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Organisation internationale (O.

I) page|1

PLAN GENERAL DU COURS

INTRODUCTION GENERALE

I. Naissance et évolution des Organisations Internationales


II. Notion d’Organisation Internationale
III. Organisation Internationale et notions voisines
a. Etablissement public et international
b. Institution internationale
c. Institution internationale spécialisée
d. Organisation non-gouvernementale
IV. Typologie des Organisations Internationales
V. Organisation intergouvernementale comme sujet de droit international
a. De la capacité d’agir selon le Droit International
b. De la possibilité d’engager leur responsabilité en Droit International
c. Du droit de présenter des réclamations internationales
d. De la capacité de conclure des traités
e. De la possibilité d’entretenir des relations diplomatiques avec des
Etats-membres
VI. Les moyens financiers et humains des Organisations Internationales
a. Les moyens financiers
b. Les moyens humains

TITRE I : LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES A


COMPÉTENCE UNIVERSELLE

Chapitre I : La Société Des Nations


Chapitre II : L’Organisation des Nations-Unies
TITRE II : LES INSTITUTIONS SPECIALISEES DU SYSTEME
DES NATIONS-UNIES ET LES ORGANISATIONS
APPARENTÉES
Chapitre I : L’Organisation Mondiale du Commerce

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Chapitre II : Le Fonds Monétaire Internationale


Chapitre III : La Banque Mondiale
Chapitre IV : L’Organisation Internationale du Travail
Chapitre V : L’Organisation Mondiale de la Santé
Chapitre VI : L’Organisation des Nations-Unies pour l’Education, la Science
et la Culture

TITRE III : LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES


AFRICAINES

Chapitre I: Organisation de l'unité africaine (OUA)


Chapitre II : L’Union Africaine
Chapitre III : La Banque Africaine de Développement
Chapitre IV : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
Chapitre V : La Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale
Chapitre VI : La Communauté de Développement de l’Afrique Australe
Chapitre VII : Le Marché Commun des Etats d’Afrique Australe et
Orientale
Chapitre VIII : L’Union du Maghreb Arabe
Chapitre IX: La communauté d'Afrique de l'Est

TITRE IV : LES ORGANISATIONS INTER-REGIONALES ET


RÉGIONALES

Chapitre I : L’Union Européenne


Chapitre II : Le Groupe des Etats Afrique-Caraïbes-Pacifique
Chapitre III : Le Conseil de l’Europe
Chapitre IV : L’Organisation des Etats Américains
Chapitre V : L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord
Chapitre VI : La Ligue des Etats Arabes

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INTRODUCTION GENERALE

Chaque jour, divers acteurs interviennent sur la scène internationale, tels


que les États, les organisations internationales (O.I.), les sociétés
transnationales, les organisations non gouvernementales, les mouvements de
libération et les personnes privées, entre autres. Concernant les O.I., leur
émergence est survenue après celle des États, car leur création dépend de
la volonté de ces derniers.

Dans cette section introductive, nous aborderons les points suivants :

1.​ L'origine et l'évolution des organisations internationales.


2.​ La définition des organisations internationales.
3.​ Les organisations internationales et des notions apparentées.
4.​ La classification des organisations internationales.
5.​ Les organisations internationales en tant que sujets de droit
international.
6.​ Les ressources financières et humaines des organisations
internationales.

I.​ Naissance et évolution des Organisations Internationales

La notion d’organisations internationales est apparue en Europe, dans le


cadre de la gestion des voies navigables.
La société internationale est en constante évolution. L’un des aspects
majeurs de cette transformation est l’instauration progressive de structures
permanentes pour favoriser la coopération. Les États demeurent les
principaux acteurs sur la scène internationale, mais les organisations
internationales ont gagné progressivement en importance.

À l’époque moderne, ce processus s’est amorcé après le Congrès de Vienne


de 1815, et s’est renforcé dans la seconde moitié du XIXe siècle avec la

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mise en place des premières unions fluviales et administratives. On peut


citer notamment :
1.​ la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin (1831),
2.​ la Commission Européenne du Danube (1856),
3.​ l’Union Télégraphique Internationale (1865),
4.​ le Bureau International des Poids et Mesures (1875),
5.​ l’Union Postale Universelle (1878),
6.​ l’Union pour la protection des œuvres littéraires et artistiques
(1883), etc.

Après la Première Guerre mondiale, cette dynamique s’est poursuivie avec la


création de la Société des Nations (SdN), dont le Pacte fut annexé aux
traités de paix de 1919. Ces traités ont aussi prévu la création de la Cour
Permanente de Justice Internationale (CPJI) et de l’Organisation
Internationale du Travail (OIT).

Ce phénomène d’institutionnalisation s’est considérablement accéléré après la


Seconde Guerre mondiale, devenant un élément central de l’évolution de la
société internationale. L’année 1945 marque la fondation de l’Organisation
des Nations Unies (ONU) et de nombreuses institutions spécialisées relevant
de son système, telles que l’OIT, l’OMS, le FMI, la Banque Mondiale,
l’UNESCO, ainsi que des organisations connexes comme l’AIEA, l’OMC, ou
encore l’OMT.

Par ailleurs, plusieurs organisations ont vu le jour dans des cadres régionaux
ou sous-régionaux. Parmi celles-ci, on trouve :
– la Communauté Économique Européenne, devenue Union Européenne en 1992
avec le traité de Maastricht,
– le Conseil de l’Europe,
– l’Organisation des États Américains,
– l’Organisation de l’Unité Africaine (aujourd’hui Union Africaine),
– la CEEAC,
– la CEDEAO,
– la Ligue des États Arabes,

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– l’OTAN, etc.

La diplomatie multilatérale a connu dans le monde contemporain une


expansion sans précédent, pour plusieurs raisons : la dépendance croissante
entre États, la mondialisation des enjeux, et l’indépendance acquise par de
nombreux États pour lesquels la diplomatie multilatérale représente souvent
l’unique moyen d’exister sur la scène internationale.

La communauté internationale est donc appelée à résoudre ou du moins à


gérer les grandes questions mondiales grâce à la coopération des
souverainetés étatiques, principalement au sein des organisations
internationales.

Ainsi, les défis tels que le maintien de la paix et de la sécurité


internationales, la prévention et la résolution des conflits, la lutte contre le
réchauffement climatique, les grandes pandémies (notamment le
VIH/SIDA), la réalisation des objectifs du développement durable, la
coopération financière et monétaire, la protection de l’environnement, ou
encore la régulation du commerce mondial ne peuvent être efficacement
traités qu’au niveau global, en mobilisant tous les acteurs.

En somme, les États considèrent que la démocratie, la paix et le progrès se


construisent aussi par la création et le renforcement des organisations
internationales.

II. Notions des O.I.

La définition de l'expression « Organisation Internationale » fait l'objet de


divergences au sein de la doctrine.
La Convention de Vienne sur le droit des traités du 23 mai 1969, dans son
article 2, se contente de la décrire comme une « organisation
intergouvernementale ». Cette définition est jugée trop brève et peu
explicite.

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D'autres sources apportent des éclaircissements plus détaillés.


Par exemple, le Lexique des Termes Juridiques définit une organisation
internationale comme :

« un groupement permanent d’États, doté d’organes, destiné à exprimer, sur


des sujets d’intérêt commun, une volonté propre, différente de celle des
États membres ».

De son côté, le Lexique des Relations Internationales propose une définition


encore plus complète :

« Une organisation intergouvernementale ou internationale est une


association d’États, créée sur la base d’un traité interétatique – appelé
selon les cas charte, statut ou constitution – et munie d’organes permanents
chargés d’atteindre les objectifs fixés par ce traité. »

Contrairement aux organisations non gouvernementales (ONG), qui ne


relèvent pas des États, les O.I. sont le fruit de la volonté des États et
disposent d’une personnalité juridique propre, distincte de celle de leurs
membres.

Trois caractéristiques principales permettent d’identifier une Organisation


Internationale :

1.​ Sa création repose sur un acte volontaire et formel des États


fondateurs, qui prend la forme d’un traité, d’une charte, d’un pacte,
d’une convention ou d’un protocole ;
2.​ Elle possède une existence concrète et durable, avec un siège, des
ressources financières, du personnel, etc. ;
3.​ Elle met en place un mécanisme de coordination, c’est-à-dire des
organes permanents pour fonctionner et prendre des décisions.

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Le juriste Sir Gerald Fitzmaurice, qui fut rapporteur à la Commission du


Droit international, a lui aussi proposé une définition :

« Une organisation internationale est une association d’États, créée par


traité, dotée d’une constitution et d’organes communs, possédant une
personnalité juridique distincte de celle des États membres. »

●​ Quatre éléments clés ressortent de cette définition :


●​ la création par la volonté des États ;
●​ un fondement juridique basé sur un traité ;
●​ une structure institutionnelle permanente ;
●​ une entité juridique autonome.

Ces éléments permettent de différencier une organisation internationale


d’une simple conférence diplomatique, comme par exemple la Conférence de
l’Organisation Internationale de la Francophonie, qui ne remplit pas tous ces
critères.

III. Organisation Internationale et notions voisines

Certaines notions sont souvent confondues avec les Organisations


Internationales, bien qu'elles s'en distinguent par des caractéristiques
propres. C’est le cas, par exemple, des établissements publics
internationaux, des institutions internationales (générales ou spécialisées) et
des ONG.

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1.​Etablissement public international

Un établissement public international est une entreprise ou un service public


créé par deux ou plusieurs États, en dehors de toute organisation
internationale, visant à fournir des services aux particuliers ou à gérer
l’usage commun de domaines publics. Exemples : l’OMVS (1972), l’Autorité
du Bassin du Niger (1980), la COMIFAC (2005), l’Organisation du bassin de
la Kagera et l’Autorité du Lac Tanganyika (2003).
La principale différence avec une O.I. réside dans leur finalité : les
établissements publics ont un but plus opérationnel et technique.

2.​Institution Internationale

La doctrine emploie souvent de façon interchangeable les notions


d’organisation internationale et d’institution internationale, comme le font
par exemple Bélanger, Colliard, Dubis ou De Lacharrière, car elles renvoient
généralement aux mêmes réalités. Toutefois, les textes constitutifs
reconnaissent la personnalité juridique à l’organisation, non à ses institutions
qui ne sont que ses organes (ex. : art. 4 CDAO, art. 7 CEEAC, art. 4 UA).

SELON LE PROFESSEUR BALANDA, une institution internationale peut se


distinguer d’une O.I. lorsqu’elle désigne une construction intellectuelle ou
conceptuelle, jouant un rôle en droit et relations internationales, comme le
régime des mandats, la responsabilité internationale ou la représentation
diplomatique.

3.​Institution Internationale Spécialisée

La Charte des Nations Unies (articles 57 à 66) prévoit la création


d’institutions spécialisées liées à l’ONU par des accords approuvés par
l’Assemblée générale. Ces institutions, aux compétences précises dans les
domaines économique, social, culturel, sanitaire ou technique, coopèrent
avec l’ONU via le Conseil économique et social.

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Parmi elles figurent : l’OIT, la FAO, l’UNESCO, l’OMS, le FMI, le Groupe


de la Banque mondiale (BIRD, AID, SFI, AMGI, CIRDI), l’OACI, l’OMI,
l’UIT, l’UPU, l’OMM, l’OMPI, le FIDA et l’ONUDI.

4.​Organisation Non Gouvernementale

Les ONG sont créées par des personnes physiques ou morales, parfois avec
l’appui d’un État, selon la législation nationale, et poursuivent un but non
lucratif. Contrairement aux organisations internationales (O.I.), qui sont
créées par des États via des traités, les ONG relèvent d’une initiative
privée.

Elles peuvent agir localement ou à l’échelle internationale, comme le CICR,


MSF, Amnesty International ou Greenpeace. Certaines bénéficient d’un
statut consultatif auprès d’organisations internationales, notamment à
l’ECOSOC selon l’article 71 de la Charte de l’ONU.

●​ Un Etat peut-il créer une ONG ?


R/La doctrine débat sur la possibilité pour un État de créer une ONG, mais
la pratique le permet. Par exemple, la RDC a créé l’ONG « Solidarité entre
Nous » par décret présidentiel avant d’instaurer le Ministère des Droits
humains en 1998. Seules les organisations gouvernementales seront étudiées
dans ce cours.

IV. Typologie des Organisations Internationale

Les organisations internationales peuvent être classées selon plusieurs


critères : la nature des membres (gouvernementales vs non
gouvernementales), le domaine d’activité (universel ou spécialisé) et le rôle
assigné (coopération ou intégration). Les OIG sont créées par traités entre
États (chartes, conventions…), tandis que les ONG résultent d’initiatives
privées ou mixtes sans accord interétatique.

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Organisation internationale (O.I) page|10

Selon le domaine, on distingue :

●​ Organisations à vocation universelle (ONU, SDN) ou régionales (UA,


UE).
●​ Organisations à but spécifique : économiques (OMC, FMI), sociales
(OIT), politiques (OTAN), culturelles (UNESCO).

Selon le rôle :

●​ Organisations de coopération (ONU, OMC).


●​ Organisations d’intégration (UE, UA).

Leur structure comprend généralement cinq organes :

1.​ Un organe délibératif plénier (Assemblée Générale de l’ONU).


2.​ Un organe restreint de décision (Conseil de Sécurité, Conseils
d’Administration du FMI, OIT…).
3.​ Un organe administratif (Secrétariat de l’ONU, Commission de
l’UA…).
4.​ Des organes consultatifs (Conseils économiques et sociaux).
5.​ Des organes juridictionnels (CIJ, Cour de Justice de l’UE…).

À noter : la CIJ ne juge pas les OI mais peut rendre des avis consultatifs
à leur demande.

V. Les Organisations Internationales comme sujet de droit


international

La personnalité juridique des organisations internationales est reconnue en


droit international, car elles peuvent agir sur la scène internationale :
conclure des traités, engager leur responsabilité, présenter des
réclamations et entretenir des relations diplomatiques.

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a) Capacité d’agir dans l’ordre international

Les organisations internationales tiennent leur capacité d’agir du texte qui


les fonde (ex. : Charte de l’ONU). Contrairement aux États, leur
compétence n’est pas d’origine souveraine, mais dérivée : ce sont les États
membres qui la leur accordent. Cette compétence est dite fonctionnelle, car
elle dépend des missions fixées par leur acte constitutif. Lorsqu’un texte ne
prévoit pas expressément un pouvoir, celui-ci peut être implicite,
c’est-à-dire logiquement déduit des fonctions ou des usages de
l’organisation.

