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Tfe msc2

Les éléments traces métalliques (ETM) sont des métaux présents dans la croûte terrestre à des concentrations inférieures à 0,1%, souvent toxiques et non biodégradables. Leur comportement dans le sol dépend de leur spéciation chimique et des interactions avec les phases solides et liquides du sol, influençant leur mobilité et biodisponibilité. Les origines des métaux lourds incluent des sources naturelles telles que l'altération géochimique, l'activité volcanique et l'érosion, ainsi que des activités anthropiques.

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Les éléments traces métalliques (ETM) sont des métaux présents dans la croûte terrestre à des concentrations inférieures à 0,1%, souvent toxiques et non biodégradables. Leur comportement dans le sol dépend de leur spéciation chimique et des interactions avec les phases solides et liquides du sol, influençant leur mobilité et biodisponibilité. Les origines des métaux lourds incluent des sources naturelles telles que l'altération géochimique, l'activité volcanique et l'érosion, ainsi que des activités anthropiques.

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Chap 1 : GENERALITES SUR LES ELEMENTS TRACES METALIQUES

1.1 Definition
Le terme éléments traces métalliques correspond aux éléments métalliques présents dans la croute terrestre a des concentrations inférieures à
0.1% ou 1000 [Link]−[Link] sont souvent désignés « métaux lourds » du fait de la forte masse atomique de certains d’entre eux. On les appelle
encore « métaux toxiques » à cause de leur caractère toxique. Il faut aussi retenir que la majeure partie d’entre eux ne sont que très peu
volatiles et ne sont pas biodégradables. De ce fait, ils possèdent un grand pouvoir dans tous les compartiments de l’environnement (Lamprea,
2014).
Les éléments traces (ETM) sont les 80éléments chimiques, constituants de la croûte terrestre, dont la concentration est pour chacun d'entre
eux inférieure à 0,1%. Ils ne représentent à eux tousque0,6% du total, alors que les 12 éléments majeurs (Si; Al; Fe; Ca; Na; K; Mg; Ti; H; P; Mn)
représentent 99,4%. Certains éléments traces sont des métaux et sont donc appelés éléments traces métalliques (ETM) tels que: Cd, Cr, Zn, Pb,
Cu alors que d'autres sont des non-métaux tels que : As, Se, B. Les éléments traces qui sont indispensables aux processus biologiques donc à la
production agricole végétale et animale sont appelés oligoéléments tels que Zn, Cu, Cr, Mo, et B. Le Cd, Pb, Hg, et Sn ne jouent aucun rôle utile.
Les éléments traces métalliques sont tous potentiellement toxiques. Cela dépendra de leur concentration dans le milieu considéré (ex. sols)
mais surtout de leur forme chimique (spéciation). Ils sont présents dans les sols, les eaux, les plantes, les animaux, ... Les métaux lourds arrivent
au sol suite au stockage de déchets industriels et urbains, aux pratiques agricoles, aux retombées atmosphériques et aux décharges.

1.1.1 Spéciation
En chimie du sol, le terme spéciation désigne la forme chimique et structurale sous laquelle se trouve un élément métallique. Elle détermine
une forme spécifique (monoatomique ou moléculaire) ou encore la configuration selon laquelle un élément peut être présent dans un groupe
d’atome (Qasim et al., 2016). La forme et le comportement des éléments traces métalliques dans le sol dépendent fortement des phases
auxquelles ils sont associés et des interactions qui en découlent. Certains ETMS restent inclus dans les constituants, ce qui réduit la possibilité
de transfert entre les compartiments du sol. D’autres eux sont simplement absorbés et pourront donc être mobilisés dans les différents
compartiment du sol (Schneider, 2023).

[Link] Phase Liquide


Selon (Garnier, 2004) quatre catégories peuvent être ressorties de la forme chimique des ETMs dans la solution de sol, il y’a :
 Métal sous forme hydroxylée Mj(OH)in-i . Cette catégorie rassemble l’ensemble des complexes hydroxydes et n’est dépendante que de
la valeur du pH ;
 Métal ionique libre hydraté Mn+ ;
 Métal complexé à des ligands inorganiques Mj(Linorg) in-i : Associé aux anions présents dans la solution tels que les chlorures, les
sulfates, les nitrates, les carbonates etssocié aux différents oxydes (fer, aluminium et manganèse).
 Métal complexé à des ligands organiques Mj(Lorg) in-i . Ces ligands peuvent être différenciés en deux sous-catégories principales :
Molécules de structures simples (ex : composés hydrophiles) et Macromolécules telles que les substances humiques (acides humiques
et fulviques).
[Link] Phase Solide
Les ETMS sont fixés par les nombreux constituants de la phase solide du sol : argiles, oxydes de fer et de manganèse, carbonates, matière
organique et sulfures (Ge et al., 2000 ; Plassard et al., 2000). Leurs interactions avec les ETM régissent leur biodisponibilité ainsi que leur
mobilité et donc leur transfert dans la solution du sol (Fernandez-Cornudet, 2006). Parmi eux, on peut citer : l’adsorption non spécifique,
l’adsorption spécifique, la précipitation/coprécipitation, la complexation de surface et la fixation par la matière organique(Qasim et al., 2016).
Figure 1 Différentes formes et mécanismes de rétention des ETM dans le sol (Singh et Steinness, 1994).
[Link].1 Adsorption non spécifique (physisorption)
Dans le cas de l’adsorption non spécifique, les cations en solution chargés positivement sont attirés par des forces électrostatiques de type Van
der Waals ou coulombiennes, vers les charges négatives de la surface des particules du sol telles que les particules et les substances humiques.
Pour l’adsorption non spécifique, les atomes de métal ne sont pas directement en contact avec la surface des particules du sol mais sont
présents au sein d’une sphère de molécules d’eau enrobant les particules du sol. L’adsorption physique se produit sans modification de la
structure moléculaire et elle est réversible. On nomme ce type d’interaction «complexe de sphère externe » (Qasim et al., 2016).

[Link].2 Adsorption spécifique (chimisorption)


L’adsorption spécifique est une liaison chimique forte, sans molécule d’eau interposée entre les cations métalliques et un atome du
substrat. On parle de formation de complexe de sphère interne. En effet, la réaction d’adsorption, engendrant la formation de complexes de
sphère interne peut être décrite selon l’équation suivante(Qasim et al., 2016).

M+ + H2O ⇔ MOH+ + H+

≡ S −O− + MOH+ ⇔ ≡ S −O − M –OH


Les éléments métalliques ainsi chimisorbés seront beaucoup moins susceptibles d’être mobilisés. Le complexe de sphère interne fait
intervenir des liaisons ioniques, covalentes ou une combinaison des deux (Blanchard, 2000), plus stables que la liaison électrostatique de
sphère externe.

[Link].3 Adsorption non spécifique (physisorption)


Dans le cas de l’adsorption non spécifique, les cations en solution chargés positivement sont attirés par des forces électrostatiques de type Van
der Waals ou coulombiennes, vers les charges négatives de la surface des particules du sol telles que les particules et les substances humiques.
Pour l’adsorption non spécifique, les atomes de métal ne sont pas directement en contact avec la surface des particules du sol mais sont
présents au sein d’une sphère de molécules d’eau enrobant les particules du sol. L’adsorption physique se produit sans modification de la
structure moléculaire et elle est réversible. On nomme ce type d’interaction «complexe de sphère externe » (Qasim et al., 2016).

[Link].4 précipitation et Coprécipitation


La précipitation et la coprécipitation sont des phénomènes qui jouent un rôle très important pour retenir les ETM dans les sols. La précipitation
est définie comme le passage à l’état solide d’un des solutés d’une solution. Dans le milieu naturel, les métaux et les métalloïdes précipitent
principalement sous la forme d’hydroxydes, de sulfures et de carbonates. La précipitation est généralement favorisée par des pH élevés pour
les cations métalliques, car la concentration en solution des ions d’hydroxyde ou de carbonate augmente avec le pH. La coprécipitation est
définie comme la précipitation simultanée d’un élément chimique conjointement avec d’autres éléments (Zn, Pb, Cu, Ni, Cd) qui peuvent co-
précipiter avec des oxydes de fer, de manganèse et des phyllosilicates. Le pH du sol et de la solution de sol, la température, le potentiel
d’oxydo-réduction et la concentration en solutés sont les facteurs majeurs qui contrôlent la précipitation et la coprécipitation des éléments
traces métalliques dans les sols.
[Link].5 Complexation
Les complexes sont des entités chimiques qui possèdent une liaison de coordination entre un atome « donneur » (ligand avec au moins une
paire d’électrons libres) et un atome ou un ion métallique « accepteur » (avec au moins un orbital vide) (Stumm et Morgan, 1996). Des liaisons
covalentes de coordination peuvent également s’établir entre les atomes d’oxygène et des métaux de transition, ou bien des liaisons
hydrogène faisant intervenir les groupements hydroxylés de la surface et ceux des ions complexes de la solution. Les cations métalliques, ainsi
que les oxyanions tel que l’oxyanion de l’As et du Sb peuvent former des complexes avec différents ligands organiques et inorganiques présents
dans la phase aqueuse du milieu (Evans, 1989).

[Link].6 Fixation par la matière organique


La matière organique contient beaucoup de groupements réactifs (OH, COOH, C=O, SH) qui sont des bases de Lewis. Par conséquent, la matière
organique est réactive vis-à-vis des ions métalliques (acides de Lewis).

1.1.2 Mobilités des éléments traces métalliques dans le sol


La mobilité d’un éléments traces métalliques est son aptitude à se déplacer d’un compartiment du sol à un autre. Les éléments traces
métalliques sont en effet considérés comme des contaminants terminaux du fait qu’ils sont plus déplaçables que dégradables (Liénard &
Colinet, 2014). Ces derniers semblent être peu enclin à des migrations mais plus disposés à s’accumuler en surface. Et sous l’action des
processus chimiques, ils deviennent mobiles (Adriano et al., 2004).

[Link] Facteurs influençant la mobilité des éléments traces métalliques dans le sol
Les propriétés du sol ainsi que ses constituants déterminent en partie la mobilité des ETMs dans le sol. On peut donc citer : Le pH, les teneurs
en matières organiques et/ou en Fer, les teneurs en carbonates, la capacite d’échange cationique, la texture (Hough et al. 2003 ; Tazisong et al.
2004)

[Link].1 Le pH
Le pH du sol est un paramètre qui a une grande influence sur de nombreuse réaction physicochimiques telles que les réactions de
précipitation /solubilisation ou l’adsorption/désorption sur les phases solides du sol et la spéciation des métaux en solution aqueuse(Qasim et
al., 2016).Il influence aussi la spéciation des métaux et leurs interactions avec les phases solides du sol(Weng et al., 2005). Il y’a par exemple le
cas de la diminution du pH de l’eau interstitielle du sol qui est accompagnée par un accroissement du nombre de protons dans la solution
lesquels entrent en compétition avec les cations métalliques adsorbés sur les phases solides du sol et provoquent leur libération dans la phase
aqueuse (Swift et McLaren, 1991). Une situation inverse s’observe pour les oxyanions. D’une façon générale, la solubilité des éléments
chimiquement stables sous forme de cations tels que Cd, Pb et Zn diminue lorsque le pH augmente. Inversement pour les éléments
chimiquement stables sous forme d’anions tels que Cr (VI), As et Se, la solubilité augmente avec le pH (Deneux-Mustin et al., 2003).

Figure 2: Influence du pH sur la disponibilité des éléments traces métalliques

[Link].2 La Température du Sol


La température du sol joue un rôle indirect sur les réactions géochimiques et influence également l’activité biologique du sol et par conséquent
la production de substances acides ou complexantes issues de la biodégradation de matières organiques. L’élévation de la température agit
directement sur la dissolution de composés fixant les ETMs, facilitant leur absorption par les plantes (Deneux- Mustin et al., 2003 ; Remon,
2006).

[Link].3 La Teneur en Matière Organique


La teneur en matière organique (MO) a de l’influence sur la mobilité des ETMs dans le sol. Pour les sols moins acides par exemple, des
quantités importantes en carbone organique particulaire peuvent induire à une forte concentration en carbone organique dissous et par
conséquent une extraction importante des ETMs en solution du sol sous forme CODETM(Qasim et al., 2016).

[Link].4 Effet de l’environnement rhizosphèrique


La rhizosphère est la région du sol directement formée et influencée par les racines et les microorganismes associés qui sont capables
d’influencer le transfert sol-plante des éléments trace métalliques. Les conditions de la rhizosphère peuvent influer de manière significative la
mobilité des ETMs dans les sols. Les processus impliqués sont actifs ou passifs, biologiques ou physico- chimiques et amènent à la solubilisation
des ETMs ou au contraire à leur insolubilisation en modifiant soit directement leur statut (soluble/insoluble, oxydé/réduit, complexé/non
complexé et adsorbé/non adsorbé) soit en agissant sur leurs phases porteuses (altération, dissolution et précipitation)(Qasim et al., 2016).

[Link].5 Le potentiel redox


Le comportement des éléments chimiques à plusieurs valences est déterminé par les conditions d’oxydo-réduction (Eh). L’Eh influence
notamment la capacité d’un ETM à se fixer sur une phase réceptrice en modifiant le degré d’oxydation de l’élément. Une modification du
produit de solubilité de cette association potentielle peut de ce fait intervenir, soit en la privilégiant soit en la défavorisant (Deneux-Mustin et
al. 2003).

