Mémoire (Final)
Mémoire (Final)
I
REMERCIEMENTS
II
AVERTISSEMENT
Le contenu du présent mémoire, notamment les opinions émises dans le cadre de son
élaboration, n’engagent que son auteur. Par conséquent, l’Ecole Nationale des Régies
Financières n’entend porter aucun jugement de valeur sur ces opinions qui doivent être
considérées comme étant propres à leur auteur.
III
LISTE DES ABREVIATIONS
IV
LISTE DES TABLEAUX
Tableau n°1 : Rapport entre effectif des inspecteurs des finances de l’IGF et le nombre de
missions effectuées.
Tableau n°2 : Répartition des inspecteurs des finances de l’IGF par âge et par sexe en 2011.
V
SOMMAIRE
DEDICACE .................................................................................................................................I
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. II
SOMMAIRE ............................................................................................................................. VI
INTRODUCTION ....................................................................................................................... 1
VI
Paragraphe 2 : Organisation et modes d’intervention ................................................ 19
CONCLUSION ......................................................................................................................... 49
VII
INTRODUCTION
Le contrôle est pour toute œuvre humaine un moyen approprié de perfectionnement.
Ainsi les entités socio-économiques reconnaissent et admettent l’importance technique et
politique du contrôle des finances publiques. Le contrôle des finances publiques en général est
un moyen pour l’administration de suivre et d’assurer une gestion saine et rationnelle des
deniers publics. Le contrôle évoque donc l’idée de vérification c'est-à-dire l’action de s’assurer
que les opérations financières sont exécutées conformément aux lois et règlements en vigueur.
Ce qui ramène à confronter des actes avec des normes de référence.
Le contrôle est d’autant plus important de nos jours au regard de l’accroissement des
responsabilités assumées par la puissance publique. L’exécution budgétaire suppose de
nécessaires contrôles qui peuvent revêtir des formes très diverses que l’on peut classer selon
des critères différents. Ainsi selon le critère de la période d’intervention c'est-à-dire en
s’appuyant sur le moment où le contrôle est effectué, on distingue deux types de contrôle : le
contrôle a priori et le contrôle a posteriori.
1
Cf. Déclaration de Lima sur les lignes directives du contrôle des finances publiques, section 1.
1
Le contrôle a posteriori, sujet de notre étude s’effectue après que les opérations
financières et comptables aient été entièrement exécutées. Il complète le contrôle a priori.
L’objectif d’un tel contrôle est de déceler les irrégularités de toute nature qui se seraient
glissées pendant la procédure budgétaire, de permettre leur régularisation et surtout situer les
responsabilités administratives et pécuniaires. Il permet d’apprécier les responsabilités
encourues par les auteurs des irrégularités commises.
De tout ce qui précède, le contrôle a posteriori tient donc une place importante dans la
vision d’une saine gestion des finances publiques. Cependant des doutes subsistent quant à son
entière efficacité au vue des nombreuses fautes relevées après l’exécution des opérations
budgétaires. De ce constat, la question fondamentale est de savoir quelle place et quelle
importance donner au contrôle a posteriori pour assurer une saine gestion des finances
publiques ?
Pour notre part nous pensons que pour avoir une gestion saine, il faut outre l’exécution
régulière, analyser l’impact des opérations financières dans le domaine social, économique et
politique dans lesquels elles s’inscrivent, et leur effectivité. Choses que doit constater le
contrôle a posteriori.
C’est pourquoi par notre thème, nous tenons à réaffirmer l’importance du contrôle a
posteriori. Sachant que toute œuvre humaine n’est point parfaite, nous ambitionnons
simplement à travers la présente étude, contribuer au renforcement du contrôle a posteriori sous
l’angle de son efficacité dans une perspective d’amélioration de la gestion des finances
publiques.
Nous avons porté notre choix sur le contrôle des dépenses. Ce choix est motivé par le
fait qu’à tort ou à raison, le contrôle des finances publiques fait beaucoup plus appel au
contrôle des opérations de dépenses que celles des recettes. Même au niveau de certaines
personnes bien averties (contrôleurs, inspecteurs, comptables…) on fait beaucoup plus
attention au volet dépenses. Or, les interventions de l’Etat dans les finances publiques se
matérialisent par une augmentation de l’ensemble des dépenses publiques, d’où la nécessité de
s’assurer de l’exacte utilisation de ces deniers à travers un contrôle a posteriori.
Nous avons aussi jugé préférable de nous limiter au contrôle administratif au vue de
l’étendu du champ du contrôle a posteriori. Le contrôle administratif, à la différence des
contrôles juridictionnel et politique qui sont externes à l’administration, émane de
l’administration elle-même. L’article 64 de la loi n°006-2003/AN du 24 janvier 2003 relative
aux lois de finances, à son alinéa 2 dispose : «le contrôle administratif est le contrôle interne
2
de l'administration sur ses agents». C’est l’exécutif qui contrôle ses propres actes. On parle
également de contrôle endogène. Ce contrôle interne est réalisé principalement par les
institutions de contrôle comme l’IGF, l’ASCE (devenue l’ASCE-LC dont le décret de
promulgation n’est pas encore effectif) et les inspections techniques des services (ITS). Il s’agit
«d’un contrôle organique résultant de la spécialisation de hauts fonctionnaires ou de corps
chargés exclusivement des tâches de contrôle ou d’inspection»2.
Notre objectif à travers ce sujet, est d’identifier les difficultés que rencontre le dispositif
administratif de contrôle a posteriori de 2010 à nos jours afin de proposer des
recommandations et suggestions pour son amélioration pour une gestion saine et rationnelle de
nos deniers publics.
Nous avons formulé deux hypothèses pour encadrer notre travail. Il s’agit :
H1 : Le contrôle administratif a posteriori trouve ses forces dans le champ d’action des organes
chargés de l’exercer et leurs méthodes d’intervention.
H2 : Les limites du contrôle a posteriori sont relatives au manque de pouvoir de sanction des
organes de contrôle, à leur faible couverture ainsi qu’au manque de coordination des activités
entre les corps de contrôle.
2
Article 3 du décret n°2005-258/PRES/PM/MEF du 12 mai 2005 portant modalités de contrôle des opérations
financières de l’Etat et des autres organismes publics
3
Notre démarche sera la suivante :
Dans une première partie, nous discuterons des généralités sur le contrôle a posteriori à
travers la définition de ses concepts et objectifs et des organes de contrôle et leurs procédés
d’action et de contrôle.
Dans une deuxième partie, nous discuterons des forces et des faiblesses du contrôle a
posteriori qui devra déboucher sur des suggestions et recommandations en perspective pour
une effectivité du contrôle a posteriori en contribution à une saine gestion des finances
publiques.
4
PREMIERE PARTIE : GENERALITES SUR LE CONTROLE A POSTERIORI
Il est indéniable de nos jours d’exercer un contrôle étroit sur les agents chargés de
l’exécution des opérations financières notamment des dépenses publiques afin de garantir une
gestion saine des deniers publics. La justification de ces contrôles est d’éviter toute utilisation
irrégulière des deniers publics. Il s’agit d’éviter la réalisation d’éventuelles irrégularités dans
l’exécution comptable et légale des dépenses. A ce propos, qu’en est-il donc du contrôle a
posteriori ? Quels sont ses objectifs et comment s’exerce-t-il ?