La Cour Internationale de Justice (CIJ) a confirmé que l’ONU possède une


personnalité juridique internationale, lui permettant d’agir comme un
véritable sujet de droit international. Dans l’avis consultatif de 1949 sur la
réparation des dommages subis au service de l’ONU, la CIJ a fondé cette
personnalité sur :

●​ la nécessité d’atteindre ses objectifs,


●​ la présence d’organes spécialisés,
●​ les obligations des États membres prévues par la Charte (ex.
acceptation des décisions du Conseil de sécurité),
●​ et l’exercice de droits et fonctions internationales.

Cette personnalité est valable aussi dans les rapports avec des États non
membres.

Parmi les compétences implicites reconnues par la CIJ, on peut citer :

le droit pour l’ONU de protéger ses agents (affaire Bernadotte),

la possibilité pour l’Assemblée générale de prendre des décisions effectives


dans certains cas (avis sur la Namibie).

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Enfin, la protection fonctionnelle (qu’une organisation assure à ses agents)


ne doit pas être confondue avec la protection diplomatique, qui est exercée
par un État au bénéfice de ses ressortissants (comme dans l’affaire
Mamadou Diallo).

b) De la possibilité d’engager leur responsabilité en droit


international

La responsabilité internationale suppose une violation d’une norme imputable


à un sujet de droit international, comme une organisation internationale
(O.I.). En tant que telles, les O.I. peuvent engager leur responsabilité en
cas d’usage irrégulier et dommageable de leurs compétences. Cette
responsabilité doit tenir compte de leurs spécificités.

L’ONU, par exemple, indemnise les victimes lorsque sa responsabilité est


engagée, comme affirmé lors de la mission ONUC au Congo. Par ailleurs, les
États membres peuvent aussi être tenus responsables. Dans l’affaire
Matthews c/ Royaume-Uni (1999), la Cour européenne des droits de l’homme
a jugé que transférer des compétences à une O.I. n’exonère pas les États
membres de leur responsabilité, à condition que les droits fondamentaux
restent garantis.

c) Droit de présenter des réclamations internationales

Le règlement des réclamations en droit international suit des méthodes


classiques : protestation, enquête, négociation ou recours à une juridiction.
Exemple : avis consultatif de la CIJ du 15 décembre 1989 sur l’applicabilité
de la Section 22, article VI, de la Convention sur les privilèges et
immunités de l’ONU.

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d) Capacité de conclure des traités

Les organisations internationales peuvent conclure des traités avec des


États ou entre elles, comme le prévoit la Convention de Vienne du 21 mars
1986. Exemples : accords entre l’ONU et la RDC (Zaïre) en 1975 et 1996,
ou encore entre l’ONU et l’UNESCO en 1946. Lorsqu’un tel traité concerne
l’accueil d’une O.I. dans un État, on parle de traité de siège.

e) Possibilité d’entretenir des relations diplomatiques avec les


Etats membres

À l’origine, seuls les États détenaient le droit de légation, c’est-à-dire le


droit d’envoyer (actif) ou de recevoir (passif) des représentants
diplomatiques. Aujourd’hui, avec l’évolution des relations internationales, ce
droit est aussi reconnu aux organisations internationales (O.I.).

On distingue deux formes de droit de légation :

●​ Actif : lorsqu’un État ou une O.I. envoie des agents diplomatiques


auprès d’un autre État ou d’une O.I.
●​ Passif : lorsqu’il s’agit de recevoir ces représentants.

Les relations diplomatiques peuvent ainsi se faire :

●​ entre un État et une O.I., par l’ouverture d’une mission permanente


(si l’État est membre) ou d’une mission diplomatique (si l’État n’est pas
membre) ;
●​ entre deux organisations internationales, sous forme de délégations
permanentes, commissions, ou bureaux régionaux.

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Exemples :

●​ La RDC possède des missions permanentes auprès de l’ONU à New


York et à Genève.
●​ En RDC, des agences de l’ONU (comme le PNUD, l’UNICEF, le HCR)
sont présentes.
●​ L’Union Africaine a aussi des missions à New York, Genève et
Bruxelles.

Différence à retenir :

Une représentation permanente concerne un État membre de l’organisation.

Une mission est envoyée par un État non membre et est généralement
dirigée par un ambassadeur nommé par le chef de l’État.

VI. Les moyens financiers et humains

Le fonctionnement des O.I. exige des ressources financières et humaines


suffisantes pour accomplir les missions confiées par les États membres.

a. Les moyens financiers

Les O.I. mobilisent des ressources financières considérables pour leurs


interventions, comme le maintien de la paix et l’aide humanitaire. Les États
membres attendent une gestion responsable des fonds, et les O.I. exigent
la transparence des États dans l’utilisation de l’aide. La bonne gouvernance
est une condition pour accéder à l’aide multilatérale, mais elle peut entrer
en conflit avec la souveraineté des États.

Le budget des O.I. est généralement adopté par l'organe plénier et peut
être annuel, biennal, quadriennal ou pluriannuel. Il provient principalement
des États membres, avec des ressources ordinaires (obligatoires) et

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Organisation internationale (O.I) page|15

volontaires. Les contributions sont souvent basées sur le revenu national de


chaque pays. Les grands contributeurs, comme les États-Unis, peuvent
utiliser leur pouvoir financier pour influencer les décisions des O.I.

Les O.I. peuvent aussi demander des contributions volontaires pour des
actions spécifiques, comme la lutte contre Ebola. Le budget des O.I. a
considérablement augmenté avec le temps, l’ONU par exemple passant de
19,39 millions de dollars en 1946 à 4,17 milliards de dollars en 2008-2009.
Enfin, certaines O.I. génèrent des ressources propres par la vente de
services, emprunts, ou intérêts bancaires.

b. Les moyens humains

Les fonctionnaires internationaux sont des personnes recrutées par les


organisations internationales (O.I.) pour accomplir des missions permanentes
et durables, dans l’intérêt de l’organisation et non d’un État membre. Selon
Claude Albert Colliard, un fonctionnaire international est une personne
travaillant au sein d’une O.I. en vertu d’un régime juridique particulier, sans
être au service d’un État et en se consacrant entièrement à sa mission,
avec une neutralité absolue, notamment en évitant toute activité politique.

Ainsi, un fonctionnaire international doit toujours agir dans le cadre des


objectifs de l’O.I., en se souciant des intérêts de la communauté
internationale et non de ceux d'un seul pays ou groupe d’États. Bien qu’il
reste citoyen d’un État membre, il doit s’abstenir de toute activité qui
pourrait compromettre son impartialité. Par exemple, l'article 17 du Statut
du personnel de l'ONU précise que bien que les fonctionnaires puissent
voter, ils ne peuvent s'engager dans des activités politiques incompatibles
avec leur rôle de fonctionnaire international.

Le Statut du personnel de l’ONU et l’article 100 de la Charte de l’ONU


énoncent des principes fondamentaux que tous les fonctionnaires doivent
respecter. Ces principes stipulent que ni le Secrétaire Général ni le

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Organisation internationale (O.I) page|16

personnel de l’ONU ne doivent accepter d’instructions de gouvernements


extérieurs, et que leur travail doit être indépendant et impartial. Les États
membres s’engagent à ne pas tenter d’influencer le personnel de l’ONU dans
l’exercice de ses fonctions.

Il existe également des experts temporaires ou consultants travaillant pour


des O.I., mais ils ne sont pas considérés comme des fonctionnaires
internationaux permanents. Par exemple, ils peuvent être membres de
commissions d’arbitrage ou de conciliation, mais leur rôle est temporaire.

Le pouvoir de nommer les fonctionnaires internationaux revient aux O.I.,


bien que les États membres interviennent dans la nomination des postes les
plus élevés, comme le Secrétaire Général de l’ONU. Le recrutement des
fonctionnaires doit être basé sur la compétence et l'intégrité, en tenant
compte de la diversité géographique des États membres, comme le stipule
l'article 101, paragraphe 3 de la Charte de l’ONU.

Les fonctionnaires internationaux bénéficient de droits spécifiques, comme


des privilèges et immunités, détaillés dans des conventions internationales
(par exemple, la Convention sur les privilèges et immunités des
Nations-Unies). Ces droits incluent des privilèges fiscaux et judiciaires pour
protéger leur indépendance. Ils ont également la possibilité de saisir la
justice pour défendre leurs droits via des mécanismes comme le Tribunal
Administratif des Nations-Unies (T.A.N.U.), qui résout les différends
entre les O.I. et leurs fonctionnaires. D'autres organisations, comme le
Conseil de l'Europe et l'OCDE, disposent de mécanismes similaires pour
résoudre les conflits.

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Organisation internationale (O.I) page|17

TITRE I : LES ORGANISATIONS


INTERNATIONALES A COMPETENCE
UNIVERSELLE

Il s'agit d'organisations internationales dont la mission est d'exercer leurs


activités à l'échelle mondiale.
C’est notamment le cas de la Société des Nations et de l’Organisation des
Nations Unies.

Chapitre I : La Société Des Nations

1. Création de la Société des Nations

La Conférence de paix de 1919 à Versailles a abouti à la création d’une


commission chargée de rédiger un pacte, adopté à l’unanimité sur proposition
du président Wilson. Intégré au Traité de Versailles, ce pacte fondait la
SDN sur les principes de paix, désarmement et arbitrage. Malgré leur rôle
clé, les États-Unis n’ont pas rejoint l’organisation, le Congrès ayant refusé
leur adhésion — une absence souvent citée parmi les causes de l’échec de la
SDN.

2. Particularités de la Société des Nations

L’article 1er du pacte distinguait trois types de membres : les signataires


originaux (27 États listés en annexe), les États invités à signer (comme les
Pays-Bas, la Suisse ou l’Égypte), et les membres admis. La SDN adoptait
une conception large de la qualité de membre, incluant certaines colonies.

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Organisation internationale (O.I) page|18

Certains États, comme l’Éthiopie, furent admis sans remplir toutes les
conditions habituelles, telles que l’abolition de l’esclavage ou l’interdiction du
commerce des armes.

3. Aspects institutionnels

La SDN comprenait trois organes principaux : l’Assemblée, le Conseil et le


Secrétariat, avec son siège établi à Genève.

a. L’Assemblée
Organe plénier regroupant tous les membres de la SDN, chacun disposant
d’une voix. Chaque État pouvait être représenté par jusqu’à trois délégués.

b. Le Conseil
Organe restreint composé des cinq grandes puissances (Empire britannique,
États-Unis, France, Italie, Japon) et de quatre membres élus par
l’Assemblée (Belgique, Brésil, Espagne, Grèce). Il pouvait également élargir
sa composition.

c. Le Secrétariat
Organe administratif de la SDN. Il a contribué à poser les bases de la
fonction publique internationale, tandis que la Cour permanente de justice
internationale (CPJI) a transmis un héritage jurisprudentiel.

Causes de l’échec de la SDN : absence des États-Unis, lourdeur du


processus décisionnel, absence d’interdiction explicite du recours à la force
et manque de mécanismes de sanction.

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Chapitre II : L’Organisation des Nations-Unies

Après l’échec de la SDN, les Alliés (USA, URSS, France, Belgique, Chine)
ont créé l’ONU, en tirant les leçons et les acquis de la SDN. Aujourd’hui,
l’ONU est la seule organisation universelle à compétence large et
multidimensionnelle.

1. La création de l’ONU

La création de l’ONU s’est amorcée avec la Charte de l’Atlantique (1941)


entre Churchill et Roosevelt, puis la Déclaration des Nations Unies (1942),
signée par 26 États en guerre contre l’Axe. La Conférence de Moscou
(1943) posa les bases d’une organisation ouverte à tous les États pacifiques,
marquant une rupture avec l’élitisme de la SDN.

Des avancées concrètes eurent lieu à Dumbarton Oaks (1944), où furent


formulées les grandes lignes de l’ONU. Ces propositions furent ajustées à
Yalta (février 1945), notamment sur le vote au Conseil de sécurité, et la
Conférence de San Francisco (avril-juin 1945) adopta la Charte le 26 juin
1945. Celle-ci entra en vigueur le 24 octobre 1945.

L’ONU est aujourd’hui une organisation universelle regroupant 195 États.


Selon les articles 3 et 4 de la Charte, les membres peuvent être originaires
(les 50 présents à San Francisco) ou admis ultérieurement. Tout État
pacifique acceptant les obligations de la Charte peut adhérer, même les
micro-États comme Monaco ou Nauru. Certaines entités participent aux
travaux en tant qu’observateurs, comme la Palestine, l’UE ou le Saint-Siège.

2. La nature juridique de l’ONU

L’ONU est une organisation internationale d’États souverains, dotée de la


personnalité juridique lui permettant de conclure des traités, d’ester en

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Organisation internationale (O.I) page|20

justice et d’assumer sa responsabilité internationale. Organisation de


coopération, elle respecte la souveraineté de ses membres, sauf en matière
de paix et sécurité.

Elle bénéficie de capacités juridiques, privilèges et immunités sur les


territoires des États membres (articles 104-105 de la Charte et Convention
de 1946). Contrairement à la SDN, fondée sur le Traité de Versailles,
l’ONU repose sur un traité autonome : la Charte de 1945.

L’ONU n’est pas une organisation supranationale, car ses organes ne sont
pas indépendants, ses décisions ne sont pas directement applicables (sauf
celles du Conseil de sécurité), et ses compétences sont limitées. Toutefois,
le Conseil de sécurité exerce une forme de supranationalité via le Chapitre
VII. Autre différence : la SDN permettait le recours à la force après
échec de l’arbitrage, tandis que l’ONU ne l’autorise qu’en cas de légitime
défense.

3. Les buts et les principes des Nations-Unies

L’article 1er de la Charte définit les buts de l’ONU : préserver la paix et


la sécurité internationales, prévenir les conflits, promouvoir les droits
humains, résoudre les problèmes économiques, sociaux et humanitaires,
favoriser l’autodétermination des peuples et encourager des relations
amicales entre les nations.

Les principes sont énoncés à l’article 2 et complétés par la résolution 2625


(XXV) de 1970 sur les relations amicales et la coopération entre États.