1.1.3 Origines des métaux lourds dans les sols


 Les origines naturelles
Les ETM sont naturellement présents dans les sols en faibles quantités, provenant de l’altération de la roche mère. Leur présence dans les sols
peut être naturelle ou anthropogénique (Muschitz, 2009).
Les métaux lourds sont des éléments naturellement présents dans les roches de la croûte Terrestre, libérés lors du processus d'altération
géochimique. L'altération des roches constitue ainsi une source majeure de métaux lourds dans l'environnement, contribuant à la constitution
du fond géochimique (Bourrelier et Berthelin, 1998) Cette altération résulte de l'action combinée de facteurs tels que les conditions
climatiques, l'érosion et les réactions chimiques.
Parmi les importantes sources naturelles de métaux lourds, on trouve tout d'abord l'activité volcanique. Les volcans émettent des quantités
significatives de métaux lourds lors d'éruptions explosives ou par le biais de dégazages continus résultant de l'activité géothermique et du
dégazage du magma (AFNOR 1988). Ces émissions volcaniques contribuent à la dispersion des métaux lourds dans l'atmosphère et dans les
environnements terrestres et aquatiques, influençant ainsi les écosystèmes locaux et globaux.
L'altération des continents est également une source naturelle importante de métaux lourds. Ce processus, qui comprend l'érosion et le
transport des sédiments riches en métaux, permet la libération et la dispersion de ces éléments dans les cours d'eau et les océans (duce et
tindale, 1991)Les métaux lourds transportés par les sédiments peuvent ensuite s'accumuler dans les sols et les sédiments marins, affectant les
écosystèmes et les cycles biogéochimiques.
Les incendies de forêts représentent une autre source naturelle de métaux lourds. Lors de ces incendies, la combustion de la biomasse libère
des particules contenant des métaux lourds qui peuvent être dispersées dans l'atmosphère et déposées sur les sols et les plans d'eau (Czimczik
et al)
Figure 3 Schéma de l'acquisition des teneurs totales en éléments traces métalliques dans les sols. Milieux naturels (Mathieu et al., 2008).
Ces dépôts contribuent à l'accumulation de métaux lourds dans les environnements terrestres (Masiello, 2007 )
 Les fonds géochimiques : Naturellement, le sol contient des ETM issus de la roche-mère sur laquelle il s'est formé. Par conséquent,
selon les régions du monde où l’on se trouve, le sol sera d'autant plus riche en ETM que la roche-mère l'est également (Perrono, 1992).
 Les dépôts atmosphériques : ils concernent surtout le Zn et le Pb. Les dépôts sont très variables dans les sols d’un bas-fond à un autre,
notamment en fonction de la proximité des infrastructures (Hébrard-Labit et Meffray, 2004 ; Zaninotto et Faure, 2004). Les rejets de
plomb (40 % dispersés) par les gaz d'échappement sont une cause de contamination des sols situés à proximité des grands axes routiers
(Perrono, 1999). Pour ce qui est du Cd, les flux atmosphériques sont plus faibles (Grousset, 1994 ; Juste et al, 1982).
 Les apports anthropiques
Parallèlement aux sources naturelles, les activités humaines ont considérablement accru la présence de métaux lourds dans l'environnement.
Les métaux provenant d'apports anthropiques sont souvent présents sous des formes chimiques réactives, augmentant ainsi les risques pour la
santé humaine et l'écosystème (weis et al, 1999).
 Sources liées aux ménages : Les ménages utilisent les produits contenant les ETM sous diverses formes: lessive, batterie
(pile) de lampes jetées dans les ordures ménagères.
 Sources liées aux infrastructures : Des nombreuses infrastructures peuvent libérer des ETM quand elles commencent à se
délabrer (bitumes, bâtiments, etc.); la production de déchets au niveau de ces infrastructures (stations-service, hôpitaux…), ce sont
donc potentiellement des sources de contaminations dues au ruissellement.
 Sources d’origines industrielles : Des principales origines se trouvent dans les utilisations industrielles du Cd : alliages de
soudure et de brasure, batteries d’accumulateurs, câbles électriques, engrais (superphosphates), colorants, peintures et vernis; mais
aussi de métallurgie du Zn et du Pb (Perrono, 1999). Les zones industrielles sont des potentielles sources de contamination des sols
maraîchers, car le vent et les eaux de ruissellements peuvent transporter les ETM vers les bas-fonds (Periera, 2007).
 L’agriculture (les pesticides) : Selon l’étude menée par Robert et Juste (1997), de nombreux pesticides contribuent de
manière importante à la contamination des sols par les ETM. Les principaux apports anthropiques de Zn proviennent des déchets
agricoles (Perrono, 1999). En France, ils représentent 61 % de la contamination totale des sols, suivie des déchets urbains (20 %) et de
18 %) des retombées atmosphériques (Feix, 2012). Nous avons aperçu sur 2 sites investigués les emballages du « Round up 360 »
actuellement interdit dans l’espace Union Européen pour la toxicité.
 La fertilisation : Les apports d’engrais chimiques utilisés en agriculture sont une source importante de Cd (Perrono, 1999).
L'épandage des engrais phosphatés sur les sols maraîchers provoque un enrichissement inéluctable des sols en Cd (Baize, 1996a). Les
engrais commercialisés ont le Cd avec des taux d'accompagnement du phosphore très élevés (Robert et Juste, 1997). Le Cd 2+ est
l'espèce dominante dans les sols à pH < 6,5. Lauwerys (2003).
 Les amendements organiques : L'utilisation d'amendements organiques traditionnels comme le fumier de ferme, les fientes
de poules, les bouses de vache, le compost ou les lisiers de porcs vont participer à l'accroissement de la teneur en ETM du sol (Chassin
& Baiser, 1996). Une étude réalisée par Gomez et al. (1992), a rapporté la présence des teneurs en ETM dans du fumier à hauteur de
Cd : 0.7 mg/kg MS, Zn : 0.7 mg/kg MS et Pb:0.7 mg/kg MS.

1.1.4 Classification des ETM


Il existe deux types qui dépendent de leurs effets physiologiques et toxiques d'un point de vue biologique, ce sont des métaux essentiels et des
métaux toxiques (Huynh,2009).

 Les métaux toxiques


Tout élément est toxique quand il est absorbé en excès par rapport à la capacité d’assimilation de l’organisme. La toxicité des métaux lourds
pour un même organisme dépend du type de sol, de sa disponibilité de chaque métal de l’état physiologique d’un organisme (Baath,1992).
Voici quelques exemples des métaux toxiques courant :
 Plomb : Peut causer des dommages au cerveau et au système nerveux.
 Mercure : Peut affecter le cerveau, le système nerveux, et les reins.
 Cadmium : Peut endommager les reins, les poumons, et causer des troubles osseux
 Arsenic : Peut causer des problèmes de la peau, des poumons, et aussi cancérigène.
Ces métaux sont souvent présents dans l'environnement en raison de diverses activités industrielles et peuvent s'accumuler dans la chaîne
alimentaire, posant ainsi des risques pour la santé humaine et l'environnement (EPA, s.d.).

 Les métaux essentiels ou oligoéléments


Les métaux essentiels sont des éléments indispensables à l’état de trace pour de nombreux processus cellulaires et qui se trouvent en
proportion très faible dans les tissus biologiques (Loué, 1993). Certains peuvent devenir toxiques à fortes concentrations. C’est le cas du cuivre
(Cu), du nickel (Ni), du zinc (Zn).
Par exemple, le zinc (Zn), à la concentration du milli-molaire, est un oligo-élément qui intervient dans de nombreuses réactions enzymatiques
(déshydrogénases, protéinase, peptidase) (Kabata-Pendias et Pendias,2001).
Tableau 5 : classification des métaux selon leur densité et leur toxicité (source : bio [Link] )
ETM Plantes Animaux Densité
Al T T 2.70
Fe E E 7.87
Mn E E 7.21
Ti - - 4.54

Tableau 6 : Classification de quelques métaux lourds selon leur densité et leur toxicité (Adriano, 2001).
ETM Plantes Animaux Densité
Cd T T 8.65
Cr - E 7.20
Cu E E 8.92
Ni T E 8.90
Pb T T 11.34
Zn E E 7.14

