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Le Cerveau Et La Pensée: Le Nouvel Âge Des Sciences Cognitives

Le document présente un extrait d'un ouvrage coordonné par Jean-François Dortier sur le cerveau et la pensée, mettant en avant les sciences cognitives. Il aborde la complexité de la cognition, qui inclut des processus tels que la perception, la mémoire et le langage, et souligne l'interdisciplinarité des sciences cognitives. Le texte évoque également des contributions de divers experts dans le domaine et les différentes approches pour étudier la cognition humaine.

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Le Cerveau Et La Pensée: Le Nouvel Âge Des Sciences Cognitives

Le document présente un extrait d'un ouvrage coordonné par Jean-François Dortier sur le cerveau et la pensée, mettant en avant les sciences cognitives. Il aborde la complexité de la cognition, qui inclut des processus tels que la perception, la mémoire et le langage, et souligne l'interdisciplinarité des sciences cognitives. Le texte évoque également des contributions de divers experts dans le domaine et les différentes approches pour étudier la cognition humaine.

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Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

SOUS LA DIRECTION DE JEAN-FRANÇOIS DORTIER

Le cerveau
et la pensée
Le nouvel âge
des sciences cognitives

O
ouvrages de synthèse
Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

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Le cerveau
et la pensée

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www.scienceshumaines.com
http ://editions.scienceshumaines.com

Le présent ouvrage est l’édition entièrement revue et aug-


mentée du livre Le cerveau et la pensée, coordonné par
Jean-François Dortier (1re éd. 1998).

Diffusion : Seuil
Distribution : Volumen
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de
reproduire intégralement ou partiellement, par photocopie ou
tout autre moyen, le présent ouvrage sans autorisation de
l’éditeur ou du Centre français du droit de copie.

© Sciences Humaines Éditions, 2 011


38, rue Rantheaume
BP 256, 89004 Auxerre Cedex
Tel. : 03 86 72 07 00/Fax : 03 86 52 53 26
ISBN = 9782361061449
978-2-36106-010-7
Conception couverture et intérieur : Isabelle Mouton
Crédit photo couverture : © Christos Georghiou - Fotolia.com

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SOUS LA DIRECTION DE JEAN-FRANÇOIS DORTIER

Le cerveau
et la pensée
Le nouvel âge des sciences cognitives

O
ouvrages de synthèse

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Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

ONT CONTRIBUÉ À CET OUVRAGE

•฀ Christophe André : Médecin psychiatre à •฀ Catherine Fuchs : Directeur de recherche au


l’hôpital Sainte-Anne de Paris et enseignant à CNRS, laboratoire LaTTiCe, ENS-Ulm, et direc-
l’université Paris-Ouest. teur du programme Cognitique au ministère
de la Recherche (1999-2002).
•฀ Nathalie Bonnardel : Professeure de psycho-
logie cognitive et ergonomique à l’université •฀ Jacques Grégoire : Professeur de psycholo-
Aix-Marseille 1- Provence ; membre junior de gie à l’université catholique de Louvain.
l’Institut universitaire de France.
•฀ Douglas Hofstadter : College of Arts and
•฀ Claude Bonnet : Professeur honoraire de Sciences Distinguished Professor of Cognitive
psychologie cognitive expérimentale à l’uni- Science à l’Indiana University et Directeur
versité de Strasbourg. du Center for Research on Concepts and
Cognition.
•฀ Jerome Bruner : Psychologue américain.
Fondateur, en 1960 du Centre d’études cogni- •฀ Marc Jeannerod : Professeur d’université ; a
tives de Harvard. dirigé l’unité Vision et motricité de l’Inserm,
puis l’Institut des sciences cognitives.
•฀ Valérie Buron : Journaliste.
•฀ Nicolas Journet : Journaliste scientifique au
•฀ Jean-Paul Caverni : Professeur de psycholo-
magazine Sciences Humaines.
gie expérimentale à l’université Aix-Marseille
1-Provence. •฀ Annette Karmiloff-Smith : Professeure et
chef de l’Unité de développement cognitif de
•฀ Jean-Pierre Changeux : Professeur hono-
l’Institut pour la santé de l’enfant à Londres.
raire au Collège de France. A dirigé le
Laboratoire de neurobiologie moléculaire de •฀ Hugo Lagercrantz : Professor of Pediatrics,
l’Institut Pasteur. Karolinska Institute, Stockholm.
•฀ Georges Chapouthier : Neurobiologiste et •฀ Thomas Lepeltier : Philosophe, historien des
philosophe ; directeur de recherche CNRS au sciences ; enseigne à l’université d’Oxford.
Centre émotion-remédiation et réalité virtuelle. •฀ Jean-François Marmion : Journaliste scien-
•฀ Antonio Damasio : Professeur de neurologie tifique au magazine Sciences Humaines.
et de psychologie ; directeur de l’Institut pour •฀ Xavier Molénat : Journaliste scientifique au
l’étude neurologique de l’émotion et de la magazine Sciences Humaines.
créativité (University of Southern California).
•฀ Claire Petitmengin : Chercheuse en scien-
•฀ Jean Decety : Professeur Irving B. Harris de ces cognitives, maître de conférences à l’Ins-
psychologie et de psychiatrie à l’université de titut Télécom (TEM) et membre du Centre de
Chicago. Dirige la revue Social neuroscience. recherches en Épistémologie appliquée.
•฀ Stanislas Dehaene : Professeur de psycho- •฀ Joëlle Proust : Philosophe, directrice de
logie cognitive expérimentale au Collège de recherche au CNRS.
France. Directeur de l’unité de neuro-imagerie
cognitive Neurospin. •฀ Anne Reboul : Directrice de recherche,
Laboratoire sur le langage, le cerveau et la
•฀ Stéphane Desbrosses : Journaliste. cognition (L2c2, CNRS UMR5230).
•฀ Béatrice Desgranges : Directrice de recher-
•฀ Jean-Pierre Rossi : Professeur de psycholo-
che à l’Inserm (Institut de la longévité et du
gie cognitive à l’université Paris-Sud XI, direc-
vieillissement).
teur de LIMSI.
•฀ Jean-François Dortier : Fondateur et direc-
•฀ Emmanuel Sander : Professeur de psycho-
teur du magazine Sciences Humaines.
logie à l’université Paris 8 et responsable de
•฀ Valérie Doyère : Chercheuse au CNRS, étu- l’équipe « Compréhension, Raisonnement
die la reconsolidation de la mémoire. & Acquisitions des Connaissances » du
Laboratoire Paragraphe.
•฀ Alain Ehrenberg : Sociologue, directeur de
recherche au CNRS. •฀ Rui da Silva Neves : Professeur de psycholo-
gie cognitive à l’université Toulouse-II.
•฀ Pascal Engel : Professeur de philosophie
contemporaine, Université de Genève. •฀ Dan Sperber : Directeur émérite de recher-
che au CNRS ; directeur de l’International
•฀ Francis Eustache : Directeur d’études à
Cognition and Culture Institute ; professeur
l’École pratique des hautes études ; dirige
au département de philosophie de l’univer-
l’unité 923 de l’Inserm à l’université de Caen-
sité de Budapest.
Basse-Normandie.
•฀ Michel Fayol : Professeur des Universités à •฀ Hélène Vaillé : Journaliste.
l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. •฀ Achille Weinberg : Journaliste.

Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

INTRODUCTION

QUESTIONS
SUR LA PENSÉE

out le monde a fait cette expérience troublante. Vous

T êtes dans la rue ou au supermarché, vous croisez une


personne qui s’avance vers vous en souriant et vous
salue. Vous répondez poliment à son sourire, mais en cherchant
désespérément à la situer : « Je connais ce visage, mais où est-
ce que je l’ai vu ? Qui est-ce ? » Et, pendant quelques instants,
une petite panique intérieure vous gagne : « Dois-je m’arrêter ? Lui
demander des nouvelles ? » Vous voilà donc dans une situation
paradoxale : vous reconnaissez cette personne mais sans savoir
vraiment qui elle est. Ce souvenir déplaisant a une vertu, celle de
nous aider à répondre à la question : « Qu’est-ce que connaître ? »
Connaître une personne, c’est reconnaître son visage, mais
aussi savoir qui elle est (un vieux copain, un ancien collègue,
un voisin ou la boulangère), quel est son nom et peut-être plus
encore. Dans le cas de la personne connue/inconnue rencon-
trée en chemin, on voit bien que ces différentes couches de
connaissance peuvent se dissocier.
Connaître un visage, c’est d’abord identifier des formes
visuelles (une forme ovale, des yeux, une bouche, un nez), des
couleurs, et en déduire qu’il s’agit d’un visage humain. C’est
un premier niveau de connaissance. Puis, il faut reconnaître
ce visage parmi des milliers d’autres rencontrés au cours de
sa vie. Ce deuxième stade d’identification pose un sérieux pro-
blème aux gens qui souffrent de prosopagnosie – un trouble
spécifique de la cognition qui rend incapable de distinguer les
visages entre eux. Oliver Sacks a décrit un cas de prosopagno-
sie dans son livre L’Homme qui prenait sa femme pour un cha-
peau1. Une fois le visage distingué et identifié, reste encore à
1- Édition française, Seuil, coll. « Points », 1992.

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Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

LE CERVEAU ET LA PENSÉE

attribuer des connaissances associées (de qui s’agit-il ?). C’est


ce qui pose justement un problème dans les cas de rencontre
avec un inconnu connu… Mais je peux aussi me remémorer
tout à coup qui est cette personne (un ancien voisin !) sans me
souvenir de son nom, ce qui montre au passage que la pensée
et le langage ne coïncident pas toujours.

Qu’est-ce que connaître ?