Ces questions seront traitées dans la présente partie à travers les chapitres suivants :
5
CHAPITRE 1 : CONCEPTS, IMPERATIFS ETOBJECTIFS DU CONTOLE A
POSTERIORI
Toutefois, notre pays connaissait le contrôle a posteriori bien avant son accession à
l’indépendance. En effet, avant les années 1960, il existait un système de contrôle créé par le
colonisateur. A titre d’exemple, nous pouvons citer l’arrêt du Gouverneur général de l’Afrique
occidentale française du 14 janvier 1906 créant l’Inspection Générale des Affaires
Administratives. Cependant il a fallu attendre les premières années des indépendances pour que
le contrôle a posteriori trouve toute sa signification et son importance. En effet, dès cette
époque, le Burkina Faso, ex Haute Volta et ancienne colonie française a mis en place des
institutions républicaines de contrôle identiques à celles qui existaient en France. C’est ainsi
que par le décret N°429/PRES du 10 octobre 1961, une Inspection Générale des Finances
rattachée à la Présidence de la République fut créée. Elle sera suivie deux (02) ans plus tard
par l’institution d’un contrôle juridictionnel confié à la Chambre des comptes (actuellement
confié à la Cour des Comptes). Ces différents organes étaient chargés de vérifier l’exécution
régulière des opérations budgétaire.
I. Le contrôle
Le concept de contrôle n’a jamais été défini avec précision et comporte divers
acceptions. Selon le dictionnaire de l’Académie française (édition 1986) le mot contrôle est
issu de contre rôle (composé de contre et de rôle) c'est-à-dire un registre que l’on tenait en
double. Ainsi le contrôle peut se définir comme une activité tendant à vérifier la conformité ou
la comptabilité des actes ou des opérations aux prescriptions légales ou réglementaires, aux
instructions, aux procédures de gestion en vigueur dans une entité.
Il s’analyse comme un rapport entre, un acte au sens large, et une norme. L’imprécision
résulte du fait que chacun des termes de cette équation est une variable :
6
Contenu du rapport (régularité, conformité, opportunité) ;
Nature de l’acte (prévision ou décision, acte unilatéral ou contrat) ;
Contenu de la norme de référence (norme juridique objective ou norme subjective de
comportement, norme de droit positif ou principe général).
Le contrôle a posteriori des dépenses publiques, objet de notre étude, peut se définir
comme l’action qui consiste à s’assurer par une inspection minutieuse que les dépenses
publiques ont été exécutées conformément aux règles de droit budgétaire. Autrement dit, ce
contrôle vise à s’assurer que les dépenses publiques ont été payées conformément à l’usage
prévu dans le document budgétaire et à la réglementation en vigueur. Le contrôle a posteriori
qui s’effectue lorsque toutes les opérations ont été totalement exécutées, ne peut plus revenir à
une situation antérieure. Dans ce contrôle, on se trouve devant un fait accompli dont il faut
apprécier la régularité administrative, financière et comptable.
Plusieurs concepts (contrôle interne, audit interne, inspection, contrôle de gestion, évaluation
ou contrôle de performance etc.) renvoient au concept de contrôle. Nous essayerons d’en
présenter quelques-uns.
7
1) L’audit et le contrôle interne
a) Le contrôle interne
b) L’audit
L’audit peut être défini comme une démarche d’investigation et d’évaluation à partir
d’un référentiel, une activité indépendante et objective spécifiquement chargée, dans une
logique de contrôle périodique, de vérifier le fonctionnement du dispositif de contrôle interne,
d’apprécier l’efficacité des procédures de maitrise des risques et des procédures de contrôle
associées, puis de formuler des recommandations d’amélioration si nécessaire. L’essence de
cette activité est une comparaison entre la situation réelle et la situation idéale.
L’audit aide une organisation à atteindre ses objectifs en évaluant par une approche
systématique et méthodique, ses processus de management des risques, de contrôle et de
gouvernement d’entreprise et en faisant des propositions pour renforcer son efficacité. L’audit
a une méthode qui peut reposer sur une approche basé sur les risques. En effet, l’audit permet
l’identification et l’évaluation des risques avérés potentiels. Il procède à l’analyse de la
cartographie des risques, du dispositif de contrôle interne et de la gouvernance. L’audit
recherche les causes des risques identifiés et propose des recommandations qui se veulent
3
DGTCP, le contrôle interne au sein des services du Trésor public : état des lieux et perspectives, 15e conférence
annuelle des services du Trésor, octobre 2012, p. 3, cité par KONKONBO Vivien, contrôle administratif des
finances publiques : quelles stratégies pour une mise en application des recommandations des rapports de contrôle
et un traitement diligent des dossiers introduits en justice par l’ASCE, page 7.
8
opérationnelles et qui doivent permettre la prise de décision. Autrement, ces recommandations
doivent permettre une meilleure maîtrise des dangers prévisibles et l’atteinte des objectifs que
la structure s’est fixés.
2) L’inspection
- Le principe d’économie prescrit que les moyens mis en œuvre par l’institution dans le
cadre de la réalisation de ses activités sont rendus disponibles en temps utile, dans les
quantités et qualités appropriées et au meilleur prix ;
- Le principe d’efficience vise le meilleur rapport entre les moyens mis en œuvre et les
résultats obtenus ;
4
COHEN Alain-Gérard, Contrôle interne et audit public, LGDJ, 2e éd., 2008, p. 94
9
- Le principe d’efficacité vise la réalisation des objectifs spécifiques fixés et l’obtention
des résultats escomptés.
Si le contrôle vise avant tout à user de moyens d’investigations pour déceler des écarts
entre la gestion et la comptabilité d’une entité et une norme, dans une posture principalement
critique, l’évaluation, quant à elle ne cherche pas à blâmer, encore moins à désigner des
responsables. Elle part d’un a priori neutre et cherche autant à valoriser les aspects positifs
qu’à critiquer les aspects négatifs. Elle peut aider à conforter une politique ou remettre en cause
son existence même, si cette politique n’apparait pas pertinente.
Mais avant d’être politiques, les contrôles doivent être administratifs. Il appartient donc
à l’administration de prévoir les mécanismes de contrôle dont l’efficacité doit rejaillir à la fois
sur les contrôles juridictionnel et politique. En d’autres termes, si les contrôles internes de
5
Stéphanie DAMAREY, Exécution et contrôle des Finances publiques – Gualino éditeur 2006, p.112.
10
l’administration sont efficaces, ils diminuent d’autant les risques de sanctions juridictionnelles
et politiques.
De plus, ces dernières années, les membres de l’opposition politique et les organisations
de la société civile (OSC) lèvent leurs voix pour réclamer la transparence dans la gestion des
deniers publics. Pour y parvenir, un contrôle permanent est nécessaire, notamment le contrôle
administratif composé de l’ensemble des vérifications exercées par des organes propres à
l’administration en général, et en particulier au pouvoir exécutif, en vue d’assurer le respect des
normes juridiques et financières.
