera que les personnes qui n’ont pas droit à exercer le
commerce selon l’acte uniforme sont celles qui présentent une incompatibilité et une
incapacité (Section 1) et les personnes frappées d’une déchéance ou d’une incapacité
(Section 2).
Au cours de cette section, nous montrerons que l’acte uniforme ne permet pas à ce que les
personnes incompatibles exercent le commerce (Paragraphe 1) ainsi que les personnes
incapables (Paragraphe2).
14
Art 9 al 1, AUDCG
5
pratiquer le commerce, leur activité doit être guidée par le service public et l’intérêt général.
Elle est incompatible avec une intention spéculative15. Au Gabon, une ordonnance interdit aux
militaires d’exercer une activité lucrative de quelque nature que ce soit16. Cette ordonnance
évite à ce que le militaire puisse utiliser son expérience acquise ou user des informations de sa
profession pour faire fructifier son activité commerciale. Une manœuvre déloyale au regard de
la libre concurrence, qui voudrait que les commerçants puissent concurrencer à armes égales.
Le droit OHADA voit ce principe se manifester dans les textes de ce dernier. En effet, la loi
portant modernisation de la fonction publique maintient le principe selon lequel les
fonctionnaires et agents non titulaires de droit public, doivent consacrer l’intégrité de leur
activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées et ne peuvent pas exercer à titre
professionnel, une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit17. En cas de non-
respect de cette interdiction, les fonctionnaires doivent reverser les sommes indument perçues18.
Les professionnels du secteur privé ne sont pas épargnés par cette mesure d’éloignement, tel
que prévue dans l’A.U en parlant de professions comme : avocat, huissier, notaire, greffier,
agent de change, liquidateur judiciaire, expert-comptable agrée, commissaire aux comptes et
aux apports, …)19. Pour le professeur Yves GUYON, ces incompatibilités paraissent
s’expliquer davantage par un motif de conscience professionnelle le commerce est une
profession trop absorbante pour être menée seule, en le cumulant avec une autre activité, on
risque de pratiquer médiocrement l’une ou l’autre, comme cela arrive souvent lorsqu’on fait
deux choses à la fois. De plus, le commerçant est animé principalement par la volonté de
réaliser des bénéfices, alors que le fonctionnaire doit être inspiré par l’intérêt général et le
membre d’une profession libérale par le désir de rendre un service qui n’est pas uniquement
pécuniaire. Il serait donc difficile qu’une même personne puisse en même temps, selon la
nature de ses activités à des motivations aussi différentes. C’est ainsi par exemple qu’un
auteur soutient cet argument en énonçant que « la fonction de commissaire aux comptes est
incompatible avec : tout activité ou tout acte de nature à porter atteinte à son indépendance ;
tout emploi salarié. Toutefois, un commissaire aux
15
Dimitri HOUTCIEFF, Droit commercial, Sirey, université, 4e édition, P.129
16
Art 76 de l’ordonnance N°007/PR/2010/PR/2010 du 25/02/2010 portant statut particulier des militaires
17
Loi N°2007-148 du 02/02/2007
18
www.africmemoire.com/part-3-chap-I-regime-relatif-a-l’incompatibilité-en-droit-ohada-1089.html.
19
Art 9 al 2; 3 AUDCG
6
comptes peut dispenser un enseignement se rattachant à l’exercice de la profession ou occuper
un emploi rémunéré chez un commissaire aux comptes ou chez un expert-comptable ; toute
activité commerciale qu’elle soit exercée directement ou par personne interposée20.
Le principe de la capacité d’exercer le commerce est posé par l’article 6 de l’AUDCG. D’après
cet article : « nul ne peut accomplir les actes de commerce à titre de profession, s’il n’est
juridiquement capable d’exercer le commerce »21. En effet, en droit OHADA, l’organisation de
la capacité relevant du statut personnel est l’œuvre des droits nationaux. En droit OHADA,
l’incapacité d’exercer le commerce frappe le mineur et le majeur incapable (A) et l’incapacité
du conjoint du commerçant (B).
Quel que soit son âge, le mineur non émancipé ne peut devenir commerçant, ni même faire
occasionnellement des actes de commerce. Les termes de l’article 7 al 1 de l’AUDCG sont
formels là-dessus. La raison est que le mineur est trop jeune pour mesurer les risques encourus.
Aucune autorisation ou aucun procédé détourné ne peut lever cette incapacité, car il s’agit d’une
incapacité d’exercice. Ce qui veut dire que le mineur n’a pas le droit de faire le commerce et
que son représentant légal ne pourra pas le faire en son nom et pour son compte22, car l’exercice
du commerce exige des qualités de commerce spéciales, des initiatives nombreuses et entraine
des conséquences trop graves pour qu’on puisse permettre à un mandataire légal, dont la gestion
ne pourra être constamment surveillée et qui devra se prêter à des formalités d’autorisation
compliquées (pour les conséquences de cette interdiction à l’égard des actes de commerce isolés
accomplis par un mineur non émancipé)23.
Les majeurs incapables quant à eux, sous ce vocable, désignent les malades mentaux ou les
faibles d’esprit qui font l’objet d’une mesure de tutelle (régime de la représentation) ou de
curatelle (régime de l’assistance). Ils sont assimilés au mineur non émancipé, leur mise à l’écart
20
D-05-50: Franck K.A JohnsonOHADA.com
21
Paul GERARD (P) Encyclopédie du droit OHADA, Lamy, 2011, P.530
22
Article 6 de l’AUDCG.
23
Jean van RYN, principe de droit commercial, tome 1er, Bruxelles by Bruylant, 1954, P.87
7
des affaires est normale car ils ne pourraient pas lutter à armes égales avec leur conçurent.
Lorsque l’incapacité atteint un commerçant, celui-ci doit cesser son activité. Son fonds de
commerce doit être soit vendu, soit donné en location-gérance, soit accordée à une société
commerciale autre que la SNC. Son représentant légal doit demander sa radiation du RCCM24
La femme mariée a souffert jusqu’à une date assez récente d’une double infériorité juridique.
