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DE L’ACTION HUMANITAIRE
Dans une déclaration publiée en décembre 2013, les hauts responsables du Comité permanent
interinstitutions (IASC) ont affirmé que tous les acteurs humanitaires ont l’obligation de placer la
protection au cœur de leur action1. Lors des actions de planification ainsi que dans le cadre des
actions de secours d’urgence et tout au long d’une crise et dans ses suites, il incombe donc aux
coordonnateurs de l’action humanitaire, aux équipes humanitaires pays et aux groupes sectoriels
de faire en sorte que « la question de la protection de toutes les personnes touchées ou
menacées [oriente] les prises de décisions et l’intervention humanitaire, y compris la
collaboration avec les parties au conflit, étatiques et non étatiques ». L’IASC s’est engagé à
apporter une réponse aux conflits et aux catastrophes à la fois globale et à l’échelle du système.
Cette réponse doit être adaptée aux besoins et aux perspectives des populations touchées, en
accordant la priorité à la protection.
Durant les conflits armés, les civils sont souvent victimes de violences, de sévices, de contraintes
et de privations. L’expérience montre que les parties au conflit violent souvent les principes de
distinction, de proportion et de précaution dans la conduite des hostilités. L’approche de l’IASC
en matière de protection souligne le fait qu’en vertu du droit international, les autorités, à tout
niveau, ont l’obligation et la responsabilité premières de respecter, protéger et mettre en œuvre
les droits des personnes se trouvant sur leur territoire ou relevant de leur compétence. Dans les
conflits armés, les groupes armés non-étatiques, bien que n’étant pas parties aux traités de droit
international humanitaire (DIH), sont tenus de respecter ces normes – ils ont notamment
l’obligation fondamentale d’opérer une distinction entre les civils et les combattants dans la
conduite des hostilités et de prendre toutes les précautions possibles pour protéger la population
civile et les biens de caractère civil placés sous leur contrôle contre les effets des attaques (pour
de plus amples informations sur le cadre normatif de protection, voir l’Annexe I du présent
document). De plus, les autorités de facto ou les groupes armés non-étatiques qui exercent des
fonctions de type gouvernemental et contrôlent un territoire sont de plus en plus appelées à
respecter les normes internationales relatives aux droits de l’homme, lorsque leur conduite
affecte les droits des individus placés sous leur contrôle.
Dans les conflits armés et dans d’autres situations de violence et de catastrophes, les
organisations humanitaires internationales et nationales ont un rôle crucial à jouer en fournissant
des services pour contribuer à prévenir et soulager les souffrances humaines. Une approche
1 IASC, Déclaration sur la place centrale de la protection dans l’action humanitaire, 17 décembre 2013 :
[Link]
1
stratégique, globale et collective de la protection dans les interventions humanitaires peut
renforcer la capacité globale d’analyse, de hiérarchisation des besoins et de réaction efficace des
acteurs humanitaires face aux violations du droit international relatif aux droits de l’homme et
du droit international humanitaire (ci-après désignées sous le terme général « violations »), y
compris en ce qui concerne les risques et les effets des violences, des sévices, des contraintes et
des privations qui surviennent dans les crises humanitaires.
Le présent document définit la place centrale que doit occuper la protection dans l’action
humanitaire, telle qu’énoncée dans la déclaration des hauts responsables de l’IASC de décembre
2013, ainsi que l’établissement du processus de mise en œuvre de cette politique au niveau
national. Ce faisant, il vise à renforcer la complémentarité des rôles, des mandats et de l’expertise
de l’ensemble des acteurs concernés. Cette politique souligne tout particulièrement
l’engagement pris par l’IASC d’accorder la priorité à la protection et de contribuer à des résultats
en matière de protection collective, en se fondant notamment sur une stratégie de protection
élaborée par les équipes humanitaire pays(EHP) pour répondre aux risques et aux violations les
plus graves et les plus urgents. Il met également l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre cet
engagement dans tous les aspects de l’action humanitaire et dans l’ensemble du cycle du
programme humanitaire (HPC). Ainsi, le présent document explique les rôles et responsabilités
incombant à l’IASC, à titre collectif, de placer la protection au cœur de l’action humanitaire, en
tenant dûment compte des mandats et expertises respectifs et conformément aux principes
humanitaires.
Cette stratégie vise à soutenir et renforcer la politique de l’IASC en matière de protection des
personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (1999)2. Elle vise également à compléter d’autres
initiatives afin de renforcer la protection, en particulier l’Initiative des Nations Unies « Les droits
avant tout » (HRUF)3. Les acteurs humanitaires doivent également se conformer strictement aux
engagements de l’IASC en matière de protection contre l’exploitation et les abus sexuels (PSEA)
: cela implique d’adopter de manière proactive des mesures de prévention et de protection des
populations affectées contre tout risque d’abus de la part des acteurs humanitaires eux-mêmes4.
2 Protection of Internally Displaced Persons, Inter Agency Standing Committee Policy Paper, décembre 1999,
[Link]
3 « Les droits humains avant tout » : L'Initiative du Secrétaire général a pour objectif de souligner le rôle intégral des droits de l’homme dans la
2
Cette définition a une portée globale, tant du point de vue du cadre juridique de la protection («
plein respect ») que des stratégies et des méthodes permettant d’assurer cette protection
(« toutes les activités »).
De manière fondamentale, la protection recouvre l’ensemble des initiatives menées par les
acteurs humanitaires dans tous les secteurs pour faire en sorte que les droits des personnes
touchées et les devoirs incombant aux détenteurs de devoirs en vertu du droit international
soient bien compris, respectés, protégés et mis en œuvre sans discrimination.
Dans la pratique, pour que la protection soit placée au cœur de toute intervention humanitaire,
il est essentiel de comprendre et de chercher à prévenir, atténuer ou faire cesser les risques réels
et potentiels, y compris les violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme
qui causent préjudice aux personnes affectées par un conflit ou une catastrophe. Pour se faire, il
faut analyser de manière continue les risques auxquels les individus sont confrontés, les
menaces, les vulnérabilités et les aptitudes des personnes affectées ainsi que l’engagement et
la capacité des détenteurs de devoirs à répondre à ces facteurs de risque. Il faut également
identifier les mesures permettant de réduire ces risques et d’éviter qu’ils ne s’aggravent, afin
notamment de faire cesser et de prévenir les violations, d’éviter d’aggraver les types de
violences, de sévices, de contraintes et de privations existants et de rétablir la sécurité et la
dignité des populations. Cette analyse fournit une base de faits pour l’élaboration de la
programmation ainsi que pour les actions de plaidoyer et de dialogue, l’objectif étant d’influencer
et de modifier les comportements et les politiques en faveur d’un environnement de protection
plus favorable.
Pour mener une action de protection efficace, il faut maintenir un engagement réel auprès des
populations affectées durant toutes les phases de l’intervention humanitaire en identifiant et en
prenant compte les dimensions d’âge, de sexe et de diversité. Un engagement significatif auprès
de ces populations - allant au-delà du dialogue et de l’évaluation des risques - peut permettre
aux acteurs humanitaires de répondre aux besoins prioritaires des personnes affectées et de
déterminer l’impact de l’action (ou de l’inaction) humanitaire sur ces populations. Cela permet
aussi de concevoir, de mettre en œuvre et d’adapter des actions visant à combattre ou prévenir
les pratiques de violences, de sévices, de contraintes et de privations ainsi que d’aider les
populations à revendiquer leurs droits6. Les personnes socialement marginalisées sont, par
exemple, souvent davantage exposées à des risques pendant une crise en raison de leur accès
limité à des ressources, des informations, des contacts et des mécanismes d’adaptation sûrs. Les
Strengthening Protection in War: a Search for Professional Standards. Genève : CICR, p 19. Cette définition a été adoptée pour la première fois
lors d’un atelier du Comité international de la Croix-Rouge sur la protection qui s’est tenu en 1999.
6Par exemple, les distributions alimentaires peuvent donner lieu à des attaques contre des civils par des forces armées. Des groupes armés
peuvent lancer des incursions contre des installations médicales en mettant en danger le personnel médical et, au cours de ces attaques, des
patients peuvent être capturés. La liberté de mouvement de certaines populations peut être soumise à des restrictions et des personnes peuvent
être privées de biens et de services essentiels à titre de représailles contre certains groupes politiques, ethniques ou religieux. La privation
délibérée et continue de biens essentiels imposée à certains groupes de la population peut exposer ces derniers à l'exploitation, tels que les abus
sexuels ou le trafic. La fourniture de l'assistance peut être entravée par la présence d’engins explosifs.
3
enfants, qui comptent pour la moitié de la population touchée, sont tout particulièrement
exposés à des risques et font partis des plus vulnérables. Les populations affectées sont souvent
en mesure d’identifier les risques auxquels elles sont confrontées et d’évaluer leurs capacités à
y faire face. Ainsi, un engagement significatif auprès des populations affectées peut permettre
de mieux détecter certains risques spécifiques tels que la violence sexuelle, les risques liés à la
présence d’engins explosifs, les séparations familiales ou les déplacements forcés, qui peuvent
avoir un impact différent sur les hommes, les femmes, les jeunes filles et les garçons.
Étant donné la nature multidimensionnelle des menaces pour la protection et la complexité des
contextes dans lesquels celles-ci surviennent, il est nécessaire de veiller à ce que les nombreuses
organisations et autorités concernées mènent leurs actions de manière complémentaire,
coordonnée et collaborative. Il faut prendre un engagement à l’échelle du système pour faire en
sorte que la protection soit au cœur de l’action humanitaire (voir l’Annexe II pour de plus amples
informations sur les rôles et responsabilités en matière de protection des différents acteurs et
entités dans le cadre de l’IASC).
Dans leur déclaration de 2013, les hauts responsables de l’IASC ont appelé l’ensemble des acteurs
au niveau national - les coordonnateurs de l’action humanitaire (HC), les équipes humanitaires
pays(EHP) et les groupes sectoriels (clusters) - à placer la protection au cœur de l’action
humanitaire. Le coordonnateur humanitaire est chargé de piloter et de coordonner les
organisations pertinentes7 afin de concevoir et d’assurer une réponse humanitaire basée sur des
principes, opportune, effective et efficace, et qui contribue à un redressement à plus long terme.
Le coordonnateur humanitaire a donc un rôle fondamental à jouer pour faire en sorte que la
protection influence les prises de décision des EHP et que les priorités en matière de protection
soient identifiées et donnent lieu à une action collective. En tant que forum de prises de décisions
stratégiques et opérationnelles établie et piloté par le CH, l’équipe humanitaire pays doit
également s’engager, en fonction de l’expertise et du mandat de chacun de ses membres, à
partager des informations et des analyses en matière de protection, hiérarchiser les besoins et
contribuer aux initiatives menées de manière collective pour renforcer la protection des
personnes touchées.