T : Toxique

E : Essentiel

(-) : pas de rôle biologique reconnu

1.1.5 Propriétés physico-chimique d’ETM


 Le Plomb
Le plomb, élément du groupe IV-A du tableau périodique, de masse atomique 207,2 g/mol, possède une structure électronique
[Xe]4f145d106S26p2. Dans la nature, le plomb se trouve sous les degrés d’oxydation (+II) et (+IV). Les espèces inorganiques sont le plus
souvent sous l’état (+II), alors que le degré d’oxydation (+IV) se rencontre dans le plomb des composés organiques (Adriano, 2001). Le plomb
possède quatre isotopes stables (204Pb, 206Pb, 207Pb, et 208Pb) dont les pourcentages d’abondance sont respectivement : 1.48 %, 23.6 %,
22.6%, 52.3%, et deux isotopes radiogéniques 210Pb (t1/2= 22ans) et 212Pb (t1/2= 10ans) souvent utilisés comme traceurs. Les teneurs
naturelles des sols en plomb sont en moyenne de [Link]-1(Pais&Benton,2000) et varient entre 2 et 200 [Link]-1.
En 1979, la quantité de plomb introduit dans l’atmosphère par les activités humaines est 18 fois supérieure à la quantité de Pb d’origine
naturelle (Pacyna, 1984). La principale source de plomb, jusqu’au début des années 90, provenait de l’utilisation de composés
organométalliques comme anti-détonnant dans les moteurs à explosion. On estime ainsi que 95% de la pollution atmosphérique en plomb
provenait du plomb des essences. Ces retombées atmosphériques représentaient en Europe d’après Alloway (1995) entre 87 et 536 g/ha/an.
Ce Pb provenait également de l’industrie principalement sous forme de sulfure de plomb (galène PbS), des déblais industriels et de certains
pesticides (disparus aujourd’hui).
Le plomb est lié aux phases solides du sol par adsorption, précipitation, formation de complexes ioniques ou chélates. Le plomb présente une
forte réactivité vis-à-vis des oxydes de fer et de manganèse mais également vis à vis des phosphates et la matière organique (McKenzie, 1978;
McKenzie, 1980; Hettiarachchi and Pierzynski, 2002). Ces interactions avec la phase solide contribuent à la faible solubilité et mobilité de cet
élément (Santillan Medrano and Jurinak, 1975; Eick et al., 1999; Badawy et al.,2002). Le coefficient de transfert du sol vis à-vis des plantes est
de l’ordre de 0.01 à 0.1 et le temps de résidence est évalué de la centaine à des milliers d’années (Manceau et al., 1996). L’immobilisation et la
rétrogradation du plomb sous forme organique et minérale expliquent qu’il soit difficilement bio disponible sauf dans les cas exceptionnels de
végétaux métallophytes (Dahmani-Muller, 1996). Sa mobilité peut être augmentée temporairement dans le cas d’hydromorphie (Charlatchka
and Cambier, 2000). La concentration en ETM des galeries de vers de terre montre que ces organismes sont un facteur déterminant du
transport du plomb (Sterckemanetal.,2000).
La toxicité du plomb vis-à-vis des plantes dépend de l’espèce considérée et du substrat de culture dans une fourchette de 25ppm pour la
tomate à plus de 2000ppm pour le riz (Adriano, 2001). D’une façon générale le plomb est 20 fois moins toxique que le Cadmium (Adriano,
2001). L’excès de plomb dans les plantes induit des troubles physiologiques et biochimiques diminuant la photosynthèse et la transpiration
induisant ainsi un retard de croissance (Bazzaz et al., 1974). Dans le sol, les micro-organismes sont plus sensibles que les plantes à la pollution
en plomb. Cette toxicité vis-à-vis de la flore et faune du sol peut aboutir à l’inhibition de la nitrification.
 Le Zinc
Le zinc, dernier élément de la première série de transition de la classification périodique des éléments, de masse atomique 65.37g/mol,
appartient au groupe II-B. sa structure électronique est [Ar]3d104s2. En raison du remplissage complet de la couche 3d, le zinc est
exclusivement présent sous l’état d’oxydation (+II) dans le milieu naturel. Cet élément possède 5 isotopes stable 64 Zn, 66 Zn, 67 Zn, 68 Zn et
70 Zn dont les abondances relatives sont respectivement 48.89%, 27.81%, 4.11%, 18.56% et 0.62%, et 6isotopes radiogéniques identifiés 62 Zn,
63 Zn, 65 Zn (t1/2 = 245 ans),69 Zn (t1/2 = 55 min), 72 Zn et 73 Zn (Adriano, 2001). Les principaux gisements minéraux de zinc sont constitués
de sphalérite et de wurtzitz (blende) (ZnS) et de smithsonite (ZnCO3). Les teneurs en zinc dans les sols varient entre 10 et 300 [Link]-1 et sont
en moyenne de 50 [Link]-1 (Adriano, 1986; Pais & Benton, 2000). Les différentes sources sont l’industrie principalement sous forme de sulfures
(ZnS), l’épandage agricole d’effluents d’élevage ou de boues urbaines, l’activité urbaine et le trafic routier. Les apports par voie atmosphérique
ont étéestimésentre80et500g/ha/an(Baize,1997). Le zinc, relativement mobile est facilement adsorbé par les constituants du sol organiques et
minéraux. Une baisse d’une unité pH multiplie la solubilité du zinc par 100. Dans les sols lessivés acides le Zn accompagne l’argile dans sa
migration et s’accumule dans l’horizon enrichi en argile (Duchaufour 2001). Le zinc peut donc être mobile et migrer facilement en profondeur.
La toxicité du zinc vis-à-vis des plantes se traduisant par une chlorose en fer pouvant aller jusqu’à la nécrose des tissus, se situe vers des
teneurs dans le sol de 150 [Link]-1 (Adriano, 2001). Cependant tout comme vis à vis du plomb les seuils de toxicité sont variables en fonction
de variétés et des substrats de culture. La phytotoxicité du zinc, est accrue par la pollution en Cd qui accompagne celle du Zn, elle touche tous
les organismes vivants (flore et faune du sol). La toxicité en Zn est accrue par l’acidité du milieu. Les apports excessifs de boues contaminées en
zinc peuvent conduire à une diminution de l’activité microbienne, à une réduction de la décomposition de la litière, à une diminution de la
fixation symbiotique de l’azote, se traduisant par une diminution de la croissance des plantes (Adriano,2001).
 Le cadmium
Le cadmium, de masse atomique 112.4g/mol et de configuration électronique [Kr]4d105s2est comme le zinc un métal de transition dans le
groupe II-B du tableau périodique. Il possède 8 isotopes stables 106Cd (1.22%), 108Cd (0.88%), 110Cd (12.39%), 111Cd (12.75%), 112Cd
(24.07%), 113Cd (12.26%), 114Cd (28.86%) et 116Cd (7.58%). Dans la nature le cadmium se trouve sous la forme oxydée (+II) de manière
stable. La forme la plus fréquente est le sulfure de cadmium (Cd), mais on le trouve également sous forme d’hydroxydes ou formant des
complexes avec les ions ammonium et cyanites (Adriano,2001).
Le cadmium est un sous-produit du raffinage du zinc, plomb, et cuivre. Il est utilisé dans l’industrie automobile, dans la fabrication du polyvinyle
et dans les batteries. Il est également introduit dans le sol par le biais des fertilisants phosphatés. Les teneurs naturelles de cadmium dans les
sols sont comprises entre 0.06 et 1. [Link]-1 (Alloway,1995; Pais&Benton,2000).
Le cadmium peut être retenu par la matière organique et les hydroxydes de fer. La mobilité du cadmium est supérieure à celle du zinc, bien que
limitée par l’affinité de cet élément vis-à-vis de la matière organique, et est essentiellement Ph dépendante (Adriano,2001).
La biodisponibilité du cadmium vis-à-vis des plantes et de la faune et flore du sol varie en fonction de pH, de la CEC, du potentiel
d’oxydoréduction, de la quantité de matières organiques et de la fertilisation du milieu, mais également en fonction des espèces considérées.
Le cadmium est toxique à des teneurs inférieures aux autres éléments. La toxicité de Cd vis-à-vis des plantes dépend de l’espèce et de la variété
étudiée (de 4 ppm (concentration de Cd dans l’eau) pour les épinards à plus de 640 ppm pour certaines variétés de riz). De façon générale les
racines de plantes sont affectées dès le seuil de [Link]-1de Cd dans le sol et les symptômes de toxicité apparaissent à partir de 5ppm (Adriano,
2001). Les symptômes de toxicité chez les plantes se traduisent par la chlorose en fer des plantes et une diminution de la croissance pouvant
aller jusqu’à la nécrose. Dans les sols et la litière la pollution en cadmium s’accompagne d’une inhibition de la faune et flore du sol et donc
d’une
diminution de la décomposition de la matière organique. Le cadmium, dont la principale voie de contamination est l’ingestion, est également
toxique pour l’homme.
Ils se présentent sous forme de déchets solides, liquides et gazeux. Ils englobent les rejets des différentes industries telles que : les
métallurgies, les industries minières et chimiques, les hydrocarbures volatils ou peu volatils (kérosène, fioul, gasoil), les cyanures, les métaux
lourds (arsenic, chrome, cuivre, cadmium, mercure, nickel, plomb, zinc...), les Polluants organiques comme les PolyChloroBiphényls (PCB) et les
hydrocarbures Aromatiques Polycycliques et les produits phytosanitaires (pesticides, herbicides).
Les risques de pollution des sols peuvent être très divers et sont liés généralement à plusieurs facteurs tels que l’existence d’une source de
pollution dangereuse, les possibilités de transfert dans l’air, l’eau des nappes phréatiques, dans les cultures... et qui sont liées à la mobilité des
substances polluantes. Au contact des constituants du sol par exemple, des combinaisons chimiques plus ou moins dangereuses des polluants
peuvent se former.
Dans les contaminations ponctuelles du sol il s’agit les plus souvent de grandes quantités de polluants (décharges des sites industriels et
bâtiments désaffectés) ; c’est à ce type de contamination que l’on va s’intéresser dans ce qui suit.
 Anciennes décharges et surfaces industrielles à l’abandon
On entend par site pollués les sites de stockage définitif (décharges), exploites ou désaffectés, ainsi que les aires d’exploitation et les lieux
d’accident ou les déchets ont étés stockés ou se sont infiltres. Il s’agit donc des surfaces de terres sur lesquelles dans le passé ont été
introduites des grandes quantités des polluants qui représente un danger pour le sol et la nappe phréatique.
On recense dans les catégories différents types de décharges : remplies, arrêtes ou sauvage et les unités de traitement de traitement de
déchets ou sont déposés des déchets ménagers industriels, chimique et autres, conformément à des techniques antérieurs à celles qui sont
pratiqués aujourd’hui.
Quant aux sites contaminés, ce sont des lieux pollués qui sont effectivement à l’origine d’atteinte nuisibles ou incommodantes a
l’environnement ou qui risque de lettre un jour. Ces sont les eaux souterraines qui sont les plus fréquemment menacées par les sites
contaminés.
Au sens légal, on trouve dans cette catégorie trois type de sites
 Les décharges où sont stockés les matériaux plus ou moins inertes ou plus ou moins connus (sols d’anciens usines, des dépôts pétroliers
et des sites miniers, etc.) ;
 Les sites accidentels, d’une superficie généralement limitée, ayant subi des pollutions connus et parfois non.
 La genèse des sites contaminés est différente d’un site à un l’autre. Cependant, une distinction peut être faites entre les sites ou la
nature des substances polluantes, la quantité, le nombre et la distribution des contaminants sont largement la cause d’une production
spécifique et ceux où sont abandonnés divers produits toxiques.
Dans le premier groupe (contaminated land), on trouve les sites contamines par diverse installation de production (chimie, pétrole, solvants et
peintures, explosifs, galvanoplastie, électronique, etc.). Ces sites diffèrent aussi par la disposition, des modes de transport des substances
dangereuses pouvant polluer l’eau, les modalités de stockage intermédiaires, les dépôts de déchets et résidus, etc.
La situation est généralement dans le cas des sites abandonnes (abandoned sites). En comparaison avec les sites contamines ou souvent le
danger provient des changements dans l’usage du sol (excavation des fondations par exemple) ou par contact direct avec des substances
toxiques facilement accessibles, l’origine du danger dans les sites abandonnes peut-être attribuée presque entièrement à leurs émissions.
Parmi les différents polluants organiques rencontres dans le sol contaminé des vieux sites, la plupart sont facilement dégradables. C'est le cas
des hydrocarbures aliphatiques (pétroles, essence) et aromatiques (benzène, toluène, xylène) et, dans une certaine mesure, des hydrocarbures
polycycliques (naphtalène, anthracène, Benz pyrène). On prouve certaines difficultés à éliminer les hydrocarbures aromatiques halogènes.
Autours des sites industriels (en activité ou en fiche), on peut s’attendre à des dépassements des seuils (valeurs démissions admises) sur un
rayon de 200m a 1km pour les plus importants complexes :
 Pour le traitement des métaux et la construction des machines : Pb, Cd, Zn ;
 Pour l’électrotechnique : Cu, Cd ;
 Pour les matières plastiques ; Cd auquel il faut ajouter les PCB (polychlorobiphényles), les dioxines (PCDD) et les furannes (PCDF)
 Pour la transformation du cuir : Cr et hydrocarbures aromatiques polycycliques ;
 Pour l’industrie du papier : PCDD et PCDF
Afin d’évaluer le degré de contamination par une substance, on introduit la notion des facteurs de contamination (FC) qui représente le taux de
la concentration de la zone contaminée du site. Il indique les multiple de la concentration d’une substance dans les eaux souterraine d’une
zone contaminée par rapport à une zone affectée.
Des FC très élevés ont étés signales pour divers toxiques, comme DDT ou le mercure, notamment pour les organismes situes au bout des
chaines trophiques.
Les tableaux ci-dessous illustres la présence des contaminants inorganiques dans les eaux de ruissèlement des dépôts des déchets abandonnés,
en fonction de la valeur moyenne décroissante du FC.
Tableau 1: Facteur des contamination pour différents contaminants inorganique (Koller.,2009)
Zone non contaminée
Substances Zone contaminée moyenne FC moyen
moyenne
Azote (mg/l) 11,0 0,17 64,7
Nitrite (mg/l) 0,49 <0,01 >49,0
Arsenic (µg/l) 45,4 1,2 37,8
Chrome (µg/l) 21,2 0,58 36,6
Phosphate (mg/l) 1,8 0,14 12,9
Cadmium (µg/l) 1,5 0,13 11,5
Manganèse (mg/l) 1,5 0,18 8,3
Chloride (mg/l) 202 33,4 6,0
Plomb (µg/l) 6,3 1,4 4,5
Zinc (µg/l) 410 117,0 3,5
Cuivre (µg/l) 24,5 7,0 3,5
Sulfate (mg/l) 194 59,0 3,3
Strontium (µg/l) 580 240 2,4
Hydrocarbonate(mg/l) 519 238 2,2
Calcium (mg/l) 175 83,2 2,1
Nitrate (mg/l) 25,6 13,3 1,9
Mercure (µg/l) <0,2 <0,1 -

 . Epandage de boues d’épuration et des composts d’ordures


L'épandage des boues résiduaires de STEP qui se sont développés depuis la fin du 20 e siècles constitue aussi une importante source
(clandestine) d’apports des métaux aux sols cultives.
Les boues amènent un excèdent important de phosphore alors que son coefficient d’utilisation varie de 1 à 10% dans l’année selon la
pluviométrie. Les substances polluantes sont les cuivres, cadmium, le plomb, le zinc, le mercure et les molybdènes. Le PAH et les PCB. Bien que
les quantités totales augmentent légèrement, les teneurs en cadmium, plomb et zinc sont en diminution. (Koller.,2009)
Le tableaux ci-dessous donne les valeurs limites conseillées pour recevoir les boues dépurations.
Tableau 2: Valeurs limites conseillées pour recevoir les boues d’épuration (d’après l'US Environnemental Protection Agency, 1993).

Concentration Concentration Charge annuel Charge


Eléments maximale maximale des maximale polluante
permise (mg/kg boues épurées (kg/[Link]) cumulative
MS) (kg/ha)
As 75 41 2,0 41
Cd 85 39 1,9 39
Cr 3000 1200 150 3000
Cu 4300 1500 75 1500
Pb 840 300 15 300
Hg 57 17 0,85 17
Mo 75 18 0,90 18
Ni 420 420 21 420
Se 100 36 5,0 100
Zn 7500 2800 140 2800

L’épandage, sans parler de son effet sur l’environnement, fais en effet courir un risque de contamination à long terme de l’eau et du sol, même
si la zone d’entreposage est initialement imperméable. Les principales causes sont :
 Le ruissèlement en surface de la percolation vers les eaux souterraines, qui se produisent quand les apports d’eaux sont supérieur à la
vitesse de filtration ;
 Quand, la fixation par le sol, ou l’assimilation, par les plantes sont insuffisantes.
Lorsqu’un déchet liquide (lessivât) est déversée au-dessus d’une nappe, la pollution n’apparait souvent que lentement : la contamination met
parfois des années, voire des décennies à se manifester. (Koller.,2009)

 Retombées de la pollution de l’air


L’atmosphère est un important convoyeur, non seulement pour la forte acidité potentielle, mais également pour des nombreuses substances
qui sont dangereuses pour les écosystèmes aquatiques et terrestres. Les substances émissent dans l’atmosphère sont issue pratiquement
exclusivement des grandes industries, des ménages de la circulation. Le processus de combustion et de production dégage d’énormes
quantités de SO2 et de NOx qui, après transformation dans l’atmosphère, entre autre sous forme de sulfate (SO 42- ) ou de nitrates (NO3- ),
retombent sur terre sous forme des poussières sèches, avec des précipitations ou encore pris dans les brouillards (aérosols). Les pluies et
autres précipitations, par lesquelles tous les composés solubles dans l’eau sont de nouveau transportés sur terre, représentent le processus les
plus important d’autoépuration. Plus la précipitation est constituée des gouttes fines, plus elle entraine de polluant. (Koller.,2009)
Au niveau de la végétation, une partie des polluants et fixée par les organes aériens, et retombera plus tard dans la litière ; le solde gagne
directement le sol. Pour le plomb, on a calculé qu’un tiers de retombées gagne le sol par la litière, le solde directement avec les précipitations.
L’acidification des précipitations par les acides (la pluie a une valeur de Ph comprise entre 4,0 et 4,5) est responsable d’une grande acidification
des sols. A travers l’apport des substances minérales et l’introduction des matières nocives dégagées par l’industrie, les ménages et le
transport, les éléments suivants se concentrent dans le sol : sulfate (S042-), ion ammonium (NH4+), nitrate (NO3-), phosphate (PO43-), CO,
cadmium, plomb, PCB, hydrocarbure, nickel, arsenic.
Les acides fort (sulfurique, nitrique, chlorhydrique, etc.) présent dans l’atmosphère et particulièrement les composes soufres, contribuent pour
plus de 80% de ce phénomène :
 Lessivage des nutriments et oligoéléments (Ca, Mn, Zn, Mg, etc.)
 Libération d’ions toxiques, par exemple Al3+ (des un Ph de 4,3), et des métaux lourds divers.
Dans un premier temps, le calcium absorbe l’acidité (capacité tampon), d’où la pratique du chaulage, et la moindre action initiale de pluies
acides sur sol calcaire. La libération d’Al3+ est suivie de l’intoxication des plantes. Le lessivage des nutriments appauvrit les possibilités du sol.
L’acidité inhibe des micro-organismes du sol. Peu à peu on arrive au biotope de la lande et de la tourbière, situation aggravée par la libération
d’ions métalliques toxique.
La capacité de dégradation de la litière elle-même est atteinte. L’acidité désagrège l’argile, d’où la podzolisation. C’est une véritable spirale de
réduction des possibilités biologiques. Notons que l’acidification atteint particulièrement des racines. Une étude faite dans le sol des Bavière
atteignant un ph de 2,4 montre de tassement du sol par suite de réduction d’activité biologique et une différentiation nettement moindre des
systèmes racinaires.
Tableau 3: Composés acide de la déposition atmosphérique en leurs sources principales.(Koller.,2009)