D’une part, en vertu de l’article 4 al 1 de l’ancien code de commerce, elle n’était pas habilitée
à exercer le commerce sans l’autorisation de son mari, et d’autre part, selon l’article 4 al 2 la
femme mariée « n’était pas réputée marchande publique si elle ne faisait que détailler les
marchandises de son mari »25. Ce sont les lois du 18 février 1938 et 22 septembre 1942 qui lui
ont octroyé la capacité civile26. En France, une première étape a été franchie avec l’ordonnance
du 19 décembre 1958 autorisant les époux à être associés, avec cependant une restriction
protectrice des époux : ces derniers ne pouvaient faire partie d’une société au sein de laquelle
ils étaient tous deux solidairement et indéfiniment responsable du passif social.
Cette solution a été aussi retenue en droit sénégalais par l’article 378 du code de la famille.
L’AUDCG consacre aujourd’hui le même principe. Il affirme dans l’article 7 al 2 que deux
époux ne peuvent être associés d’une société dans laquelle ils seraient tenus des dettes sociales
indéfiniment ou solidairement. C’est proclamer implicitement que la société entre époux n’est
pas interdite sauf dans certains cas. Les époux ne peuvent donc être ensemble associés en nom
ou commandités d’une société de personnes27.
L’idée que le commerce suppose une bonne moralité fut très développée dans le passé. Elle a
toutefois subi un recul avec l’économie libérale qui estimait que le seul jeu de la concurrence
devait suffire à éliminer les mauvais commerçants. Par prévention, elle anticipe en fermant
l’accès à l’exercice du commerce à ceux qui ont fait la preuve de leur indignité. Il s’agit de la
24
Paul Gerard (p.), op. cit., P.531.
25
Michel PEDAMON et Hugues KENFACK, op. Cit. P.97.
26
Gerard PANGOUE, François (A) et Josette (N), le droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique OHADA, presse universitaire d’Afrique, P.13.
27
Gerard PANGOUE, François (A) et Josette (N), Op. Cit., P.14.
8
déchéance et de l’interdiction comprise comme la perte d’un droit infligé soit à titre de sanction
(déchéance), soit en raison du non-respect des conditions d’exercice de ce droit (interdiction).
Ces interdits sont inspirés par le souci général d’assainir les professions commerciales et
beaucoup plus par la sauvegarde des droits du public qui doit être protégée contre les personnes
d’une moralité douteuse.
Différente de l’interdiction, la déchéance est une sanction qui peut être infligée à un commerçant
ou à un non-commerçant. C’est une sanction prononcée par un tribunal suite à une
condamnation à une peine criminelle (A) ou suite à une condamnation à une peine délictuelle
(B).
Les déchéances ici sont spéciales, elles ont pour effet d’empêcher les condamnés pour crime ou
pour certains types de délits dont la nature varie selon l’activité concernée d’accéder ou de
pratiquer des professions commerciales28.
La condamnation pour crime est l’une des raisons de déchéance commerciale. Prévue par
l’AUDCG en son article 10, elle est souvent le plus souvent une peine complémentaire ou
accessoire. Elle s’additionne aux condamnations telles que :
- Tentative de crime
28
Michel PEDAMON et Hugues KENFACK, Op. Cit., P.141.
9
- Viol, torture, génocide, etc.
Les infractions énumérées ci-dessus sont des actes qui montrent la dangerosité d’un individu.
C’est dans ce sens que le législateur souhaite protéger les tiers et le monde du commerce contre
ces personnes indignes d’exercer la profession commerciale.
Dans le même sens que les peines criminelles, les condamnations aux peines délictuelles sont
également une cause de la déchéance commerciale comme énoncé à l’article 10 de l’AUDCG.
Les personnes condamnées pour des infractions telles que :
- Le vol
- L’abus de confiance
- L’escroquerie
L’interdiction commerciale est générale, elle a pour effet d’exclure de toute activité
commerciale les personnes qui ont fait l’objet soit d’une condamnation pénale ou fiscale (A),
soit d’une faillite personnelle (B).
En matière pénale, elle a pour effet d’interdire au condamné d’exercer une profession
commerciale ou industrielle, de diriger, d’administrer, à titre quelconque, directement ou
indirectement, pour son propre compte ou pour le compte d’autrui une entreprise commerciale
ou industrielle. Cette peine peut être prononcée par le juge soit à titre définitif, soit à titre
temporaire. Dans ce dernier cas, elle peut excéder une durée supérieure à 5 ans.
10
poursuivis pour certains délits relevant du droit fiscal, l’exercice de toute profession libérale,
industrielle ou commerciale. Cette sanction purement administrative devenait définitive en cas
de condamnation correctionnelle, sinon elle était levée automatiquement. Désormais,
l’interdiction d’exercer une telle profession ne peut être prononcée pour les mêmes délits que
par le tribunal et à titre de peine complémentaire. La durée de l’interdiction ne peut excéder 5
ans29. Cette durée pouvant être doublée en cas de récidive30.
Les commerçants et autres professionnels indépendants qui cessent leurs paiements n'encourent
ni déchéance ni interdiction du seul fait de l’ouverture à leur égard d’une procédure de
sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire. Il en va de même des dirigeants
(personnes physiques), de personnes morales à l'égard desquelles l’une de ces procédures est
ouverte. Mais les uns et les autres peuvent avoir commis des fautes graves de gestions telles
que la poursuite abusive d'une exploitation déficitaire, la dissimulation de tout ou partie de
l’actif, l’augmentation frauduleuse du passif, etc. Dans ces cas-là, le tribunal peut prononcer
contre eux « la faillite personnelle » qui les frappe parmi d’autres sanctions d’une interdiction
générale de faire le commerce donc de diriger, gérer, administrer ou contrôler directement ou
indirectement soit tout entreprise commerciale ou artisanale ou toute personne morale31.
29
CGI, Art 1030.
30
CGI, Art 1027.
31
AUPCAP, Art 203 al 1.
11
CHAPITRE 2 : LES EFFETS RESULTANT DE L’EMPÊCHEMENT DE
L’EXERCICE DE L’ACTIVITE COMMERCIALE
Dans ce chapitre il sera question de présenter deux genres d’effets qui proviennent des
empêchements commerciaux. Parmi ces effets, l’on retrouve l’interdiction d’accomplir des
actes de commerce (section 1) et la valeur bipolaire des actes passés auprès des tiers (section
2).
