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Gestion Des Risques

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Chapitre 1 : Le financement des projets d’investissement : un

choix stratégique

Section 1 : Approches et critères du choix de financement

1. Définition et Théories du financement des investissements


1.1 Définition et importance du financement des investissements :
Le financement des investissements est une opération fondamentale dans le fonctionnement de
l’économie, car elle permet de mettre en relation deux catégories d’agents économiques : ceux
qui disposent d’un excédent de ressources financières (comme les épargnants, les institutions
financières ou les investisseurs) et ceux qui présentent un besoin de financement pour concrétiser
des projets d’investissement. Ces projets peuvent concerner aussi bien la création d’une nouvelle
structure que le développement d’activités existantes, l’acquisition de moyens de production, la
modernisation des équipements, ou encore l’extension à de nouveaux marchés. Cette opération
suppose le recours à différentes formes de financement : internes, telles que l’autofinancement à
partir des bénéfices non distribués, ou externes, comme les crédits bancaires, les émissions
d’obligations ou d’actions, les crédits-bails ou les subventions. 1 Le choix entre ces sources
dépend de plusieurs critères, notamment le montant nécessaire, la durée du financement, le
niveau de risque acceptable, ainsi que la structure financière de l’entité porteuse du projet.

Le financement des investissements est crucial pour la croissance, la pérennité et la compétitivité


des entreprises, car il constitue le levier principal qui leur permet de mettre en œuvre leurs
projets de développement, d’accroître leur capacité de production, d’innover en intégrant de
nouvelles technologies, et d’adapter leur offre aux évolutions du marché. Dans un environnement
économique de plus en plus concurrentiel et incertain, la capacité d’une entreprise à mobiliser les
ressources financières nécessaires à ses investissements conditionne sa performance à long
terme. Qu’il s’agisse de renforcer son positionnement stratégique, de pénétrer de nouveaux
segments de marché ou de répondre aux exigences réglementaires, le financement des
investissements joue un rôle central dans la réalisation de ces objectifs. Il s’inscrit également
dans une logique de gestion rigoureuse des ressources, où les décideurs doivent arbitrer entre

1
Azirar, A., & Khatori, Y. (2021). Modalités internes de financement des investissements des entreprises
innovantes : une revue de la littérature. Revue Internationale d'Économie Numérique, 3(1). p.61
différentes options de financement en fonction de leur coût, de leur flexibilité, et de leur impact
sur la structure financière de l’entreprise. Ainsi, une gestion efficace du financement permet non
seulement de maximiser la rentabilité des capitaux investis, mais aussi de réduire les risques
financiers liés à l’endettement, aux taux d’intérêt ou à la dépendance vis-à-vis de partenaires
externes.2

Figure 1 : Schéma du financement des investissements – acteurs, sources et objectifs

Agents à capacité de financement


(Ménages, banques, investisseurs, État)

Financement des investissements

Financement interne Financement externe

(Autofinancement, réserve) (emprunts, actions, aides)

Objectifs du financement :
- Croissance & innovation
- Compétitivité & modernisation
- Pérennité & rentabilité

Source réalisé par moi-même

2
Conseil économique, social et environnemental (CESE). (2021). Le financement des investissements : un enjeu
pour une relance durable (Avis n°2021-07, pp. 18–23).
1.2 Théories de choix de financement
1.2.1 Théorie des compromis : Structures avancées sur le financement

La question de la structure financière a suscité, dès la fin des années 1950, un débat théorique sur
une problématique clé : le type de financement (dettes ou capitaux propres) a-t-il un impact sur la
valeur de l'entreprise ? Deux thèses se sont confrontées : L'hypothèse de neutralité, qui stipule
que la sélection du mode de financement n'a pas d'impact sur la valeur de l'entreprise. Dans ce
contexte, les sources de financement sont interchangeables et les marchés sont perçus comme
étant parfaits. L'argument de la non-neutralité, qui soutient plutôt que la structure financière a un
impact sur le coût du capital et par conséquent sur la valeur de l'entreprise.3

Ces positions ont été formalisées par Modigliani et Miller (1958). Leur modèle initial repose sur
des hypothèses de marché parfait, sans impôts, ni coûts de transaction ou d’agence. Ils concluent
alors que la structure financière est sans effet sur la valeur de l’entreprise, déterminée
uniquement par les flux futurs générés par les investissements. Mais en 1963, les mêmes auteurs
revoient leur position en introduisant la fiscalité comme imperfection de marché. Ils démontrent
que la déductibilité des intérêts d’emprunt crée un avantage fiscal pour la dette 4, ce qui améliore
la valeur de l’entreprise par un effet de levier positif.

La différence entre une entreprise endettée et non endettée correspond alors à la valeur actualisée
des économies d’impôt. On considère l'endettement comme un outil pour générer de la valeur.
Cette perspective a été enrichie par des auteurs tels que Miller (1977), De Angelo et Masulis
(1980), Myers (1984), Malecot (1985) et Harris et Raviv (1991) qui ont intégré des imperfections
de marché comme les coûts de faillite. Leurs recherches conduisent à une stratégie équilibrée :
d'après la théorie du compromis, il y aurait un degré idéal d'endettement où les bénéfices fiscaux
sont contrebalancés par les dangers financiers, augmentant de cette façon la valeur de
l'entreprise. Des études, telles que celles de Miller (1977), ont démontré que des éléments tels
que l'imposition sur les individus et l'effet de clientèle peuvent réduire l'impact de la fiscalité sur
la structure financière.

