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Mémoire (Final)

Le document est un mémoire dédié à la famille et aux soutiens académiques de l'auteur, exprimant gratitude envers divers individus et institutions. Il aborde le contrôle a posteriori des finances publiques, soulignant son importance pour une gestion saine des deniers publics et identifiant les forces et faiblesses de ce dispositif. L'objectif est d'améliorer le contrôle administratif a posteriori en proposant des recommandations basées sur des recherches et des observations pratiques.

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Mémoire (Final)

Le document est un mémoire dédié à la famille et aux soutiens académiques de l'auteur, exprimant gratitude envers divers individus et institutions. Il aborde le contrôle a posteriori des finances publiques, soulignant son importance pour une gestion saine des deniers publics et identifiant les forces et faiblesses de ce dispositif. L'objectif est d'améliorer le contrôle administratif a posteriori en proposant des recommandations basées sur des recherches et des observations pratiques.

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DEDICACE

Je dédie le présent mémoire :

o A mes parents YAOGO Gilbert et ZOUNGRANA Téné pour leur amour,


leurs conseils et sacrifices à mon égard,
o A mon oncle YAOGO Z. François pour son soutien indéfectible tout au
long de mon cursus scolaire,
o A ma grand-mère chérie KABRE Maimounata Blandine pour son amour
et pour ses conseils.

I
REMERCIEMENTS

Sans l’appui de certaines personnes, la rédaction de ce document aurait certainement


rencontré des difficultés. A toutes ces personnes, je voudrais traduire ma profonde gratitude
pour leurs conseils et assistance à mon égard. Cette marque de reconnaissance va à l’endroit
de :

 Monsieur Théodore Gueswendé THIOMBIANO, Inspecteur de Finances à l’Inspection


Générale des Finances, mon directeur de mémoire, qui malgré ses multiples
occupations s’est rendu disponible pour m’orienter dans ce travail. Qu’il trouve en ces
lignes monsieur, mes sincères remerciements ;
 Monsieur Moussa DAMA, Inspecteur Général des Finances, pour son accueil et pour
l’orientation dans les différents départements lors de mon stage à l’IGF ;
 Messieurs et Madame Félix P. KOALA du DCPES, Christophe N. DABIRET du
DCIS, Simone COMPAORE du DCFC et Jean BELO du DCSF, chefs de département
à l’IGF pour leur disponibilité ;
 Monsieur Abdon SOME du Service Administratif, Financier et de la documentation
(SAFD) de l’IGF ;
 Monsieur Ousmane Jean-Pierre SIRIBIE, Secrétaire Général de l’ASCE ;
 Au corps professoral et au personnel administratif de l’ENAREF.

A mes camarades de classe, amis et connaissances, je leur témoigne ma profonde


reconnaissance.

II
AVERTISSEMENT

Le contenu du présent mémoire, notamment les opinions émises dans le cadre de son
élaboration, n’engagent que son auteur. Par conséquent, l’Ecole Nationale des Régies
Financières n’entend porter aucun jugement de valeur sur ces opinions qui doivent être
considérées comme étant propres à leur auteur.

III
LISTE DES ABREVIATIONS

ASCE : Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat


ASCE-LC : Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la Corruption
CAMEG : Centrale d’Achats des Médicaments Essentiels Génériques et des
Consommables Médicaux du Burkina Faso

CDP : Congrès pour la démocratie et le progrès


CNLF : Coordination nationale de lutte contre la fraude
DCFC : Département du contrôle des services financiers et comptables
DCIS : Département du contrôle interne des services
DCPES : Département du contrôle des projets et programmes, des établissements
publics de l’Etat et des sociétés d’Etat

DCSF : Département du contrôle des services fiscaux

DGTCP : Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique


ENAREF : Ecole Nationale des Régies Financières
IGF : Inspection générale des finances
IGT : Inspection générale du trésor
IFAC: International federation of accountants
INTOSAI: International organization of supreme audit institution
IPC: Inspection des postes comptables
ITS: Inspection technique des services
MEF : Ministère de l’Economie et des Finances
REN-LAC: Réseau national de lutte anti-corruption
SCADD : Stratégie de croissance accélérée et de développement durable
UEMOA : Union économique et monétaire ouest-africaine

IV
LISTE DES TABLEAUX

Tableau n°1 : Rapport entre effectif des inspecteurs des finances de l’IGF et le nombre de
missions effectuées.

Tableau n°2 : Répartition des inspecteurs des finances de l’IGF par âge et par sexe en 2011.

V
SOMMAIRE
DEDICACE .................................................................................................................................I

REMERCIEMENTS .................................................................................................................. II

AVERTISSEMENT .................................................................................................................. III

LISTE DES ABREVIATIONS .................................................................................................. IV

LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... V

SOMMAIRE ............................................................................................................................. VI

INTRODUCTION ....................................................................................................................... 1

PREMIERE PARTIE : GENERALITES SUR LE CONTROLE A POSTERIORI ....................... 5

CHAPITRE 1 : CONCEPTS, IMPERATIFS ETOBJECTIFS DU CONTOLE A POSTERIORI . 6

SECTION 1 : RAPPEL HISTORIQUE ET DEFINITION ................................................... 6

Paragraphe 1 : Rappel historique .................................................................................. 6

Paragraphe 2 : Concepts de contrôle ............................................................................. 6

SECTION 2 : LES IMPERATIFS DU CONTROLE A POSTERIORI ............................... 10

Paragraphe 1 : Les impératifs politiques ..................................................................... 10

Paragraphe 2 : Les impératifs économiques................................................................ 11

SECTION 3 : LES OBJECTIFS DU CONTROLE A POSTERIORI .................................. 12

Paragraphe 1 : Vérifier la légalité et la régularité de l’exécution des opérations de


dépenses publiques ....................................................................................................... 12

Paragraphe 2 : Situer et apprécier les responsabilités ................................................ 13

CHAPITRE 2 : LES ORGANES DE CONTROLE A POSTERIORI DE L’ORDRE


ADMINISTRATIF .................................................................................................................... 15

SECTION 1 : LES INSPECTIONS TECHNIQUES DES SERVICES ............................... 15

Paragraphe 1 : Les inspections techniques des services (ITS) .................................... 15

Paragraphe 2 : Le cas particulier de la DGTCP ......................................................... 16

SECTION 2 : L’INSPECTION GENERALE DES FINANCES (I.G.F) ............................. 18

Paragraphe 1 : Attributions ......................................................................................... 18

VI
Paragraphe 2 : Organisation et modes d’intervention ................................................ 19

SECTION 3 : L’AUTORITE SUPERIEURE DE CONTROLE D’ETAT (A.S.C.E) .......... 21

Paragraphe 1 : Attributions ......................................................................................... 21

Paragraphe 2 : Organisation et méthodes d’intervention ........................................... 23

DEUXIEME PARTIE : FORCES ET FAIBLESSES DU CONTROLE A POSTERIORI .......... 27

CHAPITRE 1: FORCES ET FAIBLESSESDU DISPOSITIF DECONTROLE A


POSTERIORI............................................................................................................................ 28

SECTION 1 : LES FORCES DU CONTROLE A POSTERIORI ....................................... 28

Paragraphe 1 : Les prérogatives accordées aux organes de contrôle. ........................ 28

Paragraphe 2 : Les méthodes d’interventions utilisées par les organes de contrôle .. 30

Paragraphe 3 : Contributions concrètes du contrôle a posteriori .............................. 32

SECTION 2 : LES FAIBLESSES DU CONTROLE A POSTERIORI ............................... 34

Paragraphe 1 : Les limites d’ordre organisationnel .................................................... 34

Paragraphe 2 : Les limites d’ordre institutionnel ....................................................... 37

CHAPITRE 2 : PERSPECTIVES D’AMELIORATION DU CONTROLE ADMINISTRATIF


A POSTERIORI ........................................................................................................................ 43

SECTION 1 : AU PLAN ORGANISATIONNEL .............................................................. 43

Paragraphe 1 : L’harmonisation des procédures de contrôle ..................................... 43

Paragraphe 2 : La déconcentration des organes de contrôle ...................................... 43

Paragraphe 3 : La dotation en moyens humains, matériels et financiers suffisants .. 44

SECTION 2 : AU PLAN INSTITUTIONNEL ................................................................... 45

Paragraphe 1 : Renforcer notre système judiciaire pour une mise en application


rapide et effective des recommandations et des sanctions prévues. ............................ 45

Paragraphe 2 : La constitutionnalisation des organes de contrôle (cas de l’ASCE) :


une perspective pour une indépendance certaine des corps de contrôle .................... 47

CONCLUSION ......................................................................................................................... 49

VII
INTRODUCTION
Le contrôle est pour toute œuvre humaine un moyen approprié de perfectionnement.
Ainsi les entités socio-économiques reconnaissent et admettent l’importance technique et
politique du contrôle des finances publiques. Le contrôle des finances publiques en général est
un moyen pour l’administration de suivre et d’assurer une gestion saine et rationnelle des
deniers publics. Le contrôle évoque donc l’idée de vérification c'est-à-dire l’action de s’assurer
que les opérations financières sont exécutées conformément aux lois et règlements en vigueur.
Ce qui ramène à confronter des actes avec des normes de référence.

En effet, le budget, principal moyen d’action et d’intervention de l’Etat s’exécute à


travers les opérations de recettes et de dépenses. Cependant, dans la pratique l’exécution
budgétaire se heurte à des obstacles techniques et humains rendant ainsi aléatoires les
prévisions et les autorisations financières contenues dans le budget. D’où l’intérêt et
l’importance du contrôle des finances publiques. La Déclaration de Lima de 1977 sur les lignes
directives du contrôle des finances publiques définit le contrôle des finances publiques comme
«un élément indispensable d’un système régulateur qui a pour but de signaler en temps utile
les écarts par rapport à la norme ou les atteintes aux principes de la conformité aux lois, de
l’efficience, de l’efficacité et de l’économie de la gestion financière de manière à ce que l’on
puisse dans chaque cas prendre des mesures correctives, préciser les responsabilités des
parties en cause, obtenir réparation ou du moins rendre difficile la perpétration d’actes de
cette nature à l’avenir».1

Le contrôle est d’autant plus important de nos jours au regard de l’accroissement des
responsabilités assumées par la puissance publique. L’exécution budgétaire suppose de
nécessaires contrôles qui peuvent revêtir des formes très diverses que l’on peut classer selon
des critères différents. Ainsi selon le critère de la période d’intervention c'est-à-dire en
s’appuyant sur le moment où le contrôle est effectué, on distingue deux types de contrôle : le
contrôle a priori et le contrôle a posteriori.

Le contrôle a priori s’effectue avant que la décision administrative ne soit prise. Il


s’effectue au cours de la procédure de dépense et avant le paiement. Il s’agit d’un contrôle
préventif. L’objectif d’un tel contrôle est de vérifier la conformité, la légalité et la régularité
des opérations financières et comptables et de s’assurer de la moralité de tout acte de dépense.

1
Cf. Déclaration de Lima sur les lignes directives du contrôle des finances publiques, section 1.
1
Le contrôle a posteriori, sujet de notre étude s’effectue après que les opérations
financières et comptables aient été entièrement exécutées. Il complète le contrôle a priori.
L’objectif d’un tel contrôle est de déceler les irrégularités de toute nature qui se seraient
glissées pendant la procédure budgétaire, de permettre leur régularisation et surtout situer les
responsabilités administratives et pécuniaires. Il permet d’apprécier les responsabilités
encourues par les auteurs des irrégularités commises.

De tout ce qui précède, le contrôle a posteriori tient donc une place importante dans la
vision d’une saine gestion des finances publiques. Cependant des doutes subsistent quant à son
entière efficacité au vue des nombreuses fautes relevées après l’exécution des opérations
budgétaires. De ce constat, la question fondamentale est de savoir quelle place et quelle
importance donner au contrôle a posteriori pour assurer une saine gestion des finances
publiques ?

Pour notre part nous pensons que pour avoir une gestion saine, il faut outre l’exécution
régulière, analyser l’impact des opérations financières dans le domaine social, économique et
politique dans lesquels elles s’inscrivent, et leur effectivité. Choses que doit constater le
contrôle a posteriori.

C’est pourquoi par notre thème, nous tenons à réaffirmer l’importance du contrôle a
posteriori. Sachant que toute œuvre humaine n’est point parfaite, nous ambitionnons
simplement à travers la présente étude, contribuer au renforcement du contrôle a posteriori sous
l’angle de son efficacité dans une perspective d’amélioration de la gestion des finances
publiques.

Nous avons porté notre choix sur le contrôle des dépenses. Ce choix est motivé par le
fait qu’à tort ou à raison, le contrôle des finances publiques fait beaucoup plus appel au
contrôle des opérations de dépenses que celles des recettes. Même au niveau de certaines
personnes bien averties (contrôleurs, inspecteurs, comptables…) on fait beaucoup plus
attention au volet dépenses. Or, les interventions de l’Etat dans les finances publiques se
matérialisent par une augmentation de l’ensemble des dépenses publiques, d’où la nécessité de
s’assurer de l’exacte utilisation de ces deniers à travers un contrôle a posteriori.

Nous avons aussi jugé préférable de nous limiter au contrôle administratif au vue de
l’étendu du champ du contrôle a posteriori. Le contrôle administratif, à la différence des
contrôles juridictionnel et politique qui sont externes à l’administration, émane de
l’administration elle-même. L’article 64 de la loi n°006-2003/AN du 24 janvier 2003 relative
aux lois de finances, à son alinéa 2 dispose : «le contrôle administratif est le contrôle interne
2
de l'administration sur ses agents». C’est l’exécutif qui contrôle ses propres actes. On parle
également de contrôle endogène. Ce contrôle interne est réalisé principalement par les
institutions de contrôle comme l’IGF, l’ASCE (devenue l’ASCE-LC dont le décret de
promulgation n’est pas encore effectif) et les inspections techniques des services (ITS). Il s’agit
«d’un contrôle organique résultant de la spécialisation de hauts fonctionnaires ou de corps
chargés exclusivement des tâches de contrôle ou d’inspection»2.

Notre objectif à travers ce sujet, est d’identifier les difficultés que rencontre le dispositif
administratif de contrôle a posteriori de 2010 à nos jours afin de proposer des
recommandations et suggestions pour son amélioration pour une gestion saine et rationnelle de
nos deniers publics.

Nous avons formulé deux hypothèses pour encadrer notre travail. Il s’agit :

H1 : Le contrôle administratif a posteriori trouve ses forces dans le champ d’action des organes
chargés de l’exercer et leurs méthodes d’intervention.

H2 : Les limites du contrôle a posteriori sont relatives au manque de pouvoir de sanction des
organes de contrôle, à leur faible couverture ainsi qu’au manque de coordination des activités
entre les corps de contrôle.

Les hypothèses formulées sont en réalité des présomptions de réponses à la question


posée dans le thème de recherche. Pour les tester nous avons donc procéder à une revue de
littérature. Ainsi l’approche méthodologique a été la suivante :

 La lecture d’ouvrages généraux ;


 La lecture de textes législatifs et réglementaires ;
 La lecture de rapports généraux annuels d’activités de l’ASCE et de l’IGF ;
 La lecture de mémoires ;
 La lecture de cours reçus à l’ENAREF ;
 Et la consultation de sites web sur internet ;
 Stage pratique de deux (02) mois à l’IGF
 Entretien avec quelques principaux responsables des structures de contrôle.

