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QACOMPOL

La communication politique est un outil stratégique utilisé par les gouvernants pour asseoir leur légitimité et influencer l'opinion publique, évoluant avec les médias modernes. Elle englobe divers aspects tels que la manipulation des discours, l'interaction entre les acteurs politiques, les journalistes et le public, et se concentre sur les thèmes de conflit idéologique. Dans le contexte actuel, la communication est devenue essentielle pour le fonctionnement de la démocratie de masse, reliant le pouvoir politique à l'électorat et vice versa.

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La communication politique est un outil stratégique utilisé par les gouvernants pour asseoir leur légitimité et influencer l'opinion publique, évoluant avec les médias modernes. Elle englobe divers aspects tels que la manipulation des discours, l'interaction entre les acteurs politiques, les journalistes et le public, et se concentre sur les thèmes de conflit idéologique. Dans le contexte actuel, la communication est devenue essentielle pour le fonctionnement de la démocratie de masse, reliant le pouvoir politique à l'électorat et vice versa.

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Questions approfondies de Communication politique

(Prof. Lino PUNGI)

0 Introduction générale
À toutes les époques de l'histoire, les gouvernants ont
utilisé la communication pour asseoir leur légitimité.
Qu'elle soit écrite ou parlée, la parole politique est un
instrument au service du pouvoir, elle en est le lieu
d'exercice privilégié. Ainsi, cette parole n'est jamais
employée de façon hasardeuse, son contenu et sa forme
sont toujours le produit d'un calcul stratégique dont le but
est de conquérir.
En partant de cette définition immuable dans le temps,
on comprend que c'est moins la communication politique
qui a évolué ces dernières décennies plutôt que les
conditions de son exercice. L'évolution des médias a
considérablement bouleversé l'usage du discours et son
champ d'action. La radio, la télévision puis les réseaux
sociaux ont successivement transformé la façon de diffuser
les messages politiques au point d'en altérer le contenu.
L'information en continu par exemple réduit fortement le
temps nécessaire à la politique pour réagir aux
évènements de manière réfléchie et proportionnée. Elle
suscite par ailleurs une proximité avec les hommes
politiques à l'origine d'une personnalisation de leur action,
phénomène que beaucoup considèrent, sans doute à
raison, comme une détérioration de "l'agir politique".
La Communication Politique a généralement pour
vocation d’aider à l’élection de la personne qu’elle sert
avant ou pendant une campagne électorale et à favoriser
le soutien de l’opinion publique lors de l’exercice d’un
mandat.
Son principal enjeu se situe dans la sélection des
thèmes et des problèmes sur lesquels se règlent les
affrontements idéologiques, puisque tous les discours
politiques n’entrent pas dans la communication politique.
Seuls en font partie ceux qui provoquent les affrontements
entre les trois dimensions de la démocratie : l’information,
la politique et la communication. Son principal enjeu reste
donc de faire adhérer l’opinion publique pour permettre la
décision, l’action politique.
Dans la conquête comme dans l’exercice du pouvoir, la
communication occupe aujourd’hui une place cruciale.
Chaînes d’information continue, réseaux sociaux, cotes de
popularité, emballements médiatiques et stratégies
d’influence des groupes de pression sont le nouvel horizon
de l’activité politique. Si l’éloquence et le maniement
ritualisé des symboles y sont toujours de mise. Bien
communiquer est devenu un impératif absolu dans les
sociétés de l’information, voire de la surinformation.
1 Définitions
Au départ, la communication politique a désigné
l’étude de la communication du gouvernement vers
l’électorat, puis l’échange des discours politiques entre la
majorité et l’opposition. Ensuite le domaine s’est élargi à
l’étude du rôle des médias dans la formation de l’opinion
publique, puis à l’influence des sondages sur la vie
politique. Aujourd’hui, elle englobe l’étude du rôle de la
communication dans la vie politique au sens large en
intégrant aussi bien les médias que les sondages, le
marketing politique et la publicité avec un intérêt
particulier pour les périodes électorales.
1.1 Définition 1
Une façon de définir la communication politique
consiste à voir en elle un ensemble de techniques au
service de la domination politique et donc de la réduire à
un rapport purement instrumental entre gouvernants et
gouvernés. Il s'agit alors des moyens de séduire, de
circonvenir l'opinion publique, de désinformer les citoyens
pour mieux assurer la direction des dirigeants.
Le même processus peut aussi résulter d'une
communication totalement dirigée, ou bien empêchée ou
bien encore détournée selon Claus Mueller. Dans le
premier cas, la manipulation et la censure servent à
légitimer la domination. Dans le deuxième cas, l'inégale
diffusion de la culture et de la compétence politique
bloque la participation démocratique du plus grand
nombre alors que la troisième possibilité, passant par la
réassurance symbolique des masses, permet la
maintenance du système et un pouvoir structuré au seul
profit de la ou des élites.
1.2 Définition 2
Une autre conception plus consensuelle inspire une
définition explicitement dépolitisée de la communication
politique assimilée à une circulation d'informations
permettant l'adéquation des gouvernants et des
gouvernés. Il s'agit avant tout de préserver l'équilibre du
système politique et de ne pas porter atteinte à la
distribution des ressources qu'il organise.
1.3 Définition 3
Une conception compétitive fait droit à la diversité des
acteurs impliqués et ouvre la définition sur de nouveaux
objectifs qui peuvent être clairement polémiques, voire
agonistiques. Pour Blumler, la communication politique
correspond à « une compétition pour influencer et
contrôler, grâce aux principaux médias, les perceptions
publiques des événements politiques majeurs et des [...]
1.4 Définition 4
J. Gerstlé met en avant le caractère multidimensionnel
de la communication politique qui se définit par 3
dimensions :
 Une dimension pragmatique c’est-à-dire l’ensemble
des pratiques de communication effectuées.
 Une dimension symbolique c’est-à-dire la
manipulation des symboles usant à comporter la
conviction des destinataires des messages formulés.
 Une dimension structurelle c’est-à-dire les canaux
institutionnels, organisationnels, médiatiques et
interpersonnels dans le cadre desquels la
communication politique se développe.
Pour Gerstlé, la communication politique est
l’ensemble de tous les efforts accomplis par ceux qui
cherche à faire adhérer, soit en le rendant acceptable par
la discussion (négociation, délibération, etc.) à de
perception public qu’orientent les préférés.
A la limite, la communication politique désigne toute
communication qui a pour objet la politique !... Cette
définition, trop extensive, a cependant l’avantage de
prendre en compte les deux grandes caractéristiques de la
politique contemporaine, à savoir l’élargissement de la
sphère politique et la place croissante accordée à la
communication, avec le poids des médias et de l’opinion
publique à travers des sondages.
1.5 Définition 5
Pour Jacques Séguéla, la communication
politique désigne l’ensemble des techniques permettant de
favoriser le soutien de l’opinion publique lors de l’exercice
d’un mandat ou de la conquête du pouvoir. De nos jours,
elle est devenue omniprésente, certains auteurs tels que
Philippe Breton et Serge Proulx n’hésitant pas à intituler
leur livre introduisant à cette discipline : L’explosion de la
communication (1989).
1.6 Définition 6
D.Wolton propose une définition plus restrictive. La
communication politique est « l’espace où s’échangent les
discours contradictoires des trois acteurs qui ont la
légitimité à s’exprimer publiquement sur la politique et
qui sont les hommes politiques, les journalistes et l’opinion
publique à travers des sondages ». Cette définition insiste
sur l’idée d’interaction de discours tenus par des acteurs
qui n’ont ni le même statut ni la même légitimité mais qui,
de par leurs positions respectives dans l’Espace Public,
constituent en réalité la condition de fonctionnement de la
démocratie de masse.
En ce sens, précise D.Wolton, la communication
politique est un lieu d'affrontement des discours qui
portent sur la politique et dont l'enjeu est la maîtrise de
l'interprétation politique de la situation. Cette définition
insiste sur l'idée d'interaction de discours contradictoires
tenus par des acteurs qui n'ont ni le même statut, ni la
même légitimité, mais qui de par leurs positions
respectives dans l'espace public constituent en réalité la
condition de fonctionnement de la démocratie de masse.
(...)
Cette définition restrictive de la communication
politique limitée à l'échange du discours des trois acteurs
autorisés à s'exprimer sur tous les domaines de la
politique permet de comprendre ce qui la distingue d'un
autre espace d'échange fondamental à la démocratie, mais
beaucoup plus vaste qu'est l'espace public. Celui-ci est
consubstantiel à l'existence de la démocratie. Son principe
d'organisation est lié à la liberté d'expression et s'il
contient les thèmes politiques, il en contient bien d'autres
puisqu'il est d'abord le lieu d'expression et d'échange de
tout ce qui concerne la chose publique. La formule
« rendre public » exprime bien la dimension de publicité
au sens strict qui accompagne la référence à l'espace
public.
On rend public ce que l'on veut communiquer à
l'espace public, ce qui caractérise bien l'espace public : un
espace ouvert où s'expriment tous ceux qui s'autorisent à
parler publiquement, donc à assurer une certaine publicité
et médiation à leur discours. Ce sont d'ailleurs les
contraintes liées à la démocratie de masse qui ont obligé à
délimiter un espace beaucoup plus restreint, celui de la
communication politique. L'espace public est plus large,
ouvert par principe à tous ceux qui s'autorisent à s'y
exprimer publiquement et dépasse donc largement le
champ de la communication politique. Il n'est pas
sanctionné par l'élection
Cette définition présente cinq avantages1.
1. Premier avantage, elle élargit la perspective
traditionnelle. La plupart des travaux étudient
1
Wolton, D., « Les médias, maillon faible de la communication
politique », Hermès, no 4, 1989, p. 1.
l'influence des médias ou des sondages, ou celle des
hommes politiques, parfois les relations deux à deux,
mais très rarement les relations entre les trois. Ici, au
contraire, l'interaction constituée par la circulation