Tous les acteurs humanitaires, quelle que soit leur expertise sectorielle, peuvent contribuer à la
protection des populations affectées en s’engageant à :
Traiter les questions de protection relevant de leurs mandats officiels et de leurs
responsabilités sectorielles ;
S’engager collectivement à obtenir des résultats significatifs en matière de protection qui
réduisent les risques globaux pour les populations affectées tout en atténuant les menaces,
en réduisant les vulnérabilités et en renforçant les capacités ;
4
Mobiliser les autres acteurs au sein et au-delà du système humanitaire, selon ce qui convient,
afin de contribuer à des résultats communs en matière de protection ; et
Évaluer la mise en œuvre des engagements et des avancées réalisées pour placer la
protection au cœur de l’intervention humanitaire.
En s’engageant à agir dans le sens de ces quatre actions expliquées en détail ci-dessus, les acteurs
humanitaires peuvent être davantage en mesure d’assurer une réponse humanitaire globale et
efficace, en plaçant la protection au cœur de leurs activités.
3.1 Traiter les questions de protection relevant des mandats officiels et des responsabilités
sectorielles
Les normes Sphère énoncent quatre principes de protection qui peuvent être utilisés pour aviser
la réponse humanitaire et traiter les questions de protection par le biais de la mise en œuvre de
la protection transversale, de l’intégration de la protection et par des activités de protection
spécialisées :
Éviter d’exposer les populations affectées à d’avantage de préjudices, pouvant découler de
vos activités.
Garantir l’accès des populations affectées à une assistance impartiale- proportionnellement
à leurs besoins et sans discrimination.
Protéger les populations affectées contre toute souffrance physique et psychologique
résultant d’actes de violence ou de coercition.
Aider les populations affectées à faire valoir leurs droits, à accéder aux systèmes de
réparation disponibles et à se remettre des effets des abus qu’elles ont subis.
8 Les différents acteursimpliqués utilisent des définitions distinctes de cette expression. L’Équipe chargée de la protection transversale du Groupe
sectoriel mondial de la Protection (GPC) définit la protection transversale comme le processus visant à intégrer les principes de protection et à
promouvoir un accès, une sécurité et une dignité effectifs dans le cadre de l’assistance humanitaire (Manuel de formation sur la protection
transversale du GPC). Certains acteurs emploient le terme « programmation sûre », soit comme synonyme de la protection transversale, soit
comme une variante de cette notion. À l'inverse, certains acteurs considèrent que la sécurité, la dignité et l'accessibilité de l'aide (ou «
programmation sûre ») visent avant tout à satisfaire aux normes techniques minimales de l'assistance humanitaire et constituent des éléments
distincts de la notion de protection.
5
comprendre quand, comment et à qui renvoyer les problèmes relatifs à des besoins de protection
spécialisée9.
9 Les groupes sectoriels doivent coopérer avec le groupe sectoriel de protection et les acteurs spécialisés pour veiller à la mise en place de
mécanismes d’orientation, en particulier pour les questions liées à la violence basée sur le genre, à la protection des enfants et au soutien
psychosocial.
10 À titre d'exemple, les activités de protection autonome peuvent inclure la surveillance de la situation et la communication d’informations en
matière de protection ainsi que les activités visant à prévenir ou à combattre les risques spécifiques de protection (par exemple, la violence basée
sur le genre) et les violations (tels que le manque d'accès à des documents d’identité, les restrictions à la liberté de mouvement) ; ces activités
visent aussi à répondre notamment aux besoins des groupes spécifiques comme les femmes, les enfants, les personnes handicapées, les
personnes âgées, les personnes déplacées et les migrants. Les activités menées dans ce domaine peuvent donc inclure aussi bien la délivrance
de documents d’identité, des actions de déminage, des soins psychosociaux, ou des actions visant à renforcer l'État de droit.
6
La conception de ce type de stratégie de protection repose sur quatre engagements interreliés
et continus ainsi que sur l’engagement total du coordonnateur humanitaire, des EHP et de tous
les groupes sectoriels, en particulier le groupe sectoriel de protection. Ces engagements visent à
:
Collecter, partager des données et des informations conformément aux normes de
protection des données ;
Procéder à des analyses intégrées ;
Fixer les priorités en matière de protection et d’actions à mener de manière collective ;
Assurer de manière continue un suivi et une évaluation.
Ces engagements doivent également contribuer à informer les objectifs clés du HPC et
réciproquement. Dans le même temps, ces engagements doivent être dynamiques afin de
répondre à l’évolution souvent rapide des crises humanitaires. En d’autres termes, pour
comprendre la situation et s’adapter à l’évolution des contextes opérationnels, il est nécessaire
de : mener des actions de suivi et d’évaluation de manière continue ; maintenir un engagement
auprès des populations affectées ; recueillir et partager les informations ; analyser les risques
pour la protection ainsi que les violations et les préjudices ; et évaluer les rôles des autres acteurs.
11Les données recueillies doivent toujours être ventilées en fonction de l'âge et du sexe. Elles doivent également être complétées par des sources
de données secondaires, des mécanismes d'alerte précoce et des informations provenant de mécanismes nationaux et internationaux de
surveillance, ainsi que par d'autres systèmes de gestion des informations.
7
protection qui en résulte ; ii) ce qui déclenche ou risque de provoquer des menaces, y compris
des violations potentielles ; iii) qui est exposé à ces menaces et pourquoi ; et iv) la manière dont
les éléments précédents influent sur les mécanismes d’adaptation de toutes les personnes
affectées. Il faut également analyser la nature de l’engagement et la capacité des détenteurs de
devoirs à faire face à ces facteurs de risque, et évaluer dans quelle mesure une inaction
entraînerait un risque supplémentaire pour les populations vulnérables. Une analyse intégrée
repose sur la mobilisation de nombreux acteurs provenant de diverses disciplines et ayant des
perspectives multiples au sein et en dehors du système humanitaire, y compris les membres des
opérations de maintien de la paix, dans les pays où elles sont déployées.
Les risques pour la protection et les violations dépendent de l’âge, du sexe et d’autres facteurs
de diversité, qui peuvent être exacerbés par une crise, en particulier dans le cas de déplacements
forcés. Ainsi, pour permettre une réponse globale plus efficace, une analyse approfondie et
intégrée doit tenir compte des vulnérabilités spécifiques qui sous-tendent les risques auxquels
sont confrontées toutes les personnes concernées, en évitant de se focaliser exclusivement sur
des catégories prédéfinies de personnes. L’analyse doit particulièrement tenir compte du vécu
particulier des hommes, des femmes, des jeunes filles et des garçons ainsi que celui des
personnes marginalisées (par exemple, les personnes LGBTI12, les personnes âgées, les personnes
handicapées, les personnes déplacées ou les migrants, les minorités ethniques et religieuses ou
les minorités linguistiques et/ou autochtones).
La stratégie de protection élaborée par les EHP doit informer le Plan de réponse humanitaire
(HRP) et réciproquement. Les objectifs de cette stratégie doivent être de : sauver des vies, assurer
12
Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes (LGBTI).
8
la sécurité et la dignité des populations affectées tout en atténuant leurs souffrances ; prévenir,
faire cesser et combattre les violations commises ; assurer des recours efficaces contre les
violations et les préjudices subis ; et restaurer la dignité de ces populations, en les aidant à
revendiquer leurs droits et en créant un environnement dans lequel tous les titulaires
d’obligations assurent leurs responsabilités en matière de protection. À cette fin, dans
l’élaboration de cette stratégie, il faut prendre en compte tous les niveaux d’intervention, qu’il
s’agisse d’une action réactive, corrective ou constructive (voir l’Annexe IV pour une description
des différents niveaux d’intervention en matière de protection).
Compte tenu de ce qui précède, la stratégie de protection des EHP peut s’appuyer sur une
stratégie élaborée en amont par le groupe sectoriel de protection ou sur une autre stratégie
élaborée au niveau international, national ou local. L’objectif doit être de veiller à ce que les
stratégies soient rationalisées, complémentaires tout en se renforçant mutuellement, et d’éviter
les duplications d’activités, notamment en ce qui concerne la prestation des services13. La
stratégie des EHP se distingue donc de la stratégie du groupe sectoriel de protection, car elle
permet d’apporter une réponse globale aux risques de protection, y compris les violations
potentielles et réelles, et ce au-delà des résultats pouvant être obtenus par les acteurs de la
protection à leurs niveaux respectifs. La stratégie de protection des EHP doit donc décrire les
résultats visés ainsi que la logique causale devant aboutir à ces résultats. Elle doit également
définir les résultats en matière de protection à atteindre à titre collectif ainsi que les actions et
les activités à mener, y compris celles déjà décrites dans le HRP. Il faut, dès le départ, définir le
type de système de gestion de l’information et de mécanisme de surveillance qui doivent être
mis en place afin de pouvoir systématiquement traiter et, le cas échéant, adapter les avancées
réalisées pour atteindre les résultats objectifs visés par la stratégie.
L’Initiative des Nations Unies « Les droits humains avant tout » (HRUF) appelle à l’élaboration et
à la mise en œuvre de stratégies nationales de lutte contre les violations graves potentielles ou
réelles en s’appuyant sur les capacités de l’ensemble du système des Nations Unies. En
conséquence, les stratégies de protection des EHP peuvent contribuer à l’action humanitaire et
venir en complément et en soutien des stratégies de l’Initiative HRUF.
3.3 Mobiliser d’autres acteurs pour atteindre des résultats collectifs en matière de
protection
Les facteurs qui affectent la protection des populations affectées sont souvent multiples et
variés, ils dépassent largement la capacité individuelle des acteurs humanitaires14. En identifiant
les priorités en matière de protection et les actions collectives à mener pour répondre à ces
13 La stratégie de protection des HCT, par exemple, se distingue de la stratégie relative à la protection et aux solutions élaborées à l’intention des
réfugiés qui est pilotée et coordonnée par le HCR. Ces deux stratégies doivent être rationalisées, être complémentaires et se renforcer
mutuellement, en évitant les doubles emplois, y compris au niveau de la prestation des services.
14 Par exemple, pour assurer en toute sécurité l'évacuation humanitaire de populations prises au piège par des hostilités en cours et confrontées
à un risque imminent, il est nécessaire d’engager des négociations avec les parties au conflit et, le cas échéant, avec les Casques bleus. Il faut
également nouer un dialogue avec les communautés et les autorités locales dans les zones vers lesquelles ces populations seront déplacées, et
assurer la fourniture d'abris, de matériels logistiques, de services de santé, d'alimentation et d'autres services.
9
priorités, notamment au moment de l’élaboration ou de l’évaluation des stratégies de protection
des EHP, les acteurs humanitaires doivent nouer un dialogue et mener des actions de plaidoyer
auprès d’un large éventail de parties prenantes au-delà des acteurs impliqués dans les actions
humanitaires15.