La connaissance d’une chose ou d’une personne est une
construction progressive. Elle fait appel à plusieurs processus
superposés : la perception (les formes du visage), la mémoire
(le souvenir d’une personne), le langage (son nom).
L’acte de connaître – ou cognition – mobilise donc une série
de processus mentaux emboîtés les uns dans les autres, qui per-
mettent aux humains (mais aussi aux animaux ou à certaines
machines) de décrypter leur environnement et de résoudre des
problèmes de toutes formes. La « cognition », c’est la connais-
sance sous toutes ses formes : perception, apprentissage,
mémoire, langage, intelligence, attention, conscience… Et les
sciences cognitives sont les sciences qui se proposent d’étudier
la cognition (c’est-à-dire la connaissance au sens courant).

Les sciences cognitives : de quoi s’agit-il ?


Revenons à notre exemple de la reconnaissance d’un visage.
Il existe aujourd’hui des logiciels de reconnaissance automa-
tique des visages : la reconnaissance des formes est l’un des
domaines de l’intelligence artificielle (IA), une des disciplines
fondatrices des sciences cognitives.
Dans le cerveau humain, la reconnaissance des visages sol-
licite une aire cérébrale très spécialisée située à l’arrière du
cerveau (dans la zone dite occipitale) : c’est la lésion de cette
zone qui est à l’origine du trouble de prosopagnosie dont on
a parlé plus haut. L’étude des mécanismes cérébraux impli-
qués dans l’identification des visages relève des neurosciences
cognitives, autre discipline phare des sciences cognitives.
Les neurosciences sont dites « cognitives » car elles ne se
contentent pas de repérer les processus biologiques impliqués

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Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

INTRODUCTION

dans la cognition mais visent à dégager les liens entre structure


et fonctions. En étudiant les circuits impliqués dans la recon-
naissance des visages, on essaye de montrer que cette recon-
naissance ne mobilise pas uniquement des aires visuelles,
mais aussi la mémoire, le langage… Ainsi, les neurosciences
cherchent, avec leurs méthodes propres (IRM, étude des
lésions) à identifier les différents processus psychologiques
impliqués dans la reconnaissance des visages.
La psychologie est également une discipline centrale des
sciences cognitives. Les psychologues étudient par exemple
comment se met en place la reconnaissance des visages au
cours du développement de l’enfant : est-ce un mécanisme inné
ou acquis ? Comment évolue-t-il au cours du développement ?
La question de la reconnaissance des visages peut égale-
ment être abordée par la philosophie. Ainsi, les phénoménolo-
gues se proposent de décrire ce que serait l’épure (ou « l’idée
pure » si on veut) d’un visage humain indépendamment de tout
visage particulier.
On peut encore aborder l’étude des visages sous d’autres
angles d’approche. Un linguiste pourra essayer de repenser les
relations entre langage et pensée en s’interrogeant sur le fait
que l’on puisse reconnaître une personne sans se souvenir de
son nom.
Un anthropologue peut chercher à comprendre ce qu’il y
a d’universel et de particulier dans la façon dont les cultures
humaines se représentent les visages (visages naturels, visages
maquillés, masques).
Intelligence artificielle, neurosciences, psychologie, philo-
sophie, linguistique : les sciences cognitives sont nées dans
les années 1950 autour de ces cinq disciplines fondatrices.
Puis, le champ du cognitif s’est élargi à d’autres disciplines.
L’anthropologie cognitive (étude des universaux et de la
variété des formes culturelles), l’éthologie cognitive (étude de
la cognition animale), la sociologie cognitive (étude des pro-
cessus mentaux en situation sociale), l’économie cognitive
(étude des stratégies cognitives des agents économiques). Et
la liste n’est pas close.

9
LE CERVEAU ET LA PENSÉE

Quels sont les domaines étudiés


par les sciences cognitives ?
La cognition est un champ très vaste. Traditionnellement, la
psychologie s’est attelée à découper l’esprit en différentes facul-
tés : la perception, l’apprentissage, la mémoire, l’intelligence, la
conscience et le langage. Dans un premier temps, les sciences
cognitives ont réinvesti ces domaines en apportant leur regard
(paradigme) propre. Puis, à partir des années 1980, leur domaine
s’est élargi. Les émotions sont entrées dans le champ d’étude
quand on a commencé à considérer qu’elles n’étaient peut-être
pas un obstacle mais un support indispensable à l’intelligence.
Un autre domaine de recherche fertile actuellement est celui de
la motricité et de l’action. Marcher, courir, se mouvoir dans l’es-
pace, éviter les obstacles ou saisir un objet sont des formes de
cognition en acte. Agir ou se déplacer suppose de mobiliser des
représentations de l’environnement et des calculs sophistiqués
(souvent inconscients).
L’intelligence collective est un autre champ de recherche
actif en sciences cognitives. Car la cognition n’est pas qu’un
phénomène individuel. Les humains, comme les machines ou les
animaux (les fourmis ou les abeilles, par exemple) interagissent
entre eux pour penser, agir et tenter de résoudre des problèmes.

Quel genre de recherches mène-t-on ?