simultanée des discours des hommes politiques, des
sondages et des médias est d'emblée l'objet de la
définition. Les trois discours font système dans la
réalité, au sens où ils se répondent, mais aussi parce
qu'ils représentent les trois légitimités de la
démocratie, la politique, l'information, la
communication. C'est leur interaction qui est
constitutive de la communication politique, celle-ci
étant définie moins comme un espace de
« communication » que comme un espace de
« confrontation » de points de vue contradictoires.
C'est pour cela qu'elle ne comprend qu'un nombre
limité d'acteurs, ceux qui ont légitimité à s'exprimer, et
qu'elle est consubstantielle à une logique d'interaction.
C'est aussi en ce sens qu'elle est différente de ce que l'on
appelle le débat politique, fort important en démocratie,
mais qui réunit le discours des acteurs politiques au sens
strict. Il y a en outre dans l'idée de communication
politique, celle du heurt ou de confrontation de plusieurs
légitimités et la sanction que représ ente l'horizon de
l'élection par rapport auquel s'ordonnent les discours.
Cette double contrainte lui donne un statut différent de
celui du débat politique.
2. Le second avantage de cette définition est de souligner
l'originalité de la communication politique : gérer les
trois dimensions contradictoires et complémentaires de
la démocratie de masse, la politique, l'information et la
communication. La démocratie de masse est en effet
inséparable de ces trois caractéristiques :
l'élargissement du poids de la politique avec le nombre
plus grand des problèmes traités au plan politique et le
plus grand nombre d'acteurs impliqués avec le suffrage
universel égalitaire ; l'existence de médias de masse
pour informer le grand nombre grâce notamment à la
radio et à la télévision ; la nécessité de connaître l'état
de l'opinion publique dans ses revendications et ses
réactions à l'action des hommes politiques. L'originalité
et l'intérêt de la communication politique est d'être ce
lieu d'expression et d'affrontement des légitimités
constitutives et contradictoires, de la démocratie de
masse. C'est en ce sens qu'elle est une réalité nouvelle,
tant au plan fonctionnel que théorique.
Les trois légitimités constitutives de la communication
politique ne sont pas apparues ensemble, c'est la politique
et l'information, qui se sont développées d'abord à partir
19ème siècle, la bataille pour le suffrage universel étant
inséparable de celle pour la liberté de l'expression et de
l'information. Par contre, l'opinion publique et la
communication sont beaucoup plus récentes.
Pour D. Wolton, dans la communication, tout le monde
est à la fois trompeur et trompé. D’où, la théorie de la
double hélice de la communication. Selon lui, la
communication recouvre deux aspects indissociables :
Un aspect normatif : l’idéal est que chacun se fait de la
communication (une meilleure compréhension, échange,
partage, etc.) La communication normative : une
communication de fond ou l’importation égale à la
compréhension mutuelle.
L’aspect fonctionnel : la communication directement
qui sert à l’interaction des individus, les uns avec les
autres. La communication flexible une communication de
forme dont le but égale à l’efficacité du moyen.
Ces deux aspects doivent prendre en compte ce qu’on
réfléchit sur la communication.
3. Le troisième avantage de cette définition est de
rappeler que tous les discours politiques du moment ne
sont pas dans la communication politique. Seuls y
figurent ceux qui font l'objet de conflits et de
polémiques. La communication politique est l'espace où
s'affrontent les politiques contradictoires du moment, ce
qui signifie que le contenu de cette communication
politique varie dans le temps. Chacun voit bien comment
les thèmes du chômage, de l'éducation, de l'immigration,
de l'écologie, de l'indépendance nationale, de la
régionalisation... n'occupent pas la même place
conflictuelle au long des années. Le contenu
contradictoire de ce qui s'échange à deux sens. Au sens
classique des positions politiques de gauche, de droite,
conservatrices, progressistes... mais également au sens
où les hommes politiques, journalistes, instituts de
sondages expriment de par leur position dans la réalité
et la légitimité de leur discours, une interprétation
différente de la réalité politique.
4. Le quatrième avantage est de revaloriser la politique
par rapport à la communication, ou plutôt de montrer
que les deux sont aujourd'hui intrinsèquement liées tout
en conservant des différences radicales. La
communication n'a pas « digéré » la politique car c'est
plutôt la politique qui se joue aujourd'hui sur un mode
communicationnel. Pourquoi la communication est-elle
devenue en un demi-siècle un des problèmes essentiels ?
Parce qu'elle est une conséquence de la démocratisation
en ce sens que le suffrage universel et l'élévation du
niveau de vie obligent à la prise en compte des
aspirations d'un nombre de plus en plus grand de
citoyens. Il n'est donc plus possible de gouverner sans
« rétroviseur », c'est-à-dire en ignorant ce que souhaite
l'opinion publique, et les sondages sont les rétroviseurs
de l'opinion publique. La communication est donc
indispensable au fonctionnement de la démocratie de
masse dans le sens « descendant », du pouvoir politique
à l'électorat par l'intermédiaire des médias, et
« ascendant », de l'opinion publique aux hommes
politiques, par l'intermédiaire des sondages.
Il y a donc deux causes différentes à la place plus
grande accordée à la communication. D'une part, la
croissance des médias, liée au modèle démocratique et
aux nécessités de fonctionnement de la société de masse,
d'autre part, l'apparition d'une communication avec
l'opinion publique par l'intermédiaire des sondages. C'est
d'ailleurs cette croissance de la communication qui aboutit
à une disjonction de la communication en deux sens
différents, indispensables à maintenir pour le
fonctionnement de la communication politique et de la
démocratie de masse. Il y a d'une part une logique de
l'information qui est fonda
*mentalement celle de la presse et d'autre part une
logique de la communication liée à l'opinion publique et
aux sondages. Le tronc commun est connu, mais les
différences sont de plus en plus grandes au fur et à
mesure du développement de la démocratie de masse.
5. Cinquième avantage : c’est de montrer que le public
n'est pas absent de cette interaction. La communication
politique n'est pas seulement l'échange des discours de
« la classe politique et médiatique », mais l'on y trouve
également une présence réelle de l'opinion publique
par l'intermédiaire des sondages. L'opinion publique est
ainsi partie prenante, non seulement parce que les
discours s'échangent devant elle, mais aussi parce que
les sondages apportent des éléments d'information aux
différents acteurs, modifiant en partie leurs discours.
Certes, le public et le corps électoral ne sont pas
équivalents à l'opinion publique et chacun fait la
différence entre les deux tant d'un point de vue
pratique que théorique, mais il n'empêche que dans la
tradition démocratique, il est admis que l'opinion
publique est une figure temporaire et imparfaite du
corps électoral. (...)
Limites du concept de communication politique
D. Wolton pense que la communication politique est un
changement aussi important dans l'ordre de la politique
que les médias de masse l'ont été dans celui de
l'information et les sondages, dans celui de l'opinion
publique. La communication politique traduit l'importance
de la communication dans la politique, non pas au sens
d'une disparition de l'affrontement, mais au contraire au
sens où l'affrontement qui est le propre de la politique se
fait aujourd'hui dans les démocraties, sur le mode
communicationnel, c'est-à-dire finalement en
reconnaissant « l'autre ».
Cependant, le concept de communication politique est
confronté à deux limites :
D’une part, les rapports entre expression et action ;
La part croissante que prend la logique représentative
comme moyen de réguler les flots de communication
nombreux et hétérogènes d’autre part.
Ces deux limites sont directement liées au concept
d’égalité des opinions au sein de la communication
politique. Il est évident que sans ces deux conditions
théoriques (le droit à l’expression et l’égalité) le modèle
démocratique ne serait pas confronté à ces limites. Il faut
donc être prudent dans l’analyse et la critique, et bien
garder à l’esprit qu’il s’agit des contradictions d’un tout
petit nombre de démocraties dans le monde. Celles qui
bénéficient de toutes les libertés.
Ce sont les seules qui, pour la première fois dans
l’histoire, reconnaissent le droit à l’expression et l’égalité
des opinions. Les dérives, erreurs et limites du
fonctionnement de l’Espace Public, et de la
communication politique, ne doivent donc pas faire oublier
leur caractère récent, et le fait qu’elles sont liées à des
situations éminemment favorables, dans l’histoire
politique. La communication politique reste le « moteur »
de l’Espace Public.
L'émergence de la communication politique comme
phénomène important est tout simplement l'aboutissement
du double processus de démocratisation et de
communication commencé il y a deux siècles, assurant la
transcription de l'idéal politique démocratique du 19ème
siècle dans un espace public élargi où les différents
partenaires ont un statut légitime. Car le grand problème
depuis deux siècles a été, non seulement de faire admettre
le modèle démocratique, mais aussi de l'adapter à une
société radicalement différente de celle dans laquelle il
avait été pensé. Ce modèle bien que lié au vote et au droit
d'expression était d'abord conçu dans une société
inégalitaire, et peu nombreuse, très différente de la
société de masse qui s'est dessinée au XXème siècle
dominée par le poids du grand nombre, des médias et
progressivement de l'opinion publique devenue force
autonome.
La communication politique nous apparaît donc
exactement comme le contraire d'une dégradation de la
politique, mais comme la condition du fonctionnement de
notre espace public élargi (Cayrol, 1986 ; Ferry, 1987 ;
Habermas, 1987 ; Missika et Wolton, 1983)
Les techniciens, les technocrates et les experts,
s'expriment dans l'espace public comme d'ailleurs les
intellectuels dont l'adresse est plus large que celle des
techniciens. En réalité, si tout le monde, n'a pas accès à
l'espace public, ceux qui d'une manière ou d'une autre
peuvent s'y exprimer, en partie ou totalement, sont
nombreux. Il n'y a donc pas de recouvrement de la
communication politique et de l'espace public. La
communication politique est plus limitée et plus contrainte
que l'espace public. (...)
1.7 Processus voisins