Les principes énoncés à l’article 2 sont :

a) L’égalité souveraine des États : tous les membres sont égaux en droit,
doivent respecter l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et le libre
choix du système de chaque État. Toutefois, ce principe est limité par le

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Organisation internationale (O.I) page|21

droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité (article 27,


§3), souvent vu comme contraire à cette égalité.

b) La bonne foi dans les relations internationales : selon l’article 2, §2 de la


Charte, les États doivent exécuter de bonne foi leurs obligations. La
Déclaration de 1970 et la Convention de Vienne (articles 26 et 27)
renforcent ce principe. En cas de conflit, les obligations issues de la Charte
priment (article 103). Le non-respect de ce principe menace l’ordre et la
sécurité internationaux.

c) Règlement pacifique des différends : les États doivent régler leurs


différends par des moyens pacifiques comme la médiation ou la négociation
(article 33), ce principe étant une norme impérative.

d) Non-recours à la force : interdit de manière absolue sauf en cas de


légitime défense (article 51) ou d'action décidée par le Conseil de Sécurité
(articles 42 et 53). La légitime défense est un droit naturel.

e) Assistance à l’ONU : les États doivent coopérer avec l’Organisation dans


ses missions (maintien de la paix, actions humanitaires, etc.).

f) Effets pour les États non membres : Bien que non liés par la Charte (res
inter alios acta), les États non membres doivent, selon l’article 2 §6,
respecter les principes de l’ONU dans la mesure nécessaire au maintien de
la paix. Certaines décisions de l’ONU, comme les sanctions contre la
Rhodésie, l’Afrique du Sud ou l’Irak (résolutions 276 et 661), ont été
jugées opposables à tous les États, y compris non membres.

g) Respect du domaine réservé : Ce principe protège les affaires relevant


essentiellement de la compétence nationale des États, limitant l’ingérence
extérieure. Toutefois, ce domaine se réduit avec l’expansion du droit
international (droits de l’homme, droit de la mer, etc.). L’ONU peut
aborder certaines questions internes si elles touchent aux buts de la Charte
(ex. : autodétermination, droits humains – résolutions 1514, 1264). Selon

👾
Organisation internationale (O.I) page|22

l’article 2 §7, seuls les sujets « relevant essentiellement » de la


compétence nationale sont protégés, et cette clause ne bloque pas l’action
du Conseil de Sécurité (chapitre VII). La résolution 2625 sur les relations
amicales précise que le principe de non-intervention découle de la
souveraineté des États et énumère des principes clés (paix, coopération,
égalité, bonne foi), tout en restant fidèle à la Charte.

4. La structure institutionnelle de l’ONU

La structure institutionnelle de l’ONU comprend des organes principaux et


subsidiaires, ainsi que des institutions spécialisées.

I. Les organes principaux

Selon l’article 7, §1 de la Charte, les organes principaux de l’ONU sont :


l’Assemblée Générale, le Conseil de Sécurité, le Conseil économique et
social, le Conseil de tutelle, la CIJ et le Secrétariat.

A. L’Assemblée Générale (articles 9 à 22)

L’Assemblée Générale est l’organe délibératif principal de l’ONU, réunissant


tous les États membres une fois par an à New York, avec possibilité de
sessions extraordinaires (art. 20). Chaque État a une voix (art. 18) et les
décisions sont prises à la majorité simple ou aux deux tiers pour les
questions importantes. Elle comprend six commissions principales et deux
comités permanents (administratif et financier, contributions). Les
représentants (max. cinq par État) sont désignés par leurs gouvernements.
Le président, assisté de 21 vice-présidents, ne peut être issu d’un État
membre permanent du Conseil de Sécurité. Les observateurs peuvent
participer sans droit de vote.

👾
Organisation internationale (O.I) page|23

B. Le Conseil de Sécurité (art. 23 à 32)

Le Conseil de sécurité est un organe restreint et décisionnel de l’ONU,


chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales (article 24).
Il compte 15 membres : 5 permanents (Chine, États-Unis, France,
Royaume-Uni, Russie) disposant du droit de veto, et 10 non permanents élus
pour deux ans selon une répartition géographique équilibrée.

Chaque membre a une voix. Les décisions sur les questions de procédure
nécessitent 9 voix. Pour les autres, il faut 9 votes favorables incluant ceux
des 5 membres permanents (article 27), sauf en cas de veto. La présidence
du Conseil tourne chaque mois.

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte, le Conseil peut autoriser


des mesures non coercitives (article 41) ou militaires (article 42). Il a mené
plusieurs missions de paix en Afrique (ex. : MONUC, MINURCA), en Asie,
en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique.

En 1950, l’Assemblée générale a adopté la Résolution 377 (Union pour le


maintien de la paix) pour intervenir en cas de blocage du Conseil. Toutefois,
seule ce dernier peut légalement ordonner des actions coercitives. La Cour
internationale de Justice (CIJ) a reconnu en 1971 que l’article 25 rend
obligatoires les décisions prises par le Conseil en vertu de la Charte, pas
uniquement sous Chapitre VII.

Ses autres fonctions incluent la recommandation de nouveaux membres, la


nomination du Secrétaire général, l’exercice de tutelle, l’enquête sur les
conflits et la régulation des armements.

Le Conseil fait l’objet de critiques quant à sa composition jugée peu


représentative. Plusieurs États (dont ceux de l’UA, l’Allemagne, le Japon)
revendiquent une réforme pour un Conseil plus démocratique, transparent et
équilibré. L’Afrique réclame au moins 2 sièges permanents et 5 non

👾
Organisation internationale (O.I) page|24

permanents. Toutefois, toute réforme nécessite l’accord des 5 membres


permanents (article 108 de la Charte).

C. Le Conseil économique et social (articles 61 à 72)

Le Conseil économique et social (ECOSOC) de l'ONU compte 54 membres


élus pour trois ans, répartis géographiquement : 6 pour l'Europe orientale,
10 pour l'Amérique, 11 pour l'Asie, 13 pour l'Europe occidentale et autres,
et 14 pour l'Afrique. Il est chargé de traiter des questions économiques,
sociales, culturelles et de santé publique, en formulant des recommandations
pour les États membres et les institutions de l'ONU.

ECOSOC coordonne les activités des institutions spécialisées comme la FAO,


l'OMS, et l'UNICEF, et assure la direction des programmes des
Nations-Unies dans ces domaines. Il travaille aussi avec des commissions
régionales et des commissions techniques sur des sujets spécifiques tels que
la population, les droits de l'homme et le développement durable.

Le Conseil peut consulter plus de 1600 ONG ayant un statut consultatif.


Ces ONG sont classées en trois catégories selon leur domaine d'expertise.

Ce rôle central dans la coordination et les recommandations reste essentiel


malgré une réduction de ses fonctions économiques au profit de l'Assemblée
générale.

D. Le Conseil de Tutelle (articles 86 à 91)

Le Conseil de Tutelle, selon les articles 75 à 85 de la Charte de l'ONU,


veillait à l'exercice de la tutelle sur les territoires précédemment sous
mandat international, transformant ces mandats en tutelle ou facilitant leur
décolonisation. Plusieurs pays, tels que l'Australie, la Belgique, la France, le
Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, administraient ces
territoires.

👾
Organisation internationale (O.I) page|25

Le rôle du Conseil de Tutelle a disparu après l'indépendance ou l'autonomie


de tous les territoires sous tutelle, le dernier étant Palaos, devenu membre
de l'ONU en 1994. Depuis, le Conseil ne se réunit que si nécessaire et se
compose des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Les
territoires non autonomes actuels, comme le Sahara occidental et les îles
Canaries, sont généralement examinés par la 4e Commission de l'Assemblée
générale.

E. La Cour Internationale de Justice (articles 92 à 96)

Le règlement pacifique des différends internationaux est aujourd’hui une


norme impérative de droit international (ius cogens). L’ONU a donc prévu
des mécanismes pour ce faire, dont la Cour Internationale de Justice (CIJ)
constitue le pilier central.

Origines et statut de la CIJ

Créée en 1945 et succédant à la Cour Permanente de Justice Internationale


(CPJI) de la SDN, la CIJ est l’organe judiciaire principal de l’ONU. Son
Statut, partie intégrante de la Charte des Nations Unies, ne peut être
modifié que par procédure de révision (articles 108, 109 de la Charte, et
69, 70 du Statut). La Cour peut toutefois modifier son propre règlement
intérieur (article 30 du Statut).

Objectifs et rôle

La CIJ participe au maintien de la paix et de la sécurité internationales.


Ses relations avec les autres organes de l’ONU sont fondées sur la
coopération et l’égalité, tout en affirmant son indépendance judiciaire.
L’Assemblée générale a régulièrement évalué ses activités.

Continuité avec la CPJI

👾
Organisation internationale (O.I) page|26

Bien que la CIJ diffère de la CPJI (notamment par l’absence de compétence


automatique et la composition des États parties), il existe une continuité
institutionnelle. L’article 37 du Statut de la CIJ prévoit la substitution de
cette dernière aux anciennes juridictions prévues par des traités liés à la
CPJI. Elle reprend également la jurisprudence de la CPJI, lorsqu’elle est
compatible avec l’évolution du droit international.

Accès à la CIJ

Seuls les États peuvent ester devant la CIJ, en vertu de l’article 35 du


Statut. On distingue :

1.​ Les États membres de l’ONU (parties ipso facto au Statut) ;


2.​ Les États non membres mais parties au Statut (via l’article 93 §2 de
la Charte, après acceptation des obligations et versement d’une
contribution financière) ;
3.​ Les États non membres et non parties au Statut (accès par
déclaration spéciale selon l’article 35 §2 et la Résolution 9 du Conseil
de sécurité, 1946).

Exemples :

●​ Albanie (ni membre de l’ONU ni partie au Statut) a été partie à


l’affaire du Détroit de Corfou (1949).
●​ Italie a été partie à l’affaire de l’Or monétaire contre les
États-Unis, la France et le Royaume-Uni.

Composition et élection

La CIJ est composée de 15 juges indépendants élus pour 9 ans par


l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité sur proposition des groupes
nationaux de la Cour Permanente d’Arbitrage (CPA). Tout État sans juge de
sa nationalité peut désigner un juge ad hoc (article 31). Ces juges ont les
mêmes prérogatives, bien que rémunérés selon leur temps de service.

👾
Organisation internationale (O.I) page|27

Compétence de la Cour

La CIJ exerce :

●​ Une compétence contentieuse : elle tranche des différends juridiques


entre États, avec des décisions obligatoires (article 38 du Statut).
Elle ne peut être saisie qu’avec le consentement des parties (principe
de base du droit international).
●​ Une compétence consultative : elle rend des avis consultatifs sur des
questions juridiques à la demande des organes de l’ONU ou des
institutions spécialisées (articles 96 de la Charte et 65 du Statut).

Acceptation de la compétence

Les États peuvent accepter la juridiction de la CIJ de quatre manières :

1.​ Compromis : accord ponctuel pour un différend particulier ;


2.​ Clause compromissoire : disposition dans un traité renvoyant tout
litige à la CIJ ;
3.​ Traité de règlement judiciaire : accord général prévoyant le recours à
la CIJ pour tous futurs différends ;
4.​ Déclaration d’acceptation de juridiction obligatoire (article 36 §2) :
reconnaissance unilatérale, réciproque entre États déclarants.

Compétence de la compétence

La CIJ décide elle-même de sa propre compétence en vertu de l’article 36


§6 du Statut. Elle l’a rappelé dans plusieurs affaires célèbres
(Royaume-Uni/Iran, Grèce/Royaume-Uni, Liechtenstein/Guatemala).

👾
Organisation internationale (O.I) page|28

La RDC devant la CIJ

La République Démocratique du Congo a été partie à quatre affaires :


contre la Belgique, la Guinée, l’Ouganda et le Rwanda.

F. Le Secrétariat Général (article 97-101 du Statut)

Le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU)

L’Organisation des Nations Unies dispose d’un Secrétaire Général, assisté


d’un personnel administratif, qui assure la gestion quotidienne des activités
de l’Organisation. Le siège principal de l’ONU se trouve à New York
(États-Unis). Elle dispose également de trois bureaux régionaux importants
appelés "offices" situés à Genève (Suisse), Vienne (Autriche) et Nairobi
(Kenya).

Nomination et mandat

Le Secrétaire Général est nommé par l’Assemblée Générale, sur


recommandation du Conseil de Sécurité. Son mandat est de cinq ans,
renouvelable. Selon une coutume non écrite, il est d’usage que chaque
continent fournisse deux mandats successifs avant de passer la main à un
autre continent. Cela permet une certaine rotation géographique dans
l’occupation de ce poste.

Liste des Secrétaires Généraux depuis la création de l’ONU :

1.​ Trygve Lie (Norvège – Europe)


2.​ Dag Hammarskjöld (Suède – Europe)
3.​ U Thant (Birmanie – Asie)
4.​ Kurt Waldheim (Autriche – Europe)
5.​ Javier Pérez de Cuéllar (Pérou – Amérique latine)
6.​ Boutros Boutros-Ghali (Égypte – Afrique)

👾
Organisation internationale (O.I) page|29

7.​ Kofi Annan (Ghana – Afrique)


8.​ Ban Ki-moon (Corée du Sud – Asie)

Cette succession montre un équilibre régional progressif dans la désignation


des Secrétaires Généraux.

Fonctions et attributions

Le Secrétaire Général n’est pas simplement un chef administratif de l’ONU.


Il joue également un rôle politique majeur sur la scène internationale. En
vertu de l’article 99 de la Charte des Nations Unies, il peut attirer
l’attention du Conseil de sécurité sur toute situation qui menace la paix et la
sécurité internationales. Il peut donc intervenir dans la résolution des
conflits, jouer un rôle de médiateur, et appuyer les efforts de maintien de
la paix.

Par ailleurs, le Secrétaire Général présente chaque année un rapport à


l’Assemblée Générale, dans lequel il fait le point sur les activités de l’ONU
et les grands enjeux internationaux.

Parcours professionnel typique

Traditionnellement, les Secrétaires Généraux ont d’abord exercé des


fonctions diplomatiques, notamment en tant qu’ambassadeurs de leur pays
auprès de l’ONU à New York, avant leur nomination. Une exception notable
est Boutros Boutros-Ghali, qui n’a jamais été ambassadeur, mais a exercé
en tant que Ministre des Affaires Étrangères de l’Égypte.

👾
Organisation internationale (O.I) page|30

II. Organes subsidiaires

Ils sont intégrés aux Nations Unies, sans personnalité juridique propre, et
sont créés par les organes principaux pour intervenir dans divers domaines.