De plus, le contrôle est d’autant plus important dans la mesure où le Burkina Faso s’est
engagé dans une Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable où l’un des
axes, notamment l’axe n°3, est le renforcement de la bonne gouvernance. Dans cet axe, le
renforcement de la bonne gouvernance passe nécessairement par un renforcement de la
gouvernance économique. Il est question de gestion axée sur les résultats dans la perspective de
mise en œuvre progressive du budget programme. En matière de contrôle, il est question donc
de renforcement du contrôle interne à qui serait associée l’évaluation qui est un contrôle de
performance et de régularité. L’ambition de cette orientation est d’accroitre l’efficacité du
contrôle, en renforçant et en développant les capacités des services en charge du contrôle ainsi
que les instruments tels que l’élaboration de la mercuriale. 6Cette bonne gouvernance est aussi
une condition des partenaires techniques et financiers pour donner leurs financements dans les
programmes sociaux du pays.
6
Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD), p.59
11
SECTION 3 : LES OBJECTIFS DU CONTROLE A POSTERIORI
D’une manière générale le contrôle a posteriori des dépenses publiques vise deux (02)
principaux objectifs qui sont :
12
Paragraphe 2 : Situer et apprécier les responsabilités
Pour éviter que les deniers publics ne soient détournés de l’autorisation parlementaire,
deux (02) catégories d’agents aux responsabilités très distinctes interviennent dans le circuit de
la dépense publique. Ce sont les ordonnateurs et les comptables publics. Tandis que les
premiers sont chargés de prendre les actes générateurs de la dépense, les seconds sont au
contraire chargés des opérations matérielles de paiement. La réalisation d’une opération de
dépense est donc l’aboutissement d’un processus dans lequel interviennent différents agents
appelés à exécuter chacun en ce qui le concerne une partie de l’opération. Il en résulte la
nécessité de situer et d’apprécier les responsabilités en cas d’irrégularités.
Ils encourent une responsabilité disciplinaire, civile et pénale sans préjudice des
sanctions qui peuvent leur être infligées par la Cour des Comptes à raison des fautes de gestion.
13
II. Les responsabilités des comptables publics
Selon l’article 29 de la directive N° 07/2009/CM/UEMOA, la responsabilité des
comptables publics en matière de dépenses se trouve engagée dans les situations suivantes :
L’article 30 de la directive précitée précise que les comptables ne sont pas tenus de
déférer aux ordres irréguliers qui engagent leur responsabilité personnelle et pécuniaire, sauf
réquisition émanant de l’ordonnateur principal (ministre de l’Economie et des Finances). Dans
ce cas la responsabilité de ce dernier se substitue à celle du comptable.
Le contrôle a posteriori des dépenses publiques au niveau interne est assurée par
plusieurs organes d’inspection avec des habilitations diverses qu’il convient de découvrir au
chapitre suivant.
14
CHAPITRE 2 : LES ORGANES DE CONTROLE A POSTERIORI DE L’ORDRE
ADMINISTRATIF
L’importance du suivi et du contrôle de l’utilisation des deniers publics, a dicté la mise
en place au sein de l’administration d’un certain nombre de structures à compétences plus ou
moins grandes. Pour ce qui est du contrôle a posteriori, nous pouvons citer :
Placées sous l’autorité du ministre dont elles relèvent, les Inspections Techniques se
caractérisent surtout par leur jeunesse.
Les Inspections Techniques interviennent de la même manière que les deux corps de
contrôle que sont l’IGF et l’ASCE. Leur mission donne lieu à la rédaction d’un rapport adressé
à leur ministre de tutelle.
16
- du contrôle interne et de la vérification des services du siège des Trésoreries Régionales
et des Postes comptables rattachés ;
- de toute autre mission confiée à la DGTCP
II. L’exercice des contrôles
17
SECTION 2 : L’INSPECTION GENERALE DES FINANCES (I.G.F)
L’inspection Générale des Finances est l’un des plus anciens organes de contrôle
spécialisés de notre pays. Elle est l’aboutissement d’une longue évolution dont il convient de
rappeler les grands traits.
L’inspection Générale des Finances fut créée par le décret N° 429/PRES du 10 octobre
1961 et rattachée à la Présidence de la République. Après une première modification
intervenue par le décret N° 108/PRES du 17 mars 1966, l’Inspection Générale des Finances fut
ramenée au Ministère des Finances pour être supprimée par le décret du 27 novembre 1981, et
substituée par une Inspection Technique des Finances. Celle-ci redeviendra en 1984
l’Inspection Générale des Finances et demeure rattachée au cabinet du Ministre chargé des
Finances. Le cadre institutionnel et organisationnel de l’IGF résulte du décret n°2015-
989/PRES-TRANS/PM/MEF du 13mai 2015 portant organisation du MEF.
Paragraphe 1 : Attributions
Placée sous l’autorité d’un Inspecteur Général, l’Inspection Générale des Finances
relève directement du Cabinet du Ministre de l’Economie et des Finances (MEF).
L’Inspection Générale des Finances est donc spécialisée dans le domaine financier et
son contrôle s’exerce sur la quasi-totalité des comptables publics (comptables directs du
Trésor, comptables des régies financières). Les contrôles et missions de l’IGF s’exercent
essentiellement par voies d’enquêtes inopinées auprès des administrations et sont sanctionnée
par un rapport d’inspection à caractère adressée au ministre de l’Economie et des Finances.
I. L’organisation
- La Direction ;
- La Structure d’appui ;
- Les Départements.
1) La Direction
1) L’Inspecteur général des finances définit les grandes orientations, coordonne, contrôle
l’exécution des activités et évalue les performances.
2) Le Secrétariat de l’Inspecteur général des finances est chargé de la réception, du
traitement, du classement, de l’archivage et de l’expédition du courrier. Il s’occupe
également de l’organisation des audiences de l’Inspecteur Général. Le Secrétariat de
l’Inspecteur général des finances comprend un secrétariat et une cellule courrier.
3) La Cellule d’appui technique est composée de Chargés d’études qui assurent l’étude et
le traitement de tous les dossiers à eux confiés par l’Inspecteur général. Le nombre de
Chargés d’études est d’au maximum sept (07).
19
2) La Structure d’Appui
3) Les Départements
Chacun des départements susmentionnés est placé sous l’autorité d’un Chef de
département.
Les missions de contrôle réalisées par l’IGF sont sanctionnées par un rapport établi et
signé par le chef de mission, par tous les inspecteurs membres de la mission ainsi que par le
contrôlé. Les méthodes d’intervention sont :
Les missions classiques qui sont généralement programmées par l’Inspecteur Général
des Finances (programme d’activités) dans le cadre du fonctionnement normal du service et qui
portent sur la régularité et la légalité des dépenses, l’exactitude des soldes de caisse voire
20
même de l’opportunité des dépenses. Elles peuvent se faire soit de façon inopinée, soit de
commun accord avec les responsables des structures (cas des passations de service).
L’auto-saisine. C’est lorsqu’à titre d’exemple en cours d’année, l’IGF reçoit des
plaintes ou des faits avérés de malversation, l’inspecteur général des finances peut en effet
s’autosaisir et ordonner une mission expresse pour aller vérifier.
Les interventions sollicitées (missions commandées) par les hauts responsables dont les
motifs sont très divers (éclairer certaines situations douteuses, redimensionner certaines
entreprises). Elles peuvent également être inopinées. Pour ces genres d’interventions, le
Ministre ou la personnalité intéressée adresse une demande de contrôle à l’Inspection Générale
des Finances sous couvert du Ministre de l’Economie et des Finances. Le rapport de la mission
est alors adressé au Ministre de l’Economie et des Finances et ne peut faire l’objet d’expédition
au demandeur que sur l’ordre du Ministre de l’Economie et des Finances.