1.7.1 Propagande
La propagande correspond à un besoin de l’individu
moderne. Et ce besoin crée en lui un besoin de
propagande. L'individu est placé dans une situation telle
qu'il a besoin d'un adjuvant extérieur pour faire face à sa
propagande.»
La propagande a des origines tout autres puisque le
terme a été utilisé pour la première fois dans le contexte
religieux : congregatio de propaganda fide (congrégation
pour la propagation de la foi), instituée le 22 juin 1622 par
le pape Gregoire XV pour « répandre la religion catholique
et diriger toutes les missions » (Breton, 1997 : 69).
Selon Larousse, la propagande est : « une action
systématique exercée sur l’opinion pour faire accepter
certaines idées ou doctrines, notamment dans le domaine
politique, social, etc. » (Le Petit Larousse (1995 : 829).
Peut-être que cette autre approche, pourtant historique,
rappelle l’origine « religieuse » du terme : « La
propagande applique les techniques de la foi collective et
vise à la socialisation des doctrines politiques et des
idéologies » (Delporte, 2003 : 3).
Dans le champ politique et citons le point de vue du
politologue Jacques Gerstlé qui rappelle que « dès 1927,
Lasswell publie un ouvrage sur les techniques de
propagande pendant la 1ère guerre mondiale.
Il la définit comme le management des attitudes
collectives par la manipulation des symboles assez proche
de certaines définitions actuelles de la communication
politique » (Gerstlé, 2004 : 30), Lasswell ayant été un
spécialiste américain reconnu des relations entre la
communication et la politique. Même si cette notion de
propagande semble avoir aujourd’hui une certaine
connotation négative, Philippe Breton, nous rappelle que
ce terme « n’est devenu péjoratif que depuis peu ».
Pour illustrer ses propos, il cite l’œuvre de Serge
Tchakholine, Le viol des foules par la propagande
politique (1952), dans lequel l’auteur regrette que les
méthodes de la propagande « aient été insuffisamment
utilisées ‘pour la bonne cause démocratique’ » (Breton,
1997 : 70).
En d’autres termes, même si, dans l’opinion, ce terme
de propagande semble le plus souvent associé à des
actions menées par des régimes non démocratiques ou
pendant des périodes troubles puisque, selon certains, elle
« (…) s’appliquait à entretenir le rapport inégalitaire entre
les acteurs politiques et la masse par le caractère
unilatéral du message (…) » (Delporte, 2006 : 30), il
semblerait qu’il puisse également être associé à l’activité
politique classique d’une démocratie.
1.7.2 La Persuasion Politique :
Souvent confondue avec la « propagande », la
persuasion politique moderne repose avant tout sur une
plateforme et un candidat dont le positionnement
correspond à des objectifs précis et préétablis.
Les mécanismes de la persuasion politique destinés à
obtenir une attitude ou un changement d’attitude se
divisent en trois groupes de processus :
 Les processus automatiques reposant sur la mémoire
et les réflexes mentaux ou répétitifs (ex. : slogan) ;
 Les processus rationnels fondés sur le raisonnement
intellectuel (proposition, démonstration, bénéfice) ;
 Les processus suggestifs, totalement subjectifs,
reposant sur les motivations profondes de l’électeur
(on fait ainsi appel à des images et à des symboles).
1.7.3 Publicité politique
Formes de publicité politique