Parmi les organes subsidiaires de l’Assemblée Générale, on peut citer


(article 7) :

1.​ La Commission du droit international (CDI) : Créée en 1947, la


Commission du droit international compte 34 juristes représentant les
grands systèmes juridiques. Elle vise à développer et codifier le droit
international. Contrairement à la Commission juridique de l’Assemblée
générale, ses membres sont élus par l’Assemblée et non ouverts à
tous les États.
2.​ La Conférence des Nations-Unies pour le Commerce et le
Développement: Créée en 1964 et basée à Genève, elle vise à
renforcer la position des pays en développement dans le commerce
mondial et à favoriser leur croissance économique.
3.​ Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) :Créé
en 1950 et basé à Genève, le HCR protège les réfugiés, qu’ils soient
déplacés internes ou externes. Il veille au respect de leurs droits
fondamentaux, au droit d’asile et au retour volontaire, selon le droit
international des réfugiés.
4.​ Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE): Créé en
1972, avec siège à Nairobi, le PNUE oriente la politique
environnementale mondiale. Il encourage les États à protéger
l’environnement tout en poursuivant un développement durable
bénéfique aux générations futures.
5.​ Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD): Le
PNUD soutient les pays les moins avancés en mobilisant et en
distribuant des aides financières, avec un budget annuel d’environ 2
milliards de dollars, pour favoriser leur développement.
6.​ Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF): L’UNICEF se
consacre à la protection des droits de l’enfant, notamment dans les

👾
Organisation internationale (O.I) page|31

domaines de la santé, de l’éducation, de la nutrition et de la


protection contre la violence.

Autre organe subsidiaire : Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits
de l’Homme (HCDH)
Il promeut (qu’il encourage activement le respect et l’application des droits
humains) et protège les droits de l’homme, encourage la coopération
internationale, coordonne les actions du système onusien en la matière et
soutient l’adoption et la ratification de normes internationales des droits
humains.

👾
Organisation internationale (O.I) page|32

TITRE II : LES INSTITUTIONS


SPÉCIALISÉES DU SYSTEME DES
NATIONS UNIES ET LES
ORGANISATIONS APPARENTES
Les institutions spécialisées de l’ONU sont des organisations internationales
autonomes, créées par accords entre États, qui interviennent dans des
domaines spécifiques comme l’économie, la santé, l’éducation, la culture ou
les sciences (article 57 de la Charte). Elles ont une compétence universelle
mais ciblée, et sont liées à l’ONU via l’ECOSOC, sauf quelques exceptions
comme l’AIEA, l’OMC, l’OMT ou l’OIAC (article 63).

Contrairement aux organes subsidiaires, ces institutions possèdent leur


propre personnalité juridique. On en compte aujourd’hui 16, dont :

●​ OIT, OMS, FAO, UNESCO, FMI, BIRD, IDA, SFI, OACI, OMI,
UPU, UIT, OMM, OMPI, FIDA, ONUDI.

Et 5 autres organisations apparentées à l’ONU : AIEA, OMC, OMT, OIAC,


OTICE.

Certaines, comme l’OIT, l’UPU, l’OMM et l’OMPI, existaient avant l’ONU et


ont été intégrées ensuite.

Après la Seconde Guerre mondiale, pour remettre de l’ordre dans l’économie


mondiale, trois grands types d’organisations ont été créés :

👾
Organisation internationale (O.I) page|33

1.​ GATT/OMC : pour réguler le commerce international (libre-échange).


2.​ FMI : pour gérer les relations monétaires et garantir les flux
financiers mondiaux.
3.​ Banque mondiale : pour aider à la reconstruction des pays touchés
par la guerre et soutenir le développement.

Chapitre I : L’Organisation Mondiale du Commerce


([Link])
1. Naissance et évolution

Entre les deux guerres mondiales, l'économie mondiale a souffert d'une


forte récession et d'une inflation élevée. En réaction, de nombreux États
ont adopté des politiques protectionnistes (droits de douane élevés, quotas,
interdictions) et pratiqué le bilatérisme, freinant ainsi le commerce mondial.

Après la Seconde Guerre mondiale, pour relancer l’économie, plusieurs pays


ont engagé des négociations en faveur du libre-échange, aboutissant à la
signature du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) le 30 octobre
1947, entré en vigueur le 1er janvier 1948. Il visait à réduire les barrières
tarifaires et faciliter les échanges. Initialement signé par 23 pays, il
comptait 115 membres en 1994, dont la RDC.

Un projet plus ambitieux, l’Organisation Internationale du Commerce (OIC),


fut prévu par la Charte de La Havane (1948), mais échoua à cause du refus
du Sénat américain de la ratifier. Le GATT resta donc le cadre juridique du
commerce international.

Le GATT fut renforcé par plusieurs cycles de négociation :

●​ Kennedy Round (1964-1967),


●​ Tokyo Round (1973-1979),

👾
Organisation internationale (O.I) page|34

Uruguay Round (1986-1994), qui aboutit à la création de l’Organisation


Mondiale du Commerce (OMC), opérationnelle depuis le 1er janvier 1995 et
basée à Genève.

L’OMC reprend et applique les accords du cycle d’Uruguay. Bien que l'idée
d’un nouveau cycle ait été évoquée lors de la Conférence de Seattle (1999),
elle a été freinée par les pays en développement, qui estiment que les
engagements précédents ne sont pas encore pleinement respectés.

2. Nature et caractéristiques essentielles

Le GATT de 1947 était un accord multilatéral commercial qui, avec le


temps, a fonctionné comme une organisation informelle de coopération entre
États. Il servait à la fois de cadre de négociation et de réglementation
pour faciliter le commerce international. Les États pouvaient y adhérer par
négociation (art. XXXIII) ou par présentation (art. XXVI/5C).

En 1994, les Accords de Marrakech ont institué l’Organisation Mondiale du


Commerce (OMC), qui remplace et étend le GATT. L’OMC est une
organisation intergouvernementale (et non supranationale) qui fonctionne
selon les décisions des États membres.

L’article II précise que l’OMC est le cadre institutionnel commun pour les
relations commerciales entre ses membres. Selon l’article VIII, elle dispose
de la personnalité juridique et bénéficie de privilèges et immunités
nécessaires. D’après l’article XI, les membres originels sont ceux qui étaient
parties au GATT en 1994. L’adhésion (art. XII) est décidée à la majorité
des deux tiers.

Les anciens membres du GATT ne deviennent pas automatiquement membres


de l’OMC ; ils doivent accepter l’ensemble des accords de l’OMC, notamment
ceux du cycle d’Uruguay. Cela évite qu’un État non membre bénéficie des
avantages (clause de la nation la plus favorisée) sans en supporter les
obligations.

👾
Organisation internationale (O.I) page|35

Objectifs de l’OMC :

●​ Gérer les accords commerciaux multilatéraux du cycle d’Uruguay,


dont:

1.​ Le GATT de 1994 (révision du GATT de 1947) ;


2.​ Les accords sectoriels (agriculture, subventions, antidumping, etc.) ;
3.​ L’accord sur les droits de propriété intellectuelle (ADPIC) ;

●​ Assurer l’application uniforme des accords par tous les États membres
;
●​ Coordonner avec le FMI et la Banque mondiale ;
●​ Régler les différends commerciaux entre États membres.

3. Les aspects institutionnels

Les principaux organes du GATT étaient :

●​ La Conférence des Parties contractantes,


●​ Le Conseil des représentants, qui pouvait créer des organes
subsidiaires (groupes de travail, comités comme celui des restrictions
à l'importation, du commerce et du développement, etc.),
●​ Le Secrétariat.

Depuis 1995, l’OMC a remplacé le GATT avec une structure plus formalisée
(article IV de l’Accord instituant l’OMC), comprenant :

a) La Conférence ministérielle
Organe suprême de l’OMC, composé de tous les membres. Elle se réunit au
moins tous les deux ans pour prendre des décisions sur les accords
commerciaux multilatéraux et nommer le Directeur général. Exemples de
réunions : Singapour (1996), Doha (2001), Genève (2007), etc.
b) Le Conseil général

👾
Organisation internationale (O.I) page|36

Composé aussi de tous les membres, il agit entre les sessions de la


Conférence ministérielle. Il joue trois rôles clés :

●​ Organe de règlement des différends,


●​ Organe d’examen des politiques commerciales,
●​ Gestionnaire général des activités de l’OMC (budget, règlements).
Il supervise aussi trois Conseils subsidiaires :
●​ Commerce des marchandises,
●​ Commerce des services,
●​ Propriété intellectuelle liée au commerce (ADPIC).

c) Les Conseils spécialisés


Ils veillent au bon fonctionnement des accords multilatéraux respectifs
(marchandises, services, propriété intellectuelle).

d) Les Comités
Créés par la Conférence ministérielle pour des domaines spécifiques :

●​ Commerce et développement,
●​ Restrictions liées à la balance des paiements,
●​ Budget, finances et administration, etc.

e) Le Secrétariat
Dirigé par le Directeur général (nommé par la Conférence ministérielle), il
gère les affaires administratives. Le personnel remplit une mission
internationale et neutre.

4. Les normes économiques dans le cadre de l’OMC

Les relations commerciales à l’OMC sont encadrées par le GATT de 1994,


ainsi que par divers accords spécifiques concernant le commerce des
marchandises (agriculture, subventions, antidumping), les services (AGCS) et
la propriété intellectuelle (ADPIC).

👾
Organisation internationale (O.I) page|37

Le GATT vise à libéraliser le commerce international en réduisant les droits


de douane et en promouvant la libre concurrence. Son succès repose sur
deux idées clés :

Un commerce international ouvert favorise la prospérité, la paix et la


stabilité mondiale.

La prévisibilité du commerce repose sur des règles communes obligatoires,


garanties par un mécanisme de règlement des différends.

L’analyse porte sur les principes du GATT, ses exceptions, les accords du
cycle d’Uruguay, et le système de règlement des différends.

I. Les principes du GATT

Le GATT promeut la non-discrimination, la protection douanière et la


suppression des restrictions quantitatives.

A. La non-discrimination

Le principe de non-discrimination du GATT repose sur deux volets : la


nation la plus favorisée (TNF), qui oblige à accorder à tous les membres les
mêmes avantages commerciaux (article I), et le traitement national, qui
interdit de défavoriser les produits importés par rapport aux produits
nationaux (article III). Ce principe central vise à éviter les discriminations,
à prévenir les tensions commerciales comme celles de l’entre-deux-guerres,
et à favoriser l’efficience économique en assurant un accès équitable aux
marchés.

👾
Organisation internationale (O.I) page|38

B. Protection par les droits de douane

Le GATT vise à réduire et harmoniser les droits de douane par des


concessions tarifaires. À défaut de les supprimer, les membres peuvent les
utiliser pour protéger leur économie, sous forme de droits spécifiques ou ad
valorem. Leur transparence favorise un commerce international plus
prévisible.

C. Élimination des restrictions quantitatives

Les membres de l’OMC s’engagent à ne pas limiter les importations par des
quotas ou licences, en dehors des droits ou taxes, conformément à l’article
XI.

II. Les exceptions au principe

Le GATT prévoit des exceptions à ses principes, comme la non-application


du TNF, la clause de libération, les dérogations (waivers), les clauses de
sauvegarde, les restrictions quantitatives et l’Accord multifibre.

A. Non-application du principe de la Nation la Plus Favorisée


(TNF)

Les unions douanières et zones de libre-échange dérogent au principe du


TNF, car leurs membres accordent entre eux des avantages non étendus
aux autres États. Cette dérogation est permise par l’article XXIV du
GATT, à condition de ne pas aggraver les droits de douane envers les États
tiers. Cela reflète un équilibre entre multilatéralisme et régionalisme.

👾
Organisation internationale (O.I) page|39

B. Clause de libération (Enable Clause)

Adoptée en 1965, elle permet un traitement spécial et différencié en


faveur des pays en développement. Ces derniers peuvent bénéficier
d’avantages commerciaux unilatéraux, sans obligation de réciprocité. Les
préférences tarifaires qu’ils reçoivent ne sont pas étendues aux pays
développés, ce qui constitue une exception au TNF.

[Link] autorisations Dérogations (Waivers)

Un membre peut demander une dérogation temporaire aux règles du GATT


en cas de difficultés économiques particulières. La demande doit être
justifiée, encadrée par l’OMC, et ne doit pas favoriser un protectionnisme
excessif. Ces dérogations sont soumises à un contrôle et à une notification
auprès de l’OMC.

D. Clauses de sauvegarde et limitations quantitatives Des


importations

Un État peut adopter des mesures de sauvegarde (article XIX) en cas de


déséquilibre de sa balance des paiements (article XII) ou pour protéger une
branche nationale menacée par des importations massives. Ces mesures
incluent des contingents ou la révision des concessions tarifaires. Elles
doivent être non discriminatoires (article XIII), fondées sur une enquête
rigoureuse (article 3) et limitées dans le temps (article 7). Les produits
venant des pays en développement sont généralement exclus si leur part
d’importation reste faible (article 9).

E. Accord Multifibre (AMF)

En vigueur jusqu’à l’intégration complète du secteur textile dans le GATT


(prévue sur 10 ans depuis le Cycle d’Uruguay), l’AMF permet aux pays
développés d’imposer des restrictions quantitatives sur les importations de

👾
Organisation internationale (O.I) page|40

textiles en provenance de pays en développement. Cela a entraîné


d’importantes pertes économiques pour ces derniers, malgré leur
compétitivité.

III. Les principaux nouveaux accords

Le Cycle d’Uruguay a débouché sur plusieurs accords majeurs, dont ceux sur
les services (AGCS), l’agriculture et la propriété intellectuelle liée au
commerce (ADPIC).

A. L’Accord général sur le commerce des services (GATS)

Le GATS (Accord général sur le commerce des services), issu du Cycle


d’Uruguay, étend les principes du GATT aux services, en raison de leur
poids croissant dans le commerce mondial. Il vise une libéralisation
progressive pour améliorer l'accès aux marchés tout en respectant le droit
des États à réglementer selon leurs objectifs nationaux.

Applicable à tous les services sauf ceux fournis dans l’exercice du pouvoir
gouvernemental, le GATS couvre des secteurs variés comme les professions
libérales, les télécommunications, les services financiers, le tourisme, etc.
Il repose sur trois principes :

●​ le traitement de la nation la plus favorisée (NTF),


●​ la transparence des règles,
●​ et des engagements spécifiques sur l’accès au marché et la
réglementation intérieure.
Des dérogations au NTF sont prévues pour :

1.​ les services transfrontaliers locaux,


2.​ les zones d’intégration économique (article V),
3.​ certaines exemptions listées par les membres.

👾
Organisation internationale (O.I) page|41

Enfin, des restrictions sont possibles pour protéger la balance des


paiements (article XII), et les règles sur les mesures de sauvegarde feront
l’objet de futures négociations.