En 1965, le Hollandais Adriaan De Groot, chercheur en psycho-
logie et « maître » au jeu d’échecs, a réalisé l’expérience suivante.
Il présenta durant quelques secondes à des joueurs chevronnés
un échiquier où étaient placées plusieurs pièces, leur deman-
dant de se souvenir ensuite de leur position. À ce test, les très
bons joueurs – maîtres et grands maîtres – ont obtenu des résul-
tats bien supérieurs à ceux réalisés par des novices soumis à la
même épreuve. Quelques instants leur ont suffi pour mémoriser
la place de la presque totalité des pièces. Est-ce à dire que les
joueurs d’échecs ont une meilleure mémoire que les autres ? C’est
la conclusion qu’en a tirée A. De Groot. Selon lui, ce n’est pas la
capacité de projection (capacité à anticiper un nombre de coups
supérieur) qui caractérise le bon joueur, mais la grande maîtrise

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Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

INTRODUCTION

dans les configurations de jeu connues. Cela leur permet d’évo-


luer facilement en imaginant les phases de jeu successives.
En 1973, Herbert A. Simon, l’un des pères de l’intelligence
artificielle (IA), et le psychologue américain W. Chase ont renou-
velé l’expérience de A. De Groot, mais en changeant un peu
les données de départ. Cette fois les pièces étaient placées au
hasard sur l’échiquier (sans que cela corresponde à une posi-
tion de jeu comme dans le premier cas). Les maîtres d’échecs
n’ont alors pas eu de meilleurs résultats que les novices.
Conclusion ? Le bon joueur mémorise mieux les configurations
uniquement si elles correspondent pour lui à une position du
jeu. En bref, il mémorise parce qu’il peut interpréter ce qui se
passe. De cette simple expérience, on peut tirer une leçon plus
générale : la capacité de mémorisation est dépendante de l’or-
ganisation de la pensée et de la connaissance de « situations
caractéristiques ». Voilà un type de recherches que l’on peut
mener sur le fonctionnement de la pensée.
Autre exemple. L’étude des élèves qui souffrent de dyslexie
(trouble de la lecture) montre que beaucoup d’entre eux pré-
sentent un déficit phonologique : ils mélangent les « fa », « va »,
ou « co » et « go ». Est-ce dû à un problème d’audition ? Non : aux
tests auditifs, ces sujets ont des résultats tout à fait normaux.
Les causes de ce déficit phonologique restent donc à élucider.
De telles recherches existent par milliers. Elles visent à
résoudre des questions aussi différentes que : « La motivation
influence-t-elle la perception de l’environnement ? » ; « Quels
sont les liens entre langage et pensée ? ; « Comment le cerveau
contrôle-t-il les doigts du pianiste ? » ; ou encore « Quelles sont
les étapes que suit la pensée pour résoudre un problème de
mots croisés ? »

Comment travaille l’esprit humain ?


Emmanuel Kant l’avait déjà compris : le monde tel qu’on le
perçoit n’est pas un exact reflet de la réalité mais une recons-
truction mentale. Les données des sens sont filtrées et mises
en forme par des « schémas » cognitifs qui restructurent les
informations perçues et leur donnent sens. Dans les années
1920, les psychologues de la forme (Gestalt Theorie) avaient

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Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

LE CERVEAU ET LA PENSÉE

démontré expérimentalement cette idée à propos de la vision.


Les informations reçues du monde extérieur sont saisies dans
le cadre de « formes » préétablies, à travers lesquelles nous
percevons la réalité. Le réel ne nous apparaît pas tel qu’il est,
mais tel que nos sens, notre esprit, nous permettent de le voir.
Les sciences cognitives ont généralisé cette découverte. Le
cerveau, siège de la pensée, fonctionne comme un dispositif
de traitement de l’information. Cela signifie que le sujet pen-
sant ne se contente pas d’assimiler des données brutes de son
milieu. Penser, c’est toujours effectuer des tris et focaliser son
attention sur certaines données, puis les mettre en forme et les
assembler selon des modalités diverses (association, déduc-
tion, analogie). Cette perspective globale a donné lieu à de
multiples découvertes, qui ont à leur tour de multiples consé-
quences dans les domaines de la perception, de la mémoire, de
l’apprentissage.
Ce processus de reconstruction des données se situe à plu-
sieurs niveaux de la cognition : de la perception (qui est une
lecture du monde) à la mémoire (qui reconstruit les données),
et au raisonnement.
Dans le domaine des représentations collectives, les psy-
chologues sociaux ont analysé la façon dont notre vision de
la société et d’autrui est largement filtrée par des stéréotypes
qui nous rendent très sensibles à certains aspects de notre
milieu et tendent à éliminer les informations qui nous déplai-
sent. Nous ne voyons pas tous le monde de la même façon car
chacun y puise les données qui l’intéressent.