2
Article 3 du décret n°2005-258/PRES/PM/MEF du 12 mai 2005 portant modalités de contrôle des opérations
financières de l’Etat et des autres organismes publics
3
Notre démarche sera la suivante :

Dans une première partie, nous discuterons des généralités sur le contrôle a posteriori à
travers la définition de ses concepts et objectifs et des organes de contrôle et leurs procédés
d’action et de contrôle.

Dans une deuxième partie, nous discuterons des forces et des faiblesses du contrôle a
posteriori qui devra déboucher sur des suggestions et recommandations en perspective pour
une effectivité du contrôle a posteriori en contribution à une saine gestion des finances
publiques.

4
PREMIERE PARTIE : GENERALITES SUR LE CONTROLE A POSTERIORI

Il est indéniable de nos jours d’exercer un contrôle étroit sur les agents chargés de
l’exécution des opérations financières notamment des dépenses publiques afin de garantir une
gestion saine des deniers publics. La justification de ces contrôles est d’éviter toute utilisation
irrégulière des deniers publics. Il s’agit d’éviter la réalisation d’éventuelles irrégularités dans
l’exécution comptable et légale des dépenses. A ce propos, qu’en est-il donc du contrôle a
posteriori ? Quels sont ses objectifs et comment s’exerce-t-il ?

Ces questions seront traitées dans la présente partie à travers les chapitres suivants :

Chapitre 1 : Concepts, impératifs et objectifs du contrôle a posteriori

Chapitre 2 : Les organes de contrôle a posteriori de l’ordre administratif

5
CHAPITRE 1 : CONCEPTS, IMPERATIFS ETOBJECTIFS DU CONTOLE A
POSTERIORI

SECTION 1 : RAPPEL HISTORIQUE ET DEFINITION

Paragraphe 1 : Rappel historique


Le droit budgétaire burkinabè tire ses origines de l’Ordonnance N° 69-47/PRES/MFC
du 18 septembre 1969 portant loi organique relative aux lois de finances et du décret N° 69-
197/PRES/MFC du 19 septembre 1969 portant régime financier de l’Etat. Ces deux textes
consacraient l’essentiel des principes devant régir notre droit budgétaire. Ces principes qui sont
ceux du droit français font de notre système de contrôle un legs du droit français.

Toutefois, notre pays connaissait le contrôle a posteriori bien avant son accession à
l’indépendance. En effet, avant les années 1960, il existait un système de contrôle créé par le
colonisateur. A titre d’exemple, nous pouvons citer l’arrêt du Gouverneur général de l’Afrique
occidentale française du 14 janvier 1906 créant l’Inspection Générale des Affaires
Administratives. Cependant il a fallu attendre les premières années des indépendances pour que
le contrôle a posteriori trouve toute sa signification et son importance. En effet, dès cette
époque, le Burkina Faso, ex Haute Volta et ancienne colonie française a mis en place des
institutions républicaines de contrôle identiques à celles qui existaient en France. C’est ainsi
que par le décret N°429/PRES du 10 octobre 1961, une Inspection Générale des Finances
rattachée à la Présidence de la République fut créée. Elle sera suivie deux (02) ans plus tard
par l’institution d’un contrôle juridictionnel confié à la Chambre des comptes (actuellement
confié à la Cour des Comptes). Ces différents organes étaient chargés de vérifier l’exécution
régulière des opérations budgétaire.

Paragraphe 2 : Concepts de contrôle

I. Le contrôle

Le concept de contrôle n’a jamais été défini avec précision et comporte divers
acceptions. Selon le dictionnaire de l’Académie française (édition 1986) le mot contrôle est
issu de contre rôle (composé de contre et de rôle) c'est-à-dire un registre que l’on tenait en
double. Ainsi le contrôle peut se définir comme une activité tendant à vérifier la conformité ou
la comptabilité des actes ou des opérations aux prescriptions légales ou réglementaires, aux
instructions, aux procédures de gestion en vigueur dans une entité.

Il s’analyse comme un rapport entre, un acte au sens large, et une norme. L’imprécision
résulte du fait que chacun des termes de cette équation est une variable :
6
 Contenu du rapport (régularité, conformité, opportunité) ;
 Nature de l’acte (prévision ou décision, acte unilatéral ou contrat) ;
 Contenu de la norme de référence (norme juridique objective ou norme subjective de
comportement, norme de droit positif ou principe général).

En matière de finances publiques quand on évoque la notion de contrôle, on peut penser


aux aspects répressifs des contrôleurs et aux cotés quelque peu fraudeurs des contrôlés. Cette
perception caricaturale dissimule une définition du mot contrôle qu’il convient de préciser.
Contrôler signifie en effet vérifier, surveiller, évaluer et maîtriser. La notion de contrôle évoque
en effet l’idée de vérification, c'est-à-dire le fait de s’assurer qu’une chose est telle qu’on l’a
déclarée ou telle qu’elle doit être par rapport à une norme donnée. La norme peut être plus ou
moins précise ; le tout est qu’elle le soit suffisamment pour constituer un terme de comparaison
valable. Ainsi dans le domaine financier, le contrôle peut être défini comme l’action de vérifier
si les opérations budgétaires sont régulièrement exécutées, conformément aux textes en
vigueur.

Le contrôle a posteriori des dépenses publiques, objet de notre étude, peut se définir
comme l’action qui consiste à s’assurer par une inspection minutieuse que les dépenses
publiques ont été exécutées conformément aux règles de droit budgétaire. Autrement dit, ce
contrôle vise à s’assurer que les dépenses publiques ont été payées conformément à l’usage
prévu dans le document budgétaire et à la réglementation en vigueur. Le contrôle a posteriori
qui s’effectue lorsque toutes les opérations ont été totalement exécutées, ne peut plus revenir à
une situation antérieure. Dans ce contrôle, on se trouve devant un fait accompli dont il faut
apprécier la régularité administrative, financière et comptable.

Le contrôle a posteriori permet de remonter dans le temps et d’avoir une vue


d’ensemble sur la régularité et l’exactitude comptable de tous les actes de dépenses publiques
qui ont été posées. Aussi, le contrôle a posteriori par le recul qu’il permet va au-delà du cadre
de la légalité et de la régularité des actes pour tenir compte des résultats obtenus et de
l’efficacité de la gestion. En conclusion, le contrôle a posteriori est un contrôle ultérieur qui
permet l’appréciation des résultats d’une gestion à travers la vérification de l’exactitude de
l’exécution des opérations budgétaires.

II. Les différents types de contrôles

Plusieurs concepts (contrôle interne, audit interne, inspection, contrôle de gestion, évaluation
ou contrôle de performance etc.) renvoient au concept de contrôle. Nous essayerons d’en
présenter quelques-uns.
7
1) L’audit et le contrôle interne
a) Le contrôle interne

L’International federation of accounts (IFAC) définit le contrôle interne comme «un


ensemble de politiques et procédures mises en œuvre par la Direction d’une entité en vue
d’assurer, dans la mesure du possible, la gestion rigoureuse et efficace de ses activités. Ces
procédures impliquent le respect des politiques de gestion, la sauvegarde des actifs, la
prévention et la détection des fraudes et des erreurs, l’exactitude et l’exhaustivité des
enregistrements comptables et l’établissement en temps voulu d’informations financières
fiables» 3 .Autrement, le contrôle interne est un instrument de bonne gouvernance dans la
mesure où il garantit la transparence, la régularité, l’économie, l’efficacité et l’efficience dans
la gestion des deniers publics. Le contrôle interne permet de prendre en compte de manière
appropriée les risques significatifs, qu’ils soient opérationnels, financiers ou de conformité. Le
risque pouvant être défini comme tout évènement, tout comportement, toute situation, affectant
la réalisation des objectifs. Dans cet esprit, le contrôle interne a pour but de sauvegarder le
patrimoine par la mise en œuvre de procédures évitant les erreurs et les fraudes, et d’assurer la
fiabilité de l’information et le respect des lois et règlements.

b) L’audit

L’audit peut être défini comme une démarche d’investigation et d’évaluation à partir
d’un référentiel, une activité indépendante et objective spécifiquement chargée, dans une
logique de contrôle périodique, de vérifier le fonctionnement du dispositif de contrôle interne,
d’apprécier l’efficacité des procédures de maitrise des risques et des procédures de contrôle
associées, puis de formuler des recommandations d’amélioration si nécessaire. L’essence de
cette activité est une comparaison entre la situation réelle et la situation idéale.

L’audit aide une organisation à atteindre ses objectifs en évaluant par une approche
systématique et méthodique, ses processus de management des risques, de contrôle et de
gouvernement d’entreprise et en faisant des propositions pour renforcer son efficacité. L’audit
a une méthode qui peut reposer sur une approche basé sur les risques. En effet, l’audit permet
l’identification et l’évaluation des risques avérés potentiels. Il procède à l’analyse de la
cartographie des risques, du dispositif de contrôle interne et de la gouvernance. L’audit
recherche les causes des risques identifiés et propose des recommandations qui se veulent

3
DGTCP, le contrôle interne au sein des services du Trésor public : état des lieux et perspectives, 15e conférence
annuelle des services du Trésor, octobre 2012, p. 3, cité par KONKONBO Vivien, contrôle administratif des
finances publiques : quelles stratégies pour une mise en application des recommandations des rapports de contrôle
et un traitement diligent des dossiers introduits en justice par l’ASCE, page 7.
8
opérationnelles et qui doivent permettre la prise de décision. Autrement, ces recommandations
doivent permettre une meilleure maîtrise des dangers prévisibles et l’atteinte des objectifs que
la structure s’est fixés.

2) L’inspection

L’inspection peut être définie comme un examen a posteriori effectué de façon


inopinée, des pratiques, procédures et processus de gestion administrative, financière et
comptable d’une entité ou d’une activité, en vue d’apprécier leur conformité aux lois,
règlements, politiques et directives. L’inspection est une technique de contrôle comptable
définie par la direction, afin d’assurer la protection du patrimoine de l’entreprise et, la fiabilité
des enregistrements comptables et des comptes annuels qui en découlent. C’est un examen
approfondi visant la recherche de la fraude. Elle peut donc aboutir à des sanctions pénales 4. Le
rôle de l’inspection est de comparer les pratiques aux règles et aux directives, sans les remettre
en cause, ni les interpréter. Elle vise à garantir la transparence des procédures dans la gestion
des ressources publiques. L’inspection se distingue de l’audit par son exhaustivité. En effet,
alors que l’inspection nécessite un examen minutieux et approfondi, l’audit peut se faire par
sondage.

3) L’évaluation ou contrôle de performance

Pour l’INTOSAI, l’évaluation « est l’utilisation de méthodes de recherche


systématiques pour constater et apprécier les effets directs et indirects d’un programme, d’une
politique ou d’une action publique. Ce constat et cette appréciation sont opérés par rapport
aux objectifs fixés ou implicites de ces programmes, politiques ou actions ou moyens utilisés
pour leur mise en œuvre ». L’évaluation d’une politique a pour objet d’apprécier l’efficacité de
cette politique en comparant des résultats aux objectifs assignés et aux moyens mis en œuvre.
Le concept de bonne gestion financière couvre les principes d’économie, d’efficience et
d’efficacité lesquels sont définis de la manière suivante :

- Le principe d’économie prescrit que les moyens mis en œuvre par l’institution dans le
cadre de la réalisation de ses activités sont rendus disponibles en temps utile, dans les
quantités et qualités appropriées et au meilleur prix ;
- Le principe d’efficience vise le meilleur rapport entre les moyens mis en œuvre et les
résultats obtenus ;

4
COHEN Alain-Gérard, Contrôle interne et audit public, LGDJ, 2e éd., 2008, p. 94
9
- Le principe d’efficacité vise la réalisation des objectifs spécifiques fixés et l’obtention
des résultats escomptés.

Si le contrôle vise avant tout à user de moyens d’investigations pour déceler des écarts
entre la gestion et la comptabilité d’une entité et une norme, dans une posture principalement
critique, l’évaluation, quant à elle ne cherche pas à blâmer, encore moins à désigner des
responsables. Elle part d’un a priori neutre et cherche autant à valoriser les aspects positifs
qu’à critiquer les aspects négatifs. Elle peut aider à conforter une politique ou remettre en cause
son existence même, si cette politique n’apparait pas pertinente.

L’audit interne, l’inspection et l’évaluation sont des variantes du contrôle opéré a


posteriori par l’administration. Toutefois, le contrôle a posteriori se justifie par des impératifs
politiques et économiques.

SECTION 2 : LES IMPERATIFS DU CONTROLE A POSTERIORI

Paragraphe 1 : Les impératifs politiques


Le budget principal moyen du gouvernement pour mettre en œuvre sa politique
économique et social, passe au préalable par une autorisation parlementaire pour son exécution
en raison de la séparation de pouvoir entre l’exécutif et le législatif. En tant qu’acte
d’autorisation, des contrôles s’avèrent nécessaires pour assurer la conformité de l’exécution du
budget de l’Etat à l’autorisation budgétaire accordée par le Parlement et réprimer
éventuellement les irrégularités. En effet, pour que le vote du budget ait un sens, il faut qu’il
existe des mécanismes destinés à imposer au Gouvernement et autres organes exécutifs le
respect de ces autorisations. C’est ainsi que pour Stéphanie DAMAREY « il appartient à la
représentation nationale d’exercer son contrôle sur l’emploi des deniers publics. Cette
compétence, exercée depuis la révolution, sur les fondements des articles 14 et 15 de la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, apparait comme un incontournable
démocratique qui se doit d’être exercé. Le renoncement en la matière constitue une négation
de la nation. Ce contrôle, politique par nature, doit s’accomplir par le Parlement pour l’Etat ;
par les assemblées délibérantes pour les collectivités locales…des pouvoirs financiers qui
leurs sont dévolus. L’effectivité de ce contrôle est essentielle à la manifestation de la
démocratie ».5

Mais avant d’être politiques, les contrôles doivent être administratifs. Il appartient donc
à l’administration de prévoir les mécanismes de contrôle dont l’efficacité doit rejaillir à la fois
sur les contrôles juridictionnel et politique. En d’autres termes, si les contrôles internes de
5
Stéphanie DAMAREY, Exécution et contrôle des Finances publiques – Gualino éditeur 2006, p.112.
10
l’administration sont efficaces, ils diminuent d’autant les risques de sanctions juridictionnelles
et politiques.

De plus, ces dernières années, les membres de l’opposition politique et les organisations
de la société civile (OSC) lèvent leurs voix pour réclamer la transparence dans la gestion des
deniers publics. Pour y parvenir, un contrôle permanent est nécessaire, notamment le contrôle
administratif composé de l’ensemble des vérifications exercées par des organes propres à
l’administration en général, et en particulier au pouvoir exécutif, en vue d’assurer le respect des
normes juridiques et financières.