3
Mounir, M. (2022). Théories financières et comportement de financement des TPE : une revue de littérature. Revue
Française d’Économie et de Gestion, 3(6), p.346. [Link]
4
Rafiki, A., & Rachidi, M. A. (2016). La théorie du compromis à l’épreuve des faits : débat en question. Revue
Économie, Gestion et Société, (5), p.1–23. [Link]
1.2.2 Théorie d’agence

Dans le cadre des travaux de Modigliani et Miller sur la structure du capital, la théorie de
l'agence, mise en place par Ross (1973) et développée par Jensen et Meckling (1976) 5, met en
lumière les différences d'intérêts entre les intervenants impliqués dans la gestion et le
financement d'une organisation. Elle repose sur un rapport contractuel entre un mandant (tel
qu'un actionnaire ou un créancier) et un mandataire (comme un dirigeant ou un débiteur), marqué
par un déséquilibre informationnel et des objectifs divergents, engendrant des coûts d'agence.
Pour diminuer ces coûts, différentes mesures de gouvernance peuvent être mises en œuvre (audit,
contrôle, incitations), même si leur efficacité peut fluctuer. L'option d'emprunter peut donc
représenter une solution, en créant une contrainte financière qui incite les dirigeants à optimiser
la performance pour prévenir un défaut de paiement. Toutefois, cette approche pourrait
également engendrer des discordances entre actionnaires et créanciers, un autre aspect traité par
la théorie de l'agence. En effet, le prêteur pourrait être confronté à des actions opportunistes de
l'emprunteur en raison de l'asymétrie d'information.6

Paranque et Cieply (1997) identifient trois formes d’asymétrie d’information dans cette
relation :7

 Ex ante : Avant la conclusion du contrat, l’emprunteur connaît mieux le risque réel de


son projet, ce qui peut entraîner une sélection adverse. Le prêteur, n'ayant pas une
évaluation précise du risque, applique un taux d'intérêt moyen, désavantageant ainsi les
emprunteurs prudents.
 Pendant l'exécution du contrat : Après l'octroi des fonds, l'emprunteur peut modifier le
projet, choisissant une option plus risquée, ce qui crée un aléa moral.

5
Jensen, M.C., & Meckling, W.H. (1976). Theory of the Firm: Managerial Behavior, Agency Costs and Ownership
Structure.
6
Mounir, M. (2022). Théories financières et comportement de financement des TPE : une revue de littérature. Revue
Française d’Économie et de Gestion, 3(6), p.348–349.
7
Salahddine, A., Hachimi, A., & Zin, M. A. (2016). Le rationnement de crédit : théorie et pratiques. Revue
Marocaine de Gestion et d’Économie, 3(7), 17–34.
 Ex post : Après l'achèvement du projet, le prêteur peut rencontrer des difficultés pour
vérifier les résultats réels. L'emprunteur peut alors manipuler ou dissimuler les données
financières, adoptant ainsi un comportement opportuniste.8

Tableau 1 : Les asymétries d’information liées à la relation créancier-emprunteur

Type d’asymétrie d’information Problèmes d’agence associés


Ex ante Sélection des projets les plus risqués (sélection
adverse)
Pendant le contrat Modification du projet sans en informer le prêteur
(aléa moral)
Ex post Dissimilation ou falsification des résultats
(opportunisme)

Source : Paranque et Cieply (1997)

L’endettement permet donc de réduire certains coûts d’agence (entre actionnaires et dirigeants),
mais peut en créer d’autres (entre créanciers et actionnaires). L’enjeu pour l’entreprise est alors
de trouver un équilibre, c’est-à-dire un niveau d’endettement qui minimise l’ensemble de ces
coûts d’agence. Ce compromis mène à la définition d’une structure financière optimale.

1.2.3 La théorie du financement hiérarchique : Pecking Order Theory (POT)

La théorie du financement hiérarchique trouve son origine chez Donaldson (1961) 9, qui a noté
que les entreprises américaines préfèrent d'abord l'autofinancement, ensuite l'endettement, et
n'ont recours à l'émission d'actions qu'en dernier ressort. Myers et Majluf (1984) 10 ont par la suite
théorisé cette approche empirique, donnant ainsi naissance à ce qu'on connaît aujourd'hui sous le
nom de Pecking Order Theory (POT), un modèle de référence dans l'analyse des décisions de
financement des entreprises. Au lieu de se baser sur la théorie du compromis, qui postule qu'il
existe un ratio d'endettement idéal tenant compte d'un équilibre entre les bénéfices fiscaux de

8
Cieply, S., & Hancké, B. (1998). Le financement des PME dans leur espace de transaction : le relâchement de
l'hypothèse de rationnement du crédit. Revue internationale P.M.E., 11(4), p.95–104.
9
Donaldson, C., 1961, Corporate debt capacity” Boston, Division of Research, Graduate School of Business
Administration, Harvard University, 1961.
10
Myers, Stewart C., (1984), “The capital structure puzzle”, Journal of Finance 39: 575-592.
l'endettement et ses dépenses potentielles (telles que le risque d'insolvabilité), la POT considère
que les décisions de financement dépendent principalement de l’asymétrie d’information entre
les dirigeants et les investisseurs. Selon Myers et Majluf, cette asymétrie pousse les entreprises à
éviter les financements qui peuvent être mal interprétés par le marché.

La hiérarchie des choix de financement est donc la suivante :

 L’autofinancement (bénéfices non distribués),


 La dette (en commençant par la moins risquée),
 L’émission d’actions, en dernier recours.

