Charte des droits et libertés
de la personne majeure protégée
Annexe 4-3 du code de l’action sociale et des familles
Par la loi du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs, le
législateur a souhaité garantir à tout citoyen le droit d'être protégé pour le cas où il ne
pourrait plus s’occuper seul de ses intérêts. Cette loi renforce la protection de la
personne du majeur protégé et de ses biens.
La protection juridique qui lui est garantie s'exerce en vertu des principes énoncés
dans la présente charte.
Article 1er
Respect des libertés individuelles et des droits civiques
Conformément à l’article 415 du code civil, la mesure de protection juridique est
exercée dans le respect des libertés individuelles et des droits fondamentaux et
civiques de la personne.
Conformément à l’article L. 5 du code électoral, le droit de vote est garanti à la
personne sous réserve des décisions de justice.
Article 2
Non-discrimination
Nul ne peut faire l’objet d’une discrimination en raison de son sexe, de l’origine, de
sa grossesse, de son apparence physique, de son patronyme, de ses
caractéristiques génétiques, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son
handicap, de son âge, de ses opinions et convictions ou croyances, notamment
politiques ou religieuses, de ses activités syndicales, de son appartenance ou de sa
non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une
religion déterminée lors de la mise en œuvre d'une mesure de protection.
Article 3
Respect de la dignité de la personne et de son intégrité
Le respect de la dignité et de l’intégrité de la personne est garanti. Le droit à l’intimité
est préservé.
Il est garanti à la personne la confidentialité de la correspondance privée reçue à son
attention par le mandataire judiciaire à la protection des majeurs. Cette
correspondance lui est remise. La correspondance administrative reçue à son
attention par le mandataire judiciaire à la protection des majeurs est également mise
à sa disposition.
Article 4
Liberté des relations personnelles
Conformément à l’article 459-2 du code civil, la personne entretient librement des
relations personnelles avec les tiers, parent ou non, et a le droit d’être visitée et le
cas échéant, hébergée par ceux-ci, sauf décision contraire du conseil de famille ou
du juge en cas de difficulté.
Article 5
Droit au respect des liens familiaux
La mesure de protection juridique s’exerce en préservant les liens familiaux, et tient
compte du rôle de la famille et des proches qui entourent de leurs soins la personne
tout en respectant les souhaits de la personne protégée et les décisions du conseil
de famille ou du juge.
Article 6
Droit à l’information
La personne a droit à une information claire, compréhensible et adaptée sur :
la procédure de mise sous protection,
les motifs et le contenu d’une mesure de protection,
le contenu et les modalités d’exercice de ses droits durant la mise en œuvre de
cette procédure ainsi que sur l’organisation et le fonctionnement du mandataire
judiciaire à la protection des majeurs, en particulier s’il s’agit d’un service.
La personne est également informée des voies de réclamation et de recours
amiables et judiciaires.
Elle a accès aux informations la concernant dans les conditions prévues par la loi et,
le cas échéant, selon des modalités fixées par le juge.
Article 7
Droit à l’autonomie
Conformément à l’article 458 du code civil, « sous réserve des dispositions
particulières prévues par la loi, l’accomplissement par la personne des actes dont la
nature implique un consentement strictement personnel ne peut jamais donner lieu à
assistance ou représentation ». Conformément à l’article 459 du code civil, « dans
les autres cas, la personne protégée prend seule les décisions relatives à sa
personne dans la mesure où son état le permet ».
Conformément à l’article 459-2 du code civil, la personne a la possibilité de choisir
son lieu de résidence, sauf décision contraire du conseil de famille ou du juge.
Article 8
Droit à la protection du logement et des objets personnels
Conformément à l’article 426 du code civil, « le logement de la personne et les
meubles dont il est garni, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire,
sont conservés à la disposition de celle-ci aussi longtemps qu’il est possible. Les
objets à caractère personnel indispensables à la personne handicapée ou destinés
aux soins de la personne malade sont gardés à sa disposition, le cas échéant par
l’établissement dans lequel elle est hébergée. »
Article 9
Consentement éclairé et participation de la personne
Dans le respect des dispositions légales et réglementaires ainsi que des décisions du
conseil de famille ou du juge :
Le consentement éclairé de la personne est recherché en l’informant, par tous les
moyens adaptés à sa situation et en veillant à sa compréhension, des conditions
d’exercice et des conséquences de la mesure de protection juridique.
Le droit de participer à la conception et à la mise en œuvre du projet individuel
de protection est garanti.
Article 10
Droit à une intervention personnalisée
Dans le cadre de la mise en œuvre de la mesure de protection, la personne bénéficie
d’une intervention individualisée de qualité favorisant son autonomie et son insertion.
La situation de la personne fait l’objet d’une évaluation régulière afin d’adapter le plus
possible l’intervention à ses besoins.
Les conséquences affectives et sociales qui peuvent résulter de la mise en œuvre de
la mesure de protection sont prises en considération.
Article 11
Droit à l’accès aux soins
Il est garanti à la personne l’accès à des soins adaptés à son état de santé.
Article 12
Protection des biens dans l’intérêt exclusif de la personne
La protection des biens est exercée en fonction de la situation ou de l’état de la
personne et, conformément à l’article 496 du code civil, dans son seul intérêt.
Conformément au même article du code civil, les actes relatifs à la protection des
biens de la personne font l’objet de soins prudents, diligents et avisés.
Sauf volonté contraire exprimée par la personne protégée, les comptes ou les livrets
ouverts à son nom, et sous réserve des dispositions légales et réglementaires ainsi
que des décisions du conseil de famille ou du juge sont maintenus ouverts.
Conformément à l’article 427 du code civil, « les opérations bancaires
d’encaissement, de paiement et de gestion patrimoniale, effectuées au nom et pour
le compte de la personne, sont réalisées exclusivement au moyen des comptes
ouverts à son nom », sous réserve des dispositions légales et réglementaires,
notamment celles relatives à la comptabilité publique. « Les fruits, produits et plus-
values générés par les fonds et les valeurs appartenant à la personne lui reviennent
exclusivement. »
Article 13
Confidentialité des informations
Il est garanti à la personne et à sa famille le respect de la confidentialité des
informations les concernant dans le cadre des lois existantes et sous réserve des
décisions du juge.