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MODULE

Aperçu des Accords de l'OMC sur le


commerce des marchandises
(Annexe 1A de l'Accord instituant
l'OMC)
DURÉE ESTIMÉE: 6 heures

OBJECTIFS DU MODULE 4

▪ Examiner la structure des Accords de l'OMC sur le commerce des marchandises;

▪ examiner la relation entre l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT)
de 1947 et le GATT de 1994 et expliquer la relation entre le GATT de 1994 et les autres
accords multilatéraux sur le commerce des marchandises figurant à l'Annexe 1A de l'Accord
de Marrakech instituant l'Organisation mondiale du commerce (Accord instituant l'OMC);

▪ présenter de manière générale l'Accord sur l'agriculture, l'Accord sur l'application des
mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS) et l'Accord sur les obstacles techniques
au commerce (Accord OTC);

▪ présenter les principales caractéristiques des autres Accords de l'OMC sur le commerce des
marchandises figurant à l'Annexe 1, qui réglementent l'utilisation des mesures non tarifaires,
ainsi que les procédures d'importation et d'exportation, à savoir: l'Accord sur l'évaluation en
douane, l'Accord sur les procédures de licences d'importation, l'Accord sur la facilitation des
échanges et l'Accord sur les règles d'origine.
TABLE DES MATIÈRES

I. INTRODUCTION ............................................................................................. 3
I.A. STRUCTURE DE L'ACCORD INSTITUANT L'OMC ............................................... 3
I.B. ANNEXE 1A: LES ACCORDS MULTILATÉRAUX SUR LE COMMERCE DES
MARCHANDISES .................................................................................................. 3

II. L'ACCORD GÉNÉRAL SUR LES TARIFS DOUANIERS ET LE COMMERCE DE 1994


(GATT DE 1994) .................................................................................................. 5
II.A. INTRODUCTION ......................................................................................... 5
II.B. DISPOSITIONS DU GATT DE 1994 ................................................................ 5
II.C. AUTRES INSTRUMENTS JURIDIQUES ........................................................... 7
II.D. MEMORANDUMS D'ACCORD DU CYCLE D'URUGUAY ........................................ 8
II.E. PROTOCOLE DE MARRAKECH ANNEXE AU GATT DE 1994 ............................... 9
II.F. CONFLIT ENTRE UNE DISPOSITION DU GATT DE 1994 ET UNE DISPOSITION
D'UN ACCORD MULTILATÉRAL SUR LE COMMERCE DES MARCHANDISES FIGURANT A
L'ANNEXE 1A ....................................................................................................... 9

II. LES ACCORDS MULTILATERAUX SUR LE COMMERCE DES MARCHANDISES ........ 11


III.A. L'ACCORD SUR L'AGRICULTURE ................................................................ 12
III.B. L'ACCORD SUR LES MESURES SANITAIRES ET PHYTOSANITAIRES
(L'ACCORD SPS) ................................................................................................ 28
III.C. L'ACCORD SUR LES OBSTACLES TECHNIQUES AU COMMERCE (L'ACCORD OTC)
............................................................................................................ 40
III.D. REGLES RELATIVES A L'EVALUATION EN DOUANE DES MARCHANDISES –
ARTICLE VII DU GATT DE 1994 ET ACCORD SUR L'EVALUATION EN DOUANE ............ 59
III.E. REDEVANCES ET FORMALITÉS SE RAPPORTANT À L'IMPORTATION ET À
L'EXPORTATION – ARTICLE VIII DU GATT DE 1994 ................................................ 63
III.F. PUBLICATION ET APPLICATION DES REGLEMENTS RELATIFS AU COMMERCE –
ARTICLE X DU GATT DE 1994 .............................................................................. 64
III.G. ACCORD SUR LA FACILITATION DES ECHANGES ........................................ 65
III.H. ACCORD SUR LES PROCEDURES DE LICENCES D'IMPORTATION ................... 70
III.K. ACCORD SUR LES MESURES CONCERNANT LES INVESTISSEMENTS ET LIEES AU
COMMERCE (MIC) .............................................................................................. 78
III.L. ACCORD SUR LES TEXTILES ET LES VETEMENTS (ATV) ................................ 81

III. RÉSUMÉ .................................................................................................. 83

2
I. INTRODUCTION

I.A. STRUCTURE DE L'ACCORD INSTITUANT L'OMC


Dans le module 1, vous avez étudié l'Accord de Marrakech instituant l'OMC (l'Accord instituant
l'OMC), qui contient quatre annexes – les Annexes 1, 2, 3 et 4.

Les Accords figurant dans les Annexes 1, 2 et 3 constituent ce que l'on appelle les "Accords
commerciaux multilatéraux", car ils sont contraignants pour tous les Membres (article II de l'Accord
instituant l'OMC). Dans ce module, nous étudierons les principales disciplines des Accords
multilatéraux sur le commerce des marchandises figurant à l'Annexe 1A, à l'exception des
disciplines relatives aux mesures correctives commerciales énoncées dans l'Accord antidumping,
l'Accord sur les subventions et les mesures compensatoires et l'Accord sur les sauvegardes, qui
seront présentées dans le module 5. L'objectif du présent module est de faire une présentation
générale de ces accords. L'Annexe 1B (Accord général sur le commerce des services (AGCS)),
l'Annexe 1C (aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC)) et
les Annexes 2 (Mémorandum d'accord sur le règlement des différends) et 3 (Mécanisme d'examen
des politiques commerciales) seront présentées dans les modules 6, 7 et 10, respectivement.

I.B. ANNEXE 1A: LES ACCORDS MULTILATÉRAUX SUR LE


COMMERCE DES MARCHANDISES
Dans le module 1, nous avons présenté les divers accords multilatéraux sur le commerce des
marchandises figurant à l'Annexe 1A. Ce sont les accords suivants:

 GATT de 1994

 Accord sur l'agriculture;

 Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS);

 Accord sur les textiles et les vêtements;

 Accord sur les obstacles techniques au commerce (Accord OTC);

 Accord sur les mesures concernant les investissements et liées au commerce (Accord sur
les MIC);

 Accord sur la mise en œuvre de l'article VI du GATT de 1994 (Accord antidumping);

 Accord sur la mise en œuvre de l'article VII du GATT de 1994 (Accord sur l'évaluation en
douane);

 Accord sur l'inspection avant expédition;

3
 Accord sur les règles d'origine;

 Accord sur les procédures de licences d'importation;

 Accord sur les subventions et les mesures compensatoires (Accord SMC);

 Accord sur les sauvegardes;

 Accord sur la facilitation des échanges.

NOTE:

L'Accord sur les textiles et les vêtements a été abrogé le 1 er janvier 2005. L'Accord sur la
facilitation des échanges a été négocié après l'entrée en vigueur du GATT de 1994. Il a été inséré
dans l'Annexe 1A le 22 février 2017 (au moyen d'un protocole portant amendement de l'Accord
instituant l'OMC).

4
II. L'ACCORD GÉNÉRAL SUR LES TARIFS DOUANIERS
ET LE COMMERCE DE 1994 (GATT DE 1994)

II.A. INTRODUCTION

Comme vous l'avez vu dans le module 1, l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
originel, désormais appelé GATT de 1947, contenait des règles et des obligations qui régissaient le
commerce des marchandises entre ses Parties contractantes. Il est resté en vigueur du
1er janvier 1948 jusqu'à l'établissement de l'OMC, le 1er janvier 1995. Les dispositions du GATT
de 1947, qui ne concernaient que le commerce des marchandises, ont été complétées, rectifiées,
amendées ou modifiées par des instruments juridiques adoptés entre 1948 et 1995. Le GATT
de 1947 n'est plus en vigueur. Ses dispositions ont été incorporées dans le GATT
de 1994.

Le GATT de 1994 comprend:

 les dispositions du GATT de 1947, telles qu'elles ont été rectifiées, amendées ou
modifiées par les dispositions des instruments juridiques qui sont entrés en vigueur
avant le 1er janvier 1995 (date d'entrée en vigueur de l'Accord sur l'OMC) (voir l'encadré
ci-dessous);

 les dispositions des instruments juridiques ci-après, qui sont entrés en vigueur au titre
du GATT de 1947 avant le 1er janvier 1995: i) les protocoles et certifications concernant
les concessions tarifaires; ii) les protocoles d'accession; iii) les décisions sur les
dérogations accordées au titre de l'article XXV du GATT de 1947 et encore en vigueur
le 1er janvier 1995; et iv) d'autres décisions des PARTIES CONTRACTANTES du GATT
de 1947;

 les mémorandums d'accord: sur l'interprétation de l'article II:1 b) du GATT de 1994;


sur l'interprétation de l'article XVII du GATT de 1994; sur les dispositions du GATT de
1994 relatives à la balance des paiements; sur l'interprétation de l'article XXIV du GATT
de 1994; concernant les dérogations aux obligations découlant du GATT de 1994 et sur
l'interprétation de l'article XXVIII du GATT de 1994; et

 le Protocole de Marrakech annexé au GATT de 1994.

II.B. DISPOSITIONS DU GATT DE 1994

Les dispositions du GATT de 1947, tel qu'il a été rectifié, amendé ou modifié par les dispositions
d'instruments juridiques qui sont entrés en vigueur avant le 1er janvier 1995, sont le principal
élément du GATT de 1994. Bien que le GATT de 1947 soit juridiquement distinct du GATT de 1994,

5
ses dispositions, ainsi que celles d'instruments juridiques qui sont entrés en vigueur avant le
1er janvier 1995, ont été incorporées dans le GATT de 1994 sans modification.

Certaines Notes explicatives du GATT de 1994 précisent toutefois qu'à la suite de cette
incorporation, l'expression "partie contractante" dans les dispositions du GATT de 1994 est réputée
s'entendre d'un "Membre"; les expressions "partie contractante peu développée" et "partie
contractante développée" sont réputées s'entendre d'un "pays en développement Membre" et d'un
"pays développé Membre"; l'expression "Secrétaire exécutif" est réputée s'entendre du "Directeur
général de l'OMC"; et certaines mentions aux "parties contractantes agissant collectivement" sont
réputées désigner l'OMC.

Le GATT de 1947 comprenait, entre autres choses, l'obligation de la nation la plus favorisée (NPF)
(article Ier du GATT) et celle du traitement national (article III du GATT) (toutes deux présentées
dans le module 2), l'obligation d'accorder aux importations un traitement non moins favorable que
celui qui est prévu dans la Liste de concessions tarifaires de chaque Membre (article II du GATT)
et l'interdiction générale des restrictions quantitatives (article XI du GATT) (ces dernières présentés
dans le module 3)

La structure du GATT de 1994 est présentée dans le tableau ci-dessous:

PARTIE DISPOSITIONS SUJET


PRINCIPALES

Partie I Article Ier Traitement général de la nation la plus favorisée


(NPF) (module 2)

Article II Listes de concessions (module 3)

Partie II Article III Traitement national en matière d'impositions et de


réglementation intérieures (module 2)

Articles IV, V, VII à XVI Mesures non tarifaires (module 3)

Articles VI et XIX Droits antidumping et droits compensateurs et


mesures d'urgence concernant l'importation de
produits particuliers (mesures correctives
commerciales) (module 5)

Articles XX et XXI Exceptions générales et exceptions concernant la


sécurité (module 8)

6
PARTIE DISPOSITIONS SUJET
PRINCIPALES

Articles XXII et XXIII Consultations et annulation ou réduction


d'avantages (règlement des différends)
(module 10)

Partie III Article XXIV Application territoriale - Trafic frontalier - Unions


douanières et zones de libre-échange (intégration
régionale) (module 9)

Article XXVIII et XXVIIIbis Modifications des listes et négociations tarifaires


(module 3)

Partie IV Articles XXXVI à XXXVIII Commerce et développement (module 9)

Plusieurs dispositions du GATT de 1947 sont développées en détail dans les Accords multilatéraux
correspondants sur le commerce des marchandises figurant à l'Annexe 1A. Par exemple, l'Accord
sur la mise en œuvre de l'article VI du GATT de 1994 (Accord antidumping) développe les règles
relatives aux mesures antidumping énoncées à l'article VI du GATT de 1994. Il en va de même de
l'Accord sur la mise en œuvre de l'article VII du GATT de 1994 (Accord sur l'évaluation en douane),
qui développe les règles relatives à la valeur en douane énoncées à l'article VII du GATT de 1994.

II.C. AUTRES INSTRUMENTS JURIDIQUES


D'autres instruments juridiques qui sont entrés en vigueur avant le 1er janvier 1995 ont aussi été
incorporés dans le GATT de 1994. Il s'agit des instruments suivants:

 protocoles et certifications concernant les concessions tarifaires. Toutes les


concessions tarifaires négociées au titre du GATT de 1947 continuent à exister en droit au
titre de l'Accord sur l'OMC (Rapport du Groupe spécial Japon – Pellicules, paragraphe 10.64)
et continuent de lier les Membres de l'OMC concernés (voir le module 3);

 protocoles d'accession (au GATT de 1947 jusqu'au 31 décembre 1994). Les États et les
territoires douaniers qui sont devenus parties contractantes au GATT entre 1948 et 1994
ont dû négocier les conditions de leur accession au GATT. Ces conditions et engagements
sont énoncés dans des protocoles d'accession, qui font maintenant partie intégrante du
GATT de 1994. De même, les protocoles d'accession à l'OMC des États et territoires
douaniers distincts qui ont accédé à l'OMC après sa création font partie intégrante de
l'Accord instituant l'OMC (voir le module 11);

7
 décisions sur les dérogations accordées au titre de l'article XXV du GATT de 1947
et encore en vigueur le 1er janvier 1995. Au titre de l'article XXV du GATT de 1947, dans les
circonstances exceptionnelles autres que celles qui sont prévues par d'autres articles de
l'Accord, les Parties contractantes pouvaient relever une partie contractante d'une des
obligations qui lui sont imposées par l'Accord, à la condition qu'une telle décision soit
sanctionnée par une majorité des deux tiers des votes émis et que cette majorité comprenne
plus de la moitié des parties contractantes; et

 autres décisions des Parties contractantes au GATT de 1947. L'une d'elles est la décision
adoptée par les Parties contractantes du GATT de 1947 le 28 novembre 1979, intitulée
"Traitement différencié et plus favorable, réciprocité, et participation plus complète des pays
en voie de développement" (L/4903) (Clause d'habilitation) (expliquée dans le module 8).

II.D. MEMORANDUMS D'ACCORD DU CYCLE D'URUGUAY


Le GATT de 1994 comprend en outre plusieurs mémorandums d'accord qui ont été adoptés
dans le cadre du Cycle d'Uruguay et qui clarifient certaines dispositions du GATT.

POUR EN SAVOIR PLUS ... SUR LES MÉMORANDUMS D'ACCORD QUI FONT
PARTIE DU GATT DE 1994

 Mémorandum d'accord sur l'interprétation de l'article II:1 b) du GATT de 1994, qui


concerne l'article II:1 b) du GATT de 1994 et contient des dispositions régissant les
"autres droits ou impositions" (ADI) (présenté dans le module 3).

 Mémorandum d'accord sur l'interprétation de l'article XVII du GATT de 1994, qui


contient des dispositions régissant les activités des "entreprises commerciales
d'État".

 Mémorandum d'accord sur les dispositions du GATT de 1994 relatives à la balance des
paiements; qui concerne l'article XII et l'article XVIII:B du GATT de 1994 et contient
des dispositions relatives aux mesures que les Membres sont autorisés à prendre
lorsqu'ils ont des difficultés de balance des paiements (présenté dans le module 8).

 Mémorandum d'accord sur l'interprétation de l'article XXIV du GATT de 1994, qui


contient des dispositions régissant le droit des Membres de conclure des accords
régionaux (unions douanières ou zones de libre-échange) (présenté dans le
module 8).

 Mémorandum d'accord concernant les dérogations aux obligations découlant du GATT


de 1994, qui concerne l'article IX:3 de l'Accord instituant l'OMC et clarifie la procédure

8
d'octroi de dérogations (présenté dans les modules 1 et 3 et expliqué dans le
module 8).

 Mémorandum d'accord sur l'interprétation de l'article XXVIII du GATT de 1994, qui


contient des dispositions régissant la modification ou le retrait de concessions
(présenté dans le module 3).

II.E. PROTOCOLE DE MARRAKECH ANNEXE AU GATT DE 1994

Le Protocole de Marrakech annexé au GATT de 1994, qui incorpore les Listes de concessions
et d'engagements concernant les marchandises négociés dans le cadre du Cycle d'Uruguay et qui
diffère de l'Accord instituant l'OMC, fait également partie du GATT de 1994.

II.F. CONFLIT ENTRE UNE DISPOSITION DU GATT DE 1994 ET


UNE DISPOSITION D'UN ACCORD MULTILATÉRAL SUR LE
COMMERCE DES MARCHANDISES FIGURANT A L'ANNEXE 1A
Une note interprétative générale relative à l'Annexe 1A précise qu'en cas de conflit entre une
disposition du GATT de 1994 et une disposition d'un autre accord figurant à l'Annexe 1A de l'Accord
instituant l'OMC, la disposition de cet autre accord (c'est-à-dire autre que le GATT de 1994)
prévaudra dans la limite du conflit.

Cette note interprétative générale relative à l'Annexe 1A a été ajoutée pour tenir compte du fait
que les autres accords concernant les marchandises repris dans l'Annexe 1A représentaient, à bien
des égards, un développement substantiel des dispositions du GATT de 1994 et dans la mesure où
il y a conflit entre les dispositions des autres accords concernant les marchandises et les
dispositions du GATT de 1994, les dispositions des autres accords prévalent (Rapport du Groupe
spécial Brésil – Noix de coco desséchée, page 15).

Certains des accords figurant à l'Annexe 1A comprennent des dispositions qui précisent la relation
entre ces accords et le GATT de 1994 (voir, par exemple, les articles premier et 11:1 a) de l'Accord
sur les sauvegardes ou l'article 21 de l'Accord sur l'agriculture).

La première phrase du paragraphe 6 de l'article 24 de l'Accord sur la facilitation des échanges, en


particulier, dispose que, nonobstant la Note interprétative générale relative à l'Annexe 1A, rien
dans l'accord en question ne sera interprété comme diminuant les obligations des Membres au titre
du GATT de 1994.

9
NOTE:

Rappelez-vous qu'en cas de conflit entre une disposition de l'Accord instituant l'OMC et une
disposition de l'un des accords commerciaux multilatéraux (y compris le GATT de 1994), la
disposition de l'Accord instituant l'OMC prévaudra dans la limite du conflit (article XVI:3 de l'Accord
instituant l'OMC).

EXERCICES

1. Que contient l'Annexe 1A de l'Accord instituant l'OMC?

2. De quoi traitent les dispositions fondamentales du GATT de 1994?

3. S'agissant du commerce des marchandises, en cas de conflit entre une disposition du GATT
de 1994 et une disposition de l'un des accords multilatéraux sur le commerce des
marchandises, quelle disposition prévaut?

10
II. LES ACCORDS MULTILATERAUX SUR LE
COMMERCE DES MARCHANDISES
Nous avons présenté le GATT de 1994 qui figure à l'Annexe 1A de l'Accord instituant l'OMC. Nous
allons maintenant présenter dans ce module les autres accords multilatéraux sur le commerce des
marchandises figurant à l'Annexe 1A. Cette partie du module est divisée en deux sections, comme
suit:

11
III.A. L'ACCORD SUR L'AGRICULTURE

III.A.1. INTRODUCTION

Dans de nombreux pays, le commerce des produits agricoles représente encore une part
importante de l'activité économique globale et continue de jouer un rôle important dans la
production agricole et l'emploi (en particulier dans de nombreux pays en développement). L'Accord
sur l'agriculture vise à réformer le commerce des produits agricoles, en envisageant un système
équitable et axé sur le marché.

L'Accord autorise les gouvernements à soutenir l'économie rurale, mais de préférence au moyen
de mesures ayant moins d'effets de "distorsion des échanges". Il ménage aussi une certaine
flexibilité dans la mise en œuvre des engagements par les pays en développement, qui ne sont
pas tenus de réduire leurs subventions ou leurs tarifs autant que les pays développés, et qui
bénéficient d'un délai supplémentaire pour s'acquitter de leurs obligations. Les pays les moins
avancés (PMA) ont été complètement exemptés des engagements de réduction. En outre, les
Membres ont adopté des dispositions spéciales qui portent sur les intérêts des pays en
développement qui doivent importer les produits alimentaires dont ils ont besoin.

Qu'est-ce qu'une "distorsion"?

Le Dictionnaire des termes de politique commerciale de l'OMC définit une distorsion comme
étant "une mesure, politique ou pratique qui fait varier le prix du marché d'un produit à la
hausse ou à la baisse par rapport à ce qu'il serait si le produit était vendu sur un marché
concurrentiel. Les mesures qui causent des distorsions sont notamment les subventions, les
restrictions à l'importation et les pratiques commerciales restrictives". Dans le contexte du
commerce des produits agricoles, cela voudrait dire que les décisions des producteurs, des
entreprises, des importateurs, des exportateurs et des consommateurs sont influencées par
des facteurs autres que les conditions du marché concurrentiel.

III.A.2. NEGOCIATIONS SUR L'AGRICULTURE ... DU GATT AU CYCLE


D'URUGUAY

Avant le Cycle d'Uruguay, les règles du GATT de 1947 (y compris les conditions d'accession et les
dérogations) autorisaient les parties contractantes du GATT à maintenir une plus grande protection
pour les produits agricoles que les produits industriels. Le GATT de 1947 autorisait les pays à
recourir à des restrictions à l'importation (telles que des contingents d'importation) et à des
subventions à l'exportation pour les produits agricoles, sous certaines conditions. Dans le cas des
subventions à l'exportation, la seule condition était que la subvention ne soit pas utilisée pour
obtenir plus qu'une "part équitable" des exportations mondiales du produit concerné
(article XVI:3). Cela a entraîné de fortes distorsions dans le commerce des produits agricoles. En
outre, très peu d'engagements ont été pris en matière d'ouverture des marchés dans le secteur

12
agricole, de sorte que le niveau de "consolidation" atteint était nettement moins élevé que pour
les produits industriels (un tiers seulement des produits agricoles étaient assujettis à des taux de
droits consolidés).

Les négociations du Cycle d'Uruguay sur l'agriculture ont marqué une nette rupture avec le
passé. L'Accord qui en a résulté oblige les Membres de l'OMC à s'engager à procéder à une réforme
à long terme et à prendre des engagements spécifiques en vue d'améliorer l'accès aux marchés et
de réduire les subventions ayant des effets de distorsion des échanges dans le secteur agricole.
Ces engagements, inscrits dans les Listes OMC des Membres, ont été mis en œuvre sur une période
de 6 ans – 10 ans pour les pays en développement – qui a commencé en 1995 (un résumé de ces
engagements est présenté dans un tableau à la fin de cette section). Les participants sont convenus
d'engager des négociations un an avant la fin de la période de mise en œuvre, soit à la fin de 1999,
en vue de poursuivre le processus de réforme. Ces pourparlers ont été incorporés dans le
programme de négociation plus vaste établi en 2001 à la Conférence ministérielle de Doha (Qatar).

Les règles et disciplines de l'Accord sur l'agriculture sont complétées par l'engagement des
Membres de poursuivre le processus de réforme par la voie de négociations. Les Membres de l'OMC
négocient actuellement sur la base du mandat énoncé à l'article 20 de l'Accord sur l'agriculture, en
liaison avec le mandat du Programme de Doha pour le développement (PDD).

NOTE:

Pour en savoir plus sur les négociations en cours sur l'agriculture … (et sur d'autres grands
enjeux de ce qu'il est convenu d'appeler le PDD), vous pouvez consulter les documents figurant
dans la section "Doha" de notre bibliothèque en ligne et le module 9 (dimension développement
de l'OMC).

III.A.3. PRINCIPALES DISCIPLINES PRÉVUES DANS L'ACCORD

Champ d'application de l'Accord sur l'agriculture

Dans son Annexe 1, l'Accord définit les produits agricoles par référence au Système harmonisé
de classification des marchandises (le SH – expliqué dans le module 3). La définition couvre
non seulement des produits agricoles de base tels que le blé, le lait et les animaux
vivants, mais aussi les produits qui en sont dérivés tels que le pain, le beurre et la
viande, ainsi que les produits agricoles transformés tels que le chocolat et les
saucisses. Les produits visés comprennent également les vins et les spiritueux, les produits
du tabac, les fibres comme le coton, la laine et la soie, et les peaux brutes d'animaux destinées
à la fabrication de cuir. Le poisson et les produits à base de poisson ne sont pas inclus, ni les
produits de la sylviculture.