Ce modèle s'appuie sur le concept de sélection adverse : les dirigeants, disposant de plus
d'informations que les investisseurs concernant la véritable valeur de l'entreprise, ont tendance à
privilégier l'usage des ressources internes afin d'éviter d'indiquer une éventuelle surévaluation
par le biais d'une émission d'actions.

Cette approche a été consolidée par des chercheurs tels que Shyam-Sunder et Myers (1999) qui
ont considéré les fonds propres comme une variable résiduelle lors de leur validation
économétrique du modèle. Pour résumer, selon Myers (2001), les entreprises privilégient des
sources de financement à faible coût, afin de minimiser les coûts d'agence (Jensen et Meckling,
1976) et les problèmes liés à l'information. Par conséquent, la configuration du capital découle
non pas d'un calcul optimal d'endettement, mais d'une série de décisions influencées par l'accès à
l'information et le coût des financements disponibles.11

1.2.4 La théorie des signaux

La théorie des signaux se fonde sur le concept d'asymétrie d'information, selon lequel une entité
(typiquement, la direction d'une entreprise) détient une information plus avancée que les autres
entités (investisseurs, marchés, etc.) qui aspirent à en tirer des conclusions précises concernant la
situation ou les perspectives de l'entreprise. Pour atténuer cette disparité, l'émetteur envoie des

11
Rafiki, A. (2016). Les controverses empiriques de la pecking order theory. Revue Marocaine de Gestion et
d’Économie, (6), p.15
signaux actions ou décisions perceptibles qui véhiculent une information fiable et significative,
influençant de ce fait la perception et le comportement des destinataires. 12

Ces indicateurs peuvent se présenter sous différentes formes, comme la distribution de


dividendes, l'acquisition d'actions, l'émission de dettes ou des décisions stratégiques évidentes,
considérées comme des mesures de la robustesse financière et des projections futures de
l'entreprise. La fiabilité du signal est essentielle : un signal erroné ou fallacieux peut entraîner des
sanctions financières ou une baisse de confiance chez les investisseurs.

En finance, la théorie des signaux explique notamment comment les dirigeants exploitent leurs
choix financiers pour communiquer des informations confidentielles aux marchés. Cela aide à
réduire les problèmes d'asymétrie d'information et influence l'évaluation de l'entreprise. Cette
théorie, qui a été initialement élaborée par Michael Spence dans le cadre des marchés du travail,
trouve une application étendue dans la gestion d'entreprise, le marketing et la gouvernance
d'entreprise.

2. Critères de sélection des sources de financement


2.1 Critères internes (liés à l’entreprise)

 Taille de l’entreprise

La taille de l'entreprise a une grande importance dans le choix de son modèle financier. Les
entreprises de grande envergure ont généralement un meilleur accès à l'information, en raison de
leur obligation de transparence, ce qui rend l'endettement plus accessible (Rajan & Zingales,
1995). Diverses études (Achy & Rigar, 2005 ; Fakhfakh & Ben Atitallah, 2004 ; Colot &
Croquet, 2007) mettent en évidence que la taille favorise un endettement considérable,
particulièrement grâce à la diversification des activités qui diminue les risques. Warner (1977)
met également l'accent sur le fait que les coûts liés aux faillites se réduisent avec la taille due aux
économies d'échelle. D'autres recherches (Titman & Wessels, 1988 ; Harris & Raviv, 1991 ;
Frank & Goyal, 2003) établissent un lien positif entre la taille et le taux d'endettement. 13

12
Boistel, P. (2016). Peut-on définir l’image d’entreprise au regard de la théorie du signal ? Management
international / International Management / Gestiòn Internacional, 21(1), 126–139.
13
Boutbhirt, N., & Adaskou, M. (2024). Analyse théorique des déterminants de la structure financière des PME.
International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics (IJAFAME), 5(10), p.441.
 Âge de l’entreprise

L’âge de l'entreprise influence significativement la sélection des sources de financement, étant


donné qu'elle est intrinsèquement liée à sa phase de développement. D'après Berger et Udell
(2003) ainsi que Gersick et Lansberg (1997), les sociétés en phase d'expansion ont tendance à
privilégier les fonds propres, notamment à cause de l'accessibilité restreinte aux crédits bancaires
qui favorisent principalement les entreprises établies. Selon Achy et Rigar (2005), l'expérience
d'une entreprise témoigne de sa solidité et peut augmenter la crédibilité auprès des financiers,
même si cela pourrait également être considéré comme un obstacle à l'innovation dans le
domaine de la gestion financière.

En réalité, les entreprises récentes, surtout celles de type familial, ont l'habitude de se tourner
vers le financement interne (emprunts familiaux, crédits d'affaires), alors que les sociétés plus
établies jouissent généralement d'une réputation solide qui leur facilite l'accès au crédit.
Cependant, les recherches montrent des divergences quant à l'influence de l'âge sur le degré
d'endettement. D’un côté, certains chercheurs observent une relation négative, expliquant que les
entreprises âgées, ayant accumulé des fonds propres, recourent moins à l’endettement. Par
ailleurs, certains auteurs comme Edwards et Fisher (1994) observent un lien positif, mettant en
avant que l'expérience renforce le rapport de confiance avec les prêteurs, facilitant ainsi l'accès
au crédit.14

 Statut juridique

La structure financière choisie est fortement influencée par le statut juridique. Effectivement,
cela peut encourager l'arrivée de nouveaux investissements si cela n'implique pas de lourdes
obligations pour les investisseurs et leur accorde une certaine latitude en matière de capital. Par
exemple, la collecte de fonds est plus complexe dans une SARL que dans une SA, étant donné
que le transfert des parts sociales d'une SARL exige l'accord des associés restants. Par contre,
dans une Société Anonyme, les actions peuvent être vendues librement et il n'y a aucune
restriction sur le nombre d'actionnaires. De ce fait, il est souvent plus aisé de séduire des
investisseurs dans une Société Anonyme. En outre, la responsabilité des actionnaires dans une