Comment l’humain fait-il pour décider, raisonner,


résoudre des problèmes ?
Face à de nombreux problèmes de la vie courante, l’être
humain utilise des stratégies mentales que l’on nomme « heu-
ristiques ». Par exemple, pour retrouver son portefeuille égaré,
on va commencer par chercher aux endroits les plus courants :
poches de vêtement, tables et tiroirs (heuristique n° 1). Si
cette stratégie échoue, on adopte alors une autre démarche :
elle consiste à essayer de se rappeler où on l’a utilisé pour la
dernière fois (heuristique n° 2). En désespoir de cause, si ces

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Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

INTRODUCTION

stratégies sont infructueuses, il va falloir passer la maison au


peigne fin : stratégie d’exploration plus systématique et plus
coûteuse mais plus fiable (heuristique n° 3).
La psychologie cognitive et l’IA essaient de découvrir de tels
algorithmes de résolution de problèmes (dans le domaine du
jeu d’échecs, du diagnostic médical, du choix de consommation,
etc.). Pour cela, on formalise les stratégies mentales sous formes
de programmes d’ordinateur, qui simulent les étapes et procé-
dures nécessaires pour réaliser des tâches. Puis on compare ces
programmes aux performances humaines, pour voir comment
s’y prend l’esprit humain pour résoudre des problèmes.
Paradoxalement, l’hypothèse initiale des théoriciens des
sciences cognitives, qui pensaient pouvoir traduire facilement
la pensée humaine sous forme de règles logiques, a buté sur
de rudes obstacles. Les stratégies mentales ne sont qu’en
partie réductibles à un ensemble de procédures logiques. Les
ressources dont dispose la pensée humaine pour penser sont
multiples : le raisonnement logique certes, mais aussi l’analo-
gie, la pertinence, la présomption, l’induction, l’abduction, les
routines mentales. Bref, l’humain a recours à une grande pano-
plie de stratégies, plus ou moins fiables mais irréductibles à un
modèle unique. On a parlé à ce propos de « polymorphisme du
raisonnement humain ». L’esprit humain est moins calculateur
et raisonneur qu’on ne l’avait cru. S’il dispose de « raison »,
celle-ci est faite d’un mariage entre ce que Pascal nommait
« l’esprit de finesse » et « l’esprit de géométrie ». Par ailleurs, on
découvre que les émotions orientent fortement la pensée pour
décider ce qu’il faut faire face à un environnement incertain.

Existe-t-il des théories générales de la pensée ?


Rappelons tout d’abord qu’une théorie n’est qu’un corpus
d’hypothèses que l’on projette sur la réalité pour lui donner du
sens. Puis souvenons-nous que les théories sont des construc-
tions humaines plus ou moins fiables et toujours perfectibles.
À partir de là, on peut distinguer trois types de théories.
1) Il y a d’abord le « paradigme » général des sciences cogni-
tives : on vient de le rencontrer à propos de la mémoire, de
la perception et du raisonnement. Il consiste à envisager la

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Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

LE CERVEAU ET LA PENSÉE

pensée comme un dispositif de « traitement de l’information »


où les informations sont soumises à différentes manipulations :
filtrage, mise en forme, combinaison. Ce paradigme n’est pas à
proprement parler une théorie, mais plutôt un point de vue
global sur le fonctionnement de la pensée. Cette perspective
qui consiste à « ouvrir la boîte noire » du cerveau/esprit pour
étudier les stratégies mentales, à adopter une approche des
phénomènes psychologiques à plusieurs niveaux (biologique,
psychologique, social) relève d’un projet scientifique général :
celui de dégager des lois universelles de la pensée. C’est le sou-
bassement intellectuel des sciences cognitives : ce que le phi-
losophe Michel Foucault appelait une « épistémè ».
2) Il existe ensuite des « paradigmes » qui forment une théo-
rie générale de la pensée, c’est-à-dire un modèle explicatif à
grande portée. Plusieurs paradigmes se sont succédé au cours
de l’histoire des sciences cognitives.
•฀Le฀modèle฀«฀computationnel฀»฀ou฀«฀symbolique฀»฀fut฀le฀modèle฀
de base des sciences cognitives. Ce paradigme prend pour
modèle le fonctionnement de l’ordinateur. Le cerveau serait
une sorte de « machine logique » qui traite les données sous
forme de symboles (ou « représentations ») en les combinant
entre elles à partir de programmes ou d’algorithmes compa-
rables à un programme informatique.
•฀Le฀modèle฀concurrent,฀appelé฀«฀connexionnisme฀»,฀envisage฀
le cerveau sur le modèle de la fourmilière. Il s’agirait d’un vaste
réseau composé d’unités élémentaires en interaction et qui
s’auto-organisent sans planification d’ensemble.
•฀Le฀modèle฀de฀la฀cognition฀«฀incarnée฀»฀ou฀de฀l’énaction฀vise฀
à expliquer la cognition humaine comme celle d’un organisme
vivant plongé dans un environnement et construisant des
représentations de son milieu afin d’agir sur lui.
•฀Le฀paradigme฀de฀la฀«฀cognition฀située฀»฀envisage฀la฀cognition฀
comme un système d’interaction entre agents ou entre homme
et machines.
•฀ Le฀ paradigme฀ évolutionniste฀ considère฀ le฀ cerveau฀ humain฀
comme un produit de l’évolution et les grandes fonctions cogni-
tives comme des processus adaptatifs destinés à résoudre des
problèmes de survie.