Afin d’optimiser l’impact de l’intervention, il est essentiel de collaborer notamment avec les
acteurs chargés du développement et des opérations de maintien de la paix. Ce type de
collaboration doit cependant s’inscrire dans la complémentarité tout en préservant les principes
humanitaires et éviter la confusion des rôles et des responsabilités. Le recours à un éventail plus
large de parties prenantes peut permettre de recueillir des informations et de procéder à des
analyses parallèlement à des actions concrètes (y compris en matière de plaidoyer et de
financement) qui visent à mettre un terme aux violations ou à assurer une réparation. Toutes les
précautions doivent être prises afin de veiller à ce que la collaboration avec des acteurs non
humanitaires ne porte pas atteinte aux objectifs de la stratégie de protection des EHP. Des
mesures doivent être mises en œuvre, dans la mesure du possible, pour anticiper, prévenir ou
atténuer les conséquences néfastes, y compris des fausses informations ou perceptions,
susceptibles de porter atteinte aux principes humanitaires.
Les acteurs humanitaires sont souvent confrontés à de multiples défis, allant des restrictions
d’accès aux populations affectées, à des problèmes de sécurité, voire à des attaques armées. Il
faut trouver un juste équilibre entre, d’une part, l’impact potentiel d’actions de plaidoyer public
pour lutter contre les risques en matière de protection et les violations et, d’autre part, les
implications possibles de telles initiatives sur l’accès aux populations affectées. Les membres des
EHP doivent donc examiner et définir le meilleur moyen de tirer parti des différents rôles et
capacités des diverses entités concernées tout en s’appuyant sur les acteurs et les processus
régionaux et internationaux pour mener des actions de plaidoyer favorisant la réalisation des
résultats en matière de protection et permettant de lutter contre les violations du droit
international16. Ces acteurs et entités peuvent mobiliser des soutiens et obtenir une dotation en
personnel et en moyens financiers ainsi que s’impliquer dans des activités de plaidoyer, et pour
cela, un engagement continu auprès des gouvernements peut s’avérer nécessaire - comprenant
les membres d’organes intergouvernementaux clés tels que le Conseil de sécurité des Nations
Unies et le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies17.
15 Les diverses parties prenantes à prendre en compte incluent : les différents organes de l'autorité étatique concernée ; les forces armées et les
groupes armés ; les différents commandants et combattants, à titre individuel ; les divers groupes de populations affectées, leurs institutions et
leurs dirigeants ; les organisations nationales et locales ; les institutions nationales des droits de l'homme ; les missions politiques et de maintien
de la paix ; les autres États et missions permanentes ; les entités du secteur privé ; les bailleurs de fonds ; les organisations de plaidoyer ; les
universitaires ; et les groupes de réflexion.
16 Ces acteurs et entités peuvent inclure de manière non exhaustive le coordonnateur des secours d'urgence (ERC), le Haut Commissaire des
Nations Unies aux droits de l'homme, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, les hauts responsables du Comité permanent
interinstitutions, le Groupe des directeurs des situations d'urgence, les mécanismes des droits de l'homme des Nations Unies (y compris les
organes de traité et les procédures spéciales) et le Groupe sectoriel mondial de la protection.
17 Les mandats de l’ERC et du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme leur permettent d'utiliser efficacement certains
mécanismes comme le Conseil de sécurité et le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, ou de contribuer aux rapports du Secrétaire
général adressés au Conseil de sécurité, à l'Assemblée générale, au Conseil des droits de l'homme et au Conseil économique et social afin d'attirer
l'attention de la communauté internationale sur les risques en matière de protection. En outre, l’ERC et le Haut Commissaire des Nations Unies
aux droits de l'homme, en qualité de membres du Comité exécutif, du Comité politique et du Conseil des chefs de secrétariat du Secrétaire
général, sont bien placés pour promouvoir une action active et concertée de la part du système des Nations Unies pour faire face aux problèmes
au fur et à mesure.
10
3.4 Évaluer la mise en œuvre des engagements et surveiller les avancées réalisées pour
placer la protection au cœur de l’action humanitaire
Les EHP doivent surveiller et évaluer régulièrement les progrès accomplis afin de parvenir de
manière collective à atteindre les résultats en matière de protection ; réduire la vulnérabilité des
populations exposées à des risques et à des violations ; et aider les populations affectées à jouir
de leurs droits sans discrimination. Dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie de protection
globale, les membres des EHP doivent s’accorder à l’avance sur les mécanismes qu’ils utiliseront
pour évaluer l’impact de la stratégie et estimer si les décisions ont été prises de manière
transparente et ont contribué à accroître la redevabilité des acteurs envers les populations
touchées.
Il est nécessaire que les acteurs, à tous les niveaux de leadership au sein des organisations de
l’IASC, soient redevables - et tiennent leurs personnels redevables - de la mise en œuvre efficace
et cohérente de cette politique. Tous ces acteurs doivent tout particulièrement prendre
l’engagement d’améliorer les résultats en matière de protection en veillant à ce que :
● Les initiatives prises par les populations affectées pour restaurer leur résilience et assurer à
nouveau leur propre protection soient soutenues, y compris en favorisant leur collaboration
effective et continue avec les acteurs humanitaires et leur participation aux prises de
décision.
● Le leadership soutienne et encourage le principe de la collaboration pour tirer le meilleur
parti des divers mandats et types d’expertise des organisations de l’IASC afin d’atteindre les
résultats en matière de protection tout en favorisant la redevabilité - y compris la redevabilité
envers les populations affectées (AAP).
● La dimension protection inclut une analyse des menaces, des vulnérabilités, des capacités et
des risques de conséquences négatives imprévues avant, pendant et tout au long d’une
réponse humanitaire (couvrant tous les aspects du HPC) y compris dans le cadre des activités
de relèvement et de développement
● Les coordonnateurs humanitaires et les EHP bénéficient d’un soutien et rendent compte des
avancées réalisées pour obtenir des résultats objectifs en matière de protection - et qu’ils
soient également dotés de la capacité technique et des ressources nécessaires pour ce faire.
● Dans la mesure où les mandats, l’expertise et les protocoles de confidentialité le permettent,
tous les acteurs humanitaires contribuent activement aux résultats en matière de protection
en recueillant et en partageant des données et des informations ; en contribuant au travail
d’analyse ; en signalant les violations ; en menant des actions de plaidoyer ; et en s’impliquant
dans des actions de programmation, de mise en œuvre et de financement des activités et en
s’engageant à trouver d’autres ressources pour soutenir la réalisation des objectifs en
matière de protection.
11
● Les programmes et activités humanitaires soient menés dans le respect de cette politique et
que leurs personnels, ainsi que les personnels des organisations partenaires de l’IASC,
comprennent la raison d’être, le contenu de cette politique et les obligations qui en
découlent.
● Tous les partenaires gouvernementaux, intergouvernementaux et non gouvernementaux
concernés soient adéquatement informés de cette politique, en vue, le cas échéant, d’inclure
les acteurs régionaux, nationaux et locaux dans l’approche collective et globale de la
protection décrite dans la présente politique.
● Cette politique soit prise en compte dans le cadre des processus de recrutement, de
formation et d’évaluation des performances des organisations de l’IASC.
Les réponses humanitaires aux crises doivent s’efforcer de respecter les normes les plus élevées
en matière de protection. Cela implique que chaque organisation membre de l’IASC s’engage à
procéder à un changement culturel afin de concevoir la protection comme une responsabilité
partagée à l’échelle du système et placée au cœur de l’action humanitaire. Tous le personnel des
organisations membres de l’IASC doit donc être encouragé, soutenu et incité à tous les niveaux
de leadership à prendre en compte la dimension protection dans chacune de ses actions ;
- à adopter systématiquement une approche de l’action humanitaire fondée sur des
principes, quelle que soit la dynamique politique qui anime ou influence une crise ;
- à contribuer à prévenir, faire cesser et signaler les risques, les violations et les préjudices
subis par les populations affectées en situation de crise et à remédier à ces faits.
12
ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS
CR Coordonnateur résident
CH Coordonnateur humanitaire
13
IASC Comité permanent interinstitutions
L3 Niveau 3
TA Programme de transformation
UA Union africaine
WG Groupe de travail
14
DÉFINITIONS
CONTRAINTE
Forcer une personne à faire quelque chose contre sa volonté.
DIVERSITÉ
Renvoie aux différentes valeurs, attitudes, perspectives culturelles, croyances, origine ethnique,
nationalité, orientation sexuelle, identité de genre, capacité, santé, statut social, compétences et autres
caractéristiques personnelles spécifiques. Alors que les dimensions de l’âge et du genre sont présentes en
chaque individu, d’autres caractéristiques varient selon les personnes.
PRIVATION
Empêcher des individus d’avoir accès aux biens et aux services dont ils ont besoin. Cela peut découler
d’une action délibérée ou involontaire, directe ou indirecte et peut inclure la discrimination.
GENRE
Renvoie aux rôles qui ont été socialement construits pour les femmes et les hommes et qui sont au cœur de la
manière dont les personnes se définissent souvent elles-mêmes et dont elles sont définies par les autres. Ces
rôles sont appris, changent au fil du temps, et varient au sein et entre les cultures. Le genre définit souvent les
devoirs, les responsabilités, les contraintes, les opportunités et les privilèges des femmes et des hommes dans
n’importe quel contexte. L’égalité des sexes signifie que les femmes, les hommes, les filles et les garçons
jouissent de droits, de responsabilités et d’opportunités sur un pied d’égalité. L’égalité des sexes implique que
les intérêts, les besoins et les priorités de chaque sexe soient respectés.
CONSENTEMENT ÉCLAIRÉ
La notion de « consentement » signifie que le participant donne son approbation à l’utilisation qu’il est prévu
de faire des informations fournies. Un consentement est souvent donné sous certaines réserves. Il est donc
nécessaire de spécifier si l’intégralité des données fournies, y compris l’identité des participants, peut être
utilisée sans restriction, ou seulement à la condition que l’identité du participant reste confidentielle. Il se peut
que le participant considère certaines parties de son témoignage comme confidentielles : cela devrait
également être clarifié et consigné. Par exemple, des informations sur des violations qui ont été commises
récemment dans un camp de personnes déplacées et dont les auteurs se trouvent encore à proximité
15
pourraient être jugées confidentielles, contrairement à des informations sur des violations antérieures à
l’origine du déplacement de ces personnes.
Le consentement éclairé doit être donné volontairement et librement et être fondé sur une appréciation
et une compréhension claires des faits, des implications et des conséquences futures du consentement.
