Révolution française
Révolution française
La Révolution française (1789-1799) est une période de bouleversements politiques
et sociaux en France et dans ses colonies, ainsi qu'en Europe à la fin du XVIIIe siècle.
Traditionnellement, on la fait commencer à l'ouverture des États généraux le 5 mai
1789 et finir au coup d'État de Napoléon Bonaparte le 9 novembre
1799 (18 brumaire de l'an VIII). En ce qui concerne l'histoire de France, elle met fin à
l'Ancien Régime, notamment à la monarchie absolue remplacée par la monarchie
constitutionnelle (1789-1792), puis par la Première République.
« Mythe national », la Révolution française a légué de nouvelles formes politiques,
notamment au travers de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de
1789 qui proclame l'égalité des citoyens devant la loi, les libertés fondamentales et
la souveraineté de la Nation, se constituant autour d'un État. Elle a entraîné la
suppression de la société d'ordres, de la féodalité et des privilèges, une plus grande
division de la propriété foncière, la limitation de l'exercice du pouvoir politique, le
rééquilibrage des relations entre l'Église et l'État et la redéfinition des structures
familiales. Les valeurs et les institutions de la Révolution dominent encore aujourd'hui la
vie politique française.
Elle a été marquée par des périodes de grande violence, notamment pendant
la Terreur (1793-1794), au cours de la guerre de Vendée, cause de la mort de
centaines de milliers de personnes, au cours des insurrections fédéralistes ou dans le
cadre des luttes entre factions révolutionnaires, qui ont abouti à la mort successive des
principales figures révolutionnaires
(girondins, hébertistes, dantonistes puis robespierristes).
Les guerres de la Révolution française, qui ont touché une grande partie de l’Europe
continentale, ont propagé les idées révolutionnaires et contribué à l'abolition de la
société d'ordres en Europe occidentale, dans les « républiques sœurs » puis dans toute
l'Europe1.
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La Révolution française « diffère des autres révolutions par ses
exigences universalistes en ce qu'elle est destinée à bénéficier à toute l'humanité 2 ».
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Dès son commencement, la portée universelle des idées de la Révolution française a
été proclamée par ses partisans et l'ampleur de ses conséquences soulignée par ses
détracteurs3. [ ]
Considérée par la majorité des historiens comme un des événements majeurs de
l'histoire mondiale4, la Révolution a été un objet de débats5 ainsi qu'une référence
[ ] [ ]
controversée durant les deux siècles qui l'ont suivie, en France et dans le monde 6. Elle
[ ]
a créé des divisions immédiates et durables entre les partisans des idées
révolutionnaires et les défenseurs de l'ordre ancien, ainsi qu’entre les anticléricaux et
l'Église catholique.
Elle marque le début en France d’une période d'instabilité institutionnelle, au cours de
laquelle se succèdent trois monarchies constitutionnelles (1789-1792, 1814-1830,
1830-1848), deux républiques (1792-1804, 1848-1851) et deux régimes impériaux
(1804-1814 et 1851-1870), jusqu’à l’établissement définitif de la République dans
les années 1870. Toute l'histoire contemporaine est marquée par les héritages de la
Révolution française que la plupart des mouvements révolutionnaires ont perçue
comme un événement précurseur. Ses grandes phrases et ses symboles culturels sont
]
devenus les étendards d'autres bouleversements majeurs de l'histoire moderne, y
compris lors de la révolution russe plus d'un siècle plus tard
Guerres napoléoniennes
Guerres napoléoniennes
De gauche à droite et de haut en bas :
Les guerres napoléoniennes sont en partie le prolongement des guerres engendrées
par la Révolution française de 1789, et durent tout au long du Premier
Empire de Napoléon Ier. Il n’existe pas de consensus sur leur point de départ. Certains
considèrent qu’elles commencent lors du coup d'état du 18 Brumaire an VIII (9
novembre 1799) par le général Bonaparte. D’autres prolongent les guerres de la
Révolution française jusqu’en 1802, et estiment que la déclaration de guerre
du Royaume-Uni à la France en 1803, après la courte période de paix qui suit le traité
d'Amiens (1802), est le point de départ des guerres napoléoniennes.