14
Extrait de la publication
INTRODUCTION

3) Il existe enfin un troisième niveau de conceptualisation


en sciences cognitives : les « théories locales ». Ce sont des
modèles de portée plus limitée, relatifs à un domaine particu-
lier : le langage, la mémoire, la perception, etc. Dans le domaine
de la lecture, par exemple, on peut citer la théorie dite de « la
double voie » selon laquelle le processus de décodage d’un
texte passe par deux canaux différents. Le premier canal,
appelé « accès direct », passe directement de la visualisation
du mot à sa compréhension. L’autre voie suppose une « média-
tion phonologique », c’est-à-dire une verbalisation intérieure
du mot (on « se parle » et on « s’entend » silencieusement en
lisant, et cette petite voix intérieure serait utile au décodage
des mots). Ces deux accès coopéreraient dans la lecture selon
le degré de familiarité avec les mots rencontrés.
Les sciences cognitives sont donc loin de former une
science unifiée autour d’un modèle de référence. Elles véhi-
culent même une pléiade de modèles, paradigmes, théories
de plus ou moins grande portée qui s’enchevêtrent entre eux
et servent de support aux recherches. La prolifération de ces
modèles a quelque chose de déroutant. Mais c’est une loi du
développement scientifique. La diversité des modèles explica-
tifs reflète la diversité des courants de pensée ainsi que celle
des phénomènes étudiés.

15
Extrait de la publication
Extrait de la publication
LES SCIENCES COGNITIVES
HISTOIRE, MODÈLES, DISCIPLINES

UNE HISTOIRE DES SCIENCES COGNITIVES

LES MODÈLES
•฀Les฀modèles฀des฀sciences฀cognitives฀(Jean-François฀Dortier)
•฀Le฀modèle฀symbolique฀de฀l’esprit฀(Achille฀Weinberg)
•฀Le฀connexionnisme฀(Rui฀da฀Silva฀Neves)
•฀La฀cognition฀incarnée฀(Achille฀Weinberg)
•฀La฀cognition฀située฀(Achille฀Weinberg)฀
•฀Le฀cerveau฀et฀l’héritage฀évolutif฀(Achille฀Weinberg)

PSYCHOLOGIES DE L’ACTIVITÉ MENTALE


•฀La฀montée฀en฀puissance฀de฀la฀psychologie฀cognitive฀฀ ฀
(Jean-François Dortier)
•฀Vers฀une฀science฀de฀la฀vie฀mentale฀฀ ฀ ฀ ฀
(Rencontre avec Stanislas Dehaene)
•฀De฀l’activité฀cérébrale฀à฀l’expérience฀vécue฀฀ ฀ ฀
(Claire Petitmengin)
•฀Pour฀une฀psychologie฀culturelle฀฀ ฀ ฀ ฀
(Entretien avec Jerome Bruner)

L’EMPIRE DES NEUROSCIENCES


•฀L’essor฀des฀neurosciences฀(Jean-François฀Dortier)
•฀La฀fabrication฀du฀cerveau฀(Hugo฀Lagercrantz)
•฀Le฀cerveau฀et฀la฀complexité฀฀฀ ฀ ฀ ฀
(Entretien avec Jean-Pierre Changeux)
•฀Plasticité฀cérébrale,฀de฀quoi฀parle-t-on฀?฀(Encadré)

17
LES SCIENCES COGNITIVES. HISTOIRE, MODÈLES, DISCIPLINES

DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE À L’INTELLIGENCE COLLECTIVE


•฀L’intelligence฀artiicielle.฀Espoirs฀et฀réalisations฀ ฀
(Jean-François Dortier)
•฀L’intelligence฀collective.฀Mythes฀et฀réalités฀฀ ฀ ฀
(Jean-François Dortier)
•฀Vers฀une฀intelligence฀cyborg฀(Stéphane฀Desbrosses)

LES SCIENCES DU LANGAGE ET LA COGNITION


•฀Quand฀la฀pensée฀façonne฀le฀langage฀(Jean-François฀Dortier)
•฀La฀cognition฀et฀le฀langage฀(Anne฀Reboul)
•฀Les฀langues,฀entre฀universalisme฀et฀relativisme฀฀ ฀
(Catherine Fuchs)

LA PHILOSOPHIE DE L’ESPRIT
•฀Qu’est-ce฀que฀la฀philosophie฀de฀l’esprit฀(Jean-François฀Dortier)
•฀Les฀expériences฀de฀pensée฀(Encadré)
•฀La฀cognition฀est-elle฀représentation฀?฀(Pascal฀Engel)

LE TOURNANT COGNITIF DES SCIENCES HUMAINES

Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

Une histoire des sciences cognitives

Les sciences cognitives ont une préhistoire qui remonte au


XVIIIe siècle
et au projet de décrire la pensée sous forme d’une machine
logique. Mais leur naissance officielle date des années 1950, dans le
sillage de l’invention de l’ordinateur. Puis, elles ont connu une ascen-
sion fulgurante qui a pris l’allure d’une révolution scientifique. Depuis
le début des années 2000, l’expansion de leur domaine se paie du
prix de leur diversification et le renouvellement permanent des para-
digmes marque l’éclatement du projet fondateur.

