Leçon 16 : LE SENEGAL : MILIEUX NATURELS ET POPULATION
Introduction
Finistère ouest africain, le Sénégal est situé entre 12°8 et 16°41 de latitude nord et 11°21 et
17°32 de longitude Ouest. Il couvre une superficie de 196 722 km². Largement ouvert sur
l’océan pacifique avec 531 km de côtes, le Sénégal présente un relief peu accidenté, dominé
par les faibles altitudes. En 2024, la population résidente au Sénégal est évaluée à 18 593 258
habitants dont 50,6% d’hommes et 49,4% de femmes. Cette population est constituée à 98,9%
par des individus de nationalité sénégalaise. La population sénégalaise se caractérise par sa
diversité ethnique, linguistique et religieuse, sa jeunesse, sa croissance rapide, son inégale
répartition et sa mobilité.
I. Le milieu naturel
1. Le relief
Le relief du Sénégal est très peu accidenté. Les plaines et les plateaux dominent. Les altitudes
dépassent rarement 100 m, à l’exception de quelques massifs au sud-est du pays (Mont Bassari,
581 m) et à l’ouest du pays (Plateau de Thiès : 130 m ; les Mamelles : 105 m ; le Massif de
Ndiass 100 m). Quatre grands ensembles de relief s’individualisent : le Sud-Est, région la plus
élevée du Sénégal qui abrite le point culminant (Mont Bassari) ; le Centre-Ouest et le Ferlo,
ensemble de vastes plateaux sableux allant de la vallée du fleuve Sénégal à la Casamance ; la
vallée alluviale du fleuve Sénégal qui entaille les plateaux et les dunes fixées et décrit un arc de
cercle de 600 km de Bakel à Saint-Louis. Elle se caractérise par un micro-relief complexe ; les
régions littorales (700 km de côtes entre Saint-Louis et le Cap Roxo), avec des côtes basses et
sableuses entre Saint-Louis et Dakar (la Grande Côte), des côtes rocheuses à falaises dans la
Petite Côte et, enfin, des côtes à rias dans le Bas-Saloum, la Basse-Gambie et le Bas-Sénégal.
2. Le climat
Situé dans la zone intertropicale, le Sénégal est soumis à l’alternance de deux saisons : la saison
sèche de novembre à juin et la saison des pluies ou hivernage de juillet à octobre. Les
températures présentent de grandes différences entre les régions côtières et l’intérieur (23,8 °C
en moyenne à Dakar contre 29 °C à Matam). Le Sénégal est soumis à l’influence de plusieurs
vents : la mousson, vent humide venant de l’océan Atlantique à partir de l’hémisphère Sud,
l’alizé nord-atlantique ou alizé maritime qui souffle au nord-ouest du pays et abaisse les
températures sur la Grande Côte et, enfin, l’harmattan ou alizé continental, vent chaud et sec en
été et frais et sec en hiver venant du désert souvent accompagné de sable et de poussières.
3. Les sols et la végétation
Les sols, d’une grande variété, présentent des possibilités agricoles diverses. On distingue : les
sols bruns et pauvres de régions sahéliennes, les sols ferrugineux tropicaux lessivés et les sols
ferrugineux tropicaux non lessivés ou sols « joor » dans le domaine soudanien, les sols rouges
dans le domaine soudano guinéen, les sols hydromorphes le long des fleuves et dans la cuvette
des Niayes (cultures irriguées), les sols halomorphes le long de côtes à rias, les sols calcaires
sur la Petite Côte.
4. L’hydrographie
Le réseau hydrographique sénégalais comprend : des fleuves comme le Sénégal long de 1 750
km avec un bassin versant de 350 000 km2 et un débit moyen de 780 m3/s, la Gambie avec
1150 km et un bassin versant de 80 000 km2, la Casamance avec 300 km ; des bras de mer
comme le Sine et le Saloum navigables respectivement jusqu’à Fatick et jusqu’à Kaolack ; des
lacs qui ont tendance à se dessécher (lac de Guiers, lac Tanma, lac Rose ou lac Retba) ; des
eaux souterraines dont les nappes deviennent de plus en plus profondes à cause de la diminution
des pluies.
II. La population
1. La composition de la population (peuples, langues et religions)
La population sénégalaise est estimée à 10 239 000 habitants en 2004. Malgré les mélanges et
les brassages de plus en plus fréquents, la population demeure multiethnique. On distingue : les
Wolofs majoritaires (44 % de la population), répartis sur tout le territoire ; les Sérères (13 %)
dans les régions de Thiès, Kaolack, Fatick et Diourbel ; le groupe Halpulaar (23 %) dans toutes
les régions, mais surtout présents au Ferlo, au Fouladou et le long de la vallée du fleuve Sénégal
; les Diolas (6 %) en Basse-Casamance ; les Mandingues (6 %) dans les départements de
Sédhiou et de Kolda ; les autres ethnies (6 %) sont les Soninkés, les Mandjacks, les Bambaras,
les Balantes, les Bassaris, les étrangers africains et non africains.