Lorsqu’une personne est frappée par une interdiction commerciale, elle subit les effets liés à
cette interdiction, dont l’interdiction à l’entreprenariat (paragraphe 1), qui est une interdiction
qui résulte de tous les empêchements commerciaux. Puis, la faillite personnelle (paragraphe 2),
qui est une sanction qui frappe les dirigeants d’entreprise fautifs dans la gestion d’une
entreprise.
Lorsqu’une personne suite à un empêchement n’est pas autorisée à entreprendre, cette personne
fait l’objet d’une exclusion à la création d’une entreprise (A). Aussi, cette personne n’est pas
habilitée à reprendre une entreprise (B).
Les personnes frappées par les empêchements commerciaux ne peuvent créer ou participer à la
création d’une entreprise, car l’interdiction dont ils font l’objet sera l’obstacle pour finaliser les
actes de procédure pour la création ou la cogestion d’une personne morale à caractère
commercial. L’une des finalités de la création d’une entreprise commerciale est que celle-ci
puisse acquérir la personnalité morale après immatriculation au registre du commerce et du
crédit mobilier comme prévu à l’article 98 de l’AUDSGIE qui dispose que « toute société jouit
de la personnalité juridique à compter de son immatriculation au registre du commerce et du
crédit mobilier). En effet, l’immatriculation d’une société ne peut être acquise auprès du RCCM
si l’entrepreneur présente une incapacité, incompatibilité, interdiction ou déchéance au
commerce. L’entrepreneur de ces catégories ne pourra que se constituer en commerçant de fait.
12
B. L’interdiction de reprendre une entreprise
Il est fait interdiction à une personne frappée par un empêchement commercial de reprendre une
entreprise. Dans la mesure où une reprise a été effectué de manière illégale, l’interdit ne pourra
pas se prévaloir de son empêchement commercial pour se sortir d’une situation difficile. Dans
une société pluripersonnelle, les autres associés pourront soulever la nullité du contrat les liant
à l’interdit dans l’entreprise sur la base du dol, ce qui entrainera la disparition de l’affectio
societatis, une condition primordiale pour réunir des associés. Aussi, les associés mécontents
pour rompre le contrat les liant à l’interdit pourront se prévaloir de l’article 7 de l’AUDSCGIE
qui dispose que, « une personne physique ou morale ne peut être associée dans une société
commerciale lorsqu’elle fait l’objet d’une interdiction, incapacité, incompatibilité prévue par
une disposition légale ou réglementaire ».
La faillite personnelle produit un effet principal (A) et d’autres effets que l’on peut considérer
comme étant secondaire (B).
A. L’effet principal
L’effet principal tient dans l’interdiction générale de faire le commerce et notamment de diriger,
gérer, administrer ou contrôler une entreprise commerciale à forme individuelle ou toute
personne morale ayant une activité économique. L’interdiction générale de faire le commerce
et de diriger, gérer ou administrer une entreprise constitue la principale conséquence de la
faillite personnelle. En effet, l’objectif poursuivi est d’éliminer le commerçant ou dirigeant
fautif du monde des affaires et des entreprises afin d’éviter la réédition des actes ou des
comportements préjudiciables, en particulier aux créanciers. D’où la nécessité d’obtenir le
respect de cette interdiction. Il est certain qu’un interdit ne pourra pas se faire immatriculer au
registre du commerce et du crédit mobilier. Toutefois, rien ne l’empêche d’exercer en fait le
13
commerce, surtout en Afrique ou existe un important secteur informel32. Cela n’est cependant
pas sans risque : l’AU prévoit en effet que les personnes qui violeraient l’interdiction d’exercer
le commerce ou d’assumer la fonction de dirigeant sont passibles des peines de banqueroute
frauduleuse33, ce qui montre que pour le législateur OHADA, la violation de l’interdiction est
une faute grave. Mais un auteur considère qu’une telle sanction est purement éventuelle en tant
que liée à la survenance d’une nouvelle cessation de paiements, ce que le failli personnel, fort
de son expérience passée pourrait éviter34.
- L’interdiction d’exercer une fonction publique élective et d’être électeur pour ladite
fonction publique ;
- L’interdiction d’exercer une fonction administrative, judiciaire ou de représentation
professionnelle ; le domaine de cette interdiction semble nécessiter des précisions que
la CCJA pourrait apporter ;
- La privation du droit de vote dans les assemblées de la personne morale contre laquelle
est ouverte la procédure collective ; ce droit est exercé par un mandataire désigné à cet
effet par le juge-commissaire à la requête du syndic ; il n’est pas prévu, comme dans la
condamnation à combler le passif, la possibilité d’enjoindre le dirigeant de céder ses
droits sociaux, ce qui peut sembler anormal dans la mesure où la faillite personnelle est
une sanction a priori plus grave que l’obligation de combler le passif ; il est vrai que le
prononcé de la faillite personnelle ne postule pas l’existence d’une insuffisance d’actif
qu’il faudrait combler.
Au titre de droit comparé, l’on relève qu’en France la condamnation à la faillite personnelle du
débiteur fait recouvrer au créancier l’exercice individuel de leurs actions. Une telle disposition
s’explique par le fait que dans ce pays, la règle est que la clôture de la procédure, même pour
insuffisance d’actifs, ne fait pas recouvrer au créancier l’exercice individuel de leurs actions.
Telle n’est pas la situation dans l’OHADA où les créanciers recouvrent leurs droits de poursuite
32
Paul GERARD (P), Op. Cit., P.1820
33
AUPCAP, Art 229 et 233.
34
Dans ce sens Ferdinand DERRIDA, un vide législatif à combler, à propos de l’interdiction d’« exploiter » une
entreprise commerciale, Dalloz, 1968. Chronique XVI, P.95 à 97.
14
individuels non seulement en cas de clôture pour insuffisance d’actifs mais également pour
toute clôture de l’union. La faillite personnelle était classiquement perpétuelle jusqu’à
réhabilitation. L’AU tenant compte du droit comparé, a profondément modifié cette situation.