B. L’Accord sur l’agriculture

L’Accord sur l’agriculture vise à instaurer un commerce équitable et axé sur


le marché des produits agricoles, via un processus de réforme des soutiens
et protections, et par un renforcement des règles du GATT. Il contient un
texte principal, des annexes (sur le soutien interne, les subventions, etc.),
et est complété par deux accords : sur les mesures sanitaires et
phytosanitaires, et sur l’aide aux pays les plus vulnérables. Il couvre divers
produits (huile, coton, laine...) et traite de l’accès aux marchés, des
clauses de sauvegarde, du soutien interne et des subventions à
l’exportation.

1. Accès au marché : L’Accord sur l’agriculture prévoit des règles


spécifiques concernant l'accès au marché pour les produits agricoles. Les
membres de l'OMC doivent assouplir les barrières commerciales telles que
les droits de douane et les restrictions quantitatives sur les importations,
tout en maintenant certaines protections pour les producteurs nationaux.
L'Accord s'efforce de rendre les marchés plus ouverts et accessibles aux
exportateurs tout en permettant aux pays d’adopter des mesures de
sauvegarde en cas de besoin.

2. La clause de sauvegarde spéciale : L'Accord introduit une clause de


sauvegarde spéciale, permettant aux pays en développement d’adopter des
mesures restrictives pour protéger leur secteur agricole en cas de
surinondation du marché par les importations agricoles. Cette clause permet
de maintenir des restrictions quantitatives sur certains produits agricoles
pendant une période transitoire, sans violer les engagements du GATT, afin
de protéger les producteurs locaux des effets négatifs de l'augmentation
des importations.

👾
Organisation internationale (O.I) page|42

3. Soutien interne : L'Accord sur l'agriculture comprend aussi des règles


sur le soutien interne que les gouvernements peuvent accorder à leur
agriculture. Les subventions internes peuvent être utilisées pour soutenir la
production agricole, mais elles doivent être limitées pour éviter de fausser
le marché international. Les subventions internes sont classées en
différentes catégories en fonction de leur impact sur le commerce
international, et certaines formes de soutien, telles que celles qui ne
faussent pas le marché, peuvent être exemptées de réduction. Cependant,
la réduction des soutiens internes faussement compétitifs est un objectif
clé de l'Accord, et les pays doivent mettre en place des politiques qui ne
perturbent pas les conditions de concurrence.

4. Subventions à l’exportation : Les subventions à l'exportation sont l’un des


aspects les plus strictement régulés par l'Accord. Les membres doivent
éviter d'octroyer des subventions à l'exportation qui nuisent au commerce
international. Ces subventions se manifestent principalement par des aides
directes versées aux producteurs ou des mesures indirectes, telles que des
réductions des prix d’exportation en-dessous des prix domestiques. Par
exemple, la vente à prix subventionné des stocks agricoles publics à des fins
d’exportation est interdite, car elle fausse la concurrence sur les marchés
internationaux. L'Accord impose également une réduction progressive de ces
subventions, ce qui implique que les pays membres doivent aligner leurs
politiques sur des règles internationales harmonisées.

Les subventions à l’exportation comprennent plusieurs formes, telles que :

Les subventions directes accordées par les autorités publiques ou leurs


organismes.

La vente de produits agricoles subventionnés par les autorités publiques à un


prix inférieur à celui du marché intérieur.

Le financement de certaines subventions destinées à réduire les coûts liés à


la commercialisation des exportations agricoles, sauf celles relatives aux

👾
Organisation internationale (O.I) page|43

services de promotion des exportations et à la fourniture de services


consultatifs.

L'Accord stipule aussi que les pays ne doivent pas introduire ou réintroduire
des subventions pour des produits agricoles pour lesquels elles n'étaient pas
octroyées pendant la période de base (article 3, §3). Cela empêche de
nouvelles distorsions dans les marchés agricoles mondiaux.

C. L’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle


qui touchent au commerce (ADPIC

L’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent
au commerce (ADPIC ou TRIPS), adopté lors du Cycle de l’Uruguay, est
l’Annexe 1C de l’Accord instituant l’OMC. Il vise à harmoniser la protection
des droits de propriété intellectuelle (DPI) au niveau mondial en tenant
compte de leur rôle essentiel dans le commerce international.

Le TRIPS s’appuie sur les principes du GATT, notamment le traitement


national (art. 3) et la nation la plus favorisée (TNF) (art. 4), assurant aux
ressortissants étrangers les mêmes droits qu’aux nationaux et une égalité de
traitement entre les États membres.

Il couvre plusieurs domaines : droit d’auteur, brevets, marques, modèles


industriels, indications géographiques, etc. Même si les DPI sont des droits
privés, les États restent libres de choisir les méthodes de mise en œuvre
dans leur système juridique national, à condition de respecter les normes
minimales définies (articles 9 à 40).

L’accord vise à protéger l’innovation, faciliter le transfert technologique et


diffuser les connaissances techniques, dans l’intérêt commun des innovateurs
et des utilisateurs (article 7). Le TRIPS introduit aussi des mécanismes
efficaces de respect des droits, essentiels pour garantir leur application
dans la pratique.

👾
Organisation internationale (O.I) page|44

IV. Les mécanismes de règlement des différends

A. Observations générales

Le développement du commerce international entraîne inévitablement des


différends entre États. Sous le GATT de 1947, ces conflits étaient réglés
selon les articles XXII et XXIII et par divers accords (Tokyo Round,
Mémorandum de 1979, réformes de 1989). Le système reposait sur la
négociation directe, la saisine du Directeur général en cas d’échec, et
l’examen du litige par des groupes spéciaux (Panels). Toutefois, ce
mécanisme souffrait de deux faiblesses majeures : l’adoption des décisions
nécessitait l’unanimité, permettant à une partie d’y faire obstacle, et les
rapports des Panels étaient souvent limités et peu exhaustifs.

Avec l’OMC, une avancée décisive est réalisée : un Organe de Règlement


des Différends (ORD) est créé, compétent pour tous les litiges liés aux
accords issus du Cycle de l’Uruguay. Le Mémorandum d’accord sur les règles
et procédures régissant le règlement des différends (Annexe 2 de l’Accord
OMC) encadre désormais ces procédures. Il vise à garantir un règlement
plus efficace, centralisé et contraignant des différends, y compris ceux
concernant les accords plurilatéraux (pour les États signataires). L’ORD
fonctionne comme une juridiction quasi-permanente et ses décisions sont
difficiles à bloquer, ce qui renforce la sécurité juridique du commerce
international.

B. Organisation et procédures ordinaires

Le mécanisme de règlement des différends de l’OMC repose sur un Organe


de Règlement des Différends (ORD), qui joue un rôle central. Il est le seul
compétent pour créer les groupes spéciaux, adopter leurs rapports ainsi que
ceux de l’organe d’appel, surveiller la mise en œuvre des décisions, et
autoriser les sanctions commerciales (mesures de rétorsion) en cas de
non-respect.

👾
Organisation internationale (O.I) page|45

Étapes principales du processus :

1.​ Consultations (article 4) : Lorsqu’un différend éclate entre membres,


ils doivent d’abord tenter de le résoudre à l’amiable.
2.​ Bons offices, médiation, conciliation (article 5) : En cas d’échec, le
Directeur général peut intervenir pour faciliter un accord.
3.​ Saisine de l’ORD (article 6) : Si les consultations échouent (dans un
délai de 60 jours), la partie plaignante peut demander la formation
d’un groupe spécial.
4.​ Rapport du groupe spécial (article 7 & 16) : Celui-ci examine le litige
et remet un rapport aux parties, puis à tous les membres. L’ORD
l’adopte automatiquement sous 60 jours, sauf appel.
5.​ Organe d’appel (article 17) : En cas d’appel, une instance composée de
7 experts juridiques examine l’affaire. Son rapport est adopté sous
30 jours, sauf consensus contraire.
6.​ Mise en œuvre (article 21) : Le membre perdant doit appliquer les
recommandations. À défaut, une compensation peut être négociée.
7.​ Sanctions (article 22) : Si aucune solution n’est trouvée sous 20 jours
après le délai d’exécution, l’ORD peut autoriser la suspension de
concessions commerciales (sanctions).
8.​ Arbitrage : En cas de contestation sur les sanctions, un arbitrage est
mené par le groupe spécial ou un arbitre désigné. La décision est
définitive.

Ce système rend les décisions contraignantes, limite les blocages et garantit


une résolution efficace des différends dans un cadre multilatéral.

C. La procédure spéciale d’arbitrage

L’article 25 du Mémorandum d’accord de l’OMC permet aux parties à un


différend de recourir à l’arbitrage comme alternative au règlement
classique, à condition qu’elles y consentent mutuellement. L’accord
d’arbitrage doit être notifié à tous les membres de l’OMC avant le début de

👾
Organisation internationale (O.I) page|46

la procédure. D’autres membres peuvent participer, mais uniquement avec


l’accord des parties concernées.

Les décisions arbitrales sont obligatoires pour les parties et sont


communiquées à l’ORD et aux organes concernés, où elles peuvent être
discutées. L’arbitrage porte sur des questions bien définies, dans un cadre
OMC, et les articles 21 et 22 (exécution et sanctions) s’y appliquent
également.

Le mécanisme actuel, issu du Cycle d’Uruguay, est plus efficace que celui du
GATT : les procédures sont plus automatisées, les délais sont encadrés, et
l’instauration d’un organe d’appel a renforcé l’autorité des décisions. Les
membres de l’OMC ont donc plus confiance dans ce système.

Enfin, l’élargissement du commerce mondial à de nouveaux secteurs (services


financiers, télécommunications, technologies) et la montée de la
régionalisation des échanges (UE, ALENA, CEDEAO, etc.) posent de
nouveaux défis, notamment en raison des inégalités économiques entre les
membres.

Chapitre II : Le Fonds Monétaire International

1. Naissance et évolution

Le Fonds Monétaire International (FMI), tout comme la Banque Mondiale, a


été créé par les Accords de Bretton Woods, signés en juillet 1944 par 44
pays. Ses statuts sont entrés en vigueur le 27 décembre 1945, et le FMI
est devenu opérationnel le 1er mars 1947. Il est basé à Washington et
comptait 188 membres en 2014. Ses statuts ont été modifiés à plusieurs
reprises, notamment lors des Accords de Kingston (1976) et en 1990.

👾
Organisation internationale (O.I) page|47

À Bretton Woods, deux visions s’opposaient : celle de la souveraineté


monétaire nationale et celle d’un ordre monétaire international centralisé,
géré par une institution dotée de pouvoirs supranationaux.

Le FMI joue un rôle de coordination et de consultation en matière monétaire


internationale. Toutefois, il ne peut imposer un changement de parité
monétaire : cette décision appartient au pays membre concerné, et
uniquement en cas de déséquilibre fondamental, après consultation avec le
Fonds, qui ne peut s’y opposer pour des raisons de politique intérieure.

2. Nature et fonctions

L’entrée en vigueur des Statuts du FMI a eu trois conséquences majeures :

1.​ La création d’une institution monétaire internationale ;


2.​ L’imposition de règles de droit international applicables aux États
membres sous le contrôle du Fonds ;
3.​ Le transfert d’avoirs en or et en monnaies nationales au profit du
FMI.

Le FMI est une personne morale internationale, dotée de la capacité


juridique : il peut contracter, posséder des biens, ester en justice et
bénéficie de privilèges et immunités dans chaque pays membre.

En tant qu’institution spécialisée des Nations Unies (articles 57 et 63 de la


Charte), le FMI a une vocation universelle. Seuls les États souverains
peuvent en devenir membres. Les membres originaires sont ceux ayant
participé à Bretton Woods (comme les États-Unis, la France ou la Chine) et
ratifié l’Accord avant le 31 décembre 1945. Les nouveaux membres sont
admis par le Conseil des gouverneurs.

👾
Organisation internationale (O.I) page|48

Un État peut adhérer sans être membre de l’ONU (ex : la Suisse). Les
conditions d’admission sont fixées par le Conseil et incluent :

●​ Le paiement d’une quote-part (en partie en or),


●​ Le respect des délais pour la souscription et la déclaration de parité,
●​ L’engagement à coopérer et fournir les informations demandées,
●​ La signature de l’accord et la transmission de l’acte de ratification
aux États-Unis.

Le FMI remplit trois fonctions principales :

●​ Coordination des politiques monétaires,


●​ Régulation des relations de change,
●​ Financement des États membres en difficulté.

A.​Fonction de coordination du FMI :

Selon l’article 1er de ses Statuts, le FMI vise à favoriser la coopération


monétaire internationale grâce à une institution permanente de consultation
et de collaboration sur les questions monétaires mondiales.
Les États membres doivent coopérer activement avec le Fonds en lui
fournissant des données économiques, monétaires et financières, et en
soutenant la stabilité des taux de change (article IV).

B.​Fonction régulatrice

La fonction régulatrice du FMI consiste à surveiller les politiques


économiques et monétaires de ses États membres pour garantir la stabilité
du système monétaire international. À travers des consultations régulières,
il évalue les déséquilibres, propose des réformes et recommande des
mesures correctives. Bien qu’il ne soit pas contraignant, son avis influence

👾
Organisation internationale (O.I) page|49

fortement les décisions économiques, surtout lorsqu’il accorde une aide


financière.

C.​Fonction financière

La fonction financière du FMI consiste à accorder une assistance monétaire


aux pays membres confrontés à des déséquilibres de leur balance des
paiements. En échange, le Fonds impose souvent des conditions (réformes
économiques ou politiques d’ajustement) visant à restaurer la stabilité
macroéconomique. Cette aide provient des quotes-parts versées par les
membres, complétées par d’autres ressources. Le FMI peut accorder divers
types de prêts selon la situation du pays (financement classique, facilité
élargie de crédit, aide aux pays pauvres, etc.).

Chapitre III : La banque mondiale

Section 1 : Naissance et évolution

La BIRD, créée en 1944 par les accords de Bretton Woods et


opérationnelle dès 1945, visait à stabiliser les taux de change et à soutenir
la reconstruction des pays après la guerre ainsi que le développement des
pays pauvres. La SFI, lancée en 1956, a pour mission de promouvoir le
secteur privé dans les pays en développement en mobilisant des capitaux
locaux et étrangers. L’IDA, entrée en vigueur en 1970, accorde des aides
aux pays les plus pauvres. Pour être membre d'une filiale du groupe BIRD,
un État doit d'abord adhérer à la BIRD elle-même.

Section 2 : Organe institutionnel

La banque mondiale en elle-même comprend trois organes principaux :

👾
Organisation internationale (O.I) page|50

§[Link] des gouverneurs

C’est l’organe suprême de la BIRD, composé des représentants de tous les


États membres. Il se réunit une fois par an pour prendre les grandes
décisions stratégiques.