13
Les trois "piliers" auxquels s'appliquent les nouvelles règles et les nouveaux
engagements énoncés dans l'Accord sont les suivants:

LES TROIS "PILIERS" DE L'ACCORD SUR L'AGRICULTURE

I. Accès aux marchés: restrictions commerciales visant les importations (obstacles


tarifaires et non tarifaires);

II. Soutien interne: subventions et autres programmes, y compris ceux qui augmentent
ou garantissent les prix à la production et les revenus des agriculteurs; et

III. Concurrence à l'exportation: subventions à l'exportation et autres méthodes


employées pour rendre les exportations artificiellement compétitives.

a. Accès aux marchés

Accès aux marchés

Les règles générales régissant l'accès aux marchés pour les produits agricoles énoncées dans
l'Accord sont les suivantes:

 Tarification – conversion des mesures non tarifaires à la frontière en droits de douane,


assurant essentiellement le même niveau de protection (article 4:2);

 Engagements concernant les droits de douane et les contingents


tarifaires – maintenir les niveaux d'accès existants pour les importations et garantir
des possibilités d'accès minimales (Liste de concessions tarifaires);

 Sauvegarde spéciale – autorise l'imposition d'un droit additionnel dans certaines


circonstances (pour les Membres qui se sont réservé le droit d'utiliser la mesure de
sauvegarde dans leurs Listes) (article 5);

 Traitement spécial – autorise certains Membres à maintenir des mesures non tarifaires
à la frontière pour certains produits dans des circonstances exceptionnelles (Annexe 5).

1. INTERDICTION D'APPLIQUER DES MESURES NON TARIFAIRES À LA FRONTIÈRE

Désormais, l'accès aux marchés pour les produits agricoles est régi par un système "uniquement
tarifaire" (article 4:2). Avant le Cycle d'Uruguay, l'importation de certains produits agricoles était
limitée par des mesures non tarifaires à la frontière qui prenaient principalement la forme de
restrictions quantitatives à l'importation ou de contingents d'importation. Toutes ces mesures non
tarifaires devaient être supprimées ou remplacées par des droits de douane, assurant
essentiellement le même niveau de protection. Ce processus de conversion des mesures non

14
tarifaires en droits de douane est appelé "tarification". Outre les droits de douane, l'Accord permet
l'application de contingents tarifaires (expliqués dans le module 3).

L'article 4:2 n'interdit pas l'application de restrictions à l'importation non tarifaires compatibles
avec les dispositions du GATT ou d'autres Accords de l'OMC, comme celles qui sont autorisées par
l'Accord SPS.

2. LISTE D'ENGAGEMENTS

Chaque Membre de l'OMC a une "Liste" de concessions tarifaires qui couvre tous les produits
agricoles (article 4:1) (un exemple de liste d'engagements d'un Membre concernant les produits
agricoles est présenté à la fin de ce module – Appendice 1). Ces concessions, convenues durant
les négociations du Cycle d'Uruguay, font partie intégrante du GATT de 1994.

La Liste indique le droit maximal qui peut être imposé à l'importation de chaque produit agricole
admis sur le territoire du Membre concerné. Les droits figurant dans la Liste comprennent ceux qui
découlent du processus de tarification. Dans certains cas, ces droits sont sensiblement plus élevés
que les droits appliqués aux produits industriels, parce qu'ils correspondent à l'incidence des
mesures non tarifaires qui étaient appliquées dans le domaine de l'agriculture avant l'OMC. De
nombreux pays en développement ont consolidé les droits qui ne l'étaient pas auparavant à des
niveaux "plafonds", c'est-à-dire à des niveaux plus élevés que les taux appliqués avant l'OMC.

L'article 4:1 n'interdit pas l'application de droits de douane plus élevés que ceux qui figurent dans
la Liste, conformément aux dispositions du GATT et des Accords de l'OMC et dans des circonstances
exceptionnelles, comme les droits antidumping, les droits compensateurs ou les mesures de
sauvegarde (voir le module 5).

3. CONTINGENTS TARIFAIRES

On s'attendait à ce que la conversion des mesures non tarifaires en droits de douane en utilisant
le prix de référence pour la période 1986 à 1988 aboutisse à des taux de droits élevés. C'est
pourquoi il a été convenu d'établir un système de contingents tarifaires, comportant des tarifs plus
bas dans le cadre du contingent, et des tarifs plus élevés pour les quantités hors contingents, de
façon à maintenir les niveaux d'accès existants pour les importations et à offrir des possibilités
d'accès minimales (voir le graphique ci-dessous). Ces contingents tarifaires sont spécifiés dans les
Listes des Membres de l'OMC. L'article 13 (expliqué dans le module 3) et l'Accord sur les procédures
de licences d'importation (qui sera expliqué dans la section 2 de ce module) régissent la répartition
des contingents tarifaires entre les Membres fournisseurs. L'article 13 prévoit, pour l'essentiel, que
les restrictions à l'importation doivent être appliquées de manière non discriminatoire.

15
4. TRAITEMENT SPÉCIAL

L'Accord comporte une clause de "traitement spécial" à l'Annexe 5, en vertu de laquelle quatre
pays étaient autorisés, à des conditions strictement définies, à maintenir des mesures non tarifaires
à la frontière pour certains produits pendant la période de mise en œuvre, avec possibilité de
prorogation sous réserve de nouvelles négociations. L'une des conditions était qu'un accès aux
marchés sous la forme d'un accroissement progressif des contingents d'importation devait être
accordé pour les produits concernés. Les produits et les pays concernés étaient le riz dans le cas
du Japon, de la Corée et des Philippines, et le fromage et la viande ovine dans le cas d'Israël.

Le traitement spécial a pris fin pour le Japon et Israël, mais la Corée et les Philippines ont obtenu
une prorogation pour le riz (les Membres doivent notifier qu'ils souhaitaient maintenir le traitement
spécial – voir G/AG/W/63).

5. SAUVEGARDE SPÉCIALE

Comme troisième élément de la tarification, les Membres peuvent invoquer la clause de sauvegarde
spéciale (article 5 de l'Accord) à condition que: i) les obstacles non tarifaires (ONT) aient fait l'objet
d'une "tarification" et ii) le Membre se soit réservé le droit, dans sa Liste, d'appliquer une mesure
de sauvegarde spéciale (en inscrivant le symbole "SGS" à côté de la ligne tarifaire concernée).
Trente-six Membres se sont réservé le droit de recourir à des mesures de sauvegarde spéciale.

La sauvegarde spéciale pour les produits agricoles permet l'imposition d'un droit additionnel sous
certaines conditions, c'est-à-dire s'il y a soit une poussée des importations (niveau de
déclenchement) soit une baisse du prix à l'importation au-dessous d'un prix de référence spécifié
(prix de déclenchement), déterminé pour chaque expédition. En cas de dépassement du niveau de
déclenchement, les droits plus élevés ne sont appliqués que jusqu'à la fin de l'année considérée.
En cas de baisse du prix, un droit additionnel ne peut être imposé que sur l'expédition concernée.
Les droits de douane additionnels ne peuvent pas être appliqués aux importations effectuées dans
le cadre de contingents tarifaires.

16
Cette sauvegarde spéciale est différente de la sauvegarde générale prévue à l'article XIX du GATT
de 1994 et dans l'Accord sur les sauvegardes, qui s'applique non seulement aux produits agricoles,
mais à tous les produits, et qui est soumise à des conditions différentes, comme nous le verrons
dans le module 5.

b. Soutien interne
Les subventions n'ont pas toutes le même effet de distorsion des échanges. Toutefois, les
subventions liées à la production, comme les mesures de soutien des prix, sont réputées
encourager la surproduction dans certains pays et fausser les prix mondiaux.

L'Accord distingue deux catégories de soutien interne: i) le soutien dont les effets de distorsion
des échanges sont nuls ou minimes, qui ne fait pas l'objet d'engagements de réduction; et ii) le
soutien ayant des effets de distorsion des échanges, qui fait l'objet de limites/"consolidations" et
d'engagements de réduction (souvent appelé mesures de la "catégorie orange"). Par exemple,
l'octroi de subventions par les pouvoirs publics à des fins de recherche agricole ou de formation
est considéré comme un soutien de la première catégorie, tandis que les achats effectués par les
pouvoirs publics à des prix garantis ("soutien des prix du marché") relèvent de la seconde
catégorie.

En vertu de l'Accord sur l'agriculture, tout soutien interne en faveur des producteurs agricoles est
assujetti à des règles. Les règles générales régissant le soutien interne pour les produits agricoles
qui sont énoncées dans l'Accord sont les suivantes:

Soutien interne dont les effets de Article 7 et Annexe 2 (mesures de la


distorsion des échanges sont NULS ou "catégorie verte"): services publics tels
MINIMES – EXEMPTÉ des que recherche, lutte contre les maladies,
"consolidations" et des engagements de infrastructure et sécurité alimentaire.
réduction

Article 6:5 (mesures de la "catégorie


bleue"): certains versements directs aux
agriculteurs lorsque ceux-ci sont tenus de
limiter la production.

Article [Link] soutien interne de minimis.

Article [Link] mesures d'aide adoptées par les


pays en développement.

17
Soutien interne ayant des effets de Article 3:1 et 3:2 et article 6 (mesures de la
distorsion et qui FAIT L'OBJET des "catégorie orange"): le soutien interne qui a
"consolidations" et d'engagements de des effets de distorsion des échanges en
réduction faveur des producteurs agricoles ne doit pas
excéder les niveaux d'engagements spécifiés
dans les Listes des Membres et fait l'objet
d'engagements de réduction de la mesure
globale du soutien (MGS) qui sont spécifiés
dans les Listes.

Les résultats du Cycle d'Uruguay dans le secteur de l'agriculture ont fondamentalement changé la
manière dont le soutien interne en faveur des producteurs agricoles était traité dans le cadre du
GATT de 1947.

1. SOUTIEN INTERNE DONT LES EFFETS DE DISTORSION DES ÉCHANGES SONT NULS
OU MINIMES – EXEMPTÉ DES ENGAGEMENTS DE RÉDUCTION

1.1 CATÉGORIE VERTE

L'Accord sur l'agriculture énonce un certain nombre de conditions générales et de conditions


spécifiques par mesure qui, lorsqu'elles sont remplies, permettent de classer les mesures dans la
catégorie verte (Annexe 2). Ces mesures sont exemptées des engagements de réduction et
peuvent même être renforcées sans aucune limitation financière dans le cadre de l'OMC. La
condition fondamentale est que leurs effets de distorsion des échanges et leurs effets sur la
production soient nuls ou, au plus, minimes. En outre, le soutien doit être fourni dans le cadre d'un
programme public financé par des fonds publics (y compris les recettes publiques sacrifiées)
n'impliquant pas de transferts de la part des consommateurs et ne doivent pas avoir pour effet
d'apporter un soutien des prix aux producteurs.

La catégorie verte comprend de nombreux programmes de services publics, y compris les services
de caractère général fournis par les pouvoirs publics, les programmes de détention de stocks à des
fins de sécurité alimentaire et l'aide alimentaire intérieure, chaque mesure devant être conforme
aux critères fondamentaux et à certains critères spécifiques à la mesure. La catégorie verte englobe
aussi les versements directs aux producteurs, qui ne sont pas liés aux décisions de production; en
d'autres termes, l'agriculteur reçoit un versement des pouvoirs publics, mais ce versement n'influe
pas sur le type ou le volume de la production agricole ("soutien découplé").

La catégorie verte s'applique aussi bien aux pays développés qu'aux pays en développement
Membres; mais dans le cas des pays en développement, un traitement spécial est accordé pour
les programmes gouvernementaux de détention de stocks à des fins de sécurité alimentaire et
pour le subventionnement des prix des produits alimentaires destinés aux populations pauvres
urbaines et rurales.

18
1.2 CATÉGORIE BLEUE

Les versements directs au titre de programmes de limitation de la production (souvent appelés


mesures de la "catégorie bleue") sont exemptés des engagements si: i) ces versements sont fondés
sur une superficie et des rendements fixes; ou ii) ces versements sont effectués pour 85% ou
moins du niveau de base de la production; ou iii) les versements pour le bétail sont effectués pour
un nombre de têtes fixe (article 6:5).

1.3 MESURES D'AIDE ADOPTÉES PAR LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT

Le type de soutien qui entre dans la catégorie du développement sont les mesures d'aide, directe
ou indirecte, conçues pour encourager le développement agricole et rural qui font partie intégrante
des programmes de développement des pays en développement (article 6:2). Ces mesures
comprennent: i) les subventions à l'investissement qui sont généralement disponibles pour
l'agriculture dans les pays en développement Membres; ii) les subventions aux intrants agricoles
qui sont généralement disponibles pour les producteurs qui, dans les pays en développement
Membres, ont de faibles revenus ou sont dotés de ressources limitées; et iii) le soutien interne aux
producteurs des pays en développement Membres destiné à encourager le remplacement des
cultures de plantes narcotiques illicites.

1.4 DE MINIMIS

L'article 6:4 établit des seuils de minimis au-dessous desquels les engagements de réduction et
les "consolidations" spécifiés dans les Listes des Membres ne s'appliquent pas.

Selon la disposition de minimis, tout soutien interne qui n'est pas visé par les catégories exemptées
décrites ci-dessus doit être maintenu dans les limites des niveaux de minimis par produit et autre
que par produit pertinents (5% pour les pays développés et 10% pour les pays en développement),
à moins que le Membre ait pris des engagements concernant la catégorie orange, comme cela est
expliqué ci-dessous.

2. SOUTIEN INTERNE AYANT DES EFFETS DE DISTORSION DES ÉCHANGES –


SOUMIS AUX ENGAGEMENTS DE RÉDUCTION

2.1 CATÉGORIE ORANGE

Toutes les mesures de soutien interne considérées comme ayant des effets de distorsion sur la
production et les échanges, sauf les exceptions susmentionnées, relèvent de la "catégorie orange".
Elles comprennent les mesures de soutien des prix (qu'il s'agisse de prix administrés – impliquant
des transferts de la part des consommateurs – ou de certains types de versements directs des
pouvoirs publics), les subventions aux intrants ou les subventions directement liées aux quantités
produites. Ces mesures de soutien interne ne devraient pas excéder les niveaux d'engagement
spécifiés dans les Listes des Membres et sont soumises aux engagements de réduction spécifiés
dans les Listes (article 3:2).

19
Tout soutien interne qui ne peut pas être inclus dans les catégories exemptées de la réduction
("catégorie verte", mesures en faveur du développement et "catégorie bleue") doit être compatible
avec les plafonds fixés par la mesure globale du soutien totale (MGS totale) et/ou les
dispositions de minimis de l'Accord énoncées à l'article 6:4.

La MGS englobe dans un chiffre unique toutes les mesures de soutien par produit et autres que
par produit. Les Membres ayant une MGS totale devaient réduire le soutien accordé pendant la
période de base de 20% en six ans (pays développés Membres) ou de 13,5% en dix ans (pays en
développement Membres). Les détails des calculs de la MGS figure à l'Annexe 3 de l'Accord sur
l'agriculture.

Notifiez vos mesures de soutien interne

L'article 18:2 de l'Accord sur l'agriculture fait obligation à tous les Membres de notifier au Comité de
l'agriculture la portée de leurs mesures de soutien interne. Pour ce faire, les Membres doivent:

20
Notifiez vos mesures de soutien interne

Tous les Membres

 dresser la liste de toutes les mesures qui relèvent des catégories exemptées ("catégorie verte",
programmes de développement et versements directs au titre de programmes de limitation de la
production – la "catégorie bleue").

 présenter des notifications chaque année, sauf les PMA Membres, qui doivent le faire tous les
deux ans.

 notifier toute modification apportée à des mesures existantes et toute nouvelle mesure relevant
des catégories exemptées.

Membres ayant inscrit dans leur Liste des engagements en matière de MGS

 calculer la MGS totale, y compris le soutien de minimis, et, s'ils ont inscrit dans leur Liste des
engagements de réduction du soutien interne, notifier la MGS totale courante.

Membres n'ayant pas inscrit dans leur Liste des engagements en matière de MGS

 si un Membre n'a inscrit dans sa Liste aucun engagement en matière de MGS et s'il accorde des
subventions relevant de la catégorie orange, il doit justifier que ce soutien se situe dans les limites
des niveaux de minimis pertinents.

c. Concurrence à l'exportation

Concurrence à l'exportation

 Prohibition générale des subventions à l'exportation sauf si les subventions sont


spécifiées dans la Liste du Membre (article 3:3 et article 8);

 Engagements de réduction – lorsque le droit de recourir à des subventions à


l'exportation est inscrit dans les Listes, l'Accord oblige les Membres de l'OMC à réduire à
la fois les dépenses qu'ils effectuent à ce titre et les quantités exportées au bénéfice de
ces subventions (article 3:3 et article 9:1);

 Anticontournement – vise à prévenir le contournement des engagements en matière


de subventions à l'exportation et énonce des critères pour les dons d'aide alimentaire et
les crédits à l'exportation (article 10:1);

 Traitement spécial pour certaines subventions destinées au transport et à la


commercialisation dans les pays en développement (article 9:4);

 Clause de paix (expiration en 2003): limitait le droit des Membres de contester les
subventions à l'exportation visées dans la Liste d'un Membre (article 13).

21
Avant les négociations du Cycle d'Uruguay, les subventions à l'exportation de produits agricoles
n'étaient soumis qu'à des disciplines limitées (article XVI du GATT de 1947). La situation a changé
après l'entrée en vigueur de l'Accord sur l'agriculture qui n'autorise le recours aux subventions à
l'exportation que dans deux cas: i) si un Membre s'est réservé le droit de recourir à des
subventions à l'exportation dans sa Liste, sous réserve des limites et des engagements de
réduction qui y sont spécifiés; ou ii) si des pays en développement accordent des subventions à
l'exportation compatibles avec les dispositions relatives au traitement spécial et
différencié. Dans tous les autres cas, il est interdit d'accorder des subventions à l'exportation
pour les produits agricoles.

Pourquoi INTERDIRE les subventions à l'exportation?

Les effets négatifs des subventions à l'exportation sur l'agriculture ont été analysés par des
organisations internationales, par de nombreux Membres de l'OMC et par des économistes et
des universitaires indépendants. Les exportateurs qui reçoivent des subventions à l'exportation
bénéficient d'un avantage car ils peuvent, par exemple, vendre à un prix inférieur au coût
de production.

Dans la plupart des cas, la subvention dépend de la différence entre le prix mondial et le prix
intérieur, ce qui signifie que l'exportateur peut toujours vendre à un prix égal ou inférieur au
prix pratiqué par les exportateurs d'autres pays. Cela se traduit par une concurrence
accrue pour les autres exportateurs et pour les producteurs nationaux du pays importateur.

Non seulement les subventions à l'exportation entraînent une réduction ou une sous-cotation
des prix par rapport aux prix des exportateurs non subventionnés d'autres pays, mais encore
elles amplifient les variations des prix sur le marché mondial. Comme le niveau de la
subvention dépend généralement de la différence entre le prix intérieur et le prix mondial, une
baisse de prix sur le marché mondial entraîne une augmentation de la subvention, et l'offre de
l'exportateur subventionné peut rester inchangée ou même augmenter. En outre, les prix du
marché n'ont pas d'incidence sur l'offre du pays qui accorde la subvention car cette dernière
augmente ou diminue en même temps que les prix, ce qui accentue les variations des prix
mondiaux en réduisant l'offre lorsque les prix sont élevés et en l'augmentant lorsque les prix
sont bas.

L'Accord sur l'agriculture ne donne pas de définition d'une "subvention". Toutefois, l'Accord SMC
précise que trois éléments sont requis pour qu'une subvention soit réputée exister: i) il y a une
contribution financière; ii) des pouvoirs publics ou de tout organisme public du ressort territorial
d'un Membre; et iii) un avantage est ainsi conféré. Les disciplines de l'Accord SMC ne s'appliquent
qu'aux subventions spécifiques, c'est-à-dire aux subventions accordées uniquement à une
entreprise ou une branche de production ou à un groupe d'entreprises ou de branches de
production relevant de la juridiction du pays qui accorde la subvention (voir aussi le module 5).

22
Les règles générales relatives à la concurrence à l'exportation énoncées dans l'Accord sont les
suivantes:

1. ENGAGEMENTS DE RÉDUCTION APPLICABLES AUX SUBVENTIONS À


L'EXPORTATION INSCRITS DANS LA LISTE

Comme cela a été dit précédemment, l'Accord sur l'agriculture interdit les subventions à
l'exportation de produits agricoles à moins qu'elles ne soient spécifiées dans les Listes
d'engagements des Membres. Dans ce cas, l'Accord fait obligation aux Membres de l'OMC de
réduire à la fois les dépenses consacrées aux subventions à l'exportation et les quantités exportées
au bénéfice de ces subventions.

Selon l'article 1 e) de l'Accord, l'expression "subventions à l'exportation" s'entend des subventions


subordonnées aux résultats à l'exportation. L'article 9:1 donne une liste d'exemples de subventions
à l'exportation soumises aux engagements de réduction, tandis que l'article 10:1 interdit de
recourir aux subventions à l'exportation qui ne sont pas énumérées à l'article 9:1 d'une manière
qui entraîne, ou menace d'entraîner, un contournement des engagements en matière de
subventions à l'exportation.

Vingt-cinq Membres de l'OMC (les CE comptant pour un) peuvent subventionner les exportations,
mais seulement pour les produits pour lesquels ils ont pris l'engagement de réduire ces
subventions. Ces Membres ne peuvent pas: i) accorder de nouvelles subventions pour des produits
qui ne figurent pas dans leurs Listes; ii) dépasser les limites fixées dans leurs Listes; ou iii)
transférer des engagement existants à d'autres produits agricoles.

Dans l'affaire CE – Sucre, l'Organe d'appel a indiqué que les engagements spécifiés dans la Liste
d'un Membre doivent être en conformité avec les dispositions de l'Accord sur l'agriculture
(CE – Sucre, rapport de l'Organe d'appel, paragraphe 216).

2. SUBVENTIONS À L'EXPORTATION AUTORISÉES AU TITRE DES DISPOSITIONS


RELATIVES AU TRAITEMENT SPÉCIAL ET DIFFÉRENCIÉ

L'article 9:4 autorisait les pays en développement à accorder des subventions pour réduire les
coûts de la commercialisation, y compris les coûts du transport intérieur et international, les coûts
de la manutention et les coûts de transformation, à condition que celles-ci ne soient pas appliquées
d'une manière qui reviendrait à contourner les engagements de réduction des subventions à
l'exportation.

Cette exemption, qui est l'une des dispositions de l'Accord sur l'agriculture relatives au traitement
spécial et différencié, ne pouvait être invoquée que pendant la période de mise en œuvre. À la
Réunion ministérielle de Hong Kong, les Ministres ont décidé que "les pays en développement
Membres continueront de bénéficier des dispositions de l'article 9:4 pendant cinq ans à compter
de la date finale pour l'élimination de toutes les formes de subventions à l'exportation",
conformément aux négociations menées dans le cadre du Cycle de Doha.

23
Notifiez vos subventions à l'exportation

Tous les Membres doivent notifier chaque année leurs subventions à l'exportation au Comité
de l'agriculture.

 Membres n'ayant pas pris d'engagements de réduction – il faut simplement


déclarer qu'aucune subvention à l'exportation n'est accordée pour des produits
agricoles.

 Membres ayant pris des engagements de réduction – il faut déclarer les


subventions accordées pendant l'année en termes de volume et de dépenses
budgétaires.

De même, les exportations totales de produits agricoles doivent être notifiées par les Membres
qui ont pris des engagements de réduction et par les autres "exportateurs importants", définis
par le Comité. En outre, dans le cadre des dispositions anticontournement, les Membres
doivent notifier, le cas échéant, l'aide alimentaire qu'ils fournissent annuellement.

ENGAGEMENTS DE REDUCTION CONCERNANT LES PRODUITS AGRICOLES PRIS


PENDANT LES NEGOCIATIONS DU CYCLE D'URUGUAY

Période de mise en œuvre Pays développés Pays en développement


6 ans: 1995-2000 10 ans: 1995-2004

Droits de douane

Réduction moyenne pour -36% -24%


tous les produits agricoles

Réduction minimale par -15% -10%


produit

Soutien interne

Réduction de la MGS -20% -13.3%


totale par secteur
(période de base:
1986-1988)

Subventions à
l'exportation

24
ENGAGEMENTS DE REDUCTION CONCERNANT LES PRODUITS AGRICOLES PRIS
PENDANT LES NEGOCIATIONS DU CYCLE D'URUGUAY

Réduction des dépenses -36% -24%


budgétaires

Réduction des quantités -21% -14%


subventionnées (période
de base: 1986-1990)

Tableau 1: Engagements de réduction concernant les produits agricoles pris


pendant les négociations du Cycle d'Uruguay

III.A.4. TRAITEMENT SPÉCIAL ET DIFFÉRENCIÉ EN FAVEUR DES PAYS


EN DÉVELOPPEMENT ET DES PAYS LES MOINS AVANCÉS (PMA)
DANS LE CADRE DE L'ACCORD SUR L'AGRICULTURE

GÉNÉRALITÉS  Amélioration significative des conditions


d'accès aux marchés pour les produits
agricoles présentant un intérêt particulier pour
les pays en développement Membres.