Les actes passés auprès des tiers ont une valeur à double facette, qui peut se comprendre à
travers l’analyse des actes passés par les tiers (Paragraphe 1) et des actes passés par les interdits
(Paragraphe2).
Pour comprendre les actes passés par les tiers dans ce paragraphe, il faudrait d’une part analyser
les actes passés par les tiers avec un incapable (A) puis, d’autre part analyser les actes passés
par un tiers avec un autre interdit (B).
L’acte uniforme OHADA dans l’intérêt des incapables, interdit que ces personnes puissent
passer des actes de commerce. Et pourtant les actes passés par un incapable à l’encontre de la
loi, a des effets ou pas selon la personne incapable.
Les actes de commerce, même isolés conclus par le mineur ou le majeur sous curatelle sont nuls
puisqu’il s’agit de le protéger. Cette nullité à un caractère relatif et ne peut être invoquée que
par le mineur devenu majeur ou par son représentant légal, mais non pas par le cocontractant35.
Cependant dans le cas des mineurs, le code gabonais prévoit que les contrats conclus par le
mineur seul ne sont pas nécessairement frappés de nullité, mais seulement rescindable en raison
de leur caractère lésionnaire36. Et dans le même code, il est mentionné que les actes à caractère
patrimonial passés par un majeur en curatelle sont frappés d’une nullité relative demandée par
le majeur en curatelle ou par le curateur37. S’agissant du conjoint du commerçant en incapacité,
la qualité du commerçant lui est reconnue car les tiers ne peuvent pas savoir qu’elle fait
35
Paul GERARD (P), Op. Cit., P.530.
36
Art 604 Code civ.
37
Art 643 Code civ.
15
irrégulièrement le commerce. Le conjoint ne saurait se prévaloir de leur faute pour échapper à
leur obligation professionnelle. Une procédure collective peut donc être ouverte contre elle38.
Les personnes en interdiction commerciale n’ont pas le droit d’effectuer des actes de commerce.
Lorsqu’ils effectuent des actes à l’encontre de la loi, ces actes ne sont pas opposables vis-à-vis
des tiers (A) et en cas de litige, l’interdit n’est pas en capacité de soulever l’inexistence des
actes passés pour des raisons illicites (B)
En Afrique le secteur informel a pris un volume conséquent avec les interdits à l’exercice
commercial qui exerce le commerce malgré les mesures restrictives de la loi envers eux. Les
actes effectués par un interdit ne sont pas opposables vis-à-vis des tiers de bonne foi.
L’interdiction empêche l’interdit de se prévaloir de l’existence d’un contrat et de ses effets
envers les personnes non signataires. Les tiers ne sont pas tenus de respecter les actes passés
par un interdit, le commerce ; le nom ; les inventions résultant du commerce ; le logo de la
société d’un interdit (société de fait), ne sont pas protégés par une licence ou quelconque
38
Cass. Com 2 février 1970 JCP 1970, II. 16313.
39
Cass. Com 2 février 1970, D. 1970, 430.
16
document de propriété. Ce qui donne la liberté à quiconque le voulant de copier ou de
s’approprier le commerce d’un commerçant fessant l’objet d’un empêchement commercial.
Pour pallier la mauvaise foi de l’interdit, le cocontractant de l’interdit se voie protégé d’une
éventuelle entourloupe. En effet, l’expression latine « Nemo auditur propriam turpitudinem
allegans » est un principe général en droit selon lequel la mauvaise foi d’une personne ne peut
être utilisée en son avantage, c’est pour cela que le législateur gabonais dans le Code civil ne
frappe pas de nullité le contrat passé avec un mineur si le caractère Lésionnaire n’est pas
observé39. Cette pratique n’est pas du tout la même en territoire français sur le cas des
incapables, pour eux l’incapacité ayant pour objet de protéger une personne présumée inapte à
défendre ses intérêts, l’incapable peut s’en prévaloir pour ne pas être déclaré en redressement
ou liquidation judiciaire ; ou encore décliner la compétence du tribunal de commerce devant
lequel il serait assigné. Quant aux actes qu’il passe, ils sont en principe nul, d’une nullité relative
que l’incapable seul peut invoquer40.
39
C.civ, Art 604.
40
Civ., 6 November 1950, RTD com. 1952, P.3000, obs. A. Jauffret.
17
DEUXIEME PARTIE : LES SANCTIONS ET LES DEROGATIONS AUX
EMPECHEMENTS D’EXERCICE DE L’ACTIVITE COMMERCIALE
La deuxième partie de notre travail portera sur une étude des sanctions pour les interdits qui
accomplissent des actes de commerce (Chapitre 1), puis il sera question d’analyser les
dérogations aux lois d’empêchement (Chapitre 2).
18
CHAPITRE 1 : LES SANCTIONS A L’ACCOMPLISSEMENT D’ACTE
DE COMMERCE
L’accomplissement d’actes de commerce par un interdit entraine des sanctions, ces sanctions
peuvent être de type national ou international (Section 1), ou simplement des sanctions
disciplinaires (Section 2).
Dans cette section il sera question d’étudier les sanctions prévues par l’acte uniforme OHADA
dans un premier temps (Paragraphe 1) puis dans un second temps, d’étudier les sanctions
prévues par le Code pénal gabonais (Paragraphe 2).
Dans ce paragraphe, il sera question de parler dans un premier temps des sanctions de la
violation de l’incompatibilité (A), puis dans un second temps des sanctions de la violation de
l’interdiction et de la déchéance commerciale (B).
19
statut41. On ne saurait admettre que ces derniers puissent échapper aux conséquences de leur
fait en tirant précisément argument de cette illicéité, ou en considérant que l’activité
commerciale n’a pas été exercée pour la seule raison qu’elle l’a été illicitement.