Il convient de préciser que les missions commandées sont prioritaires par rapport aux
missions programmées.
Paragraphe 1 : Attributions
La création de l'ASCE par la loi n°032-2007/AN du 29 novembre 2007, avait pour
objectif d'atteindre un dispositif de contrôle qui soit plus efficace grâce à une rationalisation et
une synergie d'action des organes de contrôle. Dans ce cadre, elle assure la coordination
technique de l'ensemble des organes de contrôle administratif. Elle a hérité des attributions
de plusieurs structures de contrôle, notamment l'Inspection Générale d'État, la Haute
21
Autorité de Coordination de la Lutte contre la Corruption et partiellement de la Coordination
Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF).
Aux termes des dispositions de la loi n°032-2007/AN du 29 novembre 2007, l'ASCE est,
de façon spécifique, chargée de :
- recevoir et étudier les dénonciations des administrés dans leurs relations avec les
administrations de l'État, des collectivités territoriales, des établissements publics ou
tout autre organisme investi d'une mission de service public ; mener des
investigations sur les pratiques de délinquance économique et de corruption au
sein de l'administration concernant les personnes physiques et les personnes
morales de droit privé ;
- saisir la justice de toute infraction commise par les services publics de l'État, des
collectivités territoriales, des établissements publics et de tout organisme national
investi de mission de service public ainsi que par leurs agents, aux textes législatifs et
réglementaires qui en régissent le fonctionnement administratif, financier et
comptable et de suivre les procédures en justice y afférentes tout au long de leur
déroulement ;
- mener toute étude ou enquête ayant pour but de concourir à l'accomplissement de ses
missions.
I. Organisation
- le Cabinet ;
- le Secrétariat Général ;
- les structures de contrôle et les structures d’appui.
1) Cabinet
Le Cabinet comprend :
Le Secrétariat Général est dirigé par un Secrétaire Général nommé en Conseil des
Ministres parmi les Contrôleurs d’Etat. Il assiste le Contrôleur Général d’Etat dans la mise en
œuvre des missions de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat. Le Secrétariat Général assure
la coordination des activités des structures d’appui et les structures de contrôle de l’Autorité, il
assure les relations de l’Autorité avec les départements ministériels et institutions de contrôle
au niveau national.
23
3) Les structures d’appui
Il existe au sein de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat trois (03) structures d’appui :
Les Directeurs sont nommés parmi les agents administratifs de catégorie A et les Chefs
de Départements sont nommés parmi les Contrôleur d’Etat ; cela par décret pris en conseil des
ministres sur proposition du Contrôleur Général d’Etat.
25
- le changement de dénomination de l’institution pour faire apparaître clairement ses
attributions en matière de lutte contre la corruption ;
- l’élargissement des attributions de l’ASCE-LC en matière de lutte contre la corruption :
elle est la plaque tournante du régime de déclaration d’intérêt et de patrimoine ;
- la réaffirmation de son rôle de coordination des organes de contrôle interne ;
- l’implication du secteur privé et de la société civile dans le fonctionnement de
l’institution ;
- le recrutement du Contrôleur Général d’Etat (CGE) par appel à candidature et le
mandat lié à sa fonction ;
- l’affectation à l’institution d’un seuil minimum du budget national pour mener ses
activités ;
- la création de nouveaux corps de métiers au sein de l’institution que sont les enquêteurs
et les assistants vérificateurs avec qualité d’officiers de Police Judiciaire (OPJ) octroyée
aux premiers ;
- le renforcement de la coopération internationale ;
- la dotation de l’institution d’un organigramme, et de ressources pour un exercice
efficace de ses missions tant de contrôle que de lutte contre la corruption ;
- l’obligation faite de mettre en œuvre les recommandations contenues dans les rapports
sous peine de sanction.
26
DEUXIEME PARTIE : FORCES ET FAIBLESSES DU CONTROLE A POSTERIORI
Nous ambitionnons à travers cette partie de mettre en exergue les éléments qui à notre
avis constituent les forces et les faiblesses du dispositif de contrôle a posteriori des dépenses
publiques.
Cette analyse sur les forces et les faiblesses du dispositif de contrôle a posteriori des
dépenses publiques se fondera sur la pratique et les dispositions textuelles existantes. Ce qui
devra déboucher sur des recommandations et suggestions dans une perspective d’amélioration de
la gestion des finances publiques.
27
CHAPITRE 1 : FORCES ET FAIBLESSESDU DISPOSITIF DECONTROLE A
POSTERIORI
Le contrôle a posteriori est un contrôle dont la finalité est de vérifier la conformité de
l’exécution des dépenses publiques aux règles de droit et de la comptabilité publique applicable.
Il permet donc par le recul dans le temps, de déceler les irrégularités survenues et de situer les
responsabilités. Dans ce chapitre nous présenterons le contrôle a posteriori des dépenses à travers
ses forces (Section 1) et ses faiblesses (Section 2).
I. Le champ d’application
A la lecture des différents textes relatifs aux attributions des organes de contrôle interne a
posteriori (le décret N° 2015-989/PRES-TRANS/PM/MEF du 13 mai 2015 pour l’IGF et la loi
n°032-2007/AN du 29 novembre 2007 pour l’ASCE, le décret 2013-404/PRES/PM/SGG du 23
mai 2013 pour les inspections techniques…), il ressort que le champ d’application des organes de
contrôle est très vaste. Il porte tant sur les services contrôlés que sur les personnes contrôlées. Il y
a aussi la saisine de la justice par l’ASCE.
Le contrôle a posteriori des dépenses publiques porte sur l’ensemble des services publics,
civiles et militaires. Il s’applique à tous les secteurs de la vie publique dans lesquels l’Etat détient
une participation ou accorde une subvention. C’est ainsi que l’IGF tout comme l’ASCE-LC a le
pouvoir de vérifier par exemple les documents comptables relatifs à la gestion et à l’emploi qui
est fait de la subvention accordée par l’Etat aux collectivités publiques. Il en va de même pour les
associations et les sociétés privées qui détiennent, manipulent ou reçoivent des fonds publics. La
légitimité et l’opportunité d’étendre le champ d’application proviennent de la nécessité de
contrôler toute la gestion des deniers publics. Ce rayon d’action très étendu constitue un avantage
28
pour le contrôle a posteriori interne même s’il existe quelques restrictions (secret militaire et
instruction judiciaire).
29
justificatives nécessaires pour éclairer la justice. L’ASCE n’étant pas habilité à juger les
infractions, c’est seulement sur la base des faits constatés que le Contrôleur général d’Etat prend
l’initiative de saisir la justice.
Une des forces du contrôle a posteriori, est que les organes chargés de l’exercer ont un
pouvoir de réquisition étendu et qui porte sur tous les aspects de la gestion de la structure
contrôlée. Ils sont habilités à se faire communiquer tout document et renseignement susceptibles
de les aider dans le bon accomplissement de leur mission de contrôle. Les vérificateurs
(inspecteurs et contrôleurs d’Etat) ont accès aux écritures comptables et peuvent faire appel à des
experts sur les aspects techniques d’un dossier donné. Le pouvoir de réquisition reconnu aux
organes de contrôle a posteriori s’exerce sur tous les services et toutes les personnes susceptibles
de fournir les renseignements voulus. Le caractère confidentiel d’un document ne leur est pas
opposable. Toutefois, ceux-ci ne doivent pas s’ingérer dans le fonctionnement d’un service et
sont tenus de garder le secret par rapport aux informations reçues.