Composes acides Sources anthropologiques

1. H2O et H2CO3 Combustion des combustibles fossiles

2. Acides minéraux forts : Combustion des combustibles


SO2 et H2SO4, Incinération
NOx et HNO3, Incinération, fonte des minerais
HCl (gazeux) Incinération des résidus dans l’industrie
chimique

3. NH4+ quand il est transformé en azote ou Agriculture, traitement des résidus de


bien quand, absorbe par MO, il aboutit à l’industrie chimique
des composes azotes organiques

4. H2S Industrie chimique

5. Acides organiques Industrie chimique

6. Cations acides (comme Al3+, métaux Sol et particules (industrie) dissous, pluies
lourds) acides

1.1.6 Les ETM Selon le tableau de Mendeleïev

Les ETM dans la classification périodique dans le Tableau 1 (classification de Mendeleïev), sont présents dans tous les compartiments de
l’environnement, généralement en quantité très faible sous forme de traces et ne sont pas biodégradables qui peuvent être soit des métaux
naturels (Pb, Zn, Cd), soit des métalloïdes (éléments combinant certaines caractéristiques du métal et 19 d’autres caractéristiques non
métalliques (As, B, Se), soit des non métaux (N, F, Cl,) (Guillaume Le Bloas, fotolia , s.d.).
Tableau 4 Classification périodique des éléments, le tableau périodique Mendeleïev. (Source : [Link]
nouveaux-elements-chimiques-decouverts 208642 )
La toxicité des éléments métaux lourds est due à leur non dégradabilité, leur toxicité à faible concentration, leur tendance à s’accumuler dans
les organismes vivants et à se concentrer le long des chaines trophiques. 10 ETM couramment observés dans le sol ont été retenus pour ce
projet.
Il s’agit de :As, Al, Ni, Cr, Cu, Fe, Mn, Zn, Pb et Cd.

 Arsenic (As)
L’arsenic est naturellement présent dans la croûte terrestre. Cet élément et ses composés sont présents à l’état de traces dans de nombreux
sols et roches ou bien dans certaines eaux et même dans le compartiment atmosphérique. L'arsenic et ses composés ont de très nombreuses
applications : traitement du bois ; batteries électriques ; semi-conducteurs ; divers équipements électriques et électroniques ; agent décolorant
dans l'industrie du verre ; pigments de peinture ; fabrication de plombs de chasse ; … La majeure partie de l'arsenic anthropique
atmosphérique provient des fumées émanant des industries de production d'As2O3 et de la combustion de produits fossiles (charbons,
pétroles, huiles) qui contiennent un pourcentage important d'arsenic. Dans l’industrie pour limiter les rejets d’arsenic il est recommandé
d’effectuer une meilleure sélection des matières premières combinée si nécessaire :
- à une épuration des gaz acides et au piégeage des poussières (dans l’atmosphère) ;
- à un piégeage, une concentration, ou une transformation des substances polluantes afin de réduire le caractère polluant des effluents.
(INERIS, 20098a).
 Aluminium (Al)
L'aluminium est un élément métallique léger, malléable et ductile, largement utilisé dans diverses industries, y compris l'aérospatiale, la
construction, et les emballages. Il n'est pas considéré comme essentiel pour les organismes vivants et peut être toxique à des concentrations
élevées (ATSDR, 2008).
 Nickel (Ni)
Le nickel est couramment utilisé dans les alliages, les batteries et le placage de surfaces métalliques. Il est essentiel en très petites quantités
pour certaines plantes, mais peut être toxique et allergène pour les humains à des concentrations élevées (Das, K. K., et al. , 2008).
 Chrome (Cr)
Le chrome est utilisé dans la production d'aciers inoxydables, de pigments, et de revêtements anticorrosion. Sous forme trivalente (Cr (III)), il
est essentiel en petites quantités pour les organismes vivants, mais le chrome hexavalent (Cr (VI)) est hautement toxique et carcinogène
(Barceloux, D. G., 1999).
 Cuivre (Cu)
Le cuivre est essentiel pour de nombreux processus biologiques, incluant le fonctionnement des enzymes et la formation de l'hémoglobine. Il
est utilisé dans les conducteurs électriques, les tuyaux et les alliages. Cependant, des concentrations excessives peuvent être toxiques (ATSDR,
2004).
 Fer (Fe)
Le fer est un élément crucial pour les organismes vivants, étant un composant essentiel de l'hémoglobine. Utilisé principalement dans la
fabrication de l'acier et des alliages. Une carence ou un excès de fer peut entraîner des troubles de la santé (Abbaspour et al, 2014).
 Manganèse (Mn)
Le manganèse est un oligo-élément essentiel impliqué dans le métabolisme des acides aminés, des lipides et des glucides. Il est également
utilisé dans les alliages, les piles sèches et comme additif dans les carburants. Une exposition excessive peut être neurotoxique (ATSDR, 2012).
 Zinc (Zn)
Le zinc est un élément essentiel pour de nombreuses enzymes et fonctions biologiques, y compris la croissance cellulaire et la fonction
immunitaire. Utilisé dans la galvanisation des aciers, les alliages et les médicaments. Une carence ou une surdose peut affecter la santé (Plum
et al, 2010).
 Plomb (Pb)
Le plomb est un métal lourd toxique utilisé historiquement dans les peintures, les canalisations, et les carburants. Il n'a pas de rôle biologique
bénéfique et une exposition chronique peut causer des dommages neurologiques et autres problèmes de santé graves (ARSTD, 2007).
 Cadmium (Cd)
L’usage du cadmium est en décroissance continue, et il a été interdit ou son emploi a été restreint par la réglementation européenne dans
plusieurs applications importantes (équipements électriques et électroniques, coloration et stabilisation de certains produits, traitement de
surface de produits métalliques). Malgré un déclin des utilisations intentionnelles, actuellement, un usage important pour les
accumulateurs industriels demeure, et pourrait encore perdurer assez longtemps. Les rejets diffus semblent constituer la première voie
d’apport de cadmium dans les milieux aquatiques, et leur importance par rapport aux rejets ponctuels devrait augmenter dans le futur.
Parmi ces sources diffuses de cadmium, l’emploi d’engrais phosphatés dans l’agriculture, les dépôts atmosphériques, les sources diffuses de
combustion (résidentielles, feux de déchets,…) seront très difficiles à réduire à court terme (INERIS, 2005a).

1.2Generalites sur le sol


1.2.1 Definition
Le sol est une formation naturelle continue et tridimensionnelle. Il constitue un milieu de croissance pour les plantes et en même temps
une interface entre atmosphère, biosphère, hydrosphère et lithosphère, il est donc le réceptacle de toutes les contaminations d’origine
humaine(Qasim et al., 2016).

1.2.2 Pédogenèse
La pédogenèse est le processus par lequel le sol prend naissance et évolue par une combinaison de processus
Physiques, biologiques et chimiques qui sont très liés les uns aux autres. On peut citer : Altération chimique de la masse
minérale , Transformation de la matière organique , ségrégation et migration , cimentation , déformation (cryogénique ,
vertique , biogénique) (Séré, 2018).
Figure 4: Schéma simplifié des relations entre les sols et les différents facteurs de pédogenèse (Baize D. et Chrétien J., 1994)

1.2.3 Constitution
Le sol se constitue principalement de deux phases, la première phase est la phase en solution et la seconde est la phase solide, composée de
Minéraux argileux, des oxydes , de matière organique, des sulfates et des carbonates(Schneider, 2023).
Figure 5 Représentation schématique du fractionnement des ETM entre les principaux compartiments réactifs du sol et de leur spéciation
dans la solution du sol (adapté de Ponthieu, 2003).

1.2.4 Minéraux argileux


Les minéraux argileux sont des phyllosilicates issus de l’altération des minéraux primaires silicatés (feldspaths, micas, amphiboles, pyroxènes,
etc.). La structure des minéraux argileux est donc constituée d’un empilement de feuillets élémentaires. Chaque feuillet est constitué de
couches tétraédriques (atomes de silicium entourés d’atomes d’oxygène) et octaédriques (atomes d’aluminium et de magnésium entourés
d’atomes d’oxygène et de groupement hydroxyles). Au pH du sol, les minéraux argileux possèdent globalement une charge de surface négative
qui est due à deux phénomènes distincts. Le premier (qui est le principal) est indépendant des conditions physico-chimiques et est la
conséquence des substitutions isomorphiques ayant eu lieu lors de la formation des feuillets de l’argile : substitution de Si4+ par Al3+ dans les
couches tétraédriques et de Al3+ par Fe2+ ou Mg2+ dans les couches octaédriques. Le second est dépendant des conditions physico-chimiques
(principalement du pH) et est dû aux ions oxygène non saturés présents en bordure de feuillet. Pour les argiles, l’ensemble de ces charges
négatives situées sur les surfaces internes et externes et en bordure de feuillets représente autant de sites d’échange sur lesquels les cations
métalliques vont pouvoir être adsorbés (Gadde et Laitinen, 1974).

Figure 6 Localisation schématique des sites d’échange des argiles (les ronds noirs représentant les cations métalliques) (adapté de Gommy,
1997).
1.2.5 Les oxydes
Le terme générique « oxydes » regroupe les précipités sous formes d’oxydes, d’hydroxydes ou d’oxyhydroxydes. Ces minéraux sont
principalement présents dans la fraction granulométrique argileuse du sol mais ne sont pas des phyllosilicates. Ils peuvent être cristallisés ou
amorphes (ordonnés à courte distance). Les principaux oxydes sont composés de fer, de manganèse ou d’aluminium. Sous climat tempéré, les
oxydes de fer sont majoritaires. Les oxydes de manganèse sont peu abondants dans les sols (< 1% des constituants minéraux du sol) mais y
jouent un rôle très important en raison de leur affinité pour les ETM (Gadde et Laitinen, 1974).

[Link] Les oxydes de fer


Les formes du fer présentes dans le sol sont principalement conditionnées par le pH et le potentiel d’oxydoréduction. Les ions Fe3+ n’existent
que dans des sols aérés très acides où le pH est inférieur à 4. Lorsque le pH est compris entre 4 et 12, la majorité du fer est présent sous forme
d’oxydes. Les principaux oxydes de fer dans les sols sont : la goethite (αFeOOH), l’hématite (αFe2O3), la lépidocrocite (γFeOOH) ou FeO(OH), la
maghémite (γFe2O3) et la ferrihydrite (Fe10O15, 9H2O) (Girard et al., 2011).

[Link] Les sulfates et les sulfures


Dans les sols bien aérés et drainés, la majorité du soufre inorganique est présent sous forme de sulfates. En revanche, dans les milieux
confinés, il se trouve sous forme de sulfures qui peuvent contrôler la solubilité de certains ETMs tels que Cd, Cu, Ni, Pb, Zn (Tack et al., 1996 ;
HuertaDiaz et al., 1998 ; Isaure, 2001).

[Link] Les carbonates


Parmi les carbonates, la calcite (CaCO3) et la dolomie (CaMg(CO3)2) sont les espèces les plus abondantes (Rhoades, 1982). Les carbonates
peuvent être présents sous forme de particules fines, de concrétions, de nodules et d’encroûtements. Plus leur état de division est élevé, plus
leur dissolution est aisée. Leur surface présente des groupes hydroxyles et carbonyles capables de fixer des ions en solution (Stipp et al., 1991).
La calcite étant le plus souvent soluble, il se produit une succession de phénomènes de dissolution et de précipitation, aboutissant à la
formation de carbonates secondaires. Au cours de la précipitation, des ETMs peuvent être inclus dans la nouvelle structure. Le zinc et le cuivre
peuvent co-précipiter avec la calcite sous forme d’inclusion, donnant naissance à des minéraux hydrocarbonatés tels que l’hydrozincite
(Zn5(OH)6(CO3)2), la malachite (Cu2(OH)2CO3) ou l’azurite (Cu3(OH)2(CO3)2 ; Gommy, 1997).