14
Hakmaoui, A., & Yerrou, H. (s.d.). Les déterminants de la structure de financement : Une étude empirique sur des
entreprises marocaines. Revue JBE – Journal of Business and Economics, P.86.
société anonyme est restreinte, ce qui représente un avantage supplémentaire pour les
investisseurs.15

 Secteur d’activité

Le secteur d'activité d'une entreprise a un impact sur sa structure financière, en raison des
spécificités et risques inhérents à chaque domaine. Les études de Dubois (1985) et Harris et
Raviv (1991) montrent clairement que les entreprises évoluant dans un secteur similaire tendent
à avoir des structures financières analogues. Des industries comme la construction ou
l'exploitation minière, bénéficiant de garanties substantielles, ont un accès plus favorable aux
crédits bancaires. Cependant, les sociétés de services, qui détiennent peu d'actifs physiques
concrets, rencontrent plus de difficultés pour obtenir des fonds. Selon Rajan et Zingales (1995),
les grandes entreprises diversifiées jouissent également d'un accès facilité à l'endettement en
raison de leur risque faible. Par ailleurs, les petites entreprises qui opèrent dans des industries à
croissance modeste ont tendance à se tourner vers l'endettement, tandis que celles qui
connaissent une forte expansion font plus souvent appel aux capitaux propres (Berger et Udell,
2003). Ainsi, ce domaine exerce une influence essentielle sur les choix d'endettement. 16

2.2 Critères de performance et de structure financière

 Opportunités de croissance

En principe, les sociétés ayant des perspectives de croissance significatives rencontreront


davantage de difficultés pour obtenir du financement par le biais de l'emprunt, étant donné que la
valeur liquidative des actifs qui les appuient est quasi inexistante. Le modèle POT offre un point
de vue totalement distinct sur l'esprit. Les sociétés présentant d'importantes perspectives de
croissance à financer (grâce à des financements extérieurs) opteront pour le recours à
l'endettement comme source de financement externe, étant donné qu'il est moins exposé aux
déséquilibres informationnels que l'émission d'actions.17

15
Hakmaoui, A., & Yerrou, H. (s.d.). Les déterminants de la structure de financement : Une étude empirique sur des
entreprises marocaines. Revue JBE – Journal of Business and Economics, p.85
16
Boutbhirt, N., & Adaskou, M. (2024). Analyse théorique des déterminants de la structure financière des PME.
International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics (IJAFAME), 5(10), p.444.
17
Colot, O., Croquet, M., & Pozniak, L. (2010). Déterminants des choix de financement et profils de PME. Journal
of Small Business & Entrepreneurship, 23(2), p.98. [Link]
 Rentabilité

Le rapport entre le bénéfice net et les fonds propres, qui définit la rentabilité financière, est un
élément essentiel dans les décisions de financement. Selon la théorie du financement hiérarchisé
(POT), les sociétés les plus profitables optent pour l'autofinancement pour éviter les frais
associés à l'emprunt, ce qui indique une corrélation inverse entre la rentabilité et le degré
d'endettement. Plusieurs études empiriques confirment cette pensée, notamment celles de
Titman et Wessels (1988), Rajan et Zingales (1995) ainsi que Berger et al. (1997). Toutefois,
selon la théorie du compromis (TOT), plusieurs recherches soutiennent l'idée qu'il existe une
relation positive entre rentabilité et endettement. Ces études estiment que les entreprises qui
affichent une bonne rentabilité ont plus de crédibilité auprès des prêteurs, ce qui leur permet
d'accéder plus facilement à un financement externe.18

 Risque d’activité

Le risque lié à l'entreprise, notamment la fluctuation des flux de trésorerie, a un impact sur sa
structure financière. Plusieurs théories, notamment celle du ratio cible, du financement
hiérarchique ou de l'agence, suggèrent une relation inverse entre la variation des bénéfices et le
niveau d'endettement. Une fluctuation notable incite les entreprises à limiter leur recours à
l'endettement afin d'éviter des complications futures. Des études empiriques telles que celles de
Bradley, Jarrell et Kim (1984) ou de Bevan et Danbolt (2000) corroborent cette relation.
Toutefois, quelques auteurs soulignent que la hausse du degré de risque pourrait aussi réduire les
conflits d'agence, ce qui rend possible une collaboration avantageuse entre le risque et
l'endettement. On mesure généralement le risque par la volatilité des profits ou des rendements.

 Tangibilité des actifs

La nature tangible de l'actif a une importance capitale dans le choix de la structure financière des
entreprises. La détention d'actifs matériels, notamment les immobilisations, renforce la capacité
d'une société à séduire des capitaux, ces actifs fournissant des garanties solides aux prêteurs.
Conformément au principe de la hiérarchie des sources de financement (Pecking Order), une
entreprise dotée d'un plus grand nombre d'actifs tangibles sera moins exposée aux problèmes
18
Fatimetou, S. (2023). Les déterminants de la structure financière des PME mauritaniennes : Cas de la ville de
Nouakchott. International Journal of Applied Management and Economics (IJAME), 2(4), p.38.
d'asymétrie d'information, facilitant ainsi l'accès aux prêts bancaires. Ces actifs contribuent à
réduire les risques de sélection défavorable et d'aléa moral, assurant ainsi la protection des
prêteurs (Delcoure, 2007).19