Afin de donner son consentement éclairé, la personne concernée doit disposer de tous les faits pertinents
au moment de donner son consentement et être en mesure d’évaluer et de comprendre ses
conséquences. L’individu doit également être conscient de son droit de refuser de faire quelque chose
et/ou de ne pas y être contraint (c’est-à-dire persuadé par la force ou des menaces) ni indûment influencé
- et il doit être habilité à exercer ce droit. Le consentement éclairé des enfants doit être examiné à l’aune
de leur degré de maturité. Dans le cas des enfants (âgés de moins de 18 ans), le consentement éclairé doit
être volontaire, et le consentement éclairé de l’enfant doit être accompagné de celui d’un parent ou d’un
tuteur afin de garantir l’intérêt supérieur de l’enfant. Les personnes handicapées peuvent avoir besoin,
pour donner leur consentement, d’un soutien spécifique en fonction de la nature de leur déficience, que
celle-ci soit physique, intellectuelle ou mentale.
En ce qui concerne les actions de protection spécialisées, le partage d’informations peut faire encourir
aux personnes concernées des risques supérieurs à ceux soulevés par d’autres types d’interventions
humanitaires. Dans ces cas, le terme « éclairé » implique que celui qui fournit des informations doit
bénéficier d’explications dans un langage simple et non jargonnant, qui précisent notamment :
● L’identité de l’individu qui recueille les informations, avec une brève explication du mandat de son
organisation ;
● Le but de la collecte d’informations, sa portée et sa méthode, ainsi que l’utilisation prévue des
informations recueillies (pour présenter des cas, à des fins statistiques, etc.) ;
● Des informations sur les risques et les avantages potentiels de la participation au processus, y compris
ceux liés à l’utilisation des informations fournies ;
● La portée de la confidentialité et son application, en mettant particulièrement l’accent sur le fait que
la personne interrogée peut demander que toute information susceptible de révéler son identité soit
tenue confidentielle ;
● Les coordonnées de la personne qui a recueilli les informations afin que le participant puisse la
joindre ;
● Des informations précisant la durée d’utilisation des informations, ainsi que la manière dont elles
seront stockées et le lieu où elles seront conservées ;
● La possibilité de chaque participant de cesser à tout moment de prendre part au processus et de
demander que ses informations soient détruites, dans la mesure du possible.
Même si le consentement éclairé est accordé, la personne qui recueille les informations est tenue
d’évaluer les conséquences potentielles de l’utilisation de ces informations sur la sécurité de la personne
qui les fournit et sur les autres personnes concernées et elle doit réduire au minimum tout risque
supplémentaire pouvant être encouru pour les participants.
NON-DISCRIMINATION
Le principe de non-discrimination interdit tout traitement défavorable de groupes ou d’individus fondé sur des
considérations de race, de couleur de peau, de sexe, d’âge, de langue, de religion, d’opinions politiques ou
autres, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance, de handicap, ou tout autre facteur. Cela inclut
le fait de ne pas être la cible de préjudices, de ne pas se voir refuser l’accès à ses droits, de ne pas se voir
interdire de revendiquer ses droits ou d’être l’objet de tout autre traitement défavorable.
16
Activités visant à faire en sorte que des individus ne soient pas l’objet de préjudices ciblés, ne se voient pas
refuser l’accès à leurs droits, ne soient pas empêchés de revendiquer leurs droits ou ne soient pas l’objet de
tout autre traitement défavorable fondé sur des considérations de race, de couleur de peau, de sexe, d’âge,
de langue, de religion, d’opinions politiques ou autres, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance,
de handicap, ou tout autre facteur, à savoir qu’ils ne soient pas l’objet de discrimination.
PROTECTION TRANSVERSALE
Les différents acteurs concernés utilisent des définitions diverses de cette expression. L’Équipe chargée de la
protection transversale du Groupe sectoriel mondial de la protection (GPC) définit la protection transversale
comme le processus visant à intégrer les principes de protection et à promouvoir un accès, une sécurité et une
dignité réels dans le cadre d’une assistance humanitaire. Certains acteurs emploient le terme « programmation
sûre » soit comme synonyme de la protection transversale, soit comme une variante de cette notion. À
l'inverse, certains acteurs considèrent que la sécurité, la dignité et l'accessibilité de l'aide (ou « programmation
sûre ») visent avant tout à satisfaire aux normes techniques minimales de l'assistance humanitaire et sont des
éléments distincts de la notion de protection.
INTÉGRATION DE LA PROTECTION
L’intégration de la protection implique l’incorporation des objectifs de protection dans la programmation
d’autres réponses sectorielles (c’est-à-dire au-delà de la réponse du secteur de la protection), afin d’obtenir
des résultats en matière de protection. Pour mettre en œuvre une programmation intégrant la dimension
protection, tous les acteurs humanitaires doivent prendre l’engagement, lorsque cela est possible et approprié,
d’inscrire des objectifs de protection dans la conception de leurs activités. L’intégration de la protection peut
donc renforcer un engagement à l’échelle du système à accorder une place centrale à la protection car elle
s’appuie sur différents acteurs (travaillant ou non dans le domaine de la protection) pour mener des actions
individuelles et collectives dans le cadre d’une réponse humanitaire multisectorielle.
17
Les autorités gouvernementales apportent une assistance pour encadrer les déplacements volontaires
de populations affectées en assurant un accès exhaustif aux informations permettant de prendre
librement des décisions éclairées.
VIOLENCE
Acte (ou menace) de commettre des sévices physiques ou psychologiques.
18
ANNEXE I
CADRE NORMATIF
Une part essentielle du droit international humanitaire est contenue dans les quatre Conventions de
Genève de 1949, qui ont été universellement ratifiées. En 1977, les dispositions de ces Conventions ont
été développées et complétées par deux autres traités : les premier et deuxième Protocoles additionnels
relatifs à la protection des victimes des conflits armés internationaux et non internationaux. En 2005, un
troisième protocole additionnel a été adopté, qui reconnaît un autre emblème distinctif, le Cristal rouge,
doté du même statut international que la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge. D’autres accords
réglementent les moyens et les méthodes de la guerre, y compris l’interdiction d’avoir recours à certaines
armes et l’obligation de protéger certaines catégories de personnes et de biens. Ces accords incluent : la
Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et ses deux protocoles ;
la Convention de 1972 sur les armes biologiques ; la Convention de 1980 sur les armes classiques et ses
cinq protocoles ; la Convention de 1993 sur les armes chimiques ; la Convention d’Ottawa de 1997 sur les
mines antipersonnel ; le Protocole facultatif de 2000 à la Convention relative aux droits de l’enfant
concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés. (Une liste complète des traités qui composent
le DIH figure aux pages 14 et 15 du « Droit international humanitaire : réponses à vos questions », voir la
section iv ci-dessous ; ce document est disponible sur : [Link]
international-humanitaire-reponses-vos-questions).
Outre le droit conventionnel, le DIH inclut les normes de droit coutumier, à savoir des règles émanant de la
pratique des États et considérées comme juridiquement contraignantes.
19
conflit ainsi que tous les États non parties au conflit doivent faciliter et permettre le passage rapide et sans
entrave de l’aide humanitaire aux civils dans le besoin.
Déplacements forcés
À moins que ce ne soit essentiel pour la sécurité des civils ou pour des raisons militaires impératives,
les parties à un conflit armé international ne sont pas autorisées à expulser ou à transférer de force la
population civile d’un territoire occupé, et les parties à un conflit armé non international ne sont pas
autorisées à ordonner le déplacement de la population civile.
Les personnes déplacées ont le droit de rentrer librement et en toute sécurité dans leur foyer ou leur
lieu de résidence habituel dès que les raisons de leur déplacement ont cessé d’exister.
Les États ne sont pas autorisés à expulser ou à transférer des parties de leur propre population civile
dans un territoire qu’ils occupent.
18Groupe sectoriel mondial de la protection, Manuel pour la protection des déplacés internes,
[Link]
20
Les enfants ont droit à une protection et un respect particulier. Les enfants âgés de moins de 15 ans
ne doivent pas être enrôlés dans des forces armées ou dans des groupes armés ni être autorisés à
prendre part à des hostilités, que ce soit directement ou indirectement19.
Les personnes âgées, les handicapés et les infirmes ont droit à une protection et un respect particulier.
Les malades et les blessés doivent être protégés et doivent recevoir, dans toute la mesure possible et
dans les meilleurs délais, les soins médicaux et l'attention dont elles ont besoin
La famille doit être protégée. Des mesures doivent être prises pour que les membres de la famille ne
soient pas séparés, et s’il y a séparation, qu’ils soient réunis le plus vite possible.
IASC Task Force on Humanitarian Action and Human Rights, Frequently Asked Questions on International
Humanitarian, Human Rights and Refugee Law in the context of armed conflict, 2004, disponible sur:
[Link]
Le développement du DIDH moderne a commencé avec l’adoption de la Déclaration universelle des droits de
l’homme par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948. Il existe dix traités internationaux fondamentaux
relatifs aux droits de l’homme, chacun d’entre eux étant doté de son propre organe composé de plusieurs
experts chargés de surveiller la mise en œuvre de leurs dispositions par les États parties :
19
Le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant fixe à 18 ans l'âge minimum pour le recrutement obligatoire par l’État et
pour tout type de recrutement, même volontaire, par des groupes armés. De même, le Protocole fixe à 18 ans l'âge minimum pour la participation
directe aux hostilités dans les rangs des forces gouvernementales et pour tout type de participation aux hostilités aux côtés de groupes armés
non étatiques.
21
● La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (1984) et
son Protocole facultatif (2002).
● La Convention relative aux droits de l’enfant (1989) et ses trois Protocoles facultatifs.
● La Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres
de leur famille (1990).
● La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées
(2006).
● La Convention relative aux droits des personnes handicapées (2006) et son Protocole facultatif.
Certains traités sont complétés par des protocoles facultatifs (mentionnés ci-dessus) qui traitent de questions
spécifiques (c’est le cas, par exemple, des Protocoles facultatifs à la Convention relative aux droits de l’enfant
concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, ou concernant la vente d’enfants, la prostitution des
enfants et la pornographie mettant en scène des enfants ; ou du Deuxième Protocole facultatif se rapportant
au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort).
L’État est lié par les obligations d’un traité à condition de l’avoir ratifié ou d’y avoir adhéré. Cependant, il existe
un corpus important de normes internationales relatives aux droits de l’homme qui font partie du droit
international coutumier. Cela signifie que ces règles ont une force contraignante pour tout État, que celui-ci
ait, ou non, ratifié le traité en question ou y ait adhéré.
Le DIDH comprend, en outre, un large éventail d’instruments non contraignants qui aident à comprendre et à
définir les obligations en matière de droits de l’homme (« droit non contraignant » ou « soft law»). Il s’agit, par
exemple, des textes suivants :
● La Déclaration universelle des droits de l’homme ;
● La Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées ;
● Les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays
● Les Principes et lignes directrices de Paris sur les enfants associés aux forces armées ou aux groupes armés
● Les Principes de base sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de
l’application des lois
● L’Ensemble de principes actualisé pour la protection et la promotion des droits de l’homme par la lutte
contre l’impunité ;
● Les Principes fondamentaux et directives concernant le droit à un recours et à réparation des victimes de
violations flagrantes du droit international des droits de l’homme et de violations graves du droit
international humanitaire ;
● Les Règles Nelson Mandela;
● Les Principes directeurs relatifs aux entreprises.
