APPENDICITE
INTRODUCTION
• L'appendicite est une inflammation aiguë de l’appendice iléo-
cæcal.
• L'appendicite peut survenir à tout âge mais surtout avant 30 ans.
• L'appendicite est l'urgence chirurgicale abdominale la plus
fréquente.
• Non traitée, elle peut être mortelle, principalement par
péritonite et sepsis.
• l’ablation de l’appendice est appelée appendicectomie.
RAPPEL ANATOMIQUE
• l’appendice iléo-cæcal ou appendice
iléocæcal (aussi appelé appendice
vermiforme, appendice vermiculaire ou
appendice tout court) est une petite
excroissance du cæcum.
• L’appendice est un diverticule
creux appendu à la surface
médiane du cæcum, 3 cm au-
dessous de l’abouchement iléal.
• Sa taille est variable : de 6 à 12
cm de longueur sur 4 à 8 mm de
diamètre.
• Il est vascularisé par l’artère
appendiculaire; C’est une
vascularisation terminale.
• Rôle de l’appendice:
Réservoir de bactéries : L'appendice abrite une population de
micro-organismes symbiotiques, contribuant à la diversité de la flore
intestinale. Ces bactéries jouent un rôle essentiel dans la fermentation
des fibres alimentaires et la production de métabolites bénéfiques.
Fonction immunitaire : L'appendice contient des follicules
lymphoïdes, qui sont des structures spécialisées du tissu lymphatique.
Ces follicules favorisent la maturation et la prolifération des
lymphocytes, contribuant ainsi à la surveillance immunitaire et à la
réponse aux infections.
Équilibre intestinal : En cas de perturbation de la flore intestinale,
comme après une diarrhée, l'appendice peut libérer des bactéries
bénéfiques pour recoloniser le tractus intestinal, facilitant la
restauration de l'équilibre microbien.
SITUATION ET RAPPORTS
ANATOMIQUES DE L’APPENDICE
• la situation et les rapports de l’appendice dans l’abdomen sont très variables et
l’on ne peut à proprement parler de situation anatomique « normale. » Cette
situation peut être :
Rétrocæcale (dans 65 % des cas)
Pelvienne (dans 31 % des cas)
Paracolique (en arrière du cæcum)
Mésocéliaque : vers la grande cavité péritonéale.
• Il existe deux points de projection cutanée au
niveau de la paroi abdominale antérieure :
Point de Mc Burney, habituellement, sur une ligne
allant de l’épine iliaque antérosupérieure droite à
l’ombilic, à la jonction du tiers externe et du tiers
moyen
Point de Lanz, dans la conformation pelvienne, à
l’union du tiers droit et des deux tiers gauches
d'une ligne unissant les deux épines iliaques
antérosupérieures
PHYSIOPATHOLOGIE
• L'inflammation de l'appendice est souvent due à une infection intestinale
banale, l'appendice réagissant alors comme le ferait un ganglion.
• Parfois, l'obstruction de l'appendice est due à la présence d'un stercolithe
(petite masse dure de matières fécales) ou à des parasites (oxyures, ascaris). La
typhoïde peut aussi se localiser à ce niveau.
• Une fois infecté, l'appendice va évoluer par les étapes habituelles de l'infection:
Inflammation
Suppuration avec constitution d'un abcès
Cloisonnement ou rupture de l'abcès = La gravité de cette évolution étant
bien sûr due à la situation intra-abdominale de cette infection qui provoque
une péritonite aiguë.
L’ascaris est un ver parasite intestinal qui provoque l’ascaridiose,
maladie strictement humaine.
Oxyure : un ver de petite taille; Il s'agit d'une affection bénigne
et très fréquente, survenant surtout chez l'enfant.
• Au début:
Au stade inflammatoire correspondra le tableau de l'appendicite aiguë
au début.
L'appendice est turgescent, tendu, entraîne une réaction inflammatoire
autour de lui au niveau du péritoine et des anses grêles.
• Evolution:
Non traitée, l'évolution se fait vers l'abcédation, avec des signes cliniques
encore plus évidents, la réaction péritonéale est plus importante, avec
souvent déjà un début de péritonite.