1700-1800 : Vers la formalisation de la pensée


C’était un vieux rêve de philosophe. Rapporter toutes les activités
de l’esprit humain à un petit nombre d’éléments : des « idées simples »,
des « règles élémentaires » qui gouvernent l’ensemble des produc-
tions mentales des humains. Découvrir quelques « atomes » de sens
qui permettraient ensuite de comprendre toutes les idées qui naissent
dans l’esprit des hommes, des opinions de l’homme de la rue aux pen-
sées les plus élaborées. Telle est l’optique des philosophes « ratio-
nalistes », comme René Descartes (1596-1650) ou Gottfried Wilhelm
Leibniz (1646-1716), qui s’opposent aux « empiristes », comme John
Locke (1632-1704) ou David Hume (1711-1776), pour qui la pensée se
construit à partir de la perception et d’expériences. Pour Descartes
au contraire, penser, c’est raisonner. Et la raison consiste à enchaî-
ner entre elles des idées simples selon les règles rigoureuses de la
logique. Pour Leibniz, penser, c’est calculer.

1845-1945 : Vers la pensée automatique


Le projet de formalisation de la pensée va aboutir en un siècle à
l’invention de l’ordinateur.
– Le projet d’une mécanisation de la pensée a commencé à prendre
forme au XIXe siècle. George Boole (1815-1864) invente le « calcul sym-
bolique », qui permet de traduire des opérations logiques comme
« ou », « et », « si… alors » en opérations mathématiques simples effec-
tuées sur les chiffres 0 et 1. G. Boole rêve de traduire toutes les opéra-
tions de l’esprit humain en une mathématique élémentaire : « Les lois
qu’il nous faut construire sont celles de l’esprit humain. »
– À la même époque, Charles Babbage (1791-1871) dessine les plans
d’une « machine analytique » capable de traiter des équations de type

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Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

LES SCIENCES COGNITIVES. HISTOIRE, MODÈLES, DISCIPLINES

« (a + b) x (c + d) » ou de calculer des logarithmes. Le travail des


premiers ordinateurs consiste à calculer, à résoudre des problèmes
algébriques ou logiques, à stocker, trier, classer des données (data)
en exécutant une suite d’instructions écrites sous forme d’un langage
symbolique (informatique). Voilà ce que l’on appelle « computer ».
L’invention de l’ordinateur résulte de la convergence de nom-
breuses découvertes : invention du calcul symbolique (G. Boole) ;
essor de l’électronique (qui permet la construction de mémoires),
du calcul numérique (les premières machines à calculer électriques
datent des années 1920) ; techniques de programmation (cartes per-
forées), etc. Deux innovations intellectuelles sont décisives :
– En 1936, le mathématicien anglais Alan M. Turing (1912-1954) ima-
gine un dispositif virtuel (machine de Turing) qui traduit tout pro-
blème mathématique humainement calculable sous forme d’une suite
d’opérations simples. Il invente ainsi le principe de l’algorithme, une
des bases de ce que sera l’informatique.
– John von Neumann (1903-1957), en associant le calcul analytique
(réalisé par les premiers supercalculateurs électroniques) et le prin-
cipe de l’algorithme (issu de la machine de Turing), jette les bases des
premiers véritables ordinateurs (dits d’« architecture von Neumann »).
Il n’existe pas à proprement parler de premier ordinateur (pas plus
qu’il n’existe de première voiture ou de premier avion). Dans les
années 1945-1950, on assiste à la transformation de supercalculateurs
en ordinateurs, par suite d’innovations continues. L’Eniac (acronyme
de l’expression anglaise Electronic Numerical Integrator Analyser
and Computer), « le dernier des grands calculateurs », selon Philippe
Breton, et le projet Edvac (Electronic Discrete Variable Automatic
Computer) sont des étapes qui aboutissent à la création des premiers
« vrais » ordinateurs comme l’Univac (Universal Automatic Computer)
ou l’IBM 701 (1951).