Selon le politologue Roger MUCCHELLI 2, dans son


ouvrage « Psychologie de la publicité et de la propagande
», distingue plusieurs formes de publicités politiques :
1) La Publicité d’expansion et de recrutement ; celle qui
a pour objectif de faire connaitre les idées d’un
candidat ou d’un mouvement politique. Le but est de
convertir les non- informés et les hésitants à la cause
d’un parti politique ou d’un leadeur politique dont
l’objectif final est la prise de pouvoir. Cette forme de
publicité repose sur une préparation scientifique des
campagnes électorales. Il s’agit pour l’expert
d’identifier le langage qu’utilise le public, connaitre
ses préoccupations, ses motivations et ses craintes,
mais aussi de déterminer l’image que l’opinion
publique se fait des différents candidats et partis.
2) La Publicité politique d’agitation est surtout utilisée
par les groupes extrémistes et minoritaires. Elle
repose essentiellement sur l’exploitation des
insatisfactions collectives, d’événements ponctuels et
sur une répression provoquée volontairement.
3) La Publicité Politique d’intégration sert à modeler les
opinions, les attitudes et les comportements des
certaines strates de l’opinion publique. Son objectif
est de créer l’unanimité, le conformisme et
l’acculturation de toute une couche de la population.
Le Contenu de la Publicité Politique :
La recherche des arguments destinés à déclencher
l’adhésion de l’électeur se fait toujours sur deux plans : En
effet, la sélection des arguments se fait aussi bien selon
des critères objectifs que subjectifs. Il s’agit surtout de
faire ressortir les aspects positifs spécifiques au candidat
en question auprès de l’opinion publique. Il est important
de connaitre avant le comportement psychosociologique
de l’électeur, cette connaissance doit être aussi

2
Roger MUCCHELLI, Psychologie de la Publicité et de la Propagande Ed. Paris Entreprise moderne d’édition :
Librairie Techniques : Ed. ESF, 1972
directement opérationnelle, traduisible en termes de
décisions à prendre quant au contenu de la publicité
politique.
Les véhicules de la publicité politique :
Les moyens d’information et de communication de
masse jouent un rôle de tout premier plan dans la vie des
sociétés contemporaines, démocratiques ou totalitaires, au
point de parler de « quatrième pouvoir ». Les débats quant
à la relation politique mass média tournent au tour de
deux pôles : d’une part le pôle relatif à l’indépendance ou
à la dépendance des médias à l’égard de l’Etat en tant que
pouvoirs officieux ; d’autre part, le pôle relatif à l’influence
de ces médias sur les opinions, attitudes et comportement
des citoyens, des individus, leurs publics.
1.7.4 Marketing politique
Le Marketing, qui est une technique mais aussi une
démarche nouvelle, mis au service de la science politique,
suppose la mise en œuvre et la coordination d’un faisceau
d’activités toutes tournées vers les forces de persuasion de
l’utilisateur : le marketing intégré, plus connu sous le
terme de marketing mix, se découpe en un marketing de
positionnement (analyse de marché, politique de produit,
politique de prix), et un marketing de communication
(canaux de distribution, promotion, publicité, relations
publiques, et forces de ventes).
La démarche du marketing peut offrir au monde
politique une analyse systématique des mouvements
d’opinion, une adéquation rationnelle des décisions
politiques aux aspirations des agents économiques et des
partenaires sociaux et enfin une information efficace des
citoyens sur les solutions proposées.
2 Caractéristique de la communication politique
La communication politique est un processus
indispensable à l'espace politique contemporain en
permettant la confrontation des discours politiques
caractéristiques de la politique : l'idéologie et l'action pour
les hommes politiques, l'information pour les journalistes,
la communication pour l'opinion publique et les sondages.
Ces trois discours sont en tension permanente car chacun
détient une partie de la légitimité politique démocratique
et peut donc prétendre interpréter la réalité politique du
moment en excluant l'autre. Le caractère antagonique de
chacun de ces trois discours résulte du fait qu'ils n'ont pas
le même rapport à la légitimité, à la politique et à la
communication.
Pour les hommes politiques, la légitimité résulte de
l'élection. La politique est leur raison d'être, avec une
méfiance certaine pour l'événement – toujours
perturbateur d'un calendrier – et une préférence pour les
idéologies organisatrices de la réalité. La communication
est surtout assimilée à une stratégie de conviction pour
faire adhérer les autres, hommes politiques, journalistes
ou électorat.
Pour les journalistes, au contraire, la légitimité est liée
à l'information qui a un statut évidemment fragile puisqu'il
s'agit d'une valeur, certes essentielle, mais contournable
qui autorise à faire le récit des événements et à exercer un
certain droit de critique. Ils observent et relatent les faits
de la politique sans jamais pouvoir eux-mêmes en faire. Ils
sont les « face à face » des hommes politiques.
Pour les sondages, « représentants » de l'opinion
publique, la légitimité est d'ordre scientifique et
technique. L'objectif est de refléter au mieux une réalité
qui n'a d'existence objective qu'au travers de la
construction qu'ils en font. La politique constitue la
principale cause de leur succès pour l'anticipation qu'ils
apportent parfois aux comportements du corps électoral.
2.1 Rôle et fonctions
Le rôle essentiel de la communication politique est
d'éviter le renfermement du débat politique sur lui-même
en intégrant les thèmes de toute nature qui deviennent un
enjeu politique et en facilitant ce processus permanent de
sélection, hiérarchisation, élimination, elle apporte la
souplesse nécessaire au système politique. Ce va-et-vient
entre les thèmes de la communication politique qui
entrent et ceux qui sortent se fait sans rationalité et de
manière inévitablement arbitraire, dépendant en réalité
des rapports de force au jour le jour. (...)
La communication politique assure trois fonctions.
1) Elle contribue à identifier les problèmes nouveaux qui
surgissent, les hommes politiques et les médias
jouant ici un rôle essentiel.
2) Elle favorise l’intégration de ces hommes politiques
dans les débats politiques du moment en leur
assurant une sorte de légitimité. Le rôle des sondages
et des hommes politiques est ici sensible.
3) Elle facilite l'exclusion de thèmes qui ne sont plus
l'objet de conflits ou sur lesquels un consensus
temporaire existe. Là aussi, le rôle des médias est
important par la place qu'ils accordent aux thèmes
débattus sur la place publique.
En période électorale, la communication politique est
en tous cas le plus souvent dominée par une logique de
sondages, même si évidemment, l'enjeu n'est pas au plan
de l'opinion publique mais à celui de l'électorat. Par
contre, en situation normale, entre deux élections, la
communication politique est surtout animée par les
médias qui jouent au mieux leur rôle en faisant remonter
les événements et les problèmes qui ne sont pas vus par le
milieu politique. Les médias assurent ainsi une fonction de
« veille démocratique » devenant en quelque sorte le
cordon ombilical qui relie la classe politique
inévitablement refermée sur elle-même au reste de la
société. Certes, les hommes politiques sont des élus en
contact permanent avec les circonscriptions, mais le jeu
politique et l'exercice du pouvoir imposent souvent leurs
règles entre deux élections. Les médias, en informant,
sont en réalité les principaux facteurs d'animation et de
renouvellement d'une communication politique qui tend
naturellement à se refermer sur elle-même.
En situation de crise politique intérieure ou extérieure,
l'équilibre de la communication politique est encore
différent, dominé par la *prééminence des hommes
politiques. L'urgence de la situation, l'importance de
l'action et des décisions à prendre mettent l'homme
politique au centre de la communication politique. Le
rythme des événements et leur caractère inattendu
diminue momentanément le rôle de l'opinion publique et
l'intérêt des sondages, car la responsabilité des acteurs
dans de telles situations est rarement d'agir en fonction de
l'opinion publique. Si dans de telles situations les hommes
politiques n'assurent pas cette maîtrise de la
communication politique, le risque est que ce soient les
médias qui le fassent, comme on le voit souvent en
situation de crise&
2.2 Repères théoriques
La communication politique nécessite une approche
pluridisciplinaire : la Sociologie des professions (des
journalistes et des rédactions par exemple), la Science
Politique (pour les stratégies de marketing électoral, les
questions de l’opinion publique ou la propagande),
l’anthropologie et la sémiologie (pour la communication
symbolique), les sciences cognitives et la sociologie des
médias (pour l’étude des impacts et de la réception), la
linguistique (pour la rhétorique et l’argumentation), les
sciences de l’information et de la communication (pour les
médiations dans l’espace public, par exemple), sont autant
de disciplines qui ont une pierre à apporter à la
compréhension des processus de communication politique.
La communication politique peut être abordée sous un
angle tant théorique que pratique. Le plus souvent, les
auteurs qui traitent de cette discipline ne s’intéressent
qu’à un seul de ces deux aspects et généralement en ne se
penchant que sur un nombre restreint de concepts ou de
pratiques. Parcourons quelques auteurs
2.2.1 Selon Jacques Gerstlé
Dans La communication politique (2004), Jacques
Gerstlé souligne que la communication politique est un
objet flou qui peut donner lieu à quatre conceptions
différentes :
1) Une conception instrumentale : la communication
politique renvoie à l’ensemble des techniques
auxquelles recourent les responsables politiques pour
séduire et gérer l’opinion publique (Cayrol, Ramonet,
Riutort). Pour Gerstlé, cette conception réduit la
politique à une technique et la communication à la
manipulation ;
2) Une conception œcuménique : l’enjeu est alors la
transmission de l’information entre les acteurs
politiques, les médias d’information et le public
(Wolton). Cette conception tend à éluder le rapport de
domination entre gouvernant et gouverné, et sous-
estime l’échange d’autres biens que l’information,
notamment les biens symboliques tels que les images,
les représentations ou les préférences ;
3) Une conception compétitive : il s’agit d’influencer et
de contrôler, au moyen des médias, les perceptions
publiques des évènements politiques majeurs et des
enjeux (Blumler). Cette définition met en lumière la
dimension de lutte et de concurrence, et souligne
également le rôle central du symbolique dans les
processus politiques ;
4) Une conception délibérative : la communication
politique est consubstantielle à la démocratie. Une
démocratie est possible grâce à la discussion et au
débat collectif. Tous les citoyens sont appelés à
formuler des raisonnements et à participer à la
formation des choix politiques (Habermas, Barber,
Cohen).
Jacques Gerstlé met ensuite en avant le caractère
multidimensionnel de la communication politique qui se
définit par trois dimensions :
1) Une dimension pragmatique : c’est un ensemble
de pratiques de communication effectives ;
2) Une dimension symbolique : c’est aussi la
manipulation de symboles visant à emporter la
conviction des destinataires des divers messages
formules ;
3) Une dimension structurelle : c’est enfin les canaux
institutionnels, organisationnels, médiatiques et
interpersonnels dans le cadre desquels elle se
développe.
Pour Jacques Gerstlé, la communication politique se
conçoit donc comme l’ensemble de “tous les efforts de
communication accomplis par ceux qui cherchent à faire
adhérer, soit en l’imposant par la propagande, soit en la
rendant acceptable par la discussion (négociation,
délibération, etc.) à des perceptions publiques qui
orienteront les préférences”.
Jacques Gerstlé souligne toutefois que les spin
doctors (c’est-à-dire les conseillers en communication qui
entourent les personnalités politiques3, ), peuvent ainsi
activer plusieurs mécanismes :
- La persuasion directe : le communicateur parvient à
modifier une croyance chez son interlocuteur ;
- Les effets d’amorçage : le communicateur parvient à
modifier momentanément les critères de jugement
sous l’effet d’une information temporairement plus
accessible (ce qui crée une saillance des critères à
l’aune desquels le responsable politique est jugé).
- Concernant les problèmes théoriques, l’auteur note
que la tentation est grande chez les experts ou les
professionnels concernés de s’emparer du concept et
de chercher à en imposer une définition. Or en
politique, nombreux sont les acteurs intéressés par la
communication non plus sous son caractère privé
d’exercice d’une profession mais sous son caractère
public de révélation et de règlement des problèmes
collectifs.
- Deuxièmement, il met en lumière une tendance
moderne à mettre l’accent sur une conception
technique de la communication dominée par l’idée de
transfert d’information au détriment de la
signification et de l’interprétation. Or, selon Jacques