L’acte uniforme prévoit en effet que les personnes qui violeraient l’interdiction d’exercer le
commerce ou d’assumer la fonction de dirigeant sont passibles des peines de banqueroute
frauduleuse comme prévues dans l’AUPCAP42. C’est une peine qui nécessite une procédure de
redressement ou de liquidation judiciaire. Pour la déchéance, sa violation entraine des sanctions
prévues par l’AUDCG en son article 12. En effet, ces sanctions concernent d’une part
l’inopposabilité au tiers de bonne foi des actes accomplis en violation de la déchéance, d’autre
part l’opposabilité de ces actes à l’interdit lui-même. La bonne foi des tiers est toujours
présumée, elle suppose que le tiers croyait en la validité de l’acte qu’il a passé avec l’interdit.
Il appartiendra par conséquent à celui qui invoque l’irrégularité de démontrer que le tiers avait
connaissance de l’irrégularité au moment où il contractait. On peut s’interroger sur l’option du
législateur OHADA en ce qui concerne le choix de l’inopposabilité comme sanction de
l’exercice du commerce par un déchu. N’est-elle pas moins rigoureuse que la nullité, et donc
plus indulgente à l’égard.
Le paragraphe précédent nous édifie clairement sur le fait que le législateur OHADA ne porte
pas contre les violeurs de l’incompatibilité des sanctions pénales, il se contente plus de le
considérer comme un commerçant de fait et de reconnaitre ses obligations. En effet, le
41
Com. 2 février. 1970 : D., 1970, 430 ; JCP 1970. II. 16313, obs. J.A.
42
Art 229 et 233, AUPCAP.
20
législateur interne de chaque Etats membre est le plus apte à définir les sanctions pénales car
les Etats pourront difficilement se mettre d’accord sur une sanction pénale qui rentrerait
parfaitement en accord avec les réalités de chaque pays. Le législateur gabonais dans la loi
n°006/2020 du 30 juin 2020 portant modification de la loi n°042/2018 du 05 juillet 2019 portant
code pénal en république gabonaise, en son article 131 prévoit que les personnes ayant été
chargée, en tant qu’agent public ou agent d’une administration publique, dans le cadre des
fonctions qu’elle a effectivement exercées, soit d’assurer la surveillance ou le contrôle d’une
entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une entreprise privée est
passible de cinq ans d’emprisonnement et d’une amendant de 10 000 000 de francs. L’on peut
remarquer cependant que le législateur gabonais prévoit des sanctions pénales qu’à l’encontre
des professions du secteur public, ce qui revient à dire que la violation d’une incompatibilité
par un professionnel du secteur privé (avocat, notaire, …) ne donne lieu qu’à des sanctions
disciplinaires.
Lorsque des professionnels outrepassent les lois de l’incompatibilité commerciale, ils subissent
des sanctions disciplinaires qui varient selon qu’on soit d’une profession libérale (Paragraphe
1) ou d’une profession du secteur public (Paragraphe 2).
21
Paragraphe 1 : Les professions libérales
En cas de non-respect des mesures d’incompatibilité commerciale dans les professions libérales,
deux genres de sanctions leur sont appliqués : la destitution (A) et la radiation (B).
A. La destitution
Dans un souci d’intérêt général, et pour préserver l’intégrité de certaines professions libérales,
le législateur OHADA dans l’AUDCG à l’article 9 présente une série de fonctions
incompatibles en cas de commerce susceptible de faire l’objet de destitution dont la profession
de commissaire-priseur ; huissier ; notaire ; etc. D’ailleurs, bien que le législateur OHADA
prévoie des incompatibilités, les législateurs de chaque pays adhérant prévoient également ces
incompatibilités notamment au Gabon dans la loi n°001/2022 du 23/03/2022 fixant les
conditions d’exercice de la profession d’huissier de justice en république gabonaise. L’article
26 al 2 de cette loi dispose que « la profession d’huissier de justice est incompatible avec
l’exercice de toute activité à caractère commercial, qu’elle soit exercée directement ou par
personne interposée sous réserve des cas de dérogation prévus par la loi en vigueur ». L’article
81 de la même loi énonce que les infractions aux lois, règlement et règles professionnelles sont
des fautes donnant lieu à des sanctions disciplinaires. Ces sanctions peuvent entrainer la
destitution comme il est dit dans à l’article 94 de la loi précitée. Cette sanction est également
retrouvée dans la loi portant statut des notaires en république gabonaise43.
B. La radiation
La radiation est une sanction qu’encourent les personnes cumulant certaines professions telles
que l’avocature, expert-comptable, etc. dans la profession d’avocat par exemple le but de ces
sanctions est le détachement de l’intérêt personnel au profit de l’intérêt général qui sauvegarde
leur indépendance au monde marchand. L’interdiction des exercices professionnels liés au
commerce ou à l’industrie puise sa source dans le concept de noblesse dans la mesure où le
prestige et les valeurs de la fonction de défense autorisaient les avocats à revendiquer une
noblesse professionnelle44. C’est dans le souci de sauvegarder leur indépendance au monde
43
Loi n°8/73 du 20/12/1973 portant statut des notaires.
44
www.africmemoire.com/part.3-chap-Iregime-a-lincompatibilité-en-droit-ohada-1089.html
22
commercial et de préserver leur noblesse que le législateur gabonais a prévue d’interdire et de
sanctionner les avocats qui voudront cumuler leur fonction à l’activité commerciale. La loi
n°13/2014 du 07/01/2015 fixant le cadre d’exercice de la profession d’avocat en république
gabonaise. L’article 47 al 2 énonce que la profession d’avocat est incompatible avec des
activités à caractère commercial. Et l’article 40 al 1 dit que l’avocat se trouvant dans un cas
d’incompatibilité ou d’exclusion peut être radié. Cette interdiction et sanction sont similaires à
la loi portant création de l’ordre national des experts-comptables et réglementant le titre de la
profession d’expert-comptable en république gabonaise45.
Lorsque les professionnels du secteur public se retrouvent dans un cas d’incompatibilité prévu
dans les textes, deux types de sanctions peuvent leur être appliqués : des sanctions mineures
(A) et des sanctions majeures (B).