Section 2 : Choix des modes de financement : analyse des alternatives et implications sur la
stabilité financière

1. Panorama des modes de financement


Les investissements sont essentiels pour assurer la durabilité et l'expansion des organisations, car
ils permettent à la fois de renouveler les équipements en raison de leur détérioration et
d'encourager l'innovation pour favoriser leur progression. Pour leur financement, les
organisations peuvent faire appel à des fonds internes (comme l'autofinancement ou
l'augmentation de capital) ou externes (à l'instar de l'emprunt ou du crédit-bail). La sélection du
mode de financement doit être en adéquation avec les exigences d'exploitation et
d'investissement, tout en assurant que les ressources utilisées soient accessibles, pour une durée
appropriée et à un coût optimal. Cette décision est centrale dans la stratégie financière de toute
organisation (Berk & DeMarzo, 2010).20

1.1 Financement par fonds propres


1.1.1 Le financement par autofinancement
L’autofinancement ne dispose pas d’une définition universelle. Toutefois, « L’autofinancement
est le surplus monétaire dégagé par l’entreprise sur son activité propre et conservé par elle pour
financer son développement futur » (Cohen, 1991, p.,194). Selon Vernimmen, il peut être
appréhendé comme « le potentiel des capitaux que l'entreprise peut réinvestir dans son activité, à
partir des excédents dégagés par son exploitation et ses calculs. Donc, en déduisant de la marge
brute d'autofinancement les bénéficiaires mis en distribution ». 21D 'après le Code général de
normalisation comptable (CGNC), l'autofinancement est décrit comme « l'excédent de suivi
(ressource) généré par l'entreprise et maintenu à long terme pour soutenir le financement de ses

19
Colot, O., Croquet, M., & Pozniak, L. (2010). Déterminants des choix de financement et profils de PME. Journal
of Small Business & Entrepreneurship, 23(2), p.99.
20
BERK [Link] DEMATRZO P. (2010), « Finance d’entreprise », Nouveaux Horizons, Paris.
21
PALUKU VUHINGE, Nelson, « L’autofinancement et sa nécessité au sein d'une institution sanitaire », Université
libre des pays des grands lacs,Grade2006, Disponible sur:
[Link]
[Link]
activités ». En effet, cela consiste à financer les initiatives de l'entreprise en décidant d'affecter
une partie ou la totalité des bénéfices. L'acquisition d'un véhicule se fait par le biais du C.A.F.
Les distributions ou allocations de bénéfices effectuées durant les exercices, à l'exception de
celles qui sont fondées sur les bénéfices de l'exercice.

D'un point de vue stratégique, l'autofinancement offre aux entreprises la liberté de choisir leurs
investissements. Sur le plan financier, limiter l'utilisation de la dette offre aux entreprises la
possibilité d'accroître leur rentabilité en allégeant le poids des Coûts financiers. Cependant, un
autofinancement excessif peut conduire à des investissements superflus, tout comme il pourrait
inciter l'entreprise à sous-estimer l'endettement. Il est déterminé de la façon suivante:22

Autofinancement = CAF - dividendes distribués au cours de l'exercice

 Capacité d’autofinancement (CAF) :

CAF = Resultat net + Dotations aux amortissements et provisions − Reprises

L'autofinancement donc se réfère à la pratique où une organisation préserve une partie ou la


totalité de ses profits, plutôt que de les redistribuer aux partenaires, dans le but de satisfaire ses
exigences internes. C'est une décision délibérée prise par les gestionnaires et les actionnaires.

1.1.2 L’augmentation du capital


L’augmentation du capital signifie la création de nouvelles actions, qui sont soit détenues par les
actionnaires actuels de la société, soit par de nouveaux investisseurs. L'entrée de nouveaux
actionnaires disposant de capitaux additionnels entraîne une dilution du capital et, de ce fait, un
partage de l'autorité et des profits avec ces nouveaux investisseurs. Cependant, contrairement aux
sociétés cotées qui offrent une augmentation de capital à la portée de tous. Dans le cadre des
petites et moyennes entreprises, elle est souvent fermée, car « les actionnaires majoritaires se
préoccupent généralement de préserver leur indépendance et leur contrôle » (Abdeljalil, 2002, p.
221).

22
Qarroute, S., & Magassouba, N. (2019). Limites de l’autofinancement et importance de l’endettement dans le
développement de l’entreprise : Cas de la COLAIMO. Dossiers de Recherches en Économie et Gestion, 8(1), 123–
159.
Il existe plusieurs modalités d’augmentation du capital :23

 L'augmentation de capital par apports en numéraire : c'est l'approche la plus séduisante


car elle est la seule qui procure à l'entreprise des ressources financières additionnelles.
Elle permet d'augmenter le fonds de roulement grâce à des apports en liquidités et assure
une certaine autonomie financière.
 L'augmentation de capital par apports en nature : Cela fait référence à la contribution
d'actifs matériels ou immatériels, tels que les brevets et les apports techniques, ainsi
qu'aux actifs corporels, financiers ou aux biens circulants (comme les créances clients et
les inventaires). En contrepartie de l'incorporation des actifs au bilan. Ce type de modalité
est généralement constaté lors de démarches de croissance externe comme l'absorption, la
fusion et autres. L'augmentation de capital sous forme de biens matériels permet de
renforcer le capital propre de l'entreprise sans nuire à sa liquidité, tout en améliorant
simultanément son ratio d'endettement.
 L'augmentation de capital par incorporation de réserves : Cette méthode implique la
transformation des réserves, bénéfices non répartis ou primes d'émission en capital social.
Elle ne produit pas de nouvelles liquidités, mais renforce la structure financière et la
crédibilité de l'entreprise. Elle est fréquemment employée pour mettre en avant les
performances antérieures et consolider la confiance des partenaires.24
 L’augmentation de capital par conversion de dettes : C'est une démarche qui vise à
convertir les dettes contractées auprès des créanciers en parts sociales, dans l'objectif
d'alléger le poids de l'endettement de l'entreprise tout en envisage un futur plus
prometteur. Cette possibilité permet de convertir certains prêteurs de leur statut
d'emprunteur à celui d'actionnaire. On constate qu'il n'y a pas de progrès en matière de
liquidités suite à l'augmentation de capital par la transformation des dettes.