 Décision ministérielle sur les mesures


concernant les effets négatifs possibles du
programme de réforme sur les pays les moins
avancés et sur les pays en développement
importateurs nets de produits alimentaires.

SOUTIEN INTERNE  taux de réduction plus faible et période de mise en


œuvre plus longue (Listes d'engagements).

 pourcentage de minimis plus élevé (10% contre 5%


pour les pays développés, article 6:4).

 certaines politiques de soutien interne (mesures


d'aide) sont exclues des engagements de réduction
(article 6:2).

SUBVENTIONS À  engagements de réduction plus faibles et périodes

L'EXPORTATION de mise en œuvre plus longues (Listes


d'engagements).

 possibilité d'utiliser des subventions pour réduire les


coûts de transport et de commercialisation pendant
une certaine période (article 9:4).

25
La Décision sur les mesures concernant les effets négatifs possibles du programme de
réforme sur les pays les moins avancés et sur les pays en développement importateurs
nets de produits alimentaires (PDINPA) reconnaît que, pendant la mise en œuvre du
programme de réforme figurant dans l'Accord sur l'agriculture, les pays les moins avancés et les
pays en développement importateurs nets de produits alimentaires risquent de subir des effets
négatifs pour ce qui est de disposer d'approvisionnements adéquats en produits alimentaires de
base provenant de sources extérieures suivant des modalités et à des conditions raisonnables, y
compris d'avoir des difficultés à court terme à financer des niveaux normaux d'importations
commerciales de produits alimentaires de base. Les Ministres sont donc convenus d'un certain
nombre de mécanismes pour remédier à la situation.

III.A.5. RELATION ENTRE L'ACCORD SUR L'AGRICULTURE ET LES


AUTRES ACCORDS DE L'OMC

Relation entre l'Accord sur l'agriculture et les autres Accords de l'OMC

 Les dispositions du GATT de 1994 et des autres accords multilatéraux sur le


commerce des marchandises (Annexe 1A) seront applicables sous réserve des
dispositions de l'Accord sur l'agriculture (article 21:1 de l'Accord sur l'agriculture).

 L'Accord SMC s'applique à toutes les marchandises, y compris les produits agricoles.
Toutefois, en ce qui concerne les produits agricoles, l'Accord SMC s'applique sous
réserve des dispositions de l'Accord sur l'agriculture. Dans l'affaire États-Unis – Coton
upland, l'Organe d'appel a estimé que les subventions agricoles sont soumises à
l'Accord SMC "sauf dans la mesure où l'Accord sur l'agriculture contient des
dispositions spécifiques traitant expressément du même sujet" (paragraphes 530
à 533). La relation entre les deux Accords sera expliquée plus en détail dans le
module 5 lorsque nous étudierons l'Accord SMC.

 L'Accord sur l'agriculture et l'Accord SPS sont étroitement liés. Leur relation sera
examinée lorsque nous présenterons l'Accord SPS.

 L'article XIX du GATT et l'Accord sur les sauvegardes s'appliquent aux produits
agricoles.

 L'article VI du GATT et l'Accord antidumping s'appliquent aux produits agricoles.

26
EXERCICES

4. Quelles sont les principales modifications apportées par l'Accord sur l'agriculture résultant du
Cycle d'Uruguay?

5. Quelles sont les principales dispositions de l'Accord sur l'agriculture relatives au traitement
spécial et différencié en faveur des pays en développement et des PMA?

27
III.B. L'ACCORD SUR LES MESURES SANITAIRES ET
PHYTOSANITAIRES (L'ACCORD SPS)

III.B.1. INTRODUCTION

Comment les gouvernements peuvent-ils faire en sorte que les consommateurs, sur leur territoire,
soient approvisionnés en produits alimentaires dont la consommation est sans danger – "sans
danger" au niveau considéré comme approprié – ou que les végétaux et animaux sur leur territoire
soient protégés contre des parasites et maladies potentiellement dangereux? Et, par ailleurs,
comment peuvent-ils faire en sorte que des règlements rigoureux en matière de santé et de
sécurité ne soient pas utilisés pour protéger les producteurs nationaux de la concurrence
étrangère?

L'Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS) énonce les règles
fondamentales concernant les prescriptions en matière de sécurité sanitaire des produits
alimentaires, de santé des animaux et de préservation des végétaux dans le contexte du
commerce. Il s'appuie sur les règles antérieures du GATT relatives à l'utilisation de mesures
nécessaires à la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou à la
préservation des végétaux, conformément à l'article XX b) du GATT de 1994. Il reconnaît
expressément le droit des gouvernements de prendre des mesures pour protéger la santé ou la
vie des personnes et des animaux ou préserver les végétaux, à condition qu'elles soient fondées
sur des données scientifiques, qu'elles soient nécessaires à la réalisation de leur objectif et qu'elles
n'établissent pas de discrimination injustifiable entre des sources d'approvisionnement étrangères
connaissant des conditions SPS similaires.

III.B.2. OBJECTIF DE L'ACCORD SPS


Les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) peuvent entraîner des restrictions des échanges
pour garantir la sécurité sanitaire des produits alimentaires, la protection des animaux et la
préservation des végétaux. Quand les Membres de l'OMC ont négocié la réduction des obstacles
tarifaires pendant le Cycle d'Uruguay, y compris au moyen de l'Accord sur l'agriculture, la crainte
était que les mesures SPS puissent être utilisées à des fins protectionnistes et qu'elles aillent
au-delà de ce qui était nécessaire pour assurer la protection sanitaire. L'Accord SPS vise à régler
ce problème potentiel en énonçant des droits et obligations clairs et détaillés concernant les
mesures concernant la sécurité sanitaire des produits alimentaires, la protection de la santé des
animaux et la préservation des végétaux qui affectent le commerce; et à établir un équilibre entre
préserver le droit d'un Membre d'adopter et d'appliquer ces mesures et éviter toute discrimination
et tout obstacle non nécessaire au commerce.

28
Le Préambule de l'Accord SPS reconnaît:

 qu'aucun Membre ne devrait être empêché d'adopter ou d'appliquer des mesures


nécessaires à la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou à
la préservation des végétaux; et

 qu'aucun Membre n'est tenu de modifier le niveau de protection de la santé et de la


vie des personnes et des animaux ou de préservation des végétaux qu'il juge
approprié,

En outre, les mesures SPS ne doivent pas être appliquées de façon à constituer:

 un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiable entre les Membres où les


mêmes conditions existent; ou

 une restriction déguisée au commerce international.

III.B.3. CHAMP D'APPLICATION DE L'ACCORD SPS

a. Champ d'application fondamental


L'Accord SPS s'applique à toutes les mesures SPS qui affectent, directement ou indirectement, le
commerce international (article 1:1). Les mesures SPS sont définies dans l'Annexe A de
l'Accord SPS en fonction de leur objectif, à savoir comme toute mesure appliquée sur le territoire
d'un Membre aux fins de protéger:
 la santé et la vie des animaux ou préserver les végétaux des risques découlant de l'entrée,
de l'établissement ou de la dissémination de parasites, maladies, organismes porteurs de
maladies ou organismes pathogènes;

 la santé et la vie des personnes et des animaux des risques découlant des additifs,
contaminants, toxines ou organismes pathogènes présents dans les produits alimentaires,
les boissons ou les aliments pour animaux;

 la santé et la vie des personnes des risques découlant de maladies véhiculées par des
animaux, des plantes ou leurs produits ou contre l'entrée, l'établissement ou la
dissémination de parasites; ou

 un pays des dommages causés par l'entrée, l'établissement ou la dissémination de parasites.

Les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) englobent également celles qui sont prises pour
protéger les poissons et la faune sauvage, ainsi que les forêts et la flore sauvage, des risques
indiqués ci-dessus – ce qui signifie que l'Accord SPS vise des produits qui ne sont pas visés par
l'Accord sur l'agriculture.

29
b. Selon le "type de mesure"
L'Annexe A inclut dans les mesures SPS "toutes lois, tous décrets, toutes réglementations, toutes
prescriptions et toutes procédures pertinents, y compris, entre autres, les critères relatifs au
produit final; les procédés et méthodes de production [PMP – expliqués dans l'encadré ci-dessous];
les procédures d'essai, d'inspection, de certification et d'homologation; les régimes de quarantaine,
y compris les prescriptions pertinentes liées au transport d'animaux ou de végétaux ou aux
matières nécessaires à leur survie pendant le transport; les dispositions relatives aux méthodes
statistiques, procédures d'échantillonnage et méthodes d'évaluation des risques pertinentes; et les
prescriptions en matière d'emballage et d'étiquetage directement liées à l'innocuité des produits
alimentaires". Ainsi, plus que le type de mesure, c'est l'objectif de la mesure qui en fait une
mesure SPS relevant de l'Accord SPS.

c. Selon l'"institution" visée par l'Accord


L'Accord SPS couvre les mesures qui peuvent relever de tous les niveaux du gouvernement, y
compris les institutions gouvernementales centrales, locales et régionales, ainsi que les organismes
non gouvernementaux (article 13).

d. Champ d'application temporel


L'Accord SPS s'applique aux mesures SPS existantes adoptées avant et après l'entrée en vigueur
de l'Accord SPS (CE – Hormones, rapport de l'Organe d'appel, paragraphe 128). Il est entré en
vigueur au moment de la création de l'Organisation mondiale du commerce le 1er janvier 1995.

Procédés et méthodes de production

Les procédés et méthodes de production (PMP) désignent des normes de produits axées sur
les méthodes de production plutôt que sur les caractéristiques des produits. L'expression a
été utilisée dans l'Accord plurilatéral de 1979 relatif aux obstacles techniques au commerce
conclu dans le cadre du GATT, également appelé Code de normalisation issu du Tokoy Round.
L'Accord OTC de l'OMC couvre également les PMP (voir l'Annexe 1A et l'article 2:12).

Les procédés et méthodes de production (PMP) sont généralement classés dans deux
catégories: ceux qui se rapportent aux produits et ceux qui ne se rapportent pas aux
produits. La première catégorie comprend les PMP utilisés pour assurer le bon fonctionnement
ou la qualité du produit, ou pour protéger le consommateur qui l'utilise. La seconde désigne
les PMP qui ne sont pas décelables dans les produits finals et qui visent souvent à atteindre un
objectif social, comme la protection de l'environnement.

Les règles s'appliquant aux PMP sont couvertes par l'Accord SPS, l'Accord OTC et le GATT
de 1994 (articles III et XX).

30
Procédés et méthodes de production

De nombreuses mesures SPS concernent les PMP se rapportant aux produits, parce
qu'il est souvent plus efficace d'assurer la sécurité d'un produit en exigeant qu'il soit produit
et transformé de façon appropriée. Le premier différend relatif à l'Accord SPS, l'affaire
CE – Hormones (WT/DS26 et WT/DS48) portait sur les PMP. Les mesures des Communautés
européennes (aujourd'hui l'Union européenne) interdisaient l'utilisation d'hormones de
croissance dans l'élevage de bovins de boucherie. Cette interdiction a été contestée par le
Canada et les États-Unis, en partie parce que trois des hormones mentionnées dans le différend
étaient des hormones naturelles, présentes à un certain niveau chez tous les bovins, qu'ils
aient été traités ou non avec des hormones pour stimuler la croissance ou à d'autres fins.

III.B.4. DISCIPLINES PRINCIPALES DE L'ACCORD SPS

Les droits et obligations fondamentaux sont énoncés à l'article 2 de l'Accord et sont précisés en
détail dans les articles suivants. L'article 2:1 dispose que les Membres ont le droit d'adopter des
mesures SPS pour obtenir le niveau de protection qu'ils jugent approprié. Toutefois, le droit des
Membres d'adopter des mesures SPS pour obtenir le niveau de protection qu'ils déterminent
eux-mêmes s'accompagne de certaines obligations.

Disciplines fondamentales de l'Accord SPS

Le droit des Membres d'adopter des mesures SPS pour obtenir le niveau de protection qu'ils
déterminent eux-mêmes s'accompagne de certaines obligations fondamentales. Les Membres
peuvent adopter des mesures SPS à condition qu'elles:

 ne soient appliquées que dans la mesure nécessaire pour protéger la santé et la vie
des personnes et des animaux ou préserver les végétaux (article 2:2);

 soient fondées sur des principes scientifiques et ne soient pas maintenues sans
preuves scientifiques suffisantes, exception faite des mesures d'urgence ou des
mesures provisoires (article 2:2 – précisé à l'article 5:7); et

 n'établissent pas de discrimination injustifiable ou arbitraire entre les Membres où


existent des conditions identiques ou similaires, y compris entre leur propre territoire
et celui des autres Membres; et ne soient pas appliquées de façon à constituer une
restriction déguisée au commerce international (article 2:3).

31
a. Les mesures SPS doivent être "nécessaires" pour protéger la santé et
la vie des personnes et des animaux ou préserver les végétaux
Conformément à l'article 2:2 de l'Accord SPS, une mesure SPS ne peut être appliquée que dans la
mesure nécessaire pour protéger la santé et la vie des personnes et des animaux ou préserver les
végétaux.

Cette prescription en matière de "nécessité" est précisée à l'article 5:6 et dans la note de bas de
page 3 de l'Accord SPS. L'article 5:6 exige des Membres qu'ils veillent à ce que leurs mesures SPS
ne soient "pas plus restrictives pour le commerce qu'il n'est requis" pour obtenir le niveau de
protection SPS approprié, considérant la faisabilité technique et économique. Par exemple, si un
pays veut éviter l'introduction d'un insecte présent dans les fruits importés, l'obligation de procéder
à une fumigation pourrait être une solution moins restrictive pour le commerce qu'une interdiction
des importations de fruits.

L'Organe d'appel, dans son analyse de la conformité avec l'article 5:6, a appliqué un critère à trois
volets pour déterminer si une mesure était plus restrictive pour le commerce qu'il n'était requis.
C'est le cas s'il y a une autre mesure SPS qui: i) est raisonnablement applicable compte tenu de la
faisabilité technique et économique; ii) permet d'obtenir le niveau de protection SPS approprié fixé
par le Membre; et iii) est sensiblement moins restrictive pour le commerce que la mesure SPS
contestée.

Le concept de nécessité n'a pas été fait l'objet de procédures de règlement des différends
concernant des mesures SPS. Toutefois, l'interprétation de ce concept a évolué dans le contexte
des alinéas b) et d) de l'article XX du GATT de 1994 (Exceptions générales).

Déterminer si une mesure est "nécessaire" au sens de l'article XX b) du GATT de 1994 exige de
soupeser et mettre en balance tous les facteurs pertinents, notamment: i) la contribution de la
mesure à la réalisation de son objectif; ii) son degré de restrictivité des échanges; et
iii) l'importance des intérêts ou des valeurs en jeu (Brésil – Pneumatiques rechapés, rapport de
l'Organe d'appel, paragraphe 156). Ces facteurs sont expliqués plus en détail dans le module 8
(Exceptions).

b. Les mesures SPS doivent être fondées sur la science


La prescription voulant qu'une mesure SPS soit fondée sur des principes scientifiques et ne soit
pas maintenue sans preuves scientifiques suffisantes (article 2:2), est la pierre angulaire de
l'Accord SPS. Elle est précisée plus avant à l'article 5:1 et 5:2, qui concerne l'évaluation des
risques.

Toute mesure SPS est considérée comme étant fondée sur des preuves scientifiques quand elle se
fonde:

i) sur une norme internationale (article 3:1);

32
ii) sur une évaluation scientifique des risques (article 3:3).

La prescription relative aux preuves scientifiques (combinée à l'obligation de procéder à une


évaluation des risques conformément à l'article 5:1) est essentielle pour maintenir l'équilibre
fragile qui a été soigneusement négocié dans l'Accord SPS entre les intérêts partagés qui consistent
à promouvoir le commerce international et à protéger la vie et la santé des personnes et des
animaux et à préserver les végétaux (CE - Hormones, rapport de l'Organe d'appel,
paragraphe 177).

1. COMBIEN DE PREUVES FAUT-IL POUR QU'ELLES SOIENT SUFFISANTES?

Les preuves sont réputées suffisantes lorsqu'il y a un lien suffisant ou adéquat entre la mesure SPS
et les preuves scientifiques disponibles. Cette question est tranchée au cas par cas et dépend des
circonstances de l'espèce, y compris les caractéristiques de la mesure en cause et la qualité et la
quantité des preuves scientifiques (Japon – Produits agricoles II, rapport de l'Organe d'appel,
paragraphe 73).

Dans un différend, la partie plaignante a la charge de la preuve et doit établir prima facie que la
mesure n'est pas étayée par des "preuves scientifiques suffisantes", tandis que le défendeur doit
produire les preuves scientifiques sur lesquelles il a fondé sa mesure SPS (Japon – Produits
agricoles II, rapport de l'Organe d'appel, paragraphe 137).

2. EST-IL PERMIS D'APPLIQUER UNE MESURE SANS PREUVES SCIENTIFIQUES


SUFFISANTES?

L'article 5:7 de l'Accord SPS autorise les Membres à adopter des mesures SPS provisoires dans les
cas où les preuves scientifiques disponibles sont insuffisantes, ce qui constitue une exception à la
prescription selon laquelle une mesure SPS doit être fondée sur des normes internationales ou sur
une évaluation du risque. Il existe toutefois quatre conditions devant être remplies de façon
cumulative pour que cette disposition puisse s'appliquer: i) une mesure SPS au titre de l'article 5:7
doit être imposée relativement à une situation dans laquelle les informations scientifiques
pertinentes sont insuffisantes; ii) la mesure provisoire doit être adoptée sur la base des
renseignements pertinents disponibles; iii) le Membre adoptant la mesure doit s'efforcer d'obtenir
les renseignements additionnels nécessaires pour procéder à une évaluation plus objective du
risque; et iv) le Membre doit examiner la mesure en conséquence dans un délai raisonnable
(Japon – Produits agricoles II, rapport de l'Organe d'appel, paragraphe 73).

Par exemple, des mesures provisoires pourraient être adoptées pour faire face à la flambée
soudaine d'un parasite ou d'une maladie animale présumée être liée à des importations, tandis
que des renseignements supplémentaires sont recueillis à propos de l'origine de la flambée et de
son étendue. Un autre exemple est le cas où de nouvelles techniques de transformation des
aliments sont utilisées alors qu'il n'existe peut-être pas encore de preuves suffisantes concernant
leur sécurité.

33
L'Accord SPS et le principe de précaution

Le principe de précaution (ou approche de précaution) a été incorporé dans plusieurs accords
internationaux portant sur la protection de l'environnement. Dans le cas de l'Accord SPS,
l'Organe d'appel a noté que le principe de précaution est "pris en compte" dans ses dispositions
(articles 5:7 et 3:3 et paragraphe 6 du préambule), mais qu'il ne prime pas sur les obligations
spécifiques énoncées dans l'Accord (à l'article 5:1 et 5:2) (CE – Hormones, rapport de l'Organe
d'appel, paragraphe 124).

c. Établir les mesures sur la base de normes internationales –


harmonisation
1. HARMONISATION

L'harmonisation est l'un des principes essentiels de l'Accord SPS. Elle implique l'établissement, la
reconnaissance et l'application de mesures communes par différents Membres là où précédemment
ils appliquaient peut-être des prescriptions différentes. L'Accord SPS encourage vivement
l'harmonisation des mesures SPS nationales sur la base de normes, directives ou recommandations
internationales pertinentes (article 3:1).

En effet, il a été relevé que l'un des objectifs primordiaux de l'Accord SPS est de "favoriser
l'utilisation de mesures [SPS] harmonisées entre les Membres, sur la base de normes, directives
et recommandations internationales élaborées par les organisations internationales compétentes"
(États-Unis/Canada, Maintien de la suspension, rapport de l'Organe d'appel, paragraphe 692).

D'après l'article 3:4 et le paragraphe 3 de l'Annexe A de l'Accord SPS reconnaissent trois


organismes de normalisation: i) la Commission du Codex Alimentarius (Codex), un programme
conjoint de la FAO et de l'OMS pour l'innocuité des produits alimentaires; ii) l'Organisation mondiale
de la santé animale (OIE), pour la santé des animaux et les zoonoses; et iii) le Secrétariat de la
Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), pour la préservation des
végétaux. L'Accord SPS encourage les Membres à participer, dans les limites de leurs ressources,
aux travaux de ces organisations en vue de l'élaboration et de l'examen périodique de normes,
directives et recommandations (article 3:4).

Pour de plus amples renseignements sur les normes alimentaires et le commerce, veuillez vous
référer à la publication OMC/FAO sur le commerce et les normes alimentaires.

2. "ÉTABLIES SUR LA BASE DE" NORMES INTERNATIONALES

Bien que l'Accord SPS encourage fortement les Membres à harmoniser les mesures SPS avec les
normes internationales, aucune règle n'oblige les Membres à se conformer aux normes
internationales. Une mesure est "établie sur la base" d'une norme internationale si elle adopte

34
quelques-uns des éléments de la norme internationale pertinente, sans nécessairement les
incorporer tous (CE – Hormones, rapport de l'Organe d'appel, paragraphe 165).

Même s'il n'est pas obligatoire que les mesures soient conformes aux normes, directives ou
recommandations internationales, celles qui le sont présumées être nécessaires et compatibles
avec l'Accord SPS (article 3:2). Cependant, des mesures SPS conformes à des normes, directives
ou recommandations internationales peuvent tout de même être contestées si, par exemple, elles
sont appliquées d'une manière qui entraîne une violation de l'Accord SPS.

3. UNE MESURE PEUT-ELLE VISER UN NIVEAU DE PROTECTION SUPÉRIEUR À CELUI


QUI EST OBTENU AVEC DES NORMES INTERNATIONALES?

Les Membres peuvent introduire ou maintenir des mesures SPS qui entraînent un niveau de
protection plus élevé que celui qui serait obtenu avec des mesures fondées sur les normes,
directives ou recommandations internationales pertinentes (article 3:3). Toutefois, les Membres
ne peuvent le faire que si: i) il y a une justification scientifique; ou ii) cela est la conséquence du
niveau de protection SPS qu'un Membre juge approprié conformément aux dispositions pertinentes
de l'article 5 (Évaluation des risques).

D'après la note de bas de page 2 de l'Accord SPS, il y a une justification scientifique si, sur la base
d'un examen et d'une évaluation des renseignements scientifiques disponibles, un Membre
détermine que les normes, directives ou recommandations internationales pertinentes ne sont pas
suffisantes pour obtenir le niveau de protection sanitaire ou phytosanitaire qu'il juge approprié.

4. ÉVALUATION DES RISQUES

Les Membres n'établissent pas toujours leurs mesures sur la base de normes convenues au niveau
international, parce qu'ils peuvent souhaiter viser un niveau de protection sanitaire plus élevé (ou
moins élevé) que celui qui est obtenu avec les normes internationales pertinentes, en raison de
leurs circonstances particulières (conditions climatiques, structure de la consommation); ou parce
qu'il n'existe pas de normes internationales pertinentes pour un produit ou un risque donné.

L'article 5:1 impose aux Membres l'obligation fondamentale de faire en sorte que leurs
mesures SPS soient établies sur la base d'évaluations des risques, compte tenu des techniques
élaborées par les organisations internationales compétentes. La prescription selon laquelle les
mesures SPS doivent être établies sur la base d'une évaluation des risques est nuancée par
l'expression "selon qu'il sera approprié en fonction des circonstances", qui laisse un certain degré
de flexibilité. En effet, il a été constaté que la façon de procéder à une évaluation des risques peut
varier en fonction de la source et de l'objet du risque, du produit visé, de l'origine et de la
destination, y compris des situations propres à chaque pays (Australie – Saumons, rapport du
Groupe spécial, paragraphe 8.71).

L'Organe d'appel a clarifié les aspects ci-après de l'obligation de fonder les mesures SPS sur une
évaluation des risques: i) il doit y avoir une relation logique entre la mesure et l'évaluation des
risques; ii) les risques peuvent soit être quantifiés, soit être exprimés qualitativement;

35
iii) l'évaluation des risques doit aller au-delà de la simple démonstration de l'existence d'un risque
général de dommage; et iv) une mesure peut aussi être établie sur la base d'une évaluation des
risques effectuée par un autre Membre ou par des organisations internationales compétentes
(CE – Hormones, rapport de l'Organe d'appel, paragraphes 186 à 200).