§2 : Conseil d’administration

Il regroupe 24 administrateurs, dont 5 représentent les principaux


actionnaires (États-Unis, Russie, Japon, Allemagne, France). Le président
de la Banque mondiale, désigné par ce conseil, en assure également la
présidence et supervise le personnel administratif.

§3 : Secrétariat

Dirigé par le président de la Banque, il assure la coordination interne et le


soutien administratif. Un Comité du développement, commun à la Banque
mondiale et au FMI, conseille les deux institutions sur les questions de
développement économique.

Section 3 : Opération de la BIRD

La BIRD soutient les investissements en accordant des prêts aux États


membres, entreprises locales ou étrangères, dès lors que leurs projets ont
un impact humanitaire ou économique positif. Elle finance des initiatives
dans les domaines de l’énergie (ex. : projet Inga), de l’industrie (ex. :
Bukanga Lonzo), de l’agriculture, de la santé, de l’éducation et des finances.
Le taux d’intérêt appliqué est de 7,43 %.

Elle contribue aussi au règlement des différends économiques via le Centre


international pour le règlement des différends relatifs aux investissements
(CIRDI).

👾
Organisation internationale (O.I) page|51

En RDC, la BIRD finance actuellement 29 projets pour un montant total de


3,8 milliards USD, répartis comme suit :

●​ 63 % pour les infrastructures et le développement durable


●​ 16 % pour le développement humain (eau, électricité, transport,
alimentation)
●​ 15 % pour l’agriculture et le secteur privé
●​ 6 % pour la gouvernance, notamment dans le secteur minier.

Chapitre IV : L’Organisation Internationale du


Travail (O.I.T)

Section 1 : Naissance et évolution

L'idée d'une organisation dédiée aux droits des travailleurs remonte à la


SDN, avec la partie XIII du traité de Versailles de 1919 qui établit
l’Organisation internationale du travail (OIT). Elle a survécu à la disparition
de la SDN, et son adhésion était indépendante de celle à la SDN. À la
création de l’ONU, l’OIT a été intégrée comme institution spécialisée.

Section 2 : Organes et fonctions

L’OIT se distingue par son système tripartite : chaque État membre y est
représenté par trois délégués indépendants — un représentant du
gouvernement, un du patronat et un des travailleurs. Contrairement aux
autres organisations internationales à représentation uniquement étatique,

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Organisation internationale (O.I) page|52

ce modèle reflète la spécificité et l’innovation de l’OIT, où chaque délégué


dispose d’un droit de vote autonome.

§1 : Organes de l’OIT

L’OIT repose sur trois organes clés :

●​ La Conférence générale : assemblée plénière à structure tripartite


(gouvernement, employeurs, travailleurs) qui adopte conventions et
recommandations.
●​ Le Conseil d’administration : organe exécutif composé de 56 membres
(28 représentants gouvernementaux, 14 employeurs, 14 travailleurs).
Il prépare et exécute les décisions de la Conférence.
●​ Le Bureau international du travail (BIT) : secrétariat permanent, basé
à Genève, dirigé par un directeur général nommé pour 5 ans. Il
prépare les dossiers techniques et emploie plus de 1900 agents.

§2 : Domaines d’intervention

L’OIT œuvre pour les droits de l’homme liés au travail : liberté syndicale,
égalité de traitement, lutte contre le travail forcé, durée légale de 8h,
formation professionnelle, sécurité de l’emploi, protection sociale, conditions
de travail, emploi des femmes, enfants et adolescents.

Section 3 : L’OIT et la RDC :

La RDC est membre de l’OIT depuis son indépendance. L’OIT a contribué à


la création et au renforcement d’institutions comme l’INPP, la CNSS, les
centres de formation de la SNEL, de la REGIDESO, ou encore la BCC. Elle
a aussi appuyé la réinsertion des ex-combattants, soutenu l’emploi des
jeunes et apporté son expertise pour le Code du travail. Toutefois, l’OIT
critique la RDC pour les violations des droits des travailleurs : salaires

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Organisation internationale (O.I) page|53

insuffisants, non-respect du repos, exploitation des mineurs, et défauts de


cotisation sociale, comme l’a révélé le cas de l’ONATRA.

Chapitre V : L’Organisation Mondiale de la Santé

La santé publique est un domaine clé de coopération internationale. En


raison des échanges transfrontaliers de personnes et de biens, les virus et
microbes circulent aussi librement, favorisant la propagation de maladies
épidémiques ou endémiques. Cela rend nécessaire une coordination mondiale
pour prévenir et gérer ces risques sanitaires.

Section 1 : Naissance et évolution

La première conférence sanitaire a été convoquée à Paris en 1830 à la suite


d'une épidémie de choléra. Une convention contre cette maladie est signée
en 1892. Suivent la création du Bureau sanitaire panaméricain en 1902, puis
de l’Office international d’hygiène publique par la convention de Rome en
1907. Après la Seconde Guerre mondiale, l’OMS est fondée dans le cadre
de l’ONU : sa Constitution est adoptée le 22 juillet 1946 et entre en
vigueur le 7 avril 1948. Son siège est situé à Genève.

§1 : Principes de l’OMS

L’OMS repose sur plusieurs principes fondamentaux :

●​ La santé est un droit humain essentiel.


●​ Elle est indispensable à la paix et à la sécurité mondiale.
●​ Chaque pays a une responsabilité dans la promotion de la santé.
●​ L’égalité d’accès aux soins et aux connaissances médicales doit être
assurée.
●​ La santé des enfants, la coopération des populations, et la
sensibilisation du public sont prioritaires.

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Organisation internationale (O.I) page|54

§2 : Organes

a. Assemblée

C’est l’organe décisionnel principal, composé de représentants des États


membres. Elle se réunit chaque année en session ordinaire, ou en session
extraordinaire si nécessaire.

b. Conseil

Il agit comme l’organe exécutif, avec 32 membres élus pour trois ans selon
une répartition géographique équilibrée. Il prépare les travaux de
l’Assemblée et veille à l’exécution de ses décisions.

c. Secrétariat

Dirigé par un Directeur général, il est chargé de l’administration quotidienne


de l’OMS, avec du personnel technique et administratif. L’organisation
dispose de bureaux régionaux, dont celui de l’Afrique situé à Brazzaville.

Section 2 : RDC et OMS

L’OMS soutient la RDC à travers des campagnes de vaccination, de


sensibilisation et de planification familiale. Elle œuvre pour la santé
maternelle, néonatale et infantile, lutte contre les pandémies (comme le
VIH, Ebola à l’Est et en Équateur), et distribue des moustiquaires pour
prévenir le paludisme.

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Chapitre VI : L’Organisation des Nations-Unies


pour l’Education, la Science et la Culture
(UNESCO)

Section 1 : Naissance et évolution

L’UNESCO, institution spécialisée de l’ONU, a été créée après la Seconde


Guerre mondiale. Son acte constitutif, adopté à Londres et entré en vigueur
le 4 novembre 1946 à San Francisco, affirme que la paix doit être
construite dans l’esprit des hommes. L’idée remonte à 1913 avec une
initiative néerlandaise, suivie en 1921 par une commission de coopération
intellectuelle soutenue par la France et la Belgique. L’UNESCO, basée à
Paris, regroupe aujourd’hui plus de 195 États membres et 10 membres
associés
.

Section 2 : Organes)

Trois organes essentiels :

●​ Conférence générale : Réunit tous les États membres tous les deux
ans pour définir les grandes orientations.
●​ Conseil exécutif : Composé de 58 membres élus, il veille à l’exécution
des décisions de la Conférence générale.
●​ Secrétariat : Dirigé par un Directeur général, il assure la gestion
quotidienne de l’organisation.

Domaines d’action clés :

●​ Lutte contre l’analphabétisme par l’éducation pour tous.


●​ Appui aux systèmes éducatifs : manuels scolaires, formation, soutien
technique.

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Organisation internationale (O.I) page|56

●​ Promotion de la paix à travers la culture, la création de chaires


UNESCO et la résolution pacifique des conflits.

Section 3 : Rapports avec la RDC

●​ La protection des parcs


●​ La délivrance des bourses et autres.
La RDC a un problème avec l’UNESCO en ce qui concerne les gisements de
pétrole dans le parc Virunga dont l’exploitation causerait un gros impact
négatif sur l’environnement. Il y a aussi le braconnage, la déforestation
etc…

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TITRE III : LES ORGANISATIONS


INTERNATIONALES AFRICAINES

Après la décolonisation, les nouveaux États africains ont rejoint l’ONU et


ses institutions spécialisées pour obtenir une reconnaissance internationale,
bénéficier de l’aide extérieure et participer à l’élaboration du droit
international.

Sur le plan continental, l’Afrique a institutionnalisé ses relations en créant


des organisations régionales comme l’OUA (devenue UA) pour affirmer son
autonomie politique.

Conscients que l’indépendance politique devait s’accompagner d’une


indépendance économique, les États africains ont mis en place des
organisations d’intégration régionales (selon affinités linguistiques,
géographiques ou politiques) pour faciliter le développement économique et
préparer l’unité continentale à travers la Communauté Économique Africaine
(CEA).

La BAD (Banque Africaine de Développement), via le Fonds Africain de


Développement (FAD), soutient cette dynamique en finançant des projets et
en promouvant la coopération et le commerce interafricains.

Chapitre I : Organisation de l'unité africaine


(OUA)
Section 1 : Naissances

L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) a été créée le 25 mai 1963 et


dissoute le 9 juillet 2002, remplacée par l’Union africaine. Deux visions ont
marqué sa création : la tendance fédéraliste de Kwame Nkrumah et celle,

👾
Organisation internationale (O.I) page|58

plus souverainiste, de Senghor. C’est cette dernière qui a prévalu, donnant


naissance à une organisation de coopération interétatique plutôt qu’à une
structure d’intégration.

La coopération implique une cession limitée de souveraineté, contrairement à


l’intégration, comme en témoigne l’Union européenne où le droit
communautaire prime sur les droits nationaux.

Rédigée par Modibo Keita (Mali) et Sylvanus Olympio (Togo), la charte de


l’OUA visait à lutter contre le néocolonialisme, promouvoir l’unité africaine,
soutenir les indépendances et combattre l’apartheid.

Section 2 : Principes

les principes fondamentaux de l'Organisation de l'unité africaine sont le


respect du tracé des frontières héritées de la période coloniale, le respect
de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures.

Section 3 : Organes

Les organes principaux de l'Organisation de l'unité africaine étaient :


●​ La Conférence : Réunion des chefs d'État et de gouvernement une
fois l'an. C'était l'organe décisionnel de l’Union.
●​ Le secrétariat général de l’Union africaine.

Si la Conférence a été gardée dans l'architecture institutionnelle de l'Union


africaine, le secrétariat a été remplacé par la Commission. Celle-ci reste
l'autorité exécutive mais dispose également d'un pouvoir d’initiative.

Section 4 : Bilan de l’OUA

L’OUA a eu des résultats mitigés :

👾
Organisation internationale (O.I) page|59

Points positifs :
●​ Soutien à la décolonisation de l’Afrique et à la fin de l’apartheid ;
●​ Appui aux mouvements de libération, comme en Angola (MPLA) et en
Namibie (SWAPO) ;
●​ Contribution au règlement de conflits frontaliers.

Points négatifs :
●​ Division persistante de l’Afrique (anglophone, francophone, lusophone,
arabophone), héritée des colonisations ;
●​ Multiplication des conflits armés sans véritables sanctions ;
●​ Violations des droits humains, répression des libertés, partis uniques,
manque d’alternance politique ;
●​ Crise diplomatique liée à l’admission de la République Arabe Sahraouie
Démocratique, poussant le Maroc, le Zaïre et d'autres États à se
retirer.
Face à ces limites, Kadhafi a proposé l’idée des États-Unis d’Afrique pour
renforcer l’unité continentale.

Chapitre II : L’Union Africaine

Elle a succédé à l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) comme


organisation panafricaine à caractère politique. Trois points seront abordés:
la naissance et l’évolution (Section I), les organes et leurs attributions
(Section II) et les domaines d’intervention (Section III).

Section 1. Naissance et évolution

Cette section traite des thèses débattues lors de la création de l’OUA en


1963, des principes directeurs de l’OUA et de l’UA, ainsi que des conditions
d’admission des membres.

👾
Organisation internationale (O.I) page|60

§1 : De l’OUA à l’UA

Plusieurs dirigeants africains ont soutenu l’unité du continent, mais deux


thèses s’opposaient : les fédéralistes (comme le Ghana et le Mali) voulaient
créer les États-Unis d’Afrique avec un pouvoir central, tandis que les
modérés (notamment des pays francophones) prônaient une simple
coopération entre États souverains. La Charte de l’OUA, adoptée le 25 mai
1963, a été un compromis entre ces visions, mais l’OUA s’est montrée
inefficace face aux défis africains. Pour y remédier, l’Union Africaine (UA)
a été créée : son acte constitutif a été adopté à Lomé en 2000, est entré
en vigueur en 2001, et son premier sommet a eu lieu à Durban en 2002.

§2 : Principes directeurs

Principes de l’OUA et innovations apportées par l’UA

L’article 3 de la Charte de l’OUA (1963) reposait sur la souveraineté des


États, la non-ingérence, le respect des frontières, le règlement pacifique
des différends et la lutte contre l’impérialisme. La résolution de 1964 sur
l’intangibilité des frontières a aussi marqué un tournant majeur.

L’Union africaine, fondée en 2001, a repris ces bases tout en ajoutant


plusieurs innovations, notamment en matière de sécurité, de gouvernance, et
de droits humains. Elle se dote d’une vision plus intégrée et plus
interventionniste, adaptée aux défis modernes (génocides, terrorisme,
changements anticonstitutionnels, etc.).

Article 4 – Principes de l’UA (résumés de A à R) :


A) Égalité et interdépendance des États membres.
B) Respect des frontières héritées à l’indépendance.
C) Participation des peuples aux activités de l’UA.
D) Politique de défense commune pour l’Afrique (innovation).
E) Règlement pacifique des conflits selon les modalités décidées par la
Conférence (plus flexible).

👾
Organisation internationale (O.I) page|61

F) Interdiction de l’usage de la force entre États membres.