[Link] La matière organique


La matière organique (MO) du sol peut être regroupée en 2 grandes familles : les constituants vivants et les constituants non vivants. Les
constituants vivants sont les tissus végétaux, la macro, méso et micro-faune et la biomasse microbienne. Lorsque ces organismes meurent, ils
constituent la matière organique fraîche et rentrent dans le cycle de décomposition de la MO. La fragmentation de la MO fraîche et le mélange
de la MO avec les particules minérales du sol. Elle participe à la création de porosité et à la formation d’agrégats stables. Du fait de sa
composition fortement variable d’un sol à l’autre et de la réactivité de ses différentes fractions, la caractérisation de la matière organique est
essentielle pour la compréhension de son interaction avec les ETMs dans le sol et/ou dans sa solution et de son influence sur leur
spéciation(Schneider, 2023).

[Link] Les oxydes de manganèse


Les oxydes de manganèse les plus couramment rencontrés sont les formes amorphes (MnO2·nH2O) ou les phyllomanganates à structure
lamellaire tels que la birnessite ((Na,Ca)Mn7O14·2.8H2O) et la vernadite (Mn(OH)4·nH2O) (Post, 1999). La lithiophorite (Mn5MnO12),
l’hausmannite (Mn2+Mn3+ 2O4) et la pyrolusite (β-MnO2) sont plus rares (McKenzie, 1989). Les oxydes de manganèse sont les plus souvent
présents sous forme d’enveloppes recouvrant les autres minéraux ou sous la forme de petits cristaux au sein d’autres constituants du sol .

1.2.6 Type des sols

[Link] Introduction
Les pédologues du monde entier désignent les différents horizons par des lettres majuscules, ils y attachent une signification qui peut varier
légèrement d’un pays à l’autre. Le sol est normalement subdivisé (définition du terme « sol » d’après la nomenclature pédologique) en une
couche supérieur (horizon A, aussi appelé humus) et une couche inferieur (horizon B) qui surmonte la roche mère (non altérée) (horizon C). Il
n'est pas possible, dans un cadre aussi restreint, de passer en revue toutes les unités de la classification des sols même en se limitant aux
groupes.
Il y a 5 différents types de sols. Il est constitué du sous-sol qui accueille les racines longues et une réserve d’humidité, la terre arable que l’on
utilise pour les plantations. Il y a 4 types de terre arable
 Le sable : il est très peu compact et perméable.
 L’argile : qui absorbe et retient l’eau.
 L’humus : qui correspond à la décomposition des matières organiques (feuilles, herbes…).
 Le calcaire : qui entre dans la composition du sable et de l’argile.
Selon la proportion/répartition de ces quatre éléments dans le sol, on parlera de sol calcaire, sol argileux, sol humifère et sol sablonneux.
a. Le sol sablonneux : Le sol sableux (nommé aussi sol siliceux) est constitué d’au moins 70% de sable, il est de couleur ni trop claire, ni
trop foncée d’une texture assez riche et facile à travailler mais ne retient pas l’eau. Très difficile, voire impossible à compacter. Le sol
sablonneux se réchauffe assez rapidement du fait qu’il ne retient pas l’eau, il est sec et pauvre car il laisse filer les nutriments de la terre
du fait qu’il est perméable à l’eau.
b. b. Le sol argileux : C’est un sol lourd, humide, collant, compact, qui retient l’eau, mais qui évite aussi le dessèchement.
c. C. Le sol humifère : C’est un sol fertile, il est de couleur foncée et est plutôt compact, ressemblant au sol argileux mais avec un apport
nutritif bien plus élevé. Ce type de sol est assez gluant par temps de pluie et se tasse vite. Son défaut : son acidité qui peut limiter la
plantation de certaines espèces.
1.2.7 Notion de texture du sol
La texture d’un sol correspond à la répartition granulométrique de ses particules minérales élémentaires (argile, limon et sable). Cette
répartition granulométrique exclut la fraction organique du sol (Figure 3). La granulométrie fournit des renseignements précieux sur la
pédogenèse et les propriétés fonctionnelles du sol (rapport du sol et de l’eau, aération, complexe absorbant, etc.) : on peut affirmer que
l’ensemble des propriétés physiques et chimiques du sol est en liaison étroite avec la texture et la structure, qui apparaissent comme deux
facteurs-clés de la fertilité du sol et du comportement de l’eau (Duchaufour, 1995). La texture conditionne directement la structure du sol, et
donc la porosité et le régime hydrique. Plus particulièrement, la proportion d’argile influence la formation du complexe argilo-humique, la
capacité d’échange, la fertilité et la profondeur d’enracinement. La texture est une propriété stable, ne variant qu’en fonction de l’évolution à
long terme du sol, pour laquelle elle est une bonne indicatrice (Gobat et al., 2010). En fonction de leur diamètre d, 3 catégories sont
considérées : les argiles (< 2 μm), les limons (2-50 μm) et les sables (50-2000 μm) (Baise, 2000).
Figure 7: texture du sol suivant les dimensions des particules (cours cristallographie et minéralogie des argiles, 2020)
Concernant la classification texturale, l’unité des différentes classifications existantes n’a pas encore été réalisée sur le plan international.
Cependant, dans la plupart des cas, les classifications des textures ont été matérialisées par un système de coordonnées identique :
tantôt a trois dimensions (triangle équilatéral, cas de celui de la FAO représente ci-dessous dont les trois cotes correspondent respectivement
aux sables, aux limons et aux argiles), tantôt a deux dimensions, prenant en compte deux constituants seulement (argile et sable ou argile et
limon), le troisième constituant étant obtenu par différence avec 100 .
Figure 8 : Triangle textural (FAO)

1.2.8 Dégradation des sols


[Link] Généralité sur la dégradation des sols
C’est la perte des qualités essentielles des sols par dégradation de leurs propriétés. Différents processus peuvent contribuer à cette
dégradation : l’érosion, la contamination, le drainage, l’acidification et la disparition de la structure du sol. (Encarta.,2009)
Le plus important phénomène de dégradation est une érosion accélérée. Il s’agit d’une disparition progressive du sol causée par l’eau, le vent
et des mouvements de masse. Cette disparition de la couche superficielle des sols, qui renferment la matière organique et les substances
nutritives réduisant les rendements agricoles sur des sols dégradés. (Kalonji.,2012)
Un sol dégradé doit être restaure (réhabilité), afin qu’on puisse retrouver son potentiel nourricier initial. La réhabilitation consiste à une baisse
considérable de la toxicité (ou de risques) des sites en utilisant soit des procédés naturels (bio remédiation), soit des nouvelles technologies de
protection de l’environnement.
La pollution des sols, par rapport à l’érosion et à la salinité, représente une menace nouvelle apparue progressivement : depuis l’essor de
l’industrie chimique (on considéré entre 12 et 15% de la surface totale dégradé sont dus à la dégradation chimique), on note une multiplication
des sites contaminés par des dépôts de déchets toxique ou d’anciens lieux de production, pollution qui auparavant n’étaient connue que dans
les environs des sites miniers et métallurgiques, puis les développements des produits de traitement agricole et engrais de synthèse ,
également due à la chimie, à entrainer depuis la fin de la guerre une charge croissante pour le sol agricoles. (Koller.,2009)

[Link] Types des dégradations du sol


[Link].1 Dégradation physique
Elle entrain une dégradation des propriétés physique du sol comme l’aptitude à la pénétration racinaire, la perméabilité et l’aération .la
formation des croutes empêche l’infiltration de l’eau et accéléré l’écoulement superficiel. Les faibles indices d’infiltration diminuent la capacité
de rétention d’eau et favorisent ainsi l’apparition de situation de stress hydrique (Tidjani,2004).

[Link].2 Dégradation biologique


Il est certain que la pédofaune constitue un indicateur important de la fertilité du sol. Les organismes du sol dépendent eux-mêmes d’une
bonne structure du [Link] majorité des formes de préparation du sol influence de maniéré significative la quantité et la décomposition de la
pédofaune (Alzouma,2005).

[Link].3 Dégradation chimique


Une série de processus pédologiques et chimiques entrainent une diminution de la productivité des sols. Dans l’optique d’une utilisation
durable des sols agricoles, la diminution des réserves en nutriment pour les végétaux est particulièrement préoccupante. Cela signifie que la
restitution par la minéralisation, la teneur du sol en nutriment diminuerait rapidement. La salinisation entrainera une diminution de la quantité
d’eau disponible pour les plantes. Cela peut également occasionner des effets toxiques sur les cultures, une élévation de l’alcalinité du sol et
sous certains des altérations des structures et une diminution de la capacité d’infiltration (Greco,1966).
1.2.9 Pollution de sol
Un sol est dit pollué quand il contient un ou plusieurs polluants ou contaminants susceptibles de causer des altérations biologiques, physiques
et chimiques. Le polluant se définit comme un altéragène biologique, physique ou chimique, qui au-delà d'un certain seuil, et parfois dans
certaines conditions développe des impacts négatifs sur tout ou partie d'un écosystème ou de l'environnement en général. Autrement dit, la
pollution des sols est comprise comme altération du biotope constitué par l'humus (ou tous autres types de sols) par l'introduction de
substances toxiques, éventuellement radioactives ou d'organismes pathogènes entraînant une perturbation plus ou moins importante de
l'écosystème.
Selon le polluant et le contexte, ses impacts seront:
 Directs ou indirects;
 Locaux et stabilisés ou étendus et mobiles (mobilité dépendant souvent de paramètres liés à l'eau, aux envols de poussière et au pH du
sol ou du substrat polluant ou de phénomènes de bioturbation);
 Immédiats ou différés;
 De surface, profond ou de « subsurface » (avec dans chaque cas des impacts éco toxicologiques différents).
1.2.10 Source de pollution des sols
Les pollutions du sol peuvent apparaitre des différentes façons : directement de l’air par déposition sèche ou avec les précipitations
(dépositions humides), de l’agriculture, de l’épandage des fertilisants ; mais la pollution la plus importante est celle qui est associe aux
polluants provenant des déchets. (Koller.,2009)
S’il y a un ou plusieurs composant toxiques dont la concentration varie un peu, la contamination est appelée diffuse. En règle générale, les
surfaces concernées sont très étendues et les polluants sont émis :
 A partir des sources non stationnaires comme les automobiles ;
 A partir des sources très étendues (dépôts de produits en agriculture, dépôts de sédiment lors d’inondations) ;
 A partir d’un grand nombre de sources comme foyers domestique.

[Link] Pratiques agricoles (engrais et pesticides)


Cette forme de pollution provient essentiellement des engrais et pesticides qui s’infiltrent dans les sols lors de leur utilisation. Bien que, les
engrais soient essentiels à l’agriculture moderne, leurs utilisations excessives entrainent des effets dangereux pour les végétaux et les cultures,
et aussi pour les qualités des sols. Les pesticides retombent avec l’eau des pluies sur les sols d’où ils sont ensuite drainés jusque dans les
rivières par les eaux des pluies (ruissellement et infiltration). (Vialatte et Demay.,2017)
L’usage massif des fertilisants et les recours systématiques aux pesticides ont permis une augmentation considérable des rendements
agricoles. Il se sont malheureusement accompagnés d’une pollution accrue des eaux continentales, des terres cultivées, ainsi que des
productions végétales et animales par divers contaminants minéraux ou organiques. Tout apport d’engrais minéraux contribue tôt ou tard à
accroitre les charges pesant sur la nappe phréatique et les eaux de surface. Délivrés en excès et les matières répétées aux long des années les
fertilisants polluent en effet :
 Par les impuretés qu’ils renferment
 Par le déséquilibre des certains cycles biogéochimiques et la dégradation des sols ;
 Par la contamination des nappes phréatiques.
Pour des raisons de prix de revient’ les engrais industriels ne sont pas purifies. Ils contiennent à l’état de trace de nombreux métaux et
metalloïdes toxiques (Cd, V, Cr, Cu, As, Pb, Ni, Zn, etc.) qui, peu mobiles, s’accumulent dans le sol et peuvent passe dans les plantes cultivées.
Cette source est aussi la plus difficile à maitriser, car c’est une source diffuse, constituée principalement des eaux de ruissellement circulant à
travers les terrains cultives et non une source ponctuelle et bien délimitée comme celle de l’industrie et des collectivités.
Les nitrates et les phosphates sont partiellement utilises par les plantes mais une bonne partie reste dans les sols et est lessivée jusqu’aux eaux
de surface ou aux nappes phréatiques. Le sol, incapable de constituer des réserves, doit être à nouveau fertilisé. L’importance du phénomène
dépend des nombreux paramètres. Le premier tient à la nature du sol, notamment à sa capacité à retenir les nitrates et les phosphates et à
retenir des micro-organismes capable de dégrader. Certains micro-organismes peuvent en effet transformer le nitrate en NH 3, qui sera utilisé
par d’autres organismes. D’autres, qui vivent au milieu anaérobie, le transforment en azote gazeux (N). Interviennent aussi le climat, la
température et surtout la quantité et la répartition dans les temps de précipitations, qui lessivent le sol s d’autant plus intensément que les
derniers sont nus.
La pollution par pesticides est encore plus pernicieuse. Le terme pesticide désigne tous les composés chimiques qui, par leur toxicité,
permettent de maitriser le développement d’animaux, des plantes ou des champignons considérés comme nuisibles. Suivant leurs cibles, on
parle d’insecticides, d’herbicides, de fongicides, etc. toutes leurs efficacités tiennent dans leurs toxicités, qui ne se limitent malheureusement
pas aux seules espèces visées. Ils se composent principalement d’une matière active (une combinaison de carbone, d’hydrogène, de chlore,
d’azote, de souffre, de phosphore et divers métaux) est toxique et cause la plupart de problèmes d’épuration des eaux. La rémanence des
pesticides et fongicides vas des quelques jours à quelques mois, mais il reste une partie des résidus lies non extradables. La corrélation claire
entre le niveau de contamination en azote et phosphore du sol les ayant utilisés et les quantités de nutriment et produits chimiques utilises
modifie profondément le cycle de l’azote (et du phosphore) altéré par abus d’engrais chimiques.