Il faut que l'évaluation des risques et les résultats de cette évaluation justifient suffisamment la
mesure SPS. La seule exception à cette règle est prévue à l'article 5:7, qui permet aux Membres
d'adopter des mesures SPS provisoires dans les cas où les preuves scientifiques pertinentes sont
insuffisantes (comme vu ci-dessus).

d. Non-discrimination
L'article 2:3 de l'Accord SPS exige que les Membres fassent en sorte que leurs mesures SPS
"n'établissent pas de discrimination arbitraire ou injustifiable" entre les Membres où existent des
conditions identiques ou similaires, c'est-à-dire entre des Membres exportateurs différents ou entre
leur propre territoire et celui d'autres Membres.

Afin de constater une violation de l'article 2:3, trois conditions, de nature cumulative, doivent être
remplies: "i) la mesure établit une discrimination entre les territoires de Membres autres que le
Membre qui impose la mesure, ou entre le territoire du Membre qui impose la mesure et celui d'un
autre Membre; ii) la discrimination est arbitraire ou injustifiable; et iii) des conditions identiques
ou similaires existent sur le territoire des Membres faisant l'objet de la comparaison"
(Australie – Saumon (article 21:5 – Canada), rapport du Groupe spécial, paragraphe 7.111).

L'obligation de non-discrimination est complétée par l'article 5:5 , qui traite de la cohérence et qui
vise à éviter les distinctions arbitraires ou injustifiables dans les niveaux de protection considérés
comme appropriés dans des situations différentes, si de telles distinctions entraînent une
discrimination ou une restriction déguisée au commerce international.

De plus, la discrimination au sens de l'article 5:5 peut se produire non seulement entre des produits
similaires, mais aussi entre des produits différents s'ils présentent les mêmes risques sanitaires ou
des risques sanitaires similaires, ce qui justifierait qu'ils soient traités de la même manière
(Australie – Saumon (article 21:5 – Canada), rapport du Groupe spécial, paragraphe 7.112).

III.B.5. TRAITEMENT SPÉCIAL ET DIFFÉRENCIÉ


Veuillez vous référer à la section III.C.6. sur le traitement spécial et différencié au titre de
l'Accord SPS et de l'Accord OTC.

III.B.6. TRANSPARENCE
Veuillez vous référer à la section III.C.7 sur les dispositions de l'Accord SPS et de l'Accord OTC
relatives à la transparence.

36
III.B.7. LE COMITÉ SPS

Le Comité des mesures sanitaires et phytosanitaires, ou Comité SPS, est l'enceinte qui permet aux
Membres d'examiner les mesures concernant la sécurité sanitaire des produits alimentaires, la
protection de la santé des animaux et la préservation des végétaux qui affectent le commerce, et
de veiller à la mise en œuvre de l'Accord SPS. Le Comité SPS prend ses décisions par consensus.

Le Comité SPS est également important parce qu'il rassemble tous les Membres de l'OMC et les
pays en voie d'accession à l'Organisation (ces pays ont automatiquement le statut d'observateur
auprès des Comités de l'OMC), ainsi que plusieurs autres organismes intergouvernementaux qui
ont obtenu le statut d'observateur auprès du Comité SPS - soit dans le cadre d'un
accord/mémorandum d'accord sur la réciprocité avec l'OMC, soit sur une base ad hoc, réunion par
réunion.

Les trois organismes de normalisation (le Codex, la CIPV et l'OIE), qu'on nomme aussi parfois "les
trois organisations sœurs", ont obtenu le statut d'observateur (permanent) auprès du Comité SPS.
Elles sont invitées à participer activement aux débats sur tout point de l'ordre du jour ayant un
rapport avec leurs mandats respectifs, par la présentation de documents et/ou d'exposés oraux
aux réunions. Les trois organisations sœurs sont aussi invitées régulièrement à participer aux
réunions informelles du Comité SPS, ainsi qu'aux ateliers organisés par le Secrétariat de l'OMC.

Les réunions du Comité comprennent un point spécifique de l'ordre du jour au titre duquel les
observateurs rendent compte de leurs activités pertinentes, et le Comité évalue les demandes de
statut d'observateur en attente.

Pour de plus amples informations sur les travaux du Comité SPS, veuillez-vous référer à la
publication OMC/OCDE intitulée "Faciliter le commerce par la coopération en matière de
réglementation: Le cas des Accords et Comités OTC/SPS de l'OMC".

37
POUR EN SAVOIR PLUS ...

Liens utiles:

Portail sur les mesures SPS: [Link]/sps

Ensemble des instruments de transparence à la disposition des Membres:


[Link]/spstransparency

Système de gestion des renseignements SPS: [Link]

Système d'alerte ePing pour les notifications SPS et OTC: [Link]

Cours interactif en ligne sur les mesures SPS (4 modules): OMC E-Learning ([Link])

Publications dans le domaine SPS:

Manuel pratique pour les autorités nationales responsables des notifications et des points
d'information nationaux SPS

Commerce et normes alimentaires

Faciliter le commerce au moyen de la coopération réglementaire - Le cas des Accords et


Comités OTC/SPS de l'OMC

38
III.B.8. RELATION ENTRE L'ACCORD SPS ET LES AUTRES ACCORDS DE
L'OMC

Relation entre l'Accord SPS et les autres Accords de l'OMC

 Les dispositions de l'Accord OTC ne s'appliquent pas aux mesures SPS, à savoir les
mesures relevant de la définition énoncée à l'Annexe A de l'Accord SPS (article 1:5
de l'Accord OTC et article 1:4 de l'Accord SPS). La relation entre les deux Accords
sera précisée après notre présentation de l'Accord OTC.

 L'Accord SPS complète l'Accord sur l'agriculture en imposant d'autres "disciplines"


dans des domaines très spécifiques (tels que la sécurité sanitaire des produits
alimentaires et la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux
ou la préservation des végétaux contre les parasites ou les maladies) et en veillant à
ce que les gouvernements n'aillent pas au-delà de ce qui est nécessaire pour réaliser
leurs objectifs SPS (article 14 de l'Accord sur l'agriculture). La portée de l'Accord SPS
va au-delà de celle de l'Accord sur l'agriculture, qui vise seulement les produits
agricoles mentionnés à son Annexe 1. L'Accord SPS, quant à lui, vise les mesures
sanitaires et phytosanitaires couvrent les risques liées à toutes les marchandises
entrant dans le commerce international.

 L'Accord SPS développe les dispositions de l'article XX b) du GATT de 1994. Les


mesures SPS qui sont conformes aux dispositions pertinentes de l'Accord SPS sont
également présumées satisfaire aux obligations incombant aux Membres en vertu des
dispositions du GATT de 1994 qui se rapportent à l'utilisation des mesures SPS, en
particulier celles de l'article XX b) (article 2:4 de l'Accord SPS).

 L'Accord sur la facilitation des échanges (AFE) est entré en vigueur en 2017. Il vise à
accélérer le mouvement, la mainlevée et le dédouanement des marchandises, ainsi
qu'à réduire les coûts des transactions commerciales. La plupart des dispositions de
l'AFE doivent être mises en œuvre par les autorités douanières, mais beaucoup
s'appliquent aussi à d'autres organismes qui traitent du commerce international, y
compris dans le domaine SPS. Les possibles points de recoupement entre l'AFE et
l'Accord SPS sont traités à l'article 24.6 de l'AFE: "(..) rien dans le présent accord ne
sera interprété comme diminuant les droits et obligations des Membres au titre de
l'Accord sur les obstacles techniques au commerce et de l'Accord sur l'application des
mesures sanitaires et phytosanitaires". Cette disposition permet apparemment que,
dans certains domaines, l'AFE aille plus loin que l'Accord SPS et puisse contribuer à
faciliter le commerce des marchandises soumises à des contrôles SPS (par exemple
en simplifiant les mesures SPS et leur application), sans diminuer le droit existant des
Membres de prendre des mesures fondées sur des données scientifiques pour
protéger la vie ou la santé des personnes et des animaux ou pour préserver les
végétaux sur leur territoire.

39
III.C. L'ACCORD SUR LES OBSTACLES TECHNIQUES AU
COMMERCE (L'ACCORD OTC)

III.C.1. INTRODUCTION

Ces dernières années, le nombre de règlements techniques et de normes adoptés par les pays a
très sensiblement augmenté. Les règlements techniques et les normes jouent un rôle important,
mais ils peuvent varier d'un pays à l'autre. L'existence de nombreux règlements et normes
différents complique les choses pour les producteurs et les exportateurs. Si elles sont fixées de
manière arbitraire, les normes peuvent servir de prétexte au protectionnisme.

Raison d'être de l'Accord OTC

Bien qu'il soit difficile d'estimer avec précision l'incidence qu'elle peut avoir sur le commerce
international, la nécessité de se conformer à différentes réglementations et normes étrangères
entraîne assurément des coûts importants pour les producteurs et les exportateurs. En
général, ces coûts sont liés à la traduction des règlements étrangers, au recrutement d'experts
techniques pour expliquer la réglementation étrangère, et à l'adaptation des installations de
production pour respecter les prescriptions. En outre, il faut prouver que le produit exporté
est conforme aux règlements étrangers. Les coûts élevés que cela entraîne peuvent dissuader
les fabricants de vendre à l'étranger. En l'absence de disciplines internationales, les
règlements techniques et les normes risquent d'être adoptés et appliqués dans le seul but de
protéger les industries nationales.

Il se peut que les mesures visent à remédier à une défaillance du marché, comme l'asymétrie
de l'information ou les externalités liées au réseau, et des normes bien conçues peuvent jouer
un rôle important en garantissant le bon fonctionnement des marchés. Mais les mesures
techniques peuvent aussi affecter l'issue des transactions internationales et donc le commerce.
Si tel est leur objectif, c'est-à-dire, si elles constituent une forme "déguisée" de
protectionnisme, elles sont contraires aux principes du système commercial multilatéral. Il
s'agit alors d'établir un équilibre entre le droit de prendre des mesures pour atteindre un
objectif légitime et l'obligation de ne pas créer d'obstacles non nécessaires au commerce

III.C.2. OBJECTIF DE L'ACCORD OTC

D'après son Préambule, l'Accord OTC vise à faire en sorte que les règlements techniques, les
normes et les procédures d'évaluation de la conformité ne constituent pas des obstacles non
nécessaires au commerce international. Il reconnaît que rien ne saurait empêcher un pays de
prendre les mesures nécessaires pour assurer, entre autres, la qualité de ses exportations; la
protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux, ou la préservation des végétaux;
la protection de l'environnement; ou la prévention de pratiques de nature à induire en erreur. Les

40
Membres peuvent viser d'autres objectifs légitimes en utilisant les mesures prescrites par
l'Accord OTC.

Ces mesures ne seront pas appliquées de façon à constituer soit un moyen de discrimination
arbitraire ou injustifiable entre des pays où les mêmes conditions existent, soit une restriction
déguisée au commerce international.

III.C.3. LE CHAMP D'APPLICATION DE L'ACCORD OTC

a. Champ d'application fondamental


L'Accord OTC s'applique aux règlements techniques, aux normes et aux procédures d'évaluation
de la conformité (article 1.1 et Annexe 1):

 règlements techniques: mesures qui énoncent les caractéristiques d'un produit ou les
procédés et méthodes de production s'y rapportant, dont le respect est obligatoire;

 normes: mesures approuvées par un organisme reconnu, qui fournit, pour des usages
communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques pour des
produits ou des procédés et des méthodes de production connexes, dont le respect est
facultatif (c'est-à-dire pas obligatoire);

 procédures d'évaluation de la conformité: procédures utilisées, directement ou


indirectement, pour déterminer si les prescriptions pertinentes énoncées dans les
règlements techniques ou les normes sont respectées.

L'Organe d'appel a énoncé trois critères auxquels un règlement doit satisfaire pour répondre à la
définition d'un "règlement technique" figurant dans l'Accord OTC: i) le document doit s'appliquer
à un produit, ou groupe de produits, identifiable; ii) le document doit énoncer une ou plus d'une
caractéristique du produit; iii) le respect des caractéristiques du produit doit être obligatoire
(CE – Sardines, rapport de l'Organe d'appel, paragraphe 176).

L'Accord OTC régit les règlements techniques et les normes axés sur les PMP, lorsqu'ils se
rapportent aux caractéristiques des produits visés par l'Accord (voir la définition ci-dessus). La
question de savoir si l'Accord vise les PMP qui ne se rapportent pas aux caractéristiques des
produits (PMP qu'il est impossible de déceler dans le produit final) a fait l'objet d'un débat complexe
parmi les Membres. Pour en savoir plus sur les PMP, voir l'encadré explicatif concernant
l'Accord SPS.

Il est important de connaître le champ d'application de l'Accord OTC pour pouvoir vérifier s'il
s'applique à une mesure donnée puisque deux autres Accords de l'OMC – le GATT de 1994 et
l'Accord SPS – régissent également les mesures internes et les mesures techniques (telles que les
règlements techniques nationaux). L'Accord OTC s'applique aux marchandises – les services sont
exclus de son champ d'application. En outre, aux termes de l'article 1.5, l'Accord OTC ne

41
s'applique pas aux mesures SPS telles qu'elles sont définies à l'Annexe A de l'Accord SPS (les
différences entre l'Accord SPS et l'Accord OTC sont expliquées à la fin de cette section). Par ailleurs,
l'article 1.4 de l'Accord OTC dispose qu'il ne s'applique pas aux spécifications en matière d'achat
qui sont élaborées par des organismes gouvernementaux pour les besoins de la production ou de
la consommation d'organismes gouvernementaux, lesquelles sont visées par l'Accord plurilatéral
sur les marchés publics (voir le module 11).

b. Produits visés
L'Accord OTC s'applique à tous les produits, y compris les produits industriels et les produits
agricoles (article 1.3).

c. Institutions visées
À l'instar de l'Accord SPS, l'Accord OTC s'applique à un large éventail d'organismes, aussi bien
gouvernementaux que non gouvernementaux. Les Membres sont responsables de la mise en
œuvre de l'Accord OTC mais l'obligation qui leur incombe de garantir le respect de l'Accord varie
selon qu'il s'agit d'un organisme central, local ou régional, ou d'une entité non gouvernementale.

d. Champ d'application temporel


L'Accord OTC s'applique aux mesures actuellement en vigueur, quelle que soit la date à laquelle
elles ont été adoptées par le Membre.

III.C.4 PRINCIPALES DISCIPLINES DE L'ACCORD OTC

Principales disciplines prévues dans l'Accord OTC

Les principales disciplines prévues dans l'Accord OTC sont les suivantes:

 non-discrimination;

 obligation d'éviter les obstacles non nécessaires au commerce;

 harmonisation et équivalence;

 transparence; et

 traitement spécial et différencié, y compris assistance technique en faveur des pays en


développement et des PMA Membres.

42
a. Non-discrimination
Comme nous l'avons vu dans le module 2, l'article Ier et l'article III du GATT de 1994 contiennent
les deux éléments du principe fondamental de non-discrimination: les principes de la nation la plus
favorisée (NPF) et du traitement national.

Ces deux principes sont également incorporés dans l'Accord OTC – article 2.1 (Règlements
techniques), Annexe 3 D) (Normes), et article 5.1.1 (Procédures d'évaluation de la conformité). En
vertu de ces articles, l'examen du respect des principes de non-discrimination au titre de l'Accord
OTC comprend la détermination de la "similarité" entre des produits et de la question de savoir si
un "traitement non moins favorable" (un "accès" non moins favorable dans le cas des procédures
d'évaluation de la conformité) a été accordé aux produits.

b. Obligation d'éviter les obstacles non nécessaires au commerce


international
S'agissant des règlements techniques, l'article 2.2 de l'Accord OTC prévoit que les Membres feront
en sorte que l'élaboration, l'adoption ou l'application des règlements techniques n'aient ni pour
objet ni pour effet de créer des obstacles non nécessaires au commerce international.

Ainsi, à l'instar de l'Accord SPS, l'Accord OTC énonce une prescription en matière de "nécessité",
selon laquelle les règlements techniques ne doivent pas être plus restrictifs pour le commerce qu'il
n'est nécessaire pour réaliser un objectif légitime. Les objectifs légitimes sont, entre autres, la
sécurité nationale, la prévention de pratiques de nature à induire en erreur, la protection de la
santé ou de la sécurité des personnes, de la vie ou de la santé des animaux, la préservation des
végétaux ou la protection de l'environnement. Cette liste d'objectifs légitimes n'est pas
exhaustive. Bien que la notion de nécessité dans l'Accord OTC n'ait pas la même application ni le
même sens qu'à l'article XX, alinéas b) et d), les critères élaborés pour l'interprétation de cette
dernière disposition pourraient fournir des indications utiles (voir le module 8).

Lorsqu'ils évaluent la nécessité d'une mesure pour réaliser un objectif légitime, les Membres
doivent tenir compte des risques que la non-réalisation de cet objectif entraînerait. Pour évaluer
ces risques, les éléments pertinents à prendre en considération sont, entre autres, les données
scientifiques et techniques disponibles, les techniques de transformation connexes ou les
utilisations finales prévues pour les produits.

c. Utilisation des normes internationales – harmonisation


L'Accord OTC ne donne pas de définition de l'harmonisation, mais l'importance des normes
internationales est reconnue dans l'Accord et dans son Préambule. Comme dans l'Accord SPS,
l'effort d'harmonisation a lieu dans l'Accord OTC lorsque les Membres de l'OMC fondent leurs
règlements, normes ou procédures d'évaluation de la conformité sur les normes, guides ou
recommandations internationaux pertinents ou lorsque les Membres de l'OMC reconnaissent
comme équivalentes les mesures d'autres Membres (l'équivalence sera examinée plus loin).

43
1. UTILISATION DES NORMES INTERNATIONALES

Lorsqu'un Membre de l'OMC décide d'établir une nouvelle mesure OTC – ou de réviser une mesure
déjà en vigueur – il doit commencer par vérifier s'il existe une norme internationale pour le produit
et/ou la mesure en question. Si tel est le cas, le Membre est tenu de fonder sa mesure sur les
normes internationales, à moins que la norme internationale pertinente ne soit
inefficace/inappropriée pour réaliser un objectif légitime (articles 2.4 et 5.4 et Annexe 3 F)
de l'Accord OTC). La possibilité de déroger aux normes internationales lorsque celles-ci sont
inefficaces constitue une différence avec l'Accord SPS.

Les normes (guides et recommandations) internationales sont celles qu'élaborent les organismes
internationaux à activité normative. L'Accord OTC donne une définition large de l'expression
"organisme ou système international": "organisme ou système ouvert aux organismes compétents
d'au moins tous les Membres" (Annexe 1.4).

Comme dans l'Accord SPS, chaque fois qu'un règlement technique est élaboré en vue d'atteindre
l'un des objectifs légitimes mentionnés à l'article 2.2, et qu'il est conforme aux normes
internationales pertinentes, il est "présumé" (cette présomption étant réfutable dans le cas de
l'Accord OTC) satisfaire à la prescription en matière de "nécessité" (article 2.5). Toutefois, les
Membres de l'OMC ont le droit de contester tout règlement technique dont ils estiment qu'il
constitue un obstacle non nécessaire au commerce international. En outre, l'article 2.5 prévoit que
les Membres justifieront, sur demande, les mesures qu'ils élaborent, adoptent ou appliquent.

Les Membres de l'OMC sont aussi tenus de participer pleinement, dans les limites de leurs
ressources, à l'élaboration de normes, guides et recommandations internationaux par les
organismes internationaux à activité normative compétents, en vue d'harmoniser les règlements
techniques (article 2.6). Il existe une disposition semblable pour les procédures d'évaluation de la
conformité (article 5.5).

En ce qui concerne la charge de la preuve, dans l'affaire CE – Sardines, l'Organe d'appel a établi
que le plaignant (qui demandait une décision sur l'incompatibilité avec l'article 2.4) avait la charge
de prouver: i) qu'une norme internationale n'avait pas été utilisée "comme base" de la mesure OTC
en cause; et ii) que la norme internationale était efficace et appropriée pour réaliser les "objectifs
légitimes" visés par le défendeur au moyen de la mesure OTC (paragraphe 275).

2. ÉQUIVALENCE ET RECONNAISSANCE MUTUELLE

L'équivalence correspond aux cas où un Membre de l'OMC accepte comme équivalent un règlement
technique d'un autre Membre de l'OMC, même si ce règlement diffère du sien, à condition qu'il
remplisse de manière adéquate l'objectif de son propre règlement. Il n'est pas nécessaire que les
mesures soient identiques (article 2.7).

L'Accord OTC encourage les Membres à procéder à la reconnaissance mutuelle de leurs procédures
d'évaluation de la conformité (article 6.3). À cet égard, deux Membres ou plus peuvent conclure

44
des accords de reconnaissance mutuelle (ARM) qui impliquent l'acceptation réciproque des
résultats des procédures d'évaluation de la conformité appliquées sur le territoire des Membres
concernés.

III.C.5. RELATION ENTRE L'ACCORD SPS ET L'ACCORD OTC

ACCORD SPS ACCORD OTC

Similitudes  prescription exigeant qu'une mesure ne soit pas plus


restrictive pour le commerce qu'il n'est nécessaire;

 obligation fondamentale de non-discrimination;

 encouragent fortement l'utilisation des normes


internationales pour promouvoir l'harmonisation;

 prescriptions exigeant la notification préalable des


mesures projetées et l'établissement de bureaux
d'information ou "points d'information" (prescriptions
en matière de transparence, expliquées ci-dessous);

 traitement spécial et différencié en faveur des pays


en développement et des pays les moins avancés
(expliqué ci-dessous); et

 dispositions spéciales concernant le règlement des


différends.

45
ACCORD SPS ACCORD OTC

Différences CHAMP D'APPLICATION

Toutes les mesures dont le Tous les règlements


but est de protéger la santé techniques, normes et
ou la vie des personnes et procédures d'évaluation de la
des animaux contre des conformité, à l'exception des
risques d'origine alimentaire, mesures SPS telles qu'elles
la santé des personnes sont définies dans
contre les maladies l'Accord SPS. (Exemple:
véhiculées par des animaux prescriptions relatives aux
ou des plantes, les animaux produits pharmaceutiques ou
et les végétaux contre des à l'étiquetage des cigarettes).
parasites ou des maladies, ou
d'empêcher d'autres
dommages dus à des
parasites.

OTC OU SPS? UN EXEMPLE – LES ORANGES:

46
ACCORD SPS ACCORD OTC

OBJECTIFS

Liste exhaustive d'objectifs: Liste non exhaustive


ne sont appliquées que dans d'objectifs légitimes: peuvent
la mesure nécessaire pour être appliquées et
protéger la santé et la vie maintenues pour réaliser un
des personnes et des objectif légitime, y compris la
animaux ou préserver les protection de la santé ou de
végétaux contre les risques la sécurité des personnes, la
d'origine alimentaire, les protection de
maladies véhiculées par des l'environnement ou la
animaux ou des plantes ou prévention de pratiques de
les parasites. nature à induire en erreur.

RESPECT DES NORMES INTERNATIONALES ET DES


PRINCIPES SCIENTIFIQUES

Les Membres de l'OMC ont Les Membres de l'OMC ont


l'obligation de fonder leurs l'obligation d'établir leurs
mesures SPS sur des normes mesures sur la base de
internationales à moins qu'ils normes internationales, sauf
puissent démontrer si la norme internationale
l'existence d'une justification pertinente est inappropriée
scientifique particulière ou inefficace pour réaliser un
fondée sur une évaluation objectif légitime.
des risques.

L'Accord OTC ne mentionne


Les organisations pas expressément des
internationales à activité organismes internationaux à
normative pertinentes activité normative.
reconnues par l'Accord SPS
sont expressément
mentionnés: la Commission
du Codex Alimentarius pour
la sécurité sanitaire des
produits alimentaires,
l'Organisation mondiale de la

47
ACCORD SPS ACCORD OTC

santé animale (OIE) pour la


santé des animaux et les
zoonoses, et la Convention
internationale pour la
protection des végétaux
(CIPV) pour les questions
phytosanitaires. .

III.C.6. TRAITEMENT SPÉCIAL ET DIFFÉRENCIÉ DANS LE CADRE DE


L'ACCORD SPS ET DE L'ACCORD OTC

L'Accord SPS et l'Accord OTC reconnaissent l'un et l'autre les difficultés particulières que les pays
en développement Membres peuvent rencontrer dans l'élaboration, l'adoption et l'application de
mesures SPS et de mesures OTC. Plusieurs dispositions ont été envisagées pour les aider à cet
égard.

a. Mise en œuvre de l'Accord SPS et de l'Accord OTC


Les deux Accords font obligation aux Membres de prendre en considération les besoins des
finances, du commerce et du développement (y compris le manque de compétence
technique, d'infrastructure et de ressources) des pays en développement Membres dans
la mise en œuvre des Accords (article 10.3 de l'Accord SPS et article 12.2 de l'Accord OTC).