Les sanctions mineures, sont des sanctions moins graves qui ne nécessitent pas la consultation
d’un conseil de discipline. Ces sanctions ont un rôle préventif, leur but est de porter au fautif
le mécontentement de l’administration à son égard. L’article 129 de la loi n°8/91 du 26/09/1991
portant statut général des fonctionnaires, énumère trois sanctions mineures dont :
- L’avertissement ;
Contrairement aux sanctions mineures, les sanctions majeures sont plus contraignantes et
peuvent porter atteinte à la fonction. Ces sanctions sont privatives d’avantages virtuels ou
45
Loi n°22/2017 du 26/01/2018 portant création de l’ordre national des experts-comptables et
réglementant le titre de la profession d’expert-comptable en république gabonaise.
23
probante. Également énumérés par l’article 129 de la loi n°8/91 du 26/09/1991 portant statut
général des fonctionnaires. Cette loi a prévu six sanctions dont :
- L’abaissement d’échelons ;
- L’abaissement de classe ;
- L’abaissement de grade ;
- L’abaissement de hiérarchie ;
24
CHAPITRE 2 : LES DEROGATIONS AUX EMPÊCHEMENTS
D’EXERCICE
Il est vrai que quiconque se trouvant dans un cas d’empêchement commercial, n’est pas autorisé
à pratiquer une activité commerciale. Cependant, il existe des exceptions dans la pratique qui
permettent à des interdits de commerce, de pratiquer l’activité commerciale. Dans la pratique,
l’incapacité commerciale présente des exceptions (Section 1), hormis cette exception il en existe
d’autres en droit OHADA (Section 2).
Le conjoint du commerçant peut dans certains cas exercer le commerce. Cela se justifie si les
conjoints se trouvent dans une société de capitaux (A) ou si les conjoints sont mariés au régime
de la séparation de biens (B).
La qualité d’associé peut être reconnue à deux époux membres d’une même société. Cette
possibilité n’est envisagée que dans l’hypothèse où la forme de la société projetée n’implique
pas pour ses membres une responsabilité indéfinie et solidaire à l’égard des créanciers sociaux
(article 9 de l’AUSCGIE). Ainsi, les époux peuvent être actionnaires dans une SA, associés
d’une SARL, ou commanditaire d’une SCS. Ils peuvent aussi être associés dans une SCS dans
la mesure où l’un est commanditaire et l’autre commandité.
Il leur est cependant interdit d’être associés d’une SNC ou commandité d’une SCS. Il ne saurait
faire de doute que l’interdiction est fondée sur l’atteinte que de telles sociétés portent au
fonctionnement normal du régime matrimonial, en particulier aux règles du passif ; elle est
25
également justifiée par l’article 7 al. 2 de l’AUDCG interdisant que les deux époux soient
commerçants en exerçant la même activité46.
Dans ce paragraphe il sera question de trouver les cas où le mineur a la capacité d’exercice
commerciale (A) ainsi que de retrouver l’aptitude au commerce du majeur incapable (B).
46
Paul GERARD (P), Op. Cit., P.358.
47
MESTRE (J), VELARDOCCHIO (D), et BLANCHARD-SEBASTIEN (C)., Lamy société commerciales,
édition 2000, P.210.
48
Paul GERARD (P), Op. Cit., P.358.
26
A. La capacité du mineur à exercer
Le mineur est autorisé à faire le commerce lorsqu’il fait l’objet d’une émancipation soit par le
mariage (Art.610 C.civ) soit par ses parents (Art.611 C.civ) ou encore soit par le conseil de
tutelle (Art.612 C.civ). « Le mineur émancipé peut faire le commerce comme un majeur, s’il y
a été autorisé spécialement selon les formes prescrites par le code de commerce ou par la loi
»49. Tel que nous venons de le dire, l’émancipation confère au mineur la pleine capacité
juridique. Le mineur émancipé est la personne physique de l’un ou de l’autre sexe qui n’a pas
encore atteint l’âge de la majorité mais qui en raison d’un acte juridique a été relevé de son
incapacité. L’incapacité que bénéficiait le mineur a été levé par l’article 7 al 1er de l’AUDCG
qui dispose « le mineur, sauf s’il est émancipé, ne peut avoir la qualité de commerçant ni
effectuer les actes de commerce ». Cette disposition à dire vrai, lève la double incapacité du
mineur à avoir la qualité du commerçant et à effectuer les actes de commerce lorsqu’il est
émancipé selon les conditions de la loi nationale, en l’occurrence du Code civil. Donc la
possibilité de rattachement du commerce par le mineur est liée obligatoirement et
inévitablement à l’émancipation, qui celle-ci confère au mineur la qualité de commerçant et est
frappé à des rigueurs du droit des affaires.
Le régime des majeurs incapables sous tutelle est identique à celui des mineurs en tutelle, ils ne
peuvent donc être associés d’une société qui confère la qualité de commerçant à ses membres.
Les majeurs incapables sous curatelle, leur incapacité est réduite. Ils peuvent accomplir tout
seuls les actes que le tuteur peut faire sans l’autorisation du conseil de famille. Mais ils ne
peuvent accomplir qu’avec l’assistance du curateur les actes pour lesquels le tuteur a besoin de
l’autorisation du conseil de famille50. Quant aux majeurs sous sauvegarde de justice, (c’est-à-
dire selon le lexique des termes juridique, sous le régime de protection applicable aux majeurs
atteints d’une altération temporaire de leurs facultés mentales ou corporelles et conservant aux
intéressés l’exercice de leurs droits, mais justifiant la rescision pour lésion, ou la réduction
pour excès, des actes qu’ils ont passés et des engagements qu’ils ont contractés), parce que,
49
Art.617 de la loi n°15/72 du 29 juillet 1972 portant adoption de la première partie du code civil.
50
Art. 510, C.civ du Cameroun.
27
conservant dans cette situation l’exercice de ses droits, peut-être régulièrement nommé gérant
ou administrateur de société51.
En doit OHADA, d’autres atténuations font leur apparition dans les textes internes des Etats
membres, ces atténuations peuvent résulter soit de la pratique (Paragraphe 1) ou encore des
contrats (Paragraphe 2).
Dans la pratique, les atténuations aux empêchements peuvent s’observer dans le cas des
fonctionnaires (A) ou lors d’une autorisation par le rendu du juge (B).