1.1.3 Les cessions d’éléments de l’actif immobilisé


La cession d'éléments de l'actif immobilisé, souvent désignée comme « désinvestissement » dans
divers textes, est considérée comme un moyen de financement par capitaux propres. Elle peut
prendre diverses formes :

23
Anairi, F., & Radi, S. (2017). Sources de financement des petites et moyennes entreprises (PME) et contraintes de
survie. European Scientific Journal, 13(25), 318–336. [Link]
24
[Link]
 La substitution fréquente des actifs qui comprend, chaque fois que cela est possible, la
vente des actifs remplacés et ayant connu une dépréciation plus ou moins importante.
Cela se réfère essentiellement au renouvellement traditionnel des actifs vieillissants qui
seront remplacés par du matériel plus moderne et plus performant.
 La cession d'actifs physiques ou immatériels qui ne sont plus nécessaires à l'exploitation
(par exemple : terrains, actions, etc.) pour diverses raisons.

Les cessions d'actifs ne se limitent pas à l'équipement ancien devant être renouvelé, elles peuvent
aussi découler d'une décision stratégique délibérée de désinvestissement (Vanloye, 2013, p. 35).
Pour se recentrer sur son cœur de métier par exemple, ou pour réduire les activités dont la
complémentarité apporte peu de synergie et qui sont peu ou pas rentables.25

1.2 Financement quasi-fonds propres et capital risque


1.2.1 Les quasi-fonds propres
 Les comptes courants d’associe (CCA)

D'un point de vue légal, ces prêts sont octroyés par les associés à leur entreprise et leur
rémunération n'est pas liée à la profitabilité de cette dernière. Les PME familiales ont souvent
recours à cette forme de financement, en raison de ses nombreux atouts. En effet, à l'inverse de
l'augmentation de capital, les CCA n'imposent pas de procédures spécifiques ni de dépenses
manifestes. Par ailleurs, leur salaire est déductible fiscalement dans la limite d'un taux plafonné
et sous certaines conditions. Cela représente également un revenu taxable pour le partenaire ou le
gestionnaire.26

 Les prêts participatifs


Conformément à Barreau et al. (2005, p. 368), les prêts participatifs sont classés comme des
dettes subordonnées et sont principalement octroyés aux PME par les institutions financières. Il
s'agit de prêts à long terme qui partagent les mêmes caractéristiques que les dettes (l'exigibilité,
le mode de rémunération, etc.). Les prêts participatifs sont enregistrés dans les comptes de
l'entreprise en tant qu'éléments constitutifs des fonds propres et non pas comme éléments liés à

25
Azirar, A., & Khatori, Y. (2023). Modalités internes de financement des investissements des entreprises
innovantes : une revue de la littérature. Revue Internationale d’Économie Numérique, 3(1), p.64.
[Link]
26
Anairi, F., & Radi, S. (2017). Sources de financement des petites et moyennes entreprises (PME) et contraintes de
survie. European Scientific Journal, 13(25), p.326.
l'endettement. Par conséquent, leur salaire se compose de deux parties : « une partie fixe
accompagnée d'un bonus de risque, et une part variable liée aux performances de l'entreprise ».27

 Les titres participatifs

Un titre participatif est un instrument financier similaire à une action, mais qui ne confère ni
droit de vote ni participation au capital. Cependant, il accorde le droit à une rémunération fixe
spécifiée dans l'accord d'émission et aussi à une compensation variable liée à une mesure
financière ou commerciale propre à l'entreprise, comme le chiffre d'affaires ou le bénéfice par
exemple. Ainsi, ils agissent comme des valeurs mobilières intermédiaires entre l'action et
l'obligation. Ainsi, les titres ne donnent pas de droits sur les réserves et constituent des produits
dérivés de l'obligation et de l'action (Berk, De Matzro, 2016, p. 68). 28 Les modalités de
remboursement constituent également un critère distinctif pour les titres participatifs.
Effectivement, cette procédure n'est mise en œuvre que si la société est en liquidation ou si elle
choisit de le faire, après l'écoulement d'une période de cinq ans depuis leur émission.