En vertu de l'Accord SPS et de l'Accord OTC, les Comités SPS et OTC sont habilités à faire
bénéficier les pays en développement, s'ils lui en font la demande, d'exceptions
spécifiées et limitées dans le temps, totales ou partielles, aux obligations résultant de l'Accord
(article 10.3 de l'Accord SPS et article 12.8 de l'Accord OTC).

b. Élaboration et application des mesures SPS et des mesures OTC


Les deux Accords font obligation aux Membres de tenir compte des besoins spéciaux des pays
en développement Membres dans l'élaboration et l'application des mesures SPS et OTC
et exigent que ces mesures ne créent pas d'obstacles non nécessaires aux exportations des
pays en développement (article 10.1 de l'Accord SPS et article 12.3 de l'Accord OTC).

48
POUR EN SAVOIR PLUS ...

L'Accord SPS encourage un "délai plus long pour permettre le respect" des nouvelles
mesures SPS, dans les cas où il est possible d'introduire progressivement ces nouvelles mesures
en fonction du niveau de protection approprié (article 10.2). La Décision ministérielle de Doha
sur les questions et préoccupations liées à la mise en œuvre (WT/MIN(01)/17) a ajouté que
l'expression "délai plus long" sera interprétée comme signifiant normalement une période qui
ne sera pas inférieure à six mois (paragraphe 3.1). De plus, lorsqu'une introduction progressive
n'est pas envisagée mais qu'un Membre a des difficultés à se conformer aux nouvelles mesures,
les deux parties devraient tenir des consultations "tout en continuant d'assurer le niveau
approprié de protection du Membre importateur".

L'Accord OTC

 reconnaît que l'on ne saurait attendre des pays en développement Membres qu'ils
utilisent, comme base de leurs règlements techniques ou de leurs normes, des normes
internationales qui ne sont pas appropriées aux besoins de leur développement, de
leurs finances et de leur commerce (article 12.4);

 autorise les pays en développement Membres à adopter des mesures OTC visant à
préserver des techniques et des méthodes et procédés de production indigènes
compatibles avec les besoins de leur développement (article 12.4);

 prévoit que les Membres prendront les mesures raisonnables en leur pouvoir pour faire
en sorte que, à la demande de pays en développement, les organismes à activité
normative examinent la possibilité d'élaborer et, si cela est réalisable, élaborent des
normes internationales pour les produits qui présentent un intérêt spécial pour ces
Membres (article 12.6).

c. Assistance technique
Les deux Accords exigent qu'une attention spéciale soit accordée aux pays en
développement dans la fourniture d'une assistance technique (article 9 de l'Accord SPS et
articles 11 et 12.7 de l'Accord OTC).

Le portail sur les questions SPS a une section spécifiquement consacrée aux activités d'assistance
technique liées aux mesures SPS. Ces activités sont annoncées chaque année dans le document
G/SPS/GEN/997/Rev.* et un résumé des activités fournies figure dans le document
G/SPS/GEN/521/Rev.*.

49
STDF

Le Fonds pour l'application des normes et le développement du commerce (STDF) est un


partenariat mondial unique, qui rassemble des acteurs internationaux, régionaux et locaux
pour aider les pays en développement à obtenir et à conserver l'accès aux marchés en
s'attaquant aux lacunes dans le domaine SPS et en promouvant la sécurité sanitaire des
produits alimentaires, la santé des animaux et la préservation des végétaux. Le STDF a été
établi en 2002 par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),
l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), la Banque mondiale, l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) et l'Organisation mondiale du commerce.

Il œuvre pour soutenir une croissance économique durable, la réduction de la pauvreté, la


sécurité sanitaire des produits alimentaires et la protection de l'environnement.

Le STDF constitue à la fois une plate-forme de coordination mondiale et un mécanisme de


financement.

▪ La plate-forme de coordination mondiale du STDF regroupe des experts


internationaux de premier plan dans les domaines du commerce, de la santé et
de l'agriculture pour tenter de résoudre les difficultés persistantes et émergentes
dans le domaine SPS, et pour promouvoir des solutions coordonnées.
▪ C'est aussi un pôle de connaissances où sont recensés le savoir-faire, les outils et
les bonnes pratiques existants pour aller de l'avant.
▪ Le STDF crée en outre des synergies avec des projets connexes, et favorise les
approches innovantes et transversales pour le renforcement des capacités SPS.

POUR EN SAVOIR PLUS ...

L'assistance technique peut couvrir:

Accord SPS: les techniques de transformation, la recherche, l'infrastructure ou l'établissement


d'organismes de réglementation nationaux, et peut prendre la forme de conseils techniques,
d'activités de formation et de matériel afin de permettre aux pays concernés de s'adapter et de
se conformer aux mesures SPS nécessaires pour assurer le niveau de protection approprié des
marchés d'exportation des pays en développement (article 9 de l'Accord).

Accord OTC: l'élaboration de règlements techniques; la création d'organismes nationaux à


activité normative, la création d'organismes réglementaires, ou d'organismes d'évaluation de la
conformité aux règlements techniques, etc. La priorité devrait être accordée aux besoins des
pays les moins avancés Membres (article 11).

50
Une assistance technique est également fournie à un niveau informel lorsque les gouvernements
demandent des renseignements ou des conseils supplémentaires directement au Secrétariat de
l'OMC, pour les questions SPS comme pour les questions liées aux OTC. Le Secrétariat aide
régulièrement les Membres à bien comprendre les dispositions des Accords SPS et OTC, y compris
les travaux des Comités SPS et OTC.

III.C.7. DISPOSITIONS DE L'ACCORD SPS ET DE L'ACCORD OTC EN


MATIÈRE DE TRANSPARENCE

Le principe de la transparence au titre de l'Accord SPS est couvert par l'article 7 et l'Annexe B. La
Décision ministérielle de Doha sur les questions et préoccupations liées à la mise en œuvre
(WT/MIN(01)/17) a également abordé l'Annexe B.2 (à son paragraphe 3.2). Le Comité SPS, qui
surveille la mise en œuvre de l'Accord SPS, a adopté les Procédures recommandées pour
l'exécution des obligations résultant de l'Accord SPS en matière de transparence (article 7). Ces
procédures recommandées ont fait l'objet de plusieurs révisions à la lumière des expériences et
des propositions des Membres, comme le montrent les révisions apportées au
document G/SPS/7/Rev.*.

L'Accord OTC inclut les obligations principales en matière de transparence ci-après (articles 2.9,
2.10, 2.11, 2.12, 5.6, 5.7, 5.8, 5.9 et 10 de l'Accord OTC, paragraphes C, J, L et O du Code de
pratique).

Le système de notification a entre autres comme objectif de prévoir des consultations au niveau
international, en permettant à d'autres Membres de l'OMC de formuler des observations sur les
mesures projetées. Les obligations de transparence dans le domaine des mesures SPS et des OTC
ont des caractéristiques communes telles que ce qui suit:

 Les propositions ou projets de mesures SPS, de règlements techniques OTC ou de


procédures d'évaluation de la conformité doivent être notifiés au Comité compétent par
l'intermédiaire du Secrétariat de l'OMC, comme indiqué en détail dans le tableau ci-dessous.

 Un délai raisonnable devrait être ménagé entre la publication de la mesure SPS, du


règlement technique ou de la procédure d'évaluation de la conformité et son entrée en
vigueur afin de permettre aux producteurs de s'adapter aux nouvelles mesures (sauf en cas
d'urgence).

 Les mesures SPS et OTC adoptées pour des raisons urgentes doivent aussi être notifiées,
même si dans leur cas, il n'est pas obligatoire de prévoir une période pour la présentation
d'observations avant leur entrée en vigueur.

 Tous les règlements SPS et règlements techniques OTC adoptés et toutes les procédures
d'évaluation de la conformité doivent être publiés.

 Chaque Membre doit établir des points d'information chargés de fournir aux Membres
intéressés des renseignements et des documents sur les mesures SPS et OTC.

51
En outre, l'Accord OTC contient des dispositions concernant la notification au Secrétariat de l'OMC
des accords conclus entre les Membres sur des questions relatives aux règlements techniques, aux
normes ou à l'acceptation des résultats de l'évaluation de la conformité. Il énonce également des
obligations en matière de transparence pour les normes. En particulier:

 les organismes à activité normative doivent notifier leur acceptation du Code de pratique;

 les organismes à activité normative doivent notifier l'existence d'un programme de travail;

 les organismes à activité normative doivent ménager un délai de 60 jours pour la


présentation d'observations sur les projets de normes;

 les normes adoptées doivent être publiées.

52
NOTIFICATION DES MESURES SPS ET DES MESURES OTC

Caractéristiques communes Particularités de l'Accord OTC

Règle Notifier les mesures SPS projetées Les gouvernements locaux sont
générale (Annexe B 5))/les règlements OTC tenus de notifier les règlements
(article 2.9) ou les procédures techniques et les procédures
d'évaluation de la conformité d'évaluation de la conformité qui
projetés (article 5.6) dont la teneur n'ont pas été notifiés précédemment
n'est pas en substance la même par les autorités du gouvernement
que celle de normes internationales central (articles 3.2 et 7.2 de
pertinentes et qui peuvent avoir un l'Accord OTC).
effet notable sur le commerce
d'autres Membres. Notifier les accords entre les
Membres sur les questions relatives
Publier tous les règlements SPS et aux règlements techniques, aux
les règlements techniques adoptés normes ou aux procédures
(Annexe B 1) et B 2) de l'Accord d'évaluation de la conformité qui
SPS et article 2.11 de peuvent avoir un effet notable sur le
l'Accord OTC). commerce (article 10.7 de
l'Accord OTC).

Situation Lorsque des problèmes urgents de


d'urgence protection de la santé se posent ou
menacent de se poser (Annexe B 6)
de l'Accord SPS)/si des problèmes
urgents de sécurité, de santé, de
protection de l'environnement ou de
sécurité nationale se posent ou
menacent de se poser (articles 2.10
et 5.7 de l'Accord OTC), les
Membres sont exemptés des
procédures de notification pour les
mesures SPS ou OTC projetées, à
condition que:

 les mesures d'urgence


soient notifiées
immédiatement, en
indiquant l'objectif de la
mesure et la nature du
problème urgent;

53
 des exemplaires de la
mesures soient fournis sur
demande;

 les autres Membres aient la


possibilité de présenter des
observations, qui seront
prises en compte.

Les notifications SPS peuvent être présentées en ligne au moyen du Système de présentation
des notifications SPS (SPS NSS) par les autorités nationales responsables des notifications. Le
SPS NSS permet la présentation de notifications plus précises et complètes et réduit
considérablement le temps nécessaire pour que l'OMC puisse traiter et distribuer les notifications.
Les Membres intéressés sont priés d'envoyer un courrier électronique au Secrétariat
(spscommittee@[Link]) de sorte que leurs autorités nationales responsables des notifications
reçoivent leur identifiant et leur mot de passe pour accéder au SPS NSS.

Pour de plus amples informations sur les obligations de transparence dans le domaine SPS,
les modèles de notification et les observations concernant les notifications, veuillez consulter le
Manuel pratique pour les autorités nationales responsables des notifications SPS et des
points d'information nationaux SPS.

Pour de plus amples informations sur les obligations de transparence dans le domaine des OTC,
les modèles de notification et les observations concernant les notifications, veuillez consulter le
Guide à l'intention des points d'information OTC de l'OMC.

POUR EN SAVOIR PLUS …

Liens utiles dans le domaine SPS:

Portail des mesures SPS: [Link]/sps

Ensemble des instruments de transparence à la disposition des Membres:


[Link]/spstransparency

Système de gestion des renseignements SPS: [Link]

Système d'alerte ePing pour les notifications SPS et OTC: [Link]

Cours interactif en ligne sur les mesures SPS (4 modules): OMC E-Learning ([Link])

Publications dans le domaine SPS:

Manuel pratique pour les autorités nationales responsables des notifications SPS et des points

54
d'information nationaux SPS

Le commerce et les normes alimentaires

Faciliter le commerce au moyen de la coopération réglementaire: Le cas des Accords OTC/SPS


de l'OMC

Notification des règlements techniques et des procédures d'évaluation de la conformité


(G/TBT/1/Rev.14)

Notification des normes (G/TBT/W/4/Rev.1)

EXERCICES

6. Quel est le but de l'Accord SPS?

7. Quel est le but de l'Accord OTC?

8. Quelles sont les principales similitudes et les principales différences entre l'Accord SPS et
l'Accord OTC?

55
ÉTUDE DE CAS

SCÉNARIO

Supposons que Vanin et Tristat sont Membres de l'OMC. Vanin est un gros exportateur de
pommes et Tristat un gros importateur de pommes. L'an passé, les producteurs de pommes
de Vanin ont subi des pertes importantes en raison de la dissémination d'un parasite qui a
affecté la récolte de pommes, de la concurrence accrue d'autres producteurs et de la baisse
des prix internationaux des pommes et aussi à cause de la dissémination d'un parasite qui a
affecté la récolte des pommes à Vanin.

Au début de l'année, le gouvernement de Vanin a promulgué la Loi n° 1858 (appelée "Réforme


du soutien aux producteurs de pommes" – ASR), qui a lancé un programme d'aide aux
producteurs de pommes qui leur fait bénéficier de versements subordonnés à l'exportation.
Vanin n'a inscrit aucune subvention à l'exportation de pommes dans sa Liste d'engagements
au cours des négociations du Cycle d'Uruguay.

Grâce au programme ASR, les producteurs de pommes de Vanin ont commencé à augmenter
leur production et leurs exportations de pommes. Ils ont aussi utilisé davantage de pesticides
pour empêcher la dissémination de parasites dans leurs vergers.

Pour faire face à l'augmentation des importations de pommes présentant des niveaux élevés
de résidus de pesticides, Tristat a adopté un règlement fixant des limites maximales de résidus
pour les pommes importées. En outre, il a demandé l'apposition sur chaque pomme d'une
étiquette donnant des informations sur les pesticides utilisés, dans le but de protéger la santé
des consommateurs. Bien qu'il existe une norme du Codex établissant des LMR de pesticides
dans les pommes, on ne sait pas si Tristat a établi sa mesure sur la base de la norme du Codex.

Tristat estime que le programme ASR de Vanin n'est pas compatible avec l'Accord de l'OMC sur
l'agriculture. Vanin allègue que le règlement de Tristat est incompatible avec les Accords de
l'OMC.

56
QUESTION

Que conseilleriez-vous à Tristat de dire devant un groupe spécial de l'OMC? Quels seraient, à
votre avis, les Accords de l'OMC pertinents pour l'allégation de Vanin?

RÉPONSES PROPOSÉES

Réforme du soutien aux producteurs de pommes de Vanin (programme


"ASR") – versements subordonnés à l'exportation

Aux termes de l'article 1 e) de l'Accord sur l'agriculture, l'expression "subventions à


l'exportation" s'entend des subventions subordonnées aux résultats à l'exportation. Tristat peut
donc faire valoir que les versements subordonnés à l'exportation que Vanin accorde aux
producteurs de pommes constituent des subventions à l'exportation.

L'article 8 de l'Accord dispose que chaque Membre s'engage à ne pas octroyer de subventions
à l'exportation si ce n'est en conformité avec l'Accord et avec les engagements qui sont
spécifiés dans la Liste de ce Membre. L'article 3:3 dispose que les Membres n'accorderont pas
de subventions à l'exportation énumérées à l'article 9:1 pour ce qui est des produits agricoles
ou groupes de produits spécifiés dans leur Liste excédant les niveaux d'engagement en matière
de dépenses budgétaires et de quantités qui y sont spécifiés.

En conséquence, les versements subordonnés à l'exportation que Vanin accorde aux


producteurs de pommes auraient dû être inscrits dans sa Liste et, s'ils l'étaient, ils auraient dû
être accordés dans les limites spécifiées dans la Liste. Comme Vanin n'a inscrit aucune
subvention à l'exportation de pommes dans sa Liste d'engagements, le programme ASR, en
vertu duquel les versements subordonnés à l'exportation sont accordés aux producteurs de
pommes, est incompatible avec l'Accord sur l'agriculture.

Règlement de Tristat qui exige que la quantité de pesticides soit ramenée au niveau
des limites maximales de résidus (LMR) et que les substances utilisées dans la
culture des pommes soient indiquées afin de protéger la santé des consommateurs

Vanin peut invoquer l'Accord SPS. L'Accord SPS vise toutes les mesures qui visent à protéger,
sur le territoire du Membre, entre autres, la santé et la vie des personnes et des animaux ou
à préserver les végétaux des risques découlant des additifs, contaminants, toxines ou
organismes pathogènes présents dans les produits alimentaires, les boissons ou les aliments
pour animaux (Annexe A). Par conséquent, le règlement de Tristat qui exige que, pour toutes
les pommes importées, la quantité de pesticides utilisée dans la culture soit moindre afin d'être

57
conforme à ses LMR et que des étiquettes soient apposées sur les fruits pour signaler les
pesticides utilisés pour la culture afin de protéger la santé des consommateurs, pourrait être
une mesure SPS visée par l'Accord SPS.

Pour être conforme à l'Accord SPS, la mesure de Tristat devrait remplir certaines conditions:
i) être appliquée que dans la mesure nécessaire pour protéger la santé et la vie des personnes
et des animaux ou préserver les végétaux; ii) être fondée sur des preuves scientifiques
suffisantes; et iii) ne pas établir de discrimination injustifiable ou arbitraire entre les Membres
où existent des conditions identiques ou similaires; et ne pas être appliquée de façon à
constituer une restriction déguisée au commerce international. S'agissant de la deuxième
condition (fondée sur des preuves scientifiques), la mesure est présumée être fondée sur des
preuves scientifiques suffisantes si elle est conforme à la norme internationale pertinente
élaborée par le Codex. Sinon, Tristat doit fournir une évaluation des risques fondée sur des
données scientifiques pour que la mesure soit conforme à l'Accord SPS.

Il faut se rappeler que l'Accord SPS n'autorise les Membres à appliquer une mesure sans
preuves suffisantes que si les preuves disponibles sont insuffisantes. Dans de tels cas, les
Membres sont autorisés à appliquer des mesures provisoires, sous réserve des prescriptions
énoncées à l'article 5:7 de l'Accord SPS. Dans le cas présent, étant donné qu'il existe déjà une
norme internationale pertinente, l'exception ne s'appliquerait pas.

Les prescriptions en matière d'étiquetage peuvent également être régies par l'Accord OTC, qui
vise tous les règlements techniques, normes et procédures d'évaluation de la conformité, sauf
lorsqu'ils constituent des mesures SPS telles qu'elles sont définies dans l'Accord SPS. Si la
prescription en matière d'étiquetage appliquée par Tristat relève du champ d'application de
l'Accord SPS, l'Accord OTC n'est pas d'application.

58
III.D. REGLES RELATIVES A L'EVALUATION EN DOUANE DES
MARCHANDISES – ARTICLE VII DU GATT DE 1994 ET
ACCORD SUR L'EVALUATION EN DOUANE

III.D.1. INTRODUCTION

L'évaluation en douane est la procédure appliquée pour déterminer la valeur en douane des
marchandises importées lorsque le taux de droit est ad valorem. Dans ce cas, la valeur en
douane est essentielle pour déterminer le droit à acquitter sur la marchandise importée. Par
exemple, un droit d'importation de 20% ne peut pas s'appliquer si on ne sait pas à quoi se
rapportent ces 20%. Le résultat de l'application d'un droit de 20% sur une valeur de 100$ ou de
20% sur une valeur de 1 000$ n'est pas le même! Ainsi, la manière dont les autorités douanières
déterminent la valeur des marchandises a une incidence directe sur les conditions de l'accès aux
marchés.

L'Accord sur l'évaluation en douane vise à mettre en place un système équitable, uniforme et
neutre d'évaluation en douane des marchandises – un système conforme aux réalités commerciales
et qui interdit l'utilisation de valeurs en douane arbitraires ou fictives.

59
Pourquoi les règles d'évaluation en douane ne sont-elles pertinentes que pour les
droits ad valorem?

Comme nous l'avons vu dans le module 3, les droits de douane peuvent être exprimés en
termes spécifiques ou ad valorem ou sous la forme d'une combinaison des deux. Dans le cas
d'un droit spécifique, un montant déterminé est perçu pour une certaine quantité de
marchandise, par exemple 1 USD par article ou par unité. Il n'est pas nécessaire de déterminer
la valeur en douane de la marchandise, car le droit est fondé non pas sur la valeur de la
marchandise mais sur d'autres critères. Dans ce cas, aucune règle d'évaluation en douane n'est
nécessaire et l'Accord sur l'évaluation en douane ne s'applique pas.

À l'inverse, un droit ad valorem dépend de la valeur de la marchandise. La valeur en douane


est multipliée par le taux de droit ad valorem (par exemple 5%) pour obtenir le montant du
droit à acquitter sur le produit importé.

III.D.2. RAISON D'ÊTRE DE L'ACCORD SUR L'ÉVALUATION EN DOUANE

Pour les importateurs, l'estimation de la valeur en douane d'un produit pose des problèmes qui
peuvent être tout aussi importants que le taux de droit effectivement appliqué. L'accès au marché
du Membre importateur peut être refusé si le droit de douane à payer est excessif parce que les
marchandises importées sont surévaluées par les autorités douanières. Les importateurs peuvent
également être confrontés à une augmentation des coûts de transaction découlant du manque
d'uniformité des règles d'évaluation en douane.

Sans l'Accord sur l'évaluation en douane, les résultats des négociations tarifaires seraient
compromis si les pays importateurs étaient autorisés à adopter des règles et des méthodes
d'évaluation arbitraires et discrétionnaires. En d'autres termes, l'adoption arbitraire de règles
d'évaluation pourrait constituer un obstacle non tarifaire, qui annulerait les effets des concessions
tarifaires.

III.D.3. CONTEXTE HISTORIQUE

Les PARTIES CONTRACTANTES du GATT ont tenté de normaliser la pratique d'évaluation en douane
depuis 1947. L'article VII:2 a) du GATT de 1947 disposait seulement que la valeur en douane des
marchandises importées devrait être fondée sur la valeur réelle de la marchandise importée à
laquelle s'applique le droit et ne devrait pas être fondée sur la valeur de produits d'origine nationale
ou sur des valeurs arbitraires ou fictives. Cette disposition ouvrait la porte à des méthodes
d'évaluation très différentes et à des procédures arbitraires et protectionnistes.

De nouvelles règles d'évaluation en douane ont donc été négociées au cours du Tokyo Round, dans
le but de mettre en place un système prévisible reflétant autant que possible les réalités

60
commerciales. Accepté par la plupart des pays développés, mais par moins d'une douzaine de pays
en développement, ce système est devenu l'un des codes plurilatéraux régissant les mesures
commerciales non tarifaires. Ce Code a été réexaminé au cours du Cycle d'Uruguay et remplacé
par l'Accord de l'OMC sur la mise en œuvre de l'article VII (Accord sur l'évaluation en douane).
Contrairement au Code du Tokyo Round, l'Accord sur l'évaluation en douane lie tous les Membres
de l'OMC.

III.D.4. PRINCIPALES RÈGLES D'ÉVALUATION EN DOUANE

L'Accord sur l'évaluation en douane vise à mettre en place un système équitable, uniforme
et neutre d'évaluation en douane des marchandises, qui est conforme aux réalités
commerciales et interdit l'utilisation de valeurs en douane arbitraires ou fictives. Il prévoit un
ensemble de règles d'évaluation qui élargissent et précisent les dispositions du GATT originel
relatives à l'évaluation en douane.

a. Principe fondamental – méthode 1


La base première pour déterminer la valeur en douane dans le cadre de l'Accord est la "valeur
transactionnelle", qui est définie à l'article 1er comme étant le prix effectivement payé ou à
payer pour les marchandises lorsqu'elles sont vendues pour l'exportation à destination
du pays d'importation, après ajustement conformément à l'article 8 qui porte, entre autres, sur
les cas où certains éléments spécifiques sont supportés par l'acheteur mais n'ont pas été inclus
dans le prix. La méthode de la valeur transactionnelle est la première méthode d'évaluation
mentionnée dans l'Accord et c'est la plus importante.

L'évaluation en douane fondée sur la méthode de la valeur transactionnelle repose


principalement sur les documents fournis par l'importateur. L'article 17 de l'Accord sur
l'évaluation en douane confirme que les administrations des douanes ont le droit de demander des
justificatifs complémentaires dans les cas où elles ont des raisons de douter de l'exactitude de la
valeur déclarée des marchandises importées. La "Décision sur les cas où l'Administration des
douanes a des raisons de douter de la véracité ou de l'exactitude de la valeur déclarée" définit la
procédure à suivre dans de tels cas.