1.2.11 Type de pollutions du sol


[Link] Les pollutions diffuses
Se développant sur de grandes surfaces de sols, elles proviennent généralement d’épandages de produits solides ou liquides (emploi d’engrais
ou de pesticides en agriculture) ou de retombées atmosphériques. La dispersion puis l'accumulation de substances dangereuses sur ces sols
donne ainsi des « sites uniformément contaminés » (NF ISO11074-1,1997).

[Link] Les pollutions ponctuelles


A l’inverse des pollutions diffuses, elles se distinguent par la présence ponctuelle dans les sols et sous-sols de substances dangereuses
provenant généralement de déversements, de fuites ou de dépôt de déchets. Non confinées et en fortes concentrations, ces substances
donnent naissance à des « sites localement contaminés » (NF ISO11074-1,1997).
CHAPITRE 2 Milieu, Matériels et Méthodes

2.1 Milieu

2.1.1 Localisation
La présente étude a été conduite dans la province du Haut-Katanga en République Démocratique du Congo.

Le Haut-Katanga est actuellement une des 26 provinces de la République démocratique du Congo (RDC). Il faisait, jusque début mars 2015,
partie de quatre districts de la province du Katanga lorsque la RDC était encore constituée de 11 provinces. Le Haut-Katanga occupe la partie la
plus méridionale du pays, possède une superficie de 131 443 km² (Kaniki, 2008) (Kabulo, 2010) et à Lubumbashi pour chef-lieu. Cette province
est délimitée au Nord par la province du Haut Lomami et celle du Tanganyika ; à l'Ouest par la ville de Likasi et de Kolwezi ; à l'Est et au Sud par
la Zambie. Elle est géographiquement comprise entre les parallèles 10° à 13°Sud et les méridiens 25° à 28°Est, à une altitude moyenne de 1200
mètres. Cette province est en partie située sur l'arc cuprifère (Figure 2-1). L'arc cuprifère consiste en une large bande de 600 km de long et 50
km de large, s'étendant entre la RDC et la Zambie ( François, 1974 ; Kaniki, 2008). Elle est dès lors le centre d'une activité minière intense.

Figure 9 Arc cuptifere du Katanga (Francois 1974)

2.1.2 Relief et Climat


Avec un sol sablonneux au nord et argilo- sablonneux au sud, le relief du Haut-Katanga est caractérisé par la succession de collines minéralisées
et non minéralisées, de chaînes de montagnes, de plateaux, de plaines et de vallées. Dans cette région se déroule un vaste plateau en
pénéplaine dont l’altitude oscille entre 1450 et 1550 m. Entre les larges plaines basses alluviales s’intercalent des pénéplaines de hauts
plateaux. De l’est à l’ouest se succèdent ainsi :
 La plaine de Kamalondo appelée aussi dépression de Kamalondo, longue de plus de 200 km et large de 30 à 45 km (550 m d’altitude) ; -
la plaine de la Lufira (+ 800 à 1000 m d’altitude)
 Le plateau de Kundelungu (+ 1800 m d’altitude) ; - la plaine de Moero-Luapula-Bangwelo (+512 à 1100 m d’altitude).
Le trait général majeur du climat de cette région est la succession de la saison de pluies et de la saison sèche. La première s’étend, en
général, de novembre à mars. Les précipitations ont alors souvent lieu sous forme d’orages et de fortes averses à caractère local, et, plus
rarement, sous forme de pluies continues étendues (Harjoba, 1994). L’ensoleillement est relativement important au cours de cette saison.
La saison sèche est caractérisée par de très faibles précipitations avec deux à quatre mois sans la moindre pluie et un ciel presque toujours
serein. Avril et octobre sont des mois de transition. Des études bioclimatiques reconnaissent toutefois cinq saisons (Boaler 1966 ;
Malaisse 1974, Leteinturier 2002). En effet, la saison sèche permet d’identifier deux périodes : l’une froide, de Mai à Août (White 1983) ;
l’autre chaude, de Septembre à début Novembre où l’augmentation progressive de la température s’accompagne d’un accroissement de
l’humidité atmosphérique.

2.1.3 Végétation
Le nord-ouest de la province du Haut Katanga est principalement occupé par la savane arbustive, où une savane herbeuse accompagnée d’une
végétation marécageuse est présente à l’ouest du parc national de Kundelungu. Le nord-est du Haut-Katanga est recouvert par une forêt claire,
une savane boisée et une savane arbustive. La végétation marécageuse occupe une superficie importante au sud et au nord-est du lac Moero.
La forêt claire, la savane boisée et la savane arbustive viennent s’entremêler dans la partie centrale le long et dans le parc national de
Kundelungu.
Des complexes agricoles sont parsemés en superficies relativement petites, surtout au centre et à l’est (à la frontière zambienne) de la province
et tout le long du lac Moero. Le sud-est du Haut-Katanga est occupé majoritairement par la forêt claire, surtout à l’extrême sud-est de la
province. La savane boisée, arborée et arbustive fait également partie de la végétation du sud-est. Les complexes agricoles ont ici une
superficie plus élevée et se situent autour de Lubumbashi, ainsi qu’autour de quelques îlots se trouvant à l’est et au sud, à la frontière de la
province avec la Zambie.

Tableau 4 : Répartition des principaux types de végétation dans la province du Haut-Katanga et au niveau national

Haut-Katanga Haut-Katanga/ RDC RDC


Type des
végétations Superficie Superficie Superficie Superficie
(ha) (%) (%) (ha)
Forêt dense humide 5785 0,05 0,01 93517825
Forêt sur sol Hydro 285159 2,31 1,88 15183214
morphe
Foret claire 4725313 38,20 31,88 14826729
Savane boisée 3904341 31,56 87,60 4456625
Savane arbustive 533178 4,31 3,48 15335810
Savane herbeuse 109131 0,88 0,73 14881257
Foret d’altitude 168 <0,01 0,01 2734677
Végétation 215327 1,74 40,19 535714
marécageuse
Total végétation 9778403 79,05 5,62 173855384
Agriculture 42636 0,34 2,74 155849
permanente
Complexe 2548788 20,60 4,76 53576845
agriculture
Total zones 2591414 20,94 4,70 55132694
anthropisées

Source : Vancutsem 2009, Verhegghen et al. 2010.


Le sud-ouest du Haut-Katanga se distingue des autres parties de la province par le recouvrement de savanes boisée et arborée, ainsi que par
les complexes agricoles formés autour de Likasi.
Selon les auteurs, il règne dans la région du Haut-Katanga, un climat :
 Tempéré chaud (Cw6) selon Köppen (1936) ;
 Subhumide, méso thermique à saison sèche d’hiver (CB’w) selon Thornthwaite (1948);
 Katanguien selon Aubreville (1949) ;
 Xérothermique selon Gaussen (1955) ;
 Soudanien (B1) selon la classification de De Martonne (1957) ;
 Tropical à pluies d’été (II2e) selon Walter et Lieth (cité par Malaisse 1997).
En dépit de la diversité des définitions du climat régional, ces différents auteurs s’accordent, néanmoins, sur la distinction sans nuance, d’une
saison des pluies et d’une saison sèche. Sur la base des observations phénologiques portant sur la végétation du Sud-Katanga, Malaisse (1997)
a proposé la répartition du climat régional en cinq saisons :
 La saison sèche froide (Mai-juillet) ;
 La saison sèche chaude (août-septembre) ;
 La saison des pluies précoces (octobre-novembre) ;
 La pleine saison des pluies (décembre-février) ;
 La saison des pluies tardives (mars-avril).
Les précipitations y sont moyennement abondantes avec une pluviosité allant de 1000 à 1400 mm par an. La présence d’une saison sèche
prolongée, pouvant durer de 5 à 6,5 mois, peut expliquer la présence des forêts claires et de différents types de savanes dans certains endroits
du Haut-Katanga. Misson (Misson 1950) a proposé de subdiviser la saison sèche en quatre stades :
 Le stade I consiste dans l’assèchement progressif de l’air et du sol en fin de saison des pluies ;
 Le stade II caractérisé par une température nocturne basse qui maintient la végétation en état de repos ;
 Le stade III correspondant à une remontée de la température et une reprise de l’activité de la végétation ;
 Le stade IV, enfin, consistant dans la prolongation du stade précédent et présentant un danger de sécheresse écologique en cas de
retard dans le retour des pluies.
Les températures moyennes annuelles varient entre 14,2 °C et 24,6 °C, les minimas annuels sont de l’ordre de 6° C-14 °C, tandis que les
maximas moyens varient entre 25° C-32° C (Malaisse 1997).
2.1.4 Sol
Les sols du Haut-Katanga sont très diversifiés par leur nature. La carte des sols élaborée par l'ISRIC (Kasongo, 2009) dans le cadre de la base des
données SOTER montre, la dominance de groupes des sols de référence suivants : Ferralsols, Vertisols, Cambisol et Fluvisols.
Les ferralsols, couvrant la grande partie du Haut-Katanga, sont des sols minéraux, avec plus de 20 % d'argile, à profil A-C, A-B-C, à A 1 faible, sans
B textural. Ces sont caractérisés par : une réserve en minéraux altérable nulle ou faible, un rapport limon/argile inférieur à 0,2 sur roches
sédimentaires et alluvions, à 0,15 sur roches éruptives et cristallophylliennes, la présence d'oxydes libres dans la fraction argileuse, une faible
capacité d'échange cationique (Sys, 1960). Les groupes de référence des Vertisols, Cambisol et Fluvisols, s'intègrent, à quelques difficultés près,
dans les différentes classes des Sols Minéraux Bruts, Sols Tropicaux Récents, et Terres Noires Tropicales de la classification de l'INEAC (Kasongo,
2009). Le relief est caractérisé par les chaînes des montagnes de Mitwaba et de Kundelungu et le plateau d'Upemba.

Ils ont comme proprietes chimiques :

 Pauvreté en Azote, potassium ainsi qu’en élément secondaires calcium, magnésium, soufre) et en plusieurs oligoéléments (Ngongo et
al., 2009).
 Absence des minéraux altérables et faiblesse de la capacite de rétention des cations par la fraction minérale du sol
 Blocage du phosphore par l’aluminium à cause des conditions de forte humidité suite conditions de forte acidité (Prasad & Power,
1997).

2.1.5 Géologie
Les formations géologiques du Katanga comprennent en générale un soubassement Protérozoïque et une couverture tabulaire Phanérozoïque.
Ces derniers se présent comme suit selon (Bogaert & Colinet, 2019). Pour le soubassement Protérozoïque : i) le Complexe Kapanga-Sandoa
d’âge Archéen, ii) l’Ubendien et le Lukoshien d’âge Paléoprotérozoïque, iii) le Kibarien d’âge Mésoprotérozoïque et, iv) le Katanguien d’âge
Néoprotérozoïque. La couverture tabulaire, quant à elle, comprend trois séries : i) la série de Karoo d’âge Paléozoïque (Permo-carbonifère),
représentée par la série de la Lukuga, ii) la série de Kalahari d’âge Cénozoïque et, iii) des alluvions récentes et les terres de recouvrement d’âge
Quaternaire. Le présent travail sera surtout concentré sur le katanguien car c’est la formation géologique qui prévaut dans la zone d’étude.

2.1.6 Le katanguien
Les dépôts Katanguiens sont d’origines sédimentaire et évapotrique, ils ont une épaisseur d’une moyenne d’environ 10 000m (Kampunzu et al.,
2000). Ils sont divisés en en trois groupes, Roan, Nguba et Kundelungu, séparés par des formations de tillites conglomératiques connues sous le
nom de Grand et Petit Conglomérats. Leur lithologie est dominée par une formation détritique massive ou faiblement stratifiée (Roches Argilo-
Talqueuses, RAT) d’épaisseur inconnue à la base et des dolomies sus-jacentes, il faudra cependant retenir que les formations postérieures
présentent un caractère terrigène plus marqué (shales, shales dolomitiques, grès, etc.) (Muyumba et al., 2015).
Une carte géologique présentant les formations géologiques de l’arc cuprifère katangais est présentée ci-dessous.

