Village mythique à essor glorieux
E en sorcellerie, découvrez l’histoire
de la tragique condamnation du
C village de BAMAKO par l’une des
naissances les plus improbables.
R S’inspirant d’une tonalite autant
pathétique que dramatique
I l’auteur de cette œuvre vous fait
voyager à travers la malheureuse
T histoire ensanglante de
BAMAKO.
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BAMAKO !
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Divinités et civilisation
malheurs, les présages
d’une condamner
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C e soir-là, les éclats du crépuscule bordaient le petit village de Bamako. Les enfants, les
jeunes et les adultes s’empressaient de délaisser leurs champs et de rejoindre leurs cases. Ces
cases qui sont pour la plupart en terre battue et couverte de paille presque aussi vielle que le
village lui-même. Au marigot, les femmes lavaient les linges, puisaient de l’eau et lavaient les
petits enfants. On entendait de temps à temps des éclats de rire, des pleurs et des
chuchotements. Dans les environs et sur la bordure des voies l’on observait des jeunes et des
vieux en pleine causerie et qui buvaient du vrai Sodabi à satiété.
Le long du village, et à des endroits stratégiques, étaient positionné des arbres d’une
vétusté aberrante. Ces arbres sont en effet les sièges de la sorcellerie à Bamako. Bamako était
le siège d’une puissante sorcellerie qui s’est fait une renommée dans le monde de telles sorte
que personne ne s’y aventurait au hasard. On y trouvait également des vieillards de plus de
cent cinquante ans qui déjà au crépuscule de leur vie ensorcelaient n’importe qui à la moindre
bévue. La terreur régnait en maître à Bamako.
Mais ce soir-là, un grand malheur pointait Bamako du doigt. Un malheur si atroce qu’il
accablerait monts et vallées à Bamako. Les initiés et les grands sorciers du village organisaient
de nombreuses réunions et entrevues pour y remédier, mais rien n’y fit. Bamako était
condamné à vivre l’enfer durant les dix-huit prochaines années. Dans ce village mystique, les
initiés venaient de faire en moins de neuf mois plus de deux cents sacrifices tous rejetés par les
divinités. Les sorciers avaient donné en sacrifice les jeunes hommes les plus prometteurs du
village mais en vain. Le sort de Bamako était déjà scellé. En prélude d’une aube menaçante, les
oracles du fâ furent consulter une dizaine, une vingtaine ou encore une centaine de fois. Ces
vieux oracles les mains tout moisis, le visage détaché, la peau dessécher et presque presbyte
jetaient leur chapelets divinatoire une bonne dizaine de fois sans la moindre satisfaction. Le
mal arrivera sans aucun doute et personne n’y pourra rien.
De nombreuses langues, les unes plus longues que les autres, les unes plus noire que
les autres, les unes plus mauvaises que les autres racontaient à qui voulait l’entendre de
nombreuses inepties sur la nouvelle ère qui s’annonce. Les pêcheurs en parlaient à longueur de
journée, les paysans sous l’ombre des vieux manguiers en parlaient, certains enfants indiscrets
y mettaient également leur margoulette. Même les Oiseaux dans les champs ne cessaient
guère de le chuchoter. A longueur de journée, le vent s’amusait faire grimacer les épouvantails
d’un champ à l’autre comme s’il essayait de leur porter la nouvelle. La terre quant à elle était
meurtri et maudissait la cause du malheur à venir, les eaux hurlaient de douleur et de désarroi,
se remplissaient d’amertume et se recroquevillaient sur eux-mêmes et le ciel ne cessait de
larmoyer.
Ce soir-là, dans une petite case circulaire terré au fond d’une douzaine de case et
délimiter en arrière par la forêt à Bamako, une femme venait d’accoucher une jolie petite fille
particulièrement rare qu’elle appela Ada. Cette petite fille si rare venait de naître sur une terre
où elle n’était pas la bienvenue. Sa naissance est d’ailleurs perçue comme une profanation de
toutes les divinités originaires de Bamako. Lorsque l’enfant eut poussé son premier cri, un
grandement de tonnerre assourdissant s’entendit dans les cieux, aussitôt, les nuages
s’assombrissaient et une pluie diluvienne s’abattit sur le village de Bamako comme jamais
auparavant. Les gouttelettes de pluie était d’un rouge si sombre que tout le monde étaient
apeurés et le vent qui accompagnait ce déluge de pluie était si Violent qu’il déracinait des
arbres tout entier. On aurait dit le déluge de l’époque de Noé en version atténuée. C’est ainsi
qu’il y eut pluie à Bamako durant les trois jours qui suivirent la naissance d’Ada. Durant ces
trois jours d’incessantes pluies, le village fut totalement inondé de même que les champs. La
plupart des cultures fut ensevelit sous l’eau et les champs étaient tous réduit à des étangs
d’eau. C’était l'aube d’une catastrophe sans précédente.
Le quatrième jour après la naissance d’Ada, la pluie cessa et le village fut témoin des
désastres qu’avait engendrer cette dernière. De nombreuses plaintes à chaque coin et recoin
du village et certains s’accordaient à dire que c’était un coup de la malédiction mais d’autres
disaient plutôt que c’était la colère des dieux due à un manquement à leur égard. Certains
ignares au gosier trempé de Sodabi, le visage bouffi, la peau collée aux os et assis sur de vieux
canapés fabriqués en bambou ironisaient cette tragédie. A chaque gorgé de Sodabi, ils
traitaient les dieux de créatures aigris, voyous, hautains, manchot et jalouses puis ils répétaient
en chœurs « DU CRAN LES DIEUX NOUS VOUS PISSONS DESSUS » avant de se mettre à en
rigoler comme des fous.