Le principe de l’interdiction du cumul est posé, mais il s’agit en réalité d’une interdiction
relative52, car il est généralement admis que le fonctionnaire peut exercer une activité privée
lucrative si celle-ci ne nuit pas à son indépendance ou s’il s’agit de production rurale, d’œuvres
53
scientifiques, littéraires ou artistiques . De même, l’incompatibilité ne concerne pas le
fonctionnaire mis en disponibilité ou en détachement. En effet, la disponibilité est la position
du fonctionnaire qui, placé temporairement hors de son cadre, cesse de bénéficier pour la durée
de cette position, de ses droits à la rémunération, à l’avancement et à la pension. Elle est
accordée au fonctionnaire pour des motifs de convenance personnelle ou même entreprendre
des activités, on estime que le fonctionnaire mis en disponibilité peut bien l’exercer54. Le
détachement quant à lui est la position du fonctionnaire placé temporairement hors de son poste
de travail pour servir auprès d’une institution publique ou privée, national ou international,
51
MESTRE (J), VELARDOCCHIO (D), et BLANCHARD-SEBASTIEN (C)., Op. Cit., P.263.
52
ANOUKAHA (F), l’incompatibilité d’exercice d’une activité commerciale dans l’espace OHADA : le cas du
Cameroun, annales de la faculté des sciences juridique et politique, université de Dschang, tome V, 2001, PUA,
n°39, P.9.
53
Art.37 nouveau du décret n°2000/287 du 12/10/2000 portant droit et obligation des fonctionnaire en
république camerounaise.
54
ANOUKAHA (F), Op. Cit., n°11 et S., P.9.
28
gouvernementale ou non. Il en résulte que l’activité exercée par ce fonctionnaire sera celle qui
lui est confiée par l’organisme de détachement. A ce titre, il pourra gérer une société, fut-elle
commerciale55.
L’interdit ou le déchu peut être associé d’une SARL ou actionnaire d’une SA sans y exercer la
fonction de direction telle que gérant-administrateur, directeur général, président du conseil
56
d’administration . En France avant la loi de modernisation économique, certaines
condamnations pénales emportaient de plein droit une interdiction professionnelle. Le juge a la
possibilité de relever le condamné en tout ou partie de cette déchéance ou interdiction
automatique (Art 132-21 du Code pénal français et 702-1 du Code de procédure pénale
français). L’intéressé peut demander à tout moment la levée des incapacités professionnelles à
la juridiction qui l’a condamné58.
Au Gabon, cette autorisation par décision du juge est prévue par l’article 47-2 al 2 de la loi
n°006/2020 du 30 juin 2020 portant modification de la république gabonaise. Cependant,
différemment de la France, il n’est nullement évoqué dans les codes que la réhabilitation peut
être demandée par l’intéresser à tout moment. L’article 609 du code de procédure pénale
gabonais dispose que « toute personne condamnée par une juridiction à une peine criminelle ou
correctionnelle peut être réhabilitée. La réhabilitation efface la condamnation et fait cesser pour
l’avenir toutes les incapacités et interdictions qui en résultent. La réhabilitation est soit acquise
de plein droit, soit accordée par arrêt de la chambre d’accusation ».
55
Paul GERARD (P), Op. Cit., P.639.
56
www.entreprise.CCI-paris-
idf.fr/web/reglementation/developpemententreprise/droitaffaires/incompatibilite-et-interdiction-de-
gerer 58 www.entreprise.CCIparis-idf.fr/ Ibidem.
29
A. Le contrat de société : la SCS
La SCS est une société qui présente un avantage non négligeable. Un commerçant tenté par
l’aventure, mais qui n’a pas de fonds, peut bénéficier des apports des personnes disposant des
fonds mais ne pouvant pas se livrer à des opérations commerciales à raison de leur statut
(fonctionnaire, membre de profession libérale, etc.)57, cela montre la possibilité qu’a des
personnes incompatibles à exercer le commerce dans une SCS.
Dans le paragraphe sur les conjoints commerçants vu en amont, nous avons déjà expliqué que
deux époux peuvent être simultanément, seuls ou avec d’autres personnes, membres d’une
société en commandite simple, à la condition de ne pas être tous les deux commandités. La
participation simultanée des époux est autorisée dès lors que l’un d’eux est commanditaire.
Aussi, la SCS a de particulier qu’elle donne la possibilité à des personnes en incapacité ou en
incompatibilité d’exercer le commerce.
En effet, les commanditaires qui n’ont pas la qualité de commerçant sont soumis à des règles
moins contraignantes. Ils ne sont pas tenus de remplir les conditions nécessaires pour faire le
commerce. Rien ne s’oppose donc un à ce qu’un incapable entre, même au moment de la
constitution, dans une société en commandite. Cette hypothèse est d’ailleurs expressément
prévue par l’article 290 AUDCSGIE qui règle les conséquences du décès d’un membre d’une
société en nom collectif dont les statuts comportent une clause de continuation avec les héritiers.
Il résulte de ce texte que si parmi les héritiers, il y a un ou plusieurs mineurs, non émancipés
cette société devra, dans le délai d’un an, être transformée en société en commandite simple
dans laquelle ces mineurs seront commanditaires58.
B. Le contrat de prête-nom
Dans la convention de prête-nom, une personne promet d’agir pour le compte d’autrui mais en
son propre nom, car elle dissimule sous sa propre personnalité le véritable intéressé : il y a
simulation par interposition de la personne. Au contraire, le mandataire n’agit pas seulement
pour le compte d’autrui, mais aussi au nom d’autrui. Le prête-nom est pratiqué lorsqu’une
57
Gerard PANGOUE, François (A) et Josette (N), Op.cit., n°351, P.159.
58
Paul GERARD (P), Op. Cit., n°17, P.1971.
30
personne ne veut pas apparaître dans un contrat et veut faire croire à son cocontractant et aux
tiers que son intermédiaire traite pour son propre compte59. Cette technique permet à une
personne frappée d’une interdiction commerciale d’utiliser un prête-nom qui va devenir
associer à sa place. Seulement, à la lecture de l’article 10 al 1 de l’AUDCG qui dispose que «
nul ne peut exercer une activité commerciale, directement ou par personne interposée, s’il a fait
l’objet : d’une interdiction générale, définitive ou temporaire, prononcée par l’un des Etats
parties, que cette interdiction ait été prononcée comme peine principale ou peine
complémentaire », on pourrait comprendre que les personnes frappées d’interdiction et de
déchéance commerciale ne peuvent pas user du prête-nom, donc ce stratagème ne peut être
utilisé que par une personne en incapacité ou en incompatibilité.