G) Non-ingérence dans les affaires internes.
H) Droit d’intervention en cas de génocide, crimes de guerre ou menaces
graves à l’ordre (grande innovation post-génocide).
I) Coexistence pacifique et droit à la sécurité.
J) Droit pour un État membre de demander l’intervention de l’UA.
K) Promotion de l’autonomie collective africaine.
L) Égalité entre les sexes.
M) Respect de la démocratie, des droits humains et de la bonne
gouvernance.
N) Justice sociale et développement équilibré.
O) Respect de la vie humaine, rejet des assassinats politiques, terrorisme
et subversion.
P) Rejet des coups d’État et changements anticonstitutionnels.
Q) Interdiction de conclure des traités contraires aux objectifs de l’Union.
R) Interdiction d’utiliser un territoire comme base d’attaque contre un autre
État membre.

L’Union Africaine se distingue de l’OUA par un plus grand nombre de


principes, avec plusieurs innovations majeures :

●​ La création d’une politique de défense commune pour le continent.


●​ Le règlement des conflits entre États par des moyens laissés à
l’appréciation des chefs d’État.
●​ Le droit d’intervenir dans un État membre en cas de crimes graves
(guerre, génocide, crimes contre l’humanité) ou de menace à l’ordre,
sur décision de la Conférence, après recommandation du Conseil de
Paix et de Sécurité — un principe introduit après le génocide
rwandais.

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Organisation internationale (O.I) page|62

Section 2 : création

Les dates ci après sont importantes :

●​ Le 6 septembre 1999, la Déclaration de Syrte prévoit la création de


l’Union Africaine, en remplacement des États-Unis d’Afrique.
●​ En juillet 2000, l’Acte constitutif de l’UA est adopté à Lomé et entre
en vigueur en mai 2001.
●​ Le 6 juillet 2002, à Durban, la 38e conférence des chefs d’État
proclame officiellement la naissance de l’UA et la dissolution de
l’OUA. Le siège reste à Addis-Abeba.

Section 3 : Objectifs

L’article 3 de l’Acte constitutif de l’UA fixe les objectifs suivants :


renforcer l’unité et la solidarité africaines ; défendre la paix,
l’indépendance et l’intégrité des États membres ; accélérer l’intégration
politique et socio-économique ; promouvoir des positions communes africaines
; encourager la coopération internationale dans le respect de la Charte de
l’ONU et des droits de l’Homme ; assurer la paix, la sécurité, la
démocratie, la bonne gouvernance et les droits humains ; favoriser
l’influence de l’Afrique dans l’économie mondiale ; soutenir le développement
durable et l’intégration des économies ; améliorer le niveau de vie par la
coopération dans tous les domaines ; harmoniser les politiques des
communautés économiques régionales ; encourager la recherche scientifique
et technologique ; et collaborer à l’éradication des maladies évitables.

Section 4: Organes de l’UA

L'Union africaine (UA) se compose de plusieurs organes clés :

👾
Organisation internationale (O.I) page|63

1.​ La conférence de l'Union : Réunion annuelle présidée par un chef


d'État en exercice.
2.​ Le conseil exécutif : Organe décisionnel.
3.​ Le parlement : Organe législatif.
4.​ La cour de justice : Autorité judiciaire.
5.​ La commission : Secrétariat de l'UA, gère les activités quotidiennes.
Actuellement dirigée par Moussa Faki Mahamat.
6.​ Le comité des représentants permanents : Représente les États
membres.
7.​ Les comités techniques spécialisés : Spécialisés dans des domaines
précis.
8.​ Le conseil économique et social : Conseille sur les questions
économiques et sociales.
9.​ L'institution financière : Gère les finances de l'UA.

Section 4 : La présidence congolaise de l’UA

Elle s’est axée sur deux piliers à savoir :

La promotion des droits de la femme et la sensibilisation des africains à la


protection de l’environnement. Le Président Tshisekedi Tshilombo avait, son
mandat de président de l’Union africaine pour l’exercice 2021-2022 sous le
thème «une Union africaine au service des peuples».

Section 5 : Points négatifs de l’U.A

L'Union africaine (UA) fait face à plusieurs défis :

1.​ Accès au pouvoir : Les coups d'État en Mali, Guinée et Burkina Faso
sont souvent justifiés par le refus de l'alternance, avec une
perception de "bons" et "mauvais" coups d'État selon la communauté
internationale.

👾
Organisation internationale (O.I) page|64

2.​ Absence de force interafricaine : Contrairement aux années 70 avec


l'OUA, il n'existe plus de force capable de réunir tous les États
membres. Les pays déploient donc des contingents individuels en raison
des divergences entre eux.
3.​ Intégration économique lente : L'absence de volonté politique,
alimentée par les divisions entre les régions (francophone, anglophone,
lusophone et arabophone), freine l'intégration économique du
continent.
L'unité et la force de l'Afrique restent un idéal, entravé par la lutte pour
le leadership.

Chapitre III : La Banque Africaine de


Développement

Section 1 : Création

La Banque Africaine de Développement (BAD), créée le 10 septembre 1964


et opérationnelle depuis le 1er juillet 1966, est une institution financière
multinationale visant à promouvoir le développement économique et social en
Afrique. Son objectif principal est de lutter contre la pauvreté et
d'améliorer les conditions de vie des populations africaines en favorisant
l'investissement public et privé. Le siège est à Abidjan. Le groupe de la
BAD comprend la BAD elle-même, le Fonds africain de développement
(1972) et le Fonds spécial du Nigeria (1976).

Section 2 : Structure institutionnelle

A ce niveau nous avons :


1.​ Un conseil des gouverneurs organe de décision suprême de la banque
au sein duquel chaque pays est représenté par un gouverneur et un
gouverneur suppléant.

👾
Organisation internationale (O.I) page|65

2.​ Conseil d’administration composé des 20 membres qui sont ni


gouverneurs, ni gouverneurs suppléants. Il adopte la politique et la
stratégie de la BAD.
3.​ Le Président qui est le représentant légal de la Banque et président
du conseil
d’administration. En même temps, il est le chef du personnel. Il gère les
affaires courantes de la banque sous la direction du C.A. Il est élu pour un
mandat de 5 ans renouvelable une fois. Il s’agit d’AKINWUMI ADESINA
nigérien.

Section 3 : FAD

C’est le guichet concessionnel de la banque fondé en 1972 et devenu


opérationnel en 1976. Il fournit le financement :
●​ Des projets et programmes,
●​ Assistance technique pour les études et les activités de renforcement
des capacités.
Son rôle principal est de contribuer à la promotion du développement
économique et social dans les pays africains les moins développés.

Section 4 : Fonds spécial du Nigeria

Créé en 1976 par un accord entre le groupe de la BAD et le gouvernement


du Nigeria. Son capital est de 7 000 000 USD initialement mais aujourd’hui
il est à plus de 20 millions.

Section 5 : Réalisation ou projet de la BAD

Le projet du pont reliant Kinshasa et Brazzaville est un projet clé pour


l'intégration de l'Afrique centrale et un élément essentiel de la route
transafricaine. La réforme de la Fonction publique en RDC et des initiatives
comme le financement de la Regideso et la restructuration du ministère de
la culture sont en cours. La Banque de produit agricole, autrefois destinée à

👾
Organisation internationale (O.I) page|66

soutenir l'agriculture, a échoué en raison d'une gestion politique. La


coopération entre la RDC et la BAD est fructueuse, mais la banque fait
face à des défis concernant sa gestion africaine. En raison des besoins
énormes, la BAD a ouvert son capital à des pays non africains comme le
Brésil et l'Argentine, suscitant des craintes de perte de contrôle africain.
La BAD a assuré qu'il s'agissait d'une stratégie pour mieux financer les
besoins africains. La ratification d'accords entre la RDC et la BAD est
essentielle pour soutenir l'économie.

Chapitre IV : Communauté Economique des Etats


de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Section 1 : Généralités

La diversité linguistique et culturelle de l'Afrique de l'Ouest présente à la


fois des avantages et des défis pour l'intégration. L'organisation créée par
le traité de Lagos du 28 mai 1961 est la plus active et la mieux structurée.
Elle regroupe les pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie,
Ghana, Guinée-Bissau, Mauritanie, Libéria, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra
Leone et Togo.

Section 2 : principes

Les principes de l'organisation incluent l'égalité et l'indépendance des États


membres, la solidarité, l'autosuffisance collective, et la non-agression. Ils
prônent la paix, la stabilité militaire, le règlement pacifique des différends,
et la coopération pour le développement économique. Les droits de l'homme,
la justice sociale, la transparence, la participation populaire, et le respect
des principes juridiques et démocratiques sont essentiels, comme en
témoigne la déclaration des principes politiques de 1991.

👾
Organisation internationale (O.I) page|67

Section 3 : Missions

La CEDEAO œuvre pour la coopération et le développement économique en


supprimant les restrictions au commerce, en facilitant la circulation des
personnes, des biens et des services, et en harmonisant les politiques. Les
réformes économiques ont amélioré le cadre macroéconomique et relancé la
production. Militairement, la CEDEAO est intervenue au Liberia et en Sierra
Leone, et prévoit une monnaie unique. Malgré ces succès, l'Afrique de
l'Ouest fait face à des menaces terroristes (Al-Qaïda, Boko Haram) et à
des criminels transfrontaliers. Des changements politiques en Gambie et au
Burkina Faso ont montré un désir de changement, et le Ghana et la Gambie
sont des exemples d'alternance politique réussie. La CEDEAO a mis en place
une structure militaire et est intervenue en Côte d'Ivoire après la crise
postélectorale. Toutefois, elle est confrontée aux coups d'État militaires,
comme au Mali, et aux divisions internes sur ce sujet. Les mouvements
terroristes et le sentiment anti-français complètent les défis. Le Nigeria
reste le principal contributeur économique et militaire de la CEDEAO.

Chapitre V : La Communauté Economique des Etats


de l’Afrique Centrale (CEEAC)

La CEEAC, créée pour le développement économique, social et culturel de


l'Afrique centrale, découle du Plan d'action de Lagos adopté en 1980. Son
traité a été signé en 1983 à Libreville et est entré en vigueur en 1984,
avec un secrétariat général établi en 1985. Après une cessation d'activité
de 1993 à 1997 en raison de crises dans plusieurs États, la CEEAC a été
relancée en 1998 et un plan de relance adopté en 1999. Elle regroupe 11
membres, dont l'Angola, le Burundi, la RDC, et le Rwanda. Ces pays sont
également membres d'autres organisations régionales. La CEEAC couvre une
superficie de 6 640 788 km² et une population de plus de 150 millions, dont
70 % vit en milieu rural.

👾
Organisation internationale (O.I) page|68

Section 2 : Structures et Organes

1. Conférence des chefs d’Etats et des Gouvernements


2. Conseil des ministres
3. La cour de justice non encore opérationnelle
4. Secrétariat général organe exécutif comprend un secrétaire général, des
secrétaires généraux adjoints, un contrôleur financier, un agent comptable
et le personnel que peut exiger le fonctionnement de la communauté. Le
secrétaire général est un grand responsable.
5. Commission consultative
6. Comités techniques spécialisés

Section 3 : Missions de la CEEAC

a. Éliminer les droits de douane et frais d'exportation/importation entre


États membres.
b. Abolir les restrictions commerciales entre États membres.
c. Mettre en place un tarif douanier extérieur commun.
d. Développer une politique commerciale envers les pays tiers.
e. Supprimer progressivement les obstacles à la libre circulation des
personnes, biens, services, capitaux et à l’établissement.
f. Harmoniser les politiques nationales pour promouvoir des secteurs comme
l'industrie, le transport, l'énergie, l'agriculture, et d'autres domaines
communautaires.
g. Créer un fonds de développement pour les États membres sans littoral ou
enclavés.
h. Mener toute autre activité visant à atteindre les objectifs
communautaires.

Section 4 : Bilan

§1 : Points positifs

👾
Organisation internationale (O.I) page|69

●​ Adoption de 14 projets prioritaires du plan d’action communautaire en


télécommunication.
●​ Réseau des parlementaires de l'Afrique centrale pour exercer des
pressions sur les gouvernements.
●​ Programme environnemental du NEPAD.
●​ Plan de convergence de la Commission des forêts d'Afrique centrale
(COMIFAC).
●​ Conseil de paix et de sécurité en Afrique centrale (COPAS).
●​ Projet de création d’une force multinationale d'Afrique centrale
(COMAC).
●​ Projets agricoles.
●​ La CEEAC a été initiée par le Zaïre, le Congo-Brazzaville et le Gabon,
avec le siège à Libreville. La RDC, en raison de sa contribution
importante, a été nommée secrétaire de la communauté.

§2 : Points négatifs

●​ Troubles socio-politiques et problèmes de contribution.


●​ Communication déficiente, criminalité transfrontalière, réfugiés et
déplacés internes.
●​ Ces défis ont entravé le développement, empêchant l'auto-suffisance
et menant au sous-développement.
●​ Le problème des élections et des crises postélectorales, ainsi que le
terrorisme (ex. au Cameroun).
●​ L'Afrique centrale, riche en faune et flore, bénéficie d'un fond
carbone.

NB: Pour surmonter ces problèmes, un engagement politique ferme des États
et de la population est nécessaire. En août 2022, les 11 États d'Afrique
centrale ont décidé de fusionner leurs trois zones économiques en une seule
organisation, supprimant ainsi la CEEAC, la CEMAC et la CEPGL.

👾
Organisation internationale (O.I) page|70

Chapitre VI : La Communauté de Développement


de l’Afrique Australe (SADC)

Section 1 : Historique

Tout a commencé en 1980 avec la création de la Conférence de coordination


pour le développement de l'Afrique australe, regroupant neuf pays dont
l'Angola, le Botswana, le Malawi, l'ex-Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et
le Zimbabwe. En 1992, après l'indépendance de la Namibie, le traité
fondateur de la SADC a été signé à Windhoek par ces pays, à l'exception
de la Namibie. Entre 1995 et 2005, plusieurs pays ont adhéré, dont les îles
Maurice (1995), la RDC (1998), les Seychelles (1998) et Madagascar.

Section 2 : Missions

Reprises à l’article 5 du Statut de la SADC :


Les objectifs sont de favoriser le développement économique, réduire la
pauvreté, améliorer la qualité de vie, renforcer les valeurs politiques et
institutionnelles communes, promouvoir la paix et la sécurité, encourager
l’autosuffisance et l’interdépendance des États membres, assurer la
complémentarité des stratégies nationales et régionales, maximiser l’emploi
productif, utiliser durablement les ressources naturelles et protéger
l’environnement, tout en renforçant les liens sociaux, culturels et historiques
entre les populations.