Plusieurs dispositions contenues dans certains de ces instruments reflètent des normes du droit international
coutumier.
Parallèlement au développement du droit international des droits de l’homme applicable à l’ensemble des
États, il existe un certain nombre de traités des droits de l’homme et de mécanismes de surveillance de la mise
en œuvre de ces dispositions élaborés et mis en place à l’échelle régionale. Les dispositions des traités
régionaux et la jurisprudence des mécanismes de surveillance régionaux peuvent avoir une influence
déterminante sur les États concernés ; c’est le cas en particulier des décisions contraignantes des tribunaux
22
régionaux. Dans certains pays, il arrive que les normes régionales soient mieux connues et davantage
respectées alors qu’elles sont pratiquement identiques aux normes internationales. De même, dans les cas où
la constitution ou la législation nationale incorpore des normes régionales, celles-ci devraient se voir accorder
la primauté sur le droit national.
En Europe, tous les membres de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe ont ratifié la Convention de
sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales de 1950 ; et la Cour européenne des droits
de l’homme statue sur le respect par les États de cette Convention. La Charte sociale européenne a été adoptée
en 1961 et révisée en 1996. Elle traite des droits économiques, sociaux et culturels, et le respect de ses
dispositions est contrôlé par le Comité européen des droits sociaux. Un protocole additionnel prévoit un
système de réclamations collectives. Il existe en outre plusieurs traités spécialisés tels que la Convention
européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants et la
Convention-cadre pour la protection des minorités nationales.
Les membres de l’Organisation des États américains (OEA) ont adopté la Déclaration américaine des droits et
devoirs de l’homme en 1948 et la Convention américaine relative aux droits de l’homme en 1969. La
Commission interaméricaine des droits de l’homme et la Cour interaméricaine des droits de l’homme
surveillent la mise en œuvre de ces deux instruments des droits de l’homme. L’OEA a également adopté des
protocoles additionnels à la Convention américaine relative aux droits de l’homme ainsi que des traités
consacrés à des questions spécifiques afin de renforcer la protection des droits de l’homme à l’échelle
régionale.
Quasiment tous les États de l’Union africaine (UA) ont ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des
peuples de 1981. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples surveille son application par
les États parties et a adopté des lignes directrices et des principes fournissant une interprétation de ces
dispositions. L’UA a adopté un protocole additionnel à la Charte africaine qui renforce la protection des droits
des femmes et un traité additionnel sur les droits de l’enfant. En 2005, l’UA a créé la Cour africaine des droits
de l’homme et des peuples.
Le Conseil de la Ligue des États arabes a adopté la Charte arabe des droits de l’homme en 2004. Ce traité établit
le Comité arabe des droits de l’homme chargé d’examiner les rapports des États parties sur les mesures prises
pour donner effet à la Charte arabe.
L’obligation qui incombe à l’État de respecter, de protéger et de réaliser les droits de l’homme s’applique en
toute circonstance, y compris pendant les conflits armés et les catastrophes. « Dans le cas où un danger public
exceptionnel menace l’existence de la nation et est proclamé par un acte officiel », l’État peut déroger
temporairement à certains droits (c’est-à-dire les suspendre). (Voir l’article 4 du Pacte international relatif aux
droits civils et politiques ; et son interprétation par le Comité des droits de l’homme dans son Observation
générale n° 29). Ces dérogations sont autorisées uniquement dans la stricte mesure où la situation l’exige, où
les mesures prises ne sont pas incompatibles avec les obligations de l’État en vertu du droit international et
où elles ne sont pas discriminatoires. En outre, certains droits sont non-dérogeables (c’est-à-dire qu’ils ne
peuvent en aucun cas être suspendus, quelle que soit la situation, y compris pendant un conflit armé). Ces
droits incluent :
Le droit à la vie;
Le droit de ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants ou à des expérimentations médicales ou scientifiques sans son consentement ;
Le droit de ne pas être soumis à l’esclavage, à la traite des esclaves ni à la servitude ;
23
Le droit de chacun à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique ;
La liberté de pensée, de conscience et de religion.
Le principe de légalité du droit pénal, qui inclut l’interdiction de punir un individu pour un acte qui
n’était pas érigé en crime lorsque cet acte a été commis.
Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ne contient aucune clause
dérogatoire, et le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a confirmé que le Pacte s’applique même
en période de conflit ou en situation d’urgence. Dans son Observation générale n° 3, le Comité des droits
économiques, sociaux et culturels a affirmé que les États parties ont l’obligation fondamentale d’assurer, au
minimum, la satisfaction de l’essentiel de chacun des droits énoncés dans le Pacte. Cette interprétation du
Pacte a été précisée par le Comité dans ses observations générales ultérieures, notamment l’Observation
générale n° 14 sur le droit à la santé et l’Observation générale n° 15 sur le droit à l’eau, dans laquelle le Comité
a confirmé le caractère intangible des obligations fondamentales liées à ces droits. En outre, il est important
de noter que la Convention relative aux droits de l’enfant ne contient pas de clause dérogatoire et s’applique
en temps de paix comme en temps de conflit armé ou de situations d’urgence.
Le DIDH impose l’obligation de respecter, de protéger et de mettre en œuvre tous les droits de l’homme. Ces
trois termes permettent de déterminer si les obligations internationales en matière de droits de l’homme ont
été violées. Dans la mesure où les États ont l’obligation à la fois d’agir (obligations positives) et de s’abstenir
d’agir (obligations négatives), ils peuvent être tenus responsables d’une violation du DIDH en raison d’une
action, d’une omission ou de l’absence d’adoption de mesures nécessaires.
L’obligation de respecter renvoie à l’obligation de s’abstenir de toute action susceptible de nuire à la jouissance
d’un droit de l’homme ou à son accès par un individu. Par exemple, dans une situation de conflit, les États
doivent s’abstenir de refuser l’accès aux services de santé aux membres d’un groupe d’opposition ou d’occuper
militairement une école. Ces actions constituent, en effet, une ingérence directe de l’État sur la jouissance des
droits à la santé et à l’éducation.
L’obligation de protéger renvoie aux détenteurs de devoirs et à leurs obligations de veiller à ce que des tiers
ne privent pas les individus de leurs droits ; les États peuvent satisfaire à cette obligation notamment en
mettant en œuvre des actions de prévention et en menant des enquêtes, en prenant des sanctions et en
garantissant des réparations pour certains actes commis par des tiers. Les États doivent, par exemple, prendre
des mesures pour répondre aux attaques de groupes armés contre des établissements de santé et d’éducation,
car ces lieux jouent un rôle clé pour la jouissance des droits à la santé et à l’éducation.
L’obligation de mettre en œuvre renvoie à l’obligation de l’État de prendre toutes les mesures législatives,
administratives, budgétaires, judiciaires et autres nécessaires pour assurer la pleine réalisation des droits de
l’homme. Par exemple, les États doivent prendre des mesures qui habilitent les individus à réaliser eux-mêmes
leurs droits économiques et sociaux ou doivent, le cas échéant, assurer la fourniture directe de certains biens
et services. Dans le cadre d’un conflit, la destruction d’infrastructures sociales peut priver certains individus de
l’accès à la nourriture. Dans ce cas, les États doivent veiller à ce que les populations bénéficient d’une assistance
alimentaire, car cela constitue aussi bien un déterminant sous-jacent de la jouissance du droit à la santé, qu’une
protection contre la faim et une garantie du respect du contenu minimal du droit à l’alimentation.
Il convient de noter que les États sont tenus de mener des enquêtes et juger les auteurs de violations flagrantes
du DIDH, en particulier celles qui constituent des crimes en vertu du droit international. Les enquêtes menées
par les États sur ces allégations doivent être effectuées sans délai ; ces enquêtes doivent être confiées à des
24
organes indépendants et impartiaux et être menées de manière approfondie et efficace. Les victimes de
violations des droits de l’homme ont droit à disposer d’un recours effectifs, y compris des réparations.
Il incombe en premier lieu aux États de respecter les obligations en matière de droits de l’homme. Cependant,
les autorités de facto ou les groupes armés non étatiques qui exercent des fonctions de type gouvernemental
et contrôlent un territoire sont de plus en plus appelés à respecter les normes internationales en matière de
droits de l’homme, lorsque leur conduite affecte les droits des individus placés sous leur contrôle.
iv. Applicabilité du DIDH durant un conflit armé et interaction entre le DIDH et le DIH
Le DIDH est applicable en tout temps, c’est-à-dire également dans les situations de conflit armé. Dans de tels
contextes, le DIDH et le DIH s’appliquent simultanément (le DIH s’appliquant uniquement dans les situations
de conflit armé). En principe, ces deux corpus juridiques doivent être appliqués de manière complémentaire
et se renforcer mutuellement. Dans les rares cas de contradictions entre ces deux corpus normatifs, il faut
recourir à la norme ou à la règle qui s’applique le plus précisément à l’incident ou au problème concerné, dans
la mesure où cette norme ou règle reflète la réalité spécifique pour laquelle elle a été élaborée. Cependant, il
convient de noter qu’il peut être complexe d’évaluer les modalités d’interaction entre ces deux corpus
normatifs et de déterminer les normes ou les règles applicables à un cas ou un fait particulier.
HCDH, La protection juridique internationale des droits de l'Homme dans les conflits armés, 2011
[Link]
IASC Task Force on Humanitarian Action and Human Rights, Frequently Asked Questions on International
Humanitarian, Human Rights and Refugee Law in the context of armed conflict, 2004, disponible sur:
[Link]
Le régime juridique spécifique protégeant les droits des réfugiés est appelé « protection internationale des
réfugiés ». La raison d’être de ce régime réside dans le fait que les réfugiés sont des individus qui se trouvent
dans une situation particulièrement difficile et ont besoin, de ce fait, de bénéficier de mesures de protection
supplémentaires. Les demandeurs d’asile et les réfugiés ne bénéficient pas de la protection de leur propre
pays.
L’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme consacre le droit de tout individu de demander
et de bénéficier de l’asile. D’autres documents juridiquement contraignants, tels que la Convention de l’Union
25
africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (Convention de Kampala), ont
depuis lors confirmé ce droit. Toutefois, la notion d’asile n’a été clairement définie au niveau international
qu’avec l’adoption de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés [la «Convention de 1951»] dont le
HCR a pour mission de surveiller la mise en œuvre. La Convention de 1951 et son Protocole de 1967 ainsi que
les instruments juridiques régionaux tels que la Convention de 1969 de l’OUA régissant les aspects propres aux
problèmes des réfugiés en Afrique et la Déclaration de Carthagène de 1984 constituent le socle du régime
contemporain de protection des réfugiés dont ils énoncent les droits et obligations fondamentaux.