Cette prérogative est importante parce qu’elle permet aux organes de contrôle de pouvoir
effectuer des contrôles plus approfondis et objectifs. En effet, l’exploitation des diverses
informations reçues permet, par les rapprochements de situation, d’obtenir des résultats plus
fiables conférant au contrôle a posteriori un caractère objectif.
I. La règle de l’improviste
30
prévoir à l’avance la mission de vérification. C’est la règle de droit commun utilisée par les
organes de contrôle a posteriori. Les différentes inspections dans le cadre de leurs missions
interviennent la plupart du temps par des tournées inopinées effectuées sur place. Le contrôle
inopiné est un contrôle non notifié au préalable, aux agents vérifiés ou à leurs supérieurs
hiérarchiques. C’est un contrôle par surprise, où les vérificateurs procèdent à l’essentiel de leurs
investigations sur place, au sein même des entités et en relation directe avec les agents dont les
services doivent être vérifiés. La règle de l’improviste ou contrôle inopiné a l’avantage de créer
un effet de surprise et un effet dissuasif. Ce qui donne plus de chances de succès au contrôle.
1) L’effet de surprise.
La règle de l’improviste produit un effet de surprise qui permet de découvrir les agents
fautifs ayant manqué à leurs obligations ou ayant commis des malversations. En effet, pris de
cours, le vérifié ne peut plus procéder à la régularisation de ses opérations irrégulières. De plus,
en faisant l’état de rapprochement, le vérificateur peut déceler des discordances entre fonds et
valeurs en caisse et les écritures dans les documents comptables. En effet, si les services ou
agents étaient prévenus à l’avance, ils seraient tentés de se montrer dans leurs meilleurs jours. Par
exemple, dans une situation de manquant de caisse, l’agent à vérifier serait tenter de combler le
déficit juste pour le temps de la vérification. L’effet de surprise a pour corollaire un effet
dissuasif.
2) L’effet dissuasif
La règle de l’improviste produit un effet dissuasif à l’endroit des vérifiés car l’éventualité
pour les vérifiés de faire l’objet à tout moment d’une mission d’inspection peut les amener à
beaucoup plus de sérieux et de vigilance dans la gestion des fonds qu’ils gèrent et dans
l’application des textes. La peur du contrôle agit positivement sur les comportements des agents,
les obligeant à fournir des efforts pour éviter d’être pris à défaut dans leur travail.
31
et de synthèse, les constats, les analyses et les recommandations du vérificateur des faits
constatés sur le terrain pendant le contrôle. Dans le rapport le vérificateur se doit :
Les carences, les critiques, les irrégularités y compris les détournements de fonds et les
dissimulations doivent être portés à l’attention du vérifié. Le procédé utilisé est celui du rapport
contradictoire qui veut que le vérifié ait un droit de réponse. C’est dans ce cadre que le supérieur
hiérarchique reçoit communication du projet de rapport. Le vérifié a la possibilité de fournir des
explications écrites ou orales aux éléments, observations et critiques relevés à l’encontre de sa
gestion. Le rapport définitif est élaboré ensuite et les réponses du vérifié jointes en annexes.
L’intérêt du rapport contradictoire est qu’il oblige le vérificateur à contrôler rigoureusement ses
affirmations pour éviter que celles-ci ne soient démenties par les réponses de l’agent vérifié.
C’est pourquoi le vérificateur doit se contenter de la constatation, sans rectifier ni compléter une
pièce, encore moins s’immiscer dans la gestion des administrations vérifiées.
De plus, elle permet de produire des rapports dénués de tout subjectivisme. Ceci est
d’autant plus important au regard du sentiment de méfiance qui anime les vérifiés vis-à-vis des
vérificateurs. En soumettant donc le rapport au vérifié, on renforce la crédibilité du contrôle a
posteriori.
32
I. L’aspect pédagogique des contrôles
Les inspecteurs vérificateurs sont des agents ayant bénéficié d’une formation théorique et
pratique et ayant surtout une certaine expérience en matière d’exécution des opérations
financières. Ils connaissent donc les différents textes en vigueur. De ce fait, lorsqu’ils rencontrent
des irrégularités au cours du contrôle, ils expliquent au vérifié en quoi ce qu’on lui reproche est
irrégulier et comment il doit s’y prendre pour y remédier. En effet, les irrégularités qui sont
constatées sur le terrain ne sont pas toujours dues à la mauvaise foi des gestionnaires. Elles
peuvent provenir de l’ignorance des textes. Dans ce cas précis, le vérificateur donne l’occasion au
vérifié de se corriger et de ne plus commettre les mêmes erreurs.
Par ailleurs, lorsque le vérificateur se rend compte que les lacunes du vérifié sont
importantes il peut proposer à ses supérieurs hiérarchiques d’envisager son recyclage ou
l’approfondissement de sa formation ou même son remplacement (le changer de poste).
Les textes qui régissent la gestion des finances publiques peuvent être difficilement
applicables sur le terrain. La contribution du vérificateur à ce niveau, interviendra lorsque des
dispositions seront prises pour remédier à la situation, suite aux propositions du vérificateur
(élaboration de circulaires ou de notes explicatives). En outre, lorsque dans certains cas, les
organes d’inspection se rendent compte que la réglementation déjà élaborée comporte des
insuffisances, dont les impacts négatifs sont importants, ils peuvent proposer la relecture des
textes en vue de leur modification. Les rapports visent ainsi à permettre l’amélioration de la
gestion par la révision continue des textes, des méthodes, des procédures et des structures. Le
contrôle a posteriori, contrairement à ce que l’on pense, tend moins à sanctionner les fautes qu’à
assurer un meilleur fonctionnement des services.
33
III. L’établissement de la situation des fonds spoliés
Les contrôles permettent d’évaluer la gestion des deniers et biens publics. L’action du
contrôle a posteriori permet de détecter les irrégularités effectivement commises. A ce niveau, les
préjudices financiers et matériels subis par l’Etat sont relevés par le vérificateur et les coupables
déterminés. Il peut alors prendre des mesures conservatoires pour la protection des biens restants
ou pour des reversements de numéraires au profit du Trésor public. Ces mesures conservatoires,
quoi qu’ayant une portée limitée, sont néanmoins efficaces par la protection des deniers publics
qu’elles assurent. Nous pouvons conclure que la régularité des contrôles améliore
progressivement la gestion des deniers et biens publics.
Parler d’une institution de contrôle, c’est traiter de ses attributions, de ses activités et des
hommes qui l’animent. Les corps de contrôle a posteriori à l’image de l’IGF, disposent malgré
une certaine amélioration de faibles effectifs.
Nombre d'inspecteurs 33 35 46 41 39
85
Nombre d’inspections réalisées 107 238 301 178
Source : construit par nous à partir des rapports annuels d’activités de l’IGF (2011 à 2015).