3
spin renvoyant à l’idée d’un effet au sens de l’effet que l’on met dans une balle au
tennis de table
Gerstlé, il n’est pas évident que la logique de la
communication s’impose à la logique politique.
- Un troisième problème est posé par les
discours médiacentriques qui considèrent que la
politique gravite essentiellement autour de ce
nouveau pouvoir. L’auteur ne met pas de côté les
bouleversements technologiques et leur impact
social : dans nos sociétés post-industrielles, la
distance sociale peut s’accroître dans la mesure où
les relations fondées sur la proximité et
l’interconnaissance sont concurrencées par des
relations interposées grâce aux médias qui
affranchissent des contraintes de temps et d’espace.
Mais, la communication est devenue une ressource –
inégalement distribuée parmi les acteurs politiques –
dont les médias ont accru le caractère stratégique par
la diffusion massive de l’information. La
communication politique agit dans un univers de
différences et d’inégalités que le discours
médiacentrique tend à ignorer. Ainsi, les positions de
pouvoir conditionnent largement la détention des
ressources de communication et l’élaboration des
stratégies, d’autant plus que la communication
politique reste fortement dépendante de contraintes
économiques et que les préconstruits culturels, les
codes symboliques, les normes et les règles du jeu de
la communauté concernée imposent lourdement leurs
contraintes.
- Ces différents obstacles présentent le point commun
de toujours rabattre le politique sur le
communicationnel et donc de réduire le politique à
une manifestation parmi d’autres au lieu d’y voir une
forme élémentaire de la vie en société.
2.2.2 Selon Ignacio Ramonet
Dans La tyrannie de la communication (1999), Ignacio
Ramonet dénonce les manipulations dont sont victimes les
citoyens sous le double effet de la logique de l’information
devenue “marchandise” et de l’avènement du multimédia
qui réalise la convergence des médias textes, sons et
images vers un seul support numérique échangeable de
manière instantanée.
Il remarque notamment que la télévision a davantage
pour but d’informer que de divertir. Il critique aussi la
règle du direct et de l’immédiat qui empêche toute prise
de recul et prive les sens du correctif nécessaire de la
raison, comme si les images suffisaient à dire le vrai.
2.2.3 Selon D. Wolton
Dans Penser la communication (1997), Dominique
Wolton est beaucoup plus nuancé. S’il voit les dérives et
les utilisations malsaines qui sont faites de la
communication, il démontre que les mécanismes qui la
régissent sont beaucoup plus complexes. Pour lui, dans la
communication, tout le monde est à la fois trompeur et
trompé, car les individus sont tous dotés d’une capacité
critique. Pour comprendre cette idée, il faut partir de sa
théorie de la double hélice de la communication. Selon lui,
le terme communication recouvre deux aspects indissociab
les :
 Un aspect normatif : c’est l’idéal que chacun se fait
de la communication (permettant une meilleure
compréhension, un échange, un partage, etc.) ;
 Un aspect fonctionnel : c’est la communication
directement utile, qui sert à l’interaction des
individus les uns avec les autres.
La théorie de la double hélice
La théorie de double hélice postule l’existence d’une
capacité du citoyen grâce à l’indifférence d’un idéal de la
communication existant chez tout individu. Elle postule
l’indifférence d’une capacité critique de l’individu de
différent aliéné par les médias.
Si la communication normative est une communication
“de fond”, où l’important est la compréhension mutuelle,
la communication fonctionnelle est une communication
“de la forme”, dont le but est l’efficacité du moyen. Pour
Dominique Wolton, ces deux aspects doivent être pris en
compte chaque fois que l’on réfléchit sur la
communication pour pouvoir la situer et déterminer dans
quel rapport on se trouve. Ils ont chacun une origine propr
e:
 La communication normative est le fruit de la pensée
judéo-chrétienne qui voit en elle une manière de
découvrir l’autre et donc de valoriser l’individu, et de
la pensée démocratique qui fait de l’autre un égal et
permet donc la démocratie ;
 La communication fonctionnelle s’appuie sur le
sentiment de vouloir s’exprimer, d’en avoir en tout
cas le droit, et les possibilités de rentabilités qu’offre
la communication.
A partir de cette distinction, il forme sa théorie de la
double hélice : grâce à l’existence d’un idéal de la
communication, existant chez tout individu, celle-ci ne
peut jamais être entièrement réduite à son simple aspect
fonctionnel. Cette théorie postule ainsi l’existence d’une
capacité critique du citoyen qui n’est pas aliéné par les
médias. Mais comme il le rappelle lui-même, la démocratie
est inséparable de l’idée que les citoyens sont dotés d’un
libre-arbitre et d’une raison leur permettant de faire des
choix politiques en conscience.
Ainsi, Wolton estime que “la communication n’est pas
la perversion de la démocratie, elle en est plutôt la
condition de fonctionnement”. A la différence de Ramonet
ou des positions de l’Ecole de Francfort, il affiche ainsi un
optimisme résolu vis-à-vis de la communication de masse.
Selon lui, il n’y a pas de démocratie de masse sans
communication, et “par communication, il faut entendre
certes les médias et les sondages, mais aussi le modèle
culturel favorable à l’échange entre les élites, les
dirigeants et les citoyens”. En d’autres termes, les
sociétés contemporaines sont des sociétés individualistes
de masse dans lesquelles seuls des médias de masses tels
que la télévision peut assurer une certaine homogénéité.
La démocratie est inséparable à l’idée que les citoyens
sont dotés d’un libre arbitre et d’une raison leur
permettant de faire des choix politique en conscience.
La communication ne peut pas céder à la perversion de
la démocratie, elle est plutôt la condition de son. Il n y’ a
pas de démocratie de masse sans la communication
La communication politique a un caractère public dans
un autre sens : se dérouler devant le public qui, par
l'intermédiaire du vote, vient régulièrement en trancher
les débats. La dimension visible de la communication
politique constitue un principe essentiel d’un système
politique où l'électorat, publiquement, décide.
C'est ainsi que la communication politique apparaît
comme la scène sur laquelle s'échangent les arguments,
les pensées, les passions, à partir desquels les électeurs
font leur choix. Elle est simultanément une instance de
régulation où les élections donnent régulièrement la
victoire à certains, relançant d'ailleurs immédiatement
d'autres débats dont certains seront constitutifs de la
communication politique suivante. Elle est finalement un
ensemble de règles strictes permettant le fonctionnement
de cet espace d'échanges de discours. À la limite, elle est
un dispositif « neutre », comme la démocratie, c'est-à-dire
un ensemble de procédures, – mais au rôle, en réalité,
essentiel – sans lesquelles il n'est plus possible d'exercer
la démocratie dans une société de masse dominée par
l'opinion publique et les médias.
Intérêts du point de vue théorie politique
L'existence de la communication politique, à la fois
comme réalité empirique et concept fondamental
d'analyse pour les démocraties dans les sociétés de masse
présente cinq intérêts du point de vue de la théorie
politique.
Premier intérêt :
Elle est d'abord la preuve qu'il n'y a pas d'antagonisme
structurel entre les groupes sociaux, étant donné que la
communication politique implique l'échange, donc la
reconnaissance de l'autre, c'est-à-dire de l'adversaire. Elle
prouve qu'il existe un espace où peuvent s'échanger les
discours politiques contradictoires. De nombreux auteurs
ont insisté sur le fait que l'apparition de la démocratie
était liée à la constitution d'un espace public, mais pour
reconnaître la plupart du temps que les conditions de
fonctionnement de cet espace public, dans une société de
masse n'étaient plus réunies. La dégradation du « public »,
constitué hier d'individus librement regroupés et dénaturé
aujourd'hui en une sorte de « masse », ainsi que
l'omniprésence des médias et des sondages expliqueraient
la dénaturation de l'espace public dans la démocratie de
masse.
La théorie de la communication politique montre au
contraire que non seulement l'espace public n'est pas
détruit mais que son fonctionnement, à l'échelle de la
démocratie de masse, est directement lié à la
communication politique. Quant aux médias et aux
sondages, ils n'ont pas non plus dénaturé l'espace public,
tel qu'il fut pensé au XVIIIe siècle, mais simplement ont