Paragraphe 2 : Les impératifs économiques


Le Burkina Faso, tout comme la plupart des pays en voie de développement, est
caractérisé par des maigres ressources et des besoins considérables. De ce fait, une gestion
adéquate des maigres ressources disponibles s’avère plus que nécessaire dans une perspective
de lutte contre la pauvreté. D’où la nécessité de mettre en place un système de contrôle pour
préserver ces ressources des éventuelles dilapidations et malversations de toutes sortes que
seraient tenté de faire, les agents chargés de l’exécution des dépenses publiques.

De plus, le contrôle est d’autant plus important dans la mesure où le Burkina Faso s’est
engagé dans une Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable où l’un des
axes, notamment l’axe n°3, est le renforcement de la bonne gouvernance. Dans cet axe, le
renforcement de la bonne gouvernance passe nécessairement par un renforcement de la
gouvernance économique. Il est question de gestion axée sur les résultats dans la perspective de
mise en œuvre progressive du budget programme. En matière de contrôle, il est question donc
de renforcement du contrôle interne à qui serait associée l’évaluation qui est un contrôle de
performance et de régularité. L’ambition de cette orientation est d’accroitre l’efficacité du
contrôle, en renforçant et en développant les capacités des services en charge du contrôle ainsi
que les instruments tels que l’élaboration de la mercuriale. 6Cette bonne gouvernance est aussi
une condition des partenaires techniques et financiers pour donner leurs financements dans les
programmes sociaux du pays.

Somme toute, la nécessité du contrôle a posteriori n’est plus à démontrer ; reste à


découvrir ses objectifs au niveau des dépenses publiques.

6
Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD), p.59
11
SECTION 3 : LES OBJECTIFS DU CONTROLE A POSTERIORI

D’une manière générale le contrôle a posteriori des dépenses publiques vise deux (02)
principaux objectifs qui sont :

 Vérifier la légalité et la régularité de l’exécution des opérations de dépenses


publiques qui ont été réalisées ;
 Situer et apprécier les responsabilités administratives et pécuniaires en cas
d’irrégularités.

Paragraphe 1 : Vérifier la légalité et la régularité de l’exécution des opérations de


dépenses publiques
Le contrôle au niveau de dépenses exige plus d’attention et d’esprit critique car c’est le
domaine de prédilection des divers détournements de fonds. Il porte sur la nature, la légalité et
la régularité de la dépense ainsi que les pièces de dépenses.

- La nature de la dépense : s’agit-il d’une dépense de matériel, de personnel ou


d’investissement. Le vérificateur s’intéresse ensuite à la forme sous laquelle se
présente la pièce de la dépense : est-ce un reçu d’achat ? un état financier ? une
facture ? une lettre de commande ou un marché ?
- Le contrôle de la légalité de la dépense : il s’agit de vérifier si la dépense est
autorisée par les lois et règlements. En effet la loi n°008-2013/AN portant code
de transparence dans la gestion finances publiques au Burkina Faso énonce à
son article 5 : « aucune dépense ne peut être engagée et payée si elle n’est pas
définie dans un texte législatif ou réglementaire, régulièrement adopté et
publié ».
- le contrôle de la régularité de la dépense : c’est un contrôle du respect des
procédures. Il permet de vérifier :
a) la légalité des opérations ;
b) la présence effective des pièces justificatives ;
c) l’exactitude des calculs arithmétiques ;
d) le respect des dispositions budgétaires ;
e) la crédibilité des informations.
- Quant au contrôle de la régularité des pièces de dépense, il porte sur la véracité
et la conformité des pièces intrinsèques de dépenses, produites à l’appui des
mandats ou ordres de virement. Il porte donc sur le respect de la nomenclature
des pièces justificatives.

12
Paragraphe 2 : Situer et apprécier les responsabilités

Pour éviter que les deniers publics ne soient détournés de l’autorisation parlementaire,
deux (02) catégories d’agents aux responsabilités très distinctes interviennent dans le circuit de
la dépense publique. Ce sont les ordonnateurs et les comptables publics. Tandis que les
premiers sont chargés de prendre les actes générateurs de la dépense, les seconds sont au
contraire chargés des opérations matérielles de paiement. La réalisation d’une opération de
dépense est donc l’aboutissement d’un processus dans lequel interviennent différents agents
appelés à exécuter chacun en ce qui le concerne une partie de l’opération. Il en résulte la
nécessité de situer et d’apprécier les responsabilités en cas d’irrégularités.

I. Les responsabilités des ordonnateurs

Les ordonnateurs détiennent un pouvoir de décision pour mandater et/ou ordonnancer


les dépenses liquidées sur les budgets de l’Etat et des autres organismes publics.

Aux termes du décret n°2005-257/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant régime


juridique applicable aux ordonnateurs et aux administrateurs de crédits et son modificatif le
décretn°2013-1276 du 31 décembre 2013, les ordonnateurs sont responsables de :

1) l’exacte application de la règlementation relative à la comptabilité publique et aux


marchés publics et de délégation de services publics ;
2) la régularité des opérations de liquidation des dépenses ;
3) la sincérité des pièces justificatives et des certifications qu’ils délivrent ;

La responsabilité des ordonnateurs est engagée lorsqu’ils commettent des irrégularités


dans le cadre de leur pouvoir de décision en matière d’ordonnancement d’une dépense. Il s’agit
de :

1) la réception d’une commande publique sans le visa préalable du contrôleur financier


(CF) ;
2) la liquidation d’une dépense sans avoir reçu délégation de signature à cet effet ;
3) la production de fausses certifications (inexactes ou incomplètes) ;
4) d’avantages injustifiés (pécuniaire ou en nature) accordés à autrui entrainant des
préjudices pour l’organisme public.

Ils encourent une responsabilité disciplinaire, civile et pénale sans préjudice des
sanctions qui peuvent leur être infligées par la Cour des Comptes à raison des fautes de gestion.

13
II. Les responsabilités des comptables publics
Selon l’article 29 de la directive N° 07/2009/CM/UEMOA, la responsabilité des
comptables publics en matière de dépenses se trouve engagée dans les situations suivantes :

1) déficit de caisse ou un manquant en deniers ou valeurs a été constaté ;


2) une dépense a été irrégulièrement payée, en manquement aux obligations de
contrôles énumérées à l’article 26 de la directive N° 07/2009/CM/UEMOA du
26 juin 2009 portant Règlement Général sur la Comptabilité Publique au sein
de l’UEMOA. Ces contrôles porteront sur :
 la qualité de l’ordonnateur ;
 l’assignation de la dépense ;
 la validité de la créance ;
 et le caractère libératoire du paiement qu’il va réaliser.
3) par la faute du comptable public, l’organisme public a dû procéder à
l’indemnisation d’un autre organisme public ou d’un tiers ;

Le comptable public dont la responsabilité est engagée, a l’obligation de verser de ses


deniers personnels, une somme égale, au montant du déficit ou manquant constaté, de la
dépense payée à tort, ou de l’indemnité mise de son fait à la charge de l’Etat ou de tout autre
organisme public.

L’article 30 de la directive précitée précise que les comptables ne sont pas tenus de
déférer aux ordres irréguliers qui engagent leur responsabilité personnelle et pécuniaire, sauf
réquisition émanant de l’ordonnateur principal (ministre de l’Economie et des Finances). Dans
ce cas la responsabilité de ce dernier se substitue à celle du comptable.

Le contrôle a posteriori des dépenses publiques au niveau interne est assurée par
plusieurs organes d’inspection avec des habilitations diverses qu’il convient de découvrir au
chapitre suivant.

14
CHAPITRE 2 : LES ORGANES DE CONTROLE A POSTERIORI DE L’ORDRE
ADMINISTRATIF
L’importance du suivi et du contrôle de l’utilisation des deniers publics, a dicté la mise
en place au sein de l’administration d’un certain nombre de structures à compétences plus ou
moins grandes. Pour ce qui est du contrôle a posteriori, nous pouvons citer :

 Les inspections techniques des services ;


 l’Inspection Générale des Finances (IGF) ;
 l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE devenue ASCE-LC).

SECTION 1 : LES INSPECTIONS TECHNIQUES DES SERVICES


Les inspections techniques ont une compétence restreinte. Elles sont chargées
principalement des missions de contrôle technique au sein des services de leur ministère de
tutelle.

Paragraphe 1 : Les inspections techniques des services (ITS)


Les inspections techniques des services ont été créées dans le cadre de la réorganisation
des départements ministériels. Elles tirent leurs attributions du décret n° 2013-
404/PRES/PM/SGG-CM du 23 mai 2013. Selon le décret ci-dessus cité, les inspections
techniques des services assurent le suivi-conseil et le contrôle du fonctionnement des services,
projets, programmes et de l’application de la politique des départements. A ce titre, elles sont
chargées :

- de l’appui-conseil pour l’élaboration des programmes d’activité des services,


projets et programmes ;
- de l’appui-conseil pour la mise en œuvre des programmes d’activités des
services, projets et programmes ;
- du contrôle de l’application des textes législatifs, réglementaires et des
instructions administratives régissant le fonctionnement administratif, financier
et comptable des services, projets et programmes ;
- des investigations relatives à la gestion administrative, technique et financière
des services, projets et programmes ;
- de l’étude des réclamations des administrés et des usagers des services et
projets.

Le pouvoir de contrôle et de vérification des inspections techniques des services


s’exerce sur les services centraux et extérieurs, les projets et programmes, les établissements
publics de l’Etat (EPE), les établissements publics à caractère scientifique, culturel et
15
technique, les sociétés d’Etat (SE) et les sociétés d’économie mixte (SEM) du ministère
concerné.

Placées sous l’autorité du ministre dont elles relèvent, les Inspections Techniques se
caractérisent surtout par leur jeunesse.

Les Inspections Techniques interviennent de la même manière que les deux corps de
contrôle que sont l’IGF et l’ASCE. Leur mission donne lieu à la rédaction d’un rapport adressé
à leur ministre de tutelle.

Paragraphe 2 : Le cas particulier de la DGTCP


Les structures de contrôle de la DGTCP comprennent l’Inspection Générale du Trésor
(IGT) et les Inspections des Postes Comptables (IPC). Elles exercent des contrôles
hiérarchiques sur les comptables de la DGTCP.

I. Les structures de contrôle


1) L’Inspection Générale du Trésor (IGT)

Les attributions de l’IGT sont contenues dans l’arrêté n° 97/261/MEF/SG/DGTCP/IGT


portant organisation, fonctionnement et prérogatives des structures de contrôle de la DGTCP
du 29 décembre 1997. L’IGT est chargée :

- de veiller en permanence ou de façon ponctuelle et inopinée, tout ou partie des activités


des services du Trésor Public ;
- de s’assurer du respect et de l’application par les services des dispositions législatives et
réglementaires, ainsi que des instructions administratives ;
- de procéder à la vérification :
 des comptables directs du Trésor ;
 des comptables spéciaux du Trésor ;
 des comptables des établissements publics.
- de formuler les observations et injonctions adressées aux comptables publics ;
- de procéder à des missions d’études et de réflexion susceptibles d’améliorer le
fonctionnement des services du Trésor ;
- d’effectuer toutes missions confiées par le Directeur Général du Trésor et de
Comptabilité Publique.
2) Les inspections des Postes Comptables (IPC)

Les IPC sont chargées :

16
- du contrôle interne et de la vérification des services du siège des Trésoreries Régionales
et des Postes comptables rattachés ;
- de toute autre mission confiée à la DGTCP
II. L’exercice des contrôles

L’exercice des contrôles se fait de la manière suivante :

- vérification des comptes de disponibilités ;


- vérification des traites et valeurs mobilisables ;
- vérification des mouvements de fonds ;
- contrôle des timbres fiscaux ;
- contrôle des valeurs des collectivités locales ;
- contrôle des reversements de sommes collectées ;
- contrôle des comptes d’imputation provisoire des recettes et des dépenses ;
- contrôle de la situation des comptes de dépôts ;
- contrôle de la situation des quittanciers ;
- contrôle de la gestion des fonds confiés ;
- arrêt des documents comptables et des quittanciers ;
- inventaire du matériel et du mobilier ;
- établissement de la liste des textes financiers et autres documents d’archives ;
- établissement de toute situation jugée nécessaire.

Le contrôle des comptes de disponibilités dont la caisse consiste à procéder à une


confrontation entre l’encaisse et le solde en écriture.

Après reconnaissance de l’encaisse et sa décomposition, le vérificateur détermine le


solde en écriture du compte caisse. La démarche est la suivante :

 solde en début de période + recettes de la période considérée = total des


recettes ;
 total des recettes – dépenses de la période considérée = solde en écriture.

Le vérificateur peut prendre des mesures conservatoires appropriées et dresser u


procès-verbal (PV) d’inspection ou un rapport dans les délais réglementaires qu’il adresse au
commanditaire de la mission de vérification pour appréciation.

17
SECTION 2 : L’INSPECTION GENERALE DES FINANCES (I.G.F)
L’inspection Générale des Finances est l’un des plus anciens organes de contrôle
spécialisés de notre pays. Elle est l’aboutissement d’une longue évolution dont il convient de
rappeler les grands traits.

L’inspection Générale des Finances fut créée par le décret N° 429/PRES du 10 octobre
1961 et rattachée à la Présidence de la République. Après une première modification
intervenue par le décret N° 108/PRES du 17 mars 1966, l’Inspection Générale des Finances fut
ramenée au Ministère des Finances pour être supprimée par le décret du 27 novembre 1981, et
substituée par une Inspection Technique des Finances. Celle-ci redeviendra en 1984
l’Inspection Générale des Finances et demeure rattachée au cabinet du Ministre chargé des
Finances. Le cadre institutionnel et organisationnel de l’IGF résulte du décret n°2015-
989/PRES-TRANS/PM/MEF du 13mai 2015 portant organisation du MEF.

Paragraphe 1 : Attributions
Placée sous l’autorité d’un Inspecteur Général, l’Inspection Générale des Finances
relève directement du Cabinet du Ministre de l’Economie et des Finances (MEF).

Elle tire ses attributions du décret n°2015-989/PRES-TRANS/PM/MEF du 13 mai 2015


portant organisation du MEF. Il ressort de ce décret que l’Inspection Générale des Finances a
pour mission d’assurer le contrôle de l’ensemble des services financiers, fiscaux et comptables
des collectivités territoriales et de manière générale de toutes les structures qui reçoivent,
gèrent ou détiennent des deniers publics.

Les principales attributions de l’Inspection Générale des Finances sont :

- élaborer et mettre en œuvre la politique de l’Etat en matière de lutte contre le


faux et la corruption ;
- contrôler les services financiers, fiscaux et comptables de l’Etat, des
collectivités territoriales et établissements publics ;
- veiller au contrôle budgétaire des administrations publiques, civiles et militaires.
- assurer le contrôle de la gestion financière des projets, des établissements
publics, des sociétés d’Etat, des sociétés d’économie mixte et de toutes les
sociétés dans lesquelles l’Etat possède des participations, des établissements
privés qui reçoivent des subventions de l’Etat ;
- réaliser les audits financiers des structures de l’Administration publique ;
- coordonner la lutte contre la corruption au sein du Ministère de l’Economie et
des Finances.
18
Elle est aussi chargée d’exécuter des missions à l’étranger notamment à effectuer la
vérification des organismes interafricains et internationaux dont le Burkina est membre et à
contrôler périodiquement les missions diplomatiques du Burkina à l’étranger.