De 1792 à 1815, sept coalitions — incluant toutes le Royaume-Uni — se forment contre
la France, durant ce qu'on appelle les guerres de Coalitions. Pendant les guerres de la
Révolution française, la France bat la Première Coalition, puis, sous le Consulat de
Napoléon Bonaparte, elle défait la Deuxième Coalition. Devenu empereur, Napoléon
bat l'Autriche et la Russie lors de la Troisième Coalition (batailles d'Ulm et d'Austerlitz),
la Prusse et la Russie lors de la Quatrième Coalition (Iéna, Eylau, Friedland), puis
l'Autriche seule lors de la Cinquième Coalition (Eckmühl, Wagram). Mais tandis que
la Grande Armée triomphe en Europe centrale, elle s'enlise dans une longue guerre
d'occupation en Espagne, et l'Angleterre domine les mers à partir de la bataille de
Trafalgar. Après l'échec d'une tentative d'invasion de la Russie par la France,
la Sixième Coalition est victorieuse à Leipzig et renverse Napoléon en 1814. L'année
suivante, l'Empereur revenu au pouvoir est définitivement vaincu par la Septième
Coalition à Waterloo.
Ces guerres révolutionnent les armées européennes et notamment l’emploi de
l’artillerie, ainsi que toute l’organisation militaire, à une échelle jamais vue auparavant,
due principalement à l’introduction moderne de la conscription de masse. La France,
sur l’élan des conquêtes révolutionnaires, voit sa puissance croître rapidement et étend
sa domination au continent entier. La chute est plus rapide encore, de la
désastreuse retraite de Russie à la bataille de Waterloo, jusqu’à ce que la dynastie des
Bourbons soit provisoirement restaurée en France. L’ensemble de tous ces conflits fit
un total de morts compris entre 3,5 et 6,5 millions de personnes.
Dénomination
On les appelle aussi les guerres de la Révolution et de l'Empire, si l'on considère qu'il
s'agit essentiellement de la suite des guerres de défense de la Révolution française,
attaquée par les monarchies européennes coalisées. En revanche, certaines prirent un
caractère de guerre d'occupation et de conquête indéniable, telle que la campagne
d'Espagne, qui est désormais appelée en raison de son caractère de guerre de
libération la guerre d'indépendance espagnole.
Les Européens nomment parfois la période de guerres continuelles comprise entre
le 20 avril 1792 (déclaration de guerre de la France à l'Autriche) et le 20 novembre
1815 la grande guerre française (avant la Première Guerre mondiale, on l’appelait
simplement la Grande guerre).
Enfin, on considère parfois qu’elles forment la dernière partie de la seconde guerre de
Cent Ans franco-britannique.
Guerres de la Révolution française (1792–
1802)
.
Après une première tentative d’écraser la Révolution française par une coalition (1792-
1797) (qui regroupe l’Autriche, la Prusse, l’Espagne, la Grande-Bretagne et plusieurs
petits pays), coalition vaincue par la mobilisation générale française (levée en masse,
réforme militaire de Lazare Carnot et guerre totale), la France victorieuse avait annexé
la Rhénanie et les Pays-Bas autrichiens. La conquête des Provinces-Unies (qui
déclarent la guerre à la France en 1793) et leur transformation en République
batave (19 janvier 1795, reconnue par le traité de la Haye quatre mois plus tard), avait
précédé l’abandon de la Prusse, puis de l’Espagne, la même année. Enfin, la
victorieuse campagne de Bonaparte en Italie (1796-97) détache tout d’abord
le Piémont de la coalition, puis les États pontificaux, et enfin oblige l’Autriche à signer
le traité de Campo-Formio.
La Grande-Bretagne, dernière puissance encore en guerre contre la France, finance
une Deuxième Coalition avec l’Autriche, la Prusse, la Russie, le Portugal, le royaume
de Naples, le pape et l’Empire ottoman. Le gouvernement corrompu et instable de la
France (voir Directoire) ne peut ni faire face aux coups d’État, ni à la menace
extérieure, privé de ministre comme Carnot ou de général comme Bonaparte, parti
en Égypte. Les armées françaises sont battues, notamment par le général
russe Souvorov.
Napoléon Bonaparte quitte l’Égypte, où il laisse la conduite de l’armée à Kléber, et
prend le pouvoir par le coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799). La menace la
plus pressante est alors la double offensive autrichienne en Allemagne et en Italie.
Le premier Consul organise une armée dite « de réserve », avec laquelle il traverse les
Alpes et remporte le 18 juin 1800 la bataille de Marengo, complétée le 3 décembre par
la victoire de Moreau sur les Autrichiens à Hohenlinden. La paix est alors signée
au traité de Lunéville et seule reste en guerre contre la France la Grande-Bretagne,
dont la flotte est reine des mers, après une victoire contre une escadre espagnole, les
Espagnols étant à ce moment alliés des Français, au cap Saint-Vincent, puis la
destruction de la flotte française à Aboukir (1er août 1798). Elle menace les Antilles
françaises, et ses fonds suffisent à unir les puissances continentales contre la France.
De même, l’armée autrichienne, malgré les nombreuses défaites, continue d’être une
menace.