1860-1900 : Premières découvertes sur le cerveau


Au début du XIXe siècle, la phrénologie de Franz Josef Gall (1758-
1828) prétend connaître les instincts et les facultés intellectuelles des
hommes en observant la forme de leur crâne. Cette théorie n’a aucune
assise scientifique solide, mais l’idée de base n’est pas absurde : elle
suppose qu’il existe dans le cerveau des aires spécialisées, siège
d’aptitudes spécifiques. Dans les années 1860, Paul Broca (1824-
1880) localise le centre du langage dans le lobe temporal gauche. Carl
Wernicke (1848-1905) découvre qu’une forme d’aphasie est liée à une
lésion d’une zone voisine de l’aire de Broca. S’ensuit un débat pas-
sionné, vers la fin du XIXe siècle, entre « localisationnistes », pour qui

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Extrait distribué par Editions Sciences Humaines

TABLE DES MATIÈRES

•฀L’intelligence฀de฀l’enfant฀:฀nouveaux฀modèles฀(Hélène฀Vaillé)฀฀฀฀฀฀฀฀฀256
•฀À฀quoi฀pensent฀les฀oiseaux฀?฀(Jean-François฀Dortier)฀ 265

LES ÉMOTIONS
•฀Les฀émotions฀en฀questions฀(Jean-François฀Dortier)฀ 271
•฀Les฀émotions,฀source฀de฀la฀conscience฀(Antonio฀Damasio)฀ 278
•฀L’alchimie฀des฀émotions฀(Achille฀Weinberg)฀ 286
•฀Peut-on฀gérer฀ses฀émotions฀?฀(Christophe฀André)฀ 291

ACQUISITION ET PRODUCTION DU LANGAGE


•฀Comment฀s’acquiert฀le฀langage฀฀ ฀ ฀ ฀฀ ฀฀฀฀฀฀฀฀฀
(Annette et Kyra Karmiloff-Smith) 300
•฀Des฀idées฀aux฀mots฀(Michel฀Fayol)฀ 309
•฀À฀quoi฀ressemble฀notre฀dictionnaire฀mental฀?฀ ฀ ฀
(Jean-François Dortier) 318
•฀Lecture฀:฀des฀signes฀aux฀paysages฀mentaux฀฀ ฀ ฀
(Achille Weinberg ) 323

RAISONNEMENT, ANALOGIES, IMAGINATION


•฀Les฀formes฀du฀raisonnement฀(Achille฀Weinberg)฀ 330
•฀Les฀pièges฀de฀la฀raison฀(Jean-Paul฀Caverni)฀ 339
•฀Penser฀par฀analogie฀(Emmanuel฀Sander)฀ 345
•฀L’analogie฀au฀cœur฀de฀la฀pensée฀฀ ฀ ฀ ฀
(Entretien avec Douglas Hofstadter et Emmanuel Sander) 354
•฀Qu’est-ce฀que฀l’esprit฀créatif฀?฀(Encadré)฀ 359
•฀Émergence฀d’idées฀et฀innovations฀(Nathalie฀Bonnardel)฀ 362

DÉCISION, ACTION, VOLONTÉ


•฀Penser฀en฀action฀(Valérie฀Buron)฀ 368
•฀La฀main,฀l’action฀et฀la฀conscience฀฀ ฀ ฀ ฀
(Entretien avec Marc Jeannerod) 374
•฀Les฀mécanismes฀de฀la฀volonté฀(Joëlle฀Proust)฀ 383

CONSCIENCE ET INCONSCIENT COGNITIF


•฀Le฀réveil฀de฀la฀conscience฀(Jean-François฀Dortier)฀ 390
•฀Nos฀trois฀inconscients฀(Jean-François฀Dortier)฀ 397
•฀La฀conscience฀en฀laboratoire฀฀ ฀ ฀ ฀ ฀฀฀฀฀฀฀฀
(Entretien avec Stanislas Dehaene) 405

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ANNEXES

DES REPRÉSENTATIONS MENTALES AUX REPRÉSENTATIONS COLLECTIVES


•฀L’univers฀des฀représentations฀(Jean-François฀Dortier)฀ 411
•฀Les฀croyances฀collectives฀selon฀R.฀Boudon฀(Nicolas฀Journet)฀฀฀฀฀฀฀422
•฀Les฀mécanismes฀de฀la฀crédulité฀(Encadré)฀ 430
•฀À quoi servent les représentations sociales ?
(Jean-François Dortier) 431
•฀On฀ne฀connaît฀jamais฀seul฀!฀(Encadré)฀ 440

LE CERVEAU SOCIAL
•฀Le฀cerveau฀social,฀nouvel฀objet฀d’étude฀(Jean฀Decety)฀ 441
•฀La฀coniance฀est-elle฀naturelle฀?฀(Achille฀Weinberg)฀ 447
•฀Les฀chimères฀du฀cerveau฀social฀(Alain฀Ehrenberg)฀ 452

Annexes
•฀Lexique฀ ฀ ฀ ฀ ฀ ฀ 459
•฀Bibliographie฀ ฀ ฀ ฀ ฀ ฀ 466
•฀Index฀des฀notions฀ ฀ ฀ ฀ ฀ 470
•฀Index฀des฀noms฀propres฀ ฀ ฀ ฀ 475
•฀Table฀des฀matières฀ ฀ ฀ ฀ ฀ 477

Achevé d’imprimer en avril 2011


Par l’imprimerie Lannoo, Tielt, Belgique
Dépôt légal : deuxième trimestre 2011
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