permis son adaptation dans un cadre sociologique et
politique radicalement différent. La communication
politique, sans être la seule, est probablement une des
conditions les plus importantes du fonctionnement de
l'espace public élargi. Mais cette approche a rarement été
abordée tant l'analyse critique est prompte à dénoncer les
dégradations et les dénaturations d'un système qui
évidemment était paré, hier, de toutes les qualités.
La mise en valeur du rôle central de la communication
politique présente un intérêt complémentaire : déplacer
l'éternelle question de la tyrannie des médias et des
sondages. Ces derniers ne détruisent ni la politique, ni la
communication politique, mais sont au contraire une de
ses conditions structurelles de fonctionnement. Leur rôle
effectif est en outre très distinct l'un de l'autre et doit le
rester, pour le bon fonctionnement de la communication
politique et plus largement pour celui de l'espace public et
de la démocratie.
Le second intérêt
C’est de retrouver l'importance des acteurs derrière les
discours. Les logiques contradictoires qui sont au cœur de
la communication politique sont en réalité incarnées par
des acteurs. D'ailleurs, cette revalorisation du rôle des
acteurs est parallèle à celle de la communication, car si
celle-ci est une nécessité structurale, elle n'est rien sans le
processus dynamique et instable d'échange des discours
qui s'y déroule. Elle ne signifie pas que les acteurs
« communiquent » mieux, mais qu'elle est l'espace où ils
peuvent s'opposer, sans mettre en cause le
fonctionnement de la démocratie moderne.
Troisième intérêt
Le troisième intérêt est de montrer l'autonomie des
trois logiques de la politique, de l'information et de la
communication. Cette autonomie a une conséquence
importante du point de vue de la démocratie : rappeler la
séparation qui s'est produite entre la logique de
l'information des médias et la logique de la communication
de l'opinion publique. Les médias plus que jamais trouvent
leur légitimité dans la valeur de l'information liée au
projet démocratique politique, alors que l'opinion publique
est liée à une légitimité de la communication et de la
représentativité. Cette autonomisation de l'opinion
publique par rapport à l'information est probablement un
des acquis les plus importants consécutifs à la mise à jour
du rôle essentiel joué par la communication politique.
Celle-ci traduit le changement de statut de l'opinion
publique qui est à la fois le concept de référence
indispensable au fonctionnement de l'espace public depuis
le XVIIIème siècle, en même temps qu'un ensemble de
problèmes et de préoccupations peu maîtrisables, mais
indispensables au jeu politique. Autrement dit,
l'émergence de la communication politique comme lieu
autonome d'échange de discours contradictoires exprime
deux changements qualitatifs dans les démocraties : d'une
part une séparation entre la logique des médias et celle de
l'opinion publique qui depuis le XVIIIème siècle étaient plutôt
liées, et d'autre part une position contradictoire des trois
discours par rapport à la question de la représentativité de
l'opinion publique.
Quatrième intérêt
Le quatrième intérêt est de montrer que cette
conception de la communication politique est
essentiellement dynamique. L'idéal de la communication
politique est une certaine égalité de tension entre les trois
logiques constitutives, mais cet équilibre est rare, ne
serait-ce que parce que les trois logiques de discours
n'obéissent pas au même rythme et que le contexte
historique introduit sans cesse des facteurs de
déséquilibre. C'est pourquoi la communication politique
est un modèle d'analyse dynamique et constitue un
révélateur de l'état du système politique. Les situations de
déséquilibre sont nombreuses et parfois dangereuses pour
la vie politique, mais il est difficile de les évoquer ici faute
de place.
Cinquième intérêt
Le cinquième intérêt de cette théorie de la
communication politique est de montrer que si la
communication joue un rôle essentiel dans nos
démocraties, la politique domine toujours. La
communication ne se substitue pas à la politique mais lui
permet d'exister, et l'on peut même avancer l'hypothèse
que la reconnaissance de ce niveau de fonctionnement de
la communication politique est le signe d'un bon
fonctionnement de la démocratie et d'une certaine
maturité politique. Maturité au sens où sont acceptés,
dans la gestion nécessairement contradictoire des
intérêts, les deux paramètres complémentaires de la
communication et de la politique.
2.3 La persuasion, au cœur de la communication politique
Si la communication politique est une façon pacifiée de
régler les conflits, elle est également stratégie symbolique
de domination ; dans les deux cas, elle suppose le recours
à la persuasion, entendue comme un processus de
communication dont l’objectif est un déplacement des
opinions sur lesquelles se fondent les prises de décision.
Dès lors, la communication politique, plus que simple
agrégation des préférences dans le cadre des
affrontements électoraux, elle en permet la
transformation.
Jacques Gerstlé distingue la communication contrôlée
dont l’objet est de produire un effet direct de persuasion
et l’information diffusée par les médias qui engendre des
effets de persuasion indirecte. Ainsi, il s’oppose à une
vision manichéenne où l’information alimenterait la
conviction et où la persuasion serait sensée nourrir la
manipulation. Quatre procédés de persuasion sont ici mis
en lumière :
1) La persuasion directe (qui a pour objectif l’ajout
d’informations auprès des récepteurs pour étayer
leurs croyances),
2) Les effets de cadrage (qui activent des conceptions
déjà présentes afin d’en modifier l’importance),
3) Les effets d’amorçage (rendant certaines
considérations momentanément plus accessibles)
4) Les effets d’agenda. Ces derniers agissent aussi sur
les mécanismes des variations d’accessibilité de
l’information, mais Jacques Gerstlé préfère y voir, non
pas une forme de manipulation des citoyens, mais
plutôt une pression exercée sur leur attention.
Tout en considérant que l’information est destinée à
produire des effets prioritairement cognitifs et en
abordant les relations des effets à la réception, l’auteur
distingue nettement les processus de persuasion stricto
sensu et les mécanismes persuasifs de l’information pour
conclure que leur concomitance facilite l’emprise sur
l’attention et les perceptions publiques.
Jacques Gerstlé montre comment les diverses positions
de pouvoir sont en rapport étroit avec l’usage – conjoint et
disjoint – de l’information et de la communication, avec
cette particularité de ne jamais dissocier l’une de l’autre.
3 Evolution de la communication politique
Jacques Gerstlé insiste sur trois aspects de l’évolution
de la communication politique qui lui paraissent centraux.
1) Ce que rapportent les médias de l’acteur politique
devient plus important que ce que dit l’acteur
politique ; c’est-à-dire que tendanciellement un plus
grand crédit est donné aux médias plutôt qu’aux
professionnels de la politique.
2) La référence prend valeur d’inférence : pour les
citoyens ordinaires, véritables “avares cognitifs”, les
schématisations mènent rapidement aux conclusions
dans l’évaluation des acteurs politiques et de leurs
performances.
3) la disjonction entre l’information et la communication
contrôlée par l’acteur politique est aussi coûteuse
pour lui qu’est profitable leur conjonction. Pour
Jacques Gerstlé, de la délocution à la perlocution, de
la référence à l’inférence, de la disjonction à la
conjonction constituent trois systèmes de tensions qui
sont représentatifs de ce qu’est aujourd’hui devenue
la communication politique.
4 Les véhicules de la communication politique :
La communication politique utilise plusieurs moyens
pour véhiculer ses messages : les médias et le hors
médias.
4.1 Les médias
Les médias, selon les analyses de Bernard CATHELAT
4
, sont des filtres culturels, ce sont des véhicules jamais
neutres vis-à-vis de l’information qu’ils affectent de leurs
contingences techniques, de leur statut sociologique et de
leur mode psychologique. Tous les médias ont un rôle de
miroir culturel mais ils sont aussi des moteurs faisant
évoluer la société.
On peut distinguer quatre fonctions sociologiques des
médias et supports selon le rôle qu’ils jouent :
1) La fonction « ANTENNE » est celle d’alimenter la
société en information nouvelles et stimuli agressifs, à
la fois par l’origine, la nature et la dramatisation de
messages qui viennent perturber l’équilibre actuel
des styles de vie. C’est l’une des fonctions dominantes
de la Télévision.