On note une grande diversité de langues. Le wolof reste la langue traditionnelle la plus parlée.
Le français est la langue officielle employée dans l’enseignement, l’administration et les
affaires. Les Sénégalais sont en majorité des musulmans (94 % environ), répartis en plusieurs
confréries. Les chrétiens représentent 5 % de la population, avec une majorité de catholiques et
une minorité de protestants. Les animistes constituent moins de 1 % de la population. La
cohabitation entre les ethnies et entre les personnes de religions différentes est bien vécue au
Sénégal.
2. Evolution, répartition et structures par âge de la population
La croissance démographique est rapide du fait du mouvement naturel de la population (natalité
de 37 %o et mortalité de 11 %o) et de l’apport migratoire. Le taux d’accroissement naturel
moyen est de 2,6 %.
La densité moyenne de la population sénégalaise est de 52 hab/km2. La population sénégalaise
est inégalement répartie. Les fortes densités sont enregistrées dans les régions de Dakar (4 145
hab/km2), de Diourbel (214 hab/km2) de Thiès (208 hab/km2), Fatick (77 hab/km2), Kaolack
(69 hab/km2), Ziguinchor (59 hab/km2). Les plus faibles densités sont enregistrées dans les
régions de Saint-Louis (36 hab/km2), Louga (27 hab/km2), Matam (14 hab/km2) et surtout
Tambacounda (10 hab/km2). La population est très jeune (44 % des Sénégalais ont moins de
15 ans et 2,7 % ont plus de 65 ans).
3. Les migrations
La population sénégalaise est extrêmement mobile. Trois types de migrations l’affectent :
-l’exode rural est la migration interne la plus importante et concerne surtout les jeunes. Les
causes sont d’ordres naturel (pauvreté des sols et aridité), économique (insuffisance des revenus
agricoles), social (pression démographique) et psychologique (attrait de la ville). Les principaux
pôles d’attraction sont Dakar et sa banlieue ;
- les migrations interrégionales, liées à la recherche de terres fertiles et de pâturages
(déplacements saisonniers des paysans vers les terres riches de Tambacounda, transhumance
des éleveurs peuls) ;
- les migrations internationales, avec comme principales régions de départ la vallée du fleuve
Sénégal, Louga et Diourbel et comme principaux pays d’accueil : * en Afrique, la Côte d’Ivoire,
le Gabon, le Nigeria, le Maroc, l’Afrique du Sud, la Mauritanie, la Libye, etc. ; * en Europe, la
France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, la Belgique, etc. ; * en Amérique, les Etats-
Unis et le Canada ; * en Asie, les pays du golfe Persique. Les retombées financières des
migrations internationales sont très importantes. Certains parmi les 2 millions d’émigrés
sénégalais sont confrontés à des problèmes dans les pays d’accueil. Le « pays de la Teranga »
accueille un nombre important d’étrangers originaires des pays frontaliers et du reste du monde
(immigrants volontaires, réfugiés, experts).
4. La poussée urbaine
Le Sénégal demeure un pays rural. Les ruraux représentent plus de la moitié de la population
(50,43 %). Le taux d’urbanisation est de 49, 57 % fait du Sénégal l’un des plus urbanisés
d’Afrique. Dakar est, de loin, la région la plus urbanisée, avec un taux de 97 %, suivie de Thiès
(44 %), Ziguinchor (44 %) et Saint-Louis (36 %). Les plus faibles taux d’urbanisation sont
enregistrés dans les régions de Kolda (12 %), Fatick (13 %), Matam (14 %), Diourbel (16 %)
et Tambacounda (17 %).
Il y a plusieurs villes qui se distinguent par le nombre d’habitants et les fonctions : les grandes
villes assez peuplées et attractives (plus de 100 000 habitants) : Dakar, Thiès, Saint-Louis,
Kaolack, Diourbel, Ziguinchor, etc. ;
Le phénomène urbain s’accélère depuis 1960 à cause de l’exode rural. Toutes les villes
dépendent pratiquement de l’agglomération dakaroise (macrocéphalie de Dakar). Les
problèmes d’urbanisation sont très nombreux : insalubrité, problèmes de logement, de transport,
d’insécurité, d’emploi…
Conclusion
Le Sénégal est un pays aux traits physiques assez simples. Sa population est à l’image de celles
des pays africains (population composite, croissance démographique forte, jeunesse et mobilité
importantes). Les conditions physiques déterminent les activités des populations. Malgré la
monotonie du relief, le territoire sénégalais présente une grande variété de paysages et une
diversité des domaines climatiques. La jeunesse de la population sénégalaise est un atout en
termes de main d’œuvre abondante, mais aussi un réel handicap à cause de sa difficile prise en
charge. Pour atténuer le fort exode rural et fixer les populations rurales dans les campagnes, les
autorités sénégalaises doivent parfaire la politique de décentralisation en donnant aux régions
de véritables moyens de développement local