L’Inspection Générale des Finances est donc spécialisée dans le domaine financier et
son contrôle s’exerce sur la quasi-totalité des comptables publics (comptables directs du
Trésor, comptables des régies financières). Les contrôles et missions de l’IGF s’exercent
essentiellement par voies d’enquêtes inopinées auprès des administrations et sont sanctionnée
par un rapport d’inspection à caractère adressée au ministre de l’Economie et des Finances.

Paragraphe 2 : Organisation et modes d’intervention


L’IGF dans sa configuration actuelle, est placée sous la direction d’un Inspecteur
général des finances qui est placé hors hiérarchie administrative et les inspecteurs des finances
ont rang de directeur général de services. Son organisation et son fonctionnement sont régis par
les dispositions du décret n°2015-989/PRES/PM/MEF et de l’arrêté n°2012-466/MEF/IGF.

I. L’organisation

Au terme des dispositions de l’arrêté N° 2012-466/MEF/IGF du 31 décembre 2012


portant attributions, organisation et fonctionnement de l’Inspection Générale des Finances
(IGF), l’Inspection Générale des Finances est organisée comme suit :

- La Direction ;
- La Structure d’appui ;
- Les Départements.
1) La Direction

La Direction comprend : l’Inspecteur général des finances, le Secrétariat de l’Inspecteur


Général des Finances, la Cellule d’Appui Technique.

1) L’Inspecteur général des finances définit les grandes orientations, coordonne, contrôle
l’exécution des activités et évalue les performances.
2) Le Secrétariat de l’Inspecteur général des finances est chargé de la réception, du
traitement, du classement, de l’archivage et de l’expédition du courrier. Il s’occupe
également de l’organisation des audiences de l’Inspecteur Général. Le Secrétariat de
l’Inspecteur général des finances comprend un secrétariat et une cellule courrier.
3) La Cellule d’appui technique est composée de Chargés d’études qui assurent l’étude et
le traitement de tous les dossiers à eux confiés par l’Inspecteur général. Le nombre de
Chargés d’études est d’au maximum sept (07).

19
2) La Structure d’Appui

Le Service administratif, financier et de la documentation (SAFD) constitue la structure


d’appui de l’Inspection Générale des Finances. Il est chargé de la gestion des dossiers du
personnel et du matériel du service, de la préparation et du suivi du budget, du classement des
documents et de la conservation des archives. Ce service est dirigé par un Chef de Service
nommé par arrêté du Ministre en charge des finances sur proposition de l’Inspecteur Général
des Finances.

3) Les Départements

L’Inspection Générale des Finances est constituée des départements ci-après :

1) Le Département du contrôle des services fiscaux (DCSF) : il est chargé du


contrôle de tous les services fiscaux et douaniers et de veiller au respect de la
règlementation fiscale et douanière ;
2) Le Département du contrôle des services financiers et comptables (DCFC) : il a
pour mission de s’assurer de la bonne gestion financière des finances publiques
dans les services financiers et comptables ;
3) Le Département du contrôle des projets, des organismes publics et parapublics
et des programmes (DCPES) : il a pour mission de s’assurer de la bonne gestion
financière et comptable de toutes les structures parapubliques ou privées qui
reçoivent, détiennent ou gèrent des fonds publics.
4) Le Département du contrôle interne des services (DCIS) : a pour mission la
supervision de la fonction de contrôle interne au sein du Ministère de
l’Economie et des Finances.

Chacun des départements susmentionnés est placé sous l’autorité d’un Chef de
département.

II. Méthodes ou modes d’interventions.

Les missions de contrôle réalisées par l’IGF sont sanctionnées par un rapport établi et
signé par le chef de mission, par tous les inspecteurs membres de la mission ainsi que par le
contrôlé. Les méthodes d’intervention sont :

Les missions classiques qui sont généralement programmées par l’Inspecteur Général
des Finances (programme d’activités) dans le cadre du fonctionnement normal du service et qui
portent sur la régularité et la légalité des dépenses, l’exactitude des soldes de caisse voire

20
même de l’opportunité des dépenses. Elles peuvent se faire soit de façon inopinée, soit de
commun accord avec les responsables des structures (cas des passations de service).

L’auto-saisine. C’est lorsqu’à titre d’exemple en cours d’année, l’IGF reçoit des
plaintes ou des faits avérés de malversation, l’inspecteur général des finances peut en effet
s’autosaisir et ordonner une mission expresse pour aller vérifier.

Les interventions sollicitées (missions commandées) par les hauts responsables dont les
motifs sont très divers (éclairer certaines situations douteuses, redimensionner certaines
entreprises). Elles peuvent également être inopinées. Pour ces genres d’interventions, le
Ministre ou la personnalité intéressée adresse une demande de contrôle à l’Inspection Générale
des Finances sous couvert du Ministre de l’Economie et des Finances. Le rapport de la mission
est alors adressé au Ministre de l’Economie et des Finances et ne peut faire l’objet d’expédition
au demandeur que sur l’ordre du Ministre de l’Economie et des Finances.

Il convient de préciser que les missions commandées sont prioritaires par rapport aux
missions programmées.

Le contrôle de l’Inspection Générale des Finances s’exerce en cours ou après exécution


des opérations, il porte à la fois sur leur régularité, leur légalité et leur opportunité. Ce contrôle
peut être réalisé sur place au cours des tournées d’inspection ou sur pièces. L’IGF dans son
activité procède par audit ou par inspection selon l’objectif visé.

SECTION 3 : L’AUTORITE SUPERIEURE DE CONTROLE D’ETAT (A.S.C.E)


De création récente elle apparait comme la structure faitière de contrôle administratif au
Burkina. Elle se substitue à l’Inspection Générale d’Etat dans son rôle d’organe de contrôle
d’Etat avec des pouvoirs élargis. Elle est devenue en fin 2015 l’Autorité Supérieure de
Contrôle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC). Les détails de ce changement de
dénomination sont contenus dans la loi n°082/2015 du 24 novembre 2015 portant composition,
organisation et fonctionnement de l’ASCE-LC, qui n’est pas encore promulguée.

Paragraphe 1 : Attributions
La création de l'ASCE par la loi n°032-2007/AN du 29 novembre 2007, avait pour
objectif d'atteindre un dispositif de contrôle qui soit plus efficace grâce à une rationalisation et
une synergie d'action des organes de contrôle. Dans ce cadre, elle assure la coordination
technique de l'ensemble des organes de contrôle administratif. Elle a hérité des attributions
de plusieurs structures de contrôle, notamment l'Inspection Générale d'État, la Haute

21
Autorité de Coordination de la Lutte contre la Corruption et partiellement de la Coordination
Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF).

Aux termes des dispositions de la loi n°032-2007/AN du 29 novembre 2007, l'ASCE est,
de façon spécifique, chargée de :

- contrôler l'observation des textes législatifs et réglementaires qui régissent le


fonctionnement administratif, financier et comptable dans tous les services publics de
l'État, des collectivités territoriales, des établissements publics et de tout organisme
investi de mission de service public ;

- étudier la qualité du fonctionnement et de la gestion de ces services ;

- proposer toutes mesures susceptibles de renforcer la qualité de l'administration


publique ;

- recevoir et étudier les dénonciations des administrés dans leurs relations avec les
administrations de l'État, des collectivités territoriales, des établissements publics ou
tout autre organisme investi d'une mission de service public ; mener des
investigations sur les pratiques de délinquance économique et de corruption au
sein de l'administration concernant les personnes physiques et les personnes
morales de droit privé ;

- suivre la mise en œuvre des recommandations des autres corps de contrôle de


l'État ;

- saisir la justice de toute infraction commise par les services publics de l'État, des
collectivités territoriales, des établissements publics et de tout organisme national
investi de mission de service public ainsi que par leurs agents, aux textes législatifs et
réglementaires qui en régissent le fonctionnement administratif, financier et
comptable et de suivre les procédures en justice y afférentes tout au long de leur
déroulement ;

- assurer le suivi de la mise en œuvre des politiques nationales de lutte contre la


corruption ainsi que la coordination des actions menées dans ce cadre ;

- mener toute étude ou enquête ayant pour but de concourir à l'accomplissement de ses
missions.

Toutefois, des restrictions existent en ce qui concerne la magistrature et l’armée :


indépendance de la Magistrature et Secret Militaire obligent.
22
L’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE) est par ailleurs destinataire de tous
les textes législatifs et réglementaires relatifs à la création, aux attributions, à l’organisation et
au fonctionnement administratif et comptable de tous les services de l’Etat. Elle a préséance
sur tous les corps d’Inspections et de contrôle Ministériel. Ainsi, elle reçoit copie de tous
rapports établis par les Inspections Générales ou les Inspections Techniques des Ministères et
Institutions.

L’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE) est dirigée par un Contrôleur


Général d’Etat et fonctionne avec le corps des Contrôleurs d’Etat.

Paragraphe 2 : Organisation et méthodes d’intervention


L’organisation et le fonctionnement de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat
(ASCE) sont régis par les dispositions du décret N° 2008-160/PRES/PM du 08 avril 2008.

I. Organisation

Les services de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat comprennent :

- le Cabinet ;
- le Secrétariat Général ;
- les structures de contrôle et les structures d’appui.
1) Cabinet

Le Cabinet comprend :

1) le Secrétariat Particulier chargé de la réception et de l’expédition du courrier, et de


la saisie des documents ;
2) le Service du protocole chargé d’organiser l’emploi du temps, les audiences, les
déplacements et cérémonie officielles…du Contrôleur Général d’Etat.
2) Le Secrétariat Général

Le Secrétariat Général est dirigé par un Secrétaire Général nommé en Conseil des
Ministres parmi les Contrôleurs d’Etat. Il assiste le Contrôleur Général d’Etat dans la mise en
œuvre des missions de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat. Le Secrétariat Général assure
la coordination des activités des structures d’appui et les structures de contrôle de l’Autorité, il
assure les relations de l’Autorité avec les départements ministériels et institutions de contrôle
au niveau national.

23
3) Les structures d’appui

Il existe au sein de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat trois (03) structures d’appui :

1) La Direction des Affaires Administratives et Financières (DAAF) : elle est chargée de la


gestion administrative et financière de l’ASCE.
2) La Direction de la Documentation, de l’Informatique et de la Communication
(DDIC) est chargée :
- de la gestion de la documentation et de la conservation des archives ;
- de la mise en œuvre de l’informatisation de l’ASCE ;
- de la gestion des relations avec la presse et de l’information au public.
3) La Direction de la Formation, des Stages et du Partenariat (DFSP) : est chargée de
l’élaboration et du suivi des programmes de formation et de recyclage des agents et de
l’encadrement du personnel d’appui.
4) Les structures de contrôle

Ces structures sont au nombre de quatre (04) :

1) Le Département des Finances Publiques (DFP) qui a pour missions :


- de veiller au respect des textes législatifs et réglementaires relatifs à la gestion des
deniers et matières ;
- d’évaluer et apprécier la qualité de la gestion financière dans les services contrôlés ;
- de proposer les mesures visant à améliorer la gestion financière.
2) Le Département de l’Administration Publique (DAP) est chargé de contrôler :
- le fonctionnement général de l’administration ;
- la mise en œuvre de la réforme globale de l’administration publique ;
- l’application des règles de déontologie et d’éthique administratives.
3) Le Département de la lutte contre la Corruption (DLC) est chargé de :
- conduire les actions de sensibilisation du public sur les effets négatifs de la
corruption pour la nation ;
- mener les investigations sur les pratiques de délinquance économique et de
corruption au sein de l’administration concernant les personnes physiques et
morales de droit privé ;
- recevoir et étudier les dénonciations de toutes formes et recommander au
Contrôleur Général d’Etat les suites à donner ;
- assurer les relations avec les structures intervenant dans la lutte contre la
corruption.
24
4) Le Département du Suivi de la Mise en Œuvre des Recommandations et des Actions
en Justice (DSRAJ) est chargé de faire au Contrôleur Général des propositions en
vue de :
- saisir l’autorité dont relève la structure contrôlée, pour l’exécution des
recommandations issues des rapports des corps de contrôle ;
- suivre l’exécution desdites recommandations ;
- saisir les autorités judiciaires en cas de malversations constatées ;
- suivre l’évolution des dossiers en justice.

Les Directeurs sont nommés parmi les agents administratifs de catégorie A et les Chefs
de Départements sont nommés parmi les Contrôleur d’Etat ; cela par décret pris en conseil des
ministres sur proposition du Contrôleur Général d’Etat.

II. Méthodes d’intervention

L’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE) réalise un contrôle intégré se


définissant à la fois comme un contrôle de gestion ou financier et comme un contrôle
administratif. On se trouve en face d’un organe jouissant d’un champ d’intervention très large
dont le but est la restauration de l’orthodoxie financière afin de permettre une gestion
rigoureuse et scientifique des faibles ressources du pays et de combattre le laxisme et la
corruption. Nous ne reviendrons pas sur les méthodes d’intervention de l’Autorité Supérieure
de Contrôle d’Etat parce qu’elles sont pratiquement les mêmes que celles utilisées par
l’Inspection Générale des Finances.

Des reformes importantes ont été effectuées au niveau de l’Autorité Supérieure de


Contrôle d’Etat.

En rappel une réforme est un changement important dans l'organisation institutionnelle


ou sociale d'un pays, d'un secteur d'activité, ou d’une institution dans le but d'y apporter des
améliorations de manière limitée et progressive.

En effet une révision constitutionnelle en date du 3 novembre 2015 a constitutionnalisé


l’ASCE, en faisant ainsi d’elle une institution de la République et lui donnant par ce fait une
permanence et une plus grande importance. Cette réforme traduit l’importance et le rôle crucial
que le contrôle public doit jouer dans l’émergence de l’Etat de droit.
La loi N°082-2015/CNT du 24 novembre 2015 portant attributions, composition, organisation
et fonctionnement de l’ASCE-LC a été voté après cette constitutionnalisation mais n’a toujours
pas été promulguée par le Président du Faso. Cette loi introduit plusieurs réformes :

25
- le changement de dénomination de l’institution pour faire apparaître clairement ses
attributions en matière de lutte contre la corruption ;
- l’élargissement des attributions de l’ASCE-LC en matière de lutte contre la corruption :
elle est la plaque tournante du régime de déclaration d’intérêt et de patrimoine ;
- la réaffirmation de son rôle de coordination des organes de contrôle interne ;
- l’implication du secteur privé et de la société civile dans le fonctionnement de
l’institution ;
- le recrutement du Contrôleur Général d’Etat (CGE) par appel à candidature et le
mandat lié à sa fonction ;
- l’affectation à l’institution d’un seuil minimum du budget national pour mener ses
activités ;
- la création de nouveaux corps de métiers au sein de l’institution que sont les enquêteurs
et les assistants vérificateurs avec qualité d’officiers de Police Judiciaire (OPJ) octroyée
aux premiers ;
- le renforcement de la coopération internationale ;
- la dotation de l’institution d’un organigramme, et de ressources pour un exercice
efficace de ses missions tant de contrôle que de lutte contre la corruption ;
- l’obligation faite de mettre en œuvre les recommandations contenues dans les rapports
sous peine de sanction.