Cet abcès peut évoluer de trois façons :
Donner lieu immédiatement a une péritonite généralisée
Former un abcès d'abord bien cloisonné qui se rompt brutalement dans un
deuxième temps provoquant la péritonite
Se cloisonner par une agglutination des anses grêles et de l'épiploon autour
de lui formant le plastron appendiculaire, ce mode de cloisonnement
naturel est souvent efficace contre l'évolution vers la péritonite, mais pas
toujours. Il provoque une suppuration intra-abdominale traînante. A ce
stade, on préférera souvent recourir à l'antibiothérapie, plutôt qu'à
l'intervention immédiate.
L'évolution naturelle se fait souvent vers la mort par péritonite généralisée.
CLINIQUE
• L'appendicite aiguë au
début, si elle est située
dans la position
habituelle iliaque droite
est facile à reconnaître.
SYMPTÔMES
• La douleur abdominale peut débuter, surtout chez l'enfant, dans la zone
péri-ombilicale ou épigastrique, puis en quelques heures, elle se localisera
dans la fosse iliaque droite où elle devient alors permanente.
• Elle s'accompagne de signes digestifs: nausée, voire vomissements au début,
perte de l'appétit, langue saburrale (épaisse) et, si le diagnostic tarde, état
subocclusif
• La fièvre au début est peu élevée entre 37°8 et 38°2, une fièvre très élevée
d'emblée doit faire douter du diagnostic d'appendicite (penser alors plutôt
à une salpingite ou à une pyélonéphrite). Mais, si l'appendicite évolue
depuis quelques jours, la fièvre atteint alors progressivement 39°.
EXAMEN PHYSIQUE
• La palpation : Douleur provoquée à la palpation avec défense, voire
contracture, une décompression brutale de la zone palpée accentue la douleur
• Le toucher rectal retrouve la douleur provoquée à bout de doigt à droite.
• Le reste de l'examen est négatif
EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
• Aucun examen complémentaire ne permet d'affirmer l'appendicite, ce sont surtout
les signes cliniques et leur évolution qui orientent, mais certains examens, lorsqu'ils
sont possibles, apportent des éléments supplémentaires:
• hyperleucocytose sur la numération-formule sanguine: 10 000 à 12 000 globules
blancs au début, puis 20 000 et plus au stade d'abcès,
• la radiographie d'abdomen sans préparation (face debout et couché) est normale
au début, puis montre des signes d'occlusion à un stade plus évolué avec niveaux
hydro-aériques groupés surtout dans la fosse iliaque droite.
• Echographie abdominale
• TDM abdominale
• Les meilleurs signes restent donc une douleur persistante en fosse iliaque droite
avec fièvre et douleur provoquée qui conduisent à l'intervention.
FORMES CLINIQUES
ASPECTS CLINIQUES EN FONCTION DE
L'ÉVOLUTION
• Au stade d'abcès appendiculaire: Les signes sont alors très francs, avec
fièvre à 39°-40°, douleur permanente en fosse iliaque droite, arrêt des
gaz et des matières, défense voire contracture abdominale.
• Au stade de péritonite: le diagnostic est évident avec une contracture
abdominale généralisée
• Le plastron appendiculaire: C'est une évolution plus rare, l'abcès
appendiculaire se trouve, dans ce cas, naturellement cloisonné par une
agglutination des anses grêles et de l'épiploon.
ASPECTS CLINIQUES EN FONCTION DE
LA POSITION DE L'APPENDICE
• En cas d'appendicite retro-caecale
La palpation de l'abdomen peut être faussement rassurante. Mais la mise en
tension du psoas par l'élévation de la jambe et le toucher rectal permettent de
retrouver la douleur.
C'est souvent la surveillance des signes abdominaux qui emportent la décision.
Au stade d'abcès, on retrouve parfois une psoïtis (contraction douloureuse de
la hanche dû à l'inflammation du psoas) qui peut faire croire à une arthrite de
hanche
• Appendicite pelvienne:
Les douleurs peuvent faussement orienter chez la femme vers une
affection gynécologique, ou urinaire car l'abcès est proche de la vessie
et peut entraîner de faux signes de cystite.
L'examen au spéculum et le toucher vaginal ne montrent pas de pus,
les urines sont limpides et les touchers pelviens montrent une douleur
latérale à droite.
Le diagnostic est souvent difficile avec la salpingite droite. Il est moins
dangereux d'opérer à tord une salpingite que de laisser évoluer une
appendicite
• Appendicite sous-hépatique:
Les signes évoquent une cholécystite chez l'adulte.
De toute façon le traitement est chirurgical.