1.2.2 Le financement par capital risque


Le terme « venture capital » en anglais est à l'origine de la notion de capital-risque. Il comprend
diverses professions et activités qui ont provoqué d'importants défis pour définir et aborder ce
terme, malgré d'importants progrès théoriques du concept. Conformément à [Link], le
capital-risque est « l’union d'un entrepreneur et d'un investisseur, qui conjointement prennent en
charge le risque de l'entreprise et se répartissent les profits potentiels ». Le capital-risque est donc
une action d'intermédiation financière qui implique : -D'une part, l'investissement dans des parts
minoritaires de sociétés non cotées détenant un avantage compétitif, avec pour objectif de les
revendre ultérieurement en générant des plus-values sans restrictions sur la vente des titres ; -
D'autre part, l'offre d'un soutien en compétences essentiel à la croissance de l'entreprise basée sur
la confiance » (Nouvellet, 1989, p. 139). 29 Ce type de financement offre plusieurs bénéfices,
notamment :30

27
Abdeljalil, N. I. (2002). Evaluation et financement des investissements de l’entreprise : manuel & études de cas.
Edit Consulting.
28
BERK J. et DEMARZO P. (2016), « Finance d’entreprise », Pearson Education France, 2ème édition.
29
NOUVELLET D. (1989), « le capital-risque, un métier », Revue Banque, n°496.
30
Azirar, A., & Khatori, Y. (2023). Modalités internes de financement des investissements des entreprises
innovantes : une revue de la littérature. Revue Internationale d’Économie Numérique, 3(1), p.68.
-Le renforcement des capitaux propres qui conduit à une stabilité accrue des ressources et une
meilleure capacité financière pour l'entreprise.

-L'amélioration de la gestion d'entreprise grâce à l'implication de nouveaux alliés professionnels


et financiers apportant leur expertise et leurs compétences à l'entreprise.

1.3 Financement externe


1.3.1 Le financement bancaire

Le financement intermédié, également appelé financement bancaire, fait référence à un emprunt


octroyé par une banque ou un établissement financier à une entreprise pour répondre à ses
nécessités d'exploitation ou d'investissement.31 Ce prêt est formalisé par un accord écrit qui
définit les conditions de remboursement, les taux d'intérêt, la durée et les garanties demandées.
Le coût réel du crédit bancaire va au-delà du taux nominal affiché. Il est constitué de trois
éléments

 Le taux nominal : ce calcul se fonde sur un taux de référence déterminé par la Banque
Centrale, auquel s'ajoute une prime de risque qui tient compte de la capacité de
remboursement de l'emprunteur ainsi que de la concurrence entre les banques.
 Les frais bancaires : tels que les honoraires de traitement ou de délivrance, ils
augmentent le coût global du crédit, particulièrement pour les petites et moyennes
entreprises.
 Le coût des garanties : les hypothèques, nantissements ou cautions peuvent être coûteux
et ardus à obtenir, constituant par conséquent un obstacle majeur à l'accès au
financement pour les PME.
Les grandes entreprises bénéficient souvent de conditions plus avantageuses grâce à leur
importance économique et leur aptitude à négocier, contrairement aux PME qui sont perçues
comme présentant un risque supérieur.
1.3.2 Le financement obligataire

L'emprunt obligataire représente une méthode de financement externe par laquelle une société
(ou un organisme public) procède à l'émission d'obligations, autrement dit des titres de dette, que

31
VERNIMEN P.,Finance d’entreprise, 13eédition, par Pascal Quiry et Yann le Fur, édition Dalloz, 2018.
des investisseurs acquièrent en octroyant ainsi des ressources financières à l'entité émettrice. 32 La
société s'engage à payer régulièrement des intérêts (coupons) et à restituer le principal à une date
prédéterminée.

 Caractéristiques principales

 Valeur nominale (ou valeur faciale ou principal) : C’est le montant principal de chaque
obligation, représentant la part de la dette que l’entreprise doit rembourser à l’échéance.
 Durée (maturité) : La période pendant laquelle l'obligation reste valide, généralement
entre 5 et 30 ans, mais cela peut être plus court ou plus long selon les conditions.
L'ampleur de la durée influe sur le taux d'intérêt : plus la période s'allonge, plus le risque
et le taux peuvent se montrer élevés.33
 Rémunération (coupon) : Les revenus attribués aux investisseurs peuvent être à taux
déterminé, fluctuant ou lié à un indice (par exemple : Euribor). Le coupon est distribué à
intervalles réguliers (annuellement ou semestriellement).34

 Modalités de remboursement:35

 Remboursement in fine : capital remboursé en une seule fois à l’échéance.


 Amortissement constant : remboursement progressif d’une part constante du
capital chaque année, avec intérêts dégressifs.
 Annuités constantes : versement d’une somme constante comprenant une part de
capital et une part d’intérêts.

Type d’obligation fonctionnement

Obligation à taux fixe Titre de créance à intérêt fixe : le taux reste inchangé
pendant toute la durée de l’obligation.
Obligation à taux variable Le taux d’intérêt est révisé périodiquement selon un indice

32
[Link]
33
[Link]
caracteristiques-d-une-obligation/
34
Autorité des marchés financiers (AMF). (2018). Investir dans les obligations. Institut national de la consommation
(INC). [Link]
35
[Link]
de référence (ex. taux interbancaire).
Obligation indexée Le rendement est indexé sur un indicateur économique (ex.
inflation), offrant une protection contre sa hausse.
Obligation convertible Peut être convertie en actions de l’émetteur, selon des
conditions définies à l’émission.
Green bond (obligation verte) Utilisée pour financer des projets ayant un impact
environnemental ou social positif.
Obligation zéro coupon Aucune distribution d’intérêts pendant la durée ; émise
avec une décote, le gain provient de la différence entre le
prix d’achat et la valeur de remboursement.