La Convention de 1951 constitue, conjointement avec le Protocole de 1967, un code universel pour le
traitement des réfugiés, ces deux instruments incluent les principes fondamentaux de protection tels que la
non-discrimination, le non-refoulement, la non-pénalisation de l’entrée et de la présence irrégulières et
l’acquisition et la jouissance progressives des droits. Le principe du non-refoulement est une norme
fondamentale du droit international des réfugiés : il consacre l’interdiction du retour forcé d’un réfugié dans
son pays d’origine si ce retour expose cet individu à un risque de persécution. Le principe de non-refoulement,
consacré par le droit international des réfugiés, a fait l’objet d’une reconnaissance et d’une application si large
qu’il a atteint le statut de norme du droit international coutumier et a donc force contraignante y compris pour
les États non parties à la Convention de 1951.
Tous les individus traversant une frontière internationale ne sont pas des réfugiés. En règle générale, un réfugié
est une personne qui satisfait aux critères d’admissibilité tels que définis dans la définition du réfugié inscrite
dans les instruments internationaux ou régionaux pertinents en matière de droit des réfugiés ou par le mandat
du HCR. L’article 1 de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés définit un réfugié comme étant :
[Un individu qui] craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa
nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve
hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de
la protection de ce pays; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle
avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne
veut y retourner.
Les instruments juridiques régionaux ont étendu la définition du réfugié aux personnes contraintes de quitter
leur pays d’origine en raison de violences aveugles ou d’autres événements perturbant gravement l’ordre
public. Ainsi, les États africains qui ont adhéré à la Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects propres
aux problèmes des réfugiés en Afrique et les États d’Amérique latine qui appliquent la Déclaration de
Carthagène de 1984 adoptent parfois une définition plus large de la notion de réfugié.
En vertu du droit international, une personne est considérée comme réfugiée (et a donc droit à une protection
et un traitement spécifiques) dès lors qu’elle satisfait des critères établis, indépendamment du fait qu’elle ait
- ou non - été formellement reconnue comme réfugiée. Un individu ne devient pas un réfugié en raison de
cette reconnaissance, mais cette reconnaissance découle plutôt du fait qu’il est un réfugié.
La protection des réfugiés ne s’étend pas aux personnes qui ont commis un crime contre la paix, un crime de
guerre ou un crime contre l’humanité ; ou un crime grave de droit commun en dehors du pays d’accueil ; ou
qui se sont rendues coupables d’agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies. Si, dans
de telles situations, le droit des réfugiés peut ne pas être applicable, les individus concernés continuent de
bénéficier de la protection offerte par les droits de l’homme et le droit humanitaire.
26
internationale au titre de réfugiés et qui énoncent les droits dont ces individus doivent bénéficier. Les
principaux instruments internationaux/régionaux sont :
• La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés ;
• Le Protocole de 1967 relatif au statut des réfugiés ;
• La Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique.
En outre, bien qu’elle n’ait pas un caractère juridiquement contraignant, la Déclaration de Carthagène sur les
réfugiés de 1984 bénéficie d’un statut particulier en Amérique latine du fait de son incorporation dans les
législations nationales. Par ailleurs, au sein de l’Union européenne, la protection des réfugiés fait partie du
régime d’asile européen commun, qui repose sur la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.
À l’instar du droit international des droits de l’homme, le DIR inclut également un important corpus de droits
non-contraignant pertinents, y compris les Conclusions sur la protection internationale du Comité exécutif du
Programme du Haut-Commissaire et les Principes directeurs sur la protection internationale élaborés par le
HCR dans le cadre de son mandat de surveillance de la mise en œuvre des dispositions de la Convention de
1951. L’éventail complet des normes internationales du droit humanitaire (en cas de conflit armé) et des droits
de l’homme s’applique également aux réfugiés.
27
motivé et encadré par des idées, des croyances ou des politiques issues de normes traditionnelles, sociales
ou culturelles plutôt que par leurs obligations en vertu du droit international.
Ces normes peuvent, dans une certaine mesure, être compatibles avec le droit international humanitaire
et des droits de l’homme et, par conséquent, avoir un effet protecteur positif. Par exemple, dans de
nombreuses sociétés, l’idée du « guerrier » est étroitement liée aux idéaux de conduite honorable et
éthique sur et hors du champ de bataille. Certaines normes culturelles interdisent l’implication des
enfants dans les conflits armés et d’autres établissent une distinction entre les personnes qui participent
aux combats et celles qui doivent être protégées parce qu’elles n’y participent pas. Les normes sociales,
culturelles et religieuses peuvent reconnaître des droits à des ressources communautaires pour les
personnes déplacées de leur foyer ou qui ont perdu un chef de ménage.
Dans une société en proie à une situation de guerre, qui subit les effets de catastrophes répétées et qui
dispose de ressources limitées, les normes et les valeurs traditionnelles peuvent être fragilisées, en
particulier lorsque les communautés sont déplacées de leurs foyers et de leurs terres traditionnels et sont
dispersées pendant que les structures de leadership traditionnel sont remises en question. En outre,
certaines normes traditionnelles peuvent entraîner des atteintes aux droits de l’homme ou être
préjudiciables au lieu d’avoir un effet protecteur. Par exemple, les croyances relatives au rôle des jeunes
filles et des femmes dans la société peuvent se fonder sur des mécanismes d’adaptation préjudiciables,
comme le mariage forcé ou la réticence à s’opposer à la violence basée sur le genre. Les traditions associées
aux conflits inter-communautaires peuvent encourager des représailles suite à des attaques et au pillage de
biens.
Par conséquent, pour favoriser le renforcement du respect du DIH et du DIR, les acteurs humanitaires doivent
tenir compte de la portée des normes qui affectent plus largement les comportements pendant les crises. Les
normes traditionnelles, sociales et culturelles ne doivent pas être invoquées pour justifier une violation du
droit international. Cependant, la connaissance des traditions, des normes et des règles de la société touchée
par un conflit ou une catastrophe peut permettre de convaincre un éventail d’acteurs de modifier leur
comportement violent – soit en promouvant ou en réactivant une norme positive et protectrice ou en
atténuant l’effet d’une norme entraînant au contraire des effets préjudiciables sur les droits de l’homme.
28
ANNEXE II
RÔLES ET RESPONSABILITÉS POUR ACCORDER UNE PLACE CENTRALE À LA
PROTECTION
1. Niveau national
LE COORDONNATEUR HUMANITAIRE
Le coordonnateur humanitaire a la responsabilité générale de coordonner au niveau national les actions
humanitaires qui visent à atténuer les souffrances humaines, à protéger les vies, à assurer les moyens
d’existence et la dignité des populations dans le besoin. Ce coordonnateur doit veiller à ce que20 :
les priorités en matière de protection soient identifiées et traitées dans le cadre de la planification et des
prises de décisions stratégiques des actions humanitaires, notamment en pilotant et en coordonnant
l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie de protection des EHP ;
toutes les mesures nécessaires soient prises pour faire en sorte que les financements suffisants soient
alloués aux actions de protection ;
le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire par toutes les parties, y compris les
acteurs non étatiques, soit encouragé en coordonnant les initiatives de plaidoyer des organisations
concernées et par le biais d’actions de plaidoyer privées et / ou publiques, le cas échéant ;
toutes les actions nécessaires soient mises en œuvre pour que les organisations humanitaires puissent
accéder librement, en temps opportun, en toute sécurité et sans entrave aux populations affectées, et ce
en pilotant et/ou en encourageant les négociations avec les parties concernées, y compris les acteurs non
étatiques.
En outre, le coordonnateur humanitaire est chargé de favoriser la collaboration entre les acteurs humanitaires
pour pouvoir analyser la situation et mobiliser un engagement collectif pour traiter des questions complexes
en matière de protection. Il peut être nécessaire, à cette fin, d’encourager les acteurs humanitaires à contester
le statu quo et à répondre ensemble à des problèmes difficiles.
Afin de pouvoir prendre des décisions éclairées, mener des actions de plaidoyer et de négociation, le
coordonnateur humanitaire doit solliciter régulièrement la production d’analyses approfondies et exhaustives
de la situation de protection auprès du Groupe sectoriel de protection et d’autres acteurs nationaux et
internationaux pertinents. En collaboration avec les EHP, le coordonnateur humanitaire est chargé de faciliter
et de coordonner la collaboration et l’engagement auprès d’un large éventail d’acteurs humanitaires et non
humanitaires pour répondre aux menaces contre la protection21.
20 L'État concerné a la responsabilité première d’initier, d’organiser, de coordonner et de mettre en œuvre l’assistance humanitaire sur son
territoire, mais lorsqu’un coordonnateur humanitaire est désigné, ce dernier est chargé de piloter et de coordonner l'action humanitaire des
organisations travaillant dans le pays. Voir le mandat du coordonnateur humanitaire. Il incombe en premier lieu à OCHA de soutenir le
coordonnateur dans la mise en œuvre de ses responsabilités.
21
Une déclaration des hauts responsables de l’IASC, publiée le 11 décembre 2015, a clarifié la façon dont la protection contre l'exploitation et les
abus sexuels (PSEA) s’inscrit dans l’architecture humanitaire et a institutionnalisé la responsabilité de l'IASC à l’échelle du système eu égard à
l’élaboration de stratégies et de plans d'action relatifs à la PSEA par le biais du renforcement des responsabilités des coordonnateurs de l’action
humanitaire en la matière. Voir la déclaration dans son intégralité à l’adresse suivante :
[Link]
29
dimension protection tout en contribuant aux initiatives collectives visant à améliorer la protection des
populations affectées. Les EHP doivent s’accorder sur des questions stratégiques communes, y compris
l’établissement d’objectifs et de priorités communs à l’intervention humanitaire dans son ensemble, en
accordant une place centrale à la protection. Les EHP pilotent l’élaboration et la mise en œuvre de leur stratégie
de protection. Cela requiert un examen régulier des questions relatives à la protection afin d’identifier les
priorités et les actions à mener dans l’immédiat, y compris des actions de plaidoyer coordonnées visant à
atténuer les souffrances humaines, à protéger les vies, et à assurer les moyens de subsistance et la dignité des
populations dans le besoin.
Outre ses responsabilités sectorielles de base, le groupe sectoriel de protection doit contribuer aux prises de
décisions éclairées et en temps opportun du coordonnateur humanitaire et des EHP en effectuant une analyse
approfondie, continue et intégrée de la situation de protection qui s’appuie sur un engagement effectif auprès
des populations affectées. Le groupe sectoriel de protection doit également surveiller et évaluer de manière
continue l’évolution, le cas échéant, les risques en matière de protection afin que le coordonnateur
humanitaire et les EHP aient la capacité d’évaluer les priorités en matière de protection à la lumière du cadre
opérationnel évolutif et de mesurer les avancées réalisées, à titre collectif, en matière de protection (il s’agit
d’aider les EHP à évaluer en temps réel les informations relatives aux résultats et aux réalisations obtenus).