59
Philippe (M) ; Laurent (A) et Pierre-Yves (G), Droit des contrats spéciaux, LGDJ, 8eédition, 2016, n°534, P.302.
31
CONCLUSION
Lors de notre étude, nous avons répondu au problème posé dans l’introduction qui est de savoir
le champ des empêchements en droit OHADA, partant des différents empêchements
mentionnés dans l’AU ; les effets de ces interdits ; les sanctions prévues par les textes et les
dérogations à ces règles.
En effet, nos recherches démontrent qu’en droit OHADA il existe des facteurs qui freinent la
réalisation d’un commerce chez certaines personnes dénommées, les interdits commerciaux.
Au regard de l’AU et des lois nationales ces personnes ont interdiction de pratiquer le commerce
en raison de leur situation (incompatibilité, interdiction, incapacité et déchéance).
Dans le monde des affaires, le législateur OHADA et le législateur national ont fait en sorte que
les interdits à l’activité commerciale puissent se décourager de pratiquer le commerce, car en
effet, les interdits ne jouissent pas des mêmes droits que les personnes valides à l’activité
commerciale, alors que certaines obligations qui ne leur avantagent pas peuvent leur être
imputé.
L’un des moyens de découragement mis en place par le législateur est la sanction qui peut être
portée à différents niveaux. Ces sanctions servent à prévenir le secteur informel et donner un
caractère coercitif aux lois émises par le législateur. Seulement, comme il est récurrent en droit,
le principe est souvent accompagné d’exceptions. Ces exceptions aux empêchements
permettent d’ouvrir une voie vers le commerce pour les interdits, des exceptions bien sûr
encadrées par des conditions bien précises.
Par ce travail on pourrait tout simplement comprendre que bien qu’il existe des empêchements
à la pratique de l’activité commerciale, il est possible d’en pratiquer sous le couvert de certaines
conditions qui nous permettrons de ne pas se retrouver en position d’hors la loi.
32
BIBLIOGRAPHIE
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CORNU (G) et Association Henri CAPITANT, vocabulaire juridique, Paris, presse universitaire de
France, coll « Quadridje », 2005, 7e édition, 1970.
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33
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V. TEXTES JURIDIQUES
Acte uniforme portant droit commercial général.
VI. WEBOGRAPHIE
THALLER Edmond, Droit des affaires, www.etudier.com www.entreprise.CCI-
parisidf.fr/web/reglementation/developpement-entreprise/droitaffaires/incompatibilite-
etinterdiction-de-gerer
VII. JURISPRUDENCE
Cass. Com 2 février 1970 JCP 1970, II. 16313.
Cass. Com 2 février 1970, D. 1970, 430.
34
TABLE DES MATIERES
DEDICACE ........................................................................................................I
REMERCIEMENTS ....................................................................................... II
AVERTISSEMENT ...................................................................................... III
SIGLES ET ABREVIATIONS .....................................................................IV
SOMMAIRE .................................................................................................... V
INTRODUCTION ............................................................................................ 1
PREMIERE PARTIE : LES EMPÊCHEMENTS A L’EXERCICE DE
L’ACTIVITE COMMERCIALE .............................................................. 4
CHAPITRE 1 : LES PERSONNES INTERDITES D’ACCES A
L’ACTIVITE COMMERCIALE.................................................................... 5
Section 1 : Les personnes frappées d’incompatibilité et d’incapacité ................ 5
Paragraphe 1 : L’incompatibilité d’exercice commercial ............................................................. 5
A. Les professionnels du secteur public ............................................................................... 5
B. Les professionnels du secteur privé ................................................................................. 6
Paragraphe 2 : L’incapacité commerciale .................................................................................... 7
A. L’incapacité du mineur non émancipé et du majeur incapable ....................................... 7
B. L’incapacité du conjoint du commerçant......................................................................... 8
Section 2 : Les personnes frappées de déchéance et d’interdiction .................... 8
Paragraphe 1 : La déchéance à l’exercice commercial................................................................. 9
A. La déchéance suite à une condamnation à une peine criminelle .................................... 9
B. La déchéance suite à une condamnation à une peine délictuelle ................................. 10
Paragraphe 2 : L’interdiction commerciale ................................................................................ 10
A. La condamnation pénale ou fiscale ............................................................................... 10
B. La condamnation à la faillite personnelle ...................................................................... 11
35
B. Les effets secondaires .................................................................................................... 14
Section 2 : La portée des actes passés auprès des tiers ...................................... 15
Paragraphe 1 : Les actes passés par les tiers ............................................................................. 15
A. Les actes passés par un tiers avec un incapable ............................................................ 15
B. Les actes passés par les tiers avec un interdit ............................................................... 16
Paragraphe 2 : les actes passés par les interdits........................................................................ 16
A. L’inopposabilité des actes vis-à-vis des tiers.................................................................. 16
B. L’incapacité pour un interdit de soulever l’inexistence des actes pour la raison
d’illicéité ................................................................................................................................. 17
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A. La capacité du mineur à exercer .....................................................................................27
B. L’aptitude au commerce du majeur incapable ...............................................................27
Section 2 : Les autres atténuations retrouvées en droit OHADA ..................... 28
Paragraphe 1 : Les atténuations dans la pratique ......................................................................28
A. Le cas des fonctionnaires ................................................................................................. 28
B. L’autorisation par le rendu du juge .................................................................................29
Paragraphe 2 : Les atténuations provenant des contrats ...........................................................29
A. Le contrat de société : la SCS...........................................................................................30
B. Le contrat de prête-nom.................................................................................................30
CONCLUSION ............................................................................................... 32
BIBLIOGRAPHIE ......................................................................................... 33
TABLE DES MATIERES ............................................................................. 36
37