34
Tableau n° 2 : Répartition des inspecteurs par sexe et par tranche d’âge en 2011
nombre Nombre
tranche d'inspecteurs d’inspecteurs nombre total
d’âge femmes hommes d'inspecteurs Pourcentage (%)
45 à 50 ans 0 4 4 12,12
50 à 60 ans 3 26 29 87,88
Total 3 30 33 100
Il y a d’une part la faible couverture des interventions compte tenu du fait que le champ
d’application est vaste et impossible à atteindre avec des effectifs réduits. En effet les
vérificateurs sont souvent obligés de suspendre une mission régulière en cours pour aller à une
mission dite prioritaire, et tout cela par manque d’effectifs. D’autre part, l’on se demande si la
disproportion entre le volume de travail et le nombre de vérificateurs n’est pas de nature à
entrainer un manque d’approfondissement des contrôles dû à la surcharge.
Il y a aussi le vieillissement du personnel (tableau n°2) car la plupart des inspecteurs sont
nommés à un âge avancé, ceci d’autant plus que pour être nommé inspecteur des finances il faut
avoir quinze (15) ans de service dans la catégorie A1.Or, les cadres ayant cette exigence
professionnelle sont peu nombreux. Ce déséquilibre peut compromettre à terme l’efficacité des
structures de contrôle à cause des départs à la retraite.
Les difficultés d’ordre matériel que rencontrent les organes de contrôle ont trait aux
moyens de déplacement, aux problèmes de locaux et aux matériels de travail. En effet le nombre
de véhicules en bon état dont disposent les institutions d’inspection financière est dérisoire (08
pour l’IGF en 2014). Elles sont obligées de faire appel au parc automobile de l’Etat. Le bâtiment
35
abritant les services de l’IGF par exemple n’a pas de standard téléphonique fonctionnel et la
connexion internet wifi est inexistante depuis plusieurs mois. Il y a aussi le problème d’étanchéité
des locaux (des toilettes hors d’usage depuis plus d’une année créant de sérieux désagréments) et
l’insuffisance de matériels roulants
L’insuffisance des moyens financiers pour les services publics est un problème majeur
dans notre pays, et encore plus pour les organes d’inspection qui doivent effectuer des missions
objectives et impartiales. Les principaux organes internes de contrôle que sont l’IGF et l’ASCE
disposent chacun d’un fonds d’intervention insuffisant (90 669 000 FCFA pour l’IGF) 7 par
rapport aux missions à exécuter. Mais l’insuffisance des moyens se ressent aussi en matière
d’indemnités allouées aux inspecteurs. Le rapport annuel 2014 des activités de l’IGF fait état
d’absence d’un statut de l’IGF et d’un plan de carrière pour les inspecteurs des finances. Il sied
de garder à l’esprit que les conditions de vie du vérificateur influent sur la qualité de son travail.
En effet, seuls les contrôleurs d’Etat bénéficient d’une grille indemnitaire et un plan de carrière
satisfaisants, les autres se contentent du peu qui est mis à leur disposition. Ce qui est de nature à
créer des frustrations. Le constat aussi qui est fait, est que souvent les gestionnaires vivent dans
des conditions économiques meilleures que celles du vérificateur (train de vie). Ce qui peut
complexer le vérificateur et le ralentir dans son élan d’objectivité et favoriser la corruption lors
des contrôles.
La plupart des organes de contrôle a posteriori sont implantés uniquement dans la capitale
exception faite de l’IGT. En effet, ni l’IGF, ni l’ASCE, encore moins les inspections techniques
des départements ministériels n’ont de représentations au niveau régional ou provincial. Cette
situation n’est pas de nature à favoriser leur efficacité. Comme déjà vu plus haut, les organes de
contrôle ont une compétence sur toute l’étendue du Burkina Faso. Il y a donc lieu de déconcentrer
7
Ce montant n’a pas connu d’évolution depuis 2011
36
ces différents corps de contrôle surtout que plusieurs projets et programmes sont exécutés au
niveau régional ou provincial.
Au plan institutionnel, les limites du contrôle administratif a posteriori qui peuvent être relevées
sont :
En dehors de la Cour des Comptes, tous les corps de contrôle n’ont pas de pouvoir direct
de sanction. A cela, s’ajoute l’inexploitation des rapports de mission et les suites données en cas
d’exploitation.
Le contrôle a posteriori donne lieu à la rédaction d’un rapport de mission. Ces rapports
constituent des moyens d’information utilisés par les corps de contrôle interne pour porter à la
connaissance des autorités compétentes leurs recommandations, suggestions de réforme et des
propositions de sanction à l’encontre des agents qui auraient commis des irrégularités ou des
fautes de gestion. Autrement dit, par les rapports, les inspections rendent compte d’une situation
mais laissent aux autorités compétentes la responsabilité des sanctions qui doivent être prises ou
des réformes qui doivent intervenir. Toutefois, le constat qui est fait est que les rapports ne font
pas toujours l’objet d’une exploitation diligente, judicieuse et suffisante.
Un système de contrôle des finances publiques efficace doit faire planer, en permanence,
le spectre de contrôle sur toutes les structures de gestion de l’Etat, spectre régulièrement illustré
par des actions concrètes, et aux suites accompagnées d’effet. Un tel système exige une forte
implication des agents de contrôle. Le contrôle a posteriori permet de relever les insuffisances
dans le fonctionnement des services et les obstacles techniques à l’application des règlements.
37
Les suites données aux rapports de vérification permettent d’aboutir à une plus grande
transparence. Mais, en raison du caractère confidentiel des dossiers, il est difficile de savoir
quelles suites ont été données aux rapports de contrôle. Ce qui ne permet pas d’évaluer
l’influence réelle de l’action des différents corps de contrôle dans l’amélioration du
fonctionnement de l’administration.
Un régime de sanctions applicables aux gestionnaires des deniers publics existe du fait de
leurs responsabilités par rapport aux irrégularités qui leur sont imputables. Ces sanctions se
composent en sanctions communes applicables à tout agent de la fonction publique et en
sanctions spécifiques en raison de la qualité de gestionnaire des deniers publics.
La responsabilité civiles le cas où le dommage causé à autrui par l’agent public dans/à
l’occasion de l’exercice de ses fonctions. Dans ce cas, la responsabilité civile de l’administration
se substitue de plein droit à la sienne. En fait cette substitution de responsabilité vise à garantir la
réparation des préjudices causés aux usagers, et non à protéger l’agent public.
Les sanctions pénales sont constituées des peines qui peuvent frapper le gestionnaire
pour des fautes jugées par la loi pénale comme des infractions qualifiées de délit ou de crime.
38
En somme les gestionnaires, comme tout fonctionnaire de l’Etat encourent dans l’exercice
de leur fonction des sanctions administratives et judiciaires.
Les comptables publics sont soumis à un régime de responsabilité sévère. Ils sont
pécuniairement et personnellement responsables des mouvements de fonds effectués sur les
deniers publics.
La responsabilité pécuniaire du comptable public réside dans le fait qu’il doit rembourser
de ses deniers personnels les sommes manquantes. Cette responsabilité s’étend de la date de son
installation jusqu’à la cessation de sa fonction. Cette responsabilité est engagée dès la survenance
du fait générateur (manquants en deniers ou en valeurs constatés, dépenses irrégulièrement
payées). Autrement dit, cette responsabilité découle de la présomption de faute fondée sur la
constatation de fait (paiement d’une dépense) et des qualifications de droit (irrégularité de la
dépense payée).On constate ainsi que la situation du comptable public est bien différente de
celles des autres agents de la fonction publique qui bénéficient de la distinction entre faute
personnelle et faute de service et dont la responsabilité pour être engagée nécessite qu’une faute
soit relevée contre eux.