Figure 10 Carte des principales formation Géologique ( Lepersonne 1974)

2.1.7 Site étudié


Le site de Musoshi est localisé à environ 60 km à vol d’oiseau au sud-est de la ville de Lubumbashi. Cette cité minière compte un concentrateur
qui était alimenté par la mine souterraine de Musoshi qui a commencé en 1972 l’exploitation d’un gisement de minerais sulfurés de cuivre. Les
travailleurs de la mine ont leur camp d’habitation à SODIMICO, une cité située à 1 km de la mine.
Les gisements connus dans les concessions (Musoshi, Kinsenda, Kimpe et Lubembe) font partie de la ceinture du Cu de l’Afrique Centrale. Ils
sont situés géologiquement dans la zone de transition entre les faciès lithologiques de type Congo et ceux du type Zambien. Ils sont
stratiformes, d’épaisseurs métriques à décamétriques et nécessitent une exploitation en souterrain. La minéralisation cuprifère est
essentiellement sulfurée mais elle s’accompagne d’un certain pourcentage de minéraux oxydés de cuivre. Le gisement de Lubembe n’a pas
encore fait l’objet d’une exploitation industrielle.
Les mines de Musoshi et de Kinsenda ont connu de très sérieux problèmes tant techniques que financiers dans les années 90, et sont à l’arrêt
depuis le 18 mars 2002, suite à la noyade de la mine de Kinsenda. Aucun traitement de minerai ne se fait à ce jour dans les installations de la
SODIMICO. Une nouvelle société, la MMK (Minière de Musoshi et Kinsenda) a repris les droits miniers et a installé un four pour le traitement
par voie pyrométallurgique.
Avec une capacité installée de 5.000 tonnes de minerais par jour, la SODIMICO effectuait une concentration par flottation au xanthate et à
l’hydrosulfure de sodium (NaSH). Les minerais cuprifères sulfurés et oxydés étaient essentiellement constitués de la chalcopyrite, bromite,
cuprite, malachite, chalcosine et azurite. Les rejets en pulpe étaient pompés sur une colline voisine de la mine de Musoshi et de là, par gravité,
ils coulaient vers le bassin de stockage (site à rejets de Shimambo17). Dans le bassin, les eaux plus ou moins clarifiées par décantation,
débordaient et coulaient vers la rivière Kanuampungu qui se jette dans la rivière Musoshi. La rivière Musoshi se jette dans la rivière Kafubu, qui
à son tour se jette dans la Luapula. Il faut aussi noter qu’un système dit de sauvegarde avait été mis en place. En cas de panne de la pompe, au
lieu que la pulpe s’entasse à l’intérieur de la concession de l’usine, elle était dirigée vers les drains des eaux d’exhaure passant par le camp des
travailleurs pour se déverser dans la rivière Kanuampungu.
L’alimentation du concentrateur de SODIMICO était constituée d’un mélange de minerai monométallique de cuivre à 2-2,4% Cu pour la mine
de Musoshi et de près de 5% Cu pour la mine de Kinsenda. La gangue du minerai était constituée de shales gréseux et de grès. Du point de vue
du procédé, après deux phases de concassage, le minerai était envoyé au broyage humide dans des broyeurs à barres et à boulets. La flottation
aux xanthates comportait plusieurs étapes : ébauchage, épuisement et finissage. Les concentrés sulfurés et oxydés étaient mélangés puis
finalement décantés et filtrés (Kaniki, 2008).
L’eau d’exhaure de la mine Musoshi était évacuée à raison de 30 m3/min. Une mesure du pH de cette eau avait donné une valeur de 6,5 et une
conductivité de 720 S (équivalant à une concentration en solides dissous totaux de 360 ppm) (SNC, 2003). Ces eaux étaient ensuite rejetées
dans la rivière Musoshi tout comme le sont les débordements occasionnels des circuits de flottation.
Les rejets solides étaient pulpés à 25-30% et pompés sur 13 km vers les deux sites à rejets de Shimambo en cascades. Les eaux de ces bassins
se déversaient dans la rivière Kanwapungu. Des mesures de la qualité de l’eau réalisé par (SNC, 2003) indiquaient un pH de 8,5 et une
conductivité de 320 S (équivalant à une concentration en solides dissous totaux de 160 ppm).

Figure11: Localisation du site étudié dans la province du Haut-Katanga, RD. Congo

2.2 Materiel et Methodes


Pour une bonne conduite de cette étude, les outils, appareils et réactifs suivants ont été nécessaires : une bèche ; une houe ; des sachets de
conditionnement des échantillons des sols ; des bottes en caoutchouc ; un mètre ruban de 50 m ; une latte de 30 cm ; un GPS (Garmin GPSMAP
64st) ; un tamis de 5 mm de maille ; un couteau de camping.

2.2.1 Echantillonnage
L'échantillonnage et le prélèvement ont été réalisés en deux temps : (i) une journée de prospection en Aout 2024, (ii) puis un échantillonnage
complet au cours des mois de Septembre et Octobre 2024.
Sur le site étudié, 8 échantillons ont été récoltés aux intervalles réguliers de 50 m, suivant un transect tracé à partir des alentours de l’ancien
concentrateur jusqu'à 200 m dans la cité Sodimico, les échantillons des sols étaient prélevés a deux profondeurs : 0-15 cm et 15-30 cm de
profondeur par rapport à la surface, à l'aide d'une houe et une bèche.
Après leurs prélèvement, l’étape suivante a été d’une grande importance, elle consistait à uniformiser les échantillons de sols pour les rendre
adéquats aux analyses. Il s’agissait de sécher, désagréger les mottes de terre, réduire les agrégats en fragments de 2mm et de séparer les
fragments grossiers des sédiments fins par le tamisage. Un numéro identifiant est premièrement attribué à chaque échantillon (1’, 2’, 3’, 4’ et
1,2,3,4).

Tableau 5 : Représentation des points de prélèvement

Echantillons Distance au concentrateur Coordonnées GPS


Echantillon 1’ et 1 50 12°12'21.9''S ;
027°39'07.2''E ; 1284 m
Echantillon 2’ et 2 100 12°12'21.1''S ;
027°39'05.8''E ; 1286 m
Echantillon 3’ et 3 150 12°12'21.0''S ;
027°39'04.1''E ; 1292 m
Echantillon 4’ et 4 200 12°12'19.1''S ;
027°39'02.9''E ; 1292 m

1.1.5 2.2.2 Travail du laboratoire et caractérisation des sols


Les travaux au laboratoire ont consisté à l'analyse physico-chimique, à l’analyse de la texture, ainsi qu’à l’analyse des valeurs agronomiques (NPK) des
échantillons des sols prélevés. Les échantillons des sols ont été analysés au Laboratoire Agro-Pédologique de la Faculté de Sciences Agronomiques de
l'Université de Lubumbashi (LAP-FSA-UNILU).

2.2.3 Préparation des échantillons


 Principe

Cette étape est d’une grande importance, en ce qu’elle consiste à uniformiser les échantillons de sols pour les rendre adéquats aux analyses. Il
s’agit de sécher, désagréger les mottes de terre, réduire les agrégats en fragments de 2mm et de séparer les fragments grossiers des sédiments
fins par le tamisage. Un numéro identifiant est premièrement attribué à chaque échantillon.

 Matériels

Balance, sachet en polyéthylène, brosses et papiers serviettes pour le nettoyage, mortier et pilon, tamis de 2mm de maille, étuve.

 Mode opératoire
 Séchage

Le séchage est effectué à l’étuve à une température de ± 45°.

 Réduction des agrégats et tamisage


Les mottes de terre sont délicatement écrasées et broyées à l’aide d’un pilon en évitant de broyer les particules grossières telles que les
pierres, roches, concrétions, etc., ensuite sont tamisées au moyen d’un tamis de 2mm.

 Fraction grossière

Après tamisage, les résidus sont mis de côté, les fractions grossières sont pesées et emballés dans un sachet plastique. Voici quelques analyses
faites.

[Link] Mesure du pH eau


 Principe

Le pH eau est une mesure de l’activité des ions H+ dans la solution de sol. Le pH eau est l’expression de l’acidité actuelle, et il est mesuré
potentiométriquement dans une suspension sol/eau de rapport 1/ 2.5

 Matériels et réactifs
 Balance analytique, bocal de 35 ml, pH-mètre
 Eau distillée
 Mode opératoire
 Peser 10 g de sol dans un bocal de 35 ml
 Ajouter 25 ml d’eau distillée
 Agiter la solution pendant 45 secondes puis laisser reposer pendant 2 heures
 Lire au pH-mètre.
[Link] Analyse de la conductivité du sol

 Principe

L’échantillon de sol est extrait dans un rapport d’extraction de 1:5 (m/V) avec de l’eau à une température de (20 ± 1) °C, afin de dissoudre les
électrolytes. La conductivité électrique spécifique de l’extrait filtré est mesurée et le résultat est corrigé à une température de 25 °C.

 Matériel et réactifs
 Conductimètre : équipé d’une cellule de mesure de la conductivité, d’un système de réglage de la plage de mesure et d’un dispositif de
correction de la température avec une précision de 1 mS/m. Il doit de préférence être équipé d’un système de réglage de la constante
de la cellule ;
 Balance analytique : précision d’au moins 0.01 g ;
 Thermomètre : capable de mesurer à 0.1 °C près ;
 Agitateur mécanique à mouvement horizontal : capable de maintenir une suspension 1:5 sol:eau ;
 Papier filtre : à faible teneur en cendre et à haut pouvoir de rétention ;
 Flacon : en verre borosilicaté ou en polyéthylène d’une capacité de 250 ml ;
 Verrerie courante de laboratoire.
 Comme reactifs : eau déminéralisée ayant une conductivité électrique spécifique ≤ 0,2 mS/m à 25 °C, eau de qualité 2 conformément à
la norme ISO 3696 ; Solutions étalon (Solutions de chlorure de potassium).
 Mode opératoire
 Transférer 10.00g de l’échantillon sèche dans un flacon en polyéthylène ;
 Ajouter 50 ml d’eau a (20 ± 1) ᵒC et fermer le flacon ;
 Placer le flacon a l’horizontal sur l’agitateur et agiter pendant 30 minutes ;
 Filtrer directement sur papier filtre ;
 Lire à l’aide d’un conductimètre avec électrode potentio-metrique.

1.1.6 [Link] Dosage du carbone organique par la méthode de Walkley and Black (1934)
 Principe

L’analyse quantitative de la matière organique est faite en quantifiant l’un de ses constituants, le carbone organique (CO) qui est estimé à 58%
de la matière organique, et s’exprime par cette formule :

CO X 1,724 = % MO.

Cette méthode est basée sur l’oxydation du carbone organique par le bichromate de potassium ( K 2Cr2O7) en excès dans une solution d’acide
fort (H2SO4). L’excédent qui n’a pas réagi est ensuite titré au moyen du Sulfate de fer (FeSO 4 .7H2O) en présence d’un indicateur coloré, afin de
calculer la quantité de bichromate qui a été neutralisée par le carbone organique.

K2Cr2O7 + 6 FeSO4 + 7 H2SO4 → K2SO4 + Cr2(SO4)3 + 7 H2O

. Le pourcentage en COS est obtenu par l’équation :

4 (a−b)
%CO=
a∗p

Dans cette relation, le %𝐶𝑂 est le pourcentage en carbone organique, a est le volume moyen de sulfate de fer (1M) utilisé au point d’équivalence chimique
dans les témoins, b est volume de sulfate ferreux (1M) utilisé au point d’équivalence chimique dans l’échantillon. P est la prise d’essai.

 Matériels et réactifs
 Balance analytique, verre de montre, Erlenmeyer 500 ml, burette, éprouvette, plaque chauffante
 Bichromate de potassium, acide sulfurique (98%), acide orthophosphorique (98%), indicateur coloré (Diphénylamine).
 Mode opératoire
 Peser 0.250 g de sol (en fonction de la couleur du sol, peser 0.125g pour un sol sombre et 0.5 g pour un sol clair) dans un verre de
montre et le transvaser dans un Erlenmeyer
de 500 ml ;
 Ajouter successivement 10 ml de bichromate de potassium, 20 ml d’acide sulfurique concentré, ensuite chauffer pendant 30 minutes à
80°C ;
 Ajouter 200-300 ml d’eau distillée pour refroidir la solution, ensuite 10 ml d’acide orthophosphorique (98%) et 1 ml de diphénylamine ;
 Titrer au sulfate de fer jusqu’à ce que la solution vire au vert.

[Link] Analyse de la texture par la méthode de Bouyoucos


 Principe

Les particules ayant un diamètre supérieur à 2 mm sont éliminées à travers un tamis de 10 mailles. L’échantillon tamisé est ensuite
homogénéisé et environ 40 g (poids sec) sont mélangés à de l’eau contenant un agent dispersant avant d’être introduit dans un cylindre. La
densité du mélange et la température sont mesurés à des intervalles de temps ‘ de 40 secondes à 2 heures) en utilisant un hydromètre
(densimètre). La densité obtenue en fonction du temps de la sédimentation est utilisée pour obtenir la granulométrie de l’échantillon analysé.

 Matériels et réactifs
 Balance analytique, bocal de 500 ml, agitateur, cylindre gradué 1000 ml
 solution dispersante (Carbonate de sodium NaCO3 et hexa métaphosphate Na6(PO3)6 ) Pour les sols à faible teneur en matière organique
 Mode opératoire
 Peser 40 g de sol dans un bocal de 500 ml ;
 Ajouter 50 ml de la solution dispersante
 Ajouter 300 ml d’eau distillée
 Mettre la solution sous agitation pendant 16 heures
 Transvaser la solution dans le cylindre, ajouter de l’eau distillée, agiter pendant 35 secondes et ajouter de l’eau distillée jusqu’à 1000 ml
 Mesurer la densité et la température à 40 secondes puis après 2 heures.

[Link] Dosage du phosphore disponible par la méthode de Bray & Kurtz (Bray 2)

 Principe

Cette méthode combine l’extraction du phosphore assimilable en milieu acide à la complexation, par le fluorure d’ammonium de l’aluminium
lié au phosphore. Le dosage du phosphore se fait par spectrophotométrie avec le bleu de molybdène.

Bray 2 : 0.03 M NH4F + 0.1 M HCl

 Matériels et réactifs
 Balance analytique, bocal de 35 ml, entonnoir, papier filtre, bain marie, bécher 100 ml, spectrophotomètre, pipette ;
 Solution de Bray 2, acide hydrochlorique 0.5 M, acide borique 5%, acide ascorbique 2%, sulfomolybdate .
 Mode opératoire
 Peser 2.5 g de sol dans un bocal de 35 ml
 Ajouter 17.5 ml de solution de Bray 2
 Agiter pendant 45 secondes puis filtrer à l’aide d’un papier filtre dans une fiole de 50 ml
 Pipeter en fonction du pH du sol 0.5, 1, 2, 5, ou 10 ml du filtrat dans un bécher de 100ml
 Ajouter successivement dans le bécher, 10 ml d’acide borique, 4 ml d’acide ascorbique et 2 ml de sulfomolybdate
 Chauffer au bain pendant 10 minutes et laisser refroidir
 Mesurer l’absorbance au spectrophotomètre à 665 nm
 Diminuer la prise de filtrat si la concentration de l’échantillon est trop élevée et refaire la détermination.