S'il existe encore un doute raisonnable après réception des justificatifs complémentaires (ou en
l'absence de réponse), les douanes pourront décider que la valeur ne peut pas être déterminée
selon la méthode de la valeur transactionnelle. Avant de prendre une décision finale, elles doivent
communiquer leurs raisons à l'importateur, qui doit se voir accorder un délai raisonnable pour
répondre. En outre, les raisons de la décision finale doivent être communiquées par écrit à
l'importateur.

61
b. Autres méthodes

Dans les cas où il n'existe pas de valeur transactionnelle (par exemple, s'il n'y a pas de vente ou
de facture), ou lorsque la valeur transactionnelle n'est pas acceptable en tant que valeur en douane
parce que le prix a été faussé par suite de certaines conditions (spécifiées à l'article 1er de l'Accord),
l'Accord sur l'évaluation en douane énonce cinq autres méthodes d'évaluation, qui doivent être
appliquées dans l'ordre hiérarchique prescrit:

 Méthode 2 – Valeur transactionnelle de marchandises identiques (article 2): la


valeur en douane est déterminée sur la base de la valeur transactionnelle de marchandises
identiques importées antérieurement.

 Méthode 3 – Valeur transactionnelle de marchandises similaires (article 3): la valeur


en douane est déterminée sur la base de la valeur transactionnelle de marchandises
similaires importées antérieurement.

 Méthode 4 – Méthode déductive (article 5): la valeur en douane est déterminée sur la
base du prix auquel les marchandises importées ou des marchandises identiques ou
similaires importées sont vendues à un acheteur qui n'est pas lié au vendeur dans le pays
d'importation, moins certaines déductions.

 Méthode 5 – Méthode de la valeur calculée (article 6): détermine la valeur en douane


sur la base du coût de production (valeur des matières et des opérations de fabrication),
majoré d'un montant pour les bénéfices et les frais généraux.

 Méthode 6 – Méthode de dernier recours (article 7): détermine la valeur en douane par
des moyens raisonnables compatibles avec les principes et les dispositions générales de
l'Accord et de l'article VII du GATT (disponible seulement si aucune des autres méthodes ne
peut être utilisée).

c. Traitement spécial et différencié

L'Accord sur l'évaluation en douane reconnaît les difficultés et les problèmes particuliers que
peuvent rencontrer les pays en développement Membres dans la mise en œuvre de l'Accord et
prévoit donc un traitement spécial et différencié pour ces pays (voir l'article 20 et l'Annexe III de
l'Accord).

 Périodes de mise en œuvre plus longues: les pays en développement Membres (qui
n'étaient pas parties au Code du Tokyo Round) étaient autorisés à différer l'application des
dispositions de l'Accord pendant cinq ans à compter du jour où le pays en développement
est devenu Membre de l'OMC (article 20:1). Le délai de cinq ans peut être prolongé à la
demande d'un pays en développement Membre, qui doit démontrer qu'il a agi à bon droit
(Annexe III:1).

 Assistance technique fournie par les pays développés Membres: aux termes de
l'article 20:3, les pays développés Membres fourniront, selon des modalités convenues d'un

62
commun accord, une assistance technique aux pays en développement Membres qui en
feront la demande. Sur cette base, les pays développés Membres établiront des
programmes d'assistance technique qui pourront comporter, entre autres, la formation de
personnel, une assistance pour l'établissement de mesures de mise en œuvre, l'accès aux
sources d'information concernant la méthodologie en matière d'évaluation en douane, et
des conseils au sujet de l'application des dispositions de l'Accord.

L'Accord sur l'évaluation en douane autorisait aussi les pays en développement Membres à formuler
des réserves au sujet de certaines dispositions de l'Accord (qui ne leur sont pas applicables), et à
demander l'application spéciale de certaines dispositions.

III.E. REDEVANCES ET FORMALITÉS SE RAPPORTANT À


L'IMPORTATION ET À L'EXPORTATION – ARTICLE VIII DU
GATT DE 1994

III.E.1. INTRODUCTION

L'article VIII du GATT de 1994 énonce des obligations juridiques spécifiques applicables aux
redevances et formalités et aux pénalités qui peuvent être imposées en cas de
non-respect de la procédure douanière. Il reconnaît en outre la nécessité de réduire le
nombre et la complexité des redevances et des formalités se rapportant à l'importation
et à l'exportation.

L'article VIII a pour but d'aider à accélérer le mouvement, la mainlevée et le dédouanement des
marchandises en empêchant l'utilisation des redevances et des formalités en tant qu'obstacles non
tarifaires. Afin de réduire les coûts de transaction pour les commerçants, les redevances et les
formalités ne doivent pas être appliquées d'une manière qui limiterait les flux
transfrontières de marchandises.

III.E.2 PRINCIPALES DISPOSITIONS

L'article VIII:1 a) indique clairement que les disciplines énoncées à l'article VIII s'appliquent à
toutes les redevances et impositions de quelque nature qu'elles soient, perçues à l'importation
ou à l'exportation ou à l'occasion de l'importation ou de l'exportation à l'exception des: i) droits
à l'importation et à l'exportation et ii) des taxes intérieures qui relèvent de l'article III du GATT
de 1994. L'article VIII s'applique également aux formalités d'importation et d'exportation. Les
redevances et impositions comprennent les droits à acquitter pour l'obtention d'une licence ou
autorisation d'importation et les droits d'inspection, tandis que les formalités se rapportant à
l'importation désignent les prescriptions relatives aux documents nécessaires pour l'importation et
le dédouanement (par exemple un certificat d'origine). L'article VIII du GATT de 1994 énonce les
obligations suivantes:

63
 obligation de limiter les redevances et les impositions au coût approximatif des services
rendus et ne devront pas constituer une protection indirecte des produits nationaux ou des
taxes de caractère fiscal à l'importation ou à l'exportation (article VIII:1 a));

 nécessité de restreindre le nombre et la diversité des redevances et impositions


(article VIII:1 b)).

 nécessité de réduire au minimum les effets et la complexité des formalités d'importation et


d'exportation et de réduire et de simplifier les exigences en matière de documents requis à
l'importation et à l'exportation (article VIII:1 c));

 obligation pour les Membres d'examiner l'application de leurs lois et règlements, à la


demande d'un autre Membre et compte tenu de l'article VIII (article VIII:2); et

 interdiction d'imposer des pénalités "sévères" pour de légères infractions à la


réglementation ou à la procédure douanières – par exemple omission ou erreur facilement
réparable dans les documents présentés à la douane – (article VIII:3).

Les obligations énoncées dans cet article ont été largement explicitées par le nouvel Accord sur la
facilitation des échanges de l'OMC.

III.E.3 ARTICLE VIII ET FACILITATION DES ÉCHANGES

En juillet 2004, les Membres de l'OMC sont formellement convenus de lancer des négociations sur
la facilitation des échanges, sur la base des modalités énoncées à l'Annexe D de ce qu'il est convenu
d'appeler l'"Ensemble de résultats de juillet 2004" (voir ci-dessous). Dans le cadre de ce mandat,
les Membres ont été chargés de clarifier et d'améliorer les articles ci-après du GATT de 1994:
l'article V (Liberté de transit), l'article VIII (Redevances et formalités se rapportant à l'importation
et à l'exportation) et l'article X (Publication et application des règlements relatifs au commerce).
L'Accord sur la facilitation des échanges, adopté en 2015, est entré en vigueur en 2017 après sa
ratification par les deux tiers des Membres de l'OMC.

III.F. PUBLICATION ET APPLICATION DES REGLEMENTS


RELATIFS AU COMMERCE – ARTICLE X DU GATT DE 1994

III.F.1 INTRODUCTION

Nous avons souvent mentionné le principe de transparence dans le module relatif aux principes
fondamentaux de l'OMC (module 1). Nous avons vu aussi que le principe de transparence figure
dans de nombreux Accords de l'OMC, tels que l'Accord SPS et l'Accord OTC.

L'article X du GATT de 1994 énonce l'obligation générale de transparence dans la publication


et l'application des règlements relatifs au commerce.

64
III.F.2 RÈGLES PRINCIPALES

Fondamentalement, l'article X fait obligation aux Membres:

 de publier leurs lois, règlements, décisions et accords qui touchent au commerce d'une
manière accessible et dans les moindres délais (article X:1);

 de ne pas mettre en vigueur des mesures d'ordre général avant leur publication
(article X:2); et

 d'appliquer les lois, règlements, décisions et accords précités d'une manière uniforme,
impartiale et raisonnable. Dans ce contexte, les Membres doivent instituer ou maintenir des
tribunaux ou des procédures afin, notamment, de réviser et de rectifier dans les moindres
délais les mesures administratives se rapportant aux questions douanières (article X:3).

III.F.3. ARTICLE X ET FACILITATION DES ÉCHANGES

À l'instar de l'article VIII (Redevances et formalités se rapportant à l'importation et à l'exportation),


les dispositions de l'article X ont été largement explicitées par l'Accord sur la facilitation des
échanges.

III.G. ACCORD SUR LA FACILITATION DES ECHANGES

III.G.1. INTRODUCTION

La facilitation des échanges englobe la simplification, la modernisation et l'harmonisation des


processus d'exportation et d'importation et est devenue une question fondamentale pour le
système commercial mondial. Avec la mondialisation des réseaux de production, les pays ont de
plus en plus reconnu la nécessité de règles mondiales concernant la facilitation des échanges. Le
commerce mondial exige une coopération commerciale à l'échelle mondiale. Cela signifie que les
gouvernements doivent collaborer pour promouvoir et "faciliter" les échanges – en simplifiant les
processus, en partageant les renseignements et en coordonnant les réglementations. En veillant à
réduire les formalités, à rationaliser les procédures et à accélérer les expéditions transfrontières,
l'ATE apporte prévisibilité, simplicité et uniformité dans les procédures douanières et autres
procédures.

À elles toutes, les mesures prévues par l'Accord devraient se traduire par des économies
considérables dans les délais de transaction et les coûts connexes. Une étude menée en 2015 par
des économistes de l'OMC a calculé que l'Accord sur la facilitation des échanges a le potentiel, une
fois pleinement mis en œuvre, de réduire les coûts du commerce des Membres de 14,3% en
moyenne, ce qui est supérieur à la suppression de tous les droits NPF encore appliqués à l'échelle
mondiale. La pleine mise en œuvre de l'Accord devrait réduire le temps nécessaire pour importer

65
des marchandises de 47% et le temps nécessaire pour exporter des marchandises de 91% par
rapport à la durée moyenne actuelle du traitement des importations et des exportations de
marchandises.

III.G.2 CONTEXTE HISTORIQUE

Des réformes visant à faciliter le commerce ont été envisagées dans d'autres instances
internationales, mais la logique multilatérale de la facilitation des échanges a finalement conduit à
l'intensification des négociations à l'OMC qui ont abouti à l'AFE.

La Conférence ministérielle de Singapour de 1996 a chargé le Conseil des marchandises de


l'OMC d'engager des travaux exploratoires et analytiques au sujet de la simplification des
procédures commerciales pour voir s'il y avait lieu d'établir des règles de l'OMC dans ce domaine
(Déclaration ministérielle de Singapour, paragraphe 21). En juillet 2004, les Membres de l'OMC
sont formellement convenus de lancer des négociations sur la facilitation des échanges, sur la base
des modalités énoncées à l'Annexe D de ce qu'il est convenu d'appeler l'"Ensemble de résultats de
juillet".

Il faudra toutefois huit années supplémentaires pour que les Membres parviennent enfin à décider
de lancer des négociations sur la facilitation des échanges. La décision du Conseil général de
juillet 2004 sur le programme de travail de Doha (l'"Ensemble des résultats de
juillet" – Décision adoptée par le Conseil général le 1er août 2004 - WT/L/579) a donné le
feu vert au lancement de négociations sur la facilitation des échanges en vue d'accélérer encore le
mouvement, la mainlevée et le dédouanement des marchandises, y compris les marchandises en
transit ("Ensemble des résultats de juillet", annexe D, paragraphe 1).

L'objectif des négociations sur la facilitation des échanges était de clarifier et d'améliorer trois
articles antérieurs du GATT de 1947 – l'article V (Liberté de transit), l'article VIII (Redevances et
formalités se rapportant à l'importation et à l'exportation) et l'article X (Publication et application
des règlements relatifs au commerce). Ces articles avaient été négociés dans les années 1940 et,
dès les années 1990, étaient considérés comme ne répondant plus aux besoins actuels du monde
des affaires.

La portée des négociations a été élargie pour inclure également l'élaboration de "dispositions pour
une coopération effective entre les autorités douanières ou toutes autres autorités appropriées sur
les questions de facilitation des échanges et de respect des procédures douanières".

Autre élargissement important de la portée des négociations: la reconnaissance, par les Membres,
de l'importance d'un soutien aux pays en développement et aux pays les moins avancés dans la
mise en œuvre de l'Accord. En conséquence, une importance égale a été accordée, dans les
objectifs des discussions sur la facilitation des échanges, à la nécessité de renforcer l'assistance
technique et de soutenir le renforcement des capacités dans ce domaine.

66
Enfin, après presque 10 ans de discussions, les Membres de l'OMC ont achevé les négociations de
l'Accord sur la facilitation des échanges de l'OMC à la neuvième Conférence ministérielle tenue à
Bali (Indonésie) en décembre 2013. L'AFE a été le premier accord commercial multilatéral négocié
avec succès en 18 ans et le premier accord de ce type conclu par l'OMC. Il est entré en vigueur le
22 février 2017 quand l'OMC a obtenu l'acceptation de l'Accord des deux tiers requis
(112 Membres) de ses 164 Membres.

III.G.3. DISPOSITIONS PRINCIPALES

L'AFE compte trois sections: la section I (articles 1 à 12) contient des dispositions sur la facilitation
des échanges; la section II (article 13 à 22) prévoit des flexibilités spéciales pour les pays en
développement et les pays les moins avancés Membres; et la section III (articles 23 et 24) contient
les dispositions institutionnelles de l'AFE.

SECTION I

Le secteur privé a identifié les obstacles ci-après à l'efficacité des procédures transfrontières:
prescriptions excessives en matière de documents requis, inefficacité des procédures pour le
passage des frontières, entraves au transport et au transit, manque de transparence et de
prévisibilité, frais administratifs élevés, manque de coopération et de coordination entre les
organismes présents à la frontière, faible recours aux technologies de l'information et
non-automatisation des processus.

L'AFE traite ces problèmes avec 36 dispositions visant à faciliter les échanges en supprimant les
formalités inutiles. Les mesures amélioreront la transparence des pratiques douanières et la
standardisation des réglementations entre les pays, réduiront les exigences en matière de
documents requis, augmenteront l'automatisation des procédures douanières, réduiront la
corruption et permettront de traiter les documents avant l'arrivée des marchandises.

Les articles premier à 5, qui se fondent sur l'article X du GATT, contiennent des dispositions sur la
transparence et les procédures de recours. Ils traitent de la nécessité d'une plus grande
transparence pour les négociants en ce qui concerne les réglementations et les procédures pour
entrer et opérer sur un marché. Ils contiennent des disciplines spécifiques relatives à la publication
et à la disponibilité des renseignements (article premier), de la possibilité pour les négociants de
formuler des observations au sujet des lois ou réglementations nouvelles ou modifiées ayant trait
au mouvement des marchandises avant l'entrée en vigueur (article 2), de la disponibilité des
décisions anticipées (article 3), des procédures permettant aux négociants de faire appel des
décisions douanières (article 4), de la non-discrimination et de la transparence (article 5). Ces
articles portent aussi sur la nécessité d'une cohérence et d'une prévisibilité accrues dans
l'application des règles et procédures.

Les articles 6 à 10, qui se fondent sur l'article VIII du GATT, contiennent des dispositions sur la
simplification des procédures à la frontière et l'imposition de disciplines. Les dispositions traitent

67
de la nécessité d'accélérer le traitement à la frontière, y compris pour les marchandises en transit,
et de la nécessité d'imposer des disciplines pour renforcer les procédures simplifiées. Les articles
prévoient des disciplines spécifiques en liens avec les redevances et impositions (article 6), la
mainlevée et le dédouanement des marchandises (article 7), la coopération entre les organismes
présents aux frontières (article 8), le mouvement des marchandises (article 9) et les formalités
d'importation, d'exportation et de transit (article 10). Ces articles introduisent l'utilisation de
l'automatisation et des services électroniques; l'utilisation de programmes de gestion des risques,
la mainlevée de marchandises sur la base de données minimales fournies par les négociants et la
coopération accrue entre les organismes présents à la frontière pour créer une gestion intégrée
des frontières.

L'article 11, qui se fonde sur l'article V du GATT, contient des dispositions sur facilitation du trafic
en transit. Les dispositions sont axées sur la réduction des réglementations et des formalités visant
le trafic en transit en limitant le nombre de procédures qui sont imposées au trafic en transit, tout
en limitant le montant des impositions qui peuvent être perçues sur le trafic en transit.

L'article 12 encourage les Membres de l'OMC à promouvoir une meilleure coopération douanière.
En effet, les administrations des douanes sont très sollicitées à travers le monde en raison de la
forte croissance du volume des flux commerciaux internationaux et de leur complexité. Les
ressources gouvernementales peinent à suivre le rythme de la croissance des échanges; il s'en suit
que les administrations des douanes s'appuient dans une plus large mesure sur l'assistance
mutuelle, qui constitue une ressource supplémentaire. La coopération douanière peut prendre de
nombreuses formes et inclut, par exemple, la fourniture d'une assistance technique, le partage de
bonnes pratiques, la participation à des forums et réunions internationaux, le partage de
ressources matérielles et humaines et le partage d'informations douanières dans la lutte contre la
contrebande, la fraude et d'autres infractions douanières.

SECTION II – TRAITEMENT SPÉCIAL ET DIFFÉRENCIÉ

La section II (articles 13 à 22) décrit les flexibilités spéciales en matière de mise en œuvre que
l'Accord prévoit pour les pays en développement et les pays les moins avancés.

L'approche adoptée dans l'Accord concernant le traitement spécial et différencié est unique en son
genre: pour la première fois dans l'histoire de l'OMC, l'obligation de mettre en œuvre l'Accord est
directement liée aux capacités des Membres. L'Accord permet aux pays en développement et aux
PMA d'établir leurs propres échéanciers pour la mise en œuvre des dispositions de l'AFE en fonction
de leurs capacités. Les mesures qui peuvent être appliquées immédiatement sont désignées
comme relevant de la catégorie A. Si un délai supplémentaire est nécessaire (période de
transition), la mesure est placée dans la catégorie B. Si un Membre a besoin d'un soutien
additionnel pour renforcer ses capacités, ainsi que d'un délai supplémentaire, il peut notifier une
disposition comme relevant d'un engagement de la catégorie C et demander une assistance
technique pour mettre en œuvre la disposition en question. Outre ces flexibilités, la section II
prévoit aussi une prorogation de la période de transition, l'établissement d'un groupe d'experts si

68
un Membre ne dispose toujours pas des capacités lui permettant de mettre en œuvre les
dispositions de la catégorie C, le transfert entre la catégorie B et la catégorie C, une période de
grâce relative au mécanisme de règlement des différents. Des Membres donateurs se sont engagés
à faciliter la fourniture d'une assistance et d'un soutien à l'assistance technique et au renforcement
des capacités, et à communiquer des renseignements sur leur manière de procéder.

Afin de bénéficier des flexibilités, un Membre doit notifier aux autres Membres son calendrier de
mise en œuvre pour chaque mesure de facilitation des échanges.

SECTION III – DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES ET DISPOSITIONS FINALES

La section III contient les dispositions institutionnelles relatives à la mise en œuvre de l'AFE, ainsi
que les dispositions finales de l'Accord.

III.G.4. COMITÉ DE LA FACILITATION DES ÉCHANGES DE L'OMC

En vertu de l'article 23:1 de l'AFE, un Comité de la facilitation des échanges de l'OMC a été établi,
dans le but de donner aux Membres la possibilité de tenir des consultations sur toute question en
lien avec le fonctionnement de cet accord ou la réalisation de ses objectifs.

Le Comité tient en moyenne trois réunions par année, dont une session spécifique dans l'année
consacrée à la fourniture de l'assistance et au renforcement des capacités. Le Comité examine
l'état d'avancement de la mise en œuvre de l'AFE en s'appuyant sur les notifications présentées
par les Membres concernant leurs calendriers de mise en œuvre (notifications des catégories A, B
et C). Ces notifications permettent collectivement d'avoir une vue d'ensemble sur la date à laquelle
les Membres de l'OMC prévoient de mettre en pratique l'AFE, sur ce qu'ils estiment être une priorité
et sur l'assistance technique et l'aide au renforcement des capacités qui sont requises globalement.

Une part importante du rôle du Comité consiste à offrir aux Membres une enceinte où ils partagent
leurs données d'expérience sur la manière dont ils mettent en œuvre l'AFE. Cet exercice s'est
révélé être une source d'information très précieuse pour les Membres depuis l'entrée en vigueur
de l'Accord, et qui prend de la valeur à mesure que les Membres poursuivent la mise en œuvre de
l'Accord.

III.G.5. COMITÉ NATIONAL DE LA FACILITATION DES ÉCHANGES

En vertu de l'article 23:2 de l'AFE, les Membres sont tenus d'établir ou de maintenir un comité
national de la facilitation des échanges, ou de désigner un mécanisme existant, pour faciliter la
coordination et la mise en œuvre des dispositions de l'Accord au plan interne. Compte tenu du
nombre important de parties prenantes nationales (ministères gouvernementaux et leurs
départements, représentants du secteur des affaires, autorités douanières et organismes présents
à la frontière, organismes d'aide, acteurs de la sécurité nationale), il est nécessaire pour chaque
pays d'avoir une entité de supervision chargée de gérer la coordination entre toutes ces parties

69
prenantes afin d'assurer une mise en œuvre cohérente et coordonnée de l'AFE au plan interne.
L'Accord ne donne pas de précision sur la manière dont le comité national de la facilitation des
échanges devrait être établi, ni sur sa structure. Toutefois, il est facile d'avoir accès à des
renseignements utiles recueillis par des organismes ou des Membres donateurs, ainsi que par les
comités nationaux de la facilitation des échanges eux-mêmes.

III.G.6. MÉCANISME POUR L'ACCORD SUR LA FACILITATION DES


ÉCHANGES

En juillet 2014, le Directeur général de l'OMC, M. Roberto Azevedo, à la demande des pays en
développement et des pays les moins avancés (PMA) Membres, a lancé le Mécanisme pour l'Accord
sur la facilitation des échanges (TFAF) pour contribuer à faire en sorte qu'ils reçoivent l'assistance
leur permettant de tirer pleinement parti de l'Accord sur la facilitation des échanges et pour
favoriser la réalisation de l'objectif ultime d'une mise en œuvre complète de ce nouvel accord par
tous les Membres. Le Mécanisme est devenu opérationnel lorsque le Protocole concernant la
facilitation des échanges a été adopté, le 27 novembre 2014.
Des renseignements complets concernant la mise en œuvre de l'AFE, y compris les notifications et
l'état d'avancement de la mise en œuvre, peuvent être consultés sur le site Web de la base de
données de l'AFE ([Link]

III.H. ACCORD SUR LES PROCEDURES DE LICENCES


D'IMPORTATION

III.H.1. INTRODUCTION

Les licences d'importation sont définies à l'article 1:1 de l'Accord sur les procédures de licences
d'importation (ci-après "l'Accord") comme étant "les procédures administratives utilisées
pour l'application de régimes de licences d'importation qui exigent, comme condition
préalable à l'importation sur le territoire douanier du Membre importateur, la
présentation à l'organe administratif compétent d'une demande ou d'autres documents
(distincts des documents requis aux fins douanières)".

L'Accord sur les procédures de licences d'importation établit un ensemble de principes et de règles
détaillées visant à faire en sorte que les procédures de licences ne constituent pas un
obstacle au commerce. Les principaux objectifs de l'Accord sont de simplifier les procédures de
licences d'importation et d'assurer leur transparence, de faire en sorte qu'elles soient appliquées
et administrées de manière juste et équitable, et d'empêcher qu'elles soient appliquées de façon à
exercer des effets de restriction ou de distorsion sur le commerce d'importation.

L'Accord sur les procédures de licences d'importation est lié à l'article X (Publication et application
des règlements relatifs au commerce), à l'article XI (Élimination générale des restrictions

70
quantitatives), à l'article XIII (Application non discriminatoire des restrictions quantitatives), que
nous avons étudiés dans le module 3, et à l'article XX (Exceptions générales) du GATT de 1994.

III.H.2. CONTEXTE HISTORIQUE

Le Code des licences d'importation du Tokyo Round est l'un des accords visant les mesures non
tarifaires qui ont été conclus au cours des négociations commerciales multilatérales tenues
entre 1973 et 1979. L'Accord sur les procédures de licences d'importation est une version révisée
du Code du Tokyo Round et il lie tous les Membres de l'OMC.