Tableau : Types d’obligations et leur fonctionnement

1.3.3 Le crédit-bail

Le crédit-bail est une modalité de financement permettant à une entreprise de louer un bien (qu'il
soit mobilier ou immobilier) et d'avoir l'option de l'acquérir à la fin du contrat. C'est une
alternative ou un complément au financement par emprunt bancaire, surtout pour les entreprises
en croissance ou à forte rentabilité. On distingue couramment deux types majeurs de crédit-bail :
le crédit-bail immobilier (CBI) et le crédit-bail mobilier (CBM). 36

 Le crédit-bail immobilier (CBI)

Le financement de biens immobiliers est le domaine d'application du crédit-bail immobilier


(CBI). Dans ce modèle, une entreprise de location achète ou fait bâtir un bien immobilier qu'elle
fournit par la suite à une société sous la forme d'une location. Habituellement, ce type de contrat
comprend une clause d'option d'achat qui offre à l'entreprise locataire la possibilité d'acquérir le
bien à la fin du contrat, en contrepartie du versement d'une valeur résiduelle généralement
faible.37

36
AZIRAR, [Link] KHATORI, Y. (2021) « Modalité de financement externe des entreprises : Une approche théorique »,
Revue du contrôle, de la comptabilité et de l’audit « Volume5 : numéro4 » pp :240-257 [Link]
37
TOPSACALIAN P. ET ALI.,2016. Introduction à la finance d'entreprise », 2eédition, Vuibert.
 Le crédit-bail mobilier (CBM)

Le crédit-bail mobilier (CBM) concerne l’acquisition de matériels, d’outillages ou


d’équipements indispensables à l’activité de l’entreprise. Il repose sur un contrat de location
comportant une option d’achat. Dans ce cadre, l’entreprise utilise le bien loué auprès d’un
organisme de crédit-bail (OCB), qui en demeure le propriétaire jusqu’à l’éventuel exercice de
l’option de rachat. Cette opération implique généralement trois parties : l’entreprise utilisatrice,
le fournisseur du bien, et l’organisme de financement. 38 Le contrat, souvent standardisé, est établi
pour une durée alignée sur la durée d’amortissement fiscal de l’actif. Les loyers peuvent être
exigibles soit à l’avance, soit à terme, et dans certains cas, l’option d’achat peut être levée avant
l’échéance finale.

2. Impact du choix du financement sur la stabilité financière


2.1 La notion de stabilité financière

La stabilité financière désigne une situation dans laquelle le système financier fonctionne
normalement, même en cas de choc économique ou financier. Elle se manifeste par la capacité
des banques, des marchés et des autres institutions financières à continuer de jouer leur rôle
essentiel : faire circuler les capitaux, financer les projets et gérer les risques, sans provoquer de
crise ni perturber l’économie réelle. En d’autres termes, un système financier stable est capable
de résister aux perturbations tout en maintenant l’intermédiation financière, l’allocation efficace
des ressources, et la sécurité des paiements. Cette résilience permet d’éviter que des
déséquilibres ne compromettent la croissance économique, même dans un contexte de tension ou
d’incertitude.39

Cette stabilité repose sur trois caractéristiques essentielles :

 Résilience aux chocs : Le système financier doit être capable d’absorber les
perturbations (crises, faillites, fluctuations des prix) sans s'effondrer ni entraîner de crise
systémique.

38
PARIENTE S., Finance, 2013. Étude et cas, Paris, Économica
39
Rouiessi, I. (2016). Stabilité financière : Définitions, fondements théoriques et politique macroprudentielle
(Document de travail n° 2). Bank Al-Maghrib. [Link]
 Fonctionnement continu des fonctions clés : Même en période de stress, les fonctions
essentielles comme l’intermédiation financière, la gestion des risques et le bon
déroulement des paiements doivent être maintenues.
 Confiance des acteurs économiques : Les ménages, entreprises et investisseurs doivent
avoir confiance dans la solidité des institutions financières, ce qui favorise la stabilité des
marchés et évite les comportements de panique (retraits massifs, fuites de capitaux, etc.).

2.2 Influence de la structure de financement sur les indicateurs de stabilité financière

Le choix du mode de financement qu’il s’agisse de fonds propres, de dettes ou d’un financement
mixte affecte directement la structure financière d’un projet ou d’une entité. Ce choix
conditionne:

 La structure du bilan (répartition des ressources entre dettes et capitaux propres)


 le niveau d’endettement
 La capacité de l’organisation à faire face à ses obligations financières

Une mauvaise répartition entre fonds propres et dettes peut entraîner un déséquilibre financier,
fragiliser la trésorerie, et accroître les risques d’instabilité, notamment en cas de chocs
économiques (hausse des taux d’intérêt, baisse d’activité, etc.). Pour évaluer l’impact du choix
de financement sur la stabilité financière, plusieurs ratios financiers sont mobilisés.

 Ratio d’endettement

Ratio d ’ endettement général=(Dettes totales/Capitaux propres)∗100

Un niveau d’endettement élevé indique une forte dépendance aux créanciers, ce qui augmente le
risque en cas de baisse de revenus. Un bon équilibre est essentiel pour préserver la stabilité.

 Ratio de couverture des intérêts (interest coverage ratio)

Résultat d ’ exploitation (EBIT )


charges d ’ intérêts
Ce ratio montre si l’entreprise peut payer ses intérêts avec ses bénéfices. Un faible ratio signifie
un risque élevé de défaut.

 Capacité de remboursement

Ratio de capacité de remboursement=Endettement global /capacité d ' autofinancement (CAF )

Dettes financières / Capacité d’autofinancement (CAF)

Ce ratio mesure le nombre d’années qu’il faudrait à l’entreprise pour rembourser ses dettes à
partir de sa capacité de générer des flux financiers internes.

 Ratio d’autonomie financière

Capitaux propres
Total du passif

Capitaux propres / Total du passif

Il reflète la part des ressources propres dans le financement total de l’entreprise.

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