1.1.7 [Link] Dosage de l’azote total par la méthode de Kjeldhal


 Principe
 La minéralisation : Les échantillons sont traités avec un mélange d’acide sulfurique
Concentré et d’acide salicylique. L’acide sulfurique digère la matière organique et transforme l’azote en ammonium (NH 4+). Les nitrates
et les traces de nitrites présents dans l’échantillon sont initialement lié par l’acide salicylique sous forme de composé nitro puis réduit
par le Thiosulfate de sodium. La minéralisation est accélérée par l’utilisation d’un catalyseur (Sulfate de cuivre + Sélénium) par
l’augmentation de la température d’ébullition avec l’ajout de sulfate de potassium (400°).
Equation de minéralisation : M Organique → NH4+
 La distillation : au moyen de la soude, on veut transformer l’ammonium sous forme volatile, l’ammoniac. La soude va rendre le pH de la
solution basique, et ainsi transformer l’ammonium en ammoniac (NH3) qui est entrainé par vapeur d’eau lors de la distillation.
Equation de la distillation : NH4+ + NaOH → Na+ + NH3 + H2O
 Le dosage : pour un dosage direct, l’ammoniac est recueilli dans une solution d’acide borique (H 3BO3) qui est un acide faible qui va servir
à piéger l’ammoniac, et ce dernier ainsi piégé est neutralisé progressivement par une solution étalonnée d’acide fort (HCl ou H 2SO4) en
présence d’un indicateur coloré. On obtient donc : NH3+ + H+ → NH4+
Pour un dosage indirect, l’ammoniac est recueilli dans un volume connu et en excès d’une solution étalonné d’acide fort (HCl ou H 2SO4).
L’excès d’acide sera ensuite dosé au moyen d’une solution étalonnée de base forte en présence d’un indicateur coloré. On a donc :

NH3 + H+ → NH4+ puis H+ + OH- → H2O

 Matériels et réactifs
 Balance analytique, verre de montre, tube à essai, Erlenmeyer, pipette, distillateur Kjeldhal
 Acide sulfurique concentré (98%), thiosulfate de sodium, acide chlorhydrique.
 Mode opératoire
 Peser 2 g de sol sur un verre de montre et déverser dans un tube à essai
 Ajouter successivement 7 ml du mélange d’acide sulfurique concentré et d’acide salicylique, 3 ml d’acide sulfurique, 0.5 g de Thiosulfate
de sodium, et 0.5 g de catalyseur
 Placer le tube à essai dans un digesteur à 400°C pendant 2 heures, jusqu’à ce que la solution soit claire
 Ajouter 50 ml d’eau distillée dans un Erlenmeyer
 Ajouter 20 ml d’acide borique plus l’indicateur coloré
 Placer le tube au distillateur Kjeldhal pendant 5 minutes
 Titrer à la burette avec de l’acide chlorhydrique 1N en agitant continuellement jusqu’à ce que la solution change de couleur du vert au
rouge (violet).

2.2.4 Analyses Statistiques

Les résultats des analyses de laboratoire ont été encodes dans un fichier Excel reprenant également des informations telles que les
coordonnées géographiques associes à chaque échantillon.
De nombreux traitements statistiques ont par la suite été effectués sur ces données, notamment une analyse de la variance (ANOVA) pour comparer les
moyennes des propriétés physicochimiques des sols entre les zones étudiées en fonction de la profondeur et de l’occupation de sol. En cas de différence
significative, il a été effectué un test post-hoc de Tukey pour distinguer les différentes classes de moyennes. Enfin, toutes les autres analyses (statistiques
descriptives, analyses de corrélation, détermination de la ligne de base, etc.) ont été réalisées à l'aide des logiciels R 4.0.3 et Minitab 19.

Chapitre 3 Présentation des résultats

3.1 Statistiques descriptives des paramètres étudiés en fonction de la profondeur

Le tableau 3.1 ci-dessous présente les statistiques descriptives des paramètres étudiés en fonction de la profondeur il s’observe que pour les
éléments suivant : Cd, Pb, Ni, Cr et Zn, possèdent des moyennes inférieures à la norme AFNOR pour toutes les profondeurs considérées. On
remarque que pour le cuivre la moyenne est largement au-dessus de la norme AFNOR, alors que la moyenne pour le Manganèse est supérieure
a la surface et inferieur à la norme AFNOR en profondeur et on observe aussi que le pH respecte la norme AFNOR en surface mais il décroisse
en profondeur.

Tableau 3.1 Statistique descriptive des paramètres étudiés

Variable Profondeu Moyenne EcTyp Minimum Médiane Maximum Norme


r
0-15cm 6,62 1,00 5,50 6,55 7,90
pH
15-30cm 5,52 0,95 4,70 5,26 6,85 6,5-8,5
0-15cm 4584,00 1088,00 3440,00 4428,00 6038,00
Al (mg/kg)
15-30cm 3863,00 813,00 3028,00 3728,00 4967,00 -
0-15cm 2,89 1,49 1,58 2,68 4,61
As (mg/kg)
15-30cm 1,75 1,50 0,00 2,00 3,00 -
0-15cm 0,47 0,32 0,13 0,42 0,89
Cd (mg/kg)
15-30cm 0,27 0,26 0,00 0,23 0,62 2
0-15cm 31,15 11,30 19,54 29,20 46,66
Cr (mg/kg)
15-30cm 25,52 10,40 15,24 23,50 39,87 150
0-15cm 546,00 302,00 274,00 472,00 965,00
Cu (mg/kg)
15-30cm 398,00 271,00 119,00 355,00 762,00 100
11080,0
Fe (mg/kg) 0-15cm 12841,00 4932,00 9124,00 0 20080,00
15-30cm 10342,00 4586,00 6581,00 8932,00 16925,00 -
0-15cm 337,90 84,00 230,40 343,20 434,90
Mn (mg/kg)
15-30cm 255,10 55,70 198,40 246,90 328,20 270
0-15cm 10,52 2,04 7,97 10,56 12,97
Ni (mg/kg)
15-30cm 7,06 1,25 5,35 7,27 8,34 50
0-15cm 25,60 23,50 12,00 14,80 60,80
Pb (mg/kg)
15-30cm 20,32 19,80 8,01 11,73 49,81 100
0-15cm 138,80 173,80 34,80 60,80 398,80
Zn (mg/kg)
15-30cm 104,00 146,10 17,30 38,60 321,80 300

3.2 Comparaison des moyennes des différents paramètres étudiés


3.2.1 Comparaison des moyennes des différents paramètres étudiés en fonction de la profondeur
Le tableau 3.2 ci-dessous présente les résultats de la comparaison des moyennes des différents paramètres étudiés en fonction de la
profondeur. Il en ressort qu’une différence significative est observée (P value<0,05) entre les valeurs moyennes du Nickel entre les deux
profondeurs. On observe aussi des différences significatives au niveau du sable et de l’humidité (P value<0,05) et enfin on observe des
différences très significatives avec l’Azote total et l’argile (P<0,001) en fonction de deux profondeurs. En outre il y des différences significatives
entre l’Azote total et l’argile et des différences significatives (P<0,05) entre le Nickel, le sable et l’humidité.

Tableaux 3.2 Comparaison des moyennes des différents paramètres étudiés en fonction de la profondeur

Profonde
ur pH eau Al As Cd Cr Cu Fe Mn Ni Pb Zn
mg/Kg
6,62±0,9 4584±108 2,88±1,4 0,46±0,3 31,15±11,3 546±30 12841±493 337,90±84,0 10,52±2,0 25,60±23,5 138,80±173,
0-15cm 9 8 9 1 0 2 2 0 4 0 80
5,51±0,9 1,75±1,4 0,27±0,2 398±27 10342±458 255,10±55,7 20,32±19,8 104,00±146,
15-30cm 4 3863±813 9 5 25,52±10,4 1 6 0 7,05±1,24 0 10
P value NS NS NS NS NS NS NS NS * NS NS
*** : P value < 0,001 ; ** : P value < 0,01 ; * : P value < 0,05 ; NS : Différence non significative

Profondeu P
CO MO Humidité N total Sable Limon Argile CE
r disponible
mg/Kg (%) (ms)
1,33±0,6 18,50±5,7
0-15cm 9,08±7,29 1,71±1,17 6,04±2,32 0,05±0,02 29,75±6,24 41,25±1,25 167,80±32,60
8 4
0,87±0,6 25,50±7,1
15-30cm 5,28±3,79 0,56±0,56 11,36±2,85 1,25±0,26 20,00±4,69 54,5±2,65 199,30±37,10
5 4
P value NS NS NS * *** * NS *** NS
*** : P value < 0,001 ; ** : P value < 0,01 ; * : P value < 0,05 ; NS : Différence non significative
3.3 Propriétés physiques des sols

3.3.1 Classification texturale des sols


Figure 3.1 Classification texturale des sols

La figure 3.1, nous démontre les classifications texturales des sols, et en ce qui concerne notre travail, il en résulte que les sols prélevés sont à prédominance
argileux.
3.3.2 2 Variation des différentes fractions texturales des sols en fonction de la profondeur
Figure 3.2 Variation des différentes fractions texturales des sols en fonction de la profondeur

La figure 3.2 nous renseigne sur les différentes fractions texturales des sols en fonction de la profondeur, il en résulte que le sable est abondant
en surface, il atteint à peu près plus de 30% alors qu’en profondeur on remarque que le sable atteint un peu plus de 20%.

On remarque aussi que le Limon ne dépasse pas le 30% dans les deux différentes profondeurs. Enfin on remarque c’est plutôt l’argile qui en
surface atteint plus de 50% et en profondeur, l’argile atteint presque 60%.
3.4 Variation des paramètres agricoles considérés en fonction de la Matière Organique dans les sols
 Cas du pH

Figure 3.3 cas du pH


Avec la figure 3.3, on remarque une légère variation du pH par rapport à la matière organique qui décroisse légèrement.

 Cas de l’humidité du sol


Figure 3.4 Cas de l’humidité du sol
Avec la figure 3.4, nous remarquons qu’il y a une très forte croissance de l’humidité du sol tandis que la matière organique décroisse fortement.

 Cas de l’Azote total


Figure 3.5 Cas de l’Azote total
Avec la figure 3.5, on remarque encore une fois de plus que la matière organique est en décroissance alors que le l’Azote total et en croissance.

 Cas du Phosphore disponible


Figure 3.6 cas du phosphore disponible
Ici aussi, nous remarquons que plus le phosphore disponible augmente, on remarque que la matière organique diminue.

3.5 Matrices des corrélations des différents paramètres étudiés


3.5.1 Matrice des corrélations des différents paramètres étudiés en fonction des différentes profondeurs
considérées
 De 0-15Cm
Tableau 3.3 de matrices des corrélations (0-15cm)
Le tableau 3.3 ci-dessus présente les résultats de corrélations des différents paramètres physico-chimiques et texturaux étudiés dans une profondeur
variant entre 0-15cm. Nous observerons de fortes corrélations positives entre le Cadmium et l’Arsenic, le Nickel et Fer, et le Zinc et le plomb. Par contre
nous observons aussi de fortes corrélations négatives entre l’Arsenic et l’Aluminium, le Cuivre et le Chrome et enfin le Manganèse et le Cuivre. Nous
observons aussi une corrélation positive entre l’argile et le pH et aussi une corrélation négative entre le limon et le sable.

 De 15-30Cm
Tableau 3.4 de matrices des corrélations (15-30cm)
Le tableau 3.4 ci-dessus présente les résultats de corrélations des différents paramètres physico-chimiques et texturaux étudiés dans une profondeur
variant entre 15-30cm. Nous observons qu’il y a de fortes corrélations positives entre le Zinc et le Plomb, le Fer et le Cadmium, et le Chrome et l’Aluminium.
Par contre pour ce cas aussi on observe des corrélations négatives, il s’agit de l’Arsenic et l’Aluminium, le Cuivre et le Chrome. Nous observons aussi une
corrélation positive entre le sable et le pH et aussi une corrélation négative entre le limon et le sable.

3.5.2 Matrice des corrélations des différents paramètres étudiés dans toutes les profondeurs
considérées
Tableau 3.5 de matrices des corrélations (0-30)
Le tableau 3.5 ci-dessous présente les résultats de corrélations des différents paramètres physico-chimiques et texturaux étudiés dans une profondeur
variant entre 0-30cm. Nous observons de fortes corrélations positives entre le Chrome et l’Aluminium, le Cadmium et l’Arsenic, le Plomb et le Fer, et aussi le
Zinc et le Plomb. Nous observons aussi une forte corrélation négative, il s’agit du Cuivre et Chrome. On observe également une corrélation positive entre le
sable et le pH, le P disponible et l’Aluminium, le P disponible et le Chrome, le Sable et le Manganèse, le Limon et la conductivité électrique et enfin l’Argile et
l’Azote total. On observe aussi des fortes corrélations négatives, il s’agit du Sable et de la conductivité électrique, le limon et le pH, le limon et l’Arsenic, le
limon et Manganèse, le limon et le sable.

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