Section 3 : Structure Institutionnelle de la SADC

La SADC comprend plusieurs organes : sommet des chefs d’État, sommet de


la troïka (défense et sécurité), tribunal, conseil des ministres, comités
sectoriels et nationaux, forum parlementaire et un secrétariat basé à
Gaborone. L'Afrique du Sud y joue un rôle central grâce à sa puissance

👾
Organisation internationale (O.I) page|71

économique. La RDC, État de transit entre Afrique centrale et australe, a


rejoint la SADC pour des raisons sécuritaires, bénéficiant d'un appui
militaire en temps de crise. La SADC est intervenue en RDC et au
Mozambique. Le 42e sommet s’est tenu à Kinshasa en août 2022, avec Félix
Tshisekedi comme président en exercice, succédant à Lazarus Chakwera. La
RDC occupe ainsi pour la deuxième fois la présidence de l’organisation, forte
de 16 membres.

Chapitre VII : Le Marché Commun des Etats


d’Afrique Australe et Orientale (COMESA)

Section 1 : Historique

Le COMESA trouve son origine dans les années 60, lorsque les pays
africains ont souhaité renforcer la coopération économique sous-régionale
après les indépendances. La déclaration de Lusaka (1978) a conduit à la
création d’une zone de commerce préférentiel en 1981 (entrée en vigueur en
1984), étape vers un marché commun. Le traité fondateur du COMESA a
été signé en 1993 à Kampala par 20 États, puis ratifié en 1994 à Lilongwe.

Section 2 : Objectifs du COMESA

Le COMESA vise une croissance durable et un développement équilibré des


États membres en harmonisant leurs structures économiques, en promouvant
des politiques communes, en favorisant les investissements et l'innovation
technologique, en renforçant la paix et la sécurité, en consolidant les
relations extérieures et en contribuant à la réalisation des objectifs de la
Communauté économique africaine (CEA).

Section 3 : Structure institutionnelle

1.​ Conférence

👾
Organisation internationale (O.I) page|72

2.​ Conseil des ministres


3.​ Cour de Justice (une chambre de première instance et d’Appel)
4.​ Comité des gouverneurs des banques centrales
5.​ Comité intergouvernemental composé des secrétaires généraux ou
directeurs généraux envoyés par les Etats.
6.​ Comité technique couvrant plusieurs secteurs finances, juridiques et
autres
7.​ Secrétariat dirigé par un SG pour un mandat des 5 ans et est nommé
par la conférence
8.​ Comité consultatif

Son siège est à Lilongwe au Malawi. Les pays membres sont : Erythrée,
Burundi, Djibouti, Egypte, Eswatinie, Ethiopie, Kenyan, Lybie, Madagascar,
Malawi, Ile Maurice, Ouganda, RDC, Rwanda, Seychelles, Somalie, Soudan,
Tunisie, Union des Comores, Zambie et Zimbabwe.

Section 4 : Réalisation du COMESA

§1 : Sur le plan de la libéralisation

C’est le premier groupement d’intégration à former une zone de libre


échange qui existe entre 11 membres du COMESA.

§2 : Sur le plan des échanges au sein du COMESA

Il y a eu une nette progression et en même temps les échanges entre les


pays membres du COMESA avec le reste du monde ont connu un taux de
croissance annuel de 7,2%. La RDC étant un pays de transition en raison de
sa situation géographique intéresse fortement le COMESA.

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Organisation internationale (O.I) page|73

Chapitre VIII : L’Union du Maghreb Arabe (UMA)

Section 1 : Présentation

Créée le 17 février 1989 à Marrakech, l’UMA est une organisation


économique et politique regroupant l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Tunisie
et la Mauritanie, avec un secrétariat général basé à Rabat.

Section 2 : Objectifs et missions

●​ Renforcer la fraternité entre États et peuples, promouvoir le


bien-être et défendre leurs droits.
●​ Mettre en place progressivement la libre circulation des personnes,
biens, services et capitaux.
●​ Adopter des politiques communes pour le développement économique.
●​ Créer une zone de libre-échange et une union douanière avec un tarif
extérieur commun.
●​ Former un marché commun intégrant les économies maghrébines.

Section 2 : Réalisations

Il convient de noter que c’est la partie la plus développée de l’Afrique. Avec


la réalisation de la libre circulation des personnes, des biens, des services,
des marchandises et des capitaux. Aussi les investissements des pays
étrangers parmi les membres de l’union.
L’UMA a traversé une période difficile, de léthargie avec le printemps
arabe avec une vague de démocratisation en Tunisie, Lybie Etc…

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Organisation internationale (O.I) page|74

Chapitre IX: La communauté d'Afrique de l'Est


(CAE)

Section 1 : Présentation

La Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) est une organisation regroupant 7


pays : Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan du Sud, Tanzanie et RDC.
Présidée depuis juillet 2022 par Évariste Ndayishimiye, elle constitue un
pilier de la Communauté économique africaine.

Section 2 : Objectifs

La Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) vise l’intégration institutionnelle, le


développement socio-économique et la sécurité régionale. La RDC y a adhéré
officiellement le 8 avril 2022 pour faciliter les échanges, la libre circulation
et renforcer sa sécurité. L’agriculture et les services (banque, assurance,
tourisme) sont les moteurs de la région. L’objectif final est un marché
commun avec une monnaie unique. Toutefois, la RDC, membre de plusieurs
OIA, risque des conflits d’objectifs et un alourdissement des contributions.

👾
Organisation internationale (O.I) page|75

TITRE IV : LES ORGANISATIONS


INTER-REGIONALES ET
RÉGIONALES

Chapitre I : L’Union Européenne (UE)

L’Union européenne (UE) est une organisation politico-économique unique en


son genre, composée de 27 États européens qui ont accepté de transférer
une partie de leurs compétences à des institutions communes, afin de mieux
coopérer dans différents domaines (économie, justice, sécurité,
environnement, etc.).

Son origine remonte à l’après-guerre, avec la déclaration du 9 mai 1950 de


Robert Schuman, qui propose une coopération franco-allemande dans la
production du charbon et de l’acier. Cette proposition mène à la création,
en 1951, de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier),
suivie en 1957 de la CEE (Communauté économique européenne), instituée
par le traité de Rome. Ce projet d’unification économique se transforme
progressivement en projet politique.

L’UE devient officiellement une union politique avec le traité de Maastricht


en 1992, qui lance aussi l’idée d’une monnaie unique : l’euro, adopté en 1999
par 19 pays. Plusieurs réformes institutionnelles ont ensuite été mises en
œuvre, notamment avec l’Acte unique européen (1986), les traités
d’Amsterdam (1997), de Nice (2001) et surtout de Lisbonne (2009), qui
renforcent la gouvernance de l’Union.

L’UE fonctionne à la fois sur un modèle supranational (avec des institutions


comme le Parlement européen élu directement par les citoyens) et

👾
Organisation internationale (O.I) page|76

intergouvernemental (avec des organes représentant les États comme le


Conseil de l’UE). La Cour de justice de l’UE veille à l’application du droit
européen.

Depuis sa création, l’Union a connu plusieurs élargissements : elle est passée


de 6 membres fondateurs (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg,
Pays-Bas) à 27 aujourd’hui. Des pays comme le Royaume-Uni (entré en
1973) ont quitté l’UE (Brexit en 2020), tandis que d’autres, comme la
Croatie, l’ont rejointe récemment (en 2013).

En 2012, l’UE a reçu le prix Nobel de la paix pour son rôle dans la
promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme sur le
continent. Elle représente aujourd’hui l’une des plus grandes puissances
économiques mondiales et reste un acteur clé dans les affaires
internationales.

Chapitre II : Le Groupe des Etats


Afrique-Caraïbes-Pacifique

Section 1 : Création

Le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), créé par
l’accord de Georgetown en 1975, regroupe aujourd’hui 79 pays. Son objectif
initial était de renforcer la coopération avec l’Union européenne, notamment
dans le cadre des accords de Lomé puis de Cotonou. Avec le temps, il s’est
élargi et agit désormais dans des domaines variés comme le commerce,
l’énergie, l’environnement ou les droits de l’homme, en collaboration avec des
organisations internationales telles que l’ONU ou l’OMC.

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Section 2 : Objectifs

Les objectifs du Groupe ACP sont :


promouvoir un développement durable et une meilleure intégration à
l’économie mondiale, coordonner la mise en œuvre des accords ACP-UE,
renforcer l’unité et la solidarité entre ses membres, et favoriser la paix, la
stabilité, la démocratie et la liberté.

Section 3 : Membres

Parmi les Etats membres nous avons notamment en Afrique : l’Afrique du


sud et la RDC ; au Caraïbes : le Bahamas et le Jamaïque et dans le
Pacifique : le Fidji et Kiribati.

Chapitre III : Le Conseil de l’Europe

Le Conseil de l’Europe est une organisation intergouvernementale créée le 5


mai 1949 par le traité de Londres. Il regroupe aujourd’hui 46 États
membres représentant environ 675 millions de citoyens. Son but principal
est de promouvoir les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit à
travers l’Europe, sans toutefois intervenir dans les questions de défense
nationale.

Le Conseil agit notamment en élaborant des normes, conventions et chartes


destinées à renforcer la coopération entre les pays membres dans tous les
domaines de la vie quotidienne : justice, éducation, culture, médias, égalité,
droits sociaux, etc. Il œuvre aussi à encourager le progrès économique et
social au sein des États membres.

Il est structuré autour de deux organes principaux :

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Organisation internationale (O.I) page|78

●​ L’Assemblée parlementaire, composée de représentants des


parlements nationaux ;
●​ Le Comité des ministres, regroupant les ministres des Affaires
étrangères ou leurs représentants.
Un Secrétaire général coordonne le travail quotidien de l’organisation.

Les valeurs fondamentales du Conseil de l’Europe sont la paix, la justice, la


coopération internationale et le respect des libertés et droits
démocratiques, sur fond de patrimoine moral et culturel commun aux pays
européens.

Chapitre IV : L’Organisation des Etats Américains

L’Organisation des États Américains (OEA) est une organisation


intergouvernementale fondée en 1948 et basée à Washington, D.C. Elle
regroupe presque tous les pays du continent américain, dont les États-Unis,
le Brésil, le Canada, le Mexique, l’Argentine, entre autres. Elle vise à
promouvoir la coopération politique, économique et sociale entre les États
membres des Amériques.

L’OEA tient une Assemblée générale chaque année, réunissant les ministres
des Affaires étrangères des pays membres. C’est lors de cette réunion que
sont définies les grandes orientations et priorités de l’organisation.

Ses missions principales sont :

1.​ La défense de la démocratie et le soutien aux institutions


démocratiques ;
2.​ La promotion et la protection des droits humains ;
3.​ Le renforcement de la sécurité régionale, y compris la prévention des
conflits et la lutte contre le terrorisme ;
4.​ La lutte contre les trafics de drogue, la corruption et la criminalité
transnationale ;

👾
Organisation internationale (O.I) page|79

5.​ La promotion de la coopération économique, sociale, culturelle et


technique entre les pays d’Amérique.

L’OEA joue également un rôle dans l’observation électorale, la médiation des


conflits, et le soutien au développement durable dans la région.

Chapitre V : L’Organisation du Traité de


l’Atlantique Nord

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), aussi appelée


Alliance atlantique ou Alliance nord-atlantique, est une organisation
politico-militaire créée par le traité de l’Atlantique Nord signé le 4 avril
1949. Elle regroupe plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du Nord dans le
but principal de garantir leur sécurité collective face à toute menace
extérieure.

Concrètement, l’OTAN fonctionne comme une alliance de défense : si l’un de


ses membres est attaqué militairement, les autres s’engagent à le défendre.
Ce principe de solidarité est inscrit dans l’article 5 du traité fondateur. Par
exemple, une attaque contre un pays membre en Europe ou en Amérique du
Nord est considérée comme une attaque contre tous les membres de
l’Alliance.

Le traité met également en place une structure décisionnelle, le Conseil de


l’Atlantique Nord (CAN), qui est l’organe politique principal de l’OTAN. Ce
conseil réunit régulièrement les représentants des États membres pour
prendre des décisions liées à la sécurité, la défense, les interventions
militaires ou les partenariats stratégiques.

L’OTAN ne se limite pas à la défense militaire : elle mène aussi des actions
de coopération en matière de sécurité, de gestion de crise, de lutte contre
le terrorisme et de soutien à la paix dans certaines régions du monde.

👾
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Chapitre VI : La Ligue des Etats Arabes

La Ligue des États arabes, aussi appelée Ligue arabe (Jāmiʿat ad-duwal
al-ʿarabiyya en arabe), est une organisation régionale fondée le 22 mars
1945 au Caire par six pays arabes. Elle vise à renforcer les liens politiques,
économiques, culturels et sociaux entre les pays arabes. En 2015, elle
compte 22 États membres. Elle dispose du statut d’observateur auprès de
l’Organisation des Nations unies (ONU), ce qui lui permet de participer à
certaines réunions sans avoir le droit de vote.

L'organisation fonctionne à travers quatre organes principaux :

1.​ Le sommet des chefs d'État arabes, qui se réunit régulièrement pour
définir les grandes orientations politiques.
2.​ Le Conseil des ministres des Affaires étrangères, qui assure la
coordination politique entre les États membres.
3.​ Des comités permanents, qui se penchent sur des domaines spécifiques
comme l’économie, la culture ou la sécurité.
4.​ Le Secrétariat général, l’organe administratif dirigé depuis 2016 par
Ahmed Aboul Gheit.

En plus de ces structures, la Ligue arabe est soutenue par plusieurs agences
spécialisées et d’autres organes créés par des accords additionnels au Pacte
fondateur de 1945.

Selon l'article 1 de la charte, tout pays arabe indépendant peut demander


à rejoindre la Ligue. Pour cela, il doit adresser une demande officielle au
Secrétariat général. Cette demande est ensuite examinée par le Conseil, qui
décide de l’acceptation ou non de l’adhésion.

👾
Organisation internationale (O.I) page|81

Il existe deux catégories de membres :

●​ Ceux qui ont signé la charte dès sa création.


●​ Ceux qui ont rejoint la Ligue après en avoir rempli les conditions (être
un État arabe et indépendant).

Certaines adhésions ont suscité des controverses :

●​ La Somalie et Djibouti, bien que ne parlant pas l’arabe comme langue


officielle, ont été admis en raison de leurs racines culturelles arabes.
●​ Le Koweït, dont l’adhésion a été contestée en 1961 par l’Irak, qui le
considérait comme faisant partie de son territoire. Malgré cela, la
candidature du Koweït a été acceptée, car selon l'article 7 de la
charte, toute décision prise à l’unanimité doit être respectée par tous
les États membres.

Ainsi, la Ligue arabe est à la fois un espace de solidarité politique entre


pays arabes et un lieu de tensions diplomatiques entre certains d’entre eux.

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