26
DEUXIEME PARTIE : FORCES ET FAIBLESSES DU CONTROLE A POSTERIORI

Nous ambitionnons à travers cette partie de mettre en exergue les éléments qui à notre
avis constituent les forces et les faiblesses du dispositif de contrôle a posteriori des dépenses
publiques.

Cette analyse sur les forces et les faiblesses du dispositif de contrôle a posteriori des
dépenses publiques se fondera sur la pratique et les dispositions textuelles existantes. Ce qui
devra déboucher sur des recommandations et suggestions dans une perspective d’amélioration de
la gestion des finances publiques.

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CHAPITRE 1 : FORCES ET FAIBLESSESDU DISPOSITIF DECONTROLE A
POSTERIORI
Le contrôle a posteriori est un contrôle dont la finalité est de vérifier la conformité de
l’exécution des dépenses publiques aux règles de droit et de la comptabilité publique applicable.
Il permet donc par le recul dans le temps, de déceler les irrégularités survenues et de situer les
responsabilités. Dans ce chapitre nous présenterons le contrôle a posteriori des dépenses à travers
ses forces (Section 1) et ses faiblesses (Section 2).

SECTION 1 : LES FORCES DU CONTROLE A POSTERIORI

Paragraphe 1 : Les prérogatives accordées aux organes de contrôle.


Les prérogatives accordées aux organes chargés d’effectuer le contrôle a posteriori des
dépenses publiques se situent à deux (02) niveaux : l’étendue du champ d’application et le
pouvoir de réquisition.

I. Le champ d’application

A la lecture des différents textes relatifs aux attributions des organes de contrôle interne a
posteriori (le décret N° 2015-989/PRES-TRANS/PM/MEF du 13 mai 2015 pour l’IGF et la loi
n°032-2007/AN du 29 novembre 2007 pour l’ASCE, le décret 2013-404/PRES/PM/SGG du 23
mai 2013 pour les inspections techniques…), il ressort que le champ d’application des organes de
contrôle est très vaste. Il porte tant sur les services contrôlés que sur les personnes contrôlées. Il y
a aussi la saisine de la justice par l’ASCE.

1) Les services contrôlés

Le contrôle a posteriori des dépenses publiques porte sur l’ensemble des services publics,
civiles et militaires. Il s’applique à tous les secteurs de la vie publique dans lesquels l’Etat détient
une participation ou accorde une subvention. C’est ainsi que l’IGF tout comme l’ASCE-LC a le
pouvoir de vérifier par exemple les documents comptables relatifs à la gestion et à l’emploi qui
est fait de la subvention accordée par l’Etat aux collectivités publiques. Il en va de même pour les
associations et les sociétés privées qui détiennent, manipulent ou reçoivent des fonds publics. La
légitimité et l’opportunité d’étendre le champ d’application proviennent de la nécessité de
contrôler toute la gestion des deniers publics. Ce rayon d’action très étendu constitue un avantage

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pour le contrôle a posteriori interne même s’il existe quelques restrictions (secret militaire et
instruction judiciaire).

2) Les personnes contrôlées

Le contrôle a posteriori est fondé sur l’exercice de la fonction de gestionnaire de deniers


publics. C’est ainsi que les organes chargés du contrôle a posteriori sont compétents à l’égard de
tous ceux qui, à un titre quelconque interviennent dans la gestion des deniers publics, que la
gestion soit de droit ou de fait. Cette extension présente un avantage certain pour le contrôle a
posteriori. En effet, l’exécution des dépenses publiques est soumise à des règles de procédures
(administrative et comptable) et à des prescriptions impératives qui doivent être strictement
observées en raison de la séparation des pouvoirs entre ordonnateurs et comptables publics. Selon
l’article 6 de la directive n° 07 de l’UEMOA « il est interdit à toute personne non pourvue d’un
titre légal d’exercer des fonctions d’ordonnateur, de contrôleur financier ou de comptable public,
sous peine de poursuites prévues par la loi ».

3) La saisine de la justice par l’ASCE

L’article 3 de la loi n°032-2007/AN confère à l’ASCE le droit de « saisir la justice de


toute infraction commise par les services publics de l’Etat, des collectivités territoriales, des
établissements publics et de tout organisme national investi de mission de service public ainsi que
leurs agents, aux textes législatives et réglementaires qui régissent le fonctionnement
administratif, financier et comptable et de suivre les procédures en justice y afférentes tout au
long de leur déroulement ». Cette disposition est une innovation majeure et une spécificité de
l’ASCE par rapport aux différents organes de contrôle de l’ordre administratif au Burkina Faso.
Elle traduit la volonté des gouvernants de donner une plus grande liberté d’action à l’ASCE dans
l’exécution de ses missions et de faire de cette institution une arme de lutte contre les pratiques de
délinquance économique et la corruption dans l’administration publique.

La saisine de la juridiction pénale par l’ASCE pour des faits de présomption de


détournements de deniers publics ou de malversations diverses intervient, lorsque le Contrôleur
général d’Etat estime que l’acte posé est susceptible d’être une infraction relevant de l’ordre
pénal. Elle se réalise par une lettre de saisine du Contrôleur général d’Etat adressée à la
juridiction compétente, accompagnée du rapport de mission et, en principe, de toutes les pièces

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justificatives nécessaires pour éclairer la justice. L’ASCE n’étant pas habilité à juger les
infractions, c’est seulement sur la base des faits constatés que le Contrôleur général d’Etat prend
l’initiative de saisir la justice.

II. Le pouvoir de réquisition

Une des forces du contrôle a posteriori, est que les organes chargés de l’exercer ont un
pouvoir de réquisition étendu et qui porte sur tous les aspects de la gestion de la structure
contrôlée. Ils sont habilités à se faire communiquer tout document et renseignement susceptibles
de les aider dans le bon accomplissement de leur mission de contrôle. Les vérificateurs
(inspecteurs et contrôleurs d’Etat) ont accès aux écritures comptables et peuvent faire appel à des
experts sur les aspects techniques d’un dossier donné. Le pouvoir de réquisition reconnu aux
organes de contrôle a posteriori s’exerce sur tous les services et toutes les personnes susceptibles
de fournir les renseignements voulus. Le caractère confidentiel d’un document ne leur est pas
opposable. Toutefois, ceux-ci ne doivent pas s’ingérer dans le fonctionnement d’un service et
sont tenus de garder le secret par rapport aux informations reçues.

Cette prérogative est importante parce qu’elle permet aux organes de contrôle de pouvoir
effectuer des contrôles plus approfondis et objectifs. En effet, l’exploitation des diverses
informations reçues permet, par les rapprochements de situation, d’obtenir des résultats plus
fiables conférant au contrôle a posteriori un caractère objectif.

Si l’étendu du champ d’application et le pouvoir de réquisition constituent des forces à


l’actif du contrôle a posteriori, les méthodes d’interventions utilisées par les organes de contrôle
le sont aussi.

Paragraphe 2 : Les méthodes d’interventions utilisées par les organes de contrôle

Les organes de contrôle interviennent soit selon leurs programmes annuels


d’interventions, soit sur demande d’un ministère ou d’une institution. Leurs interventions
obéissent à deux règles primordiales : celle de l’improviste et celle du rapport contradictoire.

I. La règle de l’improviste

Elle consiste pour l’organe de contrôle de se présenter au service destinataire de manière


inopinée et de créer l’effet de surprise. L’administration visée ne doit pas être en mesure de

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prévoir à l’avance la mission de vérification. C’est la règle de droit commun utilisée par les
organes de contrôle a posteriori. Les différentes inspections dans le cadre de leurs missions
interviennent la plupart du temps par des tournées inopinées effectuées sur place. Le contrôle
inopiné est un contrôle non notifié au préalable, aux agents vérifiés ou à leurs supérieurs
hiérarchiques. C’est un contrôle par surprise, où les vérificateurs procèdent à l’essentiel de leurs
investigations sur place, au sein même des entités et en relation directe avec les agents dont les
services doivent être vérifiés. La règle de l’improviste ou contrôle inopiné a l’avantage de créer
un effet de surprise et un effet dissuasif. Ce qui donne plus de chances de succès au contrôle.

1) L’effet de surprise.

La règle de l’improviste produit un effet de surprise qui permet de découvrir les agents
fautifs ayant manqué à leurs obligations ou ayant commis des malversations. En effet, pris de
cours, le vérifié ne peut plus procéder à la régularisation de ses opérations irrégulières. De plus,
en faisant l’état de rapprochement, le vérificateur peut déceler des discordances entre fonds et
valeurs en caisse et les écritures dans les documents comptables. En effet, si les services ou
agents étaient prévenus à l’avance, ils seraient tentés de se montrer dans leurs meilleurs jours. Par
exemple, dans une situation de manquant de caisse, l’agent à vérifier serait tenter de combler le
déficit juste pour le temps de la vérification. L’effet de surprise a pour corollaire un effet
dissuasif.

2) L’effet dissuasif

La règle de l’improviste produit un effet dissuasif à l’endroit des vérifiés car l’éventualité
pour les vérifiés de faire l’objet à tout moment d’une mission d’inspection peut les amener à
beaucoup plus de sérieux et de vigilance dans la gestion des fonds qu’ils gèrent et dans
l’application des textes. La peur du contrôle agit positivement sur les comportements des agents,
les obligeant à fournir des efforts pour éviter d’être pris à défaut dans leur travail.

II. La règle du rapport contradictoire

Les interventions dans le cadre du contrôle a posteriori aboutissent à l’établissement d’un


rapport de mission. Ce rapport se présente comme un document contenant sous forme de résumé

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et de synthèse, les constats, les analyses et les recommandations du vérificateur des faits
constatés sur le terrain pendant le contrôle. Dans le rapport le vérificateur se doit :

 d’exposer les faits constatés au cours de la vérification avec beaucoup d’objectivité et


d’impartialité ;
 de communiquer ce qu’il estime judicieux et indispensable ;
 d’étayer ses affirmations par des données concrètes et par des textes juridiques et légaux.

Les carences, les critiques, les irrégularités y compris les détournements de fonds et les
dissimulations doivent être portés à l’attention du vérifié. Le procédé utilisé est celui du rapport
contradictoire qui veut que le vérifié ait un droit de réponse. C’est dans ce cadre que le supérieur
hiérarchique reçoit communication du projet de rapport. Le vérifié a la possibilité de fournir des
explications écrites ou orales aux éléments, observations et critiques relevés à l’encontre de sa
gestion. Le rapport définitif est élaboré ensuite et les réponses du vérifié jointes en annexes.
L’intérêt du rapport contradictoire est qu’il oblige le vérificateur à contrôler rigoureusement ses
affirmations pour éviter que celles-ci ne soient démenties par les réponses de l’agent vérifié.
C’est pourquoi le vérificateur doit se contenter de la constatation, sans rectifier ni compléter une
pièce, encore moins s’immiscer dans la gestion des administrations vérifiées.

De plus, elle permet de produire des rapports dénués de tout subjectivisme. Ceci est
d’autant plus important au regard du sentiment de méfiance qui anime les vérifiés vis-à-vis des
vérificateurs. En soumettant donc le rapport au vérifié, on renforce la crédibilité du contrôle a
posteriori.

Paragraphe 3 : Contributions concrètes du contrôle a posteriori

Les organes de contrôle a posteriori, à l’image de l’Inspection Générale des Finances


(IGF) et de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE) posent des actions concrètes dans le
sens de l’amélioration de la gestion des finances publiques. Ainsi, à titre d’exemple les missions
de contrôle contribuent :

 à la formation des vérifiés ;


 à la sensibilisation des vérifiés sur les aspects déontologiques de leur profession ;
 à l’amélioration de la réglementation sur la gestion des finances publiques ;
 à l’établissement de la situation des fonds spoliés.

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I. L’aspect pédagogique des contrôles

Les inspecteurs vérificateurs sont des agents ayant bénéficié d’une formation théorique et
pratique et ayant surtout une certaine expérience en matière d’exécution des opérations
financières. Ils connaissent donc les différents textes en vigueur. De ce fait, lorsqu’ils rencontrent
des irrégularités au cours du contrôle, ils expliquent au vérifié en quoi ce qu’on lui reproche est
irrégulier et comment il doit s’y prendre pour y remédier. En effet, les irrégularités qui sont
constatées sur le terrain ne sont pas toujours dues à la mauvaise foi des gestionnaires. Elles
peuvent provenir de l’ignorance des textes. Dans ce cas précis, le vérificateur donne l’occasion au
vérifié de se corriger et de ne plus commettre les mêmes erreurs.

Par ailleurs, lorsque le vérificateur se rend compte que les lacunes du vérifié sont
importantes il peut proposer à ses supérieurs hiérarchiques d’envisager son recyclage ou
l’approfondissement de sa formation ou même son remplacement (le changer de poste).

II. L’amélioration de la réglementation sur la gestion des finances publiques

Les rapports de contrôle ont l’avantage de permettre l’appréciation du fonctionnement des


services administratifs. La nature des observations, des suggestions d’amélioration ou de réforme
qui accompagnent les rapports confère au contrôle a posteriori une efficacité certaine.

Les textes qui régissent la gestion des finances publiques peuvent être difficilement
applicables sur le terrain. La contribution du vérificateur à ce niveau, interviendra lorsque des
dispositions seront prises pour remédier à la situation, suite aux propositions du vérificateur
(élaboration de circulaires ou de notes explicatives). En outre, lorsque dans certains cas, les
organes d’inspection se rendent compte que la réglementation déjà élaborée comporte des
insuffisances, dont les impacts négatifs sont importants, ils peuvent proposer la relecture des
textes en vue de leur modification. Les rapports visent ainsi à permettre l’amélioration de la
gestion par la révision continue des textes, des méthodes, des procédures et des structures. Le
contrôle a posteriori, contrairement à ce que l’on pense, tend moins à sanctionner les fautes qu’à
assurer un meilleur fonctionnement des services.

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III. L’établissement de la situation des fonds spoliés

Les contrôles permettent d’évaluer la gestion des deniers et biens publics. L’action du
contrôle a posteriori permet de détecter les irrégularités effectivement commises. A ce niveau, les
préjudices financiers et matériels subis par l’Etat sont relevés par le vérificateur et les coupables
déterminés. Il peut alors prendre des mesures conservatoires pour la protection des biens restants
ou pour des reversements de numéraires au profit du Trésor public. Ces mesures conservatoires,
quoi qu’ayant une portée limitée, sont néanmoins efficaces par la protection des deniers publics
qu’elles assurent. Nous pouvons conclure que la régularité des contrôles améliore
progressivement la gestion des deniers et biens publics.

SECTION 2 : LES FAIBLESSES DU CONTROLE A POSTERIORI

Paragraphe 1 : Les limites d’ordre organisationnel

Les limites d’ordre organisationnel concernent, l’insuffisance des moyens d’actions


(matériels, humains et financiers), la forte concentration des organes de contrôle et la disparité
dans les méthodes de contrôle.