En outre, le groupe sectoriel de protection soutient la mise en œuvre de la protection transversale. Il collabore
également avec d’autres groupes sectoriels et apporte son expertise afin de répondre aux risques de protection
les plus répandus et les plus graves qui concernent les actions menées au niveau de leur secteur.
22
Le HCR est le chef de file du Groupe sectoriel mondial de la protection. Au niveau national, les orientations de l’IASC indiquent que les
organisations chefs de file des groupes sectoriels « doivent refléter de préférence les dispositions prises au niveau mondial ». En ce qui concerne
les crises provoquées par des conflits, le HCR pilote souvent le groupe sectoriel de protection, alors que dans les situations de catastrophe ou
dans des situations d'urgence complexes n’impliquant pas de déplacements importants de populations, l’organisation chef de file du groupe
sectoriel de protection est sélectionnée après consultation parmi le HCR, le HCDH et l'UNICEF.
30
doivent veiller à ce que la protection soit intégrée de façon appropriée dans toutes les phases du HPC et à faire
en sorte que la protection fasse partie intégrante de la programmation sectorielle.
Tous les groupes sectoriels doivent contribuer à l’analyse de la situation de protection qui oriente les prises de
décision et l’élaboration du HRP. Chaque groupe sectoriel doit également coopérer avec les acteurs de la
protection pour veiller à la mise en place de dispositifs d’orientation permettant aux acteurs de la protection
de traiter chacune de questions spécifiques de protection (par exemple, les questions de violence basée sur le
genre, de protection de l’enfant et de soutien psychosocial).
Tous les groupes sectoriels doivent également s’engager à partager les informations pertinentes pour assurer
la protection des populations affectées, dans la mesure où leurs mandats, leur expertise et les protocoles de
confidentialité le permettent. Ils doivent déterminer la façon dont ils peuvent contribuer à la stratégie de
protection des EHP, pour ensuite s’engager à entreprendre des activités et des actions de plaidoyer en soutien
à cette stratégie en mobilisant leurs mandats, leurs ressources et leur expertise pour atteindre les résultats en
matière de protection.
2. Niveau mondial
23 Lerôle de l’ERC est énoncé dans la résolution 46/182 de l'Assemblée générale et dans les résolutions ultérieures relatives au renforcement de
la coordination de l'assistance humanitaire d'urgence de l'Organisation des Nations Unies. Voir aussi la résolution 56/164 de l'Assemblée générale
(2001) et les résolutions ultérieures relatives à la protection et l'assistance aux personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.
24 Pour de plus amples informations sur les rôles de l’IASC, voir le document du Comité permanent interinstitutions, Concise Terms of Reference
31
Répartir les responsabilités entre les organisations au sein des programmes humanitaires ;
Élaborer et fixer un cadre éthique commun pour toutes les actions humanitaires ;
Promouvoir des principes humanitaires communs auxquels adhèrent les parties qui ne sont pas
membres de l’IASC ;
Promouvoir le plein respect des droits des individus, conformément à la lettre et à l’esprit des corpus
normatifs pertinents (droit international des droits de l’homme, droit international humanitaire et
droit des réfugiés) ;
Identifier les domaines ne relevant d’aucun mandat ou souffrant d’un manque de capacité
opérationnelle et combler ces lacunes ; et
Résoudre les différends ou les désaccords entre les organisations humanitaires sur les questions
humanitaires à l’échelle du système.
32
Assurer le déploiement et la mise en œuvre de l’Agenda de transformation, y compris par des actions
de suivi, de soutien et d’orientation, en étroite collaboration avec l’Équipe de haut niveau chargée de
la mise en œuvre de l’Agenda de Transformation (STAIT).
Étant donnée la large portée de la définition de la protection, des domaines de responsabilité (AoR) ont été
créés au sein du GPC. Ces AoR traitent des questions suivantes : protection de l’enfant ; violences basées sur
le genre (VBG) ; action antimines ; et actions en matière de logement, terres et propriétés (LTP). Ces AoR
offrent des conseils techniques et un soutien dans leurs domaines de spécialisation. Les AoR peuvent avoir des
antennes sur le terrain et être assortis de sous-groupes sectoriels ; par ailleurs, d’autres groupes de travail
techniques peuvent être formés pour traiter de problèmes spécifiques de protection en fonction du contexte25.
Les organisations qui pilotent les AoR et les sous-groupes sectoriels sur le terrain ont les mêmes responsabilités
que les chefs de file sectoriels.
Protection de l’enfant
L’AoR traitant de la protection de l’enfant est piloté par l’UNICEF et rassemble des ONG, des agences des
Nations Unies, des chercheurs et d’autres acteurs dans l’objectif commun d’assurer des réponses davantage
prévisibles, responsables et efficaces en matière de protection de l’enfant dans les situations d’urgence. Pour
atteindre ses objectifs, cet AoR travaille en étroite collaboration avec d’autres acteurs spécialisés dans le
domaine de la protection, notamment en matière de violences basées sur le genre ainsi qu’avec des acteurs
spécialisés dans les questions de santé mentale, de soutien psychosocial et d’éducation.
Cet AoR définit ainsi la protection de l’enfant : « la prévention et la réponse aux situations d’abus, de
négligence, d’exploitation et de violence dont sont victimes les enfants dans des situations d’urgence ».
Soutenir les services essentiels nécessaires à la survie dans les situations de crise humanitaire
Renforcer les connaissances et les capacités en matière de prévention et de lutte contre la VBG
Fixer des normes
25L’action des groupes de travail techniques est déterminée par leur mission ; leur mandat est limité dans le temps et ils sont créés en fonction
des besoins. Ils doivent être dissous, une fois leurs tâches achevées.
33
Mener un plaidoyer pour renforcer les actions, les enquêtes et la redevabilité en la matière, aux niveaux
mondial et local
Cet AoR est fondé sur le principe selon lequel tous les groupes sectoriels et les autres acteurs doivent prendre
des mesures pour lutter contre ce type de violence. Si les cas de VGB sont souvent sous-évalués, ce type de
violence se produit néanmoins dans toutes les sociétés et atteint des pics dans les situations de crise
humanitaire et de déplacements de populations. Dans cette optique, cet AoR recommande au personnel
humanitaire de présumer que des cas de VBG sont commis, que ces violences constituent une menace pour
les populations concernées et qu’il faut considérer cette question comme un problème grave et présentant
une urgence vitale lors de toute intervention humanitaire. Les membres de cet AoR agissent et collaborent
avec d’autres organisations chefs de file de groupes sectoriels afin de veiller à ce que cette question soit
intégrée dans l’action humanitaire et liée à d’autres questions transversales.
L’objectif de l’action antimines est d’identifier et de réduire l’impact et le risque liés à la présence de mines
terrestres et d’engins explosifs afin d’assurer la sécurité des populations concernées. L’action antimines inclut
également le déminage humanitaire (qui inclut l’identification, la cartographie et la signalisation des mines
ainsi que l’installation de clôtures autour des champs de mines, et le déminage). Elle vise aussi à renforcer
l’autonomie des victimes, en leur offrant des possibilités de développement et de stabilité durables, et en
formant les populations aux risques liés à la présence de mines/restes explosifs de guerre (ERW) ; elle mène
aussi des actions de destruction des stocks de mines.
34
ANNEXE III
ORIENTATIONS EN MATIÈRE DE GESTION DE L’INFORMATION
GPC, Information and Data Management, disponible sur:
[Link]
CICR, Standards professionnels pour les activités de protection menées par les organisations humanitaires et de
défense des droits de l'Homme lors de conflits armés et d'autres situations de violence, (Chapitre 6 : Gérer les
informations sensibles relatives à la protection)
[Link]
par-les
DRC et HCR, Protection Information Management Workshop Outcome Document, 2015, disponible sur:
[Link]
[Link]
HCDH, Manual on human rights monitoring and training manual (Chapitres 7 – 15, qui traitent notamment de
la collecte et de la vérification des informations, du travail d’analyse et de la protection des victimes, des
témoins et d’autres personnes qui coopèrent pour le recueil d’informations, disponible sur
[Link]/EN/PublicationsResources/Pages/[Link].
Child Protection AoR, Training Manual Interagency Child Protection Information Management System,
disponible sur:
[Link]
manual-zip-13mb/
CICR, Family Links Network Code of Conduct on Personal Data Protection, disponible sur:
[Link]
HCR, Policy on the Protection of Personal Data of Persons of Concern to UNHCR, disponible sur:
[Link]
35
ANNEXE IV
CADRE POUR LES ACTIVITÉS DE PROTECTION26
Les activités de protection spécialisées peuvent être classées en fonction des différents niveaux d’intervention
décrits ci-dessous. Dans certains cas, cependant, il peut être difficile de confiner toutes les activités de
protection à un seul niveau d’intervention. La diffusion du droit international humanitaire et du droit
international des droits de l’homme, la communication d’informations ou les actions de plaidoyer, par
exemple, ont un caractère transversal et concernent ou soutiennent différents niveaux d’intervention.
Actions réactives : Ce type d’actions inclut toute activité entreprise pour faire face à un type donné d’atteintes
aux droits de l’homme émergent ou généralisé qui entraîne des violences, des contraintes et des privations,
l’objectif étant de prévenir ou d’atténuer les effets immédiats de ces pratiques. Ces activités sont menées en
cas de risque d’atteintes aux droits de l’homme ou immédiatement après que ces actes ont été commis pour
tenter d’atténuer leurs effets sur les civils. Ce type d’action vise également à faire pression sur les autorités
compétentes, par le biais d’un dialogue ou de la divulgation d’informations, afin que celles-ci prennent des
mesures pour mettre un terme à ces actes et en préviennent la répétition. Une action réactive doit être menée
dans l’urgence (mais elle doit se poursuivre sur une période de temps importante si la menace persiste) et son
impact est immédiat.
Voici quelques exemples d’actions réactives : Assurer la protection par le biais d’une présence sur le terrain,
notamment par des actions de surveillance, de signalisation des violations et de plaidoyer menées par des
organisations spécialisées ; fournir des orientations aux autorités et autres parties prenantes afin qu’elles
élaborent des normes de protection et prennent des mesures pour faire respecter les droits ; transférer des
personnes hors des zones affectées par la crise et fournir des informations et assurer la communication (par
exemple, aider les membres d’une famille à communiquer entre eux ; renforcer les réseaux communautaires
pour prévenir des violations des droits de l’enfant ; mettre en place des mécanismes d’orientation, signaler les
violations des droits de l’homme à une agence spécialisée ; orienter une victime de violations vers une
assistance médicale, des soins psychosociaux ou une assistance juridique ; utiliser le système de notification
humanitaire pour protéger les civils et les infrastructures civiles contre des attaques aériennes).