39
garanties à savoir le cautionnement, l’hypothèque légale et le privilège du Trésor public sur les
biens meubles du comptable.
Soit une sanction collective qui implique une démission de Premier ministre et partant
celle de l’ensemble du gouvernement ;
Soit une sanction individuelle qui entraine la démission ou la révocation d’un ou
plusieurs ministres.
2) Les difficultés dans l’application des sanctions prises
a) La difficile appréciation de la responsabilité des ordonnateurs
Lorsqu’au cours de leurs contrôles les vérificateurs découvrent des fautes commises par
des ordonnateurs dans la gestion des crédits, ils ne peuvent que proposer des sanctions. Leur rôle
se borne à dévoiler les irrégularités et les erreurs de gestion commises. Le vérificateur rédige un
rapport destiné au ministre intéressé. En outre, ces fautes engagent la responsabilité du
Gouvernement entrainant ainsi un certain embarras dans la mise en œuvre et l’application des
sanctions.
40
b) Les considérations politiques et sociales
8
Finances publiques, PUF.Paris, p.421
41
Or, outre les conditions souvent difficiles de travail caractérisées par l’insuffisance de
mobiliers et matériels, les agents de contrôle sont peu motivés. Le découragement peut résulter
aussi du constat du peu de cas qu’il est fait des violations aux règles financières relevées, de
l’inapplication des sanctions ou des améliorations proposées ; bref, les agents du contrôle ont
parfois l’impression d’être totalement inutiles. Alors, les structures de contrôle apparaissent
souvent comme « des garages de luxe » pour des agents qui apparaissent comme « des
empêcheurs de pêcher en eaux troubles »9. Persuadés que les contrôles débouchent rarement sur
des sanctions efficaces, ils finissent par garder le silence et à se démobiliser totalement par
rapport à leur mission.
En résumé, comme annoncé en hypothèse 2, l’efficacité du contrôle est limité par des
facteurs organisationnels (moyens insuffisants au niveau humain, matériel et financier, forte
concentration des organes de contrôle) et institutionnels (absence de pouvoir direct de sanction
des organes de contrôle, difficultés dans l’application des sanctions prévues).
9
Le système de contrôle des finances publiques au Mali, Cheickna TOURE, p.12
42
CHAPITRE 2: PERSPECTIVES D’AMELIORATION DU CONTROLE
ADMINISTRATIF A POSTERIORI
Malgré les multiples contraintes que nous venons de relever, les perspectives propres au
renforcement du dispositif de contrôle administratif a posteriori ne manquent pas.
Sur ce plan, nos propositions sur l’amélioration et le renforcement du contrôle administratif des
dépenses publiques sont entre autres :
La mission de contrôle est de plus en plus complexe compte tenu, non seulement du
volume des budgets et des opérations à contrôler, mais également de l’évolution des technologies
employées dans la gestion. De fait, les irrégularités deviennent plus difficiles à détecter. C’est
pourquoi il est impérieux que dans la pratique des contrôles, les organes de contrôle adoptent un
manuel de procédure uniforme en matière de contrôle des dépenses publiques. Il faut noter que
dans ce sens il est créé un cadre de concertation des différents corps de contrôle sous l’égide de
l’ASCE dans son rôle d’organe faitière. Cette dernière a élaboré un manuel de procédure devant
servir de référence. Cependant, il faudra qu’il soit toujours actualisé pour se conformer donc aux
évolutions nouvelles.
Les organes de contrôle comme l’ASCE et l’IGF ainsi que les inspections techniques des
ministères sont fortement centralisées. Au regard des nombreux projets et programmes qui
s’exécutent au niveau régional et provincial, il serait opportun d’envisager une déconcentration
des différents corps de contrôle au niveau régional pour commencer afin d’assurer un contrôle de
proximité. Cette proximité serait une arme dissuasive très efficace contre les mauvais
gestionnaires. En effet, l’inspecteur vérificateur, au fait des réalités du terrain pousserait les
43
gestionnaires à accomplir correctement leurs missions ; ceux-ci auraient l’impression d’être
suivis quotidiennement. On constate toujours que l’éloignement de certaines zones est un
handicap certain pour les missions de contrôle, car comme on aime le dire « il faut rapprocher
l’administration des administrés ».
S’agissant des ressources humaines, il est établi que le domaine économique financier et
comptable requiert plus d’expertise et de technicité. Il est évident que les effectifs actuels sont
des minima utiles juste pour un fonctionnement normal desdits organes. Pour plus d’efficacité
dans l’exécution des activités, il faut un renforcement de l’effectif des vérificateurs (une centaine
par corps pour commencer) et du personnel d’appui que les chiffres proposés plus haut. Il est
aussi nécessaire que les agents commis aux tâches de contrôle soient bien outillés aussi bien sur
le plan professionnel que technique. En effet le rapport annuel des activités de l’IGF de 2014
souligne une insuffisance de formation du personnel en audit basé sur les risques, en audit de
performance et en technique de détection et de lutte contre la fraude, le faux et la corruption. Non
seulement, le volume des activités de l’Etat et des autres organismes s’est accru mais également,
les opérations à contrôler sont devenues plus complexes.
Concernant la logistique, il est toujours gênant que les corps de contrôle soient toujours à
la remorque des services, projets et programmes qu’ils assurent le contrôle budgétaire et
comptable. Dans une telle situation, l’objectivité qui est une des qualités du vérificateur se trouve
mise à rude épreuve. La dotation en mobiliers, matériels informatiques et véhicules de qualité et
en nombre suffisant serait d’un grand secours.
Concernant les moyens financiers, il est impérieux de penser à la motivation des agents
commis aux tâches de contrôle. Seules l’ASCE et l’IGF disposent de fonds d’intervention qui du
reste demeurent insuffisants au regard des tâches à accomplir. Il est frustrant de constater que
seuls les agents de l’ASCE aujourd’hui bénéficient d’un régime indemnitaire assez conséquent.
Nous pensons que les cadres de concertation des organes de contrôle sont le lieu par excellence
44
pour harmoniser et les méthodes et expériences et les avantages et moyens de travail. Il devrait y
avoir cette solidarité entre corps de contrôle dans la revendication et l’amélioration des conditions
de travail. Les mesures suivantes peuvent être envisagées : doter les corps de contrôle d’un fonds
d’intervention et relever le niveau du fonds pour les corps qui en ont déjà.
Paragraphe 1 : Renforcer notre système judiciaire pour une mise en application rapide
et effective des recommandations et des sanctions prévues.
Pour un meilleur suivi des recommandations et surtout un traitement des dossiers en justice, des
actions doivent être mené dans ce sens, compte tenu de la lenteur de la procédure judiciaire.
Le code pénal regroupe l’ensemble des lois qui concernent les infractions (actes interdits
par la loi) et les peines (amendes, emprisonnement, etc.) qui les sanctionnent en fonction de leur
gravité. Il sanctionne les manquements au devoir de probité comme la corruption, la concussion,
trafic d’influence, enrichissement illicite, etc. Cependant dans le contexte politique et
économique actuel, il est difficile de mettre en évidence les faits concourant à la réalisation de ces
infractions. Le code pénal burkinabè qui datant 1996 doit s’adapté au contexte international. En
effet le code pénal burkinabè est en déphasage avec la convention des nations unies contre la
corruption, appréhendant celle-ci de manière stricte alors que la convention en donne une
définition plus large.