III.H.3. PRINCIPALES DISPOSITIONS

L'Accord contient des dispositions qui s'appliquent particulièrement aux licences non automatiques
ou aux licences automatiques, ainsi que des dispositions générales qui s'appliquent aux deux types
de licences d'importation.

a. Dispositions générales
L'Accord énonce les règles générales ci-après, qui s'appliquent à tous les types de procédures de
licences d'importation:

 Application neutre et administration juste et équitable: les procédures de licences


d'importation seront appliquées de façon neutre et administrées de manière juste et
équitable (article 1:3). Aucune demande ne sera refusée en raison d'erreurs mineures dans
la documentation, ainsi que d'omissions ou d'erreurs dans les documents ou dans les
procédures dénuées de toute intention frauduleuse ou ne constituant pas une négligence
grave (article 1:7).

 Publication des règles et des procédures: les règles et tous les renseignements
concernant les procédures de présentation des demandes doivent être publiées, chaque fois
que cela sera possible dans la pratique, 21 jours avant la date où la prescription prendra
effet et en aucun cas après cette date (article 1:4 a)).

 Formulaires et procédures simples: les formules de demande, les formules de


renouvellement, ainsi que les procédures de demande et de renouvellement doivent être
simples (article 1:5 et 1:6). Les requérants doivent disposer d'un délai raisonnable pour
présenter les demandes de licences.

 L'établissement de procédures de licences d'importation ou les modifications


apportées à ces procédures doivent être notifiées au Comité des licences d'importation
dans les 60 jours suivant la publication (article 5 de l'Accord, voir aussi l'annexe du
document G/LIC/28).

71
 Les Membres doivent remplir le questionnaire annuel avant le 30 septembre de
chaque année (article 7:3 de l'Accord sur les procédures de licences d'importation, voir aussi
l'annexe du document G/LIC/3)

b. Types de licences d'importation

Conformément à l'Accord, les licences sont classées comme suit:

1. licences d'importation automatiques

Procédures de licences d'importation dans le cadre desquelles les licences d'importation sont
accordées dans tous les cas suite à la présentation d'une demande. Elles ont généralement pour
objectif de recueillir des données statistiques et des données factuelles sur les importations
(article 2:1). Elles sont soumises aux règles suivantes: i) les procédures de licences automatiques
ne doivent pas être administrées de façon à exercer des effets de restriction sur les importations;
ii) toutes les personnes qui remplissent les conditions légales devraient avoir le droit, dans des
conditions d'égalité, de demander et d'obtenir des licences d'importation (non-discrimination); et
iii) la demande sera approuvée immédiatement à sa réception, lorsque cela sera possible, ou dans
un délai maximal de dix jours ouvrables (article 2:2 a)).

2. licences d'importation non automatiques

Les procédures de licences d'importation non automatiques sont celles qui ne répondent pas à la
définition énoncée au paragraphe 1 de l'article2. Elles sont utilisées, entre autres objectifs de
politique publique, pour administrer les restrictions quantitatives et les contingents tarifaires qui
sont justifiés dans le cadre juridique de l'OMC (expliqués dans le module 3). Les procédures de
licences d'importation non automatiques ne doivent pas exercer, sur le commerce d'importation,
des effets de restriction ou de distorsion s'ajoutant à ceux que causera l'introduction de la
restriction et correspondront, quant à leur champ d'application et à leur durée, à la mesure qu'elles
servent à mettre en œuvre (article 3:2). Ces procédures sont également soumises, entre autres,
aux conditions suivantes: i) les Membres doivent publier tous les renseignements pertinents
concernant la base sur laquelle les licences sont accordées et réparties (article 3:3); ii) dans le cas
de contingents répartis entre les pays fournisseurs, le Membre qui applique la restriction informera
dans les moindres délais tous les autres Membres ayant un intérêt dans la fourniture du produit
en question (article 3:5 c)); les demandes sont soumises au principe de non-discrimination
(article 3:5 e)); et iv) le délai d'examen des demandes ne doit pas dépasser 30 jours lorsque les
demandes sont examinées au fur et à mesure de leur réception et 60 jours lorsqu'elles sont toutes
examinées simultanément (article 3:5 f)).

72
III.I. ACCORD SUR L'INSPECTION AVANT EXPEDITION (IAE)

III.I.1. INTRODUCTION

L'inspection avant expédition (IAE) est la pratique consistant à vérifier les détails de
l'expédition (essentiellement, le prix, la quantité et la qualité), au point d'exportation, des
marchandises destinées à être expédiées à l'étranger. La vérification est effectuée par des entités
privées engagées à cette fin par les gouvernements des Membres importateurs.

Les sociétés d'IAE sont utilisées principalement par les pays en développement et les pays en
transition pour vérifier la quantité et la qualité, ainsi que pour empêcher la fuite de capitaux, la
fraude commerciale et le non-paiement des droits de douane (en veillant à ce que la valeur déclarée
ne soit ni sous-estimée ni surestimée), et combler les lacunes des infrastructures administratives.

III.I.2. DISPOSITIONS FONDAMENTALES

Le Préambule de l'Accord sur l'inspection avant expédition reconnaît que certains pays en
développement ont besoin de recourir à l'inspection avant expédition aussi longtemps et pour
autant que cela leur est nécessaire pour vérifier la qualité, la quantité ou le prix des marchandises
importées. Il part du principe que l'organisme d'inspection sera une société privée. Les Membres
de l'OMC ne sont pas obligés d'avoir recours à l'inspection avant expédition ni de permettre à une
entité publique d'un autre pays d'opérer sur leur territoire (note de bas de page 1 de l'Accord).

L'Accord sur l'IAE s'applique à toutes les activités d'IAE prescrites par le gouvernement
(article 1:1). Son but est d'établir un cadre de droits et d'obligations fondé sur la non-discrimination
et la transparence et de donner des lignes directrices concernant le recours à l'inspection prescrite
par le gouvernement (par opposition aux contrats des sociétés commerciales) pour vérifier la
qualité, la quantité ou le prix des marchandises destinées à être exportées vers un pays
d'importation (articles 1:3 et 2:1). L'Accord impose également des obligations spécifiques aux
"Membres importateurs utilisateurs" et aux "Membres exportateurs" (articles 2 et 3).

L'article 4 de l'Accord sur l'inspection avant expédition établit des procédures d'examen
indépendant – administrées conjointement par une organisation représentant les organismes d'IAE
et une organisation représentant les exportateurs – pour résoudre les différends entre les et les
organismes d'IAE.

73
III.J. ACCORD SUR LES REGLES D'ORIGINE

III.J.1. INTRODUCTION

Fabriqué en ...

Supposons que la production d'une bicyclette suit le processus suivant. Toutes les matières
premières (par exemple aciers alliés) proviennent de Vanin et sont transformées à Tristat, où
les aciers alliés sont soudés mécaniquement de manière à fournir davantage de cadres légers
peu coûteux. Enfin, tous les composants transformés (entre autres, roues, freins et chaînes)
sont expédiés à Alba pour l'assemblage final. Comment Medatia, pays importateur de bicyclettes,
doit-il déterminer le pays d'origine de ces bicyclettes?

De nombreux produits entrant dans le commerce international contiennent des matières ou des
composants provenant de plusieurs pays et peuvent eux-mêmes avoir fait l'objet d'une
transformation dans plusieurs pays. Les règles d'origine sont appliquées pour attribuer
l'origine d'une marchandise importée dans un pays (ou territoire douanier) unique dans
de tels cas. Les prescriptions en matière d'origine peuvent être "préférentielles" lorsqu'elles
découlent d'un accord commercial préférentiel (comme les accords commerciaux régionaux (ACR)
et entraîner un traitement tarifaire préférentiel. Elles peuvent aussi être "non préférentielles"
quand elles s'appliquent à tous les autres pays sur une base NPF, par exemple en l'absence de
toute préférence ou quand des mesures correctives commerciales s'appliquent (par exemple pour
vérifier si un droit antidumping s'applique ou non à une marchandise importée).

L'Accord sur les règles d'origine (ci-après "l'Accord") vise à harmoniser les règles d'origine non
préférentielles et à faire en sorte que ces règles ne créent pas elles-mêmes des obstacles
non nécessaires au commerce. Les règles d'origine non préférentielles sont importantes et ont
une incidence directe sur les conditions d'accès aux marchés parce qu'elles sont utilisées:

 pour déterminer si les produits importés doivent bénéficier du traitement NPF ou non;

 pour mettre en œuvre des instruments de politique commerciale tels que les droits
antidumping et les mesures de sauvegarde (voir le module 5);

 pour déterminer quels pays ont droit à des contingents d'importation (dans le cas où ces
derniers sont alloués à différents pays et peuvent avoir été utilisés pour certains pays
fournisseurs, mais pas pour d'autres);

 pour satisfaire aux prescriptions en matière d'étiquetage et de marquage (étiquettes


"Fabriqué en");

 à des fins de statistique; et

 aux fins des marchés publics.

74
Les discussions concernant la mise en œuvre de l'Accord sur les règles d'origine se tiennent au
Comité des règles d'origine de l'OMC.

III.J.2. DISPOSITIONS FONDAMENTALES DE L'ACCORD SUR LES


REGLES D'ORIGINE

Avant le Cycle d'Uruguay, il n'y avait pas de dispositions spécifiques, dans le GATT de 1947,
concernant les règles d'origine des marchandises entrant dans le commerce international.

La seule prescription figure dans la note concernant l'article VIII du GATT et porte sur l'obligation
de s'abstenir d'exiger un certificat d'origine sauf dans la mesure où il est "strictement
indispensable".

Toutefois, au fil du temps, les Parties Contractantes du GATT se sont peu à peu rendu compte que
la diversité des règles d'origine appliquées par chaque Partie était source d'incertitude et entraînait
l'utilisation abusive de ces règles. C'est pour cette raison que l'Accord sur les règles d'origine a été
adopté par tous les Membres lors du Cycle d'Uruguay. L'harmonisation des pratiques nationales
dans ce domaine a été vue comme un instrument visant à faciliter le commerce international.

a. Obligations générales – disciplines applicables pendant la période de


transition
L'article 2 a) de l'Accord dispose que jusqu'à ce que le programme pour l'harmonisation des règles
d'origine (expliqué ci-après) soit achevé, les Membres veilleront à ce que les règles d'origine et les
conditions à remplir, y compris les spécifications relatives au critère de la transformation
substantielle (voir l'encadré ci-dessous), soient clairement définies.

L'Accord fait également obligation aux Membres de veiller à ce que leurs règles d'origine: i) soient
transparentes; ii) n'aient pas d'effets de restriction, de distorsion ou de désorganisation du
commerce international; iii) soient administrées d'une manière cohérente, uniforme, impartiale et
raisonnable; iv) soient fondées sur un critère positif (elles énoncent ce qui confère l'origine et non
ce qui ne la confère pas); v) soient publiées (lois, réglementations, et décisions judiciaires et
administratives); vi) prévoient la fourniture d'appréciations de l'origine à la demande d'un
exportateur ayant des motifs valables; et vii) puissent être révisées dans les moindres délais en
cas de décision administrative.

75
Méthodes de détermination de l'origine

Les règles d'origine renvoient en fait à trois prescriptions distinctes:

1) les critères d'origine: ce sont les critères utilisés pour identifier l'origine des
marchandises. Ils identifient les produits qui sont "entièrement obtenus ou élaborés" dans
un seul pays ou spécifient les types de "transformation substantielle ou suffisante" qui
peuvent être utilisés pour attribuer l'origine unique aux produits qui utilisent des ingrédients,
des parties ou des composants provenant de plusieurs pays;

2) les preuves de l'origine: il s'agit des prescriptions concernant de quelle manière la


conformité avec les critères d'origine peut être démontrée. Le plus souvent, cela se fait au
moyen des certificats d'origine;

3) l'expédition directe: ces prescriptions, présentes dans les accords commerciaux


préférentiels, visent à éviter le risque consistant à ce que les marchandises soient
transformées durant leur transport d'un pays bénéficiaire d'une préférence vers leur
destination dans le pays accordant la préférence. En règle générale, les marchandises doivent
être transportées directement ou doivent ne plus être manipulées si elles transitent par des
pays tiers.

Lorsque plus d'un pays intervient dans la production d'une marchandise, la plupart des
administrations douanières appliquent des règles d'origine en vertu desquelles l'origine de la
marchandise est conférée au pays où la dernière transformation substantielle a été
effectuée. Les critères suivants sont utilisés pour déterminer ce qu'est une transformation
substantielle:

 Changement de classification tarifaire: ce critère attribue l'origine à un pays si le


produit a été suffisamment transformé dans ce pays pour passer d'une position de la
classification douanière à une autre. Les Membres utilisant ce critère doivent indiquer
clairement les sous-positions ou positions de la nomenclature tarifaire qui sont visées
par la règle;

 Pourcentage ad valorem: mesure la valeur qui a été ajoutée au produit dans le


pays considéré. La méthode de calcul du pourcentage ad valorem doit être spécifiée;
et

 Opération de fabrication ou d'ouvraison: l'origine dépend des procédés


techniques spécifiques qui peuvent être considérés comme un élément essentiel dans
la fabrication du produit. L'opération qui conférera son origine à la marchandise en
question sera indiquée de manière précise.

76
b. Harmonisation
L'Accord adopté par les Membres de l'OMC en 1995 visait à l'établissement de règles d'origine
communes ("harmonisées") entre tous les Membres de l'OMC. Cela ne concernait que les règles
d'origine non préférentielles (ce qui signifie que l'intention n'était pas d'harmoniser les règles
utilisées par les pays qui établissent une zone de libre-échange).

Le programme de négociations entre les Membres prévu par l'Accord a débuté en juillet 1995 et
devait s'achever trois ans plus tard. Les négociations ont été menées par le Comité des règles
d'origine de l'OMC, avec le soutien technique du Comité technique des règles d'origine, sous les
auspices de l'Organisation mondiale des douanes (OMD). Bien que des progrès substantiels aient
été accomplis durant les premières années de ces négociations, l'échéance a été repoussée à
plusieurs reprises en raison de la poursuite des discussions sur un grand nombre de règles
applicables à des produits spécifiques. En 2011, les négociations au Comité sont arrivées au point
mort; les Membres avaient des vues divergentes sur la portée de l'application des règles d'origine
nouvellement harmonisées et sur l'identification des règles pour le secteur des machines. Les
propositions de résultats de ces négociations, sous forme de "texte consolidé", figurent dans les
documents G/RO/W/111/Rev.6 et JOB/RO/1. Le rapport le plus récent du Comité des règles
d'origine au Conseil du commerce des marchandises, qui décrit les positions des Membres dans
ces négociations, est publié sous la cote G/L/1047.

III.J.3 TRAVAUX EN COURS SUR LES RÈGLES D'ORIGINE


PRÉFÉRENTIELLES

L'annexe II de l'Accord sur les règles d'origine contient des disciplines générales relatives aux
règles d'origine préférentielles. Les règles d'origine préférentielles sont les règles qui s'appliquent
dans les préférences commerciales réciproques (c'est-à-dire les accords commerciaux régionaux
ou les unions douanières) ou les préférences commerciales non réciproques (c'est-à-dire les
préférences en faveur des pays en développement ou des pays les moins avancés (PMA), souvent
appelées "arrangements commerciaux préférentiels").

Outre l'annexe II, les Membres de l'OMC ont adopté, en 2013 et en 2015, des disciplines
supplémentaires qui couvrent les règles d'origine applicables dans le contexte des préférences non
réciproques pour les PMA (voir la Décision ministérielle de Bali de 2013 sur les règles d'origine pour
les PMA et la Décision ministérielle de Nairobi de 2015 sur les règles d'origine pour les PMA).1

La Décision ministérielle de Bali établit le premier ensemble de lignes directrices multilatérales


concernant les règles d'origine que les Membres de l'OMC donneurs de préférences appliquent dans
le cadre de leurs schémas de préférences non réciproques en faveur des PMA. Ces lignes directrices

1
Document de l'OMC WT/L/917 du 11 décembre 2013 et WT/L/917/Add.1 du 21 décembre 2015.

77
visent à permettre aux exportateurs des PMA d'obtenir plus facilement des préférences et donc de
mieux exploiter les possibilités d'accès aux marchés qui s'offrent à eux.

La Décision ministérielle de Nairobi développe la Décision de 2013 et donne des orientations plus
détaillées sur des questions spécifiques qui faciliteraient les exportations de marchandises des PMA
à destination de pays développés et de pays en développement dans le cadre d'arrangements
commerciaux préférentiels unilatéraux.

Conformément au mandat établi par ces deux décisions, les Membres de l'OMC débattent
actuellement des moyens de garantir que les règles d'origine préférentielles appliquées aux PMA
sont "transparentes et simples". Cela implique le calcul de taux d'utilisation dans le cadre des
préférences et l'examen des prescriptions en matière d'origine pour identifier les obstacles à une
pleine utilisation des préférences par les PMA. La mise en œuvre des deux décisions ministérielles
fait l'objet de discussions au Comité des règles d'origine de l'OMC.

III.K. ACCORD SUR LES MESURES CONCERNANT LES


INVESTISSEMENTS ET LIEES AU COMMERCE (MIC)

III.K.1. INTRODUCTION

Les gouvernements exigent parfois que les investisseurs (étrangers ou nationaux) incorporent une
proportion minimale d'intrants d'origine nationale dans les produits qu'ils fabriquent (limitant
l'utilisation d'intrants importés - prescriptions relatives à la teneur en éléments d'origine locale),
ou limitent l'importation par une entreprise de produits utilisés dans sa production locale. Ces
prescriptions peuvent avoir une incidence sur le commerce international.

Les objectifs de l'Accord sur les MIC sont notamment de favoriser la libéralisation progressive du
commerce mondial et de faciliter les investissements à travers les frontières
internationales de manière à intensifier la croissance économique de tous les partenaires
commerciaux, en particulier des pays en développement Membres, tout en assurant la libre
concurrence.

III.K.2. CONTEXTE HISTORIQUE

La Charte instituant l'Organisation internationale du commerce (Charte de l'OIC) contenait des


dispositions relatives au traitement de l'investissement étranger dans un chapitre consacré au
développement économique. Comme nous l'avons vu dans le module 1, la Charte de l'OIC n'a
jamais été ratifiée et seules ses dispositions relatives à la politique commerciale ont été incorporées
dans le GATT. Le fait le plus marquant intervenu dans le domaine de l'investissement avant le
Cycle d'Uruguay est probablement la décision rendue par un groupe spécial dans le cadre du
règlement du différend Canada – Administration de la Loi sur l'examen de l'investissement étranger
(LEIE) (voir l'encadré ci-dessous).

78
Le mandat du Cycle d'Uruguay comprenait l'élaboration de dispositions visant à éviter les effets de
restriction et de distorsion des échanges des mesures concernant les investissements. L'accent
mis, dans ce mandat, sur les effets sur les échanges indiquait clairement que les négociations ne
visaient pas à réglementer l'investissement en tant que tel. En raison du désaccord entre les
participants (pays développés et pays en développement), les négociations ont été limitées à
l'interprétation et à la clarification de l'application aux MIC des dispositions du GATT
relatives au traitement national des marchandises importées (article III) et aux restrictions
quantitatives touchant les importations ou les exportations (article XI).

III.K.3. CHAMP D'APPLICATION ET OBLIGATIONS FONDAMENTALES

Le champ d'application de l'Accord se limite aux MIC qui sont liées au commerce des marchandises
(article premier). Les disciplines de l'Accord sur les MIC portent sur le traitement discriminatoire
des produits importés et exportés et ne régissent pas la question de l'entrée et du traitement de
l'investissement étranger.

L'Accord ne contient pas de définition de ce qu'est une mesure concernant les investissements. Le
Groupe spécial chargé de l'affaire Indonésie – Certaines mesures affectant l'industrie automobile
a examiné "la manière dont elles se rapport[aient] en l'espèce aux investissements". Compte tenu
du fait que les mesures "vis[aient] à encourager la mise en place d'une capacité de production de
véhicules automobiles finis et de parties et pièces de véhicules en Indonésie [...] et que [c]et
objectif impliqu[ait] que les mesures en questions [avaient] nécessairement une incidence notable
sur l'investissement dans ces secteurs", le Groupe spécial a constaté que "ces mesures [relevaient]
de toute interprétation raisonnable de l'expression "mesures concernant les investissements"".

Aux termes de l'article 2:1 de l'Accord, les Membres ne doivent pas appliquer de "MIC" qui soit
incompatible avec les dispositions de l'article III (Traitement national) ou de l'article XI (Élimination
générale des restrictions quantitatives) du GATT de 1994. Des exemples de ces mesures sont
donnés dans une liste exemplative de mesures incompatibles avec les articles III:4 ou XI:1 du
GATT. Les mesures énumérées dans l'Annexe peuvent être classées comme suit:

 Mesures incompatibles avec l'article III:4 du GATT: concernent l'achat ou


l'utilisation de produits par une entreprise. Elles comprennent: i) les MIC relatives à la
teneur en éléments d'origine locale, qui obligent une entreprise à acheter ou utiliser des
produits d'origine nationale ou provenant de toute source nationale (prescriptions relatives
à la teneur en éléments d'origine locale); et ii) les MIC relatives à l'équilibrage des échanges,
qui limitent les achats ou l'utilisation, par une entreprise, de produits importés à un montant
lié au volume ou à la valeur des produits locaux qu'elle exporte. Dans les deux cas,
l'incompatibilité avec l'article III:4 du GATT de 1994 résulte du fait que la mesure interne
soumet l'achat ou l'utilisation, par une entreprise, de produits importés à des conditions
moins favorables que l'achat ou l'utilisation de produits nationaux.

79
 Mesures incompatibles avec l'article XI:1 du GATT: concernent l'importation ou
l'exportation de produits par une entreprise. Il s'agit des mesures à la frontière qui
restreignent: i) l'importation, par une entreprise, de produits servant à sa production locale,
d'une manière générale ou en la limitant à un montant lié au volume ou à la valeur de la
production locale qu'elle exporte; ii) les importations sous la forme d'une prescription
relative à l'équilibrage des échanges (la possibilité d'importer des produits servant ou liés à
la production locale est restreinte par le fait que l'accès de l'entreprise aux devises est
limitée); iii) l'exportation ou la vente pour l'exportation par une entreprise, de produits, qu'il
soit spécifié qu'il s'agit de produits déterminés, d'un volume ou d'une valeur de produits, ou
d'une proportion du volume ou de la valeur de sa production locale.

Les Membres sont tenus de notifier au Conseil du commerce des marchandises (CCM) toutes les
MIC qui ne sont pas conformes à l'Accord (article 5:1). L'article 5:2 dispose que les MIC
incompatibles avec les règles de l'OMC qui ont été notifiées doivent être éliminées pendant la
période de transition prévue (avant le 1er janvier 1997 pour les pays développés Membres; avant
le 1er janvier 2000 pour les pays en développement Membres et avant le 1er janvier 2002 pour les
pays les moins avancés Membres). Ces périodes de transition peuvent être prorogées (si demande
en est faite au CCM) pour un pays en développement Membre ou un pays moins avancé Membre,
qui démontrera qu'il rencontre des difficultés particulières pour mettre en œuvre les dispositions
de l'Accord sur les MIC (article 5:3).

Enfin, l'article 3 de l'Accord sur les MIC dispose que toutes les exceptions prévues dans le GATT
de 1994 s'appliqueront, selon qu'il sera approprié, aux dispositions du présent accord.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE DIFFEREND RELATIF AUX MIC DANS LE CADRE
DU GATT CONCERNANT LES MIC – AVANT LE CYCLE D'URUGUAY ET L'ACCORD
SUR LES MIC

Canada – Administration de la Loi sur l'examen de l'investissement étranger (LEIE): Un groupe


spécial du GATT a été chargé d'examiner une plainte déposée par les États-Unis au sujet de
certains engagements exigés des investisseurs étrangers par les autorités canadiennes comme
condition de l'approbation des projets d'investissement.

Ces engagements avaient trait à l'achat de certains produits auprès de sources nationales
(prescriptions relatives à la teneur en éléments d'origine locale) et à l'exportation d'un certain
pourcentage de la production (prescriptions relatives aux résultats à l'exportation). Le Groupe
spécial a conclu que les prescriptions relatives à la teneur en éléments locaux étaient
incompatibles avec l'obligation d'accorder le traitement national énoncée à l'article III:4 du GATT
de 1947 mais que les prescriptions relatives aux résultats à l'exportation n'étaient pas
incompatibles avec les obligations résultant du GATT. Il a souligné que la question soulevée dans
le différend était celle de la compatibilité avec le GATT de certaines mesures liées au commerce
prises par le Canada dans le cadre de sa législation sur l'investissement étranger, et non le droit

80
du Canada de réglementer l'investissement étranger en soi.