Actions correctives : Ce type d’actions inclut toute activité visant à rétablir des conditions de vie dignes par le
biais de la réhabilitation, la restitution et la réparation. Les actions correctives se focalisent sur l’assistance et
le soutien aux populations pendant qu’elles subissent les effets des violences, des contraintes et des privations.
Ce type d’actions vise à rétablir la dignité des individus et à assurer des conditions de vie adéquates à des
populations victimes de violences par le biais de la réhabilitation, la restitution, l’indemnisation, la réparation
et le soutien psychosocial. Elles peuvent s’assimiler à une action réactive, et inclure une dimension de
plaidoyer, mais ces activités sont menées à plus long terme et cherchent à aider les populations à recouvrer et
à restaurer leur dignité.
Voici quelques exemples d’actions correctives : Fournir des services directs aux victimes de violences, de
contraintes et de privations ; contribuer au rapatriement, à la réinstallation, à l’intégration des individus
concernés ou à des accords définitifs en la matière ; et mettre en place des systèmes pour rechercher des
personnes disparues et réunir les familles ; promouvoir la justice pour les victimes et une procédure judiciaire
équitable pour juger les auteurs de violations des droits de l’homme ; soutenir et protéger les organisations de
défense des droits de l’homme ; mener des actions de sensibilisation dans les centres de santé pour prévenir
la stigmatisation des victimes de violences sexuelles ; assurer une formation professionnelle et un soutien
26Comité permanent interinstitutions, Growing the Sheltering Tree: Protecting Rights through Humanitarian Action, 2002, disponible sur :
[Link]
36
psychosocial aux ex-combattants dans le cadre d’un programme de soutien aux moyens de subsistance ; porter
assistance aux victimes de mines / d’ERW.
Actions constructives : Ce type d’actions inclut toute activité visant à créer ou à consolider un environnement
propice au plein respect des droits des individus. Les actions constructives visent à transformer les politiques,
les attitudes, les croyances et les comportements, en cherchant à obtenir des changements structurels en droit
et en pratique.
Voici quelques exemples d’actions constructives : Promouvoir la connaissance et le respect des droits de
l’homme et des principes humanitaires ; mener des actions de plaidoyer en faveur de la ratification des traités
; contribuer à l’intégration et à la mise en œuvre du droit international au niveau national ; soutenir le
développement d’un système de justice équitable ; renforcer les capacités et fournir une assistance technique
et un soutien aux organisations nationales de défense des droits de l’homme, aux organisations de la société
civile et aux institutions gouvernementales (telles que celles chargées de l’application de la loi) ; contribuer à
créer des organisations aux niveaux national et international dotées des capacités de renforcement du respect
des droits de l’homme et du droit international, y compris celles chargées de la mise en œuvre ou de la
surveillance du respect des normes du droit international (c’est-à-dire un médiateur) ; assurer une formation
en matière de risques liés à la présence de mines et d’ERW à l’intention d’agents publics travaillant auprès des
populations à risque.
Le « modèle de l’œuf », présenté ci-dessous, propose une représentation visuelle des différents niveaux
d’intervention en matière de protection. Élaboré par le CICR avec un éventail d’experts, dans le cadre d’un
processus de consultation pluriannuel, le « modèle de l’œuf » est largement reconnu et utilisé par les
organisations humanitaires. Les types d’interventions schématisés dans le « modèle de l’œuf » peuvent être
mis en œuvre de manière consécutive ou simultanée.
37
Responsive action Action réactive
Remedial action Action corrective
Environment Building Action constructive
Pattern of abuse Type de violation
La persuasion : S’entretenir en privé avec la cible de plaidoyer pour la convaincre de changer de politique
ou de pratique.
La mobilisation : Faire connaître la situation à d’autres organisations ou entités afin que celles-ci puissent
influencer les autorités ou les auteurs de violations des droits de l’Homme et les inciter à changer de
politique ou de pratique. Diffuser avec discernement les informations afin d’exercer des pressions positives.
La dénonciation : Diffuser publiquement des informations sur la situation afin de faire pression sur la cible
de plaidoyer et l’inciter à changer de politique ou de pratique.
Le soutien : Soutenir les structures existantes.
La substitution : Assurer une prestation directe de services.
38
ANNEXE V
DOCUMENTS ET NORMES DE RÉFÉRENCE
1. Général
IASC, Déclaration sur la place centrale de la protection dans l’action humanitaire, 17 décembre 2013,
disponible sur :
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IASC, Guidance Note on Human Rights for Humanitarian Coordinators, disponible sur:
[Link]
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IASC EDG, Preliminary guidance note on Protection and Accountability to Affected Populations (AAP) in the
Humanitarian Programme Cycle (HPC), disponible sur:
[Link]
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Slim, Hugo et Andrew Bonwick, Un guide ALNAP pour les organisations humanitaires (introduction aux
concepts fondamentaux relatifs à la protection humanitaire), 2005, disponible sur :
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CICR, Frequently Asked Questions on International Humanitarian, Human Rights and Refugee Law in the
Context of Armed Conflict, 2004, disponible sur:
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HCDH, La protection juridique internationale des droits de l'Homme dans les conflits armés, 2011,
disponible sur:
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Projet Sphère, Le Manuel Sphère, (Chapitre 5 sur les principes de protection : présentation concise de concepts
clés et orientation pratique afin de prendre en compte la dimension protection tout au long de l’action
humanitaire), 2011, disponible sur:
[Link]
CICR, Standards professionnels pour les activités de protection menées par les organisations humanitaires et de
défense des droits de l'Homme lors de conflits armés et d'autres situations de violence (Normes minimales
concernant divers aspects de la protection dans les situations de violence et de conflit, y compris la gestion
des données, l'interaction avec les organisations de défense des droits de l'homme et les missions de
maintien de la paix et la gestion axée sur les résultats des stratégies de protection), Édition 2013, disponible
sur :
[Link]
par-les
39
OIM, IOM’s Humanitarian Policy: Principles for Humanitarian Action, octobre 2015, disponible sur:
[Link]
[Link]
HCDH, Manuel de formation sur le monitoring des droits de l'Homme, disponible sur:
[Link]
Oxfam GB, Improving the Safety of Civilians: A Protection Training Pack (introduction pratique à la protection
transversale destinée aux professionnels de la programmation de réponses à des situations d’urgence,
adaptable à des niveaux variés de connaissance préalable), 2008, disponible sur:
[Link]
pack-115396
InterAction, Results-Based Protection (plate-forme internet pour une initiative visant à élaborer et promouvoir
une approche de la protection axée sur les résultats), disponible sur:
[Link]
ActionAid, Safety with Dignity: A field manual for integrating community-based protection across humanitarian
programmes (Guide de terrain destiné aux communautés locales, présentant de nombreux outils, conseils
et orientations pratiques), 2010, disponible sur:
[Link]
based-protection-across-humanit
GPC, Site internet du groupe sectoriel de protection (présente des informations de base sur la protection, des
matériels de formation ainsi que les rapports et mises à jour les plus récents, y compris ceux provenant
des groupes sectoriels de protection dans le monde entier), des formules-types et des modèles de TDR
destinés aux groupes sectoriels de protection et les coordonnées de personnes ressources travaillant dans
le domaine de la protection), disponible sur:
[Link]
CHS, Norme humanitaire fondamentale de qualité et de redevabilité (énonce neuf engagements que les
organisations et les individus impliqués dans l'intervention humanitaire peuvent utiliser pour améliorer la
qualité et l'efficacité de l'aide qu'ils fournissent. Ce document renforce également la responsabilisation
des communautés et des personnes affectées par des crises), disponible sur :
[Link]
Protection transversale
40
Vision mondiale, Les normes interagences minimales pour l'intégration d'une perspective de protection
(présente les principes et des orientations pratiques pour appliquer ces normes dans les six secteurs clés
de l’action humanitaire), disponible sur :
[Link]
[Link]
GPC, Protection transversale, manuel de formation (Manuel de formation exhaustif destiné aux équipes
humanitaires et au personnel gouvernemental), disponible sur :
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_PMTrainingPackage2014-[Link]
HelpAge, Minimum Standards for Age and Disability Inclusion, juillet 2015, disponible sur:
[Link]
minimum-standards-launched/
IASC et GPC/GBV Response, Directives pour l'intégration d'interventions ciblant la violence basée sur le
genre dans l'action humanitaire, disponible sur:
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2. Protection de l’enfant
Child Protection AoR, Standards minimums pour la protection de l'enfance dans l'intervention
humanitaire, disponible sur:
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Child Protection AoR, Child Protection Working Group website (présente des informations de base et les
matériels les plus récents relatifs à la protection de l’enfant ainsi que les coordonnées de personnes ressources
travaillant dans ce domaine), disponible sur:
[Link]
IASC et Directives VBG, Directives pour l'intégration d'interventions ciblant la violence basée sur le genre
dans l'action humanitaire : Réduction des risques, promotion de la résilience et aide au relèvement (site
Internet comprenant l’intégralité des directives ainsi que 13 guides thématiques), 2015, disponible sur:
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IRC, GBV Responders’ Network (Base de données incluant des outils, des matériels de recherche et de plaidoyer
pour lutter contre la violence à l'égard des femmes et des jeunes filles dans le cadre d’interventions
humanitaires), disponible sur :
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GPC GBV AOR, Gender-based Violence Area of Responsibility website (Informations de base, outils, matériels
de formation, normes et directives sur la VBG, ainsi que les coordonnées de personnes ressources),
disponible sur :
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GPC HLP AOR, Housing, Land and Property Area of Responsibility website (présente des informations de base
et les coordonnées de personnes ressources (en cours d’élaboration), disponible sur:
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NRC, Training Manual on Housing, Land and Property, 2013, disponible sur demande sur :
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NRC, Securing Housing, Land and Property Rights for Displaced Women website (présente des informations de
base et les rapports les plus récents), disponible sur :
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5. Lutte antimines
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Anti-Personnel Mine Ban Convention, Five key examples of the role of mine action in integrating victim
assistance into broader frameworks, disponible sur :
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6. Déplacements forcés
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GPC, Manuel pour la protection des déplacés internes (fournit une introduction à des concepts, des
principes et des cadres clés relatifs à la protection des personnes déplacées, ainsi que des orientations
sur les interventions opérationnelles et les interventions et activités de protection), 2010, disponible sur:
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HCR, Protecting Refugees: A Field Guide for NGOs (orientations, listes de contrôle et questions fréquemment
posées sur la protection des réfugiés et les besoins de protection spécifiques de certains groupes particuliers,
élaborées conjointement par le HCR et ses partenaires), 1999, disponible sur:
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Unies intitulé « Unissons nos forces pour la paix : privilégions la politique, les partenariats et l’action en faveur
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