10
Voir article 19 de la loi n°006-2003/AN du 23 janvier 2003 relative aux lois des finances
45
Il est donc impératif de mettre en cohérence le code pénal avec les textes internationaux.
Une révision du code permettrait de modifier les textes existants en vue de déterminer de
nouvelles infractions et de relever le niveau de certaines peines portant sur les malversations
économiques et financières. Le verdict donné à l’issu du procès de M. Ousmane GUIRO
témoigne de l’insuffisance du code pénal en matière de sanctions pour les infractions
économiques et financières. Une autre alternative est la création de tribunaux spéciaux pour juger
les crimes économiques. Il s’agit dans cette mesure, de former des magistrats dans le domaine
économique et financiers ou bien former des financiers dans le domaine judiciaire. L’objectif est
d’aboutir à un corps de juges spécialisés dans les crimes économiques. Ce qui permettra à la
justice de qualifier avec aisance certaines infractions financières et d’aboutir à des sanctions
efficaces.
Il faudrait en outre que la justice recouvre entièrement son indépendance, pour lui
permettre de conduire en toute quiétude la procédure judiciaire jusqu’à son terme.
46
Paragraphe 2 : La constitutionnalisation des organes de contrôle (cas de l’ASCE) : une
perspective pour une indépendance certaine des corps de contrôle
Nous avons vu plus hauts que les organes de contrôle de l’ordre administratif étaient
subordonnés à l’exécutif. Ce qui ne permet pas une indépendance de ces dits organes. La
constitutionnalisation semble être la voie avec l’inscription de l’ASCE dans la constitution et son
changement de dénomination. En effet l’ASCE est devenu l’Autorité Supérieure de Contrôle
d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC). C’est donc le signe d’une véritable volonté
politique pour une culture du refus de la corruption.
L’objectif déjà, c’est de mettre l’ASCE-LC à l’abri des contingences des majorités, des
circonstances. En effet, l’ASCE étant simplement dans la loi, cela veut dire qu’une majorité de
passage peut décider de sa suppression. Désormais, il y a des mesures plus draconiennes qui sont
prévues pour réviser la constitution, et le conseil constitutionnel ayant son mot à dire, c’est une
garantie pour la pérennité de l’institution. Il s’agit aussi de donner une autonomie financière à
l’institution. Tous ces éléments permettent véritablement de faire en sortes que l’ASCE-LC qui
est la structure faitière des corps de contrôle ne soit plus dépendante de l’exécutif puisqu’en
devenant institution républicaine, elle n’est plus sous l’autorité hiérarchique du Premier
ministère. Elle est en passe de pouvoir maintenant appliquer ses contrôles sur l’ensemble de la
société burkinabè puisque cela ne sera plus simplement les administrations publiques, mais la
lutte contre la corruption va toucher les secteurs du privé et les organisations de la société civile.
L’innovation majeure est qu’il y aura un département chargé des enquêtes et des
investigations et l’ASCE-LC va s’ancrer résolument dans la lutte contre la corruption. Le
Contrôleur Général d’Etat sera désigné après un appel à candidature (il ne sera plus nommé de
façon discrétionnaire) et il sera désigné par un collège constitué d’éléments du secteur public, du
privé et de la société civile. Il aura un mandat unique de cinq (05) ans et les contrôleurs d’Etat
auront le statut de d’officier de police judiciaire.
Dans cette logique d’indépendance des corps de contrôle nous pensons pour notre part
que tous les organes de contrôle devraient pouvoir être rattachés à l’ASCE-LC une fois sa
constitutionnalisation effective. C’est ce qui est ressorti de nos entretiens avec certains
vérificateurs. En effet, une fois que ces corps seront rattachés à l’ASCE-LC, ils pourront dans le
47
même esprit faire des investigations dont les rapports et résultats seront directement adressés à
l’ASCE-LC. En ce moment, on aura une superstructure de contrôle dont les autres corps seront
des départements, des divisions ou des sections rattachés avec ainsi un seul programme
d’activités. Ce qui pourrait résoudre en même temps les questions récurrentes des moyens de
travail et d’avantages liés à la fonction de contrôle, d’harmonisation des procédures de contrôle et
surtout d’indépendance des structures de contrôle. De plus, avec le mode de recrutement actuel
de l’ASCE qui se fait sur concours, on pourrait faire en sortes que la fonction vérificateur soit un
métier à part avec à la clé un plan de carrière.
48
CONCLUSION
La présente étude nous a révélé dans sa deuxième partie que les forces du contrôle
administratif a posteriori résidaient dans les attributions et le champ d’application des corps de
contrôle. En effet, les corps de contrôle administratif bénéficient d’un champ d’application très
vaste avec des attributions et des pouvoirs très étendus, leur conférant une certaine
responsabilisation. Les méthodes d’intervention à l’improviste permettent au contrôle d’avoir une
certaine efficacité avec l’effet de surprise et l’effet dissuasif : la peur du contrôle agissant
positivement sur les agents. Les contrôles contribuent de façon concrète à la formation et la
sensibilisation des vérifiés, à l’amélioration de la réglementation sur la gestion des finances
publiques et à la réparation par les fautifs des préjudices financiers subis par l’Etat ou
l’organisme public.
Nous avons pu constater aussi que ces structures de contrôle de l’ordre administratif
rencontrent beaucoup de difficultés conformément aux hypothèses formulées à l’introduction. En
effet, ces éléments de faiblesses sont d’ordres organisationnel et institutionnel.
49
Au niveau organisationnel, il s’agit entre autres des difficultés liées aux moyens mis à leur
disposition tant sur le plan humain (faibles effectifs), matériel que financier. Ce qui constitue un
handicap certain au vue de l’étendue des opérations à contrôler. Il y a aussi la forte concentration
des structures de contrôle qui, toutes sont basées à la capitale.
Au niveau institutionnel, notre attention s’est portée sur l’indépendance des corps de
contrôle et de la justice. Au niveau de la justice, il faudrait une relecture des textes juridiques
pour permettre une certaine fermeté dans les crimes économiques pour des sanctions adéquates.
A niveau des corps de contrôle, la constitutionnalisation de l’ASCE-LC est un exemple. Il s’agit
de faire de l’ASCE-LC une institution républicaine avec tous les moyens d’accompagnement
50
pour lutter efficacement contre la corruption et la mal gouvernance. Nous espérons qu’avec sa
constitutionnalisation, l’ASCE-LC pourra contribuer à la gestion rationnelle de nos deniers
publics par ses contrôles et investigations et par des actions concrètes. Nous souhaitons et nous
espérons que ce nouveau statut de l’ASCE-LC touchera les autres structures de contrôles.
51
BIBLIOGRAPHIE
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. II
SOMMAIRE ............................................................................................................................. VI
INTRODUCTION ....................................................................................................................... 1
I. Le contrôle................................................................................................................ 6
2) L’inspection .......................................................................................................... 9
I. L’organisation ........................................................................................................ 19
1) La Direction ........................................................................................................ 19
I. Organisation ........................................................................................................... 23
1) Cabinet ................................................................................................................ 23
2) L’effet dissuasif................................................................................................... 31
Paragraphe 1 : Renforcer notre système judiciaire pour une mise en application rapide
et effective des recommandations et des sanctions prévues. ....................................... 45
CONCLUSION ......................................................................................................................... 49