La Paix d’Amiens
Le traité d'Amiens (1802) établit la paix entre la France et le Royaume-Uni (la Grande-
Bretagne est unie en 1801 à l'Irlande pour devenir le Royaume-Uni), et met fin à la
Deuxième Coalition. Cette paix n’est pas considérée comme durable, aucune des deux
parties n’étant satisfaite. Le 18 mai 1803, les hostilités reprennent, mais l’objet du conflit
passe du rétablissement de la monarchie en France à la lutte contre Bonaparte,
proclamé Empereur le 18 mai 1804 et couronné le 2 décembre.
Guerre maritime
Celle-ci continue sans interruption : le Danemark et la Norvège, initialement neutres,
s’enrichissent dans le commerce grâce à la guerre, et mettent sur pied une flotte. Après
une démonstration de force (bombardement de Copenhague en 1801), la flotte
britannique capture la plus grande partie de la flotte danoise lors de la seconde bataille
de Copenhague en (1807). Le Danemark sort alors de sa neutralité, et se livre à une
guerre de course, où de petites canonnières n’hésitent pas à attaquer des navires
britanniques bien plus grands. La guerre des canonnières prend fin avec la victoire
britannique à Lyngør (en), où est coulé le dernier navire de guerre danois, une frégate.
Lors de la reprise des hostilités, en 1805, le Royaume-Uni s’assure la maîtrise des mers
par son écrasante victoire sur la flotte franco-espagnole à Trafalgar (21 octobre 1805).
Les combats navals continuent cependant. Un affrontement naval aux Caraïbes a un
effet direct et immédiat sur le cours de la guerre, puisqu’il pousse Napoléon à se
tourner vers le continent. L’influence d’affrontements très éloignés les uns des autres
est une caractéristique de ces guerres : des batailles livrées à des milliers de kilomètres
influencent le résultat les unes des autres, au point où l’on peut qualifier les guerres
napoléoniennes de guerre mondiale. Seule la guerre de Sept Ans a eu ce caractère de
guerre mondiale auparavant.
Guerre de la Troisième Coalition (1805)
Le 11 avril 1805, le Royaume-Uni et la Russie concluent un traité visant à expulser la
France de Hollande et de Suisse. Après l’annexion de Genève et la proclamation de
Napoléon comme roi d’Italie, l’Autriche rejoint la coalition. Le 9 août 1805, le royaume
de Naples et la Suède rejoignent la Troisième Coalition formée contre la France.
Napoléon prépare au camp de Boulogne l’invasion des îles Britanniques, invasion qui
demande la maîtrise de la Manche. Il élabore un plan compliqué pour éloigner la flotte
britannique vers ses possessions des Indes occidentales. L’Autriche envahit
la Bavière avec une armée de 70 000 hommes commandée par Mack. Napoléon
repousse le débarquement à plus tard, et se tourne contre ses ennemis du continent.
Fin juillet, la Grande Armée se rue en « sept torrents » sur l’Autriche. Au siège puis à
la bataille d'Ulm (du 25 septembre au 20 octobre), Napoléon vainc Mack par une
brillante manœuvre d’encerclement, le forçant à s’enfermer dans la ville puis à se
rendre, sans que l’armée française ne subisse de pertes importantes. Avec l’armée
autrichienne au nord des Alpes vaincue et, au sud des Alpes, l’armée sous le
commandement de l’archiduc Charles qui affronte Masséna sans résultats concluants,
Napoléon occupe Vienne. Mais l’amiral Villeneuve est défait à la bataille du cap
Finisterre et s’enferme à Cadix, avec la flotte franco-espagnole. Cette flotte est à
nouveau vaincue à Trafalgar le 21 octobre, bataille décisive qui met fin aux projets
d’invasion du Royaume-Uni. Napoléon se retourne alors contre l'Autriche.
Malgré des lignes de ravitaillement très allongées, Napoléon bat encore une armée
austro-russe supérieure en nombre commandée par Mikhaïl Koutouzov et les
empereurs François Ier et Alexandre Ier de Russie à la bataille d'Austerlitz, le 2
décembre, dans ce qui est considéré comme sa plus grande victoire. Ses adversaires
perdent plus de 25 000 hommes, contre moins de 7 000 pour l’armée française.
L’Autriche signe le traité de Presbourg : elle abandonne la coalition, qui est dissoute, et
cède Venise au royaume d'Italie (dont Napoléon porte la couronne) et le Tyrol à la
Bavière.
Le retrait de l’Autriche provoque une pause dans la guerre. L’armée napoléonienne
compte un nombre de victoires impressionnant, mais l’armée russe est à peine
entamée.