4
Bernard CATHELAT : Publicité et Société Ed. Payot et Rivages 2001
2) La fonction « AMPLI » est d’interroger la collectivité
sur les changements en cours, de les dramatiser pour
stimuler les réponses sociales. Ce rôle est assumé par
la Radio et la Presse quotidienne, partiellement par la
Télévision (Débats).
3) La fonction « FOCUS » consiste à proposer au public
des innovations, des modes de pensée et des styles de
vie nouveaux, en adaptation aux changements du
monde. Il s’agit d’un rôle de leader progressiste des
mentalités, que jouent aujourd’hui les news
magazines et la presse d’opinion principalement.
4) La fonction « ECHO » reflète et renforce les styles de
vie et de pensée dominants. La presse quotidienne
régionale et l’affiche jouent ce rôle de discours officiel
de la culture sur elle-même. Ces médias sont par
excellence médias de masse.
4.1.1 Télévision
La Télévision permet un modelage de l’image du
candidat et de démontrer l’aisance et le brio d’un candidat
sur un autre. L’audience nationale de la télévision permet,
en outre, d’accroitre presque instantanément la notoriété
d’un nouveau venu. Si maintenant on peut dire que bien
souvent les élections se déroulent dans le cadre d’un «
Etat Spectacle », (R .G.Schwartzenberg) 6, c’est parce que
l’impact qualitatif et quantitatif de ce média : officiel et
gratuit selon les pays, suscite la mise en scène du message
et de l’image politiques.
Radio
Le média Radio, de par l’absence de l’image, l’attention
de l’auditeur est monopolisée par le contenu du message
oral. Il permet, plus que la télévision, d’aborder les
problèmes de fond d’une façon vivante et rapide que la
presse écrite.
4.1.2 Affichage,
Il existe sous trois formes : officiel, commercial et
sauvage.
- L’affichage officiel utilise les panneaux officiels mis à la disposition
des candidats à travers tout l’espace électoral. Gratuit, il assure
une présence minimale mais réelle de chaque candidat.
- L’affichage commercial est utilisé (possible) avant le début de la
campagne officielle, il permet de disposer de meilleurs
emplacements visuels d’une ville ou d’une région.
- L’affichage « sauvage », doit être utilisé avec précaution. En effet,
bien qu’il pernette de démultiplier à l’infini l’image et le message
du candidat à moindres frais, l’affichage sauvage donne souvent
lieu à des incidents entre équipes adversaires et avec les
propriétaires des murs sur lesquels ces affiches ont été apposées.