I. L’insuffisance des moyens d’actions


1) Les moyens humains

Parler d’une institution de contrôle, c’est traiter de ses attributions, de ses activités et des
hommes qui l’animent. Les corps de contrôle a posteriori à l’image de l’IGF, disposent malgré
une certaine amélioration de faibles effectifs.

Tableau n° 1 : Effectif des inspecteurs de finances de l’IGF

Année 2011 2012 2013 2014 2015

Nombre d'inspecteurs 33 35 46 41 39
85
Nombre d’inspections réalisées 107 238 301 178

Source : construit par nous à partir des rapports annuels d’activités de l’IGF (2011 à 2015).

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Tableau n° 2 : Répartition des inspecteurs par sexe et par tranche d’âge en 2011

nombre Nombre
tranche d'inspecteurs d’inspecteurs nombre total
d’âge femmes hommes d'inspecteurs Pourcentage (%)
45 à 50 ans 0 4 4 12,12
50 à 60 ans 3 26 29 87,88
Total 3 30 33 100

Source : Rapport annuel d’activités 2011 de l’IGF, page 27.

En effet, il existe un déséquilibre entre le volume des opérations à contrôler et le nombre


des agents chargés de conduire les enquêtes. Deux (02) conséquences peuvent être tirées de cette
insuffisance d’effectifs.

Il y a d’une part la faible couverture des interventions compte tenu du fait que le champ
d’application est vaste et impossible à atteindre avec des effectifs réduits. En effet les
vérificateurs sont souvent obligés de suspendre une mission régulière en cours pour aller à une
mission dite prioritaire, et tout cela par manque d’effectifs. D’autre part, l’on se demande si la
disproportion entre le volume de travail et le nombre de vérificateurs n’est pas de nature à
entrainer un manque d’approfondissement des contrôles dû à la surcharge.

Il y a aussi le vieillissement du personnel (tableau n°2) car la plupart des inspecteurs sont
nommés à un âge avancé, ceci d’autant plus que pour être nommé inspecteur des finances il faut
avoir quinze (15) ans de service dans la catégorie A1.Or, les cadres ayant cette exigence
professionnelle sont peu nombreux. Ce déséquilibre peut compromettre à terme l’efficacité des
structures de contrôle à cause des départs à la retraite.

2) Les moyens matériels et financiers

Les difficultés d’ordre matériel que rencontrent les organes de contrôle ont trait aux
moyens de déplacement, aux problèmes de locaux et aux matériels de travail. En effet le nombre
de véhicules en bon état dont disposent les institutions d’inspection financière est dérisoire (08
pour l’IGF en 2014). Elles sont obligées de faire appel au parc automobile de l’Etat. Le bâtiment

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abritant les services de l’IGF par exemple n’a pas de standard téléphonique fonctionnel et la
connexion internet wifi est inexistante depuis plusieurs mois. Il y a aussi le problème d’étanchéité
des locaux (des toilettes hors d’usage depuis plus d’une année créant de sérieux désagréments) et
l’insuffisance de matériels roulants

L’insuffisance des moyens financiers pour les services publics est un problème majeur
dans notre pays, et encore plus pour les organes d’inspection qui doivent effectuer des missions
objectives et impartiales. Les principaux organes internes de contrôle que sont l’IGF et l’ASCE
disposent chacun d’un fonds d’intervention insuffisant (90 669 000 FCFA pour l’IGF) 7 par
rapport aux missions à exécuter. Mais l’insuffisance des moyens se ressent aussi en matière
d’indemnités allouées aux inspecteurs. Le rapport annuel 2014 des activités de l’IGF fait état
d’absence d’un statut de l’IGF et d’un plan de carrière pour les inspecteurs des finances. Il sied
de garder à l’esprit que les conditions de vie du vérificateur influent sur la qualité de son travail.
En effet, seuls les contrôleurs d’Etat bénéficient d’une grille indemnitaire et un plan de carrière
satisfaisants, les autres se contentent du peu qui est mis à leur disposition. Ce qui est de nature à
créer des frustrations. Le constat aussi qui est fait, est que souvent les gestionnaires vivent dans
des conditions économiques meilleures que celles du vérificateur (train de vie). Ce qui peut
complexer le vérificateur et le ralentir dans son élan d’objectivité et favoriser la corruption lors
des contrôles.

En définitive l’insuffisance des moyens matériels, financiers et l’ampleur du travail face à


un effectif restreint sont de nature à créer un découragement de la part des vérificateurs et à
faiblir la qualité du contrôle a posteriori.

II. La forte concentration des organes de contrôle

La plupart des organes de contrôle a posteriori sont implantés uniquement dans la capitale
exception faite de l’IGT. En effet, ni l’IGF, ni l’ASCE, encore moins les inspections techniques
des départements ministériels n’ont de représentations au niveau régional ou provincial. Cette
situation n’est pas de nature à favoriser leur efficacité. Comme déjà vu plus haut, les organes de
contrôle ont une compétence sur toute l’étendue du Burkina Faso. Il y a donc lieu de déconcentrer

7
Ce montant n’a pas connu d’évolution depuis 2011
36
ces différents corps de contrôle surtout que plusieurs projets et programmes sont exécutés au
niveau régional ou provincial.

Paragraphe 2 : Les limites d’ordre institutionnel

Au plan institutionnel, les limites du contrôle administratif a posteriori qui peuvent être relevées
sont :

 L’absence de pouvoir de sanction des organes de contrôle ;


 La difficile appréciation de la responsabilité des ordonnateurs.

I. L’absence de pouvoir direct de sanction

En dehors de la Cour des Comptes, tous les corps de contrôle n’ont pas de pouvoir direct
de sanction. A cela, s’ajoute l’inexploitation des rapports de mission et les suites données en cas
d’exploitation.

1) L’inexploitation des rapports

Le contrôle a posteriori donne lieu à la rédaction d’un rapport de mission. Ces rapports
constituent des moyens d’information utilisés par les corps de contrôle interne pour porter à la
connaissance des autorités compétentes leurs recommandations, suggestions de réforme et des
propositions de sanction à l’encontre des agents qui auraient commis des irrégularités ou des
fautes de gestion. Autrement dit, par les rapports, les inspections rendent compte d’une situation
mais laissent aux autorités compétentes la responsabilité des sanctions qui doivent être prises ou
des réformes qui doivent intervenir. Toutefois, le constat qui est fait est que les rapports ne font
pas toujours l’objet d’une exploitation diligente, judicieuse et suffisante.

2) Les suites données aux rapports exploités

Un système de contrôle des finances publiques efficace doit faire planer, en permanence,
le spectre de contrôle sur toutes les structures de gestion de l’Etat, spectre régulièrement illustré
par des actions concrètes, et aux suites accompagnées d’effet. Un tel système exige une forte
implication des agents de contrôle. Le contrôle a posteriori permet de relever les insuffisances
dans le fonctionnement des services et les obstacles techniques à l’application des règlements.

37
Les suites données aux rapports de vérification permettent d’aboutir à une plus grande
transparence. Mais, en raison du caractère confidentiel des dossiers, il est difficile de savoir
quelles suites ont été données aux rapports de contrôle. Ce qui ne permet pas d’évaluer
l’influence réelle de l’action des différents corps de contrôle dans l’amélioration du
fonctionnement de l’administration.

II. Les limites liées à la mise en œuvre des sanctions


1) Les sanctions prévues

Un régime de sanctions applicables aux gestionnaires des deniers publics existe du fait de
leurs responsabilités par rapport aux irrégularités qui leur sont imputables. Ces sanctions se
composent en sanctions communes applicables à tout agent de la fonction publique et en
sanctions spécifiques en raison de la qualité de gestionnaire des deniers publics.

a) Les sanctions communes

Les sanctions communes applicables sont : la responsabilité disciplinaire, la responsabilité civile


et celle pénale.

La responsabilité disciplinaire expose l’agent à des sanctions touchant le déroulement


de sa carrière. Ainsi, aux termes de la loi n°013/98/AN du 28 avril 1998 portant régime juridique
applicable aux emplois et aux agents de la fonction publique, ces sanctions peuvent être selon le
degré de manquement, de premier degré (avertissement, blâme, exclusion temporaire de quinze
(15) jours au maximum) ou de second degré (exclusion temporaire de seize (16) jours au
minimum à trente (30) jours au maximum, abaissement d’échelon, mise à la retraite d’office,
révocation sans suppression du droit à la pension.

La responsabilité civiles le cas où le dommage causé à autrui par l’agent public dans/à
l’occasion de l’exercice de ses fonctions. Dans ce cas, la responsabilité civile de l’administration
se substitue de plein droit à la sienne. En fait cette substitution de responsabilité vise à garantir la
réparation des préjudices causés aux usagers, et non à protéger l’agent public.

Les sanctions pénales sont constituées des peines qui peuvent frapper le gestionnaire
pour des fautes jugées par la loi pénale comme des infractions qualifiées de délit ou de crime.

38
En somme les gestionnaires, comme tout fonctionnaire de l’Etat encourent dans l’exercice
de leur fonction des sanctions administratives et judiciaires.

b) Les sanctions spécifiques

Ces sanctions résultent de la mise en cause de la responsabilité des agents chargés de


l’exécution des dépenses publiques en raison de leur qualité de gestionnaire de deniers publics.

- Les sanctions spécifiques applicables aux comptables

Les comptables publics sont soumis à un régime de responsabilité sévère. Ils sont
pécuniairement et personnellement responsables des mouvements de fonds effectués sur les
deniers publics.

La responsabilité pécuniaire du comptable public réside dans le fait qu’il doit rembourser
de ses deniers personnels les sommes manquantes. Cette responsabilité s’étend de la date de son
installation jusqu’à la cessation de sa fonction. Cette responsabilité est engagée dès la survenance
du fait générateur (manquants en deniers ou en valeurs constatés, dépenses irrégulièrement
payées). Autrement dit, cette responsabilité découle de la présomption de faute fondée sur la
constatation de fait (paiement d’une dépense) et des qualifications de droit (irrégularité de la
dépense payée).On constate ainsi que la situation du comptable public est bien différente de
celles des autres agents de la fonction publique qui bénéficient de la distinction entre faute
personnelle et faute de service et dont la responsabilité pour être engagée nécessite qu’une faute
soit relevée contre eux.

La responsabilité du comptable est déclenchée par la procédure de mise en débet. Le


débet peut être juridictionnel (arrêt de débet) ou administratif (arrêté de débet). Le débet
administratif est prononcé à la suite d’une vérification sur place de la caisse du comptable par les
organes chargés du contrôle. Il émane directement alors du ministre des Finances. La rigueur de
ce régime exceptionnel tient du fait que les dangers de malversations s’attachent plus à la
fonction de maniement de fonds. Ce sont effectivement les comptables qui tiennent
matériellement l’argent de l’Etat et procèdent à son maniement. Ainsi, afin de pallier à
l’insolvabilité éventuelle d’un comptable en cas de mise en jeu de sa responsabilité, la prise de
fonction est subordonnée à la prestation de serment et surtout à la constitution de trois (03)

39
garanties à savoir le cautionnement, l’hypothèque légale et le privilège du Trésor public sur les
biens meubles du comptable.

- Les sanctions spécifiques applicables aux ordonnateurs et administrateurs

Le parlement peut mettre en jeu la responsabilité du gouvernement. La mise en jeu de


cette responsabilité dite politique s’exerce par la motion de censure ou de question de confiance.
Le vote de l’une ou l’autre de ces mesures a pour conséquence :

 Soit une sanction collective qui implique une démission de Premier ministre et partant
celle de l’ensemble du gouvernement ;
 Soit une sanction individuelle qui entraine la démission ou la révocation d’un ou
plusieurs ministres.
2) Les difficultés dans l’application des sanctions prises
a) La difficile appréciation de la responsabilité des ordonnateurs

Bien que légalement prévue, la responsabilité des ordonnateurs pose de véritables


problèmes d’appréciation. Il est certainement impossible d’appliquer à l’ordonnateur les mêmes
principes que ceux qui pèsent sur le comptable public. On ne peut pas le rendre responsable de
toutes ses erreurs et cela à un double point de vue. D’une part, il n’y a généralement aucune
commune mesure entre son patrimoine personnel et l’importance des crédits qu’il gère. D’autre
part, lorsque des irrégularités sont commises, elles le sont dans l’intérêt même du service qu’il
dirige. En effet, appelés à prendre les actes administratifs de la dépense, les ordonnateurs
exercent une action initiative qui comporte une large part d’appréciation qui est laissé à sa
discrétion. Il se pose alors le problème combien délicat d’appréciation en ce sens que certaines de
leurs initiatives sont souvent la résultante de la pression des nécessités pratiques et dans l’intérêt
même des services.

Lorsqu’au cours de leurs contrôles les vérificateurs découvrent des fautes commises par
des ordonnateurs dans la gestion des crédits, ils ne peuvent que proposer des sanctions. Leur rôle
se borne à dévoiler les irrégularités et les erreurs de gestion commises. Le vérificateur rédige un
rapport destiné au ministre intéressé. En outre, ces fautes engagent la responsabilité du
Gouvernement entrainant ainsi un certain embarras dans la mise en œuvre et l’application des
sanctions.

40
b) Les considérations politiques et sociales

Les considérations politiques et sociales constituent quelquefois des obstacles à la mise en


œuvre des sanctions à l’encontre des gestionnaires des deniers. Les liens de solidarité familiale ou
politique, sont encore très forts et malheureusement protègent les agents fautifs et indélicats. Pour
Maurice DUVERGER 8 « tout contrôle a pour but de rechercher les irrégularités éventuelles.
Celles-ci découvertes, il s’agit de sanctionner. Un contrôle qui ne s’accompagne pas de sanction
est un contrôle inefficace ». Or, les organes de contrôle effectuent des missions de vérification
mais n’ont pas la compétence pour sanctionner. Aujourd’hui, l’administration est tellement
politisée qu’il arrive que des gestionnaires de deniers publics auteurs d’importantes irrégularités
de gestion ne soient pas inquiétés outre mesure ; alors que d’autres pour moins, soient
immédiatement sanctionnés. Le rapport alternatif des OSC de 2013 souligne que sur une liste de
deux cent quarante (240) personnes identifiées à partir des rapports de 2008, 2009, 2010, 2011 et
2012 de l’ASCE, aucun compte rendu de conseil des ministres n’a fait état de manière officielle
de sanctions prises à l’encontre des dites personnes. De même, au niveau des sanctions à prendre
par chaque structure concernée, les recherches entreprises n’ont pas permis de déceler des traces
des sanctions administratives, excepté l’ex-Directeur Général de la CAMEG, démis de ses
fonctions. Au contraire, l’on note que les ex-Directeurs Généraux en cause ont tous été élus
député pour le compte du parti au pouvoir (CDP) et siégeaient à l’Assemblée Nationale. Il a fallu
l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la mise en place du gouvernement de la
Transition pour voir un dénouement de certains dossiers en justice (cas de M. GUIRO ex DG des
Douanes).