Il serait plus grave de penser à une abcès amibien chez l'enfant,
l'aggravation rapide des signes incitant à opérer.
ASPECT CLINIQUE SELON LE TERRAIN
• L'appendicite est la plus fréquente chez l'enfant et l'adulte jeune.
• Chez le vieillard, l'appendicite est souvent vue à un stade tardif et se
présente alors comme une occlusion intestinale fébrile avec défense
abdominale.
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
• Colique néphrétique droite:
Les irradiations ascendantes vers la fosse lombaire, et descendantes
vers les organes génitaux
L'absence de fièvre, la présence d'une hématurie microscopique
(examen aux bandelettes), l'absence de position antalgique, l'abdomen
souple à la palpation et parfois le calcul responsable visible sur la
radiographie permettent d'orienter le diagnostic.
• La pyélonéphrite droite
La fièvre est souvent plus élevée d'emblée (39°-40°), les urines sont
troubles, la fosse lombaire est douloureuse.
• La salpingite droite
La notion d'infection génitale, un écoulement de pus par le vagin
orientent, mais souvent il est bien difficile de faire la différence.
• L'arthrite de hanche droite
Elle peut être discutée devant un psoïtis, mais un examen doux
retrouvera en fait une articulation normale et des signes abdominaux.
TRAITEMENT
• Au stade d'appendicite aiguë, le traitement est chirurgical, il faut enlever
l'appendice (appendicectomie, ce qui amène rapidement la guérison au prix
d'une intervention simple et menée le plus souvent par une voie d'abord
élective d'assez petite taille (voie de Marc Burney) ou par voie coelioscopique
• Péritonite appendiculaire:
Antibiothérapie : Administration précoce d'antibiotiques à
large spectre pour couvrir les germes potentiels.
Chirurgie : Appendicectomie en urgence, souvent
laparoscopique, pour retirer l'appendice et nettoyer la
cavité abdominale.
Gestion des complications : Surveillance étroite pour
déceler d'éventuelles complications post-opératoires.
• Abcès appendiculaire:
Antibiothérapie : Traitement initial par antibiotiques, avec possibilité
d'adaptation selon les cultures.
Drainage : Drainage percutané de l'abcès guidé par échographie ou CT,
suivi ou non d'une appendicectomie ultérieure.
Chirurgie : Appendicectomie différée peut être envisagée après
résolution de l'abcès.
• Plastron appendiculaire:
Antibiothérapie : Traitement antibiotique prolongé pour
contrôler l'infection.
Observation : Surveillance clinique, souvent sans
intervention chirurgicale immédiate.
Chirurgie différée : Appendicectomie réalisée lorsque le
patient est stabilisé, souvent plusieurs semaines après le
début du traitement.
RÔLES DE L'INFIRMIER DANS LA PRISE
EN CHARGE DE L'APPENDICITE
• Evaluation clinique :
Surveillance des signes et symptômes : douleurs abdominales
(localisation, intensité), fièvre, nausées, vomissements.
Évaluation des antécédents médicaux et des symptômes associés (par
exemple, diarrhée, constipation).
• Prise en charge des soins préopératoires :
Expliquer la procédure chirurgicale et les soins post-opératoires au
patient et à sa famille.
Préparation du patient : jeûne, mise en place d'une voie veineuse pour
l'administration de fluides et médicaments.
• Gestion de la douleur :
Administration d'analgésiques selon les prescriptions médicales.
Évaluation de l’efficacité des interventions et ajustement des soins si nécessaire
• Surveillance post-opératoire :
• Évaluation des signes vitaux, y compris la fréquence cardiaque, la pression
artérielle et la température.
Observation des signes de complications (hémorragie, infection, occlusion
intestinale).
•Éducation et soutien au patient :
•Informer le patient sur les signes de complications à surveiller après la
chirurgie.
•Conseiller sur les soins à domicile, y compris la gestion de la douleur et
les restrictions d'activité.
•Coordination des soins :
•Travailler en collaboration avec l'équipe multidisciplinaire (chirurgiens,
anesthésistes, nutritionnistes) pour assurer une prise en charge optimale.
•Assurer le suivi et la continuité des soins après la sortie de l'hôpital.
• Soutien psychologique :Offrir un soutien émotionnel au patient et à sa famille
face à l'anxiété liée à l'intervention chirurgicale.
APPENDICITE AIGUE