La décision du Groupe spécial dans cette affaire était importante, car elle confirmait que les
obligations résultant du GATT s'appliquaient aux prescriptions de résultat imposées par les
gouvernements dans le contexte d'un investissement dans la mesure où elles comportaient des
mesures qui faussaient les échanges. Parallèlement, la conclusion du Groupe spécial, selon
laquelle les prescriptions de résultat à l'exportation n'étaient pas visées par le GATT soulignait
aussi le champ d'application limité des disciplines du GATT quant à ce type de prescription de
résultat liée au commerce.

III.K.4. MESURES CONCERNANT LES INVESTISSEMENTS ET LIEES AU


COMMERCE (MIC) … LE CYCLE D'URUGUAY ET AU-DELÀ

L'article 9 de l'Accord sur les MIC dispose qu'au plus tard cinq ans après la date d'entrée en vigueur
de l'Accord, le CCM examinera le fonctionnement de l'Accord.

L'Accord sur les MIC a été inclus dans le Cycle de négociations de Doha dans le cadre des "questions
et préoccupations liées à la mise en œuvre" (paragraphe 6 de la "Décision ministérielle sur les
questions et préoccupations liées à la mise en œuvre" (WT/MIN(01)/17)).

La Conférence ministérielle de l'OMC tenue à Singapour en 1996 a établi des groupes de travail
sur le commerce et l'investissement et sur le commerce et la concurrence "compte tenu des
dispositions existantes de l'OMC relatives aux questions se rapportant à la politique en matière
d'investissement et de concurrence et du programme incorporé qui est prévu dans ces domaines,
y compris aux termes de l'Accord sur les MIC". Toutefois, comme nous l'avons indiqué dans le
module 1, toutes les questions de Singapour (y compris l'investissement), à l'exception de la
facilitation des échanges, ont été retirées des négociations par le Conseil général en août 2004.

La relation entre le commerce et l'investissement sera expliquée plus en détail dans le module 11.

III.L. ACCORD SUR LES TEXTILES ET LES VETEMENTS (ATV)

III.L.1. INTRODUCTION

À l'instar de l'agriculture, les textiles ont été l'un des sujets de négociation les plus ardus à l'OMC,
comme c'était le cas dans l'ancien système du GATT. Dans le passé, une forte proportion des
exportations de textiles et de vêtements des pays en développement vers les pays industriels était
soumise à des contingents, conformément à un régime spécial en dehors des règles normales
du GATT. Dans le cadre de l'ATV, les Membres de l'OMC se sont engagés à supprimer les
contingents le 1er janvier 2005 et à intégrer pleinement le secteur dans le cadre des règles
du GATT.

81
III.L.2. ARRANGEMENT MULTIFIBRE (AMF) 1974-1994

De 1974 jusqu'à la fin du Cycle d'Uruguay, le commerce a été régi par l'Arrangement multifibres
(AMF), qui prévoyait des règles pour l'imposition de restrictions quantitatives "sélectives"
lorsqu'une poussée soudaine des importations causait, ou menaçait de causer, un préjudice grave
à la branche de production du pays importateur.

Les contingents étaient l'élément le plus visible. L'Arrangement multifibres constituait une
dérogation importante aux règles fondamentales du GATT, notamment au principe de la
non-discrimination et de la préférence générale pour les droits de douane au lieu des mesures
limitant les quantités (voir le module 2 "Le principe de non-discrimination" et le module 3
"Obstacles tarifaires et non tarifaires").

Le 1er janvier 1995, l'AMF a été remplacé par l'ATV, qui a mis en place un processus transitoire en
vue de la suppression définitive de ces contingents

III.L.3. L'ACCORD DE L'OMC SUR LES TEXTILES ET LES VÊTEMENTS


(ATV) 1995-2004

L'ATV, qui a expiré le 1er janvier 2005, était un instrument transitoire visant à intégrer le secteur
des textiles et des vêtements dans le cadre du GATT.

L'expiration de la période de transition de dix ans prévue pour la mise en œuvre de l'ATV signifie
que le commerce des textiles et des vêtements n'est plus soumis à des contingents au titre d'un
régime spécial en dehors des règles normales du GATT/de l'OMC. Ces secteurs sont maintenant
régis par les règles et disciplines générales du système commercial multilatéral. En conséquence,
les contingents ont été supprimés et les pays importateurs ne peuvent plus établir de discrimination
entre les exportateurs.

EXERCICES

9. Quelle est la principale méthode d'évaluation prévue dans l'Accord de l'OMC sur l'évaluation
en douane?
10. Expliquer brièvement pourquoi la facilitation des échanges est importante pour le commerce
international et ce qui est négocié à ce sujet dans le cadre du Cycle de négociations de Doha.
11. Quels sont les objectifs de l'Accord sur les procédures de licences d'importation?
12. Qu'entend-on par règles d'origine et quand ces règles sont-elles utilisées?
13. Quels types de mesures concernant les investissements sont interdits par l'Accord sur les
MIC?

82
III. RÉSUMÉ

Dans ce module, nous avons examiné la plupart des accords multilatéraux sur le commerce
des marchandises figurant à l'Annexe 1A de l'Accord sur l'OMC.

Le GATT de 1994 énonce les obligations fondamentales des Membres de l'OMC en ce qui concerne
les marchandises. Il incorpore les obligations déjà énoncées dans le GATT de 1947, comme
l'obligation de la nation la plus favorisée et l'obligation du traitement national. Le GATT de 1994
contient également des règles concernant les droits de douane et les obstacles non tarifaires, dont
certaines sont développées dans d'autres accords multilatéraux sur le commerce des marchandises.
En outre, le GATT de 1994 incorpore aussi d'autres instruments juridiques, ainsi que plusieurs
mémorandums d'accord du Cycle d'Uruguay. En cas de conflit entre une disposition du GATT
de 1994 et une disposition d'un autre Accord figurant à l'Annexe 1A, la disposition de cet autre
accord (c'est-à-dire autre que le GATT de 1994) prévaudra dans la limite du conflit.

Alors que la plupart des secteurs du commerce ont été progressivement libéralisés au fil des ans,
le commerce des produits agricoles est resté soumis à des restrictions et des distorsions dues aux
droits de douane élevés, au petit nombre de "consolidations" tarifaires, aux contingents
d'importation, aux subventions intérieures qui faussent le marché et aux subventions à
l'exportation. L'Accord sur l'agriculture, conclu au cours des négociations du Cycle d'Uruguay, a
marqué une nette rupture avec le passé. Les Membres se sont engagés à consolider et réduire les
tarifs sur les produits agricoles. Ils se sont aussi engagés à réduire les subventions ayant des effets
de distorsion des échanges dans le secteur agricole. Il est important de rappeler que les produits
agricoles sont également visés par d'autres Accords de l'OMC, tels que l'Accord sur les subventions
et les mesures compensatoires et l'Accord sur les sauvegardes (tous deux décrits dans le
module 5). Toutefois, en cas de conflit entre les règles de l'Accord sur l'agriculture et une
disposition des autres Accords multilatéraux sur le commerce des marchandises figurant à
l'Annexe 1A, l'Accord sur l'agriculture prévaudra.

Tous les pays appliquent des mesures SPS pour faire en sorte que les produits alimentaires soient
sans danger pour les consommateurs et pour empêcher la dissémination des parasites ou des
maladies parmi les animaux et les végétaux. Toutefois, les mesures SPS peuvent constituer des
obstacles au commerce lorsqu'elles sont imposées à des fins protectionnistes. Les règlements
techniques, les normes et les procédures d'évaluation de la conformité peuvent également
constituer des obstacles non nécessaires au commerce international. L'Accord SPS et
l'Accord OTC reconnaissent le droit des Membres d'imposer des mesures SPS et OTC dans la
mesure nécessaire pour réaliser les objectifs légitimes envisagés dans chaque Accord, sous
certaines conditions. L'une des conditions les plus importantes est que ces mesures ne soient pas
appliquées de façon à constituer soit un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiable entre
les pays où les mêmes conditions existent, soit une restriction déguisée au commerce international.

83
L'Accord SPS et l'Accord OTC ont des points communs, mais ils ont aussi des différences
importantes. L'Accord OTC s'applique aux règlements techniques visant à réaliser des objectifs
légitimes dont il donne une liste non exhaustive, tandis que l'Accord SPS s'applique uniquement
aux mesures concernant la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou la
préservation des végétaux. L'Accord SPS oblige les Membres à utiliser les normes internationales
à moins qu'ils ne puissent fournir une justification scientifique fondée sur une évaluation des
risques. En revanche, l'Accord OTC fait obligations aux Membres d'établir leurs mesures sur la base
des normes internationales, à moins que la norme internationale pertinente soit inappropriée ou
inefficace pour réaliser un objectif légitime. Vu ces différences entre les deux Accords, il est
important de déterminer lequel s'applique à une mesure donnée. À cet égard, les mesures visées
par l'Accord SPS sont expressément exclues du champ d'application de l'Accord OTC.

Outre les mesures régies par l'Accord SPS et l'Accord OTC, il y a d'autres mesures qui pourraient
constituer des obstacles non tarifaires au commerce international, notamment: l'adoption arbitraire
de règles d'évaluation en douane; les redevances et formalités excessives se rapportant à
l'importation et à l'exportation; l'application discriminatoire des lois, réglementations, et décisions
judiciaires et administratives d'application générale; l'administration injuste et inéquitable des
licences d'importation et de l'inspection avant expédition; et les règles d'origine arbitraires. Toutes
ces mesures sont régies par les Accords de l'OMC sur le commerce des marchandises figurant à
l'Annexe 1A.

Ces accords ont pour objectif de faire en sorte que ces mesures ne constituent pas des obstacles
non tarifaires, qui annuleraient les effets des concessions tarifaires. Ils visent à assurer la
non-discrimination et la transparence dans l'application et l'administration de ces mesures. Certains
d'entre eux (comme l'Accord sur l'évaluation en douane et l'Accord sur les règles d'origine) ont
pour but d'harmoniser les pratiques des Membres dans des domaines particuliers du commerce
international afin de réduire les coûts de transaction et de supprimer les pratiques arbitraires.

D'autres accords, comme l'Accord sur la facilitation des échanges, visent à diffuser les meilleures
pratiques en matière de conception et de mise en œuvre des procédures et formalités d'importation
et d'exportation.

Enfin, les mesures concernant les investissements et liées au commerce peuvent faire obstacle au
commerce international et à la concurrence. L'Accord sur les mesures concernant les
investissements et liées au commerce (MIC) vise à libéraliser progressivement le commerce
mondial et à faciliter les investissements à travers les frontières internationales de manière à
intensifier la croissance économique de tous les partenaires commerciaux, en particulier des pays
en développement Membres, tout en assurant la libre concurrence. L'Accord ne régit pas l'entrée
et le traitement des investissements étrangers. Au lieu de cela, il cible les MIC qui établissent une
discrimination entre les produits importés et exportés et qui sont donc incompatibles avec
l'article III:4 ou l'article XI:1 du GATT de 1994. L'Accord sur les MIC ne traite pas de la
discrimination entre investisseurs nationaux et étrangers ou entre investisseurs étrangers.

84
Trois des Accords figurant à l'Annexe 1A n'ont pas été examinés dans ce module. Ces trois Accords,
qui seront examinés dans le module 5, sont l'Accord antidumping, l'Accord sur les subventions et
les mesures compensatoires et l'Accord sur les sauvegardes. Les Accords figurant à l'Annexe 1B
(Accord général sur le commerce des services (AGCS)) et à l'Annexe 1C (l'Accord sur les aspects
des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC)) seront examinés dans les
modules 6 et 7, respectivement. Il convient de noter que le Mémorandum d'Accord sur les règles
et procédures régissant le règlement des différends figurant à l'Annexe 2 s'applique aux différends
relatifs aux mesures visées par les Accords mentionnés ci-dessus. Il sera examiné dans le
module 10, en même temps que le Mécanisme d'examen des politiques commerciales ("MEPC"),
qui fait l'objet de l'Annexe 3.

REPONSES PROPOSEES

1. L'Annexe 1A de l'Accord instituant l'OMC contient les Accords multilatéraux sur le commerce des
marchandises. Il s'agit des Accords suivants:

 Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1994;

 Accord sur l'agriculture;

 Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS);

 Accord sur les textiles et les vêtements (ATV) (cet accord a expiré le 1er janvier 2015);

 Accord sur les obstacles techniques au commerce (Accord OTC);

 Accord sur les mesures concernant les investissements et liées au commerce (Accord sur
les MIC);

 Accord sur la mise en œuvre de l'article VI du GATT de 1994 (Accord antidumping);

 Accord sur la mise en œuvre de l'article VII du GATT de 1994 (Accord sur l'évaluation en
douane);

 Accord sur l'inspection avant expédition (Accord IAE);

 Accord sur les règles d'origine;

 Accord sur les procédures de licences d'importation;

 Accord sur les subventions et les mesures compensatoires (Accord SMC);

 Accord sur les sauvegardes;

 Accord sur la facilitation des échanges (inséré en 2017).

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2. Bien que le GATT de 1947 soit juridiquement distinct du GATT de 1994, ses dispositions ont été
incorporées sans modification dans le GATT de 1994. Les dispositions fondamentales du GATT
de 1994 sont les suivantes:

 obligation de la nation la plus favorisée (article Ier);

 listes de concessions (article II);

 obligation du traitement national (article III);

 disciplines relatives aux ONT (articles IV, V, VII à XVI);

 mesures correctives commerciales (articles VI et XIX);

 exceptions générales et exceptions concernant la sécurité (articles XX et XXI);

 consultations et protection des concessions et avantages (règlement des différends)


(articles XXII et XXIII);

 intégration régionale (article XXIV);

 modifications des listes et négociations tarifaires (articles XXVIII et XXVIIIbis); et

 commerce et développement (articles XXXVI à XXXVIII).

3. La note interprétative générale relative à l'Annexe 1A précise qu'"en cas de conflit entre une
disposition du GATT de 1994 et une disposition d'un autre accord figurant à l'Annexe 1A, la
disposition de l'autre accord (c'est-à-dire autre que le GATT de 1994) prévaudra dans la limite
du conflit.

4. Des accords d'une portée sans précédent ont été conclus sur le commerce des produits
agricoles.

S'agissant de l'accès aux marchés, toutes les restrictions quantitatives et les autres mesures
non tarifaires touchant le commerce de ces produits ont été éliminées et converties en tarifs.
Chaque Membre de l'OMC a maintenant une Liste de concessions tarifaires, qui indique les "taux
consolidés" pour les produits agricoles.

S'agissant du soutien interne, le soutien interne ayant des effets de distorsion des échanges –
soutien en faveur des producteurs agricoles (souvent appelé "catégorie orange") – ne devrait
pas excéder les niveaux d'engagement spécifiés dans les Listes des Membres et est soumis aux
engagements de réduction spécifiés dans les Listes.

Les subventions à l'exportation sont généralement prohibées dans le cadre de l'OMC (à


l'exception de celles qui sont compatibles avec les dispositions relatives au traitement spécial
et différencié pour les pays en développement), sauf si elles sont mentionnées dans la Liste
d'engagements d'un Membre. Les subventions à l'exportation inscrites dans les Listes doivent
rester dans les limites prévues dans la Liste et ne peuvent pas être utilisées pour d'autres
produits agricoles. En outre, l'Accord exige que les Membres de l'OMC réduisent les dépenses

86
qu'ils effectuent au titre des subventions à l'exportation inscrites dans les Listes et les quantités
exportées au bénéfice de ces subventions.

5. L'Accord sur l'agriculture reconnaît la situation particulière de certains Membres pour ce qui est
de la sécurité alimentaire et accorde aux pays en développement un traitement spécial et
différencié, notamment:

 amélioration significative des conditions d'accès aux marchés pour les produits agricoles
présentant un intérêt particulier pour les pays en développement Membres; et

 Décision ministérielle sur les mesures concernant les effets négatifs possibles du programme
de réforme sur les pays les moins avancés et sur les pays en développement importateurs
nets de produits alimentaires.

Pour le soutien interne:

 taux de réduction plus faible et période de mise en œuvre plus longue (Listes
d'engagements); pourcentage de minimis plus élevé (10% contre 5% pour les pays
développés: article 6:4); et

 exemptions de certaines politiques de soutien interne (mesures d'aide) des engagements


de réduction (article 6:2);

Pour les subventions à l'exportation:

 engagements de réduction plus faibles et période de mise en œuvre plus longue (Listes
d'engagements); et

 possibilité d'utiliser certaines subventions visant à réduire les coûts de transport et de


commercialisation pendant une certaine période (article 9:4).

6. L'Accord SPS vise à améliorer la santé des personnes et des animaux et la situation
phytosanitaire dans tous les Membres tout en réduisant au minimum les effets négatifs sur le
commerce. Il vise donc à établir un équilibre entre ces deux objectifs.

L'Annexe A de l'Accord SPS définit, les mesures SPS comme étant des mesures appliquées pour
protéger la vie des personnes et des animaux ou pour préserver les végétaux des risques
découlant des additifs, contaminants, toxines ou organismes pathogènes présents dans les
produits alimentaires, ou pour protéger un pays des dommages découlant de l'entrée, de
l'établissement ou de la dissémination de parasites.

Le droit d'un Membre d'adopter des mesures SPS pour obtenir le niveau de protection qu'il a
lui-même déterminé s'accompagne de certaines obligations fondamentales. Les Membres
peuvent adopter des mesures SPS à condition que ces mesures: i) ne soient appliquées que
dans la mesure nécessaire pour protéger la santé et la vie des personnes et des animaux ou

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préserver les végétaux; ii) soient fondées sur des preuves scientifiques suffisantes; et iii) ne
constituent pas une restriction déguisée au commerce international.

7. L'Accord OTC vise à faire en sorte que les règlements techniques, normes et procédures
d'évaluation de la conformité ne constituent pas des obstacles non nécessaires au commerce
international, tout en reconnaissant le droit des Membres d'adopter des mesures
réglementaires pour atteindre leurs objectifs légitimes, à savoir, entre autres, la sécurité
nationale, la protection de la vie de la santé des personnes et des animaux, la préservation
des végétaux, la protection de l'environnement, et la prévention de pratiques de nature à
induire en erreur. Cette liste n'est pas exhaustive. Les Membres peuvent chercher à réaliser
d'autres objectifs légitimes en utilisant les mesures prescrites par l'Accord OTC, sous réserve
des conditions qui y sont énoncées (principalement la non-discrimination et l'obligation d'éviter
les obstacles non nécessaires au commerce).

Par ailleurs, l'Accord encourage aussi le recours aux normes internationales ainsi que
l'harmonisation et la reconnaissance mutuelle des règlements techniques, normes et
procédures d'évaluation de la conformité.

8. Similitudes – l'Accord SPS et l'Accord OTC:

 disposent qu'une mesure ne doit pas être plus restrictive pour le commerce qu'il n'est
nécessaire ni constituer soit un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiable entre les
Membres où existent des conditions identiques ou similaires ou être appliquée de façon à
constituer une restriction déguisée au commerce international;

 encouragent l'utilisation des normes internationales afin de promouvoir l'harmonisation;

 contiennent des prescriptions exigeant la notification préalable des mesures projetées et


l'établissement de points d'information (prescriptions en matière de transparence);

 contiennent des dispositions visant à accorder un traitement spécial et différencié aux pays
en développement et aux pays les moins avancés; et

 énoncent des règles spéciales concernant le règlement des différends.

Différences:

 Aux termes de l'Accord SPS, les mesures SPS ne peuvent être appliquées que dans la
mesure nécessaire pour protéger la santé et la vie des personnes et des animaux ou
préserver les végétaux contre les risques d'origine alimentaire, les maladies véhiculées par
des animaux ou des plantes, et les parasites (liste exhaustive d'objectifs). Aux termes de
l'Accord OTC, les règlements techniques, normes et procédures d'évaluation de la
conformité peuvent être appliqués et maintenus pour réaliser un objectif légitime, y compris
la protection de la santé ou de la sécurité des personnes, la protection de l'environnement
ou la prévention de pratiques de nature à induire en erreur (liste non exhaustive d'objectifs);
et

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 aux termes de l'Accord SPS, les Membres de l'OMC sont obligés d'utiliser les normes
internationales à moins qu'ils puissent démontrer l'existence d'une justification scientifique
spécifique fondée sur une évaluation des risques. En revanche, en vertu de l'Accord OTC,
les Membres de l'OMC ont l'obligation d'établir leurs mesures sur la base de normes
internationales, sauf si la norme internationale pertinente est inappropriée pour réaliser un
objectif légitime.

9. L'Accord sur l'évaluation en douane prévoit que la base première pour la détermination de
la valeur en douane est la "valeur transactionnelle", définie à l'article premier comme étant
le prix effectivement payé ou à payer pour les marchandises lorsqu'elles sont vendues pour
l'exportation à destination du pays d'importation, après ajustement conformément à
l'article 8 qui prévoit, entre autres, des ajustements à apporter dans les cas où certains
éléments spécifiques sont supportés par l'acheteur mais n'ont pas été inclus dans le prix. La
méthode de la valeur transactionnelle est la première méthode d'évaluation mentionnée
dans l'Accord et c'est la plus importante.

10. La facilitation des échanges est considérée comme un complément nécessaire des efforts de
libéralisation plus larges – et comme un élément indispensable pour recueillir tous les
avantages d'un commerce plus libre. Parmi les principaux problèmes auxquels les
commerçants sont confrontés, figurent les exigences excessives en matière de documents,
les procédures contraignantes pour le passage des frontières, les obstacles au transport et
au transit, en particulier pour les pays sans littoral et le manque de transparence et de
prévisibilité des lois et règlements commerciaux. Les négociations sur la facilitation des
échanges portent sur ces problèmes. L'abaissement du coût des transactions commerciales
peut entraîner une amélioration appréciable de la capacité d'un pays à soutenir efficacement
la concurrence dans l'économie mondiale. Cela s'applique à tous les pays en développement
Membres et en particulier aux pays en développement et aux PMA Membres sans littoral.

Les négociations sur la facilitation des échanges visent: 1) à clarifier et améliorer les aspects
pertinents des articles V (Liberté de transit), VIII (Redevances et formalités se rapportant à
l'importation et à l'exportation) et X (Publication et application des règlements relatifs au
commerce) du GATT de 1994; et 2) à accroître l'assistance technique et le renforcement des
capacités (y compris le soutien et l'assistance technique pendant les négociations et pour la
mise en œuvre des engagements résultant des négociations). Conformément au
paragraphe 4 de l'Annexe D de l'Ensemble de résultats de juillet, un programme d'assistance
technique a été mis en place pour aider les Membres de l'OMC et les observateurs à procéder
à des auto-évaluations en matière de facilitation des échanges.

11. Les principaux objectifs de l'Accord sur les procédures de licences d'importation sont les
suivants:
 simplifier les procédures de licences d'importation et assurer leur transparence;

 faire en sorte que ces procédures soient appliquées et administrées de manière juste
et équitable; et

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 faire en sorte que les procédures d'octroi des licences d'importation n'exercent pas
elles-mêmes des effets de restriction ou de distorsion sur le commerce d'importation.

12. Comme de nombreux produits entrant dans le commerce international contiennent des
matières ou des composants provenant de plusieurs pays et peuvent eux-mêmes avoir fait
l'objet d'une transformation dans plusieurs pays, les règles d'origine sont appliquées pour
déterminer le pays d'origine d'une marchandise importée. L'Accord vise à harmoniser les
règles d'origine non préférentielles et à faire en sorte que ces règles ne créent pas
elles-mêmes des obstacles non nécessaires au commerce. Les règles d'origine sont
importantes parce qu'elles sont utilisées: i) pour déterminer si les produits importés doivent
bénéficier du traitement NPF ou du traitement préférentiel – ce dernier est applicable, par
exemple, lorsque les produits proviennent d'une zone de libre-échange (voir le module 8);
ii) pour mettre en œuvre des instruments de politique commerciale tels que les droits
antidumping et les mesures de sauvegarde (voir le module 5); iii) pour déterminer quels
pays ont droit à des contingents d'importation (ils peuvent avoir été utilisés pour certains
pays fournisseurs, mais pas pour d'autres); iv) pour satisfaire aux prescriptions en matière
d'étiquetage et de marquage; v) à des fins de statistique; et vi) aux fins des marchés publics.

13. L'Accord sur les MIC reconnaît que certaines mesures concernant les investissements
peuvent avoir des effets de restriction et de distorsion des échanges. Il ne vise pas à
réglementer l'investissement en tant que tel. Il établit plutôt des disciplines visant le
traitement discriminatoire des produits importés et exportés. Les Membres se sont engagés,
dans le cadre de l'Accord sur les MIC, à ne pas appliquer de mesures concernant les
investissements qui soient incompatibles avec l'article III (Traitement national) et l'article XI
(Élimination générale des restrictions quantitatives) du GATT de 1994. Une liste exemplative
de MIC, considérées comme incompatibles avec ces dispositions, est annexée à l'Accord.

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