A cela s’ajoute la subordination des corps de contrôle. En effet, la caractéristique au


Burkina Faso est que tous les corps de contrôle sont subordonnés à l’exécutif. L’IGT est
subordonnée à la DGTCP, l’IGF au MEF et l’ASCE au Premier Ministère. La subordination des
corps de contrôle favorise beaucoup l’interventionnisme politique dans leur travail. Cela se voit
avec notamment le droit de réquisition reconnu à l’ordonnateur. Ce manque d’indépendance
contribue à freiner l’épanouissement du contrôle administratif.

8
Finances publiques, PUF.Paris, p.421
41
Or, outre les conditions souvent difficiles de travail caractérisées par l’insuffisance de
mobiliers et matériels, les agents de contrôle sont peu motivés. Le découragement peut résulter
aussi du constat du peu de cas qu’il est fait des violations aux règles financières relevées, de
l’inapplication des sanctions ou des améliorations proposées ; bref, les agents du contrôle ont
parfois l’impression d’être totalement inutiles. Alors, les structures de contrôle apparaissent
souvent comme « des garages de luxe » pour des agents qui apparaissent comme « des
empêcheurs de pêcher en eaux troubles »9. Persuadés que les contrôles débouchent rarement sur
des sanctions efficaces, ils finissent par garder le silence et à se démobiliser totalement par
rapport à leur mission.

En résumé, comme annoncé en hypothèse 2, l’efficacité du contrôle est limité par des
facteurs organisationnels (moyens insuffisants au niveau humain, matériel et financier, forte
concentration des organes de contrôle) et institutionnels (absence de pouvoir direct de sanction
des organes de contrôle, difficultés dans l’application des sanctions prévues).

9
Le système de contrôle des finances publiques au Mali, Cheickna TOURE, p.12
42
CHAPITRE 2: PERSPECTIVES D’AMELIORATION DU CONTROLE
ADMINISTRATIF A POSTERIORI

Malgré les multiples contraintes que nous venons de relever, les perspectives propres au
renforcement du dispositif de contrôle administratif a posteriori ne manquent pas.

SECTION 1 : AU PLAN ORGANISATIONNEL

Sur ce plan, nos propositions sur l’amélioration et le renforcement du contrôle administratif des
dépenses publiques sont entre autres :

 l’harmonisation des procédés de contrôle ou des manuels de procédures ;


 la déconcentration des organes de contrôle ;
 la dotation des organes de contrôle en moyens humains, matériels et financiers suffisants.

Paragraphe 1 : L’harmonisation des procédures de contrôle

La mission de contrôle est de plus en plus complexe compte tenu, non seulement du
volume des budgets et des opérations à contrôler, mais également de l’évolution des technologies
employées dans la gestion. De fait, les irrégularités deviennent plus difficiles à détecter. C’est
pourquoi il est impérieux que dans la pratique des contrôles, les organes de contrôle adoptent un
manuel de procédure uniforme en matière de contrôle des dépenses publiques. Il faut noter que
dans ce sens il est créé un cadre de concertation des différents corps de contrôle sous l’égide de
l’ASCE dans son rôle d’organe faitière. Cette dernière a élaboré un manuel de procédure devant
servir de référence. Cependant, il faudra qu’il soit toujours actualisé pour se conformer donc aux
évolutions nouvelles.

Paragraphe 2 : La déconcentration des organes de contrôle

Les organes de contrôle comme l’ASCE et l’IGF ainsi que les inspections techniques des
ministères sont fortement centralisées. Au regard des nombreux projets et programmes qui
s’exécutent au niveau régional et provincial, il serait opportun d’envisager une déconcentration
des différents corps de contrôle au niveau régional pour commencer afin d’assurer un contrôle de
proximité. Cette proximité serait une arme dissuasive très efficace contre les mauvais
gestionnaires. En effet, l’inspecteur vérificateur, au fait des réalités du terrain pousserait les

43
gestionnaires à accomplir correctement leurs missions ; ceux-ci auraient l’impression d’être
suivis quotidiennement. On constate toujours que l’éloignement de certaines zones est un
handicap certain pour les missions de contrôle, car comme on aime le dire « il faut rapprocher
l’administration des administrés ».

Paragraphe 3 : La dotation en moyens humains, matériels et financiers suffisants

Pour permettre aux organes de contrôle d’accomplir convenablement leurs missions, il


convient d’une part de doter ceux-ci en moyens humains en quantité et qualité et d’autre part en
moyens financiers et matériels suffisants.

S’agissant des ressources humaines, il est établi que le domaine économique financier et
comptable requiert plus d’expertise et de technicité. Il est évident que les effectifs actuels sont
des minima utiles juste pour un fonctionnement normal desdits organes. Pour plus d’efficacité
dans l’exécution des activités, il faut un renforcement de l’effectif des vérificateurs (une centaine
par corps pour commencer) et du personnel d’appui que les chiffres proposés plus haut. Il est
aussi nécessaire que les agents commis aux tâches de contrôle soient bien outillés aussi bien sur
le plan professionnel que technique. En effet le rapport annuel des activités de l’IGF de 2014
souligne une insuffisance de formation du personnel en audit basé sur les risques, en audit de
performance et en technique de détection et de lutte contre la fraude, le faux et la corruption. Non
seulement, le volume des activités de l’Etat et des autres organismes s’est accru mais également,
les opérations à contrôler sont devenues plus complexes.

Concernant la logistique, il est toujours gênant que les corps de contrôle soient toujours à
la remorque des services, projets et programmes qu’ils assurent le contrôle budgétaire et
comptable. Dans une telle situation, l’objectivité qui est une des qualités du vérificateur se trouve
mise à rude épreuve. La dotation en mobiliers, matériels informatiques et véhicules de qualité et
en nombre suffisant serait d’un grand secours.

Concernant les moyens financiers, il est impérieux de penser à la motivation des agents
commis aux tâches de contrôle. Seules l’ASCE et l’IGF disposent de fonds d’intervention qui du
reste demeurent insuffisants au regard des tâches à accomplir. Il est frustrant de constater que
seuls les agents de l’ASCE aujourd’hui bénéficient d’un régime indemnitaire assez conséquent.
Nous pensons que les cadres de concertation des organes de contrôle sont le lieu par excellence
44
pour harmoniser et les méthodes et expériences et les avantages et moyens de travail. Il devrait y
avoir cette solidarité entre corps de contrôle dans la revendication et l’amélioration des conditions
de travail. Les mesures suivantes peuvent être envisagées : doter les corps de contrôle d’un fonds
d’intervention et relever le niveau du fonds pour les corps qui en ont déjà.

SECTION 2 : AU PLAN INSTITUTIONNEL


Au plan institutionnel et dans la perspective d’une plus grande efficacité du contrôle
administratif, il est impérieux de toujours prendre en compte les recommandations faites par les
organes de contrôle dans leurs rapports. Les organes de contrôle de l’ordre administratif doivent
pouvoir prendre des sanctions ou du moins être plus indépendants.

Paragraphe 1 : Renforcer notre système judiciaire pour une mise en application rapide
et effective des recommandations et des sanctions prévues.
Pour un meilleur suivi des recommandations et surtout un traitement des dossiers en justice, des
actions doivent être mené dans ce sens, compte tenu de la lenteur de la procédure judiciaire.

I. La relecture du code pénal

Le code pénal regroupe l’ensemble des lois qui concernent les infractions (actes interdits
par la loi) et les peines (amendes, emprisonnement, etc.) qui les sanctionnent en fonction de leur
gravité. Il sanctionne les manquements au devoir de probité comme la corruption, la concussion,
trafic d’influence, enrichissement illicite, etc. Cependant dans le contexte politique et
économique actuel, il est difficile de mettre en évidence les faits concourant à la réalisation de ces
infractions. Le code pénal burkinabè qui datant 1996 doit s’adapté au contexte international. En
effet le code pénal burkinabè est en déphasage avec la convention des nations unies contre la
corruption, appréhendant celle-ci de manière stricte alors que la convention en donne une
définition plus large.

Aussi selon la conception du ‟financier” le détournement est l’acte par lequel le


gestionnaire change l’objet ou la destination initiale d’un crédit budgétaire 10. L’article 154 du
code pénal qualifie de détournement la dissipation de deniers publics à des fins personnelles. Il se
pose alors un problème de définition et d’interprétation, ce qui ne permet pas de qualifier
certaines infractions d’ordre financier, au regard du code pénal actuel.

10
Voir article 19 de la loi n°006-2003/AN du 23 janvier 2003 relative aux lois des finances
45
Il est donc impératif de mettre en cohérence le code pénal avec les textes internationaux.
Une révision du code permettrait de modifier les textes existants en vue de déterminer de
nouvelles infractions et de relever le niveau de certaines peines portant sur les malversations
économiques et financières. Le verdict donné à l’issu du procès de M. Ousmane GUIRO
témoigne de l’insuffisance du code pénal en matière de sanctions pour les infractions
économiques et financières. Une autre alternative est la création de tribunaux spéciaux pour juger
les crimes économiques. Il s’agit dans cette mesure, de former des magistrats dans le domaine
économique et financiers ou bien former des financiers dans le domaine judiciaire. L’objectif est
d’aboutir à un corps de juges spécialisés dans les crimes économiques. Ce qui permettra à la
justice de qualifier avec aisance certaines infractions financières et d’aboutir à des sanctions
efficaces.

Il faudrait en outre que la justice recouvre entièrement son indépendance, pour lui
permettre de conduire en toute quiétude la procédure judiciaire jusqu’à son terme.

II. Le renforcement de l’indépendance judiciaire

L’indépendance du pouvoir judiciaire passe fondamentalement par son affranchissement


vis-à-vis du pouvoir exécutif. Elle s’entend à la fois de l’indépendance des juges et des
juridictions. Garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, c’est assurer à ses titulaires les
moyens d’exercer leurs fonctions. Cela vise d’une part, le traitement du juge qui doit lui
permettre de vivre décemment et d’être à l’abri de la tentation, et d’autre part, les moyens des
juridictions elles-mêmes, que le pouvoir politique doit assurer. Ainsi, les juridictions devraient
disposer d’un fonds qui leur permet de mieux fonctionner. Le fait que leurs moyens proviennent
du ministère de la Justice limite leur marge de manœuvre. Il est donc souhaitable que les
juridictions bénéficient d’une autonomie financière. Ce qui n’enlève en rien la mission de
supervision des juridictions confiée au ministère de la Justice, Garde des sceaux. La satisfaction
de condition pourrait contribuer à rendre la justice véritablement indépendante.

Aussi, le renforcement de l’indépendance de la justice est une solution à l’impunité dont


jouissent certains auteurs de malversations financières. En sanctionnant les coupables à la hauteur
de leur forfait, la justice montre sa crédibilité. Elle acquiert la confiance des populations et, par
conséquent, prouve son indépendance vis-à-vis de l’exécutif. Ainsi, elle renforce l’Etat de droit et
contribue à garantir une gestion saine des finances publiques.

46
Paragraphe 2 : La constitutionnalisation des organes de contrôle (cas de l’ASCE) : une
perspective pour une indépendance certaine des corps de contrôle

Nous avons vu plus hauts que les organes de contrôle de l’ordre administratif étaient
subordonnés à l’exécutif. Ce qui ne permet pas une indépendance de ces dits organes. La
constitutionnalisation semble être la voie avec l’inscription de l’ASCE dans la constitution et son
changement de dénomination. En effet l’ASCE est devenu l’Autorité Supérieure de Contrôle
d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC). C’est donc le signe d’une véritable volonté
politique pour une culture du refus de la corruption.

L’objectif déjà, c’est de mettre l’ASCE-LC à l’abri des contingences des majorités, des
circonstances. En effet, l’ASCE étant simplement dans la loi, cela veut dire qu’une majorité de
passage peut décider de sa suppression. Désormais, il y a des mesures plus draconiennes qui sont
prévues pour réviser la constitution, et le conseil constitutionnel ayant son mot à dire, c’est une
garantie pour la pérennité de l’institution. Il s’agit aussi de donner une autonomie financière à
l’institution. Tous ces éléments permettent véritablement de faire en sortes que l’ASCE-LC qui
est la structure faitière des corps de contrôle ne soit plus dépendante de l’exécutif puisqu’en
devenant institution républicaine, elle n’est plus sous l’autorité hiérarchique du Premier
ministère. Elle est en passe de pouvoir maintenant appliquer ses contrôles sur l’ensemble de la
société burkinabè puisque cela ne sera plus simplement les administrations publiques, mais la
lutte contre la corruption va toucher les secteurs du privé et les organisations de la société civile.

L’innovation majeure est qu’il y aura un département chargé des enquêtes et des
investigations et l’ASCE-LC va s’ancrer résolument dans la lutte contre la corruption. Le
Contrôleur Général d’Etat sera désigné après un appel à candidature (il ne sera plus nommé de
façon discrétionnaire) et il sera désigné par un collège constitué d’éléments du secteur public, du
privé et de la société civile. Il aura un mandat unique de cinq (05) ans et les contrôleurs d’Etat
auront le statut de d’officier de police judiciaire.

Dans cette logique d’indépendance des corps de contrôle nous pensons pour notre part
que tous les organes de contrôle devraient pouvoir être rattachés à l’ASCE-LC une fois sa
constitutionnalisation effective. C’est ce qui est ressorti de nos entretiens avec certains
vérificateurs. En effet, une fois que ces corps seront rattachés à l’ASCE-LC, ils pourront dans le

47
même esprit faire des investigations dont les rapports et résultats seront directement adressés à
l’ASCE-LC. En ce moment, on aura une superstructure de contrôle dont les autres corps seront
des départements, des divisions ou des sections rattachés avec ainsi un seul programme
d’activités. Ce qui pourrait résoudre en même temps les questions récurrentes des moyens de
travail et d’avantages liés à la fonction de contrôle, d’harmonisation des procédures de contrôle et
surtout d’indépendance des structures de contrôle. De plus, avec le mode de recrutement actuel
de l’ASCE qui se fait sur concours, on pourrait faire en sortes que la fonction vérificateur soit un
métier à part avec à la clé un plan de carrière.

48
CONCLUSION

Le budget est le principal moyen d’action et d’intervention de l’Etat, et s’exécute à travers


les opérations de recettes et de dépenses. Il résulte d’une autorisation parlementaire. Toutefois,
dans la pratique, l’exécution budgétaire se heurte à des obstacles techniques et humains rendant
ainsi aléatoires les prévisions et les autorisations contenues dans le budget. D’où l’intérêt et
l’importance du contrôle des finances publiques. Le contrôle administratif des finances publiques
est un moyen pour l’administration de suivre et d’assurer une saine gestion des deniers publics.

De nos jours, le contrôle des finances publiques s’exerce de plusieurs manières en


fonction du domaine d’activité ou de l’objectif visé. On parle ainsi d’inspection, d’audit ou
d’évaluation. Puisqu’il s’agit d’un contrôle organique résultant de la spécialisation de hauts
fonctionnaires ou des corps chargés exclusivement des taches de contrôle ou d’inspection, des
corps ou structures de contrôle sont créées à cet effet. Il s’agit de l’IGF, de l’ASCE ou ASCE-LC,
et des inspections techniques des ministères et institutions. Le champ d’application de ces corps
de contrôle est très vaste au regard des textes relatifs à leurs attributions. Il porte à la fois sur les
services contrôlés que sur les personnes contrôlées, sans oublier le droit de réquisition qui leur
sont reconnu dans l’exercice de leurs investigations.