4.1.3 Le journalisme d’opinion,


Le journalisme d’opinion joue un rôle important dans la
communication politique, il s’exprime sous deux formes : A travers la
presse d’opinion, et à travers les journalistes engagés politiquement
participant à la rédaction de la grande presse d’information, R.
MUCCHELLI , dans la psychologie de la publicité et de la propagande,
5

montre bien comment la façon de présenter l’information, tout aussi bien


sur le plan qualitatif que quantitatif, peut contribuer au renforcement
d’une influence dans le cadre d’une « idéologie dominante ou opposante
».

4.2 Réseaux socio-numériques


Les nouveaux médias (réseaux sociaux) sont devenus actuellement
très utilisables par les candidats aux diverses élections. Ils facilitent la
diffusion et la dissémination de l’information. Les services 2.0 sont
interopérables, cela signifie qu’une information publiée sur un support est
désormais très facilement reproductible sur d’autres, de plus les sites sont
généralement poursuivis de fonctions de partage sur d’autres supports
tels que Facebook, twitter, google +, fonctions connues sous le nom «
Share This » (Partager).

Les médias sociaux ont contribué à favoriser les échanges


démocratiques sur nombre de questions sociales et politiques. Un
exemple phare est l’importance démontrée par Facebook dans la
réalisation du printemps arabe.

La place qu’ont pris ces médias numériques où tout le monde à la


possibilité de s’exprimer et d’échanger est non négligeable dans la vie
politique d’un pays. De récents travaux de recherche ont mis en évidence
le lien étroit existant entre les résultats politiques d’une élection et la
nature et la quantité des échanges sur ces médias les jours et mois
précédents.
Dans ce contexte, la propagation de fausses informations ou
trompeuses (Fake news ou Infox) visant à manipuler l’opinion publique
5
Roger MUCCHELLI , Psychologie de la Publicité et de la Propagande Ed. Paris Entreprise moderne d’édition :
Librairie Techniques : Ed. ESF, 1972
peut avoir de très fortes conséquences. C’est d’ailleurs l’une des
principales menaces identifiées à l’ère digitale par le forum économique
mondial.

4.2.1 Le hors médias


Plusieurs supports et outils de communication sont utilisables
également par la publicité politique à savoir :
Les réunions publiques restent un support indispensable à toute
campagne moderne. Par la souplesse de son utilisation, une réunion
publique peut élargir le recrutement des militants, répondre indirectement
à certaines attaques, préciser ou adapter certains points du programme,
sentir les aspirations de certains publics, etc. Une réunion publique de
masse permet de démontrer sa force en faisant régner un climat de
puissance, libérer l’enthousiasme des militants, créer un événement que
la presse reprendra à l’écran, sur les ondes ou dans les colonnes.
Les tracts électoraux, envoyés par la poste ou distribués par les
militants, permettent de diffuser un message court et simple afin d’attirer
l’attention des électeurs sur les réalisations du candidat.
Les professions de foi sont ces feuilles envoyées à tous les électeurs
inscrits avant les élections. Utilisées habilement afin de trancher sur les
déclarations concurrentes, ces professions permettent l’exposé détaillé du
programme du candidat.
Les Journaux électoraux servent à instituer un dialogue entre le
candidat, les personnalités qui le soutiennent, son électorat et même ses
adversaires. Ils encadrent les électeurs déjà acquis, leurs donnent des
arguments et rendent crédibles l’influence qu’un candidat désire
démontrer.
Les relations publiques dont l’objectif est d’établir un désir de
coopération et de promotion au sein des militants et sympathisants d’un
mouvement politique, mais aussi d’agir sur les leaders d’opinion (les
prescripteurs) et les journalistes de la presse écrite et audiovisuelle.
D’autres supports d’appoint et non négligeables sont utilisés : les
opérations téléphoniques, les graffitis, les fêtes, les spectacles, le porte à
porte, les expositions, les pétitions, les banderoles, l’animation des rues

Conclusion

La Communication Politique dans le processus démocratique, revêt


une réelle importance, elle participe à l’information du public, à son
adhésion à des idées ou au rejet d’autres et à son libre choix dans l’isoloir.
Elle utilise différents moyens et supports : affichage électoral, débats
télévisés, apparitions dans la presse, sondages, analyses politiques et
depuis quelques années l’internet et ses multiples possibilités…
La communication politique repose sur une obsession : faire élire son
candidat. Pour parvenir à cette élection, il s’agit de travailler sur l’image
de ce candidat, mais elle ne peut satisfaire à elle seule à l’exigence du jeu
politique, il faut un discours derrière l’image et c’est le rôle du politicien
de fabriquer ce discours et de s’assurer de sa bonne diffusion.
Avec le développement du Net et des médias sociaux qui ont
profondément remanié le jeu politique, les partis politiques, se sont
ouverts aux nouvelles technologies de l’information et de la
communication : NTIC, pour venter leurs idées et tenter de fidéliser
l’électorat en créant des sites internet, des blogs personnels ou en étant
présents sur les réseaux sociaux ; de leurs côtés, les citoyens se sont
aussi emparés des NTIC pour se faire entendre, pour se rassembler, pour
revendiquer ou pour exprimer leurs mécontentements. Les médias
sociaux ont transformé la nature de l’échange entre le politique et le
citoyen : désormais la communication politique est horizontale et
interactive entre le politicien et son électorat. Ils sont aussi des outils de
visibilités et de notoriété pour le politicien, ils sont des amplificateurs de
contenus et d’idées et des indicateurs de popularité. Cependant, encore
trop de responsables politiques au Maroc ne saisissent pas l’importance
des médias sociaux, leur influence et leurs enjeux ; peut- être est- ce lié à
l’âge des élus ?
La communication politique est stratégique car elle engage non
seulement la perception de la politique menée, mais aussi l’avenir du
personnage que vous présentez aux électeurs sur l’échiquier local ou
national.

Une bonne communication politique repose sur la recherche


permanente de solutions concrètes en réponse aux défis concrets du
monde d'aujourd'hui. Pour cela, elle s'affranchit de toute langue de bois et
reste attentive aux réalités. Elle doit viser l'idéal démocratique prôné par
Jean-Jacques Rousseau et on pourrait en ce sens la définir comme une
communication destinée à défendre un projet au service de tous et non
pas à promouvoir une ambition personnelle autocentrée.
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