La présente étude nous a révélé dans sa deuxième partie que les forces du contrôle
administratif a posteriori résidaient dans les attributions et le champ d’application des corps de
contrôle. En effet, les corps de contrôle administratif bénéficient d’un champ d’application très
vaste avec des attributions et des pouvoirs très étendus, leur conférant une certaine
responsabilisation. Les méthodes d’intervention à l’improviste permettent au contrôle d’avoir une
certaine efficacité avec l’effet de surprise et l’effet dissuasif : la peur du contrôle agissant
positivement sur les agents. Les contrôles contribuent de façon concrète à la formation et la
sensibilisation des vérifiés, à l’amélioration de la réglementation sur la gestion des finances
publiques et à la réparation par les fautifs des préjudices financiers subis par l’Etat ou
l’organisme public.

Nous avons pu constater aussi que ces structures de contrôle de l’ordre administratif
rencontrent beaucoup de difficultés conformément aux hypothèses formulées à l’introduction. En
effet, ces éléments de faiblesses sont d’ordres organisationnel et institutionnel.

49
Au niveau organisationnel, il s’agit entre autres des difficultés liées aux moyens mis à leur
disposition tant sur le plan humain (faibles effectifs), matériel que financier. Ce qui constitue un
handicap certain au vue de l’étendue des opérations à contrôler. Il y a aussi la forte concentration
des structures de contrôle qui, toutes sont basées à la capitale.

Au niveau institutionnel, les faiblesses du contrôle concernent entre autres le manque de


pouvoir direct de sanction des organes de contrôle de l’ordre administratif. A ce niveau, les
rapports ne sont pas exploités avec beaucoup de diligences et les recommandations et suggestions
sont souvent sans suites. Il y a aussi la difficile mise en jeu de la responsabilité des ordonnateurs
qui exercent les actions initiatives de la dépense. Leurs fautes engagent le plus souvent la
responsabilité entière du gouvernement entrainant un embarras dans la mise en œuvre des
sanctions d’autant plus avec les considérations politiques et sociales. En effet, l’Administration
burkinabè est fortement politisée et avec les liens de solidarités familiale et politique, les gens ont
tendance à intervenir pour éviter la condamnation d’un parent ou d’un ami politique. Ce qui est
de nature à porter un coup dur au contrôle et favoriser la corruption qui mine notre société car
comme l’a dit DUVERGER « un contrôle qui ne s’accompagne pas de sanctions est un contrôle
inefficace ».

Toutefois des suggestions et recommandations ont été formulées pour améliorer


l’efficacité et l’effectivité du contrôle et partant la qualité de la gestion des finances publiques.

Tout comme nos devanciers il s’agit pour nous, au niveau organisationnel, de


l’amélioration des conditions et moyens de travail mis à la disposition des structures de contrôle,
leur déconcentration au niveau régional pour un contrôle de proximité. Il faut aussi une
harmonisation des procédures de contrôle aux standards internationaux pour une plus grande
efficacité. Cela passe nécessairement par des formations continues des agents commis aux tâches
de contrôle.

Au niveau institutionnel, notre attention s’est portée sur l’indépendance des corps de
contrôle et de la justice. Au niveau de la justice, il faudrait une relecture des textes juridiques
pour permettre une certaine fermeté dans les crimes économiques pour des sanctions adéquates.
A niveau des corps de contrôle, la constitutionnalisation de l’ASCE-LC est un exemple. Il s’agit
de faire de l’ASCE-LC une institution républicaine avec tous les moyens d’accompagnement

50
pour lutter efficacement contre la corruption et la mal gouvernance. Nous espérons qu’avec sa
constitutionnalisation, l’ASCE-LC pourra contribuer à la gestion rationnelle de nos deniers
publics par ses contrôles et investigations et par des actions concrètes. Nous souhaitons et nous
espérons que ce nouveau statut de l’ASCE-LC touchera les autres structures de contrôles.

51
BIBLIOGRAPHIE

a) Revues et autres publications


- Recueil des textes portant cadre juridique des finances publiques au Burkina Faso.
- Exécution et Contrôle des Finances publiques, Stéphanie DAMAREY, Gualino éditeur,
2007.
- Finances Publiques – Les dépenses publiques, le droit budgétaire et financier, Loïc
PHILIP, éd. CUJAS, 2000.
- Finances publiques, Raymond MUZELLEC, éd. SIREY, 2009.
- Théorie et pratique de l’audit interne, Jacques RENARD, éd. EYROLLES, 2009.
- Finances Publiques, Michel BOUVIER, Marie-Christine ESCLASSAN, Jean-Pierre
LASSALE, éd. L.G.D.J., 2008.
- IGF, rapports annuels 2011, 2012, 2013, 2014.
- ASCE, rapports annuels 2008, 2010, 2012, 2013.
- Rapport alternatif 2013 sur la gestion des finances publiques au Burkina Faso.
- Le système de contrôle des finances publiques au Mali, Cheickna TOURE

b) Cours et mémoires de fin d’études


- Plaquette de cours de Techniques de Vérification A2 FINANCES, ENAREF 2014-2015,
THIOMBIANO G. Théodore, SANOU Yacouba et MEDA Alfred, présentée par
YERBANGA Germaine.
- TAPSOBA Clarisse Adèle Michelle W. « Le contrôle a posteriori des dépenses publiques
au Burkina Faso : efficacité et limites ». Option : Finances. ENAREF 1999.
- MEDA Touwonianouhon. « le contrôle a posteriori des dépenses budgétaires des
Collectivités territoriales au Burkina Faso ». Option Finances. ENAREF 2006.
- DIALLO Guibrila. « le contrôle administratif de l’exécution des dépenses budgétaires de
l’Etat au Burkina Faso ». Option Finances. ENAREF 2005.
- OUOBA Bernadette. « analyse critique sur les responsabilités des différents acteurs de la
chaine de dépenses publiques ». Option Comptabilité. ENAREF 2015.
- KONKONBO Vivien. « contrôle administratif des finances publiques : quelles stratégies
pour une mise en application des recommandations des rapports de contrôle et un
traitement diligent des dossiers introduits en justice par l’autorité supérieure de contrôle
d’Etat ?
c) Dispositions législatives et réglementaires
- Loi n°006-2003/AN du 24 janvier 2003 relative aux lois de finances ;
- Loi n°039-2013/AN du 28 novembre 2013 portant modification de la loi n°006-2003/AN
du 24 janvier 2003 relative aux lois de finances ;
- Loi n°008-2013/AN du 23 avril 2013 portant code de transparence dans la gestion des
finances publiques ;
- Décret n°2005-255/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant règlement général sur la
comptabilité publique ;
- Décret n°2005-256/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant régime juridique applicable
aux comptables publics ;
- Décret n°2005-257/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant régime juridique applicable
aux ordonnateurs et aux administrateurs de crédits de l’Etat et des autres organismes
publics ;
- Décret n°2005-258/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant modalités de contrôle des
opérations financières de l’Etat et des autres organismes publics ;
- Décret n°2013-1311/PRES/PM/MEF portant modification du décret n°2005-
255/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant règlement général sur la comptabilité
publique ;
- Décret n°2013-1312/PRES/PM/MEF portant modification du décret n°2005-
256/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant régime juridique applicable aux comptables
publics ;
- Décret n°2013-1276/PRES/PM/MEF portant modification du Décret n°2005-
257/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant régime juridique applicable aux
ordonnateurs et aux administrateurs de crédits de l’Etat et des autres organismes publics ;
- Décret n°2013-1277/PRES/PM/MEF portant modification du Décret n°2005-
258/PRES/PM/MFB du 12 mai 2005 portant modalités de contrôle des opérations
financières de l’Etat et des autres organismes publics ;
Loi n°032-2007/AN portant création, attributions, composition et fonctionnement de
l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat ;
- Décret n°2008-160/PRES/PM portant organisation et fonctionnement de l’Autorité
Supérieure de Contrôle d’Etat ;
- Décret n°2015-989/PRES-TRANS/PM/MEF portant organisation du Ministère de
l’Economie et des Finances
- Arrêté n°2012-466/MEF/IGF portant attributions, organisation et fonctionnement de
l’Inspection générale des finances ;
- directive n°07/2009/CM/UEMOA du 206 juin 2009 portant Règlement Général sur la
Comptabilité Publique au sein de l’UEMOA.
ANNEXES
ANNEXE 1
ANNEXE 2
ANNEXE 3
TABLE DES MATIERES
DEDICACE .................................................................................................................................I

REMERCIEMENTS .................................................................................................................. II

AVERTISSEMENT .................................................................................................................. III

LISTE DES ABREVIATIONS .................................................................................................. IV

LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... V

SOMMAIRE ............................................................................................................................. VI

INTRODUCTION ....................................................................................................................... 1

PREMIERE PARTIE : GENERALITES SUR LE CONTROLE A POSTERIORI ....................... 5

CHAPITRE 1 : CONCEPTS, IMPERATIFS ETOBJECTIFS DU CONTOLE A POSTERIORI . 6

SECTION 1 : RAPPEL HISTORIQUE ET DEFINITION ....................................................... 6

Paragraphe 1 : Rappel historique .................................................................................. 6

Paragraphe 2 : Concepts de contrôle ............................................................................. 6

I. Le contrôle................................................................................................................ 6

II. Les différents types de contrôles .......................................................................... 7

1) L’audit et le contrôle interne ............................................................................... 8

2) L’inspection .......................................................................................................... 9

3) L’évaluation ou contrôle de performance ........................................................... 9

SECTION 2 : LES IMPERATIFS DU CONTROLE A POSTERIORI ................................... 10

Paragraphe 1 : Les impératifs politiques ..................................................................... 10

Paragraphe 2 : Les impératifs économiques................................................................ 11

SECTION 3 : LES OBJECTIFS DU CONTROLE A POSTERIORI ...................................... 12

Paragraphe 1 : Vérifier la légalité et la régularité de l’exécution des opérations de


dépenses publiques ....................................................................................................... 12

Paragraphe 2 : Situer et apprécier les responsabilités ................................................ 13


I. Les responsabilités des ordonnateurs .................................................................... 13

CHAPITRE 2 : LES ORGANES DE CONTROLE A POSTERIORI DE L’ORDRE


ADMINISTRATIF .................................................................................................................... 15

SECTION 1 : LES INSPECTIONS TECHNIQUES DES SERVICES ................................... 15

Paragraphe 1 : Les inspections techniques des services (ITS) .................................... 15

Paragraphe 2 : Le cas particulier de la DGTCP ......................................................... 16

I. Les structures de contrôle ...................................................................................... 16

1) L’Inspection Générale du Trésor (IGT)................................................................ 16

2) Les inspections des Postes Comptables (IPC) ....................................................... 16

II. L’exercice des contrôles ..................................................................................... 17

SECTION 2 : L’INSPECTION GENERALE DES FINANCES (I.G.F) ................................. 18

Paragraphe 1 : Attributions ......................................................................................... 18

Paragraphe 2 : Organisation et modes d’intervention ................................................ 19

I. L’organisation ........................................................................................................ 19

1) La Direction ........................................................................................................ 19

2) La Structure d’Appui ......................................................................................... 20

3) Les Départements ............................................................................................... 20

II. Méthodes ou modes d’interventions. ................................................................. 20

SECTION 3 : L’AUTORITE SUPERIEURE DE CONTROLE D’ETAT (A.S.C.E) .............. 21

Paragraphe 1 : Attributions ......................................................................................... 21

Paragraphe 2 : Organisation et méthodes d’intervention ........................................... 23

I. Organisation ........................................................................................................... 23

1) Cabinet ................................................................................................................ 23

2) Le Secrétariat Général ....................................................................................... 23


3) Les structures d’appui........................................................................................ 24

4) Les structures de contrôle .................................................................................. 24

II. Méthodes d’intervention .................................................................................... 25

DEUXIEME PARTIE : FORCES ET FAIBLESSES DU CONTROLE A POSTERIORI .......... 27

CHAPITRE 1 : FORCES ET FAIBLESSESDU DISPOSITIF DECONTROLE A POSTERIORI


.................................................................................................................................................. 28

SECTION 1 : LES FORCES DU CONTROLE A POSTERIORI ........................................... 28

Paragraphe 1 : Les prérogatives accordées aux organes de contrôle. ........................ 28

I. Le champ d’application ......................................................................................... 28

1) Les services contrôlés ......................................................................................... 28

2) Les personnes contrôlées .................................................................................... 29

3) La saisine de la justice par l’ASCE .................................................................... 29

II. Le pouvoir de réquisition ................................................................................... 30

Paragraphe 2 : Les méthodes d’interventions utilisées par les organes de contrôle .. 30

I. La règle de l’improviste ......................................................................................... 30

1) L’effet de surprise. ............................................................................................. 31

2) L’effet dissuasif................................................................................................... 31

II. La règle du rapport contradictoire .................................................................... 31

Paragraphe 3 : Contributions concrètes du contrôle a posteriori .............................. 32

I. L’aspect pédagogique des contrôles ...................................................................... 33

II. L’amélioration de la réglementation sur la gestion des finances publiques ..... 33

III. L’établissement de la situation des fonds spoliés .............................................. 34

SECTION 2 : LES FAIBLESSES DU CONTROLE A POSTERIORI ................................... 34

Paragraphe 1 : Les limites d’ordre organisationnel .................................................... 34


I. L’insuffisance des moyens d’actions ..................................................................... 34

1) Les moyens humains........................................................................................... 34

2) Les moyens matériels et financiers .................................................................... 35

II. La forte concentration des organes de contrôle ................................................ 36

Paragraphe 2 : Les limites d’ordre institutionnel ....................................................... 37

I. L’absence de pouvoir direct de sanction ............................................................... 37

1) L’inexploitation des rapports ............................................................................. 37

2) Les suites données aux rapports exploités ......................................................... 37

II. Les limites liées à la mise en œuvre des sanctions ............................................. 38

1) Les sanctions prévues ......................................................................................... 38

2) Les difficultés dans l’application des sanctions prises ...................................... 40

CHAPITRE 2 : PERSPECTIVES D’AMELIORATION DU CONTROLE ADMINISTRATIF A


POSTERIORI............................................................................................................................ 43

SECTION 1 : AU PLAN ORGANISATIONNEL .................................................................. 43

Paragraphe 1 : L’harmonisation des procédures de contrôle ..................................... 43

Paragraphe 2 : La déconcentration des organes de contrôle ...................................... 43

Paragraphe 3 : La dotation en moyens humains, matériels et financiers suffisants .. 44

SECTION 2 : AU PLAN INSTITUTIONNEL ....................................................................... 45

Paragraphe 1 : Renforcer notre système judiciaire pour une mise en application rapide
et effective des recommandations et des sanctions prévues. ....................................... 45

I. La relecture du code pénal .................................................................................... 45

II. Le renforcement de l’indépendance judiciaire .................................................. 46

Paragraphe 2 : La constitutionnalisation des organes de contrôle (cas de l’ASCE) : une


perspective pour une indépendance certaine des corps de contrôle ........................... 47

CONCLUSION ......................................................................................................................... 49

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